LES FAILLES DU DISCOURS SUR LA RENAISSANCE AFRICAINE : Mes réflexions

LES FAILLES DU DISCOURS SUR LA RENAISSANCE AFRICAINE

Ou Comment sortir de l’incantatoire et du flou conceptuel

Isso cvAvant-propos

Il est des concepts du langage commun, autopsie de Pascal DURAND dans son propos introductif à l’ouvrage collectif Les Nouveaux Mots du Pouvoir (Ed. Aden , mars 2007) , des concepts , disions-nous , « forgés de toutes pièces , plus ou moins généalogiquement corrects(…) dont le sens se trouve infléchi , gauchi, vidangé (…) vecteurs d’une emprise sur les représentations , les imaginaires , les stratégies , les décisions de ceux qui les prennent ou les subissent- ( …) mots dont l’aire d’emploi se trouve étendue , restreinte ou déplacée (…) tous implantés ou réimplantés dans le trafic du discours social , sous la double pression de leur récurrence ( qui les porte et les prouve ) et de la légitimité (…) des pouvoirs , des partis et personnalités politiques , des gouvernements , des organisations nationales ou internationales qui en font large usage».

Le concept de la Renaissance Africaine nous semble être de ces mots là. Sujet casse-cou, s’il en est !

Les observations qui suivent procèdent des réflexions d’un jeune africain de la Diaspora (1),  embarqué au forceps dans une « aventure ambiguë » émaillée d’incompréhensions et de questions récurrentes sur la part africaine de soi, la fixation de son identité ou appartenances socio-culturelles, la place et le sens du « soi africain » en regard des questions identitaires de repli ou de mélange qui se posent parfois à la communauté diasporique native d’Afrique. Questionnements aussi sur le corpus de voies et moyens à susceptibles de remettre le continent africain sur la selle de la modernité, diversement considérée, et de l’action réfléchie et  efficace. Occasion enfin d’inviter le lecteur à réinterroger le concept flou  de «  Renaissance  africaine », à renouveler sa problématique, à envisager une manière alternative de poser le problème africain. Matrice de théorisation du réveil d’un continent à l’agonie depuis si longtemps , ce concept revêt pour ses ardents promoteurs  la condition , l’amorce , l’annonce de l’avènement des  « Afriques »  avec lesquelles le monde pourra et devra désormais compter. 

Voici donc une réflexion globale sur le requestionnement du discours de la Renaissance africaine que nous avons éclaté en 5 parties ; chacune fera l’objet d’un article à chaque fois.

Une mise en garde avant toute chose

Renaissance africaine…L’usage de cette expression nous incommode  particulièrement. Elle nous semble traduire les indéboulonnables cécité et réductionnisme qui font écho – ô paradoxe – à la généralisation abusive (du type  holiste durkheimien) des faits sociaux en Afrique. Elle traduit bien plus encore une double tendance à  la simplification  et à l’homogénéisation qui éludent hélas l’extrême complexité des situations socio-historiques et ethno-régionalistes propres à chaque pays africain. Tous travers qui pervertissent trop souvent  les réflexions et débats sur  les problèmes des « nations » du continent  ainsi que les solutions  préconisées pour en sortir. Autrement dit : «  un portrait bien trop global pour une Afrique  si diverse » (2) En conséquence, pertinence, compréhension et intérêt pratique de ladite notion s’en trouvent amoindris. Ce que déplore le présent article. Toutefois,  pour les besoins de l’argumentation, nous allons sacrifier à cette « répugnance » et suggérons pour faire plus court les sigles RAF pour Renaissance Africaine.

INTRODUCTION:

Sortir de la Renaissance Africaine et promouvoir les Afriques en Renaissance.

Risquons d’entrée de jeu les mots qui fâchent : les discours  sur la  RAF charrient un nombre incalculable d’idées éculées, imprécises, générales, extrapolées et souvent en  marge du réel (3). 

Douces omissions,  demi vérités ou « petits mensonges » qu’il convient de déconstruire, d’éclaircir, de redéfinir  pour rentrer de plain-pied dans le processus de régénération d’un continent hors jeu depuis tant de siècles. Une réflexion critique donc sur ces logos redondants, doublée d’une invitation à un éclairage conceptuel massif et indispensable,  le prétexte du présent article. 

L’idée, dans le détail ,   est de fixer et d’interroger  les constantes des discours lus et entendus  chez de nombreux auteurs africains, africanistes ou afrocentristes, plumes éminentes ou de moindre envergure, sur la problématique de la RAF. Face à l’insuccès bégayant  des Afro-revivals antérieurs  (politique, économique, culturo-spirituelle…), le concept dans sa formulation actuelle  pose question. Nous postulons que l’inefficience pratique de l’idéologie de la RAF tient pour beaucoup au diagnostic bâclé et à son corollaire, la prescription des solutions résolument analgésiques, qui  n’annihilent donc en rien les causes profondes du mal-être et du « mal-avoir » du continent. (3) 

Aussi, dans l’optique de renforcer le crédit du concept, une analyse en profondeur et une critique épistémologique sont-elles impératives. 

Prenons donc un peu de recul…    

Quelle réalité recouvre l’adjectif «  africaine » de cette notion ? Comment peut-on résoudre l’équation de l’africanité, condition nécessaire à l’intelligibilité du concept forgé en 1948 par le Pr Cheikh Anta Diop ? Comment peut-on fonder une unité de sens et de pratique de l’africanité en dehors ou au-delà des différences et des diversités plurielles qui caractérisent fondamentalement l’Afrique ? Une Renaissance Africaine, telle que  posée aujourd’hui, est-elle seulement possible compte tenu de l’extrême complexité des situations socio-historiques propres aux unités étatiques actuelles ? Si oui, à quelles conditions concrètes ?  Comment associer la base (les populations diluées dans le « Struggle for life » quotidien)  à l’idéologie du rebond des pays africains, en dépit des simplifications, homogénéisations et généralisations imprudentes qui prostituent les discours  afrocentristes ?   

Nous prendrons déjà le risque  de suggérer  des expressions alternatives, plus pragmatiques, en lieu et place d’une notion au versant théorique aussi flou que la RAF. Il en va ainsi de : « Afriques en Renaissance » ou « renaissances africaines locales », somme de révolutions conduites principalement  en interne dans une logique progressivement fédérative. La difficile  et lointaine unité  des peuples africains est érigée ben souvent en  condition nécessaire à l’émergence de ce renouveau total. 

Est-ce  même seulement un préalable possible,  plausible et viable? Sortons des allants-de-soi… 

Il faut voir à travers ces interrogations l’urgence d’une réorientation idéologique claire, précise, forte et pragmatique à même d’impulser des actions et  pratiques concrètes, qui tiennent compte de l’extrême complexité et diversité  des « 53 Afriques ». Penser une véritable pédagogie de la Renaissance Africaine comme résultat du processus des renaissances locales .Sortir la RAF de l’ornière de l’utopie…l’émanciper de la discussion autour du sexe des anges ! 

Remontons un instant la généalogie de l’idée de la Renaissance africaine. 

  • Le Professeur Théophile Obenga (célèbre égyptologue et  épigone de Cheikh Anta Diop), dans son exposé inaugurant  la première conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora organisée par l’Union Africaine du 6 au 9 octobre 2004, nous instruit  que la RAF a toujours  été une grande préoccupation  des « africains ». Il fait remonter la généalogie du concept de la Renaissance de l’Afrique et des Noirs au 18e siècle ; évoquant la  Geste révolutionnaire du général haïtien Dominique Toussaint Louverture (1743-1803), fondateur de  « la première République africaine, indépendante et souveraine des Temps modernes »*

  • Puis la Renaissance de Harlem aux USA entre 1917 et 1940 (Langston Hughes, Alain Locke, James Baldwin, Dorothy West…)  qui verra éclore « un mouvement culturel et artistique complet, comprenant des peintres, compositeurs, musiciens, chanteurs, poètes, romanciers, dramaturges, traitant de tous les problèmes, fierté raciale, identité culturelle, héritage, genre et sexualité, politique, relations raciales. »* 

Quelques  séquences phares et mouvements ayant illustré  la longue marche de la RAF : 

  • La “West African Students’ Union” (WASU), 7 août 1925, organisation étudiante qui réunissait  des étudiants (Ladipo Solanke, Kusimo Soluade, Olatunde Vincent, Ekundayo Williams, M.A. Sorinola Siffre…)  originaires du Nigéria, du Ghana, de sierra Leone et de Gambie. L’idée était de créer dès les années 1920 les  Etats-unis de l’ouest-africain. 

  • La “Féderation des Etudiants d’Afrique Noire en France” (FEANF) créée en 1950 (Félix Moumié, Seyni Niang, Alpha Condé…) 

  • La création de “Présence Africaine”, en 1948, par Alioune Diop qui a offert par ce biais  une « plate-forme internationale aux productions littéraires, romanesques, poétiques, critiques, scientifiques, philosophiques, religieuses, etc., de l’intelligentsia africaine, du continent comme de la diaspora (…) solides assises d’une véritable Renaissance Africaine »*. 

  • L’articleQuand pourra-t-on parler d’une Renaissance Africaine ?” signé du Pr Cheikh Anta Diop  à qui l’on attribue la paternité de cette expression forgée dès 1948.

  • La création à Addis-Abeba de l’Organisation de l’Unité africaine en 1963 inspirée de la philosophie du panafricanisme porté par  le jamaïcain Marcus Garvey , l’afro-américain W.E.B  Dubois , le ghanéen Kwame Nkhrumah…  Terminons par ce  rapide survol historique  du Pr Obenga : « Ont aussi milité, pour la Renaissance Africaine, au 20e siècle : 

  • Chancellor Williams, auteur de The Rebirth of African Civilization, 1961 ;     

  • Malcolm X, on Afro-American History,1967: aux U.S.A.  

  • Sur le continent, on peut mentionner Stephen Biko (1946-1977), avec son mouvement de Black Consciousness» ; et…     

  • Amilcar Cabral (1924-1973), qui a des réflexions fort originales sur la libération nationale et culture : “La libération nationale est nécessairement un acte de culture“. C’est-à-dire la vie même. On se libère pour vivre, créer, produire, se développer, accomplir son destin. Se libérer, c’est renaître. La libération, c’est la renaissance, et non le maintien des frustrations coloniales. »* 

  • La RAF du 21e siècle s’est offerte de nouveaux habits mais un contenu qui n’a pas fondamentalement changé : L’Union Africaine, créée à Lomé  au Togo en 2000. 

  • Et depuis 1998, le désormais ex-président sud-africain Thabo MBEKI en a fait un axe majeur de ses deux mandats, reprendre possession de soi  et se réinventer un destin qui rende à l’Afrique la place de choix qu’elle a occupé par les temps immémoriaux. 

PARTIE 1 : 

LA NECESSAIRE RECONFIGURATION DE LA PROBLEMATIQUE  SUR  LA RENAISSANCE AFRICAINE 

Une analyse de contenu  attentive des  discours sur la RAF révèle quelques traits majeurs qui constituent ses failles les plus importantes et quelques unes des explications de ses errances. 

TITRE 1 : CARACTERISTIQUES DU DISCOURS  DE LA RENAISSANCE AFRICAINE 

Chapitre 1- LE CULTE DES GENERALITES 

 

A – Un ancrage dans la vaine spéculation 

 

D’abord sur la forme. 

Le passage en revue de l’importante littérature relative au concept « Renaissance africaine »  ainsi qu’une recherche d’occurrences sur le web (dans le moteur de recherche Google par exemple), nous a permis de dégager les constantes suivantes : 

  • Une tendance  aux superficialités, généralités, homogénéisations et généralisations abusives. 

Ce qui pose  immanquablement un problème de précision du champ théorique, de délimitation conceptuelle, renforçant le cantonnement de  la Raf  à un flou paradigmatique, une notion désespérément  incantatoire. 

Qui doit faire quoi, où, comment, quand, avec quoi et avec qui, et à quelle cadence, pour sortir les pays africains  (et non pas l’Afrique) de leurs marasmes,  compte tenu  des spécificités, de la gravité, la complexité, la variété, la variabilité  et la profondeur  des problématiques de chacun ? 

Question  centrale qui manque cruellement de réponses claires  de la part des afrocentristes. Les réflexions de nos penseurs flirtant trop souvent avec la généralité, la spéculation  que portent cependant de consistants arguments  mais qui, par trop passionnés, se ferment aux réalismes du quotidien. Ajoutant à cela  des superficialités qui originent  fatalement des diagnostics approximatifs. Il en résulte des médications peu efficientes. Cela dit, comment pallier à cette tentation du militantisme aveugle ?  Un effort patient de réflexion s’impose  qui appelle un effort patient de délimitation conceptuelle, travail sérieux et profond de définition. Définir quoi ?  Le champ de réflexion ou cadre de référence, le périmètre sociologique et modalités d’action…connaître en somme les sujets de sa «  Révolution ». Démarche préalable nécessaire. Il s’agit de se défaire du flou paradigmatique auquel les défenseurs de l’afrocentricité, avec certes de bons sentiments, apportent de leur essence. 

Les questions et leurs formulations sont bien plus importantes  que les réponses et tracent les  lignes stratégiques à adopter et la nature des actions à engager. Pourtant, nous noterons que les discoureurs de la RAF s’obligent assez peu souvent à la distanciation critique nécessaire  à toute réflexion qui se veut crédible (scientifique). Une réflexion débarrassée des oripeaux déroutants des jusqu’auboutismes militants. L’idée étant de ne pas céder à son tour aux obsessions suprématistes dénoncées chez des historiens africanistes européens, convaincus pour certains de  l’éternelle bêtise des peuples noirs. 

B – L’Africanité en questions 

 

Nous avons sélectionné quelques  questions qui servent de fil  conducteur au travail de maturation de la RAF. Voici quelques éclairantes : 

Que recouvre l’adjectif « AFRICAIN » pour les « penseurs » de la RAF qui se recrutent pêle-mêle entre tenants de l’afrocentricité et africanistes africains de tous bords ? 

Qui sont les « Africains » de la Renaissance ? 

De qui, à qui et  au bénéfice de qui parle-t-on  à travers la RAF ? Autrement dit, quel est le périmètre ethno-culturel au sein duquel tend à  se déployer la scansion « RAFricaine » ? 

Pense-t-on à  la mosaïque des peuples vivant et se mouvant sur un bloc de terre et de mer appelé  AFRIQUE, toutes spécificités ethno-régionalistes et historiques  confondues (Noirs, Blancs, Métis, arabes, kabyles, Indo-européens…) ?   

Que nenni ! Il s’agit bien souvent des populations noires d’Afrique. Comme si la négrité se diluait nécessairement dans l’africanité et, de la même façon,  comme si l’africanité était automatiquement soluble dans la négrité. Une quête du  typique, souligne Kossi EFOUI (5), d’une authenticité excluante, « le rêve fou d’un monde sans autrui », ironise Achille Mbembé (6),  qui font faire aux Afrocentristes  le jeu de l’Occident colonial et postcolonial. Sylvie CHALAYE  (7) le redit en ces termes: « l’africanité est une idée que se fabrique l’Occident pour circonscrire une altérité qui e rassure, retrouver l’enclos zoographique du temps des villages ». 

En admettant que les sujets de l’Afrocentricité  soient  avant tout NOIRS… 

S’agit-il de Noirs s’auto-identifiant, se revendiquant  et s’assumant comme tels, conscients d’appartenir à un cadre de référence culturel  traduit par une vision du monde spécifique  et immergeant leurs pratiques et schèmes de pensée  dans ces référentiels ?  Autrement dit des Noirs qui se réclament de ce que  l’historien Pap NDIAYE identifie comme étant une  « identité noire épaisse »?   

Ou faut-il y voir un ensemble d’individus  culturellement disparates assignés de fait à la catégorie ethno-raciale « Noir » par des groupes tiers, généralement dominants et racialement différents ?   

Les débats alternent  souvent entre ces deux lectures dans un embrouillamini conceptuel  qui perdrait le fraîchement adepte de la RAF. 

Ne se perd-on  d’ailleurs pas dans un dangereux distinguo entre les « natifs historiques » du continent (les «  Soudanais » ou  « Africains de souche », autrement dit les Noirs se vivant en peuple naturel du continent)  et les « immigrés de longue date » que seraient Arabes, kabyles, les colons européens et autres marchands d’Asie devenus malgaches, comoriens, etc ? 

Revenons un moment sur la notion de l’identité noire

Par identité épaisse, le sociologue américain Tommie Shelby, cité par Pap Ndiaye  in La Condition Noire. Essai sur une minorité française, Ed Calmann-Levy, 2008, pp48-49,  entend une « identité fondée sur une culture, une histoire, des références communes, une langue qui marquent une différence nette entre ceux qui en sont les porteurs et les autres. L’identité épaisse renvoie à des groupes circonscrits , en quelque sorte intentionnels , qui ne procèdent pas d’injustices subies mais sont appuyés sur des éléments de culture communs ». 

L’identité épaisse s’oppose à l’identité fine  qui « délimite un groupe qui n’a en commun qu’une expérience de l’identité prescrite, celle de Noir en l’occurrence, qui a été historiquement associée à des expériences de domination subie, et qui peut s’accompagner de la conscience du partage de cette expérience. Cette notion d’identité fine paraît pertinente pour caractériser les populations noires dans leur plus petit  dénominateur commun : le fait d’être considérées comme noires, avec un ensemble de stéréotypes attachés à elles. 

A la question : «  qui est noir ? » il convient de ne répondre ni par des arguments de nature ( qui renverraient à une conception ‘’biologisante’’ de la ‘’race’’ ) ni par des arguments de culture ( qui renverraient à l’infinie variété des différences culturelles entre les hommes et des identités qui leur sont attachées ) , mais par des arguments socio-politiques : dans les sociétés où ils sont minorés , sont noirs celles et ceux qui sont réputés tels ; est noire, a minima , une population d’hommes et de femmes dont l’expérience sociale partagée est d’être considérés comme noirs. Il y a donc des Noirs (des Blancs aussi ou des Jaunes ou des ‘’Basanés’’) par accord social tacite. Les Noirs en commun de vivre dans des sociétés qui les considèrent comme tels. Ils n’ont pas le choix d’être ou de ne pas être tels qu’on les voit. Ils ont en revanche le choix d’assumer leur identité racialisée, ou de la rejeter comme impropre à leur être profond. Ce choix n’est pas susceptible de modifier radicalement la prescription raciale ». 

C – Ce que l’Africanité doit pouvoir dire 

 

A quoi tient  la notion d’africanité qui suppose en toute logique la transcendance des particularismes nationaux et ethno-régionalistes (peulhs, bantous, sémites…) ? 

Nous postulons qu’elle tiendrait à la conscience claire de son appartenance à un ensemble supranational qui correspond aux frontières du Continent africain

En fait d’ensemble, nous entendons un groupe plus ou moins homogène que caractérise un ensemble de manières, conscientes ou non, de faire , d’agir, de sentir, d’être à soi et au monde, de penser. Les individus constitutifs du groupe sont fixés ou se meuvent sur un espace géographique donné du continent africain.  Ils sont conduits, volontairement ou non, à cohabiter plus ou moins pacifiquement, puis à construire et partager une vision, mieux, un regard endogène sur le monde, une philosophie de l’être et de la vie, et une relation à l’Autre influencée par moult facteurs. 

Elle tiendrait aussi , pensons-nous ,  au partage d’une mémoire commune construite autour des traumatismes  et expériences douloureuses liés à  la Traite négrière, l’esclavage, la colonisation , les problématiques actuelles des économies malades , des  situations d’anomies socio-politique  et de profonde crise des valeurs morales , sociales et sociétales , de l’élargissement du fossé entre les élites politiques et le peuple…des phénomènes  qui drainent des transformations permanentes et en profondeur des sociétés africaines contemporaines et des personnalités individuelles. 

Pour autant, malgré cette esquisse de définition non-exhaustive, nous peinons à comprendre et donc à enclore le concept d’Africanité dans une substance. Qu’est-ce donc qu’être Africain, nom de nom ? L’être dioula est-il soluble dans l’être zoulou ? Et l’être kabyle est-il possiblement encastrable  dans l’être Mérina de Madagascar, en dépit des similitudes dialectales  mises en évidence par la linguistique analytique et comparée ? Les Afrocentristes, le Pr Molefi Kete Asante  en tête, promoteur du concept de l’Afrocentricité,   postulent cette possible unité des peuples noirs, dans une notable ignorance de l’Autre Afrique, l’Afrique Alter-nègre, disons les Non-Noirs  natifs du continent. De ceux-là, qu’est ce qu’on en fait ? 

La thèse de l’Afrocentricté prétend réinventer l’univers culturel et ontologique de l’Africain. Mais L’Afrique en tant que unité géopolitique, économique et juridique ou comme conscience d’appartenance à un ensemble continental qui se pose en se distinguant d’autres unités territoriales, cette Afrique-là préexiste-t-elle à l’arrivée des  Conquistadores Portugais, Espagnols et autres marchands d’Orient sur les rives du continent ? Non, non, assurément. Plutôt des civilisations au large rayonnement ( Egypto-nubienne , Gao , Bénin , bantou…) , des  Royaumes «  africains »  de prestige  , disséminés ça et là, vivant en bonne intelligence, commerçant  ensemble,  se métissant et perpétuant les dynasties par des stratégies matrimoniales ;  ou se livrant de farouches batailles ; hors d’un sentiment commun d’appartenance à une culture continentale. Hors donc  d’une sorte de Panafricanisme avant l’heure. 

Le foyer d’origine des « kémites », selon les Afrocentristes, est certes Egyptien, mais l’Afrique comme unité géopolitique, puis comme conscience d’une union impérative des territoires et des cultures diverses en regard des défis à relever, naît  à partir  des premiers voyageurs d’explorateurs Outre-Africains , semant souvent sur leurs passages mort et désolation. Nous doutons que L’Afrique ait pu  exister culturellement, comme unité culturelle et historique , comme entité globale, panafricaine,  et sous les traits de cette conscience collective incarnée, avant le contact avec l’Autre , venu d’un ailleurs inconnu ( Europe , Asie, Pacifique…). Et de la même façon, cet Autre n’a pas une connaissance claire et homogène de ce bloc de terre lointain, l’Afrique, avant ses grandes odyssées.  Et ce n’est pas faire le jeu des révisionnistes et suprématistes occidentaux que de le reconnaître. Nous ne prétendons pas que l’Afrique soit entrée dans l’Histoire par le temps des grandes conquêtes et donc par l’Etranger, loin de nous cette pensée, l’antériorité des splendides civilisations nègres  a depuis longtemps été prouvée par le Pr Cheikh Anta Diop.

En revanche, l’Afrique dont nous avons aujourd’hui hérité (ses appellations, réalités démographiques et ses frontières intérieures actuelles) naît, d’une part, des effets conjugués  des convoitises et annexions de l’Autre, le Colon (voir la conférence de Berlin entre 1884-1885 sur le découpage de l’Afrique  entre puissances occupantes en zones d’influence). L’Afrique naît, d’autre part, par la prise de conscience du soi malmené par l’agresseur, par la prise de conscience  et la mise au pas des « soi » voisins et donc du  caractère collectif de cette agression, puis les luttes de résistances et les efforts de réinvention de soi  menés par l’Autochtone. 

L’Africanité, à supposer qu’elle existe, serait donc d’invention assez récente. Et vu l’extrême complexité des situations en présence déjà évoquée, vu la très grande variété des trajectoires historiques et origines ethniques des peuples d’Afrique, ce concept devient, en conséquence, théoriquement difficile à arrêter et circonscrire ; car « comme toute identité humaine, elle est en devenir et d’autant plus en devenir que l’identité africaine a été violemment chahutée par la rupture historique que représente la colonisation » (Sylvie CHALAYE). 

De plus , s’il est  difficile  d’un côté de postuler le primat de l’identité supranationale sur l’identité nationale ou ethnique et inversement (ces notions s’interpénètrent) , l’ on ne peut de l’autre , minorer l’idée que  l’africanité est avant tout une affaire de perception et d’appréciation personnelles, une notion à géométrie variable qui par les manœuvres de l’Histoire , mute avec le temps, avec les gens , avec  l’espace et les mouvements de populations qui s’y déploient , les  réalités et  conditions historiques propres à chacun selon ses origines et ses trajectoires de vie.  Et pour cause : « L’identité de l’Africain est une identité sans doute déplacée de son axe d’origine, une identité culturelle est nécessairement métissée (…) et les images archaïques de l’Afrique ancestrale appartiennent au même pittoresque passéiste pour un Africain que ‘’ Tirez la chevillette et la bobinette cherra’’ pour le petit Parisien d’aujourd’hui à qui on lit les contes de Perrault » 

D – Etre africain : un relativisme qui se conçoit et se comprend 

 

Serions-nous camerounais avant d’être africain ? Membre d’un groupe ethnique avant d’être citoyen d’un pays ? Comment les multiples identités psychosociologiques de soi s’articulent-elles, en convergence ou en divergence ? En quoi ce sentiment d’appartenance  à moult « tribus » favorisent-elles ou entravent-elles l’élan solidaire, l’appréhension et la revendication de l’idéal afrocentriste ? 

Les réponses, chacun peut les esquisser selon ses conditions historiques propres * 

Toutefois,  nous pouvons arguer déjà qu’on n’est pas et ne se vit pas africain de la même façon hier , aujourd’hui ou demain  , en 1619 , 1948 et 2008* ; Et puis selon qu’on est gambien du Nord , Algérien de Kabylie , Comorien d’Anjouan , ou casamançais du Sénégal ,  Afars d’Éthiopie  ou natif de  l’État d’Orange en Afrique du Sud, le sentiment d’appartenance à un ensemble géopolitique par des liens culturels ou historiques  variera autant . Moult variables s’invitent dans la définition de l’africanité et la gradualité de son « perçu » en tant que africain. Il y a donc lieu de  s’interroger sur les facteurs qui gouvernent les fluctuations dans la weltanschauung (vision du monde) des individus qui peuplent  le continent. 

Que postule la philosophie africaine dite ethnophilosophie à propos de l’ « identité africaine » ? Peut-on portraiturer avec clarté cette identité sur l’aspect collectif de laquelle repose l’avenir, le caractère fédérateur, et la raison d’être de la RAF ? 

Tentons d’ores et déjà  la paraphrase : 

On ne naît pas africain, aussi vrai qu’on ne naît pas noir. On le subit ou on le choisit. Mais on le devient

Ce postulat posé, où commence mon africanité et où s’arrête-t-elle ?  

Commence-t-elle avec le fait d’être  Noir par prescription, assignation ou hérédité (identité noire fine) ? Le fait de se réclamer Noir (choix  assumé sur fond de militantisme ou prise de conscience de sa négrité et des situations sociales qui en découlent) ? Le fait d’être natif et habitant du continent ? Le fait de mon ascendance née sur le continent ? Le fait d’avoir  avec ceux  qui  se sont choisis ou se subissent  Africains au Sud du Sahara  des liens culturels et un passé à fond commun ?   

Tentons quelques observations avec l’historien Pap NDIAYE dans sa réflexion sur la minorité noire de France : « Parler des Noirs ne serait-il pas un abus de langage, dans la mesure où les différences culturelles et de classe entre personnes noires ou réputées telles sont si notables qu’il faudrait renoncer à parler des Noirs en général ? (…)Comme les autres acteurs sociaux, les personnes réputées noires ont à leur disposition un éventail identitaire qui ne se résume en rien à leur apparence noire. Les différentes identités sociales, culturelles, professionnelles, nationales, ethniques, raciales, peuvent être en tension les unes avec les autres. Elles sont aussi dépendantes de la manière dont les personnes sont identifiées. Une combinaison identitaire fait ainsi référence à une nationalité ( française , malienne ou ivoirienne par exemple , à une ethnie ( wolof , mandingue ) , à une identité  régionale ( martiniquaise , parisienne), à une « race » (noire) et à d’autres choses encore. Les personnes combinent ces éléments identitaires chacune à sa manière. » 

Ainsi donc, il y a autant de manières d’être Noir  qu’il y a d’individus concernés  peu ou prou par ces problématiques identitaires. Force est de constater que les questions identitaires se posent avec virulence dans les sociétés en effet où les populations dites noires sont minoritaires numériquement ou sociologiquement. Les porteurs des discours sur la fierté noire en France  aujourd’hui par exemple sont bien souvent soit Antillais ou « domiens » vivant en métropole et confrontés donc aux problèmes sociologiques de discrimination et autre traitement différentiel en regard  des valeurs sacro-saintes valeurs de la République ; soit ressortissants africains  confrontés aux mêmes problématiques. 

Or, l’individu immergé en permanence sur le continent dans sa culture, dans sa société, avec ses semblables, du point de vue de la race, ne se pose point de question d’identité au sens d’identité raciale ou ethnique. 

D’ailleurs, si mon petit confort de vie parisien me permet de me poser ces  questions  (étant donné que nous nous sommes découverts inattendument notre négrité dans le regard de l’Autochtone Blanc, dès qu’arrivés en terre de France, la question de mon identité ne se posant qu’en termes de frontière ethnique dans notre Cameroun natal) , la même interrogation n’agitera pas forcément, sinon très peu, la conscience de ceux à Bobo-Dioulasso, Moloundou, Koufra  ou Mbabane qu’oppressent l’aiguillon de la faim  et l’urgence des vitales  nécessités. On peut comprendre que la rudesse de la vie  les éloigne, à tort ou à raison, des questions « philosophiques » d’identité de soi, fussent-elles nécessaires. 

Somme toute, résoudre l’équation de l’africanité c’est avoir déjà clair à l’esprit les raisons du sabordement du sens de la communauté, de la solidarité  et de la fraternité qui sévit sur le continent à l’heure actuelle. Il en est ainsi de la chasse à l’étranger dans les ghettos de Soweto (Johannesburg) en mai 2008, l’expulsion musclée des candidats à l’immigration par les autorités libyennes et marocaines. Tous ces événements  posent question et rudoient  l’idéal de solidarité à l’africaine. Le leadership naturel de l’Afrique du Sud dans la conduite de la politique de la RAF depuis 1997 * n’a en rien imprégné les pratiques des populations autochtones des notions de solidarité fraternelle. La conséquence logique qui découle de tout ce qui précède, c’est l’appréhension relative et la compréhension somme toute faible  du concept de la RAF par les jeunesses africaines (des villes et campagnes) principalement visées par le discours, du moins dans son volet philosophico-historique. 

Aussi,  comment rendre intelligible pour tous ceux qui  se sont « choisis »,  ceux qui « se subissent » africains et ceux qui ont opté pour un juste milieu,  l’impératif d’une RAF, étant entendu qu’elle n’interpelle  pas, ni de la même façon ni avec la même importance,  toutes les couches populaires  et classes sociales des « 53 Afriques » ? 

La non prise en compte de ces questions peut expliquer en partie les échecs des tentatives d’unification des pays du continent qui se sont succédé. Elles suggéraient des pistes de réflexion sur les raisons de la difficile cohabitation entre groupes ethniques ou sociaux qui ont été, pour certains, « forcés » à vivre ensemble, à la faveur des découpages arbitraires des frontières au plus fort des conquêtes coloniales. Ces groupes aux profils si divers n’ont donc pas toujours demandé à vivre ensemble. Disensus ethniques souvent entretenus par les politiques en mal de légitimité populaire (tribalisme d’État). 

Refermons cette parenthèse sur l’africanité par les mots du sociologue et journaliste Ndongo Mbaye(9) : « Une première réalité s’impose de manière flagrante : (l’africanité) est seule. Que véhiculent les concepts (si tant soit peu qu’ils existent ?) d’européanité, d’américanité, d’asiaticité, d’océanité ? Rien. Ou en tout cas rien de palpable tant dans une dimension et une perspective historique, sociologique, économique que culturelle et politique. Dès lors, l’africanité ne serait-elle pas une sorte de monstre du LLoch Ness, d’Arlésienne dont on parle, mais que personne n’a jamais vu ? N’est-elle pas une simple commodité lexicale dont la signification chercherait en vain son sens ? Et à supposer même qu’elle  existe, il faudrait  poser les fondements de la réalité de se représentation et de son auto-représentation(…)Etant entendu que la vision de l’Africain sur son ‘’Africanité’’(supposée ou présupposée) ne sera sûrement jamais la même que celle dont on l’affuble , aussi riches et scintillants qu’en soient les oripeaux , que peut signifier ‘’africanité’’ pour les paysans de l’Afrique profonde , pour les éleveurs des contreforts du Fouta-Djallon , pour le commerçant dioula , pour le pêcheur lebou ou pour le Dogon ? Parlez-lui de valeurs et de traditions africaines eu égard à son ethnie, à sa tribu , à son aire de vie , à son cercle d’us et coutumes : il vous comprendra mieux. »

En guise de conclusion à ce chapitre 

A tout prendre, à trop déconsidérer des spécificités qui apparaissent sans doute infinitésimales,  mais pas négligeables pour autant aux yeux des louangeurs de la RAF,  en privilégiant  une approche globale qui trop embrasse mal étreint, en excluant celui qui ne nous ressemble pas du point de vue de la culture et de la morphologie, le concept rencontre finalement si peu d’écho favorable. Auprès de qui ? Auprès de ceux qui, comme nous, sommes convaincus que l’africanité est nécessairement métissée et toujours en train de se  faire et se défie aujourd’hui d’une quête du absolu et excluante du typique ou de l’authentique. Le temps et les gens s’inscrivent dans la dynamique, le changement, moteur de l’Histoire. Une certaine base, fût-elle minoritaire, partage cette conviction, émancipée qu’elle est des extrémismes militants et autres suprématismes de mauvais ton. Cette base minoritaire reste mêmement convaincue que le combat en lui-même reste valable, noble et nécessaire. Et l’histoire nous enseigne que sans la base, toute révolution reste vaine. 

Bien plus , à trop souvent évoquer et associer  la RAF à l’histoire des seuls Noirs et  à la reconquête des  splendeurs évanouies de la civilisation égypto-pharaonique (négroïde comme on le sait ) , l’on entérine  un  risque important d’ostracisme  du fait de la racialisation  , ou à tout le moins ,  de la  coloration mélanique des espaces, des temps et des acteurs de la RAF. On peut déplorer, à la décharge des  afrocentristes anti-Maghreb, la faible volonté de certains pays arabes du continent à se fédérer à la cause des peuples subsahariens (noirs), et l’on ne saurait forcer des gens à vivre ensemble s’ils n’en manifestent pas le désir ni n’en voient l’intérêt. Soit. Mais on pourrait  aussi pousser plus loin le vice  en relativisant les critiques virulentes des afrocentristes vis-à-vis des populations noires réfractaires à l’unité* ; car nombre de groupes ethniques ont été « forcés » à cohabiter, nolens volens, sur des espaces géographiques  colonisés, transmués en  un ensemble d’États en carton, à la faveur des découpages arbitraires des frontières initiés par l’Internationale Coloniale à la Conférence de Berlin en 1885. 

Proto-nations, nations en construction mais déjà en déliquescence , délitement des Etats  sous la pression de la dictature des marchés , le primat des intérêts nationaux sur les urgences d’ordre continental , telles sont entre autres problématiques celles  qui rendent plus qu’incertaines l’avènement d’une Union politique , économique et socioculturelle des 53 Afriques.  Nous reviendrons ultérieurement sur l’importance relative (à notre avis) de l’unité comme préalable à la mise en branle de la machine RAF

Terminons ce chapitre en soulignant combien la récurrence de ces « douces omissions » dans le langage commun qui construit le concept Renaissance Africaine  portent un discrédit à cet idéal  qui prétend au fédéralisme. Ce qui n’est pas la moindre faille de ce discours qui peine à se renouveler, en dépit de la cadence soutenue des changements sociaux sur le continent. 

Notes de bas de page :

1. La diaspora africaine, involontaire, souligne le Pr Obenga, est d’invention occidentale, au sens où elle ne constitue pas une communauté ayant en partage un sentiment fort d’appartenance à un groupe homogène fixé sur le continent africain  et capable de se muer en force de changement, moteur des dynamiques externes. 

2. Myriam Houssay HOLZSCHUCH ( Lyon-ENS-LSH) in Faut-il chercher la Renaissance africaine à la ville ou à la campagne , www.cafe-geo.net 

3. voir le chapitre 2 : L’obsession afrocentrique des genèses, là où il est question de l’évocation récurrente d’un passé qui traduit la grandeur d’une civilisation nègre antérieure  dont l’héritage peut servir de matrice de réinvention de soi) 

4. La Renaissance Africaine en gros s’entend de l’expression d’une identité  collective singulière couplée à la production d’un espace de sens et d’un imaginaire régional africain, matrice de référents aux comportements des acteurs, en vue de sa matérialisation et de son institutionnalisation. Son but c’est principalement de revaloriser le passé de l’Afrique, réhabiliter les sociétés africaine, projeter une image positive de l’Afrique, combattre l’afro-pessimisme, militer pour la reprise en main de leur propre destinée par les africains et repositionner le continent sur la scène internationale en repensant le rapport  des pays africains  aux grandes puissances sur une base égalitaire. (La «  Renaissance Africaine » : Un discours sud-africain ? par Ivan Crouzel) 

5. Kossi EFFOUI, « Le théâtre de ceux qui vont venir demain », préface de l’entre-deux rêves de Pitagaba…acoria, Paris, 2000. 

6. Achille Mbembé, L’Africanité en Questions in Revue Africultures, 2001. 

7. Sylvie CHALAYE, « Les enfants terribles des indépendances : théâtre africain et identité contemporaine », L’Afrique noire et son théâtre au tournant du 20e siècle, Presses universitaires de Rennes, 2001, pp.17-24 

8. Pap NDIAYE est historien, spécialiste de l’histoire du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, Maître de Conférences à L’2cole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, membre du comité scientifique du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France). Il vient de commettre un travail d’importance qui comble  un vide qui sévissait jusqu’ici dans le domaine des études ethnographiques ou sociologiques  sur les Noirs de France en France  et la question vivace des discriminations raciales : LA Condition Noire. Essai sur une minorité française, Editions Calmann-Lévy, 2008, 436 pages. 

9.Ndongo Mbaye , extrait de l’article « A la recherche de l’Africanité » in l’Africanité en questions in Revue Africultures, 2001.

Prochain chapitre :      L’obsession des genèses souvent au mépris d’une Afrique en mutation 

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