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Nouvelle mise en demeure de Barrick Gold

Posté par issopha le 28 octobre 2008

Nouvelle mise en demeure de Barrick Gold  dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE

Bulletin d’information

Nouvelle mise en demeure de Barrick Gold



Montréal, 27 octobre 2008

Les Éditions Écosociété et les trois auteurs de Noir Canada – Alain Deneault, William Sacher et Delphine Abadie – ont reçu le 19 septembre dernier une nouvelle mise en demeure de Barrick Gold les enjoignant de cesser, « dans le cadre de la campagne de financement ou de solidarité, de lobbying politique, d’événements promotionnels, d’entrevues médiatiques ou sur des sites Internet », de qualifier de « poursuite-bâillon » la poursuite qu’elle leur intente.
 
La lettre d’avocat avise les auteurs et l’éditeur de Noir Canada qu’ils s’exposent ce faisant à « davantage de dommages punitifs » et que leur « comportement rendra d’éventuelles rétractations, excuses publiques, ou actions réparatrices encore plus difficiles et embarrassantes ».

Rappelons que Barrick Gold, plus importante société aurifère du monde, intentait en mai dernier une poursuite en diffamation de 6 millions de $ à l’endroit des Éditions Écosociété et des auteurs de Noir Canada. Quelques semaines plus tard, une autre géante de l’extraction de l’or, Banro Corporation, venait à sa rescousse en déposant contre l’éditeur et les auteurs une seconde poursuite pour 5 millions de $.

Noir Canada : un simple cas de libelle diffamatoire?

Persistant à présenter les références bibliographiques de Noir Canada comme des « fausses affirmations », Barrick et Banro voudraient bien traiter Noir Canada comme un simple cas de libelle diffamatoire. Pourtant, les sources citées dans l’ouvrage, rapportant des écarts de conduite, des abus, voire des crimes de la part de compagnies canadiennes en Afrique, sont suffisamment nombreuses et crédibles pour justifier la tenue d’un débat public sur la question et la création d’une commission indépendante d’enquête. On ne saurait exiger d’auteurs et d’éditeurs qu’ils se substituent à la justice ou à l’appareil d’État et qu’ils administrent eux-mêmes des preuves in fine.

Une poursuite-bâillon a pour effet d’entraver le débat public et de restreindre la liberté d’expression, en contraignant les défendeurs à mobiliser toutes leurs ressources financières et humaines pour assurer leur défense. Aujourd’hui, Barrick voudrait nous interdire l’usage du terme « poursuite-bâillon », ce qui aurait pour effet de nuire à notre défense et de rendre difficile, voire impossible, notre campagne de solidarité et de financement. Cela risquerait en effet de nous priver des seules ressources nous permettant d’assumer les frais que supposent pareilles poursuites. Il s’agit d’une méta-Slapp, d’une Slapp au carré!
 
Écosociété et ses auteurs ne comptent pas reculer devant ce qu’ils ressentent comme des menaces. Ils poursuivent leur travail d’éditeur et d’auteurs engagés et continuent de dénoncer les poursuites-bâillons qui ont pour effet d’empêcher le libre accès de tous, et dans ce cas précis de chercheurs universitaires, au débat public.

Des universitaires appuient les auteurs de Noir Canada


Un collectif d’universitaires de l’Université de Montréal et de l’UQAM a publié dans Le Devoir le 29 septembre dernier une lettre d’opinion intitulée « Le discours orwellien de Barrick Gold », dans laquelle ils soutiennent que « la poursuite de Barrick Gold est une attaque directe contre la liberté de recherche universitaire et la quête de vérité, essentielles à toute société démocratique ». Pour lire cet article dans son intégralité, consultez notre revue de presse à l’adresse suivante : http://slapp.ecosociete.org/fr/revue_de_presse.

Pierre Noreau, président de l’Association francophone pour le savoir (Acfas), en appelle pour sa part à « l’élaboration des conditions d’un véritable débat public », parmi lesquelles « la reconnaissance de l’immunité dont doit être revêtu le monde de la recherche » et « la liberté de parole qui doit être reconnue au chercheur et au penseur dans notre société ». L’Acfas vous invite d’ailleurs à participer à la campagne de signatures de la lettre «Savoir et se taire? De la nécessité des chercheurs dans l’espace public » parue dans Le Devoir le 21 août 2008 et disponible sur notre site en cliquant ici: http://slapp.ecosociete.org/fr/node/9174.

Chronique juridique

Par Alain Deneault, auteur de Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique.
 
Une poursuite judiciaire suppose pour des auteurs  et un éditeur de se découvrir soudainement dans la position sociale de  « défendeurs », de devoir de ce fait même mobiliser énormément de temps et d’énergie pour constituer des dossiers et répondre obligatoirement à des interrogatoires hors cour qui peuvent s’étendre sur plusieurs journées. Une  poursuite contraint aussi les « défendeurs » à engager des frais judiciaires  considérables, qui sont de nature à les ruiner avant même que leur procès n’ait commencé, sitôt que la partie qui poursuit exige beaucoup de temps et de documents de leur part. Les « défendeurs » découvrent alors l’ampleur des droits qu’a soudainement sur eux la partie qui poursuit.

L’argent devient donc un élément fondamental de la lutte. On n’a accès à la justice que si on a les moyens de se payer les services d’un  avocat. Car un avocat ne défend pas un citoyen, mais nommément un « client ». La notion de « client » n’est dans son fondement ni juridique, ni civique, mais économique. Elle implique la possession de capitaux financiers. Or, on n’a vraiment accès à la justice que par le biais d’un avocat et un avocat défend en principe des clients, c’est-à-dire ceux qui ont les moyens de réclamer ses services. Les auteurs et l’éditeur de Noir Canada font aujourd’hui difficilement exception. Ils arrivent tout de même aujourd’hui à tenir tête aux deux sociétés qui les poursuivent pour un total de 11 millions $, essentiellement grâce au soutien que la population leur manifeste dans le cadre de leur campagne de financement ainsi qu’à la générosité proverbiale de leur avocat québécois et du service juridique ontarien Ecojustice . Ils seraient sinon déjà ruinés, avant même qu’un juge se soit concrètement saisi de leur dossier. Cela présage du pire : tout livre qui déplaît à une « personne morale » dont les fonds sont colossaux peut aujourd’hui entraîner à leur perte éditeurs et auteurs, même si le livre en question est fait en adéquation avec les méthodes de recherche qui prévalent dans l’institution universitaire et le milieu de l’édition. Cet état de fait dans notre administration du droit est de nature à faire craindre le pire, et donc à mobiliser le monde universitaire ainsi que  tous les citoyens qui ont à c¦ur la possibilité même du débat public.
 

Écosociété réclame l’adoption rapide du projet 99


Le 13 juin dernier, prenant acte du vaste consensus existant au Québec pour protéger la liberté d’expression, le ministre de la Justice du Québec, M. Jacques Dupuis, déposait le projet de loi 99 intitulé « Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l’utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d’expression et la participation des citoyens aux débats publics ».
 
Les Éditions Écosociété saluent cette initiative visant à garantir la liberté d’expression et à favoriser l’accès équitable à la justice pour l’ensemble des citoyens. Cependant, nous souhaitons voir le projet de loi 99 bonifié, notamment pour s’assurer qu’une poursuite puisse être déclarée abusive dès lors qu’elle a pour effet de nuire au débat public. Nous souhaitons, il va s’en dire, voir ce projet de loi amélioré et adopté le plus rapidement possible.

Pour connaître les revendications communes des Éditions Écosociété, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) et de la Ligue des droits et libertés, consultez notre site à l’adresse suivante : http://slapp.ecosociete.org/fr/node/10633.

Nous soutenir


Les Éditions Écosociété sollicitent à nouveau votre aide dans cette lutte pour la libre participation au débat public. Bien que nous bénéficiions d’un vaste réseau d’appuis et d’une équipe juridique bénévole, votre soutien financier est important afin de défrayer les coûts inhérents à ce type de poursuites.
 
Vous pouvez faire un don aux Éditions Écosociété via notre site Internet
http://slapp.ecosociete.org/fr/node/32 ou en envoyant un chèque à l’adresse suivante :

Les Éditions Écosociété
C.P. 32052, Comptoir Saint-André
Montréal (Québec) H2L 4Y5

Vous pouvez également :

1. Diffuser largement ce bulletin d’information en le transmettant à tous vos contacts et en les invitant à signer la pétition d’appui: http://slapp.ecosociete.org/fr/node/add/signature.

2. Acheter le livre Noir Canada: http://www.ecosociete.org/outrouverlivres.php.

3. Inviter un représentant d’Écosociété et/ou les auteurs de Noir Canada dans le cadre de vos activités/évènements pour présenter le livre Noir Canada, pour aborder la problématique du pillage de l’Afrique par les compagnies canadiennes, pour traiter de la question des poursuites-bâillons ou simplement pour tenir une table de vente et d’information.

4. Les Éditions Écosociété sont toujours à la recherche de traducteurs bénévoles pour assurer la traduction (du français vers l’anglais) de communiqués, bulletins d’information et courts textes apparaissant sur le site internet. Écrivez-nous!
 
LES ÉDITIONS ÉCOSOCIÉTÉ VOUS REMERCIENT DE VOTRE SOUTIEN !
L’équipe des Éditions Écosociété
C.P. 32052, Comptoir Saint-André
Montréal (Québec) H2L 4Y5
Téléphone: (514) 521-0913
Télécopieur: (514) 521-1283
Courriel:
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17 octobre 1961- 17 octobre 2005 – la banalisation d’un crime contre l’humanité par l’Etat français

Posté par issopha le 15 octobre 2008

PRESSAFRIQUE  21.10.05 
17 octobre 1961- 17 octobre 2005 – la banalisation d’un crime contre l’humanité par l’Etat français

 Si les députés français souhaitent « que l’histoire mondiale ne confonde pas dans un même mépris le IIIè Reich et le régime issu de la Résistance française, ils feront bien d’aller en Algérie ouvrir tous les dossiers« .  Y a-t-il une Gestapo algérienne? Claude Bourdet. France Observateur, 6 décembre 1951 . 

« De quoi y a-t-il mémoire ? De qui est la mémoire ? »
Paul Ricoeur in la Mémoire, l’histoire et l’oubli. Paris : Éd. du Seuil, 2000.
L’indispensable « travail de mémoire » passe par  »l‘inlassable répétition de la représentation des choses passées », ce qui doit être transmis de génération en génération, contre l’oubli qui n’est pas l’absence de
souvenir mais l’oblitération par la banalisation
« .
  Paul Ricoeur cité par Florence Beaugé (dans Algérie, une guerre sans gloire p.54) in la Mémoire, l’histoire et l’oubli. Paris : Éd. du Seuil, 2000.


Le 17 octobre 1961, la France du général de Gaulle ordonne la répression criminelle d’une manifestation pacifique de franco-algériens dans les rues de Paris et en banlieue. Cette manifestation visait à dénoncer le couvre-feu raciste imposé aux « français musulmans d’Algérie ». Des dizaines voire des centaines de  Français musulmans d’origine algérienne furent massacrés en plein Paris et en banlieue par les forces de police sur ordre du préfet Maurice Papon. Certains furent jetés à la Seine après avoir été bastonnés, d’autres furent mitraillés, enfin les manifestants qui ne purent s’échapper furent rafler pour être envoyé dans des centres de rétention où ils furent torturés, certains furent même pendus dans des bois. C’est la plus grande rafle depuis les rafles du Vel d’hiv organisées avec le même savoir-faire Papon sous de Gaulle. Il montre une fois de plus la collusion étroite entre méthodes fascistes et coloniales au coeur de la République. Ces méthodes étaient particulièrement usitées dans le pré-carré africain francophone à cette époque  (Cameroun , Biafra, Algérie…). 

Cette gigantesque ratonnade organisée par l’Etat français dans le contexte des « évènements d’Algérie » est encore occultée. Officiellement l’Etat français ne reconnaît à ce jour que deux morts. Ce massacre n’est répertorié dans quasiment aucun manuel scolaire et ne fait preuve d’aucune reconnaisance. Il a fallu attendre  2001, suite au procès Papon ( Jean-Luc Einaudi, la bataille de Paris)  et à la mobilisation de nombreux intellectuels, historiens et témoins pour qu’une initiative privée de la mairie de Paris décide d’apposer une plaque commémorative sur le pont Saint-Michel, l’un des lieux d’où furent jetés dans la Seine des manifestants sévèrement amochés, évanouis ou déjà décédés (Survie).

C’est cette falsification constante de l’histoire à l’aide d’historiens serviles servant la propagande nationaliste qui permet de glorifier le fait colonial en occultant systématiquement tous les crimes contre l’humanité qui sont consubstantiellement liés à l’idéologie coloniale . En ce sens la loi du 23 février 2005 glorifiant la colonisation constitue une apologie de crimes contre l’humanité par omission dans un pays qui a cautionné un génocide dans le cadre de sa politique néocoloniale au Rwanda en 1994 et qui continue de soutenir dictatures criminelles, trucage des élections et assassinat d’opposants politiques dans son pré-carré africain (Outel Bono, Mehdi Ben Barka , Sylvanus Olympio, Felix Moumié, Ruben Um Nyombé …) . Un adoubement criminel remettant sérieusement en cause les principes fondamentaux de notre République. Un véritable  plébiscite pour une conception raciologique des droits de l’homme ne marquant pas de véritable césure avec les principes de Gobineau. « Vous savez dans ces pays là… » (le florilège d’ethnomanies). Le silence de l’ensemble de la classe politique et la glorification coloniale au travers du parlement français constituent une légitimation des idéaux et des méthodes d’extrême droite en Afrique. Une banalisation du crime au nom de la mère Patrie et de la sainte économie, une amnésie institutionnellement entretenue qui permet la reconduction. En ce sens le massacre du 17 octobre 1961 est une illustration paradagmatique de l’effet dévastateur d’une banalisation des crimes contre l’humanité en Algérie sur la politique menée en France dans le cadre de ce que l’on dénommait par euphémisme les  »évènements d’Algérie ». Gare au retour de la barbarie coloniale et néocoloniale si elle demeure impensée, banalisée ou glorifiée même de façon implicite. 

 CAMEROUN AUTOPSIE D’UNE INDEPENDANCE

Le 1er janvier 1960, le Cameroun accédait à l’indépendance et s’émancipait, officiellement sans heurt, de la tutelle française. Dans les faits, c’est une tout autre histoire qu’exhument Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf. Historiens, politiques et victimes d’une sanglante répression orchestrée depuis Paris témoignent.

Autopsie d'une indépendanceC’est une guerre dont on ne parle jamais. Du milieu des années 50 à la fin des années 70, la décolonisation du Cameroun s’est faite dans la violence… en silence.

Contrairement à l’Indochine ou à l’Algérie, rares sont ceux qui ont eu vent de la tragédie qui s’y est jouée, « comme s’il y avait une chape de plomb sur l’Afrique noire. Au fond, il ne s’est peut-être rien passé parce qu’il n’y a pas d’hommes là-bas. C’est une question que l’on peut vraiment se poser : on ne peut pas faire une tempête dans un verre d’eau parce que des nègres ont été massacrés… », pointe Moukoko Priso, secrétaire général de l’UPC (Union des populations du Cameroun).

Son parti, créé en 1948 par Ruben Um Nyobé, est le principal mouvement d’opposition au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Se dressant contre les petits arrangements qui laissent son pays sous la coupe française, ses hommes vont payer un lourd tribut.

Trente mille morts, cinq cent mille, peut-être davantage : les décomptes sont flous, même pour les historiens. En 1952, Um Nyobé part plaider la cause de l’indépendance à la tribune de l’ONU. A Paris, c’est la panique : pas question que cette partie de l’Afrique équatoriale ne bascule dans le camp communiste. L’UPC est dissous. Condamnés à la clandestinité, ses militants sont traqués, torturés, assassinés.

Um Nyobé tombe sous les balles de l’armée coloniale en 1958. Il sera interdit de prononcer son nom au Cameroun jusqu’en… 1991. Haut-commissaire de la République au Cameroun entre 1956 et 1958, Pierre Messmer, décédé depuis, se justifie face à la caméra : « Nyobé faisait régner la terreur. J’ai décidé de lui faire la guerre et de l’éliminer. Il refusait l’autonomie interne, il refusait la démocratie, donc il se mettait hors la loi et il le savait. »

Dans l’ombre, la main de la France…

La proclamation de l’indépendance n’a pas signé, loin de là, la fin des combats. En novembre 1960, Félix Moumié, le successeur de Um Nyobé, connaît le même sort : en exil à Genève, il est empoisonné par un agent des services secrets français. Aujourd’hui, sa veuve accuse : « Le général de Gaulle a tué mon mari. »

Autopsie d'une indépendancePendant des années, les indépendantistes de l’UPC sont pourchassés et abattus. Pour le général Pierre Semengue, ancien chef d’état-major de l’armée camerounaise, les choses sont claires : « Une partie de l’UPC n’a pas accepté cette indépendance et acontinué la lutte. Cette deuxième rébellion a été combattue par l’armée camerounaise. Encadrée au départ par les officiers français, puis au fur et à mesure par des officiers camerounais. »

Pour avoir le champ libre dans la brousse où les maquisards se cachent, l’armée va jusqu’à parquer quatre cent mille civils dans des camps. Comme au Vietnam, du napalm aurait été largué. D’un revers de main, Messmer dément mollement : « Ce n’est pas important… »

Pour ses richesses naturelles, son pétrole et ses forêts, il n’a, semble-t-il, jamais été question de laisser le Cameroun quitter tout à fait le giron français.

Si les deux journalistes n’abordent pas la situation d’extrême tension que traverse de nouveau le pays aujourd’hui, leur enquête a le mérite d’en éclairer, enfin, les causes.

Il faut voir le président Ahmadou Ahidjo (1960-1982) accueillir en grande pompe une poignée de chefs d’Etat africains pour le dixième anniversaire de l’indépendance. Parmi ses hôtes : Mobutu, Bokassa, Bongo. De grands amis de la France, emblématiques de la décolonisation à la française en Afrique subsaharienne…

Christine Guillemeau

Première diffusion : lundi 23 juin 2008 à 21:35 (câble, satellite et TNT). Durée : 52′
Réalisatrices : Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf
Production : France 5 / Program 33
Année : 2007

France-Cameroun : une si lourde dette (Le Messager 28/05/2008)

Dans l’euphorie des revendications indépendantistes, de milliers de Camerounais ont été tués par les forces colonialistes à travers le pays entre le 22 et le 30 mai 1955.

Mai 1955. Il y a 53 ans, des forces armées aux ordres du Haut-commissaire français, Roland Pré, mettaient des villes, villages et régions du Cameroun à feu et à sang. De milliers de Camerounais, pour la plupart des militants de l’Union des populations du Cameroun (Upc), tombèrent sous de balles réelles et jetés dans une dizaine de charniers à travers le pays. Douala, Yaoundé, Mbanga, Loum, Mombo, Ekite, Môm, Dibang, Song Simut, Songmbenge, etc. ont été le théâtre de vives tensions, répressions, brimades, tortures, attentats, incendies, arrestations et emprisonnements. Selon des témoignages concordants, ces massacres sur les nationalistes auraient été guidés par la seule volonté de l’administration française de museler l’Upc née de la volonté de constituer un vaste front nationaliste au Cameroun qui revendiquerait l’application des Accords de tutelle.

Sabotage électoral
En effet, ces Accords de tutelle signés de plein gré par la France en 1946 conféraient l’autonomie au peule camerounais à s’auto administrer 10 ans après leur signature. L’Upc qui veillait aux grains, y fonda son 2e programme politique remis le 27 avril 1954 au Haut-commissaire français André Soucadeaux. L’Upc revendiquait l’organisation d’un référendum populaire au sujet de la réunification, la création des organes législatifs d’envergure régionale et nationale, ainsi que la création d’un exécutif national à majorité camerounaise. La France qui ne voulait jamais se séparer du Cameroun qui était une mine d’or, n’a plus respecté sa parole. Mais elle a plutôt politisé des institutions administratives devenues presque une tribune officielle pour vendre les idées. L’Upc qui en était exclue par un sabotage électoral, axe son action sur l’agitation à travers le pays et au-delà qu’il transforme en tribune pour son combat. Des pétitions pleuvent aux Nations Unies sur tous les problèmes du Cameroun, notamment les abus et méfaits des colons français. Les nationalistes camerounais traînent l’image de « fauteurs de troubles », prêts à exploiter chaque fait à des fins politiques.

Responsabilités historiques
Malgré des courants d’air contraires, l’Upc tient le bon bout et a le vent en poupe. Dès 1954, à 2 ans, de la « fin de la tutelle », elle intensifie son organisation sociale dans la perspective d’un référendum qu’organiseraient les Nations Unies sur la question de l’indépendance ou de l’autonomie selon les Accords de 1946. Le gouvernement français se rend à l’évidence qu’il a échoué dans sa politique de phagocyter l’Upc depuis 6 ans. La décision de remplacer André Soucadeaux au Cameroun depuis 1949 est prise. Le 29 décembre 1954, Roland Pré arrive, alors que Ruben Um Nyobe (secrétaire général de l’Upc) est absent du pays. Il aurait été proposé et soutenu par Dr Louis Paul Aujoulat, ministre du Travail et des affaires sociales, malgré la contestation des délégués camerounais de toutes les assemblées à Paris et même de la communauté blanche au Cameroun. Ils le connaissent ainsi que ses méthodes. Roland Pré est réputé intraitable dans la répression des mouvements anticoloniaux. C’est un défenseur de la politique rude contre les nationalistes africains, disait-on. Il aurait fait ses preuves au Gabon, en Haute-Volta et surtout en Guinée Conakry.
Les cinq premiers mois de Roland Pré au Cameroun ont été marqués par un grave malaise socio-économique. Le nouvel Haut-commissaire français se montre alors habile administrateur de la politique de la carotte et du bâton. Il lance une série de réformes qui ramassent la plupart des revendications de l’Upc. Il multiplie des communes rurales (de 17 à 70) présidées par des locaux, créé des conseils de villages dirigés par des chefs traditionnels, instaure des communes mixtes urbaines présidées par des maires élus, créé des conseils de gouvernement, annonce des réformes dans la fonction publique, etc. Roland Pré entend ainsi couper l’herbe sous les pieds de l’Upc. Il embrasse les populations pour mieux étouffer le parti nationaliste. Il ramène tous les dirigeants de l’Upc émargeant à la fonction publique à Douala et ses environs pour mieux les surveiller et les traquer. « Quand Um Nyobe rentra à Douala le 5 mars 1955, après une séance aux Nations Unies, il fut immédiatement sommé de répondre à des accusations portées contre lui par un administrateur français nommé de Gélis, mais qui avaient été « mises en veilleuse » par Soucadeaux.»(Richard Joseph, Le mouvement nationaliste au Cameroun, Karthala, Paris, 1986).

Eglise Catholique
Un piège était ainsi tendu aux dirigeants nationalistes. Entre mars et mai 1955, l’administration multiplie des actes de provocation et organise des descentes musclées de la police dans les quartiers de Douala, devenue un bouillon de la contestation. Face à la montée de la contestation, l’Eglise catholique entre dans la danse. « Le dimanche de Pâques en 1955, une longue lettre rédigée par les cinq évêques européens du Cameroun fut lue dans toutes les églises du territoire » (dixit) pour encourager ses fidèles à se séparer complètement de l’Upc. Mais plus la campagne contre l’Upc s’accentuait, plus l’agitation anticoloniale s’intensifiait. Résultats des courses : les réunions de l’Upc sont perturbées sur l’ensemble du territoire ; ses bureaux perquisitionnés ; ses dirigeants, militants et sympathisants traqués. Bref, les incidents entre les forces armées et l’Upc se multiplient. La guerre froide qui s’était installée dans le Moungo, la Sanaga-Maritime, le Nyong-et-Sanaga, le Sud-Ouest, le Sud, le Centre, l’Ouest, etc. débouche finalement sur une série d’émeutes entre le 22 et le 30 mai 1955.
Le 25 mai 2008, l’Union des populations du Cameroun (Upc) dite « des fidèles » a honoré la mémoire des martyrs de mai 1955 à son siège à Douala Bali (Montagne Manga Bell).

Quelques dates en 1955
- Avril: Un groupe (Rassemblement du peuple camerounais) anti-Upc par 3 fois empêchent les dirigeants Upc (Um Nyobe et Abel Kingue) de tenir des réunions à Bafoussam.
- 22 avril: Upc publie Proclamation commune exigeant la fin de la tutelle du Cameroun, l’établissement d’une Assemblée nationale constituante avant le 1er/12/1955, la mise en place immédiate d’une commission exécutive devant tenir lieu de gouvernement provisoire et nomination d’une commission des Nations unies pour garantir le fonctionnement des institutions.
- 15 mai : Réunion de l’Upc dispersée à Mbanga par la police/militaire faisant de nombreux blessés dans les deux camps.
- 22 mai : Une autre réunion à Mbanga se solde par la mort d’un policier. “Victoire Upc” fêtée partout.
- 23 mai: Deux Upécistes tués à Nkongsamba, de nombreux blessés dans les rangs de Upc et de la police.
- 25 mai: nombreux blessés à Nkongsamba.
- 25 mai: Prisons et bureaux administratifs à Loum pris d’assaut par manifestants repoussés par grenades et armes à feu avec bilan 6 tués et 5 blessés côté manifestants.
- 25 mai: Route coupée entre Douala et Nkongsamba
- 29 mai: Réunion à Mombo (Moungo) dispersée par police suivie de nombreuses arrestations.
- 22 mai: Réunion du Front national (anti-Upc créée à Douala) interrompue par les militants Upc arrêtés par la police.
-23-24 mai : Patrouilles de l’Upc à New-Bell pour protéger leur siège s’opposent à la police soldées par de multiples incidents.
- 25 mai : Roland Pré demande des renforts aux territoires voisins l’Afrique équatoriale française (Aef).
- 25 mai : Prison et locaux administratifs de New-Bell attaqués par 1.500 personnes sur les 3 000 manifestants, voitures incendiées, barricades dressées, 2 morts chez les Blancs et de nombreux blessés, 7 morts et de nombreux blessés parmi les manifestants, et l’administration décrète le couvre-feu.
- 26 mai à l’aube : Siège de l’Upc à New-Bell perquisitionné, une vingtaine de militants arrêtés.
- 27 mai dans la nuit : Incendie au siège de l’Upc à New-Bell et immeubles voisins.
- 22 mai: Discours de Félix Roland Moumié à Yaoundé devant plus de 1 500 personnes, commissariat de police envahi et certains prisonniers libérées, avec 1 mort.
- 27 mai : Route Douala-Yaoundé bloquée, marche à Yaoundé, police ouvre le feu bilan: 3 morts et plusieurs blessés.
- 26-29 mai : Destruction siège de l’Upc à Bafoussam et Bafang.
- 22 mai : Drapeau national adopté à Yaoundé : crabe noir sur fond rouge

Par Noé Ndjebet Massoussi
Le 28-05-2008

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Jacques et le caillou Bamiléké

mercredi 21 février 2007 par Moussa Ka

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17 octobre 1961- 17 octobre 2005 - la banalisation d'un crime contre l'humanité par l'Etat français dans LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL ic-courrier Recommander à un ennemi

 dans MENSONGES D'ETAT
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Les vieux ont toujours des belles histoires à raconter. Par exemple celle d’une répression féroce et oubliée, subie par les Bamiléké, au Cameroun au temps béni et glorieux de l’indépendance.

« Le Cameroun s’engage sur les chemins de l’indépendance avec, dans sa chaussure, un caillou bien gênant. Ce caillou, c’est la présence d’une minorité ethnique : les Bamiléké » [1] . La phrase, écrite par le Colonel français Jean Lamberton trois mois après la proclamation de l’indépendance du pays, bourdonne encore dans de nombreuses oreilles. La « race » Bamiléké donc, serait par nature allergique au pouvoir de Yaoundé, capitale qui unifie et illumine le reste du pays. Une analyse qui, hier comme aujourd’hui, est aussi trompeuse qu’un camouflage vert kaki. D’abord parce que les Bamiléké ne furent pas les seuls à résister au pouvoir colonial – et à ses successeurs [2] . Ensuite parce que de nombreux Bamiléké participèrent eux aussi à la répression gouvernementale qui, sous prétexte de lutte contre « les subversifs », saccagea le pays jusqu’à la fin des années 1960 [3] . Le Cameroun eut, lui aussi, ses harkis.

Souvenirs, souvenirs…

C’est le cas de Jacques, la soixantaine, qu’on rencontre dans le bar paumé d’un village paumé, entre Dschang et Bafoussam. Il parle sans difficulté de cette époque sanglante. « On nous a appelés, on était encore des enfants, se souvient-il. Et on nous a dit d’aller en guerre ». Il y est allé. Il est entré dans la « Garde civique », la force supplétive – plusieurs milliers d’hommes – de l’armée coloniale. Jacques se souvient précisément de la date de son incorporation : « le 30.11.59 », un mois tout rond avant l’indépendance. Une époque troublée : alors que beaucoup rejettent la fausse indépendance et le gouvernement fantoche que Paris leur impose, certains s’organisent militairement au sein de l’Armée de Libération Nationale Kamerounaise (ALNK), très active en pays dit Bamiléké. Pour lutter contre ces excités, les instructeurs français forment Jacques, vite fait bien fait, et l’envoient gambader entre les arbres pour zigouiller les grands frères du maquis. Petits meurtres entre amis du village, et en catimini. Clic, clac ! Merci Kodiak de n’avoir pas immortalisé cette page « positive » de la décolonisation française.

Peu d’images, donc. Mais ceux qui aiment fouiller trouveront tout de même quelques photos : celles, par exemple, des têtes coupées que l’armée exposait sur les places des villes et des villages pour apprendre la politesse aux gens du coin. C’est efficace, en plus d’être décoratif. Les autorités néo-coloniales utiliseront la méthode pendant des années et dans toute la région. La question gratte la langue : « Qui coupait les têtes des rebelles ? ». Réponse de l’ancien Garde civique : « Ben… c’est nous ». Ben oui. Jacques n’a pas l’air rongé par le remords. Il s’amuserait presque en se remémorant le bon vieux temps. Ben quoi ? Si j’avais pas été de ce côté-là, j’aurais dû me réfugier dans l’autre camp qui ne faisait pas mieux…

Le truc qui le gêne, Jacques, c’est le sentiment persistant de n’avoir pas été justement récompensé de ses bons et loyaux services. À l’époque, il gagnait 3.000 Cfa par mois [4] . C’était maigre. Et quand le petit jeu rébellion-répression a pris fin, ça été encore pire. Il s’est retrouvé sur la paille, jusqu’à aujourd’hui. Le vieil homme prend à témoin sa chemise crasseuse et ses groles en lambeau. Et, réflexion faite, arrête net de répondre aux questions. « J’ai plus rien à dire », lance-il, bourru. Le remords qui remonte enfin ? Non. Il demande juste un petit billet en échange de son témoignage. Il y en a garde la tête sur les épaules. On payera sa consommation, en l’honneur de la France.

[1] Les Bamiléké dans le Cameroun d’aujourd’hui , Revue de la Défense Nationale, Paris, Mars 1960, pp 161-177.

[2] Le Colonel Lamberton est bien placé pour le savoir : c’est lui qui fut chargé de « pacifier » la région Bassa, entrée en rébellion à la fin des années 1950. Il convient, expliquait-il alors, de « corriger la mentalité revendicatrice et l’esprit individualiste (orgueil et égoïsme) du bassa »

[3] Plusieurs dizaines de milliers de morts, au bas mot.

[4] Sans compter les primes qu’on donnait, dit-on, pour chaque tête rebelle rapportée au supérieur…


Comment le Cameroun est passé de la colonisation à la dictature (Le Monde 23/06/2008) Que sait-on aujourd’hui en France des circonstances dans lesquelles le Cameroun est devenu indépendant en 1960 ? Si de grandes figures africaines assassinées pour leur combat anticolonial, tel le Congolais Patrice Lumumba, sont connues, les leaders camerounais qui ont subi le même sort sont tombés dans l’oubli. Deux dictateurs ont régné sur le Cameroun depuis l’indépendance du pays : Ahmadou Ahidjo (1960-1982) et son successeur, l’actuel président Paul Biya. Ce dernier est peu désireux de voir exhumée la mémoire d’opposants populaires depuis longtemps disparus. Quant aux archives militaires françaises, elles ne sont pas toutes ouvertes.

Le film de Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (Program 33 et France 5), revient sur ce passé enfoui. Les réalisatrices ont enquêté au Cameroun, auprès d’anciens militants de l’indépendance, et en France, interrogeant des dirigeants gaullistes – Pierre Messmer, ex-premier ministre, et Jean Foyer, ministre de la coopération (1960-1962).

Aujourd’hui, dans les rues de Yaoundé, la capitale du pays, une publicité de la marque Total clame : « Nos chemins se croisent et ça fait 60 ans que ça dure. » M. Foyer confirme… Il raconte les négociations menées en 1960 : « Nous avons passé des accords sur les matières premières stratégiques (…) (qui contraignaient) les Camerounais à nous proposer, en priorité, les concessions. » Pendant la période de transition, la préoccupation des autorités françaises était de s’assurer le contrôle des richesses naturelles.

TERREUR

La France choisit le futur président Ahidjo, non sans avoir tout fait pour écraser le principal parti d’indépendance, l’UPC (Union des populations du Cameroun). Dans les années 1950, l’UPC, dirigé par Ruben Um Nyobé, recueille un fort soutien populaire. L’heure est alors aux indépendances. Le tiers-monde est marqué par des personnalités comme Nasser, Tito ou Nehru. Ruben Um Nyobé exprime aussi cette aspiration jusqu’à la tribune des Nations unies. Mais la France dissout son parti en 1955 et en pourchasse les militants. En 1958, il est assassiné. La répression contre l’UPC est d’une extrême violence : torture, assassinats, exposition des têtes coupées des victimes, bombardements.

Malgré les persécutions, l’UPC continue de combattre, après 1960, le régime d’Ahmadou Ahidjo, accusé d’avoir confisqué l’indépendance. Epaulées par l’armée française, les forces camerounaises appliquent ses méthodes. Dix années de terreur et des centaines de milliers de morts seront nécessaires pour venir à bout de l’opposition. Aujourd’hui, Paul Biya, héritier du régime Ahidjo, conserve le soutien de la France.

Pierre Auguste Messmer

Comment Messmer a massacré les Camerounais

La mort de cet homme est presque passée inaperçue au Cameroun. Alors que le pays vit encore aujourd’hui les séquelles des horreurs commis pendant qu’il était à la tête du Cameroun sous tutelle de la France. 1956. Pierre Messmer foule le sol camerounais, comme haut-commissaire de la France. On est en pleine période de lutte pour l’indépendance. Celle-ci est principalement menée au pays par l’Union des populations du Cameroun (Upc), parti politique de l’opposition dont Ruben Um Nyobé est le secrétaire général. La formation est désormais sous maquis. Ses leaders, contraints à l’exil pour la majorité, poursuivent la lutte alors que le parti a été interdit un an plus tôt (1955) par le prédécesseur de Messmer, Roland Pré.
Sous une double tutelle (française dans partie orientale et anglaise dans la partie occidentale), le pays de Martin Paul Samba connaît une grande agitation. Les revendications, formulées par l’Upc avant son interdiction, sont plus que vivaces dans l’esprit des nationalistes. Les deux premières sont : l’indépendance immédiate et la réunification des deux parties du territoire. C’est, en tout cas, ce qui a été défendu à la tribune des Nations unies par les plénipotentiaires de l’Upc dont Félix Roland Moumié, le président du parti.
Quand Pierre Messmer arrive donc, il a pour mission de mâter toute velléité de contestation. Il doit surtout extirper la fibre nationaliste que l’Upc et les mouvements syndicaux travaillent à susciter au sein du peuple depuis une dizaine d’années. Pour la France, pas question que l’indépendance apparaisse comme le fruit d’une revendication nationaliste. “ Nos ancêtres les Gaullois ” estiment qu’elle doit être considérée comme “ donnée ” par la seule volonté de la France. Messmer va employer toute son énergie à consolider les acquis de la “ mère patrie ” au Cameroun pour qu’au moment de l’indépendance, le pays soit confié aux gens avec qui la métropole aura composé.

Ennemi des nationalistes
Frank Garbely, auteur du documentaire “ L’assassinat de Félix Moumié ”, déclare dans ses commentaires, que Messmer transforme la plus grande victoire de Moumié, en une défaite cinglante. “ Son arrivée est une journée noire pour Moumié ”, affirme-t-il. Dans ce film, Messmer, interrogé dans les bureaux de l’Institut de France dont fait partie l’Académie française, affirme d’entrée de jeu son inimitié pour les nationalistes camerounais.
Parlant de Moumié, il déclare : “ Lui n’était intéressé que par le combat pour le pouvoir, il n’accepte aucune élection. ” Il explique de quelle façon, dès son arrivée, il prend à contre pied les nationalistes camerounais, en leur accordant la contrefaçon de ce qu’ils réclament, à savoir l’indépendance. “ J’ai tout de suite dit que la France acceptait l’indépendance du Cameroun, et la réunification du Cameroun français au Cameroun britannique. Une chose que personne n’avait osé dire avant, parce que cela ne faisait pas plaisir aux Anglais. J’étais le premier à oser le dire, et à partir de ce moment-là, l’Upc se trouve dans une situation extrêmement difficile, parce que c’était sa revendication. ”
Les leaders de l’Upc ne veulent pas de cette indépendance piégée. Pierre Messmer prend très mal cette réticence et les considèrent comme des ennemis. “ A partir de ce moment-là, l’Upc est obligé, ou bien de rentrer dans le système, parce qu’il doit y avoir des élections, ou bien alors, comme ils le décident, de rester dans la rébellion. Mais à partir de ce moment là, ça prouve que ce n’est pas un parti indépendantiste, mais un parti révolutionnaire ”, dit-il.
Les leaders de l’Upc sont désormais dans l’axe du mal et traité comme tels. Il n’est pas question de laisser la situation s’embraser au Cameroun, car une révolution réussie ici pourrait donner des idées aux autres pays du pré carré français. Dans un document secret, publié dans le documentaire de Frank Garbely, cette volonté est clairement affichée : “ La position de la France au Cameroun conditionne la position de la France dans toute l’Afrique centrale ”, indique le document.
L’Upc organise une manifestation à Massock, dans la Sanaga Maritime. L’armée française intervient énergiquement. Le bilan est effroyable, selon un témoin qui relève des viols, des tueries et des déportations. Pierre Messmer justifie l’intervention de l’armée française : “ En effet des unités de simple gendarmerie ne pouvaient pas combattre effectivement une rébellion, surtout dans ce pays de la Sanaga Maritime qui est un pays de grande forêt, en pleine forêt équatoriale. J’ai à ce moment là demandé l’intervention de l’armée. On a dirigé sur le Cameroun des unités africaines, d’ailleurs venues du Tchad. La mission de ces unités était de faire disparaître le maquis, et ils y sont arrivés d’ailleurs. ”
Après avoir exterminé la population, il faut maintenant attaquer le mal à la racine. Les colons entreprennent donc de dessoucher le parti. La recherche des leaders est plus active. Pour les coincer, les colons obligent les villageois à se regrouper dans des camps, question d’isoler les leaders. “ Um Nyobé et ses complices, qui n’étaient pas très nombreux, et qui vivaient dans ce maquis, étaient un petit peu dans le pays Bassa comme des poissons dans l’eau…L’armée s’est efforcé de pomper l’eau, pour que les poissons soient au sec. C’est-à-dire que l’armée s’est efforcée de ramener vers les grandes routes qu’elle contrôlait, des petits villages qui étaient à l’intérieur de la forêt ”, affirme Messmer.
Il est évident que l’armée française ne suppliait pas les villageois pour qu’ils rejoignent les camps, comme le témoigne dans la documentaire André Nguimbous, agriculteur dans la région : “ Pour vous obliger à venir habiter ici, on brûlait même votre maison. Et surtout dans la nuit, on vous faisait embarquer dans les camions pour venir vous laisser ici. ”

Le travail à partir de Paris
Messmer, après ces loyaux services rendus à sa patrie, est récompensé en 1960 (année de l’indépendance du Cameroun sous tutelle française), quand il est nommé ministre des Forces armées à Paris. Il occupe ce poste pendant neuf ans. Un record de longévité expliqué par la situation particulièrement délicate que devait gérer la France à l’époque : administrer les colonies qui manifestent les velléités d’indépendance. Et pour mieux contrôler cette situation, il fallait un “ homme de la situation ”, comme Messmer.
Désormais, c’est depuis la métropole qu’il sévit sur les rebelles africains, ou, pour parler comme eux, c’est de là qu’il “ prépare ” l’indépendance des colonies françaises d’Afrique. De cette position, il “ suivra ” également l’évolution de ces colonies après 1960, années des indépendances. Il tisse à partir de là un réseau plus large pour traquer les leaders nationalistes même hors de leurs frontières. Au Cameroun en particulier, sont installées des marionnettes locales, téléguidées à distance pour faire le sale boulot commencé plus tôt.
En 1966, Maurice Delaunay est nommé à la tête de la région Bamiléké, à Dschang, avec pour mission de briser l’Upc et réduire la résistance à néant. Ce dernier fait son travail avec méthode, et suivant les instructions de sa hiérarchie. “ Une tuerie en masse ”, témoigne Sa majesté Jean Rameau Sokoudjou, chef supérieur Bamendjou. Ce dernier a été assigné à résidence surveillé dans son propre palais pendant deux ans, pendant que d’autres chefs traditionnels bamiléké hostiles à la colonisation étaient martyrisés, envoyés en prison ou simplement remplacés. Delaunay avoue avoir fait un camp dans les montagnes, au dessus de Bafoussam, où il y avait 800 personnes gardées pas des soldats français et camerounais restés fidèles.
A Batcham, un camp militaire est aussi installé. C’est de là que sont dirigés les bombardement aériens. Ici aussi, comme en Sanaga Maritime, on a forcé les populations à se regrouper dans les camps. Tous ceux qui ne viennent pas ici sont considérés comme faisant partie des maquisards, à éliminer. De l’autre côté, ceux qui ont refusé d’aller dans les camps considèrent ceux qui y sont comme des traîtres. La population est désormais liguée contre elle-même. Une situation que le colon ne pouvait que souhaiter.
Dans toute la région, les tueries succèdent. Jacques Verges, un avocat français, pense même que du Napalm, une arme de destruction massive, a été utilisée sur des populations civiles, que les prisons étaient des mouroirs, où des gens étaient torturés, tués. Une fois de plus, Messmer justifie ce déploiement impitoyable de l’armé sur ces zones du pays : “ L’Upc était un parti communiste, dirigé par des chefs communistes impitoyables. Um Nyobé, et surtout Moumié, étaient des gens impitoyables. Alors quand vous êtes impitoyables, vos adversaires ne vous font pas de pitié non plus, ils ne vous font pas de cadeau. ”

La malédiction Messmer
Impitoyable, Messmer, du haut de son ministère des Forces armées l’aura été. Les leaders nationalistes camerounais, pour ne parler que d’eux, sont victimes d’attentats. Ruben Um Nyobé, le secrétaire général de l’Upc, est assassiné le 13 septembre 1958 dans la forêt de Boumnyebel en pays Bassa. Félix Roland Moumié, le président, est empoisonné au thallium à Genève en Suisse le 3 novembre 1960. Ossendé Afana est fini en mars 1966. Ernest Ouandié, le dernier verrou, est fusillé à Bafoussam en janvier 1971. “ Il semble peu douteux que Moumié a été effectivement exécuté. A mon avis, la France s’en moquait éperdument. Cela arrangeait surtout le nouveau président, monsieur Ahidjo ”, déclare pour finir, Messmer. Messmer présente ces “ bons ” résultats à ses chefs, et comme récompense pour travail bien fait, il accède à la Primature française, à Matignon, en 1972.
Voilà l’image que les Camerounais, qui n’ont pas la mémoire courte, gardent de cet homme qui a rendu l’âme le 29 août 2007. Aujourd’hui encore, ils continuent de subir le régime néocolonialiste imposé par lui qui, dans sa “ préparation ” des indépendances, a tout fait pour que la main lourde du colon continue de peser sur la population. Fatalement.
 

Par Roland TSAPI
Le 03-09-2007

Pierre Messmer, un soldat que le Cameroun n’a pas oublié

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A chaque disparition, la coutume veut que l’on oublie les zones d’ombre de la vie d’un homme. Pourtant, lorsque celle-ci fut celle, très publique, d’un « grand serviteur de l’Etat », il est nécessaire de ne rien omettre. Le récit de la vie de Pierre Messmer, décédé mercredi à 91 ans, n’échappe pas à la règle. « Soldat » pour La Tribune, « Légionnaire » du gaullisme pour Le Figaro ou encore un « homme de combat » pour Le Monde. Il y a, dans toutes ces expressions, la marque de ce que fut Pierre Messmer, toute sa vie, avec résolution : un soldat de métier. Et ce, dans une période, la guerre froide, qui supposait parfois de mettre de côté certaines convictions humanistes.

Tirailleur, légionnaire, administrateur colonial…

Alsacien d’origine, Pierre Messmer fut soldat bien avant la guerre. Dès 1937, jeune diplômé de l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer, il est nommé sous-lieutenant du 12e Régiment de Tirailleurs sénégalais. Quand survient la déroute de l’hiver 1939-40, il fait un choix courageux et minoritaire à l’époque, celui de Londres où il s’engage dans la 13e Demi-brigade de Légion étrangère. Cette unité occupe une place particulière dans la légende gaulliste. Elle est la première à incarner l’espoir de la reconquête contre les troupes du IIIe Reich en partant d’Afrique. Sénégal, Gabon, Libye, Tunisie, Londres à nouveau puis la Normandie et Paris où le capitaine Messmer entre en vainqueur le 25 août 1944.

La suite est moins connue. Promu commandant en janvier 1945, le jeune Messmer -il a alors 29 ans- choisit le front indochinois pour continuer le combat. Le 27 août 1945, il est parachuté sur le Tonkin et immédiatement capturé par le Viet-Minh. Il s’échappe au bout de deux mois de captivité. Une expérience traumatisante, après laquelle il retrouve le chemin de l’administration coloniale. Il passe alors cinq ans en Indochine, à Hanoï dans les arcanes du Haut commissariat. La suite figure dans toutes les biographies, comme celle établie par La Tribune :

« Administrateur du cercle de l’Adrar mauritanien (1950-1952), gouverneur de la Mauritanie (1952-1954), de la Côte d’Ivoire (1954-1956), directeur de cabinet du ministre de la France d’Outre-mer Gaston Defferre (1956), Haut commissaire de la République au Cameroun (1956-1958), en Afrique équatoriale (1958) et en Afrique occidentale française (1958-1959), Pierre Messmer joue un rôle primordial dans le processus de décolonisation douce qui voit la France se séparer sans drame de ses colonies africaines. »  

Au Cameroun, la première opération de pacification en Afrique sub-saharienne

Je ne suis pas sûr que l’on puisse parler de « processus de décolonisation douce » en évoquant le passage de Pierre Messmer au Cameroun. Les bribes d’histoire filtrant depuis les pays Bassa et Bamiléké nous disent même exactement le contraire. Depuis 1955, la France fait face dans ce territoire administré sous tutelle de l’ONU à une rébellion de l’Union des populations du Cameroun (UPC) emmenée par Ruben Um Nyobé, fils de sorcier Bassa et syndicaliste proche des communistes. Officiellement interdite depuis un décret de juillet 1955, l’UPC entretient un climat de guérilla dans le pays. Attentats, actions de sabotage, assassinats… Dans la nuit du 18 au 19 décembre 1956, pour appuyer son mot d’ordre de boycottage aux élections de l’Assemblée territoriale, elle opère une série d’attentats qui coûtent la vie à 96 « valets du colonialisme ». En Sanaga maritime, les opérations de vote sont suspendues, tandis que 80% des électeurs s’abstiennent à Douala.

Le Haut-commissaire Messmer va alors changer de stratégie. Au dialogue politique, il substitue une vaste manoeuvre contre-insurrectionnelle, directement inspirée de la doctrine de la « guerre révolutionnaire » théorisée en Indochine et appliquée en Algérie. A Paris, il rend visite au général de Gaulle, qui est alors en pleine traversée du désert, dans son bureau de la rue de Solférino :

« Je lui expose la situation au Cameroun, écrit Messmer dans ses mémoires, et la politique arrêtée par le gouvernement sur ma proposition. Il m’écoute attentivement et me répond par des généralités car il s’interdit alors de se prononcer sur l’action gouvernementale. Mais je comprends que, sur ce point précis, il n’y est pas hostile. »  

Quelle est cette nouvelle politique ? Réponse de l’intéressé :

« Désormais, ma stratégie sera simple : ayant réussi à contenir la révolte de l’UPC dans son berceau du pays bassa, je l’y étoufferai. Et j’y parviendrai, remportant l’un des deux succès français de l’après-guerre contre des insurrections outre-mer (l’autre étant Madagascar). »  

Pour mémoire, rappelons que l’insurrection de 1947 fit environ 40  000 morts.

Quadrillage et recensement

La suite ? Rien moins que la première opération de pacification lancée en Afrique sub-saharienne, selon les principes de la « guerre révolutionnaire ». Les manoeuvres sont racontées -un peu- par Messmer, mais surtout par un mémoire du commandant Jean Le Guillou, stagiaire de la 73e promotion de l’Ecole supérieure de guerre, « Une pacification réussie : la réduction de la rébellion upéciste en Sanaga maritime (Cameroun 1957-1958). » Le 9 décembre 1957 est créée la Zone de pacification du Cameroun (Zopac) : 7  000 km2 contrôlés par sept compagnies d’infanterie qui vont quadriller l’espace. « Ce découpage, écrit le commandant Le Guillou, s’adapte à peu près à celui des rebelles tel qu’on le connaît alors et se conforme naturellement à l’ossature du terrain. »

Le tout est articulé à un puissant appareil de renseignement mixte civilo-militaire, mêlant policiers, gendarmes et soldats, français et camerounais. Sans oublier des patrouilles de bons citoyens. L’état-major mixte a donc prévu, dans un premier temps, de séparer l’eau du poisson. Autrement dit, d’éloigner la population des principaux foyers de la rébellion. Pour cela, les soldats regroupent tous les habitants de la région autour des axes routiers dont l’armée est sûre de garder le contrôle. Ces villages sont gardés, entourés de palissades avec un mirador et pourvus d’une équipe de surveillance chargée d’alerter la troupe en cas d’attaque nocturne. A l’entrée, une liste des habitants recensés, quartier par quartier, foyer par foyer, liste tenue par les chefs traditionnels. Régulièrement, de nuit comme de jour, l’autorité fait l’appel des habitants, exactement comme dans n’importe quel camp de prisonniers. Dans certains villages, ils reçoivent une carte de recensement avec photographie qui sert à la fois de carte d’identité et de permis de circulation.

Traque et ralliement

A partir du 1er avril 1958, le remède devient une cure de choc. Le but : « Pourchasser inlassablement les formations rebelles, tandis qu’une action particulière de propagande incitera les maquisards à se rallier. »
La traque aux rebelles dans la forêt se déroule comme une partie de chasse : quatre à six hommes, un officier et un pisteur local. L’objectif consiste à désorganiser les liaisons de l’ennemi et surtout à créer un climat d’insécurité qui incite les séparatistes à abandonner la lutte armée. Dès le 7 juin 1958, le général Nyobé Pandjock, chef militaire de l’UPC, est abattu au « cours d’un raid monté sur renseignement ». Le 13 septembre, Ruben Um Nyobé est victime d’une opération similaire, son corps est immédiatement coulé dans un bloc de béton pour éviter d’avoir un martyr. Commence alors la phase de « ralliement » : journal destiné au milieux ruraux, « agents de propagande » dans les villages et séances de rééducation concoctées par les officiers de l’action psychologique.

Combien de victimes derrière cette ultime réaction du pouvoir colonial ? Dans un témoignage non démenti, Max Bardet (OK Cargo ! , Editions Grasset, 1988), ancien pilote d’hélicoptère français présent au Cameroun entre 1962 et 1964, avance comme bilan des bombardements au napalm effectués cette fois-ci en pays Bamiléké le chiffre de 300  000 à 400  000 morts. Tous les Camerounais savent que pendant les années 1960 et 1970, on exposait sur les marchés de la région les têtes coupées des maquisards de l’UPC. L’histoire reste donc à écrire.

Pierre Messmer ne verra pas la fin des massacres. Dès l’automne 1958, il a été promu à Brazzaville, Haut-commissaire pour l’Afrique équatoriale française. Il continue son ascension vers les sommets du pouvoir : ministre des Armées (neuf ans, un record sous la Ve République), Premier ministre (deux ans) et enfin, l’immortalité de l’Académie française.

La pacification camerounaise fut une politique d’Etat, et Messmer n’en est certainement pas le seul architecte. Mais si l’on évoque la figure de l’autorité, n’oublions pas sa face la plus dure, celle de l’exercice de la violence légitime de l’Etat. Violence dont tout homme d’Etat doit pouvoir un jour rendre compte devant l’Histoire.

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Ehim

22H03 30/08/2007

Vous avez oublié, dans votre historique de la 13ème DBLE l’épisode de Narvik. Mais ce n’est q’un détail de l’histoire. Messmer y était-il ?

Cela dit, voilà un beau parcours gaulliste qui montre aux nostalgiques du Grand Con comment se sont construites la grandeur et la décadence de l’Empire.

http://ehim.over-blog.com

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ira

22H12 30/08/2007

Messmer n’était pas à Narvik (13av40). Il n’est entré à la 13e qu’après avoir rejoint Londres en détournant un cargo.
C’était un soldat. L’Histoire jugera.

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Ehim

10H49 31/08/2007

Encore une erreur de jugement, Alviano. Une de plus.
Si la Résistance n’avait pas existé, nous serions sous domination américaine ou la France serait devenue une colonie anglaise. Mais certainement pas nazie ni communiste.

Et puis cessez de commenter les commentaires des uns ou des autres pour les embarquer dans d’interminables polémiques stériles qui n’intéressent personne. Les gens sont assez grands pour juger sans vous de la valeur des commentaires. Et ils peuvent voter pour ou contre.

Si vous tenez absolument à vous faire remarquer, essayez de le faire de manière intelligente. Commentez plutôt les articles, ou essayez …

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Gérard Gastaud | Photographe à Paris

22H22 30/08/2007

Il serait bien d’evoquer le role de Messmer dans les essais nucleaires, au Sahara. De nombreux appeles qui ont ete malades a cause des radiations, ont tente par la suite d’amener en vain, ce scandale devant la justice.

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David Servenay | Rue89

23H10 30/08/2007

D’accord avec vous, l’affaire des irradiés du Sahara est passionnante à bien des égards. Nous aurons sans doute l’occasion d’y revenir, car elle vaut plus qu’une simple mention.

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Olhiver

23H02 30/08/2007

Effarant.
Merci pour la remise à l’heure.

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David Servenay | Rue89

23H56 30/08/2007

Pouvez-vous sourcer cette information? Que signifie des dossiers « rachetés »? Je n’ai jamais eu vent de ce genre de pratique, surtout que l’armée a jusqu’à l’an dernier soigneusement opposé le secret-défense sur toutes les données médicales des 150 000 militaires et civils ayant eu un contact avec les sites nucléaires, au Sahara et en Polynésie.
Dans ces conditions, je ne vois pas bien l’utilité de faire disparaître des « preuves compromettantes ». Si vous souhaitez nous en dire plus, hors forum, utilisez le formulaire
contact@rue89.com

Merci.

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moanaura walker

08H49 31/08/2007

j’ai eu cette information lors d’une conférence donnée il y a 10 ans par mr Jean-Marc Régnault professeur d’histoire à l’université de Polynésie, le thème portait sur le transfert des essais nucléaires vers le pacifique suite à l’accession de l’algérie à son indépendance, ce monsieur a également écrit quelques livres sur la situation politique en Polynésie française.
De par les postes de ministre qu’il occupait vers les années 60-70, P.Messmer était l’un des artisans de l’installation du CEP (centre d’expérimentation du pacifique).
mais je suis désolé de ne pouvoir en dire plus sur cette curieuse procedure d’achat d’archives à titre personnel.

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puerta13

23H48 30/08/2007

R89 ! Si tu savais comme je t’aime…

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galeazzo

23H50 30/08/2007

Bonsoir,
Serait-il possible que Rue89, en temps utile, nous dise si l’ambassadeur du Cameroun a assisté à l’enterrement du sus-dit ?

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David Servenay | Rue89

00H02 31/08/2007

Vous avez tout à fait raison, c’est d’ailleurs précisément pour cette raison que le parcours de Pierre Messmer est intéressant au regard de l’Histoire.

Soldat, résistant, administrateur colonial et enfin homme politique, où il applique -peut-être avec des états d’âme, mais ce n’est pas ce qu’il donne à voir dans ses mémoires- des doctrines militaires dont l’inspiration puise à la fois dans la vision militariste de la société d’un Lénine et dans les idées de « la guerre totale » du maréchal Ludendorff, théoricien nazi de la guerre.

Etonnant, non, comme cheminement? En filigrane, cela pose la question des hommes d’Etat: peuvent-ils échapper à la part d’ombre qu’offre immanquablement l’exercice du pouvoir?

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David Servenay | Rue89

11H48 31/08/2007

Sur Ludendorff…

1/ D’abord, mea culpa, cet ex-général en chef des armées allemandes rejetta à la fin de sa vie la proposition de Hitler de l’honorer du grade suprême. Erich Ludendorff était donc bien, seulement, général. Il faillit devenir maréchal…

2/ J’ai entre les mains la traduction française de son dernier ouvrage, « la guerre totale », publiée en 1937 chez Flammarion (on peut trouver le livre chez les bouquinistes). Cet ouvrage, publié l’année précédente en Allemagne, détaille sur 138 pages l’architecture doctrinale de la pensée militaire du IIIème Reich.
En résumé, reprenant les thèses de Clausewitz, il explique qu’une guerre moderne ne peut se concevoir que par un engagement total de la société dans le conflit: des forces économiques, en passant par les forces armées, le peuple (hommes, femmes, enfants) ayant pour vocation de suivre à tout prix le chef qu’il s’est choisit.
Au passage, notez que Ludendorff s’en prend alors aux catholiques, aux franc-maçons, aux juifs, bref, tout ce qui n’est pas -racialement et politiquement- fiable. Le tout sous l’égide de « l’âme » allemande, l’esprit volkisch si vous préférez dans le texte.
La suite des événements: invasion de l’Est pour étendre l’espace vital du peuple allemand, opération Barbarossa, extermination menée par les Einsatzgruppen sur les arrières de la ligne de front et industrialisation du processus dans les camps de la mort… Tout cela est une parfaite application des idées explicitées dans cet ouvrage, qui sera d’ailleurs interdit par la censure en France, avant 1939. Voilà pourquoi je crois que l’on peut parler de « théoricien nazi de la guerre ».

3/ Toutes ces thèses vont être récupérées, après-guerre, à partir de 1947-48 par de brillants esprits qui, dans l’armée française, s’interrogent sur les raisons de la défaite et, corrélativement, de la victoire militaire -au moins dans un premier temps- des nazis. Or, la doctrine de la « guerre révolutionnaire » élaborée par le colonel Lacheroy ou la « guerre moderne » pour le colonel Trinquier, n’est rien d’autre qu’une adaptation de la « guerre totale » de Ludendorff.

Le processus décrit ci-dessus pour le Cameroun: recensement, concentration, chasse aux maquisards, exécutions extra-judiciaires de civils, propagande, ralliement… ressemble trait pour trait au processus mené par les troupes SS en 1941-42, l’ultime phase d’extermination en moins. Je répète, en l’état actuel de nos connaissances.

C’est ce qui est inquiétant dans cette histoire: pourquoi et comment des résistants qui avaient combattu les nazis pendant la guerre ont pu, quelques années plus tard, récupérer un savoir-faire militaire qu’ils ont alors utilisé contre d’autres ennemis, dans les colonies.

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Bebert Cassandre

12H42 31/08/2007

C’est pourtant simple!
Parce que tout homme a son sous-homme…

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Prolo du livre

13H36 31/08/2007

« C’est ce qui est inquiétant dans cette histoire: pourquoi et comment des résistants qui avaient combattu les nazis pendant la guerre ont pu, quelques années plus tard, récupérer un savoir-faire militaire qu’ils ont alors utilisé contre d’autres ennemis, dans les colonies. »

De la même manière une partie importante des premiers pieds-noirs étaient issus des milieux socialistes, communistes et anarchistes, de la commune de 1871, exilés, en algérie. Comment une partie de ces gens a-t-elle put devenir « colonisatrice » en ayant prôné l’auto-détermination et l’auto-gestion de paris ?
Un paradoxe que l’on peut souvent retrouver dans l’histoire.

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PonG | rationaliste fondamentaliste à Paris

00H18 04/09/2007

« C’est ce qui est inquiétant dans cette histoire: pourquoi et comment des résistants qui avaient combattu les nazis pendant la guerre ont pu, quelques années plus tard, récupérer un savoir-faire militaire qu’ils ont alors utilisé contre d’autres ennemis, dans les colonies. »

Pour ma part, je m’étonne qu’on s’étonne. Que je sache, en combattant les nazis, Mesmer (comme les autres) n’a pas combattu une doctrine militaire. Il a même au contraire pu en mesurer toute l’efficacité. Qu’il la recycle ensuite à d’autres fins est donc pour le moins normal, militairement parlant, c’est le contraire qui serait curieux.
S’il s’agit bien d’efficacité militaire, rien à dire donc.
En revanche, s’il s’agit des fins….

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philgood75

00H54 31/08/2007

sans vouloir en aucune façon dédouanner Mitterrand de ses responsabilités je ne pense pas qu’à Vichy celui-çi ait eu le moindre pouvoir décisionnaire donc je ne vois pas bien comment on peut encore retrouver ce genre d’arguments lorsqu’on parle de Messmer … Casseroles contre casseroles ,ok ,mais parlons plutôt alors du Miterrand ”algérien ” ça me semblera plus en rapport avec l’article …

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David Servenay | Rue89

09H08 31/08/2007

@ CA de 1h23 et aux autres

1/ Si vous trouvez que les rapports de renseignements du colonel Lamberton, responsable militaire de la ZOPAC, cités par le commandant le Guillou, ne sont pas des « éléments probants », alors je ne sais pas ce qu’il vous faut lire…

Peut-être une récente publication du Collège Interarmées de Défense (CID). Le chef de bataillon Alexandre, stagiaire à l’Ecole supérieure de Guerre, cite le bilan réalisé lors de la visite de la mission des Nations unies en novembre 1958.
Pour la période de septembre 1957 à octobre 1958, il y aurait eu : 75 civils tués, 90 blessés et 91 enlevés ; 200 maisons incendiées ; 371 rebelles tués, 104 blessés et 882 arrêtés in « La campagne oubliée : les opérations de rétablissement de l’ordre au Cameroun entre 1957 et 1959, » publié dans La Tribune du Collège Interarmées de Défense, n° 34, décembre 2004.

Voilà pour les chiffres que j’ai pu retrouver, mais qui ne semble pas conforme à la réalité des exactions de ce dispositif de « pacification ». C’est ce que j’écris: cette histoire reste à écrire.

2/ Bien sûr, on ne peut pas rendre Messmer (ou de Gaulle) responsable de la politique menée au début des années 60 par un Cameroun indépendant. Pourtant, le président Ahidjo apparaît alors comme un chef d’Etat étroitement contrôlé par le secrétaire aux Affaires africaines et malgaches, le tout puissant Jacques Foccart. Et cette politique répressive menée chez les Bassa et les Bamilékés ne peut avoir échapper à la vigilance de Paris.

3/ Je ne crois pas que l’on puisse sérieusement qualifier -en l’état actuel des connaissances- de génocide les événements dont nous parlons. D’abord, parce que la volonté d’extermination d’un groupe n’est pas prouvée. Ensuite, parce que la qualification de génocide se faisant a posteriori, il faudrait avoir beaucoup plus de connaissances sur cette période historique que nous n’en avons aujourd’hui pour voir si les faits correspondent à la définition Lemkin de 1948 et à un processus génocidaire.
Or, à part un livre du romancier Mongo Beti et un récent (et bon) mémoire d’un groupe d’étudiants de l’IEP Paris, je ne connais pas d’autres travaux précis sur le sujet. En dehors des documents militaires cités ici, qui sont loin d’être exhaustifs, vous l’aurez compris.
Si c’est votre cas, signalez-le nous. Sinon, il faudra attendre l’ouverture des archives…

4/ Pour notre internaute belge, les informations lues ici ont été publiées avant la mort de Pierre Messmer, en janvier 2007, dans un livre dont j’ai la faiblesse d’être le co-auteur ;-)

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Mbombock | ing Agronome

15H44 10/10/2007

Ci joint les références du livre d’Achille MBEMBE sur le sujet qui nous occupe.

La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun
Achille Mbembe
ISBN : 2-86537-600-1
Prix : 30 €

Les éditions Karthala
22-24, boulevard Arago – 75013 Paris
Tél. : (33) 01 43 31 15 59 – Fax : (33) 01 45 35 27 05

M MBEMBE a réalisé un travail très précis et documenté même si certains commentaires laissent apparaître les rancœurs d’un crypto UPCiste un peu aigri par 50 ans de défaite de ses idéaux.
C’est un livre qui donne de la consistance, de l’épaisseur à ce qui c’est produit au Cameroun après guerre. Il montre aussi, que comme en Algérie, il s’agit d’une guerre civile entre pro et anti français. Enfin, 50 ans plus tard, les traces de cette guerre sont encore palpables. On ne remue pas ces événements sans éveiller de vielles rancœurs et relancer des règlements de comptes.

Ce qui est sur, c’est que M MESMER à bien fait son travail, lui et toute l’administration coloniale qui au sortir de la guerre 14 18 hérita de son morceau de Cameroun sous « Protectorat ». Cette question dépasse les clivages Gauche Droite.

Enfin il me semble que c’est d’abord aux Camerounais que revient le droit d’inventaire sur ce qu’ils ont vécu. Et plus encore que la France avec l’occupation et la guerre d’Algérie, c’est un travail qui s’annonce difficile voir douloureux.

PS : A lire également dans un article paru dans le Courrier International la réaction de M MBENBE au discourt de Dakar prononcé par le nouveau président français.

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Servais-Jean | Psychanaliste orphelin

01H57 31/08/2007

Je ne pense pas que Messmer soit vu en héro mais il faut avouer qu’il a fait des choses pas si mal que ça, ne serai-ce que sa période 39-45.
Pour ce qui est de l’accident nucléaire en Algérie
j’ai vu un film documentaire d’ARTE il y a moins d’un an qui traitait de ce sujet.
Il en ressortait que c’était une erreur de conception du tir souterrain qui a débouché causant une panique générale. Ceux qui ont vu cet accident, Messmer en était, ont pu s’enfuir, mais les soldats français ou autres, n’ayant pas été avertis sont restés sur place.
L’état a fait et fait encore obstruction pour reconnaitre tous ces malades ou morts d’irradiations, que ce soit en Algérie ou dans le Pacifique.

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addresseur

02H34 31/08/2007

l’homme dont on parle a eu une vie d’aventurier…
il a apparemment été formé aux responsabilités avant ses 30 ans ( envoyé par de gaulle aux antilles en 1943 qui étaient alors gouvernées par un amiral dépendant de l’état français …affaire trés complexe qui impliquait également les allemands, les américains, des navires de guerre et les réserves d’or de la france … le ralliement des antilles à la france libre est un modèle de transition « pacifique » )…
il est de toute manière difficile de juger ce parcours politique dans la perspective stratégique :
1 -de la guerre froide…
2 -de la volonté de de gaulle de s’en extraire et de créer une 3ème voie…
il donne l’impression d’avoir été un « romantique »…

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stefan.agemian

07H00 31/08/2007

N’oublions pas qu’il fût le 1° Ministre tout nuclèaire des centaines de centrales était son voeux le plus cher.Ceux qu’il à fait dans l’armée être un inconditionel au service de la France: comme napalmlisateur? guettolisateur? au Cameroun ,et atomisateur au Sahara ,le sang impur verçer pas dans nos sillons ne lui répugner pas .Je comprend Sarkosy de l’avoir eu prés de lui ,il est lui aussi un destructeur interrieur de la FRance ces lois Françaises . J’en a prend de rue 89 merci .
p.s:mon parrain de baptème chasseur alpins ARméniens fils de génocider par les ottomans était allait a Narvik,ouf y avait pas Messmer

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Thorgal46 | Informaticien dans le Lot

09H55 31/08/2007

Une question et une suggestion pour Rue89 (que j’apprécie de plus en plus) :
Pourquoi attendre la disparition de tel ou tel homme politique pour nous éclairer sur le parcours de sa vie ?
On a souvent l’impression que les politiques n’ont pas de passé, qu’ils sont le fruit de l’instant présent.
Il serait je crois, très instructif et éclairant de connaitre les parcours de ceux qui souhaitent nous gouverner ou prétendent nous montrer la voie…

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Prolo du livre

13H26 31/08/2007

« Fier d’être français »…

On retrouve ce slogan assez souvent chez, en vrac, le F.N., les skinheads d’extrême droite (R.A.C., N.S., et souvent apo), Amel Bent, le Pe-Timonier, le K.O.P. de Boulogne, et Max Gallo, pseudo historien squattant les étals librairie des marchands de culture foireux comme la FNAC, Carrefour, Virgin, avec des bouquins sur les dynasties égyptiennes romancés, les fastes et grandeurs de la vieille france (renaissance, moyen-âge, etc.).
Ne fait-il pas partie de cette bande d’intello racistes : Hélène Carrère d’Encausse, Finkielkraut, etc. ?
« L’équipe de france est black-black-black, nous sommes la risée de toute l’europe ».

« Car citez moi une seule personne ayant participer activement à la création des nations du monde entier qui n’ait pas dans son passé un côté sombre ! »
Effectivement, mais le moindre mal est d’assumer son passé.

Non, pas fier d’être français, ne me pardonnez pas de ne jamais mettre de majuscule à france et français, surtout quand les deux sont réunis dans la même phrase…

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brogilo | in angulo

17H56 01/09/2007

Le cheminement de Max Gallo est assez gerbant.
Personnellement, ça tourne au prurit.

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intrepide77

13H29 31/08/2007

j’ai écrits un long texte sur les évènements au cameroun que j’ai vécu et je n’ai pas été publié too bad !

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philgood75

13H40 31/08/2007

cette vieille histoire  » , »non au masochisme occidental  » « assez de repentance »
quelle hypocrisie ! ouvrez un manuel d’histoire justement et voyez ou est la repentance ,ou sont les excuses à l’Afrique colonisée dans son ensemble et surtout regardez à la lumière des 30 dernières années quelles leçons en avons nous tirer ; qui exploite les richesses ,qui soutient les dictateurs ,qui tire les ficelles des trafics d’armes sur le continent tout entier ,qui méprise l’Afrique jusque dans les mots qui blessent par leur mépris à peine voilé :
” Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.”(N.S ,Dakar 26 juillet 2007)
Non decidement ce n’est pas une vieille histoire (c’était quand déjà le Rwanda ?)c’est tout les jours qu’il nous faut oublier notre supériorité d’homme blanc méprisant et regarder enfin un jour l’ Afrique et les africains d’égal à égal.Nous en sommes loin et nous n’avons pas fini d’en payer le prix jusque dans nos banlieues .

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enediol

13H45 31/08/2007

Un éclairage utile et indispensable quand la politique officielle prétend restituer la mémoire exacte d’un serviteur de l’Etat. Ne pas taire les zones d’ombre est son devoir, par simple respect de la vérité historique.

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enediol

14H01 31/08/2007

Un éclairage utile et indispensable quand la politique officielle prétend restituer la mémoire exacte d’un serviteur de l’Etat. Ne pas taire les zones d’ombre est un simple devoir de respect de la vérité historique.

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enediol

14H04 31/08/2007

Un éclairage utile et indispensable quand la politique officielle prétend restituer la mémoire exacte d’un serviteur de l’Etat. Ne pas taire les zones d’ombre est un simple devoir de respect pour la vérité historique.

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enediol

14H12 31/08/2007

Un éclairage utile et indispensable quand la politique officielle prétend restituer la mémoire exacte d’un serviteur de l’Etat. Ne pas taire les zones d’ombre est un simple devoir de respect de la vérité historique.

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enediol

14H17 31/08/2007

Un éclairage utile et indispensable quand la politique officielle prétend restituer la mémoire exacte d’un serviteur de l’Etat. Ne pas taire les zones d’ombre est un simple devoir de respect de la vérité historique.

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enediol

14H32 31/08/2007

Un éclairage utile et indispensable quand la politique officielle prétend restituer la mémoire exacte d’un serviteur de l’Etat. Ne pas taire les zones d’ombre est un simple devoir de respect de la vérité historique.

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enediol

14H35 31/08/2007

Un éclairage utile et indispensable quand la politique officielle prétend restituer la mémoire exacte d’un serviteur de l’Etat. Ne pas taire les zones d’ombre est un simple devoir de respect de la vérité historique.

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krisskomicks

08H30 01/09/2007

Pourriez vous éteindre la lumière en sortant ?
Merci !

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brogilo | in angulo

17H46 01/09/2007

Cet humour-là, j’aime bien.
Merci krisskomicks.

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Simius | from France

01H46 01/09/2007

La presse alternative. Bravo :) Il est important d’avoir une intégrité historique.
Par contre comme l’on dit beaucoup le pouvoir rend tout sauf gentil. C’est sur la base de « saloperies » que s’est batie la richesse de l’Occident. La « Fable des Abeilles » reste éternelle malheureusement.

Lutte d’indépendance

Les vétérans camerounais exigent des réparations

L’association des vétérans du Cameroun, Asvecam, entend regrouper les anciens combattants nationalistes encore en vie traqués par l’armée française au plus fort des revendications indépendantistes, dans le cadre d’une action de lobbying en faveur d’une reconnaissance officielle par la France de son rôle dans ce qu’ils considèrent comme un génocide

Le poids de l’âge et les séquelles qui marquent à jamais leurs corps décharnés n’ont pas entamé leur verve. Même si la nostalgie a tendance à hanter encore, de temps en temps, leur vision, leur combat d’aujourd’hui se décline autrement pour les anciens combattants nationalistes. Après avoir risqué leur vie au nom de la nation, ils aspirent à la reconnaissance. Las d’attendre le geste d’un peuple camerounais amnésique qui semble plus préoccupé par la sauvegarde du pain quotidien, les héros parfois anonymes de la résistance nationale, viennent de s’organiser en force de lobbying. “ Aucun livre d’histoire ne rapporte cette lutte au cours de laquelle de valeureux fils et filles de notre peuple ont péri. C’est pour la réhabilitation de la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté des Camerounais que les survivants, enfants, veufs et veuves de ces combattants et combattantes ont décidé de créer cette association, pour sortir ce pan de notre histoire de l’oubli ”, a expliqué le président Mathieu Njassep au cours de la conférence de presse que l’association a donné lundi 29 mai à Douala.
La quête de reconnaissance interne de leur action est donc le premier objectif de l’Asvecam. Certes, les leaders de la lutte anti-coloniale que sont Ruben Um Nyobé, Félix-Roland Moumié et Ernest Ouandié ont été réhabilités par le gouvernement. Mais cette réhabilitation ressemble beaucoup à un simple acte de façade. Sinon comment comprendre que cela ne se soit pas accompagné de leur intégration dans l’histoire du pays ? “ Pas une rue, pas un monument ne porte leur nom ”, constate l’Asvecam qui s’assigne la tâche de rétablir la mémoire de ceux des combattants qui sont morts et n’ont toujours pas de sépulture digne de ce nom. Pour les survivants, l’association veut “ rassembler et recenser tous les vétérans de la lutte de libération afin de mettre sur pied un réseau de solidarité pour leur restituer la dignité et les honneurs qu’ils méritent pour avoir mené la lutte d’indépendance. ” Selon les statistiques de l’association, ils sont déjà environ 200 à avoir été recensés.
Mettre la France devant ses responsabilités
Le devoir de mémoire et de reconnaissance poursuivi par l’Asvecam entraîne un corollaire : “ des réparations, pour panser les plaies d’un lourd contentieux historique. ” Certaines statistiques estiment à un million, le nombre de Camerounais tombés sur le champ d’honneur, repartis dans les zones de guerre du pays bassa, bamiléké, dans le Moungo, le Sud, etc., qui abritent selon les survivants, de nombreux charniers. Visée par cette demande de réparations, la France est coupable d’avoir réprimé dans le sang et ce illégalement, une lutte nationaliste légitimée par l’Onu qui assurait alors la tutelle du Cameroun. “ Le rôle de la France mérite que les responsabilités soient établies. Elle doit, ainsi qu’en Algérie (seul pays d’Afrique coloniale française avec le Cameroun, à avoir subi une répression sanglante de la lutte de l’indépendance) reconnaître officiellement son génocide ”, exigent les anciens combattants nationalistes.
Pour conduire avec succès cet ultime combat, une mission conduite parallèlement par le vice-président, le jeune François Nyétam dont le père fut l’un des héros de la lutte de libération et le président Mathieu Njassep a récemment séjourné en Afrique australe, notamment en Angola et en Afrique du Sud pour s’inspirer de l’expérience de ces pays. Dans ce dernier pays par exemple, l’ancien président Nelson Mandela vient de lancer un appel de fonds pour soutenir les milliers de personnes qui ont combattu le régime raciste de l’apartheid et qui vivent aujourd’hui dans la misère. Sur place, l’Asvecam s’emploie actuellement à cet effet, à rassembler la documentation, les témoignages et les photos de cette période noire afin que nul n’en ignore. Surtout les jeunes générations qui ont le droit de connaître la vérité. Ce devoir de vulgarisation, précise l’association, va se faire sans esprit de revanche ni amertume, mais avec responsabilité et sérénité pour que l’histoire de notre pays au siècle dernier, soit enfin complétée par cette partie importante de la mémoire collective. 

Par Frédéric BOUNGOU
Le 02-06-2006

 

 

 

8 octobre 2008 – « 17 octobre 1961 – 17 octobre 2008″ 47ème anniversaire « Vérité et justice »

Rassemblement le 17 octobre 2008 à 18h30 au Pont Saint-Michel à Paris

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient  pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur  avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris. Ils défendaient  leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples  à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre  d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes, perdirent la vie aux mains des forces de police, suivant les ordres de leurs  supérieurs.

47 ans  après,
la Vérité est en marche. Cependant,
la France n’a toujours pas  reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menée -, en  particulier
la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et  d’horreurs qu’elle a entraînés ou dans ce crime d’Etat que constitue le 17  octobre 1961. Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler  des ‘bienfaits de la colonisation’ et des honneurs ‘officiels’ sont rendus  aux criminels de l’OAS. Malgré un discours, parfois ambigu et contradictoire, sur le passé colonial de
la France, la politique menée par le Président de
la République témoigne d’une réelle volonté de sa réhabilitation.

Le gouvernement a annoncé la création d’une ‘Fondation pour la  mémoire de
la Guerre d’Algérie’, en application de l’article 3 de cette loi  du 23 février 2005 dont un alinéa de l’article 4, aujourd’hui disparu, voulait initialement inciter les enseignants à présenter les ‘aspects  positifs de la colonisation’. Une telle Fondation risque de se retrouver sous la  coupe d’  associations nostalgiques qui voudraient pouvoir exiger des historiens qu’ils se plient  à la mémoire de « certains » témoins. Or, pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont  besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs  ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues, entre les deux rives de 
la Méditerranée. Or la nouvelle loi sur les archives votée en 2008 fixe des délais de consultation aux dossiers judiciaires qui retardera en particulier les recherches sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein même du parti du Président de
la République, cherchent à réhabiliter.

La recherche de la vérité s’impose pour cette période sombre de notre  histoire comme elle s’est imposée pour la collaboration vichyste avec  l’Allemagne nazie. Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la  séquelle la plus grave de la guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont  victimes aujourd’hui nombre de citoyens ou de ressortissants d’origine maghrébine ou des  anciennes colonies.

Un certain nombre de collectivités locales ont baptisé des places à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961 et nous appelons au développement de ces lieux de mémoire ainsi que la mobilisation de la population devant ces lieux déjà existant.

Pour exiger :

- la reconnaissance officielle du crime commis par l’Etat français les 17 et 18 octobre 1961

- la liberté d’accès effective aux archives pour tous, historiens et  citoyens

- le développement de la recherche historique sur ces questions dans un  cadre franco-algérien et international

Rassemblement : Vendredi 17 octobre à 18h30 au Pont Saint Michel à  Paris

Là où tant de victimes furent jetées à
la Seine il y a 47 ans.

Organisations signataires : 17 Octobre contre l’Oubli, A.L. (Alternative Libertaire), ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACU (Association des Communistes Unitaires), AMF (Association des Marocains de France), Au Nom de la Mémoire, Les Alternatifs, APCV (Association de Promotion des Culture et du Voyage), ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), ATF (Association des Tunisiens en France), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), Droits Devant, FTCR, GISTI, Les Oranges, LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), L.O. (Lutte Ouvrière), MJCF (Mouvement de la Jeunesse Communiste de France), Mouvement de la Paix, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Panthères Roses, PCF (Parti Communiste Français), PCOF, SUD Education, Union Syndicale Solidaire, Les VERTS.

7 octobre 2008 – Ni 1.0., ni 2.0. : le 16 octobre, nous dirons tous « Non à EDVIGE »

Communiqué du Collectif « Non à EDVIGE »

À Paris comme dans toutes les régions de France, citoyens et élus diront « Non à EDVIGE » au cours de rassemblements organisés par le Collectif national et par un nombre croissant de Collectifs locaux. 

Le Collectif a pu avoir connaissance de l’ensemble des documents transmis à
la CNIL pour avis par le gouvernement. Un projet de texte portant retrait du décret EDVIGE en fait bien partie, malgré les petites cachotteries mesquines du ministère de l’Intérieur qui n’avait transmis sciemment qu’une partie des documents aux organisations syndicales membres du Collectif. 
Cette nouvelle version est le résultat de la première vague d’une formidable mobilisation citoyenne. Cette mobilisation va se poursuivre et se manifester avec force le 16 octobre pour dire « Non à EDVIGE », parce que la version 2.0 n’est pas plus acceptable que la version 1.0. 

Plusieurs aspects importants et tout aussi dangereux demeurent dans la version 2.0. Deux finalités très différentes sont toujours amalgamées : enquêtes administratives et suspicion de risques pour la sécurité publique. Par ailleurs rien n’indique que le fichage départemental des « personnalités » sera dénué de tout danger puisqu’aucun texte n’est encore paru à ce sujet. 

Les enfants sont toujours fichés, dès 13 ans, avec un « droit à l’oubli » en trompe l’oeil.
La Défenseure des enfants souligne d’ailleurs dans son avis sur le projet EDVIGE 2.0 que, « tant par le contenu des informations qui seront conservées, que par la durée de conservation des données et leur droit de vérification ainsi que d’éventuelle rectification par le mineur ou ses parents ou représentants légaux », ce texte lui parait « encore en contradiction avec les exigences de
la Convention internationale des droits de l’enfant notamment en ce qui touche la protection de leur vie privée et le droit d’accès et d’opposition aux données les concernant ». 
Les enfants comme les adultes sont toujours fichés sur de simples suspicions, sans avoir commis aucune infraction, et sans même que ces suspicions reposent sur « le recours ou le soutien actif apporté à la violence » qu’ils manifesteraient, comme le spécifiait la formulation du décret de 1991. 

Des données extrêmement sensibles sont toujours collectées et traitées : origines « raciales » ou ethniques, opinions philosophiques, politiques ou religieuses et appartenance syndicale. Le scandale des services de renseignement cherchant à savoir si « des gens de confession autre que chrétienne » font partie du personnel d’une collectivité locale, récemment dévoilé par la Région Rhône-Alpes, vient confirmer s’il en était besoin que les inquiétudes exprimées par les signataires de l’Appel « Pour obtenir l’abandon d’EDVIGE » sont loin de relever du fantasme. La ministre de l’Intérieur s’en défend maladroitement, invoquant une « initiative individuelle ». Mais de telles initiatives sont toujours à craindre, avec l’étendue des personnels pouvant consulter le fichier, couplée à la « culture du chiffre » d’une logique techno-policière qui ne reconnaît plus aucun garde-fou. 

Des représentants du Collectif « Non à EDVIGE » seront reçus par le président de
la CNIL le 8 octobre prochain et lui exposeront leurs arguments sur tous ces points avant que
la Commission rende son avis au gouvernement sur le projet EDVIGE 2.0. 
Le Collectif national tiendra une conférence de presse le 14 octobre pour annoncer les manifestations du 16 octobre, journée nationale de l’expression du « Non à EDVIGE ». 

Au-delà du 16 octobre, la mobilisation se poursuivra pour élargir la réflexion des citoyens à la question du fichage des personnes sous toutes ses formes et de l’atteinte aux libertés individuelles, éternelles sacrifiées sur l’autel de la sécurité.

Publié dans LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL, MENSONGES D'ETAT | 1 Commentaire »

L’ »offre raisonnable d’emploi » est parue au JO + Marseillaise sifflée : une enquête est ouverte

Posté par issopha le 15 octobre 2008

CHÔMAGE

L’ »offre raisonnable d’emploi » est parue au JO

NOUVELOBS.COM | 30.11.1999 | 00:00

La loi relative aux « droits et devoirs des demandeurs d’emploi » les contraint à réduire progressivement leurs prétentions de salaires et d’éloignement du lieu de travail sous peine de radiation.

(c) Reuters

(c) Reuters

Le décret d’application de la loi du 1er août relative aux « droits et devoirs des demandeurs d’emploi », qui fait notamment obligation aux chômeurs d’accepter « une offre raisonnable d’emploi », est paru mardi 14 octobre au Journal officiel.
La définition par la loi de « l’offre raisonnable d’emploi » contraint les chômeurs à réduire progressivement leurs prétentions de salaires et d’éloignement du lieu de travail après 3, 6 ou 12 mois de chômage. Un chômeur refusant deux fois de suite une « offre raisonnable » sera radié temporairement de la liste des demandeurs d’emploi, et donc privé d’allocations chômage pendant cette période.
Le décret précise que cette radiation sera d’une durée de deux mois.
Un « emploi compatible »

Le texte entre en application dès ce mercredi, au lendemain de sa publication au Journal officiel, à l’exception de dispositions faisant référence au futur organisme résultant de la fusion entre ANPE et Assedic, qui seront valides lors de la création de cette institution, prévue le 1er janvier.
Selon le décret, « au plus tard dans les quinze jours » suivant l’inscription à l’ANPE, un demandeur d’emploi devra élaborer avec son conseiller un projet personnalisé d’accès à l’emploi.
Aux termes de la loi du 1er août, au bout de trois mois de chômage, une « offre raisonnable » est celle d’un « emploi compatible avec ses qualifications et compétences professionnelles », dès lors qu’il est rémunéré au moins 95% du salaire précédemment perçu.

Des exigences revues à la baisse

Après six mois de chômage, le demandeur d’emploi devra réduire ses prétentions à 85% de la rémunération précédente et accepter d’aller travailler plus loin (60 km aller-retour ou deux heures de transport en commun).
Après un an d’inscription à l’ANPE, une offre d’emploi sera considérée comme « raisonnable » si elle est « compatible avec les qualifications et les compétences du demandeur d’emploi et rémunérée au moins à hauteur du revenu de remplacement » versé par les Assedic ou, pour les chômeurs en fin de droit, l’Etat.
En moyenne, l’indemnité chômage est de 900 à 1.000 euros net mensuels, et l’allocation de solidarité spécifique (ASS) versée par l’Etat de 400 euros net mensuels.

RAPPORT

Elysée : « Un budget pour la première fois vraiment transparent »

NOUVELOBS.COM | 15.10.2008 | 17:38

Réagissez à l'article 88 réactions

Les services de Nicolas Sarkozy expliquent qu’il n’y a désormais plus « de fonds secrets ». Dans un rapport intitulé « Le budget de l’Elysée ne connaît pas la crise », le député socialiste René Dosière prévoit une hausse de 11,5% en 2009.

Le Palais de l'Elysée, à Paris

Le Palais de l’Elysée, à Paris

(c) Reuters  

L‘Elysée, dont la réalité des finances est mise en cause par un rapport du député PS René Dosière, a souligné mercredi 15 octobre disposer au contraire « pour la première fois » d’un budget pleinement « transparent ».
« Je ne comprends pas qu’on puisse parler d’opacité et de retour à je ne sais quel obscurantisme, alors que c’est la première fois que le budget est vraiment transparent », a déclaré lors d’une rencontre avec la presse Christian Frémont, le directeur de cabinet du président Nicolas Sarkozy.
« C’est la première fois que la présidence a un budget qui est transparent, lisible, sans mystère », a-t-il insisté: « Il n’y a plus de fonds secrets, plus de prélèvements sur les ministères. L’Elysée est une administration comme une autre, soumise au contrôle du Parlement, soumise pour la première fois, et par la volonté du président, au contrôle de la Cour des comptes ».
150 fonctionnaires « clandestins »

Le député René Dosière, spécialiste de la question, présente mercredi son rapport annuel sur les crédits de la présidence de la République, qu’il a intitulé « Le budget de l’Elysée ne connaît pas la crise ».
Il dénonce notamment la présence de 150 fonctionnaires « clandestins » détachés auprès des services de Nicolas Sarkozy, dont le budget 2009 devrait par ailleurs augmenter de 11,5%, selon lui. La présidence a contesté mardi ces chiffres, parlant d’une progression limitée à 2%.
L’an dernier, René Dosière, qui décortique depuis des années le budget de l’Elysée et avait révélé l’augmentation de 140% du salaire présidentiel après l’élection de Nicolas Sarkozy, avait déjà pointé une hausse de 8,5% des crédits de la présidence. En 2009, le budget élyséen augmentera de 11,5%, selon ses calculs.

« Le budget de l’Elysée ne connaît pas la crise »

« C’est la hausse la plus importante depuis au moins cinq ans du budget de la présidence: Nicolas Sarkozy bat largement Jacques Chirac », dit le député de l’Aisne au Parisien/Aujourd’hui en France paraissant mercredi. « Alors qu’il met toutes les administrations de l’Etat à la diète, Nicolas Sarkozy fait plus avec plus. A l’évidence, le président de la République est plus cigale que fourmi ».
Dénonçant des prévisions budgétaires « opaques », René Dosière déplore l’absence de « précision détaillée sur le montant des dépenses, poste par poste ». « Le président s’apprête à acquérir un Airbus 330-223 pour ses déplacements. Cette acquisition paraît nécessaire. Mais pourquoi un tel secret en particulier autour de son financement? », demande-t-il. « Que Nicolas Sarkozy se déplace est tout à fait légitime. Mais peut-être peut-il le faire avec moins d’avions, moins d’invités, moins de réceptions ».

Une progression de 2%, selon l’Elysée

Le député socialiste s’étonne aussi de la présence de « clandestins » dans les effectifs de l’Elysée. « Entre le nombre de fonctionnaires mis à disposition par les ministères et le chiffre officiel déclaré par l’Elysée, il y a un écart d’environ 150 personnes », constate-t-il en déplorant de n’avoir « aucune réponse sur ce point ».
Par ailleurs, « la rémunération de 98 collaborateurs va augmenter de 20% après une hausse de 26,8% l’an dernier. Qui a vu son salaire augmenter de 50% en deux ans? ».
L’Elysée avait contesté dès mardi les conclusions de René Dosière.
Interrogé mercredi matin, l’entourage du président a réaffirmé qu’en chiffres consolidés (définitifs), la hausse du budget de l’Elysée serait de 2% en 2009, et non pas de 11,45 %, ce dernier chiffre représentant la hausse du budget 2009 par rapport au budget 2008 initial.
Le chef de l’Etat viserait notamment une réduction des frais de personnel de l’ordre de 3% en 2009.
L’Elysée a également donné des précisions sur le renouvellement de la flotte aérienne utilisée par l’exécutif, qu’avait évoquée en juin le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Réflexion sur trois domaines

Les deux moyen-courrier Airbus A319 seront remplacés par un gros porteur long-courrier Airbus A330, acheté d’occasion par le ministère de la Défense et qui sera en service à partir de la fin 2010.
Le prix de cet avion de ligne serait, selon l’Elysée, de 60 millions d’euros, hors coût de l’adaptation pour en faire un avion présidentiel. La valeur de revente des deux A319 serait d’environ 70 millions d’euros.
L’Elysée a également engagé une réflexion, qui n’est pas tranchée, sur la charge que représentent les trois domaines de Rambouillet (Yvelines), Marly-le-Roi (Yvelines) et Souzy-la-Briche (Essonne).
Les deux premiers sont utilisés, mais l’entretien de leur parc est jugé coûteux. Quant au dernier, il n’aurait pas servi depuis la fin du mandat de François Mitterrand, en 1995. (avec AP)

Les réactions des lecteurs

Papourame
Digne de l’ancien régime?
SARKOSY se permet de vivre de façon scandaleuse comme du temps de l’ancien régime.Peuple de FRANCE réveillez vous?
15.10 à 20h38Alerter
robert18
crise très claire le reste?
Si l’état continue à vivre au dessus des moyens de la france on risque gros.La crise de 29 semblera bien minime par rapport à ce qui nous attend à l’époque au moins les banquiers avaient de l’honneur, ils se jetaient par la fenêtre sans parachute, aujourd’hui les plus voyous ont la légion d’honneur ça c’est une évolution
15.10 à 20h21Alerter
baaderne
Il Sorpasso
La transparence selon Sarkozy : « Non seulement je vous méprise mais en plus je ne m’en cache pas. »Ce type mérite vraiment la haine que lui voue de très très nombreux français.

Mais pas assez encore.
15.10 à 20h08Alerter

magali
Transparence, tu parles !
On a jamais autant parlé de transparence que depuis qu’il y a ce gouvernement ! Ca n’a d’égal que l’opacité qui nous submerge !
15.10 à 20h00Alerter
lariflette
y’a ka faut qu’on…
en démocratie, à part la grève générale, y’a pas d’autre alternative que le bulletin de vote pour se faire entendre (et encore… souvenons-nous bien du référendum de 2005 !)Une majorité de français l’ont voulu, ILS L’ONT !!

Ils l’ont surtout bien profond, et jusqu’à l’os…
15.10 à 19h14Alerter

NEMO
60 MILLIONS D EUROS
sans les aménagements pour un caprice du Dle Cotam01 acheté en septembre 08

Cotam = commandant terre air mer??????????
15.10 à 19h00Alerter

maduf
budget de l’Elysée pour subvenir aux besoins de no
Quel scandale! Le gouvernement demande aux citoyens de serrer la ceinture pendant qu’il vit dans l’opulence s’accordant des privilèges d’un autre temps.On vit dans une monarchie déguisée!
Si la politique étaient un demi- bénévolat, il y aurait un peu moins de monde pratiquant’ la chaise musicale’ pour partager le gâteau!

Il faut instaurer une franchise sur tous les frais de réception ,
transport, habillement,communication, cumul des mandats etc…..;payée par les politiques dans cette période d’austérité comme ils savent si bien nous l’imposer!
15.10 à 18h33Alerter

skipy68
BREIZ
Salut,En Sarkozisme c’est transparence virtuel, sauf tes impôts eu sont belle et bien réel!!Et oui le chnoine c’est tondre le motons!!!

J’ai fait plus bref déjà une censure ou alors une vrais lenteur?
15.10 à 18h16Alerter

skipy68
hum hum transparence noirâtre
J’ai comme l’impression que le nouvel ordre est en marche….faire chuter l’économie, re-bâtir sur les nouvelles idéologies des libéraux et vive le totalitarisme!!Sarkonipol qui en l’an 20007 fut en grâce, assombris les cieux dès 2008, la capital comme le pay d’ailleurs ne pouvant plus s’éclaisir.La démocratie à vecu place au totalitarisme..entendez vous la meutes hurlé à son appel?
15.10 à 17h59Alerter

g?g?
Lu sur Ouest France
que la Présidente de l’Irlande, en raison de la crise internationale actuelle qui affecte aussi son pays, vient de décider de baisser de 10% son salaire. Pensez vous que le locataire actuel de l’Elysée, donneur de leçons, suive cet exemple, lui qui s’est honteusement augmenté l’an dernier juste après son election ?
15.10 à 17h44Alerter
jym20
un scandale
Comment peut on oser dire aux Francaises et aux Francais qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses et augmenter son train de vie de la sorte,aprés avoir prété 360 milliards aux banquiers et autres spéculateurs véreux.Un seul mot HONTEUX ET SCANDALEUX, Peuple de France réveilles toi???
15.10 à 17h34Alerter
marief
@ srakoton
Pas d’autres arguments? pas d’autres références…
Pour votre culture, sachez que le Zénith n’a été payé ni par le PS, ni par l’état mais par des fonds privés. Concernant le budget de l’Elysée la cour des comptes a exigé « une baisse  » des dépenses en 2006 !!! Le salaire du président a augmenté de 170%, que de la provoc !!! car c’est lui même qui en fixe le montant chaque année… nous en communiquera t -il son montant cette année ?
Cordialement.
15.10 à 17h23Alerter
BREIZ
Salut les amis
Skip, Goliath, Imblack…De retour après 2 mois de méditation (transcendantale, évidemment!).

Je lis que le budget sera transparent. Il sera même carrément invisible. Plus transparent que transparent.

D’ou sortent ces milliards d’euros miraculeusement injectables dans les banques diverses et variées, qui ne feront qu’enrichir les spéculateurs habituels? On nous disait que « les caisses sont vides ». Je n’y ai jamais cru. La preuve.
15.10 à 17h17Alerter

al1-46
trans par an
le trans par an utilisé fait il partie des collabos du petit ?
15.10 à 17h14Alerter
marief
Pour info…
Budget de la Présidence
Année/Président Montant (millions d’euros)
1960/de Gaulle 2,35
1974/Pompidou 2,53
1981/Mitterrand 3,03
1994/Mitterrand 3,31
1997/Chirac 7,78
1998/Chirac 13,73
2001/Chirac 21,2
2003/Chirac 30,9
2005/Chirac 31,9
Source Quid/2005René Dosière demande depuis des années la transparence et rien ne change …la cour des comptes avait déja demandé à J Chirac de réduire les frais … et le coffre de l’élysée est toujours vidé avant le départ du président et renfloué pour l’arrivée du suivant… vous avez dit gaspillage ? pas pour tout le monde !!!
Cordialement.
15.10 à 17h13Alerter

Imblack18
@skipy68…………..
Salut skip, je sais pas pour toi, mais pour moi, les billets sont devenus tellement trasparents, qu’ils sont introuvables, y sont devenus virtuels, mais pour ce GVT, cette couleur ne doit pas éxisté, le pognon il le palpe et le voit, et en plus c’est le notre !!!!
15.10 à 16h57Alerter
skipy68
Je me demande
Vu qu’il veut faire l’abolissions des parachutes d’OR, cela devrait aussi s’appliquer à lui, pour incompétence!! Finalement en politique, ils s’en tirent à bon compte, compétent ou NON tu pars avec le JackSpot!
15.10 à 16h55Alerter
skipy68
Et d’ailleurs
Je ris comme un ouf, pas la peine de râler ont appréciés, vu que, personne ne veut porter plainte, pour abus de pouvoir!!!!
15.10 à 16h51Alerter
nanou
Barnab
Moi aussi, invalide ss, j’ai été augmentée: plus 0,8%!!! c’est pas le pérou???
Bon courage pour ouvrir votre boite!!!
15.10 à 16h44Alerter
taler
Allez
Sur le site de LégiFrance tous les matins, vous lirez le journal officiel et chaque jour les nominations au sein des ministères !!!!! C’est éducatif et vous concerne c’est votre argent qui paie tout ces gens et les frais du roy et de sa cours qui s’agrandit de jour en jour legifrance.fr
15.10 à 16h42Alerter

 

gloups
dans l’ordre des choses
la France d’en haut s’en met plein les fouilles (elle ne s’exprime qu’en milliards, en dessous ça fait peuple)la France d’en bas se serre la ceinture (quand elle en a encore une)

COLUCHE REVIENS ILS SONT ENCORE PLUS FOUS
15.10 à 16h41Alerter

nanou
Sujet éculé…
en lisant cet article, j’ai soudain constaté que je ne m’indignais pas, que cette augmentation de budget était normale sous ce régime, etc…
Nous devenons blasés du culot de Sarko et ne nous étonnons plus de rien.
ya plus de révolutionnaires en France, sinon il ne pourrait pas aller si loin…
15.10 à 16h41Alerter
xman
Désopilant!
Tous ceux, qui nous ballance de fausse argumentations sur Ségo, sont vraiment à pleindre pour leur débilité. Quand je pense que ce sont ces même abrutits, qui on élu ce petit roitelet, maniaco-dépréssif…On en paie le résultat aujourd’hui et ce n’est pas fini.
15.10 à 16h33Alerter
gloups
on prend les mêmes et on recommence
l’Etat crée UNE SOCIETE PRIVEE (!!!) de refinancement des banques, dans laquelle il aura 34 % (mais l’argent débloqué, lui sera donné à 100 % par l’Etat, c’est à dire nous) avec une minorité de blocage….C’est une HONTE, car les banquiers vont continuer à faire leurs petites salades secrètes entre amis !!!

au lieu de sauver les banques, il était PLUS URGENT de sauver l’économie, les entreprises, les salariés

mais ça, surtout pas, c’est contraire aux principes libéraux

$arko crache sur le capitalisme quand ça l’arrange, mais il continue dans ses errements libéraux !!!

d’ailleurs, il a bien dit qu’il continuerait les réformes…. Or, ces réformes ont pour objet de diminuer l’Etat (dérèglementation du marché du travail, de la Sécu etc)

mais ces capitalistes pourris qui nous mettent dans la m….e, sont bien contents de trouver l’Etat pour les sauver ….

seul moyen pour mettre fin à ce cynisme : changer complètement de politique et pour ça virer ceux qui sont au pouvoir
15.10 à 16h32Alerter

skipy68
Goliath
Salut, bienvenu en France, pourquoi aller ailleurs, quand on peut faire chez soient !!!Et Fillon sous l’insufflement de AM nous chante la cession des paradis fiscaux?Comment va apprécier cela le môssieur du trône? Ça va l’obliger soient de quitter la France ou de noirsir sa transparence!!!Que veut tu… à certain le caviar à d’autre l’arrête de la sardine!
15.10 à 16h31Alerter

raison
Pour être transparent, il l’est!
Transparent car vidé, distillé, purifié des sous qu’il contenait, maintenant dans les poches des copains banquiers en faillite. C’est quand on n’a rien dans les poches qu’on les retourne, pas quand elles sont remplies. D’ailleurs, c’est aussi l’occasion de dire qu’il ne reste plus d’argent pour les dépenses sociales. Et hop, c’est réglé. Quelle providence cette crise car on fera plus rien. Tout au plus on organise un match entre la France et un pays du Maghreb et on attend un sifflement pour interdire le match et déclencher des émeutes. Pendant que les français secrèteront de l’adrénaline, il n’auront pas d’appétit et feront des économies qu’ils placeront dans les banques qui les prêteront en dix fois plus et Rebelote. c’est l’art de gouverner à la Sarkozy!
15.10 à 16h28Alerter
vujuste
sarkozy pompe les finances tant qu’il y a de l’arg
sarkozy a doublé son salaire, maintenant il augmente de 11 % son budget, alors qu’il demande aux autres de serrer la vis !! scandaleux, de plus louis de funes de sarkozy dit qu’il travaille plus pour justifier, mais les résultats sont moins bons qu’avec Jospin, donc la productivité de sarkozy doit être faible, donc il ne mérite pas ces augmentations, et en plus 150 fonctionnaires détachés à son service …voici revenu le temps du roi
La courtisane c’est rachida daty au robes payées par la république, c’est la nouvelle pompadour !! on s’amuse bien au chateau… c’est une ambiance de fin de regne (louis XVI),…. on tapppe dans la caiisse et quand le navire prendra l’eau ils se casseront comme des rats (bien gras cpt). la belle carla doit avoir aussi tous ses sbires et courtisans… on ressemble de plus en plus à une république bananière…
15.10 à 16h27Alerter
barnab?
Sarko 1er continu à mépriser le « petit peuple »
140% d’augmentation de son salaire à son arrivée – « Je serai le président du pouvoir d’achat » surtout du tien, escroc ! – Aujourd’hui, René Dosière affirme que le budget de l’Elysée devrait augmenter de 11,5%. Démenti du Maître du Monde (dans ses rèves). Il dément tout ce qui peut lui valloir une baisse d’ »amour » et pourtant, à chaque fois ce qui est annoncé par d’autre, et démenti par lui, se vérifie. Des salaires qui augmentent d’environ 50% en 2 ans pour ses employers (combien sont-ils?) Moi, je touche l’allocation d’Adulte Handicapé. Génial, ce mois çi j’ai eu une augmentation de 25 euros, du jamais vu. Ca fait un an que je tente de créer mon entreprise pour être de ses français qui se lèvent tôt. Problème : de nos jours pour créer une entreprise, donc un emploi, voire deux, il faut payer des taxes, frais, impôt à L’ETAT. Même si au départ je ne peux me verser un salaire : paye tes charges à Mon Trésors Public. Toutes les formations sont payantes. Alors MERDE! Virons ce voyou, VITE
15.10 à 16h19Alerter
loulou
11,5 % de hausse pour faire la fête !!
Pendant les travailleurs paient les franchises médicalesOyez bonnes gens, oyez tous! que la vie est belle

Profitons la bonne soupe

Si le Général De Gaulle était là, il serait pas heureux

.
15.10 à 16h05Alerter

Goliath
CENSURE
Je disais dans un post de 12h00 que : »L’entreprise (l’état) de môssieur sarkozy ne connaissait pas la crise et que ses employés (les contribuables) apprécieront! »

Faites ce que je dis mais pas ce que je fais!

Non content de nous vendre son programme de campagne avec un gouvernement resseré, sic! Des économies budgétaires, resic! Môssieur fait tout le contraire, double son traitement, triple son budget, rince aux frais de princesse 150 courtisans « clandestins », fait des cadeaux à ses amis désormais armés du bouclier fiscal, dissimule les affaires génantes pour ses proches Lagardère; Dassault; Bolloré; Bouygues et cie!

Décidemment, tout est possible en sarkozie!

Quant aux 150 « clandestins », envoyons leur Hortefeux et ses charters histoire de les ramener dans leur patrie d’origine neuilléenne…

Pauvre France, pauvre République, qu’avons-nous fait pour mériter cela? Peut-être qu’ils (les 53%) ont un peu trop regarder TF1… Mmh la bonne soussoupe à son pepère…
15.10 à 16h04Alerter

majdad
Et la marmotte….etc,etc
Le problème, ce n’est pas que le budget soit transparent, c’est qu’il ne soit pas en augmentation. Et puis les fonds secrets, si on croit pas celle là ils peuvent nous en raconter une autre.J’ai 60 balais, j’ai toujours voter, hé bien je n’irai plus……fini, terminé, schluss, basta, etc, etc
15.10 à 15h51Alerter

skipy68
Imblack18
Salut mon papy comme va?Moi aussi à force, de faire c’est devenu transparent… j’aimerais bien connaître la transparence qu’il y aura entre les banques et leurs crises par rapport au chômage et ça crise économique!!
15.10 à 15h47Alerter

AlfredoGarcia
à skrakoton
De quoi parlez-vous monsieur ?Pourquoi Ségolène Royal n’aurait pas le droit de faire ses meetings comme bon lui chante ?

C’est son argent, son budget comme candidate au secrétariat du PS.
Elle ne pioche pas dans le Trésor Public, elle ne fait pas allés et retours inutiles pour jouer aux Gret Theaf Auto de la politique mondiale .
Elle ne dépense pas d’argent publique pour un grand meeting anticapitaliste à Toulon, ni pour un micro-sommet inutil à l’Élysée.

Elle ni habite, ni mange, ni se lave aux frais du contribuable depuis 6 ans, on a critiqué l’affaire Mazerine, mais Mitterrand et ses ministres habitaient chez eux, Jospin et les siens aussi !!
Avec Sarkozy c’est l’esbroufe avec l’argent du contribuable ; augmentation de son salaire de 160 %, explosion du budget de fonctionnement de l’Élysée, on paye même les robes Yves Saint-Laurent de madame Dati.

Ça brille le Trésor Public Français, qu’est-ce qu’est joli tout ces Napoléons qui brillent, et op dans la poche
15.10 à 15h46Alerter

marine1
pouah
Sarkosy est un yper dépensier!!! et l’on ose nous dire que tout es transparent !!!mensonge!!on continue vraiment à nous prendre pour des cons…
15.10 à 15h38Alerter
Imblack18
sarkoton
Ségo au Zénith, n’as rien couté aux citoyens, c’est là, toute la différence ……………………….
15.10 à 15h29Alerter
sauberfan
Hypocrisie
Ce qui fait peur, c’est de voir l’aplomb incroyable avec lequel on nous dit que tout cela est faut. Quelle hypocrisie! Et dire qu’on nous a dit tellement de choses en nous jurant que c’etait la verite pour en fait nous prendre, encore une fois, pour des boeufs… Avec cet aplomb la, ils peuvent tout nous faire croire, tout faire passer comme veridique et indiscutable. Et ca donne des lecons de transparence…
15.10 à 15h25Alerter
314159
comment faire des économies
NS justifie l’augmentation du budget de l’Elysée par son  » hyper activité » ; mais comme les ministres sont en sous activité ( vu qu’il fait tout! ), je suggère que l’on licencie presque tous les ministres , à commencer par le 1erministre, celui des relations extérieures, celui de l’économie, celui du sport etc…. ainsi qu’un certain nombre de hauts fonctionnaires.Une manière de compenser la hausse du budget de l’Elysée.Puisque on doit serrer la vis !!!!!!
15.10 à 15h16Alerter

rbpb
normal, il se deplace aux 4 coins de la france cha
vue le prix des carburants, l’elysée fait ses annonces aux 4 coins de la france donc rien d’etonnant que son budget explose surtout vis a vi de ses predeceseurs qui etaient finalement tres economes
15.10 à 15h14Alerter
dédé
Le budget est peut être transparent…
…mais ça n’empeche pas qu’il est en augmentation!!!On peut faire une connerie transparente, ça reste une connerie!
15.10 à 15h12Alerter

ANNOUCK
Ecoeurant!!
C’est tellement injuste, tellement ecoeurant, qu’il serait préférable qu’on ne le sache pas!!!!
15.10 à 15h12Alerter
lariflette
en parlant de révolution…
Une chose m’a toujours étonné dans l’Histoire de France :
Ecoeurés des abus, des privilèges et des différences énormes, le peuple s’est révolté en 1789 : c’était la Révolution.
Quelques années plus tard, ils mettaient sur un trône non un roi, mais un empereur auto-proclamé !
Le grand Charles l’avait compris, qui disait que les français sont des veaux…
l’histoire est un éternel recommencement !
15.10 à 15h08Alerter
srakoton
Et quand SEGO fait la fiesta au Zénith..c’est quoi
Et que pensent les socialistes qui s’entredéchirent avant le congrés au vu des dépenses pharamineuses de SEGO au Zénith…L’ économie et la crise chez eux, les PS doivent d’bord balayer devant leur porte…

On va bien se marrer lors de Congrés.
15.10 à 15h08Alerter

jibe
@ cdi1325
Quel commentaire !
Pourquoi revenir à Royal systematiquement que notre Excellence n’applique pas pour lui ce qu’il veut pour les français ?
Pas d’idée comme toujours.de plus en plus l’élection de 2007 ressemble à la réelection de Bush il y a 4 ans.

Du bidonnage total pour ecervelés.
15.10 à 15h05Alerter

cdi1325
@RaymondSouplex
Vous trouvez que c’est mieux de truquer le prix de sa villa à Mougins (275 000?! Mais j’achète desuite!!!) afin de voler les impôts et ne pas payer l’ISF.Ne nous leurons pas, il y a et aura toujours des castes, avant il y avait les Rois, puis la Révolution… Ha? ben, tien, c’est drôle au bout d’une révolution on revient au même point!
15.10 à 14h53Alerter

AlfredoGarcia
Heigh-ho, heigh-ho à l’Elysée
On pioche tic tac, tic tac,
Dans la mine, le jour entier.
Piocher tic tac, tic tac,
Notre jeu préféré.Pas bien malin d’être riche enfin
Si l’on pioche tic tac
Dans la terre ou dans la roche
Dans la mine,dans la mine.
Dans la mine,dans la mine.
Où un monde de diamant brille!

On pioche tic tac, tic tac, tic tac
Du matin jusqu’au soir.
On pioche tic tac, tic tac,
Tout ce que l’on peut voir.

On pioche les diamants par morceaux
Des sacs de rubis par quintaux
Pour nous sans valeur sont des trésors
On pioche tic tac, tic tac.

Heigh-ho, heigh-ho, heigh-ho, heigh-ho
Heigh-ho
Heigh-ho, heigh-ho
On rentre du boulot!

Heigh-ho, heigh-ho
Heigh-ho, heigh-ho
Heigh-ho, heigh-ho
On rentre du boulot!
15.10 à 14h53Alerter

marc1
Combien y a-t-il de collaborateurs à l’Elysée et à
publié le vendredi 2 mai 2008 : Politique.net propose une série sur l’argent du pouvoir en 30 épisodes : Quel est le coût des déplacements présidentiels ? Comment un élu de 6000 habitants peut-il cumuler 7000 euros de revenus ? Comment 16 000 pièces du mobilier national ont-elles pu disparaître des ministères ? A chaque fois, les sources sont publiées en bas de page et les estimations recoupées à partir de plusieurs enquêtes pour essayer de s’approcher au plus près de la réalité.Episode 10 : L’inflation des cabinets ministériels. Cabinets ministériels : Fillon et Sarkozy n’ont pas réduit les effectifs http://www.politique.net/2008050203-collaborateurs-dans-les-cabinets-ministeriels.htm
15.10 à 14h52Alerter

Ruthene
Les caisses sont vides…
Nos sommités annoncent doctement que les caisses sont vides, mais nul ne leur a demandé jusqu’à présent qui s’était chargé de les siphonner.Chaque jour qui passe apporte des bribes de réponse: doublement du salaire du président, utilisation d’avions officiels pour des déplacements familiaux et aujourd’hui dérapage sur les frais de fonctionnement de notre gnome agité.

Les fonctionnaires ont bon dos pour expliquer les déficits; nos politiques sont les champions de la dépense sans limite.

Bravo Messieurs et continuer; en effet, pourquoi se gêner.
15.10 à 14h49Alerter

Imblack18
Tu m’étonnes ?!!!
Ce gouvernement est un gouffre à pognon, déjà les voyages en avions, pour un oui ou un non, allez , hop! on prend le zing, Falcon pour Fillon, pour son WE, tiens à s’propos, le pilote de son zing qui à failli pércuté l’autre zing, était au-dessus de la vitesse réglementaire,comment se fait il qu’il n’est pas été en garde à vue ? les français se serrent la ceinture, et ces messieurs, dames se gavent copieusement sur notre dos, si la crise financière n’est pas de leur fait, ils y participent quand même beaucoup, connaissent pas la privatisation, leurs salaires c’est uniquement de l’argent de poche, me d’mande si ils paient des impôts…………..?!Tu leur file la Méditérranée, et trois moi après faut les ravitaillés aves des Canadairs, y s’auront bu toute la flotte……………..
15.10 à 14h42Alerter

tvdb26
Karcher ?
Nettoyer cette chienlit au Karcher ?
15.10 à 14h23Alerter
skipy68
trasnparent content pas que moi qui inverse les le
Transparence qui? Sûrement pas ce GVT la, son augmentation comment le peuple la t-il appris? Est t-il venu devant le peuple dire je m’augmente!! Transparence comment encore le croire quand on voit tous ces mensonges!!
15.10 à 14h14Alerter
salengro
Un budget si transparent
qu’il laisse transparaître le fond des caisses
15.10 à 14h07Alerter
Kalmos
Pas etonnant qu’ils veulent tous etre president
On se surprend toujours à voir la fascination de nos politiques pour la fonction presidentielle. C’est vrai qu’elle semble avoir tous les avantages. On devient au dessus des lois, au-dessus des contraintes financieres, au-dessus des partis politiques, au-dessus des principes et de la morale. On devient un Dieu veneré par ses disciples et craint par ses ennemis. Une seule chose effraie un president:
Le ridicule.. non !
L’incompétence…certainement pas !
L’abus de pouvoir..encore moins !
Les sondages independants…un peu !
La perte du pouvoir…c’est absolument terrifiant pour un president.
15.10 à 13h55Alerter
melina57
Elysée
Cette entreprise ne connait pas la crise………….Et pour cause, c’est notre argent, quand il n y a en plus, y en a encore,

Et tous ces voyages coûtent très cher, surtout, que les hauts fonctionnaires, n’aiment pas voyager seul, toujours une armada derrière eux, ils sont très généreux avec l’argent du peuple.
15.10 à 13h47Alerter

cecileB2K
ma petite entreprise en connait pas la crise …
c’est Bashung qui l’a chanté
15.10 à 13h40Alerter
skipy68
« Le budget de l’Elysée ne connaît pas la crise »
Peut-être que la racailLa rien compris lui!!C’est la crise en France, dans le monde… La récession partout, saut évidemment en Sarkonomansland!!!
15.10 à 13h10Alerter
314159
En chanson
Quelqu’un a chanté :  » ma petite entreprise ne connait pas la crise » .
Je ne sais plus qui c’est , mais je suis certain que ce n’est pas Carla.
15.10 à 13h09Alerter
RaymondSouplex
Unescroc restera toujours…
..un escroc. Le populisme a un coût, le peuple devrait le savoir. Mon salaire a augmenté de 0.03% en 1 ans. Il est tout à fait normal que celui qui m’a promis de travailler plus pour gagner plus soit récompensé! Non franchement rien à dire sur cette hausse des dépenses!!!! C’est pas loin des 300 000 euros de rétro-commissions pour acheter un appartement sur un terrain vendu avec « gros rabais ». A
15.10 à 12h45Alerter
gégée
période crise????????????
Carla pourra chanter « ma petite entreprise ne connait pas la crise…………. » C’est impensable quand on entend la hausse prévue du nombre de chomeurs pour 2008 et 2009, des gens qui se privent de petits-déjeuners le matin et à coté, avion privé pour éviter le TGV (question sécurité parait-il !!!!!!!!! plus ecoeurant que jamais. Enfin, certains l’ont voulu, ils l’on eu. mais tout le monde paie aujourd’huiet ne prononcez jamais le mot RECESSION, ce n’est pas le cas (chez les autres mais pas chez nous…..)
15.10 à 12h23Alerter
Domi92
On nous a déjà expliqué cet état de faits
Et on va nous resservir la même soupe : c’est parce que Nicolas Sarkozy travaille, LUI. Il voyage beaucoup, invite beaucoup… pour servir notre beau pays. Que voulez-vous répondre à ça ? A moins de trouver les preuves d’abus…
15.10 à 12h15Alerter
Lagi
Bizarre !
Aucune réaction ? J’ai entendu cette information sur la Radio ce matin . L’Elysée doit réagir ce matin : ils sont transparents et irréprochables, comme toujours . Leur communication effacera celle de M. Dosière.
15.10 à 11h56Alerter

 

 

 

FOOTBALL/MATCH AMICAL

Marseillaise sifflée : une enquête est ouverte

NOUVELOBS.COM | 15.10.2008 | 19:36

Réagissez à l'article 524 réactions

De nombreuses mesures gouvernementales avaient déjà été annoncées après les sifflets contre l’hymne national lors du match France-Tunisie. Tout match où l’hymne français sera sifflé sera immédiatement arrêté, a annoncé Nicolas Sarkozy. Bernard Laporte propose, lui, de « délocaliser » les matches contre les pays du Maghreb.

Les Bleus sur la pelouse du Stade de france lors du match France-Tunisie

Les Bleus sur la pelouse du Stade de france lors du match France-Tunisie

(c) Reuters  

Le parquet de Bobigny a annoncé, mercredi 15 octobre, avoir ouvert une enquête préliminaire pour « outrages à l’hymne national », après que la Marseillaise a été sifflée mardi soir lors du match France-Tunisie au Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), dépendant de la préfecture de police de Paris.
La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui a fait part dans un communiqué « de sa profonde indignation », avait demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de saisir le procureur de la République de Bobigny. Cela a été fait dans l’après-midi.
L’outrage à l’hymne, comme au drapeau, est passible de 6 mois de prison et 7.500 euros d’amende lorsqu’il est commis en réunion (article 433-5-1 du code pénal), et de 750 euros d’amende lorsqu’il est commis seul.

MAM évoque des interpellations

Selon la ministre, l’enquête « pourra s’appuyer sur les images filmées au cours de la rencontre, grâce à des caméras professionnelles implantées dans le cadre du dispositif spécifique demandé par le ministre depuis le printemps 2008 pour les matchs à risque ».
« Les interpellations qui en résulteront déboucheront sur des interdictions administratives de stade », a d’ores et déjà annoncé Michèle Alliot-Marie.
Lors du match, trois personnes avaient été interpellées, mais pour d’autres infractions (dont violences volontaires).


La FFF à l’Elysée

La classe politique et gouvernementale s’est emparée dès mercredi de la polémique autour de la Marseillaise sifflée lors du match France-Tunisie.
Nicolas Sarkozy a arbitré : désormais, tout match où l’hymne français sera sifflé sera immédiatement arrêté et les matches amicaux avec le pays concerné suspendus.
De même, en cas de sifflets pendant l’hymne national, « les membres du gouvernement quitteront immédiatement l’enceinte sportive », a annoncé la ministre des Sports Roselyne Bachelot à l’issue d’une réunion organisée à l’Elysée au lendemain des incidents survenus lors de la rencontre amicale France-Tunisie au Stade de France.
Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française de football (FFF), avait été « convoqué » par Nicolas Sarkozy, en présence de Roselyne Bachelot et du secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte.

Des conséquences diplomatiques

Mardi soir, des sifflets avaient retenti dans les tribunes à Saint-Denis alors que l’hymne national était interprété par la chanteuse d’origine tunisienne Lââm, avant le coup d’envoi du match.
En cas d’incidents similaires lors d’une rencontre des Bleus avec une autre équipe nationale sur le territoire français, les matches amicaux avec le pays concerné seront suspendus « pendant un délai qui restera à fixer par le président » de la FFF, a précisé Roselyne Bachelot. Mais une telle décision, si elle était prise, risquerait fort d’avoir des conséquences diplomatiques.
« Ces mesures sont logiques », a estimé Bernard Laporte. « Il faut que ça cesse », a-t-il martelé, rappelant que la France « aid(ait) beaucoup » des pays comme la Tunisie, en lui fournissant éducateurs ou formateurs notamment.

« L’Etat assumera », affirme Sarkozy

Un arrêt imprévu du match poserait aussi des problèmes de sécurité importants, comme l’a souligné Jean-Pierre Escalettes. « On ne peut pas prendre cette décision comme ça, sans avoir des garanties sécuritaires », a-t-il expliqué. « Moi, je balance pas 50.000 personnes dans les rues comme ça, sans que les choses aient été prévues à l’avance ».
Mais « le président de la République s’est engagé à ce que toutes les mesures soient prises ». Selon lui, Nicolas Sarkozy « a dit: l’Etat assumera ».
Selon le président de la FFF, le chef de l’Etat, qui a suivi le match mardi soir, l’a « très mal » vécu. Arrivé après le début de la rencontre, « il ne comprenait même pas lui-même, qui a pris le match en route, pourquoi il y avait ces sifflets perpétuels contre les joueurs ». Selon Roselyne Bachelot, le chef de l’Etat a fait part de son « indignation », mais « a tenu également à rappeler son amour profond du football ».

Fillon veut annuler le match

La classe politique dénonçait quant à elle unanimement mercredi ces incidents, même si les avis divergeaient sur les mesures à prendre.
Mercredi matin, le Premier ministre François Fillon avait déclaré qu’il aurait souhaité que le match soit annulé après les sifflets. « Ceux qui veulent siffler un hymne national doivent être privés du match auquel ils sont venus assister ». « C’est toujours une erreur de ne pas jouer », avait rétorqué le vice-président de la FFF Noël Le Graet, alors que le porte-parole du parti socialiste Julien Dray se disait « d’accord » avec François Fillon, mais « choqué » par l’absence de réaction des autorités.
Une annulation du match « serait la pire des réponses, puisque non seulement on organiserait une punition collective et en même temps il y aurait des incidents ingérables », a estimé pour sa part Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).

Bernard Laporte veut délocaliser

Avant la réunion à l’Elysée, Bernard Laporte avait proposé quant à lui de « délocaliser » en province ou sur le sol de l’adversaire « ces matches qui sentent un peu la poudre », citant notamment ceux pouvant opposer les Bleus à des équipes du Maghreb, ou encore le Portugal. Mais ces propos ont aussitôt soulevé l’indignation, à gauche comme à droite. De son côté, Roselyne Bachelot s’est également attiré les foudres de certains politiques en déclarant qu’il ne devait plus y avoir « de matches amicaux avec les pays responsables, avec les pays concernés pendant une période qui serait à déterminer avec la Fédération française de football ». > Lire l’article sur la polémique

Copé propose des interdictions de stade

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a estimé pour sa part que « de tels comportements sont inacceptables, sont choquants et blessants pour tous les Français et sont en contradiction complète avec les valeurs sportives de respect ».
« La répétition de ces actes scandaleux doit nous inciter à faire preuve de la plus grande fermeté: quand l’hymne national est conspué, le match doit être arrêté et des sanctions doivent être prises à l’encontre de ceux qui ont ce type de comportements. On peut par exemple envisager des interdictions de stade », a-t-il déclaré.

Les réactions des lecteurs

Yoann
On peut remonter loin..
@ hubu : Historiquement parlant, ces pays n’ont pas toujours été musulmams mais ont été conquis par des pays musulmams ;) .
15.10 à 21h59Alerter
romel
nanou 13
merci du renseignement pour les deux M de romel
mais avant de dénigrer une personne
essaye de rechercher la définition de romel et non pas de rommel
ça te feras passer le temps
15.10 à 21h59Alerter
Rhalala
Pensez à ça et laissez couler le reste….
C est ridicule, je ne sais plus qui disait que ce genre de décisions de l’Etat nous rappelle que nous sommes sur les traces de la Chine et non pas en avance sur elle…

On vous dit que la Marseillaise a été sifflée…. Moi je dis que ce sont les joueurs français qui sont sifflés au moment ou ils sont mis en avant : au moment de l’hymne !
Ne sont ils pas ridicules nos français depuis des années et des années… notre sélectionneur… bref… les siffler c est encore prouver qu’on est pas duppe sur le ridicule de notre image internationale…

Enfin, on ouvre une enquête pourquoi ? pour occuper les bons votants à se tourner vers du football et des problèmes inexistants pour cacher les vrais.

Aujourd hui nous sommes en crise et on va prendre votre argent pour soit disant permettre au banque de ne plus se clacher… ahahaha pensez foot sifflements hymne Oh sacandale !!! et vous allez avaler le reste !!!
15.10 à 21h58Alerter

Tunisien
EXCUSER NOS IGNORANTS
Je suis un tunisien qui ce respecte et je viens par la présente vous présenter nos excuses pour les agissements de qque ignorants des pratiques sportifs , j’ai trouver ces actes inadmissible et incorrect envers l’adverser , les conséquences graves qui vont suivre seront malheureusemnt une sorte de punition collective mais c’est compréhensible ,,, dommage que ça soit le match contre la Tunisie terre de tolérance et d’acceuille qui a susciter l’indignation ( des précédents sont a déplorer aussi contre les autres pays du maghreb ).J’admire boucoup tous les gens qui ont balayer ces agissements comme un fait divers et sans consequence mais trop c’est trop il faut avoir du respect pour qque chose enfin .Pour les politiciens qui vont essayer de monter sur cette vague la honte a vous .
15.10 à 21h57Alerter
inouicandide
je me demande bien quel
est le budjet de la justice; depuis l’election du roi, il y en a en a des proces de lui et de sa cour ! ont-ils des part dans les cabinets ? d’un cote les P.V. pleuvent et de l’autre gabegie de proces a l’americaine par ceux qui sont censés montrer l’exemple! pendant qu’on parle de billevesées , nos pachydermes continuent à avancer en arrachant …..le social !! c’est cela qui devrait etre hué !
15.10 à 21h55Alerter
StDenis
You?ll Never Walk Alone
Faut-il aussi faire voter une loi pour interdire de siffler dans un stade de football comme on a fait voter une loi pour interdire le port d’1 foulard dans une école.
A ce que je sache dans un stade de football on a le droit de chanter de siffler de crier …. avant pendant et après l’hymne nationale … tout comme chanter l’hymne emblématique de liverpool.
Arrêtter un match tout juste parcequ’on siffle pendant la marseillaise ? La prochaine fois on va nous en vouloir de ne pas chanter la marseillaise comme on l’a reproché aux joueurs de l’équipe de France qui ne chante pas …. Ce n’est qu’un match de Foot à ce que je sache
15.10 à 21h52Alerter
hubyerem2
Marseillaise
Si toutes les personnes soi-disant outrées avaient chanté avec Mme Laam, ce choeur aurait surement couvert les sifflets …
A l’avenir, on peut remplacer la Marseillaise par :
- »Saga Africa » (c’est créé et interprété par un français)
- »Merci Patron ! » (c’est aussi un groupe de français qui chante)
- »sénégalo-Ruskof » de Sefyu (si, si il est français aussi !)
(liste non limitative..)
On peut également décider que si les spectateurs sifflent les fouteballeures (ben quoi, ils écrivent bien auteures, professeures …), et ceux-ci joueraient alors à colin-tampon ou à la balle au prisonnier, (afin de justifier le prix du billet …)

Enfin on peut aussi supprimer toutes ces formalités officielles qui n’ajoutent rien au football, ou alors expédier lesdites formalités dans le lieu officiel le plus proche, mais plus au stade,où les spectateurs et spectateures veulent du foot, et éventuellement un défilé de tops modèles (garçons et filles, bien sûr !)…
On peut rêver …
15.10 à 21h52Alerter

hubu
La france ne respecte pas certains pays !
Je suis au regret de le dire. Pour aller droit « au but » : la france méprise certains pays musulmans, et ne dit trop rien des autres (mais on devine que c’est par peur, que ce n’est pas sincère).

Les leçons données en permanence : ça SUFFIT !!!

Les français ne connaissent rien de ces pays; qu’ils commencent par s’informer. Et qu’ils se regardent bien en face, car l’Histoire de la colonisation et de ces crimes n’est pas glorieuse……

1 seul exemple : les propos des dirigeants français sur l’Iran sont scandaleux.

Il y a 10 jours le caniche Kouchner bavassait sur 1 attaque militaire, en la souhaitant ; c’est ignoble (et la réponse sera à la hauteur de la calomnie).

Ce qui est dégueulasse, c’est l’arrogance et le mépris de l’Autre; de son identité.
Et l’Afghanistan : pourquoi ??

Toujours les mêmes qui occupent, et les mêmes qui sont occupés. Y en a marre !!
15.10 à 21h50Alerter

nanou13
Romeleumeleu
Surtout que Rommel c’est avec deux m…

Idolatrer des gens et même pas savoir écrire leur nom…
Ca résume tout…
Y a pas longtemps, j’ai vu un très joli Vive Sareko…
15.10 à 21h46Alerter

oncleSam
badasse,
Mais enfin , ils ne l’ont pas volé leur argent, ils ont bien le droit de le planquer en Suisse si ça leur chante. Moi, si je pouvais, j’en ferai bien autant avec mes petites économies avant que Sarko ne me les ponctionnent pour financer l’assistanat qui va nous engloutir plus sûrement que la crise financière actuelle. Quant aux jeunes qui ont sifflé la Marseillaise, c’est le contraire qui m’aurait étonné, ça, brûler des voitures, et foutre le boxon partout, c’est tout ce qu’ils savent faire.
15.10 à 21h46Alerter
inouicandide
la marseillaise huee
c’est evidemment beaucoup plus crucial que la destruction systematique du social en france , de la misere, du chomage qui monte , des gens dans la rue, des retraites obliges de fouilller les poubelles pour pouvoir se nourrir ! la marseillaise devrait etre abolie au prifit d’un air royal puisque nous somme revenus au temps du roi et de sa cour ! mozart ?……
15.10 à 21h46Alerter
fredo
@olivier55
Quand je te parle d’aimer son pays… Moi tous les matins, quand je me leve, je me dis « putain que j’ai du bol d’etre né dans ce pays! J’aurais pu naitre ethiopien, palestinien, nord coréen ou autres…Mais non! par un coup de bol incroyable je suis né français »

C’est juste ca « aimer son pays »! enfin selon moi! Je peux tres bien comprendre ceux qui sifflent la marseillaise! Eux n’ont pas émigré en France! Ils y sont nés et vivent des difficultés quotidiennes. Je le comprends! Mais je remarque aussi que si la France recoit le Senegal, la Cote d’Ivoire, ou meme qu’elle va jouer en Algérie, alors là, ca ne siffle pas!
15.10 à 21h44Alerter

Jean-Paul77
ACPG
Ca veut dire Ancien Combattant Prisonnier de Guerre.

Et bien moi on a augmenté ma retraite de 8 euros…

Je me suis battu pour ce pays. En première ligne… Déporté en Allemagne… J’ai fait l’Algérie…

Il y a des airs, des hymnes que je ne fredonne plus depuis longtemps…

L’hymne tunisien doit être bien sympathique…
15.10 à 21h42Alerter

Olivier55
Hubu…
…roi !

;-)
15.10 à 21h40Alerter

surfeur
marseillaise sifflée
Pourquoi ne pas supprimer les hymnes nationaux l’ ors de ces rencontres sportives .
Les réserver qu’aux J.O ou aux championnats du monde à l’occasion des remises des récompenses.
Composer une musique spécifique pour chaque sport concerné ,soit à titre national ou mondial,éventuellement par fédération, où les supporters se reconnaitront
Ainsi seuls les spectateurs de l’événement seront concernés et les éventuels débordements injurieux n’affecteront pas l’ensemble d’ une nation.
Compte tenue du caractère très mercantile de ces manifestations sportives je ne pense pas qu’il soit nécessaire d utiliser cette musique honorifique avant les rencontres.
Carrefour,Les galeries Lafayette,Castorama ou autres centres commerciaux ne jouent pas la Marseillaise à l’ouverture de leur magasin ! Les départs du tour de France de même et ainsi de suite …
Voir de beaux matches,sans toutes ces polémiques qui les  » salissent »est le désir de nombreux sportif de toute nationalité !
15.10 à 21h40Alerter
PHIL
Incroyable!!
Plus de 500 réactions pour une histoire de sifflets(parfaitement prévisibles vu les précédents) lors d’un match amical sans enjeux!Tout celà agité ,comme un chiffon rouge par un Fillon trop heureux de trouver une « image du jour » pour masquer ce qui est déjà le fiasco de la « solution Sarkozy » à la crise financière!
15.10 à 21h40Alerter
hubu
Il y a des raisons à ça :
Au lieu de se plaindre,vaut mieux voir la réalité en face.Une part des sifflets est 1 simple jeu,pas grave donc. Le reste, c’est pour montrer 1 mécontentement. La société française se replie, rejette ces jeunes, les méprise, ne leur fait pas confiance, pas de travail, pas de logement. Comme toujours en france, il y a les lois, le vernis, et il y a la réalité. La terrible réalité du quotidien.
Et l’islam est violemment attaqué depuis 5 ans, pas 1 jour sans qu’1 organisme (la Halde, les auto-écoles, des hotels, la justice,..) ramène sa petite musique contre l’islam, son petit projet réactionnaire.
Il y a l’actualité internationale, l’alignement sur israel, les US , tout cela joue.
La france doit se regarder en face, regarder l’islam comme qqc de naturel, et faire 1 pas vers l’Autre.
Pour moi l’intégration, c’est quand chacun fait 1 bout du chemin vers l’autre. Pour les français, ce serait s’intéresser à la culture de l’Afrique du Nord, et apprendre l’arabe à grande échelle.
beau projet!
15.10 à 21h36Alerter
Olivier55
Sauf que…
Romel, brr, quel pseudo..

Les pays que tu cites possèdent une histoire compliquée avec la France, faite de haine de violence et de serments rompu, puisqu’il s’agit d’anciennes colonies. En 2008, il est toujours aussi compliqué pour un ressortissant de ces pays de venir en France, même pour des vacances, tandis que toi et moi partons à Djerba sans même un visa. La paternalisme est toujours là, les même erreurs sont faites et refaites. Et au Stade de France, on siffle la Marseillaise.
15.10 à 21h35Alerter

ikalo
il a cent fois raison…@olivier55
c’est quoi ça, de produire l’hymne national à tout va ? Pour un match de foot ? C’est normal de récolter ces manifestations qui ne visent en rien la dignité du pays. Ceux qui ont sifflé ne sifflent pas la France mais les supporters d’en face. C’est un simple match sportif, pas un conflit national, pas une grand’messe…Ou plutôt si : le foot est une religion, voilà l’explication. Mais tout ce tintouin gouvernemental est insuppportable, châtier les coupables..et quoi encore ? Il faut réserver les hymnes et drapeaux pour des évènements sérieux (les J.O. par exemple). Et encore, ce serait mieux de supprimer tout ça qui encourage toutes les guerres jusqu’aux guerres de clochers.
15.10 à 21h33Alerter
MSMS
Grand éclat de rire
Allons y ! puisque le ridicule ne tue plus mettons en examen tout le stade !!!!!! L’urgent c’est de supprimer les hymnes dans les stades. Et puisqu’il y a des caméras qui vous regardent en train de siffler allons y avec perruques et lunettes ! Non mais MAM et FILLON n’ont pas autre chose à faire ???? que feront-ils avec leurs caméras quand le citoyen sortira de chez lui déguisé pour avoir la paix ?????
Quant à la Marseillaise … MAM et FILLON feraient bien de relire les paroles … c’est instructif
15.10 à 21h33Alerter

 

 

Olivier55
Mais non mais non…
Fredo..

Je te rassure, j’aime bien mon pays ;-)

Mais c’est pas la question. Quand on commence à introduire la notion « d’amour de la nation », ca part grave en sucette. Au début les résistants français étaient des « terroristes » et de Gaule « une traite à la France », donc…

Je vois bien l’idée de rapprocher les drapeaux brûlés dans les régimes totalitaires et le fait de siffler la marseillaise (injure au drapeaux, c’est subjectif, là). Mais je ne te suis pas car il s’agit dans le premier cas d’une mise en scène organisé par un Etat et dans le second d’une expression de colère contre un Etat, ce qui n’est pas exactement la même chose.
15.10 à 21h30Alerter

ddjo
ddja
Ha… Toi aussi tu te rappelles l’accueil que la France a réservé à la Chine… Savent pas siffler les chinois ?
15.10 à 21h27Alerter
EvaristeGaulois
Représentation ?
Est-ce qu’une équipe de riches joueurs professionnels représente la France ? Ma réponse est NON !
La vraie solution : ne plus jouer l’ hymne national sur un stade de foot.
15.10 à 21h27Alerter
raoulcadesaoule
Fredo
C’est sur que la France vis à vis de la Chine c’était mieux.. Attaquer une handicapée pour éteindre la flamme olympique.
C’est tout à notre honneur…
15.10 à 21h25Alerter
romel
pas surpris!
une petite anecdote,je remarques que la marseillaise est toujours sifflée quand la france rencontre les pays du magreb(algérie,maroc,tunisie) et jamais avec les autres pays.
sifflé cela veut dire ne pas aprécier et ne pas respecter l autre,
et après on dira que c’est le francais qui est raciste
annuler un match de foot à cause de personnes sans éducation
serait leur donnait raison
étant donné la forte population magrebine en ile de france(attention comme toujours ce sont les magrébins bien intégrés qui seront privés de foot)il serait préferable de jouer ces matchs là à auxerre par exemple
il aparait que l’on est francais que occasionellement,alors arretons de faire les leches bottes car on nous chie sur la gueule
15.10 à 21h23Alerter
Olivier55
Contrefeux
 »
A ce jour, c?est la plus grosse bavure du Taser en France…

Un fournisseur en armes du ministère de l?Intérieur en garde à vue, ça fait désordre. D?autant plus quand il pourrait être soupçonné d?avoir fait filocher un homme politique de tout premier rang par une officine privée dirigée, elle-même, par? un ancien policier. »

Ca, c’est un vertatim de ce qui est une affaire d’Etat en puissance.

EN fait, on va juste dire « ce qui pourrait » être une affaire d’Etat. Car le public du Stade de France a eu la bonne idée de siffler le truc qui nous sert d’hymne. Voilà un parfait contrefeux.
15.10 à 21h23Alerter

badasse
Scandale ?
Est-il plus scandaleux de siffler La Marseillaise ou de planquer son argent en Suisse pour échaper au fisc ?

Où sont les mauvais Français ?

Quelques jeunes pas très malins mais très méchants non plus ou de bon Français bien sur eux qui n’oserait jamais siffler qui que ce soit mais qui vont sans vergogne planquer leur argent en Suisse ou à Monaco ?

Qui de momo siffleur ou de johnny tricheur mérite le plus d’opprobe ?

Et nos banquiers…ils ne sifflent pas eux non plus…sont beaux et propres…
15.10 à 21h21Alerter

Yoann
Des réactions qui me font sourir :)
Quand je lis ça : « notre culture arabe solidaire » . ça me fait sourire….. ;)
Et l’autre là sur France2 dans le journal de Pujadas qui se plaint de quoi : de pas grand chose. Certains se lamentent d’un passé dont la majorité des jeunes n’ont pas connu (et que l’on ne doit pas ignorer) au lieu de se tourner vers le présent et l’avenir. On a organisé un match amicale avec la Tunisie et nous on fait quoi on siffle, on siffle, sans aucun respect pour nos invités. Quand je vais manger chez des amis tunisiens en Tunisie, il m’accueille pas avec des sifflets mais avec le sourire et une bonne table. Heureusement qu’il y a des personnes comme ça sinon il n’y aurait pas beaucoup de relations entre peuple du fait de l’histoire de chacun.
15.10 à 21h20Alerter
moijycrois
Kesskisspass
Et le travailler plus pour gagner plus ???

Quelqu’un a des nouvelles ???

Car moi j’y crois encore… si si… On est plein même… Tout un pays fier derrière son drapeau… Je suis un bon bon français et même quand je lis ce genre de commentaires qu’un de mes compatriotes est en train d’écrire, à aucun moment je ne me dis que finalement tout est lié… que c’est de la manipulation… à aucun moment mon petit cerveau n’arrive à faire 1 1=2, à aucun moment je n’évolue et à aucun moment je ne me dis que lorsque j’allume ma petite télé on me fait voir ce que je veux… à aucun moment je me dis pu…n je me suis fait avoir… à aucun moment je n’ai le réflexe de me réveiller, d’ouvrir les yeux et de me dire comment j’ai pu être aussi idiot…

Je me fais avoir sur toute la ligne mais finalement j’aime ça… Je suis français et j’en suis fier…

Voilà comment on en arrive là et voilà comment si la moitié de la France ne se réveille pas d’ici 2012, on continuera à siffler mon hymne préféré
15.10 à 21h20Alerter

ddja
fasho
on se croirait en coré du nord ou autre pays fashiste! Ils ont meme installé des cameras speciales pour les pays a risque pour retrouver les siffleurs! Je pensais que c’était les chinois qui faisait cela! Y a eu pourtant des matchs où il s’est passé la même chose et personne n’en a parlé (france-israel).
15.10 à 21h20Alerter
Lefriccestchic
le jour de la mort de Haider, j’ai repris deux foi
L’engagement de plus en plus massif des Américains dans une guerre qui apparaît comme injuste et disproportionnée, provoque un mouvement sans précédent aux États-Unis aux Etats-Unis. Pacifistes, étudiants, intellectuels, mouvements noirs se retrouvent dans de gigantesques manifestations en faveur de la paix où sont brûlés drapeaux américains et livrets de conscription.

Brulés des drapeaux américains, ils l’ont fait. Etait-ce de dangereux terroristes ces ricains qui brulaient leurs propres drapeaux. Ils ont été pour certains en prison mais tous sont par la suite rentrés dans le rang.

Alors? C’était juste des jeunes que l’on n’écoute jamais.

Tiens, tiens…

Ces réactions comme tout ce débat dans les médias sont d’un ridicule.
Et si on reparlait des types qui placent leurs sous à l’étranger et qui viennent me donner des leçons de civisme à chaque campagne électorale.
Poujadiste comme idée? Je vous retourne le compliment.

Reiser, Desprosges…
Allez tchao
15.10 à 21h19Alerter

fredo
@olivier55
M’enfin??? Ce que tu oublies, c’est qu’il est tout aussi interdit de siffler l’hymne ou le drapeau tunisien (par exemple) en France et dans toutes les démocraties, alors que justement, dans tous les etats totalitaires, ce genre d’actes est recommandé, organisé, filmé et diffusé! Les drapeaux américains que l’on déchire et piétine, les effigies que l’ont brule…

Que tu n’aies que haine pour la France, je peux l’admettre, mais quand meme pas au point de raconter précisément le contraire de la vérité!
15.10 à 21h19Alerter

Olivier55
Hé, tibor…
Ti drôle ;-)

« Anti-France », mon pauvre gras, je suis de la génération de ceux qui ont lu la BD de Gotlib, Superdupont, qui raillait le patriotisme de Prisunic des zozos de ton acabit et de tous tes petit copain des sites identitaires (on dit plus extrême-droite, les enfants… ? Vous vous ramolissez…).

Quand on entend « anti-france », on se marre, mes potes et moi. Mes potes, des arabes, des feujs, des noirs…

Mon pauvre Tibor, va falloir que tu te casses un peu plus la nenette question sémantique pour faire passer ton catéchisme. Encore que je ne m’en fais pas pour ta cause, vous êtes pas mal présents sur les sites d’info.
15.10 à 21h18Alerter

Oxean
@Tibor
T’aimes pas le couscous Tibor ?
15.10 à 21h18Alerter
jayjay
caviar élyséen
tout ces pauvres ministres scandalisés pourront se consoler autour de caviar et autres mets succulents aprés l’augmentatin du budget de l’elyséé .

pour le coup ils peuvent l’aimer « la Marseillaise » , elle leur rend tant
15.10 à 21h14Alerter

panchadeva
récupération politiquarde…
Ils ne sifflaient pas la marseillaise, mais la meuf…
N’oubliez pas que ce chant n’est pas la propriété de la république mais qu’il appartient à la révolution et aux citoyens révolutionnaires.. peut-etre sifflaient-ils Nicolas le 19°…
Que cesse la censure….
15.10 à 21h14Alerter
totor200
raz le foot
on va finir par interdire le foot et ce sera peut etre mieux finalement!
ces sifflets ne sont que le reflet de la societé d’aujourd’hui, un monde qui ne respecte que le fric et son egoisme. Le fait que les sifflets viennent d’une population « maghrebine » ne veut pas dire grand chose, les supporters du psg(mes voisins par exemple…) n’ont rien a leur envier
15.10 à 21h13Alerter
Tibor
@Olivier55
Tu entres Olivier55 dans la grande famille des collabos anti-France en puissance…tes nouveaux copains t’attendent pour le couscous…dépêche toi!!!
15.10 à 21h10Alerter
LosDiabolos
Ils se sont trompés !!!!
Non sérieux, c’était la prestation de Lââm pas de l’hymne qu’ils ont sifflé….
15.10 à 21h09Alerter
Olivier55
Je sais…
Fredo

je sais bien.

C’est bien pour ça que l’on est plus en démocratie. Un flic qui te cogne n’a rien, Tapie se prend quelques millions dans la poche, les gamins se suicident dans les centres fermés sans que ça choque. Mais la Marseillaise sifflée, oula…

L’Etat prétotalitaire, ça ressemble à ça. Pas de char dans les rues, ils sont dans les têtes.

Juste rappeler qu’en 40, l’expérience a été arrêtée au bout de 5 ans.
15.10 à 21h09Alerter

 

 

Jeanned
une solution
Pour ce match, il avait été distribué 35.000 places gratuites
Diminuons les places gratuites, il y aura moins de siffleurs.
15.10 à 21h07Alerter
Olivier55
Ben…
jayjay

Pendant Vichy, la Marseillaise n’a pas été remisée;
15.10 à 21h03Alerter

fredo
olivier55
Renseigne toi un peu au lieu de prendre tes désirs pour des réalités! Il est bel et bien interdit de « salir » drapeau et hymne français, comme dans toutes les autres démocraties!
15.10 à 21h01Alerter
Kastor
bienvu le fric
Mais t’as pas répondu, je remes en bourse ou pas?
15.10 à 21h00Alerter
alternaute
@fredo…
…Evidemment !..j’fais court, mes pdt sont cuites !…A table !
15.10 à 21h00Alerter
Olivier55
Ramarque…
« # Sifflets lors du France-Tunisie : Fillon s’insurge

# Collision évitée : l’avion de Fillon volait trop vite  »

Voici deux liens sur la page des réactions

« Fillon s’insurge » mais « Fillon volait trop vite « . Ne devrait-on pas faire profil bas lorsque l’on est en faute ?

Et qu’arivera-t-il au pilote du Cesna ? En tôle avec les siffleurs ?

Vous aimez ça, chers internautes ? Ca vous fait excite de vivre dans un Etat quasi-autocrate ? Juste une chose, on ne profite de cet Etat qu’en étant à son sommet.
15.10 à 20h58Alerter

jayjay
arretez votre patriotisme bidon
a en lire certains des intervenants , on doit etre rassuré de voir tant de personnes patriotes défendant LA MARSEILLAISE .

Dommage qu’en tant de guerre il y a tant de collabos (ca c’est historique).

dites nous tous simplement que vous aimez pas les maghrebins( ce qui n’est pas un scoop d’ailleurs)
15.10 à 20h58Alerter

Olivier55
La France…
La France est une république, pas un Etat religieux. Le délit de blasphème n’existe pas. La Marseillaise est un hymne pas un dogme. En démocratie, on a le droit de siffler l’hymne et de brûler le drapeau. Simplement. C’est une revendication politique, qu’on la trouve infondée ou non.
15.10 à 20h54Alerter
ghelqurna
Lefriccestchic
Absolument d’accord avec vous. Et merci de rapeller l’exposition universelle, un très bon repair de ce qui se passe par les temps qui courent. Guy.
15.10 à 20h53Alerter
fredo
@alternaute
Tu sais, j’ai pas vraiment l’impression d’avoir d’ennemis politique ici, tellement la politique ne m’interesse que pour ce qu’elle arrive a faire dire comme conneries a ceux qui y croient, tous ces étalages de mauvaise foi, bref ce « hooliganisme idéologique »

Un jour en salle des profs, notre déléguée SNES, communiste depuis plus de 50ans, me fait amicalement le reproche qu’on ne comprend pas tres bien ce que sont mes idées politiques. Je lui ai répondu tres amicalement que parler politique avec elle me semblait etre comme vouloir parler « beau football » avec un supporter du PSG ou de l’OM! Elle s’est marrée quand meme!
15.10 à 20h50Alerter

elise75
à Mark
 » elise75, vous êtes totalement hors sujet et vous le savez fort bien.. »

et le reste à l’avenant;
vous êtes décourageant car vous maniez l’invective, la certitude et la provocation; vous avez aussi beaucoup de temps libre apparemment.

vous n’attendez pas de réponses sur le fond, ce qui vous amuse c’est de jouer avec les mots et les phrases; les petits paragraphes aussi;

vous adorez aussi ce que vous reprochez à d’autres (« évitez de me coller des étiquettes » répondez vous à goliath): faire entrer vos interlocuteurs dans des cases, ex: gauche caviar.

alors, comme je n’ai pas de temps à perdre, je vous renvoie aux centaines de réactions qui sont sur les sites depuis ce matin; elles donnent d’autres explications que les vôtres.

au fait, il parait que B.Laporte était au journal de Denisot; était il prévu ou a t il été envoyé en urgence?
15.10 à 20h47Alerter

Lefriccestchic
500 réactions
sur une anecdote.
des types qui sifflent un hymne lors d’un match de ballon.

Il y’a 30 ans on jouait le SPB à la gratte électrique et il y’a 20 ans

Allons enfants de la patrie
Le jour de gloire est arrivé
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé

Aux armes et caetera

Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans nos bras
Egorger nos fils, nos compagnes

Aux armes et caetera

Ce pays s’est lepénisé (lui il a gagné une bataille idéologique) à une vitesse ou bien il a vieilli

Je sors sur la pointe des pieds
excusez moi mais je m’étonne que l’on ne fasse pas de la sociologie sur Samy Naceri

PS : souvenez vous lors de l’Exposition universelle de 1878 s’ouvrent les premiers zoos humains (indigénes) du jardin d’Acclimatation.
Trop chic
15.10 à 20h46Alerter

Olivier55
Déroulé de la journée
Ca vaut le coup de rappeler comment les choses se sont enchaînées. Ce matin la quasi-totalité des gros sites d’infos en ligne mettent l’info brute en ligne. Gros titres, photos chocs, extraits vidéos. Puis la réaction des ministre, qui réagissent de manière musclé alors qu’aucun mort n’est à déplorer. Car c’est ça qui est irréel : tout ce battage pour une Marseillaise sifflée, ce que la loi n’interdit pas au pays de la libre expression. Mais la surexposition médiatique attire les annonceurs. Et pas seulement. La cohorte des internautes d’extrême droite emmené par le site Desouche.fr déverse sa logorrhée habituelle, haineuse, trop ravie d’aubaine.
Puis, lorsque tout le monde est rassasié, médias, annonceurs, internautes, sont mis en ligne quelques articles qui s’inquiètent du climat que cette affaire suscite. Oui, les ministre y sont allés très fort dans cette histoire. Mais le Sarkozisme est une ambiance, une musique délétère. Et chacun a bien joué sa partition.
15.10 à 20h46Alerter
alfredoza
Voici pour vous
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

Rien a rajouter..
15.10 à 20h45Alerter

alternaute
@fredo…
…j’espère pour toi que tes ennemis politiques du forum vont reconnaitre ta franchise, ton honnêteté…et en prendre des leçons !!
15.10 à 20h41Alerter
Bolazec
Encore 2
Pour être complet, il conviendrait d’organiser des matchs avec les deux autres pays du Maghreb : La Lybie et la Mauritanie …
15.10 à 20h40Alerter
anulus
i
Il faut installer des appareils modernes pour mesurer uniquement les décibels enregistrés pour les sifflets.Quand il excède une certaine limite,il faut accorder des buts à l’équipe sifflée,tout ça avec des règles strictes.Comme tout ce qui compte pour la plupart des « gusses » et des »gonzesses » qui vont voir les matches de foot,c’est le résultat,ça peut etre efficace.Il faut aussi prélever des sommes importantes sur les revenus des joueurs dont les aficionados sifflent l’équipe adverse et me les donner.Je promets d’en faire bon usage.
15.10 à 20h36Alerter
jeanpaul
la dérision n’est pas de mise
Si les « Français franchouillards » avaient sifflé l’hymne tunisien,les mêmes internautes auraient probablement crié au scandale.Ils auraient eu raison.Un jeune Français d’origine tunisienne a dit sur France 2 qu’il ne regrettait pas d’avoir sifflé la Marseiilaise mais qu’il n’aurait pas aimé que l’on siffle l’hymne tunisien…Les sanctions doivent être exemplaires et Fadela Amara a parfaitement saisi l’enjeu.N’en déplaise aux soit disants humanistes…
15.10 à 20h33Alerter
Alain_lorient
La marseillaise sifflée ? 2 raisons
La première, parce que c’était Lââm,
La deuxième, parce qu’elle a vraiment chanté faux !

Bref, les médias montent la sauce pour rien !
15.10 à 20h33Alerter

Fboise
Entre la bourse,
les bourses, le ballon rond, ne vous étonnez pas, les mecs, qu’on ressorte nos fantasmes….
On n’est pas sorti de l’auberge…
Ciao
15.10 à 20h32Alerter

 

 

Lavalette
Viva portugal !
« Ces mesures sont logiques », a estimé Bernard Laporte.

Les portugais apprécieront…

Même les joueurs ne chantent pas… parce qu’ils ont honte… tout simplement…
15.10 à 20h31Alerter

vignal
Assez
Comme toujours ces soit-disant français qui em…. tout le monde. Il serait temps de remettre de l’ordre.
A vous les fustrés, les donneurs de leçons, vous qui défendez l’indéfendable, et vous enfin qui vous sentez français quand ça vous arrange. Vous dont-on ne sait qu’elle position vous prendriez si notre pays était en danger, vous qui sortez les drapeaux étrangers pour fêter la victoire de l’équipe de France, vous qui cassez, violez, tuez gratuitement.
la France vous dit MERDE
15.10 à 20h29Alerter
nanardna
Insurgeons nous…
Collision évitée : l’avion de Fillon volait trop vite…

Hahahahaha
15.10 à 20h27Alerter

Mark
On aimerait bien avoir la réaction de …
.. Ségolène Royal sur ce sujet.

Histoire de vérifier si son brandissement du drapeau tricolore, et son chant de la Marseillaise, il y a un an, sur les tréteaux de ses meetings, dans sa campagne, étaient factices et tenaient donc de la mise en scène.

Ce que je crois.

Tant elle a montré, depuis, qu’elle savait y faire en la matière. Le Show bizz, elle connait…
15.10 à 20h27Alerter

fredo
j’avoue…
…que Sarkozy me decoit un peu sur ce coup là! C’est inapplicable cette histoire d’annuler le match! C’est l’émeute a coup sur!

Alors qu’il aurait été beaucoup plus simple et efficace d’inverser l’ordre des hymnes, et jouer les hymnes maghrebins en second!
15.10 à 20h25Alerter

Laboureur
bilan
Il parait que siffler les hymnes fait partie du folklore du foot. On voit bien là le niveau des supporters. Avec deux neurones, on ne va pas loin. Et même si çà gêne de le dire, il y a plus de minus dans les stades que dans la vie courante : une sorte de filtration. Avec un tel niveau que des populistes trouvent excusable, quelle sera la prochaine dérive ?
Serez vous assez courageux pour passer ces vérités sur ce sport fric, catalyseur de certaines bassesses humaines ?
15.10 à 20h24Alerter
franzozich
Bien vu Olivier55
Tellement bien vu que je mets un up…

Vive les moutons…

Saisir les tribunaux parce que l’on siffle la Marseillaise, mais c’est n’importe quoi ! C’est le droit à l’expression que l’on attaque. La République n’est pas un dogme, il n’a a pas de crime de lèse majesté ni de blasphème. Que les politiques arrêtent de pousser des cris d’orfraie. Ils nous condamnent à rentrer dans un Etat totalitaire. Ouvrez les yeux ! Depuis ce matin, les médias ne parlent que de ça. L’habituelle armée des internautes d’extrême droite, genre Desouche, a envahi les sites d’info, pour faire croire que les Français sont choqué. Désinformation.
15.10 à 20h21Alerter

ghelqurna
Les sifflets
Incroyables réactions de ce gouvernement. Tous les médias pointent du doigt, les jeunes originaires du Maghreb. Comment peuvent-ils affirmer que ces sifflets provenaient (uniquement) de ces jeunes maghrébains ? Il y a là une vraie position d’extême droite, encore une fois. Je trouve que les membres du gouvernement qui ont, comme Bernard Laporte, ou Rozeline Bacgelot, et les autres, devraient être poursuivis pour insultes raciales, racisme… C’est un SCANDALE qu’ils puissent ainsi dire ce qui paraît n’importe quoi, et qui l’aie. Luc BESSON, un autre sujet, est irresponsable, lui aussi, sur ces propos sur la Seine Saint Denis, et ce qu’il en dit. Par les temps qui courent, le racisme revient à grands pas.
15.10 à 20h20Alerter
Mark
dédé et ses explications vaseuses
Il y aurait donc une Marseillaise de gauche – noble – et une de droite – honteuse. Qu’il serait loisible de conspuée.

Dis-moi dédé, le 6 octobre 2001, dans un France Algérie de sinistre mémoire, en présence du 1er ministre d’alors, le socialiste Lionel Jospin resté de glace devant l’insulte, c’est celle de « gauche » qui a été sifflée, non ?

Jusqu’où certains sont prêts à utiliser toutes les ficelles de la sottise pour justifier l’inadmissible.
15.10 à 20h20Alerter

Redhouse
Interphone
Les radios avaient prévenu la veille du match qu’elle serait sifflée par les tunisiens, ce qui n’avait pas été le cas la fois d’avant.
Parler d’une opération concertée est un grand mot, les jeunes s’étaient simplement passé le mot dans les halls d’immeubles en même temps que le joint
15.10 à 20h14Alerter
Alex7
je pense que c’est lamentable
L’hymne national avait été sifflé lors des rencontres suivantes:

- France-Algérie, en octobre 2001
- Lorient-Bastia, le 11 mai 2002 ( par les Bastiais ) Chirac avait même quitté sa tribune.
- France – israel, stade Ramat Gan à tel-abiv en 2005.
- France – Italie : le 8 septembre 2007
- France-Maroc en novembre 2007 ( j’ose dire légèrement sifflée )
- France – Tunisie, hier.

toutes les vidéos ici: [www. webchercheurs.com]
15.10 à 20h09Alerter

platon
du calme!!
Siffler les hymnes nationaux fait partie du folklore des matchs de football.Ce n’est pas la premiere fois , ni la derniere que l’ on assistera à ce genre de manifestation.
Il n’ y a vraiment pas de quoi mettre le pays en branle.Je rappelle qu’ il s’ agissait d’ un simple match sportif.la patrie n’était pas en danger.
15.10 à 20h08Alerter
Olivier55
N’importe quoi !
Saisir les tribunaux parce que l’on siffle la Marseillaise, mais c’est n’importe quoi ! C’est le droit à l’expression que l’on attaque. La République n’est pas un dogme, il n’a a pas de crime de lèse majesté ni de blasphème. Que les politiques arrêtent de pousser des cris d’orfraie. Ils nous condamnent à rentrer dans un Etat totalitaire. Ouvrez les yeux ! Depuis ce matin, les médias ne parlent que de ça. L’habituelle armée des internautes d’extrême droite, genre Desouche, a envahi les sites d’info, pour faire croire que les Français sont choqué. Désinformation.
15.10 à 20h08Alerter
franzoziche
Les francais aussi
Certains français bien « français » sifflaient aussi..
15.10 à 20h06Alerter
le309
différence entre TV et realité
Bonjour , je suis etonné des images de TV , en effet j’etais au stade , et certes il y a eu des sifflets au debut de de l’hymne mais a la fin les gens ont applaudit en masse ! c’est bizarre !! j’etais autour d’amis tunisien ( je ne suis pas d’origine maghrébine ) et l’ambiance etait bonne, meme les buts francais etaient applaudient , des gens dansaient !! alors je suis vraiment etonné de tout ce tapage !! et surtout de la discordance entre la realité et la retransmission
15.10 à 20h03Alerter
Mark
elise75
Vous êtes totalement hors sujet et vous le savez fort bien.

Les paroles de l’hymne français ne sont en rien le sujet de ce débat.

Il est vrai qu’il est plus aisé de faire l’autruche.

Cela sauvegarde les apparences.

J’adore la gauche caviar lorsqu’elle se couvre de cendres et joue aux trois petits singes.

Notez que je n’exigerais pas de vous que vous répondiez aux trois questions que j’avais posé à Goliath.

Je sais d’avance que vous n’en aurez pas le courage intellectuel.

Trop dérangeant.

Sujets du bac ?

Absolument pas. Ces trois questions sont le coeur du sujet de cet article du Nobs.

A l’évidence, pas un seul de mes contradicteurs ne se risquera à y répondre.

C’est bien pourquoi la gauche perd les élections principales depuis des années.

Refus des réalités.
15.10 à 19h57Alerter

Fboise
Quand je disais
que le ballon soulève plus que l’union pour se défendre, cela se vérifie encore.
On n’en sortira pas.
15.10 à 19h56Alerter
URKALD
Heureusement le ridicule ne tue pas
Par qui sommes nous gouvernés? Alors que , parait-il, le monde est au bord du gouffre, notre Président passe son temps à solutionner des problèmes posés par quelques sifflets au Stade de France. Nous prend-on pour des imbéciles?
Les matches seraient arrêtés aux premiers sifflets? C’est bien méconnaître le monde du foot, ses supporters, les intêrets financiers qu’il génère. Comment gérer les émeutes inévitables qui suivront le coup de sifflet de l’arbitre cette fois?
Quand on prend une décision il faut se demander si elle est applicable.
Au prochain match il risque d’y avoir du sport.
Décidément nos dirigeants ne sont que de petits amateurs. Il y a du souci à se faire.
15.10 à 19h54Alerter
alternaute
@Tocc…
…je comprend que tu fasses intervenir des témoignages d’autres confusionnistes intéressés pour te sentir moins seul avec ta propre salade de fruits…
15.10 à 19h53Alerter
BREIZ
@Mark
Bonsoir Mark,

Je ne suis pas certain que les sifflets avaient une visée politique. Les stades sont bourrés de fanas (et de fadas) qui conspuent et sifflent pour n’importe quoi. Ce n’est pas pour rien non plus qu’on a supprimé les buvettes -qui rapportaient gros- dans l’enceinte des stades. Vous avez probablement constaté les dérives imbéciles, les canettes qui giclent sur la pelouse, les insultes, sur quasiment tous les matchs. Les stades? Des arènes antiques remixées XXIè siècle. « Du vin (et non « du pain »!) et des jeux ». Et des agités du bocal pour lesquels tout est prétexte pour casser, et pour castagner. Une partie de population pas bien intéressante, et qui empêche les vrais afficionados de profiter d’un sport superbe. C’est probablement dans la même tranche qu’on retrouve les loubards et les vandales, ceux qui brûlent des voitures chaque week-end.
15.10 à 19h46Alerter

INFO
Quelles critiques formuler ?
- Le milieu du foot est pourri et bien mal en point, pour essayer de faire une analyse sommaire, à l’issue de ces sifflets lors de l’hymne français.
Le milieu des professionnels est trop payé, et ceci commence à rebuter une certaine classe de notre société. Il y a longtemps que je ne vais plus dans un stade, et si j’ai joué pendant 18 ans , avant d’être entraineur dans les -15ans, aujourd’hui je suis les matchs sur Foot , et Canal .
Pour la RSA, on pourra nous ponctionner, mais au fait on pourrait adopter ce prélèvement sur les salaires des joueurs.
- Pour ce genre de spectacle, l’exemple de l’Algérie n’avait pas suffi ??. Le gouvernement n’a rien compris, et persiste à croire que l’unité nationale est faite. Les français sont détestés, et essayez de me prouver le contraire !!!!
- Pour combattre le racisme,il faut donner du travail à tous, ce qui sera difficile demain, mais de grâce ne mélangez pas traditions et religions !
15.10 à 19h43Alerter
dédé
Il y a 2 Marseillaise
Il y a la Marseillaise de gauche, révolutionnaire, que Louise Michel faisait chanter à ses élèves à l’école, celle que chantait les Communards.

Et puis il y a la Marseillaise de droite, la Marseillaise bêtement patriotique, celle que Napoléon III dit « Le Petit » (V.Hugo) voulait faire officiellement chanter par les foules à ses ordres.

C’est la Marseillaise de droite, celle de Sarkozy, de l’UMP, celle des institutions oppressives et de la soumission, qui s’est faite siffler hier soir.

C’est pas plus compliqué.

C’est pourquoi Royal voulait récupérer le drapeau et la Marseillaise. Ces symboles appartiennent originairement au peuple, et pas à la droite UMP ou au FN.

Relisez Louise Michel.

L’UMP veut confisquer la Marseillaise.
15.10 à 19h42Alerter

DESTOP
Une autre idée
au lieu de jouer la Marseillaise, je propose un streep-tease de la Voynet.
15.10 à 19h38Alerter
Tocc
pourquoi ils sifflent
… »….d?autres spectateurs sifflaient. «Ce n?est pas l?équipe de France qu’ils sifflaient, c?est l?Etat français», estime-t-il.
Même topo un peu plus loin avec un jeune rappeur surnommé «Eldeterr». Un de ces dangereux siffleurs que Michèle Alliot-Marie veut retrouver et interdire de stade. Il lance: «Le principe, c?est qu?on ne peut pas aimer une Nation qui ne nous aime pas. Ce n?est pas contre l?équipe de France que j?ai sifflé.» Et le jeune homme d?avouer qu?il était un «supporter des Bleus, content qu?une équipe du Maghreb vienne jouer ici».
Libé.fr
15.10 à 19h23Alerter
expat
Rideau de fumée
Pendant ce temps-là on ne parle pas du paquet-cadeau aux banquiers que tous les contribuables sans bouclier devront payer, ni de l’augmentation sympathique du budget de l’Élysée.
Et ceux qui parlent de respect de l’hymne national pourraient donner l’exemple en respectant l’orthographe de la langue nationale, non ?
15.10 à 19h23Alerter
glopglop
Si tu resiffles j’annule tout.
on va plus beaucoup en voir des matchs…ca va être bien pratique pour pas jouer quand on est sur de perdre…
15.10 à 19h21Alerter
Mark
SIMO
Comme on le dis, les plus gênés s’en vont.

On ne te retient pas.

D’autant plus que tu n’apportes strictement rien d’intelligent au débat.

Jusqu’à preuve du contraire, tu n’as pas été nommé commissaire politique de ce forum.

Seule la modération est maitresse des propos qui, ici, se développent.

La démocratie s’entretient et n’a que faire de gens qui veulent l’étouffer, comme toi.
15.10 à 19h20Alerter

elise75
à SIMO
l’hymne anglais est beaucoup moins violent:

que Dieu protège la reine…
qu’un règne glorieux long et victorieux
rende son peuple heureux…

ça, c’est convivial^, agréable à chanter,  » rende son peuple heureux »..

voilà peut être pourquoi les anglais chantent avec plaisir leur hymne

c’est pas l’étendard sanglant est levé et… qu’un sang impur abreuve nos sillons

ou encore: mugir nos féroces soldats…égorger nos fils nos compagnes
aux armes citoyens…etc
15.10 à 19h19Alerter

rems
oui mais les autres…
oui mais les autres l’ont déjà fait….. blabla….. alors moi j’ai le droit aussi blablabla…. on dirait des gamins de 5 ans qui se sont fait serrer en train de voler des bonbons….oui mais lui aussi, on lui a rien dit… c’est pas normal, effectivement. Mais ça n’empêche pas qu’ il faut punir tout le monde. Et que c’est pas parce que le chien de mon voisin a c*** devant ma porte, qu’il faut que TOUS les chiens du quartier en fassent autant!!!!
LA LIBERTE DES UNS S ARRETE LA OU COMMENCE CELLE DES AUTRES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
15.10 à 19h18Alerter
adnstep
Racistes ?
Si un français siffle l’hymne d’un pays du maghreb lors d’un match, que lui arrivera-t-il ?
15.10 à 19h18Alerter
soap
et ca continue….
Quant bien même la marseillaise serait remplacée par un hymne moins viril … au hasard le theme de  » l ile aux enfants » ,le résultat ne serait il pas identique ? Ce n est pas l hymne qui a été sifflé mais un symbole de la Nation. Sinon comment expliquer la recrudescence des sifflets pour l entrée de Ben Harfa d origine tunisienne mais qui joue sous le maillot francais?
15.10 à 19h16Alerter
elise75
Mark
mais qui êtes vous donc Mark pour donner des leçons à tout le monde, vous me faites penser à ELobserver qui sévissait ici l’année dernière.

il reste un charabia auquel ceux qui vous répondent ont bien du mérite.

« la nationalité a t elle un sens pour vous..
la France est elle un hall de gare ….
les citoyens n’ont ils que des droits et pas des devoirs….? »

c’est pas la philo du bac, on est en octobre;

sur le sujet des sifflets d’hier, une bien intéressante émission sur Cdans l’air tout à l’heure , avec des analyses un peu moins creuses, dangereuses et populistes que celles des dirigeants qui se sont exprimés aujourd’hui. on a l’impression qu’ils rêvent de mettre la pagaille en banlieue;
et c’est aussi les portugais qui doivent être contents d’être traités comme ça par B.Laporte
15.10 à 19h10Alerter

Mark
TerraAequa
Vous êtes totalement hors-sujet.

On peut être choqué par les paroles de notre hymne mais là n’est pas le débat.

Ceux qui hier ont conspué la Marseillaise se contrefichent bien de ses paroles.

Ils ont simplement signifié qu’ils ne se reconnaissaient pas dans ce qu’elle symbolise. La France.

Tout comme ils ont conspué le nom de Ben Arfa, attaquant de l’EDF, qui, à leurs yeux, a eu le tort de choisir la FRANCE et non la Tunisie.
Alors qu’eux mêmes sont des Français. Au vu de leurs réactions, uniquement de papier. Mais non de coeur.

Tout comme hier ils ont sifflé Zidane, pour les mêmes raisons que pour Ben Arfa.

La France, et elle seule, est la cible.

Pas les paroles de l’hymne.
15.10 à 19h09Alerter

BREIZ
@Goliath
Je vais souvent hors de France. Je ne pense pas que les critiques entendues soient « anti-français ». Elles ne sont d’ailleurs pas souvent justifiées, on ne nous juge que sur les apparences. C’est le maquillagequ’on voit, pas ce qui existe en réalité. Evidemment le « blème » c’est cette agitation et l’incohérence de ce gouvernement. Du jamais vu, – et encore heureux-. Je crois que les anciens gouvernements avançaient masqués, rien de visible. C’était hypocrite mais au moins nous n’avions pas le sentiment d’une telle instabilité, cela faisait « bloc » et nous dormions dans une sorte d’hypnose sécurisante.

Si la gauche se reprend en main, ça va te faire plaisir, je suis certain qu’elle passera en 2012. De toute manière, l’alternance est totalement démocratique.
15.10 à 19h08Alerter

michaelis
Marseillaise sifflée
Je trouve cela honteux pour les français.A ma connaissance je ne connais pas de situation similaire dans d’autres pays ou si le cas c’était produit ,les auteurs auraient été incarcérés ou auraient payés une très forte amende.Pourquoi n’appliquons pas la loi qui est très claire sur ce sujet car si nous restons laxiste sur cet état de fait il faudra s’attendre encore a plus de débordement.il est temps de réagir et d’appliquer les sanctions qui s’imposent . nous devenons la risée du monde et la majoritée des français en souffre térriblement. Nos gouvernants ont raison de réagir de cette façon mais trop timides quand il faut appliquer vraiment les lois car ont pourrait élargir le débat sur pas mal de points négatifs en France ou une certaine catégorie de français ne respecte rien . On a érrité qu’on le veuille ou non d’une certaine politique ou tout était permis ,en supprimant une éducation civique dans les écoles dès le plus jeune age, ou sous le couvert de la modernité.
15.10 à 19h02Alerter
SIMO
Mark et Goliath
vous commençez a gaver, donnez vous vos mails ou msn et parlez entre vous. Vous vous croyez plus intelligents que les autres ?
même si ce qu’avait dit goliath est vrai, continuez a dialoguer entre vous sans géner les autres.

bien a vous,
15.10 à 18h59Alerter

alternaute
@Doc Troy…
… » je me marre  » (bis)…
Tu dois régaler ta famille et tes amis à être si bon public…?
15.10 à 18h59Alerter
darcy_2
la bourse????
Le dernier de mes soucis elle peut tomber au dessous de zero ça ne me fera ni chaud ni froid .

Je ne connais pas beaucoup de rmistes qui boursicotent .

avec ces sifflets contre la marseillaise on va peut etre arriver a voir fleurir autant de posts qu’un certain SMS
15.10 à 18h56Alerter

SIMO
sarko le retour de la stigmatisation des banlieux
En fait c »est malin de la part de sarko, stopper un match comme ça ça entrainera encore plus de HAINE envers les populations déjà pointés du doigt, déjà mis à l’écart en politique, dans le monde du travail.

Quand l’equipe de marseille avait joué au maroc, et que le gardien barthez avait craché sur l’arbitre en fait de match, personne n’avait rien dit. Ah oui c’est vrai, on est français, NOUS, on a le droit !!

PS! la-bas les politiques du pays n’avaient rien, dit, ils ont plus de jugeotte et n’en font pas un incident diplomatique, laissant le soin a la federation de juger, ce qu’elle n’a pas fait car barthez a juste écopé d’une petite amende.
15.10 à 18h56Alerter

bidule38
france israel hymne nationale hué
vous avez la memoire courte je me rappel un match qui opposait la france et israel l’hymne a été hué comme jamais j’avais la haine et pourtant pas de polemique c’est parce que ce sont des magrebins qu’il y a poleymique avec israel vous auriez été taxé d’antisemite honte a vous !!!!!!
deux poids deux mesures
15.10 à 18h56Alerter

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

La mission civilisatrice , Par Dino Costantini / Extrait du site www.lmsi.net ( Collectif lesots sont importants )

Posté par issopha le 15 octobre 2008

La mission civilisatrice (Première partie),

Généalogie de l’idée coloniale

 

Par Dino Costantini, 7 septembre

Introduction

Dino Costantini propose dans le texte qui suit de revenir sur le lien ambigu qu’ont entretenu la théorie des droits de l’homme et le pouvoir colonial. Il montre comment la question coloniale a influencé en profondeur la construction de l’identité politique française, comment la République française a régulièrement violé dans ses colonies les principes démocratiques et humanistes dont elle se réclamait dans sa patrie, et comment, grâce à l’idée de « mission civilisatrice », elle a progressivement transformé ces principes en un instrument de justification de la domination. Ce texte est extrait du livre Mission civilisatrice. Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française [1], que nous recommandons vivement.

Article

La mission civilisatrice , Par Dino Costantini / Extrait du site www.lmsi.net ( Collectif lesots sont importants ) dans LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL DINO_-8 « Pourquoi donc suis-je ici ? Ai-je le droit d’y rester et d’y parler en maître ? L’acte de conquête qui m’a fait place en ce lieu n’est-il pas, en vérité, un acte de spoliation qui laisse une marque de tare originelle sur toute chose que j’accomplis ? Citoyen de la France républicaine, fils du pays qui fut le héraut de la justice, du pays qui, pendant un demi-siècle, ne cessa de protester contre la violation du droit commise sur lui en 1871, ne suis-je pas ici l’instrument de la force contre le droit d’autrui, et quelque sacré que me soit l’intérêt de ma Patrie, puis-je effacer devant lui la pensée qu’au regard de la morale supérieure cet intérêt n’a pas de fondement légitime ? »

Albert Sarraut, Grandeur et servitude coloniales

Jules Harmand, dans un classique de la littérature coloniale du début du XXe siècle intitulé Domination et colonisation, soutient que le phénomène historique du colonialisme moderne possède une base biologique ou sociobiologique qui le place dans la continuité d’une série de phénomènes observables dans les règnes végétal et animal. Jules Harmand construit sa thèse autour de l’usage que la langue fait du terme « colonisation ». En français, il peut désigner l’établissement d’un groupe biologique dans un lieu diffèrent de son lieu d’origine. Un groupe animal qui trouve refuge dans un lieu différent de celui qui l’a vu naître est en effet défini, comme une « colonie ». En biologie cellulaire, une colonie de micro-organismes désigne un ensemble de bactéries réunies pour former un individu de niveau supérieur.

Le terme « coloniser » renvoie alors à la multiplication et à l’installation de groupes de bactéries dans plusieurs parties du corps. Dans cette optique, la « colonisation » apparaît comme un phénomène naturel de dislocation et de prolifération des organismes vivants, exprimant le besoin de conservation et d’expansion uniformément partagé par toutes les espèces.

« Le besoin d’expansion se rencontre partout dans la nature. Il se montre si intimement lié aux instincts départis à tous les êtres que l’on peut y voir une des manifestations essentielles de la vie  [2]. »

Le besoin d’expansion se concrétise à travers des stratégies de dissémination diversifiées, par lesquelles les différentes espèces poursuivent le même objectif : la conservation par l’extension des espaces occupés. Cette interprétation du colonialisme puisant dans la biologie rend superflue toute justification. Dans les règnes animal et végétal, la capacité de coloniser révèle la vitalité relative de chaque espèce. Il en va de même dans les sociétés humaines. Toutes tendent à l’expansion, mais seules les plus fortes, les plus vives, les plus adaptées à la vie la réalisent. L’expansion peut prendre des aspects violents et engendrer la destruction de sociétés moins vives, mais elle ne peut être condamnée pour autant ; par l’expansion s’accomplit en effet la sélection des énergies meilleures de l’espèce humaine, qui améliore ainsi ses chances de survie.

Le phénomène historique du colonialisme trouve sa raison d’être dans cette loi de la nature, nécessaire et éternelle, qui pousse les espèces les plus fortes à augmenter leur espace vital au détriment des espèces les plus faibles. Pour Jules Harmand, la domination occidentale du monde ne nécessite donc aucune justification au-delà de sa propre existence. Le colonialisme, qui dépend d’un instinct naturel, recèle son bon droit : si l’Occident domine le monde c’est parce que les populations qui l’habitent sont naturellement adaptées à le faire.

La théorie de Jules Harmand évoque de près les Principes de colonisation et de législation coloniale d’Arthur Girault, publiés pour la première fois à Paris en 1895. Ce livre remporta un grand succès, devenant un véritable classique de la littérature coloniale, et participa à la formation de générations de fonctionnaires. Selon Olivier Le Cour Grandmaison, le livre de Arthur Girault représente une synthèse accomplie des connaissances de l’époque :

«  Ici, c’est l’absence d’originalité du texte qui fait pour nous son intérêt majeur en ce qu’il révèle, de façon sans doute assez fidèle, l’état des savoirs en cette fin de siècle et celui de leur diffusion au sein de la société par un universitaire dont l’ouvrage, devenu un classique, a été plusieurs fois réédité  [3]. »

Dans l’édition de 1895, Arthur Girault s’inspire directement de l’évolutionnisme social de Spencer :

«  C’est une loi générale non seulement à l’espèce humaine, mais à tous les êtres vivants, que les individus les moins bien doués disparaissent devant les mieux doués. L’extinction progressive des races inférieures devant les races civilisées ou, si l’on ne veut pas de ces mots, cet écrasement des faibles par les forts est la condition même du progrès [4]. »

Le point de vue d’Arthur Girault trouve dans l’évolutionnisme la clé pour résoudre scientifiquement les dilemmes moraux soulevés par la conquête coloniale :

« Sans doute, il faut plaindre les sauvages détruits par les Blancs, mais est-ce que tout progrès n’entraîne pas des souffrances, avec lui ? Seulement les souffrances sont passagères et le progrès est définitif. Voyez l’Australie : là où quelques milliers de sauvages végétaient misérablement, plusieurs millions d’Anglo-Saxons vivent dans l’abondance. Les nouveaux Australiens ont plus de bien-être que les anciens, ils sont plus civilisés et plus éclairés. Le résultat définitif est donc bon [5]. »

La théorie de l’évolutionnisme social, bien qu’encore influente dans les milieux coloniaux français des années 1930, ne satisfait pas le besoin de moralité incarné par les défenseurs du « nouveau discours colonial ». La pleine continuité proposée par Arthur Girault et Jules Harmand entre fait colonial et fait biologique présente le colonialisme comme un fait naturel, mais n’en cache pas le caractère tendanciellement violent.

Dans cette mesure, cette théorie n’est pas adaptée pour incarner les nouvelles stratégies de légitimation que les milieux coloniaux perçoivent comme nécessaires, des stratégies ne se contentant pas de revendiquer la nécessité du fait colonial, mais entendant argumenter en faveur de son bon droit. Cette nécessité s’exprime dans le curieux destin du livre d’Arthur Girault à travers ses éditions successives. Republié en 1943 sous la forme d’une édition revue et condensée par Maurice Besson, sous-directeur au ministère des Colonies et directeur de l’Agence économique des colonies françaises, le texte d’Arthur Girault est significativement épuré de toute référence à l’évolutionnisme social, et devient le véhicule de la nouvelle doctrine officielle de la colonisation.

Cette nouvelle version représente ainsi la volonté de renouvellement que les milieux coloniaux se sont appropriée durant ces années, une volonté qui passe par l’abandon de l’analogie biologique et vise à la progressive moralisation des arguments coloniaux.

L’un des partisans de la moralisation est Georges Hardy, historien, géographe et sociologue, également recteur de l’académie d’Alger pendant dix ans et directeur honoraire de l’École coloniale. Selon lui, insister sur le caractère naturel de la colonisation risque d’empêcher de saisir la spécificité de la colonisation contemporaine. Ce qui compte pour comprendre le phénomène historique de la colonisation n’est pas ce qui ce qui le lie à la colonisation végétale et animale, mais ce qui l’en sépare toujours plus. Pour comprendre la spécificité de la colonisation contemporaine, Hardy conseille de

« ne pas confondre la colonisation avec les différents modes de l’expansion ou de la dissémination primitive : invasion, migration, refoulement, conquête  [6] ».

Le simple transfert spatial d’une population – qu’il soit volontaire ou forcé, comme dans le cas du « refoulement » – ne produit pas en soi du colonial, mais correspond à un mécanisme instinctif que les groupes humains partagent avec les lichens et les fourmis. La colonisation en tant que phénomène historique, pour autant qu’elle puisse s’appuyer sur un instinct partagé par l’homme et tous les autres êtres vivants, est le fruit de l’évolution de cet instinct, une évolution qui en modifie la nature et rend inadéquat à sa compréhension tout réductionnisme de type biologique.

La colonisation du XXe siècle ne peut donc pas être comprise comme la réplique, à l’intérieur des communautés humaines, de mécanismes naturels partagés par une myriade d’autres formes de vie. Elle ne peut pas être réduite au naturel, et tendanciellement violent, besoin d’expansion de tous les êtres vivants. L’émigration est une forme primitive de colonisation, une forme qui reste en deçà du seuil de la conscience, car elle ne représente pas un choix délibéré et partagé, un acte de conscience s’inscrivant dans une politique constructive. La colonisation contemporaine relève en revanche de l’acte conscient : elle est à l’expansion « naturelle » ou « primitive » ce qu’est l’action consciente à l’instinct et à l’inconscience.

Mais que doit-on entendre exactement par colonisation consciente ? Ou plutôt, de quelle façon la colonisation contemporaine s’éloigne-t-elle des modes primitifs de l’expansion, de la dissémination et de la conquête ?

La colonisation consciente est la forme que prend l’instinct d’expansion au terme d’un long processus évolutif par lequel les formes primitives de la dissémination – liées au besoin naturel de diffusion et de conservation des espèces – sont complètement transcendées. Dans la colonisation consciente, l’instinct naturel d’expansion se transforme en un acte délibéré et rationnel, l’action consciente d’une communauté politique réflexive, comme cela apparaissait déjà clairement à Arthur Girault :

« La colonisation […] est un fait voulu, raisonné, propre aux seuls peuples civilisés  [7]. »

D’un acte semblable – conscient, car il relève à la fois de la volonté et de la raison, et politique parce que propre à un groupe et non à un individu – aucune espèce végétale ou animale n’a jamais été capable. Et, même à l’intérieur de l’espèce humaine, seuls les peuples les plus évolués peuvent devenir les sujets de pareille action. Georges Hardy parle d’expansion « civilisée  [8] » pour définir une entreprise qui, selon lui, n’est plus le fait de la nature instinctive ou animale de l’homme pour devenir au contraire le patrimoine exclusif des « représentants les plus robustes et les plus éclairés  [9] » de l’espèce, des seuls « peuples civilisés ».

C’est là que la colonisation se distingue de l’invasion et de la conquête. Selon Joseph Folliet, docteur en philosophie thomiste, et défenseur d’une justification du colonialisme construite à partir des instruments du droit naturel, la colonisation est un « mode particulier des relations internationales », qui, réduit à sa plus simple expression, « consiste dans l’action autoritaire d’un peuple sur un autre peuple  [10] ». Celle-ci se distingue toutefois de la simple « annexion » pour deux raisons :

« [d’une part, en ce que] les deux peuples demeurent distincts et ne s’incorporent pas dans une même entité nationale, d’autre part en ce que l’un des peuples, supposé de civilisation plus parfaite, entend amener l’autre à un niveau matériellement et moralement supérieur   [11]. »

La colonisation est donc un acte politique rationnel, différant essentiellement de la conquête parce qu’il n’a pas pour but l’intégration du peuple conquis mais sa progressive « civilisation ».

Deuxième partie : Coloniser, civiliser

Post-scriptum

Ce texte est extrait du livre Mission civilisatrice. Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, publié par Dino Costantini aux Éditions La Découverte.

Textes de Dino Costantini

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Notes

[1] Publié aux Éditions La Découverte en février 2008

[2] J. HARMAND, Domination et colonisation, Flammarion, Paris, 1910, cité dans G. HARDY, La Politique coloniale et le partage de la terre aux XIXe et XXe siècles, Albin Michel, Paris, 1937, p. 3.

[3] O. LE COUR GRANDMAISON, Coloniser exterminer, op. cit., p. 130.

[4] A. GIRAULT, Principes de législation coloniale, Larose, Paris, 1895, p. 31, cité dans O. LE COUR GRANDMAISON, Coloniser exterminer, op. cit., p. 130.

[5] Ibidem.

[6] G. HARDY, La Politique coloniale…, op. cit., p. 9.

[7] A. GIRAULT, Principes de colonisation et de législation coloniale. Les colonies françaises avant et depuis 1815. Notions historiques, administratives, juridiques, économiques et financières (6e édition entièrement revue et condensée par Maurice Besson), Sirey, Paris, 1943, p. 24. C’est à cette édition du texte, considérée comme une expression significative du nouveau discours colonial, que l’on fera désormais référence.

[8] G. HARDY, La Politique coloniale…, op. cit., p. 4.

[9] Ibidem, p. 13.

[10] J. FOLLIET, Morale internationale, Paris, Bloud et Gay, 1935, p. 48. Le livre replace dans le contexte global des relations internationales les arguments que J. Folliet avait développés plus longuement dans Le Droit de colonisation : étude de morale sociale et internationale, Bloud et Gay, Paris, 1930.

[11] Ibidem, p. 48.

La mission civilisatrice (Deuxième partie), Colonisation e(s)t civilisation

Par Dino Costantini, 9 septembre

Introduction

Pour que le terme de « colonisation » en arrive à la signification qu’il prend au début du vingtième siècle, il faut que soit postulée l’existence de populations pleinement évoluées et capables de se faire les sujets conscients d’une expansion civilisée. Pour mieux saisir le sens de la colonisation en tant qu’expansion civilisée, revenons à la définition du mot « civilisation ».

Article

Première partie : Généalogie de l’idée coloniale

DINO_-7 dans MENSONGES D'ETAT Le Vocabulaire technique et critique de la philosophie, dirigé par André Lalande et édité à Paris pour la première fois en 1926, en recense deux acceptions jusque dans sa dixième édition (1968). Dans la première, « civilisation » se confond avec « culture » :

« A. Une civilisation est un ensemble complexe de phénomènes sociaux, de nature transmissible, présentant un caractère religieux, moral, esthétique, technique ou scientifique, et communs à toutes les parties d’une vaste société, ou à plusieurs sociétés en relations : “La civilisation chinoise ; la civilisation méditerranéenne  [1] ».

Cette définition renvoie à celle, classique, de Tylor qui, dans Primitive Culture en 1871, avait rapproché en ces termes culture et civilisation :

« Le mot culture, ou civilisation, pris dans son sens ethnographique le plus étendu, désigne ce tout complexe comprenant à la fois les sciences, les croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes et les autres facultés et habitudes acquises par l’homme dans l’état social [2]. »

Dans cette optique, la civilisation occidentale ne représente que l’une des nombreuses et diverses civilisations ou cultures peuplant le globe terrestre et faisant sa pluralité et sa richesse. Chacune de ces sociétés, de ces cultures a donc une civilisation, c’est-à-dire un mode caractéristique d’organiser matériellement et symboliquement sa vie collective.

La seconde acception du mot, plus restreinte, a une dimension absolue ; c’est évidemment celle qu’ont en tête Georges Hardy et Arthur Girault lorsqu’ils pensent à la colonisation comme l’œuvre des seuls peuples civilisés :

« B. La civilisation (opposée à l’état sauvage ou à la barbarie) est l’ensemble des caractères communs aux civilisations (au sens A) jugées les plus hautes, c’est-à-dire pratiquement celle de l’Europe et des pays qui l’ont adoptée dans ses traits essentiels. […] Le mot, en ce sens, présente un caractère nettement appréciatif : les peuples “civilisés” s’opposent aux peuples sauvages ou barbares, moins par tel ou tel trait défini que pour la supériorité de leur science et de leur technique, et pour le caractère rationnel de leur organisation sociale [3]. »

Cette seconde définition fait de « civilisation » un concept excluant : il exclut que toutes les cultures soient des civilisations.Dans cette perspective, Joseph Folliet peut dénoncer l’existence de peuples totalement privés de « civilisation » :

« Le concret présente des civilisations, les unes au sens plein du mot, qui se rapprochent plus ou moins de la civilisation, les autres, au sens large, qui s’en éloignent plus ou moins. Enfin, on peut envisager l’hypothèse de peuples si misérables et si dénués qu’on doive refuser de leur appliquer le terme de civilisation [4]. »

Le terme utilisé au singulier contient donc implicitement l’idée d’une hiérarchie entre les différentes civilisations ou cultures, construite à partir de la distance qui les séparent de la définition absolue. Cela signifie que, pour reprendre encore une fois les mots de Joseph Folliet,

« les civilisations données sont inégales, se hiérarchisent entre elles selon qu’elles reflètent purement la civilisation [5]. »

Seuls les pays les plus avancés, ceux scientifiquement et techniquement plus développés, organisés socialement de la façon la plus rationnelle, en pratique, seuls les États occidentaux – ou ceux qui ont adopté les « traits essentiels » de l’Occident, parmi lesquels la capacité de se faire l’acteur d’une expansion de type colonial est certainement décisive – participent, selon cette définition, de la véritable civilisation et peuvent donc se dire civilisés.

Seuls les pays occidentaux doivent ainsi être pensés comme capables de colonisation en tant qu’expansion civilisée. Ils détiennent donc le monopole à la fois de la civilisation et de la colonisation. Selon Arthur Girault, la capacité de coloniser est en effet le signe distinctif permettant de reconnaître les sociétés humaines les plus accomplies :

« Il semble que les nations supérieures en civilisation ont colonisé comme poussées par une force naturelle [6]. »

Le fait que les pays occidentaux soient les seuls à être historiquement capables de « colonisation » fonctionne comme une confirmation du fait que la civilisation occidentale est la plus avancée, ou même qu’elle représente la seule civilisation digne de ce nom car seule capable d’expansion civilisée. La définition de ces concepts présente une circularité évidente, qui démontre comment les thèses de base de la pensée coloniale ont pénétré en profondeur notre vocabulaire.

Le concept de civilisation ne peut être épuisé seulement en relevant son caractère excluant. La définition absolue rapportée ici a le défaut de faire apparaître la civilisation comme un état plutôt qu’un processus. Elle ne dit rien du rapport entre les peuples civilisés et les peuples sauvages ou barbares, qui représente l’objet de la relation coloniale. Elle ne nous aide donc pas à comprendre le lien que la « colonisation » en tant que « civilisation » pose d’emblée entre ces deux termes, à savoir la pleine équivalence entre « colonisation » et « civilisation ».

Dans la tentative d’aborder cette équivalence problématique, il n’est pas inutile de se reporter à la brève étude que le linguiste Émile Benveniste consacre à la genèse du terme civilisation dans ses Problèmes de linguistique générale. « Civilisation » lui apparaît comme l’« un des termes les plus importants de notre lexique moderne […] un de ces mots qui inculquent une vision nouvelle du monde [7] ».

Le mot apparaît vers la moitié du XVIIIe siècle, plus ou moins en même temps en Angleterre et en France. En 1732, son seul usage connu relève du droit, désignant « un acte de justice, ou un jugement qui rend civil un procès criminel » ; l’usage moderne, dans lequel il devient synonyme de « passage à l’état civilisé », est plus tardif [8].

Le premier texte public dans lequel on le trouve est le Traité de la population de Mirabeau en 1756. Il s’agit, selon Benveniste, d’une recension curieusement tardive car depuis longtemps « civiliser » et « civilisé » étaient employés couramment. Le linguiste explique ce retard par :

«  la nouveauté même de la notion et les changements qu’elle impliquait dans la conception traditionnelle de l’homme et de la société. De la barbarie originelle à la condition présente de l’homme en société, on découvrait une gradation universelle, un lent procès d’éducation et d’affinement, pour tout dire un progrès constant dans l’ordre de ce que la civilité, terme statique, ne suffisait plus à exprimer et qu’il fallait bien appeler la civilisation pour en définir ensemble le sens et la continuité. Ce n’était pas seulement une vue historique de la société : c’était aussi une interprétation optimiste et résolument non théologique de son évolution qui s’affirmait [9]. »

Comme le souligne Benveniste, le terme de « civilisation » a un sens dynamique. Il ne se limite pas à décrire un état – comme le faisait déjà efficacement « civilité » et comme le fait la définition absolue que nous venons d’exposer –, mais fait allusion à un processus, à un déroulement historique orienté vers la réalisation d’un but. C’est ainsi que le terme est compris par exemple par Guizot dans son Histoire générale de la civilisation en Europe publiée en 1838 :

« L’idée du progrès, du développement, me paraît être l’idée fondamentale contenue sous le mot “civilisation” [10] ».

« Civilisation » relève donc d’une philosophie optimiste et progressiste, qui considère l’histoire universelle selon un schéma pseudo-évolutioniste [11], à l’intérieur duquel l’homme progresse, de la barbarie et du primitivisme des origines vers la plénitude de la civilité. La suite de la définition de « civilisation » dans le Vocabulaire technique et critique de la philosophie nous aide à préciser le caractère de ce processus :

« Civilisation, ainsi entendu, implique aussi, dans une assez large mesure, l’idée que l’humanité tend à devenir plus une et plus semblable dans ses différentes parties : “L’histoire nous montre la civilisation s’étendant peu à peu à tous les pays et à tous les peuples” [12]. »

L’évolution du monde vers la civilisation est un processus de progressive unification ou simplification du monde, d’extension de la civilisation à la totalité planétaire. Le terme de « civilisation » ne fait donc pas seulement allusion à l’existence de sociétés culturellement supérieures, mais aussi à la nécessité d’étendre progressivement leurs habitudes culturelles, morales, politiques, religieuses, scientifiques à l’ensemble du genre humain.

La colonisation en tant qu’expansion civilisée est l’acte politique par lequel un peuple évolué prend en charge la civilisation du monde. Selon Georges Hardy, la colonisation est :

« avant tout le principal organe de transmission des acquisitions de l’esprit humain aux parties de la planète que leur situation géographique ou leur volonté d’isolement tenaient à l’écart des courants de civilisation  [13]. »

Il s’agit d’une définition lourde d’implications que nous allons tâcher éclaircir.

Tout d’abord, il convient de souligner le fait que définir le processus de colonisation comme équivalent à un processus de civilisation signifie produire, par une simple définition, une première et complète justification de l’entreprise coloniale, une justification qui non seulement peut être posée comme congruente avec l’universalisme dont la France se vante, mais peut s’appuyer sur lui pour affirmer sa propre nécessité.

Si l’universalisme républicain représente en effet, comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, la quintessence de la civilisation française [14], c’est seulement en référence à la tradition universaliste et républicaine que l’on peut comprendre correctement l’équation posée par la pensée coloniale entre civilisation et colonisation.

Selon Raymond Betts, cette équation constitue le produit le plus spécifique du discours colonial français :

« Aucune théorie coloniale n’a accentué l’idée d’une mission civilisatrice comme l’ont fait les Français en posant la nation comme réformatrice de sociétés elles-mêmes incapables de tout changement significatif  [15]. »

La colonisation en tant qu’instrument de la civilisation du monde se présente donc, par définition, comme l’instrument de la diffusion des valeurs universelles typiques de la tradition française au monde entier. Ainsi défini, le colonialisme français apparaît, non seulement être juste, mais être un devoir : en effet si l’on veut croire en la vocation universaliste de la France – si l’on veut penser que la tradition républicaine compose une part décisive de ce qui se définit comme la civilisation française – l’équivalence entre civilisation et colonisation ici proposée montre que le colonialisme s’estime non seulement congruent avec la vocation à l’universel du pays, mais un instrument fondamental de sa réalisation.

Selon Albert Sarraut [16], le représentant le plus important du « parti colonial », et l’un des théoriciens les plus subtils du colonialisme, seule la disposition à l’universel de la France peut expliquer de façon adéquate la spécificité de la « vocation coloniale française » :

« Le Français est altruiste, son génie a le goût de l’universel, son humanisme, son sens du bien et du bon, son esprit d’équité fomentent les conceptions altruistes qui débordent le cadre national pour étendre sur l’humanité entière un rêve de justice, de solidarité, de bonté fraternelles [17]. »

La nature spécifique du génie français impose à la France, plus fortement qu’aux autres nations européennes, le caractère moral de l’entreprise coloniale. Sa mission est celle les « lumières » de la civilisation française, afin d’« éclairer les chemins où trébuchent douloureusement les races moins fortunées que la sienne [18] ». La colonisation prend pour la France l’aspect d’un devoir envers l’humanité, à accomplir dans le respect de notions comme les droits de l’homme, qui imposent de sévères restrictions à la liberté de l’action colonisatrice, au point que le colonisateur français risque de devenir…

« tout autant l’esclave que le maître de sa conquête [19] » !

Dans son rapport aux colonies, la France, dupée par ses propres mythes fondateurs, risque de se retrouver emprisonnée dans le carcan de la démocratie et du droit républicain. Et pourtant, elle ne peut, selon A. Sarraut, « avoir deux visages, celui de la liberté, tourné vers la métropole, celui de la tyrannie, tendu vers ses colonies [20] ». Elle ne peut en somme, hors des frontières de l’Hexagone, abdiquer son propre génie, sa propre « mission humaine, qui est d’agir dans le droit et pour le droit » : ses devoirs coloniaux sont aussi impérieux que ses droits sont légitimes [21].

Une thèse analogue est soutenue par Albert Bayet (universitaire) et Maurice Viollette (parlementaire), tous deux membres influents du Parti radical, lors du congrès national de la Ligue des droits de l’homme de 1931, organisé sur le thème de « la colonisation et les droits de l’homme » :

« La colonisation est légitime quand le peuple qui colonise apporte avec lui un trésor d’idées et de sentiments qui enrichira d’autres peuples ; dès lors la colonisation n’est pas un droit, elle est un devoir […] Il me semble que la France moderne, fille de la Renaissance, héritière du XVIIe siècle et de la Révolution, représente dans le monde un idéal qui a sa valeur propre et qu’elle peut et doit répandre dans l’univers. […] Le pays qui a proclamé les droits de l’homme, qui a contribué brillamment à l’avancement des sciences, qui a fait l’enseignement laïque, le pays qui, devant les nations, est le grand champion de la liberté, a, de par son passé, la mission de répandre partout où il le peut les idées qui ont fait sa propre grandeur  [22]. »

Troisième partie : La théorie de l’assimilation

Post-scriptum

Ce texte est extrait du livre Mission civilisatrice. Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, publié par Dino Costantini aux Éditions La Découverte.

Textes de Dino Costantini

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Notes

[1] A. LALANDE (dir.), Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, Paris, 1968, pp. 141-142.

[2] E. B. TYLOR, La Civilisation primitive, Reinwald, Paris, 1876 (E. B. TYLOR, Primitive Culture, 1871), p. 1. Le titre de la traduction française montre à quel point l’équation paraissait parfaite. Avoir formulé une telle définition n’empêcha pas Tylor de développer une doctrine anthropologique férocement ethnocentrique, élaborée à partir d’une impropre extension au domaine social de l’évolutionnisme biologique (voir M. HARRIS, The Rise of Anthropological Theory : a History of Theories of Culture, Routledge et Kegan Paul, Londres, 1968.

[3] Vocabulaire technique et critique de la philosophie, op cit., p. 142.

[4] J. FOLLIET, Morale internationale, op. cit., p. 202.

[5] Ibidem.

[6] A. GIRAULT, Principes de colonisation et de législation coloniale, op. cit., p. 24.

[7] E. BENVENISTE, Problèmes de linguistique générale, Gallimard, Paris, 1966, p. 336.

[8] F. BRAUDEL, Grammaire des civilisations, Arthaud-Flammarion, Paris, 1987, p. 33.

[9] E. BENVENISTE, Problèmes de linguistique générale, op. cit., p. 340.

[10] F. GUIZOT, Histoire générale de la civilisation en Europe depuis la chute de l’empire romain jusqu’à la Révolution française, Lacrosse, Bruxelles, 1838.

[11] Raymond Betts, pour qui l’équivalence entre colonisation et civilisation représente l’aspect le plus spécifique du discours colonial français, note que ce processus peut être défini comme « involutif », en rapport avec la définition de l’« évolution » donnée par le Vocabulaire technique (« Transformation faisant passer un agrégat de l’homogène à l’hétérogène, ou du moins hétérogène au plus hétérogène [Spencer]. S’oppose à dissolution ou involution »), Vocabulaire technique et critique de la philosophie, op. cit., p. 281). Voir R. BETTS, « The French Colonial Empire and the French World-View », in R. ROSS, Racism and Colonialism, Leiden University Press, Leiden, 1982.

[12] Vocabulaire technique et critique de la philosophie, op. cit., p. 142.

[13] G. HARDY, La Politique coloniale…, op. cit., p. 19.

[14] Pour R. Betts, « aucune autre nation que la France ne fit de l’universalité d’attitude et de principe un élément aussi significatif de son idéologie séculière » (R. BETTS, The French Colonial Empire and the French World-View, op. cit., p. 65).

[15] Ibidem, p. 68.

[16] Né en 1872, membre de l’Assemblée nationale à trente ans, Albert Sarraut fut une personnalité politique de premier plan dans la France du début du siècle. Radical socialiste, défenseur convaincu du « parti colonial », il fut deux fois gouverneur général de l’Indochine française (de 1911 à 1914 et de 1916 à 1919), sept fois ministre des Colonies, et deux fois Premier ministre (en 1933 et en 1936). Il poursuivit sa carrière politique après la guerre, devenant en 1959 et 1960 président de l’Union française.

[17] A. SARRAUT, Grandeur et servitude coloniales, op. cit., p. 79.

[18] Ibidem, p. 79.

[19] Ibidem, p. 102.

[20] Ibidem, p. 102.

[21] Ibidem, p. 103.

[22] Ligue des droits de l’homme. Le Congrès national de 1931, Ligue de droits de l’homme, Paris, 1931, cité par R. GIRARDET, L’Idée coloniale en France, op. cit., p. 183. Sur la position ambiguë de la Ligue – qui lutte pour le respect de la dignité personnelle des colonisés mais ne parvient jamais à une condamnation de principe de la colonisation, pensant qu’elle puisse être réformée dans un sens démocratique –, voir G. MANCERON, Marianne et les colonies, op. cit.

La mission civilisatrice (Troisième partie), La théorie de l’assimilation

Par Dino Costantini, 10 septembre

Introduction

La spécificité du « génie » colonial français trouve son expression la plus caractéristique dans la théorie de l’assimilation, équivalent colonial de la théorie républicaine de l’intégration.

Article

Première partie Deuxième partie

DINO_-6 Dans sa théorie de la colonisation, qui demeure un classique de la pensée coloniale malgré les modifications subies, Arthur Girault distinguait trois modèles de colonisation, qu’il plaçait le long d’une ligne d’évolution allant du processus le plus primitif au plus parfait : le premier basé sur l’assujettissement, le deuxième favorisant l’autonomie et le troisième construit sur l’assimilation. L’assujettissement est le modèle de relation le plus primitif et autoritaire. Il est fondé sur la priorité absolue des intérêts de la Métropole. C’est le modèle le plus ancien, désormais inadapté, qui trouve son expression la plus classique dans le « pacte colonial » :

«  Ce contrat léonin, fort connu, fut en somme le régime du commerce colonial jusqu’au XIXe siècle. Il se résume en ces termes : intercourse coloniale réservée au pavillon national ; défense faite aux colons de vendre leurs produits à l’étranger, dans l’intérêt des consommateurs métropolitains ; défense aux colons d’acheter à l’étranger, dans l’intérêt des producteurs nationaux [1]. »

Ce contrat a caractérisé l’aube de l’histoire du colonialisme européen dans le nouveau monde. Selon Arthur Girault, il n’a été pratiqué par les Français que de façon minoritaire, « en raison de la générosité naturelle de notre race [2] ». Les philosophes des Lumières se sont élevés contre ce modèle, par des doctrines qui ont donné lieu aux nouvelles politiques coloniales du XIXe siècle, fondées sur l’idée que la relation coloniale ne peut reposer sur la seule prise en compte des droits et des intérêts de la mère patrie, mais qu’elle doit prendre en compte les besoins et aspirations des colonies.

Ainsi, il contient pour Arthur Girault « une idée saine », « à savoir » :

« la nation qui colonise sème, aussi est-il juste qu’elle récolte [3] ».

L’autonomie est le modèle de relation le plus libéral, qui renvoie directement au caractère pédagogique de l’entreprise coloniale :

« De même que le but de l’éducation est de faire des hommes capables de se conduire eux-mêmes et destinés à sortir de la puissance paternelle à leur majorité, de même le but de la colonisation est de former des sociétés aptes à se gouverner elles-mêmes et à se constituer une fois mûres en États indépendants [4]. »

Le principe de l’autonomie caractérise en particulier la politique coloniale britannique. Lui aussi contient, selon Girault, une idée juste, qui est que personne ne peut mieux veiller à ses propres affaires que l’intéressé, c’est-à-dire le colon. Elle présuppose cependant que la population du territoire dépendant soit homogène. C’est pourquoi elle ne peut fonctionner que dans les colonies de peuplement, où les populations indigènes ont été totalement supplantées par les colons.

L’« assimilation » constitue la voie spécifiquement française de la colonisation, que la France prétend pratiquer depuis le XIXe siècle. Le sens premier d’« assimiler » est de « rendre semblable à ». Pratiquer une politique coloniale ordonnée selon les principes de l’assimilation signifie étendre le principe de l’intégration républicaine au territoire colonial. La politique coloniale vouée à l’assimilation n’a pas en effet comme idéal « la séparation, mais tout au contraire, une union de plus en plus intime entre le territoire colonial et le territoire métropolitain [5] ».

Selon Arthur Girault, elle s’inscrit dans la droite ligne de la tradition républicaine, qui impose de penser la nation dans un sens rigoureusement unitaire. Dans la logique d’une politique d’assimilation, et conformément au principe républicain selon lequel la loi doit être unique et valoir uniformément pour tous les membres de la nation, toutes les lois approuvées par la mère patrie doivent valoir aussi dans les colonies :

« Dans le système de l’assimilation, colons et habitants de la Mère-Patrie sont traités de la même manière, ont les mêmes droits, le même statut [6]. »

Le processus de civilisation sur lequel repose la colonisation passe par l’assimilation des colonies à la mère patrie, instrument nécessaire de la construction patiente et progressive de l’unité du genre humain. La voie de l’assimilation est une voie que le discours colonial reconnaît comme difficile et constellée d’obstacles. Ce sont ces obstacles que nous devons maintenant considérer attentivement.

Quatrième partie : Unité et différences du genre humain

Post-scriptum

Ce texte est extrait du livre Mission civilisatrice. Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, publié par Dino Costantini aux Éditions La Découverte.

Textes de Dino Costantini

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Notes

[1] A. GIRAULT, Principes de colonisation et de législation coloniale, op. cit., p. 36.

[2] Ibidem, p. 31.

[3] Ibidem, p. 36.

[4] Ibidem, p. 31.

[5] Ibidem, p. 32.

[6] Ibidem, p. 35.

La mission civilisatrice (Quatrième partie), Unité et différences du genre humain

Par Dino Costantini, 10 septembre

Introduction

Si le but affiché de la colonisation est la nécessaire unification du genre humain à travers la civilisation du monde, cela implique que celui-ci soit préalablement divisé…

Article

Première partie Deuxième partie Troisième partie

DINO_-3 La juxtaposition de populations différentes est – par exemple selon René Maunier – considérée comme le fait fondamental de la colonisation contemporaine :

« Les anciens occupants, les nouveaux habitants ; les dominés, les dominants, les gouvernés, les gouvernants, les tyrannisés, les tyrannisants, comme on dit parfois. Deux groupements, deux corps sociaux, qui sont appelés à coexister, et à suivre donc, par l’effet du temps, un ordre commun, un progrès commun. C’est là le fait social, disons le fait humain qui constitue la colonisation [1]. »

Georges Hardy souligne le fait que cette juxtaposition est en même temps une opposition :

« La colonisation juxtapose et, bon gré mal gré, oppose deux sociétés, deux civilisations, deux conceptions de l’existence en général fort différentes [2]. »

Une situation de type colonial se crée lorsque des populations dotées de conceptions différentes de l’existence, qui ne peuvent donc pas être immédiatement intégrées ensemble dans un tissu national unique, entrent en contact. La colonisation est ainsi comprise comme une relation binaire unissant et séparant à la fois deux populations jugées différentes, les colonisateurs et les colonisés. Pour René Maunier, cette différence se maintient dans toute situation coloniale et représente l’une de ses caractéristiques les plus significatives :

«  Il y a donc toujours en pays colonial, deux sociétés vivant sous un ordre commun, qui restent distinguées, et restent séparées, du moins autant qu’on peut ; et qui pourtant, bon gré, mal gré, ont des pouvoirs communs et des devoirs communs [3]. »

La relation entre ces différentes populations soumises à un pouvoir commun est conçue dans les termes d’une relation explicitement hiérarchique :

«  Deux groupes inégaux, superposés, hiérarchisés, puisqu’il y a, jusque aujourd’hui, au point de vue du droit, un groupe supérieur et un groupe inférieur, un groupe dominant, un groupe dominé ; et nous dirions aussi légiférant, légiféré, administrant, administré ; mais deux groupes régis par un pouvoir commun, ayant un droit commun, et un progrès commun. La société demeure cependant subdivisée ; les deux groupements demeurent distincts ; s’ils ont des rapports, même au sens du droit, ainsi que nous dirions, ce sont des rapports entre non-pareils, et non pas du tout entre pareils : entre dissemblables et entre inégaux [4]. »

La colonisation unit ces populations dans l’obéissance à un pouvoir commun et les sépare par la production de statuts différentiels. Mais comment une semblable affirmation peut-elle cohabiter avec la méfiance envers les « communautés », typique de la pensée républicaine ? De quelle façon les populations peuvent-elles être distinctes et hiérarchisées sans offenser la tradition révolutionnaire, construite sur la déclaration de l’unité du genre humain et de l’égalité de droit de tous ses membres ?

Pour demeurer en cohésion avec cela, la pensée coloniale ne peut abandonner le présupposé de l’unité du genre humain. Cela signifie que la différence entre colonisateur et colonisé ne peut être rattachée à un état de nature, et donc éternisée, comme le permettrait le postulat d’une infériorité raciale. Penser à la différence des populations colonisées comme à une différence racialement déterminée – naturelle et définitive – signifierait retomber dans la logique de la distinction des couleurs et rendrait impossible l’objectif déclaré de la colonisation, la civilisation du monde.

Le nouveau discours colonial doit donc réaffirmer l’unité de l’espèce humaine, c’est-à-dire le caractère universellement civilisable des êtres humains. D’autre part, comme nous l’avons vu, l’existence de peuples dotés de valeurs différentielles doit être posée pour que soit créée la situation coloniale. Le nouveau discours colonial a donc besoin de penser à la fois l’unité (tendancielle) du genre humain et l’existence d’un différentiel entre les populations qui la composent. Ce différentiel ne peut être conçu comme éternel, mais comme suffisamment durable, toutefois, pour que l’action coloniale trouve un sens et une stabilité.

La pensée coloniale de l’époque ne pose donc pas à l’origine de la situation coloniale une question raciale, un déterminisme biologique, une différence d’essence entre les populations colonisatrices et colonisées. Mais elle s’appuie sur une reconnaissance préliminaire et pragmatique du décalage des situations de départ. La description pittoresque du colonisé donnée par Albert Sarraut nous permet d’appréhender le pragmatisme particulier de la pensée coloniale :

«  L’indigène, surtout en pays noir, est en général paresseux, indolent, imprévoyant. Il aime à bavarder ici sous le banian, là sous le baobab, à chanter, à danser, à fumer, à dormir surtout. [5] »

La différence que représente le non-civilisé – sa paresse proverbiale, son indolence, son incapacité à organiser rationnellement sa propre existence – n’est pas imputable à la couleur de sa peau, mais à un ensemble de conditions spécifiques :

« une longue hérédité, le climat, la sous-alimentation [6] ».

Partant de raisons de type socioculturel et non biologique, la différence qui sépare les populations civilisées de celles qui ne le sont pas est par principe temporaire et remédiable, rendant plausible l’idée de la « mission civilisatrice ».

Et pourtant, même en se fondant sur des explications culturelles, la différence entre colonisateurs et colonisés n’en apparaît pas moins profonde. Selon Albert Sarraut, elle trouve son expression la plus caractéristique dans les « tares morales » typiques des populations colonisées – paresse, dissimulation, improbité, absence de conscience –, qui, bien qu’elles puissent être « d’une gravité inégale suivant les races et les individus », apparaissent en général « profondément ancrées dans le tempérament [7] ».

Les tares que l’attachement à leur culture d’origine produit chez les indigènes comme un précipité moral multiplient les difficultés de la colonisation-civilisation. L’habitude de l’incivilité semble produire une corruption atteignant la nature même des populations colonisées, au point de les empêcher de sortir de la barbarie par l’apprentissage. La différence entre civilisés et non-civilisés est d’ordre culturel, mais l’évocation de la culture des seconds s’apparente à la description d’un état de nature, réglé selon une loi éternelle et immuable et faisant des non-civilisés des êtres naturellement immoraux, imparfaits, incapables de réflexion, de conscience ou d’honnêteté.

Cette description ambiguë du colonisé s’illustre, par exemple, dans le pamphlet à succès de Raoul Allier, Le Non-Civilisé et nous. Différence irréductible ou identité foncière ? (1927). Raoul Allier y met en discussion la thèse républicaine issue des Lumières selon laquelle la différence entre civilisés et non-civilisés peut être comblée par l’éducation et ne compromet pas l’unité du genre humain. Pour lui, affirmer l’identité de tous les hommes est un « aphorisme banal » :

« L’humanité n’est pas un corps simple et ne peut pas être traitée comme telle. […] Dans la réalité, on est plus ou moins homme, plus ou moins fils de Dieu. On a de Dieu et de la Vérité ce dont on est capable et ce qu’on mérite [8]. »

Selon lui, l’unité foncière du genre humain, au-delà des différences produites par l’appartenance à une société particulière, a été affirmée sur la base de compte-rendus de voyage tout à fait dépourvus de systématicité. Pour Raoul Allier, les affirmations de Fontenelle, d’Helvétius, de Hume ou de Buffon ont en réalité comme seul horizon le monde européen et civilisé. L’idéalisation du bon sauvage, dont la tradition remonte à Montaigne, et qui trouve dans l’Origine de l’inégalité de Rousseau sa formulation la plus accomplie, lui semble être le prétexte à une critique de la société européenne plutôt qu’une description faite dans les règles de la science.

L’idée de la pureté de la condition naturelle, qui n’a jamais cessé de caractériser le sauvage, se fonde sur une erreur psychologique, liée à un certain esprit missionnaire, qui contribue à diffuser à la fois l’idée du sauvage honnête, pur et juste, et la croyance privée de sens critique en l’unité du genre humain. Mais aux philosophes du XVIIIe siècle manquait l’expérience dont un homme du XXe siècle comme Raoul Allier peut se vanter et qui contraint à remettre en discussion la thèse issue des Lumières à partir des résultats de l’anthropologie et de l’expérience coloniale.

L’anthropologie est invoquée par Raoul Allier comme capable de fournir, contrairement à l’approche tendanciellement idéologique des philosophes des Lumières, un point de vue scientifique sur la question. À ce sujet, les études de Lucien Lévy-Bruhl sur la mentalité primitive sont décisives. Elles soutiennent avec force la thèse de la radicale hétérogénéité entre mentalité civilisée et mentalité primitive, cette dernière se distinguant par son indifférence face à la contradiction, par son caractère prélogique et mystique.

L’expérience coloniale fournit selon Raoul Allier une confirmation significative des thèses développées par Lucien Lévy-Bruhl. Les populations colonisées se distinguent par une « inaptitude prodigieuse à l’attention » et une « inaptitude déconcertante au raisonnement logique », qui empêchent tout effort éducatif d’agir efficacement. L’incivilité, sa pratique millénaire par des sociétés par définition privées de tout dynamisme, finit par imprégner le corps lui-même des non-civilisés, conditionnant leur moralité et orientant profondément leur vie et leurs actions. L’habitude de la barbarie se sédimente dans les corps, ordonnant et gouvernant toute perception, tout souvenir, tout jugement, tout raisonnement :

«  La cristallisation de sentiments que l’être porte en lui-même sans en convenir, sans le confesser à lui-même, crée un despotisme d’autant plus brutal qu’il est moins reconnu. Elle crée un prisme à travers lequel la réalité n’apparaît plus que déformée, et qui suggère des excuses supposées décisives pour les abdications les plus hypocrites, pour les paresses les plus honteuses, pour les lâchetés les plus avilissantes [9]. »

Inconsciemment conditionnée par les habitudes d’une société incivile, la mentalité du non-civilisé semble « cristallisée », incorrigible. La culture particulière à laquelle les populations colonisées appartiennent corrompt les capacités intellectuelles et donc celles d’apprentissage, empêchant ainsi toute possibilité d’en sortir. Le non-civilisé vit donc dans une condition définie par Raoul Allier comme une « vraie désagrégation spirituelle » :

« Cette désagrégation, dont les origines remontent à des dates incalculables et qui est faite essentiellement d’abdication presque machinale devant le fait, d’une passivité à peu près radicale devant les événements moraux qui constituent la vie intérieure, d’une absence complète d’initiative, est la cause profonde de cette ankylose intellectuelle et morale qui a rivé chacune de ces peuplades aux stades qu’elle n’a jamais pu dépasser [10]. »

L’ankylose créée par l’habitude de l’incivilité enferme les non-civilisés dans leur condition d’infériorité. Passifs par définition et ne possédant aucun esprit d’initiative, ceux-ci demeureraient, sans la providentielle intervention d’une nation évoluée, enfermés dans le cercle de leur barbarie, destinés à le parcourir éternellement : « depuis des millénaires, [ils] sont esclaves d’une mentalité déterminée qui les empêche de monter plus haut [11] ».

Raoul Allier cite Hermann Dieterlen, qui, dans le Journal des missions évangéliques, se prête à une confirmation bien informée des thèses sur l’hétérogénéité formulées par L. Lévy-Bruhl :

« Nous, les Européens, gens de réflexion et de raison, nous éprouvons un besoin irrésistible de tout comprendre, d’être logiques, de tout réduire en système, d’écarter toute contradiction dans nos idées et dans nos croyances. Et nous procédons de la même manière quand nous cherchons à comprendre et à expliquer les notions religieuses – ou soi disant telles – des nègres. Nous échouons : quoi d’étonnant ? Le nègre se contente d’idées plus vagues et ne se laisse pas incommoder par les contradictions flagrantes qui s’y trouvent. Il ne précise pas, il ne raisonne pas, il n’a pas de logique : il n’y regarde pas de si près […] ces nègres n’ont pas de théories. Ils n’ont même pas de convictions, ils n’ont que des habitudes, des traditions [12]. »

Les non-civilisés ne possèdent ni logique ni pensée, n’ont aucune idée qui ne soit vague et contradictoire. Comme ils ne sont pas logiques, n’éprouvent aucun besoin d’ordonner leurs connaissances dans un système et se montrent incapables de transcender les faits sur le plan constructif de la théorie, leur vie se déroule éternellement identique à elle-même dans le cercle fermé de l’habitude et de la tradition. L’incapacité à s’améliorer par l’apprentissage, marquant l’immobilité absolue des cultures non civilisées, est une particularité qui, insiste R. Allier, a étonné des générations de colonisateurs et de missionnaires, lesquels, à partir des allégations très théoriques des Lumières, s’étaient préparés à les mener à la raison, à combler leur retard par une patiente œuvre d’éducation.

L’expérience coloniale démontrerait donc le caractère largement idéologique de la pensée des Lumières et le caractère théorique de l’affirmation de l’unité essentielle de l’espèce humaine. La pratique coloniale et l’échec auquel conduisent invariablement les tentatives de civilisation imposent à toute réflexion future sur le statut des non-civilisés de « poser comme un fait qu’ils sont peu disposés à la réflexion, au raisonnement abstrait, en un mot à l’effort intellectuel [13] ».

Toutefois, si l’imperméabilité des non-civilisés à l’éducation devait se révéler complète, si la différence était véritablement immuable, la principale ambition des civilisateurs, le but même de la colonisation – faire entrer à l’intérieur de la famille humaine ses fils dits attardés, conduire les populations prétendument arriérées le long du chemin de la raison et de la civilisation –, ne pourrait être atteinte.

Dans le fil de ce raisonnement, Raoul Allier, après avoir douté un moment de la légitimité de l’ambition civilisatrice, rappelle comme elle a de tout temps été utile aux conquistadores pour justifier leurs entreprises d’exploitation ou d’extermination et affirme encore plus solennellement la noblesse du devoir de civilisation, d’autant plus élévée que ce devoir est ardu. L’affirmation de l’unité du genre humain, typique de la tradition universaliste, ne peut donc être abandonnée mais doit être précisée dans le sens que :

« cette identité foncière est bien réelle, mais qu’elle n’apparaît pas dans les faits, que deux humanités semblent bien être en face l’une de l’autre, aussi différentes que possible, si différentes que les efforts pour transformer la seconde à image de la première semblent utopiques et vains [14]. »

L’affirmation de Raoul Allier est pour le moins obscure, témoignant bien de l’ambiguïté de la pensée coloniale. D’un côté, il affirme que l’unité du genre humain est réelle, de l’autre, que cette unité ne trouve pas d’écho dans les faits, qui démontrent au contraire l’existence de deux humanités, tellement différentes que tout effort d’unification semble vain. Comment dépasser cette ambiguïté ? Comment penser à la fois l’unité réelle et la division factuelle du genre humain ?

Pour Raoul Allier, l’unité du genre humain est réelle, tout comme l’est, dans la tradition républicaine, l’unité de la nation, fondée sur l’égalité humaine. Cette dernière précède dans un sens théorique l’institution du corps politique, constituant le but de sa réalisation et la raison de sa légitimité. Dans un autre sens, cependant, elle trouve une concrétisation dans l’institution de l’État, précisément capable de réaliser l’égalité et de défendre les droits de l’homme en les transformant en droits du citoyen.

Ainsi, l’unité du genre humain précède par principe sa réalisation concrète mais n’est pas confirmée par les faits, qui montrent encore une humanité divisée entre ceux qui ont eu accès à la raison civilisatrice et ceux qui l’attendent encore. Dire que les hommes sont égaux par principe, mais que cette égalité n’est pas encore concrète signifie que tous sont également capables de s’acheminer sur la voie de la civilisation, qui conduit à la pleine humanité de l’homme, mais que tous ne l’ont pas encore fait, que tous sont civilisables mais pas encore civilisés.

De la même façon que l’État opère l’unité de la nation en transfigurant l’homme dans le citoyen, le colonialisme réalise l’unité du genre humain en transformant le non-civilisé en un homme accompli, unifiant ainsi l’humanité divisée. Raoul Allier résume ainsi le devoir fondamental du colonialisme :

« Le problème est de faire de tous ces indigènes des hommes véritables, des hommes complets, des hommes capables de tous les progrès qui viendront à leur heure [15] »

Les ambiguïtés de Raoul Allier se comprennent ainsi comme une tentative de fonder la nécessité du colonialisme sur le plus universel des principes de la tradition française, l’unité du genre humain, dont la colonisation se propose comme instrument fondamental de réalisation.

Cinquième partie : Une mission tutélaire

Post-scriptum

Ce texte est extrait du livre Mission civilisatrice. Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, publié par Dino Costantini aux Éditions La Découverte.

Textes de Dino Costantini

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Notes

[1] R. MAUNIER, Introduction générale, in A. GIRAULT, Principes de colonisation et de législation coloniale, op. cit., p. 13.

[2] G. HARDY, La Politique coloniale…, op. cit., p. 335.

[3] R. MAUNIER, Introduction générale, op. cit., p. 18.

[4] Ibidem.

[5] A. SARRAUT, Grandeur et servitude coloniales, op. cit., p. 138.

[6] Ibidem.

[7] Ibidem, p. 159.

[8] R. ALLIER, Le Non-civilisé et nous. Différence irréductible ou identité foncière ?, Payot, Paris, 1927, p. 27.

[9] Ibidem, p. 278.

[10] Ibidem.

[11] Ibidem, p. 288.

[12] H. DIETERLEN, cité dans R. ALLIER, Le Non-Civilisé et nous, op. cit., p. 35.

[13] R. ALLIER, Le Non-civilisé et nous, op. cit., p.36.

[14] Ibidem, p. 289.

[15] Ibidem, p. 287.

La mission civilisatrice (Cinquième partie), Une mission tutélaire

Par Dino Costantini, 10 septembre

Introduction

La colonisation conçue comme processus de civilisation se distingue des formes primitives et tendanciellement violentes de la dissémination, comme l’action rationnelle se distingue de l’action instinctive. La colonisation apparaît comme l’expression de la faculté humaine à diriger le besoin instinctif d’expansion au-delà de tout déterminisme utilitariste, de le moraliser, de plier sa nécessité au service de l’idéal de la production de l’unité du genre humain.

Article

Première partie Deuxième partie

Troisième partie Quatrième partie

DINO_-2 La colonisation en tant que civilisation

« s’écarte avec netteté des conceptions d’autrefois qui étaient limitées aux intérêts du négoce et qui, par suite du manque de tout horizon humain, aboutissaient à une exploitation systématique et presque impitoyable des populations administrées  [1]. »

Cette « nouvelle »  [2] doctrine de la colonisation reconnaît, à côté des sacro-saints droits de la puissance colonisatrice, ses devoirs envers les populations soumises, des devoirs qui deviennent chaque jour plus précis et urgents et apparaissent d’autant plus méritoires que leur réalisation est estimée difficile. Selon Georges Hardy :

« le mot de Colonisation […] risquerait de perdre tout sens vraiment précis, si l’on n’y voyait, en fin d’analyse, non point tant l’établissement de colons en pays soumis ou la subordination d’un pays à un autre que la prise en charge d’un groupement momentanément faible par un organisme plus fort, avec le dessein, plus ou moins égoïste, plus ou moins altruiste, de développer les ressources de ce groupement et d’élever son niveau de vie  [3]. »

La colonisation en tant que civilisation naît du constat de l’existence de populations dotées de niveaux de « force » différents, lequel impose comme devoir à la société plus forte, plus avancée ou plus civilisée la prise en charge de celle plus faible. La colonisation se conçoit donc comme l’action tutélaire exercée par les populations civilisées pour prendre en charge le retard des groupes humains les plus faibles. Selon Arthur Girault, cette action tutélaire est l’objet d’un savoir spécifique, d’un véritable « art de la colonisation [qui] peut se comparer à une œuvre d’éducation  [4] » :

« Coloniser c’est […] éduquer les indigènes, les faire évoluer vers le stade de notre civilisation, […] peut-être faire naître des difficultés imprévues pour eux mais, en tous les cas, la barbarie primitive aura cédé devant la civilisation  [5]. »

La colonisation est l’acte par lequel les sociétés plus évoluées se font sujets actifs et conscients du procédé éducatif qu’est la civilisation du monde, en prenant en charge les responsabilités dérivant directement de leur degré supérieur d’évolution.

Le caractère tutélaire constitue l’aspect majeur de la relation coloniale de cette période et la raison de sa supériorité morale sur la colonisation des origines. Selon René Maunier, le colonialisme ancien se distinguait par son caractère de domination violente, d’imposition d’une « autorité illimitée, impartagée, intempérée » :

« Dans l’ancien temps, les colonies avaient ce but de dominer, de régenter ces pays éloignés, ou leurs populations, pour nous exprimer mieux : de les subjuguer sans contrôle aucun  [6]. »

Selon lui, le type de domination exercé par le colonialisme des origines avait comme modèle le pouvoir paternel tel que défini par le droit romain, c’est-à-dire la soumission absolue des fils au pater familias. L’ancienne domination coloniale, construite sur le modèle d’une « paternité puissance » dotée d’un pouvoir sans réserve et sans entrave, se réduisait à l’exercice d’un pouvoir sans autre but que lui-même et sa reproduction.

Au cours de son histoire, la colonisation s’est de plus en plus éloignée de ce modèle primitif. Toutefois selon René Maunier, l’analogie avec le pouvoir paternel n’a pas disparu, mais s’exprime dans une tonalité différente :

« Aujourd’hui, l’idée de la paternité a pris un autre tour ; il faut parler non plus de la paternité puissance, mais bien de la paternité tutelle, usant du mot, parfaitement, au sens qu’il a en droit civil  [7] »

L’institution de la tutelle est définie par le droit civil comme une mesure de protection, qui intervient à partir de la reconnaissance de l’incapacité d’agir d’une personne. La tutelle des mineurs s’exerce en cas de carence du pouvoir parental – lorsque les parents sont décédés ou pour toute autre raison empêchant son exercice. Dès lors, les fonctions du tuteur sont de protéger la personne du mineur, de le représenter dans tous les actes civils et d’administrer ses biens. Le passage du droit du père, qui dans l’Antiquité exerçait le pouvoir dans son propre intérêt, au concept moderne de fonction est l’un des développements marquants de l’évolution du droit civil  [8].

De la même manière, le passage de la « paternité puissance » à celui de la « paternité tutelle » est considéré par René Maunier comme caractéristique de la relation coloniale de cette période. Modelé sur le modèle de la paternité tutelle, le pouvoir colonial ne peut être considéré comme une fin en soi, mais comme mû par une finalité de caractère éminemment moral :

« Car de nos jours le dominant, qui reste dominant, qui se prétend toujours le maître et le seigneur, qui croit toujours régner, ou tout ou moins régir, tient pourtant que son pouvoir a pour raison de remplir un devoir : de procurer à ses sujets ou le salut, ou le bonheur, ou le confort  [9]. »

Comme le pouvoir tutélaire, le pouvoir colonial est un « pouvoir devoir  [10] », un pouvoir tempéré, qui trouve sa limite dans la nécessité de satisfaire sa fonction, celle de pourvoir au bien du sujet en tutelle :

« pouvoir pour le devoir, moyen d’un but, ou instrument d’une fonction ; pouvoir ayant pour rôle et pour mission l’éducation des peuples subjugués. Pouvoir-tutelle donc, car la tutelle aussi a pour raison l’éducation de l’enfant “gouverné”, dans le vieux sens du mot  [11]. »

L’analogie entre pouvoir paternel et pouvoir colonial se fonde sur l’équivalence, d’une part, entre les peuples colonisateurs et l’adulte, pleinement rationnel et capable de maîtrise de soi, et, d’autre part, entre les peuples colonisés et l’enfant, être encore immature, irrationnel, incapable d’agir de manière autonome. L’incapacité d’agir ne concerne par les colonisés en tant qu’individus – auxquels peut-être reconnue une maturité plus élevée – mais l’ensemble du groupe.

Penser le pouvoir colonial à travers le modèle du pouvoir paternel signifie donc considérer les peuples colonisateurs comme des « peuples adultes », pouvant agir librement et rationnellement, et les peuples colonisés comme des « peuples enfants », incapables d’agir collectivement de façon rationnelle et nécessitant donc un pouvoir tutélaire pour les diriger vers leur propre bien.

L’illustration la plus évidente de l’immaturité des « peuples enfants » est la misère proverbiale prévalant avant l’intervention de la puissance colonisatrice :

« Un peu partout, avant notre installation, l’indigène menait une vie misérable, inconfortable au possible  [12]. »

La raison de cette misère est politique. Ces peuples ne connaissent pas ce qui pour la tradition française est la « seule » forme politique légitime et rationnelle : l’État-nation. Les sociétés non européennes (dont on reconnaît la pluralité et la différence) peuvent ainsi être présentées comme un tout indistinct, uni par le dénominateur commun qu’est leur incapacité politique. Quand elles ne vivent pas dans la plus complète anarchie, les populations non civilisées ne sont capables de développer que des structures politiques primitives et despotiques, qui les condamnent à une insécurité endémique :

« Avant l’occupation européenne, nulle colonie ne connaissait ce qu’on entend ici par indépendance. Toutes vivaient sous la poigne de dynasties despotiques ou dans une anarchie qui permettait simplement aux forts de tyranniser les faibles. Elles étaient continuellement ravagées par des guerres, des massacres, des pillages, des enlèvements en masse, et c’est cette inquiétude même, plus encore que les conditions du milieu naturel, qui, de siècle en siècle, les a maintenues dans l’infériorité et la misère »  [13].

Le caractère tyrannique des structures politiques préexistantes à l’occupation européenne est à l’origine d’un droit d’intervention des pays civilisés et démocratiques, un droit que Joseph Folliet interprète comme un devoir envers l’humanité :

« L’un des principaux motifs qui permettent l’exercice de ce droit, c’est la présence, chez un peuple, d’une tyrannie intolérable écrasant la masse ou une notable partie des citoyens. Chez certain peuples “sauvages”, il arrive que cette tyrannie se rencontre sous différentes espèces : sacrifices humains, anthropophagie, traite des esclaves, ainsi de suite. Dans ces conditions, la charité fait un devoir aux peuples mieux évolués de prendre la défense des faibles, de les secourir et de les libérer, même par la force si des résistances injustes dressent leurs obstacles  [14]. »

L’existence de sociétés tyranniques impose la colonisation comme un droit-devoir aux sociétés qui ont développé une structure politique légitime. Les structures politiques tyranniques semblent destinées, en l’absence d’intervention coloniale, à reproduire l’infériorité et la misère, car elles sont incapables de garantir ce qui, depuis Hobbes, est le devoir minimum de toute société politique, la pacification. Celle-ci constitue la première et plus fondamentale prestation des sociétés colonisées, justifiant à elle seule l’entreprise :

« Pour tant de crimes dont on l’accuse et dont elle n’est pas toujours innocente, la colonisation contemporaine a du moins le mérite d’avoir établi, dans des pays dévorés de guerres intestines, de razzias et d’invasions, la paix. La pacification était la première de ses besognes, la condition même de son action. Rien que par là, elle faisait déjà œuvre de moralisation et se montrait supérieure aux autorités qu’elle remplaçait  [15]. »

L’incapacité politique des populations « non civilisées » a pour corollaire leur invisibilité sur le plan du droit international. N’étant pas en mesure, en raison de leur immaturité, de constituer un corps politique légitime, les populations non organisées politiquement selon le modèle de l’État-nation, sont considérées comme inexistantes et leurs territoires comme « inoccupés ».

Louis Le Fur, dans un influent Précis de droit international public, publié à Paris en 1936, considère les terres occupées par les populations non civilisées comme des « territoires sans maître », disponibles à l’appropriation. Par l’expression « territoires sans maître », Louis Le Fur ne veut pas indiquer des espaces sans habitants, mais des territoires non organisés, qui, ne connaissant pas une organisation politique comparable à celle prévalant en Occident, peuvent être considérés comme ouverts à l’occupation coloniale :

« L’existence de territoires sans maître, c’est-à-dire non organisés, telle est la première condition d’une occupation régulière  [16]. »

Cette doctrine ne remonte pas aux années 1930. L’idée que les terres habitées par des tribus « barbares » ou « sauvages » – c’est-à-dire des populations non européennes – doivent être considérées, du point de vue du droit international, comme terrae nullius avait déjà trouvé une expression canonique de la part des puissances coloniales lors de la conférence de Berlin de 1885. Jules Ferry, à l’époque ministre des Affaires étrangères, l’exprime en ces termes :

« D’après la doctrine communément admise par les auteurs, un État peut acquérir, par la seule prise de possession, la suzeraineté de territoires, soit inoccupés, soit appartenant à des tribus sauvages  [17]. »

Les territoires sans habitant et les territoires habités par des populations « inférieures » peuvent, sur la base de ce principe, être considérés de la même manière. Selon Frédéric de Martens, l’un des plus grands juristes français de la fin du XIXe siècle, c’est chose possible en vertu de l’asymétrie caractérisant, en liaison avec le concept clé de « civilisation », toute relation coloniale :

« Le droit international européen n’est point applicable aux relations d’une puissance civilisée avec une nation demi-sauvage  [18]. »

La relation coloniale ne met pas en rapport des pairs, mais des populations relevant de niveaux de développement si différents que ceux-ci rendent impossible l’application d’un droit uniforme. Les « peuples enfants », incapables d’action politique, ne peuvent être considérés comme des sujets juridiques dans le cadre du droit international :

« Le droit international n’est pas applicable à tout le genre humain. Comment saurait-on appliquer ce droit, qui est le produit de la civilisation et une conséquence de la communauté des idées morales et juridiques des nations civilisées, aux peuples qui n’ont aucune conscience des devoirs qui en découlent  [19] ? »

Définir les populations colonisées comme politiquement irresponsables rend les relations coloniales étrangères au cadre du droit international. Les terres occupées par des populations « arriérées » peuvent ainsi être légitimement occupées par des peuples adultes, rationnels et industrieux, seuls capables, comme nous le verrons, de les faire fructifier de façon adéquate.

Le pouvoir colonial en tant que pouvoir tutélaire – de même que le pouvoir paternel qui s’arrête lorsque le mineur atteint la majorité et acquiert la capacité d’agir – doit être pensé comme limité dans le temps, puisque dès le départ son but est de disparaître :

« Il vient un temps où le tuteur se sent tenu d’émanciper l’enfant mineur, où la loi à la fin fait de lui un majeur  [20]. »

C’est pour cette raison que la prise de possession d’un pays ne peut que de façon impropre être comparée à une expropriation. Selon Joseph Folliet une comparaison semblable ne tient pas compte du caractère nécessairement temporaire de la tutelle coloniale :

« Sans dépouiller les indigènes coloniaux de leur propriété sur leur territoire et les biens qu’il abrite, l’État colonisateur tirera parti de ces ressources, en attendant qu’ils soient capables d’y suffire par eux-mêmes. Il agira comme en curateur à l’égard d’un mineur : il gérera leurs possessions en “bon père de famille” et il les éduquera pour les rendre, au plus tôt, aptes à la gestion de leurs biens  [21]. »

Reste à évaluer le temps nécessaire pour mener à bien l’émancipation des peuples colonisés, un temps qui, de par la difficulté de l’entreprise, ne peut jamais être établi de façon précise. Il coïncide, en définitive, avec le temps qui doit être concédé aux « populations enfants » des colonies pour qu’elles puissent réaliser, sous la tutelle du colonisateur, le long chemin qui les sépare de l’âge adulte, de l’acquisition de la raison, de la conscience et de la capacité politique.

Selon Hardy, l’émancipation des peuples colonisés devra advenir de façon prudente et progressive du fait qu’« un peuple ne change pas ses instincts en quelques années  [22] » :

« Si la domination européenne disparaissait, le passé resurgirait du jour au lendemain. Ce serait le recommencement des luttes sanglantes, des tyrannies de clans et de classes, des poursuites féroces et des refoulements ; ce serait aussi l’abandon de toutes les entreprises de relèvement et de progrès – en somme, la plus désastreuse faillite qu’on puisse imaginer  [23] »

Concéder aux populations colonisées une liberté et un pouvoir ne correspondant pas à leur degré de développement et qu’ils ne sont pas capables d’exercer car leur « dressage moral » n’est pas adéquat, signifie selon Arthur Sarraut risquer de les faire retomber « dans l’anarchie d’où nous les avons tirées », abdiquant ainsi le devoir moral fondamental de la colonisation (« Nous n’avons pas le droit de les rejeter aux ténèbres, après avoir illuminé leurs fronts des aurores d’un avenir nouveau  [24]. »)

Pour cela, Albert Sarraut se déclare fermement hostile à toute hypothèse de concession de droits politiques aux populations colonisées :

« Je repousse les systèmes de naturalisation en masse, comme les systèmes de self-government ou de suffrage universel conféré collectivement aux populations indigènes. Ce serait à mon avis la pire démence que d’imposer à des races hétérogènes, dont les stades d’évolution sont au surplus infiniment différents, l’uniformité rigide des directions sociales et politiques auxquelles nous n’avons abouti qu’après de longs siècles d’études et d’éducation  [25]. »

L’âge de la maturité des colonisés est ainsi renvoyé à un futur indéterminé mais suffisamment lointain pour rendre nécessaire une présence tutélaire stable.

Dernière partie : Différence coloniale et histoire universelle

Post-scriptum

Ce texte est extrait du livre Mission civilisatrice. Le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, publié par Dino Costantini aux Éditions La Découverte.

Textes de Dino Costantini

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Notes

[1] Ibidem, p. 280.

[2] Comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, l’équation entre colonisation et civilisation ne constitue en aucun cas une nouveauté dans le panorama de la pensée coloniale française. La conception morale de la colonisation, culminante dans l’idée de la « mission civilisatrice », est explicitement proclamée par la France républicaine depuis l’époque de J. Ferry (voir R. GIRARDET, L’Idée coloniale en France, op. cit.).

[3] G. HARDY, La Politique coloniale…, op. cit., pp. 18-19.

[4] A. GIRAULT, Principes de colonisation et de législation coloniale, op. cit., p. 24.

[5] Ibidem, pp. 23-24.

[6] R. MAUNIER, Introduction générale, op. cit., p. 10.

[7] Ibidem, p. 11.

[8] Voir A. TRABUCCHI, Istituzioni di diritto civile, CEDAM, Padoue, 1998, pp. 83-84.

[9] R. MAUNIER, Introduction générale, op. cit., p. 11.

[10] « La protection des mineurs est un devoir, mais est aussi un droit des parents ; elle peut être définie comme un devoir-pouvoir, une fonction d’important intérêt public » (A. TRABUCCHI, Istituzioni di diritto civile, op. cit., p. 84).

[11] R. MAUNIER, Introduction générale, op. cit., p. 11.

[12] G. HARDY, Nos grands problèmes coloniaux, op. cit., p. 14.

[13] Ibidem, p. 208.

[14] J. FOLLIET, Morale internationale, op. cit., p. 201.

[15] G. HARDY, La Politique coloniale, op. cit., p. 395.

[16] L. LE FUR, Précis de droit international public, Dalloz, Paris, 1936.

[17] Lettre de Jules Ferry, ministre des Affaires étrangères, au baron de Courcel, ambassadeur de France à Berlin, cité dans G. MANCERON, Marianne et les colonies, op. cit., p. 146.

[18] F. DE MARTENS, « La Russie et l’Angleterre dans l’Asie centrale », Revue de droit international et de législation comparée, organe de l’Institut de droit international, t. 11, 1879 ; cité dans G. MANCERON, Marianne et les colonies, op. cit., p. 147.

[19] Ibidem.

[20] R. MAUNIER, Introduction générale, op. cit., p. 12.

[21] J. FOLLIET, Morale internationale, op. cit., pp. 200-201.

[22] G. HARDY, Nos grands problèmes coloniaux, op. cit., p. 208.

[23] Ibidem.

[24] A. SARRAUT, Grandeur et servitude coloniales, op. cit., p. 171.

[25] Ibidem, p. 167.

La mission civilisatrice (Sixième partie), Différence coloniale et histoire universelle

Par Dino Costantini, 10 septembre

Introduction

La différence entre peuples civilisés et non civilisés n’est pas conçue, dans la pensée coloniale telle que la formule par exemple un Albert Sarraut, en termes de différence de nature, mais en termes de différence d’évolution ou de développement – c’est-à-dire en termes essentiellement temporels. Pour le nouveau discours colonial français, colonisateurs et colonisés se situent à des étapes ou à des stades différents par rapport à une même ligne évolutive. Cela lui permet, alors qu’il reconnaît leur commune humanité, de sanctionner l’existence d’une hiérarchie. « Peuples adultes » et « peuples enfants » appartiennent à la même espèce, mais se trouvent à différents moments de la hiérarchie ordonnée de son évolution.

Article

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DINO_ Les différences qui séparent les populations françaises et indigènes empêchent temporairement l’application rigide du principe d’égalité de tous les groupes humains. Mais quant à l’unité du genre humain, Albert Sarraut veille à maintenir une cohérence avec ce postulat républicain :

« L’honneur de la France est d’avoir compris, la première, la valeur d’humanité des races attardées et l’obligation sacrée de respecter et d’accroître cette valeur. La grande pensée de justice qui imprègne la tradition du pays de la Déclaration des droits de l’homme a repoussé le dogme cruel qui décrétait l’infériorité définitive de certaines races. Elle constate à coup sûr le retard de leur évolution, mais s’employant à en corriger les effets, elle s’efforce d’accélérer les étapes ; et dans l’argile informe des multitudes primitives, elle modèle patiemment le visage d’une nouvelle humanité [1]. »

La distance entre colonisateurs et colonisés n’est donc pas celle absolue qui sépare deux races, mais celle temporelle qui oppose un groupe « attardé », « primitif », « archaïque » ou « non-civilisé » à un groupe « avancé », « moderne » ou « civilisé ». L’œuvre de civilisation de la colonisation a pour fin de combler cet abîme temporel et de conduire les « peuples enfants » jusqu’à leur pleine maturité, c’est-à-dire à leur pleine humanité. L’humanité de l’enfant n’est qu’une humanité potentielle, qui a besoin du soin et de la tutelle de l’adulte pour se réaliser complètement.

Au bout du chemin de l’évolution de l’enfant se trouve l’homme. Le devoir de l’homme est de faciliter le parcours de ce chemin, en aidant l’enfant à développer ses capacités de raisonnement et de maîtrise de soi – progressivement, sans brûler les étapes, en attendant le temps naturellement nécessaire à sa maturation. Le devoir moral suprême que le colonialisme se fixe est celui de ressouder la fracture évolutive qui divise le genre humain, en rétablissant son unité et en réalisant l’égalité naturelle de tous ses membres.

Pour ce faire, il doit modeler l’« argile informe » des populations primitives « à l’image » des sociétés civilisées. Alain Ruscio, dans une importante étude sur l’idéologie coloniale, Le Credo de l’homme blanc, décrit ainsi la relation existant entre « peuples enfants » et « peuples adultes » :

« Ce qu’ils sont, nous (= nos aïeux) le fûmes. Ce que nous sommes, ils le seront. Un jour lointain. Les sociétés européennes des XIXe et XXe siècles apparaissent ainsi […] comme un achèvement, comme un but ultime vers lequel toutes les sociétés devraient, devront se rapprocher. Peuples européens, peuples adultes. Les autres, tous les autres, peuples enfants, à des degrés divers d’évolution vers la maturité [2]. »

Une telle vision relève d’une interprétation évolutionniste et monologique de l’histoire, reposant sur l’utilisation du terme « civilisation » dans son acception singulière et absolue et posant la civilisation occidentale comme la fin inéluctable et unique de l’histoire du genre humain.

Si le modèle social, économique et culturel incarné par l’Occident représente l’« achèvement » naturel de l’histoire humaine, son destin, alors, tout ce qui échappe au grand récit de la civilisation – usages, coutumes, traditions, structures communautaires, conceptions de la propriété autres que celle de la propriété bourgeoise, etc. – est nié dans sa fonction historique, conçu comme facteur de retard développemental, comme une variation stérile, ou encore comme une dangereuse déviation sur le chemin linéaire qui mène à la vérité du monde et à la plénitude de l’histoire.

Les nations civilisées, détentrices du monopole de la modernité, sont donc les seules à appartenir au présent de l’histoire. Les peuples colonisés se situent, au contraire, dans le passé, aux échelons les plus reculés de l’histoire humaine, à des niveaux dépassés et destinés inévitablement à disparaître.

La colonisation se présente comme « un devoir plutôt qu’un droit [3] », dont les pays plus avancés assument la responsabilité envers l’humanité. Le but de la colonisation en tant que mission civilisatrice est de combler la distance temporelle – et donc morale – qui sépare les peuples civilisés des non civilisés, réalisant ainsi l’idéal de l’unification du genre humain. Pour reprendre les mots de G. Hardy, « tout l’objet de la politique indigène est de combler peu à peu le fossé intellectuel et moral qui nous sépare des populations coloniales [4]. »

Les spécificités culturelles des populations colonisées rendent l’œuvre de colonisation non seulement méritoire et juste mais nécessaire. En effet, le retard des non-civilisés est dû à leur culture, qui, comme nous l’avons vu, corrompt leurs capacités intellectuelles en les condamnant à l’état de minorité plus encore que ne le ferait une cause biologique.

C’est uniquement par l’intervention providentielle des nations civilisées que ces populations, maintenues par leurs infantiles habitudes culturelles dans le cercle fermé de la reproduction de la tradition, peuvent s’acheminer vers la maturité, la rationalité et la paix. En son absence, la distance entre colonisateurs et colonisés tend à s’agrandir. Selon René Maunier, l’opposition entre populations « attardées » et « avancées » correspond aussi au clivage entre groupes vivant selon la « tradition » et groupes privilégiant l’« invention » :

« Le groupe attardé vit communément par la tradition : coutumes établies, conceptions ancestrales, et vit dans le passé. Il s’adresse à ses morts pour découvrir ce qu’il faut faire en cas de doute ou de danger. Hommes du passé et non du futur, ainsi que le sont tous ces conquérants, tous ces dominants, les Occidentaux, qui sont allés dans les pays de l’outre-mer pour les gouverner et les exploiter. Ceux-ci, ce sont les gens de l’invention ; hommes du futur et non du passé, cherchant du nouveau, voulant le progrès, et le poursuivant opiniâtrement ; en quête toujours de révolution ou d’évolution [5]. »

Colonisateurs et colonisés n’ont pas, selon la pensée coloniale, la même relation au temps. Les seconds restent bloqués dans l’« imaginary waiting room of history [6] », où ils attendent de pouvoir accéder au présent grâce à la médiation civilisatrice des nations colonisatrices. Quant aux premiers, amoureux du progrès et revendiquant le monopole de la modernité, ils ne dominent pas seulement le présent, mais sont la clé de toute possibilité d’évolution des sociétés colonisées, servant de modèle à leur modernisation [7].

La colonisation en tant que civilisation est la rencontre spatiale de populations appartenant à des temporalités différentes. Elle se produit en effet, lorsqu’un groupe cosmopolite, appartenant au présent de l’histoire universelle, rencontre un groupe endémique, enfermé dans la reproduction du passé, c’est-à-dire dans la répétition de ses traditions. Dans la différence qu’il établit entre civilisés et non-civilisés, le colonialisme s’appuie presque invariablement sur un discours allochronique, confinant les différentes populations à l’intérieur de régimes temporels distincts et hiérarchiquement organisés.

En ce sens, le discours colonial ne fait que reproduire – en l’amplifiant – ce qui, pour Johannes Fabian, constitue les limites de la réflexion anthropologique depuis les origines :

« L’anthropologie est apparue et s’est instituée sous la forme d’un discours allochronique (allochronic discourse) ; c’est une science d’hommes différents dans un Temps différent [8]. »

Pour Johannes Fabian, cette dimension du discours anthropologique ne peut être correctement appréhendée que si on la lie directement à la question coloniale :

« Parmi les conditions historiques de l’apparition de notre discipline, qui ont influencé son développement et sa différenciation, il y eut la montée du capitalisme et son expansion impérialiste et colonialiste dans les sociétés mêmes qui sont devenues l’objet de notre enquête. Pour cela, les sociétés expansionnistes, agressives et oppressives, que nous appelons collectivement de façon inexacte l’Occident, avaient besoin d’Espace à occuper. De façon plus profonde et problématique, elles avaient besoin de Temps pour y calquer les schémas d’une Histoire à sens unique [one-way history] : progrès, développement, modernité (et leurs reflets en négatif : stagnation, sous-développement et tradition). Bref, la géopolitique fonde ses racines idéologiques [ideological foundations] dans la chronopolitique [chronopolitics] [9]. »

L’impérialisme en tant que phénomène historique exigeait comme corollaire fondamental une opération de type culturel, sans scrupule, capable de monopoliser le savoir sur le temps et son véritable déroulement, c’est-à-dire un « chronopolitique » adéquate. La production de cette chronopolitique est, selon Johannes Fabian, la préoccupation spécifique du savoir anthropologique depuis ses origines.

L’anthropologue a le monopole du savoir sur le temps, il a la connaissance de son véritable déroulement. C’est à partir d’une telle présomption que l’objet du discours anthropologique – l’Autre – est invariablement projeté dans un autre temps. L’anthropologie apparaît ainsi comme :

« un discours dont le référent a été effacé du présent du sujet parlant/écrivant. Cette “relation pétrifiée” est un scandale. L’Autre de l’anthropologie coïncide, au bout du compte, avec d’autres personnes qui sont nos contemporains [10] ».

Pour Johannes Fabian, le scandale de l’anthropologie réside dans le « denial of coevalness » entre l’anthropologue et l’objet de son étude, c’est-à-dire dans la négation systématique de la contemporanéité entre observateur et observé. Cette négation apparaît dans toute sa complexité à travers la pratique ethnographique, où la contemporanéité de l’anthropologue et de son objet ne peut être niée.

Le même scandale et la même problématique traversent la pensée coloniale, qui, si elle confine idéologiquement les colonisés dans le passé de l’histoire humaine, ne peut pas éviter de les reconnaître comme contemporains au moment de sa mise en œuvre : en tant qu’objet de pouvoir, l’« autre » colonial ne peut qu’être reconnu comme étant présent.

Face à l’évidence dramatique de la contemporanéité du colonisateur et du colonisé, l’allochronie du discours colonial n’est pas simplement un fait linguistique, mais un acte immédiatement politique. Son résultat est double : d’un côté, il permet la production d’une cosmologie politique (« political cosmology [11] »), fondée sur la relégation des populations colonisées à un niveau hiérarchiquement inférieur ; de l’autre, il permet de soutenir que cette même cosmologie se base sur l’idéal de l’unité du genre humain.

Textes de Dino Costantini

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Notes

[1] Ibidem, p. 115.

[2] A. RUSCIO, Le Credo de l’homme blanc, op. cit., p. 56.

[3] G. HARDY, La Politique coloniale…, op. cit., p. 338.

[4] G. HARDY, Nos grands problèmes coloniaux, Armand Colin, Paris, 1929, p. 196.

[5] R. MAUNIER, Introduction générale, op. cit., p. 16.

[6] Voir l’introduction de D. CHAKRABARTY, Provincializing Europe. Postcolonial Thought and Historical Difference, Princeton University Press, Princeton/Oxford, 2000.

[7] Pour une critique du concept monologique et eurocentrique de modernité, que l’on pourrait remplacer par le concept pluriel et dialectique de « entangled modernities », voir S. EISENSTADT, « A Reappraisal of Theories of Social Change and Modernization », in H. HAFERKAMP et N. J. SMELSER (dir.), Social change and Modernity, California University Press, Berkeley/Los Angeles, 1992 ; S. EISENSTADT, Comparative Civilizations and Multiple Modernities, Boston Brill Academic Publishers, Leiden, 2003.

[8] J. FABIAN, Time and the Other : how Anthropology Makes its Object, Columbia University Press, New York, 1983, p. 143.

[9] Ibidem, pp. 143-144.

[10] Ibidem, p. 143.

[11] Ibidem, p. 152.

Publié dans LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL, MENSONGES D'ETAT | Pas de Commentaire »

Pourquoi nous ne pouvons pas attendre, Lettre aux Blancs modérés à propos de la légitime impatience des Noirs

Posté par issopha le 15 octobre 2008

 

 

Des livres importants

 

Pourquoi nous ne pouvons pas attendre,

Lettre aux Blancs modérés à propos de la légitime impatience des Noirs

Par Martin Luther King, 12 mai

Introduction

À l’occasion du quarantième anniversaire de l’assassinat de Martin Luther King, et de la reparution de ses écrits et discours aux éditions Bayard [1], nous republions des extraits choisis d’un de ses textes les plus forts : la Lettre de la geôle de Birmingham. Très loin de l’image aseptisée du pasteur qu’a construite l’idéologie dominante, plus loin encore des appels à la « tolérance », au « vivre-ensemble » et autres mots creux de l’antiracisme étatique et institutionnel, cette lettre propose l’une des analyses les plus profondes du racisme, de ses conséquences subjectives sur celles et ceux qui le subissent, et de la remarquable capacité de cécité et d’indifférence dont il peut faire l’objet, jusque chez les plus sincères antiracistes. Écrite en avril 1963 pendant un séjour en prison, suite à une « action directe de désobéissance civique » (occupation par des Blancs et des Noirs de lieux publics légalement réservés aux Blancs), cette lettre est adressée aux « blancs modérés », c’est-à-dire aux Blancs qui reconnaissent le caractère illégitime de la ségrégation raciale, mais qui reprochent aux activistes noirs d’être trop « impatients », trop « extrémistes », et d’utiliser des moyens de lutte illégaux.

Article

Pourquoi nous ne pouvons pas attendre, Lettre aux Blancs modérés à propos de la légitime impatience des Noirs   dans MARTIN LUTHER KING 2._why_we_cant_waitL’un de vos arguments fondamentaux est que notre action se produit à un mauvais moment. Certains ont demandé :

« Pourquoi ne pas avoir donné aux nouveaux élus le temps d’agir ? ».

La seule réponse que nous pouvons donner, c’est que le nouveau pouvoir, comme l’ancien, a besoin d’être bousculé pour enfin agir.

(…)

L’histoire est la longue et tragique illustration du fait que les groupes privilégiés cèdent rarement leurs privilèges sans y être contraints. Il arrive que des individus soient touchés par la lumière de la morale et renoncent d’eux même à leurs attitudes injustes, mais les groupes ont rarement autant de moralité que les individus. Nous avons douloureusement appris que la liberté n’est jamais accordée de bon gré par l’oppresseur ; elle doit être exigée par l’opprimé. Franchement, je ne me suis jamais engagé dans un mouvement d’action directe à un moment jugé « opportun », d’après le calendrier de ceux qui n’ont pas indûment subi les maux de la ségrégation.

« Attendez ! » [2]

Depuis des années, j’entends ce mot : « Attendez ! ». Il résonne à mon oreille, comme à celle de chaque Noir, avec une perçante familiarité. Cet « Attendez » a presque toujours signifié : « Jamais ! ».

(…)

Il nous faut constater avec l’un de nos éminents juristes que « Justice trop tardive est déni de justice ». Nous avons attendu pendant plus de trois cent quarante ans les droits constitutionnels dont nous a doté notre Créateur. Les nations d’Asie et d’Afrique progressent vers l’indépendance politique à la vitesse d’un avion à réaction, et nous nous traînons encore à l’allure d’une voiture à cheval vers le droit de prendre une tasse de café au comptoir.

3._mlk_son dans MARTIN LUTHER KINGCeux qui n’ont jamais senti le dard brûlant de la ségrégation raciale ont beau jeu de dire : « Attendez ! ». Mais quand vous avez vu des populaces vicieuses lyncher à volonté vos pères et mères, noyer à plaisir vos frères et sœurs ; quand vous avez vu des policiers pleins de haine maudire, frapper, brutaliser et même tuer vos frères et soeurs noirs en toute impunité ; quand vous voyez la grande majorité de vos vingt millions de frères noirs étouffer dans la prison fétide de la pauvreté, au sein d’une société opulente ; quand vous sentez votre langue se nouer et votre voix vous manquer pour tenter d’expliquer à votre petite fille de six ans pourquoi elle ne peut aller au parc d’attractions qui vient de faire l’objet d’une publicité à la télévision ; quand vous voyez les larmes affluer dans ses petits yeux parce que ce parc est fermé aux enfants de couleur ; quand vous voyez les nuages déprimants d’un sentiment d’infériorité se former dans son petit ciel mental ; quand vous la voyez commencer à oblitérer sa petite personnalité en sécrétant inconsciemment une amertume à l’égard des Blancs ; quand vous devez inventer une explication pour votre petit garçon de cinq ans qui vous demande dans son langage pathétique et torturant : « Papa, pourquoi les Blancs sont si méchants avec ceux de couleur ? » ; quand, au cours de vos voyages, vous devez dormir nuit après nuit sur le siège inconfortable de votre voiture parce que aucun motel ne vous acceptera ; quand vous êtes humilié jour après jour par des pancartes narquoises : « Blancs », « Noirs » ; quand votre prénom est « négro » et votre nom « mon garçon » (quel que soit votre âge) ou « John » ; quand votre mère et votre femme ne sont jamais appelées respectueusement « Madame » ; quand vous êtes harcelé le jour et hanté la nuit par le fait que vous êtes un nègre, marchant toujours sur la pointe des pieds sans savoir ce qui va vous arriver l’instant d’après, accablé de peur à l’intérieur et de ressentiment à l’extérieur ; quand vous combattez sans cesse le sentiment dévastateur de n’être personne ; alors vous comprenez pourquoi nous trouvons si difficile d’attendre.

Il vient un temps où la coupe est pleine et où les hommes ne supportent plus de se trouver plongés dans les abîmes du désespoir. J’espère, Messieurs, que vous pourrez comprendre notre légitime et inévitable impatience.

« Pourquoi prônez-vous la désobéissance ? »

Vous exprimez une grande inquiétude à l’idée que nous sommes disposés à enfreindre la loi. Voilà certainement un souci légitime. Comme nous avons si diligemment prôné l’obéissance à l’arrêt de la Cour suprême interdisant, en 1954, la ségrégation dans les écoles publiques, il peut sembler paradoxal, au premier abord, de nous voir enfreindre la loi en toute conscience. On pourrait fort bien nous demander :

« Comment pouvez-vous recommander de violer certaines lois et d’en respecter certaines autres ? »

aa_king_jail_2_eLa réponse repose sur le fait qu’il existe deux catégories de lois : celles qui sont justes et celles qui sont injustes. Je suis le premier à prêcher l’obéissance aux lois justes. L’obéissance aux lois justes n’est pas seulement un devoir juridique, c’est aussi un devoir moral. Inversement, chacun est moralement tenu de désobéir aux lois injustes. J’abonderais dans le sens de Saint Augustin pour qui « une loi injuste n’est pas une loi ».

Quelle est la différence entre les unes et les autres ? Comment déterminer si une loi est juste ou injuste ? Une loi juste est une prescription établie par l’homme en conformité avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est une prescription qui ne se trouve pas en harmonie avec la loi morale. Pour le dire dans les termes qu’emploie saint Thomas d’Aquin, une loi injuste est une loi humaine qui ne plonge pas ses racines dans la loi naturelle et éternelle. Toute loi qui élève la personne humaine est juste. Toute loi qui la dégrade est injuste. Toute loi qui impose la ségrégation est injuste car la ségrégation déforme l’âme et endommage la personnalité. Elle donne à celui qui l’impose un fallacieux sentiment de supériorité et à celui qui la subit un fallacieux sentiment d’infériorité.

(…)

Nous ne pourrons jamais oublier que tous les agissements de Hitler en Allemagne étaient « légaux » et que tous les actes des combattants de la liberté en Hongrie étaient « illégaux ». Il était « illégal » d’aider et de réconforter un juif dans l’Allemagne de Hitler. Mais je suis sûr que si j’avais vécu en Allemagne à cette époque-là, j’aurais aidé et réconforté mes frères juifs même si c’était illégal.

(…)

« Vous provoquez des tensions ! »

Je dois vous faire deux aveux sincères, mes frères chrétiens et juifs. Tout d’abord je dois vous avouer que, ces dernières années, j’ai été gravement déçu par les Blancs modérés. J’en suis presque arrivé à la conclusion regrettable que le grand obstacle opposé aux Noirs en lutte pour leur liberté, ce n’est pas le membre du Conseil des citoyens blancs ni celui du Ku Klux Klan, mais le Blanc modéré qui est plus attaché à l’« ordre » qu’à la justice ; qui préfère une paix négative issue d’une absence de tensions à une paix positive issue d’une victoire de la justice ; qui répète constamment : « Je suis d’accord avec vous sur les objectifs, mais je ne peux approuver vos méthodes d’action directe » ; qui croit pouvoir fixer, en bon paternaliste, un calendrier pour la libération d’un autre homme ; qui cultive le mythe du « temps-qui-travaille-pour-vous » et conseille constamment au Noir d’attendre « un moment plus opportun ». La compréhension superficielle des gens de bonne volonté est plus frustrante que l’incompréhension totale des gens mal intentionnés. Une acceptation tiède est plus irritante qu’un refus pur et simple.

(…)

J’avais espéré que les blancs modérés le comprendraient : la loi et l’ordre ont pour objet l’établissement de la justice ; quand ils viennent à y manquer, ils se transforment en dangereux barrages dressés contre le progrès social. J’avais espéré que les blancs modérés le comprendraient : l’état de tension actuel dans le Sud n’est qu’une transition nécessaire : il nous faut sortir d’une phase détestable de paix négative, où le noir accepte passivement son sort injuste, et entrer dans une phase de paix positive et pleine de sens, où tous les hommes respecteront la dignité et la valeur de la personne humaine.

6._malcolm_mieux

En réalité, ce n’est pas nous qui créons la tension en nous lançant dans l’action directe non-violente de désobéissance civique. Nous nous contentons de rendre visible une tension cachée qui existe déjà. Nous l’étalons au grand jour, là où elle peut être observée et traitée. Comme un abcès qui ne peut pas être traité et guéri tant qu’il reste interne, invisible, mais qui doit être ouvert et exposé, dans toute sa laideur purulente, aux remèdes naturels que sont l’air et la lumière, de même l’injustice doit être exposée, avec toutes les tensions que cela entraîne, à la lumière de la conscience humaine et à l’air de l’opinion publique, avant de pouvoir être guérie.

Dans votre déclaration, vous affirmez que nos actions, bien que pacifiques, doivent être condamnées car elles précipitent la violence. Mais peut-on procéder à une telle assertion en bonne logique ?

Cela ne revient-il pas à condamner la victime d’un vol sous prétexte qu’en ayant de l’argent elle a poussé le coupable à commettre un acte de malhonnêteté répréhensible ?

Cela ne revient-il pas à condamner Socrate sous prétexte que son inébranlable attachement à la vérité et ses réflexions philosophiques ont poussé une opinion publique dévoyée à lui faire boire la ciguë ?

Cela ne revient-il pas à condamner Jésus, sous prétexte que son souci sans pareil de Dieu et sa soumission incessante à la volonté de celui-ci ont précipité le geste pervers de ceux qui l’ont crucifïé ?

Comme les juges fédéraux l’ont sans cesse affirmé et comme nous devons l’admettre : il est immoral de demander à un individu qu’il renonce à s’efforcer d’obtenir ses droits constitutionnels fondamentaux sous prétexte que sa quête précipite la violence. La société doit protéger la victime et châtier le voleur.

« Faîtes confiance au temps : il travaille pour vous ! »

J’avais également espéré que les Blancs modérés rejetteraient le mythe du « temps-qui-travaille-pour-vous ».

J’ai reçu ce matin une lettre d’un de nos frères blancs au Texas. Il me dit :

« Tous les chrétiens savent que les personnes de couleur obtiendront un jour l’égalité des droits, mais il est possible que votre hâte religieuse soit trop grande. Il a fallu près de deux mille ans à la chrétienté pour accomplir ce qu’elle a accompli. Il faut du temps pour que l’enseignement du Christ s’impose ici-bas. »

Tout ce que dit mon correspondant résulte d’une conception tragiquement erronée de l’action du temps. Prétendre que le temps, à lui seul, guérira inéluctablement tous les maux, voilà une idée étrangement irrationnelle. En réalité, le temps est neutre ; il peut être utilisé pour construire ou pour détruire. J’en suis venu à penser que les hommes de mauvaise volonté l’ont mis à profit bien plus efficacement que les hommes de bonne volonté. Notre génération ne doit pas se reprocher seulement les actes et les paroles au vitriol des méchants, mais aussi l’effrayant silence des justes. Nous devons admettre que le progrès de l’humanité ne roule jamais sur les roues de l’inéluctabilité. Il n’est amené que par les efforts inlassables et persistants des hommes qui ont la volonté de collaborer à l’oeuvre de Dieu. Sans ce dur labeur, le temps lui-même devient l’allié des forces de stagnation sociale.

(…)

« Ne soyez pas extrêmistes ! »

Les opprimés ne peuvent demeurer dans l’oppression à jamais. Le moment vient toujours où ils proclament leur besoin de liberté. Et c’est ce qui se produit actuellement pour le Noir américain. Quelque chose, au-dedans de lui-même, lui a rappelé son droit naturel à la liberté et quelque chose en dehors de lui-même lui a rappelé que cette liberté, il pouvait la conquérir. Consciemment ou inconsciemment, il a été saisi par ce que les Allemands appellent le Zeitgeist [3] et, avec ses frères noirs d’Afrique, ses frères bruns ou jaunes d’Asie, d’Amérique du Sud et des Antilles, il avance avec un sentiment d’urgence cosmique vers la Terre promise de la justice raciale.

5._doigt_pointeEn observant cet élan vital qui s’est emparé de la communauté noire, chacun devrait aisément s’expliquer les manifestations qui ont lieu sur la voie publique. Il y a chez le Noir beaucoup de ressentiments accumulés et de frustrations latentes ; il a bien besoin de leur donner libre cours.

(…)

S’il ne défoule pas, par des voies non violentes, ses émotions réprimées, celles-ci s’exprimeront par la violence. Ce n’est pas une menace mais un fait historique. Je n’ai pas demandé à mon peuple : « Oublie tes sujets de mécontentement. » J’ai tenté de lui dire, tout au contraire, que son mécontentement était sain, normal, et qu’il pouvait être canalisé vers l’expression créatrice d’une action directe non violente. C’est cela qui est dénoncé aujourd’hui comme extrémiste.

Je dois admettre que j’ai tout d’abord été déçu de le voir ainsi qualifié. Mais en continuant de réfléchir à la question, j’ai progressivement ressenti une certaine satisfaction d’être considéré comme un extrémiste.

Jésus n’était-il pas un extrémiste de l’amour« Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous maltraitent » ?

Amos n’était-il pas un extrémiste de la justice« Que le droit jaillisse comme les eaux et la justice comme un torrent intarissable » ?

(…)

Abraham Lincoln n’était-il pas un extrémiste – « Notre nation ne peut survivre mi-libre, mi-esclave » ?

Thomas Jefferson n’était-il pas un extrémiste – « Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes : tous les hommes ont été créés égaux » ?

1._jailAussi la question n’est-elle pas de savoir si nous voulons être des extrémistes, mais de savoir quelle sorte d’extrémistes nous voulons être. Serons-nous des extrémistes pour l’amour ou pour la haine ? Serons-nous des extrémistes pour la préservation de l’injustice ou pour la cause de la justice ?

(…)

J’avais espéré que les blancs modérés le comprendraient. Il se peut que j’aie été trop optimiste. Il se peut que j’ai trop attendu d’eux. J’aurais dû comprendre que parmi les membres d’une race qui en a opprimé une autre, il en est peu qui puissent comprendre ou mesurer les revendications profondes et les espoirs passionnés de ceux qui ont été opprimés ; et moins encore qui aient la lucidité de voir que seule une action vigoureuse, persistante, déterminée, peut déraciner l’injustice. C’est pourtant avec un sentiment de reconnaissance que je vois certains de nos frères blancs saisir la signification de notre révolution sociale et s’y dévouer. Leur nombre est bien trop faible encore, mais leur qualité est considérable. Certains, comme Ralph Mc Gill, Lilian Smith, Harry Golden et James Abb, ont témoigné par écrit de notre lutte, en des termes prophétiques et pénétrants. D’autres ont manifesté avec nous dans les rues anonymes du Sud. Ils ont langui dans des prisons immondes, infestées de cafards, subi les abus et les brutalités de policiers en colère qui les traitaient de « sales lécheurs de nègres ». À l’inverse de beaucoup de leurs frères et sœurs modérés, ils ont reconnu l’urgence du moment et senti le besoin d’un puissant antidote, sous forme d’action, pour combattre la maladie de la ségrégation.

Post-scriptum

La Lettre de la geôle de Birmingham figure parmi les textes regroupés dans le recueil Je fais un rêve, pubié aux éditions Bayard (avril 2008, 12 euro)

Textes de Martin Luther King

Notes

[1] Martin Luther King, Je fais un rêve, Bayard éditions, 2008, 12 euro

[2] Les intertitres sont rajoutés par le Collectif Les mots sont importants

[3] Littéralement : « esprit du temps ».

Publié dans MARTIN LUTHER KING | Pas de Commentaire »

Détention d’étrangers : les premiers contrecoups de la directive retour.Pour un droit de regard dans les lieux d’enfermement pour étrangers

Posté par issopha le 15 octobre 2008

comuniqué presse

Détention d’étrangers : les premiers contrecoups de la directive retour

Pour un droit de regard dans les lieux d’enfermement pour étrangers

par réseau migreurop | publié le 14 octobre 2008 |

Moins de trois mois après l’adoption par le Parlement européen de la directive « retour », qui institutionnalise l’enfermement généralisé des étrangers, les mesures prises par les Etats européens s’inscrivent dans cette même logique d’enfermement et de criminalisation et des étrangers.

Ainsi en Italie, où depuis des années on décrète à chaque occasion l’ »état d’urgence » au prétexte d’une menace d’invasion, le Conseil des ministres vient de décider de doubler le nombre de centres de détention où sont placés les étrangers qu’on veut expulser. Depuis le mois de juillet, les militaires ont rejoint la police et la gendarmerie dans ces CIE (centres d’identification et expulsion- ex CPT centres de permanence temporaire), où les associations n’ont qu’un accès très limité. Le Ministre de l’Intérieur Maroni a aussi exprimé l’intention du gouvernement de créer des centres fermés pour interner les demandeurs d’asile et de porter à 18 mois la durée de la détention, aujourd’hui limitée à 60 jours.

L’allongement des délais est également à l’ordre du jour en Espagne, où les témoignages dénonçant la violence policière sont récurrents, alors que les associations se voient refuser le droit d’accès aux centres fermés pour étrangers qu’elles réclament depuis longtemps.

En France, alors que les associations dénoncent les conséquences de la politique du chiffre menée par le gouvernement en matière d’éloignement, celui-ci veut mettre fin à la mission de défense des droits des étrangers et de témoignage assurée jusqu’ici par la Cimade dans les CRA. En réduisant cette mission à une mission d’information, en la transformant en un marché concurrentiel ouvert à des prestataires de services soumis à des obligations de neutralité et de confidentialité, il supprime de fait la possibilité de regard de la société civile sur ces lieux d’enfermement.

Les mises en garde des nombreuses voix qui se sont élevées contre la directive retour étaient fondées : au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, et au prétexte de répondre aux attentes de l’opinion publique, la détention est en train d’être érigée en système, dans le cadre d’une redoutable harmonisation européenne de l’enfermement des migrants. Si nous restons inactifs, l’allongement des délais, la déshumanisation et l’opacité seront la norme dans tous les lieux d’internement administratif pour étrangers.

Les camps d’étrangers sont l’épicentre de multiples atteintes aux droits fondamentaux. Ne laissons pas tirer sur eux un rideau de silence. Les associations et la société civile ont le droit de savoir ce qui s’y passe.

A l’heure où l’Europe renforce ses dispositifs de contrôle et de détention les associations rassemblées dans le réseau Migreurop lancent une campagne pour exiger un droit de regard sur ces lieux de détention des étrangers en vue :

- de faire connaître la réalité et les conditions de l’enfermement des étrangers dans ces centres,

- de jouer un rôle d’alerte et de défense des étrangers détenus,

- de témoigner sur les conséquences de cet enfermement et sur les situations conduisant aux violations des droits des migrants.

14 octobre 2008

POUR CONTACTS : contact@migreurop.org ou 01 53 27 87 81

Migrations. Positionnement de Survie

S’agissant de la question de l’immigration, Survie s’intéresse surtout à celle venant des pays qui ont été colonisés par la

France et dont la situation est étroitement dépendante de la politique française, à la fois économiquement et historiquement.

Il se trouve que c’est cette immigration-là qui est particulièrement visée par les dispositions de lutte contre l’immigration

mises en oeuvre actuellement.

Un droit fondamental : la liberté de circuler

On peut vouloir quitter son pays momentanément pour voyager, ou pour s’établir durablement ou définitivement en un

autre lieu. Il faut donc d’abord réaffirmer que la liberté d’aller et venir est une liberté qui figure au nombre des droits de

l’homme. L’assignation à résidence est une sanction ou un abus. La première constatation choquante est de voir traiter

comme des délinquants des êtres humains qui ont voulu exercer cette liberté. Plus les moyens de se déplacer sont faciles,

plus la liberté de circulation se restreint. Avec les progrès de ces moyens de déplacement, les Européens ont cependant,

depuis plus de quatre siècles, peuplé les Amériques, l’Australie et autres lieux. Ils décrètent aujourd’hui l’interdiction

de circulation pour les peuples, qui, pour les mêmes raisons qu’eux, éprouvent le besoin de s’expatrier. C’est une prétention

difficilement justifiable. Pourtant c’est ce que veut négocier le gouvernement français avec ses satellites africains. On

donne aux gouvernements des moyens policiers avec l’obligation de contrôler et d’empêcher la sortie de leurs concitoyens,

violant ainsi l’article 13 de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui stipule :

Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien.

 

 

Immigration profitable ou jetable

S’agissant de la France, le pays, depuis longtemps, a profité de l’immigration. Les nécessités de la reconstruction et du

développement industriel de la France après 1945 ont amené l’État à encourager le recrutement massif de main-d’oeuvre

immigrée, notamment dans les pays du Maghreb. Pendant la guerre froide les États occidentaux ont milité pour la libre

circulation des personnes, s’opposant au fait que l’URSS et les pays du bloc soviétique empêchaient leurs ressortissants

de se rendre à l’étranger. L’épisode de la construction du mur de Berlin illustre cette situation.

Parallèlement, dès les années soixante dix, des dispositions restrictives de l’immigration en provenance du Sud ont été

prises en France. Elles n’ont fait que se durcir depuis, engendrant l’augmentation des immigrants clandestins ou « sanspapiers

».

Il s’est constitué de fait une population de « hors la loi », indésirables, qui, bien loin d’être traités suivant les principes des

droits de l’homme, sont assimilés à des délinquants et font l’objet d’un traitement policier, détention, contrainte etc.

L’accent mis actuellement sur le fait que seuls doivent compter les « besoins » du pays d’accueil, en dehors de toute

considération de droits humains, notamment les droits familiaux qui sont bafoués, montre une politique exclusivement

fondée sur la puissance et le profit comme seuls principes.

La question démographique et la question culturelle

La France n’est pas un pays surpeuplé, c’est un pays où la population vieillit. La question de l’emploi, toujours mise en

avant quand on parle d’immigration, est un trompe l’oeil. La réalité sociale montre que des secteurs entiers d’activité

(bâtiment, restauration) dépendent de l’immigration, Il ne devrait donc pas y avoir, en France, un « problème » de l’immigration,

mais il y a, de toute évidence, un problème de racisme à l’égard des populations du tiers-monde, particulièrement

celles qui sont issues de l’empire colonial français, qui représentent pourtant, du fait de la langue et de l’histoire, une

communauté de prédilection. La mise en exergue de faits divers isolés sert la propagande qui présente comme inassimilable

une population au contraire déjà francisée par la colonisation et qui ne demande qu’à s’intégrer. Le défaut d’intégration

vient essentiellement de la ghettoïsation forcée des pauvres, c’est-à-dire surtout des immigrés, nouveau prolétariat voué à

l’exploitation, à qui on n’a laissé que le repli identitaire comme consolation. Déplorer bruyamment ensuite le communautarisme

a quelque chose d’indécent et marque la volonté de « démoraliser » par tous les moyens une population mise au

pilori, désignée au rejet xénophobe.

210, rue Saint-Martin

75003 PARIS

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01 44 61 03 25

Des pays invivables

La focalisation sur l’immigration, présentée comme un danger et une menace, masque également le problème, passé

sous silence, de la politique néocoloniale de la France en Afrique. L’appauvrissement des populations africaines tient essentiellement

au fait de la domination qui s’est exercée et s’exerce encore, politiquement et économiquement, sur leurs

pays. Ce qu’on appelle aujourd’hui le co-développement est voué, comme naguère la coopération, à l’échec, si on se

contente de saupoudrer les fonds d’une pseudo charité sans attaquer à la racine l’ordre économique inique qui règne sur

les échanges Nord-Sud.

Il faut savoir d’ailleurs que l’aide la plus importante et la plus efficace vient de l’immigration africaine elle-même, qui effectue

des transferts d’un montant plus élevé que celui de l’aide gouvernementale. Malgré cet effort des Africains émigrés, les

flux de richesses qui quittent l’Afrique sont toujours plus importants que ceux qui y viennent, engendrant un appauvrissement

inéluctable.

En effet avant de penser à guérir, il faudrait d’abord ne pas nuire. Le maintien dans la pauvreté des pays du Sud est dû

d’une part au pillage des matières premières, appuyé sur la corruption des classes dirigeantes, dans les pays qui disposent

de ces ressources et d’autre part aux obstacles au développement mis par les subventions accordées à l’agriculture

des pays du Nord, sur le marché mondial de la production agricole, qui ruinent les paysans majoritaires dans les pays du

Sud.

Un ordre mondial féroce

La résistance de l’OMC à tout changement dans l’organisation des échanges voue irrémédiablement des populations entières

à l’exode. Et tous les discours vertueux sur l’aide au développement ou le co-développement n’y changeront rien.

L’espoir pour les pays du Sud ne peut venir que de la lutte qu’ils mèneront pour se défendre contre les contraintes imposées

par la domination des pays riches qui monopolisent le pouvoir dans les organisations internationales et n’agréent

dans les pays du Sud que les dirigeants qui relaient leurs choix.

Il est vital d’instaurer un ordre mondial plus juste, qui permettra à chacun de choisir librement où il veut vivre, au lieu de

subir la contrainte de la pauvreté qui vous pousse à partir, et celle de la police qui vous expulse.

Une politique de la haine

Mais le plus élémentaire respect de l’humanité commande aussi de ne pas soumettre à des traitements dégradants les

immigrés, qui sont une richesse humaine.

La chasse aux immigrés et l’expulsion créent des situations inhumaines : vies brisées, familles disloquées. Les lois sur

l’immigration ne servent qu’à fabriquer des sans papiers, dont on déplore ensuite le nombre : refus du regroupement familial,

refus de régulariser ou de proroger automatiquement le séjour de dix ans.

Les conditions de délivrance des visas sont de plus en plus humiliantes et font se détourner de la France un nombre croissant

de gens conscients de leur dignité. L’instrumentalisation du fantasme de l’immigration à des fins électoralistes sème

les germes des haines civiles, génératrices de tempêtes sociales.

Symptôme du désordre mondial, le phénomène de contrainte migratoire doit conduire à un

changement politique dans la lutte contre la pauvreté. Il s’agit de s’attaquer à ses racines pour

supprimer les injustices les plus criantes. Si on se contente de lutter contre les effets, en faisant

la guerre aux immigrés, et si on ne fait rien de sérieux sur les causes, les conséquences

en matière de droits de l’homme et de coût humain seront désastreuses.

Michel Rocard, il y a quelques années, au sujet de l’immigration

avait eu cette phrase : « La France ne peut

accueillir toute la misère du monde ». L’immigration

est-elle forcément synonyme de misère ?

En premier lieu, la phrase complète prononcée par Michel Rocard était : « La

France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit y prendresa part

».

Dire que l’immigration, c’est toute la misère du monde est une vision réductrice

d’une immigration en réalité diverse. Les migrants chassés par les

conflits, les catastrophes écologiques, la famine se déplacent principalement

dans le sens sud-sud. Les Africains en quête de travail, ceux qui fuient la

misère ou la guerre, ne convergent pas tous vers l’Europe. Loin de là. Ils n’arrivent

que marginalement en Europe.

Tandis que l’Afrique subsaharienne compte 17 millions de migrants internes

au continent, les trente pays riches de l’OCDE en accueillent moins de 4 millions.

D’autre part, les migrants les plus pauvres sont de plus en plus entravés

dans leurs migrations vers les pays riches par l’élévation de barrières policières

et militaires de plus en plus importantes dans un contexte de mondialisation

prévoyant la libre circulation des marchandises mais pas celle des hommes.

Ce renforcement du contrôle des mouvements humains s’accompagne

d’un discours populiste et d’exclusion dans lequel les migrants sont présentés

comme un danger pour les équilibres sociaux. C’est une politique du bouc

émissaire.

Quelle est la réalité de l’immigration en France ?

Selon une étude de l’Insee, sur les 4,9 millions d’immigrés que comptaient la

France en 2004, 1,7 million venait de 25 pays de l’UE actuelle, un million et

demi d’immigrés venait du Maghreb, presque exclusivement des Algériens et

Marocains. Le reste du monde totalise 1,4 million de personnes, 29 % des

immigrés, venues essentiellement d’Asie et à l’Afrique sub-saharienne dont les

natifs, issus des anciennes colonies françaises, étaient 570.000 (+ 45 % en 5

ans).

L’étude relève que depuis 1982, « le niveau de formation des immigrants afortement progressé« . Certes, il y a encore 41 % des 30-49 ans qui détiennent

au mieux un certificat d’études primaires (17 % chez les non-immigrés), mais

près d’un immigré sur quatre (24 %) est diplômé du supérieur, guère moins

que les Français de souche (29 %). Cette amélioration est due à l’arrivée de

nouveaux migrants mieux formés : 33 % de ceux installés en France depuis

moins de 10 ans sont diplômés du supérieur, contre 27 % arrivés il y a 10 à 19

ans.

La France est aujourd’hui globalement bien en dessous des niveaux d’immigration

du début du 20ème siècle. Aujourd’hui si nous avions des niveaux d’immigration

analogues, la France gagnerait environ 600.000 habitants. Avec

l’arrivée pour la seule France, en 2004, de quelque 140.000 entrants réguliers,

et de 80.000 à 100.000 entrants irréguliers (chiffre cité par Nicolas Sarkozy),

on est loin du compte (source : Institut nationale des études démographiques).

Selon l’OCDE, la France se situe, avec deux entrées d’étrangers pour 1.000

habitants en 2002, tout en bas de l’échelle des pays de l’OCDE, juste avant la

Finlande et la Hongrie. A titre de comparaison, le Canada et le Royaume Uni

comptent huit entrées d’étrangers pour 1.000 habitants, l’Italie sept pour 1.000

et la Suède cinq pour 1.000. Les flux migratoires n’ont donc pas l’importance

qu’on veut leur donner. Ainsi, face aux 7 à 11 millions d’immigrés irréguliers

qu’il a été question de régulariser aux Etats-Unis, en 2004, à proportions égales,

il s’agirait de régulariser, en France, quelque 1,4 millions de sans-papiers.

Pourquoi « choisir » les immigrés pour ne plus les

subir ?

En réalité, la France n’a jamais été dans un autre cadre que celui de l’immigration

« choisie ». La France a choisi depuis longtemps de contrôler l’entrée

en France des ressortissants étrangers. Il existe, depuis 1945, un Etablissement

public, l’Office national d’immigration (ONI) devenu OMI puis plus récemment

ANAEM par la fusion de l’OMI et du SSAE (Service social d’aide

aux Etrangers) dont l’une des missions est précisément d’assurer la régularité

de l’entrée des étrangers en France. L’immigration choisie existe donc depuis

longtemps. C’est celle qui est dûment autorisée par les préfets ou les directions

départementales du travail selon qu’il s’agit de familles ou de travailleurs.

L’ANAEM se charge ensuite, en lien, avec ses délégations à l’étranger ou

avec les services des consulats de France, d’acheminer ces personnes dans

notre pays. Depuis 20 ans, tous les ministres de l’Intérieur ont signés leur loi

sur l’immigration. Nicolas Sarkozy en même fait adopter trois en trois ans avec

toujours plus de surenchère. Il a fait recette et n’a jamais cherché à dépassionner

le débat. Au contraire, il a aggravé le ressenti des français sur la question

et capitalisé en désignant clairement l’immigration comme un problème.

La réalité des chiffes le contredit.

Pourquoi les lois sur le durcissement du regroupement  familial sont-elles associées à la lutte contre l’immigration «subie » ?

Rappelons d’abord que le regroupement n’a concerné en France que 17.309

personnes en 2006. Les trois quarts du rapprochement familial concernent les

conjoints de Français (9.093 conjoints et 8.216 enfants, source Terre d’asile).

Dans un pays de 64 millions d’individus, c’est un chiffre dérisoire.

On exploite là tous les fantasmes : la peur de l’envahissement, la polygamie

ou le nombre d’enfants réputé innombrables. Le débat sur l’introduction de

tests ADN pour les candidats au regroupement familial et la mise en avant

systématique de la notion d’identité nationale entretient un racisme pernicieux

dans la société française. Hervé Morin, aujourd’hui ministre de la Défense, ne

s’y trompait pas en déclarant en 2006 : « les lois pour contenir l’immigration ne

sont que de la poudre aux yeux » tant que « des gens crèvent de faim à nosfrontières

», «on raconte des histoires aux Français en permanence sur l’immigration

« . « On leur explique qu’il suffit de changer les lois pour que l’immigration

n’existe plus». Ce sont des discours pour les gogos ».

Les discours politiques actuels parlent de déferlantes

d’immigrés en France et en Europe

C’est une affirmation très largement exagérée. La pression migratoire des

pays africains sur l’Europe reste modeste, selon un rapport publié, le 23 juin

2008, par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). On estime

que ce sont des dizaines de milliers de ressortissants ouest-africains en situation

irrégulière qui entrent chaque année dans les pays d’Europe et non pas

des centaines de milliers souligne le rapport. Selon ce même rapport, l’Europe

accueille 800.000 immigrés légaux originaires d’Afrique de l’Ouest, contre

2,6 millions qui viennent d’Afrique du Nord. De manière plus générale, les

réalités des migrations internationales dépassent largement les fantasmes

trop souvent véhiculés en France car ce phénomène ne concerne que 200

millions de personnes, soit à peine 3% de la population mondiale. Seuls 3%

des 4 millions des expatriés maliens sont en France. Bon nombre de nos

suppositions ou croyances en ce domaine trouvent leur origine soit dans une

certaine propagande politicienne soit dans des raccourcis médiatiques.

Survie et les migrations.

 

Questions/Réponses

Quel est le coût de l’immigration ?

La France peut-elle l’assumer économiquement ?

Avant de « coûter », elle rapporte ! La grosse majorité des sans-papiers travaillent.

Ils sont en effet très «attractifs» pour des patrons qui par le biais des horaires qu’ils

imposent et du travail à la tâche, parviennent, en les employant, à abaisser considérablement

le coût du travail. Le même mécanisme joue d’ailleurs pour les étrangers

réguliers dotés d’un titre de séjour précaire. De plus, lorsqu’un immigré pénètre sur

le sol français, il est directement opérationnel et même s’il connaît des périodes de

chômage, c’est quelqu’un qui n’aura rien couté en termes d’éducation ou de formation

professionnelle. Dans le domaine de la santé, la Sécurité sociale espagnole a

calculé qu’elle ne serait pas bénéficiaire s’il n’y avait pas les cotisations des immigrés.

L’apport des immigrés au système de Sécurité sociale espagnole représente

approximativement le surplus de 7,7 milliards d’euros du budget 2007. En Espagne,

il y avait, en 2007, dans la population immigrée trente actifs cotisants pour un retraité

alors que parmi les autochtones espagnols la proportion était de 2,65 pour 1. Ce

sont des données jamais prise en compte par ceux qui dénoncent le prétendu

« coût » de l’immigration.

En France, la première génération d’immigrés d’après-guerre a contribué à la prospérité,

la deuxième l’a renforcée. La troisième est aujourd’hui marginalisée et humiliée.

Ce qui « coûte » en revanche, ce sont les expulsions. Familles disloquées,

enfants séparés, personnes renvoyées dans un pays où leur vie est en danger ….le

coût de cette frénésie de l’expulsion est avant tout humaine. Mettre en parallèle le

coût financier que représente cette politique renforce encore le caractère inhumain

d’une logique du chiffre poussé à l’absurde. Ainsi, au cours de l’été 2008, le préfet

des Pyrénées-Atlantiques n’a pas hésité à affréter un avion privé, avec escorte

policière, pour renvoyer une famille albanaise. Damien de Blic, enseignant et chercheur,

coauteur de « Sociologie de l’argent » (La Découverte 2007) estimait que

l’expulsion des sans-papiers avait coûté, entre 2003 et 2006, 3 milliards d’euros aux

caisses de l’Etat. Il évaluait également à près de 15 000 équivalents temps plein, le

nombre de fonctionnaires dédiés à la seule politique de reconduite à la frontière.

« C’est l’immigration qui nettoie le métro! », tranche

de vie

Les centaines d’ouvriers qui nettoient le métro la nuit à Paris sont quasiment tous

des immigrés venus de Tunisie, du Maroc, du Portugal, du Mali ou du Sénégal

(sources syndicales). « C’est l’immigration qui nettoie le métro! », témoigne l’un de

ces agents d’entretien. Après 30 ans de travail nocturne, il perçoit tout juste 1.500

euros net mensuels, selon sa fiche de paie. Il est employé par l’une des quatre

sociétés qui se partagent le marché du nettoyage du métro: Comatec, Onet propreté

métro, Challancin, TEP métro. « Tous les cinq ans environ, la RATP lance denouveaux appels d’offre, explique-t-il. Pour proposer les prix les moins chers, le

sous-traitant décide souvent de ne pas remplacer des employés: sur une ligne, c’est

comme cela qu’il a été demandé de faire le même chantier avec 13 salariés en

moins... » Certains de ses collègues cumulent deux emplois: « ils font huit heures

dans le métro la nuit, puis trois heures ailleurs le matin. Ils sont un peu fatigués…

D’autant plus qu’ils sont mal logés. »  » Une chose est sûre, conclut-il, « les patrons

préfèrent embaucher des immigrés« , des gens qui « ne regardent pas leur montre

 » et

qui « ont très peur de faire grève comme s’ils allaient en mourir! »

Brice Hortefeux se félicite du chiffre de 30 000 expulsions

en 2007.

Que recouvre ce chiffre ?

C’est avant tout une communication politique. Ce chiffre de 30 000 expulsions cache

surtout quelques grosses ficelles. Ainsi, 13 000 de ces expulsions concerne l’île

de Mayotte, eldorado au milieu d’un l’archipel des Comores misérable. La police de

l’air et des frontières n’hésite plus à interpeller des étrangers qui quittent d’eux

mêmes le territoire en train, bus ou autres pour gonfler les chiffres en les faisant par

la case Centre de rétention. De même, elle interpelle des étrangers, de passage en

France, en situation régulière dans les autres pays européens de l’espace Schengen.

Des méthodes indignes pour simplement gonfler les chiffres et atteindre les

quotas fixés par le ministre de l’immigration.

Quelle est l’image de la France hors de ses

frontières ?

Exécrable ! Dans un texte daté du 22 juillet et adressé à l’Etat français à propos

de l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le

Comité des droits de l’Homme de l’Onu a tancé la France sur la manière dont

les étrangers sont traités par l’Etat.

L’organisme note avec préoccupation que de très nombreux sans papiers et

demandeurs d’asile « sont retenus dans des locaux inappropriés – zones d’attentedans les aéroports et centres et locaux de rétention administrative« , dénonçant

plus particulièrement la situation de l’Outre-mer et celle des mineurs

non accompagnés. Il regrette également que l’Etat français n’ait « pas ouvertd’enquête

 » sur des allégations de mauvais traitements d’étrangers et de demandeurs

d’asile dans des prisons et des centres de rétention, « ni sanctionnécomme il convient leurs auteurs

« . Le comité des droits de l’homme s’est aussi

inquiéter du fait que des étrangers aient été renvoyés par la France « dans despays où leur intégrité était en danger

« , relevant par ailleurs que les étrangers nesont « pas correctement informés de leurs droits« , notamment de celui de demander

l’asile ou d’être assisté par un conseil. Il condamne la procédure dite

« prioritaire », permettant que l’expulsion physique d’un étranger ait lieu « sans

attendre la décision d’un tribunal si la personne est renvoyée vers un pays

d’origine sûr » et épingle la France pour la durée des procédures de regroupement

familial pour les réfugiés statutaires. En octobre 2007, Le projet de loi

français introduisant des tests ADN pour les candidats étrangers au regroupement

familial a suscité une levée de boucliers en Afrique. Le président de la

Commission de l’Union Africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, avait ainsi sévèrement

accueilli le texte, le jugeant « inconcevable » et « inacceptable au niveau

éthique, moral et culturel ».

Que penser des accords de gestion de flux migratoires

signés par la France ?

Prenons l’exemple du premier de ces accords signés, en 2006, à Dakar alors

que Nicolas Sarkozy était encore ministre de l’Intérieur. A l’époque qualifié

«d’historique et sans précédent », il n’avait en fait rien de novateur. Sur lesvisas de circulation : « la France et le Sénégal poursuivront leurs efforts tendant

à faciliter la délivrance des visas de circulation aux ressortissants de l’autre

partie. ». Rien de nouveau sous le soleil sénégalais puisque les consulats de

Dakar et de Saint Louis avaient mis en place depuis longtemps un dispositif

permettant à certaines personnes de figurer sur des listes dites « d’attention

spécifique ». Etaient concernés les hommes d’affaires, intellectuels universitaires,

scientifiques, commerçants, avocats et sportifs de haut niveau. Sur le retour

des clandestins, « la France et le Sénégal s’engageaient à accepter et à

organiser conjointement, dans le respect de la dignité et des droits fondamentaux

de la personne le retour sur leur territoire de leurs ressortissants se trouvant

en situation irrégulière que le territoire de l’autre partie. »

Cette mesure n’était pas nouvelle non plus. Des équipes de policiers sénégalais

voyageaient déjà à bord des avions d’Air France, de Dakar à Paris pour prendre

en charge depuis Paris, les migrants clandestins expulsés, pour prêter main

forte à l’équipe de policiers français. Quant au catalogue de mesures annoncées

en faveur du co-développement, Nicolas Sarkozy avait puisé sans vergogne

dans les dispositifs qui fonctionnaient depuis plusieurs années déjà au Mali

mais aussi au Sénégal et en Roumanie et qui étaient à la charge des services

de coopération des Ambassades.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la France a signé avec le Gabon et le

Congo-Brazzaville les mêmes accords qualifiés par Brice Hortefeux d’accords

de « de nouvelle génération à la conception très équilibrée qui tient compte à la

fois des impératifs et des réalités des pays d’origine, ainsi que des impératifs et

des réalités des pays de destination« . En revanche, le Mali en refuse toujours la

signature malgré les fortes pressions.

A quoi sert le co-développement ?

Remarquons d’abord qu’il est sous la tutelle du ministère de l’Immigration,

de l’Intégration et de l’Identité nationale. Après avoir aidé en priorité les

pays les plus riches en matières premières (Congo, Gabon), les pays les

plus favorables à ses entreprises (aide liée), la France désormais son aide à

la maîtrise des flux migratoires, ce qui dénature la notion d’aide publique au

développement. Celle-ci est désormais tournée, d’après les dernières orientations

d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération vers le seul

soutien aux entreprises françaises. En résumé, Alain Joyandet gère le business

français, Brice Hortefeux contrôle les migrants. Il siège même depuis

peu à la Commission Nationale de la Coopération Décentralisée (CNCD).

A l’origine, le co-développement désigne l’investissement des migrants dans

leurs pays d’origine. Il est désormais présenté abusivement comme un

moyen de freiner l’immigration. Depuis 1977, les dispositifs liés au codéveloppement

se sont succédées (du million Stoléru, à l’accord francoalgérien

de 1980 qui prévoyait une aide financière d’un montant de 17.000

francs, aux aides publiques à la réinsertion (APR) de 1984) n’ont jamais

donné de résultats : en 5 ans de fonctionnement, un de ces dispositif le plus

abouti : le PDLM (Le Programme Développement Local/Migrations) a permis

la réinsertion de 63 personnes au Sénégal. Pourquoi aussi peu de résultats :

simplement parce que le co-développement n’est regardé que comme un

instrument d’incitation au retour des migrants installés en France et non

comme un dispositif profitant économiquement aux pays. A aucun moment,

on ne s’attaque à la racine de l’ordre économique qui règne sur les échanges

Nord-Sud.

« Les causes de l’immigration sont le reflet de l’échec des politiques de coopération

entre l’Europe et l’Afrique depuis 40 ans » déclarait d’ailleurs, en2006, le ministre malien de l’Extérieur, Oumar Dicko. Il rajoutait : « 

Aucun

barbelé ne va arrêter cette jeunesse désemparée. On a fait semblant de

n’avoir pas entendu leur voix, aujourd’hui on est bien obligé d’accepter que

le mal-développement est une réalité« . Le problème du développement des

pays africains « ne se règlera pas en construisant un pont par-ci, un puitspar-là

« .

De fait, les flux financiers générés par les migrants vers leur pays d’origine

représentent chaque année huit milliards d’euros. Une somme très largement

supérieure aux fonds de l’aide au développement. Et si cette manne

est davantage orientée vers le fonctionnement que l’investissement, c’est

que la corruption atteint des niveaux tels qu’elle interdit tout développement.

Quels sont les dangers à voir l’Europe cherche à

externaliser en Afrique du Nord, la gestion des

flux migratoires ?

L’Europe cherche, en votant des financements destinés à des pays comme

la Lybie ou le Maroc, à tarir les sources d’immigration depuis leur propre

territoire. Elle externalise ses basses oeuvres en quelque sorte dans des

pays encore bien moins attentifs aux droits des migrants. Le risque est

grand de voir des pays comme le Maroc destabilisé. Ce pays qui était espace

de transit, voire d’installation pour de nombreux subsahariens se ferme

chaque jour davantage et cristallise le ressentiment des pays voisins qui

l’accusent de faire le « sale boulot » des européens.

Quelques grands repères

sur les migrations

TENDANCE GENERALE A LA HAUSSE :

A l’échelle mondiale, le nombre de migrants, au sens de personnes vivant dans un autre pays que leur lieu de naissance, a doublé depuis 1975, selon les estimations

internationales pour atteindre 200 millions de personnes en 2005, soit 3% de la population mondiale (pourcentage comparable à celui du début du 20ème

siècle).

LOCALISATION DES MOUVEMENTS :

Ces migrants se concentrent dans les pays riches (60% des migrants y vivent aujourd’hui), dans lesquels ils représentent une personne sur dix, contre une sur 70

dans les pays en développement.

En 2005, selon les Nations unies, les mouvements migratoires se répartissaient ainsi: Sud-Sud (61 millions de personnes), Sud-Nord (62 millions, le flux en augmentation

la plus rapide depuis 20 ans), Nord-Sud (14 millions) et Nord-Nord (53 millions).

Les grands flux migratoires vont principalement de l’Afrique vers l’Europe, de l’Amérique latine vers les Etats-Unis ou le Canada et des pays asiatiques, comme

l’Indonésie ou les Philippines, vers le Japon, les Etats-Unis, les pays du Golfe ou l’Europe.

PLUS GRANDS PAYS DE MIGRATION, PLUS GRANDS PAYS D’ACCUEIL :

Avec près de 20 millions de personnes vivant dans d’autres pays, l’Inde est le plus grand pays de migrants tandis que la plus forte proportion de migrants rapportée

à la population totale du pays se trouve aux Philippines et au Mexique, où 10 % de la population a migré.

Le plus grand pays receveur est toujours les Etats-Unis : 35 millions de résidents sont nés à l’étranger, soit 12 % de la population. En Europe de l’Ouest, cette

proportion est de 10 %, avec 32 millions de personnes nées ailleurs. Le plus fort taux d’immigrants est en Australie, avec 4 millions de personnes, soit 23 % de la

population totale.

EVALUATION DU NOMBRE DES PERSONNES EN SITUATION ILLEGALE:

Par définition, le nombre de clandestins est impossible à comptabiliser. Toutefois, selon les estimations, les Etats-Unis abriteraient près de 12 millions de personnes

en situation illégale (sur une population de 300 millions), l’UE entre 3 et 5 millions (sur une population de 500 millions).

210, rue Saint-Martin

75003 PARIS

http://survie.org

01 44 61 03 25

contact@survie.org

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Justice : ouverture du procès de l’«Angolagate»

Posté par issopha le 10 octobre 2008

Justice : ouverture du procès de l’«Angolagate»
06/10/2008
 
Justice : ouverture du procès de l’«Angolagate» dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE transparent
Le procès des ventes illégales d’armes à l’Angola, s’ouvre ce lundi à la 117ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, dix ans après son instruction. Pas moins de 42 personnalités françaises sont appelés à comparaître dans cette affaire.
transparent dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE
 
Par Rachel Kesseng

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transparent transparent Pierre Falcone, Arcady Gaydamak, Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand (lire de gauche à droite et de haut en bas) transparent transparent  
transparent transparent Pierre Falcone, Arcady Gaydamak, Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand (lire de gauche à droite et de haut en bas)
© AFP
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Parmi les personnalités françaises appelées à se présenter devant la cour, l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand, fils de l’ancien président de la République. Il demeure toutefois incertain que les deux principaux accusés, Pierre Falcone et Arcady Gaydamak, soient présents.
Le milliardaire franco-brésilien, âgé de 54 ans et l’Israélien d’origine russe 56 ans, sont accusés d’avoir organisé depuis paris, et par le biais de la société Brenco, une vente illicite, d’armes avec l’Angola, sans autorisations préalables nécessaires au gouvernement français. On leur reproche aussi d’avoir versé des pots-de-vin à des personnalités françaises et angolaises pour faciliter les contrats.

Ce procès devrait durer 5 mois au regard de la complexité des faits. Les accusés risquent cinq ou dix ans de prison selon les cas, pour « commerce illicite d’armes, trafic d’influence et abus de biens sociaux ». Malgré l’ouverture des audiences ce lundi, il n’est pas évident que Arcady Gaydamak fasse une pause dans sa carrière politique des milieux d’extrême droite israéliens pour venir être jugé à Paris. Quand à pierre Falcone, actuellement à Pékin où il dirige un bureau d’études spécialisé dans les projets sino-africains, sa présence n’est pas plus sûre.
Dans cette affaire les noms du président José Eduardo dos Santos et de l’ancien ambassadeur à Paris, Elisio de Figueiredo, ainsi que d’anciens ministres et militaires, sont souvent évoqués, mais il faut noter qu’aucun angolais n’est cité à comparaitre.

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Le scandale de l’automne 2000
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transparent transparent Philippe Courroye, le juge a signé le 5 avril une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris des 42 personnes soupçonnées d'être impliquées dans l'affaire «Angolagate». transparent transparent  
transparent transparent Philippe Courroye, le juge a signé le 5 avril une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris des 42 personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’affaire «Angolagate».
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Les principaux faits remontent en 1993. Le président angolais se sent obligé de se procurer de l’armement pour venir à bout de la rébellion de l’Unita menée par Jonas Savimbi. Edouard Balladur premier ministre Français de l’époque, qui cohabite avec le président Mitterrand, choisit l’option d’un règlement pacifique et négocié du conflit, plutôt que celle des armes. L’Angola va néanmoins se ravitailler en armements, mais par d’autres intermédiaires. Luanda se procure ainsi 420 chars, 150 000 obus, 170 000 mines, 12 hélicoptères et six navires de guerre entre autres fournitures.

Pierre Falcone et Arcady Gaydamak, se serait procurés l’armement ; du vieux matériel soviétique, grâce à la société ZTS Ozos, située à Bratislava, pour ensuite le revendre au gouvernement angolais. Un marché évalué à 790 millions de dollars et qui aurait permit aux deux associés de toucher des bénéfices très importants. Des sociétés écran à Paris, Genève, Tel-Aviv, Jersey, Iles Vierges et Monaco ont également été utilisées selon l’accusation.

Le pot aux roses est découvert l’automne 2000. Le 29 novembre de cette année-là, Pierre Falcone passe une année en détention provisoire à la prison de la Santé où il a été écroué pour trafic d’armes. D’autres seront également emprisonnés ; Jean-Christophe Mitterrand, libéré près de trois semaines après avoir été écroué et versé une caution d’environ 700 000 euros. En 2001 et 2002, d’autres suspects, sont mis en examen à l’instar de Charles Pasqua

Au banc des accusés…
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transparent transparent Tribunal correctionnel de Paris
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Jean-Christophe Mitterrand, 61 ans, fils ainé de l’ancien président français, aurait touché 2,6 millions de dollars pour servir d’intermédiaire entre les vendeurs d’armes et les autorités angolaises. Jean-Bernard Curial 69 ans, spécialiste des questions africaines du PS, également prévenu dans cette affaire.

Charles Pasqua, âgé de 81 ans, ancien ministre de l’Intérieur de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1995. Il doit répondre des accusations de « recel d’abus de biens sociaux » et « trafic d’influence ». Son conseiller Jean-Charles Marchiani, 65, ancien préfet, et lui-même auraient perçu des fonds des sociétés de Pierre Falcone, pour financer ses activités politiques, en échange de son lobbying. Tous les deux risquent également 10 ans de prison, mais Charles Pasqua jouit d’une immunité en tant que sénateur.

Jacques Attali, 64 ans, économiste et ancien conseiller du président François Mitterrand, aurait quant à lui reçu 160 000 dollars, de 1997 à 1999, pour user de son influence auprès des ministères des Finances et des Affaires étrangères, en faveur de Falcone et Gaydamak, étant donné que leur société ZTS Ozos faisait face à des problèmes fiscaux. L’économiste est aussi soupçonné, aussi, de trafic d’influence, tout comme l’écrivain Paul-Loup Sulitzer, 62 ans, et de nombreux employés de la société Brenco, dont la sœur de Falcone, Josée Lyne. Le magistrat Georges Fenech, 62 ans, et l’ancien journaliste Jean-Noël Tassez, ex-président de Radio Monte-Carlo, 52 ans, sont aussi appelés à comparaitre.

Ce procès devrait susciter de l’intérêt également chez les autorités angolaises. L’instruction, ouverte il y a dix ans, a causé des tensions dans les relations diplomatiques entre l’Angola, et la France. En visite à Luanda en mai dernier, Nicolas Sarkozy avait proposé à José Eduardo dos Santos une « nouvelle ère » dans les relations en les deux Etats.Le procès s’annonce délicat.

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LES FAILLES DU DISCOURS SUR LA RENAISSANCE AFRICAINE : Chapitre 1

Posté par issopha le 9 octobre 2008

 LES FAILLES DU DISCOURS SUR LA RENAISSANCE AFRICAINE 

Ou Comment sortir de l’incantatoire et du  flou paradigmatique. 

Par ISSOPHA 

http://issopha.unblog.fr 

Octobre  2008 

Avant-propos 

Il est des concepts du langage commun, autopsie de  Pascal DURAND dans son propos introductif à l’ouvrage collectif Les Nouveaux Mots du Pouvoir (Ed. Aden , mars 2007) , des concepts , disions-nous ,  «  forgés de toutes pièces , plus ou moins généalogiquement corrects(…) dont le sens se trouve infléchi , gauchi, vidangé (…) vecteurs d’une emprise sur les représentations , les imaginaires , les stratégies , les décisions de ceux qui les prennent ou les subissent- ( …) mots dont l’aire d’emploi se trouve étendue , restreinte ou déplacée (…) tous implantés ou  réimplantés dans le trafic du discours social , sous la double pression de leur récurrence ( qui les porte et les prouve ) et de la légitimité (…) des pouvoirs , des partis et personnalités politiques , des gouvernements , des organisations nationales ou internationales qui en font large usage »

  

Le concept de la Renaissance Africaine nous semble être de ces mots là. Sujet casse-cou, s’il en est ! 

Les observations qui suivent procèdent des réflexions d’un jeune africain de la Diaspora (1),  embarqué au forceps dans une « aventure ambiguë » émaillée d’incompréhensions et de questions récurrentes sur la part africaine de soi, la fixation de son identité ou appartenances socio-culturelles, la place et le sens du « soi africain » en regard des questions identitaires de repli ou de mélange qui se posent parfois à la communauté diasporique native d’Afrique. Questionnements aussi sur le corpus de voies et moyens à susceptibles de remettre le continent africain sur la selle de la modernité, diversement considérée, et de l’action réfléchie et  efficace. Occasion enfin d’inviter le lecteur à réinterroger le concept flou  de «  Renaissance  africaine », à renouveler sa problématique, à envisager une manière alternative de poser le problème africain. Matrice de théorisation du réveil d’un continent à l’agonie depuis si longtemps , ce concept revêt pour ses ardents promoteurs  la condition , l’amorce , l’annonce de l’avènement des  « Afriques »  avec lesquelles le monde pourra et devra désormais compter. 

Voici donc une réflexion globale sur le requestionnement du discours de la Renaissance africaine que nous avons éclaté en 5 parties ; chacune fera l’objet d’un ou deux articles à chaque fois. 

Une mise en garde avant toute chose 

Renaissance africaine…L’usage de cette expression nous incommode  particulièrement. Elle nous semble traduire les indéboulonnables cécité et réductionnisme qui font écho – ô paradoxe -  à la généralisation abusive (du type  holiste durkheimien) des faits sociaux en Afrique. Elle traduit bien plus encore une double tendance à  la simplification  et à l’homogénéisation qui éludent hélas l’extrême complexité des situations socio-historiques et ethno-régionalistes propres à chaque pays africain. Tous travers qui pervertissent trop souvent  les réflexions et débats sur  les problèmes des « nations » du continent  ainsi que les solutions  préconisées pour en sortir. Autrement dit : «  un portrait bien trop global pour une Afrique  si diverse » (2) En conséquence, pertinence, compréhension et intérêt pratique de ladite notion s’en trouvent amoindris. Ce que déplore le présent article. Toutefois,  pour les besoins de l’argumentation, nous allons sacrifier à cette « répugnance » et suggérons pour faire plus court les sigles RAF pour Renaissance Africaine

INTRODUCTION : 

Sortir de la Renaissance Africaine et promouvoir les Afriques en Renaissance 

Risquons d’entrée de jeu les mots qui fâchent : les discours  sur la  RAF charrient un nombre incalculable d’idées éculées, imprécises, générales, extrapolées et souvent en  marge du réel (3). 

 Douces omissions,  demi vérités ou « petits mensonges » qu’il convient de déconstruire, d’éclaircir, de redéfinir  pour rentrer de plain-pied dans le processus de régénération d’un continent hors jeu depuis tant de siècles. Une réflexion critique donc sur ces logos redondants, doublée d’une invitation à un éclairage conceptuel massif et indispensable,  le prétexte du présent article. 

L’idée, dans le détail ,   est de fixer et d’interroger  les constantes des discours lus et entendus  chez de nombreux auteurs africains, africanistes ou afrocentristes, plumes éminentes ou de moindre envergure, sur la problématique de la RAF. Face à l’insuccès bégayant  des Afro-revivals antérieurs  (politique, économique, culturo-spirituelle…), le concept dans sa formulation actuelle  pose question. Nous postulons que l’inefficience pratique de l’idéologie de la RAF tient pour beaucoup au diagnostic bâclé et à son corollaire, la prescription des solutions résolument analgésiques, qui  n’annihilent donc en rien les causes profondes du mal-être et du « mal-avoir » du continent. (3) 

Aussi, dans l’optique de renforcer le crédit du concept, une analyse en profondeur et une critique épistémologique sont-elles impératives. 

Prenons donc un peu de recul… 

  

Quelle réalité recouvre l’adjectif «  africaine » de cette notion ? Comment peut-on résoudre l’équation de l’africanité, condition nécessaire à l’intelligibilité du concept forgé en 1948 par le Pr Cheikh Anta Diop ? Comment peut-on fonder une unité de sens et de pratique de l’africanité en dehors ou au-delà des différences et des diversités plurielles qui caractérisent fondamentalement l’Afrique ? Une Renaissance Africaine, telle que  posée aujourd’hui, est-elle seulement possible compte tenu de l’extrême complexité des situations socio-historiques propres aux unités étatiques actuelles ? Si oui, à quelles conditions concrètes ?  Comment associer la base (les populations diluées dans le « Struggle for life » quotidien)  à l’idéologie du rebond des pays africains, en dépit des simplifications, homogénéisations et généralisations imprudentes qui prostituent les discours  afrocentristes ?   

Nous prendrons déjà le risque  de suggérer  des expressions alternatives, plus pragmatiques, en lieu et place d’une notion au versant théorique aussi flou que la RAF. Il en va ainsi de : « Afriques en Renaissance » ou « renaissances africaines locales », somme de révolutions conduites principalement  en interne dans une logique progressivement fédérative. La difficile  et lointaine unité  des peuples africains est érigée ben souvent en  condition nécessaire à l’émergence de ce renouveau total. 

Est-ce  même seulement un préalable possible,  plausible et viable? 

Sortons des allants-de-soi… 

Il faut voir à travers ces interrogations l’urgence d’une réorientation idéologique claire, précise, forte et pragmatique à même d’impulser des actions et  pratiques concrètes, qui tiennent compte de l’extrême complexité et diversité  des « 53 Afriques ». Penser une véritable pédagogie de la Renaissance Africaine comme résultat du processus des renaissances locales .Sortir la RAF de l’ornière de l’utopie…l’émanciper de la discussion autour du sexe des anges ! 

Remontons un instant la généalogie de l’idée de la Renaissance africaine. 

Le Professeur Théophile Obenga (célèbre égyptologue et  épigone de Cheikh Anta Diop), dans son exposé inaugurant  la première conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora organisée par l’Union Africaine du 6 au 9 octobre 2004, nous instruit  que la RAF a toujours  été une grande préoccupation  des « africains ». Il fait remonter la généalogie du concept de la Renaissance de l’Afrique et des Noirs au 18e siècle ; évoquant la  Geste révolutionnaire du général haïtien Dominique Toussaint Louverture (1743-1803), fondateur de  « la première République africaine, indépendante et souveraine des Temps modernes »*

Puis la Renaissance de Harlem aux USA entre 1917 et 1940 (Langston Hughes, Alain Locke, James Baldwin, Dorothy West…)  qui verra éclore « un mouvement culturel et artistique complet, comprenant des peintres, compositeurs, musiciens, chanteurs, poètes, romanciers, dramaturges, traitant de tous les problèmes, fierté raciale, identité culturelle, héritage, genre et sexualité, politique, relations raciales. »* 

Quelques  séquences phares et mouvements ayant illustré  la longue marche de la RAF : 

La « West African Students’ Union » (WASU), 7 août 1925, organisation étudiante qui réunissait  des étudiants (Ladipo Solanke, Kusimo Soluade, Olatunde Vincent, Ekundayo Williams, M.A. Sorinola Siffre…)  originaires du Nigéria, du Ghana, de sierra Leone et de Gambie. L’idée était de créer dès les années 1920 les  Etats-unis de l’ouest-africain. 

La « Féderation des Etudiants d’Afrique Noire en France » (FEANF) créée en 1950 (Félix Moumié, Seyni Niang, Alpha Condé…) 

La création de « Présence Africaine », en 1948, par Alioune Diop qui a offert par ce biais  une « plate-forme internationale aux productions littéraires, romanesques, poétiques, critiques, scientifiques, philosophiques, religieuses, etc., de l’intelligentsia africaine, du continent comme de la diaspora (…) solides assises d’une véritable Renaissance Africaine »*. 

L’article « Quand pourra-t-on parler d’une Renaissance Africaine ? » signé du Pr Cheikh Anta Diop  à qui l’on attribue la paternité de cette expression forgée dès 1948.  

La création à Addis-Abeba de l’Organisation de l’Unité africaine en 1963 inspirée de la philosophie du panafricanisme porté par  le jamaïcain Marcus Garvey , l’afro-américain W.E.B  Dubois , le ghanéen Kwame Nkhrumah… 

Terminons par ce  rapide survol historique  du Pr Obenga : « Ont aussi milité, pour la Renaissance Africaine, au 20e siècle : 

-          Chancellor Williams, auteur de The Rebirth of African Civilization, 1961 ; 

-          Malcolm X, on Afro-American History, 1967: aux
U.S.A.
 

-          Sur le continent, on peut mentionner Stephen Biko (1946-1977), avec son mouvement de « Black Consciousness» ; et…  

-          Amilcar Cabral (1924-1973), qui a des réflexions fort originales sur la libération nationale et culture : « La libération nationale est nécessairement un acte de culture« . C’est-à-dire la vie même. On se libère pour vivre, créer, produire, se développer, accomplir son destin. Se libérer, c’est renaître. La libération, c’est la renaissance, et non le maintien des frustrations coloniales. »* 

La RAF du 21e siècle s’est offerte de nouveaux habits mais un contenu qui n’a pas fondamentalement changé : L’Union Africaine, créée à Lomé  au Togo en 2000. 

Et depuis 1998, le désormais ex-président sud-africain Thabo MBEKI en a fait un axe majeur de ses deux mandats, reprendre possession de soi  et se réinventer un destin qui rende à l’Afrique la place de choix qu’elle a occupé par les temps immémoriaux. 

PARTIE 1 : 

LA NECESSAIRE RECONFIGURATION DE LA PROBLEMATIQUE 

SUR  LA RENAISSANCE AFRICAINE 

Une analyse de contenu  attentive des  discours sur la RAF révèle quelques traits majeurs qui constituent ses failles les plus importantes et quelques unes des explications de ses errances. 

TITRE 1 : CARACTERISTIQUES DU DISCOURS  DE LA RENAISSANCE AFRICAINE : 

Chapitre 1- LE CULTE DES GENERALITES 

A – Un ancrage dans la vaine spéculation 

D’abord sur la forme. 

Le passage en revue de l’importante littérature liée au concept « Renaissance africaine »  ainsi qu’une recherche d’occurrences sur le web (dans le moteur de recherche Google par exemple), nous a permis de dégager les constantes suivantes : 

·         Une tendance  aux superficialités, généralités, homogénéisations et généralisations abusives. 

Ce qui pose  immanquablement un problème de précision du champ théorique, de délimitation conceptuelle, renforçant le cantonnement de  la Raf  à un flou paradigmatique, une notion désespérément  incantatoire. 

Qui doit faire quoi, où, comment, quand, avec quoi et avec qui, et à quelle cadence, pour sortir les pays africains  (et non pas l’Afrique) de leurs marasmes,  compte tenu  des spécificités, de la gravité, la complexité, la variété, la variabilité  et la profondeur  des problématiques de chacun ? 

Question  centrale qui manque cruellement de réponses claires  de la part des afrocentristes. Les réflexions de nos penseurs flirtant trop souvent avec la généralité, la spéculation  que portent cependant de consistants arguments  mais qui, par trop passionnés, se ferment aux réalismes du quotidien. Ajoutant à cela  des superficialités qui originent  fatalement des diagnostics approximatifs. Il en résulte des médications peu efficientes. Cela dit, comment pallier à cette tentation du militantisme aveugle ?  Un effort patient de réflexion s’impose  qui appelle un effort patient de délimitation conceptuelle, travail sérieux et profond de définition. Définir quoi ?  Le champ de réflexion ou cadre de référence, le périmètre sociologique et modalités d’action…connaître en somme les sujets de sa «  Révolution ». Démarche préalable nécessaire. Il s’agit de se défaire du flou paradigmatique auquel les défenseurs de l’afrocentricité, avec certes de bons sentiments, apportent de leur essence. 

Les questions et leurs formulations sont bien plus importantes  que les réponses et tracent les  lignes stratégiques à adopter et la nature des actions à engager. Pourtant, nous noterons que les discoureurs de la RAF s’obligent assez peu souvent à la distanciation critique nécessaire  à toute réflexion qui se veut crédible (scientifique). Une réflexion débarrassée des oripeaux déroutants des jusqu’auboutismes militants. L’idée étant de ne pas céder à son tour aux obsessions suprématistes dénoncées chez des historiens africanistes européens, convaincus pour certains de  l’éternelle bêtise des peuples noirs. 

B – L’Africanité en questions 

Nous avons sélectionné quelques  questions qui servent de fil  conducteur au travail de maturation de la RAF. Voici quelques éclairantes : 

Que recouvre l’adjectif « AFRICAIN » pour les « penseurs » de la RAF qui se recrutent pêle-mêle entre tenants de l’afrocentricité et africanistes africains de tous bords ? 

Qui sont les « Africains » de la Renaissance ? 

De qui, à qui et  au bénéfice de qui parle-t-on  à travers la RAF ? Autrement dit, quel est le périmètre ethno-culturel au sein duquel tend à  se déployer la scansion « RAFricaine » ? 

Pense-t-on à  la mosaïque des peuples vivant et se mouvant sur un bloc de terre et de mer appelé  AFRIQUE, toutes spécificités ethno-régionalistes et historiques  confondues (Noirs, Blancs, Métis, arabes, kabyles, Indo-européens…) ?   

Que nenni ! Il s’agit bien souvent des populations noires d’Afrique. Comme si la négrité se diluait nécessairement dans l’africanité et, de la même façon,  comme si l’africanité était automatiquement soluble dans la négrité. Une quête du  typique, souligne Kossi EFOUI (5), d’une authenticité excluante, « le rêve fou d’un monde sans autrui », ironise Achille Mbembé (6),  qui font faire aux Afrocentristes  le jeu de l’Occident colonial et postcolonial. Sylvie CHALAYE  (7) le redit en ces termes: « l’africanité est une idée que se fabrique l’Occident pour circonscrire une altérité qui e rassure, retrouver l’enclos zoographique du temps des villages ». 

En admettant que les sujets de l’Afrocentricité  soient  avant tout NOIRS… 

S’agit-il de Noirs s’auto-identifiant, se revendiquant  et s’assumant comme tels, conscients d’appartenir à un cadre de référence culturel  traduit par une vision du monde spécifique  et immergeant leurs pratiques et schèmes de pensée  dans ces référentiels ?  Autrement dit des Noirs qui se réclament de ce que  l’historien Pap NDIAYE identifie comme étant une  « identité noire épaisse » (8)?   

Ou faut-il y voir un ensemble d’individus  culturellement disparates assignés de fait à la catégorie ethno-raciale « Noir » par des groupes tiers, généralement dominants et racialement différents ?   

Les débats alternent  souvent entre ces deux lectures dans un embrouillamini conceptuel  qui perdrait le fraîchement adepte de la RAF. 

Ne se perd-on  d’ailleurs pas dans un dangereux distinguo entre les « natifs historiques » du continent (les «  Soudanais » ou  « Africains de souche », autrement dit les Noirs se vivant en peuple naturel du continent)  et les « immigrés de longue date » que seraient Arabes, kabyles, les colons européens et autres marchands d’Asie devenus malgaches, comoriens, etc ? 

Revenons un moment sur la notion de l’identité noire

Par identité épaisse, le sociologue américain Tommie Shelby, cité par Pap Ndiaye  in La Condition Noire. Essai sur une minorité française, Ed Calmann-Levy, 2008, pp48-49,  entend une « identité fondée sur une culture, une histoire, des références communes, une langue qui marquent une différence nette entre ceux qui en sont les porteurs et les autres. L’identité épaisse renvoie à des groupes circonscrits , en quelque sorte intentionnels , qui ne procèdent pas d’injustices subies mais sont appuyés sur des éléments de culture communs ». 

L’identité épaisse s’oppose à l’identité fine  qui « délimite un groupe qui n’a en commun qu’une expérience de l’identité prescrite, celle de Noir en l’occurrence, qui a été historiquement associée à des expériences de domination subie, et qui peut s’accompagner de la conscience du partage de cette expérience. Cette notion d’identité fine paraît pertinente pour caractériser les populations noires dans leur plus petit  dénominateur commun : le fait d’être considérées comme noires, avec un ensemble de stéréotypes attachés à elles. 

A la question : «  qui est noir ? » il convient de ne répondre ni par des arguments de nature ( qui renverraient à une conception ‘’biologisante’’ de la ‘’race’’ ) ni par des arguments de culture ( qui renverraient à l’infinie variété des différences culturelles entre les hommes et des identités qui leur sont attachées ) , mais par des arguments socio-politiques : dans les sociétés où ils sont minorés , sont noirs celles et ceux qui sont réputés tels ; est noire, a minima , une population d’hommes et de femmes dont l’expérience sociale partagée est d’être considérés comme noirs. Il y a donc des Noirs (des Blancs aussi ou des Jaunes ou des ‘’Basanés’’) par accord social tacite. Les Noirs en commun de vivre dans des sociétés qui les considèrent comme tels. Ils n’ont pas le choix d’être ou de ne pas être tels qu’on les voit. Ils ont en revanche le choix d’assumer leur identité racialisée, ou de la rejeter comme impropre à leur être profond. Ce choix n’est pas susceptible de modifier radicalement la prescription raciale ». 

C – Ce que l’Africanité doit pouvoir dire… 

A quoi tient  la notion d’africanité qui suppose en toute logique la transcendance des particularismes nationaux et ethno-régionalistes (peulhs, bantous, sémites…) ? 

Nous postulons qu’elle tiendrait à la conscience claire de son appartenance à un ensemble supranational qui correspond aux frontières du Continent africain

En fait d’ensemble, nous entendons un groupe plus ou moins homogène que caractérise un ensemble de manières, conscientes ou non, de faire , d’agir, de sentir, d’être à soi et au monde, de penser. Les individus constitutifs du groupe sont fixés ou se meuvent sur un espace géographique donné du continent africain.  Ils sont conduits, volontairement ou non, à cohabiter plus ou moins pacifiquement, puis à construire et partager une vision, mieux, un regard endogène sur le monde, une philosophie de l’être et de la vie, et une relation à l’Autre influencée par moult facteurs. 

Elle tiendrait aussi , pensons-nous ,  au partage d’une mémoire commune construite autour des traumatismes  et expériences douloureuses liés à  la Traite négrière, l’esclavage, la colonisation , les problématiques actuelles des économies malades , des  situations d’anomies socio-politique  et de profonde crise des valeurs morales , sociales et sociétales , de l’élargissement du fossé entre les élites politiques et le peuple…des phénomènes  qui drainent des transformations permanentes et en profondeur des sociétés africaines contemporaines et des personnalités individuelles. 

Pour autant, malgré cette esquisse de définition non-exhaustive, nous peinons à comprendre et donc à enclore le concept d’Africanité dans une substance. Qu’est-ce donc qu’être Africain, nom de nom ? L’être dioula est-il soluble dans l’être zoulou ? Et l’être kabyle est-il possiblement encastrable  dans l’être Mérina de Madagascar, en dépit des similitudes dialectales  mises en évidence par la linguistique analytique et comparée ? Les Afrocentristes, le Pr Molefi Kete Asante  en tête, promoteur du concept de l’Afrocentricité,   postulent cette possible unité des peuples noirs, dans une notable ignorance de l’Autre Afrique, l’Afrique Alter-nègre, disons les Non-Noirs  natifs du continent. De ceux-là, qu’est ce qu’on en fait ? 

La thèse de l’Afrocentricté prétend réinventer l’univers culturel et ontologique de l’Africain. Mais L’Afrique en tant que unité géopolitique, économique et juridique ou comme conscience d’appartenance à un ensemble continental qui se pose en se distinguant d’autres unités territoriales, cette Afrique-là préexiste-t-elle à l’arrivée des  Conquistadores Portugais, Espagnols et autres marchands d’Orient sur les rives du continent ? Non, non, assurément. Plutôt des civilisations au large rayonnement ( Egypto-nubienne , Gao , Bénin , bantou…) , des  Royaumes «  africains »  de prestige  , disséminés ça et là, vivant en bonne intelligence, commerçant  ensemble,  se métissant et perpétuant les dynasties par des stratégies matrimoniales ;  ou se livrant de farouches batailles ; hors d’un sentiment commun d’appartenance à une culture continentale. Hors donc  d’une sorte de Panafricanisme avant l’heure. 

Le foyer d’origine des « kémites », selon les Afrocentristes, est certes Egyptien, mais l’Afrique comme unité géopolitique, puis comme conscience d’une union impérative des territoires et des cultures diverses en regard des défis à relever, naît  à partir  des premiers voyageurs d’explorateurs Outre-Africains , semant souvent sur leurs passages mort et désolation. Nous doutons que L’Afrique ait pu  exister culturellement, comme unité culturelle et historique , comme entité globale, panafricaine,  et sous les traits de cette conscience collective incarnée, avant le contact avec l’Autre , venu d’un ailleurs inconnu ( Europe , Asie, Pacifique…). Et de la même façon, cet Autre n’a pas une connaissance claire et homogène de ce bloc de terre lointain, l’Afrique, avant ses grandes odyssées.  Et ce n’est pas faire le jeu des révisionnistes et suprématistes occidentaux que de le reconnaître. Nous ne prétendons pas que l’Afrique soit entrée dans l’Histoire par le temps des grandes conquêtes et donc par l’Etranger, loin de nous cette pensée, l’antériorité des splendides civilisations nègres  a depuis longtemps été prouvée par le Pr Cheikh Anta Diop. En revanche, l’Afrique dont nous avons aujourd’hui hérité (ses appellations, réalités démographiques et ses frontières intérieures actuelles) naît, d’une part, des effets conjugués  des convoitises et annexions de l’Autre, le Colon (voir la conférence de Berlin entre 1884-1885 sur le découpage de l’Afrique  entre puissances occupantes en zones d’influence). L’Afrique naît, d’autre part, par la prise de conscience du soi malmené par l’agresseur, par la prise de conscience  et la mise au pas des « soi » voisins et donc du  caractère collectif de cette agression, puis les luttes de résistances et les efforts de réinvention de soi  menés par l’Autochtone. 

L’Africanité, à supposer qu’elle existe, serait donc d’invention assez récente. Et vu l’extrême complexité des situations en présence déjà évoquée, vu la très grande variété des trajectoires historiques et origines ethniques des peuples d’Afrique, ce concept devient, en conséquence, théoriquement difficile à arrêter et circonscrire ; car « comme toute identité humaine, elle est en devenir et d’autant plus en devenir que l’identité africaine a été violemment chahutée par la rupture historique que représente la colonisation » (Sylvie CHALAYE). 

De plus , s’il est  difficile  d’un côté de postuler le primat de l’identité supranationale sur l’identité nationale ou ethnique et inversement (ces notions s’interpénètrent) , l’ on ne peut de l’autre , minorer l’idée que  l’africanité est avant tout une affaire de perception et d’appréciation personnelles, une notion à géométrie variable qui par les manœuvres de l’Histoire , mute avec le temps, avec les gens , avec  l’espace et les mouvements de populations qui s’y déploient , les  réalités et  conditions historiques propres à chacun selon ses origines et ses trajectoires de vie.  Et pour cause : « L’identité de l’Africain est une identité sans doute déplacée de son axe d’origine, une identité culturelle est nécessairement métissée (…) et les images archaïques de l’Afrique ancestrale appartiennent au même pittoresque passéiste pour un Africain que ‘’ Tirez la chevillette et la bobinette cherra’’ pour le petit Parisien d’aujourd’hui à qui on lit les contes de Perrault » 

D – Etre africain : un relativisme qui se conçoit et se comprend 

Serions-nous camerounais avant d’être africain ? Membre d’un groupe ethnique avant d’être citoyen d’un pays ? Comment les multiples identités psychosociologiques de soi s’articulent-elles, en convergence ou en divergence ? En quoi ce sentiment d’appartenance  à moult « tribus » favorisent-elles ou entravent-elles l’élan solidaire, l’appréhension et la revendication de l’idéal afrocentriste ? 

Les réponses, chacun peut les esquisser selon ses conditions historiques propres * 

Toutefois,  nous pouvons arguer déjà qu’on n’est pas et ne se vit pas africain de la même façon hier , aujourd’hui ou demain  , en 1619 , 1948 et 2008* ; Et puis selon qu’on est gambien du Nord , Algérien de Kabylie , Comorien d’Anjouan , ou casamançais du Sénégal ,  Afars d’Éthiopie  ou natif de  l’État d’Orange en Afrique du Sud, le sentiment d’appartenance à un ensemble géopolitique par des liens culturels ou historiques  variera autant . Moult variables s’invitent dans la définition de l’africanité et la gradualité de son « perçu » en tant que africain. Il y a donc lieu de  s’interroger sur les facteurs qui gouvernent les fluctuations dans la weltanschauung (vision du monde) des individus qui peuplent  le continent. 

Que postule la philosophie africaine dite ethnophilosophie à propos de l’ « identité africaine » ? Peut-on portraiturer avec clarté cette identité sur l’aspect collectif de laquelle repose l’avenir, le caractère fédérateur, et la raison d’être de la RAF ? 

Tentons d’ores et déjà  la paraphrase : 

On ne naît pas africain, aussi vrai qu’on ne naît pas noir. On le subit ou on le choisit. Mais on le devient

Ce postulat posé, où commence mon africanité et où s’arrête-t-elle ?  

Commence-t-elle avec le fait d’être  Noir par prescription, assignation ou hérédité (identité noire fine) ? Le fait de se réclamer Noir (choix  assumé sur fond de militantisme ou prise de conscience de sa négrité et des situations sociales qui en découlent) ? Le fait d’être natif et habitant du continent ? Le fait de mon ascendance née sur le continent ? Le fait d’avoir  avec ceux  qui  se sont choisis ou se subissent  Africains au Sud du Sahara  des liens culturels et un passé à fond commun ?   

Tentons quelques observations avec l’historien Pap NDIAYE dans sa réflexion sur la minorité noire de France : « Parler des Noirs ne serait-il pas un abus de langage, dans la mesure où les différences culturelles et de classe entre personnes noires ou réputées telles sont si notables qu’il faudrait renoncer à parler des Noirs en général ? (…)Comme les autres acteurs sociaux, les personnes réputées noires ont à leur disposition un éventail identitaire qui ne se résume en rien à leur apparence noire. Les différentes identités sociales, culturelles, professionnelles, nationales, ethniques, raciales, peuvent être en tension les unes avec les autres. Elles sont aussi dépendantes de la manière dont les personnes sont identifiées. Une combinaison identitaire fait ainsi référence à une nationalité ( française , malienne ou ivoirienne par exemple , à une ethnie ( wolof , mandingue ) , à une identité  régionale ( martiniquaise , parisienne), à une « race » (noire) et à d’autres choses encore. Les personnes combinent ces éléments identitaires chacune à sa manière. » 

Ainsi donc, il y a autant de manières d’être Noir  qu’il y a d’individus concernés  peu ou prou par ces problématiques identitaires. Force est de constater que les questions identitaires se posent avec virulence dans les sociétés en effet où les populations dites noires sont minoritaires numériquement ou sociologiquement. Les porteurs des discours sur la fierté noire en France  aujourd’hui par exemple sont bien souvent soit Antillais ou « domiens » vivant en métropole et confrontés donc aux problèmes sociologiques de discrimination et autre traitement différentiel en regard  des valeurs sacro-saintes valeurs de la République ; soit ressortissants africains  confrontés aux mêmes problématiques. 

Or, l’individu immergé en permanence sur le continent dans sa culture, dans sa société, avec ses semblables, du point de vue de la race, ne se pose point de question d’identité au sens d’identité raciale ou ethnique. 

D’ailleurs, si mon petit confort de vie parisien me permet de me poser ces  questions  (étant donné que nous nous sommes découverts inattendument notre négrité dans le regard de l’Autochtone Blanc, dès qu’arrivés en terre de France, la question de mon identité ne se posant qu’en termes de frontière ethnique dans notre Cameroun natal) , la même interrogation n’agitera pas forcément, sinon très peu, la conscience de ceux à Bobo-Dioulasso, Moloundou, Koufra  ou Mbabane qu’oppressent l’aiguillon de la faim  et l’urgence des vitales  nécessités. On peut comprendre que la rudesse de la vie  les éloigne, à tort ou à raison, des questions « philosophiques » d’identité de soi, fussent-elles nécessaires. 

Somme toute, résoudre l’équation de l’africanité c’est avoir déjà clair à l’esprit les raisons du sabordement du sens de la communauté, de la solidarité  et de la fraternité qui sévit sur le continent à l’heure actuelle. Il en est ainsi de la chasse à l’étranger dans les ghettos de Soweto (Johannesburg) en mai 2008, l’expulsion musclée des candidats à l’immigration par les autorités libyennes et marocaines. Tous ces événements  posent question et rudoient  l’idéal de solidarité à l’africaine. Le leadership naturel de l’Afrique du Sud dans la conduite de la politique de la RAF depuis 1997 * n’a en rien imprégné les pratiques des populations autochtones des notions de solidarité fraternelle. La conséquence logique qui découle de tout ce qui précède, c’est l’appréhension relative et la compréhension somme toute faible  du concept de la RAF par les jeunesses africaines (des villes et campagnes) principalement visées par le discours, du moins dans son volet philosophico-historique. 

Aussi,  comment rendre intelligible pour tous ceux qui  se sont « choisis »,  ceux qui « se subissent » africains et ceux qui ont opté pour un juste milieu,  l’impératif d’une RAF, étant entendu qu’elle n’interpelle  pas, ni de la même façon ni avec la même importance,  toutes les couches populaires  et classes sociales des « 53 Afriques » ? 

La non prise en compte de ces questions peut expliquer en partie les échecs des tentatives d’unification des pays du continent qui se sont succédé. Elles suggéraient des pistes de réflexion sur les raisons de la difficile cohabitation entre groupes ethniques ou sociaux qui ont été, pour certains, « forcés » à vivre ensemble, à la faveur des découpages arbitraires des frontières au plus fort des conquêtes coloniales. Ces groupes aux profils si divers n’ont donc pas toujours demandé à vivre ensemble. Disensus ethniques souvent entretenus par les politiques en mal de légitimité populaire (tribalisme d’État). 

Refermons cette parenthèse sur l’africanité par les mots du sociologue et journaliste Ndongo Mbaye(9) : « Une première réalité s’impose de manière flagrante : (l’africanité) est seule. Que véhiculent les concepts (si tant soit peu qu’ils existent ?) d’européanité, d’américanité, d’asiaticité, d’océanité ? Rien. Ou en tout cas rien de palpable tant dans une dimension et une perspective historique, sociologique, économique que culturelle et politique. Dès lors, l’africanité ne serait-elle pas une sorte de monstre du LLoch Ness, d’Arlésienne dont on parle, mais que personne n’a jamais vu ? N’est-elle pas une simple commodité lexicale dont la signification chercherait en vain son sens ? Et à supposer même qu’elle  existe, il faudrait  poser les fondements de la réalité de se représentation et de son auto-représentation(…)Etant entendu que la vision de l’Africain sur son ‘’Africanité’’(supposée ou présupposée) ne sera sûrement jamais la même que celle dont on l’affuble , aussi riches et scintillants qu’en soient les oripeaux , que peut signifier ‘’africanité’’ pour les paysans de l’Afrique profonde , pour les éleveurs des contreforts du Fouta-Djallon , pour le commerçant dioula , pour le pêcheur lebou ou pour le Dogon ? Parlez-lui de valeurs et de traditions africaines eu égard à son ethnie, à sa tribu , à son aire de vie , à son cercle d’us et coutumes : il vous comprendra mieux. »  

En guise de conclusion pour ce chapitre 

A tout prendre, à trop déconsidérer des spécificités qui apparaissent sans doute infinitésimales,  mais pas négligeables pour autant aux yeux des louangeurs de la RAF,  en privilégiant  une approche globale qui trop embrasse mal étreint, en excluant celui qui ne nous ressemble pas du point de vue de la culture et de la morphologie, le concept rencontre finalement si peu d’écho favorable. Auprès de qui ? Auprès de ceux qui, comme nous, sommes convaincus que l’africanité est nécessairement métissée et toujours en train de se  faire et se défie aujourd’hui d’une quête du absolu et excluante du typique ou de l’authentique. Le temps et les gens s’inscrivent dans la dynamique, le changement, moteur de l’Histoire. Une certaine base, fût-elle minoritaire, partage cette conviction, émancipée qu’elle est des extrémismes militants et autres suprématismes de mauvais ton. Cette base minoritaire reste mêmement convaincue que le combat en lui-même reste valable, noble et nécessaire. Et l’histoire nous enseigne que sans la base, toute révolution reste vaine. 

Bien plus , à trop souvent évoquer et associer  la RAF à l’histoire des seuls Noirs et  à la reconquête des  splendeurs évanouies de la civilisation égypto-pharaonique (négroïde comme on le sait ) , l’on entérine  un  risque important d’ostracisme  du fait de la racialisation  , ou à tout le moins ,  de la  coloration mélanique des espaces, des temps et des acteurs de la RAF. On peut déplorer, à la décharge des  afrocentristes anti-Maghreb, la faible volonté de certains pays arabes du continent à se fédérer à la cause des peuples subsahariens (noirs), et l’on ne saurait forcer des gens à vivre ensemble s’ils n’en manifestent pas le désir ni n’en voient l’intérêt. Soit. Mais on pourrait  aussi pousser plus loin le vice  en relativisant les critiques virulentes des afrocentristes vis-à-vis des populations noires réfractaires à l’unité* ; car nombre de groupes ethniques ont été « forcés » à cohabiter, nolens volens, sur des espaces géographiques  colonisés, transmués en  un ensemble d’États en carton, à la faveur des découpages arbitraires des frontières initiés par l’Internationale Coloniale à la Conférence de Berlin en 1885. 

Proto-nations, nations en construction mais déjà en déliquescence , délitement des Etats  sous la pression de la dictature des marchés , le primat des intérêts nationaux sur les urgences d’ordre continental , telles sont entre autres problématiques celles  qui rendent plus qu’incertaines l’avènement d’une Union politique , économique et socioculturelle des 53 Afriques.  Nous reviendrons ultérieurement sur l’importance relative (à notre avis) de l’unité comme préalable à la mise en branle de la machine RAF

Terminons ce chapitre en soulignant combien la récurrence de ces « douces omissions » dans le langage commun qui construit le concept Renaissance Africaine  portent un discrédit à cet idéal  qui prétend au fédéralisme. Ce qui n’est pas la moindre faille de ce discours qui peine à se renouveler, en dépit de la cadence soutenue des changements sociaux sur le continent. 

Notes de bas de page : 

1. La diaspora africaine, involontaire, souligne le Pr Obenga, est d’invention occidentale, au sens où elle ne constitue pas une communauté ayant en partage un sentiment fort d’appartenance à un groupe homogène fixé sur le continent africain  et capable de se muer en force de changement, moteur des dynamiques externes. 

2. Myriam Houssay HOLZSCHUCH ( Lyon-ENS-LSH) in Faut-il chercher la Renaissance africaine à la ville ou à la campagne , www.cafe-geo.net 

3. voir le chapitre 2 : L’obsession afrocentrique des genèses, là où il est question de l’évocation récurrente d’un passé qui traduit la grandeur d’une civilisation nègre antérieure  dont l’héritage peut servir de matrice de réinvention de soi) 

4. La Renaissance Africaine en gros s’entend de l’expression d’une identité  collective singulière couplée à la production d’un espace de sens et d’un imaginaire régional africain, matrice de référents aux comportements des acteurs, en vue de sa matérialisation et de son institutionnalisation. Son but c’est principalement de revaloriser le passé de l’Afrique, réhabiliter les sociétés africaine, projeter une image positive de l’Afrique, combattre l’afro-pessimisme, militer pour la reprise en main de leur propre destinée par les africains et repositionner le continent sur la scène internationale en repensant le rapport  des pays africains  aux grandes puissances sur une base égalitaire. (La «  Renaissance Africaine » : Un discours sud-africain ? par Ivan Crouzel) 

5. Kossi EFFOUI, « Le théâtre de ceux qui vont venir demain », préface de l’entre-deux rêves de Pitagaba…acoria, Paris, 2000. 

6. Achille Mbembé, L’Africanité en Questions in Revue Africultures, 2001. 

7. Sylvie CHALAYE, « Les enfants terribles des indépendances : théâtre africain et identité contemporaine », L’Afrique noire et son théâtre au tournant du 20e siècle, Presses universitaires de Rennes, 2001, pp.17-24 

8. Pap NDIAYE est historien, spécialiste de l’histoire du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, Maître de Conférences à L’2cole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, membre du comité scientifique du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France). Il vient de commettre un travail d’importance qui comble  un vide qui sévissait jusqu’ici dans le domaine des études ethnographiques ou sociologiques  sur les Noirs de France en France  et la question vivace des discriminations raciales : LA Condition Noire. Essai sur une minorité française, Editions Calmann-Lévy, 2008, 436 pages. 

9.Ndongo Mbaye , extrait de l’article « A la recherche de l’Africanité » in l’Africanité en questions in Revue Africultures, 2001 

Prochain chapitre :     

L’obsession des genèses souvent au mépris d’une Afrique en mutation 

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Angolagate :Les pressions politiques exercées au nom des intérêts économiques français ne doivent pas entraver la justice

Posté par issopha le 6 octobre 2008

Angolagate


 

Les pressions politiques exercées au nom des intérêts économiques

 français ne doivent pas entraver la justice

 

Communiqué de Survie, le 6 octobre 2008

A l’heure où s’ouvre le procès dit de l’Angolagate, Survie dénonce les manœuvres politiques qui n’ont d’autre rôle que d’amener la justice à enterrer ce dossier. Pour Survie, la justice et le droit doivent primer sur les ambitions économiques de quelques entreprises françaises en Angola.

L’Angolagate, affaire des ventes d’armes présumées à l’Angola entre 1993 et 2000, est un des plus gros scandales de « trafic » d’armes de ces dernières années. Ses protagonistes, notamment les hommes d’affaires français Pierre Falcone et israélo-franco-russe Arcady Gaydamak, sont soupçonnés d’avoir organisé la livraison de chars, d’hélicoptères, de navires de guerre et de munitions au régime du président José Eduardo Dos Santos pour un montant de 790 millions de dollars, sans l’autorisation des autorités françaises, afin d’alimenter une guerre civile qui, de 1975 à 2002, a fait plus de 500.000 morts. Pierre Falcone et Arcady Gaydamak auraient perçu la moitié des 790 millions de dollars rapportés par ces ventes, avant d’en redistribuer une partie pour asseoir leur influence en France. Une quarantaine de personnes, dont Charles Pasqua, Bernard Guillet, Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali, Jean-Charles Marchiani ou l’ex député UMP Georges Fenech, impliquées dans cette affaire, sont également soupçonnées d’avoir bénéficié de juteuses rétro-commissions. Du côté angolais, les noms de plusieurs personnalités – non poursuivies – sont apparus, dont l’actuel président José Eduardo Dos Santos.

Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la France cherche coûte que coûte à lever l’hypothèque de l’Angolagate qui empoisonne les relations entre les deux pays. Attirée par le nouveau statut de l’Angola devenu 1er producteur de pétrole en Afrique (sans oublier le juteux marché de la reconstruction d’un pays dévasté par vingt-sept ans de guerre civile), la France aimerait tirer un trait sur cette affaire. En déplacement à Luanda le 23 mai dernier, Nicolas Sarkozy a donné le ton : « Nous avons décidé de tourner la page des malentendus du passé » en promettant, par ailleurs, au président angolais que ce procès ne déboucherait pas sur de nouvelles mises en cause de personnalités angolaises. Le 11 juillet, dans une lettre adressée à l’avocat de Pierre Falcone, le ministre de la Défense Hervé Morin affirmait que le trafic d’armes n’était pas constitué puisque celles-ci n’ont pas transité par le territoire français. Ce n’était pas l’avis de son homologue Alain Richard (du gouvernement Jospin) à l’origine de la plainte en 2001, plainte jugée tout à fait valable puisque la signature des contrats d’armements a bien eu lieu en France. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris avait d’ailleurs validé la quasi-totalité de l’enquête menée par les juges Courroye et Prévost-Desprez. Enfin le 23 juillet 2008, à quelques semaines de l’ouverture du procès, la Chancellerie annonçait également la réintégration dans la magistrature de l’ex-député UMP Georges Fenech, l’un des prévenus.

Le solde du contentieux de l’Angolagate aurait bien des avantages économiques. Il permettrait d’ouvrir de meilleures perspectives pour les firmes françaises en Angola. Total y a d’importants intérêts et son directeur général, Christophe de Margerie, était de la délégation présidentielle lors du voyage de Nicolas Sarkozy en mai dernier. Areva s’intéresse quant à elle aux gisements d’uranium, tandis que le groupe Thalès s’apprête à fournir un système de communications sécurisées au gouvernement angolais.

Dans ce contexte, l’association Survie s’inquiète fortement des manœuvres et pressions politiques dans un dossier aussi grave où il est question de trafic d’armes, de trafic d’influence, de corruption et de financement illicite d’une guerre civile avec son cortège d’atrocités et ses milliers de morts. Non seulement le politique ne doit pas entraver la justice et s’immiscer dans le prétoire, mais les réseaux de la Françafrique à l’œuvre dans l’Angolagate doivent être jugés. C’est tout le sens de la rupture qu’avait proposée Nicolas Sarkozy en 2007.
En outre, il nous paraît dangereux que la France, en faisant primer ses intérêts économiques et géopolitiques sur le droit et la justice, poursuive cette politique qui tend à défendre les oppresseurs, les criminels et les trafiquants. Une bien sombre image de notre pays en Afrique et dans le monde.

Pour plus d’informations sur cette affaire, télécharger la fiche Angolagate. Quand la politique entre dans le prétoire, la justice en sort, téléchargeable (lundi 6 octobre à 9h30) sur :
http://survie.org/spip.php?action=redirect&id_article=1253

Afin d’interpeller l’opinion sur la « diplomatie business » de la France en Afrique et ses graves conséquences en terme de soutien aux dictatures et de pillage des ressources naturelles, Survie publie un dossier intitulé Diplomatie, Business et Dictatures. L’Afrique prise au piège françafricain, téléchargeable (lundi 6 octobre à 9h30) sur :
http://survie.org/spip.php?action=redirect&id_article=1254

Contact presse : Oliver Thimonier olivier.thimonier@survie.org Tél. : 01 44 61 03 25

--  Olivier Thimonier Secrétaire général olivier.thimonier@survie.org  Association Survie 210, rue St Martin 75003 Paris Tél. : 01 44 61 03 25 Fax. : 01 44 61 03 20 http://survie.org

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APE : Les ONG françaises dénoncent les pressions de l’Europe.

Posté par issopha le 2 octobre 2008

Samedi 27 septembre 2008

APE : Les ONG françaises dénoncent les pressions de l’Europe.

 

AITEC / OXFAM FRANCE – AGIR ICI / PEUPLES SOLIDAIRES

Communiqué de presse – 26 septembre 2008

Diffusion immédiate

APE : LES ONG FRANCAISES DENONCENT LES PRESSIONS DE LA COMMISSION EUROPENNE DANS LES NEGOCIATIONS CARAIBES

Journée mondiale de mobilisation contre les Accords de partenariat économique

Les associations françaises de solidarité internationale engagées contre les Accords de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et les pays Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) se sont réunies le 24 septembre à l’Assemblée nationale à Paris en amont de la journée mondiale de mobilisation contre les APE, le 27 septembre, qui marque symboliquement l’anniversaire du début des négociations en 2001.

En présence de Christiane Taubira, députée de Guyane et de Mamounata Cissé, Secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale internationale, ces organisations ont rappelé leur opposition aux APE tels qu’ils sont proposés aujourd’hui par la Commission européenne aux pays ACP. « En organisant cette journée de débat à l’Assemblée nationale, nous exprimons notre soutien aux mouvements sociaux et citoyens qui luttent, en Afrique et aux Caraïbes, contre ces accords. Nous montrons également au gouvernement français notre détermination à influencer le processus actuel » explique Benjamin Peyrot des Gachons, de Peuples Solidaires.

Les promesses de développement associées aux APE sont aujourd’hui très largement mises en doute et la plupart des ACP qui avaient accepté de parapher des accords intérimaires reviennent sur leurs engagements et demandent le temps de l’analyse et de la consultation ainsi que la renégociation de certaines clauses, mais la Commission européenne se montre intransigeante.

La Commission cherche à précipiter le processus dans la région Caraïbes

Sans considération pour les vives réserves émises par le Guyana et Haïti contre l’APE proposé au Cariforum (1), la Commission a fixé la date du 15 octobre pour la signature officielle de l’Accord. Si le président du Guyana a déclaré (2) ne souhaiter signer qu’un accord sur les marchandises, la Commission européenne poursuit ses pressions pour forcer le pays à accepter un accord complet. Elle laisse notamment entendre que l’aide européenne prévue par la voie du Fonds européen de développement (FED) pourrait être amputée en cas de non-signature, cette aide étant partiellement affectée à l’accompagnement de la mise en œuvre des APE.

« De telles pressions sont inacceptables ; elles témoignent du mépris de la Commission pour la souveraineté des Etats ACP et discréditent profondément l’Union européenne vis-à-vis de ses partenaires ACP » souligne Jean-Denis Crola, d’Oxfam France – Agir ici. Mardi soir, devant la 63ème Assemblée générale des Nations unies à New York, le Président guyanais Bharrat Jagdeo dénonçait une fois de plus l’utilisation de la force de négociation de l’Union européenne et son recours aux menaces pour amener les pays ACP à signer.

Les organisations françaises appellent les Etats membres de l’UE à mettre tout en œuvre, d’ici la signature officielle de l’Accord UE-Cariforum le 15 octobre prochain, pour rappeler la Commission européenne à ses devoirs (3), en premier lieu celui du respect de la souveraineté de ses partenaires et de ses engagements en matière d’aide au développement. 

« La France, en tant qu’actuelle présidente du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement, doit prendre ses responsabilités et accepter les demandes de dialogue formulées officiellement par plusieurs représentants de la région Caraïbes » explique Amélie Canonne du réseau Seattle to Brussels. « Au lieu de cela, par la voix de son Secrétaire d’Etat au Commerce, la France propose au Guyana de signer d’abord… et de discuter ensuite : cette intransigeance est inacceptable » poursuit-elle.

« Il est intolérable que la Commission européenne ne propose pas une alternative au Guyana ; cela va à l’encontre des ses engagements pris dans l’Accord de Cotonou, ratifié par les Parlementaires français et européens (4) » conclut Jean-Denis Crola.

NOTES

(1) Le Cariforum est l’interlocuteur de l’Union européenne afin de mener à bien les négociations sur l’Accord de Partenariat Economique dans la région Caraïbes. Il comprend Antigua et Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, République dominicaine, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Saint-Christophe et Nievès, Saint-Vincent et les Grenadines, Suriname, Trinidad et Tobago, République Dominicaine.

(2) Lors d’une réunion le 10 septembre dernier à La Barbade, le Guyana exprime sa volonté de ne signer qu’un accord sur les marchandises, pour être en conformité avec les règles de l’Organisation du commerce (OMC).

(3) La Commission européenne négocie sous mandat donné par les Etats membres.

(4) Les dispositions de l’article 37.6 de l’Accord de Cotonou engagent la Commission européenne à offrir aux Etats ACP qui ne seraient pas en mesure de conclure un APE un cadre de rechange de nature à leur garantir des préférences au moins équivalentes à celles dont ils bénéficient actuellement.

Contacts presse

- Magali Rubino, Oxfam France – Agir ici : 06 30 46 66 04

- Amélie Canonne, Réseau Seattle to Brussels : 06 24 40 07 06

- Benjamin Peyrot des Gachons, Peuples Solidaires : 06 82 31 30 88

Magali RUBINO

Chargée des Relations Médias / Media Relations

Oxfam France – Agir ici / 104 rue Oberkampf – 75011 Paris
T: + 33 1 56 98 24 45 / F: + 33 1 56 98 24 09
mrubino@oxfamfrance.org/
www.oxfamfrance.org

————————————————————————————————–
Oxfam France – Agir ici est membre d’Oxfam International
1988-2008 : 20 ans d’action citoyenne !
Parce que le monde ne changera pas sans vous.

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