Comment vont les entreprises françaises en Afrique ? L’Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs

Posté par issopha le 8 février 2009

Comment vont les entreprises françaises en Afrique ?

L’Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs

International Magazine – Linternationalmagazine.com – Emmanuel Tixier , publié le 23/04/2008

L'Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs
Légende
-->

Pour son 19ème rapport, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) souligne la richesse indiscutable du continent le plus pauvre au monde et l’opportunité d’y investir. Malgré des zones d’ombres persistantes, à commencer par la corruption…

Un continent qui séduit malgré ses « vieux démons »

36 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en 2006… Jamais on n’avait autant misé sur le continent le plus pauvre du monde ! En 2004, le montant des IDE en Afrique était moitié moins élevé.

La preuve que l’attrait pour le Continent noir se confirme et s’accélère ces dernières années. La raison ? L’intérêt pour les richesses naturelles généreuses du continent s’est considérablement accru, et le climat économico-politique s’y améliore.

Les chiffres (2007) de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) inaugurent le rapport 2008 du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) sur un air étonnamment positif. Mais ne pas s’y tromper : en réalité, pour sa 19ème édition, le document du CIAN, publié par Le Moci, se veut « sévère, mais juste ». Car après les bonnes nouvelles – un taux de croissance continental à 5,7 % en 2006 (soit plus du double de la croissance de la zone euro, à 2,7 %) et des Etats, notamment pétroliers, qui n’ont jamais été aussi riches – vient le temps de la nuance et de la leçon : l’Afrique va mieux, mais elle pourrait aller davantage si le climat des affaires s’y normalisait sérieusement. Si les chiffres de la Cnuced sont positifs, tous ces indicateurs « sont valables à un instant T », précise l’organisation patronale.

La particularité du rapport du CIAN est surtout de refléter le sentiment des entrepreneurs français installés sur le Continent, et de laisser présager de leur confiance, ou pas, dans la pérennité de leurs affaires. Or cette année, le baromètre CIAN, auquel ont participé près de 400 entrepreneurs affiliés, révèle « une image très moyenne et souvent médiocre de l’environnement qui accompagne les affaires en Afrique ». « L’osmose du développement n’est possible qu’avec un secteur privé dynamique et un Etat fort qui fait respecter le droit », souligne Anthony Bouthelier, vice-président du CIAN.

Ce sont donc les Etats « prédateurs » qui sont visés par le rapport. La carte des contrôles fiscaux, réalisée à partir des appréciations faites sur place par les entreprises, définie trois zones : le Maghreb et l’Afrique australe, où les contrôles fiscaux sont effectués sans « problème majeur » ; et entre ces deux régions, une zone où le fisc fait du zèle, voire agit de façon « complètement démentielle », à raison parfois de trois à quatre contrôles dans la même année, indique la carte. Des pays comme le Cameroun, le Mali, la Côte-d’Ivoire, la République centrafricaine ou encore la République démocratique du Congo (RDC) sont ainsi épinglés pour leur tendance au « harcèlement fiscal ».

Une Afrique toujours très plurielle

Outre les abus commis par ces autorités, se cache encore et toujours la corruption. « Finalement, le « harcèlement fiscal » est le résultat pernicieux des règles anti-corruption, qui sont de plus en plus strictes », analyse Stephen Decam, secrétaire général du CIAN. Afin de compenser leur manque à gagner, certaines administrations se montreraient plus subtiles dans l’exercice de leurs prérogatives de contrôle fiscal…

Dans le haut du tableau des pays où la corruption se fait le plus sentir : le Bénin, le Nigeria, le Tchad, la RDC, le Congo-Brazzaville, le Cameroun, le Kenya, la Côte-d’Ivoire, et même le Maroc, qui reçoit par ailleurs l’une des meilleurs notes pour son environnement propice aux affaires.

En terme d’infrastructures, le rapport observe que le réseau routier demeure faible en Afrique centrale, alors qu’il s’améliore au Maghreb. Quant aux chemins de fer, ils sont « satisfaisants » au Maghreb, mais insuffisants en Afrique de l’Ouest. Les infrastructures aéroportuaires et portuaires sont globalement convenables en Afrique de l’Ouest et au Maghreb, tout comme les télécommunications. Pour l’ensemble de l’Afrique, le rapport se satisfait de la bonne implantation du secteur bancaire.

Mais au final, le Maghreb donne la meilleure impression d’environnement favorable, suivi de l’Ouest, de l’Afrique australe, et enfin de l’Afrique centrale, qui cumulerait travail « informel », et un haut degré de corruption et de fraude.

Le paradoxe d’un continent qui séduit

Mais même dans les lieux où l’environnement économique et social semble peu propice, les entrepreneurs français font des affaires. En Côte-d’Ivoire, cinq ans après le début de la rébellion, la grande majorité des entreprises tricolores voient leurs chiffres d’affaires repartir.

Et l’intention d’investir dans ce pays a augmenté de 20 % entre 2006 et 2008. Car le contexte souvent difficile « n’empêche pas les opérateurs, moyennant de gros efforts de gestion, de poursuivre des activités prospères aux résultats plutôt satisfaisants », note le rapport, qui évoque une promesse africaine fondée sur les ressources naturelles, humaines, et le grand potentiel de croissance du continent. Ainsi, le Cameroun ou le Mali offrent « de bonnes perspectives aux entreprises ».

Selon la Cnuced, 400 milliards de dollars auraient été détournés du Continent noir, en l’espace de trente ans, soit le double de sa dette. De quoi « s’interroger sur l’impact de l’aide publique à l’Afrique », observe le président du CIAN, Gérard Pélisson.

Selon le Conseil français des investisseurs en Afrique, ce chiffre est l’occasion de réaffirmer combien le secteur privé contribue au développement. « Néanmoins, nous ne sommes pas des agences de développement, tient à rappeler Stephen Decam. Mais pour des investisseurs, l’environnement doit être attractif, et garantir la pérennité des activités. Cela passe par un développement qui doit être durable. »

Six mois d’enquête, à travers 49 pays

Pour son 19ème rapport, le CIAN a, comme chaque année, envoyé un questionnaire aux 1 000 établissements français présents en Afrique et affiliés à l’organisation patronale. 400 d’entre eux ont répondu aux 37 questions portant sur le climat des affaires, en notant de 0 à 5 l’état des infrastructures, des administrations ou encore le coût des facteurs de production. Chaque entreprise a également renseigné l’évolution de son chiffre d’affaires, de ses résultats et de ses investissements.

Profil d’Entrepreneur

Stephen Decam : « La présence chinoise a le mérite de secouer les Européens »

International Magazine – Linternationalmagazine.com – Propos recueillis par Emmanuel Tixier, publié le 19/04/2008

Stephen Decam est secrétaire général du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN).

« La présence chinoise a le mérite de secouer les Européens »
Légende
-->

L’Afrique va-t-elle bien ?

De par ses ressources naturelles, en pétrole, en bois ou en halieutique, l’Afrique est décidément riche. Néanmoins, il subsiste encore des freins à son développement, avec des infrastructures incomplètes, des problèmes de corruption, dont les lignes n’ont pas beaucoup changées. L’Afrique n’est certes pas le seul continent à être touché par ce fléau.

Mais la différence en Afrique est que cet argent n’y est pas réinvesti ! Pour la première fois, cette année, nous avons attribué une note aux Etats en fonction de l’importance de la corruption, telle qu’elle est ressentie par nos entreprises. Jusqu’à présent, on se l’était interdit, car on ne voulait pas en rajouter. Mais aujourd’hui, l’Afrique a une occasion inouïe de s’en sortir. Et elle ne doit pas rater cette chance.

Certains Etats africains ont d’ores et déjà signé des accords de partenariat économique avec l’Union européenne, d’autres refusent de le faire. Quelle est votre position sur les APE ?

Leur principal défaut est d’être conclus au niveau des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), et non pas à l’échelon régional. Les problèmes du Vanuatu ne sont pourtant pas les mêmes que ceux du Burkina Faso ! Il convient donc, sur ce point, de revoir les APE.

Pour le reste, ces accords vont faire sauter un certains nombres de règles, ce qui perturbe certains opérateurs, spécialisés notamment dans les produits agricoles d’exportation et qui subiront la concurrence des produits d’Amérique du Sud. A court terme, c’est dramatique pour ces producteurs. Mais durablement, l’Afrique doit entrer dans le concert mondial des échanges… Elle ne pourra pas vivre éternellement derrière des barrières qui l’empêchent de se moderniser pour être compétitive.

Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique sont passés de trois milliards de dollars, en 1995, à 50 milliards, en 2006. L’arrivée de la Chine est-elle un atout pour le continent ?

Tout ce qui est bon pour l’Afrique me convient. Et l’arrivée de la Chine sur le continent a le mérite de remettre en cause l’omniprésence des Européens, qui considèrent, à tort, que rien ne peut leur arriver. Mais je me demande si la présence chinoise ne représente pas un intérêt seulement à court terme pour l’Afrique.

La Chine veut doubler sa croissance d’ici 2020, et elle a besoin des richesses africaines, notamment de ses matières premières. L’Afrique peut certes utiliser ses ressources comme elle l’entend. Mais cela doit profiter de manière durable à sa population et non pas à certains kleptocrates.

De même, l’Europe a remis la dette, alors que les Chinois sont en train de la rendetter. Par ailleurs, la Chine rafle tous les marchés de travaux publics sans employer la main-d’œuvre locale… Au final, je crains que l’Afrique ne se fasse « avoir ».

Et pour les entreprises françaises ?

Il ne faut pas avoir peur de la concurrence. Si les Chinois sont bons, tant mieux. Que le meilleur gagne ! Mais à condition que les règles du jeu soient les mêmes pour tous. Ce n’est pas à la loi du plus fort de régner.

(photo : ©James Keogh)

Lire aussi

Le dossier Economie : L’Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs  

Comment vont les entreprises françaises en Afrique ? L’Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs  dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS puce_titre Dernières réactions

EKWE EMEN

02.07.08 à 17:57

Merci M.Stephen Decam, nous sommes surpris qu’un européen ait une telle connaissance de l’Afrique et des africains. Les chinois apportent les richesses en Afrique ! ces richesses profitent-elles à l’Afrique, aux africains ? Telle est la question. Les comptes sont ouverts aux îles caîmans, en australie, en suisse que faut-il citer ? M.Decam vous comprenez pourquoi votre projet studio 52 à reçu un tel echo dans les pays où il est experimenté. Studio 52 intègre les populations, le peuple comme ça se dit chez nous. C’est un bon projet pour nous. Merci de nous en faire béneficier à kribi, c’est une ville balnéaire au sud du Cameroun.

Publié dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS, AFRIQUE NOIRE : Réécrire l'Histoire, DICTATURES AFRICAINES, FRANCE A FRIC EN AFRIQUE, LA CHINE EN AFRIQUE | Pas de Commentaire »

 

Kabylie News |
Ensemble, Préservons Rognac... |
Elections 2008 Municipales ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Transferring the UNITED NAT...
| l'Algérie au quotidien
| Yüzyıla Ağıt