Vous avez dit complot ?

Posté par issopha le 11 mars 2009

Vous avez dit complot ?

 

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Le siècle dernier, l’histoire du terrorisme a démontré qu’il s’agit toujours, pour une faction politique, de manipuler des groupes terroristes en vue de provoquer un revirement avantageux de l’opinion publique dont le but peut être de renforcer des dispositifs policiers pour contrer une agitation sociale, présente ou prévisible, ou de déclancher une opération militaire offensive, et son cortège d’intérêts économiques, à laquelle s’oppose la majorité de la nation (voir la note 1 en fin de page).

Tout individu notoirement ennemi de l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se déclarer dans cette catégorie est connu de plusieurs services de renseignements. De tels groupes sont constamment sous surveillance. Leurs communications internes et externes sont connues. Ils sont rapidement infiltrés par un ou plusieurs agents, parfois au plus haut niveau de décision, et dans ce cas aisément manipulable. Cette sorte de surveillance implique que n’importe quel attentat terroriste ait été pour le moins permis par les services chargés de la surveillance du groupe qui le revendique, parfois encore facilité ou aidé techniquement lorsque son exécution exige des moyens hors d’atteinte des terroristes, ou même franchement décidé et organisé par ces services eux-mêmes. Une telle complaisance est ici tout à fait logique, eu égard aux effets politiques et aux réactions prévisibles de ces attentats criminels.

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L’exaltation idéologique peut conduire à toutes sortes de crimes, et l’héroïsme individuel comme les assassinats en série appartiennent à toutes les sociétés humaines. Ces sortes de passions ont contribué depuis toujours à construire l’histoire de l’humanité à travers ses guerres, ses révolutions, ses contre-révolutions. On ne peut donc être surpris qu’un mitrailleur, un kamikaze ou un martyre commettent des actes dont les résultats politiques seront exactement opposés à ceux qu’ils prétendent rechercher, car ces individus ne sont pas ceux qui négocient sur le marché des armes, organisent des complots, effectuent minutieusement des opérations secrètes sans se faire connaître ni appréhendés avant l’heure du crime.

Mais il n’y a rien de nouveau à tout cela. Thucydide écrivait déjà, 400 ans avant Jésus-Christ, dans “La guerre du Péloponnèse” : « Qui plus est, ceux qui y prenaient la parole étaient du complot et les discours qu’ils prononçaient avaient été soumis au préalable à l’examen de leurs amis. Aucune opposition ne se manifestait parmi le reste des citoyens, qu’effrayait le nombre des conjurés. Lorsque que quelqu’un essayait malgré tout des les contredire, on trouvait aussitôt un moyen commode des les faire mourir. Les meurtriers n’étaient pas recherchés et aucune poursuite n’était engagée contre ceux qu’on soupçonnait. Le peuple ne réagissait pas et les gens étaient tellement terrorisés qu’ils s’estimaient heureux, même en restant muet, d’échapper aux violences. Croyant les conjurés bien plus nombreux qu’ils n’étaient, ils avaient le sentiment d’une impuissance complète. La ville était trop grande et ils ne se connaissaient pas assez les uns les autres, pour qu’il leur fût possible de découvrir ce qu’il en était vraiment. Dans ces conditions, si indigné qu’on fût, on ne pouvait confier ses griefs à personne. On devait donc renoncer à engager une action contre les coupables, car il eût fallut pour cela s’adresser soit à un inconnu, soit à une personne de connaissance en qui on n’avait pas confiance. Dans le parti démocratique, les relations personnelles étaient partout empreintes de méfiance, et l’on se demandait toujours si celui auquel on avait à faire n’était pas de connivence avec les conjuré ».

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Quoiqu’elle veuille s’en donner l’allure, l’action terroriste ne choisit pas au hasard ses périodes d’activités, ni selon son bon plaisir ses victimes. On constate inévitablement une strate périphérique de petits terroristes, dont il est toujours aisé de manipuler la foi ou le désir de vengeance, et qui est, momentanément, tolérée comme un vivier dans lequel on peut toujours pécher à la commande quelques coupables à montrer sur un plateau : mais la « force de frappe » déterminante des interventions centrales ne peut-être composée que de professionnels ; ce que confirme chaque détails de leur style.

L’incompétence proclamée de la police et des services de renseignements, leurs mea-culpa récurrent, les raisons invoquées de leurs échecs, fondées sur l’insuffisance dramatique de crédits ou de coordination, ne devraient convaincre personne : la tâche la première et la plus évidente d’un service de renseignements est de faire savoir qu’il n’existe pas ou, du moins, qu’il est très incompétent, et qu’il n’y a pas lieu de tenir compte de son existence tout à fait secondaire. Pourtant, ces services sont mieux équipés techniquement aujourd’hui qu’ils ne l’ont jamais été.

Aujourd’hui, les manipulations générales en faveur de l’ordre établi sont devenues si denses qu’elles s’étalent presque au grand jour. Pourtant, les véritables influences restent cachées, et les intentions ultimes ne peuvent qu’être assez difficilement soupçonnée, presque jamais comprises.

Notre monde démocratique qui, jusqu’il y a peu, allait de succès en succès, n’est aujourd’hui plus que l’arme idéologique d’une mécanique de domination, dont l’aboutissement du mensonge mondialiste pourrait devenir notre pire cauchemar.

Alors que nous sommes pris dans une réalité aussi mouvante que violement destructrice, nous ne devons pas perdre de vue que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreint, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables…

Le temps est venu d’organiser la résistance !

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Note 1 :

Allemagne 1933 : Hitler

Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier d’Allemagne et chef du pouvoir exécutif. Pourtant, deux adversaire potentiels sont encore devant lui : le Reichstag, qui vote les lois, arrête le budget et décide la guerre, ainsi que le parti communiste allemand, qui, dans le marasme économique de l’époque, pouvait se relever inopinément et constituer un dangereux concurrent. Le 22 février, Goering, alors président du Reichstag attribue aux SD (Sicherheitsdienst : Service de renseignements de sûreté) des fonctions de police auxiliaire. Le 23, la police perquisitionne au siège du parti communiste et y « découvre » un plan d’insurrection armée avec prises d’otages, multiples attentats et empoisonnements collectifs. Le 27 février, un militant gauchiste s’introduit sans difficultés dans le Reichstag et, avec quelques allumettes, y provoque un incendie. Le feu s’étend si rapidement que le bâtiment est détruit. Tous les experts, techniciens et pompiers, ont témoigné qu’un tel incendie ne pouvait être l’œuvre d’un seul homme. Bien après la guerre, d’anciens nazis confirmeront le rôle des SD dans cet attentat. Dès le lendemain de l’incendie, plusieurs milliers d’élu et de militants communistes sont arrêtés, l’état d’urgence décrété, le parti communiste interdit. Quinze jours plus tard les nazis remportent les élections au Reichstag, Hitler obtient les pleins pouvoirs et, dès juillet 1933, interdit tous les autres partis.

Italie 1970 : les Brigades rouge

Au cours des années septante, l’Italie était au bord d’une révolution sociale. Grèves, occupations d’usines, sabotage de la production, remise en question de l’organisation sociale et de l’Etat lui-même ne semblaient plus pouvoir être jugulé par les méthodes habituelle de la propagande et de la force policière. C’est alors que des attentats terroristes, destinés à provoquer de nombreuses victimes, et attribués à un groupe « révolutionnaire », les Brigades Rouges, sont venu bouleverser l’opinion publique italienne. L’émotion populaire permit au gouvernement de prendre diverses mesures législatives et policières : des libertés furent supprimées sans résistance, et de nombreuses personnes, parmi les plus actives du mouvement révolutionnaire, furent arrêtées : l’agitation sociale était enfin maîtrisée. Aujourd’hui, les tribunaux eux-mêmes reconnaissent que la CIA était impliquée, de même que les services secrets italiens, et que l’Etat était derrière ces actes terroristes.

USA 1995 : Timothy Mc Veigh

Le 19 avril 1995, un vétéran de la première guerre du Golfe, Timothy Mc Veigh, lance contre un bâtiment du FBI, à Oklahoma City, un camion chargé d’engrais et d’essence. Le bâtiment s’effondre et fait cent soixante-huit victimes. Au cours de l’instruction, Mc Veigh a déclaré avoir été scandalisé par l’assaut donné par le FBI, deux ans plus tôt, à une secte d’adventiste à Wacco, dans le Texas. Assaut au cours duquel périrent plus de quatre-vingt membres de la secte, dont vingt-sept enfants. Révolté par ce crime, Mc Veigh était donc parti en guerre, seul, contre le FBI. Et au terme de son procès, largement médiatisé, il a été exécuté, seul, par une injection mortelle, devant les caméras américaines.
Après l’attentat, 58 % des Américains se sont trouvés d’accord pour renoncer à certaine de leur liberté afin de faire barrage au terrorisme. Et dans l’effervescence populaire entretenue par les médias, le président Clinton du signer le consternant antiterrorism Act autorisant la police à commettre de multiples infractions à la constitution américaine.
Au vu des ravages causés par l’attentat, Samuel Cohen, le père de la bombe à neutrons, avait affirmé : « Il est absolument impossible, et contre les lois de la physique, qu’un simple camion remplis d’engrais et d’essence fassent s’effondrer ce bâtiment. » Deux experts du Pentagone étaient même venu préciser que cette destruction avait été « provoquée par cinq bombes distinctes », et avaient conclu que le rôle de Mc Veigh dans cet attentat était celui de « l’idiot de service ».

Au cours de son procès, Mc Veigh a reconnu avoir été approché par des membres d’un « groupe de force spéciales impliquées dans des activités criminelles ». Le FBI ne les a ni retrouvé, ni recherchés. Mais dans cette affaire, la police fédérale a dissimulé tant d’information à la justice qu’au cours de l’enquête, l’ancien sénateur Danforth a menacé le directeur du FBI d’un mandat de perquisition, mandat qu’il n’a pu malheureusement obtenir. L’écrivain Gore Vidal affirme, dans son livre La fin de la liberté : vers un nouveau totalitarisme, sans hésiter : « Il existe des preuves accablantes qu’il y a eu un complot impliquant des milices et des agents infiltrés du gouvernement afin de faire signer à Clinton l’antiterrorism Act ».

USA : 11/9

La situation mondiale exige l’ouverture continuelle de nouveaux marchés et demande à trouver l’énergie nécessaire pour faire fonctionner la production industrielle en croissance constante. Les immenses réserve des pays arabes, et la possibilité des se les approprier, d’acheminer cette énergie à travers des zones contrôlées, font désormais l’objet de conflits entre les USA, décidés à asseoir leur hégémonie, et les autres pays d’Europe et d’Asie. S’emparer de telles réserves aux dépends du reste du monde exige une suprématie militaire absolue et d’abord une augmentation considérable du budget de la défense. Mesures que la population américaine n’était, il y a quelques années encore, aucunement disposée à entériner. Le 11 janvier 2001, la commission Rumsfeld évoquait qu’un « nouveau Pearl Harbour constituera l’évènement qui tirera la nation de sa léthargie et poussera le gouvernement américain à l’action.»

Les services de renseignements américains, qui prétendaient tout ignorer de l’attentat du 11 septembre, étaient si bien averti dans les heures qui ont suivi, qu’ils pouvaient nommer les responsables, diffuser des comptes rendus de communications téléphonique, des numéros de carte de crédit, et même retrouver inopinément le passeport intact d’un des pilotes terroristes dans les ruines fumantes des deux tours, permettant ainsi de l’identifier ainsi que ses présumés complices. La version des autorités américaines, aggravée plutôt qu’améliorée par cent retouches successives, et que tous les commentateurs se sont fait un devoir d’admettre en public, n’a pas été un seul instant croyable. Son intention n’était d’ailleurs pas d’être crue, mais d’être la seule en vitrine.

Le pouvoir est devenu si mystérieux qu’après cet attentat, on a pu se demander qui commandait vraiment aux Etats-Unis, la plus forte puissance du monde dit démocratique. Et donc, par extension, on peut se demander également qui peut bien commander le monde démocratique ?


Le fascisme, le stalinisme et X
par Jean Bricmont, prof de physique à l’UCL

Un des thèmes privilégiés du discours politique contemporain est la révulsion provoquée par ces grandes horreurs du 20ème siècle que

sont le fascisme et le stalinisme, mises en pratique d’idéologies totalitaires.

En marge du quarantième anniversaire de l’indépendance du Congo, je voudrais faire quelques remarques sur ce qui me semble être un grand absent dans ce débat, et que, pour cette raison, j’appellerai X.

X est un système d’oppression politique qui s’est étendu à presque toute la planète, durant ici des siècles, là des décennies, et faisant, au total, plus de victimes que le stalinisme et le fascisme mis ensemble. X a déporté des populations entières, annihilé des cultures, utilisé l’esclavage, les camps et le travail forcé. X s’est justifié au moyen d’une idéologie fanatique, le racisme, qui a une grande parenté avec le nazisme ; mais cette parenté, contrairement à celle entre nazisme et stalinisme, est rarement soulignée. X a utilisé, là où il dominait, un obscurantisme imposé par des moyens totalitaires.

 Les séquelles de X affectent la vie de bien plus de gens que les séquelles du stalinisme ou du fascisme. Il est impossible de comprendre le monde contemporain, qu’il s’agisse de la dette du Tiers Monde, de la politique du FMI, des migrations, du racisme, des problèmes écologiques, ou les événements du Congo, du Zimbabwe, du Liban, ou même des Balkans, sans remonter à X. Des millions de gens dans le monde meurent chaque année, victimes des conséquences de X.

Pourtant, parler de X n’est pas simple ; l’histoire de X, telle que je l’ai apprise à l’école, était purement et simplement négationniste.

Publié dans ACTUS ET DEBATS CAMEROUN, ACTUS ET DEBATS FRANCE, ACTUS ET DEBATS MONDE, AU-DELA DES IDEES RECUES, QU'EST-CE QU'UN INTELLECTUEL ?, SAVOIR C'est déjà  POUVOIR, VISAGES DE LA RESISTANCE | 1 Commentaire »

La junte guinéenne promet de combattre la corruption + Guinée: le secrétaire d’Etat Alain Joyandet en déplacement à Conakry

Posté par issopha le 3 janvier 2009

La junte guinéenne promet de combattre la corruption
28/12/2008
 
La junte guinéenne promet de combattre la corruption + Guinée: le secrétaire d'Etat Alain Joyandet en déplacement à Conakry dans ACTUS ET DEBATS CAMEROUN artsubtitleleft transparent dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS
Les contrats miniers seront renégociés selon Moussa Dadis Camara qui a critiqué les anciens dirigeants « véreux » du pays
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Le chef de l’Etat guinéen, le capitaine Moussa Dadis Camara, a déclaré samedi à Conakry que le Conseil national de démocratie et de développement (CNDD) allait combattre la corruption sous toutes ses formes. S’exprimant au cours d’une rencontre avec les partis politiques, la société civile et les chef religieux, il affirmé que le général Conté, qui était un homme honnête, s’en est allé honorablement, regrettant qu’il avait bien amorcé son départ avant de dévier par la faute de «véreux collaborateurs» qui ont terni son image par la corruption.

«Si tous les gouvernements précédents avaient bien fait, la Guinée ne serait pas dans une situation de déliquescence honteuse et l’économie ne serait pas au creux de la vague par la faute de ceux-là qui ont pillé les caisses de l’Etat avant d’aller placer leurs butins à l’étranger», a ajouté le capitaine Camara. Il a averti que tout cela est du domaine du passé, promettant que le CNDD va traquer toutes les personnes impliquées dans la corruption et les traduire devant la justice pour répondre de leurs forfaitures.

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«Toute personne coupable de corruption ou de détournement sera jugée et condamnée», a-t-il dit, sous les applaudissements nourris de l’assistance. Le capitaine Camara a invité ses compatriotes à lui faire «de bonnes propositions» pour sauver leur pays au lieu de chercher à lui faire des propositions d’affaires. Il a annoncé la résiliation, dès aujourd’hui, de tous les contrats miniers qui seront renégociés sur des «bases claires».Il a aussi annoncé la révision prochaine du contrat du parc à containers du Port autonome de Conakry, qui a récemment défrayé la chronique, et la mise en place prochaine d’une Commission qui va gérer les dons venant de l’extérieur. Avant la fin de la réunion, les chefs religieux, musulmans et chrétiens, ont pris la parole pour saluer «les bonnes intentions» du capitaine Camara et prier pour qu’il réussisse dans «sa noble mission».

 

 

 

Guinée: le secrétaire d’Etat Alain Joyandet en déplacement à Conakry

 

02/01/2009 14:13

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Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet, le 1er décembre 2008 à Doha
© AFP

Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet se rendra samedi et dimanche à Conakry, pour y rencontrer des représentants de la junte qui a pris le pouvoir le 23 décembre en Guinée et appeler à la tenue d’élections au plus vite, ont annoncé ses services.
Selon un communiqué de son ministère, Alain Joyandet va « rencontrer les représentants de la junte, de l’opposition, de la société civile ainsi que le Premier Ministre désigné, pour considérer les modalités d’organisation d’élections libres et équitables dans les meilleurs délais -au cours du premier semestre 2009″.
Le ministre français, le premier à se rendre en Guinée depuis le coup d’Etat, souhaite aussi « apporter un message de soutien à la communauté française -2.500 ressortissants- présente à Conakry ».
Une junte, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, a pris le pouvoir en Guinée par un coup d’Etat militaire, peu après le décès du président Lansana Conté à l’âge de 74 ans, qui dirigeait le pays depuis 1984.
Depuis lors, la France a demandé à plusieurs reprises l’organisation d’élections dans le pays.
Le président Nicolas Sarkozy a en particulier formé, le 25 décembre, « le voeu qu’une transition pacifique ordonnée et démocratique se mette en place en vue de permettre un retour rapide au fonctionnement normal des institutions, par des élections libres et transparentes qui devraient être organisées à bref délai et sous observation internationale ».

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Dérive intellectuelle.Ces docteurs en doctorats qui abêtissent le Cameroun

Posté par issopha le 30 avril 2008

Dérive intellectuelle

Ces docteurs en doctorats

qui abêtissent le Cameroun

La génération « école supérieure » qui a gouverné le Cameroun après
l’indépendance, dont on disait qu’elle était limitée intellectuellement pour
véritablement élever le Cameroun vers les cimes qu’il mérite, a cédé la place
depuis 25 ans à la race des « Professeurs-Docteurs-Ingénieurs-Experts ». Mais
alors qu’on pensait que le pays allait emprunter le TGV du développement, il ne
s’est jamais aussi mal porté. Nos docteurs en doctorats, au contraire, donnent
du Cameroun aujourd’hui une image d’Etat idiot, qui ne sait pas où il va, et
dans lequel les valeurs nobles ont disparu. Ceux qui devaient être nos lumières
nous ont plongés dans les ténèbres de la bêtise humaine. Voici une petite
palette des tares de ces abêtisseurs du Cameroun.

Ils ont fait du diplôme une consécration
Ils usent leurs culottes à étudier, ils investissent les amphis d’ici et
d’ailleurs à accroître leur savoir, et ils engrangent de nombreux diplômes,
parfois brillamment. Mais dès qu’ils obtiennent un emploi, ils succombent aux
délices faciles du quotidien, caractérisés par le cycle travail-espaces
intermédiaires (circuits, restaurants, auberges)-maison (télé, dodo). Ils
affichent désormais leurs diplômes comme de simples médailles rappelant leurs
exploits scolaires passés. Ils ne lisent presque plus, ils n’apprennent plus,
ils ne se remettent plus en cause, ils ne font plus de la recherche. Les
diplômes leur ont servi à acquérir des strapontins sociaux, un point c’est
tout. Ne leur demandez surtout pas ce qu’ils peuvent apporter au pays avec les
connaissances qu’ils sont supposés avoir acquises, ils ne vous diront rien,
parce qu’ils n’y ont jamais pensé.

Ils ne sont que des consommateurs d’idées
Pour nos docteurs en doctorats, leur rôle se limite à énoncer les problèmes (et
encore !), les solutions venant de là où elles sont conçues d’habitude. Voyez
comment des gens qui sont supposés mieux connaître les réalités de leur pays,
se font dicter les mesures économiques par des jeunes cadres parfois sans
expérience du FMI et de la Banque mondiale ! « Là-bas » on en est au système
LMD à l’université, c’est bon, on l’adopte chez nous. Et quand quelques-uns
d’entre eux essayent de produire de la connaissance, ils sont carrément
raillés, comme le fut Pr Anomah Ngu avec ses essais de vaccin contre le
VIH/Sida. Seulement, en général, les solutions fabriquées ailleurs sont
inadaptables à notre pays, et comme nos docteurs en doctorats n’en produisent
pas, le résultat est celui que nous vivons.

Ils sont complexés
Un recteur à Douala visitait sa faculté de sciences avec son staff de grands
professeurs, et ce qu’il a relevé de grave c’est que les enseignants ne
s’habillent pas en costume et cravate. Et vous voulez que CICAM se porte bien
quand des dirigeants d’une université située dans la chaude capitale économique
du pays imposent des costumes trois pièces comme « tenue décente » à des
enseignants travaillant dans des amphis surchauffés? Parce que chez les «
autres », c’est ça la grande tenue, chez nous aussi ce doit être pareil.
Regardez ces « érudits » dans les débats (façon de parler), et observez que
leur argument massue préféré pour défendre une idée, c’est « même en France ou
aux USA, ça se passe comme ça ». Notre pays n’avancera jamais si nous pensons
que ce sont les « autres » qui doivent décider de ce qui est bon pour nous.
Dire que nous pensions que ce complexe était dû à l’illettrisme !

Ils renient leur savoir pour de la flagornerie
Lorsqu’un linguiste agrégé appelle l’épouse du chef de l’Etat « Madame la
présidente, Son Excellence… », on se demande si on ne rêve pas. Qui d’autre que
le linguiste devait tirer la sonnette d’alarme sur les abus de langage au
Cameroun ? C’est la même surprise désagréable qu’on a lorsqu’une « sommité » du
droit estime qu’on peut retoucher la Constitution chaque fois qu’on le désire,
comme un simple règlement intérieur d’association. Un « grand » politologue
officiant à l’IRIC s’invite à tous les plateaux TV du Cameroun pour démontrer
que la limitation des mandats présidentiels est « antidémocratique ». C’est
grave ! Nos docteurs en doctorats n’ont plus aucun garde fou dans leur
flagornerie à l’endroit du Prince : même les connaissances sont tronquées pour
ces bas desseins. Pas étonnant que les taux de croissance et de chômage (les
chiffres sur la population aussi) tiennent plus de l’affabulation que de la
statistique réelle. Un pays peut-il avancer quand la science est sacrifiée à
l’autel des lubies de ses dirigeants ?

Ils sont lâches et irresponsables
Leur posture favorite lorsqu’ils font semblant de critiquer le pouvoir en place,
c’est d’imputer tous les maux de notre pays à l’entourage du président. Couards
comme ils sont, ils veulent faire croire aux Camerounais qu’ils sont gouvernés
par Dieu Le Père lui-même (l’infaillible), simplement parce qu’ils redoutent
d’éventuels « coups de tête ». Nos agrégés en agrégations admettent volontiers
qu’ils ne pensent pas, chacun de leurs actes étant posé « sous la haute
impulsion de… ». Aucune de leurs interventions publiques ne peut s’achever sans
qu’ils citent « Le chef de l’Etat, Son Excellence… ». Quand ils se font
interviewer dans leur bureau, ils font tout pour que la photo de celui qui
parle à travers leur bouche apparaisse à l’image. Or, comme une seule personne
ne peut produire des idées géniales pour tous les secteurs de la vie du pays,
on se retrouve dans une situation où rien n’est fait nulle part. Et flop !

Ils se prostituent dans les sectes et réseaux
Pour accéder à des postes importants et/ou pour se garantir un « enrichissement
scandaleux », nos « longs crayons » adhèrent aux sectes et réseaux qui
pullulent (à découvert depuis l’avènement du Renouveau) dans notre pays.
Malheureusement pour eux, ils ne découvrent le vrai « mode d’emploi » de ces
cercles mystiques et maléfiques que lorsqu’ils sont déjà à l’intérieur, et les
voilà soumis aux pires humiliations : sodomie, cession d’épouses aux « maîtres
» pour besoins sexuels, etc. Ils roulent carrosse, ils ont l’illusion de
posséder un pouvoir puisqu’on se lève à leur passage, mais comme les
prostituées, ils souffrent dans leur chair et leur psychique. Ils deviennent
donc envieux de la liberté et de la tranquillité d’esprit des simples citoyens,
ce qui engendre la méchanceté. Pas question d’avoir le bien-être social en
restant propre, sans endurer les humiliations comme eux. On comprend ainsi
aisément pourquoi le bonheur du peuple est le cadet de leurs soucis. Mais
dites, comment à ce niveau d’instruction nos docteurs en doctorats ne
savent-ils pas que rien sur cette terre ne s’obtient sans contrepartie ?

Ils sont tribalistes
La déclaration des « élites » du Mfoundi après les émeutes de février 2008 au
Cameroun en est une illustration forte, qu’il n’est point besoin de commenter.
Dès que nos « savants » sont nommés à des fonctions de pouvoir sur le plan
national, ils courent festoyer au village natal. Comme pour dire qu’ils sont
ministres, députés, recteurs, DG ou autres pour leurs frères du village. Ils
soutiennent sans honte l’injuste système des « équilibres régionaux » au
détriment de la compétence, y compris dans les examens et concours, et lors des
recrutements et nominations à des postes de responsabilité. Ainsi, « the right
man at the right place » est purement une vue de l’esprit au Cameroun, et
l’évolution à reculons du pays est une conséquence logique.

Ils sont menteurs et fourbes
Quand on affirme, pince-sans-rire, devant les caméras de télévisions que les
morts lors des émeutes de février 2008 doivent leur triste sort aux bagarres
entre casseurs et pilleurs qui ne s’entendaient pas lors du partage du butin de
leurs forfaitures ; ou lorsqu’on déclare triomphalement qu’il y a eu « zéro mort
» à Bamenda pendant les années de braise, alors que des personnes sont mortes
sous les balles des forces de l’ordre, c’est grave. C’est grave parce qu’on est
parent d’enfants, et même (hélas !) enseignant, donc celui qui est supposé dire
aux jeunes que le mensonge est un vice. Le mensonge a tellement été banalisé
dans notre pays par ceux qui ont la charge de sa gestion, que le terme «
politique » est désormais synonyme de « mensonge ». Vous vous rendez compte
qu’on a donné des quitus de « bonne gestion » pendant des années à des DG
d’entreprises étatiques, alors qu’ils étaient en train de piller et tuer ces
structures ? SNEC, CAMAIR, CAMTEL, ONCPB, CNR, la liste est longue des
entreprises mortes au Cameroun à cause du mensonge et de la fourberie de nos «
experts ».

Ils sont amnésiques
Au début des années 1990, beaucoup de nos « érudits » sont montés au créneau
pour dire que le Cameroun n’était pas encore prêt pour le multipartisme.
Quelques semaines plus tard, les mêmes revenaient sans honte expliquer la
justesse du choix du chef de l’Etat de promulguer les lois qui consacrent le
multipartisme. En 1996, ils ont envahi les médias pour présenter la nouvelle
Constitution comme un modèle du genre en matière de démocratie. Il n’y avait
mieux nulle part : motions de soutien, marches triomphales. Aujourd’hui, voici
les mêmes qui reviennent, toute honte bue, décrier « l’une des meilleures
constitutions du monde ». Que dire de ce professeur qui, plus jeune, avait vécu
des grèves d’élèves au lycée à Bonabéri et à l’université de Yaoundé, qui vient
appuyer la thèse de la manipulation des jeunes dans leurs récentes
revendications. Il n’y a donc que la jeunesse du Cameroun qu’il faut manipuler
pour qu’elle réalise qu’elle a faim ? Au Burkina, au Sénégal et ailleurs, les
jeunes sont donc plus « mûrs » qu’au Cameroun ! Une telle amnésie ambiante
confine notre pays à l’éternel recommencement, donc à la stagnation et au
recul.

Ils sont faibles et manipulables
Il n’y a pas longtemps, on a dit aux Professeurs-Docteurs-Ingénieurs-Experts du
Cameroun qu’il fallait devenir chef de village pour montrer qu’on « maîtrise »
une portion de la population, et obtenir ainsi une meilleure part du gâteau
national. Alors ça a été la ruée vers les chefferies dans les villages du pays
: quand on était vraiment éloigné de la famille régnante, on mettait sa fortune
à contribution pour porter au trône « sa » personne. L’autorité traditionnelle a
été fragilisée, décrédibilisée.
Demandez à ces trouillards de marcher à quatre pattes en invoquant de « hautes
instructions », et ils vont faire mieux : ils vont ramper. De petits « indics »
leur extorquent ainsi de fortes sommes d’argent sous prétexte de pouvoir faire
avancer leur dossier en haut lieu. Le plus grave c’est que des maîtres d’EPS et
de petits informaticiens conçoivent des slogans et des arguments ridicules, et
nos « profs » les répètent comme des perroquets. Etre allé à l’école si
longtemps pour n’être que des marionnettes, c’est triste. Malheureusement
l’incidence de cette réalité n’est pas qu’individuelle ; le Cameroun en pâtit,
car ces grands diplômés qui nous dirigent sont tout autant manipulables par les
étrangers. Et nos entreprises, même de souveraineté, sont bradées ; les marchés
et contrats de dupes en notre défaveur sont légion.

Ils sont corrompus et voleurs
Jadis, on identifiait les gens qui avaient « beaucoup lu » par leur détachement
pour les biens matériels. Ils ne rêvaient que de reconnaissance pour leurs
performances dans leur domaine de connaissance. Aujourd’hui, les super diplômés
rêvent de grosses voitures, de châteaux, et de comptes bancaires obèses. Même au
sein des universités, on voit comment ils se battent comme des chiffonniers pour
décrocher des « missions juteuses ». Quand vous circulez dans nos grandes
villes, on vous montre les immeubles construits par tel agrégé, ou tel expert
avec l’argent volé à l’Etat. On s’est même servi de l’argent destiné à stopper
l’expansion du VIH/SIDA pour bâtir de colossales fortunes. Si la lutte contre
la corruption et les détournements était réelle dans notre pays, aucune
université au monde n’aurait une plus forte concentration de
Professeurs-Docteurs-Ingénieurs-Experts que nos prisons. Conséquence, comme
ceux qui devaient avoir assez de distance avec le quotidien pour penser le
devenir du pays sont absorbés par la recherche des gains faciles, le Cameroun
est sur pilotage automatique.
Il faut préciser que les tares relevées ici ne sont pas exhaustives. Ce qu’il y
a de plus inquiétant, c’est que cette race de « docteurs en doctorats » sans
consistance est en train de se renouveler, ce qui est normal, puisque beaucoup
d’entre eux sont assez cyniques pour continuer à enseigner. Une des preuves de
ce nivellement par le bas est le comportement des mototaximen : ils sont
discourtois, imprudents, ils ignorent le code de la route, pourtant on nous dit
qu’ils sont en grande partie titulaires de licences et de maîtrises.
Alors, quand les grands diplômés d’un pays donnent une telle image d’ignorance
de la vie en société, il y a de quoi croire que le peuple dont ils sont
supposés être les « éveilleurs de consciences » est d’une idiotie proverbiale.
Heureusement que cette déduction ne résiste pas à l’affirmation de cette
grand-mère qui disait toujours qu’il y a l’intelligence de l’école, et il y a
aussi l’intelligence humaine tout court qui ne se mesure pas au nombre de
diplômes. Il n’y a donc pas lieu de désespérer du Cameroun, car un pays ne se
construit pas uniquement avec des agrégés, et les couches moyennes qui portent
le pays à bout de bras, sont en train d’apprendre à satiété ce qu’il ne faut
surtout pas faire si on veut faire avancer un pays. Expérience qu’elles
mettront à profit lorsque l’alternance se fera dans la manière de penser et de
conduire le Cameroun.

Par Charles MONGUE chmongue@yahoo.fr

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Projet de révision au Cameroun. La Constitution selon Biya.Par Serge BOLLE , lu sur le blog LA CONSTITUTION EN AFRIQUE

Posté par issopha le 8 avril 2008

Projet de révision au Cameroun.

La Constitution selon Biya

 

biya.jpg 

 

            Le 4 avril 2008, Paul Biya, Président de la République du Cameroun, a déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale, conformément à l’article 63 (1) de la Constitution de 1996, le projet de loi n° 819/PJL/AN visant à modifier et à compléter certaines dispositions de la constitution du 18 janvier 1996. Après des mois de controverse, le pouvoir de révision souverain va se prononcer sur le texte ci-après, publié par le quotidien « Mutations » et annoté par votre serviteur :

Projet de révision au Cameroun. La Constitution selon Biya.Par Serge BOLLE , lu sur le blog LA CONSTITUTION EN AFRIQUE  dans CAMEROUN : laideurs et décadence mutations


Article 6 :

Alinéa 2 (nouveau) : Le président de la République est élu pour un mandat de sept (07) ans. Il est rééligible.

La levée de la limitation du nombre de mandats présidentiels constitue l’objet principal de la révision à venir de la Constitution. Très controversée, considérée par les opposants comme un attentat contre la paix civile, la fin programmée du double septennat remet en cause l’un des acquis du néo-constitutionnalisme libéral de la décennie 1990 en Afrique et rouvre la possibilité pour Paul Biya, 75 ans, d’être indéfiniment réélu à la charge suprême.

Pour autant, l’abandon de la clause de l’alternance automatique au sommet n’est pas en elle-même antidémocratique : le Président de la République, dans ses vœux à la Nation pour 2008, a souligné qu’il s’agissait de supprimer « une limitation à la volonté populaire, limitation qui s’accorde mal avec l’idée même de choix démocratique ». Partisans et détracteurs de la clause avancent des arguments somme toute classiques, rappelés par Augustin Loada.

Mais le débat passionné et passionnel sur l’article 6 (2) de la Constitution camerounaise s’inscrit aussi et surtout dans une société politique de défiance mutuelle : « La Constitution de la République du Cameroun » d’Alain Didier Olinga (p. 72) enseigne qu’en 1996 « Le principe de la limitation des mandats (a) été acquis au terme d’une âpre bataille » et qu’il était « la contrepartie » du passage du quinquennat au septennat ; l’opposition fait valoir, en 2008, que le pouvoir RDPC n’a de cesse de « truquer » les élections concurrentielles  et que l’adoption de l’amendement garantira donc la réélection de Paul Biya en 2011. Le raisonnement n’est pas sans faille : à Constitution constante, Paul Biya, à l’instar de Vladimir Poutine en Russie et, peut-être demain d’Abdoulaye Wade au Sénégal, n’aurait-il pas pu faire élire son « dauphin » pour empêcher l’opposition de conquérir le pouvoir ? En réalité, tout alternance semble exclue tant que l’ancien parti unique, qui a remporté toutes les élections depuis le rétablissement du multipartisme intégral, sera en capacité de « surdéterminer » la Constitution, de la façonner à son gré, seul ou avec des alliés obligeants.

Alinéa 4 (nouveau) : En cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil Constitutionnel, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République doit impérativement avoir lieu vingt (20) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’ouverture de la vacance.

a) L’intérim du Président de la République est exercé de plein droit, jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République, par le président du Sénat. Et si ce dernier est, à son tour empêché, par son suppléant suivant l’ordre de préséance du Sénat ;

b) Le Président de la République par intérim- le Président du Sénat ou son suppléant- ne peut modifier ni la Constitution, ni la composition du Gouvernement. Il ne peut recourir au référendum. Il ne peut être candidat à l’élection organisée pour la Présidence de la République ;

c) Toutefois, en cas de nécessité liée à l’organisation de l’élection présidentielle, le Président de la République par intérim peut, après consultation du Conseil Constitutionnel, modifier la composition du Gouvernement.

Deux amendements sont ici envisagés.

Il s’agit, d’abord, de réécrire la première phrase de l’article 6 (4) de la Constitution pour porter de 40 à 120 jours le délai maximum prévu pour la tenue d’une élection présidentielle anticipée. En décembre 2007, un député révisionniste RDPC faisait observer : « Tout le monde reconnaît que la période de 40 jours imposée au Président de la République par intérim est très courte, et que l’organisation d’un scrutin dans ces délais est irréalisable ». Si des considérations techniques, également avancées au Mali en 2001, peuvent amplement justifier le triplement du délai maximum, il y a lieu de s’interroger sur le maintien du délai minimum de 20 jours, évidemment « irréaliste ». A titre de comparaison, une élection présidentielle consécutive à une déclaration de vacance a lieu dans un délai de 30 jours au moins et de 40 jours au plus au Bénin (Constit. 1990, art. 50), de 45 jours au plus en Côte d’Ivoire (Constit. 2000, art. 40), de 30 jours au moins et de 60 jours au plus à Madagascar (Constit. 1992 révisée 2007, art. 47), de 3 mois au plus en Mauritanie (Constit. 1991 amendée 2006, art. 40), de 45 jours au moins et de 90 jours au plus au Niger (Constit. 1999, art. 42), de 60 jours au moins et de 90 jours au plus au Sénégal (Constit. 2001, art. 31) et en République Démocratique du Congo (Constit. 2006, art. 76). La réécriture de la première phrase de l’article 6 (4) de la Constitution camerounaise pose question : aurait-elle été conçue pour ménager plusieurs scénarios de succession constitutionnelle de Paul Biya, un scénario court de 20 jours au cas où le RDPC aurait un candidat « naturel », un scénario de 120 jours au plus dans l’hypothèse où le RDPC serait amené à choisir son candidat entre plusieurs prétendants ?

Le second amendement portant sur l’article 6 (4) c) de la Constitution est additionnel : il consiste à conférer au Président de la République par intérim le pouvoir de décider un remaniement gouvernemental, après avis simple du Conseil Constitutionnel, « en cas de nécessité liée à l’organisation de l’élection présidentielle ». La mesure fait partiellement droit à une préoccupation exprimée par un député révisionniste RDPC, en décembre 2007 : « un Président de la République par intérim qui ne pourrait modifier ni la constitution, ni le Gouvernement, ni organiser un référendum, n’aurait aucun pouvoir et ne saurait se faire obéir par qui que ce soit ». Mais, partout dans le monde, les attributions constitutionnelles du Chef de l’Etat intérimaire sont moindres que celles du titulaire ; et la loi fondamentale gèle souvent, pour la durée de l’intérim, la composition du Gouvernement, de manière à écarter, dans une période délicate, certaines manœuvres intempestives, susceptibles d’entraver le libre choix par le peuple souverain du nouveau Président de la République. Que vise donc l’amendement proposé au Cameroun ? S’agit-il de donner au futur Président de la République par intérim une base constitutionnelle pour s’imposer dans la course à la succession ? Dans l’affirmative, l’article 6 (4) c) nouveau de la Constitution contredirait l’interdiction faite au Chef de l’Etat provisoire par l’article 6 (4) b) maintenu de se porter candidat à l’élection présidentielle anticipée. Une autre hypothèse mérite attention : l’article 6 (4) c) nouveau de la Constitution permettrait à un Président de la République par intérim d’écarter du Gouvernement un ministre « gênant », qui se présenterait contre le candidat investi par le RDPC.

En toute hypothèse, la modification des règles constitutionnelles de succession ne sera pas anodine. Gageons que la discussion parlementaire de la révision en éclairera les ressorts !

Article 14 :

Alinéa 3 a (nouveau) : Les Chambres du Parlement se réunissent aux mêmes dates en sessions ordinaires chaque année aux mois de mars, juin et novembre sur convocation des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, après consultation du Président de la République.

Pour saisir l’intérêt de cette modification technique, il convient de se reporter à « La Constitution de la République du Cameroun » d’Alain Didier Olinga (p. 121) : l’ordre actuel de présentation des sessions ordinaires des chambres du Parlement (juin, novembre, mars) correspondait à l’année budgétaire « étalée du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante » ; « Avec l’alignement de l’année budgétaire sur l’année civile, la situation change. C’est ainsi que le règlement intérieur [de l’Assemblée Nationale] tel que modifié par la loi du 2 décembre 2002 précise à son article 9 alinéa 2 : « L’année législative de l’Assemblée Nationale est arrimée à l’année civile. La première session ordinaire de l’Assemblée Nationale s’ouvre au mois de mars, la deuxième au mois de juin et la troisième au mois de novembre ». Le pouvoir de révision souverain est donc invité à actualiser la Constitution pour purger l’ordre juridique d’une disposition désormais caduque. Cette invite pose question au regard de la hiérarchie des normes, car l’Assemblée Nationale, auteur de la loi de révision constitutionnelle, devrait s’aligner, sur l’Assemblée Nationale, auteur de la loi infra-constitutionnelle portant règlement intérieur !

Article 15 :

Alinéa 4 (nouveau) : En cas de crise grave ou lorsque les circonstances l’exigent, le Président de la République peut, après consultation du Président du Conseil Constitutionnel et des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, demander à l’Assemblée nationale de décider, par une loi, de proroger ou d’abréger son mandat. Dans ce cas, l’élection d’une nouvelle Assemblée nationale a lieu quarante (40) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’expiration du délai de prorogation ou d’abrègement de mandat.

Il s’agit ici de doubler le délai maximum d’organisation d’élections législatives anticipées consécutives à la promulgation d’une loi exceptionnelle d’autodissolution de l’Assemblée Nationale ; l’échéance serait identique à celle fixée par la première phrase de l’article 6 (4) de la Constitution après sa modification. La révision pourrait permettre de résoudre les difficultés techniques inhérentes à l’organisation d’élections imprévues, comme cela avait été envisagé au Mali par le projet de 2001. Mais sa portée – politique et institutionnelle – mérite d’être appréciée au regard du projet de modification de l’article 6 (4) : le Président de la République, par intérim ou successeur constitutionnel de Paul Biya, n’aura-t-il pas la possibilité de provoquer la tenue d’élections législatives anticipées, pour que le Chef de l’Etat puisse s’appuyer sur une majorité parlementaire nouvelle construite sur son nom ?

Article 51 :

Alinéa 1 (nouveau) : Le Conseil Constitutionnel comprend onze (11) membres désignés pour un mandat de six (06) ans non renouvelable.

Paul Biya, dans ses vœux à la Nation pour 2008, a annoncé : « nous donnerons sa forme définitive au Conseil Constitutionnel ». Il ne s’agissait visiblement pas de procéder à l’installation de l’institution, licitement différée en vertu du principe de progressivité de l’article 67 (1) de la Constitution de 1996. Le projet de révision du 4 avril 2008 vise simplement de réformer la durée du mandat des membres d’un Conseil Constitutionnel toujours virtuel, malgré la promulgation des textes infra-constitutionnels qui le régiront (Loi N°2004/004 du 21 avril 2004 portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel et Loi n°2004/005 du 21 avril 2004 fixant le statut des membres du Conseil constitutionnel). Pourquoi faudrait-il en 2008 réduire de 9 à 6 ans cette durée ? Le sexennat envisagé n’exposera-t-il pas l’institution gardienne de la Constitution au risque d’une plus grande politisation, d’un moindre découplage avec la vie politique, rythmée par des élections législatives tous les 5 ans et une élection présidentielle tous les 7 ans ? L’indépendance du Conseil Constitutionnel et la continuité de sa jurisprudence ne risqueront-elles pas d’être durablement compromises par la perspective d’un renouvellement en bloc tous les 6 ans ?

Article 53 (nouveau) :

Alinéa 1 : La Haute Cour de Justice est compétente pour juger les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions par :

- le Président de la République en cas de haute trahison ;

- le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement et assimilés, les hauts responsables de l’administration ayant reçu délégation de pouvoirs en application des articles 10 et 12 ci-dessus, en cas de complot contre la sûreté de l’Etat.

Alinéa 2 : Le Président de la République ne peut être mis en accusation que par l’Assemblée nationale et le Sénat statuant par un vote identique au scrutin public et à la majorité des quatre cinquièmes des membres les composant.

Alinéa 3 : Les actes accomplis par le Président de la République en application des articles 5, 8, 9 et 10 ci-dessus, sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat.

Alinéa 4 : L’organisation, la composition, les conditions de saisine ainsi que la procédure suivie devant la Haute Cour de Justice sont déterminées par la loi.

Il est proposé de réécrire entièrement l’article 53 de la Constitution qui, dans sa version actuelle ne comporte que deux alinéas et qui renvoie à une loi d’application. Or, comme on peut le lire dans « La Constitution de la République du Cameroun » d’Alain Didier Olinga (p. 174) : « La Haute cour de justice est probablement la seule institution de l’histoire constitutionnelle camerounaise à n’avoir jamais accédé à l’effectivité. Figée dans un environnement institutionnel en mutation, elle semble ne survivre que du fait de la potentielle clameur civique qui naîtrait de l’impression d’irresponsabilité et d’impunité déduite de son inexistence ».

Le projet de révision est de nature à renforcer cette impression.

L’article 53 (1) confirmera le privilège de juridiction du Président de la République et, surtout, innovera en limitant le champ de sa responsabilité personnelle au cas de haute trahison, notion que ne définit pas le Constituant camerounais, contrairement à la plupart de ses homologues africains.

L’article 53 (2) rendra plus ardue la mise en accusation du Président de la République : l’exigence d’une majorité surqualifiée des 4/5 dans les deux chambres paraît exorbitante au regard des textes constitutionnels africains d’aujourd’hui.

Enfin, l’article 53 (3) créera une immunité absolue au bénéfice d’un ancien Président de la République : ce dernier sera mis à l’abri de toute poursuite pour tout acte accompli dans l’exercice de ses fonctions antérieures. Avec une telle innovation, le Cameroun surpasserait le Gabon, où la Constitution révisée en 2003 dispose en son article 78 in fine : « Le Président de la République qui a cessé d’exercer ses fonctions ne peut être mis en cause, poursuivi, recherché, arrêté détenu ou jugé pour les faits définis par la loi organique prévue à l’article 81 de la Constitution ».

Le projet de révision doit-il être compris comme permettant, à un terme indéterminé, une sortie de charge « sécurisée » du Chef de l’Etat actuel ? Dans l’affirmative, ce serait le « prix constitutionnel » à acquitter pour que s’ouvre au Cameroun une nouvelle page de la construction  d’un Etat de droit et de démocratie pluraliste. Il faut rappeler à ceux qui s’offusqueraient d’une telle perspective que la réussite de certaines transitions tient à la réconciliation nationale dans et par le pardon. C’est ainsi que le modèle béninois de transition repose, notamment, sur la loi n°91-013 du 12 avril 1991 portant immunité personnelle du Président Mathieu Kérékou. 

Titre 13 – Dispositions transitoires et finales

Article 67 :

Alinéa 6 (nouveau) : Au cas où la mise en place du Sénat intervient avant celle des Régions, le collège électoral pour l’élection des sénateurs est composé exclusivement des conseillers municipaux.

Cette disposition a pour objet d’appliquer au Sénat le principe de progressivité énoncé par l’article 67 (1) de la Constitution de 1996. Elle donne à penser que les élections sénatoriales pourraient avoir lieu avant les élections régionales, alors même que le Sénat apparaît avant tout comme une représentation des régions, à la lecture de l’article 20 (1) et (2) de la Constitution. La promulgation des lois d’application de la Constitution (Loi n° 2004/019 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux régions, Loi n° 2006/004 du 14 juillet 2006 fixant le mode d’élection des Conseillers régionaux, et Loi n° 2006/005 du 14 juillet 2006 fixant les conditions d’élection des sénateurs) pourra continuer à apparaître comme un leurre, puisque le projet de révision confirme que c’est aux pouvoirs législatif et exécutif de déterminer librement l’agenda de mise en place des collectivités et institutions prévues par la Constitution.

Article 2 : La présente loi sera enregistrée, publiée suivant la procédure d’urgence puis insérée au Journal officiel en français et en anglais.

Le projet du 4 avril 2008 ne détermine pas les conditions d’application de la révision dans le temps. Par conséquent, il va sans dire que le texte, y compris l’article 6 (2) nouveau, entrera immédiatement en vigueur. C’est, en tout cas, la leçon de droit que le Conseil Constitutionnel du Burkina Faso a logiquement tirée en 2005 des silences de la Constitution Compaoré.  

Pour approfondir la réflexion engagée par cette note d’actualité constitutionnelle, vous pouvez lire avec profit les analyses contradictoires proposées, d’une part, par le quotidien progouvernemental « Cameroon Tribune » sous le titre « double enjeu »", d’autre part, par le quotidien indépendant « Mutations » sous le titre « Révision: Une nouvelle Constitution « taille patron »".

Commentez sans modération sur LA CONSTITUTION EN AFRIQUE !

SB

Publié dans CAMEROUN : laideurs et décadence | 1 Commentaire »

Révision de la constitution camerounaise :Paul Biya poursuit son initiative

Posté par issopha le 6 avril 2008

CEEAC

Révision de la constitution camerounaise :

Paul Biya poursuit son initiative

Linternationalmagazine.com , publié le 05/04/2008

Révision de la constitution camerounaise : Paul Biya poursuit son initiative
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Le projet de révision constitutionnelle, prévoyant la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels et pouvant donc permettre au président camerounais Paul Biya de se représenter en 2011, après 25 ans au pouvoir, a été déposé à l’Assemblée nationale.

Le président de l’Assemblée, Djibril Cavayé Yéguié a indiqué que le projet, déposé par le Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (RDPC), le parti de M. Biya, était « recevable » et allait être transmis « pour examen à la commission des lois constitutionnelles », selon des propos retransmis par la radio nationale camerounaise.

Au pouvoir depuis 1982, le président Biya, 75 ans, tente de faire passer une révision constitutionnelle qui supprime la limitation des mandats présidentiels, et ainsi pouvoir se représenter en 2011.

Cette annonce a immédiatement soulevé la colère des 15 députés du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), qui ont alors occupé la tribune pour manifester leur mécontentement, selon le député SDF Jean-Michel Nintcheu, joint par l’AFP.

La séance devait initialement durer trois heures mais n’a duré que 15 minutes après l’interruption provoquée par les députés du SDF puis la levée de la séance annoncée par le président de l’Assemblée.

Selon M. Biya, l’article de la Constitution de 1996 interdisant un troisième mandat « apporte (…) une limitation à la volonté populaire, limitation qui s’accorde mal avec l’idée même de choix démocratique ».

L’opposition y est vigoureusement hostile et a organisé de nombreux rassemblements pour protester contre le projet gouvernemental.

Les manifestations dans la région du Douala, bastion de l’opposition, sont d’ailleurs interdites depuis la mi-janvier par le pouvoir afin d’éviter « un scénario à la kenyane », selon un responsable provincial. L’opposition a répété à plusieurs reprises qu’elle ne respecterait pas l’arrêté.

Des organisations de défense de la presse ont dénoncé la suspension de plusieurs medias opposé à la révision par le pouvoir.

Fin février, une personne était morte lors de la dispersion par la police d’une manifestation contre la révision à Douala. Puis, de violentes émeutes avaient éclaté en protestation de la vie chère. Ces émeutes qui ont secoué le Cameroun pendant plusieurs jours ont fait plus de 100 morts selon une ONG et 40 selon le gouvernement.

Le président Paul Biya, qui avait fait appel à l’armée, avait répondu à ces émeutes par un discours musclé parlant « d’apprentis sorciers qui dans l’ombre ont manipulé ces jeunes (émeutiers) » afin « d’obtenir par la violence ce qu’ils n’ont pas eu par la voie des urnes ». Il avait aussi fait part de sa « détermination » à poursuivre la lutte contre la corruption.

Le gouvernement avait ensuite pris des mesures pour amoindrir la hausse des prix avec notamment des baisses de TVA ou des coûts de l’électricité.

Constitution Camerounaise :

premieres fissures dans le camp de Paul Biya

Linternationalmagazine.com avec Xinhua , publié le 05/04/2008

L’opposition camerounaise ainsi que certains membres du parti au pouvoir ont vivement critiqué samedi un projet de réforme constitutionnelle visant à supprimer la limite du nombre de mandats présidentiels pour le président Paul Biya, au pouvoir depuis 26 ans.

Le gouvernement a présenté vendredi soir devant le parlement ce projet qui permettrait à Biya de se maintenir au pouvoir à l’expiration de son mandat de sept ans, en 2011.

Le pouvoir contrôlant 153 sièges sur 180 au parlement, le projet devrait être facilement adopté mais certains membres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) estiment que cette initiative étouffera la vie politique.

« Cette idée d’un seul homme se maintenant au pouvoir n’est pas bonne pour notre pays. Ce n’est pas démocratique », a déclaré Paul Abine Ayah, un député du RDPC. « Si le projet est adopté, cela nous ramènera 200 ans en arrière. »

Il a affirmé que depuis deux mois, le gouvernement distribuait de grosses sommes d’argent aux membres du parti au pouvoir pour qu’ils votent en faveur de la réforme.

« Ils sont venus me vois plusieurs fois, même tard dans la soirée, mais j’ai refusé de prendre l’argent », a-t-il assuré. « Je ne vendrai pas ma conscience et mon pays pour de l’argent. »

D’autres membres du parti ont refusé de commenter ces allégations.

Dans un discours de Nouvel An, Biya avait confirmé son intention de briguer à nouveau la présidence, expliquant qu’il répondait ainsi à des appels à son maintien au pouvoir et que la limitation du nombre de mandats est selon lui antidémocratique.

La colère suscitée par ce projet avait toutefois été une des causes des cinq jours d’émeutes qui ont fait une centaine de morts dans le pays en février, selon un bilan des défenseurs des droits civiques.

« Il n’a pas de coeur. Il est insensible aux sentiments et aux pensées des Camerounais », a estimé John Fru Ndi, chef de file du principal parti d’opposition, le Front social démocratique. « Seul le pouvoir lui importe. »

Après avoir exercé le pouvoir pendant quatorze ans, Biya a fait réviser la Constitution en 1996, faisant passer la durée du mandat de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois.

Il a obtenu un premier mandat de sept ans en 1997 et a été réélu en 2004.

10% des français installés au Gabon sont sans papier

selon le Gouvernement gabonais

Linternationalmagazine.com avec Xinhua , publié le 07/03/2008

10% des français installés au Gabon sont sans papier selon le Gouvernement gabonais
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« Beaucoup de Français » en situation irrégulière au Gabon pourraient être reconduits aux frontières, a affirmé mercredi le ministre gabonais de l’Intérieur en réaction à la reconduite par la France dans leur pays de deux Gabonais en février.

« Il y a beaucoup de Français en situation irrégulière au Gabon. Ils pourront être reconduits à la frontière si, au cours d’un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour », a affirmé à l’AFP le ministre de l’Intérieur André Mba Obame.

Il a regretté que les « services français » n’aient pas « avisé les services » consulaires gabonais en France lors de la reconduite de ses compatriotes.

Selon le ministre, « 5 à 10% » des Français installés au Gabon ne seraient pas en règle avec la réglementation gabonaise. La communauté française au Gabon est estimée à environ 10.000 personnes.

Immigration France/Gabon :

Bongo décide d’appliquer la réciprocité contre la France

Linternationalmagazine.com avec Xinhua, publié le 05/03/2008

Immigration France/Gabon : Bongo décide d'appliquer la réciprocité contre la France
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Le gouvernement gabonais a décidé lundi d’appliquer la réciprocité contre la France ayant expulsé deux Gabonais en 10 jours, a annoncé le porte-parole du ministère gabonais des Affaires étrangères, Jean Claude Franck Mendome.

« Rappelant les principes d’égalité et de respect mutuel entre Etats, le gouvernement gabonais entend désormais appliquer la réciprocité », a annoncé le gouvernement dans une déclaration officielle.

Le gouvernement gabonais a estimé inadmissible les conditions d’expulsion de ses compatriotes qui étudiaient en France. Il s’agit de Raïssa Mengué Ondo et Léguy Mbira.

Raïssa Mengue Ondo, 29 ans a été expulsée de France le 19 février dernier alors qu’elle prépare une licence en droit. Arrivée en France en 2002, l’étudiante s’est vue refuser le renouvellement de son visa d’étudiant par les autorités préfectorales de la Haute-Garonne au motif qu’elle « n’est pas menacée dans son pays » et « manquerait de sérieux dans ses études ».

Son compatriote, Léguy Mbira, 32 ans a subi le même sort. Il a été mis de force dans un avion à destination de Libreville. Arrivé en France en septembre 1998, le jeune étudiant comptait préparer un doctorat. Le coût de cette formation était de 5 000 euros, le jeune gabonais ayant déjà obtenu une maîtrise en France avait conclu un contrat de travail à durée indéterminée pour espérer financer ses études de doctorat. La préfecture de Reims où il résidait a refusé de proroger son séjour en France d’où son rapatriement forcé.

Ces expulsions provoquent l’émoi au sein de la population gabonaise. Le directeur général des affaires consulaires au ministère gabonais des Affaires étrangères a révélé lundi que la France avait expulsé ou refoulé à l’entrée de son territoire 53 gabonais en 2007.

Libreville déplore aussi « la survivance de tracasseries et de nombreux refus de visas, parfois abusifs, au Consulat Général de France à Libreville ». Cette brouille intervient alors que les deux pays ont conclu en juillet dernier un accord « préférentiel » de gestion concertée du flux migratoire entre les deux Etats. L’accord qui doit être ratifié par les parlements deux pays n’est cependant pas encore applicable.

Environ 8.000 Français vivent au Gabon contre 7.000 Gabonais en France, rappelle-t-on.

Publié dans AGORA SUR L'AFRIQUE, CAMEROUN : laideurs et décadence | 1 Commentaire »

UN MAIRE CAMEROUNAIS DANS LA TOURMENTE POUR AVOIR CONSTATE UNE FRAUDE FISCALE MASSIVE DES ENTREPRISES FRANCAISES DE SA VILLE .

Posté par issopha le 13 mars 2008

UN MAIRE CAMEROUNAIS DANS LA TOURMENTE POUR AVOIR

CONSTATE UNE FRAUDE FISCALE MASSIVE DES ENTREPRISES

FRANCAISES DE SA VILLE .

 

On se croirait dans l’affaire Dreyfus .Le maire d’une commune après avoir constaté que les entreprises françaises de sa commune ne payaient pas d’impôts depuis 30 ans voit son existence devenir un calvaire.

Ces entreprises  par  des expatriés francais , exploitent la culture de la banane depuis des décennies sans payer la moindre taxe à la commune DE NJOMBE-PENJA.

c’est du fond de sa cellule que ce jeune maire volontaire pour le développement de sa commune écrit au Président de la République du Cameroun…

Un vrai désastre pour ces expatriés qui mettent la France en situation d’ingérence par leur comportements irresponsables car ils créent le sentiment de défiance souvent justifié que les populations africaines manifestent à l’egard d’une politique coloniale plus actuelle que jamais.

On ne peut pas rester sourd à l’appel de ce maire . Aussi  veuillez envoyer et répercuter cette infrmation  à tous vos contacts, afin que ce jeune maire retrouve son siège , sa fonction et contribue au développement de sa commune. C’est aussi cela lutter contre l’immigration et la fuite des cerveaux.

Par Anonyme. 

 
Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur le Président de la République

 Excellence

Monsieur le Président de la République, C’est du fond d’une cellule infecte de la Brigade territoriale de Nkongsamba que je vous saisis, la peur dans l’âme. Je suis le Maire régulièrement élu de Njombé-Penja, depuis les dernières élections de juillet 2007. Dès ma prise de fonction le 25 septembre 2007 et après avoir constaté dans les livres comptables de la commune de Penja que les Sociétés Agro – industrielles exerçant dans cette localité ne payaient pas des impôts et taxes depuis bientôt trente ans (Patente, Impôts sur les Sociétés, enregistrement… ), j’ai saisi Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement pour dénoncer cette situation qui ne permettait pas à ma Commune d’asseoir une véritable autonomie financière.Il faut dire que le paradoxe dans lequel Njombé-Penja vit est déconcertant : une zone très riche, avec des populations très pauvres. C’est pour corriger cette injustice que j’ai décidé d’écrire à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement. Heureusement, cette requête n’est pas restée sans suite car le 03 décembre 2007, le Directeur général des Impôts m’a saisi par courrier pour m’informer du bien fondé de ma requête. Dans ce courrier, le Directeur général des Impôts décidait de reverser au régime de droit commun ces entreprises (Php, Spm, Caplain) qui faisait perdre à la fois de l’argent à l’Etat du Cameroun et aussi à la Commune, au Feicom… Il est important de noter que les salaires des ouvriers de ces sociétés tournent entre 15.000 Fcfa et 25 000 Fcfa/mois.Dès que ces sociétés ont été notifiées par la Direction générale des Impôts de cette décision, j’ai reçu un coup de fil de monsieur François Armel, expatrié Directeur général de la Php, qui me jurait avoir ma tête à coup de millions. Quelques jours plus tard, c’est Mme Caplain et le Directeur général de la Spm qui me menaçaient à leur tour, de me faire assassiner ou emprisonner, après m’avoir fait déposer de mes charges de maire. Une fois la machine mise en branle, il m’a été collé sur le dos une sordide histoire incohérente de falsification de signature du Préfet du Moungo, qui vue de près, est ni plus, ni moins qu’un montage mal ficelé.D’enquêtes en enquêtes, il en est sorti que je ne suis ni de près, ni de loin impliqué dans cette mascarade. En fait, il n’y a jamais eu falsification à la Commune de Penja, de la signature du Préfet du Moungo. Cette affaire à ce jour, est pendante sur la table du juge d’instruction n°2 du Tribunal de Grande Instance de Nkongsamba, qui ne m’a même pas encore entendu. Toutes ces récriminations n’ayant pas abouti car non fondées, on a attendu le 11 février dernier, pour envahir de nouveau, les renseignements généraux de faux rapports dans lesquels il ressortait que pendant le défilé, j’étais assis au moment où on exécutait l’hymne national. La technique occidentale aidant j’ai fais tenir pour me justifier, les CD-ROM du défilé, dans le but de confondre les manipulateurs, qui se sont investis à me détruire.

Le 25 février dernier, lorsque se déclenchent les mouvements de grève avec des pillages que personne n’a cautionné, ils ont tôt fait de me faire porter sur le dos, la responsabilité de la grève de Penja alors que n’eut été mon implication personnelle, Njombé-Penja aurait connu un sort assez lourd. Le Colonel Kalsoumou et les éléments du Gmi de Douala présents sur le terrain m’ont félicité pour le courage et le rôle que j’ai joué pour maîtriser la colère des jeunes en fureur. (Je vous fais tenir un CD- ROM réalisé par Canal 2 sur le terrain pendant ces incidents). Je me vantais d’ailleurs d’avoir ramené le calme dans ma localité le 27 février alors que les autres villes étaient encore au fort de la crise.
Mais curieusement, après le séjour des expatriés de la bananeraie à Yaoundé, je me suis surpris entrain d’être appréhendé comme un chef de gang devant mes populations par des militaires et gendarmes transports dans six camions (Armée de terre) et 12 pick-up (de la Gendarmerie) . Sans explication, j’ai été amené au Groupement de gendarmerie de Nkongsamba où mes téléphones ont été retirés, la somme d’argent que j’avais dans ma poche également. Entendu ce même jour sur ordre du Procureur de la République auprès des Tribunaux de Première et Grandes Instances de Nkongsamba; il m’était reproché deux chefs d’accusation : Complicité de pillage en bande et incitation à la révolte.

Parce que je ne me reproche rien, j’ai subi sans crainte, l’interrogatoire musclé du Colonel Nguete Nguete (Co-groupement du Moungo). Il faut rappeler qu’avant mon enlèvement, le Ministre d’Etat à l’Administration Territoriale venait de procéder illégalement à ma suspension aux fonctions de Maire pour une période de trois mois sans respect de la procédure décrite dans la loi sur la décentralisation de 2004 Titre 3 portant sur la suspension et la cessation de fonction de maire. En son article 94 al 1, 2, 3 il est stipulé ce qui suit : en cas de violation de loi ou de faute lourde, le Maire, après avoir été entendu ou invité à fournir des explications écrites sur les faits qui lui sont reprochés, peut être suspendu par arrêté du Minatd pour une période n’excédant pas trois mois.

A ce jour, il m’est difficile de savoir ce qui m’est reproché avec exactitude. Le droit de la défense et de la contradiction ayant été bafoué, j’ai compris que la manœuvre des expatriés de Njombe-Penja est en marche. Là om le bât blesse, c’est que pendant le forum des maires tenu du 29 au 1er Mars 2008, le ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya informait mes collègues de ce qu’en ce moment, il a déjà déposé sur votre table, la proposition en vue de ma révocation ! Quel acharnement! Quelle diligence qu’on n’a jamais vu auparavant au Minatd ! Je n’en suis pas surpris, les expatriés de Njombe Penja ont promis de me démettre à coup de millions…

Ce qui est choquant, c’est que depuis ma garde à vue, aucune visite ne m’est permise, comme si j’avais porté atteinte à la sécurité d’Etat. Pourtant les motifs qui ont entraîné ma garde à vue relèvent du droit commun, et que je ne suis pas encore inculpé. Des perquisitions illégales dans mon domicile, mon bureau et mon véhicule. De ma cellule, le gendarme greffier m’a informé que ma maison, mon bureau et mon véhicule ont été perquisitionné s sur réquisition du procureur de la République sans que je sois présent sur les lieux alors que j’ai été enlevé et il sait bien où il m’a fait garder. Cette perquisition qui a eu lieu le samedi 1er mars me bouleverse car comment comprendre, Excellence Monsieur le Président de la République, qu’un magistrat de ce rang, fût-il soutenu par n’importe qui, ne comprenne pas que les dispositions du nouveau code de procédure pénale imposent que le mis en cause soit présent au moment où son domicile est perquisitionné ou alors un de ses représentants et deux voisins ? Le sous-préfet qui conduisait cette mission, était entouré des gendarmes venus de Nkongsamba à cet effet.

Telle que cette affaire est manipulée, l’ai peur qu’en l’absence de toute preuve contre moi (preuve qu’il n’arrive pas à réunir), jusqu’à ce jour que ce procureur de la République qui multiplie des abus, ne soit amené à me placer en détention préventive pour satisfaire ces manipulateurs occultes déterminés à me détruire.

Excellence Monsieur le Président de la République, l’Etat de droit que vous vous battez à conforter chaque jour, n’aurait plus un sens si chacun ne cherche qu’à satisfaire ses désirs personnels.

Excellence Monsieur le Président de la République, voici cinq jours qu’il ne m’a pas été permis de boire de l’eau, de manger ou de communiquer avec ma famille. Pourtant, je ne suis pas accusé de crime contre l’Etat. Après avoir tout donné au Rdpc en décapitant l’opposition à Njombé Penja, le sort qui m’est aujourd’hui réservé, mérite que vous y accordiez votre très haute attention, afin que de ces geôles, je ne disparaisse pas définitivement.
Je n’ai jamais participé aux violences survenues sur l’ensemble du territoire du 25 février au 1er mars 2008. Au contraire, ma contribution était plus déterminante pour ramener la paix dans ma localité, les Cd-room en ma possession servant de preuves.

Paul Eric Kingué
Maire de Njombe Penja
Président Sous-section Rdpc

Depuis sa cellule

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LE CAMEROUN N’EST PLUS LE CAMEROUN…Autopsie d’un soulèvement populaire

Posté par issopha le 3 mars 2008

LE CAMEROUN N’EST PLUS LE CAMEROUN…

Autopsie d’un soulèvement populaire

 

«  L’engagement de  Survie France ( dont je suis membre ) repose sur un constat :

Les problèmes de développement et la pauvreté dans les pays du Sud ont avant tout des causes politiques.

C’est donc dans le champ politique qu’il convient d’agir. » 

Sur le site http://survie-france.org

 

 

 

Amis visiteurs , amies lectrices ,

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Je vous souhaite le bonjour et me réjouis ( même si je n’en donne pas l’air , au vu de la gravité du sujet  ) de vous donner à vivre de l’intérieur  , au travers du récit ci-dessous , l »agitation populaire qu’ont connue  ces derniers jours quelques grandes villes du Cameroun  , dont les capitales économique  , Douala ( le coeur de la contestation )  et administrative , Yaoundé …annonce de modification d’une disposition de la constitution touchant à la non-limitation du mandat présidentiel , l’inflation têtue sur les produits de première nécessité , l’exclusion sociale , la paupérisation grandissante de toutes les couches la société camerounaise , le délitement de la cohésion sociale…la rupture de dialogue entre la classe dirigeante  , le peuple et le large éventail des acteurs de la société civile que caractérise le sentiment d’une démission  ,  tout au moins  d’une impuisance manifeste des pouvoirs publics  à résoudre  les problèmes lancinants et urgents des citoyens : pouvoir d’achat , santé , éducation , sécurité , développement  , etc. Tels sont les constats qui sous-tendent  , gouvernent  et légitiment ces actions malheureusement éparses , non-encadrés et politiquement aphones.

Une actualité qui s’ inscrit dans un contexte global d’ inflation fiévreuse qui a gagne  , sans exclusive , les marchés européens et spécifiquement français  , une hausse vertigineuse du prix des matières premières qui se répercute fatalement sur les prix en rayon des produits à forte demande , à quoi s’ajoute une tendance aux ententes illicites et autres mots d’ordre que se passent les grands producteurs et distributeurs pour pratiquer des marges arrières d’une scandaleuse illégalité sur ces produits.

Au Cameroun , les manifestations ont pris une autre tournure et une couleur particulière  par l’extrême jeunesse des manifestants et la démission des partis politiques dits de l’opposition, des syndicats et organisations professionnelles dont certains sont apparus « mous » et désarmés au regard des revendications sociales restées , hélas , lettre morte , à ce jour.

Au lecteur de s’en faire une opinion.

Le texte est souvent émaillé de quelques ajouts et retranscriptions pour les mots et expressions accompagnés du signe  » *  » , afin d’en faciliter la compréhension pour les lecteurs non-camerounais.

Nous avons décidé de tenir sécrète l’ identité de l’auteur de ces  édifiantes lignes pour des raisons évidentes de sécurité.

Je vous en souhaite bonne lecture.

 

Issopha , Administrateur du blog http://issopha.unblog.fr

 

 

 

 

 

Douala  , semaine 9 , février 2008.

« Hi J…

je t’écris aujourd’hui pour te tenir informé de la situation que nous vivons au Cameroun aujourd’hui, principalement à Douala. Des échos ont déjà dû vous parvenir, et je t’assure que la situation est vraiment inquietante. Tout est fermé depuis 3 jours , et la circulation est totalement arrêtée. j’ai du marcher jusqu’au bureau pour prendre service, et heureusement le net passe.

Tout est parti de rien, après toutes les tensions qu’on a vécu ces derniers jours avec l’interdiction de toute manifestation publique suite aux marches de Mboua massok et meetings des partis d’opposition pour protester contre la modification de la constitution. Après un meeting annulé du sdf  dans mon quartier, les policiers ont véritablement mis le feu aux poudres en essayant de disperser le peu de personnes, principalement des curieux, qui étaient sur les lieux. Il était 18h déjà, ce samedi, et Nitcheu était déjà passé dire aux gens que le meeting était annulé. Je ne sais pas ce qui a pris la foule, les échauffourées ont commencé, une balle est partie et a tué un jeune. La guerre était lancée. Je passais par là sur une moto de retour du travail, et à la Elf ( station de service ) la rue avait déjà pris ses droits. Le temps que la police s’organise, il n’y avait plus rien à faire pour arrêter çà.

Toute la nuit, j’ai vu des enfants de 10-12 ans ramasser des pierres et tout ce qui traînait pour les porter aux grands frères 16-25 ans tout au plus qui étaient au combat tout au long de l’axe lourd contre la police. Après leur « victoire », la police s’étant retirée, ils ont recuperé tous les pneus  – et tu sais que les magasins de vente de pneus d’occasion sont légion là-  et ont fait un brasier tous les 50m tout au long de la route sur près de 3km. Pour te dire que le bitume est totalement endommagé. Ensuite, c’était le pillage des grands magasins jusqu’au matin.

Le dimanche, on a pu se rendre au travail où on arrivait tout couvert de suie, tant le nuage de cendre qu’il y avait dans l’atmosphère était dense. Et on ne s’imaginait pas que ce n’était pas fini. LE GOUVERNEMENT *( Dont le Chef Ephraïm Inoni )  A REAGI AVEC BCP DE LENTEUR ET A MANQUE DE VISION; aucun communiqué, aucune sortie des dirigeants, rien n’a été mis en place pour prévoir une nuit tranquille aux citoyens après les émeutes de la veille. SURTOUT QUE LA GREVE DES TAXIS ETAIT PREVUE POUR LUNDI

Et à la nuit tombée, tout a recommencé. Agressions jusque dans les domiciles, le pillage des boutiques, casses … et le lundi, dans la journée c’était la guerre. A Bonaberi ( proche banlieue adossée à la capitale économique , Douala )  , des gendarmes qui voulaient faire du zèle-21 au total-ont été battus et déshabillés, puis humiliés par les jeunes qui les faisaient danser, parait il. C’est dans la nuit que 3 garnisons de para venus de Koutaba ont débarqué à Douala dans la nuit, et font ce qu’ils peuvent pour remettre de l’ordre. Mais même aujourd’hui, la sécurité n’est pas du tout garantie. Mon collègue s’est fait agresser hier soir en rentrant chez lui, et à cette heure-ci je préfère encore la sécurité de l’aéroport.

Ce qu’il y a de spécial pour moi dans cette affaire, c’est que , tacitement, la grande majorité de la population approuve les malfrats, car il faut l’avouer, ce n’est pas les partis politiques, ni un quelconque syndicat, mais bel et bien des agresseurs, des bandits qui mènent ce mouvement, qui s’est très rapidement propagé aussi bien ds les quartiers dits chics que dans les villes de Yaoundé et Bafoussam. ACTUELLEMENT LE GOUVERNEMENT NE SAIT AVEC QUI NEGOCIER, car il n’ y a pas de leader. Mme Foning ( Chef d’entreprise et membre influent du bureau central du parti au pouvoir ,  RDPC , politiquement active dans la partie littorale du pays )  en a eu pour son cholestérol, elle qui  a réuni les «  bend skineurs » ( moto-taximen) quelques  temps avant pour leur donner du pain et de la bière afin qu’ils ne participent pas à la grève des taxis. Ils ont mangé, puis lui ont brûlé sa mairie et la sous préfecture de Douala 5eme.

Mais au fait de quoi se plaint-on? De TOUT.

Vois-tu , dans notre pays, ils sont les plus nombreux, ceux là qui à 30 ans n’ont jamais travaillé, ne rêvent même plus de pouvoir se bâtir une vie un jour( femme, maison, enfants) et sont tellement fauchés que même une copine  , ils ne peuvent pas se permettre. J’ai un pote à qui dès que je trouve 1000fcfa *( environ 1,53 € )  il fonce à la « Rue de la joie »* ( sorte de  » Pigalle  » à la doualaise )  tirer un coup, car avec son call box* ( cabine téléphonique publique  , souvent itinérante ), il parvient juste à se nourrir. quand j’ai vu les gars se battre, j’ai eu le sentiment qu’ils n’avaient presque pas conscience de ce pourquoi ils luttaient, MAIS ILS ETAIENT ABSOLUMENT PRETS A MOURIR CAR AYANT SI PEU A PERDRE. Pour eux sur le coup ils allaient piller et se faire du beurre, et point !

J’ai cru étouffer quand l’un d’eux, un costaud ,  est passé près de moi avec quelques 100 feuilles de  tôles ondulées sur la tête en plein midi, qu’il tenait sans aucune protection. Et un peu parce que le soleil faisait chauffer le métal, un peu parce que c’était trop lourd, aussi parce qu’il était épuisé, il suppliait pour qu’on l’en débarrasse, car s’il laissait tomber c’est sûr, il se blessait. Il m’ a demandé de prendre la moitié pour moi, et je l’ai laissé là, tremblotant de douleur. Personne ne voulait l’aider, même malgré sa générosité. Les gars sont passés toute la journée avec des motos neuves, des pc, de la quincaillerie, et même des fers à béton. Où ils vont, si ce n’est à la maison remettre aux parents tout aussi démunis qui, malgré peut-être leur bonne foi, ne manqueront peut-être pas de profiter de la manne. Mon frère, la tôle coûte 10.000 fcfa*(environ 15,38€) pièce pour les 3m, et il ya plein de gens qui ne savent comment faire pour tôler leurs maisons. Ne sois pas surpris de voir des toits de paille et de raphia à ton retour, car beaucoup de gens ds les zones rurales y ont recours aujourd’hui.

A douala, on construit en briques de terre, car le ciment non seulement est rare, et très rare, mais en plus il est à 6500 fcfa *( 9,92€) , et donc 4000 fcfa (6,10 € ) de plus en 10 ans. Le carburant est monté à 700 fcfa ( 1.07 € ) juste après la victoire des Lions en demi-finale et je peux t’assurer qu’ on voulait même qu’on batte ces gars depuis le début de la can*  ( CAN de football , Ghana 2008 ), car on savait comment çà finirait en cas de victoire. Bref tous les prix ont été presque triplés depuis qu’on a divisé par 4 les salaires des fonctionnaires en 94, et les gens sont au bout du rouleau.

La question que je me pose, et que les gens semblent oublier, est que si on justifie la hausse des prix par celle du baril sur le marché mondial, que fait-on donc du pétrole que le Cameroun produit depuis la fin des années 70 ? En tant que producteur, nous sommes aussi avantagés par la hausse, je crois. Dans toutes leurs discussions les dirigeants disent que l’Etat supporte déjà 118 fcfa ( 18 cts d’€ ) sur le litre de super, alors que nous savons bien que ce carburant sort des pompes de la sonara à 287f/l( 43 cts d’€ ) et les supposés syndicalistes qui nous « représentaient » à ces assises de sortir de la salle des négociations cette nuit en brandissant fièrement ON A OBTENU UNE REDUCTION DE 6Fcfa ( en somme , moins de…0 cts d’€ ), VICTOIRE, RETOURNEZ AU TRAVAIL! Quelle moquerie, quand on sait que la dernière hausse était de 16fcfa ?(184-700) . HE BIEN, LES JEUNES VIENNENT DE DECIDER DE BRULER TOUS LES SYNDICATS! ET TOC.

Voilà notre pays, on ne fait plus confiance en personne. Et à travers la vitre je vois la population se diriger vers Bonanjo, et les militaires qui essayent de discuter avec eux. Nous sommes trop conscients de notre propre corruption pour accepter la médiation de qui que ce soit, et j’ai bien peur que ça ne dégénère, car à peine a-t-on l’impression que ça se calme à gauche que ça repart de plus belle à doite. Et dans la confidence, tous ces militaires en agissant disent eux même que TROP C’EST TROP!!!  ils obéissent juste aux ordres.

Rien n’est ouvert, la pénurie a commencé, et on ne sait pas qd tout ça va finir .

Prions.

bye « 

28/02/2008


Cameroun

www.fidh.org 

Cameroun : les manifestations contre la hausse des prix

tournent au drame La violence policière n’est pas la réponse

 


 

La FIDH et son organisation membre, la Maison des droits de l’Homme au Cameroun (MDHC), sont préoccupées par la tournure que prennent les manifestations contre la hausse des prix et condamnent les violences policières ayant déjà entraîné la mort d’une dizaine de personnes et fait de nombreux blessés.

Depuis cinq jours, les manifestations qui se déroulent au Cameroun en soutien à la grève des chauffeurs de taxi contre la hausse du prix des carburants ont donné lieu à de nombreux débordements dans plusieurs villes du pays, où des individus ont profité de l’agitation pour commettre des pillages et se confronter à la police.

C’est dans ce contexte que les forces de sécurité sont intervenues violemment, en faisant un usage disproportionné de la force, notamment en tirant à balles réelles. Il s’agit là d’une violation des Principes de base des Nations unies sur le recours à l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, de septembre 1990. Par ailleurs, les forces de sécurité et l’armée multiplient les contrôles d’identité qui, selon plusieurs sources concordantes, donnent lieu à des arrestations et détentions arbitraires.

La FIDH et la MDHC :

- Condamnent l’usage disproportionné de la force par les services de sécurité ;
- Appellent les manifestants à mettre un terme immédiat à toute forme de violence ;
- Appellent les autorités camerounaises à :

Respecter les dispositions de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui disposent que nul ne peut être arbitrairement privé de la vie et que nul ne peut faire l’objet d’une arrestation ou d’une détention arbitraire ;

Veiller à ce que soient engagées des poursuites judiciaires contre les membres des forces de l’ordre qui se seraient rendus coupables de violations des droits de l’Homme.

 

 

 

3 mars 2008.

Cameroun.

Violences meurtrières : l’expression d’un « ras-le-bol » généralisé.

La répression brutale comme seule réponse.

 

Communiqué de Survie

http://survie-france.org

Depuis la fin du mois de janvier, les manifestations contre la réforme constitutionnelle supprimant la limitation des mandats présidentiels que projette Paul Biya se sont succédées à Douala.

En février, le pouvoir a fermé la télévision privée Equinoxe qui avait montré des images de ces manifestations. Le samedi 23 février, une manifestation interdite est dispersée mais l’embrasement spontané d’un quartier populaire de Douala tourne à l’émeute avec des barricades, des pillages et des destructions visant des édifices publics mais aussi, spécialement, les guérites du PMUC, société française gérant les paris sur les courses en France. Les forces de police tirent et font plusieurs victimes. Le lundi 25 février, la grève des taximen contre la hausse du prix de l’essence s’accompagne à Douala d’un redoublement des émeutes qui font encore plusieurs morts. La grève est totale dans les principales villes du Cameroun aussi bien pour les taxis que pour les motos-taxis. Le mardi, les taxis occupent les stations services pour empêcher l’approvisionnement des particuliers. Le mercredi 27, Yaoundé s’embrase à son tour. Le soir, le président Paul Biya fait à la télévision d’Etat une intervention pour menacer les émeutiers et dénoncer l’opposition qui serait derrière eux. Enfin, le 28, la police confisque tout le matériel de la radio Magic FM, qui avait le tort de donner la parole aux auditeurs.

Ces journées d’émeute ont fait officiellement une vingtaine de victimes. Le bilan réel dépasse certainement la centaine. L’armée a pris position en permanence aux principaux carrefours des grandes villes. Outre les rafles de manifestants, parmi lesquels de simples passants, la police traque les « meneurs » dans les quartiers. La répression est brutale et devrait inquiéter les organisations internationales des droits de l’Homme. La surveillance de la population se fait plus étroite. Tous les procédés de la dictature sont en vigueur. Les journaux ont été convoqués par le ministre de la Communication pour leur intimer l’ordre de ne pas «  jeter de l’huile sur le feu », c’est-à-dire de s’abstenir de toute opinion critique.

En réalité, derrière ces émeutes, il y a les 25 années de gestion calamiteuse, faite de gabegie et de corruption, du régime Biya. Appuyé d’abord sur un parti unique hérité des années Ahidjo, puis sur des élections régulièrement et scandaleusement truquées, le pouvoir, voué uniquement à la conservation de ses prébendes, a laissé pourrir une situation économique et sociale désastreuse, où 10 % de la population active a un emploi, le reste étant voué à l’économie informelle, où la hausse des produits de première nécessité rend chaque jour plus lourd le poids de la misère, tandis que l’enrichissement gigantesque de l’oligarchie au pouvoir s’étale impudemment.

Depuis des années, nombreux sont ceux qui ventent les mérites d’un régime « stable » pourvu de richesses : pétrole, bois, minerais, exploitées notamment par des multinationales françaises avec Total et Bolloré en tête. A partir de quel nombre de victimes consentira-t-on à s’intéresser au sort d’une population muselée par la force et spoliée de ses droits et de ses richesses ?

Face à la réalité incontournable de ce dont souffrent les populations camerounaises, la France officielle ne semble pas avoir d’indignation à exprimer. Notons que cela ne date pas d’hier. Et rappelons que le Burkina Faso, après 20 ans de pouvoir unique, connaît aujourd’hui une situation du même ordre. Les populations burkinabé qui en souffrent n’attirent pas davantage l’attention de Paris.

 

 

L’engagement de Survie repose sur un constat :

Les problèmes de développement et la pauvreté dans les pays du Sud ont avant tout des causes politiques. C’est donc dans le champ politique qu’il convient d’agir.

 

 

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Jeunes d’Afrique , nous sommes l’alternative à tout…

Posté par issopha le 5 février 2008

Amis Lecteurs , respectées amies lectrices ,

Je m’appelle Issopha.

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le 15 octobre 1987 ( j’avais alors 10 ans ) disparaissait sous le ciel d’Africa  un grand homme  , criblé de balles felonnes sur le perron du palais présidentiel burkinabè. 

Aujourd’hui , il se rappelle puissamment à mon bon souvenir et m’inspire ces mots. 

Nouvelle génération africaine dite consciente , chacun à notre rythme, à notre couleur, à notre échelle, nous prenons à coeur de restaurer l’œuvre et la mémoire de celui dont le titre de Grand Timonier ne rendrait pas compte de la grandeur , de la splendeur et du caractère messianique…

j’ai nommé le capitaine Thomas SANKARA. 

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Afin que nul n’en oublie, afin de préserver  et pérenniser cet héritage que les ennemis locaux de l’Afrique  tentent malgré tout de brader, il est important de garder l’esprit alerte, de se bétonner idéologiquement, et surtout de ne pas céder à quelque résignation  , au prétexte que les anciens ont échoué et que  fatalement la jeunesse essuiera les mêmes déconvenues. La révolution des mentalités, au rebours de toutes les idées reçues, est en marche. Les raccourcis temporels et technologiques ( Internet ) nous y aident. Conscient des obstacles protéiformes et surtout des pesanteurs liées à l’auto-disqualification choisie ou subie de l’Afrique des peuples ou à cette détestable résignation en raison d’échecs répétés ,  échecs qui succèdent  aux audaces démocratiques ; la résistance elle aussi se mondialise, de plus en plus les alternatives s’invitent au banquet des “puissants” et autres fossoyeurs de nos libertés et droits fondamentaux. Le temps mondial de la démocratie , celle du peuple , fait son chemin.

Quelle que soit la durée du temps à prendre  , les peuples d’Afrique, bon gré mal gré, finiront bien par « écrire leur propre développement, leur propre bonheur », pour reprendre des termes chers à SANKARA, à force d’éclairage et d’éducation des masses aux enjeux du pouvoir , aux mécanismes d’occultation et de prostitution des faits d’histoire, aux réalités cyniques de la ” Politics in Shadow “  , aux ignobles legs de la Françafrique , à l’affirmation pérenne de la Mafiafrique.

Qui a le pouvoir n’a pas nécessairement le savoir, et nos Chefs d’Etat (d’Afrique francophone surtout)  en savent long sur la question; mais qui a le savoir peut conquérir le pouvoir  , le pouvoir d’accélérer la MARCHE de cette Afrique sur le chemin de la modernité, la vraie modernité politique, celle qui s’affranchirait à jamais de la ventralité politique  , l’Afrique  enfin débarrassée des oripeaux des années de postcolonialisme infantilisant.  

Nul n’a le droit de renoncer à ses rêves, nous avons le devoir et le potentiel pouvoir de ressusciter politiquement, économiquement et culturellement cette Afrique là, reprenons déjà possession de nous, dans tous les sens du terme, une autonomie raisonnable  et pragmatique, est le gage d’une victoire; je ne doute pas une seule seconde de cette issue. Pourvu que tous nous le voulions. 

L’Afrique veut renaître, elle va renaître, par tous les moyens nécessaires. L’Afrique francophone  veut s’émanciper,  elle s’émancipe déjà par nos savoirs , par nos lumières , du joug de la détestable Françafrique. Nous y veillons, j’y veille. Les langues se délient , petit à petit , les mémoires se libèrent , s’épandent,  s’épanchent , Verschave à sa façon a bousculé les montagnes , comme l’avait déjà fait avant lui Mongo BETI , comme le fait encore aujourd’hui courageusement l’association SURVIE et de nombreux acteurs , loin des feux de la rampe. La complexité de la tâche , le caractère rude du combat appelle toutes les bonnes consciences , et elles sont là , rassemblées sous le chapiteau de l’humanité , de la solidarité,  de la paix entre peuples et braves gens. Blancs , Noirs , rouges , jaunes , la France des petites gens , le monde dans son entièreté redécouvre SANKARA , et toutes les voix héroïques tues par tant d’années d’impostures , d’occultation de la parole vraie , tant d’année de prostitution de l’Histoire.

La jeunesse africaine court sur tous les fronts. Elle bouge , elle se frotte à d’autres civilisations , à d’autres expériences , elle s’émancipe , elle mûrit , elle n’a pas manqué le train de la modernité politique , technologique , démocratique , elle évolue avec les enjeux majeurs de son temps , elle murmure , elle parle , elle hurle , elle est sage et souvent révoltée , impatiente et volontaire , elle s’éclaire à la lumière des anciens , ces jusqu’auboutistes de la liberté et de l’ordre juste qui ont pour nous payé de leurs vies.

 Cette jeunesse sémillante , vigoureuse et désireuse de changement  , dit sa présence au monde , parfois dramatiquement , frigorifiée dans les soutes à bagages des appareils d’Air France , éconduite aux portes de Ceuta , Melilla et Tripoli , noyée dans les eaux de Gibraltar ,  écharnée sur les barbelés de Lampedusa, fouettée sur le macadam d’Aubervilliers et des centres de rétention, aux limites marginales d’Ile-de-France , ces zones de non-droit …Mais une jeunesse négro-africaine qui s’illumine aussi et se grandit  des enseignements de Fanon , de Césaire , de Lumumba , de Malcolm X , de Sankara , de Nkrumah , de Cabral , de Nyerere , de Biko , de Mandela , d’Angela Davis , de Stokely Carmichael , d’Um Nyobe…sur les bancs d’amphithéâtres , dans le silence cogitant des bibliothèques , sur la Toile qui libère et nourrit de la parole alternative. Une jeunesse africaine en quête d’un nouvel ici, qu’impose souvent , hélas , un ” aller là-bas ” . L’aventure n’est plus seulement ambiguë , elle est conscience actante , elle prend sens , elle est déjà à elle seule un combat , un appel à l’autre monde possible.

Et cette jeunesse africaine qui se découvre progressivement sa vigueur, sa mouvante sève, a besoin de la sagesse des femmes et des Anciens , de tous les cadets et aînés sociaux.

   Nous avons besoin de toi, Femme.   

Ils s’appellent Bongo , Biya , Sassou , Déby , Obiang , Eyadéma Faure , Dos Santos… virus qui mettent à mal le système immunitaire de nos économies locales , ou en tout cas aggravent la fêlure , “gouverneurs à la peau noire” à la solde des anciens maîtres de France , gaullistes  sans conviction , “ces anti-héros” ,  ces antithèses du bonheur du peuple dont l’histoire ne retiendra jamais rien que les tristes fins ,  des Mobutu agonisants en puissance. Car nul prévaricateur de la souveraineté populaire n’échappera indéfiniment au glaive de la justice du peuple. Et si Bob Denard , Jacques Foccart , François Mitterand , Guy Penne et autres émissaires officieux de la glorieuse Lutèce n’ont pas méritoirement payé du sang versé sur la terre d’Africa , le Très-Haut s’en chargera.

Il est donc admis que les puissants ne nous ferons pas le cadeau de la liberté ou de quelque émancipation politique, cet impératif catégorique nous incombe donc à nous , jeunes , continuateurs de l’oeuvre et de la vision déjà matures de l’homme SANKARA. C’est lui qui avait raison. Au jusqu’auboutisme des autocraties africaines qui prennet plus que jamais de l’enflure, nous savons pouvoir opposer aujourd’hui plus que jamais un jusqu’auboutisme résistant   , intellectuel , idéologique et démocratique. Un jusqu’auboutisme intelligent et à toute épreuve.

A la question du COMMENT ? Je dis, LET’S GATHER OUR IDEAS, rassemblons nos idées,  nous en avons de bonnes , elles ont gagné en maturité par la confusion notable avec le temp mondial de la démocratie , le temps des peuples qui s’éveillent , au Kenya , au Tchad , au Niger , en Côte d’Ivoire , partout en Europe et en Asie , oui , ces révolutions sont portées , incarnées par la jeunesse , une jeunesse inédite , aujourd’hui à même de réconcilier vigueur et expérience , rêve , idéalisme , volonté  , pragmatisme et action. Ensemble , unis , nous sommes plus forts. Les vrais ennemis de nos républiques , ces chevaux de troies à toque de léopard et autres kleptocrates en mal de compassion , n’y pourront rien. De la discussion jaillit la lumière. Le disensus est une nécessité en démocratie , mais je me battrai jusqu’à la mort pour que s’exprime l’idée qui diffère de la mienne. Tant qu’elle participe d’une construction , d’une avancée sur le chemin de ce que nous voulons que les 53 Afriques soient.

Le temps a passé , les dictateurs sont toujours en place , soutenus et défendus par des puissances occidentales , comme c’est le cas en ce moment au Tchad où Dame France ne se cache de sa collusion ouverte avec le régime corrompu et aux abois de Déby. Mais les esprits se sont éclairés et le sentiment du devoir à accomplir s’affermit. Par tous les moyens nécessaires. Jusqu’à l’ultime recours. Il n’y a plus de choix. Les élections sont prises en otage , le seul moyen d’expression de la volonté populaire souffre de discrédit…On ne choisit plus les Chefs d’Etat en afrique ( francophone spécialement ) , les fraudeurs et leurs puissants moyens techniques ( dont les coopérants français ) aident à leur plébiscite. Le temps des mobilisations générales est arrivé. Le peuple en a marre  , comme dit la chanson , et le ras-le-bol ne se cantonnera plus seulement derrière son transistor , son écran LCD ou son journal papier…Erection d’un peuple qui en veut , du changement…Tête de proue de cette fronde pro-démocratique : La jeunesse , cette audacieuse à qui la chance  et la victoire sur les puissances du mal et de l’écrasement souriront.

L’avenir de cette Afrique qui , même démunie , nous a nourri , est entre nos mains. Nous avons tout à y gagner , en actant. Réécrire l’histoire  , dire la voix  des  » vaincus «   , vulgariser le savoir qui éclaire et qui libère , le préalable à l’action. Et si tous les jeunes  , toutes les femmes , tous les hommes d’Africa  , gagnés aux idéaux de changement et de justice et de respect de la République pouvaient se donner…la main et le coeur !

Je n’ai pas ce rêve , j’ai cette conviction que ça se fait…Car Une autre Afrique est Possible . A nous désormais de l’incarner.

Le voulez-vous vraiment  ?

Issopha.

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Le patrimoine des chefs d’Etat africains en France

Posté par issopha le 31 janvier 2008

Le patrimoine des chefs d’Etat africains en France

LE MONDE | 31.01.08 | 13h28  •  Mis à jour le 31.01.08 | 13h34 C‘est un monde enchanté où l’on vogue d’une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l’Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d’euros. Un microcosme constellé d’une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d’Hollywood ? Non : chefs d’Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète. 

Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l’immobilier en France, qu’ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n’est pas une révélation. Mais, cette fois, l’inventaire de ce patrimoine vertigineux n’est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la « Françafrique ». Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).  Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour « recel de détournement d’argent public » déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d’Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l’Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang. Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées.

Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé « dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers.

Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse,

Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar Bongo],

Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso,

Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou

Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé] »

La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d’euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans. Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement.

A Nice,

une propriété « est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2),

trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine », précise le procès-verbal.

« Un chef d’Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier

et qui a des revenus officiels  importants,

peut économiser suffisamment d’argent pour acheter plusieurs appartements à Paris,

explique Me François Meyer, avocat d’Omar Bongo et de sa famille.

Surtout avec les prix très bas de l’immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans. »  Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le 7earrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant – souvent – par le 16e arrondissement parisien,

 l’enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d’Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères,

 et d’autres fils du président gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita. En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d’Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires.

Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait qu’« utiliser », selon les policiers,
la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était juridiquement la propriété de
son frère Valentin, jusqu’à ce que, quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes. 

Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en 2007 pour

2470000 euros par l’épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso.

Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis Christel, ainsi que l’hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d’euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette. Les mêmes policiers n’ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d’impôt sur la fortune de Chantal, l’épouse de ce dernier, a montré qu’elle possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e arrondissement.

Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro Obiang est propriétaire d’un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l’OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille.  Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants. Mais aucun n’apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants. Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n’était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu’ils n’avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements. « Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique », notent les enquêteurs, maniant l’euphémisme à propos de « ce parc automobile conséquent ». Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo,
la Maybach à 424 477 euros d’Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d’euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque. 

De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, « règle le solde d’achat d’un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting », une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de
la Villa Suzette du Vésinet. 
Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France « une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d’euros », acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille. 

En fait de « financement atypique », les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la « paierie du Gabon en France » pour régler la « Maybach 57″ (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur « bleu Côte d’Azur » destinée à « Madame
la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba »
. A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l’argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n’a pourtant aucune fonction officielle. 
Le même compte de la « paierie du Gabon » ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler les frais de fonctionnement de l’ambassade à Paris a servi à financer la moitié d’une Mercedes à 75858 euros dotée d’un « toit ouvrant panoramique » achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet.

Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat

du président Bongo.

« Cela peut étonner, admet Me Meyer.

Mais je peux faire des cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans. »

D’où vient l’argent? Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la question de l’origine des fonds s’impose. L’apparente disproportion entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires ayant permis pareilles transactions. 

Le salaire mensuel officiellement versé par l’Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n’est-il pas de 30 000 euros, comme l’indiquent d’autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l’agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d’après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l’enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d’une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d’un juge d’instruction, à condition que les plaignants prouvent leur « intérêt à agir » Même si un juge d’instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l’immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d’Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l’origine d’éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. « La preuve que l’argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire », résume un spécialiste du dossier. Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération, contre le « gaspillage des fonds publics » par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d’éventuels « biens mal acquis » déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine. 

Philippe Bernard

La victoire de l’ »Afrique de Papa » sur le droit

  

LE MONDE | 31.01.08 | 13h38  •  Mis à jour le 31.01.08 | 14h05 

À l’origine de l’enquête de police inédite sur les biens acquis par cinq chefs d’Etat africains en France, se trouve une plainte pour « recel de détournement d’argent public ». Celle-ci a été déposée en mars 2007 à Paris par trois associations : Survie, spécialisée dans la dénonciation des turpitudes de la « Françafrique », Sherpa, groupement de juristes spécialisés dans la défense des droits de l’homme, et
la Fédération des Congolais de la diaspora, qui dénonce l’opacité financière du régime de Brazzaville. Leur objectif commun consiste à dénoncer la dilapidation des ressources de pays africains par des régimes soutenus ouvertement –pour trois d’entre eux – par
la France depuis des décennies. 
Ces trois plaignants ont puisé l’essentiel de leurs arguments dans un rapport intitulé « Biens mal acquis… profitent trop souvent », réalisé voici un an par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Ce document plaidait en faveur d’une « mobilisation des sociétés civiles en faveur de la restitution des biens mal acquis ». Il synthétisait une multitude de rapports officiels, de travaux d’ONG et d’enquêtes journalistiques décrivant la fortune accumulée en France par les familles de dirigeants africains et tendant à démontrer les origines douteuses de ces fonds. En écho, la plainte déposée à Paris estimait qu’un tel financement « n’[avait] pu intervenir du seul fait des rémunérations versées aux dirigeants des pays concernés » et avait pour conséquence « la réduction des ressources publiques en Afrique ». Les associations réclamaient l’application de la convention des Nations unies de 2003 contre la corruption. Signé par
la France, ce texte érige la restitution des biens détournés en principe du droit international. 

La plainte visant les « biens mal acquis », conçue comme un outil de propagande, a connu une destinée dépassant les espérances de ses promoteurs. A la mi-juin 2007, le parquet de Paris, au lieu de la classer discrètement, a ouvert une enquête préliminaire, confiée à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF). Cette décision, intervenue quelques jours après l’élection de Nicolas Sarkozy, a été analysée par nombre d’observateurs africains comme le premier signe de la « rupture » avec la « Françafrique » promise par le candidat de l’UMP. L’éditorialiste du journal burkinabé Le Pays croit alors voir poindre « une nouvelle ère (…) pour
la France, qui veut manifestement que soit tournée la page des rapines pratiquées sur le continent par ses propres dirigeants »
. « La dialectique du pilleur-réparateur pourrait s’enclencher », s’enthousiasme un quotidien de Kinshasa, tandis que le Times de Londres insiste sur le caractère « sans précédent » de l’enquête. 
La douche froide viendra cinq mois plus tard, avec le classement sans suite notifié le 15 novembre 2007 pour « infraction insuffisamment caractérisée »Entre-temps, les chefs d’Etat visés ont signifié leur colère à Nicolas Sarkozy. Omar Bongo a protesté, a affirmé avoir empêché des manifestations antifrançaises « spontanées » à Libreville. Le 5 juillet, sur le perron de l’Elysée, après une visite au président français, Denis Sassou Nguesso a fustigé les « relents de néocolonialisme et de racisme » qu’évoque pour lui la plainte. « Tous les dirigeants du monde ont des châteaux ou des palais, qu’ils soient du Golfe, d’Europe ou d’Afrique », se défendait-il. Comme pour appuyer ces protestations, M. Sarkozy a multiplié les gestes montrant la continuité des bonnes relations entre
la France et les pays concernés. Lors de son premier voyage officiel en Afrique, en juillet, il a choisi de faire étape au Gabon, dirigé depuis quarante ans par Omar Bongo, et s’est montré plus généreux que le Trésor ne le proposait pour annuler la dette de ce pays. Reçu à l’Elysée, M. Sassou Nguesso a bénéficié, lui aussi, d’une aide française accrue pour le Congo. 
Pour les associations plaignantes, le doute n’est pas permis : le classement de la plainte résulte d’une consigne donnée au parquet par le pouvoir politique. A lire leur réaction, la décision judiciaire traduirait la victoire de « l’Afrique de Papa sur le droit ». « Par cette décision, estiment-elles,
la France envoie un signal désastreux à la population africaine »
, privant celle-ci de « ce qu’elle ne peut pas obtenir sur son sol, c’est-à-dire l’identification de ceux qui, par les détournements massifs d’argent public opérés, contribuent à son appauvrissement »
Philippe Bernard 

 

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CAMEROUN : La rectitude morale n’est pas pour demain

Posté par issopha le 24 janvier 2008

CAMEROUN : La rectitude morale n’est pas pour demain

La corruption ne semple pas avoir diminué depuis le déclenchement, en 2004, d’une opération mains propres au Cameroun estime le coordonnateur national du service Justice et paix de l’Eglise catholique camerounaise, le Pr Titi Nwel.

Pourtant, l’opération Epervier, lancée par Yaoundé sous la pression des bailleurs de fonds, s’est soldée depuis juin par de lourdes condamnations à l’issue de trois grands procès.Plusieurs anciens patrons d’entreprises publiques, dont un ancien ministre et deux ex-députés du parti au pouvoir, ont été reconnus coupables d’avoir détourné plusieurs milliards de FCFA par divers moyens: faux en écriture, missions fictives, marchés passés sans appels d’offre, décaissements sans pièce justificative, attribution de primes démesurées…

Ils ont écopé de peines allant de 10 à 50 ans de prison. Un quatrième procès-fleuve est en cours.

Pas de quoi, cependant, faire peur à leurs successeurs, selon le Pr Nwel. « On a certes attrapé quelques larrons mais tout continue comme avant », affirme-t-il.  » Cette opération de lutte contre la corruption dépend de la volonté du chef de l’Etat. Si on a des liens privilégiés avec lui, on n’est pas inquiété », ajoute-t-il.

« Nous avons surnommé notre ministre Rapetou », témoigne en riant un employé d’un ministère. « Il est entré au gouvernement en septembre mais il passe déjà pour plus gourmand que l’un de ses prédécesseurs qui aimait pourtant beaucoup l’argent », explique-t-il.

Le Cameroun a fait de réels efforts en matière de bonne gouvernance, assure pour sa part un ministre qui rappelle la création, en 2006, de la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac). Mais il peine à se souvenir du nom de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif), créée en 2005. « Comment ça s’appelle déjà ? », demande-t-il.

Pour un diplomate européen, c’est la « petite corruption » pratiquée au quotidien qui est « la plus difficile à combattre ». Publié début décembre, le baromètre mondial de la corruption en 2007 de l’ONG Transparency international (TI) indique ainsi que 79% des personnes interrogées au Cameroun ont déclaré avoir dû verser un pot-de-vin pour accéder à un service public.

« Contre 3.000 FCFA (4,5 euros), un employé d’un ministère a retrouvé mon dossier qui avait +disparu+ au fond d’un tiroir », raconte un jeune enseignant. Déposé il y a plus de deux ans, ce document doit lui permettre de recevoir un jour son salaire.

Depuis quelques mois, un texte qui circule de manière anonyme embarrasse le ministère des Forêt et de la Faune: il dénonce et inventorie les dessous de table à débourser dans la filière forestière. Selon le document, il faut, par exemple, verser 700.000 FCFA (1.067 euros) pour introduire une demande de permis d’exploitation forestière.

« Lorsqu’on se donnera vraiment les moyens de lutter contre la corruption, il faudra au moins une génération avant que les choses ne changent tant les consciences sont infectées », soupire un syndicaliste.

« Notre jeunesse (..) est (..) de plus en plus convaincue que la réussite est moins dans l’effort et la recherche de l’excellence que dans la capacité d’user de son pouvoir et de son avoir pour corrompre », s’inquiétaient déjà en 2000 les évêques dans une lettre adressée aux Camerounais. La « rectitude morale », la « conscience professionnelle » sont méprisées tandis que les « tricheurs » apparaissent « forts, courageux et intelligents », avaient-ils déploré.

D’après l’enquête menée par TI, peu de Camerounais s’attendent à un changement: 61% des personnes interrogées par l’ONG pensent que les efforts du gouvernement pour lutter contre la corruption sont inefficaces et 65% que la corruption va augmenter au cours des trois prochaines années.

Publié le 19 décembre 2007.

Comment boucler les fins de mois ?

Après des années relativement fastes les fonctionnaires camerounais, qui ont subi des réductions drastiques de salaires il y a quinze ans, vivent avec difficulté, recourant parfois à une seconde activité pour boucler leur mois.

« Ce que nous touchons nous permet juste de survivre. Une fois que nous avons réalisé les dépenses de base pour la nourriture, le loyer, la scolarité des enfants, il ne nous reste plus rien », explique le président de la Confédération syndicale du secteur public (CSP), Jean-Marc Bikoko.

Il assure que la plupart des fonctionnaires sont aujourd’hui endettés.
Avec quelques collègues membres de la CSP, cet enseignant se souvient avec nostalgie de l’époque où son niveau de vie lui permettait d’envisager sereinement l’avenir.

« Personne ne songeait partir s’installer à l’étranger. Nous vivions très bien. Nous avions tous les moyens de construire notre maison », affirment-ils ensemble.

Mais tout a changé en 1993 : l’Etat camerounais, en faillite, a décidé de réduire les rémunérations de ses agents. Certains, comme les enseignants, ont vu leur traitement chuter de 70%. En 1994, la dévaluation de 50% du franc CFA a encore diminué leur pouvoir d’achat. Depuis, aucune augmentation.

« Aujourd’hui, je gagne 228.000 FCFA (347 euros). C’est pareil qu’en décembre 1992, avant les baisses de salaire je touchais 220.000 FCFA (335 euros). Or les prix ont été multipliés par cinq depuis », déplore M. Bikoko.

Pour s’en sortir, nombreux sont ceux qui ont une autre activité.

« Autrefois, les gens étaient assidus à leur travail. Ce n’est plus le cas. Beaucoup passent deux ou trois heures au travail, s’absentant même du bureau pendant une semaine », explique le président du Syndicat national autonome des travailleurs des télécommunications (Synattel), Noa Mvogo. « Et personne ne dit rien, l’employeur ne réagit pas », poursuit-il.

Corruption, racket des usagers font aussi partie de la panoplie pour améliorer le quotidien, dénonce la CSP.

« Chacun se débrouille comme il peut, en trichant au besoin », constate M. Bikoko. « Ceux qui gèrent des lignes de crédit se servent au passage.

Les autres s’arrangent pour soutirer de l’argent aux usagers contre le traitement de leur dossier », précise-t-il.

Le baromètre mondial de la corruption en 2007 de l’ONG Transparency international indique que 79% des personnes interrogées au Cameroun ont déclaré avoir dû verser un pot-de-vin pour accéder à un service public.

Pour que la situation change et que l’opération de lutte contre la corruption lancée en 2004 par le Premier ministre Ephraïm Inoni soit réellement efficace, une seule solution, selon la CSP: augmenter les salaires.

« Depuis la dévaluation du FCFA, tous les autres pays de la zone ont revalorisé les salaires. Pourquoi pas le Cameroun ? », demande M. Bikoko. Il souhaite que l’Etat camerounais ramène les salaires à leur niveau de décembre 1992 puis dans une seconde étape les augmente de 30%.

Si tel était le cas, l’employeur aurait enfin une « bonne raison » pour « sanctionner » ceux qui ne viennent pas travailler, note M. Mvogo.
Fin novembre, la CSP a organisé une grève et une manifestation pour réclamer cette augmentation. Le mouvement a été peu suivi. « Il est très difficile de mobiliser les gens ici: ils craignent tous d’être sanctionnés par leur hiérarchie s’ils manifestent », explique M. Bikoko.

Lui-même été arrêté lors de la manifestation du 28 novembre avant d’être relâché peu après. « Pourtant, il faut absolument mettre l’ensemble du système à plat. On ne va pas pouvoir tenir encore longtemps comme ça », ajoute-t-il.

Publié le 15 décembre 2007.

Les petites phrases de Paul Biya

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Deux phrases du président camerounais Paul Biya à l’occasion du Nouvel an ont suffi à relancer la polémique sur sa volonté de réviser la Constitution afin de pouvoir briguer un nouveau mandat en 2011.

« Nous allons (…) réexaminer les dispositions de notre Constitution qui mériteraient d’être harmonisées avec les avancées récentes de notre système démocratique », a déclaré, sans préciser de calendrier, le chef de l’Etat, qui a accédé à la tête du Cameroun il y a 25 ans.

Mais c’est la suite, portant sur l’article 6-2 de la Loi fondamentale, qui stipule que « le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois », qui a déclenché une levée de boucliers au sein de l’opposition.

Selon Paul Biya, cet article « apporte (…) une limitation à la volonté populaire, limitation qui s’accorde mal avec l’idée même de choix démocratique ».

Ces indications assez floues ont immédiatement été interprétées comme le signe de la volonté du président de s’autoriser à être une nouvelle fois candidat en 2011, ce qui lui est jusqu’ici interdit puisqu’il a déjà été élu à deux reprises depuis l’entrée en vigueur, en 1996, de l’actuelle Constitution.

Depuis le 6 novembre, date anniversaire de l’accession de Paul Biya, 74 ans, à la magistrature suprême, son parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), demande publiquement une telle révision.

A travers des « motions de soutien » publiées par le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, il a tout au long des deux derniers mois plaidé pour l’instauration d’un quinquennat « renouvelable ».

Derrière cet intense travail de sape, des observateurs ont cru déceler une querelle de clans au sein du parti au pouvoir en vue de la succession de Paul Biya. D’autres y ont vu la main du président lui-même.

Jusqu’à son message du Nouvel an, l’intéressé avait laissé dire, sans intervenir directement dans le débat.

« De toutes nos provinces, de nombreux appels favorables à une révision me parviennent », a-t-il fini par déclarer, « je n’y suis évidemment pas insensible ».
Pour le quotidien privé La Nouvelle Expression, cela ne fait désormais aucun doute, qui titre mercredi, au sujet de l’inamovible chef de l’Etat: « le candidat du RDPC pour 2011″.

Mais selon une source proche de la présidence, le discours a été mal interprété. Les mesures annoncées sont « d’ordre général » et « ne le concernent pas forcément », assure-t-elle. « Cela ne veut pas nécessairement dire qu’il sera candidat en 2011″.

« En parlant de l’article 6-2, Biya fait, nous semble-t-il, de la provocation. Il tâte le terrain », réagit Joshua Osih, un vice-président du Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition. « Nous sommes fondamentalement contre la manipulation de la Constitution pour garder quelqu’un au pouvoir ».

Tout en évoquant le risque de l’instauration d’une « quasi monarchie » et d’une « confiscation du pouvoir », l’opposant Adamou Ndam Njoya, chef de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), estime pour sa part que rien n’est « joué d’avance ».

« Le président est resté flou dans son discours, comme à son habitude », explique-t-il. « Il a dit qu’il voulait tenir compte de l’opinion des Camerounais qui demandent une révision. Cela signifie qu’il devra aussi tenir compte de la position de ceux qui refusent la levée de la limitation des mandats présidentiels et qui sont très nombreux », ajoute-t-il.

Son parti a ainsi initié une pétition pour recueillir l’avis des Camerounais « qui ne sont pas membres du RDPC ».

Publié le 3 janvier 2008.

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