Le téléprésident. «Il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir»

Posté par issopha le 28 mars 2008

«Il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir»


Le téléprésident


Création d’événements permanents, saturation de l’espace médiatique… Pour l’essayiste Philippe Guibert, le candidat Sarkozy s’est comporté en pro de la com et de la télé. Ce sont ces règles qu’il continue à appliquer aujourd’hui


Le Nouvel Observateur.Peut-on réduire Nicolas Sarkozy à une série de performances médiatiques réussies ?


Philippe Guibert. – Ce sont en tout cas ses performances médiatiques qui ont construit sa relation avec les Français. Depuis qu’il est en campagne – et d’une certaine façon, a-t-il jamais cessé de l’être depuis 2002 ? -Nicolas Sarkozy a cassé systématiquement les codes habituels de la communication pour un homme de pouvoir, en rompant avec ceux usés de François Mitterrand et de Jacques Chirac. Avec lui, la transgression est aussi permanente que l’exposition. La rareté est un concept antisarkozyen, la retenue aussi. Comme ministre, comme candidat, comme président, il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir.
C’est une politique de l’offre continuelle.

N. O.
Etre le meilleur à la télé, c’est être automatiquement élu ?


Ph. Guibert. – En grande partie, oui, pour un électorat qui n’est plus dans un vote d’appartenance sociale et de moins en moins de proximité partisane. Encore faut-il préciser ce que signifie «être le meilleur». La performance médiatique est la mise en images et en mots d’une pensée politique. Pas de performance médiatique sans cohérence sur la durée.

N. O.
Cette prise de risque permet sans doute la performance mais, pour autant, l’explique-t-elle ?


Ph. Guibert. – La prise de risque est au coeur de la communication sarkozyenne. Il va jusqu’au bout de la logique de la télé : le direct, l’impression de confrontation avec la vie, ce que Régis Debray appelle «la présence réelle». Il utilise cette ressource dont la télévision a le monopole pour faire la démonstration d’un engagement. «La présence réelle» est la preuve sinon de l’action, du moins de la capacité d’action et du volontarisme. C’était l’enjeu de la présidentielle de 2007, toujours d’actualité aujourd’hui. La prise de risque télévisuelle est un certificat de réalité et d’authenticité de la part du candidat, puis du président. Il ne suffit pas de dire qu’il est un grand acteur pour le disqualifier. D’ailleurs le mot acteur est à double sens. Par son usage de la télévision, Nicolas Sarkozy entend montrer qu’il est un acteur de la vie réelle, qu’il s’inscrit dans la société telle qu’elle est vécue par une majorité de l’opinion. OAS_AD(‘Middle1′);


N. O.Durant la campagne présidentielle de 2007 qui constitue la base de votre enquête, Nicolas Sarkozy était confronté à des concurrents qui avaient été aussi sélectionnés en raison de leur maîtrise de l’outil télévisuel. On pense notamment à Ségolène Royal...


Ph. Guibert. – C’est pourquoi la cohérence est centrale dans la performance médiatique. La force de Nicolas Sarkozy est d’avoir su mettre en scène une pensée politique structurée et d’avoir su la décliner en images et en mots, pour la télévision. Toute sa commumcauon était fondée sur des diagnostics précis de la société française. Lesquels étaient accompagnés par quelques propositions qui en étaient les marqueurs. Quand bien même on n’était pas toujours convaincu par les diagnostics ou par les marqueurs, ils formaient un ensemble cohérent, donc gage d’engagement personnel et de capacité à faire bouger les lignes.

N. O.
Par exemple ?


Ph. Guibert. – Pour le diagnostic ? La France souffre d’une insuffisance de travail, c’est le fameux «travailler plus pour gagner plus», décliné par des marqueurs concrets : les heures supplémentaires, la détaxation des droits de succession, les réductions d’impôts pour l’accession à la propriété. Le marqueur atteste de la capacité d’action immédiate parce qu’il s’inscrit dans les vécus individuels.

N. O.
Pas de performance médiatique sans cohérence globale, dites-vous. Mais les autres candidats étaient-ils sans cohérence ? OAS_AD(‘Middle3′); Le téléprésident. «Il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir» dans NICOLAS SARKOZY blank


Ph. Guibert. – Ségolène Royal avait des diagnostics innovants mais des marqueurs assez pauvres, issus du projet socialiste. C’est encore plus vrai pour François Bayrou qui par exemple n’a jamais réussi à illustrer médiatiquement, par des images qui aient du sens, son idée de «l’union des meilleurs». C’est pourquoi Nicolas Sarkozy a gagné : il est apparu à la fois comme le candidat du changement tout en étant le plus fiable.

N. O.
Cette différence suffit, selon vous, à expliquer le résultat final de l’élection ?


Ph. Guibert. – Je trouve un peu courtes les explications telles que le complot, la manipulation ou l’absence de discernement de citoyens décervelés par la télévision. Au fond, quand on relit toute la campagne présidentielle, on s’aperçoit que le candidat Sarkozy s’est comporté comme le chef des programmes d’une grande chaîne de télévision généraliste, alors que la candidate Royal n’était trop souvent qu’un personnage du feuilleton. C’est toute la différence. L’un a travaillé sur la scénarisation. L’autre a tenu grâce à des exploits personnels. Il suffit pour s’en rendre compte de comparer l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier à la porte de Versailles, et le grand meeting de présentation de campagne de Ségolène Royal le 11 février à Villepinte.

N. O.
La télévision est pour vous le miroir de ces différences ?


Ph. Guibert. – Je dirais plutôt le vecteur. La télé ne fait pas l’élection mais l’essentiel d’une campagne se joue à la télévision. C’est elle qui donne aux citoyens le matériau de base. Elle n’organise pas le débat mais elle le cadre. C’est à partir de là que le débat, la réflexion, l’échange se déclinent dans les médias radio ou écrits, voire sur internet et dans les discussions familiales ou amicales.

N. O.
C’est nouveau ?


Ph. Guibert. – Oui et non. La nouveauté de 2007 ne vient pas du poids spécifique de la télévision mais de l’arrivée des émissions politiques de prime time sur les grandes chaînes généralistes et notamment TF1. Ces émissions ont à la fois réuni de grosses audiences et rythmé la campagne, ce qui n’était pas le cas dans la présidentielle précédente. Par ailleurs les JT ont fait de cette élection un feuilleton et un événement, ce qui n’était pas le cas en 2002, car il y avait un intérêt et un enjeu particuliers dans l’élection 2007 – donc de l’audience.

N. O.
En insistant sur h cohérence globale du discours dans la performance médiatique, n’êtes-vous pas un peu angélique ? Ne sous-estimez-vous pas h question du contrôle des grandes chaînes généralistes ?


Ph. Guibert. – Quand on regarde de près, comme je l’ai fait, la totalité des journaux télévisés de TF1 et de France 2 entre janvier et mai 2007, on trouve bien quelques sujets discutables, notamment en janvier, mais ponctuellement, en creux, de manière implicite. Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’une certaine bienveillance sur sa compétence, ce qui n’est pas le cas de Ségolène Royal, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout ne s’est pas joué là-dessus néanmoins. En réinventant la communication télévisuelle, le candidat UMP a offert aux chaînes généralistes des produits de campagne qui répondaient à leurs attentes et à l’enjeu de cette élection pour l’opinion.

N. O.
Et cela continue depuis qu’il est président…


Ph. Guibert. – Les règles de base de la communication Sarkozy n’ont pas fondamentalement changé depuis le 6 mai 2007. Création d’événements permanents, saturation de l’espace médiatique télévisé… La nouveauté, c’est qu’il est désormais seul en scène. La passivité du CSA sur la question de l’équilibre des temps d’antenne est sur ce point stupéfiante ! Mais pour comprendre ce qui se passe depuis six mois, il faut surtout insister sur l’obsession sarkozyste de la cohérence globale. Dans sa dernière interview sur TF1 et France 2, début décembre, il était clair que le président entendait montrer que les diagnostics de sa campagne n’avaient pas changé : pour gagner plus, il faudra travailler plus. Donc il sait où il va. Etant entendu, toutefois, que la cohérence globale du discours médiatique de Sarkozy me semble beaucoup plus claire sur la scène politique nationale que sur la scène extérieure.

N. O.
Est-ce durable ?


Ph. Guibert. – La thèse selon laquelle tout cela ne serait qu’artifice et donc voué à une prochaine explosion me paraît un brin optimiste pour la gauche… Nicolas Sarkozy jouit aujourd’hui d’un quasi-monopole de la construction des discours publics. C’est le premier à juger son propre bilan. Il l’avait déjà fait en matière de sécurité lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Le bilan était mitigé mais il avait réussi à imposer une grille de lecture binaire assez efficace. Si on n’était pas avec lui, on était du côté de «la racaille». La réponse dès lors allait de soi ! Pour déconstruire ce genre de choses, il est vain d’attendre que le réel se venge. L’interprétation du réel n’est pas une donnée, elle se construit par le combat politique et médiatique. Tant qu’il n’y aura pas une offre alternative, porteuse d’un autre diagnostic adapté aux vécus de l’opinion et aux formats de la télévision, alors le réel selon Sarkozy aura de beaux jours devant lui.

François Bazin
Le Nouvel Observateur

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La xénophobie d’État tue. Manifestation nationale le 5 avril 2008 à Paris

Posté par issopha le 27 mars 2008

Collectifs de sans-papiers, RESF, UCIJ

La xénophobie d’État tue

Manifestation nationale le 5 avril 2008 à Paris

La France c’est tous ceux qui y vivent
La xénophobie d’Etat tue les droits de tous
Français, immigrés égalité – solidarité !

Une politique qui nie les droits fondamentaux

L’acharnement de ces dernières années contre les étrangers est impressionnant. Pas moins de cinq lois depuis 2002 ont été votées au mépris de la légitimité des étrangers installés en France à y bénéficier des droits de tous quelque soit leur statut juridique : attaques contre l’aide médicale d’Etat, tests ADN, multiplication des restrictions du droit d’entrée et de séjour des étrangers notamment par la limitation drastique du regroupement familial.

Le gouvernement impose une vision utilitariste de l’immigration. Après avoir établi des listes restrictives de métiers discriminant travailleurs provenant de l’UE et travailleurs du reste du monde, il a l’intention de modifier la Constitution au printemps pour introduire dans la loi la notion de quotas. De plus pour faciliter les expulsions, il veut créer une juridiction spéciale chargée de juger les étrangers sans papiers. Il souhaite faire adopter à l’échelle européenne une disposition rendant impossible à l’avenir toute opération de régularisation d’envergure.

Cette politique répressive touche non seulement les sans-papiers mais aussi les étrangers ayant un titre de séjour et les Français, surtout sur ceux d’origine étrangère. Pour chacun(e) des sans papiers piégé(e) par des contrôles d’identique iniques au faciès, combien d’étrangers en règle ou de Français « issus de l’immigration » se voient humilier quotidiennement ? Combien d’étrangers se voient refuser, pendant de longues années ou pour toujours, la possibilité de vivre avec leurs proches, en raison des critères arbitraires fixés par la loi et de la malveillance tatillonne des préfectures ? Combien d’étrangers et de Français se voient refuser le droit d’épouser la femme ou l’homme de leur choix au prétexte que leur amour ne serait que de complaisance ?

Une politique du chiffre qui tue

Contrôles au faciès, convocations piège en préfectures, rafles, non respect des voies et délais de recours, marquage de sans-papiers au feutre indélébile dans le Nord, pression sur les préfets, policiers et gendarmes pour qu’ils atteignent des objectifs chiffrés, mise en place de camps d’enfermement aux frontières de l’Europe… Chaque jour la descente dans l’ignominie s’accélère. Cet acharnement répressif brise et tue des êtres humains qui pour échapper aux expulsions prennent des risques parfois mortels (défenestrations, fuite par les toits, suicides, noyades…)

Les politiques de chasse aux sans-papiers sont non seulement inhumaines et injustes, mais également coûteuses. Les coûts induits par cette débauche de moyens policiers et la mobilisation d’infrastructures (transports ferroviaires, portuaires et aériens) seraient plus utiles pour financer des services publics ou l’aide au développement. Au contraire, si ces mêmes sans-papiers étaient autorisés à vivre en France en tout légalité, n’étaient plus obligés de se cacher et n’étaient plus tenus d’accepter des conditions de travail dégradantes, le paiement des cotisations sociales de ces travailleurs permettrait de faire rentrer des milliards d’euros dans les caisses de la protection sociale.

Une politique qui réprime la solidarité

Le gouvernement s’efforce d’entretenir un climat de suspicion et de peur à l’égard des étrangers et de leurs soutiens : criminalisation de la solidarité, multiplication des poursuites judiciaires, utilisation des services publics, services sociaux et des inspecteurs du travail comme auxiliaires de police.

Afin d’aligner par le bas les droits sociaux, il fait le choix de la division : le pouvoir oppose Français et étrangers en agitant le mythe de l’invasion de la France, il oppose les bons immigrés intégrés aux mauvais immigrés, les étrangers en situation régulière aux sans-papiers, comme il oppose les salariéEs du privé à ceux et celles du public…

Une politique qui instrumentalise l’immigration au profit d’une politique antisociale et liberticide

Les étrangers sont utilisés comme des boucs émissaires afin de détourner l’opinion des vrais problèmes : pouvoir d’achat, protection sociale, retraites, précarité, services publics, place des femmes, avenir de la planète, discriminations….

Cette politique qui fait système est aujourd’hui notamment incarnée par le ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement. Elle présente les étrangers comme une menace pour « l’identité nationale ». Cette conception s’inspire d’une philosophie nationaliste et d’extrême droite. Elle contribue à justifier des politiques sécuritaires qui transforment notre société en Etat policier. Elle constitue une injure non seulement envers les étrangers, mais également envers les Français attachés aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de respect de la personne humaine. Elle donne de la France l’image d’un pays qui se replie de plus en plus sur lui-même.

Nous refusons cette politique ultra-libérale de casse du code du travail et salarial, dont les émigrés sont les premières victimes. Nous refusons cette politique européenne dictée par le patronat européen pour une « immigration choisie », permettant in fine cette délocalisation sur place, à moindre coût, et mise en concurrence des filières d’immigration de travail.

La liberté de circulation des êtres humains est une valeur fondatrice de la civilisation et de la démocratie.

Ce projet de société n’est pas le nôtre !

La société démocratique et solidaire à laquelle nous aspirons exige :

  • La suppression du ministère de « l’identité nationale »,
  • L’arrêt de la chasse aux sans-papiers, l’arrêt des expulsions et la fermeture des centres de rétention,
  • L’arrêt des poursuites contre les soutiens des sans-papiers,
  • L’abrogation de lois stigmatisant les migrants et bafouant leurs droits,
  • L’abandon des projets gouvernementaux sur la justice d’exception et les quotas,
  • La mise en œuvre d’une autre politique européenne, à l’opposé de l’Europe forteresse,
  • Le droit au logement, à la santé, à l’éducation et au travail pour toutes et tous,
  • Des droits pour les femmes migrantes qui favorisent leur autonomie,
  • La régularisation des sans papiers,
  • L’abolition de la taxe à l’emploi pour l’embauche de travailleurs étrangers,
  • Une politique d’accueil des étrangers leur permettant de vivre dignement en France.

Pour une société fraternelle et solidaire,
un sursaut citoyen s’impose
nous manifesterons tous ensemble le 5 avril à Paris
14H30 Place d’Italie

Signataires : Collectifs de sans-papiers, RESF, UCIJ


http://www.gisti.org/spip.php?article1112

ECOLE SANS RACISME – ONLINE

 

Le site web d’Ecole Sans Racisme est actuellement en reconstruction. Ce site web –limité- reste en ligne pendant les opérations. Pour des questions, vous pouvez toujours vous adresser au secrétariat.

 

Journée internationale contre le racisme

Eduquer à vivre ensemble, pas seulement le 21 mars !

Le 21 mars, de nombreuses actions se déroulent autour de la Journée internationale contre le racisme. Les points communs de toutes ces mobilisations sont la volonté de promouvoir une société où la tolérance, l’amitié et l’égalité occuperaient une place centrale.

Ecole Sans Racisme, et son équivalent flamand  School zonder Racisme, s’attellent, jour après jour, à  faire progresser ce projet de société auprès des  jeunes, des animateurs de jeunes et du personnel enseignant.

Nous sommes convaincus que tous les êtres humains sont égaux et doivent jouir des mêmes chances d’épanouissement quelles que soient la couleur de leur peau, leur langue, leur religion, leur nationalité ou leur situation socio-économique. Nous pensons que l’intolérance et le racisme dressent les gens les uns contre les autres, sèment la division et font naître la haine.

* Quelques constats

Nous regrettons de devoir constater que l’antiracisme et la tolérance ne vont pas toujours de soi dans notre société.

D’une enquête menée par la K.U. Leuven, en  2006, il ressort que 20 % des jeunes francophones sont intolérants. Ces jeunes considèrent les immigrés comme « trop » nombreux et leur présence comme une menace et pensent que chacun doit se plier aux mêmes habitudes et traditions. 11% déclarent crûment qu’ils sont racistes.

Les chercheurs en viennent à la conclusion que -malgré les nombreuses campagnes anti-racistes – le racisme en Belgique se, présente de plus en plus comme une option légitime. Des personnes n’hésitent pas à déclarer ouvertement qu’elles sont racistes. En conséquence, le racisme et l’intolérance se présentent naturellement aux jeunes comme plus acceptables. Le problème est banalisé ce qui, pour les jeunes, le rend tolérable.

On peut faire référence ici au procès de Hans Van Temsche. Ce jeune fut clairement  condamné pour des motifs racistes mais des voix se sont levées pour dénier le caractère raciste de ses actes.

Les enquêteurs font aussi remarquer que, depuis de nombreuses années, l’immigration est présentée de manière très négative.  Lorsqu’on parle des immigrés, le complément ‘problème’ n’est jamais loin. Cette représentation sans nuances laisse bien évidemment des traces dans la représentation que les jeunes se font du monde.

*En tant qu’éducateur ou enseignant, que pouvons-nous faire? 

Notre rôle d’enseignants est de faire passer en la matière un message clair et non équivoque. Dans notre classe, notre cours, notre école, la norme doit être clairement : ‘le racisme  est ici inadmissible’. Notre rôle est notamment d’être à l’écoute des préjugés mais d’y apporter des réponses objectives.


De par notre expérience, nous nous rendons souvent compte qu’on ne peut briser les conceptions racistes en quelques mots ou en avançant des arguments rationnels, encore moins par un discours moralisateur. Les expériences concrètes sont très importantes pour les jeunes. A cet effet, des rencontres positives entre personnes de différentes origines, peuvent avoir un impact bien plus important que nos arguments. Nous constatons que les relations sociales entre groupes culturels dans le quartier, à l’école et sur le marché du travail s’amenuisent. En entrant en contact avec les autres, les jeunes peuvent comprendre que, indépendamment de leur vécu, au-delà de leurs différences, tous sont confrontés aux  mêmes problèmes universels et partagent les mêmes expériences. De cette expérience commune doit pouvoir surgir plus de tolérance.  


Nous savons que le racisme est un phénomène de société et qu’il y est donc structurellement présent. Pensons aux exclusions dans l’enseignement, aux discriminations sur le marché du travail ou au niveau du logement et au refus du droit de vote aux non-Belges aux niveaux national et provincial.

Toutes ces inégalités de traitement ont un impact négatif sur la manière de penser des jeunes et stimulent leurs préjugés : ‘Ils sont bêtes, ils ne veulent pas travailler, ils profitent de la sécurité sociale, ils n’entretiennent pas leur logement, “ etc.

Heureusement, nous savons aussi que nous pouvons amener les jeunes à réfléchir et c’est important pour nous en tant qu’accompagnateurs des jeunes. Ainsi, une étude menée en Suisse en 2002 montre qu’un programme antiraciste sur les réfugiés, les étrangers et les juifs peut influencer positivement le comportement des jeunes. Suite aux débats et discussions, l’intolérance et la xénophobie avaient considérablement diminué dans les classes concernées, contrairement au groupe témoin où la haine de l’étranger s’était accrue.

C’est pourquoi il est très important, en plus d’aborder les préjugés et de stimuler des contacts positifs, d’amener les jeunes à comprendre les tenants et aboutissants du racisme c’est-à-dire d’en déconstruire les causes et le rôle social voire politique.

Mais cette même étude suisse constate aussi que l’effet positif régresse si de nouvelles activités ne sont pas organisées dans l’année. C’est la raison pour laquelle nous estimons importante une approche continue et systématique du phénomène du racisme.  Nous ne pouvons nous limiter à une activité isolée. 

Travailler sur le long terme

Un engagement contre le racisme n’est pas un engagement éphémère. Ecole Sans Racisme (ESR) tente d’accorder une attention permanente au racisme. Des dizaines d’écoles de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie, aussi bien libres qu’officielles, sont réunies dans son réseau.

La signature d’une déclaration d’engagement par au moins 60% de la population de l’école est nécessaire pour obtenir le label  Ecole Sans Racisme, un stimulant pour accorder, d’année en année et de  manière structurelle, une attention particulière à l’éducation antiraciste. Le projet ESR est un soutien pour les jeunes et leurs accompagnateurs qui veulent agir contre le racisme et surtout travailler préventivement.

Afin de permettre cette action continue, nous proposons, en tant qu’organisation, quelques outils didactiques, des formations et activités. Une farde-photos didactique intitulée  ‘Voir l’autre’, entièrement créée par des enseignants en fonction de la réalité de leurs classes,  permet d’aborder de manière ludique la question des préjugés que nous forgeons à propos d’une personne que nous ne connaissons pas.  Des personnes d’origines différentes nous font découvrir progressivement leur récit de vie au départ de leurs photos. A travers cette activité, qui propose différentes exploitations didactiques, nous pouvons débusquer des préjugés et travailler sur les représentations et la diversité.

Des circuits alternatifs intitulés ‘Bruxelles, un autre regard’ immergent des jeunes dans un quartier multiculturel de Bruxelles. Ils entrent en contact avec des personnes d’autres cultures et découvrent la manière dont le racisme et les préjugés sont imbriqués dans notre société.

Chaque année des écoles participent également au concours créatif organisé sur un thème lié aux discriminations. Cette année il est intitulé ‘Enfants Non Admis’ et les jeunes s’y expriment, de manière artistique (récit, réalisation textile ou montage tri- dimensionnel) sur le thème des réfugiés.

Enfin les « Ecoles sans racisme » peuvent encore avoir accès à des formations sur le thème des réfugiés, l’histoire du racisme, les discriminations et la manière de réagir aux préjugés racistes.

Les enseignants sont demandeurs. Ils veulent pouvoir apporter des réponses étayées aux interrogations (et parfois aux provocations racistes) des adolescents.

Construire la cohabitation et le « vivre ensemble » ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de bons sentiments pour répondre efficacement en classe aux attitudes racistes.

Le 21 mars ne peut être que le départ d’un processus pédagogique qui doit imprégner toute l’année scolaire et toute la scolarité.

Anne Morelli

Au nom du Conseil d’Administration de Ecole Sans Racisme et School zonder Racisme

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Petition : LE MONDE SELON MONSANTO diffusé SUR ARTE : UN SCIENTIFIQUE CONTRAINT A LA DEMISSION

Posté par issopha le 23 mars 2008

 Petition :

LE MONDE SELON MONSANTO  diffusé SUR ARTE :

UN SCIENTIFIQUE CONTRAINT A LA DEMISSION


www.sciencescitoyennes.org

Christian Vélot est Enseignant-Chercheur en Génétique Moléculaire à l’Université Paris-Sud. Depuis 2002, il est responsable d’une équipe de recherche à l’Institut de Génétique et Microbiologie (Institut mixte CNRS-Université) sur le Centre Scientifique d’Orsay. Parallèlement à son activité d’enseignement et de recherche, il anime sur son temps personnel de nombreuses conférences à destination du grand public sur le thème des OGM. Ses conférences didactiques, dont l’une a notamment servi de document de travail à l’intergroupe OGM du Grenelle de l’Environnement, ont permis à de nombreux citoyens d’avoir accès à une connaissance de la réalité des OGM et ont contribué à la prise de conscience raisonnée des risques qu’ils portent. Il est souvent intervenu en tant que témoin dans les procès de faucheurs volontaires. Christian Vélot fait partie de ces lanceurs d’alerte qui oeuvrent pour faire valoir la réalité de certains risques et engager des débats démocratiques, là où l’obscurité et l’opacité sont de règle. Ses prises de position lui valent aujourd’hui, de la part de la direction de son Institut, de nombreuses pressions matérielles, depuis la confiscation de la totalité de ses crédits pour 2008, la privation d’étudiants stagiaires, la menace d’un déménagement manu militari, jusqu’à l’annonce de l’exclusion de son équipe de l’Institut à partir de fin 2009. Nous, signataires de cette pétition, demandons que toutes les conditions soient rassemblées pour que Christian Vélot, avec son équipe, puisse poursuivre ses activités de recherche indépendante, ce qui implique notamment que la totalité de ses crédits lui soient restitués et qu’il puisse rester dans ses locaux au moins jusqu’à la fin de son actuel contrat (fin 2009). Au-delà du cas de Christian Vélot, nous appelons également à une très grande vigilance face aux atteintes à la liberté d’expression des chercheurs, et demandons un véritable statut juridique des lanceurs d’alerte, dans le cadre d’une loi de protection de l’alerte et de l’expertise, dont le principe a été acté par le Grenelle de l’Environnement.

Cette pétition sera remise aux instances de l’Université Paris-Sud, à la Direction du Département des Sciences de la Vie du CNRS, ainsi qu’à Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables, et Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, chargée de l’Ecologie.

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A tous ceux (et les autres !) qui ont vu l’excellent reportage de Marie Dominique Robin sur la firme agro-alimentaire américaine Monsanto et son hégémonie planétaire, et le débat qui a suivi avec Christian Velot, voici une pétition indispensable et très facile à signer pour protester contre le licenciement de ce chercheur *sommé de quitter son poste* depuis la programmation de son intervention à la télévision !
On peut bien se foutre de la tronche des russes et de leur nouveau président fantoche : ce qui se passe ici n’est pas mieux !
A vos clics, urgent ! La pétition sera close dimanche 23 mars.
Voici le sujet :
*Christian Vélot* est le chercheur qui est intervenu le 11 mars, invité sur Arte pour débattre scientifiquement et « moralement » suite à la diffusion d’un documentaire sur Monsanto, société américaine qui produit, invente et préconise à outrance l »usage des OGM.
Cette société a vendu à l’Inde du riz stérile, elle fait tout pour réduire la diversité des maïs mexicains au profit de son maïs transgénique, enfin fait ce qu’il faut pour amener la population mondiale à dépendre d’elle pour l’accès à la nourriture.
TRES SERIEUSEMENT, nous devrons bientôt payer pour cultiver des plantes dont les gênes seront « brevetés » par Monsanto…
Vu que les gênes de leurs plantes auront infiltré ceux des autres !!!
C’est déjà le cas aux Etats-Unis où des centaines de paysans luttent comme ils peuvent pour arrêter cette horreur. Idem au Canada ! L’Inde a failli plonger dans une famine phénoménale lorsque les paysans ont voulu replanter, l’année suivante, les graines obtenues par les semis de Monsanto. STERILES ! Des graines stériles !
Monsanto a trouvé normal d’incorporer à son riz un gêne surnommé « TERMINATOR », et qui rend la plante stérile dès la première floraison !!! L’Inde s’en est sortie en achetant du riz à la Chine…
Le reportage sur ARTE parlait de tout cela, images à l’appui, commentaires et preuves scientifiques irréfutables et faisant froid dans le dos !
Christian Vélot a appuyé le reportage lors d’un débat qui a suivi la diffusion.
Et bien depuis,* »on » lui demande de démissionner !*
Trouvant insoutenable qu’en France un scientifique se battant pour éclairer le débat sur les OGM soit pénalisé de la sorte dans son travail, je vous appelle à faire circuler ce mail le plus possible, au delà de la sphère écologiste que cette problématique dépasse très largement…
La politique ici à l’œuvre est emblématique de la soumission croissante de la science aux intérêts des firmes privées, avec les dangers que cela représente pour l’humanité. En effet, les chantiers actuels de la science déterminent les choix de sociétés futures… Mieux vaut que ces choix restent dictés par des intérêts collectifs.
En l’état actuel de l’organisation de la science, de la politique et de l’agriculture, nous avançons assurément vers une société humaine dépendante des firmes pour l’accès à la nourriture.
L’enjeu n’est donc pas anodin.
Signer la pétition est super simple.
Cliquez sur l’adresse en dessous, allez vers le bas et mettez vos coordonnées. Validez. Fermez.
Un message de confirmation vous arrive : cliquez dessus. La confirmation se fait toute seule !


Pascal-Emmanuel Luneau
www.sciencescitoyennes.org

Les OGM expliqués par Christian Vélot,dans son Laboratoire de recherche en Génétique Moleculaire, à Orsay.

merci au collectif des faucheurs volontaires www.monde-solidaire.org

POUR INFO :
www.infogm.org

Forum « Nyeleni » pour la souveraineté alimentaire
http://nyeleni2007.org/

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1940 : des coloniaux dans l’armée régulière et dans la Résistance

Posté par issopha le 23 mars 2008

1940 : des coloniaux dans l’armée régulière

et dans la Résistance

Plus de détails en cliquant sur le lien suivant :

 http://www.histoire-immigration.fr/index.php?lg=fr&nav=19&flash=0

Enrôlés dans les troupes qui seront de tous les combats, en particulier au moment de la Libération, faits prisonniers par l’Occupant dans les frontstalag, engagés dans la Résistance, les coloniaux ont payé leur tribut à la guerre contre l’Occupant de la France.

L’appel aux soldats de l’Empire

178 000 Africains et Malgaches et 320 000 Maghrébins sont appelés en 1939-1940.

Selon les chiffres du sous-secrétariat d’État aux Anciens combattants, 21 500 Africains et Malgaches, et 16 600 Maghrébins sont tués entre 1939 et 1945. Environ 25 000 Africains et Malgaches et 18 000 Algériens sont fait prisonniers et restent bloqués en métropole durant toute la durée de la guerre, d’abord dans des frontstalag allemands en France, puis transformés en “travailleurs libres”, et enfin “recrutés” par l’organisation Todt pour construire des fortifications sur la côte méditerranéenne.En 1945, les troupes Nord-africaines sont de tous les combats pour la libération du continent, entre autres durant la campagne d’Italie, à Monte Cassino, où s’illustrent les tirailleurs algériens, tunisiens et marocains, ainsi que dans la plaine des Flandres, sur les bords du Rhin ou à Marseille, libérée par les tabors marocains.

 

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Affiche “Pour la défense de l’Empire”. © Éric Deroo

Les Indochinois dans les usines de guerre

Les Indochinois sont quant à eux recrutés pour faire tourner cette fois encore les usines de guerre.

20 000 sont envoyés en France, réquisitionnés ou travailleurs volontaires.

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 Indochinois travaillant dans une usine d’obus en 1944. © BDIC

Organisés militairement en compagnies dépendant du service de la Main-d’œuvre indigène (la MOI, à ne pas confondre avec la Main d’œuvre immigrée, l’organisation communiste qui regroupe les résistants étrangers), ils sont capturés lors de la défaite et emprisonnés pour une bonne part d’entre eux dans les frontstalag Á partir de 1942, les 14 000 qui sont encore en France sont mis au service de l’armement de guerre de l’occupant.

La Résistance

5 000 tirailleurs africains et malgaches, déserteurs ou évadés des camps de prisonniers, gagnent les rangs des FFI (Forces françaises de l’intérieur).

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  1. 1 – Soldats indochinois.

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  1. 2 – Tirailleur marocain.

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  1. 3 – Tirailleur sénégalais.

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  1. 4 – Soldat F.F.I.

On en trouve au combat dans les maquis de 38 départements métropolitains. De même, on dénombre 52 tirailleurs sénégalais dans les maquis du Vercors, qui sont de tous les combats et participent à la libération de Romans-sur-Isère le 22 août 1944, puis du quartier de la Part-Dieu, à Lyon, le 3 septembre 1944. On comptera 14 Africains parmi les 1030 compagnons de l’Ordre de la Libération, la plus prestigieuse des décorations de la France libre.

 

De même, des militants nord-africains de la cause indépendantiste se battent pour la liberté universelle aux côtés des Français durant l’Occupation. Sahli-Mohand Chérif, par exemple, militant du Parti du peuple algérien de Messali Hadj en 1937, édite en métropole durant la guerre El Hayat, une feuille clandestine de résistance à l’occupant de la France, avant de reprendre son combat pour l’indépendance algérienne après 1945.

Il faut citer également le martyr du militant communiste algérien Mohamed Lakhdar, ouvrier métallurgiste, engagé dans les FTP en 1942, arrêté en 1943 par la police française et exécuté, mort pour que vive la France et la liberté de l’homme.

Voir les séquences du film liées à ce dossier:

Le tirailleur Addi Bâ

Né en 1923 à Conakry (Guinée), Addi Ba arrive jeune en France, à Langeais (Indre-et-Loire). Il s’engage dès le début de la guerre dans le 12e Régiment de tirailleurs sénégalais, avant d’être capturé, en juin 1940, avec presque toute sa compagnie.Il est conduit à Neufchâteau, dans les Vosges, d’où il s’évade avec quelques camarades africains. Dès octobre 1940, il entre en contact avec le réseau “Ceux de la Résistance”. En mars 1943, il participe à l’établissement du premier maquis des Vosges, baptisé “Camp de la Délivrance”, qui abrite quatre-vingts réfractaires français au STO (Service du travail obligatoire), dix-huit Russes et deux Allemands, tous déserteurs de la Wehrmacht. Le maquis est attaqué en juillet : traqué par la police allemande, aisément reconnaissable, Addi Ba est arrêté le 15 juillet et conduit à Épinal. Là, il est atrocement torturé mais ne parle pas alors qu’il n’ignore rien des réseaux de la Résistance dans les Vosges. Il est fusillé le 18 décembre 1943 sur le plateau de la Vierge, à Épinal. Une rue de Langeais porte son nom depuis 1991.

« »

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Le tirailleur Addi Bâ.

Publié dans AFRIQUE NOIRE : Réécrire l'Histoire, LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL | 1 Commentaire »

Jean-Marie-Bockel, secrétaire d’Etat à la Coopération, a bien été sanctionné par l’Elysée pour ses déclarations sur la « Françafrique »

Posté par issopha le 21 mars 2008

LES CONFIDENTIELS du NOUVELOBS

NOUVELOBS.COM | 21.03.2008 | 08:56

JEUDI 20 MARS

Remaniement. Jean-Marie-Bockel, secrétaire d’Etat à la Coopération, a bien été sanctionné par l’Elysée pour ses déclarations sur la « Françafrique » et évacué comme secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants lors du remaniement du gouvernement. En février, il avait demandé au président Sarkozy de concrétiser sa promesse de rupture et de signer « l’acte de décès de la Françafrique », ce qui avait suscité la colère de certains chefs d’Etat africains, dont le Gabonais Omar Bongo et le congolais Denis Sassou Nguesso. Jean-Marie Bockel avait demandé à Nicolas Sarkozy de ne plus « céder à un certain nombre de caprices (…) de certains pays qui ont (…) une rente pétrolière qu’ils ne consacrent pas aux investissements qu’ils nous demandent de financer ». Omar Bongo et Sassou N’Guesso se sont sentis directement visés et ont demandé la tête de Bockel à l’Elysée. Bernard Kouchner, chef de la diplomatie et ministre de tutelle de Jean-Marie Bockel -et comme lui ministre « d’ouverture et de rupture » venu du PS – ne l’a pas soutenu. Un UMP bon teint, Alain Joyandet, a été nommé à la Coopération. « Pour nous, c’est un signe intéressant », s’est réjouit le porte-parole du gouvernement gabonais René Ndemezo Obiang. (Jean-Baptiste Naudet)

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Reportage sur les biens d’Omar Bongo en France : le Gabon proteste

NOUVELOBS.COM | 07.03.2008 | 14:04

L’enquête diffusée lundi soir portait sur les biens immobiliers en France du président Omar Bongo. Le gouvernement gabonais « se réserve désormais le droit de réagir contre cet acharnement médiatique ».

Omar Bongo

Omar Bongo
(c) Reuters 

Un reportage de France 2 sur les biens immobiliers en France du président Omar Bongo Ondimba a suscité mercredi 5 mars les protestations du Gabon, qui « réfléchit à la suite à donner aux relations franco-gabonaises ».
Le gouvernement gabonais a « convoqué » l’ambassadeur de France pour lui exprimer son « étonnement sur la diffusion » d’un reportage concernant « les biens immobiliers en France » du président Bongo, a indiqué le ministère gabonais des Affaires étrangères.
« Dans ce contexte », le Gabon « se réserve désormais le droit de réagir contre cet acharnement médiatique (…) conformément aux principes de réciprocité et réfléchit actuellement à la suite à donner aux relations franco-gabonaises », a souligné le ministère dans un communiqué.
Un allié sûrLe Gabon exprime également « son étonnement sur la diffusion par l’audiovisuel d’Etat d’un dossier qui a fait l’objet d’un non-lieu de la justice française pour ‘infraction insuffisamment caractérisée’ ».
Il estime que cette diffusion, s’est faite « au mépris » des « intérêts mutuels, de l’excellence des relations qui lient » la France et le Gabon, alors que « le Gabon est toujours demeuré un allié sûr pour la France ».
Le ministère relève également que « la vive et hostile campagne de presse » sur les biens d’Omar Bongo s’est « intensifiée à l’ensemble des medias publics français ».
Important patrimoine immobilier

Un reportage a été diffusé lundi soir sur France-2, portant sur l’important patrimoine immobilier que détient le président Bongo en France. Selon des procès-verbaux publiés en janvier par le quotidien français Le Monde, Omar Bongo disposerait de trente-trois appartements ou maisons dont un hôtel particulier de 18 millions d’euros à Paris, acheté en juin 2007 par une société civile immobilière associant deux enfants du président gabonais.
La protestation intervient dans un contexte qui s’est tendu ces derniers jours après la reconduite aux frontières par la France de deux étudiants gabonais et une protestation « indignée » du Gabon qui a menacé « d’appliquer la réciprocité » à l’égard des Français en situation irrégulière au Gabon.
Le ministre de l’Intérieur précise que cela peut concerner « beaucoup de Français » présent au Gabon, estimant que « 5 à 10% » des quelque 10.000 Français qui y sont installés ne sont pas en règle.

Piliers de la Françafrique

Au pouvoir depuis 40 ans, Omar Bongo est des piliers de la Françafrique. Désormais doyen des chefs d’Etat du monde, il a connu tous les présidents de la Ve République française.
Il a été un des principaux relais du système « françafricain » où s’entremêlaient raison d’Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes, permettant à la France de maintenir son influence sur le continent.
La France possède une base militaire à Libreville et Nicolas Sarkozy s’est rendu au Gabon en juillet, lors de son premier voyage en Afrique subsaharienne en tant que président français.
La base militaire de Libreville a accueilli les étrangers évacués de N’Djamena par la France après l’attaque rebelle de début février sur la capitale tchadienne.

AVIS D’INTERNAUTES

Ruthene
Omar rouge…
… ainsi donc notre très cher ami est rouge de colère à la vue du reportage de France 2.
Il n’a pas apprécié que soit révélée l’existence de ses propriétés et voitures luxueuses.
C’est bien dommage car cela démontre que Bongo rime avec Bingo.
Allons Omar remets-toi; en France nous sommes désormais en vraie démocratie et la télévision n’est plus aux ordres du gouvernement.
Certes ce n’est pas comme cela chez toi.
Tu excelles à mettre tes opposants au pas lorsqu’ils se font pincer.
Fais attention néanmoins, chez nous les « Omar » finissent tous dans le bouillon et le rouge marque la fin de leurs pérégrinations.
07.03 à 18h31
JL38
Bongo, et moi et moi…
Et moi et moi avec mes petits dons à MSF pour que des gens ne crèvent pas comme des chiens …
Et Bongo avec tout son fric piqué à ses concitoyens…
Et moi et moi comme un con avec mes petits dons et Bongo qui rigole …mais finalement je trouve qu’être un con c’est un million de fois mieux que d’être un Bongo , une racaille de la pire espèce J’ai déjà pas mal vécu et je n’ai pas beaucoup d’illusions sur la volonté de nos politiques d’en finir avec les dictateurs de tous poils ; mais comme finalement je suis vraiment trop con , je vais continuer à espérer.
06.03 à 22h24
COOL
à toto
En voilà une question impossible. Il vaut mieux s’adresser au Ministère des Armées!Mais le plus tôt sera le mieux, ras le bol que nos petits gars se fasse tuer pour des causes qui ne sont pas les nôtres, et pour des valeurs qui n’en sont pas!!!
06.03 à 20h17
cdéblabla
Errare !
lire Gabon, évidemment Lol
06.03 à 18h49
cdéblabla
@ Mamiwata, ambassade du Congo?
Pouvez vous communiquer le salaire officiel du président ?J’ai cru lire quelque part 15000 euros.Il gagne l’euro millions tous les 15 jours pour s’offrir, rien qu’en France ! , ces dizaines de propriétés de luxe?
Merci pour votre prochain communiqué…
06.03 à 18h46
Knock
@mamiwata
Merci.
J’avais lu votre mail de travers.
Je vous présente mes excuses.
06.03 à 18h12
campra
scandaleux
le comportement de Bongo et d’autres dictateurs africains qui s’accrochent au pouvoir pour piller les richesses de leurs pays.Le gabon, pays riche où il y a de nombreux enfants des rues , obligés de chercher leur nourriture dans les tas d’immondices! les dirigeants « investissent » en Europe pendant que leurs travailleurs immigrés envoient leurs économies en Afrique pour nourrir leurs familles. Quid des émeutes actuelles au cameroun? Seuls quelques pays comme l’Afrique du sud, le ghana ou le Mali sont exemplaires en matière d’élection car leurs chefs d’Etat ont quitté volontairement le pouvoir. L’amérique latine , il y 15,20 ans était un continent où régnait bon nombre de dictateurs. aujourd’hui, la démocratie a gagné. Espérons qu’en Afrique, les démocrates puissent un jour accéder au pouvoir et investir dans l’éducation et la santé, au lieu de l’immobilier et les grosses bagnoles à paris.
06.03 à 17h50
lorrain44
Omar Bongo
Qui a eu intérêt de diffuser ce reportage sur les » biens immobiliers » du président à vie du Gabon et ce quelques jours avant le discours de Sarkosy sur l’Afrique.Un avertissement sans frais de LElysée ou….
06.03 à 17h19
Mamiwata
Knock ou la faiblesse d’esprit…
Je vois la que j’ai affaire a un bien pietre connaisseur de l’Afrique qui se permet de juger ce qu’il ne connait pas!
Sachez qu’au lieu de me facher, vos propos m’ont amusés! hahaha
J’espere que vous allez répondre une fois de plus et jeter votre fiel sur le papier!! Cela me fera passer un bon moment que de lire vos imbécilités! :)
06.03 à 15h35
toto
@ COOL
C’est pour quand la fermeture des bases militaires en Afrique au fait?
06.03 à 14h19
COOL
à L.
Eh bien au moins c’est une bonne nouvelle, de savoir qu’on ne subventionne pas le Gabon avec l’argent de nos impôts.Et très franchement, la misère ici en France-même nous inciterait à garder plutôt les fonds pour les retraites « portion congrüe » des vieux français, pour bâtir les logements sociaux qui manquent partout, et pour trouver une solution durable aux sans abris.
06.03 à 13h12
Limasoyl
On parle souvent du Gabon
en disant qu’il s’agit d’un scandale géologique.
06.03 à 12h58
Limasoyl
Mise au point d’importance
En ce qui concerne le Gabon, ce ne sont certainement pas des subventions françaises et/ou européennes qui sont détournées. Ce pays est une éponge à pétrole, son sous-sol regorge de minerais de toutes sortes (uranium, manganèse, bauxite, fer, diamants, etc), sans parler de la forêt tropicale qui la recouvre totalement (bois précieux et exotiques). Ce pays d’un million et demi d’habitants est administré par Bongo et son clan depuis plus de 40 ans, comme une petite entreprise privée. Ces gens-là puisent dans les caisses de l’état comme des patrons voyous le font dans les caisses de leur entreprise. Ne pensez pas que vos impôts alimentent les achats de berlines de luxe de Mme Bongo et de ses enfants.
06.03 à 12h56
laverite
A quand
un reportage sur la richesse de ceux qui nous gouvernent,maitre de forge,industrie divers(parmaceutique,commerce,banque,etc..)chez nous en France et a contrario la pauvreté d’une frange de la population(personnes agées,retraités,SDF,chomeurs)
On pourrait s’apercevoir que le cas du gabon n’est pas seul.
Vous seriez surpris,non.
Quant au Gabon,les habitants ne meurent pas de faim.
Ce pays trop grand,, garni de forêts ,pour sa faible population demande des investissements énormes.
Heureusement que le pétrole ,l’uranium,les diamants permettent de monter petit a petit le niveau de vie des gabonais sinon ce serait la faillite.
Si on quite le Gabon,soyez sur que d’autres pays n’auront aucun scrupule à s’y installer et nous foutrent dehors.
Et l’uranium hein!
06.03 à 12h49
COOL
Très très intéressant …
Bien sûr grâce aux subventions, non seulement de la France, mais de l’Europe, entre autre.Une subvention a cependant une destination bien précise. Elle est attribuée pour financer un projet économique en général, s’agissant de pays en voie de développement.Il s’agit bien de détournements de fonds.Couper les subventions? Mais les dirigeants de l’Afrique crieraient au scandale,comment? les affreux jojos, anciens colonialisateurs, ne donnent plus de sous? C’est le serpent qui se mord la queue. On est déjà assez fustigés comme ça, non?

Il faut vraiment se retirer du continent africain et laisser s’arranger entre eux ces pays, ce qui ferait moins de tort aux africains eux-mêmes. Car ce n’est que de l’assistanat. Et on a trop tendance à se reposer dessus.
06.03 à 12h09

choua
c est vrai ça
laissez le tranquille ce brave homme
vous ne savez pas comment c est difficile de gruger un pays entier, cela demande beaucoup de conviction, alors laissez le acheter des villas luxueuses en France et surement autrepart pour lui se faire une petite retraite
lui n a pas bolore pour le soutenir voyons
MERCI POUR LUI
06.03 à 11h59
Vousavezdit
Et tout cela
grace aux subventions de l’ etat Français
06.03 à 11h50
mordicus
bravo à France 2 pour ce reportage courageux!
Ca fait du bien quand les journalistes commencent à faire un peu leur travail…
Continuez! On veut d’autres noms!
D’autres noms de dictateurs africain voleurs et co-responsables de la misère de leur pays!
D’autres noms de corrompus ailleurs qu’en Afrique aussi…
Des noms de corrompus en France!
06.03 à 11h48
Mamiwata
Suite persifflages
Regardez-donc autour de vous!! Etes-vous donc aveugles au point de ne pas savoir que ce ne sont pas les seuls a gagner de l’argent en France?? Mais surtout etes-vous aveugles a tel point que vous ne voyez pas qu’eux au moins viennent le dépenser en France au lieu d’investir ailleurs et de ne pas payer d’impots, comme d’autres compatriotes, eux francais, le font tous les jours??
Alors suite a tout ce linchage médiatique injuste autour de « mon président gabonais », je répondrai: « Mr le Président, réagissez, ne vous laissez pas faire et trainez dans la fange ces journalistes (si le mot existe encore) francais qui mériteraient qu’on leur rabaisse le caquet! »
06.03 à 11h45
mamiwata
A tous les persiffleurs ayant réagi a cet article
Francaise ayant grandi au Gabon, je réagis vivement a toutes ces mauvaises langues qui critiquent le president Bongo sans ne rien connaitre de la situation…
A ceux qui veulent que l’on lache l’Afrique, je répondrai: « la France s’est trop longtemps servie et essuyée les pieds sur l’Afrique pour pouvoir la dénigrer aujoud’hui! Etes-vous assez niais pour croire que la France a aidé le Gabon sans recevoir de contreparties??? Depuis quand « notre beau pays » verse dans l’humanitaire?? »
A ceux qui critiquent le fait que Mme Bongo achete des Mercedes et que le couple a 33 appartements en France, je répondrai: « de quoi vous plaignez-vous?? l’argent retourne en france, non? Ils pourraient tout aussi bien investir ailleurs ou acheter ailleurs! pensez-vous que ce soit les seuls au monde a avoir de l’argent et a venir le dépenser sur notre sol??
06.03 à 11h37

 

Nelse
Justice divine !!!
Sans être croyant, pour tous ces êtres malveillants, seule la « Justice divine » peut les punir, trop d’argent en cause pour que notre justice puisse intervenir, nos bons Français sont aussi assis sur le même banc; justice divine …utopie bien sûr.
06.03 à 11h30
Bercy
Sondages
Combien de DGFPistes présents?
06.03 à 11h30
Philw
La pointe de l’iceberg
Les 33 biens immobiliers cités sont des broutilles. Il faut lire un article paru le 22 janvier 2007 dans Libération où en résumé la question est : l?Afrique est-elle vraiment un débiteur croulant sous la dette. Pourquoi ? La fuite de capitaux est estimée à 30 milliards de dollars par an en moyenne, soit en l?espace de 10ans un montant de 274 milliards, supérieur à la dette ! Pendant ce temps, beaucoup meurent de faim, se noient en tentant de rejoindre l?Espagne pas exemple, pendant que d?autres, à côté de la fuite de capitaux, dépensent en plus pour de l?armement pour contrer des opposants au pouvoir, lesquels d?ailleurs s?ils parviennent à le prendre font ensuite pareil. Après on nous demande de les aider !
06.03 à 11h25
bobcestmoi
on peut toujours rêver
et si le Gabon commençait par rembourser ses dettes ?
06.03 à 11h20
Michel
moi ce qui me revolte le plus
Moi ce qui me révolte le plusOn me met du Darfour dans mon assiette de midi, on me dit qu’il y a beaucoup de pauvres morts, qu’il faut faire quelque chose pour les sauver et au repas du soir on me sert d’autres mets. J’observe et je vois sur France 2 toutes les richesses de Monsieur Omar Bango, des palaces construits chez nous à Paris, avec des limousines de luxe pour son épouse et sa garde royale. Nous bien sûr (mon pays et mon gouvernement) cautionnons et autorisons tout ces détournements d’argent à venir dans notre pays et par conséquent M. Omar Bango dépose une plainte contre notre chaîne nationale, pour avoir divulgué sa richesse… Alors je me demande toujours à midi, dans mon assiette, qui fait quoi ? Dans tous ces décors de marionnettes et laissant crever son peuple. et après on me parle du Darfour comme d’une pièce de théâtre,ils sont fort et culoter, ces Dictateurs que nous autorisons a faire tout leur semble bon dans notre pays Douce France.
06.03 à 11h19
NANTI
Fourmilière
Derrière tout cela je pense que la France et l’Europe essaient de se débarrasser detous ces dictateurs africains qui accaparent les richesses de leur pays et ce n’est pas facile la preuve la susceptibilité de BONGO sur des faits avérés montre qu’il n’est pas serein sur ce sujet.Mais le coup de pied dans la fourmilière risque de faire des degâts à tous les niveaux.
06.03 à 11h16
Limasoyl
Mme Bongo
Qui soit dit en passant n’est autre que la fille de Sassou NGuesso, président du Congo (grand état pétrolier) et autre cumulard immobiler à Paris. La boucle est bouclée.
06.03 à 11h04
NANTI
RMI
Le PIB (par habitant) du Gabon est égal au RMI, où passe les richesses?
06.03 à 10h50
observeur
De quel biens parle t’on !!!
Une fois de plus les idées répandus par les pseudo experts qui n’ont jamais mis pied dans ces pays !!!quel écoles?
quel routes? les pistes ouvertes à la machettes par les captifs des colons pour ramener le caoutchouc, ou pour chercher or et diamants pour orner les cou des femmes occidentales!!!la plus part des routes actuelles ne sont pas le fait des colons, mais plutôt du travail paresseux des dictateurs afin de contenter et corrompre une partie des chefs locaux, habitudes qu’ils tiennent des anciens maitres colons!Continuons à soutenir ces dictateurs et on pourra toujours parler de lutte contre l’immigration!
Comment peut on continuer à donner de l’aide financière sans garantie de remboursement? cet argent n’est pas rentabilisé dans des entreprises agricoles ou minières locales!
Tout cela va finir comme les emprunt russes, par une non reconnaissance de dette des prochaines générations!
06.03 à 10h49

regard75
a regard75
On est pareil: tu me fais rire et suis aussi à la DGFP. On est jumeaux ou jumelles…CQFD…
06.03 à 10h32
xeres
ce n’est qu’un début!!
Bravo Maîtrer BOURDON pour votre combat pour le scandale des despotes africians soutenus par notre bÔ pays de France au mérpis de la dignité de leurs peuples. Il y a des soupiers qui ont du souci à se faire : PS, ex RPR,… Les porteurs de valises dont d’anciens sous-officiers mariniers ont intérêt à serrer les fesses à Neuilly par exemple…recel d’abus de biens sociaux,…finies les rollex ? Ne rêvez pas Trop y ont mangé dans les pseudo élites de notre belle France.
06.03 à 10h12
regard75
@Davy_Xavier
Tout à fait d’accord. Il serait de bon ton que Conciléo fasse preuve de plus d’objectivités dans sa « censure ».Déjà, supprimer les posts insultants vis à vis de ceux qui en écrivent.
Ensuite, ceux n’ayant rien à voir avec l’article en question.
Enfin ne pas laisser les gens écrire sans être certifiés, car je ne suis pas le seul à être copié (même si ça me fait rire) car quand Cantalouse écrit qu’elle se verrait bien passer une nuit avec le Président, on sait bien que ce n’est pas la vraie Cantalouse…Mais bon, ce site est un géré comme la Star Ac’, on ne voit que ce qui peut faire vendre et créer la polémique. D’où la forte augmentation des visites du site et du nombre de pages lues.Personnellement, je viens sur le site au moins 20 fois dans la journée et comme je lis presque tout, je dois bien consulter pas loin de 200 pages dans la journée (quand je suis au travail, of course..). Je suppose donc que pour ceux qui écrivent plus de posts que moi c’est idem…

CQFD
06.03 à 10h11

COOL
Très intéressant
En 2007, en plus!L’Afrique a faim,l’Afrique souffre d’endémies, l’Afrique se fait coloniser par la Chine, bien plus insidieuse que l’Europe, l’Afrique continue à recevoir les subventions europénnes par charetées, elle ne garde pas ses techniciens supérieurs sur son territoire -ils émigrent pour gagner plus ailleurs-, l’Afrique nous fustige constamment…Et comme beaucoup de dirigeants africains, M.Bongo s’en met plein les poches et place « son » argent en acquisitions immobilères en Europe. Ca rappelle Bokassa, et consorts.Les Africains ont le droit de vote, non? Au lieu de voir la paille dans notre oeil, ils devraient regarder la poutre dans le leur, et arrêter de nous culpabiliser avec notre colonisation, qui leur a apporté plus de bien que de mal : écoles, hôpitaux, dispensaires, routes, ponts, accès à nos universités, bourses d’études et subventions.
06.03 à 10h07

Den
comme en france avec sarko
ce monsieur roule sur l’or pendant que son peuple crève la faim. Et si on vendait ses biens immobiliers pour donner l’argent aux pauvres de son pays, cela éviterait de nous en demander encore. Non?
06.03 à 09h53
margotjournalo
encore de l’argent d’ELF !
Encore un exemple de l’argent qui était largement distribué par ELF et ses complices. En tous cas bravo à ces journalistes qui ont eu le cran de faire ce reportage et on ne sait pas tout. Personnellement j’ai un ami (très aisé) qui possède un appartement dans la même résidence qu’un de ceux d’Omar Bongo et je peux vous dire que c’est du luxe du luxe du luxe…. un parmi beaucoup d’autres. Evidemment un reportage comme celui-là, ça gratte là où ça fait mal…
06.03 à 09h47
Lucide
Bravo France2
Félicitations à France 2 d’avoir osé dire la vérité sur les biens immobiliers d’Omar Bongo en France. Comme beaucoup de potentats dans le monde, ce type confond l’argent de l’Etat et sa cassette personnelle. Son patrimoine provient presque certainement des aides accordées par la France et la Communauté internationale pour le développement de son pays. Les pauvres et les misérables qui crèvent la faim au Gabon ne sont visiblement pas sa priorité.
06.03 à 09h34
Davy_Xavier
Merci Sarko
La France a compris qu’elle pouvait mepriser tous les pays d’afrique sauf que le Gabon est une exception. C’est la première fois qu’un pays proteste aussi vivement.
Je pense que nous en France, on a beaucoup à apprendre de ces étrangers. On nous rabache les oreilles avec l’immigration africaine mais on ne nous montre jamais qu’il ya aussi des français en situation irrégulière dans ces pays. Parfois ils sont traités comme des princes.
Il faut reconnaitre quelque chose, depuis l’arrivée de Sarko, la rébelion africaine ne cesse de monter.
Avant, on ne pouvait avoir ce genre d’incident. Je crois que nous assistons à la naissance des nouvelles relations franco africaines.
Expulsion de 2 gabonais, Reportage sur les avoirs du Khalife Bongo, on frole l’incident diplomatique. Riposte est arrivée hier de la part du Gabon: l’expulsion des français en situation irrégulières(plus 2300 environs)
Comme quoi nos politiques ont oubliés que les français pouvaient etre des clandestins.
06.03 à 09h29

 

Omar Bongo a eu la peau de Jean-Marie Bockel

Les déclarations du secrétaire d’Etat à la Coopération avaient déplu au président gabonais. Elles lui ont coûté son poste.

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« C’est un signe intéressant. » Le porte-parole du gouvernement gabonais a accueilli chaleureusement la « bonne nouvelle » du départ de Jean-Marie Bockel du secrétariat d’Etat à la Coopération. En clair: victoire par KO d’Omar Bongo qui, ayant demandé sa tête, a obtenu la dépouille du maire Gauche moderne de Mulhouse. Celui qui, dans ses voeux à la presse, appelait à signer « l’acte de décès de la Françafrique ». Vous avez dit « rupture »?…

« L’un des premiers freins au développement, c’est la mauvaise gouvernance. »

L’affaire avait fait grand bruit du côté de Libreville. A peine revenu de vacances, dans la litanie monotone des vœux, Jean-Marie Bockel avait lâché un pavé dans le marigot. Bien que réécrit par les conseillers de l’Elysée, son discours entendait marquer une certaine rupture…

« L’un des premiers freins au développement, c’est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie de structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants.

« Quand le baril est à 100 dollars et que d’importants pays producteurs de pétrole ne parviennent pas à se développer, la gouvernance est en question.

« Quand les indicateurs sociaux de ces pays stagnent ou régressent, tandis qu’une minorité mène un train de vie luxueux, la gouvernance est en question.

« Que deviennent ces revenus pétroliers? Pourquoi la population n’en bénéficie-t-elle pas? Est-il légitime que notre aide au développement soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources? »

Devant les journalistes, Bockel avançait un message très clair: fini les liens occultes des coulisses franco-africaines, vive la transparence! Le secrétaire d’Etat à la Coopération appelait même à renforcer les mécanismes d’évaluation des programmes d’aide, en les conditionnant à la « bonne gouvernance ». Une idée pas vraiment neuve (voir le discours mitterrandien de la Baule en… 1990), mais pas forcément inutile.

Dans l’après-midi de ce mardi 15 janvier, le secrétaire d’Etat fait un addendum public à son discours où -détail important- il n’a pas lâché un seul nom. Dans un entretien au Monde, Jean-Marie Bockel cite un nom, un seul, celui du « président du Gabon ». Badaboum! Au Palais du bord de mer, le sang du « sage » Omar Ondimba Bongo ne fait qu’un tour. A tel point qu’un communiqué officiel du conseil des ministres rappelle, le 17 janvier, à la France les règles de bienséance:

« De tels propos ne peuvent être mus que par l’ignorance des réalités de la coopération franco-africaine. Aussi, le gouvernement gabonais marque-t-il sa surprise face au constat suivant: à savoir que, depuis l’arrivée à la tête de la France du président Nicolas Sarkozy, soient véhiculés a un tel niveau de responsabilité des clichés méprisants faisant des Etats africains de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l’aumône de la France.

« Le Gabon s’étonne de cette attitude d’autant plus inacceptable quand on sait les avantages que tirent la France et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques avec notre pays depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs. »

En coulisse, le syndicat des chefs d’Etat africains s’organise. Bongo, Sassou (président du Congo) et Biya (président du Cameroun) prennent leur téléphone pour réclamer à Nicolas Sarkozy la tête de l’impétrant. Les jeux sont faits.

« Tuer les petites pratiques moribondes et renouveler le dialogue avec les Africains »

Deux mois plus tard, la sanction tombe, alors même que le flamboyant Bockel s’est ravisé. D’ailleurs, le secrétaire d’Etat à la Coopération faisait preuve d’une grande modération dans sa volonté de « rupture », misant sur la volonté du président de la République:

« Pour faire évoluer les choses, on peut provoquer le conflit. Ma méthode est différente, forte et pédagogique, non idéologique. Il s’agit de conditionner notre aide à une bonne gouvernance, faire comprendre à l’opinion et aux dirigeants que ce serait plus efficace.

« Le moment est venu d’une piqûre de rappel pour aller plus loin dans la démarche de rupture et mettre nos principes en actes. Tuer les petites pratiques moribondes et renouveler notre manière de dialoguer avec les Africains. Le Président sera en Afrique à la fin de février: c’est le bon moment. »

Présomptueux… En Afrique du Sud, devant le Parlement réuni au Cap, Nicolas Sarkozy a bien proposé une révision des accords militaires. Mais de vraie rupture, point. Et surtout, il n’a pas précisé sa méthode.

Jean-Marie Bockel a-t-il été victime d’un reportage de France 2?

Un reportage diffusé sur France 2 début mars n’a sans doute pas aidé à reconduire le patron de la Coopération. Reprenant les informations mises au jour par les policiers l’été dernier, la chaîne publique montre l’étendue du patrimoine immobilier du président Bongo: 33 appartements ou maisons, un hôtel particulier de 18 millions d’euros…

Re-colère d’Omar Bongo qui, en guise de représailles, expulse deux ressortissants français. Evoquant une véritable « cabale » et un « complot contre le Gabon et son président », le porte-parole du gouvernement, René Ndemezo’ Obiang, fustige la diffusion du reportage dans un communiqué:

« En autorisant la diffusion par les chaînes publiques de reportages divulguant l’adresse privée du président de la République gabonaise en France, mettant ainsi en danger son intégrité physique ainsi que celle de sa famille, les autorités françaises ont manqué à leurs obligations de protection d’un chef d’Etat en exercice. »

Le ton menaçant et inhabituellement peu diplomatique laisse augurer des conversations houleuses échangées entre les deux palais. Deux semaines plus tard, Bockel fait ses valises pour les Anciens combattants, où il pourra méditer sa propre réponse faite au Monde, qui l’interrogeait sur le précédent de Jean-Pierre Cot, écarté en 1982 de la Coopération par François Mitterrand pour cause de réformisme trop enthousiaste:

« C’est un vieil ami. Il s’est vite isolé et n’a pas forcément fait la bonne analyse. Moi, je suis avant tout un pragmatique. Je sais gérer les gens, les budgets, les contradictions.

« Je sais qu’on ne décalquera pas du jour au lendemain notre morale en Afrique. Je sais aussi que l’Afrique est le continent de demain, et qu’il en va de l’intérêt de la France de mettre en œuvre cette rupture. La jeunesse africaine l’attend. »

Elle attendra encore un peu, la jeunesse africaine.


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Par Thiery (voyageur)

17H55    20/03/2008

Ah ! les ruptures façon Sarkozy !
Les ennuis de Bockel ne sont peut être pas seulement africains. Faut il y ajouter, pour faire ‘bon poids’, un résultat plus que mitigé de l’ouverture à gauche et du micro parti constitué pour l’occasion ?
Plus grave : Sarko avait choisi les meilleurs, rappelez vous. Qu’allons nous devenir si les meilleurs n’arrivent à rien! Pauvres de nous !!!

Par FabiendeMénilmontant (Journaleux au placard depuis la première…)

17H38    20/03/2008

C’était annoncé dans La Lettre du Continent, David :

Le « déclassement » de Jean-Marie Bockel du secrétariat d’Etat à la coopération à celui des anciens combattants est l’épilogue de la guérilla qu’il avait engagée contre ce qu’il appelle « Les réseaux de la Françafrique ». En présentant ses vœux en début d’année, Jean-Marie Bockel avait mis la pression sur Nicolas Sarkozy en lui demandant de « ne plus céder à un certain nombre de caprices (…) de demandes incohérentes de certains pays (africains) qui ont une rente pétrolière qu’ils ne consacrent pas aux investissements qu’ils nous demandent de financer ». Message reçu cinq sur cinq par le président français qui venait d’annuler 20 % de la dette gabonaise à l’égard de la France - contre l’avis du Trésor - et d’accorder une aide substantielle au Congo-B contre l’avis… de Bockel.

Mais le boomerang est revenu de Libreville. Présidé par Omar Bongo, le conseil des ministres gabonais a considéré ce discours comme « un cliché méprisant faisant des Etats africains de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l’aumône de la France ». Les « émirs » de la région ont alors décidé de « boycotter » Jean-Marie Bockel. Ils ont fait remonter le message à Nicolas Sarkozy via l’avocat Robert Bourgi. Ce dernier a été reçu par le chef de l’Etat le jeudi 13 mars en fin d’après-midi. A l’instar de Jean-Pierre Cot sous Mitterrand en 1982, Jean-Marie Bockel a bien été sacrifié sur l’autel du Grand sorcier Omar Bongo, gardien de tous les secrets du village franco-africain. Tout comme Christian Nucci après Cot, le député-maire UMP de Vesoul Alain Joyandet, nouveau « ministre de l’Afrique », s’en remettra désormais pour tous les dossiers sensibles, à l’Elysée…

Si tu y ajoutes ces embrouilles :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/03/gabon-la-poli-1.html
de traque aux Gaulois en réplique à Hortefeux, ça fait tache…

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Par noubadekau

17H42    20/03/2008

Franchement pour tailler un costard à Bongo il faut soit être fou ou bien totalement idiot…
Le Gabon c’est Elf, Total…et j’en passe. Tout le monde pense tout bas que le président Bongo est totalement pourri, que lui et sa famille ont mis en coupe sombre le pays et le peuple…ouais…mais il est de bon ton de la fermer et d’empocher les dividendes pharaoniques.
Ceci dit, pourquoi croyez vous que tout le monde, j’entends nos dirigeants, se font tout petit face à ce qui se passe au Tibet?
La liberté, la dignité, ça ne compte pas beaucoup face au fric…hélas.

Par adrak

19H45    20/03/2008

Je suis d’accord avec vous pour rappeler le fond du problème, la persistance de la Françafrique, c’est-à-dire du soutien des dirigeants corrompus africains par les élites françaises (politiques et économiques).

Mais je ne suis pas d’accord avec votre équation « de gauche » = solidaire, généreux, anti-politicien, démocrate… et son pendant « de droite » = conservateur, corporatiste, petit bourgeois, conformiste, etc… qu’on retrouve trop souvent dans les commentaires sur Rue89.

Je dirais plutôt que le problème principal des réformes en cours dans la politique française actuelle, c’est que le sarkosisme manque d’humanisme. La société (citoyens français et étrangers) est considérée comme une masse d’individus interchangeables, donc ce qui compte, c’est le résultat numérique, et pas la qualité du changement apprécié par chaque membre de la société.

FRANCAFRIQUE •  Les traditions ont la vie dure 

Pour avoir voulu assainir les relations entre la France et l’Afrique, Jean-Marie Bockel, ministre de l’ouverture chère à Nicolas Sarkozy, a perdu son poste de secrétaire d’Etat à la Coopération pour rejoindre celui des Anciens Combattants. Une décision qui attriste la presse béninoise. 
   

Jean-Marie Bockel
AFP 

 

Le désormais ex-secrétaire d’Etat à la Coopération et la Francophonie et actuel secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants Jean-Marie Bockel aura appris à ses dépens que la Françafrique a la vie dure comme la plupart des traditions. Ils sont nombreux les Africains qui avaient accueilli avec un grand enthousiasme ses déclarations sur sa vision des relations entre la France et l’Afrique. Non sans se demander si, en décidant de « signer l’acte de décès de la Françafrique », il ne risquait pas de signer sa propre sortie du gouvernement, même si Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé dans un de ses discours une rupture avec les pratiques de la Françafrique.Pour avoir osé seulement prendre des libertés langagières vis-à-vis d’elle, la Françafrique a apprécié ses propos à leur juste valeur. Plutôt que de réclamer sa tête, elle a au contraire trouvé mieux de l’enfermer dans un bocal où on ne l’entendra plus, apprivoisé qu’il est maintenant comme un poisson sans défense. S’il s’agit d’une promotion telle que certains veulent bien le faire croire, le colonel de réserve sait mieux que quiconque qu’au secrétariat d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, l’obligation de réserve est de mise, à défaut de devenir muet, puisqu’il est désormais le numéro deux de la Grande Muette. En effet, on se souvient que, lors de sa présentation des vœux, Jean-Marie Bockel avait déclaré à la presse que « l’un des premiers freins au développement de l’Afrique, c’est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie des structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants ». Allusion avait été ainsi faite aux pays producteurs de pétrole. Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire à certains dirigeants, qui y ont trouvé un crime de lèse-Françafrique.

En conséquence, l’ovni qui menaçait la survie de l’organisation commune France-Afrique a été mis hors d’état de nuire. Mais quoi qu’il en soit, Jean-Marie Bockel restera dans le cœur de nombreux Africains à travers ses déclarations, à l’instar de Toussaint Louverture lorsqu’on l’a renversé. Et l’on retiendra, entre autres, ces phrases qui en disent long tant elles sonnent vraies : « Aujourd’hui, devant vous, je vais signer l’acte de décès de la Françafrique. Je veux tourner la page de pratiques d’un autre temps, d’un mode de relations ambigu et complaisant dont certains, ici comme là-bas, tirent profit au détriment de l’intérêt général du développement. » Des ministres comme lui en France, les peuples africains en rêvent. N’en déplaisent à leurs dirigeants et à leurs complices de l’Hexagone. Car, même s’il n’est pas pour aujourd’hui, le chant du cygne finira par être entonné à l’unisson un jour, aussi bien en France qu’en Afrique.

 

Marcus Boni Teiga 

Publié dans AFRIQUE de SARKOZY, FRANCE A FRIC EN AFRIQUE | Pas de Commentaire »

L’actualité des médias ( français ) n° 63 (janvier – mars 2008)

Posté par issopha le 20 mars 2008

Experts en tout, experts en rien : c’était dans l’air

Mathias Reymond

   

L’émission quotidienne « C dans l’air », diffusée sur France 5 et animée par Yves Calvi (journaliste multicarte qui anime également une « quotidienne » – « N onobstant » – sur France Inter et « Mots Croisés » tous les quinze jours sur France 2), recourt, comme la plupart des émissions de ce genre, à l’expertise. Une expertise souvent illusoire qui, quand elle ne vire pas au cabotinage ou à la conversation mondaine, réserve des surprises révélatrices.


 

Ils font la queue, les experts, pour venir gloser dans l’émission pédago de la chaîne pédago. Il est question d’économie ? Elie Cohen plastronne. Le Proche-Orient est à l’ordre du jour ? C’est Antoine Sfeir qui s’exhibe. Il s’agit de comprendre les fluctuations de l’opinion sondée ? Dominique Reynié – qui s’éclipse un instant des plateaux d’i-télé – arrive à la rescousse. La politique politicienne est au menu ? Christophe Barbier (sans son écharpe rouge) et Roland Cayrol s’ébattent devant le micro.

Mais, une fois n’est pas coutume, outre Jean-François Kahn, et Nicole Bacharan, , les experts conviés le 4 mars 2008, n’étaient pas tous des habitués de l’émission. Autour du thème « Qui gouverne le monde ? », Jean-François Kahn, ex-directeur de Marianne, Nicole Bacharan, Professeur à Sciences Po, historienne et politologue franco-américaine, Gérard Chaliand, spécialiste des problèmes géopolitiques et stratégiques, et Jacques Rupnik, directeur de recherches à Sciences Po au Centre d’études et de recherches internationales (CERI), spécialiste de l’Europe de l’Est et de l’élargissement de l’Union Européenne, étaient présents sur le plateau de « C dans l’air ». A la façon qu’ils ont eu, ce jour-là, d’éluder une question et de manifester leur ignorance sur une autre, on mesure mieux le rôle des experts.

Ne pas répondre à la question poséeDans la dernière partie de l’émission, Yves Calvi pose aux invités les questions des téléspectateurs. Parmi elles, celle-ci : « Les grands groupes financiers associés à la machine médiatique ne seraient-ils pas en train de devenir les seuls maîtres du monde ? Comment vous percevez ça, est-ce que vous avez des commentaires à faire ? »

Nicole Bacharan, comme la transcription intégrale de sa réponse permet de le vérifier, s’empresse d’oublier la question qu’elle rabat sur le rôle des groupes financiers dans l’élection présidentielle états-unienne, avant de prononcer un éloge de la démocratie des lobbies :

«  Est-ce qu’on peut partir peut-être de ce qu’on a dit précédemment sur les Etats-Unis, c’est-à-dire le rôle de l’argent, les chiffres que citait André Kaspi dans le reportage, sur ces sommes colossales qu’il faut pour être élu Président des Etats-Unis finalement. Et c’est intéressant : on ne peut pas avoir de réponse totalement tranchée. Quand il y a une élection américaine, vous avez un premier tour financier. Par exemple, George Bush en 2000, il avait, par les réseaux de son père, par les réseaux pétroliers, etc., il a convaincu en gros un certain nombre de grands groupes et il a eu de l’argent pour faire campagne. Si vous ne convainquez pas sur le plan financier les gens qui ont les moyens, les entreprises qui ont les moyens de vous soutenir, il est très difficile de passer à l’étape suivante. Mais ce n’est pas une règle absolue et ça ne peut pas faire une élection à l’arrivée. Ou, tout du moins, ça ne le fait pas à chaque fois parce que, par exemple, Barack Obama n’avait pas ni le réseau, ni les appuis de George Bush au départ, il a convaincu les financiers très vite qui ont dit ce garçon là a de l’avenir, on va parier sur lui. Mais il a aussi convaincu beaucoup, beaucoup d’électeurs individuels, des centaines et des milliers qui ont mis de l’argent à partir d’Internet sur la campagne d’Obama. Donc ça joue un rôle, ça n’est pas suffisant ; et j’ai envie de dire quelque part le choix des groupes financiers n’est pas forcement un choix stupide. Ils cherchent aussi, et ils se trompent parfois, quelqu’un d’intelligent, de capable donc qui défendra leurs intérêts mais qui peuvent être parfois…, se recouper avec les intérêts du pays et même les intérêts mondiaux. Donc les groupes financiers jouent un rôle. Vous parliez des lobbies tout à l’heure. Les lobbies évidemment aux Etats-Unis jouent un rôle, mais ils sont tellement nombreux qu’ils ont… que ça tire aussi dans tous les sens ; il y a quelque chose de démocratique au fond dans le fonctionnement des lobbies aussi. Donc ce n’est pas la clé de tout, non. Evidemment ça n’est pas à ignorer.  »

Rappelons que la question-titre de l’émission du jour était : « Qui gouverne le monde ? » et que le téléspectateur demandait si ce n’était pas « les grands groupes financiers associés à la machine médiatique ». Répondre sans entendre – et peut-être même comprendre ? – les questions posées, les pulvériser par un flot de paroles exige, à n’en pas douter, un grand talent pédagogique. [1]

Grâce à cette expertise, on aura appris que les groupes financiers jouent un rôle dans l’élection présidentielle américaine, mais que ce rôle, non seulement n’est pas décisif, mais est, finalement, inoffensif.

Question suivante.

Voir des complots partout Yves Calvi lit une question posée par SMS à l’écran, en ponctuant sa lecture d’un aveu : « “Que savez-vous de l’organisation mondiale Bilderberg” – moi je n’en avais jamais entendu parler – “qui réunit chaque année les personnages les plus influents du monde ? ” Vous connaissez ça vous ? »

Réponses des experts :

- Jean-François Kahn : Non.
- Autre voix d’homme : Non.
- Rire de Nicole Bacharan.
- Yves Calvi : Bah voilà, bide en direct, Bilderberg…
- Jean-François Kahn : Je connais Davos, je connais la Tricontinentale (sic, Kahn voulait sans doute dire « la Trilatérale »), je connais Davos, mais je ne connais pas…
- Nicole Bacharan : En tout cas je ne connais pas du tout cette organisation donc je n’ai rien… »

Cette ignorance est, venant de spécialistes des questions internationales, proprement stupéfiante.

Le groupe Bilderberg, certes ne gouverne pas le monde, mais il réunit régulièrement, depuis 1954, dans le plus grand secret, chefs d’entreprise, hommes politiques, journalistes puissants, du monde entier. Le but officiel de ses rencontres est simplement de se rassembler entre personnes de pouvoir, d’y partager des informations confidentielles et des analyses dans l’espoir d’influer sur le cours des idées et – pourquoi pas ? – sur le comportement des acteurs présents. Jean-Louis Gergorin, ex-vice-président d’EADS, l’explique : « Le Bilderberg est un club à géométrie variable. C’est une structure de réflexion qui a un noyau dur avec quand même une certaine base idéologique, mais qui a une fonction de dialogue en dehors de cette base idéologique, ce qui peut apporter comme des mouvements d’idées, comme des mouvements politiques, économiques ou sociaux. » [2]

Quand des experts sont invités et se laissent inviter, comme s’ils étaient omniscients, du moins sur la question posée, leur aveu d’ignorance mérite une explication. Yves Calvi tente de la trouver : «  C’est peut-être une invention d’un téléspectateur qui nous teste. » Sourire complice de Nicole Bacharan : « Peut-être qu’il voulait vérifier que… » Et emballement de Gérard Chaliand : «  Je me méfie beaucoup de ces organisations mondiales qui dans l’ombre se réunissent et distribuent en quelques sortes les dividendes et les rôles : c’est une vision de complot de l’Histoire. » La conclusion, sans complexe d’Yves Calvi, est à la mesure de sa démesure : « Vous êtes peut-être en train de répondre très habilement à une fausse question, ce qui est alors pour le coup, d’une grande intelligence. Enfin ça m’arrange. »

Yves Calvi et ses experts attitrés sont dans l’impossibilité de répondre à une question à laquelle ils devraient pouvoir répondre, puisqu’ils sont présents en qualité d’experts, non de botanique ou d’œnologie, mais du « gouvernement du monde ». Plutôt que d’avouer simplement leur ignorance, au risque de révéler de profondes failles dans leurs prétendues compétences, mieux vaut imaginer que la question est l’œuvre d’un petit malin, voire d’un pervers : c’est « peut-être » un « téléspectateur qui nous teste », ou « peut-être » une « fausse question ». Et pourquoi pas un complot ?

Mais le comble est atteint quand, sans rien savoir de « l’organisation mondiale Bilderberg » dont parle le téléspectateur, un expert – Gérard Chaliand – « sait » quelle est la signification cachée de son interrogation et préfère le soupçonner de partager « une vision de complot de l’Histoire. » L’aveu d’ignorance qui pouvait passer pour un signe de modestie vire alors au comble de l’arrogance.

Et pourtant…

Si le groupe Bilderberg n’est pas connu du grand public, des spécialistes de l’international, réunis autour du thème « Qui gouverne le monde ? » auraient peut-être pu au moins en connaître l’existence. Il existe 1 320 000 références au Bilderberg sur google.fr, une trentaine d’articles y faisaient référence dans la presse française durant l’année précédant l’émission. On trouve au moins trois références au groupe de Bilderberg dans Marianne du temps où Jean-François Kahn en était le directeur. Mais surtout, en 2006, parmi les invités français à la conférence organisée par le groupe Bilderberg, on comptait Richard Descoings, le directeur de l’Institut d’Etudes Politiques (Sciences Po) – donc le supérieur de Jacques Rupnik et Nicole Bacharan – et Olivier Roy, chercheur au CNRS, et chercheur associé au CERI dont… Jacques Rupnik est le directeur.

Experts en tout ? En l’occurrence, experts en rien.

Mathias Reymond
- Grâce à la transcription de Sébastien.

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[1] L’experte n’en est pas à son premier fait d’arme. C’est elle qui avant Jean-Marie Colombani avait déclaré « Nous sommes tous des américains » le soir du 11 septembre 2001 sur France 2. C’est elle qui sur France Inter avait lancé : « Chercher du côté des victimes la faute, c’est inqualifiable ! (…) Ne vaut-il mieux pas que ce soient les Etats-Unis qui soient la première puissance mondiale que la Chine, que la Russie ? » (16 septembre 2001, cité dans PLPL n°6, octobre 2001). C’est toujours elle qui avait anticipé que « si effectivement les Etats-Unis intervenaient en Irak seuls, sans résolution de l’ONU, ce serait très grave, et je pense qu’on pourrait dire que l’ONU est morte. Mais ce n’est pas du tout la voie vers laquelle ils se dirigent. » (France 5, 9 février 2003, cité dans PLPL n°14, avril 2003) Les Etats-Unis sont intervenus sans résolution de l’ONU et l’ONU n’en est pas morte pour autant. Une prévision ratée à faire rougir de jalousie le futurologue Alexandre Adler.

[2] Cité dans Michel Gama, Rencontres au sommet, L’Altiplano, 2007, p.149. Ce livre – très complet et rempli de témoignages – présente le groupe Bilderberg et la commission Trilatérale.

 

 

Yves Calvi et ses invités expertisent

le « Casse-toi, pauvre con » présidentiel

Clément et Yves Rebours

   

En fin d’après-midi, le télespectateur peut apprécier l’« offre de décryptage » de France 5. Après « C à dire » présenté par Thierry Guerrier, Yves Calvi anime « C dans l’air ». Le 25 février, l’émission est consacrée à « La phrase… », c’est-à-dire au « Casse-toi, pauvre con » lancé par Nicolas Sarkozy le 23 février à un visiteur (comme lui…) du salon de l’agriculture qui refusait de lui serrer la main lors de sa visite. Face à quelques « experts », Yves Calvi se fait l’avocat du bon sens, version café du commerce.


 

La présentation de l’émission donne le ton. Yves Calvi introduit le « débat » en citant Jean-Pierre Raffarin qui rappelait, le jour même dans l’émission de Thierry Guerrier, que Sarkozy « a toujours été comme ça ». L’introduction au « dossier » du jour est complétée par l’évocation du « lynchage » que subirait, selon l’UMP, le Président, par une déclaration du ministre Brice Hortefeux (qui « trouve ça très bien que le Président parle comme tous les Français », selon les termes rapportés par Calvi) et une autre de Laurent Fabius (selon lequel « Pour bien présider la République, il faut d’abord se présider soi-même ».)

Le « débat » est ensuite lancé. Mais alors que Dominique Reynié répond à la première question de l’animateur cherchant à savoir si l’on va devoir changer la constitution pour le Président, il est interrompu par Yves Calvi qui précise : « On s’est demandé si […] l’exemplarité [de la fonction présidentielle] était codifiée par les textes ? Or ce n’est pas le cas. »

Notre nouveau spécialiste en droit constitutionnel se tourne ensuite vers Laurent Joffrin. Se référant à l’entourage de Nicolas Sarkoy, il poursuit sur sa lancée, le bon sens même : « Tout le monde a tendance à dire : “Non mais arrêtez de lyncher, il a eu une réaction spontanée”. Entre guillemets, finalement, lui, il est pas hypocrite, il exprime ses sentiments. […]. En gros, il parle comme tous les Français. En gros, ce serait nous journalistes et les opposants, on tourne en rond en permanence avec ses phrases et avec ses éclats. » Laurent Joffrin se lance et évoque l’attitude « insultante » du destinataire de l’insulte présidentielle. Yves Calvi le coupe pour l’appuyer : « On comprend que ça l’énerve. » Une empathie que le même Calvi n’éprouve pas quand il interroge un « n’importe qui » ; un animateur sportif de Clichy-sous-bois, par exemple [1].

Après un reportage restituant les faits et les mettant en perspective (la tendance de Sarkozy à déraper verbalement), Calvi reprend la parole… et persévère. À l’appui de sa « thèse », un échantillon de l’opinion… sous la forme d’un SMS que l’animateur lit puis relit : « c’est très intéressant. Un premier SMS qui en fait inverse la situation et nous pose une question que je vais vous lire deux fois […] : “est-il normal qu’un individu lambda manque de respect au président de la république française et obtienne le soutien de l’opinion ?” Je répète […] » Et il répète.

Intervient alors Brice Teinturier (TNS-SOFRES), un autre spécialiste de l’opinion. Celle-ci – selon notre sondologue qui ausculte sans même enquêter – peut légitimement se demander si une attitude pareille de la part du président n’est pas déplacée. Heureusement, Yves Calvi ne laisse pas passer cette réserve effrontée et reprend de plus belle, en délaissant le droit public pour l’art dramatique : « Est-ce qu’il n’y a pas une certaine d’hypocrisie ou un côté monsieur Jourdain ? Je m’explique : les Français l’ont élu assez largement avec 31 % des voix au premier tour et 53 % au second. Je veux dire : on le connaissait, comme il le disait Raffarin tout à l’heure : “on ne le découvre pas, Sarkozy”. Donc je dirais que, il y a une demande à la fois d’autorité et de spontanéité qui est le Président qui intervient sur tout et pour tout. Ce que vous nous avez expliqué pendant des mois [pointant le sondeur] et je le crois tout a fait à escient, vous les enquêteurs : les Français demandent de l’action, et là il est au maximum de l’action et même de la réaction si je puis dire et ça fait 19 points en moins dans la dernière enquête IFOP ». À relire trois fois…

Bilan ?

- Une tablée d’experts qui ne reculent devant aucun cabotinage [2], se revendiquent de la sonde et de la science pour s’exprimer sur n’importe quel sujet (une altercation somme toute anecdotique… ou le démantèlement de l’Etat social) et diagnostiquer ce qu’ils estiment « l’état de l’opinion ».

- Un animateur multimédia (France 5, France 2, France Inter) omniprésent dans « son » émission se fait l’avocat du bon sens : ce numéro de prestidigitateur s’appuie sur une novlangue pernicieuse dans laquelle les contre-réformes sont des réformes et le « maximum de l’action », une provocation [3] verbale…


 

_________________________________________________

[1] Voir ici même « Yves Calvi (France 2), extincteur d’incendie dans les quartiers populaires »

[2] Parmi eux, on retrouve par exemple François Jost et Brice Teinturier qui étaient déjà les invités de « Mots croisés » sur France 2, présenté par Yves Calvi le 14 janvier 2008 (sur « Sarkozy, le téléprésident »).

[3] Ou un dérapage, au fond peu importe.

 

Lu, vu, entendu n° 5 :

« Avis de recherche d’un contre-pouvoir indépendant »

Johann Colin et Yves Rebours

   

Contes et légendes…


 

I. En quête d’indépendance

Etienne Mougeotte, en toute indépendance

On le sait, Etienne Mougeotte a pris la succession de Nicolas Beytout à la tête du Figaro. Interviewé par Guillaume Durand sur Europe 1 (A l’Air Libre, Europe 1, 20 novembre 2007), l’ancien directeur de TF1 vend son « produit » : « Je pense que de plus en plus, les marques, les grandes marques : Figaro, Europe 1, TF1, New York Times si on va à l’étranger, auront une valeur très forte dans un système où l’information arrive par de multiples canaux ».

Signe des temps, même Guillaume Durand, même sur Europe 1, se sent obligé d’évoquer le problème de l‘indépendance des journalistes qui travaillent pour la « grande marque ».
- Guillaume Durand : – « Les journalistes qui travaillent pour vous ils se sont souvent méfiés de leur patron, Serge Dassault qui voulait faire passer une sorte d’image politique, ils se méfient aussi de Nicolas Sarkozy dont on disait que M. Beytout, Nicolas Beytout était très proche, est-ce que vous leur garantissez en arrivant une indépendance ? »
- Etienne Mougeotte : – « 
Moi ce que je leur garantis, c’est à la fois l’indépendance politique bien sûr et une relation pacifiée vis-à-vis de l’actionnaire, c’est-à-dire un actionnaire qui fait son métier d’actionnaire mais qui ne prétend pas intervenir et qui n’interviendra pas dans la ligne éditoriale du journal. »

Quand Etienne Mougeotte se porte garant de l’indépendance des journalistes, on est prié de ne pas sourire. Quand il honore le dur « métier » [sic] d’actionnaire, en assurant que celui-ci n’aura pas à « travailler plus pour intervenir davantage », on se prend à penser qu’Etienne Mougeotte, choisi par l’actionnaire, fera son « métier » d’intermédiaire et de « pacificateur », sans qu’il soit utile que l’actionnaire se charge directement et quotidiennement de la « ligne éditoriale du journal » .

Mais Guillaume Durand, toujours pressé de passer à la question suivante, avant que la précédente ait été vraiment abordée, est inquiet :

- Guillaume Durand : – « Est-ce que Le Figaro est un journal de droite ?  » En voilà une question impertinente ! Demander si Le Figaro est un journal de droite, c’est un peu comme demander si Radio Vatican est une radio catholique… Mais Etienne Mougeotte ne se dérobe pas :
- Etienne Mougeotte : – « Le Figaro est un journal libéral, il défend… »
- Guillaume Durand : – « C’est-à-dire un journal de droite ! (…) Est-ce que tout ça, c’est organisé dans le bureau du Président de la République ? Parce qu’on a beaucoup parlé d’annonces qu’il aurait fait…  »

Et hop ! Puisque l’orientation éditoriale du Figaro n’est déterminée ni dans le bureau du propriétaire de la « marque », ni dans celui du Président de la République (et, ajoutons-le : que les journalistes pris individuellement n’ont pas jour après jour un fil à la patte), l’indépendance est garantie ! Sous couvert de poser des questions dérangeantes, Guillaume Durand a lavé Le Figaro de tout soupçon.

Et comme Europe 1 est suspecté de se prêter aux exigences de Sarkozy, Etienne Mougeotte défend les deux « marques » en une seule tirade :

- Etienne Mougeotte : – « Attendez, attendez, attendez, attendez, Guillaume Durand , est-ce que les journaux d’Europe 1 se font dans le bureau du Président de la République ? Non ! Est-ce que les journalistes d’Europe 1 sont inféodés au Président de la République ? Non, et bah pour Le Figaro c’est pareil, c’est pareil et on raconte un certain nombre de choses, (…) en tout cas, moi je n’ai pas vu le Président, je n’ai pas eu de contact avec lui, je le respecte en tant que Président, il est le Président de la République mais ce n’est pas lui qui fera Le Figaro, croyez-moi, pas plus qu’il ne fait j’en suis sûr Europe 1 ».

Evidemment, Sarkozy ne fait pas Le Figaro  ! Evidemment, il ne fait pas Europe 1 ! Pourquoi se donnerait-il cette peine ? L’orientation éditoriale du quotidien est si bien ajustée à ses exigences qu’il peut se priver d’intervenir directement. Quant à la station de radio, média de consensus, elle épouse si bien le consensus dominant qu’il n’est nul besoin d’inféoder ses journalistes.

Consensus dominant ? Quelques secondes plus tard, Guillaume Durand pose cette question à son invité :
- Guillaume Durand - : « Etienne Mougeotte, que diriez-vous à ceux qui nous écoutent qui sont coincés aujourd’hui dans les voitures (…) ? Parce que nous sommes dans un pays qui est quand même assez coincé !  »

Avec des journalistes aussi « décoincés » que Guillaume Durand, Sarkozy n’a nul besoin de museler la presse. De tels journalistes ne risquent pas de mordre.

Nicolas Beytout, en toute indépendance

En tout cas, si Etienne Mougeotte promet d’assurer l’indépendance du Figaro vis-à-vis de ses actionnaires, il devra faire ses preuves. Pour convaincre en particulier son prédécesseur, Nicolas Beytout. Celui-ci assure avoir été « un grand résistant » face à Serge Dassault, propriétaire du quotidien : « Il m’appelait tous les jours, dit Beytout, pour m’imposer ses copains ou écrire dans le journal. Ce type est un nul qui ne connaît rien à la presse. J’ai tenu, mais je ne suis pas sûr que ce sera le cas avec Mougeotte » (Le Canard Enchaîné, 28 novembre 2007). Vu l’ampleur de la résistance en question sous Beytout, si celle-ci est encore moins grande sous Mougeotte, cela laisse songeur sur l’avenir du Figaro. Rappelons que Serge Dassault n’a pas attendu le changement de direction à la tête de « son » quotidien pour déclarer qu’un journal « permet de faire passer un certain nombre d’idées saines » (entretien accordé au magazine Entreprendre pour son numéro de décembre 2003, voir notre article « La presse selon Dassault (4) : les « idées saines »).

Vincent Bolloré, en toute indépendance

S’il dit les choses de manière plus élégante, Philippe Labro, conseiller du prince Vincent Bolloré, est tout à fait d’accord avec l’ami Serge : « Les médias, c’est profondément contemporain et synonyme d’influence », confie-t-il à Télérama (Emmanuelle Anizon, « Le raz de marée Bolloré », Télérama, n°3016, 31 octobre 2007).

Le prince en question, propriétaire entre autres de la chaîne Direct 8 et du journal Direct Soir, est encore plus… direct. C’est que les beaux discours sur l’indépendance des médias, c’est bon quand on est journaliste, voire même directeur. Mais quand on est LE Boss, on peut se lâcher. Toujours dans Télérama, on peut lire cet aveu : « Je ne suis pas un investisseur financier, je suis un investisseur industriel. Je dois donc avoir le contrôle de l’éditorial ». Le client, ajoute-t-il, « ce n’est plus seulement le lecteur, mais l’annonceur ».

Exactement l’inverse de ce que prétendait Mougeotte sur Europe 1. Quelles sont les qualités requises pour travailler au service de Bolloré ? L’une de ses anciennes salariées l’a confié à Télérama  : « Ce n’était pas désagréable de travailler avec lui, dit une ancienne salariée à Télérama. Il est très intelligent, charmant, élégant. Simplement, il faut oublier d’être journaliste ». On ose croire que cet oubli puisse gagner des salariés du Figaro et d’Europe 1…

II. A la recherche du contre-pouvoir

Si Le Figaro est un journal de droite, si les médias de Vincent Bolloré lui sont inféodés, heureusement il reste des médias de gauche rebelles et subversifs, comme… Libération  ! Vous souriez ? Vous avez tort, certains y croient.

Un contre-pouvoir de fréquentation ?

A commencer par Libé lui-même. Témoin, cette publicité :

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Libération, le premier des contre-pouvoirs ? Pourtant… Pourtant, interviewé sur France Inter dans l’émission J’ai Mes Sources (22 octobre 2007), Laïd Sammari, journaliste à L’Est Républicain, auteur d’un article sur le divorce de Nicolas Sarkozy, a cette révélation : « Quand on est Parisien, on ne peut pas accepter l’idée que, dans une affaire aussi importante [le divorce des Sarkozy], aussi sensible, touchant au Président de la République, qu’un provincial vienne faire la nique. (…) Moi, à Libération, on m’a dit : « Mais, tu comprends, c’est pas possible. Nous, on les connaît tous à l’Elysée, on les voit tous les jours » ». Curieux argument (invoqué à propos d’une question subalterne, il est vrai…) qui suggère que pour certains journalistes de Libé le journalisme d’investigation se confond avec le journalisme de fréquentation.

Libération, contre le pouvoir… ou tout contre ?

Contre les pouvoirs ou tout contre ?

Au cours de l’émission « J’ai mes sources » (France Inter, lundi 22 octobre 2007, Albert Du Roy, auteur de La mort de l’information (Stock), nous en dit plus sur ce lien entre pouvoir et journalistes. Albert Du Roy est ancien directeur général adjoint de France 2 en charge de l’information, ancien rédacteur en chef du Nouvel Observateur, ex-journaliste à L’Express, Europe 1 et France Inter. On pourrait donc s’attendre de sa part à une certaine mansuétude. Et pourtant :

« D’une manière générale, explique-t-il, c’est vrai qu’en France, à l’égard des pouvoirs en général, du pouvoir présidentiel en particulier et du pouvoir de ce président-ci encore plus en particulier, il y a une prudence. Le mot prudence étant un euphémisme. C’est de la déférence ou c’est de la précaution ou c’est du calcul ou c’est de la connivence (…) C’est vrai que, dans le domaine politique, il y a une endogamie entre les journalistes qui couvrent la politique et les élus qu’ils devraient traiter d’une manière distanciée, que (…) c’est grave. Moi, j’en ai fait partie de ce système et donc je peux – avec la lucidité, peut-être, que donne le retrait – je peux dire à quel point c’est quelque chose qui peut aboutir, en matière d’information, à des conséquences graves. (…) Mais c’est vrai aussi dans tous les autres secteurs de l’information. Les connexions entre industriels et journalistes, entre fabricants de produits touristiques et les journalistes, entre restaurants et les journalistes gastronomiques, les connexions sont très nombreuses ».

« C’est ce système de connivence qu’il faut dénoncer, renchérit Pierre Haski, co-fondateur du site Rue89.com, invité lui aussi ce jour-là. Ce système de connivence, il est bien antérieur à l’apparition de l’internet. Il est à l’intérieur du système de l’information en France. Il y a plein d’autres exemples, dans son livre [celui d’Albert Du Roy], que tout le monde connaît. Pour essayer une voiture, on ne vous emmène pas, comme vous le racontez, dans le terrain d’essai du constructeur, on vous emmène aux Caraïbes ou au Mexique ou en Thaïlande, tous frais payés. Bon, l’objectivité du papier à l’arrivée est évidemment délicate. Et, tout ça, c’est un système qui touche l’ensemble de la chaîne de l’information. »

Connivence ou connivence ?

« Oui, et alors ? », se serait écrié Eric Zemmour s’il avait été là. Le chroniqueur d’On n’est pas couché a en effet expliqué dans l’émission de Laurent Ruquier (France 2, 10 novembre 2007) :

- Eric Zemmour – « En fait, la connivence est un faux problème parce que… »
- Jean-Marc Morandini, invité ce jour là : – « Pas dans l’esprit des gens ! »

Jean-Marc Morandini reconnaît, lui, qu’il y a un vrai problème de connivence, mais seulement dans l’esprit des gens. Zemmour en convient, mais à condition qu’on s’accorde sur le fait que « les gens » sont bêtes et n’ont rien compris.

- Eric Zemmour – « Oui, je sais bien. Mais il faut leur expliquer. En fait, on peut être très copain avec un politique, on peut… On est des êtres humains et donc on peut bouffer ensemble, rigoler ensemble, parler du dernier match de foot, etc. et, après, sur un plateau ou dans un journal, poser des vraies questions, s’opposer vraiment. (…) C’est mon expérience personnelle ! ». Comme si cette dernière phrase pouvait l’aider à nous convaincre.

Alors d’où vient le problème de crédibilité des médias selon Zemmour ?
- Eric Zemmour – « Je pense que les journalistes sont responsables de ça. C’est-à-dire qu’ils ont tellement réduit le champ d’expression (politique, idéologique), en clair ils sont tellement tous sur la même ligne à 90% – une espèce de gauche bien pensante – et ils disent tous la même chose, que les gens ne se reconnaissent plus en ce qu’ils di[sent]. Naulleau [son complice chroniqueur dans l’émission] dit très pertinemment : « Ils [les gens] refusent la médiation. » Mais parce que la médiation ne leur ressemble plus. Ce ne sont plus des médiateurs [les journalistes – Zemmour est parfois difficile à suivre] puisqu’ils ne disent pas ce que les gens pensent ».

« Le problème, finit-il par résumer, c’est quand tout le monde vit dans le même monde et qu’en plus on partage tous les mêmes idées ». Surtout quand ces idées sont de gauche !

Pour Eric Zemmour, le problème ce n’est pas la connivence, mais la connivence ! Ce n’est pas la fréquentation assidue, mais l’appartenance à un même monde. De gauche ? Là, on peut en douter…

Et si on informait ?

Et puisque les citoyens (les « gens », dirait Zemmour) ne se reconnaissent plus dans les médias officiels, en toute bonne logique, ils créent les leurs et prennent en main l’information.

C’est ce que découvre Edwy Plenel, frappé par un éclair de lucidité. Dans un document vidéo diffusé sur le site de « Médiapart », le futur média qu’il impulse sur Internet, Plenel diagnostique : « L’actuelle révolution industrielle – celle que symbolise le Net et qui est marquée par l’avènement du média personnel –, elle fait descendre le journaliste de son piédestal. Au fond, nous nous étions appropriés un pouvoir indu. Comme si l’opinion, le jugement, l’analyse, le point de vue c’était notre privilège. Eh bien non ! Les citoyens, là, maintenant, peuvent nous rappeler que la liberté d’expression, ça appartient à tout le monde. Alors, du coup, nous sommes devant un défi : nous sommes sommés de reconquérir un continent que nous avons un peu laissé en friche : l’information ». C’est en effet assez fâcheux, pour des journalistes, d’avoir « un peu » laissé l’information en friche….

Et si on critiquait les médias ?

Comment les journalistes pourraient-ils surmonter la méfiance qu’ils inspirent ? Peut-être en écoutant un peu certaines critiques des médias…Daniel Schneidermann, auquel il arrive d’être mieux inspiré, a trouvé une autre solution. Adepte des arts martiaux, il préconise aux médias de se servir de leurs propres faiblesses comme d’une arme. Sur le site d’Arrêt sur Images, le 17 novembre 2007, il explique : « Cette méfiance des acteurs d’un conflit social à l’égard des journalistes, toujours accusés de le caricaturer, de n’en retenir que les slogans et le superficiel, cette méfiance est vieille comme les conflits sociaux. Elle est parfois justifiée, parfois non, à chacun de se faire une idée en…écoutant et en lisant, ce que disent les journalistes, justement ». Conclusion : si vous faites confiance aux journaux, achetez-les. Si vous ne leur faites pas confiance… achetez-les quand même ! L’idée est séduisante ! Ecouter et lire les journalistes pour savoir ce qu’il convient de penser de la couverture médiatique des conflits sociaux ? Eux d’abord ? Eux seulement ? Leur laisser le monopole de la critique des médias et renoncer à celle qui, comme dit Plenel qui ne devait pas penser à nous, contribue à faire « descendre le journaliste de son piédestal  ». … Du moins les journalistes qui s’étaient juchés dessus. Quant aux autres, ils aimeraient peut-être faire leur métier. En 2008, comme les années précédentes, Acrimed aidera les premiers à descendre et soutiendra les seconds.

Johann Colin et Yves Rebours

Grâce à la banque de données affectueusement recueillies par les associés d’Acrimed.

L’actualité des médias n° 63 (janvier – mars 2008)

William Salama

   

Des ventes dopées par la campagne – La presse à l’ère de la performance – Une commission Copé pour la télévision publique – Le lobbying de TF1…

I. Presse écrite

1. Les ventes

- Lectorat – Tout le monde a voté cette année. Le lectorat des magazines est en hausse de 1,2% en 2007, comparé à la période juillet 2006-juin 2007. « A la faveur des élections présidentielle et législative  » (Le Nouvel Observateur, 11 mars 2008), l’audience de la presse d’information s’est accrue de 4,2%, celle des quatre « news magazines » (Le Nouvel Observateur, Le Point, L’Express et Marianne) bondissant de 6,5%.

Le Nouvel Observateur reste leader et la plus forte progression est celle de Marianne (+ 34,9 %). D’après Le Monde (8 mars 2008), « le lectorat [aurait] apprécié son positionnement anti-Sarkozy. Le numéro de Marianne du 14 avril 2007 : « Le vrai Sarkozy, ce que les grands médias ne veulent pas ou n’osent pas dévoiler », s’est vendu à plus de 500 000 numéros. » Pour information, c’est le cas de le dire, « Le numéro du 14 février 2008 de L’Express, avec en couverture la première interview de Carla Bruni en tant qu’épouse du président, a battu un « record historique » de ventes  » (CB News, 11 mars 2008).

Plus généralement, « l’actualité politique a dopé les ventes des journaux d’information. Certes, la bataille Ségolène Royal-Nicolas Sarkozy a intéressé les Français, mais c’est surtout « l’effet Sarkozy » qui a gonflé les ventes de journaux, estime Patrick Bartement, directeur général de l’OJD. « La campagne électorale, qui a démarré dès la fin de 2006, a créé un appétit de lecture et une volonté de décryptage », explique Eric Matton, directeur exécutif de L’Express. « En 2007, il y a eu environ 252 couvertures sur l’univers Sarkozy », précise M. Bartement. Et « l’effet Sarkozy » a fait vendre 110 millions d’exemplaires de plus en 2007« , ajoute-t-il. Les études ont été faites en comparant la moyenne des ventes de 1 000 magazines sur un mois, lorsqu’ils comportent des couvertures sur Sarkozy, par rapport aux ventes moyennes du mois ou de la semaine précédente. Ce qui représente 2,2 % de plus… sur la totalité des 5 milliards d’exemplaires de journaux vendus en une année. (…) Les deux numéros du Nouvel Observateur sur Cécilia Sarkozy, en août et en octobre 2007, ont enregistré des hausses de 35 % des ventes en kiosques, soit plus de 100 000 numéros. » (Le Monde, 8 mars 2008)

Avec des hausses de, respectivement, 8,59% et 10,28%, Paris Match (Lagardère) et VSD (Prisma Presse) sont aussi en bonne santé. Comme la presse people puisque la diffusion de celle-ci progresse de +8,62% en 2007. Closer (Mondadori) et Public (Lagardère) s’en sortent particulièrement bien : +19,75% et +18,44%.

La progression est moindre (+1,9%) pour les quotidiens. Au sein de cette catégorie, « 20 Minutes se place pour la deuxième fois en tête des quotidiens nationaux les plus lus (2,53 millions de lecteurs, +4,3%), suivi de Metro  » (Le Nouvel Observateur, 11 mars 2008).

2. La presse quotidienne

-  Le Monde contraint à la performance pour sauver son indépendance. Une page s’est peut-être tournée au Monde avec le remplacement d’Alain Minc par Louis Schweitzer à la présidence du conseil de surveillance [1]. Mais les difficultés perdurent pour le groupe qui a encore perdu 20 millions d’euros l’année dernière. Si Éric Fottorino, nouveau président du directoire du groupe Le Monde, « se « refuse » à mener une stratégie de cession d’actifs même s’il peut y avoir des « arbitrages à la marge » » et a, en conséquence, «  estimé que le plan d’économies, préparé par l’ancien directoire présidé par Pierre Jeantet, devait être « enrichi » et jugé que le groupe devait faire des économies « partout » » (CB News, 13 février 2008), les actionnaires font pression. Ainsi, Ignacio Polanco, dirigeant de Prisa qui détient 15% du Monde SA et qui souhaiterait prendre le contrôle du titre allié à Lagardère ; celui-ci a expliqué dans une interview au Financial Times, « La structure du Monde est très compliquée, mais s’il veut rester indépendant, il est d’une importance fondamentale qu’il commence à faire de l’argent » (CB News, 27 février 2008). Disposez [2]…

Et pendant ce temps, les actionnaires tentent d’imposer un plan de rigueur et de normalisation économique aux salariés du groupe, les dirigeants s’ébattent en toute indépendance. Bruno Patino, directeur du Monde Interactif et de Télérama, s’est ainsi vu confier une mission sur le livre numérique par la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel. Le même Patino figure en 21ème position sur la liste du maire sortant (ex-UDF) à Sceaux. En toute indépendance, évidemment : « Ça n’implique pas le journal et il est hors de question que ça l’implique » explique Patino à Bakchich.

-  Le Parisien s’occupe du pouvoir d’achat… Dans la première semaine de janvier 2008, Le Parisien a créé une nouvelle rubrique « pouvoir d’achat ». Le quotidien du groupe Amaury a de la suite dans les idées puisque, toujours début 2008, confronté à « la hausse du coût de la vie », il a augmenté son prix de 5 centimes après quatre ans et demi sans hausse. Motif : l’« indépendance a un prix » (5 janvier 2008). L’indépendance, toujours et encore…

-  Le Figaro vire (pas vraiment à gauche). Comme au Monde, c’est le temps de la rigueur [3]… Le comité d’entreprise du Figaro a sorti son expert dans le cadre du plan d’économies qui « prévoit notamment 60 à 80 départs volontaires » (CB News, 13 février 2008). Joliment baptisé « Ambitions 2010 », ce plan vise à placer le quotidien « en position de leader sur tous les domaines de son activité, papier comme web » et « désigne tous les services concernés (sauf la politique et l’économie), les personnes (critères d’âge et d’ancienneté) ». Il est jugé « discriminatoire » par les syndicats (CB News, 6 février 2008).

-  Les Echos et La Tribune ont changé de main (et de directeur en chef). C’est à la veille de Noël que le groupe LVMH a annoncé avoir acquis définitivement Les Echos, et cédé le titre concurrent La Tribune à Alain Weill (groupe NextRadioTV – BFM, RFM, 01 informatique). LVMH recapitalisera Les Echos pour environ 34 millions d’euros mais a vendu La Tribune pour un « euro symbolique » (CB News, 2 janvier 2008). Par ailleurs, dans un climat de « défiance », Erik Izraelewicz, qui dirigeait la rédaction des Echos a rejoint… La Tribune et dénoncé les « interventions du nouveau président du groupe Nicolas Beytout » [4] selon des participants  » Pour CB News (13 février 2008), en cause, notamment : « une situation difficile liée à des vexations, humiliations, interventions de Nicolas Beytout [de retour après une immersion au Figaro] et du nouvel actionnaire ».

-  Translations capitalistiques (1). Cession par Lagardère du pôle de presse quotidienne régionale dans le sud de la France, qui pèse 222 millions de chiffre d’affaires, au groupe Hersant Média (GHM), le 20 décembre dernier. Soit, La Provence, Nice Matin, Var Matin, Corse Matin et Marseille Plus (un gratuit).
.
-  Translations capitalistiques (2). Par ailleurs, le Groupe Sud Ouest (GSO) a finalisé – début janvier 2008 – l’acquisition des Journaux du Midi auprès du groupe Le Monde. L’accord porte sur la totalité de la participation que le groupe Le Monde détenait dans Midi Libre SA, soit 95,4% du capital (CB News, 2 janvier 2008). Le groupe La Dépêche du Midi qui pouvait exercer une option d’achat sur la moitié des actions achetées par GSO sous 60 jours n’est pas parvenu à se mettre d’accord avec GSO pour former « un projet de rapprochement et de coopération dans le cadre de l’axe Bordeaux-Toulouse-Montpellier » (CB News, 3 mars 2008). Les négociations continuent.

3. La presse gratuite

- Des gratuits de plus pour les 15-35. Un manque enfin comblé ! Le journal L’Alsace lance un hebdomadaire gratuit Cit’in à Mulhouse qui cible les consommateurs de « 25-35 ans travaillant dans la ville ». Le Dauphiné libéré a également « dégainé », mais en trois coups avec Grenews.com : « A la fois un hebdomadaire gratuit sur l’agglomération grenobloise, un site et un journal télévisé quotidien en ligne  ». Sans surprise, là aussi : « La cible visée est la tranche 15-35 ans » (Libération, 6 février 2008).

- Des gratuits en plus. DirectMatin (ex- Matin Plus, depuis janvier 2008), le gratuit du Monde et de Bolloré, va être diffusé à Strasbourg, Toulouse et Nice. Bolloré, qui en assume les destinées exécutives, veut passer de « 400.000 à 450.00 exemplaires ». Selon l’homme d’affaires, il y aurait « un taux de prise en main de 100%, et dès 8 heures du matin, 80 à 90% des lieux de distribution sont vides. » Sans même compter le taux de prise en poubelles ? (CB News, 8 février 2008).

4. La presse magazine

- Augmentation après conflit chez Prisma. Après une grève de quelques jours les salariés de Prisma Presse ont mis fin au « mouvement à la suite d’un accord avec la direction » qui prévoit « une augmentation collective » – (CB News, 19 février 2008.)

II Télévisions et radios

1. Financement de France Télévisions sans publicité – suite

- Le Livre Blanc de TF1. Confrontée à l’effritement de son taux d’audience, TF1 a, révèlent Les Echos du 7 mars 2008, « remis un “Livre blanc” aux conseillers de l’Elysée et des ministères. Elle dresse dans ce document – bien différent du discours tenu en direction des marchés – un sombre tableau de sa situation ». Dans ce document, une série de revendications… dont la suppression de la publicité comme mode de financement de l’audiovisuel public, une demande ancienne et désormais prise en compte…-  Une commission, ses missions. Pour préciser les modalités d’application de cette suppression mais aussi pour redéfinir le cahier des charges du service public audiovisuel, une commission a été mise en place le 17 février 2008. Elle sera « présidée par le chef des file des députés UMP Jean-François Copé, composée de parlementaires et de professionnels, […] chargée à la fois de « proposer une nouvelle identité » pour le service public audiovisuel, de faire des propositions sur les missions des différentes chaînes du groupe France Télévisions et de proposer les « modalités de financement » de cette nouvelle télévision publique. La commission devra rendre ses conclusions avant la fin du mois de mai ». (CB News, 18 février 2008). En attendant, la ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, s’est fendue, le 26 février 2008 d’une lettre, adressée à la direction de France Télévisions, « confirmant les engagements de l’Etat pour une compensation euro pour euro des pertes publicitaires dès 2008 et le principe d’une dotation en capital » (CB News, 27 février 2008).

- La réalité du manque à gagner. C’est-à-dire ? Le 28 février 2008, France Télévisions Publicité annonçait «  un chiffre d’affaires de 786 millions d’euros sur 2007 ». Par ailleurs, selon un rapport de la Cour des comptes, la réforme de la redevance a « généré une économie de 100 millions par an, mais seule la moitié du bénéfice est revenu au service public. ». La juridiction met en garde « l’absence de revalorisation du taux de la redevance érode les ressources de l’audiovisuel public, et pourrait faire peser un aléa à terme sur son financement par la redevance » (CB News, 31 janvier 2008).

- Une « modernisation des structures » ? À ne pas oublier : dans le même temps, à France Télévisions, se déploie la « modernisation des structures engagé depuis des mois par Patrick de Carolis » (Le Figaro, 16 janvier 2008), c’est-à-dire « huit chantiers visant à mutualiser certaines fonctions communes aux chaînes » et qui, selon l’AFP (28 février 2008) pourraient avoir pour conséquence « le départ de près de 10% des effectifs de France Télévisions. » Une information « démentie « catégoriquement et avec la plus grande fermeté » par la direction. » (CB News, 29 février 2008).

- Radio France et les surcoûts de son déménagement. On l’oublie peut-être : la radio est aussi concernée. De fait, se demande Le Figaro (17 janvier 2008) : « Radio France devra-t-elle assumer ces dépenses supplémentaires au détriment des activités radio et des personnels ? La menace sur l’activité et les emplois est très forte ! » Les recettes publicitaires de la radio publique s’élèveraient à 45 millions d’euros.

2. Pendant ce temps, du côté de l’audiovisuel extérieur

- Une entité entre de bonnes mains… Création d’une holding, le 19 févier, qui détiendra le contrôle de RFI, TV5 et de France 24. Son nom : France Monde. Alain de Pouzilhac (ex publicitaire et président de France 24), est chargé de la créer. Il sera assisté dans cette « tâche par Christine Ockrent, qui est nommée directrice générale » (Le Figaro, 20 février 2008).

-  Crédibilité, conflit d’intérêt et licenciements. Concernant la nomination (annoncée par l’Elysée) de Christine Ockrent [5], son époux, Bernard Kouchner, incidemment ministre des Affaires étrangères estime « que ça se passera très bien » (France Inter, 3 mars 2008, Le 7-10). Ce n’est pas l’avis de l’Intersyndicale citée par L’Humanité (le 10 mars 2008) : « Tout est en chantier, nous dit-on. La structure capitalistique (serait étudié le désengagement de TF1 du capital de France 24), le pilotage (France Monde serait rattachée à Matignon sans que ne soient remises en cause les tutelles de Bercy, du Quai d’Orsay et de la Culture)… Le plus inquiétant, c’est qu’à aucun moment, alors que le but affiché est de renforcer l’audiovisuel extérieur, on ne nous parle de ce qui est le cœur de nos métiers, à savoir l’information. La seule chose qui compte, c’est de rassembler des entités qui n’ont rien à voir entre elles pour qu’elles travaillent ensemble ».
Idem pour les suppressions d’emplois… « Selon le rapport des conseillers de l’Elysée sur l’audiovisuel extérieur, dont Les Echos ont eu copie, La réforme pourrait entraîner la suppression de quelque 180 postes, soit une réduction de 10% des effectifs des trois entreprises concernées. » (CB News, 28 février 2008)

- Du mépris pour les partenaires ? Par ailleurs, les partenaires extérieurs au sein de TV5 Monde (Canada, Québec, Belgique et Suisse) craignent que cette « réorganisation » menace « l’existence de ce média unique au monde » et demandent assez fermement à ce que celle-ci demeure « “un projet commun” de la Francophonie » (Le Monde, du 25 février 2008).

3. Les chaînes privées au milieu du gué

- Fragmentation. TF1 et M6 perdent des parts de marchés en audience (tandis que France 2 et 3 se stabilisent) a calculé l’institut Médiamétrie lundi 3 mars 2008 : « soit 28,5% pour la chaîne de Bouygues, 18,3 et 13,2% pour les chaînes publiques et 10,7 % pour celle de Bertelsmann ». La TNT est en hausse à 10, 1% (Nouvelobs.com, 3 mars 2008).

- TF1 essaime. Pour rassurer les actionnaires et les investisseurs, le directeur général de TF1 Nonce Paolini promet aux analystes une progression de plus de 2,4% du chiffre d’affaires qui passent par une « réduction des coûts » (des programmes, des droits, des contrats), un « nouveau projet éditorial pour l’information de TF1 [qui] doit être multicanal » et « des nouveaux médias placés au cœur de l’offre », c’est-à-dire un développement sur le web 2.0, le commerce électronique et la mise en place d’une nouvelle régie publicitaire pour les activités Internet– (CB News, 21 février 2008).

- Canal Plus se recentre. Jean-Bernard Levy, le président du directoire de Vivendi indique, pour sa part, que l’ « objectif majeur » de sa stratégie est désormais de se renforcer dans les activités dont il n’a pas le contrôle total comme SFR (SFR revendique plus de 350 000 abonnés à une offre de TV mobile 3G/3G+) et Canal Plus.

- M6 se consolide. M6 Editions qui détenait 50% de Femme en Ville depuis mars 2006, vient d’acquérir la totalité du capital du magazine gratuit. Dans la même logique de diversification « cross-médias », la chaîne, selon Les Echos, a « confirmé être en “négociations exclusives” pour racheter le groupe Internet Cyréalis, ce qui lui permettra d’“entrer dans le Top 15 des sites les plus consultés” » (11 mars 2008).

- La main dans le sac. Le CSA tance « TF1, M6, Direct 8, TMC, I-Télé et NT1 après avoir relevé sur ces chaînes “des pratiques contraires aux dispositions réglementaires relatives au parrainage”. Parmi ces pratiques, le CSA cite notamment la “visualisation du produit”, l’ “utilisation de slogans publicitaires” et l’ “incitation à l’achat”  » (CB News, 9 janvier 2008).

4. Autres informations …

- Droits sportifs. Dès la vente, le 6 février 2008, par la Ligue de football professionnel (LFP) au groupe Canal Plus (et à Orange) de l’ensemble des droits audiovisuels de la Ligue 1 de football pour la période 2008-2012 (668 millions, un montant que même la ministre de la Communication a jugé « hallucinant »), signant la mort de Téléfoot sur France 2, des craintes ont été exprimées. Canal Plus priverait-elle les non abonnés des images des buts du week-end ? Mettant fin au suspense, le patron du groupe Bertrand Méheut a annoncé la diffusion en clair d’une partie du magazine dominical consacré à la Ligue 1 pour la saison prochaine. Et donc, « en clair », celle de quelques pages de pub.

- Croissance externe.com. Le 22 février 2008 Lagardère Active Digital acquiert 53,3% du capital du site Doctissimo, positionnant la filiale du pôle médias du groupe Lagardère, au 1er rang des sites Internet pour les contenus féminins en France (6,4 millions de visiteurs uniques par mois). Une acquisition, « qualifiée de « structurante »  » (CB News, 25 février 2008) qui permet à Lagardère d’améliorer significativement sa position sur le Web dans la compétition qui l’oppose, notamment, à TF1.

- Télévision mobile personnelle TMP, candidatures et ambitions. Parmi les 32 projets de chaînes, le CSA doit en retenir 13. Parmi les impétrants : Lagardère Active ; TF1 ; M6 ; NextRadiotTV, Les Echos, Amaury, Orange (CB News, 17 janvier 2008). Certains se sont d’ailleurs fédérés. Ainsi M6 Mobile va proposer à ses clients 6 chaînes qui seront diffusées sur le réseau 3G d’Orange, « en direct et en illimité, sans supplément de prix » car « C’est pour nous la mise en place concrète de la télévision mobile personnelle (TMP) ». Il s’agit, selon Nicolas de Tavernost, le Pdg de la chaîne, « d’ « habituer » les clients à regarder la télévision sur mobile » (CB News, 6 mars 2008).

- TNT en région, candidatures et lancement. Plus vite… Huit dossiers ont été déposés au CSA pour des télévisions locales en mode numérique sur les zones de Brest, Strasbourg, Saint-Etienne, Nice, Menton et Montluçon : « TL7, présentée par SAEM Loire Télé pour Saint-Etienne, de Télé Haute Bretagne (Télé Pays SAS pour Brest), de CanalOuest (CanalOuest pour Brest), de Nice Télévision NTV (Association Nice-Télévision pour Nice), de Télévision Sans Frontières (TVSF, Association Télévision sans Frontières) pour Nice et Menton, de Cap Nice-Menton (Cap Nice-menton SAS) pour Nice et Menton, de Clermont/1ère (Société clermontoise de Télévision pour Montluçon) et de A.Télé (A. Télé pour Strasbourg) » (CB News, 23 février 2008). Pour l’Ile-de-France, les jeux sont faits. Les chaînes de Hersant Média, de NRJ Group et – cantonnées à un même canal – les quatre associatives (dont Télé Bocal), adoubées par le CSA, seront lancées sur les ondes le 20 mars 2008.

-  Des lacunes de l’éducation à la consommation. Déjà 15 millions, soit : « 46,5% des foyers français sont équipés pour recevoir la télévision numérique (TNT, ADSL, câble ou satellite) » selon TDF (principal diffuseur français). En revanche, et malgré la communication du gouvernement sur la nécessité de se préparer, seuls 27,1% des foyers sont «  numérisés  » et « 65% des Français déclarent « ne pas être au courant » de l’extinction à venir de la télévision hertzienne analogique, prévue fin 2011 » (CB News, 21 février 2008).

-  Les coulisses de la diffusion. Les protagonistes de la diffusion s’agitent. Le groupe NRJ a choisi de dégager un peu de trésorerie en ouvrant « le capital de sa filiale de diffusion, Towercast, dont il n’exclut pas de devenir minoritaire » (CB News, 29 février 2008).
Fin décembre, le fond américain Carlyle a, de son côté, racheté la moitié de la participation de Cinven (un autre fond) dans Numéricâble, le fournisseur d’accès et diffuseur (1 milliard d’euros). Cinven et Carlyle détiennent donc désormais chacun 35% du capital du câblo-opérateur. Le fait qu’il soit en « quasi-faillite » (Le Monde du 15 mars), du fait de la crise des subprimes, ne refreine pas Carlyle qui est par ailleurs, « candidat à la quatrième licence de téléphonie mobile ». (CB News, 2 janvier 2008).

_________________________________________________

[1] Pour un résumé des épisodes précédents, lire « Les nouveaux maîtres du Monde. En attendant Lagardère ? ».

[2] Et voici qu’en écho (Lagardère Arnaud) de préciser dans Le Figaro du 13 mars « Le pouvoir éditorial ne m’intéresse pas, je veux un pouvoir économique. »

[3] Cette logique est aujourd’hui à l’œuvre dans la plupart des groupes de presse. En PQR, on peut ainsi citer le cas du groupe Ebra. Lire ici même : « Offensive contre les journalistes du groupe Ebra (SNJ et SNJ-CGT) ».

[4] «  »une situation difficile liée à des vexations, humiliations, interventions de Nicolas Beytout [de retour après une immersion au Figaro] et du nouvel actionnaire », LVMH  »

[5] Lire ici même « Christine Ockrent, le poids des euros, le choc des questions ».

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Bockel puni pour avoir tapé sur la Françafrique , Joyandet pour le remplacer

Posté par issopha le 19 mars 2008

Dans la rubrique « anciens combattants de la  

rupture »

Bockel puni pour avoir tapé sur la Françafrique,

Joyandet pour le remplacer

 

Le 18 mars 2008, par Jean Denard,

 

Le remaniement ministériel est présenté comme « marginal » à Matignon. Pour l’Afrique il ne l’est pas. Bockel n’était pas un ministre parfait, mais ses propos contre la Françafrique et le pillage du pétrole africain étaient sans ambiguïté. Est-ce cela qu’il paie aujourdh’ui ? Il est relégué aux anciens combattants.

Ca se passe vingt-cinq ans après le socialiste Jean-Pierre Cot, ministre de la coopération internationale qui avait été écarté par François Mitterrand pour avoir voulu rénover la politique française de soutien aux pires régimes d’Afrique.

On est sous Sarkozy II, que l’on nous dit apaisé, moins bling bling, moins impulsif. C’est que la décision est mûrement réfléchie. Si le soldat Bockel est relégué aux Anciens combattants, au lendemain des funérailles nationales du dernier des poilus, Lazare Ponticelli, il ne le doit pas hasard. Au lendemain d’une claque électorale monumentale, Jean-Marie Bockel est l’un des rares ministres à sauver son siège au second tour, à Mulhouse, faisant même basculer avec lui sa ville de gauche à droite. On aurait pu imaginer plus belle récompense que ce ministère des hommages posthumes pour un homme qui s’était tout de même plié, pendant son court mandat rue Monsieur, au rituel passage par Libreville et Brazzaville. Sans sa victoire alsacienne, on peut penser qu’il eût été purement et simplement écarté de la nouvelle équipe gouvernementale.

Ses appels répétés à en finir avec la Françafrique et avec le pillage des ressources du continent noir avaient dû finir par exaspérer les Guéant et autres tenants du statu quo dans la politique africaine de la France. Alors que Sarkozy prépare ses valises de contrats pétroliers avant son voyage en Angola, initialement prévu fin février et confirmée pour le 23 mai prochain, l’Elysée n’a pas voulu prendre le risque de nouvelles sorties du trublion Bockel.

Pour le remplacer, Alain Joyandet. Le maire de Vesoul est un fidèle et, surtout, un bleu en matière de coopération. C’est dire l’importance accordée à la compétence en la matière, alors que l’agenda international est extrêmement chargé en matière de développement, par un président qui se veut pourtant l’apôtre de la méritocratie.

Après 9 mois d’une « étonnante » continuité dans la politique africaine, marquée dernièrement par le désastre tchadien, l’annonce fin février de la renégociation des accords de défense et d’un rôle accru laissait entrevoir un changement de Cap… ou du moins l’influence grandissante des conseillers les plus progressistes parmi l’entourage du chef de l’Etat. L’éviction de Bockel apparaît comme un nouveau revirement d’un président qui navigue manifestement en eau trouble au sud du Sahara.

 

Demande de création d’une Commission d’enquête parlementaire

sur le rôle de la France au Tchad.

11 mars 2008. Demande de création d’une Commission d’enquête parlementaire sur le rôle de la France au Tchad. Courrier Acat-France, Survie, Secours catholique, Réseau Foi et Justice, groupe Afrique d’ATTAC, Cédétim/Ipam, Peuples solidaires, Mouvement de la paix.

Courrier pour la création d’une Commission d’enquête parlementaire sur le rôle de la France au Tchad adressé aux membres de la Commission des Affaires Etrangères, de la Commission de la Défense, aux présidents des groupes parlementaires, au président du groupe d’amitié France-Tchad et au président de l’Assemblée nationale.

Pour appuyer cette démarche, nous vous invitons à relayer ce courrier auprès du député de votre circonscription.

Paris le 11 mars 2008

Objet : demande de création d’une Commission d’enquête parlementaire sur le rôle de la France au Tchad

Madame, Monsieur,

Nos associations suivent avec une extrême inquiétude la dégradation continuelle de la situation politique et des droits de l’Homme au Tchad depuis plusieurs années et dénoncent l’usage régulier de la violence dans le maintien ou pour l’accession au pouvoir dans ce pays.

L’engagement militaire, diplomatique et politique de la France a été déterminant dans le maintien au pouvoir du régime du Président Idriss Déby Itno ces dernières années, principalement pour repousser les attaques rebelles sur N’Djamena en avril 2006 et en février 2008.

Entre avril 2006 et février 2008, la France, sous couvert de son accord de coopération technique militaire, a fortement armé le régime de Déby : livraison de véhicules blindés belges (AML) et d’avion suisse (Pilatus PC- 7), contrat de missiles, en contradiction avec le Code de conduite de l’Union européenne.

De nombreux témoignages mettent en doute la version officielle de la France quant au degré de son intervention lors de ces deux offensives rebelles. Aux plus forts des combats, les 1er, 2 et 3 février 2008, la France a assuré un soutien multiforme sans faille au Président Déby :

  • fourniture de renseignements sur les mouvements des rebelles et sur leurs communications ;
  • acheminement d’armes et de munitions ;
  • des informations concordantes mentionnant un engagement militaire dans les combats ;
  • mobilisation des diplomates au sein des instances internationales pour appeler à la condamnation de l’attaque des rebelles et pour demander aux Etats d’apporter leur appui au gouvernement du Tchad ;
  • mise en garde des rebelles sur une possible intervention militaire française.

Nous constatons que ce soutien inconditionnel au régime de Déby comme garant de la stabilité du Tchad est un échec. Après avoir réussi à repousser l’offensive des rebelles sur N’Djamena, le régime du Président Idriss Déby Itno a fait arrêter trois des principaux opposants démocratiques, dont un est toujours porté disparu, et entrepris des actes d’intimidations à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme et des journalistes indépendants. Aujourd’hui, l’accord électoral du 13 août 2007 est caduc. Seul un dialogue national approfondi tourné vers la paix et la réconciliation, comme le propose le Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation nationale au Tchad, est en mesure d’empêcher une prise du pouvoir par la force et d’assurer une stabilité à long terme.

En cette période cruciale de refonte de la politique de la France en Afrique, il nous semble indispensable de rendre davantage transparents les agissements de la France au Tchad. Ce souci de clarté affiché par la Président Nicolas Sarkozy le 28 février lors du discours du Cap en Afrique du Sud doit maintenant se matérialiser par des actes concrets.

A cet effet, nous pensons nécessaire que le Parlement français se saisisse pleinement de ce dossier et crée une commission d’enquête pour établir la vérité sur l’implication de la France dans le conflit tchadien.

Cette commission pourrait faire remonter ses investigations à l’année 2005, année charnière au cours de laquelle la constitution tchadienne a été amendée pour permettre au président de se présenter une troisième fois, alors que le parlement tchadien modifiait la loi 001, dispositif législatif destiné à contrôler l’utilisation des revenus pétroliers pour éviter leur détournement et leur utilisation à des fins militaires. Ces mesures, perçues comme autant de provocations ont suscité une vague d’hostilité contre le régime et le déclenchement de rebellions armées.

Il est donc primordial qu’une commission d’enquête aborde :

Sur le plan diplomatique et politique

  • les formes de soutien apportés depuis 2005 par la diplomatie française au régime tchadien à travers les rencontres et visites officielles, la validation des scrutins contestés, la défense du régime devant les organisations internationales, etc
  • les évolutions éventuelles dans la diplomatie intervenues entre 2006 et 2008 pour tenir compte du risque d’escalade de la violence
  • le degré d’implication de la France dans le processus de paix, sa capacité de dialogue avec les partis d’opposition, la société civile, la concertation établie avec les partenaires européens sur ces différents points
  • la gestion diplomatique de la crise de février 2008, l’articulation entre l’Elysée, les ministères et les ambassades, l’information communiquée aux partenaires internationaux (ONU, UA, UE et notamment les pays engagés dans l’Eufor)

Sur le plan militaire :

  • le cadre et les modalités d’intervention des forces françaises au Tchad prévues par les accords de coopération, la pertinence de ces accords au vu des dérives du régime en place
  • les ventes et transferts d’armes opérés au profit de l’armée tchadienne
  • le degré d’engagement de l’armée française, en avril 2006 et en février 2008, l’influence de cet engagement sur l’issue militaire des combats
  • le fonctionnement et les éventuels dysfonctionnements du dispositif de commandement français au Tchad, le processus décisionnel (au niveau de l’Etat major et de l’exécutif), le rôle du Commandement des Opérations Spéciales, l’information transmise au parlement et aux commissions (Affaires Etrangères, défense)
  • le rôle des services de renseignement français (DGSE, DRM) au Tchad pendant et hors période de conflit, le soutien apporté au régime tchadien Sur le plan des violations des droits de l’Homme
  • le degré de connaissance par la diplomatie française des violations des droits de l’Homme commises par le régime pendant et depuis la bataille de février 2008, concernant notamment les opposants emprisonnés et les militants associatifs menacés, les pressions éventuelles exercées sur le régime
  • le dialogue mené avec les associations de défense des droits de l’Homme représentatives dans la perspective de la création de commissions d’enquête sur les violations commises par le régime

Nous vous demandons donc d’agir dans ce sens et de peser de tout votre poids pour que cette Commission d’enquête parlementaire soit instaurée.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.

Signataires : Acat-France, Survie, Secours catholique, Réseau Foi et Justice, groupe Afrique d’ATTAC, Cédétim/Ipam, Peuples solidaires, Mouvement de la paix.

Téléchargez le courrier

Les associations signataires du courrier sont membres de la Plateforme citoyenne France-Afrique. Lancée en juillet 2007, cette Plateforme regroupe une dizaine d’organisations de solidarité internationale qui souhaitent promouvoir auprès des pouvoirs publics une politique de la France en Afrique responsable et transparente, émancipée des écueils du passé. La Plateforme a notamment publié un Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente (L’Harmattan)

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FRANCE-AFRIQUE :Accords de défense. « relations hypocrites »

Posté par issopha le 18 mars 2008

FRANCE-AFRIQUE :

Accords de défense , « relations hypocrites »

AFP – Vendredi 14 mars, 08h44ABIDJAN (AFP) -

 

Le président ivoirien
Laurent Gbagbo a dénoncé dans une interview diffusée jeudi soir
les « relations hypocrites » issues des accords de défense entre la
France et certains pays africains, appelant à des accords
interafricains pour régler les conflits régionaux.


Interrogé sur la récente remise en cause par le président français
Nicolas Sarkozy des accords signés entre la France et certains pays
africains, dont la Côte d’Ivoire, M. Gbagbo a estimé que « ces accords
sont dépassés depuis longtemps ».
« Quand même j’ai demandé qu’on applique ces accords, ils n’ont pas
été appliqués », a ajouté le chef de l’Etat ivoirien en référence à la
tentative de coup d’Etat de la rébellion des Forces nouvelles (FN) en
2002 que les autorités ivoiriennes avait qualifiée à l’époque
d’ »agression extérieure » venant du Burkina Faso.
« Aujourd’hui, la France n’intervient que quand elle pense qu’elle a
des intérêts ici et pas là. Et puis est-ce qu’il est bon qu’elle
intervienne? », s’est interrogé le chef de l’Etat, dénonçant
des « relations hypocrites ».

Le président Gbagbo, qui s’exprimait dans une émission sur
l’intégration africaine, diffusée simultanément sur plusieurs chaînes
de télévision d’Afrique de l’Ouest, a par ailleurs appelé les
Africains à ne pas faire de l’intégration régionale ou
continentale « un slogan » mais de poser « des actes réels et concrets ».

« Il faut que nous négociions (…) pour signer des accords de
défense, entre nous pays africains », a expliqué M. Gbagbo estimant
que ces pays étaient à même de régler leurs conflits.

« Dans nos pays, ce ne sont pas des conflits pays contre pays, Etat
contre Etat, mais des conflits internes à cause du fait que les
nations ne sont assez solidement formées », a estimé M. Gbagbo

« La sortie de crise en Côte d’Ivoire peut servir d’exemple », a-t-il
ajouté en référence à l’accord de paix qu’il a signé le 4 mars 2007
avec le chef des FN, Guillaume Soro.

« Il est quand même honteux de voir en Afrique de l’Ouest que le Niger
est confronté au problème des Touareg, que le Mali est confronté au
problème des Touareg et puis qu’on est tous là et qu’on ne fait
rien », a-t-il lancé.

« Mieux vaut une ingérence entre le Niger et la Côte d’Ivoire plutôt
qu’une ingérence avec les Etats-Unis, la France, la Chine », a estimé
le président Gbagbo.

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DOMINATIONS : MECANISMES DE CONSTRUCTION , DE LEGITIMATION ET DE PERPETUATION

Posté par issopha le 13 mars 2008

  

  

DOMINATIONS :

Mécanismes de construction et de légitimation.

DE LA NECESSITE D’AGIR…

 

issopha.jpg

 

Cette réflexion en guise d’introduction :

Le monde se divise en trois catégories de gens:

un très petit nombre qui fait se produire les événements,

un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir,

et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité.”

Nicholas Murray Butler


Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)

C’est fort de ce constat que l’idée d’un blog qui fasse la lumière sur les coulisses du pouvoir , les forces souterraines à l’oeuvre dans la prise et l’application des décisions publiques et politiques m’est venue.

http://issopha.unblog.fr 

  

UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE :

Dominations , Manipulations , Résistances et Altermondes.

Tel est donc le titre de ce blog qui est consacré à ma lutte et à celle d’autres acteurs internationaux contre la pensée UNIQUE capitaliste et ses effets pervers  sur les démocraties du monde et les manipulations auxquelles elle donne lieu dans les domaines du savoir , de l’information , de l’éducation , de la production de l’histoire.

C’est en fait un outil de promotion , de vulgarisation et de  diffusion de la pensée plurielle , de la pensée alternative , un instrument virtuel certes , mais qui travaillera , en complément et en parallèle aux  travaux  transversaux ou  connexes , à créer les  possibilités et toutes les conditions , matérielles et idéologiques , d’émergence de nouvelles façons de faire , de penser et d’agir la politique et l’économie ; Préalable à l’avènement de ce que j’apppelle un “altermonde”, un monde plus en phase avec l’aspiration des peuples , victimes des oppressions et sauvageries du capitalisme inhumain et de la démocratie de marché dérégulée.

Un autre monde possible  dont les valeurs de partage , de solidarité , de justice et d’égalité constitueront les ferments d’unité. En bref , c’est l’appel à une humanité nouvelle.

Le blog en fait prend les dehors d’un catalogue d’articles , de contributions diverses d’auteurs qui se recrutent dans différents domaines du savoir , du monde des médias , des “ journalistes citoyens “ , ce 5e pouvoir dont on parle de plus en plus et qui est en passe de devenir le moyen d’information premier des citoyens à travers le monde , une sorte de démocratisation du traitement de l’actualité par les citoyens , qui nous affranchira enfin de la monopolisation de la parole et des espcaes d’expression par les présumés ” experts ” , souvent à la solde des agents des Maîtres du Monde. Il nous reste , à nous les Libertadores à petite échelle , un bastion de liberté , un espace d’explosion et d’éclosion  de la parole du peuple : INTERNET.

Je me veux pleinement  conscient des possibles détournements de sens et autres dérives informatives que peut générer la réappropriation inintelligente du pouvoir d’informer par la masse qui , n’en déplaise aux  épigones de Macchiavel , pense et sait décrypter les enjeux des luttes pour l pouvoir  , identifier les moyens d’accès à son mieux-être et son mieux-avoir. Il n’y a de risque zéro en rien. 

Je me suis par conséquent inspiré et aidé de textes sur des sites d’actualités et d’analyses politiques et économiques multiples.Le fil conducteur  de ces réflexions  , plus que jamais en dissidence avec les ” vérités immuables ” de nos gouvernements , se résume aux contrepoints à la pensée unique libérale et néolibérale qui profite exclusivement à une minuscule clique d’individus qui , du fait de leurs positions privilégiées , monopolisent et privatisent  les appareils idéologiques et répressifs de l’Etat. Objecti :  légaliser , légitimer ,  pérenniser et reproduire leurs dominations.

Aux possédants et aux dominants le pouvoir , aux dominés l’espoir…C’est de ce cercle vicieux  qui perdure et qui ne correspond en rien à quelque ordre naturel des choses ou à quelque détestable déterminisme darwinien ( même si paraît truisme )  , qu’il convient absolument et impérativement de sortir ; et prétendre et tendre vers des alternatives plus efficientes du point de vue du Bien Commun , aux sources de la définition aristotélicienne de la politique.

C’est mon combat .

Il se dilue naturellement dans l’immense actualité des mouvements sociaux altermondialistes , courageux , qui se multiplient à travers le monde , soucieux de faire entrevoir d’autres options  au fameux          ” Nouvel Ordre Mondial ” actuel , un destin meilleur pour l’humanité.

Il n’empêche qu’à additionner toutes ces voix et voies marginales à ce jour , le changement et la révolution qui le portera deviendront réalité. C’est mon credo. Je n’en doute pas une seule seconde.

Aux armes citoyens. Formez vos bataillons de résistants. Le Savoir est une arme de disqualification massive de la pensée unique qui oppresse sans en donnerl’air. 

Par la diffusion d’une information contrôlée et dûment ( auto-)censurée , les Maitres du Monde ont assis leur dominations et les mécanismes de légitimation qui s’en accompagnent .

De même,  par l’information alternative et le savoir militant , que portent un Jean Ziegler , un Pierre Bourdieu( la sociologieest un sport de combat )  , un Jean-Marc Ela ou un Noam Chomsky , les ” damnés de la terre ” reprendront une pleine possession de leurs capacités de réflexion et d’action , quel que soit le temps nécessaire ( et il sera trè long au vu de l’ampleur de la tâche à accomplir )   à mettre en marche la Révolution, même si elle n’est pas télévisée ( Gill-Scott Heron ).

Le Savoir est expansif , mais pas exclusif.

Alors , toi qui me lis, perplexe , interpellé(e) , dubitatif(ve) ou franchement solidaire de mes élucubrations d’homme excédé de tant d’injustices, OSE !

Oui , Osons redonner à ce monde tout son sens …

Bonne visite !

Issopha

 

LE BLOG HTTP://ISSOPHA.UNBLOG.FR POUR QUOI FAIRE ?

  

Bonjour A.,    

Je me réjouis de ton retour de mail qui témoigne de l’intérêt que tu as pu porter à mon laïus de tantôt.    

Pour répondre à tes interrogations et pour faire court, nous avons sans doute des amis communs dont les courriels figurent sur ma mailing List , et un envoi collectif sans vérification de ma part ( je le confesse ) à tous mes amis explique que tu l’ais reçu.    

Quant au blog, j’adhère complètement à tes réflexions constructives sur la nécessité de rendre plus lisible, moins filandreux et saturé l’accès à ce magma d’informations. J’y adhère d’autant plus que depuis la création de cet espace de réflexion et d’échange, j’ai cherché tous les moyens techniques possibles d’améliorer la forme. Mais assurément, c’est un problème technique qui ressortit malheureusement aux concepteurs et animateurs de la plate-forme sur laquelle j’ai créé le blog, c’est le support UNBLOG.fr. Il se trouve que malgré toutes les tentatives de restructuration, d’amélioration de la mise en page et de la mise en forme, je reste tributaire de leur pré-paramétrage et ce n’est absolument pratique. Et vous avez raison. Le chapitrage, le classement (alphabétique, par défaut) des sujets, la non-interopérabilité de certains fichiers et de  certaines polices d’écriture …ce sont autant de problèmes qui ôtent au blog l’intérêt heuristique qu’on aurait pu lui prêter…Pardonnes-m’en !    

Le thème choisi de l’interface principale du blog apparaissant d’ailleurs comme le moins mauvais choix, la moins mauvaise interface. Les barres latérales qu’il est impossible de redimensionner, la titraille que l’on ne peut modifier, bref j’ai les doigts et l’imagination liés à la bonne fantaisie de la plate-forme UNBLOG.FR. Difficile dans ce cas là d’hiérarchiser et de classer  pour un meilleur repérage les rubriques et chapitres sur la page centrale .Pourtant , paradoxalement , sur la page d’administration que seul l’animateur du blog peut visualiser , il est possible de le classer de  façon , disons académique :TITRE  , PARTIE , Chapitre , sous-chapitre , sous-sous-chapitre ,  etc.    

Toutefois,  je réfléchis déjà à un déménagement du blog sur un site web véritable, avec un contrôle et un paramétrage personnalisé. C’est une question de temps, mais ça se fera. En attendant, indulgence, de grâce !    

Cela dit, reportons nous sur le fond.    

Tout d’abord, mon combat et ma démarche sont loin d’être individuels.  Et pour cause : Agir local, penser global est un des leitmotivs des mouvements altermondialistes dans la droite ligne desquels s’inscrit le blog  http://issopha.unblog.fr. 

 Il se veut altermondialiste, alternatif, non pas dans le strict sens d’opposition binaire à l’ordre suprême libéral actuel, mais alternatif dans le sens le plus pluriel du terme. Ce qui dément toute binarité. Alter, c’est autre, ou les autres. J’ai repris à mon compte la formule conventionnelle qu’utilisent tous les mouvements altermondialistes , à savoir UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE , de manière à identifier très  clairement le positionnement idéologique , la vocation  » gauchisante  » du blog , son ton , sa couleur partisane…Il ne s’agit point d’un blog qui fait l’apologie du fauchage de semis de maïs Monsanto ou de destruction de resto MacDo…C’est l’expression avant tout d’un ras-le-bol des discours qui tendent à prêter caution scientifique et donc à ériger en  vérité quasi éternelle  , un ordre politique , économique  et socioculturel foncièrement contingent , condamné à la finitude et donc au dépassement et au remplacement.    

L’autre monde possible , chacun l’imagine à sa fantaisie , à son rythme , à sa couleur , en fonction de sa culture , de son environnement , de son vécu , de ses conditions historiques , de sa région , du jeu de rapports de forces autour de soi , en fonction de ses valeurs , de l’idéologie qui irrigue son action…Il me semblait par conséquent redondant de citer LES AUTRES MONDES POSSIBLES , puisqu’il va de soi qu’il y a autant de mondes possibles qu’il y a de propositions alternatives et de laissés-pour compte de cet ordre mondial  dominant .  Voilà pour le titre. 

   Tu remarqueras dans le même temps qu’en sous-titre du Blog, il y a marqué le néologisme « ALTERMONDES «  avec un « S » à la fin…ceci aurait déjà pu satisfaire ton interrogation. Il y a autant de façons d’humer une rose qu’il y a d’individus sur terre. J’espère que ça répond à ta question. 

   Sur ma démarche que tu soupçonnes  individuelle , je précisais que mon action se dilue dans un ensemble cohérent d’actions  , dans lequel s’inscrivent divers mouvements associatifs  et ONG altermondialistes , ce d’autant que je suis membre du CRAN-France et  de l’association SURVIE-France  , association citoyenne française qui milite pour l’assainissement des relations franco-africaines , et propose des ALTERNATIVES politiques  , économiques et des mesures liées au développement  qui émaillent les relations entre
la France et ses anciennes colonies… Une AUTRE FRANCAFRIQUE donc… 

   Et cette réalité est forcément corrélée à d’autres problématiques  politiques et économiques internationales, car je demeure convaincu dans l’idée que TOUT SE TIENT. L’ordre libéral mondialisé a ses effets dans tous les secteurs de la vie sociale,  culturelle et intellectuelle, effets positifs certes, mais surtout effets pervers. L’actualité quotidienne est là qui en témoigne à suffisance : la fièvre inflationniste sur les marchés du monde, les soulèvements populaires auxquels elle donne lieu, la récession économique aux USA , les guerres entretenues pour le contrôle des sources de matières premières , l’inévitable choc des civilisations , le retour du refoulé colonial en France , la présidence sarkozyenne et ses contradictions…TOUT SE TIENT ! 

   Et aux dérives du « tout qui se tient », s’opposent et se proposent un ensemble de solutions plurielles, transversales, complémentaires que l’on ramasse et identifie sous le qualifiant  » ALTERMONDIALISTES « . 

   Je ne suis donc pas seul engagé dans cette démarche, convaincu que les problèmes et les injustices ne se régleront pas d’elle-même. Le désordre actuel, la dérégulation de l’économie du marché (l’OMC fait de la figuration quand elle ne nourrit pas cette dérégulation). J’agis donc à mon niveau , » en local , en pensant local et  global «  ,  j’agis à diffuser l’information « alternative «   , celle que contraignent  à la marginalisation les grands médias classiques  , presque tous  à la solde des puissants( la concentration économique des médias , tous les patrons veulent aujourd’hui s’acheter qui une chaine de télé qui un journal papier , marchandiser l’info ). Les Puissants de ce monde   n’ont aucun intérêt à ce que le désordre actuel change. Bien plus, les Maitres du monde ne nourrissent une aversion carabinée pour la démocratie. Le puissant aime le pouvoir, veut le légitimer, le conserver et le perpétuer à l’envi. Il a donc maille à partir avec la démocratie (le pouvoir du grand nombre, de la masse) dont il se pose pourtant prétendument comme le chantre et le réhabilitateur. Sarkozy chante la démocratie en France ( et encore !  ) et la dispute aux autres  quand ils viennent du Tchad, du Congo, du Cameroun, etc. Le puissant n’aime la démocratie mais s’en dit  le laudateur, au point de conditionner souvent certaines relations bilatérales à cet impératif normatif. 

   Les appareils idéologiques d’Etat comme les médias ( exceptés les résistants ) , les églises/religions(opium du peuple et Sarkozy l’a compris qui veut investir ce champ sous les dehors de réhabilitation de la foi publique dans un pays qui a adhéré au principe de la laïcité )  , l’Ecole et tous les moyens de diffusion de la culture et de formation idéologique…eh bien il y a lieu de les penser , de les interroger…le medium c’est le message , n’est-ce pas (Marshall Mac Luhan ). 

   Débusquer le caché , déconstruire l’apparent , mettre à jour les logiques qui fondent les discours  , les actions qui légalisent  , légitiment et perpétuent les rapports dominants/dominés  , telle est l’ambition du blog. A titre d’illustration, pourquoi les colonies d’Afrique francophone restent-elles   assujetties à
la Métropole France  en dépit du temps mondial de la démocratie supposé bousculer les vieilles habitudes autocratiques et capitalistiques  du Bwana blanc ? pourquoi rien ne change  ? Pourquoi la démocratie est-elle aussi haïe par ceux-là même qui disent vouloir l’imposer à la planète toute entière ? 

   Chercher les altersolutions…à  tout ce monde en perdition, qui se « malthusianise », se « gobinise ».  Le Darwinisme social n’a jamais eu autant pignon sur rue qu’aujourd’hui. Les malthusianistes se frottent les mains. Bientôt il n y aura peut-être plus d’Afrique. Les puits de pétrole s’assèchent, on substitue aux matières premières des solutions synthétiques, on va progressivement se passer de cette Afrique-là, quand il ne restera plus rien à gratter , sinon un tas de macchabées tailladés à la machette ou morts par trop de misère.   

  

Chercher les alternatives politiques et économiques , sociales et culturelles , crédibles et efficaces , même si temporellement situées ,  à ce monde fou , à ce Cameroun fou qui canarde ses enfants  , descendus crier famine  au nom de tous ces aînés couards qui ont décampé , foutu le camp de la contestation  active, civile ou politique.    

   Chercher les alterécritures  à cette Histoire monopolisée , distordue et  écrite par les Vainqueurs , cette Histoire souvent amnésique  qui passe sous silence les crimes les plus abominables qui se puissent imaginer  , cette Histoire qui se complait à célébrer une mémoire (
la Shoah ) au détriment d’autres mémoires ( les massacres de Sétif par
la France , des Chinois par le Japon , des aborigènes , des autochtones par les allochtones blancs d’Europe , les ethnocides antillais par les maîtres de la métropole France , les complicités avérées de la France dans le génocide rwandais ,
la Françafrique et
la Mafiafrique dont on ne dit et n’écrit pas  l’histoire  présente  , cette histoire qui se déploie pourtant  sous nos yeux , secret de polichinelle…l’interventionnisme , l’ingérence politique des anciens colons dans les affaires de leurs ex-colonies , etc ,) N0.ul ne dit la vraie histoire . Quelques velléités frondeuses à noter ça et là , initiatives de réécriture d’une histoire authentique , initiatives  isolées qu’évitent proprement les médias supposés éduquer , orienter et renseigner le public. 

   Non , il y en marre et le blog http://issopha.unblog.fr se donne ambitieusement cette vocation , en convoquant les contribution diverses les plus pertinentes , les plus marginales parce que touchant au cœur des tabous : rendre à la vérité d’aujourd’hui ce qui est à la vérité d’aujourd’hui et d’hier, donner aux citoyens du monde les outils intellectuels et idéologiques nécessaires à se libérer de l’esclavage mental , celui qui vous dit , » il n y a rien à faire , c’est bcp trop fort et complexe pour de simples esprits « . Se libérer de cet esclavage dont les victimes se rendent parfois elles-mêmes complices, à l’insu de leur plein gré, se libérer afin d’écrire soi-même son propre bonheur.  

   En vérité, je vous le dis, TOUT EST POSSIBLE pour les esprits audacieux.   

Le blog, à l’instar de milliers d’autres sur la blogosphère  nourrit modestement cette ambition là. Mettre en relief la parole dissidente que l’on passe à la trappe, et démantibuler la parole mensongère que politiques, médias et intellectuels du pouvoir  érigent en vérité populaire et la seule qui vaille. Remettre chaque chose à sa place, restituer à chacun la mémoire qui est la sienne, le devoir qui est le sien, et surtout les droits inaliénables et sacrés qu’une certaine Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen  reconnait à chacun de nous. 

   Nous vivons dans un monde de plus en plus bourré d’illusions et  de diversion, de divertissement et de démission. (Consulter à ce sujet le remarquable site de Sylvain Timsit  www.syti.net

    On a du mal à distinguer le bon grain de l’ivraie, démêler le vrai du faux. Les faits d’histoire sont prostitués, remaniés à volonté, on mêle la légende à la réalité, on accentue des sujets accessoires et amenuise des questions d’une extrême gravité (les malheurs de l’Afrique apparaissant du point de vue historique pour certains comme  » un détail « ). Et dans cet exercice, les médias, les écoles et les académies universitaires ont largement démontré leur capacité de nuisance et de honteuse collusion avec les gardiens de l’ordre inégalitaire actuel. 

    Il s’agit donc de sortir de cette réalité vituelle , de cette reality-community dont parlait déjà en 2004 l’ancien conseiller spécial de Georges Walker Bush , le sémillant Karl Rove récemment démissionnaire , la reality-community  ( qui a aidé à construire les raisons de faire la guerre en Irak , en Afghanistan, comme dans  les scénarii de cinéma ) qui est une sorte de réalité qui ne correspond pas à la réalité vraie mais que les experts en manipulation psychologique posent et fixent dans nos esprits comme la réalité vraie à travers différents outils et processus  de conditionnements pavloviens , selon le principe d’un HOLOGRAMME. Voilà, le monde actuel me semble être un grand hologramme qui semble fonctionner de façon automatisée, intelligente et autonome à la suite d’un paramétrage subtil et complexe dont seule une extrême minorité d’individus maîtrisent le secret. Les dénégateurs sont libres de crier à
la Théorie du Complot. 

    Et le blog http://issopha.fr  a l’ambition de travailler à mettre à jour ces mécanismes, à les requestionner en profondeur, au travers d’analyses de différents auteurs, dont Chomsky, Bourdieu et quelques rares autres héros qui méritent encore aujourd’hui l’appellation d’intellectuels.  D’Afrique , d’Europe , d’Amérique , d’Océanie , d’Asie , je les convoque tous  à travers leurs récits , leurs paroles  , mêmes tues , à dire LE FAIT , le fait sacré cher au sociologue et qui devrait l’être à l’historien et au journaliste , au-delà de leurs chapelles politiques. Dire ce fait que les politiques antidémocrates et leurs acolytes des médias contrôlés et des académies de formatage libéral maltraitent. 

    Il n y a point en science de vérité immuable, la vérité est aussi fille de son temps, de son époque. Le trafic de la vie quotidienne ne fait pas l’économie de cette thèse. 

   Il y a donc d’autres façons de voir les choses, de les sentir, de les faire, de les conduire, dans le sens du Bien de Tous, en tous lieux, pour toutes les époques à venir. Les spécialistes de
la PNL (Programmation Neurolinguistique) le savent bien. La sociologie ne dit pas autre chose lorsqu’elle célèbre à travers les œuvres de ses pionniers successifs : LE RELATIVISME CULTUREL. Ce qui est vérité aujourd’hui ne le sera pas demain, ce qui l’est en Orient ne le sera pas en Occident et vice versa. 

   Les associations altermondialistes (sur les sujets de la dette, corruption, pauvreté, liberté d’expression, développement, dialogue culturel ,etc) tendent aujourd’hui à fédérer leurs actions tout en les décentralisant…Chacun pense et agit local en restant réglé et synchronisé aux autres ONG (et autres acteurs de
la Résistance mondialisée)  à l’échelle de la planète… 

   Telle est la démarche qui gouverne la parturition et l’évolution du blog http://issopha.unblog.fr , UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE.    

Ce blog qui me tient à cœur m’est un Outil modeste d’éclairage, politiquement situé à gauche de la gauche social-démocrate, outil de vulgarisation de la pensée plurielle, de prévisualisation et d’invention convaincue d’AUTRES MONDES POSSIBLES. 

   Et ceci est dit et précisé de façon tonique sur  la page d’accueil du blog… 

Pour le salut du monde qui nous entoure, depuis le voisinage direct jusqu’aux lointaines contrées, IL Y A DE QUOI FAIRE…et TOUT EST POSSIBLE comme ça l’a été et l’est encore pour ceux qui GOUVERNENT CE MONDE TECHNOLOGIQUE POURRI ET DESHUMANISE.  Ils l’ont pensé, nourri, éduqué, réglé et autonomisé, et ça marche pour eux. 

Pourquoi pas les faibles ?  User des mêmes armes que les puissants, la propagande (des alter), de la même formule, de la même stratégie pour déconstruire un monde laid et lui substituer un espace viable pour tous. On ne change pas la méthode qui gagne. Quitte à transiger avec le capitalisme, et inventer une sorte d’ALTERCAPITALISME. 

   Ceci est le sens de ma démarche. 

   Elle est collective, puisqu’elle t’interpelle. 

   Merci de ton intérêt, de ton action et au plaisir de te lire plus souvent. 

   Issopha 

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UN MAIRE CAMEROUNAIS DANS LA TOURMENTE POUR AVOIR CONSTATE UNE FRAUDE FISCALE MASSIVE DES ENTREPRISES FRANCAISES DE SA VILLE .

Posté par issopha le 13 mars 2008

UN MAIRE CAMEROUNAIS DANS LA TOURMENTE POUR AVOIR

CONSTATE UNE FRAUDE FISCALE MASSIVE DES ENTREPRISES

FRANCAISES DE SA VILLE .

 

On se croirait dans l’affaire Dreyfus .Le maire d’une commune après avoir constaté que les entreprises françaises de sa commune ne payaient pas d’impôts depuis 30 ans voit son existence devenir un calvaire.

Ces entreprises  par  des expatriés francais , exploitent la culture de la banane depuis des décennies sans payer la moindre taxe à la commune DE NJOMBE-PENJA.

c’est du fond de sa cellule que ce jeune maire volontaire pour le développement de sa commune écrit au Président de la République du Cameroun…

Un vrai désastre pour ces expatriés qui mettent la France en situation d’ingérence par leur comportements irresponsables car ils créent le sentiment de défiance souvent justifié que les populations africaines manifestent à l’egard d’une politique coloniale plus actuelle que jamais.

On ne peut pas rester sourd à l’appel de ce maire . Aussi  veuillez envoyer et répercuter cette infrmation  à tous vos contacts, afin que ce jeune maire retrouve son siège , sa fonction et contribue au développement de sa commune. C’est aussi cela lutter contre l’immigration et la fuite des cerveaux.

Par Anonyme. 

 
Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur le Président de la République

 Excellence

Monsieur le Président de la République, C’est du fond d’une cellule infecte de la Brigade territoriale de Nkongsamba que je vous saisis, la peur dans l’âme. Je suis le Maire régulièrement élu de Njombé-Penja, depuis les dernières élections de juillet 2007. Dès ma prise de fonction le 25 septembre 2007 et après avoir constaté dans les livres comptables de la commune de Penja que les Sociétés Agro – industrielles exerçant dans cette localité ne payaient pas des impôts et taxes depuis bientôt trente ans (Patente, Impôts sur les Sociétés, enregistrement… ), j’ai saisi Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement pour dénoncer cette situation qui ne permettait pas à ma Commune d’asseoir une véritable autonomie financière.Il faut dire que le paradoxe dans lequel Njombé-Penja vit est déconcertant : une zone très riche, avec des populations très pauvres. C’est pour corriger cette injustice que j’ai décidé d’écrire à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement. Heureusement, cette requête n’est pas restée sans suite car le 03 décembre 2007, le Directeur général des Impôts m’a saisi par courrier pour m’informer du bien fondé de ma requête. Dans ce courrier, le Directeur général des Impôts décidait de reverser au régime de droit commun ces entreprises (Php, Spm, Caplain) qui faisait perdre à la fois de l’argent à l’Etat du Cameroun et aussi à la Commune, au Feicom… Il est important de noter que les salaires des ouvriers de ces sociétés tournent entre 15.000 Fcfa et 25 000 Fcfa/mois.Dès que ces sociétés ont été notifiées par la Direction générale des Impôts de cette décision, j’ai reçu un coup de fil de monsieur François Armel, expatrié Directeur général de la Php, qui me jurait avoir ma tête à coup de millions. Quelques jours plus tard, c’est Mme Caplain et le Directeur général de la Spm qui me menaçaient à leur tour, de me faire assassiner ou emprisonner, après m’avoir fait déposer de mes charges de maire. Une fois la machine mise en branle, il m’a été collé sur le dos une sordide histoire incohérente de falsification de signature du Préfet du Moungo, qui vue de près, est ni plus, ni moins qu’un montage mal ficelé.D’enquêtes en enquêtes, il en est sorti que je ne suis ni de près, ni de loin impliqué dans cette mascarade. En fait, il n’y a jamais eu falsification à la Commune de Penja, de la signature du Préfet du Moungo. Cette affaire à ce jour, est pendante sur la table du juge d’instruction n°2 du Tribunal de Grande Instance de Nkongsamba, qui ne m’a même pas encore entendu. Toutes ces récriminations n’ayant pas abouti car non fondées, on a attendu le 11 février dernier, pour envahir de nouveau, les renseignements généraux de faux rapports dans lesquels il ressortait que pendant le défilé, j’étais assis au moment où on exécutait l’hymne national. La technique occidentale aidant j’ai fais tenir pour me justifier, les CD-ROM du défilé, dans le but de confondre les manipulateurs, qui se sont investis à me détruire.

Le 25 février dernier, lorsque se déclenchent les mouvements de grève avec des pillages que personne n’a cautionné, ils ont tôt fait de me faire porter sur le dos, la responsabilité de la grève de Penja alors que n’eut été mon implication personnelle, Njombé-Penja aurait connu un sort assez lourd. Le Colonel Kalsoumou et les éléments du Gmi de Douala présents sur le terrain m’ont félicité pour le courage et le rôle que j’ai joué pour maîtriser la colère des jeunes en fureur. (Je vous fais tenir un CD- ROM réalisé par Canal 2 sur le terrain pendant ces incidents). Je me vantais d’ailleurs d’avoir ramené le calme dans ma localité le 27 février alors que les autres villes étaient encore au fort de la crise.
Mais curieusement, après le séjour des expatriés de la bananeraie à Yaoundé, je me suis surpris entrain d’être appréhendé comme un chef de gang devant mes populations par des militaires et gendarmes transports dans six camions (Armée de terre) et 12 pick-up (de la Gendarmerie) . Sans explication, j’ai été amené au Groupement de gendarmerie de Nkongsamba où mes téléphones ont été retirés, la somme d’argent que j’avais dans ma poche également. Entendu ce même jour sur ordre du Procureur de la République auprès des Tribunaux de Première et Grandes Instances de Nkongsamba; il m’était reproché deux chefs d’accusation : Complicité de pillage en bande et incitation à la révolte.

Parce que je ne me reproche rien, j’ai subi sans crainte, l’interrogatoire musclé du Colonel Nguete Nguete (Co-groupement du Moungo). Il faut rappeler qu’avant mon enlèvement, le Ministre d’Etat à l’Administration Territoriale venait de procéder illégalement à ma suspension aux fonctions de Maire pour une période de trois mois sans respect de la procédure décrite dans la loi sur la décentralisation de 2004 Titre 3 portant sur la suspension et la cessation de fonction de maire. En son article 94 al 1, 2, 3 il est stipulé ce qui suit : en cas de violation de loi ou de faute lourde, le Maire, après avoir été entendu ou invité à fournir des explications écrites sur les faits qui lui sont reprochés, peut être suspendu par arrêté du Minatd pour une période n’excédant pas trois mois.

A ce jour, il m’est difficile de savoir ce qui m’est reproché avec exactitude. Le droit de la défense et de la contradiction ayant été bafoué, j’ai compris que la manœuvre des expatriés de Njombe-Penja est en marche. Là om le bât blesse, c’est que pendant le forum des maires tenu du 29 au 1er Mars 2008, le ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya informait mes collègues de ce qu’en ce moment, il a déjà déposé sur votre table, la proposition en vue de ma révocation ! Quel acharnement! Quelle diligence qu’on n’a jamais vu auparavant au Minatd ! Je n’en suis pas surpris, les expatriés de Njombe Penja ont promis de me démettre à coup de millions…

Ce qui est choquant, c’est que depuis ma garde à vue, aucune visite ne m’est permise, comme si j’avais porté atteinte à la sécurité d’Etat. Pourtant les motifs qui ont entraîné ma garde à vue relèvent du droit commun, et que je ne suis pas encore inculpé. Des perquisitions illégales dans mon domicile, mon bureau et mon véhicule. De ma cellule, le gendarme greffier m’a informé que ma maison, mon bureau et mon véhicule ont été perquisitionné s sur réquisition du procureur de la République sans que je sois présent sur les lieux alors que j’ai été enlevé et il sait bien où il m’a fait garder. Cette perquisition qui a eu lieu le samedi 1er mars me bouleverse car comment comprendre, Excellence Monsieur le Président de la République, qu’un magistrat de ce rang, fût-il soutenu par n’importe qui, ne comprenne pas que les dispositions du nouveau code de procédure pénale imposent que le mis en cause soit présent au moment où son domicile est perquisitionné ou alors un de ses représentants et deux voisins ? Le sous-préfet qui conduisait cette mission, était entouré des gendarmes venus de Nkongsamba à cet effet.

Telle que cette affaire est manipulée, l’ai peur qu’en l’absence de toute preuve contre moi (preuve qu’il n’arrive pas à réunir), jusqu’à ce jour que ce procureur de la République qui multiplie des abus, ne soit amené à me placer en détention préventive pour satisfaire ces manipulateurs occultes déterminés à me détruire.

Excellence Monsieur le Président de la République, l’Etat de droit que vous vous battez à conforter chaque jour, n’aurait plus un sens si chacun ne cherche qu’à satisfaire ses désirs personnels.

Excellence Monsieur le Président de la République, voici cinq jours qu’il ne m’a pas été permis de boire de l’eau, de manger ou de communiquer avec ma famille. Pourtant, je ne suis pas accusé de crime contre l’Etat. Après avoir tout donné au Rdpc en décapitant l’opposition à Njombé Penja, le sort qui m’est aujourd’hui réservé, mérite que vous y accordiez votre très haute attention, afin que de ces geôles, je ne disparaisse pas définitivement.
Je n’ai jamais participé aux violences survenues sur l’ensemble du territoire du 25 février au 1er mars 2008. Au contraire, ma contribution était plus déterminante pour ramener la paix dans ma localité, les Cd-room en ma possession servant de preuves.

Paul Eric Kingué
Maire de Njombe Penja
Président Sous-section Rdpc

Depuis sa cellule

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