Quelques LIVRES CONTRE LA PENSEE UNIQUE

Posté par issopha le 28 janvier 2008

Ami(e)s lecteurs et lectrices , bonjour.

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Ci-dessous une sélection de livres indispensables ( constituée par sylvain TIMSIT du site www.syti.net ) qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie pour se forger une opinion alternative à la pensée unique ; pour s’affranchir des prêt-à-penser de nos pseudo-intellectuels et autres « hommes de science  » qui pour des raisons occultes contribuent à véhiculer la pensée de ces hommes de pouvoir. Par ces réflexions non-exhaustives , on s’affranchit encore plus du déficit de distanciation critique et de la profondeur des analyses de nos  » experts cathodiques «  , de l’instantanéité et de la superficialité du traitement de l’information par les médias quels qu’ils soient d’ailleurs , médias qui déforment et éludent plus qu’ils n’informent . J’y rajouterai volontiers toute la bibliographie des économistes François-Xavier VERSCHAVE (pourfendeur mal connu en France de la Françafrique et des circuits parallèles de la finance internationale ) et l’égyptien Samir AMIN. Ouvrages et brochures que le lecteur pourra aisément trouver sur le web. 

Bonne visite !

Issopha , l’administrateur du blog

Quelques livres contre la « pensée unique »

  Un autre regard sur la mondialisation, la démocratie,

les nouveaux pouvoirs planétaires…
    

 

Quelques LIVRES CONTRE LA PENSEE UNIQUE dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN ConeIndigovide dans ALTERMONDIALISME« Le grand bond en arrière – Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde », Serge Halimi  Stars3 dans AU-DELA DES IDEES RECUES

livres_Halimi_BondArriere dans CONTRE LA PENSEE UNIQUE 
De l’Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n’ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 80, les « décideurs » et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de « crise », c’est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c’est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu’il n’y ait « plus d’alternative ».

D’autres interprétations des événements auraient suggéré d’autres remèdes, mobilisé d’autres forces sociales, débouché sur d’autres choix.

La « mondialisation », ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la « seule politique possible » que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d’un bout à l’autre de la Terre. Inspirées par des théoriciens de l’université de Chicago, dont l’influence sera considérable au Chili, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d’un système d’économie mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

Une véritable enquête menée par Serge Halimi, qui débute aux Etats-Unis et se ramifie en Grande-Bretagne et en France. Étude qui touche le milieu politique et économique et leurs deux principaux relais, les intellectuels et les médias.

Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, est notamment l’auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d’agir, 1997).

vide dans LA MONDIALISATION

 

ConeIndigo dans LE NOUVEL ORDRE MONDIALvide dans Vous avez dit THEORIE du COMPLOT ?« Comment les riches détruisent la planète« , Hervé Kempflivres_RichesPlanete 
Nous sommes à un moment de l’histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l’espèce humaine: pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C’est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie néolibérale ne sait plus que s’autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.

Cette représentation du monde n’est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l’injustice, sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère, promeut l’abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l’auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète.

Hervé Kempf est un des journalistes d’environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il écrit sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier international, à La Recherche, et maintenant au Monde.

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ConeIndigovide« Les nouveaux maitres du monde, et ceux qui leur résistent », Jean Ziegler  Stars3

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« Au coeur du marché globalisé, le prédateur. Banquier, haut responsable de société transnationale, opérateur du commerce mondial: il accumule l’argent, détruit l’Etat, dévaste la nature et les êtres humains.

Les Nouveaux maîtres du monde », ce sont les seigneurs du capital financier mondialisé. Ce livre révèle leurs visages, d’où ils viennent, ce qu’ils font au jour le jour: à la tête des sociétés mondialisées, au sein de l’OMC ou du Fonds Monétaire International, dans les officines interlopes, les paradis fiscaux, mais aussi les bureaux feutrés des banques de Suisse et d’ailleurs. Ce livre démonte l’idéologie qui les inspire et jette une lumière crue sur le rôle joué en coulisses par l’empire américain.

Analyses, portraits, informations bouleversantes, propositions concrètes, un livre écrit par un homme qui a souvent croisé les personnalités dont il brosse le portrait, et qui connait de l’intérieur les institutions qu’il critique. »

ConeIndigovide« Malheur aux vaincus« , Philippe Labarde et B.Maris livres_MalheurVaincus 
La mondialisation triomphe, les inégalités explosent. Un phénomène de sélection-exclusion a fragilisé les plus faibles dans un processus cumulatif qui ne pouvait que renforcer les handicaps du Sud par rapport au Nord, des défavorisés par rapport aux riches.

Darwin est à l’œuvre: tout est fait pour éliminer les faibles, profiter des différences d’âge, de sexe ou d’origine, pour « liquéfier » le travail, le soumettre à la peur, au risque. Un nouveau racisme, un véritable racisme social pointe son mufle.

Les auteurs de La Bourse ou la vie avaient déjà vu juste en pulvérisant la nouvelle économie avant qu’elle ne s’effondre sous le poids de la spéculation. Ils récidivent en dénonçant l’avènement d’une « nouvelle barbarie »: un monde au-delà de l’humain où des sous-hommes serviraient des surhommes.

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ConeIndigovide« L’Empire de la honte« , Jean Ziegler Stars3 

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« Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C’est que le 11 septembre n’a pas seulement été l’occasion pour George W. Bush d’étendre l’emprise des Etats-Unis sur le monde, l’événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales.

Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l’empire de la honte savent admirablement jouer: la dette et la faim. Par l’endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté.

Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapport entre les États et entre les peuples. Du coup, c’est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise.

Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu’à l’eau que les peuples doivent désormais leur acheter? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises: ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c’est précisément sur la honte qu’est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l’ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche: insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle. Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion. »

Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, et professeur de sociologie à l’Université de Genève. Auteur de nombreuses enquêtes sur le Tiers-Monde, il a publié également des enquêtes explosives sur le système bancaire suisse.

ConeIndigovide« Tous pouvoirs confondus - Etat, capital et médias à l’ère de la mondialisation », Geoffrey Geuenslivres_TousPouvoirs 
« Bienvenue dans les entrailles du nouvel ordre mondial. Découvrez les membres des plus grands cercles de l’élite et des principaux lobbies agissant en coulisses pour conforter la configuration actuelle de la « mondialisation »: la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations, le Groupe de Bilderberg, Aspen France… Vous n’y êtes jamais convié? Evidemment ! Top secret et réservé aux industriels, financiers, ministres, commissaires européens, journalistes célèbres, magistrats et militaires bardés d’étoiles…

Quelles sont les 100 plus grandes compagnies dans le monde, les géants sur le plan européen et les plus puissants monopoles financiers de la planète? L’auteur dévoile les noms et le parcours politique de ceux qui siègent dans leurs conseils d’administration…

La presse, les médias, un 4ème pouvoir? En procédant à une analyse méticuleuse des actionnaires des grands groupes médiatiques, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, ce livre dévoile à quel point l’information est sous contrôle.

En décortiquant l’entrelacement des directoires politiques, économiques et militaires, l’auteur nous présente également le nouveau complexe militaro-industriel ou, comment la crise et la militarisation de l’économie sont à l’origine des nouvelles « croisades guerrières ».

Révéler tous ces réseaux croisés d’intérêts et de collusions, c’est dessiner le véritable organigramme de la « mondialisation » des grandes puissances. Indispensable pour entrer consciemment en résistance. »

Geoffrey Geuens est assistant à la section Information et Communication à l’Université de Liège. Il a déjà publié « L’information sous contrôle – Médias et pouvoir économique en Belgique » Triangle_bleu Table des matières, intro du livre, et revue de presse sur le site de l’éditeur.

ConeIndigovide« Skull and Bones – la vérité sur l’élite secrète qui dirige les Etats-Unis », Alexandra Robbinslivres_Skulls_ARobbins_s 
«Lors de ma dernière année d’étude (à l’université de Yale), j’ai rejoint la société secrète Skull and Bones, une société tellement secrète que je ne peux en dire plus» – Georges W. Bush

Un spectre hante l’Amérique. Le pays serait gouverné par une société secrète appelée Skull and Bones. Composé d’anciens élèves de l’université de Yale et fondé en 1832, ce club très fermé repose sur trois fondements : le principe de l’élection, le goût du secret et le développement d’un réseau. En effet, pour pouvoir être placé à des postes d’influence, le Bonesman est choisi et promet de taire à jamais son admission au sein de l’organisation. Skull and Bones intrigue par sa culture du mystère et l’exercice de son pouvoir occulte à travers l’Amérique. Un tel lobby aussi puissant qui fait du secret un objet de fétichisation méritait une enquête: Alexandra Robbins, journaliste d’investigation, elle-même ancienne élève de Yale, retrace ici l’histoire édifiante de cette société mystérieuse qui recrute parmi la crème de la crème de l’establishment. Un travail objectif et sérieux qui désamorce les fantasmes et permet de faire la part des choses entre mythe et réalité, entre conspiration et lobby ».

Ce livre a été publié aux Etats-Unis sous le titre « Secrets of the Tomb – Skull and Bones, the Ivy League and the hidden paths of power ».

ConeIndigovide« Europe Inc – Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale« , Observatoire de l’Europe Industrielle – B.Balanya, A.Doherty, O.Hoedeman, A.Ma’anit, E.Wesselius Stars3

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Ce livre montre l’incroyable imbrication du pouvoir polique européen et du pouvoir économique. On découvre que les multinationales ne font pas qu’exercer une influence sur les décisions de la Commission. Elles sont en fait à l’origine de toutes mesures importantes adoptées par l’Union Européenne durant ces 25 dernières années. La monnaie unique, l’élargissement à marche forcée, la directive Bolkestein, l’«agenda de Lisbonne» (qui érige la compétitivité en objectif prioritaire de l’Union), et le projet de constitution ont été conçues en amont des institutions européennes par un « groupe de réflexion » qui rassemble les présidents des 45 plus importantes multinationales européennes, l’ERT (European Round Table).

Le livre expose aussi le dense réseau des lobbies industriels et financiers qui gravitent autour de la Commission européenne et du Parlement, dont des organisations américaines comme la Chambre Américaine de Commerce qui exerce également une haute influence sur les décisions européennes.

Avec une préface extrêmement percutante de Raoul-Marc Jennar.
Ce livre est une version actualisée et complétée de « Europe Inc – liaisons dangeureuses entre institutions et milieux d’affaires européens » paru en 2000.

ConeIndigovide« L’industrie du mensonge: Lobbying, communication, publicité et médias », John Stauber et Sheldon Rampton Stars3

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« Duper l’opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom: le lobbying. Ce livre révèle les procédés qu’utilisent les lobbyistes pour nous vendre aussi bien les vertus du tabac ou du nucléaire que celles des OGM ou de la guerre; il dit dans quelles circonstances et sur quelles personnes ils les emploient.

La diversité des protagonistes abordés, des stratégies exposées et la précision des faits répondent au souci d’analyser au plus près ce domaine, qui a pris une ampleur nouvelle et que l’on peut définir comme « l’art des pratiques d’influence appliqué à la décision politique ». Un art du secret recourant à des procédés inavouables et qui donne au mensonge une place sans précédent dans nos sociétés.

A-t-on pris assez conscience du rôle paradoxal que l’on fait jouer à « l’opinion publique »? Objet d’un immémorial mépris dissimulé derrière les discours « démocrates » qui servent de masque à la plupart des gouvernants contemporains, formés aux mêmes certitudes qu’un Machiavel convaincu de l’éternelle bêtise du peuple et de la nécessité de le manipuler. L’immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d’accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de « l’industrie du mensonge ».

La seule différence entre la philosophie de Machiavel et le pragmatisme sans portée de nos dirigeants tient précisément à la finalité inaliénable du premier: la défense de l’intérêt général. User de mensonges pour accomplir le bien public, même si ce principe reste moralement et intellectuellement condamnable, reste une attitude philosophique diamétralement opposée à celle qui fait du mensonge l’instrument de fins viles, le moyen d’un mercantilisme passant s’il le faut sur le corps de ses semblables. »

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ConeIndigovide« Europe, la trahison des élites« , Raoul-Marc Jennar Stars3

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« L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas; elle fait ce qu’elle ne dit pas. Cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe l’œil. » Voilà ce que pensait Pierre Bourdieu. Sa réflexion est le point de départ de ce livre.

Aujourd’hui, l’Europe n’est pas une communauté de valeurs, mais une communauté d’intérêts où l’individualisme l’emporte chaque jour davantage sur le bien commun, à l’image d’une société américaine souvent décriée, mais de plus en plus imitée.

A l’aide de multiples cas concrets, Raoul Marc Jennar met en évidence cette « trahison » et montre comment l’Union européenne agit à l’opposé de ce qu’elle proclame. Ses institutions ne sont pas démocratiques et transparentes, mais technocratiques et opaques. Ses politiques ne servent pas l’intérêt général, mais celui des milieux financiers et des lobbies d’affaires. Au sein de l’Organisation mondiale du commerce, elle défend parfois les propositions ultralibérales avec plus de force que les Etats-Unis. Enfin, sous couvert de  » partenariats  » avec les pays du Sud, elle se livre en fait à une véritable recolonisation de leurs économies. »

Raoul Marc Jennar est docteur en science politique, diplômé des universités belge et française. Depuis 1999, il est chercheur sur les dossiers de l’Organisation mondiale du commerce dans l’ONG belge Oxfam Solidarité (Belgique) ainsi que pour l’Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation (URFIG, France).

 

ConeIndigovide« Une étrange dictature« , Viviane Forrester

videVForresterBook2vide « Nous ne vivons pas sous l’emprise fatale de la mondialisation, mais sous le joug d’un régime politique unique et planétaire, inavoué, l’ultralibéralisme, qui gère la mondialisation et l’exploite au détriment du grand nombre. Son but principal : le profit, l’accroissement continu et maximal de la plus-value boursière. Loin de créer la richesse, ce système se révèle capable de détruire des pans entiers de l’activité ou de la recherche. Il crée et entretient le chômage. Il est prêt à sacrifier tous les investissements non immédiatement rentables, en particulier ceux concernant la santé et l’éducation.Cette dictature sans dictateur n’aspire pas à prendre le pouvoir, mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent.Nous pouvons résister à cette étrange dictature qui exclut un nombre toujours croissant d’entre nous, mais garde – c’est là le piège, et surtout notre chance – des formes démocratiques. »vide

 

ConeIndigovide« L’horreur économique« , Viviane Forrester Stars3

videVForresterBookvide « Nous vivons au sein d’un leurre magistral, d’un monde disparu que les politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n’ont plus de substance: des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L’imposture générale continue d’imposer les systèmes d’une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà se pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L’extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l’histoire, l’ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l’économie et détient le pouvoir. »« L’Horreur économique », prix Medicis 1996 de l’essai, s’est vendu en France à plus de 400.000 exemplaires, et a été traduit dans 24 langues.vide

ConeIndigovide« Contre-feux« , Pierre Bourdieu

videlivres_Bourdieuvide « Dans ce recueil de textes touchant des sujets variés, le célèbre sociologue joint sa voix au lot grandissant des critiques de la mondialisation et du néo-libéralisme. Les pages que Bourdieu consacre à la précarité de l’emploi sont éclairantes. Les engagements par contrats à court terme empêchent non seulement un nombre de plus en plus grand de citoyens d’avoir accès à une certaine sécurité de revenu, ils nous empêchent surtout de développer ce minimum de confiance en l’avenir pour pouvoir se révolter contre le présent, même le plus intolérable. Le sociologue démontre que la soumission aux lois du marché n’est pas le destin de nos sociétés, mais bien un choix de société, ce qui implique l’existence d’une solution de rechange. »vide

 

ConeIndigovide« Géopolitique du chaos« , Ignacio Ramonet Stars3

videlivres_GeopolitiqueDuChaosvide « La mondialisation, la logique des marchés et l’économie de l’information sont les nouveaux credo d’un monde où États-nations, partis, gouvernements perdent leurs repères. Changement de paradigme: la promesse du bonheur n’est plus un projet de société, mais un produit.Alors que triomphent, apparemment, la démocratie et la liberté, les censures et les manipulations font un paradoxal retour en force. De nouveaux et séduisants « opiums des masses » proposent une sorte de « meilleur des mondes« , distraient les citoyens et les détournent de l’action civique et revendicative. Dans ce nouvel âge de l’aliénation, les technologies de la communication jouent, plus que jamais, un rôle central. »vide

 

ConeIndigovide« Propagandes silencieuses« , Ignacio Ramonet

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« Face à la puissance nouvelle des communications de masse, la question que se posent les citoyens n’est plus: sommes-nous manipulés? Car la réponse à cette interrogation, chacun le sait, est malheureusement affirmative. Il s’agit désormais de savoir comment nous sommes mentalement influencés, contrôlés, conditionnés? A l’heure d’Internet et de la révolution numérique, ce livre tente de répondre à cette question majeure. En rappelant comment se fabrique l’idéologie, comment se construit cette silencieuse propagande qui vise à domestiquer les esprits, à violer les cerveaux et à intoxiquer les coeurs. A l’aide de nombreux exemples puisés dans la télévision ou le cinéma, il nous explique quels sont les mécanismes et les procédés de l’endoctrinement contemporain. Comment, sans que nous nous en apercevions, les nouveaux hypnotiseurs entrent par effraction dans notre pensée et y greffent des idées qui ne sont pas les nôtres. Ainsi, par exemple, dans les modernes sociétés médiatiques, un enfant de quatre ans, avant même d’entrer à l’école, a déjà été soumis à plusieurs milliers d’heures de télévision et a gavé ses yeux de suggestions éphémères rapidement évanouies. Evanouies? Pas entièrement, nous dit Ignacio Ramonet, car toutes ces images (spots publicitaires, films-catastrophes, séries policières, comédies, scènes de guerre et de violence…) laissent des traces subliminales dont l’influence, à la longue, finit par fortement déterminer nos comportements. Et par réduire notre liberté. »

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ConeIndigovide« Les nouveaux chiens de garde« , Serge Halimi Stars3

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« Les médias français se proclament « contre-pouvoir ». Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence.

Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques.

Un petit groupe de journalistes omniprésents – et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence – impose sa définition de l’information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l’ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique. »

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ConeIndigovidevide« La fabrique de l’opinion publique« , Noam Chomsky

videlivres_Chomsky_Consent.jpg « Ce livre (dont le titre original est « Manufacturing Consent ») est la source de la pensée politique du célèbre linguiste Noam ‰.Comment se met en place un discours médiatico-politique dans une nation prospère? Qui désigne les ennemis d’un peuple et décide des guerres justes que celui-ci doit mener? Comment l’imaginaire collectif distingue les bonnes victimes des mauvaises? Quel rôle joue les institutions, les lobbies, les multinationales et le fameux « quatrième pouvoir » dans la fabrication d’une opinion publique? Disséquant le discours médiatique sur la politique américaine des 40 dernières années, Noam Chomsky et Edward S. Herman livrent une analyse sans concession du système d’information aux Etats-Unis. »vide

 

ConeIndigovide« Un totalitarisme tranquille« , André Bellon et Anne-Cécile Robert

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« Prétendre que notre société génère, et ce de façon paisible, une forme de totalitarisme peut être reçu comme une agression inacceptable. Et pourtant! Sommes-nous encore en démocratie? Certes, on nous en parle à longueur de journée. Mais ce n’est pas parce qu’on invoque perpétuellement quelque chose que cette chose existe. L’élection présidentielle américaine vient d’illustrer les incohérences des discours officiels.

La démocratie est en danger; au-delà des incantations, un travail de sape dépossède le citoyen de tout pouvoir politique et le peuple de toute souveraineté; la démocratie se vide de son contenu concret, elle est battue en brèche à la fois par les intérêts économiques dominants et par la passivité des esprits. Face à l’idéologie qui nous entraîne petit à petit, au nom de la modernité et de l’Europe, dans « l’après démocratie », l’ouvrage montre que les clés d’un renouveau de la démocratie sont à portée de main. »

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ConeIndigovide« Vivre et penser comme des porcs – De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés » Gilles Châtelet

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« Etre passé de la chair à canon à la chair à consensus et à la pâte à informer est certes un progrès. Mais ces chairs se gâtent vite: la matière première consensuelle se transforme en une unanimité populiste des majorités silencieuses qui n’est jamais innocente.
A ce populisme classique se greffe désormais un nouveau populisme yuppie, un techno-populisme qui entend bien afficher sa postmodernité carnassière, prompte à digérer le best-of des biens et services de la planète.
Gilles Châtelet dénonce la « Triple Alliance » politique, économique et cybernétique des néo-libéraux, qui cherche à rendre rationnelle et même festive la « guerre de tous contre tous ».vide

 

ConeIndigovide« Cybermonde, la politique du pire« , Paul Viriliot

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Paul Virilio est l’une des rares sentinelles à oser dénoncer les dangers d’une révolution cybernétique. S’insurgeant contre le fantasme de la démocratie virtuelle, il lance ici un véritable appel à la résistance. Il réfléchit à haute voix sur les conséquences morales, politiques et culturelles de l’accélération du temps mondial, le cybermonde. Ce dialogue passionné débouche sur une interrogation profonde sur le sens du temps et celui de notre présence au monde.
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ConeIndigovide« La vie en miettes, expérience post-moderne et moralité », Zygmut Bauman

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« Zygmut Bauman, penseur atypique et inspiré, décrit d’abord dans ce livre majeur l’expérience contemporaine avec son temps accéléré, ses rencontres décousues, ses engagements momentanés, son obsession de la forme, la recherche de la sensation vraie, la vie dans le déplacement, la rencontre de l’étranger dans le tourisme ou la xénophobie, le commerce de la violence, la surveillance de la vie et la toute puissance technique. En même temps, profondément influencé par Levinas, Bauman retrouve au milieu des décombres de l’ordre ancien l’urgence et l’instance d’autrui. Là où la vie est en miettes, il reste le défi de la rencontre d’autrui. Comment vivre sans codes ni règles sans tomber dans le chaos? Comment vivre humainement en dépit du fait que la vie est en miettes? Son livre est à la fois étonnament lucide, démystificateur et paradoxalement optimiste. »vide

ConeIndigovide« Tous fichés« , Jacques Henno

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La surveillance totale a commencé:
- 12 mai 2005, un vol d’Air France est dérouté par erreur par les autorités Américaines sur l’aéroport de Bangor…
- Fin 2004, le fond américain Carlyle, proche du Pentagone et de la CIA, tente de racheter à Air France, Ibéria et Lufthansa, leur système de réservation Amadeus…
- Fin 2003, début 2004 : Acxiom, société sous-traitante du Pentagone, absorbe Claritas et Consodata,les 2 leaders français du data-mining et de la gestion de bases de données, contrôlant ainsi des fichiers sur plus de vingt millions de Français…

Ces 3 faits ont un point commun: ils annoncent « SURVEILLANCE TOTALE » (« Total Awareness »), le programme américain le plus démesuré et sans doute le plus contestable, de lutte contre le terrorisme par la mise sous fiche de la planète toute entière.

Comment est conçu « Surveillance totale »?
Quels risques pour les libertés individuelles de chacun ?
Comment les instances gouvernementales françaises et européennes ont-elles cédé aux pressions américaines ?
Etes-vous fichés ? Comment le savoir ?
Quels risques encourez-vous ? Comment réagir ?

Dans une enquête minutieuse et passionnante, Jacques Henno dévoile la genèse de ce programme sécuritaire inouï. Il décortique les mécanismes, les faiblesses et les perspectives inquiétantes que ce dispositif planétaire ouvre pour nos sociétés.

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ConeIndigovide« Surveillance électronique planétaire« , Duncan Campbell et Heloïse Esquié

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Le rapport officiel commandé par l’Union Européenne sur le réseau d’écoutes américain Echelon.

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ConeIndigovide« Un bonheur insoutenable« , Ira Levin Stars3

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Dans le futur, les nations ont aboli les guerres et la misère. Mais à quel prix? Entièrement gouvernés et surveillés par un ordinateur géant, les hommes sont uniformisés et privés de toute pensée originale, au moyen d’un implant et d’un traitement hormonal hebdomadaire obligatoire…

Un roman de SF entre « 1984″ d’Orwell, « Le meilleur des mondes » d’Huxley et le film « Equilibrium« .

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ConeIndigovide« Eternity Express« , Jean-Michel Truong 

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« Des hommes et des femmes ont acheté très cher le droit de finir leur vie dans un endroit de rêve: Clifford Estates, une ville construite de toutes pièces au fin fond de la Chine. Eternity Express est le récit du voyage qui les y conduit. C’est une destination idyllique, certes, mais imposée par la loi.A travers les réflexions et les souvenirs d’un des voyageurs, Jonathan (le narrateur, qui est médecin), se révèle peu à peu toute l’horreur économiquement correcte d’une société décidée à appliquer sans frémir la loi du profit. Car ce sont les effets conjugués de la démographie et de l’économie occidentale ruinée qui ont conduit les pays à adopter cette loi de « délocalisation du troisième âge »: l’Europe ne peut plus nourrir ses papyboomers. »vide

ConeIndigovide« No Logo« , Naomi Klein

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« Aujourd’hui, le village est planétaire, et la société de consommation dominée par les marques. (…) Les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l’économie de nombreux pays. Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l’art de bafouer les droits de l’homme: l’esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent.

Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l’urgence d’une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s’organisent sur l’Internet: ils veulent récupérer l’espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d’acheter des produits pour lesquels d’autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois du sang. Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l’ont prouvé: il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques. »

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ConeIndigovide« La mondialisation racontée à ceux qui la subissent« , Hervé-René Martin

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« Nous vivons tous aujourd’hui sous le règne de ce que nous appelons la Mondialisation, sans pour autant savoir que ce terme recouvre exactement. Connaît-on par exemple ses effets sur le contenu de notre assiette: des aliments transgéniques à la vache folle, en passant par les édulcorants de synthèse et leur propension à nous provoquer des tumeurs au cerveau? Sait-on à quel point elle participe de la croissance du chômage, de la violence urbaine et de la montée de l’extrême-droite dans les pays du Nord? Mais aussi de la déforestation, de la famine, et du retour de l’esclavage dans les pays du Sud? A-t-on idée de son influence sur nos conditiens de travail, le niveau de nos salaires ou encore le taux de faillite de nos entreprises? La question que se pose le héros de ce livre, un détective qui vit retiré dans la montagne d’où il mène son enquête entre explorations sur Internet et conversations avec le charpentier du village, est: Qui c’est, la mondialisation? Mais si la question peut paraître naïve, la réponse se révèle, elle, beaucoup plus inquiétante. »

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ConeIndigovide« Le procès de la mondialisation« , Edouard Goldsmith et Jerry Mender

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Les plus grands spécialistes mondiaux étudient les différents processus de la mondialisation et son impact sur les aspects de la vie: aggravation de la pauvreté et de l’exclusion, démantèlement des économies locales, homogénéisation de la culture, menaces sur les milieux naturels, sur la santé, sur la diversité biologique, sur les processus démocratiques…

Le livre analyse les rouages de la mondialisation: moteur (libéralisme), but (marchandisation du monde), effets (crises sociales, économiques, politiques et environnementales). Il propose des solutions afin que l’économie soit au service de l’homme et non le contraire.

« Le procès de la mondialisation » a reçu le prix du meilleur livre politique de l’année lors de sa sortie aux États-Unis.

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ConeIndigovide« La chaine invisible – Travailler aujourd’hui: Flux tendu et servitude volontaire », Jean-Pierre Durandlivres_ChaineInvisible 
« Au cours des vingt dernières années, le monde du travail a changé de planète. Flexibilité de la main-d’œuvre, annualisation du temps de travail, précarité des contrats, exigence de qualité totale, déclin de la notion objective de qualification au profit de la « compétence » définie par l’employeur, plans sociaux dans les entreprises rentables, implication et responsabilisation des travailleurs, organisation en réseau, etc. Une même logique implacable lie toutes les dimensions de cette métamorphose: l’impératif du flux tendu », sans stocks, sans pause dans la circulation du produit, pousse à l’extrême l’exploitation du temps de travail pour satisfaire des exigences de rendement inédites dans l’histoire du capitalisme.

Pourquoi les travailleurs et les syndicats ont-ils si peu résisté, et parfois collaboré, à une mutation qui intensifie le travail sans améliorer sa rémunération? La peur entretenue du chômage n’est qu’une part de la réponse. La sociologie du travail révèle en effet les stratégies et les jeux sociaux déployés par les individus pour sortir du flux tendu, ou le rendre acceptable, voire gratifiant. Mais cette implication contrainte des salariés participe aussi d’une stratégie délibérée de gestion du travail pour les conduire à internaliser la contrainte de rentabilité, à ne plus concevoir la distinction entre leur intérêt et celui de leur patron.

Loin du rapport de domination brute à l’ancienne, le nouveau capitalisme met en place une chaîne invisible, auto-entretenue par ceux-là mêmes qu’elle aliène, une chaîne de servitude volontaire. »

Jean-Pierre Durand est professeur de sociologie à l’université d’Évry où il dirige le Centre de recherche Pierre Naville.

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ConeIndigovide« Les économistes contre la démocratie – Pouvoir, mondialisation et démocratie », Jacques Sapir  

livres_EcoDemo « L’économie s’est-elle substituée à la politique? Tel est peut-être le souhait de certains économistes. Ce livre a pour cible un discours économique qui cherche à vider l’action politique de son sens, un discours qui, sous les dehors d’une soi-disant rigueur scientifique est en réalité profondément anti-démocratique. A travers l’apologie que font certains économistes des agences indépendantes et de la globalisation, c’est le vieux fond libéral hostile à toute forme de souveraineté populaire qui s’exprime. Sous prétexte de parler d’économie, ces économistes veulent nous vendre un droit et une organisation sociale qui les laisseraient libres de tout contrôle et de toute responsabilité. Ce livre analyse le lien qui existe entre une faillite théorique et des comportements souvent douteux. On montre comment le discours de l’économie dominante veut enfermer le citoyen dans un espace qui n’aurait d’autres bornes que la technique et la compassion. Ceci dévoile le projet de faire de l’expert le seul citoyen habilité à peser sur les décisions importantes. Au fur et à mesure que l’expertise des économistes perd en efficacité monte une nouvelle idéologie, l’expertisme. Elle se construit en négation de la chose publique, la République. »
 

ConeIndigovide« La grande désillusion« , Joseph E. Stiglitz et Paul Chembla Stars3

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« Aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale ». L’auteur de ces lignes? Le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en novembre 1999 a démissionné de son poste d’économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale: « Plutôt que d’être muselé, j’ai préféré partir », expliquera-t-il.

Son livre est un constat qui vaut réquisitoire: preuves à l’appui, il démontre que les règles du jeu économique mondial ne sont souvent fixées qu’en fonction des intérêts des pays industrialisés avancés – et de certains intérêts privés en leur sein -, et non de ceux du monde en développement. Car la mondialisation n’a pas seulement mis l’économie au-dessus de tout, mais aussi une vision particulière de l’économie, le fanatisme du marché. Politique d’austérité, libéralisation des marchés des capitaux et privatisations sont appliquées aveuglément, en dépit de leur échec avéré, à tous les pays, en particulier aux pays en transition et du Sud.

À lire Joseph Stiglitz, on a le sentiment de comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui, de saisir toute l’urgence d’une réforme en profondeur du statut et des politiques préconisées par les institutions financières internationales. »

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ConeIndigovide« Petit manuel simplifié pour comprendre la mondialisation« , Angela Barthes 

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Après un rapide rappel des processus historiques et des logiques de la mondialisation libérale, l’auteur décortique, grâce à de nombreuses données d’organismes officiels, les mécanismes fondamentaux à l’oeuvre. Elle explique l’importance hégémonique du capital financier, la hiérarchisation des pôles mondiaux de décision et son système associé d’interdépendance asymétrique (la dette, la dégradation des termes de l’échange). Elle que la fracture sociale (la pauvreté, l’immigration ou la délinquance) est une résultante structurelle de la mondialisation ainsi que les multiples conflits armés ou guerres qui se déroulent actuellement sous nos yeux.

L’auteur engage également une réflexion sur le rôle des principaux acteurs en montrant l’action prépondérante des grandes sociétés transnationales et des organismes internationaux tels que le FMI ou l’OMC.

Spécialiste de géopolitique, Angela Barthes est maître de conférences à l’Université de Provence.

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ConeIndigovide« Révélations« , Denis Robert et Ernest Backes

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Ce livre raconte, de l’intérieur, l’histoire secrète de Clearstream, une « chambre de compensation » créée par une association de banques en 1971 et devenue en moins de trente ans un véritable monstre financier, chargé de faire transiter des fonds et des valeurs sur toute la planète. Depuis le Luxembourg les ordinateurs de cette firme brassent des trillions de dollars et d’euros. Clearstream est la « banque des banques », un centre névralgique de la finance internationale où des millions de transactions sont effectuées chaque jour, en toute opacité et hors de tout contrôle.

L’enquête de Denis Robert nous conduit là où personne n’a jamais pu pénétrer: dans les coulisses de la finance internationale. Sur les pas d’Ernest Backes, l’insider (le témoin de l’intérieur, ancien n°3 de Clearstream), nous découvrons avec effroi des activités inavouables: dissimulations de compte au nom des institutions les plus honorables, complicité avec des banques mafieuses, ramifications innombrables avec affaires existantes en France et ailleurs, circuits de blanchiment de narcodollars ou paiement de rançons… Pas une page ou presque sans révélations.

Denis Robert est écrivain et journaliste à Libération.

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ConeIndigovide« Démocratie-business – La vérité sur la mondialisation, les privatisations, les fraudes et les délits d’initiés », Greg Palastlivres_DemocratieBusiness_sSi vous recevez régulièrement une facture d’électricité, vous découvrirez dans ce livre comment la privatisation de l’énergie a systématiquement fait exploser les prix payés par les consommateurs, de la Grande-Bretagne à l’Argentine – sans parler des 379 % d’augmentation en Californie pour une seule année. A l’heure de la privatisation d’Électricité et Gaz de France, de Swisscom en Suisse, vous verrez, documents à l’appui, comment les sociétés privées sabotent leurs propres installations et magouillent pour en tirer d’énormes profits.

Par le passé, dans le monde entier, des gouvernements ont dépensé des milliards à construire des systèmes de canalisation d’eau, sans pour autant en attendre de profits en retour. L’OMC et la Banque mondiale appellent ça du gachis. Vous verrez dans ce livre comment ils ont prévu de vous le faire payer.

Greg Palast est l’un des plus célèbre journalistes d’investigation aux États-Unis. Il travaille en particulier pour le Guardian et la BBC. C’est lui qui a rendu public le trucage de l’élection de George Bush en 2000. Il a reçu le prix « Project Censored » de l’université de Californie et le prix « David Thomas » du Financial Times. Expert reconnu du fonctionnement du pouvoir et des grandes multinationales commerciales, ses écrits sont étudiés à l’université de Cambridge ou de Sao Paulo. »

ConeIndigovide« Enron, la faillite qui ébranla l’Amérique« , A.S.Chassany et J-Ph.Lacour

videlivres_Enron « Dallas, le 3 décembre 2001: Enron se place sous la protection de loi américaine sur les faillites. De mémoire de trader, d’homme d’affaires et de petit porteur, c’est la plus importante défaillance de l’histoire récente des Etats-Unis. Avec son chiffre d’affaires de plus de 100 milliards de dollars, le mastodonte texan de l’énergie n’était donc pas invincible. Les investisseurs et les bourses sont pris de panique. La chute d’Enron a été fulgurante. Personne n’a pu anticiper une telle catastrophe, et surtout pas les spécialistes de la finance, qui n’avaient cessé de recommander aux épargnants d’acheter le titre. Fraudes, malversations, mensonges, enrichissements personnels; collusion avec le pouvoir politique… Après la gloire, l’heure est bien à la vérité. Et la vérité n’est pas belle à voir: c’est le véritable visage du capitalisme effréné que dévoile l’histoire de cette faillite. Sur un rythme de thriller, cette enquête, menée par deux journalistes, révèle la face cachée de l’aventure Enron: de la prodigieuse ascension à la débâcle vertigineuse d’un géant américain. »vide

ConeIndigovide« Ils vont tuer le capitalisme« , Claude Bébéar

livres_BebearCapitalisme « De l’affaire Enron à la chute de Vivendi, de l’éclatement de la bulle internet à la crise de confiance que traversent les marchés, la planète vit désormais dans la hantise d’un effondrement de tout le système économique et financier. Mais qui veut saboter le capitalisme? Pourquoi des analystes financiers, des banquiers d’affaires et des patrons mégalos ou sans scrupules semblent-ils s’acharner à scier la branche sur laquelle ils sont assis? Et que peut-on faire pour remettre sur pied un capitalisme à visage humain en y injectant de la confiance et de la responsabilité?

Dans ce livre d’entretiens, Claude Bébéar, fondateur et président du conseil de surveillance d’AXA (leader mondial de l’assurance), apporte son témoignage, celui d’un chef d’entreprise révolté par les excès qu’il a vu se multiplier autour de lui. Avec pédagogie, il décrypte les phénomènes de spéculation, de panurgisme et de dérive des egos qui ont causé la déroute de tant d’entreprises flamboyantes et d’épargnants de bonne foi. »
 

ConeIndigovide« Le capitalisme est en train de s’autodétruire« , Patrick Artus, Marie-Paule Virard

livres_PatrickArtus « Le capitalisme est-il en train de s’autodétruire? La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires…

Alors que la croissance économique – en Europe en tout cas – stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses.

Dans ce livre, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe: c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir.

Et face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l’investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales. »

Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d’épargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l’Ecole polytechnique et professeur associé à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Echos.

 

ConeIndigovide« Le capitalisme total« , Jean Peyrelevade 

livres_Peyrelevade 
« Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. À la base, trois cents millions d’actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d’âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d’enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s’appuient sur les règles du  » gouvernement d’entreprise  » et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d’entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d’entreprendre. Ainsi le capitalisme n’est pas seulement le modèle unique d’organisation de la vie économique mondiale : il est devenu  » total  » au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses. »

Jean Peyrelevade a été successivement président de Suez, UAP, et du Crédit Lyonnais. Il fut également le directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy (1981-1983). Longtemps professeur d’économie à l’École polytechnique, il a écrit plusieurs ouvrages sur l’évolution du capitalisme contemporain.

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ConeIndigovide« Keynes ou l’économiste citoyen« , Bernard Maris

videlivres_Keynes « Proche du courant post-keynésien, Bernard Maris s’emploie à redécouvrir les fondements du message de l’économiste anglais: l’économie de marché est foncièrement instable. Il y règne l’incertitude sur l’avenir, l’irrationalité et le mimétisme des comportements. Chômage, déséquilibres, bulles financières, caractérisent le capitalisme. Si Keynes reconnaît qu’il permet la satisfaction des besoins humains, l’accumulation du capital, « l’argent pour l’argent » ne saurait être la fin de l’activité humaine. Il faut remettre la cité au premier plan et « l’économie au vestiaire ». Plus qu’une nouvelle interprétation, ce petit livre percutant présente l’homme Keynes dont les passions, les utopies et la vision du monde sont inséparables de la théorie. »vide

ConeIndigovide« L’illusion économique« , Emmanuel Todd livres_IllusionEconomique 

« Le degré d’adhésion des classes dirigeantes d’une nation au libre-échangisme est inversement proportionnel à l’évolution de leur niveau culturel: plus celui-ci baisse, plus les thèses mondialistes prospèrent. Non seulement l’ouverture des frontières commerciales s’est plutôt traduite par un tassement de la croissance mondiale, mais elle a en plus favorisé un retour spectaculaire des inégalités au sein des nations développées. La construction européenne façon Maastricht exprime un saut irréaliste dans l’idéologie, fruit combiné d’une utopie monétaire qui nie l’existence des diversités nationales et d’une utopie libre-échangiste, masque emprunté par une élite malthusienne pour défendre son idéal inégalitaire. » L’Expansion – Henri Gibier

« Les croyances collectives tendent à s’effriter sous les coups portés aux sentiments nationaux par des élites culturelles, adeptes de la « pensée zéro », qui affichent leur impuissance face à un phénomène économique jugé inéluctable et extérieur: la mondialisation. (…)
À la double utopie, économique et monétaire, d’une mondialisation dont les contre-performances sont patentes, et à la démission des classes dirigeantes, Emmanuel Todd oppose un retour à une forme de protectionnisme national dans les relations commerciales extérieures, qui permettrait le renforcement du libéralisme à l’intérieur, la relance de la demande globale, et par là même un véritable retour à l’idéal démocratique égalitaire, actuellement largement bafoué par les élites dirigeantes. »
 Futuribles – Stéphanie Debruyne

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ConeIndigovide« J’accuse l’économie triomphante« , Albert Jacquard  

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Il n’y a plus de jour où l’on ne nous affirme que l’économie gouverne le monde, que les lois de la rentabilité et du marché constituent une vérité absolue. Quiconque conteste cette nouvelle religion est aussitôt traité d’irresponsable. Mais une société humaine peut-elle vivre sans autre valeur que la valeur marchande? Prenant ses exemples dans les domaines les plus variés – logement, emploi, santé, environnement, alimentation… – Albert Jacquard démontre les méfaits de l’économisme triomphant et fanatique qui prétend aujourd’hui nous gouverner. Economiste et scientifique, il expose ici en des pages rigoureuses et claires, appuyées sur une vaste information, les convictions qui fondent son engagement. Il nous invite à refuser la fatalité inhumaine de l’intégrisme économique.

ConeIndigovide« Mal de Terre« , Hubert Reeves

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« Notre planète va mal: réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles, pollutions des sols et de l’eau provoquées par les industries civiles et guerrières, disparité des richesses, malnutrition des hommes, taux d’extinction effarant des espèces vivantes, etc.La situation est-elle vraiment dramatique? Que penser des thèses qui contestent ce pessimisme? A partir des données scientifiques les plus crédibles -et de leurs incertitudes-, Hubert Reeves dresse un bilan précis des menaces qui pèsent sur la planète. Son diagnostic est alarmant: si la vie sur Terre est robuste, c’est l’avenir de l’espèce humaine qui est en cause. Le sort de l’aventure humaine, entamée il y a des millions d’années, va-t-il se jouer en l’espace de quelques décennies? Notre avenir est entre nos mains. Il faut réagir, et vite, avant qu’il ne soit trop tard. »vide

ConeIndigovide« Stop« , Laurent de Bartillat et Simon Retallack  Stars3

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Un livre choc sur l’état de la planète, avec 450 pages d’images fortes et de textes écrits par 25 participants: Arundhati Roy, Edgar Morin, Corinne Lepage, Mikhaïl Gorbatchev, Robert F. Kennedy Jr, Robert Redford, le chef Raoni, Susan George, Edward Goldsmith…

« Les catastrophes écologiques se multiplient. Nous dilapidons les ressources de la planète. La gangrène de la pollution fait chaque jour un peu plus de ravages. Les états reportent a plus tard des décisions urgentes pour la survie de nos enfants. D’énormes pressions politiques et économiques bloquent l’émergence d’un monde plus durable. Pourquoi? Nous le savons tous, la planète est en danger! Comment réagir? Ce livre apporte des réponses et surtout des solutions claires et accessibles qui prouvent que des alternatives sont possibles. Mais le temps presse. Un texte fondamental, une documentation spectaculaire, «Stop» peut et doit contribuer à déclencher la prise de conscience dont le monde a besoin. »

Laurent de Bertillat est photographe, auteur et réalisateur de documentaire sur le thème de l’environnement. Simon Retallack est le directeur éditorial de « The Ecologist ».

ConeIndigovide« Le syndrome du Titanic« , Nicolas Hulot

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« Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l’égoïsme et l’arrogance d’êtres supérieurs convaincus d’être «maîtres d’eux-mêmes comme de l’univers».Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s’accumulent: dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d’espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d’hommes à occuper cette Terre: après nous, le déluge?Notre planète est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d’ alerte avant de céder au désespoir: si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l’écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble. »vide

ConeIndigovide« Ces maladies crées par l’homme – Comment la dégradation de l »environnement met en péril notre santé », Dr Dominique Belpomme

livres_Belpomme 

Jusqu’aux années 1970, il n’existait pas de cancérologues en France. Cette discipline n’était, en effet, pas reconnue par l’ordre des médecins. L’un des premiers à exercer cette nouvelle fonction fut le professeur Belpomme.

Or, depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès provoqués par le cancer, en France, a doublé: 150 000 morts par an! La croissance de cette mortalité s’observe dans tous les pays industrialisés. Il apparaît en effet que la plupart des cancers sont une conséquence de la pollution de notre environnement. C’est donc un tableau très noir, et pour tout dire passablement effrayant, que le professeur Belpomme brosse de notre avenir sanitaire. « On soigne les malades atteints du cancer, constate-t-il, et non l’environnement qui est lui-même malade. » Le cancer est donc devenu « une maladie de civilisation » comme le définissait déjà René Dubos. C’est le cas d’un grand nombre de nos maladies qui ne sont plus d’origine naturelle, mais artificielles, fabriquées en quelque sorte par l’homme lui-même. Tel est le cas, en particulier des stérilités masculines, des malformations congénitales, de la plupart des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, de certains diabètes, des infections nosocomiales, des allergies, de l’asthme…

Sur les 150.000 morts par an en France par cancer, il n’y en a que 30.000 dont le décès est lié au tabac. Il reste donc à expliquer les 120.000 autres cas liés au stress et à notre mode de vie en général.

Dominique Belpomme, président de l’association française pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac) et directeur du centre d’évaluation de la recherche sur le cancer (Cerc) est l’un des acteurs majeurs du « plan cancer » lancé par le président de la République.

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ConeIndigovide« La société cancérigène« , Geneviève Barbier et Armand Farrachi

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Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de mortalité en France, la première chez les hommes. Pourquoi la lutte, qui s’est concentrée sur les soins la recherche de nouveaux traitements et le tabac, connaît-elle un tel échec, malgré l’énormité des sommes engagées? Et si l’on se trompait de cible? S’il fallait inventer d’autres voies? Inverser la perspective? Ne plus s’attaquer seulement aux effets et aux facteurs de risque individuels, mais aussi aux causes sociales, professionnelles et environnementales?

Le livre dénonce, chiffres à l’appui, les silences des discours officiels et les intérêts de bien des lobbies. Car la disparition du cancer serait préjudiciable à des pans entiers de notre économie. Veut-on vraiment faire reculer le cancer? Ce livre décapant, qui allie la conviction à la rigueur scientifique, démontre que cette maladie n’est pas une fatalité.

Geneviève Barbier est médecin, membre du Syndicat de la médecine générale, et membre du comité de rédaction de la revue « Pratiques, les cahiers de la médecine utopique »
Armand Farrachi, romancier et essayiste, a notamment publié « Les Ennemis de la Terre » et « Les Poules préfèrent les cages ».

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ConeIndigovide« La mafia pharmaceutique et agro-alimentaire« , Dr Louis de Brouwer

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La medecine moderne est gérée par une oligarchie puissante issue des grands groupes chimico-pharmaceutiques qui parviennent à conditionner les choix des gouvernements, des politiques et des institutions de la santé grâce à de prodigieux moyens financiers.

Des médicaments, des vaccins, des produits alimentaires dangeureux sont mis sur le marché et y demeurent, malgré les accidents provoqués.

En s’appuyant sur une documentation rigoureuse, le Dr De Brouwer démontre l’existence de fraudes, d’abus de confiance, et d’escroqueries au sein de notre système de santé.

Louis de Brouwer est docteur en médecine, spécialiste en biologie moléculaire et en homéopathie. Outre le fait d’avoir été l’un des médecins de François Mitterand, le Dr De Brouwer est consultant pour l’UNESCO. Il préside ou anime plusieurs associations qui luttent contre la « pollution médicamenteuse » ou contre la vivisection.

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ConeIndigovide« Le complexe médico-industriel« , ATTAC

videlivres_AttacMedecinevide « Depuis une trentaine d’années, dans tous les pays développés, les systèmes de santé ont subi de profondes transformations dues à l’emprise croissante des lobbies et des intérêts privés sur les politiques publiques. Par analogie avec le  » complexe militaro-industriel  » dénoncé par Eisenhower en 1958, on peut désormais parler d’un  » complexe médico-industriel « . C’est lui qui dicte les pratiques médicales en transformant maladie et santé en marché pour consommateurs de soins et de médicaments.Ce véritable hold-up financier, que cet ouvrage analyse dans le détail, remet en cause des acquis de civilisation. Contre la rapacité des multinationales de la pharmacie, une autre logique, celle du bien commun, est possible. »vide

ConeIndigovide« Au nom de la science« , Andrew Goliszek

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Malgré sa violence, cette enquête est bien plus qu’un inventaire cauchemardesque, une variation de plus sur le grand complot mondial contre notre santé. Cette synthèse passionnante est surtout un outil formidable de compréhension des mécanismes de recherche, de production et de contrôle des industries militaires et de la santé. Pour la première fois, industriels et organismes d’état sont mis face à leurs responsabilités. A l’heure où notre regard sur la médecine évolue de jour en jour, où un changement profond de nos modes de consommation des produits de santé s’impose, Au nom de la Science est un appel à la vigilance, une clé essentielle pour ne plus subir, mais combattre les crimes et aberrations commis par certains industriels et nos gouvernements… au nom de notre santé à tous! Une enquête stupéfiante: les scandales d’un siècle d’expérimentation secrète sur l’être humain.

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ConeIndigovide« Les confessions d’un assassin financier – Révélations sur la manipulation des économies du monde par les Etats-Unis », John Perkins  New3livres_JohnPerkins 

« Les assassins financiers, écrit John Perkins, sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales: les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l’extorsion, le sexe et le meurtre.  » John Perkins sait très bien de quoi il parle… Il a été lui-même un assassin financier. Son travail consistait à convaincre certains pays stratégiquement importants pour les États-Unis, comme le Panama ou l’Indonésie, d’accepter d’énormes prêts pour le développement de leurs infrastructures, et à s’assurer que tous les projets lucratifs étaient confiés à des entreprises américaines. Ainsi affligés de lourdes dettes, ces pays se retrouvaient alors sous le contrôle du gouvernement américain, de la Banque mondiale et d’autres organisations humanitaires dominées par les États-Unis, qui se comportaient envers eux comme des usuriers, leur dictant les conditions de remboursement et forçant leurs gouvernements à la soumission. Cet extraordinaire récit véridique dévoile la corruption et les intrigues internationales, ainsi que des activités gouvernementales ou entrepreneuriales peu connues, qui ont de graves conséquences pour la démocratie américaine et le monde entier. »

Triangle_jaune Article à propos du livre dans « Le Grand Soir »

ConeIndigovide« L’État voyou« , William Blum livres_EtatVoyou 

« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les Etats-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis mais dorénavant – chose curieuse à dire – un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18.000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ.

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

William Blum est américain, et ancien fonctionnaire du Département d’Etat

ConeIndigovide« La guerre des Bush« , Eric Laurent  Stars3

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« Une nouvelle guerre se prépare en Irak. George W. Bush invoque avec insistance la lutte «du bien contre le mal». Que cache ce discours? Une vérité troublante, immorale, et des questions dérangeantes. Pourquoi l’actuel président américain et son père entretiennent-ils depuis plus de vingt ans des relations avec la famille Ben Laden? Pourquoi un puissant banquier saoudien, beau-frère d’Ousama Ben Laden, soupçonné d’avoir financé les réseaux d’Al Quaïda, a-t-il constamment aidé George W. Bush dans ses activités pétrolières, le sauvant même de la faillite? Comment expliquer l’acharnement du père, lorsqu’il était président, à armer et financer Saddam Hussein, provoquant peut-être l’invasion du Koweit? Puis, douze ans plus tard, l’acharnement du fils à vouloir détruire ce même Hussein?

La Guerre des Bush plonge le lecteur au coeur des secrets les plus inavouables et éclaire toutes ces zones d’ombre. Une fois le livre refermé, plus personne ne pourra jamais croire à la vérité officielle. »
 

Eric Laurent est grand reporter au Figaro et spécialiste de politique étrangère. Il est l’auteur de nombreux documents à succès dont La guerre du Golfe avec Pierre Salinger.

 

ConeIndigovide« Le monde secret de Bush« , Eric Laurent Stars3

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« Bien qu’arrivé à la Maison Blanche au terme d’une élection controversée, jamais un président américain n’a détenu autant de pouvoir ni manifesté autant d’arrogance que George W. Bush.Sa trajectoire, cependant, reste entourée de secrets, marquée par des alliances troublantes et des manipulations financières inavouables.Qui gouverne réellement l’Amérique? Des idéologues, des financiers, des fanatiques religieux?Telles sont les questions posées par ce livre qui suscitera la stupeur et, inévitablement, l’inquiétude. »

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ConeIndigovide« Le monde selon Bush » – DVD, William Karel  Stars3

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« Qui est George W. Bush? Ce documentaire de William Karel raconte les mille jours de sa présidence, des attentats du 11 septembre au bourbier de la guerre en Irak. Il dresse un état des lieux de l’Amérique d’aujourd’hui et tente de comprendre comment un petit groupe d’hommes, sous l’influence des faucons néo-conservateurs, a pris le contrôle de la politique étrangère américaine.

Le film dénonce les travers de la dynastie Bush au grand complet. On y découvre le grand-père de l’actuel Président, Prescott Bush, qui a fait fortune en prenant la direction d’entreprises nazies après l’arrivée au pouvoir de Hitler, avant de voir ses entreprises saisies pour collaboration avec l’ennemi. Les relations entre George Bush père et Saddam Hussein sont aussi largement évoquées.

« Le monde selon Bush » est pour une large partie basé sur une enquête menée par le grand reporter spécialiste de politique étrangère Eric Laurent dans son livre, « Le monde secret de Bush ».

ConeIndigovide« Le cartel Bush« , James Hatfield livres_CartelBush 
« Il y a les biographies de George W. Bush écrites par les communicants de la Maison-Blanche ou les journalistes « amis ». Et il y a Le Cartel Bush, la biographie non autorisée. Celle qui explore en détail l’entourage du président des États-Unis, ses affaires, ses retournements de veste, le financement de ses campagnes électorales, son addiction à la cocaïne… L’auteur, James Hatfield, fut menacé par deux proches conseillers du président devant témoins et retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé. Sa famille prétend qu’il a été assassiné.

L’auteur, qui a réalisé un travail de fourmi, avait bénéficié dans son enquête de l’aide de Karl Rove (le secrétaire général de la Maison-Blanche) qui croyait aider à la rédaction d’une biographie de complaisance. L’ouvrage intitulé « Fortunate Son, G. W. Bush and the Making of an American President », fit immédiatement la Une des journaux, fut choisi comme best-seller par le New York Times et souleva une intense polémique.

Il s’agit d’un document exhaustif sur l’homme, sa famille et son entourage, ses affaires et sa carrière politique, ses retournements de veste et le financement de ses campagnes électorales. Bien qu’il soit écrit sur un ton mesuré et s’attache à comprendre la personnalité de George W. Bush, il présente une vision terrifiante de la vie publique états-unienne. Pourtant, de cet imposant travail, on ne retint qu’un passage secondaire mais sensible: le candidat Bush avait été arrêté pour détention de cocaïne, en 1972. Or, selon les lois locales, ce délit aurait dû lui valoir une privation de droits civiques, il n’aurait donc pas dû avoir le droit de se présenter au gouvernorat du Texas et à la présidence des États-Unis.

Ce sont en réalité bien d’autres détails qui provoquèrent la colère des Bush. Notamment, un passage relatif à la société Arbusto dont George W. fut le directeur. On y apprenait que, par l’entremise d’un homme de paille, cette société était la propriété d’un certain Salem Ben Laden, frère aîné d’Oussama.

Karl Rove et Clay Johnson III (l’assistant personnel du président) intentèrent un procès en diffamation et obtinrent le retrait conservatoire du livre. En définitive, il fut autorisé à la vente, sans coupes, mais après le retrait de la préface originale.

Ayant échoué dans leurs démarches, Rove et Johnson menacèrent devant témoin Hatfield de le liquider, lui et toute sa famille, s’il persistait à diffuser son ouvrage. Il fut retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé, tandis que sa famille prétend qu’il a été assassiné.

Ce document exceptionnel a été traduit en français et publié en Suisse. Le Réseau Voltaire en assure la diffusion exclusive en France. »

ConeIndigovide« La face chachée du 11 septembre« , Eric Laurent  Stars3

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« Ce livre dévoile les mensonges et les silences officiels qui entourent encore la tragédie du 11 septembre. Un an d’enquête a conduit l’auteur notamment aux Etats-Unis, au Pakistan, à Dubaï, au Qatar, en Israël et jusqu’aux montagnes de Tora Bora, dernier refuge de Ben Laden en Afghanistan. Enquête minutieuse, parfois dangereuse, qui révèle la face cachée du 11 septembre. Pourquoi Ousama Bin Laden n’est-il toujours pas inculpé par les responsables américains pour les attentats du 11 septembre? Pourquoi la CIA qui surveille en permanence les marchés financiers n’a-t-elle pas détecté le plus grand délit d’initiés de l’histoire qui a précédé le 11 septembre? Quelle est la véritable identité des pirates de l’air? Quel est le rôle exact joué par les services secrets du Pakistan? Et que penser de l’Arabie Saoudite, de ce royaume dont trois princes ont connu une mort mystérieuse à la suite du 11 septembre? Les informations recueillies dans ce livre, les faits troublants, les contradictions et les manipulations avérées battent en brèche les vérités admises. »

ConeIndigovide« Kill, kill, kill« , Jimmy Massey

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« Le témoignage accablant d’un soldat américain sur la guerre en Irak et les méthodes de l’armée américaine. »
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ConeIndigovide« Les mensonges de George W.Bush, Scott Ritter

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« Pourquoi faudrait-il mener une seconde guerre contre l’Irak? demandait Scott Ritter en 2002, après avoir démissionné en 1998 de son poste d’inspecteur en armements pour l’ONU. « Quand j’ai quitte l’Irak, l’infrastructure et les équipements avaient été éliminés à 100 %. Cela est indiscutable. » Scott Ritter savait déjà que les raisons évoquées à Washington – la menace des armes de destruction massive, et la collusion entre Saddam Hussein et Al-Qaida – n’existaient que dans les fantasmes de pouvoir hégémonique du clan néo-conservateur de George W. Bush.

Dans ses livres précédents (Endgame, 1999 et Guerre à l’Irak, 2002), Scott Ritter avait déjà tiré le signal d’alarme. Scott Ritter raconte dans celui-ci les efforts qu’il a déployés au Congrès de Washington, puis à Bagdad et dans les médias du monde entier pour empêcher le gouvernement américain d’attaquer unilatéralement l’Irak, sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

Sa dénonciation des mensonges de Bush, Cheney, Rumsfeld et « du reste de leur bande de cow-boys justiciers » lui a valu la calomnie et les attentions du F B.I. Mais la « croisade » de Bush a eu lieu et des milliers de civils irakiens et des centaines de soldats anglo-américains sont morts pour un arsenal fantôme l’Irak « libéré » est occupé, meurtri, ruiné et au bord de l’éclatement. Malgré la capture de Saddam Hussein et des dignitaires de son régime, aucune arme de destruction massive n’a été trouvée. Le mensonge de George W. Bush a été la cause de l’écrasement d’une nation de 20 millions d’habitants par la plus grande puissance militaire de la planète. Ce livre est le plaidoyer solennel de l’homme qui a eu raison avant tout le monde et qui craint que le peuple américain ne perde ses valeurs et les principes fondamentaux de sa République, édictés par sa Constitution en 1776. Il lance aussi un vibrant appel à la mobilisation pour changer de président en novembre 2004, grâce à l’arme suprême de la démocratie américaine: le bulletin de vote. » 

Scott Ritter, ancien « marine », a été inspecteur des Nations-unies en désarmement en Irak de 1991 à 1998. Spécialiste de la question irakienne, il a publié de nombreux articles à ce sujet, ainsi que le livre « Guerre à l’Irak, ce que l’équipe Bush ne dit pas ».
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ConeIndigovide« Or noir et Maison Blanche, comment l’Amérique a vendu son âme pour le pétrole saoudien », Robert Baer

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« Membre pendant vingt ans de la division des opérations clandestines de la CIA, Robert Baer, nous révèle le pacte terrifiant qui unit les élites économiques et politiques américaines à la famille royale saoudienne. Réseaux de financement, accords secrets, corruption… Une enquête au cœur d’un système où les enjeux, qui s’élèvent à des milliards de dollars, menacent l’équilibre de la planète. »
 
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ConeIndigovide« Les nouvelles preuves sur l’assassinat de J.F.Kennedy – Le clan Bush est-il coupable? », Caroline Lebeau

videlivres_JFK_Lebeau « Une enquête journalistique qui expose en pleine lumière des liens auparavant insoupçonnés ou occultés entre le parti républicain, la mafia, les milieux anticastristes, le complexe militaro-industriel et les services secrets américains, l’auteur renoue avec patience et sagacité les fils rompus d’une quête légitime de vérité sur les véritables circonstances de l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Surmontant avec un courage qu’il faut saluer menaces, pressions et intimidations, Caroline Lebeau dévoile les aspects les plus compromettants de l’un des événements politiques majeurs du dernier demi-siècle. »vide

videConeIndigo« Une lueur d’espoir« , Marc-Edouard Nabelivres_Nabe

En partant des attentats du 11 Septembre, Marc-Edouard Nabe se livre à une critique féroce du système, de son hypocrisie, son mercantilisme, et son totalitarisme médiatique.

Un livre prophétique et politiquement incorrect…

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ConeIndigovide« Dominer le monde ou sauver la planète? – L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale« , Noam Chomsky

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« La politique actuelle de l’administration Bush sur la scène mondiale constitue-t-elle une rupture avec la position traditionnelle des États-Unis ? Pour Noam Chomsky, la Stratégie de sécurité nationale adoptée en 2002, dont le but avoué est de perpétuer indéfiniment la domination des États-Unis en empêchant l’émergence de tout rival, a eu de nombreux précédents dans la pratique des administrations passées, tant républicaines que démocrates. Ce qui est vraiment nouveau, c’est que cette attitude n’est plus déniée mais revendiquée ouvertement.

En s’appuyant sur un travail de recherche et sur l’exploitation de nombreuses archives récemment déclassifiées (dont les soviétiques), Noam Chomsky analyse le discours du projet américain, dont il souligne très efficacement l’illogisme et l’injustice. II pose aussi une question essentielle: où nous mène une telle volonté d’hégémonie? Sa réponse: à une situation d’extrême danger pour l’espèce humaine, du fait du réchauffement de la planète mais aussi de l’exacerbation du risque nucléaire.

Hégémonie ou survie: tel est, selon Chomsky, le choix historique aujourd’hui, et nul ne sait quelle orientation va l’emporter. »

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ConeIndigovide« La loi du plus fort – Mise au pas des états voyous« , Noam Chomsky, Ramsey Clark, Edward W. Said

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Trois intellectuels américains de renommée internationale, Noam Chomsky, Edward W. Said et Ramsey Clark, posent dans trois contributions indépendantes la question de la définition par les Etats-Unis des États dits «voyous». Ils démontrent que les actions engagées contre eux peuvent être en contradiction avec les résolutions des Nations unies et le droit international. Ensemble, ils révèlent la face noire de la politique étrangère américaine.

 

ConeIndigovide« La fin de la liberté« , Gore Vidal

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« La Fin de la liberté » montre avec calme et rigueur que les attentats américains étaient somme toute logiques, prévisibles, retour de bâton obligé d’une politique ultra-sécuritaire et protectionniste qui n’hésite pas à jouer les apprentis sorciers en finançant et manipulant des individus comme Ben Laden. Pour Gore Vidal, il semble plutôt comique de se draper de vertu dans la bannière étoilée et de porter comme étendard les articles de la constitution de 1791 sur les libertés individuelles. Car, autre histoire des événements que Gore Vidal nous permet de comprendre dans son essai, il y a depuis cinquante ans un recul des libertés aux États-Unis. Il détaille comment les citoyens américains sont tous fichés par le jeu des cartes de crédit et autres inscriptions consuméristes en tout genre. Il explique aussi comment une paranoïa panique s’insinue subrepticement dans les consciences (…). L’Amérique marche-t-elle sur la tête? Gore Vidal le pense intimement, lui qui annonce pour le XXIe siècle un changement d’ère caractérisé par le renforcement d’un état de sécurité nationale aux États-Unis, « dont le seul objectif est de mener des guerres perpétuelles chaudes, froides et tièdes. »  
Denis Gombert – Amazon.fr

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ConeIndigovide« Mike contre-attaque!« , Mike Moore  Stars3

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Dans ce livre, Mike Moore dénonce avec un humour féroce le capitalisme sauvage et ses dégats sociaux et écologiques. Il s’en prend aussi à l’administration Bush, aux faux efforts écologiques, à l’arrogance des Américains, au délire sécuritaire, à l’adolescence chloroformée dans son conformisme, à la confiscation de la démocratie par les élites, au monopole des marchés sur l’échelle mondiale, à l’accroissement dramatique qui sépare les plus riches des plus pauvres…

« Le Bandit-en-chef George W. Bush, dit George II, et son gang, Dick Cheney, Donald Rumsfeld & Co, gouvernent l’Amérique. Ultraconservateurs et richissimes (leur fortune est liée au big business du pétrole, de l’armement, ou des biotechnologies), ils ont fait main basse sur le pays, et partent maintenant en guerre contre «l’Axe du Mal»… »
 

ConeIndigovide« Tous aux abris« , Mike Moore 

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« L’image est dans toutes les mémoires. Michael Moore pointait un doigt accusateur et lançait: « Honte à vous, Mr Bush! ». C’était au festival de Cannes de 2003, après le déclenchement de la guerre en Irak. Aujourd’hui, George W., le Bandit-en-Chef (avec lui, sa clique de millionnaires), est toujours là. Pire, il prépare sa réélection au poste de Commandant en Chef de la Mère Patrie en 2004! Il n’en fallait pas plus à Mike pour repartir au front et TOUT faire pour que le cauchemar s’arrête. Dans ce nouveau livre, aussi drôle et provocateur que les précédents, Mike est l’Arme de Dérision Massive (il a quand même perdu vingt kilos en quelques mois en cessant de manger… des produits sans sucre), il s’attaque aux mensonges et à la propagande dont son pays est victime depuis le 11 septembre, notamment sur les armes de Saddam. Il révèle les petits secrets du roi George du pétrole irakien et ses petites combines avec ses copains saoudiens.

Et Mike se fâche vraiment quand il voit que sa patrie est devenu les États-Unis de la Peur, où les libertés publiques sont menacées alors que les grands patrons-truands des multinationales US échappent à la prison! Le monde à l’envers! »

ConeIndigovide« Pourquoi le monde déteste-t-il l’Amérique« , Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies

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Pourquoi, comme le disait une banderole brandie au Pakistan, les Américains sont-ils le « peuple le plus haï de la terre »?
Ce ne sont pas les Américains en tant que peuple qui sont détestés; ce qui est rejeté plus fondamentalement, c’est leur entité politique caractérisée par une violence répressive, le souci obsessionnel de leurs propres intérêts, la façon de se positionner comme centre du monde et surtout d’édicter comme norme ce qui doit être « raisonnable, normal et approprié ». La civilisation américaine incarne un paradoxe: d’un côté l’ouverture à des populations et des cultures très diverses, de l’autre l’adhésion à une forme de pensée unique où les valeurs reines sont la rentabilité, la cohésion du groupe, la foi, la famille. Trahir ce pacte et ces valeurs, c’est ne plus être américain. Pourtant, des voix critiques s’élèvent aux États-Unis au sujet de la « croisade contre le terrorisme » mais, au nom d’une unité hégémonique de principe, ces voix sont peu relayées. « Pourquoi le monde déteste-il l’Amérique? » plonge au cœur du système américain. Il avertit que le plus grand ennemi de l’Amérique c’est peut-être bien elle-même, tant le pays est incapable d’avoir un regard distancié et critique sur lui-même et de prendre en compte le discours des autres. Un livre qui n’a pas peur d’affirmer que l’Amérique n’est pas forcément, pour parodier le mot de Lincoln, « ce que l’humanité peut espérer de mieux ».

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ConeIndigovide« Après l’Empire« , Emmanuel Todd

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Les États- Unis ne peuvent plus vivre de leur seule production. Le déficit commercial des Etats-Unis ne cesse de s’accroître. La mondialisation est en train de montrer au monde qu’il peut se passer de l’Amérique, mais l’Amérique quant à elle s’aperçoit qu’elle ne peut plus se passer du monde. Dépendance économique, affaiblissement démocratique, bi-polarisation sociale tels sont donc les principaux symptômes de déclin identifiés par l’historien et démographe Emmanuel Todd qui avait prévu dès 1976 l’effondrement soviétique uniquement d’après des observations démographiques. Des signes qui permettent de comprendre pourquoi les États-Unis sont aussi actifs sur la scène internationale afin de conserver le statut de superpuissance. L’Amérique doit mettre en scène sa puissance sur le terrain géostratégique. Selon trois principes en apparence irrationnels: ne jamais résoudre définitivement un problème; se focaliser sur des micropuissances; développer un arsenal militaire censé être indépassable. La lutte contre le terrorisme, les menaces contre « l’axe du mal » et l’Irak apparaissent ainsi pour ce qu’ils sont: des prétextes. Pour Todd, les États-Unis par leur politique internationale maintiennent artificiellement des foyers de tension et sont donc devenus un obstacle à la paix dans le monde.

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ConeIndigovide« Guerres du XXIe siècle: Peurs et menaces nouvelles« , Ignacio Ramonet

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« Le spectre de désastres hantent désormais le monde. Ils appartiennent essentiellement à deux catégories. D’une part, les crises géopolitiques de type nouveau provoquées par l’hyperterrorisme, l’ultranationalisme et les fondamentalismes. D’autre part, les atteintes à l’écosystème qui sont à l’origine de catastrophes naturelles ou industrielles de très grande ampleur. Comment éviter ces nouveaux dangers qui menacent, à terme, la survie de l’humanité? »vide

ConeIndigovide« De la propagande« , Noam Chomsky

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La pratique de Noam Chomsky, c’est de vous dire ce qu’il pense, pas ce que vous devez penser. II ne se contente pas de maudire l’obscurantisme, il allume une bougie pour que nous puissions y voir. Voir ou comprendre quoi? L’impérialisme américain, d’abord, qu’il démonte avec une remarquable acuité – de l’éradication des résistances sud-américaines au contre-terrorisme. Les ressorts psychologiques et lexicaux de la « fabrication de l’assentiment » dans le monde. Mais aussi la signification des événements de Seattle, le fonctionnement de l’ONU et des cours internationales de justice, le fondement de l’économie capitaliste depuis les années 1970… Derrière le Chomsky politique se manifeste le linguiste, insistant sur la détérioration et la falsification du langage, moyen pour une certaine idéologie néo-libérale de faire passer les vessies pour des lanternes…

Noam Chomsky enseigne la linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) depuis 1955. Philosophe, il est l’auteur de plus de trente ouvrages sur la politique extérieure des États-Unis, la situation des droits de l’homme dans le monde et le rôle des médias dans la fabrication de l’opinion 

videConeIndigo« Le gouvernement invisible - Naissance d’une démocratie sans le peuple », Laurent Joffrinlivres_Joffrin

« France: pays d’apparence démocratique et de réalité oligarchique » : Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, n’y va pas par quatre chemins pour dresser l’état de la France. En un mot, le peuple perd le pouvoir.

La faute à qui? Pour l’ancien directeur de la rédaction de Libération, pas de doute: c’est l’émergence d’un « gouvernement invisible » &endash; conglomérat rassemblant financiers, managers de l’industrie et des médias, institutions indépendantes mondiales &endash; alimenté par l’impuissance des élus, qui est à l’origine de la confiscation du pouvoir. Bref, une oligarchie invisible accapare le pouvoir pour ses propres intérêts. L’auteur en veut pour preuves l’omniprésence des énarques, la toute-puissance de l’idéologie libérale libertaire, la survalorisation de l’argent et d’Internet dans nos sociétés. En ligne de mire principale: le PDG de Vivendi Universal Jean-Marie Messier et l’essayiste Alain Minc.

L’ambition de cet essai est avant tout de lancer des pistes pour réhabiliter le politique. Et Laurent Joffrin de nous rappeler combien les événements du 11 septembre 2001 ont fragilisé les forces du marché &endash; occasion que devraient saisir intellectuels, militants et citoyens pour reprendre le pouvoir.

Laurent Joffrin a été journaliste au « Nouvel Observateur » avant de devenir directeur du journal « Libération » en 2006.
 

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videConeIndigo« Au nom du Tiers-Etat« , François Bayroulivres_Bayrou

Le pouvoir est verrouillé, le peuple n’y a plus aucune place, on est revenu à l’Ancien Régime. Depuis un quart de siècle, le pouvoir absolu de cette Ve République finissante, appuyé sur des forteresses financières et médiatiques, a réduit le peuple français à la condition du tiers état de 1789. Jamais la phrase de Sieyès n’a parti plus juste:  » Qu’est ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose.  » Voilà des années que François Bayrou dénonce la crise de ce régime et la manière dont les clans se l’approprient. Sur ce thème, depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il a pris comme cible les abus de pouvoir et défendu les droits du peuple français et du Parlement. Au nom du tiers état, ces textes de combat sont un réquisitoire contre le mépris des citoyens.
 

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videConeIndigo« 99 francs » ou « 14,99 euros« , Frédéric Beigbederlivres_Beigbeder

 

Un roman acide et drole pour dénoncer le mercantilisme universel…
 

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ConeIndigovide« La fatigue des élites – Le capitalisme et ses cadres », François Dupuy

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« Les cadres passent pour les « compétitifs » de l’économie moderne, ceux à qui le capitalisme promet l’accomplissement et la réalisation de soi. Pourtant, ces hommes et ces femmes dont l’entreprise attend dévouement et solidarité, donnent aujourd’hui le sentiment de ne plus y croire. Ils ne s’identifient plus aussi facilement au destin de leur société, cherchent à se dérober aux pressions de leur environnement, voire adhèrent aux critiques les plus frontales du nouvel ordre économique. Bref, ils commencent à « jouer contre », eux dont on croyait qu’ils joueraient toujours « avec ». Le spectre d’une « révolte des cadres », hier encore inimaginable, entre peu à peu dans l’ordre du pensable. On se prend à imaginer que le désordre social ne surgisse pas d’une mobilisation des  » petits  » contre le capitalisme, mais du cœur même de ses élites. »vide

ConeIndigovide« Bonjour paresse – De l’art et la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise », Corinne Maier livres_BonjourParesse 

« Le travail, c’est pas la fête. Contre le raffarinesque « La France doit se remettre au travail », Corinne Maier pousse son cri du 1er mai: Vive la paresse, un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

« Bonjour paresse » est là pour dire enfin la vérité: la grande entreprise, personne n’y croit plus. La foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l’Ordre de la Firme. À présent les cadres moyens, petits boulons dans une machine jargonnant un sabir grotesque, n’attendent qu’une chose: le solde à la fin du mois.

Mais alors, que faire? Rien surtout! Affirme ce livre. Soyons individualistes et inefficaces en attendant que ça s’effondre et qu’une nouvelle société advienne où chacun cultivera essentiellement son jardin et conservera un à-côté accessoire dans une grande structure, histoire de survivre quand même. »

Corinne Maier est économiste; actuellement à temps partiel dans une grande entreprise française privatisable (EDF).

ConeIndigovide« Le monde n’est pas une marchandise« , José Bové et François DufourLivres_Bove 

L’analyse et les positions de José Bové et de la Confédération Paysanne à propos de la mondialisation, des OGM, et plus largement, de la marchandisation du vivant.

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ConeIndigovide« Démocratiser la mondialisation« , Boutros Boutros Ghali

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« Nous sommes, chaque jour, les témoins des bouleversements que génère la mondialisation que certains redoutent, que d’autres portent aux nues. Mais l’effervescence intellectuelle qu’elle entretient, tout comme les peurs et les rejets violents qu’elle provoque, nous montrent que beaucoup reste encore à dire, à imaginer et surtout à faire. Boutros Boutros-Ghali, qui fut, tour à tour professeur de droit, ministre des Affaires étrangères d’Égypte, secrétaire général des Nations unies et, aujourd’hui, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, nous livre sa vision des choses, dans ce contexte d’un monde à la recherche de son destin, d’une mondialisation en quête d’humanisme et de démocratisation.

Il faut à tout prix démocratiser la mondialisation avant que la mondialisation ne dénature la démocratie et avant que n’éclatent des conflits inédits dont les attentats du 11 Septembre 2001 pourraient bien constituer le funeste présage: Telle est la conviction de ce grand diplomate qui, à la lumière de sa longue expérience et des récents événements qui ont secoué le monde, libère sa parole pour nous faire partager ses espoirs d’un monde meilleur. »

Publié dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN, ALTERMONDIALISME, AU-DELA DES IDEES RECUES, CONTRE LA PENSEE UNIQUE, LA MONDIALISATION, LE NOUVEL ORDRE MONDIAL, Vous avez dit THEORIE du COMPLOT ? | Pas de Commentaire »

Pour un savoir engagé.Un texte inédit de Pierre Bourdieu.

Posté par issopha le 24 janvier 2008

Février 2002

Un texte inédit de Pierre Bourdieu

Pour un savoir engagé

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Depuis les grèves de novembre et décembre 1995 en France, les interventions de Pierre Bourdieu ont été l’objet de critiques, souvent violentes, notamment de la part des journalistes et des intellectuels médiatiques dont il avait analysé le rôle social. Ce qui semble les avoir choqués avant tout, c’est qu’un « savant » intervienne aussi activement dans le domaine « politique ». L’implication du sociologue dans l’espace public remonte néanmoins au début des années 1960, à propos de la guerre d’Algérie.

Intellectuel et militant

Désireux de « penser la politique sans penser politiquement », Pierre Bourdieu a cherché à démontrer que, loin de s’opposer, les sciences sociales et le militantisme peuvent constituer les deux faces d’un même travail, qu’analyser et critiquer la réalité sociale permettent de contribuer à sa transformation. Ce texte a été lu par son auteur lors d’une rencontre à Athènes, en mai 2001, avec des chercheurs et des syndicalistes sur des thèmes tels que l’Europe, la culture et le journalisme et figurera dans un livre à paraître au printemps, Interventions (1961-2001). Sciences sociales et action politique (Agone, Marseille).

S’il est aujourd’hui important, sinon nécessaire, qu’un certain nombre de chercheurs indépendants s’associent au mouvement social, c’est que nous sommes confrontés à une politique de mondialisation. (Je dis bien une « politique de mondialisation », je ne parle pas de « mondialisation » comme s’il s’agissait d’un processus naturel.) Cette politique est, pour une grande part, tenue secrète dans sa production et dans sa diffusion. Et c’est déjà tout un travail de recherche qui est nécessaire pour la découvrir avant qu’elle soit mise en oeuvre. Ensuite, cette politique a des effets que l’on peut prévoir grâce aux ressources de la science sociale, mais qui, à court terme, sont encore invisibles pour la plupart des gens. Autre caractéristique de cette politique : elle est pour une part produite par des chercheurs. La question étant de savoir si ceux qui anticipent à partir de leur savoir scientifique les conséquences funestes de cette politique peuvent et doivent rester silencieux. Ou s’il n’y a pas là une sorte de non assistance à personnes en danger. S’il est vrai que la planète est menacée de calamités graves, ceux qui croient savoir à l’avance ces calamités n’ont-il pas un devoir de sortir de la réserve que s’imposent traditionnellement les savants ?

Il y a dans la tête de la plupart des gens cultivés, surtout en science sociale, une dichotomie qui me paraît tout à fait funeste : la dichotomie entre scholarship et commitment- entre ceux qui se consacrent au travail scientifique, qui est fait selon des méthodes savantes à l’intention d’autres savants, et ceux qui s’engagent et portent au dehors leur savoir. L’opposition est artificielle et, en fait, il faut être un savant autonome qui travaille selon les règles du scholarship pour pouvoir produire un savoir engagé, c’est-à-dire un scholarship with commitment. Il faut, pour être un vrai savant engagé, légitimement engagé, engager un savoir. Et ce savoir ne s’acquiert que dans le travail savant, soumis aux règles de la communauté savante.

Autrement dit, il faut faire sauter un certain nombre d’oppositions qui sont dans nos têtes et qui sont des manières d’autoriser des démissions : à commencer par celle du savant qui se replie dans sa tour d’ivoire. La dichotomie entre scholarship et commitment rassure le chercheur dans sa bonne conscience car il reçoit l’approbation de la communauté scientifique. C’est comme si les savants se croyaient doublement savants parce qu’ils ne font rien de leur science. Mais quand il s’agit de biologistes, ça peut être criminel. Mais c’est aussi grave quand il s’agit de criminologues. Cette réserve, cette fuite dans la pureté, a des conséquences sociales très graves. Des gens comme moi, payés par l’État pour faire de la recherche, devraient garder soigneusement les résultats de leurs recherches pour leurs collègues ? Il est tout à fait fondamental de donner la priorité de ce qu’on croit être une découverte à la critique des collègues, mais pourquoi leur réserver le savoir collectivement acquis et contrôlé ?

Il me semble que le chercheur n’a pas le choix aujourd’hui : s’il a la conviction qu’il y a une corrélation entre les politiques néolibérales et les taux de délinquance, une corrélation entre les politiques néolibérales et les taux de criminalité, une corrélation entre les politiques néolibérales et tous les signes de ce que Durkheim aurait appelé l’anomie, comment pourrait-il ne pas le dire ? Non seulement il n’y a pas à le lui reprocher, mais on devrait l’en féliciter. (Je fais peut-être une apologie de ma propre position…)

Maintenant, que va faire ce chercheur dans le mouvement social ? D’abord, il ne va pas donner des leçons – comme le faisaient certains intellectuels organiques qui, n’étant pas capables d’imposer leurs marchandises sur le marché scientifique où la compétition est dure, allaient faire les intellectuels auprès des non-intellectuels tout en disant que l’intellectuel n’existait pas. Le chercheur n’est ni un prophète ni un maître à penser. Il doit inventer un rôle nouveau qui est très difficile : il doit écouter, il doit chercher et inventer ; il doit essayer d’aider les organismes qui se donnent pour mission – de plus en plus mollement, malheureusement, y compris les syndicats – de résister à la politique néolibérale ; il doit se donner comme tâche de les assister en leur fournissant des instruments. En particulier des instruments contre l’effet symbolique qu’exercent les « experts » engagés auprès des grandes entreprises multinationales. Il faut appeler les choses par leur nom. Par exemple, la politique actuelle de l’éducation est décidée par l’UNICE, par le Transatlantic Institute, etc.i. Il suffit de lire le rapport de l’Organisation mondiale pour le commerce (OMC) sur les services pour connaître la politique de l’éducation que nous aurons dans cinq ans. Le ministère de l’Éducation nationale ne fait que répercuter ces consignes élaborées par des juristes, des sociologues, des économistes, et qui, une fois mises en forme d’allure juridique, sont mis en circulation.

Les chercheurs peuvent aussi faire un chose plus nouvelle, plus difficile : favoriser l’apparition des conditions organisationnelles de la production collective de l’intention d’inventer un projet politique et, deuxièmement, les conditions organisationnelles de la réussite de l’invention d’un tel projet politique ; qui sera évidemment un projet collectif. Après tout, l’Assemblée constituante de 1789 et l’Assemblée de Philadelphie étaient composées de gens comme vous et moi, qui avaient un bagage de juriste, qui avaient lu Montesquieu et qui ont inventé des structures démocratiques. De la même façon, aujourd’hui, il faut inventer des choses… Évidemment, on pourra dire : « Il y a des parlements, une confédération européennes des syndicats, toutes sortes d’institutions qui sont sensées faire ça. » Je ne vais en pas faire ici la démonstration, mais on doit constater qu’ils ne le font pas. Il faut donc créer les conditions favorables à cette invention. Il faut aider à lever les obstacles à cette invention ; obstacles qui sont pour une part dans le mouvement social qui est chargé de les lever – et notamment dans les syndicats…

Pourquoi peut-on être optimiste ? Je pense qu’on peut parler en termes de chances raisonnables de succès, qu’en ce moment c’est le kairos, le moment opportun. Quand nous tenions ce discours autour de 1995, nous avions en commun de ne pas être entendus et de passer pour fous. Les gens qui, comme Cassandre, annonçaient des catastrophes, on se moquait d’eux, les journalistes les attaquaient et ils étaient insultés. Maintenant, un peu moins. Pourquoi ? Parce que du travail a été accompli. Il y a eu Seattle et toute une série des manifestations. Et puis, les conséquences de la politique néolibérale – que nous avions prévues abstraitement – commencent à se voir. Et les gens, maintenant, comprennent… Même les journalistes les plus bornés et les plus butés savent qu’une entreprise qui ne fait pas 15 % de bénéfices licencie. Les prophéties les plus catastrophistes des prophètes de malheur (qui étaient simplement mieux informés que les autres) commencent à être réalisées. Ce n’est pas trop tôt. Mais ce n’est pas non plus trop tard. Parce que ce n’est qu’un début, parce que les catastrophes ne font que commencer. Il est encore temps de secouer les gouvernements sociaux-démocrates, pour lesquels les intellectuels ont les yeux de Chimène, surtout quand il en reçoivent des avantages sociaux de tous ordres…

Un mouvement social européen n’a, selon moi, de chance d’être efficace que s’il réunit trois composantes : syndicats, mouvement social et chercheurs – à condition, évidemment, de les intégrer, pas seulement de les juxtaposer. Je disais hier aux syndicalistes qu’il y a entre les mouvements sociaux et les syndicats dans tous les pays d’Europe une différence profonde concernant à la fois les contenus et les moyens d’action. Les mouvements sociaux ont fait exister des objectifs politiques que les syndicats et les partis avaient abandonnés, ou oubliés, ou refoulés. D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel.

Il faut prendre des risques. Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage. Mais je vais dire aussi : « Attention, pas de « syndicalophobie ». Il y a une logique des appareils syndicaux qu’il faut comprendre. » Pourquoi est-ce que je dis aux syndicalistes des choses qui sont proches du point de vue que les mouvements sociaux ont sur eux et pourquoi vais-je dire aux mouvements sociaux des choses qui sont proches de la vision que les syndicalistes ont d’eux ? Parce que c’est à condition que chacun des groupes se voie lui-même comme il voit les autres qu’on pourra surmonter ces divisions qui contribuent à affaiblir des groupes déjà très faibles. Le mouvement de résistance à la politique néo-libérale est globalement très faible et il est affaibli par ses divisions : c’est un moteur qui dépense 80 % de son énergie en chaleur, c’est-à-dire sous forme de tensions, de frictions, de conflits, etc. Et qui pourrait aller beaucoup plus vite et plus loin si…

Les obstacles à la création d’un mouvement social européen unifié sont de plusieurs ordres. Il y a les obstacles linguistiques, qui sont très importants, par exemple dans la communication entre les syndicats ou les des mouvements sociaux – les patrons et les cadres parlent les langues étrangères, les syndicalistes et les militants beaucoup moins. De ce fait, l’internationalisation des mouvements sociaux ou des syndicats est rendue très difficile. Puis il y a les obstacles liés aux habitudes, aux modes de pensée, et à la force des structures sociales, des structures syndicales. Quel peut être le rôle des chercheurs là-dedans  ? Celui de travailler à une invention collective des structures collectives d’invention qui feront naître un nouveau mouvement social, c’est-à-dire des nouveaux contenus, des nouveaux buts et des nouveaux moyens internationaux d’action.

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Pierre Bourdieu

Sociologue, professeur au Collège de France.

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Lire Europe Inc. Liaisons dangereuses entre institutions et milieux des affaires européens, CEO, Agone, Marseille 2000.

Édition imprimée — février 2002 — Page 3

 

Science sociale et action politique.
 

Jérôme Meizoz.
Domaine public,
no. 1514, Lausanne, 9 mai 2002
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deux mois après la mort du sociologue français, Interventions recueille les principaux textes à portée militante de Pierre Bourdieu, inédits ou parus entre 1961 et 2001. L’ouvrage, préparé du vivant de l’auteur, a un double but. D’abord, convaincre que les savoirs des sciences sociales peuvent accompagner l’action politique et l’informer. Ensuite, par la reconstitution chronologique des positions politiques de l’auteur, faire voir que l’engagement de Bourdieu ne date pas des grèves de 1995. Contre les propos de nombreux journalistes qui ont vu en Bourdieu un savant égaré sur le tard dans la militance, ce livre fait voir la cohérence de sa conception de l’“intellectuel spécifique”, que Bourdieu partageait avec Michel Foucault. Ensemble ils signent d’ailleurs plusieurs textes, dont un message de soutien au syndicat polonais Solidarnosc en décembre 1981. Le passage de Bourdieu - philosophe de formation - à la sociologie est contemporain de ses premiers textes engagés, et hâté par le même événement : la guerre d’Algérie. On trouvera plusieurs articles de cette période sur le sujet, non sans regretter l’absence d’autres, parus dans de petites revues algériennes. Mai 1968 occasionne des analyses assez sévères du mouvement étudiant, inspiré pourtant en partie du choc que constitua Les Héritiers (1964). L’essentiel des articles porte, très tôt, sur le rôle des intellectuels critiques dans la dénonciation des idéologies dominantes, qu’elles soient staliniennes, de droite conservatrice ou social-démocrates. Dès l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981, Bourdieu reproche sévèrement à la gauche réformiste d’accompagner le libéralisme et de le légitimer par un bouclier moral. Il l’écrira à de multiples reprises, non sans un humour parfois grinçant : « De quelqu’un qui ment effrontément, les Kabyles disent : “Il m’a mis l’Est en Ouest”. Les apparatchiks de gauche nous ont mis la gauche à droite. »
Bourdieu en appelle alors à un retour à la tradition libertaire de la gauche, et à de nouvelles formes de mobilisation internationales, notamment par le biais de réseaux hors partis, constitués de militants, étudiants, artistes, intellectuels et travailleurs, capables de faire plier les appareils d’état ou les grandes entreprises capitalistes. Il participe ainsi à la mise sur pied du Parlement international des écrivains, fonde les groupes Raison d’agir ainsi qu’une maison d’édition militante, apporte sa caution à plusieurs associations anti-racistes. De par ses saines colères et sa chaleureuse énergie intellectuelle, Interventions invite à persévérer en ce sens.

Pour un savoir engagé.Un texte inédit de Pierre Bourdieu. dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN traitg

BOURDIEU
Jean-Paul Monferran, L’Humanité, 06 Septembre 2002 – CULTURES.

De « Révolution dans la révolution » - paru dans Esprit en janvier 1961, et qui interroge la guerre de libération algérienne en notant que «  le peuple sera ce qu’on le provoquera à être : force de révolution perdue pour la révolution ou force révolutionnaire «  - jusqu’à « Instituer efficacement l’attitude critique » - repris d’une conférence prononcée en juin 2001 à Beaubourg dans le cadre d’une journée consacrée à Michel Foucault -, Interventions (1) regroupe de nombreux textes « politiques » ou « critiques » de Pierre Bourdieu, souvent peu accessibles, voire inédits en français. Mais surtout, à la façon dont le sociologue lui-même avait conçu une articulation inédite entre « recherche scientifique » et « interventions politiques », le travail de Franck Poupeau et de Thierry Discepolo permet de saisir la genèse de toute une démarche, qui partage beaucoup, justement, de celle de Foucault sur « la place et le rôle de l’intellectuel spécifique et critique ». D’où ces questions, lancées par Bourdieu lui-même dans son ultime « intervention » : «  Les concepts, disait-il, viennent des luttes et doivent retourner aux luttes. Comment faut-il entendre cette phrase aujourd’hui ? Est-il possible de concilier la recherche théorique et l’action politique ? Y a-t-il place encore pour des intellectuels à la fois autonomes (des pouvoirs) et engagés (le cas échéant contre les pouvoirs) ?  » (2). Questions laissées ouvertes, en « héritage », si l’on ose dire, si tant est que « le travail de conversion des pulsions sociales en impulsions critiques » - pour reprendre une formule de Franck Poupeau - a pu générer à la fois un formidable travail (celui de Bourdieu et d’autres) montrant combien la sociologie elle-même s’est trouvée enrichie par l’engagement politique et par la réflexion permanente sur les conditions de cet engagement, mais aussi une réception parfois brouillée, souvent malveillante, dans laquelle se trouve précisément en jeu l’analyse du pouvoir des « journalistes et des intellectuels médiatiques », qui est au cour de plusieurs des « interventions » réunies ici. À commencer par le magistral « La télévision peut-elle critiquer la télévision ? », « chronique d’un passage à l’antenne » dans l’hiver 1996. «  Science sociale et militantisme, loin de s’opposer peuvent être conçus comme les deux faces d’un même travail d’analyse, de décryptage et de critique de la réalité sociale pour aider à sa transformation « , note encore Franck Poupeau dans l’entretien accordé à l’Humanité. Manière de dire, et ce que fut un apport majeur de Bourdieu, et ce que le monde d’aujourd’hui peut encore dire à son ouvre, du « sous-prolétariat » colonisé aux « précaires » de tous les pays.

(1) Pierre Bourdieu, Interventions 1961-2001, textes choisis et présentés par Franck Poupeau et Thierry Discepolo, Agone, 2002, 488 pages, 20 euros.
(2) Cf. page 472.

 

 

Un savant inventif et iconoclaste.

 LOIC WACQUANT

 

Paris, 27 janvier 2001
Ce texte a paru : en anglais, espagnol et japonais :
2002 « An Inventive and Iconoclastic Scientist. » Berkeley Journal of Sociology 46: 177-179. Traduction espagnole : « Un sabio imaginativo e iconoclasta, » Archipiélago. Cuadernos de crítica de la cultura, 51, Spring 2002, pp. 94-96. En japonais : Iichiko (Tokyo), 82, Spring 2003.

 

  

Avant d’être cet « intellectuel engagé » aux côtés du mouvement social que les média français ont tour à tour honni (longuement, de son vivant) et célébré (brièvement, après l’annonce de son décès subit) sans jamais prendre la peine de le lire, Pierre Bourdieu est d’abord un savant d’exception, sociologue et non philosophe de profession. La différence n’est pas simplement sémantique, toute son œuvre est là pour en attester, et il n’a jamais cessé de se revendiquer de cette « science paria », modeste par l’attention patiente qu’elle requiert pour les choses ordinaires du monde, immensément ambitieuse par l’ampleur de son domaine —  »tout est social, » affirmait-il — et éminemment dérangeante par ses incontournables répercussions civiques. Bourdieu a changé à jamais la face de sa discipline d’adoption, relevé la science de la société, tombée dans l’indigence et l’indifférence depuis la disparition d’Émile Durkheim et ses élèves, décimés par la Grande guerre, et bouleversé ce faisant tous les domaines d’investigation connexes, de l’anthropologie à l’éducation et aux gender and gay studies en passant par l’histoire, la politologie, l’économie, la linguistique, la géographie, la littérature comparée, l’esthétique et, ultime ironie ou affront, jusqu’à la philosophie elle-même.

pointg dans CONTRE LA PENSEE UNIQUE Les rhéteurs de magazine ont déjà, en deux jours, avec l’assurance que donne l’ignorance, dressé le bilan de « ce qui restera de Bourdieu ». Pour les chercheurs, et ils sont des milliers de par le monde à travailler avec ses concepts, à questionner ses théories et à tester ses modèles, il faudra plusieurs décennies pour prendre la pleine mesure et tirer toutes les implications d’une pensée foncièrement rétive à la « manuelisation », résolument tournée vers la production de nouveaux objets empiriques, qui est moins une collection de propositions établies et de préceptes d’école qu’une « boite à outils » forgés par et pour la recherche, visant à poser scientifiquement au monde social ces questions fructueuses qui, en déchirant le voile du va-de-soi, nous permettent de le voir, et de se voir, avec des yeux neufs. La sociologie selon Bourdieu est une metanoïa méthodique sans cesse recommencée; une ascèse cognitive (et collective) qui exige de questionner à chaque instant les préconstructions du sens commun mais aussi les divisions entre disciplines et les hiérarchies héritées entre objets, techniques et théories qui façonnent la production du savoir; bref, une dissection mutuelle en actes de la raison sociale et de la raison scientifique.

pointg dans GALERIE DES GRANDES AMES Il n’est pas aujourd’hui de pratique, pas d’institution, pas de zone de l’espace social, sous-prolétariat ou intelligentsia, paysans ou professeurs, mariage ou chômage, école ou Église, État ou marché, science, art, sport, corps, média, politique, éthique, rapports entre les genres, les âges, les ethnies ou les classes, dont l’étude n’ait été profondément transformée par ses travaux. Car Bourdieu a su allier la rigueur de la méthode scientifique à l’inventivité de l’artiste, une culture théorique incomparable mariant des auteurs que la tradition canonique affectionne d’opposer — Durkheim et Weber, Marx et Mauss, Cassirer et Wittgenstein, Husserl et Lévi-Strauss, Maurice Merleau-Ponty et John Austin, Gaston Bachelard et Erwin Panofsky — à une pratique inlassable de la recherche faisant appel à la gamme complète des techniques d’observation et d’analyse, de l’ethnographie à la statistique, dans laquelle il investissait une libido sciendi sans fin ni fond.

pointg dans LE DROIT DE SAVOIR Pierre Bourdieu était habité d’une curiosité insatiable pour toutes les expériences, tous les jeux, tous les univers sociaux, et il aurait voulu vivre mille vies pour tous les comprendre, en capturer les causes cachées et les raisons intimes. Il y a quelques jours encore, évoquant sa visite de la salle de boxe du ghetto noir de Chicago où je menais alors sous sa direction une étude ethnographique sur le métier de boxeur, il s’était exclamé comme avec regret : « Ah, ça m’aurait bien dit d’apprendre la boxe avec un type comme DeeDee », mon coach octogénaire, disciple de l’entraîneur de Joe Louis et membre du Boxing Hall of Fame des USA. Il détestait les mondanités universitaires et la pompe académique — il a refusé des dizaines de doctorats honorifiques de moults pays. À l’Université de Chicago, toujours en avril 1989, il m’avait demandé de l’aider à se défiler discrètement d’une réception organisée en son honneur par le recteur des sciences sociales. Nous avions filé à l’anglaise et dîné dans un troquet du barrio mexicain de Pilsen où il avait longuement interrogé en espagnol notre serveuse sur sa trajectoire migratoire, avant d’aller écouter du blues au fameux Checkerboard Lounge de Muddy Waters, au cœur du South Side. Là il avait été frappé par « l’économie et la dignité avec lesquels les Noirs dansaient », alors que « les Blancs, eux, dansaient comme ils croient que les Noirs dansent ». À ses yeux, il y avait infiniment plus de sociologie à apprendre de ces deux scènes banales de la vie que des conversations affectées et des assemblées empressées des pontes de l’establishment universitaire étatsunien.

pointg dans PIERRE BOURDIEU Rien ne comblait plus Pierre Bourdieu que le contact des jeunes chercheurs et il ne manquait pas une occasion de se « salir les mains » avec eux au montage de leur projet et à l’évaluation de leurs investigations. Lors de sa dernière visite aux États-Unis, à Berkeley au printemps 1996, malgré un emploi du temps déjà grotesquement surchargé — dix conférences publiques en douze jours, sur autant de sujets (dont la révolution symbolique de Flaubert, la domination masculine, l’invention de l’État, la logique du don, la force du droit, et la mission des intellectuels pour le siècle à venir) devant des foules gigantesques qui le poursuivaient partout et allaient grossissant au fil de la semaine — et les demandes incessantes de rendez-vous des grandes têtes du campus, il avait tenu à intervenir dans mon cours de premier cycle et à faire des « heures de permanence » pour rencontrer les doctorants du département et s’informer sur leurs recherches. La veille, il avait lu attentivement la trentaine de résumés serrés de leur travail soumis par les heureux élus. Je le revois, endormi d’épuisement, sur le fauteuil vert de la mezzanine après sa lecture. Je revois la lueur d’émerveillement incrédule dans les yeux des étudiants qui ressortaient de mon bureau, deux par deux, après leur « consultation » historique avec le « witch doctor sociologique ». Et le sourire fatigué mais ravi de Pierre Bourdieu à la fin de l’après-midi, celui d’un savant iconoclaste heureux de faire son métier.

 

 

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Quelques livres contre la « pensée unique »

Posté par issopha le 11 octobre 2007

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Ami(e)s lecteurs et lectrices , bonjour.

Ci-dessous une sélection de livres indispensables ( constituée par sylvain TIMSIT du site www.syti.net ) qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie pour se forger une opinion alternative à la pensée unique ; pour s’affranchir des prêt-à-penser de nos pseudo-intellectuels et autres « hommes de science  » qui pour des raisons occultes contribuent à véhiculer la pensée de ces hommes de pouvoir. Par ces réflexions non-exhaustives , on s’affranchit encore plus du déficit de distanciation critique et de la profondeur des analyses de nos  » experts cathodiques «  , de l’instantanéité et de la superficialité du traitement de l’information par les médias quelqu’ils soient d’ailleurs , médias qui déforment et éludent plus qu’ils n’informent . J’y rajouterai volontiers toute la bibliographie des économistes François-Xavier VERSCHAVE (pourfendeur mal connu en France de la Françafrique et des circuits parallèles de la finance internationale ) et l’égyptien Samir AMIN. Ouvrages et brochures que le lecteur pourra aisément trouver sur le web. 

Bonne visite !

Issopha , l’administrateur du blog

Quelques livres contre la « pensée unique »

  Un autre regard sur la mondialisation, la démocratie,

les nouveaux pouvoirs planétaires…
    

 

Quelques livres contre la vide dans CONTRE LA PENSEE UNIQUE« Le grand bond en arrière – Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde », Serge Halimi  Stars3 dans SAVOIR C'est déjà  POUVOIR

livres_Halimi_BondArriere dans VERTUS DE LA DISSIDENCE 
De l’Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n’ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 80, les « décideurs » et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de « crise », c’est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c’est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu’il n’y ait « plus d’alternative ».

D’autres interprétations des événements auraient suggéré d’autres remèdes, mobilisé d’autres forces sociales, débouché sur d’autres choix.

La « mondialisation », ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la « seule politique possible » que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d’un bout à l’autre de la Terre. Inspirées par des théoriciens de l’université de Chicago, dont l’influence sera considérable au Chili, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d’un système d’économie mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

Une véritable enquête menée par Serge Halimi, qui débute aux Etats-Unis et se ramifie en Grande-Bretagne et en France. Étude qui touche le milieu politique et économique et leurs deux principaux relais, les intellectuels et les médias.

Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, est notamment l’auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d’agir, 1997).

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ConeIndigovide« Comment les riches détruisent la planète« , Hervé Kempf

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Nous sommes à un moment de l’histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l’espèce humaine: pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C’est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie néolibérale ne sait plus que s’autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.

Cette représentation du monde n’est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l’injustice, sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère, promeut l’abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l’auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète.

Hervé Kempf est un des journalistes d’environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il écrit sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier international, à La Recherche, et maintenant au Monde.

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ConeIndigovide« Les nouveaux maitres du monde, et ceux qui leur résistent », Jean Ziegler  Stars3

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« Au coeur du marché globalisé, le prédateur. Banquier, haut responsable de société transnationale, opérateur du commerce mondial: il accumule l’argent, détruit l’Etat, dévaste la nature et les êtres humains.

Les Nouveaux maîtres du monde », ce sont les seigneurs du capital financier mondialisé. Ce livre révèle leurs visages, d’où ils viennent, ce qu’ils font au jour le jour: à la tête des sociétés mondialisées, au sein de l’OMC ou du Fonds Monétaire International, dans les officines interlopes, les paradis fiscaux, mais aussi les bureaux feutrés des banques de Suisse et d’ailleurs. Ce livre démonte l’idéologie qui les inspire et jette une lumière crue sur le rôle joué en coulisses par l’empire américain.

Analyses, portraits, informations bouleversantes, propositions concrètes, un livre écrit par un homme qui a souvent croisé les personnalités dont il brosse le portrait, et qui connait de l’intérieur les institutions qu’il critique. »

ConeIndigovide« Malheur aux vaincus« , Philippe Labarde et B.Maris

livres_MalheurVaincus 
La mondialisation triomphe, les inégalités explosent. Un phénomène de sélection-exclusion a fragilisé les plus faibles dans un processus cumulatif qui ne pouvait que renforcer les handicaps du Sud par rapport au Nord, des défavorisés par rapport aux riches.

Darwin est à l’œuvre: tout est fait pour éliminer les faibles, profiter des différences d’âge, de sexe ou d’origine, pour « liquéfier » le travail, le soumettre à la peur, au risque. Un nouveau racisme, un véritable racisme social pointe son mufle.

Les auteurs de La Bourse ou la vie avaient déjà vu juste en pulvérisant la nouvelle économie avant qu’elle ne s’effondre sous le poids de la spéculation. Ils récidivent en dénonçant l’avènement d’une « nouvelle barbarie »: un monde au-delà de l’humain où des sous-hommes serviraient des surhommes.

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ConeIndigovide« L’Empire de la honte« , Jean Ziegler Stars3 

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« Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C’est que le 11 septembre n’a pas seulement été l’occasion pour George W. Bush d’étendre l’emprise des Etats-Unis sur le monde, l’événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales.

Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l’empire de la honte savent admirablement jouer: la dette et la faim. Par l’endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté.

Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapport entre les États et entre les peuples. Du coup, c’est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise.

Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu’à l’eau que les peuples doivent désormais leur acheter? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises: ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c’est précisément sur la honte qu’est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l’ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche: insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle. Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion. »

Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, et professeur de sociologie à l’Université de Genève. Auteur de nombreuses enquêtes sur le Tiers-Monde, il a publié également des enquêtes explosives sur le système bancaire suisse.

ConeIndigovide« Tous pouvoirs confondus - Etat, capital et médias à l’ère de la mondialisation », Geoffrey Geuens

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« Bienvenue dans les entrailles du nouvel ordre mondial. Découvrez les membres des plus grands cercles de l’élite et des principaux lobbies agissant en coulisses pour conforter la configuration actuelle de la « mondialisation »: la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations, le Groupe de Bilderberg, Aspen France… Vous n’y êtes jamais convié? Evidemment ! Top secret et réservé aux industriels, financiers, ministres, commissaires européens, journalistes célèbres, magistrats et militaires bardés d’étoiles…

Quelles sont les 100 plus grandes compagnies dans le monde, les géants sur le plan européen et les plus puissants monopoles financiers de la planète? L’auteur dévoile les noms et le parcours politique de ceux qui siègent dans leurs conseils d’administration…

La presse, les médias, un 4ème pouvoir? En procédant à une analyse méticuleuse des actionnaires des grands groupes médiatiques, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, ce livre dévoile à quel point l’information est sous contrôle.

En décortiquant l’entrelacement des directoires politiques, économiques et militaires, l’auteur nous présente également le nouveau complexe militaro-industriel ou, comment la crise et la militarisation de l’économie sont à l’origine des nouvelles « croisades guerrières ».

Révéler tous ces réseaux croisés d’intérêts et de collusions, c’est dessiner le véritable organigramme de la « mondialisation » des grandes puissances. Indispensable pour entrer consciemment en résistance. »

Geoffrey Geuens est assistant à la section Information et Communication à l’Université de Liège. Il a déjà publié « L’information sous contrôle – Médias et pouvoir économique en Belgique » Triangle_bleu Table des matières, intro du livre, et revue de presse sur le site de l’éditeur.

ConeIndigovide« Skull and Bones – la vérité sur l’élite secrète qui dirige les Etats-Unis », Alexandra Robbins

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«Lors de ma dernière année d’étude (à l’université de Yale), j’ai rejoint la société secrète Skull and Bones, une société tellement secrète que je ne peux en dire plus» – Georges W. Bush

Un spectre hante l’Amérique. Le pays serait gouverné par une société secrète appelée Skull and Bones. Composé d’anciens élèves de l’université de Yale et fondé en 1832, ce club très fermé repose sur trois fondements : le principe de l’élection, le goût du secret et le développement d’un réseau. En effet, pour pouvoir être placé à des postes d’influence, le Bonesman est choisi et promet de taire à jamais son admission au sein de l’organisation. Skull and Bones intrigue par sa culture du mystère et l’exercice de son pouvoir occulte à travers l’Amérique. Un tel lobby aussi puissant qui fait du secret un objet de fétichisation méritait une enquête: Alexandra Robbins, journaliste d’investigation, elle-même ancienne élève de Yale, retrace ici l’histoire édifiante de cette société mystérieuse qui recrute parmi la crème de la crème de l’establishment. Un travail objectif et sérieux qui désamorce les fantasmes et permet de faire la part des choses entre mythe et réalité, entre conspiration et lobby ».

Ce livre a été publié aux Etats-Unis sous le titre « Secrets of the Tomb – Skull and Bones, the Ivy League and the hidden paths of power ».

ConeIndigovide« Europe Inc – Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale« , Observatoire de l’Europe Industrielle – B.Balanya, A.Doherty, O.Hoedeman, A.Ma’anit, E.Wesselius Stars3

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Ce livre montre l’incroyable imbrication du pouvoir polique européen et du pouvoir économique. On découvre que les multinationales ne font pas qu’exercer une influence sur les décisions de la Commission. Elles sont en fait à l’origine de toutes mesures importantes adoptées par l’Union Européenne durant ces 25 dernières années. La monnaie unique, l’élargissement à marche forcée, la directive Bolkestein, l’«agenda de Lisbonne» (qui érige la compétitivité en objectif prioritaire de l’Union), et le projet de constitution ont été conçues en amont des institutions européennes par un « groupe de réflexion » qui rassemble les présidents des 45 plus importantes multinationales européennes, l’ERT (European Round Table).

Le livre expose aussi le dense réseau des lobbies industriels et financiers qui gravitent autour de la Commission européenne et du Parlement, dont des organisations américaines comme la Chambre Américaine de Commerce qui exerce également une haute influence sur les décisions européennes.

Avec une préface extrêmement percutante de Raoul-Marc Jennar.
Ce livre est une version actualisée et complétée de « Europe Inc – liaisons dangeureuses entre institutions et milieux d’affaires européens » paru en 2000.

ConeIndigovide« L’industrie du mensonge: Lobbying, communication, publicité et médias », John Stauber et Sheldon Rampton Stars3

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« Duper l’opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom: le lobbying. Ce livre révèle les procédés qu’utilisent les lobbyistes pour nous vendre aussi bien les vertus du tabac ou du nucléaire que celles des OGM ou de la guerre; il dit dans quelles circonstances et sur quelles personnes ils les emploient.

La diversité des protagonistes abordés, des stratégies exposées et la précision des faits répondent au souci d’analyser au plus près ce domaine, qui a pris une ampleur nouvelle et que l’on peut définir comme « l’art des pratiques d’influence appliqué à la décision politique ». Un art du secret recourant à des procédés inavouables et qui donne au mensonge une place sans précédent dans nos sociétés.

A-t-on pris assez conscience du rôle paradoxal que l’on fait jouer à « l’opinion publique »? Objet d’un immémorial mépris dissimulé derrière les discours « démocrates » qui servent de masque à la plupart des gouvernants contemporains, formés aux mêmes certitudes qu’un Machiavel convaincu de l’éternelle bêtise du peuple et de la nécessité de le manipuler. L’immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d’accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de « l’industrie du mensonge ».

La seule différence entre la philosophie de Machiavel et le pragmatisme sans portée de nos dirigeants tient précisément à la finalité inaliénable du premier: la défense de l’intérêt général. User de mensonges pour accomplir le bien public, même si ce principe reste moralement et intellectuellement condamnable, reste une attitude philosophique diamétralement opposée à celle qui fait du mensonge l’instrument de fins viles, le moyen d’un mercantilisme passant s’il le faut sur le corps de ses semblables. »

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ConeIndigovide« Europe, la trahison des élites« , Raoul-Marc Jennar Stars3

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« L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas; elle fait ce qu’elle ne dit pas. Cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe l’œil. » Voilà ce que pensait Pierre Bourdieu. Sa réflexion est le point de départ de ce livre.

Aujourd’hui, l’Europe n’est pas une communauté de valeurs, mais une communauté d’intérêts où l’individualisme l’emporte chaque jour davantage sur le bien commun, à l’image d’une société américaine souvent décriée, mais de plus en plus imitée.

A l’aide de multiples cas concrets, Raoul Marc Jennar met en évidence cette « trahison » et montre comment l’Union européenne agit à l’opposé de ce qu’elle proclame. Ses institutions ne sont pas démocratiques et transparentes, mais technocratiques et opaques. Ses politiques ne servent pas l’intérêt général, mais celui des milieux financiers et des lobbies d’affaires. Au sein de l’Organisation mondiale du commerce, elle défend parfois les propositions ultralibérales avec plus de force que les Etats-Unis. Enfin, sous couvert de  » partenariats  » avec les pays du Sud, elle se livre en fait à une véritable recolonisation de leurs économies. »

Raoul Marc Jennar est docteur en science politique, diplômé des universités belge et française. Depuis 1999, il est chercheur sur les dossiers de l’Organisation mondiale du commerce dans l’ONG belge Oxfam Solidarité (Belgique) ainsi que pour l’Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation (URFIG, France).

 

ConeIndigovide« Une étrange dictature« , Viviane Forrester

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« Nous ne vivons pas sous l’emprise fatale de la mondialisation, mais sous le joug d’un régime politique unique et planétaire, inavoué, l’ultralibéralisme, qui gère la mondialisation et l’exploite au détriment du grand nombre. Son but principal : le profit, l’accroissement continu et maximal de la plus-value boursière. Loin de créer la richesse, ce système se révèle capable de détruire des pans entiers de l’activité ou de la recherche. Il crée et entretient le chômage. Il est prêt à sacrifier tous les investissements non immédiatement rentables, en particulier ceux concernant la santé et l’éducation.

Cette dictature sans dictateur n’aspire pas à prendre le pouvoir, mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent.

Nous pouvons résister à cette étrange dictature qui exclut un nombre toujours croissant d’entre nous, mais garde – c’est là le piège, et surtout notre chance – des formes démocratiques. »

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ConeIndigovide« L’horreur économique« , Viviane Forrester Stars3

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« Nous vivons au sein d’un leurre magistral, d’un monde disparu que les politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n’ont plus de substance: des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L’imposture générale continue d’imposer les systèmes d’une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà se pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L’extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l’histoire, l’ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l’économie et détient le pouvoir. »

« L’Horreur économique », prix Medicis 1996 de l’essai, s’est vendu en France à plus de 400.000 exemplaires, et a été traduit dans 24 langues.

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ConeIndigovide« Contre-feux« , Pierre Bourdieu

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« Dans ce recueil de textes touchant des sujets variés, le célèbre sociologue joint sa voix au lot grandissant des critiques de la mondialisation et du néo-libéralisme. Les pages que Bourdieu consacre à la précarité de l’emploi sont éclairantes. Les engagements par contrats à court terme empêchent non seulement un nombre de plus en plus grand de citoyens d’avoir accès à une certaine sécurité de revenu, ils nous empêchent surtout de développer ce minimum de confiance en l’avenir pour pouvoir se révolter contre le présent, même le plus intolérable. Le sociologue démontre que la soumission aux lois du marché n’est pas le destin de nos sociétés, mais bien un choix de société, ce qui implique l’existence d’une solution de rechange. »

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ConeIndigovide« Géopolitique du chaos« , Ignacio Ramonet Stars3

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« La mondialisation, la logique des marchés et l’économie de l’information sont les nouveaux credo d’un monde où États-nations, partis, gouvernements perdent leurs repères. Changement de paradigme: la promesse du bonheur n’est plus un projet de société, mais un produit.

Alors que triomphent, apparemment, la démocratie et la liberté, les censures et les manipulations font un paradoxal retour en force. De nouveaux et séduisants « opiums des masses » proposent une sorte de « meilleur des mondes« , distraient les citoyens et les détournent de l’action civique et revendicative. Dans ce nouvel âge de l’aliénation, les technologies de la communication jouent, plus que jamais, un rôle central. »

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ConeIndigovide« Propagandes silencieuses« , Ignacio Ramonet

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« Face à la puissance nouvelle des communications de masse, la question que se posent les citoyens n’est plus: sommes-nous manipulés? Car la réponse à cette interrogation, chacun le sait, est malheureusement affirmative. Il s’agit désormais de savoir comment nous sommes mentalement influencés, contrôlés, conditionnés? A l’heure d’Internet et de la révolution numérique, ce livre tente de répondre à cette question majeure. En rappelant comment se fabrique l’idéologie, comment se construit cette silencieuse propagande qui vise à domestiquer les esprits, à violer les cerveaux et à intoxiquer les coeurs. A l’aide de nombreux exemples puisés dans la télévision ou le cinéma, il nous explique quels sont les mécanismes et les procédés de l’endoctrinement contemporain. Comment, sans que nous nous en apercevions, les nouveaux hypnotiseurs entrent par effraction dans notre pensée et y greffent des idées qui ne sont pas les nôtres. Ainsi, par exemple, dans les modernes sociétés médiatiques, un enfant de quatre ans, avant même d’entrer à l’école, a déjà été soumis à plusieurs milliers d’heures de télévision et a gavé ses yeux de suggestions éphémères rapidement évanouies. Evanouies? Pas entièrement, nous dit Ignacio Ramonet, car toutes ces images (spots publicitaires, films-catastrophes, séries policières, comédies, scènes de guerre et de violence…) laissent des traces subliminales dont l’influence, à la longue, finit par fortement déterminer nos comportements. Et par réduire notre liberté. »

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ConeIndigovide« Les nouveaux chiens de garde« , Serge Halimi Stars3

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« Les médias français se proclament « contre-pouvoir ». Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence.

Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques.

Un petit groupe de journalistes omniprésents – et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence – impose sa définition de l’information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l’ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique. »

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ConeIndigovidevide« La fabrique de l’opinion publique« , Noam Chomsky

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« Ce livre (dont le titre original est « Manufacturing Consent ») est la source de la pensée politique du célèbre linguiste Noam ‰.

Comment se met en place un discours médiatico-politique dans une nation prospère? Qui désigne les ennemis d’un peuple et décide des guerres justes que celui-ci doit mener? Comment l’imaginaire collectif distingue les bonnes victimes des mauvaises? Quel rôle joue les institutions, les lobbies, les multinationales et le fameux « quatrième pouvoir » dans la fabrication d’une opinion publique? Disséquant le discours médiatique sur la politique américaine des 40 dernières années, Noam Chomsky et Edward S. Herman livrent une analyse sans concession du système d’information aux Etats-Unis. »

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ConeIndigovide« Un totalitarisme tranquille« , André Bellon et Anne-Cécile Robert

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« Prétendre que notre société génère, et ce de façon paisible, une forme de totalitarisme peut être reçu comme une agression inacceptable. Et pourtant! Sommes-nous encore en démocratie? Certes, on nous en parle à longueur de journée. Mais ce n’est pas parce qu’on invoque perpétuellement quelque chose que cette chose existe. L’élection présidentielle américaine vient d’illustrer les incohérences des discours officiels.

La démocratie est en danger; au-delà des incantations, un travail de sape dépossède le citoyen de tout pouvoir politique et le peuple de toute souveraineté; la démocratie se vide de son contenu concret, elle est battue en brèche à la fois par les intérêts économiques dominants et par la passivité des esprits. Face à l’idéologie qui nous entraîne petit à petit, au nom de la modernité et de l’Europe, dans « l’après démocratie », l’ouvrage montre que les clés d’un renouveau de la démocratie sont à portée de main. »

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ConeIndigovide« Vivre et penser comme des porcs – De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés » Gilles Châtelet

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« Etre passé de la chair à canon à la chair à consensus et à la pâte à informer est certes un progrès. Mais ces chairs se gâtent vite: la matière première consensuelle se transforme en une unanimité populiste des majorités silencieuses qui n’est jamais innocente.
A ce populisme classique se greffe désormais un nouveau populisme yuppie, un techno-populisme qui entend bien afficher sa postmodernité carnassière, prompte à digérer le best-of des biens et services de la planète.

Gilles Châtelet dénonce la « Triple Alliance » politique, économique et cybernétique des néo-libéraux, qui cherche à rendre rationnelle et même festive la « guerre de tous contre tous ».

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ConeIndigovide« Cybermonde, la politique du pire« , Paul Viriliot

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Paul Virilio est l’une des rares sentinelles à oser dénoncer les dangers d’une révolution cybernétique. S’insurgeant contre le fantasme de la démocratie virtuelle, il lance ici un véritable appel à la résistance. Il réfléchit à haute voix sur les conséquences morales, politiques et culturelles de l’accélération du temps mondial, le cybermonde. Ce dialogue passionné débouche sur une interrogation profonde sur le sens du temps et celui de notre présence au monde.
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ConeIndigovide« La vie en miettes, expérience post-moderne et moralité », Zygmut Bauman

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« Zygmut Bauman, penseur atypique et inspiré, décrit d’abord dans ce livre majeur l’expérience contemporaine avec son temps accéléré, ses rencontres décousues, ses engagements momentanés, son obsession de la forme, la recherche de la sensation vraie, la vie dans le déplacement, la rencontre de l’étranger dans le tourisme ou la xénophobie, le commerce de la violence, la surveillance de la vie et la toute puissance technique.

En même temps, profondément influencé par Levinas, Bauman retrouve au milieu des décombres de l’ordre ancien l’urgence et l’instance d’autrui. Là où la vie est en miettes, il reste le défi de la rencontre d’autrui. Comment vivre sans codes ni règles sans tomber dans le chaos? Comment vivre humainement en dépit du fait que la vie est en miettes? Son livre est à la fois étonnament lucide, démystificateur et paradoxalement optimiste. »

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ConeIndigovide« Tous fichés« , Jacques Henno

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La surveillance totale a commencé:
- 12 mai 2005, un vol d’Air France est dérouté par erreur par les autorités Américaines sur l’aéroport de Bangor…
- Fin 2004, le fond américain Carlyle, proche du Pentagone et de la CIA, tente de racheter à Air France, Ibéria et Lufthansa, leur système de réservation Amadeus…
- Fin 2003, début 2004 : Acxiom, société sous-traitante du Pentagone, absorbe Claritas et Consodata,les 2 leaders français du data-mining et de la gestion de bases de données, contrôlant ainsi des fichiers sur plus de vingt millions de Français…

Ces 3 faits ont un point commun: ils annoncent « SURVEILLANCE TOTALE » (« Total Awareness »), le programme américain le plus démesuré et sans doute le plus contestable, de lutte contre le terrorisme par la mise sous fiche de la planète toute entière.

Comment est conçu « Surveillance totale »?
Quels risques pour les libertés individuelles de chacun ?
Comment les instances gouvernementales françaises et européennes ont-elles cédé aux pressions américaines ?
Etes-vous fichés ? Comment le savoir ?
Quels risques encourez-vous ? Comment réagir ?

Dans une enquête minutieuse et passionnante, Jacques Henno dévoile la genèse de ce programme sécuritaire inouï. Il décortique les mécanismes, les faiblesses et les perspectives inquiétantes que ce dispositif planétaire ouvre pour nos sociétés.

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ConeIndigovide« Surveillance électronique planétaire« , Duncan Campbell et Heloïse Esquié

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Le rapport officiel commandé par l’Union Européenne sur le réseau d’écoutes américain Echelon.

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ConeIndigovide« Un bonheur insoutenable« , Ira Levin Stars3

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Dans le futur, les nations ont aboli les guerres et la misère. Mais à quel prix? Entièrement gouvernés et surveillés par un ordinateur géant, les hommes sont uniformisés et privés de toute pensée originale, au moyen d’un implant et d’un traitement hormonal hebdomadaire obligatoire…

Un roman de SF entre « 1984″ d’Orwell, « Le meilleur des mondes » d’Huxley et le film « Equilibrium« .

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ConeIndigovide« Eternity Express« , Jean-Michel Truong 

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« Des hommes et des femmes ont acheté très cher le droit de finir leur vie dans un endroit de rêve: Clifford Estates, une ville construite de toutes pièces au fin fond de la Chine. Eternity Express est le récit du voyage qui les y conduit. C’est une destination idyllique, certes, mais imposée par la loi.

A travers les réflexions et les souvenirs d’un des voyageurs, Jonathan (le narrateur, qui est médecin), se révèle peu à peu toute l’horreur économiquement correcte d’une société décidée à appliquer sans frémir la loi du profit. Car ce sont les effets conjugués de la démographie et de l’économie occidentale ruinée qui ont conduit les pays à adopter cette loi de « délocalisation du troisième âge »: l’Europe ne peut plus nourrir ses papyboomers. »

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ConeIndigovide« No Logo« , Naomi Klein

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« Aujourd’hui, le village est planétaire, et la société de consommation dominée par les marques. (…) Les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l’économie de nombreux pays. Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l’art de bafouer les droits de l’homme: l’esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent.

Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l’urgence d’une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s’organisent sur l’Internet: ils veulent récupérer l’espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d’acheter des produits pour lesquels d’autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois du sang. Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l’ont prouvé: il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques. »

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ConeIndigovide« La mondialisation racontée à ceux qui la subissent« , Hervé-René Martin

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« Nous vivons tous aujourd’hui sous le règne de ce que nous appelons la Mondialisation, sans pour autant savoir que ce terme recouvre exactement. Connaît-on par exemple ses effets sur le contenu de notre assiette: des aliments transgéniques à la vache folle, en passant par les édulcorants de synthèse et leur propension à nous provoquer des tumeurs au cerveau? Sait-on à quel point elle participe de la croissance du chômage, de la violence urbaine et de la montée de l’extrême-droite dans les pays du Nord? Mais aussi de la déforestation, de la famine, et du retour de l’esclavage dans les pays du Sud? A-t-on idée de son influence sur nos conditiens de travail, le niveau de nos salaires ou encore le taux de faillite de nos entreprises? La question que se pose le héros de ce livre, un détective qui vit retiré dans la montagne d’où il mène son enquête entre explorations sur Internet et conversations avec le charpentier du village, est: Qui c’est, la mondialisation? Mais si la question peut paraître naïve, la réponse se révèle, elle, beaucoup plus inquiétante. »

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ConeIndigovide« Le procès de la mondialisation« , Edouard Goldsmith et Jerry Mender

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Les plus grands spécialistes mondiaux étudient les différents processus de la mondialisation et son impact sur les aspects de la vie: aggravation de la pauvreté et de l’exclusion, démantèlement des économies locales, homogénéisation de la culture, menaces sur les milieux naturels, sur la santé, sur la diversité biologique, sur les processus démocratiques…

Le livre analyse les rouages de la mondialisation: moteur (libéralisme), but (marchandisation du monde), effets (crises sociales, économiques, politiques et environnementales). Il propose des solutions afin que l’économie soit au service de l’homme et non le contraire.

« Le procès de la mondialisation » a reçu le prix du meilleur livre politique de l’année lors de sa sortie aux États-Unis.

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ConeIndigovide« La chaine invisible – Travailler aujourd’hui: Flux tendu et servitude volontaire », Jean-Pierre Durand

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« Au cours des vingt dernières années, le monde du travail a changé de planète. Flexibilité de la main-d’œuvre, annualisation du temps de travail, précarité des contrats, exigence de qualité totale, déclin de la notion objective de qualification au profit de la « compétence » définie par l’employeur, plans sociaux dans les entreprises rentables, implication et responsabilisation des travailleurs, organisation en réseau, etc. Une même logique implacable lie toutes les dimensions de cette métamorphose: l’impératif du flux tendu », sans stocks, sans pause dans la circulation du produit, pousse à l’extrême l’exploitation du temps de travail pour satisfaire des exigences de rendement inédites dans l’histoire du capitalisme.

Pourquoi les travailleurs et les syndicats ont-ils si peu résisté, et parfois collaboré, à une mutation qui intensifie le travail sans améliorer sa rémunération? La peur entretenue du chômage n’est qu’une part de la réponse. La sociologie du travail révèle en effet les stratégies et les jeux sociaux déployés par les individus pour sortir du flux tendu, ou le rendre acceptable, voire gratifiant. Mais cette implication contrainte des salariés participe aussi d’une stratégie délibérée de gestion du travail pour les conduire à internaliser la contrainte de rentabilité, à ne plus concevoir la distinction entre leur intérêt et celui de leur patron.

Loin du rapport de domination brute à l’ancienne, le nouveau capitalisme met en place une chaîne invisible, auto-entretenue par ceux-là mêmes qu’elle aliène, une chaîne de servitude volontaire. »

Jean-Pierre Durand est professeur de sociologie à l’université d’Évry où il dirige le Centre de recherche Pierre Naville.

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ConeIndigovide« Les économistes contre la démocratie – Pouvoir, mondialisation et démocratie », Jacques Sapir  

livres_EcoDemo « L’économie s’est-elle substituée à la politique? Tel est peut-être le souhait de certains économistes. Ce livre a pour cible un discours économique qui cherche à vider l’action politique de son sens, un discours qui, sous les dehors d’une soi-disant rigueur scientifique est en réalité profondément anti-démocratique. A travers l’apologie que font certains économistes des agences indépendantes et de la globalisation, c’est le vieux fond libéral hostile à toute forme de souveraineté populaire qui s’exprime. Sous prétexte de parler d’économie, ces économistes veulent nous vendre un droit et une organisation sociale qui les laisseraient libres de tout contrôle et de toute responsabilité. Ce livre analyse le lien qui existe entre une faillite théorique et des comportements souvent douteux. On montre comment le discours de l’économie dominante veut enfermer le citoyen dans un espace qui n’aurait d’autres bornes que la technique et la compassion. Ceci dévoile le projet de faire de l’expert le seul citoyen habilité à peser sur les décisions importantes. Au fur et à mesure que l’expertise des économistes perd en efficacité monte une nouvelle idéologie, l’expertisme. Elle se construit en négation de la chose publique, la République. »
 

ConeIndigovide« La grande désillusion« , Joseph E. Stiglitz et Paul Chembla Stars3

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« Aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale ». L’auteur de ces lignes? Le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en novembre 1999 a démissionné de son poste d’économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale: « Plutôt que d’être muselé, j’ai préféré partir », expliquera-t-il.

Son livre est un constat qui vaut réquisitoire: preuves à l’appui, il démontre que les règles du jeu économique mondial ne sont souvent fixées qu’en fonction des intérêts des pays industrialisés avancés – et de certains intérêts privés en leur sein -, et non de ceux du monde en développement. Car la mondialisation n’a pas seulement mis l’économie au-dessus de tout, mais aussi une vision particulière de l’économie, le fanatisme du marché. Politique d’austérité, libéralisation des marchés des capitaux et privatisations sont appliquées aveuglément, en dépit de leur échec avéré, à tous les pays, en particulier aux pays en transition et du Sud.

À lire Joseph Stiglitz, on a le sentiment de comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui, de saisir toute l’urgence d’une réforme en profondeur du statut et des politiques préconisées par les institutions financières internationales. »

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ConeIndigovide« Petit manuel simplifié pour comprendre la mondialisation« , Angela Barthes 

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Après un rapide rappel des processus historiques et des logiques de la mondialisation libérale, l’auteur décortique, grâce à de nombreuses données d’organismes officiels, les mécanismes fondamentaux à l’oeuvre. Elle explique l’importance hégémonique du capital financier, la hiérarchisation des pôles mondiaux de décision et son système associé d’interdépendance asymétrique (la dette, la dégradation des termes de l’échange). Elle que la fracture sociale (la pauvreté, l’immigration ou la délinquance) est une résultante structurelle de la mondialisation ainsi que les multiples conflits armés ou guerres qui se déroulent actuellement sous nos yeux.

L’auteur engage également une réflexion sur le rôle des principaux acteurs en montrant l’action prépondérante des grandes sociétés transnationales et des organismes internationaux tels que le FMI ou l’OMC.

Spécialiste de géopolitique, Angela Barthes est maître de conférences à l’Université de Provence.

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ConeIndigovide« Révélations« , Denis Robert et Ernest Backes

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Ce livre raconte, de l’intérieur, l’histoire secrète de Clearstream, une « chambre de compensation » créée par une association de banques en 1971 et devenue en moins de trente ans un véritable monstre financier, chargé de faire transiter des fonds et des valeurs sur toute la planète. Depuis le Luxembourg les ordinateurs de cette firme brassent des trillions de dollars et d’euros. Clearstream est la « banque des banques », un centre névralgique de la finance internationale où des millions de transactions sont effectuées chaque jour, en toute opacité et hors de tout contrôle.

L’enquête de Denis Robert nous conduit là où personne n’a jamais pu pénétrer: dans les coulisses de la finance internationale. Sur les pas d’Ernest Backes, l’insider (le témoin de l’intérieur, ancien n°3 de Clearstream), nous découvrons avec effroi des activités inavouables: dissimulations de compte au nom des institutions les plus honorables, complicité avec des banques mafieuses, ramifications innombrables avec affaires existantes en France et ailleurs, circuits de blanchiment de narcodollars ou paiement de rançons… Pas une page ou presque sans révélations.

Denis Robert est écrivain et journaliste à Libération.

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ConeIndigovide« Démocratie-business – La vérité sur la mondialisation, les privatisations, les fraudes et les délits d’initiés », Greg Palast

livres_DemocratieBusiness_sSi vous recevez régulièrement une facture d’électricité, vous découvrirez dans ce livre comment la privatisation de l’énergie a systématiquement fait exploser les prix payés par les consommateurs, de la Grande-Bretagne à l’Argentine – sans parler des 379 % d’augmentation en Californie pour une seule année.

A l’heure de la privatisation d’Électricité et Gaz de France, de Swisscom en Suisse, vous verrez, documents à l’appui, comment les sociétés privées sabotent leurs propres installations et magouillent pour en tirer d’énormes profits.

Par le passé, dans le monde entier, des gouvernements ont dépensé des milliards à construire des systèmes de canalisation d’eau, sans pour autant en attendre de profits en retour. L’OMC et la Banque mondiale appellent ça du gachis. Vous verrez dans ce livre comment ils ont prévu de vous le faire payer.

Greg Palast est l’un des plus célèbre journalistes d’investigation aux États-Unis. Il travaille en particulier pour le Guardian et la BBC. C’est lui qui a rendu public le trucage de l’élection de George Bush en 2000. Il a reçu le prix « Project Censored » de l’université de Californie et le prix « David Thomas » du Financial Times. Expert reconnu du fonctionnement du pouvoir et des grandes multinationales commerciales, ses écrits sont étudiés à l’université de Cambridge ou de Sao Paulo. »

ConeIndigovide« Enron, la faillite qui ébranla l’Amérique« , A.S.Chassany et J-Ph.Lacour

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« Dallas, le 3 décembre 2001: Enron se place sous la protection de loi américaine sur les faillites. De mémoire de trader, d’homme d’affaires et de petit porteur, c’est la plus importante défaillance de l’histoire récente des Etats-Unis. Avec son chiffre d’affaires de plus de 100 milliards de dollars, le mastodonte texan de l’énergie n’était donc pas invincible. Les investisseurs et les bourses sont pris de panique. La chute d’Enron a été fulgurante. Personne n’a pu anticiper une telle catastrophe, et surtout pas les spécialistes de la finance, qui n’avaient cessé de recommander aux épargnants d’acheter le titre. Fraudes, malversations, mensonges, enrichissements personnels; collusion avec le pouvoir politique… Après la gloire, l’heure est bien à la vérité. Et la vérité n’est pas belle à voir: c’est le véritable visage du capitalisme effréné que dévoile l’histoire de cette faillite. Sur un rythme de thriller, cette enquête, menée par deux journalistes, révèle la face cachée de l’aventure Enron: de la prodigieuse ascension à la débâcle vertigineuse d’un géant américain. »

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ConeIndigovide« Ils vont tuer le capitalisme« , Claude Bébéar

livres_BebearCapitalisme « De l’affaire Enron à la chute de Vivendi, de l’éclatement de la bulle internet à la crise de confiance que traversent les marchés, la planète vit désormais dans la hantise d’un effondrement de tout le système économique et financier. Mais qui veut saboter le capitalisme? Pourquoi des analystes financiers, des banquiers d’affaires et des patrons mégalos ou sans scrupules semblent-ils s’acharner à scier la branche sur laquelle ils sont assis? Et que peut-on faire pour remettre sur pied un capitalisme à visage humain en y injectant de la confiance et de la responsabilité?

Dans ce livre d’entretiens, Claude Bébéar, fondateur et président du conseil de surveillance d’AXA (leader mondial de l’assurance), apporte son témoignage, celui d’un chef d’entreprise révolté par les excès qu’il a vu se multiplier autour de lui. Avec pédagogie, il décrypte les phénomènes de spéculation, de panurgisme et de dérive des egos qui ont causé la déroute de tant d’entreprises flamboyantes et d’épargnants de bonne foi. »
 

ConeIndigovide« Le capitalisme est en train de s’autodétruire« , Patrick Artus, Marie-Paule Virard

livres_PatrickArtus « Le capitalisme est-il en train de s’autodétruire? La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires…

Alors que la croissance économique – en Europe en tout cas – stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses.

Dans ce livre, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe: c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir.

Et face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l’investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales. »

Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d’épargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l’Ecole polytechnique et professeur associé à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Echos.

 

ConeIndigovide« Le capitalisme total« , Jean Peyrelevade 

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« Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. À la base, trois cents millions d’actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d’âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d’enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s’appuient sur les règles du  » gouvernement d’entreprise  » et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d’entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d’entreprendre. Ainsi le capitalisme n’est pas seulement le modèle unique d’organisation de la vie économique mondiale : il est devenu  » total  » au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses. »

Jean Peyrelevade a été successivement président de Suez, UAP, et du Crédit Lyonnais. Il fut également le directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy (1981-1983). Longtemps professeur d’économie à l’École polytechnique, il a écrit plusieurs ouvrages sur l’évolution du capitalisme contemporain.

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ConeIndigovide« Keynes ou l’économiste citoyen« , Bernard Maris

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« Proche du courant post-keynésien, Bernard Maris s’emploie à redécouvrir les fondements du message de l’économiste anglais: l’économie de marché est foncièrement instable. Il y règne l’incertitude sur l’avenir, l’irrationalité et le mimétisme des comportements. Chômage, déséquilibres, bulles financières, caractérisent le capitalisme. Si Keynes reconnaît qu’il permet la satisfaction des besoins humains, l’accumulation du capital, « l’argent pour l’argent » ne saurait être la fin de l’activité humaine. Il faut remettre la cité au premier plan et « l’économie au vestiaire ».

Plus qu’une nouvelle interprétation, ce petit livre percutant présente l’homme Keynes dont les passions, les utopies et la vision du monde sont inséparables de la théorie. »

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ConeIndigovide« L’illusion économique« , Emmanuel Todd

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« Le degré d’adhésion des classes dirigeantes d’une nation au libre-échangisme est inversement proportionnel à l’évolution de leur niveau culturel: plus celui-ci baisse, plus les thèses mondialistes prospèrent. Non seulement l’ouverture des frontières commerciales s’est plutôt traduite par un tassement de la croissance mondiale, mais elle a en plus favorisé un retour spectaculaire des inégalités au sein des nations développées. La construction européenne façon Maastricht exprime un saut irréaliste dans l’idéologie, fruit combiné d’une utopie monétaire qui nie l’existence des diversités nationales et d’une utopie libre-échangiste, masque emprunté par une élite malthusienne pour défendre son idéal inégalitaire. » L’Expansion – Henri Gibier

« Les croyances collectives tendent à s’effriter sous les coups portés aux sentiments nationaux par des élites culturelles, adeptes de la « pensée zéro », qui affichent leur impuissance face à un phénomène économique jugé inéluctable et extérieur: la mondialisation. (…)
À la double utopie, économique et monétaire, d’une mondialisation dont les contre-performances sont patentes, et à la démission des classes dirigeantes, Emmanuel Todd oppose un retour à une forme de protectionnisme national dans les relations commerciales extérieures, qui permettrait le renforcement du libéralisme à l’intérieur, la relance de la demande globale, et par là même un véritable retour à l’idéal démocratique égalitaire, actuellement largement bafoué par les élites dirigeantes. »
 Futuribles – Stéphanie Debruyne

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ConeIndigovide« J’accuse l’économie triomphante« , Albert Jacquard  

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Il n’y a plus de jour où l’on ne nous affirme que l’économie gouverne le monde, que les lois de la rentabilité et du marché constituent une vérité absolue. Quiconque conteste cette nouvelle religion est aussitôt traité d’irresponsable. Mais une société humaine peut-elle vivre sans autre valeur que la valeur marchande? Prenant ses exemples dans les domaines les plus variés – logement, emploi, santé, environnement, alimentation… – Albert Jacquard démontre les méfaits de l’économisme triomphant et fanatique qui prétend aujourd’hui nous gouverner. Economiste et scientifique, il expose ici en des pages rigoureuses et claires, appuyées sur une vaste information, les convictions qui fondent son engagement. Il nous invite à refuser la fatalité inhumaine de l’intégrisme économique.

ConeIndigovide« Mal de Terre« , Hubert Reeves

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« Notre planète va mal: réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles, pollutions des sols et de l’eau provoquées par les industries civiles et guerrières, disparité des richesses, malnutrition des hommes, taux d’extinction effarant des espèces vivantes, etc.

La situation est-elle vraiment dramatique? Que penser des thèses qui contestent ce pessimisme? A partir des données scientifiques les plus crédibles -et de leurs incertitudes-, Hubert Reeves dresse un bilan précis des menaces qui pèsent sur la planète. Son diagnostic est alarmant: si la vie sur Terre est robuste, c’est l’avenir de l’espèce humaine qui est en cause.

Le sort de l’aventure humaine, entamée il y a des millions d’années, va-t-il se jouer en l’espace de quelques décennies? Notre avenir est entre nos mains. Il faut réagir, et vite, avant qu’il ne soit trop tard. »

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ConeIndigovide« Stop« , Laurent de Bartillat et Simon Retallack  Stars3

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Un livre choc sur l’état de la planète, avec 450 pages d’images fortes et de textes écrits par 25 participants: Arundhati Roy, Edgar Morin, Corinne Lepage, Mikhaïl Gorbatchev, Robert F. Kennedy Jr, Robert Redford, le chef Raoni, Susan George, Edward Goldsmith…

« Les catastrophes écologiques se multiplient. Nous dilapidons les ressources de la planète. La gangrène de la pollution fait chaque jour un peu plus de ravages. Les états reportent a plus tard des décisions urgentes pour la survie de nos enfants. D’énormes pressions politiques et économiques bloquent l’émergence d’un monde plus durable. Pourquoi? Nous le savons tous, la planète est en danger! Comment réagir? Ce livre apporte des réponses et surtout des solutions claires et accessibles qui prouvent que des alternatives sont possibles. Mais le temps presse. Un texte fondamental, une documentation spectaculaire, «Stop» peut et doit contribuer à déclencher la prise de conscience dont le monde a besoin. »

Laurent de Bertillat est photographe, auteur et réalisateur de documentaire sur le thème de l’environnement. Simon Retallack est le directeur éditorial de « The Ecologist ».

ConeIndigovide« Le syndrome du Titanic« , Nicolas Hulot

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« Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l’égoïsme et l’arrogance d’êtres supérieurs convaincus d’être «maîtres d’eux-mêmes comme de l’univers».

Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s’accumulent: dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d’espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d’hommes à occuper cette Terre: après nous, le déluge?

Notre planète est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d’ alerte avant de céder au désespoir: si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l’écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble. »

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ConeIndigovide« Ces maladies crées par l’homme – Comment la dégradation de l »environnement met en péril notre santé », Dr Dominique Belpomme

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Jusqu’aux années 1970, il n’existait pas de cancérologues en France. Cette discipline n’était, en effet, pas reconnue par l’ordre des médecins. L’un des premiers à exercer cette nouvelle fonction fut le professeur Belpomme.

Or, depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès provoqués par le cancer, en France, a doublé: 150 000 morts par an! La croissance de cette mortalité s’observe dans tous les pays industrialisés. Il apparaît en effet que la plupart des cancers sont une conséquence de la pollution de notre environnement. C’est donc un tableau très noir, et pour tout dire passablement effrayant, que le professeur Belpomme brosse de notre avenir sanitaire. « On soigne les malades atteints du cancer, constate-t-il, et non l’environnement qui est lui-même malade. » Le cancer est donc devenu « une maladie de civilisation » comme le définissait déjà René Dubos. C’est le cas d’un grand nombre de nos maladies qui ne sont plus d’origine naturelle, mais artificielles, fabriquées en quelque sorte par l’homme lui-même. Tel est le cas, en particulier des stérilités masculines, des malformations congénitales, de la plupart des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, de certains diabètes, des infections nosocomiales, des allergies, de l’asthme…

Sur les 150.000 morts par an en France par cancer, il n’y en a que 30.000 dont le décès est lié au tabac. Il reste donc à expliquer les 120.000 autres cas liés au stress et à notre mode de vie en général.

Dominique Belpomme, président de l’association française pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac) et directeur du centre d’évaluation de la recherche sur le cancer (Cerc) est l’un des acteurs majeurs du « plan cancer » lancé par le président de la République.

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ConeIndigovide« La société cancérigène« , Geneviève Barbier et Armand Farrachi

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Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de mortalité en France, la première chez les hommes. Pourquoi la lutte, qui s’est concentrée sur les soins la recherche de nouveaux traitements et le tabac, connaît-elle un tel échec, malgré l’énormité des sommes engagées? Et si l’on se trompait de cible? S’il fallait inventer d’autres voies? Inverser la perspective? Ne plus s’attaquer seulement aux effets et aux facteurs de risque individuels, mais aussi aux causes sociales, professionnelles et environnementales?

Le livre dénonce, chiffres à l’appui, les silences des discours officiels et les intérêts de bien des lobbies. Car la disparition du cancer serait préjudiciable à des pans entiers de notre économie. Veut-on vraiment faire reculer le cancer? Ce livre décapant, qui allie la conviction à la rigueur scientifique, démontre que cette maladie n’est pas une fatalité.

Geneviève Barbier est médecin, membre du Syndicat de la médecine générale, et membre du comité de rédaction de la revue « Pratiques, les cahiers de la médecine utopique »
Armand Farrachi, romancier et essayiste, a notamment publié « Les Ennemis de la Terre » et « Les Poules préfèrent les cages ».

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ConeIndigovide« La mafia pharmaceutique et agro-alimentaire« , Dr Louis de Brouwer

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La medecine moderne est gérée par une oligarchie puissante issue des grands groupes chimico-pharmaceutiques qui parviennent à conditionner les choix des gouvernements, des politiques et des institutions de la santé grâce à de prodigieux moyens financiers.

Des médicaments, des vaccins, des produits alimentaires dangeureux sont mis sur le marché et y demeurent, malgré les accidents provoqués.

En s’appuyant sur une documentation rigoureuse, le Dr De Brouwer démontre l’existence de fraudes, d’abus de confiance, et d’escroqueries au sein de notre système de santé.

Louis de Brouwer est docteur en médecine, spécialiste en biologie moléculaire et en homéopathie. Outre le fait d’avoir été l’un des médecins de François Mitterand, le Dr De Brouwer est consultant pour l’UNESCO. Il préside ou anime plusieurs associations qui luttent contre la « pollution médicamenteuse » ou contre la vivisection.

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ConeIndigovide« Le complexe médico-industriel« , ATTAC

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« Depuis une trentaine d’années, dans tous les pays développés, les systèmes de santé ont subi de profondes transformations dues à l’emprise croissante des lobbies et des intérêts privés sur les politiques publiques. Par analogie avec le  » complexe militaro-industriel  » dénoncé par Eisenhower en 1958, on peut désormais parler d’un  » complexe médico-industriel « . C’est lui qui dicte les pratiques médicales en transformant maladie et santé en marché pour consommateurs de soins et de médicaments.

Ce véritable hold-up financier, que cet ouvrage analyse dans le détail, remet en cause des acquis de civilisation. Contre la rapacité des multinationales de la pharmacie, une autre logique, celle du bien commun, est possible. »

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ConeIndigovide« Au nom de la science« , Andrew Goliszek

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Malgré sa violence, cette enquête est bien plus qu’un inventaire cauchemardesque, une variation de plus sur le grand complot mondial contre notre santé. Cette synthèse passionnante est surtout un outil formidable de compréhension des mécanismes de recherche, de production et de contrôle des industries militaires et de la santé. Pour la première fois, industriels et organismes d’état sont mis face à leurs responsabilités. A l’heure où notre regard sur la médecine évolue de jour en jour, où un changement profond de nos modes de consommation des produits de santé s’impose, Au nom de la Science est un appel à la vigilance, une clé essentielle pour ne plus subir, mais combattre les crimes et aberrations commis par certains industriels et nos gouvernements… au nom de notre santé à tous! Une enquête stupéfiante: les scandales d’un siècle d’expérimentation secrète sur l’être humain.

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ConeIndigovide« Les confessions d’un assassin financier – Révélations sur la manipulation des économies du monde par les Etats-Unis », John Perkins  New3

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« Les assassins financiers, écrit John Perkins, sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales: les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l’extorsion, le sexe et le meurtre.  » John Perkins sait très bien de quoi il parle… Il a été lui-même un assassin financier. Son travail consistait à convaincre certains pays stratégiquement importants pour les États-Unis, comme le Panama ou l’Indonésie, d’accepter d’énormes prêts pour le développement de leurs infrastructures, et à s’assurer que tous les projets lucratifs étaient confiés à des entreprises américaines. Ainsi affligés de lourdes dettes, ces pays se retrouvaient alors sous le contrôle du gouvernement américain, de la Banque mondiale et d’autres organisations humanitaires dominées par les États-Unis, qui se comportaient envers eux comme des usuriers, leur dictant les conditions de remboursement et forçant leurs gouvernements à la soumission. Cet extraordinaire récit véridique dévoile la corruption et les intrigues internationales, ainsi que des activités gouvernementales ou entrepreneuriales peu connues, qui ont de graves conséquences pour la démocratie américaine et le monde entier. »

Triangle_jaune Article à propos du livre dans « Le Grand Soir »

ConeIndigovide« L’État voyou« , William Blum

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« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les Etats-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis mais dorénavant – chose curieuse à dire – un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18.000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ.

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

William Blum est américain, et ancien fonctionnaire du Département d’Etat

ConeIndigovide« La guerre des Bush« , Eric Laurent  Stars3

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« Une nouvelle guerre se prépare en Irak. George W. Bush invoque avec insistance la lutte «du bien contre le mal». Que cache ce discours? Une vérité troublante, immorale, et des questions dérangeantes. Pourquoi l’actuel président américain et son père entretiennent-ils depuis plus de vingt ans des relations avec la famille Ben Laden? Pourquoi un puissant banquier saoudien, beau-frère d’Ousama Ben Laden, soupçonné d’avoir financé les réseaux d’Al Quaïda, a-t-il constamment aidé George W. Bush dans ses activités pétrolières, le sauvant même de la faillite? Comment expliquer l’acharnement du père, lorsqu’il était président, à armer et financer Saddam Hussein, provoquant peut-être l’invasion du Koweit? Puis, douze ans plus tard, l’acharnement du fils à vouloir détruire ce même Hussein?

La Guerre des Bush plonge le lecteur au coeur des secrets les plus inavouables et éclaire toutes ces zones d’ombre. Une fois le livre refermé, plus personne ne pourra jamais croire à la vérité officielle. »
 

Eric Laurent est grand reporter au Figaro et spécialiste de politique étrangère. Il est l’auteur de nombreux documents à succès dont La guerre du Golfe avec Pierre Salinger.

 

ConeIndigovide« Le monde secret de Bush« , Eric Laurent Stars3

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« Bien qu’arrivé à la Maison Blanche au terme d’une élection controversée, jamais un président américain n’a détenu autant de pouvoir ni manifesté autant d’arrogance que George W. Bush.

Sa trajectoire, cependant, reste entourée de secrets, marquée par des alliances troublantes et des manipulations financières inavouables.

Qui gouverne réellement l’Amérique? Des idéologues, des financiers, des fanatiques religieux?

Telles sont les questions posées par ce livre qui suscitera la stupeur et, inévitablement, l’inquiétude. »

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ConeIndigovide« Le monde selon Bush » – DVD, William Karel  Stars3

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« Qui est George W. Bush? Ce documentaire de William Karel raconte les mille jours de sa présidence, des attentats du 11 septembre au bourbier de la guerre en Irak. Il dresse un état des lieux de l’Amérique d’aujourd’hui et tente de comprendre comment un petit groupe d’hommes, sous l’influence des faucons néo-conservateurs, a pris le contrôle de la politique étrangère américaine.

Le film dénonce les travers de la dynastie Bush au grand complet. On y découvre le grand-père de l’actuel Président, Prescott Bush, qui a fait fortune en prenant la direction d’entreprises nazies après l’arrivée au pouvoir de Hitler, avant de voir ses entreprises saisies pour collaboration avec l’ennemi. Les relations entre George Bush père et Saddam Hussein sont aussi largement évoquées.

« Le monde selon Bush » est pour une large partie basé sur une enquête menée par le grand reporter spécialiste de politique étrangère Eric Laurent dans son livre, « Le monde secret de Bush ».

ConeIndigovide« Le cartel Bush« , James Hatfield

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« Il y a les biographies de George W. Bush écrites par les communicants de la Maison-Blanche ou les journalistes « amis ». Et il y a Le Cartel Bush, la biographie non autorisée. Celle qui explore en détail l’entourage du président des États-Unis, ses affaires, ses retournements de veste, le financement de ses campagnes électorales, son addiction à la cocaïne… L’auteur, James Hatfield, fut menacé par deux proches conseillers du président devant témoins et retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé. Sa famille prétend qu’il a été assassiné.

L’auteur, qui a réalisé un travail de fourmi, avait bénéficié dans son enquête de l’aide de Karl Rove (le secrétaire général de la Maison-Blanche) qui croyait aider à la rédaction d’une biographie de complaisance. L’ouvrage intitulé « Fortunate Son, G. W. Bush and the Making of an American President », fit immédiatement la Une des journaux, fut choisi comme best-seller par le New York Times et souleva une intense polémique.

Il s’agit d’un document exhaustif sur l’homme, sa famille et son entourage, ses affaires et sa carrière politique, ses retournements de veste et le financement de ses campagnes électorales. Bien qu’il soit écrit sur un ton mesuré et s’attache à comprendre la personnalité de George W. Bush, il présente une vision terrifiante de la vie publique états-unienne. Pourtant, de cet imposant travail, on ne retint qu’un passage secondaire mais sensible: le candidat Bush avait été arrêté pour détention de cocaïne, en 1972. Or, selon les lois locales, ce délit aurait dû lui valoir une privation de droits civiques, il n’aurait donc pas dû avoir le droit de se présenter au gouvernorat du Texas et à la présidence des États-Unis.

Ce sont en réalité bien d’autres détails qui provoquèrent la colère des Bush. Notamment, un passage relatif à la société Arbusto dont George W. fut le directeur. On y apprenait que, par l’entremise d’un homme de paille, cette société était la propriété d’un certain Salem Ben Laden, frère aîné d’Oussama.

Karl Rove et Clay Johnson III (l’assistant personnel du président) intentèrent un procès en diffamation et obtinrent le retrait conservatoire du livre. En définitive, il fut autorisé à la vente, sans coupes, mais après le retrait de la préface originale.

Ayant échoué dans leurs démarches, Rove et Johnson menacèrent devant témoin Hatfield de le liquider, lui et toute sa famille, s’il persistait à diffuser son ouvrage. Il fut retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé, tandis que sa famille prétend qu’il a été assassiné.

Ce document exceptionnel a été traduit en français et publié en Suisse. Le Réseau Voltaire en assure la diffusion exclusive en France. »

ConeIndigovide« La face chachée du 11 septembre« , Eric Laurent  Stars3

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« Ce livre dévoile les mensonges et les silences officiels qui entourent encore la tragédie du 11 septembre. Un an d’enquête a conduit l’auteur notamment aux Etats-Unis, au Pakistan, à Dubaï, au Qatar, en Israël et jusqu’aux montagnes de Tora Bora, dernier refuge de Ben Laden en Afghanistan. Enquête minutieuse, parfois dangereuse, qui révèle la face cachée du 11 septembre. Pourquoi Ousama Bin Laden n’est-il toujours pas inculpé par les responsables américains pour les attentats du 11 septembre? Pourquoi la CIA qui surveille en permanence les marchés financiers n’a-t-elle pas détecté le plus grand délit d’initiés de l’histoire qui a précédé le 11 septembre? Quelle est la véritable identité des pirates de l’air? Quel est le rôle exact joué par les services secrets du Pakistan? Et que penser de l’Arabie Saoudite, de ce royaume dont trois princes ont connu une mort mystérieuse à la suite du 11 septembre? Les informations recueillies dans ce livre, les faits troublants, les contradictions et les manipulations avérées battent en brèche les vérités admises. »

ConeIndigovide« Kill, kill, kill« , Jimmy Massey

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« Le témoignage accablant d’un soldat américain sur la guerre en Irak et les méthodes de l’armée américaine. »
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ConeIndigovide« Les mensonges de George W.Bush, Scott Ritter

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« Pourquoi faudrait-il mener une seconde guerre contre l’Irak? demandait Scott Ritter en 2002, après avoir démissionné en 1998 de son poste d’inspecteur en armements pour l’ONU. « Quand j’ai quitte l’Irak, l’infrastructure et les équipements avaient été éliminés à 100 %. Cela est indiscutable. » Scott Ritter savait déjà que les raisons évoquées à Washington – la menace des armes de destruction massive, et la collusion entre Saddam Hussein et Al-Qaida – n’existaient que dans les fantasmes de pouvoir hégémonique du clan néo-conservateur de George W. Bush.

Dans ses livres précédents (Endgame, 1999 et Guerre à l’Irak, 2002), Scott Ritter avait déjà tiré le signal d’alarme. Scott Ritter raconte dans celui-ci les efforts qu’il a déployés au Congrès de Washington, puis à Bagdad et dans les médias du monde entier pour empêcher le gouvernement américain d’attaquer unilatéralement l’Irak, sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

Sa dénonciation des mensonges de Bush, Cheney, Rumsfeld et « du reste de leur bande de cow-boys justiciers » lui a valu la calomnie et les attentions du F B.I. Mais la « croisade » de Bush a eu lieu et des milliers de civils irakiens et des centaines de soldats anglo-américains sont morts pour un arsenal fantôme l’Irak « libéré » est occupé, meurtri, ruiné et au bord de l’éclatement. Malgré la capture de Saddam Hussein et des dignitaires de son régime, aucune arme de destruction massive n’a été trouvée. Le mensonge de George W. Bush a été la cause de l’écrasement d’une nation de 20 millions d’habitants par la plus grande puissance militaire de la planète. Ce livre est le plaidoyer solennel de l’homme qui a eu raison avant tout le monde et qui craint que le peuple américain ne perde ses valeurs et les principes fondamentaux de sa République, édictés par sa Constitution en 1776. Il lance aussi un vibrant appel à la mobilisation pour changer de président en novembre 2004, grâce à l’arme suprême de la démocratie américaine: le bulletin de vote. » 

Scott Ritter, ancien « marine », a été inspecteur des Nations-unies en désarmement en Irak de 1991 à 1998. Spécialiste de la question irakienne, il a publié de nombreux articles à ce sujet, ainsi que le livre « Guerre à l’Irak, ce que l’équipe Bush ne dit pas ».
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ConeIndigovide« Or noir et Maison Blanche, comment l’Amérique a vendu son âme pour le pétrole saoudien », Robert Baer

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« Membre pendant vingt ans de la division des opérations clandestines de la CIA, Robert Baer, nous révèle le pacte terrifiant qui unit les élites économiques et politiques américaines à la famille royale saoudienne. Réseaux de financement, accords secrets, corruption… Une enquête au cœur d’un système où les enjeux, qui s’élèvent à des milliards de dollars, menacent l’équilibre de la planète. »
 

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ConeIndigovide« Les nouvelles preuves sur l’assassinat de J.F.Kennedy – Le clan Bush est-il coupable? », Caroline Lebeau

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« Une enquête journalistique qui expose en pleine lumière des liens auparavant insoupçonnés ou occultés entre le parti républicain, la mafia, les milieux anticastristes, le complexe militaro-industriel et les services secrets américains, l’auteur renoue avec patience et sagacité les fils rompus d’une quête légitime de vérité sur les véritables circonstances de l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy.

Surmontant avec un courage qu’il faut saluer menaces, pressions et intimidations, Caroline Lebeau dévoile les aspects les plus compromettants de l’un des événements politiques majeurs du dernier demi-siècle. »

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videConeIndigo« Une lueur d’espoir« , Marc-Edouard Nabe

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En partant des attentats du 11 Septembre, Marc-Edouard Nabe se livre à une critique féroce du système, de son hypocrisie, son mercantilisme, et son totalitarisme médiatique.

Un livre prophétique et politiquement incorrect…

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ConeIndigovide« Dominer le monde ou sauver la planète? – L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale« , Noam Chomsky

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« La politique actuelle de l’administration Bush sur la scène mondiale constitue-t-elle une rupture avec la position traditionnelle des États-Unis ? Pour Noam Chomsky, la Stratégie de sécurité nationale adoptée en 2002, dont le but avoué est de perpétuer indéfiniment la domination des États-Unis en empêchant l’émergence de tout rival, a eu de nombreux précédents dans la pratique des administrations passées, tant républicaines que démocrates. Ce qui est vraiment nouveau, c’est que cette attitude n’est plus déniée mais revendiquée ouvertement.

En s’appuyant sur un travail de recherche et sur l’exploitation de nombreuses archives récemment déclassifiées (dont les soviétiques), Noam Chomsky analyse le discours du projet américain, dont il souligne très efficacement l’illogisme et l’injustice. II pose aussi une question essentielle: où nous mène une telle volonté d’hégémonie? Sa réponse: à une situation d’extrême danger pour l’espèce humaine, du fait du réchauffement de la planète mais aussi de l’exacerbation du risque nucléaire.

Hégémonie ou survie: tel est, selon Chomsky, le choix historique aujourd’hui, et nul ne sait quelle orientation va l’emporter. »

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ConeIndigovide« La loi du plus fort – Mise au pas des états voyous« , Noam Chomsky, Ramsey Clark, Edward W. Said

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Trois intellectuels américains de renommée internationale, Noam Chomsky, Edward W. Said et Ramsey Clark, posent dans trois contributions indépendantes la question de la définition par les Etats-Unis des États dits «voyous». Ils démontrent que les actions engagées contre eux peuvent être en contradiction avec les résolutions des Nations unies et le droit international. Ensemble, ils révèlent la face noire de la politique étrangère américaine.

 

ConeIndigovide« La fin de la liberté« , Gore Vidal

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« La Fin de la liberté » montre avec calme et rigueur que les attentats américains étaient somme toute logiques, prévisibles, retour de bâton obligé d’une politique ultra-sécuritaire et protectionniste qui n’hésite pas à jouer les apprentis sorciers en finançant et manipulant des individus comme Ben Laden. Pour Gore Vidal, il semble plutôt comique de se draper de vertu dans la bannière étoilée et de porter comme étendard les articles de la constitution de 1791 sur les libertés individuelles. Car, autre histoire des événements que Gore Vidal nous permet de comprendre dans son essai, il y a depuis cinquante ans un recul des libertés aux États-Unis. Il détaille comment les citoyens américains sont tous fichés par le jeu des cartes de crédit et autres inscriptions consuméristes en tout genre. Il explique aussi comment une paranoïa panique s’insinue subrepticement dans les consciences (…). L’Amérique marche-t-elle sur la tête? Gore Vidal le pense intimement, lui qui annonce pour le XXIe siècle un changement d’ère caractérisé par le renforcement d’un état de sécurité nationale aux États-Unis, « dont le seul objectif est de mener des guerres perpétuelles chaudes, froides et tièdes. »  
Denis Gombert – Amazon.fr

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ConeIndigovide« Mike contre-attaque!« , Mike Moore  Stars3

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Dans ce livre, Mike Moore dénonce avec un humour féroce le capitalisme sauvage et ses dégats sociaux et écologiques. Il s’en prend aussi à l’administration Bush, aux faux efforts écologiques, à l’arrogance des Américains, au délire sécuritaire, à l’adolescence chloroformée dans son conformisme, à la confiscation de la démocratie par les élites, au monopole des marchés sur l’échelle mondiale, à l’accroissement dramatique qui sépare les plus riches des plus pauvres…

« Le Bandit-en-chef George W. Bush, dit George II, et son gang, Dick Cheney, Donald Rumsfeld & Co, gouvernent l’Amérique. Ultraconservateurs et richissimes (leur fortune est liée au big business du pétrole, de l’armement, ou des biotechnologies), ils ont fait main basse sur le pays, et partent maintenant en guerre contre «l’Axe du Mal»… »
 

ConeIndigovide« Tous aux abris« , Mike Moore 

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« L’image est dans toutes les mémoires. Michael Moore pointait un doigt accusateur et lançait: « Honte à vous, Mr Bush! ». C’était au festival de Cannes de 2003, après le déclenchement de la guerre en Irak. Aujourd’hui, George W., le Bandit-en-Chef (avec lui, sa clique de millionnaires), est toujours là. Pire, il prépare sa réélection au poste de Commandant en Chef de la Mère Patrie en 2004! Il n’en fallait pas plus à Mike pour repartir au front et TOUT faire pour que le cauchemar s’arrête. Dans ce nouveau livre, aussi drôle et provocateur que les précédents, Mike est l’Arme de Dérision Massive (il a quand même perdu vingt kilos en quelques mois en cessant de manger… des produits sans sucre), il s’attaque aux mensonges et à la propagande dont son pays est victime depuis le 11 septembre, notamment sur les armes de Saddam. Il révèle les petits secrets du roi George du pétrole irakien et ses petites combines avec ses copains saoudiens.

Et Mike se fâche vraiment quand il voit que sa patrie est devenu les États-Unis de la Peur, où les libertés publiques sont menacées alors que les grands patrons-truands des multinationales US échappent à la prison! Le monde à l’envers! »

ConeIndigovide« Pourquoi le monde déteste-t-il l’Amérique« , Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies

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Pourquoi, comme le disait une banderole brandie au Pakistan, les Américains sont-ils le « peuple le plus haï de la terre »?
Ce ne sont pas les Américains en tant que peuple qui sont détestés; ce qui est rejeté plus fondamentalement, c’est leur entité politique caractérisée par une violence répressive, le souci obsessionnel de leurs propres intérêts, la façon de se positionner comme centre du monde et surtout d’édicter comme norme ce qui doit être « raisonnable, normal et approprié ». La civilisation américaine incarne un paradoxe: d’un côté l’ouverture à des populations et des cultures très diverses, de l’autre l’adhésion à une forme de pensée unique où les valeurs reines sont la rentabilité, la cohésion du groupe, la foi, la famille. Trahir ce pacte et ces valeurs, c’est ne plus être américain. Pourtant, des voix critiques s’élèvent aux États-Unis au sujet de la « croisade contre le terrorisme » mais, au nom d’une unité hégémonique de principe, ces voix sont peu relayées. « Pourquoi le monde déteste-il l’Amérique? » plonge au cœur du système américain. Il avertit que le plus grand ennemi de l’Amérique c’est peut-être bien elle-même, tant le pays est incapable d’avoir un regard distancié et critique sur lui-même et de prendre en compte le discours des autres. Un livre qui n’a pas peur d’affirmer que l’Amérique n’est pas forcément, pour parodier le mot de Lincoln, « ce que l’humanité peut espérer de mieux ».

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ConeIndigovide« Après l’Empire« , Emmanuel Todd

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Les États- Unis ne peuvent plus vivre de leur seule production. Le déficit commercial des Etats-Unis ne cesse de s’accroître. La mondialisation est en train de montrer au monde qu’il peut se passer de l’Amérique, mais l’Amérique quant à elle s’aperçoit qu’elle ne peut plus se passer du monde. Dépendance économique, affaiblissement démocratique, bi-polarisation sociale tels sont donc les principaux symptômes de déclin identifiés par l’historien et démographe Emmanuel Todd qui avait prévu dès 1976 l’effondrement soviétique uniquement d’après des observations démographiques. Des signes qui permettent de comprendre pourquoi les États-Unis sont aussi actifs sur la scène internationale afin de conserver le statut de superpuissance. L’Amérique doit mettre en scène sa puissance sur le terrain géostratégique. Selon trois principes en apparence irrationnels: ne jamais résoudre définitivement un problème; se focaliser sur des micropuissances; développer un arsenal militaire censé être indépassable. La lutte contre le terrorisme, les menaces contre « l’axe du mal » et l’Irak apparaissent ainsi pour ce qu’ils sont: des prétextes. Pour Todd, les États-Unis par leur politique internationale maintiennent artificiellement des foyers de tension et sont donc devenus un obstacle à la paix dans le monde.

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ConeIndigovide« Guerres du XXIe siècle: Peurs et menaces nouvelles« , Ignacio Ramonet

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« Le spectre de désastres hantent désormais le monde. Ils appartiennent essentiellement à deux catégories. D’une part, les crises géopolitiques de type nouveau provoquées par l’hyperterrorisme, l’ultranationalisme et les fondamentalismes. D’autre part, les atteintes à l’écosystème qui sont à l’origine de catastrophes naturelles ou industrielles de très grande ampleur. Comment éviter ces nouveaux dangers qui menacent, à terme, la survie de l’humanité? »

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ConeIndigovide« De la propagande« , Noam Chomsky

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La pratique de Noam Chomsky, c’est de vous dire ce qu’il pense, pas ce que vous devez penser. II ne se contente pas de maudire l’obscurantisme, il allume une bougie pour que nous puissions y voir. Voir ou comprendre quoi? L’impérialisme américain, d’abord, qu’il démonte avec une remarquable acuité – de l’éradication des résistances sud-américaines au contre-terrorisme. Les ressorts psychologiques et lexicaux de la « fabrication de l’assentiment » dans le monde. Mais aussi la signification des événements de Seattle, le fonctionnement de l’ONU et des cours internationales de justice, le fondement de l’économie capitaliste depuis les années 1970… Derrière le Chomsky politique se manifeste le linguiste, insistant sur la détérioration et la falsification du langage, moyen pour une certaine idéologie néo-libérale de faire passer les vessies pour des lanternes…

Noam Chomsky enseigne la linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) depuis 1955. Philosophe, il est l’auteur de plus de trente ouvrages sur la politique extérieure des États-Unis, la situation des droits de l’homme dans le monde et le rôle des médias dans la fabrication de l’opinion 

videConeIndigo« Le gouvernement invisible - Naissance d’une démocratie sans le peuple », Laurent Joffrin

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« France: pays d’apparence démocratique et de réalité oligarchique » : Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, n’y va pas par quatre chemins pour dresser l’état de la France. En un mot, le peuple perd le pouvoir.

La faute à qui? Pour l’ancien directeur de la rédaction de Libération, pas de doute: c’est l’émergence d’un « gouvernement invisible » &endash; conglomérat rassemblant financiers, managers de l’industrie et des médias, institutions indépendantes mondiales &endash; alimenté par l’impuissance des élus, qui est à l’origine de la confiscation du pouvoir. Bref, une oligarchie invisible accapare le pouvoir pour ses propres intérêts. L’auteur en veut pour preuves l’omniprésence des énarques, la toute-puissance de l’idéologie libérale libertaire, la survalorisation de l’argent et d’Internet dans nos sociétés. En ligne de mire principale: le PDG de Vivendi Universal Jean-Marie Messier et l’essayiste Alain Minc.

L’ambition de cet essai est avant tout de lancer des pistes pour réhabiliter le politique. Et Laurent Joffrin de nous rappeler combien les événements du 11 septembre 2001 ont fragilisé les forces du marché &endash; occasion que devraient saisir intellectuels, militants et citoyens pour reprendre le pouvoir.

Laurent Joffrin a été journaliste au « Nouvel Observateur » avant de devenir directeur du journal « Libération » en 2006.
 

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videConeIndigo« Au nom du Tiers-Etat« , François Bayrou

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Le pouvoir est verrouillé, le peuple n’y a plus aucune place, on est revenu à l’Ancien Régime. Depuis un quart de siècle, le pouvoir absolu de cette Ve République finissante, appuyé sur des forteresses financières et médiatiques, a réduit le peuple français à la condition du tiers état de 1789. Jamais la phrase de Sieyès n’a parti plus juste:  » Qu’est ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose.  » Voilà des années que François Bayrou dénonce la crise de ce régime et la manière dont les clans se l’approprient. Sur ce thème, depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il a pris comme cible les abus de pouvoir et défendu les droits du peuple français et du Parlement. Au nom du tiers état, ces textes de combat sont un réquisitoire contre le mépris des citoyens.
 

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videConeIndigo« 99 francs » ou « 14,99 euros« , Frédéric Beigbeder

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Un roman acide et drole pour dénoncer le mercantilisme universel…
 

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ConeIndigovide« La fatigue des élites – Le capitalisme et ses cadres », François Dupuy

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« Les cadres passent pour les « compétitifs » de l’économie moderne, ceux à qui le capitalisme promet l’accomplissement et la réalisation de soi. Pourtant, ces hommes et ces femmes dont l’entreprise attend dévouement et solidarité, donnent aujourd’hui le sentiment de ne plus y croire. Ils ne s’identifient plus aussi facilement au destin de leur société, cherchent à se dérober aux pressions de leur environnement, voire adhèrent aux critiques les plus frontales du nouvel ordre économique. Bref, ils commencent à « jouer contre », eux dont on croyait qu’ils joueraient toujours « avec ». Le spectre d’une « révolte des cadres », hier encore inimaginable, entre peu à peu dans l’ordre du pensable. On se prend à imaginer que le désordre social ne surgisse pas d’une mobilisation des  » petits  » contre le capitalisme, mais du cœur même de ses élites. »

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ConeIndigovide« Bonjour paresse – De l’art et la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise », Corinne Maier

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« Le travail, c’est pas la fête. Contre le raffarinesque « La France doit se remettre au travail », Corinne Maier pousse son cri du 1er mai: Vive la paresse, un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

« Bonjour paresse » est là pour dire enfin la vérité: la grande entreprise, personne n’y croit plus. La foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l’Ordre de la Firme. À présent les cadres moyens, petits boulons dans une machine jargonnant un sabir grotesque, n’attendent qu’une chose: le solde à la fin du mois.

Mais alors, que faire? Rien surtout! Affirme ce livre. Soyons individualistes et inefficaces en attendant que ça s’effondre et qu’une nouvelle société advienne où chacun cultivera essentiellement son jardin et conservera un à-côté accessoire dans une grande structure, histoire de survivre quand même. »

Corinne Maier est économiste; actuellement à temps partiel dans une grande entreprise française privatisable (EDF).

ConeIndigovide« Le monde n’est pas une marchandise« , José Bové et François Dufour

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L’analyse et les positions de José Bové et de la Confédération Paysanne à propos de la mondialisation, des OGM, et plus largement, de la marchandisation du vivant.

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ConeIndigovide« Démocratiser la mondialisation« , Boutros Boutros Ghali

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« Nous sommes, chaque jour, les témoins des bouleversements que génère la mondialisation que certains redoutent, que d’autres portent aux nues. Mais l’effervescence intellectuelle qu’elle entretient, tout comme les peurs et les rejets violents qu’elle provoque, nous montrent que beaucoup reste encore à dire, à imaginer et surtout à faire. Boutros Boutros-Ghali, qui fut, tour à tour professeur de droit, ministre des Affaires étrangères d’Égypte, secrétaire général des Nations unies et, aujourd’hui, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, nous livre sa vision des choses, dans ce contexte d’un monde à la recherche de son destin, d’une mondialisation en quête d’humanisme et de démocratisation.

Il faut à tout prix démocratiser la mondialisation avant que la mondialisation ne dénature la démocratie et avant que n’éclatent des conflits inédits dont les attentats du 11 Septembre 2001 pourraient bien constituer le funeste présage: Telle est la conviction de ce grand diplomate qui, à la lumière de sa longue expérience et des récents événements qui ont secoué le monde, libère sa parole pour nous faire partager ses espoirs d’un monde meilleur. »

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Combattre le monothéisme du marché

Posté par issopha le 3 octobre 2007

  

  

Combattre le monothéisme du marché

 

Par

 

Yann Moulier-Boutang

Economiste, directeur de la rédaction de Multitudes. Dernier ouvrage paru : le Capitalisme cognitif, éditions Amsterdam, 2007.

 

 

QUESTIONS QUI FACHENT. Une gauche authentique doit-elle se définir comme anticapitaliste ou antilibérale ? Il n’est pas sûr que ces deux adjectifs soient finalement si utiles. 28 septembre 2007.

J’ai l’habitude de dire que la démocratie est une chose trop sérieuse pour qu’on la laisse aux « démocrates de la représentation bourgeoise », que le marché est un mécanisme trop important pour qu’on le laisse aux libéraux ou à la Société du Mont-Pèlerin avec son saint Hayek ! Que le libéralisme politique est trop important pour qu’on le laisse aux libéraux économiques (ils ne sont pas légion traditionnellement dans l’Hexagone) et bien pire encore aux néolibéraux. Et, pour finir, que le capitalisme est une chose trop cruciale pour qu’on le laisse… aux capitalistes.

L’anticapitalisme n’est pas vraiment le fil rouge, tout au plus un fil à couper le beurre. Ni un parti viable, un discriminant sur lequel fonder les alliances depuis la chute du socialisme réel en Russie et en Europe de l’Est et dans le peu ragoûtant hybride chinois qui combine (provisoirement espérons-le) le pire du communisme tyrannique et le pire du capitalisme débridé néo-manchestérien. Il n’est pas non plus un programme praticable à court ou moyen terme, en revanche, c’est une idéologie destinée à se survivre à elle-même, même si elle a perdu toute effectivité, comme aurait dit Hegel. Certes, la colombe paraît voler plus vite dans le vide abyssal du socialisme. J’ai tendance à penser qu’elle ne vole pas du tout.

En revanche, comme culture de base, la « pensée de derrière » (Pascal) que le capitalisme est historique (Wallerstein) et qu’il n’est l’horizon indépassable ou l’air que nous respirons que pour les imbéciles, et qu’il contient les éléments de son dépassement, demeure un discriminant de l’intelligence tout court, si nous appelons cela de l’anticapitalisme, alors cet anticapitalisme a un bel avenir devant lui. Cela ne nous avance pas forcément sur le premier niveau (les partis de la politique) ou le second (le programme), mais cette culture historique et critique est la condition sine qua non.

Les idées fausses ne deviennent jamais des valeurs solides (sauf dans la poche des marchands de divertissement à Hollywood). Pire, elles engendrent l’équivalent de la « vulgar economie ». L’enfer est pavé des « bons sentiments » qui se donnent libre cours dans la politique vulgaire. L’idée que le capitalisme se réduise au marché, que le marché soit le diable, la finance la version moderne des deux cents familles dénoncées par le Front populaire, et que la mondialisation veuille dire simplement davantage de domination que sous la férule de ce bon vieil État nation républicain, conduit tout droit au populisme, c’est-à-dire très vite à des alliances catastrophiques.

Le jeu politique vis-à-vis du capitalisme, je le vois ainsi : s’allier avec le capitalisme cognitif contre le capitalisme industriel ; s’appuyer sur le « communisme du capital » et le bloc émergent du nouveau travail productif pour repenser radicalement la démocratie et la représentation, et construire les rapports Nord/Sud. Nous avons besoin d’une abolition du capitalisme industriel comme nous avons eu besoin d’une abolition du capitalisme esclavagiste. Mais cela va-t-il nous sortir du capitalisme, de tout capitalisme ? Pas sûr, mais il n’y a pas d’autre chemin praticable. Reprendrez-vous une dose de « socialisme réel ? ». Non merci. Tout compte fait, mieux vaut combiner la splendide utopie vivante active de la libération ici et maintenant avec Marx en Californie, plutôt que d’aller chercher Adam Smith à Pékin. C’est de ce côté que de nouvelles combinaisons sont à tenter. Celle du revenu inconditionnel d’existence pourrait bien marquer l’abolition du salariat industriel à laquelle avait rêvé tout le Mouvement ouvrier (jusqu’à la Chartes d’Amiens de la CGT en 1906).

Côté programme, occupons-nous de contrôler davantage la finance que de partir en guerre contre les moulins à vents du marché. Ce n’est pas la réalité complexe des marchés (pluriels) qu’il faut combattre. Ils contiennent même la marche vers la liberté, l’affranchissement de la contrainte au travail (c’est même la seule condition pour que le marché marche). Ce qu’il faut combattre, c’est l’idéologie du monothéisme du marché et tous les bigots de cette idole du forum, avant que celle-ci ne s’effondre dans une succession de crises financières qui effacent les conquêtes des classes moyennes et les ramènent au salariat. La marchandisation du monde ne sera jamais atteinte. En revanche, la croyance dans la toute-puissance, l’infaillibilité des marchés est une stupidité qu’il faut ridiculiser plutôt que de l’ériger en grand ennemi. Occupons-nous plutôt de nous appuyer sur l’écologie politique pour remplacer le développement indistinct par un programme de préservation de la biosphère (qui voudra dire moins de croissance matérielle) et de développement de la noosphère(qui voudra dire un développement humain vertigineux).

Sur le plan des valeurs : pour aller jusqu’au bout de la démocratie radicale, aiguisons la formidable contradiction du capitalisme cognitif : il veut développer, comme nous, la puissance de l’intelligence collective (les nouveaux modèles, comme le peer to peer), qui sont la source hégémonique de la valeur et de la nouvelle accumulation. Mais il prétend multiplier les nouvelles clôtures des droits de la propriété intellectuelle pour les réduire à des marchandises étriquées et lugubres. Accélérons l’exploration et la mise en place des nouveaux biens communs. Bill Gates traite Linus Thornvald, Pekka Himanen de « communistes ». C’est ce « communisme »-là qui nous intéresse. Le reste est passé ou littérature. Méfions-nous : pour consolider des espaces de liberté, ne faisons pas trop confiance à l’État nation, ni aux grandes corporations multinationales. Les politiques publiques à inventer ne sont ni les renationalisations de la production industrielle ni le maintien des services publics (en façade), encore moins le fait de « réindustrialiser les banlieues » ou l’Europe. Les politiques publiques doivent concerner surtout la finance (donc commencer par comprendre ce qu’elle est devenue), la garantie de l’égalité d’accès aux biens, aux connaissances et à l’éducation permanente, les gigantesques monopoles des médias et les tuyaux du numérique. Si les multitudes (comme patients, clients, voyageurs, cybernavigateurs, usagers, étudiants, producteurs) savent s’organiser et faire de la définition des cahiers des charges des services collectifs et de la surveillance de leur exécution un moment d’exercice d’une démocratie effective, la question des services universels (terme européen), et pas exclusivement français, ne se bloquera pas sur le fort Chabrol de la défense du service public.

Nous avons besoin dans un pays trop peu européen, trop napoléonien, de plus de véritable décentralisation, pas de déconcentration, qui est une farce à l’âge de l’informatique. Les traditions libertaire (du côté gauche), libertarienne (du côté droit), et même libérale (au centre politique), sont bienvenues à l’heure où nos Parlements votent régulièrement des lois liberticides sur le droit d’auteurs et le téléchargement sur Internet. Alors un peu moins de paroles « anticapitalistes » « antilibérales », « anti-marché », et plus d’actes qui augmentent le degré de liberté de nous-mêmes et de nos petits-enfants dans un monde abîmé qui voit se lever un nouveau type de capitalisme. De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace !

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  • Combattre le monothéisme du marché

    28 septembre 20:39, par asse42

    Il faudrait que tu expliques plus clairement ta conception de la décentralisation par exemple. Est-ce que tu parles de petits groupes ou de grande échelle ? Capitalisme cognitif ? Précise un peu plus clairement pour les non-intellos comme moi. Parce que ta vision peut m’intéresser dans ma recherche de développement d’une nouvelle démocratie. Je suis un tenant de la démocratie participative. Celle qui prend en compte la parole des citoyens pour lutter contre la lobbyisation de la société. Nous avons la volonté d’aller dans ce sens-là au PS pour ensuite l’infuser dans la société. Nous comptons développer l’économie sociale et solidaire adossée au micro-crédit, commerce èquitable, aux SOC,etc… Tout en ne négligeant pas les autres formes d’économie plus capitaliste dirons-nous. Nous pensons aussi qu’il est temps de mettre de l’ordre juste dans le lien économique entre public et privé par l’application de contrats citoyens. En échange de financement public l’état pourra exiger certaines garanties comme le respect de la parité, des territoires, de la diversité, des contrats de travail durable, les négociations syndicales,etc… Bref rentrer dans une ère partenariale du donnant-donnant.

    Voilà quelques pistes sur lesquelles on travaille pour l’avenir. Quelles sont les tiennes et en quoi on pourrait s’articuler pour donner le meilleur.

    Salutations socialistes

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Comment parler vrai ?

Posté par issopha le 26 septembre 2007

Comment parler vrai ?

  

  

  

Par Philippe Bilger, magistrat.
Où l’auteur approfondit les conflits entre liberté et vérité. Sur le Net et dans la vie.



 

Depuis longtemps, je suis passionné par la parole, l’intensité qu’elle crée et les dégâts qu’elle peut causer. Surtout, me frappe l’infinie complexité du langage qui, parfois, creuse son chemin en nous presque de manière autonome en nous laissant craindre le pire, par les mots jetés à la face du silence, ou le meilleur quand miraculeusement ils viennent se poser comme il convient sur les choses.
Pour les êtres, il me semble que les échanges doivent d’abord et de plus en plus se conquérir de haute lutte. Qui n’a pas remarqué, en effet, qu’à l’art de la conversation s’est substituée, la plupart du temps, la dictature de l’exposé, comme si on n’avait qu’une crainte : un dialogue authentique qui nous obligerait à écouter puis à répliquer, à nous fondre dans un mouvement oral dont nous ne serions pas les seuls maîtres.

C’est cette inaptitude, cette infirmité délibérée qui conduit tant de moments, du plaisir qu’ils pourraient susciter vers l’ennui qu’ils distillent car il est clair que tout esprit bien constitué a horreur de ne faire qu’écouter et de s’entendre interminablement ressasser ce qu’il sait déjà. La conséquence en est que des haltes susceptibles d’offrir une convivialité stimulante et voluptueuse, comme des dîners réussis par exemple, sont de plus en plus obérées par d’assommants monologues qui n’ont pas d’autre ambition, par leur durée, que d’interdire la parole de l’autre. J’ose dire que cette dérive est devenue un trait de civilisation et le signe que l’humanisme élémentaire, qu’abrite la véritable politesse, s’éloigne avec elle dans le pays des nostalgies et des regrets.


Comment distinguer la vérité du ragot ?

Je ne désire pas seulement évoquer cette régression mais m’interroger, au sujet de la parole, sur les rapports de la liberté et de la vérité. En effet, à force d’entendre vanter le parler vrai, je me suis demandé si on ne confondait pas l’esprit libre avec la pensée vraie.
Pour être franc, l’actualité de ces derniers jours m’a incité à me questionner de même, d’ailleurs, que certains agacements périphériques m’ont stimulé. Le hasard, en effet, a fait que je suis « tombé » sur un obscur site en Grande-Bretagne où du fiel était déversé à mon encontre et où on prêtait à Me Szpiner, qui en serait bien capable, un propos me taxant d’une exclusive admiration pour moi-même. Je risque d’être trop long si je prétends répondre à cette allégation car, et sur lui et sur moi, il y aurait beaucoup à répliquer. N’empêche que cette alliance de l’essentiel et du dérisoire me force à souligner que quelques-uns, dont je suis, ont peut-être abusivement bénéficié d’un compliment sur leur parler vrai, alors qu’ils s’efforçaient d’abord d’avoir un parler libre.

La liberté de la parole impose, sûrement, une double exigence.
Celle de n’avoir pas peur d’aller, grâce aux mots, sous la surface, de ne pas se contenter des idées à portée de soi, posées là comme des animaux familiers, mais de s’aventurer, le plus honnêtement possible, dans un maquis complexe où des défis sont à relever et des prudences à écarter. Car il n’est pas concevable, dans une liberté d’expression qui se veut pleine et entière, de ne pas mettre en cause le couple indissociable que constitue la personnalité intellectuelle et les pensées que l’on conteste. Il y a forcément un combat noblement personnel dans le propos libre qui ne saurait se réfugier, grâce à l’abstraction, dans le confort du dit non-dit.
La seconde exigence nécessite, à mon sens, le refus de la clandestinité, l’assomption de la publicité à visage et esprit découverts. Exprimer en catimini tout ce que l’on pense d’un être, d’une théorie, d’une politique me semble une contradiction dans les termes. Il y a, dans la liberté, l’obligation d’affirmer en face, de proférer en pleine lumière. Sinon, c’est du ragot, de la rumeur, du venin ou au mieux de la liberté dévoyée puisqu’elle ne risque rien.


Esprit libre ou parler vrai ?

Venons-en à la dénonciation de la confusion à laquelle j’ai fait allusion. Dans le monde politique comme dans les autres sphères de la vie sociale et intellectuelle, les rares qui fuient le conformisme, qui secouent, agitent et stimulent leurs auditeurs, se voient généralement crédités d’un rapport privilégié avec la vérité. Je le souligne d’autant plus volontiers que sans le vouloir j’ai moi-même longtemps fait se téléscoper ma passion d’aller au fond des choses quoi qu’il en coûte et la certitude de la vérité. Or, la première ne coïncide pas avec la seconde. Donc, lorsqu’on évoque par une commodité de langage le parler vrai, il conviendrait plutôt de le qualifier de parler libre.
Tout de même, on peut comprendre cette assimilation, dans l’expression, entre la liberté et la vérité. Pour atteindre le vrai, la liberté doit se contraindre à ne pas s’enivrer d’elle-même, à percevoir qu’elle n’est qu’une étape fondamentale vers le but ultime qui est d’apposer sur le réel une définition vraie.
J’entends bien qu’on pourrait me rétorquer l’argument trop exploité de l’inévitable relativisme. Le doute, la modestie, l’incertitude, le questionnement n’empêchent pas, quand on le peut, d’identifier des repères solides, des socles essentiels, des données fiables, bref de la vérité au milieu de l’écume des choses et de l’ambiguïté des êtres.
Cette confusion constante entre la parole libre et la parole vraie manifeste à quel point notre monde est devenu frileux. Il s’émerveille tellement, ou s’étonne, d’audaces si peu fréquentes qu’il les surestime et prend pour des héros de la vérité ceux qui ne sont – et c’est déjà beaucoup – que des adeptes de la liberté.



Mardi 25 Septembre 2007 – 12:36

Philippe Bilger


Tags : internet; liberté d’expression; parler vrai; rumeur

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1. Posté par Georges GLISE le 25/09/2007 15:27

je partage assez volontiers l’avis du Procureur, sur la parole libre, mais aussi sur la responsabilité de la parole. C’est pourquoi je n’ai pas pris de pseudo



2. Posté par Françoise COHEN le 25/09/2007 17:07

bravo Georges
on savait déjà que vous étiez quelqu’un de bien
j’en ai jamais douté
a bientôt



3. Posté par Eric Claxon le 25/09/2007 18:24

Conclusion
Dans le monde politique le doute, la modestie, l’incertitude, la certitude, ne coïncide pas
dans l’expression, avec des adeptes de la liberté.
Vous l’avez formulé, c’est du ragot, de la rumeur, du venin ou au mieux de la liberté dévoyée puisqu’ils ne risquent rien.
Merci.

http://Claxon.skyblog.com



4. Posté par Jac le 25/09/2007 20:39

oh merci ! M. P. Bilger. Vous décrivez remarquablement ce que j’ai cherché à dire à ma manière dans un commentaire à l’article de la une sur « les commissions revues par Sarkozy » – j’ai oublié le titre – (bcp moins bien que vous parce que sans le même talent, la même finesse et surtout, par la nécessité d’être brève parmi tant de commentaires à lire… Mais aussi libre)
Si tous les « libre-penseurs », talentueux ou non, pouvaient se réunir !
Non pas pour ne faire qu’un (ce serait stupide) mais pour s’enrichir chacuns de leurs réflexions… sans qu’elles ne soient résumées… et en faire profiter tous ! Combien peut-il y avoir, de libres-penseurs, éparpillés par ci par là, isolés dans la foule ? Je veux dire de gens qui pensent librement sans se laisser influencer -c’est dur- par les rabâchages médiatiques… Et a contrario, combien peuvent-ils être ceux qui ne lisent qu’en diagolane ? Si nombreux ! Parce que, qui effectivement peut prendre le temps de lire autrement ?



5. Posté par Jac le 25/09/2007 21:06

A cette remarque : « La seconde exigence nécessite, à mon sens, le refus de la clandestinité, l’assomption de la publicité à visage et esprit découverts », je me pose une question.
Qui peut concrètement parler librement à visage découvert, publiquement, s’il n’est pas connu donc « médiatisable », pour ne pas devoir ne se montrer à visage découvert que dans un groupuscule, dans le vase clos et intime de « l’entre soi »? Et comment devient-on « connu », ou « médiatisable », ou « public », si on ne fait pas partie de ceux qui profèrent intelligemment ou non « d’assommants monologues qui n’ont pas d’autre ambition, par leur durée, que d’interdire la parole de l’autre » ? Et quand celui qui « pense librement » est devenu public -soit qui peut parler sans clandestinité – comment peut-il continuer à penser librement ?
En résumé : Comment faire pour parler librement mais publiquement, sans résumer, tout en étant sans cesse sous les fashs des projecteurs ?
Il y a un grand paradoxe : pour « penser », il faut être au calme et mieux, seul ; pour être « public », il ne faut surtout pas être ni au calme, ni tout seul… L’idéal, c’est de faire l’un aprés l’autre. Mais aujourd’hui, avec le « star système » où celui qui ne se montre plus est très vite oublié et donc ne peut plus parler publiquement (sinon que dans l’entre soi d’un groupuscule) , comment peut-on faire sans être cet outrecuidant qui « monopolise la parole » ?
Je n’ai pas encore trouvé la réponse et, je pense, je ne l’aurai jamais, sauf si je quitte ce monde, ce site, et me réfugie dans la clandestinité tel l’ermite… En avez-vous une ?



6. Posté par Jac le 25/09/2007 21:49

J’ai le titre de l’article (mon post 4) : « Exclusif : Comment le gouvernement se retrouve impuissant face à la bureaucratie des commissions »



7. Posté par Jac le 25/09/2007 22:25

Autre question :
Je cite : « Surtout, me frappe l’infinie complexité du langage qui, parfois, creuse son chemin en nous presque de manière autonome en nous laissant craindre le pire, par les mots jetés à la face du silence, ou le meilleur quand miraculeusement ils viennent se poser comme il convient sur les choses ».
C’est magnifiquement juste.
Je relève :
- « creuse son chemin en nous » : Comment une parole dîte peut-elle « creuser son chemin » quand sitôt cette parole dîte, on passe à une autre ? Il y a tant et tant qui éprouvent un besoin immense et légitime (presque vital ou plutôt, « survital ») de s’exprimer, librement, quand bien même ce qu’ils auraient à dire ne serait pas « librement » pensé ! (et pour cause). On « ingurgite » tant, tous ! Et de plus en plus ! Il faut bien évacuer ensuite ce trop-plein ! Le web ne peut aider à ce que « l’infinie complexité du langage creuse son chemin »… Et pourtant, c’est bien sur ce web que vous vous exprimez…
Voyez les articles de ce site (dont le vôtre) : Ils défilent quotidiennement, imperturbables, comme le tic tac d’un chronomètre qui saccade le temps jusqu’au couperet du final – stop ! – après le temps imparti; et quand enfin un échange se crée, je dis bien un échange où quelques paroles libres se nourrissent mutuellement, c’est-à-dire quand quelque chose commence à se creuser, à se dénouer, plus pertinent, plus précis… : Stop ! C’est fini, on passe au suivant… N’est-ce pas frustrant ? C’est comme s’arrêter aux préliminaires d’avant l’amour… On reste sur sa faim, d’une question posée sans réponse, d’une réponse qu’on pourrait mieux donner…
- « les mots jetés à la face du silence » : Quel silence ? Cette cacophonie ?! Quand bien même ce qu’on aurait à dire devrait se sussurer, pour pénétrer plus intimement comme un souffle chaud dans une oreille attentive, qui pourrait l’entendre dans cette cacophonie ? Voyez-vous une foule silencieuse ? Elle n’est silencieuse que lorsque quelqu’un ou quelque chose la captive, voire la fascine, la surprend et l’enferme dans une immense émotion. Ce web, même si l’écran est sans le son, est comme une cacophonie : on entend ces cris qui masquent ces sussurements avec les yeux et non plus avec les oreilles. Mais quelle différence ? : L’un et l’autre, la vue ou l’ouïe, sont connectés directement au cerveau de la même manière… On n’est plus nourri que de bruits où la parole n’est pas audible…



8. Posté par Jac le 25/09/2007 22:43

D’ailleurs voyez, à cet article qui pose réflexion, on est entre soi ! C’est-à-dire entre quelques rares qui savent (ou qui peuvent) être attentifs. Dans les super-marchés du livre (les salons de plus en plus grands) ou de la parole (le web), comment être élististe ? D’ailleurs, dans « élitiste » il y a « élite »… Les « élites » (intellectuels, politiques, …etc) savent très bien se retrouver dans une petite librairie par exemple, dans un dîner où la parole est plus aisée, dans un congré de spécialistes… Et on y parle de la même manière, avec les mêmes codes, des mêmes choses; des choses « d’élites ». C’est-à-dire que plus on approndit sa propre pensée, plus on s’y enferme. On finit par s’écouter soi-même et on n’entend plus les autres. Comment faire pour que la parole s’ouvre sans devenir vulgaire ?



9. Posté par Jac le 26/09/2007 00:25

Je reviens sur vos propos puisque, si je ne veux pas cette dictature du « résumé », je me dois de développer plus amplement (au risque d’en être saoûlante et fastidieuse à lire… bref : emmerdante)

« comme si on n’avait qu’une crainte : un dialogue authentique qui nous obligerait à écouter puis à répliquer, à nous fondre dans un mouvement oral dont nous ne serions pas les seuls maîtres. »

Je suis tout à fait d’accord avec cela. Plus précisément encore avec « comme si »… Mais celui qui ne craint pas ce dialogue et même le sollicite, comment peut-il obtenir cet échange ?
Voyez, nous sommes 4 à répondre à cet article, et il suffit que je développe pour n’y ait plus d’intervenant, pour que le dialogue soit rompu ou plutôt, qu’il n’ait pas lieu. Le dialogue en question s’arrête de vous qui écrivez l’article, à nous qui y répondons; mais où est votre réponse à ce que l’on vous dit pour que l’un et les autres puissions mieux nous faire comprendre, pour que nos réponses nourrissent nos raisonnements et amènent d’autres questions qui réclament d’autres réponses ? N’est-ce pas ça la conversation, l’échange ?
J’ai essayé depuis longtemps de créer un dialogue authentique qui dépasse le cercle de l’intimité. Je me suis retrouvée seule, vraiment seule, et ai cherché à profiter de cette solitude pour m’isoler d’avantage et étudier, réfléchir, chercher en autodidacte des réponses à mes interrogations et les nourrir de ma réflexion, construire mon propre raisonnement pour le libérer de tout ce qui l’entravait et pouvoir prétendre ensuite, peut-être prétentieusement, penser « librement ». Plus tard , après tant d’années d’isolement, riche de mille choses qui ne peuvent se contenir en quelques lignes, j’ai écrit, écrit, écrit… de trop de choses à dire, des lettres et non des livres prétentieux ou doctes, qui me semblaient être une « conversation » écrite, à défaut de parler. Bien sûr, pour ce faire je devais choisir ceux à qui je les adressais, ne pouvant écrire de lettres et les envoyer à trop de destinataires (encore que, j’en ai envoyé bcp, dont certaines, au gouvernement Raffarin par exemple, n’attendaient pas de réponses) Je les signais de mon nom, donnais mes coordonnées. Je n’y étais donc pas anonyme et m’exposais franchement, malgré mes lacunes dans l’écriture qui m’exposaient aux railleries ou aux incompréhensions. Je m’y mettais parfois à nu, humblement, tant pis pour le ridicule, pas à tous bien sûr, à peu, à ceux qui m’inspiraient un peu de confiance. Mais combien ai-je reçu de réponses ? Très très très peu. Parmi ces réponses, combien me questionnaient sur telle ou telle chose qui aurait retenu leur attention, pour que je la précise, qu’ils la comprennent mieux ? Personne ou quasiment personne. Pourtant, j’ai bien retrouvé parfois quelques unes de mes propres pensées dans le discours de certains, preuve qu’ils m’avaient lue et lu mes questions, comme si j’avais offert mon cou à des vampires. Des centaines de lettres qui me permettaient, au delà de mes murs, à m’ouvrir aux autres, à sortir de mon isolement, à ne pas garder égoïstement mes réflexions, bonnes ou mauvaises, pour moi seule. Des milliers de réflexions qui ont surgi d’un travail considérable mais qui ne pouvaient contenir dans quelques lignes. Tant et tant, à force de ne jamais avoir de réponse, de rester toujours seule dans mes raisonnements, entre mes murs, qu’elles en devenaient fouilli, cris, appels, ironies, insolences, provocations.
Ici par exemple, de combien de lignes disposons-nous tous ? En développant, je dépasse, je sors des cadres, des marges, je monopolise, c’est certain… Je n’ai pourtant pas l’impression de m’étaler sur du superflu, ce sont de vraies questions que je pose. Mais qui va lire tout ça, qui va répondre, qui va enrichir nos paroles, qui va les faire évoluer ? J’en suis à me dire que ce que j’écris, ce que j’ai à dire, n’intéresse personne, du moins, dès que j’aborde quelque chose de plus profond, de plus fouillé, de moins convenu ou superficiel, au delà de la réaction spontanée et stupide.
Ainsi je ne pense pas que la « crainte d’un dialogue authentique dont nous ne serions pas les seuls maîtres » soit la seule chose qui empêche que ce dialogue s’enclanche. Je crois aussi qu’il y a la crainte pour bcp de se retrouver face à eux mêmes, face à leurs propres réflexions, tant on est conditionné au paraître, tant on doit être comme les autres pour se faire accepter. Alors qui ose être authentique, sans peur d’être raillé, hué, rejeté ? Ainsi on préfère pour la plupart s’arrêter à la réaction, surtout si elle est commune, pour fuir ce qui serait plus difficile à assumer : soi. On pourrait y perdre le masque ou la superbe que le paraître nous oblige à porter, tant le paraître est ce que la plupart accepte de regarder. Un masque sert à se cacher, en principe. Mais il sert aussi à se montrer autrement, tel qu’on n’est pas vraiment mais tel qu’on ne soit plus transparent.



10. Posté par Eric Claxon le 26/09/2007 09:37

@Jac…
au risque d’en être saoûlante et fastidieuse à lire… bref : emmerdante)
Pas du tout,plutot interessant.

http://Claxon.skyblog.com



11. Posté par Georges GLISE le 26/09/2007 11:02

@ Jac
je crois que vous ressentez fortement ce que peuvent avoir d’apparemment dérisoires les propos que nous tenons ici, le fait qu’ils n’aient pas d’emprise sur la vie, l’aspect « parole, parole, parole » comme le chantait Dalida. Moi-même, qui interviens souvent, en homme libre , avec une entière liberté de parole, j’ai parfois une certaine lassitude et je me demande si je vais continuer. On se fait plaisir en déversant sa bile. On essaie de convaincre , avec une argumentation la plus solide possible, , mais pour qui, et pour quoi, et avec quel résultat ?
Il me semble que ce qui est important sur nos forums, c’est d’abord la rencontre avec des gens intéressants, avec des personnes aux tempéraments différents. Le plaisir aussi de se retrouver avec des gens aptes au dialogue; le plaisir de partager… Je crois que cette convivialité est importante. Mais, comme vous le dites, il y a aussi l’aspect « auto-analyse » qu’implique l’écriture.
Pour le reste , « quien sabe ? » comme dirait Juliet . Peut-être que de temps en temps nous semons une graine qui ne meurt pas…

Publié dans ACTUS ET DEBATS FRANCE, CONTRE LA PENSEE UNIQUE, VERTUS DE LA DISSIDENCE | Pas de Commentaire »

La puissance de l’idée reçue : Quand la remise en cause met en danger l’être social !

Posté par issopha le 20 septembre 2007

La puissance de l’idée reçue 

Quand la remise en cause met en danger l’être social !

Nous avons tous des idées toutes faites qui nous viennent de notre milieu familial, éducatif ou social que nous ne mettons pas en question par un raisonnement critique rationnel. Ces idées reçues, rabâchées ou transmises depuis plusieurs générations, sont pourtant parfois des « illusions de savoir », des opinions qui, bien qu’elles ne soient pas fondées sur des faits, constituent notre fond de savoir, reposant plutôt soit sur une perception erronée des choses ou des évènements, soit sur une acceptation et une confiance simple et aveugle de ce qu’on nous dit, soit encore sur une ignorance entretenue au fil des années ; la méthode scientifique n’étant pas innée chez l’être humain ni véritablement naturelle, en plus de la nécessité d’avoir réellement les moyens et le temps de vérifier chaque affirmation qui nous est apportée. De telles illusions de savoir, partagées par un grand nombre d’individus, peuvent constituer les préjugés, les croyances de chacun et diriger les actes d’un individu ou d’une société, voire engendrer des mouvements de masse. 

Des opinions ou des idées largement répandues dans le public deviennent des traditions ou des préjugés qu’il est souvent difficile de déraciner par le rationnel, l’étude, la vérification ou la réflexion, mais les idées reçues ne sont pas nécessairement immuables, même si le besoin de croire est caractéristique de l’espèce humaine en leur donnant un pouvoir démesuré. Avoir une vision critique sur certaines idées bien figées marginalise parfois, aux yeux de ceux qui restent logés dans une espèce de conformisme intellectuel, celui qui ose les réfuter, car la perte de repères peut représenter un acte lourd de conséquences pour ceux qui refusent de considérer leur « savoir » et leurs certitudes comme une superstition ou une croyance. La marginalisation n’étant pas une situation enviée ni enviable chez tout être sociable, ce peut être une des raisons faisant que les idées reçues soient si rarement remises en cause, et l’irrationnel de certaines positions si rarement contesté. 

De la naissance d’une idée reçue 

Le contenu de cet article est

Idée partagée, idée reçue !

Pour tenter de répondre à la question du pourquoi, voyons ce qu’il en est du comment, même si les deux se rejoignent inéluctablement, en reprenant ce que dit Schopenhauer de la naissance d’une idée reçue, d’une opinion : 

« Il n’y a en effet aucune opinion, aussi absurde soit-elle, que les hommes n’aient pas rapidement adoptée dès qu’on a réussi à les persuader qu’elle était généralement acceptée. L’exemple agit sur leur pensée comme sur leurs actes (…) Il est très étrange que l’universalité d’une opinion ait autant de poids. (…) Le caractère universel d’une opinion n’est ni une preuve ni même un critère de probabilité de son exactitude. Ce que l’on appelle opinion commune est, à y bien regarder, l’opinion de deux ou trois personnes ; et nous pourrions nous en convaincre si seulement nous observions comment naît une telle opinion. Nous verrions que ce sont d’abord deux ou trois personnes qui l’ont admise ou avancée et affirmée, et qu’on a eu la bienveillance de croire qu’elles l’avaient examinée à fond, préjugeant de la compétence suffisante de celles-ci, quelques autres se sont mises également à adopter cette opinion, à leur tour, un grand nombre de personnes se sont fiées à ces dernières, leur paresse les incitant à croire d’emblée les choses plutôt que de se donner le mal de les examiner. 

Ainsi s’est accru de jour en jour le nombre de ces adeptes paresseux et crédules, car une fois que l’opinion eut pour elle un bon nombre de voix, les suivants ont pensé qu’elle n’avait pu les obtenir que grâce à la justesse de ses fondements. Les autres furent alors contraints de reconnaître ce qui était communément admis pour ne pas être considérés comme des esprits inquiets s’insurgeant contre des opinions universellement admises, et comme des impertinents se croyant plus malins que tout le monde. 

Adhérer devint alors un devoir ! 

Puisqu’il en est ainsi, que vaut l’opinion de cent millions d’hommes ? Autant que, par exemple, un fait historique attesté par cent historiens quand on prouve ensuite qu’ils ont tous copié les uns sur les autres et qu’il apparaît ainsi que tout repose sur les dires d’une seule personne. »

 

L’idée reçue est-elle nécessairement fausse ?

 

Le contenu de cet article est

L’idée reçue n’est pas toujours fausse

L’idée reçue selon laquelle une idée reçue serait toujours à jeter aux orties, car inévitablement fausse par définition, pour la remplacer par une idée « non reçue », considérée comme vraie, fait aussi partie des idées reçues. Car avant de contempler la nature illusoire inhérente au concept « d’idée reçue », il serait bon d’abord de définir ce qu’on entend par « idée reçue » et faire la différence entre « idée » et « erreur » reçue. 

Il existe foison d’idées que nous ne vérifions pas, et ne vérifierons jamais, mais que nous recevons telles quelles, qui constituent donc à proprement parler des idées reçues. Le diamètre de la terre en est une, avez-vous vérifié que
la Terre faisait effectivement 12 756 Km de diamètre (équatorial) ? Non, et pour cause, il faut en avoir les moyens. Vos proches ont-il vérifié par eux-mêmes que la célèbre formule d’Einstein (E=MC²) se vérifiait ? Non plus et pourtant tout le monde l’a fort bien « reçue ». L’idée qu’il est impossible de casser un oeuf avec deux doigts en le serrant en ses deux extrémités dans le sens de la longueur est-elle une idée reçue ? Non, car tout le monde peut la vérifier par soi-même (essayez !). 

Il faut donc savoir faire la différence entre l’erreur reçue et l’idée reçue, même si le langage courant ne la fait pas, la crédibilité d’une idée reçue n’étant pas obligatoirement douteuse. En fait, cela dépend fortement de la manière dont (et de qui) on la reçoit et donc de la confiance qu’on lui porte. 

Ce qui fait qu’on finit par considérer une hypothèse comme fiable, et non plus comme une erreur reçue, vient de ce que en différents endroits et par différentes équipes, notamment scientifiques, cette idée sera, ou non, vérifiée et argumentée et que n’importe qui, ailleurs et en d’autres temps, aura la possibilité de la vérifier ou de la réfuter. Ainsi, et avec le temps, une idée reçue verra son statut se modifier et atteindre celui de fait (reçu), évoluer du stade de croyance à celui de savoir, même si elle restera bien pour beaucoup, dans son acception littérale, une « idée reçue », cette idée se sera néanmoins éloignée de l’erreur et aura gagné toute la confiance qu’il sera possible de lui accorder. 

A contrario l’erreur reçue n’est jamais vérifiée mais toujours répétée, le crédit dont elle bénéficie étant injustifié et le restera la plupart du temps sans le savoir, c’est d’ailleurs cette forme de dissémination facile qui fait sa popularité et participe à sa diffusion générale. 

Cependant, ne cédons pas à la paranoïa, au risque de devenir névrotique ou sceptique à l’extrême, tout n’est pas qu’idée reçue en ce bas monde, il existe aussi pas mal de mensonges, de contrevérités et d’impostures 

L’idée reçue : une idée qui nous plaît 

Le contenu de cet article est Pourquoi gardons nous nos idées reçues ?

 

 

L’idée reçue, une émotion forte.

L’idée reçue, en tant que croyance, est d’autant plus acceptée et gardée par chacun qu’elle convient à notre système de pensée et reste conforme à nos dispositions, notamment quand elle permet une réponse simple à des questions complexes. La critique et la remise en cause d’une idée seront d’autant plus facilement admises qu’elle n’entreront pas trop en conflit avec nos convictions.
La Fontaine disait que « chacun croit fort aisément ce qu’il craint ou ce qu’il désire » et en ce sens la croyance est bien l’expression des émotions, une manifestation non pas purement intellectuelle mais avant tout affective. Les systèmes affectivo-émotionnels sont inscrits en nous, au niveau du cerveau dit « limbique » ou « archaïque », et répondent à un stimulus externe impliquant une émotion (négative ou positive) dont nous ne sommes pas maîtres. 

La croyance participe à ces schèmes affectifs et émotionnels, et est associée à une réponse biologique toute faite qui nous semble pourtant propre, et qui lorsqu’elle est installée, est semblable à une forte émotion, c’est-à-dire inatteignable par le raisonnement, hors d’atteinte de toute discussion, parfois même impossible à prouver. Cependant, cette barrière biologique entre vie émotionnelle et raisonnement ne fonctionne pas avec une rigueur absolue, les apports externes peuvent l’affaiblir en permettant de faire un tri entre les émotions et le raisonnement qui dépendra surtout de la compétition entre la force de l’émotion et la puissance des mécanismes rationnels. C’est ce qui fait qu’une idée reçue, en tant qu’objet de croyance, peut se voir abandonnée par la force du raisonnement, lui-même conséquence d’une argumentation logique et démontrée. 

Toutefois, il est possible de refuser de mettre au rencard ses (fausses) certitudes, en restant fermé à toute perception qui ne favoriserait pas la conduite émotionnelle recherchée et dans laquelle on peut se sentir bien. La fonction rationnelle maintenant pourtant le contact incessant avec le monde extérieur, risque de provoquer une dissonance que tout croyant se fera fort de réduire, le plus souvent en travestissant la réalité ou tout simplement en l’ignorant. 

Il faut le voir pour le croire 

L’idée reçue soumise à nos sens ?

L’empirisme est à la base de la science depuis l’invention du fil à couper le beurre et plus encore. Cependant nos sens nous trompent et de nos jours peu de chose échappe à la performance de l’analyse objective face à la sensibilité subjective, approximative et même parfois totalement fausse. 

Par exemple notre œil nous permet de voir (en moyenne) sept couleurs à l’arc-en-ciel alors qu’il en contient des millions, chose qu’il n’est pas possible de déceler sans l’aide d’un appareil conçu pour cela et dont le but n’est pas forcément d’étendre nos sens (longue-vue) mais plutôt d’étendre l’expérience hors de leur portée (comme la détection électromagnétique). À l’inverse, la lumière solaire à l’origine de l’arc-en-ciel ne diffracte pas toutes les couleurs que peut percevoir l’œil d’où la nécessité d’éprouver nos sens… même s’ils nous trompent. 

Ou encore, à la vue de canards gavés en batterie et bien mal en point dans leurs cages étroites on en vient rapidement à penser que l’animal souffre de ce gavage et pourtant… Si faire usage d’empirisme est incontournable dans l’élaboration du savoir scientifique, l’empirisme seul n’est rien ou presque. Archimède, que l’on imagine volontiers dans sa baignoire essayant de noyer son canard en plastique, a fait l’expérience d’un corps plongé dans un liquide subissant une poussée verticale avant d’en dessiner les contours théoriques : c’est l’expérience (empirisme) au service du génie. De la même manière on garde dans nos imageries populaires le gag d’une pomme tombant sur la tête d’Isaac Newton faisant ainsi l’expérience de la gravité qu’il couchera plus tard sur le papier sous forme d’équations cohérentes. À l’inverse, c’est grâce à une non conformité de la théorie de Newton observée dans une partie de l’espace que John Adams pu prédire mathématiquement l’existence de la planète Neptune et Il fallut attendre cinq ans pour qu’elle puisse être vue avec un télescope. C’est le génie au service de l’expérience qui a dès lors un rôle prépondérant. 

La grande vague scientifique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle s’est emballée surtout grâce à des démonstrations objectives impossibles à observer sinon par le constat des prédictions conséquentes à la démonstration. Au point ou il n’est plus du tout fiable aujourd’hui d’utiliser le seul argument de l’expérience pour démontrer un fait sans le filtre de l’analyse objective et critique. Toute fois il ne faut pas se méprendre quant au sens de l’argumentation scientifique, ce n’est pas l’autorité (scientifique) qui a force de loi, ni la réputation de celui ou ceux qui soutiennent mais les protocoles de validations sérieux et honnêtes mis à jour par la communauté scientifique, les comités de lecture et des publications réfutables

Alors si quelqu’un essaye de vous vendre une poudre de perlimpinpin en exhibant pour toute validité scientifique un constat d’huissier, vous saurez à quoi vous en tenir… 

Publié dans AU-DELA DES IDEES RECUES, CONTRE LA PENSEE UNIQUE, DE La FABRIQUE DE L'OPINION ET DU CONSENTEMENT, MENSONGES D'ETAT, SAVOIR C'est déjà  POUVOIR | Pas de Commentaire »

REFLEXIONS DE PIERRE BOURDIEU compilées dans son ouvrage à 2 tomes : CONTREFEUX

Posté par issopha le 14 septembre 2007

La valise diplomatique

lundi 28 janvier 2002

Pierre Bourdieu

 

 

Désireux de « penser la politique sans penser politiquement », Pierre Bourdieu s’est attaché à démontrer que, loin de s’opposer, les sciences sociales et le militantisme pouvaient constituer les deux faces d’un même travail, qu’analyser et critiquer la réalité sociale permet d’oeuvrer à sa transformation. 

Dans Le Monde diplomatique :

 

 


 « Pour un savoir engagé », février 2002.
 « La nouvelle vulgate planétaire » (avec Loïc Wacquant), mai 2000.
 « Pour un mouvement social européen », juin 1999.
 « De la domination masculine », août 1998.
 « L’essence du néolibéralisme », mars 1998.
 « Questions sur un quiproquo », février 1998.
 « L’architecte de l’euro passe aux aveux », septembre 1997.
 « Analyse d’un passage à l’antenne », avril 1996. 

Sur
la Toile : 

Février 2002

 

 

Un texte inédit de Pierre Bourdieu

 

Pour un savoir engagé

 

 

Depuis les grèves de novembre et décembre 1995 en France, les interventions de Pierre Bourdieu ont été l’objet de critiques, souvent violentes, notamment de la part des journalistes et des intellectuels médiatiques dont il avait analysé le rôle social. Ce qui semble les avoir choqués avant tout, c’est qu’un « savant » intervienne aussi activement dans le domaine « politique ». L’implication du sociologue dans l’espace public remonte néanmoins au début des années 1960, à propos de la guerre d’Algérie. 

Intellectuel et militant

Désireux de « penser la politique sans penser politiquement », Pierre Bourdieu a cherché à démontrer que, loin de s’opposer, les sciences sociales et le militantisme peuvent constituer les deux faces d’un même travail, qu’analyser et critiquer la réalité sociale permettent de contribuer à sa transformation. Ce texte a été lu par son auteur lors d’une rencontre à Athènes, en mai 2001, avec des chercheurs et des syndicalistes sur des thèmes tels que l’Europe, la culture et le journalisme et figurera dans un livre à paraître au printemps, Interventions (1961-2001). Sciences sociales et action politique (Agone, Marseille). 

S’il est aujourd’hui important, sinon nécessaire, qu’un certain nombre de chercheurs indépendants s’associent au mouvement social, c’est que nous sommes confrontés à une politique de mondialisation. (Je dis bien une « politique de mondialisation », je ne parle pas de « mondialisation » comme s’il s’agissait d’un processus naturel.) Cette politique est, pour une grande part, tenue secrète dans sa production et dans sa diffusion. Et c’est déjà tout un travail de recherche qui est nécessaire pour la découvrir avant qu’elle soit mise en oeuvre. Ensuite, cette politique a des effets que l’on peut prévoir grâce aux ressources de la science sociale, mais qui, à court terme, sont encore invisibles pour la plupart des gens. Autre caractéristique de cette politique : elle est pour une part produite par des chercheurs. La question étant de savoir si ceux qui anticipent à partir de leur savoir scientifique les conséquences funestes de cette politique peuvent et doivent rester silencieux. Ou s’il n’y a pas là une sorte de non assistance à personnes en danger. S’il est vrai que la planète est menacée de calamités graves, ceux qui croient savoir à l’avance ces calamités n’ont-il pas un devoir de sortir de la réserve que s’imposent traditionnellement les savants ? 

Il y a dans la tête de la plupart des gens cultivés, surtout en science sociale, une dichotomie qui me paraît tout à fait funeste : la dichotomie entre scholarship et commitment- entre ceux qui se consacrent au travail scientifique, qui est fait selon des méthodes savantes à l’intention d’autres savants, et ceux qui s’engagent et portent au dehors leur savoir. L’opposition est artificielle et, en fait, il faut être un savant autonome qui travaille selon les règles du scholarship pour pouvoir produire un savoir engagé, c’est-à-dire un scholarship with commitment. Il faut, pour être un vrai savant engagé, légitimement engagé, engager un savoir. Et ce savoir ne s’acquiert que dans le travail savant, soumis aux règles de la communauté savante. 

Autrement dit, il faut faire sauter un certain nombre d’oppositions qui sont dans nos têtes et qui sont des manières d’autoriser des démissions : à commencer par celle du savant qui se replie dans sa tour d’ivoire. La dichotomie entre scholarship et commitment rassure le chercheur dans sa bonne conscience car il reçoit l’approbation de la communauté scientifique. C’est comme si les savants se croyaient doublement savants parce qu’ils ne font rien de leur science. Mais quand il s’agit de biologistes, ça peut être criminel. Mais c’est aussi grave quand il s’agit de criminologues. Cette réserve, cette fuite dans la pureté, a des conséquences sociales très graves. Des gens comme moi, payés par l’État pour faire de la recherche, devraient garder soigneusement les résultats de leurs recherches pour leurs collègues ? Il est tout à fait fondamental de donner la priorité de ce qu’on croit être une découverte à la critique des collègues, mais pourquoi leur réserver le savoir collectivement acquis et contrôlé ? 

Il me semble que le chercheur n’a pas le choix aujourd’hui : s’il a la conviction qu’il y a une corrélation entre les politiques néolibérales et les taux de délinquance, une corrélation entre les politiques néolibérales et les taux de criminalité, une corrélation entre les politiques néolibérales et tous les signes de ce que Durkheim aurait appelé l’anomie, comment pourrait-il ne pas le dire ? Non seulement il n’y a pas à le lui reprocher, mais on devrait l’en féliciter. (Je fais peut-être une apologie de ma propre position…) 

Maintenant, que va faire ce chercheur dans le mouvement social ? D’abord, il ne va pas donner des leçons – comme le faisaient certains intellectuels organiques qui, n’étant pas capables d’imposer leurs marchandises sur le marché scientifique où la compétition est dure, allaient faire les intellectuels auprès des non-intellectuels tout en disant que l’intellectuel n’existait pas. Le chercheur n’est ni un prophète ni un maître à penser. Il doit inventer un rôle nouveau qui est très difficile : il doit écouter, il doit chercher et inventer ; il doit essayer d’aider les organismes qui se donnent pour mission – de plus en plus mollement, malheureusement, y compris les syndicats – de résister à la politique néolibérale ; il doit se donner comme tâche de les assister en leur fournissant des instruments. En particulier des instruments contre l’effet symbolique qu’exercent les « experts » engagés auprès des grandes entreprises multinationales. Il faut appeler les choses par leur nom. Par exemple, la politique actuelle de l’éducation est décidée par l’UNICE, par le Transatlantic Institute, etc.i. Il suffit de lire le rapport de l’Organisation mondiale pour le commerce (OMC) sur les services pour connaître la politique de l’éducation que nous aurons dans cinq ans. Le ministère de l’Éducation nationale ne fait que répercuter ces consignes élaborées par des juristes, des sociologues, des économistes, et qui, une fois mises en forme d’allure juridique, sont mis en circulation. 

Les chercheurs peuvent aussi faire un chose plus nouvelle, plus difficile : favoriser l’apparition des conditions organisationnelles de la production collective de l’intention d’inventer un projet politique et, deuxièmement, les conditions organisationnelles de la réussite de l’invention d’un tel projet politique ; qui sera évidemment un projet collectif. Après tout, l’Assemblée constituante de 1789 et l’Assemblée de Philadelphie étaient composées de gens comme vous et moi, qui avaient un bagage de juriste, qui avaient lu Montesquieu et qui ont inventé des structures démocratiques. De la même façon, aujourd’hui, il faut inventer des choses… Évidemment, on pourra dire : « Il y a des parlements, une confédération européennes des syndicats, toutes sortes d’institutions qui sont sensées faire ça. » Je ne vais en pas faire ici la démonstration, mais on doit constater qu’ils ne le font pas. Il faut donc créer les conditions favorables à cette invention. Il faut aider à lever les obstacles à cette invention ; obstacles qui sont pour une part dans le mouvement social qui est chargé de les lever – et notamment dans les syndicats… 

Pourquoi peut-on être optimiste ? Je pense qu’on peut parler en termes de chances raisonnables de succès, qu’en ce moment c’est le kairos, le moment opportun. Quand nous tenions ce discours autour de 1995, nous avions en commun de ne pas être entendus et de passer pour fous. Les gens qui, comme Cassandre, annonçaient des catastrophes, on se moquait d’eux, les journalistes les attaquaient et ils étaient insultés. Maintenant, un peu moins. Pourquoi ? Parce que du travail a été accompli. Il y a eu Seattle et toute une série des manifestations. Et puis, les conséquences de la politique néolibérale – que nous avions prévues abstraitement – commencent à se voir. Et les gens, maintenant, comprennent… Même les journalistes les plus bornés et les plus butés savent qu’une entreprise qui ne fait pas 15 % de bénéfices licencie. Les prophéties les plus catastrophistes des prophètes de malheur (qui étaient simplement mieux informés que les autres) commencent à être réalisées. Ce n’est pas trop tôt. Mais ce n’est pas non plus trop tard. Parce que ce n’est qu’un début, parce que les catastrophes ne font que commencer. Il est encore temps de secouer les gouvernements sociaux-démocrates, pour lesquels les intellectuels ont les yeux de Chimène, surtout quand il en reçoivent des avantages sociaux de tous ordres… 

Un mouvement social européen n’a, selon moi, de chance d’être efficace que s’il réunit trois composantes : syndicats, mouvement social et chercheurs – à condition, évidemment, de les intégrer, pas seulement de les juxtaposer. Je disais hier aux syndicalistes qu’il y a entre les mouvements sociaux et les syndicats dans tous les pays d’Europe une différence profonde concernant à la fois les contenus et les moyens d’action. Les mouvements sociaux ont fait exister des objectifs politiques que les syndicats et les partis avaient abandonnés, ou oubliés, ou refoulés. D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel. 

Il faut prendre des risques. Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage. Mais je vais dire aussi : « Attention, pas de « syndicalophobie ». Il y a une logique des appareils syndicaux qu’il faut comprendre. » Pourquoi est-ce que je dis aux syndicalistes des choses qui sont proches du point de vue que les mouvements sociaux ont sur eux et pourquoi vais-je dire aux mouvements sociaux des choses qui sont proches de la vision que les syndicalistes ont d’eux ? Parce que c’est à condition que chacun des groupes se voie lui-même comme il voit les autres qu’on pourra surmonter ces divisions qui contribuent à affaiblir des groupes déjà très faibles. Le mouvement de résistance à la politique néo-libérale est globalement très faible et il est affaibli par ses divisions : c’est un moteur qui dépense 80 % de son énergie en chaleur, c’est-à-dire sous forme de tensions, de frictions, de conflits, etc. Et qui pourrait aller beaucoup plus vite et plus loin si… 

Les obstacles à la création d’un mouvement social européen unifié sont de plusieurs ordres. Il y a les obstacles linguistiques, qui sont très importants, par exemple dans la communication entre les syndicats ou les des mouvements sociaux – les patrons et les cadres parlent les langues étrangères, les syndicalistes et les militants beaucoup moins. De ce fait, l’internationalisation des mouvements sociaux ou des syndicats est rendue très difficile. Puis il y a les obstacles liés aux habitudes, aux modes de pensée, et à la force des structures sociales, des structures syndicales. Quel peut être le rôle des chercheurs là-dedans  ? Celui de travailler à une invention collective des structures collectives d’invention qui feront naître un nouveau mouvement social, c’est-à-dire des nouveaux contenus, des nouveaux buts et des nouveaux moyens internationaux d’action. 

Idées, Libéralisme, Mondialisation, Mouvement social, Science

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Pierre Bourdieu 

Sociologue, professeur au Collège de France.

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Lire Europe Inc. Liaisons dangereuses entre institutions et milieux des affaires européens, CEO, Agone, Marseille 2000. 

 

Mai 2000

La nouvelle vulgate planétaire

Des militants qui se pensent encore progressistes ratifient à leur tour la novlangue américaine quand ils fondent leurs analyses sur les termes « exclusion » , « minorités » , « identité » , « multiculturalisme » . Sans oublier « mondialisation ». 

Par Pierre Bourdieu et Loïc Wacquant 

Dans tous les pays avancés, patrons et hauts fonctionnaires internationaux, intellectuels médiatiques et journalistes de haute volée se sont mis de concert à parler une étrange novlangue dont le vocabulaire, apparemment surgi de nulle part, est dans toutes les bouches : « mondialisation » et « flexi bilité » ; « gouvernance » et « employabilité » ; « underclass » et « exclusion » ; « nouvelle économie » et « tolérance zéro » ; « communautarisme » , « multiculturalisme » et leurs cousins « postmodernes » , « ethnicité » , « minorité » , « identité » , « fragmentation » , etc. 

La diffusion de cette nouvelle vulgate planétaire – dont sont remarquablement absents capitalisme, classe, exploitation, domination, inégalité, autant de vocables péremptoirement révoqués sous prétexte d’obsolescence ou d’impertinence présumées – est le produit d’un impérialisme proprement symbolique.Les effets en sont d’autant plus puissants et pernicieux que cet impérialisme est porté non seulement par les partisans de la révolution néolibérale, lesquels, sous couvert de modernisation, entendent refaire le monde en faisant table rase des conquêtes sociales et économiques résultant de cent ans de luttes sociales, et désormais dépeintes comme autant d’archaïsmes et d’obstacles au nouvel ordre naissant, mais aussi par des producteurs culturels (chercheurs, écrivains, artistes) et des militants de gauche qui, pour la grande majorité d’entre eux, se pensent toujours comme progressistes. 

Comme les dominations de genre ou d’ethnie, l’impérialisme culturel est une violence symbolique qui s’appuie sur une relation de communication contrainte pour extorquer la soumission et dont la particularité consiste ici en ce qu’elle universalise les particularismes liés à une expérience historique singulière en les faisant méconnaître comme tels et reconnaître comme universels (1). 

Ainsi, de même que, au XIXe siècle, nombre de questions dites philosophiques, comme le thème spenglérien de la « décadence » , qui étaient débattues dans toute l’Europe trouvaient leur origine dans les particularités et les conflits historiques propres à l’univers singulier des universitaires allemands (2), de même aujourd’hui nombre de topiques directement issus de confrontations intellectuelles liées aux particularités et aux particularismes de la société et des universités américaines se sont imposés, sous des dehors en apparence déshistoricisés, à l’ensemble de la planète. 

Ces lieux communs, au sens aristotélicien de notions ou de thèses avec lesquelles on argumente mais sur lesquelles on n’argumente pas, doivent l’essentiel de leur force de conviction au prestige retrouvé du lieu dont ils émanent et au fait que, circulant à flux tendu de Berlin à Buenos Aires et de Londres à Lisbonne, ils sont présents partout à la fois et sont partout puissamment relayés par ces instances prétendument neutres de la pensée neutre que sont les grands organismes internationaux – Banque mondiale, Commission européenne, Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) -, les « boîtes à idées » conservatrices (Manhattan Institute à New York, Adam Smith Institute à Londres, Deutsche Bank Fundation à Francfort, et de l’exFondation Saint-Simon à Paris), les fondations de philanthropie, les écoles du pouvoir (Science-Po en France,
la London School of Economics au Royaume-Uni,
la Harvard Kennedy School of Government en Amérique, etc.), et les grands médias, inlassables dispensateurs de cette lingua franca passe-partout, bien faite pour donner aux éditorialistes pressés et aux spécialistes empressés de l’import-export culturel l’illusion de l’ultramodernisme. 

Outre l’effet automatique de la circulation internationale des idées, qui tend par la logique propre à occulter les conditions et les significations d’origine (3), le jeu des définitions préalables et des déductions scolastiques substitue l’apparence de la nécessité logique à la contingence des nécessités sociologiques déniées et tend à masquer les racines historiques de tout un ensemble de questions et de notions – l’« efficacité » du marché (libre), le besoin de reconnaissance des « identités » (culturelles), ou encore la réaffirmation -célébration de la « responsabilité » (individuelle) – que l’on décrétera philosophiques, sociologiques, économiques ou politiques, selon le lieu et le moment de réception. 

Ainsi planétarisés, mondialisés, au sens strictement géographique, en même temps que départicularisés, ces lieux communs que le ressassement médiatique transforme en sens commun universel parviennent à faire oublier qu’ils ne font bien souvent qu’exprimer, sous une forme tronquée et méconnaissable, y compris pour ceux qui les propagent, les réalités complexes et contestées d’une société historique particulière, tacitement constituée en modèle et en mesure de toutes choses : la société américaine de l’ère postfordiste et postkeynésienne. Cet unique super-pouvoir, cette Mecque symbolique de
la Terre, est caractérisé par le démantèlement délibéré de l’Etat social et l’hypercroissance corrélative de l’Etat pénal, l’écrasement du mouvement syndical et la dictature de la conception de l’entreprise fondée sur la seule « valeur-actionnaire » , et leurs conséquences sociologiques, la généralisation du salariat précaire et de l’insécurité sociale, constituée en moteur privilégié de l’activité économique. 

Il en est ainsi par exemple du débat flou et mou autour du « multiculturalisme » , terme importé en Europe pour désigner le pluralisme culturel dans la sphère civique alors qu’aux Etats-Unis il renvoie, dans le mouvement même par lequel il les masque, à l’exclusion continuée des Noirs et à la crise de la mythologie nationale du « rêve américain » de l’« opportunité pour tous » , corrélative de la banqueroute qui affecte le système d’enseignement public au moment où la compétition pour le capital culturel s’intensifie et où les inégalités de classe s’accroissent de manière vertigineuse. 

L’adjectif « multiculturel » voile cette crise en la cantonnant artificiellement dans le seul microcosme universitaire et en l’exprimant dans un registre ostensiblement « ethnique » , alors que son véritable enjeu n’est pas la reconnaissance des cultures marginalisées par les canons académiques, mais l’accès aux instruments de (re)production des classes moyenne et supérieure, comme l’Université, dans un contexte de désengagement actif et massif de l’Etat. 

Le « multiculturalisme » américain n’est ni un concept, ni une théorie, ni un mouvement social ou politique – tout en prétendant être tout cela à la fois. C’est un discours écran dont le statut intellectuel résulte d’un gigantesque effet d’allodoxia national et international (4) qui trompe ceux qui en sont comme ceux qui n’en sont pas. C’est ensuite un discours américain, bien qu’il se pense et se donne comme universel, en cela qu’il exprime les contradictions spécifiques de la situation d’universitaires qui, coupés de tout accès à la sphère publique et soumis à une forte différenciation dans leur milieu professionnel, n’ont d’autre terrain où investir leur libido politique que celui des querelles de campus déguisées en épopées conceptuelles. 

C’est dire que le « multiculturalisme » amène partout où il s’exporte ces trois vices de la pensée nationale américaine que sont a) le « groupisme » , qui réifie les divisions sociales canonisées par la bureaucratie étatique en principes de connaissance et de revendication politique ; b) le populisme, qui remplace l’analyse des structures et des mécanismes de domination par la célébration de la culture des dominés et de leur « point de vue » élevé au rang de proto-théorie en acte ; c) le moralisme, qui fait obstacle à l’application d’un sain matérialisme rationnel dans l’analyse du monde social et économique et condamne ici à un débat sans fin ni effets sur la nécessaire « reconnaissance des identités » , alors que, dans la triste réalité de tous les jours, le problème ne se situe nullement à ce niveau (5) : pendant que les philosophes se gargarisent doctement de « reconnaissance culturelle » , des dizaines de milliers d’enfants issus des classes et ethnies dominées sont refoulés hors des écoles primaires par manque de place (ils étaient 25 000 cette année dans la seule ville de Los Angeles), et un jeune sur dix provenant de ménages gagnant moins de 15 000 dollars annuels accède aux campus universitaires, contre 94 % des enfants des familles disposant de plus de 100 000 dollars. 

On pourrait faire la même démonstration à propos de la notion fortement polysémique de « mondialisation » , qui a pour effet, sinon pour fonction, d’habiller d’oecuménisme culturel ou de fatalisme économiste les effets de l’impérialisme américain et de faire apparaître un rapport de force transnational comme une nécessité naturelle. Au terme d’un retournement symbolique fondé sur la naturalisation des schèmes de la pensée néolibérale dont la domination s’est imposée depuis vingt ans grâce au travail des think tanks conservateurs et de leurs alliés dans les champs politique et journalistique (6), le remodelage des rapports sociaux et des pratiques culturelles conformément au patron nord-américain, qui s’est opéré dans les sociétés avancées à travers la paupérisation de l’Etat, la marchandisation des biens publics et la généralisation de l’insécurité salariale, est accepté avec résignation comme l’aboutissement obligé des évolutions nationales, quand il n’est pas célébré avec un enthousiasme moutonnier. L’analyse empirique de l’évolution des économies avancées sur la longue durée suggère pourtant que la « mondialisation » n’est pas une nouvelle phase du capitalisme mais une « rhétorique » qu’invoquent les gouvernements pour justifier leur soumission volontaire aux marchés financiers. Loin d’être, comme on ne cesse de le répéter, la conséquence fatale de la croissance des échanges extérieurs, la désindustrialisation, la croissance des inégalités et la contraction des politiques sociales résultent de décisions de politique intérieure qui reflètent le basculement des rapports de classe en faveur des propriétaires du capital (7). 

En imposant au reste du monde des catégories de perception homologues de ses structures sociales, les Etats-Unis refaçonnent le monde à leur image : la colonisation mentale qui s’opère à travers la diffusion de ces vrais-faux concepts ne peut conduire qu’à une sorte de « Washington consensus » généralisé et même spontané, comme on peut l’observer aujourd’hui en matière d’économie, de philanthropie ou d’enseignement de la gestion (lire pages 8-9). En effet, ce discours double qui, fondé dans la croyance, mime la science, surimposant au fantasme social du dominant l’apparence de la raison (notamment économique et politologique), est doté du pouvoir de faire advenir les réalités qu’il prétend décrire, selon le principe de la prophétie autoréalisante : présent dans les esprits des décideurs politiques ou économiques et de leurs publics, il sert d’instrument de construction des politiques publiques et privées, en même temps que d’instrument d’évaluation de ces politiques. Comme toutes les mythologies de l’âge de la science, la nouvelle vulgate planétaire s’appuie sur une série d’oppositions et d’équivalences, qui se soutiennent et se répondent, pour dépeindre les transformations contemporaines des sociétés avancées : désengagement économique de l’Etat et renforcement de ses composantes policières et pénales, dérégulation des flux financiers et désencadrement du marché de l’emploi, réduction des protections sociales et célébration moralisatrice de la « responsabilité individuelle » : 

marché 

Etat 

liberté 

contrainte 

ouvert 

fermé 

flexible 

rigide 

dynamique, mouvant 

immobile, figé 

futur, nouveauté 

passé, dépassé 

croissance 

immobilisme, archaïsme 

individu, individualisme 

groupe, collectivisme 

diversité, authenticité 

uniformité, artificialité 

démocratique 

autocratique (« totalitaire » ) 

L’impérialisme de la raison néolibérale trouve son accomplissement intellectuel dans deux nouvelles figures exemplaires du producteur culturel. D’abord l’expert, qui prépare, dans l’ombre des coulisses ministérielles ou patronales ou dans le secret des think tanks, des documents à forte teneur technique, couchés autant que possible en langage économique et mathématique. Ensuite, le conseiller en communication du prince, transfuge du monde universitaire passé au service des dominants, dont la mission est de mettre en forme académique les projets politiques de la nouvelle noblesse d’Etat et d’entreprise et dont le modèle planétaire est sans conteste possible le sociologue britannique Anthony Giddens, professeur à l’université de Cambridge récemment placé à la tête de
la London School of Economics et père de la « théorie de la structuration » , synthèse scolastique de diverses traditions sociologiques et philosophiques. 

Et l’on peut voir l’incarnation par excellence de la ruse de la raison impérialiste dans le fait que c’est
la Grande-Bretagne, placée, pour des raisons historiques, culturelles et linguistiques, en position intermédiaire, neutre (au sens étymologique), entre les Etats-Unis et l’Europe continentale, qui a fourni au monde ce cheval de Troie à deux têtes, l’une politique et l’autre intellectuelle, en la personne duale de Tony Blair et d’Anthony Giddens, « théoricien » autoproclamé de la « troisième voie » , qui, selon ses propres paroles, qu’il faut citer à la lettre, « adopte une attitude positive à l’égard de la mondialisation » ; « essaie (sic) de réagir aux formes nouvelles d’inégalités » mais en avertissant d’emblée que « les pauvres d’aujourd’hui ne sont pas semblables aux pauvres de jadis (de même que les riches ne sont plus pareils à ce qu’ils étaient autrefois) » ; « accepte l’idée que les systèmes de protection sociale existants, et la structure d’ensemble de l’Etat, sont la source de problèmes, et pas seulement la solution pour les résoudre » ; « souligne le fait que les politiques économiques et sociales sont liées » pour mieux affirmer que « les dépenses sociales doivent être évaluées en termes de leurs conséquences pour l’économie dans son ensemble » ; enfin se « préoccupe des mécanismes d’exclusion » qu’il découvre « au bas de la société, mais aussi en haut (sic) » , convaincu que « redéfinir l’inégalité par rapport à l’exclusion à ces deux niveaux » est « conforme à une conception dynamique de l’inégalité (
8
) » . Les maîtres de l’économie peuvent dormir tranquilles : ils ont trouvé leur Pangloss. 

Pierre Bourdieu et Loïc Wacquant. 

Culture, Idées, Idéologie, Langue, Libéralisme, Mondialisation, Mutation, États-Unis, Europe

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Pierre Bourdieu 

Sociologue, professeur au Collège de France.

Loïc Wacquant 

Professeur à l’université de Californie, Berkeley, et à
la New School for Social Research, New York.

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(1) Précisons d’entrée que les Etats-Unis n’ont pas le monopole de la prétention à l’universel. Nombre d’autres pays – France, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Japon, Russie – ont exercé ou s’efforcent encore d’exercer, dans leurs sphère d’influence propre, des formes d’impérialisme culturel en tout points comparables. Avec cette différence toutefois que, pour la première fois de l’histoire, un seul pays se trouve en position d’imposer son point de vue sur le monde au monde entier. 

(2) Cf. Fritz Ringer, The Decline of the Mandarins,
Cambridge
University Press,
Cambridge, 1969. 

(3) Pierre Bourdieu, « Les conditions sociales de la circulation internationale des idées » , Romanistische Zeitschrift fur Literaturgeschichte, 14-1/2, Heidelberg, 1990, p. 1-10. 

(4) Allodoxia : le fait de prendre une chose pour une autre. 

(5) Pas plus que la mondialisation des échanges matériels et symboliques, la diversité des cultures, ne date de notre siècle puisqu’elle est coextensive de l’histoire humaine, comme l’avaient déjà signalé Emile Durkheim et Marcel Mauss dans leur « Note sur la notion de civilisation » (Année sociologique, nno. 12, 1913, p. 46-50, vol. III, Editions de Minuit, Paris, 1968). 

(6) Lire Keith Dixon, Les Evangélistes du marché, Raisons d’agir Editions, Paris, 1998. 

(7) Sur la « mondialisation » comme « projet américain » visant à imposer la conception de la « valeur-actionnaire » de l’entreprise, cf. Neil Fligstein, « Rhétorique et réalités de la « mondialisation » » , Actes de la recherche en sciences sociales, Paris, nno. 119, septembre 1997, p. 3647. 

(8) Ces extraits sont issus du catalogue de définitions scolaires de ses théories et vues politiques qu’Anthony Giddens propose à la rubrique « FAQs (Frequently Asked Questions) » de son site Internet : www.lse.ac.uk/Gidden s/ 

Juin 1999

 

 

DONNER UN SENS À L’UNION

 

Pour un mouvement social européen

 

 

Le 13 juin 1999, les citoyens des quinze Etats membres de l’Union élisent le Parlement européen. Les considérations de politique intérieure, qui occupent naturellement une place centrale dans la campagne électorale, occultent les véritables enjeux. La construction européenne traverse une crise de légitimité. Ce qui est en cause, c’est l’impuissance de l’Europe. La guerre des Balkans souligne cruellement qu’en l’absence d’une défense autonome, dont nul ne veut vraiment, ce sont les Etats-Unis qui dictent la marche à suivre, en fonction de leurs seuls intérêts. Quant aux chômeurs qui devaient converger les 3 et 4 juin vers Cologne, ils auront rappelé aux chefs d’Etat et de gouvernement, réunis en conseil européen, combien leurs discours sur l’« Europe sociale » sonnent creux, à l’heure où l’omnipotente Banque centrale tient tous les leviers. Mais, si ce scrutin offre aux citoyens une occasion de sanctionner cet état de choses, nul doute que, pour transformer celui-ci, un véritable mouvement social, à l’échelle de l’Europe, demeure indispensable

Par Pierre Bourdieu

 

IL n’est pas facile, quand on parle d’Europe, d’être tout simplement entendu. Le champ journalistique, qui filtre, intercepte et interprète tous les propos publics selon sa logique la plus typique, celle du « pour » et du « contre » et du « tout ou rien », tente d’imposer à tous le choix débile qui s’impose à lui : être « pour » l’Europe, c’est-à-dire progressiste, ouvert, moderne, libéral ; ou ne pas l’être, et se condamner ainsi à l’archaïsme, au passéisme, au poujadisme, au lepénisme, voire à l’antisémitisme… Comme s’il n’y avait pas d’autre option légitime que l’adhésion inconditionnelle à l’Europe telle qu’elle est et se prépare à être, c’est-à-dire réduite à une banque et une monnaie unique, et soumise à l’empire de la concurrence sans limites… Mais il ne faudrait pas croire que, pour échapper vraiment à cette alternative, il suffise d’invoquer une « Europe sociale ». Ceux qui, comme les socialistes français, ont recours à ce leurre rhétorique ne font que porter à un degré d’ambiguïté supérieur les stratégies d’ambiguïsation politique du « social-libéralisme » à l’anglaise, ce thatchérisme à peine ravalé qui ne compte, pour se vendre, que sur l’utilisation opportuniste de la symbolique, médiatiquement recyclée, du socialisme. C’est ainsi que les sociaux-démocrates qui sont actuellement au pouvoir en Europe peuvent contribuer, au nom de la stabilité monétaire et de la rigueur budgétaire, à la liquidation des acquis les plus admirables des luttes sociales des deux derniers siècles : universalisme, égalitarisme (avec les distinguos jésuitiques entre égalité et équité) ou internationalisme ; et à la destruction de l’essence même de l’idée ou de l’idéal socialiste, c’est-à-dire, grosso modo, l’ambition de sauvegarder par une action collective et organisée les solidarités menacées par les forces économiques. 

Pour ceux qui jugeraient cette mise en question excessive, quelques questions : n’est-il pas significatif que, au moment même où leur accès à peu près simultané à la direction de plusieurs pays européens ouvre aux sociaux-démocrates une chance réelle de concevoir et de conduire en commun une véritable politique sociale, l’idée ne leur vienne même pas d’explorer les possibilités d’action proprement politiques qui leur sont ainsi offertes en matière fiscale, mais aussi en matière d’emploi, d’échanges économiques, de droit du travail, de formation ou de logement social ? N’est-il pas étonnant, et révélateur, qu’ils n’essaient même pas de se donner les moyens de contrecarrer le processus, déjà fortement avancé, de destruction des acquis sociaux du welfare, en instaurant par exemple, au sein de la zone européenne, des normes sociales communes en matière, notamment, de salaire minimum (rationnellement modulé), de temps de travail ou de formation professionnelle des jeunes – ce qui aurait pour effet d’éviter de laisser aux Etats-Unis le statut de modèle indiscuté que lui confère la doxa médiatique ? 

N’est-il pas choquant qu’ils s’empressent au contraire de se réunir pour favoriser le fonctionnement des « marchés financiers » plutôt que pour le contrôler par des mesures collectives telles que l’instauration (autrefois inscrite dans leurs programmes électoraux) d’une fiscalité sur le capital ou la reconstruction d’un système monétaire capable de garantir la stabilité des rapports entre les économies ? Et n’est-il pas particulièrement difficile d’accepter que le pouvoir exorbitant de censure des politiques sociales qui est accordé, en dehors de tout contrôle démocratique, aux « gardiens de l’euro » (tacitement identifiés à l’Europe) interdise de financer un grand programme public de développement fondé sur l’instauration volontariste d’un ensemble cohérent de « lois de programmation » européennes, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sécurité sociale – ce qui conduirait à la création d’institutions transnationales vouées à se substituer progressivement, au moins en partie, aux administrations nationales ou régionales, que la logique d’une unification seulement monétaire et marchande condamne à entrer dans une concurrence perverse ? 

Etant donné la part largement prépondérante des échanges intra-européens dans l’ensemble des échanges économiques des différents pays de l’Europe, les gouvernements de ces pays pourraient mettre en oeuvre une politique commune visant au moins à limiter les effets les plus nocifs de la concurrence intra-européenne (ceux du dumping social notamment) et à opposer une résistance collective à la concurrence des nations non-européennes et, en particulier, aux injonctions américaines, peu conformes le plus souvent aux règles de la concurrence pure et parfaite qu’elles sont censées protéger. Cela au lieu d’invoquer le spectre de la « mondialisation » pour faire passer, au nom de la compétition internationale, le programme régressif en matière sociale que le patronat n’a cessé de promouvoir, dans les discours comme dans les pratiques, depuis le milieu des années 70 (réduction de l’intervention publique, mobilité et flexibilité des travailleurs – avec la démultiplication et la précarisation des statuts, la révision des droits syndicaux et l’assouplissement des conditions de licenciement -, aide publique à l’investissement privé à travers une politique d’aide fiscale, réduction des charges patronales, etc.). Bref, en ne faisant à peu près rien en faveur de la politique qu’ils professent, alors même que toutes les conditions sont réunies pour qu’ils puissent la réaliser, ils trahissent clairement qu’ils ne veulent pas vraiment cette politique. 

L’histoire sociale enseigne qu’il n’y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l’imposer (et que ce n’est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd’hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l’économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d’une Europe policière et pénitentiaire (déjà très avancée) et d’une Europe militaire (conséquence probable de l’intervention au Kosovo), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. On pense évidemment à
la Confédération européenne des syndicats (CES) qui vient seulement d’accueillir
la CGT française. Mais personne ne contredira les spécialistes qui, comme Corinne Gobin, montrent que le syndicalisme tel qu’il se manifeste au niveau européen se comporte avant tout en « partenaire » soucieux de participer dans la bienséance et la dignité à la gestion des affaires en menant une action de lobbying bien tempéré, conforme aux normes du « dialogue » cher à M. Jacques Delors. Et on devra accorder qu’il n’a pas fait grand-chose pour se donner les moyens organisationnels de contrecarrer les volontés du patronat (organisé, lui, en Union des confédérations de l’industrie et des employeurs d’Europe (Unice), et doté d’un groupe de pression puissant, capable de dicter ses volontés à Bruxelles) et de lui imposer, avec les armes ordinaires de la lutte sociale, grèves, manifestations, etc., de véritables conventions collectives à l’échelle européenne. 

Ne pouvant donc attendre, au moins à court terme, de
la CES qu’elle se rallie à un syndicalisme militant, force est de se tourner d’abord, et provisoirement, vers les syndicats nationaux. Sans toutefois ignorer les obstacles immenses à la véritable conversion qu’il leur faudrait opérer pour échapper, au niveau européen, à la tentation technocratico-diplomatique, et au niveau national, aux routines et aux formes de pensée qui tendent à les enfermer dans les limites de la nation. Et cela à un moment où, sous l’effet notamment de la politique néolibérale et des forces de l’économie abandonnées à leur logique, avec, par exemple, la privatisation de nombre de grandes entreprises et la multiplication des « petits boulots », cantonnés le plus souvent dans les services, donc temporaires et à temps partiel, intérimaires et parfois à domicile, les bases mêmes d’un syndicalisme de militants sont menacées, comme l’attestent non seulement le déclin de la syndicalisation, mais aussi la faible participation des jeunes, et surtout des jeunes issus de l’immigration, qui suscitent tant d’inquiétudes, et que personne – ou à peu près – ne songe à mobiliser sur ce front. 

Le syndicalisme européen, qui pourrait être le moteur d’une Europe sociale, est donc à inventer, et il ne peut l’être qu’au prix de toute une série de ruptures plus ou moins radicales : rupture avec les particularismes nationaux, voire nationalistes, des traditions syndicales, toujours enfermées dans les limites des Etats, dont elles attendent une grande part des ressources indispensables à leur existence et qui définissent et délimitent les enjeux et les terrains de leurs revendications et de leurs actions ; rupture avec une pensée concordataire qui tend à discréditer la pensée et l’action critiques, à valoriser le consensus social au point d’encourager les syndicats à partager la responsabilité d’une politique visant à faire accepter aux dominés leur subordination ; rupture avec le fatalisme économique, qu’encouragent non seulement le discours médiatico-politique sur les nécessités inéluctables de la « mondialisation » et sur l’empire des marchés financiers (derrière lesquels les dirigeants politiques aiment à dissimuler leur liberté de choix), mais aussi la pratique des gouvernements sociaux-démocrates qui, en prolongeant ou en reconduisant, sur des points essentiels, la politique des gouvernements conservateurs, font apparaître cette politique comme la seule possible ; rupture avec un néolibéralisme habile à présenter les exigences inflexibles de contrats de travail léonins sous les dehors de la « flexibilité » (avec par exemple les négociations sur la réduction du temps de travail et sur la loi des trente-cinq heures qui jouent de toutes les ambiguïtés objectives d’un rapport de forces de plus en plus déséquilibré du fait de la généralisation de la précarité et de l’inertie d’un Etat plus incliné à le ratifier qu’à aider à le transformer) ; rupture avec le « social-libéralisme » de gouvernements enclins à donner à des mesures de dérégulation favorables à un renforcement des exigences patronales les apparences de conquêtes inestimables d’une véritable politique sociale. 

Ce syndicalisme rénové appellerait des agents mobilisateurs animés d’un esprit profondément internationaliste et capables de surmonter les obstacles liés aux traditions juridiques et administratives nationales et aussi aux barrières sociales intérieures à la nation, celles qui séparent les branches et les catégories professionnelles, et aussi de genre, d’âge et d’origine ethnique. Il est paradoxal en effet que les jeunes, et tout spécialement ceux qui sont issus de l’immigration, et qui sont si obsessionnellement présents dans les fantasmes collectifs de la peur sociale, engendrée et entretenue dans et par la dialectique infernale de la concurrence politique pour les voix xénophobes et de la concurrence médiatique pour l’audience maximum, tiennent dans les préoccupations des partis et des syndicats progressistes une place inversement proportionnelle à celle que leur accorde, partout en Europe, le discours sur l’« insécurité » et la politique qu’il encourage. 

Comment ne pas attendre ou espérer une sorte d’internationale des « immigrés » de tous les pays qui unirait Turcs, Kabyles et Surinamiens dans la lutte qu’ils conduiraient, en association avec les travailleurs natifs des différents pays européens, contre les forces économiques qui, à travers différentes médiations, sont aussi responsables de leur émigration ? Et peut- être que les sociétés européennes auraient aussi beaucoup à gagner si, d’objets passifs d’une politique sécuritaire, ces jeunes que l’on s’obstine à appeler « immigrés » alors qu’ils sont citoyens des nations de l’Europe d’aujourd’hui, souvent déracinés et déboussolés, exclus même des structures organisées de contestation, et sans autres issues que la soumission résignée, la petite ou la grande délinquance, ou les formes modernes de la jacquerie que sont les émeutes de banlieue, se transformaient en agents actifs d’un mouvement social novateur et constructif. 

Mais on peut songer aussi, pour développer, en chaque citoyen, les dispositions internationalistes qui sont désormais la condition de toutes les stratégies efficaces de résistance, à tout un ensemble de mesures, sans doute dispersées et disparates, telles que le renforcement, en chaque organisation syndicale, d’instances aménagées en vue de traiter avec les organisations des autres nations et chargées notamment de recueillir et de faire circuler l’information internationale ; l’établissement progressif de règles de coordination, en matière de salaires, de conditions de travail et d’emploi ; l’institution de « jumelages » entre syndicats de mêmes catégories professionnelles (soit, pour ne citer que celles déjà engagées dans des mouvements transnationaux, les routiers, les employés des transports aériens, etc.) ou de régions frontalières ; le renforcement, au sein des entreprises multinationales, des comités d’entreprise internationaux ; l’encouragement de politiques de recrutement en direction des immigrés qui, d’objets et d’enjeux des stratégies des partis et des syndicats, deviendraient ainsi des agents de résistance et de changement, cessant ainsi d’être utilisés, au sein même des organisations progressistes, comme des facteurs de division et d’incitation à la régression vers la pensée nationaliste, voire raciste ; l’institutionnalisation de nouvelles formes de mobilisation et d’action, comme les coordinations, et l’établissement de liens de coopération entre syndicats des secteurs public et privé qui ont des poids très différents selon les pays ; la « conversion des esprits » (syndicaux et autres) qui est nécessaire pour rompre avec la définition étroite du « social », et pour lier les revendications sur le travail aux exigences en matière de santé, de logement, de transports, de formation, de loisirs, de relations entre les sexes, et pour engager des efforts de resyndicalisation dans les secteurs traditionnellement dépourvus de mécanismes de protection collective (services, emploi temporaire). 

Mais on ne peut pas faire l’économie d’un objectif aussi visiblement utopique que la construction d’une confédération syndicale européenne unifiée : un tel projet est sans doute indispensable pour inspirer et orienter la recherche collective des innombrables transformations des institutions collectives et des milliers de conversions des dispositions individuelles qui seront nécessaires pour « faire » le mouvement social européen. 

S’il est sans doute utile, pour penser cette entreprise, difficile et incertaine, de s’inspirer du modèle du processus décrit par E. P. Thompson dans
La Formation de la classe ouvrière anglaise, il faut se garder de pousser trop loin l’analogie et de penser le mouvement social européen de l’avenir sur le modèle du mouvement ouvrier du siècle dernier : les changements profonds qu’a connus la structure sociale des sociétés européennes, dont le plus important est sans doute le déclin, dans l’industrie même, des ouvriers par rapport à ceux que l’on nomme aujourd’hui les « opérateurs » et qui, plus riches, relativement, en capital culturel, seront capables de concevoir de nouvelles formes d’organisation et de nouvelles armes de lutte, et d’entrer dans de nouvelles solidarités interprofessionnelles. 

Il n’est pas de préalable plus absolu à la construction d’un mouvement social européen que la répudiation de toutes les manières habituelles de penser le syndicalisme, les mouvements sociaux et les différences nationales en ces domaines ; pas de tâche plus urgente que l’invention des manières de penser et d’agir nouvelles qu’impose la précarisation. Fondement d’une nouvelle forme de discipline sociale, enracinée dans l’expérience de la précarité et la crainte du chômage, qui atteignent jusqu’aux niveaux les plus favorisés du monde du travail, la précarisation généralisée peut être au principe de solidarités d’un type nouveau, notamment à l’occasion de crises qui sont perçues comme particulièrement scandaleuses lorsqu’elles prennent la forme de débauchages massifs imposés par le souci de fournir des profits suffisants aux actionnaires d’entreprises largement bénéficiaires, comme c’est le cas d’Elf et d’Alcatel. 

Et le nouveau syndicalisme devra savoir s’appuyer sur les nouvelles solidarités entre victimes de la politique de précarisation, presque aussi nombreuses aujourd’hui dans des professions à fort capital culturel comme l’enseignement, les professions de la santé et les métiers de communication (comme les journalistes) que chez les employés et les ouvriers. Mais il devra préalablement travailler à produire et à diffuser aussi largement que possible une analyse critique de toutes les stratégies, souvent très subtiles, auxquelles collaborent, sans nécessairement le savoir, certaines réformes des gouvernements sociaux-démocrates et que l’on peut subsumer sous le concept de « flexploitation ». Analyse d’autant plus difficile à mener, et surtout à imposer à ceux qu’elle devrait faire accéder à la lucidité sur leur condition, que les stratégies ambiguës sont elles-mêmes bien souvent exercées par des victimes de semblables stratégies, enseignants précaires chargés d’élèves ou d’étudiants marginalisés et voués à la précarité, travailleurs sociaux sans garanties sociales chargés d’accompagner et d’assister des populations dont ils sont très proches par leur condition, etc., tous portés à entrer et à entraîner dans les illusions partagées. 

Mais il faudrait aussi et surtout en finir avec d’autres préconceptions très répandues qui, en empêchant de voir la réalité telle qu’elle est, dévient ou découragent l’action pour la transformer. C’est le cas de l’opposition que font les « politologues » français, et les journalistes « formés » à leur école, entre le « syndicalisme protestataire » – qui serait incarné en France par SUD ou par
la CGT – et le « syndicalisme de négociation », érigé en norme de toute pratique syndicale digne de ce nom, dont la confédération allemande DGB serait l’incarnation. Cette représentation démobilisatrice interdit de voir que les conquêtes sociales ne peuvent être obtenues que par un syndicalisme assez organisé à la fois pour mobiliser la force de contestation nécessaire pour arracher au patronat et aux technocraties de vraies avancées collectives, et pour négocier et imposer à sa base les compromis et les lois sociales dans lesquelles ceux-ci s’inscrivent durablement (n’est-il pas significatif que le mot même de mobilisation soit frappé de discrédit par les économistes d’obédience néolibérale, obstinément attachés à ne voir qu’une agrégation de choix individuels dans ce qui est en fait un mode de résolution et d’élaboration des conflits et un principe d’invention de nouvelles formes d’organisation sociale ?). 

C’est leur incapacité à s’unir autour d’une utopie rationnelle (qui pourrait être une vraie Europe sociale) et la faiblesse de leur base militante à laquelle ils ne savent pas imposer le sentiment de leur nécessité (c’est-à-dire d’abord de leur efficacité) qui, autant que la concurrence pour le meilleur positionnement sur le marché des services syndicaux, empêchent les syndicats de surmonter les intérêts corporatifs à court terme par un volontarisme universaliste capable de dépasser les limites des organisations traditionnelles et de donner toute sa force, notamment en intégrant pleinement le mouvement des chômeurs, à un mouvement social capable de combattre et de contrecarrer les pouvoirs économiques et financiers sur le lieu même, désormais international, de leur exercice. Les mouvements internationaux récents, dont
la Marche européenne des chômeurs n’est que le plus exemplaire, sont les premiers signes, encore fugitifs sans doute, de la découverte collective, au sein du mouvement social et au-delà, de la nécessité vitale de l’internationalisme ou, plus précisément, de l’internationalisation des modes de pensée et des formes d’action. 

Pierre Bourdieu. 

Mouvement social, Syndicalisme, Europe communautaire

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Pierre Bourdieu 

Sociologue, professeur au Collège de France. 

Lire :
-
Quadrature du cercle
 

Août 1998

 

 


LA LUTTE FÉMINISTE AU COEUR DES COMBATS POLITIQUES

 

De la domination masculine

 

 

LA domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question. Plus que jamais, il est indispensable de dissoudre les évidences et d’explorer les structures symboliques de l’inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et chez les femmes. Quels sont les mécanismes et les institutions qui accomplissent le travail de reproduction de « l’éternel masculin » ? Est-il possible de les neutraliser pour libérer les forces de changement qu’ils parviennent à entraver ? 

Par Pierre Bourdieu 

]]Je ne me serais sans doute pas affronté à un sujet aussi difficile si je n’y avais pas été entraîné par toute la logique de ma recherche (1). Je n’ai jamais cessé, en effet, de m’étonner devant ce que l’on pourrait appeler le paradoxe de la doxa (2) : le fait que l’ordre du monde tel qu’il est, avec ses sens uniques et ses sens interdits, au sens propre ou au sens figuré, ses obligations et ses sanctions, soit grosso modo respecté, qu’il n’y ait pas davantage de transgressions ou de subversions, de délits et de « folies » (il suffit de penser à l’extraordinaire accord de milliers de dispositions – ou de volontés – que supposent cinq minutes de circulation automobile sur la place de
la Bastille ou sur celle de
la Concorde, à Paris). Ou, plus surprenant encore, que l’ordre établi, avec ses rapports de domination, ses droits et ses passe-droits, ses privilèges et ses injustices, se perpétue en définitive aussi facilement, mis à part quelques accidents historiques, et que les conditions d’existence les plus intolérables puissent si souvent apparaître comme acceptables et même naturelles. 

Et j’ai aussi toujours vu dans la domination masculine, et dans la manière dont elle est imposée et subie, l’exemple par excellence de cette soumission paradoxale, effet de ce que j’appelle la violence symbolique, violence douce, insensible, invisible pour ses victimes mêmes, qui s’exerce pour l’essentiel par les voies purement symboliques de la communication et de la connaissance – ou, plus précisément, de la méconnaissance, de la reconnaissance ou, à la limite, du sentiment. 

Cette relation sociale extraordinairement ordinaire offre ainsi une occasion privilégiée de saisir la logique de la domination exercée au nom d’un principe symbolique connu et reconnu par le dominant comme par le dominé, une langue (ou une prononciation), un style de vie (ou une manière de penser, de parler ou d’agir) et, plus généralement, une propriété distinctive, emblème ou stigmate, dont la plus efficiente symboliquement est cette propriété corporelle parfaitement arbitraire et non prédictive qu’est la couleur de la peau. 

On voit bien qu’en ces matières il s’agit avant tout de restituer à la doxa son caractère paradoxal en même temps que de démonter les mécanismes qui sont responsables de la transformation de l’histoire en nature, de l’arbitraire culturel en naturel. Et, pour ce faire, d’être en mesure de prendre, sur notre propre univers et notre propre vision du monde, le point de vue de l’anthropologue capable à la fois de rendre au principe de vision et de division ( nomos) qui fonde la différence entre le masculin et le féminin telle que nous la (mé)connaissons, son caractère arbitraire, contingent, et aussi, simultanément, sa nécessité sociologique. 

Ce n’est pas par hasard que, lorsqu’elle veut mettre en suspens ce qu’elle appelle magnifiquement « le pouvoir hypnotique de la domination », Virginia Woolf (3) s’arme d’une analogie ethnographique, rattachant génétiquement la ségrégation des femmes aux rituels d’une société archaïque : « Inévitablement, nous considérons la société comme un lieu de conspiration qui engloutit le frère que beaucoup d’entre nous ont des raisons de respecter dans la vie privée, et qui impose à sa place un mâle monstrueux, à la voix tonitruante, au poing dur, qui, d’une façon puérile, inscrit dans le sol des signes à la craie, ces lignes de démarcation mystiques entre lesquelles sont fixés, rigides, séparés, artificiels, les êtres humains. Ces lieux où, paré d’or et de pourpre, décoré de plumes comme un sauvage, il poursuit ses rites mystiques et jouit des plaisirs suspects du pouvoir et de la domination, tandis que nous, »ses« femmes, nous sommes enfermées dans la maison de famille sans qu’il nous soit permis de participer à aucune des nombreuses sociétés dont est composée sa société (4) . » 

« Lignes de démarcation mystiques », « rites mystiques », ce langage, celui de la transfiguration magique et de la conversion symbolique que produit la consécration rituelle, principe d’une nouvelle naissance, encourage à diriger la recherche vers une approche capable d’appréhender la dimension proprement symbolique de la domination masculine. 

Une stratégie de transformation 

IL faudra donc demander à une analyse matérialiste de l’économie des biens symboliques les moyens d’échapper à l’alternative ruineuse entre le « matériel » et le « spirituel » ou l’« idéel » (perpétuée aujourd’hui à travers l’opposition entre les études dites « matérialistes », qui expliquent l’asymétrie entre les sexes par les conditions de production, et les études dites « symboliques », souvent remarquables mais partielles). Mais, auparavant, seul un usage très particulier de l’ethnologie peut permettre de réaliser le projet, suggéré par Virginia Woolf, d’objectiver scientifiquement l’opération proprement mystique dont la division entre les sexes telle que nous la connaissons est le produit, ou, en d’autres termes, de traiter l’analyse objective d’une société de part en part organisée selon le principe androcentrique (5) – la tradition kabyle – comme une archéologie objective de notre inconscient, c’est-à-dire comme l’instrument d’une véritable socioanalyse (6). 

Ce détour par une tradition exotique est indispensable pour briser la relation de familiarité trompeuse qui nous unit à notre propre tradition. Les apparences biologiques et les effets bien réels qu’a produits, dans les corps et dans les cerveaux, un long travail collectif de socialisation du biologique et de biologisation du social se conjuguent pour renverser la relation entre les causes et les effets et faire apparaître une construction sociale naturalisée (les « genres » en tant qu’ habitus sexués) comme le fondement en nature de la division arbitraire qui est au principe et de la réalité et de la représentation de la réalité, et qui s’impose parfois à la recherche elle- même. 

Ainsi n’est-il pas rare que les psychologues reprennent à leur compte la vision commune des sexes comme ensembles radicalement séparés, sans intersections, et ignorent le degré de recouvrement entre les distributions des performances masculines et féminines, et les différences (de grandeur) entre les différences constatées dans les divers domaines (depuis l’anatomie sexuelle jusqu’à l’intelligence). Ou, chose plus grave, ils se laissent maintes fois guider, dans la construction et la description de leur objet, par les principes de vision et de division inscrits dans le langage ordinaire, soit qu’ils s’efforcent de mesurer des différences évoquées dans le langage – comme le fait que les hommes seraient plus « agressifs » et les femmes plus « craintives » -, soit qu’ils emploient des termes ordinaires, donc gros de jugements de valeur, pour décrire ces différences (7). 

Mais cet usage quasi analytique de l’ethnographie qui dénaturalise, en l’historicisant, ce qui apparaît comme le plus naturel dans l’ordre social, la division entre les sexes, ne risque-t-il pas de mettre en lumière des constances et des invariants – qui sont au principe même de son efficacité socioanalytique -, et, par là, d’éterniser, en la ratifiant, une représentation conservatrice de la relation entre les sexes, celle-là même que condense le mythe de « l’éternel féminin » ? 

C’est là qu’il faut affronter un nouveau paradoxe, propre à contraindre à une révolution complète de la manière d’aborder ce que l’on a voulu étudier sous les espèces de « l’histoire des femmes » : les invariants qui, par-delà tous les changements visibles de la condition féminine, s’observent dans les rapports de domination entre les sexes n’obligent-ils pas à prendre pour objet privilégié les mécanismes et les institutions historiques qui, au cours de l’histoire, n’ont pas cessé d’arracher ces invariants à l’histoire ? 

Cette révolution dans la connaissance ne serait pas sans conséquence dans la pratique, et en particulier dans la conception des stratégies destinées à transformer l’état actuel du rapport de force matériel et symbolique entre les sexes. 

S’il est vrai que le principe de la perpétuation de ce rapport de domination ne réside pas véritablement – ou, en tout cas, principalement – dans un des lieux les plus visibles de son exercice, c’est-à-dire au sein de l’unité domestique, sur laquelle un certain discours féministe a concentré tous ses regards, mais dans des instances telles que l’Ecole ou l’Etat, lieux d’élaboration et d’imposition de principes de domination qui s’exercent au sein même de l’univers le plus privé, c’est un champ d’action immense qui se trouve ouvert aux luttes féministes, ainsi appelées à prendre une place originale, et bien affirmée, au sein des luttes politiques contre toutes les formes de domination. 

Pierre Bourdieu 

 

 

Mars 1998

 

 

CETTE UTOPIE, EN VOIE DE RÉALISATION, D’UNE EXPLOITATION SANS

LIMITE

 

L’essence du néolibéralisme

 

 

LE monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit – plus exceptionnellement – par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main- d’oeuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ? 

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice. 

Il suffit de penser, pour donner la mesure de l’omission, au seul système d’enseignement, qui n’est jamais pris en compte en tant que tel en un temps où il joue un rôle déterminant dans la production des biens et des services, comme dans la production des producteurs. De cette sorte de faute originelle, inscrite dans le mythe walrasien (1) de la « théorie pure », découlent tous les manques et tous les manquements de la discipline économique, et l’obstination fatale avec laquelle elle s’accroche à l’opposition arbitraire qu’elle fait exister, par sa seule existence, entre la logique proprement économique, fondée sur la concurrence et porteuse d’efficacité, et la logique sociale, soumise à la règle de l’équité. 

Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable. En effet, le discours néolibéral n’est pas un discours comme les autres. A la manière du discours psychiatrique dans l’asile, selon Erving Goffman (2), c’est un « discours fort », qui n’est si fort et si difficile à combattre que parce qu’il a pour lui toutes les forces d’un monde de rapports de forces qu’il contribue à faire tel qu’il est, notamment en orientant les choix économiques de ceux qui dominent les rapports économiques et en ajoutant ainsi sa force propre, proprement symbolique, à ces rapports de forces. Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d’action, s’accomplit un immense travail politique (dénié puisque, en apparence, purement négatif) qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la « théorie » ; un programme de destruction méthodique des collectifs. 

Le mouvement, rendu possible par la politique de déréglementation financière, vers l’utopie néolibérale d’un marché pur et parfait, s’accomplit à travers l’action transformatrice et, il faut bien le dire, destructrice de toutes les mesures politiques (dont la plus récente est l’AMI, Accord multilatéral sur l’investissement, destiné à protéger, contre les Etats nationaux, les entreprises étrangères et leurs investissements), visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manoeuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d’âge, perd une part de son contrôle sur la consommation. 

LE programme néolibéral, qui tire sa force sociale de la force politico-économique de ceux dont il exprime les intérêts – actionnaires, opérateurs financiers, industriels, hommes politiques conservateurs ou sociaux-démocrates convertis aux démissions rassurantes du laisser-faire, hauts fonctionnaires des finances, d’autant plus acharnés à imposer une politique prônant leur propre dépérissement que, à la différence des cadres des entreprises, ils ne courent aucun risque d’en payer éventuellement les conséquences -, tend globalement à favoriser la coupure entre l’économie et les réalités sociales, et à construire ainsi, dans la réalité, un système économique conforme à la description théorique, c’est-à-dire une sorte de machine logique, qui se présente comme une chaîne de contraintes entraînant les agents économiques. 

La mondialisation des marchés financiers, jointe au progrès des techniques d’information, assure une mobilité sans précédent de capitaux et donne aux investisseurs, soucieux de la rentabilité à court terme de leurs investissements, la possibilité de comparer de manière permanente la rentabilité des plus grandes entreprises et de sanctionner en conséquence les échecs relatifs. Les entreprises elles-mêmes, placées sous une telle menace permanente, doivent s’ajuster de manière de plus en plus rapide aux exigences des marchés ; cela sous peine, comme l’on dit, de « perdre la confiance des marchés », et, du même coup, le soutien des actionnaires qui, soucieux d’obtenir une rentabilité à court terme, sont de plus en plus capables d’imposer leur volonté aux managers, de leur fixer des normes, à travers les directions financières, et d’orienter leurs politiques en matière d’embauche, d’emploi et de salaire. 

Ainsi s’instaurent le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition, et, au sein même de l’entreprise, la concurrence entre filiales autonomes, entre équipes contraintes à la polyvalence et, enfin, entre individus, à travers l’ individualisation de la relation salariale : fixation d’objectifs individuels ; entretiens individuels d’évaluation ; évaluation permanente ; hausses individualisées des salaires ou octroi de primes en fonction de la compétence et du mérite individuels ; carrières individualisées ; stratégies de « responsabilisation » tendant à assurer l’auto-exploitation de certains cadres qui, simples salariés sous forte dépendance hiérarchique, sont en même temps tenus pour responsables de leurs ventes, de leurs produits, de leur succursale, de leur magasin, etc., à la façon d’« indépendants » ; exigence de l’« autocontrôle » qui étend l’« implication » des salariés, selon les techniques du « management participatif », bien au-delà des emplois de cadres. Autant de techniques d’assujettissement rationnel qui, tout en imposant le surinvestissement dans le travail, et pas seulement dans les postes de responsabilité, et le travail dans l’urgence, concourent à affaiblir ou à abolir les repères et les solidarités collectives (3). 

L’institution pratique d’un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui trouve les ressorts de l’adhésion à la tâche et à l’entreprise dans l’insécurité, la souffrance et le stress, ne pourrait sans doute pas réussir aussi complètement si elle ne trouvait la complicité des dispositions précarisées que produit l’insécurité et l’existence, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, parmi les cadres notamment, d’une armée de réserve de main-d’oeuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Le fondement ultime de tout cet ordre économique placé sous le signe de la liberté, est en effet, la violence structurale du chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu’elle implique : la condition du fonctionnement « harmonieux » du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse, l’existence de l’armée de réserve des chômeurs. 

Cette violence structurale pèse aussi sur ce que l’on appelle le contrat de travail (savamment rationalisé et déréalisé par la « théorie des contrats »). Le discours d’entreprise n’a jamais autant parlé de confiance, de coopération, de loyauté et de culture d’entreprise qu’à une époque où l’on obtient l’adhésion de chaque instant en faisant disparaître toutes les garanties temporelles (les trois quarts des embauches sont à durée déterminée, la part des emplois précaires ne cesse de croître, le licenciement individuel tend à n’être plus soumis à aucune restriction). 

On voit ainsi comment l’utopie néolibérale tend à s’incarner dans la réalité d’une sorte de machine infernale, dont la nécessité s’impose aux dominants eux-mêmes. Comme le marxisme en d’autres temps, avec lequel, sous ce rapport, elle a beaucoup de points communs, cette utopie suscite une formidable croyance, la free trade faith (la foi dans le libre-échange), non seulement chez ceux qui en vivent matériellement, comme les financiers, les patrons de grandes entreprises, etc., mais aussi chez ceux qui en tirent leurs justifications d’exister, comme les hauts fonctionnaires et les politiciens, qui sacralisent le pouvoir des marchés au nom de l’efficacité économique, qui exigent la levée des barrières administratives ou politiques capables de gêner les détenteurs de capitaux dans la recherche purement individuelle de la maximisation du profit individuel, instituée en modèle de rationalité, qui veulent des banques centrales indépendantes, qui prêchent la subordination des Etats nationaux aux exigences de la liberté économique pour les maîtres de l’économie, avec la suppression de toutes les réglementations sur tous les marchés, à commencer par le marché du travail, l’interdiction des déficits et de l’inflation, la privatisation généralisée des services publics, la réduction des dépenses publiques et sociales. 

SANS partager nécessairement les intérêts économiques et sociaux des vrais croyants, les économistes ont assez d’intérêts spécifiques dans le champ de la science économique pour apporter une contribution décisive, quels que soient leurs états d’âme à propos des effets économiques et sociaux de l’utopie qu’ils habillent de raison mathématique, à la production et à la reproduction de la croyance dans l’utopie néolibérale. Séparés par toute leur existence et, surtout, par toute leur formation intellectuelle, le plus souvent purement abstraite, livresque et théoriciste, du monde économique et social tel qu’il est, ils sont particulièrement enclins à confondre les choses de la logique avec la logique des choses. 

Confiants dans des modèles qu’ils n’ont pratiquement jamais l’occasion de soumettre à l’épreuve de la vérification expérimentale, portés à regarder de haut les acquis des autres sciences historiques, dans lesquels ils ne reconnaissent pas la pureté et la transparence cristalline de leurs jeux mathématiques, et dont ils sont le plus souvent incapables de comprendre la vraie nécessité et la profonde complexité, ils participent et collaborent à un formidable changement économique et social qui, même si certaines de ses conséquences leur font horreur (ils peuvent cotiser au Parti socialiste et donner des conseils avisés à ses représentants dans les instances de pouvoir), ne peut pas leur déplaire puisque, au péril de quelques ratés, imputables notamment à ce qu’ils appellent parfois des « bulles spéculatives », il tend à donner réalité à l’utopie ultraconséquente (comme certaines formes de folie) à laquelle ils consacrent leur vie. 

Et pourtant le monde est là, avec les effets immédiatement visibles de la mise en oeuvre de la grande utopie néolibérale : non seulement la misère d’une fraction de plus en plus grande des sociétés les plus avancées économiquement, l’accroissement extraordinaire des différences entre les revenus, la disparition progressive des univers autonomes de production culturelle, cinéma, édition, etc., par l’imposition intrusive des valeurs commerciales, mais aussi et surtout la destruction de toutes les instances collectives capables de contrecarrer les effets de la machine infernale, au premier rang desquelles l’Etat, dépositaire de toutes les valeurs universelles associées à l’idée de public, et l’imposition, partout, dans les hautes sphères de l’économie et de l’Etat, ou au sein des entreprises, de cette sorte de darwinisme moral qui, avec le culte du winner, formé aux mathématiques supérieures et au saut à l’élastique, instaure comme normes de toutes les pratiques la lutte de tous contre tous et le cynisme. 

Peut-on attendre que la masse extraordinaire de souffrance que produit un tel régime politico-économique soit un jour à l’origine d’un mouvement capable d’arrêter la course à l’abîme ? En fait, on est ici devant un extraordinaire paradoxe : alors que les obstacles rencontrés sur la voie de la réalisation de l’ordre nouveau – celui de l’individu seul, mais libre – sont aujourd’hui tenus pour imputables à des rigidités et des archaïsmes, et que toute intervention directe et consciente, du moins lorsqu’elle vient de l’Etat, par quelque biais que ce soit, est d’avance discréditée, donc sommée de s’effacer au profit d’un mécanisme pur et anonyme, le marché (dont on oublie qu’il est aussi le lieu d’exercice d’intérêts), c’est en réalité la permanence ou la survivance des institutions et des agents de l’ordre ancien en voie de démantèlement, et tout le travail de toutes les catégories de travailleurs sociaux, et aussi toutes les solidarités sociales, familiales ou autres, qui font que l’ordre social ne s’effondre pas dans le chaos malgré le volume croissant de la population précarisée. 

Le passage au « libéralisme » s’accomplit de manière insensible, donc imperceptible, comme la dérive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles à long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimulés, paradoxalement, par les résistances qu’il suscite, dès maintenant, de la part de ceux qui défendent l’ordre ancien en puisant dans les ressources qu’il recelait, dans les solidarités anciennes, dans les réserves de capital social qui protègent toute une partie de l’ordre social présent de la chute dans l’anomie. (Capital qui, s’il n’est pas renouvelé, reproduit, est voué au dépérissement, mais dont l’épuisement n’est pas pour demain.) 

MAIS ces mêmes forces de « conservation », qu’il est trop facile de traiter comme des forces conservatrices, sont aussi, sous un autre rapport, des forces de résistance à l’instauration de l’ordre nouveau, qui peuvent devenir des forces subversives. Et si l’on peut donc conserver quelque espérance raisonnable, c’est qu’il existe encore, dans les institutions étatiques et aussi dans les dispositions des agents (notamment les plus attachés à ces institutions, comme la petite noblesse d’Etat), de telles forces qui, sous apparence de défendre simplement, comme on le leur reprochera aussitôt, un ordre disparu et les « privilèges » correspondants, doivent en fait, pour résister à l’épreuve, travailler à inventer et à construire un ordre social qui n’aurait pas pour seule loi la recherche de l’intérêt égoïste et la passion individuelle du profit, et qui ferait place à des collectifs orientés vers la poursuite rationnelle de fins collectivement élaborées et approuvées. 

Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l’Etat, Etat national ou, mieux encore, supranational, c’est-à-dire européen (étape vers un Etat mondial), capable de contrôler et d’imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers et, surtout, de contrecarrer l’action destructrice que ces derniers exercent sur le marché du travail, en organisant, avec l’aide des syndicats, l’élaboration et la défense de l’ intérêt public qui, qu’on le veuille ou non, ne sortira jamais, même au prix de quelque faux en écriture mathématique, de la vision de comptable (en un autre temps, on aurait dit d’« épicier ») que la nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l’accomplissement humain. 

Pierre Bourdieu 

 

Février 1998

 

 

Questions sur un quiproquo

 

 

 

POURQUOI est-il si difficile d’être entendu des journalistes quand on parle du journalisme ? Pourquoi ne peut-on rien écrire sur cette profession sans avoir à se justifier, devant les tribunaux parfois, et sans s’exposer à l’abus de pouvoir des prières d’insérer et des droits de réponse sans appel ? Pourquoi est-il aujourd’hui tellement dangereux d’aborder ces sujets que quelques très bons écrits de journalistes sur les choses de télévision ne trouvent pas d’éditeur ? 

Pourquoi ceux qui ont un quasi-monopole de la diffusion massive de l’information ne supportent-ils pas l’analyse des mécanismes qui régissent la production de l’information et, moins encore, la diffusion de la moindre information à ce propos ? Pourquoi un livre dont – au moment où j’écris – il n’a pas été dit un seul mot dans un quotidien soucieux de sa réputation de sérieux, et qui a déjà été lu à ce jour par plus de 70 000 lecteurs, sans doute moins convaincus que les journalistes de la transparence du journalisme, fait-il l’objet d’une mise au point hautaine ? 

Qui a jamais nié qu’il y ait d’immenses journalistes, plutôt, évidemment, du côté des journalistes d’enquête et d’investigation que des éditorialistes ou des animateurs-amuseurs ? Mais quelle est la fatalité qui fait que, identifiant la description la plus objectiviste des mécanismes à un pamphlet contre des personnes, les journalistes se dressent comme un seul homme contre l’analyse iconoclaste ? Et que les plus sensibles et les plus intègres des journalistes, les plus soucieux de l’image réelle et de la réalité idéale du journalisme prennent fait et cause pour l’ensemble de la profession – donc pour les plus indéfendables, ils le savent mieux que personne, de leurs confrères ? 

Pourquoi dans ce champ hautement différencié qu’est le journalisme, traversé, comme l’Eglise ou l’école, par des concurrences et des conflits entre des gens qui font des métiers très différents ou qui font très différemment le même métier, la ruse de la raison sociale, qui a mille tours dans son sac, veut-elle que ce soit le prêtre ouvrier exemplaire ou le curé de paroisse dévoué qui prenne les armes pour défendre les cardinaux prévaricateurs ou les évêques corrompus contre des adversaires qui sont en fait ses alliés et qui, comme tous les hérétiques, ne font rien d’autre que rappeler la profession à la pureté idéale des commencements ? 

Pierre Bourdieu 

 

Septembre 1997

 

 

Innocentes confidences d’un maître de la monnaie

 

L’architecte de l’euro passe aux aveux

 

 

Un entretien dévoile un univers. Lorsque la presse répercute la parole des « décideurs », dont chaque confidence peut faire vaciller les monnaies, on ne prête pas toujours attention à l’énorme somme de non-dits et de presque-suggérés que leurs propos véhiculent. Armés de leur « indépendance » conquise sur le pouvoir politique, les gouverneurs des banques centrales disposent désormais du pouvoir de changer le cours des nations. Quelle est leur vision du monde social ? Et, par exemple, quelle est celle de M. Hans Tietmeyer, grand architecte de l’euro ? 

Par Pierre Bourdieu 

Ayant lu dans l’avion (1) un entretien du président de
la Banque fédérale d’Allemagne (
2), M. Hans Tietmeyer, présenté comme le « grand prêtre du deutschemark » - ni plus ni moins -, je voudrais me livrer à cette sorte d’analyse herméneutique qui convient aux textes sacrés : « L’enjeu aujourd’hui, c’est de créer les conditions favorables à une croissance durable et à - le mot-clé – la confiance des investisseurs. Il faut donc contrôler les budgets publics. » 

C’est-à-dire – il sera plus explicite dans les phrases suivantes – enterrer le plus vite possible l’Etat social et, entre autres choses, ses politiques sociales et culturelles dispendieuses, pour rassurer les investisseurs qui aimeraient mieux se charger eux-mêmes de leurs investissements culturels. Je suis sûr qu’ils aiment tous la musique romantique et la peinture impressionniste, et je suis persuadé, sans rien savoir sur le président de
la Banque fédérale d’Allemagne, que, à ses heures perdues, comme le directeur de
la Banque de France, M. Jean-Claude Trichet, il lit de la poésie et pratique le mécénat. 

« Il faut donc, dit-il, contrôler les budgets publics, baisser le niveau des taxes et impôts jusqu’à leur donner un niveau supportable à long terme. »  

Entendez : baisser le niveau des taxes et impôts des investisseurs jusqu’à les rendre supportables à long terme par ces mêmes investisseurs, évitant ainsi de les encourager à porter ailleurs leurs investissements. Continuons la lecture : « Il faut (…) réformer le système de protection sociale. » C’est- à-dire, bis repetita, enterrer l’Etat providence et ses politiques de protection sociale, bien faites pour ruiner la confiance des investisseurs, susciter leur méfiance légitime, certains qu’ils sont en effet que leurs acquis économiques – on parle d’acquis sociaux, on peut bien parler d’acquis économiques -, c’est-à-dire leurs capitaux, ne sont pas compatibles avec les acquis sociaux des travailleurs, et que ces acquis économiques doivent évidemment être sauvegardés à tout prix, fût-ce en ruinant les maigres acquis économiques et sociaux de la grande majorité des citoyens de l’Europe à venir, ceux que l’on a beaucoup désignés en décembre 1995 comme des « nantis », des « privilégiés ». 

M. Hans Tietmeyer est convaincu que les acquis sociaux des investisseurs, autrement dit leurs acquis économiques, ne survivraient pas à une perpétuation du système de protection sociale. C’est ce système qu’il faut donc réformer d’urgence, parce que les acquis économiques des investisseurs ne sauraient attendre. Et M. Hans Tietmeyer, penseur de haute volée, qui s’inscrit dans la grande lignée de la philosophie idéaliste allemande, poursuit : 

« Il faut donc contrôler les budgets publics, baisser le niveau des taxes et impôts jusqu’à leur donner un niveau supportable à long terme, réformer le système de protection sociale, démanteler les rigidités sur le marché du travail, de sorte qu’une - ce « de sorte » mériterait un long commentaire – nouvelle phase de croissance (…) ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort – le « nous faisons » est magnifique – de flexibilité sur le marché du travail. »  

Une menace proche du chantage

 

Ça y est. Les grands mots sont lâchés, et M. Hans Tietmeyer donne un magnifique exemple de la rhétorique euphémistique qui a cours sur les marchés financiers. L’euphémisme est indispensable pour susciter durablement la confiance des investisseurs – dont on aura compris qu’elle est l’alpha et l’omega de tout le système économique, le fondement et le but ultime, le telos, de l’Europe de l’avenir -, tout en évitant de susciter la défiance ou le désespoir des travailleurs, avec qui, malgré tout, il faut aussi compter, si l’on veut avoir cette nouvelle phase de croissance qu’on leur fait miroiter, pour obtenir d’eux l’effort indispensable. Parce que c’est d’eux que cet effort est attendu, même si M. Hans Tietmeyer, décidément passé maître en euphémismes, dit bien : « Démanteler les rigidités sur les marchés du travail, de sorte qu’une nouvelle phase de croissance ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort de flexibilité sur le marché du travail. » Splendide travail rhétorique, qui peut se traduire : Courage travailleurs ! Tous ensemble faisons l’effort de flexibilité qui vous est demandé ! 

Au lieu de poser, imperturbable, une question sur la parité extérieure de l’euro, le journaliste aurait pu demander à M. Hans Tietmeyer le sens qu’il donne aux mots-clés de la langue des investisseurs : « rigidité sur le marché du travail » et « flexibilité sur le marché du travail ». Les travailleurs, eux, entendraient immédiatement : travail de nuit, travail pendant les week-ends, horaires irréguliers, pression accrue, stress, etc. 

On voit que « sur le marché du travail » fonctionne comme une sorte d’épithète homérique susceptible d’être accrochée à un certain nombre de mots, et l’on pourrait être tenté, pour mesurer la flexibilité du langage de M. Hans Tietmeyer, de parler par exemple de flexibilité ou de rigidité sur les marchés financiers. L’étrangeté de cet usage dans la langue de bois de M. Hans Tietmeyer permet de supposer qu’il ne saurait être question, dans son esprit, de « démanteler les rigidités sur les marchés financiers » ou de « faire un effort de flexibilité sur les marchés financiers ». Ce qui autorise à penser que, contrairement à ce que peut laisser croire le « nous » du « si nous faisons un effort » de M. Hans Tietmeyer, c’est aux travailleurs et à eux seuls qu’est demandé cet effort de flexibilité, et que c’est encore à eux que s’adresse la menace, proche du chantage, qui est contenue dans la phrase : « De sorte qu’une nouvelle phase de croissance ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort de flexibilité sur le marché du travail. » En clair : lâchez aujourd’hui vos acquis sociaux, toujours pour éviter d’anéantir la confiance des investisseurs, au nom de la croissance que cela nous apportera demain. Une logique bien connue des travailleurs concernés, qui, pour caractériser la politique de participation que leur offrait en un autre temps le gaullisme, disaient : « Tu me donnes ta montre, et je te donne l’heure. » 

Relisons une dernière fois les propos de M. Hans Tietmeyer : 

« L’enjeu aujourd’hui, c’est de créer des conditions favorables à une croissance durable et à la confiance des investisseurs, il faut donc… - remarquez le « donc » - …contrôler les budgets publics, baisser le niveau des taxes et impôts jusqu’à leur donner un niveau supportable à long terme, réformer les systèmes de protection sociale, démanteler les rigidités sur les marchés du travail, de sorte qu’une nouvelle phase de croissance ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons un effort de flexibilité sur les marchés du travail. » 

Si un texte aussi extraordinaire, aussi extraordinairement extraordinaire, était exposé à passer inaperçu et à connaître le destin des écrits quotidiens de quotidiens, qui s’envolent comme des feuilles mortes, c’est qu’il était parfaitement ajusté à l’« horizon d’attente » de la grande majorité des lecteurs de quotidiens que nous sommes. Or cet horizon est le produit d’un travail social. Si les mots du discours de M. Hans Tietmeyer passent si facilement, c’est qu’ils ont cours partout. Ils sont partout, dans toutes les bouches. Ils courent comme monnaie courante, on les accepte sans hésiter, comme on fait d’une monnaie, d’une monnaie stable et forte, évidemment, aussi stable et aussi digne de confiance, de croyance, que le deutschemark : « Croissance durable », « confiance des investisseurs », « budgets publics », « système de protection sociale », « rigidité », « marché du travail », « flexibilité », à quoi il faudrait ajouter, « globalisation », « flexibilisation », « baisse des taux » – sans préciser lesquels – « compétitivité », « productivité », etc. 

Cette croyance universelle, qui ne va pas du tout de soi, comment s’est-elle répandue ? Un certain nombre de sociologues, britanniques et français notamment, dans une série de livres et d’articles, ont reconstruit la filière selon laquelle ont été produits et transmis ces discours néolibéraux qui sont devenus une doxa, une évidence indiscutable et indiscutée. Par toute une série d’analyses des textes, des lieux de publication, des caractéristiques des auteurs de ces discours, des colloques dans lesquels ils se réunissaient pour les produire, etc., ils ont montré comment, en Grande-Bretagne et en France, un travail constant a été fait, associant des intellectuels, des journalistes, des hommes d’affaires, dans des revues qui se sont peu à peu imposées comme légitimes, pour établir comme allant de soi une vision néolibérale qui, pour l’essentiel, habille de rationalisations économiques les présupposés les plus classiques de la pensée conservatrice de tous les temps et de tous les pays. 

La satisfaction que procure le fatalisme

 

Ce discours d’allure économique ne peut circuler au-delà du cercle de ses promoteurs qu’avec la collaboration d’une foule de gens, hommes politiques, journalistes, simples citoyens qui ont une teinture d’économie suffisante pour pouvoir participer à la circulation généralisée des mots mal étalonnés d’une vulgate économique. Un exemple de cette collaboration, ce sont les questions du journaliste qui va en quelque sorte au devant des attentes de M. Hans Tietmeyer : il est tellement imprégné par avance des réponses qu’il pourrait les produire. C’est à travers de telles complicités passives qu’est venue peu à peu à s`imposer une vision dite néolibérale, en fait conservatrice, reposant sur une foi d’un autre âge dans l’inévitabilité historique fondée sur le primat des forces productives. Et ce n’est peut-être pas par hasard si tant de gens de ma génération sont passés sans peine d’un fatalisme marxiste à un fatalisme néolibéral : dans les deux cas, l’économisme déresponsabilise et démobilise en annulant le politique et en imposant toute une série de fins indiscutées, la croissance maximum, l’impératif de compétitivité, l’impératif de productivité, et du même coup un idéal humain, que l’on pourrait appeler l’idéal FMI (Fonds monétaire international). On ne peut pas adopter la vision néolibérale sans accepter tout ce qui va de pair, l’art de vivre yuppie, le règne du calcul rationnel ou du cynisme, la course à l’argent instituée en modèle universel. Prendre pour maître à penser le président de
la Banque fédérale d’Allemagne, c’est accepter une telle philosophie. 

Ce qui peut surprendre, c’est que ce message fataliste se donne les allures d’un message de libération, par toute une série de jeux lexicaux autour de l’idée de liberté, de libéralisation, de dérégulation, etc., par toute une série d’euphémismes, ou de double jeux avec les mots – réforme par exemple -, qui vise à présenter une restauration comme une révolution, selon une logique qui est celle de toutes les révolutions conservatrices. 

Si cette action symbolique a réussi au point de devenir une croyance universelle, c’est en partie à travers une manipulation systématique et organisée des moyens de communication. 

Ce travail collectif tend à produire toute une série de mythologies, des « idées-forces » qui marchent et font marcher, parce qu’elles manipulent des croyances : c’est par exemple le mythe de la « globalisation » et de ses effets inévitables sur les économies nationales ou le mythe des « miracles » néolibéraux, américain ou anglais. A la mythologie selon laquelle les inégalités sociales et économiques se réduiraient aux Etats-Unis, on peut opposer le travail d’un sociologue, M. Loïc Wacquant, montrant que, aux Etats-Unis, l’« Etat charitable », fondé sur une conception moralisante de la pauvreté, tend à se dédoubler en un Etat social assurant les garanties minimales de sécurité aux classes moyennes et un Etat de plus en plus répressif pour contrecarrer les effets de la violence liée à la précarisation des conditions d’existence de la grande masse de la population, noire notamment. Ainsi l’Etat de Californie, un moment constitué par certains sociologues français en paradis de toutes les libérations, consacre désormais à ses prisons un budget largement plus élevé que celui de toutes les institutions d’enseignement supérieur réunies, qui sont pourtant parmi les plus prestigieuses du monde. 

Autre exemple,
la Grande-Bretagne, dont on nous dit tous les jours qu’elle a résolu le problème du chômage, a en fait multiplié les emplois précaires, et les travailleurs britanniques découvrent avec envie les acquis sociaux encore survivants en France. Cela, paradoxalement, au moment même où l’on dit aux Français à quel point les travailleurs d’outre-Manche sont heureux de leur malheur. 

Peut-être assistons-nous à un phénomène d’involution de l’Etat qui s’est constitué historiquement par concentration successive de force physique (la police et l’armée), de capital culturel (le système métrique, etc.) et de capital symbolique. Un des effets de la philosophie néolibérale, qui n’est que le masque d’une vieille philosophie conservatrice, est de conduire à une régression de l’Etat vers l’Etat minimal tout à fait conforme à l’idéal des dominants, c’est-à-dire réduit aux forces de répression, comme en témoigne l’augmentation des dépenses pour la police. 

Confiance des marchés ou confiance du peuple

 

 Revenons pour finir au mot-clé du discours de M. Hans Tietmeyer, la « confiance des marchés ». Il a le mérite de mettre en pleine lumière le choix historique devant lequel sont placés tous les pouvoirs : entre la confiance des marchés et la confiance du peuple, il faut choisir. La politique qui vise à garder la confiance des marchés perd la confiance du peuple. 

Selon un sondage récent sur l’attitude à l’égard des hommes politiques, les deux tiers des personnes interrogées les considèrent comme incapables d’écouter et de prendre en compte ce que pensent les Français, reproche particulièrement fréquent chez les partisans du Front national (FN) – dont on déplore par ailleurs l’irrésistible ascension, sans songer un seul instant à faire le lien entre FN et FMI. 

Il faut mettre la confiance des marchés financiers ou des investisseurs – qu’on entend sauver à tout prix – en relation avec la méfiance des citoyens. L’économie est, sauf quelques exceptions, une science abstraite fondée sur la coupure, absolument injustifiable, entre l’économique et le social qui définit l’économisme. Cette coupure est au principe de l’échec de toute politique qui ne reconnaît pas d’autre fin que la sauvegarde de l’« ordre et de la stabilité économiques », c’est-à-dire du deutschemark, ce nouvel absolu dont M. Hans Tietmeyer s’est fait le desservant… 

Pierre Bourdieu 

 

Avril 1996

 

 


LA TÉLÉVISION PEUT-ELLE CRITIQUER
LA TÉLÉVISION ?

 

Analyse d’un passage à l’antenne

 

 

En France, plusieurs émissions de télévision se proposent de décrypter les images que reçoivent les téléspectateurs. Se fondant sur l’idée que la télévision peut critiquer la télévision,elles tentent de combattre la méfiance grandissante du public à l’égard de ce média. Pierre Bourdieu,qui a, en janvier dernier, participé à la principale de ces émissions,  » Arrêt sur images « ,livre ici son témoignage. 

Par Pierre Bourdieu 

J’AI écrit ces notes dans les jours qui ont suivi mon passage à l’émission  » Arrêt sur images « . J’avais, dès ce moment-là, le sentiment que ma confiance avait été abusée, mais je n’envisageais pas de les rendrepubliques, pensant qu’il y aurait eu là quelque chose de déloyal. Or voilà qu’une nouvelle émission de la même série revient à quatre reprises quel acharnement ! sur des extraits de mes interventions, et présente ce règlement de comptes rétrospectif comme un audacieux retour critique de l’émission sur elle-même. Beau courage en effet : on ne s’est guère inquiété, en ce cas, d’opposer des  » contradicteurs  » aux trois spadassins chargés de l’exécution critique des propos présentés. 

La récidive a valeur d’aveu : devant une rupture aussi évidente du contrat de confiance qui devrait unir l’invitant et l’invité, je me sens libre de publier ces observations, que chacun pourra aisément vérifier en visionnant l’enregistrement des deux émissions (1). Ceux qui auraient encore pu douter, après avoir vu la première, que la télévision est un formidable instrument de domination devraient, cette fois, être convaincus : Daniel Schneidermann, producteur de l’émission, en a fait la preuve, malgré lui, en donnant à voir que la télévision est le lieu où deux présentateurs peuvent triompher sans peine de tous les critiques de l’ordre télévisuel. 

 » Arrêt sur images « ,
La Cinquième, 23 janvier 1996. L’émission illustrera parfaitement ce que j’avais l’intention de démontrer : l’impossibilité de tenir à la télévision un discours cohérent et critique sur la télévision. Prévoyant que je ne pourrais pas déployer mon argumentation, je m’étais donné pour projet, comme pis-aller, de laisser les journalistes jouer leur jeu habituel (coupures, interruptions, détournements, etc.) et de dire, après un moment, qu’ils illustraient parfaitement mon propos. Il aurait fallu que j’aie la force et la présence d’esprit de le dire en conclusion (au lieu de faire des concessions polies au  » dialogue « , imposées par le sentiment d’avoir été trop violent et d’avoir inutilement blessé mes interlocuteurs). 

Daniel Schneidermann m’avait proposé à plusieurs reprises de participer à son émission. J’avais toujours refusé. Début janvier, il réitère sa demande, avec beaucoup d’insistance, pour une émission sur le thème :  » La télévision peut-elle parler des mouvements sociaux ?  » J’hésite beaucoup, craignant de laisser passer une occasion de faire, à propos d’un cas exemplaire, une analyse critique de la télévision à la télévision. 

Après avoir donné un accord de principe subordonné à une discussion préalable sur le dispositif, je rappelle Daniel Schneidermann, qui pose d’emblée, comme allant de soi, qu’il faut qu’il y ait un  » contradicteur « . Je ne me rappelle pas bien les arguments employés, si tant est qu’il y ait eu arguments, tellement cela allait de soi pour lui. J’ai cédé par une sorte de respect de la bienséance : ne pas accepter le débat, dans n’importe quelles conditions et avec n’importe qui, c’est manquer d’esprit démocratique. Daniel Schneidermann évoque des interlocuteurs possibles, notamment un député RPR qui a pris position contre la manière dont les télévisions ont rendu compte de la grève. Ce qui suppose qu’il attend de moi que je prenne la position opposée (alors qu’il me demande une analyse ce qui tend à montrer que, comme la plupart des journalistes, il identifie l’analyse à la critique). 

Je propose alors Jean-Marie Cavada, parce qu’il est le patron de la chaîne où passera l’émission, et aussi parce qu’il m’est apparu comme typique d’une violence plus douce et moins visible : Jean-Marie Cavada donne toutes les apparences de l’équité formelle, tout en se servant de toutes les ressources de sa position pour exercer une contrainte qui oriente fortement les débats ; mes analyses vaudront ainsi a fortiori. Tout en proclamant que le fait que je mette en question le directeur de la chaîne ne le gênait en rien et que je n’avais pas à me limiter dans mes  » critiques « , Daniel Schneidermann exclut Jean-Marie Cavada au profit de Guillaume Durand. Il me demande de proposer des extraits d’émissions qui pourraient être présentés à l’appui de mes analyses. Je donne une première liste (comportant plusieurs références à Jean-Marie Cavada et à Guillaume Durand), ce qui m’amène, pour justifier mes choix, à livrer mes intentions. 

DANS une seconde conversation, je m’aperçois que plusieurs de mes propositions d’extraits ont été remplacées par d’autres. Dans le  » conducteur  » final, je verrai apparaître un long  » micro-trottoir  » sans intérêt visant à montrer que les spectateurs peuvent dire les choses les plus opposées sur la représentation télévisuelle des grèves, donc à relativiser d’avance les  » critiques  » que je pourrais faire (cela sous prétexte de rappeler l’éternelle première leçon de tout enseignement sur les médias : le montage peut faire dire n’importe quoi à des images). Lors d’une nouvelle conversation, on m’apprend que Jean-Marie Cavada a finalement décidé de venir et qu’on ne peut pas lui refuser ce droit de réponse, puisqu’il est  » mis en question « . 

Dès la première conversation, j’avais demandé expressément que mes prises de position pendant les grèves de décembre ne soient pas mentionnées. Parce que ce n’était pas le sujet et que ce rappel ne pourrait que faire apparaître comme des critiques de parti pris les analyses que la sociologie peut proposer. Or, dès le début de l’émission, la journaliste, Pascale Clark, annonce que j’ai pris position en faveur de la grève et que je me suis montré  » très critique de la représentation que les médias [en] ont donnée « , alors que je n’avais rien dit, publiquement, sur ce sujet. Elle récidive avec la première question, sur les raisons pour lesquelles je ne me suis pas exprimé à la télévision pendant les grèves. 

Devant ce nouveau manquement à la promesse qui m’avait été faite pour obtenir ma participation, j’hésite longuement, me demandant si je dois partir ou répondre. En fait, à travers cette intervention qui me plaçait d’emblée devant l’alternative de la soumission résignée à la manipulation ou de l’esclandre, contraire aux règles du débat  » démocratique « , le thème que les deux  » contradicteurs  » ne cesseront de rabâcher pendant toute l’émission était lancé : comment peut-il prétendre à la science objective de la représentation d’un événement à propos duquel il a pris une position partisane ? 

Au cours des discussions téléphoniques, j’avais aussi fait observer que les  » contradicteurs  » étaient maintenant deux, et deux professionnels (il apparaîtra, dès que je ferai une brève tentative pour analyser la situation dans laquelle je me trouvais, qu’ils étaient quatre) ; j’avais exprimé le souhait qu’ils n’abusent pas de l’avantage qui leur serait ainsi donné. En fait, emportés par l’arrogance et la certitude de leur bon droit, ils n’ont pas cessé de me prendre la parole, de me couper, tout en proférant d’ostentatoires flatteries : je pense que dans cette émission où j’étais censé présenter une analyse sociologique d’un débat télévisé en tant qu’invité principal, j’ai dû avoir la parole, au plus, pendant vingt minutes, moins pour exposer des idées que pour ferrailler avec des interlocuteurs qui refusaient tous le travail d’analyse. 

Daniel Schneidermann m’a appelé plusieurs fois, jusqu’au jour de l’émission, et je lui ai parlé avec la confiance la plus entière (qui est la condition tacite, au moins pour moi, de la participation à un dialogue public), livrant ainsi toutes mes intentions. Il ne m’a rien dit, à aucun moment, des intentions de mes  » contradicteurs « . Lorsque je lui ai demandé s’il comptait leur montrer, au préalable, les extraits que j’avais choisis ce qui revenait à leur dévoiler toutes mes batteries , il m’a dit que s’ils les lui demandaient il ne pourrait pas les leur refuser… Il m’a parlé vaguement d’un micro-trottoir au sujet mal défini tourné à Marseille. Après l’émission, il me dira sa satisfaction et combien il était content qu’un  » grand intellectuel  » pommade ait pris la peine de regarder de près et de discuter la télévision, mais aussi et surtout combien il admirait mes  » contradicteurs  » d’avoir  » joué le jeu  » et d’avoir accepté courageusement la critique… Le jour de l’émission, les  » contradicteurs  » et les présentateurs, avant l’enregistrement, me laissent seul sur le plateau pendant près d’une heure. Guillaume Durand vient s’asseoir en face de moi et m’entreprend bille en tête sur ce qu’il croit être ma complicité avec les socialistes (il est mal informé…). Exaspéré, je lui réponds vertement. Il reste longtemps silencieux et très gêné. La présentatrice, Pascale Clark, essaie de détendre l’atmosphère.  » Vous aimez la télévision ? Je déteste.  » On en reste là. Je me demande si je ne dois pas partir. 

Si au moins je parvenais à croire que ce que je suis en train de faire peut avoir une quelconque utilité et que je parviendrai à convaincre que je suis venu là pour essayer de faire passer quelque chose à propos de ce nouvel instrument de manipulation… En fait, j’ai surtout l’impression d’avoir seulement réussi à me mettre dans la situation du poisson soluble (et conscient de l’être) qui se serait jeté à l’eau. 

La disposition sur le plateau : les deux  » contradicteurs  » sont assis, en chiens de faïence (et de garde), de part et d’autre du présentateur, je suis sur le côté, face à la présentatrice. On m’apporte le  » conducteur  » de l’émission : quatre seulement de mes propositions ont été retenues et quatre  » sujets  » ont été ajoutés, dont deux très longs  » micro-trottoirs  » et reportages, qui passeront, tous destinés à faire apparaître la relativité de toutes les  » critiques  » et l’objectivité de la télévision. Les deux qui ne passeront pas, et que j’avais vus, avaient pour fin de montrer la violence des grévistes contre la télévision. 

Conclusion (que j’avais écrite avant l’émission) : on ne peut pas critiquer la télévision à la télévision parce que les dispositifs de la télévision s’imposent même aux émissions de critique du petit écran. L’émission sur le traitement des grèves à la télévision a reproduit la structure même des émissions à propos des grèves à la télévision. >Ce que j’aurais voulu dire 

La télévision, instrument de communication, est un instrument de censure (elle cache en montrant) soumis à une très forte censure. On aimerait s’en servir pour dire le monopole de la télévision, des instruments de diffusion (la télévision est l’instrument qui permet de parler au plus grand nombre, au-delà des limites du champ des professionnels). Mais, dans cette tentative, on peut apparaître comme se servant de la télévision, comme les  » médiatiques « , pour agir dans ce champ, pour y conquérir du pouvoir symbolique à la faveur de la célébrité (mal) acquise auprès des profanes, c’est-à-dire hors du champ. Il faudrait toujours vérifier qu’on va à la télévision pour (et seulement pour) tirer parti de la caractéristique spécifique de cet instrument le fait qu’il permet de s’adresser au plus grand nombre , donc pour dire des choses qui méritent d’être dites au plus grand nombre (par exemple qu’on ne peut rien dire à la télévision). 

Faire la critique de la télévision à la télévision, c’est tenter de retourner le pouvoir symbolique de la télévision contre lui-même cela en payant de sa personne, c’est le cas de le dire : en acceptant de paraître sacrifier au narcissisme, d’être suspect de tirer des profits symboliques de cette dénonciation et de tomber dans les compromissions de ceux qui en tirent des profits symboliques, c’est-à-dire les  » médiatiques « . >Le dispositif : du plus visible au plus caché Le rôle du présentateur : 

Il impose la problématique, au nom du respect de règles formelles à géométrie variable et au nom du public, par des sommations ( » C’est quoi… « ,  » Soyons précis… « ,  » Répondez à ma question « ,  » Expliquez-vous… « ,  » Vous n’avez toujours pas répondu… « ,  » Vous ne dites toujours pas quelle réforme vous souhaitez… « ) qui sont de véritables sommations à comparaître mettant l’interlocuteur sur la sellette. Pour donner de l’autorité à sa parole, il se fait porte-parole des auditeurs :  » La question que tout le monde se pose « ,  » C’est important pour les Français…  » Il peut même invoquer le  » service public  » pour se placer du point de vue des  » usagers  » dans la description de la grève. 

Il distribue la parole et les signes d’importance (ton respectueux ou dédaigneux, attentionné ou impatient, titres, ordre de parole, en premier ou en dernier, etc). 

Il crée l’urgence (et s’en sert pour imposer la censure), coupe la parole, ne laisse pas parler (cela au nom des attentes supposées du public c’est-à-dire de l’idée que les auditeurs ne comprendront pas, ou, plus simplement, de son inconscient politique ou social). 

Ces interventions sont toujours différenciées : par exemple, les injonctions s’adressent toujours aux syndicalistes ( » Qu’est-ce que vous proposez, vous ? « ) sur un ton péremptoire, et en martelant les syllabes ; même attitude pour les coupures :  » On va en parler… Merci, madame, merci…  » remerciement qui congédie, par rapport au remerciement empressé adressé à un personnage important. C’est tout le comportement global qui diffère, selon qu’il s’adresse à un  » important  » (M. Alain Peyrefitte) ou à un invité quelconque : posture du corps, regard, ton de la voix, mots inducteurs ( » oui… oui… oui…  » impatient,  » ouais  » sceptique, qui presse et décourage), termes dans lesquels on s’adresse à l’interlocuteur, titres, ordre de parole, temps de parole (le délégué CGT parlera en tout cinq minutes sur une heure et demie à l’émission  »
La Marche du siècle « ). 

Le présentateur agit en maître après Dieu de son plateau ( » mon émission « ,  » mes invités «  : l’interpellation brutale qu’il adresse à ceux qui contestent sa manière de mener le débat est applaudie par les gens présents sur le plateau et qui font une sorte de claque). 

La composition du plateau : 

Elle résulte de tout un travail préalable d’invitation sélective (et de refus). La pire censure est l’absence ; les paroles des absents sont exclues de manière invisible. D’où le dilemme : le refus invisible (vertueux) ou le piège. 

Elle obéit à un souci d’équilibre formel (avec, par exemple, l’égalité des temps de parole dans les  » face-à-face « ) qui sert de masque à des inégalités réelles : dans les émissions sur la grève de décembre 1995, d’un côté un petit nombre d’acteurs perçus et présentés comme engagés, de parti pris, et de l’autre des observateurs présentés comme des arbitres, parfaitement neutres et convenables, c’est-à-dire les présumés coupables (de nuire aux usagers), qui sont sommés de s’expliquer, et les arbitres impartiaux ou les experts qui ont à juger et à expliquer. L’apparence de l’objectivité est assurée par le fait que les positions partisanes de certains participants sont déguisées (à travers le jeu avec les titres ou la mise en avant de fonctions d’expertise : par exemple, M. Alain Peyrefitte est présenté comme  » écrivain  » et non comme  » sénateur RPR  » et  » président du comité éditorial du Figaro « , M. Guy Sorman comme  » économiste  » et non comme  » conseiller de M. Juppé « .) 

La logique du jeu de langage : 

Le jeu joue en faveur des professionnels de la parole, de la parole autorisée. 

Le débat démocratique conçu sur le modèle du combat de catch permet de présenter un ressort d’Audimat (le  » face-à-face « ) comme un modèle de l’échange démocratique. 

Les affinités entre une partie des participants : les  » médiatiques  » sont du même monde (entre eux et avec les présentateurs). Familiers des médias et des hommes des médias, ils offrent toutes les garanties : non seulement on sait qu’ils passent bien (ce sont, comme disent les professionnels, de  » bons clients »), mais on sait surtout qu’ils seront sans surprises. La censure la plus réussie consiste à mettre à des places où l’on parle des gens qui n’ont à dire que ce que l’on attend qu’ils disent ou, mieux, qui n’ont rien à dire. Les titres qui leur sont donnés contribuent à donner autorité à leur parole. 

Les différents participants ne sont pas égaux devant ces situations : d’un côté des professionnels de la parole, dotés de l’aptitude à manipuler le langage soutenu qui convient ; de l’autre des gens moins armés et peu habitués aux situations de prise de parole publique (les syndicalistes et, a fortiori, les travailleurs interrogés, qui, devant la caméra, bafouillent, parlent avec précipitation, s’emmêlent ou, pour échapper au trac, font les marioles, alors que, quelques minutes avant, en situation normale, ils pouvaient dire des choses justes et fortes). Pour assurer l’égalité, il faudrait favoriser les défavorisés (les aider du geste et du regard, leur laisser le temps, etc.), alors que tout est fait pour favoriser les favorisés. 

L’inconscient des présentateurs, leurs habitudes professionnelles. Par exemple, leur soumission culturelle d’intermédiaires culturels demi-savants ou autodidactes, enclins à reconnaître les signes académiques, convenus, de reconnaissance. Ils sont le dispositif (c’est-à-dire l’Audimat) fait hommes : lorsqu’ils coupent des propos qu’ils craignent trop difficiles, ils sont sans doute de bonne foi, sincères. Ils sont les relais parfaits de la structure, et, s’ils ne l’étaient pas, ils seraient virés. 

Dans leur vision de la grève et des grévistes, ils engagent leur inconscient de privilégiés : des uns, ils attendent des justifications ou des craintes ( » Dites vos craintes « ,  » De quoi vous plaignez-vous ? « ), des autres des explications ou des jugements ( » Qu’en pensez-vous ? « ). 

Pierre Bourdieu 

 

 

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A PROPOS DE LA PENSEE UNIQUE

Posté par issopha le 11 septembre 2007

Pensée unique

 

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

 

L’expression « pensée unique » est une formule rhétorique généralement utilisée dans le monde politico-médiatique français pour accuser de conformisme les idées considérées comme majoritaires en France et dans l’Europe communautaire, surtout dans le dernier quart du XXe siècle.

Elle vise à dénoncer :

  • pour les uns ce qu’ils considèrent comme une domination idéologique qui promeut certains choix de société, présentés comme seuls légitimes, concernant l’économie, l’intégration européenne, la libéralisation des mœurs, l’immigration, etc.
  • pour les autres ce qu’ils voient comme la permanence d’un esprit étatique, collectiviste, centralisateur et nationaliste promu comme seule voie respectable de servir l’intérêt général et devant primer les libertés et responsabilités individuelles et l’ouverture sur le monde.

Des groupes ayant chacun une pensée déterminée peuvent s’accuser mutuellement d’avoir une « pensée unique ». Il s’agit alors en fait d’une pensée de groupe.

L’expression est attribuée au journaliste Ignacio Ramonet, dans un éditorial de 1995 du Monde diplomatique[1]. Le terme évoquait alors et tournait en dérision le consensus national et européen en faveur de la monnaie unique.[2] L’expression a connu un certain succès, passant du rang de simple gimmick journalistique, puis de slogan politique caricatural, à celui de mème ou de sujet polémique et provoquant. Elle possède en effet un avantage rhétorique commode qui consiste à renverser la charge de la preuve : au lieu d’avoir à développer une vision cohérente et de convaincre qu’elle peut être mise en œuvre de manière réaliste, on accuse l’adversaire d’être incapable de penser à une alternative à sa solution actuelle. De ce fait, il n’existe plus aujourd’hui « une seule » pensée unique mais plusieurs. Gustave Parking dit même dans une boutade : « Tout le monde est d’accord pour critiquer la pensée unique.»[3] Ce paradoxe apparent s’explique par le fait que la pensée unique désigne alors la pensée d’un groupe de personnes.

Ainsi :

  • la gauche et certains mouvements altermondialistes dénoncent une pensée unique « néo-libérale«  ;
  • les mouvements de droite dénoncent une pensée unique de gauche « anti-libérale ».

 

Sommaire

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Le concept de pensée unique sociale-démocrate venu de la Droite

 

 

Selon la droite française, la « pensée unique », serait un consensus « anti-libéral » défendu par les intellectuels et les médias de gauche. La charge viserait principalement l’État-providence, ou l’idée selon laquelle une entité supérieure et dirigiste serait mieux placée que les individus pour décider de ce qui leur est souhaitable, et que le protectionnisme et les subventions sont des politiques nécessaires pour le bien commun. Au niveau Européen, la droite condamnerait surtout la prédominance d’un consensus social-démocrate, qui se manifesterait surtout de part le caractère centralisateur, planificateur et dirigiste des institutions Européennes.

Est également dénoncée une « dictature intellectuelle » de gauche (ou encore le ‘prêt-à-penser’) sur des questions sociales et morales, dont l’égalitarisme, l’assistanat, l’immigration, le système éducatif, la famille, les mœurs. La droite dénonce régulièrement l’héritage intellectuel de Mai 68, qui selon elle aurait figé un « politiquement-correct » de gauche.

Dans une interview donnée au journal Libération, Nicolas Sarkozy accusa les journalistes de complaisance envers la pensée unique et a pointé le black-out imposé sur les problèmes réels posés par l’immigration ou l’insécurité urbaine, ce qui ferait le jeu de l’extrémisme :

« Vous, vous pouvez vous complaire dans des alliances avec le parti communiste, avec l’extrême gauche, donner la parole à tous les extrémistes de la création. Ça, c’est bien, puisque c’est la pensée unique ! On ne peut plus rien dire dans notre pays sans qu’immédiatement on soit accusé d’arrière-pensées nauséabondes ! C’est la pensée unique qui est intolérable. Et je pense que c’est vous qui êtes coupés des réalités et de l’aspiration des gens. En interdisant aux républicains de parler librement, vous faites en vérité le lit du Front national. »

 

Qui la diffuserait?

 

  • Principalement la gauche, les centrales syndicales, les associations, une certaine fraction de la droite et surtout la plupart des médias, ceux directement sous contrôle de l’État (chaînes de radio et de télévision publiques), ou qui reçoivent des subventions (agences de presse comme l’AFP, presse d’information), mais aussi les groupes privés qui ont investi dans la communication et qui sont, de fait, liés à l’État : Bouygues (TF1), Vivendi (Canal +), Lagardère, c’est-à-dire Matra, Hachette, Philipacchi, Europe 1, (M6 et Canal Satellite), Suez-Générale des eaux (TPS), etc. Le système scolaire et universitaire public, dont la majorité du corps enseignant se réclamerait de la gauche, serait un vecteur de diffusion de « l’idéologie officielle ».
  • L’École nationale d’administration (ENA) est elle aussi largement visée : un grand nombre de ministres de droite comme de gauche, beaucoup de dirigeants des plus grosses entreprises, ainsi que la plupart des hauts fonctionnaires en étant issus. Les libéraux et les fédéralistes ont précédé les critiques de la gauche envers cette institution, qu’ils considèrent jacobine, élitiste et saint simonienne.

 

Le concept de pensée unique libérale venu de la Gauche

 

 

L’accusation concerne l’idée selon laquelle le « modèle libéral » initié par Ronald Reagan et Margaret Thatcher seraient l’exemple à suivre pour l’Europe et la France. There Is No Alternative fut la phrase qu’a employée Margaret Thatcher dans les années 1980 à propos de sa politique de libre-échange mondial (ce qui lui valut le surnom de Tina, par ses détracteurs). Il s’agissait en parallèle de supprimer l’intervention de l’État dans l’économie.

Les acteurs politiques et économiques s’inscrivant dans des politiques concertées au niveau international et que les altermondialistes réfutent, telles que le Pacte de stabilité ou le consensus de Washington, seraient ainsi des partisans de la pensée unique. À noter que les altermondialistes accusent aussi Libération de répandre la pensée unique, libérale cette fois.

Qui la diffuserait ?

  • Cette pensée serait propagée par plusieurs vecteurs puissants en France, notamment les médias, certaines organisations patronales (MEDEF), ainsi que par les grandes institutions internationales, comme le FMI ou l’OMC.

Brève conclusion

Il semble évident que la pensée unique n’est pas un terme proprement défini. Il sert davantage dans un discours polémique à taxer ses adversaires de fermeture d’esprit, en se disant, de fait, plus ouvert aux autres solutions. Néanmoins, dans chaque camp, l’idée de la pensée unique repose sur des bases bien stables et défendables. Ainsi, à gauche, on dénonce la prépondérance du système libéral (aux États-Unis et en Europe), en cherchant un système viable organisé autrement, qui éviterait certaines vicissitudes du système libéral. En revanche, chez les libéraux, la remise en cause de la pensée unique déclare vouloir se détacher de considérations partisanes schématiques (gauche-droite) en montrant que le système libéral proprement dit s’est à peine appliqué en France au cours des trente dernières années, quel que soit le gouvernement au pouvoir. Les libéraux montrent en exemple la gauche britannique (Labour Party de Tony Blair), qui a à peine retouché le système libéral mis en place par Margaret Thatcher.

Références

Articles connexes

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ACTIONS CITOYENNES . A PROPOS DU 5e POUVOIR

Posté par issopha le 10 septembre 2007

5e pouvoir : lobbying citoyen ou contre-lobbying ? 

Le 5e pouvoir, à supposer qu’il soit vraiment le 5e, dispose, en tant que contre-pouvoir, d’au moins deux façons de l’exercer : par l’information, et par les actions d’influence.  

Il a beaucoup été question ces derniers temps de « journalisme citoyen », en particulier à l’occasion du projet de labellisation des sites d’information, ou de la promulgation le 3 mars dernier de la loi pour la prévention de la délinquance, qui comporte un article censé lutter contre le phénomène du happy slapping en prohibant la diffusion d’images d’agressions sur Internet [1], ce qui a suscité de vives réactions, à l’échelle internationale, France mise à part. Cela étant, l’usage d’une autre expression, lobbying citoyen, semble émerger, utilisée par exemple récemment pour présenter [2] les positions TIC de François Bayrou.

Cette expression lobbying citoyen pose problème : en creusant un peu, on s’aperçoit qu’elle sous-entendrait que les actions d’influence des lobbyistes et celles des citoyens sont du même ordre. Pour ma part, je refuse cette étiquette, et je définis nos actions comme du contre-lobbying. Pour au moins deux raisons.

  Première raison, dans le temps, et dans l’espace : il s’agit d’actions défensives, a posteriori, alors que le lobbying est une activité offensive, a priori.

Notre activité est nécessairement défensive : Montesquieu est mort, l’apparition du Net a achevé l’esprit des lois. Pour faire bref, un point central de la pensée de Montesquieu est que chaque nation possède et crée des lois qui lui sont spécifiques [3]. En abolissant les distances, en permettant le transfert instantané d’informations d’un côté à l’autre de la planète, le Net ne pouvait que mettre en évidence les incompatibilités des lois des différentes nations. La réalité, aujourd’hui, c’est que même à coups de marteau, les pièces du puzzle législatif planétaire ne rentrent pas…

Les Etats-unis l’ont compris très tôt. Exemple : dès février 1993, Bill Clinton crée une task force consacrée à l’Infrastructure informationnelle nationale (NII), un des objectifs étant de modifier le droit de la propriété intellectuelle pour tenir compte de l’émergence des TIC. Un groupe de travail consacré à la propriété intellectuelle (le WGIPR) publie alors un « green paper » [4] rappelant l’objectif de l’administration Clinton : développer des programmes et des politiques dans les domaines des télécoms et de la société de l’information qui répondent au mieux aux besoins des Etats-unis.[5]

Inévitablement, le green paper aborde le problème de l’Infrastructure informationnelle globale (GII), en constatant que les lois protégeant la propriété intellectuelle ne sont pas identiques dans tous les pays, et remarquant qu’un acte constituant une violation de propriété intellectuelle dans un pays peut tout à fait être légal dans un autre pays [6]. Dès cet instant, l’esprit des lois passe aux soins palliatifs.

La suite de l’histoire [7] est connue : Le WGIPR publie un white paper [8] proposant un projet de loi NIICPA, que l’opinion publique américaine rejette tant il porte atteinte aux droits du public. Clinton utilise alors une technique de bootstraping législatif consistant à obtenir un accord international (en l’occurrence via l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, en décembre 1996), pour contourner son opinion publique et imposer le DMCA (Digital Millennium Copyright Act) aux Etats-unis en lieu et place du NIICPA. Une conséquence directe, puisque le traité OMPI a été signé par l’Union européenne, sera la naissance en mai 2001 de la directive européenne EUCD (European Union Copyright Directive).

Qui dit directive, dit transposition en droit national : cela arrive en France le 12 novembre 2003 avec le dépôt du projet de loi DADVSI (droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information) à l’Assemblée nationale.

1993-2003 : dix ans se sont écoulés. Les internautes français découvriront alors un projet de loi qui vient restreindre leur accès à la culture en légalisant les dispositifs de contrôle d’usage (DRM) et en pénalisant leur contournement. Chronologiquement l’action des internautes intervient donc en fin de parcours international, c’est-à-dire on ne peut plus en aval des processus législatifs, avec une marge de manoeuvre réduite : celle de la transposition. Les lobbies états-uniens ont mené leurs actions offensives il y a dix ans [9]. En 2005-2006, la réaction des internautes, ou plus exactement les actions que certains d’entre eux ont menées auprès du gouvernement et du parlement, sont donc bien des réactions défensives de contre-lobbying. Et c’est parce que les projets de lois nous viennent désormais de loin, et d’il y a longtemps, et que les lois nationales semblent devoir s’y diluer, ainsi que certains de nos droits. Des esprits potaches pourraient ainsi s’amuser à calculer la vitesse moyenne du NIICPA lors de sa traversée de l’Atlantique Nord avant d’atterrir à l’Assemblée nationale. Des esprits pointilleux pourraient quant à eux remarquer que le temps de trajet a été mis à profit pour durcir le texte et que, s’agissant de certains amendements, l’Union européenne a bon dos. L’esprit des lois, lui, repose désormais en paix.

- Seconde – et, en réalité, fondamentale – raison : l’économique et le citoyen ne sont pas du même ordre.

Il faut revenir sur la définition du mot lobby. Un excellent dictionnaire en ligne [10] propose : « Groupement, organisation ou association défendant des intérêts financiers, politiques ou professionnels, en exerçant des pressions sur les milieux parlementaires ou des milieux influents, notamment les organes de presse. » En pratique, la réalité du lobbying serait plus précisément : actions d’influence menées auprès des législateurs par des lobbyistes professionnels payés par des groupes ayant les moyens financiers de le faire dans le but d’infléchir (dans l’idéal, en réussissant à se placer le plus en amont possible : d’écrire) la loi dans le sens de leurs intérêts économiques. On pourrait alors en théorie (si l’on s’arrête à cette définition) imaginer un lobbying associatif ou citoyen, mais cette vue de l’esprit ne résiste pas au prix du billet de TGV aller-retour Paris-Bruxelles.

Concrètement, le lobbying est une pratique visant à soumettre le droit à l’économie, ou à des intérêts économiques. Que les cabinets de lobbying se dotent de règles déontologiques, c’est-à-dire de l’ordre de la morale, est d’autant plus troublant qu’ils exercent leur pouvoir d’influence sur l’ordre du droit, pour des raisons et dans des buts qui sont de l’ordre économique, c’est-à-dire d’un ordre qui est amoral, ou deux ordres en dessous de celui de la morale… Si du moins on suit la pensée de Comte-Sponville [11], qui décrit une hiérarchie ascendante d’ordres distincts : l’ordre (économico-)techno-scientifique, l’ordre juridico-politique, l’ordre de la morale, et l’ordre éthique.

A barbare, barbare et demi…. Passons maintenant à la tyrannie et à la barbarie de la chose : Comte-Sponville rappelle utilement[12] la définition de la tyrannie qu’a donnée Pascal : « La tyrannie consiste au désir de domination, universel et hors de son ordre« , et précise : « Le tyran ce n’est pas celui qui gouverne avec autorité : c’est celui qui gouverne ou qui prétend gouverner, dans un ordre où il n’a aucun titre légitime à le faire« . Qui pis est, lorsque cette tyrannie s’exerce d’un ordre inférieur vers un ordre supérieur, il s’agit alors de barbarie. Dans le cas du lobbying – prétendre soumettre le droit à l’économie – il ne me semble pas que cela soit trahir la pensée de Comte-Sponville que d’y voir très exactement une « barbarie libérale« .[13]

Les actions des internautes auprès du gouvernement et du parlement, elles, n’ont jamais eu pour but de promouvoir des intérêts économiques : lors de
la LCEN, il s’agissait de défendre la liberté d’expression, la liberté d’information, le droit d’accès – a priori, et non a posteriori – au juge indépendant et impartial. Lors du DADVSI, il s’agissait de défendre le droit d’accéder librement à la culture, le droit d’utiliser librement les machines qui permettent cet accès. Rien de tout cela ne concerne l’ordre économique, et rien ne permet de considérer leurs actions de contre-influence comme une quelconque barbarie…

C’est pour faire cette distinction qu’il vaut mieux ne pas utiliser l’expression lobbying citoyen, mais plutôt contre-lobbying, dans le sens où il s’agit non pas de faire du lobbying, mais d’utiliser les mêmes armes informationnelles que les lobbyistes, dans le but de contrer leur lobbying.

Munis de ces considérations, il est désormais possible de revenir sur la sincérité touchante avec laquelle le green paper hollywoodo-clintonien exposait la raison pour laquelle les Etats-unis se devaient de procéder à quelques invasions législatives barbares : « US copyright industries are significant contributors to the United States’ current trade accounts, reducing our balance of payments deficit by some $34 billion in 1990.« [14] Comte-Sponville a décidément raison : le capitalisme est amoral.

Voilà en tous cas qui nous permet de mesurer, par un exemple concret, la force de frappe du 5e pouvoir : l’introduction – inattendue – par ses soins de l’interopérabilité dans le débat législatif, et pire, dans le texte débattu, a provoqué quelques vagues outre-Atlantique, au point de faire réagir [15] le secrétaire d’Etat américain au Commerce, Carlos Gutierrez, qui a tout de suite compris en quoi le droit des Français de lire des oeuvres sur le lecteur de leur choix pouvait menacer sa balance commerciale, et s’est empressé de faire comprendre au législateur français que
la France n’allait pas tarder à être inscrite sur sa liste noire des nations « pirates ». En fin de course, le Conseil constitutionnel a plié devant cette ingérence.[16]

Désespérant, non ? Mais, encore une fois, Comte-Sponville vient à notre secours [17] : « C’est le peuple qui est souverain en France, et non pas la constitution ou le conseil constitutionnel [...] C’est ce qui fait que nous sommes en démocratie, souveraineté du peuple [...] et pas en nomocratie, souveraineté de la loi Il n’y a pas de loi fondamentale, expliquait Rousseau, précisément parce que le peuple est souverain : c’est lui qui fait la loi, il peut donc toujours la défaire, la refaire, la modifier. »

A un détail près : en citant Rousseau, Comte-Sponville pousse quand même un peu loin le bouchon… Voyons les choses en face : Montesquieu est mort, et ce n’est plus le peuple qui fait la loi, en tous cas, plus depuis quatre ans : les votes par la majorité parlementaire des lois économie numérique, et droit d’auteur et droits voisins (entre autres) nous l’ont clairement démontré. Et si ce n’est plus le peuple qui fait la loi, on voit mal en quoi il resterait fondé qu’il s’y soumette.

Ce problème de souveraineté pourrait se régler pacifiquement et démocratiquement dans les urnes : encore faudrait-il que tous les candidats disent publiquement de sérieuses garanties en la matière.

[1]
Chronologie du triptyque /CND/Label Presse/”Happy slapping”/

[2]
« Il faut plutôt chercher à orienter l’utilisation des nouvelles technologies vers des usages e-citoyens, comme l’utilisation de e-pétitions afin de faire du lobbying citoyen.« 

Q.Delmas sur le journal du Net

[3]
« La loi, en général, est la raison humaine, en tant qu’elle gouverne tous les peuples de la terre ; et les lois politiques et civiles de chaque nation ne doivent être que les cas particuliers où s’applique cette raison humaine.
Elles doivent être tellement propres au peuple pour lequel elles sont faites, que c’est un très grand hasard si celles d’une nation peuvent convenir à une autre.
 »
Montesquieu, De l’esprit des lois, Livre I : des lois en général, Chapitre III, Des lois positives).

[4]
http://www.ifla.org/documents/infopol/copyright/intlprop.txt

[5]
« Guided by the principles for government action described in _The NII Agenda for Action,_ the participating agencies are working with the private sector, public interest groups, Congress, and State and local governments to develop comprehensive telecommunications and information policies and programs that best meet the country’s needs.«  
[6]
« Development of the GII will make international copyright laws a concern for every user of the system. When the globe is blanketed with digital information dissemination systems, a user in one country will be able to manipulate information resources in another country in ways that may violate that country’s copyright laws. Because copyright laws are territorial, and the standards of protection embodied in the international conventions leave room for national legislative determinations, acts that may be an infringement in one country may not be an infringement in another country.«  
[7]
http://www.odebi.org/dadvsi/LeDADvSIpourlesnuls.html [8]
http://www.uspto.gov/web/offices/com/doc/ipnii/ipnii.pdf 

[9]
« Le Consumer Project on Technology publie un commentaire sur le NIICPA, mettant l’accent sur l’aspect répressif du texte, qui prévoit 5 ans de prison et 500,000 $ d’amende en cas de contournement d’un dispositif de « protection » même si ce contournement n’a d’autre but que l’usage licite : « H.R. 2441 would make a very large number of legitimate and important software devices illegal. Section 1202 of the bill would also make it a crime, punishable by 5 years in prison or $500,000 in fines if one modifies, removes or alters copyright « management information, » regardless of the reasons why this was done » , et dénonçant les actions d’influence de
la Creative Incentive Coalition (CIC), lobby promoteur de ce projet, rassemblant différents acteurs dont, en particulier :
la MPAA,
la RIAA, Microsoft,
la BSA, et Time Warner. Ce lobby réalise d’importants « investissements politico-législatifs ».
 »
http://www.odebi.org/dadvsi/LeDADvSIpourlesnuls.html

[10]
http://atilf.atilf.fr/
on y notera par ailleurs une curiosité étymologique : « Empr. à l’anglo-amér., de l’angl. lobby « couloir, passage » peut-être issu, par l’intermédiaire de formes de lat. médiév., de l’étymon germ. de l’angl. lodge et du fr. loge »

[11]
A.Comte-Sponville. ‘Le capitalisme est-il moral ?’
voir aussi :
CND, tyrannie, et barbarie politique.[12]
Qu’est-ce maintenant que
la Tyrannie ? C’est le ridicule au pouvoir, autrement dit la confusion des ordres érigée en système de gouvernement. De la tyrannie, Pascal donne la belle définition suivante : ‘La tyrannie consiste au désir de domination, universel et hors de son ordre.’ Un tyran, pour Pascal,ce n’est pas quelqu’un qui gouverne avec autorité, comme on le croit parfois à notre époque, brouillée avec l’idée même de pouvoir. L’autorité est une vertu, pour Pascal, ce que la tyrannie ne saurait être. Non, le tyran ce n’est pas celui qui gouverne avec autorité : c’est celui qui gouverne ou qui prétend gouverner, dans un ordre où il n’a aucun titre légitime à le faire : c’est celui, comme le dit excellemment Pascal, qui veut ‘avoir par une voie ce qu’on ne peut avoir que par une autre’.

A.Comte-Sponville, Le capitalisme est-il moral ?

[13]
« Exemple de barbarie : vouloir soumettre la politique ou le droit (l’ordre n°2) à l’économie, aux techniques, aux sciences (l’ordre n°1). Barbarie technocratique (tyrannie des experts), ou bien, il y a deux écoles, barbarie libérale (tyrannie du marché). »
A.Comte-Sponville, Le capitalisme est-il moral ?

[14]
« Development of the GII will make international copyright laws a concern for every user of the system. When the globe is blanketed with digital information dissemination systems, a user in one country will be able to manipulate information resources in another country in ways that may violate that country’s copyright laws. Because copyright laws are territorial, and the standards of protection embodied in the international conventions leave room for national legislative determinations, acts that may be an infringement in one country may not be an infringement in another country. The complexity that such a system creates will make doing « electronic business » over the information superhighways difficult unless we move promptly to identify needs for protection and initiate efforts to work toward a new level of international copyright harmonization.
U.S. copyright industries are significant contributors to the United States’ current trade accounts, reducing our balance of payments deficit by some $34 billion in 1990. Inadequacies in the present system of intellectual property protection for copyrights and neighboring[272] or related rights and the consequent losses to these industries from piracy and from trade barriers arising from differences in forms of protection have been estimated to cause losses to these industries of $12 to 15 billion annually. Improved protection for copyrights and neighboring rights would contribute to reducing these losses and improving the balance of payments.
 »
http://www.ifla.org/documents/infopol/copyright/intlprop.txt

[15]
http://www.odebi.org/new2/ ?p=25

[16]
http://www.odebi.org/new2/ ?p=8

[17]
« C’est le peuple qui est souverain en France, et non pas la constitution ou le conseil constitutionnel.Inutile de vous dire que cela me paraît heureux. C’est ce qui fait que nous sommes en démocratie, souveraineté du peuple (démos, en grec) et pas en nomocratie , souveraineté de la loi(nomos) – qui risquerait fort, concrètement, de n’être que le pouvoir des juges, lequel ne me paraît pas du tout un idéal… »
A.Comte-Sponville, Le capitalisme est-il moral ?

Publié dans ACTIONS CITOYENNES, CONTRE LA PENSEE UNIQUE, VERTUS DE LA DISSIDENCE | Pas de Commentaire »

 

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