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Droits de l’homme : la position de Sarkozy vivement critiquée

Posté par Isso le 30 avril 2008

TUNISIE

Droits de l’homme : la position de Sarkozy vivement critiquée

NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 08:34

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Le chef de l’Etat français, qui  achève ce mercredi sa visite d’Etat, a estimé que « l’espace des libertés progresse » en Tunisie. Les opposants tunisiens dénoncent un brevet de respectabilité attribué au président Ben Ali.

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Des militants tunisiens des droits de l’homme critiquent le brevet de respectabilité dans ce domaine décerné lundi 28 avril au président Zine el Abidine ben Ali par son homologue français Nicolas Sarkozy à l’occasion de sa visite d’Etat en Tunisie.
« Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons », a déclaré le président français dans un toast prononcé lundi soir lors d’un dîner offert en son honneur par son hôte tunisien.
Le chef de l’Etat français a dit au contraire vouloir rendre hommage à la « lutte déterminée » de son homologue tunisien contre le terrorisme, « qui est le véritable ennemi de la démocratie ».
Les organisations de défense des droits de l’homme accusent le pouvoir tunisien d’attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme islamique, au nom de laquelle un millier de personnes auraient été arrêtées depuis 2003, selon des avocats.

« Sarkozy a esquivé la question »

Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé les restrictions à la liberté de la presse et les emprisonnements d’opposants politiques, faisant état de mauvais traitements et de cas de torture – ce que Tunis nie.
Les défenseurs tunisiens des droits de l’homme souhaitaient que Sarkozy réclame la libération de ces prisonniers politiques, mais il a estimé que, « aujourd’hui, l’espace des libertés progresse » dans le plus petit Etat du Maghreb et il a crédité son président de « la volonté de vouloir continuer à (l’)élargir.
« Sarkozy a esquivé la question des droits de l’homme et de la démocratie en Tunisie pour privilégier les intérêts commerciaux », a réagi mardi Rachid Kechana, rédacteur en chef d’Al Mawqaf, hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) d’opposition.
« Cela a choqué les militants des droits civiques ici car ils attendaient une prise de position différente de la France, la patrie des droits de l’homme et des libertés », a ajouté Kechana.
Ce dernier et Mongi Ellouze, directeur d’Al Mawqaf, en sont au quatrième jour d’une grève de la faim au siège de l’hebdomadaire pour protester contre ce qu’ils présentent comme les efforts du gouvernement pour asphyxier les finances et entraver la distribution de la publication.

« Une question tunisienne »

« Sarkozy encourage ce gouvernement à poursuivre sa répression parce qu’il a dit aux dirigeants du pays qu’ils étaient sur la bonne voie », a déploré de son côté l’avocate Radia Nasraoui, autre militante des droits de l’homme.
Toutefois, selon Reda Kefi, rédacteur en chef du magazine indépendant L’Expression, des pressions trop ostensibles de la France n’auraient pas fait avancer la cause de la démocratie en Tunisie, seul pays du Maghreb interdisant l’expression politique de l’islamisme.
« Sarkozy est président de la France et il est venu ici pour défendre les intérêts français. La question de la démocratie et de l’amélioration des droits de l’homme en Tunisie est une question tunisienne qui doit être réglée entre Tunisiens », a affirmé Kefi. (avec Reuters)

 

TUNISIE

Ben Ali accepte les « critiques », Sarkozy pas « donneur de leçons »

NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 08:34

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Lundi soir à Tunis, le président français s’est refusé à critiquer la Tunisie, déclarant notamment: « Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais de m’ériger en donneur de leçons ». Dans un entretien publié ce mardi matin, le président tunisien déclare quant à lui: « Nous acceptons volontiers la critique ».

Nicolas Sarkozy accueilli à l'aéroport de Tunis par le président tunisien Zine al Abidine ben Ali

Nicolas Sarkozy accueilli à l’aéroport de Tunis par le président tunisien Zine al Abidine ben Ali

(c) Reuters  

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a indiqué être « conscient » que beaucoup restait à faire en matière des droits de l’Homme en Tunisie et affirmé « accepter volontiers la critique ».
« Dans ce domaine, comme dans d’autres, nous sommes conscients que beaucoup reste à faire. Néanmoins, les réalisations sont déjà nombreuses et l’évolution réelle », déclare-t-il dans un entretien au mensuel Afrique-Asie paraissant en mai à Paris et publié mardi à Tunis.
A la question de savoir si la Tunisie accuse un retard en matière de droits de l’homme, Zine El Abidine Ben Ali répond: « ceux qui le prétendent ignorent totalement la réalité tunisienne. Par contre, si vous parlez de critiques, je vous précise que nous acceptons volontiers la critique » a-t-il assuré.
Le président tunisien a affirmé sa volonté de faire évoluer les droits de l’Homme, énumérant « les grands progrès réalisés par la Tunisie, et constatés, dit-il, lors de l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’Homme du 8 avril à Genève ».

« L‘espace des libertés progresse »


« Nous entendons tirer amplement profit des recommandations que nous fera le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu », a-t-il encore assuré.
L’épineux dossier des libertés et droits de l’Homme est à l’ordre du jour de la visite en Tunisie du président français Nicolas Sarkozy, qui a rendu hommage aux efforts de ce pays en la matière.
« Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer », avait-il déclaré en présence de son hôte lundi soir au premier jour de sa visite d’Etat de 48 heures en Tunisie.
Il faisait allusion aux réformes engagées par la Tunisie « sur le chemin, étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus ».
« Ce chemin, aucun pays ne peut l’avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur », a-t-il martelé.

« Pleinement confiant »

« Je viens d’un continent dont l’histoire, y compris l’histoire récente, recèle d’abominables tragédies et je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons », a noté le président français qui s’est dit « pleinement confiant » de la volonté du président Ben Ali de « continuer à élargir l’espace des libertés ».
Le régime tunisien est régulièrement critiqué par certaines organisations non gouvernementales locales et internationales pour ses « atteintes aux libertés et aux droits de l’Homme », des accusations réfutées par Tunis.
Les autorités tunisiennes considèrent ces allégations comme des « partis pris de certaines ONG systématiquement hostiles ». Elles font valoir que la Tunisie a fait « le choix volontaire de la démocratie et des droits de l’Homme » et entend « poursuivre résolument le processus de réformes en toute souveraineté ».

Les ONG déçues

Deux dirigeants d’ONG défenseurs des droits de l’Homme Khadija Cherif et Mokhtar Trifi se sont dit « déçus » mardi par les déclarations de Nicolas Sarkozy.

« Je suis déçue. Il ne s’agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s’intéresse pas à la réalité de ce pays », a déclaré à l’AFP Khadija Cherif, militante des droits de l’Homme et présidente d’une ONG féministe.
« Sa priorité c’est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut être qu’économique, a-t-elle ajouté, jugeant les déclarations de Nicolas Sarkozy comme « une marque de mépris pour la société civile tunisienne ».
« On est habitué à ce discours. M. Chirac nous l’avait servi en 2003, on nous le ressert différemment malgré les promesses de campagne de M. Sarkozy », a poursuivi Khadija Cherif.
La présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD, indépendante) a confirmé la visite, mardi, au siège de son association, de la secrétaire d’Etat française aux droits de l’Homme Rama Yade.
« Si des garanties ont été données à M. Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux! C’est notre demande », s’est étonné de son côté Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l’Homme. (avec AP, AFP)

TUNISIE

Pour Sarkozy, l’Europe a « l’intelligence », les Tunisiens ont « la main d’œuvre »

NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 09:09

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Devant 500 patrons français et tunisiens, au deuxième jour de sa visite d’Etat, le président français a déclaré : « Vous avez une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation (…), ce n’est pas les uns contre les autres, c’est les uns avec les autres ». Il a été très applaudi.

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Le président français Nicolas Sarkozy a défendu, mardi 29 avril, au deuxième jour de sa visite d’Etat en Tunisie, son Union pour la Méditerranée entre l’Europe et les pays du Sud, alors que sa bonne note décernée au régime tunisien sur les droits de l’Homme suscite la polémique.
S’exprimant devant 500 patrons français et tunisiens, Nicolas Sarkozy a défendu son projet de nouveau partenariat entre les deux rives de la Méditerranée, qui doit être officiellement lancé le 13 juillet, assurant qu’il doit permettre la création d’un « pôle gagnant-gagnant qui concurrencera l’Asie ».
« Il n’y a pas un bon avenir pour l’Europe si l’Afrique en général, et l’Afrique du Nord en particulier, ne connaît pas le développement (…), nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier », a-t-il estimé.
« En Asie, ils ont su, entre les pays riverains, s’intégrer et se compléter. Et le drame de la Méditerranée, il est dans un chemin inverse où l’on s’oppose et on s’exclut », a-t-il ajouté.
« Vous avez une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation (…), ce n’est pas les uns contre les autres, c’est les uns avec les autres. C’est ça le partenariat », a insisté le président français sous les applaudissements.

« Des polémiques qui m’importent bien peu »

A titre d’exemple, Nicolas Sarkozy a cité l’accord conclu dans la nuit de lundi à mardi entre la compagnie nationale Tunisair et Airbus qui prévoit, outre la livraison de 19 avions (10 A320, 3 A330 et 3 A350, ainsi que 2 A320 et 1 A350 en options) l’installation en Tunisie d’une usine aéronautique qui emploiera à terme, selon lui, « près de 2.000 personnes ».
Rejetant « des polémiques qui m’importent bien peu », le président français a ainsi une nouvelle fois justifié la signature lundi d’un accord de coopération en matière d’énergie nucléaire civile.
« L’énergie nucléaire, c’est l’énergie du futur (…) la France vous dit que sa technologie, qui est une des plus sûres du monde, une des meilleures du monde, elle est décidée à la mettre au service du développement de vos économies (…), l’Europe ne connaîtra pas la stabilité si vous ne connaissez pas le développement, voilà pourquoi il faut s’unir », a-t-il plaidé.

« Reconnaître la réalité »

Le texte paraphé par Paris et Tunis, identique à d’autres déjà signés avec le Maroc, l’Algérie ou la Libye, suscite les critiques des ONG écologistes et de plusieurs partenaires européens de la France, qui estiment qu’il augmente les risques de prolifération nucléaire militaire.
Plus encore que l’accord sur le nucléaire civil, c’est le satisfecit attribué lundi soir par Nicolas Sarkozy au président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sur le terrain des droits de l’Homme qui a suscité la polémique, aussi bien en France qu’en Tunisie.
« L’espace des libertés progresse » en Tunisie, avait-il jugé devant son hôte, assurant ne pas vouloir s’ériger « en donneur de leçons ».
« Il ne s’agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s’intéresse pas à la réalité de ce pays », a déclaré à l’AFP Khadija Cherif, militante des droits de l’Homme et présidente d’une ONG féministe. « Sa priorité c’est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut pas être qu’économique », a-t-elle ajouté.
« Malheureusement sur le terrain, nous n’avons pas remarqué de progrès notables, c’est peut-être même le contraire », a regretté le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, Me Mokhtar Trifi.

Yade annule un rendez-vous

La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme Rama Yade, qui accompagnait Nicolas Sarkozy, a reçu dans l’après-midi Me Trifi, mais a annulé un rendez-vous prévu avec l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), sa présidente Khadija Cherif.
La France a signé mardi avec Tunis quatre conventions de crédits d’un montant de 138 millions d’euros pour l’agriculture, l’habitat et l’énergie.
Nicolas Sarkozy devait rencontrer mardi soir la communauté française.
Son épouse, Carla, a visité de son côté, mardi après-midi, un centre d’enfants orphelins à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis. (avec AFP)

LA VISITE DE NICOLAS SARKOZY EN TUNISIE

« Ben Ali doit sa longévité à la France »

Comment réagissez-vous aux déclarations de Nicolas Sarkozy estimant que « l’espace des libertés progresse » en Tunisie ?

- Il doit certainement avoir un bon décimètre pour mesurer cela. Cet espace des libertés a bien été gagné, mais par Ben Ali, et non pas par les droits-de-l’hommistes ou par les citoyens tunisiens. Ben Ali a gagné des libertés contre les Tunisiens. Ben Ali et Sarkozy sont tout simplement en train de s’auto-congratuler.

Nicolas Sarkozy a refusé de se poser en « donneur de leçons » au nom de l’amitié franco-tunisienne. Des protestations françaises pourraient-elles cependant faire évoluer la situation en Tunisie ?

- C’est une question que l’on ne devrait même pas poser. Depuis Mendès-France, en passant par De Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac… jusqu’à Sarkozy, la France n’a jamais vraiment envoyé de sermons à la Tunisie. Bourguiba ou Ben Ali n’ont jamais entendu dire par la France qu’ils devraient donner davantage de libertés à la Tunisie. La France en serait pourtant capable, car c’est l’ancien colonisateur et la Tunisie est encore aujourd’hui quasiment une colonie française. Ben Ali doit sa longévité à la France.
Quant à savoir si la France pourrait agir en faveur des droits de l’homme en Tunisie… Je ne crois pas. Elle pourrait nous aider en laissant faire les citoyens tunisiens, c’est-à-dire en s’écartant quelque peu. Aujourd’hui, Paris aide encore Ben Ali à asseoir son régime.

Comment peut être perçue une telle attitude du président de la République française par les Tunisiens ?

- Nous nous attendions à ça, d’autant plus que nous avons déjà été leurrés par les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy. Mitterrand ou Chirac ont fait de même. Mais Sarkozy, c’est le chef d’œuvre puisqu’il va jusqu’à féliciter Ben Ali pour ses soi-disant réalisations. De qui se moque-t-il ? Les Tunisiens ont cru pendant un moment que la France, terre de la Boétie, pourrait aider à la liberté ici. Aujourd’hui, on assiste plutôt à « L’Avare » de Molière.

Interview de Taoufik Ben Brik par François Sionneau
(le mardi 29 avril 2008)

 

 

 

 

LA VISITE DE NICOLAS SARKOZY EN TUNISIE

Sarko, les droits de l’homme et la courte vue

C’EST une rupture…Peut-être pas celle annoncée, mais c’est une rupture. En voyage chez le président tunisien Ben Ali, Nicolas Sarkozy a fait du zèle.Depuis vingt ans, le régime du président Ben Ali est régulièrement épinglé par les ONG pour ses violations des droits de l’Homme. Des actes de torture ont été récemment dénoncés par les Nations-Unies, des militants des droits de l’homme sont traqués, la censure règne en maitre. Par pure curiosité, allez sur les sites d’Amnesty International ou de Human Rights Watch et vous serez édifiés. Or, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à affirmer, malgré cela, que « l’espace des libertés progresse » et que « ce sont des signaux encourageants que je veux saluer », ajoutant qu’il voyait « pas au nom de quoi je m’érigerais en donneur de leçons » !,laissant à Ben Ali le beau rôle puisque le président tunisien a indiqué être « conscient » que beaucoup restait à faire en matière des droits de l’Homme en Tunisie et affirmé « accepter volontiers la critique » ! Mais Ben Ali est maintenu au pouvoir grâce au soutien de la France et il le lui rend bien : treize Airbus assortie de trois options pour un montant d’un milliard d’euros et la construction d’une centrale thermique pour environ 360 millions d’euros, selon la même source, sans parler d’un accord-cadre de coopération en matière de nucléaire civil ! Qui en Mars 2007 disait : « Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes » ? Nicolas Sarkozy. Or qu’a fait hier le même Nicolas Sarkozy ? Il est allé jusqu’à encourager Ben Ali à poursuivre dans la voie autoritaire, affirmant: « Qui peut croire que si, demain, après demain, un régime du type taliban s’installait dans un de vos pays, au nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’elles sont en sécurité? ».Or c’est exactement ce raisonnement spécieux qui, partout dans le monde musulman, fait le lit de l’extrémisme islamiste. Il faudrait fermer les yeux sur les actes de torture couramment pratiqués en Tunisie, au nom de la lutte contre le terrorisme. Or, ce n’est pas seulement moralement discutable, du fait que l’on accepte pour certains pays ce que nous refusons chez nous, mais c’est politiquement à courte vue. Ce sont les régimes autoritaires qui ont fait le lit d’Al Qaïda et de ses variantes salafistes. Jean-Marcel Bouguereau
(le mercredi 30 avril)

mardi, 29 avril 2008

Sarkozy et les dictatures

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Comment ne pas voir l’évidence – presqu’obscène?

Il y a moins d’une semaine, Nicolas Sarkozy se disait  »choqué » par la répression au Tibet. 

Et voilà qu’aujourd’hui, à Tunis, il ne voit rien à redire au régime féroce de Ben Ali.  

Nicolas Sarkozy ne défend donc les droits de l’homme que lorsqu’il est en campagne électorale ou lorsque la rue française l’y contraint. 

La preuve?

Souvenez-vous du silence pesant de l’Elysée pendant les émeutes à Lhassa.

Il a fallu attendre les premières grandes manifestations, les « coups » de Robert Ménard et les sondages pour que Nicolas Sarkozy sorte progressivement de cette troublante réserve et définisse, après moultes couacs, une nouvelle ligne qui laisse (un peu) de place à la promotion des droits de l’homme.

Mais, faute de pression, il ne dit rien sur la situation en Tunisie. 

Ou plutôt si:

« Je ne vois pas au nom de quoi je m’érigerais en donneur de leçons »,a-t-il déclaré hier au premier jour de sa visite d’Etat.

Terrible phrase. 

Quelqu’un aurait dû lui rétorquer:

« Mais au nom, Monsieur le président, de ce que vous avez déclaré pendant votre campagne, il y a moins d’un an »

Ou

« Au nom cette Charte universelle des Droits de l’Homme, écrite, vous en souvenez-vous?, par le Français René Cassin. »

Mais personne, aucun militant tunisien des droits de l’homme, n’a pas lui dire quoi que ce soit.

Puisque, comme la mobilisation de l’opinion française est quasi-nulle sur le sujet, Nicolas Sarkozy n’a pas cherché à les entendre.

Pire, il a encouragé Ben Ali à poursuivre dans la voie autoritaire.

Il a affirmé:

« Qui peut croire que si, demain, après demain, un régime du type taliban s’installait dans un de vos pays, au nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’elles sont en sécurité? »

Autrement dit, nous autres Européens devons fermer les yeux sur les exactions du régime Ben Ali au nom de la sacro-sainte lutte contre le terrorisme.

Fermer les yeux sur les arrestations arbitraires, sur la torture, qui frappent aussi bien sur les islamistes que les démocrates.

Sarkozy avait tenu à peu près le même raisonnement à propos de Moubarak qu’il préférait, disait-il, aux Frères Musulmans.

Ces déclarations sont évidemment moralement discutables.

Elles sous-entendent que, lorsqu’il s’agit de défendre les droits de l’homme, nous devrions faire deux poids deux mesures, selon que nous serions ou non menacés par les éventuelles conséquences d’une libéralisation des régimes en place.

Et ces déclarations sont politiquement de courte vue.

Car on sait bien que l’autoritarisme et la corruption des régimes arabes sont justement les ferments principaux de l’islamisme radical.

Les réactions des lecteurs

Léon
Orphee73
Pouvez-vous émettre une idée sans vous référer systématiquement à la famille Mitterand ? Je ne veux émettre d’idée sur le fait déjà ancien dont vous parlez mais mme Mitterand, je vous le rappelle n’était pas élue président de la République et représentait une association française et ne parlait pas au nom de la France.
Vous dépeignez une Tunisie dure pour l’Islamisme radical et doux pour les tunisiennes et les tunisiens très éloignée de ce qu’ils vivent et de ce qu’ils en disent eux-mêmes.
Cela n’est pas à votre honneur ni à celui de votre camp de faire ici l’éloge d’un tel régime.
30.04 à 09h21
Léon
Orphée73
Pour ne pas prendre mes vacances ni envisager de prendre ma retraite en Tunisie je me permets donc de critiquer cette position de Sarkozy je suppose avec votre bénédiction.
La Tunisie et les tunisiens forment un pays extrêmement agréable et accueillant, je peux le dire pour y être allé du temps du président Bourguibah. La rencontre idéale pour nous entre la culture d’afrique du nord et celle de Rome.
Mais depuis la montée de l’islamisme le durcissement du régime est incontestable et la liberté politique n’y règne pas. Il suffit de parler avec les tunisiens ou de lire leurs journaux officiels pour s’en rendre compte.
Le jour de cette déclaration j’ai parlé ici de complicité de la France et l’on m’a critiqué à ce sujet : « quoi, quelle complicité ». Je vois que le opposants tunisiens le ressentent aussi !
Encore une fois, sans être donneur de leçon, il n’était pas nécessaire de donner à un président dictatorial le certificat de conformité du pays des droits de l’homme.
30.04 à 08h59
fisc
Aaaaaaah !
Enfin, l’argument final !Sarkozy a reconnu la « spécificité » Russe.Ses amis ont, en son nom, défini la Chine comme une non-dictature.Les violations des droits de l’Homme ont été relégués au rang d’affaire intérieure (malgré la présence de qui-vous-savez au Quai d’Orsay !).

Enfin, on rend hommage à la lutte des dictateurs contre le terrorisme. La France valide officiellement l’argument que les Etats-Unis ont généreusement fourni aux dictateurs du monde entier pour justifier l’autoritarisme de leur régime !

D’autres ont été aussi cyniques, certes.

Mais que jamais, plus jamais, on ne prétende que Nicolas Sarkozy est un homme qui tient ses promesses !
30.04 à 08h52

L’habile-bête
Question de chimie.
1 – Quelle quantité* d’encre utilisée pour l’impression des billets de banque est nécessaire pour insensibiliser le nerf olfactif contre les particules olfactives de la putréfaction?
* Cette quantité peut sensiblement varier en fonction du pays.2 – Sachant que les billets de banque sont hématophages et entrainent quelquefois une cécité ou une amnésie temporaire, quelle quantité de « droits de l’homme » est-elle nécessaire pour réactiver les sens défaillants?Réponses à envoyer à « Monsieur le Président de la République Française ».
30.04 à 08h49
MINUIT
Dans tous les pays…
il ya toujours des « opposants » pour se prévaloir des droits de l’homme!….ce sont toujours les memes qui,une fois qu’ils sont au pouvoir les oublient!…les communistes se sont toujours bien servis des « droits de l’homme » quand ça les arrangeaient….on voit ce que les communisme chinois,nord coréen et cubains ont fait des droits de l’homme!….ne parlons pas des pays islamisés ou les droits de l’homme et encore plus de la femme sont une chimère….il existe de par le monde de nombreux pays ou la tunisie pourraient etre qualifiée de paradis au niveau des libertés individuelles,il suffit de regarder le voisin immédiat pour voir un exemple de négation des droit humains…Mr BOUTEFLIKA ne supporte pas la contradiction et les prisons algériennes sont pleines « d’opposants »….NE JUGEONS PAS LA TUNISISE en fonction de nos propres critères;contentons nous de la visiter en toute liberté et sécurité…. et laissons Mr BEN ALI s’occuper des affaires de son pays….
30.04 à 08h49
Tango1
Le plus important pour …
… Sarkosconi c’est de privilégier le côté matériel au détriment de l’humain (apanage de tous les dictateurs), même au détriment des 53% de décomplexés qui l’ont mis au pouvoir avec le soutien de la plupart des médias.
Il a tout simplement un porte feuille à la place du c?ur.
30.04 à 08h42
orphee73
autre chose…
Au fait, lorsque cette chère Mme Mitterrand allait se prosterner devant son Fidel Castro adoré avez vous souvenir qu’elle lui ait demandé avec fermeté d’ouvrir son pays, d’y laisser entrer une lueur de liberté et de démocratie??? Je n’ai pas entendu beaucoup de gauchistes et mêmes socialistes s’offusquer de cela ni critiquer, critiquer, critiquer Mitterrand et sa clique. Quand son fils faisait des « affaires » avec les génocidaires (armes et autres….au Rwanda….) Qui s’en offusquait??? Voius les « doirts de l’Hommistes convaincus??? Un peu d’honnêteté intellectuelle messieurs-dames les donneurs de leçon de « morale » dont vous ne voulez même pas à l’école!!De plus en plus de français vont prendre leur retraite en Tunisie. C’est drôle non pour un pays où régnerait une dictature implacable….
Les échanges économiques devraient-ils donc ne se faire qu’avec des pays démocratiques….donc principalement occidentaux. Avec ça il serait beau notre PIB tiens!! La bêtise a la vie dure!
30.04 à 08h34
al1-46
propos d’un candidat…..
« Je ne passerai jamais sous silence des atteintes aux droits de l’Homme au profit d’intérêts commerciaux »N.Sarkozy candidat à l’élection présidentielle.Dont acte…………
30.04 à 08h30
orphee73
Lamentable
Ceux qui critiquent, critiquent, et….qui vont passer leurs vacances dans ce pays horrible, où toutes les libertés sont paraît-il bafouées! Pour m’y être rendu à plusieurs reprises je n’y ai pas senti un manque absolu de libertés. Ceux qui se plaignent se sont bien évidement les « progressistes » tunisiens affiliés à nos bons gauchistes bobo habituels. La femme en Tunisie a bien plus de liberté et de modernité que dans aucun autre pays du Maghreb. Ce sont des femmes d’affaires, elles travaillent librement, ont accès à la contraception, aux soins, aux études contrairement au Maroc et à l’Algéri.; Ne confondez pas s’il vous plaît!
Ben Ali lutte très durement contre l’islam radical et c’est ça qui ne plaît pas aux « droits de l’Hommistes ». Il n’en veut pas sur son territoire et s’il faut payer une démocratisation de ce pays par un laxisme laissant la part belle aux islamistes radicaux alors je trouve qu’une certaine fermeté n’est pas mauvaise.Hélas chez nous…..
on voit ce qu’il en est!
30.04 à 08h27
gloups
droits de l’homme versus business
on voit bien que ce qui prime pour Sarko, c’est de jouer les VRP pour vendre des airbus ou des centrales (c’est sa spécialité, il ne sait pas vendre autre chose)
les droits de l’homme ne l’ont intéressé que le temps d’une campagne électorale, tout comme le bien être des Français et leur pouvoir d’achat
ce temps passé, il privilégie le business et ses potes
c’est sûr qu’il pourra se recaser après avoir fait président, il fera vendeur et fortune comme il le souhaite tant
et les Français dans tout ça, et les droits de l’homme ?
30.04 à 08h25
regine
laissez
lui faire son mandat
30.04 à 08h01
CR85
Oh les gars !
C’est Sarkozy que vous avez chez vous, vouvvouv attendiez à quoi ?
30.04 à 07h57

Publié dans AFRIQUE de SARKOZY, DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, POLITIQUE ET BUSINESS | 1 Commentaire »

Dérive intellectuelle.Ces docteurs en doctorats qui abêtissent le Cameroun

Posté par Isso le 30 avril 2008

Dérive intellectuelle

Ces docteurs en doctorats

qui abêtissent le Cameroun

La génération « école supérieure » qui a gouverné le Cameroun après
l’indépendance, dont on disait qu’elle était limitée intellectuellement pour
véritablement élever le Cameroun vers les cimes qu’il mérite, a cédé la place
depuis 25 ans à la race des « Professeurs-Docteurs-Ingénieurs-Experts ». Mais
alors qu’on pensait que le pays allait emprunter le TGV du développement, il ne
s’est jamais aussi mal porté. Nos docteurs en doctorats, au contraire, donnent
du Cameroun aujourd’hui une image d’Etat idiot, qui ne sait pas où il va, et
dans lequel les valeurs nobles ont disparu. Ceux qui devaient être nos lumières
nous ont plongés dans les ténèbres de la bêtise humaine. Voici une petite
palette des tares de ces abêtisseurs du Cameroun.

Ils ont fait du diplôme une consécration
Ils usent leurs culottes à étudier, ils investissent les amphis d’ici et
d’ailleurs à accroître leur savoir, et ils engrangent de nombreux diplômes,
parfois brillamment. Mais dès qu’ils obtiennent un emploi, ils succombent aux
délices faciles du quotidien, caractérisés par le cycle travail-espaces
intermédiaires (circuits, restaurants, auberges)-maison (télé, dodo). Ils
affichent désormais leurs diplômes comme de simples médailles rappelant leurs
exploits scolaires passés. Ils ne lisent presque plus, ils n’apprennent plus,
ils ne se remettent plus en cause, ils ne font plus de la recherche. Les
diplômes leur ont servi à acquérir des strapontins sociaux, un point c’est
tout. Ne leur demandez surtout pas ce qu’ils peuvent apporter au pays avec les
connaissances qu’ils sont supposés avoir acquises, ils ne vous diront rien,
parce qu’ils n’y ont jamais pensé.

Ils ne sont que des consommateurs d’idées
Pour nos docteurs en doctorats, leur rôle se limite à énoncer les problèmes (et
encore !), les solutions venant de là où elles sont conçues d’habitude. Voyez
comment des gens qui sont supposés mieux connaître les réalités de leur pays,
se font dicter les mesures économiques par des jeunes cadres parfois sans
expérience du FMI et de la Banque mondiale ! « Là-bas » on en est au système
LMD à l’université, c’est bon, on l’adopte chez nous. Et quand quelques-uns
d’entre eux essayent de produire de la connaissance, ils sont carrément
raillés, comme le fut Pr Anomah Ngu avec ses essais de vaccin contre le
VIH/Sida. Seulement, en général, les solutions fabriquées ailleurs sont
inadaptables à notre pays, et comme nos docteurs en doctorats n’en produisent
pas, le résultat est celui que nous vivons.

Ils sont complexés
Un recteur à Douala visitait sa faculté de sciences avec son staff de grands
professeurs, et ce qu’il a relevé de grave c’est que les enseignants ne
s’habillent pas en costume et cravate. Et vous voulez que CICAM se porte bien
quand des dirigeants d’une université située dans la chaude capitale économique
du pays imposent des costumes trois pièces comme « tenue décente » à des
enseignants travaillant dans des amphis surchauffés? Parce que chez les «
autres », c’est ça la grande tenue, chez nous aussi ce doit être pareil.
Regardez ces « érudits » dans les débats (façon de parler), et observez que
leur argument massue préféré pour défendre une idée, c’est « même en France ou
aux USA, ça se passe comme ça ». Notre pays n’avancera jamais si nous pensons
que ce sont les « autres » qui doivent décider de ce qui est bon pour nous.
Dire que nous pensions que ce complexe était dû à l’illettrisme !

Ils renient leur savoir pour de la flagornerie
Lorsqu’un linguiste agrégé appelle l’épouse du chef de l’Etat « Madame la
présidente, Son Excellence… », on se demande si on ne rêve pas. Qui d’autre que
le linguiste devait tirer la sonnette d’alarme sur les abus de langage au
Cameroun ? C’est la même surprise désagréable qu’on a lorsqu’une « sommité » du
droit estime qu’on peut retoucher la Constitution chaque fois qu’on le désire,
comme un simple règlement intérieur d’association. Un « grand » politologue
officiant à l’IRIC s’invite à tous les plateaux TV du Cameroun pour démontrer
que la limitation des mandats présidentiels est « antidémocratique ». C’est
grave ! Nos docteurs en doctorats n’ont plus aucun garde fou dans leur
flagornerie à l’endroit du Prince : même les connaissances sont tronquées pour
ces bas desseins. Pas étonnant que les taux de croissance et de chômage (les
chiffres sur la population aussi) tiennent plus de l’affabulation que de la
statistique réelle. Un pays peut-il avancer quand la science est sacrifiée à
l’autel des lubies de ses dirigeants ?

Ils sont lâches et irresponsables
Leur posture favorite lorsqu’ils font semblant de critiquer le pouvoir en place,
c’est d’imputer tous les maux de notre pays à l’entourage du président. Couards
comme ils sont, ils veulent faire croire aux Camerounais qu’ils sont gouvernés
par Dieu Le Père lui-même (l’infaillible), simplement parce qu’ils redoutent
d’éventuels « coups de tête ». Nos agrégés en agrégations admettent volontiers
qu’ils ne pensent pas, chacun de leurs actes étant posé « sous la haute
impulsion de… ». Aucune de leurs interventions publiques ne peut s’achever sans
qu’ils citent « Le chef de l’Etat, Son Excellence… ». Quand ils se font
interviewer dans leur bureau, ils font tout pour que la photo de celui qui
parle à travers leur bouche apparaisse à l’image. Or, comme une seule personne
ne peut produire des idées géniales pour tous les secteurs de la vie du pays,
on se retrouve dans une situation où rien n’est fait nulle part. Et flop !

Ils se prostituent dans les sectes et réseaux
Pour accéder à des postes importants et/ou pour se garantir un « enrichissement
scandaleux », nos « longs crayons » adhèrent aux sectes et réseaux qui
pullulent (à découvert depuis l’avènement du Renouveau) dans notre pays.
Malheureusement pour eux, ils ne découvrent le vrai « mode d’emploi » de ces
cercles mystiques et maléfiques que lorsqu’ils sont déjà à l’intérieur, et les
voilà soumis aux pires humiliations : sodomie, cession d’épouses aux « maîtres
» pour besoins sexuels, etc. Ils roulent carrosse, ils ont l’illusion de
posséder un pouvoir puisqu’on se lève à leur passage, mais comme les
prostituées, ils souffrent dans leur chair et leur psychique. Ils deviennent
donc envieux de la liberté et de la tranquillité d’esprit des simples citoyens,
ce qui engendre la méchanceté. Pas question d’avoir le bien-être social en
restant propre, sans endurer les humiliations comme eux. On comprend ainsi
aisément pourquoi le bonheur du peuple est le cadet de leurs soucis. Mais
dites, comment à ce niveau d’instruction nos docteurs en doctorats ne
savent-ils pas que rien sur cette terre ne s’obtient sans contrepartie ?

Ils sont tribalistes
La déclaration des « élites » du Mfoundi après les émeutes de février 2008 au
Cameroun en est une illustration forte, qu’il n’est point besoin de commenter.
Dès que nos « savants » sont nommés à des fonctions de pouvoir sur le plan
national, ils courent festoyer au village natal. Comme pour dire qu’ils sont
ministres, députés, recteurs, DG ou autres pour leurs frères du village. Ils
soutiennent sans honte l’injuste système des « équilibres régionaux » au
détriment de la compétence, y compris dans les examens et concours, et lors des
recrutements et nominations à des postes de responsabilité. Ainsi, « the right
man at the right place » est purement une vue de l’esprit au Cameroun, et
l’évolution à reculons du pays est une conséquence logique.

Ils sont menteurs et fourbes
Quand on affirme, pince-sans-rire, devant les caméras de télévisions que les
morts lors des émeutes de février 2008 doivent leur triste sort aux bagarres
entre casseurs et pilleurs qui ne s’entendaient pas lors du partage du butin de
leurs forfaitures ; ou lorsqu’on déclare triomphalement qu’il y a eu « zéro mort
» à Bamenda pendant les années de braise, alors que des personnes sont mortes
sous les balles des forces de l’ordre, c’est grave. C’est grave parce qu’on est
parent d’enfants, et même (hélas !) enseignant, donc celui qui est supposé dire
aux jeunes que le mensonge est un vice. Le mensonge a tellement été banalisé
dans notre pays par ceux qui ont la charge de sa gestion, que le terme «
politique » est désormais synonyme de « mensonge ». Vous vous rendez compte
qu’on a donné des quitus de « bonne gestion » pendant des années à des DG
d’entreprises étatiques, alors qu’ils étaient en train de piller et tuer ces
structures ? SNEC, CAMAIR, CAMTEL, ONCPB, CNR, la liste est longue des
entreprises mortes au Cameroun à cause du mensonge et de la fourberie de nos «
experts ».

Ils sont amnésiques
Au début des années 1990, beaucoup de nos « érudits » sont montés au créneau
pour dire que le Cameroun n’était pas encore prêt pour le multipartisme.
Quelques semaines plus tard, les mêmes revenaient sans honte expliquer la
justesse du choix du chef de l’Etat de promulguer les lois qui consacrent le
multipartisme. En 1996, ils ont envahi les médias pour présenter la nouvelle
Constitution comme un modèle du genre en matière de démocratie. Il n’y avait
mieux nulle part : motions de soutien, marches triomphales. Aujourd’hui, voici
les mêmes qui reviennent, toute honte bue, décrier « l’une des meilleures
constitutions du monde ». Que dire de ce professeur qui, plus jeune, avait vécu
des grèves d’élèves au lycée à Bonabéri et à l’université de Yaoundé, qui vient
appuyer la thèse de la manipulation des jeunes dans leurs récentes
revendications. Il n’y a donc que la jeunesse du Cameroun qu’il faut manipuler
pour qu’elle réalise qu’elle a faim ? Au Burkina, au Sénégal et ailleurs, les
jeunes sont donc plus « mûrs » qu’au Cameroun ! Une telle amnésie ambiante
confine notre pays à l’éternel recommencement, donc à la stagnation et au
recul.

Ils sont faibles et manipulables
Il n’y a pas longtemps, on a dit aux Professeurs-Docteurs-Ingénieurs-Experts du
Cameroun qu’il fallait devenir chef de village pour montrer qu’on « maîtrise »
une portion de la population, et obtenir ainsi une meilleure part du gâteau
national. Alors ça a été la ruée vers les chefferies dans les villages du pays
: quand on était vraiment éloigné de la famille régnante, on mettait sa fortune
à contribution pour porter au trône « sa » personne. L’autorité traditionnelle a
été fragilisée, décrédibilisée.
Demandez à ces trouillards de marcher à quatre pattes en invoquant de « hautes
instructions », et ils vont faire mieux : ils vont ramper. De petits « indics »
leur extorquent ainsi de fortes sommes d’argent sous prétexte de pouvoir faire
avancer leur dossier en haut lieu. Le plus grave c’est que des maîtres d’EPS et
de petits informaticiens conçoivent des slogans et des arguments ridicules, et
nos « profs » les répètent comme des perroquets. Etre allé à l’école si
longtemps pour n’être que des marionnettes, c’est triste. Malheureusement
l’incidence de cette réalité n’est pas qu’individuelle ; le Cameroun en pâtit,
car ces grands diplômés qui nous dirigent sont tout autant manipulables par les
étrangers. Et nos entreprises, même de souveraineté, sont bradées ; les marchés
et contrats de dupes en notre défaveur sont légion.

Ils sont corrompus et voleurs
Jadis, on identifiait les gens qui avaient « beaucoup lu » par leur détachement
pour les biens matériels. Ils ne rêvaient que de reconnaissance pour leurs
performances dans leur domaine de connaissance. Aujourd’hui, les super diplômés
rêvent de grosses voitures, de châteaux, et de comptes bancaires obèses. Même au
sein des universités, on voit comment ils se battent comme des chiffonniers pour
décrocher des « missions juteuses ». Quand vous circulez dans nos grandes
villes, on vous montre les immeubles construits par tel agrégé, ou tel expert
avec l’argent volé à l’Etat. On s’est même servi de l’argent destiné à stopper
l’expansion du VIH/SIDA pour bâtir de colossales fortunes. Si la lutte contre
la corruption et les détournements était réelle dans notre pays, aucune
université au monde n’aurait une plus forte concentration de
Professeurs-Docteurs-Ingénieurs-Experts que nos prisons. Conséquence, comme
ceux qui devaient avoir assez de distance avec le quotidien pour penser le
devenir du pays sont absorbés par la recherche des gains faciles, le Cameroun
est sur pilotage automatique.
Il faut préciser que les tares relevées ici ne sont pas exhaustives. Ce qu’il y
a de plus inquiétant, c’est que cette race de « docteurs en doctorats » sans
consistance est en train de se renouveler, ce qui est normal, puisque beaucoup
d’entre eux sont assez cyniques pour continuer à enseigner. Une des preuves de
ce nivellement par le bas est le comportement des mototaximen : ils sont
discourtois, imprudents, ils ignorent le code de la route, pourtant on nous dit
qu’ils sont en grande partie titulaires de licences et de maîtrises.
Alors, quand les grands diplômés d’un pays donnent une telle image d’ignorance
de la vie en société, il y a de quoi croire que le peuple dont ils sont
supposés être les « éveilleurs de consciences » est d’une idiotie proverbiale.
Heureusement que cette déduction ne résiste pas à l’affirmation de cette
grand-mère qui disait toujours qu’il y a l’intelligence de l’école, et il y a
aussi l’intelligence humaine tout court qui ne se mesure pas au nombre de
diplômes. Il n’y a donc pas lieu de désespérer du Cameroun, car un pays ne se
construit pas uniquement avec des agrégés, et les couches moyennes qui portent
le pays à bout de bras, sont en train d’apprendre à satiété ce qu’il ne faut
surtout pas faire si on veut faire avancer un pays. Expérience qu’elles
mettront à profit lorsque l’alternance se fera dans la manière de penser et de
conduire le Cameroun.

Par Charles MONGUE chmongue@yahoo.fr

Publié dans CAMEROUN : laideurs et décadence | 1 Commentaire »

 

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