Réforme de la présence militaire en Afrique, un an après : Cap ou pas Cap ?

Posté par issopha le 12 mars 2009

Réforme de la présence militaire en Afrique, un an après : Cap ou pas Cap ?

Posté le 04 mars 2009

Il y a un an, à l’occasion d’un déplacement en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy annonçait la renégociation des accords de défense liant la France à huit pays africains et promettait un contrôle accru du Parlement français sur les opérations extérieures, quelques jours à peine après l’appui logistique fourni par l’armée française aux troupes tchadiennes confrontées à une rébellion.

Des promesses encourageantes mais insuffisantes, sans feuille de route précise avaient alors constaté les organisations de la Plate-forme citoyenne France-Afrique [1]. Celles-ci dressent aujourd’hui un bilan très mitigé de cette réforme qui malgré les timides aménagements apportés à l’article 35 de la Constitution, peine à entrer dans la phase opérationnelle.

Les inquiétudes et insatisfactions de la Plateforme citoyenne France-Afrique portent en particulier sur :

la promesse de révision et de publication des accords de défense
A ce jour, la « remise à plat annoncée » n’a toujours pas eu lieu. Le calendrier envisagé initialement par la diplomatie française (inférieur à un an) n’a pas été respecté et le rôle du Parlement dans ce processus reste largement flou (consultation ou simple information ?).

l’extension nécessaire de la renégociation aux autres accords de coopération militaire
Les accords de défense ne concernent que 8 pays africains [2] et rien ne semble envisagé pour les autres pays avec lesquels la France a tissé de nombreuses relations de coopération militaire, policière, de gendarmerie (etc.) qui nécessitent également un réexamen. Le Tchad, par exemple, où stationnent depuis 1986 les troupes de l’opération Epervier n’est pas lié à notre pays par un accord de défense.

le redéploiement de l’armée française en Afrique
Plus qu’une vraie volonté de mettre fin à un interventionnisme unilatéral, il s’agit pour la France de passer d’une logique de cantonnement à une logique de projection de forces et de réaliser des économies budgétaires substantielles. A ce jour, si certaines casernes sont amenées à être fermées (en Côte d’Ivoire et peut être au Sénégal ou au Gabon), le positionnement permanent de soldats dans des bases militaires françaises en Afrique n’est pas remis en cause. Il est pourtant aujourd’hui indispensable de concevoir la politique française de Défense dans un cadre multilatéral et de faire de l’Europe un partenaire majeur de l’Afrique en matière de paix et de sécurité. Nos organisations ont pris acte des engagements de la diplomatie française en ce sens mais réclament des processus de décision collective émancipés de l’influence excessive de certains Etats-membres ayant des intérêts géostratégiques à défendre.

le renforcement des capacités africaines de maintien de la paix
La volonté affichée de privilégier le renforcement des capacités africaines au détriment des interventions directes n’est pas une nouveauté et faisait partie des objectifs du redéploiement militaire français amorcé en 2005. L’absence de politique française de promotion des droits de l’Homme et de la démocratie dans un certain nombre de pays africains pose cependant clairement la question de l’opportunité de maintenir des relations militaires avec leurs régimes [3] , le soutien apporté à ces derniers, qualifié à tort de « doctrine de la stabilité », étant par ailleurs loin de constituer un élément de maintien de la paix.

le contrôle du parlement français sur les opérations militaires
Réclamé depuis longtemps tant par les parlementaires que par la société civile, il a fait l’objet d’un article de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 et permet aux parlementaires de se prononcer sur le maintien d’une opération militaire d’une durée supérieure à 4 mois comme ce fut le cas le 28 janvier dernier ou d’être informé avant chaque nouvelle opération. Malheureusement, ce contrôle, opéré a posteriori, encadré par des modalités de débat très limitées ne fait pour l’instant du Parlement qu’une simple chambre d’enregistrement des décisions gouvernementales.

Nicolas Sarkozy, attendu sur le continent africain à la fin du mois de mars, sera-t-il politiquement capable de mettre réellement en œuvre les engagements pris au Cap et de prendre le contre-pied de la politique interventionniste et favorable aux régimes autoritaires poursuivie jusque là ? Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons véritablement entrer dans l’ère d’une politique de la France en Afrique responsable et transparente, souhait exprimé dans le Livre blanc [4] publié par nos organisations à la veille du discours du Cap, dont les préconisations en matière de droits de l’Homme, de démocratie, de transparence et de contrôle de la politique de la France en Afrique restent encore largement d’actualité.

Source : http://survie.org/Un-an-apres-le-discours-du-Cap-CP.html

 

FRANCE Appel à rejeter l’élargissement du secret défense

CP Survie-ARDHD 4mars2009

mercredi, 4 mars 2009

APPEL A REJETER L’ÉLARGISSEMENT DU SECRET DÉFENSE

Communiqué de Survie et de l’ARDHD (Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti), le 4 mars 2009

Invoquant la nécessité de protéger le secret-défense, le gouvernement français envisage de restreindre fortement l’accès des juges d’instruction à des lieux sensibles tels que la présidence de la République, des ministères, les services secrets ou de grandes sociétés. Cette disposition figure dans le projet de loi de programmation militaire pour 2009-2014, qui doit être soumis dans les prochaines semaines au vote du Parlement.

Par opposition à la situation actuelle où la protection ne couvre que des documents classés, le projet de loi prévoit de généraliser la protection à des locaux « susceptibles d’abriter des éléments couverts par le secret de la défense nationale » et des « locaux d’entreprises privées intervenant dans le domaine de la recherche ou de la défense ».

Avant de perquisitionner dans ces lieux, le juge d’instruction devra prendre rendez-vous avec le président de la CCSDN qui l’accompagnera dans ses opérations. Le magistrat aura l’obligation d’indiquer par écrit les motifs de la perquisition et les documents recherchés. Sans l’effet de surprise propre aux perquisitions, on ne peut que craindre que les documents recherchés disparaissent …

Les deux principaux syndicats de magistrats français, Union Syndicale des Magistrats et Syndicat de la Magistrature, ont dénoncé, vendredi 27 février, la création, dans le projet de loi de programmation militaire 2009-2014, de « bunkers » ou de « citadelles d’impunités » à l’abri des juges, du fait de l’extension du « secret-défense » : celui-ci concerne aujourd’hui les documents, demain il pourrait s’étendre à des lieux entiers.

Pour le Syndicat de la Magistrature, ce projet « a été conçu à la suite d’investigations qui ont semé l’émoi dans les milieux politiques et militaires : l’instruction de l’affaire des frégates de Taïwan, la perquisition entreprise à l’Elysée dans l’affaire Borrel et surtout celle effectuée dans l’affaire Clearstream au siège de la DGSE » (Direction générale de la sécurité extérieure).

Nos associations, ARDHD et SURVIE, s’indignent de cette nouvelle disposition qui, de fait, aurait empêché l’accès à des éléments essentiels dans la recherche de la vérité et la justice sur l’assassinat du juge Borrel.

Elles demandent instamment aux députés d’exclure cette disposition de la loi de programmation militaire pour 2009-2014, afin de permettre à la justice française de poursuivre les investigations nécessaires et de conserver son indépendance face au pouvoir politique.

Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque – Chargée de communication de Survie 01 44 61 03 25 stephanie.duboisdeprisqu(a)survie.org

Jean-Loup Schaal – Président de l’ARDHD 01 46 34 70 70 jlschaal(a)ardhd.org

Pour consulter le site de l’ARDHD



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 LE MONDE SELON K.

Sous couvert de « scoop » sur Bernard Kouchner, le nouveau livre de Pierre Péan constitue, en fait, la suite de la campagne négationniste au service de ceux qui craignent d’avoir à répondre un jour de complicité de génocide.

Alors que le livre Noirs fureurs, blancs menteurs, paru en 2005, n’avait touché qu’un public relativement restreint et avait valu à son auteur une volée de bois vert quasi-générale pour avoir défendu de manière caricaturale et haineuse « la synthèse de tous les négationnismes déjà publiés » (Le Soir, 26/11/05) sur le génocide des Tutsi du Rwanda, le dernier ouvrage de Pierre Péan, Le monde selon K., constitue une relance de la même campagne de propagande. Une campagne déguisée derrière un « scoop » retentissant et préparée par la publication des « bonnes feuilles » dans Marianne. La parution du livre a immédiatement fait l’objet d’une campagne de presse massive et a instantanément pris les allures d’une affaire d’Etat, obligeant Kouchner à s’expliquer devant les députés, et le président de la République à la mentionner lors d’une intervention télévisée. On ne sait si l’on doit s’étonner le plus de ce soudain emballement ou du mutisme qui l’a précédé dans les grands médias, car comme le reconnaît Péan lui-même, son livre ne contient en fait aucune révélations inédites sur la personnalité politique la plus appréciée des Français. On savait que, depuis la guerre du Biafra, l’image du French doctor était régulièrement utilisée au service de l’impérialisme français, pour ripoliner les politiques les plus criminelles. Son rapport visant à dédouaner Total des accusations de travail forcé en Birmanie, rédigé en 2003 à la demande de la multinationale et payé 25 000 euros, a été périodiquement rappelé dans certains journaux et ne laisse guère de doute sur le sens moral du personnage. Devenu ministre des Affaires étrangères, il cache d’ailleurs de moins en moins ses relations amicales avec quelques autocrates françafricains. Quant aux « expertises » sur les systèmes de santé qu’il est censé avoir réalisé pour certains d’entre eux, elles avaient été signalées à plusieurs reprises dans la Lettre du Continent. Péan révèle la très généreuse rémunération perçue pour ces travaux, et les efforts de Kouchner et de ses proches, placés à des postes officiels, pour récupérer les impayés.

Une lutte de clans

Sur la base des extraits publiés dans Marianne, la plupart des commentateurs s’en sont tenus à cette dernière affaire, qui n’occupe pourtant qu’une place très restreinte dans le livre de Péan. Paresse journalistique ou jubilation de voir enfin dégommer une icône en carton pâte, le reste a été ignoré, quitte à nourrir un contresens dans l’opinion [1] : celui d’un Péan pourfendeur de la françafrique. Un « concept » que ce dernier « déteste » pourtant et qu’il ne juge « plus d’actualité ». (Rue 89, 15 février). S’il la déteste, il la connaît pourtant de près, lui qui, entre autres, dit respecter la raison d’Etat, prend plaisir à discuter avec Omar Bongo et ne cache pas son amitié pour Bruno Delaye, ancien responsable de la cellule africaine de l’Elysée pendant le génocide des Tutsi. Depuis longtemps maintenant, Péan s’est fait le porte-drapeau de ceux sur qui pèse l’épée de Damoclès judiciaire de complicité de génocide, crime imprescriptible. En 2005, il expliquait avoir pris la plume pour ces militaires qu’il a « vu (…) pleurer devant [lui] tellement les attaques ont été violentes » et qui ne comprennent pas « pourquoi ils ne sont plus défendus » car depuis 1995 « personne ne sait ou ne veut gérer la communication » (AFP 25 novembre 2005). Péan s’est donc fait moins enquêteur que chargé de communication. Dans son dernier ouvrage, il souligne encore « la grogne des militaires » à l’encontre du pouvoir politique, accusé de n’avoir par répondu correctement à la publication du rapport Mucyo qui les mettait en cause (Billets d’Afrique n°172, septembre 2008). Il s’en s’indigne d’ailleurs : « les autorités françaises acceptaient ainsi une nouvelle fois de laisser Kagame salir la France  ». Le mois dernier encore, il n’a cessé de le répéter : ce ne sont pas les bonnes affaires françafricaines de Kouchner qui ont motivé la rédaction de son ouvrage, mais l’amorce de réconciliation diplomatique entre la France et le Rwanda dont le ministre des affaires étrangères fut l’un des protagonistes [2] . Il a aussi « trouvé insupportables  » les velléités d’extradition devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) de « prétendus génocidaires » vivant tranquellement en France (Le Monde selon K.). Une petite minorité de journalistes a tout de même relevé les obsessions rwandaises de Péan (parfois pour les justifier naïvement ( ?) comme Frédéric Bonnaud , Siné Hebdo du 18/02/07, au nom d’une continuité avec les articles que Stephen Smith publiait dans Le Monde en mars 2004…) mais il valait mieux lire la presse étrangère pour un décryptage sans langue de bois : « Il s’agit là d’une lutte de clans » (Le Soir, 04 février 09).

Du déni de la complicité française…

Lors du marathon médiatique qui lui fut offert, Péan a ainsi pu se répandre sans crainte d’être contredit, jusque dans certaines émissions qu’on a connues plus vigilantes sur le sujet, comme Là bas si j’y suis, de Daniel Mermet. Péan défend pourtant une thèse « très proche » de celle des services secrets français, lâchait Alexandre Adler en défense de Bernard Kouchner, lesquels n’ont « jamais encaissé » le virage du pouvoir politique à l’égard du Rwanda (France culture, 04 février 2009).
Pour récuser les accusations de complicité de génocide qui pèsent sur certains responsables politiques et militaires militaire, Péan et ses comparses ressassent indéfiniment le même sophisme qui sert également de ligne de défense aux génocidaires jugés à Arusha : c’est l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide ; la responsabilité du génocide incombe donc principalement à ceux qui ont commandité cet attentat ; or « l’enquête » du juge Bruguière (ce même juge Bruguière dont Péan dénonçait il y a quelques années dans Manipulations Africaines « le côté barbouze » et les enquêtes « vides ou mal ficelées ».) a conclu à la culpabilité du Front patrioque rwandais (FPR) et de son chef Paul Kagame. Les responsables du génocide n’étant pas ceux que l’on croyait, les complicités françaises n’existent pas…
Dans l’émission de Daniel Mermet déjà citée, Xavier Monnier, directeur de publication de Bakchich.info, réagissant aux accusations de négationnisme contre Péan, déplorait : « ils sont tout un groupe à monter au créneau : dès qu’on parle du Rwanda, on est sûr de s’en prendre plein la gueule. » (5 février 2009). C’est malheureusement exactement l’inverse qui est vrai. La comparaison avec le génocide des Juïfs permet d’en prendre la mesure. Dans ce dernier cas, la distinction entre le débat légitime des historiens, soucieux d’approfondir les connaissances, et les tentatives de banalisation du génocide sous couvert de «  réviser l’histoire officielle » est communément admise. La seconde démarche est interprétée, à juste titre, non pas comme la simple expression d’une opinion, mais comme un acte antisémite, et ses promoteurs sont largement ostracisés. Concernant le génocide des Tutsi, l’ignorance et la confusion sont telles en France que la production historique semble n’avoir aucune valeur et qu’elle peut être mise sur le même plan que les propos de café du commerce ou que la propagande la plus grossière. Les différentes figures du négationnisme trouvent droit de cité dans les médias en toute décontraction. La rhétorique de Pierre Péan, qui bénéficie d’une audience de masse, en constitue le meilleur exemple.

…au négationnisme tout court.

Péan prétend réécrire l’« histoire officielle » du génocide des Tutsi, mais il se défend de faire partie des négationnistes (On ne sait pas s’il considère comme tels les personnes avec qui il participe si volontiers à des conférences sulfureuses, et sinon à qui d’autre ce qualificatif trouve à s’appliquer selon lui.). Comme la plupart de ces derniers, il ne va pas jusqu’à nier la qualification de génocide, mais il la dénature et la prive de sa signification historique. Il garde le mot sans son contenu. Ainsi il récuse d’abord l’idée d’une planification antérieure à l’exécution du génocide [3]. Le génocide ne serait ensuite qu’un dommage collatéral de la guerre civile, au cours de laquelle des massacres de même nature auraient été commis de part et d’autre. Représailles, crimes de guerre et génocide étant mis sur le même plan. Comme Mitterrand puis de Villepin, il défend ainsi, de manière plus ou moins explicite au gré de ses interventions, la thèse du double génocide. Enfin, il est prisonnier d’une vision ethniste de l’histoire à l’instar des officiers français avec lesquels il s’affiche en colloque. Il ne raisonne qu’en terme de responsabilité collective de « l’ethnie » tutsi ou de « l’ethnie » hutu. Si le FPR commet des crimes de guerre, c’est que « les victimes » deviennent à leur tour « les bourreaux », comme si les rescapés de la Shoah avaient dû collectivement porter, parce que Juifs, la responsabilité des exactions commises par l’armée israélienne. Dans sa logique de rééquilibrage des responsabilités, Pierre Péan développe d’ailleurs longuement, dans son dernier livre comme dans ses différentes interventions, un événement qu’il tient pour exemplaire : celui du massacre de Kibagabaga. Kouchner, qui a vu le charnier, aurait contribué à accréditer l’idée que la tuerie avait été commise par les génocidaires. Pierre Péan prétend au contraire démontrer qu’il doit être imputé au FPR, accusation reprise sans vérification par plusieurs quotidiens français. Sa « démonstrationn » repose sur les « témoignages » de la clique habituelle des négationnistes, qui d’un livre à l’autre se citent les uns les autres pour renforcer leurs falsifications. « Il est important de constater en premier lieu qu’il n’y a pas eu d’enquête sur ce massacre au TPIR », assure imprudemment Péan. « A fortiori, il n’y a pas eu de Rwandais condamnés pour celui-ci ». Sauf que le massacre des Tutsi de Kibagabaga a bel et bien été jugé par le TPIR et qu’il est mentionné et détaillé dans la sentence de génocide prononcée à l’encontre de Bagosora (Judgement and Sentence, Bagosora et al, ICTR-98-41-T, page 543 et 547). Un détail sans doute…

Une campagne de l’anti-France

Plus largement, Kouchner est présenté comme servant, depuis 1994, les intérêts de Kagamé, et parallèlement comme plus attaché à l’impérialisme anglo-saxon qu’à la Marseillaise. Prudemment, Nicolas Sarkozy qui n’a pas moins de « tropisme américain » et qui n’est pas moins otanien que son ministre, n’est pas mis en cause. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre l’utilisation par Péan d’un vocabulaire fortement connoté (« cosmopolitisme anglo-saxon », « droit-de-l’hommiste », etc.) qui lui a valu d’être soupçonné d’antisémitisme. La polémique a fait diversion au regard des véritables enjeux. Il s’agit en fait du corollaire de la propagande distillée depuis 1994 et périodiquement réactivée, visant à contrer les accusations de complicité de génocide. En effet, mue par le complexe de Fachoda , la France n’aurait cherché qu’à s’opposer à l’hégémonisme anglo-saxon en Afrique ; ce dernier est le réel déstabilisateur de la région ; et les accusations à l’encontre de « l’honneur de la France » relève d’une campagne orchestrée de l’extérieur et relayées à l’intérieur par des idiots utiles ou des mauvais citoyens qui complotent contre l’intérêt de leur pays.
Si le terme d’« anti-France » n’est jamais utilisé explicitement, c’est bien de cela dont il est question, chez Péan comme chez d’autres avant lui (Balladur s’y est par exemple essayé à plusieurs reprises). Appliquée à Kouchner, l’accusation occulte un peu rapidement son rôle véritable en 1994. Comme l’attestent les témoignages du général Dallaire et les notes des collaborateurs de l’Elysée, Kouchner, qui se vante d’ailleurs d’avoir « vendu » l’opération militaire Turquoise encensée par Péan, travaillait bien pour le compte de la diplomatie mitterrandienne.
Un dernier point : l’absence des témoignages de ceux qui furent à la fois victimes et témoins du génocide devrait suffire à discréditer les bouillies infâmes qui prétendent en reconstruire la réalité. Mais qu’importe la douleur des survivants et le respect des disparus : les assassins de la mémoire par intérêt finissent par épouser la vision du monde des assassins de la mémoire par conviction. Pour Péan, les rescapés sont sans doute par définition suspects, puisque la « race » tutsi, et la justice française a reconnu, pour l’instant, qu’il n’était pas raciste de l’écrire, se caractérise d’abord selon lui par sa « culture du mensonge ». Depuis trop longtemps maintenant, chaque année à l’approche des commémorations du génocide, c’est en France la saison des crachats.

Victor Sègre

Réforme de la présence militaire en Afrique, un an après : Cap ou pas Cap ? dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS pixel_couleur1

[1] Le même contresens continue d’être fait au sujet d’Une jeunesse française, livre non pas de dénonciation, mais de réhabilitation de Mitterrand, écrit sur commande pour couper l’herbe sous le pied à des travaux plus accusateurs.

[2] Selon Leparisien.fr, le livre de Péan pourrait également constituer un avertissement d’Omar Bongo à l’Elysée dans le cadre des affaires dites des Biens mal acquis. L’un n’empêche pas l’autre.

[3] Contrairement à ce qu’affirme Péan, le TPIR ne nie pas la planification du génocide, mais, et c’est regrettable, il s’est révélé incapable de juger à qui incombait la responsabilité de cette planification. 

 

 

arton1402-2aa92 dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUELes sociétés minières et la Mafiafrique, le Canada, un paradis judiciaire

Alain Denault, auteur de

NOIR CANADA

Pillage, corruption et criminalité en Afrique

Publié le lundi 9 mars 2009

« [La] rigueur de l’enquête, livrée dans un style très soigné, démontre que la pauvreté entretenue du continent n’est que la conséquence d’un système où se mêlent diplomatie, politique, commerce et enjeux militaires. »

Vincent Munié – Le Monde diplomatique

Quel est l’impact des activités minières en Afrique ? Comment se fait-il que 60% des sociétés minières soient canadiennes ? Quel est le rôle des société minières dans la Mafiafrique ? Quel soutien reçoivent-elles du Canada ?

Après la Françafrique, Noir Canada nous éclaire sur un post-colonialisme peu connu…

Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique remet en question l’image factice répandue sur la scène internationale d’un Canada intrinsèquement bon, pacifiste et généreux. Le Canada appuie politiquement et financièrement des sociétés minières et pétrolières qui exploitent le sol africain, enregistrent des profits colossaux à la Bourse de Toronto, alors qu’on les accuse des pires abus en Afrique.

L’auteur recense avec soin et précision les nombreux cas (déjà rapportés ailleurs dans le monde par plusieurs ONG, journalistes, analystes ainsi qu’experts de l’ONU) dans lesquels les sociétés canadiennes sont accusées de corruption, d’exploitation abusive des ressources minières ou pétrolières des pays africains, et attisent ou maintiennent l’instabilité et les conflits pour obtenir de juteux contrats.

Alain Deneault décrit avec lucidité et ironie l’architecture du système politique et financier canadien qui soutient le pillage des ressources du continent africain. Dans la droite lignée des ouvrages de François-Xavier Verschave sur la Françafrique et de Jean Ziegler sur la criminalité financière, Alain Deneault montre que le Canada, pourtant vierge de tout passé colonialiste, maintient lui aussi l’Afrique dans un état de dépendance post-coloniale.

Un livre éloquent qui est en passe de devenir le plus cher du monde. En effet, deux géantes sociétés aurifères, Barrick Gold et Banro, poursuivent en diffamation la maison d’édition Écosociété et les auteurs de Noir Canada pour un total de 11 millions $.

Alain Deneault anime le collectif Ressources d’Afrique et enseigne la sociologie à l’Université du Québec à Montréal. Il est titulaire d’un doctorat de philosophie de l’Université de Paris-VIII sous la direction de Jacques Rancière. Ses recherches et publications autour de l’oeuvre de Georg Simmel portent sur les questions interdisciplinaires relatives à l’économie.Il écrit également sur les enjeux de développement en Afrique et sur la finance offshore du point de vue de la philosophie politique. Il est l’auteur de Paul Martin et compagnies, Soixante thèses sur l’alégalité des paradis fiscaux (VLB, 2004).

Mercredi 11 mars à 20 h à Paris Au FIAP, 30 rue Cabanis, 14e, Métro Glacière

Exposé:

Les traits generaux de criminalité en Afrique et de son évolution depuis les indépendances 

par Giberly MOUANDA-MOUANDA


Université de REIMS Champagne-Ardenne - Master 2 Administrateur Public et Privé en Afrique
Traductions: Original:
fr Source:

  

FACULTE DE DROIT ET SCIENCE POLITIQUE Master 2 :

Administrateur Public et Privé en Afrique 

Séminaire : Justice et Etat de Droit en Afrique Professeur Pierre WEISS Thème : Les traits généraux de la criminalité en Afrique et de son évolution depuis les indépendances. 

Intervenants: -Giberly MOUANDA-MOUANDA  -Guillaume YEBOUE -Mohamed KONE 

Introduction 

L’Afrique, continent composé de 53 Etats en incluant tous les archipels, est considérée depuis les temps les plus immémoriaux comme étant le lieu de l’être Humain et de la branche des Hominidés, c’est-à-dire le berceau de l’humanité. L’Afrique est le deuxième continent au monde de par sa population et le deuxième (ou le troisième si l’on considère l’Amérique comme formée de deux continents) par sa superficie, après l’Asie. D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique couvre 6,0 % de la surface terrestre, et 20,3 % de la surface des terres émergées[]. Avec une population de 944 000 000 habitants (mi 2007)[], les Africains représentent 14 % de la population mondiale. Le continent est bordé par la mer Méditerranée au nord, le canal de Suez et la mer Rouge au nord-est, l’ océan Indien au sud-est et l’ océan Atlantique à l’ouest. Depuis lors, les pays Africains oscillent entre guerres civiles et processus de démocratisation, dont les aléas sont souvent liés aux stratégies des firmes multinationales et la lutte d’influence que se livrent en Afrique, les Etats-Unis et
la France essentiellement. 
Par ailleurs, les aspirations nationales africaines menèrent aux indépendances ; celles-ci s’étalèrent de 1910 à 1975 suivant les pays. Les régimes qui s’installèrent ne furent pas démocratiques et peinèrent à développer leurs pays. L’Afrique fut jusqu’aux années 1990 instrumentalisées par les puissances de la guerre froide. 

Ainsi, le continent Africain est l’objet de convoitises multiples des puissances occidentales et le lieu de rivalités entre elles. Cependant, le problème de la criminalité en Afrique et de son évolution depuis les indépendances est d’une importance capitale et pose de récurrents débats. La criminalité se définie comme un ensemble d’actes criminels et délictueux commis dans un groupe donné à une époque donnée. Et, l’évolution ici est entendue comme un ensemble de changements subis au cours des temps. (cf. ; le Petit Larousse 2008). Tout au long de notre étude, il ne sera pas question de faire une analyse de la criminalité avant les indépendances, pour ne point parler de la traite négrière et de l’Apartheid en Afrique du Sud, ni de la criminalité pendant les indépendances qui était plus liée aux revendications politique avec la déportation de certains opposants politiques à l’instar de Médine Ben Bartas au Maroc, de Patrice Lumumba au Congo-Kinshasa, de Fily Dabo Cissoko au Mali de Diallo Théry en Guinée Conakry, et Félix Mouniè au Cameroun pour ne citer que ceux-là. Une telle conception du sujet, serait tout à fait erronée dans ce sens qu’elle ne nous aiderait pas à mieux appréhender notre travail. 

Pour exprimer cette idée, nous nous focaliserons sur l’évolution, les origines de la criminalité et, de ces conséquences au sein de la société. Car la criminalité est rarement un phénomène isolé. C’est l’un de toute une série de cofacteurs liés au sous-développement, tous présents en Afrique. Il va s’en dire, qu’un tel sujet revêt un intérêt pratique plutôt que théorique car les gouvernements Africains jusqu’à nos jours ne ménagent aucun effort pour un processus de démocratisation fiable. Pour rendre compte de la complexité de notre travail, nous passerons en revue les points les plus pertinents afin de mieux cerner notre sujet. Notre plan se définira autours de deux (2) grands axes majeurs. Nous partirons de la genèse c’est-à-dire le problème de la criminalité en Afrique et ses composantes (Chapitre I). Pour enfin dégager ces impacts sur le développement (Chapitre II). 

I- Le problème de la criminalité en Afrique et ses composantes. Comme précédemment annoncer, la criminalité en Afrique est le fruit d’une longue évolution historique. Ainsi, nous évoquerons les origines(A), les causes (B) et enfin ces composantes (C). A- Les Origines de la Criminalité en Afrique. L’Afrique a souffert d’une longue histoire d’exploitation marquée successivement par la traite d’esclaves, de la colonisation et plus récemment de la manipulation héritée de la guerre froide. 

L’augmentation du commerce et des transports internationaux a fait de l’Afrique en raison de sa faible capacité de maintenir l’ordre et de ses agents publics mal payés un endroit idéal pour l’extraction et le transit d’un certain nombre de produits illicites. Ainsi donc, l’Afrique sert de plus en plus un lieu de passage pour les drogues et les produits illicites destinés à d’autres marchés. Les minerais, le bois, le pétrole etc. font l’objet d’une extraction illégale sur le continent et les zones de conflits sont les destinations privilégiées d’armes à feu ; sans oublier le trafic des enfants, comme on n’a pu le constater récemment au Tchad avec la fameuse histoire de l’Arche de Zoé. Les enfants soldats en République Démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda. Ce fléau a eu des conséquences fâcheuses dans certains pays d’Afrique tel est le cas de la région des grands lacs,
la Sierra Leone etc. dont les causes seront énumérées en avale. 
B- Les causes de la criminalité Ce paragraphe touche les facteurs sociaux liés à la criminalité. Il s’agit entre autres : Les inégalités de revenus; une démographique jeune de la population ; l’urbanisation ; Un système judicaire défaillant ; la prolifération des armes a feu du aux nombreuses guerres civiles 

Les inégalités : L’Afrique est le continent le plus pauvre du monde. La totalité de son PIB est inférieur à celui de l’Espagne, alors qu’elle a une population 20 fois supérieure. Le PIB en Afrique subsaharienne est de 1,70 alors que la moyenne mondiale est de 7,804. En Afrique, l’on trouve les pays où il existe les plus grandes inégalités dans le monde. Ainsi donc, 10% de personnes les plus riches d’Afrique gagnent en moyenne 31 fois plus que les 10% les plus pauvres, alors que la moyenne mondiale est de 21 fois. Selon un rapport de
la Banque mondiale, une privation relative «crée des tensions sociales, les personnes défavorisées se sentent dépossédées lorsqu’elles se comparent aux plus riches», et donc «les Pauvres recherchent des compensations par tous les moyens, y compris en commettant des Crimes aussi bien contre les pauvres que contre les riches» 
Le Problème de la population jeune : L’Afrique a la population la plus jeune du monde, -43 % de la population du continent a moins de 15 ans. Une population jeune est un atout considérable mais peut aussi être une source de vulnérabilité sociale. Dans le monde entier, la plupart des crimes sont commis par des adolescents et de jeunes adultes de sexe masculin. De plus les taux concernant la fréquentation scolaire sont très faibles en Afrique Subsaharienne qui est de 44% alors qu’en comparaison les états Arabes est de 60% et en Amérique Latine et Caraïbes de 81%. Selon une étude de l’Agence canadienne pour le développement international, il apparait que c’est en Afrique que le taux de natalité continue de s’accroitre. Cette étude se vérifie car la mentalité africaine veut que l’on fasse beaucoup d’enfants, pour espérer voir survivre quelque uns et aussi pour voir un enfant réussir et les sortir de la misère. Tous ces faits nous poussent à croire que, cette jeunesse désoeuvrée risque de se trouver impliquée dans une activité criminelle. Urbanisation : L’urbanisation rapide, un facteur qui combine les éléments de la densité de la population, les chocs culturels et l’instabilité des populations, est également étroitement liée aux taux de la criminalité. L’Afrique s’urbanise à un rythme qui avoisine 4% chaque année, soit près de deux fois la moyenne mondiale. Partout dans le monde, la criminalité est plus importante dans les villes que dans les zones rurales, avec des taux qui augmentent généralement, en fonction de la taille de la ville. L’Afrique ne semble pas être une exception. Le problème des implantations informelles autour des villes se pose dans de nombreuses villes africaines, et sont un défi pour la sécurité. 

Les faibles moyens de la justice pénale : Comme l’on pourrait s’y attendre, il existe une corrélation significative entre le montant des ressources qu’un pays alloue à la justice pénale et son revenu national. Même si les états ne mettent pas la priorité sur les dépenses pour le maintien de l’ordre et la sécurité publique , il devrait y avoir un seuil au dessous duquel on ne peut s’attendre à ce que le système de justice pénale puisse efficacement décourager les futurs délinquants, mettre hors d’état de nuire les récidivistes ou réintégrer les anciens délinquants.  Par exemple, de grands débats encours sur l’importance des forces de police requises pour efficacement lutter contre la criminalité. Dans l’ensemble, le ratio police population en Afrique est sensiblement inférieur à celui de toutes les autres régions du monde, et, dans certains pays, le nombre des policiers est extrêmement faible. Lorsque la police est jugée corrompue, incompétente ou mal équipée, les populations prennent des mesures pour se protéger elles-mêmes. Pour les riches, cela signifie généralement, investir dans des services privés de sécurité. Pour les pauvres, cela peut signifier un retour à des formes traditionnelles de la justice ou des recours aux groupes d’auto défense, qui peuvent par la suite créer des dérives. 

La prolifération des armes à feu : L’Afrique a connu ces dernières décennies, plus de conflits que n’importe quelle autre région. Les conflits et la criminalité sont intimement liés. Les pays qui sortent d’un conflit peuvent s’attendre à une forte incidence de criminalité : Traumatisme psychologique ; catastrophes et déplacements ; persistance des comportements de guerre ; disparition de l’autorité etc. 

C- Les Composantes :  Il s’agira ici de voir les différentes composantes de la criminalité qui sont réparties au nombre de trois (3) : La criminalité organisée (trafic de drogue …) ; La corruption ; la criminalité conventionnelle (meurtres, vols …). 

La criminalité organisée : La criminalité organisée est un phénomène virulent qui exploite immédiatement les failles des mécanismes mondiaux d’applications des lois. L’Afrique paraît être particulièrement vulnérable du aux manques de ressources, le manque de moyens, de la corruption, du bas niveau de vie, de l’impunité qui sévit favorise l’émergence de la criminalité organisée. Voici une liste non exhaustive des crimes organisés qui sévissent sur le continent africain : Trafic de drogues ; traite des être humains ; le trafic à arme à feu ; la contrebande des ressources naturelles, braconnage et crime contre l’environnement ; le blanchiment d’argent. 

La corruption : L’expression « corruption » englobe des infractions extrêmement diverses allant du détournement de deniers publics à un échelon très élevé à la remise contre des pots-de-vin de documents ou de permis. La forme de corruption la plus communément rencontrée revêt la forme d’un paiement de pots-de-vin à des agents publics pour influencer leurs actes. La corruption apparaît comme particulièrement généralisée en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.  La criminalité conventionnelle : L’expression « criminalité » fait penser à une série de crimes, notamment les meurtres, le viol, le banditisme et le vol à main armée. On les qualifie de « crimes conventionnels » pour ne pas les confondre avec les crimes qui ont récemment émergés et pour lesquels des sanctions sont prévues aux termes d’une législation spéciale, comme les différentes formes de la criminalité organisée. En résumé, tous les indicateurs disponibles laissent supposer que l’Afrique souffre des niveaux très élevés de la violence criminelle. Le fait que toutes ces sources s’accordent sur la situation de la criminalité violente en Afrique devrait être pris au sérieux. 

II- L’Impact de la criminalité sur le développement en Afrique. Les conséquences de la criminalité sur l’épanouissement du continent Africain et qui favorisent le sous-développement sont multiples et de divers ordres. C’est ainsi que l’on constate les impacts dans le secteur social et humain (A), l’impact économique (B), et enfin l’impact lié à la bonne gouvernance (C). A- Impact social et Humain L’impact de la criminalité dans ce secteur nous laisse perplexe, car il est à noter que la criminalité peut avoir une incidence beaucoup plus forte sur la vie des citoyens dans les pays pauvres que dans les pays riches. Le commun des mortels en Afrique est plus que jamais exposé à des fortes violations, le plus souvent liées à un manque de conditions nécessaire pour son épanouissement. Et, cela freine la mise en oeuvre effective de certains droits (Les droits économiques, socioculturels, les droits civils et politique). Egalement, des blessures consécutives à des actes de violence peuvent avoir un effet catastrophique pour des gens qui gagnent leur vie en travaillant de leurs mains et n’ont qu’un accès limité aux soins. Le vol, en particulier lorsqu’il s’agit de biens productifs comme le bétail, peut priver des familles entières de leurs moyens de subsistance. La criminalité nuit à la qualité de vie et peut contribuer à l’émigration des travailleurs spécialisés. Donc, l’obligation la plus fondamentale de l’Etat consiste à assurer la sécurité de ces citoyens et favoriser un bon niveau de vie sociale. Et, lorsqu’il n’est pas à mesure de remplir cette obligation pire lorsqu’il assure la protection de certains groupes et pas d’autre, les populations réclament à juste titre le droit d’utilisé la force ou la violence. 

Par ailleurs, en entravant la liberté de mouvement, la criminalité réduit l’accès à l’emploi, le fonctionnement des petites et moyennes entreprises et des activités éducatives. Inévitablement, tout ceci cause un frein à l’activité économique.  B- L’Impact économique Nous pouvons dégager quatre (4) grands axes de l’impact de la criminalité sur l’économie. Il s’agira de : La peur des africains eux-mêmes d’investir ; la sécurité des personnes et des avoirs investis en Afrique ; la corruption  sans oublier le secteur du tourisme. La peur des africains a investir en Afrique : L’une des raisons qui explique que l’investissement direct étranger soit si important pour l’Afrique est que les Africains choisissent de placer leur richesse à l’étranger. C’est en Afrique que la fuite des capitaux est la plus forte, 40 % des portefeuilles privés étant détenus hors du continent: si l’Afrique parvenait à faire revenir cet élément de la richesse privée, le volume total du capital privé augmenterait des deux tiers environ. On estime que la fuite des capitaux réduit le PIB du continent de quelque 16 %. 

La sécurité des personnes et des avoirs investis en Afrique : La sécurité un réel sujet de préoccupation pour les hommes d’affaires étrangers. Plus de 29% des hommes d’affaires ont jugé que la criminalité était un obstacle majeur à l’investissement, soit une proportion de moitié supérieure à la moyenne mondiale. Entre 11 et 80% des personnes interrogées dans chaque pays ont indiqué qu’ils avaient subi des pertes directes en raison de la criminalité, et les coûts de ces pertes représentaient entre 2 et 12% du total des ventes. 


La Corruption : La corruption est certainement une source de préoccupation encore plus grande pour les investisseurs, et ses conséquences néfastes sur l’investissement ne sont plus à démontrer. Dans une étude de
la Banque mondiale portant sur huit pays d’Afrique subsaharienne, la corruption est classée en tête des obstacles à l’activité économique en Afrique, avant les impôts, les problèmes d’infrastructure et l’inflation. Les entreprises perdent l’équivalent de 2 % à 9 % de chiffre d’affaires en pots-de-vin. La corruption décourage donc l’investissement, mais peut-être pas autant qu’un autre formidable obstacle à l’activité économique en Afrique: les formalités administratives. Si la corrélation avec la corruption perçue n’est pas parfaite, il n’en reste pas moins que les pays qui sont généralement considérés comme les moins corrompus du continent sont ceux qui, soit prévoient le moins de démarches (Tunisie), soit imposent les délais d’attente les plus courts (Tunisie, Botswana), tandis que les pays considérés comme les plus corrompus (Nigeria, Tchad, République démocratique du Congo, Angola, Côte d’Ivoire, Cameroun) imposent de nombreuses démarches ou des délais très longs, voire les deux. Paradoxalement, les pays très pauvres ont parfois des administrations très lourdes. 

La criminalité freine le tourisme : Les agressions contre les touristes portent préjudice à l’industrie du tourisme. Les mises en garde contre la criminalité occupent une place importante dans les brochures touristiques de la plupart des pays africains et des conseils sur la sécurité sont régulièrement publiés par les Consulats pour éviter aux touristes de se rendre dans certaines destinations sur le continent. Malgré tous ces problèmes, le tourisme en Afrique continue de se développer, mais il se porterait sans doute beaucoup mieux, si le continent était perçu comme une destination sûre. 

C- L’Impact sur la gouvernance La gouvernance se définie au regard des principes suivants : La décentralisation de l’Etat ; La lutte contre la corruption ; l’impartialité du système judiciaire ; la démocratie participative. Il est à noter que dans certains pays Africains la décentration est en cours de processus. Les populations n’ont jusque là pas intégrer la notion de transfert de compétence. Au regard de tout ce qui précède la bonne gouvernance est mise en mal par l’absence d’une justice saine et équitable et la corruption généralisée. 

En Afrique, une frange de la population n’a pas confiance en la justice et la justice ne fait confiance qu’à l’argent, ce qui constitue sans doute un frein à la bonne gouvernance. Les populations n’ayant pas confiance aux gouvernants ne participent pas aux échéances électorales d’où l’échec de la démocratie participative. Conclusion En sommes, il ressort de ce travail que la criminalité à des effets néfastes sur la société. Il nous a permis de cibler les origines, les causes et l’impact de la criminalité sur le développement économique, et socioculturel du continent. 

Pour endiguer ce fléau, des efforts ont été préconisés et des recommandations faites au nombre desquelles, nous citerons : développer les connaissances dans un premier temps ; aider les gouvernements à garantir la sécurité efficacité et intégrité ; briser le lien entre la criminalité et les conflits ; prévoir des mesures de préventions de la criminalité dans l’intervention au niveau local, associer les entreprises privées à la solution. En effet, rien ne sert de prendre des mesures si elles ne sont pas appliquées avec rigueur. Il revient à dire, que la première recommandation peut être efficace, mais à une seule condition la communauté internationale devrait mettre une forte pression sur les Etats africains afin qu’ils prennent en compte les données de la criminalité et qu’ils les considèrent comme des indicateurs du développement. Ces pressions pourront être exercées lors de l’octroie des subventions. De plus, lorsque la criminalité est ciblée dans un pays Africain, il ne suffira d’envoyer les aides mais plutôt de renforcer la capacité des acteurs locaux et mettre en place une équipe dynamique pour le suivi régulier des opérations. S’agissant de l’aide aux gouvernements à garantir la sécurité efficacité et l’intégrité. Rappelons, qu’il convient tout d’abord à l’opinion internationale d’octroyer des aides aux dirigeants qui prônent la bonne gouvernance, car il n’est pas sans ignorer que la plupart des gouvernements africains sont corrompus et le fait que l’aide provienne de l’occident on croirait à une sorte d’encouragement de ces bailleurs de fonds qui savent autant bien que ces dirigeants ne participent pas à l’épanouissement de leur contient. Et, ces aides sont pour la plupart allouées aux prestations personnelles. Cela prouve une complicité de la communauté internationale à encourager ces Etats dans la marche vers la criminalité. 

En ce qui concerne, le fait de briser le lien entre la criminalité et les conflits, ici, mettant en place un gouvernement d’union nationale répondant aux aspirations de la population. Concernant des mesures de préventions de la criminalité dans l’intervention au niveau local, il s’agira de fournir des forces de sécurité en moyen Humain, matériel et logistique adéquats car les trafiquants profitent de la faiblesse des forces de sécurité au niveau des frontières pour acheminer des produits illicites où des armes à feu. Associer les entreprises privées à la solution. Il est question, tout d’abord de lutter efficacement contre la criminalité, et associer les entreprises privées à investir tout en garantissant la sécurité des biens en prenant l’Etat comme garant. Par ailleurs, s’agissant toujours de ce point, il serait souhaitable de réduire les coûts fiscaux pour les investisseurs étrangers en leur soumettant des travaux de développent en guise de compensation dans le but unique de contourner la corruption. Enfin, une dernière solution proposée lors de notre exposé oral, il faudrait mettre en place un organe de répression supra étatique qui se chargerait de contrôler les différentes actions. Et nous pouvons également ajouter, l’exploitation des ressources humaines internes qui sont à la disposition des états et qui sont très mal exploités. A noter, l’organisation de la société civile dans le processus d’appui ; la protection de la presse et des journalistes. A cet effet, il est important de mettre les moyens financiers et matériels pour que ces organes soient les plus indépendants possibles. 

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Comment vont les entreprises françaises en Afrique ? L’Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs

Posté par issopha le 8 février 2009

Comment vont les entreprises françaises en Afrique ?

L’Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs

International Magazine – Linternationalmagazine.com – Emmanuel Tixier , publié le 23/04/2008

L'Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs
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Pour son 19ème rapport, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) souligne la richesse indiscutable du continent le plus pauvre au monde et l’opportunité d’y investir. Malgré des zones d’ombres persistantes, à commencer par la corruption…

Un continent qui séduit malgré ses « vieux démons »

36 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en 2006… Jamais on n’avait autant misé sur le continent le plus pauvre du monde ! En 2004, le montant des IDE en Afrique était moitié moins élevé.

La preuve que l’attrait pour le Continent noir se confirme et s’accélère ces dernières années. La raison ? L’intérêt pour les richesses naturelles généreuses du continent s’est considérablement accru, et le climat économico-politique s’y améliore.

Les chiffres (2007) de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) inaugurent le rapport 2008 du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) sur un air étonnamment positif. Mais ne pas s’y tromper : en réalité, pour sa 19ème édition, le document du CIAN, publié par Le Moci, se veut « sévère, mais juste ». Car après les bonnes nouvelles – un taux de croissance continental à 5,7 % en 2006 (soit plus du double de la croissance de la zone euro, à 2,7 %) et des Etats, notamment pétroliers, qui n’ont jamais été aussi riches – vient le temps de la nuance et de la leçon : l’Afrique va mieux, mais elle pourrait aller davantage si le climat des affaires s’y normalisait sérieusement. Si les chiffres de la Cnuced sont positifs, tous ces indicateurs « sont valables à un instant T », précise l’organisation patronale.

La particularité du rapport du CIAN est surtout de refléter le sentiment des entrepreneurs français installés sur le Continent, et de laisser présager de leur confiance, ou pas, dans la pérennité de leurs affaires. Or cette année, le baromètre CIAN, auquel ont participé près de 400 entrepreneurs affiliés, révèle « une image très moyenne et souvent médiocre de l’environnement qui accompagne les affaires en Afrique ». « L’osmose du développement n’est possible qu’avec un secteur privé dynamique et un Etat fort qui fait respecter le droit », souligne Anthony Bouthelier, vice-président du CIAN.

Ce sont donc les Etats « prédateurs » qui sont visés par le rapport. La carte des contrôles fiscaux, réalisée à partir des appréciations faites sur place par les entreprises, définie trois zones : le Maghreb et l’Afrique australe, où les contrôles fiscaux sont effectués sans « problème majeur » ; et entre ces deux régions, une zone où le fisc fait du zèle, voire agit de façon « complètement démentielle », à raison parfois de trois à quatre contrôles dans la même année, indique la carte. Des pays comme le Cameroun, le Mali, la Côte-d’Ivoire, la République centrafricaine ou encore la République démocratique du Congo (RDC) sont ainsi épinglés pour leur tendance au « harcèlement fiscal ».

Une Afrique toujours très plurielle

Outre les abus commis par ces autorités, se cache encore et toujours la corruption. « Finalement, le « harcèlement fiscal » est le résultat pernicieux des règles anti-corruption, qui sont de plus en plus strictes », analyse Stephen Decam, secrétaire général du CIAN. Afin de compenser leur manque à gagner, certaines administrations se montreraient plus subtiles dans l’exercice de leurs prérogatives de contrôle fiscal…

Dans le haut du tableau des pays où la corruption se fait le plus sentir : le Bénin, le Nigeria, le Tchad, la RDC, le Congo-Brazzaville, le Cameroun, le Kenya, la Côte-d’Ivoire, et même le Maroc, qui reçoit par ailleurs l’une des meilleurs notes pour son environnement propice aux affaires.

En terme d’infrastructures, le rapport observe que le réseau routier demeure faible en Afrique centrale, alors qu’il s’améliore au Maghreb. Quant aux chemins de fer, ils sont « satisfaisants » au Maghreb, mais insuffisants en Afrique de l’Ouest. Les infrastructures aéroportuaires et portuaires sont globalement convenables en Afrique de l’Ouest et au Maghreb, tout comme les télécommunications. Pour l’ensemble de l’Afrique, le rapport se satisfait de la bonne implantation du secteur bancaire.

Mais au final, le Maghreb donne la meilleure impression d’environnement favorable, suivi de l’Ouest, de l’Afrique australe, et enfin de l’Afrique centrale, qui cumulerait travail « informel », et un haut degré de corruption et de fraude.

Le paradoxe d’un continent qui séduit

Mais même dans les lieux où l’environnement économique et social semble peu propice, les entrepreneurs français font des affaires. En Côte-d’Ivoire, cinq ans après le début de la rébellion, la grande majorité des entreprises tricolores voient leurs chiffres d’affaires repartir.

Et l’intention d’investir dans ce pays a augmenté de 20 % entre 2006 et 2008. Car le contexte souvent difficile « n’empêche pas les opérateurs, moyennant de gros efforts de gestion, de poursuivre des activités prospères aux résultats plutôt satisfaisants », note le rapport, qui évoque une promesse africaine fondée sur les ressources naturelles, humaines, et le grand potentiel de croissance du continent. Ainsi, le Cameroun ou le Mali offrent « de bonnes perspectives aux entreprises ».

Selon la Cnuced, 400 milliards de dollars auraient été détournés du Continent noir, en l’espace de trente ans, soit le double de sa dette. De quoi « s’interroger sur l’impact de l’aide publique à l’Afrique », observe le président du CIAN, Gérard Pélisson.

Selon le Conseil français des investisseurs en Afrique, ce chiffre est l’occasion de réaffirmer combien le secteur privé contribue au développement. « Néanmoins, nous ne sommes pas des agences de développement, tient à rappeler Stephen Decam. Mais pour des investisseurs, l’environnement doit être attractif, et garantir la pérennité des activités. Cela passe par un développement qui doit être durable. »

Six mois d’enquête, à travers 49 pays

Pour son 19ème rapport, le CIAN a, comme chaque année, envoyé un questionnaire aux 1 000 établissements français présents en Afrique et affiliés à l’organisation patronale. 400 d’entre eux ont répondu aux 37 questions portant sur le climat des affaires, en notant de 0 à 5 l’état des infrastructures, des administrations ou encore le coût des facteurs de production. Chaque entreprise a également renseigné l’évolution de son chiffre d’affaires, de ses résultats et de ses investissements.

Profil d’Entrepreneur

Stephen Decam : « La présence chinoise a le mérite de secouer les Européens »

International Magazine – Linternationalmagazine.com – Propos recueillis par Emmanuel Tixier, publié le 19/04/2008

Stephen Decam est secrétaire général du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN).

« La présence chinoise a le mérite de secouer les Européens »
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L’Afrique va-t-elle bien ?

De par ses ressources naturelles, en pétrole, en bois ou en halieutique, l’Afrique est décidément riche. Néanmoins, il subsiste encore des freins à son développement, avec des infrastructures incomplètes, des problèmes de corruption, dont les lignes n’ont pas beaucoup changées. L’Afrique n’est certes pas le seul continent à être touché par ce fléau.

Mais la différence en Afrique est que cet argent n’y est pas réinvesti ! Pour la première fois, cette année, nous avons attribué une note aux Etats en fonction de l’importance de la corruption, telle qu’elle est ressentie par nos entreprises. Jusqu’à présent, on se l’était interdit, car on ne voulait pas en rajouter. Mais aujourd’hui, l’Afrique a une occasion inouïe de s’en sortir. Et elle ne doit pas rater cette chance.

Certains Etats africains ont d’ores et déjà signé des accords de partenariat économique avec l’Union européenne, d’autres refusent de le faire. Quelle est votre position sur les APE ?

Leur principal défaut est d’être conclus au niveau des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), et non pas à l’échelon régional. Les problèmes du Vanuatu ne sont pourtant pas les mêmes que ceux du Burkina Faso ! Il convient donc, sur ce point, de revoir les APE.

Pour le reste, ces accords vont faire sauter un certains nombres de règles, ce qui perturbe certains opérateurs, spécialisés notamment dans les produits agricoles d’exportation et qui subiront la concurrence des produits d’Amérique du Sud. A court terme, c’est dramatique pour ces producteurs. Mais durablement, l’Afrique doit entrer dans le concert mondial des échanges… Elle ne pourra pas vivre éternellement derrière des barrières qui l’empêchent de se moderniser pour être compétitive.

Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique sont passés de trois milliards de dollars, en 1995, à 50 milliards, en 2006. L’arrivée de la Chine est-elle un atout pour le continent ?

Tout ce qui est bon pour l’Afrique me convient. Et l’arrivée de la Chine sur le continent a le mérite de remettre en cause l’omniprésence des Européens, qui considèrent, à tort, que rien ne peut leur arriver. Mais je me demande si la présence chinoise ne représente pas un intérêt seulement à court terme pour l’Afrique.

La Chine veut doubler sa croissance d’ici 2020, et elle a besoin des richesses africaines, notamment de ses matières premières. L’Afrique peut certes utiliser ses ressources comme elle l’entend. Mais cela doit profiter de manière durable à sa population et non pas à certains kleptocrates.

De même, l’Europe a remis la dette, alors que les Chinois sont en train de la rendetter. Par ailleurs, la Chine rafle tous les marchés de travaux publics sans employer la main-d’œuvre locale… Au final, je crains que l’Afrique ne se fasse « avoir ».

Et pour les entreprises françaises ?

Il ne faut pas avoir peur de la concurrence. Si les Chinois sont bons, tant mieux. Que le meilleur gagne ! Mais à condition que les règles du jeu soient les mêmes pour tous. Ce n’est pas à la loi du plus fort de régner.

(photo : ©James Keogh)

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Comment vont les entreprises françaises en Afrique ? L’Afrique reste très rentable pour les entrepreneurs  dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS puce_titre Dernières réactions

EKWE EMEN

02.07.08 à 17:57

Merci M.Stephen Decam, nous sommes surpris qu’un européen ait une telle connaissance de l’Afrique et des africains. Les chinois apportent les richesses en Afrique ! ces richesses profitent-elles à l’Afrique, aux africains ? Telle est la question. Les comptes sont ouverts aux îles caîmans, en australie, en suisse que faut-il citer ? M.Decam vous comprenez pourquoi votre projet studio 52 à reçu un tel echo dans les pays où il est experimenté. Studio 52 intègre les populations, le peuple comme ça se dit chez nous. C’est un bon projet pour nous. Merci de nous en faire béneficier à kribi, c’est une ville balnéaire au sud du Cameroun.

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Gabon : l’état de santé de Edith Bongo serait « inquiétant ».

Posté par issopha le 8 février 2009

Gabon

Gabon : l’état de santé de Edith Bongo serait « inquiétant ».

Linternationalmagazine.com, publié le 08/02/2009

Le Président Sassou Nguesso, est arrivé à Rabat, pour une visite qualifiée officiellement de « privée » mais qui serait liée à « la détérioration » de l’état de santé de sa fille, Edith Bongo, épouse du président Gabonais, Omar Bongo.

Gabon : l’état de santé de Edith Bongo serait
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Aucune déclaration n’a été faite par le président Sassou Nguesso ni par son entourage mais APA a appris d’une source proche qui a parlé sous couvert d’anonymat, que l’état de santé de la fille du président congolais, hospitalisée au Maroc depuis deux ans, « serait nettement détérioré » ces derniers jours.

Le déplacement du président Sassou Nguessou au Maroc est intervenu deux jours seulement après celui de son gendre le président Omar Bongo, arrivé à son tour au Royaume chérifien selon des sources concordantes.

Omar Bongo, « un des grands amis du Maroc » s’est déplacé, à maintes reprises ces derniers mois, en privé au Royaume chérifien tout comme le président Sassou Nguessou.

Les médias officiels marocains se sont contentés de rapporter l’arrivée de Nguesso sans aucun commentaire.

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Exclusif: l’étrange diplomatie africaine de Bernard Kouchner + Plusieurs députés demandent à Kouchner de « s’expliquer »

Posté par issopha le 3 février 2009

Amis lecteurs bonjour , je m’appelle Issopha.

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Bienvenus à tous en République « françafricaine ».

 Oui , ainsi donc va le monde de la politique « françafricaine ».

« LE MONDE SELON K. »  de Pierre PEAN.

Comme beaucoup , j’ai parcouru avec intérêt  , puis rage , les bons billets de l’hebdo Marianne , ces quelques extraits du livre  à paraître de Pierre PEAN. Déjà un succès !

Et la lecture de ces  lignes m’ont inspiré une réflexion plus globales sur les survivances  des pratiques que l’on croyait d’un autre temps et sur les travers de cette Hydre de lerne  ici et là-bas que François-Xavier Verschave , à la suite de Félix Houphouet-Boigny  , premier président de Côte d’Ivoire ( mais dans un tout autre contexte , plus élogieux celui-là ) , avait appelé la Françafrique.

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UN PARFUM DE DEJA VU

L’Affaire K…voici une affaire emblématique de cette nébuleuse hors du commun dans l’histoire des  relations coloniales et post-coloniales de la nation française  et des ex-colonies  africaines ; une affaire symptomatique de ce que nous , ressortissants d’Afrique  » francophone » , nous échinons à faire entendre et comprendre à l’opinion publique française, souvent peu avisée sur ces sujets. 

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De Gauche ou de Droite , la politique africaine de la France est restée le domaine réservé de l’Elysée ,  incarnée par le président actuel et portée allègrement par ses plus proches ouailles  et acolytes africains ( Bongo , Biya , Sassou , Séby , Compaoré  , Gnassingbé, etc.) ; une politique de prédation des richesses nationales et de répression de la contestation citoyenne. Une logique diplomatique  qui s’inscrit dans le continuum des systèmes de réseaux inaugurés par Foccart  au lendemain de la Libération et poursuivis par  ses épigones ( Pasqua , Marchianni , Madelin , Mitterrand , etc).

De cette enquête  à paraître de Pierre PEAN , et des vives réactions , doutes et convictions qu’elle suscitera  et suscite déjà dans l’opinion française , je puis sans barguigner vous attester  de la réalité , chers lecteurs , de ces pratiques de mélanges de genres , de patrimonialisme , de clientélisme  , de népotisme  et  de synchrétisme  entre politique autoritaire et demie-portion de démocratie à tout va dont les « émissaires  officiels et officieux de la France »   et leurs  partenaires africains se sont fait experts.

« Emissaires d’un autre temps » , selon une exprssion d’un certain NS… ,  qui continuent de sévir dans les capitales de l’ancien pré carré colonial français , arpentant allègrement les couloirs des palais présidentiels , de Lomé à Yaoundé , de Brazzaville à Libreville , de Ouagadougou à Ndjamena ,  de Bangui à Lusaka ( même si cette dernière se situe hors de son champ traditionnel d’influence ).

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UNE POLITIQUE AFRICAINE AU SERVICE AVANT TOUT DES INDUSTRIELS

Les enquêtes minutieuses et ô combien sérieuses  de feu le président de l’Association SURVIE France , www.survie-france.org , François-Xavier VERSCHAVE , avaient déjà mis à jour les mécanismes de maintien et de perpétuation de cet ordre colonial   , dont les dividendes en termes d’espèces sonnantes , trébuchantes ou froufroutantes , ou encore de puissance  , d’accès aux matières premières stratégiques , de main mise sur les pôles sensibles des économies locales dans le cadre de privatisations à tour de bras ; dividendes  donc  qui profitent essentiellement aux  » Amis du Président » : Ils sont nommément connus , et les pratiques  malhonnêtes d’adjudication des marchés publics au Cameroun ou au Gabon par exemple , sont devenus monnaie courante et l’illustrent à suffisance. Une énormité au regard du droit devenu norme ,plus de 40 ans après les indépendances.

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Ce sont souvent les groupes industriels qui donnent en France une image noble d’elles-mêmes et qui financent bien généreusement les camapgnes présidentielles en France , pour lesquelles elles sont grassement rémunérées en retour, puisque l’Elysée leur facilite un accès privilégié aux affaires les plus rentables des économies africaines , contraintes à se laisser privatiser , ajustement structurel oblige. De ces groupes industruels ,  il y en a même qui se servent des organes d’expression comme Direct Matin ou Direct Soir  , TF1 et Cie , pour soigner leur image de marque ici et là-bas  et pour célébrer les bonns actions politiques de leurs partenaires d’affaires en Afrique  via des éditoraux fort complaisants , c’était déjà le cas il ya quelques mois , en 2007, lors d’une visite officielle du président Biya à son homologue de l’Elysée.

Ces industriels sont secrets de polichinelle :

  • Bolloré ( chemins de fer et port du Cameroun , un peu d’huile de palme par-ci par-là pour mariner tout cela… ) ,
  • le groupe Rougier et Sesam en d’autres temps  (le bois du Cameroun ) ,
  • Bouygues  ( mines et minerais )  ,
  • Areva ( uranium et autres énergies stratégiques)  ,
  • lafarge ( le ciment au Cameroun ),
  • Africa Security ( de Franck Turpin  , emblème de la privatistion de la force de maintien de l’ordre en Afrique , façon Balckwater aux USA ) , 
  • Le PMUC ( Pari Mutuel urbain camerounais par les réseaux corsa-africains  , emmenés par le pape du 9-2 , parrain à Neuilly d’un certain NS…) ,
  • TotalFinaElf ou ex-ELF  (Tout notre pétrole, quoi !), etc.

Arrêtons-nous un moment sur le cas  TotalfinaElf. 

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LE CAS TOTALFINA OU L’AUTRE DIPLOMATIE FRANCAISE

Le président actuel du Cameroun , Paul Biya , lui doit sa prise de pouvoir après un coup d’état médical  perpétré contre le premier président  du Cameroun en 1982  , lui-même imposé par Jacques Foccart à partir de 1958 comme  premier ministre du cameroun autonome : Ahmadou Ahidjo . Il fut  donc contraint, suite à ce putsch médical , de passer le témoin à son dauphin Paul Biya , alors son premier ministre  , depuis lors  au pouvoir (6 novembre 1982) , amenant  avec lui un slogan ronflant et creux du type :  « Rigueur et moralisation »  , j’avais alors 5 ans à ce moment-là , oui,  5 ans ,  et voici  27 ans  que ça dure , 27 ans que l’espérance de vie est passée à 55 ans en moyenne  et un taux moyen de  mortalité qui a presque doublé ; 27 ans que les Camerounais , gens de bonne volonté  élaborent des stratégies de contestation , de contournement du système monopolistique du pouvoir   , des stratégies de  survie toutes aussi nobles que  criminelles ( les Fey-men ); 27 ans  que ces braves gens  s’étouffent de Biyaisme de mauvais ton !  Et que dire du voisin gabonais ! 41 ans !

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Quant aux présidents Bongo et Sassou, TotalFina leur assure avec la complicité des armées françaises et des services secrets toutes  impunité et protections , et Sassou a d’ailleurs bénéficié  de l’ex-ELf , du financement de la guerre qui a opposé ses milices les Cobras aux Ninjas de Pascal Lissouba, alors chef d’etat du Congo-Brazza démocratiquement élu. Une guerre qui s’est soldée par un bilan lourd : des centaines de milliers de morts congolais et autant de déplacés , une destruction des infrastructures économiques et équipements dont le Congo peine encore aujourd’hui à se relever, malgré toutes les aides et subventions dont il bénéficie de la part de son protégé français.

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A  la fin de la décennie 90 , comme épilogue à  cette guerre fratricide nourrie et soutenue par les ambitons démésurées du groupe Total , avec , faut-il le préciser , la bénédiction de l’Elysée , l’on a assisté au  retour triomphal et jamais condamné  par la France de Denis Sassous Nguessou au pouvoir , après avoir été débarqué 7 ans plus tôt  par le vent des conférences nationales qui soufflaient alors sur l’Afrique francophone à ce moment-là , au plus fort de la dynamique des démocratisations. 

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La liste  des  faits criminels de ce système « françafricain » pourrait s’allooooooonger à l’infini.

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J’invite pour cela le lecteur soucieux d’appréhender  les logiques qui président à ces pratiques corruptrices et illégales  , cette criminalisation politique et économique galopante  , en accélération constante et bientôt vieille de plus de cent ans en Afrique francophone , je les invite à consulter la bibliographie de VERSCHAVE ,  Notamment  et par ordre de pertinence par rapport au présent article :

La Françafrique : le plus long scandale de la République , publié chez Stock,  en 1998 et 1999.

Le triste épisode de l’histoire de la démocratie en Afrique  , illustrée par la guerre du Congo ans les années 90 , est parfaitement relatée dans l’ouvrage majeur ci-dessous , avec forces témoignages des protagonistes, témoins directs , journalistes , memebres de la société civile congolaise : 

Noir Procès: Offense à chefs d’Etat , 2001, co-signé avec Laurent Beccaria , Editeur du livre aux Arènes

Et puis , the last but not the least

Noir Silence : Qui arrêtera la Françafrique ?  , les Arènes , 2000.

Ce livre est , à mon sens ,  le plus emblématique de sa bibliographie , tant elle démontre avec rigueur  et beaucoup de recherches et même d’intuition , les permanences actuelles de l’ordre supposément ancien de la colonisation française en Afrique.

Le lecteur y comprendra notamment pourquoi , en dépit du vent des démocraties qui a soufflé en Afrique dès le début de la décennie 90 , les pays sus-cités  et bien d’autres encores du giron francophone , sont restés empêtrés dans l’ornière des « démocratures » , ces objets politiques non-identifiés ( OPNI)  à mi-chemin entre une apparence trompeuse de démocratie puisque , se convainquent nos chefs d’Etat corrompus jamais en mal de justifications , existent une prétendue presse libre et des centaines de partis politiques sans âme qui nourrissent un multipartisme monolithique tout à fait spécial d’une part ; et d’autre part , la tenue d’élections  dites « libres », où nos régimes monarchiques  donnent pourtant  la pleine mesure de leurs imaginations politiques machiavéliennes : tribalisation des contestations politiques comme au bon vieux des temps colonies ( massacre en pays bamilékés au plus fort de la lutte contre l’Union des populations camerounaises de 1955 à 1971 ) , bourrage des urnes , manipulation des opinions publiques , trucages en tous genres avec l’appui  »technique » des coopérants français , tous aux ordres  , non du Quai d’Orsay , mais de l’Elysée…Et ça dure depuis plus de 40 ans !

A cela  , il faut ajouter la répression sanglante des oppositions politiques ou de la société civile , celle qui pense le changement  en vue d’un mieux-être ou d’un mieux-avoir.

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DESINFORMATION FRANCAFRICAINE OU LE ROLE DES INTELLECTUELS ORGANIQUES

Face à ces solutions alternatives inexistantes , pour pallier aux solutions politiques qui sont toutes restées lettre morte en rason d’une interprétation  bien personnelle des règles de la démocatie par ces chefs d’Etat , sous les conseils et bienveillances de leurs hiérarchies françaises ( Pour Chirac , la démocratie en Afrique est lontemps resté un « luxe » pour les africains ) ; face à cette vacuité de solutions de rechange , il n y a donc plus qu’à attendre que Les Lions meurent un soir (comme CONTé , le Lansana) , et que les populations,  otages de leurs Chefs aux Grandes ambitions , psalmodient tous ensemble , Awimboéééé Awimboééé Awimboééé…Vive la Liberté…

…Jusqu’à l’avènement d’une nouvelle dictature , militaro-civile ( Faure Gnassingbé au Togo , le nouveau régime Mauritanien , le capitaine Camara en Guinée , etc ), selon que les preneurs de pouvoir , sans le consentement populaire , auront le soutien de l’une ou l’autre des chancelleries européennes. Mais , statistiquement , il est observé que le nouveau venu par les armes est presque toujours  adoubé par l’Elysée , du moment  où les intérêts stratégiques des « Amis du Président » ne volent pas en éclats ,et surtout pas ceux du célèbre prêteur de Yacht au Président en vacances.

Je ne demande  d’ailleurs qu’à être contredit  par des faits de la récente et mouvementée histoire politique de l’Afrique francophone. Tellement j’ai entendu souvent des inepties à la télévision , déblatérées par de pseudo-spécialistes de l’Afrique , minimisant encore aujourd’hui l’influence des « émissaires officieux » de la France dans son ancien pré carré. C’est pourtant terriblement flagrant.

Tenez :

  • même dans le domaine de l’édition des livres scolaires , le groupe Hachette a un monopole historique incontesté au Cameroun , avec pour conséquence majeure :  l’élaboration de programmes scolaires sous contrôle  , qui passent donc sous silence des pans entiers de l’histoire de la colonisation  telle que enseignée dans nos écoles primaires. Le GénéralDe Gaulle y est donc forcément le héros qui offre généreusement aux pays Africains leur indépendance . »Ca y est, ils sont adultes maintenant! » pourrait-on résumer . Ce système, je l’ai connu écolier , ce système  éducatif  aujourd’hui encore perdure.

 

  • Et que dire du contrôle et de l’identification des citoyens…Nos cartes d’identité nationales  sont conçues  avec le concours bienveillant  de l’ancien maître colonial , qui peut donc aisément contrôler des citoyens d’un pays indépendant depuis le 1er janvier 1960 , consacrant une sorte de NSA  pour pays tropicaux à la française , sans que cela  ne choque personne ! Nom de nom !

 

  • Et le Franc CFA alors…le symbole par excellence du maintien des anciens colonies dans le giron français. Arme d’endettement massif qui rend délétère nos économieset nos politiques publiques. Et plus ça change , plus c’est la même chose. Le capitaine Thomas SANKARA  , président du Burkina-Faso , de 1983 à 1987 , lors de son célèbre discours  au sommet de l’OUA  au siège à Addis-Abeba ( Ethiopie ) le 27 juillet 1987 , osa s’élever contre tout règlement de quelque dette que ce soit , estimant au contraire que c’est l’Europe,  et partant la France , qui étaient redevables à l’Afrique de plusieurs siècles de razzias de ses richesses , matérielles  , immatérielles et même…humaines. Deux semaines plus tard , le 15 octobre 1987 , il était assassiné par son « fidèle » compagnon de lutte  et adjoint d’alors , ponte de la Françafrique actuellement au pouvoir, le sieur Blaise Compaoré. Ainsi va la Françafrique sous Mitterand et Guy Penne !!!

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Cette parenthèse faite  , revenons à nos intellectuels et journalistes du pouvoir. Une telle cécité intellectuelle mérite un update  au niveau des infos .D’audacieux journalistes et membres des sociétés civiles africaines et occidentales travaillent  , parfois au péril de leurs vies , à faire diffuser l’information. L’association Survie est de ceux-là , le CADTM , l’association des Congolais de la Diaspora , le CRID , le réseau RITIMO , etc.

 Nous , Africains , vivons ces situations criminelles  , nous le savons et le dénonçons pour peu qu’un espace de liberté d’expression est ouvert. Alors on ose…sans diffamation ni mensonge aucuns.

Alors Monsieur Antoine Glaser  de la Lettre du Continent  , avec tout le respect que je vous dois à vous et à votre compère Stephen Smith , autre  » grand connaisseur de la science françafricaine » , sachez la mettre en veilleuse de temps en temps. Je vous ai regardé et entendu dans une émission:   »ça vous regarde »( je l’ai enregistrée ) sur  La Chaîne Parlementaire , il y a presque 2 mois ,  lors d’un débat autour de  la rupture manquée de Sarkozy avec les partiques anciennes d’ »émissaires officieux » de la Françafrique ,  vous exposiez vos arguments en minimisant le rôle de la France dans les maux qui minent l’Afrique , au prétexte que les Africains en sont les premiers responsables.

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Eh bien Soit! mais quels Africains ? Nous, Africains du continent ou de la Diaspora ,  les avons-nous élus , choisis , mandatés pour brader nos biens aux K…, S…et autres hommes publics  mandatés par les peuple français , en totale méconnaissance de leurs noirs desseins françafricains ? Que non ! Ils se sont emparés du pouvoir  , ces mauvais Africains , au mépris de la volonté du peuple , et n’ont jamais consentis à redistribuer les richesses  nationales aux populations à l’agonie.  

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Et puis d’ailleurs , quelle France n’est pas responsable ?

Sarkozy en campagne présidentielle tonnait , toujours fier d’être français ( ça ne vous rappelle pas un conteur d’histoires ? ) , que les enfants (français) n’avaient pas à payer pour les fautes de leurs parents ( colons) …

Eh bien si ! Si , si Monsieur Sarkozy. Et pour cause , les enfants ( Amis du Président entre autres ) continuent de jouir sans vergogne  et satiété de l’héritage et des milles trésors entachés de sang des fouets et travaux forcés  , arrachés à nos terres par leurs ascendants. Je ne réclame pas la répentance , rien à braire !

Je réclame :

 

  • Respect  en souvenir des sacrifices douloureux arrachés aux Africains et domiens (citoyens français ressortissants des départements d’outre-mer ) souvent trahis et réduits à la portion congrue en leurs propres domaines.

 

  •  Respect , Monsieur le Président et affidés , des enfants immigrés , d’immigrés ou nés en France de ces parents dépouillés , dépossédés , souvent esclavagisés , humiliés , martyrisés , mais toujours debout , dans les HLM d’Aubervilliers , entassés devant les mairies de communes et d’arrondissements , dans les églises et autres gymnases , dans de miteux hôtels ( l’auteur de ces lignes  y a vécu ) et autres centres de rétention administrative , faute de logement décent. Ecrasés par la main invisible  mais tellement là de la DISCRIMINATION NEGATIVE, osons le pléonasme.

Mais le Président  Sarkozy , le 17 décembre 2008 , a opté pour une politique de discrimination positive sur un critère sociale , répugnant à intégrer une dimension ethnique de sa politique de lutte contre les inégalités , alors même que les discriminations subies , tout au moins par les populations immigrées le sont principalement sur des critères ethniques , qui entraînenet leru corpus de conséquences socio-économiques ( emploi , logement principalement ). Naaan ! surtout ne pas parler de  discrimination positive « ethnique » , mesure corrective et de justice sociale dont ont bénéficié des citoyens américains qui n’ont pas toujours joui des mêmes droits que la majorité blanche , jusqu’en 1968 !!! Et parmi ces bénéficiaires , le premier président noir des Etats-Unis , Barack OBAMA ,pour lequel le Président français voue , assure-t-il , une admiration sans borne…A pouffer de rire !!!  Ils diront que la France n’est pas l’Amérique. Que c’est triste , en effet ! Elle devrait peut-être songer à y prendre exemple dans le domaine de la gestion de la diversité , seul domaine de la vie publique où la France répugne à s’inspirer des politiques d’intégration souvent réussies de ses voisins.

Sarko fait croire  , et  l’infect Zemmour  à l’humour décalé avec , que les citoyens français qui l’ont élu ont dit non à la discrimination positive « ethnique »  , au prétexte des valeurs d’égalité des chances, qui s’appliquerait à tous  , sans exclusive. Voilà une belle invention qui témoigne  au moins d’une prise de conscience que la société française , dite d’égalité  , est en fait foncièrement inégalitaire. C’est déjà ça ! Mais quelle belle supercherie ! J’y vois un parrallèle avec  la politique de la diversité , un alibi politique et électoral sarkozyen qui lui a valu un sacré capital de sympathie , de la part des médias ronronnants de consensus. Aujourd’hui l’heure est à la liquidation de ces oripeaux de la politique d’équilibre ethnique. Victimes collatérales : Rachida Dati sur le départ , Rama Yade dans l’inconfort de l’incertitude. Je l’avais déjà préfiguré dans un de mes récents articles ( Voir  sur la page d’accueil  » Circulez, Sans-papiers ! »), ça ne durerait que le temps d’une fleur , comme d’ailleurs sa politique d’ouverture aux caciques de la Gauche dont on voit bien que le Président n’est pas si bon Responsable des Ressousrces Humaines que ça , contrairement à ce qu’il  prétendait devant le parterre des patrons du Medef début 2008. Et pour cause  , une petite enquête de moralité l’eût prévénu que K… , son homme des affaires étrangères , n’était pas homme à l’honnêteté légendaire que l’on a toujours cru.  En vérité  , je vousle dis , LIRE LE SOCIOLOGUE PIERRE BOURDIEU EST UN IMPERATIF CATEGORIQUE dans la France actuelle de Sarko. Les thèses bourdieusiennes sur la théorie des champs et la fameuse reproduction des élites reprennent une telle vigueur d’actualité…n’en déplaise à ses détracteurs !

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Revenons à nos croûtons , reprenons-nous ! Je l’ai précisé , la France responsable est celle des  » faux émissaires » . Et parmi ceux-ci , hélas , il y en a qui dispose d’un mandat électif de quelques citoyens français capables de discernement .Et en ce sens , ils engagent la responsabilité de la France puisque dans leurs menées françafricaines , ils se prévalent des titres , mandats et positions dont ils sont dépositaires au regard de la…République Française. Vous me suivez ?

Et c’est précisément ce que Pierre PEAN dénonce dans son livre à paraître concernant le mélange de genres dont il accable Monsieur K…Mélange qui peut prêter à confusion et confondre la France dans des affaires mafieuses qui ne devraient aucunement l’engager. Nous sommes dans un système mafiafricain dont beaucoup se repaissent aujourd’hui en France , ou en Afrique pour ceux qui ont fait le choix de la continuité des relations néo-coloniales.

L’affaire des zozos de  l’Arche de Zoé l’avait suffisamment démontrée pourtant.

Et si cette Affaire K…était avérée au regard de l’opinion publique française , car pour moi , il n y a aucun doute là-dessus , ce serait là le signe même que nous , militants africains pour un changement des pratiques  actuelles de la politique  et de l’ économie en Afrique , ne nous racontons pas des contes de ma mère l’oie !

LORSQUE LA MAUDITE SOIF DE L’OR TUE

Chez nos amis les anglophones , l’Histoire est en marche ( Ghana , Liberia , Afrique du Sud , Zambie…hormis quelques mauvais élèves), une nouvelle génération d’hommes…et de femmes politiques accèdent au pouvoir , avec du sang neuf , de nouveaux programmes , une vision originale de la gestion de la Cité en vue du bien commun , de nouvelles pratiques , plus en phase avec le monde de la bonne gouvernance, mieux , de la gouvernance globale , celle qui associe tous à l’oeuvre commune : la démocratie , en un mot. Rupture progressive avec les pratiques d’un autre temps, le temps de la Reine Victoria ou d’Elisabeth 2.

Il n y a encore guère que chez les rejetons de Foccart, dont Bongo est le symbole le plus fort, que l’Histoire begaie. Mais comme a dit un chanteur à succès de mon si Petit Pays , « même les Chefs d’Etat meurent… » Avis aux morpions du pouvoir éternel ! Le réveil ne sera pas brutal , puisqu’il se fera six pieds sous terre !

Mais revenons un moment à l’affaire qui nous intéresse : K…

L’ambition excessive tue ! Au propre  comme au figuré. Remarquez !

La voilà l’Europe  , à s’étonner (et à s’émouvoir aussi, rendons lui justice ) , à travers des images télévisées  , des scènes de luttes enragées pour la survie , euphémistiquement appelées ici  » émeutes de la faim » par nos journalistes  de l’Hexagone , peu soucieux de l’analyse profonde, pris  qu’ils sont dans le vertige de l’instantanéité et pressés par l’aiguillon terrible de la primeur de l’info et de l’audimat. Résultat : une lecture étriquée et sans consistance des événements. A l’exception de quelques uns.

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Soulèvements contre l’arbitraire quotidien et  prédations en tous genres qui affament donc et  qui ont valu au Cameroun en février 2008 son triste record de morts : environ 300 ( et encore…). Voilà la réponse qu’a choisi de donner le régime usé mais toujours vampirisant de Biya à la jeunesse cadavérique partie crier famine , suite à la démission des formations politiques et syndicales classiques. Des armes et des balles contre des cris d’enfants et d’adolescents en guenilles , réclamant juste un peu , un petit peu, un tout petit peu  seulement de pain , d’eau potable , d’antibiotiques , de  lumière d’AES Sonel (Electricité du Cameroun  privatisée par un opérateur américain , ouf ça change des français pour une fois ! ) pour apprendre à lire , à écrire, à lier le bois au bois comme qui dirait; à  étudier , pour changer  et relever demain peut-être ce pays à l’agonie. Dans l’Est du Pays donc  , les balles ont aussi fauché de jeunes et innocentes vies en quête de mieux, un léger mieux de rien du tout , vu les immenses richesses bradées à l’Etranger par la Bande à BAader , euh pardon  , à Biya , terroriste de son propre peuple. 

Police , Gendarmerie , Justice , toutes corrompues…Appareils répressifs d’Etat  en ordre de marche et de mort contre rêves adolescents et populaires d’une vie décente. Et pourtant  , juste ce qu’il faut , pour exister…subsister ,crénom de nom !

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Et voilà la jeunesse en baguy ou jupons courts , partie sur les sentiers des mers ,  océans et détroits , bravant l’adversité pour accoster les rives de l’illusoire eldorado européen. Et pour la génération perdue restée qui  au pays par trop de misère , l’heure est à la conquête de la toile et des sites de rencontre. «  Je cherche mon blanc non ?! » ;  ou encore   » Gars , je cherche une vieille veuve-là quelque part en province , je l’épouse et j’ai  les kaolos  » ( kaolos=papiers )…

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Ce sont là quelques discours qui illustrent la mort de nobles désirs d’avenir…Immigration choisie, vous avez dit ? Pas un mur de raz-de-marées n’arrêterait une horde de bouches affamées. Le Sud vient  au Nord récupérer quelques rogatons de son dû, comme le Nord a été et va encore au Sud , avec les complicités de quelques potentats locaux , pour nous vider de ce qui nous reste quand on n’a plus rien : l’espoir. Elevez des barrières sans réguler les injustices sociales , toujours ils reprendront le même chemin conscient du danger. Oui , car  »ventre affamée n’a point d’oreille »…

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Oui , l’ambition excessive  tue , celle d’industriels et hommes politiques ou administrateurs français  encore en activité , successeurs d’anciens parrains et animateurs de réseaux d’influence françafricains , possesseurs de business lucratifs en Afrique . Oui cette ambition tue comme tue l’entêtement de nos « Pères de la Nation » à ne pas vouloir  lâcher un peu…juste pour voir…

POLITIQUE ET BUSINESS EN AFRIQUE :QUID DE L’HISTOIRE DE FRANCE  ?

Ce sont, du camp africain comme du camp français ,  des  « émissaires officieux de la France » . Sarkozy nous les a présentés comme tels pendant la campagne  présidentielle , mais la RealPolitik est passée par là entretemps , et d’ailleurs ,  la politique africaine de la France , domaine réservé de l’Elysée  , a toujours été orientée RealPolitik (le pouvoir pour le pognon avant tout ) depuis que France a foulé les sols et flairé les sous-sols  riches de nos patries banania , loin des grands principes droitdelhommistes. Elle a de tout temps , la France , trahi ses valeurs de liberté  , d’égalité et de fraternité , d’humanisme et d’universalisme. Toute l’histoire coloniale suinte , nauséabonde , de ces paradoxes menteries tout à fait contemporaines. Pas étonnant que l’Histoire nationale de France soit obstinément dissociée dans l’imaginaire collectif des gouvernants français successifs de  l’Histoire de sa périphérie , l’histoire de ses colonies, disons , des barbares, ces « grands enfants ».

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Nos faux émissaires  en tout cas agissent sous l’étendard de la France , avec ses sceaux , ses décrets , ses lettres de mission , ses impôts , ses légitimités méritées ou usurpées , émissaires  tels K… et Cie ( je suis absolument certain des thèses de Péan  de ce point de vue ).

Et bien avant eux , Jacques Foccart , Guy Penne , Robert Bourgi ( pour qui Bongo est papa ) , Charles Pasqua  et aujourd’hui quelques envoyés discrets des  » Amis du Président » , souvenez-vous , nos industriels français qui font (ou défont ) l’opinion  ou l’énergie en France , et qui n’agissent qu’en leurs noms propres et pour leurs profits personnels , engageant par là même la responsabilité de tous les français , hélas , qui comprennent pas toujours grand chose à ce qui se passent sous les tropiques.

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L’Afrique du 20h de France 2 , de TF1, de France 24, d’Euronews…c’est trop loin , c’est trop chétif , c’est trop chaud , c’est trop maladif , c’est trop clandestin , c’est trop sauvage ,c’est trop pauvre , c’est trop peu… c’est trop rien…c’est trop…l’Afrique quoi !

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Entre paludisme et moustiques , tourisme sexuel et décimation du sida , entre SDF de Cachan et clandestins ouest et est-africains de Lampedusa , Marseille , Gibraltar et Sahara ; désinformés , sous-informés ou malinformés , vous voilà donc  , Français , et en cela par les médias de ceux-là mêmes qui tirent de juteux bénéfices de leur opaque et corruptrice  politique africaine.

Tenez, Direct 8 , ah Direct 8 , propriété de Bolloré , « Roi d’Afrique » , cette chaîne de télé , la voix officielle en France des dictateurs africains , dont conseillers et autres portes paroles sont reçus en grandes pompes par d’éminents journalistes , tel Philippe L… et  un ancien ministre à la coopération , confondu dans une affaire  du type K… , j’ai nommé Michel R… ; eh bien cette chaîne , pendant télévisuel de Direct Matin et Soir , ne vous dira rien de ce qui s’y passe, dans ces Afriques-là. Quid de la cellule africaine de l’Elysée ?   Quel PEAN nous la découvrira au grand jour cette officine sécrète où se jardinent à tout va les destinées des peuples d’Afrique francophone  ?  Ce ne sont pas des sujets vendeurs , disent-ils au pays de Zola où  pourtant de moins en moins est  belle la vie , puisse France 3 m’en pardonner !!!

 

Ah si les hommes d’affaires français pouvaient être autant dégoûtés , tout au moins désintéressés de cette Afrique (néocolonisée depuis les décolonisations) , comme le sont beaucoup de citoyens français  !  S’ils pouvaient s’en détourner  et le régime sarkozyen avec ,  et donc les armées françaises postées sur le continent prêtes à ! Si  et si seulement si c’était possible et  accessible , nous , société civile et citoyens de ce monde fou, nous débarrasserions sans peine de ces croûtons de chefs d’Etat arrimés à leur privilèges  et bien protégés par les armées nationales formées et équipées  par vos bases armées   à vous , contribuables Français , entretenues à vos  frais. Ils appellent cela au Quai d’Orsay la géostratégie. Elles sont bien là , ces bases armées françaises , témoins des misères des populations locales , postées au Tchad , au Gabon , au Sénégal , à Djibouti , au prétexte d’iniques accords de défense et assistance militaire jamais rediscutés (malgré les envolées lyriques de Sarko à Durban en Afrique du Sud il y a peu ), mais qui arrangent beaucoup , notamment l’aile conservatrice au pouvoir en Afrique et à Paris. Il faut bien que Dassault mange ! Oui , elles sont bien là à veiller au grain , faisant le guet et prêtes à porter secours aux voleurs de légitimité politique qui nous gouvernent…Dieu merci ,il paraît qu’on dégraisse  en ce moment le mammouth militaire français de Côte d’ivoire. Comme s’il pouvait en être autrement , les Ivoiriens ont dit non à la protection française. Il y a toujours eu et il y aura gtoujours un au-delà de la France et donc de la souffrance. Espérons que ce ne soit plus seulement un nouvel effet d’annonce bien sarkozyen.

Quand je me rappelle que le premier des français actuels  , alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle de 2007, jurait , se tapant la poitrine en bon coq français , fier comme Artaban , que « la France n’a pas besoin économiquement de L’Afrique » , c’était à Lomé ( Togo ) en 2006.

 Alors , pour en revenir à l’affaire K… , se servir de ses positions privilégiés au sein d’un gouvernement français, qu’il fut de gauche ( et elle n’a pas été un modèle dans sa politique africaine )  ou de droite ;  se prévaloir de relations privilégiées avec le Prince ( NS ou JC ) ou de ses missions temporaires ( ESTHER avalisé par J-P R… ) pour siphonner 4,6 millions d’Euros et donc autant de milliards de FCFA à 2 pays africains ( Congo-Brazza et Gabon ) dont les populations , loin des fastes et excès   »Bongogiaques » ou « Sassousiens » , vivent avec moins d’1 euro par jour ( la moyenne c’est 50 centimes d’euros !!! ); franchement , pardonez-moi la trivialité de mon propos , c’est DEGUEULASSE !

Et d’autant plus regrettable que ces menées sont à mettre au compte d’un homme pour lequel j’ai toujours eu  , de par sa fibre humanitaire et certainement pas humaniste , on le voit bien ,  un respect sans borne.

Ma désillusion n’est tout compte fait que partielle , et pour cause : les socialistes au pouvoir de 1981 jusqu’à l’avènement Chirac enj 1995 , emmenés par François Mitterand, n’avaient pas fait mieux en matière de politique africaine. Je dirais même mieux , ils ont fait pire , en nous délestant , le 15 octobre 1987 ,  de l’un des plus grands espoirs d’une Afrique politique réinventée , Thomas SANKARA , (et pas seulement , que d’opposants à cette politique ravageuse ont perdu la vie !).Une afrique plus en phase avec ses réalités perverties par 100 ans de colonisation désatreuse , n’en déplaise aux chantres  français de la Réhabilitation de l’oeuvre coloniale outre-mer ( ils étaient presque toujours de droite  , ces gens-là, mais de plus en plus de gauche ) . Oui , une oeuvre coloniale que j’invite tout français à venir constater sur place , désastreuse à tous points de vue , même  des infrastructures : routes , ponts , écoles , hôpitaux …dont nos réhabilitateurs se sont particulièrement vantés. Une telle méconnaissance de l’Histoire , des réalités locales africaines  et du dévoiement de l’action coloniale est à blâmer. Je m’en expliquerai ultérieurement.

Tenez par exemple , au Cameroun , la société française SESAM , fin des années 90 , a  siphonné le bois camerounais  avec une voracité sans pareille , mais ne fut jamais  foutue de contribuer  à la réfection des ponts  et à  la réhabilitation d’anciennes routes coloniales construites pour permettre  et intensifier le transport de billes de bois  de nos si chères forêts sur de grands grumiers qui , à force , abîment l’asphalte à chaque passage. En 1998, un député d’une des  localités  où se coupe ce bois dans le sud du pays , René Bomokou Nkono (paix à son âme !) , dénonça ce fait en bloquant le passage de 15 de ces grumiers. La suite, c’est François-Xavier Verschave qui vous la conte en page 182 de son livre Noir Silence : Qui arrêtera la Françafrique ? :   « Il ( le député Nkono ) est mort subitement huit jours plus tard , le 27 mai 1998. Les grumiers ont pu repartir , sur les pistes défonçées. La Caisse française de Développement s’est ouverte à SESAM d’un prêt de 12,6 millions de francs… »

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Qui n’ a pas vécu cette Afrique-là ne comprendrait pas. Les médias français dans leur ensemble n’en diront rien. Et pourtant c’est monnaie courante. Depuis quelques années en France , je m’étonne du peu d’intérêt de la majorité des Français ( est-ce forcément leur faute  ?) de cette histoire , qui est aussi leur histoire , qui se joue dans les frontières africaines. Histoire nationale n’est pas  , que dis-je , n’est plus à dissocier de l’Histoire coloniale , néo-coloniale ou post-coloniale , comme elle l’a été jusqu’ici , qu’elle se jouat là-bas ou ici. Clin d’oeil à l’association des Chercheurs sur l’Histoire de l’Afrique Contemporaine ( ACHAC , co-présidée par les historiens Pascal BLANCHARD et Nicolas BANCEL) , qui le tambourine suffisamment depuis quelques années en France.

Et même si la horde baveuse d’ intellectuels révisionnistes  sarkozystes ,  emmenée par MAX le mégalo (fan de notre restaurateur de l’esclavage , Napoléon) , tend à taire cette Histoire Globale , car transcontinentale ( et c’est  pourtant la mode en ce moment dans le monde anglo-saxon  mais la France toujours à la traîne) , les enfants d’Africa dont les parents sont morts de ces excès du pouvoir autocratique soutenu par quelques « faux émissaires » de l’anciene Lutèce , eh bien ces enfants raconteront encore et encore , fut-ce sans écriture , ne fut-ce qu’avec la tradition orale et ses chants de griots , oui , ils la raconteront  cette histoire coloniale et post-coloniale  , cette histoire de Crimes et Châtiments. infligés par les colons et leurs « Blancs de remplacement » ( nos autocrates )…Crimes et Châtiments  toujours en train de se faire dans nos capitales africaines , « anciennement » françaises.

Ah j’oubliais…toujours  au sujet de cette affaire K…Il y a dans certains de ses aspects vaiment de quoi étonner…Je m’explique :

  • Lorsque les cabinets de conseil IMEDA et DANOMEX  (co-gérés , d’après PEAN , par les « amis » de K…alors président d’ESTHER , organisme public créé sous la primature de Jean-Pierre Raffarin pour apporter expertise et aide aux pays du Sud dans le domaine de la santé et de la lutte contre le SIDA) ,  encaissent des milliards de francs FCFA  de contibuables gabonais et congolais  ,  débloqués  par les trésoriers payeurs généraux sous les ordres de Bongo et Sassous , en toute bonne ou mauvaise foi  , sans même avoir consigné une seule ligne de ces audits , commandés en vue d’améliorer les systèmes de santé de ces pays , il y a là de quoi étonner !
  • De plus , un ambassadeur spécial de France en poste à Monaco nommé par Kouchner puis évincé par le Prince  , ^pour s’être livré à des pratiques pour le moins douteuses : M Eric D… donnait ordre par fax à un Trésorier payeur général d’un Etat indépendant , le Gabon , pour que lui soit viré les 816.000 € restants d’une facture globale d’environ 2,8 Millions d’€ , arguant avoir eu le soutien de Bongo ( cf. Péan ). En vérité je vous le dis , il y a de quoi étonner !
  • Le site web d’une société de conseil encore en activité ,  IMEDA , qui disparait du web comme par enchantement , fin 2008 , après le passage de l’enquêteur Pierre PEAN , il y a de quoi étonner !
  • Un Ministre de la Coopération , Jean-Marie Bockel (le pauvre !)  qui se jure en toute bonne foi ,  juillet 2007 ,  de signer l’acte de décès de la Françafrique  et de ses réseaux d’influence souterrains , mais qui est débarqué quelques mois plus tard ,  courant mars 2008  , et renvoyé aux Anciens Combattants , après moult pressions d’un trio de chefs d’Etat africains infatués d’eux-mêmes ,  sur l’Elyséen Sarko. Ce sont : Bongo , Sassou et Biya , choqués que ne leur aient  pas été ,  au contraire ,  rendus gloire pour tout le bien et  « loyaux » services rendus aux « faux émissaires » de Dame France…il y a , oooh oui , de quoi étonner !

Mais quel monde immonde !

Dieu ! quel monde !

Je suis ressortissant d’un de ces pays d’Afrique et je me meurs de tant de POURRITURES !!!

Issopha.

Paris , 04.02.2009.

 

 

 

GOUVERNEMENT

Exclusif: l’étrange diplomatie africaine de Bernard Kouchner

 

 

Pierre Péan se prépare à publier dans les semaines qui viennent un livre-portrait sans complaisance sur Bernard Kouchner. L’enquête, dont Marianne2 a pu avoir accès à certains extraits en avant-première, met en cause le désintéressement du «French doctor»: peu avant de devenir ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner aurait facturé, via une société créée par deux proches collaborateurs, plusieurs rapports à certains États, dont le Gabon.

Bernard Kouchner au Forum de Davos en 2008. (photo : World Economic Forum - Flickr - cc)

Bernard Kouchner au Forum de Davos en 2008. (photo : World Economic Forum – Flickr – cc)

Le paradoxe est énorme : l’homme qui incarne, auprès de millions de Français, la générosité, l’altruisme, la paix et le partage, l’homme qui truste tous les prix de popularité dans les machines à sondages, l’homme qui fait figure, depuis des années, de fils spirituel de l’abbé Pierre, cet homme-là se prêterait en réalité à des activités d’affairiste qui utiliserait son impact médiatique et surtout sa position de responsable public dans le cadre d’un commerce très privé. Telle est la démonstration que se prépare à publier, documents à l’appui, Pierre Péan dans un livre qui donne un éclairage cru à la carrière du french doctor.
On savait que Bernard Kouchner était resté gérant de la société BK Consultants, créée en 2004. Ce que l’on ignorait, c’est qu’il aurait ensuite fait passer ses prestations de conseil et d’audit sous l’égide de trois autres sociétés (IMEDA, Africa Steps et Danomex) créées par deux de ses proches collaborateurs, Éric Danon et Jacques Baudouin. Une fois devenu ministre des Affaires étrangères, en mai 2007, Bernard Kouchner fait nommer le premier ambassadeur extraordinaire à Monaco, le 8 août 2007. Quant au second, il lui avait confié dès sa nomination la direction de la Communication du Quai d’Orsay.Pierre Péan établit, preuves à l’appui, que Bernard Kouchner, bien avant ces deux nominations officielles, se serait fait le VRP de la société IMEDA auprès du Gabon d’Omar Bongo, alors qu’il occupe, avant même de redevenir ministre, une haute fonction à caractère public, puisque, nommé par Jean-Pierre Raffarin, il est à la tête d’un réseau international (ESTHER
) œuvrant pour l’amélioration des services de santé dans les pays du Sud.

Une facture de 2,65 millions d’euros!
« Au Gabon, précise Péan, le montant des contrats passés par IMEDA et Africa Steps est de 1 735 916 870 Francs CFA, soit 2 646 388 euros. Le premier versement, de 500 millions CFA, soit 762 245 euros, à IMEDA, a été effectué le 19 janvier 2004 ; le second, à Africa Steps, de 700 millions CFA, soit 1 067 143 euros. Fin 2006, le gouvernement gabonais devait encore 817 000 euros aux deux sociétés pour honorer complètement les contrats signés… » Le tout pour des prestations réalisées sous l’égide de l’actuel ministre des Affaires étrangères. Ce qui fait qu’au moment où Bernard Kouchner s’installe au Quai d’Orsay, l’État gabonais doit toujours le reliquat de 817 000 euros aux deux sociétés des collaborateurs du ministre. Qu’à cela ne tienne ! Il est vraisemblable que le ministre a demandé le règlement de facture lors d’un entretien officiel, comme l’écrit Péan :
« Le nouveau ministre des Affaires étrangères a eu l’occasion de remettre la question sur le tapis, le 25 mai 2007, lors de la première visite d’Omar Bongo au président Sarkozy, à Paris. C’est donc bien un ministre français en exercice qui peut suggérer au Président gabonais de régler une facture en souffrance qui le concerne directement ou indirectement. La preuve ? Le 3 août, soit cinq jours avant l’officialisation de sa nomination au Journal Officiel, Éric Danon, confortablement installé dans sa résidence du domaine Saint-Basile, à Mougins, envoie un fax à Blaise Loembe, Trésorier Payeur Général du Gabon, pour lui rappeler qu’ils (selon toute vraisemblance, il s’agit du ministre des Affaires étrangères et lui-même) ont obtenu toutes les assurances d’Omar Bongo concernant le règlement de cette facture. Il lui demande en conséquence de « bien vouloir (en) effectuer le paiement avec la plus grande diligence », précisant même : « Nous avons reçu le mois dernier de Son Excellence le chef de l’État l’assurance que notre dernière facture serait rapidement honorée. »

Sarkozy ignorait les activités africaines de Kouchner
Le cas du Gabon n’est pas, semble-t-il, isolé et Pierre Péan cite et détaille d’autres prestations facturées selon le même modèle pour d’autres États africains avec lesquels la France entretient des relations de grande proximité.Le livre de Pierre Péan précise que le président Sarkozy ignorait, au moment de la nomination de Bernard Kouchner, l’existence de telles prestations et de telles factures en souffrance.Bernard Kouchner pourra arguer qu’un homme politique a bien le droit de gagner sa vie lorsqu’il n’est plus en responsabilité, et qu’il n’est pas illogique qu’il le fasse dans les domaines de compétence qui sont les siens. A la fin des années 1990, Dominique Strauss-Kahn avait été mis en cause pour la facturation de ses honoraires d’avocat au groupe Vivendi. En droit, cette facture ne posait pas de problème, correspondant à un travail dûment effectué. Mais elle constituait néanmoins une pratique discutable en regard de la déontologie politique.

Plus récemment, le cumul, par Jean-François Copé de ses mandats politiques et de son activité d’avocat n’a pas suscité beaucoup de réprobation, alors qu’il aurait été impensable voici quelques années. Pourtant, conduire une activité d’avocat pourrait très bien le mettre, un jour ou l’autre, en position de conflit d’intérêt si la défense de son client a un rapport avec des dossiers qu’il gère en tant qu’élu du peuple. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Nicolas Sarkozy lui-même a fini, à la suite d’enquêtes publiées dans la presse (notamment par Marianne et le Canard Enchaîné) par renoncer, peu avant l’élection présidentielle, à son intéressement aux bénéfices réalisés par le cabinet qu’il a cofondé.Les prestations de Bernard Kouchner, telles que décrites par l’enquête de Pierre Péan, semblent bien poser un problème d’une autre ampleur puisqu’il était en charge du groupement ESTHER au moment de la signature des contrats et que ses « clients », hommes d’états africains, pouvaient espérer, en lui commandant des rapports, bénéficier de l’appui de la France pour l’octroi de subventions internationales. La réaction du gouvernement à ce qui pourrait peut-être devenir « le dossier Kouchner » ne manquera donc pas d’intérêt.

Lundi 12 Janvier 2009 – 01:00

Philippe Cohen

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« LE MONDE SELON K. »

Les principales accusations de Pierre Péan

NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 17:38

Alors que le ministre des affaires étrangères est en pleine polémique avec la publication mercredi 4 février du livre à charge « Le monde selon K. » (Editions Fayard) de Pierre Péan, en voici quelques extraits :

La principale accusation concerne de lucratives activités de consultant menées dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007, après la défaite électorale du PS auquel il appartenait et avant sa nomination au gouvernement de Nicolas Sarkozy. Selon Pierre Péan, Bernard Kouchner a mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, dirigées par deux de ses proches, alors qu’il présidait en même temps un groupement d’intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière.

Mélange des genres

« Le ministre Kouchner n’est pas directement actionnaire de la société Imeda qui a facturé ses prestation aux Etats gabonais et congolais (et sans doute à d’autres Etats). Il a cepedant lui-même favorisé ces contrats et exécuté certaines des prestations; surtout il a recruté au ministère dont il a la charge les deux fondateurs de la société en question.

Activités lucratives

« Au Gabon, le montant des contrats passés par Imeda et Africa Steps est de 1.735.916.870 francs CFA, soit 2.646.388 euros. Le premier versement, de 500 millions de francs CFA, soit 762.245 euros, à Imeda a été effectué le 19 janvier 2004; le second à Africa Steps, de 700 millions de francs CFA, soit 1.067.143 euros. Fin 2006, le gouvernement gabonais devait encore 817.000 euros aux deux sociétés pour honorer complètement les contrats signés.

Double casquette

« Bernard Kouchner, responsable d’un organisme public, nommé par le premier ministre, peut-il opportunément rendre visite à un ministre d’un pays étranger à la fois sous sa casquette officielle et sous celle de consultant privé ? Peut-il effectuer des prestations privées pour des pays avec lesquels son gouvernement entretient des relations de grand proximité ? »

Le goût du pouvoir

« Kouchner n’a pas renoncé à revenir au pouvoir, alors même que les sondages donnent Nicolas Sarkozy gagnant à la prochaine élection présidentielle. Dès le mois de décembre 2006, alors qu’il soutient Ségolène Royal, il annonce qu’il n’hésiterait pas à participer à un gouvernement d’union nationale si Sarkozy était élu président ! Bernard Kouchner, début avril 2007, espérait donc être ministre, quel que soit le vainqueur de l’élection… »

Télescopage entre activités privées et diplomatie française

Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Jean-Marie Bockel, placé l’autorité de Bernard Kouchner, disait le 15 janvier 2008 vouloir signer l’acte de décès de la « Françafrique » :
« A eux d’eux, le Gabon et le Congo ont commandé pour près de 4,6 millions d’euros de rapports à Imeda et Africa Steps ! Ils en veulent beaucoup à Kouchner d’avoir laissé son secrétaire d’Etat tenir des propos qu’ils considèrent comme désobligeants. […] Bockel est débarqué le 19 mars 2008 et se retrouve au secrétariat d’Etat des anciens combattants ».

LIVRE DE PIERRE PEAN

Bernard Kouchner répond dans l’Obs

NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 18:14

Bernard Kouchner répondra jeudi dans Le Nouvel Observateur aux accusations portées dans le livre de Pierre Péan. Dans un long entretien accordé aux journalistes du Nouvel Obs, le ministre des affaires étrangères revient sur les principaux points à charge contenus dans cet ouvrage.

A côté d’accusations concrètes portant sur le « mélange des genres » pratiqué par l’ex french doctor, le livre retient aussi l’attention par son inspiration nationaliste. Pierre Péan n’hésite pas à accuser Bernard Kouchner de détester la France et de se comporter en « américanolâtre » cosmopolite … Son caractère de règlement de comptes personnel est également souvent gênant. Tout en revenant dans la majeure partie du livre sur le passé de Bernard Kouchner sur lequel il porte une appréciation systématiquement négative, « Le monde selon K » qui paraît mercredi, aborde deux dossiers « financiers » potentiellement compromettants pour le ministre des affaires étrangères.
Il rappelle qu’après avoir dénoncé la « narco-dictature » en Birmanie, Bernard Kouchner a, en 2003, rédigé, pour 25.000 euros, un rapport justifiant la présence de Total dans ce pays (comme l’avait révélé alors le Nouvel Observateur).
Il rappelle aussi que le fondateur de MSF a travaillé comme consultant pour le potentat du Gabon, Omar Bongo ainsi que pour le chef d’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, accusé, devant la justice, de « crimes contre l’humanité ». Pierre Péan souligne qu’il y aurait confusion des genres entre son rôle à la tête d’organismes d’assistance médicale non lucratifs et ses missions de consultant privé et rétribué. Il accuse également Bernard Kouchner d’avoir utilisé sa position de ministre pour faire payer les factures africaines en souffrance.
Il revient enfin sur une autre affaire embarrassante : la nomination de la femme du ministre des Affaires étrangères à la tête de l’audiovisuel extérieur. En plein conflit d’intérêts, Christine Ockrent aurait, selon lui, licencié plusieurs journalistes qui auraient critiqué son mari.
Ce livre à charge déstabilisera-t-il le ministre ? Jusqu’à quel point ?
Tout dépendra de l’ampleur que les médias donneront à « l’affaire Kouchner » – et de la suite que lui apportera Nicolas Sarkozy. D’après nos informations, des proches de l’Elysée ont, eux-mêmes, fourni un certain nombre des documents à charge, notamment des factures, qui compromettent Bernard Kouchner.
L’ont-ils fait sur ordre de certains conseillers du président de la République qui voudraient se débarrasser du ministre des Affaires étrangères ? Ou ont-ils agi dans le cadre d’un de ces sombres règlements de compte dont la « Françafrique » a le secret ?

René Backman, Jean Baptiste Naudet, Vincent Jauvert  

« LE MONDE SELON K. »

Les réactions au livre sur Bernard Kouchner

NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 16:38

Réagissez à l'article 1 réaction

Voici les principales réactions sur le livre à paraître mercredi 4 février « Le monde selon K » de Pierre Péan (Editions Fayard), dans lequel Bernard Kouchner est accusé de mélange des genres entre activités publiques et privées : A DROITE

Claude Goasguen, député UMP : « On ne s’attendait pas quand même à ce genre de révélations sur Kouchner ». « Il faut d’abord que lui s’explique et après il faut voir s’il y a des poursuites ou s’il n’y en a pas. Cela étant, on est tombé des nues quand même. Moi je n’ai pas accès au dossier, j’espère que lui aura accès au dossier et que ce sera simplement une fausse analyse ou de faux bruits ». « C’est une mauvaise surprise ». (Déclaration, mardi 3 février)

A GAUCHE :

Martine Aubry, Premier secrétaire du PS : « Je crois que Bernard Kouchner est un homme honnête. Je pense qu’il aime un peu trop le pouvoir, c’est peut-être pour cela qu’il est là où il est ». « Je ne dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas ». « Vous n’entendrez pas un mot de ma part sur ce livre ».
Martine Aubry s’est dit « parfois étonnée des positions de Bernard Kouchner, lorsqu’il dit qu’on n’a plus besoin d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme dans notre pays. Je me dis, pauvre Bernard, tu as bien changé ! ». (Déclaration à la presse, mardi 3 février)

Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire : « Les importantes révélations relatives aux multiples conflits d’intérêt et aux affaires d’argent dans lesquels se débat le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, constituent pour le moins de graves infractions à la morale publique ».
« Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s’expliquer sérieusement devant l’opinion publique ». Le député relève que la Constitution « prohibe toute conservation d’intérêt quel qu’il soit, surtout d’ordre financier, pour un ministre en exercice, en relation avec les affaires publiques dont il a la charge ». (Communiqué, mardi 3 février)

Yves Cochet, député Vert : « Je crois qu’il doit être interrogé par la commission des Affaires étrangères, longuement, lors d’une audition ». « Kouchner, qui est un homme courageux et pas trop langue de bois (…), doit s’expliquer publiquement, avant même quelque procès que ce soit ». « Plus loin en arrière, M. Kouchner a fait quelquefois des opérations qui étaient douteuses entre l’argent et l’éthique. Par ailleurs c’est un homme très courageux qui a fait beaucoup de choses dans les années 60 juqu’aux années 80. Après, l’ivresse du pouvoir a dévié un petit peu son parcours militant ». (Déclaration, mardi 3 février)

Plusieurs députés demandent à Kouchner de « s’expliquer »

LEMONDE.FR | 03.02.09 | 18h29  •  Mis à jour le 03.02.09 | 18h44

 

Le livre de Pierre Péan sur Bernard Kouchner n’est pas encore dans les rayons de librairie qu’il déclenche déjà de vives réactions parmi les députés. Dans Le Monde selon K. (Fayard), qui doit paraître mercredi 4 février, l’écrivain et enquêteur critique lourdement le ministre des affaires étrangères pour avoir bénéficié de contrats avec le Gabon et le Congo, en tant que consultant pour deux sociétés privées entre 2002 et 2007. Selon Pierre Péan, ces sociétés auraient continué à toucher des sommes issues de ces deux pays après l’entrée en fonction au Quai d’Orsay de Bernard Kouchner, au risque d’un conflit d’intérêt.

 

Le Parti socialiste a annoncé qu’il envisageait de poser une question au gouvernement sur ce sujet. « Quand on aura vraiment lu le livre, on posera une question de façon vraiment pertinente », a déclaré le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault. « On ne laissera pas passer cette affaire. N’attendez pas de nous la complaisance ou le silence. Si Bernard Kouchner pense cela il se trompe. » Martine Aubry, première secrétaire, a toutefois affirmé que Bernard Kouchner était « un homme honnête ». « Je ne dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas, a insisté la maire de Lille, lors de la visite d’un centre de planning familial à Paris. Vous n’entendrez pas un mot de ma part sur ce livre. »

De son côté, Claude Goasguen, député UMP de Paris, a déclaré être « tombé des nues » en découvrant le contenu du livre, estimant que le ministre des affaires étrangères devait « s’expliquer » sur les accusations de conflit d’intérêt portées à son encontre. « On ne s’attendait pas quand même à ce genre de révélations », a déclaré le député de Paris dans les couloirs de l’Assemblée.

Les Verts, par la voix du député Yves Cochet, ont démandé que Bernard Kouchner s’explique devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. « Kouchner, qui est un homme courageux et pas trop langue de bois (…), doit s’expliquer publiquement, avant même quelque procès que ce soit », a-t-il estimé.

Pour en savoir plus :

Les bonnes feuilles du livre de Pierre Péan (Marianne2.fr).

La réponse de Bernard Kouchner, sur le site du ministère des affaires étrangères.

Le Monde.fr avec AFP

CONFLIT D’INTERET

Bernard Kouchner est sommé de s’expliquer

NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 09:20

Les réactions politiques se multiplient, alors que sort ce mercredi « Le monde selon K. », du journaliste Pierre Péan, qui accuse le ministre des Affaires étrangères de conflit d’intérêt entre activités publiques et privées.

Bernard Kouchner

Bernard Kouchner

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a été sommé mardi 3 février par des responsables politiques de s’expliquer sur des accusations de conflit d’intérêt entre activités publiques et privées.
« Le monde selon K. » (Editions Fayard), du journaliste Pierre Péan, constitue l’attaque la plus violente jamais portée contre l’ancien « French doctor », personnalité politique la plus populaire en France.
Le livre contient ces accusations, mais aussi une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l’écrivain, en particulier sur le génocide rwandais.

Après l’entrée en fonctions au quai d’Orsay

La principale allégation concerne de lucratives activités de consultant dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007, après la défaite électorale de la gauche à laquelle il appartenait et avant sa nomination dans un gouvernement de droite.
Selon le journaliste, Bernard Kouchner a mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, gérées par deux proches, alors qu’il présidait en même temps un groupement d’intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière.
Ces sociétés ont vendu pour près de 4,6 millions d’euros de contrats de conseil sur la réforme des systèmes de santé au Gabon du président Omar Bongo Odimba et au Congo de Denis Sassou Nguesso. Pierre Péan affirme qu’une partie de ces sommes n’a été recouvrée par les sociétés qu’après l’entrée en fonctions de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay, le 18 mai 2007.
L’écrivain assure que l’un des proches du ministre, Eric Danon, gérant d’Iméda et alors ambassadeur auprès de Monaco, a démarché les autorités gabonaises pour obtenir des règlements jusqu’en septembre 2007. Mais il ne fournit pas la preuve d’interventions du ministre après sa prise de fonctions.
Dès le 12 janvier, Bernard Kouchner avait dénoncé « certaines allégations inexactes » du livre et affirmé se « réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires ». Il s’est refusé mardi à tout commentaire.

« On ne s’attendait pas à ce genre de révélations »

L’opposition socialiste, son ancien camp, a indiqué qu’elle envisageait d’interpeller le gouvernement à l’Assemblée nationale. « Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s’expliquer sérieusement », a dit le député PS Arnaud Montebourg. Mais pour la chef du parti, Martine Aubry, c’est un « homme honnête ».
Le député de la majorité Claude Goasguen (UMP) a confié qu’il était « tombé des nues ». « On ne s’attendait pas à ce genre de révélations sur Kouchner ».
Pierre Péan affirme que les activités de Bernard Kouchner au Congo et au Gabon se sont téléscopées avec le fonctionnement de la diplomatie française.
Au moment où, selon lui, ces deux pays payaient leurs dettes aux deux sociétés, le secrétaire d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel disait le 15 janvier 2008 vouloir signer l’acte de décès de la « Françafrique », la relation privilégiée mais opaque entre la France et ses ex-colonies.
« A eux deux, le Gabon et le Congo ont commandé pour près de 4,6 millions d’euros de rapports à Iméda et Africa Steps! Ils en veulent beaucoup à Kouchner d’avoir laissé son secrétaire d’Etat tenir des propos qu’ils considèrent comme désobligeants », écrit Pierre Péan.
Jean-Marie Bockel sera remplacé en mars 2008.

« LE MONDE SELON K. »

L’UMP prend la défense de Bernard Kouchner

NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 09:42

« Des socialistes ont décidé de régler leurs comptes avec Bernard Kouchner ». « Il y a chez eux beaucoup d’esprit de revanche », estime Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP.

Bernard Kouchner (Reuters).

Bernard Kouchner (Reuters).

Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand a défendu mercredi 4 février Bernard Kouchner, estimant qu’ »il y a beaucoup d’esprit de revanche » de la part des socialistes contre le ministre accusé dans un livre de conflit d’intérêt entre activités publiques et privées en Afrique. « Je n’ai pas lu ce livre » mais « ce que j’en retiens, ce que je sais, c’est que c’est un livre à charge, très critique », a affirmé Xavier Bertrand sur LCI.
« Ce que je vois surtout, c’est que des socialistes ont décidé de régler leurs comptes avec Bernard Kouchner », ministre d’ouverture, et qu’ »il y a chez eux beaucoup d’esprit de revanche à l’égard de Bernard Kouchner, le socialiste le plus populaire », a-t-il expliqué.

« Attaques personnelles »

Sur le fond de l’affaire, le secrétaire général de l’UMP juge que pour les accusations portées contre le ministre par Pierre Péan, « les réponses ont été apportées » par Bernard Kouchner et son avocat. « On est avec un livre à charge avec des attaques, des affirmations » qui, selon le leader de l’UMP, ne sont pas étayées. « Est-ce que les choses sont dites précisément dans ce livre, visiblement ce n’est pas le cas ».
Xavier Bertrand estime qu’ »il y a la volonté de pouvoir attaquer personnellement Bernard Kouchner et ces attaques personnelles sont déplacées de la part des socialistes ».
Selon le livre du journaliste Pierre Péan, « Le monde selon K. », le ministre des Affaires étrangères aurait exercé de lucratives activités de consultant dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007.  « Ca commence à bien faire la chasse à l’homme politique, de gauche comme de droite », a également affirmé le leader de l’UMP citant le député socialiste de l’Essonne Julien Dray, visé par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour abus de confiance.

REVUE DE PRESSE

Bernard Kouchner

NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 09:06

Les commentaires de la presse, mercredi 4 février, sur les accusations portées contre Bernard Kouchner dans le livre de Pierre Péan, « Le monde selon K. » :

SUD OUEST
Patrick Venries

« (…)L’ex-French Doctor ne manquera pas d’arguments, jusqu’à la personnalité contestée de Pierre Péan, pour se défendre. Mais, au delà de l’interview que publiera demain Le Nouvel Observateur dans laquelle figurera en bonne place le rappel de son engagement de tous les instants en faveur des droits de l’homme, l’ancienne personnalité préférée des Français choisira-t-elle d’attaquer Pierre Péan en justice ? Au risque d’affronter un procès qui mettra forcément à jour des éléments très embarrassants pour la morale politique d’un ministre dont beaucoup, à droite comme à gauche, attendent la chute. À commencer par une question dont chacun est en droit d’attendre la réponse : que faisait Bernard Kouchner et la société BK Conseil, entre 2002 et 2007, auprès d’aussi sinistres dictateurs que Sassou Nguesso et Omar Bongo qui se soucient de leurs peuples comme d’une guigne? Difficile d’admettre que l’actuel ministre des Affaires étrangères y était bien à sa place. »

LE COURRIER PICARD
Francis Lachat

« (…)Jouissant d’une grande popularité en France, plébiscité par les sondages de notoriété, il avait été appelé par Nicolas Sarkozy au poste de ministre des Affaires étrangères et européennes, qu’il occupe toujours, et pour lequel il continue de faire inlassablement le tour du monde. Désormais rejeté par ses anciens amis de la gauche, et en particulier du parti socialiste, le voilà maintenant dans une tourmente qu’il n’a sans doute jamais connue, car les accusations dont il est victime mettent le doigt, cette fois, sur de graves erreurs, et même sur des jeux d’influence douteux. S’il veut reprendre la main, et rétablir la vérité qui est la sienne, il lui faut réagir sans délai et apporter des données tangibles de sa bonne foi. Faute de quoi, il pourrait bien sombrer dans une disgrâce médiatique catastrophique, qui pourrait remettre en cause non seulement son poste de ministre, mais aussi toute la politique d’ouverture du président de la République. »

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

« (…)Le livre de Pierre Péan explore un aspect moins reluisant du personnage qui, à en croire son enquête, ne se serait pas gêné de pratiquer le mélange des genres au profit de nourritures bien terrestres. Notre diplomatie s’en serait trouvée embarrassée. Au point de provoquer l’éviction d’un secrétaire d’Etat et d’empêcher la liquidation des derniers vestiges de la Françafrique. Si elle se confirmait, l’image serait désastreuse au regard d’une opinion publique qui, pourtant, n’entretenait déjà pas beaucoup d’illusions sur la classe politico-médiatique. Alors que l’avalanche des plans sociaux resserre quotidiennement l’étau de la crise sur chacun de nous, la tache sur l’honneur d’une des dernières effigies du désintéressement et de la générosité, en confirmant l’opportunisme traduit par son ralliement à Nicolas Sarkozy, offrirait un angle d’attaque idéal aux démagogues que les temps difficiles qui s’annoncent ne manqueront pas de faire surgir. Un travail d’explication s’impose. Pour le moins. »

LE PROGRES
Francis Brochet

« Il doit se sentir bien seul, Bernard Kouchner. L’homme de tous les honneurs, les plus mérités comme les plus dérisoires, fait aujourd’hui face au soupçon. Le pire imaginable pour l’éternel French Doctor, l’infatigable moraliste: le soupçon d’affairisme au détriment des plus faibles, au service des plus forts. Il cherche ses amis, quand ses ennemis flairent le sang. ‘S’il a encore un honneur, il doit s’expliquer’, mord le socialiste Montebourg. Le Vert Cochet fait dans le compliment empoisonné, loue son courage mais rappelle des ‘opérations douteuses entre l’argent et l’éthique’. Aubry joue la copine sermonneuse, plaignant ce ‘pauvre Bernard’ qui ‘aime un peu trop le pouvoir’. Et la majorité ? Un député UMP, un seul, a déclaré ‘tomber des nues’ – cela doit sans doute s’entendre comme un soutien… Et le gouvernement ? Rien. Pas un mot. Pauvre Bernard, qui aimait tant le pouvoir. »

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet

« (…) La France n’en aura donc jamais fini avec l’Afrique. C’est encore ce tissu de relations privilégiées peut-être, mais pourries, viciées de l’intérieur par l’argent, qui pourrait, pour le moins, déstabiliser le très populaire ministre des Affaires étrangères. Pourrait. Car le livre-brulôt de Pierre Péan est aussi mâtiné de règlements de compte personnels. Il n’empêche que les accusations de ‘mélange des genres’ sont particulièrement graves et qu’il faudra bien que Bernard Kouchner s’en explique. Il y a, c’est une évidence, une lourde dissonance entre le rôle d’un médecin, qu’il soit du monde ou sans frontières, et celui d’un consultant grassement payé par des tyrans africains accusés de ‘crimes contre l’humanité’. Les grands personnages publics ont la fâcheuse manie de porter souvent plusieurs casquettes. Il y a ici manifestement un casque colonial de trop. Si c’est vrai, c’est fâcheux ! Si c’est vrai, c’est odieux! »

LE MIDI LIBRE
Philippe Palat

« (…) Le monde selon K., un livre signé Pierre Péan. On sait les dégâts que les écrits de cet auteur redouté peuvent provoquer. Et ne jamais réparer. Pire : avant même parution de l’ouvrage assassin, la victime expiatoire est déjà clouée au pilori. A commencer par certains de ses ex-amis socialistes qui, après l’avoir accusé de haute trahison le jour où il entra au gouvernement, lui reprochent à demi-mot son absence d’honneur. Profitant de l’aubaine, et parce que jaloux de la surexposition médiatique du transfuge, ses nouveaux ‘amis’ politiques ricanent, eux aussi, sous le manteau. Mais l’icône populaire à la mèche bien rangée et au sourire ravageur a l’estomac bien accroché. D’autant que le bouquin qui veut lui faire la peau tricote un procès sur la base de positions politiques, certes parfois anachroniques, mais qui ne justifient pas qu’on fasse de Kouchner un bandit de grand chemin. Il y a des cas K. parfois douloureux… »

LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet

« (…)A droite également, l’arrivée des Besson et Kouchner n’a pas fait que des heureux, et cela d’autant plus que leur changement de camp n’a pas entraîné de mouvements de fond dans l’électorat. Bref, des deux côtés de l’arc politique, les adversaires de Bernard Kouchner ne lâcheront pas leur proie. Quoi qu’il en soit, le ministre des Affaires étrangères a intérêt à blinder son système de défense. Les accusations qui sont portées contre lui mettent à mal tout son discours, souvent grandiloquent, sur la morale. Oui, Bernard Kouchner joue très gros dans cette affaire, surtout dans une période cruciale où Nicolas Sarkozy a d’autres chats à fouetter. Si des parlementaires ont déjà sommé le locataire du Quai d’Orsay de s’expliquer, on imagine aisément que la même requête a été présentée par l’Elysée. »

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

« (…)Au nom des bonnes causes qu’il défendait, on lui pardonnait son goût pour l’exposition médiatique et ‘l’humanitaire spectacle’. On répugne ensuite à rallier le camp de ceux qui, à gauche, tiennent leur revanche sur le ‘traître’ au PS et rêvent de l’achever. Pour tout cela donc, on éprouve de la gêne. Et pourtant, on redoute que Bernard Kouchner ne se trouve dans un très mauvais pas, en étant plus la victime de lui-même que des autres. En mal de cette reconnaissance que lui dispensait si chichement le PS, il n’a pas résisté aux sirènes sarkozystes, au prix de quelques tonitruants renoncements sur les principes. Rama Yade, secrétaire d’État si maltraitée aux droits de l’Homme, ne dira pas le contraire. Alors, il se peut que le Kouchner que les Français appréciaient ait changé, par goût du pouvoir autant que de l’argent. Du coup, il se pourrait bien aussi que Nicolas Sarkozy refuse d’entretenir le mythe. »

LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

« (…)Soyons justes : en déclarant qu’elle le considérait comme un homme honnête, Martine Aubry a désamorcé les attaques que son camp pouvait fourbir contre le ministre des Affaires étrangères. Ceux qui le connaissent savent que Kouchner, fondamentalement généreux, n’est pas un homme d’argent. ll reste néanmoins le sentiment d’un piètre politique dont la maladresse est parfois coupable au risque d’écorner sa popularité. Quand il donne le coup de pied de l’âne à Rama Yade en semblant abjurer ce combat pour les droits de l’Homme qui fut toute sa vie. Quand il s’en prend au journaliste Ulysse Gosset dont l’interview sur France 24, certes un peu critique, n’avait rien de choquante. Quand il fait mine de s’étonner que l’on puisse contester la nomination malsaine de Christine Ockrent à la tête de l’audiovisuel extérieur. Ou même quand Kouchner semble trépigner à l’idée que le président de la République décide en politique étrangère, une règle d’airain sous la Ve. Au fond, ce cabotin légèrement colérique ne serait-il pas un peu naïf? »

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Biens mal acquis : Bongo choisit la répression

Posté par issopha le 7 janvier 2009

Biens mal acquis : Bongo choisit la répression

La Cellule Françafrique demande la libération immédiate des militants incarcérés au Gabon

Le 6 janvier 2009, par Jean Denard,

Déjà six jours de détention pour les Gabonais qui osent dénoncer les dérives du régime Bongo. Une incarcération sans motif. La crispation du régime gabonais, mis en cause devant la justice française dans l’affaire des biens mal acquis, sonne comme un nouvel aveu de culpabilité. La Cellule Françafrique salue le courage des citoyens gabonais qui se battent pour la transparence et la démocratie, et demande au gouvernement français d’exiger leur libération immédiate.

Plusieurs figures de la société civile gabonaise ont été interpellées, à la veille du Nouvel An :

- le mardi 30 décembre 2008, ont été arrêtés, après avoir été convoqués au 2ème Bureau des services de renseignements de l’Armée Gabonaise :

Gaston Asseko

directeur technique de « Radio Sainte-Marie » qui dépend de l’Eglise catholique et

Léon Dieudonné Koungou

du journal « Tendance Gabon ».

- le mercredi 31 décembre 2008, c’est à leur domicile qu’ont été interpellés :

Grégory Ngbwa Mintsa

le contribuable gabonais qui s’est constitué partie civile dans la dernière plainte déposée, à Paris, dans l’affaire des biens mal acquis du clan Bongo en France, aux côtés des associations Sherpa et Transparence International.

Marc Ona Essangui

le Coordonnateur de Publiez Ce Que Vous Payez Gabon et Président de l’ONG Brainforest, qui n’a pas hésité à manifester à nos côtés, à Paris, pour dénoncer la corruption du régime gabonais. Ce n’est pas la première fois qu’il est la victime des intimidations du pouvoir en place à Libreville, suite à cette action.

Georges Mpaga

président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG).

Le frère de Grégory Ngbwa Mintsa, interpellé aussi le 31, a été libéré dans la journée. Alain Moupopa, Président de l’ONG Afrique Horizon, n’a pas arrêté, contrairement à ce qui fut annoncé dans un premier temps. Il serait cependant recherché, de même que Marcel Libama, un responsable du collectif de syndicats et ONG appelé « Front des organisations de la société civile contre la pauvreté au Gabon » (FOSCPG).

Une détention inacceptable

Selon nos informations, le journaliste Léon Dieudonné Koungou aurait été libéré ce lundi matin, 5 janvier 2009. La famille des détenus n’aurait toujours pas pu leur rendre visite. Un médecin, en revanche, a pu constater que Grégory Ngbwa Mintsa souffrait d’oedèmes après 6 jours de détention assis. Il a refusé un moment de se nourrir et de se soigner. Marc Ona Essangui, Georges Mpaga et Gaston Asseko seraient détenus dans un sous-sol humide, dans des conditions déplorables. Rappelons que Marc Ona Essangui souffre d’un handicap physique et circule habituellement en chaise roulante.

Le Ministre de l’Intérieur gabonais, André Mba Obame, un dur du régime, a expliqué que l’arrestation avait été effectuée dans le cadre d’une enquête en cours… L’explication est un peu courte.

Tout laisse à penser que cette détention est illégale : arrestation au domicile des militants en l’absence d’un mandat d’arrêt ; durée de détention exceptionnellement longue – on veut bien croire que le droit de cette grande démocratie qu’est le Gabon (dixit notre cher président) s’est amusé à n’inclure que les jours ouvrés dans la durée de détention, mais même avec le 1er janvier et le WE des 3-4, on a dépassé les 48h à présent

Intégri-koi ?

Décidément, l’affaire des biens mal acquis déstabilise le régime gabonais, qui se crispe. D’habitude, Omar Bongo achète le silence de ses détracteurs. Ce dossier n’échappe pas à la règle : tentatives de séduction des militants gabonais, intimidations, propositions financières à l’association Sherpa qui instruit la plainte… Mais l’intégrité désarçonne un régime fondé sur le clientélisme. Alors, voyant son patrimoine colossal mis à nu devant les victimes de son pillage -ses concitoyens, Bongo n’en finit plus d’en perdre son sang froid : interdiction d’antenne pour RFI qui avait traité du dossier dès l’été 2007 ; demande (honorée) de classer l’enquête préliminaire sur les biens mal acquis ; brouille avec Paris suite à la diffusion d’un reportage sur le sujet par France 2 ; prise de mouche révélatrice après que feu le Bockel-de-la-rue-Monsieur a eu l’outrecuidance d’appeler à une gestion transparente du pétrole en Afrique ; représailles sans phare à présent contre Marc Ona, Grégory Ngbwa Mintsa et les rares Gabonais qui osent s’élever publiquement contre la prébende et les libertés bafouées ; organisation de manifs bidons en soutien au régime…

Sarko en pince pour Omar

Il faut dire, pourquoi Bongo se priverait-il ? Chaque fois, Paris cède. La Cellule a d’ailleurs, très tôt, percé le secret du soutien indéfectible que Nicolas Sarkozy voue à son homologue gabonais. Plutôt que de recevoir en novembre dernier à l’Elysée le fils terrible et successeur désigné, Ali Bongo (était-ce pour vérifier qu’il jouit des mêmes attributs que son père ?), le chef de l’Etat français s’honorerait en exigeant la libération immédiate des défenseurs gabonais des droits de l’homme et de la transparence et en mettant à exécution sa promesse de campagne – la rupture avec les dictateurs, par un geste simple : le gel immédiat des avoirs et des biens situés en France dont Omar Bongo ne pourrait pas justifier de l’origine légale.

Sarkozy au Gabon Sarko sur Bongo :

« on a toujours besoin d’un plus petit que soi »

En exclusivité, la cellule Françafrique vous dévoile pourquoi le président français a tant d’égards pour son homologue gabonais

Le 19 juillet 2007, par Jean Denard,

A priori, on ne comprend pas : Sarkozy promet pendant toute la campagne que la France ne maintiendra de liens qu’avec des « régimes démocratiques ». Bockel renchérit le 17 juillet devant le réseau des coopérants : « Là où règne l’arbitraire, là où la démocratie est bafouée, les droits de l’homme violés, les décisions de justice jamais ou rarement appliquées, là où se développe la corruption, la communauté internationale se doit de parler vrai. (…) L’histoire le prouve : les lâchetés d’aujourd’hui peuvent être les conflits de demain ».

Les conflits de demain au Gabon ne semblent pas préoccuper outre mesure notre bon président :

- à 19h30 le 6 mai, il appelle Omar Bongo, lui annonce la bonne nouvelle et le remercie de ses conseils… Faut dire, depuis le temps qu’il est élu à l’unanimité des suffrages, le Gabonais a pu en prodiguer des conseils ! Bien en a pris à Sarkozy : non content de son élection triomphale, il a appliqué à la lettre le conseil avisé de son mentor : flatter quelques leaders de l’opposition et les retourner…

- le 25 mai, Sarko fait son footing. Ca fait pas 10 jours qu’il est entré au Château, il repère les environs. Mais il sent bien que sur ses grandes jambes, Fillon va plus vite. Il se dit alors, dans un sursaut d’orgueil : « je l’aurais à l’endurance ». Aussitôt dit, aussitôt fait : il appelle son consultant officiel à l’Elysée, le brave Omar, passé maître es endurance après 40 ans d’exercice à la tête de l’émirat pétrolier du Golfe de Guinée.

En récompense, Bongo obtient du monarque républicain qu’il passe l’éponge sur une petite partie de l’ardoise de son pays à l’égard de la France.

- Surtout, le 28 mai, il obtient le droit de voir défiler un par un tous les nouveaux ministres dans l’un de ses luxueux appartements du 16ème… il faut dire, depuis Couve de Murville, il ne manque pas beaucoup de ministres à la collec’ d’othographes du père Omar.

- Début juillet, il parachève l’album de signatures en invitant le nouveau venu dans Fillon 2, l’Alsacien Bockel, à co-signer avec Hortefeux le premier accord de codéveloppement, un modèle du genre.

Reste cette petite tension latente entre le jeune loup ardent de l’Elysée et le vieux sage du palais du bord de mer, partenaire privilégié des Hauts-de-Seine (département le plus riche de France, 22eme PIB mondial) : Le 25 mai à l’Elysée, Sarko-le-président-qui-tient-toujours-parole avait annoncé : pour la dette gabonaise, ce sera réglé avant le 14 juillet. On comprend que le pauvre Bongo se soit inquiété : entre temps, Sarko laisse la justice faire son travail (un comble) et l’emmerder pour quelques pieds-à-terre parisiens… Le voilà obligé de réprimer des manifestations anti-françaises à Libreville. Et puis, la fête nationale passe… et cette histoire d’ardoise qui n’avance pas.

Ni une ni deux, voilà Omar à Paris.

Depuis, force est de constater que les choses vont nettement mieux dans le couple franco-gabonais :
- le 17 juillet, le porte-parole de l’Elysée David Martinon annonce que Sarko a finalement choisi, à tout hasard, Libreville en plus de Dakar pour sa première virée africaine, le 25-26 juillet.
- le 19 juillet, le Club de Paris (puisqu’on vous dit que c’est pas le PSG, mais le groupe des grands créanciers publics) devrait annoncer une remise de 20% de la dette du Gabon envers la France – une bagatelle de 200 millions d’euros. Faut dire, après les 13,6 milliards abandonnés via le « paquet fiscal », Sarko n’est plus à ça près !

Reste LA grande question : pourquoi Sarkozy voue-t-il une affection aussi prononcée pour le doyen des dictateurs africains, au mépris de toutes ses promesses ?
- Ca ne pas être par goût du mensonge : Sarkozy fait ce qu’il dit. C’est même lui qui l’a dit.
- Ca ne peut pas être pour défendre les intérêts de Total au Gabon : il a dit qu’il en finirait avec les réseaux d’un autre temps. Bolloré, Bouygues et Lagardère ne sont d’ailleurs pas ses amis. Et, non, non, le Guillaume qui co-dirige le Medef et qui porte le même nom, ce n’est pas son frère.
- Ce ne peut pas être un renvoi d’ascenseur pour financement de campagne présidentielle : Mônsieur Sarkozy est un homme intègre. Et le financement des partis politiques est encadré trrrès strictement.

N’en pouvant plus, nous avons fini par lui poser la question. En personne. Il nous a avoué, au bord des larmes, qu’il ne trouvait pas sa place parmi les « grands » de ce monde : « voyez, au G8, nous a-t-il confié, j’étais encore plus petit que le Japonais sur la photo. Je me suis torché avec Poutine pour oublier ». « Pendant la campagne, au moins, a-t-il ajouté, j’avais Christian Clavier et Mireille Mathieu ». « Ca ne pouvait plus durer » a-t-il résumé. C’est au cours d’un brainstorming au sommet que lui est apparue l’idée, comme une évidence : sur la scène internationale, le Gabon serait son salut.

Et le président de conclure : »Omar m’a sauver ».

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La junte guinéenne promet de combattre la corruption + Guinée: le secrétaire d’Etat Alain Joyandet en déplacement à Conakry

Posté par issopha le 3 janvier 2009

La junte guinéenne promet de combattre la corruption
28/12/2008
 
La junte guinéenne promet de combattre la corruption + Guinée: le secrétaire d'Etat Alain Joyandet en déplacement à Conakry dans ACTUS ET DEBATS CAMEROUN artsubtitleleft transparent dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS
Les contrats miniers seront renégociés selon Moussa Dadis Camara qui a critiqué les anciens dirigeants « véreux » du pays
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Le chef de l’Etat guinéen, le capitaine Moussa Dadis Camara, a déclaré samedi à Conakry que le Conseil national de démocratie et de développement (CNDD) allait combattre la corruption sous toutes ses formes. S’exprimant au cours d’une rencontre avec les partis politiques, la société civile et les chef religieux, il affirmé que le général Conté, qui était un homme honnête, s’en est allé honorablement, regrettant qu’il avait bien amorcé son départ avant de dévier par la faute de «véreux collaborateurs» qui ont terni son image par la corruption.

«Si tous les gouvernements précédents avaient bien fait, la Guinée ne serait pas dans une situation de déliquescence honteuse et l’économie ne serait pas au creux de la vague par la faute de ceux-là qui ont pillé les caisses de l’Etat avant d’aller placer leurs butins à l’étranger», a ajouté le capitaine Camara. Il a averti que tout cela est du domaine du passé, promettant que le CNDD va traquer toutes les personnes impliquées dans la corruption et les traduire devant la justice pour répondre de leurs forfaitures.

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«Toute personne coupable de corruption ou de détournement sera jugée et condamnée», a-t-il dit, sous les applaudissements nourris de l’assistance. Le capitaine Camara a invité ses compatriotes à lui faire «de bonnes propositions» pour sauver leur pays au lieu de chercher à lui faire des propositions d’affaires. Il a annoncé la résiliation, dès aujourd’hui, de tous les contrats miniers qui seront renégociés sur des «bases claires».Il a aussi annoncé la révision prochaine du contrat du parc à containers du Port autonome de Conakry, qui a récemment défrayé la chronique, et la mise en place prochaine d’une Commission qui va gérer les dons venant de l’extérieur. Avant la fin de la réunion, les chefs religieux, musulmans et chrétiens, ont pris la parole pour saluer «les bonnes intentions» du capitaine Camara et prier pour qu’il réussisse dans «sa noble mission».

 

 

 

Guinée: le secrétaire d’Etat Alain Joyandet en déplacement à Conakry

 

02/01/2009 14:13

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Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet, le 1er décembre 2008 à Doha
© AFP

Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet se rendra samedi et dimanche à Conakry, pour y rencontrer des représentants de la junte qui a pris le pouvoir le 23 décembre en Guinée et appeler à la tenue d’élections au plus vite, ont annoncé ses services.
Selon un communiqué de son ministère, Alain Joyandet va « rencontrer les représentants de la junte, de l’opposition, de la société civile ainsi que le Premier Ministre désigné, pour considérer les modalités d’organisation d’élections libres et équitables dans les meilleurs délais -au cours du premier semestre 2009″.
Le ministre français, le premier à se rendre en Guinée depuis le coup d’Etat, souhaite aussi « apporter un message de soutien à la communauté française -2.500 ressortissants- présente à Conakry ».
Une junte, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, a pris le pouvoir en Guinée par un coup d’Etat militaire, peu après le décès du président Lansana Conté à l’âge de 74 ans, qui dirigeait le pays depuis 1984.
Depuis lors, la France a demandé à plusieurs reprises l’organisation d’élections dans le pays.
Le président Nicolas Sarkozy a en particulier formé, le 25 décembre, « le voeu qu’une transition pacifique ordonnée et démocratique se mette en place en vue de permettre un retour rapide au fonctionnement normal des institutions, par des élections libres et transparentes qui devraient être organisées à bref délai et sous observation internationale ».

© 2007 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l’AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l’accord préalable écrit de l’AFP.

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Guinée: le président Lansana Conté est mort + Un officier guinéen annonce la dissolution du gouvernement et des institutions

Posté par issopha le 23 décembre 2008

  

  

Guinée: le président Lansana Conté est mort

 

Le président de Guinée, le général Lansana Conté, est mort lundi soir à l’âge de 74 ans, après un long règne de 24 ans marqué par de sanglantes répressions et une gestion calamiteuse d’un pays classé parmi les plus pauvres du monde malgré un sous-sol très riche. Lire la suite l’article

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Guinée: le président Lansana Conté est mort + Un officier guinéen annonce la dissolution du gouvernement et des institutions dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS Lansana Conté le 7 septembre 2002 à Khemaya en Guinée Agrandir la photo

Aussitôt après l’annonce du décès, dans la nuit de lundi à mardi, le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré a lancé, via la télévision d’Etat, un appel « au calme et à la retenue » aux « braves populations guinéennes », demandant le concours de l’armée pour assurer cette tranquillité.

Aucun incident n’avait été signalé plus de deux heures après l’annonce du décès.

Militaire de carrière, Lansana Conté était arrivé au pouvoir le 3 avril 1984, à la faveur d’un coup d’Etat, une semaine après la mort du premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré.

Depuis, il avait toujours pris appui sur les dirigeants de l’armée pour avoir la haute main, avec son clan, sur la vie politique et économique de ce pays ouest-africain. Et il s’accrochait au pouvoir, malgré ses maladies (une forme aiguë de diabète, une leucémie…) et une contestation de plus en plus vive.

Son décès a été annoncé dans la nuit de lundi à mardi par le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, aux côtés du chef d’état-major, le général Diarra Camara et du Premier ministre. Auparavant, tous les hauts responsables du régime s’étaient réunis au Palais du peuple (siège de l’Assemblée nationale), pour évoquer « la succession du président ».

« Nous avons le regret d’annoncer au peuple de Guinée le décès du général Lansana Conté, des suites d’une longue maladie, à 18H45″ (locales et GMT), a déclaré M. Somparé, demandant officiellement au président de la Cour suprême de constater la vacance du pouvoir et de faire appliquer la Constitution. La gestion des affaires du pays doit alors revenir temporairement au président de l’Assemblée nationale, chargé d’organiser une élection présidentielle dans les 60 jours.

Le chef du gouvernement, décrétant « un deuil national de 40 jours », a déclaré: « Les drapeaux seront mis en berne et le programme des obsèques nationales sera communiqués ultérieurement ».

« En cette douloureuse circonstance, j’invite les braves populations guinéennes – qui ont toujours fait preuve de dignité, chaque fois que nous affrontons ensemble de dures épreuves à travers notre histoire – au calme et à la retenue », a poursuivi M. Souaré, en poste depuis mai. Réputé proche du clan présidentiel, M. Souaré a ensuite appelé les forces de défense et de sécurité à « assurer la sécurité aux frontières et le calme à l’intérieur du territoire national ».

Début 2007, de grandes manifestations populaires hostiles au régime et aux « prédateurs de l’économie nationale » avaient été violemment réprimées: au moins 186 personnes avaient été tuées et 1.200 blessées.

Les discours de condoléances des hauts dignitaires, évoquant le « regretté président », ne devraient pas beaucoup émouvoir les neuf millions d’habitants de la Guinée, dont 53% vivent au dessous du seuil de pauvreté.

Les organisations non gouvernementales ont maintes fois dénoncé la « gestion calamiteuse » de la Guinée, minée par la corruption et classée parmi les pays les plus pauvres du monde malgré les richesses de son sous-sol (bauxite, fer, or, diamants…). Le mois dernier, plusieurs manifestations avaient eu lieu dans la capitale comme en province, notamment pour protester contre la cherté du carburant ou les coupures d’électricité.

Selon l’organisation Human Rights Watch, la répression de ces manifestations avait abouti à la mort de « quatre » personnes « au moins », les forces armées ayant parfois tiré à balles réelles.

Un officier guinéen annonce la dissolution du gouvernement et des institutions

Un capitaine de l’armée guinéenne a annoncé mardi à la radio d’Etat « la dissolution » du gouvernement et des institutions républicaines et la suspension de la Constitution en Guinée, quelques heures après le décès du président Lansana Conté au pouvoir depuis 1984. Lire la suite l’article

Photos/Vidéos liées

 dans AFRIQUE PARADOXES Députés guinéens lors d’un vote le 23 février 2007 à Conakry.

« A compter d’aujourd’hui, la Constitution est suspendue, ainsi que toute activité politique et syndicale », a déclaré le capitaine Moussa Dadis Camara sur les ondes de Radio Conakry.

« Le gouvernement et les institutions républicaines sont dissous », a-t-il ajouté en annonçant qu’un « conseil consultatif » allait bientôt être mis en place, « composé de civils et militaires ».

« Les institutions républicaines se sont illustrées par leur incapacité à s’impliquer dans la résolution des crises » que traversent le pays, a notamment déclaré ce militaire, évoquant le « désespoir profond de la population » ou la nécessité du « redressement économique » et de la lutte « contre la corruption ».

Dans la nuit de lundi à mardi, le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, avait annoncé à la télévision d’Etat le décès de Lansana Conté, 74 ans, « des suites d’une longue maladie ».

COR – La radio guinéenne annonce la dissolution du gouvernement

Bien lire depuis 1984 dans le premier paragraphe. Lire la suite l’article

La radio publique guinéenne a lu mardi un communiqué annonçant la dissolution de la constitution et du gouvernement, quelques heures seulement après l’annonce de la mort du président Lansana Conté, au pouvoir depuis 1974.

Des journalistes de la radio ont déclaré qu’un groupe de soldats avait ordonné la lecture du communiqué mais l’identité des mutins, ainsi que leurs intentions, restaient floues dans l’immédiat.

Saliou Samb, version française Clément Dossin

Quelques heures plus tard….la confusion la plus totale !!!

GUINEE

Le Premier ministre dément la dissolution du gouvernement

NOUVELOBS.COM | 23.12.2008 | 15:28

Réagissez à l'article 6 réactions

Quelques heures après la mort du président, au pouvoir depuis 24 ans, un porte-parole en uniforme a annoncé la dissolution du gouvernement et de la Constitution. Le Premier ministre a démenti.

Lansana Conté (AP)

Lansana Conté (AP)

La situation semble confuse en Guinée. Quelques heures seulement après la mort du président Lansana Conté, qui exerçait depuis 24 ans un pouvoir sans partage à la tête de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, Conakry connaissait mardi 23 décembre une tentative de putsch : un Conseil national pour la Démocratie a annoncé la dissolution du gouvernement et de la Constitution, ensuite démenti par le Premier ministre.
Arrivé au pouvoir à la faveur d’un putsch en 1984, Lansana Conté est mort lundi soir, a annoncé mardi vers 2h du matin le président de l’Assemblée nationale Aboubacar Somparé lors d’une allocution télévisée. Lansana Conté, dont l’âge jamais établi exactement était évalué à 74 ans, était malade depuis longtemps.

Un porte-parole en uniforme à la télévision

Aboubacar Somparé a appelé lors de son allocution la Cour suprême guinéenne à constater la vacance du pouvoir et à faire respecter la loi, tandis que le Premier ministre Ahmed Tidiane Souare demandait à l’armée, dans son intervention télévisée aux côtés d’Aboubacar Somparé et du chef des armées, de sécuriser les frontières du pays.
Mais vers 7h30 du matin, le porte-parole, en uniforme, d’un Conseil national pour la démocratie est apparu à la télévision pour annoncer la dissolution des institutions. On ignore si cet homme, présenté par la télévision comme le capitaine Moussa Camara, est le leader du putsch ou son simple porte-parole.
« La Constitution est dissoute. Le gouvernement est dissous. Les institutions de la République sont dissoutes (…) A partir de maintenant, le Conseil prend en charge les destinées du peuple guinéen », a-t-il déclaré. Des élections présidentielles seront organisées prochainement, a-t-il ajouté sans autres précisions.

Blindés et soldats vers la présidence

Mais le Premier ministre Ahmed Tidiane Souare est par la suite à nouveau intervenu sur les ondes lors d’une allocution radio-diffusée, démentant la dissolution du gouvernement. Il a affirmé qu’il s’exprimait depuis son bureau et que son cabinet continuait à fonctionner « comme il devait ».
Le capitaine Camara avait par ailleurs ordonné à la population de ne pas sortir, et convoqué les membres de l’ex-gouvernement à la caserne Alpha Yaya Diallo. On ne disposait pas de plus amples informations dans l’immédiat, mais la capitale Conakry semblait calme dans la matinée. Un reporter de l’Associated Press a vu des blindés et soldats faire mouvement vers la présidence.
Lansana Conté était arrivé au pouvoir en 1984 à la faveur d’un putsch, fomenté une semaine tout juste après la mort du premier président guinéen, Ahmed Sékou Touré.
En prenant le pouvoir par la force, Lansana Conté a mis fin au socialisme révolutionnaire de son prédécesseur. Mais, comme ce dernier avant lui, il a supprimé toute dissidence. A l’heure du début du multipartisme en Afrique, il a formé un parti politique et organisé en 1993 les premières élections multipartites du pays. Il a été ensuite élu, puis réélu en 1998 et en 2003. L’opposition a à chaque fois dénoncé des élections truquées.

Le régime de plus en plus défié

Ancienne colonie française, la Guinée a connu de nombreuses tentatives de putsch depuis son indépendance en 1958. Émeutes et mutineries se sont multipliées au cours des deux dernières années.
La mainmise de Lansana Conté sur le pouvoir dépendait en grande partie de la loyauté de l’armée et le gouvernement avait cédé en mai dernier aux demandes d’augmentation de solde des militaires, qui menaçaient de recourir à la violence.
En 24 ans de pouvoir autoritaire, qui avaient pris le relais du régime encore plus fermé et paranoïaque de Sekou Touré, les Guinéens se sont enhardis à défier de plus en plus ouvertement le régime, en particulier les deux dernières années, participant en masse aux grèves lancées par les syndicats, contestant de plus en plus un régime corrompu et réclamant la démission de Lansana Conté.

Paris condamne

Celui-ci avait décrété la loi martiale au printemps 2007, n’hésitant pas à faire donner les chars contre les manifestants, entraînant la mort de dizaines de personnes.
Située en Afrique de l’ouest, la Guinée est un pays riche en minerais, fer, or et diamants. C’est le plus gros producteur mondial de bauxite, une matière première qui entre dans la composition de l’aluminium. La Guinée fournit la moitié de la production mondiale de bauxite, mais elle reste pourtant l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.
A Paris, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Eric Chevalier a fait état d’une « revendication de coup d’Etat qu’évidemment nous condamnons ». Il « semble que les autorités civiles et militaires légitimes du pays aient actuellement le contrôle de la ville et du pays », a-t-il ajouté. (AP)

 

 

REACTIONS D’INTERNAUTES

Les réactions des lecteurs

lola
coup d’Etat en Afrique
C’est malheureux mais parler d’un coup d’Etat en Afrique, c’est comme une manifestation dans l’Education nationale ou les divisions entre socialistes … une redondance.
23.12 à 14h47
Alerter
tanguy
enfin!!
peut etre un espoir pour la democratie?mais j’en doute
23.12 à 12h11
Alerter
Limasoyl
@yacoub
Je crains malheureusement que vous ayez raison. Comment expliquer autrement que malgré des sous-sols regorgeant de richesses minières, la plupart des pays d’Afrique soient encore à la traîne, aussi bien économiquement que socialement ?
Chacun en effet ne désirant le pouvoir que pour en tirer bénéfices et avantages.
La rébellion au Kivu en est une illustration. Sous un couvert faussement politique, les rebelles n’ont en fait qu’un seul objectif, non avoué bien sûr : Prendre le contrôle des mines de cette région, ce qui garantira leur fortune.
Et c’est ainsi depuis les indépendances.
Cela explique aussi souvent la longévité de ces régimes dictatoriaux. 20, 30 voire 40 ans au pouvoir est assez fréquent en Afrique, malgré les échecs patents en matière de développement.
Les opposants ne sont pas plus fiables. Certains n’hésitant pas à rallier le gouvernement du dictateur qu’ils dénonçaient auparavant.
Enfin depuis peu, les dictatures (ou présidence) deviennent héréditaires !!!
23.12 à 11h24
Alerter
thimotée
l ex guinée Française
j ai vecu plusieurs années en GUINEE a Conakry meme et je faisais travailler des Guinéens sur les quais. il y avait trois ethenies au moins , les soussous , les FOULHAS les Malinkéset il ne fallait jamais melanger ces trois races pour travailler:
comment voulez qu ils arrivent a s entendre……pour le pouvoir
chacun d eux veut tenir les rennes du Pouvoir total;;;;
23.12 à 11h13
Alerter
bil56
une dictature de moins, une autre en préparation ?
encore un pays d’Afrique qui souffre, alors qu’ils sont assis sur une mine de richesses !

toute l’Afrique pourrait être largement autosuffisante pour quasi toutes les productions agricoles, minières et autres….
mais pourquoi nos pays occidentaux sont-ils riches ?
parce qu’on a mis en place et laisser faire des dictateurs corrompus de tous poils pendant qu’on pille allègrement le continent

je suis très inquiet pour mon fils qui travaille là-bas et pour tous les expatriés qui travaillent à l’étranger qu’on risque de prendre pour bouc-émissaires ………

bonnes fêtes quand même à tous !
23.12 à 10h20
Alerter

yacoub
L’Afrique victime de ses fils
Bonjour,

Il faut savoir que Lasana Conte est au pouvoir depuis 1984,aprés la mort de Sekou Toure et non depuis 1974 comme vous le dites dans vos lignes.

L’afrique est pris dans un piege tendu par ses propres fils,des fils assoiffés de pouvoir. La corruption fait partie malheureusement de la culture africaine,les coup d’etats en témoigne,chacun veut etre chef pour spolier le peulple et enrichir sa famille,sa tribu et son entourage.Il est trés facile d’accuser les autres de la faillite des politiques africaines,les africains sont les seuls responsables de leurs actes.Le musellement de la presse,corruption,exécution des opposants,pietienement des droits de l’Homme,appauvrissement de la poulation et enfin la course opportuniste au coup d’etat comme en Mauritanie.
Les Africains sont seuls responsables de cette situation, je suis africain révolté et je contunuerai à dénoncer notre passivité.
23.12 à 10h14
Alerter

 

 

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L’association Survie dénonce la visite de Bongo à l’Elysée

Posté par issopha le 3 juillet 2008

DIPLOMATIE FRANÇAISE

L’association Survie dénonce la visite de Bongo à l’Elysée

 

NOUVELOBS.COM | 02.07.2008 | 18:57

Pour l’association, la visite du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 41 ans, illustre le manque de cohérence de la diplomatie française puisque son homologue zimbabwéen Robert Mugabe est considéré comme « infréquentable » par Bernard Kouchner.

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville (c) AFP

L‘association Survie dénonce mercredi 2 juillet dans un communiqué la visite à l’Elysée du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967. Nicolas Sarkozy a reçu son homologue à 14h30 à l’Elysée ce même jour. La structure, qui milite pour un assainissement des relations entre la France et l’Afrique, rappelle que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré lundi que le dictateur Robert Mugabe, à la tête du Zimbabwe, n’était pas « fréquentable ».

« Considération d’intérêts particuliers »

La structure exige « que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats ». L’association constate « une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers ». L’association indique que le président gabonais a interdit de sortie de territoire Marc Ona Essangui le 6 juin dernier alors qu’il s’apprêtait s’envoler aux Etats-unis pour une conférence sur la transparence des contrats en Afrique.
Le communiqué rappelle également qu’Omar Bongo soutient Robert Mugabe, réélu le 27 juin président du Zimbabwe, sur un score de 90,2%. Le scrutin avait pourtant été boycotté par l’opposant Morgan Tsvangirai en raison des violences, alors qu’il était arrivé en tête au premier tour avec 47%. Le dirigeant gabonais a déclaré lundi en marge du 11e sommet de l’Union Africaine que Robert Mugabe « a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président ».

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Les guerres d’influence pour les richesses de l’Afrique

Posté par issopha le 17 mai 2008

Les guerres d’influence pour les richesses de l’Afrique Version imprimable Suggérer par mail

13.05.08 Bernard Estrade 

« L’Inde n’est pas engagée en Afrique dans une compétition qui l’oppose à la Chine ou quelque autre pays que ce soit », a affirmé Manmohan Singh, le premier ministre indien à l’issue du premier sommet indo-africain. La déclaration n’a rien fait pour dissiper l’impression exactement inverse donnée durant les deux jours de la fastueuse rencontre organisée à New Delhi le mois dernier.

Si, à l’évidence, le Forum indo-africain de Dehli constituait une réplique au sommet Afrique organisé en novembre 2006 à Pékin, la participation n’était pas du même niveau : quarante chefs d’état et ministres avaient fait le déplacement dans la capitale chinoise mais tout juste quatorze dans la capitale indienne.

Historiquement pourtant, l’Inde et sa diaspora ont eu longtemps en Afrique l’avantage de l’ancienneté et du nombre, une conséquence directe de la colonisation et de l’Empire britanniques.

En 1999, le commerce bilatéral entre les deux , avec un milliard de dollars, dépassait celui entre la Chine et l’Afrique.

Les deux géants asiatiques ont découvert depuis qu’ils avaient besoin des ressources naturelles du continent pour assurer leur développement et de ses marchés pour vendre leurs produits. 

En six ans, les échanges indo-africains ont été multipliés par vingt. Mais l’augmentation des échanges entre la Chine et l’Afrique a été encore plus spectaculaire : en 2007, leur volume a dépassé 55 milliards de dollars et, selon les prévisions, il doit encore doubler d’ici 2010.

Pékin s’est en effet réveillé plus tôt que New Delhi. Et la Chine va plus vite et frappe plus fort.

Un exemple : en 2004 une compagnie chinoise et une compagnie indienne enchérissaient en Angola pour un bloc d’exploration pétrolière : la compagnie indienne a offert 310 millions de dollars, sa rivale chinoise 725 millions. 

La percée des puissances asiatiques émergentes en Afrique s’est faite au détriment de l’Europe. Si le Vieux continent reste encore le principal partenaire du continent, sa part des échanges a fondu de presque la moitié à juste un peu plus du tiers. 

Les pays occidentaux ne peuvent donc plus utiliser aussi facilement l’aide au développement et les accords commerciaux préférentiels comme moyens de pression.

Au Zimbabwe au Soudan en passant par le Tchad, l’effritement de la prééminence économique va de pair avec une perte de l’influence politique

Les Etats-Unis ont été, eux aussi, amenés à reconsidérer leurs vues sur l’Afrique qui, selon un rapport du Pentagone de 1995 ne représentait que « très peu d’intérêt stratégique ».

Trois ans plus tard les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie constituaient la cible des attentats d’Al Qaida.

Dix ans plus tard, l’ensemble du continent constitue pour les Etats-Unis un théâtre de la « guerre contre la terreur ». Ils ont mis en place un commandement régional pour l’Afrique et, après l’Afghanistan et l’Irak, ouvert un troisième front en Somalie où ils interviennent directement contre des guérillas qualifiées de jihadistes. 

L’état-major d’Africom reste pour le moment au moins, basé en Allemagne, à Stuttgart. Contrairement aux attentes de Washington en effet, les capitales africaines, ne se sont pas précipitées pour l’héberger.

Un signe d’autant plus préoccupant que l’Afrique fournit maintenant 15 pour cent des importations de pétrole des Etats-Unis et qu’elle dispose de ressources en hydrocarbures sous exploitées et prometteuses dont l’accès constitue un enjeu stratégique majeur. 

Le tableau ne serait pas complet s’il ne mentionnait pas les efforts du Japon dont le gouvernement organise fin mai à Yokohama une conférence internationale pour le développement de l’Afrique.

Ou encore la Russie qui, par l’intermédiaire de Gazprom tente de s’implanter dans l’exploitation du gaz naturel en Afrique du nord. 

A travers l’histoire, de telles compétitions entre puissances ont parfois provoqué des conflits armés. Elles constituent aujourd’hui un facteur supplémentaire d’instabilité.

© www.geopolitique.com

 

 

 

LUTTES / CHRONIQUE DU BLÉDARD

Ce que nous perdons en partant

 

Chronique du Blédard / samedi 17 mai par Akram Belkaïd

 

J’aimerais profiter de cette colonne qui m’est offerte pour vous parler d’un thème obsédant (*). Pourquoi quitte-t-on sa terre ? Qu’est-ce qui pousse un homme à s’éloigner du berceau des siens, de ses racines ? La question est vaste, les réponses ne sont pas simples. J’ai lu un jour qu’il y avait une explication distincte, unique, pour chaque individu ayant pris la route. Des millions de départs, des millions de raisons qu’il serait vain de chercher à compiler. On en connaît les points communs les plus fréquents ou, du moins, les plus habituels. La nécessité de sauver sa vie, la quête de la liberté, l’urgence de survivre ou de nourrir, à distance, sa famille.

Bien sûr, il y a d’autres motifs, que quelqu’un de moins concerné, de plus sédentaire, pourrait juger banals ou bien moins glorieux. L’envie de gagner plus, l’attirance pour ce qui est plus brillant, pour ne pas dire plus clinquant. La volonté de fuir le corset d’une société devenue trop étouffante ou trop exigeante. Mais dans tous les cas, le geste n’a rien d’anodin et ses implications sont souvent bien plus grandes qu’on ne se l’imaginait avant le départ.

En ce moment en France, on parle beaucoup des clandestins, ces personnes qui essaient de passer à travers les mailles des multiples filets tendus par un système de plus en plus répressif. Ceux qui les traquent, ou plutôt leurs chefs, c’est-à-dire ceux qui mettent en musique cette ignoble chasse à l’homme, se posent-ils, ne serait-ce qu’un instant, la question de savoir pourquoi leurs cibles, ou leurs objectifs, car tel sont parfois les termes utilisés, ont fait le choix du déracinement ? Ont-ils une idée de ce à quoi ils ont renoncé ? Rien n’est moins sûr.

Prenez ces salariés sans papiers qui font actuellement grève pour obtenir une régularisation. On pourrait penser que leur situation est meilleure que celle du clandestin classique qui, lui, travaille au noir, dans la précarité la plus absolue et risque à tout moment de se faire prendre. Le salarié sans papier n’a-t-il pas une fiche de paie, ne travaille-t-il pas au grand jour même si cela se fait grâce au recours à de faux papiers ? Faux visa d’étudiant, fausse carte de séjour, fausse carte d’identité française,…

En réalité, la vie de ces personnes est aussi pénible que celles des clandestins. Eux aussi vivent dans la hantise d’être démasqués à la faveur d’un simple contrôle administratif. Inscrire leur enfant à l’école, se présenter au guichet de la sécurité sociale, répondre à une convocation du Trésor, sont autant d’actes périlleux qui engendrent la peur et l’angoisse.

Et, surtout, il y a le fait qu’eux aussi sont prisonniers à l’intérieur de la cage dans laquelle ils font tout pour demeurer. En entrant dans l’illégalité, et cela quelle que soit la raison – fin de visa, non renouvellement d’un titre de séjour – ils ont brûlé leurs vaisseaux et se sont interdits toute possibilité de retour dans leur pays d’origine sauf à quitter définitivement la France.

L’opinion publique, les syndicats et les médias semblent découvrir l’existence des sans-papiers salariés notamment ceux qui travaillent dans la construction ou dans les cuisines des restaurants même les plus prestigieux. Mais il n’y a pas que ceux-là. Il faudrait se lever tôt le matin, et aller faire un tour du côté de l’une des ces grandes tours du quartier de la Défense où, à l’heure du premier métro, hommes et femmes de peine nettoient les bureaux. Combien d’entre eux ne prennent jamais de vacances ? Non pas parce qu’on les y oblige – quoique – mais parce qu’ils n’ont nulle part où aller et que leur objectif est de continuer d’envoyer de l’argent « là-bas ».

Ce « là-bas » où, ils le savent, à moins d’un miracle ou d’une régularisation – ce qui est souvent la même chose – ils ne peuvent plus remettre les pieds. Ce « là-bas » qui leur est interdit parce qu’y revenir, c’est mettre en danger la survie des leurs. Oui, dans les tours de la Défense, il y a ceux qui ne prennent jamais de vacances parce qu’ils ont peur que l’on découvre leurs opérations financières litigieuses et d’autres parce qu’ils n’ont pas d’autre choix.

Evoquons les « harraga » que la Méditerranée et la Guardia Civil n’ont pas empêchés d’arriver en France. Combien sont-ils à trimer dans l’anonymat le plus total ? Et qui sait qu’ils trouvent mille et un moyens pour envoyer quelques maigres argents à leurs familles ? Pour eux aussi, le retour au pays, même temporaire, est impossible. A moins qu’il ne soit forcé…

Parlons des autres, de ces « nés dans le 99 », c’est-à-dire ailleurs, qui vivent en France dans une situation des plus régulières et qui souvent, en réfléchissant à leur périple, se trouvent confortés dans leur choix par la normalité qui les entoure. N’est-ce pas cela qu’ils recherchaient ? Vivre normalement, travailler, payer des impôts et – combien de fois l’ai-je écrit et expliqué – faire son petit bonhomme de chemin sans avoir nécessairement besoin de piston ou de passe-droit.

Leur situation est mille fois meilleure que celle des sans-papiers, qu’ils soient salariés ou non. Ils connaissent leur chance et, parce qu’au moins une fois ils ont senti le vent du boulet à la préfecture, ils mettent très longtemps à oublier qu’au départ, rien ne leur était acquis et que les choses auraient pu très mal tourner pour eux. Les voici donc vivant dans la normalité et il arrive parfois qu’elle s’impose soudain à eux comme une contrainte. Qu’est-ce que vivre normalement loin de sa terre natale si ce n’est vivre avec d’autres fers aux pieds même s’ils sont souvent invisibles et plus ou moins indolores ? Et pour se rendre compte de leur morsure, il faut que survienne dans leur pays natal l’un de ces événements qui font la vie. Un mariage, un enterrement, une catastrophe naturelle. Bien sûr, ils pourraient s’échapper, le temps d’un aller-retour au bled, car, eux au moins, en ont le droit. Mais la normalité est une gardienne intransigeante. Elle oblige à rester dans le flux et à ne jamais cesser de courir.

Quelqu’un m’a dit un jour que tout exil, fût-il volontaire, est une défaite sans appel. Je ne suis pas d’accord avec ce jugement lapidaire. Le harrag qui vainc la mer est un héros, le migrant qui fait son trou a nécessairement engrangé quelques succès de taille pour en arriver là où il est. Mais, il y a des moments où j’admets volontiers que ces victoires ne se font pas sans gâchis et fêlures.

(*) Cette chronique est dédiée à la mémoire de Belkaïd Ali.

©Le Quotidien d’Oran

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