Les altermondialistes sont confortés par le succès du Forum social mondial

Posté par issopha le 4 février 2009

 

Compte rendu

Les altermondialistes sont confortés par le succès du Forum social mondial

BELEM (BRÉSIL) ENVOYÉE SPÉCIALE

 

Le Forum social mondial (FSM) est une expérience de « désordre créateur ». Jamais autant qu’à Belem, il n’aura fallu se raccrocher à cette définition proposée par le philosophe Patrick Viveret pour survivre dans un événement qui a rassemblé, du 27 janvier au 1er février, au-delà de tous les pronostics, 133 000 personnes.

 

Plus de 2 000 ateliers en l’espace de six jours

Participation. 142 pays étaient représentés au Forum social mondial de Belem (Brésil), du 27 janvier au 1er février. 491 organisations européennes ont formé la plus grosse délégation continentale après celle de l’Amérique latine.

Fréquentation. 133 000 personnes ont participé. Il s’agit de la plus forte fréquentation depuis la création du rassemblement des altermondialistes, à Porto Alegre (Brésil), en 2001.

Ateliers. 5 800 associations issues de la société civile ont organisé 2 300 ateliers autour d’une dizaine de thèmes, parmi lesquels la construction d’une économie solidaire et durable, le monde dans une perspective post-capitaliste, la préservation de l’environnement, etc.

Sur le même sujet

Des Indiens d'Amazonie participent au Forum social mondial, à Belem au Brésil, le 28 janvier.

Vidéo Forum social mondial : Belem à l’heure indienne

Portfolio De Belem à Davos, la crise occupe le devant de la scène

Les altermondialistes sont confortés par le succès du Forum social mondial dans ALTERMONDES abonneContent Edition abonnés Archive : A Belém, les altermondialistes se recentrent sur le combat écologiste

 

Absence de traduction, désorganisation, heures passées à rejoindre des réunions distantes de plusieurs kilomètres : le parcours du militant a souvent épousé celui du combattant, obligatoirement équipé de bonnes chaussures et d’un parapluie pour se protéger des pluies, diluviennes en cette période de l’année.

Au-delà de ces désagréments, l’édition 2009 confirme que le Forum reste un lieu d’effervescence et de brassage d’idées. Un laboratoire d’expériences et de propositions auquel la crise a redonné du crédit en validant un certain nombre de prophéties altermondialistes. « Nous avons maintenant la responsabilité de mettre des propositions fortes sur la table et de les faire connaître », admet Jean Merkaert, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).

Parmi ces propositions, figurera la suppression des paradis fiscaux, qui, pour John Christensen, du réseau Tax Justice, « sont le maillon faible d’un système dans lequel ont pu prospérer toutes les dérives de la finance ». La libéralisation des services financiers est aussi pointée du doigt. « Cela a permis aux banques de grossir et elles sont devenues trop grosses pour qu’on les laisse faire faillite. Il faut revenir en arrière et exiger qu’elles financent des activités utiles à la société », soutient Myriam Vander, du Centre néerlandais de recherche sur les multinationales.

ECONOMIE SOLIDAIRE

« Toutes les crises – alimentaire, énergétique, financière – qui secouent la planète sont liées. Les solutions ne peuvent être construites en imaginant conserver un système qui consomme de façon insoutenable les ressources naturelles », résume l’économiste péruvien Oscar Ugarteche.

En pleine Amazonie, les peuples indiens, massivement présents à Belem, ont rappelé le lien qui existe entre l’homme et la nature. « Le monde indien est une société de partage et de bien-être, non une société d’accumulation », souligne Candido Grzybowski, un des fondateurs du Forum.

A Belem, pour que soit préservée l’Amazonie, les organisations écologistes ont réclamé la rupture avec un modèle de développement, qui conduit à la transformation de la forêt en pâturages ou en zones de monoculture intensive de soja. Elles ont plaidé pour une agroforesterie capable d’exploiter les ressources de la forêt sans la détruire. « Cette solution préserve l’environnement et assure la sécurité alimentaire des communautés locales », défend le Mouvement agro-écologique d’Amérique latine. Des expériences sont déjà en cours, comme dans l’Etat d’Acre, à la frontière bolivienne, où le gouvernement a choisi de valoriser sa « forêt debout ».

A côté de toutes les pistes de réflexion, Belem aura aussi été l’occasion de constater la vitalité de l’économie solidaire sur la plupart des continents. « Des millions de personnes vivent et construisent au quotidien des alternatives pour vivre mieux. Cela est peu visible, mais une autre économie existe déjà », insiste Ethel Côté, une participante canadienne.

« Même aux Etats-Unis, le mouvement s’amplifie et on va pousser Barack Obama dans cette direction », explique Julie Matthaei, du Solidarity Network. Pour la première fois dans un Forum social, le drapeau américain n’a pas été brûlé, et il est même question d’organiser la prochaine rencontre, en 2011, aux Etats-Unis.

« Nous offrons une autre perspective sur la crise en montrant qu’il existe des alternatives à un capitalisme en faillite. Et qui peut nier que cela est aujourd’hui nécessaire ? », a lancé M. Grzybowski en clôturant le Forum. Les participants repartent de Belem en ayant fait le plein d’énergie. Rendez-vous a été pris le 28 mars à Londres, quelques jours avant la réunion du G20, où les altermondialistes espèrent renouer avec les grandes manifestations qui ont fait leur succès.

Laurence Caramel

Quand les biocarburants menacent l’agriculture vivrière

International Magazine – Linternationalmagazine.com – Emmanuel Tixier , publié le 03/02/2008

 

En affirmant que l’essor des biocarburants serait catastrophique pour les populations les plus pauvres, le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation sème le trouble, alors que l’image positive des biocarburants tend à s’imposer dans le discours écologique. Du Brésil aux Etats-Unis, en passant par l’Europe, de plus en plus d’exploitants choisissent la voie très rentable de ces carburants « verts »… au détriment de l’agriculture vivrière.

« Un crime contre l’humanité. » Voilà ce que commettraient les agriculteurs du monde entier s’ils continuaient à convertir leurs champs nourriciers en terres à produire des biocarburants. Cette phrase choc signée Jean Ziegler sonne comme un véritable signal d’alarme. Dans le rapport qu’il a présenté en octobre à l’Assemblée générale de l’ONU, le sociologue genevois souligne la menace que fait peser l’essor des biocarburants sur la capacité de la planète à nourrir l’ensemble de ses habitants.

Principalement concernés par le rapport, les Etats-Unis et le Brésil sont de loin les plus grands producteurs de biocarburants. A eux deux, à partir du maïs ou de la canne à sucre, ils ont produit 26 millions de tonnes d’éthanol, en 2006, soit sept fois plus qu’en Europe, où le biodiesel règne avec 3,2 millions de tonnes de produits en 2005. Au Brésil, entre 1993 et 2003, la surface des champs de canne à sucre a augmenté de 50 %, au détriment d’autres cultures vivrières. Ces cinq dernières années, aux Etats-Unis, la production de bioéthanol a doublé. Et le phénomène pourrait s’amplifier tant le produit est rentable. Au Sénégal, une usine capable de produire 12 millions de litres d’éthanol par an vient d’être inaugurée.

10 % de biocarburants dans les voitures européennes en 2020

Avec un pétrole à 90 dollars le baril, les Etats-Unis voient plus que jamais dans les carburants « verts » un moyen de réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis du Moyen-Orient. Dans son dernier discours sur l’état de l’Union, George W. Bush a ainsi souhaité que bioéthanol et diester représentent à terme 15 % du carburant consommé par les véhicules américains. Quant à l’Union européenne, son objectif est d’environ 6 % de biocarburants pour les transports en 2010, et de 10 % à l’horizon 2020… Une manière aussi de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, mais à quel prix ? Alors que la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim est le premier des « Objectifs du millénaire pour le développement » fixés par les Nations Unies, le rapporteur spécial craint qu’il ne soit pas atteint en 2015, l’échéance prévue. « Ce n’est pourtant pas une fatalité », assène Jean Ziegler. Selon lui, la planète serait capable de nourrir 12 milliards de personnes. Pourtant, 850 millions de personnes souffrent encore aujourd’hui de sous-nutrition, selon la FAO.

Les pays importateurs n’auront plus les moyens de payer

A en croire les prévisions de l’IFPRI, un institut américain de recherches sur les politiques alimentaires, la situation ne peut que s’aggraver. Car plus on produira de biocarburants, plus les cours des produits nécessaires à leur fabrication augmenteront. Ainsi, l’IFPRI prévoit un soja 76 % plus cher d’ici à 2020. A cette date, les cours du blé et du maïs devraient quant à eux avoir bondi respectivement de 30 et 41 %. Conséquence pour certains pays importateurs : une incapacité à satisfaire les besoins alimentaires de la population. « Des pays structurellement déficitaires en matière alimentaire ne pourront plus payer la facture », s’inquiète Jean Ziegler, citant le cas du Burkina Faso, qui, en 2006, a importé 230 000 tonnes de mil. Autre menace, bien plus effrayante, le prix du manioc qui pourrait augmenter de 135 % d’ici à 2020, alors qu’il est l’aliment principal de 200 millions d’Africains… Il faut dire que cette racine riche en amidon est un bon ingrédient pour le bioéthanol. Le Nigeria songerait ainsi à augmenter sa production de biocarburants grâce au manioc.

50 % d’aide américaine en moins pour le PAM

Rien qu’en un an, les cours mondiaux du maïs auraient doublé. Conséquence de cette forte hausse : la contribution américaine au Programme alimentaire mondial (PAM) a été réduite de moitié en 2007, par rapport à l’an 2000, d’après le New York Times, qui s’appuie sur les informations du département à l’Agriculture.

Finalement, la seule solution pour préserver la planète d’un désastre humanitaire serait la mise en place d’un moratoire de cinq ans sur la fabrication des biocarburants, estime Jean Ziegler dans son rapport. Le temps pour la recherche de trouver des procédés qui ne mettraient pas en péril l’agriculture vivrière. Selon le rapporteur spécial, ce moratoire pourra se faire grâce à «  l’opinion publique (qui) a un rôle déterminant à jouer ».

Emmanuel Tixier pour International Magazine

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Altermondialisme. Etat des lieux.Evolutions.Défis.Perspectives.

Posté par issopha le 28 février 2008

  

  

Altermondialisme

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Le mouvement altermondialiste, souvent raccourci en altermondialisme est un mouvement social composé d’acteurs très divers qui proposent pour l’essentiel un ensemble de valeurs « sociales » et soucieuses de l’environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain, en opposition à ce qu’ils analysent comme les « logiques économiques de la mondialisation néolibérale ».

Assez hétérogène, le mouvement se rassemble autour du slogan « Un autre monde est possible » ou plus récemment, « D’autres mondes sont possibles »[1], mais oscille entre un réformisme (par exemple à travers la revendication d’une Taxe Tobin[2] par ATTAC) et un « imaginaire de la rupture ».

Néanmoins, on distingue des prises de position et des revendications communes à de nombreuses organisations concernant :

Ces thèmes se retrouvent d’une part dans un certain nombre d’ouvrages, de films ou encore de médias[8], d’autre part dans des textes de diverses organisations du

mouvement altermondialiste : plate-forme proposée par ATTAC, manifestes ou rapports élaborés durant les forums sociaux mondiaux, dont le manifeste de Porto Alegre, des textes de l’Organisation des Nations unies de déclarations de droit et d’autonomie dont les altermondialistes « réformateurs » veulent l’application concrète[9] (voir

aussi la partie Propositions).

Sommaire

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Historique et structure

Altermondialisme. Etat des lieux.Evolutions.Défis.Perspectives. dans ACTIONS CITOYENNES 15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Chronologie de l’altermondialisme.

Le mouvement a pris racine petit à petit tout au long du XXe siècle. Il commence à prendre de l’ampleur au début des années 1980 dans les pays du sud avec la lutte contre la dette du tiers monde, l’OMC et les plans d’ajustement structurels du FMI ; mais il reste alors inaperçu en Occident. Il apparaît en Europe, aux États-Unis et en Corée à partir de 1994, dans le cadre d’une critique du chômage, de politiques entraînant la précarisation du travail et la remise en cause de la protection sociale.[réf. nécessaire]

Les manifestations de Seattle en 1999 sont les premières manifestations médiatisées altermondialistes[réf. nécessaire]. Elles sont suivies par un premier Forum social mondial, alternatif au Forum économique mondial de Davos, et par le rassemblement de Gênes en 2001 (avec la mort d’un manifestant par balle lors d’affrontements avec la police italienne) contre le sommet du G8. Les Forums sociaux mondiaux ont lieu chaque année soit à Porto Alegre (de 2001 à 2003), à Mumbai en 2004 ou encore polycentrique. En novembre 2002 s’est également tenu le premier Forum social européen à Florence, au cours duquel 450 000 à 1 million de personnes ont défilé contre la guerre en Irak et « pour un autre monde ». En tant que lieux d’échanges et évènements médiatiques, les forums sociaux sont les espaces et les moments privilégiés du mouvement. Il s’est développé durant les dernières années plusieurs forum sociaux mondiaux, continentaux et locaux.

La ville d’Atlanta a accueilli le premier Forum social des États-Unis du 27 juin au 1er juillet 2007, à l’initiative du Forum social[10].

Composition

15px-Searchtool-80%25 dans ALTERMONDES Article détaillé : Organisations se revendiquant altermondialistes.

Le mouvement altermondialiste résulte de la convergence et de la multiplicité de mouvements. Il regroupe des personnes d’horizons très divers[11] : paysannerie, couches

populaires et petite bourgeoisie du Sud, pauvres et salariés précaires des pays industrialisés, syndicats ouvriers et enseignants, associations de consommateurs, de

chercheurs, de jeunes, mouvements écologistes, anti-militaristes, féministes, communistes, marxistes, nationalistes, keynésiens et anarchistes… Pour cette raison, cette mouvance est appelée parfois « le mouvement des mouvements »[12].

Cette diversité se reflète dans le grand nombre d’organisations se revendiquant altermondialistes. Le point de vue altermondialiste connaît également un écho parmi

certains dirigeants des PMA, ainsi que certains l’ont exprimé dans la déclaration de Dhaka ou dans leur appartenance au mouvement des non-alignés.

Convergence d’une multiplicité de mouvements et d’associations, la mouvance altermondialiste n’a pas d’organisation en elle-même. Elle constitue un réseau au fonctionnement « horizontal », refusant les hiérarchies verticales. Les associations réunies au sein du mouvement peuvent d’ailleurs être organisées suivant ce modèle (ainsi dans l’Union syndicale Solidaires en France), mais certaines organisations comme ATTAC France reproduisent dans leur structure une hiérarchie pyramidale en octroyant un pouvoir décisionnel important à une minorité, comme le collège des fondateurs d’ATTAC.

Les altermondialistes[précision nécessaire] cherchent à développer des réseaux internationaux (cf. la structure des mouvements ATTAC, ou Indymedia), notamment à

travers des forums mondiaux, tel le Forum social mondial de Porto Alegre, afin d’y développer des synergies internationales entre les différents mouvements.

Orientations

Le terme anti-mondialisation a été le premier utilisé par les journalistes pour désigner le mouvement contestataire. En 1999, le terme « altermondialisme » ou « altermondialisation », d’origine belge, fut introduit dans la francophonie pour mettre en avant le caractère favorable d’une partie du mouvement à une forme de mondialisation qui serait différente de la mondialisation actuelle[13]. Le terme lui-même est la reprise du slogan « Un autre monde est possible ».

La pluralité des orientations politiques au sein du mouvement est difficile à synthétiser. Il est possible de décrire un certain nombre d’orientations spécifiques au sein du mouvement :

  • Les communistes et marxistes. Les communistes se sont liés au mouvement altermondialistes sur des bases anticapitalistes et s’opposent traditionnellement à la mondialisation économique capitaliste, qui serait celle de la classe bourgeoise, et prônent la mondialisation de l’action des peuples (ou du prolétariat) selon un modèle social et solidaire. Tous les communistes ne se sentent pourtant pas altermondialistes : en France, si des partis comme le PCF ou la LCR se rapprochent de la mouvance, d’autres s’en éloignent…
  • Les anarchistes, opposés au capitalisme et à l’autorité, sont présents dans dans les grandes manifestations altermondialistes. Certains sont présents dans les black blocs bien que ceux-ci ne soit pas exclusivement constitués d’anarchistes.
  • Les antilibéraux qui critiquant le modèle du libre échange (cf. critique du libéralisme économique) veulent réformer en profondeur les principes de la logique économique, sur la base de critères sociaux et moraux. Certains proposent de taxer les flux de capitaux spéculatifs (taxe Tobin).
  • Les souverainistes ou nationalistes qui, ayant pour but déclaré de protéger la nation du néo-libéralisme des marchés et de l’insécurité sociale qui en découlerait (chômage, « dumping social », délocalisations), prônent des mesures protectionnistes d’intérêt national ou régional en matière d’économie. Cette dernière catégorie est clairement antimondialiste. Ces souverainistes ou nationalistes ne sont pas à confondre avec les nationalistes d’extrême droite qui ne prennent en aucun cas part au mouvement altermondialiste.
  • Les écologistes qui veulent préserver l’environnement (face à ce qu’ils estiment être les dangers de la société industrielle).

La plupart des tendances s’accordent sur un compromis que l’on retrouve aussi dans la tendance modérée, celle des « réformateurs modérés » qui sont partisans du libre-échange mais souhaitent que le marché soit régulé selon des impératifs sociaux et environnementaux, par exemple le principe de souveraineté alimentaire.

Positions

Positions présentées comme altermondialistes

Si la diversité du mouvement s’avère efficace en tant que front de contestation, son manque d’homogénéité empêche le mouvement de produire un programme politique clair et de canaliser ses partisans dans une voie unique. Cependant, une orientation commune se dégage sur des thèmes généraux comme la lutte pour le développement et les droits fondamentaux comprenant la souveraineté alimentaire et la paix voire la démocratie. Avec un discours souvent idéaliste, l’altermondialisme se veut un moteur de lutte sociale. Il a désigné comme son principal adversaire idéologique le néo-libéralisme.

L’idée de base des altermondialistes consiste à considérer que le processus de mondialisation économique, s’il n’est pas encadré politiquement, conduit à une augmentation des inégalités dans le monde : d’une part entre la population mondiale la plus riche et la plus pauvre, d’autre part entre les pays du Nord, principalement l’Amérique du Nord et l’Europe, et une majorité des pays du Sud dont l’Afrique subsaharienne et les PMA. Ce dernier point peut toutefois être contesté par l’analyse du P.I.B. par pays sur les 50 dernières années[14], un indicateur que les altermondialistes contestent en général.

Certains altermondialistes sont par ailleurs préoccupés par l’insécurité écologique qui est engendrée par la pollution industrielle, l’effet de serre, les OGM (voir Lutte anti-OGM), ou encore les armes chimiques et nucléaires.

D’autres accusent les grandes compagnies transcontinentales et les organes financiers et commerciaux internationaux de favoriser, directement ou indirectement, des intérêts privés plutôt que l’intérêt général par la recherche de profits au détriment des facteurs sociaux et écologiques (voir externalité négative et les difficultés à appliquer le protocole de Kyoto ou la Bourse du carbone).

La pensée altermondialiste veut, d’une part, faire prendre conscience de ce qu’elle considère comme les méfaits d’une forme de mondialisation trop centrée sur l’économie, et, d’autre part, proposer des réformes ou du moins des alternatives selon la formule « un autre monde est possible ».

Critiques

Critique du marché mondial

Les altermondialistes considèrent que la mondialisation par le marché n’est pas un synonyme de progrès humain, celle-ci ne profitant, selon eux, pas équitablement à tous.

Les altermondialistes dénoncent particulièrement l’inégalité croissante entre la proportion des plus riches et des plus pauvres de la planète, qui a augmenté depuis 1960, qu’ils attribuent à la mondialisation plutôt qu’aux causes internes à ces pays. Selon le rapport 2001 du PNUD, 1% des plus riches mondiaux disposent d’un revenu cumulé égal à celui des 57% les plus pauvres. De plus, pour 45 des 77 pays disposant d’une statistique sur l’inégalité de revenu, celle-ci a cru à l’intérieur des pays entre 1960 et 1990, renforçant les inégalités intra-nationales.

Ils pointent également que entre 1990 et 2000, malgré l’accroissement des forces productives, illustré par le doublement du PNB mondial, le nombre des victimes de la faim n’a pas évolué[réf. nécessaire] significativement (+/- 810 millions de personnes chaque année, soit plus de deux millions par jour).

Est également critiquée la libéralisation des flux financiers et monétaires mondiaux qui a, selon eux, un effet déstabilisateur sur les économies locales et des conséquences humaines néfastes. Ils attribuent par exemple la crise économique argentine et la crise économique asiatique du sud-est à la fin des années 1990 à cette libéralisation. De plus, les paradis fiscaux sont une des cibles des altermondialistes. Pareillement, la « spéculation » est régulièrement critiquée par le mouvement altermondialiste alors qu’à l’inverse elle est considérée par la majorité des économistes comme nécessaire à l’activité économique et à la constitution d’un marché efficient.

Position vis-à-vis des États et des organismes internationaux

Les altermondialistes considèrent que l’économie n’est pas régie par des lois économiques naturelles et immuables mais est le fruit de politiques conscientes des gouvernements qui concèderaient de plus en plus leur pouvoir au marché (voir Consensus de Washington).

De leur point de vue, le marché réduirait l’homme et la nature à sa valeur marchande. Ils voient comme contrepoids des instances externes aux marchés, comme les États, certaines organisations internationales ou, sans trop de précision sur sa représentation, la société civile. Bien que se disant favorables au développement d’organisations internationales, ils s’attaquent à celles qui cherchent à privatiser ou à réduire l’accès aux services publics, ainsi qu’à celles qui visent à libéraliser l’économie.

L’organisation ATTAC résume le souhait des altermondialistes de modifier les règles des grandes institutions internationales comme suit :

« Une réforme radicale des institutions financières internationales, fondée sur une remise en cause de l’organisation actuelle des pouvoirs au sein du système financier international, constitue une condition politique préalable à la construction d’un mondialisme alternatif fondé sur le pouvoir des peuples et sur une nouvelle conception du développement durable. »

Les altermondialistes souhaitent une plus grande démocratisation des institutions supra-nationales, non démocratiquement élues au suffrage universel direct, comme l’OMC, FMI, la Banque mondiale ou le G8 (voir également : Banque centrale européenne). Le manque de transparence de ces organisations est aussi souvent critiqué par le mouvement altermondialiste.

Critique de l’OMC

Tout d’abord, le mandat de l’OMC de réduire les obstacles au libre-échange est critiqué comme étant défavorable à certains pays du sud, particulièrement concernant l’agriculture. Ainsi le rapport de la plateforme d’ONG françaises Coordination Sud intitulé « La protection des marchés agricoles. Un outil de développement »[15] conclue que « associée à des mesures de soutien à la production » et « pendant une période de temps donnée », « la mise en place de mesures de protection (des marchés agricoles) apparaît clairement comme une condition nécessaire pour parvenir à développer la production locale et renforcer l’autosuffisance ».

Néanmoins, la Politique agricole commune, qui subventionne les exportations agricoles des pays riches et qui est dénoncée par les pays du sud comme concurrence déloyale, fait débat au sein du mouvement altermondialiste.

Les négociations en huis clos sont également pointées du doigt, ainsi que le système de négociation per se, géré par des comités techniques non élus démocratiquement et accusés de dissimuler des lobbies d’intérêt privés. D’autre part, la domination des pays industrialisés dans le commerce mondial est pointée comme raison de l’impossibilité pour les pays pauvres et les groupes minoritaires de s’opposer aux décisions de l’OMC. Ainsi, l’ONG Oxfam dénonce le fait que selon elle les intérêts des pays développés prennent le pas sur le développement dans les négociations commerciales[16].

Les altermondialistes, rejoint en cela par des auteurs et experts de tout bord, appellent à plus de démocratie, plus de transparence et un nouveau rapport de forces plus favorables aux pays en développement et aux politiques locales.

En outre, la gouvernance de l’OMC, basée principalement sur les ministres du Commerce des pays adhérents, est critiquée pour son manque de préoccupation dans les domaines sociaux et environnementaux qui sont pourtant influencés par ses décisions.

Les accords concernant la propriété intellectuelle comme les ADPIC sont également dénoncés lorsqu’ils sont relatifs aux biens « vitaux » (aliments, médicaments, eau) ou aux organismes vivants. Sont en particulier visés les OGM et le prix élevé de certains médicaments comme ceux contre le SIDA. Certains groupes[réf. nécessaire] ont par exemple développé le concept alternatif de brevet positif pour y remédier. Les altermondialistes sont généralement[réf. nécessaire] favorables aux logiciels libres.

Critique du FMI

Pour les altermondialistes, les politiques menées par le FMI ont contribué de façon dramatique à des échecs économiques, sociaux et politiques dans un grand nombre de situations : notamment la crise économique asiatique de 1997, les transitions des économies russes et est-européennes à l’économie de marché, les réformes sud-américaines et la gestion des pays africains.

Ces critiques des interventions du FMI sont en fait très répandues et développées par des économistes de tous bords[17], dont des défenseurs de la mondialisation. Sont mis en avant l’absence d’adaptations des politiques du FMI aux situations particulières, l’absence de recul quant au dogme du marché autorégulé, ou encore le dévouement de l’institution aux intérêt de certains acteurs du marché financier.

La critique du FMI n’est donc pas du tout propre au mouvement altermondialiste. Ainsi, paradoxalement, si les altermondialistes voient dans le FMI une instance du « néo-libéralisme », nombre de libéraux peuvent contester l’existence même du FMI, dont l’objet est la régulation étatique du marché, donc en contradiction avec le dogme de l’autorégulation.

Enfin, les altermondialistes critiquent le mode de fonctionnement du FMI, dans lequel les voix sont pondérées par la participation financière, et préconise un mode de décision démocratique.

Critiques des grandes firmes multinationales

L’altermondialisme s’oppose au grandes multinationales comme Monsanto (producteur de graines génétiquement modifiées, ou OGM), qui ont tenté d’interdire l’étiquetage sur les produits. La figure emblématique de cette lutte est José Bové. Plus généralement, les altermondialistes s’opposent à tous les brevets sur le code génétique (ADN), au motif qu’on ne saurait breveter les êtres vivants.

Ils s’opposent aussi aux multinationales du médicament (Roche, Pfizer, etc.), qui, par leurs brevets et le prix de vente de leur médicament, empêcheraient les pays pauvres d’avoir accès aux soins. Les médicaments Diflucan® ou Triflucan® notamment de Pfizer permettraient de sauver des dizaines de millions de personnes malades du SIDA en Afrique[18].

Ils dénoncent certaines multinationales qui, grâce à la libéralisation des échanges et aux avantages liés aux zones franches industrielles, délocalisent et sous-traitent à bon marché en violant les droits humains[19] ou en provoquant des désastres écologiques. Par exemple, Shell est accusé de refuser d’assainir le site du plus grand déversement souterrain d’hydrocarbures en zone urbaine, à Durban, en Afrique du Sud, où plus d’un million de litres de pétrole auraient été répandus.

Les politiques de délocalisations sont selon eux négatives à la fois pour les pays développés (car menaçant la stabilité et le volume de l’emploi, la sécurité sociale ou le minimum salarial) et pour les pays du Sud (car favorisant le dumping social et l’exploitation par le Nord plutôt que le développement local des pays du Sud).

Propositions

Les propositions concernant les droits de l’homme et de l’environnement sont également présentes chez beaucoup d’entre eux. En particulier, la question de la durée est posée par une grande partie du mouvement : à quoi sert de se développer en exploitant de plus en plus intensivement des ressources qui ne se renouvellent pas et dont l’épuisement est prévisible si ce n’est à « aller plus vite dans le mur » ? Le concept de développement durable est souvent employé, questionné et mis en débat en le comparant avec le concept de décroissance soutenable.

Les altermondialistes aspirent également à plus de démocratie mais les propositions concrètes sont très éparses, allant de la réforme des organisations internationales à l’instauration d’un parlement mondial par une mondialisation démocratique, une sorte de Nations Unies élues au suffrage universel, selon certains.

Les altermondialistes soutiennent souvent des idées réformatrices dans le domaine économique comme celles d’un allègement ou de l’annulation de la dette des pays pauvres, d’une taxation sur les transactions financières (taxe Tobin).

Plus précisément, une liste de propositions couramment avancées par les altermondialistes, dont particulièrement par le mouvement ATTAC[20], a été synthétisée dans le  

manifeste de Porto Alegre [4]. On distingue les :

Propositions liées à des réformes économiques :

  • Annuler la dette publique des pays du Sud. L’argumentaire altermondialiste consiste à dire qu’ils l’ont déjà remboursée plusieurs fois via les intérêts, qu’elles ont été souvent contractées par un gouvernement précédent non démocratique afin de maintenir son pouvoir ou qu’elles sont le pendant de la dette écologique ou coloniale.
  • Tirer un bilan exhaustif et indépendant des conséquences des décisions de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale.
  • Instaurer des taxes internationales sur les transactions financières, dont la taxe Tobin sur le marché des devises. D’autres variantes existent comme celles sur les investissements étrangers, sur les bénéfices consolidés des transnationales, sur les ventes d’armes ou sur les activités à forte émission de gaz à effet de serre.
  • Démanteler les paradis fiscaux afin de contrer les évasions fiscales et le crime financier.
  • Interdire toute forme de brevetage du vivant et de privatisation de biens communs de l’humanité, l’eau notamment.

Liées à la justice et à la paix :

  • Mettre en place un système international respecté de prévention et règlement des conflits (une sorte de Tribunal Pénal International ayant plus de pouvoirs).
  • Appliquer la charte des Droits de l’homme contre toute forme de discrimination, de sexisme et de racisme et condamner de manière égale les différents pays qui ne la respectent pas.

Liées au développement de la démocratie :

  • Garantir le droit à l’information par des législations mettant fin à la concentration des médias dans des groupes de communication géants, et garantissant l’autonomie des journalistes par rapport aux actionnaires.

  • Réformer et démocratiser en profondeur les organisations internationales régies par le consensus de Washington (FMI, Banque mondiale, OMC[22]) et y faire

  • prévaloir les droits humains, économiques, sociaux et culturels, dans le prolongement de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Incorporer également ces organisations dans le système et les mécanismes de décision des Nations unies.

Réalisations

  • Ils attribuent l’annulation d’une partie de la dette des pays les plus pauvres à ces pressions sur les gouvernements et les organisations comme le Club de Paris qui prennent habituellement en leur nom ces mesures en cas d’insolvabilité. Ils en donnent pour exemple l’aide supplémentaire accordée à l’Afrique lors du sommet du G8 en 2005. De plus, les altermondialistes ont mené des campagnes de pressions internationales dans les années 1990.

  • La revendication historique d’une taxation de certains capitaux patine ; la plus grande avancée a consisté en une initiative législative du Parlement européen, repoussée dès avant la première lecture grâce aux pressions de Tony Blair sur les députés travaillistes anglais, mais aussi aux abstentions ou votes contre des députés de LO/LCR[23].

  • Le rejet du référendum sur la Constitution européenne en France est en partie dû aux critiques altermondialistes, mais plus généralement des partis et mouvements politiques non-gouvernementaux. Ce résultat, supposé « satisfaisant » par les altermondialistes, lui vaut en revanche l’hostilité d’une partie des partis de gauche social-démocrates français (PS) et européens (SPD en Allemagne, Parti travailliste au Royaume-Uni notamment), ainsi que de la droite européenne modérée, ce que les altermondialistes interprètent comme une pensée unique pro-Union européenne libérale, nonobstant que leur courant de pensée soit loin d’être le seul à s’y opposer (conservateurs britanniques, souverainistes en France et ailleurs, droite religieuse en Espagne, en Bavière ou en Pologne, libéraux notamment anglais…).

  • Certaines boîtes à idées altermondialistes (comme le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde) s’accordent à penser que les décisions de transformer des plans drastiques du FMI en FPRC (« facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance »), ou encore l’émergence de l’« initiative pour les pays fortement endettés » ont été favorisées par les pressions altermondialistes.

  • les actions des institutions financières internationales qualifiées par les altermondialistes de « néolibérales » feraient désormais l’objet de davantage de critiques.

  • Les altermondialistes considèrent que leurs actions et leur pression ont été en partie à l’origine de certaines avancées (telles que la mise à disposition à prix réduit des médicaments anti-sida).

Critique des thèses altermondialistes

15px-Searchtool-80%25 dans ALTERMONDIALISME Article détaillé : polémiques autour de l’altermondialisation.

Le mouvement a été énormément critiqué sur plusieurs fronts par des politiciens, des membres des think tanks ou des économistes favorables au libre marché. Ils reprochent au mouvement une mauvaise analyse des indicateurs économiques. Ils dénoncent également le fait que, au-delà d’un discours humaniste, la motivation réelle de certains activistes réside dans le repli national.

Concernant les réalisations, le politologue français Zaki Laïdi, dans son ouvrage La Grande Perturbation analyse la mondialisation comme une nouvelle expression du changement social[24].

Critique de l’analyse économique

Les détracteurs du mouvement affirment que les altermondialistes ne voient pas l’évidence des corrélations entre l’action du libéralisme et la croissance des richesses ou l’amélioration des indicateurs sociaux. Les altermondialistes dénoncent par ailleurs l’écart croissant des richesses entre pays pauvres et pays riches. Toutefois les pays pauvres ont connu une croissance économique supérieure à celle des pays riches tout au long des 50 dernières années marquées par cette mondialisation, alors qu’elle avait été largement inférieure jusque-là. Donc d’après les détracteurs des thèses altermondialistes, l’écart des revenus par tête entre pays du Nord et du Sud ne semble donc imputable qu’à une cause interne : l’explosion démographique.

Un argument souvent avancé par les opposants au mouvement est que le rapport de pauvreté entre les pays industrialisés et ceux du tiers monde peut être expliqué en termes de la Dégradation des termes de l’échange, des problèmes internes des pays du tiers monde et du manque de libre marché.

Ils soutiennent également que les différentes crises en Argentine ou dans les pays asiatiques peuvent être expliquées en partie en termes de déséquilibres internes et par les politiques économiques menées par ces pays.

Pour l’économiste indien Jagdish Bhagwati, les revendications altermondialistes contre le libre-échange sont liées à la chute du communisme, seul rival idéologique du capitalisme. Cet épisode aurait créé un vide pour les « idéalistes dont la conscience sociale se nourrit de la conviction que le capitalisme est source d’injustice ». Ces individus risquent selon lui d’accroître en réalité les sources d’inégalité et leur réaction face au changement est source selon lui d’immobilisme. À titre d’exemple, la plupart se focalisent sur les aspects négatifs de la mondialisation bien qu’ils en soulignent certains aspects positifs et remettent en question d’autres points positifs (en termes d’emplois par exemple, la destruction de ceux de l’industrie n’est pas mise en rapport avec la création d’emploi dans d’autres secteurs).

Effets sur l’environnement des restrictions à la mondialisation

Certains altermondialistes sont partisans de la décroissance afin de protéger les ressources naturelles de la planète et limiter le réchauffement climatique[25]. Selon certains économistes, la croissance économique serait nocive pour l’environnement dans les premiers stades du développement, mais à partir d’un certain seuil de revenu par habitant (déjà atteint par les pays développé) elle deviendrait de plus en plus profitable (voir Courbe de Kuznets). Cette idée repose sur le principe que l’environnement est donc un bien dit « supérieur » qui est davantage susceptible d’intéresser les riches, que des pauvres qui pensent avant tout à se nourrir. L’élévation du PIB permet par ailleurs de disposer de ressources accrues permettant des politiques environnementales[26]. L’idée de décroissance afin de protéger l’environnement est donc remise en question par certains analystes.

L’économiste australien Kym Anderson a analysé les effets de la politique agricole de l’Union européenne dont le caractère est protectionniste. Il note que la libéralisation des échanges provoquerait selon lui un déplacement de la production vers les pays en développement. Là encore, les freins à la mondialisation apparaissent, pour certains, comme nuisible à l’environnement.

Bien sur on trouve des exemples où le libre-échange a contribué à des problèmes environnementaux. Le développement d’activité économique est en soit cause de problème environnementaux : les économistes dénoncent souvent les propositions restrictives de certaines ONG remettant en cause l’implantation de certaines activités dans les pays en développement. À ce propos Jagdish Bhagwati prend l’exemple de la polémique sur l’élevage de crevettes en Asie du Sud-Est, effet de la libéralisation du commerce ayant de graves conséquences écologiques[27] dans les régions où il est pratiqué. Il explique que « de nombreuses organisations non gouvernementales ont argué de ce fait pour dénoncer ce commerce et réclamer sa restriction. Mais cela revient à jeter le bébé avec l’eau du bain, car le commerce est un puissant levier de prospérité et donc aussi bénéfique pour la société »[28].

Critique des motivations du mouvement

Pour certains des opposants à l’altermondialisme, la priorité du mouvement, loin de vouloir faire avancer la mondialisation dans des domaines positifs, est surtout de promouvoir une théorie économique et sociale proche du socialisme, voire nationalisme.

C’est ainsi que certains discours généreux pourraient être de simples rationalisations, couvrant d’un vernis éthique la défense corporatiste de catégories sociales apparaissant excessivement protégées et subventionnées. Par exemple :

  • les agriculteurs des pays du Nord, chercheraient, en utilisant cette plate-forme, à conserver des barrières douanières empêchant aux agricultures du Sud d’exporter, une voie essentielle de leur développement.
  • les membres du mouvement qui dénoncent les importations du Sud « non éthiques » (cf. les produits chinois), chercheraient à restreindre la concurrence des travailleurs du Sud à des « niches » très limitées et simplement symboliques, comme le commerce équitable.

Effets sur le commerce international critiqué

La diffusion des idées altermondialistes contribue peut-être par ailleurs à permettre à certains gouvernements de mettre en place des politiques mercantilistes visant à défavoriser les pays en développement dans leur effort de rattrapage. On voit par exemple le gouvernement américain tenter de freiner les importations de produits étrangers sur la base de revendications altermondialistes telles la protection de l’environnement[29] ou la lutte contre la pauvreté (les États-Unis et l’Union européenne dénoncent les conditions de travail dans certains pays pauvres afin, selon certains, de trouver un prétexte à la protection de leur marché national).

Sur la question des échanges mondiaux, les altermondialistes dénoncent ce qu’ils appellent la logique « ultra-libérale » du libre-échange. Toutefois les principes du libre-échange sont couramment admis et approuvés par la très grande majorité des économistes, libéraux ou non qui en soulignent les aspects positifs. Selon Paul Krugman[30], les confusions et la remise en cause du libre-échange auxquelles contribuent les revendications altermondialistes tendent à donner à l’opinion l’illusion d’un conflit commercial planétaire qui menacerait à terme le développement harmonieux des échanges mondiaux. Dans leur analyse de l’OMC, les altermondialistes sont accusés par certains de montrer une apparente incompréhension des principes du libre-échange car ils considèrent le libre-échange comme profitable uniquement lorsqu’il prend la forme de concessions réciproques.

Conséquences politiques selon les opposants

Les altermondialistes souhaitent par ailleurs refonder la logique économique sur des bases politiques, morales et sociales. Cette logique est celle qu’avait décrite Friedrich Hayek dans son analyse des régimes totalitaire avec son ouvrage La Route de la servitude en 1944 ou dans Droit, législation et liberté avec l’analyse du « mirage » de la « justice sociale » en 1978. Chercher à fonder l’activité économique sur une base morale ou sociale mène à un certain contrôle de l’État sur le travail des hommes et sur leurs consommations. Cette concentration de pouvoir dans les mains de certains, légitimée par des choix moraux et sociaux (arbitraires qu’ils soient démocratiques ou non) et propagés par la propagande, mène nécessairement au totalitarisme selon Hayek.

De même la dénonciation de la recherche des intérêts particuliers par les grands acteurs capitalistes de la mondialisation sous-entend qu’il pourrait exister un consensus sur l’intérêt général, qui justement, se manifesterait dans ce mouvement social et donc non représenté au plan politique. Cette idée que la plupart des acteurs de la mondialisation actuelle favorisent leurs intérêts tandis que les altermondialistes viennent offrir des propositions allant dans le sens de l’intérêt général peut être perçue comme démagogique et fausse en raison de l’impossibilité de définir cet « intérêt général ». Ainsi, l’économiste Milton Friedman écrivit il dans La Liberté du choix que « ceux qui croient agir en fonction de l’intérêt général sont en réalité conduits à favoriser des intérêts particuliers qui ne font pas partie de leurs intentions.»

De fait, on remarque que le langage altermondialiste s’enrichit régulièrement de concepts moralisateurs concernant les comportements, parmi lesquels celui de la « mal bouffe ». Par ce type de méthodes, le courant altermondialiste, bien que se disant parfois démocrate, apparaît remettre en cause les principes du libre choix et de la responsabilité individuelle.

Manipulation de l’opinion ?

Autre aspect qualifié de démagogique par les détracteurs, l’insistance, réelle ou supposée, de certains altermondialistes sur des phénomènes marginaux telles que les délocalisations. Celles-ci concernent selon la plupart des économistes des quantités tout à fait négligeables d’emplois au vu du chômage dans certains pays (inférieurs le plus souvent à 1% de la population active). Or ces délocalisations se font la plupart du temps en direction de pays riches et non des pays pauvres[31].

Enfin nombre d’économistes soulignent que les pays pauvres ne souffrent pas d’être exploités mais souffrent du protectionnisme des pays riches. Selon les libéraux, on retrouverait cet esprit dans certaines protestations, contre la directive Bolkenstein en Europe par exemple, qui selon les altermondialistes menacerait les conditions de travail des pays d’Europe occidentale. Les libéraux, qui défendent cette directive, dénoncent l’analyse qui consiste à faire de celle-ci un danger majeur alors qu’elle n’est, selon eux, susceptible de concerner que de rares activités du fait de la proximité nécessaire à la prestation de la plupart des services.

Médias, groupes de pression citoyens et autres structures

Les structures diversifiées constituant la mouvance altermondialisme sont organisées en réseau, où les médias qualifiés d’altermondialistes jouent un grand rôle. Parmi ces médias, on peut citer Le Monde diplomatique[32], Indymedia, Le Plan B, journal de l’association de critique des médias Acrimed, Bellaciao, ou encore Utopia.

15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Médias de l’altermondialisme.

Les documents des structures onusiennes comme les rapports du PNUD jouent aussi un rôle important, comme l’étude critique des documents produits par des institutions contestées (FMI, OMC, Banque mondiale).

Internet est également un élément important dans l’internationalisation, la constitution des réseaux d’associations altermondialistes. Le mouvement altermondialiste utilise largement Internet pour la publication d’informations (plus rapidement que par les médias papier), ainsi que pour la mobilisation, l’organisation pratique.

Débats internes du mouvement

Le mouvement altermondialiste est confronté aujourd’hui à des débats d’orientation en son sein.

Certains de ses acteurs s’interrogent sur la place du mouvement dans l’ensemble des luttes sociales d’émancipation. L’altermondialisme doit-il jouer un rôle antagoniste du néo-libéralisme comme l’était le communisme face au capitalisme, ou bien doit-il être une force d’opposition et d’adaptation à l’intérieur du système actuel ?

D’autre part, la question de la représentation politique est posée. La plupart des organisations altermondialistes refusant de créer un parti, le mouvement s’est axé comme un contre-pouvoir, un mouvement social et fait appel à l’opinion publique, créant des groupes de pression et organisant des mouvements citoyens.

La question des alliances est constante. Les affinités sont grandes avec les mouvements anti-guerre et anti-fascistes. Certains altermondialistes, plus radicaux, sont alliés aux anti-capitalistes, d’autres aux anti-productivistes, d’autres encore pensent qu’il faut multiplier les exemples d’alterdéveloppement local. Certaines organisations sont également proches de la pensée néo-keynésienne.

La question des résultats obtenus se pose aussi ; en quelques années d’existence les avancées obtenues sur les grandes propositions altermondialistes (dette du tiers monde, taxe Tobin, droit à l’existence d’autres régulations que le marché, etc.) paraissent peu satisfaisantes. Certains pensent que ce mouvement a une force qui se décuplera si le monde libéral d’aujourd’hui aggrave les choses mais que ce mouvement tendra à disparaître si le monde libéral s’adapte à certaines demandes des altermondialistes (celles des réformistes).

Questions ouvertes

La pensée altermondialiste constitue une importante réflexion intellectuelle sur le monde d’aujourd’hui. La réforme de l’ONU, le débat ouvert à la Banque mondiale par les néo-keynésiens (dont son ancien vice-président Joseph E. Stiglitz), la montée des opinions publiques des pays du Sud (notamment en Amérique Latine), et l’organisation d’un groupe de pression du Sud à l’OMC (G24) sont autant d’occasions de penser autrement la société moderne.

Quelques questions très générales alimentent les débats de fond :

  • Quels sens peuvent avoir les concepts de droits humains fondamentaux, de responsabilité mondiale, d’intérêt général mondial dans le respect et la non-discrimination des minorités ?
  • Comment mondialiser la démocratie, abstraitement définie comme la souveraineté populaire ?
  • Comment définir un patrimoine commun de l’humanité ? Faut-il mettre en place des instruments juridiques pour le protéger ?
  • Quelle est la place de l’économie dans la société ? Faut-il une régulation mondiale plus forte ? Les institutions existantes peuvent-elles servir à une régulation ou faudrait-il les renverser ?
  • Quel est l’avenir de la société civile que certains considèrent représentée par ses ONG et associations ?
  • Comment éviter que l’altermondialisation, en diabolisant la mondialisation, ne crée des replis identitaires nationaux et ethniques ?
  • Est-ce une alternative viable au néolibéralisme ?

Notes et références

  1. Slogan qui provient d’un vers de Paul Éluard : « Un autre monde est possible, mais il est dans celui-ci ».
  2. L’économiste James Tobin s’oppose au mouvement altermondialiste et s’est plaint du détournement de son nom et de sa proposition.
  3. Puisqu’il y a des réformistes, des anarchistes, etc., avec toutefois des textes communs dont le manifeste de Porto Alegre plaide pour la démocratisation des instances internationales et l’intégration de la BM/FMI et de l’OMC dans l’Organisation des Nations unies ; ATTAC demande une démocratisation de l’OMC, le FMI, et la Commission européenne par des élections démocratiques (bien que les processus électifs ne soient encore clairement décidés); la marche mondiale des femmes demande la mise sur pied d’une organisation politique mondiale avec une parité entre pays pauvres et pays riches, et avec une vraie représentativité des femmes.
  4. Voir, par exemple, cette déclaration au Forum social mondial de 2002
  5. Les revendications des peuples indigènes de l’EZLN, pour l’autonomie paysanne de Vandana Shiva et sa lutte pour le développement des semences libres en Inde, et contre les graines payantes des semenciers comme Monsanto.
  6. Par exemple, soutien du Protocole de Kyoto.
  7. Voir la proposition 4 de la Marche mondiale des femmes. Ces exemples sont illustrés par les reportages de Michael Moore sur les conditions de travail en Asie du Sud-Est dans les compagnies travaillant pour les grandes firmes multinationales occidentales, comme Nike.
  8. Voir les articles Bibliographie de l’altermondialisation, Filmographie de l’altermondialisme et Médias de l’altermondialisme.
  9. Voir notamment les propositions de la Marche mondiale des femmes.
  10. « Atlanta accueille le premier Forum social étasunien », dans Courrier International du 26 juin 2007, [lire en ligne]
  11. Voir un début de « recensement » dans l’article organisations se revendiquant altermondialistes.
  12. Voir samizdat
  13. Antimondialisation#Essai de distinction anti / alter.
  14. OCDE, PIB per capita sur les 50 dernières années.
  15. Publié le 23 février 2007 et disponible ici
  16. Communiqué Oxfam
  17. Voir par exemple Joseph E. Stiglitz dans son livre La Grande Désillusion (2002).
  18. Communiqué de presse de l’association Act Up du 13 mars 2000
  19. Un des ouvrages décrivant les effets néfastes des zones franches industrielles est No Logo, de Naomi Klein.
  20. Par exemple socle de 8 séries de mesures [1]
  21. texte de la déclaration et du programme d’action de Vienne (ONU)
  22. Série de propositions du CNCD concernant la démocratisation de l’OMC [2]
  23. Voir [3]
  24. Cyberscopie.com
  25. Même avec la décroissance ou un arrêt total des activités anthropiques, le processus est enclenché : les gaz à effet de serre sont présents pour des années, des siècles.
  26. La description de ce phénomène constaté dans les pays riches, voire certains pays en voie de développement comme la Chine récemment, est permise par une courbe en U inversé (pollution en ordonnée et revenu par habitant en abscisse) le plus souvent intitulé « courbe environnementale de Kuznets ».
  27. Destruction des mangroves, effets similaires à la surpêche, plus de détails dans élevage de crevettes#Effets environnementaux dans l’article élevage de crevettes.
  28. Jagdish Bhagwati, Éloge du libre échange, Éditions d’Organisation, p. 69.
  29. Les pêcheurs mexicains seraient moins respectueux des dauphins que leurs homologues américains.
  30. Paul Krugman, La Mondialisation n’est pas coupable, 1996.
  31. À titre d’exemple, selon l’INSEE, sur la période 1995-2001 « ce sont 13 500 emplois industriels qui auraient été « délocalisés » en moyenne chaque année, soit 0,35% du total de l’emploi industriel. Un peu plus de la moitié des emplois délocalisés l’auraient été à destination des pays développés, notamment des pays limitrophes de la France et des États-Unis. » L’Économie française, Comptes et dossiers 2005-2006, Rapport sur les comptes de la Nation de 2004, INSEE.
  32. Le Monde diplomatique est détenu à 51% par le groupe de presse La Vie – le Monde, pourtant le quotidien Le Monde ne se revendique pas de l’altermondialisme.

Voir aussi

Articles connexes

Des références et des liens utiles se trouvent dans l’article Médias de l’altermondialisme.

Bibliographie [

15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Bibliographie de l’altermondialisation.

Filmographie

15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Filmographie de l’altermondialisme.

Liste synthétique d’articles sur le mouvement altermondialiste

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre

Cette liste a pour but de répertorier quelques articles relatifs à la pensée altermondialiste et ses multiples facettes.

Organisations se revendiquant altermondialistes

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Les organisations altermondialistes [1] regroupent des personnes d’horizons très divers : paysannerie, couches populaires et petite bourgeoisie du Sud, pauvres et salariés précaires des pays industrialisés, syndicats ouvriers et enseignants, associations de consommateurs, de chercheurs, de jeunes, mouvements écologistes, anti-militaristes, féministes, communistes, marxistes, nationalistes, keynésiens et anarchistes…organisées en petites associations, ONG, coordinations nationales, internationales.

On peut plus ou moins les classer par catégorie, et certainement pas de manière exhaustive. Cela ne reflète pas tout à fait la réalité des organisations individuellement mais donne une première approche de l’hétérogénéité du mouvement altermondialiste :

Sommaire

//

Les organisations ouvrières et syndicales

Situées en Amérique, Asie, Europe, elles renaissent depuis la manifestation mondiale de Seattle en 1999. Exemples:

  • les syndicats de l’Union syndicale Solidaires[2] (dont une majorité utilise l’acronyme Sud) en France.
  • le KCTU en Corée du Sud,
  • AFL-CIO* (EU) président John Sweeney
  • Teamsters** syndicat des camionneurs, le plus important en nombre aux EU, avec plus de 1 300 000 d’affiliés
  • IWW Industrial Workers of the World ** syndicat révolutionnaire d’orientation anarchiste

Les mouvements paysans

  • Via Campesina**  : organisation de coordination de 100 millions de paysans comprenant, parmi les organisations plus connues :
    • le Mouvement des sans-terre** Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (Brésil)
    • la confédération paysanne** (France) (avec José Bové, François Dufour), [2]
    • la CPE, Coordination Paysanne Européenne
    • la CONAIE confédération des nationalités indigènes de l’Equateur
    • Union des fermiers du Karnataka (Karnataka State Farmers Union (KRRS)), 10 milllions de membres, connue pour ses actions anti-OGM
    • et parmi bien d’autres , quelques exemples de par le monde
    • Afrique ROPPA Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles d’Afrique de l’Ouest
    • Asie
      • Indonésie Fédération des Syndicats Paysans Indonésiens (FSPI)
      • Corée Korean Advanced Farmer Federation dont Lee Kyung-hae était un des porte paroles
    • Europe
      • Espagne COAG Coordinadora de Agricultores y Ganaderos « coordination d’agriculteurs et éleveurs de bétail »

Les associations, Organisations non gouvernementales (ONG)

Organisations, coordinations au niveau mondial

Organisation sur les rapports Sud-Nord

  • Terre des Hommes : Fédération internationale
  • Frères des Hommes « Aider ne veut pas forcément dire assister »
  • Enda Tiers-Monde
  • Survie, dénonçant les réseaux (pétroliers, etc.) d’influence française en Afrique [2]
  • Commerce équitable
  • Dette
    • Jubilé 2000 d’origine chrétienne pour l’abolition de la dette extérieure des pays du tiers-monde.
    • Third World Network réseau international, datant de 1996, pour l’abolition de la dette extérieure des pays du tiers-monde, ONG basée en Malaisie, dirigée par Martin Khor (présente au FSM, agréée ecosoc)
    • voir aussi CADTM comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde

Organisations humanitaires

  • ACF de Paris
  • FIAN
  • Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD)
  • Assises chrétiennes de la mondialisation créées en France
  • KAIROS Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice, coalition d’Églises du Canada, d’ONG à base ecclésiale et d’organisations religieuses site de Kairos

Associations ou mouvements écologistes

Mouvements étrangers locaux

Sociétés « traditionnelles » : résistance culturelle, revendications de reconnaissance institutionnelle, peuvent aussi avoir des revendications socio-économiques de développement local

Coordination de mouvements :

  • Convergencia de Movimientos de los Pueblos de las Américas COMPA (membre de la coordination du FSM): convergence de mouvements des Peuples des Amériques; cette coordination comprend aussi bien des coordinations nationales (COMPA Bolivia, Canada, Equateur…. ) que des associations de terrain, des mouvements indigènes, de minorités …
    • Movimiento Indígena Nahua y Chorotega (Nicaragua)
    • Organización Nacional Indígena de Colombia
    • Proceso de Comunidades Negras (Colombia)

des conseils régionaux indigènes (Consejo Regional Indígena de Caldas (CRIDEC), del Cauca CRIC …) que des groupements pour le développement rural, local … des coopératives, des associations de femmes

Des ONG internationales, comme par exemple Survival International, soutiennent la lutte des indigènes pour leurs terres et l’environnement.

Organisations féministes

  • NAWO National Alliance for Womens Organisations, Alliance nationale pour les organisations de femmes, fondée en 89, basée en Angleterre
  • Amérique du Sud
  • AFM Articulación Feminista Marco Sur – réseau
  • REMTE Red Latinoamericana Mujeres Transformando la Economía
  • Red Mujer y Hábitat réseau latino-américain, femmes et habitat, siège en Argentine (?)
  • REPEM – Rede de Educação Popular entre Mulheres, réseau d’éducation populaire entre femmes
  • Amérique du Nord
    • Raging grannies, grand mères en colère réseau aux États-Unis, pour la justice sociale, dernière action : se présente au centre de recrutement pour l’envoi en Irak pour être enrolée plutôt que des jeunes recrues
  • Asie et Océanie
  • NFIW Fédération nationales des femmes indiennes (Inde)
  • Asia Pacific Forum on Women, Law and Development
  • Afrique
  • Coordination des associations féminines du Mali
  • APROFES Association de promotion de la femme sénégalaise, présidée par Binta Sarr (Sénégal)
  • Europe
  • Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (France)[2]
    • et pour faire le tour du monde, quelques assos de terrain dans d’autres pays …
    • Mahila Dakshata Samiti : ONG, pour la prise de conscience des droits des femmes, soutien …(Inde)
  • Médias féministes
    • Les pénélopes site internet relaie les infos altermondialistes et féministes [2]

Organismes d’analyse théorique et de propositions

Associations plutôt orientées analyse, « boîtes à réflexion » (appelées Think tanks an anglais)

Organisations radicales

  • DAN direct action network **

quelques exemples par pays

Mouvements des sans, défense des précarisés

Et les organisations de défense des travailleurs sans emploi

Médias

Le rôle des médias est très important dans l’histoire du mouvement altermondialiste : en France, c’est l’appel du journal Le Monde diplomatique qui aide à la génèse d’Attac. Réciproquement, le premier centre Indymédia est créé pour coordonner la couverture du rassemblement de Seattle. Le rôle d’Internet est également primordial : les altermondialistes s’en servent largement pour aider à la communication entre organisations de thèmatique proche et de continents différents, pour coordonner des campagnes internationales, pour faire passer des informations que les médias classiques, accusés d’être ligotés de par leur appartenance à de grands groupes financiers ne diffuseraient pas.

Divers

  • Babels association internationale de volontaires pour la traduction des FSM

Une approche par l’organisation des premiers réseaux

// Essai de classement historique : en travaux Les organisations de l’altermondialisme ont commencé à être médiatisées et connues après Seattle, bien qu’il ne faille pas oublier la première rencontre intercontinentale organisée par les zapatistes en 1996. (voir chronologie de l’altermondialisme)

En préparation de catégorisation

Notes et références

** groupe présent à Seattle (1999)

  1. En travaux : donc dans un premier temps (!), il s’agit de rassembler (contributions bienvenues) des données sur les organisations, associations, pour dans un deuxième temps, quand les informations sont en nombre suffisant les regrouper selon des points communs, par exemple selon leurs préoccupations principales, leurs types d’organisation. Cela permet ainsi de mettre en évidence aussi les différences. cela pourrait d’ailleurs faire l’objet de nouvels articles sur les priorités des différents acteurs sur le long terme, les points de vue politique, économiques …) en prenant exemple sur la méthodologie de, par exemple Starr, Amory Naming the Enemy: Anti-corporate Movements Confront Globalization
  2. ↑  également membre fondateur (personne morale) d’Attac

Voir aussi

  • (es) wikipedia es:La batalla de Seattle pour la liste des associations, de syndicats, des groupes présents à Seattle (1999)

Liens externes

 

 

Mondialisation démocratique

 

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

La mondialisation démocratique est une idée combinant les concepts de mondialisation et de démocratie, qui vise à instituer une démocratie à l’échelle mondiale. En pratique, le moyen principal proposé est de développer un ordre mondial dans lequel les organisations internationales auraient un grand rôle et fonctionneraient de manière démocratique, en se rapprochant progressivement du mode fédéraliste.

À la différence des antimondialistes, les mouvements orientés vers la mondialisation démocratique sont promondialistes. Ils ne veulent pas arrêter la mondialisation, mais souhaitent au contraire :

  • qu’elle progresse et pénètre dans plus de domaines, notamment celui des institutions
  • qu’elle soit plus démocratique, par un accès de tout citoyen du monde aux décisions.

Les altermondialistes souhaitent, eux, un changement du processus de mondialisation, notamment du point de vue économique.

Sommaire

//

L’optique exclusivement institutionnelle

La mondialisation démocratique s’intéresse essentiellement au développement institutionnel nécessaire au fonctionnement d’une planète dont les acteurs sont de plus en plus interdépendants et les questions à gérer de plus en plus transnationales. Ce développement ne peut plus reposer sur le simple multilatéralisme et internationalisme qui reste soumis à l’écran des États-nations. Cette préoccupation rejoint certains thèmes de recherche en sciences politiques sur la gouvernance mondiale (global governance).

La mondialisation démocratique ne privilégie aucun domaine a priori, ni aucun choix de politique dans chaque domaine, considérant que les décisions doivent être prises par ces institutions mondiales selon un processus démocratique et non pas faire l’objet d’orientations préalables.

Visions politiques

Néo-conservatisme

Altermondialisme et mondialisation démocratique

L’altermondialisme se présente comme centré sur des principes moraux, écologiques, et éthiques dans les domaines sociaux et économiques plus que sur l’innovation institutionnelle en vue d’une mondialisation démocratique.

Les courants réformistes de l’altermondialisme privilégient notamment des textes de droit international existants, citons par exemple : les déclarations des droits de l’homme (Déclaration universelle des Droits de l’Homme), les conventions sur l’environnement, (Convention sur la Diversité Biologique), les droits des peuples (Conventions 169 de l’OIT)). Pour les altermondialistes, les mécanismes de mondialisation démocratique devraient tenir en compte ces « contraintes » supplémentaires[1] mais une option serait de vérifier l’application de ces dispositions dans le cadre des institutions existantes[2].

Citons ici les préalables idéologiques à la mondialisation démocratique vue par Susan George[3], vice-Présidente de l’association ATTAC dans le « Texte pour le Forum social mondial de Porto Alegre«  :

« Je voudrais parler des pas à faire ensemble si nous voulons atteindre notre but–que je définirais comme « une mondialisation démocratique, équitable et écologique ». Certains de ces pas sont intellectuels ou idéologiques; d’autres concernent davantage l’organisation, la tactique et la stratégie. »

Le mouvement altermondialiste soutient notamment, sans proposer de schéma particulier, la démocratisation des grandes instances décisionnelles internationales comme le FMI, et l’OMC, qu’ils accusent régulièrement d’être des instances déconnectées des citoyens.

Le processus envisageable

Cette structuration démocratique des institutions pourrait démarrer par

  • la création d’un petit nombre d’institutions mondiales démocratiques ayant des pouvoirs très spécifiques dans un nombre au départ restreint de domaines d’intérêt commun apparaissant insuffisamment couverts par les institutions existantes (démarche pragmatique).
  • et en parallèle l’ouverture aux citoyens mondiaux d’institutions internationales existantes à vocations plus larges, mais contrôlées pour l’instant par les États-nations,

Le but à long terme serait que ces diverses institutions se fédèrent ultérieurement dans un gouvernement mondial démocratique.

La Mondialisation démocratique et le Fédéralisme global

Le fédéralisme intégral ou global est une vision du fédéralisme qui dépasse la seule théorie de l’État fédéral mais en fait une philosophie politique à part entière. A. Marc recherche un équilibre entre universalisme et individualisme, entre autorité et liberté. Ses principes sont subsidiarité, autonomie et participation et coopération. Il s’oppose au jacobinisme et au nationalisme en contestant l’État-nation comme forme d’organisation politique.

Débats particuliers concernant certaines institutions existantes

L’un des problèmes est que l’ONU, que certains voient comme l’embryon de cette construction, est fragilisée par des États réticents à l’encontre de structures supérieures à eux. Mais surtout l’ONU n’a pas été crée comme instance démocratique mais comme un outil de négociation entre États souverains. Ainsi la représentation ne se fait pas en fonction de la population, et les régimes non démocratiques sont également représentés. L’ONU n’a donc ni dans son mode de fonctionnement, ni dans sa mission d’orientation démocratique. Sa recherche d’un intérêt commun supérieur aux intérêts nationaux n’est donc pas à confondre avec la démocratie.

Par ailleurs, des institutions comme l’OMC ne dépendent pas de l’ONU et certaines de leurs actions peuvent s’écarter des objectifs onusiens. Cette raison est avancée par les altermondialistes pour demander de placer l’OMC sous giron onusien, ce qui selon eux lierait davantage le développement du secteur économique à celui de la démocratie, de la justice, des droits de l’homme et de la protection de l’environnement.

A l’ONU, tous les États ne sont pas égaux, cinq d’entre eux ayant un pouvoir bien supérieur en étant permanents au conseil de sécurité et en disposant du droit de veto, ce qui constitue un déficit démocratique. Ces cinq États sont : Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie.

Critique

Selon certains critiques, les démocraties modernes se sont développées:

  1. au sein d’État-Nations
  2. par le « bas » et non par une volonté politique.

Références

  1. voir par exemple la proposition 5 de la marche mondiale des femmes
  2. par exemple le CNCD (ong) qui a fait une analyse détaillée d’institutions internationales : réformes de l’OMC
  3. Cité dans « Que faire à présent ? », Texte pour le Forum social mondial de Porto Alegre, 15 janvier 2001[1]

Voir aussi

 

 

Polémiques autour de l’altermondialisation

 

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Sommaire

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Critique de l’altermondialisme

L’altermondialisme fait face à diverses critiques tant sur les principes qu’il affiche que sur son bilan :

Le doute sur l’aspect démocratique

L’altermondialisme se présente comme visant la démocratie au niveau mondial, toutefois cette valeur passe après diverses préalables, tels qu’un certain égalitarisme social par exemple et une orientation économique prédéterminée (voir par exemple Citoyens du Monde (association). Bien que se disant favorable à la mondialisation démocratique, la vision alter est plutôt celle d’une démocratie sous condition d’acceptation d’un programme. D’ailleurs aucun processus précis pour une démocratisation du monde n’est présenté, à part de vagues intentions concernant par exemple l’OMC. Des doutes existent sur la légitimité citoyenne des organisations altermondialismes pour intervenir dans les négociations internationales, ainsi que sur le côté démocratique de leur fonctionnement interne, notamment concernant ATTAC. Enfin, certains régimes assez généralement considérés comme soumis à un pouvoir personnel sans partage, par exemple ceux de Cuba et du Vénuézuela, font l’objet d’une attitude bienveillante de ces organisations.

Les incohérences concernant la vision économique et des échanges [modifier]

Selon certains, le mouvement altermondialiste manquerait de cohérence dans ses objectifs, et les vues des différents membres seraient fondamentalement contradictoires. En effet, d’un côté les altermondialistes tiendraient un discours alarmiste sur l’impact dans les pays développés (le chômage, la perte d’industries, etc.) des délocalisations, alors que de l’autre, ils prétendraient défendre les pays les plus pauvres. Or, en matière de lutte contre la misère dans le tiers monde, l’OMC chercherait à abolir les barrières commerciales protectionnistes mises en place par les nations développées.

Les contre exemples

D’autres critiques mettent en avant les exemples significatifs de l’Inde et de la Chine, et plus généralement de tous les pays qui auraient décollé : loin d’être consécutifs à une forte ingérence politique dans l’économie (avec protectionnisme, investissements publics, caisse de « stabilisation », etc.), tous ces décollages auraient été observés avec la mise en place de politiques de libéralisation économique, moindre interventionnisme, désarmement douanier, etc. Comme pour la pauvreté, la thèse qu’une part importante de la population resterait exclue de ces progrès ne résisterait pas à la confrontation avec la réalité, et au demeurant une telle exclusion partielle ne serait pas un motif justifiant un statu quo pour tous.

Le contre-exemple le plus frappant est la ville indienne de Bangalore, qui, tout en ayant abrité une grande manifestation contre l’OMC en 1993, a acquis une fulgurante prospérité en se reconvertissant vers l’accueil des investissements étrangers, notamment des multinationales, dans les secteurs technologiques, et l’intégration dans la mondialisation des échanges commerciaux, au point d’être désormais surnommée la Silicon Valley de l’Asie.

L’ambivalence concernant le développement culturel

Sur le plan culturel, deux critiques des thèses alter-mondialistes existent. Selon la première, l’ouverture des frontières serait féconde, propice à l’émergence de cultures nouvelles, et le protectionnisme culturel ne conduirait qu’à une fossilisation de la culture au détriment de la culture vivante ; selon la seconde, si la libéralisation unifiait la culture mondiale ce serait plutôt une bonne chose, car des disparitions culturelles (langues, coutumes, etc.) seraient finalement plus à souhaiter qu’à regretter.

Le côté négatif et essentiellement abstrait

La Chronologie de l’altermondialisme montre que le mouvement, qui revendique une antériorité de 15 ans, s’ést centré sur des actions de protestation. Il reste ainsi toujours emprunt d’antimondialisation plus que tourné vers des actions concrètes d’amélioration de la vie des populations. Dans ce domaine, son bilan est quasi nul, d’autant que certaines initiatives privées sur le terrain (commerce équitable, microcrédit, logiciels libres, dont l’altermondialisme se présente parfois comme l’inspirateur et le promoteur, n’émanent nullement de ce mouvement.

Par ailleurs le fond doctrinal reste vague et semble tenir du slogan, voire de la langue de bois (« un autre monde est possible »). Il se décline en un catalogue de principes abstraits et très généraux, qui reflête le côté très disparate des mouvements se réclamant de – ou considérés appartenant à – la mouvance altermondialiste.

Les dangers pour la vie politique

Plus généralement, les libéraux estiment que toute ingérence politique serait moralement injuste, culturellement nuisible, et économiquement contre-productive, car les bonnes intentions politiques ne feraient qu’engendrer certains maux (corruption, prévarication, déplacement de la lutte du terrain économique vers le terrain électoral puis militaire, etc.), et que la question des relations internationales ne ferait pas exception. Ils estiment en général que les altermondialistes n’auraient en fait rien à proposer d’autre qu’un nouvel avatar du communisme, à l’échelle mondiale cette fois, qui serait aussi désastreux que ses manifestations locales déjà expérimentées.

Critique des critiques

Les altermondialistes ne pensent pas que ces critiques soient justifiées.

Selon certains d’entre eux, jusqu’à présent, l’OMC a très bien réussi à supprimer les barrières douanières et les « obstacles » à la libéralisation des services dans les pays les plus pauvres. Par contre l’organisation aboutit chaque fois à un échec lorsqu’il s’agit de supprimer les réglementations des pays les plus riches, concernant notamment l’agriculture et les textiles. Surtout, les pays les plus riches pratiquent des subventions aux exportations agricoles, qui aboutissent à un dumping de fait sur les cours agricoles mondiaux.

La croissance de l’Inde et de la Chine sont certes incontestables, mais elles s’accompagnent, surtout en Chine, d’un encadrement étatique fort. Il n’est pas prouvé, bien au contraire, que les plus pauvres en tirent profit. D’autres pays, autrefois développés, se retrouvent dans une situation économique catastrophique, selon eux pour avoir voulu suivre à la lettre les recommandations de l’OMC et des institutions financières internationales apportant des aides financières telles que le FMI. Ils y attribuent par exemple la crise économique de l’Argentine, dont le déclin a démarré en fait après la première guerre mondiale et qui fut accentué par des politiques nationalistes et interventionnistes (avec en particulier l’influence toujours réelle du péronisme. Les altermondialistes ne pensent pas à restaurer un système qui n’a pas marché (le socialisme à la soviétique). Ils pensent d’abord à mettre un frein à ce qu’ils considèrent comme un libéralisme sauvage, et à permettre aux États de conserver leurs prérogatives. Selon eux, le monde ne peut pas être régi par les seules lois du marché.

Il ne faut pas oublier que l’OMC ne s’intéresse pas qu’aux barrières douanières, mais aussi à tout ce qui est susceptible de faire l’objet d’une transaction commerciale, notamment les services. L’Accord général sur le commerce des services (AGCS), l’un des divers accords de Marrakech, doit aboutir à la libéralisation de tous les services publics dits marchands, la santé, la fourniture d’énergie, la poste, les transports ou l’éducation par exemple. Cette libéralisation (ouverture à la concurrence) entraînera à terme la privatisation des services publics, lorsque ce n’est pas déjà fait.

Le mode 4, dans l’AGCS, est encore plus pervers : il autorise un fournisseur de services venu d’un pays A à faire travailler dans un pays B du personnel venu du pays A, en lui conservant le statut qui est le sien dans le pays A. Autrement dit, et pour rester dans le seul cadre de l’Union européenne, une entreprise polonaise pourrait, selon l’interprétation des altermondialistes, faire venir travailler en Allemagne des employés polonais payés avec le salaire qui est le leur en Pologne, et selon le code du travail et les avantages sociaux polonais.(ce paragraphe est dépassé)

La question du bilan

La chronologie des actions altermondialistes montre que l’histoire de l’altermondialisme a été riche en protestations et de contestations de toutes sortes de la mondialisation, accompagnées souvent de perturbations de l’ordre public, et parfois de violences. Cependant, son insistance à se démarquer sémantiquement de l’ antimondialisation montre que cette doctrine entendait également apporter des idées positives et surtout des réalisations concrètes. De plus, les idées altermondialistes mettent en avant les plus gros défauts de la mondialisation. Les actions de ce mouvement ne sont pas à la hauteur des idées. L’altermondialisme ne serait donc, pour le moment, qu’une utopie.

Réalisations

Les réalisations concrètes que l’on peut citer depuis les manifestations de Seattle en 1999 :

  • Le thème de l’annulation de la dette des pays pauvres a été repris par les chefs d’États et partiellement mis en œuvre (dans le cadre du Club de Paris des pays créanciers qui accorde des allègements de dette depuis 1956)
  • En revanche, la revendication historique d’une taxation des capitaux patine ; la plus grande avancée a consisté en une initiative législative du Parlement européen, repoussée dès avant la première lecture grâce aux pressions de Tony Blair sur les députés travaillistes anglais, mais aussi et paradoxalement aux abstentions ou votes contre des députés de LO/LCR. Voir [1]
  • L’échec du référendum sur la Constitution Européenne en France est en partie du aux critiques altermondialistes. Ce succès lui vaut en revanche l’hostilité d’une partie des partis de gauche social-démocrates français (PS) et européens (SPD en Allemagne, Parti Travailliste au Royaume-Uni notamment), ainsi que de la droite européenne modérée, ce que les altermondialistes interprètent comme une pensée unique pro-Union Européenne, nonobstant que leur courant de pensée soit loin d’etre le seul à s’y opposer (conservateurs britanniques, souverainistes en France et ailleurs, droite religieuse en Espagne, en Bavière ou en Pologne, libéraux notamment anglais, parti populiste et xénophobe de Geert Wilders aux Pays-Bas, l’autre pays du NON, …)
  • à compléter

À noter aussi que le mouvement altermondialiste a essayé de s’approprier, pour se donner une image plus positive, la paternité de certaines intiatives de terrain dans lesquelles elle n’est objectivement pour rien : commerce équitable, microcrédit, logiciels libres… Le mouvement des logiciels libres (et ses applications dans d’autres domaines telles que Creative Commons ou Wikipédia) remonte par exemple à 1984 (voire rescucite l’état d’esprit qui régnait aux origines de l’informatique) et peut être considéré comme un pur produit tant de la mondialisation que du libéralisme : produit de façon décentralisée par delà les nations et les frontières, il est la conjonction du libéralisme politique d’un Richard Stallman et du libéralisme économique (et de l’intérêt bien compris) de ses sponsors tels que IBM, Sun Microsystems, Novell… et ne fait que rétablir une concurrence non faussée par le monopole de Microsoft.

Maigre bilan ?

Comparé à la passion et à la radicalité mise dans la contestation et l’opposition à la mondialisation, ces quelques réalisations restent selon de nombreux critiques rares et limitées ; et les améliorations apportées aux populations qu’elle prétend défendre discutables.

Ainsi, dans son ouvrage La grande perturbation analysant la mondialisation, le politologue français Zaki Laïdi consacre des pages d’analyse aux résistances à la mondialisation et sur les contradictions et les limites de la mouvance altermondialiste et arrive à la conclusion que « La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée »[1]

Pascal Bruckner affirme que Ce n’est pas être insultant que de souligner la grande faiblesse théorique de la mouvance altermondialiste qui peine à dépasser le stade de la simple invective au moment où le système a plus besoin que jamais pour se régénérer d’un adversaire à sa mesure. [2]

Des réponses partielles à cet échec relatif peuvent être cherchés dans les manques suivants :

  • insuffisances dans les recherches de propositions cohérentes (ce qui peut être due à la forte disparité des acteurs « alter »)
  • les essais de collaboration avec les entités responsables dans les domaines politique, économique et social,
  • les coopérations concrètes améliorant sur le terrain le sort des populations concernées (fossé par exemple entre les ONG humanitaires et celles préférant le militantisme).

Sur le terrain, une réaction contraire en faveur de la mondialisation des échanges économiques a pu au contraire être observé, comme le montre l’exemple de Bangalore : cette ville où s’est tenue une grande manifestation anti OMC en 1993, est maintenant surnommée la Silicon Valley de l’Asie, car elle doit sa prospérité actuelle à s’être ouverte massivement aux multinationales du secteur technologique, aux capitaux étrangers et à la mondialisation des échanges.

En ce qui concerne l’Europe, les altermondialistes ne semblent pas, vu de l’extérieur, faire des efforts crédibles pour qu’un réel plan B voit le jour, ce qui signifierait qu’après avoir diabolisé la constitution européenne ils se satisferaient du statu quo des Maastricht-Nice. Au vu des principaux changements entre le traité de Rome de 2004 et le traité de Nice, certains comme Alain Lipietz en déduisent qu’une organisation comme Attac a des conceptions souverainistes, qu’elle serait plus préoccupée d’acquérir un poids politique pour peser à l’échelle de l’État-nation que de construire à l’heure de la mondialisation un espace politique européen où la souveraineté est partagée, et qui est dans l’intérêt du prolétariat européen selon Toni Négri[2].

Références

  1. La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée – Interview avec Zaki Laïdi au sujet de son livre La grande perturbation
  2. Le nouveau prolétariat européen a intérêt à l’ Europe unieToni Negri prend le contre-pied de la pensée unique altermondialiste contre l’Union européenne

 

 

 

Zaki Laïdi : «La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée»


Mars 2004 – Propos recueillis par Julien Nessi

Spécialiste des relations internationales et observateur attentif de la mondialisation, Zaki Laïdi vient de publier «La grande perturbation» aux éditions Flammarion. Dans son nouvel essai, il invite à penser la mondialisation comme une nouvelle expression du changement social dans son ensemble. Selon le politologue français, la mondialisation est aujourd’hui vécue comme une source d’anxiété qui tient au fait que celle-ci produit des perdants et des gagnants et que l’on ne sait pas comment prendre en charge ces perdants. L’auteur consacre également des pages d’analyse fort instructives sur les résistances à la mondialisation et sur les contradictions et les limites de la mouvance altermondialiste.

Cyberscopie – Qu’est-ce que  » la grande perturbation  » ?

Zaki Laïdi – «La mondialisation est vécue par les individus, les citoyens, les acteurs politiques et sociaux comme une perturbation de l’ordre social en raison des transformations, des remises en cause et de l’incertitude qu’elle suscite. C’est ce que j’appelle tout simplement la grande perturbation.»

Première caractéristique de cette grande perturbation : la souveraineté des Etats se transforme. Selon vous, nous entrons dans l’ère de  » la souveraineté opérationnelle « . De quoi s’agit-il exactement ?

Zaki Laïdi - « La souveraineté a perdu son caractère absolu. La souveraineté opérationnelle consiste à dire que la souveraineté des Etats n’existe que par rapport aux objectifs que ceux-ci cherchent à s’assigner. Il y a moins une souveraineté absolue, mais une souveraineté qui s’applique à des domaines particuliers, c’est-à-dire la capacité à agir pour le compte d’une collectivité politique. Ce qui signifie aussi que les Etats, pour renforcer leur pouvoir et leur autorité, sont paradoxalement de plus en plus amenés à partager leur souveraineté avec d’autres entités. C’est un peu le schéma de l’Europe : pour renforcer le pouvoir des Etats, chaque Etat doit le partager avec d’autres, mutualiser ses forces avec d’autres pour récupérer collectivement cette souveraineté. »

Deuxième caractéristique : la montée en puissance de la société civile internationale. Quel est, selon vous, le rôle aujourd’hui de la société civile internationale ?

Zaki Laïdi - « Elle a trois fonctions essentielles. La première, c’est une fonction d’alerte des pouvoirs publics sur l’existence d’un certain nombre de problèmes et d’enjeux. La deuxième, c’est une fonction de dévoilement des préférences collectives. Par exemple, lorsqu’une ONG met en évidence les problèmes d’environnement, elle sensibilise les Etats et les oblige à prendre en compte le respect de l’environnement. La troisième fonction, c’est la capacité d’influence. Selon moi, cette influence reste relativement limitée et très variable en fonction des domaines d’intervention : forte dans l’environnement, nul dans le domaine de la sécurité. »

Selon vous, l’altermondialisme est un radicalisme sans perspectives, prisonnier de la logique idéologique et incapable de faire des contre-propositions. Pour quelles raisons ?

Zaki Laïdi – « Il faut éviter de définir l’altermondialisme en des termes trop généraux parce qu’il renvoie à une pluralité d’acteurs, à une diversité de stratégies et d’intérêts, y compris au sein d’un même mouvement. Par exemple, au sein d’Attac, il y a plusieurs lignes politiques. A l’évidence, la capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée. Pour revenir à Attac, cette organisation s’en tient au totem de la taxe Tobin, tout en sachant que celle-ci a peu de chances d’être mise en place, mais c’est précisément parce qu’elle a peu de chances d’être mise en place que Attac surenchérit sur cette taxe. Cette taxe Tobin offre au mouvement une perspective d’action illimitée. Attac parle aussi de  » protectionnisme coopératif  » sans avoir jamais explicité le contenu de ce terme. La critique n’est pas erronée, loin de là, mais sa capacité à proposer des alternatives et un débouché politique restent extrêmement faibles. Le discours finit par être très incantatoire, extrêmement répétitif et au fond, extraordinairement idéologique à destination d’un public orphelin d’idéologies cohérentes et de prêts à penser politiques. Attac mord dans des franges de la population qui ont un niveau culturel relativement élevé et qui sont au fond les héritiers d’une pensée très classique, soit souverainiste-étatiste, soit socialisé par le programme communiste des années 70. Les principaux dirigeants d’Attac sont d’ailleurs issus très clairement du mouvement communiste. Si on parle de l’altermondialisme français, il faut le décomposer car lui-même n’est pas homogène. Une institution comme Attac n’est pas du tout homogène. Il y a des souverainistes anti-européens et nationalistes, inspirés par le chévenemento-communisme. Il y a aussi des libertaires et des révolutionnaires trotskystes qui ont une autre perspective. »

Quelles sont les limites de la mouvance altermondialiste ? Y-a-t-il un risque d’essoufflement sur le long terme de ces mouvements ?

Zaki Laïdi – « Il y a effectivement un risque d’essoufflement sur le long terme dans la mesure où ces mouvements sont dans l’incapacité de fournir une interprétation rassurante ou satisfaisante pour ses groupes et ses militants. L’altermondialisme français renvoie non pas à une condition sociale mais à une condition existentielle. Au fond, c’est assez paradoxale de voir que ce sont les groupes sociaux les moins exposés à la mondialisation qui sont les plus virulents dans l’altermondialisme. Les groupes les plus exposés à la compétition mondiale dans la société française sont les plus sous-représentés au sein d’un mouvement comme Attac, par exemple. »

Pourquoi la mondialisation est-elle une source d’inquiétude, un facteur anxiogène, comme vous le soulignez dans votre essai ?

Zaki Laïdi – «La mondialisation crée des gagnants et des perdants. Se pose la question de la prise en charge des perdants dans ce jeu social. C’est une première source d’anxiété, surtout pour les plus vulnérables. Seconde source d’angoisse : les coûts de la mondialisation sont très clairement et immédiatement identifiables tandis que ses gains apparaissent beaucoup plus diffus dans l’espace et dans le temps. Troisième raison : les règles de fonctionnement du système de l’échange mondial ne correspondent pas du tout à l’idée intuitive que les individus et les citoyens s’en font. Les opinions restent dominées par le paradigme mercantiliste : elles considèrent que dans l’idéal, il faudrait exporter plus et importer moins. Or, économiquement, ce principe est contraire aux règles de fonctionnement du commerce mondial. La quatrième raison vient aussi du fait qu’il y a un arbitrage entre le court terme et le long terme. Les effets négatifs à court terme sont compensés par les effets positifs à long terme. Mais, bien évidemment, on voit plus les effets à court terme. Par exemple, les délocalisations paraissent comme extrêmement négatives et comme une source d’appauvrissement alors qu’en réalité c’est une source d’enrichissement. L’erreur des altermondialistes est de considérer les délocalisations comme un mal. En réalité, c’est un processus inexorable. Il est parfaitement normal que des activités à faible valeur ajoutée se déplacent vers les pays en voie de développement. L’ajustement et la transition peuvent être plus ou moins longues et difficiles et c’est là que réside le cœur du problème. C’est une logique inéluctable. Refuser ce raisonnement, c’est refuser aux populations du Tiers-monde le droit de se développer. La clef de cet ajustement et de cette transition, c’est le relèvement des qualifications. C’est le seul moyen pour les pays riches de renforcer leurs atouts. C’est d’être sur des créneaux à forte valeur ajoutée. Cet objectif ne règle pas le problème de travailleurs non qualifiés que l’on ne peut pas requalifier facilement. Les désordres et les perturbations découlent de ce fait. »

Quelle place peuvent avoir les perdants de la mondialisation dans notre société ?

Zaki Laïdi – « Il y a une course de vitesse qui s’exerce entre l’entrée de ces nouveaux venus dans le jeu social mondial et l’adaptation des travailleurs peu qualifiés à cette nouvelle donne. Il n’y a pas de situation social figée. Nous sommes dans une période de déséquilibre plus forte parce qu’il y a des remises en cause et de nouveaux rapports de force. »

Quelle est l’évolution du rapport de l’Etat avec le marché ?

Zaki Laïdi – «L’Etat et le marché sont dans une relation conflictuelle et complémentaire. Il n’y a pas de mondialisation sans marché. La mondialisation se fait à la fois avec et contre l’Etat. Contre l’Etat car le marché cherche à se défaire de la régulation et des contraintes d’ordre publique. Avec l’Etat car le marché a besoin de lui pour faire valoir ses points de vue lors des négociations commerciales. Le marché a aussi besoin de l’Etat car il n’y a pas de développement possible mondialisé sans des infrastructures dont les Etats sont des garants essentiels. L’Etat continue a exercer des fonctions régaliennes (la sécurité) sans lesquelles les échanges ne sont pas possibles à l’échelle mondiale. L’idée selon laquelle la mondialisation se ferait uniquement contre les Etats ne correspond pas à la réalité des choses. Il faut donc penser le processus d’une manière dialectique. »

Propos recueillis par Julien Nessi
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Quelques LIVRES CONTRE LA PENSEE UNIQUE

Posté par issopha le 28 janvier 2008

Ami(e)s lecteurs et lectrices , bonjour.

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Ci-dessous une sélection de livres indispensables ( constituée par sylvain TIMSIT du site www.syti.net ) qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie pour se forger une opinion alternative à la pensée unique ; pour s’affranchir des prêt-à-penser de nos pseudo-intellectuels et autres « hommes de science  » qui pour des raisons occultes contribuent à véhiculer la pensée de ces hommes de pouvoir. Par ces réflexions non-exhaustives , on s’affranchit encore plus du déficit de distanciation critique et de la profondeur des analyses de nos  » experts cathodiques «  , de l’instantanéité et de la superficialité du traitement de l’information par les médias quels qu’ils soient d’ailleurs , médias qui déforment et éludent plus qu’ils n’informent . J’y rajouterai volontiers toute la bibliographie des économistes François-Xavier VERSCHAVE (pourfendeur mal connu en France de la Françafrique et des circuits parallèles de la finance internationale ) et l’égyptien Samir AMIN. Ouvrages et brochures que le lecteur pourra aisément trouver sur le web. 

Bonne visite !

Issopha , l’administrateur du blog

Quelques livres contre la « pensée unique »

  Un autre regard sur la mondialisation, la démocratie,

les nouveaux pouvoirs planétaires…
    

 

Quelques LIVRES CONTRE LA PENSEE UNIQUE dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN ConeIndigovide dans ALTERMONDIALISME« Le grand bond en arrière – Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde », Serge Halimi  Stars3 dans AU-DELA DES IDEES RECUES

livres_Halimi_BondArriere dans CONTRE LA PENSEE UNIQUE 
De l’Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n’ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 80, les « décideurs » et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de « crise », c’est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c’est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu’il n’y ait « plus d’alternative ».

D’autres interprétations des événements auraient suggéré d’autres remèdes, mobilisé d’autres forces sociales, débouché sur d’autres choix.

La « mondialisation », ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la « seule politique possible » que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d’un bout à l’autre de la Terre. Inspirées par des théoriciens de l’université de Chicago, dont l’influence sera considérable au Chili, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d’un système d’économie mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

Une véritable enquête menée par Serge Halimi, qui débute aux Etats-Unis et se ramifie en Grande-Bretagne et en France. Étude qui touche le milieu politique et économique et leurs deux principaux relais, les intellectuels et les médias.

Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, est notamment l’auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d’agir, 1997).

vide dans LA MONDIALISATION

 

ConeIndigo dans LE NOUVEL ORDRE MONDIALvide dans Vous avez dit THEORIE du COMPLOT ?« Comment les riches détruisent la planète« , Hervé Kempflivres_RichesPlanete 
Nous sommes à un moment de l’histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l’espèce humaine: pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C’est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie néolibérale ne sait plus que s’autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.

Cette représentation du monde n’est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l’injustice, sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère, promeut l’abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l’auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète.

Hervé Kempf est un des journalistes d’environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il écrit sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier international, à La Recherche, et maintenant au Monde.

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ConeIndigovide« Les nouveaux maitres du monde, et ceux qui leur résistent », Jean Ziegler  Stars3

livres_NouveauxMDM 

« Au coeur du marché globalisé, le prédateur. Banquier, haut responsable de société transnationale, opérateur du commerce mondial: il accumule l’argent, détruit l’Etat, dévaste la nature et les êtres humains.

Les Nouveaux maîtres du monde », ce sont les seigneurs du capital financier mondialisé. Ce livre révèle leurs visages, d’où ils viennent, ce qu’ils font au jour le jour: à la tête des sociétés mondialisées, au sein de l’OMC ou du Fonds Monétaire International, dans les officines interlopes, les paradis fiscaux, mais aussi les bureaux feutrés des banques de Suisse et d’ailleurs. Ce livre démonte l’idéologie qui les inspire et jette une lumière crue sur le rôle joué en coulisses par l’empire américain.

Analyses, portraits, informations bouleversantes, propositions concrètes, un livre écrit par un homme qui a souvent croisé les personnalités dont il brosse le portrait, et qui connait de l’intérieur les institutions qu’il critique. »

ConeIndigovide« Malheur aux vaincus« , Philippe Labarde et B.Maris livres_MalheurVaincus 
La mondialisation triomphe, les inégalités explosent. Un phénomène de sélection-exclusion a fragilisé les plus faibles dans un processus cumulatif qui ne pouvait que renforcer les handicaps du Sud par rapport au Nord, des défavorisés par rapport aux riches.

Darwin est à l’œuvre: tout est fait pour éliminer les faibles, profiter des différences d’âge, de sexe ou d’origine, pour « liquéfier » le travail, le soumettre à la peur, au risque. Un nouveau racisme, un véritable racisme social pointe son mufle.

Les auteurs de La Bourse ou la vie avaient déjà vu juste en pulvérisant la nouvelle économie avant qu’elle ne s’effondre sous le poids de la spéculation. Ils récidivent en dénonçant l’avènement d’une « nouvelle barbarie »: un monde au-delà de l’humain où des sous-hommes serviraient des surhommes.

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ConeIndigovide« L’Empire de la honte« , Jean Ziegler Stars3 

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« Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C’est que le 11 septembre n’a pas seulement été l’occasion pour George W. Bush d’étendre l’emprise des Etats-Unis sur le monde, l’événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales.

Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l’empire de la honte savent admirablement jouer: la dette et la faim. Par l’endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté.

Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapport entre les États et entre les peuples. Du coup, c’est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise.

Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu’à l’eau que les peuples doivent désormais leur acheter? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises: ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c’est précisément sur la honte qu’est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l’ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche: insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle. Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion. »

Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, et professeur de sociologie à l’Université de Genève. Auteur de nombreuses enquêtes sur le Tiers-Monde, il a publié également des enquêtes explosives sur le système bancaire suisse.

ConeIndigovide« Tous pouvoirs confondus - Etat, capital et médias à l’ère de la mondialisation », Geoffrey Geuenslivres_TousPouvoirs 
« Bienvenue dans les entrailles du nouvel ordre mondial. Découvrez les membres des plus grands cercles de l’élite et des principaux lobbies agissant en coulisses pour conforter la configuration actuelle de la « mondialisation »: la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations, le Groupe de Bilderberg, Aspen France… Vous n’y êtes jamais convié? Evidemment ! Top secret et réservé aux industriels, financiers, ministres, commissaires européens, journalistes célèbres, magistrats et militaires bardés d’étoiles…

Quelles sont les 100 plus grandes compagnies dans le monde, les géants sur le plan européen et les plus puissants monopoles financiers de la planète? L’auteur dévoile les noms et le parcours politique de ceux qui siègent dans leurs conseils d’administration…

La presse, les médias, un 4ème pouvoir? En procédant à une analyse méticuleuse des actionnaires des grands groupes médiatiques, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, ce livre dévoile à quel point l’information est sous contrôle.

En décortiquant l’entrelacement des directoires politiques, économiques et militaires, l’auteur nous présente également le nouveau complexe militaro-industriel ou, comment la crise et la militarisation de l’économie sont à l’origine des nouvelles « croisades guerrières ».

Révéler tous ces réseaux croisés d’intérêts et de collusions, c’est dessiner le véritable organigramme de la « mondialisation » des grandes puissances. Indispensable pour entrer consciemment en résistance. »

Geoffrey Geuens est assistant à la section Information et Communication à l’Université de Liège. Il a déjà publié « L’information sous contrôle – Médias et pouvoir économique en Belgique » Triangle_bleu Table des matières, intro du livre, et revue de presse sur le site de l’éditeur.

ConeIndigovide« Skull and Bones – la vérité sur l’élite secrète qui dirige les Etats-Unis », Alexandra Robbinslivres_Skulls_ARobbins_s 
«Lors de ma dernière année d’étude (à l’université de Yale), j’ai rejoint la société secrète Skull and Bones, une société tellement secrète que je ne peux en dire plus» – Georges W. Bush

Un spectre hante l’Amérique. Le pays serait gouverné par une société secrète appelée Skull and Bones. Composé d’anciens élèves de l’université de Yale et fondé en 1832, ce club très fermé repose sur trois fondements : le principe de l’élection, le goût du secret et le développement d’un réseau. En effet, pour pouvoir être placé à des postes d’influence, le Bonesman est choisi et promet de taire à jamais son admission au sein de l’organisation. Skull and Bones intrigue par sa culture du mystère et l’exercice de son pouvoir occulte à travers l’Amérique. Un tel lobby aussi puissant qui fait du secret un objet de fétichisation méritait une enquête: Alexandra Robbins, journaliste d’investigation, elle-même ancienne élève de Yale, retrace ici l’histoire édifiante de cette société mystérieuse qui recrute parmi la crème de la crème de l’establishment. Un travail objectif et sérieux qui désamorce les fantasmes et permet de faire la part des choses entre mythe et réalité, entre conspiration et lobby ».

Ce livre a été publié aux Etats-Unis sous le titre « Secrets of the Tomb – Skull and Bones, the Ivy League and the hidden paths of power ».

ConeIndigovide« Europe Inc – Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale« , Observatoire de l’Europe Industrielle – B.Balanya, A.Doherty, O.Hoedeman, A.Ma’anit, E.Wesselius Stars3

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Ce livre montre l’incroyable imbrication du pouvoir polique européen et du pouvoir économique. On découvre que les multinationales ne font pas qu’exercer une influence sur les décisions de la Commission. Elles sont en fait à l’origine de toutes mesures importantes adoptées par l’Union Européenne durant ces 25 dernières années. La monnaie unique, l’élargissement à marche forcée, la directive Bolkestein, l’«agenda de Lisbonne» (qui érige la compétitivité en objectif prioritaire de l’Union), et le projet de constitution ont été conçues en amont des institutions européennes par un « groupe de réflexion » qui rassemble les présidents des 45 plus importantes multinationales européennes, l’ERT (European Round Table).

Le livre expose aussi le dense réseau des lobbies industriels et financiers qui gravitent autour de la Commission européenne et du Parlement, dont des organisations américaines comme la Chambre Américaine de Commerce qui exerce également une haute influence sur les décisions européennes.

Avec une préface extrêmement percutante de Raoul-Marc Jennar.
Ce livre est une version actualisée et complétée de « Europe Inc – liaisons dangeureuses entre institutions et milieux d’affaires européens » paru en 2000.

ConeIndigovide« L’industrie du mensonge: Lobbying, communication, publicité et médias », John Stauber et Sheldon Rampton Stars3

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« Duper l’opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom: le lobbying. Ce livre révèle les procédés qu’utilisent les lobbyistes pour nous vendre aussi bien les vertus du tabac ou du nucléaire que celles des OGM ou de la guerre; il dit dans quelles circonstances et sur quelles personnes ils les emploient.

La diversité des protagonistes abordés, des stratégies exposées et la précision des faits répondent au souci d’analyser au plus près ce domaine, qui a pris une ampleur nouvelle et que l’on peut définir comme « l’art des pratiques d’influence appliqué à la décision politique ». Un art du secret recourant à des procédés inavouables et qui donne au mensonge une place sans précédent dans nos sociétés.

A-t-on pris assez conscience du rôle paradoxal que l’on fait jouer à « l’opinion publique »? Objet d’un immémorial mépris dissimulé derrière les discours « démocrates » qui servent de masque à la plupart des gouvernants contemporains, formés aux mêmes certitudes qu’un Machiavel convaincu de l’éternelle bêtise du peuple et de la nécessité de le manipuler. L’immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d’accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de « l’industrie du mensonge ».

La seule différence entre la philosophie de Machiavel et le pragmatisme sans portée de nos dirigeants tient précisément à la finalité inaliénable du premier: la défense de l’intérêt général. User de mensonges pour accomplir le bien public, même si ce principe reste moralement et intellectuellement condamnable, reste une attitude philosophique diamétralement opposée à celle qui fait du mensonge l’instrument de fins viles, le moyen d’un mercantilisme passant s’il le faut sur le corps de ses semblables. »

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ConeIndigovide« Europe, la trahison des élites« , Raoul-Marc Jennar Stars3

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« L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas; elle fait ce qu’elle ne dit pas. Cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe l’œil. » Voilà ce que pensait Pierre Bourdieu. Sa réflexion est le point de départ de ce livre.

Aujourd’hui, l’Europe n’est pas une communauté de valeurs, mais une communauté d’intérêts où l’individualisme l’emporte chaque jour davantage sur le bien commun, à l’image d’une société américaine souvent décriée, mais de plus en plus imitée.

A l’aide de multiples cas concrets, Raoul Marc Jennar met en évidence cette « trahison » et montre comment l’Union européenne agit à l’opposé de ce qu’elle proclame. Ses institutions ne sont pas démocratiques et transparentes, mais technocratiques et opaques. Ses politiques ne servent pas l’intérêt général, mais celui des milieux financiers et des lobbies d’affaires. Au sein de l’Organisation mondiale du commerce, elle défend parfois les propositions ultralibérales avec plus de force que les Etats-Unis. Enfin, sous couvert de  » partenariats  » avec les pays du Sud, elle se livre en fait à une véritable recolonisation de leurs économies. »

Raoul Marc Jennar est docteur en science politique, diplômé des universités belge et française. Depuis 1999, il est chercheur sur les dossiers de l’Organisation mondiale du commerce dans l’ONG belge Oxfam Solidarité (Belgique) ainsi que pour l’Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation (URFIG, France).

 

ConeIndigovide« Une étrange dictature« , Viviane Forrester

videVForresterBook2vide « Nous ne vivons pas sous l’emprise fatale de la mondialisation, mais sous le joug d’un régime politique unique et planétaire, inavoué, l’ultralibéralisme, qui gère la mondialisation et l’exploite au détriment du grand nombre. Son but principal : le profit, l’accroissement continu et maximal de la plus-value boursière. Loin de créer la richesse, ce système se révèle capable de détruire des pans entiers de l’activité ou de la recherche. Il crée et entretient le chômage. Il est prêt à sacrifier tous les investissements non immédiatement rentables, en particulier ceux concernant la santé et l’éducation.Cette dictature sans dictateur n’aspire pas à prendre le pouvoir, mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent.Nous pouvons résister à cette étrange dictature qui exclut un nombre toujours croissant d’entre nous, mais garde – c’est là le piège, et surtout notre chance – des formes démocratiques. »vide

 

ConeIndigovide« L’horreur économique« , Viviane Forrester Stars3

videVForresterBookvide « Nous vivons au sein d’un leurre magistral, d’un monde disparu que les politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n’ont plus de substance: des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L’imposture générale continue d’imposer les systèmes d’une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà se pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L’extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l’histoire, l’ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l’économie et détient le pouvoir. »« L’Horreur économique », prix Medicis 1996 de l’essai, s’est vendu en France à plus de 400.000 exemplaires, et a été traduit dans 24 langues.vide

ConeIndigovide« Contre-feux« , Pierre Bourdieu

videlivres_Bourdieuvide « Dans ce recueil de textes touchant des sujets variés, le célèbre sociologue joint sa voix au lot grandissant des critiques de la mondialisation et du néo-libéralisme. Les pages que Bourdieu consacre à la précarité de l’emploi sont éclairantes. Les engagements par contrats à court terme empêchent non seulement un nombre de plus en plus grand de citoyens d’avoir accès à une certaine sécurité de revenu, ils nous empêchent surtout de développer ce minimum de confiance en l’avenir pour pouvoir se révolter contre le présent, même le plus intolérable. Le sociologue démontre que la soumission aux lois du marché n’est pas le destin de nos sociétés, mais bien un choix de société, ce qui implique l’existence d’une solution de rechange. »vide

 

ConeIndigovide« Géopolitique du chaos« , Ignacio Ramonet Stars3

videlivres_GeopolitiqueDuChaosvide « La mondialisation, la logique des marchés et l’économie de l’information sont les nouveaux credo d’un monde où États-nations, partis, gouvernements perdent leurs repères. Changement de paradigme: la promesse du bonheur n’est plus un projet de société, mais un produit.Alors que triomphent, apparemment, la démocratie et la liberté, les censures et les manipulations font un paradoxal retour en force. De nouveaux et séduisants « opiums des masses » proposent une sorte de « meilleur des mondes« , distraient les citoyens et les détournent de l’action civique et revendicative. Dans ce nouvel âge de l’aliénation, les technologies de la communication jouent, plus que jamais, un rôle central. »vide

 

ConeIndigovide« Propagandes silencieuses« , Ignacio Ramonet

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« Face à la puissance nouvelle des communications de masse, la question que se posent les citoyens n’est plus: sommes-nous manipulés? Car la réponse à cette interrogation, chacun le sait, est malheureusement affirmative. Il s’agit désormais de savoir comment nous sommes mentalement influencés, contrôlés, conditionnés? A l’heure d’Internet et de la révolution numérique, ce livre tente de répondre à cette question majeure. En rappelant comment se fabrique l’idéologie, comment se construit cette silencieuse propagande qui vise à domestiquer les esprits, à violer les cerveaux et à intoxiquer les coeurs. A l’aide de nombreux exemples puisés dans la télévision ou le cinéma, il nous explique quels sont les mécanismes et les procédés de l’endoctrinement contemporain. Comment, sans que nous nous en apercevions, les nouveaux hypnotiseurs entrent par effraction dans notre pensée et y greffent des idées qui ne sont pas les nôtres. Ainsi, par exemple, dans les modernes sociétés médiatiques, un enfant de quatre ans, avant même d’entrer à l’école, a déjà été soumis à plusieurs milliers d’heures de télévision et a gavé ses yeux de suggestions éphémères rapidement évanouies. Evanouies? Pas entièrement, nous dit Ignacio Ramonet, car toutes ces images (spots publicitaires, films-catastrophes, séries policières, comédies, scènes de guerre et de violence…) laissent des traces subliminales dont l’influence, à la longue, finit par fortement déterminer nos comportements. Et par réduire notre liberté. »

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ConeIndigovide« Les nouveaux chiens de garde« , Serge Halimi Stars3

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« Les médias français se proclament « contre-pouvoir ». Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence.

Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques.

Un petit groupe de journalistes omniprésents – et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence – impose sa définition de l’information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l’ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique. »

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ConeIndigovidevide« La fabrique de l’opinion publique« , Noam Chomsky

videlivres_Chomsky_Consent.jpg « Ce livre (dont le titre original est « Manufacturing Consent ») est la source de la pensée politique du célèbre linguiste Noam ‰.Comment se met en place un discours médiatico-politique dans une nation prospère? Qui désigne les ennemis d’un peuple et décide des guerres justes que celui-ci doit mener? Comment l’imaginaire collectif distingue les bonnes victimes des mauvaises? Quel rôle joue les institutions, les lobbies, les multinationales et le fameux « quatrième pouvoir » dans la fabrication d’une opinion publique? Disséquant le discours médiatique sur la politique américaine des 40 dernières années, Noam Chomsky et Edward S. Herman livrent une analyse sans concession du système d’information aux Etats-Unis. »vide

 

ConeIndigovide« Un totalitarisme tranquille« , André Bellon et Anne-Cécile Robert

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« Prétendre que notre société génère, et ce de façon paisible, une forme de totalitarisme peut être reçu comme une agression inacceptable. Et pourtant! Sommes-nous encore en démocratie? Certes, on nous en parle à longueur de journée. Mais ce n’est pas parce qu’on invoque perpétuellement quelque chose que cette chose existe. L’élection présidentielle américaine vient d’illustrer les incohérences des discours officiels.

La démocratie est en danger; au-delà des incantations, un travail de sape dépossède le citoyen de tout pouvoir politique et le peuple de toute souveraineté; la démocratie se vide de son contenu concret, elle est battue en brèche à la fois par les intérêts économiques dominants et par la passivité des esprits. Face à l’idéologie qui nous entraîne petit à petit, au nom de la modernité et de l’Europe, dans « l’après démocratie », l’ouvrage montre que les clés d’un renouveau de la démocratie sont à portée de main. »

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ConeIndigovide« Vivre et penser comme des porcs – De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés » Gilles Châtelet

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« Etre passé de la chair à canon à la chair à consensus et à la pâte à informer est certes un progrès. Mais ces chairs se gâtent vite: la matière première consensuelle se transforme en une unanimité populiste des majorités silencieuses qui n’est jamais innocente.
A ce populisme classique se greffe désormais un nouveau populisme yuppie, un techno-populisme qui entend bien afficher sa postmodernité carnassière, prompte à digérer le best-of des biens et services de la planète.
Gilles Châtelet dénonce la « Triple Alliance » politique, économique et cybernétique des néo-libéraux, qui cherche à rendre rationnelle et même festive la « guerre de tous contre tous ».vide

 

ConeIndigovide« Cybermonde, la politique du pire« , Paul Viriliot

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Paul Virilio est l’une des rares sentinelles à oser dénoncer les dangers d’une révolution cybernétique. S’insurgeant contre le fantasme de la démocratie virtuelle, il lance ici un véritable appel à la résistance. Il réfléchit à haute voix sur les conséquences morales, politiques et culturelles de l’accélération du temps mondial, le cybermonde. Ce dialogue passionné débouche sur une interrogation profonde sur le sens du temps et celui de notre présence au monde.
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ConeIndigovide« La vie en miettes, expérience post-moderne et moralité », Zygmut Bauman

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« Zygmut Bauman, penseur atypique et inspiré, décrit d’abord dans ce livre majeur l’expérience contemporaine avec son temps accéléré, ses rencontres décousues, ses engagements momentanés, son obsession de la forme, la recherche de la sensation vraie, la vie dans le déplacement, la rencontre de l’étranger dans le tourisme ou la xénophobie, le commerce de la violence, la surveillance de la vie et la toute puissance technique. En même temps, profondément influencé par Levinas, Bauman retrouve au milieu des décombres de l’ordre ancien l’urgence et l’instance d’autrui. Là où la vie est en miettes, il reste le défi de la rencontre d’autrui. Comment vivre sans codes ni règles sans tomber dans le chaos? Comment vivre humainement en dépit du fait que la vie est en miettes? Son livre est à la fois étonnament lucide, démystificateur et paradoxalement optimiste. »vide

ConeIndigovide« Tous fichés« , Jacques Henno

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La surveillance totale a commencé:
- 12 mai 2005, un vol d’Air France est dérouté par erreur par les autorités Américaines sur l’aéroport de Bangor…
- Fin 2004, le fond américain Carlyle, proche du Pentagone et de la CIA, tente de racheter à Air France, Ibéria et Lufthansa, leur système de réservation Amadeus…
- Fin 2003, début 2004 : Acxiom, société sous-traitante du Pentagone, absorbe Claritas et Consodata,les 2 leaders français du data-mining et de la gestion de bases de données, contrôlant ainsi des fichiers sur plus de vingt millions de Français…

Ces 3 faits ont un point commun: ils annoncent « SURVEILLANCE TOTALE » (« Total Awareness »), le programme américain le plus démesuré et sans doute le plus contestable, de lutte contre le terrorisme par la mise sous fiche de la planète toute entière.

Comment est conçu « Surveillance totale »?
Quels risques pour les libertés individuelles de chacun ?
Comment les instances gouvernementales françaises et européennes ont-elles cédé aux pressions américaines ?
Etes-vous fichés ? Comment le savoir ?
Quels risques encourez-vous ? Comment réagir ?

Dans une enquête minutieuse et passionnante, Jacques Henno dévoile la genèse de ce programme sécuritaire inouï. Il décortique les mécanismes, les faiblesses et les perspectives inquiétantes que ce dispositif planétaire ouvre pour nos sociétés.

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ConeIndigovide« Surveillance électronique planétaire« , Duncan Campbell et Heloïse Esquié

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Le rapport officiel commandé par l’Union Européenne sur le réseau d’écoutes américain Echelon.

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ConeIndigovide« Un bonheur insoutenable« , Ira Levin Stars3

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Dans le futur, les nations ont aboli les guerres et la misère. Mais à quel prix? Entièrement gouvernés et surveillés par un ordinateur géant, les hommes sont uniformisés et privés de toute pensée originale, au moyen d’un implant et d’un traitement hormonal hebdomadaire obligatoire…

Un roman de SF entre « 1984″ d’Orwell, « Le meilleur des mondes » d’Huxley et le film « Equilibrium« .

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ConeIndigovide« Eternity Express« , Jean-Michel Truong 

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« Des hommes et des femmes ont acheté très cher le droit de finir leur vie dans un endroit de rêve: Clifford Estates, une ville construite de toutes pièces au fin fond de la Chine. Eternity Express est le récit du voyage qui les y conduit. C’est une destination idyllique, certes, mais imposée par la loi.A travers les réflexions et les souvenirs d’un des voyageurs, Jonathan (le narrateur, qui est médecin), se révèle peu à peu toute l’horreur économiquement correcte d’une société décidée à appliquer sans frémir la loi du profit. Car ce sont les effets conjugués de la démographie et de l’économie occidentale ruinée qui ont conduit les pays à adopter cette loi de « délocalisation du troisième âge »: l’Europe ne peut plus nourrir ses papyboomers. »vide

ConeIndigovide« No Logo« , Naomi Klein

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« Aujourd’hui, le village est planétaire, et la société de consommation dominée par les marques. (…) Les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l’économie de nombreux pays. Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l’art de bafouer les droits de l’homme: l’esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent.

Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l’urgence d’une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s’organisent sur l’Internet: ils veulent récupérer l’espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d’acheter des produits pour lesquels d’autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois du sang. Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l’ont prouvé: il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques. »

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ConeIndigovide« La mondialisation racontée à ceux qui la subissent« , Hervé-René Martin

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« Nous vivons tous aujourd’hui sous le règne de ce que nous appelons la Mondialisation, sans pour autant savoir que ce terme recouvre exactement. Connaît-on par exemple ses effets sur le contenu de notre assiette: des aliments transgéniques à la vache folle, en passant par les édulcorants de synthèse et leur propension à nous provoquer des tumeurs au cerveau? Sait-on à quel point elle participe de la croissance du chômage, de la violence urbaine et de la montée de l’extrême-droite dans les pays du Nord? Mais aussi de la déforestation, de la famine, et du retour de l’esclavage dans les pays du Sud? A-t-on idée de son influence sur nos conditiens de travail, le niveau de nos salaires ou encore le taux de faillite de nos entreprises? La question que se pose le héros de ce livre, un détective qui vit retiré dans la montagne d’où il mène son enquête entre explorations sur Internet et conversations avec le charpentier du village, est: Qui c’est, la mondialisation? Mais si la question peut paraître naïve, la réponse se révèle, elle, beaucoup plus inquiétante. »

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ConeIndigovide« Le procès de la mondialisation« , Edouard Goldsmith et Jerry Mender

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Les plus grands spécialistes mondiaux étudient les différents processus de la mondialisation et son impact sur les aspects de la vie: aggravation de la pauvreté et de l’exclusion, démantèlement des économies locales, homogénéisation de la culture, menaces sur les milieux naturels, sur la santé, sur la diversité biologique, sur les processus démocratiques…

Le livre analyse les rouages de la mondialisation: moteur (libéralisme), but (marchandisation du monde), effets (crises sociales, économiques, politiques et environnementales). Il propose des solutions afin que l’économie soit au service de l’homme et non le contraire.

« Le procès de la mondialisation » a reçu le prix du meilleur livre politique de l’année lors de sa sortie aux États-Unis.

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ConeIndigovide« La chaine invisible – Travailler aujourd’hui: Flux tendu et servitude volontaire », Jean-Pierre Durandlivres_ChaineInvisible 
« Au cours des vingt dernières années, le monde du travail a changé de planète. Flexibilité de la main-d’œuvre, annualisation du temps de travail, précarité des contrats, exigence de qualité totale, déclin de la notion objective de qualification au profit de la « compétence » définie par l’employeur, plans sociaux dans les entreprises rentables, implication et responsabilisation des travailleurs, organisation en réseau, etc. Une même logique implacable lie toutes les dimensions de cette métamorphose: l’impératif du flux tendu », sans stocks, sans pause dans la circulation du produit, pousse à l’extrême l’exploitation du temps de travail pour satisfaire des exigences de rendement inédites dans l’histoire du capitalisme.

Pourquoi les travailleurs et les syndicats ont-ils si peu résisté, et parfois collaboré, à une mutation qui intensifie le travail sans améliorer sa rémunération? La peur entretenue du chômage n’est qu’une part de la réponse. La sociologie du travail révèle en effet les stratégies et les jeux sociaux déployés par les individus pour sortir du flux tendu, ou le rendre acceptable, voire gratifiant. Mais cette implication contrainte des salariés participe aussi d’une stratégie délibérée de gestion du travail pour les conduire à internaliser la contrainte de rentabilité, à ne plus concevoir la distinction entre leur intérêt et celui de leur patron.

Loin du rapport de domination brute à l’ancienne, le nouveau capitalisme met en place une chaîne invisible, auto-entretenue par ceux-là mêmes qu’elle aliène, une chaîne de servitude volontaire. »

Jean-Pierre Durand est professeur de sociologie à l’université d’Évry où il dirige le Centre de recherche Pierre Naville.

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ConeIndigovide« Les économistes contre la démocratie – Pouvoir, mondialisation et démocratie », Jacques Sapir  

livres_EcoDemo « L’économie s’est-elle substituée à la politique? Tel est peut-être le souhait de certains économistes. Ce livre a pour cible un discours économique qui cherche à vider l’action politique de son sens, un discours qui, sous les dehors d’une soi-disant rigueur scientifique est en réalité profondément anti-démocratique. A travers l’apologie que font certains économistes des agences indépendantes et de la globalisation, c’est le vieux fond libéral hostile à toute forme de souveraineté populaire qui s’exprime. Sous prétexte de parler d’économie, ces économistes veulent nous vendre un droit et une organisation sociale qui les laisseraient libres de tout contrôle et de toute responsabilité. Ce livre analyse le lien qui existe entre une faillite théorique et des comportements souvent douteux. On montre comment le discours de l’économie dominante veut enfermer le citoyen dans un espace qui n’aurait d’autres bornes que la technique et la compassion. Ceci dévoile le projet de faire de l’expert le seul citoyen habilité à peser sur les décisions importantes. Au fur et à mesure que l’expertise des économistes perd en efficacité monte une nouvelle idéologie, l’expertisme. Elle se construit en négation de la chose publique, la République. »
 

ConeIndigovide« La grande désillusion« , Joseph E. Stiglitz et Paul Chembla Stars3

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« Aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale ». L’auteur de ces lignes? Le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en novembre 1999 a démissionné de son poste d’économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale: « Plutôt que d’être muselé, j’ai préféré partir », expliquera-t-il.

Son livre est un constat qui vaut réquisitoire: preuves à l’appui, il démontre que les règles du jeu économique mondial ne sont souvent fixées qu’en fonction des intérêts des pays industrialisés avancés – et de certains intérêts privés en leur sein -, et non de ceux du monde en développement. Car la mondialisation n’a pas seulement mis l’économie au-dessus de tout, mais aussi une vision particulière de l’économie, le fanatisme du marché. Politique d’austérité, libéralisation des marchés des capitaux et privatisations sont appliquées aveuglément, en dépit de leur échec avéré, à tous les pays, en particulier aux pays en transition et du Sud.

À lire Joseph Stiglitz, on a le sentiment de comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui, de saisir toute l’urgence d’une réforme en profondeur du statut et des politiques préconisées par les institutions financières internationales. »

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ConeIndigovide« Petit manuel simplifié pour comprendre la mondialisation« , Angela Barthes 

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Après un rapide rappel des processus historiques et des logiques de la mondialisation libérale, l’auteur décortique, grâce à de nombreuses données d’organismes officiels, les mécanismes fondamentaux à l’oeuvre. Elle explique l’importance hégémonique du capital financier, la hiérarchisation des pôles mondiaux de décision et son système associé d’interdépendance asymétrique (la dette, la dégradation des termes de l’échange). Elle que la fracture sociale (la pauvreté, l’immigration ou la délinquance) est une résultante structurelle de la mondialisation ainsi que les multiples conflits armés ou guerres qui se déroulent actuellement sous nos yeux.

L’auteur engage également une réflexion sur le rôle des principaux acteurs en montrant l’action prépondérante des grandes sociétés transnationales et des organismes internationaux tels que le FMI ou l’OMC.

Spécialiste de géopolitique, Angela Barthes est maître de conférences à l’Université de Provence.

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ConeIndigovide« Révélations« , Denis Robert et Ernest Backes

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Ce livre raconte, de l’intérieur, l’histoire secrète de Clearstream, une « chambre de compensation » créée par une association de banques en 1971 et devenue en moins de trente ans un véritable monstre financier, chargé de faire transiter des fonds et des valeurs sur toute la planète. Depuis le Luxembourg les ordinateurs de cette firme brassent des trillions de dollars et d’euros. Clearstream est la « banque des banques », un centre névralgique de la finance internationale où des millions de transactions sont effectuées chaque jour, en toute opacité et hors de tout contrôle.

L’enquête de Denis Robert nous conduit là où personne n’a jamais pu pénétrer: dans les coulisses de la finance internationale. Sur les pas d’Ernest Backes, l’insider (le témoin de l’intérieur, ancien n°3 de Clearstream), nous découvrons avec effroi des activités inavouables: dissimulations de compte au nom des institutions les plus honorables, complicité avec des banques mafieuses, ramifications innombrables avec affaires existantes en France et ailleurs, circuits de blanchiment de narcodollars ou paiement de rançons… Pas une page ou presque sans révélations.

Denis Robert est écrivain et journaliste à Libération.

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ConeIndigovide« Démocratie-business – La vérité sur la mondialisation, les privatisations, les fraudes et les délits d’initiés », Greg Palastlivres_DemocratieBusiness_sSi vous recevez régulièrement une facture d’électricité, vous découvrirez dans ce livre comment la privatisation de l’énergie a systématiquement fait exploser les prix payés par les consommateurs, de la Grande-Bretagne à l’Argentine – sans parler des 379 % d’augmentation en Californie pour une seule année. A l’heure de la privatisation d’Électricité et Gaz de France, de Swisscom en Suisse, vous verrez, documents à l’appui, comment les sociétés privées sabotent leurs propres installations et magouillent pour en tirer d’énormes profits.

Par le passé, dans le monde entier, des gouvernements ont dépensé des milliards à construire des systèmes de canalisation d’eau, sans pour autant en attendre de profits en retour. L’OMC et la Banque mondiale appellent ça du gachis. Vous verrez dans ce livre comment ils ont prévu de vous le faire payer.

Greg Palast est l’un des plus célèbre journalistes d’investigation aux États-Unis. Il travaille en particulier pour le Guardian et la BBC. C’est lui qui a rendu public le trucage de l’élection de George Bush en 2000. Il a reçu le prix « Project Censored » de l’université de Californie et le prix « David Thomas » du Financial Times. Expert reconnu du fonctionnement du pouvoir et des grandes multinationales commerciales, ses écrits sont étudiés à l’université de Cambridge ou de Sao Paulo. »

ConeIndigovide« Enron, la faillite qui ébranla l’Amérique« , A.S.Chassany et J-Ph.Lacour

videlivres_Enron « Dallas, le 3 décembre 2001: Enron se place sous la protection de loi américaine sur les faillites. De mémoire de trader, d’homme d’affaires et de petit porteur, c’est la plus importante défaillance de l’histoire récente des Etats-Unis. Avec son chiffre d’affaires de plus de 100 milliards de dollars, le mastodonte texan de l’énergie n’était donc pas invincible. Les investisseurs et les bourses sont pris de panique. La chute d’Enron a été fulgurante. Personne n’a pu anticiper une telle catastrophe, et surtout pas les spécialistes de la finance, qui n’avaient cessé de recommander aux épargnants d’acheter le titre. Fraudes, malversations, mensonges, enrichissements personnels; collusion avec le pouvoir politique… Après la gloire, l’heure est bien à la vérité. Et la vérité n’est pas belle à voir: c’est le véritable visage du capitalisme effréné que dévoile l’histoire de cette faillite. Sur un rythme de thriller, cette enquête, menée par deux journalistes, révèle la face cachée de l’aventure Enron: de la prodigieuse ascension à la débâcle vertigineuse d’un géant américain. »vide

ConeIndigovide« Ils vont tuer le capitalisme« , Claude Bébéar

livres_BebearCapitalisme « De l’affaire Enron à la chute de Vivendi, de l’éclatement de la bulle internet à la crise de confiance que traversent les marchés, la planète vit désormais dans la hantise d’un effondrement de tout le système économique et financier. Mais qui veut saboter le capitalisme? Pourquoi des analystes financiers, des banquiers d’affaires et des patrons mégalos ou sans scrupules semblent-ils s’acharner à scier la branche sur laquelle ils sont assis? Et que peut-on faire pour remettre sur pied un capitalisme à visage humain en y injectant de la confiance et de la responsabilité?

Dans ce livre d’entretiens, Claude Bébéar, fondateur et président du conseil de surveillance d’AXA (leader mondial de l’assurance), apporte son témoignage, celui d’un chef d’entreprise révolté par les excès qu’il a vu se multiplier autour de lui. Avec pédagogie, il décrypte les phénomènes de spéculation, de panurgisme et de dérive des egos qui ont causé la déroute de tant d’entreprises flamboyantes et d’épargnants de bonne foi. »
 

ConeIndigovide« Le capitalisme est en train de s’autodétruire« , Patrick Artus, Marie-Paule Virard

livres_PatrickArtus « Le capitalisme est-il en train de s’autodétruire? La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires…

Alors que la croissance économique – en Europe en tout cas – stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses.

Dans ce livre, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe: c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir.

Et face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l’investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales. »

Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d’épargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l’Ecole polytechnique et professeur associé à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Echos.

 

ConeIndigovide« Le capitalisme total« , Jean Peyrelevade 

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« Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. À la base, trois cents millions d’actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d’âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d’enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s’appuient sur les règles du  » gouvernement d’entreprise  » et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d’entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d’entreprendre. Ainsi le capitalisme n’est pas seulement le modèle unique d’organisation de la vie économique mondiale : il est devenu  » total  » au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses. »

Jean Peyrelevade a été successivement président de Suez, UAP, et du Crédit Lyonnais. Il fut également le directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy (1981-1983). Longtemps professeur d’économie à l’École polytechnique, il a écrit plusieurs ouvrages sur l’évolution du capitalisme contemporain.

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ConeIndigovide« Keynes ou l’économiste citoyen« , Bernard Maris

videlivres_Keynes « Proche du courant post-keynésien, Bernard Maris s’emploie à redécouvrir les fondements du message de l’économiste anglais: l’économie de marché est foncièrement instable. Il y règne l’incertitude sur l’avenir, l’irrationalité et le mimétisme des comportements. Chômage, déséquilibres, bulles financières, caractérisent le capitalisme. Si Keynes reconnaît qu’il permet la satisfaction des besoins humains, l’accumulation du capital, « l’argent pour l’argent » ne saurait être la fin de l’activité humaine. Il faut remettre la cité au premier plan et « l’économie au vestiaire ». Plus qu’une nouvelle interprétation, ce petit livre percutant présente l’homme Keynes dont les passions, les utopies et la vision du monde sont inséparables de la théorie. »vide

ConeIndigovide« L’illusion économique« , Emmanuel Todd livres_IllusionEconomique 

« Le degré d’adhésion des classes dirigeantes d’une nation au libre-échangisme est inversement proportionnel à l’évolution de leur niveau culturel: plus celui-ci baisse, plus les thèses mondialistes prospèrent. Non seulement l’ouverture des frontières commerciales s’est plutôt traduite par un tassement de la croissance mondiale, mais elle a en plus favorisé un retour spectaculaire des inégalités au sein des nations développées. La construction européenne façon Maastricht exprime un saut irréaliste dans l’idéologie, fruit combiné d’une utopie monétaire qui nie l’existence des diversités nationales et d’une utopie libre-échangiste, masque emprunté par une élite malthusienne pour défendre son idéal inégalitaire. » L’Expansion – Henri Gibier

« Les croyances collectives tendent à s’effriter sous les coups portés aux sentiments nationaux par des élites culturelles, adeptes de la « pensée zéro », qui affichent leur impuissance face à un phénomène économique jugé inéluctable et extérieur: la mondialisation. (…)
À la double utopie, économique et monétaire, d’une mondialisation dont les contre-performances sont patentes, et à la démission des classes dirigeantes, Emmanuel Todd oppose un retour à une forme de protectionnisme national dans les relations commerciales extérieures, qui permettrait le renforcement du libéralisme à l’intérieur, la relance de la demande globale, et par là même un véritable retour à l’idéal démocratique égalitaire, actuellement largement bafoué par les élites dirigeantes. »
 Futuribles – Stéphanie Debruyne

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ConeIndigovide« J’accuse l’économie triomphante« , Albert Jacquard  

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Il n’y a plus de jour où l’on ne nous affirme que l’économie gouverne le monde, que les lois de la rentabilité et du marché constituent une vérité absolue. Quiconque conteste cette nouvelle religion est aussitôt traité d’irresponsable. Mais une société humaine peut-elle vivre sans autre valeur que la valeur marchande? Prenant ses exemples dans les domaines les plus variés – logement, emploi, santé, environnement, alimentation… – Albert Jacquard démontre les méfaits de l’économisme triomphant et fanatique qui prétend aujourd’hui nous gouverner. Economiste et scientifique, il expose ici en des pages rigoureuses et claires, appuyées sur une vaste information, les convictions qui fondent son engagement. Il nous invite à refuser la fatalité inhumaine de l’intégrisme économique.

ConeIndigovide« Mal de Terre« , Hubert Reeves

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« Notre planète va mal: réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles, pollutions des sols et de l’eau provoquées par les industries civiles et guerrières, disparité des richesses, malnutrition des hommes, taux d’extinction effarant des espèces vivantes, etc.La situation est-elle vraiment dramatique? Que penser des thèses qui contestent ce pessimisme? A partir des données scientifiques les plus crédibles -et de leurs incertitudes-, Hubert Reeves dresse un bilan précis des menaces qui pèsent sur la planète. Son diagnostic est alarmant: si la vie sur Terre est robuste, c’est l’avenir de l’espèce humaine qui est en cause. Le sort de l’aventure humaine, entamée il y a des millions d’années, va-t-il se jouer en l’espace de quelques décennies? Notre avenir est entre nos mains. Il faut réagir, et vite, avant qu’il ne soit trop tard. »vide

ConeIndigovide« Stop« , Laurent de Bartillat et Simon Retallack  Stars3

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Un livre choc sur l’état de la planète, avec 450 pages d’images fortes et de textes écrits par 25 participants: Arundhati Roy, Edgar Morin, Corinne Lepage, Mikhaïl Gorbatchev, Robert F. Kennedy Jr, Robert Redford, le chef Raoni, Susan George, Edward Goldsmith…

« Les catastrophes écologiques se multiplient. Nous dilapidons les ressources de la planète. La gangrène de la pollution fait chaque jour un peu plus de ravages. Les états reportent a plus tard des décisions urgentes pour la survie de nos enfants. D’énormes pressions politiques et économiques bloquent l’émergence d’un monde plus durable. Pourquoi? Nous le savons tous, la planète est en danger! Comment réagir? Ce livre apporte des réponses et surtout des solutions claires et accessibles qui prouvent que des alternatives sont possibles. Mais le temps presse. Un texte fondamental, une documentation spectaculaire, «Stop» peut et doit contribuer à déclencher la prise de conscience dont le monde a besoin. »

Laurent de Bertillat est photographe, auteur et réalisateur de documentaire sur le thème de l’environnement. Simon Retallack est le directeur éditorial de « The Ecologist ».

ConeIndigovide« Le syndrome du Titanic« , Nicolas Hulot

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« Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l’égoïsme et l’arrogance d’êtres supérieurs convaincus d’être «maîtres d’eux-mêmes comme de l’univers».Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s’accumulent: dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d’espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d’hommes à occuper cette Terre: après nous, le déluge?Notre planète est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d’ alerte avant de céder au désespoir: si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l’écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble. »vide

ConeIndigovide« Ces maladies crées par l’homme – Comment la dégradation de l »environnement met en péril notre santé », Dr Dominique Belpomme

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Jusqu’aux années 1970, il n’existait pas de cancérologues en France. Cette discipline n’était, en effet, pas reconnue par l’ordre des médecins. L’un des premiers à exercer cette nouvelle fonction fut le professeur Belpomme.

Or, depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès provoqués par le cancer, en France, a doublé: 150 000 morts par an! La croissance de cette mortalité s’observe dans tous les pays industrialisés. Il apparaît en effet que la plupart des cancers sont une conséquence de la pollution de notre environnement. C’est donc un tableau très noir, et pour tout dire passablement effrayant, que le professeur Belpomme brosse de notre avenir sanitaire. « On soigne les malades atteints du cancer, constate-t-il, et non l’environnement qui est lui-même malade. » Le cancer est donc devenu « une maladie de civilisation » comme le définissait déjà René Dubos. C’est le cas d’un grand nombre de nos maladies qui ne sont plus d’origine naturelle, mais artificielles, fabriquées en quelque sorte par l’homme lui-même. Tel est le cas, en particulier des stérilités masculines, des malformations congénitales, de la plupart des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, de certains diabètes, des infections nosocomiales, des allergies, de l’asthme…

Sur les 150.000 morts par an en France par cancer, il n’y en a que 30.000 dont le décès est lié au tabac. Il reste donc à expliquer les 120.000 autres cas liés au stress et à notre mode de vie en général.

Dominique Belpomme, président de l’association française pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac) et directeur du centre d’évaluation de la recherche sur le cancer (Cerc) est l’un des acteurs majeurs du « plan cancer » lancé par le président de la République.

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ConeIndigovide« La société cancérigène« , Geneviève Barbier et Armand Farrachi

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Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de mortalité en France, la première chez les hommes. Pourquoi la lutte, qui s’est concentrée sur les soins la recherche de nouveaux traitements et le tabac, connaît-elle un tel échec, malgré l’énormité des sommes engagées? Et si l’on se trompait de cible? S’il fallait inventer d’autres voies? Inverser la perspective? Ne plus s’attaquer seulement aux effets et aux facteurs de risque individuels, mais aussi aux causes sociales, professionnelles et environnementales?

Le livre dénonce, chiffres à l’appui, les silences des discours officiels et les intérêts de bien des lobbies. Car la disparition du cancer serait préjudiciable à des pans entiers de notre économie. Veut-on vraiment faire reculer le cancer? Ce livre décapant, qui allie la conviction à la rigueur scientifique, démontre que cette maladie n’est pas une fatalité.

Geneviève Barbier est médecin, membre du Syndicat de la médecine générale, et membre du comité de rédaction de la revue « Pratiques, les cahiers de la médecine utopique »
Armand Farrachi, romancier et essayiste, a notamment publié « Les Ennemis de la Terre » et « Les Poules préfèrent les cages ».

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ConeIndigovide« La mafia pharmaceutique et agro-alimentaire« , Dr Louis de Brouwer

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La medecine moderne est gérée par une oligarchie puissante issue des grands groupes chimico-pharmaceutiques qui parviennent à conditionner les choix des gouvernements, des politiques et des institutions de la santé grâce à de prodigieux moyens financiers.

Des médicaments, des vaccins, des produits alimentaires dangeureux sont mis sur le marché et y demeurent, malgré les accidents provoqués.

En s’appuyant sur une documentation rigoureuse, le Dr De Brouwer démontre l’existence de fraudes, d’abus de confiance, et d’escroqueries au sein de notre système de santé.

Louis de Brouwer est docteur en médecine, spécialiste en biologie moléculaire et en homéopathie. Outre le fait d’avoir été l’un des médecins de François Mitterand, le Dr De Brouwer est consultant pour l’UNESCO. Il préside ou anime plusieurs associations qui luttent contre la « pollution médicamenteuse » ou contre la vivisection.

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ConeIndigovide« Le complexe médico-industriel« , ATTAC

videlivres_AttacMedecinevide « Depuis une trentaine d’années, dans tous les pays développés, les systèmes de santé ont subi de profondes transformations dues à l’emprise croissante des lobbies et des intérêts privés sur les politiques publiques. Par analogie avec le  » complexe militaro-industriel  » dénoncé par Eisenhower en 1958, on peut désormais parler d’un  » complexe médico-industriel « . C’est lui qui dicte les pratiques médicales en transformant maladie et santé en marché pour consommateurs de soins et de médicaments.Ce véritable hold-up financier, que cet ouvrage analyse dans le détail, remet en cause des acquis de civilisation. Contre la rapacité des multinationales de la pharmacie, une autre logique, celle du bien commun, est possible. »vide

ConeIndigovide« Au nom de la science« , Andrew Goliszek

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Malgré sa violence, cette enquête est bien plus qu’un inventaire cauchemardesque, une variation de plus sur le grand complot mondial contre notre santé. Cette synthèse passionnante est surtout un outil formidable de compréhension des mécanismes de recherche, de production et de contrôle des industries militaires et de la santé. Pour la première fois, industriels et organismes d’état sont mis face à leurs responsabilités. A l’heure où notre regard sur la médecine évolue de jour en jour, où un changement profond de nos modes de consommation des produits de santé s’impose, Au nom de la Science est un appel à la vigilance, une clé essentielle pour ne plus subir, mais combattre les crimes et aberrations commis par certains industriels et nos gouvernements… au nom de notre santé à tous! Une enquête stupéfiante: les scandales d’un siècle d’expérimentation secrète sur l’être humain.

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ConeIndigovide« Les confessions d’un assassin financier – Révélations sur la manipulation des économies du monde par les Etats-Unis », John Perkins  New3livres_JohnPerkins 

« Les assassins financiers, écrit John Perkins, sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales: les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l’extorsion, le sexe et le meurtre.  » John Perkins sait très bien de quoi il parle… Il a été lui-même un assassin financier. Son travail consistait à convaincre certains pays stratégiquement importants pour les États-Unis, comme le Panama ou l’Indonésie, d’accepter d’énormes prêts pour le développement de leurs infrastructures, et à s’assurer que tous les projets lucratifs étaient confiés à des entreprises américaines. Ainsi affligés de lourdes dettes, ces pays se retrouvaient alors sous le contrôle du gouvernement américain, de la Banque mondiale et d’autres organisations humanitaires dominées par les États-Unis, qui se comportaient envers eux comme des usuriers, leur dictant les conditions de remboursement et forçant leurs gouvernements à la soumission. Cet extraordinaire récit véridique dévoile la corruption et les intrigues internationales, ainsi que des activités gouvernementales ou entrepreneuriales peu connues, qui ont de graves conséquences pour la démocratie américaine et le monde entier. »

Triangle_jaune Article à propos du livre dans « Le Grand Soir »

ConeIndigovide« L’État voyou« , William Blum livres_EtatVoyou 

« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les Etats-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis mais dorénavant – chose curieuse à dire – un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18.000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ.

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

William Blum est américain, et ancien fonctionnaire du Département d’Etat

ConeIndigovide« La guerre des Bush« , Eric Laurent  Stars3

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« Une nouvelle guerre se prépare en Irak. George W. Bush invoque avec insistance la lutte «du bien contre le mal». Que cache ce discours? Une vérité troublante, immorale, et des questions dérangeantes. Pourquoi l’actuel président américain et son père entretiennent-ils depuis plus de vingt ans des relations avec la famille Ben Laden? Pourquoi un puissant banquier saoudien, beau-frère d’Ousama Ben Laden, soupçonné d’avoir financé les réseaux d’Al Quaïda, a-t-il constamment aidé George W. Bush dans ses activités pétrolières, le sauvant même de la faillite? Comment expliquer l’acharnement du père, lorsqu’il était président, à armer et financer Saddam Hussein, provoquant peut-être l’invasion du Koweit? Puis, douze ans plus tard, l’acharnement du fils à vouloir détruire ce même Hussein?

La Guerre des Bush plonge le lecteur au coeur des secrets les plus inavouables et éclaire toutes ces zones d’ombre. Une fois le livre refermé, plus personne ne pourra jamais croire à la vérité officielle. »
 

Eric Laurent est grand reporter au Figaro et spécialiste de politique étrangère. Il est l’auteur de nombreux documents à succès dont La guerre du Golfe avec Pierre Salinger.

 

ConeIndigovide« Le monde secret de Bush« , Eric Laurent Stars3

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« Bien qu’arrivé à la Maison Blanche au terme d’une élection controversée, jamais un président américain n’a détenu autant de pouvoir ni manifesté autant d’arrogance que George W. Bush.Sa trajectoire, cependant, reste entourée de secrets, marquée par des alliances troublantes et des manipulations financières inavouables.Qui gouverne réellement l’Amérique? Des idéologues, des financiers, des fanatiques religieux?Telles sont les questions posées par ce livre qui suscitera la stupeur et, inévitablement, l’inquiétude. »

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ConeIndigovide« Le monde selon Bush » – DVD, William Karel  Stars3

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« Qui est George W. Bush? Ce documentaire de William Karel raconte les mille jours de sa présidence, des attentats du 11 septembre au bourbier de la guerre en Irak. Il dresse un état des lieux de l’Amérique d’aujourd’hui et tente de comprendre comment un petit groupe d’hommes, sous l’influence des faucons néo-conservateurs, a pris le contrôle de la politique étrangère américaine.

Le film dénonce les travers de la dynastie Bush au grand complet. On y découvre le grand-père de l’actuel Président, Prescott Bush, qui a fait fortune en prenant la direction d’entreprises nazies après l’arrivée au pouvoir de Hitler, avant de voir ses entreprises saisies pour collaboration avec l’ennemi. Les relations entre George Bush père et Saddam Hussein sont aussi largement évoquées.

« Le monde selon Bush » est pour une large partie basé sur une enquête menée par le grand reporter spécialiste de politique étrangère Eric Laurent dans son livre, « Le monde secret de Bush ».

ConeIndigovide« Le cartel Bush« , James Hatfield livres_CartelBush 
« Il y a les biographies de George W. Bush écrites par les communicants de la Maison-Blanche ou les journalistes « amis ». Et il y a Le Cartel Bush, la biographie non autorisée. Celle qui explore en détail l’entourage du président des États-Unis, ses affaires, ses retournements de veste, le financement de ses campagnes électorales, son addiction à la cocaïne… L’auteur, James Hatfield, fut menacé par deux proches conseillers du président devant témoins et retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé. Sa famille prétend qu’il a été assassiné.

L’auteur, qui a réalisé un travail de fourmi, avait bénéficié dans son enquête de l’aide de Karl Rove (le secrétaire général de la Maison-Blanche) qui croyait aider à la rédaction d’une biographie de complaisance. L’ouvrage intitulé « Fortunate Son, G. W. Bush and the Making of an American President », fit immédiatement la Une des journaux, fut choisi comme best-seller par le New York Times et souleva une intense polémique.

Il s’agit d’un document exhaustif sur l’homme, sa famille et son entourage, ses affaires et sa carrière politique, ses retournements de veste et le financement de ses campagnes électorales. Bien qu’il soit écrit sur un ton mesuré et s’attache à comprendre la personnalité de George W. Bush, il présente une vision terrifiante de la vie publique états-unienne. Pourtant, de cet imposant travail, on ne retint qu’un passage secondaire mais sensible: le candidat Bush avait été arrêté pour détention de cocaïne, en 1972. Or, selon les lois locales, ce délit aurait dû lui valoir une privation de droits civiques, il n’aurait donc pas dû avoir le droit de se présenter au gouvernorat du Texas et à la présidence des États-Unis.

Ce sont en réalité bien d’autres détails qui provoquèrent la colère des Bush. Notamment, un passage relatif à la société Arbusto dont George W. fut le directeur. On y apprenait que, par l’entremise d’un homme de paille, cette société était la propriété d’un certain Salem Ben Laden, frère aîné d’Oussama.

Karl Rove et Clay Johnson III (l’assistant personnel du président) intentèrent un procès en diffamation et obtinrent le retrait conservatoire du livre. En définitive, il fut autorisé à la vente, sans coupes, mais après le retrait de la préface originale.

Ayant échoué dans leurs démarches, Rove et Johnson menacèrent devant témoin Hatfield de le liquider, lui et toute sa famille, s’il persistait à diffuser son ouvrage. Il fut retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé, tandis que sa famille prétend qu’il a été assassiné.

Ce document exceptionnel a été traduit en français et publié en Suisse. Le Réseau Voltaire en assure la diffusion exclusive en France. »

ConeIndigovide« La face chachée du 11 septembre« , Eric Laurent  Stars3

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« Ce livre dévoile les mensonges et les silences officiels qui entourent encore la tragédie du 11 septembre. Un an d’enquête a conduit l’auteur notamment aux Etats-Unis, au Pakistan, à Dubaï, au Qatar, en Israël et jusqu’aux montagnes de Tora Bora, dernier refuge de Ben Laden en Afghanistan. Enquête minutieuse, parfois dangereuse, qui révèle la face cachée du 11 septembre. Pourquoi Ousama Bin Laden n’est-il toujours pas inculpé par les responsables américains pour les attentats du 11 septembre? Pourquoi la CIA qui surveille en permanence les marchés financiers n’a-t-elle pas détecté le plus grand délit d’initiés de l’histoire qui a précédé le 11 septembre? Quelle est la véritable identité des pirates de l’air? Quel est le rôle exact joué par les services secrets du Pakistan? Et que penser de l’Arabie Saoudite, de ce royaume dont trois princes ont connu une mort mystérieuse à la suite du 11 septembre? Les informations recueillies dans ce livre, les faits troublants, les contradictions et les manipulations avérées battent en brèche les vérités admises. »

ConeIndigovide« Kill, kill, kill« , Jimmy Massey

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« Le témoignage accablant d’un soldat américain sur la guerre en Irak et les méthodes de l’armée américaine. »
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ConeIndigovide« Les mensonges de George W.Bush, Scott Ritter

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« Pourquoi faudrait-il mener une seconde guerre contre l’Irak? demandait Scott Ritter en 2002, après avoir démissionné en 1998 de son poste d’inspecteur en armements pour l’ONU. « Quand j’ai quitte l’Irak, l’infrastructure et les équipements avaient été éliminés à 100 %. Cela est indiscutable. » Scott Ritter savait déjà que les raisons évoquées à Washington – la menace des armes de destruction massive, et la collusion entre Saddam Hussein et Al-Qaida – n’existaient que dans les fantasmes de pouvoir hégémonique du clan néo-conservateur de George W. Bush.

Dans ses livres précédents (Endgame, 1999 et Guerre à l’Irak, 2002), Scott Ritter avait déjà tiré le signal d’alarme. Scott Ritter raconte dans celui-ci les efforts qu’il a déployés au Congrès de Washington, puis à Bagdad et dans les médias du monde entier pour empêcher le gouvernement américain d’attaquer unilatéralement l’Irak, sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

Sa dénonciation des mensonges de Bush, Cheney, Rumsfeld et « du reste de leur bande de cow-boys justiciers » lui a valu la calomnie et les attentions du F B.I. Mais la « croisade » de Bush a eu lieu et des milliers de civils irakiens et des centaines de soldats anglo-américains sont morts pour un arsenal fantôme l’Irak « libéré » est occupé, meurtri, ruiné et au bord de l’éclatement. Malgré la capture de Saddam Hussein et des dignitaires de son régime, aucune arme de destruction massive n’a été trouvée. Le mensonge de George W. Bush a été la cause de l’écrasement d’une nation de 20 millions d’habitants par la plus grande puissance militaire de la planète. Ce livre est le plaidoyer solennel de l’homme qui a eu raison avant tout le monde et qui craint que le peuple américain ne perde ses valeurs et les principes fondamentaux de sa République, édictés par sa Constitution en 1776. Il lance aussi un vibrant appel à la mobilisation pour changer de président en novembre 2004, grâce à l’arme suprême de la démocratie américaine: le bulletin de vote. » 

Scott Ritter, ancien « marine », a été inspecteur des Nations-unies en désarmement en Irak de 1991 à 1998. Spécialiste de la question irakienne, il a publié de nombreux articles à ce sujet, ainsi que le livre « Guerre à l’Irak, ce que l’équipe Bush ne dit pas ».
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ConeIndigovide« Or noir et Maison Blanche, comment l’Amérique a vendu son âme pour le pétrole saoudien », Robert Baer

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« Membre pendant vingt ans de la division des opérations clandestines de la CIA, Robert Baer, nous révèle le pacte terrifiant qui unit les élites économiques et politiques américaines à la famille royale saoudienne. Réseaux de financement, accords secrets, corruption… Une enquête au cœur d’un système où les enjeux, qui s’élèvent à des milliards de dollars, menacent l’équilibre de la planète. »
 
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ConeIndigovide« Les nouvelles preuves sur l’assassinat de J.F.Kennedy – Le clan Bush est-il coupable? », Caroline Lebeau

videlivres_JFK_Lebeau « Une enquête journalistique qui expose en pleine lumière des liens auparavant insoupçonnés ou occultés entre le parti républicain, la mafia, les milieux anticastristes, le complexe militaro-industriel et les services secrets américains, l’auteur renoue avec patience et sagacité les fils rompus d’une quête légitime de vérité sur les véritables circonstances de l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Surmontant avec un courage qu’il faut saluer menaces, pressions et intimidations, Caroline Lebeau dévoile les aspects les plus compromettants de l’un des événements politiques majeurs du dernier demi-siècle. »vide

videConeIndigo« Une lueur d’espoir« , Marc-Edouard Nabelivres_Nabe

En partant des attentats du 11 Septembre, Marc-Edouard Nabe se livre à une critique féroce du système, de son hypocrisie, son mercantilisme, et son totalitarisme médiatique.

Un livre prophétique et politiquement incorrect…

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ConeIndigovide« Dominer le monde ou sauver la planète? – L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale« , Noam Chomsky

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« La politique actuelle de l’administration Bush sur la scène mondiale constitue-t-elle une rupture avec la position traditionnelle des États-Unis ? Pour Noam Chomsky, la Stratégie de sécurité nationale adoptée en 2002, dont le but avoué est de perpétuer indéfiniment la domination des États-Unis en empêchant l’émergence de tout rival, a eu de nombreux précédents dans la pratique des administrations passées, tant républicaines que démocrates. Ce qui est vraiment nouveau, c’est que cette attitude n’est plus déniée mais revendiquée ouvertement.

En s’appuyant sur un travail de recherche et sur l’exploitation de nombreuses archives récemment déclassifiées (dont les soviétiques), Noam Chomsky analyse le discours du projet américain, dont il souligne très efficacement l’illogisme et l’injustice. II pose aussi une question essentielle: où nous mène une telle volonté d’hégémonie? Sa réponse: à une situation d’extrême danger pour l’espèce humaine, du fait du réchauffement de la planète mais aussi de l’exacerbation du risque nucléaire.

Hégémonie ou survie: tel est, selon Chomsky, le choix historique aujourd’hui, et nul ne sait quelle orientation va l’emporter. »

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ConeIndigovide« La loi du plus fort – Mise au pas des états voyous« , Noam Chomsky, Ramsey Clark, Edward W. Said

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Trois intellectuels américains de renommée internationale, Noam Chomsky, Edward W. Said et Ramsey Clark, posent dans trois contributions indépendantes la question de la définition par les Etats-Unis des États dits «voyous». Ils démontrent que les actions engagées contre eux peuvent être en contradiction avec les résolutions des Nations unies et le droit international. Ensemble, ils révèlent la face noire de la politique étrangère américaine.

 

ConeIndigovide« La fin de la liberté« , Gore Vidal

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« La Fin de la liberté » montre avec calme et rigueur que les attentats américains étaient somme toute logiques, prévisibles, retour de bâton obligé d’une politique ultra-sécuritaire et protectionniste qui n’hésite pas à jouer les apprentis sorciers en finançant et manipulant des individus comme Ben Laden. Pour Gore Vidal, il semble plutôt comique de se draper de vertu dans la bannière étoilée et de porter comme étendard les articles de la constitution de 1791 sur les libertés individuelles. Car, autre histoire des événements que Gore Vidal nous permet de comprendre dans son essai, il y a depuis cinquante ans un recul des libertés aux États-Unis. Il détaille comment les citoyens américains sont tous fichés par le jeu des cartes de crédit et autres inscriptions consuméristes en tout genre. Il explique aussi comment une paranoïa panique s’insinue subrepticement dans les consciences (…). L’Amérique marche-t-elle sur la tête? Gore Vidal le pense intimement, lui qui annonce pour le XXIe siècle un changement d’ère caractérisé par le renforcement d’un état de sécurité nationale aux États-Unis, « dont le seul objectif est de mener des guerres perpétuelles chaudes, froides et tièdes. »  
Denis Gombert – Amazon.fr

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ConeIndigovide« Mike contre-attaque!« , Mike Moore  Stars3

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Dans ce livre, Mike Moore dénonce avec un humour féroce le capitalisme sauvage et ses dégats sociaux et écologiques. Il s’en prend aussi à l’administration Bush, aux faux efforts écologiques, à l’arrogance des Américains, au délire sécuritaire, à l’adolescence chloroformée dans son conformisme, à la confiscation de la démocratie par les élites, au monopole des marchés sur l’échelle mondiale, à l’accroissement dramatique qui sépare les plus riches des plus pauvres…

« Le Bandit-en-chef George W. Bush, dit George II, et son gang, Dick Cheney, Donald Rumsfeld & Co, gouvernent l’Amérique. Ultraconservateurs et richissimes (leur fortune est liée au big business du pétrole, de l’armement, ou des biotechnologies), ils ont fait main basse sur le pays, et partent maintenant en guerre contre «l’Axe du Mal»… »
 

ConeIndigovide« Tous aux abris« , Mike Moore 

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« L’image est dans toutes les mémoires. Michael Moore pointait un doigt accusateur et lançait: « Honte à vous, Mr Bush! ». C’était au festival de Cannes de 2003, après le déclenchement de la guerre en Irak. Aujourd’hui, George W., le Bandit-en-Chef (avec lui, sa clique de millionnaires), est toujours là. Pire, il prépare sa réélection au poste de Commandant en Chef de la Mère Patrie en 2004! Il n’en fallait pas plus à Mike pour repartir au front et TOUT faire pour que le cauchemar s’arrête. Dans ce nouveau livre, aussi drôle et provocateur que les précédents, Mike est l’Arme de Dérision Massive (il a quand même perdu vingt kilos en quelques mois en cessant de manger… des produits sans sucre), il s’attaque aux mensonges et à la propagande dont son pays est victime depuis le 11 septembre, notamment sur les armes de Saddam. Il révèle les petits secrets du roi George du pétrole irakien et ses petites combines avec ses copains saoudiens.

Et Mike se fâche vraiment quand il voit que sa patrie est devenu les États-Unis de la Peur, où les libertés publiques sont menacées alors que les grands patrons-truands des multinationales US échappent à la prison! Le monde à l’envers! »

ConeIndigovide« Pourquoi le monde déteste-t-il l’Amérique« , Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies

livres_MondeAmerique 
Pourquoi, comme le disait une banderole brandie au Pakistan, les Américains sont-ils le « peuple le plus haï de la terre »?
Ce ne sont pas les Américains en tant que peuple qui sont détestés; ce qui est rejeté plus fondamentalement, c’est leur entité politique caractérisée par une violence répressive, le souci obsessionnel de leurs propres intérêts, la façon de se positionner comme centre du monde et surtout d’édicter comme norme ce qui doit être « raisonnable, normal et approprié ». La civilisation américaine incarne un paradoxe: d’un côté l’ouverture à des populations et des cultures très diverses, de l’autre l’adhésion à une forme de pensée unique où les valeurs reines sont la rentabilité, la cohésion du groupe, la foi, la famille. Trahir ce pacte et ces valeurs, c’est ne plus être américain. Pourtant, des voix critiques s’élèvent aux États-Unis au sujet de la « croisade contre le terrorisme » mais, au nom d’une unité hégémonique de principe, ces voix sont peu relayées. « Pourquoi le monde déteste-il l’Amérique? » plonge au cœur du système américain. Il avertit que le plus grand ennemi de l’Amérique c’est peut-être bien elle-même, tant le pays est incapable d’avoir un regard distancié et critique sur lui-même et de prendre en compte le discours des autres. Un livre qui n’a pas peur d’affirmer que l’Amérique n’est pas forcément, pour parodier le mot de Lincoln, « ce que l’humanité peut espérer de mieux ».

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ConeIndigovide« Après l’Empire« , Emmanuel Todd

livres_ToddEmpire 
Les États- Unis ne peuvent plus vivre de leur seule production. Le déficit commercial des Etats-Unis ne cesse de s’accroître. La mondialisation est en train de montrer au monde qu’il peut se passer de l’Amérique, mais l’Amérique quant à elle s’aperçoit qu’elle ne peut plus se passer du monde. Dépendance économique, affaiblissement démocratique, bi-polarisation sociale tels sont donc les principaux symptômes de déclin identifiés par l’historien et démographe Emmanuel Todd qui avait prévu dès 1976 l’effondrement soviétique uniquement d’après des observations démographiques. Des signes qui permettent de comprendre pourquoi les États-Unis sont aussi actifs sur la scène internationale afin de conserver le statut de superpuissance. L’Amérique doit mettre en scène sa puissance sur le terrain géostratégique. Selon trois principes en apparence irrationnels: ne jamais résoudre définitivement un problème; se focaliser sur des micropuissances; développer un arsenal militaire censé être indépassable. La lutte contre le terrorisme, les menaces contre « l’axe du mal » et l’Irak apparaissent ainsi pour ce qu’ils sont: des prétextes. Pour Todd, les États-Unis par leur politique internationale maintiennent artificiellement des foyers de tension et sont donc devenus un obstacle à la paix dans le monde.

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ConeIndigovide« Guerres du XXIe siècle: Peurs et menaces nouvelles« , Ignacio Ramonet

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« Le spectre de désastres hantent désormais le monde. Ils appartiennent essentiellement à deux catégories. D’une part, les crises géopolitiques de type nouveau provoquées par l’hyperterrorisme, l’ultranationalisme et les fondamentalismes. D’autre part, les atteintes à l’écosystème qui sont à l’origine de catastrophes naturelles ou industrielles de très grande ampleur. Comment éviter ces nouveaux dangers qui menacent, à terme, la survie de l’humanité? »vide

ConeIndigovide« De la propagande« , Noam Chomsky

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La pratique de Noam Chomsky, c’est de vous dire ce qu’il pense, pas ce que vous devez penser. II ne se contente pas de maudire l’obscurantisme, il allume une bougie pour que nous puissions y voir. Voir ou comprendre quoi? L’impérialisme américain, d’abord, qu’il démonte avec une remarquable acuité – de l’éradication des résistances sud-américaines au contre-terrorisme. Les ressorts psychologiques et lexicaux de la « fabrication de l’assentiment » dans le monde. Mais aussi la signification des événements de Seattle, le fonctionnement de l’ONU et des cours internationales de justice, le fondement de l’économie capitaliste depuis les années 1970… Derrière le Chomsky politique se manifeste le linguiste, insistant sur la détérioration et la falsification du langage, moyen pour une certaine idéologie néo-libérale de faire passer les vessies pour des lanternes…

Noam Chomsky enseigne la linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) depuis 1955. Philosophe, il est l’auteur de plus de trente ouvrages sur la politique extérieure des États-Unis, la situation des droits de l’homme dans le monde et le rôle des médias dans la fabrication de l’opinion 

videConeIndigo« Le gouvernement invisible - Naissance d’une démocratie sans le peuple », Laurent Joffrinlivres_Joffrin

« France: pays d’apparence démocratique et de réalité oligarchique » : Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, n’y va pas par quatre chemins pour dresser l’état de la France. En un mot, le peuple perd le pouvoir.

La faute à qui? Pour l’ancien directeur de la rédaction de Libération, pas de doute: c’est l’émergence d’un « gouvernement invisible » &endash; conglomérat rassemblant financiers, managers de l’industrie et des médias, institutions indépendantes mondiales &endash; alimenté par l’impuissance des élus, qui est à l’origine de la confiscation du pouvoir. Bref, une oligarchie invisible accapare le pouvoir pour ses propres intérêts. L’auteur en veut pour preuves l’omniprésence des énarques, la toute-puissance de l’idéologie libérale libertaire, la survalorisation de l’argent et d’Internet dans nos sociétés. En ligne de mire principale: le PDG de Vivendi Universal Jean-Marie Messier et l’essayiste Alain Minc.

L’ambition de cet essai est avant tout de lancer des pistes pour réhabiliter le politique. Et Laurent Joffrin de nous rappeler combien les événements du 11 septembre 2001 ont fragilisé les forces du marché &endash; occasion que devraient saisir intellectuels, militants et citoyens pour reprendre le pouvoir.

Laurent Joffrin a été journaliste au « Nouvel Observateur » avant de devenir directeur du journal « Libération » en 2006.
 

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videConeIndigo« Au nom du Tiers-Etat« , François Bayroulivres_Bayrou

Le pouvoir est verrouillé, le peuple n’y a plus aucune place, on est revenu à l’Ancien Régime. Depuis un quart de siècle, le pouvoir absolu de cette Ve République finissante, appuyé sur des forteresses financières et médiatiques, a réduit le peuple français à la condition du tiers état de 1789. Jamais la phrase de Sieyès n’a parti plus juste:  » Qu’est ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose.  » Voilà des années que François Bayrou dénonce la crise de ce régime et la manière dont les clans se l’approprient. Sur ce thème, depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il a pris comme cible les abus de pouvoir et défendu les droits du peuple français et du Parlement. Au nom du tiers état, ces textes de combat sont un réquisitoire contre le mépris des citoyens.
 

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videConeIndigo« 99 francs » ou « 14,99 euros« , Frédéric Beigbederlivres_Beigbeder

 

Un roman acide et drole pour dénoncer le mercantilisme universel…
 

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ConeIndigovide« La fatigue des élites – Le capitalisme et ses cadres », François Dupuy

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« Les cadres passent pour les « compétitifs » de l’économie moderne, ceux à qui le capitalisme promet l’accomplissement et la réalisation de soi. Pourtant, ces hommes et ces femmes dont l’entreprise attend dévouement et solidarité, donnent aujourd’hui le sentiment de ne plus y croire. Ils ne s’identifient plus aussi facilement au destin de leur société, cherchent à se dérober aux pressions de leur environnement, voire adhèrent aux critiques les plus frontales du nouvel ordre économique. Bref, ils commencent à « jouer contre », eux dont on croyait qu’ils joueraient toujours « avec ». Le spectre d’une « révolte des cadres », hier encore inimaginable, entre peu à peu dans l’ordre du pensable. On se prend à imaginer que le désordre social ne surgisse pas d’une mobilisation des  » petits  » contre le capitalisme, mais du cœur même de ses élites. »vide

ConeIndigovide« Bonjour paresse – De l’art et la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise », Corinne Maier livres_BonjourParesse 

« Le travail, c’est pas la fête. Contre le raffarinesque « La France doit se remettre au travail », Corinne Maier pousse son cri du 1er mai: Vive la paresse, un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

« Bonjour paresse » est là pour dire enfin la vérité: la grande entreprise, personne n’y croit plus. La foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l’Ordre de la Firme. À présent les cadres moyens, petits boulons dans une machine jargonnant un sabir grotesque, n’attendent qu’une chose: le solde à la fin du mois.

Mais alors, que faire? Rien surtout! Affirme ce livre. Soyons individualistes et inefficaces en attendant que ça s’effondre et qu’une nouvelle société advienne où chacun cultivera essentiellement son jardin et conservera un à-côté accessoire dans une grande structure, histoire de survivre quand même. »

Corinne Maier est économiste; actuellement à temps partiel dans une grande entreprise française privatisable (EDF).

ConeIndigovide« Le monde n’est pas une marchandise« , José Bové et François DufourLivres_Bove 

L’analyse et les positions de José Bové et de la Confédération Paysanne à propos de la mondialisation, des OGM, et plus largement, de la marchandisation du vivant.

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ConeIndigovide« Démocratiser la mondialisation« , Boutros Boutros Ghali

livres_BoutrosGhali 

« Nous sommes, chaque jour, les témoins des bouleversements que génère la mondialisation que certains redoutent, que d’autres portent aux nues. Mais l’effervescence intellectuelle qu’elle entretient, tout comme les peurs et les rejets violents qu’elle provoque, nous montrent que beaucoup reste encore à dire, à imaginer et surtout à faire. Boutros Boutros-Ghali, qui fut, tour à tour professeur de droit, ministre des Affaires étrangères d’Égypte, secrétaire général des Nations unies et, aujourd’hui, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, nous livre sa vision des choses, dans ce contexte d’un monde à la recherche de son destin, d’une mondialisation en quête d’humanisme et de démocratisation.

Il faut à tout prix démocratiser la mondialisation avant que la mondialisation ne dénature la démocratie et avant que n’éclatent des conflits inédits dont les attentats du 11 Septembre 2001 pourraient bien constituer le funeste présage: Telle est la conviction de ce grand diplomate qui, à la lumière de sa longue expérience et des récents événements qui ont secoué le monde, libère sa parole pour nous faire partager ses espoirs d’un monde meilleur. »

Publié dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN, ALTERMONDIALISME, AU-DELA DES IDEES RECUES, CONTRE LA PENSEE UNIQUE, LA MONDIALISATION, LE NOUVEL ORDRE MONDIAL, Vous avez dit THEORIE du COMPLOT ? | Pas de Commentaire »

DICO d’ALTERNATIVES ECONOMIQUES

Posté par issopha le 22 octobre 2007

Abattement

Exemple: les entreprises ayant passé un accord de réduction du temps de travail à 35heures hebdomadaires (ou moins) ont droit à un abattement de cotisations sociales patronales de Sécurité sociale (assurance maladie et retraite du régime général) pour tous les salariés payés moins que 1,8fois le Smic.

Abondement

L’abondement est destiné à rendre incitative une possibilité ouverte de façon facultative aux salariés d’une entreprise. Il peut être réservé à une catégorie particulière de salariés (les cadres, par exemple) ou ouvert à tous. Comme l’abondement peut représenter un coût non négligeable pour l’entreprise (en particulier lorsqu’il est ouvert à tous les salariés), il n’est utilisé que si l’entreprise en question y trouve un avantage en compensation: accès à l’actionnariat des salariés (ce qui peut réduire les revendications sociales et rendre les salariés plus attentifs aux exigences de rentabilité de l’entreprise), ou diminution d’impôts (lorsque l’abondement bénéficie d’une exemption fiscale, ce qui est le cas pour les plans d’épargne d’entreprise, qui permettent de réduire le montant de l’impôt sur les bénéfices).

Absorption

Dans le deuxième sens, l’exemple classique est la hausse brutale des prix du pétrole en 1973-1974: les pays exportateurs se sont alors retrouvés avec des recettes extérieures multipliées par trois ou quatre; incapables de les absorber de façon productive, soit ils les ont dépensées en achats de biens de luxe (ou d’armes), soit ils les ont placées auprès de banques occidentales qui, regorgeant de liquidités, les ont recyclées auprès d’autres emprunteurs.

Accélération (principe d’)

Exemple: on suppose que, pour produire 1000euros de marchandises, il faut 4000euros d’équipements (le rapport équipements/production supplémentaire s’appelle coefficient de capital; il est ici de4). Si la croissance économique enregistrée est de 4% et si les entreprises estiment que cette croissance a de bonnes chances de se poursuivre, elles vont augmenter leurs investissements de 16% (4% de croissance multipliés par le coefficient de capital de4). Il y a donc bien accélération, puisque les commandes de nouveaux équipements progressent quatre fois plus vite que la croissance économique d’ensemble. Mais les anticipations des entreprises se révèlent infondées: la croissance, au lieu des 4% espérés, tombe à 2%. Une partie des équipements nouveaux commandés ne sert à rien: les entreprises vont donc cesser toute nouvelle commande. On a encore une illustration du principe d’accélération, mais cette fois-ci à la baisse: les commandes d’équipement cessent, tandis que la croissance économique se poursuit à rythme ralenti.

Accise

La TVA n’est pas une accise, puisqu’elle est proportionnelle au prix de vente. En revanche, la taxe sur les alcools, qui est fixée en fonction du degré alcoolique de la boisson, non en fonction du prix de vente, est une accise.

Accord de libre-échange nord-américain (Alena)

L’Alena (Nafta, selon les initiales anglaises) n’est pas comparable à l’Union européenne: il ne prévoit aucune politique commune, ni tarif extérieur douanier commun, mais seulement une suppression des droits de douane et des restrictions à l’importation entre les pays membres. Il est donc d’essence libérale, non d’essence fédérale. Son objectif avoué est de créer des courants d’échanges suffisamment intenses entre les trois pays d’Amérique du Nord pour inciter d’autres pays d’Amérique du Sud à y adhérer, afin de profiter du dynamisme et des débouchés. A terme, il s’agit au fond de recentrer les dynamiques commerciales dans la région américaine, alors qu’elles avaient plutôt tendance à s’instaurer entre Etats-Unis et Asie du Sud-Est. L’Alena est donc typique d’une démarche de régionalisation commerciale. Le Chili est intéressé par une adhésion, et peut-être d’autres pays du continent pourraient suivre.

Accord du Plaza

Cet accord est triplement important. D’abord, il constitue le premier pas vers une reconstruction d’un système monétaire international digne de ce nom: les marchés de change, faute de point fixe, sont parcourus par des phénomènes spéculatifs qui perturbent profondément les relations internationales. Ensuite, il consacre l’abandon officiel par les Etats-Unis de l’attitude qui consistait à refuser d’intervenir sur les marchés de change: si le dollar monte ou baisse vis-à-vis d’une autre monnaie, c’est aux autorités monétaires du pays concerné, pas aux Etats-Unis, d’intervenir éventuellement. En d’autres termes, les Etats-Unis reconnaissent que leur monnaie a le même statut que les autres, donc qu’ils portent une part de responsabilité dans la gestion des taux de change. Enfin, l’accord du Plaza est conclu en dehors (mais avec le soutien) du Fonds monétaire international (FMI), pour éviter d’avoir à en publier les termes précis (notamment les fourchettes convenues), ce qui revient à dire que la gestion des taux de change est l’affaire des Grands, pas de la communauté internationale.

Accords de Bretton Woods

Les accords de Bretton Woods prévoyaient également la création d’une « organisation mondiale du commerce », chargée de déterminer les règles des échanges commerciaux. Mais faute de ratification par la principale puissance économique -les Etats-Unis-, cette création n’a vu le jour… qu’en 1994, lors de la transformation du Gatt en OMC (voir ces termes). Si bien que les accords de Bretton Woods ont été longtemps considérés comme des accords à finalité monétaire. L’ensemble des règles monétaires qu’ils prévoyaient (changes fixes, etc.) ont été mises à mal en 1971, lors de la décision unilatérale des Etats-Unis de les suspendre « provisoirement ». Ce sont les accords de la Jamaïque (voir ce terme) qui ont modifié officiellement les règles et permis de mettre le droit en accord avec les faits, en transformant la mission du FMI.

Accords de Cotonou

Accords de Grenelle

Les accords de Grenelle tirent leur nom de la rue où se trouve l’Hôtel Matignon, résidence du Premier ministre. On ne les a pas appelés accords de Matignon, car ce nom est déjà donné aux accords intervenus en juin1936, suite à une réunion de nature analogue (il s’agissait déjà de mettre fin au mouvement d’occupation d’usines) qui s’était conclue notamment par la création des congés payés et par la réduction de l’horaire hebdomadaire légal de travail salarié à 40heures. Dans le cas des accords de Grenelle, les principaux résultats furent la hausse massive du Smig (transformé l’année suivante en Smic, voir ce terme), relevé de 35%, des hausses importantes (quoique moindres) de salaires (+10 à +17% par étapes), la création de la section syndicale d’entreprise, l’abrogation des ordonnances sur la Sécurité sociale, promulguées l’année précédente et qui réduisaient le rôle des syndicats dans la gestion des caisses.

Accords de la Jamaïque

Accords de Lomé

Accords multifibres (AMF)

Ces accords prévoient généralement des quotas par pays exportateurs, dont la progression annuelle est déterminée pour une période de cinq ans, et à l’expiration de chacun des accords (textiles de coton, de laine, etc.), ils étaient jusqu’alors renouvelés. Etant consentis librement, ils ne contreviennent pas officiellement aux règles commerciales internationales du Gatt (désormais OMC), qui interdisent les restrictions unilatérales. Néanmoins, il s’agissait clairement de protéger les industries textiles des pays du Nord. Lors des dernières négociations commerciales multilatérales (Uruguay Round), qui se sont terminées en 1993, il a été décidé que les accords multifibres seraient supprimés en dix ans. Mais, à la veille de leur suppression, les pays importateurs concernés renâclent et s’efforcent d’obtenir des pays exportateurs des accords d’autolimitation.

Accroissement naturel

L’accroissement naturel exclut les mouvements de population que sont l’immigration et l’émigration. Ainsi, l’Allemagne connaît un accroissement naturel négatif depuis 1987, mais ce mouvement est masqué par un fort courant d’immigration de populations d’origine allemande en provenance de l’Est (Pologne ou République tchèque).

Acculturation

Accumulation du capital

Le terme, à l’origine, était marxiste: Marx a particulièrement insisté sur l’accumulation primitive du capital, c’est-à-dire les méthodes par lesquelles une couche sociale a acquis les moyens matériels nécessaires à une production marchande et est devenue, du même coup, une couche sociale dominante unie par des intérêts communs, c’est-à-dire une classe sociale. Cependant, au sens marxiste, le capital ne désigne pas les moyens eux-mêmes, mais le rapport social que la propriété privée permet d’instaurer entre ceux qui possèdent ces moyens de production (équipements, mais aussi matières premières et produits semi-finis, argent nécessaire pour avancer les salaires et les frais en attendant que le produit fini soit vendu et payé) et ceux qui ne les possèdent pas. Dans une société capitaliste, les seconds sont contraints de louer leur force de travail aux premiers, faute de posséder par eux-mêmes de quoi produire selon les normes techniques de la société. Les économistes non marxistes ont naturalisé ce terme, en le réduisant à sa dimension matérielle: pour eux, le capital ne désigne pas un rapport social, mais un ensemble hétérogène de moyens de production durables. C’est le sens retenu par la comptabilité nationale (qui, plutôt que d’accumulation, parle de formation brute et ne s’intéresse qu’au capital fixe) et qui s’est progressivement imposé.

ACP (pays)

Acte unique européen

La principale caractéristique de l’acte unique européen est de substituer la règle du pays d’origine à celle du pays d’accueil. Par exemple, la réglementation allemande interdit l’utilisation d’autres céréales que l’orge et le houblon pour la fabrication de la bière. Or, en France, on utilise le riz. Avant l’Acte unique, la bière brassée en France ne pouvait donc être commercialisée en Allemagne (règle du pays d’accueil). Depuis l’Acte unique, elle peut l’être (règle du pays d’origine). Cette règle sera appliquée progressivement, notamment en matière fiscale: jusqu’à présent, les voitures allemandes importées en France étaient exemptées de TVA allemande (15%) et taxées au taux français (20,6%). En vertu de la règle du pays d’origine, cela ne devrait plus être le cas. Mais il a été convenu, entre les pays membres, que la nouvelle règle fiscale serait appliquée lorsque l’ensemble des Etats le décideraient à l’unanimité, de manière à tenter de rapprocher les taux de TVA. Une autre conséquence importante de l’Acte unique a été de supprimer totalement le contrôle des changes -ou ce qu’il en restait- entre les pays membres. Les capitaux peuvent donc se déplacer sans obstacle au sein de l’Union européenne (nouvelle appellation de la Communauté européenne, liée à l’adoption du traité de Maastricht). Comme l’harmonisation fiscale n’est pas encore faite et que les pays membres taxent différemment les revenus de capitaux, le risque de voir les capitaux migrer des pays à forte fiscalité vers les pays à faible fiscalité a provoqué initialement une baisse généralisée de ce type de taxation. Mais les pays de l’Union européenne ont, depuis, décidé de procéder dans les années à venir à une harmonisation fiscale.

Actif (financier)

A chaque type d’actif correspond un marché sur lequel il est possible de vendre (liquider) l’actif correspondant: la Bourse pour les actions et les obligations, le marché bancaire pour les titres de créance, le marché foncier pour les terrains, etc. Sur chacun de ces marchés s’établit donc un prix qui mesure l’intensité relative de l’offre et de la demande. Sur certains marchés (celui des créances, celui des obligations), les variations de cours sont des plus limitées et correspondent seulement soit aux fluctuations du taux d’intérêt (qui rendent plus ou moins intéressante la détention de ces titres à revenus fixes), soit, surtout, à l’importance du risque de voir l’emprunteur ne pas pouvoir rembourser le prêt convenu. C’est ainsi que les créances sur des entreprises solides, a fortiori sur des entreprises d’Etat ou sur l’Etat lui-même (bons du Trésor), peuvent se revendre à des cours proches de leur valeur nominale. Au contraire, lorsque le risque de non-remboursement est élevé (emprunteur défaillant ou risquant de l’être), les cours sur le marché peuvent descendre très bas: les emprunts de l’Etat bolivien sont cotés au dixième de leur valeur d’émission, et ceux de sociétés à risque (les junk bonds) à des niveaux souvent très faibles. Sur ces marchés à risque, il est donc possible de réaliser des opérations très rentables ou, à l’inverse, de perdre beaucoup d’argent. Le propre d’un actif est ainsi, presque toujours, d’avoir une valeur de revente différente de la valeur nominale (c’est-à-dire du prix d’achat diminué, le cas échéant, de la dépréciation liée à l’usure ou au temps). Lorsque le prix de vente est inférieur à la valeur nominale (ou valeur d’inventaire), on parle de moins-values, et de plus-values dans le cas contraire. C’est la raison pour laquelle l’actif d’un bilan (calculé d’après la valeur d’acquisition, de laquelle on déduit éventuellement les dépréciations) ne reflète pas toujours la valeur effective du patrimoine de l’agent concerné.

Actif circulant

Exemple: un stock de matières premières a pour but d’être incorporé peu à peu dans des produits finis, c’est-à-dire de donner naissance à un autre actif. De même, une somme d’argent est un actif circulant: elle permet d’acquérir d’autres actifs. L’actif circulant épouse en général les opérations de transformation qui constituent le propre d’une production: argent, puis matière, puis produit, puis créance sur un client, puis argent, etc.

Actif de réserve

Toutes les monnaies étrangères ne peuvent jouer le rôle d’actif de réserve: il faut en effet que cette monnaie soit acceptée par tous les acteurs auprès desquels elle est susceptible d’être mobilisée (soit par la vente, soit par la garantie fournie en contrepartie d’un emprunt). Actuellement, le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling sont les seuls actifs de réserve d’importance.

Actif immobilisé

Exemple: une machine, un bâtiment, une marque, un brevet, etc. Lorsque les comptes sont effectués (en fin de période, c’est-à-dire généralement au bout d’un an), ces actifs peuvent avoir perdu une partie de leur valeur: une machine s’use ou devient obsolète, un brevet perd de son intérêt ou s’approche du moment où il tombera dans le public, c’est-à-dire où n’importe qui pourra l’utiliser sans autorisation de son propriétaire. Cette perte de valeur est constatée par l’amortissement (voir ce terme). La valeur comptable d’un actif immobilisé est donc égale à son prix d’acquisition, diminué des amortissements pratiqués. Cette valeur comptable peut très bien différer de la valeur marchande effective, que l’on ne connaît qu’au moment de la vente. Par exemple, un immeuble sur les Champs-Elysées vaut sans doute plus cher que sa valeur comptable. Lorsqu’il existe un marché sur lequel des actifs strictement comparables à ceux qui sont immobilisés sont cotés, la loi permet de rectifier à la baisse les actifs concernés s’il apparaît que leur valeur marchande est inférieure à leur valeur comptable. Seuls les actifs financiers sont dans ce cas.

Actif incorporel

En comptabilité, un actif incorporel (comme tout autre actif) est valorisé à son prix d’acquisition duquel on a enlevé, le cas échéant, d’éventuelles dépréciations liées à son obsolescence (ex.: un film qui ne se loue plus guère). Il se peut que les revenus engendrés par cet actif soient considérables (que l’on pense, par exemple, au fichier d’une firme de vente par correspondance ou aux redevances versées à Walt Disney Company par les firmes qui utilisent les images de ses dessins animés pour la promotion de leurs propres produits), si bien que la valeur commerciale de l’actif incorporel en question est nettement plus élevée que sa valeur comptable. Dans un monde qui devient progressivement un marché unifié, les firmes qui possèdent de tels droits de propriété s’efforcent de les faire respecter, et d’empêcher les imitations, les contrefaçons ou les utilisations sans versement de redevances. Mais elles ne peuvent contraindre des Etats qui s’y refusent, faute de droit international en la matière. C’est ainsi que la Chine a été longtemps le principal centre de contrefaçon pour bon nombre d’actifs incorporels (cédéroms, jeux vidéo, montres de grandes marques, etc.). Toutefois, pour pouvoir adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), elle a dû s’engager à lutter de façon réelle et efficace contre cette contrefaçon. Cette question de la propriété de certains actifs incorporels soulève des problèmes moraux nombreux. Par exemple, faut-il accepter de breveter le vivant, dès lors qu’un laboratoire a décrypté le code génétique d’une plante? Ou un laboratoire qui détient le monopole d’un brevet sur un médicament indispensable pour lutter contre un fléau sanitaire peut-il en faire commerce, au risque d’exclure de ses clients des gens trop pauvres pour payer? Sous la pression de l’opinion internationale, les laboratoires pharmaceutiques producteurs de molécules utilisées dans la lutte contre le sida ont dû accepter, en 2001, de renoncer à l’essentiel de leurs droits de propriété sur les molécules fabriquées dans des pays pauvres où la pandémie progresse. Mais cette renonciation ne concerne que la fabrication, pas la commercialisation: or, bon nombre des pays concernés ne sont pas en mesure, techniquement, de produire par eux-mêmes les molécules en question.

Actif patrimonial

Action

La valeur d’une action ne dépend pas seulement de l’offre et de la demande, c’est-à-dire des appréciations que les personnes intéressées portent sur la société en question, mais aussi de sa rentabilité, c’est-à-dire des bénéfices qu’elle effectue et, éventuellement, distribue en dividendes à ses copropriétaires, ainsi que des appréciations que les éventuels acheteurs portent sur l’évolution des bénéfices à venir. Il est fréquent que l’on mesure le price earning ratio (PER), c’est-à-dire le rapport entre le cours en Bourse et les bénéfices nets réalisés. En France, le PER de la majorité des sociétés est compris entre10 et14: cela signifie que si les bénéfices à venir se maintiennent, c’est-à-dire si la rentabilité de la société par rapport à son capital social ne change pas, il faudrait à l’acquéreur d’aujourd’hui entre onze et quatorze ans pour récupérer, en dividendes ou en plus-values, le prix de l’achat de l’action. Au Japon, le PER a été longtemps compris entre25 et35, ce qui indiquait que les exigences de rentabilité des actionnaires étaient moindres qu’en France. Cela correspondait en fait à un capitalisme de réseaux, où les détenteurs principaux des actions d’une société étaient des banques ou d’autres sociétés amies. La crise financière larvée qui existe au Japon depuis le début des années90 a mis fin à cette « surévaluation » des actions des sociétés cotées, et la baisse des cours qui s’est ensuivie a ramené le PER aux niveaux européens (de l’ordre de 10-12). Aux Etats-Unis, le PER est encore plus bas: il est compris le plus souvent entre8 et11, chiffre peu élevé qui indique l’exigence de rentabilité imposée par les actionnaires, qui ne demeurent fidèles à une société que si ses profits atteignent un montant régulièrement élevé.

Activation des dépenses publiques

Activité

On voit bien que, derrière le concept (imprécis) d’activité, se profile le débat sur le type d’occupation qui confère à une personne une position sociale reconnue: les uns (Dominique Méda) soulignent qu’il faut en finir avec la dictature du travail dans ce domaine et que d’autres fonctions que l’emploi sont susceptibles de permettre d’accéder à la reconnaissance sociale, pour peu qu’elles soient mieux reconnues (bénévolat, engagement politique ou associatif). Les partisans de cette extension de sens mettent donc l’accent sur la nécessité d’accorder au bénévolat un statut, par exemple générateur de droits à la retraite, de telle sorte qu’il puisse être revendiqué comme une forme normale d’activité, à côté de l’emploi traditionnel. D’autres (Didier Livio, Philippe Séguin) insistent au contraire sur le fait que l’activité demeure centrée sur le travail salarié, mais correspond à un emploi atypique: temps partiel, horaires annualisés, travail partagé entre plusieurs employeurs. L’activité désigne alors seulement une flexibilité accrue du travail. Enfin, certains vont encore plus loin et, comme Michel Godet, font de l’activité le terme désignant un emploi déréglementé, par suppression du Smic et d’un certain nombre de contraintes imposées par le droit social, les protections nécessaires (et le complément de revenu éventuel, si le salaire venait à baisser trop bas) étant fournies par la collectivité. L’activité désigne alors un marché du travail libéralisé, avec une éventuelle intervention correctrice de la collectivité après coup.

Actualisation

Le choix du taux d’actualisation n’est pas neutre: plus il est élevé, plus cela revient à alléger le poids des dépenses ou des recettes futures, donc plus cela revient à renforcer la préférence pour le présent, au détriment du futur. Le taux d’actualisation reflète un arbitrage implicite entre aujourd’hui et demain. C’est la raison pour laquelle la plupart des investissements à longue durée de vie (canal, ligne de chemin de fer, tunnel sous la Manche) ne sont acceptables économiquement qu’avec un faible taux d’actualisation: à défaut, leur coût immédiat très élevé ne pourrait jamais être compensé par les flux de recettes à venir, puisque ces dernières sont amputées chaque année d’un montant égal au taux d’actualisation. Ainsi, un taux à 10% signifie qu’une recette encaissée dans sept ans sera amputée de moitié.

Administrateur

Administration

La comptabilité nationale utilise le terme uniquement au pluriel. Elle distingue les administrations publiques et les administrations privées. Les secondes regroupent les organismes qui se financent par des cotisations de leurs membres, ce qui implique que les payeurs (cotisants) ne sont pas forcément les bénéficiaires des services rendus (acquitter une cotisation syndicale ne signifie pas forcément que l’on recourra aux services du syndicat). Cette dissociation entre le financement et le service est caractéristique des administrations: elle diffère du mécanisme de marché, qui repose au contraire sur le fait que le prix payé est justifié par le service rendu, ou le bien livré. Dans les administrations, les payeurs ne sont pas forcément les bénéficiaires et réciproquement, ce qui, inévitablement, provoque des conflits: les payeurs estiment que cela coûte trop cher; les bénéficiaires, qu’ils ne reçoivent pas assez.

AELE (Association européenne de libre-échange)

Une zone de libre-échange, tout comme une union douanière, se caractérise par la disparition de l’ensemble des obstacles douaniers et réglementaires qui pourraient exister en matière de commerce entre les pays membres. Elle se distingue d’une union douanière par le fait que chaque pays est libre de maintenir son propre tarif douanier vis-à-vis des pays non-membres. Pour un petit pays, l’adhésion à une zone de libre-échange est presque une contrainte, puisqu’elle lui permet de s’approvisionner à meilleur compte et de se spécialiser dans des productions vendues dans l’ensemble de la zone, donc de bénéficier des économies d’échelle que sa taille trop réduite ne lui permettrait pas de réaliser de façon compétitive si elle devait limiter sa production à son propre marché.

Affacturage

Affermage

Le fermage est fréquent en agriculture, mais il peut concerner aussi un site (par exemple une grotte, un château): ce type de contrat a été conçu pour donner à l’exploitant une garantie suffisante pour l’inciter à investir.

Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes)

AFTA (Asian Free Trade Association)

Le but de cette zone de libre-échange est de tenter de dynamiser le commerce entre les pays membres, car ce commerce représente moins de 20% du commerce total des pays membres. Il s’agit donc d’essayer de recentrer les flux commerciaux sur la zone elle-même, ou d’encourager la division du travail au sein de la zone.

Agence (théorie de l’)

Agence nationale pour l’emploi (ANPE)

En réalité, ce monopole est très théorique: deux tiers des offres d’emploi ne transitent pas par l’ANPE, ou n’y arrivent que lorsque le poste est déjà pourvu, si bien que la majorité des embauches se font sans intervention de l’Agence. L’ANPE ne sert-elle alors à rien? Pas du tout: sa mission est de conseiller les demandeurs d’emploi, de leur proposer des bilans de compétence, des parcours de formation ou des stages si cela paraît nécessaire, d’explorer le marché du travail en vue de détecter les besoins éventuels des entreprises ou les formations pour lesquelles des débouchés existent, etc. Ce travail d’animation du marché du travail n’est pas spectaculaire. Il est néanmoins essentiel pour que les moins bien lotis ne soient pas irréversiblement marginalisés. Le plan d’aide au retour à l’emploi (Pare, voir ce terme), mis en place en 2001, accentue d’ailleurs le rôle de l’ANPE, en lui faisant obligation de proposer aux demandeurs d’emploi indemnisés des propositions: à défaut, les demandeurs en question bénéficient d’indemnités à taux plein pour l’ensemble de la période durant laquelle ils disposent de droits à indemnisation.

Agent

Ainsi, les ménages ont pour commun dénominateur de consommer, les entreprises de produire, etc. Le terme est usité en comptabilité nationale. Dans la théorie économique orthodoxe (dite néoclassique), on parle d’agent représentatif pour désigner l’entreprise ou le consommateur de base, dont le comportement est représentatif de la grande majorité des entreprises ou des consommateurs.

Agent de change

La réforme de la Bourse a substitué aux agents de change des sociétés de Bourse, chargées d’effectuer les transactions en Bourse, mais qui n’ont plus de rôle de surveillance du marché et qui, de ce fait, peuvent acheter ou vendre pour leur propre compte. Voir Bourse.

Agios

Le montant des agios rapporté au montant du prêt (ou du découvert effectivement utilisé) permet de calculer le taux effectif global (voir ce terme), que la loi a désormais rendu obligatoire pour tout contrat de prêt. En effet, certains organismes financiers étaient passés maîtres dans l’art de réduire le taux d’intérêt apparent, tout en comptant des frais divers hors intérêt (assurance spécifique, ouverture de dossier, frais de recherches, frais fixes de découvert s’ajoutant au taux apparent dès le premier euro de découvert, etc.).

Amortissement

L’amortissement comptable est une charge calculée: la dépense a déjà eu lieu, et on calcule la partie de cette dépense qui sera imputée sur l’exercice (amortissement de l’exercice). L’idéal serait que l’on impute sur l’exercice exactement le montant de l’usure ou de l’obsolescence du matériel que l’on amortit: il y aurait alors identité entre l’amortissement comptable et l’amortissement économique (c’est-à-dire l’usure). Dans la réalité, c’est impossible, faute de pouvoir mesurer autrement que de façon arbitraire cette usure du matériel. En outre, les entreprises sont tentées de majorer le montant des amortissements: ces charges calculées n’engendrent aucune sortie supplémentaire d’argent, alors que, comme toutes les charges, elles tendent à faire diminuer le bénéfice imposable, donc l’impôt sur les bénéfices. C’est pourquoi le fisc détermine lui-même des barèmes d’amortissement, c’est-à-dire des durées et des rythmes d’amortissement: trois ans pour les ordinateurs et le matériel de bureau, cinq ans pour les voitures et les machines, etc. En revanche, il laisse le libre choix -pour les matériels achetés neufs- entre amortissement linéaire et amortissement dégressif. Le premier consiste à pratiquer des annuités constantes: si la durée légale d’amortissement est de trois ans, on amortira chaque année un tiers de la dépense d’acquisition. Dans le cas de l’amortissement dégressif, chaque annuité est multipliée par un coefficient déterminé (par exemple, 2dans le cas d’un matériel amortissable en cinq ans): ainsi, la première annuité d’un matériel amortissable en cinq ans sera 1/5 multiplié par deux, soit 2/5. Pour calculer la deuxième annuité, on prend la fraction non encore amortie (soit 3/5), on la divise par la durée d’amortissement encore à effectuer (soit 4) et on la multiplie par le même coefficient (soit 2), etc. Au total, c’est le même montant qui est amorti, mais, dans le cas de l’amortissement dégressif, les premières annuités sont plus fortes, ce qui permet à l’entreprise qui a fait ce choix de réduire le montant des impôts payés les premières années de l’amortissement. Ce n’est intéressant que si l’entreprise en question en profite pour réinvestir davantage. Choisissent donc ce type d’amortissement les entreprises qui investissent beaucoup et régulièrement, ce qui leur permet de réduire le montant de leurs impôts sur les bénéfices.

Analyse coûts-avantages

C’est un raisonnement de base en économie, puisqu’il consiste à n’engager une action déterminée (par exemple le fait de changer de métier, ou de suivre une formation, ou d’acheter une maison) que si les effets espérés engendrent plus d’avantages que d’inconvénients (ces derniers étant déterminés par les coûts engagés). C’est parce que les agents économiques sont censés déterminer leurs actes à partir d’un raisonnement rationnel de ce type que la science économique peut se prétendre une science, c’est-à-dire une analyse rationnelle visant à engendrer le maximum d’efficacité ou de bien-être. Il va sans dire que la réalité est assez éloignée de ce mode de raisonnement, car les agents s’appuient au moins aussi souvent sur leurs envies, leurs pulsions, leurs habitudes, le mimétisme, etc., pour prendre leurs décisions: c’est ce mode de raisonnement partiellement rationnel qu’Herbert Simon (prix Nobel d’économie en 1978) qualifie de rationalité limitée. En outre, la plupart du temps, comme nul ne sait vraiment ce que lui réserve l’avenir (incertitude du futur), le chiffrement des avantages repose sur des hypothèses souvent contestables.

Annualisation du temps de travail

Cette technique revient en fait à permettre à l’employeur de faire varier les horaires quotidiens ou hebdomadaires en fonction de la charge de travail, et à supprimer le paiement des heures supplémentaires, dès lors que ces dernières sont compensées par des horaires ultérieurs moindres. Cette double caractéristique -variabilité des horaires décidée par l’employeur et réduction, voire suppression des heures supplémentaires- explique que, pour les salariés, l’annualisation soit en général peu appréciée. Aussi est-elle strictement contrôlée par la loi. Cette dernière a autorisé (en 1993) une annualisation pour les salariés à temps partiel, à condition que les horaires soient prévus dans le contrat (ce qui limite la possibilité, pour l’employeur, de faire varier les horaires à son seul gré) et que, entre deux périodes travaillées, il existe une période non travaillée suffisante pour permettre au salarié d’occuper un autre emploi s’il le désire (en pratique, cette période non travaillée doit être d’au moins un mois). La loi sur la réduction du temps de travail (loi AubryII) a autorisé de fait l’annualisation du temps de travail (baptisée pour la circonstance « modulation ») dans les entreprises ayant conclu un accord de réduction du temps de travail, sous condition d’un accord des représentants des salariés et en encadrant assez strictement le délai de prévenance (voir ce terme), c’est-à-dire le délai que doit respecter l’employeur avant de modifier les horaires de tout ou partie de son personnel.

Anomie

Le concept d’anomie a été utilisé par Emile Durkheim. Il ne doit pas être confondu avec l’individualisme: ce dernier terme désigne un mode de comportement (je valorise ce qui me concerne et ne me soucie pas des conséquences sur la société), alors que l’anomie désigne un trouble social, l’absence de capacité d’une personne à s’inscrire dans des règles, ce qui provoque l’affaiblissement, voire la disparition de ces dernières.

ANPE

Anticipation

Anticipations rationnelles

Antitrust

En Europe, la politique de la concurrence relève d’articles similaires inclus dans le traité des Communautés européennes (articles81, 82, 88), qui donnent notamment à la Commission européenne un pouvoir d’autorisation préalable pour toute opération de fusion ou d’entente entre firmes ayant des établissements dans au moins deux pays de l’Union européenne. C’est la direction générale de la concurrence (DGIV) qui en est chargée. Ses décisions peuvent être contestées devant les organismes judiciaires de l’Union (tribunal de première instance des Communautés, puis Cour européenne de justice). En France, il existe un Conseil de la concurrence, mais qui ne joue qu’un rôle consultatif en matière de contrôle des concentrations: c’est le ministre de l’Economie qui décide en dernier ressort, selon des règles fixées par l’ordonnance du 1erdécembre 1986.

APEC (Asia Pacific Economic Cooperation)

Groupant 40% de la population mondiale, l’APEC est en réalité une initiative américaine visant à redynamiser la croissance des Etats-Unis, ces derniers cherchant à devenir le principal partenaire des pays asiatiques de la zone, non seulement à l’importation, mais aussi à l’exportation. Mais cette zone Pacifique, comme on l’appelle souvent, est tiraillée entre le Japon et les Etats-Unis, chacun cherchant à en devenir le leader. C’est la raison pour laquelle le chemin risque d’être très long entre le simple échange d’informations (forum) et la zone de libre-échange projetée.

Appareil productif

Appel d’offre

En France, l’appel d’offre est obligatoire pour toutes les administrations (nationales ou territoriales) dès lors que l’achat envisagé dépasse 130000euros hors taxes (200000euros hors taxes lorsqu’il s’agit de collectivités territoriales). Une information doit être diffusée, avec date de dépôt obligatoire des propositions par les fournisseurs intéressés, sous pli cacheté. Normalement, c’est le moins-disant qui doit emporter le marché. Néanmoins, pour éviter les abus (ententes entre les concurrents avant le dépôt des offres, exploitation excessive de la main-d’oeuvre, etc.), la plupart des appels d’offre intègrent désormais d’autres clauses (notamment, dans le bâtiment, des clauses de mieux-disant social, incluant des embauches à destination de personnes en difficulté pour répondre à l’appel d’offre en cas de sélection). L’ensemble des dispositions légales d’un appel d’offre est contenu dans le Code des marchés publics.

Appréciation

Apprentissage

Le contrat d’apprentissage permet à un jeune de préparer la partie pratique d’un examen (CAP en général) en apprenant le métier chez un professionnel, qui doit laisser l’apprenti disposer d’une partie de son temps pour préparer la partie théorique de l’examen. Il fait donc partie d’une action de formation et, à ce titre, est rémunéré moins que le Smic, bien que l’apprenti soit considéré comme un salarié, bénéficiant par ailleurs des mêmes droits que les autres salariés de l’entreprise (congés, durée du travail, etc.).

Arbitrage

Exemple imaginaire: au même moment, à Paris, 100yens sont cotés 1,10euro, tandis que le dollar est coté 1euro, mais est aussi coté 100yens. Si j’achète 1000dollars, il m’en coûte 1000euros. Avec ces dollars, j’achète 100000yens que je revends 1100euros. Cette opération d’arbitrage m’a rapporté 100euros en quelques secondes, moins les frais de change. Le malheur est que je ne suis pas le seul à avoir repéré cette opportunité. Au même moment, des centaines d’autres intervenants effectuent des opérations d’arbitrage analogues, parfois avec de beaucoup plus grosses sommes. Résultat, une forte demande de dollars. La cote de cette monnaie tend donc à monter: dès que le dollar a atteint 1,10euro -et même un peu avant, compte tenu des frais de change-, les opérations d’arbitrage cessent. D’une certaine manière, les arbitragistes (ceux qui pratiquent l’arbitrage) spéculent. Mais il s’agit d’une spéculation qui contribue à instaurer les équilibres sur le marché des changes, ou entre deux marchés différents, contrairement aux autres formes de spéculation qui consistent à parier sur l’avenir et qui peuvent déboucher sur des déséquilibres croissants.

Argent

Armée industrielle de réserve

Pour Marx, le capitalisme engendre inéluctablement un chômage de masse (notamment du fait de la concentration et des crises économiques). Et ce chômage de masse explique que les salaires se maintiennent à un niveau proche du niveau de subsistance: c’est la thèse de la paupérisation absolue, qui souligne que les salaires ne progressent pas, ou peu, en raison de la présence de cette armée industrielle de réserve, tandis que les capacités de production et l’efficacité du travail augmentent.

Assedic

Bien que l’adhésion au régime d’assurance chômage géré par les Assedic soit obligatoire (et que, par conséquent, les cotisations le soient), il s’agit d’organismes privés, résultant d’un accord paritaire entre les représentants des syndicats de salariés et les représentants des syndicats d’employeurs. Les règles d’indemnisation sont donc déterminées librement par les organismes signataires, par le biais d’une convention dont la renégociation périodique provoque chaque fois des tensions sociales. La dernière renégociation est intervenue en décembre2000 et a abouti à la création du plan d’aide au retour à l’emploi (Pare, voir ce terme).

Assiette

Association

Pour qu’une association puisse disposer de la personnalité juridique, c’est-à-dire disposer d’un patrimoine distinct de celui de ses membres, il faut que ses statuts soient publiés (et déposés à la préfecture) et qu’ils prévoient un minimum de règles d’ordre public (adhésion, démission, assemblée générale, désignation des responsables…).

Assurance maladie

D’un pays à l’autre, les règles de l’assurance maladie diffèrent: en France, les décisions de remboursement sont subordonnées à un acte médical que seul un médecin peut prescrire. On comprend que, pour limiter les dépenses, le contrôle des médecins soit jugé indispensable, d’autant que le revenu de ces derniers dépend en général du nombre d’actes qu’ils émettent. Dans le régime général d’assurance maladie (qui couvre l’ensemble des salariés travaillant dans le secteur privé ou semi-public), l’ensemble des caisses (dites primaires) qui procèdent aux remboursements sont rassemblées en caisses régionales, puis en une caisse nationale. A côté de ce régime général, il existe un certain nombre de régimes particuliers, dont les règles (montant des cotisations, taux des remboursements) diffèrent: régime des fonctionnaires, des mineurs, des artisans (Cancava), des agriculteurs (MSA)…

Assurances sociales

Asymétrie d’informations

Les asymétries d’informations sont légion: sur le marché du travail, par exemple, l’employeur ignore les capacités réelles des candidats à l’embauche qui se présentent devant lui, les sociétés d’assurances ignorent si les clients qui veulent s’assurer sont de bons ou de mauvais risques, etc. Pour se prémunir contre ces asymétries, de nombreuses possibilités sont ouvertes: l’employeur se fiera aux diplômes, à l’origine sociale, essaiera d’obtenir des informations par les anciens employeurs, mettra en place une période d’essai, etc. Mais lever l’ensemble de l’asymétrie d’informations avant de prendre une décision coûte cher et est parfois impossible. Dès lors, le marché ne fonctionne plus comme le prévoit la théorie, puisque l’information est inégalement répartie entre les acteurs.

Atomicité

En réalité, rares sont les marchés dans lesquels cette caractéristique est observée: même le marché boursier est composé d’intervenants (les fonds de pension, par exemple) dont la décision de vendre ou d’acheter des titres influence fortement les cours, car il s’agit d’achats ou de ventes en grosses quantités.

Attac (Association pour la taxation des transactions financières et l’aide pour les citoyens)

La faisabilité d’une taxe sur les mouvements de capitaux est contestée par beaucoup: elle risquerait d’être inopérante si certains pays (ou paradis fiscaux) décidaient de ne pas l’appliquer; elle serait inefficace en cas de forts mouvements spéculatifs (mieux vaut quitter un pays, même en perdant des plumes, qu’y rester piégé) et notamment de crise ou de menace de crise; elle renchérirait le coût de l’accès aux capitaux pour les pays qui sont contraints d’en importer pour financer leurs investissements. En fait, aucune de ces critiques n’est vraiment déterminante: depuis le 11septembre 2001, les Etats-Unis ont réussi à « convaincre » (avec les moyens de pression que l’on devine) la quasi-totalité des pays du monde de leur communiquer les informations bancaires sur les comptes ouverts par des organisations soupçonnées de terrorisme. Il pourrait en être de même pour la taxe Tobin: si elle n’est pas mise en oeuvre, ce n’est donc pas pour des raisons techniques, mais pour des raisons politiques et économiques: mettre le doigt dans le contrôle des capitaux, c’est accepter l’idée que le marché n’est pas forcément le meilleur juge et que les Etats ont une responsabilité pour mieux orienter les mouvements de capitaux. Il n’est cependant pas sûr que l’objectif d’une stabilisation financière soit mieux atteint en passant par une taxe, mais l’instabilité des capitaux est, à coup sûr, un obstacle à la « gouvernance mondiale ».

Audit

L’audit est en général destiné à vérifier qu’une organisation ne donne pas d’elle-même une image faussée. Initialement réservés à l’univers comptable (les comptes de telle société reflètent-ils la réalité?), les audits se sont beaucoup développés avec la mise en place de labels (ex.: le commerce équitable), d’appellations d’origine ou d’assurance qualité. Le problème crucial de l’audit concerne l’indépendance des organismes qui en sont chargés: l’affaire Enron, en 2001, a montré que des « auditeurs » financés par une société puissante peuvent participer au maquillage de la réalité. Actuellement, c’est dans le domaine de la responsabilité sociale des entreprises (comment ces dernières traitent-elles leurs salariés et leurs fournisseurs?) et du commerce équitable que l’audit se développe.

Autarcie

Autoconsommation

Dans la comptabilité nationale, l’autoconsommation comprend les loyers que les propriétaires de logements sont censés se verser à eux-mêmes lorsqu’ils occupent le logement en question. L’évaluation de l’autoconsommation est délicate: faut-il la comptabiliser à son coût de production ou au prix du marché? C’est la deuxième solution, finalement, qui a été retenue.

Autofinancement

Comme l’autofinancement compte les ressources provenant des amortissements de l’exercice, le taux d’autofinancement implique que l’on retienne le montant total des investissements, y compris ceux qui sont destinés à remplacer du matériel amorti. Il s’agit donc des investissements bruts (par opposition aux investissements nets, qui ne retiennent que les investissements excédant le montant des amortissements). L’autofinancement brut est le montant de l’autofinancement qui inclut les amortissements et provisions. Il s’oppose à l’autofinancement net (ou capacité nette d’autofinancement) qui les exclut.

Automatisation

La forme la plus spectaculaire d’automatisation est la robotisation, puisque la machine effectue alors plusieurs opérations simultanées ou successives sans intervention humaine directe. Mais l’automatisation est bien antérieure à l’apparition des robots: alors que ces derniers sont une application de l’informatique (puisqu’ils sont pilotés par un programme informatique), l’automatisation a démarré avec ce qu’il est convenu d’appeler la révolution industrielle -remplacer la force humaine de traction fluviale par une péniche à moteur, c’est une forme d’automatisation. Par définition, l’automatisation est destructrice de travail direct. Et le travail indirect (celui nécessaire pour mettre au point, fabriquer et entretenir la machine) est forcément moins important que le travail direct supprimé, sinon l’intérêt économique de l’automatisation serait nul et celle-ci n’aurait pas lieu. Toutefois, il est possible, parfois, que la réduction des coûts engendrée par l’automatisation provoque un accroissement de la demande qui compense, en totalité ou en partie, la réduction de travail direct. Ainsi, dans les années20, la demande automobile a progressé plus vite que l’automatisation, provoquant du même coup une augmentation de la main-d’oeuvre. On peut également citer l’exemple de la fabrication d’ordinateurs au début des années90.

Autoproduction

Autorisation de programme

Autorité des marchés financiers (AMF)

Autosuffisance

La politique agricole commune (Pac, voir Europe verte), adoptée en 1962 par l’ensemble des pays alors membres de la CEE, se fixait pour objectif d’atteindre l’autosuffisance pour les productions agricoles, car ces dernières paraissaient suffisamment vitales pour les pays en question pour qu’ils ne dépendent pas de l’étranger pour satisfaire leurs besoins de base dans ce domaine. Cet objectif a été globalement atteint (et même au-delà), même si, dans la réalité, la plupart des productions locales nécessitent d’incorporer dans les intrants utilisés des produits importés (par exemple, des phosphates dans les engrais, du soja dans l’alimentation animale, etc.). L’autosuffisance s’oppose à la division internationale du travail, puisqu’il s’agit de se fixer pour objectif de produire soi-même ce dont on a besoin, au lieu de l’acheter à d’autres, même si, éventuellement, ces autres sont plus performants. L’analyse de l’autosuffisance repose donc sur la conviction que les surcoûts éventuels de production liés à la production locale sont compensés par des avantages (emploi, meilleure maîtrise des besoins, meilleure circulation de l’information entre les producteurs et les utilisateurs, etc.).

Avantage comparatif

L’analyse de l’avantage comparatif a été développée par David Ricardo à propos du commerce international. Elle continue à être la base de la spécialisation internationale: le meilleur se spécialise dans la production pour laquelle il dispose de l’avantage comparatif le plus grand, et les autres prennent ce qui reste; cela donne un résultat forcément plus productif que si le meilleur seul produisait, condamnant les autres à l’inactivité. En théorie, la spécialisation selon l’avantage comparatif est à la fois plus efficace et plus juste: tout le monde peut produire quelque chose, et chacun produit ce pour quoi il est relativement le plus doué. Mais la réalité est parfois différente: celui qui perd une production au profit d’un autre plus efficace n’en retrouve pas forcément une autre à effectuer. En outre -et surtout-, l’analyse des avantages comparatifs gomme les rapports de force et les évolutions dynamiques: celui qui se spécialise dans l’informatique, par exemple, dispose d’une capacité d’innovation plus forte que celui qui se spécialise dans les pantoufles charentaises ou dans les villages de vacances.

Avoir fiscal

Baby-boom

Le baby-boom n’a pas duré aussi longtemps dans tous les pays d’Europe. En Allemagne, par exemple, il a pris fin au bout de six ans, ce qui explique que ce pays soit confronté à un problème de vieillissement accéléré: la durée de vie s’allonge tandis que la base de la pyramide des âges s’est beaucoup rétrécie depuis le début des années50 (au point, d’ailleurs, que le nombre des décès l’emporte désormais sur celui des naissances, ce qui n’est le cas nulle part ailleurs en Europe). Il en est de même dans tous les pays d’Europe de l’Est: en Russie, on a enregistré 165décès pour 100 naissances en 2001, 185 en Ukraine…

Baisse tendancielle du taux de profit

Même si Marx (qui a développé cette analyse dans le « LivreIII » du Capital, publié après sa mort) a fait preuve de circonspection, en parlant de « tendance » et en insistant sur les raisons qui peuvent s’opposer -provisoirement?- à cette tendance, cette analyse demeure le fondement principal des raisons pour lesquelles, aux yeux des marxistes contemporains, le capitalisme est générateur de crises profondes.

Balance commerciale

La balance commerciale est de moins en moins significative, en raison de la forte progression des échanges internationaux de services, qui ne sont pas pris en compte par la balance commerciale: assurances, services financiers, télécommunications, transports, tourisme, brevets, redevances (par exemple: ce qui est versé à Walt Disney Company pour utiliser l’image des personnages créés par Walt Disney), etc., représentent désormais un tiers des échanges de marchandises. On peut donc imaginer qu’un gros déficit de la balance commerciale soit compensé par un excédent des échanges de services (appelés aussi invisibles), et inversement. Mais le chiffre de la balance commerciale est connu tous les mois, alors que celui des invisibles n’est connu que tous les trimestres, avec retard et avec une certaine approximation, car les services, le plus souvent immatériels, n’ont pas à passer par un port ou un service de douanes pour être échangés.

Balance de base

La balance de base permet de chiffrer les besoins ou, au contraire, les excédents de devises qu’un pays doit se procurer ou dont il dispose pour financer les opérations courantes qu’il effectue avec l’étranger, à l’exception des opérations de trésorerie. En fait, la distinction entre les capitaux à court terme et les autres étant de plus en plus difficile à effectuer (du fait que même les titres représentatifs d’opérations à long terme peuvent désormais être liquidés sans délai sur les marchés financiers), la balance de base n’est plus calculée. On lui préfère désormais la balance des paiements courants.

Balance des capitaux à court terme

Ce compte comprend deux éléments. D’une part, les capitaux non bancaires: les agents (entreprises ou particuliers) d’un pays peuvent décider de placer leurs fonds à court terme dans un autre pays, ce qui contraint les banques du premier pays à s’approvisionner en devises pour satisfaire cette demande. D’où le deuxième élément: les capitaux bancaires. Pour satisfaire cette demande accrue, les banques peuvent en effet être amenées à emprunter des fonds à l’étranger. Dans ce cas, les sorties des agents non bancaires sont compensées par des emprunts des banques. Mais les banques peuvent décider de s’endetter à l’étranger pour d’autres raisons: par exemple, pour se procurer des fonds moins coûteux, si le niveau des taux d’intérêt étrangers est moins élevé que le taux d’intérêt national. Est considéré comme placement à court terme toute acquisition de titres pouvant être cédés dans l’année ou tout prêt conclu initialement pour une durée de moins d’un an.

Balance des capitaux à long terme

Dans les mouvements de capitaux à plus d’un an, on distingue traditionnellement: -les investissements directs, c’est-à-dire les capitaux investis dans une création ou un rachat d’entreprise étrangère (ou le rachat de plus de 20% du capital social, s’il s’agit d’une société cotée en Bourse); -les investissements de portefeuille, c’est-à-dire les achats de titres négociables en Bourse ou sur un marché spécialisé (obligations, actions, bons du Trésor); -les emprunts à long terme, c’est-à-dire les emprunts effectués par une société à l’étranger pour une durée supérieure à un an (exemple: EDF émettant un emprunt obligataire aux Etats-Unis).

Balance des invisibles

Le terme d’invisibles signifie tout simplement que la contrepartie de ces paiements n’est pas matérialisable. Lorsqu’il s’agit d’échanges de services, on achète ou on vend des droits de propriété (licences, brevets), des droits d’exploitation (redevances), des prestations particulières (tourisme, transport, télécommunications, assurances, gestion de fonds, etc.), des revenus de facteurs de production (salaires versés à des résidents étrangers, intérêts de prêts, dividendes…). Bien qu’il s’agisse d’invisibles, il y a toujours, dans ce cas, une contrepartie en échange du paiement. En revanche, dans le cas des transferts unilatéraux, cette contrepartie n’existe pas: dons publics ou privés, rapatriements de salaires de travailleurs immigrés, etc. Dans le cas de la France, les ventes de services à l’étranger en font le deuxième exportateur mondial (derrière les Etats-Unis), si bien que la balance des invisibles a été longtemps fortement excédentaire. Depuis quelques années, le montant croissant des emprunts effectués à l’étranger occasionne un gonflement des versements d’intérêts qui a sensiblement réduit l’excédent. A l’inverse, des pays comme le Japon ou l’Allemagne ont une balance des invisibles fortement déficitaire, ce qui explique l’importance d’un excédent commercial pour compenser.

Balance des opérations courantes

Balance des paiements

La balance des paiements comprend la balance commerciale, la balance des invisibles (ces deux premiers postes constituant la balance des paiements courants), la balance des capitaux à long terme et la balance des capitaux à court terme. Si les sorties de capitaux au titre des échanges (de biens ou de services) et des capitaux à long terme l’emportent sur les entrées, il faut bien se procurer quelque part les fonds en devises nécessaires. Cela s’effectue de deux manières: soit les banques (y compris la banque centrale) empruntent à l’étranger, soit la banque centrale puise dans les réserves de devises dont elle a généralement la responsabilité. Le premier mode d’approvisionnement (emprunts) se traduit par des entrées de capitaux à court terme, le deuxième par une diminution des avoirs en caisse. Dans les deux cas, la position monétaire extérieure du pays s’est dégradée, puisqu’il possède moins de devises ou qu’il en doit davantage. La position monétaire extérieure désigne donc le montant net des avoirs en caisse ou à court terme d’un pays donné. C’est la variation de cette position qui permet de financer l’éventuel déficit des autres postes de la balance des paiements ou qui, à l’inverse, se gonfle lorsque les autres postes de cette balance sont excédentaires. Mais, par définition, la balance des paiements elle-même est toujours équilibrée: une sortie de devises est financée par une diminution de la position monétaire extérieure, une entrée l’est par une augmentation. Ce que l’on appelle habituellement excédent ou déficit de la balance des paiements désigne en réalité une augmentation ou une diminution de la position monétaire extérieure.

Balance des paiements courants

Dans l’analyse économique, la balance des paiements courants joue un rôle fondamental: elle indique dans quelle mesure un pays vit au-dessus ou en dessous de ses moyens. Imaginons qu’elle soit déficitaire: les importations de marchandises et de services, ainsi que le montant des transferts unilatéraux effectués à l’étranger, l’emportent sur les mouvements inverses. Cela signifie que le pays dépense plus qu’il ne produit, donc plus qu’il ne gagne. Donc que le financement de ses investissements dépend de l’épargne étrangère qui vient se placer dans le pays (qu’elle soit à long terme, comme par exemple les investissements directs en provenance de l’étranger, ou qu’elle soit prêtée à court terme). C’est une situation qui ne peut durer très longtemps, car ces apporteurs de capitaux ne le font jamais à fonds perdus, ils en attendent des revenus. Un déficit des paiements courants n’a donc de sens que de façon transitoire: un pays recourt à l’épargne étrangère pour financer les investissements générateurs de croissance économique, grâce à laquelle il pourra payer les revenus à l’étranger et, si nécessaire, rembourser les fonds empruntés. Mais si la croissance n’est pas au rendez-vous ou, pire encore, si le déficit des paiements courants sert à financer des opérations de consommation, et non des investissements générateurs de production supplémentaire, le pays vit au-dessus de ses moyens; il se prépare tôt ou tard une crise financière majeure, faute de pouvoir rembourser ce qu’il doit. C’est exactement ce qui s’est passé pour les pays du tiers monde endetté: ils ont emprunté à des taux d’intérêt exorbitants (responsabilité extérieure) pour financer un déficit des paiements courants qui n’était pas dû à des opérations d’investissement rentables (responsabilité intérieure). A l’inverse, certains pays dégagent régulièrement des excédents de leurs paiements courants (Japon, Allemagne), ce qui leur permet d’accumuler des avoirs qu’ils prêtent ou investissent à l’étranger. Ces pays vieillissants se constituent ainsi une sorte de portefeuille de placements étrangers qui leur permettra de verser ultérieurement à leurs nationaux des revenus intérieurs plus élevés que leur production ne les y autoriserait.

Balance des transactions courantes

Balances dollars

Juste avant que le président Nixon ne décide de suspendre la convertibilité-or du dollar (le 15août 1971), les balances dollars représentaient environ 60milliards de dollars, alors que le stock d’or détenu par le système de réserve fédéral américain aurait permis d’assurer la conversion d’au plus 20milliards de dollars au taux officiel: le dollar était donc potentiellement en défaut de paiement. C’est pour empêcher que ce défaut de paiement ne se produise que la décision de suspendre « provisoirement » (en fait, définitivement) fut alors prise.

Bancarisation

Banking Principle

Les autorités britanniques tranchèrent en faveur du Currency Principle (Acte de Peel de 1844), ce qui provoqua des crises déflationnistes à répétition: la quantité d’or disponible n’augmentait pas au rythme des besoins de monnaie, en raison de la croissance relativement forte du pays pionnier de la révolution industrielle. Les entreprises n’obtenaient donc pas les crédits dont elles avaient besoin pour financer leur expansion, ce qui provoquait la faillite de certaines d’entre elles. Il fallut se rendre à l’évidence et accepter que le Parlement vote des dérogations de plus en plus fortes à l’Acte de Peel, en autorisant les banques à consentir des crédits (donc une émission de monnaie papier) supérieurs aux quantités d’or détenues.

Banque

L’activité bancaire est bien plus complexe que la seule gestion des comptes à vue. Néanmoins, c’est cette dernière qui permet aux banques d’avoir une capacité de création monétaire, puisque l’existence de comptes à vue (monnaie scripturale, c’est-à-dire matérialisant le paiement par une signature ou un code électronique) leur donne la possibilité d’effectuer des crédits, c’est-à-dire de prêter de l’argent créé exnihilo. D’où l’expression: les dépôts font la monnaie. A partir de cette capacité à faire crédit par création de monnaie, les banques ont développé de nombreux autres services financiers: gestion de fonds placés, encaissement des coupons et des dividendes au profit de leurs clients, paiements à l’étranger, virements d’office, prélèvements automatiques,etc. Avant la loi de 1967 qui a rationalisé la profession bancaire, on distinguait les banques de dépôts (celles dont l’activité principale consiste à gérer des comptes à vue) et les banques d’affaires (celles qui gèrent surtout des fonds placés à long terme). Cette distinction a disparu, ce qui a entraîné une concurrence plus forte entre les établissements bancaires. Il subsiste néanmoins des spécialisations fortes, comme le montre la politique de guichets: les anciennes banques de dépôts, pour gérer le plus grand nombre possible de comptes à vue, ont été amenées à multiplier les ouvertures de guichets, tandis que les banques d’affaires se limitaient souvent à un ou deux établissements. Le concept de banque universelle, souvent utilisé outre-Rhin, désigne une banque qui ne se borne pas à pratiquer des opérations de prêts ou de gestion de fonds pour le compte de sa clientèle, mais qui contrôle des sociétés dont elle détient une proportion significative du capital. En France, des règles limitent ce type d’engagement, pour qu’il n’y ait pas confusion entre les fonds propres de la banque (qui appartiennent aux actionnaires) et ceux de la clientèle (dont la banque n’est que la gestionnaire, non la propriétaire). C’est pourquoi les groupes financiers, comme Paribas (qui fait désormais partie de la BNP) ou Suez (racheté par le Crédit agricole), qui détiennent d’importants portefeuilles d’actions les amenant à contrôler un nombre élevé de sociétés, distinguent soigneusement leur activité bancaire (banque Indosuez, par exemple) et les activités non bancaires consistant à détenir des actions de sociétés qu’elles contrôlent (activité dite de holding), exercées par des filiales spécialisées.

Banque centrale

La banque centrale n’est pas forcément unique: jusqu’en 1850, la Banque de France partageait son monopole d’émission avec une autre banque. Aux Etats-Unis, douze banques disposent de la possibilité d’émettre des billets: elles se sont constituées en un Système de réserve fédéral (d’où l’appellation Fed, pour désigner cet ensemble qu’on appelle improprement la banque centrale américaine). La banque centrale n’est pas forcément publique: en France, elle n’a été nationalisée qu’en 1936. La banque centrale ne se borne pas à exercer, via la politique monétaire et les règles qu’elle édicte, son contrôle sur les banques de second rang. Elle est également chargée d’être le prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire l’organisme de refinancement des banques, destiné à empêcher ces dernières d’être victimes d’une éventuelle panique qui inciterait les déposants à retirer une proportion importante de leurs dépôts. Enfin, elle est fréquemment chargée de gérer les devises du pays. Depuis la création de la Banque centrale européenne (BCE), une partie des réserves de devises a été confiée à cette dernière.

Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO)

Banque centrale européenne (BCE)

C’est donc désormais la BCE qui fixe le taux d’intérêt applicable aux opérations d’approvisionnement en euros des banques de la zone. Installée à Francfort, la BCE, bien qu’institution publique, jouit d’une grande indépendance à l’égard du pouvoir politique, comme c’était le cas précédemment pour la Bundesbank allemande. Ses administrateurs (qui désignent le président de la BCE) sont les gouverneurs des différentes banques centrales nationales, auxquels s’ajoutent cinq personnes désignées pour six ans par le Conseil européen, l’instance politique de l’Union européenne composée des chefs d’Etat ou de gouvernement. Une fois nommés, ces administrateurs sont inamovibles et n’ont pas de compte à rendre au Conseil européen, ni de consignes à recevoir de sa part. Cette indépendance à l’égard du pouvoir politique a suscité de nombreuses controverses, de même que les missions de la BCE: le traité de Maastricht, qui les définit, n’évoque que la stabilité monétaire, alors que certains auraient souhaité que, comme aux Etats-Unis, la BCE soit amenée à prendre officiellement en considération la croissance économique ou la situation de l’emploi. D’où l’accusation de « monétariste » qui a été formulée à son égard. Dans les faits, force est de reconnaître que cette accusation est, pour l’instant, sans fondement, puisque, au cours des quatre premières années de son fonctionnement (jusqu’à fin 2002), la BCE, vigilante à l’égard des risques inflationnistes, n’a rien fait pour empêcher que, sur les marchés des changes, l’euro se déprécie à l’égard du dollar; en particulier, elle n’a pas cherché à augmenter les taux d’intérêt, ce qui signifie qu’entre la stabilité monétaire internationale de l’euro et le risque que cette stabilité ne se paye d’un taux d’intérêt trop élevé, donc d’une croissance faible, elle a choisi, de facto, la croissance.

Banque commerciale

Banque de second rang

Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC)

Banque des règlements internationaux (BRI)

La BRI a été créée en 1935 pour régler les problèmes de coordination entre monnaies appartenant à des zones monétaires différentes et inconvertibles entre elles. Elle est devenue, depuis, un outil d’échange d’informations entre banques centrales (en particulier, elle élabore un suivi statistique des activités financières incluant des opérations de change) et veille à ce que les banques centrales ne s’exposent pas à des risques démesurés qui pourraient engendrer des paniques sur les marchés de change.

Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd)

Le capital de la Berd (dont le siège est à Londres) a été fourni par les pays capitalistes industrialisés. La Berd a pour vocation de fournir du capital-risque et cherche à engranger des profits. Il ne s’agit donc pas d’une institution à but humanitaire, même si l’importance des fonds qu’elle a collectés (une trentaine de milliards de dollars) lui permet de financer des prises de participation ou des prêts à très longue échéance.

Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird)

Banque mondiale

Banqueroute

Barrière

Dans le premier cas (barrière tarifaire ou non tarifaire), les règles commerciales internationales limitent leur utilisation: un pays, par exemple, n’a pas le droit d’imposer unilatéralement des quotas ou des restrictions quantitatives à l’importation, sauf pour une durée limitée et dans certains cas précis (désorganisation forte d’une branche sous l’effet de la concurrence internationale). De même, un pays ne peut relever unilatéralement ses droits de douane. Les barrières à l’entrée désignent tous les obstacles destinés à empêcher un nouveau venu de s’introduire dans la production d’un bien ou d’un service particuliers. Ils peuvent être d’origine légale: par exemple, une autorisation attribuée par la puissance publique (comme c’est le cas pour l’attribution des licences de boissons ou de taxi, ou pour l’ouverture des officines pharmaceutiques) ou la protection d’un brevet déposé sur un produit particulier ou une façon de le produire, etc. Le plus souvent, ces barrières sont cependant de type économique: par exemple, le niveau élevé de publicité effectué par les fabricants de détergents a pour but d’empêcher un nouveau venu de s’introduire facilement sur le marché, faute de pouvoir s’y faire connaître. Les barrières à l’entrée réduisent donc le niveau de concurrence ou peuvent même servir à conserver des formes de production monopolistiques. Les barrières à la sortie sont presque toujours économiques: une firme ne peut revendre les actifs qui lui permettaient de produire, si bien que, même si la rentabilité est médiocre, elle est condamnée à poursuivre cette activité. L’existence de barrières à la sortie (par exemple, sous forme d’investissements spécifiques, difficilement revendables) joue le même rôle de dissuasion pour des nouveaux venus potentiels, qui préféreront se lancer dans des activités qu’il leur sera facile de liquider en cas de besoin. D’où, par exemple, le fait que, dans nombre de pays peu industrialisés, la bourgeoisie locale préfère financer des investissements commerciaux ou immobiliers plutôt que des investissements industriels, pour lesquels les barrières à la sortie sont importantes en raison de leur caractère très spécialisé (on ne revend pas une presse à injection aussi facilement qu’un appartement).

Base monétaire

La notion de base monétaire a été lancée par les monétaristes (Milton Friedman essentiellement) pour qui l’inflation provient de l’essor du crédit. En contraignant les banques à avoir une « base monétaire à 100% », c’est-à-dire à ne faire crédit qu’en fonction des avoirs détenus par chacune, ils renouaient au fond avec le Currency Principle qui avait prévalu au cours de la première moitié du XIXesiècle. Toutefois, alors qu’à cette époque la base monétaire était constituée d’or, pour les monétaristes actuels, elle doit être constituée de la monnaie émise par la banque centrale, laquelle deviendrait donc la seule à disposer du pouvoir de création monétaire.

Bassin d’emploi

BCE

Behaviorisme

Par exemple, l’analyse qui fait de la publicité un élément essentiel de l’orientation et du niveau des dépenses de consommation s’appuie sur la théorie behavioriste, par opposition à l’analyse qui les impute à l’influence de la mode et au désir mimétique (ressembler aux autres tout en tentant de s’en distinguer). Le behaviorisme aboutit, par exemple, à choisir des couleurs, des emplacements de vente, des présentations de produits estimés être des stimuli pour inciter à l’achat.

Bénéfice

Le bénéfice peut être constaté avant ou après impôts. Il peut être calculé pour une activité précise ou pour l’ensemble des activités d’une entreprise. En comptabilité, on lui préfère l’utilisation du terme résultat, qui a le double mérite de pouvoir désigner à la fois une situation de bénéfice ou une situation de perte (résultat négatif) et d’être moins chargé de connotations capitalistes. Reste que le bénéfice désigne bien ce que le propriétaire récupère sur sa mise de fonds. Il s’agit donc d’un revenu du capital. Il n’est pas forcément distribué: une part des bénéfices est généralement conservée dans l’entreprise, afin de financer les investissements nouveaux ou les besoins en fonds de roulement issus de la progression de l’activité.

Bénéfice d’exploitation

Le bénéfice d’exploitation (ou résultat d’exploitation, en comptabilité générale, qui peut désigner aussi une perte) doit être distingué, d’une part, du résultat exceptionnel (qui mesure la différence entre les produits et les charges non liés à l’activité normale de l’entreprise ou issus d’exercices antérieurs) et, d’autre part, du résultat financier (qui mesure la différence entre les produits financiers et les charges financières). Le bénéfice net comptable (ou, éventuellement, la perte nette comptable) est la somme de ces trois grandeurs.

Berd

Besoin

La notion de besoin économique a un sens restrictif, puisqu’elle écarte tout ce qui n’est pas susceptible de donner naissance à une demande marchande. Ainsi, les besoins affectifs -dont on connaît l’importance depuis Freud- ne sont pris en compte par l’économiste que lorsqu’ils sont susceptibles de donner naissance à une demande de biens ou de services (consultation de psychanalyste, prostitution, fête des mères, etc.). Même ce sens restreint a donné naissance à une énorme littérature, qui a notamment tenté de classifier les besoins selon leur ordre d’urgence: il y aurait les besoins primaires, correspondant à des biens ou à des services indispensables à la vie (nourriture, logement, vêtements), le reste constituant un ensemble hétérogène de besoins appelés secondaires. Le père Lebret (dominicain, fondateur d’Economie et Humanisme) a, pour sa part, classifié les besoins en trois catégories: les besoins primaires sont ceux qui relèvent de la nécessité et de la dignité; les besoins secondaires correspondent au confort; les besoins tertiaires au dépassement. Seuls les seconds, selon le père Lebret, donnent naissance à une intervention marchande: sous l’influence des firmes capitalistes, ils ont donc eu tendance à se développer au-delà du souhaitable et à réduire au contraire l’économie humaine, celle qui se préoccupe des besoins primaires et tertiaires. L’analyse de l’entreprise a donné naissance à un autre classement, effectué par Abraham Maslow, un psychosociologue américain. Il part des besoins de base (les premiers cités) et va vers des besoins de plus en plus élaborés: besoins physiologiques (manger, dormir…), besoins de sécurité (stabilité, protection, dépendance…), besoins sociaux (appartenance, aide, affection…), besoins d’estime (confiance en soi, indépendance, prestige…), besoins d’accomplissement (épanouissement, créativité). Selon Maslow, ce n’est que si les besoins immédiatement inférieurs sont satisfaits que l’individu recherche la satisfaction de besoins supérieurs. Tous ces classements, pour intéressants qu’ils soient, posent en fait autant de problèmes qu’ils contribuent à en résoudre. La façon de satisfaire un besoin, c’est-à-dire le passage entre un sentiment (manque, envie, attrait) et une marchandise ne dépend pas seulement du pouvoir d’achat disponible, mais aussi de la culture dans laquelle on baigne: se nourrir peut se faire à l’aide d’un bol de riz ou d’un bifteck. Il n’y a donc pas de liaison directe besoin-bien, mais une liaison indirecte besoin-culture-bien. Et la culture elle-même est largement le produit d’une norme, en même temps qu’elle contribue à définir la norme: dans une société où une partie importante de la population est nomade, loger sous une tente n’apparaît pas comme discriminant. Mais cela le devient lorsque la population se sédentarise. Si bien que la notion de besoin, parce qu’elle est qualitative et qu’elle se traduit en demandes évolutives et différenciées, est une notion malcommode à utiliser. Elle renvoie plus à un jugement de valeur implicite qu’à une réalité observable.

Besoin de financement

Il faut se garder de confondre besoin de financement et déficit. Certes, un besoin de financement implique que les dépenses effectuées l’emportent sur les revenus perçus et l’épargne possédée. Mais ce besoin de financement peut être issu (et il l’est en général) d’investissements qui, à un moment donné, excèdent les capacités de financement de l’agent en question. Ainsi, un ménage qui achète un appartement a rarement assez d’épargne pour financer cet investissement: son besoin de financement l’amène à emprunter le solde. Tout le problème consiste à savoir si cette traite sur l’avenir est raisonnable ou pas, c’est-à-dire si elle peut être gagée sur des revenus à venir suffisants pour rembourser le prêt et payer les intérêts. Il en est de même pour les entreprises, qui sont amenées très souvent à investir plus qu’elles ne dégagent de profits et qui expriment donc un besoin de financement, lequel implique que les revenus à venir, issus de ces investissements, couvrent au moins le coût de ce besoin de financement.

Besoin en fonds de roulement

Besoins élémentaires

Bien collectif

L’exemple-type du bien collectif est la défense du territoire: chacun, individuellement, a intérêt à y échapper, car cela évite d’en supporter les conséquences -la mobilisation militaire, le danger, éventuellement la mort-, tout en bénéficiant de la mobilisation des autres. Autre exemple: dès lors qu’un phare signalant une zone maritime dangereuse existe, tous les bateaux en profitent (non-rivalité), même ceux qui n’auront pas contribué à son financement (non-exclusivité). L’éclairage ou l’entretien de la chaussée d’une rue, le réseau de collecte d’égouts, un relais hertzien ou l’existence d’une monnaie stable sont autant d’exemples de biens collectifs qui légitiment, même aux yeux des libéraux, l’intervention publique, puisque l’impôt est le seul mode envisageable pour financer ces biens. Notons cependant que l’évolution des technologies peut transformer un bien collectif en bien individualisable, pour lequel il devient alors possible de faire payer ceux qui désirent en profiter: par exemple, le péage pour une route ou une rue, le décodeur pour une émission de télévision cryptée, etc. On parle alors de bien collectif impur, les autres étant des biens collectifs purs.

Bien complémentaire

Bien d’équipement

On distingue habituellement les biens d’équipement des ménages, qui sont des biens de consommation dont l’usage est étalé sur une période plus ou moins longue, mais d’au moins un an (automobile, ordinateur domestique, réfrigérateur, etc.), et les biens d’équipement des entreprises, dont la finalité est de servir à un processus de production: grues, machines-outils, mobilier, etc. Dans la comptabilité nationale, les biens d’équipement des entreprises ne concernent que les matériels coûtant au moins 300euros et faisant l’objet d’un amortissement, c’est-à-dire d’une durée d’utilisation égale ou supérieure à un an.

Bien de consommation

Cette définition implique que le classement d’un bien en bien de consommation ou en bien de production ne dépend pas de sa nature, mais de son utilisation. Par exemple, une voiture est un bien de consommation si elle est acquise par un ménage dans un but non professionnel (tourisme, plaisir, déplacements personnels); elle est un bien de production si le même ménage l’acquiert dans un but professionnel (le médecin pour ses visites, l’épicier pour ses livraisons, l’agriculteur pour ses déplacements professionnels). Dans la pratique, cette ventilation est difficile au sein des ménages, car certains produisent (travailleurs indépendants, commerçants, agriculteurs), d’autres non. Par exemple, le pharmacien peut déclarer sa voiture pour un usage professionnel tout en s’en servant aussi pour un usage familial et de loisir. En revanche, dès lors qu’une voiture -ou n’importe quoi d’autre: encre, livre, alcool- est acquis par une entreprise, le doute n’est pas permis, puisque la finalité d’une entreprise est de produire.

Bien de production

Bien durable

Prise au pied de la lettre, cette définition aboutit à définir comme bien durable tous les vêtements, les ampoules, les livres, les disques… Dans la pratique, pour qu’un bien soit catalogué comme durable, il faut aussi qu’il coûte relativement cher: meuble, appareil électroménager, voiture… C’est la raison pour laquelle, même si elle est très usitée dans le langage courant, la notion de bien durable est quasiment absente de la comptabilité (privée autant que nationale). On lui préfère le terme de bien d’équipement, qui fait référence à un prix d’achat minimal.

Bien fini

Bien intermédiaire

Le litre d’essence est un bien de consommation s’il est acheté pour se promener, un bien intermédiaire s’il sert à faire fonctionner le véhicule du représentant chargé de vendre les produits de l’entreprise. Tout comme pour les biens de consommation, le concept de bien intermédiaire est lié non à sa nature, mais à son utilisation. Les matières premières et les produits semi-finis sont des biens intermédiaires, mais certains produits peuvent être, selon leur destination, des biens intermédiaires ou des biens de consommation. Le propre d’un bien intermédiaire est de disparaître en tant que bien au cours du processus de production, et donc d’incorporer sa valeur dans celle du produit qu’il contribue à composer.

Bien public

On peut citer bien d’autres exemples: l’existence d’une monnaie, l’absence de chômage ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre (dans ce dernier cas, il s’agit d’un bien public mondial). Alors que, pour les biens collectifs, le problème résidait dans le consentement à payer (pourquoi payer si d’autres le font?), dans les biens publics, le problème réside dans la différence entre coût (privé ou public) et économie externe. Mais, lorsqu’il s’agit de biens publics mondiaux (le climat, la paix dans le monde…), on retrouve un problème de consentement à payer pour chaque pays: pourquoi serait-ce à mon pays de payer pour un bienfait dont bon nombre d’autres pays bénéficieront? C’est pourquoi les deux termes sont souvent estimés similaires.

Bien substituable

Bien tutélaire

Le qualificatif « tutélaire » vient de ce que, en décidant de contrôler ou de financer certaines activités, les pouvoirs publics mettent en avant leur fonction de représentants de l’intérêt général, qu’aucun autre acteur ne peut assumer. C’est donc au nom d’une certaine idée de cet intérêt général (dont ils ont la tutelle) qu’ils agissent ainsi. Bien entendu, cette idée peut être discutée d’un acteur à l’autre: c’est donc, en fait, la majorité qui tranche, lors des élections, pour déterminer si telle réalisation est bien conforme à l’intérêt général (et entre dans la responsabilité tutélaire) tel que le perçoit la majorité des citoyens.

Bien-être

La théorie du bien-être ainsi entendue, élaborée par Vilfredo Pareto et, surtout, par Arthur Cecil Pigou au cours du premier tiers du XXesiècle, est évidemment très restrictive, puisqu’elle vise simplement à s’assurer que chacun tire la plus grande utilité possible de ses revenus: il peut donc y avoir bien-être même si une personne meurt de faim faute de revenus, tandis qu’une autre dispose de revenus immenses. Cette conception individualiste du bien-être a été remise en cause notamment par des approches qualifiées de communautaristes (Michael Walzer) ou distributiviste (John Rawls), qui s’appuient sur l’idée que l’on ne peut traiter du bien-être sans s’interroger sur la justice sociale.

Big Bang

Cette réforme a en effet été vécue comme un grand choc par les professions concernées, puisque les intermédiaires qui bénéficiaient jusqu’alors d’un monopole de transaction (les agents de change pour les actions, par exemple) ont perdu ce monopole. D’une manière générale, le Big Bang a consisté à faire sauter les compartimentages entre les différents marchés financiers (marché des actions en Bourse, marché des obligations, marché des autres titres) pour permettre aux spécialistes qui intervenaient sur chacun de ces marchés de pouvoir intervenir sur les autres. Ce qui a eu pour effet de créer des titres nouveaux de nature mixte: par exemple, des obligations convertibles en actions, des titres à rémunération partiellement variable, etc.

Bilan

Le bilan est une photographie instantanée d’une entreprise. Il n’a donc de signification que pour une date donnée. Néanmoins, entre deux dates successives (à un an d’écart, par exemple), il est possible d’analyser les variations des postes d’actif et des postes de passif: c’est le but de l’analyse financière et des tableaux de financement. Le bilan est censé donner une image fidèle de la situation patrimoniale de l’entreprise à la date à laquelle il est établi. Ce n’est pas toujours le cas, car une partie des éléments qui le composent font l’objet de calculs. Par exemple, sur ce que doivent les clients (élément d’actif, puisqu’il s’agit d’un avoir de l’entreprise), tout sera-t-il payé? Dans l’incertitude, la règle de prudence conduit celui qui établit le bilan à réduire le montant des créances apparentes, pour ne retenir que les créances dont on est quasiment certain qu’elles seront réglées. Cette réduction des créances (par des montants appelés provisions pour créances douteuses, ou pour risques) permet du même coup de réduire le profit apparent (puisque ce dernier est égal à la différence entre l’actif et le passif). D’où la tentation, pour réduire les profits ou augmenter les pertes (dans le cas où l’on essaie de charger la barque au détriment d’un prédécesseur contesté), de passer plus de provisions que la seule prudence ne l’impliquerait. La plus grande prudence s’impose donc dans l’analyse d’un bilan, et notamment dans l’analyse des montants calculés (provisions, amortissements). Lorsque l’entreprise fait partie d’un groupe, c’est-à-dire lorsqu’elle possède plus de 20% des actions de sociétés qu’elle contrôle ou, à l’inverse, lorsqu’elle est possédée ou contrôlée par une autre société, la loi impose d’établir un bilan consolidé. On additionne les éléments de chacune des unités composant le groupe (règle dite de la consolidation intégrale) ou on ne retient qu’une part de ces éléments, proportionnelle au montant du capital détenu (règle dite de la consolidation au prorata, autorisée pour les groupes dans lesquels la société mère détient moins de 50% et plus de 20% du capital d’autres sociétés).

Bilan social

Le bilan social est un document très important pour juger de la relation salariale établie au sein d’une entreprise. Malheureusement, ce document est rarement diffusé en dehors de ses destinataires légaux (administration, représentants du personnel), alors que le bilan (comptable) de toute société est librement accessible, au greffe du tribunal de commerce ou sur simple demande pour toutes les sociétés cotées en Bourse.

Bilan sociétal

Document non obligatoire, le bilan sociétal a été lancé dans le monde des entreprises de l’économie sociale, avec l’idée de montrer que l’exigence de rentabilité pouvait s’accompagner de pratiques très différentes selon les entreprises.

Bilatéralisme

Billet à ordre

Billet de banque

Billet de trésorerie

Depuis la réforme de 1984, les grandes entreprises cotées en Bourse et réalisant au moins 1,5milliard d’euros de chiffre d’affaires sont habilitées à émettre des billets de trésorerie, qui peuvent faire l’objet de transactions sur le marché monétaire. Cette autorisation revient à donner aux entreprises l’autorisation de se financer sans passer par l’intermédiaire bancaire, donc à meilleur compte. Mais le risque est plus grand pour les souscripteurs de ces billets: c’est pourquoi ils sont émis avec un taux d’intérêt en général un peu plus élevé que celui exigé par la banque centrale.

Bimétallisme

Rétrospectivement, on est étonné de l’ampleur des polémiques qu’ont suscitées le bimétallisme et son alternative, le monométallisme (un seul métal étalon comme base monétaire). Le bimétallisme est né de l’histoire, lorsque des régions ou des provinces utilisant des métaux différents comme base monétaire ont été amenées à se fondre dans un seul système monétaire unifié. Il est aussi parfois né (aux Etats-Unis, par exemple) de la crainte que l’extraction d’un seul métal soit insuffisante pour satisfaire les besoins accrus de monnaie (c’est-à-dire de crédit) nés de la croissance économique. C’est ce qui explique la vigueur des polémiques: derrière les partisans d’un seul métal ou de deux métaux, on retrouvait ceux qui mettaient en avant la nécessité de la rigueur (monométallisme) ou l’importance de la croissance (bimétallisme). Ce dernier a fini cependant par céder le pas, parce que le maintien d’un lien fixe entre les deux métaux (parité) exigeait que l’offre de l’un et de l’autre varie de façon sensiblement similaire ou que, à défaut, la banque centrale se porte acquéreuse du métal excédentaire. Ainsi, paradoxalement, ce système censé assurer un fonctionnement monétaire automatique impliquait en fait une politique monétaire active de la banque centrale. C’est ce qui a entraîné sa disparition, à la fin du XIXesiècle, dans tous les pays où il existait.

Bird

BIT

Blanchiment

Le terme tirerait son origine du fait que les laveries automatiques (où l’on paye avec des pièces), très usitées aux Etats-Unis, auraient été utilisées pour transformer de l’argent sale en revenus issus d’une activité légale. Cette forme artisanale a depuis longtemps cédé la place à des techniques plus sophistiquées: casinos (il suffit de déclarer plus de paris qu’il n’y en a eu en réalité), fausses factures, multiplication de chèques bancaires encaissés par des sociétés fictives qui font circuler l’argent de compte à compte, entre paradis fiscaux qui ne prélèvent pas (ou fort peu) de taxes… D’où l’importance de contrôler les paradis fiscaux et de les contraindre à rendre publics certains mouvements de fonds. Depuis 1995, dans l’Union européenne, toute banque est tenue de signaler les opérations qui lui paraissent suspectes de pouvoir cacher des opérations de blanchiment. Le groupe des sept plus grands pays industrialisés (qu’on appelle G7) a mis en place un Groupe d’action financière internationale (Gafi), auquel participent 29pays, chargé de lutter contre le blanchiment et d’établir la liste des pays les moins coopératifs dans ce domaine.

Bon de caisse

Bonification

Les bonifications d’intérêt ont été longtemps le mode privilégié d’intervention sectorielle du Trésor public: les agriculteurs, les accédants à la propriété et certaines firmes publiques chargées d’un service public ont pu ainsi accéder au crédit à un taux nettement inférieur à celui du marché. Cette procédure d’intervention exigeait que la distribution du crédit pour une catégorie particulière bénéficiant d’une bonification soit confiée à une institution particulière (le Crédit agricole pour les agriculteurs, le Crédit foncier pour les accédants à la propriété, le Fonds de développement économique et social pour les entreprises publiques). Ce compartimentage allait de pair avec des monopoles locaux, qui étaient générateurs soit de jalousies (les banques vis-à-vis du Crédit agricole), soit d’inefficacités (le Crédit foncier). Aussi, de plus en plus, on assiste à un recul de cette forme d’intervention publique et à une banalisation des circuits de financement. Si le Trésor souhaite intervenir, il le fait par des primes destinées à alléger le coût (exemple de l’épargne logement) et non plus par une prise en charge directe du coût du crédit.

Bons du Trésor

Grâce à leurs caractéristiques, les OAT du Trésor français ont connu un grand succès à l’étranger: entre 1990 et 1993, près d’un tiers des émissions d’obligations du Trésor a trouvé preneur auprès d’organismes étrangers. Mais le revers de la médaille est que, à la première alerte sur le franc -ce fut le cas lors de la crise de juillet-août 1993-, les prêteurs se sont débarrassés de leurs titres sur le marché secondaire, de manière à convertir leurs francs en autres devises moins menacées. La baisse des OAT sur le marché de l’occasion a provoqué une hausse corrélative des taux d’intérêt à long terme. Au fond, le risque sur le change s’est traduit par une prime majorant d’autant les taux d’intérêt à long terme.

Bourgeoisie

L’analyse sociologique contemporaine abuse parfois du terme « bourgeois », comme dans « bourgeois bohème » (les « bo-bo »), qui désigne plutôt ceux que leurs revenus élevés permettent d’être à la pointe de la mode.

Bourse

La Bourse est un marché de l’occasion: on y vend et on y achète surtout des actions existantes. Il est rare qu’une société émette de nouvelles actions en les plaçant sur le marché boursier. Il est donc faux de l’analyser comme un mode de financement des sociétés cotées. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que l’existence d’une Bourse facilite la revente d’actions que l’on possède, ce qui peut inciter des personnes à acquérir des actions nouvellement émises. La Bourse peut donc exercer une influence sur la façon dont s’oriente l’épargne des particuliers. En France, le marché boursier est divisé entre le premier marché (un peu moins de 200sociétés, dont les actions sont cotées tous les jours), le nouveau marché (réservé aux actions de sociétés s’occupant de nouvelles technologies: informatique, biotechnologies…) et le second marché (réservé aux sociétés de taille moyenne, dont le volume des actions susceptibles d’être échangées quotidiennement est moindre que sur le premier marché: leur cotation n’est réalisée que si les actions sont offertes ou demandées dans un volume suffisant). Sur le premier marché, les acheteurs peuvent choisir le service du règlement différé: ils repoussent jusqu’à une date prévue chaque mois (le jour dit de la liquidation) le paiement, donc la livraison des titres. Ce jour-là, ils peuvent décider soit de « lever » les titres (ils sont livrés et payés), soit de les « solder » (l’achat est annulé par une vente et seule la différence est payée ou encaissée), soit « reporter », c’est-à-dire repousser le règlement au mois suivant. Mais les acheteurs qui choisissent le règlement différé doivent déposer une certaine somme (couverture) auprès de l’intermédiaire financier chargé de la transaction.La Bourse est contrôlée par une Commission des opérations de Bourse (Cob), qui veille à la véracité des informations livrées par les sociétés, à l’égalité des actionnaires (le fait, par exemple, que certains actionnaires dirigeants tirent parti d’informations que l’ensemble des actionnaires ne connaissent pas encore tombe sous le coup du délit d’initié) et au bon fonctionnement des marchés. Les intermédiaires qui transmettent et exécutent les ordres des acheteurs ou des vendeurs s’appellent les sociétés de Bourse. Elles ont succédé aux agents de change, qui avaient le statut d’officiers ministériels, c’est-à-dire qui opéraient sous serment et étaient tenus de ne jamais agir pour leur compte.

Boycott

Il existe des boycotts officiels: la suspension des achats de pétrole algérien en 1971, lorsque les compagnies françaises opérant sur le sol algérien furent nationalisées sans négociation avec leurs actionnaires. Ou l’absence d’autorisations de vols civils libyens après le refus du gouvernement libyen d’exécuter le mandat d’amener de deux de ses ressortissants soupçonnés d’avoir commis l’attentat de Lockerbie. Ou encore le boycott des produits sud-africains promulgué par l’Onu pour obtenir l’abolition de l’apartheid. Le boycott peut être aussi privé: il est alors lancé par une organisation qui cherche à faire pression sur une société ou un pays (exemple: le boycott de Shell par plusieurs mouvements écologistes après l’exécution de militants d’une minorité nigériane contestant l’exploitation pétrolière sur leur territoire). Force est de reconnaître que ces opérations sont rarement efficaces, faute d’être appliquées par l’intégralité des acteurs concernés: il se trouve toujours des gens pour jouer les passagers clandestins et se procurer à meilleur compte les produits boycottés, ou bien, tout simplement, la consigne suppose une information que les acheteurs n’ont pas toujours. Reste que le boycott est un mode de pression qui permet d’introduire explicitement des considérations éthiques dans l’échange.

Branche

La branche ne doit pas être confondue avec le secteur. Lorsqu’une entreprise produit plusieurs types de biens (par exemple des tracteurs et des automobiles), sa production est éclatée lorsqu’il s’agit de constituer une branche (une partie de l’entreprise est comptabilisée dans la branche tracteurs et une autre dans la branche automobiles), alors qu’elle est comptabilisée tout entière dans le secteur qui constitue son activité dominante (le chiffre d’affaires de toute l’entreprise est comptabilisé dans le secteur automobiles si la majorité du chiffre est réalisé dans ce domaine). Ainsi, le secteur est composé d’un ensemble parfois disparate d’entreprises, tandis que la branche est composée de fractions homogènes d’entreprises. Cependant, la difficulté d’élaborer des comptes fractionnés fait que, souvent, on privilégie l’analyse par secteurs. En revanche, pour les conventions collectives, c’est la branche (donc la nature de l’activité, et non l’unité juridique de l’entreprise) qui est privilégiée. Ainsi, au sein d’une même entreprise, il peut très bien y avoir plusieurs conventions collectives différentes (de branche) qui s’appliquent. Par exemple, l’une relevant de la pharmacie, l’autre de la chimie, la troisième des industries du caoutchouc, si l’entreprise est présente dans ces trois activités.

Brevet

Un brevet est en général valable pour vingt ans. L’entreprise qui en est propriétaire peut soit le conserver pour elle, afin d’avoir une situation de monopole dans ce domaine, soit le céder. Par exemple, Polaroid a conservé jalousement le brevet de la photo à développement instantané, tandis que Philips a largement vendu le brevet du disque compact, afin que sa technologie devienne le standard du marché.

Budget

Le principe de base des finances publiques est l’annualité budgétaire: une autorisation (de dépenses ou de recettes) votée par le Parlement ne vaut que pour l’année. Cette règle vise à empêcher le Gouvernement de ne se soumettre au contrôle parlementaire qu’à des intervalles trop éloignés. Cependant, cette règle contraignante risque d’engendrer des perturbations lorsqu’il s’agit d’autoriser des dépenses étalées sur plusieurs années (programmes d’investissements, par exemple). C’est pourquoi le Parlement procède à des autorisations de programme fractionnées en plusieurs annuités. Pour simplifier la procédure budgétaire, il est habituel qu’on ne discute au Parlement que des mesures nouvelles, les services votés étant reconduits en l’état d’une année sur l’autre. Mais cette façon de procéder revient à considérer qu’une mesure acquise peut être reconduite d’une année sur l’autre sans jamais être rediscutée, ce qui risque d’encourager l’inertie et le gaspillage. Aussi, à intervalle régulier, il est procédé à des gels de crédits, ou à des réductions de crédits, de façon à contraindre chaque ministère à s’interroger sur le bien-fondé et l’efficacité relative de ses dépenses. Une importante réforme, initiée en 2001, contraint désormais l’Etat à déterminer son budget par fonctions, ce qui contraindra le Parlement à s’interroger sur l’adéquation entre les objectifs et les moyens (donc, on l’espère, à veiller davantage à l’efficacité des dépenses publiques). Le budget de l’Etat n’a pas seulement pour finalité de fixer le montant de l’impôt et l’importance des services collectifs qui seront financés grâce à lui. Même s’il ne s’agissait que de cela, il revêtirait une importance considérable, puisque le montant et la répartition de l’impôt conduisent à faire supporter à chacun des montants de prélèvements publics qui peuvent être fort différents. Aussi n’est-il pas étonnant que les catégories les plus touchées par l’impôt aient tendance à souhaiter une limitation des services collectifs et des dépenses publiques, tandis que les catégories moins touchées cherchent au contraire à développer les services dont elles bénéficient, puisqu’elles ne les payent qu’en partie. Outre ces conflits de répartition (qui entraînent chaque année des polémiques sur le niveau des dépenses publiques), le budget de l’Etat joue un rôle conjoncturel important. Cela provient de sa taille (en France, de l’ordre de 200milliards d’euros) et, surtout, du fait que l’Etat est pratiquement le seul agent à pouvoir s’endetter en cas de besoin pour stimuler la demande (à l’inverse, il peut réduire la demande en réduisant ses dépenses). En d’autres termes, la décision de dépenser ou non n’a pas seulement pour finalité de déterminer le niveau des services collectifs, mais aussi de stimuler (ou de freiner) l’ensemble de l’activité économique. De ce point de vue, l’Etat est un agent différent des autres: ses décisions visent à assurer le bien collectif de la nation, et pas seulement son intérêt propre ou celui des majorités qui votent au Parlement.

Budget des ménages

Budget social

Ce vote est pour partie fictif, car les ordonnateurs de la dépense sont les organismes sociaux concernés (Sécurité sociale notamment), dont la majeure partie des ressources provient de cotisations, et non d’impôts. Cependant, ce vote permet d’affirmer des objectifs indicatifs et de prendre conscience de l’importance des sommes qui transitent par ces organismes sociaux.

Bulle spéculative

Les bulles spéculatives se constituent généralement lorsque le rendement d’un actif augmente: par exemple, une hausse des loyers permet aux propriétaires de percevoir un revenu plus élevé que précédemment. Cette hausse du rendement attire des épargnants, ce qui provoque une hausse des cours des actifs concernés. Cette hausse accentue l’intérêt d’acquérir l’actif en question: à un rendement plus élevé s’ajoute la probabilité d’une plus-value si la hausse des cours continue. De ce fait, la demande progresse fortement et les prix s’emballent. Par nature, une bulle spéculative ne peut durer: elle impliquerait que les prix augmentent davantage que le rendement, ce qui est à terme dissuasif pour les détenteurs de ce type d’actifs. La bulle n’existe donc que tant que la demande progresse, et elle se gonfle en même temps que cette demande. Lorsque les prix ont augmenté très nettement au-delà du raisonnable, la résorption de la bulle peut être très longue, d’autant que bon nombre de détenteurs n’osent vendre, de peur de concrétiser une perte qui, tant que l’actif concerné n’est pas vendu, reste potentielle. Ainsi, la bulle spéculative du marché de l’immobilier parisien s’est gonflée de 1985 à 1987 et a mis plus de dix ans à se dégonfler, engendrant des pertes qui ont plombé bon nombre de sociétés d’assurances ou de banques qui avaient imprudemment acquis des immeubles au prix fort.

Bundesbank

La Banque centrale européenne (BCE) a été conçue sur le modèle de la Buba. Cette dernière ne joue désormais plus qu’un rôle local, au même titre que la Banque de France dans l’Hexagone: elle applique les décisions de la BCE, gère les réserves de devises allemandes et veille au respect de la législation bancaire allemande.

Bureau international du travail (BIT)

Bureaucratie

Cac40

Dans la réalité, le Cac40 n’est pas forcément représentatif, mais il joue un rôle essentiel car il incite les acteurs du marché boursier à vendre ou à acheter. Si bien que ce qui est censé n’être qu’un miroir devient bien souvent un signal. Il n’est pas étonnant que la Bourse soit, par excellence, le lieu des mouvements spéculatifs: la baisse du Cac40 engendre une baisse générale qui peut accentuer la baisse initiale, tandis que la hausse engendre la hausse, le tout dans des mouvements que rien, en théorie, ne vient borner, sinon la conscience diffuse des acteurs que l’on est allé trop loin. L’objectivité apparente de l’indice Cac40 cache en réalité un phénomène mimétique qui explique l’ampleur des fluctuations. Mais, à long terme, ces hauts et ces bas désordonnés finissent par refléter la situation économique de l’ensemble des grandes entreprises: à la hausse lorsque celles-ci voient leur rentabilité s’améliorer, à la baisse dans le cas contraire.

CAD (Comité d’aide au développement)

Cadre

Initialement réservé aux salariés ayant une responsabilité hiérarchique leur donnant autorité sur l’organisation du travail et l’appréciation des résultats d’un ensemble important de salariés, le terme de « cadres » a été étendu, au début des années50, à ceux dont le salaire mensuel était supérieur au plafond de la Sécurité sociale, c’est-à-dire au seuil à partir duquel les cotisations (salariales et patronales) de retraite n’étaient plus versées à la Sécurité sociale mais à un organisme de retraite complémentaire (dit souvent « retraite des cadres »). Cette définition a ensuite été brouillée par la définition, dans les conventions collectives, d’une catégorie « cadres », dont le niveau minimal de salaire peut être inférieur au plafond de la Sécurité sociale, si bien que le terme a connu une extension considérable, propre à la France: même les représentants de commerce pouvaient se dire « cadres », alors qu’ils n’avaient aucune responsabilité hiérarchique au sein de leur entreprise. Il a donc fallu préciser « cadre moyen » ou « cadre supérieur », jusqu’à ce qu’en 1982 l’Insee définisse les cadres comme indiqué ci-dessus.

CAF (coût, assurance, fret)

Les importations sont habituellement déclarées par les importateurs à leur montant CAF, puisque c’est ce qu’ils doivent payer. Mais le port et l’assurance inclus dans la marchandise sont en réalité des services. Si l’on veut connaître le montant des importations de marchandises stricto sensu, il est donc nécessaire de retirer des importations déclarées la valeur du port et de l’assurance. Lorsque c’est le cas, on dit que l’importation est mesurée FAB (franco à bord).

Caisse des dépôts et consignations (CDC)

Créée pour souscrire aux emprunts d’Etat et transformer ainsi l’épargne liquide en financement du secteur public, la Caisse des dépôts et consignations gère un patrimoine très important, qui fait d’elle le premier financeur public pour des investissements comme le logement, les autoroutes ou d’autres investissements bénéficiant de la garantie de l’Etat. C’est elle, en particulier, qui finance les organismes de HLM, d’où son importance dans le logement social.

Call

Une option d’achat consiste en un droit d’acheter, soit à une date déterminée, soit durant une période déterminée, un titre à un prix déterminé par avance. L’option ne sera exercée (c’est-à-dire concrétisée) que si, bien entendu, le cours à la date prévue est supérieur au montant indiqué sur l’option. Par exemple, si mon option me donne le droit d’acheter une action France Télécom à 15euros, je ne l’exercerai que si l’action France Télécom est cotée plus de 15euros au moment où je peux lever l’option. Un call s’achète un certain prix: c’est, au fond, une assurance que, si je me décide à acheter, je ne paierai pas plus d’un certain prix. Mais cette assurance a un coût, d’autant plus élevé que la probabilité de hausse du cours de l’action concernée est grande.

Cambiste

Un cambiste peut être spécialisé sur une monnaie (le dollar par exemple) ou un couple de monnaies particulièrement usité (dollar/euro, par exemple). Il travaille habituellement dans une salle de changes et a pour fonction d’acheter ou de vendre les monnaies dont il s’occupe, soit pour le compte de clients qui lui ont passé des ordres, soit pour le compte de l’institution financière qui l’emploie. Mais, dans ce dernier cas, l’institution attend évidemment du cambiste qu’il réalise des gains de change, dont une partie lui sera rétrocédée sous forme de commissions.

Capacité d’autofinancement

Capacité de financement

Capacité de production

La capacité de production n’est jamais atteinte à 100%, parce que, plus on se rapproche du plafond, plus on est contraint d’utiliser des équipements moins performants, de mobiliser des hommes déjà fatigués, de résoudre des problèmes d’encombrement ou de surcharge. Tout cela contribue à augmenter les coûts, si bien que les entreprises préfèrent investir et disposer ainsi d’une marge de manoeuvre plus grande. Cependant, la connaissance des capacités de production permet de mesurer la marge de croissance sans investissement existant dans une économie donnée. Elle fournit une indication du degré de sureffectif matériel et humain, et donc des risques de voir la situation de l’emploi se dégrader et l’effet d’une relance de l’activité sur l’embauche. C’est pourquoi elle fait l’objet d’enquêtes (trimestrielles) de l’Insee auprès des entreprises.

Capital

Cette pluralité de sens ne facilite pas la compréhension du terme. Mais on voit bien qu’il existe de nombreuses relations entre les différents sens. Le capital (aux sens technique, financier ou marxiste) permet de mettre en oeuvre une production, donc engendre des revenus, lesquels sont l’objet d’une répartition plus ou moins conflictuelle entre ceux qui travaillent et ceux qui possèdent. La question débattue par les théoriciens concerne le caractère productif du capital. Pour les marxistes, les choses sont claires: seul le travail crée de la valeur, et si le capital engendre un revenu, ce ne peut être qu’au détriment de ceux qui, en travaillant, ont créé de la valeur. Pour les économistes néoclassiques, le capital est un facteur de production au même titre que le travail, de même que, dans la chasse à l’ours, le fusil participe au résultat au moins autant que l’adresse de celui qui le manie. Ces économistes estiment donc que chaque facteur de production doit recevoir une contribution mesurée par sa productivité marginale, c’est-à-dire le surplus de production occasionné par l’utilisation d’une unité supplémentaire du facteur de production concerné, les autres facteurs de production demeurant en quantité inchangée. C’est, selon eux, ce qui se passera si on laisse jouer librement et totalement la concurrence: les forces du marché tendront à affecter à chaque facteur sa juste part, si bien que la concurrence engendre le fonctionnement optimal du système économique. Voir aussi accumulation du capital.

Capital circulant

Capital constant

Capital culturel

Concept forgé par Pierre Bourdieu, le capital culturel n’est pas acquis à la naissance, contrairement au capital économique, dont on hérite simplement parce qu’on a la chance d’être le fils ou la fille de M.Untel. Le capital culturel doit être incorporé, c’est-à-dire intégré à la personne même: plus cette incorporation commence tôt dans la prime enfance, sous forme de désignation de ce qui est bien et de ce qui est mal, de ce qui est beau et de ce qui est laid, etc., plus l’incorporation est forte, ce qui explique l’avantage dont jouissent les enfants issus des familles aisées. Mais l’incorporation n’est pas uniquement familiale: elle est également le fait de l’institution scolaire. Plus elle dure longtemps, et plus elle est forte: là encore, les enfants des familles aisées peuvent investir davantage et plus longtemps, ce qui renforce leur avantage. Le capital culturel, enfin, se concrétise par un diplôme qui, à la façon d’un titre de noblesse, assure à celui qui le possède, surtout s’il est rare et distinctif, un avantage tout au long de son existence.

Capital économique

Capital culturel et capital économique constituent les deux sortes fondamentales de capital, c’est-à-dire d’atouts dont dispose une personne pour se faire une place dans une société déterminée. Mais, alors que le premier nécessite un travail, un effort, ne serait-ce que pour réussir ses examens, le second est généralement le fruit d’un héritage (d’où l’expression « être né avec une cuillère d’argent dans la bouche »).

Capital fixe

Capital humain

La théorie du capital humain est fondamentalement néoclassique, puisqu’elle fournit une base rationnelle et individualiste à la décision de poursuivre ou non des études. On comprend qu’elle ait suscité des réserves chez nombre d’économistes, qui, tout en reconnaissant que la formation est génératrice de gains de productivité, sont dubitatifs sur le fait que la formation obéisse à un calcul coûts/avantages de type individuel. Cela revient à gommer tout déterminant social ou collectif, et à reconnaître implicitement que ceux qui continuent leurs études sont les plus doués. Reste que l’analyse souligne un point intéressant: le capital humain appartient à la personne et ne peut être approprié par l’institution qui l’emploie. On comprend peut-être mieux ainsi les réticences des entreprises à financer la formation continue, puisqu’elles risquent de voir l’investissement consenti (le coût de la formation) leur échapper au profit d’un concurrent qui ne l’aura pas financée et qui en tirera avantage.

Capital social

Le capital social (au sens économique du terme) est, au départ de la société, fixé à un certain montant: c’est son nominal. Si la société fonctionne bien et dégage des profits dont une partie sont réinvestis, sa valeur marchande va augmenter et, du même coup, les actions vont prendre de la valeur: la valeur marchande de ces actions diffère alors de leur valeur nominale, c’est-à-dire du montant initial pour lequel elles ont été souscrites. L’évolution inverse est évidemment possible, si la société perd de l’argent. Mais, dans tous les cas, une dissociation s’opère entre un capital social, dont le montant dans les comptes de la société est toujours fixé à sa valeur nominale (d’émission initiale), et la valeur effective des actions. Cette dissociation est facile à mesurer en Bourse, puisque les actions y sont cotées. La multiplication du nombre d’actions par leur cours coté permet d’obtenir ce qu’on appelle la capitalisation boursière, laquelle diffère généralement du capital social. Lorsqu’une société augmente son capital social en émettant de nouvelles actions, elle peut choisir plusieurs solutions: -soit elle distribue à ses actionnaires une nouvelle action gratuitement (ou pour un montant faible) pour xactions détenues: ces émissions gratuites permettent de matérialiser les plus-values potentielles engendrées par l’enrichissement de la société. Cela ne change généralement rien à la capitalisation boursière, puisque cette dernière est calculée à partir d’une cotation qui tient compte de ces plus-values. Mais l’actionnaire, symboliquement, a le sentiment de participer concrètement à l’enrichissement de la société, d’en recevoir un avantage; -soit elle fait payer les actions nouvelles à leur valeur marchande, ce qui peut entraîner le paiement d’une prime d’émission pour tenir compte du fait que cette valeur marchande est bien supérieure à la valeur nominale. Par exemple, chaque action de 10euros (en nominal) sera vendue 50euros (soit 40euros de prime d’émission). Cette solution est évidemment intéressante, puisqu’elle permet à la société de collecter des apports nouveaux à leur valeur de marché, donc de concrétiser la plus-value dont elle est l’objet. Au sens sociologique, le capital social désigne la capacité d’une personne à mobiliser, grâce à ses connaissances, des ressources diverses ou, tout simplement, à se sentir bien intégré dans la société dans laquelle il vit. A l’inverse, la faiblesse de capital social participe d’une forme d’isolement relationnel, qui peut être ressentie comme une mise à l’écart.

Capital symbolique

Par exemple, un manager qui gère une entreprise qui ne lui appartient pas est moins accepté que s’il possède personnellement la quasi-totalité du capital social de cette société.

Capital variable

Capital-risque

En contrepartie de ce risque élevé, le profit peut lui-même être élevé si l’entreprise réussit. On désigne sous le nom de société de capital-risque les sociétés financières spécialisées dans la collecte d’épargne en vue d’investir dans des entreprises en développement, mais à risque élevé. L’intérêt de ces sociétés de capital-risque est de mutualiser le risque en question: si l’une des entreprises dans lesquelles le placement est effectué disparaît, tandis qu’une autre fait des affaires fructueuses, la société de capital-risque qui avait financé les deux entreprises peut compenser, et les détenteurs du capital de cette société, dont la seule finalité est financière, subissent moins de risques.

Capitalisation

Capitalisme

Trois questions taraudent les historiens, les économistes et les sociologues concernant le capitalisme. D’abord, quand et sous quelle influence est-il né? Ensuite, est-il viable sur le long terme? Enfin, peut-on parler du capitalisme, ou de capitalismes (au pluriel)? La première question, celle de son origine, est loin d’être tranchée, même si un accord relatif se fait jour pour indiquer que c’est vers le XVIIesiècle, avec la généralisation et l’extension des marchés, que le capitalisme prend son essor. Braudel a montré que, s’il existe depuis longue date des marchés locaux, l’apparition de marchés internationaux -le commerce à la grande aventure- engendre une couche sociale de marchands et de banquiers qui constitue le fondement de la grande bourgeoisie. La révolution industrielle à l’oeuvre à partir du milieu du XVIIIesiècle donne un coup d’accélérateur, en bouleversant les techniques traditionnelles (réduction forte des coûts de production) et en suscitant l’apparition d’entrepreneurs. Reste que ce mariage entre le marché et l’innovation technique a sans doute été favorisé par des conditions culturelles. Max Weber a souligné l’importance des valeurs véhiculées par certains courants religieux (le puritanisme protestant) qui ont, selon lui, incité les entrepreneurs à prendre des risques, à investir et à accumuler de la richesse, cette dernière prouvant que l’on se conformait à la volonté divine (le salut par les oeuvres). En ce qui concerne la viabilité du capitalisme à long terme, bien des analystes l’ont mise en doute, à commencer par Marx: ce dernier estimait que les contradictions internes du système finiraient par être les plus fortes. Il mettait en avant les difficultés croissantes de rentabilisation du capital, dans un système qui ne cesse d’augmenter le capital (technique) par personne employée. Schumpeter, pour sa part, estimait que l’apparition d’une économie complexe engendrerait inévitablement des phénomènes de bureaucratisation, donc le déclin des entrepreneurs, c’est-à-dire de ceux qui innovent et qui ont fait du capitalisme un système dynamique. Keynes a souligné les désajustements possibles entre production et débouchés, estimant que, livré à lui-même, le capitalisme engendre inéluctablement le sous-emploi. C’est la raison pour laquelle le capitalisme a besoin, pour fonctionner correctement, d’une régulation publique: le marché ne suffit pas, parce qu’il s’agit d’une régulation microéconomique (chaque agent s’adapte à l’environnement qu’il constate), alors que le système a besoin d’une régulation macroéconomique (c’est l’ensemble du système qui est interdépendant). Au contraire, les libéraux mettent en avant les vertus du marché et de la concurrence: le premier est autorégulateur et contraint chaque acteur à s’adapter (c’est l’analyse de Hayek, pour qui le marché est porteur d’infiniment plus d’informations que tout système centralisé). Quant à la concurrence, elle lamine sans cesse les rentes de situation et contraint à l’innovation, assurant du même coup une croissance forte. Le débat est loin d’être clos. Quant au troisième débat sur l’unicité ou la pluralité du capitalisme, il est en train de s’éclaircir: même si l’économie marchande repose partout sur des mécanismes similaires, les relations qui s’établissent entre les acteurs sociaux sur le marché mêlent étroitement économie, culture et histoire. Michel Albert (et avant lui Andrew Shonfield) a mis en évidence l’existence d’un capitalisme rhénan, fonctionnant grâce à une cogestion entre acteurs sociaux, et un capitalisme anglo-saxon, fondé sur des mécanismes de marché plus purs. Quant au Japon, chacun voit bien que le capitalisme qui s’y est épanoui est encore différent, mariant Etat et grandes firmes dans une espèce de front commun cimenté par le nationalisme. Le capitalisme qui est en train de naître dans les économies en transition (anciens pays de l’Est et ancienne URSS) est encore différent: des mécanismes identiques n’empêchent pas des règles, des conventions ou des fonctionnements différents.

Capitalisme familial

Le capitalisme italien est un exemple classique de capitalisme familial: la plupart des grandes sociétés sont contrôlées par des familles, et la Bourse ne sert que d’appoint pour financer ces sociétés. Le propre du capitalisme familial est que, pour maintenir leur pouvoir, les familles font peu appel à des augmentations de capital en Bourse, d’où une fragilité financière sans doute plus grande que dans d’autres sortes de capitalisme.

Capitalisme financier

L’hypothèse sous-jacente à l’hypothèse d’un capitalisme financier est que le contrôle du capital par des organismes financiers (banques, sociétés d’assurances, fonds de pension…) modifie profondément le fonctionnement même du système économique: lorsque les propriétaires sont aux commandes, ils s’efforcent de ne pas sacrifier le long terme au court terme. Au contraire, la logique strictement financière amènerait les institutions financières à privilégier les bénéfices immédiats, fût-ce au détriment de la croissance future. Rudolf Hilferding estimait, en outre, que la puissance des organismes financiers allait engendrer inévitablement des combats de géants entre groupes financiers, et Lénine y voyait la source des luttes impérialistes en vue d’un partage du monde et de ses ressources. Il n’est pas sûr que le capitalisme financier engendre tous ces maux, mais, incontestablement, il contribue à modifier le fonctionnement même du système économique: il suffit de comparer la façon dont sont gérées les entreprises américaines (largement contrôlées par le capital financier) et les entreprises allemandes (dans lesquelles les groupes financiers jouent un rôle très mineur). Certains (Michel Albert, par exemple) opposent ainsi un capitalisme rhénan et un capitalisme anglo-saxon.

Capitalisme managérial

Le capitalisme managérial est parfois appelé en France capitalisme technocratique. L’exemple type est celui de Danone, firme dans laquelle aucun actionnaire ne détient plus de 3% du capital, ce qui a permis à Antoine Riboud (et désormais à son fils Franck) de contrôler et de gérer l’entreprise avec très peu d’actions. Il convient cependant de remarquer que, même s’ils n’exercent plus effectivement le pouvoir, les actionnaires conservent la capacité de se révolter et de se coaliser pour démettre un manager qui, à leurs yeux, effectue des choix qui réduisent l’espoir de profits, pour le remplacer par un autre. Cette révolte des actionnaires a été particulièrement importante aux Etats-Unis, pourtant patrie du capitalisme managérial.

Capitalisme monopoliste d’Etat

Cette analyse repose sur l’hypothèse que la crise économique des années70 est due à un déclin de la rentabilité du capital: l’investissement est devenu démesuré au regard des capacités à dégager un profit suffisant pour le rémunérer correctement. Dans un premier temps, les entreprises se sont efforcées de contrebattre cette tendance en se concentrant: elles espéraient ainsi, par un pouvoir de monopole accru, conserver leur capacité à tailler dans le gâteau productif une part suffisante pour le profit. D’où le terme de capitalisme monopoliste. Mais cette concentration n’a pas suffi. Il a fallu mobiliser l’appareil d’Etat pour que ce dernier, par des mécanismes complexes (subventions, fiscalité adaptée, marchés publics, soutiens à l’exportation, voire, dans le cas de la sidérurgie, rachat à des conditions privilégiées d’un appareil de production trop coûteux), vienne au secours d’un capital incapable d’assurer sa rentabilité par ses propres moyens. Développée essentiellement en France (par Paul Boccara), cette analyse a pris un coup de vieux avec la restauration forte des profits des entreprises.

Capitalisme périphérique

Cette analyse, développée principalement durant les années60 et 70, et mettant en scène les pays du « centre » et ceux de la « périphérie », a suscité alors un débat intellectuel intense: les « prolétaires » des pays du centre bénéficient-ils, eux aussi, de l’exploitation dont sont victimes les prolétaires des pays de la périphérie? En d’autres termes, une « lutte des nations » est-elle en train de se superposer à la « lutte des classes »? Tout cela apparaît quelque peu daté aujourd’hui.

Capitalisme social

C’est surtout dans les milieux proches de l’Eglise catholique que l’on a vu, au XIXesiècle, de nombreuses voix s’élever pour demander que le capitalisme devienne davantage social. Sans doute faut-il y voir la crainte que, à défaut, les masses populaires finissent par se révolter et imposer la révolution. Mais, au-delà des milieux du catholicisme social, des patrons éclairés prirent conscience de l’absence d’une « main invisible » réconciliant les intérêts des uns et des autres, et s’efforcèrent, eux aussi, d’instiller des éléments sociaux dans le capitalisme de l’époque.

Capitalistique

Il convient d’éviter de confondre « capitaliste » (terme qui renvoie à un système social) et « capitalistique » (terme qui renvoie à l’importance des équipements nécessaires pour produire, donc à des éléments techniques). Il apparaissait évident que, jusqu’à présent, le montant des équipements nécessaires pour produire allait en s’accroissant, et les équipements en se complexifiant. Mais, avec l’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), reposant sur des équipements de moins en moins coûteux (le prix des équipements informatiques n’a cessé de baisser), toute une discussion s’est engagée sur le fait qu’il n’était pas inéluctable que les techniques utilisées pour produire soient de plus en plus capitalistiques.

Capitaux propres

Les capitaux propres (ou fonds propres) mesurent la capacité financière d’une entreprise à se développer ou à faire face aux difficultés sans faire appel à l’emprunt. On comprend qu’il s’agisse donc d’un chiffre particulièrement important aux yeux des partenaires extérieurs, notamment des banques ou des institutions financières appelées à financer l’entreprise. Habituellement, c’est moins le chiffre absolu, qui est jugé important, que le chiffre relatif, c’est-à-dire la part des capitaux propres dans l’ensemble des ressources dont dispose l’entreprise (ressources dont le montant total est donné par le passif du bilan). Une règle de bonne gestion financière veut que le montant des capitaux propres permette au moins de financer tous les actifs immobilisés, c’est-à-dire tous les avoirs que possède l’entreprise et qu’elle ne peut envisager de liquider sans mettre en cause son activité ou une partie de celle-ci.

Cartel

En raison de la limitation de concurrence qu’il engendre, le cartel est habituellement réprimé dans un cadre national. Par exemple, en France (et dans l’Union européenne), tout accord de cartel est puni de sévères amendes par le Conseil de la concurrence. En revanche, dans le domaine international, faute de législation, la constitution de cartels n’est pas réprimée. L’exemple de cartel le plus connu actuellement est l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais cet exemple montre bien la difficulté de faire fonctionner réellement un cartel, car chacun de ses membres a intérêt à faire respecter l’accord aux autres tout en s’exemptant de la discipline collective (par exemple en essayant de vendre plus que son quota sans le crier sur les toits). C’est la raison pour laquelle un cartel ne peut fonctionner que pour une durée brève (lors d’une crise particulièrement grave, où tous se serrent les coudes) ou sous l’autorité d’un gendarme efficace (habituellement, la firme la plus puissante ou le pays le plus puissant).

Cash

Cash-flow

Catégorie socioprofessionnelle

C’est l’Insee qui a procédé en France à la mise au point de la nomenclature des catégories socioprofessionnelles(CSP). Celle-ci a été modifiée en 1982, et est devenue la nomenclature des professions et catégories sociales(PCS), affinant l’ancienne nomenclature devenue en partie obsolète en raison de la modification des qualifications professionnelles au sein de la société. La nouvelle nomenclature met davantage l’accent sur la position sociale, donc sur le niveau hiérarchique. Cette nomenclature existe à un niveau agrégé de 8postes (1: agriculteurs exploitants; 2: artisans, commerçants et chefs d’entreprises de plus de 10salariés; 3: cadres et professions intellectuelles supérieures; 4: professions intermédiaires; 5: employés; 6: ouvriers; 7: retraités; 8: autres personnes sans activité professionnelle). La nomenclature est également développée en 24 et en 42 postes. Les CSP (ou les PCS) ne doivent pas être confondues avec une analyse en termes de classes sociales. En effet, la nomenclature s’appuie sur des données empiriques et, s’il s’agit de dresser des catégories sociales homogènes, l’homogénéité en question est mesurée par le revenu, le diplôme, la situation hiérarchique, la nature d’activité, etc. Au contraire, une classe sociale est un regroupement d’acteurs sociaux unis par une même communauté de destin, donc d’intérêts. Et cette communauté de destin produit généralement un regard particulier sur la société, regard qui influe sur le comportement, la culture, les formes d’organisation, etc. Il est donc possible, à travers ces indicateurs extérieurs -langage, vêtements, habitudes culturelles, vote politique, etc.- de tenter de repérer l’existence de classes sociales. Mais ces dernières, contrairement aux catégories socioprofessionnelles, ne peuvent faire l’objet d’une description empirique: avoir des intérêts communs, une communauté de destin, n’implique pas que ceux qui font partie d’une même classe en aient conscience, ou qu’ils l’acceptent. La partition en classes sociales distinctes repose toujours sur une façon d’analyser la société. Ainsi, les physiocrates (école de pensée du XVIIIesiècle, qui est à l’origine du libéralisme économique) distinguaient la classe laborieuse (les agriculteurs, qui, en transformant des graines en récoltes plus abondantes, sont à l’origine du surplus qui est ensuite transformé par les autres classes de la société), la classe stérile (les ouvriers et artisans, qui se contentent de transformer ce que les agriculteurs ont créé) et la classe des propriétaires (qui finissent par empocher le gros du surplus). La communauté d’intérêts est donc fondée sur la position de chacun dans le circuit économique. Marx fait de la propriété des moyens de production le critère décisif pour déterminer l’appartenance à une classe sociale, et il distingue ainsi la bourgeoisie (qui possède les moyens de production) et le prolétariat (qui ne possède que sa force de travail). Max Weber insiste au contraire sur les déterminants politiques et administratifs, etc.

Caution

Cavalerie

Faire de la cavalerie est une opération qui consiste à masquer la réalité d’une incapacité de rembourser. Pour pratiquer de la cavalerie, il faut parvenir à persuader un nouveau créancier de prêter: cela ne peut se faire qu’en « arrangeant » les comptes, de manière à les rendre présentables. Par extension, les opérations de cavalerie en sont venues à désigner toutes les techniques consistant à attirer des personnes crédules en leur distribuant durant un temps des revenus élevés en échange de capitaux placés ou prêtés, ces revenus élevés étant eux-mêmes prélevés en réalité sur les apports de fonds, non sur les bénéfices réalisés.

CDC

CDD (contrat de travail à durée déterminée)

En droit français, le CDD ne peut être conclu pour plus d’un an, et il n’est renouvelable qu’une fois (toutefois, rien n’empêche un employeur de passer une série de CDD avec un salarié, dès lors qu’il y a eu une interruption d’au moins une semaine entre deux contrats successifs et que les contrats ne se succèdent pas à intervalle régulier: dans ce dernier cas, on est en présence d’un contrat saisonnier, qui est alors assimilé à un contrat à durée indéterminée). Un CDD doit obligatoirement être passé par écrit (à défaut, le contrat de travail est réputé être à durée indéterminée) et il doit s’accompagner du versement, au terme du contrat, d’une prime de précarité égale à 6% du salaire brut cumulé versé au titre du contrat (toutefois, la prime n’est pas due si le CDD est renouvelé ou transformé en contrat à durée indéterminée).

CDI (contrat de travail à durée indéterminée)

En droit du travail français, les élus du personnel (délégués du personnel, élus au comité d’entreprise ou au comité d’hygiène et de sécurité) ainsi que les délégués syndicaux (désignés par une confédération syndicale jugée représentative) sont protégés contre les licenciements par l’obligation d’une autorisation préalable de l’administration.

Ceca

CEE

Centile

Par exemple, en matière de revenus, il est fréquent que l’on classe les personnes dont on étudie les revenus par ordre croissant de revenu perçu: le premier centile regroupe alors le 1% le plus pauvre de la distribution. La valeur d’un centile peut être déterminée par sa limite de classe (le 1% le plus pauvre gagne moins de xeuros) ou par sa moyenne (le 1% le plus pauvre gagne en moyenne xeuros).

Centrale d’achats

En centralisant les commandes, l’enseigne peut bénéficier de conditions d’achat plus favorables. Certains disent excessivement favorables même: en effet, certaines enseignes (Carrefour, Leclerc) peuvent détenir plus de 10% des parts de marché nationales pour un type de produit donné. Ne pas être présent sur les linéaires de ce type de magasin, c’est, pour le fabricant, une réduction importante de ses espoirs de vente. Aussi bon nombre de producteurs sont-ils prêts à des concessions importantes pour être répertoriés dans le catalogue de la centrale d’achats. Il est fréquent que soient accordées des « ristournes arrière »: en fin d’année, en fonction du chiffre d’affaires effectué avec la centrale, le producteur s’engage à reverser un pourcentage déterminé (et croissant) du chiffre d’affaires. Depuis la loi Raffarin (1996), ces ristournes arrière ne peuvent être anticipées par les enseignes pour baisser leurs prix. Certaines enseignes interdisent toute commande directe de magasin auprès d’un producteur (c’est-à-dire toute commande qui ne passerait pas par la centrale de l’enseigne). D’autres laissent davantage de liberté et de souplesse (c’est le cas de Leclerc) pour certaines gammes de produits.

Cercle de qualité

Inspirés de l’exemple japonais, les cercles de qualité ont connu une grande vogue médiatique dans les années80. Il s’agissait d’inciter les salariés (car un cercle doit d’abord fonctionner sur la base du volontariat, de manière à ce que chacun puisse s’exprimer librement) à s’impliquer davantage dans leur fonction, à faire preuve de créativité pour éliminer les dysfonctionnements que, souvent, la hiérarchie ne parvient pas à déceler ou qu’elle se révèle impuissante à éliminer. Mais il a fallu déchanter: le cercle de qualité à la japonaise suppose une assez grande polyvalence au sein de l’équipe ou du service, et repose sur une hiérarchie à la fois peu importante et peu rigide, puisque chacun, au sein de l’équipe, est censé pouvoir faire l’ensemble des tâches dont il est question dans le cercle. Or la réalité des entreprises occidentales, et plus particulièrement françaises, est bien différente: hiérarchie beaucoup plus lourde et présente, tâches bien moins polyvalentes. Résultat: les cercles de qualité se sont révélés le plus souvent impuissants à changer les choses, parce qu’il aurait fallu bouleverser l’ensemble de l’organisation du travail.

Certificat d’investissement

Ce type de titre a été inventé pour permettre aux sociétés nationalisées en 1982 de faire appel à l’épargne publique sans que l’Etat perde son monopole de propriété. En effet, les certificats d’investissement ne sont pas des titres de propriété, mais des titres d’emprunt dont la rémunération est indexée sur les résultats distribués aux actionnaires (en l’occurrence, à l’actionnaire unique qu’est l’Etat).

Certificat de dépôt

Le prix auquel un certificat de dépôt peut se revendre (sur le marché monétaire) dépend de son taux d’intérêt et de la plus ou moins grande proximité du terme.

Cessation de paiement

CFA (Communauté financière africaine)

Chaebol

La plupart de ces conglomérats coréens ont été créés sous l’impulsion de l’Etat, de manière à pouvoir disposer d’industries exportatrices. Mais l’absence de transparence comptable, les difficultés de certaines de leurs branches ont provoqué l’éclatement des plus importants d’entre eux (Daewoo, Hyundai…) à la fin des années90.

Chambre d’agriculture

Il existe une chambre d’agriculture par département, et une Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) au niveau national.

Chambre de commerce

Il existe une chambre de commerce (et d’industrie) par ville d’une certaine importance, et une dans certains départements (appelée improprement chambre régionale de commerce et d’industrie), dont les dirigeants sont élus par les professionnels concernés. Les chambres de commerce sont financées par une taxe obligatoire (prélevée en même temps que la taxe d’apprentissage) et sont chargées notamment de la formation professionnelle (elles gèrent les écoles supérieures de commerce, ainsi que bon nombre de centres de formation d’apprentis) et des infrastructures aériennes ou portuaires. Elles sont enfin chargées de gérer le registre du commerce (répertoire de toutes les entreprises non artisanales à vocation marchande) et les centres de formalité des entreprises (chargés de procéder aux formalités déclaratives et fiscales pour l’inscription d’une entreprise qui se crée).

Chambre de compensation

La compensation n’a de sens qu’entre des acteurs qui accumulent des créances réciproques: par exemple, des banques qui détiennent chacune des chèques payables par les autres banques. Dans ce cas, il existe une chambre de compensation par département, sous l’égide de la Banque de France, qui organise une compensation quotidienne. Il existe des chambres de compensation sur les marchés à terme et sur certains autres marchés financiers sur lesquels on traite des instruments normalisés (Matif, par exemple). Dans le domaine des échanges internationaux, l’Organisation européenne des échanges économiques (OECE, l’ancêtre de l’OCDE) était également chargée de la compensation des créances réciproques accumulées par chacun des pays européens sur les autres. Tous les quinze jours, ces créances réciproques étaient compensées, et seuls les soldes étaient réglés en devises, ce qui réduisait d’autant les besoins en devises des pays participants, à une époque (1947-1959) où les devises étaient rares dans les banques centrales de ces pays ruinés par la guerre. Notons encore que Keynes, dans son projet d’organisme gérant les liquidités internationales, avait prévu la création d’une chambre de compensation.

Chambre de métiers

Les chambres de métiers sont financées de la même manière que les chambres de commerce (taxe obligatoire) et exercent des fonctions analogues. Leurs administrateurs sont élus par les professionnels de la circonscription concernée. Chaque chambre de métiers gère un registre des métiers (répertoire des entreprises artisanales et commerciales possédées par des travailleurs indépendants).

Change

Le change ne concerne pas le passage d’une forme de monnaie à une autre, puisque, si la forme se modifie (ex.: retrait d’argent sur un compte chèque, qui implique le passage d’une monnaie scripturale compte chèque à une monnaie fiduciaire billets), c’est la même unité monétaire qui subsiste: un euro en pièces et un euro sur un compte chèque mesurent un pouvoir d’achat identique. Le change ne concerne donc que le passage d’une unité monétaire à une autre: euro contre dollar, par exemple. Le régime de change est organisé par des règles internationales. Les pays qui acceptent des règles déterminées constituent un système monétaire international marqué par un régime de change commun. Dans un régime d’étalon (or, argent, ou toute autre marchandise jouant le rôle d’étalon), chaque monnaie est définie par une quantité de marchandise-étalon, et cette définition légale est doublée d’une obligation concrète: une banque (la banque centrale) est chargée de fournir aux porteurs d’unités monétaires qui le désirent le montant de marchandise-étalon correspondant à la définition légale, et inversement. Cette fonction (dite de convertibilité) assure le fonctionnement du système: si le taux de change entre deux monnaies appartenant au même système diffère du rapport entre les définitions légales (par exemple, 1gramme d’or pour 5francs et 5grammes d’or pour 1dollar, soit un rapport légal de1 à5), certains acteurs auront intérêt à changer leurs unités monétaires contre une certaine quantité d’étalon, à transférer ce dernier dans l’autre pays et, dans ce deuxième pays, à changer la quantité d’étalon obtenue dans le premier contre des unités monétaires du deuxième pays. Cette possibilité empêche les taux de change effectifs de s’écarter durablement du taux théorique obtenu par comparaison des définitions légales. De ce fait, le système monétaire avec étalon est stable. Dans un régime de changes flottants, il n’y a pas d’étalon, donc pas de définition légale et pas de convertibilité indirecte. Entre deux monnaies, le change est déterminé par des procédures de marché: certains vont vendre la monnaie qu’ils possèdent contre celle qu’ils souhaitent obtenir, d’autres vont acheter, si bien qu’il en résultera un prix, qui peut varier d’un instant à l’autre. Dans un système de ce type, la variabilité du change engendre à la fois incertitude et instabilité. Pour y faire face, les opérateurs ont tendance à se couvrir, c’est-à-dire à transférer sur des opérateurs particuliers (et des instruments particuliers) le risque de change. Ces opérateurs ne sont autres que les spéculateurs, qui tentent de tirer parti des fluctuations de cours sur le change entre deux monnaies. Mais, ce faisant, il arrive souvent qu’ils influencent à leur tour le niveau et l’évolution du change, si bien que les opérations de couverture aboutissent à réduire le risque pour un opérateur particulier (celui qui s’est couvert) en l’augmentant pour tous les autres (en raison des fluctuations accrues engendrées sur le marché par les opérations spéculatives). Le régime de l’étalon de change-or (en anglais Gold Exchange Standard) repose sur un ensemble de règles encore différentes: une seule monnaie (ou éventuellement un nombre limité de monnaies) est convertible en étalon sur la base de la définition légale. Cette monnaie est appelée monnaie clé, ou monnaie soleil. Les autres monnaies sont convertibles à taux fixe en cette monnaie clé. Ce régime de change assure les mêmes avantages qu’un régime d’étalon classique: le change est stable. Cependant, il repose sur d’autres règles, puisque cette stabilité repose sur la capacité de chaque banque centrale gérant une monnaie autre que la monnaie clé à vendre et acheter à taux fixe la monnaie clé. Seul le pays émetteur de la monnaie clé est contraint de convertir cette dernière en étalon. Ce système (qui a fonctionné de 1945 à 1973 entre les principaux pays capitalistes industrialisés) suppose donc que le pays à monnaie clé dispose d’une réserve d’étalon (l’or, en l’occurrence) suffisante pour satisfaire l’éventuelle demande de conversion, et que les autres pays participants disposent de réserves de monnaie clé également suffisantes pour assurer la convertibilité de leur propre monnaie. L’insuffisance de réserves n’est pas dramatique pour un pays qui n’émet pas la monnaie clé: il lui est possible de dévaluer, c’est-à-dire de modifier le taux fixe de change entre sa monnaie et la monnaie clé. Cela revient au fond à renchérir le prix de la monnaie clé, donc à réduire la demande de cette dernière. En revanche, si l’insuffisance de réserves concerne le pays émetteur de la monnaie clé, c’est tout le système qui est déstabilisé, puisque la règle de base (la convertibilité en étalon) est remise en cause. C’est pour cette raison que le Gold Exchange Standard s’est effondré en 1971, et qu’il a disparu officiellement en 1973, remplacé par un régime de changes flottants.

Changes fixes

Changes flottants

Charge

Il ne faut pas confondre charge et dépense. Il y a dépense lorsqu’il y a une sortie d’argent: or, certaines charges ne se traduisent pas par une sortie corrélative d’argent, soit parce que la sortie a déjà été enregistrée dans le passé (c’est le cas, par exemple, pour les équipements: la charge est donc étalée dans le temps et appelée amortissement), soit parce qu’elle sera supportée ultérieurement (lorsqu’on bénéficie de délais de paiement).

Charge affectable

Charges patronales

Le terme de « charges », utilisé à la place de « cotisations », est correct du point de vue comptable, puisqu’il s’agit effectivement d’un coût que l’employeur supporte. Mais, dans le langage courant, « charge » évoque plutôt un fardeau, et l’utilisation de ce terme n’est donc pas innocente: il s’agit de suggérer que le paiement des cotisations sociales est un fardeau pour les entreprises, et qu’elles se porteraient mieux si ce fardeau était allégé. C’est oublier que les salariés sont à l’origine de la production: si cette dernière est élevée (ce qui signifie que les salariés ont une efficacité élevée), il est légitime qu’ils en bénéficient sous forme de revenus plus élevés et de garanties sociales meilleures. D’autant que les employeurs eux-mêmes s’y retrouvent: des salariés en bonne santé, ou qui sont assurés de percevoir un revenu décent pour leurs vieux jours, sont en général plus productifs. La distinction entre cotisations sociales patronales et cotisations sociales salariales est largement dépourvue de sens. Ce qui compte, c’est le coût salarial pour l’employeur (salaire brut +cotisations sociales patronales), le salaire net pour le salarié (le salaire net mesure son pouvoir d’achat effectif), et l’ensemble des droits sociaux acquis (assurance chômage, droits à pension…) lorsque le contrat de travail prendra fin (c’est aussi ce que l’on appelle le salaire différé). Le poids respectif de ces trois éléments (le premier représentant la somme des deux autres) est important, puisqu’il détermine la place relative du salaire direct et celle du salaire différé. Mais que ces cotisations soient payées par déduction sur la feuille de paie ou directement par l’employeur n’a qu’une importance secondaire. On constate d’ailleurs que, au Danemark (où l’ensemble des cotisations patronales est nul, le financement des régimes sociaux étant effectué par l’impôt, lequel est très élevé) et en France (où elles sont les plus élevées d’Europe), la place de la masse salariale (salaires + cotisations sociales) dans la valeur ajoutée des entreprises est analogue. Ce qui montre à l’évidence que les cotisations sociales patronales ne sont pas prises sur le profit, mais que, lorsqu’elles existent, elles incitent les employeurs à réduire d’autant la rémunération directe.

Charges sociales

Charte d’Amiens

Ce texte a été voté à une large majorité, sous l’influence de Fernand Pelloutier, l’animateur des Bourses du travail (dont la CGT est issue), par opposition à la tradition britannique, dans laquelle les trade unions (syndicats de base) admettent, dans leurs congrès fédéraux, une représentation constituée du Parti travailliste, l’inverse étant vrai (et les trade unions continuent de détenir des droits de vote lors des Congrès du Parti travailliste). Dans cette tradition britannique, syndicalisme et parti politique ouvrier sont les deux branches d’un même mouvement et doivent agir de concert dans leur lutte contre le capitalisme. Au contraire, la tradition instaurée par la Charte d’Amiens ne consiste pas seulement à proclamer l’indépendance du syndicat vis-à-vis du parti politique ouvrier: elle marque la volonté des syndicalistes de transformer seuls la société, en privilégiant la voie de l’association ouvrière, c’est-à-dire de la gestion par les travailleurs de leurs outils de travail, sans intervention de l’Etat. D’où le terme d’anarcho-syndicalisme pour désigner cette tendance. Ironie de l’histoire, au sein de la CGT, l’influence croissante du Parti communiste (créé en 1920, par scission d’avec le Parti socialiste, alors appelé SFIO, Section française de l’internationale ouvrière) agira en sens inverse de la Charte d’Amiens, au point de faire du syndicat la « courroie de transmission » du parti (l’expression est de Lénine, dans Que faire?).

Chartisme

Au sens boursier du terme, le chartisme repose sur l’idée que les évolutions passées du cours d’un titre peuvent permettre de prévoir ses évolutions à venir, par similitude avec d’autres titres dans le passé, parce que les comportements d’achat et de vente des particuliers sont liés à ces évolutions constatées.

Chevalier blanc

En règle générale, le « chevalier blanc » ne mobilise pas ses ressources simplement par amitié, mais aussi pour prendre le contrôle de la société disputée. Simplement, aux yeux des dirigeants en place, le « chevalier blanc » est jugé plus acceptable que l’agresseur (ce qui signifie que, bien souvent, des négociations ont été menées pour que, en cas de victoire du « chevalier blanc », ce dernier laisse aux actuels dirigeants quelques strapontins rémunérateurs).

Chicago Board of Trade (CBOT)

Chicago est devenu le premier marché à terme du monde parce que la ville est située dans la principale zone de production céréalière et oléagineuse des Etats-Unis, puis dans le principal centre d’abattage de viande bovine (les abattoirs de Chicago, au début du siècle, étaient le principal lieu de production de conserves de viande): les farmers ont pris l’habitude de vendre leur récolte à terme, de manière à s’assurer des débouchés à des prix convenus à l’avance.

Chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires peut être mesuré toutes taxes comprises (TTC) ou hors taxes (HT), c’est-à-dire avant TVA et taxes spécifiques. C’est généralement la deuxième solution qui est choisie, puisque la TVA et les taxes spécifiques sont collectées pour le compte du Trésor public et ne bénéficient en rien aux entreprises. Le chiffre d’affaires est en réalité un mauvais indicateur de l’activité d’une entreprise: par exemple, Carrefour réalise un chiffre d’affaires à peu près comparable à celui de Renault, alors qu’elle emploie six fois moins de salariés. Le véritable indicateur de l’activité d’une entreprise, c’est la part du chiffre d’affaires qui correspond à des coûts de production internes, c’est-à-dire engagés pour payer des salariés ou amortir des équipements: ce n’est pas autre chose que ce qu’on appelle la valeur ajoutée.

Chiffre d’affaires consolidé

La consolidation peut se faire par équivalence ou globalement. Dans le premier cas, on retient une part du chiffre d’affaires correspondant à la part du capital détenue par la société qui contrôle l’entreprise (et qui consolide le chiffre d’affaires). Dans le deuxième cas, l’intégralité du chiffre d’affaires est retenue.

Chômage

Le chômage partiel désigne la réduction contrainte des horaires de travail, mais sans remise en cause du contrat de travail. Au contraire, le chômage total s’accompagne d’une cessation du contrat de travail. Avec la montée des situations intermédiaires (stages, « petits boulots », intérim) entre le chômage total et l’emploi classique, le Bureau international du travail (BIT) a été amené à définir plus précisément le chômage. Est en situation de chômage toute personne qui n’a pas travaillé la semaine précédente (fût-ce une heure), cherche effectivement du travail et est disponible pour occuper un emploi immédiatement. Ces trois critères sont, pour une part, arbitraires ou flous: à partir de combien de démarches, par exemple, est-il incontestable que l’on cherche activement du travail? Mais cette définition a un double mérite: d’une part, elle fixe un cadre permettant un chiffrage précis, d’autre part elle est internationale, ce qui autorise des comparaisons de pays à pays. Le chômage au sens du BIT (dont les personnes qui en font partie sont appelées, en France, personnes sans emploi à la recherche d’un emploi, ou PSERE) ne doit pas être confondu avec les inscriptions à l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE): ces inscriptions sont volontaires, et l’ensemble des inscrits constituent les demandeurs d’emploi comptabilisés en fin de mois (d’où le terme de DEFM: demandeurs d’emploi en fin de mois), souvent confondu avec le chiffre du chômage (au sens du BIT). Ce dernier est mesuré (en France) par une enquête annuelle de l’Insee et actualisé chaque mois à partir des chiffres des DEFM.

Chômage conjoncturel

Chômage déguisé

Chômage naturel

Une variante du chômage naturel a été introduite par l’OCDE sous le nom de Nairu (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment, ou taux de chômage n’engendrant pas d’inflation): c’est le taux de chômage en dessous duquel un pays ne peut descendre s’il ne souhaite pas que les tensions sur certaines portions du marché du travail n’engendrent une tendance à la hausse des prix. Dans les deux cas (Friedman et OCDE), l’analyse sous-jacente postule que le système économique conduit spontanément à l’équilibre de plein-emploi, et que seules des rigidités (tensions sur le marché du travail pour l’OCDE, règles sociales, intervention publique ou rôle des syndicats pour Friedman) empêchent cet équilibre de s’instaurer. C’est évidemment une façon d’enterrer Keynes et l’ensemble des analyses qui voient dans le chômage, non un indicateur des imperfections du marché, mais une caractéristique d’une économie de concurrence dans laquelle le marché conduit à des équilibres partiels, mais pas à un équilibre d’ensemble.

Chômage technique

Chômage volontaire

Cigale (Club d’investissement pour une gestion alternative et locale de l’épargne)

Le mouvement des Cigale (réuni en une fédération) vise clairement à mettre l’épargne de ses membres au service d’un développement local et solidaire, dans lequel le profit n’occupe qu’une place secondaire. Son rôle est, en intervenant comme apporteur de fonds propres, de permettre à des porteurs de projet d’entreprise de pouvoir accéder au crédit bancaire. Mais son rôle est limité: ne pouvant prêter de l’argent, une Cigale ne peut intervenir que dans des sociétés (SARL, SA ou SNC), ce qui n’est pas la forme la plus fréquente de création de petite ou très petite entreprise.

Classe d’âge

Classe sociale

Il ne faut pas confondre classes sociales et hiérarchie sociale. Dans les sociétés de type hiérarchique, la position de chacun était déterminée à la naissance et immuable. L’analyse qui était faite de cette prédestination et de cette immobilité sociale renvoyait à un ordre voulu par la divinité, d’où le terme de société d’ordres (ou, plus simplement, d’ordres) pour désigner cette hiérarchie sociale acceptée par tous. La naissance des sociétés démocratiques, dans lesquelles la place de chacun ne lui est pas assignée à la naissance, mais dépend en partie (jamais totalement, en réalité) de ses mérites, a bouleversé cette vision d’une société d’ordres. C’est alors qu’est né le concept de classes sociales: faire partie d’une classe déterminée n’est pas immuable; cela dépend de la position occupée dans la société, et cette position est susceptible d’évoluer. Marx est celui qui a développé avec le plus de rigueur ce concept, en l’articulant avec la propriété des moyens de production. La classe sociale, dans la conception marxiste, ne renvoie donc pas seulement à une position sociale, mais aussi à une dynamique: de l’antagonisme des classes sociales et des formes qu’il prend dépend pour une large part l’évolution de la société dans son ensemble.

Classes moyennes

Il s’agit d’un terme qui est typiquement un faux ami, puisqu’il ne s’agit évidemment pas d’un groupe social moyen (avec un revenu proche du revenu moyen, par exemple), mais d’un groupe idéal-type, celui auquel la plupart des gens souhaite appartenir. De ce fait, le revenu des classes moyennes est très au-dessus de la moyenne, puisqu’il s’agit d’un groupe qui dispose de l’ensemble des biens et services dont l’accès est considéré comme souhaitable par la majorité. Le pluriel est utilisé pour désigner le fait que ce groupe social idéal se recrute habituellement dans des groupes sociaux de salariés (ingénieurs, cadres supérieurs, professeurs) et de non-salariés (professions libérales). Le sentiment d’appartenance aux classes moyennes est d’autant plus fort que les groupes sociaux qui visent à s’identifier à elles en sont proches: par conséquent, l’idéologie de la classe moyenne (ou des classes moyennes) sera d’autant plus forte que les distances sociales sont moindres (ce qui exclut, par exemple, que l’aristocratie puisse être une classe moyenne, puisqu’on y accède seulement par la naissance) et que la dynamique sociale laisse espérer aux groupes sociaux concernés qu’ils parviendront à atteindre le niveau de vie espéré dans un délai raisonnable. C’est aux Etats-Unis que s’est développée cette idéologie, à la fois en raison de la forte mobilité sociale qui a longtemps caractérisé la société américaine (le rêve américain consiste à penser que toute personne pauvre peut devenir riche par ses seules volonté ou intelligence) et de l’augmentation continue du niveau de vie. Dans les sociétés européennes, plus rigides, où les positions sociales sont plus figées, l’idée d’une classe moyenne devenant la règle quasi universelle (idée que l’on appelle parfois la moyennisation) est moins répandue, alors que l’idée d’une opposition entre classes sociales fait davantage partie de l’idéologie commune. D’un point de vue statistique, il est frappant de constater que le sentiment d’appartenance aux classes moyennes est très fort dans les couches sociales les plus riches (à l’exception des 3 ou 4% les plus riches, qui se ressentent plutôt comme classes dominantes). Ainsi, les médecins ou les ingénieurs déclarent presque tous appartenir aux classes moyennes, alors que, de par leurs revenus, ils font partie du décile le plus aisé, et sont donc statistiquement nettement au-dessus de la moyenne des revenus. Cela ne s’explique pas seulement par le fait que ces catégories relativement privilégiées incarnent assez bien l’idéal auquel aspirent bon nombre de personnes, qui espèrent pouvoir disposer un jour du mode de vie confortable (mais pas forcément aristocratique ou élitiste) dont jouissent ces professions. Un autre mécanisme sociologique est à l’oeuvre: un médecin, par exemple, tend à vivre dans un milieu social proche de lui, où, par conséquent, il côtoie d’autres médecins ou des personnes ayant un revenu, une origine sociale, des centres d’intérêt, une culture assez proches de la sienne. Dans ce milieu relativement homogène, il constate que certains gagnent plus que lui, d’autres moins que lui: il a donc tendance à estimer qu’il fait partie de la moyenne, non pas par rapport à l’ensemble de la population, qu’il ignore assez largement, mais par rapport à son milieu de vie habituel, qu’il a tendance à prendre pour représentatif de la population dans son ensemble.

Clause de la nation la plus favorisée

Cette clause a pour objet de favoriser la concurrence (puisque tous les pays liés commercialement bénéficient automatiquement des mêmes avantages, par exemple sur les droits de douane applicables aux importations qui viennent de chez eux) et d’empêcher que, par une politique commerciale habile, un pays ne fasse pression sur un autre (en menaçant, par exemple, de le traiter moins bien que les autres). Toutefois, cette clause ne concerne que les pays ayant signé des accords en ce sens, comme c’était le cas pour les accords du Gatt ou, désormais, pour l’OMC (voir ces termes). En outre, il existe des exceptions à cette clause (dans le cas de groupements régionaux notamment: par exemple les pays de l’Union européenne, bien que membres de l’OMC, ne sont pas tenus de faire bénéficier les autres pays de l’OMC de la suppression des droits de douane qu’ils ont décidée entre eux).

Clause sociale

Pour l’instant, la mise en place d’une éventuelle clause sociale n’est qu’une proposition, non encore suivie d’effet. Elle ne pourra le devenir que si l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) l’adopte à l’unanimité, ce qui est loin d’être acquis.

Clauses de sauvegarde

Clearing

Clientélisme

Cliométrie

Les « inventeurs » de cette nouvelle discipline sont Robert Fogel et Douglas North, deux économistes américains qui ont reçu pour cela le prix Nobel de sciences économiques en 1993. Pour eux, il ne fait aucun doute que l’intérêt mène le monde, et que la réussite ou l’échec dans le développement d’un pays s’explique par l’existence de règles favorables ou défavorables à l’initiative individuelle et à la propriété privée.

Closed shop

Dans la pratique, cette règle revient à donner à l’organisation syndicale en question un monopole, puisque toute personne exclue ou non membre est dans l’impossibilité d’obtenir du travail. Mais en contrepartie, l’organisation syndicale s’engage à sélectionner des personnes compétentes. En France, la CGT des docks et celle du livre ont eu longtemps ce type d’avantage, sinon en droit, du moins de facto. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aux Etats-Unis, il existe encore des cas de closed shops tolérés par la loi.

Club d’investissement

Club de Londres

Club de Paris

Le Club de Paris n’intervient que lorsqu’un pays a conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) au titre de l’ajustement structurel. C’est en fait en raison de cette obligation préalable que la plupart des pays surendettés acceptent de négocier avec le FMI.

Club de Rome

CMU (couverture maladie universelle)

La CMU ne se borne pas à garantir l’assurance maladie à tous, elle prend également en charge la couverture complémentaire (de type mutuelle) pour toutes les personnes dont le revenu est inférieur à un plafond de ressources. Cette double assurance -principale et complémentaire- a permis de faire accéder aux soins tous ceux dont le revenu ne permettait pas de faire l’avance des soins ou dont le ticket modérateur (dépenses restant à la charge de l’assuré ou de son assurance complémentaire) dépassait leurs capacités de financement.

CNPF (Conseil national du patronat français)

Cnuced (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement)

Conçue au départ pour promouvoir et concrétiser un droit du développement, la Cnuced n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. En particulier, après avoir beaucoup bataillé pour obtenir que soit créé un Fonds de stabilisation des produits de base doté d’un financement adéquat, la Cnuced n’a jamais réussi à faire fonctionner ce Fonds, faute de moyens financiers. La Cnuced a été victime de plusieurs phénomènes: d’abord la fragmentation du tiers monde; ensuite, l’émergence sur la scène internationale des nouveaux pays industrialisés (dont la réussite a montré que le développement tenait moins au prix des matières premières qu’à la capacité à percer sur les marchés extérieurs) et de la libéralisation des échanges (rendant impossible la stabilisation des cours des matières premières). Aujourd’hui, la Cnuced s’efface derrière l’Organisation mondiale du commerce (OMC), au sein de laquelle sont discutées les conditions d’accès au marché des pays riches. Elle demeure néanmoins un organisme qui recueille une information utile sur les firmes multinationales, les investissements à l’étranger et la situation des pays les plus pauvres.

Cob

Codévi (Compte de développement industriel)

Le nom de ce compte sur livret indique que l’épargne collectée doit être affectée par les organismes collecteurs à des achats de titres émis par des entreprises. Comme le revenu versé aux épargnants est fixe, cela signifie que les banques assument le risque du placement. Le montant du Codévi est limité à 5000euros par personne.

Coefficient budgétaire

L’expérience montre que les coefficients budgétaires se modifient avec l’évolution du pouvoir d’achat. Certaines familles de biens et de services voient leur consommation augmenter moins vite que le pouvoir d’achat (c’est le cas de l’alimentation, mais aussi de l’habillement), d’autres au même rythme (logement), d’autres enfin plus vite (santé, loisirs, communication). Le premier à avoir mis en évidence ces transformations de la structure budgétaire des dépenses de consommation des ménages est un statisticien prussien du XIXesiècle, Ernst Engel, d’où le terme lois d’Engel pour désigner ces transformations. Engel estimait que, en cas de hausse du pouvoir d’achat, les achats de biens de base -ceux nécessaires à la vie- se développaient moins vite que les achats de bien de confort. Et que, au sein d’une même fonction -l’alimentation, par exemple- les achats de biens de base (céréales) se développaient moins vite que ceux de biens plus élaborés ou plus chers (viande). Cette distinction était judicieuse, même si, comme l’expérience le montre tous les jours, la pression sociale, le désir de mimétisme ou d’intégration dans un groupe social peuvent perturber ces grandes évolutions. Ainsi, les ménages très défavorisés tiennent malgré tout à disposer du téléphone et d’une voiture, fût-ce au détriment de l’alimentation, car ces biens sont nécessaires pour être considéré comme tout le monde.

Coefficient de capital

Coefficient technique

Le calcul des coefficients techniques (ou calcul input/output) a été réalisé pour la première fois à l’échelle nationale par Wassily Leontief, s’inspirant d’une démarche adoptée par les planificateurs russes. Il s’agissait de représenter, dans un tableau à double entrée, ce que chaque branche achetait aux autres branches: ainsi, on avait une idée assez précise de ce que la croissance d’une branche impliquait pour les autres branches dont les débouchés étaient tirés dans des proportions dépendant des coefficients techniques constatés. Ces calculs avaient le mérite de montrer, et de chiffrer, les interdépendances qui sont à la base de la constitution d’un système productif. Mais les calculs ne pouvaient concerner que des branches assez larges: pas question, par exemple, d’isoler une catégorie d’acier particulière, car cela aurait exigé un luxe de détails inaccessible pour constituer le tableau input/output, sans compter les difficultés de calcul au sein d’un tableau pouvant comporter plusieurs milliers de lignes et autant de colonnes. Or, d’un point de vue technique, regrouper l’ensemble des aciers sous une même rubrique n’a guère de sens, tant les usages et les possibilités de substitution sont différentes d’un type d’acier à l’autre. Il en est de même pour les plastiques, les textiles et, d’une manière générale, pour tous les produits de base. C’est pourquoi ce genre de démarche, intéressant pour une économie peu développée qui ne réalise qu’un nombre limité de produits et qui doit sans cesse s’interroger sur les productions qui lui seront les plus utiles (celles dont les effets sur la croissance interne seront les plus élevés, ou celles qui réduiront le mieux possible les goulots d’étranglement existants) ne présente que peu d’intérêt pour une économie beaucoup plus diversifiée. Néanmoins, il est important de continuer à calculer de tels coefficients techniques, par exemple pour mesurer le prélèvement en ressources non renouvelables de telle ou telle production: ainsi, le contenu énergétique de telle marchandise.

Cogestion

Exemples: en Allemagne, les représentants des travailleurs sont obligatoirement présents au conseil d’administration ou au conseil de surveillance (voir ces termes) des entreprises de plus de 200salariés. On parle aussi de cogestion à propos du syndicat agricole majoritaire en France (la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles: FNSEA), qui a largement participé à la détermination de la politique agricole.

Cohésion sociale

La cohésion sociale repose à la fois sur une limitation effective des inégalités et sur l’adhésion à un même ensemble de valeurs et un même modèle de société, dans lequel les gains de richesse sont diffusés de façon relativement homogène à l’ensemble des membres du corps social.

Colbertisme

Les entreprises créées par Colbert, ou sous son impulsion, l’ont été pour fournir au roi les objets dont il avait besoin (les verreries de Saint-Gobain ont ainsi manufacturé les glaces de la Galerie des glaces du château de Versailles; la manufacture des Gobelins, les tapisseries de décoration du même château, etc.) ou pour produire ce qui était nécessaire à l’équipement des armées (chantiers navals, fabriques de poudre à canon…). Plus largement, le colbertisme en est venu à désigner le contrôle de l’Etat central sur l’économie (fixation des prix, des poids, etc.).

Collectif budgétaire

Collectivisme

Le collectivisme aboutit à donner aux détenteurs du pouvoir politique le contrôle également du pouvoir économique. C’est pourquoi, faute de contre-pouvoirs, les sociétés collectivistes ont tendance à devenir totalitaires.

Comité d’aide au développement (CAD)

Comité d’entreprise (CE)

Lorsqu’une entreprise comporte plusieurs établissements, elle doit créer autant de comités d’établissement qu’elle a d’établissements d’au moins 50salariés, l’ensemble de ces comités d’établissement étant coiffé par un comité central d’entreprise. Les représentants aux comités d’entreprise sont élus par le personnel: au premier tour, seuls les syndicats dont la représentativité a été prouvée selon les règles posées par le code du travail ont le droit de proposer des candidats (qui doivent être membres du personnel). Si le nombre de votants est inférieur à 50%, un deuxième tour est organisé, et il n’est plus nécessaire que les candidats aient l’aval de syndicats représentatifs. Initialement, le rôle des CE devait être large, de nature économique autant que sociale, puisqu’ils étaient conçus comme des institutions chargées de donner le point de vue du personnel sur les grandes orientations de l’entreprise. Mais, très vite, la crainte qu’une cogestion s’instaure, au risque de multiplier les occasions de conflit, donc les possibilités de paralysie de l’entreprise, a entraîné une réduction forte du champ d’intervention. Les CE ont été chargés de gérer les oeuvres sociales de l’entreprise. Ils doivent être consultés en cas de projets de licenciement ou en cas de rapprochement avec d’autres entreprises. Les comptes annuels doivent leur être présentés avant les actionnaires, et ils peuvent les faire expertiser. Reste qu’il s’agit davantage d’un droit d’information que d’un pouvoir d’orientation, et le CE à la française reste fort éloigné des institutions de cogestion à l’allemande.

Commandite

Commerce captif

Commerce équitable

Particulièrement importantes aux Pays-Bas et en Suisse, les organisations de commerce équitable ont mis en place des centrales d’achat qui pratiquent des prix différents de ceux du marché, tandis que des organismes indépendants vérifient que les prix versés aux entreprises qui vendent (en général des coopératives) se traduisent bien en rémunérations décentes versées aux travailleurs. Les produits du commerce équitable sont attestés par un label (Max Havelaar le plus souvent).

Commerce triangulaire

Commissariat général du Plan

Le premier Commissaire au Plan a été Jean Monnet, l’artisan de la reconstruction française et créateur de la Ceca (voir Communauté économique européenne), qui est à l’origine lointaine de l’Union européenne. Dans les années60, alors que le général De Gaulle disait du Plan qu’il devait être une « ardente obligation » (le Commissaire au Plan était alors Pierre Massé), la planification à la française connut son heure de gloire internationale, puisqu’on lui attribuait la rapidité de la croissance économique et de la modernisation de la société française.

Commission des opérations de Bourse (Cob)

Commission européenne

La Commission européenne est composée de commissaires nommés par les Etats membres, mais qui en deviennent indépendants dès lors qu’ils sont nommés. Les vingt commissaires -deux par grands pays (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Espagne) et un pour chacun des autres pays- désignent un président (actuellement Romano Prodi), se font assister par un ensemble de fonctionnaires (environ 10000) et rendent compte, soit devant le Parlement européen (qui n’a pas le droit de les censurer, mais qui vote le budget), soit devant le Conseil des ministres.

Commodités

On confond souvent produits de base et matières premières: si ces dernières désignent uniquement les produits tirés du sol, du sous-sol ou de la mer, avant toute transformation (produits agricoles, minerais, pétrole brut, bois…), les produits de base désignent les matières premières ayant subi une première transformation en vue de leur utilisation dans un processus industriel: lingot de cuivre, bloc de silicium, farines, essences… Le propre des commodités (ou produits de base) est d’être standardisées, de façon à pouvoir être utilisées dans l’industrie. Ainsi, le pétrole brut est une matière première, alors que le gazole est une commodité. Mais, dans tous les cas, la standardisation des commodités fait que, faute de pouvoir différencier leur production de celle de leurs concurrents, les producteurs sont amenés à se faire une concurrence féroce par les prix, ce qui donne en général une prime aux plus gros producteurs (phénomène des économies d’échelle). D’où le poids largement prédominant des firmes multinationales dans la production des commodités.

Communauté économique européenne (CEE)

Ces changements de nom successifs reflètent largement la transformation du projet initial: le traité de Rome (1957) instaurait une union douanière, c’est-à-dire visait une libre circulation des marchandises au sein des pays adhérents, assortie d’un tarif douanier commun vis-à-vis des pays non membres. Accessoirement, il prévoyait des règles particulières pour l’agriculture, secteur qu’il semblait important de protéger de la concurrence mondiale. La CEE a réussi au-delà de tous les espoirs, au point de devenir, durant les années60, la zone économique la plus dynamique du monde, Japon excepté. D’où les élargissements successifs, qui traduisent l’attractivité de cette zone. Mais ces élargissements contribuent en même temps à obérer l’homogénéité de la Communauté: entre la Grèce et l’Allemagne, l’écart de production par tête est de l’ordre de 1 à 3. La transformation en Union européenne marque le désir d’une partie au moins des pays membres de passer d’une zone économique à une fédération politique, c’est-à-dire de franchir un pas décisif, l’intégration politique accompagnant désormais l’intégration économique.

Communisme

Le communisme primitif désigne les formes d’organisation sociale dans lesquelles la production est totalement communautaire, le partage s’effectuant selon des règles qui n’ont rien à voir avec l’apport productif de chacun. Ce n’est donc pas le calcul économique, ni la mesure individuelle, qui sont à la base de la répartition. Le communisme est devenu, au cours du XVIIIesiècle, avec Gracchus Babeuf notamment, une critique de la société bourgeoise et de ses inégalités: cette tradition, reprise durant la première moitié du siècle suivant par Etienne Cabet, Louis Blanc et Proudhon, fait de la société communiste à venir une société égalitaire. Karl Marx transforme largement cette perspective: pour lui, le communisme n’est pas une société idéale, c’est une société sans classe et où, par conséquent, les freins à l’activité productive ont été levés, permettant du même coup d’en finir avec la rémunération fondée sur l’apport productif de chacun. Mais Marx, refusant d’anticiper sur le mouvement social, est resté très vague sur les formes d’organisation de cette société libérée de l’exploitation, au contraire des socialistes utopiques, qui ont multiplié les descriptions minutieuses de la cité idéale. Reste que le communisme, société d’abondance, n’a plus besoin d’un appareil d’Etat conçu pour imposer la domination d’une classe sur l’autre dans la société capitaliste ou répartir ce qui demeure de pénurie dans la société socialiste. Le communisme est donc une société sans Etat, sans frein productif, donc sans contrainte et sans conflit: autant dire une société sans histoire, ce qui sera beaucoup reproché à Marx.

Compensation

La technique de la compensation permet de diminuer les besoins de liquidités sans entraver les échanges réciproques. Elle est utilisée notamment pour les échanges interbancaires: les banques commerciales recourent ainsi aux services d’une chambre de compensation (voir ce terme) mise en place par la Banque de France pour changer les chèques qu’elles se doivent mutuellement. Elle a également été utilisée au sein de l’OECE pour réduire les besoins en devises des pays participant à cette organisation (voir OCDE).

Compétitivité

La compétitivité a été longtemps réduite au seul facteur prix: était compétitive une entreprise qui vendait moins cher que les autres. Dans cette conception traditionnelle, tout ce qui contribuait à augmenter les coûts était soupçonné de nuire à la compétitivité. De plus en plus on remet en cause cette vision statique: l’acheteur ne choisit pas forcément le produit le moins cher, mais aussi celui dont la fiabilité est la meilleure, la qualité reconnue, le service après-vente performant, le contenu en innovation plus élevé, le financement mieux étudié, etc. Bref, il existe une « compétitivité hors prix », et pas seulement une « compétitivité prix » (ou « compétitivité coût »). Par exemple, les voitures japonaises ont longtemps eu du mal à percer en Europe parce que leur qualité était jugée suspecte, malgré leurs prix plus bas que les voitures européennes comparables. C’est l’octroi par Toyota d’une garantie de trois ans qui a modifié du tout au tout les conditions de la compétitivité de l’industrie japonaise sur les marchés européens. Sans doute ne faut-il pas pousser le bouchon trop loin: un prix moins élevé est un argument commercial qui conserve son importance, surtout sur certains marchés (cf. le succès des commerces qui pratiquent le superdiscount, ou maxidiscompte en français). Mais le fait que l’Allemagne soit à la fois le premier exportateur industriel du monde et le pays dont les coûts salariaux sont les plus élevés montre bien que la compétitivité hors prix joue aussi un rôle important, surtout pour les produits dont les usagers exigent une totale fiabilité.

Composition organique du capital

Pour Marx, le capital -c’est-à-dire les fonds qui permettent au propriétaire des moyens de production de mettre en valeur la force de travail des prolétaires- se décompose en deux. Une partie est utilisée pour acquérir les équipements, les biens et services nécessaires à la production (matières premières, biens de production, énergie, etc.). Une autre partie sert à payer les salariés, en attendant que la production de ces derniers soit vendue et engendre des rentrées d’argent. Alors que le premier type d’utilisation -équipements et biens de production- ne crée aucune valeur, le deuxième type de dépense -l’embauche de salariés auxquels on verse des avances sur le produit de leur travail- est productif, puisque le travail crée de la valeur nouvelle dans des proportions plus fortes qu’il n’en consomme. Et une partie de cette valeur sera conservée par les capitalistes, dont le capital, du coup, grossira. Voilà pourquoi Marx parle à son propos de capital variable, tandis que les autres utilisations de fonds par les capitalistes sont qualifiées de capital constant. La complexification des techniques et l’automatisation tendent à augmenter la part relative du capital constant dans l’ensemble du capital investi: la composition organique s’élève. Mais, d’autre part, seul le travail -le capital variable- est créateur de valeur nouvelle. La tendance à l’augmentation de la composition organique du capital tend donc à réduire la rentabilité du capital: voilà qui, pour Marx, est une contradiction importante, dont il fera (dans le livre III, posthume, du Capital) la source essentielle de la crise qui finira par emporter le capitalisme.

Compradore

Comptabilité analytique

Dans les charges d’une entreprise, certaines sont facilement affectables à un produit, à un client ou à une opération déterminée. Par exemple, l’éditeur connaît le coût du papier de tel livre. Mais cela ne lui suffit pas pour calculer le coût de revient complet, car une partie des charges de l’entreprise est commune à plusieurs produits: comment affecter le coût de l’assurance des locaux, par exemple? La comptabilité analytique propose des méthodes pour affecter ainsi ces charges non directement affectables, de sorte que l’on puisse calculer le coût de revient complet, c’est-à-dire y compris les charges communes, celles qui sont relatives à l’ensemble de l’entreprise, et pas simplement à un produit particulier.

Comptabilité budgétaire

Comptabilité analytique et comptabilité budgétaire sont des méthodes d’analyse des coûts et des fonctions que l’on regroupe souvent sous le terme de contrôle de gestion. Il s’agit de comprendre les raisons pour lesquelles l’entreprise réalise des profits ou des pertes, afin d’éclairer les décisions stratégiques en matière d’orientation de production, de recherche de clientèle, etc.

Comptabilité générale

La comptabilité générale aboutit à deux documents qui, dans les sociétés, doivent être approuvés chaque année par l’assemblée générale des actionnaires: le bilan (qui dresse l’état du patrimoine de l’entreprise à la date de clôture des comptes) et le compte de résultat (qui donne le détail des charges et des produits enregistrés au cours de l’exercice, donc le montant du résultat constitué par la différence entre ces deux grandeurs).

Comptabilité nationale

Les techniques de la comptabilité nationale -mises au point en France depuis le début des années50 et perfectionnées à plusieurs reprises depuis- ont beaucoup amélioré la connaissance chiffrée de l’activité économique au sein d’un pays donné. En outre, l’harmonisation européenne, qui a abouti à doter les pays de l’Union européenne d’un système commun de comptabilité nationale, appelé « SEC95″, permet déjà largement de comparer les données et les résultats, donc de procéder à des analyses approfondies. Enfin, les méthodes de collecte des données chiffrées se sont beaucoup améliorées, si bien que la fiabilité des données recueillies est grande et que l’on peut, grâce à la comptabilité nationale, suivre avec précision les fluctuations de la conjoncture et les transformations du système productif, ce qui permet aux pouvoirs publics d’adapter la politique économique sans tarder. Mais il convient de ne pas tomber dans le piège des chiffres. Le niveau d’activité ne dit rien des conditions -sociales, écologiques…- dans lesquelles a lieu cette activité. Il ne dit rien non plus du niveau de satisfaction des gens, du degré de cohésion sociale, des coûts environnementaux que nous léguons éventuellement aux générations futures, etc. La comptabilité nationale n’est qu’une des multiples facettes d’observation d’une réalité complexe. La croissance économique, qu’elle chiffre avec précision, n’est ni le but ultime de l’activité humaine, ni le gage du bon fonctionnement de la société.

Compte à terme

Certains comptes à terme peuvent être débloqués avant terme, mais moyennant la perte de tout ou partie de la rémunération prévue (par exemple, le plan d’épargne logement: PEL).

Compte d’affectation spéciale

Les comptes d’affectation spéciale sont une exception à la règle dite de l’universalité des recettes fiscales: ces dernières ne peuvent normalement pas être affectées à un usage spécifique. Les comptes d’affectation spéciale sont donc créés par le législateur lui-même (c’est-à-dire le Parlement), qui autorise l’exécutif à effectuer cette exception. Initialement, c’est d’ailleurs parce que le Parlement craignait qu’un nouvel impôt, institué pour financer une dépense nouvelle, ne soit utilisé à tout autre chose, que ces comptes ont été créés. Ainsi, en 1956, le Gouvernement de l’époque avait demandé à ce qu’une vignette automobile soit créée pour pouvoir financer un minimum vieillesse au profit des personnes âgées n’ayant pas cotisé (ou pas assez) pour leur retraite. Méfiant, le législateur avait autorisé ce nouvel impôt (supprimé en 2001) sous réserve de la création d’un compte d’affectation spéciale, de manière à pouvoir vérifier que l’exécutif ne profitait pas de cette nouvelle ressource pour financer d’autres dépenses.

Compte d’épargne logement

Le principe est simple: le montant des intérêts payés au titre du compte ne peut être supérieur au montant des intérêts acquis. Par conséquent, plus l’épargnant choisit une longue durée de prêt, moins le montant de ce dernier est élevé. A la différence d’un plan d’épargne logement, le compte peut être utilisé au bout de 18mois d’épargne (contre 48mois pour le plan), les sommes versées ne sont pas immobilisées et les versements sont libres. En revanche, la rémunération (donc le droit au prêt) est plus faible.

Compte de résultat

Le compte de résultat se décompose en plusieurs sous-ensembles: le résultat d’exploitation est issu de l’activité normale de l’entreprise, avant charges ou produits exceptionnels, charges ou produits financiers et montant de l’impôt sur les bénéfices et de la participation. Les charges et produits exceptionnels (c’est-à-dire non liés à l’exercice ou correspondant à des évènements non récurrents) permettent de déterminer un « résultat exceptionnel », les charges et produits financiers (liés au coût des emprunts ou découverts, d’une part, aux ressources tirées des placements ou participations, sans oublier les remises liées au paiement comptant, d’autre part) permettent de déterminer un résultat financier. Le résultat courant avant impôt est la somme de ces trois résultats. Le résultat net comptable est égal au résultat courant, diminué des impôts et de la participation.

Comptes consolidés

La consolidation partielle est encore appelée consolidation par équivalence: on ne retient alors que le pourcentage de capital détenu par la société qui consolide (si la société qui consolide détient 20% de la société consolidée, seuls 20% des différents comptes constituant le compte de résultat et le bilan seront ajoutés aux comptes de la société qui consolide). La consolidation intégrale est obligatoire à partir de 50% du capital détenu.

Concentration

Il est évident que le terme concentration peut s’appliquer à beaucoup de réalités économiques: concentration des revenus, concentration des patrimoines, concentration urbaine, etc. Mais utilisé sans précision, il s’applique généralement à la concentration des entreprises définie ci-dessus. La concentration horizontale peut être mesurée en rapportant la part de la production (ou du chiffre d’affaires total) réalisée par les npremières entreprises à la part que représentent ces nentreprises dans le total des entreprises de la branche. Il en est de même d’ailleurs des revenus ou du patrimoine: si 10% de la population disposent de 50% des revenus, la concentration est plus forte que si ce même dixième ne dispose que de 30%. Ce type de calcul s’effectue à l’aide d’indices de concentration. Dans le domaine des entreprises, la réalité économique est celle d’une concentration horizontale sans cesse accrue pour toutes les activités au sein desquelles existent des économies d’échelle, c’est-à-dire une réduction des coûts de production avec l’augmentation de la taille. Cette tendance n’entraîne cependant pas une réduction sensible du nombre d’entreprises, contrairement aux prédictions de Marx, qui soulignait que, de crise en crise, la concentration déboucherait à la longue sur une monopolisation de la production par quelques grands trusts . Certes, dans la sidérurgie, l’automobile ou la chimie, il ne subsiste qu’un nombre limité et décroissant de producteurs. Mais, parallèlement, naissent de nouvelles activités (tertiaires très souvent). Et surtout, des formes de spécialisation fine permettent de jumeler économies d’échelle et tissu industriel diversifié.

Concession de service public

Pour qu’il y ait prestation de service public, il est nécessaire que les usagers éventuels soient tous soumis à la même tarification (égalité devant le service) quel que soit le coût de fourniture du service. Par exemple, le kWh d’électricité doit être vendu par le concessionnaire au même prix quelle que soit la localisation de l’abonné. Par conséquent, c’est surtout sur la détermination du tarif de la concession que porte le cahier des charges que doit respecter le concessionnaire.

Concurrence

Incontestablement, la concurrence stimule les efforts des producteurs et explique que l’économie de marché, tout compte fait, se soit révélée nettement plus efficace et nettement plus innovatrice que les économies planifiées, où rien ne pousse les entreprises à remettre en cause leurs avantages acquis. Les analyses contemporaines montrent même qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait plusieurs producteurs visant le même marché pour produire cet effet concurrentiel: il suffit de la menace d’un nouveau producteur entrant pour inciter celui qui détient (provisoirement) le monopole d’un produit à ne pas abuser de sa situation de monopole. Toutefois, il existe de nombreuses façons de réduire la concurrence, depuis les barrières à l’entrée (voir ce terme) jusqu’aux brevets (qui empêchent les éventuels concurrents d’utiliser les mêmes procédés de production), en passant par la publicité (dont le niveau existant élevé peut dissuader un nouveau venu, qui craint de ne pas parvenir à se faire connaître des acheteurs potentiels), etc. En outre, même des concurrents peuvent s’entendre sur des règles au détriment des acheteurs, tandis que la différenciation des produits (par la marque ou par une qualité particulière) peut convaincre les acheteurs qu’en fait seul un producteur déterminé est en mesure de leur vendre ce qu’ils cherchent à acheter. La réalité économique est faite souvent de concurrence imparfaite, c’est-à-dire de situations dans lesquelles les critères de la concurrence parfaite (voir ce terme) ne sont pas réunis. La concurrence monopolistique désigne la situation dans laquelle deux firmes produisent des biens proches, mais différents: elles disposent chacune d’une certaine marge de manoeuvre pour la fixation de leurs prix, mais sont tenues à la prudence par crainte de voir leurs acheteurs délaisser leurs produits pour celui du concurrent. Certains économistes vont même plus loin: la concurrence imparfaite est nécessaire au bon fonctionnement du système capitaliste, car elle réduit les risques des entreprises, donc les incite à innover, à investir. La dynamique du système tiendrait justement à sa capacité à réduire la concurrence, laquelle, au contraire, serait destructrice. Ne poussons cependant pas le bouchon trop loin, car, à l’inverse, l’existence d’un monopole n’incite pas à renouveler les produits, à veiller à la satisfaction de la clientèle qui est, de toute façon, captive. C’est donc dans cet entre-deux que se situe la situation la plus fréquente: une concurrence qui existe bel et bien, au moins potentiellement, mais qui n’est pas à ce point effective qu’elle lamine les marges des entreprises et les empêche de prendre des risques.

Concurrence parfaite

Pour qu’il y ait concurrence parfaite, un certain nombre de conditions sont requises: grand nombre de producteurs, produits non différenciés que les acheteurs potentiels jugent similaires, prix connus de tous, etc. Sans doute peut-on trouver des marchés qui s’approchent de cette description: l’agriculture dans les pays où n’existe pas de système de soutien des prix, vente de légumes aux halles, par exemple. Mais ce n’est pas le cas le plus fréquent: il n’y a que deux producteurs français d’automobiles, un seul producteur d’acier, trois gestionnaires de réseaux de téléphonie mobile, etc. En effet, dans bon nombre d’activités, la réduction des coûts de production provient moins de la concurrence que des économies d’échelle, c’est-à-dire de la capacité à produire un plus grand nombre d’unités: ce qui revient à dire que, dans ce cas, le monopole est plus efficace que la concurrence parfaite.

Conditionnalité

Conglomérat

Le groupe Danone n’est pas un conglomérat car, s’il produit du verre d’emballage, l’essentiel de ce verre est utilisé par des filiales alimentaires du groupe. A l’inverse, Lagardère Groupe est un conglomérat, puisque les deux principales composantes du groupe sont l’armement (Matra) et la presse (Hachette), dont les activités n’ont guère de relations. Les années70 ont été l’âge d’or des conglomérats, avec des groupes comme ITT (téléphonie internationale, hôtellerie, location de voitures, cours privés de formation technique, etc.). Leur nombre s’est sensiblement réduit, car l’inexistence d’économies d’échelle ne les rendait pas plus efficaces dans chacun de leurs domaines d’activité que leurs concurrents, cependant que les branches prospères étaient handicapées par la nécessité de couvrir les déficits éventuels de certaines branches du groupe. Ainsi, les déboires de la Cinq, chaîne de télévision généraliste dont Lagardère Groupe (alors baptisé Matra-Hachette) était propriétaire, ont failli faire basculer le groupe tout entier. Plus près de nous, l’éclatement du groupe Vivendi-Universal, conglomérat réunissant des métiers de la communication et de l’environnement, relève de la même logique: les fonds de pension, souvent propriétaires d’une fraction significative du capital des grandes sociétés cotées en Bourse, exigent de ces dernières qu’elles rompent avec la logique conglomérale, car les comptes ne permettent pas de savoir si l’une des activités du groupe est plus intéressante que l’autre.

Conjoncture

La politique conjoncturelle a pour finalité d’agir sur le court terme, alors que les politiques structurelles s’efforcent de modifier telle ou telle évolution durable. Par exemple, si les prix augmentent d’une période sur l’autre, il s’agit d’une variable conjoncturelle, tandis que si cette hausse est permanente et influence de longue date les comportements, il s’agit d’un phénomène structurel. Chez Keynes, la conjoncture est la période durant laquelle les anticipations restent stables, parce qu’on ne pense pas que le niveau des prix, celui de l’activité ou de l’emploi puissent changer.

Conseil d’administration

Le droit des sociétés prévoit deux formes possibles d’organes de direction pour une SA: soit le conseil d’administration, soit l’ensemble conseil de surveillance-directoire. Dans le premier cas, il existe un PDG (le cumul des deux fonctions, président et directeur général, n’est pas obligatoire, mais il est fréquent pour permettre au président d’être salarié par la société), qui rend compte au conseil d’administration, lequel est seul responsable devant l’assemblée générale. Dans les faits, la faible fréquence des réunions du conseil d’administration, le fait que les administrateurs connaissent souvent mal la réalité de l’entreprise et, enfin (mais ce n’est pas le moins important), le fait qu’ils n’aient pas toujours la compétence ou l’information détaillée requise pour juger du bien-fondé de la stratégie appliquée par le président, tout cela fait du conseil d’administration davantage une chambre d’enregistrement qu’un organe de pouvoir. C’est pourquoi la loi sur les sociétés a prévu la possibilité, pour une SA, de se doter d’autres structures: d’une part, un Conseil de surveillance, en gros doté des mêmes attributions qu’un conseil d’administration; d’autre part, un directoire, composé de plusieurs personnes (trois le plus souvent), présidé par l’une d’elles, et qui rend des comptes au conseil de surveillance. Le directoire n’introduit pas une direction collégiale (le président dispose du pouvoir), mais permet d’étendre à d’autres personnes que le président le droit de contrôle du conseil de surveillance. Ce type de structure, inspiré du droit allemand, permet donc en théorie d’avoir une répartition des tâches plus stricte: il y a ceux qui décident et ceux qui contrôlent (alors que, dans la structure classique, le président est à la fois le décideur et le responsable de l’organisme de contrôle).

Conseil d’analyse économique (CAE)

Conseil de la concurrence

Le Conseil de la concurrence dispose du pouvoir d’effectuer des enquêtes et, en cas d’entente dûment constatée entre des fournisseurs censés être en concurrence, il peut imposer des amendes d’un montant élevé. Il peut être saisi par n’importe quelle entreprise s’estimant victime d’une entente ou d’une concurrence déloyale.

Conseil de politique monétaire

Conseil de surveillance

Conseil économique et social

En 1969, le général De Gaulle, alors président de la République, avait proposé par référendum une modification de la Constitution, visant à remplacer le Sénat (qui aurait été supprimé) par un Conseil économique et social élargi (avec des représentants des régions), aux pouvoirs délibératifs. Le rejet de ce projet par une majorité des votants avait provoqué la démission du chef de l’Etat.

Conseil européen

Le Conseil européen se réunit au moins une fois tous les six mois: sa présidence est confiée chaque fois à un nouveau pays, selon un ordre prédéterminé. Il est chargé de veiller à la coopération entre les pays de l’Union et de donner les impulsions nécessaires au développement de celle-ci. Enfin, il définit les orientations politiques générales. Il ne faut pas le confondre avec le Conseil des ministres, qui est l’organe législatif de l’Union, chargé de l’adoption des directives et des règlements proposés par la Commission.

Conseil national du patronat français (CNPF)

Consommation

Consommer, c’est détruire. C’est le cas pour le bifteck que je mange ou le vin que je bois: il y a bien destruction physique, en vue de satisfaire un besoin physiologique. Mais c’est le cas aussi pour les chaussettes que j’enfile ou pour le journal que je lis. Certes, il s’agit là d’objets que je ne mange pas, mais que, néanmoins, j’ai achetés en vue de satisfaire un certain type de besoins: par conséquent, il s’agit bien d’une consommation finale. Et ceci, même si l’usage que j’en tire est étalé dans le temps: je porte plusieurs fois chaque paire de chaussettes, je peux relire un livre, utiliser ma voiture plusieurs années de suite. Ce qui définit donc la consommation finale, c’est le fait d’acheter un bien ou un service en vue d’en tirer une valeur d’usage, sans autre but que d’en obtenir une satisfaction personnelle. La consommation finale, c’est la fin d’un cycle: je n’achète pas pour produire, pour revendre ou pour m’enrichir, j’achète pour moi ou pour mes proches, pour me faire plaisir ou pour leur faire plaisir. Voilà pourquoi on parle de destruction: non pas que le consommateur soit un petit Attila, mais tout simplement parce que la vie économique de ce qu’il achète s’arrête là. Les chaussettes deviendront un jour chiffons, le rasoir terminera sa carrière sans doute dans une poubelle. La consommation finale produit du plaisir et des déchets. Les économistes utilisent aussi le terme de consommation intermédiaire, pour désigner un tout autre type de phénomènes. Lorsque le coiffeur achète de la lotion ou du shampooing, ce n’est pas pour son plaisir personnel: il prend bien soin d’intégrer le coût de ces achats dans le prix qu’il fait payer au client. En d’autres termes, lorsqu’un achat a pour but, non de satisfaire un besoin, mais de se procurer des biens ou des services qui rentreront eux-mêmes dans le produit que l’on vend, il y a consommation intermédiaire. La distinction n’est pas toujours évidente, parce qu’elle repose, non sur la nature des biens ou des services achetés, mais sur leur destination. La carte de voeux que j’achète est une consommation finale, celle que l’entreprise met à ma disposition est une consommation intermédiaire, car elle a été payée par l’entreprise, donc rentre dans son coût de production. Dans les deux cas, il y a bien destruction -la carte envoyée ne peut pas resservir-, mais, dans le deuxième cas, il s’agit d’une destruction productive, un peu à la façon du papillon quittant la chrysalide. Tous les achats, alors, sont-ils autant de consommations? Hélas, ce n’est pas si simple. Lorsque l’entreprise acquiert un ordinateur, c’est dans un but professionnel: il s’agit bien de produire. Mais cela ne rentre pas pour autant dans la catégorie des consommations intermédiaires. Tout simplement parce que l’ordinateur a une durée de vie longue, qui excède habituellement l’année. La destruction -ou l’utilisation, si l’on préfère- est donc étalée dans le temps, ce qui est contraire à l’idée commune de consommation, pour laquelle ce qui sert ne peut servir qu’une fois. C’est pourquoi tous les équipements durables acquis en vue de produire sont considérés comme des investissements et non comme des éléments de consommation. Pour éviter de tomber dans l’excès, les comptables ont adopté en outre l’idée d’une limitation: en dessous d’un certain seuil (actuellement 150euros), un achat, même durable, est considéré comme une consommation intermédiaire. En revanche, cette distinction -durable = investissement, non durable = consommation- n’a pas cours pour la consommation finale. Même la voiture (durée de vie moyenne: dix ans) ou le réfrigérateur (vingt ans) sont des biens de consommation. Seule exception: les achats ou grosses réparations de logements, dont la durée de vie est telle (un siècle ou davantage) que l’on a éprouvé quelque scrupule à les ranger parmi la consommation.

Consommation de masse

La consommation de masse, en donnant un débouché à la production de masse, permet aux entreprises (notamment industrielles, mais pas seulement: que l’on pense aux transports aériens, par exemple) de mettre en oeuvre des économies d’échelle, donc de réduire les coûts unitaires de production et, dans la foulée, les prix. La consommation de masse est donc un facteur important de réduction des prix. Mais elle engendre aussi une pression forte des producteurs sur les consommateurs, pour capter ce pouvoir d’achat susceptible d’être utilisé de mille et une manières. D’où l’apparition d’une pression publicitaire, caractéristique des pays où existe effectivement une consommation de masse.

Consommation finale

Consommation intermédiaire

Consumérisme

Contingentement

Le contingentement douanier est formellement interdit par les traités commerciaux internationaux. Aussi, lorsqu’il existe, il prend la forme d’un accord entre le contingenteur et le contingenté, le second étant évidemment conduit à souscrire cet accord par crainte de représailles ou de conséquences négatives.

Contrainte budgétaire

Contrainte de change

C’est en grande partie par le biais d’un deutschemark surévalué que les autorités allemandes ont contraint les entreprises du pays à viser des niveaux d’efficacité productive toujours plus élevés. A l’inverse, une monnaie sous-évaluée favorise l’emploi, puisque, à ce niveau de change, toute une gamme d’activités demeurent compétitives, qui ne le seraient plus avec un taux de change plus élevé.

Contrainte extérieure

Cette limitation existe surtout dans deux domaines: -la croissance économique intérieure est bornée par l’obligation d’équilibrer les comptes extérieurs. Par exemple, si le rythme d’activité s’accélère, cela risque fort d’entraîner une hausse des importations (des revenus en progression engendrent des achats accrus, y compris en provenance de l’étranger), tandis que les efforts à l’exportation se réduisent (puisque les affaires vont bien dans le pays, pourquoi se fatiguer à chercher des débouchés nouveaux à l’étranger?). Ce double mouvement -progression des importations, stagnation ou baisse des exportations- engendre à son tour un déficit extérieur qu’il faut bien résorber à terme: la contrainte extérieure va donc obliger le pays à modérer son rythme de croissance économique pour l’amener à un niveau tel que l’équilibre des comptes extérieurs soit assuré, rythme qui n’est pas forcément celui souhaitable du point de vue de l’emploi; -par ailleurs, le niveau des taux d’intérêt doit être tel que les capitaux ne fuient pas le pays, attirés par des rémunérations plus substantielles ailleurs. Là encore, le niveau des taux d’intérêt imposé par la contrainte extérieure n’est pas forcément celui qui serait souhaitable d’un point de vue intérieur.

Contraintes macroéconomiques

Contrat

Le contrat est à la base de toute société économique, puisqu’il organise les règles de l’échange. Aussi en existe-t-il une infinité de sortes: contrat de mariage, de vente, de location, de mise à disposition, de louage de service, de travail, etc. Tout contrat crée, pour les signataires, des obligations dont le non-respect peut entraîner une résiliation prononcée par voie de justice, avec versement d’indemnités compensatrices par la partie qui porte la responsabilité de la résiliation. Parmi les nombreux contrats qui peuvent exister dans une société capitaliste, le contrat de travail présente quelques particularités. Il organise en effet une relation dans laquelle une partie -l’employeur- a autorité sur l’autre (on parle à ce propos de lien de subordination). Le droit du travail, prenant acte de cette inégalité fondamentale, a donc multiplié les précautions pour protéger la partie faible. On est donc en présence d’un droit protecteur, qui vise à limiter davantage les droits de l’employeur que ceux du salarié. En outre, le contrat de travail est incomplet: l’information sur les prestations échangées est asymétrique, puisque l’employeur sait ce qu’il verse (le salaire), mais il ne sait pas ce qu’il recevra en échange, puisqu’une même heure de travail peut avoir un contenu qualitatif ou quantitatif très différent d’une personne à une autre. Aussi voit-on se développer des formes d’échanges substitutifs au contrat de travail: l’intérim, par exemple, consiste à contracter avec une agence de travail temporaire, non avec un salarié, ce qui permet de substituer du droit commercial classique au droit du travail. Conséquence: un contrat d’intérim peut être interrompu à tout moment et sans indemnité compensatrice, contrairement à un contrat de travail. Il en est de même avec le recours à la sous-traitance, lorsqu’elle consiste à contracter avec une entreprise ou un travailleur indépendant au lieu d’embaucher un salarié: l’échange porte alors, non sur une quantité de travail, mais sur une prestation de service, et relève du droit commercial, non du droit du travail.

Contrat à durée déterminée

Contrat à durée indéterminée

Contrat à terme

Un contrat à terme est conclu sur un marché à terme (voir ce terme). Il peut être compensé par passation d’un contrat en sens inverse (par exemple, un contrat de vente à terme annule le contrat d’achat à terme) à condition que le terme soit identique et qu’il existe une chambre de compensation sur le marché en question: dans ce cas, seule la différence éventuelle de prix est versée à l’autre par l’une des deux parties. Un contrat à terme peut être également repoussé (le terme est alors modifié) par accord entre les deux parties, ou si le contrat initial le permet.

Contrat d’adaptation

Les contrats d’adaptation ne peuvent excéder six mois. Ils font l’objet d’une aide publique importante (exemption de charges sociales patronales).

Contrat d’insertion

Contrat de Plan

Contrat de qualification

Les contrats de qualification peuvent être conclus pour deux ans maximum. Ils doivent s’accompagner d’une formation effective, décernée en partie en dehors de l’entreprise, en partie au sein de l’entreprise. L’Etat verse une subvention destinée à couvrir le coût de la formation, et le salaire versé est exempté de charges sociales patronales.

Contrat de travail

Contrat emploi consolidé (CEC)

Contrat emploi-jeune

Destiné à accélérer l’insertion des jeunes sur le marché du travail, en leur donnant une première expérience professionnelle non précaire, le programme « Nouveaux services, emplois jeunes » avait aussi l’ambition de faire émerger de nouveaux métiers, susceptibles ensuite de donner naissance à des « vraies » créations d’emplois, dans des domaines ayant fait la preuve de leur utilité sociale ou de leur viabilité économique. Il en a bien été ainsi dans certains cas, mais minoritaires: la majorité des emplois-jeunes a débouché sur des concours de la fonction publique (lorsqu’il s’agissait de jeunes embauchés par des établissements scolaires ou par la Police nationale, qui ont été les deux plus gros employeurs du dispositif). En outre, les organismes recruteurs ont sélectionné les jeunes qui leur paraissaient les mieux à même de remplir les missions proposées, si bien que les emplois-jeunes ont été occupés surtout par des jeunes diplômés, et non par les jeunes ayant les difficultés d’insertion les plus grandes.

Contrat emploi-solidarité (CES)

Les CES ont pris la suite des Travaux d’utilité collective (Tuc), qui avaient le statut de stages rémunérés et n’engendraient pas de droits sociaux (points de retraite, indemnités d’assurance-chômage, etc.). S’agissant de contrats de travail, les CES sont créateurs de droits sociaux. Mais leur image dégradée aux yeux de l’opinion, et notamment des employeurs, ainsi que l’absence de formation et d’accompagnement qui les caractérisent fréquemment, font que, au lieu d’être une façon de reprendre pied dans le monde de l’activité professionnelle, ils constituent trop souvent une voie de garage sans débouché ultérieur.

Contrat initiative-emploi

Contrat social

Cette idée d’une adhésion volontaire et calculée d’individus libres à une communauté qui leur offrirait en contrepartie des avantages déterminés a été fortement contestée, et l’est encore davantage aujourd’hui, car elle suppose que les hommes, à leur naissance, ont le choix entre vivre seuls ou créer une communauté humaine fondée sur la raison, la solidarité et le calcul. Or ce choix n’existe pas: l’homme est social ou n’est pas. Reste que cette analyse fonde l’individualisme moderne et la liberté de chacun à quitter sa communauté s’il en éprouve le besoin. En ce sens, les thèses de Jean-Jacques Rousseau sont au fondement de l’analyse des démocraties modernes.

Contrat territorial d’exploitation (CTE)

Créé par la loi d’orientation agricole de 1999, le contrat territorial d’exploitation est financé pour moitié par prélèvement sur les aides directes européennes destinées aux exploitations les plus subventionnées, et pour moitié par financement national. Il s’agit donc d’une amorce de « renationalisation » de la politique agricole commune (voir Europe verte). Prévue par l’accord de Berlin réformant la Pac pour la période 2000-2006, cette modulation des aides au bénéfice des exploitants s’engageant par contrat et au détriment des céréaliers exploitant de grandes surfaces n’a guère fait école.

Contre-choc pétrolier

Le coup de fouet en question a cependant été très relatif: pour la France, par exemple, la croissance économique est passée de 2% à 3,5%, soit un niveau qui demeure bien inférieur à celui observé avant 1973, ce qui montre, a posteriori, que le choc pétrolier ne porte qu’une responsabilité mineure (et temporaire) dans le freinage de la croissance économique des pays de vieille industrialisation.

Contrepartie

Contribution sociale généralisée

Contrôle de gestion

Contrôle des changes

Le contrôle des changes peut prendre de nombreuses formes, plus ou moins draconiennes: achat de devises limité au paiement de certaines importations (dans ce cas, les autorités délivrent également des licences d’importation dont seule la détention peut permettre l’achat de devises auprès de la banque centrale, qui les gère), achat de devises limité à des sommes maximales déterminées, revente des devises gagnées dans un délai maximum déterminé, etc. Dans tous les cas, il s’agit de restreindre les possibilités de dépenser à l’étranger, de manière à réduire la contrainte extérieure. Mais l’expérience montre qu’il existe de nombreux effets pervers (instauration d’un marché noir des devises, compensations privées, fraudes diverses…), qui réduisent d’autant l’efficacité apparente de ces mesures. Si bien que, en général, le contrôle des changes a été progressivement allégé, puis supprimé dans tous les pays dont les monnaies sont librement convertibles sur le marché des changes. En France, les dernières mesures ont été levées en 1985.

Convention

La vie sociale est tissée de multiples conventions, qui régissent les usages: la façon de dire bonjour, de se tenir à table, etc. Les conventions constituent donc la trame de toute vie sociale, et permettent à cette dernière de se dérouler sans conflits destructeurs, puisque chacun est tenu de respecter ces règles, coutumières ou sociales. La convention rend prévisible le comportement d’autrui (par exemple, je sais que chacun, en France, doit rouler à droite): elle facilite donc la vie en commun. L’expression « économie des conventions » désigne un courant de pensée qui insiste sur le rôle des règles et des accords sociaux, explicites ou implicites, dans le déroulement des échanges et dans les relations sociales.

Convention collective

Une convention collective est généralement conclue pour une durée déterminée. Celle-ci est de trois ans en Allemagne et aux Etats-Unis, ce qui explique que, à l’approche de leur expiration, il n’est pas rare que les acteurs sociaux fassent étalage de leur détermination à obtenir telle ou telle modification. En France, au contraire, les conventions collectives ne sont pas conclues pour une durée déterminée, mais pour une durée indéterminée, avec des procédures de dénonciation lorsqu’une des deux parties souhaite y mettre fin. Négociée entre représentants patronaux et représentants syndicaux, la convention collective lie tous les salariés et tous les employeurs, à l’intérieur d’un certain champ (généralement la branche), quand bien même certains employeurs ou syndicats au sein de cette branche s’y opposeraient. C’est en ce sens qu’il s’agit d’une convention, non d’un contrat: elle lie même ceux qui ne l’ont pas signée. Le droit français prévoit qu’une convention collective, lorsqu’elle a été conclue pour une fraction seulement de la branche, peut être étendue d’autorité par le ministre du Travail à l’ensemble des entreprises d’une branche. Le rôle des conventions collectives est essentiel: pour le patronat, parce qu’elles organisent des règles sociales communes à toutes les entreprises d’une même branche, ce qui empêche une concurrence sauvage, à coup de moins-disant social; pour les salariés, parce qu’elles déterminent des classements hiérarchiques, des niveaux de qualification et d’ancienneté dont les salariés peuvent se prévaloir lorsqu’ils changent d’entreprise.

Convention de Cotonou

Convention de Lomé

Conversion

Convertibilité

Coopérative

Les sociétés coopératives ouvrières de production (Scop) sont les plus célèbres des coopératives, parce qu’elles sont les plus symboliques: les travailleurs se regroupent pour financer et posséder leur outil de travail (c’est par exemple le cas d’Alternatives Economiques). Mais il existe beaucoup d’autres types de coopératives: le groupement Leclerc est une coopérative de commerçants (achats en commun), tout comme les opticiens Krys ou les magasins Intersport. Candia est un regroupement de coopératives agricoles d’approvisionnement (les coopérateurs sont les agriculteurs qui apportent leur lait), etc. Contrairement aux entreprises classiques, les coopératives ne versent au capital qu’une rémunération limitée (en général 6% du montant nominal des parts sociales, nom donné aux actions dans les coopératives): le solde des bénéfices doit être soit investi dans l’entreprise (réserves), soit ristourné aux coopérateurs proportionnellement à l’activité qu’ils ont apportée à la coopérative (travail dans le cas des Scop, matières fournies dans le cas des coopératives d’approvisionnement, etc.). En vertu du principe de la porte ouverte, tout coopérateur peut quitter librement la coopérative: il récupère alors ses apports de fonds, mais pas davantage. Ce qui signifie que, si l’entreprise s’est enrichie grâce aux réserves constituées (bénéfices réinvestis), cet enrichissement ne peut être réparti individuellement et demeure propriété commune de la coopérative. C’est en considération de cette collectivisation des bénéfices non distribués que les coopératives, comme les associations (qui fonctionnent avec des règles similaires: non-distribution des résultats, « un homme, une voix »), sont exemptées de taxe professionnelle.

Corbeille

Corporation

Corporatisme

Cotation

Cotisation sociale

Les cotisations sociales posent trois problèmes: leur assiette, leur niveau et leur caractère plus ou moins redistributif. Leur assiette: il s’agit de savoir sur quelle base elles sont prélevées. Dans une société de plein-emploi, où le versement de prestations sociales s’effectuait largement sur une base professionnelle (caisses d’assurance maladie distinctes selon les professions, régimes de retraites distincts, etc.), il paraissait légitime que l’assiette soit professionnelle, à l’allemande. Avec la montée du chômage, le déclin de certaines professions et la montée corrélative d’autres, cette organisation n’est plus adaptée: faut-il priver une personne du bénéfice de l’assurance maladie sous prétexte qu’elle est inactive ou au chômage? Comme il n’en est évidemment pas question, il a fallu doubler les prélèvements professionnels de systèmes de redistribution de cotisations (entre caisses à régime démographique ascendant et caisses à régime démographique déclinant, par exemple) qui ont fortement complexifié le système. En outre, certains ont fait remarquer qu’à trop charger le travail de cotisations, on en élevait abusivement le coût, ce qui pouvait nuire à la compétitivité extérieure ou à la création d’emplois. Il n’est pas sûr que cet argument soit valide, car, au cas où les cotisations sociales ne seraient pas prélevées sur les revenus professionnels, il faudrait bien que ceux-ci soient augmentés d’autant, de façon à permettre aux titulaires de revenus professionnels d’acquitter les impôts supplémentaires qui remplaceraient les cotisations sociales. Le seul avantage est qu’une fiscalisation de tout ou partie des cotisations sociales permet d’en faire reposer le poids sur les revenus du capital en même temps que sur ceux du travail. D’où, finalement, le système à double étage qui tend à se mettre en place: pour les prestations non contributives (destinées à tous, quel que soit le niveau initial de cotisations), la charge correspondante est financée par l’impôt. En revanche, pour les prestations contributives (proportionnées au montant des cotisations versées, comme, par exemple, la retraite complémentaire), les cotisations sociales sont assises sur les revenus professionnels. Le niveau des cotisations: plus le niveau des prestations sociales est élevé, plus celui des cotisations doit l’être également. Or, dans une économie mondialisée, le risque d’un moins-disant social n’est pas mince. C’est pourquoi on assiste actuellement à une remise en cause du niveau des cotisations sociales, certains estimant que ce niveau tend à décourager par trop l’activité productive, en incitant les bénéficiaires des revenus les plus élevés à réduire leur effort ou à s’expatrier. Même si l’argument est largement imaginaire -combien de personnes à très hauts revenus ont-elles réellement quitté le territoire national pour échapper à un niveau jugé excessif de prélèvements?-, il n’est pas dénué de fondement: moins par les risques soulignés par ceux qui l’avancent que par l’espèce de révolte sociale qu’il concrétise. A force de charger la barque, le risque existe qu’une sorte de refus d’ensemble du système de redistribution se répande dans toute la population, chacun ayant tendance à estimer que, au total, il paye trop au regard de ce qu’il reçoit. La question du niveau des cotisations sociales est donc moins économique que politique: elle pose le problème de l’acceptabilité des prélèvements dans une société démocratique. Le caractère plus ou moins redistributif du système: supporter des cotisations sociales n’est pas forcément intolérable, si ceux qui payent ont le sentiment ou la conviction qu’ils le font pour eux. Si c’est le cas, la cotisation sociale n’est pas du tout redistributive. Elle revient seulement à modifier le calendrier de perception des revenus: un peu moins aujourd’hui, un peu plus demain (pour les retraites, par exemple), ou un peu moins en rémunération directe et un peu plus en avantages perceptibles (par exemple, sous forme de chèques-déjeuner, de mutuelle d’entreprise ou de formation). Il n’y a redistribution que lorsque les payeurs ne sont pas les bénéficiaires. A défaut, il ne s’agit plus de système basé sur la solidarité, mais sur l’assurance. Certes, tout système assurantiel est toujours plus ou moins redistributif, puisque tous acquittent une cotisation, et seuls ceux qui sont victimes d’un sinistre sont indemnisés. Mais cette redistribution est limitée, elle ne concerne que les membres d’un groupe particulier: par exemple, les salariés d’une même entreprise, pour lesquels l’employeur paye des cotisations de formation qui ne serviront qu’à certains. Il s’agit de mutualisation davantage que de redistribution: ce qui signifie que, si seuls certains bénéficient, chacun a vocation à devenir un jour ou l’autre un bénéficiaire. Au contraire, la redistribution pure implique que les flux sont toujours dirigés dans le même sens, des mieux lotis vers les moins bien lotis. Et c’est là que le bât blesse. Car les mieux lotis ont tendance à estimer, à la longue, que ce n’est pas à eux de financer les moins bien lotis. La seule chose qui puisse les inciter à ne pas s’opposer à cette redistribution, c’est la conscience d’une solidarité, le sentiment que, à tout prendre, cette redistribution engendre une société moins injuste, donc plus paisible, dont ils bénéficient eux aussi indirectement. Bref, c’est la conscience de l’existence d’un lien social qui légitime une redistribution. Lorsque cette dernière est remise en cause, c’est donc, plus profondément, le lien social qui est remis en cause, la conscience d’être tous embarqués sur le même navire.

Coupon

Le terme a survécu bien que, matériellement, les coupons n’existent plus. Autrefois, en effet, la souscription d’une obligation se matérialisait par la remise au souscripteur d’un titre (l’obligation) auquel était attachée une feuille de coupons, sorte de petits tickets qu’il fallait découper et remettre au guichet de la banque chargée du paiement des intérêts de l’obligation en question, à des dates déterminées. D’où l’expression de Marx, fustigeant les « tondeurs de coupons ». La dématérialisation des titres a rendu cette procédure obsolète: les obligations font désormais l’objet de simples certificats, et les titres sont obligatoirement déposés auprès de maisons spécialisées, qui doivent virer les intérêts dus aux propriétaires des titres sur les comptes de ceux-ci sans qu’ils soient contraints de se manifester.

Cour des Comptes

Courbe d’indifférence

Il est compréhensible que, plus notre consommateur renonce à un des deux produits, plus la consommation de l’autre produit doit être forte pour compenser la perte de satisfaction issue de la diminution de consommation du premier produit: la courbe d’indifférence ressemble donc au quart nord-ouest d’un cercle. Il existe une infinité de courbes d’indifférence entre deux produits pour un même consommateur, chacune correspondant à un niveau déterminé de satisfaction. Le but de cette représentation graphique est de montrer que, face à une infinité de choix possibles, le consommateur choisira rationnellement le niveau de consommation qui lui apporte le plus de satisfaction, compte tenu du budget dont il dispose (contrainte budgétaire).

Courbe de Laffer

Tracée, paraît-il, sur une nappe en papier d’un restaurant de San Francisco, cette « courbe » a obtenu un succès mondial… et immérité, car personne n’a jamais pu chiffrer une évolution de ce type. Mais affirmer que l’impôt finit par étouffer l’initiative privée est une bonne justification pour les contribuables fortement imposés: en tentant d’obtenir une baisse de l’impôt, ce n’est pas leur intérêt particulier qu’ils défendent, c’est l’intérêt général. Si Laffer n’avait pas existé, les contribuables fortunés auraient dû l’inventer.

Courbe de Lorenz

Le principe de construction est simple: on met en regard la proportion de la population et la proportion des revenus qu’elle perçoit. Plus l’écart entre les deux distributions est important, plus les revenus sont répartis de façon inégalitaire.

Courbe de Phillips

La courbe initiale de Phillips ne représentait pas le taux d’inflation, mais le taux d’évolution des salaires d’une année sur l’autre. Très vite, cette variable a été remplacée par le rythme d’inflation, puisque l’idée maîtresse de cette courbe est de suggérer que la baisse du taux de chômage s’accompagne habituellement d’une augmentation du taux d’inflation, sous l’impulsion des augmentations de salaires que la réduction du chômage favorise. Initialement, cette courbe jouait un rôle central dans l’analyse d’orientation keynésienne: entre inflation et chômage, on peut choisir, et le rôle de la politique économique consiste à trouver le compromis qui paraît le plus acceptable pour l’ensemble de la société, mais en sachant qu’on ne peut à la fois obtenir le beurre (peu de chômage) et l’argent du beurre (peu d’inflation). Tout l’effort de Milton Friedman consista à montrer que cette courbe était illusoire et que, en réalité, la courbe tendait, avec le temps, à devenir une verticale: les rigidités diverses de l’économie font que s’instaure un certain taux de chômage, appelé « taux de chômage naturel », et toute tentative pour réduire ce taux sans s’attaquer aux rigidités qui lui donnent naissance engendre inévitablement de l’inflation.

Courbe en J

Lorsque le taux de change d’une monnaie baisse, ses exportations coûtent moins cher à ceux qui les achètent, tandis que ses importations lui reviennent plus cher. Il en résulte normalement une tendance à la réduction de l’éventuel déficit extérieur (ou une augmentation de l’excédent extérieur, si telle était la situation initiale). Mais cet effet met du temps à jouer: le temps que les clients extérieurs s’aperçoivent que les marchandises qu’ils achètent en provenance de ce pays coûtent moins cher, le temps aussi que les acheteurs nationaux de produits importés transfèrent leurs achats sur des producteurs nationaux, devenus moins chers. Durant ce temps, les exportations rapportent moins, les importations coûtent davantage: le déficit extérieur tend donc à s’accentuer, avant de se réduire, puis, éventuellement, de céder la place à un excédent. D’où la forme du J.

Cours

On parle ainsi de cours des matières premières ou de cours en Bourse. Pour une monnaie, on utilise plutôt le terme change ou taux de change. Toutefois, on parle du cours d’une monnaie pour désigner, dans un système à étalon, le taux de change effectivement pratiqué entre la monnaie et l’étalon. Autrefois, le cours forcé désignait la situation dans laquelle les autorités monétaires suspendaient la convertibilité en étalon, c’est-à-dire suspendaient le droit, pour les détenteurs d’une monnaie, d’obtenir librement une quantité déterminée d’étalon au guichet de la banque centrale.

Cours légal

Donner cours légal à une monnaie est donc, pour ceux qui la détiennent, les assurer qu’elle sera acceptée en paiement.

Cours-pivot

Coût

Le grand problème posé par la mesure des coûts est la question de leur exactitude. Alors qu’une charge mesure ce que l’entreprise a dépensé ou dépensera pour une opération productive donnée, un coût devrait mesurer la charge pour la collectivité, puisque c’est à partir du coût qu’est fixé le prix de vente. Or, l’entreprise ne supporte pas, ou en partie seulement, certains coûts. Elle n’a donc aucune raison de les incorporer dans ses calculs: il s’agit pour elle de ressources gratuites, dont elle n’a pas à financer la charge. On parle à ce propos de coût externe, c’est-à-dire supporté par d’autres. Par exemple, le fait d’évacuer des fumées ou des gaz d’échappement dans l’atmosphère engendre à la longue un coût pour la collectivité. Si l’on veut que ce coût (collectif) soit pris en compte par l’entreprise, il convient de le lui faire supporter, par exemple en lui imposant une taxe proportionnée à ses émissions. De même, l’utilisation d’une ressource non renouvelable (pétrole par exemple) a un coût qui peut être très différent de ce que l’entreprise paye: la dépense reflète le travail fourni pour extraire le pétrole, majoré d’une rente versée au pays producteur. Mais l’épuisement de la ressource représente un appauvrissement potentiel pour la planète tout entière, que la charge, donc le coût mesuré par l’entreprise utilisatrice, est loin de refléter. Dernier exemple: l’automobiliste qui roule occasionne pour la collectivité un coût (pollution, encombrement, accident) qui n’est pas forcément pris en compte dans les dépenses qu’il effectue (prix du carburant, assurance, etc.).

Coût affectable

Coût collectif

Coût d’opportunité

La notion de coût d’opportunité repose sur l’idée d’une hiérarchisation des tâches ou des occupations. L’homme rationnel est celui qui, après étude des différentes façons d’occuper son temps à un moment donné, choisit celle dont le coût d’opportunité est le moindre, c’est-à-dire celle qui le conduit à sacrifier le moins ce qu’il estime être important. Ce raisonnement suppose, bien entendu, que toutes les occupations puissent être mesurées sur la même échelle: que le passe-temps amoureux, par exemple, soit mesurable monétairement comme le temps passé à gagner de l’argent. Il est peut-être heureux que la réalité soit différente et que les hommes ne soient pas toujours rationnels.

Coût de revient complet

Coût de transaction

Coût direct

Coût externe

L’existence de coûts externes empêche le marché d’être un régulateur efficace, puisqu’elle implique que certains font payer à d’autres les coûts dont ils sont responsables, donc que les prix de vente ne reflètent pas réellement les coûts et les désagréments occasionnés à la collectivité par une activité donnée. Une des façons de réduire ce divorce consiste à internaliser les coûts en question, c’est-à-dire à créer des systèmes de taxation représentatifs des désagréments causés à autrui.

Coût fixe

Dans la réalité, aucun coût n’est réellement fixe: lorsque l’activité d’une entreprise augmente, il lui faut des locaux plus grands, une puissance électrique plus importante, etc. Cependant, pour une structure donnée, une fraction des coûts ne varieront guère, tandis que d’autres seront proportionnels à l’activité: l’amortissement annuel du véhicule est toujours le même, mais les dépenses de carburant sont fonction du nombre de kilomètres parcourus. La plupart des activités industrielles sont ainsi marquées par l’existence de coûts fixes élevés, alors que les coûts variables -ceux qui sont proportionnels à l’activité- sont minoritaires: parmi les coûts fixes, on trouve en effet l’amortissement des dépenses de recherche, de publicité, de lancement, de commercialisation, celles du service qualité, de l’administration, etc. Conséquence: puisque ces coûts sont fixes, leur niveau ne se modifie pas lorsque la production augmente ou lorsqu’elle diminue. Au contraire, les produits varient en gros proportionnellement à l’activité (en gros, car, pour vendre davantage, il est souvent nécessaire de trouver de nouveaux marchés, qui impliquent des tarifs plus bas). Si bien que, lorsque l’activité progresse, les recettes augmentent plus vite que l’ensemble des charges (seules les charges variables augmentent, tandis que les charges fixes ne se modifient pas, ou guère), tandis que, à l’inverse, en cas de réduction d’activité, les recettes diminuent plus vite que les charges. On comprend que les entreprises qui bénéficient d’une conjoncture favorable enregistrent des bénéfices fortement croissants, tandis que celles qui sont dans le cas inverse voient leurs résultats se dégrader rapidement. On appelle point mort le niveau d’activité tel que l’ensemble des coûts (fixes et variables) soit couvert par l’ensemble des produits. Au total, une entreprise dans laquelle les coûts fixes représentent l’essentiel des coûts est donc très sensible à la conjoncture. Pour réduire le risque que cela implique -car la conjoncture n’est pas toujours favorable-, bon nombre d’entreprises s’efforcent de flexibiliser leurs coûts, c’est-à-dire de transformer les coûts fixes, ou certains d’entre eux, en coûts variables. Par exemple en ayant recours à l’intérim ou au leasing (location de matériel plutôt qu’achat).

Coût marginal

La dernière unité produite n’intègre en général que des coûts variables, puisque les coûts fixes -par définition- ne changent pas. La théorie économique indique qu’un producteur a intérêt à pousser sa production jusqu’au point où la recette marginale -celle issue de la dernière unité vendue- est égale au coût marginal: alors, la production d’une unité de plus n’engendre plus de profit. Cette théorie n’est cependant pertinente que si le coût marginal est orienté à la hausse, c’est-à-dire qu’il augmente chaque fois qu’une unité supplémentaire est produite (situation dans laquelle les rendements sont décroissants). Mais l’expérience concrète montre que la réalité est parfois différente: dans beaucoup de processus de production industrielle, le coût marginal est stable, voire diminue (situation de rendements constants ou décroissants) et le producteur a donc intérêt à augmenter sa production, puisqu’il encaisse à chaque fois une marge bénéficiaire positive, voire croissante. C’est ce que l’on appelle les économies d’échelle, qui poussent à la concentration, puisqu’un nombre plus restreint d’entreprises permet à chacune de produire davantage, donc réduit le coût moyen.

Coût salarial

Le coût salarial est le coût que représente le salarié pour l’employeur.

Coût social

Coût variable

Coûts comparatifs

Ricardo est devenu célèbre en montrant que la comparaison des coûts de production pour un même bien entre deux pays n’aboutissait pas forcément à localiser dans le paysA, dont le coût de production est moindre qu’enB, la production du bien concerné. Car il se peut que A soit encore plus efficace dans la production d’un autre bien, et que la comparaison des coûts penche encore plus en sa faveur. Dans ce cas, bien que B soit moins efficace à la fois pour les deux produits considérés, il continuera de produire le produit pour lequel son désavantage est relativement moins important, tandis que A se spécialisera dans la production du bien pour lequel son avantage comparatif est maximum. C’est pourquoi on parle de coût comparatif plutôt que de coût comparé. Ce qui est déterminant, ce n’est pas l’écart de coût entre les deux pays, mais l’importance comparée de l’écart selon les produits.

Couverture

Couverture maladie universelle

CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale)

Créance

Crédit

D’un point de vue comptable, un mouvement affectant le patrimoine de l’entreprise ou d’un particulier est inscrit au crédit du compte correspondant (c’est-à-dire dans la colonne de droite), lorsque son point de départ est l’entreprise (ou le particulier) et son point d’arrivée une personne (morale ou physique) extérieure. Lorsque c’est le mouvement inverse, l’inscription est portée au débit du compte (colonne de gauche). Exemple: si un libraire vend un livre, la vente est portée au crédit du compte vente (le livre sort), tandis qu’en contrepartie le compte de l’acheteur est débité (il y a naissance d’une dette qui va dans le sens acheteur vers libraire). Lorsque la dette est réglée, le compte de l’acheteur est crédité (la librairie reconnaît un avoir à l’égard de l’acheteur, d’un montant identique à la dette, si bien que celle-ci n’existe plus), tandis que le compte bancaire (si le règlement a eu lieu par chèque ou par carte bancaire) de la librairie est débité (puisque de l’argent rentre, c’est-à-dire va dans le sens acheteur vers librairie). Cette idée qu’une rentrée d’argent se traduise par un débit tandis qu’une sortie d’argent engendre un crédit heurte beaucoup le sens commun. Cela provient tout simplement de ce que, lorsque chacun de nous reçoit un extrait de compte bancaire, c’est l’inverse qui figure sur ce compte: les rentrées d’argent figurent au crédit, les sorties au débit. Mais c’est parce que ces extraits sont établis par la banque, qui tient sa comptabilité de son point de vue: elle inscrit au crédit du compte de ses clients ce qui, pour elle, est une sortie (et qui, pour eux, est une entrée). Il convient de souligner, enfin, qu’on n’inscrit au crédit ou au débit d’un compte qu’un mouvement, c’est-à-dire une variation de patrimoine. En termes techniques, ce sont donc des flux qui sont inscrits en comptabilité. Pour connaître le montant final du patrimoine -le stock, par opposition aux flux-, il est nécessaire d’additionner tous les crédits et tous les débits inscrits au cours d’une période donnée dans tous les comptes. On peut alors connaître la variation globale de chacun des éléments du patrimoine. Si l’on connaissait la situation initiale de ce dernier (ce que l’on appelle le bilan initial), on peut alors en déduire la situation nouvelle. Au sens financier du terme, il y a crédit dès lors qu’il y a génération d’une créance (point de vue du prêteur) ou d’une dette (point de vue de l’emprunteur). Les formes de crédit sont évidemment très nombreuses. En voici les principales: -le crédit commercial correspond au paiement différé d’une marchandise livrée ou d’un service effectué. Il est généralement à court terme (moins d’un an) et matérialisé par une reconnaissance de dette (sur bande magnétique ou sur papier: traite, effet de commerce) permettant à l’émetteur (le vendeur) de demander à sa propre banque un crédit correspondant à cet avoir (opération dite d’escompte, car elle consiste à remettre en garantie du crédit obtenu la reconnaissance de dette, après l’avoir signée au dos -escomptée- pour attester de la matérialité de cette remise). La reconnaissance de dette en question permet en outre au bénéficiaire de faire valoir plus facilement ses droits auprès d’un tribunal de commerce (procédure accélérée et moins coûteuse), au cas où le débiteur ne réglerait pas sa dette comme convenu; -le crédit revolving est une ouverture de crédit permanent, dont le montant se reconstitue au fur et à mesure des remboursements du débiteur; -le découvert est une facilité de caisse offerte par une banque à son client, permettant à ce dernier de dépenser temporairement plus qu’il ne possède sur son compte. Par opposition au crédit revolving, le découvert doit être comblé dans un délai déterminé; -le crédit hypothécaire est un crédit immobilier à long terme (plus d’un an), garanti par une hypothèque, c’est-à-dire une autorisation de mise en vente judiciaire d’un bien immobilier au bénéfice du créancier si le prêt consenti n’est pas remboursé selon les conditions convenues lors de l’octroi du prêt; -le crédit interentreprises est un délai de paiement consenti par un fournisseur à l’égard de son client; -le crédit-bail (ou leasing) est un crédit d’un genre particulier, puisqu’il ne s’agit pas d’un prêt en argent, mais d’un prêt en nature: le financeur achète un matériel amortissable (machine, automobile) et le met à disposition d’un utilisateur, moyennant un loyer convenu. Au terme du contrat (dont la durée est généralement fonction de la durée d’amortissement du matériel), le contrat prévoit que le locataire peut acheter le matériel à sa valeur résiduelle (faible, puisque le matériel est au terme de sa période d’amortissement). Cette technique permet à une entreprise (ou, plus rarement, à un particulier) d’utiliser les services d’un équipement donné sans être contraint d’en financer l’achat.

Crédit documentaire

Crédit interentreprises

Crédit revolving

Crédit-bail

Crise

La notion de crise s’est encore élargie depuis 1973: à cette période, en effet, a commencé un ralentissement durable de la croissance dans bon nombre de pays capitalistes industrialisés. Bien qu’il soit incorrect de parler de crise -tant au sens originel (retournement d’activité) qu’au sens large (période de décroissance ou de stagnation)-, puisque l’activité a seulement été freinée et qu’elle ne s’est pas réduite, le langage commun a assimilé la notion de crise à des difficultés durables, même si ces dernières consistent seulement en un ralentissement d’activité. Cependant, cet élargissement de sens pose problème: sans doute peut-on accepter l’idée qu’un ralentissement temporaire d’activité est une crise, dans la mesure où il remet en cause un certain nombre de règles sur lesquelles reposait le fonctionnement de l’économie. Par exemple, le ralentissement d’activité engendre une réduction du rythme de croissance des revenus distribuables, laquelle peut engendrer, à son tour, une remise en cause des règles de la répartition, si certains utilisent leur pouvoir relatif pour maintenir malgré tout leur progression antérieure de revenus, contraignant ainsi les autres, plus faibles, à se contenter de parts décroissantes. Mais est-il légitime d’appeler crise un ralentissement d’activité qui paraît durable, et qui correspond sans doute à la fermeture d’une parenthèse exceptionnelle, celle des « Trente Glorieuses » années de forte croissance économique? Si la crise, ainsi entendue, devient permanente, s’agit-il encore d’une crise? C’est pourquoi s’est développée une approche originale -et sans doute fructueuse- de la crise par une école de pensée qui se qualifie de régulationniste. Cette école part du constat, évident, qu’une société ne se reproduit jamais à l’identique, et qu’il faut des règles pour organiser sa reproduction. Il y a crise lorsque l’activité (le régime de croissance) se modifie de telle sorte que les anciennes règles deviennent obsolètes, tandis que de nouvelles règles n’ont pas encore réussi à émerger, compatibles avec le régime de croissance nouveau qui tend à s’instaurer. La crise est donc caractérisée, non pas par un régime de croissance (faible ou nulle), mais par l’absence d’articulation entre ce régime de croissance et les règles en vigueur. Les régulationnistes identifient ainsi trois grandes crises qui se sont succédé depuis un siècle et demi. Celle de 1873 et des années suivantes, en raison du passage d’une production de type concurrentiel (avec prédominance de l’activité agricole et artisanale) à une production de type monopolistique (l’efficacité économique imposant une concentration forte de l’activité dans les branches dominantes); celle des années30, en raison d’un mode de répartition des revenus (et notamment des salaires) devenu incompatible avec le rythme du changement technique (engendrant des gains de productivité importants, qui ne se traduisaient pas, ou pas suffisamment, en augmentation de revenus salariaux, donc en demande solvable); celle des années70 et 80, enfin, marquée par un ralentissement des gains de productivité, donc par des règles de répartition du revenu devenues incompatibles avec le rythme de croissance de l’ensemble de l’activité. Cette grille d’analyse, même contestée par certains (y a-t-il bien ralentissement durable des gains de productivité dans l’économie contemporaine?), est aujourd’hui la seule à rendre compte des difficultés persistantes d’un système social qui, quoique produisant toujours plus de richesses, ne parvient pas à en assurer la répartition de façon satisfaisante, créant ainsi un sentiment d’insécurité et de paupérisation au milieu d’une richesse pourtant croissante.

Critères de convergence

On utilise le terme convergence pour désigner le fait que plusieurs de ces critères sont des critères relatifs, définis par rapport à la moyenne observée: par exemple, le taux d’inflation dans un pays ne doit pas s’écarter de plus de 2% de la moyenne de l’inflation mesurée dans l’ensemble des pays de l’union. Le but de ces critères est en effet moins de fixer des normes absolues (encore qu’il en existe certaines, comme, par exemple, le déficit budgétaire public qui ne doit pas dépasser 3% du PIB) que d’inciter les pays membres souhaitant intégrer l’union monétaire à observer des scores économiques (en matière de taux d’inflation et de taux d’intérêt) proches les uns des autres.

Croissance

La croissance économique, c’est une évidence, ne doit pas être confondue avec le développement, notion qui s’intéresse aux conséquences de l’activité économique sur la vie des hommes. La croissance n’implique pas forcément une amélioration du bien-être, si l’activité économique sur laquelle elle se fonde privilégie des marchandises qui dégradent la qualité de vie d’une partie de la population (l’exemple classique étant celui de la production d’armes). La croissance, lorsqu’elle est génératrice de pollutions, de déchets ou qu’elle gâche des ressources non renouvelables (dégradation des sols, épuisement de ressources minérales…), peut appauvrir tout ou partie de l’humanité en même temps qu’elle enrichit certains (parfois les mêmes, d’ailleurs). C’est pourquoi, au début des années70, certains ont lancé l’idée d’une croissance zéro, c’est-à-dire d’un niveau d’activités permettant de ne plus accroître les rejets ou les prélèvements de ressources non renouvelables. L’idée, bien que séduisante, est critiquable: ce qui pose problème, ce n’est pas la croissance elle-même, mais ce qu’elle entraîne, les inégalités, la pollution, etc. Ainsi, réduire la consommation de ressources non renouvelables ne passe pas forcément par une croissance zéro, mais par une modification des techniques utilisées, ou un changement des modes de vie et d’organisation sociale (transports en commun en ville à la place des voitures individuelles, par exemple). Reste que ces changements ont peu de chances de s’opérer spontanément, même si, grâce à un système de prix adéquat, il est possible de les encourager. La question de la soutenabilité de la croissance ne peut être résolue par le marché uniquement, elle implique une action collective qui ne résultera pas des seuls mécanismes économiques. Le taux de croissance mesure le rythme d’augmentation de l’activité: on agrège alors l’ensemble des productions de toutes les entreprises et de toutes les administrations, et on mesure la variation relative (en pourcentage). La mesure de la croissance peut être effectuée en valeur (dans ce cas, on s’appuie sur les prix de vente observés, ce qui revient à incorporer dans la croissance la hausse éventuelle des prix des produits agrégés), ou en volume (dans ce cas, on calcule un indice d’évolution des prix unitaires, et on défalque de la hausse mesurée celle qui est due aux variations de prix). Dans le premier cas, la croissance est dite nominale, dans le second, elle est dite réelle. Lorsqu’on ne précise pas la nature du taux de croissance mesurée, il s’agit habituellement du taux de croissance réelle. On parle de croissance intensive lorsque l’activité progresse plus vite que les éléments -notamment la quantité de travail- qui lui ont donné naissance. Dans le cas contraire, ou lorsqu’on constate une stricte proportionnalité entre activité économique et quantité de travail utilisé, on parle de croissance extensive. La croissance logistique désigne un type de croissance qui se ralentit progressivement, jusqu’à devenir imperceptible: c’est ce que l’on observe pour des produits durables qui, après une phase de fort démarrage, correspondant à leur acquisition par un grand nombre de ménages, voient la croissance de la demande se ralentir, puis s’annuler lorsque seule une demande de renouvellement existe. La croissance cyclique désigne le fait que le rythme annuel de croissance tend à fluctuer, avec des phases d’accélération et des phases de décélération. Ces cycles tiennent principalement aux politiques économiques adoptées (restrictives ou, au contraire, stimulatrices), mais aussi aux anticipations des agents économiques, auxquels l’expérience a montré qu’à partir de certains seuils (par exemple lorsque les prix de gros recommencent à s’accélérer), les autorités prendront des mesures et qui anticipent ces mesures (par exemple en reconstituant leurs stocks lorsqu’ils prévoient une politique économique expansive).

Croissance endogène

Dans la mesure où les effets de ces efforts sont collectifs, il est logique que la charge que représente le financement de ces « investissements » soit également collective, sauf si un mécanisme de droits de propriété (brevet, par exemple) permet à celui qui a effectué l’investissement de recherche d’en récupérer le montant grâce à une situation de monopole qui lui permet de faire payer plus cher le produit nouveau. La théorie de la croissance endogène est ainsi appelée parce qu’elle fait reposer la croissance économique, non pas sur un « progrès technique » qui tomberait du ciel, mais sur des investissements financés par le système lui-même. Elle explique en outre que la croissance est cumulative, car elle dépend du stock de connaissances accumulé: si de nombreux chercheurs ont permis à un pays d’avoir un rythme de croissance plus élevé, les chercheurs qui vont succéder à cette première vague vont pouvoir trouver davantage de choses (« nous voyons loin parce que nous sommes assis sur les épaules de géants »), donc de réaliser un rythme de croissance plus rapide que les autres pays. Les écarts de croissance sont donc cumulatifs, selon cette théorie, ceux qui sont « bien partis » pouvant à la fois investir davantage et avec de meilleurs rendements dans la recherche et la formation.

Croissance extensive

Croissance intensive

CSG

CTE

Currency Board (office monétaire)

L’exemple argentin est le plus connu (et il s’est très mal terminé), puisque le peso était convertible à taux fixe contre le dollar (au taux de 1 pour 1). Dans les faits, un Currency Board revient le plus souvent à « dollariser » une monnaie locale, c’est-à-dire à la lier de facto (et non de jure) à la monnaie américaine.

Currency Principle (principe de la circulation)

Cycle

Les cycles économiques sont une vieille réalité: il suffit de se rappeler les sept années de vaches grasses et les sept années de vaches maigres de l’Ancien Testament. Dans le cycle des économies traditionnelles, le point de départ était généralement naturel: une mauvaise récolte ou une succession de mauvaises récoltes provoquaient une hausse forte des prix des denrées agricoles, donc une réduction du niveau d’alimentation des plus mal lotis, donc une montée de la mortalité jusqu’à ce que l’équilibre population-nourritures, un moment rompu, soit rétabli (soit par une diminution de la population, soit par une hausse de la production). Dans ce cycle traditionnel, au rythme très fluctuant, l’évolution des prix allait en sens inverse de celle de la production: en hausse quand cette dernière diminuait, en baisse quand elle progressait. C’est l’inverse dans les cycles contemporains: les prix baissent lorsque les affaires vont mal, ils tendent à s’accélérer lorsqu’elles vont bien. Et bien évidemment, contrairement aux craintes de Malthus et de Ricardo, la démographie ne joue plus de rôle régulateur permettant d’adapter la population aux ressources. On distingue habituellement trois types de cycles, correspondant à trois horizons de temps différents. Le premier est l’horizon court: le temps qu’il faut pour qu’un investissement, décidé à l’instantt, devienne opérationnel et se traduise par une augmentation de production. L’exemple le plus connu est le cycle du porc: supposons que le prix du porc augmente faute de production suffisante par rapport à la demande. Des producteurs, constatant cette hausse, décident d’élever davantage de truies. Compte tenu des délais nécessaires, les arrivages de porc sur le marché augmentent quinze mois après, et ce d’autant plus que de nombreux producteurs auront pris la même décision sans s’être concertés. A l’insuffisance de production succède une surproduction: les prix s’effondrent. Des producteurs sont ruinés; les autres réduisent leur production, devenue insuffisamment rentable. La surproduction se réduit peu à peu, cédant à nouveau la place à la pénurie, une quinzaine de mois après le déclenchement de la crise. Ce cycle est propre à une profession, et il est lié à l’inévitable décalage existant entre décisions d’investissement et arrivée de la production. En outre, il est d’autant plus accentué que la profession est peu concentrée et peu coordonnée par les instances professionnelles. Il peut arriver que ces cycles propres à une activité déterminée conjuguent leurs effets et produisent des fluctuations d’ensemble (on parle alors de cycles Kitchin, d’une moyenne de trois ans). Mais c’est le rôle de la politique économique que de gommer ces fluctuations, d’empêcher qu’elles ne se propagent à l’ensemble de l’économie via les revenus et les prix. Le deuxième type de cycle concerne, lui, l’économie dans son ensemble. On le dénomme cycle Juglar, du nom de l’économiste statisticien français Clément Juglar, qui mit en évidence leur existence. Tous les huit à neuf ans environ, l’économie dans son ensemble semble parcourir les différentes étapes du cycle: crise, dépression, reprise, expansion, les deux dernières étapes étant un peu plus longues que les deux premières. Ce qui, estimait Juglar, rend compatible l’existence du cycle avec une croissance de long terme -chaque point haut est un peu plus haut que le précédent, situé huit à neuf ans plus tôt. Dans l’entre-deux-guerres, il est paru une très abondante littérature sur l’origine de ces cycles, les uns y voyant le résultat de causes extérieures à la sphère économique (les découvertes d’or, par exemple), les autres les attribuant au fonctionnement même de l’économie. C’est généralement la thèse retenue aujourd’hui. Cette question des cycles Juglar a perdu beaucoup de son intérêt en même temps que s’atténuait l’ampleur des fluctuations. Mais la réduction de l’intervention publique, la perte d’efficacité des politiques économiques nationales due à la mondialisation, tout cela contribue aujourd’hui à redonner vie au problème du cycle Juglar. Il semble bien, in fine, que ce dernier naisse du fonctionnement même de l’économie de marché: des taux de profit en hausse incitent à l’investissement, lequel stimule les revenus, donc la consommation, jusqu’au point où le surplus de production dû à l’investissement fasse son apparition sur les marchés et engendre une contraction des prix, donc une réduction de la rentabilité et un arrêt (ou une moindre progression) de l’investissement. Ce n’est sans doute pas un hasard si ces cycles Juglar ont disparu au cours des années50 à 70, à un moment où une régulation publique relativement forte (la « planification à la française », comme on disait alors) a permis d’anticiper sur l’évolution spontanée des marchés et de prendre des décisions à plus long terme. Le cycle Kondratieff (du nom de l’économiste russe du début du siècle qui a suggéré leur existence) est d’une durée beaucoup plus longue: une cinquantaine d’années, avec une vingtaine d’années de stagnation ou de recul, et une trentaine d’années de croissance forte. Plus, semble-t-il, que le cycle Juglar, le cycle Kondratieff s’inscrit bien dans le contexte actuel: les Trente Glorieuses (1950-1975) constitueraient la phase d’essor d’un cycle long, tandis que, depuis une vingtaine d’années, nous serions pris dans la phase de déclin du même cycle long. Schumpeter, l’économiste austro-américain mort en 1950, a proposé une explication de ce type de cycle. Il résulterait de vagues (ou « grappes ») d’innovations liées à une percée plus fondamentale. Par exemple, l’électricité et la chimie, au début de ce siècle, ont donné naissance à quantité d’applications. Mais ces applications ne sont pas apparues tout de suite: elles sont le fruit d’industriels qui ont eu une intuition, ont pris le risque et lancé un produit nouveau. Beaucoup ont échoué: il n’est pas facile d’essuyer les plâtres. Mais quelques-uns ont réussi, donnant des idées à d’autres. D’où des vagues d’investissements qui, en même temps que de nouveaux produits -ou de nouveaux procédés-, ont engendré de nouveaux marchés. L’électricité et la chimie ont été ainsi les moteurs de la croissance forte qui va du début du siècle à 1929 (avec la parenthèse de la guerre). L’automobile et la pétrochimie sont à l’origine de la vague de croissance forte des Trente Glorieuses. Entre les deux, l’épuisement progressif du filon technologique ralentit le flux des investissements, les innovateurs se font rares, l’économie se borne à exploiter l’existant, le marché stagne voire régresse, parce que la saturation l’emporte sur l’innovation. Dans cette veine, certains pronostiquent que nous serions entrés dans un nouveau cycle d’investissements innovateurs, appuyé sur l’informatique, les télécommunications et l’information. Nous sortirions ainsi de la phase dépressive d’un Kondratieff, pour entrer dans la vague porteuse d’une « nouvelle économie ». Cette thèse a pris un coup de vieux avec l’explosion, début 2001, de la bulle boursière des actions des entreprises spécialisées dans ces nouvelles technologies, dont on disait monts et merveilles.

Cycle de vie (d’un produit)

Cette analyse du cycle de vie est séduisante (et d’ailleurs largement utilisée par les techniciens du marketing). Néanmoins, il faut souligner deux limitations de cette analyse. D’une part, à chacun des stades, le produit peut disparaître (et pas seulement au stade final): lors de la phase de mise au point, il se peut très bien que les études de marché montrent qu’il n’existe pas de clientèle (ou pas suffisante, ou pas prête à payer assez) pour ce produit. Dans l’agroalimentaire, par exemple, environ 70% des produits ne dépassent pas ce stade. Bien qu’ils soient au point, ils ne seront pas commercialisés. De même, au stade du lancement, qui est l’épreuve décisive, la grande majorité des produits disparaissent, faute de succès: dans la presse, sur dix titres lancés en kiosque, il n’en subsiste, un an après, qu’un à deux. Enfin, il se peut très bien que la phase de croissance suscite une réponse des concurrents qui fasse que l’essentiel de la demande se porte sur des produits concurrents, lancés à toute vitesse, pour profiter de l’opportunité. D’autre part, l’analyse du cycle de vie ne dit rien de la durée respective de chacune des étapes. Des produits comme le tampon Jex, les cachous Lajaunie ou la lessive Persil ont près d’un siècle d’existence. Chaque fois que la demande fléchissait, leurs producteurs ont su la relancer ou la stimuler (nouvel emballage, nouvelle formule, campagne de publicité). On voit que cette analyse, pour intéressante qu’elle soit, se contente de décrire, mais n’explique en rien ni les succès, ni les échecs, ni la brièveté, ni la longévité commerciale des produits.

Cycle de vie (théorie du)

Dailly

Darwinisme social

Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale)

Les moyens de la Datar sont principalement financiers et fiscaux (attributions de primes d’aménagement du territoire et réductions d’impôts).

Date de valeur

Officiellement instauré en raison des délais de règlement, le système des dates de valeur est devenu en fait un moyen discret pour les banques de faire rémunérer leurs services sans passer par le paiement des chèques. En effet, si un client est en découvert, allonger les dates de valeur revient à augmenter la durée du découvert, donc à augmenter le montant des intérêts dus au titre du découvert.

Débit

Débudgétisation

Décalage conjoncturel

On a pu assister à un très bel exemple de décalage conjoncturel en 1992, lorsque l’Allemagne, confrontée à l’emballement de la consommation (donc des prix) en raison de la réunification, se mit à augmenter fortement les taux d’intérêt pour freiner la demande, au moment même où la France, confrontée à un ralentissement de la demande, avait besoin de relancer cette dernière. Ce type de situation, évidemment, empêche les mécanismes habituels de concertation et de coopération de jouer. Et généralement, l’économie dominée finit par s’aligner sur l’économie dominante, alors que ce n’est pas son intérêt.

Décentralisation

En France, les lois de décentralisation de 1982 ont confié la charge de l’action sociale aux départements et celle de la formation continue aux « établissements publics régionaux » (devenus « régions » depuis). La décentralisation permet de rapprocher des citoyens le lieu de décision. A l’inverse, elle peut engendrer des inégalités (tous les départements, par exemple, n’appliquent pas avec la même énergie les tâches de réinsertion sociale que la loi leur confie) et des formes de clientélisme ou d’abus sociaux (puisque les élus locaux disposent d’un plus grand pouvoir). La décentralisation doit donc aller de pair avec une plus grande transparence et un poids accru du contrôle a posteriori, pour limiter les abus.

Décile

Par exemple, en matière de revenus, il est fréquent que l’on classe les personnes dont on étudie les revenus par ordre croissant de revenu perçu: le premier décile regroupe alors les 10% les plus pauvres de la distribution. La valeur d’un décile peut être déterminée par sa limite de classe (les 10% les plus pauvres gagnent moins de tant d’euros) ou par sa moyenne (les 10% les plus pauvres gagnent en moyenne tant d’euros).

Décollage économique

La typologie de Rostow a été très critiquée en raison de son caractère mécaniste: à l’en croire, il suffirait que le niveau d’épargne dépasse un certain seuil pour qu’il y ait accumulation du capital, donc croissance économique. C’est loin d’être évident, si l’on fait du développement (donc de la croissance) un phénomène complexe dans lequel les hommes jouent un rôle essentiel. Par exemple, il n’est pas sûr qu’à un certain niveau de revenu moyen par habitant corresponde un niveau d’épargne (tout dépend de la répartition des revenus en question). Il n’est pas sûr qu’à un certain niveau d’épargne corresponde un certain niveau d’investissement (l’épargne peut très bien fuir le pays, ou au contraire provenir de l’étranger). Il n’est pas sûr qu’à un certain niveau d’investissement corresponde un certain niveau de croissance (les investissements peuvent être gaspillés, ou se heurter à des goulots d’étranglement, ou ne pas être mis en valeur faute de formation adéquate des travailleurs, ou produire des biens ou services invendables parce que trop coûteux, etc.).

Déconcentration

Il ne faut pas confondre déconcentration et décentralisation: dans le deuxième cas, il y a transfert de pouvoir à des autorités locales, donc affaiblissement relatif de l’Etat, alors que, dans le premier cas, il ne s’agit que d’une répartition différente des pouvoirs au sein de l’appareil d’Etat. Par exemple, la décentralisation permet aux mairies de procéder à des aménagements des horaires scolaires dans les écoles primaires. La déconcentration confie ce soin au rectorat, c’est-à-dire au représentant du ministre dans une région donnée.

Décote

Par exemple, si une voiture cotée 10000euros à l’argus se vend en fait 9000, la décote est de 1000euros. En Bourse, la décote d’une société indique que les opérateurs estiment que l’actif net de la société est surévalué (certains actifs auraient une valeur moindre que le montant pour lequel ils sont inscrits à l’actif du bilan ou, plus fréquemment, le montant des engagements de la société est supérieur à ce qui figure dans les dettes inscrites au passif). C’est le cas en particulier lorsqu’il existe des « engagements hors bilan »: par exemple, la société a signé un contrat de location sur plusieurs années, ce qui est un engagement de dépense qui ne figure pas au bilan, mais qui alourdit les charges au cas où l’entreprise serait amenée à déménager.

Découvert

Défaillance

Une défaillance (défaut de paiement) n’implique pas forcément une cessation d’activité ou un dépôt de bilan. D’abord, parce que, lorsque la défaillance concerne un pays, ce dernier, souverain, ne peut être mis en dépôt de bilan. Ensuite, parce que, lorsqu’il s’agit d’une entreprise, l’insuffisance de liquidités peut très bien être temporaire (liée, par exemple, au retard de paiement d’un client). Mais toute défaillance est un signal avertisseur: les créanciers vont donc avoir tendance à exiger des garanties plus strictes avant de consentir de nouveaux délais de paiement ou d’accorder de nouveaux prêts. En ce qui concerne les entreprises, la Banque de France gère un fichier de tous les incidents de paiement (défaillances, contestations, …) qui lui sont signalés par les banques.

Défaisance

Le but de l’opération est d’enlever du bilan de la société tous les actifs sur lesquels pèse un soupçon important de décote. La structure de défaisance achète ces actifs en règle générale à leur valeur comptable, ce qui permet à la société d’éviter d’avoir à supporter des pertes. Puis elle est chargée de les vendre peu à peu, en essayant d’en tirer le meilleur prix possible. Le cas le plus connu est celui de la structure de défaisance du Crédit lyonnais, le Consortium de réalisations (CDR), qui a hérité d’actifs inscrits pour 150milliards de francs au bilan de la banque, alors que la valeur marchande de ces actifs était estimée à une cinquantaine de milliards de francs tout au plus. Les pertes du CDR, enregistrées au fur et à mesure que les actifs douteux sont vendus, ont été couvertes par une subvention publique. Finalement, la perte totale enregistrée par le CDR aura été d’environ 80milliards de francs (l’évaluation faite initialement par le parlementaire Charles de Courson était de 150milliards de francs).

Déficit

Le déficit des comptes publics peut être une prévision (déficit du budget de l’Etat ou, plus précisément, de la loi de finances, puisque le projet de budget, une fois adopté par le Parlement, devient une loi) ou un constat (on parle alors du déficit de la loi de règlement, qui clôture les comptes d’une année donnée). L’existence d’un déficit budgétaire (c’est ainsi qu’on nomme, plus généralement, le déficit d’une loi de finances ou d’une loi de règlement) n’est pas forcément l’indicateur d’une mauvaise gestion. Et ceci pour deux raisons. La raison secondaire est que le déficit peut provenir d’un montant d’investissements publics (routes, infrastructures, écoles, universités, etc.) supérieur à l’éventuel excédent des recettes sur les dépenses de fonctionnement. C’est une situation classique dans une entreprise, lorsque cette dernière anticipe sur les recettes à venir et finance tout ou partie de ses investissements grâce à des emprunts. Les investissements publics représentent, de la même manière, une dépense immédiate qui doit se traduire par des services publics plus performants ou des infrastructures de meilleure qualité, dont bénéficiera la collectivité tout entière. On peut donc penser que ces investissements -à condition qu’il ne s’agisse pas de dépenses somptuaires ou superflues- engendreront soit un supplément de bien-être, soit un supplément d’efficacité, et il n’est pas absurde de faire le pari que les rentrées fiscales à venir augmenteront d’autant, permettant de rembourser les emprunts engendrés par ces investissements. Mais, curieusement, et sans doute parce que le budget de l’Etat mêle ses prévisions de dépenses de fonctionnement et ses prévisions de dépenses d’investissement, bien rares sont ceux qui font la distinction. La raison principale est que l’Etat n’est pas un acteur comme les autres. Son but n’est pas de maximiser ses recettes, mais d’aider l’action collective à être plus efficace et moins inégalitaire. Il agit donc au nom de l’intérêt général. Or, il peut arriver que l’intérêt général requière une croissance plus forte, par exemple pour réduire le poids du chômage ou financer plus facilement des dépenses collectives jugées nécessaires. Si la croissance est freinée par une insuffisance de la demande, l’intérêt général peut alors requérir que l’Etat dépense davantage sans prélever davantage. Non seulement il est le seul agent à pouvoir le faire aisément (car, contrairement à une entreprise ou un particulier, il ne peut être victime d’un incident de paiement: l’Etat rembourse toujours ses dettes, sauf exception rarissime), mais il est le seul aussi à pouvoir accepter de le faire, puisqu’il n’est pas guidé par la perspective de rentrer dans ses fonds, mais par la relance de l’activité au profit de tous. En d’autres termes, l’Etat est potentiellement générateur, dans ce cas, d’un bien collectif, qui est l’amélioration de la situation économique et du niveau d’activité. Ce bien collectif peut très bien justifier une dépense publique accrue, financée par l’emprunt (car si elle était financée par l’impôt, le supplément de prélèvement annulerait l’effet de relance engendré par le supplément de dépense). Sans doute, à la longue, il faudra bien rembourser. Mais si la croissance est au rendez-vous, le supplément d’impôt qui en résultera permettra de payer tout ou partie de cette dette supplémentaire. Et, à défaut, l’Etat a toujours la possibilité d’augmenter ses prélèvements. Ainsi, le déficit public coûte toujours quelque chose: il est annonciateur d’impôts à venir, voire d’impôts plus lourds à venir. C’est pourquoi le déficit public doit être analysé sérieusement, et jugé non en fonction de critères comptables, mais en fonction de critères économiques: permet-il à l’activité de progresser? Et si oui, dans quelle proportion? Malheureusement, là encore, le jugement comptable l’emporte trop souvent sur le jugement économique, et l’opinion a toujours tendance à estimer que l’Etat dépense trop. Le déficit des comptes extérieurs est d’une nature très différente. Il porte sur le fait que l’activité économique du pays engendre plus de sorties de devises que d’entrées. C’est là une situation qui ne peut durer très longtemps, sauf si le pays en question -qu’il s’agisse de l’Etat ou des agents particuliers que sont les banques, certaines entreprises privées, etc.- a la possibilité d’attirer des investissements étrangers (directs ou de portefeuille, c’est-à-dire consistant en achats de titres cotés) ou de s’endetter durablement. En d’autres termes, le déficit des comptes extérieurs pose immédiatement la question de la contrainte extérieure: la politique économique du pays déficitaire (taux d’intérêt, fiscalité sur les bénéfices, etc.) doit être orientée en fonction des exigences des financeurs, sous peine de devoir éliminer le déficit des comptes courants, c’est-à-dire, en fait, réduire l’activité (car la façon la plus efficace de réduire le niveau des importations consiste à réduire l’activité, ce qui, il faut en être conscient, augmente inévitablement le chômage). L’exception américaine n’en est pas vraiment une: voici un pays qui accumule les déficits extérieurs depuis des décennies. Mais c’est parce qu’il peut s’endetter dans sa propre monnaie, c’est-à-dire financer ses déficits extérieurs en dollars: dans ces conditions, la contrainte extérieure n’existe pas.

Déflation

La déflation, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas l’inverse de l’inflation. Certes, il s’agit d’une situation dans laquelle les prix tendent à baisser, ce qui est bien l’inverse de l’inflation. Mais cette baisse des prix est provoquée par une faiblesse de la demande, en même temps qu’elle tend à renforcer cette faiblesse. C’est donc une baisse des prix et de l’activité, une baisse des prix provoquée par une baisse de l’activité. L’inverse de l’inflation est la désinflation, c’est-à-dire une situation dans laquelle la hausse des prix tend à se ralentir. Toute la difficulté est qu’entre désinflation et déflation, il y a l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes, parce que l’on ne sait jamais si un ralentissement de la hausse des prix ne va pas provoquer, comme effet retour, une réduction de certains revenus (par exemple ceux des commerçants, qui doivent rembourser leurs emprunts avec des recettes qui ne progressent plus, voire diminuent), donc un démarrage de l’engrenage déflationniste. L’un des très beaux exemples de déflation est celle organisée par Pierre Laval, alors Président du Conseil (équivalent du Premier ministre dans la Constitution de la IIIeRépublique) en 1935: pour réduire le déficit budgétaire, qui grossissait en raison de la crise (laquelle, en réduisant l’activité, réduisait aussi les rentrées fiscales), il eut l’idée de réduire les salaires des fonctionnaires de 10%. Résultat: moins bien payés, les fonctionnaires dépensèrent moins, ce qui aggrava l’insuffisance de demande dont souffrait alors le pays. Et les fonctionnaires, l’année suivante, votèrent en masse pour l’opposition, provoquant l’arrivée au pouvoir du Front populaire…

DEFM (demande d’emploi en fin de mois)

Degré d’ouverture

Délai de récupération

Délégué du personnel

Délégué syndical

Ce droit a été obtenu en 1968 (par les accords de Matignon), mais au bénéfice des seuls syndicats jugés représentatifs et à condition que l’entreprise compte au moins 50salariés. Bien que désigné, et non élu, le délégué syndical est protégé au même titre que les représentants du personnel élus. La négociation d’accords au sein de l’entreprise doit, dans certains cas, obligatoirement s’effectuer avec les délégués syndicaux (ou, à défaut, des salariés mandatés par les syndicats représentatifs): c’est le cas, par exemple, pour les accords salariaux ou les accords de réduction du temps de travail.

Délit d’initié

Acheter des actions d’une société dont on sait, parce qu’on en est le PDG ou le commissaire aux comptes, qu’elle va réaliser des bénéfices plus élevés que ceux prévus jusqu’ici, est un délit d’initié. C’est un délit, parce que l’utilisation, à titre personnel, d’une information que les autres ne peuvent qu’ignorer revient à fausser le jeu du marché, donc à créer une suspicion nocive pour le bon fonctionnement des marchés financiers.

Délocalisation

La délocalisation d’une unité de production est liée à la recherche d’un coût de production plus bas. Ce peut être le coût salarial (transfert d’activités vers des pays à salaires plus bas) ou le niveau fiscal. Mais il peut arriver aussi que la délocalisation consiste à regrouper sur un même site des activités jusque-là effectuées dans des endroits différents: le but de ce regroupement est alors de réaliser des économies d’échelle. L’un des exemples les plus connus de ce type de délocalisation est le transfert de l’usine Hoover de Dijon, en 1992, vers une autre usine du même groupe située en Ecosse. Bien que ce transfert ait été généralement présenté comme lié aux salaires écossais plus bas que les salaires dijonnais, la raison principale de la direction du groupe, confronté à des pertes de part de marché, était de regrouper en un seul site une production jusqu’alors effectuée dans deux usines différentes. Les délocalisations ont été présentées par le rapport Arthuis (écrit alors que Jean Arthuis n’était que sénateur de la Mayenne, et non ministre de l’Economie du gouvernement Juppé) comme une des principales sources potentielles de pertes d’emplois en France: face à des écarts de coût salarial de l’ordre de 1 à 100, les entreprises auraient tendance à privilégier cette forme de réduction des coûts. Dans des secteurs comme le textile, c’est sans doute vrai, et la concurrence des pays à bas salaires (aussi bien comme sous-traitants que comme pays d’implantation de filiales tournées vers l’exportation) est forte. Néanmoins, l’ensemble des études menées dans ce domaine montrent que cette concurrence n’explique qu’une partie minoritaire des suppressions d’emplois dans ces branches (au plus un sur quatre depuis dix ans), la plupart ayant été supprimés en raison de gains de productivité particulièrement élevés. En outre, les secteurs menacés sont finalement assez peu nombreux, pour des raisons de qualité, de difficultés de communication ou de rapidité de livraison. Au total, il semble que les délocalisations, pour réelles qu’elles soient, ne sont destructrices d’emplois que parce que l’ensemble des branches industrielles, en France, souffrent d’une dynamique productive insuffisante. C’est la faiblesse de la croissance qui rend la question des délocalisations épineuse, ce ne sont pas les délocalisations qui engendrent le chômage de masse que nous connaissons.

Demande

La demande ne doit pas être confondue avec le besoin: en effet, elle s’accompagne d’un achat, alors que le besoin peut très bien ne pas être satisfait, faute de pouvoir d’achat adéquat. La demande est donc régulée par le prix (ce qui ne signifie évidemment pas qu’elle soit déterminée uniquement par lui: la mode, la pression sociale, le besoin de reconnaissance, etc., sont aussi des variables explicatives du contenu et de l’importance de la demande), ce qui explique que les économistes parlent de courbe de demande: compte tenu de la façon dont réagit la demande lorsque les prix varient, ou lorsque le revenu des acheteurs se modifie, ils dressent une courbe liant le montant de la demande au niveau du prix. Le plus souvent, la demande est une fonction inverse du prix: lorsque ce dernier diminue, la demande augmente. Il arrive cependant que, pour certains biens, cette liaison de bon sens ne soit pas vraie: la baisse de prix, au lieu d’entraîner une augmentation de la demande, la réduit. Ces biens sont dits de Veblen (du nom de l’économiste américain qui le premier a mis cet effet en évidence). C’est le cas, par exemple, du whisky: le consommateur de base n’est pas en mesure de juger de la qualité respective des bouteilles qui lui sont proposées. Il a donc tendance à prendre le prix comme un indicateur de qualité: si le prix d’une marque donnée diminue, un certain nombre de consommateurs interpréteront cette baisse comme l’indice d’une baisse de qualité, et reporteront leurs achats sur des produits plus chers. Ces cas un peu aberrants ne doivent cependant pas masquer la réalité dominante: la sensibilité de la demande de la grande majorité des produits au niveau de leur prix. Cette sensibilité est appelée élasticité de la demande par rapport au prix. Elle se mesure de façon relative: si le prix baisse de X%, de combien de% augmente la demande? Il existe aussi une mesure de l’élasticité de la demande par rapport au revenu. Les biens dont la demande est peu élastique au prix sont dits biens primaires, parce qu’ils correspondent à des besoins de base: le pain, les produits laitiers, et plus généralement la nourriture. Ces biens sont également caractérisés par une faible élasticité-revenu: lorsque le revenu augmente, leur demande stagne. Au contraire, les biens dits secondaires sont caractérisés par une élasticité-prix relativement forte et, lorsque le revenu augmente, leur demande progresse davantage que le revenu. C’est le cas des produits culturels ou des loisirs. Ces distinctions ont été introduites par un statisticien allemand, Ernst Engel, vers la fin du XIXesiècle. C’est pourquoi on les appelle lois d’Engel, bien qu’il ne s’agisse que de régularités statistiques. Il arrive fréquemment que l’augmentation de la consommation d’un bien engendre une augmentation de la consommation de biens qui lui sont liés (par exemple, plus d’achats d’automobiles engendre en général une consommation accrue de carburant, de pneumatiques, de garagiste, etc.): ces biens sont dits complémentaires. Au contraire, on parle de biens substituables lorsque l’augmentation de la consommation d’un bien entraîne une diminution de la consommation d’un autre bien (exemple: passer ses vacances à l’hôtel est un substitut au fait d’utiliser le camping). On appelle propension à consommer le rapport entre l’ensemble des dépenses de consommation d’un ménage et le revenu qu’il perçoit: elle est supérieure à 1 lorsqu’un ménage s’endette pour pouvoir consommer plus qu’il ne gagne, inférieure à 1 lorsqu’un ménage épargne. On mesure également la propension marginale à consommer: c’est le rapport entre l’augmentation de consommation et l’augmentation de revenu qui lui a donné naissance. La demande de services non marchands ne peut pas, par définition, être régulée par des variations de prix. Cela pose un double problème. Le premier est que ce sont les autorités publiques qui déterminent le niveau de satisfaction de la demande, en y affectant des moyens plus ou moins importants. Par exemple, la demande de formation à l’université a explosé ces dernières années sans que les moyens suivent, si bien que la qualité moyenne de l’enseignement a plutôt eu tendance à se dégrader. En Grande-Bretagne, le système de santé gratuit est régulé par la file d’attente, faute de l’être par les prix. Certes, dans une société démocratique, les autorités publiques sont censées obéir aux voeux de la majorité. Mais la demande en services non marchands peut très bien exploser sans que le consentement à payer des impôts plus élevés suive. Quant au deuxième problème, il concerne l’élimination des éventuels abus. Si quelqu’un accède à un service sans payer, ou en payant une contribution symbolique, il peut être amené à adresser au système une demande excessive par rapport à ses besoins réels. C’est un problème essentiel en économie de la santé, secteur largement socialisé (c’est-à-dire dont le coût est couvert par des prélèvements obligatoires): pour conserver leur clientèle, les médecins sont amenés à multiplier les actes dont l’utilité technique n’est pas toujours évidente, mais dont ils savent qu’ils leur vaudront la reconnaissance des patients. En réalité, il n’y a pas de réponse satisfaisante pour régler ces deux problèmes. En regard, le mécanisme des prix paraît beaucoup plus simple, puisqu’il ne requiert ni vote, ni intervention publique, ni file d’attente, ni contrôle. Mais les services non marchands exercent aussi un rôle essentiel dans une société qui se veut démocratique: en écartant toute sélection par l’argent, ils permettent à certains besoins de base d’être satisfaits quel que soit le niveau des revenus. En ce sens, ils sont une des composantes importantes de la justice sociale.

Demande d’emploi

Les demandes d’emploi ne concernent pas forcément un emploi à temps plein, ni un emploi à occuper immédiatement. Pour mesurer la pression de la demande sur le marché du travail, l’ANPE additionne chaque fin de mois les demandes d’emploi non satisfaites concernant des personnes souhaitant travailler immédiatement, à temps plein et pour une durée non limitée dans le temps: ce sont les demandes d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie1, dont le chiffre est souvent utilisé pour évaluer le chômage. Reposant sur une procédure déclarative, ce chiffre n’est cependant pas très fiable: il se peut très bien que des candidats à l’emploi ne soient pas inscrits à l’ANPE et cherchent par leurs propres moyens. Ou, à l’inverse, que des personnes n’aillent s’inscrire à l’ANPE que pour conserver des droits sociaux (assurance maladie, par exemple), sans chercher pour autant un emploi. En outre, des modifications administratives dans le classement en catégorie1 peuvent venir perturber la mesure: par exemple, depuis 1995, les personnes travaillant à temps partiel plus de 78heures par mois et inscrites à l’ANPE parce qu’elles recherchent un emploi à temps plein ne sont plus comptabilisées dans les demandes de catégorie1 (alors qu’elles l’étaient jusqu’alors), mais dans les demandes de catégorie6. Au total, mieux vaut recourir à d’autres instruments de mesure moins contestables, comme l’Enquête emploi de l’Insee (voir aussi chômage). Il ne faut pas confondre demande d’emploi et demande de travail. Cette dernière émane des entreprises qui souhaitent se procurer la main-d’oeuvre dont elles ont besoin. La demande de travail se concrétise donc, lorsqu’elle est transmise à l’organisme spécialisé habilité, par une offre d’emploi.

Demande de monnaie

La question de la demande de monnaie a fait l’objet de nombreuses polémiques. Est-elle stable ou susceptible de varier? Et ces éventuelles variations proviennent-elles de son prix (taux d’intérêt) ou d’autres facteurs? En d’autres termes, existe-t-il une demande de monnaie pour elle-même -comme le pensent ceux qui estiment que la monnaie n’est pas neutre-, ou la demande de monnaie ne fait-elle que refléter la demande de biens et de services?

Demande effective

Demande globale

Le concept de demande globale a été introduit dans l’analyse économique par J. M. Keynes, afin de souligner les différences qu’il pouvait y avoir entre une approche microéconomique et une approche macroéconomique. Par exemple, une réduction des impôts pesant sur les entreprises peut permettre une augmentation de la demande émanant de celles-ci, mais si cette réduction d’impôts incite l’Etat à dépenser moins, la demande globale restera inchangée, et l’effet sur l’activité dans son ensemble sera nul.

Démographie

Démonétisation

L’exemple le plus fréquent de démonétisation est celui de l’or, qui a été privé de tout caractère monétaire par les accords de la Jamaïque (1976): cela signifie qu’à partir de cette date, l’or n’est officiellement plus accepté en règlement d’une dette entre les pays signataires de ces accords.

Dénationalisation

Dénouer

Voir aussi marché à terme, contrat à terme.

Dépendance

Dépense

Dans les dépenses publiques, on distingue habituellement les dépenses de fonctionnement et les dépenses d’équipement, ces dernières désignant en fait les dépenses d’investissement public (acquisition de biens durables susceptibles de servir plusieurs années et dont le montant est supérieur à un certain seuil). Les dépenses de fonctionnement sont celles qui ne se traduisent par aucune acquisition de bien durable (par exemple, les dépenses de personnel, les subventions, les achats de combustible, les paiements d’intérêt, etc.). La comptabilité nationale, à la différence de la comptabilité publique, intègre dans les dépenses de fonctionnement les achats d’équipement militaire.

Dépense fiscale

L’évaluation des dépenses fiscales est publiée chaque année dans les documents du projet de loi de finances.

Déplafonnement

Déplafonner une cotisation revient à faire payer des cotisations non plus en fonction des prestations perçues, mais en fonction des revenus, c’est-à-dire à accentuer l’effet redistributif éventuel de certaines cotisations.

Dépopulation

Habituellement, le terme s’applique plutôt à une région ou à un type de région: on parle ainsi de la dépopulation rurale.

Déposit

Dépôt

Un dépôt à vue peut être retiré à tout moment, au gré de son propriétaire, soit par retrait en espèces, soit par transfert à d’autres personnes (paiement par chèque, par virement ou par carte électronique). Un dépôt à terme, au contraire, est bloqué (sauf cas d’exceptions prévues lors de la constitution du dépôt) jusqu’à une date convenue d’avance (le terme).

Dépôt de bilan

Le dépôt de bilan est un constat. Le tribunal de commerce dispose ensuite d’un certain délai (en général trois mois) pour prendre une décision. Cette dernière peut consister en une liquidation, c’est-à-dire une vente des actifs de la personne morale au plus offrant, afin de dédommager, dans un ordre prévu par la loi, les créanciers. La liquidation se traduit donc par la disparition de la personne morale en question. Elle n’est décidée que si le tribunal estime que la viabilité de l’entreprise (ou de l’association) est trop incertaine et que les chances de redressement sont trop faibles pour être tentées. Mais la décision peut aussi être le règlement judiciaire: durant une période déterminée, l’entreprise est autorisée à poursuivre son fonctionnement, sous la surveillance d’une personne désignée par le tribunal. Durant cette période, les dettes sont gelées, et le mandataire du tribunal est chargé de solliciter et de recevoir des propositions de reprise ou de relance soit par les propriétaires (ou les adhérents) actuels, soit par des tiers. Généralement, ces propositions doivent s’accompagner d’apports d’argent et d’accords avec les créanciers (qui renoncent à tout ou partie de leurs créances, ou acceptent de les étaler sur une période déterminée). Au terme de cette période de règlement judiciaire, le tribunal examine les éventuelles propositions collectées par le mandataire et décide de la liquidation ou d’une solution de reprise/relance s’il la juge viable.

Dépréciation

Dépression

Déqualification

Déréglementation

La déréglementation a commencé au début des années80, lorsque Ronald Reagan a décidé de laisser la libre concurrence se substituer à la réglementation aérienne complexe, qui attribuait à chaque compagnie un certain nombre de lignes et ne lui accordait d’autorisations d’exploiter ces lignes qu’en contrepartie du respect strict de tout un cahier des charges. Pour les libéraux, cette intervention publique, en aboutissant à une limitation de la concurrence, était source d’inefficacité.

Dérégulation

Dérivé

Descendance finale

Pour que la population d’un pays ou d’une région puisse se renouveler par son simple mouvement naturel (c’est-à-dire sans recours à l’immigration), il faut que la descendance finale soit de 2,1enfants par femme en moyenne. Au-dessus, la population tend à augmenter, en dessous, elle n’atteint pas son seuil de renouvellement. Ce chiffre peut paraître bizarre: il correspond au fait que le nombre de naissances masculines l’emporte très légèrement sur le nombre de naissances féminines, que tous les enfants ne parviennent pas à l’âge adulte, et qu’il existe des cas d’infécondité. Au total, il faut donc ce nombre de naissances (en moyenne) pour que la nouvelle génération parvenue à l’âge adulte compte une femme féconde.

Désindexation

Désinflation

Peut déboucher sur une déflation. On parle de désinflation importée lorsque le prix des produits importés tend à diminuer en raison d’une hausse du taux de change de la monnaie nationale. La désinflation compétitive est un terme introduit dans les années80, en réponse aux critiques qui soulignaient qu’à trop mettre l’accent sur la réduction de l’inflation comme objectif principal, on risquait de provoquer une hausse du chômage. Les partisans de la désinflation compétitive ont donc développé l’idée que, au contraire, le ralentissement de la hausse des prix, était porteuse d’une demande accrue: à l’exportation, d’abord, puisque des prix qui augmentent moins vite signifient que les produits nationaux conservent ou améliorent leur compétitivité; sur le marché intérieur, ensuite, puisque le pouvoir d’achat des consommateurs et des investisseurs est moins érodé par une hausse des prix qui se ralentit. L’expérience a montré cependant que la désinflation, même compétitive, exerçait sur la demande un effet de frein plutôt que d’accélération. En gros, pour parvenir à réduire le rythme de hausse des prix, on comprime les hausses de salaires, et cette compression réduit davantage la demande que le surcroît de compétitivité ne permet de l’augmenter.

Désintermédiation

La désintermédiation est au fond une sorte de circuit direct entre emprunteurs et prêteurs, alors que l’intermédiation suppose un passage par une banque, qui collecte des ressources auprès de certains (dépôts à terme, bons de caisse, produits financiers divers) pour prêter à d’autres. Comme toujours, l’existence d’un intermédiaire a un coût. D’où l’avantage de la désintermédiation, qui se traduit par une réduction du coût du financement pour les emprunteurs (et, éventuellement, par un rendement plus élevé pour le prêteur). Mais l’intermédiation bancaire permet une mutualisation du risque: la banque assume ce risque, et garantit à ses prêteurs une rémunération plus faible, mais sûre. Au contraire, avec la désintermédiation, c’est le prêteur qui assume directement le risque.

Désinvestissement

Détour de production

L’exemple de Böhm-Bawerk est resté célèbre: comment l’habitant d’une maison située à une certaine distance d’une source peut-il s’approvisionner en eau? Il peut se contenter d’aller y boire chaque fois qu’il a soif: le détour de production est alors nul, mais l’addition de nombreux déplacements finit par représenter une dépense de temps importante. Pour réduire cette dépense de temps, il peut fabriquer des seaux: durant le temps nécessaire pour la fabrication de ses seaux, il ne sera pas productif. Mais cette dépense initiale de temps, d’énergie et de ressources sera ensuite compensée, et au-delà, par le gain de temps obtenu par le fait qu’un seul déplacement journalier suffira à satisfaire ses besoins. D’où le terme de détour de production: le gain de temps ultérieur fait plus que compenser la perte initiale. Notre habitant peut aussi abattre des arbres, les évider, construire une canalisation: le détour de production est plus important, mais le gain de temps ultérieur également. Le choix entre ces trois solutions dépend d’un calcul coût/avantage (perte de temps/gain de temps) et du prix relatif que l’habitant en question attache au temps gagné ultérieurement par rapport au temps consacré à l’investissement initial. Ce prix relatif n’est autre que le taux d’actualisation.

Dette

Le montant total des dettes d’une personne ou d’un agent s’appelle endettement. Le surendettement désigne la situation dans laquelle la personne endettée n’est plus en mesure de faire face à ses obligations: cette situation correspond, pour une personne physique, à la cessation de paiement pour une personne morale (voir dépôt de bilan). La dette publique représente l’endettement de l’Etat et des organismes publics dont il assure la tutelle financière (collectivités territoriales, organismes sociaux financés par des cotisations légales, entreprises publiques dotées d’un statut particulier et ne relevant pas du droit commercial, prêts effectués par des organismes bénéficiant de la garantie de l’Etat). La dette publique peut être brute (il s’agit de la somme de toutes les dettes) ou nette (dans ce cas, on défalque les créances de l’Etat et des organismes dont il exerce la tutelle financière). La dette extérieure mesure l’endettement de tous les agents économiques d’un pays vis-à-vis de l’extérieur. Dans les pays à solvabilité faible, seul l’Etat a la capacité financière de s’endetter auprès d’agents extérieurs: la dette extérieure se réduit à ce que l’on appelle la dette souveraine (dette de l’Etat). La dette extérieure peut être multilatérale (souscrite auprès d’organismes multilatéraux, comme le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale), publique (souscrite auprès d’autres Etats), bancaire (souscrite auprès d’organismes financiers) ou commerciale (liée à la fourniture de marchandises à crédit).

Dévalorisation du capital

Dévaluation

La dévaluation d’une monnaie ne peut se produire que dans un régime de changes fixes, puisque, dans un régime de changes flottants, il n’existe pas de parité, et que le taux de change monte ou baisse au gré des fluctuations du marché. La dévaluation est généralement une mesure imposée par la perte de compétitivité des produits nationaux sur les marchés étrangers, perte de compétitivité due au premier chef à l’inflation intérieure, qui tire les prix nationaux vers le haut. La dévaluation permet d’effacer cette hausse sur les marchés étrangers. Lorsqu’un pays dévalue, il peut être tentant de forcer la dose: de dévaluer par exemple de 15% là où 10% auraient suffi pour effacer le différentiel de coût. On qualifie parfois de compétitive ce type de dévaluation, dont la finalité est de gonfler les exportations en abaissant artificiellement leur prix à l’étranger, ce qui revient, au fond, à stimuler la croissance de l’activité intérieure sur le dos des partenaires commerciaux étrangers. On est donc là dans un cadre non coopératif, puisqu’il s’agit d’exporter son chômage à l’étranger.

Développement

Il y a bien sûr une corrélation étroite entre croissance et développement, dans la mesure où bon nombre d’améliorations des conditions d’existence d’une population supposent une augmentation des revenus ou des quantités produites. Mais corrélation ne signifie pas identité, et il n’est pas rare de constater que la croissance économique dans un pays ne suffit pas à impulser le développement, voire le freine: répartition inégalitaire qui fait que la croissance profite aux riches et appauvrit les pauvres, ou contenu de la croissance qui entraîne une dégradation des conditions de vie de certains (guerre, pollutions, nuisances…). Dans le domaine agricole, l’habitude en France a prévalu d’appeler développement des formes d’intensification de la production qui ont engendré davantage de nuisances et provoqué une réduction du nombre d’exploitants, par élimination des moins efficaces ou des plus petits. On est donc, dans ce cas, face à un détournement de sens d’un terme qui fait passer le qualitatif avant le quantitatif. Dans le domaine international, le terme de sous-développement a été généralisé dans les années50 pour désigner la situation des pays du tiers monde dont le niveau de production par tête était nettement inférieur à celui des pays industrialisés (capitalistes ou socialistes). Il sous-entendait que ces pays étaient en retard sur les pays industrialisés. Or l’économie du sous-développement a montré qu’il ne s’agissait pas seulement d’un retard (par exemple, d’une épargne insuffisante ou d’un investissement insuffisant), mais d’un ensemble de structures durables qui bloquaient ou freinaient les politiques visant à accélérer la croissance économique. En introduisant l’idée que ces pays souffraient seulement d’un manque de moyens financiers, la notion de sous-développement a permis d’occulter les réformes de structure (nationales et internationales) nécessaires pour favoriser le développement. Aujourd’hui, pour éviter la connotation péjorative s’attachant au terme sous-développés, on préfère parler officiellement de pays en voie de développement: ce qui est peut-être vrai pour certains, et faux pour beaucoup d’autres, englués dans des structures qui aggravent la pauvreté ou la misère d’une partie importante de la population. Dans les années70, la mise en évidence de structures internationales bloquant le développement (échange inégal, dégradation des termes de l’échange…) a conduit certains économistes (Samir Amin notamment) à préconiser des formes de développement autocentré, c’est-à-dire s’appuyant sur la satisfaction des besoins nationaux, et non sur les exportations. Force est de reconnaître que ces politiques de développement ont échoué, faute sans doute d’un aiguillon suffisant pour contraindre les producteurs nationaux à l’efficacité.

Développement durable

Notre développement actuel est tout, sauf durable (on utilise aussi le terme supportable, traduction littérale de l’anglais sustainable development), puisqu’il repose sur l’exploitation d’un stock de ressources non renouvelables (pétrole, matières premières) et qu’il engendre des flux de déchets ou de rejets que l’environnement ne parvient pas à absorber (nitrates dans les nappes phréatiques, accumulation de métaux lourds dans les sols, déchets radioactifs à très longue période de vie, destruction de la couche d’ozone, etc.). Mais les économistes -et souvent les scientifiques- font le pari que, à terme, chacun des problèmes posés par la gestion de ces flux indésirables finira par trouver une solution technique. On peut penser que ce pari n’est pas raisonnable, et qu’il vaudrait mieux trouver les solutions -techniques ou sociales- avant de créer les problèmes, plutôt que de postuler que l’inverse est possible.

Développement endogène

Déversement

L’analyse de Sauvy visait principalement à contester l’affirmation (fausse, mais fréquente) selon laquelle le changement technique supprime des emplois: c’est vrai si l’on s’arrête aux emplois supprimés en raison de l’automatisation ou des investissements de productivité; c’est faux si l’on prend en compte les hausses de revenus, donc de pouvoir d’achat, dont certains bénéficient du fait de ces gains de productivité, car ce pouvoir d’achat supplémentaire se traduit par des dépenses nouvelles, qui suscitent des créations d’emplois. Le changement technique déplace les emplois, il ne les supprime pas.

Devise

Le dollar constitue la principale devise: environ la moitié des échanges de monnaies qui s’effectuent dans le monde mettent en jeu le dollar contre une autre monnaie. L’euro vient en deuxième position (environ 30%), suivi du yen (12%), de la livre sterling (5%), les autres monnaies se partageant le reste.

Différentiel (d’inflation)

Exemple: le taux d’inflation enA est de 10%, alors qu’enB il est de 5%. Quel est l’écart (le différentiel) d’inflation? Il est de 50% (si l’on rapporte l’écart au taux de B) ou de 100% (si on le rapporte au taux deA). Pour éviter toute ambiguïté, on chiffre l’écart absolu(5), l’unité étant le point (écart entre deux pourcentages): dans cet exemple, le différentiel d’inflation est donc de 5points.

Dilemme du prisonnier

Le dilemme du prisonnier illustre une des défaillances du marché: la concurrence ou la méfiance peuvent amener les participants à choisir une solution qui n’est pas mutuellement bénéfique.

Dilution du capital

Direct costing

Le terme direct costing est un faux ami, puisqu’il laisse penser que la comptabilisation s’effectue en répartissant les charges directes (c’est-à-dire celles dont l’origine est attribuable à telle production sans discussion possible), alors qu’il s’agit en fait de répartir les charges variables. Cette technique de comptabilisation permet de simplifier l’analyse comptable. Exemple: une entreprise produit deux biens, A et B. Elle supporte des charges fixes (loyer, salaire du personnel administratif, assurances, etc.) pour un montant de 1000, et des charges variables qui sont proportionnelles aux quantités de A et de B produites. Le direct costing consiste à répartir ces dernières charges (et elles seulement) entre les deux productions en question, à mettre en regard de ces charges le montant des produits issus de A et de B respectivement, et de calculer pour chacun des deux produits une marge sur coût variable: la somme des deux marges (puisqu’il y a une marge par produit) doit couvrir au moins les coûts fixes de l’entreprise. On peut alors décomposer la façon dont ces coûts fixes sont couverts par chacun des deux produits et dire, par exemple, que les coûts fixes sont couverts par une contribution de A à hauteur de 65% et une contribution de B pour 35%. Cette information donne une image assez fidèle de la rentabilité respective des deux produits. Mais le direct costing suppose que les deux produits sont totalement indépendants (si B est un sous-produit obligé de A, il ne sert à rien de savoir qu’il contribue proportionnellement moins que A à la couverture des coûts fixes) et, d’autre part, que les coûts fixes sont couverts (sinon l’entreprise n’est pas rentable et risque de disparaître). Or tel est bien le risque si l’analyse fait apparaître que le produit B est insuffisamment rentable et ne couvre pas sa quote-part de coûts fixes: on peut décider alors de le supprimer, mais que se passera-t-il, si, comme il est probable, les coûts fixes demeurent du même ordre de grandeur? Il se passera seulement que, puisqu’on vend moins de produits (B a été supprimé), l’entreprise dégage moins de marge sur coûts fixes, et le déficit, au lieu de se réduire, s’est aggravé.

Directive européenne

Directoire

Dirigisme

A ne pas confondre avec socialisme, qui prône la propriété collective des moyens de production. Le dirigisme est une modalité particulière d’action de l’Etat au sein d’un système économique qui demeure de type capitaliste. Par exemple, en France, le régime pétainiste (entre 1940 et 1944) était de type dirigiste, bien que farouchement opposé au socialisme.

Discount

Discrimination positive

Né aux Etats-Unis (sous la dénomination de discriminative action) en faveur des Noirs, et se traduisant là-bas par l’obligation faite aux employeurs d’embaucher une certaine proportion de travailleurs noirs, le système de la discrimination positive est assez étranger aux traditions françaises. On lui préfère des politiques générales, par exemple des revenus sociaux ou des attributions de logement sous condition de ressources, car la discrimination positive peut aboutir à stigmatiser les groupes sociaux qui en sont les bénéficiaires. Toutefois, la loi imposant la parité hommes-femmes sur les listes de candidats présentés aux élections peut être assimilée à une discrimination positive, puisque cela revient à imposer aux partis politiques de composer leurs listes différemment de ce qu’ils auraient tendance à faire en l’absence de la loi.

Disparité

Par exemple, si l’on compare les salaires de deux catégories socioprofessionnelles, la disparité mesure l’écart existant, puisqu’il s’agit d’une même variable (le salaire). En revanche, si l’on compare les revenus de deux catégories socioprofessionnelles, il faudra parler d’inégalité, car la variable (revenu) n’a pas la même composition d’une catégorie socioprofessionnelle à l&r