Hervé Novelli obtient le retrait d’un podcast du JT de France 3 Centre. Voici pourquoi.

Posté par issopha le 22 mars 2009

Hervé Novelli obtient le retrait d’un podcast du JT de France 3 Centre

 

NOUVELOBS.COM | 21.03.2009 | 18:33

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Le secrétaire d’Etat au commerce, candidat à l’investiture UMP pour les régionales du Centre, n’aurait pas apprécié les références à son passé de militant d’extrême-droite.

Hervé Novelli

Hervé Novelli (c) Sipa

Une information du site internet de Libération fait état vendredi 20 mars du retrait d’un journal télévisé de France 3 Centre, après le dépôt d’une plainte pour diffamation par l’avocat d’Hervé Novelli, le secrétaire d’Etat au commerce.
Après vérification sur le site internet de France Télévisions, le podcast du journal télévisé du 18 mars 2009 n’est effectivement plus en ligne.
En cause, un sujet diffusé dans l’édition du 19/20 du mercredi 18 mars dans lequel le journaliste Xavier Naizet revenait sur le passé de militant d’extrême droite de l’actuel secrétaire d’Etat.

« On ne peut pas raconter tout et n’importe quoi »

Opposé à Serge Lepeltier dans la course à l’investiture UMP pour les régionales du Centre, Hervé Novelli, par la voix d’un de ses proches, a dénoncé selon Libération « une opération purement politique » estimant qu’il suffisait « de regarder le reportage complaisant sur Serge Lepeltier diffusé la veille pour le comprendre. Nous devons montrer que l’on ne peut pas raconter tout et n’importe quoi ».
Averti de la diffusion de ce reportage, l’avocat d’Hervé Novelli avait fait parvenir à la direction de France 3 Centre un courrier de mise en garde. Un courrier resté lettre morte puisque la direction de France 3 Centre avait finalement décidé de diffuser le reportage.

Une diffusion justifiée

Une décision justifiée par Xavier Naizet, l’auteur du reportage, pour qui « Le fait que Serge Lepeltier évoque publiquement le passé d’Hervé Novelli durant cette campagne a pleinement justifié cette diffusion ».
Selon un proche de la rédaction de France 3, joint par Libération, « Suite à la sommation de l’avocat, on ne trouve plus le journal télévisé du 18 mars 2009 sur le site de France 3″.

 

LA VIDEO EST VISIBLE SUR DAILYMOTION EN CLIQUANT SUR LE LIEN SUIVANT :

http://www.dailymotion.com/search/novelli/video/x8qgil_enquete-de-france-3-sur-le-passe-dh_news

 

 

Hervé Novelli

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Hervé Novelli
Parlementaire français
Groupe parlementaire UDFC (1993-1997)
UMP (depuis 2002)
Ve République

Hervé Novelli, né le 6 mars 1949 à Paris est un homme politique français, secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme et des Services dans le second gouvernement de François Fillon depuis le 18 mars 2008.

Sommaire

[masquer]

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Carrière professionnelle [modifier]

Hervé Novelli est, depuis 1982, PDG d’une PME de vingt salariés spécialisée dans la fabrication de prothèses et orthèses à Richelieu (Indre-et-Loire).

Il a pour tout bagage un CAP de micromécanique.

Il sera successivement chargé de mission pour la Chambre syndicale de la sidérurgie française, puis conseiller du président de cette chambre. Son expérience lui vaut des missions dans le domaine de l’emploi, de la formation professionnelle et de la protection sociale.

Il a également occupé les fonctions de banquier d’affaires au sein de Drexel Burnham Lambert.

Parcours politique [modifier]

Il commença par militer à l’extrême droite : Fédération des étudiants nationalistes (1962-1964), Occident (1964-1968), puis Ordre nouveau (1969-1973), le Front national (1973-1974) et enfin le Parti des forces nouvelles (1974-1981). Avec d’autres cadres du PFN, il rejoint le Centre national des indépendants et paysans au début des années 1980, puis l’UDF.

Il fut le chef de cabinet d’Alain Madelin (son ancien compagnon d’Occident) au ministère de l’Industrie, des PTT et du Tourisme, entre 1986 et 1988. Après la défaite de la droite aux élections de 1988, ils fondent ensemble l’Institut Euro 92, qui a pour vocation de préparer l’entrée des entreprises françaises dans le Marché unique européen dont Hervé Novelli deviendra le secrétaire général.

Secrétaire général du Parti républicain en 1990, puis membre du Bureau exécutif du PR présidé par Gérard Longuet – autre « Occidental » – en 1993, il était chargé des relations avec les Assemblées territoriales et les élus.

Élu député d’Indre-et-Loire en mars 1993, son mandat parlementaire sera particulièrement marqué par son action auprès des entreprises. Il fondera ainsi le groupe Audace pour l’emploi, réunissant une cinquantaine de députés issus du milieu entrepreneurial. À la demande de Gérard Longuet, il coordonnera aussi de 1993 à 1995 l’action des députés membres du PR.

Chargé d’une mission interministérielle sur la création d’emplois dans les PME par MM. Longuet et Madelin, Hervé Novelli rédigera un rapport sur le développement économique local et l’emploi au sein des PME. Il sera également désigné par l’Assemblée nationale rapporteur de la Commission d’enquête sur les aides à l’emploi et rapporteur de la mission d’information sur l’application de la loi quinquennale pour l’emploi.

Après la dissolution de 1997 il ne retrouve pas son siège de député à l’Assemblée nationale. La même année il est élu conseiller général du canton de Richelieu puis vice-président du conseil général en mars 1998, jusqu’en 2001. En 1999, il est élu Député européen sur la liste d’Union RPR-DL, conduite par Nicolas Sarkozy et Alain Madelin. Depuis mars 2001, Hervé Novelli est maire-adjoint de la commune de Richelieu, président du Syndicat mixte du pays du Chinonais et président de la communauté de communes de Richelieu.

Il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 4e circonscription d’Indre-et-Loire. Il fait partie du groupe UMP. Il lance avec une trentaine de député un groupe informel intitulé Les Réformateurs, regroupant des députés libéraux venant de toutes les familles politiques de l’UMP.

Hervé Novelli est rapporteur spécial des crédits du budget de l’industrie et président de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi d’initiative économique.

A l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP, le 28 novembre 2004, Hervé Novelli est nommé Secrétaire National chargé des fédérations en tandem avec Christian Estrosi, puis Roger Karoutchi.

Le 7 mars 2006, il officialise à la Mutualité la création du premier courant de l’UMP en annonçant la création de l’association « Les Réformateurs » regroupant environ 80 députés représentant la sensibilité libérale du mouvement. Il en est le fondateur et le premier président.

Le 17 juin 2007, Hervé Novelli est réélu député de la quatrième circonscription d’Indre-et-Loire avec 52,56 % des voix.

Fonctions gouvernementales [modifier]

Deux jours plus tard, le 19 juin 2007 tard, il est nommé secrétaire d’État chargé des entreprises (Industrie-PME-PMI-Artisanat et Commerce) et du commerce extérieur dans le gouvernement Fillon, auprès de la ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi.

Après le remaniement du 18 mars 2008, il est en charge du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services.

il est à l’origine du statut statut d’auto-entrepreneur entré en vigueur le 1er janvier 2009.

Fonction Politique [modifier]

  • président du PR puis de DL d’Indre-et-Loire (1993-2002);
  • coordinateur des députés PR à l’Assemblée nationale (1995-1996);
  • membre du bureau politique de l’UDF (1996-1999); délégué *général de Démocratie libérale (1997-1998);
  • membre du comité exécutif de DL,
  • secrétaire national de l’UMP, chargé des fédérations et de l’animation (depuis décembre 2004.
  • vice-président du groupe UDF à l’Assemblée nationale (jusqu’en 1997);
  • membre du comité exécutif de DL, chargé de mission auprès du président, chargé des réseaux et des cercles professionnels (1998-2002); président de l’Institut de Touraine (1999-2001);
  • président du syndicat mixte du pays du Chinonais (2001-2008);
  • secrétaire national de l’UMP, chargé des fédérations et de l’animation (2004-2007);
  • vice-président du groupe UMP à l’Assemblée nationale (2005-2007);
  • candidat à la primaire UMP pour la désignation de la tête de liste en région Centre pour les régionales 2010.

Mandats politiques [modifier]

Mandat en cours [modifier]

  • Dépuis 2001: président de la communauté de communes du pays de Richelieu
  • Depuis 2008: maire de Richelieu

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Frédéric Charpier, Génération Occident, éd. du Seuil, 2005

Liens externes [modifier]

Les réactions des lecteurs

norbert14
anormal
tres bientot toute la radio et tele publique n aura plus droit de parole et sa ce n est pas normal ce monsieur aurait il honte de son passe il faut dans la vie accepter la realite
22.03 à 16h00
Alerter
ALLALA1
MINUS CALIGULUS
Il est effectivement bien plus grave d’avoir ete de l’extreme droite que d’avoir été de l’extreme gauche,
l’extreme droite a tué dans notre pays bien plus de personnes que l’extreme gauche, l’extreme droite a soutenu petain et les nazis, ce que n’a pas fait l’extreme gauche, l’extreme droite soutient des lois raciales, ce que n’a jamais fait l’extreme gauche, l’extreme droite soutient des lois anti libertaires, ce que n’a jamais fait l’extreme gauche, l’extreme droite a soutenu les militaires tirant sur les grevistes, ce que n’a jamais fait l’extreme gauche, l’extreme droite soutient les expulsion indignes d’un pays qui se dit civilisés, ce que n’a jamais fait l’extreme gauche, l’extreme droite soutient que les personnes sont inégales entre elles, ce que n’a jamais fait l’extreme gauche, et on n’en finirait pas de decrire les ignominies de l’extreme droite, allant de la lutte contre la recherche à la lutte contre l’avortement.
22.03 à 14h21
Alerter
tapex
Cela explique bien des choses
Vu les « amis » de notre monarque on frémit à l’idée de qui tire les ficelles du pantin désarticulé.
Il est plus que temps pour la droite de se ressaisir avant qu’elle soit phagoyctée.
22.03 à 14h05
Alerter
caligula minus
liberté chérie
Seuls les passés d’extème droite sont ils critiquables ?
Et les passés trotskyste ou maoïstes de plusieurs leaders de gauche c’est de la rigolede ?
22.03 à 13h54
Alerter
liberté chérie
quand on voit
tous les mecs d’extrème droite au gouvernement, on n’est pas étonnés que le FN soit devenu marginal, car l’ump a repris les grandes lignes de ses chevaux de bataille : l’immigration, la sécurité, l’éducation, etc…
22.03 à 13h38
Alerter
ancien
C’est pas (ordre) nouveau c’est novelli.
Wikipedia :
« Il commença par militer à l’extrême droite : Fédération des étudiants nationalistes (1962-1964), Occident (1964-1968), puis Ordre nouveau (1969-1973), le Front national (1973-1974) et enfin le Parti des forces nouvelles (1974-1981). Avec d’autres cadres du PFN, il rejoint le Centre national des indépendants et paysans au début des années 1980, puis l’UDF. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Novelli).
C’est fou ce qu’il réussit contre la crise, trouvez pas ?
22.03 à 13h06
Alerter
LucM
Maladroit dans ses bottes
Toujours assumer ses paroles et ses actes.
Seuls les lâches se défilent.
22.03 à 13h01
Alerter
la guepe
pas le seul au gourvenement
il est honteux que l’on censure un reportage, Mr Novellei aurait il honte de son passe d’extrème droite? pourtant in ne doit pas se sentir isolé à l’UMP, Sarko n’est pas Chirac. Il n’a pas anéanti le Front National, il a integre des frontistes.
Mais jusqu’ou France 3 va -t-elle etre aux ordres?
22.03 à 12h07
Alerter
B.BER
pour rafraichir les mémoires défaillantes..
pour ceux qui auraient oublié qui sont Novelli et ses amis, je vous propose une saine piqûre de rappel

http://www.chanvre-info.ch/info/fr/Sarkozy-a-de-mauvaises.html

22.03 à 11h34Alerter

gelinottedesbois
censure
Il me semble que la censure est de retour ?
22.03 à 11h18
Alerter
orroz
De quoi s’agit-il ?
J’ai beau lire et relire. Je ne vois rien que des : « revenait sur le passé », des  » n’importe quoi »; etc.
Je reste sur ma faim.Oui ou non, H. Novelli a-t-il fait parti d’un parti d’extrême derite ? Si oui, on a le droit de le dire. Sinon, on a le devoir de se taire.
22.03 à 11h17
Alerter
citoyen_beta
Se la mettre en veilleuse, non jamais ?
Le NET a cela de terrible c’est qu’il met tout le monde d’accord : tu veux que l’on parle de toi ? c’est sans problème et dans la seconde.Pour en revenir au débat :- Ce qui est étonnant c’est que cela se passe entre deux candidats à l’investiture de l’UMP. Ambiance…

- ce qui est encore plus étonnant c’est que le rapprochement de toutes les droites donc y compris ceux qui votent pour le FN a été le credo de la campagne présidentielle de l’UMP pour pouvoir gagner et personne n’a moufté à ce moment là.

- donc on ne comprend pas qu’un candidat UMP puisse s’offusquer que l’on dise qu’il ait appartenu à l’extrême droite puisque ces électeurs votent pour l’UMP.

Il faudrait alors que l’UMP dise aux français une bonne fois pour toute qu’elles sont les frontières de sa majorité actuelle comme cela il n’aura plus de lézard patron.
22.03 à 10h56Alerter

Toubib 53
Anastasie de retour ?
Merci à dazibaos pour le lien Daily motion.
Avoir honte de son passé au point de faire censurer une émission d’info cela dénote l’état d’esprit de nos  »gouvernants »
22.03 à 10h35
Alerter
lefrançais
@tocc
on voudrais la dire un peu plus la vérité mais ce n’est pas lumpfn comme vous dites qui verrouillent mais plutôt les médias et les gauchistes qui ne veulent pas entendrent les vérités camarades
22.03 à 10h32
Alerter
gife
comité des forges
pour prendre des nouvelles d’extreme droite d’hervé novelli d’alain madelin ecoutez sur le site de la bas si j’y suis recherchez COMITE DES FORGES c’est l’origine de l’iumm
22.03 à 10h32
Alerter
Tocc
Les FNUMPs verrouillent les médias
la vérité doit obligatoirement être cachée aux Français…Triste pays
22.03 à 10h26Alerter
Nelse
Comme c’est dommage !!!
Étre et paraître !!! ce monsieur préfère paraître que d’être, suivant les situations politiques il renie ses convictions, c’est bien dommage, mais c’est courant dans la politique.
22.03 à 10h23
Alerter
lerepublicainfrançai
mais quelle mentalite
il ne faut surtout pas avoir honte d’avoir appartenu au front national je ne comprend novelli
22.03 à 09h48
Alerter
dazibaos
Daily motion
Combien de temp la vidéo restera sur dailymotion ?? http://www.dailymotion.com/video/x8qgil_enquete-de-france-3-sur-le-passe-dh_newsbien sur les commentaires sont désactivés pour cette vidéo ils assurent grave sur dailymotion
22.03 à 09h26Alerter
Inser
info ou intox ?
Il commença par militer à l’extrême droite : Fédération des étudiants nationalistes (1962-1964), Occident (1964-1968), puis Ordre nouveau (1969-1973), le Front national (1973-1974) et enfin le Parti des forces nouvelles (1974-1981)
22.03 à 09h06
Alerter

jacks
wanted
je croyai m novelli secrétaire d etat à l industrie
mais vous dites qu il est au commerce
mais alors quel est le brillant
secrétaire d etat à l industrie
travaillant avec autant de discrétion
22.03 à 08h06
Alerter
Realisme
la liberté fout le camp
Un jour l’avocat aura des bottes, et d’autres moyens qu’un courrier de mise en garde. Quand la vérité n’est plus admise, c’est que la liberté est compromise.
22.03 à 07h02
Alerter
C’EST VRAI QUOI !
on peut avoir été nazillon ou fasciste
sans que ça veuille rien dire ! Regardez Devedjian, ou Balkany, comme ça se trouve très vieux « amis » de Charlatan 1er, élus du même département le plus riche de France comme ça se trouve ! Pas une seule gamelle accrochée au cul !
D’ailleurs, ce reflexe de censurer un reportage exposant tout simplement une réalité historique montre bien que Mr Novelli n’a plus rien d’un fasciste, et je suis définitivement rassuré sur la non-réalité de la soi-disant « dérive fascisante » de nos gouvernants.
22.03 à 02h21
Alerter
tit2009
bonnet blanc
si je comprend bien, c’est comme Jospin qui a été Stroskiste pendant plusieurs années ?
d’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi l’extreme droite était plus mal que l’extreme gauche (je crois qu’en nombre de mort le siècle dernier ça se tient non ?)
bizzz à tous
Thierry
22.03 à 00h03
Alerter
enzo
la censure
se met insidieusement, mais surement en place !!
Qu’attend-on pour bouter sarko’ et sa clique hors du gouvernement de la France??!!
21.03 à 22h44
Alerter
Conscience 45
Et une histoire de plus
Quel beau parti tout de même!!! Et quels beaux représentants !!! Ah si seulement le Maréchal pouvait voir çà!!!
21.03 à 21h51
Alerter
sigismonddemartenot
A droite, toute
M’enfin, si on en croit Wikipedia, ce sont quand même 20 ans d’encartement à l’extrême droite, ce n’est pas un simple « détail de l’histoire » tout de même!!Alors à côté de ce Monsieur, Serge Lepeltier fait figure de joyeux gauchiste.
21.03 à 21h08Alerter
aplatventre
sur le NET…
……On a tout sur cet homme (wikipedia) alors que l’on y avait pas attaché d’importance auparavant. Alors coup de pub involontaire pour le FN ou quoi ?
21.03 à 19h46
Alerter
baerat
la photo
par contre le monsieur se trompe de doigt sur la photo de l’article !
21.03 à 19h35
Alerter
obsith
écarter l’ électeur,
pour un homme politique des éléments relatifs à la
vie privée de celui -ci mais de ceux relatifs à la vie publique ? !!!un coup de pub râté ôu réussi? en tout cas ceci montre que que notre régime politique actuel »s’extrémise » !
21.03 à 19h33
Alerter
Bourgeois
bof
suffit de taper Novelli sur un moteur de recherche.
d’ailleurs il est en bonne compagnie au Gvt, Boutin, Devedjian, Hortefeux…
21.03 à 19h26
Alerter
regionale
Ridicule…
C’est d’autant plus ridicule puisque NS, candidat de l’UMP aux présidentielles, s’est félicité d’avoir rassemblé toutes les droites notamment celle du front national sans laquelle il n’aurait pas été élu. Alors on ne comprend pas cette indignation. De grosses pointures socialistes sont passées par la LCR sans pour cela renier leur passé bien au contraire. On ne peut pas à la fois avoir besoin de l’extrême droite pour remplir les urnes et en même temps en avoir honte.
21.03 à 19h11
Alerter
liberté chérie
honte de son passé ?
faut assumer, comme dirait l’autre !
du coup ça fait un buzz national
réussi
alors que s’il avait laissé, ce serait resté local
quelle intelligence, on en est baba !
21.03 à 19h00
Alerter

Publié dans AU SUJET DES MEDIAS, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, PARFUMS DE SCANDALES | Pas de Commentaire »

DROIT DE L’IMMIGRATION EN FRANCE en quelques MOTS-Lexique ( CIMADE )

Posté par issopha le 20 mars 2009

 

Lexique

« Les chaînes de l’humanité torturée sont faites de paperasse » (Kafka)

DROIT DE L'IMMIGRATION EN FRANCE en quelques MOTS-Lexique ( CIMADE ) dans ACTIONS CITOYENNES Arbre_Noel-PP La Machine à Expulser « POUR LES NULS »

Trop souvent employés de façon lapidaire, quelques acronymes qui ne doivent pas décourager ceux qui veulent signer les pétitions du RESF, se joindre aux actions, ou qui débarquent dans les collectifs du RESF

AARAJAPRFAPSATCRACRECSTDublin IIIQTITFJLDOFPRAOQTFPAFRaflesTATGIVPFZA


AAR : Assigné(e) A Résidence

AJ : Aide Juridictionnelle

APRF comme dans « demander l’annulation de l’APRF et la sortie de rétention pour Madame Mafdaoui Fatima »
Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière. 7 jours pour faire appel (à partir de la date d’envoi). 48h seulement si remis en main propre (au commissariat au cours d’une arrestation par exemple) ! Se faire absolument aider juridiquement (Cimade, Gisti, Ldh…)
- http://sos-net.eu.org/etrangers/rec…
- http://www.gisti.org/pratique/model…

Information pratique lors de la remise d’un APRF en GAV : l’heure exacte à laquelle celle ci est notifiée à l’issue de la GAV est très importante : elle conditionne l’heure limite de réception de la requête en annulation auprès du greffe du TA ( exactement 48 h, à la minute près).
Exemple : notification aprf jeudi 4 oct à 16 h 18 —> le greffe du TA doit recevoir la requête en nullité avant samedi 6 oct à 16 h18 (17 de préférence !)
Le dépôt de la requête se fait à l’heurodateur du greffe du TA, ou par FAX, à condition de garder copie du récépissé de fax .
Mais attention, comme la Cimade n’est pas en CRA le samedi , en pratique il faut que la requête soit rédigée et envoyée le vendredi !

C’est pire pour les personnes arrêtées les jeudi, dont les notifications d’aprf sont données le vendredi soir , car personne de la CIMADE n’est en CRA ni le samedi , ni le dimanche : dans ce cas soit la personne prend un avocat, soit elle demande ( c’est possible mais pas évident) que soit demandé au bureau pénal de lui envoyer en CRA l’avocat de permanence à qui elle remet sa requête en nullité ( si elle sait la rédiger elle même… et la signer ! ) .

Penser aussi aux 24 h maximum de délai pour faire appel de la décision du 1er JLD qui souvent a lieu très rapidement après la fin de la GAV.
- ATTENTION Voir nouveau dispositif 2007 : l’OQTF
2130482988.08._SCMZZZZZZZ_ dans ERIC ZEMMOUR


APS : Autorisation Provisoire de Séjour

AT : Autorisation de Travail

CRA comme dans « quatre sans-papiers sont transférés au CRA du département »
ou RÉTENTION comme dans « Évreux : un père et son fils en rétention »
Centre de Rétention Administrative
cimade dans FRANCE IMMIGRATION
- http://www.cimade.org/publications/…
- voir le Rapport de la Cimade 2005
rochambeauguyane200 dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY
- Photos de la famille Raba au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry
- l’article sur Wikipedia
- les CRA sur Dailymotion

CRE comme dans « Chaque soir, devant les CRE, c’est le même rituel. Un des sans-papiers distribue des numéros, avant de se coucher sur le trottoir »
Centre de Réception des Étrangers
- http://www.gisti.org/doc/actions/20…
truffaut_image002_3_
0014

CST comme dans « le non renouvellement des CST 1 an augmenterait le nombre de clandestins de façon importante. »
Carte de Séjour Temporaire
pistes : le Guide de l’entrée et du séjour des étrangers en France

Dublin 2 ou Dublin II comme dans « Le ministre n’a fait « qu’appliquer strictement » la convention de Dublin en ordonnant l’arrestation »
Les familles entrées par un autre pays européen sont renvoyées dans le pays où elles ont débarqué.
- http://www.ofpra.gouv.fr/index.html…


IQT comme dans « Vous devez faire appel de l’IQT dans les deux mois et cet appel n’est pas suspensif »
Invitation à Quitter le Territoire. Deux mois pour faire appel. (« invitation », c’est sympa,non ?)
- http://pajol.eu.org/article24.html
- ATTENTION Voir nouveau dispositif 2007 : l’OQTF
L'expulsion d'un immigré illégal vers Yaoundé, au Cameroun

L’expulsion d’un immigré illégal vers Yaoundé, au Cameroun



ITF comme dans « Le CSP 59 vous annonce que Khamkhi vient de voir son ITF levée, c’est la preuve que l’assignation est utile »
Interdiction de Territoire Français
- http://www.gisti.org/pratique/model…


JLD comme dans« Un maintien pour quinze jours, confirmé par le JLD malgré différents problèmes sur la procédure d’interpellation. »
Juge des Libertés et de la Détention
Le JLD est spécialement compétent pour ordonner, pendant la phase d’instruction d’une affaire pénale, le placement en détention provisoire d’une personne mise en examen ou la prolongation de la détention provisoire, et d’examiner les demandes de mise en liberté. Il est saisi par une ordonnance motivée du juge d’instruction
http://fr.wikipedia.org/wiki/Juge_d…
témoignage de S. Portelli
« black list » de JLD à Bobigny

OFPRA comme dans « Après un premier refus de l’OFPRA, la commission de recours a donné un avis négatif »
Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides
C’est un établissement public sous tutelle des affaires étrangères, qui est le seul habilité à déterminer la qualité de réfugié.
- http://pajol.eu.org/article895.html
0023
- « Droit d’asile au NON de quoi ? » de Clémence Armand
- L’Express : « Je ne veux plus trier les réfugiés »

OQTF
Obligation à Quitter le Territoire Français
Décret pris le 29.12.2006
Pour résumer, l’obligation à quitter le territoire français(OQTF) est la nouvelle mesure unique prise par la préfecture qui contient à la fois, le refus de délivrance du titre de séjour et la reconduite à la frontière (APRF)
Voir note explicative et Que faire après une OQTF ?

PAF comme dans « Nous vous avions fait part de l’émotion et de la colère provoquées le 26 octobre dernier par l’intervention de la PAF »
paF_pho1_275642 Police Aux Frontières
également appelée Police de l’Air et des Frontières.
« Dans le cadre de la police de proximité, la Police aux Frontières (PAF) assure au plan judiciaire ainsi qu’au plan administratif toute la procédure des infractions sur les étrangers en situation irrégulière sur le territoire national. La lutte contre le travail illégal, comme la lutte contre la façon et l’usage de moyens illicites d’entrée et de séjour sur le territoire (faux documents administratifs) participent à la lutte contre les réseaux d’immigration irrégulière.
La Police aux Frontières assure l’éloignement des étrangers frappés d’un arrêté de reconduite à la frontière, ou expulsés, ou interdits du territoire par jugement. » (http://www.bouches-du-rhone.pref.go…)
Anafé : liste des ZA gérées par la PAF (Juin 06)
SanspapRennes : Les méthodes de la PAF en Ille-et- Vilaine

RAFLES
rafle_120 Définition du Petit Larousse 1995
Rafle : Opération policière exécutée à l’improviste dans un lieu suspect ; arrestation massive de personnes. Être pris dans une rafle
Définition du Petit Robert 1992
Rafle : Arrestation massive opérée à l’improviste par la police dans un quartier ou un établissement suspect.
Voir le communiqué de la Cimade : « Arrestations de sans papiers : le retour de la rafle ? »
Voir http://www.phototheque.org/329.html
Voir l’article A propos des rafles, arrestations « ciblées », délation, dénonciation (Témoignages à déposer ici)

TA comme dans « Le TA a annulé l’arrêté après un véritable réquisitoire contre la préfecture »
Tribunal Administratif
Attention : vous avez 48 heures ou 7 jours, selon les cas, pour demander au tribunal administratif d’annuler l’APRF
rassemblement

TGI comme dans « Aujourd’hui, le TGI de Paris a prolongé de 15 jours la rétention de Jeff »
Tribunal de Grande Instance
Un étranger peut être maintenu en zone d’attente pendant 4 jours sur décision de l’administration. Au-delà de ce délai, l’administration doit saisir le tribunal de grande instance (TGI) pour demander la prolongation du maintien en zone d’attente pour une durée maximale de 8 jours. Exceptionnellement, le TGI peut prononcer une deuxième prolongation de 8 jours.

VPF comme dans « les cartes VPF sont indépendantes au résultat d’examens ou à la poursuite d’un cursus. »
Vie Privée et Familiale
L’ordonnance du 2 novembre 1945, modifiée par la loi Réséda du 11 mai 1998, relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France et au droit d’asile, prévoit, dans son article 12 bis 7°, de délivrer la carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » de plein droit à l’étranger « dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d’autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus »
pistes : http://www.gisti.org/pratique/model…

ZA comme dans « Un étranger peut être maintenu en zone d’attente pendant le temps nécessaire à son départ, si l’entrée en France lui a été refusée »
Zone d’Attente
http://www.anafe.org/rapports.html
aeroport_immigration

À suivre
…avec votre aide

REPERTOIRE DES ABREVIATIONS_________________________________________ 

 

article 3 : article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme stipulant que « nul ne peut être soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants«  

article 8 : article 8 de la convention européenne des droits de l’Homme protégeant la vie privée et familiale 

AGDREF : se rapporte au fichier national des étrangers 

AJ : aide juridictionnelle 

AME : aide médicale de l’Etat 

ANAEM : agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations. Remplace l’OMI. 

ANAFE : association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers 

APRF : arrêté préfectoral de reconduite à la frontière 

APS : autorisation provisoire de séjour 

ASE : aide sociale à l’enfance 

CAA : cour administrative d’appel 

CADA : centre d’accueil pour demandeurs d’asile 

Ou : commission d’accès aux documents administratifs 

CAF : caisse d’allocations familiales 

CAFDA : coordination d’accueil des familles demandeuses d’asile 

CATRED : collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits 

CASP : centre d’action sociale protestant 

CCAS : centre communal d’action sociale 

CCFD : comité catholique contre la faim et pour le développement 

CE : Conseil d’Etat 

CEDH : convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme 

            : cour européenne des droits de l’Homme (chargée de l’application de la convention) 

CESEDA : code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile 

CFDA : coordination française sur le droit d’asile 

CIMADE : à l’origine, comité inter mouvements auprès des évacués. Aujourd’hui n’est plus un acronyme. 

CMU : couverture maladie universelle 

CNAV : caisse nationale d’assurance vieillesse 

CNCDH : commission nationale consultative des droits de l’Homme 

COMEDE : comité médical pour les exilés et les déplacés 

COMEX : commission d’expulsion 

CPAM : caisse primaire d’assurance maladie 

CPH : centre provisoire d’hébergement 

CRA : centre de rétention administrative 

CRE : centre de réception des étrangers (à Paris) 

CRR : commission des recours des réfugiés 

CST : carte de séjour temporaire 

DASES : direction de l’action sociale, de l’enfance et de la santé (Mairie de Paris) 

DASS (ou DDASS) : direction départementale des affaires sanitaires et sociales 

DDTEFP : direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle 

DER : défense des étrangers reconduits (service de la Cimade) 

DLPAJ : direction des libertés publiques et des affaires juridiques (ministère de l’Intérieur) 

DPM : direction de la population et des migrations (ministère des affaires sociales) 

EURODAC : fichier européen des empreintes digitales 

FAS ou FASILD : fonds d’action sociale, devenu fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations 

FNE : fichier national des étrangers 

FTDA : France terre d’asile 

GISTI : groupe d’information et de soutien des immigrés 

HCR : haut commissariat auprès des réfugiés 

IQF : invitation à quitter la France 

ITF : interdiction du territoire français 

JO : journal officiel 

LDH : ligue des droits de l’Homme 

MAE : ministère des Affaires Etrangères 

MISP : médecin inspecteur de la santé publique 

MRAP : mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples 

ODSE : observatoire du droit à la santé des étrangers 

OFPRA : office français de protection des réfugiés et des apatrides 

OMI : office des migrations internationales. A été remplacé par l’ANAEM. 

PACS : pacte civil de solidarité 

SIS : système d’information Schengen 

SSAE : service social d’aide aux émigrés. A fusionné avec l’OMI pour créer l’ANAEM. 

TA : tribunal administratif 

TGI : tribunal de grande instance 

TI : tribunal d’instance 

ZA : zone d’attente 


LEXIQUE__________________________________________________________________ 

 


Documents d’entrée, de séjour ou de voyage______________________________________ 

 


Autorisation Provisoire de Séjour (APS): 

L’autorisation de séjour est remise aux étrangers à qui l’administration reconnaît un droit au séjour sans pour autant leur délivrer une carte de séjour. 

Elle concerne notamment les étrangers malades récemment arrivés en France ou nécessitant des soins médicaux pour une courte période, les personnes assignées à résidence et les demandeurs d’asile qui ne possèdent pas encore de récépissé. 

La loi du 24 juillet 2006 a créé trois nouvelles catégories de bénéficiaires d’une APS : pour faciliter la recherche d’emploi des étrangers ayant achevé leurs études en France ; pour les missions de volontariat et pour l’un des parents d’un enfant malade. 

L’APS place l’étranger qui en est titulaire en situation régulière mais n’ouvre pas les mêmes droits que la carte de séjour temporaire ou la carte de résident. 

Généralement elle n’emporte pas droit au travail mais l’étranger peut se voir remettre une autorisation de travail sur présentation d’une promesse d’embauche. 

Elle peut être valable un mois, trois mois mais plus généralement six mois.

 

Carte de résident : 

La carte de résident est valable dix ans et est renouvelable automatiquement. 

Elle se présente sous la forme d’une carte plastifiée, indépendante du passeport de l’étranger.

 

Carte de séjour temporaire : 

Délivrée par l’autorité préfectorale, la carte de séjour temporaire matérialise le droit au séjour des étrangers. L’étranger se trouve donc en situation régulière sur le territoire français pendant la durée de validité de sa carte. Celle-ci ne peut pas excéder une année, mais sa durée de validité peut être inférieure. Elle se présente généralement sous la forme d’une vignette apposée dans le passeport de l’étranger, mais peut aussi être indépendante du passeport.

 

Document de circulation pour étranger mineur : 

Le document de circulation est délivré par la préfecture compétente et permet au jeune de sortir de France et d’y entrer sans avoir à solliciter de visa. Ce document est attribué dans les hypothèses où le mineur aura droit, à l’âge de dix-huit ans, à un titre de séjour. 

 

Laissez-passer : 

Pour reconduire un étranger à la frontière, l’administration doit produire le document de voyage de l’étranger qu’elle souhaite expulser. Il s’agit le plus souvent du passeport de l’intéressé mais lorsque celui-ci n’est pas en mesure de le présenter, l’administration doit se procurer un laissez-passer, délivré par l’ambassade ou le consulat du pays d’origine présumé de l’étranger. Il prend la forme d’une attestation écrite qui reconnaît l’identité de la personne et autorise son entrée dans le pays de renvoi.

 

Récépissé constatant le dépôt d’une demande de reconnaissance de statut de réfugié : 

Il s’agit d’un document ayant valeur d’autorisation provisoire de séjour, délivré par la préfecture lorsque le dossier de demande de statut de réfugié a été enregistré par l’OFPRA. Il est valable 3 mois et renouvelé jusqu’à la décision finale de l’office ou, le cas échéant, de la Commission des recours des réfugiés.

 

Récépissé de demande de titre de séjour : 

Il est délivré à l’étranger admis à souscrire une première demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour. Il apporte la preuve du dépôt de la demande et place l’étranger en situation régulière le temps de l’instruction de son dossier. Il permet parfois à son titulaire d’exercer une activité professionnelle. Il est valable au moins un mois (en général trois mois) et est renouvelable. 

En pratique, le récépissé est rarement délivré au moment du dépôt de la demande de titre de séjour, mais bien plus souvent au moment où l’administration a déjà pris la décision de régulariser l’étranger. Le récépissé est alors attribué le temps de l’édition de la carte de séjour.

 

Sauf-conduit : 

Le sauf conduit est un visa de régularisation délivré à la frontière. Il régularise donc l’entrée sur le territoire comme le ferait un visa établi par un consulat français.

 

Titre d’identité républicaine : 

En attendant d’obtenir la nationalité française, les enfants nés en France de parents étrangers peuvent obtenir un titre d’identité républicain qui atteste de leur résidence en France. 

Il est délivré aux enfants mineurs nés en France de parents étrangers qui résident régulièrement en France. Il permet au jeune de sortir de France et d’y entrer sans avoir à solliciter de visa. De plus, il permet de faciliter les démarches des enfants qui ont vocation à devenir français en leur permettant de justifier de leur identité.

 

Titre de séjour : 

Terme générique qui recouvre les autorisations provisoires de séjour, les cartes de séjour et les cartes de résident.

 

  

Visa de court séjour : 

Egalement appelé visa touristique, visa de voyage ou visa C (du nom de la lettre aposée sur la vignette), il permet d’entrer en France régulièrement (visa = entrée régulière) et d’y séjourner régulièrement pour une durée inférieure à trois mois (visa en cours de validité = séjour régulier). 

La détention d’un visa est obligatoire pour entrer en France, sauf pour certains ressortissants. 

 

 Visa de long séjour: 

Appelé aussi visa d’installation ou visa D (du nom de la lettre apposée sur la vignette), il permet d’entrer en France et permet de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois. 

La détention d’un visa de long séjour peut être obligatoire pour l’obtention de certaines cartes de séjour (conjoints de Français, bénéficiaires du regroupement familial, « étudiant », « visiteur », « salarié », « scientifique », « profession artistique et culturelle », etc…). Dans ce cas, il porte la mention « carte de séjour à solliciter dès l’arrivée en France ». 

En revanche lorsque le requérant souhaite rester plus de trois mois en France mais ne souhaite pas s’établir durablement sur le territoire (c’est-à-dire pour une période inférieure à six mois), un visa dit de « long séjour temporaire » est délivré : la mention apposée sur la vignette est alors « dispense temporaire de carte de séjour ». 

 

 

 

 

 

Juridictions________________________________________________________________ 

 


Commission d’expulsion (COMEX) : 

Elle doit être consultée lorsqu’une mesure d’expulsion est envisagée à l’égard d’un étranger (sauf si l’administration considère que l’expulsion constitue une urgence absolue et, éventuellement, une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou la sécurité publique). L’avis de la commission ne lie pas l’administration mais doit éclairer l’autorité compétente dans sa prise de décision.

 

Commission des recours contre les refus de délivrance des visas : 

En cas de recours contentieux suite à un refus de délivrance de visa, la commission doit obligatoirement être saisie préalablement à la saisine du Conseil d’Etat.

 

Commission des recours des réfugiés : 

La Commission des recours des réfugiés est une juridiction administrative spécialisée. Elle est compétente uniquement pour examiner les recours exercés contre les décisions de l’OFPRA en matière de demande de statut de réfugié. Elle ne se contente pas de juger la légalité de la décision de l’OFPRA, mais est en charge d’évaluer l’ensemble des éléments qui lui sont soumis à la date à laquelle elle statue (le jour de l’audience) pour apprécier le bien fondé de la demande de statut de réfugié. 

Contrairement aux juridictions administratives classiques, la commission doit être saisie dans le délai de un mois (au lieu de deux).

 

Commission du titre de séjour : 

Elle doit être saisie par le préfet lorsque celui-ci envisage de refuser la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour qui doit être délivré de plein droit. Le préfet peut se dispenser de saisir cette commission lorsque les conditions de fond de délivrance du titre de séjour sollicité ne sont pas remplies. En pratique, la commission n’est pratiquement jamais saisie car les préfets estiment la plupart du temps que la demande de titre de séjour présentée par l’étranger n’est pas fondée.

 

 De plus, le préfet peut saisir la commission pour toute question relative à l’application du CESEDA. 

Enfin, le préfet doit la saisir des dossiers d’étrangers qui justifient par tous moyens leur résidence en France depuis plus de dix ans.

 

Conseil d’Etat : 

Il exerce une double fonction : d’une part, il conseille le gouvernement dans l’élaboration de ses textes législatifs. D’autre part, il doit juger des actes de l’administration, lorsque des citoyens s’en plaignent. 

Il traite en appel (donc sur le fond du dossier), certaines affaires déjà examinées par les cours administratives d’appel (ex : recours contre un APRF). 

Il est également juge de cassation des décisions prises par les cours administratives d’appel (ex : recours contre un refus de séjour) 

C’est la plus haute juridiction administrative puisqu’il examine les décisions prises par toutes les instances administratives de premier ou de second degré, soit par la voie de l’appel, soit par la voie de la cassation.

 

Cour administrative d’appel : 

Au nombre de 5, elles sont compétentes pour juger en deuxième instance le contentieux administratif ordinaire. Elles sont saisies après que le tribunal administratif ait rendu sa décision.

 

Cour européenne des Droits de l’Homme : 

Elle peut être saisie par un Etat mais aussi directement par une personne physique qui se prétend victime d’une violation d’un droit reconnu par la Convention européenne des droits de l’Homme, lorsque cette violation est le fait d’un Etat contractant. 

L’intéressé doit au préalable avoir épuisé toutes les voies de recours internes.

 

Tribunal administratif (TA) : 

Au nombre de 33, ils sont compétents pour juger en première instance les litiges entre l’administration et les citoyens.

 

Tribunal de Grande Instance (TGI) : 

Ils sont au nombre de 181. 

Ils peuvent statuer au civil et au pénal. 

Ils tranchent toutes les affaires dont l’enjeu financier est supérieur à 4615 euros mais aussi toutes celles qui relèvent de son activité propre : famille (divorce, succession…), détermination de la nationalité, droit de propriété des immeubles, expropriation… Ils tranchent également des affaires d’injure, de droit à l’image, d’atteinte à la vie privée…

 

Tribunal d’Instance (TI) : 

Ils sont au nombre de 473. 

Ils examinent une partie des affaires civiles de droit commun, comme la tutelle des mineurs ou les différends portant sur les loyers, ainsi que toutes celles dont l’enjeu financier n’est pas supérieur à 4615 euros.

 

Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA) : 

L’Ofpra est une autorité administrative indépendante placé sous la tutelle du Ministère des affaires étrangères. L’office assure la protection des réfugiés notamment par la délivrance de tous les documents d’état civil en substitution des autorités du pays d’origine. Mais avant tout, l’Ofpra est chargé de déterminer la qualité de réfugié. Pour ce faire, les 4 divisions géographiques évaluent la crédibilité des éléments écrits – et le cas échéants oraux – transmis par les candidats au statut de réfugié. Les agents chargés de travail s’appellent des officiers de protection. 


Procédure :________________________________________________________________ 

 


 

Aide juridictionnelle (aide judiciaire) : 

Elle est conçue pour permettre aux personnes dont les ressources sont insuffisantes de faire valoir leurs droits en justice. Les frais de défense sont pris en charge par l’Etat, soit intégralement soit partiellement, selon les ressources du demandeur. 

L’octroi de l’aide juridictionnelle est en principe subordonné à la régularité du séjour en France du demandeur mais une exception est faite pour les procédures de refus de séjour dans lesquelles l’étranger en situation irrégulière pourra bénéficier de l’aide juridictionnelle. 

Il existe d’autres dérogations à la condition de régularité du séjour, qui concernent le passage devant la commission du titre de séjour, la reconduite à la frontière, l’expulsion, la prolongation de la rétention et le maintien en zone d’attente. 

Les demandeurs d’asile peuvent également bénéficier de l’aide juridictionnelle dans le cadre du recours devant la commission de recours des réfugiés, à la condition qu’ils justifient d’une entrée régulière : visa ou d’un sauf-conduit. 

Pour toutes les autres procédures (divorce, autorité parentale, etc…) l’aide juridictionnelle peut être accordée de manière exceptionnelle à des Sans Papier si leur demande est jugée particulièrement digne d’intérêt.

 

Assignation à résidence : 

Lorsqu’un étranger faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion, d’une interdiction du territoire français ou d’une mesure de reconduite à la frontière, est dans l’impossibilité de quitter le territoire, du fait notamment de risques en cas de retour, il peut faire l’objet d’une assignation à résidence prononcée par la préfecture ou le ministère de l’Intérieur. 

Il reçoit alors une autorisation provisoire de séjour, est astreint à résider dans une ville ou un département, et doit régulièrement pointer dans un commissariat. 

Cette assignation à résidence ne doit pas être confondue avec l’assignation à résidence judiciaire, prononcée par le juge des libertés et de la détention à l’occasion de la rétention administrative. Dans ce second cas, l’assignation à résidence est prononcée pour permettre à l’étranger d’organiser librement son départ.

 

Avocat commis d’office : 

La commission d’office est la mesure par laquelle un avocat est désigné d’autorité pour assurer gratuitement la défense d’une personne. Le bénéfice d’un avocat commis d’office peut par exemple être demandé dans le cadre d’un recours contre un arrêté de reconduite à la frontière.

 

Changement de statut : 

Le changement de statut est sollicité par un étranger vivant en France sous couvert d’une carte de séjour et dont la situation a évolué. Cette évolution lui permet de prétendre à une carte de séjour différente de celle obtenue précédemment. 

Un cas très fréquent de changement de statut concerne l’étranger titulaire d’une carte de séjour mention « étudiant ». Une fois ses études terminées, l’étranger qui souhaite rester en France devra obtenir un changement de statut, c’est-à-dire une carte de séjour à un autre titre que celui des études. Si les conditions sont remplies il pourra solliciter une carte de séjour mention « salarié » ou « vie privée et familiale ». 

Le passage d’une carte de séjour temporaire à une carte de résident constitue également un changement de statut.

 

Demande d’abrogation : 

Demande d’annulation d’une mesure auprès de l’autorité dont elle émane, lorsque les délais de recours sont dépassés. 

Il est possible de demander l’abrogation d’un arrêté ministériel d’expulsion auprès du ministère de l’Intérieur. De même, une demande d’abrogation d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière peut être adressée à la préfecture. Cette abrogation d’un arrêté de reconduite à la frontière peut également se faire sans intervention particulière de l’intéressé : lorsqu’une préfecture va délivrer un titre de séjour à une personne sous arrêté de reconduite à la frontière, elle abroge d’elle-même la mesure.

 

Exequatur : 

Il s’agit d’un jugement autorisant l’exécution en France de certains actes dressés à l’étranger. Le juge valide l’acte étranger en vérifiant si les conditions dans lesquelles il a été pris sont conformes à la législation française. L’exequatur concerne les actes « d’exécution sur les biens ou de coercition sur les personnes », tels que les jugements relatifs à une garde d’enfant, au versement d’une pension alimentaire, une adoption plénière ou un divorce. 

Les jugements rendus « en matière d’état des personnes » produisent leurs effets en France sans procédure d’exequatur : une transcription sur les registres d’état civil français est suffisante.

 

Recours contentieux : 

Recours devant les juridictions administratives : tribunaux administratifs, cours administratives d’appel, Conseil d’Etat…

 

Recours pour excès de pouvoir (requête introductive d’instance) : 

Il s’agit d’un recours contentieux dont le but est l’annulation d’une décision jugée illégale. 

Le recours effectué devant un tribunal administratif pour contester un refus de délivrance de titre de séjour en fait partie.

 

Recours gracieux : 

Le recours gracieux, comme le recours hiérarchique, est un recours administratif porté devant l’administration elle-même dans le but de faire annuler l’acte présumé illégal. 

La procédure gracieuse consiste à contester une décision auprès de l’autorité dont elle émane. Dans le cas d’un refus de délivrance d’un titre de séjour, le recours gracieux s’exerce devant l’administration qui a notifié le refus, à savoir la préfecture.

 

Recours hiérarchique : 

Contestation d’une décision devant le supérieur hiérarchique de l’autorité qui a pris la décision attaquée. 

Dans le cas d’un refus de séjour, le recours hiérarchique s’exerce devant le supérieur de la préfecture, à savoir le ministère de l’Intérieur.

 

Recours en grâce : 

La grâce est une mesure de clémence décidée par le chef de l’Etat qui permet à un condamné d’être relevé de tout ou partie de sa peine ou d’exécuter une peine plus douce. 

Le recours en grâce est utilisé pour demander l’annulation d’une interdiction du territoire français quand celle-ci est prononcée comme peine principale. En effet elle n’est pas susceptible de faire l’objet d’une requête en relèvement, contrairement à l’interdiction du territoire prononcée à titre complémentaire d’une peine de prison.

 

Recours en référé : 

Procédure d’urgence qui permet d’obtenir très rapidement (environ 48 à 72 heures) une audience devant un tribunal administratif.

 

Regroupement familial : 

Procédure par laquelle le conjoint et les enfants mineurs d’un étranger titulaire d’une carte de séjour sont autorisés à le rejoindre en France. Les trois conditions principales concernent les ressources du demandeur, son logement, et la résidence hors de France des membres de famille qui sollicitent le regroupement familial. Quand le regroupement est autorisé, un titre de séjour est délivré immédiatement au conjoint, tandis que les enfants mineurs doivent attendre leur majorité.

 

Regroupement familial « sur place » : 

Procédure qui consiste à demander le regroupement familial pour des membres de famille déjà présents en France. En pratique cette procédure n’aboutit que de façon extrêmement rare car elle est dérogatoire.

 

Regroupement familial partiel : 

La règle est que la demande de regroupement familial doit être faite pour tous les membres de famille susceptibles d’en bénéficier (le conjoint d’un étranger en situation régulière en France ainsi que tous ses enfants mineurs). 

Le regroupement familial partiel est le fait de solliciter le regroupement pour une partie seulement de la famille. Il est en principe interdit mais des dérogations sont théoriquement possibles (très rares dans les faits).

 

Requête en relèvement : 

Pour qu’une interdiction du territoire français soit supprimée, il faut en demander le relèvement au tribunal ou à la cour d’appel qui a prononcé la mesure. Lorsqu’une personne est frappée par plusieurs interdictions du territoire, elle doit demander le relèvement de toutes les mesures à la juridiction qui a prononcé la dernière.

 

Transcription d’un acte d’état civil : 

La transcription concerne des actes d’état civil rendus par des autorités étrangères pour des Français ou des étrangers qui sont devenus français. Il s’agit notamment des actes de mariage entre un Français et un étranger, acte de naissance, de reconnaissance, de décès, divorce, adoption, décision de rectification d’état civil… 

La transcription consiste pour l’officier d’état civil à recopier sur les registres français un acte étranger en vérifiant sa conformité avec la législation. 


Nationalité_________________________________________________________________ 

 


Acquisition de la nationalité : 

Mécanisme qui permet à un individu qui possède un droit à acquérir la nationalité d’exercer une démarche volontaire pour la réclamer.

 

Apatride : 

Individu qui n’a aucune nationalité. Cette situation peut résulter de l’absence d’attribution d’une nationalité à la naissance ou de la perte de la nationalité d’origine sans acquisition d’une nouvelle nationalité.

 

Attribution de la nationalité française : 

Dévolution de plein droit de la nationalité française à un individu dès sa naissance.

 

Certificat de nationalité française : 

Document officiel délivré par le greffier en chef du tribunal d’instance compétent en matière de nationalité. Ce document constitue la seule preuve légale de la nationalité française.

 

Déclaration : 

Manifestation solennelle de volonté exprimée devant une autorité destinée à acquérir ou perdre la nationalité française.

 

Droit du sang ou « jus sanguinis » : 

Mode de détermination de la nationalité d’un individu en raison de sa filiation.

 

Droit du sol ou « jus soli » : 

Mode de détermination de la nationalité d’un individu en raison de son lieu de naissance.

 

Effet collectif : 

Mécanisme qui permet aux enfants mineurs d’acquérir la nationalité française en même temps que leur père ou mère. L’effet collectif suppose que trois conditions soient réunies : l’enfant doit être mineur au moment où son parent devient français, l’enfant doit vivre au même domicile que son parent, l’enfant doit être inscrit sur le décret de naturalisation de son parent.

 

Nationalité : 

Lien juridique qui rattache un individu à un Etat et confère des droits et des devoirs.

 

Naturalisation : 

Octroi à la discrétion de l’autorité publique de la nationalité à un ressortissant étranger qui la demande. Elle est prononcée par un décret.

 

Réintégration : 

Possibilité pour les personnes qui ont perdu la nationalité française, par exemple suite à l’acquisition d’une nationalité étrangère ou à l’accession à l’indépendance d’un Etat, de redevenir français sous réserve des conditions prévues par la loi.

 

Répudiation : 

Faculté accordée sous certaines conditions à un jeune bénéficiant de deux nationalités de demander à renoncer à la nationalité française pour adopter une nationalité étrangère. Cette démarche doit se faire entre l’âge de dix-sept ans et demi et dix-neuf ans. 

 

 

 

 


Eloignement :______________________________________________________________ 

 


 

Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF) : 

La décision écrite, prise par une préfecture, de reconduire à la frontière un étranger irrégulier est appelée arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Celui-ci peut être pris à l’encontre d’un étranger démuni de titre de séjour, ayant subi un refus de délivrance, de renouvellement ou un retrait de titre, à tout moment après l’expiration du délai d’un mois d’invitation à quitter le territoire. 

Cette décision peut être notifiée lors d’une interpellation et doit être contestée devant le tribunal administratif dans un délai de 48 heures. 

La loi du 24 juillet 2006 a supprimé les APRF notifiés par voie postale et les a remplacé par des obligations à quitter le territoire français (OQTF) 

Certaines catégories d’étrangers sont protégés contre cette mesure d’éloignement.

 

Arrêté ministériel ou préfectoral d’expulsion : 

Certains étrangers, du fait de leurs condamnations pénales, peuvent faire l’objet d’un arrêté d’expulsion (AE). Celui-ci peut être pris par une préfecture, lorsque celle-ci estime que la présence de l’étranger en France constitue « une menace pour l’ordre public ». Préalablement à la prise de cet arrêté la préfecture doit convoquer une commission d’expulsion (Comex) qui entend l’étranger et rend un avis sur l’opportunité de l’AE. Cet avis n’est que consultatif. Lorsque l’expulsion constitue « une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou la sécurité publique » et/ou une « urgence absolue », cette mesure peut être prise par le Ministère de l’Intérieur (arrêté ministériel d’expulsion, AME). Dans ce cas, la Comex n’est pas forcément saisie. 

Il n’existe pas de définition de la « menace » ou de la « nécessité impérieuse ». Selon la jurisprudence, celle-ci s’interprète au regard de la gravité des condamnations, de leur aggravation et leur répétition dans le temps. 

L’arrêté d’expulsion n’a pas de durée de validité, c’est à dire qu’il est applicable jusqu’au jour où l’administration décide de l’abroger. 

Six catégories d’étrangers bénéficient d’une protection absolue contre l’expulsion (sauf en cas d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat, activités terroristes, provocation à la discrimination, la haine ou violence) : 

- l’étranger qui réside en France depuis l’âge de 13 ans 

- l’étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de 20 ans 

- l’étranger marié avec un ressortissant Français depuis plus de 4 ans et résidant en France depuis plus de 10 ans 

- l’étranger père ou mère d’un enfant français et résidant en France depuis plus de 10 ans 

- l’étranger gravement malade qui ne peut pas disposer de soins dans son pays 

- l’étranger mineur.

 

Catégories protégées : 

Certains étrangers, de par leurs attaches personnelles ou familiales en France (conjoint, enfants, long séjour, maladie, etc..), sont protégés de l’éloignement du territoire français. Ces situations sont recensées aux articles L.521-1 et L.521-2, qui définissent les catégories d’étrangers concernés par ces protections et l’étendue de celles-ci. 

On distingue les étrangers protégés contre un arrêté de reconduite à la frontière et ceux protégés contre un arrêté d’expulsion ou une interdiction du territoire français.

 

Centre de rétention : 

Tout étranger interpellé faisant l’objet d’une mesure d’éloignement peut être placé en rétention administrative, le temps nécessaire à l’organisation par la préfecture de son éloignement. Le délai maximal de placement en rétention est fixé à 32 jours. A l’origine simplement définis comme des « lieux ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire », les centres de rétention sont, depuis un décret de 2001, désignés par arrêté ministériel. On en dénombre à ce jour 21 en France (dont 7 en région parisienne). Le mode de fonctionnement, les conditions matérielles et les droits des personnes retenues dans ces centres sont fixés par un règlement intérieur et 2 décrets d’application. Des membres de la Cimade sont présents dans chacun de ces centres de rétention.

 

Local de Rétention : 

Deux niveaux de rétention ont été créés par la législation : les centres de rétention et les locaux de rétention (LRA). Les LRA sont désignés par simple arrêté préfectoral (on en dénombre à ce jour plus d’une centaine) et ils permettent à la préfecture de maintenir un étranger en rétention dans des locaux de police ou de gendarmerie, pendant une première période ne pouvant dépasser quelques jours. S’il existe dans le ressort de la même cour d’appel ou du même tribunal administratif un centre de rétention, l’étranger doit être transféré dans ce centre dans un délai maximum de 48 heures. Si ce n’est pas le cas, il peut être gardé en LRA jusqu’à la fin des recours qu’il a engagé. Les conditions matérielles et les droits des étrangers en LRA ne sont pas définis par la loi (à l’exception du droit de téléphoner et de recevoir des visites). La Cimade est pour l’instant présente dans 19 LRA, dont 3 en Ile de France.

 

Double peine : 

La double peine a au moins deux acceptations : l’une vise le principe général qui permet selon la législation d’ajouter, pour les étrangers, une seconde peine d’interdiction du territoire français ou d’arrêté d’expulsion à une peine d’emprisonnement. Condamné pour le même délit, un Français et un étranger n’encourent donc pas les mêmes sanctions. 

La seconde acceptation, mise en avant par la campagne inter-associative contre la double peine, vise spécifiquement les étrangers disposant de toutes leurs attaches personnelles et familiales en France et frappés d’une mesure d’ITF ou d’un arrêté d’expulsion. Depuis la loi du 26 novembre 2003, certaines catégories très précises d’étrangers, ayant des attaches très fortes en France, sont presque totalement protégés contre une mesure d’éloignement.

 

Interdiction du Territoire Français : 

A la différence d’un arrêté d’expulsion ou de reconduite à la frontière, l’interdiction du territoire français (ITF) est une décision judiciaire, c’est à dire qu’elle est prononcée par un tribunal. Spécifique aux étrangers, elle peut être donnée en complément d’une peine d’emprisonnement (peine complémentaire), ou en remplacement de celle-ci (peine principale) et sa durée varie, selon le délit, d’une année à une interdiction définitive du territoire français (IDTF). 

En dehors des recours judiciaires « classiques » (appel, cassation), seule une requête en relèvement (ou un recours en grâce pour les ITF prononcées en peine principale) peut permettre d’enlever une interdiction du territoire. 

Jusqu’à la loi sur l’immigration du 26 novembre 2003, il n’existait pas de protection absolue contre une ITF. Le tribunal avait pour simple obligation de motiver spécialement sa décision lorsqu’il envisageait de prendre une telle mesure contre un étranger normalement « protégé ».

 

Zone d’attente : 

Créées par une loi de 1992, les zones d’attente sont des lieux de détention administratifs situés aux frontières aéroportuaires, ferroviaires ou terrestres afin de contrôler les arrivées d’étrangers démunis de visas. Le délai de maintien maximum est de 20 jours pendant lesquels la police aux frontières (PAF) et l’administration peuvent refouler un étranger sur la dernière ville d’escale ou d’embarquement. Pendant ces 20 jours, les demandeurs d’asile peuvent également faire l’objet d’une procédure rapide visant à déterminer si leur demande est fondée. Si tel est pas le cas, ils seront autorisés à entrer sur le territoire afin de déposer un dossier à l’OFPRA. 


Textes_____________________________________________________________________ 

 

 


Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) : 

Le CESEDA a pour but de rassembler tous les textes relatifs à l’entrée, au séjour, à l’éloignement des étrangers en France et au droit d’asile. Pour l’instant le CESEDA contient principalement l’ordonnance de 1945 modifiée et la loi du 25 juillet 1952, qui ne sont plus applicables depuis mars 2005.

 

Ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : 

Ancien texte de référence relatif à l’entrée, le séjour et l’éloignement des étrangers en France. Elle possédait la même valeur qu’une loi, fixait les règles de droit commun et s’appliquait sous réserve d’accords bilatéraux (comme l’accord franco-algérien). 

Depuis sa signature en 1945, elle a été modifiée à de très nombreuses reprises (loi « Pasqua » de 1986, « Joxe » de 1989, « Marchand » de 1992, « Quilès » de 1993, « Pasqua » de 1993, « Debré » de 1997, « Chevènement » de 1998 (pour ne citer que les plus récentes). La dernière modification a été introduite par la loi du 26 novembre 2003, dite loi « Sarkozy ». 

Depuis mars 2005, l’ordonnance de 1945 n’est plus utilisée puisqu’elle a été abrogée et remplacée par le CESEDA.

 

Convention de Genève : 

C’est une convention internationale, signé le 28 juillet 1951, qui définit les droits et devoirs que doivent garantir les Etats qui accueillent des réfugiés sur leur territoire. Son article 1er définit les critères d’obtention, de retrait ou d’exclusion du statut de réfugié. Les 40 autres articles définissent essentiellement les droits sociaux, économiques, juridiques, civils etc… accordés aux réfugiés.

 

Accord de Schengen : 

Cet accord européen instaure le principe de liberté de circulation pour les ressortissants des pays signataires et de suppression des contrôles frontaliers. Il comporte surtout de nombreux articles sur le renforcement de la coopération policière ou sur l’instauration du premier fichier européen, le SIS (système d’information Schengen), qui recense de nombreux étrangers.

 

Convention Européenne des Droits de l’Homme : 

La Convention européenne des droits de l’homme a été signée le 4 novembre 1950, et est entrée en vigueur le 3 septembre 1954. Elle a été ratifiée par tous les Etats membres du Conseil de l’Europe, et a été promulguée en France en 1974. 

Elle protège notamment les droits civils et politiques.

 

Loi : 

Règle écrite, générale et permanente, élaborée par le parlement. La loi possède une valeur inférieure à la Constitution et aux traités internationaux, et une valeur supérieure aux règlements et décrets.

 

Circulaire : 

Instruction écrite adressée par une autorité supérieure (ministère) à des agents subordonnés (préfets) en vertu de son pouvoir hiérarchique. Les circulaires sont juridiquement dépourvues de force obligatoire.

 

Décret : 

Signé par le Président de la République ou le Premier Ministre, un décret est destiné à assurer l’exécution d’une loi. Il est donc généralement beaucoup plus précis et concret qu’une loi, et fixe notamment la liste des justificatifs à fournir dans le cadre des différentes procédures.

 

Loi du 25 juillet 1952 : 

C’est la loi portant création de l’OFPRA et permettant à la France de mettre en application la Convention de Genève. Elle définissait les missions de l’OFPRA et de la Commission des recours des réfugiés ainsi que la procédure d’examen des demandes d’asile. Elle a été intégrée dans le CESEDA.

 

Jurisprudence : 

La jurisprudence est constituée par l’ensemble des décisions (ou arrêts) des juridictions de droit commun. 

Elle contribue à la formation d’un droit que l’on appelle coutumier et qui définit au travers d’un ensemble de décisions juridiques concordantes l’interprétation que les juridictions donnent aux textes (lois, règlements). 

Ce droit coutumier est donc évolutif, et reflète la volonté des juridictions de faire évoluer ou non la loi, en fonction des problèmes juridiques qui leur sont soumis. En effet la loi ayant une portée générale, elle ne peut prévoir toutes les situations découlant de son appréciation ni toutes les solutions. Le rôle de la jurisprudence est donc important car elle pallie les défaillances de la loi. 

La jurisprudence n’a pas de valeur juridique réelle ou obligatoire mais plusieurs décisions allant dans le même sens finissent par avoir force de loi.

 

Accord Franco-Algérien : 

En raison des liens historiques entre la France et l’Algérie et de la primauté des accords bilatéraux sur les lois internes, la circulation, le séjour et l’emploi des ressortissants algériens ne sont pas régis par l’ordonnance du 2 novembre 1945 mais par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Cet accord a été plusieurs fois modifié : le troisième avenant a été signé le 10 juillet 2001 et est entré en vigueur le 1er janvier 2003.

 

Les pouvoirs de l’administration____

 

Plein droit : 

La notion de délivrance de plein droit d’un titre de séjour signifie que l’administration doit délivrer le titre d’office lorsque l’étranger remplit les conditions. En théorie, le pouvoir d’appréciation de l’administration ne devrait donc pas intervenir dans tous les cas où la loi prévoit cette délivrance de plein droit. La seule marge de manoeuvre de l’administration devrait consister à vérifier que les pièces produites permettent d’établir que les conditions sont remplies. 

A l’inverse le préfet peut refuser de délivrer un titre de séjour quand bien même l’étranger remplirait les conditions, dès lors que la délivrance de ce titre n’est pas de plein droit.

 

Compétence liée : 

Lorsque l’on dit d’une autorité qu’elle a compétence liée pour prendre un acte, cela signifie qu’elle est obligée de l’exécuter lorsque les conditions légales sont réunies. Elle n’a donc pas de pouvoir d’appréciation.

 

Pouvoir discrétionnaire : 

Une autorité a un pouvoir discrétionnaire lorsqu’elle est libre de prendre la décision d’accepter ou de refuser (ex : une demande de grâce faite au président de la République est laissée à sa discrétion). 


La résidence en France____________

 

Stage : 

Condition d’ancienneté de séjour, pour une durée déterminée.

 

Séjour régulier : 

Un étranger remplit la condition de séjour régulier lorsqu’il est titulaire d’un visa en cours de validité, d’une carte de séjour ou d’une autorisation provisoire de séjour. L’étranger est également en situation régulière le temps de l’examen de sa demande de titre de séjour, lorsqu’il est couvert par un récépissé de demande ou de renouvellement de titre de séjour, par une attestation de dépôt de dossier ou même par une convocation à la préfecture. 

Enfin, un mineur n’étant jamais en situation irrégulière, son séjour est réputé régulier (même si son entrée en France ne l’est pas).

 

Entrée régulière : 

Un étranger remplit la condition d’entrée régulière lorsqu’il est entré en France avec un visa (s’il est ressortissant d’un pays soumis à l’obligation de visa d’entrée), même si celui-ci n’est plus valable.

 

Résidence habituelle : 

La résidence habituelle d’une personne doit être entendue comme le lieu où elle se trouve le plus souvent de manière stable, réelle et durable. 

L’étranger peut prouver sa résidence en France par tous moyens, en apportant au moins deux justificatifs de sa présence en France par an. 

Des absences courtes du territoire ne remettent pas en cause le caractère habituel de la résidence.

 

Résidence continue : 

La résidence continue en France implique que l’étranger puisse prouver sa présence en France mois par mois. Seules les absences pendant les vacances scolaires sont tolérées. 

 

 

 

 

Couverture Maladie__________________ 

 

Aide médicale de l’Etat (AME) :

 

 Cette prestation d’aide sociale permet un accès aux soins gratuit aux personnes qui ne peuvent pas être affiliées au régime général, ni sur critère socio-professionnel (Sécurité Sociale) ni sur critère de résidence stable et régulière (Couverture Maladie Universelle de base). 

Elle concerne principalement les personnes qui se trouvent en situation irrégulière en France. 

Les principales conditions sont la résidence en France depuis plus de trois mois (mais pas de condition de régularité du séjour) et le montant des ressources (le plafond dépend du nombre de personnes qui composent le foyer).

 

Ayants-droits : 

Ce sont les personnes qui bénéficient des prestations de l’assurance maladie du fait de l’affiliation de l’assuré. Elles doivent être à la charge de l’assuré ou de son conjoint et vivre sous son toit.

 

Couverture Maladie Universelle (CMU) : 

La Couverture Maladie Universelle se compose de deux volets, la CMU de base et la CMU complémentaire. 

La CMU de base est un mode d’affiliation au régime général d’assurance maladie (Sécurité Sociale), fondé sur un critère de résidence stable et régulière en France. Elle est destinée aux personnes en situation de précarité, et plus particulièrement à tous ceux qui n’ont pas accès au régime obligatoire de droit commun à partir des critères traditionnels d’affiliation (critères socio-professionnels), que ce soit en qualité d’assuré ou d’ayants droit. Les principales conditions pour en bénéficier sont une résidence stable en France (résidence habituelle en France depuis plus de trois mois) et une situation régulière (même sous couvert d’un titre de séjour précaire, un récépissé, une convocation à la préfecture). 

La CMU complémentaire est une sorte de mutuelle réservée à une population précaire déjà affiliée à la Sécurité Sociale (que ce soit sur critère socio-professionnel ou au titre de la CMU de base). Les conditions principales sont la résidence stable et régulière en France (comme pour la CMU de base) et le montant des ressources (le plafond dépend du nombre de personnes qui composent le foyer). 


Publié dans ACTIONS CITOYENNES, ERIC ZEMMOUR, FRANCE IMMIGRATION, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

Sur la télévision. Parlons de ces débats sur l’immigration qui se font sans immigrés.

Posté par issopha le 15 mars 2009

« Ma chanson leur a pas plu »,

(A propos de l’émission « Ripostes », et d’un certain verrouillage du débat public en général et du débat sur l’immigration en particulier)

Par Pierre Tevanian, Octobre 2002

Introduction

Vendredi dernier, j’ai reçu un coup de téléphone qui m’a quelque peu perturbé. L’assistante de Serge Moati, interressée par certains de mes articles qu’elle avait lus sur internet, m’invitait à participer, le mercredi suivant, à l’enregistrement d’un débat d’une heure pour l’émission « Ripostes », autour des questions suivantes : « Le modèle français d’intégration est-il en crise ? » et « Y a-t-il une tentation du repli communautaire ? ». Ce coup de téléphone, la conversation qui s’en suivit, et son dénouement furent instructifs quant à la manière dont les grands médias envisagent « l’immigration » et « la jeunesse  » qui en est issue.

Article

L’assistante de Serge Moati me précisa que les autres invités de son émission étaient le dirigeant d’une association d’entrepreneurs noirs-africains, l’historien Benjamin Stora, le député de droite Yves Jégo, le président de SOS Racisme Malek Boutih et enfin Jean-Pierre Chevènement, qu’on ne présente plus… Je lui répondis que j’avais des choses à dire sur ces questions (et sur leur formulation), que la proposition m’intéressait, mais que la composition du plateau et les conditions du débat me semblaient difficiles ; je lui demandais donc de m’accorder deux jours de réflexion, ce qui ne lui posa pas de problème.

Après m’avoir fixé un rendez-vous téléphonique pour le lundi suivant à 11h, l’assistante de Serge Moati me demanda, à titre d’information, de lui dire en deux mots ce que m’inspirait le sujet de l’émission. Je lui répondis ceci : il n’y a pas de problème d’intégration, il n’y a qu’un problème de racisme et de discrimination. Par conséquent, si repli communautaire il y a, celui-ci n’a rien de « culturel » ou d’ « ethnique » : c’est un réflexe de défense parfaitement légitime, de la part de personnes qui sont constamment agressées, stigmatisées ou discriminées. Lorsqu’on est regardé comme des parasites, des bêtes curieuses, des « sauvageons » ou des intégristes, il est normal qu’on finisse par préférer rester entre soi.

J’ajoutais que le mot intégration, ce mot vide de sens, ne servait qu’à une seule chose : éviter de parler de racisme et de discrimination. En effet, parler d’intégration, c’est situer le problème au niveau de la population immigrée, alors qu’on ferait mieux de regarder du côté de la société française, et des mécanismes d’exclusion et de domination qui la traversent. J’évoquai par exemple la discrimination légale : un tiers des emplois sont interdits aux étrangers non-européens, soit un tiers de « préférence européenne ». J’évoquais la discrimination raciale sur le reste des emplois, illégale mais parfaitement tolérée : le taux de chômage des jeunes de 20 à 29 ans dont les deux parents sont nés en Algérie est de 40%, soit quatre fois plus que celui des autres jeunes du même âge… Quant à la réponse institutionnelle, elle n’est pas vraiment à la hauteur du problème : dix condamnations par an, et un numéro vert pour les victimes…

« Vous pensez donc que le modèle français d’intégration est en panne ? » me demanda l’assistante de Serge Moati. Je lui répondis que non, car parler de « panne » suppose qu’il fut un temps où ce « modèle français » a « fonctionné », en tout cas mieux qu’aujourd’hui, ou différemment. Or, il n’en est rien : être un Algérien en France n’était pas plus facile il y a vingt, trente ou quarante ans qu’aujourd’hui, et même les Italiens, les Polonais ou les Arméniens ont eu, dans le passé, à subir la xénophobie, le mépris et la discrimination.

Je m’en suis tenu là, conscient qu’un discours d’apparence trop « radicale » pouvait effrayer mon interlocutrice. Après tout, me disais-je après avoir pris congé d’elle, il serait toujours temps, une fois sur le plateau, d’aller un peu plus loin, et notamment de poser frontalement la question de la composition de ce plateau :

- Pourquoi inviter dans un « débat contradictoire » Jean-Pierre Chevènement et Malek Boutih, dont le regard et le discours sur l’immigration et les banlieues sont identiques et interchangeables ?

- Pourquoi les immigrés et leurs enfants ne sont-ils pas invités ? Pourquoi sont-ils toujours objets et non sujets de discours ? Pourquoi, par exemple, des sans-papiers n’auraient-ils pas quelque chose à nous apprendre sur le « modèle français d’intégration », ou sur leur supposé « repli communautaire » ?

- Pourquoi le « débat public » sur les immigrés et leurs enfants met-il hors-jeu les associations de terrain qui font de la politique au sens noble du terme, comme les Motivés, le Mouvement de l’Immigration et des Banlieues, Agora-divercité, Bouge qui bouge et tant d’autres ?

- Pourquoi fait-on mine de croire que la personne de Malek Boutih suffit à « représenter » la « jeunesse issue de l’immigration », alors que nombreux sont ceux qui ne se reconnaissent pas dans son discours sécuritaire ?

Je m’étais bien gardé, également, d’effrayer mon interlocutrice avec une liste exhaustive des violences qui sont faites aux immigrés ou à leurs enfants : privation du droit de vote, double peine, contrôles au faciès, tabassages ou crimes policiers, qui touchent presque toujours des jeunes noirs ou arabes. Mais une fois sur le plateau, il me faudrait parler…

Enfin, je m’étais bien gardé de manifester la moindre animosité à l’égard des autres invités, même si intérieurement je n’en pensais pas moins, et même si, dans un accès de ressentiment et de mégalomanie, il me prenait l’envie d’être le grand Vengeur, celui qui allait enfin faire payer à Malek Boutih et Jean-Pierre Chevènement tout le mal qu’ils ont fait. Car il fallait que cela soit dit : lorsqu’on est président d’une association qui s’appelle SOS racisme, c’est de la double peine qu’il faut parler, des « emplois réservés », du droit de vote des étrangers, des contrôles au faciès, des violences policières ; or, sur tous ces sujets, on n’entend pas Malek Boutih. En revanche, on l’entend à longueur de temps parler d’insécurité, de jeunes barbares et de viols collectifs, et entretenir ainsi des stéréotypes qu’il est censé combattre.

Les deux jours de réflexion passèrent. Certains de mes amis me conseillèrent de ne pas aller dans ce qu’ils considéraient comme un traquenard, à trois contre un, et même pas à domicile… D’autres me poussèrent à tenter ma chance, puisqu’après tout, je n’avais rien à perdre. Pour achever de me convaincre, un ami militant du MIB accepta de m’accompagner. Si Serge Moati acceptait, je serais donc moins seul face au « pôle républicain » que formaient Jean-Pierre Chevènement, Malek Boutih et Yves Jégo ; et s’il refusait, je consacrerais mon maigre temps de parole à la question cruciale de la composition du plateau, et de la mise hors-jeu des principaux concernés.

J’étais donc bien décidé à en découdre lorsque, le lundi suivant, à 11h, mon téléphone… ne sonna pas. Et il en fut de même durant toute la journée, puis le lendemain, puis le surlendemain : « j’ai attendu, attendu, elle n’est jamais venue ». Il fallut se rendre à l’évidence : malgré toutes mes précautions, malgré mes efforts d’autocensure, quelque chose n’était pas passé. Mais quoi ? J’en perdis mon sang froid : peut-être, tel Betty Elms dans Mullholland drive, m’étais-je vu évincé du plateau par une « Camilla Rhodes de l’intégration », imposée au malheureux Serge Moati par une quelconque Mafia. Mais quelle Mafia : l’Élysée, le PS, le Pôle républicain ? Et qui était cette « Camilla Rhodes » ? Pour connaître son identité, il me fallait attendre la diffusion de l’émission, le dimanche suivant.

Je me suis torturé l’esprit quelques minutes, puis je me suis ressaisi : « ma chanson leur a pas plu, n’en parlons plus ». Ou plutôt parlons-en, mais publiquement. Parlons de la question de « l’intégration » et du « repli communautaire », et de l’obligation d’en accepter les termes biaisés si l’on souhaite prendre part au « débat ». Parlons de l’intégration, et répétons que ce mot ne veut rien dire. Parlons de la discrimination, et de l’impossibilité d’en parler à la télévision. Parlons des autres grands tabous : racisme, emplois réservés, double peine, contrôles au faciès, brutalité et impunité policière.

Parlons, surtout, de la composition des plateaux dans les débats télévisés. Rappelons que ma petite mésaventure n’est qu’un exemple parmi une multitude d’autres, et qu’elle ne fait qu’illustrer un problème structurel, que Pierre Bourdieu avait parfaitement analysé dans son livre Sur la télévision. Parlons de ces débats sur l’immigration qui se font sans immigrés.

Parlons de l’OPA réalisée par Malek Boutih et SOS Racisme sur la « jeunesse issue de l’immigration », et de l’invisibilité dans laquelle les grands médias maintiennent les autres associations, celles qui sont vraiment sur le terrain et qui luttent vraiment contre le racisme et la discrimination.

Parlons de tout ça, et diffusons cette parole avec les moyens du bord : des tracts, des journaux, des livres, des radios associatives, en attendant que la télévision cesse d’être un instrument policier – j’entends par là : en attendant que, sur des questions comme le racisme et la discrimination, la télévision nous dise autre chose que le sempiternel « circulez y’a rien à voir ! ».

Textes de Pierre Tevanian

 

 

 

 

United Colors of Travail Famille Patrie, Anatomie d’une révolution conservatrice

Par Pierre Tevanian, Mai 2008

Introduction

En revisitant l’œuvre politique du ministre de l’intérieur Sarkozy, puis sa campagne électorale et sa première année de mandat présidentiel [1], Pierre Tevanian nous invite à relativiser la part de nouveauté et de « rupture » que marque le « style Sarkozy », mais aussi le génie politique que trop d’observateurs, y compris à gauche, se sont empressés de reconnaître au président au lendemain de son élection. Le sarkozysme est bel et bien, à ses yeux, une « révolution conservatrice » – il précise en quel sens.

Article

Sur la télévision. Parlons de ces débats sur l’immigration qui se font sans immigrés. dans DE La FABRIQUE DE L'OPINION ET DU CONSENTEMENT jacques_martin-2

Du point de vue de l’intelligibilité de ce qu’est « le sarkozysme » autant que du point de vue de la construction d’une résistance au-dit sarkozysme, un écueil principal me paraît devoir être évité, qui ne l’est malheureusement pas assez à gauche : la fascination. Il faut entendre par là une double surestimation : celle d’une part de la nouveauté, de la « rupture » que marquerait le « style Sarkozy », celle d’autre part du génie politique qu’on pourrait reconnaître au camp adverse – c’est-à-dire à la personne de Nicolas Sarkozy, mais aussi bien à ses conseiller-e-s, ses lieutenant-e-s, ses équipes de campagne, etc. En d’autres termes, l’hypothèse que je voudrais développer ici, c’est qu’avec ou grâce à Nicolas Sarkozy, la droite n’a pas tant changé que cela, et qu’elle n’est pas tant que cela « devenue intelligente ».

frankenstein-jj-001-3 dans LA TELEVISION selon PIERRE BOURDIEU Il ne s’agit pas pour autant de réduire la singularité du personnage Sarkozy, et de la situation politique particulière dans laquelle son triomphe électoral place le pays (et plus particulièrement la gauche), en se bornant à répéter que la droite reste la droite et qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Il s’agit au contraire, de saisir d’un même mouvement ce qui a changé et ce qui n’a pas changé, afin de comprendre la genèse de la situation présente – et notamment la responsabilité de la gauche dans l’actuel triomphe de la droite.

Une cohérence dans le « bric-à-brac »

Descartes le soulignait dans ses Méditations métaphysiques : les monstres sortis de notre imagination ne sont jamais de pures inventions, mais simplement des compositions inédites à partir de plusieurs êtres déjà existants – par exemple l’assemblage d’un corps d’homme et d’une tête de chien, d’oiseau ou de cheval. Il en va de même des monstres réels, notamment des monstres politiques. Le personnage Sarkozy – monstrueux à plus d’un égard – n’échappe pas à la règle : il apparaît comme une espèce de Frankenstein politique, composé de pièces rapportées les plus disparates et hétéroclites.

Il y a en lui reagan dans LE MALJOURNALISME : Le cas français 

- du Reagan (le « libéralisme autoritaire », et le slogan « la France est de retour », décalque du reaganien « l’Amérique est de retour »),

- du Berlusconi (le goût affiché pour l’argent et le luxe, les connivences avec les médias et le très grand patronat), berlu-2 dans QUESTIONS DES MINORITES

- du François Mitterrand (le recrutement intensif d’ « intellectuels de Cour », destinés à chanter les louanges du Président-Monarque),

- du Houphouët-Boigny (le phagocytage de l’opposition par le débauchage, la promotion ou l’éloignement de ses figures [2]),

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- du Mao (le culte de la personnalité, l’omniprésence de l’image du Président dans l’espace public, via notamment les devantures de kiosques),

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- du Pierre Poujade (l’anti-intellectualisme agressif, le dénigrement systématique de l’intellect, du raisonnement et des « raisonneurs », l’appel non moins systématique au « bon sens » et à « l’évidence » [3]), 

- du Michel Houellebecq (l’héroïsation du « petit-blanc » hétérosexuel médiocre et d’apparence disgracieuse) [4],

- du John Kennedy et du Tony Blair (l’imagerie du jeune leader, forcément « dynamique », qui « renouvelle » la vie politique),

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- du Superdupont (la rencontre passablement comique entre l’imaginaire américain du super-héros omniprésent et omnipotent – « Ensemble tout devient possible ! » – et une beaufitude franco-française absolument assumée) et quelque chose aussi d’Ubu Roi…

Le tout arrangé cosmétiquement par quelques références « progressistes », préalablement panthéonisées, c’est-à-dire vidées de toute leur consistance sociale et politique et de tout potentiel subversif [5] : Jaurès, Blum, Guy Môquet (cités ostensiblement dans les discours du candidat Sarkozy) ou Martin Luther King (dont le célèbre « J’ai fait un rêve » a été purement et simplement recyclé dans le discours sarkozien, sans mention de son auteur).

Sans oublier

- une « attitude » viriliste à la Tony Montana (le Scarface de Brian De Palma, petite frappe [6] ivre de puissance et de gloire),

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- mâtinée d’eau de rose télévisuelle (exhibition de sa vie privée, envolées lyriques sur « la vie », « le rêve » et « l’amour », sentences absconses et lyriques à la Pascal Obispo : « Aujourd’hui Cecilia et moi nous sommes retrouvés pour de bon, sans doute pour toujours »  [7] ; « L’amour, c’est la seule chose qui compte »  [8])

- et de velléités poético-philosophiques à la Jean-Claude Van Damme (« Vous avez de la chance d’être jeunes, car la jeunesse c’est la liberté », « Ne pas être capables de partager l’amour, c’est se condamner à être toujours seul », « La jeunesse, c’est la promesse des commencements, des soleils qui se lèvent sur les mondes endormis » [9]),

- et enfin une touche d’esthétique antiraciste à la mode United Colors of Benetton, célébrant la diversité sans se soucier d’égalité

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… et réaffirmant même avec force un ordre symbolique inégalitaire, dans lequel c’est le mâle blanc qui co-opte généreusement des femmes non-blanches, lesquelles ne manquent pas une occasion de l’en remercier publiquement. 

jpg_Dati2 Il ne faut toutefois pas se méprendre : si une certaine impression de bric-à-brac prédomine parfois, si le ridicule certain du personnage peut empêcher de prendre au sérieux les rodomontades biologistes, nationalistes, sécuritaires ou racistes les plus menaçantes du nouveau président, et si certaines figures de gauche ont été davantage citées que les habituels héros de la droite par le candidat Sarkozy, la matrice de l’ensemble est pourtant extrêmement cohérente, ouvertement idéologique et profondément de droite :

- les lois « sécuritaires » et « anti-immigration » élaborés par le ministre de l’Intérieur Sarkozy [10]

- la gestion des émeutes de 2005  [11],

- la ligne de campagne présidentielle (« travail », « autorité », « liquidation de mai 68 », « identité » et « fierté nationale »),

- les premières mesures de son mandat présidentiel (cadeaux fiscaux aux plus riches, démantèlement du droit de grève, réduction du nombre de fonctionnaires, instauration de « peines planchers » et destruction du statut spécifique du mineur délinquant, loi sur la « rétention de sûreté », verrouillage définitif du regroupement familial, intensification et radicalisation des rafles de sans-papiers),

- sans oublier quelques « chantiers » annoncés comme la castration chimique des délinquants sexuels ou la dépénalisation de la délinquance patronale…).

Droite de droite / Droite de la droite : le lepénisme intégré 

La manière Sarkozy ne se réduit d’ailleurs pas, comme certains commentateurs ont pu le soutenir, à une habile réunification des trois traditions légitimiste, orléaniste et bonapartiste auxquelles il est convenu « depuis René Rémond » de résumer la droite en France [12] – même si, à l’évidence, on pourra toujours trouver « du légitimisme », « de l’orléanisme » et « du bonapartisme » dans les discours, les stratégies ou les modes de gouvernement du président Sarkozy. La synthèse sarkozyste, si synthèse il y a, intègre aussi pleinement la quatrième tradition, la « part honteuse », celle qui de manière significative était refoulée dans la « bible » de René Rémond : la tradition maurrassienne, pétainiste, raciste et fascisante [13].

sarko_le_pen La sociologie électorale l’atteste : c’est en faisant le plein des voix d’extrême droite, et en mobilisant comme jamais les secteurs les plus à droite de l’électorat (les cadres supérieurs du privé, les personnages âgées, les patrons, commerçants et artisans) plus qu’en puisant à gauche ou au centre que Nicolas Sarkozy l’a emporté – même s’il reste à expliquer, nous y viendrons, pourquoi sa posture ultra-droitière ne lui a pas en retour aliéné la totalité de l’électorat de gauche et du centre. Et il n’y a là ni hasard, ni « récupération » louable de pauvres électeurs frontistes égarés : c’est bel et bien sur un discours lepéniste à peu de choses près – en tout cas beaucoup plus empathique qu’antagoniste – que Sarkozy a rallié les lepénistes : à ces électeurs, il n’a pas dit que Le Pen posait de mauvaises questions – dans les deux sens de non pertinentes et de malfaisantes et dangereuses – et il n’a pas même dit que, suivant la malheureuse formule de Laurent Fabius, Le Pen apportait de mauvaises réponses à de bonnes questions. Il leur a promis, au contraire, qu’avec lui, les bonnes réponses de Le Pen allaient enfin pouvoir être mises en œuvre. « Le Pen parle, moi je vais agir » : tel a été, très explicitement, le discours que le candidat Sarkozy a tenu pour rallier les électeurs lepénistes.

Un pétainisme light

Hormis cette promesse explicite, c’est toute la campagne qui a été organisée autour du triptyque lepéniste, et auparavant pétainiste, Travail, Famille, Patrie :

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- célébration du « travail », non contre le capital et les héritiers (bien au contraire, puisque deux des premières mesures annoncées et mises en œuvre ont été un abattement des taxes sur l’héritage et un abaissement du « bouclier fiscal » en faveur des plus gros patrimoines) mais contre les « oisifs » et les « assistés », en d’autres termes contre les plus pauvres ;

- éloge de « la famille » conçue comme « cellule de base de la société » et comme cadre exclusif de la solidarité, refus de l’homoparentalité, valorisation de « l’autorité » dans son sens le plus traditionnel et violents appels à la « liquidation » de Mai 68 ;

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- incontinentes déclarations d’ « amour de la France » (en seulement six discours, le mot Français revient 212 fois, et le mot France 395 fois !) [14], accompagnées de menaces extrêmement violentes contre tous ceux – notamment immigrés – qui ne le partageraient pas, reprise littérale du célèbre slogan lepéniste « La France on l’aime ou on la quitte ») [15], éloge du passé colonial [16], annonce d’un « Ministère de l’immigration et de l’identité nationale »

Sans oublier le retour, de sinistre mémoire [17], d’une combinaison entre vitalisme, anti-égalitarisme et nationalisme :

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« La politique de la vie, pour moi, c’est le contraire de l’égalitarisme et de l’assistanat »

« La haine de la France, c’est la haine de la vie »   [18])

Et la « sortie » typiquement lepéniste :

« Quand on veut vivre en France, on ne pratique pas l’excision, et on n’égorge pas le mouton dans sa baignoire »  [19].

Bref : en deçà de l’éclectisme des références historiques (Jaurès, Blum, Guy Môquet et Barrès) et du brouillage [20] opéré par quelques « coups » médiatiques (deux arabes et une noire au gouvernement, dont une à un ministère-clé, et un ministère « de l’immigration et de l’identité nationale » ; une ex-socialiste et Christine Boutin à la Politique de la ville), la campagne de Nicolas Sarkozy aura été, sur le plan idéologique, d’une grande cohérence, clairement, franchement, caricaturalement de droite, comme aucune autre depuis la fin du régime de Vichy.

Sarkozy n’est évidemment pas Pétain, et la France de 2008 n’est pas la France de 1942. Mais c’est un fait : Sarkozy aura été le premier présidentiable de droite à avoir aussi explicitement repris, en la mettant au goût du jour mais sans en subvertir le fond, une aussi grande part de la philosophie politique pétainiste et maurassienne, l’antisémitisme en moins – et l’imagerie de la Résistance et de l’antiracisme en plus. De Gaulle prétendait transcender le clivage gauche-droite, mener une politique intérieure un tant soit peu « sociale » et une politique extérieure « non-alignée », Pompidou mettait en avant la « modernisation » du pays, tout comme Giscard, qui tenta de promouvoir « le centre » ; la droite qui revint au pouvoir en 1986 avait focalisé sa campagne sur un seul thème droitier : le libéralisme économique, tout comme elle le fit en 2002 sur un autre thème droitier : « l’insécurité » ; quant au Chirac de 1995, c’est d’une thématique de gauche qu’il s’était emparé : « la fracture sociale ». Jamais entre 1945 et 2007, donc, un candidat de droite n’avait organisé sa campagne intégralement et exclusivement sur tous les fondamentaux de la droite la plus droitière.

Du nouveau avec de l’ancien

Ce qui est nouveau et ce qui ne l’est pas apparaissent donc d’un même mouvement : comme dans toute révolution conservatrice, il n’y a, d’un côté, rien d’absolument nouveau si l’on analyse séparément chaque segment idéologique ou imaginaire du programme, de la campagne et du personnage Sarkozy : nous avons affaire à de la « bonne vieille droite pure et dure » ; mais il y a bien, en revanche, quelque chose d’inédit dans la synthèse, dans l’assemblage de tous ces fondamentaux de la droite dure, et dans son caractère « décomplexé » – pour reprendre, dans le méta-discours que l’actuel président tient sur lui même, le mot qui dit le plus de la réalité de ce qui est en train de se passer.

Il y a, plus exactement, quelque chose d’inédit depuis la Libération. Après 1945, le triptyque « Travail Famille Patrie », le biologisme (du type : « la pédophilie est génétique »  [21]) et la pseudo-science ethnique (du type : « Le paysan africain ignore l’histoire » [22]) ont été durablement et profondément frappés d’infamie, au point non pas de disparaître, mais de ne pouvoir s’énoncer qu’indirectement, allusivement, fragmentairement ou marginalement – relégués dans l’extrême droite s’assumant comme telle (et s’incarnant notamment dans le Front National), dans les marges de la droite de gouvernement (quelques « personnages » locaux et quelques « ultra » du type Jacques Médecin, Robert Pandraud, Pierre Bernard ou Philippe de Villiers, quelques cercles de réflexion semi-confidentiels du type GRECE ou Club de l’Horloge) ou encore dans ses coulisses (les discussions « en privé », les « apartés » et autres propos de « buvette de l’assemblée nationale » rapportés par le Canard Enchaîné) ; au cours de la campagne de 2007, pour la première fois, cette « part maudite » a été assumée publiquement par un candidat à l’élection présidentielle devenu président, et même placée au cœur de sa communication politique.

À titre de comparaison, Jacques Chirac a bien tenu des propos semblables à ceux de Nicolas Sarkozy ; c’était en juin 1991, lors d’un banquet paraît-il trop arrosé : « overdose d’immigrés », « le bruit et l’odeur »… Mais, que ce soit en 1995 ou en 2002, sans pour autant s’excuser ni devenir progressiste et antiraciste, il avait dû policer son discours et faire oublier son « dérapage » de 1991. Le président actuellement en exercice correspond à un Chirac qui aurait, en 1995 et en 2002, fait campagne sur le bruit et l’odeur des immigrés africains.

On pourra toujours soutenir que cette « décomplexion » de la droite ne change pas grand chose puisqu’au fond, « même sans le montrer autant, la droite a toujours été comme ça ». On pourra même se réjouir de « voir enfin les masques tomber » et de vrais enjeux politiques, radicaux (politique sociale contre politique du patronat, libertés individuelles contre autoritarisme et familialisme, éducation contre répression, social contre génétique, antiracisme authentique contre racisme pur et dur…) se manifester enfin au grand jour. Mais il y a aussi matière à s’inquiéter si l’on songe à l’incroyable légitimation qui est ainsi apportée, sur le terrain idéologique, à des thématiques non seulement conservatrices, réactionnaires, mais également racistes et liberticides – en un mot : éminemment dangereuses pour la démocratie.

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Une droite devenue intelligente ?

À défaut d’avoir profondément innové ou d’avoir rénové l’idéologie de la droite, Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas au moins été un « inventeur de formes » politiques, ou un grand stratège ? Ne doit-on pas lui concéder une exceptionnelle intelligence, fût-ce dans la démagogie ? Le choix de décomplexer la droite n’est-il pas, en soi, un véritable « coup » qu’il fallait « oser » ?

Là encore, l’analyse me paraît non seulement mal fondée, mais aussi dangereuse pour la gauche. Il n’est certes pas inutile d’analyser de près la construction d’une communication politique, d’en reconnaître l’habileté, et de scruter les mille et uns ajustements qui ont permis de mettre au goût du jour de très anciens chevaux de bataille  [23] ; mais le succès d’un discours politique résulte d’un processus, qui dépend d’un certain état du champ de la communication politique et non d’une simple série de « bons choix » stratégiques.

Plus précisément, l’analyse qui consiste à attribuer le succès électoral de Sarkozy à son génie politique, tout comme celle qui attribue les échecs passés de la droite au fait qu’elle fut « la plus bête du monde », présente deux défauts : elle n’est pas assez matérialiste (elle mésestime, en se focalisant sur le contenu des discours, la question de la distribution et des conditions sociales de la parole publique), et elle n’est pas assez dialectique (en se focalisant sur un seul camp, elle mésestime le rôle qu’ont pu jouer les discours adverses et leurs faiblesses).

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L’appréciation du génie politique de l’équipe Sarkozy doit en effet être tempérée par la prise en compte de l’incroyable force de frappe médiatique dont a bénéficié un candidat lié comme jamais au monde des affaires, et plus spécifiquement aux patrons de presse, de télévision et de radio [24]. On le néglige trop souvent : une stratégie, même médiocre, peut être plus efficace, si elle bénéficie de relais médiatiques massifs, qu’une stratégie plus intelligente mais « désarmée ». Or, il est patent – et il y a là un immense champ d’investigation pour la recherche, et de lutte pour la construction de contre-pouvoirs – que Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un arsenal médiatique plus qu’imposant, qui s’est non seulement mobilisé pendant la campagne pour le promouvoir et démolir ses adversaires, mais qui a aussi, sur le plus long terme, contribué d’année en année, progressivement, à véhiculer sa vision du monde social et à rendre recevable son discours. En d’autres termes, c’est au moins autant la quantité que la qualité qui a joué en faveur de Sarkozy, c’est pour une grande part « à l’usure » qu’il a conquis l’électorat.

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Survaloriser le rôle de l’intelligence tactique de l’équipe Sarkozy, c’est aussi faire comme si elle avait élaboré son discours et sa stratégie en vase clos, par une suite de choix rationnels, alors que ces options s’inscrivent dans un vaste mouvement idéologique au sein duquel le camp adverse, la gauche (à prendre dans sa plus large extension, et dans toute sa diversité) joue un rôle décisif. Pour le dire crûment : et si Sarkozy n’avait été fort que de la faiblesse de ses adversaires ? Le « que » est bien sûr excessif ; mais on ne peut écarter la part de responsabilité de la gauche dans le processus qui a rendu gagnante une stratégie « droitière décomplexée » qui n’aurait pas pu l’être quinze ans auparavant. La campagne « décomplexée » de Sarkozy a d’autant mieux fonctionné que le contre-discours de ses adversaires, et notamment de sa principale adversaire Ségolène Royal, était faible et « complexé », quand il ne s’alignait pas, en plus soft, sur le sien : autorité, sécurité, patriotisme, logique du « donnant-donnant, gagnant-gagnant » (en clair : abandon de logique des droits sociaux) [25].

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Mais le problème déborde largement la personne de Ségolène Royal et la séquence de la campagne présidentielle : à plus grande échelle, et sur le long terme, le succès de l’option droitière de Sarkozy ne peut s’expliquer sans prise en compte de l’évolution de la gauche, notamment socialiste, et d’une longue série de démissions, tant sur le terrain de la politique économique et sociale que sur les questions « d’immigration » et de « sécurité ».

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Pour ne s’en tenir qu’à ces dernières, qui ont été au cœur de la campagne de 2007, la liste est imposante des révolutions conservatrices qui se sont opérées à gauche depuis plus de vingt ans, et qui ont aboutit à une profonde anesthésie de l’opinion de gauche et du centre face à l’offensive Sarkozy 2007 :

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- alignement sur la problématique xénophobe du « problème de l’immigration », depuis le tristement célèbre « Le Pen apporte de mauvaises réponses à de bonnes questions » [26] jusqu’aux lois Chevènement-Guigou de 1998, qui conservaient l’essentiel du dispositif Pasqua-Debré  [27] ;

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- alignement sur la problématique « sécuritaire » de la droite, depuis le Colloque de Villepinte et les années Chevènement  [28] jusqu’au ralliement à la politique d’hyper-répression des émeutiers de novembre 2005  [29] ;

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- ralliement au consensus prohibitionniste contre les élèves musulmanes portant le foulard  [30], et plus largement au consensus islamophobe et à la stigmatisation des garçons arabes  [31]

ni_putes_ni_soumises Dans les années 80 et même 90, la droite n’était pas moins intelligente ou plus bête que celle de 2007 : elle avait simplement un choix plus difficile à faire. Un présidentiable de droite devait choisir entre deux options, qui du strict point de vue électoraliste présentaient toutes deux un risque considérable : soit droitiser et raciser son discours pour capter l’électorat FN, mais au risque de s’aliéner l’électorat centriste et de sur-mobiliser contre lui l’électorat de gauche ; soit chercher un supplément de voix au centre (beaucoup) et à gauche (un peu), au risque alors de s’aliéner l’électorat d’extrême droite et de droite extrême. La raison pour laquelle l’option ultra-droitière de Sarkozy n’a pas été pas spécialement géniale, intelligente ou « osée » est précisément que vingt ans de consensus libéral, sécuritaire, anti-immigration (et, plus récemment, anti-musulman) ont supprimé le risque de « sursaut humaniste » et « antiraciste » qui pesait sur cette option droitière.

Or, c’est un fait : ce consensus, cette anesthésie de la « France centriste » face à des positions naguère « extrémistes », s’est construit avec le concours – souvent suiviste, mais parfois aussi avant-gardiste – de franges non négligeables de la gauche, notamment des mouvances « sociale-libérale » et « nationale-républicaine », mais parfois aussi [32] de la « gauche de gauche ». lo_voile La droite n’est donc pas « devenue intelligente » : elle est devenue hégémonique. Ce qui appelle une autre question – comment ? – et déplace le problème : ce n’est pas seulement à la droite que la gauche doit s’intéresser, mais d’une part aux médias, d’autre part à elle-même. En d’autres termes : l’excès d’attention, d’intérêt voire de fascination pour Sarkozy ou le sarkozysme constituent une fuite en avant, un moyen commode, peu coûteux à court terme mais fatal à long terme, de s’épargner collectivement un examen de conscience urgent : celui des faiblesses de la gauche, de la manière dont elle s’est laissée gagner par des idées de droite. L’historien Gérard Noiriel a mis en lumière des « origines républicaines de Vichy »  [33] ; une tâche analogue s’impose aujourd’hui à toutes celles et ceux qui se veulent de gauche : du triomphe de Sarkozy, il nous faut assumer, répertorier et analyser les origines républicaines – sans en occulter la part proprement progressiste ou de gauche. Il nous faut admettre, en somme, qu’il y a bien des origines socialistes, communistes et trotskystes du néo-vichysme sarkozien.

Post-scriptum

Une première version de ce texte, plus brève, a été publiée en octobre 2007 par la revue Mouvements, dans un numéro consacré à la droite française, intitulé La New droite. Une révolution conservatrice ?.

Textes de Pierre Tevanian

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Notes

[1] Il est toujours délicat d’écrire l’histoire en temps réel. Nul ne peut aujourd’hui prédire avec certitude ce que sera la présidence Sarkozy, dans quelle mesure elle réalisera le programme annoncé par le candidat au cours de sa campagne, dans quelle mesure elle l’amendera ou le trahira, notamment parce que cette évolution dépend largement de la résistance que lui opposeront la gauche française d’une part (au sens large des partis de gauche, des syndicats et des mouvements sociaux), le contexte international d’autre part. Mais pour savoir « ce qui nous attend », des éléments sont toutefois à notre disposition : l’œuvre déjà accomplie par Nicolas Sarkozy d’une part, c’est-à-dire la marque qu’a laissée le passage de l’actuel président dans divers gouvernements de droite, principalement au ministère de l’Intérieur, en termes de lois, circulaires, pratiques politiques, modes de communication et de justification ; la campagne présidentielle, d’autre part, au cours de laquelle le candidat a pu manifester dans toutes ses dimensions et toute sa radicalité une vision du monde, un programme et une manière de faire de la politique, et construire ainsi un « personnage Sarkozy » ; les premiers actes du gouvernement Fillon, enfin, qui dessinent un cadre. De cet ensemble nous pouvons tirer quelques conclusions, qui permettent au moins de prévoir ce qui risque d’advenir si aucune résistance ne vient enrayer la machine.

[2] Eric Besson, Bernard Kouchner, Jacques Attali, Fadela Amara, Jack Lang, Claude Allègre, Michel Rocard, Dominique Strauss-Kahn… – une liste vouée à s’allonger.

[3] Par exemple : « Vous trouvez ça normal, vous, de violer une petite fille de sept ans ? ». Sur ce registre argumentatif, cf. Stéphane Palazzi, « Glissement progressif du langage », Libération, 17/08/2007. Sur l’anti-intellectualisme de Poujade, cf. Roland Barthes, « Quelques paroles de M. Poujade », Mythologies, Points Seuil, 1970.

[4] Sartre, dans ses Réfléxions sur la question juive, décrit l’antisémite classique, grosso modo le maurassien, comme un homme qui se complait dans sa médiocrité, et bâtit sur elle une « aristocratie des médiocres ». Celle-ci consiste à assumer sa propre nullité intellectuelle, sa paresse et sa veulerie, en les sublimant sous le nom de francité. En substance : « Je ne suis assurément pas aussi intelligent et entreprenant que tel intellectuel juif ou tel antiraciste enjuivé, mais l’intelligence est une vertu de seconde catégorie, une vertu juive, qui ne pèse rien face à la vertu cardinale qu’est la francité ». Nicolas Sarkozy, d’une manière assez semblable (mais sans l’antisémitisme), semble s’évertuer à assumer avec fierté – et comme Michel Houellebecq – la vision du monde la plus ringardement « dix-neuvièmiste », anté-anticoloniale – par exemple dans son incroyable « Discours de Dakar » sur « le paysan africain », digne de Tintin au Congo, ou encore son biologisme Alexis-Carrélien concernant le caractère génétique de la violence, de l’homosexualité ou du suicide, au mépris de toutes les réfutations scientifiques que l’une et l’autre ont subies depuis maintenant plusieurs décennies. Cf. Achille Mbembe, « L’Afrique de Nicolas Sarkozy ». Cf. aussi, sur lmsi.net, « Le cas Michel Houellebecq »

[5] Comme l’ont bien souligné les historiens du CVUH, dans « L’histoire par Nicolas Sarkozy : le rêve passéiste d’un futur national-libéral ». Sur un même corpus de discours de campagne, le CVUH recense 27 occurrences pour Jean Jaurès, 17 pour Jules Ferry, 7 pour Léon Blum, et 12 seulement pour De Gaulle.

[6] Sur la virilité agressive et le style « petite frappe » de Nicolas Sarkozy, cf. Elsa Dorlin et Catherine Achin, « J’ai changé, toi non plus. La fabrique d’un-e Présidentiable : Sarkozy/Royal au prisme du genre ».

[7] Nicolas Sarkozy, Témoignage, XO Editions, 2006)

[8] Nicolas Sarkozy cité par Yasmina Reza dans L’aube, le soir et la nuit, Flammarion, 2007. Sur ce registre « sentimental », cf. l’analyse du linguiste Damon Mayaffre dans l’émission « Là-bas si j’y suis ».

[9] Extraits de l’ahurissant « Discours à la jeunesse » du candidat Sarkozy

[10] Cf., sur lmsi.net, « Chronique du racisme républicain. 2002-2007 »

[11] Cf., sur lmsi.net, « Chronique du racisme républicain. 2002-2007 »

[12] Cf. René Rémond, Les droites en France, Aubier Montaigne, 1993

[13] Cf. Zeev Steernhell, La droite révolutionnaire, 1885-1914, Folio Histoire, Gallimard, 1997 et Ni droite ni gauche. Naissance de l’idéologie fasciste en France, Fayard, 2000.

[14] Comptage réalisé par le CVUH, op. cit.

[15] Discours du ministre Sarkozy en avril 2006

[16] Cf. Olivier Lecour-Grandmaison, « Sarkozy ou le triomphe d’une histoire apologétique de la colonisation ».

[17] Cf. Zeev Steernhell, op. cit.

[18] Discours de Bordeaux, 1er mars 2007

[19] Relire, aujourd’hui, Le Pen, les mots, l’étude de la langue lepéniste publiée à La Découverte en 1998 par Isabelle Cuminal, Maryse Souchard, Stéphane Wahnich et Virginie Wathier, est une expérience saisissante : des pans entiers de ce que les auteurs identifient comme la rhétorique spécifique de Le Pen correspondent rigoureusement à l’actuel « style Sarkozy ».

[20] Cf. Éric Fassin, « Sarkozy ou l’art de la confusion », Le Monde, 13/04/2007

[21] Propos de Nicolas Sarkozy tenus dans Philosophie magazine, et repris sur le site de la revue : www.philomag.com

[22] Cf. Achille Mbembe, « L’afrique de Nicolas Sarkozy ».

[23] Cf. Jade Lindgaard et Joël Confavreux, « L’hémisphère droit. Comment la droite est devenue intelligente »

[24] Cf. Marie Bénilde, « Nicolas Sarkozy, déjà couronné par les oligarques des médias ? », Le monde diplomatique, Septembre 2006

[25] Cf. Collectif Les mots sont importants, « Perdre son âme ne fait pas gagner les élections ».

[26] Formule du Premier ministre Laurent Fabius, en 1984

[27] Cf. Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, L’esprit frappeur, 2002, et sur lmsi.net, Sylvie Tissot et Pierre Tevanian, « La lepénisation des esprits ».

[28] Cf. Pierre Tevanian, Le ministère de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire. Cf. aussi la chronologie publiée sur lmsi.net : « De Chevènement à Sarkozy. Généalogie du nouvel ordre sécuritaire » 

[29] Cf. notamment François Athané, « Ne laissons pas punir les pauvres ».

[30] Cf. Pierre Tevanian, La république du mépris, Editions La découverte, 2007, et sur lmsi.net, « Une révolution conservatrice dans la laïcité ».

[31] Sur l’ensemble de ces thématiques (droit des étrangers, politiques sécuritaires, islamophobie, instrumentalisation du féminisme) : « Chronique du racisme républicain. 2002-2007 » publiée sur www.lmsi.net.

[32] Notamment pour ce qui concerne la stigmatisation des femmes voilées et l’islamophobie.

[33] Gérard Noiriel, Les origines républicaines de Vichy, Hachette, 1999

 

 

 

Une parole étouffée ?, Présentation du livre Les filles voilées parlent, par ses auteur-e-s

Par Ismahane Chouder, Malika Latrèche, Pierre Tevanian, 15 mars

Introduction

« On a beau vouloir “tout dire”, il y a quelque chose en nous qui nous répète : “Attention, tout ce que tu vas dire pourra être retenu contre toi !” ; ça me rappelle un peu le discours de certaines femmes battues, ou des enfants victimes de maltraitances. »

Article

Pierre Tevanian : Tout, n’importe quoi et son contraire a déjà été dit et écrit à propos du voile et des femmes qui le portent. L’encre a coulé, les arguments se sont opposés, les invectives ont proliféré, mais dans ce déluge de paroles, une chose a manqué : la voix des principales concernées. Que ce soit dans les grands médias ou dans les débats internes au monde politique, syndical et associatif, et même à la « Commission Stasi »  [1], les femmes qui portent le foulard n’ont pas eu voix au chapitre – et les adolescentes encore moins ! Avant la loi du 15 mars 2004, prohibant le port du voile à l’école, et avant les centaines d’exclusions et de dévoilements forcés qu’elle a entraînée  [2], la première injustice est là : dans cette distribution inégale de la parole, dans cette discrimination entre ceux qui ont le droit de parler et celles qui ne l’ont pas. C’est de ce constat qu’est venue l’idée de ce livre…

lesfillesvoileesparlent-2 Ismahane Chouder : Le plus urgent était pour nous de reprendre la parole, ou plutôt de la prendre  [3] ! Dans ce procès qui nous est fait continuellement, il fallait redonner la parole non pas à la défense, mais à l’accusée elle-même. Mieux que ça : il fallait sortir de ce dispositif accusatoire, ou le renverser. Les femmes qui s’expriment dans ce livre savaient que nous ne les présumions coupables de rien : ni d’intégrisme, ni d’arriération, ni d’atteinte à la laïcité… Nous les avons invitées au contraire à parler en toute tranquillité, en toute confiance, et à dire tout ce qu’elles avaient à dire, ce qu’elles avaient sur le cœur, quitte à accuser ou interpeller à leur tour qui ou quoi bon leur semble. Notre objectif était que des femmes se réapproprient la parole, et qu’elles réaffirment par là même leur humanité et leur dignité. Qu’elles cessent d’être de purs objets de discours, pour s’affirmer comme sujets. Comme des sujets libres de leurs choix, et libres de leur parole.

Pierre Tevanian : Effectivement, toutes les femmes que nous avons rencontrées nous ont fait part de ce besoin de parler, de « témoigner » – c’est un mot qui est souvent revenu. Elles nous ont dit à quel point elles avaient souffert de cette confiscation de la parole, en particulier à l’époque où tout le monde sauf elles, passait son temps à parler d’elles dans les médias. Cela dit, beaucoup étaient partagées entre le besoin de parler, de « témoigner », de « vider son sac », et une très forte inhibition, qu’elles avaient parfois du mal à expliquer… Il faut savoir que pour chaque femme qui acceptait de témoigner, nous en avons approché une dizaine qui refusaient, tout en nous disant : « J’en aurais, des choses à raconter ! ».

Ismahane Chouder : Oui. Beaucoup ont refusé par peur de s’exposer, y compris sous couvert d’anonymat. Beaucoup, même parmi celles qui ont fini par accepter de participer au livre, ont exprimé d’emblée de la méfiance, ou en tout cas une peur de voir leur parole déformée. Pourtant, elles voyaient bien que nous ne leur étions pas hostiles, que Malika et moi portions le foulard, et que nous nous étions battues contre la loi anti-voile. Elles savaient, car nous le leur avons expliqué, que notre projet était justement de leur donner la parole, en leur laissant à la fois le temps, l’espace, le choix des questions abordées et, dans le cas des entretiens enregistrés, un droit de regard final sur les retranscriptions  [4]. Bref, tout le contraire du traitement médiatique ordinaire ! Eh bien, malgré cela, la méfiance l’a souvent emporté. Pas forcément une méfiance à notre égard, d’ailleurs. Ce qui leur faisait peur, ce n’était pas tant la manière dont leur parole allait être retranscrite, mais plutôt la manière dont elle risquait d’être comprise – ou incomprise.

Malika Latrèche : Pour moi, c’est le nœud du problème : nous vivons dans la peur permanente de la manière dont chacune de nos paroles peut être interprétée, ou plutôt mésinterprétée. C’est un sentiment diffus, mais très profond. Même moi, si j’ai accepté de m’exposer, et si me suis beaucoup investie dans l’élaboration de ce livre, j’ai dû lutter, par moments, contre une angoisse terrible contre la tentation de me désengager. Précisément à cause de cette peur. Peur qu’on me reproche de prendre la parole sur ce dossier, peur d’en avoir trop dit. Ce sont des dilemmes insolubles : par exemple, si j’exprime ma souffrance, on dira que je me « complais dans la victimisation », et si je la tais, on en conclura que je ne suis « pas à plaindre » !

J’ai aussi éprouvé une certaine gêne et une certaine appréhension en relisant certains témoignages de lycéennes exclues ou « dévoilées », qui exprimaient très vivement leur colère contre l’École, le corps enseignant, ou plus largement les institutions, ou même « la République », ou « la France ». J’avais pour ainsi dire peur de la peur qu’elles pourraient provoquer ! Alors qu’au fond, elles n’ont rien de si terrible : n’importe quel-le ado humilié-e réagirait de la même manière. Mais là, comme ce sont des musulmanes, et comme cette identité musulmane surdétermine la réception de ce qu’on dit, je redoute le pire : « On va nous prendre pour des marginales, des asociales, des inassimilables, des radicales, des extrémistes… » ; « Cela va donner raison à ceux qui opposent France et Islam ! » ; « On va encore dire que les musulmans sont l’anti-France ! », « ça va conforter l’idée que l’Islam n’est pas soluble dans la République ! ». Alors que chacune de ces filles exprime par ailleurs un attachement sans équivoque aux principes de liberté et d’égalité, ainsi qu’à la laïcité, et que leur colère, y compris dans sa radicalité, voire ses excès, est parfaitement compréhensible de la part d’ados qui viennent de se faire exclure de l’école.

Pierre Tevanian : Cela signifie donc qu’être une femme musulmane qui porte le foulard, dans la France de 2007, te force à intégrer, dans ton existence quotidienne, tous les stéréotypes qui pèsent sur ce foulard…

Malika Latrèche : Oui, même si je n’y adhère évidemment pas, ces stéréotypes sont d’une certaine manière en moi, « en mémoire », et ils interfèrent dans beaucoup de mes réactions. Je me sens enfermée dans un questionnement permanent sur chaque mot, chaque fait et geste, et la manière dont ils vont être perçus, ressentis, interprétés, jugés. Et je me retrouve de ce fait dans des situations complètement absurdes ! Par exemple, il m’arrive souvent de me faire insulter, et parfois même de me faire agresser physiquement, simplement parce que mon foulard est insupportable à certains. Comme dit Jacques Chirac, le foulard est « ressenti par beaucoup de Français comme une agression », si bien que m’agresser est quasiment vécu par l’agresseur comme de la « légitime défense » ! Eh bien, malgré cela, il m’arrive de me rendre à des débats organisés par des militants hostiles au voile, pour tenter d’ouvrir le dialogue et de changer l’image négative de la femme voilée, forcément « soumise », et de m’y rendre seule, alors que mon mari, craignant une agression, préfèrerait m’y accompagner ! Et pourtant, je sais d’expérience que le risque de me faire agresser est réel ! Ce n’est pas que je suis téméraire, c’est plutôt que ma peur d’être agressée s’efface derrière une peur encore plus forte : la peur d’apparaître comme « la » femme voilée soumise, illettrée, coincée, qui n’est bonne qu’à faire la cuisine ou à enfanter à la chaîne, et qui ne sort et ne parle que sous le contrôle de son mari…

Pierre Tevanian : C’est toujours la même chose : l’ombre du stéréotype, et la peur de dire ou faire quoi que ce soit qui puisse y faire penser.

Malika Latrèche : Oui, alors que je n’ai rien à prouver en termes d’indépendance ! Je n’ai vraiment pas le profil de « la femme d’intérieur » : je passe mon temps à militer « sur le terrain », contre toutes formes de discriminations, aussi bien la journée que très tard dans la soirée, sans mari, père ou frère comme garde du corps. Et dans cette histoire, la volonté de mon mari de m’accompagner n’avait rien d’islamique, ni de patriarcal ! On en vient donc même à refuser ce soutien que n’importe quelle femme agressée accepterait : se faire accompagner ! C’est cette normalité-là, cette spontanéité-là, qui nous est interdite par la stigmatisation : dire qu’on a été victime d’un préjudice quand on l’a effectivement été, piquer un « coup de gueule » un peu violent quand le préjudice était violent, accepter la compagnie de son mari quand on a peur d’être agressée…

Nous passons notre temps à nous débattre avec cette question : « Comment vont-ils l’interpréter ? Que vont-ils croire ? Que vont-ils dire ? Comment vont-t-ils réagir ? ». Bref : qu’est-ce que je risque ? C’est extrêmement angoissant, et c’est cela qui nous inhibe, même lorsque nous décidons, de manière très volontariste, de faire un livre pour parler ouvertement, librement, sans entraves ! On a beau vouloir « tout dire », il y a quelque chose en nous qui nous répète : « Attention, tout ce que tu vas dire pourra être retenu contre toi ! ». ça me rappelle un peu le discours de certaines femmes battues, ou des enfants victimes de maltraitances.

Ismahane Chouder : Parmi les réactions que nous avons rencontrées, et qui ont souvent motivé des refus, il y a aussi ce que Malika a appelé le fatalisme. Plusieurs interlocutrices nous ont dit en substance : « Vous êtes bien gentils avec votre livre, mais à quoi bon ? » À quoi bon parler, puisqu’on ne nous écoute pas ? À quoi bon maintenant, surtout, puisque la loi sur le voile est passée ? Et puis, il y a aussi ce que j’appellerais les réactions de « fierté » ou de « revanche » : « On n’a pas voulu nous donner la parole quand on la voulait, quand il le fallait, eh bien maintenant, on se tait ! » Ce genre de réaction est tout à fait compréhensible quand on voit dans quel mépris et quel abandon les femmes voilées se trouvent, et surtout quand on songe à la violence de cette situation qui prévalait dans les médias et un peu partout en 2003-2004 : tout le monde parlait de nous, sur nous, mais sans nous, et nous n’avions aucun moyen de répondre ! Dans de telles situations, le retrait volontaire est presque un réflexe vital : « Vous me méprisez, eh bien moi aussi je vous méprise, je fais ma vie dans mon coin. Je renonce même à revendiquer quoi que ce soit, car je ne daigne même pas m’adresser à vous ! »

Pierre Tevanian : C’est une réaction presque naturelle, que le sociologue anglais Richard Hoggart a bien décrit : un réflexe de repli et une posture de « je-m’en-fichisme » qui est une réponse au mépris social  [5]. Du coup, la parole n’est pas complètement absente, mais elle reste dans l’entre-soi. On se parle entre voilées, entre femmes qui partagent non seulement une conviction et une pratique religieuse, mais aussi un vécu social…

Malika Latrèche : C’est vrai qu’on se parle beaucoup entre nous. On se rend compte souvent qu’on a vécu les mêmes regards, les mêmes remarques, les mêmes exclusions, les mêmes souffrances, et on peut donc parler sans crainte d’être incomprise, d’agacer, ou de passer pour une « pleureuse ». On est sûre que la personne qui nous écoute nous comprend, car elle a vécu sensiblement la même chose. Heureusement, d’ailleurs, qu’il existe ces espaces de dialogue où l’on est sûre de ne pas être jugée, où l’on peut confronter nos expériences et s’échanger des conseils. Mais pour ma part, je ne m’en contente pas – et je pense que c’est le cas aussi de toutes celles qui ont finalement voulu témoigner. Je tiens à ce que tout le monde sache ce qu’on vit. Et je tiens surtout à pouvoir vivre et échanger avec tout le monde !

Ismahane Chouder : Et c’est cette envie qui nous pousse à prendre la parole, malgré les risques. Je sais par exemple que moi, même si parler, m’affirmer comme sujet, défendre mes droits, m’expose à des réactions de violence exacerbée, je ne peux pas y renoncer. Prendre la parole a un prix, mais pour moi, me taire aurait un prix encore plus lourd et insupportable ! Ce serait une véritable négation de soi. Ce serait renoncer à tout ce que je suis, ce à quoi je crois, ce à quoi j’aspire. Je préfère assumer les conséquences de ma visibilité que rester dans l’invisibilité à laquelle on veut m’assigner. Je ne supporterais pas de vivre repliée sur un cocon familial, ou sur une communauté ethnique ou religieuse : je le vivrais comme une asphyxie ! Je préfère sortir et prendre des coups que restée enfermée !

Malika Latrèche : Moi aussi, jusqu’à présent, je n’ai jamais pu me résoudre au silence et au repli. J’ai souvent pensé tout arrêter, mais à chaque fois je reviens ! Au fond, notre situation est un vrai casse-tête : parler est impossible, se taire est impossible ! Ou plutôt : j’ai peur de ce qui m’attend si je parle, mais j’ai peur aussi, plus encore, de ce qui m’attend si je me tais. Et ce qui rend le problème encore plus sensible et complexe, ce sont mes enfants. C’est une responsabilité supplémentaire : en prenant la parole et en me battant pour mes droits, ce n’est plus seulement moi que j’expose à un « retour de bâton », ce sont aussi mes enfants. J’ai souvent envie de tout arrêter parce que j’ai peur qu’il leur arrive quelque chose, qu’on leur fasse payer mes engagements. Et en même temps, c’est aussi en pensant à eux que je me dis qu’il faut continuer. Je repense à mes parents immigrés, qui sont venus travailler en France dans les années 50, et que j’ai vu subir l’injustice et les injures (« Sale arabe ! », « Bicot ! », « Retourne dans ton pays ! ») sans répliquer, sans se défendre, par peur des représailles, et je ne veux pas que mes enfants revivent ça : ces violences d’adultes que j’ai reçues en plein visage quand j’étais aux côtés de mes parents.

Pierre Tevanian : Toutes ces difficultés, ces doutes, ce balancement entre le besoin de parler et la peur de parler, peuvent paraître étranges, voire incompréhensibles, de l’extérieur. Mais dès qu’on vous écoute, toutes les deux, ainsi que les quarante femmes qui témoignent dans ce livre, dès qu’on entre dans votre quotidien, cela devient une évidence. La force de ces témoignages, c’est qu’ils rendent tangibles cette réalité concrète qui a été complètement occultée par les débats houleux sur « l’Islam », « la laïcité » ou « les valeurs de la République » : le poids des préjugés, l’angoisse et la violence qu’ils génèrent au quotidien. Pour ma part, je le soupçonnais avant de faire ce livre, mais j’étais loin d’en prendre toute la mesure. Au fond, les textes et entretiens que nous avons rassemblés nous racontent l’histoire du point de vue des vaincues : celles pour qui les mots d’ordre d’« interdiction des signes ostensibles » ou de « neutralité de l’espace public » n’ont été synonymes ni de « réaffirmation de la laïcité » ni d’« émancipation » ni de « promotion du vivre-ensemble », mais tout simplement, prosaïquement, d’humiliations, d’exclusions, d’injures ou même d’agressions. Pour une fois, écoutons-les.

Post-scriptum

Les filles voilées parlent, recueil de 45 textes et entretiens de femmes voilées vivant en France, coordonnés par Malika Latreche, Ismahane Chouder et Pierre Tévanian, Editions La Fabrique, 2008.

Textes de Ismahane Chouder

 

 

Inch Allah l’égalité ! (Première partie), Entretien avec Cécilia Baeza, Ismahane Chouder et Malika Latrèche, du Collectif des Féministes Pour l’Égalité

Par Cécilia Baeza, Ismahane Chouder, Malika Latrèche, 7 mars

Introduction

« Un féminisme non pas contre, mais avec l’Islam ». Cette formule de Christine Delphy (qui ajoutait : « Et pourquoi pas ? ») [1] peut résumer la démarche des femmes musulmanes, voilées ou non, qui, comme Ismahane Chouder ou Malika Latrèche, se retrouvent avec des « non-musulmanes » au sein du Collectif des féministes pour l’égalité. Dans une discussion à trois voix – extraite du recueil Les filles voilées parlent  – trois présidentes successives du collectif, Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Cecilia Baeza (« non-musulmane, mais souvent prise à partie comme ‘islamogauchiste’ ou comme ‘chienne de garde des voilées’ ») nous racontent les épisodes tantôt douloureux, tantôt cocasses, souvent les deux ensemble, qui ont accompagné l’improbable et pourtant nécessaire émergence de ce nouveau mouvement féministe. Nouveau parce que récent, et composé de femmes souvent jeunes, mais pas au sens d’une volonté de rupture : le collectif regroupe aussi des « anciennes » et même des « historiques » de la lutte des femmes, et il puise aux sources des grands combats féministes du passé… À commencer par un célèbre slogan : « Mon corps m’appartient ! ».

Article

AAAAAAAAAAAAIsmahane Chouder :

Tout a commencé aux réunions préparatoires de la « Marche des femmes 2004 », qui se sont tenues tous les mercredis soirs à la Bourse du Travail de Paris à partir de février. Il y avait des représentants de dizaines d’organisations féministes, des syndicats et des partis de gauche. Les réunions étaient dirigées par Maya Surduts et Suzy Rojtman du CNDF [2], et il s’agissait à la fois de définir le contenu des mots d’ordres et d’organiser la logistique : le trajet, l’ordre des cortèges, etc. Moi j’étais là avec d’autres copines du Collectif Une école pour tou-te-s) et quand nous sommes arrivées, il y avait moi et Sonia qui portions un voile, nous avons senti un grand froid dans la salle, et très vite les discussions se sont orientées vers le voile.

Le texte d’appel évoquait la loi sur le voile, qui était sur le point d’être votée, mais sans la soutenir ni la dénoncer. Il faut dire que les collectifs féministes étaient très scindés : certaines étaient contre le voile et pour la loi, d’autres étaient contre la loi mais aussi contre le voile, et elles avaient donc du mal à s’engager contre cette loi, et les organisations clairement engagées contre la loi étaient nettement minoritaires. Du coup, le texte commun était un compromis, ce qui fait que même s’il ne soutenait pas la loi, il allait dans le sens de la stigmatisation du voile, en le liant à des violences faites aux femmes, en précisant : « quel que soit le sens que lui donne celles qui le portent » ! Et pour moi qui porte le voile, me voir renvoyée du côté de ces violences n’était pas acceptable !

J’ai voulu parler, mais Maya Surduts m’a tout de suite coupé la parole en disant que j’avais assez parlé, alors que je venais seulement de commencer ! Je lui ai répondu qu’elle avait un comportement de phallocrate, ce qu’elle n’a évidemment pas apprécié ! Quelqu’un, je ne sais plus qui, a même dit qu’il était hors de question que des femmes voilées défilent à la Journée des femmes. Nous nous sommes dit : mais alors nous ne sommes pas des femmes ? Nous sommes quoi ? Il y a heureusement eu une militante des Panthères Roses qui a dit qu’on devait nous laisser la parole, qu’il était hors de question d’interdire à quelque femme que ce soit de participer à la manifestation, et que si on nous sortait du cortège, elles sortiraient avec nous.

Finalement, nous n’avons pas voulu signer le texte commun, et nous avons défilé avec notre propre tract, qui reprenait toutes les revendications du texte commun, mais avec un passage en plus contre la stigmatisation des femmes voilées et contre la loi anti-foulard, en disant que c’est une loi sexiste, qui prive des filles d’éducation.

Le jour de la manifestation, nous avons eu de grosses difficultés à nous insérer dans le cortège : nous avons dû faire face à des insultes, des bousculades, et même des tentatives de coups physiques. Il y avait des hommes qui nous bousculaient pour nous empêcher de rentrer dans le cortège, et des femmes qui nous insultaient :

« Vous n’avez rien à faire ici »

« C’est une honte ! »

« Rentrez chez vous »

« Retournez en Arabie, en Iran, en Afghanistan ».

Nous avons eu aussi un « comité d’accueil » particulièrement violent à l’arrivée de la manifestation Place de la Nation, sous les huées, les menaces, et même des crachats ! Tout cela de la part d’autres manifestants ! Ils ont même stigmatisé le « service d’ordre » qu’on avait constitué pour la manif, comme tous les autres services d’ordre d’ailleurs : comme il y avait des hommes, ils se sont retrouvés stigmatisés dans la presse ou dans les groupes militants adverses comme des « barbus » encadrant leurs femmes. Alors qu’il y avait des musulmans et des non-musulmans, des hommes et des femmes, et que surtout, beaucoup d’autres cortèges dans cette manif avaient eux aussi un « service d’ordre » masculin. À commencer par ceux qui nous ont fait barrage !

Cécilia Baeza :

C’est à ce moment que nous avons fondé le CFPE. Au départ, il y a des femmes qui se rencontrent au Collectif Une école pour tou-te-s, et qui décident de prendre à bras le corps la question féministe, parce qu’elles sont féministes, et que le féminisme a été un des principaux arguments qui a servi à justifier la loi anti-voile. D’autre part, comme les femmes qui portent le foulard sont toujours stigmatisées comme dépendantes de frères, de pères, d’intégristes, elles décident de fonder un collectif non-mixte, exclusivement féminin. Christine Delphy est choisie comme première présidente du CFPE, avec comme vice-présidente Zahra Ali, qui a 18 ans et qui est alors lycéenne en terminale, avec son foulard. Le collectif est fondé début 2004, mais nous nous organisons vraiment en juin 2004, avec une Charte, où sont affirmés notamment le droit de porter le foulard et de ne pas le porter ; la lutte contre les discriminations sexistes ; et le refus d’un modèle unique d’émancipation. À partir de ces principes, énormément de choses restaient à discuter, car nous ne nous connaissions pas, et nous avons donc eu beaucoup de débats internes, sur internet et dans des réunions, avec parfois des tensions. Notamment au moment du débat sur l’avortement, où il y a eu un peu un sentiment de « donnant-donnant », avec des féministes « non-musulmanes » qui disaient en substance :

« Nous nous sommes engagées pour vous défendre sur le voile, alors en échange , donnez nous votre soutien sur l’avortement ».

Il y avait un fond juste, qui consistait à dire : peu importe finalement qu’une pratique nous plaise ou pas, heurte ou pas nos convictions, que ce soit le port du foulard ou le recours à l’avortement ; il y a quelque chose de plus important et qui nous unit qui est le droit de choisir. Mais le débat était biaisé par autre chose : le fait qu’il y avait une parole considérée comme la parole féministe légitime, et qui semblait dire :

« Vous, non-féministes, venez nous rejoindre ».

Et puis nous étions piégées par l’agenda, le trentième anniversaire de la loi Veil qui arrivait, et le contexte général, le besoin de se positionner dans le champ féministe, et de prouver aux autres que nous étions bien des féministes. J’entends par là : un besoin de tout le collectif d’être reconnu légitime par les autres organisations féministes, ce qui a abouti en interne à une situation où les musulmanes voilées se sont aussi senties obligées de prouver aux autres copines qu’elles étaient bien féministes…

Malika Latrèche :

Il y a eu des tensions lors d’une réunion en octobre 2004 où des femmes à côté de moi disaient :

« Mais qu’est-ce qui va se passer quand il faudra se positionner sur le droit à l’avortement ? Est-ce que vous serez là ? »

Le trentième anniversaire de la loi Veil arrivait en janvier, et tout le mouvement féministe français préparait cet anniversaire. Mais moi, par exemple, je ne m’étais jamais posé la question, et je l’ai prise en pleine figure. Même entre femmes musulmanes, d’un point de vue religieux, nous n’avions pas eu de réflexion poussée sur la question. Nous nous retrouvions au milieu de ces questions :

« Est-ce que vous allez être là »

Et certaines répondaient à notre place :

« Non, c’est trop utopique ! ».

Et moi, au milieu, je répondais :

« Ben, oui, on sera là avec vous »

Mais la vérité, c’est que je n’avais pas du tout réfléchi à cette question, et que je ne me sentais mal à l’aise. Il y avait par exemple des féministes algériennes qui nous avaient soutenu contre la loi antivoile, mais qui donnaient l’impression d’avoir des doutes sur notre féminisme. Par rapport à leur vision ou leur connaissance traditionnelle de l’Islam, elles se disaient :

« Non, pour elles, ça doit être anti-islamique d’aller à cette manif, l’Islam l’interdit ».

Je savais au fond de moi que ce n’était pas vrai, et que nous devions soutenir le droit à l’avortement. J’étais tiraillée.

Ismahane Chouder :

Nous avions un peu l’impression de devoir valider notre « certificat de féminisme ». Mais ce qui nous a surtout fait violence, c’était la question de notre visibilité publique : quelle image allions nous renvoyer ? Il faut bien comprendre une chose : quand tu croises une femme voilée, tu ne vois pas seulement un individu. Tu vois forcément toute une communauté derrière : la communauté musulmane. Et ça, c’est piégeant. J’aurais pu aller manifester pour la loi Veil en tant qu’Ismahane, en sachant pourquoi j’étais là, car je n’ai pas de réticence personnelle par rapport au droit à l’avortement. Pour moi, c’est un droit acquis, qui se trouve reconnu et codifié avec précision dans les textes de référence islamique. Mais j’étais obligée de penser au regard des autres. Ce qui me posait problème était cette visibilité publique de femmes musulmanes dans une manifestation, où elles n’auraient pas la possibilité d’expliquer les raisons nuancées de leur présence : notamment la possibilité de souligner la différence entre être « pour l’avortement » et « pour le droit à l’avortement ». Surtout que ce débat-là n’a pas vraiment eu lieu dans la « communauté musulmane » française. Donc vis-à-vis de cette « communauté », je ne voulais pas donner un sentiment d’opportunisme, ou pire de trahison :

« Pour faire bonne figure, pour être acceptées comme féministes, elles ont bradé leurs principes religieux ! ».

C’est pourquoi certaines, comme moi ou comme Malika, n’y sont pas allées. Mais je sais que d’autres copines voilées y sont allées : Ndella, Sonia, Zahra…

Cécilia Baeza :

Nos débats internes ont abouti à un accord sur le droit de recourir à l’avortement, ce qui n’est pas une obligation pour celles qui ne veulent pas y recourir, mais laisse la liberté de le faire à celles qui le choisissent. Et nous avons donc décidé de nous associer à l’Appel à manifester pour défendre ce droit. Mais de toutes façon, quelle que soit notre position, on le retourne contre nous. En l’occurrence, nous prenons position pour le droit à l’avortement, mais évidemment on nous accuse de double discours et d’opportunisme.

Cette défiance s’est exprimée quand on a envoyé notre signature pour le texte d’appel à manifester : nous avions pris la peine d’écrire un courrier en bonne et due forme, mais la direction du CNDF n’a pas voulu intégrer notre signature, en prétextant un retard de notre part, alors qu’on était quinze jours avant la manif, que la plupart des tracts n’étaient pas encore imprimés, et qu’on pouvait parfaitement nous rajouter sur la liste des signataires. Nous avions même envoyé une représentante non-voilée, Suzanne, pour une espèce de mission diplomatique, parce que nous savions d’expérience que le voile attisait les passions ; nous avions aussi choisi exprès une représentante qui avait des liens avec le CNDF, qui les côtoyait depuis longtemps, pour faciliter les pourparlers.

Seulement voilà, parmi les moyens de nous écarter, il n’y a pas que le refus frontal : il y a aussi le fait de ne pas nous informer des réunions, de ne pas nous inscrire dans la liste de leurs contacts, de nous ignorer, de faire comme si nous n’étions pas dans le champ du féminisme – alors que nous clamons notre féminisme, et que malgré le désaccord sur le voile, pour les autres sujets, sur pratiquement sur toutes leurs luttes, nous sommes prêtes à joindre nos forces. Le même scénario s’est répété à la Journée des femmes de 2006 : nous ne sommes jamais informées des réunions. Nous sommes vraiment tenues à l’écart.

En 2005, l’exclusion est encore plus explicite. Nous décidons de ne pas nous investir en tant que CFPE dans la préparation de la Marche des femmes, mais de nous joindre au cortège Une école pour tous. Cette fois-ci, nous demandons expressément, et à l’avance, à signer le texte d’appel et à prendre part pleinement à la manif. Mais lors d’une réunion, à la demande de certaines organisations (Lutte ouvrière et le Planning familial), notre droit de participer est mis au vote, et rejeté à la majorité. La tension est au maximum parce que l’UFAL (Union des familles laïques) [3] et Ni putes ni soumises ont déjà annoncé qu’ils quittaient la coordination et montaient une marche concurrente deux jours avant, au motif que la coordination nous avait acceptées dans ses réunions préparatoires !

Cette fois-ci, l’exclusion est explicite, et assumée par la coordination : auparavant c’était nous qui refusions de signer leur texte à cause du désaccord pour le voile, ou bien il y avait le prétexte de notre signature arrivée trop tard ; là, nous sommes présents, dans les temps, nous acceptons le texte d’Appel, malgré son silence sur les ravages de la loi antivoile, et c’est la Coordination qui vote pour nous exclure.

Du coup, cette exclusion suscite plus de protestations que les précédentes, de la part d’individus, notamment certaines « Femmes solidaires », mais aussi de la part de certaines organisations, qui dénoncent officiellement notre mise à l’écart : les Panthères roses, les Verts, la confédération syndicale SUD-G10 Solidaires, la Ligue des droits de l’homme, le MRAP et la FSU… [4] Nous, de notre côté, nous commençons à avoir l’habitude de nous faire jeter, donc nous allons quand même à la manif sans nous démonter, et nous nous trouvons des complices pour ouvrir une « brèche » dans le cortège et nous offrir « l’asile » ! En 2004 c’étaient les JCR [5], en 2005 ce sont les Verts.

Ismahane Chouder :

Juste avant, Maya Surduts (présidente de la Coordination) est venue nous voir en nous accusant d’être responsables de la division du mouvement féministe, et en nous demandant un geste d’apaisement :

« Participez à la manif, d’accord, mais en queue de cortège, après les partis politiques ».

Sympa ! Il s’est aussi dit lors d’une réunion de la Coordination que, puisque nous ne sommes pas acceptées comme signataires et membres à part entière du cortège, le Service d’Ordre de la Coordination n’assurera pas notre protection si nous sommes agressées au cours de la manif ! « Venez, mais à vos risques et périls ! ».

Le jour de la manif, Place Clichy, nous avons pris place entre les Verts et les Panthères roses, avec qui tout s’est très bien passé. Bien entendu, il y avait toujours des gens sur le côté pour venir nous apostropher et nous dire que nous n’avons « rien à faire ici ». Mais c’était quand même moins violent qu’en 2004. D’une part parce que nous n’étions plus dans le climat explosif du vote de la loi, d’autre part parce les plus hostiles boycottaient la manif, et enfin parce que des grandes organisations comme la LDH ou la FSU avaient réagi : du coup, nos ennemis ravalaient un peu leur salive. D’année en année, notre présence se banalise : nous faisons peu à peu partie du paysage, même si l’accueil est encore loin d’être amical !

Et puis nous avons un cortège joyeux, animé, qui fait du bruit, et sans porte-voix ! En 2006, il y avait même le cortège PCF derrière nous, avec Marie-Georges Buffet, et ils ont repris tous nos slogans ! Et ça produit son effet : on voit des visages qui se dérident, des gens qui passent de l’inquiétude à l’amusement… Cela dit, ce qui était moins drôle, en 2006, c’est qu’il n’y avait plus personne : à peine quelques centaines de personnes. Et une femme est venue nous dire :

« Bravo ! Vous avez réussi votre coup ! ».

Comme si c’était de notre faute, et comme si notre objectif était de tuer le mouvement féministe ! Alors que justement, nous, nous étions encore là, et qu’il aurait plutôt fallu poser la question à tous ces gens qui étaient venus en masse en 2004 contre le voile, et qui, deux ans après, contre la discrimination au travail et l’inégalité salariale, n’étaient plus là.

Deuxième partie : La Journée mondiale des femmes du 29 mai 2005 à Marseille

Post-scriptum

Propos recueillis par Pierre Tevanian à Paris le 2 juillet 2006. Ce texte est extrait du recueil Les filles voilées parlent, dont nous avons déjà publié l’Introduction, et que nous recommandons vivement.

Publié dans DE La FABRIQUE DE L'OPINION ET DU CONSENTEMENT, LA TELEVISION selon PIERRE BOURDIEU, LE MALJOURNALISME : Le cas français, QUESTIONS DES MINORITES | Pas de Commentaire »

Grève générale en Guadeloupe : TF1 en panne d’essence, et privée de shopping

Posté par issopha le 19 février 2009

 

Lettre ouverte de journalistes martiniquais à leurs confrères de la presse nationale

Publié le 15 février 2009

Nous publions ci-dessous, sous forme de « tribune », une lettre ouverte d’un collectif de journalistes martiniquais, que nous avons reçue – la date compte… – le mercredi 11 février 2009. (Acrimed)

Lettre ouverte à nos confrères de la presse nationaleChers confrères, chères consœurs,

Nous journalistes martiniquais vivons aujourd’hui une période agitée en ces temps de crise. Vous n’êtes pas sans savoir – ou peut-être si ?- que de nombreux problèmes autres que la crise récurrente du tourisme gangrènent ces départements d’outre-mer que vous qualifiez parfois de lointains : vie très chère (quatre fois supérieur à la métropole), chômage endémique (cinq fois supérieur à la métropole), inégalités sociales criantes, monopole racial détonant…

Et pourtant inexorablement votre couverture de l’actualité reste la même : Pas un mot (hormis quelques offs) après trois semaines de grève générale en Guadeloupe : pas une question au président de la république et finalement une couverture qui arrive très tardivement avec l’envoi du secrétaire d’état à l’outre-mer :Yves Jégo. Et quelle couverture !!!

Une fois de plus vous vous engouffrez dans les clichés : le coup dur porté à l’économie de ces îles déjà concurrencée par les îles voisines ou la main d’œuvre est meilleur marché et l’accueil bien meilleur (dixit Eric Zemmour dans l’émission « l’hebdo » sur France 0 : « on connait la rudesse légendaire de l’accueil aux Antilles ») et ces éternels marronniers sur les annulations des tours opérators.

Nous autres frappés de plein fouet par la réduction de nos personnels, par la précarisation de nos emplois, regardons avec envie les moyens que vous déployez en temps de crise (banlieue, hopitaux, industrie…) pour informer vos téléspectateurs, auditeurs, lecteurs. Le nombre de sujets, de déclinaisons, d’angles différents donnés à vos reportages. Vous êtes soucieux de donner la parole aux uns et aux autres, de faire des portraits, d’investiguer pour une couverture qui se veut la plus objective possible.

Alors, nous sommes surpris que dans la situation très particulière dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, vous manquiez à ce point d’imagination. Peut-être parce que vous n’êtes pas sur le terrain ? Alors voici quelques suggestions d’angles si jamais vous vouliez vous intéresser autrement que par des clichés à nos réalités.

Concernant le tourisme…

Savez-vous que bien avant le déclenchement de la mobilisation, la situation était déjà catastrophique dans le secteur hôtelier de Martinique ? Des sites prestigieux martiniquais sont liquidés, livrés à la spéculation immobilière, des centaines de salariés sont jetés à la rue parce que les spéculateurs choisissent de remplacer les hôtels par des résidences qu’ils vendent à des prix exorbitants que très peu de martiniquais peuvent s’offrir.

Avez-vous déjà essayé de faire le portrait d’une retraitée en Martinique qui touche 800 euros et qui doit acheter un yaourt : 4 euros 99 contre 1 euros 50 en métropole (la même marque) ?

Avez-vous mis une de vos équipes sur ce rapport détonant paru dans Le Monde sur les profits extraordinaires faits par les compagnies pétrolières aux Antilles ?

Sur le nombre de chômeurs : 25% (contre 8% dans l’hexagone), obligés eux aussi d’acheter des produits cinq fois plus chers qu’en France hexagonale avec les mêmes allocations, certains avec bac+5, 6, 7, qui ne trouvent pas de travail en Martinique.

Sur les marges exorbitantes des distributeurs ?

Et il y en a des sujets à décliner !!! Embauche systématique de cadres européens au détriment des cadres locaux, bétonisation des terres, malaise social… Pourquoi pas un portrait de cet homme qui dirige le collectif à la tête de la grève en Guadeloupe, devenu un héros pour toute la population guadeloupéenne ? Qui est-il, d’où vient-il, pourquoi cette adhésion incroyable des Guadeloupéens de toutes classes à cette mobilisation ? Mais peut-être que tous ces sujets ne vous intéressent pas, ne font pas people dans vos JT ?

Alors laissez-nous finir en vous disant que nous autres journalistes martiniquais avons le sentiment que cette crise est bien plus profonde que tout ce que nous avons pu vivre précédemment. Que le documentaire de Canal Plus diffusé la semaine dernière sur les békés de la Martinique, une caste de blancs créoles qui vit en autarcie et qui détient une grande partie de l’économie et des terres en Martinique, a profondément remué et choqué nos compatriotes et nous-mêmes et qu’à l’évidence, il y a des blessures profondes qui se réveillent. Il se passe des choses qui méritent des analyses, des visions et des explications.

Nous essayons de faire notre métier d’information le plus justement possible mais nous n’avons aucune prise sur les médias nationaux. Vous seuls pouvez choisir les angles qui vous intéressent : la communication de Matignon (qui aujourd’hui craint plus que tout la contagion aux autres DOM et aux Français de l’hexagone), les annulations des tours opérators ou alors vous pouvez traiter tout le reste. Si jamais ça vous intéresse !!!

Bien fraternellement

Un collectif de journalistes martiniquais

Grève générale en Guadeloupe : TF1 en panne d’essence, et privée de shopping

Publié le 18 février 2009 par Olivier Poche

Comment vit et que vit la majorité des Guadeloupéens ? Et, plus généralement les habitants des DOM-TOM ? Pourquoi et sur quels objectifs une grève générale a-t-elle été déclenchée en Guadeloupe (et dure-t-elle encore au moment où nous écrivons), avant que le mouvement s’étende à la Martinique, la Guyane ou La Réunion ? Il ne faut guère compter sur les journaux télévisés pour nous l’apprendre, comme le montre le traitement par TF1 des trois premières semaines du mouvement : à déguster patiemment, même si c’est un peu long [1]. Les effets plutôt que les causes, des micros-trottoirs plutôt que des enquêtes : TF1, solidaire, fait la grève de l’information.

I. Première semaine : 1 minute 23 d’information

- Jeudi 22 janvier : Ce n’est que trois jours après le début du mouvement que TF1 propose un premier reportage – qui s’intéresse uniquement aux effets de la grève, sans s’intéresser une seconde aux faits qui auraient pu la déclencher, et sans même mentionner explicitement sa dimension de grève générale [2]. Voici comment les téléspectateurs découvrent la situation sociale en Guadeloupe : « Depuis vendredi, les cuves des pompes à essence sont vides et les stations sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Impossible ou presque de se déplacer dans le département ». Des témoignages viennent aussitôt compléter cette première esquisse : « Les bus font la grève aussi, donc là ils parlent de couper l’eau », « je me suis organisée parce que je savais que c’était la grève ». Et après la question des transports, on en vient logiquement à celle de l’énergie : « La centrale électrique en service minimum fonctionne normalement en dépit d’un piquet de grève ; il n’en est pas de même partout, et les chefs d’entreprise s’inquiètent ».

Les motifs d’une telle situation ? TF1 préfère les ignorer, ou ne pas les faire savoir, et se contente de répertorier les conséquences d’un mouvement de grève apparemment sans causes ni revendications. Ce travail d’enquête effectué, il est temps de donner la parole à l’un de ses adversaires (un chef d’entreprise blanc, vraisemblablement un béké) : « Ce sont des actions que je qualifierai de coup de poing, de personnes qui veulent forcer les autres à suivre ce qu’ils veulent imposer aux Antilles, et qui ne correspondent absolument pas à la volonté de la population ». Un point de vue [3] qu’il serait superflu d’étayer par des chiffres, par exemple celui des mobilisations et des manifestations. D’autres chiffres en revanche retiennent l’attention du journaliste : « 2000 touristes en moins par jour, 3 navires de croisière déroutés hier car l’accueil ne pouvait pas être assuré en Guadeloupe, les commerçants de Pointe-à-Pitre commencent à s’interroger sur le bienfondé de la grève générale  [4]. » Et semble-t-il, il n’y a pas que les commerçants guadeloupéens… Dernière précision, à toutes fins utiles : « Se rendre à l’aéroport nécessite aujourd’hui d’achever le trajet à pied. Manifestants et forces de l’ordre se font face, spectacle surprenant pour ceux qui débarquent en Guadeloupe. » En 1 minute 23, tout est dit : une grève, menée par d’invisibles grévistes, sans raisons ni objectifs, , bloque le pays et inquiète chefs d’entreprise, touristes et commerçants, sans être soutenue par la population. Un « spectacle surprenant »…

II. Deuxième semaine : un peu de bruit pour pas grand-chose

- Le 27 janvier, après cinq jours de relâche, le surprenant spectacle est de nouveau à l’affiche, et pour la première fois au Journal de 20h, dans un reportage lancé en ces termes par Laurence Ferrari : «  La tension monte en Guadeloupe au 9ème jour de grève générale. Les négociations n’ont pas abouti hier et la vie quotidienne devient de plus en plus difficile pour les habitants comme pour les touristes. Parfois même les esprits s’échauffent et la situation devient explosive . Reportage… » Une « vie quotidienne difficile » ? A cause de la grève, bien sûr. Quant aux difficultés de la vie quotidienne qui sont à l’origine du conflit, elles ne seront même pas évoquées. Entre les « habitants » et les « touristes », TF1 a fait son choix…

… Comme le montre le reportage. Car ce qui vaut enfin au conflit social en Guadeloupe les honneurs du 20h le plus regardé de France, c’est une « vidéo amateur » que TF1 s’est procurée [5], une vidéo bien racoleuse qui remplace avantageusement une enquête sur le mouvement social en cours : on y voit une voiture forcer un piquet de grève. Ces images ouvrent le reportage, assorties d’un commentaire qui rappelle les grandes heures du Droit de Savoir du regretté Charles Villeneuve : « Confinés plusieurs jours sans eau, sans électricité, des touristes parfois exaspérés tentent de sortir coûte que coûte de leurs établissements hôteliers, défiant les piquets de grève. Affolé, aveuglé, pare-brise éclaté à coups de bâton, ce conducteur a même failli écraser sa propre famille sous une volée de projectiles divers. »

Les circonstances de cet incident qui a fait du bruit en Guadeloupe ont été controversées. Mais, au fond peu importe : le problème est qu’il est aussitôt généralisé [6] et présenté comme symptomatique d’un mouvement qualifié d’« explosif » – et dont on ne dira pas grand-chose de plus. On peut alors reprendre l’information là où on l’avait (dé)laissée : « Depuis 8 jours, les stations service sont fermées , seuls les véhicules d’urgence sont approvisionnés. Impossible donc de se déplacer pour se rendre au travail, car les transporteurs publics sont en grève également pour soutenir le mouvement contre la vie chère  ». Petite nouveauté, on apprend au passage, en termes très généraux, une des cibles du mouvement (qui va durablement éclipser toutes les autres), et grande nouveauté, on a droit à une apparition à l’écran d’un de ses leaders. Certes il est présenté comme Elie « Damota », au lieu d’Elie Domota, et on lui donne le titre original de « porte-parole des grévistes », alors qu’il est secrétaire général de l’UGTG [7] et porte-parole du collectif LKP [8], mais il faut savoir se contenter de peu – d’autant qu’il n’aura que quelques secondes pour souligner la différence des prix entre Guadeloupe et métropole et confirmer son appel à continuer le mouvement.

Car l’information n’attend pas, et l’on reprend : «  Les difficultés de la vie de tous les jours commencent à peser . Impossible en effet de se ravitailler dans les grandes surfaces ou les centres commerciaux cadenassés . Il faut avoir recours aux petits marchands et au système D. Les négociateurs devraient s’asseoir ce soir à la même table pour étudier les 149 revendications des syndicats et associations à la tête de ce vaste mouvement de protestation. » En une minute, cette fois, on aura appris l’existence d’un « vaste mouvement de protestation » dont on ne saura rien, et de 149 revendications, dont on peut imaginer que quelques unes d’entre elles portent sur « la vie chère ». Un indéniable progrès !

- Le lendemain, mercredi 28 janvier : Laurence Ferrari a cependant le sentiment de n’avoir pas tout dit. Aussi, un deuxième reportage tente-t-il de répondre, selon la description du site de TF1, à la question suivante : « Que se passe-t-il précisément en Guadeloupe » ? Mais, dès le lancement de la présentatrice, on apprend ce qui la tourmente :
« Situation plutôt préoccupante en Guadeloupe qui est entré aujourd’hui dans son deuxième jour de grève générale. Ecoles, magasins, administrations, stations-service, tout est fermé dans ce département des Antilles où l’eau est également coupée dans la journée. Difficile également de travailler pour les journalistes dans une situation qui est de plus en plus tendue  »

Et le reportage suit la voie toute tracée :

« La quasi-totalité des commerces et des grandes surfaces a baissé les rideaux . Seuls les petits marchés de petits producteurs récoltants restent ouverts. » Témoignage d’une passante. «  Quelques stations-service ont été réquisitionnées pour les seuls usagers prioritaires. Les files d’attente y sont interminables, car tous n’ont pas la même conception de la priorité » Témoignage d’un passant. « La grève générale contre la vie chère paralyse l’île depuis neuf jours et la tension monte , au point qu’il y a deux heures » Yves Jégo est intervenu à la radio : interview d’Yves Jégo (à qui sont consacrées 28 secondes, soit 42% du reportage) et conclusion rassurante : « Des réponses qui devraient pour l’essentiel augmenter le pouvoir d’achat des Guadeloupéens, faute de pouvoir faire baisser les prix. »

Besoin d’autres « précisions » ? L’enquête de TF1 est en cours…

- Jeudi 29 janvier, 13h : La journée de mobilisation – également appelée « jeudi noir » – en métropole [9] entretient l’intérêt des journalistes de TF1 pour le mouvement de grève en Guadeloupe. Le 13h de Jean-Pierre Pernaut propose ce jour-là un reportage consternant dont nous avions déjà rendu compte ici. Rappelons que celui-ci s’ouvrait sur une évocation poignante… des touristes métropolitains fuyant l’enfer, et brutalement chassés du paradis : « Ils avaient quitté au matin l’hiver parisien pour des vacances en manches courtes, et ils se réjouissaient de fuir sous les cocotiers guadeloupéens les grèves en métropole. Mauvaise pioche . Car à l’atterrissage à Pointe-à-Pitre, le paradis tropical avait baissé le rideau  »

La déception des fugitifs devait logiquement éclipser toute évocation du contexte ou des motifs de la grève, et seules les 29 dernières secondes du reportage (soit 35%) étaient vaguement consacrées aux Guadeloupéens [10].

- Jeudi 29 janvier, 20h : 16 minutes après le début du journal, Laurence Ferrari évoque à nouveau la Guadeloupe qui « est entrée dans son dixième jour de grève générale ». Et de reprendre le refrain de la veille : «  l’île est paralysée , le spectacle impressionnant, plus d’essence , les routes sont désertes, les magasins fermés , la tension reste vive . ». Avec cette information : « Ce soir le préfet a rompu les négociations avec les organisateurs du mouvement. Reportage… » Un « spectacle » dont TF1 ne se lasse pas, bien qu’il recoure aux mêmes ingrédients – les stations-service désertes, les magasins fermés, la « paralysie » –, et souffre des mêmes absences – le contexte social, économique, politique, et les revendications précises des grévistes. Pour avoir des détails, suivez la note [11].

- Le lendemain, vendredi 30 janvier : Jean-Pierre Pernaut, après son exploit de la veille, n’évoque pas la Guadeloupe. Mais au 20h, on veille au grain. Quatorze minutes après le début d’un journal (qui s’est ouvert sur la victoire des habitants de Gourdon dans le Lot, où le train s’arrête à nouveau), Claire Chazal, après les rappels d’usage, lance un nouveau reportage, « la Guadeloupe toujours paralysée par la grève depuis 10 jours. On constate des pénuries d’essence , les magasins sont fermés pour la plupart. Cet après-midi, plusieurs milliers de personne ont à nouveau manifesté dans les rues de Pointe-à-Pitre pour protester contre la vie trop chère . Pour l’industrie du tourisme c’est en tout cas un nouveau coup dur, la plupart des grands tour-opérateurs ont annulé leur voyage vers l’île ».

Le reportage (qui dure cette fois 1’16), est « en tout cas » entièrement consacré… au secteur touristique. La parole est d’abord donnée au directeur (blanc) « du plus bel hôtel de la Guadeloupe », et l’on compatit avec lui : « L’hôtel se vide donc, au rythme du départ de ses clients. Ceux qui restent peuvent encore profiter du soleil et du confort de l’hôtel à condition toutefois de ne pas en sortir ». Pourquoi ? Sans doute parce que les grèves empêchent aussi de profiter du soleil… Complément d’enquête : on s’intéresse ensuite aux « gîtes ruraux [qui] sont aussi touchés », et au témoignage d’une propriétaire (blanche) de l’un d’eux. Conclusion du journaliste, qui, retrouvant les réflexes de ses confrères métropolitains confrontés aux grèves épidémiques, soupire : « Et pourtant, il y a à peine quinze jours, l’Etat signait avec les compagnies aériennes un accord de baisse des prix vers les Antilles, précisément pour relancer cette destination touristique. Des efforts réduits à néant par cette dernière poussée de fièvre sociale en Guadeloupe . » En clair, les grévistes sont des saboteurs.

- Le samedi 31 janvier : rien à signaler, apparemment, en Guadeloupe. Et le dimanche 1er février : à 13h, TF1 n’a toujours rien à en dire. Mais le Journal de 20h évoque l’arrivée sur place du secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer Yves Jégo. Une arrivée qui ne sera pas annoncée à l’ouverture du journal.. Il est vrai que l’actualité du jour est déjà bien chargée : l’équipe de France de Handball a gagné quelque chose, Michel Desjoyaux aussi, une alerte à la neige et au verglas est lancée dans certains départements, alors que des magasins de déstockage alimentaire, moins cher que le hard discount, font leur apparition en France (depuis deux ans), et que les restes du paquebot France sont vendus aux enchères. Voilà pour le sommaire.

14 minutes et 30 secondes après le début du journal, il est temps pourtant de se pencher sur l’île « paralysée ». L’arrivée d’Yves Jégo a visiblement galvanisé l’équipe, car Claire Chazal, après les incantations rituelles, annonce du nouveau : « Yves Jégo (…) va tenter de mettre un terme à la grève générale contre la vie chère qui paralyse l’île depuis treize jours. Plus d’essence , plus de circulation, l’activité est entièrement bloquée. Alors voyons ce qu’attendent les habitants , avec nos envoyés spéciaux… ». Et pour remplir ce programme alléchant, un reportage d’une longueur inhabituelle (bien que toute relative), 2’05 exactement. Malheureusement on attendra longtemps les « attentes des habitants ». Compte-rendu exhaustif :

Le reportage s’ouvre sur une file de voiture : « Chaos à la pompe à essence », commente le journaliste, dévoilant le véritable sujet du reportage. La seule « attente » qui sera évoquée sera celle… des automobilistes qui font la queue. Quelques images de la police qui contrôle. « A la pompe les pleins sont faits à ras bord, jusqu’à la dernière goutte. L’aubaine ne se représentera peut-être pas de sitôt. La tension monte et la police décide de stopper la distribution ». Interview d’une passante (blanche) : « Et ben mon mari depuis 6h30, il attend. Pour nous dire qu’on n’en a pas. Donc moi je retourne travailler, parce que moi j’ai un peu d’humanité [Le journaliste : « A pied ? »]Ben oui je retourne travailler à pied ». Retour à la file d’attente : « Les vols d’essence se multiplie. On vient de percer le réservoir de cette voiture, son propriétaire se précipite pour récupérer les dernières gouttes ». On quitte la station-service. Mais on ne lâche pas le « sujet » : « Sur le port, cet homme s’est résolu à siphonner son propre bateau ». Ce que « cet homme » confirme au micro – puis l’enquête continue : « D’autres plaisanciers partent acheter de l’essence dans les îles voisines, un approvisionnement parallèle qui alimente un marché noir où les prix s’envolent ». Un témoignage atteste de l’existence de ce marché parallèle, et le journaliste conclut, avec un soupçon d’agacement : « Les gérants de station-service ont pourtant obtenu du préfet qu’il n’y ait pas de nouvelle implantation sur l’île, c’était la principale de leur revendication. Ils pourraient donc rouvrir leur pompe dès demain. Mais pour cela il faudrait trouver du personnel, lequel participe encore à la grève générale. »

Un reportage censé s’intéresser aux « attentes des habitants », donc… et qui n’en dit pas un mot. Un reportage en réalité entièrement consacré à la pénurie d’essence, et qui ne dit pas non plus un mot du prix de l’essence en Guadeloupe, prix surélevé qui a pourtant joué un rôle non négligeable dans le conflit. Claire Chazal peut alors déposer la cerise sur ce gâteau, en enchaînant : « Et en politique Jean-Luc Mélenchon… » Une transition très… métropolitaine.

- Le lundi 2 février, Jean-Pierre Pernaut se souvient de « l’actualité sociale » en Guadeloupe. Mais s’il insiste, comme au 20h, sur la « paralysie » de l’île, JPP trouve un motif d’espoir dans le potentiel folklorique du mouvement. Et, à 13h15, on y retourne avec un sourire : « Toujours dans l’actualité sociale, la Guadeloupe qui reste paralysée par une grève générale depuis une dizaine de jours, toute l’économie est paralysée , on le voyait encore hier soir, mais ça n’empêche pas le carnaval de continuer . A Basse-Terre… »

A Basse-Terre, un reportage d’une minute : « Voilà une tradition antillaise qui ne souffre pas trop de la pénurie d’essence. Elle se pratique en effet en pied et en rythme. Les parades dominicales avaient pourtant pris un tour revendicatif hier après treize jours de grève générale. Et pendant que la jeunesse se déhanchait [images], les mères de famille évoquent les raisons du conflit. » Mais nous n’en sauront guère plus que ce que nous savons déjà : des yaourts hors de prix, et une vie très chère (« les Antilles ont doublé en prix »). La fin du reportage est consacré à Yves Jégo arrivé la veille, à sa conférence de presse, sa volonté « d’écouter tout le monde », et le journaliste conclut avec beaucoup d’indépendance d’esprit : « Le Secrétaire d’Etat ne partira que lorsque tous les problèmes seront réglés, dit-il. Il souhaite ainsi rompre avec les usages, qui voulaient que les ministres de la République viennent ici dans les Antilles avec une enveloppe, et repartent avec l’avion du lendemain. » Des usages d’une autre époque, dont on peut maintenant parler sans détours.

- Puis, pendant quatre jours, du 3 au 6 février, c’est le calme plat – plus aucun reportage dans les JT de métropole en tout cas. Le 4 février, on reparle bien d’une pénurie d’essence, mais c’est une fausse alerte : elle a lieu en Corse, à cause d’une grève dont on ne saura rien non plus. Il faut dire que l’exemple vient d’en haut : le 5 février Nicolas Sarkozy, qui intervient à la télévision n’aura pas un mot pour la Guadeloupe, ni pour la Martinique où vient de se déclencher un mouvement similaire. Et les quelques porte-micros prétendument triés sur le volet qui l’entourent respectueusement ne poseront aucune question à ce sujet. Le 6 février, Claire Chazal, avant un sujet sur la Martinique [12] fait tout de même un point sur la situation pétrolière en Guadeloupe (« 18ème jour de grève générale en Guadeloupe. La population proteste contre la vie chère , les distributions de carburants n’ont pas pu reprendre. L’accès à l’unique dépôt pétrolier a été bloqué . Le Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves Jégo doit débattre des modalités d’une éventuelle baisse du prix de l’essence »).

Mais le mouvement continue, s’étend, le ministre fait un aller-retour remarqué, et il faut bien en parler. De nouveaux reportages sont proposés, suggérant, très timidement, que la couverture médiatique d’un tel conflit pourrait ne pas se contenter de dresser la liste des stations-service ou des centres commerciaux fermés.

III. Troisième semaine : un « certain malaise »

- Le 7 février, rien au 13h, mais au 20h, nouveau reportage, que le site de TF1 intitule : « Poursuite des négociations ». Le lancement de Claire Chazal correspond davantage à son contenu véritable : « Les négociations se poursuivent en vue de trouver une issue à la grève générale qui affecte l’archipel depuis le 20 janvier . L’unique dépôt pétrolier est toujours bloqué et l’ensemble des stations service n’est plus réapprovisionné . Des coupures de courant ont même été signalées ».

Le téléspectateur apprendra pourtant l’existence d’un « collectif syndical contre la pwofitasyon, l’exploitation en créole », certes surtout au travers des « actions » qu’il mène « chaque jour, comme le blocage de la SARA, unique société pétrolière de Guadeloupe, cible privilégié des grévistes », mais il pourra même entendre son porte-parole évoquer le problème de l’essence sous un angle nouveau (« La Sara ne nous a toujours pas dit où elle achète l’essence qui est distribuée dans les réservoirs en Guadeloupe, personne ne sait à quel coût, ni à quel prix. Par contre aujourd’hui on sait qu’il y a un trafic d’essence qui est organisé par les compagnies pétrolières dans la Caraïbe pour nous faire payer l’essence au prix fort »). Après tant d’efforts, on comprend qu’il faille revenir en terrain connu : « Les stations service ne sont donc plus approvisionnées. Une façon pour le collectif de montrer qu’il garde la main et détient seul les clés du conflit. Les hypermarchés restent fermés , et des coupures d’électricité tournantes ont été constatées dans l’île aujourd’hui ». La fin du reportage évoque des « négociations sur les salaires [qui] se poursuivent » l’arbitrage attendu d’Yves Jégo, la proposition patronale de 200 euros annuels, et la revendication syndicale de 200 euros mensuels.

- Le 8 février, toujours rien au 13h. Mais le 20h nous réserve une information de première importance, dont tout le monde se doutait à vrai dire, mais que viennent de comprendre les « envoyés spéciaux » de TF1 : cette crise serait «  révélatrice d’un certain malaise  » [13]. Peut-être vaut-il mieux en sourire…

Et sans rien perdre de son aplomb, Claire Chazal, seulement 8 minutes 30 après le début de son journal, de lancer doctement le sujet : « En Guadeloupe la situation reste confuse, le patronat et les syndicats recherchent toujours un accord final sur une hausse des salaires et aussi sur le problème du prix de l’essence, trop élevé. Une crise qui illustre le malaise de la société guadeloupéenne où la précarité est grande, notamment parmi les jeunes . C’est ce qu’ont constaté nos envoyés spéciaux… »

Un reportage exceptionnellement « long », qui dure 2’25. Un indéniable progrès – et cette fois soit dit (presque) sans ironie. Mais on partait de si loin en dessous de zéro que le contraire aurait été difficile à concevoir. Et il reste de toute façon ce constat brut et sans appel : il aura fallu presque trois semaines de grève générale pour que TF1 daigne enlever ses lunettes de soleil et se rende compte d’un « malaise » dans la « société guadeloupéenne ».

En revanche, qu’on ne compte pas sur TF1 pour proposer la moindre analyse de ce « malaise » ; il faut s’y résigner, TF1 continuera à faire du TF1. L’ouverture du reportage est éloquente. Croyant pourfendre des clichés, le commentaire nous informe d’abord sur l’épaisseur des préjugés de ses « envoyés spéciaux » : « On les imagine sur la plage [images], au soleil, en grandes vacances perpétuelles. Avoir vingt ans aux Antilles, le rêve ! Voici, au revers de la carte postale, la vie des intéressés. » Suivent alors des témoignages de jeunes Guadeloupéens d’un quartier HLM au nord de Pointe-à-Pitre. Mais aucune donnée chiffrée, aucune mise en perspective ne viendront donner du sens à ces bribes d’expériences individuelles, ou permettre de les situer dans la réalité guadeloupéenne. Mais au moins, la précarité des jeunes est évoquée, ce qui est mieux que rien. Et le reportage aborde aussi la question raciale, en donnant la parole au LKP puis au patronat local. Avec une conclusion du journaliste : « L’exil, en métropole ou ailleurs, seule solution pour les mieux formés ». Et un petit cliché pour finir : « Aux autres, à la cité Lacroix, ne reste que le rêve d’un hypothétique succès musical », sur des images qui montrent les jeunes entrevus tout à l’heure en train de pousser la chansonnette. Quelques aperçus, donc, prisonniers d’une présentation anecdotique.

- Lundi 9 février, 13h : Le départ surprise du Secrétaire d’Etat, en pleine négociation, va provoquer un regain d’attention pour le conflit. Même JPP s’en mêle, et propose un reportage d’une minute sur… « le départ d’Yves Jégo » [14]. Colère des Guadeloupéens, assurances de Jégo, et quelques informations complémentaires : « Les routes restent bloquées , et des manifestants ont méthodiquement envahi des magasins. »

- 9 février, 20h : Pour la première fois depuis le début du mouvement, la crise antillaise fait la Une [15]. Il aura suffi pour cela du départ controversé d’un sous-ministre (« la crise en Guadeloupe et en Martinique : le brusque retour d’Yves Jégo provoque un malaise  »). Le « malaise » de la « société guadeloupéenne », péniblement identifié au bout de trois semaines d’un conflit historique, n’aura lui jamais eu les honneurs de la Une de Laurence Ferrari. Le reportage (1’30) ressemble à celui du 13h, avec des manifestants pas contents, de la communication gouvernementale (« toutes les demandes du collectif à l’origine du mouvement sont déjà satisfaites à l’exception des hausses salariales ») et une couverture médiatique qui « s’étend », à l’identique, sur la Martinique : « le mouvement s’est étendu à la Martinique sur cette zone d’activité commerciale, les manifestants bloquent les accès , et les grévistes exigent des patrons de magasins et supermarchés la fermeture de leur enseignes »

- 10 février, 13h : JPP est encore sur le pont. Il retransmet des extraits de la déclaration de François Fillon sur les mesures décidées pour les Antilles, puis lance un reportage sur les manifestations de la veille : « mobilisés comme au premier jour, 10000 personnes à Pointe-à-Pitre, 1500 au moins à Basse-Terre ». « Comme au premier jour »… Difficile à vérifier, pour le téléspectateur de TF1, car c’est la première fois que la chaîne donne des chiffres sur la mobilisation, et même l’une des première fois qu’elle évoque l’existence de « manifestations ». Du côté revendications, en revanche, on fait plus ou moins du sur-place : « Au cœur des revendications et de la lutte des Guadeloupéens contre la vie chère , toujours le prix des carburants, que le président du Conseil Général a qualifié de véritable scandale ». Quant à la Martinique, elle subit à peu de chose près le même traitement médiatique infligé à la Guadeloupe [16].

- 10 février, 20h : Les déclarations de Fillon et le retour prévu de Jégo sous escorte de deux médiateurs maintiennent l’intérêt de Ferrari pour le mouvement. Pour la deuxième fois, il est annoncé en Une ; c’est même le deuxième titre : « L’annonce du durcissement de la grève générale en Guadeloupe après le refus de François Fillon de subventionner les bas salaires. Yves Jégo doit retourner sur l’île accompagné de deux médiateurs », annonce la présentatrice, quand une incrustation indique, pour appâter le chaland, « Les Antilles sous tension  ». Près de onze minutes après le début du journal, un reportage est lancé. Dans l’ensemble rien de bien nouveau, à part l’envoyé spécial de TF1. Sans rien savoir des raisons qui ont conduit à ce remplacement, on notera un certain infléchissement du ton employé et du point de vue adopté [17], comme en témoigne cette interview :
- Elie Domota : – « Des milliers de Guadeloupéens souffrent depuis des années en silence, et qui aujourd’hui se sont rassemblés pour dire non à l’exploitation, non à la soumission. »
- Le nouvel arrivant : – «  Ils souffrent de quoi ?  »
- Elie Domota : « De tout, de la discrimination raciale, des bas salaires, de l’exploitation, de vivre dans la misère, de vivre dans l’ignorance… »

Il aura donc fallu attendre trois semaines pour que TF1 daigne poser et se poser ce genre de questions… sans pour autant se donner les moyens d’y répondre, au moins dans ses JT : presque aucune donnée chiffrée, aucune perspective globale, pas un mot sur le contexte historique, social, économique, pas une statistique sur le chômage, sur la précarité, la « vie chère », ou les inégalités – et pas davantage de tentative d’explication de ces phénomènes. Aucun temps de parole accordé à un gréviste, à part les quelques mots de leurs porte-parole, aucun autre point de vue sur le mouvement que celui de ses prétendues « victimes », ou celui de journalistes privés de plage. Des non-informations martelées jour après jour, et des informations essentielles passées sous silence ou mentionnées au détour d’une phrase. Une bouillie indigente et pourtant indigeste – et pour tout dire insupportable quand on met en regard de la gravité de la situation sociale, l’importance démesurée accordée à d’autres sujets, qu’on s’abstiendra de mentionner.

La fenêtre entr’ouverte sur les racines d’un mouvement exceptionnel, par son ampleur et sa nature, va-t-elle se refermer avec le « durcissement » annoncé du conflit ? Elément de réponse qui n’incite pas à l’optimisme : depuis le 10 février, on compte déjà quatre reportages consacrés à l’industrie du tourisme « mise à mal », et même « première victime de la crise » [18]

Olivier Poche, le 15 février 2009.

PS : Après les affrontements de la nuit du 16 au 17 février, à 20 h (heure de Paris), Harry Roselmack a respiré un « parfum d’insurrection ».

Notes

[1] NB : nous nous sommes intéressés ici aux reportages, sans tenir compte des brèves

[2] Seul le site de TF1 la mentionne, dans le titre qu’il donne au reportage : « Pouvoir d’achat : une grève générale paralyse la Guadeloupe ». Le lancement de Jean-Pierre Pernaut signale que « toute l’activité économique ou presque est paralysée depuis une semaine [sic], une grève contre la vie chère organisée par une cinquantaine de syndicats et d’associations. Magasins, écoles, entreprises ou stations-service sont fermés . »

[3] qui ne sera démenti que dans le 20h du 29 janvier, par « l’envoyé spécial » de TF1

[4] On notera au passage que le seul témoignage que notre journaliste a déniché pour illustrer cette assertion semble la contredire : « C’est surtout les menaces sur les bateaux en fin de compte, qui est un gros inconvénient, pas la grève en question mais surtout la menace sur les bateaux ».

[5] Selon un commentaire posté sur le site de dailymotion ; voici dans quelles conditions : « Au regret de vous annoncer que cette vidéo n’est pas truquée, car c’est moi qui l’ai filmée ! la scène se passe le 23/01/2009 au pierre & vacances de ste anne a l’heure de midi, […] j’ai contacté canal10 aucunes réponses, j’ai aussi contacté RFO qui m’a fait comprendre que ce n’était pas l’endroit idéal pour diffuser ce reportage ! Gérard Beaufils de TF1 à lui accepté le document, suite a cette vidéo le rédacteur en chef de TF1 a décidé d’envoyer un journaliste en Guadeloupe pour suivre la grève, sinon je pense que vous auriez pu attendre encore ! » (sic)

[6] « Des touristes parfois exaspérés tentent de sortir… » : c’est sans ambiguïté un présent de vérité générale, et non un présent de narration s’appliquant à la scène montrée à l’écran.

[7] Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens, une des principales centrales syndicales de Guadeloupe.

[8] Collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon, ou « Union contre l’exploitation », qui est à l’origine de la grève générale.

[9] et peut-être l’interpellation, la veille, de certains députés qui ont critiqué le silence d’Yves Jégo – mais pas le silence des médias.

[10] Dans des phrases témoignant de peu d’enthousiasme pour la grève : « la Guadeloupe vit au ralenti depuis maintenant plus d’une semaine de grève générale. Les guadeloupéens en sont réduits à suivre à la radio les interminables négociations qui opposent les syndicats locaux aux pouvoirs publics, sans grand espoir (un taxi : «  ça ne servira à rien du tout  ») Et effectivement , les discussions sont ce matin au point mort , tout comme la plupart des voitures de l’île. Les stations service ne servent plus depuis maintenant presque dix jours, et le nombre de ceux qui roulent encore diminue d’heure en heure. » Cf également le titre éloquent du reportage : «  la Guadeloupe, de l’île paradisiaque à l’île fantôme . »

[11] Le reportage s’ouvre sur des images de manifestants «  »La Guadeloupe est à nous » chantent ces manifestants sans craindre de sembler épouser les vues indépendantistes », commente lapidairement le journaliste, et « enchaîne » : « Sans oublier non plus le principal motif de colère dans l’île : la cherté de la vie » Ici, des témoignages sur le coût des œufs, des yaourts, de l’eau. Le journaliste reprend : « un collectif rassemblant presque tous les syndicats locaux est à l’origine de cette grève très dure, et ses porte-parole n’hésitent pas à désigner ceux qu’ils considèrent comme responsable : en un mot créole, la « pwofitasyon » », conclut-il en s’essayant au passage à l’accent créole. Apparaît alors Alex Lollia, secrétaire général CTU, qui a le droit à quelques mots : « Et bien c’est… le patron. Le patron qui licencie comme il veut, qui obtient des subventions [une coupe, manifestement]. C’est aussi l’Etat colonial, qui veut imposer par tous les moyens son pouvoir, et nous avons senti hier que nos élus étaient méprisés ». Des licenciements ? Des subventions ? Des élus méprisés hier ? Trop compliqué, changeons plutôt de sujet : « Après plusieurs jours très agités à Pointe-à-Pitre [images de palettes et de voiture brûlées] la situation était paradoxalement plutôt calme aujourd’hui. Dans une ville fantôme [bis], les habitants anticipaient la poursuite de la grève, et semblaient surtout soucieux de s’approvisionner en produits frais auprès des rares commerçants ouverts. » Après ce bilan de la « situation », Marc de Chevigny peut conclure en soufflant le chaud et le froid : « Les Guadeloupéens soutiennent largement les revendications [mais lesquelles ??] de ce mouvement social qui dure ici depuis dix jours. Certains craignent néanmoins que le débat ne se replace très vite sur la question identitaire, voire raciale. » Une « question identitaire, voire raciale », qu’il vaut mieux évoquer « très vite », et dont le téléspectateur, donc, ne saura rien. Il a cependant appris le « large soutien » des Guadeloupéens au mouvement. Mieux vaut tard que jamais. Mais à la différence des autres « informations » (stations-services, commerces fermés…), celle-ci ne sera presque jamais répétée.

[12] Un sujet d’une minute dans lequel le secrétaire général du syndicat de la grande distribution parle pendant 20 secondes, soit 33% du temps.

[13] Titre du reportage sur le site de TF1

[14] Selon le lancement de Pernaut, qui n’est pas homme à voir le mal partout, ce départ s’explique d’ailleurs très naturellement : « Une grève qui prend de l’ampleur aux Antilles : grève générale contre la vie chère en Guadeloupe depuis trois semaines, depuis 5 jours en Martinique, et le mouvement gagne maintenant la Guyane. Le secrétaire d’Etat à l’outre-mer qui était en Guadeloupe a regagné Paris cette nuit pour en parler d’urgence avec le premier ministre.  »

[15] Sans qu’on lui accorde une importance démesurée toutefois : elle ne sera abordée que 13 minutes après le début du journal

[16] « En Martinique aussi les manifestants étaient nombreux [...] 25000 personnes selon les organisateurs. Tee-shirt rouges et drapeau en tête de cortège , alors que les piquets de grève avaient pris position sur des sites stratégiques, comme l’unique raffinerie de l’île . Aujourd’hui Les négociations se poursuivent à Fort-de-France en préfecture, alors que les grandes surfaces et les stations-service demeurent bloquées jusqu’à nouvel ordre. »

[17] Sans que la perspective générale soit foncièrement différente, comme l’illustre la conclusion du reportage : « En attendant le retour d’Yves Jégo […] les manifestations et les piquets de grève continuent sur l’île. Actuellement, un quart de la population est mobilisée [information nouvelle], les rideaux des commerces sont baissés, les stations-services sont fermées, en fait la vie tourne au ralenti pour une période indéterminée [informations anciennes…] »

[18] Selon les titres de deux reportages sur le site de TF1, respectivement au 13h du 13/02 et au 13h du 11/02. Deux reportages portent en outre sur l’économie guadeloupéenne « victime de la grève ».

Qu’est-ce que la « mal info » ?

Un essai de 140 pages, tout à fait dans le format « léger » de notre époque qui n’a le temps de rien, enquête sur le système que forment les médias avec leur public. Car il s’agit bien d’un système, qui fonctionne de façon dialectique : tu me changes, je te change – et pousse la barbichette !

denis-muzet-la-mal-info.1234521497.jpgHier, l’information visait à informer – aujourd’hui, l’information est à consommer.

Hier, le lecteur adulte et citoyen cherchait à comprendre, à se faire une idée – aujourd’hui, l’infantile zappeur absorbe en boulimique et passe d’un fait à l’autre sans jamais s’arrêter.

Hier on prenait confiance dans le savoir et la compréhension – aujourd’hui, l’excès rend méfiant et mal-informé.  

Hier on pensait – aujourd’hui on se shoote.

Telle est l’analyse d’une équipe de sociologue dont Denis Muzet rend compte. Il n’y a plus de lectorat ou de téléspectateur : il n’y a plus que des médiacons (somme à toute heure) – des ‘médiaconsommateurs’. Je me demande s’il n’y aurait pas un lien entre la propension à l’obésité et cette propension à la consinformation. De la malformation à la malinformation, ce n’est après tout que la traduction directe du corps tordu dans l’esprit. Tous deux sont des comportements infantiles, de la névrose boulimique ; tous deux sont des excès dû au tout-consommation.

Comme dans le comportement de malbouffe, il s’agit de grignoter à tout moment. Là un chocolat marketé télé, ici une info formatée télé. Il faut que les deux soient brefs, faciles d’accès, et fassent plaisir. Rien ne doit arrêter le compulsif, à consommer tout de suite. Cela ne peut être que du superficiel – tout ce qui est compliqué, recette gastronomique ou analyse journalistique est trop indigeste ! Fast-food – fast news : l’anglais globish est merveilleux pour réduire les concepts à deux syllabes. Le bol médiatique ainsi traité comme un bol alimentaire s’ingurgite mieux dans les gosiers lassés.royal-mains-jointes.1234521507.jpg

Dès lors, l’info en continu est comme la bouffe en continu : une manie compulsive. Elle vise à se rassurer comme le loupiot qui tète son pouce, l’ado son Coca ou la pétasse sa clope. CNN comme Mars ou Smarties « calme une peur permanente » – celle de ne pas « en être », de ne pas ingurgiter comme les autres au même moment que les autres. Cela pour « appartenir », se sentir de la bande, bien au chaud dans l’infantilisme collectif où chacun se conforte dans ses préjugés et se réconforte du collectif.

Le monde est un « chaos global » et seul la raison humaine lui donne sens. A consommer plutôt qu’à penser, à avaler sans goût ni appétit, à absorber sans réfléchir, on ne comprend plus rien. Pas de quoi être « rassuré » par l’information ! Les médias institutionnels apparaissent peu crédibles – surtout en France où la démagogie des ventes a tiré vers le court, le partisan et le moral à prétention universal-socialiste. Les sociologues cités dans l’essai confirment que la défiance envers ces médias institutionnels est générale, profonde et durable. Chacun préfère son « bricolage » composé de rumeurs de blogs, de sites internet connus, d’encyclopédies ouvertes et de ce-qu’en-disent-les-autres. Rien de fiable pour qui réfléchit un peu…

Être coproducteur de l’information est pourtant un idéal utile. Surtout pour qui se veut adulte et citoyen, parent responsable et humaniste. Pour cela, il faut reprendre de la distance, ne pas écouter en boucle les mêmes scies en continu style CNN ou France-Info (qui finit par dire n’importe quoi à force de répéter le même texte toutes les 7 mn – testez !). Il faut se donner le temps de réfléchir tout seul, de rechercher sur le net des éléments dans des sites fiables, les recouper… En bref un travail – que la flemme ambiante n’encourage pas, de l’Éloge de la paresse d’une ex-fonctionnaire des Postes au je-m’en-foutisme affiché des employés de l’Emploi, de la démagogie nationale d’une Éducation qui nivelle les notations au bac au corporatisme affiché des enfeignants qui refusent d’enseigner parce qu’ils cherchent encore quoi chercher (« une très rare minorité » mais « d’environ 10% » quand même, dit-on « selon des sources proches de l’université »).

Combattre l’obésité qui guette par de l’exercice, de la diététique et un peu de musculation – c’est valable pour la nourriture comme pour l’information. Notre époque hypermoderne a bel et bien réduit le journalisme au marketing et l’info à la conso, sans que l’on s’en soit guère aperçu… C’est tout le mérite de cet essai que de le mettre en lumière.

Denis Muzet, La mal info, enquête sur des consommateurs de media, L’Aube Poche essai, 140 pages, 7.4€

L’internet, talon d’achille du gouvernment des pensées

 L’une des plus belles chansons de la chanteuse et poète brésilienne Adriana Calcanhoto contient ces mots : eu vejo tudo enquadrado / remoto controle ([je vois tout encadré / télécommande]. C’est comme ça que certains gouvernements aiment leurs citoyens : à vision encadrable (mais sans la conscience poétique qu’elle l’est). Ils ont à travers le temps développé un ensemble de moyens et de savoirs-faire auxquels beaucoup ne sont pas outillés pour résister. Le cœur de ces moyens est la capacité à concentrer l’attention pendant des périodes brèves mais intenses et répétées sur des événements, des images ou des mots chargés d’émotion de façon à frapper la pensée de stupeur, tout en laissant l’adhésion ou le rejet diriger les comportements et les opinions.

L’espace public moderne qui se construit sur internet est un antidote précieux dans cette situation. Après divers discours présidentiels récents, il était extraordinaire d’y observer la déconstruction des mensonges, arguments fallacieux, présentations tronquées et facilités émotionnelles. Internet n’est pas toujours le lieu d’origine de ces déconstructions, mais il est le lieu où elles s’amplifient, se perfectionnent et s’échangent. Ceux qui visent à gouverner la pensée par la stupeur l’ont compris, et ils ont engagé une guerre à plusieurs fronts contre le nouvel espace public. Le premier de ces fronts est la pollution, et le second le contrôle et la police.

La pollution consiste à installer dans internet une discrimination en faveur des flux des médias qui propagent la fascination et la stupeur. C’est une stratégie malaisée car internet a été conçu précisément pour être agnostique et équitable par rapport à ce qu’il transporte. Il faudra donc multiplier des stratégies techniques et légales pour parvenir à y installer la discrimination qui règne naturellement au pays de la télévision. Techniquement, on essayera de détruire la neutralité de l’internet en autorisant les opérateurs de télécommunication et les fournisseurs d’accès à des pratiques discriminant entre les types de sources, de contenus ou de protocoles. Fiscalement, on favorisera les sites bientôt labellisés des médias qui ne laissent parler la critique que lorsqu’elle est convenablement encadrée. Judiciairement on créera pour les internautes un régime de responsabilité de diffamation ou autre plus défavorable que celui qui s’applique aux sites de médias “officiels”.

Le contrôle et la police s’institueront par des canaux dérivés : en invoquant la protection des enfants, la lutte contre le terrorisme et last but not least, la défense de la “propriété intellectuelle”.

Chez nos amis italiens, qui ont un gouvernement également mal-intentionné à l’égard de l’espace public démocratique mais nettement moins astucieux, on fait tout ça d’un coup, dans de grandes lois sécuritaires. Chez nous on multiplie les petites touches, chacune liberticide et contraire aux droits, mais pas assez massivement pour mettre dans la rue. Le risque est sans doute plus grand chez nous. Il faudra que ceux qui défendent les libertés ou l’autonomie de la pensée dans d’autres champs, du traitement des étrangers qui est l’étalon des droits à l’indépendance universitaire et de recherche comprennent que leur capacité à gagner sur ses fronts dépend d’une ressource critique, l’espace public informationnel. Il faudra aussi que ceux qui font vivre cet espace public reconnaissent les valeurs communes qu’ils partagent avec d’autres acteurs.

Un journal de France Inter : la hiérarchie de l’information ? Disparue ou molestée…

Publié le 19 février 2009 par Grégory Salle

La guigne a débuté tôt ce vendredi 13 (février 2009) : dès 7h30 exactement, l’heure du journal d’Agnès Bonfillon sur France Inter. Celui-ci n’eut qu’un avantage : accélérer subitement le réveil de l’auditeur ensommeillé. Il assiste en effet médusé à une hiérarchie de l’information sens dessus dessous, noyant pendant douze minutes tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l’information économique, sociale et politique sous une avalanche de faits divers crapuleux ou sordides, dont la surexploitation complaisante est à peu près inversement proportionnelle au volume d’informations proposé.

Les titres annoncés par la présentatrice donnent déjà le ton [1]. Dans l’ordre et sans coupure :

« Peut-être le dénouement dramatique dans l’affaire Ophélie, cette étudiante française disparue il y a deux mois à Budapest. Un corps a été retrouvé sur les berges du Danube hier, une autopsie est en train d’être pratiquée. Vingt ans de prison ferme pour l’agresseur de Shérazade, brûlée à 60% il y a trois ans. Il a été rendu coupable de tentative d’assassinat. « Matinale en direct de la Guadeloupe sur France Inter, vous le disiez Nicolas [Demorand] : Pointe-à-Pitre où les négociations ont été rompues hier soir avec les médiateurs. Quatre semaines de grève générale, qui s’étendent désormais à la Martinique et à la Réunion. Il n’y aurait aucun survivant : un petit avion de ligne s’est écrasé ce matin au nord de l’État de New York sur une maison de banlieue. Nous parlerons également dans ce journal d’un chantage fait aux cafetiers de Carpentras : un corbeau les menace de représailles s’ils servent des habitants d’origine maghrébine ».

Nul ne doute qu’il y ait là des drames affligeants ; reste que cet ordre du jour est déjà en soi fort discutable, d’autant que la seule information politique (sur cinq) est traitée dans l’ensemble de l’émission, cette édition spéciale du « Sept dix » ayant lieu à Pointe-à-Pitre. Ce ne sont pourtant pas les sujets intéressant la collectivité qui manquent, surtout lorsque l’on vit une crise historique du capitalisme dont les effets sociaux désastreux font plus que commencer à se faire sentir. Comme on va le voir, le développement de ces « accroches » n’arrange rien à l’affaire, bien au contraire.

1. L’affaire Ophélie (2’40)

Une retranscription quasi intégrale est ici nécessaire pour faire sentir l’insistance outrancière d’un traitement qui n’en finit plus. Agnès Bonfillon débute en jouant la corde sensible : « Depuis deux mois sa famille vit une attente insoutenable : ces dernières heures sont sûrement pires. Un corps a été retrouvé sur les rives du Danube hier. Il pourrait bien s’agir d’Ophélie, cette étudiante française disparue en décembre dernier ». Elle lance alors un reportage qui passe la parole à une consœur qui a manifestement été spécialement dépêchée pour l’occasion à Budapest :

« C’est jeudi soir à 18h heure de Paris que la police hongroise a été alertée. Des bateliers ont aperçu un corps de femme sur les bords du Danube, le long de l’île de Csepel, qui se trouve à environ 6 km au sud de Budapest. Selon la police, ce cadavre pourrait être celui d’Ophélie Bretnacher, l’étudiante française de 22 ans, disparue dans la nuit du 4 décembre dernier dans la capitale hongroise. Ophélie avait passé la soirée dans une discothèque du centre de Budapest avec des amis, et était repartie seule à pied. Selon les premiers éléments recueillis, il semblerait que les vêtements du corps retrouvé correspondent à ceux qu’Ophélie portait le soir de sa disparition. Mais la police ne peut rien confirmer pour l’instant. La seule chose visible, a déclaré le commandant de police Gabor Toth, c’est que le corps a séjourné dans l’eau pendant plus de deux mois. La police hongroise a demandé une autopsie à des médecins légistes, et des tests ADN vont être effectués pour déterminer si le corps retrouvé est bien celui d’Ophélie. »

Allant au-delà de ce qui est requis pour comprendre la situation, la journaliste ne nous épargne donc aucun élément circonstanciel, même le plus trivial au regard du drame. On verra par la suite que des informations d’une toute autre ampleur n’auront pas droit à une telle profusion de détails. La présentation n’évite pas non plus les redondances – cela ne fait pourtant que commencer – ce qui est d’autant plus problématique que le tout est largement gorgé de conditionnel.

Or, le dossier n’est pas clos. Pour bien se faire entendre des auditeurs sans oreilles ou sans cœur, Agnès Bonfillon reprend la parole pour rajouter une couche… d’émotion bien plus que d’information : « Attente insoutenable pour la famille d’Ophélie mais également pour ses amis, ses proches, et les étudiants de son école de Reims qui depuis deux mois se sont mobilisés pour retrouver la jeune fille. Tous attendent les résultats de l’autopsie avec une grande inquiétude ». La journaliste passe la parole à un autre journaliste, qui embraye : « À Budapest comme en France, pas de réactions définitives, mais beaucoup d’émotion. On reste dans le non-dit ; Guillaume connaît bien Ophélie, il est lui aussi étudiant Érasmus en Hongrie, il s’est beaucoup mobilisé. Il a distribué des photos de la jeune fille, affiché des portraits ; hier soir il restait très prudent  ». Prudente, la rédaction de France Inter l’est beaucoup moins : son filet d’information déjà incertain s’amenuise à vue d’œil.

C’est donc autour de l’amie de la victime putative (on l’a entendu, la chose n’est pas sûre ce matin-là [2]) de parler : « Ce que j’ai compris, c’est qu’il fallait bien faire une autopsie pour voir qui était la fille, c’est tout ce que je sais. Une jeune fille, donc, qui doit correspondre à la description à mon avis d’Ophélie, donc après j’en sais pas plus pour le moment [suit un extrait difficilement audible dans lequel on comprend que le jeune homme attend pour se prononcer] ». Aucune information supplémentaire donc.

Le journaliste reprend (« En France aussi on attend l’autopsie. Le comité de soutien d’Ophélie a multiplié les démarches : rassemblements à Paris, marches silencieuses, chaînes humaines, réseaux sur Internet ») avant de laisser s’exprimer le Président du comité de soutien d’Ophélie. Ce dernier livre en une phrase l’essence du reportage, celle d’un quasi vide : « Un petit peu comme tout le monde, on est un peu sous le choc de cette annonce, il y a pas plus d’informations pour l’instant que ça , mais on est clairement sous le choc. Le premier sentiment qu’on a, c’est que tout ça est bizarre, tout ça malheureusement est bizarre. Si d’aventure c’était elle, c’est clair que aujourd’hui notre première pensée va pour la famille, qui est dans l’attente depuis deux mois et demi et qui va encore l’être en attendant le résultat de l’autopsie. On continue quoi qu’il arrive d’espérer… ».

Alors que l’on tourne en rond depuis le début du reportage sur le même manque d’éléments concrets et confirmés, ce qui est étrange pour une affaire placée en « une », le journaliste répète à nouveau des choses qui ont déjà été dites : « Les faits sont troublants : la jeune fille retrouvée porte le même type de vêtements qu’Ophélie, son corps est resté plus de deux mois dans l’eau ; selon la police, il y a de grandes chances que ce soit l’étudiante rémoise  ». Agnès Bonfillon termine : « La police hongroise, qui a prévu de donner une conférence de presse dans la matinée ». On est alors saisi d’une idée incongrue : et si les journalistes avaient attendu cette conférence de presse avant de faire durer 2’40 sur un contenu si fragile ?

2. L’affaire Shérazade (12’’).

Le journal enchaîne sur la condamnation à vingt ans de prison ferme de l’agresseur de Shérazade. Le fait divers, même s’il a été largement médiatisé, n’est nullement anecdotique : l’homme avait arrosé d’essence puis brûlé la jeune femme, son ancienne petite amie parce qu’elle refusait de l’épouser. Mais on en saura pas plus : aucune information, si ce n’est le fait que les jurés ont suivi les réquisitions du procureur. Shérazade a donc droit, elle, à un peu plus de dix secondes, en deuxième position tout de même de l’information nationale.

3. Une « information France Inter » : gang et tortures (1’40)

Vient le tour d’une « information France Inter » – on sait qu’il faut parfois se méfier de se genre d’exclusivité [3]. À nouveau un fait divers… et à nouveau beaucoup de conditionnel : « Cinq personnes ont été arrêtées mardi dernier dans le 19e arrondissement de Paris : toutes sont soupçonnées d’appartenir à un gang qui aurait agressé neuf personnes depuis septembre dernier, à chaque fois dans ce quartier sensible de la capitale. Parmi les victimes, certaines ont été torturées… ». Viennent les précisions d’un journaliste, qui évoque surtout le pistage de la police judiciaire à partir de la plainte de deux victimes, avant de laisser la parole à l’une d’entre elles en précisant au préalable : « agressé alors qu’il sortait d’un cinéma du 19e arrondissement, il est traîné dans une cave d’un immeuble voisin. Objectif des agresseurs : voler sa carte bleue et obtenir par tous les moyens ses codes bancaires ».

C’est au tour du récit de la victime. En tendant l’oreille, on entend les coupures du montage : ce n’est donc pas tout à fait une parole brute qui s’exprime. Une nouvelle fois, on a droit aux détails éprouvants du passage à tabac [4] Récit légitime d’une victime ? Sans doute. Mais exposition complaisante, flattant une curiosité malsaine, tout autant.

On réentend le journaliste (« Bilan : colonne vertébrale abîmée, fracture du plancher orbital et quelques gros hématomes. De son côté le gang s’enfuit avec trois cents euros… »), puis on passe à l’avocat de la victime. Il évoque ce que l’auditeur avait déjà compris tout seul : une « série d’agressions en bande avec des violences qui sont absolument inouïes au regard du butin », révélant un « mépris manifeste pour l’intégrité physique et la vie d’autrui ». Le journaliste termine sur la garde à vue et la mise en examen probable des suspects. Pour l’instant, beaucoup de victimes et de policiers ; en revanche, aucune information économique, politique ou sociale.

4. Un nouveau fait divers… (22’’)

Après bientôt cinq minutes de faits divers criminels, peut-être allons nous passer à une information nationale d’ « intérêt général » ? Peine perdue. Le sillon est si bien tracé qu’Agnès Bonfillon continue sur sa lancée : « Nous vous parlions hier de la disparition d’une grand-mère et de son petit-fils de trois ans (…). Hier les deux corps ont été retrouvés dans la voiture de la septuagénaire (…). Aucune piste n’est écartée par les enquêteurs, y compris celui du suicide, sachant qu’il y a dix-neuf ans le fils de la famille s’était tué de la même façon, au même endroit, et que les gendarmes n’ont relevé aucune trace de freins ».

5. La grève générale en Guadeloupe et Martinique (2’40)

Après un petit jingle, sans doute pour se remettre de ses émotions après un tel déluge de cadavres, enfin une information : la grève générale en Guadeloupe. Bien évidemment, celle-ci « paralyse totalement l’île ». L’enlisement des négociations est évoqué, puis la vie chère « au cœur du problème », avant qu’un reportage précise, « pour comprendre l’équation », les spécificités d’une économie antillaise « sous perfusion ». Après le reportage, assez détaillé et qui a le mérite de traiter économiquement du problème en signalant notamment que « les richesses tiennent en peu de mains » (blanches), Agnès Bonfillon reprend : « Quatrième semaine de grève générale en Guadeloupe donc, de paralysie [5] ; idem en Martinique depuis une semaine (…) Autrement dit le mouvement commence à faire tâche d’huile… ». L’enjeu est donc de taille : va-t-on par conséquent avoir droit à la parole d’un protagoniste ?

Oui… et non. C’était trop beau : voilà qu’on nous fait pleurer sur le sort des professionnels du tourisme en métropole, « très inquiets ». À qui offre-t-on le droit de s’exprimer publiquement ? Pas à un gréviste, bien évidemment, mais au Président du syndicat national des agences de voyage. Qui entonne une complainte prévisible : « On ne connaît que des annulations et des reports. Autrement dit, c’est plus de 10000 ou de 15000 personnes qui sont retenues par… cette non possibilité de donner des services de qualité. Économiquement, c’est aussi dramatique parce que c’est une chute du chiffre d’affaires qu’on peut chiffrer entre 10 et 15 millions d’euros. Il faudra des mois pour rattraper cette image de marque. Pour le touriste potentiel, nos amis antillais sont en train de scier la branche du tourisme sur laquelle ils auraient pu reposer une part de leur avenir ». Sans commentaires. L’émission entière étant consacrée à cette question, espérons qu’il y ait eu quelques effets de compensation…

6. Au fait, un détail (52’’) : récession économique, licenciements et patrons voyous

C’est à une sixième position peu honorable qu’on retrouve ce qui pouvait légitimement prétendre au rang d’information majeure, méritant éclaircissements et approfondissement (le PIB français recule !) : la récession économique en France. « Christine Lagarde prononce désormais ce mot, jusqu’ici tabou », nous explique-t-on, pour mentionner ensuite la « baisse des prévisions » de la ministre, euphémisme poli pour désigner (et dénier) des effets d’annonce notoirement manipulateurs.

Si la question sociale n’est certes pas complètement évacuée, son cadrage est soigneusement contrôlé : « De nombreux secteurs sont touchés de plein fouet par la crise, et puis, comme ArcelorMittal, il y a des investisseurs étrangers qui malgré des bénéfices préfèrent retirer leurs billes. C’est le cas de l’américain Atmel : vingt millions d’euros de profits et le géant américain de composants électroniques veut se débarrasser de son site à Rousset dans les Bouches du Rhône. 1400 salariés sont concernés. Le groupe avait pourtant touché des subventions pour venir s’installer dans la commune et [fut] même exonéré de taxe professionnelle pendant dix ans, on en reparle dans le journal de 8h. Au chapitre plans sociaux, selon Le Parisien, Air France envisage la suppression d’au moins 1000 postes ». Certes, on ne s’attendait pas à un exposé percutant et encore moins subversif des dommages sociaux créés par l’accumulation du capital. Mais tout cela est un peu juste pour qui ne peut attendre « le journal de 8h », sans compter la banalisation de ces expressions dévoyées devenues faussement « naturelles » (« plans sociaux ») qui appellent un chat un chien. On ne parle ici ni de délinquance (économique), ni d’insécurité (salariale), termes dont on connaît par ailleurs la fortune médiatique. Et la chose ne mérite, semble-t-il, que 52 secondes. De plus, là encore, les licenciés n’ont pas voix au chapitre. Cette lacune est particulièrement flagrante quand on la rapproche de la pluralité des prises de parole au cours du premier sujet de la matinée.

7. Mais revenons à l’essentiel… les faits divers : « Un corbeau à Carpentras » (1’30)

Pour qui espérait un crescendo qualitatif dans le traitement de l’information, la déception est rude. C’est en effet un nouveau fait divers, assurément peu glorieux, qui prolonge cette tranche d’information déjà édifiante. Il s’agit cette fois d’un « corbeau raciste » à Carpentras. « Depuis plusieurs jours, des patrons de bar reçoivent des lettres de menaces, d’intimidation : on leur demande (…) de ne plus servir les clients d’origine maghrébine ». Reportage : «  »Pour l’identité française » : c’est le titre de cette missive rédigée dans un français châtié, entrecoupé d’injures racistes… ». La journaliste donne la parole à une patronne de bistrot qui a reçu une telle lettre : « Ben y avait beaucoup de propos malveillants, des menaces, que si on servait les magh… la société maghrébine, on devrait s’attendre à des représailles ». Puis – journalisme d’investigation oblige – on tend le micro au patron du café d’en face, légitimement choqué par les propos racistes qu’il a aussi reçu. Puis vient le tour d’Hakim, « un habitué », « accoudé au comptoir », lui aussi « indigné ».

On piste enfin « l’émotion » jusqu’à la mairie, dont le premier adjoint est « issu de l’immigration ». Il a lui aussi reçu des lettres anonymes. Mais son indignation, ou en tout cas ce qu’en ont conservé les journalistes, s’exprime en termes très peu politiques et très marchands : « C’est détestable que des gens n’aient pas évolué, c’est détestable dans le sens où la population issue de l’immigration, c’est une clientèle comme une autre et qu’elle consomme ». Discours marchand… redoublé d’un discours un tantinet policier, à propos des « mesures à prendre » : « On est attentifs. On va prendre des mesures spécifiques pour surveiller chaque bar, mais on surveille l’ensemble des commerces de la ville ». Surveiller les commerces pour combattre le racisme, voilà qui est novateur et promet d’être efficace. En complément, les lettres ont été envoyées à la police scientifique pour analyse. Tout ceci ayant déjà duré 1’30, on se demande bien combien durera le reportage le jour où les résultats seront connus.

8. Un crash aérien sur une maison de banlieue (15’’)

L’auditeur qui serait déjà en manque de chair fraîche peut se rassasier de l’information suivante : un crash aérien sur une maison de banlieue aux Etats-Unis. On ne sait pas combien de passagers comptait l’appareil, mais on sait qu’il n’y a aucun survivant. Cela fait donc beaucoup de morts, mais étrangers : ils comptent moins, la queue de peloton du journal suffira. Leur place est du reste plus enviable que celle concédée à la politique étrangère.

9. La politique étrangère ? Bien sûr ! Seize secondes.

Vraiment, trois fois rien : Abdelaziz Bouteflika est candidat à sa propre succession. Hélas, il n’y a « aucun suspense », sa réélection est « évidente ». Pourquoi donc perdre du temps en faisant davantage qu’expédier en une phrase le fait que l’opposition boycotte le scrutin ? Sans doute ne faut-il pas chercher querelle à un régime ami. Rien sur la situation politique en Algérie, donc. Il est bien plus important de traiter d’un sujet d’urgence, qui permet de boucler la boucle…

10. Déjà en manque de sang ? C’est l’heure de… « Crim’ expo »

… « Les séries télévisées sur la police scientifique font un tabac ! » exulte Agnès Bonfillon sans dissimuler son plaisir. Cette déclaration de la plus haute importance permet d’enchaîner sur l’exposition « Crim’expo » à la Cité des sciences. Incontestablement, depuis dix minutes de journal, le thème criminel avait été dramatiquement négligé. La journaliste est ravie : « Jusqu’en janvier 2010, vous pouvez, quel que soit votre âge, endosser le rôle d’un policier chargé de résoudre un meurtre…  ». Le reportage, placé sous le signe ludique de Sherlock Holmes et rythmé par des voix d’enfants, permet de faire passer la pilule policière.

Le journal se termine sur la musique de Psychose, pour accompagner une plaisanterie d’Agnès Bonfillon  : « Et dire qu’on est vendredi 13 ! Tremblez, tremblez, tremblez… ». Hélas, l’auditeur, croyant avoir composé le numéro de la police plutôt qu’écouté les informations sur une grande chaîne de radio publique, est trop hébété pour avoir envie de rire.

Grégory Salle

Notes

[1] Précisons que celle-ci n’est mentionnée ici que parce qu’elle incarne des routines dont elle est loin d’être la seule responsable.

[2] Depuis, les analyses ADN ont confirmé que le corps retrouvé est bien celui de la jeune femme française.

[3] Voir notamment « Tripatouillages sur « l’ultra gauche », en direct de France Inter », suivi des « excuses ».

[4] « Pour bien être sûr que je donnais les bons codes, ben ils m’ont torturé pendant ces deux longues heures, donc à trois sur moi, s’acharner, coups de crosse de revolver sur le crâne… Puis ils m’ont brûlé des cigarettes, enfin une cigarette sur la peau, ils m’ont tordu le doigt, ils ont failli le casser d’ailleurs, j’ai pas encore récupéré toute la mobilité de mon doigt. Ils m’ont aussi foutu quasiment à poil à quatre pattes… avec une tentative de viol. Ils ont simulé mon exécution à l’arme à feu en me pointant le canon du revolver sur la tête sur la nuque. Donc du coup au bout d’un moment, voilà on reçoit des centaines de coups, mais en fait on les sent plus vraiment quoi ; on est un peu un sac à patates au sol et puis on attend que ça se passe quoi.  »

[5] On pourrait discuter des connotations péjoratives de ce motif de la « paralysie », qui suggère l’inactivité ou l’inertie là où il se déroule au contraire, d’une certaine manière, une intense activité.

        

 

La journée du 29 janvier (3) : Et, bien sûr, Jean-Pierre Pernaut…

Publié le 10 février 2009 par Henri Maler

Pour tout savoir sur une « journée noire » finalement « plutôt gris clair », il suffisait de regarder les JT de 13 h. de TF1 et de suivre leur guide…

Mercredi 28 janvier, JT de 13 heures sur TF1
Tempête sous un crâne

Après la minute rituelle consacrée à la météo, Jean-Pierre Pernaut hiérarchise l’information : «  Dans un instant bien sûr les suites de la tempête dans le Sud-ouest avec tous nos envoyés spéciaux et une situation toujours aussi difficile ce matin pour des centaines de milliers de gens. Mais d’abord [sic – la suite, en détachant bien les mots] la question que se posent tous [re-sic] les parents d’élèves aujourd’hui : le service minimum d’accueil sera-t-il assuré comme le veut la loi demain matin dans les écoles. Journée noire avec la grève dans l’éducation et dans tous les services publics. C’est pas facile à organiser en tout cas ».

En deux reportages – que le site de TF1 intitule ainsi : « Un service minimum d’accueil pas facile à organiser » et « Grève : Comment se rendre à son travail jeudi ? » – Bref, tout ce que vous vouliez savoir sur la « journée noire ».

«  Mais d’abord la question que se posent tous les parents d’élèves aujourd’hui : le service minimum d’accueil sera-t-il assuré […] » Suit alors un reportage réalisé à Saint Sébastien sur Loire.

Que se passe-t-il à Saint Sébastien sur Loire ? Si vous voulez le savoir, suivez la note [1]et vous bénéficierez d’informations de portée nationale et peut-être même internationale.

Et JPP enchaîne : « Voilà en tout cas, pour demain. Renseignez-vous bien établissement par établissement, car la situation sera très différente d’un endroit à l’autre, car les employés municipaux seront peut-être en grève aussi. Tous les syndicats appellent à cette journée d’action, SNCF, Education bien sûr, mais SNCF, RATP, réseau d’autobus, Aéroports, Journée noire [bis – voir plus haut] aussi pour les transports en commun. Ca a commencé d’ailleurs ce matin à Nancy, journée de grève dans les transports en commun pour réclamer des augmentations de salaire […] pas plus de 20 à 30 % des bus étaient en circulation. Demain ce sera donc pire dans toute la France, pour l’ensemble des transports en commun, et il va falloir s’organiser pour aller travailler . » Quant aux grévistes…

Suit alors un second reportage (d’1 mn 45 environ) qui s’ouvre sur des témoignages de non-grévistes : « J’ai un employeur extrêmement compréhensif, qui m’a dit de bosser chez moi , j’ai de la chance » – « Ben moi, sincèrement, je pense que je vais prendre une journée de RTT » – - « Demain, je vais venir, je viens en voiture le matin, et j’essaierai de repartir le soir en train. »« J’y serai pas, j’ai pris des congés donc voilà ». Reportage suivi d’un long commentaire sur les difficultés attendues dans les transports. Il débute ainsi : « Ils ont pris leurs précautions et ils ont raison, la journée s’annonce noire dans les transports. » Commentaire enrichi, à grand renfort de tableaux chiffrés, de précisions sur toutes les « perturbations » attendues.

Jean-Pierre Pernaut : – « Et ce matin au conseil des ministres Nicolas Sarkozy a évoqué cette journée de demain. Le gouvernement, a-t-il dit, est attentif et à l’écoute des problèmes des Français, mais il est déterminé à poursuivre toutes les réformes engagées. Venons-en, je vous le disais tout à l’heure, aux suites de la tempête […]  »

Et c’est tout : PAS UN MOT sur les motifs et les objectifs de la journée de grève et de manifestations. [2]

« Venons-en, je vous le disais tout à l’heure, aux suites de la tempête […]  » La tempête dans le Sud-Ouest, pas la tempête qui secoue le cerveau de Jean-Pierre Pernaut à chaque mobilisation d’ampleur (Voir « Annexe »)…


Jeudi 29 janvier, JT de 13 heures sur TF1
Un « Jeudi pas si noir »

Après la météo – « comme d’habitude et ça reste très important » – JPP enchaîne : « L’emploi, le pouvoir d’achat, la défense du service public, une journée nationale de mobilisation de tous les syndicats, c’est rare. Dans un instant on fera le point sur les grèves et les manifestations. Une journée très particulière en tout cas dans tous les départements touchés par la tempête. A Eauze dans le Gers… »  :

JPP présente ainsi un reportage que le site de TF1 intitule « Dans le sud-ouest la solidarité l’emporte sur la grève » (durée : 1 minute 30). La place accordée à ce reportage – en début de journal et avant de « faire le point sur les grèves et les manifestations » n’a rien d’anodin : la solidarité malgré la grève vaut mieux que la solidarité dans la grève. Le reportage lui-même est un véritable conte moral. Pour en profiter suivre la note [3]

- Jean Pierre Pernaut : – « On reparlera bien évidemment dans quelques minutes de la situation dans le Sud-ouest. Mais sur cette grève ailleurs en France autre son de cloche, mais en tout cas pas de chaos dans les transports en commun, pas d’énormes bouchons dans les villes. En revanche [sic], des manifestations, plus de 200 sont prévues aujourd’hui pour réclamer de nouvelles mesures face à la crise… »

Suit alors un reportage que le site de TF1 intitule « Grève : paroles de manifestants »
En régions, les manifestants se sont donnés rendez-vous dès jeudi matin. Une grande mobilisation dans les villes comme Marseille : « crise économique, remise en cause de l’âge de la retraite, suppression de postes, tous partagent les mêmes inquiétudes et veulent faire entendre leurs revendications  ». Mais sur TF1 on n’en entendra pratiquement aucune…

Tournée en images, habituelle un jour de grèves et de manifestation, mais qui ne dissimule pas l’ampleur de celles-ci : « A Lyon la mobilisation est plus forte que prévue, inattendue au point qu’organisateurs et forces de l’ordre ont été débordés, le cortège est parti avec beaucoup de retard et personne ne se risque à une estimation – A Clermont-Ferrand, il faut remonter à 2003 pour voir une telle manifestationAutre fait marquant de ces défilés, la forte mobilisation des salariés du privé. »

« Paroles de manifestants », ainsi que l’annonce le site de TF1 ? Les voici en version intégrale :

- Un mégaphone : « Carla, une chanson, une chanson »
- Des manifestants chantent en rond : « Nicolas, si tu savais, ta réforme… »
- Un manifestant : « Aujourd’hui, il est plus que temps de se bouger, de se mobiliser, sinon, quand est-ce qu’on va les arrêter ? »
- Un autre : « Quand on mégote quelques centimes pour les salariés, et qu’on donne sans contrôle, sans contrôle aucun, quelques milliards de fonds publics aux banques, c’est de l’indécence »
- Des manifestants défilant en criant : « Sarko, ça se voit, on est dans la rue ! »
- Un manifestant : « Pour le mois de février je travaillerai 4 jours, et pour le mois de mars je travaillerai 6 jours. J’ai une perte de salaires de plus de 500 euros mensuels (le journaliste : « Depuis combien de temps ? »).
Ca fait 3 ans que je chôme »

Avec ce reportage de 2 minutes, tout est dit sur les grèves et les manifestations, leurs motifs et leurs objectifs. Tous les reportages qui suivent sont consacrés aux effets de la grève sur les « usagers ».

- Jean Pierre Pernaut : « Oui et des manifestations très suivies (…) dans les villes de l’Ouest (…) Quant à la manifestation parisienne elle devrait être la plus importante. (…) On y attend beaucoup de monde, des fonctionnaires, des enseignants, mais aussi des salariés du privé que les syndicats appellent à défiler. Je vous l’ai dit , pas de chaos dans les transports, mais d’autres services publics sont très touchés par le mouvement . Quels en sont les effets dans une petite ville, par exemple Orchies dans le Nord ? »Ici commence une série de quatre reportages, finement présentés par JPP, et consacrés aux effets de la grève dans les écoles dans et à l’organisation de la garde des enfants (3 reportages qui prennent ensemble 3 minutes 30), ainsi qu’aux effets de la grève dans les transports (1 reportage d’1 minute 45). Où l’on apprend qu’une quarantaine d’enfants ont été accueillis à Saint-Léonard-de-Noblat grâce au service-minimum-d’accueil-désormais-obligatoire, que « c’est vraiment galère » pour un couple de parents brestois, qu’une usagère du RER B ne sera pas payée et qu’une autre va rater son concours à cause des grèves. Pour ceux qui voudraient davantage de précisions, rendez-vous en annexe.

Après le quatrième reportage, et malgré l’absence de « scènes de panique » dans les aéroports, JPP n’est pas totalement soulagé : « Voilà puis je vous rappelle ce chiffre : 25% de gréviste à La Poste je vous l’ai dit, et 23% à EDF selon les directions [des chiffres pas « archaïques » ceux-là : voir plus loin]. Aucun chiffre pour l’instant de l’impact des appels à la grève dans les entreprises privées. Et puis il y a une autre grève qui continue, elle aujourd’hui, grève générale en Guadeloupe. »

JPP vient de lancer ainsi un reportage que le site de TF1 intitule, à l’usage des touristes métropolitains, « La Guadeloupe, de l’île paradisiaque à l’île fantôme ». Il commence par un commentaire qui va directement à l’essentiel : « Ils avaient quitté au matin l’hiver parisien pour des vacances en manches courtes, et ils se réjouissaient de fuir sous les cocotiers guadeloupéens les grèves en métropole. Mauvaise pioche . Car à l’atterrissage à Pointe-à-Pitre, le paradis tropical avait baissé le rideau (…) Ceux-ci arrivent, et ont encore le cœur à rire, quoiqu’un peu jaune. Ceux-là repartent »

Une fois encore, PAS UN MOT sur la situation économique ou politique de l’île, les causes ou les revendications de cette grève pourtant « générale ». Et pour cause, le reportage est presque entièrement consacré aux touristes (de métropole). Les quatre phrases de fin [4] se souviennent, certes, de l’existence de « Guadeloupéens », mais sans donner plus d’informations…

Et JPP peut enfin passer aux effets de la tempête dans le sud-ouest.


Vendredi 30 janvier, JT de 13 heures sur TF1
Ouf ! C’est fini.

Après la météo (40 secondes), une grave question d’actualité, agrémentée d’un reportage, ouvre le journal : la « disparition des billets de 100 F Delacroix ce soir » (2 minutes). Puis les conséquences de la tempêtes dans le Sud-Ouest bénéficient de plusieurs reportages qui totalisent près de huit minutes, suivis d’un autre sur les inondations d’avant Noël sur la côte d’Azur. (1 mn 52) [5]

Le journal est commencé depuis 12 minutes 30 quand il est temps d’évoquer : « les manifestations et la grève de la veille ». Une évocation de trente-sept secondes.

Jean-Pierre Pernaut : – « Un million de manifestants pour le ministère de l’intérieur, 2 millions et demi pour les syndicats : les années passent et ce vieil archaïsme des querelles de chiffres continue. En tout cas, une forte mobilisation contre la crise, et quelques incidents après la manifestation parisienne du côté de la place de l’opéra [La suite illustrée par des images], entre un petit groupe de casseurs et les forces de l’ordre, feu de poubelles, victimes brisées, et une douzaine d’interpellations. Des incidents aussi en fin de manifestation à Saint Nazaire, il y a eu 8 blessés. Hier soir après cette journée de grève Nicolas Sarkozy évoquait l’inquiétude légitime des Français sur l’emploi notamment. Le chef de l’Etat a confirmé qu’il rencontrerait les syndicats dans quelques jours en février. »

Nous le savions déjà : JPP n’aime pas les querelles de chiffres. Le mardi 28 mars 2006, journée de grèves et de manifestations contre le CPE, on avait déjà perçu un certain agacement : « Deux fois plus de manifestants en général que la semaine précédentes qu’il s’agisse des chiffres donnés par les préfectures ou de ceux des syndicats : des chiffres que je ne vous donnerai pas car ils sont très différents donc n’ont pas d’intérêt . [6] Na-na-nère…

Le commentaire de 2009 reprend et complète celui de 2006. Ces « querelles » seront donc décrétées « archaïques ». En quoi ? On se le demande encore, surtout quand c’est le spécialiste des traditions qui se perdent qui s’indigne. Mais un jour sans doute, les journalistes de TF1 disposeront des moyens de faire eux-mêmes leurs propres comptes On se contentera donc, pour l’instant, de cette évaluation : « forte mobilisations ». Mais encore ?

Et surtout, « forte mobilisations » sur quels objectifs  ? « Contre la crise ». Et pourquoi pas « contre le mauvais temps » ? L’expression choisie dépolitise soigneusement les enjeux du conflit, alors que les manifestants ont clairement exprimé par leurs pancartes, leurs slogans, leurs discours (non-entendus sur TF1), le rejet d’une politique. Pour le saisir, il aurait suffi de diffuser les bonnes images, et non celles des affrontements de fin de manifestation.

37 secondes dédiées à la journée de grèves et de manifestations de la veille. 37 mots sur la mobilisation, 51 mots sur les incidents : ce petit décompte est une contribution à « ce vieil archaïsme des querelles de chiffres ». Il est vrai que Nicolas Sarkozy n’a eu droit qu’à 31 mots.

Et, c’est tout.

***Dans son court traité de psychiatrie – Média paranoïa –, Laurent Joffrin (« l’un de nos plus grands professionnels », ainsi que le proclame la quatrième de couverture), félicite TF1 : « La chaîne emploie des journalistes nombreux et compétents. Ils rechignent à jouer les supplétifs du pouvoir ». Et il poursuit : « Quant aux présentateurs, Patrick Poivre d’Arvor, Claire Chazal, Harry Roselmack ou Laurence Ferrari, contrairement à une idée reçue, ils ne font pas profession de veulerie politique ». Avoir oublié Jean-Pierre Pernaut dans cet éloge est parfaitement désobligeant, voire insultant.

Henri Maler

- Grâce aux transcriptions d’Eric et Olivier.

P.S. En honneur de Jean-Pierre Pernaut, voir aussi _ – « 10 juin 2003, 13 heures : le Journal de TF1 pris en otage pas les usagers », 16 juin 2003. – La tambouille de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 (20 et 21 mars 2006), 30 avril 2006. – Vous reprendrez bien un peu de Pernaut ? (JT des 27 et 28 mars 2006), 19 avril 2006.



Annexe
- 29 janvier 2009 : Un « jeudi noir » plutôt « gris clair »

Pour, un reportage consacré aux grèves et aux manifestations (2 minutes, voir plus haut), quatre reportages dédiés aux usagers « face à la grève » (5 minutes 15).

- Et c’est parti pour un premier reportage intitulé « Les petites communes face à la grève ».

Commentaire : « A Orchies, petite commune de 7000 habitants, la journée commence dans le froid, il fait moins deux degrés, et sur le quai de la gare. Coup d’œil sur les écrans : pour Lille, il y a un TER sur deux… » Témoignage : « J’en ai marre, parce que c’est constamment, parce que je le prends depuis 20 ans le train, et c’est constamment… » Commentaire : « 7h 21, le train arrive, mais les voyageurs ne savent pas comment ils vont rentrer ce soir. Côté école, certaines sont complètement fermées, d’autres sont ouvertes, mais à moitié ! (…) D’autres ont choisi la formule « grand-parent » pour garder les enfants. (…) En centre-ville, le trésor public compte 50% de gréviste, mais à La Poste, tout fonctionne. » Une passante « Oui, La poste… ça va, comme d’habitude quoi, toujours du monde, mais comme d’habitude quoi ». Conclusion : « Comme partout en France, une journée pas comme les autres à Orchies, mais pas de jeudi noir non plus »

- Jean Pierre Pernaut : « La Poste où selon la direction y’avait 25% de grévistes dans toute la France ce matin. (…) Et dans toutes les écoles en tout cas on se demandait si le service minimum d’accueil désormais obligatoire serait organisé, pourrait être organisé. Dans une commune de Haute-Vienne, Saint-Léonard-de-Noblat… »

- Et c’est parti pour un deuxième reportage que le site de TF1 intitule : « Quel service minimum dans les écoles ? » qui nous apprend que… certaines écoles sont fermées et d’autres ne le sont pas, avec ces précisions inoubliables : « Une école maternelle quasi déserte… [une classe reste ouverte] Pratiquement aucun élève non plus à l’école primaire …[3 élèves présents] Journée très calme également du côté du collège et du lycée [37 élèves sur 600 sont présents] »

- Jean Pierre Pernaut : « Et puis à noter qu’à Rodez dans l’Aveyron le maire de la ville était confronté au même casse-tête pour organiser un service d’accueil. Symboliquement, il avait réquisitionné le préfet, l’inspecteur d’académie, les élus locaux, pour garder les enfants, ça n’a pas vraiment marché et d’ailleurs y’avait très peu d’enfants. Dans beaucoup d’écoles en tout cas, surtout les écoles maternelles, des directrices elles-mêmes se sont organisées pour que les parents ne soient pas dans l’embarras , à Brest, par exemple… »  :

- Et c’est parti pour un troisième reportage que le site de TF1 intitule : « Grève : une directrice de maternelle improvise… ». On y apprend ce qui s’est passé dans une petite école maternelle : « Trois classes sur cinq touchées par la grève, difficile pour les parents de ces élèves de maternelle de s’y retrouver ce matin. A 9h00, plusieurs familles n’avaient toujours pas trouvé de solution de garde pour leurs enfants » – Témoignage : «  On n’a plus de jour d’enfant malade, on n’a plus rien (…) pour nous c’est vraiment galère quoi  ». Commentaire : « Alors la directrice improvise (…) Anne Noyer [Directrice] aurait bien rejoint ses collègues grévistes, pour protester contre les réformes, mais pas question pour elle de laisser les parents dans l’embarras . » La directrice parle : « On a choisi après une épidémie de grippe et de gastroentérite de ne pas en rajouter, quand les parents ne pouvaient pas faire autrement et d’accueillir leurs enfants et de dépanner ceux qui étaient vraiment dans la galère. » Emouvant…

- Jean Pierre Pernaut : – « Donc, on s’organise. Du côté des transports je vous l’ai dit, on s’attendait à une journée noire, elle est plutôt gris clair , certes il y a des perturbations […]  ». Et JPP d’égrener les pourcentages d’autobus, de TGV, de trains Corail, de trains régionaux en circulation, ainsi que le pourcentage de grévistes (selon la direction, mais cela n’est pas précisé). Exhaustif, JPP qui poursuit : « Même chose dans la région parisienne, 80% des métros, des bus et des tramways roulent normalement. Seule la ligne B du RER est bloquée. Le point… » :

- Et c’est parti pour un quatrième reportage que le site de TF1 intitule « Grève : un jeudi pas si noir sur l’Ile-de-France » : « Mauvaise surprise ce matin dans cette gare de banlieue parisienne, sur le RER B le trafic est presque paralysé » – Témoignages : «  On va encore perdre une journée, et on sera pas payé, pis voilà, c’est génial  », « de toute façon, je passe un concours, donc c’est raté pour cette année. J’ai pas de train, je peux pas aller au concours, et je ne pourrais pas passer la suite des épreuves  » « je me suis levé, il était 5h30, faut espérer qu’on va pouvoir rentrer, surtout, c’est ça » – Suit un résumé de la situation dans les TGV, les trains régionaux, le métro. Et pour finir : « Dans les aéroports, pas non plus de scènes de panique (…) et aux abords des grandes agglomérations pas de bouchons interminables ». Soulagement…

Notes

[1] « Ici demain et les parents d’élèves le savent grâce à cet affichage, aux journaux et aux mots distribués depuis quelques jours dans les cahiers, le service minimum d’accueil sera bien mis en place, pour les enfants n’ayant pas d’autre solution. Mais toutes les écoles maternelles et primaires de Saint Sébastien ne seront pas ouvertes, loin de là. Un regroupement a été organisé par la mairie dans quatre des dix écoles. » Pourquoi ? Parce qu’elle ne dispose pas de personnels municipal suffisant pour ouvrir un accueil dans toutes les écoles. Le reportage nous mène alors au « Service enfance ». Commentaire : « Les appels des parents concernent aussi les repas, ils seront chauds en maternelle, mais pour les plus grands prévoir un pique-nique. » Seulement, voilà : « En mairie, on avoue qu’appliquer cette loi de service minimum d’accueil est un exercice très compliqué ». Pourquoi ? Parce que la mairie ne sait pas combien d’enfants lui seront confiés. Commentaire final  : « Puisqu’il est obligatoire, le service minimum d’accueil va donc exister à Saint Sébastien avec du personnel municipal, non gréviste et habituellement habilité à s’occuper d’enfants. Lors de la dernière grande grève dans l’éducation, il avait été utile ici pour 20 pour cent des enfants scolarisés dans les écoles primaires publiques. »

[2] A comparer avec le JT du lundi 27 mars 2006, veille de la journée de grèves et de manifestations contre le CPE. Un JT également entièrement dédié à la prévision d’un « mardi noir : « Vous reprendrez bien un peu de Pernaut ? ».

[3] « Dans le sud ouest la solidarité l’emporte sur la grève » – « Cette école ouvre ses portes pour la première fois depuis la tempête, un soulagement pour les parents (…) Dans cette commune de 4000 habitants, il n’y a donc aucune grève, les professeurs des écoles sont présents, ils peuvent accueillir jusqu’à 170 enfants. “Je suis gréviste par rapport à la politique appliquée à l’Ecole publique, mais bon vu la situation d’Eauze, vu la situation catastrophique de certains parents, on est là pour aider les parents, les soulager, que les enfants puissent venir” A quelques km de là même constat il faut encore réparer, 25 km de lignes et 1500 transformateurs, dans le Gers, 13000 foyers n’ont toujours pas d’électricité. “On va faire le maximum pour envoyer le courant le plus rapidement possible. Il n’y aura pas du tout d’heures de grève aujourd’hui.” A la Poste les facteurs continuent aussi leur tournée, depuis samedi ils rendent visite aux personnes isolées. “ Le coin est très endommagé, on est tous très inquiet par rapport à ça. Après, la grève, on comprend hein, mais on a notre tête, notre estomac même, est vraiment localisé. Voilà.” “On était solidaire mais on est obligé de passer chez les gens, ils nous attendent un peu comme le messie, c’est triste à dire.” Au milieu de la matinée un rassemblement a tout de même eu lieu sur la place du marché, mais dans le Gers, la priorité aujourd’hui reste d’aider les personnes encore isolées. »

[4] « la Guadeloupe vit au ralenti depuis maintenant plus d’une semaine de grève générale. Les Guadeloupéens en sont réduits à suivre à la radio les interminables négociations qui opposent les syndicats locaux aux pouvoirs publics, sans grand espoir (un taxi : « ça ne servira à rien du tout »). Et effectivement, les discussions sont ce matin au point mort, tout comme la plupart des voitures de l’île. Les stations service ne servent plus depuis maintenant presque dix jours, et le nombre de ceux qui roulent encore diminue d’heure en heure. »

[5] Voici la liste de ces reportages selon les titres donnés par le site de TF1 : « Derniers jours pour échanger les billets de 100 francs » – « A Sabres, les habitants constatent encore les dégâts » – « Les artisans sont débordés en Aquitaine » – « Des élevages de volailles ont été décimés par la tempête » – « Les peupleraies de Haute-Garonne ont été ravagées » – « Le Lavandou pleure encore plus d’un mois après les inondations ».

[6] « Vous reprendrez bien un peu de Pernaut ? ».

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, LE MALJOURNALISME : Le cas français | Pas de Commentaire »

Deux journalistes refusent la Légion d’honneur

Posté par issopha le 6 janvier 2009

Deux journalistes refusent la Légion d’honneur

 

 

NOUVELOBS.COM | 05.01.2009 | 16:58

Réagissez à l'article 129 réactions

Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) figuraient sur une liste établie par Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre.

Les journalistes politiques Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines (en photo) ont annoncé qu'elles refusaient la Légion d'honneur

Les journalistes politiques Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines (en photo) ont annoncé qu’elles refusaient la Légion d’honneur (sipa)

Les journalistes politiques Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont annoncé lundi 5 janvier qu’elles refusent la Légion d’honneur, après avoir découvert avec « étonnement » leur nom sur la promotion du Nouvel an de cet ordre.
Dans un communiqué à l’AFP, Françoise Fressoz, chef du service politique du Monde déclare avoir « découvert avec étonnement » qu’elle figurait sur la liste de la promotion du 1er janvier de la Légion d’honneur.
« Contrairement à l’usage, je n’ai été informée de rien avant la publication de cette liste », déclare-t-elle, avant d’ajouter: « rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l’écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l’obligation de refuser cette distinction ».
Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info, fait elle aussi, dans un communiqué à l’AFP, part de son « grand étonnement » de trouver son nom parmi les promues.

« Parfaitement indépendantes »

Elle insiste par ailleurs sur le fait que « cette liste étant publique, je tiens à préciser que je n’ai jamais réclamé une telle distinction, ni même été sollicitée en vue d’une telle démarche ».
« Je ne vois vraiment rien, dans mon parcours, qui puisse justifier une telle distinction, c’est pourquoi je me vois dans l’obligation de refuser cette prestigieuse décoration », ajoute la journaliste.
Les deux journalistes figurent sur la liste présentée par Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Dans l’entourage de ce dernier, on souligne que les deux journalistes ont été « recommandées au titre de leur appartenance à l’association de la presse parlementaire ». On souligne également que la liste présentée par Roger Karoutchi regroupe des personnalités diverses et « parfaitement indépendantes », notamment plusieurs « anciens parlementaires de gauche ».

REACTIONS D’INTERNAUTES

Les réactions des lecteurs

adamjacques
Respect !
Vraiment, Mesdames, Respect !
J’ai cependant un peu peur que vous soyez « l’artbre qui cache la forêt » et qu’en général vos collègues n’aient pas vos scrupules.
Mais cela ne dénature en rien la justesse de votre démarche.
Puisse votre exemple inspirer le reste de votre profession
Respect
06.01 à 16h34
Alerter
mysterious
l’aspect positif
de cette affaire c’est qu’elles ont créé un précédent et que le Président Sarkozy saisira la balle au bond pour désormais restreindre considérablement le nombre des récipiendaires de la Légion d’Honneur ; c’est une bonne nouvelle en soi !

Il est en effet parfaitement incongru que cette distinction soit distribuée (depuis 81, il faut bien le dire…) à tout un « vulgum pecus showbiznessum » de plus en plus étoffé chaque année.

Les champions olympiques (attention, j’ai dit les champions, soit les médailles d’or…) pourquoi pas ?
Les prix Nobel, evidemment…
Les grands capitaines d’industrie, les fondateurs, les créateurs, bien entendu..
Toutes ces personnes répondent aux conditions d’obtention, à savoir :
celui ou celle qui par ses actes aura contribué au rayonnement de la France.

Reste la question concernant ces deux journalistes nettement marquées à gauche, aurait-elle refusé si Mitterrand les avait décorées ?
Personnellement, je suis persudé que non….
06.01 à 14h59
Alerter

Uscuaia
Légion… de quoi ??
Bonjour.
Mesdames les journalistes vous faites honneur à la République et à votre profession.
Autrefois offerte pour HAUTS FAITS COURAGEUX, on la brade à des « sportifs », des acteurs ,bref, à n’importe qui ! Pitoyable…!Créons une distinction de vanité suffisante…
Bye, bye…
Philippe.
06.01 à 14h58
Alerter
vick
cantalouse!!!
Quand aurez vous le courage de vous choisir un pseudo
06.01 à 14h39
Alerter
alexander-dlc
Peu importe
Pour moi peu importe de savoir si ces personnes agissent par calcul ou parti pris politique, l’essentiel est dans l’affirmation que l’indépendance du journaliste ne peut s’exercer quand il y a une possible attente de retour d’ascenseur.
Ceci est encore plus vrai aujourd’hui avec un Président qui veut nommer le patron de FT et qui a annoncé en son temps la nomination de H.Roselmack, qui a proposé la nomination de journaliste (à Europe 1 je crois), qui a envoyé des membres de son équipe de campagne à TF1 et qui est bien sûr copain avec les patrons de presse et de télévisions.
Que des journalistes aient pu accepter auparavant ne me paraît pas aberrant : le contexte était très différent et les breloques ne se distribuaient pas à tout le monde non plus.

Donc j’approuve ces journalistes.
06.01 à 14h10
Alerter

failebo
Bravo Mesdames
La liste des journamistes qui courent apres les » honneurs » est bien plus longue…n’est ce pas Mr Pernaud ?
06.01 à 13h39
Alerter
rigodon
Certes
Il ne suffit pas de refuser la légion d’honneur, encore faut-il ne pas l’avoir méritée.
Je comprends cependant ce refus: beaucoup trop de crapules ont reçu ce machin.
06.01 à 13h38
Alerter
Caminjel
@GUNS
Qui etes-vous pour traiter ceux qui ont un avis different du votre d’abrutis ?
Peut-etre sommes-nous naifs ?
Sommes-nous pour autant des abrutis ?
Je prefere penser positivement sur ce type de sujet. Il ne tue personne et permet de voir la vie sous un autre angle que le votre, qui parait quelque peu plus obtu !
06.01 à 13h30
Alerter
chris2008
rép à kaled
c’est quoi cette réflexion pourquoi un président doit aller museler la presse c’est ridicule votre réflexion!
bravo à ces deux journalistes
06.01 à 13h29
Alerter
naard63
bravo
bravo mesdames je savais qu’il y avait en France encore des personnes independantes de valeur
06.01 à 13h19
Alerter
Leod
Comme dit plus bas…
Comme dit plus bas… vous etes bien naifs… :(
06.01 à 12h59
Alerter
regardencoin
guns
parfaitement d’accord avec vous
06.01 à 12h46
Alerter
razibuzouzou
enfin des personne Dignes et Responsables.
les femmes sont souvent BEAUCOUP plus courageuses que les Hommes .A moins qu’elles aient le Pouvoir .

PIRES OU MEILLEURES elles ont la conscience CLAIRE .

Elle revalorisent le Vrai Métier de Journaliste au milieu d e carpettes qui sont des arrivistes Prèt à toutes les compromissions et non des journalistes d’investigation.
06.01 à 12h39
Alerter

GUNS
MERCI
Enfin des personnes refusent d’aller à la soupe ». Il existe encore des journalistes qui refusent le mélange des genres , c’est courageux. Les deux journalistes indiquent que rien ne justifie cette distinction si tel est le cas on peut se demander (ou plutôt demander à la personne qui les a proposé) quel était l’objectif souhaité? Heureusement pour ces journalistes la liberté de la presse à un sens, certains devaient l’ignorer. Alors encore merci et bravo.

Pour les teigneux et les sectaires sans cervelle,si elles avaient acceptées c’étaient des vendues,mais comme elles refusent elles se font de la pub.
J’ai quand même un peu de peine pour les abrutis.
06.01 à 12h15
Alerter

yannber34
Total respect
aux quelques blogueurs qui accusent ces deux femmes honnêtes d’avoir refusé ce hochet par calcul,sectarisme ou soif de publicité.Dans la conjoncture actuelle, eux en tout cas l’auraient parfaitement méritée!
06.01 à 12h10
Alerter
kaled
chiche….
Moi,je serai Sako je démisionnerai ces deux nanas;si on veux garder son indépendance on ne fait pas du journalisme,on devient SDF.
06.01 à 12h02
Alerter
cantalouse!!!
les mémères
le monde entier se contrefiche des roucoulades indignées de ces deux mémères qui ne veulent pas des breloques de la république, sans doute parce qu’elles ne sont pas assorties à leurs tailleurs.
On espère que ces dames, se sentant très indignes, refusent également de bénéficier des réductions d’impôts attribuées aux journalistes.
Pour le reste, les cris d’émerveillement de la gauchaille qui pollue le site sont complètement débiles
06.01 à 12h01
Alerter
Pat73
Enfin!
Enfin des journalistes qui en ont!Et ce sont des femmes!Allez les mecs,prenez en de la graine!
06.01 à 11h54
Alerter
CITOYEN
quel courage …
avec ce haut fait d’arme de résistance voila des journalistes qui font honneur à leur métier … j’espère que pour cela elles recevront la Légion d’honneur !!!

PS : à quand des rebelles qui refuseront de bénéficier de la niche fiscale concernant leur impôt sur le revenu !!!
06.01 à 11h53
Alerter

dranreb
apprendre à relire
@philos37
Prenez la peine de relire le post de zebus et le mien, avant d’écrire n’importe quoi!
Les réflexions « de bas niveau »sur les deux journalistes, c’est lui qui les fait et non moi, et si vous n’avez pas compris que mon but était de défendre la décision de ces journalistes, et par là de leur rendre hommage, contre les insinuations assez sordides de zebus, il n’y a plus qu’à jeter l’éponge!
Je maintiens que son intervention s’apparente à une manoeuvre politique. Et, au risque de paraître parano, je persiste à m’interroger sur le lieu d’où il écrit avec un clavier sans accent (pays anglo-saxon?)
06.01 à 11h49
Alerter

Caminjel
Bravo !
La legion d’honneur ne veut plus rien dire aujourd’hui. Avoir cette distinction au meme titre qu’yvette Horner, Zidane, Halliday et autres tanches de meme ordre donne davantage envie de la refuser que de l’accepter … quand on a de la valeur !
06.01 à 11h43
Alerter
orphee62
bien raison!
La Légion d’Honneur, tout comme le bac, ne vaut plus rien du tout! Autrefois offerte pour hauts faits courageux, on la brade à des « sportifs », des acteurs ,bref, à n’importe qui! Ecoeurant. Par contre, si ces journalistes l’acceptent plus tard sous un gouvernement de gauche alors là…..
06.01 à 11h38
Alerter
Patraig
Merci et Bravo !
Bravo a ces deux journalistes de ne pas participer a ce qui devient de plus en plus de la « tarte a la creme » !
Depuis que Mr Lang s’est mis a distribuer des legions d’honneur a n’importe qui pour n’importe quelle raison , cette decoration a perdu toute sa valeur aux yeux des Francais . Ajoutez a cela que d’authentiques « ripoux politiques » ont aussi ete decoress .. La liste de celles et ceux qui ne la meritent pas et l’ont eue et bien plus longue que la liste de celles et ceux qui la meritent vraiment ..
A ce titre je la reclame pour mes parents qui ont eleve leurs 11 enfants dans la dignite et le respect , sans jamais demander aucune aide ou aucune faveur .. Mais je suppose que cela ne compte pas aux yeux de ceux qui l’attribuent qui sont plus eblouis par les fastes du show-biz ….
06.01 à 11h35
Alerter
fredo
@marlène
La légion d’honneur n’a jamais été concçue pour les guerriers, qui ont deja tout ce qu’il faut comme breloques reservées a eux!
La légion d’honneur est destinée a tous ceux et celles qui par leur action contribuent au rayonnement de la france.
Etre décoré de l’ordre du mérite est nettement plus coton (sans meme parler du mérite agricole!!!)
En tous cas, il est faux de dire que des chanteurs, artistes, sportifs ou autres « dévoient » l’esprit de la légion d’honneur.
06.01 à 11h27
Alerter
silkis
Nelse
On est pas non plus ici pour faire un culte de la femme, c’est même déplacé
06.01 à 11h24
Alerter
virgile
donner la légion d’honneur
à tout le monde, people, journalistes, politiciens, c’est faire injure à tous ceux qui la reçurent pour de hauts faits et des réalisations de valeur, c’est vider la légion d’honneur de toute notion d’honneur.
06.01 à 11h23
Alerter
fredo
@le diable
Entierement d’accord! Dans le metier de journaliste, il y a beaucoup plus a gagner en refusant la légion d’honneur qu’en l’acceptant!
Reste juste a esperer, pour l’honneur de ces 2 journalistes, qu’elles continueront a refuser cette décoration, quelque soit le pouvoir en place!
06.01 à 11h22
Alerter
sertir
L’honneur c’est un devoir
Cela vaut toutes les médailles d’être intègre.Chapeau bas mesdames
06.01 à 11h20
Alerter
Jenny
LeDiable
Vu sous cet angle, ça change tout en effet :-)

Merci et bonne journée.
06.01 à 11h12
Alerter

Marl?ne
2 journalistes refusent la légion d’Honneur
Elles ont bien fait et nous les en remercions. Pauvre Napoléon (le vrai) qui avait créée cette distinction pour ses valeureux guerriers, maintenant voyez qui la reçoit, je ne citerais pas certaines phrases de « On ira tous au paradis… »
06.01 à 11h09
Alerter
baaderne
@ Le Diable
C’est sans doute naïf comme tous les gestes symboliques.

Mais c’est rassurant lorsqu’on voit où en sont arrivé des médias tellement cyniques que les journalistes ne font même plus semblant de cacher leur connivence avec les pouvoirs politiques et financiers.

Souvenez-vous par exemple d’Arlette Chabot se précipitant tout goitre dehors vers Sarkozy pour l’embrasser à la fin d’un débat politique.

Les femmes de ministres qui ne comprennent pas pourquoi elles ne devraient pas être journaliste – d’ailleurs, à ce niveau d’incompréhension de la déontologie on devrait sur le champs leur enlever leur carte de presse.

Et que dire d’un autre ministre qui place sa femme à la tête d’une télévision d’actualité…

Excusez-moi, mais dans un tel environnement médiatique corrompu et nauséabond un peu de naïveté n’est pas du luxe.
06.01 à 11h02
Alerter

alfy14
Chapeau, Mesdames !
En refusant la Légion d’Honneur, tellement galvaudée, vous vous couvrez d’Honneur ! Vous avez toute notre admiration et notre respect pour votre métier et votre indépendance. Quel exemple pour beaucoup de vos confrêres.
Chapeau, Mesdames LES JOURNALISTES !
Et mon admiration sincère.
06.01 à 11h00
Alerter
JUIPLE
BRAVO ENCORE BRAVO
Les journalistes ce ne sont pas des serpillières et des carpettes il distribue comme des bons points ce genre de distinction qui ne veut plus rien dire en temps de paix et même en temps de guerre.
06.01 à 10h58
Alerter
toutes
Voilà des femmes de caractères
Bravo de ne pas jouer le jeu du pouvoir.Laisser ce genre d’honneur à C Barbier .Les journalistes hommes voilà un belle exemple d’impartialité bravo MESDAMES
06.01 à 10h50
Alerter
leone
Exemplaire
Je comprends tout à fait ces 2 journalistes. Personnellement je n’ai jamais accepté de médailles ; ma réflexion était que l’on devait remplir sa fonction en toute conscience pour soi d’abord et puis pour les autres, et surtout tout faire pour ne pas perdre sa liberté. A la personne qui ne comprenait pas mon refus j’avais fait savoir que c’était un grand malheur que les français aient besoin de médaille pour être , 2videmment on voit le chemin qui reste à faire pour les demandeurs de médaille.qui nous coûte cher.
Ces 2 journalistes me réconcilient bien , ce sont 2 femmes.
06.01 à 10h45
Alerter
Nelse
ET CE SONT DEUX FEMMES…
Sans commentaires…les hommes décorés apprécieront …
06.01 à 10h42
Alerter
LeDiable
Jenny
Et bien lisez les posts de ceux qui tombent dans le panneau et vous comprendrez.
Ces deux journalistes ont percuté sur le fait qu’une légion d’honneur,ca devient vite un nid à poussière au fond d’une vitrine.
Qui se souvient de ceux qui ont été décorés ces dernières années.
Ca ne signifie plus rien, comme le titre de chevalier des arts à des lettres qu’on remet à n’importe qui.
En revanche, en refusant, on parle de vous, vous rejoignez la nouvelle légion, celle de ceux qui l’ont refusé, et ceux là, on ne les oublie pas.
« Elle a refusé la légion d’honneur » voila un truc qui pète sur votre CV le jour ou vous sortez un bouquin, par exemple.
Pas folles les guèpes!
C’est plus clair maintenant?
06.01 à 10h42
Alerter
Nelse
Bravo à ces journalistes.
Ils sont courageux et peu mombreux de refuser cette distinction,
c’est tout à leur honneur, et il faut souhait que cett information soit diffusée par les médiats !!! c’est beaucoup moins sûr…
06.01 à 10h37
Alerter
chalonnais
@ RAZIBUZOUZOU
Avant de te réjouir ainsi, demande toi, et demande à Jean Daniel, combien de journalistes du Nouvel Obs sont eux-mêmes décorés !
06.01 à 10h32
Alerter
chicot
Légion d’honneur à défaut d’Albert Londres
Tristan Bernard (ou serait-ce Pierre Dac ?) disait « Il ne suffit pas de ne pas avoir la légion d’honneur. Encore faut-il ne pas l’avoir méritée ».
Le problème des médias français, c’est que la plupart de ses journalistes méritent la légion d’honneur. Mais rares sont ceux qui mériteraient le Pulitzer ! Et cela ne date pas d’hier…
Voyez la connivence « off record » entre journalistes des médias et ministres (exemple Rachida Dati sur France 4), c’est consternant !
Qui parlait d’une classe politico-médiatique ?
Un bon journaliste est celui qui déplait au point d’être attaqué en justice, comme celui (un certain Denis Robert) qui a révélé l’entreprise de blanchiment Clearstream.
06.01 à 10h07
Alerter

Jenny
LeDiable
Naïveté touchante ?
Pouvez-vous développer, merci.
06.01 à 10h06
Alerter
Alouette88
J’ai une idée…
Que ne créeriez-vous un journal indépendant, avec tous les journalistes indépendants de ce pays, étouffés et baillonés dans leur journaux respectifs (faut bien bouffer) ?

Un journal sans ligne éditorial, un journal où l’on pourrait lire toutes les opinions, ce qui couperait court à toutes tentatives de rachat puisque les lecteurs viendraient de tous bords… Ainsi nous aurions enfin un journal découplé de toutes obédiences quelles qu’elle soient !

Mais ce n’est peut-être pas possible ?

Une utopie ? Ah bon !
06.01 à 09h51
Alerter

RAZIBUZOUZOU
MERCI L’Obs
enfin je peux me réconcillier avec la VRAIE PROFESSION de journaliste .
06.01 à 09h49
Alerter
Titiot
Bravo
Ca change de certains récipiendaires qui osent ou ont osé l’accepter sans aucune honte ni pudeur
Les « méritants » Zizou, Barbelivien, Leeb ..eux au moins, n’ont pas ces états d’âme et ne se sont pas fait prier
06.01 à 09h38
Alerter
ariane09
Exemplaire
Avons-nous quelques exemples d’une conduite aussi exemplaire de la part de confrères ?
06.01 à 09h33
Alerter
epicure
tout casser
dégradation de l’école, des institutions, des relations européennes, de la légion d’honneur, des services publics,de la justice
cet homme là détruit tout ce qu’il touche et avec plaisir.
06.01 à 09h28
Alerter
GUNS
MERCI
Enfin des personnes refusent d’ »aller à la soupe ». Il existe encore des journalistes qui refusent le mélange des genres , c’est courageux. Les deux journalistes indiquent que rien ne justifie cette distinction si tel est le cas on peut se demander (ou plutôt demander à la personne qui les a proposé) quel était l’objectif souhaité? Heureusement pour ces journalistes la liberté de la presse à un sens, certains devaient l’ignorer. Alors encore merci et bravo.

Pour les teigneux et les sectaires sans cervelle,si elles avaient acceptées c’étaient des vendues,mais comme elles refusent elles se font de la pub.
J’ai quand même un peu de peine pour les abrutis.
06.01 à 09h27
Alerter

philos37
attaque de danreb
votre attaque de zebus est aussi mesquine que bete. quand a vos reflextions sue les deux journalistes, sont de bas niveau, meme si journalistiquement je ne suis pas forcement en accord avec elles. je n en admire pas moins leurs refus, je leur en rend hommage, et tout cela sans accent
06.01 à 09h26
Alerter
silkis
Ces deux là
on ne les achètera pas au moins.
06.01 à 09h06
Alerter
Soph
Pas de légion et le pognon ?
Et dans un grand élan d’abnégation pour respecter les valeurs de la république elles ont aussi refusé leur abattement fiscal réservé aux journalistes… non ?
06.01 à 09h04
Alerter
LeDiable
Amusants
Je trouve ceux qui applaudissent à cette démonstration de « grandeur d’esprit » d’une naiveté touchante.
06.01 à 09h02
Alerter
razibuzouzou
rectificatif
………Qui ne se prostituent pâs !
06.01 à 09h00
Alerter
Alouette88
Merci
A toutes deux vous nous encouragez dans notre défense de notre droit à l’expression ! Le respect de votre corporation doit et sera votre vraie décoration !
Relativisons, cependant, vous savez, comme tout un chacun, que les médias pour lesquels vous travaillez n’ont pas vraiment le sens de l’objectivité ! Puissent-ils prendre conscience, grâce à votre probité, de la responsabilité que comporte le fait d’être un média LIBRE dans un pays LIBRE !

Merci à vous et chapeau bas…
06.01 à 09h00
Alerter

Laidmurien
Pub
Un simple coup de pub personnelle.
Ce sont des journalistes, ils savent bien qu’on parle davantage de vous si vous refusez que si vous acceptez.
La preuve!
06.01 à 09h00
Alerter
robin
Refuser la médaille en chocolat de nos jours est-c
Voilà 2 journalistes qui n’ont pas encore compris qu’en Sarkozye ce genre de caprice peut leur valoir la porte.
06.01 à 08h56
Alerter
Bienvenu
Fut un temps…
La légion d’honneur à l’heure actuelle n’a plus aucun sens, vous êtes un joueur de foot, vous y avait droit, vous chantez vous y avez droit, ce n’est plus qu’un hochet, le contexte historique est complétement galvaudé.
06.01 à 08h53
Alerter
HACHEL
Bravo !
Félicitations à ces deux journalistes pourtant membres d’une association qui ne manque pas de carpettes.
Ce refus les distingue du lot. A l’époque où nous vivons, savoir dire non est une vertu, assumer son refus et sa résistance mérite un total respect.
06.01 à 08h44
Alerter
RAZIBUZOUZOU
BRAVO
Enfin de Vrais Journaliste qui ne s’achètent pas.
06.01 à 08h41
Alerter
bob256
etrange
C’est a se demander dans quel but sont distribuées ces legions d’honneur…
Rien d’etonnant , ce n’est qu’un detail, et dans la logique de ce superbe gouvernement que j’adore incroyablement.
06.01 à 08h29
Alerter
al1-46
Bravo ! total respect Mesdames !!!
bon nombre de parvenus arrivistes décorés de la breloque devraient prendre exemple sur vous, vous faites honneur à votre condition, à votre métier et à vos lecteurs/auditeurs, nous !

poïpoïrogerkaroutchi devrait en prendre de la graine….
et encore merci de l’avoir mouché celui-là !
06.01 à 08h25
Alerter

LYON04
FELICITATIONS…
…à ces femmes journalistes.Elles honorent une profession dont certains membres ne sont que des faire-valoir du pouvoir..Souvenez-vous des rires gras et condescendants qui ont accueilli la diatribe de sarkozy contre « M’sieur Joffrin » lors d’une conférence de presse!…
06.01 à 07h45
Alerter
dranreb
commentaire de texte
@zebus

« qui auraient accepte tres volontiers qu’une decoration leur fut remise par Mitterand par exemple »
Cela, c’est la définition même du procès d’intention.

« On voit jusqu’ou le sectarisme et l’anti sarkozysme peut mener »
A quel moment ces deux journalistes ont-elles parlé de Sarkozy?

« Rien d’etonnant quand on voit aussi comment les choses se passent au(x) PS !!!  »
Quel rapport, SVP?

« Ce sont 2 femmes vindicatives. »
vindicatif=qui cherche à exercer une vengeance.
Qu’ont-elles à venger en refusant la Légion d’Honneur?

zebus = sous-marin UMP?
Au fait, d’où écrivez-vous avec un clavier qui ne fait pas les accents?
06.01 à 06h42
Alerter

ibez
Pauvre France !
On propose la médaille à n’importe qui maintenant !
Mais qu’ont-elle fait donc ces braves dames, à part gratter du papier pour mériter un tel honneur ! Gardez vos médailles mon cher nico pour celles et ceux qui sont entrain de risquer leur vies sur les terrains de conflits.
06.01 à 06h28
Alerter
mandrinTT
Fressoz
F/Fressoz, la fille du Fondateur du Canard? Bravo Mesdames , comme disait Bigeard de ses infirmières vous avez des couilles!
06.01 à 06h10
Alerter
BitenBerne
Partialité
La question est de savoir maintenant si elles auraient refusé si cela avait été un gouvernement de gauche. Si elles acceptent sous un gouvernement de gauche, ce serait pire encore !
06.01 à 02h55
Alerter
Atoca
non = oui
souvent quand une femme dit non c’est qu’elle veut dire oui…
05.01 à 23h57
Alerter
phptt
Bravo mesdames
Bravo de ne pas accepter ce qui ne se justifie pas
Bravo de nous rappeler qu’il n’y a pas obligation à être con dans un monde de cons
Merci
05.01 à 23h48
Alerter
RobLep
Mesdames … FOR ..MI..DA..BLE..
Félicitations à ces 2 « Femmes » journaliste . Les autres , et pas seulement les journalistes , devraient méditer sur cette courageuse action .
Elles n’ont fait que confirmer la grande risée de l’immense majorité de la population à l’annonce de la liste des récipendiaires .
05.01 à 23h38
Alerter
Ren?
L’HONNEUR N’EST PAS LEGION
La légion d’honneur est devenu une institution paradoxale :
si on la mérite on doit maintenant la refuser

sans doute l’air du temps

et bien même si je suis pupille de la nation ,
fils d’un réfractaire d’avant garde qui l’avait refusé en son temps , petit fils d’un chevalier de cet « ordre » prestigieux ,

je suis particulièrement heureux de lire cet article
le paradoxe je vous dis …
05.01 à 22h59
Alerter

xorg
@delize
Vous etes peut-etre de la famille……
05.01 à 22h55
Alerter
raouloubar
ben moi des filles comme ca
ca me fait bien plaisir « vous me donnez la légion d’honneur, non seulement je vous ai rien demandé mais je la mérite pas  » ca remet les technocrates en place, meme l’existence de ce truc foireuxqui sert à rien de rien. bravo les filles.
05.01 à 22h21
Alerter
angie75
Bravo
dans le contexte actuel de dignité à vendre pour un strapontin dans la Sarkozie, votre attitude vous honore mesdames.
05.01 à 22h21
Alerter
fgrosso
Nonce Paolini
Nonce Paolini lui ne l’avait pas refusé lui (en 2007).

Une décoration pour les copins et les coquins….
05.01 à 22h13
Alerter

Max13
ni putes ni soumises
contrairement à l’assos du même nom. Elles ne vont pas à la soupe
05.01 à 21h50
Alerter
rintintin
quelle affaire
elles ne seront pas les denières quant à moi si on me la propose je dirai oui chacun fait comme il veut mais attention rien ne sert de vouloir donner une leçon on dit oui on dit non et puis on ferme sa gueule
05.01 à 21h47
Alerter
Max13
3eme age
je pense que ces médailles il faut les garder pour le 3eme ou 4eme age comme récompense pour une oeuvre.

pas du copinage
05.01 à 21h47
Alerter

Tintin1
Michèle Audin fille de Maurice Audin a fait pareil
Voici sa lettre de refus :

http://www.lematindz.net/news/2305-la-lettre-de-michele-audin-a-nicolas-sarkozy.html

05.01 à 21h47Alerter

fgrosso
LA LEGION D’HONNEUR ON S’EN FOUT
CETTE « DISTINCTION » HONORE AUTANT DE CRAPULES QUE DE HEROS, DEPUIS QU’ELLE N’EST PLUS QUE LE MOYEN POUR LE POUVOIR DE RECOMPENSER LES COPAINS ET LES COQUINS A LA CHARGE DU CONTRIBUABLE FRANCAIS.

UNE MESURE D’EQUITE SOCIALE ET D’ECONOMIE EN PERIODE DE CRISE.

LA SUPRESSION DEFINITIVE ET RETROACTIVE DE LA LEGION D’HONNEUR ET LA RECONVERSION DU MUSEE DE LA LEGION D’HONNEUR EN REFUGE POUR LES SDF…
05.01 à 21h46
Alerter

corneille
Bravo
Ces femmes ont plus de dignité qu’un Wolinski.
05.01 à 21h44
Alerter
cons?quences
surveillons l’après
Ces deux journalistes ont agit en toutes responsabilité et dignité. Mais elles doivent d’attendre à des mesures en retour de la part des princes de notre république actuelle. Oui le prince n’aime pas que l’on ne soumette pas à son bon plaisir et là elles ont frustré le prince d’un plaisir. Il ne vont pas aimer à la cour.
05.01 à 21h44
Alerter

Grandchancelier
La Légion et le hochet
Il serait temps d’informer les anciens du RPR – notamment tous ceux qui ont gravité autour de la Mairie de Paris à la grande époque (celle atteinte par la prescription pénale) – que les temps ont changé.

Derrière les grands principes, il y a deux catégories de récipendiaires de la Légion. Celles et ceux qui ont fait honneur à la France, que l’Etat reconnaît comme tels et qui méritent le respect. Ils sont encore nombreux.

Et les autres. Ceux à qui on remettait le hochet « pour services rendus » dans des commissions de marchés publics, dans des offices HLM, dans certains organes de presse ou certains palais de justice et en tant d’autres lieux « chers » au Correzien, le quêteur de l’immunité pénale, le politicien sans Etat d’âme.

Dans un tel contexte, la décision de ces deux journalistes politiques les honorent. Ces deux femmes rejoignent bien des Français méritants qui questionnent avec lucidité des critères d’attribution de la Légion d’Honneur que l’on croyait révolus.
05.01 à 21h39
Alerter

Julien
Chapeau bas Mesdames
Ce gouvernement décernant une médaille de haute distinction à des personnes sans les mêmes prévenir,me paraît là encore,une façon de vouloir s’approprier la confiance des ces deux journalistes.
Tout est bon pour appâter le poisson pour ainsi mieux le noyer ,n’est ce pas monsieur Karoutchi ?
Sauf que là ,c’est sur un os que vous êtes tombé!!!
05.01 à 21h34
Alerter
zebus
rien d’etonnant
avec ces journalistes deja tres marquees à gauche ,qui auraient accepte tres volontiers qu’une decoration leur fut remise par Mitterand par exemple.On voit jusqu’ou le sectarisme et l’anti sarkozysme peut mener ….Rien d’etonnant quand on voit aussi comment les choses se passent au(x) PS !!! Ce sont 2 femmes vindicatives.
05.01 à 21h16
Alerter
cerbere
bravo
une seule réponse d’éthique : ni pute ni soumise.
05.01 à 21h07
Alerter
honagre
à l’UMP
… on croit toujours pouvoir attraper les fines mouches avec du miellat !
05.01 à 20h56
Alerter
onkele
Bravo
Un seul mot, bravo mesdames de vouloir redonner à cette distinction sa valeur. Peu de personnes sont capables d’un tel comportement, encore bravo et sans être un féministe virulent, quel homme est prêt à ce geste ?
05.01 à 20h51
Alerter
reks
Femmes je vous aime
Un grand bravo mesdames, car par les temps qui courent il semblerait que seules les femmes font preuvent de courage, et là Julien Clerc a raison…..Femmes je vous aime!!!!
05.01 à 20h37
Alerter
tcm34
Chapeau
CHAPEAU MESDAMES! Mes pour deux courageuses combien se couchent dans les médias !Cela en dit long sur les methodes de NS et ses comparses :o n achète par les honneurs ,l’argent les breloques .Ils connaissent bien la nature humaine en tout cas.
05.01 à 20h24
Alerter
ZOUZO
Bravo
Bravo! Vous faites honneur au métier. Si cela continue je vais recommencer à acheter Le Monde tous les comme je le faisais avant tous le soir. A cause colombani et compagnie j’avais arrêté d’acheter le monde.
05.01 à 20h09
Alerter
berruyer
Hypocrite
Ces journaliste très marquées à gauche ne veulent pas d’une décoration qui leur soit remise par la gouvernement de Sarkosy ce président honni, diabolisé quel sectarisme. Elles auraient bien acceptée si le gouvernement avait été de gôôôche. Vous avez fait élire Sarko en le diabolisant et vous continuez sur un autre
registre.
05.01 à 20h08
Alerter
ralph
Une tentative de forcer la main
pour mieux les contrôler, les guider, les asservir, les rendre complices de dispositions gouvernementales peu ragoûtantes.

Ca fait partie des mêmes méthodes qui consistent à nommer le président de la télévision publique.

Nous, électeurs, nous aurons à coeur, lors des prochains scrutins nationaux, d’élire une personnalité, chef de l’état, qui prendra les mesures nécessaires pour abolir ces dispositions scandaleuses et rétablir, au moins, les procédures antérieures.
05.01 à 20h04
Alerter

b?ber22
femmes d’honneur
tout simplement chapeau bas mesdames.que votre acte d’honneur fasse réfléchir tous ces pseudo opposants qui n’ont de cesse de courber l’échine devant le pouvoir en place ! n’est ce pas jack lang?
05.01 à 19h58
Alerter
JPML
distance et humour
Espérons que ces deux journalistes feront école : non seulement elles refusent un hochet qu’arborent beaucoup de gens peu recommandables, mais en plus elles précisent bien qu’elles n’ont rien fait pour le mériter … Bravo les filles !
05.01 à 19h56
Alerter
karima
@louis 1
Bien sur ce geste n’aurait pas eu de valeur réglementaire mais en le médiatisant cela aurait eu un impact. En plus la prestation annuelle de 6.10? aurait pu être versée aux restaurants du coeur.
Tient d’ailleurs une idée à creuser, que chaque récipendaire de la légion d’honneur reverse sa modique indemnité de 6.10? au restaurants du coeur. Beau geste et en plus déductible d’impots.
05.01 à 19h46
Alerter
felix
bravo
bravo pour votre courage et votre loyauté face à l’institution de la légion d’honneur, décorer sylvie vartan ou nathalie baye c’est bien la politique du copinage, j’espere que d’autres auront le même courage
05.01 à 19h36
Alerter
Dethomas
Bravo !
Ces deux journalistes sont à la presse française ce que fut Rosa Parks à la lutte des Noirs pour la lberté.
05.01 à 19h35
Alerter
honagre
du haut de cet inselberg
….j’ai bonne vue sur la canopée sarkozyenne et j’infère aisément sur la forêt primaire UMP!
05.01 à 19h27
Alerter
inouicandide
felicitation a ces deux journalistes
qui ont eu le cran de dire que rien dans leur vie ne relevait de la legion d’honneur ! Effectivement faire un travail et bien le faire ne se revele pas forcement un acte de bravoure meritant cet honneur! j’espere que ceux qui ne l’ont pas meritee se sentiront un peu genes d’avoir acquis des honneurs qu’ils ne meritaient pas ..sauf quelques rarisimes! mais j’en doute ..beaucoup sont trop vaniteux et megalos!
05.01 à 19h06
Alerter
jacquesmarseille
sursaut…
Petit sursaut de dignité dans le monde du journalisme,une preuve d’indépendance aurait été de soutenir Denis Robert .Mais par ces temps de disette hormonale vaut mieux deux paires de gonades féminine bien accrochées que celles des journalistes mâles lancés dans le marathon servile des honneurs.
05.01 à 19h04
Alerter
henri-pierre
La Beauté du geste
C’est beau et réconfortant de savoir que des valeurs comme le professionnalisme et l’honneur ne sont pas achetables.
Votre intégrité n’a d’équivalent que votre indépendance.
Merci et bravo Mesdames pour votre CLASSE !
05.01 à 18h48
Alerter

RobertVnt
Ca veut dire quoi « indépendante » ?
On attends avec intérêt un article de fond sur ce que veut dire « ‘indépendance ». Je ne vois pas comment on peut se prétendre indépendante lorsque l’on est journaliste au Monde ou au FI. Doit-on comprendre que ces médias sont eux aussi indépendants ?
Non pour aller jusqu’au bout de la démarche, et se déclarer indépendantes, ces journalistes devraient démissionner. On peut imaginer qu’au sein de leur entreprise, des pressions les ont conduit à refuser cette distinction.
05.01 à 18h46
Alerter
Deux
Honneur
Bravo.

Vous savez où est l?honneur, vous.

Les journalistes encore dans ce cas ne sont pas légion (!).
05.01 à 18h41
Alerter

RobertVnt
Une façon comme une autre d’exister !!!
Je ne connaissais pas ces personnes. Et je ne crois pas que leurs articles les auraient rendues célèbres avant longtemps. Après ce coup d’éclat : « on les connait ».
J. P. Sartre avait plus de classe devant son prix Nobel.
05.01 à 18h38
Alerter
bidon
Enfin des femmes debout !
Quand on voit la liste des légionnaires je m’interroge souvent sur la grandeur des exploits de certains, notamment dans le show bizz. Car à part se coucher tard que font-ils de plus que ceux qui se lèvent tôt ? Peut être un peu plus de calipettes ?

Avec un Président Blig Bling, ils ont de l’avenir. Le roi de la réforme devrait agir pour reconnaître les braves des braves. En somme, des vrais légionnaires !
05.01 à 18h37
Alerter

forumm
Si !SI !
Mesdames !

Rien que pour avoir refusé la légion , vous méritez par cela même la légion bien nommée pour une fois d’honneur.
05.01 à 18h37
Alerter

prataine
Alors là
Si ce sont de bonnes raisons, alors chapeau. La classe. Les gestes de dignité sont si rares ces temps-ci, dans l’espace public. cela nous change des épaves vaniteuses. RJP
05.01 à 18h34
Alerter
louis1
karima
principe noble et généreux mais sans valeur pour celui qui l’aurait reçue : qu’en pensez vous ?
05.01 à 18h32
Alerter
delize
@xorg
Vous ne devez pas lire les journaux ni écouter la radio, xorg, pour réagir aussi stupidement. Croyez vous sérieusement que des journalistes de ce niveau aient besoin de se « faire de la pub » ? On n’est pas chez les people,içi, vous ne connaissez décidément rien à la presse.
05.01 à 18h31
Alerter
vielsobs
lesions d honneur
mesdames ,vous etes legions et cela vous honore…
ca prouve vraiment que cette « broloque « ne veut plus rien dire
05.01 à 18h28
Alerter
marief
Bravo …
Quand être journaliste à un sens !!!
Bravo !
Un exemple à suivre pour beaucoup…
Cordialement.
05.01 à 18h26
Alerter
xorg
Les deux femmes journalistes
Si elles n’avaient pas refusé cette « breloque » qui aurait parlé d’elles, meme si c’est éphémère…..
Difficile de percer dans ce métier et au moins ça va faire plaisir a leur entourage familial ….maintenant bien sur il faut espérer que ce n’est pas une simple « coquetterie…. »
Il parait que pour etre sur une liste de la « légion deshonneurs » il faut au moins une fois dans sa vie l’avoir demandé….mais est-ce vrai ?
05.01 à 18h14
Alerter
sigismonddemartenot
Chapeau bas
bien sûr. Enormément.
05.01 à 18h06
Alerter
Lyeuse
Bravo
Vous faites honneur à votre profession.
05.01 à 18h01
Alerter
sparta-kuss
KEGION D’HONNEUR
FELICITATIONS A CES DEUX JOURNALISTES QUI POSSEDENT DE LA DIGNITE ET DE L’HONNEUR SANS TITRE HONORIFIQUE. CELA NOUS CHANGE DE TOUT CES COLLABOS DE LA POLITIQUE, TRANSFUGES DU PS ETC…SUIVEZ MON REGARD !!!!!!!!!!!!
05.01 à 17h57
Alerter
gloops
félicitations Mesdames !
en ces temps $arkozystes blingbling et fric-roi, il est encore des journalistes intégres qui préfèrent leur honneur aux honneurs….

cela mérite d’être souligné !!!!

on aimerait qu’il y en eût un peu plus….
05.01 à 17h57
Alerter

maxmo
Refuser la Légion d’honneur
Bravo Mesdames les journalistes !
Des Professionnelles qui ne se laissent pas acheter par le Pouvoir politique !
05.01 à 17h52
Alerter
majdad
bravo mesdames
Il ne suffit pas d’être un mâle pour avoir des couilles, la preuve……
05.01 à 17h47
Alerter
chga37
Comme quoi…
…il existe encore des journalistes qui veulent conserver leur pleine indépendance ; bravo à elles !
…il y en a tellement qui se sont laissés acheter par la sarkomédiasphère…
Ce Karoutchi, il devrait recevoir la médaille de l’UMP (Ubuesque Ministre du Parlement)…
05.01 à 17h47
Alerter
DaveCoco
Alors là!!
Les journalistes vont remonter dans mon estime.

Chapeaux bas mesdames!!!!!

De la légion d’honneur, vous n’avez choisi que l’honneur. Et vous avez parfaitement compris la vacuité de ces décorations qu’on offre maintenant comme s’il s’agissait de pin’s.

Encore BRAVO!!!!
05.01 à 17h39
Alerter

ppop
bravo
bravo !
au fait tous ces grands journalistes ? Hommes où sont-ils ?
encore bravo mesdames le journalisme retient à nouveau mon attention et vos articles seront lus avec délicatesse !!!
05.01 à 17h37
Alerter

karima
la grandeur eut été
La grandeur des ces deux journalistes eut été de l’accepter et ensuite de la remettre d’une façon symbolique à deux français méritant et modestes qui ne « risqueront » jamais d’être mis à l’honneur.
Par exemple des travailleurs sociaux qui vont le soir se dévouer pour les sans abris.
05.01 à 17h37
Alerter
lelandais40
Bravo
Bravo à ces 2 journalistes. Ce refus, motivé, les honore, à l’inverse de certaines personnes que par décence je ne nommerai pas.
Quand on sait les critères que doivent réunir les militaires, les policiers, les pompiers, les sauveteurs, tous ceux qui risquent leur vie dans l’exercice de leur métier pour le bien de la collectivité, pour être proposé dans cet ordre national, il y a de quoi être éc?uré de certaines nomination.
C’est vraiment n’importe quoi au niveau du gouvernement.
Le maitre mot : faire plaisir aux petits copains.
En un mot le fait du prince.
05.01 à 17h36
Alerter
enzo
et moi je découvre avec étonnement
qu’il existe un secrétaire d’Etat auprès du premier ministre !!! Mais à quoi peut-il bien servir, sinon vivre aux crochets de la République ????

Quant à ces dames, bravo à elles!!! Et bravo pour leur indépendance d’esprit !!! On ne peut en dire autant de nombre de leurs confrères ….
05.01 à 17h34
Alerter

nanard16
Merci napoléon
Jadis Napoléon donnait la légion d’honneur à ses valeureux guerriers. Aujourd’hui c’est pour les gens du show bizz. Vous savez ceux qui habitent à l’étranger pour échapper à l’impôts et qui malgré leurs revenus vous demandent sans cesse des dons pour les autres(et parfois pour des maladies qu’ils attrapent entre eux). Alors bravo à ces gens ordinaires, refusant la légion d’honneur, qui ont jugé ne pas avoir fait un acte extraordinaire. Le vrai honneur, c’est votre conscience et là, encore bravo.
05.01 à 17h30
Alerter
Biroquet
Bravo mesdames
Votre conscience professionnelle vous honore. Votre indépendance est à ce prix. Il n’y a que dans les républiques bananières que les journalistes et les juges sont décorés. Et dire que certains se vexent quand on leur dit cette vérité !
Encore bravo !
05.01 à 17h22
Alerter
NewChti
Respect
Chapeau, fallait le faire…
Est-ce un coïncidence si ce sont deux femmes ? Sont-elles moins sensibles aux flatteries de la République ?
05.01 à 17h20
Alerter
Traroth
Courage
Il y a encore des gens courageux, dans ce pays. Mais elles ne l’emporteront pas au paradis : il ne fait pas bon avoir l’esprit d’indépendance, en Sarkozie.
05.01 à 17h15
Alerter
olifan
Elles relèvent le niveau, enfin !
Ce cher Mr. Olivennes devrait en prendre de la graine… Au fait, qu’a fait ce Monsieur de si glorieux pour être décoré, lui, par la main du Maître ?
05.01 à 17h13
Alerter
dalai
je dis….
juste bRAVO, respect a vous, je vais racheter le monde tiens …
05.01 à 17h06
Alerter

Publié dans ACTIONS CITOYENNES, DU VRAI JOURNALISME, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

Pour Newsweek, Sarkozy est au bord du précipice

Posté par issopha le 3 janvier 2009

vendredi 19 décembre 2008

Pour Newsweek, Sarkozy est au bord du précipice

 

Pour Newsweek, Sarkozy est au bord du précipice  dans DU VRAI JOURNALISME Sarko+Greenpeace

L’hebdomadaire Newsweek publie un article alarmiste sur le président français dans son édition datée du 22 décembre.

« Un Président au bord du gouffre. »

On ne saurait être plus clair. Alors que les commentateurs les plus variés célèbrent la présidence française du Conseil européen qui s’achève dans quelques jours, le magazine américain est prudent et sévère.

 Il est narcissique, et frise le culte de la personnalité
  »Quel autre politicien se permettrait de telles envolées lyriques et de faire montre d’un tel culte du moi? » (« Another politician might be pilloried for wretched rhetorical excess« )
« Habitué à voir triompher sa volonté, Sarkozy est cependant de plus en plus chatouilleux » (« But as Sarkozy grows accustomed to having just about everything his way, he appears to be growing more prickly, not less, about pointed criticism.« )

 Son pouvoir n’a plus de limite
« Par nature sûr de lui et peu enclin aux excuses, Sarkozy est essentiellement affranchi de tout contre-pouvoir chez lui. Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire. » (« By nature unabashed and unapologetic, Sarkozy is now, to all intents and purposes, unrestrained by domestic checks and balances. The French president has become Sarkozy Unbound, for better or worse. »)

Il a une ambition démesurée
« Chez Sarkozy, l’ambition prend à tel point le pas sur la diplomatie qu’il a semblé déterminé à garder la main sur le gouvernail de l’Europe, quelles que soient les conventions diplomatiques ou les partenaires qui pourraient se mettre sur son chemin. » (« Such is Sarkozy’s overt inclination to let ambition outweigh diplomatic amity that he has seemed determined to keep a hand on the helm of Europe, no matter what diplomatic conventions, or other leaders, stand in his way. »)

Le monarque du moment
« Qu’au bout du compte on se souvienne de Sarkozy comme d’un grand homme, ou d’un simple exemple d’obstination et d’arrogance, l’histoire (et éventuellement ses partenaires européens) nous le dira. Les Français, pour leur part, en ont fait… leur roi. » (« Whether, in the end, Sarkozy will go down as a man of destiny, or merely of obstinacy and arrogance, only history—and perhaps his fellow European leaders—can decide. The French, for their part, have given him free rein to—well, to reign. »)

Qui a dit que le Monarque avait bonne presse à l’étranger désormais ?

Lire aussi :

2 commentaires:

Kamizole a dit…
Les critiques de l’étranger ne son pas nouvelles (se souvenir d’El Païs). En tout cas, je ne l’ai pas choisi comme roi (ni rien, d’ailleurs). Beaucoup de ses électeurs du 6 mai 2007 doivent aujourd’hui se mordre les doigts. Mais il était éminmment « calculable » et prévisible… Il disait déjà qu’il avait changé : en pire ! Même dans son camp, il est loin de faire l’unanimité, sinon de façade… la preuve étant que « sa » réforme de l’audiovisuel n’est passé qu’à 50 voix ! une belle gifle… c’est pour cela qu’il recule sur le travail du dimanche, l’UMP ne se semblant pas de tout majoritariement favorable. Il est évident qu’à un moment ou un autre il prendra une claque sur une loi… de trop.

19 décembre 2008 14:52 icon_delete13 dans NICOLAS SARKOZY
Iceman a dit…
Et si on lui foutait un magistral coup de pompe dans le cul pour qu’il y tombe… Dans le gouffre ?
Ou une bonne tape dans le dos. Style : « Comment tu vas ? » Oups…. Il est tombé !

Bon débarras !

A trop se prendre pour le roi on finit comme Louis XVI (rire sarcastique)

20 décembre 2008 02:25

LA PRESSE AMÉRICAINE

Dans Newsweek : « Un président au bord du gouffre »

NOUVELOBS.COM | 17.12.2008 | 14:45

Réagissez à l'article 84 réactions

Sarkozy est un électron libre sans véritable opposition. Pour l’instant, ça lui a réussi. Mais ça pourrait changer.
> Cet article a été publié dans Newsweek daté du 22 décembre.

Nicolas Sarkozy (Sipa)

Nicolas Sarkozy (Sipa)

Depuis trois mois, le président français Nicolas Sarkozy avertit le peuple de France, d’Europe, et tous ceux qui veulent bien l’écouter, que le monde tel que nous le connaissons est voué à une fin prochaine. Empruntant au poète Matthew Arnold sa vision apocalyptique d’un monde  » sans amour, sans joie et sans lumière, sans paix ni certitude, où la douleur est reine », Sarkozy évoque une crise économique, sociale et politique si profonde qu’elle « va modifier l’équilibre du monde. Elle va modifier les comportements, les idéaux, les valeurs ». Et au cas où les auditeurs chercheraient quelqu’un pour les tirer de ce mauvais pas et les guider vers la lumière, Sarkozy se pose en recours : « Cette crise, nous ne devons pas nous y soumettre. Cette crise, nous devons l’affronter sans fléchir. Cette crise ne doit pas nous inciter à l’immobilisme. Elle doit nous inciter à agir, rapidement, et avec détermination ». Ce qui, on l’a appris, est précisément le style Sarkozy.

Quel autre politicien se permettrait de telles envolées lyriques et de faire montre d’un tel culte du moi? Il n’empêche, Sarkozy a pris la mesure du problème, et à la différence de bien des hommes politiques —voire de chefs d’état— en Europe, le président français n’a pas en face de lui de véritable opposition. L’extrême droite s’est écroulée avant son élection l’an dernier, suivie par le Parti socialiste, paralysé par des guerres internes qui ont culminé le mois dernier en un affrontement féroce pour le leadership. Qui, sur terre ou au ciel, pourrait demander des comptes à Sarkozy ? Pas l’Assemblée nationale, où Sarkozy jouit d’une confortable majorité. Et aucune élection importante n’est prévue avant trois ans.

Par nature sûr de lui et peu enclin aux excuses, Sarkozy est essentiellement affranchi de tout contre-pouvoir chez lui. Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire. Et justement, on pourrait se demander si, doté d’une telle personnalité et par les temps qui courent, il utilise cette liberté de mouvement pour le meilleur, ou pour le pire.
Tout bien pesé, c’est pour l’instant plutôt pour le meilleur. Le quotidien financier La Tribune annonçait la semaine dernière qu’un jury de journalistes internationaux couvrant les affaires européennes avait élu Sarkozy « meilleur leader européen » parmi 27 candidats. Pourtant, même quand Sarkozy fait preuve d’audace, l’excès n’est jamais loin, et avec lui le risque du désastre. À chaque instant de sa vie politique, dès que Sarkozy perçoit un déficit de leadership —réel ou imaginé—il se met lui-même aux commandes. Sarkozy déteste le vide, que ce soit dans son propre gouvernement, où il occupe souvent le fauteuil de son Premier ministre, dans la justice, où il s’implique parfois de façon obsessionnelle dans des affaires relevant des faits divers, et jusqu’à Washington, où il pressait le mois dernier une administration Bush sur le départ, d’organiser un sommet du G20, quelques jours à peine après l’élection présidentielle.

Au niveau européen, précisément, super Sarkozy s’est heurté à des partenaires bien décidés à ne pas bouger d’un iota. Ses manières turbulentes agacent la Chancelière allemande Angela Merkel, qui s’oppose encore plus fermement à l’appel de la France en faveur de mesures collectives face au désastre économique et à la menace de plus long terme du réchauffement climatique. Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi (élu pire leader européen par La Tribune), théâtral à l’excès, tente par tous les moyens de souffler la vedette à Sarkozy, par une opposition systématique aux initiatives françaises. Quant aux nouveaux membres de l’Union Européennes, et notamment les Polonais, ils refusent de céder devant les assauts de Nicolas Sarkozy.

Il se trouve que ceux des leaders européens avec qui il aurait espéré faire cause commune sont les plus affaiblis politiquement. Gordon Brown, le Premier ministre britannique est un allié important, mais il est affaibli par l’usure du Parti travailliste, depuis trop longtemps au pouvoir, et un Parti conservateur plus que jamais revigoré. L’Espagnol Zapatero doit faire face aux attaques incessantes de l’opposition sur fond de miracle économique en déconfiture. Au lieu de travailler de front avec ses partenaires, Sarkozy les agace, en déclarant par exemple sans sourciller que les ministres des Finances réunis dans l’Eurogroupe n »étaient pas à la hauteur du défi posé par la crise internationale, suggérant à la place des rencontres régulières des chefs d’état et du gouvernement de la zone euro — à l’instar de celui qu’il pilota en octobre afin d’arriver à un accord sur le sauvetage des banques européennes. Une proposition retoquée par le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui ne manqua pas de souligner qu’il ne dirigeait pas l’Eurogroupe pour le « plaisir ou la gloire personnelle » et questionnant au passage l’ambition de Sarkozy pour autre chose que d’avoir la vedette.  » Si d’autres pensent qu’ils pourront mieux assumer ces tâches », déclarait Juncker, « qu’ils le fassent, mais qu’ils y appliquent la même intensité pour les années à venir que celle qu’ils donnent l’impression de vouloir appliquer au moment où nous sommes ».

Chez Sarkozy, l’ambition prend à tel point le pas sur la diplomatie qu’il a semblé déterminé à garder la main sur le gouvernail de l’Europe, quelles que soient les conventions diplomatiques ou les partenaires qui pourraient se mettre sur son chemin. Le Français est supposé abandonner à la fin de l’année à la République tchèque la présidence tournante de l’Europe, qu’il occupe depuis juillet. Dès le mois d’août, les diplomates français se demandaient tout haut, bien qu’en privé, si un pays plus petit que la France aurait pu affronter les défis internationaux avec autant de compétence.

Sarkozy — ce n’est pas un secret — a beaucoup apprécié être le président d’un continent en plus de son pays, et peut se targuer d’avoir agi là où d’autres auraient calé, et obtenu des résultats là où d’autres se seraient contentés de beaux discours. Lorsque la Russie a envahi la Georgie en août, par exemple, Sarkozy s’est embarqué lui-même pour Moscou puis pour Tbilissi sur le point d’être assiégée, afin de négocier un cessez-le-feu qui a peut-être sauvé le gouvernement du président Mikhail Sakashvili. En tout cas, c’est l’impression qu’a laissé Sarkozy aux Géorgiens, en les régalant d’anecdotes où le premier ministre russe Vladimir Poutine le prend par le revers de sa veste et grogne « je veux accrocher la tête de Sakashvili sur ce mur ». Les Georgiens considèrent que Sarkozy a permis de l’éviter. Pour Temur Iakobashili, membre influent du gouvernement Georgien, « Sarkozy est une personne extraordinaire, et ce qualificatif prend une signification différente selon celui qui parle: « fou », « héroïque », « téméraire » « versatile ». Mais « il ne faut pas sous-estimer le rôle qu’a joué Sarkozy », continue Iakobashvili. Il a pris la tête de l’offensive diplomatique visant à interrompre l’avancée militaire russe, et au final, il a « sauvé la Géorgie ».

Il ne fait aucun doute que les personnalités comme celle Sarkozy prospèrent en temps de crise. Quand le système financier international s’est enfoncé dans la crise avec la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers aux Etats-Unis le 15 septembre, Sarkozy rejeta paraît-il, le texte d’un communiqué qui aurait minimisé l’étendue du désastre. Au lieu de quoi il déclara à ses compatriotes 10 jours après la faillite de Lehman, « C’est la fin d’un monde ». Et sans opposition à gauche ou à droite, il a fait faire un demi-tour complet à sa politique économique. Élu sur un programme de réduction de l’intervention de l’état –le moins d’état, moins d’impôt qui fait figure de mantra pour le Parti Républicain aux Etats-Unis—Sarkozy s’est jeté à corps perdu dans l’interventionnisme, et soutient ces jours-ci un plan de relance de 26 milliards d’euros, qui alourdirait considérablement le déficit budgétaire français.

La pirouette est du pur Sarkozy. De fait, c’est l’une des raisons de son succès à éliminer les partis d’opposition. En dépit d’une longue carrière passée sous l’étiquette conservatrice du Gaullisme, son principal credo politique est ce que les Français appellent « volontarisme », la foi en la possibilité d’agir sur le cours des événements par la force de la volonté. À cette fin, il adopte la politique qui a la meilleure chance de fonctionner, et lui permettra de présenter le meilleur profil. Dans la course vers la présidence, Sarkozy a révélé un incroyable talent à faire siennes les idées politiques les plus populaires de ses opposants. Ministre de l’intérieur, il a montré qu’il pouvait exploiter la peur de l’immigration et le sentiment d’insécurité aussi bien que le leader du Front National Jean-Marie Le Pen —l’éternel empêcheur de tourner en rond de la politique française —mais sans l’antisémitisme. À gauche, il a recruté dans son gouvernement des personnalités socialistes telles que Bernard Kouchner. Sarkozy a également soutenu la candidature de Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l’économie socialiste, et concurrent potentiel pour la présidence, au poste de directeur du Fonds monétaire international.

Alors que la crise économique s’intensifiait, on n’a entendu depuis trois mois chez les socialistes que des critiques très timorées, voire des louanges, des politiques menées par Nicolas Sarkozy. De fait, celui-ci s’est fait l’avocat d’un plus de gouvernement et plus de dépenses plus convaincant encore que la gauche traditionnelle ne l’a jamais été. Comme le notait l’éditorialiste Françoise Fressoz dans Le Monde, la principale critique de son plan de relance de l’économie est qu’il met un accent trop important sur les investissements des entreprises, et n’en fait pas assez pour le revenu des ménages. Néanmoins, le Parti socialiste « n’en conteste guère l’utilité ».
Le 31 décembre, avec la fin programmée de la présidence français de l’Union Européenne, les penchants naturels de Sarkozy vont être contrariés. Dans un effort évident visant à préserver l’élan de sa présidence, Sarkozy accueillera Tony Blair et une horde d’intellectuels de classe internationale pour une conférence prévue pour la première semaine de janvier. Puis, en avril, la France est supposée rejoindre le commandement unifié de l’OTAN, plus de 40 ans après le retrait ordonné par le président De Gaulle, à l’occasion du 60e anniversaire de l’alliance, une occasion idéale de faire les gros titres pour Sarkozy, qui pourrait en profiter pour annoncer un renforcement du contingent français en Afghanistan. Le président est toujours partant pour un geste historique, et si celui-ci est impopulaire, il n’existe aucune opposition suffisamment organisée pour le faire changer d’avis.

Habitué à voir triompher sa volonté, Sarkozy est cependant de plus en plus chatouilleux. Il a curieusement entrepris de traîner devant les tribunaux les fabricants d’une « poupée vaudou », un jouet parodique à son effigie accompagnée d’aiguilles et d’un mode d’emploi sarcastique. En octobre, un juge a défendu le droit du fabricant à l’humour, mais Sarkozy ne l’a pas entendu de cette oreille, et a fait appel. Le mois dernier, un autre juge a rendu un arrêt en sa faveur, tout en autorisant la vente de la poupée. Le plus dérangeant reste la façon dont Sarkozy essaie de manipuler les médias grand public, dernier bastion de ses critiques. Lorsqu’il était ministre, ses coups de fils personnels aux journalistes qui avaient osé lui manquer de respect étaient légendaires. Son amitié avec les patrons de presse et de télévision est également de notoriété publique. Difficile de savoir le degré d’autocensure qu’elle engendre, mais pour prendre un exemple idiot, l’hebdomadaire Paris Match a gommé ses poignées d’amour sur les photos des premières vacances présidentielles.

Aujourd’hui, plus sérieusement, Sarkozy s’est attaché à réécrire les lois régissant la télévision française. Le patron du groupe de télévision publique France Télévisions sera à présent nommé par le président. Et en dépit du déficit massif du budget de la France, Sarkozy entend appliquer sa promesse faite plus tôt dans l’année, de supprimer la publicité sur les chaînes publiques. Certains n’ont pas manqué de dénoncer les recettes publicitaires qu’il offre ainsi aux chaînes privées détenues par ses alliés politiques. Mais l’explication fournie par Sarkozy lui-même est peut-être plus révélatrice: la gauche n’a jamais osé le faire. Comme l’a déclaré le président: « ils en ont toujours parlé, mais sans résultats ». Et de se vanter: cette décision montre ce dont est capable le gouvernement lorsqu’il s’est décidé à agir. Si le Parlement n’adopte pas la loi controversée avant le début de l’année prochaine, Sarkozy a prévenu que la loi serait entérinée par simple décret.
Qu’au bout du compte on se souvienne de Sarkozy comme d’un grand homme, ou d’un simple exemple d’obstination et d’arrogance, l’histoire (et éventuellement ses partenaires européens) nous le dira. Les Français, pour leur part, en ont fait… leur roi.


Par Christopher Dickey et Tracy McNicoll

Traduction de David Korn

> Lire la version américaine de l’article

Les réactions des lecteurs

emachedé
Magnifique!
Un article vérité à diffuser sur la toile, sur tous les blogs, tous les sites web.
Pour que les françaises et français sachent enfin, que vu de l’extérieur, Sarkozy est encore plus critiqué qu’à l’intérieur.
Logique! La censure s’arrête aux frontières françaises.
22.12 à 10h22
Alerter
rouletabille
A mes yeux…
la seule coupable, c’est l’opposition !

Doit-on rappeler que Sarkozy a été élu au suffrage universel à la majorité ?

L’opposition – ainsi qu’il est d’ailleurs souligné dans l’article – s’est pratiquement suicidée sous les yeux de la moitié des citoyens qui ne voulaient pas de Sarkozy, passant son temps en querelles intestines alors que l’heure était à l’union sacrée devant les dérapages constatés et les atteintes à la démocratie.

Elle en portera devant l’Histoire la responsabilité.
16.12 à 22h28
Alerter

BREIZ
Au bord du gouffre?
Il saura faire un grand pas en arrière.
16.12 à 21h56
Alerter
irreverence
messieurs les censeurs bonsoir
Bien sur,une réaction anti newsweek est impensable sur ce site dédié aux réactions épidermiques et aux insultes envers certaines valeurs,même de gauche….
16.12 à 19h59
Alerter
citoyennecolere
quand?
quand réagirons nous ?
combien de temps allons nous encore subir ?
combien de temps encore allons nous rien dire, courber le dos et continuer à payer pendant que d’autres, lui en particulier, s’en met plein les fouilles et en fait profiter ses amis ?

faut il attendre que les jeunes nous montre l’exemple ? c’est à nous parents, de leur montrer la voie.
16.12 à 18h52
Alerter

Unparun
Publicité mensongère
Le titre fait croire que NS va se faire flinguer. A l’arrivée, un article plutôt équilibré. Bien loin des attaques habituelles des media français type « service public », Libé, Nouvel Observateur, presse régionale (voir les revues de presse proposées par ce site) etc.
16.12 à 18h46
Alerter
hugoclement
AVEUGLES !!!! (SUITE)
Il est l?emblème d?une France arrogante et outrageante, se croyant tout permit.

Évidement, ne comptons pas sur l?opposition pour nous remettre les yeux en face des trous. Elle est en déconfiture ! Le PS préfère s?écorcher vif lui-même, plutôt que de penser au pays. Ségolène ou Martine ; Martine ou Ségolène ?
Pendant ce temps, Sarko agit?.LUI ! et il continue à étendre son pouvoir sur le pays et les medias.

Pauvre De Gaulle?Pauvre Mitterrand?..ils doivent se demander si cela valait autant le coup de se fendre le cu? (oups pardon) la tête pendant plusieurs décennies pour arriver à ce que nous vivons en ce moment : UN PAYS TOTALEMENT AVEUGLE !

J?ai vraiment honte d?être français, de constater qu?on a élu Sarko, qu?on ne fait rien pour le virer et surtout qu?il existe encore des gens pour le soutenir !
16.12 à 15h40
Alerter

hugoclement
AVEUGLES !!!!
Pour ma part, je me demande ce que la France attend pour réagir. Elle élu un petit chefaillon à sa tête, elle sait qu?elle a fait une bêtise, mais elle ne bouge pas.
Il n?y avait pas besoin d?être voyant pour comprendre que l?on ne pouvait faire aucune confiance à Sarkozy. Souvenons-nous de sa trahison en 1995. Malgré cela, notre peuple a fermé les yeux, ou bien volontairement oublié ce qu?il s?était passé.
Notre Président est un arriviste qui se fou éperdument du pays qu?il gouverne, pourvu que l?on parle de lui.

Va-t-il falloir attendre des années pour comprendre que l?équilibre de la France est en danger, et avec elle, ses Droits et ses Libertés. Peut-être même un second mandat ?
Les US ont élu Bush à deux reprises, ce qui a causé leur décrépitude aux yeux du monde. Ils furent la risée de la scène internationale et sont boudés partout où ils débarquent. Mais nous sommes en train de faire exactement la même chose avec Sarko.
16.12 à 15h39
Alerter

PolosGorgias
Sarkosite
Le jeu de mot de la dernière phrase en anglais (free rein ? to reign.) me paraît légèrement plus sarcastique que sa traduction, comme d?ailleurs le ton général de l?article. Même si notre fierté nationale doit en prendre un coup, on ne peut guère reprocher en effet à nos amis étrangers (car la presse américaine n?est pas la seule à souligner le fait) d?être légèrement irrités par l?activisme débordant mais un peu brouillon de notre bien-aimé président. Il faudrait être aveugle de naissance (ou particulièrement courtisant) pour ne pas s?en rendre compte. Curieux, chez ce peuple qui se veut libertaire, héritier direct des Lumières, qui a guillotinés sans remords excessifs non seulement son roi et toute sa famille mais, dans la foulée, un nombre non négligeable de ci-devant et autres « déviationnistes », cette irrépressible propension à se doter régulièrement de guides prophétiques ! Nostalgie d?une grandeur révolue ou? infantilisme ?
16.12 à 14h16
Alerter
nicolapoisse
c’est le pere noel
cool, génial, euh bon on va se calmer un peu ^^.
cher(e)s moutons et moutonnes. Il serait temps pour vous de demander un cerveau capable de réfléchir au papa noël. Je vous assure ça peut servir !!!
Quand je vois tous ces guignols bloquer les lycées ça me fait marrer, quand je vois vos commentaires anti-Sarko j’en pleure de rire aussi ( à vous seuls vous pourriez faire remonter le moral des français n’empêche.) S’il vous plaît arrêtez de passer pour des paranos illettrés incapables de comprendre l’actualité.
16.12 à 14h08
Alerter
Laars
Melitsa
Les francais ont fait une révolution pour leur droits, pas pour perdre leur identité.
Sarko fait le ménage et la roue est en marche, sovez-en persuadé.
PS: les plus génés s’en iront, l’époque n’est plus au discussions stériles.
16.12 à 13h03
Alerter
sfio
Pauvre France!
Un président au bord du gouffre, du précipice, de l’abime,…?
Beaucoup des nôtres en ont été prévenus mais l’esbroufe, la vertu du crétin qui consiste pour chacun à geindre cupidement de son nombril l’emporta sur l’entendement.
Qu’un frappa dingue, au pays de Descartes soit au bord de la rupture, qu’il soit sur le point de décompenser n’a rien d’exceptionnel. La surprise est qu’il s’agit ici du président, celui-là même qui « durcit » les principes d’hospitalisation sous contrainte.
Mais le pire, oui le pire, c’est une FRANCE par terre, à genou, à côté de ses pompes, sans dessus dessous, où tout a volé en éclat, une FRANCE en dehors de son Histoire, un machin aurait dit le Général.
L’opposition quant à elle, sur son versant PS est celle qui s’est la mieux convertie à la décrépitude. Comme chez les Rougon-Macquart, chacun court après la soupe, en offrant sa plus belle danse du ventre puis du bas ventre, avant de se coucher au coin du feu.
16.12 à 12h55
Alerter
sfio
Pauvre France!
Un président au bord du gouffre, du précipice, de l’abime,…?
Beaucoup des nôtres en ont été prévenus mais l’esbroufe, la vertu du crétin qui consiste pour chacun à geindre cupidement de son nombril l’emporta sur l’entendement.
Qu’un frappa dingue, au pays de Descartes soit au bord de la rupture, qu’il soit sur le point de décompenser n’a rien d’exceptionnel. La surprise est qu’il s’agit ici du président, celui-là même qui « durcit » les principes d’hospitalisation sous contrainte.
Mais le pire, oui le pire, c’est une FRANCE par terre, à genou, à côté de ses pompes, sans dessus dessous, où tout a volé en éclat, une FRANCE en dehors de son Histoire, un machin aurait dit le Général.
L’opposition quant à elle, sur son versant PS est celle qui s’est la mieux convertie à la décrépitude. Comme chez les Rougon-Macquart, chacun court après la soupe, en offrant sa plus belle danse du ventre puis du bas ventre, avant de se coucher au coin du feu.
16.12 à 12h53
Alerter
virgo
l’opposition face à Sarkozy
Si les partis politiques d’opposition sont peu actifs en France, c’est peut-être aussi parce qu’on les empêche de s’exprimer sur les chaînes d’Etat ou les chaînes privées des copains de Sarko ! Mais il est indéniable que c’est le peuple lui-même qui se rebelle ! Darcos a abandonné (provisoirement) sa réforme, poussé par Sarko qui chie dans son froc, sachant pertinemment que sa dictature va se terminer en révolution ! Et ce sont des lycéens et des étudiants, aidés par leurs profs et leurs parents, qui ont préparé cette révolte et obtenu gain de cause ! Le grand Sarko mis à mal par des gamins ! Zorro s’est vu obligé de remettre son épée au fourreau ! Une manifestation générale est prévue le 29 janvier, vous verrez s’il n’y a pas d’opposition en France !!!
16.12 à 10h16
Alerter
bofbof
le meilleur ?
Difficile à savoir. Aucune des crises n’est terminée. C’est quand tout sera rentré dans l’ordre que l’on saura si le job a été bien fait.
Pour l’instant NS a agi, et surtout il l’a fait savoir. Là où les autres ne communiquent pas ou peu, il affiche ; allant jusqu’à raconter ses conversations privées avec les autres chefs d’Etat !
De toutes façons toute comparaison est impossible : la France n’avait pas présidé l’UE, les crises importantes (Kosovo par ex) sont loin et personne ne s’en souvient, les crises économiques étaient traitées en interne ………
Tous les Présidents ont connu des crises graves.
C’est à la fin de son mandat que l’on saura si NS a BIEN agi ou non.
16.12 à 10h05
Alerter
kabel
Agir oui , s’agiter non, et 1m58 de quel côté est-
Rien à ajouter
16.12 à 09h47
Alerter
Melitsa
à Nicolas-1er
Vous avez raison les bras en tombent devant tant d’acceptation

Et ce peuple se vante d’avoir fait la Révolution et d’avoir porté au monde les notions de liberté fraternité égalité quand en moins de 18 mois il se vautre au sol, accepte un roy qui ne laisse aucune marge de manoeuvre à ceux qui sont sous lui

Quant au palmarès EuroTribune qui a désigné le meilleur dirigeant européen de l’année en la personne du roy, il avait jusque là élu Merkel, il a mis en second Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, et en troisième Gordon Brown !!

Mettre en 3 ème position Gordon Brown en raison de la crise lui qui a été considéré comme eurosceptique jusque là, c’est dire que l’intelligence est volatile chez ces correspondants européens et qu’ils n’ont guère de vision de ce que doit être l’Europe
16.12 à 07h56
Alerter

Mark
Nicolas Sarkozy, un rival ?
Certains traits du présidents français sont effectivement bien décrits par le magazine US. On y trouve aussi, comme Alternaute vient de le signaler, des points positifs énoncés du bout des lèvres, comme pour ne pas paraître trop à charge.

Je crois en fait que ce qui horripile ce news bobo bon teint de l’Amérique bien pensante, est que ce français n’est pas français.
Je veux dire qu’il fait ou tente de faire quand ses prédécesseurs étaient en Europe des Rois faits néant, notamment Chirac. Quand on est habitué à cela, un Sarkozy hyper-président, énerve.

Ce qui énerve aussi la feuille de chou US, c’est c’est appétence française à mener le jeu, tout au moins à le vouloir. C’est aussi sa dénonciation de la responsabilité US dans l’actuelle crise financière.

Et là, Newsweek se fait particulièrement discret. Sur cette débandade des dirigeants US. A conséquence planétaire.

Comme quoi, quand on prétend se faire juge, on commence par se moucher et nettoyer ses écuries d’Augias.
16.12 à 07h06
Alerter

Ludo2
Bushisme.
Cet article a ete ecrit par un Republicain, pur et naif, une creature bushienne …
Il ignore en effet que la majorite des francais ne font pas allegeance a leur President, et ne font pas partie de la Cour du Roi.
Il ignore qu’en Georgie c’est Saatchvili qui, le 18 aout, a attaque le premier l’Ossetie en l’arrosant de missiles et provoquant la colere des Russes.
Il ignore que s’il a engage des socialistes au Gvnment c’est pour briser cette opposition.
Il ignore que si NS agace les autres puissances europeennes, c’est qu’il fait tout pour les agacer.
Cet article, debitant les idees recues a la sauce bushiste des americains sur les francais, ne vaut pas qu’on s’y attarde davantage.
16.12 à 04h04
Alerter
Royaloyal
@ Tous… surtout à gauche…
Vous les gauchistes, vous pouvez déblatérer ce que vous voulez au nom de la démocratie…
et de la « sanitude »…ooops… clin d’oeil…
mais, car il y a un mais…
Sarko est le meilleur à l’instant donné…
et pour quelques années encore…
heureusement…
j’ai dis le meilleur…
pas le parfait…
le meilleur à l’instant donné…
occupez-vous de votre (vos ?) parti(s) plutôt…
et de sa « RE »-construction…
et passez moins de temps sur ce pseudo forum à dépenser votre énergie pour quedalle…
AaaHhh ! L’internet et ses forums… le piège de la politique pour le « pseudo »-militant de base…
Restez confiant… Martine va vous arrangez cela à coup de 32 heures…
Qui dit mieux ?
15.12 à 23h55
Alerter

jena
au nouvel obs
je suis bani aucun de mes posts n est afficher .alors qu ils sont tres corrects !!!!!!!!!
15.12 à 23h38
Alerter
RealistiX
@alternaute
« Comme quoi on peut faire dire ce qu’on veut à un article… »

tout comme on peut comprendre ce que l’on veut à un article…
du nouvelobs… et seulement du nouvelobs.
15.12 à 23h00
Alerter

adnstep
A peine 57 réactions !
On les a connus plus vaillants, les antisarko pavloviens !
Sont peut être pas arrivés à lire jusqu’au bout.
15.12 à 22h59
Alerter
enzo
Nesweeck est trop généreux
en disant que pour le moment, nous avons le meilleur de sarkosy…. Ou alors son meilleur ressemble au pire de ce que nous puissions rêver pour la France ….
Pour le reste excellent analyse.
15.12 à 22h37
Alerter
RobertVnt
Combien de morts à cause de la révolution français
A vrai dire, je me demande bien quelle gloire il y a à faire l’éloge de la révolution française. Les pauvres ont piqué aux riches. Les riches se sont barrés. Les pauvres ont dû piquer aux plus pauvres. Enfin, au nom de la Démocratie on a tué beaucoup de monde, surtout ceux qui n’étaient pas d’accord. S’en ait suivi les guerres de Vendées, les guerres napoléoniennes, et peut_être la prise d’Alger… Vraiement je ne vois pas le rapport avec le Président Sarkozy. C’est sûr que des décisions sont prises et ça dérange. On était habitué à autre chose. Vous n’y pensez pas cette décision va me géner pour ma réélection, ah! bon on va faire une exception.
15.12 à 22h37
Alerter
ciceron
@ alternaute
Le plus voltairien des commentaires semble aride quelque peu. Arlos je dirais le plus gracieux et au-dessus de la mêlée.
15.12 à 22h36
Alerter
RobertVnt
Vaut mieux entendre parler de M. Madof et des orga
Voilà un article bien négatif comme on les aime. J’attend avec le plus vif intérêt un article positif sur M. Madoff, sur les organismes de contrôle, sur les subprimes, sur l’affaire EON, sur les US en Irack etc, etc. Là au moins on est entre nous.
15.12 à 22h25
Alerter
nigloo
Pas d’opposition??
Et le Peuple qui se rend compte qu’il a été berné??Ajouté à celui qui le savait déja, ça fera du monde dans la rue!!On ne peut pas prendre les gens pour des andouilles encore longtemps!!
15.12 à 21h57
Alerter
Turlute
Al1-46
Toi, t’as voté pour qui?……..non?……quand même pas?……pour………..Ségolène?…….pfffffmmmmmrrrrrrhihihihihihihihi……..houhouhouhouhouhouWAAAHAHAHAHA!!!!!!!!…arrêtes,
arrêêêêêêêêête!!!!!!!!!!!!!
15.12 à 21h41
Alerter
alternaute
@al1-46…
…c’est pas que je remets en doute tes capacités à lire un papier mais t’y as quand même vu ce qui suit , non? :

« …Tout bien pesé, c’est pour l’instant plutôt pour le meilleur. Le quotidien financier La Tribune annonçait la semaine dernière qu’un jury de journalistes internationaux couvrant les affaires européennes avait élu Sarkozy « meilleur leader européen » parmi 27 candidats. »…

Comme quoi on peut faire dire ce qu’on veut à un article…
15.12 à 21h37
Alerter

al1-46
enfin…..
….c’est moins de 53% de blaireaux prévenus, mais ça fait plaisir à lire d’autant plus que ça vient de l’extérieur…car il n’y a qu’au pays des aveugles que le borgne et roy et chez nous, en sarkozie, un borgne chasse l’autre…..
si vous voyez (d’un oeil) ce que je montre du doigt… l’index tendu de préférence !
15.12 à 21h27
Alerter
desk48
le pésident
oui, il se débrouille même très bien, notre président et je le constate sans vouloir le flatter ! je suis bluffée par son énergie et sa faculé de s’occuper de plein de choses en même temps, et de les réussir;;; non, on n’a pas à s’en plaindre à mon avis !
15.12 à 21h26
Alerter
Nicolas-1er
Newsweek
Le moins que l’on puisse dire est que le titre de l’article ne colle pas avec son contenu …
Mais là n’est pas l’essentiel.

Comment les français, qui n’ont qu’un mot à la bouche (République) pour définir leur pays, peuvent-ils vivre sous une Monarchie ?

L’opposition démocratique est en lambeaux.
L’Assemblée nationale est à la botte de Nicolas 1er.
Le Sénat est à la botte de Nicolas 1er.
Le Conseil constitutionnel est à la botte de Nicolas 1er.
Les médias grand public sont à la botte de Nicolas 1er.
Les grands patrons du CAC40 sont à la botte de Nicolas 1er.

L’hiver sera long.
15.12 à 21h15
Alerter

alternaute
Il arrive que certains…
…oublient qu’on se trouve sur le forum du Nobs…
Et que, d’un tel papier, le Point ou le Figaro auraient pu en faire une toute autre lecture et y donner un tout autre titre…

C’est une règle du jeu de base de la presse d’opinion….
15.12 à 21h12
Alerter

ciceron
Amha
Fin connaisseur du monde « anglo-saxon » dans lequel j’ai travaillé une grande partie de ma carrière, je dirais que cet article est aussi élogieux qu’il puisse être concernant un homme politique Français.

D’ailleurs mëme la photo du « Yes you must » est plutôt élogieuse présentée comme elle est dans l’article.
15.12 à 20h54
Alerter

marius_fadat
Sarkozy , c’est nous !!
Elu democratiquement par 53 Þs français ,il est notre volonté , notre enfant. Miroir de nos tares ,de notre inculture,de notre ethnocentrisme culturel et cultuel ,de notre médiocrité en tout domaine,de notre bouffonerie,de notre grande gueule,de notre petitesse intellectuelle qui au propre comme au figuré a besoin de talonettes pour paraitre plus grande,bref ,c’est pas sarko qui est au bord du goufre ,c’est nous .Sarko c’est notre embleme ,notre devise,notre drapeau ,notre histoire ,notre passé ,nos ancetres, les habitants de la gaule ,n’etaient pas des gaulois mais des gallinacés comme lui,comme nous ,bref comme tout le monde dans l’hexagone.
Sarkozy parsque je le veau bien…
15.12 à 20h45
Alerter
Laars
Dommage, c’est trop évident!
Cet article, de par son style est traduit du francais, si vous voyez ce que je veux dire.
Comme disent les américains: « nice try! »
15.12 à 20h45
Alerter
Laars
La preuve
qu’on est bien en France!
Ces deux journalistes n’aurait pas pu publier le quart de la moitié des conneries qu’ils ont raconté (ou qu’on leur a soufflé) s’il s’était agit de leur président.
En fait, j’ai un sérieux doute sur le créateur de cet article qui sonne d’une facon bien plus francaise qu’américaine.
Affaire à suivre………….
15.12 à 20h42
Alerter
Libouricou
fredo
tu sais pourquoi? et bien quand on ne trouve pas d’opposition chez soit, on va, en désespoir de cause en chercher à l’étranger.
15.12 à 20h37
Alerter
Leviathan
Melitsa
J’aime votre facon de parler au nom des Alsaciens.
A vous lire, vous représentez toujours une écrasante majorité et puis à chaque échéance, vous vous retrouvez dans le camps des perdants.
Ainsi vous aviez prédit la destitution, rien de moins, de Sarkozy et le triomphe de Royal.
Quand à l’article, il est étonnant que le fin linguiste que vous êtes ne s’indigne pas de l’interprétation très libre qui a été faite de l’article original.
il est vrai que toute vérité n’est pas bonne à dire.
15.12 à 20h35
Alerter

Noel
La chute de l’article me surprenait
qui disait : « Les Français, pour leur part, en ont fait? leur roi. »

L’original ne dit pas la même chose : « The French, for their part, have given him free rein to?well, to reign. »

Ce qui n’est pas tout à fait la même chose !
15.12 à 19h59
Alerter

fredo
jip13
Pas sur que l’avis des etrangers sur notre petit pays soit vraiment bien important, mis a part pour notre petite vanité personnelle?

Le cinéma américain continue a nous représenter avec le beret, la baguette et le litron; nous continuons a les décrire comme de cowboys bouffant du chewing gum!

Je ne sais pas si c’est une specialité francaise que de chercher a savoir comment les etrangers nous voient, mais tout de meme, je pense qu’on est dans le peloton de tete des peuples orgueilleux se prenant pour le centre du monde a bien des points de vues!
15.12 à 19h57
Alerter

skipy68
Certain rêve
A un monde selon leurs idéologies ou la place de la misère n’a rien à y faire!! Voudrait -il être la sagesse de Jésus sous une ironie de Judas???
15.12 à 19h38
Alerter
alternaute
Test…
…Y’en a n’en serait-ce qu’un qui a lu tout l’article ci-dessus ???
15.12 à 19h24
Alerter
levi-attent
@ médité !
le pouvoir n’a rien à gagner quand il pousse le peuple à comprendre qu’il n’a plus rien à perdre
15.12 à 19h19
Alerter
jip?13
La vrai question
A part le titre en français qui ne reflète pas la teneur de l’article, le contenu est assez pertinent.
Il est sain de savoir comment on est vus de l’étranger.
En attendant de connaître le jugement de l’histoire, il y a une conclusion qui est d’ores et déja bien évidente: nous ne sommes pas en République!
On aime à brandir le drapeau de 1789 et la gloire de nos grands hommes mais…
On n’est pas en république; seule différence avec les Bourbon: le monarque absolu est élu pour cinq ans. En principe, parce qu’on voit mal ce qui va l’empêcher de faire 10 ans…Ca fait long!
Et le fils est rentré dans la carrière! Il aura peut-être sa chance un jour?
15.12 à 19h05
Alerter
skipy68
daté du 22 décembre.
De quel année?????
15.12 à 19h01
Alerter
Melitsa
A President On the Precipice
Voici le titre en Anglais
« Precipice » se traduit tout bêtement par précipice, gouffre, abîme

Pour le reste, on ne cessera jamais de m’interroger sur ce bord qui sépare l’intelligence du gouffre
et ce pourquoi des fous arrivent à entraîner l’adhésion d’êtres pensants
Viktor Klemperer l’a tenté sans parvenir

Il y a l’effet de la tourmente, l’effet de la surprise mais une fois la poussière retombée que reste t il : un fou qui a subjugué et entraîné les autres

Il est minuit docteur Schweitzer car demain il vient en Alsace dans notre bonne ville de Strasbourg jouer encore les typhons
Nous porterons tous le bandeau noir qui s’apposa sur toutes les plaques de rue lorsque lepen vint à Strasbourg
15.12 à 18h44
Alerter

débabla
Ivresse des cîmes !?
En termes journalistiques, c’est une prédiction qui rejoindrait probablement l’analyse d’un psy…
Le seul danger actuel, pour Sarkosy, c’est lui!.

Plus d’opposition,
une cour à sa dévotion,
Un peuple résigné,
un pouvoir qu’il finit par croire sans limites, grisé par son succès dans la politique mode spectacle permanent.

D’où le risque de « pétage de plombs » potentiel, et imprévisible, en cas de mauvaise descente de son euphorie, qui doit se nourrir de doses chaque jours plus fortes.
15.12 à 18h37
Alerter

widerstand
de toutes les façons…
comme il est dit…je ne peux pas voir ce type en peinture.
15.12 à 18h20
Alerter
Leviathan
Les deux journalistes
….sont comme beaucoup de gens, ils sont dépassés par la personnalité de Sarko et le véritable changement et n’arrivent pas à prendre le train en marche, ils étaient moins effrayés par Bush, c’était beaucoup plus classique, ou par les derniers présidents francais, c’était beaucoup plus statique.
comme dit le proverbe. « On se moque toujours de ce qu’on ne comprends pas ».
Sarkozy n’est pas plus au bord du gouffre que n’importe quelle autre chef d’état et le Nobs a occulté une autre info, qui rapportait qu’un comité de journaliste européens l’a élu meilleur chef d’état européen (la tribune).
Il faut tout rapporter si on veut que le gens se fasse une opinion.
Sarkozy ne rencontre pas de réel opposition en France tout comme il en rencontrerait encore moins dans les autres pays d’Europe ou on ne passe pas son temps à tout contester en bloc comme le fait la gauche francaise qui sait si bien se faire hara-kiri.
Que ces deux journalistes regardent la situation économique de leur pays!
15.12 à 18h15
Alerter
anulus
E
Et si on traduisait:un président sur la brèche?Ah mais voilà!
15.12 à 18h09
Alerter
blogfinger
la paille et la poutre
excellente critique de notre president, la totale ne va pas avoir froid Sarko, mais que n’ont il pas fait le même costar au débile Bush, lors de la campagne us anti Française de la guerre d’Irak, et nous on ne se sent pas obligé de boycotter les Macdos pour offense( si quand même mais c’est permanent) , on en rigole( c’est tout ce qui nous reste n’ayant pas d’opposition credible)
15.12 à 18h08
Alerter
anulus
t
Traduction.Le mot gouffre n’apparaît nulle part.Il s’agit tout simplement du mot brink qui désigne le bord.Il y a d’ailleurs un terme Anglais brinkmanship,intraduisible,qui décrit l’art de longer un bord sans jamais tomber dans le trou.Faire preuve de brinkmanship,c’est être une espèce d’équilibriste,qui connaît l’extrême limite de ses limites.Le mot a une connotation plutôt positive.Il implique une grande maîtrise de soi,et dans ce domaine Sarkozy n’en est pas une bonne illustration.Reste que le titre est mal traduit,mais au bord du « trou »,ou un président « sur les bords »(!!!!!) aurait fait un peu fade et sans relief,ou tout simplement faux(ce n’est pas un président sur les bords même si on peut parfois le regretter) pour notre presse à la recherche d’émotions fortes.
15.12 à 18h07
Alerter
nonnon
HELP !
Réveillez-vous les Français idolatres de votre Roi…avant qu’il ne soit trop tard.

Car sinon, combien de temps faudra-t-il pour réparer la casse actuelle en France ?
Pendant ce temps là, le nombre de Français en souffrance augmente chaque jour.

Vous pourriez continuer tranquillement à baver d’admiration devant ce pseudo roi, si vous n’engagiez que vous dans votre inféodalité.
15.12 à 18h03
Alerter

ckikiviens
la bonne date
comment mettre en ligne un article de presse le 15 decembre,
daté du 22 cqfd
15.12 à 17h46
Alerter
honagre
au bord du gouffre
….poussons, poussons l’escarpolette!
15.12 à 17h41
Alerter
ciceron
Traduction du titre
Le titre de l ‘article en Anglais ne veut pas vraiment dire « Un Pésident au bord du gouffre ». La préposition employée devant le mot « precipice » n’est pas « near » or « by » or « at the edge » or « at the brink ». C’est « on ». Le titre en américain est pour moi un jeu de mot entre ‘Un Pésident au-dessus du précipice » (du genre Obama marche sur les eaux et Sarko vole au-dessus du gouffre) et « Un Président s’explique sur le gouffre au bord duquel se trouve le monde ».
15.12 à 17h39
Alerter
nicololo
laisser le temps au temps…
Un ancien président de la république, dans sagrande sagesse, n’en déplaise à beaucoup, avait l’habitude de dire qu’il falait laisser le temps au temps. Certes l’opposition, et principalement le PS, aprés le « sacre » de Sarko 1er, s’est trouvée fortement désemparée et c’est peut dire, surtout en constantant les façons de procéder du « kaiser » plutot nouvelles en politique, tou au moins à ce niveau de dirigeant ! Aprés bien des remous, des querelles et des bagarres, la démocratie au sein d’un parti s’est appliquée et le PS repart sur de nouvelles bases mais repart ! C’est vrai que dans le camp d’en face, il n’est nullement besoin de mouvement démocratique pour désigner le (?) les (?) chefs puisque le plus « grand d’entre-eux » (je plaisante) se charge de tout régenter jusqu’au moindre bouton de guettre ! Silence dans les rangs, je ne veux voir qu’une seule oreille, la mienne : c’est vous dire comment les autes se tiennent étant donné la taille du chef ! Attendons 2009, c’est dans 15 jours !
15.12 à 17h38
Alerter
anulus
O
On a beau ne pas aimer Sarkozy,ou l’aimer,il s’agit d’un article qui n’est ni négatif,ni positif,honnête,c’est tout.Ensuite,Newsweek est un bon hebdo,un peu à gauche de Time pour ce qui est de la politique étrangère.
Quand on lit cet article objectivement,on a l’impression qu’il y a 2 Sarkozy:celui de la vie privée,fier,autoritaire,puéril,vantard d’un côté et de l’autre celui de la vie politique qui réussit plutôt de qu’il entreprend,que ce soit à la tête de l’Europe ou à la tête de la France.Certes on pourrait rajouter inculte,grossier,bling bling pour décrire le personnage.Mais ce qui nous intéresse,c’est ce qu’il fait et nous verrons plus tard comment l’histoire le jugera.Ce qui sûr,c’est qu’il a réveillé le pays et que c’est un président comme nous n’en avons jamais eu.Et personnellement,je ne regrette ni Chirac,ni Mitterrand,ni De Gaulle,ni Pompidou,ni Giscard.
15.12 à 17h32
Alerter

bandingu?class=
sacha guidry
Un homme qui ne demande jamais de service à personne,finit par se faire la réputation d’un homme qui n’en rend pas.LUI N’ EST FAIT QUE PAR MOI MËME NO COM ???????????????????????
15.12 à 17h31
Alerter
AlexB.
La Tribune
« Le quotidien financier La Tribune annonçait la semaine dernière qu’un jury de journalistes internationaux couvrant les affaires européennes avait élu Sarkozy « meilleur leader européen » parmi 27 candidats. »

Evidemment, le site du Nouvel Obs n’en a pas dit un mot : seuls l’intéressent les articles de la presse étrangère critiquant Sarkozy. L’essentiel est de faire croire à ses lecteurs que le monde entier le déteste, ce qui est loin d’être le cas.
15.12 à 17h30
Alerter

Horsti
Ouvrez les yeux !
Ouvrez les yeux ! Le grand Horst Tappert est décédé ! Lui seul avait la clé du chemin du milieu vers un monde de paix !
15.12 à 17h27
Alerter
Yourii
date
mauvaise traduction:

Published Dec 13, 2008
From the magazine issue dated Dec 22, 2008
15.12 à 17h27
Alerter

VEAUDEFRANCE
Les vieux de la vieille
 » Comme quoi il faut toujours se méfier des apparences; lorsque tu vois un homme… mais qui a un bec de canard, des ailes de canard, des pattes de canard… Y a pas de doute; c’est un canard !… Et c’est la même chose pour les p’tits merdeux !  »

Réplique extraite du film « Les vieux de la vieille » avec Gabin, Noël Noël et Pierre Fresnay.

Dialogues de Mr. Michel Audiard que l’on pourrait prendre pour un extra-lucide à la lueur des exploits de notre « cher » Président.

Bonne soirée à Tous et Toutes.
15.12 à 17h26
Alerter

Youri
date
comment un article publié le 22 décembre comme indiqué dans l’article peut-il exister alors que nous somme le 15?
15.12 à 17h25
Alerter
AlfredoGarcia
Je lis
Qu’au bout du compte on se souvienne de Sarkozy comme d’un grand homme, ou d’un simple exemple d’obstination et d’arrogance,
Par l’instant je ne vois rien de grandiose, mais beaucoup d’arrogance et d’obstination
Ces Français qui, pour leur part, en auraient fait? leur roi. ils ne trainent pas dans les rues, peut-être dans la cour du roi nain
15.12 à 17h25
Alerter
ralph
Electron libre et instable
-
Un aperçu caricatural dans cette petite vidéo

http://www.fourre-tout.com/index.php/2008/12/12/918-le-clip-qui-dechire

15.12 à 17h18Alerter

Bindjouli
Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent
Article parfait

Nous ne sommes pas dupe et vous pouvez découvrir ce que je pense de tout ceci ;
Pour plus de détails, vous êtes invités à venir consulter mes contributions sur ce sujet et d?autres sur le Blog que j’anime sur le nouvel observateur.

http://critique-politique.blogs.nouvelobs.com

Cordialement
15.12 à 17h16
Alerter

amahane
sarko , pere fouettard
sarko a compris une chose , qu’il faut faire peur et sevir severement pour avoir la paix et faire comme bon lui semble
en ce moment personne n’ose lui tenir tete en france , donc il fait de ce qu’on lui a confié , ce dont il souhaite sans rien justifier à qui que soi
bien fait pour ses 53% d’electeurs
15.12 à 17h12
Alerter
Goliath
constat accablant!
Juste une petite rectification, c’est plutôt la France, ses institutions et ses valeurs qui sont au bord du gouffre… depuis un triste mois de mai 2007!

Quoiqu’il arrive, sarkozy aura eu ce qu’il souhaitait le plus au monde, à savoir diriger la France!
Maintenant, qu’il soit en disgrâce ou pas auprès des français et/ou de nos partenaires étrangers, son avenir est assuré… il a tellement déjà oeuvré pour ses amis les puissants… à moins qu’il ne termine comme César…
15.12 à 17h05
Alerter

henriette
@segolaide
L’article parle de Sarkozy, et non pas de la gauche, donc arrêtez de jeter votre venin, c’est vrai qu’à l’UMP, vous ne savez faire que cela.
15.12 à 17h03
Alerter
pipolette
Se sont les journalistes etranger qui osent dire l
Personne n’a réalisé à quel point cet homme était dangereux et entouré des pires ! Réveillez vous à gauche , allez tout casser au Ps afin qu’il cesse de prendre ce parti en otage, en laissant sarkozy et sa bande tout dessosser

Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire. Et justement, on pourrait se demander si, doté d’une telle personnalité et par les temps qui courent, il utilise cette liberté de mouvement pour le meilleur, ou pour le pire.
15.12 à 16h50
Alerter

damemarie
de quel royaume quel roi
la france est une nation .si ya un jour oposition elle viendra du peuple .la seul personne qui tient la route c est olivier besancenot .et ce jour la la france redeviendra une republique avec un president elu par le peuple .pas un roi pour ce qui es de la presse francaise ??????????
15.12 à 16h40
Alerter
nanou
Allez lire cette
interview de Sarko avant son élection:
Nouvel Obs du 26/04/2007
par Michel Onfroy (blog)
Titre: Dans la peau de Nicolas Sarkozy.
18 mois après l’interview, ça prend une tournure inquiétante…
15.12 à 16h35
Alerter
segolaide
La gauche médiocre
fait n’importe quoi pour détruire la France, heureusement Sarkozy vaincra ces déchets ! Il a déjà réduit à néant le PS… et s’en sort pas mal malgré la propagande de gauche !
15.12 à 16h31
Alerter
SYMON
Précisions
Pour information, les hebdomadaires anglo-saxons en général et américains en particuliers sont datés de leur échéance. En l’occurence 22 décembre pour une édition parue le 15.
Ensuite, on cherche en vain où le « ventilateur de l’Elysée » se trouve au bord du gouffre….
15.12 à 16h30
Alerter
guronsan
conscience
la prise de conscience des journalistes étrangers est plus pertinante voire osée, que la soupe tièdasse que servent nos journalistes bien de chez nous au maître qui les nourrit.
15.12 à 16h29
Alerter
fredo75
pas tellement d’accord
J’estime que cet article ne va pas absolument pas au bout de son raisonnement. Le titre est très fallacieux, car justement rien dans la « démonstration » ne vient étayer que Sarkozy serait « au bord du précipice », ce n’est pas l’impression qu’on retire. Donc on reste sur sa faim. Ce ne sont que des effets de manchette. D’ailleurs j’ai lu le texte en anglais, jamais la « chute finale » de l’article ne dit que les Français ont fait de Sarko leur roi, mais littéralement: « ils lui ont donné carte blanche, eh bien, pour régner ». Je trouve que c’est mal traduit, en plus.
15.12 à 16h29
Alerter
Movil
Bien vu !
Belle analyse que l’on aurait aimé lire sous la plume de journalistes de la presse française. Il est réconfortant de voir qu’à l’étranger Sarkozy ne fait pas illusion. Son caractère et ses actes sont très bien décortiqués.
15.12 à 16h19
Alerter

FPAILLE
Article du 22 décembre
neweek : nous sommes le 15 décembre, ce qui voudrait que cet article paraitra le 22 décembre ??
15.12 à 16h08
Alerter
lapinain
quel gouffre???
Je ne vois rien dans cet éloge du Sarkosysme ( gommant volontairement tous les aspects négatifs ) en quoi il est au bord du gouffre et qu’est ce qui pourrait « se retourner contre lui  » ??
15.12 à 16h07
Alerter
MELLY
rien compris
Vous,journalistes,n’avez rien compris aux Français qui n’ont pas fait de Sarkosy leur roi,mais regrettent cette erreur .Interrogez les Français,ne colportez pas la communication de l’Elysée!
15.12 à 16h06
Alerter
jaque
il a raison
sur toute la ligne,il n’a de compte a rendre à personne!!!,la critique est bonne,l’art est difficile!!!
15.12 à 16h04
Alerter

Publié dans DU VRAI JOURNALISME, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

Histoire secrète de SOS-Racisme

Posté par issopha le 22 décembre 2008

 

 

Histoire secrète de SOS-Racisme

Histoire secrète de SOS-Racisme

 

Article publié le 19 février 2005 sur oulala.net

Serge Malik est l’un des fondateurs de SOS-Racisme. Il est à la fois arabe et juif, un « faux beur », un « margarine » comme il aime se définir lui-même. Dans son livre, « Histoire secrète de SOS-RACISME » écrit en 1990 il nous livre l’arrière-plan de l’association « antiraciste » où se dissimule en réalité une manipulation politique au service du PS et de François Mitterrand.

Dans ce texte, il est question de livrer une synthèse de ce livre.

Dans les années 83-85 le racisme était à son comble : bavures policières, meurtres d’arabes et d’antillais, alliance RPR -FN à Dreux et vedettariat de Le Pen.

Serge Malik croyait au combat antiraciste comme moyen efficace pour vaincre l’intolérance, l’exclusion et les inégalités sociales. L’apparition soudaine d’Harlem Désir dans l’émission de Michel Pollac « Droit de Réponse » a été un véritable tremplin pour lui. Enfin, il a trouvé un espace au sein duquel il pourrait s’exprimer et aider les jeunes à comprendre et à se faire comprendre. Sans la moindre hésitation, il laissa tomber son métier de comédien et s’engagea à fond dans SOS.

Pendant des années, comme d’autres militants, Serge donna de tout son temps et de toute son énergie à SOS. Naïf, il n’avait pour seul moteur que le rejet de l’intolérance et du racisme.

Puis au fil des années, quand les masques tombèrent, il se rendit compte qu’il a été abusé, manipulé et utilisé au service de politiciens avides pour lesquels l’immigration et l’intégration n’étaient qu’un instrument politique.

Touche pas à mon pote n’était qu’un slogan, une valise vide. Pourtant pour des milliers de gens, c’était la promesse d’une vie différente, l’espoir de la tolérance et du changement.

Les pseudos antiracistes étaient essentiellement des organisateurs de spectacles politiques, médiatiques et musicaux. Ils ont triché et menti. Pire, ils ont contribué à la banalisation du fait raciste et ont apporté de l’eau au moulin puant de Le Pen et tout cela pour des besoins alimentaires et des ambitions personnelles.

Profondément écoeuré, l’auteur nous confie dans ce livre l’histoire de ce mirage.

Le grand patron et fondateur de SOS est Julien Dray. Au début des années 80, ce dernier était trotskiste ; il fonda le Mouvement d’action syndicale (MAS). Dans les facs et les cités, Julien Dray plus connu alors sous le sobriquet de Juju, brandissait fièrement son trotskisme pour donner l’image d’un révolutionnaire. Le MAS n’était pour lui qu’une passerelle ; en réalité il se sentait coincé dans les coulisses du monde politique, il voulait prendre un raccourci et éviter le long parcours du combattant comme n’importe quelle « limace » militante. Il troqua la casquette trotskiste peu rentable contre l’habit du militant socialiste en y apportant un formidable cadeau au PS : SOS Racisme, l’association championne de la jeunesse.

Mitterrand accourut pour donner sa bénédiction à la création de la nouvelle association. Il était heureux de rencontrer de « vrais » gauchistes et de « vrais » jeunes dont la présence à la cour témoignerait de son humanisme et montrerait à quel point ce dernier est à l’ « écoute du peuple et concerné par les problèmes sociaux » surtout qu’on était à l’époque des désillusions de l’après mai 81 et que les indicateurs socio-économiques du gouvernement Mauroy étaient catastrophiques.

Le Président mit alors tous les moyens matériels et humains du parti à la disposition de SOS. Avec le soutien de l’appareil du PS, il fallait pallier la carence médiatique et institutionnelle des mouvements beurs et vite récupérer la lutte des jeunes des cités. L’idée donc de créer une association jeune animée par des jeunes et pour des jeunes dont la fonction serait la lutte contre l’exclusion sous toute ses formes tomba à pic.

Juju commença par annihiler ses concurrents potentiels. L’action entreprise par les beurs au début des années 80 fut réduite à néant. Sans appareil national pour les soutenir, les association beurs ont vite été mis K.O. par SOS.

Pour le lancement de la spectaculaire assoce, il fallut trouver des slogans et des discours se rapprochant le plus possible des préoccupations quotidiennes des immigrés.

Une histoire montée en toute pièce que les potes vont répéter à satiété va devenir la légende de la création de SOS. Elle met en scène Diego, un black de l’assoce, présent dans une rame de métro. Une horrible vieille dame blanche cherchait son porte monnaie en jetant des regards accusateurs sur Diego. Puis tous les autres voyageurs fixèrent méchamment le pauvre Diego et des relents de lynchages se firent sentir. Heureusement que la vieille retrouva son porte monnaie ; cette histoire traumatisa le malheureux Diego qui annonça à ses potes son intention de rentrer au Sénégal. Les potes, pour garder Diego en France ont décidé de créer l’association des potes en la baptisant « Touche pas à mon pote Diego ».

Après les slogans et la légende, il fallut constituer le bureau et distribuer les rôles.

SOS fut hiérarchisée en trois niveaux. Le premier était le « palier des beurs » constitué de tâcherons : ménage, préparation des victuailles, gardiennage, tri des badges, réception, etcetera.

L’échelon d’au-dessus fut composé des « fondateurs » formant le bureau national (BN) où figuraient certains « beurs officiels ».

Enfin la tête de pyramide, triée sur le volet par Dray, fut constituée principalement par la garde prétorienne ayant fait le même parcours que Juju : la fac, la ligue, le MAS, le PS et enfin SOS.

Le choix du président n’a posé aucun problème pour Juju ; Harlem possédait toutes les qualités : il est black, sérieux, combatif et surtout malléable, obéissant et très dévoué au boss.

En effet, Harlem a suivi à la trace son maître à penser. Tous ses mouvements étaient entièrement contrôlés et maîtrisés par Juju. Les désirs de Dray étaient des ordres pour Désir. Sa supposée spontanéité lors des émissions télévisées n’était que le résultat d’un coaching intensif mené par le grand chef.

Petit à petit, Harlem le « gauchiste » sombra corps et âme dans le star system ; il découvrit les résidences secondaires et les chalets de montagnes, il rencontra le gratin mondain et tout ce qui compte dans le pays : des riches industriels, des décideurs, la « véritable » politique, le pouvoir et ses enivrants parfums ; à ce moment, l’apparat prit le dessus sur les idées.

Si le choix du président fut facile, le recrutement des beurs au sein de SOS s’avéra un vrai casse-tête et tournait carrément au casting. Il fallait que les beurs sélectionnés ne soient pas politisés et fassent « banlieues », ou, si ce n’est pas possible, il convenait de les choisir parmi les fidèles du PS d’Ile-de-France.

Ce qui rendait la tâche plus difficile encore est que Juju avait placé à la tête de SOS des membres de l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), ultra-sionistes pour la plupart et très provocateurs. L’UEJF qui, pourtant n’avait aucun projet et ne s’intéressait à aucune action antiraciste monopolisa SOS. D’ailleurs, dans un article publié dans le monde du 14 juin 1985, Philippe Bernard s’étonna de la composition de la direction de SOS qu’il trouvait un peu accaparée par des juifs.

Avec cette réputation d’association sioniste et anti-palestinienne, Juju a bien réussi à tenir les beurs indésirables à distance.

Après Paris, vint le tour de la province. Les comités locaux étaient constitués de petits groupes et le schéma de recrutement était le même qu’à Paris. La section locale devait toujours être chapeautée par des amis sûrs de Dray, fidèles et soumis. En cas de difficulté, SOS dépêchait des « commissaires politiques ». Ces derniers insufflaient « l’esprit du bureau national » aux militants, et réorganisaient les bureaux des comités en y nommant les membres sur mesure recrutés sur place. En tant qu’association du PS supervisée par l’Elysée, SOS a systématiquement utilisé les implantation locales du PS et de la Ligue en combattant durement les initiatives provenant du PCF, parti pour lequel Dray voue une haine viscérale (d’ailleurs c’est l’une des raison pour lesquelles Dray déteste le MRAP, association proche du PC).

Le « centralisme démocratique » de la SOS faisait que l’information ne circulait que dans le sens Paris-province et jamais entre les différents comités. Tout devait transiter par Paris, enfin disons par Dray.

Les fonctions des militants se limitaient à organiser des actions spectaculaires, des manifs, des grèves, des « dîners parrains » et autres, à prendre contact avec la galaxie médiatique, artistique et intellectuelle, à préparer le journal Touche pas à mon pote, à toujours donner à manger aux médias et provoquer des « affaires » même avec des éléments peu fiables…

Les potes ne devaient poser aucune question ni sur le fonctionnement politique, administratif et financier de SOS, ni sur les manipulations électorales, ou la fabrication des adhérents en nombre presque illimité, et encore moins sur les rapports, mandats et titres bidons. Le chef a bétonné son Bunker avec tant de soins que tout contestataire était vite isolé et sa tentative était par avance vouée à l’échec.

Le carnet d’adresses bien rempli de Juju, son réseau bien établi et ses soutiens nombreux rendaient son bastion intouchable.

Les francs-maçons furent parmi les premiers alliés de SOS. Il y avait aussi des grands industriels proche du PS comme Christophe Riboud ou Pierre Bergé ; ils firent des dons et introduisirent SOS dans le monde des affaires. Mais l’aide la plus précieuse fut celle des trois organisations proches du PS : la MNEF, la FEN et la CFDT.

Les principaux collaborateurs de l’Elysée à SOS étaient Jean-Louis Bianco, Jacques Attali, Jack Lang et d’autres. Ils fournirent à SOS les « parrains » : Guy Bedos, Yves Simon, Simone Signoret, Coluche, Pierre Bergé, et cætera. De plus, SOS avait profité largement des services offerts par Gérard Colé et Jacques Pilhan, principales figures de communication de Mitterrand.

Dès le début, Le Matin de Paris et le Nouvel Obs étaient acquis à la cause. Le mensuel Globe a été le plus fervent supporter des potes. Dirigé par Georges-Marc Benamou, un proche de Bernard Henry Levy (BHL), le mensuel a lourdement fardé l’assoce pour l’aider à ne pas être perçue comme une officine du PS.

BHL fut l’un des tout premiers à se précipiter pour proposer « spontanément » ses services aux potes. Le « philosophe » et Marek Halter ont joué un rôle décisif dans la médiatisation en profondeur de SOS. BHL parrain, puis initiateur de l’agence de presse SOS, a ouvert l’association sur d’autres mondes de la politique et a provoqué sa rencontre avec beaucoup d’intellectuels.

Au début, le quotidien Libération était très critique vis-à-vis de SOS. Les deux journalistes Favereau et Beau confirmaient l’antinomie SOS-Beur. Ils dénonçaient l’absence de légitimité de SOS vis-à-vis du mouvement beur et l’influence grandissante de l’UEJF dans les instances dirigeantes de l’assoce. Ne voulant pas changer de ligne éditoriale, les deux journalistes furent donc priés de s’intéresser à d’autres sujets ! Et deux autres journalistes tout « neufs » sortis du chapeau magique, prirent la relève.

Depuis, les liens avec Libé changèrent radicalement et le quotidien devint l’un meilleurs soutiens de l’assoce.

Le premier concert fut produit par Sylvain Moustaki et Eric Basset. Le choix n’était pas un hasard ; en effet, Erik Basset était socialiste et ami de Jean-Marie Le Guen, alors premier secrétaire de la fédération de Paris du PS. Pour la réussite du concert, le Président de la République et son Premier ministre vont faire intervenir leurs collaborateurs auprès des grands donateurs potentiels : des entreprises publiques et certaines grosses sociétés privées furent sollicitées d’apporter leur aide à SOS.

D’émission en émission, de spectacle en spectacle et de concert en concert, SOS a réussi à s’imposer comme une icône de la vie politique française.

L’immigration et l’intégration n’ont jamais été une cause pour SOS et ses promoteurs mais seulement une couverture pour un certain nombre d’activités moins nobles et plus politiques : L’antiracisme étant une affaire juteuse, un bon filon.

Les fanfaronnades de SOS contre le FN n’ont jamais empêché ce parti de prospérer ; au contraire l’assoce fut un tapis rouge emprunté par le parti d’extrême droite pour passer de l’ombre à la lumière. L’émergence du FN dans le champs politique a affaibli le RPR ce qui facilita la réélection de Mitterrand.

L’UEJF fut rassurée : le « danger » de l’émergence d’une élite politique beur autonome susceptible d’être sympathisante de la noble cause palestinienne est écarté.

Dray, Harlem, Boutih et toute la garde prétorienne furent largement récompensés : des postes et des prébendes furent distribués par le PS sans compter.

Par contre, les beurs sur le dos desquels ce mirage s’est monté, moisissent toujours dans leurs cités délabrées et se débattent encore dans leurs problèmes récurrents.

Histoire secrète de SOS-Racisme, Serge Malik, 1990, Albin Michel

L’autre mirage

Le phénomène SOS n’a été qu’un feu de paille et son parcours s’est achevé en cul-de-sac. Les manipulateurs fourbissent leur nouvelle arme en allant puiser dans la décharge des idées coloniales : « libérer » la femme du « joug de l’homme indigène brutal et barbare ».

Les marionnettes de « ni putes ni soumises » sont les nouveaux indigènes médiateurs. Le statut du beur se mua de victime en violeur, tortionnaire de ses sœurs, nazillon, antisémite et intégriste voire dangereux membre potentiel d’Al Qaeda menaçant la république et la laïcité.

Ainsi de « Touche pas à mon pote » on passe à « Casse la gueule à mon pote ».

Cette nouvelle supercherie est non seulement sponsorisée par les proxénètes de la finance, de la politique des médias et du show-biz mais malheureusement elle est aussi soutenue par d’autres victimes manipulées.

A suivre…

Publié dans CARNETS d'IMPOSTURES, DU RACISME EN FRANCE | Pas de Commentaire »

L’affaire Zemmour : A propos de sa Réhabilitation des « races » sur Arte ( Novembre )

Posté par issopha le 17 décembre 2008

 

 

L’affaire Zemmour

PAR Bernard Langlois

jeudi 11 décembre 2008

 


Qui fait métier d’écrire ne se fait pas que des amis. Sauf à ne traiter que de sujets consensuels, la plume trempée dans l’eau tiède.

Le bloc-notes, genre par nature subjectif et volontiers provocateur (qui vise à provoquer des réactions), expose particulièrement son auteur. En prenant ici la défense d’Éric Zemmour, journaliste (au Figaro) et écrivain qui se revendique « de droite et réactionnaire », je tends des verges pour me faire battre.

Et je me situe en porte-à-faux par rapport à bon nombre de gens que j’estime.

Mais pourquoi voler au secours de Zemmour, qui dispose d’assez de tribunes et de moyens de se défendre tout seul ? Parce qu’on ne se contente pas, comme il serait admissible, de contester au nom d’arguments scientifiques son affirmation de l’existence des races – ce qui relève du débat ; mais parce que, du fait de cette conviction par lui exprimée lors d’une de ces émissions de télé-bla-bla comme il y en a tant [1] et réaffirmée depuis, certains lui font un procès en racisme que je trouve infondé et vont, pour les plus véhéments (certaines associations comme le Mrap ou SOS Racisme), jusqu’à exiger son éviction des studios de télévision où il a son rond de serviette  [2].Une vraie chasse à l’homme. Inacceptable. Mais, au-delà de la personne de Zemmour et du procès qui lui est fait, je trouve la controverse intéressante sur le fond : faut-il, parce que des généticiens ont démontré que les différences entre les divers types humains étaient infinitésimales et que la notion de race n’était donc pas pertinente d’un point de vue scientifique (ce qu’on ne discute pas), faut-il interdire l’usage d’un mot qui, pour le plus grand nombre, exprime simplement une réalité sensible ?

Est-il donc raciste de parler de races ?

LA TERRE EST PLATE

Les races n’existent pas car, d’un point de vue génétique, on ne peut prouver leur existence, soit. Le mot « race » doit donc être rayé tout à la fois du langage courant, des dictionnaires et des déclarations des droits de l’homme, qui affirment que « nul ne doit être discriminé en raison (notamment) de sa race ». Peut-être en raison de mon âge, peut-être parce que je vis dans un milieu rural (et une vraie campagne bien bouseuse, proche de ce plateau de Millevaches où je vous affirme qu’on trouve plus de cul-terreux – j’emploie ce mot avec tendresse – que d’ultra-gauchistes !) et parce qu’il est parfois déjà bien difficile, ici ou ailleurs, de contrer des préjugés racistes et xénophobes assez tenaces, je trouve imbécile de décréter ainsi le bannissement d’un mot que des millions de gens ont appris à l’école communale et qu’ils emploient couramment pour désigner ce qui leur apparaît comme l’évidence : il y a des blancs, des jaunes, des noirs, des rouges ; ce sont des races différentes, composantes d’une même espèce humaine, différentes d’apparence mais non de fond et toutes également respectables et disposant des mêmes droits. Où est donc le racisme dans cette définition relevant du simple bon sens ? Je sais ce qu’on m’objectera : il arrive que nos sens nous « enduisent » d’erreur, comme disait l’autre ; et nous avons longtemps cru, en leur faisant confiance (à nos sens), que la terre était plate. Certes.

Je vais vous faire une révélation : la terre est bien plate, même quand ça monte. C’est la Terre qui est ronde.

GAMME CHROMATIQUE

C’est une maladie de l’époque de s’en prendre aux mots. À croire qu’ils font peur. Comme s’ils étaient en eux-mêmes porteurs de charges explosives. Aide-t-on plus souvent les non-voyants à traverser les rues qu’on ne le faisait naguère pour les aveugles ? Est-on plus respectueux des techniciennes de surface que des femmes de ménage, des préposés que des facteurs, et est-il moins raciste de dire (attention : blague, pas taper !) un « oiseau de couleur » plutôt qu’« un aigle » ? Le mot « race » est donc devenu tabou, indépendamment du sens qu’on lui donne et de la manière dont on l’emploie. Mais comme il faut bien tout de même arriver à se comprendre, on parlera de « type », ou d’« ethnie », voire de « gamme chromatique ». Chez les chaussettes à clous, par exemple, où le maintien de l’ordre exige qu’on puisse caractériser les suspects. On apprend ainsi par l’AFP que dans un projet de rapport au ministère de l’Intérieur du « groupe de contrôle des fichiers » (sous la haute autorité du criminologue fraternellement connu Alain Bauer), on propose l’expérimentation d’un fichage « combinant la couleur de la peau et l’origine ethnique ». Et l’agence ajoute cette précision cocasse : « La question qui a fait l’objet de débats concerne la manière de caractériser une personne : doit-on utiliser l’appartenance vraie ou supposée à une origine ethno-raciale ou plutôt se servir d’une gamme chromatique ? » On imagine le rapport du brigadier lambda : « L’un de suspects avait une peau blanche tirant assez nettement sur le rouge violacé ; son complice était jaune, avec de nettes nuances de brun sombre faisant penser à un individu aux origines probablement subtropicales. » [3] Amis policiers, quand vous partez en opé (arrêter chez lui un directeur de journal, par exemple), n’oubliez pas d’emporter, outre menottes et Taser, votre mesure-gamme chromatique réglementaire.

DE ZEMMOUR À DEVEDJIAN

Laissons là « l’affaire Zemmour » (qui n’est du reste une « affaire » que dans un périmètre restreint ne débordant guère le périphérique parisien) pour dire deux mots du nouveau ministre Devedjian. Je vais aggraver mon cas. Patrick Devedjian ne faisait plus l’affaire, aux yeux de l’Omnipotent, à la tête du parti majoritaire. On (le Prince) choisit donc de le sortir par le haut, comme il convient à un fidèle de toujours  [4]. On (le très haut de l’Élysée) imagina donc de créer à son intention un ministère nouveau, sans administration propre, budget ni attribution précise, un ministère in partibus, en quelque sorte, comme il existe des évêques de même étoffe. Le voici donc ministre du ramassage des balles et de la relance, quelque chose comme ça. Du coup, ça défouraille et ça tire de partout ; on rappelle cette vieille histoire archiconnue qui fait tache sur son CV : son engagement [5]dans un mouvement d’extrême droite musclée, Occident, dans les années 1960. Il avait 19 ans, il en a 64. Et a reconnu depuis lurette s’être fourvoyé dans une aventure politique qu’il considère comme « une erreur de jeunesse ». Faut-il vraiment encore et toujours ressortir cette vieille histoire ? Je suis de ceux qui pensent qu’un homme a le droit d’évoluer.

Fin des provoc’ : à vos martinets, j’incline vers vous, lecteurs courroucés, mon dos que j’ai large et jusque cette partie basse de mon individu qu’on dit charnue.

LE PÈRE DE MARTINE

Un livre, pour finir : dès la première ligne, l’auteur [6], Martine Storti, révèle ce qui a fondé ses engagements de toute une vie : « Ton père est un con, il n’a pas su se débrouiller. » Une phrase entendue quand elle était adolescente et qui ne l’a jamais quittée (elle a la soixantaine).

Sur la page de garde de l’Arrivée de mon père en France (c’est le titre de ce « récit »), la citation de Balzac en exergue éclairait déjà le propos : « Il serait mort vingt fois avant de solliciter quoi que ce fût, même la reconnaissance des droits acquis. » (La Duchesse de Langeais). Il sera donc question d’un père, venu de l’étranger (en l’occurrence l’Italie), d’origine modeste, et qui resta toute sa vie l’humble ouvrier ajusteur qu’il était à ses débuts : c’est du reste sans doute d’avoir trop respiré d’amiante que Matteo est mort prématurément d’un cancer de la plèvre, comme tant d’autres, à une époque (1970) où le scandale n’avait pas encore éclaté. Ouvrier toute sa vie, non qu’il fût con, mais parce qu’il était fier. Et ce n’est pas du tout la même chose. On apprend bien plus avant dans le livre qui s’est permis de porter ce jugement sans nuance sur un homme devant sa fille : c’est la propre sœur de Matteo, Lucia, donc la tante de Martine. Or, il se trouve que Lucia et Gino, son mari, sont aussi les employeurs de ce Storti, du même village que lui et pas mieux lotis, qu’ils l’ont précédé en France de quelques années à peine, qu’il les a rejoints pour bosser avec eux dans ce qui n’était alors qu’un atelier installé dans un sous-sol de banlieue (Colombes), où ils n’étaient qu’eux trois à œuvrer, et qui est devenu au fil des ans (avec une accélération assez nette entre 1940 et 1945…) une usine de 2 000 personnes aujourd’hui. Ils ont partagé la même mouise, le même acharnement au travail : les patrons sont devenus riches, propriétaires, outre de leur belle demeure banlieusarde, d’une villa sur la Côte et d’un manoir solognot, et roulent en Chrysler (faut ce qu’il faut) : Matteo, Thérèse et leurs deux gamines sont toujours restés locataires et ont attendu 1958 pour pouvoir s’offrir une Citroën d’occasion. Pourquoi n’avoir pas quitté « cette putain d’usine » ? En l’absence de certitudes, plusieurs réponses possibles évoquées, dont la plus solide semble être la présence de la nonna, la grand-mère, garante de l’unité familiale, logée dans la belle villa de l’oncle-patron qui jouxte l’entreprise et à qui son père rend visite chaque jour en sortant du turbin… « Ton père est un con… » ; et Martine s’interroge : « Ai-je compris que ma tante m’avait donné ce jour-là la clef du fonctionnement réel de la société réelle ? » Sans doute. Ne la quittera plus jamais en tout cas cette conviction que « derrière le fric, la fortune, il y a toujours de l’exploitation, de l’humiliation d’autrui, que la richesse est toujours injuste, illégitime, qu’elle est une faute ».

Je ne vous ai livré là qu’un aspect de ce bel ouvrage – beau dans l’inspiration comme dans l’écriture – qui n’est pas seulement un hommage filial réussi et l’itinéraire reconstitué d’un père dont elle ne sait au fond que peu de chose, non plus qu’un règlement de compte (encore que Martine ne dénie pas ce dernier aspect), mais aussi une réflexion, nourrie de rencontres et de choses vues sur le terrain (où la pousse ce besoin de sentir les choses qui n’a pas quitté l’ancienne journaliste : à Calais ou Lampedusa pour aujourd’hui, ou, pour hier, à Pithiviers ou Beaune-la Rolande, où se dressaient ces camps pour « israélites », comme on disait sous Vichy), sur l’immigration en général, ses douleurs, ses humiliations, sur l’engagement, l’héroïsme ou la lâcheté, voire la saloperie ambiante. Avec, depuis les vingt dernières années du XXe siècle et la première décennie du XXIe, la remontée d’une idéologie de l’exclusion et du verrouillage qui a résisté à tant de vains contre-feux que l’on doit bien constater, Sarkozy regnante et la gauche en charpie, « une défaite idéologique quasi totale ». Triste ce bouquin ? Non, car aussi traversé de rires, de chansons, d’opéras et de cuisine italienne (« les raviolis doivent se reposer une nuit entière »). Grave, oui. Sans compter cette érudition discrète, offerte sans être jamais plaquée : de Beauvoir à Saint-John Perse, de Proust à Zola en passant par Apollinaire (« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants… »). Si m’en croyez, lisez Storti, vous ne serez pas déçus [7].

Notes

[1] « Paris-Berlin : le débat » du 13 novembre sur Arte.

[2] Notamment dans l’émission de Laurent Ruquier sur France 2, où il chronique les livres en tandem avec Éric Naulleau, ou sur I-télé, où il converse régulièrement avec Nicolas Domenach.

[3] À lire sur le site de la LDH Toulon : « Alain Bauer et les quarante fichiers de police »

[4] Dans les affaires ou en politique, un « fidèle de toujours » est quelqu’un qui vous a vu grandir et sait sur votre compte tant de choses gênantes ou compromettantes qu’il vaut mieux le garder au chaud.

[5] Avec ses copains Alain Madelin et Gérard Longuet, notamment.

[6] Ou préfères-tu « l’auteure », Martine, toi que je sais féministe, mais qui est aussi inspectrice de l’Éducation nationale ? Perso, je trouve cette féminisation hideuse…

[7] L’Arrivée de mon père en France, Martine Storti, éditions Michel de Maule, 220 p., 20 euros.

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27 Messages de forum

  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 10:40, par Patrice GUILLAUME

    Merci beaucoup pour cet article, Bernard Langlois et ce, à plus d’un titre. Dans les années 64-65, nostalgique de l’Algérie Française, j’ai navigué dans la mouvance de l’ex-OAS et militait chez les étudiants nationalistes ! Appartenant à la frange « socialiste » de l’extrème-droite, en 68, cohérent avec moi-même, j’ai pris parti pour les ouvriers et étudiants. Après quelques années de pérégrination dans les Comités d’action, dans la mouvance anar et gauchiste, je me suis syndiqué CGT et aie rejoint le PCF sur des bases philosophiques et non celles du programme commun. Depuis, j’ai participé à tout ce que j’ai pu : luttes syndicales, sociales, féministes, antiracistes …..bref un bon petit soldat ! Alors, si je n’aime pas Devedjian, vous comprendrez que je ne n’admette pas que l’on puisse lui reprocher son passé d’autant plus qu’il l’assume. Quant à Eric Zemmour, qui n’est pas bien évidemment ma tasse de thé, je me suis senti bien seul à ne pas trouver de quoi fouetter un chat !

    D’ailleurs j’ai un critère de jugement : je regarde ce que dit et fait le MRAP et j’envisage aussitôt avec intérêt la position adverse, compte tenu des thèses communautaristes du très réactionnaire Mouloud Aounit !

    Cà ne marche pas à tous les coups, mais çà stimule la réflexion !

    Cordialement

    Patrice Guillaume

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  • Oiseau de couleur vs aigle

    11 décembre 11:07, par JR

    J’ai relu trois fois la blague avant de la comprendre… Délicieuse. Continuez à penser à rebrousse-poil de notre pensée trop unique et de secouer nos idées si bien reçues, même de gôche !

    Voir en ligne : http://abcdetc.wordpress.com

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 11:43, par J

    Mais ça va pas la tête ?

    D’abord, as-tu vraiment, toujours, besoin de préciser la couleur de peau des gens dont tu parles ?

    Ensuite, j’ai du mal à comprendre comment, dans un même article, tu peux écrire « Les races n’existent pas […], soit. » et « ce qui leur apparaît comme l’évidence : il y a des blancs, des jaunes, des noirs, des rouges ; ce sont des races différentes […] »

    Mais nom d’un chien, tu viens de le dire : y’a des Blancs, des Jaunes, mais ce ne sont pas des RACES, puisque ça n’existe pas ! Ce sont… des couleurs de peau. Point. D’ailleurs, viens dans mon quartier, tu feras moins le malin, tiens, avec tes cinq couleurs, à déterminer si mes voisins sont plus blancs que noirs ou plus gris qu’olivâtres (quant à leur nationalité, tu serais surpris !)

    En plus, tu feins de négliger que ce mot, race, comporte deux aspect : non seulement une série d’apparences (la couleur de peau, la forme du nez, le type de cheveux), c’est ce à quoi tu fais référence, mais encore une appartenance ethnique (Blacks = Africains. Jaunes = Asiatiques), qui est désormais une vision PÉRIMÉE du monde, dans les sociétés occidentales en particulier. Le mot race n’est donc pas bien adapté à ce que tu veux dire.

    En prime, le mot race implique parfois un troisième aspect, carrément contestable, de généralisation abusive (Noirs = Africains (d’ailleurs l’Afrique est un pays) = sont pauvres et vivent dans une case et pile du mil. C’est la charnière entre racialisme et racisme, quelque chose comme ça).

    Ce deuxième, voire ce troisième, aspect fait partie intégrante du mot race, et quand tu emploies le mot race, il est entendu et reçu par tes interlocuteurs… Et ils t’assimilent à Eric Zemmour (alors qu’on sait bien que ce n’est pas le cas). C’est pas cool.

    Enfin, faut-il y voir un effet de génération (j’ai trente-cinq ans) ? Pour moi, le mot race fait référence, avant les nobles intentions de la déclaration universelle des droits de l’Homme (le mot n’est PAS dans les déclarations françaises des droits de l’Homme), avant l’article 13 du Traité sur l’UE, aux … Nazis et à leur sinistre vision de l’humanité. Alors du coup, oui : pour moi le mot race, tel que je viens de tenter de décrire, est un mot odieux, et je l’évite

    Voilà. à ton service pour débattre.

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 13:32

    Je suis relativement abasourdi par cet article. L’auteur fait semblant d’ignorer que derrière l’expression « race noire » se cache toute une batterie de préjugés ou de filtres d’appréhension de l’autre permettant de le classer dans une catégorie d’indvidu. Il ne nous fera pas croire qu’il n’y auucne différence entre « cet homme est de race noire » et « cet homme est de race « couleur de cheveux blond »". Derrière le mot race, il y a une première évaluation ou jugement de la personne qui est en face de nous. Est-ce d’ailleurs pour rien si Zemmour glisse très facilement du classement en races au classement et à la hiérarchisation des cultures ??? L’auteur fait semblant d’ignorer que la race noire ne désigne rien. Que ferons nous des metis ? Des personnes plus ou moins foncés ? Un enfant de Viet Namienne et Sénagalais, sera classé et décrit comment par MM. Zemmour et Langlois ? De race caca d’oie ??? (je précise que je suis métis). On ne s’en prend pas aux mots mais à ce qui, comme tous les mots, est transporté par ces mêmes mots :préjugés, évaluation de l’autre, etc. Autre stupidité (pardon, mais c’en est une) : pourquoi ne pas tolérer « mongolien » ou « négro » ou « bougnoule » parce que les gens, les gens de la France profonde ou les jouralistes réactionnaires (oui, il est un temps où l’on peut se vanter d’être réactionnaire), mais pas qu’eux, utiliseraient ces mots ? Ok pour , ou plutot contre, la chasse aux Zemmour, mais il y a des causes plus importantes que la défense des pseudo-généticiens du Figaro. Sans rancune.

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 14:11

    Un chat est un chat.

    Un noir est un noir, un blanc est un blanc, un mulâtre (noir x blanc) est un mulâtre, et un métis (indien x blanc par exemple), est un métis.

    Il y a aussi des jeunes, et il y a des vieux. Tous ces idiomes se valent, et désignent un type précis d’individus.

    Concernant les races, il y a des races d’oiseaux, de chats, de chiens… et ces animaux sont alors très peu différenciés génétiquement, comme les races humaines, et pourtant ils sont eux aussi distingués par leur nom car ils ont des traits divergents (couleur, taille, longueur des pattes ou du museau, forme du bec etc.). Rien ne vient permettre d’estimer une de ces races aux dépens de l’autre. Alors… Où est le problème ? Race est un terme qui, employé sainement, est sain. Vieux également. Je préfère de très loin « vieux » à l’horrible et condescendant « petits vieux » !!! Utilisons donc les mots sans y mettre sans arrêt des complexes qui n’ont pas lieu d’être, ou nous y perdrons non seulement notre latin, mais aussi notre Français (le processus est déjà bien entamé).

    La dénégation, le mépris, semblent bien plutôt résider dans la pensée de qui utiliserait le mot race dans cet état d’esprit. PAS dans le mot lui-même. Je n’ai aucune réticence à parler de race, ni de vieux, ni de chats. Que l’on parle de race blanche et de race noire ne me gêne absolument pas. C’est clair, et en aucun cas irrespectueux pour qui que ce soit, ni pour les blancs, les noirs, les jaunes, ni pour les vieux, ni pour les chats.

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 18:37

    Il est triste et navrant de voir à quel point la pensée unique de gôche empêche la réflexion et la pensée individuelle. On croirait presque assister aux débats internes du PCF. Si j’ai bien compris les estimables antiracistes s’exprimant sur ce Blog, un noir est un membre de la race humaine de couleur noire. Finalement la blague de l’aigle, ce n’est pas une blague !

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 20:05, par Encore

    Et un nègre est nègre ? Qui est choqué ? Dans mon village, on les appelle comme ça depuis des années, alors ne luttons ni contre les mots ni contre les idées qu’ils véhiculent.  » Rien ne vient permettre d’estimer une de ces races aux dépens de l’autre. Alors… » Alors ? Monsieur ne sait pas que l’on sélectionne ou croise des races de chien, de chat , de veau parce que l’on prétend que certains ont plus de valeur (esthétique ou de rendement) ??? Oui, à bas le politiquement correct, la bien pensance, et revenons 50 ans en arrière, c’était tellement mieux pour les personnes que les droits de l’hommistes veulent défendre à tout prix !!!!!

    Ps : Un mulatre ?? Oui, c’est bien le problème ! En Amérique, ils classaient les gens en fonction de leur croisement : mère blanche x père noir= ? père blanc x mère blanche =….Et ainsi de suite pour tous sauf……les blancs ! Un chat est un chat ????

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 22:09, par Marguerite Bialas

    Enfin des paroles raisonnables à propos du mot « race » qu’en effet, on n’ose plus prononcer (cf. ce qui est arrivé à Eric Zemmour). J’adore la référence aux déclarations des droits de l’homme dans l’article de Bernard Langlois !

    J’encourage vivement B L à rester libre de ses pensées et je le remercie de les partager avec nous.

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 10:42

    Tu n’as rien compris du tout.

    Un Noir est un Noir, il n’y a rien d’autre qu’on puisse en dire. Il ne fait pas partie d’une quelconque « race » noire (ou semi-noire, ou marron, etc), PUISQU’IL N’Y A QU’UNE SEULE RACE, CHEZ LES HUMAINS, et c’est la race humaine !

    PS : l’article « race humaine » de wikipedia est très bien fait…

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  • Genre humain

    12 décembre 12:41, par dom

    La Haute Autorité en Santé (HAS), organisme public d’expertise scientifique, dans un rapport de 2006 concernant la mesure de la densité osseuse des populations(ostéodensitométrie), conclue qu’il vaut mieux, concernant les facteurs de risque favorisant l’ostéoporose, être (textuellement) homme de race noire ou hispanique que femme de race blanche ou asiatique.

    Aussi provocatrice que Zemmour la HAS ? Quoi ? On aurait laissé publier ce texte sans y opposer de bronca ? Discriminer ainsi les hommes, les femmes, les noirs, les asiatiques, en fonction de la qualité de leur ossature…… scandaleux !

    Exigeons l’annulation de l’article 19 de la DUDH, et inquiétons la HAS et Zemmour pour ces opinions inacceptables qu’ils cherchent à répandre par delà les frontières et par tous les moyens. Oui, lançons nous dans la chasse à l’homme qui ose tout et surtout manipuler les mots interdits.

    Et dans notre soif, raisonnable, de justice et de vérité universelle, lançons nous aussi à l’assaut de l’article 18 de cette satanée DUDH qui permet à des types comme Devedjian de changer d’opinions comme de chemise, finie, abolie, écrabouillée la liberté, ignoble, de changer de convictions !

    En avant pour une civilisation uniformisée, dans les tons bien grisâtre, sans aspérité, où il ne sera plus question de peindre du blanc sur du noir ou du noir sur du blanc merde à la fin, où il ne s’agira plus de se révéler les uns les autres mais d’être tous, au garde à vous. De la pensée unique.

    Nous serons alors tous caca d’oie.

    Et ce sera chouette.

    Voir en ligne : http://uneepoqueformidable.unblog.fr/

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 13:13, par Charp

    Je connais mal l’affaire Zemmour, mais assez pour estimer qu’il faut combattre ce genre de personnages : en voulant réhabiliter le mot « race », il cherche clairement à réhabiliter au moins certains préjugés racistes, à entretenir la division des peuples, si utile aux pouvoirs.

    Seulement s’il peut se permettre de le faire de manière aussi détournée, c’est aussi parce que certains confondent lexicographie et combat contre l’injustice.

    En soi, et par d’autres, le terme de « race », pour être dépourvu de fondement biologique, n’est pas dépourvu de sens : un être discriminé pour sa race l’est précisément pour appartenance à une collectivité supposée sans fondements biologiques.

    A ces frileux du langage, je préfère l’attitude d’Aimé Césaire et Senghor qui, plutôt que de s’effaroucher du mot « nègre » s’en firent un drapeau.

    Voir en ligne : Négritude

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 14:52, par Augustina

    Monsieur,

    « [...] faut-il, parce que des généticiens ont démontré que les différences entre les divers types humains étaient infinitésimales et que la notion de race n’était donc pas pertinente d’un point de vue scientifique (ce qu’on ne discute pas), faut-il interdire l’usage d’un mot qui, pour le plus grand nombre, exprime simplement une réalité sensible ? Est-il donc raciste de parler de races ? ».

    1°) Comment se fait-il alors que malgré une démonstration indiscutable, on continue de faire usage du terme de race pour faire une discrimination de fait. C’est-à-dire que le fruit de la recherche biologique est du côté du réel, alors que sa négation est du côté de l’imaginaire. Il y a bien une confusion de registres qui crée une « apparente » polémique, « la réalité sensible » dont vous parlez se situe du côté de l’imaginaire et ne peut donc relativement à la démonstration scientifique n’avoir de valeur de vérité qu’imaginaire : il s’agit d’un glissement de champs, d’une métonymie.

    Imaginons maintenant que quelqu’un vienne nier un autre réel, l’existence des chambres à gaz… Il se situerait dans une réalité sensible parce-qu’il ne les a pas vues de lui-même, qu’il n’a pas assisté à l’exécution massive dans les chambres à gaz…

    2°) Est raciste celui affirme l’existence de races humaines et ce depuis la découverte qui démontre exactement le contraire. Il ne s’agit pas d’interdire un mot mais de reconnaitre un raisonnement négationniste.

    Au plaisir de vous lire. Augustina Bourrelly

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  • Pas science.

    12 décembre 16:03, par Minima

    M’enfin Bernard, tu torpilles toi même ton billet d’humeur…

    Tout en t’en gardant, quelque part, tu opposes la science à ce qui s’apparente à de la « compréhension naturelle des choses »… pour terminer en beauté par cette assertion que la Terre est ronde !!!

    Question de « bon sens » : les races existent de fait (avec des limites) et la Terre est ronde…

    Ben non. Les deux sont du propos de comptoir : facilement compréhensibles par tous mais rigoureusement incorrects.

    Je ne reviendrais pas sur le fond de ton bloc-note, j’en comprends l’idée générale sous-tendue, mais là, tu t’assassines tout seul sur la fin : trois malheureuses petites lignes qui décrédibilisent l’ensemble.

    Je sais, ton billet d’humeur n’a pas vocation à être scientifique… … mais quand même, « la Terre est ronde » !!! Tu me la copieras celle là !

    Sylvie Séquier

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 16:23

    Il me revient à l’esprit que les etres humains semblent devoir être prochainement catalogués en type (caucasien, etc… dont un très méchant)

    Ensuite, il me souvient de ces abominables truands au teint basané (cf nord de l’Afrique) qui font si peur à la France profonde au même titre d’ailleurs que les délinquants de type maghrébin (je l’ai retrouvé).

    On voit bien que la lutte contre les mots ne suffit pas, ce qui convient c’est de lutter contre les causes !

    Continuez camarade Langlois !

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 21:15, par Jean-Yves Vlahovic

    Provocation ?

    Perso, je trouve l’article de Bernard Langlois très provocateur (ce qu’il assume, tant mieux). Pourquoi vouloir défendre tout prix Zemmour, qui ne sait plus ni quoi dire ni quoi faire pour montrer qu’il existe ? Il bénéficie de suffisamment d’appuis dans le milieu médiatique pour vouloir s’en faire le défenseur. Quant au concept de « race », scientifiquement il n’existe pas, c’est comme cela et c’est tant mieux. Tout au plus peut-on parler de race humaine, chevaline, canine, … Certes, et c’est tant mieux, il existe au sein d’une même « race », des différences cutanées, morphologiques, linguistiques, culturelles… Et là, il vaut mieux effectivement parler de « types » ou d’ »ethnies », sans que cela induise un quelconque déterminisme. Certaines foisn je préfère Bernard Langlois en critique de livres. J’en ai déjà acheté plusieurs par ui conseillés et je n’ai pas eu à le regretter. Si cet article était fait dans le but de faire réagir, ça c’est fait. Allez, salut Jean-Yves Vlahovic

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  • L’affaire Zemmour

    13 décembre 09:01, par Thierry

    Pour moi c’est pas le fait d’affirmer qu’il y ait des races différentes qui me choque, ce serait le fait de dire qu’il y en a une supérieure à l’autre.La gauche de la gauche (dont je partage de nombreuses idées)est la premiére à regretter le politiquement correct abreuvant les médias.A la force de dire que telle idée est interdite d’expression (même si je ne la partage pas)on ne pourra plus débattre de rien.A quand l’impossibilité de dire que dans l’espèce humaine il existe des hommes et des femmes au nom du principe de non discrimination et de l’égalité des sexes.

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  • L’affaire Zemmour

    13 décembre 09:14, par PMB

    (avec une accélération assez nette entre 1940 et 1945…)

    Pas nécessaire de nous faire un dessin, hein ! Sûr que la tante et l’oncle Picsou ont bien su se « débrouiller » !

    Un aspect dur de cette histoire, c’est que cet homme a été exploité en famille. On n’est jamais si bien trahi que par les siens.

    Voir en ligne : http://http://tinyurl.com/67j7vy

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  • L’affaire Zemmour

    13 décembre 09:16, par PMB

    (Lien mal donné. Milexcuz !)

    Voir en ligne : http://tinyurl.com/67j7vy

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  • L’affaire Zemmour : Putain de ta race

    14 décembre 12:57, par Zoë Lucider

    Voilà qu’elle revient la vieille tentation de l’utiliser ce terme que les ethnologues (Lévi Strauss un des premiers), les biologistes et autres observateurs de l’humaine aventure, ont depuis déjà quelques lunes dénoncé comme arrogante billevesée des semi Albinos du Nord pour justifier leurs coutumes barbares d’assassinat, de viol et de captation, dont ils ont tiré leur soi-disant suprématie civilisationnelle et dont ils persistent à démontrer l’excellence grâce à leur génie balistique. Il y aurait une polémique en cours. Bernard Langlois s’en mèle (Politis semaine du 11 au 18 décembre) et aurait mieux fait de s’abstenir. Défendre Eric Seymour (mouais) en appelant à la rescousse l’usage par les culs terreux d’un terme banalisé dans leur pratique, ça va pas Langlois ? Rappelons que ce terme est utilisé pour fonder à partir de critères choisis comme discriminants (au sens de la science classificatoire) et ordonner sur une échelle de performance les unités discrètes en question. Or s’il peut être utile (encore que…) de distinguer chez les chiens les races de bergers des races de courants, chez les chevaux les percherons des alezans, les persans des siamois pour les matous, les blanches des grises pour les souris, on sait bien que derrière cette activité de classement il y a une distribution et une assignation des fonctions. Les laitières donnent des veaux et du lait, les castrés du biftek et les taureaux de « l’émotion esthétique ». Et pour les humains, les Blancs des traders, les Noirs des balayeurs, les Jaunes des ouvriers innombrables et silencieux, les Rouges les derniers primitifs pour ethnologues compatissants. N’oublions pas la race féminine. Il n’y a pas de raison pour que le taux de mélanine ou la courbure du nez soit un caractère distinctif plus signifiant que la forme des appendices sexués. Taillable, corvéable, engrossable, castagnable à merci. Merci pour elles. Pour ma part la race que je serai prête à flanquer dans des camps de contention pour éviter les dégâts qu’elle engendre serait celle des vieux mâles, de toutes les couleurs dès qu’imbus de leur suffisance, ils se croient autorisés à faire marcher au fouet, ceux qu’ils ont assujettis grâce notamment à ces discours pernicieux et dénués de tout fondement justifiable. Je ne les martyriserais pas ; les obligerais simplement à se supporter les uns les autres et à s’autosuffir sans recourir à la kyrielle de larbins qui leur permet de dédier tout leur temps à se regarder le nombril en s’émerveillant de la délicatesse de leur dessein. Je sais, c’est violent et infaisable. C’est eux qui ont la haute main sur la mitraille. C’est même la raison qui les a portés à être si inventifs en la matière, la crainte de la révolte de leurs serfs. Puisqu’on ne peut encore leur retirer leurs jouets les plus dangereux, refusons au moins de leur permettre de continuer à prolonger leur mythologie mafieuse. Race, racialité, racisme, Merdre messieurs les Trous d’Ubu.

    Voir en ligne : Putain de ta race

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  • L’affaire Zemmour

    15 décembre 09:34, par Isa

    Merci Bernard Langlois pour ce texte courageux. Il faut déjà avoir la force de ne pas céder au terrorisme intellectuel qui place tout contradicteur dans une posture infamante. C’est une maladie scientiste que de chercher à légitimer la valeur égalité par la science. Cela conduit au déni de la réalité, de l’altérité, et mène à faire le jeu de nos adversaires (les vrais racistes qui croient à la supériorité d’un groupe sur l’autre). L’Egalité n’existe dans aucune expérience de laboratoire. C’est un des arbitraires qui fondent notre humanité et notre capacité d’émancipation. Quand les chrétiens ont décrété que tous les hommes étaient égaux devant Dieu, ils ne l’ont pas fait sur une base scientifique en comptant les chromosomes mais au nom d’une intuition spirituelle. Scientifiquement, en revanche, Einstein n’est pas l’égal de l’idiot du village comme la jambe du Pygmée et différente de celle du Massaï. Nier les différences est absurde. C’est en avoir peur alors qu’elles sont le bonheur de la vie.C’est un des drames réguliers de la Gauche de confondre indifférenciation et émancipation au nom d’un égalitarisme mal compris. Un vieux sujet de débat. Isabelle

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  • L’affaire Zemmour

    15 décembre 12:58, par Henri, de Besançon

    Ci-après un petit extrait de ce qui est écrit dans l’article du site d’ACRIMED, article qui a lancé l’affaire Zemmour. l’article n’appelait nullement à un lynchage médiatique de Zemmour, mais constatait avec effarement l’incapacité de la journaliste-animatrice à réagir en journaliste consciencieuse aux provocations dudit Zemmour. Dans un article ultérieur d’ACRIMED, c’est encore plus le montage « frauduleux » de l’émission qui est mis en cause (coupures des protagonistes qui répondent sur le fond à Zemmour)

    extrait donc :

    La suite du « débat » vaut également son pesant d’or. Interrompu au début de l’échange, Zemmour revient sur le deuxième « métissage » dont il voulait parler, et qui, selon lui, est « culturel ». S’il s’accorde à dire qu’il y a toujours eu un métissage culturel en France, il regrette en revanche la disparition de la « hiérarchie des cultures », qui faisait de la culture « française » la culture prédominante et favorisait ainsi l’« assimilation » des populations « étrangères » jusque dans les années 1970. Il explique : « Moi je crains que comme aujourd’hui on a supprimé cette hiérarchie, comme aujourd’hui on estime que toutes les cultures se valent, qu’on est un mélange de différentes cultures égales, et que ça, c’est ça qui nous mènera au multiculturalisme et donc à l’affrontement des cultures et donc des communautés. » Une « thèse » résumée dès son entrée en plateau : l’alternative au « multiculturalisme », « c’est une culture pour des races différentes ! » Est-ce à dire qu’il y aurait plusieurs « races » différentes mais égales entre elles ( ? ??) alors qu’il y aurait plusieurs cultures (ce que personne ne nie…) mais d’inégale dignité ?

    fin de l’extrait

    C’est là la véritable critique dont on ne peut exonérer Zemmour à si bon compte. Son aimable innocence (Le Robert définit le mot race, donc les races existent, tout comme sans doute les fantomes, les archanges, et les démons) et son ton gentiment humoristique ne lui permettent pas d’occulter sa conviction intime de la supériorité de la race, comment dire, aryenne ? pardon, gréco-blanche c’est plus culturel.

    Finalement Zemmour ne se distingue guère de QuelleCrotte (à moins que ce ne soit un autre philosophe médiatique, ma mémoire flanche) déplorant l’équipe de France de football Black-black-black dans un journal de gauche israélien. Il est simplement un peu plus astucieux, car Le Pen aurait dit à QuelleCrotte que pour courir, NATUREllement, ils sont meilleurs, les noirs, tandis que pour réfléchir … pour la culture, n’est-ce pas … Et que donc la seule chose que l’on puisse vraiment leur reprocher, c’est leur manque de culture : ils ne savent pas chanter la Marseillaise par exemple

    Voir en ligne : Éric Zemmour réhabilite les « races »

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  • L’affaire Qui ?

    15 décembre 13:59, par Philippe

    Non non, il ne fait pas semblant ! Il est comme l’animateur télé suscité, il est naïvement persuadé de ce qu’il raconte, et pense, tout aussi benoitement, qu’il s’adresse à de farouches donzelles éffrayées par des mots, aha.

    Parce que vous comprenez, l’auteur fait « métier d’écrire ». Il ne se fait donc pas « que des amis ». Essayez de vous représenter le calvaire de l’auteur, entouré de (que dis-je, submergé par) nous autres imbéciles ! Qui font métier d’autre chose !

    C’est dingue ça, qu’avons-nous ? Des gens de bonne volonté que des *générations* à vivre ensemble ont formés, disons même rompus à la subtilité de l’ethnologie de quartier (CF le poste de « J » infiniment plus *utile* que l’article, qui part dans tout les sens et n’est pas (je suis désolé hein) techniquement valable – Fautes de syntaxe, de style, digressions hors-sujet, auteur s’écoutant parler, démagogie et pour commencer, propos de départ non avenu, etc) et en face, de tristes sires (qui font métier d’écrire, haha, j’en rigolerai encore ce soir dans mon lit de celle-là) appliqués à NIER la réalité la plus factuelle : Celle de la rue, celle des dictionnaire, celle des lumieres ! Eric Zemmour, dites-vous ? Je n’ai pas la télé, qui est-ce ?

    Salut@tous et restez calme, zen, Ômmmmm ;)

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 08:48, par B.L.

    Quelle hargne, ce Philippe !

    Si c’est ce qu’il appelle être zen …

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 08:53, par B.L.

    Henri, je n’ai jamais dit qu’Acrimed appelait au « lynchage médiatique » de Zemmour.

    Par ailleurs, il va de soi que je suis en complet désaccord avec la 2 eme partie de l’intervention dudit Zemmour.

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 10:29, par Ndjocka

    Bernard Langlois (et non Politis, j’espère) qui soutient Zemmour, on aura tout vu. Ledit Zemmour qui n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, en matière de beaufferies en tout genre, ce dont Mr Langlois ne daigne pas tenir compte. Passons sur l’auto-suffisance de notre chroniqueur (bien aimé par ailleurs) qui affecte de prendre de haut les réactions à son article. Je me joins à un intervenant ci-dessus pour lui demander (à lui et à son nouvel ami) ceci : mon père est de « race noire », comme vous dites, ma mère et de « race blanche », comme vous dites, de quelle race suis-je donc ? J’attends la réponse éclairée de celui qui ne s’embarrasse pas de nuances, au contraire des myriades d’imbéciles qui pensent les choses ne sont pas si simples que les Zemmour et consorts voudraient le faire croire. Vous pouvez rire grassement en imaginant notre maréchaussée s’atteler à un contôle au faciès, mais je trouve, moi, qu’il serait bon que les flics (et vous) apprenneniez qu’il existe autre chose que « l’individu de race noire », ou « l’individu de race blanche ». Merci également à l’intervenant qui rappelle à un autre qu’on peut compter maintes différences entre deux races de chiens, tant d’aspect que comportementales, mais qu’il n’y a pas lieu de faire un lien avec ce qui sépare un Peul du Burkina et un rouquin bavarois, et qui est de l’ordre de l’infinitésimal. Sans rancune.

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 11:41, par dom

    Hyper intéressante la suite du débat, donnée par ACRIMED, via Henri, de Besançon.

    J’entends qu’il y est question d’un hypothétique « affrontement des communautés » par « multiculturalisme » dû à un défaut « d’assimilation » (à une culture d’un pays donné).

    1. Perso, je pense que « l’affrontement des communautés » est un postulat. Au même titre que le « choc des civilisations ».

    2. Je ne peux donc être d’accord avec Zemmour. Ni affrontement, ni choc. Pure propagande.

    3. Mais, si je me donne la peine d’entendre son postulat de départ, j’arrive à comprendre que, pour éviter un « affrontement des communautés » pouvant être induit par le « multiculturalisme », il en arrive à parler d’une « culture globale (un pays donné) assimilante, afin que chacun, d’où qu’il vienne, s’en sente partie intégrante, malgré son identité propre. Rassembler sous une même bannière.

    4. Il n’a jamais utilisé le mot « dignité ». Mais s’il a utilisé le mot qui tue « hiérarchie », je le comprends uniquement dans le sens quantifier la culture dans un pays donné à un moment T, et non qualifier. Pas de racisme donc. N’allons pas chercher la petite bête.

    5. Rien ne me choque dans ce que dit Zemmour. Si ce n’est cette redondance dans l’hypothèse d’un choc ou d’un affrontement.

    6. Résistance donc.

    Pour finir : j’espère que je me suis bien fait compris, oui sourions un peu. A part ça, Zemmour n’est pas du tout ma tasse de thé.

    Voir en ligne : http://uneepoqueformidable.unblog.fr/

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  • L’affaire qui n’existait pas (ou pas assez, en tout cas)

    16 décembre 12:03, par Philippe

    Allez, ça va, on avait compris dés le titre (« l’affaire Zemmour », pff) que c’était du bidon, du spectacle, j’imagine que le rève de notre chroniqueur serait une « affaire Langlois » qui, si les textes qui suivent sont de la même tenue, pourrait bien arriver !

    Je vous suggère de re-tenter le coup, ça VA marcher. On gagne à la longue, à tartiner sa culture à la première personne « je tends des verges pour me faire battre » et à écrire sur ce ton qui a fait ses preuves d’efficacité, de candide à mots simples mais qui a tout compris.

    C’est bien, on passe complètement à coté du débat, on amuse le public avec des fins de phrases remontées et des réparties gratuites, procédé qui marche dés l’école primaire.

    Car débat il y a. Les réactions, les « commentaires » sont très près du sujet : J’attends la réponse à votre question, Ndjocka : De quelle race est l’enfant d’un père de race noire et d’une mère de race blanche ?

    Car il s’agit bien de mots. Uniquement de mots. Et de la part de ceux « qui font métier d’écrire » on aimerait un peu plus de maîtrise des, justement, mots.

    Quant à Politis, qui pense qu’engranger les vue de page avec ce genre d’astuces est une politique pérenne… Mmmbref.

    Le Zemmour, là, que je ne connaissais pas avant cette lamentable « Affaire » (ce qui prouve que sa petite provoc a fonctionné nickel, s’il est gentil il vous enverra peut-être des chocolats, à Politis, mais j’en doute, je voudrais pas vous donner de faux espoirs) je l’ai entendu (sur youtube) nous ressortir un vieux truc de raciste bon teint :

    « Comment pouvez-vous parler de métissage et ne pas vouloir entendre le mot race, c’est contradictoire ? » ; allez voir sur des sites de fachos, vous verrez c’est en bonne place dans leurs « manuels de rhétorique », généralement plutôt titrés « comment répondre à un gauchiste/angéliste/altermondialiste ». Vous voyez ? Un combat de mots, genre googlefight.

    Il y en a d’autres, des contradictions sémantiques de ce genre. Il ya de quoi gloser pendant tout le prime-time sur 10 ans en épatant le badaud avec des vérités dignes des « le saviez-vous » des vieux « illustrés » (genre Blek-le-roc).

    Je veux bien que les intellos de la société du spectacle ne travaillent PAS au démontage de chevilles logiques pourtant si triviales.

    Mais qu’ils les entérinent comme ça, avec les mêmes boniments (« je tends des verges pour me faire battre », huhu) je (oui, je) trouve ça assez lamentable, sauf la courtoisie que je vous dois.

    Pour finir, je me permet respectueusement de conseiller à ceux qui utilisent des comparaisons animales pour justifier l’utilisation du mot race dans toute autre acceptation que celle de race humaine (qui est ELLE AUSSI un abus de langage, enfin je crois, après tout je ne suis ni linguiste ni grammairien, juste un commenteur de blog), de se renseigner un minimum sur la nature.

    Il existe de nombreuses publications, au hasard, vraiment random : Le bimestriel La Hulotte, le Guide Paterson des oiseaux d’europe, je sais pas moi, promenez-vous en forèt, regardez-les, les animaux à propos desquels vous cancanez.

    (Pendant que vous y êtes, demandez donc à une mésange ou un étourneau si ils pensent qu’ils ya +sieurs races d’humains !)

    L’ignorance de la nature serait simplement navrante si elle ne servait pas, en plus, de fondation à l’incompréhension profonde de NOTRE société, celle des hommes.

    Mm.. Je peux pas finir là-dessus… alors je vais ajouter que je trouve bien naze de la part de Politis de relayer cet affligeant jeu de miroir « les blogs parlent de la télé, la télé parle des blogs, youpi » qui n’est rien d’autre qu’une stratégie (statistiquement vouée à l’échec, bref) de la télé pour tenter de garder son audience de téléspectateurs hypnotisés : Ben oui, s’il leur prend de taper « affaire zemmour » dans google il tombent sur Politis, qui leur sert la même bouillie tiède mais comme la chaise de l’ordinateur est moins confortable, ils retournent sur le canapé du salon en moins de temps qu’il n’en faut pour écrire « nil ».

    Zen, toujours

    Cordialement, P.

 

Publié dans DU RACISME EN FRANCE, ERIC ZEMMOUR | Pas de Commentaire »

Propagande médiatique. La fabrique des opinions de base par la propagande glauque

Posté par issopha le 14 décembre 2008

 

 

Propagande médiatique. La fabrique des opinions de base par la propagande glauque

 

 

samedi 18 juin 2005, par Jean-Léon Beauvois

La « fabrique » de l’opinion par les propagandes médiatiques est une bien vieille histoire. Nombreux sont ceux qui peuvent avancer des arguments, voire des chiffres, pour montrer comment on façonne certaines opinions des Français, notamment par la mal-information ou la désinformation. On s’est par contre peu arrêté sur les processus d’influence inconsciente que mettent en œuvre les médias pour « fabriquer » un noyau d’opinions de base, le plus souvent non-argumentées. Seul le pluralisme des opinions dans les médias peut éviter les biais générés par ces processus [1].


 

L’idée selon laquelle l’opinion des citoyens peut se fabriquer n’est pas nouvelle. Dès le début du XX° siècle, le Président Wilson, Président des Etats-Unis, faisait appel à un panel de publicistes, le comité Creel, pour « fabriquer » une opinion dans la population étasunienne : l’opinion en faveur de l’entrée des États-Unis dans la seconde guerre mondiale (les étasuniens étant défavorables à l’intervention américaine). George Creel racontera l’action de ce comité dans un livre célèbre publié dès 1920 (How we advertised america : ce que je traduis conceptuellement : Comment nous avons changé l’opinion de l’Amérique avec de la publicité). Et c’est un membre de ce comité Creel, le politologue Walter Lippman, qui fournira l’une des idées essentielles d’une théorie de la propagande moderne qui va se dégager des anciens modèles de la prédication et de l’endoctrinement. Pour Lippman (le livre que j’évoque ici date de 1922), le citoyen américain ne se forge plus ses opinions dans son environnement interpersonnel, dans les groupes de proximité (comme la famille, le quartier, les relations de travail). Il s’est isolé dans un cocon urbain qui le conduit à emprunter des opinions, des savoirs, des informations… à ces sources distantes et non interactives que sont les médias. Et ceux-ci remplissent parfaitement cette fonction en fournissant au citoyen ce que Lippman appelle, toujours dans son livre de 1922, un « pseudo-environnement ». C’est par la production de ce pseudo-environnement cognitif que les médias vont désormais peser sur l’opinion publique et qu’ils pèseront en conduisant les citoyens à accepter les grandes directions et les politiques qu’on leur propose. C’est le même Lippman qui définira d’ailleurs plus tard la propagande par une expression qui restera puisque Chomsky et Herman en feront le titre de leur grand livre sur la propagande de 1988 : en Anglais manufacturing consent : fabriquer du consentement. L’édition française préfèrera la fabrique de l’opinion publique, expression quasiment identique à celle de Halimi et Vidal : L’opinion, ça se travaille (2002).

Comment travaille-t-on l’opinion ? Monopole de l’argumentation et désinformation

Je ne vais pas ici être exhaustif. Il y a de nombreuses façons de travailler l’opinion et de créer un « pseudo-environnement cognitif » des citoyens. Certaines sont tout à fait démocratiques, d’autres sont tout à fait antidémocratiques. J’éviterai d’évoquer ici les mystifications, coups et bidonnages qui sont tout simplement immoraux. Les médias peuvent en démultiplier la portée sur l’opinion, mais ils ne les mettent généralement pas en œuvre eux-mêmes (ex. du déboulonnage de la statue de Saddam Hussein, place Fardous : un bidonnage des PSYOPS aux effets démultipliés par les médias).

J’aurais tellement envie de dire que parmi les façons démocratiques de travailler l’opinion, il y a la persuasion par l’argumentation et la contre-argumentation ! Tous les théoriciens de la démocratie font du débat public le moteur par excellence des changements d’opinion conduisant au renouvellement des politiques. Le débat était déjà tenu pour la méthode démocratique par excellence par les Grecs qui formaient les citoyens à l’argumentation par l’étude de cet art du discours qu’est la rhétorique. Pourtant l’argumentation peut s’inscrire dans un travail de persuasion réellement antidémocratique sur l’opinion lorsque certains courants (quelquefois même un seul courant) en ont le monopole dans les médias, ce qu’on a vu à l’occasion du récent référendum [2] [3]. Il est clairement apparu que la France n’était plus le lieu d’un débat démocratique, si elle l’a jamais été. Les tenants de ces courants, précisément parce qu’ils ont le monopole de l’argumentation, peuvent alors prétendre, même s’ils ne représentent qu’une opinion minoritaire, qu’ils doivent faire et qu’ils font de la « pédagogie », de l’ « explication » auprès des citoyens soi-disant mal informés et dont la seule parole reste le vote. Je vous rappelle l’insolent Bernard Guetta (l’Express et France Inter) qui s’insurgeait à Ripostes à l’idée qu’il faisait de la « propagande » pour avancer qu’il ne faisait, lui, que de l’argumentation. Il « expliquait » le traité à ces benêts grognons qui voulaient dire non. Cette pratique, je dis bien réellement antidémocratique, trouve dans la France actuelle, où la coupure politique recouvre une coupure sociologique, un terrain particulièrement propice, l’argumentation étant tenue pour la rationalité de la France d’en Haut qui doit bien faire avec les humeurs de la France d’en bas (j’ai développé ce point de vue dans mon livre : Les Illusions Libérales, individualisme et pouvoir social). Je vous renvoie aux excellentes émissions La-bas si j’y suis (notamment celles des mercredi et jeudi 18 et 19 mai, subtilement intitulée OUI,OUI,OUI,OUI,OUI… non). Je vous renvoie aussi aux articles de Serge Halimi dans le Monde Diplomatique (en particulier : Médias en tenue de campagne européenne, mai 2005). Ce qui est proprement faramineux, c’est que malgré les analyses publiques faites de ce monopole de l’argumentation pour le OUI durant la campagne, les médias incriminés aient poursuivi dans leur parti-pris en toute tranquillité. Pédagogie oblige !

La désinformation n’est plus l’argumentation. Je m’en tiendrai ici à la désinformation sans mensonge, les journalistes et commentateurs ayant, ce que chacun sait, une déontologie. Cette désinformation consiste alors à ne présenter aux citoyens que les informations appuyant un point de vue et ne pas présenter les informations appuyant d’autres points de vue. J’aime bien cet exemple donné par Chomsky et Herman : à la même époque où était assassiné en Pologne le Père Popieluzsko, ce que surent presque tous les Français auxquels on parla quotidiennement de cet assassinat, combien de journalistes parlèrent de l’assassinat en Amérique du Sud d’une centaine de religieux par les milices pro-américaines ? Mais vous avez probablement vous-mêmes en mémoire de nombreux exemples de désinformation. Pensez à la façon dont furent présentées les réactions des usagers lors des grèves de la fin 95. Pensez aussi à la façon dont on vous a parlé (on n’en parle plus beaucoup) du procès de Milosevic à La Haye. Les journalistes s’arrêtaient volontiers sur les crimes reprochés au Président Serbe, sur l’acte d’accusation, mais vous épargnaient tout aussi volontiers de connaître la défense pourtant serrée déployée par l’inculpé déjà pré-condamné. Je crois qu’il n’est pas très utile de s’arrêter sur ces désinformations : tous ceux qui ont une opinion en dehors de la pensée dominante (je ne dis pas : majoritaire) y sont sensibles et bien souvent les dénoncent, comme ils dénoncent le monopole de l’argumentation, sans être entendus et reproduits. Je vous renvoi ici aux analyses de Halimi et Vidal dans leur excellent petit livre : L’opinion, ça se travaille, éditions Agone. Il va de soi que ces désinformations créent le pseudo-environnement cognitif indispensable à la rectitude des opinions.

Comment travaille-t-on l’opinion ? Les influences inconscientes et l’absence de débat

Je m’arrêterai plutôt ici sur ce qui est le plus spécifique de mon approche personnelle qui est celle d’un psychologue social. Je le ferai avec d’autant plus de plaisir que je sais que les phénomènes que j’évoquerai passionnent généralement le public même s’ils ont peu d’écho dans les médias qui sont tenus (toujours la pensée unique) de présenter une image de l’Homme qui intègre assez mal de tels phénomènes. Mon argument sera le suivant : La fabrique de l’opinion peut se réaliser par des processus d’influence inconscients. Pour accepter cette proposition, il faut accepter deux idées proches l’une de l’autre. La première est que nous pouvons être affectés par (ou sensibles à) des éléments de l’environnement auxquels nous ne faisons pas attention ou qui nous ont échappés mais que notre machine cognitive a néanmoins traités. Ils vont en quelque sorte travailler en douce. C’est sur cette idée que repose l’influence dite subliminale. Vous me ferez valoir que l’usage de techniques subliminales est interdit par la loi française. Je vous répondrai d’abord qu’il n’est interdit que dans la publicité. Je vous répondrai surtout que la loi s’en tient au strict subliminal (présentation bien trop rapide pour être perçue) alors que des éléments durables de l’environnement mais auxquels nous ne faisons tout simplement pas attention (et dont nous ne nous souvenons même pas) peuvent avoir le même effet. Je pense par exemple au logo d’une marque sur un maillot de sportif. La seconde idée est qu’il existe des processus de connaissance qui ne passent pas par la délibération personnelle, dont nous n’avons pas conscience et que nous ne contrôlons pour ainsi dire pas. Je voudrais pour me faire comprendre vous donner un exemple très simple. Imaginez que je vous demande de lire attentivement une liste de mots dans laquelle il y ait le mot aventureux. Imaginez aussi que les concepts que vous utilisez pour comprendre le monde s’organisent en « piles », en quelque sorte les uns sur les autres. Le mot aventureux, parce que vous venez de le lire et de le comprendre (disons : de le traiter), passe au-dessus de la pile dans laquelle il se trouve, mais évidemment vous n’en savez rien. On se quitte, vous rencontrez une vague relation, Serge, que vous n’avez plus vu depuis des années. Il vous dit qu’il envisage de reprendre l’alpinisme qu’il a négligé depuis 15 ans et de faire en solitaire et en hivernale, pour se remettre en forme, la face nord de l’Eiger. Vous pourriez vous dire : il est fou, il est inconscient… Mais vous avez plus de chances de penser que Serge est quelqu’un d’aventureux. Pourquoi ? Parce qu’habituellement, pour trouver un concept qui permet de comprendre le monde, on commence par le haut des piles de concepts que nous avons dans notre tête. Or, aventureux vient de passer vers le haut de la pile. Et du coup, Serge risque de vous apparaître comme un gars formidable, ce qui n’aurait pas été le cas si vous l’aviez trouvé fou ou inconscient. Je peux affirmer ceci parce qu’à d’autres, la liste n’aura pas contenu le mot aventureux mais le mot inconscient. Et que je peux comparer l’effet des deux listes sur la perception de Serge. On appelle cela expérimenter.Voilà un processus, c’est le processus dit d’amorçage, qui a fait l’objet de centaines de recherches et de publications. Les personnes informées, qui ont lu ces publications, n’en contestent pas la réalité. C’est un processus assez simple (je conviens que ma présentation est un peu rustique !) qui s’est déroulé « dans votre tête » sans que vous en ayez conscience et que vous puissiez le contrôler. La présentation d’un mot, d’un concept, rend plus probable l’utilisation de ce concept par la suite. Il existe plusieurs phénomènes qui, comme l’amorçage, participent à la connaissance que nous avons du monde et des gens et qui, comme l’amorçage, sont inconscients, peu contrôlables, et qui échappent à la délibération consciente. Ils sont idéaux pour le façonnage à long terme de l’opinion publique. Prenons le cas de ce que les psychologues appellent le conditionnement évaluatif. Cinquante ans, au moins, de recherches. Dans les premières, durant les années 50, on présentait aux étudiants engagés dans la recherche, à l’écran, des sortes de cartes de visite portant un prénom, disons Tom ou Jim. Le fond de la carte de visite était fait de mots entrelacés auxquels les étudiants ne faisaient d’ailleurs pas attention : ils ne s’en souvenaient plus lorsqu’on les leur demandait. Ils devaient en effet simplement lire le prénom et se souvenir de ce prénom. Dans un cas, disons pour Tom, ces mots entrelacés étaient des mots très peu agréables (accident, cadavre, guerre…), dans un autre cas, donc pour Jim, c’était des mots évoquant des choses particulièrement réjouissantes (fête, cadeau, amour…). Lorsqu’ils quittaient la salle, les étudiants étaient confrontés à un inconnu. Ils trouvaient cet inconnu plutôt antipathique lorsqu’il disait s’appeler Tom, et plutôt sympathique lorsqu’il disait s’appeler Jim. Voilà un beau conditionnement évaluatif : dans le contexte de présentation d’un mot, ou d’un objet, ou d’un concept… il y a quelque chose de systématiquement positif ou de systématiquement négatif. Le mot, ou l’objet, ou le concept… ramasse, en quelque sorte, un peu de cette valeur, par simple association inconsciente. De tels effets ont été depuis régulièrement reproduits. Ils sont évidemment acceptés par les scientifiques, même si vous n’en entendez pas parler demain par votre chroniqueur scientifique. Je pourrais prendre d’autres exemples de processus inconscients, mais je m’en tiendrai dans cette intervention à ce conditionnement. Je vous laisse simplement imaginer les effets que peuvent avoir certains conditionnements évaluatifs sur l’opinion. Voici quelques structures de conditionnements évaluatifs qu’on ne peut repérer que lorsqu’on dispose du concept. Pensez par exemple à un concept (ou un personnage) X (concept à promouvoir ; Europe, économie de marché, initiative individuelle…) que les journalistes évoquent pendant des années et chaque fois qu’ils le peuvent en faisant un grand sourire et en prenant un air réjoui (« ce qui prouve – air réjoui – qu’il nous faudrait plus d’Europe !). Un concept (ou un personnage) X qu’ils prononcent en mettant du dynamisme dans l’intonation. Pensez au contraire à un concept (ou un personnage) Y (concept à décrédibiliser : fonctionnaires, corporatismes, revendication) que les journalistes évoquent pendant des années et chaque fois qu’ils le peuvent en faisant une moue assez dégoûtée et en prenant un air plutôt catastrophé. Pensez à certaines associations verbales impliquant un concept péjoratif et un concept qu’il convient de péjorer dans l’opinion (ou un concept positif et un concept à promouvoir dans l’opinion), associations qui peuvent être avancées pendant des années sur les ondes et les écrans (un exemple fonctionnaires et avantages)… Pensez aux croyances qu’expriment les héros sympathiques (ou qui réussissent bien socialement et/ou en amour) dans les films et dans les séries de la télé (croyances libérales, individualistes) et aux croyances qu’expriment les héros antipathiques ou qui échouent socialement ou en amour… Le téléspectateur est régulièrement confronté à une association entre certaines croyances et une activation de la sympathie et entre d’autres croyances et une activation de l’antipathie Je ne parle évidemment pas des films d’auteurs ou des films qui passent sur Arte le plus tard possible. Je parle des séries et des films précisément confectionnés pour les masses. Vous trouverez vous-mêmes de nombreux exemples qui relèvent de cette forme douce de propagande qui passe par les processus d’influence inconsciente. Je l’ai appelée avec mon ami Claude Rainaudi : la propagande glauque. Je ne prétends pas que ces processus « font » les opinions dont on discute. Il reste malgré tout un peu de débat dans notre démocratie libérale. Ces processus d’influence inconsciente ne peuvent « fabriquer » qu’un noyau central de l’opinion publique. Et il leur faut du temps pour être efficaces. Mais pensez que les Etats-Unis ont mis plus cinquante ans pour glisser dans le monde les noyaux durs de l’american way of life. Vous savez comme moi que les films, les séries et les pubs y ont plus participé que les discours et les argumentation enflammés de Monsieur Madelin, et qu’ils l’ont fait sans argumentation. Je dis « sans argumentation » car la propagande glauque est d’autant plus efficace que les noyaux qu’elle promeut dans l’opinion publique ne sont pas argumentés. On peut même penser qu’elle perdrait en efficacité si ces noyaux durs étaient argumentés (donc contre-argumentés). Et c’est fou le nombre de noyau de base de l’opinion d’un téléspectateur qu’il n’a jamais entendus argumentés et contre-argumentés. Prenons le cas de mes étudiants Niçois. Ils reconnaissent (plus de 85 % dans une étude faite par moi-même fin des années 90) qu’ils n’ont JAMAIS été soumis à un débat contradictoire sur les concepts suivants, qu’ils jugent tous par ailleurs être éminemment chouettes : droits de l’Homme, démocratie, suffrage universel, élection libre, presse libre (pensez à la gueule et au ton réjouis de Stéphane Paoli et de Sophie Davant prononçant de tels mots). 68% disent ne pas avoir (ou ne pas se souvenir avoir) été exposés à un débat contradictoire sur l’économie de marché, concept encore, pour la grande majorité d’entre eux, plutôt chouette. Si on les fait causer sur ces concepts (par écrit) et si on applique une analyse sur leur propos, la phrase qui explique le plus ce qu’ils peuvent en dire est : « comme chez nous ». (ou « comme en France », « comme dans NOS démocraties »…) Pour « droits de l’Homme » par exemple, les propositions, idées ou concepts les plus fréquents sont « on les respecte », « la Chine/Cuba/l’Irak… ne les respecte pas » (gueule et ton de Stéphane Paoli et de Sophie Davant parlant de Cuba !), « déclaration » (ils pensent surtout à celle de 1789, souvenir d’école), liberté de pensée, liberté d’expression… et, plus loin, dans la liste des fréquences : « droit au travail », « droit au logement » (que 7 sur les 10 étudiants interrogés ensuite oralement croient être dans « la » déclaration)… L’impression que dégagent les entretiens oraux est qu’ils croient qu’il existe, quelque part, une liste bien arrêtée et non problématique de droits, formant une hiérarchie d’évidence, et que « nos » démocraties tendent à respecter ces droits. Ils ont beau être très sympathiques, ces étudiants, mais ils font quand même de drôles de citoyens. Je devrais plutôt dire qu’ils font de « vrais » téléspectateurs. Les concepts qu’ils utilisent ont surtout acquis de la valeur ou de la dévaleur (ils réfèrent à des choses super ou craignos), et le contenu qu’ils y donnent, lorsqu’on le leur demande, s’adapte simplement à cette valeur ou à cette dévaleur. Ce contenu n’est pas polémique. Il ne peut l’être : on ne dispose pas des arguments pour et des arguments contre avec éventuellement avantage pour les premiers ou les seconds. Il y a simplement des concepts sympathiques et des concepts antipathiques, et c’est cette valeur ou cette dévaleur qui dirige vers un contenu qui ne peut pas être problématique, possiblement polémique. C’est là le résultat typique des processus d’influence inconsciente comme le conditionnement évaluatif. Exactement comme la sympathie ou l’antipathie pour Tom et Jim. Seul le conditionnement a fait que Tom est trouvé sympathique. Maintenant, si je vous demande pourquoi il est sympathique, vous trouverez certainement quelque chose à dire.

J’espère m’être fait comprendre : je ne suis pas, oh, certes non, contre les Droits de l’Homme. Mais je n’aime guère le statut qu’ils ont acquis, avec la propagande glauque, dans la pensée sociale commune. Je n’ai rien contre les principes démocratiques, bien au contraire. Mais je préfèrerais que leur application empirique aient donné lieu à des débats, et à des débats actifs dans la mémoire des citoyens lorsqu’ils sont amenés à parler, par exemple, « d’élections libres », de la « presse libre », de l’ « économie de marché »…

Et le pluralisme, bon sang !

J’entendais, peu avant le référendum, l’excellent Serge Halimi dire que les propagandes échouent finalement toujours. Peut-être a-t-il raison lorsque les propagandes portent sur des opinions qui sont encore discutables dans ce qui reste de débat public. Lorsque quelques arguments et contre-arguments restent disponibles dans la tête des uns et des autres. La faible pénétration des arguments du OUI dans la France d’en bas pendant la campagne pour le référendum du 29 mai, malgré l’insolent monopole de l’argumentation pour le OUI et même quelques désinformations, lui donne raison [4]. Mais on peut craindre que la propagande glauque soit, elle, à terme, toujours efficace – sauf lorsqu’elle rencontre l’argumentation et la contre-argumentation. Or, si certaines propositions du libéralisme économique et surtout du néo-libéralisme économique restent aujourd’hui discutables, on l’a vu, et c’est tant mieux, la propagande glauque a installé dans nos têtes, et surtout dans la tête des jeunes dont la télé est l’éducateur principal, presque tous les corrélats culturels, philosophiques et psychologiques du libéralisme [5].

Nous devrions donc traquer les vérités qui sont données comme telles sans jamais rencontrer le débat. Encore faudrait-il, pour cela, que vous puissiez rencontrer dans les médias des journalistes, commentateurs et réalisateurs qui doutent de ces vérités. L’influence glauque ne présuppose aucune malhonnêteté flagrante des journalistes, réalisateurs et commentateurs. Elle ne présuppose qu’une chose : qu’ils soient eux-mêmes dotés des opinions ou des valeurs à disséminer dans la population. Alors, ils ne font que faire passer leurs convictions, sans avoir à les argumenter. Le libéralisme de la presse et des médias réalise parfaitement cette condition. La plupart des réalisateurs, des grands journalistes et des commentateurs croient en ce qu’ils font ainsi passer. Le problème pour la démocratie est qu’ils ont le même nombre de poils dans les oreilles et qu’ils se nourrissent aux mêmes sources financières et idéologiques. On doit donc rêver d’une presse libre et pluraliste, donc nécessairement non libérale, qui pourrait réaliser des processus d’influences divers, voire contradictoires.

Notes

[1] Ce texte résulte de la préparation d’interventions dans des manifestations d’ATTAC (fête du pays d’Aix ; Festival « images mouvementées »)

[2] Ce qu’on avait déjà vu à l’occasion des grèves de la fin 95, des élections présidentielles de 2001, du référendum sur le traité de Maastricht…

[3] Sur France Inter, sur une période de référence, 27 invités défendant le OUI, 7 défendant le NON ; Sur Europe 1 : 37 pour le OUI, 9 pour le NON.

[4] Il faut dire que cette argumentation a rencontré un terreau de contre-arguments qui avaient été préparés pendant des mois par des collectifs et forums

[5] Corrélats psychologiques qui ont profondément dénaturé l’individualisme. Mais quel producteur d’émissions financerait aujourd’hui l’organisation d’un débat contradictoire sur le thème « Etre soi-même : cela signifie-t-il quelque chose » ? Delarue ?

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5 Messages de forum

  • Vive le Monde Diplomatique d’Attac !

    25 juin 2005 20:53

    Bonjour, vous avez peut-être oublié de parler de ce torchon… Qui commandé par les Super-dirigeants d’attac relègue le discours « Super-anti-libéral » de leur campagne… Là où vous décrivez des mécanismes symboliques d’uniformisation du discours de la presse et des politiques, eux appliquent une relation directe entre les deux. Cela me rend perplexe, et vous ? Peut-être que cela est justifié dans la vision « tout libéral » de ce site mais jusqu’où peut aller la discrimination positive ? Votre (notre) cause mérite de faire le ménage dans tout ça… Consultez la page d’anciens d’attac, je n’en suis pas l’auteur, vous êtes libres de nier la crédibilité de ce qui y est exposé, mais j’ai rencontré personnellement des personnes qui en faisaient partie et qui en sont sortis écoeurés, c’est pourquoi je fais partie des convaincus. Soyons objectifs pour avancer ! Il doit y avoir une alternative.

    Voir en ligne : Pourquoi nous avons quitté Attac

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    • > une théorie du pouvoir organisationnel 27 juin 2005 11:43, par Jean-Léon Beauvois

      Merci pour ce commentaire. Acceptons d’abord ensemble le fait que l’article ci-dessus ne porte ni sur ATTAC, dont je ne suis pas membre, même si ce mouvement m’est a priori très sympathique, ni sur Le Monde Diplomatique, dont je ne suis qu’un abonné. Je réagis donc à des informations que vous apportez et non à des commentaires sur cet article. Ces informations (ainsi que celle du lien que vous proposez) concernent surtout ATTAC et ses mœurs en matière de prise de décision « collective ».

      Évidemment, si ces informations sont exactes (et je ne vois pas comment des pourcentages de participation au vote pourraient être erronés, sauf à le faire exprès !), elles portent quelque peu atteinte à l’image qu’on peut avoir de ce mouvement et de l’un de ses fondateurs. J’ai moi-même, dans mon dernier livre (Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social), avancé une théorie du pouvoir social et affiché mes options autogestionnaires. La démocratie n’est pas l’autogestion, mais c’est possiblement une assez bonne voie pour y accéder. Maintenant, je vais vous dire : mon passé dans diverses associations qui m’étaient chères , et dont j’ai même assuré la présidence, ma coopération avec d’autres associations (dont des associations étudiantes) me font dire que ce que ce qui est décrit dans le texte des démissionnaires est ce que l’on observe presque toujours dans les associations fondées pour la défense et la promotion d’une doctrine (pesanteur souvent inhibant e des fondateurs, cooptation au sein d’un noyau dirigeant qui devient oligarchique, craintes devant les tendances pouvant infléchir « la ligne », tentatives d’anesthésie des AG…) C’est la raison pour laquelle j’en suis venu à la conviction qu’il fallait dans le même mouvement ET une doctrine à promouvoir ET une bonne théorie du pouvoir organisationnel. Sur ce dernier point, nos intuitions sur la « démocratie » et sur ce qui est ou n’est pas « démocratique » ne sont généralement pas suffisantes pour être contraignantes. On a toujours de bonnes raisons de sauvegarde de la doctrine pour les contourner. Je ne veux pas ici légitimer les pratiques d’ATTAC, j’espère que vous le comprenez, mais je comprends bien aussi que ce que je vous dis là ne peut vous satisfaire.

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      • > d’accord avec vous, mais… 28 juin 2005 12:28

        Merci d’avoir bien voulu répondre à ce message, qui avec le recul était un peu trop enlevé.

        D’abord, je veux bien reconnaitre que l’organisation d’une association militante peut effectivement être à la limite de « l’oligarchie » et donc être perçu comme néfaste par certains. La description des personnes quittant une association est effectivement en lien avec leur agréement par rapport aux orientations provenant du « haut ». S’ils avaient apprécié celles-ci, ils seraient certainement restés dans l’association. Après tout, on y adhère si on partage ses orientations. Les adhérents choisissent d’adhérer. Je pense que ceci résume assez bien la zone sur laquelle nous sommes en accord.

        Cela dit, ce que j’ai mal exprimé dans mon intervention, est le fait que c’est un mensuel qui est à l’origine de cette association, ou plutot les directeurs de celui-ci, et qu’ils imposent un controle quasi totale sur ses orientations. Le problème qui se pose, est l’illusion qui nait de cette supposé séparation, de cette complémentarité. J’ai bien peur qu’il n’y en ai pas, malheureusement. L’un n’est que la continuité de l’autre. L’un ayant pour but d’informer et l’autre de promouvoir. Ces deux actions étant mêlées, qu’en est-il du pluralisme ? Autrement dit, comment dissocier les intérêts de l’une en laissant l’autre libre. Le scénario catastrophe pourrait-être que des militants entendent le discours de l’association puis cherchent à s’informer par un autre moyen… se rabattent sur le monde diplomatique (car « bien sûr » si on entend autre chose dans les autres journaux, c’est parce que la pensée néolibérale a conquis l’ensemble de la presse écrite) puis se retrouvent devant les mêmes analyses que dans leur organisation. Cela n’est pas votre cas, bien sûr. Mais cela pourrait-être le cas de bien des personnes. Cela constitue un carcan autour des citoyens n’adhérents pas à la mondialisation libérale, cela peut empêcher que les différences d’analysent de ces personnes puissent s’exprimer, cela peut même canaliser cette montée de l’indignation dans un seul mouvement, portant plus haut les positions de quelques hommes.

        Le but de mon message était en fait beaucoup plus en rapport avec votre article que vous avez pu le penser. Il est question de rapports entre politiques et médias.

        D’après vous, le risque est-il bien réel, ou s’agit-il d’un pur scénario-catastrophe ?

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        • > d’accord avec vous, mais… 30 juin 2005 09:56, par Arnofouquet

          J’ai nombre de critiques à émettre à propos d’ATTAC que nous devons partager (les propos de Suzanne Georges sur les Black blocks, l’aspect réformateur et non révolutionnaire d’ATTAC, etc.), mais je ne crois pas que ton message est plus de rapports que cela avec ce sujet. Il aurait bien plus la place dans un sujet sur le pouvoir et les relations de pouvoir. Ici, il s’agissait plus de présenter les mécanismes inconscients d’influence prenant place au sein des médias, j’ajouterai médias dominants. D’ailleurs, le mieux serait d’intervenir sur les propositions d’organisation avancées sur ce site.

          Voir en ligne : http://psychologiesociale.org/forum

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  • Propagande médiatique. La fabrique des opinions de base par la propagande glauque

    15 mai 2007 17:01, par Jean Taillardat

    Cher monsieur, ce n’est pas d’aujourd’hui que je cherche à comprendre le monde dans lequel je vis, dans toutes ses dimensions. Au bout d’une longue activité de consultant-formateur-coach, le citoyen que je suis a eu envie de fomaliser et de formuler ses réflexions dans La Lettre de Thema. Claude Rainaudi a publié un texte sur la rumeur et m’a entretenu de la propagande glauque. Votre texte devrait intéresser tout citoyen, donc les lecteurs de la Lettre de Thema. Si vous voulez savoir qui je suis, vous pouvez vous rendre sur le site www.themaconsultants.fr où vous trouverez mon CV et les 5 premières lettres. Je ne suis pas sûr que nous ayons les mêmes options politiques mais, comme vous le dites très justement, c’est le débat d’idées qui fait progresser.Mon prochain texte explore le libéralisme, puisqu’il semble qu’on ne puisse être qu’anti ou ultra libéral… J’espère votre réponse favorable et, vous remerciant à l’avance, vous présente mes meilleures salutations. Jean Taillardat

VAL-D’OISE

Silence sur les violences urbaines
de dimanche

NOUVELOBS.COM | 23.06.2008 | 14:03

Le Monde revient sur de violents affrontements qui ont opposé plusieurs centaines de jeunes dimanche à Cergy, sans que les médias n’en parlent, sauf l’édition locale du Parisien.

Extrait d'une des vidéos

Extrait d’une des vidéos (DR)

Dans son édition datée de samedi 23 juin, Le Monde revient sur des affrontements violents qui ont opposé plusieurs centaines de personnes dimanche 17 juin à Cergy, dans le Val d’Oise, sans que cela ne soit rapporté par les médias, sauf dans l’édition locale du Parisien.

« Dans un autre contexte, ce type d’événement aurait probablement suscité une large couverture médiatique » écrit le quotidien. Et le journal de rapporter les faits: « En marge du Festival international des cultures urbaines, qui porte le nom de ‘100 contests’, des affrontements violents ont opposé des bandes de jeunes. Puis un nombre important d’individus –300 personnes selon une source policière, plus de 200 selon des témoins directs, 150 selon le maire– ont dégradé des commerces, du mobilier urbain et la gare RER de Cergy-Saint-Christophe, avant de s’en prendre aux policiers. »

Selon Le Monde, « les premiers incidents graves ont débuté dimanche, vers 21 heures, au cours d’un concert de rap rassemblant 10.000 personnes venues de toute l’Ile-de-France pour la quatrième édition du festival. Plusieurs dizaines à plusieurs centaines de personnes, selon les sources, issues de bandes rivales, ont commencé à s’affronter à proximité de la scène ».

Une hache, des manches de pioche et des couteaux

Le journal cite deux sources présentes sur place, un élu PS et un responsable associatif, qui évoquent l’utilisation de diverses armes (pistolets, couteaux, barres de fer, dont une hache) par certains jeunes. Face au nombre des jeunes et à de tels actes de violences, la vingtaine de policiers municipaux et la cinquantaine de vigiles d’une société privée, employés pour l’occasion, ont rapidement été débordés, écrit le quotidien qui explique que le festival, dont l’entrée était gratuite, a finalement été annulé en cours de soirée.

Certaines personnes ont alors cassé du mobilier urbain et des commerces sur le chemin du retour vers la gare, informe Le Monde.

Prison ferme pour deux jeunes hommes

Pendant les incidents, huit personnes ont été interpellées, dont six relâchées, faute de preuve. Le Monde affirme que deux jeunes hommes ont été jugés, en comparution immédiate, mardi 19 et mercredi 20 : le premier, qui a reconnu les faits, a été condamné à dix mois de prison ferme pour des dégradations commises en réunion, dans la gare; le second, qui nie sa participation aux violences, a été condamné à trois ans de prison, dont deux ans ferme, pour avoir caillassé puis incendié un véhicule de la police municipale.

Silence des médias

Ni les violences, survenues le jour du deuxième tour des élections législatives, ni les deux jugements n’ont donné lieu à une dépêche de l’Agence France Presse, important fournisseur d’informations pour les médias, qui les reprennent telles quelles ou s’en servent pour mener leur propre enquête.

Comme le précise Le Monde, « un témoignage a été publié jeudi 21juin sur le site alternatif Indymedia ».

Un cas exemplaire de propagande glauque sur France 2 : comparer un lycée à une entreprise.

jeudi 6 septembre 2007

Dans un journal télévisé du soir, le sujet est la préparation de la rentrée dans un grand lycée. On nous montre l’excitation et la surcharge d’activités du proviseur, on énonce les nombreuses tâches qu’il doit accomplir dans l’urgence, on nous présente ses collaborateurs et collègues qui, eux-mêmes, ne chôment guère : réception des élèves demandant à être admis, préparation de l’emploi du temps, affectation des enseignants, des salles… Et on souligne la grande efficacité avec laquelle tout cela est menée tambour battant par le proviseur et ses collègues.

La conclusion de tout cela devrait être : comme quoi on est très efficace et on travaille dur dans le service public de l’éducation.

Non, comme tout cela est bon, propre et positif, on dit en adoptant un air réjoui (il faut entendre le ton de la journaliste !) : c’est « comme » une entreprise ! Et le proviseur est lui-même « comme » un chef d’entreprise. Une entreprise dans laquelle on ne fait pas de la valeur ajoutée pour payer les salariés, l’entrepreneur et/ou les actionnaires, peut-on appeler ça une entreprise ? Non, cela a un nom : c’est le « service public ».

Comme c’est toujours le cas dans la propagande glauque, vous n’y voyez sans doute pas malice, et la journaliste non plus, la pauvrette. Mais cela dit implicitement aux téléspectateurs que le modèle d’une organisation efficace, ce ne peut pas être le service public, ce ne peut être que l’entreprise et, sous-entendu, qu’il arrive au service public de se dépasser en adoptant une allure d’entreprise et ses responsables des ambitions des chefs d’entreprise. Répétez ce discours souvent (et ce n’est certainement pas la première fois qu’on est soumis à cette métaphore !), et vous implanterez peu à peu dans la tête des gens l’idée que le service public, pour être bon, propre et positif, doit devenir un ensemble d’entreprises.

Ça s’appelle comment, cela, sinon de la propagande ? Elle est glauque mais propagande tout de même. Mais qui tient encore vraiment, à France 2, au service public ? J.-L. B .

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Propagande et propagande scientifique : un débat sur maniprop.com

 

 

Un psychanalyste et un comportementaliste peuvent-ils dialoguer ?

mercredi 18 mai 2005, par Jean-Léon Beauvois, Maniprop.com, Roland Gori

Dans leurs livres récents, Roland Gori (La santé totalitaire, Denoel) et Jean-Léon Beauvois (Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social, Presses Universitaires de Grenoble) font un usage abondant du concept de propagande. L’un pour dénoncer la « propagande scientifique » qui, selon lui, assiège la psychanalyse, l’autre pour dénoncer les propagandes qui, selon lui, s’abattent sur l’é lecteur-consommateur à travers les médias. Gori, psychanalyste et Beauvois, tenant des sciences psychologiques expérimentales, peuvent-ils dialoguer sur la propagande ?


Maniprop.com : Vous utilisez tous les deux le concept de propagande, Roland Gori, psychanalyste, pour stigmatiser ce qu’il appelle la « propagande scientifique » ; Jean-Léon Beauvois, psychologue social qui a la coquetterie de se réclamer encore du « comportementalisme », pour démasquer ce qu’il appelle la « fabrique de l’opinion » par les médias. Pourriez-vous d’abord dire chacun ce que vous entendez par « propagande » en l’illustrant par l’approche particulière qui est celle de vos deux livres (R. Gori : La santé totalitaire, Denoel ; J.-L. Beauvois : Les illusions libérales, individualisme et pouvoir social, Presses Universitaires de Grenoble

Gori : Bon, alors, d’abord il nous faut partir d’un peu plus loin pour mettre en perspective les enjeux actuels de ce que j’appelle « la propagande scientifique ».

Mais remarquons d’entrée de jeu que la notion de propagande n’est pas à l’origine péjorative puisqu’elle signifie simplement « prendre part à une action de diffusion et de propagation de la vérité ». Et comme au départ, la vérité est d’essence religieuse, on ne va pas badiner là-dessus. Elle s’impose en provenance de Dieu. Donc d’entrée de jeu la propagande est liée à une conception de la vérité. Et quand le mot de propagande émerge au XVII° siècle, il fait explicitement référence aux activités des institutions éducatives et cléricales. La propagande, c’est un magister religieux qui prend le relais de ce qu’était la ruse pédagogique dans l’Antiquité pour permettre d’acquérir le vrai savoir. Socrate ne procède pas autrement avec sa dialectique. Toute la question est de savoir qui est garant de la vérité. Et là, c’est intéressant parce qu’on voit bien dès l’origine ce qui se joue pour les acteurs d’un savoir qui tentent de dissimuler les rapports de force avec des maquillages raisonnables ou sacrés. Lorsque Aristote s’en prend aux rhéteurs et aux sophistes qui vendent leur technique de persuasion pour de l’argent et non pas avec un idéal de vérité, il procède exactement comme eux, en employant les mêmes figures de rhétorique qu’il leur reproche, comme, par exemple, l’abus des métaphores. Je crois alors que là on a quelque chose d’important dont Merleau-Ponty a su parfaitement rendre compte et qui est tout simplement que le génie du langage est de se faire oublier lui-même lorsqu’il rend compte de faits soi-disant objectifs. Pour le dire autrement, si la science ne pense pas, les scientifiques eux parlent et communiquent pour rendre compte de leurs travaux les plus empiriques soient-ils et à partir de ce moment-là, qu’ils le veuillent ou non ils transforment les faits expérimentaux en fiction. Et un des agents du scientisme n’est rien d’autre que cet oubli ou ce désaveu de la fonction du langage et de son dispositif dans la donation du monde.

Maniprop.com : Puis-je demander à Beauvois, pour engager le dialogue, s’il est d’accord avec ces préalables ?

Beauvois : J’aurais préféré d’abord entendre Roland sur la propagande scientifique… Disons que je vois deux choses dans ces préalables. La première est le lien entre la propagande et ce que Roland dit être « une conception de la vérité ». Entièrement d’accord. La propagande a toujours été au service de prétendues vérités. Il suffit d’avoir entendu Bernard Ghetta sur France Inter défendre le OUI au référendum pour que vous soit tombé sur la gueule la certitude qu’il a de détenir la vérité. Si vous n’acceptez pas l’idée que sa vérité est LA vérité, ce qu’il appelle de la « pédagogie » devient de la pure propagande puisqu’elle cache son intention persuasive au service d’une option. Mais Roland a dit autre chose. Il semble faire de la propagande une sorte de fonction incontournable du langage dès lors que nous devons parler de quelque chose. Là, je ne suis absolument pas d’accord. Nous serions en quelque sorte condamnés à la propagande lorsque nous avançons une croyance, ce que je conteste. L’activité de persuasion n’est pas nécessairement propagandiste. La propagande est d’abord la promotion de prétendues vérités au service d’intérêts qui ne sont pas parlés, et c’est ce qui la rapproche, sans d’ailleurs qu’elle s’y assimile, à l’idée de manipulation, possiblement délibérée. Je reviendrai la-dessus. Je préfère laisser poursuivre Roland.

Gori : Justement, ce qui est intéressant, c’est qu’à partir du XVIII° siècle, le fait politique transforme les structures anthropologiques qui relient les sujets au savoir et à la vérité. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’émerge la notion de manipulation que tu viens d’évoquer. Une telle notion aurait été absurde au cours des siècles précédents puisque les influences sociales étaient censées se déduire d’une volonté sacrée dans l’organisation du monde et étaient ainsi légitimes. C’est donc au moment où les hommes ont le pressentiment idéologique d’une égalité et d’une liberté qu’apparaissent les questions de manipulation, de transparence et d’aliénation. La propagande se transforme en manipulation qui n’est qu’un corrélat des notions de liberté et d’égalité. Il y a donc conjonction à ce moment-là entre le rationalisme moral qui permettrait que le savoir affranchisse les sujets en faisant des sciences un guide moral, lequel vient prendre la place de la religion, et puis la part d’ombre, de négatif que comporte cet affranchissement : la manipulation et la persuasion qui peuvent aliéner les sujets d’une autre manière que celle jusque-là pratiquée par la religion et les hiérarchies sociales fondées sur la naissance et désormais obsolètes. La liberté, cela crée la suspicion qu’on puisse vous la faire perdre ! Pour résumer très grossièrement les choses, la crainte de la manipulation et de la persuasion sociales constituent la part d’ombre de l’idéologie des Lumières.

Maniprop.com : L’idéologie des lumières implique le rationalisme scientifique. Peut-être en venons-nous à la « propagande scientifique » ?

Gori : J’y viens. Donc davantage on informe et davantage on prétend le faire au nom de la Raison, davantage on s’expose à la suspicion de vouloir manipuler pour un profit individuel ou collectif. C’est la part d’irrationnel que charrie la prétention à apporter la bonne parole de vérité par la voix de la Raison et non plus par la révélation religieuse ou politique. D’entrée de jeu on voit là ce que des auteurs comme Hanna Arendt ou Adorno et l’Ecole de Francfort ont pu développer. Le rationalisme peut constituer dans la Modernité le germe de tous les totalitarismes dont le nazisme et le stalinisme ont constitué les figures historiques les plus obscènes. La science, et en particulier médicale, peut constituer un instrument considérable de gestion politique des populations en essayant, au nom de la Raison, de nous dire comment nous devons nous comporter pour bien nous porter.

Alors une bonne partie de l’ouvrage écrit avec Marie-José Del Volgo porte là-dessus dans la tradition de Michel Foucault, d’Hanna Arendt et de Georges Canguilhem. Il y a une véritable rhétorique des discours de santé publique et d’hygiène qui s’apparente à tous les discours d’endoctrinement et de propagande en usage aussi bien dans les partis politiques que dans les officines de promotion publicitaire des produits du marché libéral. Et ce d’autant plus que la santé tend à devenir une marchandise ! Et comme depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours les marges des actions politiques véritables des gouvernements tendent à se réduire au profit des lois du marché, les Etats sont de en plus convoqués à devoir gérer le bien être physique et psychique des populations. L’Etat psychothérapeute et officier de santé, gestionnaire de la précarité sociale et des grands facteurs de morbidité, a quasiment abandonné dans le néolibéralisme américain toutes prétentions à réguler le marché. Alors du coup, l’Etat emprunte au modèle technique du marché des méthodes et d’analyse qui font par exemple que la plupart des campagnes de prévention de santé publique sont confiées à des agences de publicité et de promotion qui vendent aux populations un produit politique, celui de la Santé et du Bien être, sur le même modèle que les marchandises… Mais, ce qui est intéressant, c’est que nous quittons le système sécuritaire prototypique du XIXe siècle qui voulait éduquer les ouvriers pour leur santé et leur morale (il faut créer des sanatoriums pour bien-portants disait Pierre de Coubertin) pour entrer dans une propagande de masse que les totalitarismes ont poussé jusqu’aux extrêmes des techniques de manipulation et de réification.

C’est ce dispositif d’influence sociale qui définit le nouveau sens du mot « propagande » : mise en place de systèmes et de réseaux qui obligent à raisonner selon une Pensée unique en détruisant jusqu’aux possibilités même de critiquer et de discuter les fondements de sa logique. Alors là c’est intéressant pour bien comprendre comment l’idéologie scientifique et non plus la science peut se transformer en entreprise totalitaire, sans reste. Avec Canguilhem, je distingue rationalité et idéologie scientifique. Et je considère avec lui que l’idéologie scientifique constitue cette extension hyperbolique des résultats partiels de la science, procédé par lequel on essaie de faire croire par la propagande que la science peut répondre à tous nos problèmes quotidiens. Donc là il a un pas de plus dans la propagande et la manipulation, car non seulement on feint d’oublier le rôle du langage mais encore on en utilise tous les procédés de ce langage haï par la science, mais pas du tout par les scientistes, pour faire avaler à l’opinion les plus grosses couleuvres. Quand les couleuvres sont vraiment très grosses alors on peut parler de « souris truquée » selon la terminologie de Broad et Wade. Par exemple dans notre ouvrage, nous avons consacré toute une partie à essayer de montrer comment la naissance du DSM III [1] et l’évaluation comparative des psychothérapies du rapport Inserm [2] constituaient de véritables outils de propagande mis au service d’une foi et d’une pensée unique : la santé mentale et la psychiatrie font partie de la médecine au même titre que les autres disciplines médicales et le traitement de la folie procède en conséquence de la même logique médicale. La maladie mentale serait une maladie comme les autres dont le diagnostic comme les protocoles thérapeutiques et leur évaluation pourraient obéir à la même logique en désavouant totalement ce que le symptôme, l’angoisse ou la folie doivent à une culture ou à une histoire. Bref, non seulement la propagande scientifique oublie que la norme est un concept polémique, comme dirait Canguilhem, non seulement elle tente de naturaliser des faits sociaux et psychiques, mais en plus dans le domaine de la psychiatrie et de la psychopathologie, elle utilise à pleins tuyaux toutes les idéologies actuelles du néolibéralisme américain pour promouvoir un individu comportemental, libre et éclairé.

Beauvois : Je te coupe juste pour savoir si on est bien d’accord. Cet individu libre et éclairé est un fantasme ou une méconnaissance de ce que sont les gens. Il est vendu par la doctrine officielle aux masses d’individus comme étant la façon dont chacun doit se vivre, mais il n’est pas réalisé socialement. Les gens sont sommés de se vivre comme des individus libres et éclairés, alors qu’ils restent souvent soumis et porteurs d’idéologies. Ce que tu appelles la « propagande scientifique » (je reviendrai sur le concept) est la diffusion d’une image obligée de l’Homme dont les comportements doivent être « normalisés » sous prétexte de « santé » et qui doit, malgré ce, se vivre comme un être libre et éclairé. On est bien d’accord ?

Gori : Nous le sommes. Je dirai que cet homme comportemental, cyberlibéral, porté par ce mythe social que l’on appelle l’individu, conçu comme une entreprise autogérée, ouverte à la concurrence et à la compétition qui se devrait d’utiliser toutes ses ressources biopsychosociales pour prendre sa part de marché et de jouissance dans nos sociétés contemporaines est la formation idéologique et imaginaire de notre culture étasunienne. C’est d’ailleurs dans cette question d’une politique de la subjectivité que mes recherches rejoignent sans doute celles de Jean-Léon, si magistralement déployées dans son livre.

Maniprop.com : J’ai l’impression que vous vous entendez comme larrons en foire ! Beauvois accepte le concept de « propagande scientifique »…

Beauvois : J’ai dit que je reviendrai sur ce concept…

Maniprop.com : Voulez-vous y revenir tout de suite, ou voulez-vous dire d’abord ce qu’est pour vous la propagande ?

Beauvois : Deux remarques préalables, dont une a déjà été formulée par Gori. La première, c’est que l’idée de fabrique de l’opinion que vous m’avez attribuée est une idée acceptée par tous ceux qui s’intéressent à la propagande. Elle provient en fait d’une expression du politologue étasunien Walter Lippman (manufactoring consent), expression reprise dans le titre du grand livre de Chomsky et Herman, titre précisément traduit la fabrique de l’opinion publique.

Deuxième remarque : il toujours faut rappeler, comme l’a fait Gori, avant toute discussion, que le mot « propagande » a longtemps eu une signification éminemment positive. La propagande était faite pour convaincre par la persuasion, et les militants étaient particulièrement heureux d’être chargés de la propagande. Ce mot est aujourd’hui doté d’une signification très négative, au point que les journalistes et commentateurs de Radio France se refusent à accepter l’idée qu’ils font de la propagande et que les commentateurs, à la faveur d’un impudent emprunt sémantique, prétendent faire de la « pédagogie » européenne lorsqu’ils essayent tout simplement de d’emporter la conviction. Ce serait tout à fait louable si c’était leur job, s’ils le reconnaissaient et s’ils acceptaient de laisser une chronique sur deux à un contradicteur. Il y a à ce glissement de sens du mot propagande vers le péjoratif au moins deux raisons. La première est l’évolution de notre culture vers un individualisme que je trouve assez débile (celui des séries et des pubs) qui conduit les gens à penser qu’ils peuvent se faire des opinions « par eux-mêmes » sur ceci et cela et donc, à refuser toute tentative, même explicite, même encadrée par un contrat de communication, de persuasion. C’est le fantasme de l’individu libre et éclairé dont parlait Roland. La seconde est que les grandes tentatives de persuasion ont souvent été associée, surtout depuis la fin du XIX° siècle, à des pratiques assez douteuses (mystification, désinformation, bidonnage…) qui ont perverti le mot propagande. Je pense en particulier à l’action publicitaire et peut-être même franchement immorale [3] du comité Creel dont la mission était d’amener le peuple étasunien à approuver l’entrée des Etats-Unis dans le première guerre mondiale, et auquel participait, justement, Walter Lippman. Il faut tenir compte de ce glissement vers le péjoratif du concept pour parler aujourd’hui de propagande. C’est pourquoi je me refuse à considérer la pure persuasion, indispensable au débat et à la vie démocratique, comme de la propagande. Je ne suis pas d’abord avec Roland qui semble assimiler propagande, manipulation, persuasion. Par définition personnelle, la propagande aujourd’hui 1. se cache, ne s’avance pas comme telle, contrairement à l’activité persuasive qui relève souvent d’un contrat de communication persuasive accepté par les locuteurs ; 2. utilise des moyens au moins douteux et quelquefois même immoraux. Ce qui n’est toujours pas le cas de l’argumentation. Assimiler propagande et persuasion repose sur l’idée que je sais active aujourd’hui chez de nombreux individualistes, qu’il y a quelque chose de malsain pour l’individu dès qu’il y a influence. C’est là nier la vie sociale. C’était un préalable indispensable.

Pour venir à la question posée, je dirai qu’il y a propagande lorsque sont utilisés sous couvert de prétendues vérités des moyens douteux et notamment des processus d’influence inconsciente pour munir une population de croyances utiles à certains. Les médias, et même, hélas, lorsque les journalistes se veulent honnêtes, font ainsi de la propagande lorsqu’ils nient leur position persuasive au service d’intérêts et modèlent les opinions d’une population de deux façons au moins (ceci pour m’en tenir au cadre dans lequel les journalistes et commentateurs sont honnêtes). Par une forme douce de désinformation d’abord, qui consiste le plus souvent à ne présenter que les informations qui vont dans un sens particulier des intérêts défendus. Un exemple : sans l’avoir nécessairement décidé, ils donnent volontiers les arguments de l’accusation contre Milosevic jugé au tribunal de La Haye, et ils escamotent ou même caricaturent l’argumentation pourtant serrée de Milosevic lui-même. Ils font de la propagande ensuite par le maniement d’influences inconscientes, ces influences si bien étudiées et attestées par les sciences psychologiques. Un seul exemple, toujours sur Radio France : le OUI est assez systématiquement prononcé avec une intonation plus dynamisme que le NON, ce qui s’appelle un conditionnement évaluatif. C’est un processus d’influence inconsciente. Les comportementalistes ont montré qu’il était d’une redoutable efficacité.

Maniprop.com : Dites-en un tout petit peu plus, s’il vous plaît…

Beauvois : Il y a conditionnement évaluatif lorsqu’on associe systématiquement de la valeur implicite à un concept sans que cette valeur soit argumentée. Le concept (voter oui) ramasse un peu de cette valeur (le dynamisme de l’intonation). C’est le même processus d’influence inconsciente qui est à l’oeuvre lorsqu’on déclame systématiquement (sans évidemment l’argumenter) et d’un ton réjoui que « nous, nous respectons les droits de l’Homme ». Notre concept des droits de l’Homme ramasse un peut de la valeur portée par le ton réjoui. Voici donc les deux principales voies de la fabrique de l’opinion par une propagande cachée, pratiquée en douceur : désinformation et répétition d’influences inconscientes. Vous constaterez qu’elles peuvent être réalisées par des journalistes ou commentateurs accrochés à leur déontologie. Elle ne suppose en effet qu’une seule chose : le non pluralisme des sources d’influence qui croient à ce qu’elles disent, non pluralisme qui est le cas le plus fréquent dans les médias. Je ne crois pas que ce soit le lieu d’en dire beaucoup plus.

Maniprop.com : On peut effectivement se référer à vos deux livres. Gori peut peut-être nous dire s’il est d’accord avec ça…

Gori : Oui et non… Oui concernant cette filiation sociale et politique qui s’appelle l’individualisme, l’individu libre, éclairé et raisonnable… ce qui est un cliché positif dont la propagande et la manipulation sont le négatif. Oui en se défendant de vouloir persuader ou même de faire de la propagande insidieuse et hypocrite. Oui, notre culture libérale étatsunienne excelle dans ce type de procédé médiatique qui n’est qu’un reflet de son économie de marché mais en fait partie.

Non sur la notion d’inconscient qu’il reste à conceptualiser. Non sur l’idéalisation d’une argumentation et d’une science qui échapperaient à la rhétorique. La rhétorique après le XVIII° siècle est chassée du tableau d’honneur des grandes valeurs de vérité, mise à la porte par l’évidence et la raison, elle va faire nécessairement retour au sein même de ce qui l’a chassée : la science et surtout sa diffusion publique, mais aussi communautaire. La rhétorique aujourd’hui, elle joue à pleins tuyaux dans la communication scientifique… mais on refuse de l’accepter. D’ailleurs l’idéologisation de la psychanalyse n’est qu’un cas particulier de l’idéologie scientifique. Bon maintenant, je voudrais que Jean-Léon revienne comme il l’a annoncé sur le concept de propagande scientifique.

Beauvois : Je voudrais revenir sur l’expression elle-même et sur le contexte de son usage, même si, je l’ai dit, je suis d’accord avec la thèse essentielle de Gori et Del Volgo.

Pour ce qui est de l’expression, je la trouve malheureuse car elle ne permet pas de clairement distinguer entre plusieurs sens possibles, dont certains me semblent à rejeter. On peut entendre d’abord : propagande réalisée à l’aide de méthodes issues des sciences appliquées. Ce sens est acceptable et avéré. De nombreuses techniques de la propagande sont issues d’effets expérimentaux produits et reproduits par les sciences psychologiques (modelage, simple exposition, conditionnement évaluatif, amorçage…) On peut entendre aussi : la science peut, en tant que telle, être propagandiste. Je le conteste avec véhémence. Lorsqu’elle s’en tient à ce niveau de discours qu’on dit « descriptif », lorsqu’elle montre et théorise des déterminations, la science est sans voix sur « le sens des choses », sur « la signification des événements »… qui sont les objets mêmes des propagandes, ce sur quoi elles portent. On peut entendre encore propagande faite au nom de la science, au besoin par des scientifiques sortis de leur fonction de scientifique. C’est ce que je veux retenir du concept de Gori et Del Volgo. Et je l’accepte volontiers. Je l’ai souvent avancé et je viens de le rappeler encore, les énoncés scientifiques (disons : la science) ne sont pas faits pour nous dire ce que les choses doivent ou devraient être. Se référer à la science pour dire, par exemple, que, pour être heureux, les gens devraient se comporter ainsi, acheter tel ou tel produit, faire l’amour tant de fois par jour ou par semaine ou par an… est purement et simplement frauduleux. La science est inapte à dire ce qu’est le bonheur, et chaque fois qu’elle s’y risque, c’est au nom de croyances non scientifiques ou de concepts qui se parent des attributs de la science sans en avoir la structure et les vertus. C’est notamment le cas lorsqu’on en appelle à des « motivations », à des « aspirations », des « attentes »… concepts qu’on ne peut valider que par ce que les gens en disent, en se situant donc dans un autre registre que le registre scientifique. C’est encore le cas lorsqu’on prétend faire de la science alors qu’on ne fait que le la mise en ordre, éventuellement avec des statistiques, ce qui est peut-être le cas dans la confection de certaines nosographies. Le réel se démontre, il ne se montre pas, disait Bachelard.

Mais nous en arrivons alors à un autre sens possible de l’expression « propagande scientifique », auquel je serais donc prêt à adhérer : propagande faite sous couvert de pseudo-sciences. Mais là, je ne suis pas sûr que Roland me suive. Je pense qu’il a tendance à confondre un peu ces deux derniers sens, deux sens qui peuvent par ailleurs être défendus. Je répète : propagande faite par des scientifiques qui sont sortis de leur position de scientifique, qui parlent donc en idéologues, et propagande faite par des gens qui se présentent comme des scientifiques mais qui n’en sont pas. Qui ne sont donc que des idéologues.

C’est la raison pour laquelle il faut en venir au contexte de l’usage de l’expression « propagande scientifique » qui peut mobiliser des attitudes anti-scientifiques tout simplement obscurantistes. Il est trop facile de dire, à tort, devant des propagandes faites frauduleusement, au nom de la science, par des scientifiques ou des ouailles de scientifiques : ces gens-là ne sont pas, même lorsqu’ils travaillent dans leur laboratoire, des scientifiques. Cette facilité peut séduire quelques personnes ou individus chics mais surtout dotés d’une solide attitude antiscientifique, cette attitude antiscientifique qui transpire de nombreux discours plus « anticomportementalistes » qu’anti-propagande, cette même attitude à laquelle ont dû faire face dans l’Histoire tous les promoteurs des sciences expérimentales. Même mon cher ami Gori, dont j’admire la finesse et la culture, peut-être conduit à dire d’une théorie ou d’une famille de théories qu’il n’aime pas, peut-être parce qu’il y a concurrence, qu’elle est ou qu’elles ne sont pas scientifiques quand il serait plus prudent de dire, même si cela à moins de vertus contre propagandistes, je dis bien, contre propagandistes : il arrive aux tenants de ces théories de sortir de leur rôle et de se conduire en idéologues pour faire de la propagande scientifique. Il leur arrive même, pour cela, d’avoir des méthodes peu assurées.

Maniprop.com : vous lancez là un autre débat qui porterait davantage sur l’épistémologie que sur la propagande. Gori, qu’en pensez-vous ?

Bien sûr qu’avec mon ami Jean-Léon, nous ne sommes pas entièrement d’accord. Sinon, il n’y aurait pas de dialogue entre nous… même s’il m’arrive parfois d’être davantage sur la même longueur d’ondes que lui qu’avec certains collègues psychanalystes ! J’avais même commencé un travail critique sur les énoncés de la psychanalyse avant de me trouver sollicité par d’autres urgences… produites par des attaques injustes contre la psychanalyse !

Il y a des critiques très pertinentes (je pense à Wittgenstein) contre la psychanalyse, d’autres qui résultent d’un malentendu honnête (je pense à Karl Popper) et d’autres qui procèdent d’une ignorance crasse ou d’une haine passionnelle (je pense à Grunbaum ou à Benesteau). Mais là, c’est sûr, on ouvre un autre chantier !

Pour en revenir à la distinction de Jean-Léon, elle est sans doute juste et pertinente dans sa logique de rationalité. Dans la logique de son savoir psychologique qui distingue les vraies sciences (expérimentales) et les fausses sciences (qui s’épargnent l’épreuve de la validation expérimentale et se trouvent davantage exposées à l’opinion). Mais, dans ma propre démarche cette évaluation normative des rationalités n’est pas une priorité. Ma priorité, c’est de montrer : 1) que la vérité d’un énoncé est forcément déduite d’un dispositif formel et phénoménotechnique dépendant tôt ou tard du langage, de la langue et de la parole ; 2) que l’exactitude probabiliste n’épuise pas ce qu’il y a à savoir et que la psychanalyse est née à la fois avec et contre la science traditionnelle pour traiter ce « reste » ; 3) que si on prétend réduire ce reste – ou tout autre – on tombe alors dans le « totalitarisme » ; 4) que les conditions historiques, sociales et politiques constituent une « niche écologique » indispensable pour non seulement favoriser la naissance des savoirs mais encore leur diffusion dans la culture et leurs privilèges dans les réseaux de pouvoir. L’homme comportemental sans intériorité, sans état d’âme, affect, pulsion, environnement et histoire, n’émerge pas n’importe quand dans l’histoire des idéologies ! L’homo psychanalyticus non plus d’ailleurs…

Maniprop.com : Vous vous êtes lancés l’un et l’autre dans un débat plus épistémologique que celui dont nous étions partis, sur la propagande… Ce débat est certainement essentiel. Peut-être le reprendrons-nous dans quelque temps.

Notes

[1] Les différents DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) qui se sont succédés depuis 1952 tendent à faire de la souffrance psychique un désordre (disorder), un trouble mental. L’analyse statistique de ces troubles mentaux recensés par des psychiatres permet d’établir une nosologie standardisée et consensuellement admise par des experts pour la plupart membres de l’Association Internationale de Psychiatrie. Les DSM I (1952) et II (1968) s’inspiraient d’une conception dynamique du psychique et s’inscrivaient dans la tradition de la psychiatrie classique pour théoriser les troubles psychiques. Avec le DSM III (1980), la médicalisation des conduites humaines prend une toute autre allure assurant la victoire de l’idéologie néo-krapelinienne de la psychiatrie américaine. Voici en quoi consiste ce « credo néokrapelinien » décrit par Klerman en 1978 et explicitement évoqué dans l’Avant-propos de l’édition française du DSM IV (1996) : il n’y aurait « pas de distinction fondamentale à établir entre les troubles mentaux et les affections médicales générales », si bien que l’on peut envisager « sous un jour nouveau les relations entre troubles mentaux et troubles physiques. » Note demandé par maniprop.com pour l’écrit.

[2] Commandée dans le cadre du plan « Santé mentale » mis en place par le ministère de la Santé en 2001, une expertise collective de l’Inserm a analysé près d’un millier de publications de la littérature internationale et évalué ainsi les différentes psychothérapies appliquées aux soins des troubles mentaux. Les trois types d’approches évaluées sont les suivantes : approches psychodynamiques (psychanalytiques), approches comportementales et cognitives (TCC) et approches familiales et de couple. Les résultats de cette expertise consistant en pratique en une « analyse d’analyses d’analyses » ont été publiés dans la presse nationale et mis sur site Internet le 26 février 2004. Ils ont donné lieu à une très vive polémique. Selon les résultats de ce volumineux rapport, les TCC auraient fait la preuve de leur efficacité pour 15 troubles sur 16, les thérapies familiales et de couple pour 5 troubles sur 16 et l’approche psychodynamique pour un trouble sur 16. Plusieurs auteurs ont dénoncé les « biais méthodologiques »de ce travail et la manière peu éthique dont il a été utilisé par certains de ses auteurs. Note demandée par Maniprop pour l’écrit

[3] plusieurs auteurs pensent par exemple que le Lusitania a été délibérément offert aux torpilles allemandes pour que le coulage du bateau retourne la population étasunienne. Note demandée par maniprop.com pour l’écrit

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> Propagande et propagande scientifique : un débat sur maniprop.com

19 décembre 2005 12:53, par Paul

La notion de propagande scientifique ne devrait-elle pas s’intituler plutôt « propagande scientiste » (bien que ce soit peut-être un pléonasme), de manière à rappeler que la science, d’une part, et sa prise dans le langage, d’autre part, obeissent à deux logiques différentes (logique de l’objectivité, logique de la subjectivité) ? Ne permettrait-elle pas de pointer le véritable détournement de la science à travers une utilisation idéologique de ses signifiants les plus caractéristiques, notamment dans les expertises récentes concernant les psychothérapies ou encore le trouble des conduites chez l’enfant ?

D’un autre côté, ne peut-on considérer qu’il n’est pas de science qui ne soit aussi parlée (voire d’abord parlé), et que cela inclut ipso-facto le chercheur ou le scientifique dans la délimitation linguistique du phénomène qu’il étudie ?

Dès lors, la propagande (scientifique ou scientiste), n’opère-t-elle pas aussi en amont des programmes de recherche (et pas seulement dans la communication en aval des résultats), à travers l’emprise idéologique traversant les discours des acteurs de la scène scientifique et universitaire ? N’opère-t-elle pas aussi, au delà des programmes de recherche, dans le processus même de recrutement des enseignant-chercheurs, par diverses pressions (conscientes ou inconscientes) sur les instances chargées de statuer sur le profil des futurs chercheurs (CNU, CS des universités, etc.) ?

En tout cas, merci pour cet échange éclairant, et qui montre bien que le dialogue entre différent champs de la psychologie peut se faire au service de la liberté et de l’indépendance d’esprit, et qui permet de saisir qu’il convient de distinguer pratiques (de recherche, ou clinique) et discours sur ces même pratiques (que, je crois, Althusser situait comme fondement possible de l’idéologie).

 

 

 

 

 

Retour sur image : analyse d’une opération psychologique réussie

Remettre en cause la « preuve par l’image » : un devoir civique

Statue déboulonnée de Saddam Hussein : les photos du montage

mercredi 4 mai 2005, par Claude Rainaudi

Place Fardous, déboulonnage de la statue de Saddam Hussein : si le public n’est pas toujours informé, de nombreux analystes s’accordent aujourd’hui sur le fait que ce déboulonnage était un « bidonnage » bien monté par les « Opérations Psychologiques » (PSYOP) de l’armée étasunienne.

Maniprop.com reproduit ici un article de Claude Rainaudi paru sur le site vigirak.com, sous le pseudonyme collectif « Ferdinand », mais dès le 11 avril 2003, peu après que certains atlantistes, qui s’abstenaient, frustrés, jusqu’alors, avaient trouvé dans ce déboulonnage le courage d’exprimer le fond de leur pensée. Rappelons pour mémoire cette intervention devant l’Assemblée nationale : « Jacques Chirac doit prendre acte que le courage des Américains et des Anglais est venu à bout d’une dictature. »

[NdlR]


 

La durée de résistance conventionnelle de l’armée irakienne semble avoir été d’environ trois semaines. La durée de résistance des media à l’intox pourrait avoir été plus brève. Nourrir l’esprit des téléspectateurs d’images non commentées — ou commentées de façon à en faire des armes de la propagande de Bush — n’est pas vraiment propice au développement de la pensée critique, laquelle reste un prérequis de la démocratie.

La CIA semble hésiter à « trouver » des « armes de destruction massive », sans doute de crainte d’une fuite toujours possible. L’incapacité du pouvoir irakien à tenir Bagdad, tâche pourtant réaliste, montre que la « menace » que représentait l’armée irakienne n’était que bushevesées. Il faut pourtant tenter de justifier cette invasion brutale d’un pays souverain… autrement que par le pétrole. Rien de tel, à cette fin, qu’une « libération ».

Une statue de Saddam Hussein, sur la place Fardous

Entre deux séries, les « infos ». Plans rapprochés. Une foule d’Irakiens en liesse semble n’avoir rien de plus pressé que de déboulonner l’une des innombrables statues de Saddam Hussein. Magnanimes, les forces d’invasion, qui n’ont sans doute, elles non plus, rien d’autre à faire, leur prêtent un engin chenillé de dépannage, lancent une amarre, et jettent à terre l’effigie du vaincu. La foule danse, s’agite, trépigne et, folle de joie escalade le blindé des envahisseurs pour couvrir ceux-ci de baisers mouillés. Interprétation : « Les » Irakiens sont contents d’être envahis. Mission accomplie, bravo les PSYOP.

Il est toutefois permis de se poser des questions.

Pourquoi les envahisseurs, qui tirent sur à peu près tout ce qui bouge, y compris les délégués de la Croix Rouge et les journalistes indépendants, acceptent-ils aussi sereinement la proximité d’une foule ? Un « kamikaze » pourrait s’y dissimuler.

Pourquoi n’avons-nous droit qu’à des plans rapprochés, qui ne donnent aucune information sur le contexte, ni sur le nombre des « manifestants » ?

Combien de personnes différentes peuvent être identifiées sur l’ensemble des séquences de ce « reportage » ?

La réponse nous est donnée par une photo du tournage, que nous reproduisons.

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Un plan large qui éclaire l’événement
La chute de la statue de Saddam Hussein, un événement « comparable à la chute du mur de Berlin » d’après certains dont je tairai le nom par charité.

Comprendre la mise en scène

La photo du tournage montre un plan beaucoup plus large, et permet de comprendre comment « on » mystifie les téléspectateurs. Les « manifestants » sont tout au plus une trentaine. Tandis que les « journalistes » embarqués filment en plan rapproché pour le compte des PSYOP, l’ensemble du périmètre est bouclé par des chars et des transports de troupes.

Reste à comprendre pourquoi les envahisseurs accordent une telle confiance à ce quarteron d’Irakiens. Comment être sûrs qu’aucun d’entre eux n’est armé et patriote ? Notre excellent confrère iraqwar.ru, hélas en sommeil aujourd’hui, qui a levé le lièvre, nous donne la solution. Les irakiens en question ont tout simplement voyagé dans les convois des envahisseurs. L’un d’entre eux a été photographié le 6 avril à Nasyriah. Le 9, le voilà Bagdadi. C’est un membre de la milice d’Ahmed Chalabi.

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Déboulonnage ou bidonnage : les preuves du coup monté
Place Fardous : la statue déboulonnée par une trentaine de réjouis professionnels, menée par un membre de la milice de Chalabi.

Les autres images « embarquées »

Afin de nous convaincre de l’ineffable bonheur que les irakiens peuvent ressentir à voir leur pays envahi, leurs proches assassinés et leurs maisons bombardées, d’autres images nous sont servies. Là aussi, un peu de recul permet de pouvoir raison (tenter de) garder.

Foules joviales. Combien des plans nous montrent simultanément les foules — pas seulement quelques personnes isolées — et les colonnes des forces d’invasion ? Combien de plan alternés avec une fois la foule, une fois les chars ? Avez-vous remarqué que dans les films de Tarzan, on voit en général alternativement Tarzan et le lion ? Cela nous donne l’impression qu’ils se font face. Mais le « vrai » Tarzan n’est pas stupide au point de se comporter ainsi. Les plans sont tournés séparément. Le reste est une affaire de montage.

Pillards joviaux. Lorsque l’on voit simultanément les deux catégories de personnages, les Irakiens filmés poussent en général, sur quelque brouette improvisée, le produit de leurs larcins. Il s’agit de pillards, délinquants ou criminels de droit commun, qui ne cachent pas leur joie de voir la loi disparue et de pouvoir vaquer librement à leur douteuses occupations. Belle approbation que celle d’individus qui profitent du malheur de leur pays pour piller et voler ! Belle image donnée d’un peuple irakien, dont, il faut le rappeler, le niveau d’éducation est l’un des plus hauts de la région.

Trois contre-mesures individuelles

Afin de ne pas être victimes d’images de propagande filmées par des « journalistes » embarqués, sur commande des PSYOP, quelques réflexes de survie :

- Toujours se demander où est la caméra, où sont ses opérateurs ;

- Toujours imaginer un champ beaucoup plus large que celui qui nous est montré et tenter de reconstruire le contexte ;

- Toujours décomposer la séquence en plans et se demander s’il est certain que les différents plans ont été tournées au même instant et au même endroit.

À consommer sans modération.

P.-S.

Lien vers l’article original, sur vigirak.com Statue déboulonnée de Saddam Hussein : les photos du montage

Publié dans DE La FABRIQUE DE L'OPINION ET DU CONSENTEMENT | Pas de Commentaire »

Éric Zemmour réhabilite les « races » (avec vidéo)

Posté par issopha le 13 décembre 2008

  

Éric Zemmour réhabilite les « races » (avec vidéo)

 

 Éric Zemmour réhabilite les « races » (avec vidéo) dans DU RACISME EN FRANCE pdf parisberlinericzemmourrhabilitelesraces.pdf  

Consulter l’intégralité du contenu de l’émission ans le fichier pdf ci-dessus.

Eric Zemmour , L’enflure…

 

Né le 31 Août 1958. Diplômé de l’I.E.P. Paris. Journaliste politique au Quotidien de Paris,(1986-94), Editorialiste à Info Matin (1994-95), Grand reporter au Figaro ( depuis 1996), journaliste à Marianne (depuis 1997). Après avoir participé à « Vendredi pétantes », sur Canal+, animée par Stéphane Bern jusqu’en juin 2006, Éric Zemmour se répand au moment où nous écrivons dans l’émission « L’Hebdo » sur Tempo (chaîne de RFO), dans « On n’est pas couché », l’émission animée par Laurent Ruquier sur France 2 et dans l’émission « Ça se dispute », sur I-Télé.

 

 

Cliquer sur le lien ci-dessous pour visulaliser la page d’origine et les vidéos sur le site  web de l’ACRIMED.

 Zemmour réhablite les races …avec vodéos ( Partie 1 )

  http://www.acrimed.org/article3003.html   

 Zemmour et l’existence des races …avec vodéos suites (Partie 2 )

  http://www.acrimed.org/article3019.html    

 

 

Publié le 16 novembre 2008 par Henri Maler, Marie-Anne Boutoleau

Éric Zemmour, éditorialiste au Figaro, habitué des plateaux télé (dont celui de Laurent Ruquier) assume ouvertement des prises de position réactionnaires, notamment en matière de mœurs et s’oppose ainsi à tout ce qui selon lui entraînerait la décadence de la France : le féminisme, « l’idéologie gay », les arabes et la religion musulmane (voir en « Annexe »).

Mais Zemmour a franchi un pas supplémentaire sur Arte le 13 novembre 2008 alors qu’il était invité de l’émission « impertinente » animée par Isabelle Giordano – « Paris-Berlin, le débat » -, intitulée ce jour-là « Demain, tous métis ? ». Sûr de lui et fort de la complaisance d’Isabelle Giordano, l’éditorialiste multicarte (et qui sans doute le restera…) put affirmer sans être contredit par l’animatrice, que Noirs et Blancs appartenaient à deux « races » différentes et qu’il y aurait une « hiérarchie » entre les cultures [1]. Comme si l’ethnocentrisme et le racialisme étaient des « opinions » comme les autres…

Face à Rokhaya Diallo, présidente (noire, le fait a son importance, du moins quand on a affaire à Zemmour) de l’association « Les indivisibles », à Vincent Cespedes, philosophe (qui s’en était déjà pris à Zemmour par le passé) et à Renan Demirkan, comédienne et écrivaine allemande d’origine turque, l’« impertinent » éditorialiste a argumenté avec un rare aplomb sur le fait qu’il existait des « races » reconnaissables à « la couleur de peau ». Il n’a pas été jusqu’à dire que l’une était supérieure aux autres, mais il s’en est fallu de peu…

Cela mérite bien une vidéo (en attendant une version plus complète…) , suivie de sa transcription. La version intégrale de l’émission peut être consultée sur le site d’Arte.

- Éric Zemmour : – « Il y a le métissage racial, c’est-à-dire le mélange des races, physiquement. »
- Rokhaya Diallo : – « C’est, quoi, qu’est-ce que c’est les races ? Qu’est-ce que vous entendez par « races » ? »
- Éric Zemmour : – « Si y a pas de races, y a pas de métissage ! »
- Rokhaya Diallo : - « Ben non, parce que peut-être que le deuxième dont vous avez parlé… » [Allusion au métissage des cultures]
- Éric Zemmour : – « …donc y a pas de question dans ce cas là ! »
- Rokhaya Diallo : – « Non, parce que vous parlez de deux métissages, donc peut-être que le deuxième existe. »
- Éric Zemmour : – « Oui, le deux… »
- Isabelle Giordano et Éric Zemmour, de concert : – « Parce que pour vous Rokhaya, les races n’existent pas ? »
- Rokhaya Diallo : – « Ben non. Enfin je… »
- Vincent Cespedes : – « Pas pour les scientifiques non plus… »
- Isabelle Giordano : – « On écoute la deuxième… la deuxième… »
- Éric Zemmour : – « Non, mais moi ce qui m’intéresse dans cette histoire – je vais très vite – j’ai le sentiment qu’à la sacralisation des races de la période nazie et précédente a succédé la négation des races. Et c’est d’après moi aussi ridicule l’une que l’autre. Qu’est-ce que ça veut dire que ça n’existe pas ? On voit bien que ça existe ! »
- Rokhaya Diallo : – « Mais comment on le voit ? Je ne comprends pas ce que vous voyez… »
- Éric Zemmour : – « Ben à la couleur de peau tout bêtement. »
- Rokhaya Diallo : « Et donc la couleur de peau selon vous fait que moi j’appartiens à une race différente de la vôtre. »
- Éric Zemmour : – « Mais évidemment ! Non mais… que vous redécouvriez… »
- Rokhaya Diallo : – « Bon ben alors… C’est intéressant… »
- Éric Zemmour : – « Ben évidemment, j’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire ! »
- Rokhaya Diallo : – « Non, j’appartiens à la communauté française et… »
- Vincent Cespedes : – « Peut-être que ça vous rassure, Éric : ça vous rassure d’appartenir à la race blanche ! »

Laurent Joffrin, en charge de sa propre absolution, concédait non sans désinvolture que parler de « race » juive, c’était recourir à un mot « mal choisi », comme nous le relevions ici même. Éric Zemmour n’a pas une telle pudeur.

Qu’importe si la quasi-totalité des scientifiques de toutes les disciplines ont depuis belle lurette contesté l’existence même de « races », définies par un ensemble de traits distinctifs, au sein de l’espèce humaine ! Éric Zemmour sait ! Et Isabelle Giordano [2], aussi impassible que son sourire, croit animer un simple débat d’opinions individuelles : une question de goûts. Par Saint Philippe Val, et quelques autres grands pourfendeurs des « rumeurs » qui seraient le monopole d’Internet, il suffit de lire l’article de Wikipedia sur les « races », pour acquérir les quelques connaissances qui permettent de faire taire les « rumeurs » propagées par les grands professionnels que l’on entend partout, et notamment sur Arte, une chaîne qui se prévaut d’être au service de la culture !

La suite du « débat » vaut également son pesant d’or. Interrompu au début de l’échange, Zemmour revient sur le deuxième « métissage » dont il voulait parler, et qui, selon lui, est « culturel ». S’il s’accorde à dire qu’il y a toujours eu un métissage culturel en France, il regrette en revanche la disparition de la « hiérarchie des cultures », qui faisait de la culture « française » la culture prédominante et favorisait ainsi l’« assimilation » des populations « étrangères » jusque dans les années 1970. Il explique : « Moi je crains que comme aujourd’hui on a supprimé cette hiérarchie, comme aujourd’hui on estime que toutes les cultures se valent, qu’on est un mélange de différentes cultures égales, et que ça, c’est ça qui nous mènera au multiculturalisme et donc à l’affrontement des cultures et donc des communautés. » Une « thèse » résumée dès son entrée en plateau : l’alternative au « multiculturalisme », « c’est une culture pour des races différentes ! » Est-ce à dire qu’il y aurait plusieurs « races » différentes mais égales entre elles (? ??) alors qu’il y aurait plusieurs cultures (ce que personne ne nie…) mais d’inégale dignité ?

Quant à Isabelle Giordano, soucieuse d’apaiser le « débat » et sans jamais se départir de son ineffable sourire, elle préfère à plusieurs reprises donner le change en insistant sur « [la difficulté] à s’accorder sur les mots »… En 1952, Claude Lévi-Strauss, dans Race et histoire, brochure alors éditée par l’Unesco, réfutait déjà le racialisme qu’il soit biologique ou culturel. Mais sur Arte, c’est désormais une question de mots. Et quelque temps plus tard, poussé dans ses derniers retranchements par Vincent Cespedes, Zemmour se retranche fugitivement derrière un autre mot : « type »…

Constant dans la dénonciation de tout ce qui menace la France virile, ces propos scandaleux d’Éric Zemmour ne sont nullement, dans son cas, un « dérapage », mais bien l’aboutissement d’une carrière toute vouée à la réhabilitation de la France « éternelle », c’est-à-dire blanche, phallocratique et hétérocentrée.

Nul doute que tous les épurateurs de la presse et des ondes (façon Philippe Val et ses amis) vont, à la suite de ces propos, s’étonner de la place envahissante qu’Éric Zemmour occupe dans les médias. Après avoir participé à « Vendredi pétantes », sur Canal+, animée par Stéphane Bern jusqu’en juin 2006, Éric Zemmour se répand au moment où nous écrivons dans l’émission « L’Hebdo » sur Tempo (chaîne de RFO), dans « On n’est pas couché », l’émission animée par Laurent Ruquier sur France 2 et dans l’émission « Ça se dispute », sur I-Télé. Entre autres collaborations dans la presse écrite, Zemmour, passé par Marianne, « éditorialise » depuis 1996 au service politique du Figaro.

On n’ose penser que c’est la défense de la pureté de la race blanche et de la culture franco-française qui a valu à Éric Zemmour d’être en 2006 membre du jury du troisième concours d’entrée à l’ENA (réservé aux salariés du secteur privé ou aux personnes exerçant un mandat électif national ou local) en 2006 [3].

Curieusement, Éric Zemmour, si prompt à disserter sur l’« endogamie » supposée des Turcs ou des Allemands, se montre beaucoup moins prolixe au sujet de l’endogamie, socialement déterminée, des « élites »…

Marie-Anne Boutoleau et Henri Maler

 


Annexe : quelques « pensées » d’Éric ZemmourÉpouvanté par ce qu’il considère être une « féminisation » de la société qui entraînerait la décadence d’un Occident viril, Éric Zemmour avait déjà consacré un ouvrage entier en 2006 [4] à la dénonciation des féministes (« Le féminisme porte en lui comme tous les mots en « -isme », un totalitarisme » [5]) et de l’« idéologie gay ». En « homme » , il s’était alors vanté sur le plateau de Thierry Ardisson de ne jamais changer les couches-culottes de son enfant, afin de ne pas perdre sa virilité en s’abaissant à effectuer cette tâche « féminine » [6].En 2008, Zemmour revient avec un roman, Petit frère, dans lequel il dénonce la « perversité » de l’antiracisme dont il prétend « faire le procès », en se référant entre autres à Alain Finkielkraut pour qui « l’antiracisme est le communisme du XXIe siècle ». Dans ce livre, Zemmour part en croisade contre la « défrancisation » : « chacun se sent de moins en moins français – je le montre dans la langue, voyez, ils parlent un français de plus en plus abâtardi. » Qui « ils » ? Les jeunes, et en particulier ceux des quartiers populaires et des banlieues, surtout s’ils sont « Arabes ». Pour Zemmour, c’est la fin de la « nation » française, et les guerres tribales nous menacent d’autant plus que désormais les vrais « Français » seraient minoritaires dans notre pays, et forcés de « s’adapter » aux coutumes – forcément « sauvages » – des nouveaux arrivants, comme le Ramadan (Propos tenus et thèse défendue lors de l’émission « Les Grandes gueules », sur RMC, le 7 janvier dernier, à écouter sur Dailymotion).

Notes

[1] Notons au passage que l’intitulé même de l’émission : « Demain, tous métis ? » portait lui-même à confusion, sous entendant par l’utilisation de la forme interrogative que nous n’étions pas déjà tous peu ou prou « métis », comme si certains appartenaient à des « races » (encore) pures…

[2] Dont la biographie, sur le site d’Arte, dit assez la compétence sur un sujet d’une telle importance : « Après des débuts à « Bouillon de Culture » puis à « Demain », Isabelle devient en 92 et pour 10 ans, la Dame du Cinéma de Canal+. Rôle qu’elle a repris pour F2 en 06-07 avec l’émission « Jour de fête », après avoir animé le « Fabuleux destin » sur F3 pendant 2 ans. Elle s’est aventurée à la radio sur France Inter en 94 avec Planète Livre puis à Europe 1. Revenue sur France Inter en 03 dans le « Fou du Roi », elle a créé le 1er RV à l’écoute des ados en 04, le « Monde selon wam », récompensé par les Lauriers d’or du Sénat. Elle est l’auteur de « Martine, portrait intime » (02), « Romy Schneider » (03), « Les bonnes choses de la vie » (04) et « Voyage au pays des psys » (06). »

[3] Selon une note publiée en 2006 sur le site du Centre de Préparation au concours d’entrée à l’ENA de Bordeaux intitulée « Éléments d’information sur les membres du jury 2006 » et encore disponible au moment où nous écrivons.

[4] Le premier sexe, aux éditions Denoël.

[5] Interview d’Éric Zemmour sur le site d’Actualité du livre le 7 mai 2006.

[6] Lire à ce sujet « Les choses en main, lettre ouverte à Éric Zemmour et à tous ceux qui se sont contentés de naître », par Patience Philips sur le site du collectif « Les mots sont importants ». Lire aussi : « Mais pourquoi est-elle si méchante ? » par Viencent Cespedes sur le site de Sisyphe et « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire (ou la violence ordinaire d’Éric Zemmour) » sur le site des « Chiennes de garde ».

  

  

  

  

Zemmour et l’existence des « races », suites… (avec vidéos)

 

 

 Zemmour et l’existence des races …avec vodéos suites (Partie 2 )

  http://www.acrimed.org/article3019.html    

 

 

Publié le 1er décembre 2008 par Henri Maler

Sur Arte le 13 novembre 2008, invité de l’émission « Paris-Berlin, le débat », intitulée ce jour-là « Demain, tous métis ? », Eric Zemmour avait donné toute la mesure de son ignorance et de son arrogance en soutenant que les races existent au sein de l’espèce humaine. Nous nous serions volontiers privés de revenir sur ce que nous avions écrit et montré à ce propos dans un article précédent : « Éric Zemmour réhabilite les « races ». Mais les suites médiatiques de cet article ont réservé quelques surprises.

Droit de suite (1) : L’émission intégrale

A la suite de la diffusion de « Demain, tous métis ? », Vincent Cespedes, autre invité de l’émission, a envoyé un « droit de réponse » qui a été mis en ligne sur le site d’Arte. On ne peut que s’en féliciter et suggérer que, à chaque fois que des invités estiment qu’ils ont été maltraités au cours du tournage ou lors de son montage, ils puissent disposer d’un droit de suite sur toutes les chaines…

Que disait Vincent Cespedes ?

« […] Je déplore que mes interventions aient considérablement fondu au montage final (…). Si ma mémoire est bonne, j’ai largement fait ce travail sur le plateau. Relevant ses amalgames – distinguant par exemple le “phénotype” et la “race” –, j’ai pointé son manque de probité intellectuelle, dénoncé ses provocations et ses affirmations péremptoires, soutenu en cela par Renan Demirkan et Rokhaya Diallo, mais aussi par un public proprement scandalisé, qui a d’ailleurs pris à parti M. Zemmour. Je déplore que l’on ait choisi de tronquer le cœur de la polémique pour mettre en scène le débat en le soumettant à des impératifs superflus (égalité des temps de parole, télégénie d’un duel Blanc/Noire, crédibilité du polémiste Eric Zemmour à maintenir à tout prix parce qu’il en va de la crédibilité du “casting” et du débat lui-même, etc.). Le montage final fausse la réalité du débat que nous avons eu. Toutefois, la mémoire étant sélective, subjective et faillible, le « buzz » autour de l’émission gagnant chaque jour de l’ampleur, je demande au diffuseur (Arte) et au producteur (2P2L) de bien vouloir mettre en ligne l’intégralité de l’enregistrement, ou, à défaut, une retranscription fidèle et exhaustive des échanges. Autrement dit : de faire fi du spectacle au profit du sens. »

Non seulement Arte a publié ce droit de réponse de Vincent Cespedes, mais les producteurs et le diffuseur de l’émission ont fait droit à sa demande en rendant publique la totalité de l’émission avant son « montage » [1]. On ne peut que les en féliciter et s’en féliciter, et suggérer une seconde disposition : que toutes les émissions qui ont fait l’objet d’un montage soient mises à la disposition du public, pour qu’il puisse évaluer les choix, inévitables, qui ont été effectués.

Droit de suite (2) : Quelques citationsMais le producteur, dans sa réponse, soutient que les choix inévitables étaient anodins. Or Vincent Cespedes propose sur son blog une comparaison (disponible en fichier .pdf) entre la version initiale et la version diffusée qui permet, pour le moins, d’en douter …A titre d’exemples, voici deux extraits coupés au montage (dont on peut lire la transcription en « Annexe »)…

Entre-temps, Eric Zemmour, que l’on entend et voit presque partout (le Figaro, RFO, France 2 dans l’émission « On n’est pas couché », sur I-télé…), a lui aussi bénéficié d’un droit de suite, notamment sur RFO (Radio France Outremer) dans l’émission « L’Hebdo » du 22 novembre 2008 intitulée « Race, le mot et la chose ».

… Au cours de laquelle on apprit qu’Eric Zemmour s’informe sur l’existence des races, en révisant, avant de participer à l’émission, la définition du mot race dans le Petit Robert, et que, pour l’essentiel le problème vient de la charge émotionnelle du mot race, puisque la science change tout le temps… alors que l’ignorance reste stable.

Droit de suite (3) : l’existence des races

Sans revenir – ce n’est pas directement le propos de la critique des médias – sur le fond du débat, on ne peut être que stupéfaits de la confusion entre la question de la définition du mot « race » et celle de l’existence des races. Les mots « Dieu », « anges » ou « démons » ont, comme le mot « race », une ou plusieurs définitions : mais l’existence de ces mots et leur définition ne sont quand même pas une preuve de l’existence de Dieu, des anges ou des démons.