Peuples du monde : Kate Winslet et Penelope Cruz appelées à boycotter les bijoux Graff , par SURVIVAL FRANCE

Posté par issopha le 3 mars 2009

Kate Winslet et Penelope Cruz appelées à boycotter les bijoux Graff

17 Février 2009

Manifestation de Survival devant la boutique du joaillier Graff à Londres
Manifestation de Survival devant la boutique du joaillier Graff à Londres
© Survival

Survival International a lancé aujourd’hui un appel aux actrices Kate Winslet et Penelope Cruz, toutes deux nominées aux Oscars, leur demandant de ne pas porter de diamants Graff lors de la cérémonie qui a lieu cette semaine. Le joaillier détient 9% des parts de Gem Diamonds, une compagnie impliquée dans un projet controversé d’exploitation minière au cœur du territoire des Bushmen dans la réserve du Kalahari au Botswana.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a declaré aujourd’hui : “Tant que Graff détiendra des parts de Gem Diamonds sa réputation sera inévitablement entâchée par la situation qui est faite aux Bushmen et qui constitue l’un des plus grands scandales actuels du Botswana. Envisager d’exploiter le territoire d’un peuple indigène sans son consentement préalable est illégal dans beaucoup de pays et devrait l’être partout. Cette exploitation détruira les Bushmen et Graff doit en accepter sa part de responsabilité.”

Survival a également écrit à des actrices, dont Victoria Beckham, Naomi Campbell et Elizabeth Hurley, pour les dissuader de porter des diamants Graff. Une manifestation organisée devant la boutique du joaillier la semaine dernière à Londres a fait l’objet d’une couverture médiatique internationale.

Lorsqu’en 2002 le gouvernement botswanais a expulsé les Bushmen, il était plus que probable que son intention était de faire place nette à la future exploitation des gisements de diamants que recèle leur territoire. La Haute Cour du Botswana a confirmé en 2006 le droit des Bushmen de vivre sur leurs terres, mais les autorités ont tenté de les en empêcher en leur supprimant l’accès à l’eau et leurs droits de chasse. Dans l’impossibilité de retourner chez eux, de nombreux Bushmen ont été parqués dans de sinistres camps de relocalisation.

Les Bushmen subissent de sévères restrictions d’eau et un homme est déjà mort de soif depuis que le gouvernement les a privés de leur unique puits. Le gouvernement botswanais est sur le point d’accepter le projet d’exploitation minière de Gem à condition que la compagnie ne fournisse pas d’eau aux Bushmen.

Gem Diamonds prétend que les Bushmen sont favorables à l’exploitation de cette mine, or ceux-ci n’ont jamais été informés de manière indépendante sur l’impact probable qu’elle aura sur eux et leur environnement.

Pour plus d’informations
Sophie Baillon 00 33 (0)1 42 41 44 10
sb@survivalfrance.org

 

 

Pygmées

Peuples du monde : Kate Winslet et Penelope Cruz appelées à boycotter les bijoux Graff , par SURVIVAL FRANCE dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE 35_map

Dans beaucoup d’endroits ils sont reconnus comme les premiers habitants
de la région. Il y a beaucoup de groupes pygmées différents, par
exemple les Bambuti, les Batwa, les Bayaka et les Bagyeli (‘Ba’
signifie ‘les gens’ dans les langues bantoues) qui vivent disséminés
dans une vaste région de l’Afrique centrale et occidentale, en
République démocratique du Congo (RDC), au Congo, au Cameroun, au
Gabon, en République centrafricaine, au Rwanda, au Burundi et en
Ouganda.  Les différents groupes pygmées parlent des langues
distinctes, la plupart apparentées à celles de leurs voisins non
Pygmées. Quelques mots communs à des langues pygmées séparées par de
grandes distances suggèrent qu’ils possédaient un langage commun dans
le passé; par exemple, l’un de ces mots est le nom de l’esprit de la
forêt, Jengi.

Comment vivent-ils ? Ils sont chasseurs d’antilopes, de porcs
sauvages et de singes, ils pêchent, récoltent le miel, les ignames
sauvages, les baies et d’autres végétaux. Pour eux la forêt est un dieu
personnel bienfaisant qui leur donne ce dont ils ont besoin. Tous les
groupes pygmées ont des liens étroits avec les agriculteurs villageois
voisins et travaillent pour eux : en échange des produits de la forêt
ils reçoivent des plantes cultivées et d’autres marchandises. Dans le
meilleur des cas, c’est un échange équilibré mais il peut tourner à
l’exploitation des Pygmées quand ceux-ci ont perdu le contrôle de la
forêt et de ses ressources.

A quels problèmes sont-ils confrontés ? Les Pygmées voient leur
forêt tropicale humide menacée par les coupes de bois, eux-mêmes sont
chassés par les colons. En certains endroits ils ont été expulsés et
leur terre a été déclarée parc national. Ils sont continuellement
privés de leurs droits par le gouvernement qui ne considère pas ces
habitants de la forêt comme des citoyens égaux. Au Cameroun, la vie des
Bagyeli est bouleversée par la construction, à travers leur territoire,
d’un oléoduc financé par la Banque mondiale. Les Batwa de l’est de la
RDC, du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda ont vu presque toutes leurs
forêts détruites et survivent difficilement comme ouvriers agricoles ou
mendiants.

La campagne de Survival Survival fait pression sur les
gouvernements de la RDC, du Rwanda, de l’Ouganda et du Cameroun pour
qu’ils reconnaissent les droits des Pygmées. Elle s’oppose
vigoureusement à la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun,
intervenant auprès des gouvernements, des compagnies pétrolières et de
la Banque mondiale. Cette dernière a répondu aux inquiétudes des
Bagyeli en promettant qu’un observatoire des questions sociales et
environnementales serait institué. Survival continue à surveiller la
réalisation de cette promesse et la construction de l’oléoduc.

 

Des journaux britanniques bannissent l’usage des termes ‘primitif’ et ‘âge de pierre’

27 Février 2009

Hommes yali, Papouasie
Hommes yali, Papouasie
© William Milliken/Survival

The Guardian et The Observer ont banni de leur vocabulaire les termes ‘primitif’ et ‘âge de pierre’ en référence aux peuples indigènes à la suite de la campagne antiraciste ‘Stamp it Out’ de Survival.

La ‘ligne éditoriale’ de ces deux journaux déconseille désormais l’usage de ces deux termes pour qualifier les peuples indigènes : ‘Il n’y a pas si longtemps, en 2006, nous avons employé à la une l’expression ‘tribu de l’âge de pierre’ pour décrire les habitants des îles Andaman. L’organisation Survival estime que : « Les termes de ‘primitif’ et ‘âge de pierre’ ont été utilisés depuis l’ère coloniale pour décrire les peuples indigènes, renforçant le préjugé que n’ayant pas évolué à travers les siècles, ils sont restés attardés. Cette vision est non seulement fausse mais extrêmement dangereuse : fausse parce que toutes les sociétés s’adaptent et évoluent ; et dangereuse parce que ces expressions sont souvent employées pour justifier les persécutions dont sont victimes les peuples indigènes et le développement forcé qu’on leur impose. »

La décision du Guardian et de l’Observer représentent une victoire majeure pour la campagne ‘Stamp it Out’ qui compte de plus en plus de soutiens dans la presse anglo-saxonne.

Michael Buerk, ex-présentateur de la BBC a déclenché un scandale après avoir traité les Papous de ‘primitifs’ et prétendu que ‘lorsqu’ils rencontraient un étranger, ils le tuaient’. Elsham, la principale organisation de droits de l’homme de Papouasie a répondu en accusant Buerk de ‘régurgiter de vieux clichés racistes’ et de ‘renforcer l’idée que d’être opprimé et colonisé sous occupation indonésienne est ce qui convient aux Papous’.

Le quotidien britannique The Independant a publié aujourd’hui un article de Stephen Corry, directeur de Survival International en réponse aux remarques de Michael Buerk.

LES BUSHMEN ( Botswana)

Les Bushmen représentent une population d’environ 100 000 personnes dispersées dans plusieurs Etats africains : le Botswana, la Namibie, l’Afrique du Sud et l’Angola où ils vivent depuis des dizaines de milliers d’années.

Carte du territoire des Bushmen, Botswana

La Réserve naturelle de gibier du Kalahari central est située au cœur du Botswana, elle avait été créée pour protéger le territoire ancestral des 5 000 Bushmen gana, gwi et tsila et de leurs voisins, les Bakgalagadi, ainsi que les animaux sauvages dont ils dépendent.

Au début des années 1980, on découvrit d’importants gisements de diamants dans la réserve. Peu de temps après, des représentants du gouvernement se rendirent dans la réserve et annoncèrent aux Bushmen qu’ils devaient partir en raison de la présence de ces gisements sur leur territoire.

Trois vagues d’expulsion eurent lieu en 1997, en 2002 et en 2005 au cours desquelles la plupart des Bushmen furent chassés de la réserve. Leurs huttes furent démantelées, leur école et leur poste de santé furent fermés, leurs sources d’eau détruites.

Ils vivent actuellement dans des camps de relocalisation situés en dehors de la réserve. Rarement autorisés à chasser, ils sont arrêtés et battus lorsqu’ils sont pris sur le fait et sont devenus dépendants des rations alimentaires distribuées par le gouvernement. Beaucoup d’entre eux sont confrontés à l’alcoolisme, l’ennui, la dépression et à des maladies telles que la tuberculose ou le SIDA.

S’ils ne retournent pas sur leurs terres ancestrales, leur culture et leur mode de vie uniques seront détruits et ils disparaîtront.

Ne faisant aucun cas du verdict de la Haute Cour rendu en 2006 qui leur permettait de retourner dans la réserve, le gouvernement s’efforce par tous les moyens de rendre leur retour difficile. Il a ainsi :

condamné leur unique source d’eau ;
refusé de leur délivrer des permis de chasse (malgré le verdict de la Haute Cour du Botswana qui avait jugé ce refus illégal) ;
arrêté plus de 50 Bushmen pour avoir chassé afin de nourrir leurs familles,
interdit aux Bushmen de rapatrier leurs troupeaux de chèvres dans la réserve.

Cette politique vise à intimider et terroriser les Bushmen afin qu’ils ne quittent pas les camps de relocalisation et à rendre la vie impossible à ceux qui ont choisi de retourner sur leur territoire ancestral.

Le bilan des victimes indigènes ne cesse d’augmenter

26 Février 2009

Les massacres perpétrés dans une région reculée d’Amazonie colombienne font de plus en plus de victimes parmi les Indiens awá.

Selon les rapports sur ces massacres publiés au début du mois par des leaders awá de l’ONIC, l’organisation indigène nationale de Colombie, le nombre des victimes s’élèverait à 27.

La guérilla colombienne des FARC a reconnu la responsabilité de 8 meurtres commis le 6 février dernier. La population locale soutient que ce chiffre ne correspond pas à la réalité, les FARC étant selon eux responsables de plusieurs autres meurtres d’Awá. Les corps de certaines victimes n’ont toujours pas été retrouvés.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme, la plus grande instance latino-américaine en matière de droits de l’homme, vient de publier un communiqué condamnant ces assassinats.

Des experts dénoncent l’aspect ‘mensonger’ et ‘diffamatoire’ de l’accusation de cannibalisme portée sur des indiens d’Amazonie

19 Février 2009

Des anthropologues spécialistes de la tribu amazonienne récemment accusée d’avoir tué et mangé un colon blanc jettent le doute sur l’authenticité de ces faits. L’affaire a été largement rapportée par les médias du monde entier.

Donald Pollock, directeur du département d’anthropologie de la State University of New York à Buffalo, a affirmé : « Les Kulina n’ont jamais eu aucune expérience ou tradition de cannibalisme, et ont souvent exprimé du dégoût face à cette pratique. Je suis persuadé que l’enquête établira que cette accusation n’a aucun fondement. »

Des membres de la tribu kulina (ou culina) ont été accusés d’avoir tué un homme qui, selon les sources, serait soit un étudiant handicapé soit un éleveur de bétail, et d’avoir mangé son cœur et ses cuisses lors d’un « rituel cannibale ». Les Kulina vivent dans une région isolée de la forêt amazonienne, au Brésil et au Pérou.

Domingos Silva, anthropologue à l’Université fédérale de Santa Catarina au Brésil, a pour sa part déclaré : « Durant toutes ces années où j’ai travaillé et vécu avec les Kulina, ils n’ont jamais montré aucun signe de cannibalisme. »

Daniel Everett, directeur du département des langues, littératures et cultures à l’Illinois State University et auteur du best-seller Don’t sleep, there are snakes (Ne dormez pas, il y a des serpents), a confirmé les allégations de ses collègues : « J’ai travaillé avec tous les groupes de la famille arawan, à laquelle appartiennent les Kulina. Je n’ai jamais entendu parler de cannibalisme chez les Kulina ou chez d’autres groupes arawan. »

Il s’avère que les sources d’information de ce prétendu acte de cannibalisme sont limitées à celle du maire du village proche qui a déclaré à la police avoir été informé par un membre de la tribu que le « rituel » avait eu lieu.

Ivar Busatto, coordinateur de l’ONG OPAN, qui a travaillé avec les Kulina pendant des années, a déclaré : « Ces actes ont été attribués aux Indiens sans enquête préalable. Ils sont victimes d’un jugement arbitraire dans le cadre d’une vaste campagne de calomnie dont les raisons sont obscures. »

La FUNAI, département des affaires indigènes du gouvernement brésilien, a publié un communiqué indiquant que « la pratique de l’anthropophagie n’existe pas chez les Indiens brésiliens contemporains. »

Pour plus d’informations
Sophie Baillon  00 33 (0)1 42 41 44 10
sb@survivalfrance.org

 

 

 

Un ex-présentateur de la BBC critiqué pour ses propos diffamants

25 Février 2009

Un homme dani, Papouasie.
Un homme dani, Papouasie.
© Adrian Arbib/Survival

Michael Buerk, ex-présentateur de la BBC a subi de sévères critiques de la part des Papous après les avoir traités de ‘primitifs’ et prétendu qu’ils tuaient les étrangers.

Un porte-parole de Elsham, la principale organisation de droits de l’homme de Papouasie a déclaré : ‘Je suis surpris qu’un journaliste aussi expérimenté que Michael Buerk puisse avancer des paroles aussi offensantes et totalement fausses. Les gens qui sont habituellement tués en Papouasie sont les Papous et c’est la police et l’armée indonésiennes qui s’en chargent. 100 000 Papous au moins ont déjà été assassinés. Il serait bon que les journalistes parlent de cela plutôt que de régurgiter de vieux clichés racistes.’

Au cours d’un programme radiophonique de la BBC, Buerk a déclaré : ‘Les seules véritables sociétés primitives survivant à l’âge moderne sont les tribus des régions reculées de la Nouvelle Guinée, et lorsqu’elles rencontrent un étranger, elles le tuent.’

Ces propos calomnieux surviennent peu après qu’une ignoble accusation de cannibalisme portée contre une tribu amazonienne eut fait la une des médias du monde entier. Les Indiens de la tribu kulina du Brésil et du Pérou ont été accusés d’avoir tué et mangé un colon blanc. Des spécialistes internationaux de cette tribu ont dénoncé ces accusations les qualifiant de ‘mensongères’ et ‘diffamantes’.

‘Les commentaires de Buerk renforceront l’opinion publique que les peuples indigènes de Papouasie sont incapables de prendre leurs propres décisions en ce qui concerne leurs terres, leurs ressources naturelles et leurs forêts et que de ce fait, ils ne devraient pas jouir des droits de l’homme comme tout être humain’ poursuit l’organisation Elsham dans son communiqué. ‘Cela renforce l’idée que d’être opprimé et colonisé sous occupation indonésienne est ce qu’il nous faut. Buerk et sa radio devraient plutôt essayer de convaincre le gouvernement britannique de faire pression sur les autorités indonésiennes pour qu’elles ouvrent la Papouasie au monde extérieur. Ce qui signifie autoriser la visite de journalistes. Buerk pourrait alors venir en Papouasie rencontrer des Papous et se faire sa propre opinion de la situation.’

La vision de Buerk des peuples indigènes diffère de celle de nombre de ses collègues britanniques tels que John Simpson, George Monbiot, Sandy Gall, Tim Butcher, John Vidal ou Christine Lamb. Tous ces journalistes soutiennent la campagne ‘Stamp it Out’ de Survival visant à bannir l’usage de termes tels que ‘primitif’ et ‘âge de pierre’ pour qualifier les peuples indigènes.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : Michael Buerk fait tout simplement fausse route. Les peuples isolés ou en contacts sporadiques ont de très bonnes raisons de craindre les étrangers qui apportent dans leur sillage la mort et la destruction. La plupart des peuples indigènes savent cela de nos jours, ils l’ont appris de leurs expériences passées et de celles de leurs voisins. Ce qui explique l’hostilité et la crainte qui caractérisent les nouveaux contacts et qui n’ont rien à voir avec le fait d’être ‘primitif’. Il y a bien plus de peuples indigènes tués par des étrangers que le contraire’.

Pour plus d’informations
Sophie Baillon 00 33 (0)1 42 41 44 10
sb@survivalfrance.org

Une compagnie pétrolière française en difficulté en Amazonie

16 Janvier 2009

Femme nahua, Pérou
Femme nahua, Pérou
© Shinai

La compagnie franco-britannique Perenco est confrontée à de sérieuses difficultés dans une région reculée de l’Amazonie suite à une décision de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et aux préoccupations que suscite la situation des Indiens isolés dans l’un des territoires où elle opère.

Quelques jours après que la compagnie ait annoncé son intention d’exploiter le territoire d’Indiens isolés du Pérou, le gouvernement équatorien a suspendu ses activités sur son territoire pour se conformer à la décision de l’OPEP.

Les gisements exploités par Perenco sont considérés comme la plus grande découverte pétrolière depuis ces trente dernières années au Pérou. Ce programme, qui viole les droits fondamentaux des Indiens isolés et menace leur survie, a suscité une protestation massive de la part des organisations indigènes locales ainsi qu’un recours auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.

Perenco, qui prétend que ces Indiens n’existent pas, a l’intention d’investir une somme plus importante – 350 millions de dollars – que toutes les autres compagnies qui opèrent au Pérou en une année.

Les activités de Perenco en Equateur ont été suspendues en réponse aux restrictions imposées par l’OPEP dans l’attente de stabiliser le prix mondial du pétrole brut. La présence de la compagnie avait mobilisé des milliers de manifestants qui avaient paralysé un de ses sites pétroliers et un aéroport et avait provoqué de violents conflits au cours desquels deux manifestants au moins avaient été blessés par des tirs de fusil à balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « L’OPEP et les Indiens isolés forment un duo improbable, mais quoi qu’il en soit, les temps sont durs pour Perenco. Ses activités ont été suspendues en Equateur et la pression augmente pour qu’elles le soient également au Pérou. La compagnie devrait admettre que propulser des centaines d’ouvriers pétroliers sur le territoire des Indiens isolés du Pérou est une entreprise plus qu’hasardeuse« .

Pour plus d’informations
Sophie Baillon  00 33 (0)1 42 41 44 10
sb@survivalfrance.org

Le projet d’une compagnie pétrolière franco-britannique en Amazonie voué à un échec probable

26 Janvier 2009

Indiens isolés au Brésil photographiés par avion, mai 2008
Indiens isolés au Brésil photographiés par avion, mai 2008
© Gleison Miranda/FUNAI

La compagnie franco-britannique Perenco qui se préparait à exploiter le pétrole dans le territoire d’Indiens isolés en Amazonie péruvienne pourrait se voir contrainte d’y renoncer suite à l’intention du gouvernement de supprimer ses investissements.

Le projet pétrolier repose sur la construction d’un oléoduc d’un coût d’un milliard de dollars destiné à transporter le pétrole depuis l’Amazonie jusqu’à la côte péruvienne. La compagnie pétrolière nationale Perupetro est actuellement en train de « réévaluer » son implication dans le projet après la récente chute des prix du baril de pétrole brut.

« Tout paraît indiquer que (le projet d’oléoduc) doit être réévalué », a déclaré le ministre de l’Energie, Pedro Sanchez, lors d’une conférence de presse.

La forêt dans laquelle Perenco compte exploiter le pétrole est le territoire ancestral d’au moins deux groupes d’Indiens isolés. Le projet de la compagnie a été condamné par les organisations indigènes locales et a déjà fait l’objet d’un procès et d’un recours auprès de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, exigeant son interdiction.

Les gisements en question sont considérés comme la plus grande découverte pétrolière de ces trente dernières années au Pérou. Le président Garcia, qui prétendait que les Indiens isolés n’étaient qu’une « invention » des écologistes opposés à l’exploitation pétrolière, avait exprimé son désir de transformer le Pérou en pays exportateur de pétrole.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Nous avons fait pression sur Perenco pour qu’elle abandonne son projet et la toute récente déclaration du gouvernement péruvien devrait également aller dans ce sens. Si Perenco exploite cette région, plus de la moitié des Indiens isolés disparaîtront. »

Pour plus d’informations
Sophie Baillon  00 33 (0)1 42 41 44 10
sb@survivalfrance.org

Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, PARFUMS DE SCANDALES | Pas de Commentaire »

24 violations des droits de l’homme en France

Posté par issopha le 8 février 2009

24 violations des droits de l’homme en France

NOUVELOBS.COM | 02.02.2009 | 17:17

Seize cas étaient notamment en rapport avec la justice (procès non équitable ou durée de procédure), et trois arrêts ont constaté une atteinte à la liberté d’expression.

(Reuters).

La France a fait l’objet en 2008 de 34 arrêts devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), dont 24 ont constaté une violation de la Convention européenne des droits de l’Homme, selon un bilan présenté jeudi 29 janvier à Strasbourg. 
Dans 16 cas, il s’agissait de violations en rapport avec la justice (procès non équitable et, dans un cas, durée de procédure).
Trois arrêts ont constaté une atteinte à la liberté d’expression, et trois autres ont concerné respectivement un traitement dégradant, une discrimination et une atteinte au droit à la vie privée.
Le nombre d’affaires pendantes concernant la France a enregistré cette année une hausse de 2,5%.

32.043 requêtes jugées

Cette augmentation grimpe à 23% pour l’ensemble du contient, soit 97.300 affaires pour 2008.
Plus de la moitié des requêtes proviennent de quatre pays : la Russie (28%), la Turquie (11,4%), la Roumanie (9,1%) et l’Ukraine (8,5%).
Suivent l’Italie (4,3), la Pologne (3,6) la Slovénie (3,3) l’Allemagne (2,6) et la France (2,5).
Parmi ces affaires, beaucoup ne sont pas allées à leur terme puisque seules 49.850 ont été attribuées pour traitement, a indiqué le magistrat français Jean-Paul Costa, qui préside la CEDH.
Finalement 32.043 requêtes (+11%) ont été jugées. Dans 1.881 affaires (+8%) des arrêts ont été rendus alors que plus de 30.000 ont été déclarées irrecevables.

Turquie en tête des condamnations

La Turquie reste en tête pour le nombre de condamnation avec 257, dont sept pour torture et 63 pour traitements inhumains.
Avec 233 violations (175 en 2007), la Russie conserve la seconde place, devant la Roumanie (189), la Pologne (129) et l’Ukraine (110).
63 arrêts ont condamné Moscou pour traitements inhumains (25 en 2007) et 37 (13) pour violation du droit à la vie dans des affaires concernant surtout la Tchétchénie. Sept autres avaient trait à la torture.
Plus de la moitié de ces arrêts sur la Russie, soit 159 des condamnations, ont concerné des procès jugés « non équitables » et vingt des durées de procédure.
La Cour, qui célèbre cette année un demi-siècle d’activité, peut être saisie par les 800 millions de justiciables des 47 pays du Conseil de l’Europe après épuisement ou défaillance des voies de recours nationales.

REACTIONS D’INTERNAUTES

rnardoo
Attaques enrègle !
Après s’être attaqué à la Constitution, puis aux règles fondamentales du travail, SARKO est bien capable de s’attaquer à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sous prétexte de « réformes » !
05.02 à 16h55 - 
Alerter
riton444
droits de l’homme?
vous pouvez en parler ici si on s’exprime sur un sujet qui fache on est sencuré(si on ne peut pas debattre le nouobs n’ a qu’a pas aborder ces sujets)ensuite oborder ces sujets en public c’est risquer d’etre poursuivi en « justice »pourtant le droit de s’exprimer fait parti des droits de l’homme?
04.02 à 13h33 - 
Alerter
zaichonok
@sebiseb
relis l’article… 
tu vas y arriver.
02.02 à 23h40 - 
Alerter
cassandre
savoir lire et compter
Sur 24 « violations » *présumées*, 
seize cas étaient « en rapport avec la justice (procès non équitable ou durée de procédure) ».

A votre avis, sur ces seize cas, combien ne concernaient en fait que des retards de procédure? 

Avec les délais administratifs que nous subissons tous régulièrement, et dans tous les domaines (près d’un an par exemple pour être avisé d’une perte de points sur son permis), chaque citoyen pourrait légitimement porter plainte pour violation de ses « droits humains ».

Franchement, cela n’a pas beaucoup de sens.
02.02 à 18h47 - 
Alerter

sebiseb
Certes..
Cet en effet assez édifiant de faire une étude sur la déclaration UNIVERSELLE des droits de l’homme cantonné à l’europe ! Il faudrait également savoir comment sont collectés les données ?
01.02 à 20h52 - 
Alerter
michel edmond
les Etats Unis
sont absents car situés non en Europe mais en Amérique.
01.02 à 16h26 - 
Alerter
sebiseb
Et les États-Unis ?
Je m’étonne de voir que dans ce classement ne figure pas les états-unis ? Il est avéré qu’ils violent les droits de l’homme dans plusieurs endroits du monde, à commencer par guantanamo ? ..et évidement sur leur terrains de guerre, en particulier en Irak !
En fait, ces chiffres permettent de surtout de connaître ceux qui acceptent d’être classer de ce genre d’enquête – peut-être moins ceux qui ont des choses à cacher..

Attention, je ne dis pas pour autant qu’il s’agit là de ne pas améliorer ce qui se passe en france, bien au contraire – Mais que l’indignation permette de faire la lumière sur tout, et sur tout le monde !
01.02 à 10h19 - 
Alerter

piotre26
LE VOL NOIR DES CORBEAUX
Avec la petite saucisse et ses fayots nous sommes devenu un pays liberticide qui embastille au nom de la déraison d’état et chasse les enfants sans papier pour complaire à toutes les dictatures désormais nos amis.
01.02 à 09h55 - 
Alerter
b1jam1
Allons enfants !
Je ne vois qu’un seul droit celui d’être vizir et totalitaire ! Si toi pas pensée comme moi ! Toi être mal ! On s’en rend compte, même entre-eux, ils se bouffent ! Que ce soit en France ou ailleurs ! Le seul fléau dans cette humanité reste la connerie ! Bonjour chez vous !
31.01 à 20h31 - 
Alerter
PAPIJO
Ne critiquez plus…
ou vous serez censurés !!!
30.01 à 19h26 - 
Alerter
radada
droit
Visiblement, vu que dès que tu dis quelquechose sur notre « vénéré » président, tu vas en taule (même si tu es bouré ! :-( , ce n’est plus des droits de l’homme dont on parle ici, mais du droit de fermer sa g….!:-(
Par surprenant que SARKÖZY de NAGY BOCSA ne veuille pas de la TURQUIE dans l’Europe : ça ferait de la Concurrence !..
30.01 à 14h45 - 
Alerter
FLANKER68
pour x ray
donc, pasqua devrait être en taule non pas pour ses malversations mais parce qu’il est corse!
tu fais certainement parti de ces journalistes qui n’oublient jamais de mentionner les origines corses de certains individus.
à quand un article mentionnant les origines berrichonnes ou bretonnes d’un malfaiteur?
30.01 à 13h48 - 
Alerter
razibuzouzou
Les TonTons niqueurs
démocratie totalitaire c’est bien le MAUX
30.01 à 10h27 - 
Alerter
Ch’TiPépé
Regardez
Il n’y a pire aveugle que celmui qui ne veut pas voir !
Regardez où se place la France / autres pays et vous pourrez critiquer après…
30.01 à 09h24 - 
Alerter
teddy60
LEURRE
La France est une démocratie totalitaire ou l’état se mêle de tout , même de ce que doit « penser » le citoyen
30.01 à 07h55 - 
Alerter
xray
In-justice
Pourquoi le Corse PASQUOI n’est n’est pas en prison
30.01 à 06h37 - 
Alerter
Steph38
Pas d’accord
Il y a u moment où il faut arrêter tout ces blablas inutiles. Les droits de l’homme bafoués pour un durée de procès… Il y a trop de droits en France. Les accusés ont bientôt plus de droit que les victimes… Vraiment, c’est du n’importe quoi…
30.01 à 06h10 - 
Alerter
Bienvenu
A amazeigh
Je signale que les généraux Aussarresse et Bigeard sont toujours de ce monde, leur heure de gloire si l’on peut dire fut la guerre d’Algérie, ne mélangeons pas tout,on commence à apercevoir en France un début de dérive concernant les droits de l’Homme, beaucoup de choses se dégradent dans ce pays…
30.01 à 04h55 - 
Alerter
Matin88
« On a de la marge »
Mais bien sûr !!!
On a encore de la marge, les chiffres de violations des droits de l’homme en France sont en hausse mais continuons sur notre lancée à bafouer les les libertés et les droits individuels – oui, bien évidemment on parle toujours de droits de l’homme puisque la femme a moins de droits que son congénère masculin…
Pour terminer avec cette remarque ironique et reprendre un minimum de sérieux… On parle ici de violations des droits humains, d’atteintes aux droits fondamentaux (atteinte à la liberté d’expression, traitements dégradants, discrimination), c’est une affaire de société qui doit être traitée avec des réponses politiques (même si c’est un sujet tellement sérieux pour être confié aux mains des seuls politiques…).
Arrêtons les discussions de comptoirs irréfléchies et déraisonnées, certains fait sont à prendre à la mesure de leu ampleur.
30.01 à 02h08 - 
Alerter
iamino@free.fr
france pays des droits de l’homme?
Il faudrait arrêter un peu avec ce mythe de la France patrie des droits de l’homme, restons modestes… Locke a précédé Rousseau, La déclaration d’indépendance rédigée par Franklin et Jefferson entre autres et inspirée de Locke date de 1776, quant à l’Habeas corpus act anglais il date lui de 1679, sans parler de la Magna Carta…
30.01 à 00h53 - 
Alerter

 

 

ROULETABILLE
c’est un mode de pensée…
à expression péjorative, ironique et méprisante :
le droit-de-l’hommisme ».
Manière « décomplexée » de dire qu’en fait les droits de l’homme vous emmerdent bien…
29.01 à 23h38 - 
Alerter
mic22
Déclaration
La France est le « pays de la déclaration des droits de l’homme » et non pas le « pays des droits de l’homme », ça fait une très grosse différence, on s’en rend bien compte …
29.01 à 23h13 - 
Alerter
Mobylette
Et la gauche ? (A tous ou presque)
En 1983, un type était arrêté pour hold-up. Il fut jugé en… 1994, 11 ans après, 11 ans de taule sans qu’on lui fasse de procès régulier ! Super, la gauche !

Et Outreau, avec ses 20 personnes retenues 3 ans sans preuve, c’est sous la gauche non ?

Il est vrai que chacun a ses Irlandais de Vincennes…
29.01 à 22h21 - 
Alerter

Julot
Nouvelobs
non ! 25 fois avec le nouvelobs qui commet des délits en ne mettant que les réactions qui sont conformes à leurs idées, avec la complicité de netino
29.01 à 22h10 - 
Alerter
Lea75
Droits de l’homme
La France est quand meme le pays des Droits de l’Homme, et si nous commencons a les bafouer nous-memes ces Droits de l’Homme, ou allons nous …
Quel exemple donnons nous aux autres pays.
29.01 à 21h45 - 
Alerter
incorrect
quelle importance ??
quand on voit ce qui se passe ailleurs, y compris en Europe.; on a de la marge et arrêtez de dire que nous sommes dans une dictature.
29.01 à 21h03 - 
Alerter
robert18
incroyable
Je pense que les technocons de bruxelles ne savent pas compter au delà de 24 ou alors ils ont eu des ordres
29.01 à 20h23 - 
Alerter
sardoskye
branquigniolle
Ca put la censure, dés que l’on commence a s’exprimer sur des sujets qui fache, soit c’est pseudos deja pris soit erreur de saisie de code, la censure moderne quoi
29.01 à 19h31 - 
Alerter
FLANKER68
le procés
d’yvan colonna l’avait bien démontré!
comment condamné un innocent sans aucune preuve,uniquement pour plaire à nicolas 1er.

n’hesitez pas à signer la pétition sur le ite de soutien à yvan
29.01 à 18h57 - 
Alerter

HIAN
Logique…
Normal. La justice française est pourrie par les syndicats et autres penseurs de gauche. Tout est question de droits de l’homme si on les écoute. Qu’en est il du droit de la personne agressé, violée, volée ? Avec notre justice qui fait passer l’agresseur pour un » pauvre être perdu dans un monde cruel », on ne crée que des déçus de la justice.

La loi, c’est la loi. La justice n’est pas un organisme social.
29.01 à 18h50 - 
Alerter

TONI TRUAND
DROITS DE L’HOMME ET DE LA FEMME (?)
QUE CES VIOLATIONS (LE TOP DE L’ICEBERG) NE NOUS EMPECHENT SURTOUT PAS DE DONNER DES LECONS DE DEMOCRATIE BLABLA… ETC AUX AUTRES. AJOUTONS-Y LA TOLERANCE VIS A VIS DES CRIMES DE GUERRE SIONISTES, A L’OCCUPATION DE LA PALESTINE, A LA GUERRE NEO-COLONIALE EN AFGHANISTAN COMME VASSAL DES YANKEES. TOUT UN PROGRAMME FASCINANT ?
29.01 à 18h22 - 
Alerter
amazeigh
stop la censure
si c est pour censurer pas la peine de publier des sujets qui fachent.contentez vous des chiens écrasés.NOBS vous etes nuls!
29.01 à 17h35 - 
Alerter
rere59
croisance
il est plus qu’evident qu’en ces temps de crise , le nombre d’injustices ne cesseront de croitre d’annees en annees , et particuliereument en france du fait du caractere despotique de celui qui nous gouverne.
29.01 à 17h20 - 
Alerter
amazeigh
eh ben voila!
on est bons a rien dans pas mal de domaines grace la CHIRAQUIE_UMP .Mais grace a la SARKHO_UMP il y a un domaine ou l on peut s enorgueillir, c est bien la torture et les traitements dégradants.
MASSU ,AUSSARRESSE,SALAN ,BIGEAD,ZELLER…vous n etes pas morts pour rien.la relève est assrée.
29.01 à 17h13 - 
Alerter
booby trap
Waouuuh !
La France est une dangereuse récidiviste…Qu’elle va être sa peine minimum, au vu du niveau de récidive, 24 fois ?
29.01 à 17h06 - 
Alerter
candide?
C’est la « justice moderne » version Sarko ?
Et en plus il voudrait supprimer le juge d’instruction, alors que la Commission Outreau a préconisé un système collégial à 3 juges…
29.01 à 16h46 - 
Alerter

Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE | Pas de Commentaire »

Droits de l’Homme : Fillon ménage Kouchner et Yade

Posté par issopha le 22 décembre 2008

 

Droits de l’Homme : Fillon ménage Kouchner et Yade

NOUVELOBS.COM | 22.12.2008 | 10:48

Réagissez à l'article 5 réactions

La France n’est pas un « donneur de leçons » mais veut défendre les droits de l’Homme « partout dans le monde », affirme le Premier ministre qui est revenu, lors de sa visite en Egypte, sur la polémique entre la secrétaire d’Etat et son ministre de tutelle.

Droits de l'Homme : Fillon ménage Kouchner et Yade dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE 613541

François Fillon, réaffirme que la France n’est pas un « donneur de leçons » mais veut défendre les droits de l’Homme « partout dans le monde » (Reuters)

Dans un entretien publié lundi 22 décembre par le quotidien égyptien Al-Ahram, le Premier ministre, François Fillon, réaffirme que la France n’est pas un « donneur de leçons » mais veut défendre les droits de l’Homme « partout dans le monde », moins de deux semaines après que Bernard Kouchner eut qualifié d’ »erreur » un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme, déclenchant ainsi une polémique avec Rama Yade, la ministre en charge de ce secrétariat.
« La France ne veut pas se poser en ‘donneur de leçons’. Aucun pays ne peut être parfait et irréprochable en la matière. Mais tous doivent tendre à le devenir. C’est parce qu’elle croit profondément en ces valeurs que la France entend défendre ces droits partout dans le monde », déclare le Premier ministre au quotidien égyptien Al-Ahram, selon ses propos diffusés par Matignon.

« Contradiction permanente »

Interrogé également sur les profanations de cimetières musulmans, François Fillon souligne que « la France combat tout type de racisme ».
« La France est un pays républicain dont les valeurs sont celles de la tolérance et de la fraternité », insiste-t-il. « Quiconque s’oppose à ces valeurs s’oppose aux valeurs mêmes de notre pays ».
« Il y a contradiction permanente entre les droits de l’Homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France », avait déclaré le 10 décembre Bernard Kouchner, chef de la diplomatie française, en qualifiant « d’erreur » la création d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme.
L’interview a été accordée à Al-Ahram dans le cadre d’un voyage officiel en Egypte de François Fillon lundi et mardi.

 

LES REACTIONS D’INTERNAUTES

Les réactions des lecteurs

libertyvalence
FPAILLE
je vous comprends où va la France lemplois qui foutent le camps et supprimés , pdt cetemps on tergiverse avec doits de l’homme : de petite phrase ne voulant rien dire
que le pouvoir pensent aux exclus en 1er lieux
frace à 2 voire à 3/4 vitesses
yade, montre de dray çà devient indécent
22.12 à 12h07
Alerter
hubu
Prisons d’1 état totalitaire !!
les prisons francaises sont ignobles. Ce n’est pas qu’une question de locaux ou matérielle.
Le problème est dans la bureaucratie,1 administration totalitaire, qui considère les détenus comme « sa » chose, l’inhumain qui règne partout, le mépris de l’autre, ……

Les pires prisons de l’EU des 27 !!! , c’est voulu, et ça en dit long sur la mentalité et le reste de la société.

« partout dans le monde » : la bonne blague !!

Ras-le-bol de ce pays qui ment à la Terre entière depuis 220 ans!
22.12 à 11h41
Alerter

FPAILLE
Avant de parler des droits de l’homme
il ferait mieux de donner du travail. Je réclame le droit de travailler…. Qu’ils mobilisent tous leur force pour trouver du boulot à tous les français. Quand je vois rama yade à 13 000 euros/mois voyager à travers le monde, je ne supporte plus de voir ces longues filles d’attente au restaurant du coeur. C’est une france à deux vitesses. Yade dehors, tu es inutile…..
22.12 à 09h27
Alerter
Fboise
La France,
un bel exemple de fraternité, en effat. On doit nous l’expliquer pour qu’on le comprennde, c’est pour dire !
L’heure est aux explications. On dicte, on élimine, on explique après. ça ne prend pas !
22.12 à 09h02
Alerter
bernardg76
la France doit donner l’exemple
La France doit déjà donner l’exemple, tant avec ses exclus, ses prisonniers et ses immigrés.

mon blog :

http://lesdessousdelapolicenationale.blogs.nouvelobs.com

22.12 à 08h41Alerter

 

Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE | Pas de Commentaire »

Les défis de l’eau et de la gouvernance vont de pair

Posté par issopha le 19 décembre 2008

Les défis de l’eau et de la gouvernance vont de pair

 

 Les défis de l’eau et de la gouvernance vont de pair  dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE pdf rapportgestionressourceseauunesco2006.pdf

doc dans GEOPOLITIQUE ET ENJEUX DE L'OR BLEU amece20mars2007lettresurleau.doc

Les décisions relatives à la gestion des ressources en eau sont une priorité absolue. Qui a le droit à l’eau et à ses avantages ? Qui prend les décisions concernant la distribution des ressources en eau, et détermine qui est approvisionné ? Et à partir d’où, quand et comment ?

9 mars 2006

JPG - 7.3 ko
Château d’eau au Sri Lanka © Photo UNESCO / P.Coles

La capacité des pays à fournir un service d’approvisionnement en eau et d’assainissement pour tous, à mettre en oeuvre des plans de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), à répondre aux nouvelles demandes en matière d’eau, à déterminer le partage de l’eau entre les usagers et à gérer les conflits et les risques, dépend en grande partie de leur aptitude à mettre en place des systèmes de gouvernance solides et efficaces.

- Le stress hydrique semble apparaître dès lors que les droits et les libertés individuels sont limités. Comparer la quantité d’eau disponible par habitant avec la gouvernance démocratique indiquerait que nombre de pays sont confrontés à un double défi : une pénurie d’eau ou un stress hydrique et la limitation des droits politiques et des libertés civiques. C’est le cas au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. La réforme du secteur de l’eau doit donc être menée de concert avec une réforme globale de la gouvernance. Tant que les questions liées à l’eau ne seront pas intégrées dans les mécanismes propres aux échanges commerciaux nationaux et internationaux, et ne seront pas associées à la stabilité et à une gouvernance plus équitable, il y a peu de chance que les objectifs internationaux en matière d’eau soient atteints.

- Le développement est davantage ancré dans les systèmes lorsque les gouvernements, les entreprises privées et la société civile travaillent ensemble à des projets communs. Au cours des dernières décennies, l’accent a été mis en particulier sur le rôle grandissant du secteur privé dans la gestion des ressources en eau. La privatisation complète des services de l’eau dans les pays en développement n’a toutefois pas permis de répondre aux attentes. Il est donc indispensable d’intensifier le dialogue sur l’eau entre les différents partenaires concernés.

- Pour lutter efficacement contre la corruption dans le monde, il faut redoubler d’efforts et multiplier les actions à tous les niveaux. Chaque année, la corruption coûte au secteur de l’eau des millions de dollars. Elle détourne des ressources financières déjà rares et réduit les chances d’un pays de pouvoir fournir à chacun de ses habitants un service d’approvisionnement en eau et d’assainissement approprié. Dans certains pays, où elle est systématique, la corruption est souvent considérée comme une pratique courante, propre au monde des affaires, entre les institutions publiques, les citoyens et le secteur privé, ainsi qu’au sein même du secteur public.

- Les systèmes de gouvernance sont liés de façon intrinsèque aux procédés et aux pouvoirs politiques. S’orienter vers une meilleure gouvernance sous-entend l’engagement des pouvoirs politiques et exige d’apprendre à manoeuvrer dans des contextes hautement politisés. L’amélioration de la gouvernance de l’eau est un vrai défi en ce qu’elle implique forcément des efforts de réforme qui s’étendent au-delà du secteur de l’eau.

- Il n’y a pas de recette type pour l’amélioration de la gouvernance ; chaque société doit trouver celle qui lui correspond. La planification traditionnelle en matière de ressources en eau demeure rigide. Il reste encore à développer des cadres et des institutions de gouvernance capables de s’adapter et de répondre réellement aux situations caractérisées par la variabilité, le risque, les incertitudes et les changements.

(nb. article rédigé sur la base du résumé officiel)


 

 

Sommet africain sur l’eau : un programme à 65 milliards de dollars

 

La ville de Syrte, en Libye, a hébergé pendant trois jours une conférence ministérielle sur l’eau pour l’agriculture et l’énergie en Afrique, avec un accent particulier mis sur les défis du changement climatique. À son ouverture, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a insisté sur le fait que « la maîtrise de l’eau est un élément clé de la sécurité alimentaire ». Cela a un coût, estimé par les experts à quelque 65 milliards de dollars répartis sur 20 ans.

17 décembre 2008

Cette conférence, à laquelle participaient les ministres et hauts fonctionnaires de 53 pays africains, était organisée du 15 au 17 décembre 2008 par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et par le gouvernement libyen, en collaboration avec plusieurs partenaires, notamment l’Union africaine, le Conseil des ministres africains pour le développement de l’eau, la Banque africaine de développement et la Commission économique pour l’Afrique.

L’ordre du jour de la conférence a principalement porté sur un projet de programme pour une ‘Révolution bleue’ utilisant au mieux les ressources en eau inexploitées de l’Afrique. Etalé sur une vingtaine d’années, ce programme qui devrait coûter environ 65 milliards de dollars détaille les besoins en investissements dans l’irrigation et l’énergie hydro-électrique dans chaque pays africain.

Pour la première fois, des bilans pays par pays, basés sur des évaluations à court, moyen et long termes, ont été dressés de manière exhaustive en considérant les investissements pour la maîtrise de l’eau au niveau des villages, des périmètres irrigués et des grands bassins fluviaux, tant pour l’agriculture que pour la production hydro-électrique.

Il y a urgence : l’Afrique subsaharienne, qui a le plus fort taux de sous-alimentation au monde, sera durement touchée par le changement climatique et le continent devra tripler sa production alimentaire d’ici à 2050 pour nourrir une population qui atteindra 2 milliards d’individus.

L’exemple le plus symptomatique des menaces climatiques sur l’Afrique est sans aucun doute le Lac Tchad et sa « catastrophe humaine et environnementale annoncée”. En une trentaine d’années, il a en effet perdu près des 90 pour cent de sa superficie, mettant ainsi en péril les moyens d’existence des populations locales.

La Déclaration finale commune adoptée par la Conférence de Syrte souligne l’importance de la maîtrise de l’eau au plan national, régional et continental. Le développement du capital humain de l’Afrique passant de toute évidence par la sécurité alimentaire et énergétique, la mise en oeuvre de programmes intégrés sur l’eau, l’agriculture et l’énergie devrait donc être considérée comme une priorité. (Source : FAO)

Lien vers le site de la conférence 

 

 

2e Rapport mondial sur les ressources en eau

L’eau, de la crise de gouvernance à la « responsabilité partagée »

 

L’édition 2006 du Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau (rédigé sous les auspices d’un Programme mondial créé il y a six ans pour aider les États à tenir leurs engagements face aux grands défis liés à l’eau et hébergé par l’UNESCO) a été présentée le 9 mars en conférence de presse à Mexico. Sa publication officielle interviendra le 22 mars, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau. En principe triennal et coïncidant avec la tenue du Forum mondial de l’eau, ce rapport fait désormais partie des documents de référence absolument incontournables dans le domaine de l’eau. Intitulé cette fois-ci « L’eau, une responsabilité partagée », il met le doigt sur ce qu’il appelle une « crise de gouvernance » dans la gestion des ressources mondiales en eau.

9 mars 2006

rmre_2006Plus d’un milliard de personnes n’ont toujours pas accès à des ressources suffisantes en eau potable et plus de deux milliards et demi à un service d’assainissement de base. Ces personnes font partie des plus pauvres au monde et plus de la moitié d’entre elles vivent en Chine ou en Inde. Il semble peu probable que l’ONU atteigne l’objectif qu’elle s’est fixé de réduire ces deux chiffres de moitié d’ici à 2015.

Et cela s’explique principalement, selon le Rapport sur la mise en valeur des ressources en eau, par « les mauvaises pratiques de gestion, la corruption, l’absence d’institutions appropriées, l’inertie bureaucratique et la faiblesse des investissements dans les domaines des ressources humaines et des infrastructures physiques ».

Le 20e siècle a vu la population mondiale tripler, mais la consommation en eau, elle, a été multipliée par six. La capacité de satisfaire la demande planétaire toujours croissante dépendra donc, selon le rapport, d’une bonne gouvernance et d’une bonne gestion des ressources disponibles.

« Il n’existe pas de recette type dans ce domaine complexe et variable, déclare Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO. Cependant, nous savons qu’une bonne gouvernance doit reposer sur des institutions adéquates, aux échelles nationale, régionale et locale, sur des cadres juridiques stables et efficaces, et sur des ressources humaines et financières suffisantes ». Cela suppose aussi le respect des libertés et l’information des citoyens sans quoi, dit encore le rapport, « ils n’ont quasiment aucune chance de pouvoir s’opposer à des aménagements hydrauliques qui nuisent à l’environnement ou de mettre les instances gouvernementales concernées devant leurs responsabilités ».

Des constats qui en disent long sur l’absence de volonté politique …

  • Le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg, adopté par les États membres lors du Sommet mondial pour le développement durable (2002), invitait les gouvernements à élaborer des plans de gestion intégrée des ressources en eau et de valorisation de l’eau avant 2005. Le rapport indique qu’environ 12 % des pays seulement ont mené ce travail à terme.
  • Les crédits alloués à l’eau ne progressent pas. L’aide publique au développement totale consacrée au secteur de l’eau au cours de ces dernières années s’élève en moyenne à 3 milliards de dollars par an (plus un milliards et demi sous forme de prêts d’institutions financières internationales). Mais seul un faible pourcentage (12 %) de ces fonds parvient effectivement à ceux qui en ont le plus besoin.
  • Les investissements du secteur privé dans le domaine de l’approvisionnement en eau sont en recul. Au cours des années 1990, on estime que le secteur privé a investi 25 milliards de dollars dans les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les pays en développement, principalement en Amérique latine et en Asie. Cependant, beaucoup de grandes multinationales présentes dans le secteur de l’eau ont commencé à réduire leurs activités, voire à y renoncer, à cause des risques politiques et financiers importants auxquels elles étaient exposées.
  • Bien que l’on ne dispose pas de chiffres précis, on estime que la corruption coûte chaque année des millions de dollars au secteur de l’eau et qu’elle nuit fortement à l’approvisionnement en eau, en particulier à destination des plus pauvres. Le rapport cite les résultats d’une enquête menée en Inde selon laquelle 41 % des personnes interrogées avaient payé plus d’un pot de vin au cours des six mois précédents afin de falsifier leurs relevés de consommation en eau.

… et sur la dégradation des ressources en eau

  • La qualité de l’eau est de moins en moins bonne dans la plupart des régions. Les chiffres montrent que le nombre d’espèces d’eau douce est en recul et que les écosystèmes d’eau douce se détériorent rapidement, souvent plus vite que les écosystèmes terrestres et marins. Le rapport souligne que le cycle hydrologique, nécessaire à la vie, ne peut se dérouler que dans un environnement sain.
  • Les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses et la très grande majorité d’entre elles sont liées à l’eau. Elles sont la conséquence d’une mauvaise utilisation des sols. Exemple : le lac Tchad, en Afrique, a perdu près de 90 % de sa superficie depuis les années 1960, principalement à cause du surpâturage, de la déforestation et de grands projets d’irrigation non durables.
  • Deux personnes sur cinq vivent aujourd’hui dans des zones susceptibles d’être inondées, notamment du fait de l’élévation du niveau de la mer. Les pays les plus exposés sont le Bangladesh, la Chine, les États-Unis, l’Inde, le Pakistan, les Pays-Bas, les Philippines et les petits États insulaires en développement. Le rapport insiste sur le fait que les changements climatiques ne feront qu’aggraver cette situation.
  • La population mondiale aura besoin de 55 % de nourriture supplémentaire en 2030, ce qui se traduira par un recours plus important à l’irrigation, qui représente d’ores et déjà près de 70 % de la consommation d’eau douce.
  • La moitié ou presque de la population mondiale vit désormais dans des villes. Dans un quart de siècle, ce chiffre aura passé à deux tiers, ce qui entraînera une hausse vertigineuse de la demande en eau dans les zones urbaines. On estime que 2 milliards de personnes vivront dans des bidonvilles, là où l’on souffre le plus de l’insuffisance des approvisionnements en eau salubre et des installations d’assainissement.

(Source : Communiqué de l’UNESCO, 9 mars 2006)

Ile-de-France : la gestion de l’eau potable restera en mains privées

 

Par 88 voix contre 54, les élus du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) réunis à Choisy-le-Roy (Val-du-Marne) se sont prononcés pour le maintien dans le secteur privé de la gestion du plus gros service d’eau potable en Europe. Le Sedif fournit en eau potable quelque 4 millions d’habitants répartis sur 144 communes et les sept départements de la banlieue parisienne. Depuis la création du syndicat en 1923, c’est le groupe Veolia qui gère ce service sous délégation de service public.

11 décembre 2008 – Article ouvert à la discussion >

Après la décision prise par la Ville de Paris de remunicipaliser son service de l’eau (voir article aqueduc.info), la décision du Sedif était très attendue et faisait l’objet de multiples prises de position entre les partisans du retour en régie publique et ceux de la reconduction du contrat passé avec Veolia en 1962 (pour un montant de 371 millions d’euros) et qui arrive à expiration fin 2010. La société Suez Environnement, concurrent direct de Veolia, avait également fait savoir que ce marché l’intéressait également.

Les élus de gauche et des associations de consommateurs dénonçaient une surfacturation de l’eau évaluée notamment par UFC-Que Choisir à quelque 90 millions d’euros par an. Les administrateurs du Sedif, qui avaient commandé une étude montrant que des économies substantielles pouvaient être réalisées, avaient alors proposé de maintenir le mode de gestion actuel en renforçant son contrôle et en l’accompagnant d’une « tarification sociale ». Une majorité d’élus de droite estimaient pour leur part que les entreprises privées offraient un plus grand savoir-faire en la matière.

À noter que le prix de l’eau distribuée dans les 144 communes du Syndicat des Eaux d’Ile-de-France est de 42% plus élevé qu’en ville de Paris et supérieur également à la moyenne nationale du fait, dit-on au Sedif, de conditions d’exploitation plus difficiles. Avec un million de mètres cubes distribués chaque jour, le Sedif est le plus grand service public d’eau en France. (Informations de sources diverses)

Site web du Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (Sedif)

Paris remunicipalise son service de l’eau

 

C’est à une large majorité que le Conseil municipal de la Ville de Paris a voté la remunicipalisation du service de l’eau à partir de 2010. Il a pour cela autorisé la création d’une régie autonome autour de la société EAU DE PARIS, désormais chargée de la totalité de la chaîne d’alimentation en eau. Cette décision constitue une étape importante dans la mise en place de la réforme du service public de l’eau de la capitale française.

24 novembre 2008 – Article ouvert à la discussion >

Jusqu’ici c’est « Eau de Paris », une société d’économie mixte détenue à 70% par la Ville, qui était chargée de la production d’eau potable. Mais ensuite ce sont deux entreprises privées qui en assuraient la distribution suite à une décision prise par Jacques Chirac en 1985 : la Compagnie des Eaux de Paris, filiale de Veolia en rive droite, et Eau et Force-Parisienne des Eaux, filiale de Suez en rive gauche. Mais les contrats de délégation de service public de ces deux entreprises arrivant à leur terme, la Ville, sous l’impulsion de son maire Bertrand Delanoë, a opté pour le principe de la remunicipalisation de son service de l’eau autour de sa société « Eau de Paris », transformée en régie autonome.

La Mairie de Paris justifie le choix d’un opérateur unique par le fait que « l’organisation actuelle, éclatée, dilue les responsabilités et ne permet pas d’identifier clairement les compétences de chaque acteur. Ainsi, une goutte d’eau qui entre dans Paris, change en moyenne dix fois de responsable avant d’atteindre le robinet du consommateur. »

Le manque à gagner des deux entreprises privées dont les contrats n’ont pas été renouvelés se chiffrerait, selon les données connues, à quelque 132 millions d’euros pour Veolia et 62 millions pour Suez.

Dès janvier 2010, la nouvelle régie devrait regrouper l’ensemble des activités de production et de distribution de l’eau potable et disposer d’un grand laboratoire de recherche et de surveillance de la qualité de l’eau : « L’usager aura ainsi un seul interlocuteur, aux responsabilités claires. Cette organisation simplifiée sera plus lisible. L’accès à l’information sera plus aisé. »

Les autorités parisiennes espèrent plusieurs avantages de cette réappropriation publique de l’ensemble du service de l’eau, notamment : une amélioration de la qualité et de l’efficacité du service rendu, une stabilisation du prix de l’eau, un meilleur suivi et entretien des équipements et des réseaux, une plus grande maîtrise de la consommation d’eau, une réelle concertation avec les usagers et le développement de la solidarité avec les Parisiens les plus démunis comme avec les populations des pays du Sud privés d’accès à l’eau potable.

Par contre, les maires des 144 communes membres du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), représentant quelque quatre millions d’habitants, ont décidé le 11 novembre (voir l’information aqueduc.info) de confier à nouveau la gestion de leurs services des eaux à un opérateur privé, en l’occurence Veolia, sous contrat depuis 1962. Avec un million de mètres cubes distribués chaque jour, le Sedif est le plus grand service public d’eau en France. (Sources : Eau de Paris, Sedif)

Site web de la Société anonyme de gestion des eaux de Paris (Eau de Paris)

 

 

 

L’eau n’appartient à personne. Donc…

13 janvier 2007

Les fans de Yann Arthus-Bertrand et de ses relevés d’arpenteur de terres « vues du ciel » continuent de s’en mettre plein les yeux. Début janvier, le deuxième volet du long documentaire proposé par France 2 les invitait à prendre conscience que « Défendre l’eau, c’est défendre la vie… Mais il faut la sauver aujourd’hui si nous voulons qu’il en reste demain. »

Peut-être avez-vous eu la chance de revoir ou de découvrir ces extraordinaires et parfois spectaculaires clichés : Mer Morte qui continue de s’assécher, fabuleuses cascades brésiliennes du Minas Gerais, champs d’oignons des Dogons maliens en plein Sahel, pépinières verdoyantes du Néguev israélien, fontaines géantes de Las Vegas, réservoirs de fortune sur les toits d’Amman la jordanienne. De retour au ras du sol, ce sont alors les mots qui font choc. Les pires et les meilleurs.

Las Vegas, Nevada. La ville américaine qui consomme le plus d’eau – 1000 litres par jour et par personne – dans le territoire le plus sec des États-Unis. Jardins, parcs, piscines, tout y est démesuré : Sin City, la pécheresse, déborde littéralement d’« extravagances aquatiques ». L’approvisionner en eau quotidienne, bonne et suffisante, c’est l’affaire de Pat Mullroy, dont on réalise qu’elle est sans doute la femme la plus puissante du territoire. Elle met en tout cas toute son énergie à faire en sorte que rien – surtout pas un manque d’eau – ne vienne freiner l’expansion de la capitale du jeu : « mon rôle est d’apporter de l’eau, quelle que soit l’utilisation qu’on en fait ». Coûte que coûte.

La patronne de la Water Authority avoue tout de même quelques soucis. Car le Lac Mead, ce vaste réservoir artificiel dont le Nevada partage l’exploitation effrénée avec six autres États, s’épuise rapidement. Le fleuve Colorado n’arrive plus à compenser les pompages. Diantre ! Las Vegas, avec un aqueduc de 500 kilomètres, ira donc soutirer l’or bleu souterrain de l’Est de l’État, provoquant la colère et le désespoir d’agriculteurs et de cow-boys privés d’avenir. Don’t let Las Vegas destroy Nevada ! Mais Pat Mullroy n’a que faire de leur mauvaise humeur : « cette eau ne leur appartient pas ». Leur bonheur et leurs droits passent après ceux des investisseurs et des touristes.

Cette loi du plus fort pour l’accès à l’eau, le Proche-Orient la vit au jour le jour. Une très récente étude arabe conclut par exemple que l’État israélien contrôle aujourd’hui quelque 80% de l’eau des territoires palestiniens. Et si Yann Arthus-Bertrand a concentré son reportage sur cette région du monde, c’est parce que c’est là, à ses yeux, que se cristallisent toutes les inquiétudes du monde, mais aussi de possibles promesses.

Celui qui, du ciel, regarde l’eau de Jordanie, d’Israël et de Palestine, comprend qu’elle n’appartient à personne. Mais il en tire une autre conclusion qu’à Las Vegas. C’est le bien commun de tous, elle est à tout ce qui vit : « c’est l’eau qui va sans doute forcer les hommes, ici, à faire la paix pour assurer leur survie ».

Bernard Weissbrodt



* VU DU CIEL, « Défendre l’eau, c’est défendre la vie »
Documentaire de Yann Arthus-Bertrand
Réalisation : Pascal Plisson et Xavier Lefebvre
Production France Télévisions, 2006

 

 

 

Rapport mondial sur le développement humain 2006

Pourquoi les plus pauvres paient-ils l’eau au prix fort ?

 

À Barranquilla, en Colombie, le prix moyen de l’eau fournie par les services collectifs est d’un demi dollar par mètre cube, contre 5 dollars et demi pour celle des sociétés qui la distribuent par camions-citernes aux familles non raccordées. De même, dans les bidonvilles d’Accra, au Ghana, et de Nairobi, au Kenya, la population achète son eau auprès de vendeurs qui pratiquent des prix au litre généralement huit fois plus élevés que celui de l’eau courante fournie à domicile par les services collectifs.

9 novembre 2006

Le dernier Rapport mondial sur le développement mondial met le doigt sur une flagrante situation d’injustice, à savoir que les prestataires de services publics, bien trop souvent, fournissent une eau bon marché aux familles à hauts revenus et un service de piètre qualité – voire aucun service du tout – aux populations pauvres.

Il y a certes une inégalité de départ : les ménages pauvres, parce qu’ils n’en ont pas les moyens financiers, ou plus simplement encore parce qu’ils vivent en dehors des réseaux de distribution, ont peu de chance d’avoir accès à une source d’eau potable. Le revers de la médaille est encore moins reluisant : des millions de gens parmi les plus pauvres paient leur eau à un prix parmi les plus hauts.

Pour en comprendre le pourquoi, il faut d’abord regarder où ces populations démunies vont chercher leur eau et comment les structures du marché leur rendent la vie extrêmement difficile. Tant il n’est pas simple pour elles, si l’on s’en tient aux normes minimales de qualité, de quantité et de proximité, d’avoir « au moins 20 litres par jour d’eau salubre provenant d’une source située à moins d’un kilomètre du domicile ».

De l’eau à sources multiples

Avoir accès à l’eau dans un pays pauvre n’a pas grand-chose à voir avec les robinets des habitations en pays riches où chaque immeuble est raccordé à un réseau de distribution géré par un prestataire de service.

Du point de vue de la qualité, raccordements privés, bornes-fontaines, pompes et puits protégés peuvent être considérés comme des accès à l’eau potable. Mais ce n’est pas le cas pour l’eau achetée à des revendeurs et à des camions-citernes, et encore moins pour l’eau puisée dans les cours d’eau et les puits non protégés.

Dans la réalité quotidienne, les usages de l’eau sont beaucoup plus variés – et dynamiques – que l’image simplifiée qu’on en a dans les pays du Nord. Des millions de familles doivent constamment modifier leur quête de l’eau pour répondre à leurs préoccupations immédiates (disponibilité, qualité, prix, etc.) si bien que la frontière entre eau potable et non potable a quelque chose d’un peu illusoire. On boit l’eau du robinet public, mais on puise l’eau des puits non protégés pour l’hygiène personnelle et la lessive.

De plus, il faut tenir compte des facteurs saisonniers : lorsque la pression est trop faible dans les fontaines ou que l’arrivée d’eau est trop irrégulière, il faut se tourner vers des sources de remplacement, y compris les cours d’eau, avec les conséquences faciles à imaginer quant aux risques de contamination et au nombre d’heures supplémentaires passées à s’approvisionner.

JPG - 41.6 ko
Source : RDG 2006 (PNUD)

Le puzzle de l’offre

Si on regarde l’accès à l’eau du point de vue des distributeurs, les images se multiplient tout autant. Alors que les usagers des pays industrialisés s’approvisionnent généralement auprès d’un seul et unique prestataire de services, les familles pauvres des pays en développement se voient proposer « un éventail déconcertant » de vendeurs d’eau.

Faute de robinet privé, ce sont les bornes-fontaines qui représentent le point de contact privilégié, et le plus répandu, avec le réseau collectif de distribution. Ces points de distribution et de revente d’eau à un prix minimum sont souvent gérés par des comités de quartier, des associations locales ou des particuliers sous contrat avec le service municipal.

Ce n’est pourtant que la partie visible du système de distribution. Car, dans de nombreuses villes, ces bornes-fontaines ne sont de loin pas disponibles – ou en état de marche – dans tous les quartiers, surtout dans les zones plus éloignées. Et là où elles existent, l’approvisionnement peut être insuffisant, voire rationné en saison sèche.

L’eau marchandise

JPG - 7 ko
© Green Belgium – Jeune porteur d’eau au Maroc

Les familles doivent alors s’adresser à des vendeurs d’eau. Certains en font le commerce dans des « kiosques » après l’avoir acquise auprès de propriétaires de camions-citernes qui ont accès, ailleurs, à des points d’eau du service collectif. D’autres s’en vont la vendre dans la rue en jerrycans ou bonbonnes, sur leurs vélos ou sur des charrettes attelées à des ânes. Ces revendeurs d’eau représentent un plus indéniable. Ils agrandissent en quelque sorte le réseau d’eau et proposent un service qui génère d’importants avantages pour les familles. Mais c’est un service qui a un prix (voir dans la colonne de droite), proportionnel à la distance qui les sépare du service collectif et au nombre d’intermédiaires entre le réseau et le consommateur final.

Autrement dit, et pour reprendre les termes mêmes du Rapport mondial sur le développement humain, « des millions de gens parmi les plus pauvres et les plus vulnérables au monde dépendent déjà de marchés qui traitent l’eau comme une marchandise et distordent les prix à leur détriment ». Pour bon nombre de ménages, le marché privé de l’eau est quoi qu’on en dise une réalité quotidienne. Qu’ils paient au prix fort et souvent pour un « produit » de piètre qualité. (bw)



Ces informations sont toutes extraites du Rapport mondial sur le développement humain 2006 (PNUD)

 

 

 

Un rapport du WWF international

La crise de l’eau touche aussi les pays riches

On a longtemps considéré que les crises de l’eau étaient d’abord un problème touchant les pays les plus pauvres, mais, aujourd’hui, elles affectent de plus en plus certaines des nations les plus prospères. Le constat émane du Fonds mondial pour la nature (WWF) qui publie un rapport (« Rich countries, poor water ») donnant une vue globale des enjeux de l’eau dans les pays développés.

16 août 2006

wwf2006_120Ce rapport montre que l’interaction entre les changements climatiques, les épisodes de sécheresse et la disparition des zones humides engendre une crise mondiale, qui s’aggrave encore de par l’inadéquation des aménagements et la mauvaise gestion de l’eau. Le rapport se base sur des exemples glânés en Australie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Japon.

Pour Jamie Pittock, directeur du programme global d’eau douce du WWF, « l’eau doit être employée plus efficacement dans le monde entier, la pénurie et la pollution deviennent des choses davantage communes et la responsabilité de trouver des solutions repose à la fois sur les nations riches et sur les nations pauvres. »

En Europe, les pays de la façade atlantique souffrent de sécheresses récurrentes, alors que dans le bassin méditerranéen le tourisme de masse,qui entraîne une consommation intensive de l’eau, et l’irrigation de certaines cultures gourmandes en eau mettent en danger les ressources aquatiques disponibles. En Australie, le continent le plus sec du monde, la salinité menace grandement une grande partie des principales zones agricoles.

Au Japon, et en dépit de précipitations élevées, la contamination des approvisionnements en eau est un problème extrêmement sérieux dans bien des secteurs. Aux Etats-Unis, de larges pans de l’économie emploient déjà nettement plus d’eau que ce que permet la reconstitution naturelle des réserves. Une situation qui se voit encore aggravée par le réchauffement climatique et ses conséquences comme l’augmentation des pluies, l’accroissement de l’évaporation et la fonte des glaces.

« Ne pas répéter les erreurs du passé »

Les pays émergents, poursuit Jamie Pittock, « ont encore la possibilité de ne pas répéter les erreurs du passé et de s’épargner les coûts élevés qu’entraînent la restauration des écosystèmes d’eau douce détériorés. Malheureusement, la majorité de ces pays a déjà été séduite par de grands projets d’infrastructures, sans qu’il n’y ait eu de réelle évaluation des besoins en eau ni de leurs coûts pour les populations et pour la nature ».

Au Brésil et en Chine, plusieurs projets de barrages suscitent l’inquiétude quant aux conséquences sur l’environnement et les populations. En Inde, l’agriculture est menacée par une surexploitation généralisée des ressources en eau.

Pour les responsables du WWF, l es problèmes liés à l’eau, qui touchent aujourd’hui tant les pays riches que les nations pauvres, sont des signaux d’alarme qui doivent nous rappeler notre devoir de protéger la nature, source de toute l’eau dont nous avons besoin.

Le bien-être matériel et la multiplication des infrastructures ne protègent pas des pénuries ou des pollutions, pas plus qu’ils ne constituent des substituts efficaces à la protection des cours d’eau et des zones humides, ni à la restauration des sites inondables.

Il appartient aux gouvernements de trouver des solutions adaptées, pour les riches comme pour les pauvres, notamment en réhabilitant les infrastructures vétustes, en réduisant la pollution des eaux et en modifiant les pratiques agricoles d’irrigation.

(Source : communiqué WWF et agences)

Le robinet et le cadenas

9 novembre 2006

C’est le graphisme de couverture du dernier Rapport mondial sur le développement humain, consacré cette année à la thématique de l’eau. Un robinet et un cadenas qui disent que des millions d’êtres humains de par le monde sont privés d’accès à une eau salubre. Non pas parce que cette eau serait rare, mais parce qu’ils en sont exclus pour cause de pauvreté, d’inégalité, ou d’incapacité des pouvoirs publics.

De ce rapport – qui postule que le développement humain se mesure d’abord par la qualité de vie et non par la richesse matérielle – on retiendra d’abord quelques informations-clés. Qu’ils sont rares les pays qui font de l’accès à l’eau une priorité politique nationale. Que la communauté internationale fait de même en négligeant la part de l’eau dans les budgets de coopération. Qu’elle fait pire encore dans le domaine de l’aide à l’assainissement, trop souvent relégué au chapitre des contributions annexes. Et surtout que, dans les pays pauvres, les plus démunis paient l’eau plus cher et en reçoivent moins.

rdh2006Cette publication, parrainée par le Programme des Nations Unies pour le développement, a également le mérite de rafraîchir la mémoire des gens du monde industriel. Pour qui le robinet est aujourd’hui quelque chose de totalement banal. Et qui ont oublié – ou ne savent pas – qu’il n’y a pas si longtemps que cela, l’un des puissants moteurs du développement de leur propre pays a consisté à purifier de l’eau et à la séparer des excréments. Ce qui fait que nous autres gens du Nord avons aussi beaucoup de mal à imaginer et à comprendre ce que veut dire l’insécurité de l’eau dans des pays en développement.

La sécurité humaine, c’est précisément l’un de ces rapports, en 1994 déjà, qui l’a introduite dans le débat sur le développement pour contrebalancer les conceptions étroites des stratèges militaires. Elle retrouve toute son actualité au moment où le mot sécurité devient quasiment synonyme de lutte contre le terrorisme. Mais si l’on regarde ce qui aujourd’hui menace une majorité de gens sur la planète – la crise de l’eau fait davantage de victimes que n’importe quelle guerre – on comprendra vite que l’approvisionnement en eau potable et l’accès à un assainissement digne de ce nom doivent faire partie des priorités absolues de la sécurité mondiale. Il est encore temps de déverrouiller le robinet. Avant que la rouille ne s’y mette.

Bernard Weissbrodt

 

Rapport mondial sur le développement humain 2006

Crise mondiale de l’eau : trop de paroles, trop peu d’actes

« En ce qui concerne l’eau et l’assainissement, le monde souffre d’un excédent de conférences et d’un manque d’action crédible ». Ce constat sans équivoque porte la signature de Kevin Watkins, rédacteur en chef du Rapport mondial sur le développement humain, publié chaque année par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Et dont la thématique 2006 porte sur la crise mondiale de l’eau.

9 novembre 2006 – Article ouvert à la discussion >

Faut-il rappeler les chiffres qui disent la cruauté de la pénurie d’eau ? Plus d’un milliard d’êtres humains de par le monde sont régulièrement privés d’eau salubre et plus de deux milliards et demi n’ont pas d’accès à un système d’assainissement même rudimentaire. Et la réalité est sans doute encore plus sombre que ne la laissent apparaître les statistiques.

Conséquence la plus visible et la plus dramatique : quelque cinq mille enfants meurent chaque jour suite à des diarrhées ou autres maladies directement provoquées par la consommation d’eaux sales ou par manque d’hygiène. La crise mondiale de l’eau fait davantage de victimes que n’importe quelle guerre.

rdh2006Le Rapport mondial sur le développement humain, dont c’est la 17e parution à chaque fois consacrée à une problématique particulière, invite à regarder « au-delà de la pénurie » et à s’interroger sur les véritables causes de la crise de l’eau. D’emblée il réfute l’argument de logique arithmétique selon lequel le manque d’eau serait le corollaire inévitable de l’augmentation de population : « La disponibilité en eau constitue certes un problème pour certains pays, mais la pénurie au centre de la crise mondiale de l’eau trouve ses origines dans le pouvoir, la pauvreté et les inégalités, non dans la disponibilité physique ».

Si donc la pénurie absolue est l’exception, et si la plupart des pays disposent de suffisamment d’eau pour répondre aux besoins de toutes sortes (domestiques, industriels, agricoles et environnementaux), c’est que « le problème réside dans la gestion » des ressources hydrauliques

Selon le rapport du PNUD, une réponse efficace aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement passera sine qua non par un certain nombre d’actions décisives, à savoir :

- traduire dans les faits la reconnaissance du droit à l’eau comme un droit humain fondamental : les gouvernements sont invités à ne pas se contenter de vagues principes généraux inscrits dans les constitutions, mais de promulguer des lois qui garantissent « un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau salubre et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques de chacun » (selon la définition onusienne aujourd’hui communément acceptée) et qui obligent les pouvoirs politiques et les prestataires de services de distribution à rendre des comptes à tous les citoyens, y compris aux plus pauvres.

- développer des stratégies nationales en matière d’eau et d’assainissement : les gouvernements devraient avoir pour objectif de consacrer au moins 1 % du produit intérieur brut à l’eau et à l’assainissement (actuellement, les dépenses publiques dans ce domaine sont en moyenne inférieures à 0,5 % du PIB, alors que les pourcentages consacrés aux budgets militaires sont nettement supérieurs) et adopter des stratégies nationales claires pour vaincre les inégalités dans l’accès à l’eau (pauvres, femmes, ruraux, etc.)

- accroître l’aide internationale : non seulement la part de l’aide accordée à l’eau et à l’assainissement a baissé par rapport à l’ensemble de l’aide au développement, mais, en termes réels, les niveaux d’aide dans ce secteur sont aujourd’hui inférieurs à ceux de 1997 ; si la communauté internationale veut atteindre les objectifs qu’elle s’est donnés de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable et à l’assainissement, elle doit absolument doubler ses crédits de coopération (aujourd’hui un peu plus de 4 milliards de dollars par an)

- construire un partenariat mondial : le maintien du statu quo ne pouvant pas être considéré comme une option, il est nécessaire – en prenant exemple sur le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme – de créer un cadre d’action au niveau mondial capable, entre autres, de dynamiser l’action politique, de renforcer les capacités techniques, de mobiliser des ressources, de coordonner les pratiques des différents partenaires.

Les gains en termes de développement humain seraient considérables : combler le fossé entre les tendances actuelles (à la baisse) et les objectifs fixés pour 2015 permettrait de sauver plus d’un million d’enfants au cours de la prochaine décennie et procurerait un bénéfice économique de quelque 38 milliards de dollars par an. « La véritable question – disent les auteurs du rapport – n’est pas de savoir si le monde a les moyens d’atteindre la cible fixée au titre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, mais s’il peut se permettre de ne pas faire l’investissement nécessaire. » (bw)

- Lire l’édito et le dossier spécialement consacrés à ce Rapport



Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
Rapport mondial sur le développement humain 2006 : _ « Au-delà de la pénurie : pouvoir, pauvreté et crise mondiale de l’eau »
Éditions Economica, Paris (version française), 422 pp.

* Ce rapport est une publication indépendante réalisée pour le compte du PNUD. Ses analyses et recommandations ne reflètent pas nécessairement les opinions de l’organisation ou de ses États membres.

Site internet du Rapport : http://hdr.undp.org

 

 

 

Rapport mondial sur le développement humain 2006

Accès à l’eau des petits agriculteurs : un ciel chargé de menaces

En Inde, le captage d’eaux souterraines par une multinationale de production de boissons a épuisé les nappes aquifères, asséché plusieurs puits et causé de graves dommages à l’environnement. En Chine, en Thaïlande, au Yémen et dans bien d’autres pays, des paysans protestent contre les transferts d’eau de l’agriculture vers des centres urbains et industriels en pleine croissance. Au Pakistan, des protestations s’élèvent contre la gestion de systèmes d’irrigation qui favorisent en amont les cultures céréalières très gourmandes en eau et qui provoquent des pénuries en aval.

9 novembre 2006

Les petits agriculteurs, gardiens de troupeaux et ouvriers agricoles représentent la grande majorité des quelque 830 millions de personnes souffrant de malnutrition dans le monde. Qui plus est, l’eau et la terre constituent deux biens fondamentaux dont ils sont totalement tributaires pour leur subsistance. Le danger, explique le Rapport mondial sur le développement humain, est que les métropoles et les industries en rapide expansion, qui ont besoin de toujours plus d’eau, n’étendent leur emprise hydrologique dans les régions rurales et restreignent du même coup l’accès des plus démunis à cette ressource primordiale.

Concurrence et changements climatiques

JPG - 9.3 ko
Irrigation goutte à goutte en Californie © WWAP – A. Clayson

L’augmentation de la demande industrielle, l’urbanisation, la croissance démographique et la pollution exercent aujourd’hui en effet une pression sans précédent sur les systèmes hydrologiques et par voie de conséquence sur les activités agricoles. Plus cette concurrence sera forte, plus le risque sera grand que les conflits sociaux ne s’aggravent et que les populations les plus faibles en droit – petits paysans et, parmi eux, les femmes surtout – en soient les grands perdants. Ils ne pourront plus produire leur propre alimentation de façon sûre et encore moins rivaliser avec leurs concurrents commerciaux.

Les changements climatiques menacent eux aussi d’accentuer leur insécurité. Certaines régions d’Afrique subsaharienne risquent des pertes de cultures pouvant atteindre 25 % en raison de nouvelles conditions météorologiques, du bouleversement des régimes de pluie et de la disponibilité en eau. Avec, au bout du compte, une diminution des rendements et un regain de la malnutrition.

Un triple plan d’action

Pour prévenir au mieux la crise qui menace les agriculteurs pauvres de la planète, les rédacteurs du Rapport mondial sur le développement humain recommandent des actions dans trois domaines précis :

  • Défendre les droits des agriculteurs. Lorsque l’eau vient à manquer, les puissants se servent tandis que les faibles en sont privés. Des droits sûrs d’accès à l’eau peuvent donner aux plus démunis la possibilité d’échapper à la pauvreté, alors que, privés de ces droits, ils se voient incapables de rivaliser à quelque niveau que ce soit. Cet argument s’applique d’autant plus aux femmes qu’elle souffrent aussi, la plupart du temps, d’un manque de droits sur les terres.
  • Promouvoir davantage d’équité dans l’accès à l’irrigation. Dans les systèmes d’irrigation, l’inégalité de l’accès à l’eau est copie conforme de l’inégalité de l’accès à la terre. Comme l’attribution de l’eau est proportionnelle à la superficie des propriétés foncières, les plus grandes exploitations reçoivent davantage d’eau et aux points névralgiques. Les petits agriculteurs, recalés en fin de ligne d’irrigation, héritent donc d’un approvisionnement en eau moins important, ce qui les oblige à investir dans des moyens supplémentaires de pompage d’eaux souterraines. Et comme les coûts d’irrigation sont calculés sur la base des surfaces irriguées et non pas en fonction du volume d’eau reçue, les plus pauvres finissent par payer leur eau plus cher que les grands propriétaires.
  • Aider concrètement les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques. Ces changements sont déjà en train de se produire et les pauvres ont besoin d’être mieux et davantage soutenus pour y faire face. L’aide internationale en faveur de cette adaptation devrait constituer une pierre angulaire de l’action multilatérale, mais elle est actuellement inadéquate. Depuis le début des années 90, l’aide à l’agriculture des pays en développement a en effet chuté de 12 % à 3,5 %. Renverser ces tendances est un impératif. (bw)

    Ces informations sont toutes extraites du Rapport mondial sur le développement humain 2006 (PNUD)

 

 

 

Rapport mondial sur le développement humain 2006

L’assainissement, cette urgence que le monde ne veut pas voir

« Le manque d’accès à l’assainissement est une façon polie de dire que les gens puisent dans les rivières, les lacs, les fossés et les canaux de drainage souillés par des excréments humains et animaux l’eau dont ils ont besoin pour boire, cuisiner et se laver. Cela signifie que dans les bidonvilles comme Kibera, aux abords de Nairobi, les gens font leurs besoins dans des sacs en plastique qu’ils jettent ensuite dans la rue, faute d’autre solution. » (Kevin Watkins, rédacteur en chef du Rapport mondial sur le développement humain).

9 novembre 2006

Ne pas disposer de toilettes saines, privées et pratiques, constitue une atteinte quotidienne à la dignité et au bien-être de tout être humain. Séparer les populations et l’eau potable des déchets de l’organisme est également un défi ancestral. Pourtant, le fait que près d’un habitant sur deux des pays en développement n’ait pas accès à un système d’assainissement digne de ce nom n’empêche pas qu’il soit relégué dans l’arrière-boutique de la considération politique. Pour les hautes sphères du pouvoir, que des millions de personnes défèquent dans des sacs, des seaux, des champs ou des caniveaux est une réalité honteuse qu’il faut absolument soustraire à la vue.

Sous cet angle du tabou, on ne peut s’empêcher – ce que fait le Rapport mondial sur le développement humain – de tracer un parallèle avec la pandémie du sida. À son apparition, on a fortement escamoté cette « peste des temps modernes », avec les atermoiements que l’on sait. Plus récemment, face à la menace d’une crise sanitaire de grande envergure causée par la grippe aviaire, le monde s’est mobilisé en toute hâte pour dresser un plan d’action internationale.

Pourquoi la crise de l’eau et de l’assainissement en particulier ne suscite-t-elle que d’infimes réactions isolées et si peu d’énergies ? Pour les rédacteurs du Rapport du PNUD, « l’une des explications possibles est que, contrairement au VIH/SIDA et à la grippe aviaire, la crise de l’eau et de l’assainissement constitue la menace la plus immédiate et directe à l’encontre des personnes défavorisées vivant dans les pays pauvres – groupe dont le poids est insuffisant pour influencer la vision internationale de la sécurité humaine ».

Le sida a frappé toutes les couches de la société, riches et pauvres, du Nord et du Sud, sans distinction de statut social ou économique. La crise de l’assainissement ne touche que les populations pauvres et sans voix, dans les pays en développement. Toute la différence est là, le tabou reste résolument entier.

Les femmes plus concernées que les hommes, mais pas entendues

Une seconde entrave importante au progrès en matière d’assainissement est l’inégalité entre hommes et femmes. Des études menées en Asie du Sud-Est montrent que les femmes attachent une plus grande importance que les hommes à la possibilité d’accès à des équipements sanitaires privés, pour des raisons évidentes de dignité et de sécurité. On a également constaté, notamment en Afrique noire, que près de la moitié des filles, surtout après la puberté, abandonne l’école primaire si celle-ci n’est pas dotée d’installations sanitaires adaptées. Mais, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions budgétaires, même au sein des ménages, la voix des femmes n’a guère de poids.

À ce propos, il faut aussi noter que généralement, les populations des pays en développement accordent moins de priorité à l’assainissement qu’à l’eau. Ce qui s’explique aisément car la carence en eau propre fait peser sur l’existence un risque plus immédiatement perceptible que l’absence de toilettes. Par ailleurs, les bénéfices liés à l’assainissement dépendent fortement du comportement cohérent de la collectivité : « les bienfaits que l’installation de latrines permet d’escompter en termes de santé publique peuvent ne se matérialiser qu’à partir du moment ou d’autres ménages agissent de même ». Des latrines n’offrent aucune protection contre les excréments du voisin.

Enfin, il apparaît que le progrès en matière d’assainissement soit paradoxalement entravé par la surabondance de technologies inadéquates. Il ne sert à rien de proposer des toilettes à chasse d’eau quand on sait que les collectivités n’ont aucune garantie que leurs installations soient régulièrement alimentées en eau. Sans parler de leur coût absolument prohibitif : un milliard et demi de gens sans accès à un système sanitaire vivent avec moins de deux dollars par jour.

JPG - 22.7 ko
Source : RDH 2006 (PNUD)

Les initiatives à la base font la différence

Quand bien même les perspectives d’amélioration dans le domaine de l’assainissement soient fortement teintées de pessimisme, il n’en demeure pas moins que le Rapport conclut à « une impressionnante prolifération de réussites au plan local et même national qui contrastent avec le tableau mondial ». Avec deux points communs : la solidarité sociale et les responsabilités partagées.

Le Rapport du PNUD avance des exemples concrets montrant comment des actions menées à la base et combinées à l’engagement des services publics peuvent améliorer la situation des pauvres en matière d’assainissement. Dans le bidonville d’Orangi, dans la capitale pakistanaise de Karachi, la participation quasi-universelle à un projet d’assainissement géré dans les quartiers a contribué à faire chuter le taux de mortalité infantile, le faisant passer, en une vingtaine d’années, de 130 à 40 décès pour 1000 naissances vivantes.

Il y a dix ans, le Bangladesh présentait l’un des plus bas niveaux au monde d’accès à un assainissement adéquat dans les zones rurales. Figurant parmi les pays les plus pauvres au monde, il est néanmoins sur la voie de réaliser une couverture universelle à l’horizon 2010, grâce à une « campagne d’assainissement total » soutenue par les ONG et les autorités locales. Cette campagne fait appel à trois moteurs de changement : la répugnance, l’intérêt personnel et un sentiment de responsabilité individuelle à l’égard du bien-être collectif.

Le Rapport reste cependant prudent dans son analyse. Non seulement parce que les initiatives d’origine communautaire, aussi importantes et efficaces soit-elles, ne remplacent pas l’action gouvernementale. Mais aussi parce que les avancées possibles en matière d’assainissement ne donneront des résultats satisfaisants que si de gros efforts sont menés en parallèle dans le domaine de l’accès à l’eau et dans celui de l’hygiène. Comme les maladies diarrhéiques sont d’origine fécale, la prévention passe par le lavage des mains au savon et à l’eau. De ce point de vue, l’éducation des enfants à l’hygiène personnelle constitue l’un des facteurs les plus puissants de l’amélioration de la santé publique. (bw)



Ces informations sont toutes extraites du Rapport mondial sur le développement humain 2006 (PNUD)

Six Africains sur dix ne disposent toujours pas de toilettes convenables

En Afrique, la médiocrité de l’assainissement menace la santé publique. Le Programme conjoint OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement prépare sur ce sujet un rapport mondial sur ce thème, mais il a d’ores et déjà publié un certain nombre de données sur la situation africaine. D’où il ressort que 62 % des Africains n’ont pas accès à une installation sanitaire améliorée – des toilettes convenables – où les eaux usées sanitaires ne sont pas en contact avec l’homme.

20 mars 2008

Si l’OMS et l’UNICEF estiment que 1,2 milliard de personnes dans le monde ont pu accéder à un assainissement amélioré entre 1990 et 2004, 2,6 milliards d’autres – dont 980 millions d’enfants – n’ont toujours pas de toilettes à la maison. Si les tendances actuelles se poursuivent, 2,4 milliards de personnes seront encore dépourvues d’installations sanitaires de base en 2015. Et les enfants continueront d’en payer le prix par une mortalité prématurée, des problèmes de scolarité et davantage de maladies, de malnutrition et de pauvreté.

JPG - 7 ko
Dans le bidonville de Kibera, à Nairobi, Kenya. (Photo Ecumenical water network)

Chacun sait que l’utilisation de toilettes convenables et le lavage des mains – de préférence au savon – évitent que des bactéries, des virus et des parasites présents dans les déchets humains contaminent les ressources en eau, le sol et les aliments. Cette contamination est une cause majeure de diarrhée, la deuxième cause de mortalité chez l’enfant dans les pays en développement, et provoque d’autres maladies comme le choléra, la schistosomiase et le trachome. L’amélioration de l’accès à l’assainissement est donc une mesure décisive qui permettrait de réduire l’impact de ces maladies. Elle créera également un environnement qui offre davantage de sécurité, de dignité et d’estime de soi. Les questions de sécurité sont particulièrement importantes pour les femmes et les enfants, qui sont exposés au harcèlement et aux agressions sexuelles s’ils doivent sortir la nuit ou se rendre dans des lieux isolés pour satisfaire leurs besoins naturels.

De plus, l’amélioration des installations sanitaires et de l’hygiène dans les écoles a des effets bénéfiques à la fois sur l’apprentissage et sur la santé des enfants. À condition qu’elles tiennent compte des besoins des enfants, qu’elles proposent des toilettes privées et séparées pour les filles et les garçons, et qu’elles mettent à leur disposition des installations d’hygiène des mains. Sans cela, les filles continueront de ne plus fréquenter l’école à l’âge de la puberté.

(Source : communiqué conjoint OMS/UNICEF)

Un consortium marocain pour gérer l’eau potable du Cameroun

Trois entités marocaines – l’Office national de l’eau potable du Maroc (Onep), une société financières (Delta Holding) et une entreprise de travaux publics (Ingema) – se sont vues confier l’exploitation et la commercialisation de l’eau potable au Cameroun. Cette adjudication est pour le moment provisoire, la décision définitive est cependant attendue pour la fin de l’année.

2 octobre 2007

Le gouvernement camerounais avait lancé un appel d’offres en juillet 2006, suite à sa décision d’opter pour une formule de partenariat privé-public et de privatiser la Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC). Dans un premier temps, une société camerounaise (Camwater) a été créée pour planifier, financer, réaliser et gérer les infrastructures du réseau d’eau dont l’État reste propriétaire dans tout le pays.

Cette société de patrimoine à capitaux publics devra donc travailler de concert avec le consortium marocain chargé quant à lui de la production, du transport, du traitement, du stockage, de la distribution et de la commercialisation de l’eau. Le contrat de fermage devrait porter sur dix ans. (Sources : agences)

Au Forum social mondial de Nairobi

Création d’un Réseau Africain de l’Eau

Quelque 250 représentants de divers mouvements sociaux actifs dans une quarantaine de pays africains ont annoncé à Nairobi, dans le cadre du 7e Forum social mondial, leur soutien à la création d’un Réseau Africain de l’Eau destiné à contrer les pressions en faveur de la privatisation des services de l’eau.

24 janvier 2007

« En dépit des résultats désastreux des privatisations de l’eau en Afrique, lit-on dans un communiqué publié lors du Forum social mondial de Nairobi, les agences internationales et les gouvernements continuent à favoriser le partenariat public- privé et la marchandisation de l’eau comme solution à la crise de l’eau en Afrique. »

« Avec le lancement de ce réseau, déclare Adam Al-Hassan, membre de la Coalition ghanéenne contre la privatisation de l’eau, nous disons clairement aux privatiseurs de l’eau, aux gouvernements et aux institutions financières internationales que les Africains résisteront à la privatisation (…) Nous demandons aux gouvernements du monde entier de faire en sorte que toute personne ait accès à une eau salubre grâce à un service public efficace. »

Un message repris par Virginie Setshedi, de la Coalition sud-africaine contre la privatisation de l’eau : « Aujourd’hui nous célébrons la naissance de ce réseau pour résister au vol de notre eau, demain nous célèbrerons l’accès à l’eau salubre pour tous ! »

La déclaration qui accompagne la création de ce réseau africain formule cinq principes non négociables, à savoir :

  1. La lutte contre la privatisation de l’eau sous toutes ses formes
  2. Une gestion publique et participative des ressources en eau
  3. L’opposition à toutes les formes de systèmes d’eau prépayés
  4. L’inscription de l’eau comme un droit humain dans les constitutions nationales
  5. La gestion de l’eau comme un domaine national d’intérêt public

(Source : communiqué)

Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, GEOPOLITIQUE ET ENJEUX DE L'OR BLEU | Commentaires fermés

Torture à Guantanamo : un rapport accuse Rumsfeld

Posté par issopha le 13 décembre 2008

ETATS-UNIS

Torture à Guantanamo : un rapport accuse Rumsfeld

NOUVELOBS.COM | 12.12.2008 | 19:26

Réagissez à l'article 10 réactions

Un rapport du Sénat américain estime que l’ancien secrétaire à la Défense est directement responsable des mauvais traitements infligés aux détenus dans les prisons américaines.

 Donald Rusmfeld (Reuters)

 Donald Rusmfeld (Reuters)

L‘ancien secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, ainsi que d’autres hauts responsables de l’administration Bush ont été jugés responsables de mauvais traitements sur des détenus dans les prisons américaines, selon un rapport du Sénat américain publié jeudi 11 décembre.
« L’accord de Rumsfeld pour le recours à des techniques d’interrogatoire agressives à la base de Guantanamo (Cuba) a été une cause directe pour que des détenus subissent de mauvais traitements là-bas » et « a influencé et contribué à l’emploi de techniques menant à de mauvais traitements (…) en Afghanistan et en Irak », estime le rapport.

« Acceptable d’utiliser des procédures dégradantes »

Il relève que Donald Rumsfeld a autorisé des techniques d’interrogatoire dures à Guantanamo le 2 décembre 2002, tout en faisant des déclarations les excluant un mois plus tard.
« Le message des hauts responsables était clair: il était acceptable d’utiliser des procédures dégradantes et des abus contre les détenus », a déclaré le sénateur démocrate Carl Levin, président de la Commission des forces armées du Sénat, qui a élaboré ce rapport.
Le rapport a aussi critiqué « la tentative des hauts responsables de faire porter le chapeau à des subalternes en évitant toute responsabilité pour les mauvais traitements ».
La Commission a centré ses quelques deux années d’enquête sur l’utilisation par le ministère de la Défense de techniques controversées d’interrogatoire, comme l’obligation de se tenir dans des positions stressantes, la nudité, la privation de sommeil ou la simulation de noyade.

Quand Bush oublie la Convention de Genève

Ces méthodes « ont nui à notre capacité à recueillir des renseignements exacts qui pouvaient sauver des vies, ont renforcé nos ennemis et compromis notre autorité morale », indique le rapport, dont la plus grande partie est classée secret défense.
L’usage de méthodes coercitives a eu pour origine un document signé du président George W. Bush du 7 février 2002, selon lequel les règles de la Convention de Genève sur un traitement humain des prisonniers ne s’appliquaient pas aux détenus du groupe islamiste Al-Qaïda ni aux talibans, selon le rapport.
De hauts responsables de l’administration, dont Condoleezza Rice, ex-conseillère à la Sécurité nationale, devenue ensuite secrétaire d’Etat, ont participé à des réunions sur les techniques d’interrogatoires dures dès le printemps 2002, ajoute le rapport.

Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, VISAGES DE L'INHUMANITE | Pas de Commentaire »

Détention d’étrangers : les premiers contrecoups de la directive retour.Pour un droit de regard dans les lieux d’enfermement pour étrangers

Posté par issopha le 15 octobre 2008

comuniqué presse

Détention d’étrangers : les premiers contrecoups de la directive retour

Pour un droit de regard dans les lieux d’enfermement pour étrangers

par réseau migreurop | publié le 14 octobre 2008 |

Moins de trois mois après l’adoption par le Parlement européen de la directive « retour », qui institutionnalise l’enfermement généralisé des étrangers, les mesures prises par les Etats européens s’inscrivent dans cette même logique d’enfermement et de criminalisation et des étrangers.

Ainsi en Italie, où depuis des années on décrète à chaque occasion l’ »état d’urgence » au prétexte d’une menace d’invasion, le Conseil des ministres vient de décider de doubler le nombre de centres de détention où sont placés les étrangers qu’on veut expulser. Depuis le mois de juillet, les militaires ont rejoint la police et la gendarmerie dans ces CIE (centres d’identification et expulsion- ex CPT centres de permanence temporaire), où les associations n’ont qu’un accès très limité. Le Ministre de l’Intérieur Maroni a aussi exprimé l’intention du gouvernement de créer des centres fermés pour interner les demandeurs d’asile et de porter à 18 mois la durée de la détention, aujourd’hui limitée à 60 jours.

L’allongement des délais est également à l’ordre du jour en Espagne, où les témoignages dénonçant la violence policière sont récurrents, alors que les associations se voient refuser le droit d’accès aux centres fermés pour étrangers qu’elles réclament depuis longtemps.

En France, alors que les associations dénoncent les conséquences de la politique du chiffre menée par le gouvernement en matière d’éloignement, celui-ci veut mettre fin à la mission de défense des droits des étrangers et de témoignage assurée jusqu’ici par la Cimade dans les CRA. En réduisant cette mission à une mission d’information, en la transformant en un marché concurrentiel ouvert à des prestataires de services soumis à des obligations de neutralité et de confidentialité, il supprime de fait la possibilité de regard de la société civile sur ces lieux d’enfermement.

Les mises en garde des nombreuses voix qui se sont élevées contre la directive retour étaient fondées : au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, et au prétexte de répondre aux attentes de l’opinion publique, la détention est en train d’être érigée en système, dans le cadre d’une redoutable harmonisation européenne de l’enfermement des migrants. Si nous restons inactifs, l’allongement des délais, la déshumanisation et l’opacité seront la norme dans tous les lieux d’internement administratif pour étrangers.

Les camps d’étrangers sont l’épicentre de multiples atteintes aux droits fondamentaux. Ne laissons pas tirer sur eux un rideau de silence. Les associations et la société civile ont le droit de savoir ce qui s’y passe.

A l’heure où l’Europe renforce ses dispositifs de contrôle et de détention les associations rassemblées dans le réseau Migreurop lancent une campagne pour exiger un droit de regard sur ces lieux de détention des étrangers en vue :

- de faire connaître la réalité et les conditions de l’enfermement des étrangers dans ces centres,

- de jouer un rôle d’alerte et de défense des étrangers détenus,

- de témoigner sur les conséquences de cet enfermement et sur les situations conduisant aux violations des droits des migrants.

14 octobre 2008

POUR CONTACTS : contact@migreurop.org ou 01 53 27 87 81

Migrations. Positionnement de Survie

S’agissant de la question de l’immigration, Survie s’intéresse surtout à celle venant des pays qui ont été colonisés par la

France et dont la situation est étroitement dépendante de la politique française, à la fois économiquement et historiquement.

Il se trouve que c’est cette immigration-là qui est particulièrement visée par les dispositions de lutte contre l’immigration

mises en oeuvre actuellement.

Un droit fondamental : la liberté de circuler

On peut vouloir quitter son pays momentanément pour voyager, ou pour s’établir durablement ou définitivement en un

autre lieu. Il faut donc d’abord réaffirmer que la liberté d’aller et venir est une liberté qui figure au nombre des droits de

l’homme. L’assignation à résidence est une sanction ou un abus. La première constatation choquante est de voir traiter

comme des délinquants des êtres humains qui ont voulu exercer cette liberté. Plus les moyens de se déplacer sont faciles,

plus la liberté de circulation se restreint. Avec les progrès de ces moyens de déplacement, les Européens ont cependant,

depuis plus de quatre siècles, peuplé les Amériques, l’Australie et autres lieux. Ils décrètent aujourd’hui l’interdiction

de circulation pour les peuples, qui, pour les mêmes raisons qu’eux, éprouvent le besoin de s’expatrier. C’est une prétention

difficilement justifiable. Pourtant c’est ce que veut négocier le gouvernement français avec ses satellites africains. On

donne aux gouvernements des moyens policiers avec l’obligation de contrôler et d’empêcher la sortie de leurs concitoyens,

violant ainsi l’article 13 de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui stipule :

Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien.

 

 

Immigration profitable ou jetable

S’agissant de la France, le pays, depuis longtemps, a profité de l’immigration. Les nécessités de la reconstruction et du

développement industriel de la France après 1945 ont amené l’État à encourager le recrutement massif de main-d’oeuvre

immigrée, notamment dans les pays du Maghreb. Pendant la guerre froide les États occidentaux ont milité pour la libre

circulation des personnes, s’opposant au fait que l’URSS et les pays du bloc soviétique empêchaient leurs ressortissants

de se rendre à l’étranger. L’épisode de la construction du mur de Berlin illustre cette situation.

Parallèlement, dès les années soixante dix, des dispositions restrictives de l’immigration en provenance du Sud ont été

prises en France. Elles n’ont fait que se durcir depuis, engendrant l’augmentation des immigrants clandestins ou « sanspapiers

».

Il s’est constitué de fait une population de « hors la loi », indésirables, qui, bien loin d’être traités suivant les principes des

droits de l’homme, sont assimilés à des délinquants et font l’objet d’un traitement policier, détention, contrainte etc.

L’accent mis actuellement sur le fait que seuls doivent compter les « besoins » du pays d’accueil, en dehors de toute

considération de droits humains, notamment les droits familiaux qui sont bafoués, montre une politique exclusivement

fondée sur la puissance et le profit comme seuls principes.

La question démographique et la question culturelle

La France n’est pas un pays surpeuplé, c’est un pays où la population vieillit. La question de l’emploi, toujours mise en

avant quand on parle d’immigration, est un trompe l’oeil. La réalité sociale montre que des secteurs entiers d’activité

(bâtiment, restauration) dépendent de l’immigration, Il ne devrait donc pas y avoir, en France, un « problème » de l’immigration,

mais il y a, de toute évidence, un problème de racisme à l’égard des populations du tiers-monde, particulièrement

celles qui sont issues de l’empire colonial français, qui représentent pourtant, du fait de la langue et de l’histoire, une

communauté de prédilection. La mise en exergue de faits divers isolés sert la propagande qui présente comme inassimilable

une population au contraire déjà francisée par la colonisation et qui ne demande qu’à s’intégrer. Le défaut d’intégration

vient essentiellement de la ghettoïsation forcée des pauvres, c’est-à-dire surtout des immigrés, nouveau prolétariat voué à

l’exploitation, à qui on n’a laissé que le repli identitaire comme consolation. Déplorer bruyamment ensuite le communautarisme

a quelque chose d’indécent et marque la volonté de « démoraliser » par tous les moyens une population mise au

pilori, désignée au rejet xénophobe.

210, rue Saint-Martin

75003 PARIS

http://survie.org

01 44 61 03 25

Des pays invivables

La focalisation sur l’immigration, présentée comme un danger et une menace, masque également le problème, passé

sous silence, de la politique néocoloniale de la France en Afrique. L’appauvrissement des populations africaines tient essentiellement

au fait de la domination qui s’est exercée et s’exerce encore, politiquement et économiquement, sur leurs

pays. Ce qu’on appelle aujourd’hui le co-développement est voué, comme naguère la coopération, à l’échec, si on se

contente de saupoudrer les fonds d’une pseudo charité sans attaquer à la racine l’ordre économique inique qui règne sur

les échanges Nord-Sud.

Il faut savoir d’ailleurs que l’aide la plus importante et la plus efficace vient de l’immigration africaine elle-même, qui effectue

des transferts d’un montant plus élevé que celui de l’aide gouvernementale. Malgré cet effort des Africains émigrés, les

flux de richesses qui quittent l’Afrique sont toujours plus importants que ceux qui y viennent, engendrant un appauvrissement

inéluctable.

En effet avant de penser à guérir, il faudrait d’abord ne pas nuire. Le maintien dans la pauvreté des pays du Sud est dû

d’une part au pillage des matières premières, appuyé sur la corruption des classes dirigeantes, dans les pays qui disposent

de ces ressources et d’autre part aux obstacles au développement mis par les subventions accordées à l’agriculture

des pays du Nord, sur le marché mondial de la production agricole, qui ruinent les paysans majoritaires dans les pays du

Sud.

Un ordre mondial féroce

La résistance de l’OMC à tout changement dans l’organisation des échanges voue irrémédiablement des populations entières

à l’exode. Et tous les discours vertueux sur l’aide au développement ou le co-développement n’y changeront rien.

L’espoir pour les pays du Sud ne peut venir que de la lutte qu’ils mèneront pour se défendre contre les contraintes imposées

par la domination des pays riches qui monopolisent le pouvoir dans les organisations internationales et n’agréent

dans les pays du Sud que les dirigeants qui relaient leurs choix.

Il est vital d’instaurer un ordre mondial plus juste, qui permettra à chacun de choisir librement où il veut vivre, au lieu de

subir la contrainte de la pauvreté qui vous pousse à partir, et celle de la police qui vous expulse.

Une politique de la haine

Mais le plus élémentaire respect de l’humanité commande aussi de ne pas soumettre à des traitements dégradants les

immigrés, qui sont une richesse humaine.

La chasse aux immigrés et l’expulsion créent des situations inhumaines : vies brisées, familles disloquées. Les lois sur

l’immigration ne servent qu’à fabriquer des sans papiers, dont on déplore ensuite le nombre : refus du regroupement familial,

refus de régulariser ou de proroger automatiquement le séjour de dix ans.

Les conditions de délivrance des visas sont de plus en plus humiliantes et font se détourner de la France un nombre croissant

de gens conscients de leur dignité. L’instrumentalisation du fantasme de l’immigration à des fins électoralistes sème

les germes des haines civiles, génératrices de tempêtes sociales.

Symptôme du désordre mondial, le phénomène de contrainte migratoire doit conduire à un

changement politique dans la lutte contre la pauvreté. Il s’agit de s’attaquer à ses racines pour

supprimer les injustices les plus criantes. Si on se contente de lutter contre les effets, en faisant

la guerre aux immigrés, et si on ne fait rien de sérieux sur les causes, les conséquences

en matière de droits de l’homme et de coût humain seront désastreuses.

Michel Rocard, il y a quelques années, au sujet de l’immigration

avait eu cette phrase : « La France ne peut

accueillir toute la misère du monde ». L’immigration

est-elle forcément synonyme de misère ?

En premier lieu, la phrase complète prononcée par Michel Rocard était : « La

France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit y prendresa part

».

Dire que l’immigration, c’est toute la misère du monde est une vision réductrice

d’une immigration en réalité diverse. Les migrants chassés par les

conflits, les catastrophes écologiques, la famine se déplacent principalement

dans le sens sud-sud. Les Africains en quête de travail, ceux qui fuient la

misère ou la guerre, ne convergent pas tous vers l’Europe. Loin de là. Ils n’arrivent

que marginalement en Europe.

Tandis que l’Afrique subsaharienne compte 17 millions de migrants internes

au continent, les trente pays riches de l’OCDE en accueillent moins de 4 millions.

D’autre part, les migrants les plus pauvres sont de plus en plus entravés

dans leurs migrations vers les pays riches par l’élévation de barrières policières

et militaires de plus en plus importantes dans un contexte de mondialisation

prévoyant la libre circulation des marchandises mais pas celle des hommes.

Ce renforcement du contrôle des mouvements humains s’accompagne

d’un discours populiste et d’exclusion dans lequel les migrants sont présentés

comme un danger pour les équilibres sociaux. C’est une politique du bouc

émissaire.

Quelle est la réalité de l’immigration en France ?

Selon une étude de l’Insee, sur les 4,9 millions d’immigrés que comptaient la

France en 2004, 1,7 million venait de 25 pays de l’UE actuelle, un million et

demi d’immigrés venait du Maghreb, presque exclusivement des Algériens et

Marocains. Le reste du monde totalise 1,4 million de personnes, 29 % des

immigrés, venues essentiellement d’Asie et à l’Afrique sub-saharienne dont les

natifs, issus des anciennes colonies françaises, étaient 570.000 (+ 45 % en 5

ans).

L’étude relève que depuis 1982, « le niveau de formation des immigrants afortement progressé« . Certes, il y a encore 41 % des 30-49 ans qui détiennent

au mieux un certificat d’études primaires (17 % chez les non-immigrés), mais

près d’un immigré sur quatre (24 %) est diplômé du supérieur, guère moins

que les Français de souche (29 %). Cette amélioration est due à l’arrivée de

nouveaux migrants mieux formés : 33 % de ceux installés en France depuis

moins de 10 ans sont diplômés du supérieur, contre 27 % arrivés il y a 10 à 19

ans.

La France est aujourd’hui globalement bien en dessous des niveaux d’immigration

du début du 20ème siècle. Aujourd’hui si nous avions des niveaux d’immigration

analogues, la France gagnerait environ 600.000 habitants. Avec

l’arrivée pour la seule France, en 2004, de quelque 140.000 entrants réguliers,

et de 80.000 à 100.000 entrants irréguliers (chiffre cité par Nicolas Sarkozy),

on est loin du compte (source : Institut nationale des études démographiques).

Selon l’OCDE, la France se situe, avec deux entrées d’étrangers pour 1.000

habitants en 2002, tout en bas de l’échelle des pays de l’OCDE, juste avant la

Finlande et la Hongrie. A titre de comparaison, le Canada et le Royaume Uni

comptent huit entrées d’étrangers pour 1.000 habitants, l’Italie sept pour 1.000

et la Suède cinq pour 1.000. Les flux migratoires n’ont donc pas l’importance

qu’on veut leur donner. Ainsi, face aux 7 à 11 millions d’immigrés irréguliers

qu’il a été question de régulariser aux Etats-Unis, en 2004, à proportions égales,

il s’agirait de régulariser, en France, quelque 1,4 millions de sans-papiers.

Pourquoi « choisir » les immigrés pour ne plus les

subir ?

En réalité, la France n’a jamais été dans un autre cadre que celui de l’immigration

« choisie ». La France a choisi depuis longtemps de contrôler l’entrée

en France des ressortissants étrangers. Il existe, depuis 1945, un Etablissement

public, l’Office national d’immigration (ONI) devenu OMI puis plus récemment

ANAEM par la fusion de l’OMI et du SSAE (Service social d’aide

aux Etrangers) dont l’une des missions est précisément d’assurer la régularité

de l’entrée des étrangers en France. L’immigration choisie existe donc depuis

longtemps. C’est celle qui est dûment autorisée par les préfets ou les directions

départementales du travail selon qu’il s’agit de familles ou de travailleurs.

L’ANAEM se charge ensuite, en lien, avec ses délégations à l’étranger ou

avec les services des consulats de France, d’acheminer ces personnes dans

notre pays. Depuis 20 ans, tous les ministres de l’Intérieur ont signés leur loi

sur l’immigration. Nicolas Sarkozy en même fait adopter trois en trois ans avec

toujours plus de surenchère. Il a fait recette et n’a jamais cherché à dépassionner

le débat. Au contraire, il a aggravé le ressenti des français sur la question

et capitalisé en désignant clairement l’immigration comme un problème.

La réalité des chiffes le contredit.

Pourquoi les lois sur le durcissement du regroupement  familial sont-elles associées à la lutte contre l’immigration «subie » ?

Rappelons d’abord que le regroupement n’a concerné en France que 17.309

personnes en 2006. Les trois quarts du rapprochement familial concernent les

conjoints de Français (9.093 conjoints et 8.216 enfants, source Terre d’asile).

Dans un pays de 64 millions d’individus, c’est un chiffre dérisoire.

On exploite là tous les fantasmes : la peur de l’envahissement, la polygamie

ou le nombre d’enfants réputé innombrables. Le débat sur l’introduction de

tests ADN pour les candidats au regroupement familial et la mise en avant

systématique de la notion d’identité nationale entretient un racisme pernicieux

dans la société française. Hervé Morin, aujourd’hui ministre de la Défense, ne

s’y trompait pas en déclarant en 2006 : « les lois pour contenir l’immigration ne

sont que de la poudre aux yeux » tant que « des gens crèvent de faim à nosfrontières

», «on raconte des histoires aux Français en permanence sur l’immigration

« . « On leur explique qu’il suffit de changer les lois pour que l’immigration

n’existe plus». Ce sont des discours pour les gogos ».

Les discours politiques actuels parlent de déferlantes

d’immigrés en France et en Europe

C’est une affirmation très largement exagérée. La pression migratoire des

pays africains sur l’Europe reste modeste, selon un rapport publié, le 23 juin

2008, par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). On estime

que ce sont des dizaines de milliers de ressortissants ouest-africains en situation

irrégulière qui entrent chaque année dans les pays d’Europe et non pas

des centaines de milliers souligne le rapport. Selon ce même rapport, l’Europe

accueille 800.000 immigrés légaux originaires d’Afrique de l’Ouest, contre

2,6 millions qui viennent d’Afrique du Nord. De manière plus générale, les

réalités des migrations internationales dépassent largement les fantasmes

trop souvent véhiculés en France car ce phénomène ne concerne que 200

millions de personnes, soit à peine 3% de la population mondiale. Seuls 3%

des 4 millions des expatriés maliens sont en France. Bon nombre de nos

suppositions ou croyances en ce domaine trouvent leur origine soit dans une

certaine propagande politicienne soit dans des raccourcis médiatiques.

Survie et les migrations.

 

Questions/Réponses

Quel est le coût de l’immigration ?

La France peut-elle l’assumer économiquement ?

Avant de « coûter », elle rapporte ! La grosse majorité des sans-papiers travaillent.

Ils sont en effet très «attractifs» pour des patrons qui par le biais des horaires qu’ils

imposent et du travail à la tâche, parviennent, en les employant, à abaisser considérablement

le coût du travail. Le même mécanisme joue d’ailleurs pour les étrangers

réguliers dotés d’un titre de séjour précaire. De plus, lorsqu’un immigré pénètre sur

le sol français, il est directement opérationnel et même s’il connaît des périodes de

chômage, c’est quelqu’un qui n’aura rien couté en termes d’éducation ou de formation

professionnelle. Dans le domaine de la santé, la Sécurité sociale espagnole a

calculé qu’elle ne serait pas bénéficiaire s’il n’y avait pas les cotisations des immigrés.

L’apport des immigrés au système de Sécurité sociale espagnole représente

approximativement le surplus de 7,7 milliards d’euros du budget 2007. En Espagne,

il y avait, en 2007, dans la population immigrée trente actifs cotisants pour un retraité

alors que parmi les autochtones espagnols la proportion était de 2,65 pour 1. Ce

sont des données jamais prise en compte par ceux qui dénoncent le prétendu

« coût » de l’immigration.

En France, la première génération d’immigrés d’après-guerre a contribué à la prospérité,

la deuxième l’a renforcée. La troisième est aujourd’hui marginalisée et humiliée.

Ce qui « coûte » en revanche, ce sont les expulsions. Familles disloquées,

enfants séparés, personnes renvoyées dans un pays où leur vie est en danger ….le

coût de cette frénésie de l’expulsion est avant tout humaine. Mettre en parallèle le

coût financier que représente cette politique renforce encore le caractère inhumain

d’une logique du chiffre poussé à l’absurde. Ainsi, au cours de l’été 2008, le préfet

des Pyrénées-Atlantiques n’a pas hésité à affréter un avion privé, avec escorte

policière, pour renvoyer une famille albanaise. Damien de Blic, enseignant et chercheur,

coauteur de « Sociologie de l’argent » (La Découverte 2007) estimait que

l’expulsion des sans-papiers avait coûté, entre 2003 et 2006, 3 milliards d’euros aux

caisses de l’Etat. Il évaluait également à près de 15 000 équivalents temps plein, le

nombre de fonctionnaires dédiés à la seule politique de reconduite à la frontière.

« C’est l’immigration qui nettoie le métro! », tranche

de vie

Les centaines d’ouvriers qui nettoient le métro la nuit à Paris sont quasiment tous

des immigrés venus de Tunisie, du Maroc, du Portugal, du Mali ou du Sénégal

(sources syndicales). « C’est l’immigration qui nettoie le métro! », témoigne l’un de

ces agents d’entretien. Après 30 ans de travail nocturne, il perçoit tout juste 1.500

euros net mensuels, selon sa fiche de paie. Il est employé par l’une des quatre

sociétés qui se partagent le marché du nettoyage du métro: Comatec, Onet propreté

métro, Challancin, TEP métro. « Tous les cinq ans environ, la RATP lance denouveaux appels d’offre, explique-t-il. Pour proposer les prix les moins chers, le

sous-traitant décide souvent de ne pas remplacer des employés: sur une ligne, c’est

comme cela qu’il a été demandé de faire le même chantier avec 13 salariés en

moins... » Certains de ses collègues cumulent deux emplois: « ils font huit heures

dans le métro la nuit, puis trois heures ailleurs le matin. Ils sont un peu fatigués…

D’autant plus qu’ils sont mal logés. »  » Une chose est sûre, conclut-il, « les patrons

préfèrent embaucher des immigrés« , des gens qui « ne regardent pas leur montre

 » et

qui « ont très peur de faire grève comme s’ils allaient en mourir! »

Brice Hortefeux se félicite du chiffre de 30 000 expulsions

en 2007.

Que recouvre ce chiffre ?

C’est avant tout une communication politique. Ce chiffre de 30 000 expulsions cache

surtout quelques grosses ficelles. Ainsi, 13 000 de ces expulsions concerne l’île

de Mayotte, eldorado au milieu d’un l’archipel des Comores misérable. La police de

l’air et des frontières n’hésite plus à interpeller des étrangers qui quittent d’eux

mêmes le territoire en train, bus ou autres pour gonfler les chiffres en les faisant par

la case Centre de rétention. De même, elle interpelle des étrangers, de passage en

France, en situation régulière dans les autres pays européens de l’espace Schengen.

Des méthodes indignes pour simplement gonfler les chiffres et atteindre les

quotas fixés par le ministre de l’immigration.

Quelle est l’image de la France hors de ses

frontières ?

Exécrable ! Dans un texte daté du 22 juillet et adressé à l’Etat français à propos

de l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le

Comité des droits de l’Homme de l’Onu a tancé la France sur la manière dont

les étrangers sont traités par l’Etat.

L’organisme note avec préoccupation que de très nombreux sans papiers et

demandeurs d’asile « sont retenus dans des locaux inappropriés – zones d’attentedans les aéroports et centres et locaux de rétention administrative« , dénonçant

plus particulièrement la situation de l’Outre-mer et celle des mineurs

non accompagnés. Il regrette également que l’Etat français n’ait « pas ouvertd’enquête

 » sur des allégations de mauvais traitements d’étrangers et de demandeurs

d’asile dans des prisons et des centres de rétention, « ni sanctionnécomme il convient leurs auteurs

« . Le comité des droits de l’homme s’est aussi

inquiéter du fait que des étrangers aient été renvoyés par la France « dans despays où leur intégrité était en danger

« , relevant par ailleurs que les étrangers nesont « pas correctement informés de leurs droits« , notamment de celui de demander

l’asile ou d’être assisté par un conseil. Il condamne la procédure dite

« prioritaire », permettant que l’expulsion physique d’un étranger ait lieu « sans

attendre la décision d’un tribunal si la personne est renvoyée vers un pays

d’origine sûr » et épingle la France pour la durée des procédures de regroupement

familial pour les réfugiés statutaires. En octobre 2007, Le projet de loi

français introduisant des tests ADN pour les candidats étrangers au regroupement

familial a suscité une levée de boucliers en Afrique. Le président de la

Commission de l’Union Africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, avait ainsi sévèrement

accueilli le texte, le jugeant « inconcevable » et « inacceptable au niveau

éthique, moral et culturel ».

Que penser des accords de gestion de flux migratoires

signés par la France ?

Prenons l’exemple du premier de ces accords signés, en 2006, à Dakar alors

que Nicolas Sarkozy était encore ministre de l’Intérieur. A l’époque qualifié

«d’historique et sans précédent », il n’avait en fait rien de novateur. Sur lesvisas de circulation : « la France et le Sénégal poursuivront leurs efforts tendant

à faciliter la délivrance des visas de circulation aux ressortissants de l’autre

partie. ». Rien de nouveau sous le soleil sénégalais puisque les consulats de

Dakar et de Saint Louis avaient mis en place depuis longtemps un dispositif

permettant à certaines personnes de figurer sur des listes dites « d’attention

spécifique ». Etaient concernés les hommes d’affaires, intellectuels universitaires,

scientifiques, commerçants, avocats et sportifs de haut niveau. Sur le retour

des clandestins, « la France et le Sénégal s’engageaient à accepter et à

organiser conjointement, dans le respect de la dignité et des droits fondamentaux

de la personne le retour sur leur territoire de leurs ressortissants se trouvant

en situation irrégulière que le territoire de l’autre partie. »

Cette mesure n’était pas nouvelle non plus. Des équipes de policiers sénégalais

voyageaient déjà à bord des avions d’Air France, de Dakar à Paris pour prendre

en charge depuis Paris, les migrants clandestins expulsés, pour prêter main

forte à l’équipe de policiers français. Quant au catalogue de mesures annoncées

en faveur du co-développement, Nicolas Sarkozy avait puisé sans vergogne

dans les dispositifs qui fonctionnaient depuis plusieurs années déjà au Mali

mais aussi au Sénégal et en Roumanie et qui étaient à la charge des services

de coopération des Ambassades.

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la France a signé avec le Gabon et le

Congo-Brazzaville les mêmes accords qualifiés par Brice Hortefeux d’accords

de « de nouvelle génération à la conception très équilibrée qui tient compte à la

fois des impératifs et des réalités des pays d’origine, ainsi que des impératifs et

des réalités des pays de destination« . En revanche, le Mali en refuse toujours la

signature malgré les fortes pressions.

A quoi sert le co-développement ?

Remarquons d’abord qu’il est sous la tutelle du ministère de l’Immigration,

de l’Intégration et de l’Identité nationale. Après avoir aidé en priorité les

pays les plus riches en matières premières (Congo, Gabon), les pays les

plus favorables à ses entreprises (aide liée), la France désormais son aide à

la maîtrise des flux migratoires, ce qui dénature la notion d’aide publique au

développement. Celle-ci est désormais tournée, d’après les dernières orientations

d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération vers le seul

soutien aux entreprises françaises. En résumé, Alain Joyandet gère le business

français, Brice Hortefeux contrôle les migrants. Il siège même depuis

peu à la Commission Nationale de la Coopération Décentralisée (CNCD).

A l’origine, le co-développement désigne l’investissement des migrants dans

leurs pays d’origine. Il est désormais présenté abusivement comme un

moyen de freiner l’immigration. Depuis 1977, les dispositifs liés au codéveloppement

se sont succédées (du million Stoléru, à l’accord francoalgérien

de 1980 qui prévoyait une aide financière d’un montant de 17.000

francs, aux aides publiques à la réinsertion (APR) de 1984) n’ont jamais

donné de résultats : en 5 ans de fonctionnement, un de ces dispositif le plus

abouti : le PDLM (Le Programme Développement Local/Migrations) a permis

la réinsertion de 63 personnes au Sénégal. Pourquoi aussi peu de résultats :

simplement parce que le co-développement n’est regardé que comme un

instrument d’incitation au retour des migrants installés en France et non

comme un dispositif profitant économiquement aux pays. A aucun moment,

on ne s’attaque à la racine de l’ordre économique qui règne sur les échanges

Nord-Sud.

« Les causes de l’immigration sont le reflet de l’échec des politiques de coopération

entre l’Europe et l’Afrique depuis 40 ans » déclarait d’ailleurs, en2006, le ministre malien de l’Extérieur, Oumar Dicko. Il rajoutait : « 

Aucun

barbelé ne va arrêter cette jeunesse désemparée. On a fait semblant de

n’avoir pas entendu leur voix, aujourd’hui on est bien obligé d’accepter que

le mal-développement est une réalité« . Le problème du développement des

pays africains « ne se règlera pas en construisant un pont par-ci, un puitspar-là

« .

De fait, les flux financiers générés par les migrants vers leur pays d’origine

représentent chaque année huit milliards d’euros. Une somme très largement

supérieure aux fonds de l’aide au développement. Et si cette manne

est davantage orientée vers le fonctionnement que l’investissement, c’est

que la corruption atteint des niveaux tels qu’elle interdit tout développement.

Quels sont les dangers à voir l’Europe cherche à

externaliser en Afrique du Nord, la gestion des

flux migratoires ?

L’Europe cherche, en votant des financements destinés à des pays comme

la Lybie ou le Maroc, à tarir les sources d’immigration depuis leur propre

territoire. Elle externalise ses basses oeuvres en quelque sorte dans des

pays encore bien moins attentifs aux droits des migrants. Le risque est

grand de voir des pays comme le Maroc destabilisé. Ce pays qui était espace

de transit, voire d’installation pour de nombreux subsahariens se ferme

chaque jour davantage et cristallise le ressentiment des pays voisins qui

l’accusent de faire le « sale boulot » des européens.

Quelques grands repères

sur les migrations

TENDANCE GENERALE A LA HAUSSE :

A l’échelle mondiale, le nombre de migrants, au sens de personnes vivant dans un autre pays que leur lieu de naissance, a doublé depuis 1975, selon les estimations

internationales pour atteindre 200 millions de personnes en 2005, soit 3% de la population mondiale (pourcentage comparable à celui du début du 20ème

siècle).

LOCALISATION DES MOUVEMENTS :

Ces migrants se concentrent dans les pays riches (60% des migrants y vivent aujourd’hui), dans lesquels ils représentent une personne sur dix, contre une sur 70

dans les pays en développement.

En 2005, selon les Nations unies, les mouvements migratoires se répartissaient ainsi: Sud-Sud (61 millions de personnes), Sud-Nord (62 millions, le flux en augmentation

la plus rapide depuis 20 ans), Nord-Sud (14 millions) et Nord-Nord (53 millions).

Les grands flux migratoires vont principalement de l’Afrique vers l’Europe, de l’Amérique latine vers les Etats-Unis ou le Canada et des pays asiatiques, comme

l’Indonésie ou les Philippines, vers le Japon, les Etats-Unis, les pays du Golfe ou l’Europe.

PLUS GRANDS PAYS DE MIGRATION, PLUS GRANDS PAYS D’ACCUEIL :

Avec près de 20 millions de personnes vivant dans d’autres pays, l’Inde est le plus grand pays de migrants tandis que la plus forte proportion de migrants rapportée

à la population totale du pays se trouve aux Philippines et au Mexique, où 10 % de la population a migré.

Le plus grand pays receveur est toujours les Etats-Unis : 35 millions de résidents sont nés à l’étranger, soit 12 % de la population. En Europe de l’Ouest, cette

proportion est de 10 %, avec 32 millions de personnes nées ailleurs. Le plus fort taux d’immigrants est en Australie, avec 4 millions de personnes, soit 23 % de la

population totale.

EVALUATION DU NOMBRE DES PERSONNES EN SITUATION ILLEGALE:

Par définition, le nombre de clandestins est impossible à comptabiliser. Toutefois, selon les estimations, les Etats-Unis abriteraient près de 12 millions de personnes

en situation illégale (sur une population de 300 millions), l’UE entre 3 et 5 millions (sur une population de 500 millions).

210, rue Saint-Martin

75003 PARIS

http://survie.org

01 44 61 03 25

contact@survie.org

Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, SUR L'IMMIGRATION DANS LE MONDE | Pas de Commentaire »

Droits de l’homme : la position de Sarkozy vivement critiquée

Posté par issopha le 30 avril 2008

TUNISIE

Droits de l’homme : la position de Sarkozy vivement critiquée

NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 08:34

Réagissez à l'article 12 réactions

Le chef de l’Etat français, qui  achève ce mercredi sa visite d’Etat, a estimé que « l’espace des libertés progresse » en Tunisie. Les opposants tunisiens dénoncent un brevet de respectabilité attribué au président Ben Ali.

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Des militants tunisiens des droits de l’homme critiquent le brevet de respectabilité dans ce domaine décerné lundi 28 avril au président Zine el Abidine ben Ali par son homologue français Nicolas Sarkozy à l’occasion de sa visite d’Etat en Tunisie.
« Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons », a déclaré le président français dans un toast prononcé lundi soir lors d’un dîner offert en son honneur par son hôte tunisien.
Le chef de l’Etat français a dit au contraire vouloir rendre hommage à la « lutte déterminée » de son homologue tunisien contre le terrorisme, « qui est le véritable ennemi de la démocratie ».
Les organisations de défense des droits de l’homme accusent le pouvoir tunisien d’attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme islamique, au nom de laquelle un millier de personnes auraient été arrêtées depuis 2003, selon des avocats.

« Sarkozy a esquivé la question »

Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé les restrictions à la liberté de la presse et les emprisonnements d’opposants politiques, faisant état de mauvais traitements et de cas de torture – ce que Tunis nie.
Les défenseurs tunisiens des droits de l’homme souhaitaient que Sarkozy réclame la libération de ces prisonniers politiques, mais il a estimé que, « aujourd’hui, l’espace des libertés progresse » dans le plus petit Etat du Maghreb et il a crédité son président de « la volonté de vouloir continuer à (l’)élargir.
« Sarkozy a esquivé la question des droits de l’homme et de la démocratie en Tunisie pour privilégier les intérêts commerciaux », a réagi mardi Rachid Kechana, rédacteur en chef d’Al Mawqaf, hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (PDP) d’opposition.
« Cela a choqué les militants des droits civiques ici car ils attendaient une prise de position différente de la France, la patrie des droits de l’homme et des libertés », a ajouté Kechana.
Ce dernier et Mongi Ellouze, directeur d’Al Mawqaf, en sont au quatrième jour d’une grève de la faim au siège de l’hebdomadaire pour protester contre ce qu’ils présentent comme les efforts du gouvernement pour asphyxier les finances et entraver la distribution de la publication.

« Une question tunisienne »

« Sarkozy encourage ce gouvernement à poursuivre sa répression parce qu’il a dit aux dirigeants du pays qu’ils étaient sur la bonne voie », a déploré de son côté l’avocate Radia Nasraoui, autre militante des droits de l’homme.
Toutefois, selon Reda Kefi, rédacteur en chef du magazine indépendant L’Expression, des pressions trop ostensibles de la France n’auraient pas fait avancer la cause de la démocratie en Tunisie, seul pays du Maghreb interdisant l’expression politique de l’islamisme.
« Sarkozy est président de la France et il est venu ici pour défendre les intérêts français. La question de la démocratie et de l’amélioration des droits de l’homme en Tunisie est une question tunisienne qui doit être réglée entre Tunisiens », a affirmé Kefi. (avec Reuters)

 

TUNISIE

Ben Ali accepte les « critiques », Sarkozy pas « donneur de leçons »

NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 08:34

Réagissez à l'article 212 réactions

Lundi soir à Tunis, le président français s’est refusé à critiquer la Tunisie, déclarant notamment: « Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais de m’ériger en donneur de leçons ». Dans un entretien publié ce mardi matin, le président tunisien déclare quant à lui: « Nous acceptons volontiers la critique ».

Nicolas Sarkozy accueilli à l'aéroport de Tunis par le président tunisien Zine al Abidine ben Ali

Nicolas Sarkozy accueilli à l’aéroport de Tunis par le président tunisien Zine al Abidine ben Ali

(c) Reuters  

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a indiqué être « conscient » que beaucoup restait à faire en matière des droits de l’Homme en Tunisie et affirmé « accepter volontiers la critique ».
« Dans ce domaine, comme dans d’autres, nous sommes conscients que beaucoup reste à faire. Néanmoins, les réalisations sont déjà nombreuses et l’évolution réelle », déclare-t-il dans un entretien au mensuel Afrique-Asie paraissant en mai à Paris et publié mardi à Tunis.
A la question de savoir si la Tunisie accuse un retard en matière de droits de l’homme, Zine El Abidine Ben Ali répond: « ceux qui le prétendent ignorent totalement la réalité tunisienne. Par contre, si vous parlez de critiques, je vous précise que nous acceptons volontiers la critique » a-t-il assuré.
Le président tunisien a affirmé sa volonté de faire évoluer les droits de l’Homme, énumérant « les grands progrès réalisés par la Tunisie, et constatés, dit-il, lors de l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’Homme du 8 avril à Genève ».

« L‘espace des libertés progresse »


« Nous entendons tirer amplement profit des recommandations que nous fera le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu », a-t-il encore assuré.
L’épineux dossier des libertés et droits de l’Homme est à l’ordre du jour de la visite en Tunisie du président français Nicolas Sarkozy, qui a rendu hommage aux efforts de ce pays en la matière.
« Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer », avait-il déclaré en présence de son hôte lundi soir au premier jour de sa visite d’Etat de 48 heures en Tunisie.
Il faisait allusion aux réformes engagées par la Tunisie « sur le chemin, étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus ».
« Ce chemin, aucun pays ne peut l’avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur », a-t-il martelé.

« Pleinement confiant »

« Je viens d’un continent dont l’histoire, y compris l’histoire récente, recèle d’abominables tragédies et je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons », a noté le président français qui s’est dit « pleinement confiant » de la volonté du président Ben Ali de « continuer à élargir l’espace des libertés ».
Le régime tunisien est régulièrement critiqué par certaines organisations non gouvernementales locales et internationales pour ses « atteintes aux libertés et aux droits de l’Homme », des accusations réfutées par Tunis.
Les autorités tunisiennes considèrent ces allégations comme des « partis pris de certaines ONG systématiquement hostiles ». Elles font valoir que la Tunisie a fait « le choix volontaire de la démocratie et des droits de l’Homme » et entend « poursuivre résolument le processus de réformes en toute souveraineté ».

Les ONG déçues

Deux dirigeants d’ONG défenseurs des droits de l’Homme Khadija Cherif et Mokhtar Trifi se sont dit « déçus » mardi par les déclarations de Nicolas Sarkozy.

« Je suis déçue. Il ne s’agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s’intéresse pas à la réalité de ce pays », a déclaré à l’AFP Khadija Cherif, militante des droits de l’Homme et présidente d’une ONG féministe.
« Sa priorité c’est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut être qu’économique, a-t-elle ajouté, jugeant les déclarations de Nicolas Sarkozy comme « une marque de mépris pour la société civile tunisienne ».
« On est habitué à ce discours. M. Chirac nous l’avait servi en 2003, on nous le ressert différemment malgré les promesses de campagne de M. Sarkozy », a poursuivi Khadija Cherif.
La présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD, indépendante) a confirmé la visite, mardi, au siège de son association, de la secrétaire d’Etat française aux droits de l’Homme Rama Yade.
« Si des garanties ont été données à M. Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux! C’est notre demande », s’est étonné de son côté Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l’Homme. (avec AP, AFP)

TUNISIE

Pour Sarkozy, l’Europe a « l’intelligence », les Tunisiens ont « la main d’œuvre »

NOUVELOBS.COM | 30.04.2008 | 09:09

Réagissez à l'article 10 réactions

Devant 500 patrons français et tunisiens, au deuxième jour de sa visite d’Etat, le président français a déclaré : « Vous avez une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation (…), ce n’est pas les uns contre les autres, c’est les uns avec les autres ». Il a été très applaudi.

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Nicolas Sarkozy et Zine el Abidine ben Ali (Reuters)

Le président français Nicolas Sarkozy a défendu, mardi 29 avril, au deuxième jour de sa visite d’Etat en Tunisie, son Union pour la Méditerranée entre l’Europe et les pays du Sud, alors que sa bonne note décernée au régime tunisien sur les droits de l’Homme suscite la polémique.
S’exprimant devant 500 patrons français et tunisiens, Nicolas Sarkozy a défendu son projet de nouveau partenariat entre les deux rives de la Méditerranée, qui doit être officiellement lancé le 13 juillet, assurant qu’il doit permettre la création d’un « pôle gagnant-gagnant qui concurrencera l’Asie ».
« Il n’y a pas un bon avenir pour l’Europe si l’Afrique en général, et l’Afrique du Nord en particulier, ne connaît pas le développement (…), nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier », a-t-il estimé.
« En Asie, ils ont su, entre les pays riverains, s’intégrer et se compléter. Et le drame de la Méditerranée, il est dans un chemin inverse où l’on s’oppose et on s’exclut », a-t-il ajouté.
« Vous avez une main d’oeuvre qui ne demande qu’à être formée, nous avons beaucoup d’intelligence et beaucoup de formation (…), ce n’est pas les uns contre les autres, c’est les uns avec les autres. C’est ça le partenariat », a insisté le président français sous les applaudissements.

« Des polémiques qui m’importent bien peu »

A titre d’exemple, Nicolas Sarkozy a cité l’accord conclu dans la nuit de lundi à mardi entre la compagnie nationale Tunisair et Airbus qui prévoit, outre la livraison de 19 avions (10 A320, 3 A330 et 3 A350, ainsi que 2 A320 et 1 A350 en options) l’installation en Tunisie d’une usine aéronautique qui emploiera à terme, selon lui, « près de 2.000 personnes ».
Rejetant « des polémiques qui m’importent bien peu », le président français a ainsi une nouvelle fois justifié la signature lundi d’un accord de coopération en matière d’énergie nucléaire civile.
« L’énergie nucléaire, c’est l’énergie du futur (…) la France vous dit que sa technologie, qui est une des plus sûres du monde, une des meilleures du monde, elle est décidée à la mettre au service du développement de vos économies (…), l’Europe ne connaîtra pas la stabilité si vous ne connaissez pas le développement, voilà pourquoi il faut s’unir », a-t-il plaidé.

« Reconnaître la réalité »

Le texte paraphé par Paris et Tunis, identique à d’autres déjà signés avec le Maroc, l’Algérie ou la Libye, suscite les critiques des ONG écologistes et de plusieurs partenaires européens de la France, qui estiment qu’il augmente les risques de prolifération nucléaire militaire.
Plus encore que l’accord sur le nucléaire civil, c’est le satisfecit attribué lundi soir par Nicolas Sarkozy au président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sur le terrain des droits de l’Homme qui a suscité la polémique, aussi bien en France qu’en Tunisie.
« L’espace des libertés progresse » en Tunisie, avait-il jugé devant son hôte, assurant ne pas vouloir s’ériger « en donneur de leçons ».
« Il ne s’agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s’intéresse pas à la réalité de ce pays », a déclaré à l’AFP Khadija Cherif, militante des droits de l’Homme et présidente d’une ONG féministe. « Sa priorité c’est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut pas être qu’économique », a-t-elle ajouté.
« Malheureusement sur le terrain, nous n’avons pas remarqué de progrès notables, c’est peut-être même le contraire », a regretté le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, Me Mokhtar Trifi.

Yade annule un rendez-vous

La secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme Rama Yade, qui accompagnait Nicolas Sarkozy, a reçu dans l’après-midi Me Trifi, mais a annulé un rendez-vous prévu avec l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), sa présidente Khadija Cherif.
La France a signé mardi avec Tunis quatre conventions de crédits d’un montant de 138 millions d’euros pour l’agriculture, l’habitat et l’énergie.
Nicolas Sarkozy devait rencontrer mardi soir la communauté française.
Son épouse, Carla, a visité de son côté, mardi après-midi, un centre d’enfants orphelins à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis. (avec AFP)

LA VISITE DE NICOLAS SARKOZY EN TUNISIE

« Ben Ali doit sa longévité à la France »

Comment réagissez-vous aux déclarations de Nicolas Sarkozy estimant que « l’espace des libertés progresse » en Tunisie ?

- Il doit certainement avoir un bon décimètre pour mesurer cela. Cet espace des libertés a bien été gagné, mais par Ben Ali, et non pas par les droits-de-l’hommistes ou par les citoyens tunisiens. Ben Ali a gagné des libertés contre les Tunisiens. Ben Ali et Sarkozy sont tout simplement en train de s’auto-congratuler.

Nicolas Sarkozy a refusé de se poser en « donneur de leçons » au nom de l’amitié franco-tunisienne. Des protestations françaises pourraient-elles cependant faire évoluer la situation en Tunisie ?

- C’est une question que l’on ne devrait même pas poser. Depuis Mendès-France, en passant par De Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac… jusqu’à Sarkozy, la France n’a jamais vraiment envoyé de sermons à la Tunisie. Bourguiba ou Ben Ali n’ont jamais entendu dire par la France qu’ils devraient donner davantage de libertés à la Tunisie. La France en serait pourtant capable, car c’est l’ancien colonisateur et la Tunisie est encore aujourd’hui quasiment une colonie française. Ben Ali doit sa longévité à la France.
Quant à savoir si la France pourrait agir en faveur des droits de l’homme en Tunisie… Je ne crois pas. Elle pourrait nous aider en laissant faire les citoyens tunisiens, c’est-à-dire en s’écartant quelque peu. Aujourd’hui, Paris aide encore Ben Ali à asseoir son régime.

Comment peut être perçue une telle attitude du président de la République française par les Tunisiens ?

- Nous nous attendions à ça, d’autant plus que nous avons déjà été leurrés par les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy. Mitterrand ou Chirac ont fait de même. Mais Sarkozy, c’est le chef d’œuvre puisqu’il va jusqu’à féliciter Ben Ali pour ses soi-disant réalisations. De qui se moque-t-il ? Les Tunisiens ont cru pendant un moment que la France, terre de la Boétie, pourrait aider à la liberté ici. Aujourd’hui, on assiste plutôt à « L’Avare » de Molière.

Interview de Taoufik Ben Brik par François Sionneau
(le mardi 29 avril 2008)

 

 

 

 

LA VISITE DE NICOLAS SARKOZY EN TUNISIE

Sarko, les droits de l’homme et la courte vue

C’EST une rupture…Peut-être pas celle annoncée, mais c’est une rupture. En voyage chez le président tunisien Ben Ali, Nicolas Sarkozy a fait du zèle.Depuis vingt ans, le régime du président Ben Ali est régulièrement épinglé par les ONG pour ses violations des droits de l’Homme. Des actes de torture ont été récemment dénoncés par les Nations-Unies, des militants des droits de l’homme sont traqués, la censure règne en maitre. Par pure curiosité, allez sur les sites d’Amnesty International ou de Human Rights Watch et vous serez édifiés. Or, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à affirmer, malgré cela, que « l’espace des libertés progresse » et que « ce sont des signaux encourageants que je veux saluer », ajoutant qu’il voyait « pas au nom de quoi je m’érigerais en donneur de leçons » !,laissant à Ben Ali le beau rôle puisque le président tunisien a indiqué être « conscient » que beaucoup restait à faire en matière des droits de l’Homme en Tunisie et affirmé « accepter volontiers la critique » ! Mais Ben Ali est maintenu au pouvoir grâce au soutien de la France et il le lui rend bien : treize Airbus assortie de trois options pour un montant d’un milliard d’euros et la construction d’une centrale thermique pour environ 360 millions d’euros, selon la même source, sans parler d’un accord-cadre de coopération en matière de nucléaire civil ! Qui en Mars 2007 disait : « Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l’homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes » ? Nicolas Sarkozy. Or qu’a fait hier le même Nicolas Sarkozy ? Il est allé jusqu’à encourager Ben Ali à poursuivre dans la voie autoritaire, affirmant: « Qui peut croire que si, demain, après demain, un régime du type taliban s’installait dans un de vos pays, au nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’elles sont en sécurité? ».Or c’est exactement ce raisonnement spécieux qui, partout dans le monde musulman, fait le lit de l’extrémisme islamiste. Il faudrait fermer les yeux sur les actes de torture couramment pratiqués en Tunisie, au nom de la lutte contre le terrorisme. Or, ce n’est pas seulement moralement discutable, du fait que l’on accepte pour certains pays ce que nous refusons chez nous, mais c’est politiquement à courte vue. Ce sont les régimes autoritaires qui ont fait le lit d’Al Qaïda et de ses variantes salafistes. Jean-Marcel Bouguereau
(le mercredi 30 avril)

mardi, 29 avril 2008

Sarkozy et les dictatures

b94c7b96ba59f57f97bcd5fb201623c1.jpg

Comment ne pas voir l’évidence – presqu’obscène?

Il y a moins d’une semaine, Nicolas Sarkozy se disait  »choqué » par la répression au Tibet. 

Et voilà qu’aujourd’hui, à Tunis, il ne voit rien à redire au régime féroce de Ben Ali.  

Nicolas Sarkozy ne défend donc les droits de l’homme que lorsqu’il est en campagne électorale ou lorsque la rue française l’y contraint. 

La preuve?

Souvenez-vous du silence pesant de l’Elysée pendant les émeutes à Lhassa.

Il a fallu attendre les premières grandes manifestations, les « coups » de Robert Ménard et les sondages pour que Nicolas Sarkozy sorte progressivement de cette troublante réserve et définisse, après moultes couacs, une nouvelle ligne qui laisse (un peu) de place à la promotion des droits de l’homme.

Mais, faute de pression, il ne dit rien sur la situation en Tunisie. 

Ou plutôt si:

« Je ne vois pas au nom de quoi je m’érigerais en donneur de leçons »,a-t-il déclaré hier au premier jour de sa visite d’Etat.

Terrible phrase. 

Quelqu’un aurait dû lui rétorquer:

« Mais au nom, Monsieur le président, de ce que vous avez déclaré pendant votre campagne, il y a moins d’un an »

Ou

« Au nom cette Charte universelle des Droits de l’Homme, écrite, vous en souvenez-vous?, par le Français René Cassin. »

Mais personne, aucun militant tunisien des droits de l’homme, n’a pas lui dire quoi que ce soit.

Puisque, comme la mobilisation de l’opinion française est quasi-nulle sur le sujet, Nicolas Sarkozy n’a pas cherché à les entendre.

Pire, il a encouragé Ben Ali à poursuivre dans la voie autoritaire.

Il a affirmé:

« Qui peut croire que si, demain, après demain, un régime du type taliban s’installait dans un de vos pays, au nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’elles sont en sécurité? »

Autrement dit, nous autres Européens devons fermer les yeux sur les exactions du régime Ben Ali au nom de la sacro-sainte lutte contre le terrorisme.

Fermer les yeux sur les arrestations arbitraires, sur la torture, qui frappent aussi bien sur les islamistes que les démocrates.

Sarkozy avait tenu à peu près le même raisonnement à propos de Moubarak qu’il préférait, disait-il, aux Frères Musulmans.

Ces déclarations sont évidemment moralement discutables.

Elles sous-entendent que, lorsqu’il s’agit de défendre les droits de l’homme, nous devrions faire deux poids deux mesures, selon que nous serions ou non menacés par les éventuelles conséquences d’une libéralisation des régimes en place.

Et ces déclarations sont politiquement de courte vue.

Car on sait bien que l’autoritarisme et la corruption des régimes arabes sont justement les ferments principaux de l’islamisme radical.

Les réactions des lecteurs

Léon
Orphee73
Pouvez-vous émettre une idée sans vous référer systématiquement à la famille Mitterand ? Je ne veux émettre d’idée sur le fait déjà ancien dont vous parlez mais mme Mitterand, je vous le rappelle n’était pas élue président de la République et représentait une association française et ne parlait pas au nom de la France.
Vous dépeignez une Tunisie dure pour l’Islamisme radical et doux pour les tunisiennes et les tunisiens très éloignée de ce qu’ils vivent et de ce qu’ils en disent eux-mêmes.
Cela n’est pas à votre honneur ni à celui de votre camp de faire ici l’éloge d’un tel régime.
30.04 à 09h21
Léon
Orphée73
Pour ne pas prendre mes vacances ni envisager de prendre ma retraite en Tunisie je me permets donc de critiquer cette position de Sarkozy je suppose avec votre bénédiction.
La Tunisie et les tunisiens forment un pays extrêmement agréable et accueillant, je peux le dire pour y être allé du temps du président Bourguibah. La rencontre idéale pour nous entre la culture d’afrique du nord et celle de Rome.
Mais depuis la montée de l’islamisme le durcissement du régime est incontestable et la liberté politique n’y règne pas. Il suffit de parler avec les tunisiens ou de lire leurs journaux officiels pour s’en rendre compte.
Le jour de cette déclaration j’ai parlé ici de complicité de la France et l’on m’a critiqué à ce sujet : « quoi, quelle complicité ». Je vois que le opposants tunisiens le ressentent aussi !
Encore une fois, sans être donneur de leçon, il n’était pas nécessaire de donner à un président dictatorial le certificat de conformité du pays des droits de l’homme.
30.04 à 08h59
fisc
Aaaaaaah !
Enfin, l’argument final !Sarkozy a reconnu la « spécificité » Russe.Ses amis ont, en son nom, défini la Chine comme une non-dictature.Les violations des droits de l’Homme ont été relégués au rang d’affaire intérieure (malgré la présence de qui-vous-savez au Quai d’Orsay !).

Enfin, on rend hommage à la lutte des dictateurs contre le terrorisme. La France valide officiellement l’argument que les Etats-Unis ont généreusement fourni aux dictateurs du monde entier pour justifier l’autoritarisme de leur régime !

D’autres ont été aussi cyniques, certes.

Mais que jamais, plus jamais, on ne prétende que Nicolas Sarkozy est un homme qui tient ses promesses !
30.04 à 08h52

L’habile-bête
Question de chimie.
1 – Quelle quantité* d’encre utilisée pour l’impression des billets de banque est nécessaire pour insensibiliser le nerf olfactif contre les particules olfactives de la putréfaction?
* Cette quantité peut sensiblement varier en fonction du pays.2 – Sachant que les billets de banque sont hématophages et entrainent quelquefois une cécité ou une amnésie temporaire, quelle quantité de « droits de l’homme » est-elle nécessaire pour réactiver les sens défaillants?Réponses à envoyer à « Monsieur le Président de la République Française ».
30.04 à 08h49
MINUIT
Dans tous les pays…
il ya toujours des « opposants » pour se prévaloir des droits de l’homme!….ce sont toujours les memes qui,une fois qu’ils sont au pouvoir les oublient!…les communistes se sont toujours bien servis des « droits de l’homme » quand ça les arrangeaient….on voit ce que les communisme chinois,nord coréen et cubains ont fait des droits de l’homme!….ne parlons pas des pays islamisés ou les droits de l’homme et encore plus de la femme sont une chimère….il existe de par le monde de nombreux pays ou la tunisie pourraient etre qualifiée de paradis au niveau des libertés individuelles,il suffit de regarder le voisin immédiat pour voir un exemple de négation des droit humains…Mr BOUTEFLIKA ne supporte pas la contradiction et les prisons algériennes sont pleines « d’opposants »….NE JUGEONS PAS LA TUNISISE en fonction de nos propres critères;contentons nous de la visiter en toute liberté et sécurité…. et laissons Mr BEN ALI s’occuper des affaires de son pays….
30.04 à 08h49
Tango1
Le plus important pour …
… Sarkosconi c’est de privilégier le côté matériel au détriment de l’humain (apanage de tous les dictateurs), même au détriment des 53% de décomplexés qui l’ont mis au pouvoir avec le soutien de la plupart des médias.
Il a tout simplement un porte feuille à la place du c?ur.
30.04 à 08h42
orphee73
autre chose…
Au fait, lorsque cette chère Mme Mitterrand allait se prosterner devant son Fidel Castro adoré avez vous souvenir qu’elle lui ait demandé avec fermeté d’ouvrir son pays, d’y laisser entrer une lueur de liberté et de démocratie??? Je n’ai pas entendu beaucoup de gauchistes et mêmes socialistes s’offusquer de cela ni critiquer, critiquer, critiquer Mitterrand et sa clique. Quand son fils faisait des « affaires » avec les génocidaires (armes et autres….au Rwanda….) Qui s’en offusquait??? Voius les « doirts de l’Hommistes convaincus??? Un peu d’honnêteté intellectuelle messieurs-dames les donneurs de leçon de « morale » dont vous ne voulez même pas à l’école!!De plus en plus de français vont prendre leur retraite en Tunisie. C’est drôle non pour un pays où régnerait une dictature implacable….
Les échanges économiques devraient-ils donc ne se faire qu’avec des pays démocratiques….donc principalement occidentaux. Avec ça il serait beau notre PIB tiens!! La bêtise a la vie dure!
30.04 à 08h34
al1-46
propos d’un candidat…..
« Je ne passerai jamais sous silence des atteintes aux droits de l’Homme au profit d’intérêts commerciaux »N.Sarkozy candidat à l’élection présidentielle.Dont acte…………
30.04 à 08h30
orphee73
Lamentable
Ceux qui critiquent, critiquent, et….qui vont passer leurs vacances dans ce pays horrible, où toutes les libertés sont paraît-il bafouées! Pour m’y être rendu à plusieurs reprises je n’y ai pas senti un manque absolu de libertés. Ceux qui se plaignent se sont bien évidement les « progressistes » tunisiens affiliés à nos bons gauchistes bobo habituels. La femme en Tunisie a bien plus de liberté et de modernité que dans aucun autre pays du Maghreb. Ce sont des femmes d’affaires, elles travaillent librement, ont accès à la contraception, aux soins, aux études contrairement au Maroc et à l’Algéri.; Ne confondez pas s’il vous plaît!
Ben Ali lutte très durement contre l’islam radical et c’est ça qui ne plaît pas aux « droits de l’Hommistes ». Il n’en veut pas sur son territoire et s’il faut payer une démocratisation de ce pays par un laxisme laissant la part belle aux islamistes radicaux alors je trouve qu’une certaine fermeté n’est pas mauvaise.Hélas chez nous…..
on voit ce qu’il en est!
30.04 à 08h27
gloups
droits de l’homme versus business
on voit bien que ce qui prime pour Sarko, c’est de jouer les VRP pour vendre des airbus ou des centrales (c’est sa spécialité, il ne sait pas vendre autre chose)
les droits de l’homme ne l’ont intéressé que le temps d’une campagne électorale, tout comme le bien être des Français et leur pouvoir d’achat
ce temps passé, il privilégie le business et ses potes
c’est sûr qu’il pourra se recaser après avoir fait président, il fera vendeur et fortune comme il le souhaite tant
et les Français dans tout ça, et les droits de l’homme ?
30.04 à 08h25
regine
laissez
lui faire son mandat
30.04 à 08h01
CR85
Oh les gars !
C’est Sarkozy que vous avez chez vous, vouvvouv attendiez à quoi ?
30.04 à 07h57

Publié dans AFRIQUE de SARKOZY, DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, POLITIQUE ET BUSINESS | 1 Commentaire »

CIRCULEZ , LES SANS-PAPIERS SONT « BIEN TRAITES »

Posté par issopha le 18 janvier 2008

CIRCULEZ , LES SANS-PAPIERS SONT « BIEN TRAITES »

Bonjours amis lecteurs !

Je m’appelle Issopha

picture13941.jpg

Ramatoulaye Yade , la très médiatisée Sécrétaire Générale aux Droits de l’Homme  du Ministère des Affaires Etrangères ( gouvernement Fillon2). A quoi sert-elle  ? Sous la présidence Realpolitiste sarkozyenne , une cellule des Droits de l’Homme pour quoi faire RIEN !!!

La RealPolitik façon Bush et Sarkozy ne s’encombre guère de considérations morales , puisque depuis l’accession à la magistrature suprême  du fils de Monsieur  NAGY de BOCSA , les droits de l’Homme n’ont jamais été aussi sujets à maltraitance. Pensez ! la Françafrique   , la Mafiafrique à forte pénétration française  , les autocraties  franco-africaines quasi-éternelles qui s’en accompagnent et les millions de victimes ( paysans africains , « cadets sociaux » des villes ) laissés » en marge de l’histoire «  ( Sarko à Dakar )  et de la satisfaction de besoins primaires ( Se nourir , s’instruire , se soigner ).

 Pour ma part, ma conviction reste intacte depuis la formation du gouvernement Fillon 2 : Rama YADE  , alibi politique sarkozyen  de la diversité à la teinte noire …sans plus !!! Je m’interdis toute méchanceté gratuite , mais il m’apparait , depuis 8 mois tout au moins , que mme Yade n’a de pouvoir que celui que lui confère en théorie ses fonctions. La question des Droits de l’homme est aussi vieille que le rapport de l’humanité à l’art de gérer la Cité…son antériorité est aussi ancienne que les tentations autocratiques que porte consubstantiellement tous les  pouvoirs. Chaque jour dans le monde les droits imprescriptibes et inaliénables consacrés dans la Déclaration Universelle des Droitsde l’homme de 1948 rédigés par le français René Cassin , sont violés , plus en certains endroits que d’autres. La France ne fait pas l’économie  de cette règle.

CENTRE DE RETENTION DE VINCENNES :

Détention d’Etrangers en situation irrégulière en France

On a la liberté de ne pas être d’accord avec moi , mais il est choquant , inadmissible , et proprement révoltant qu’ en France , pays des Humanistes du 18e siècle ( Voltaire, Rousseau , Diderot , etc.) qui ont porté aux droits de l’humain son caractère sacré , que des personnes , fussent-elles « en marge de  la loi » ( façon Horte-Boutefeux et Sark-hypocrisie )  , soient soumises aux traitements aussi dégradants de la part des  » gardiens de l’ordre public  » , sous le mutisme complice des autorités publiques , des politiques , des médias et des citoyens  , à l’exception notable de quelques associations qui , loin du ramdam médiatique des amours du Petit Kaiser , font un travail actif et formidable de dénonciation de ces violations flagrantes des droits des étrangers : Gisti , Cimade , SOS Aide aux Sans-Papiers  , France terre d’Asile… et ces quelques parlementaires qui usent de leur droit de visite parlementaire pour témoigner des conditions de détention exécrables des blacks , beurs , et « mauvais blancs »  du bloc de l’Est-Européen…eh oui , touours les mêmes !

 Saluons également le courage des journalistes du site www.backchich.info ( affrontant froid d’hiver et froidure des policiers  engoncés dans leur arrogance sarkozyenne  , pour réaliser ce mini-documentaire ) dont je m’inspire de l’article et des vidéos qui attestent qu’il se passe des choses anormales derrière les murs de ce centre rétention.

A consulter , pour votre gouverne , les docs ci-dessous :

CIRCULEZ , LES SANS-PAPIERS SONT rapportsurlavocatetlartentionadministrative.pdf

Les vidéos   des  traitements humiliants  subis et rapportés par certains détenus du centre de rétention des sans-papiers de Vincennes sont consultables en cliquant sur le lien suivant  : 

http://www.bakchich.info/article2277.html 

( Issopha , Administrateur du blog ).

A quand une édition spéciale  d’Envoyé Spécial  et de Complément d’Enquête (France 2 )  , de 66 minutes et Zone Rouge (M6) ,       d’ Enquête d’Action(W9) , de Droit de Savoir ou de Sans aucun Doute ( TF1) , ou de Vous Saurez Tout ( NT1 ) , etc…sur les travers de la rétention administrative en France  ?

A quand une plongée  courageuse des médias, tous bords confondus , et des parlementaires dans les coulisses de ce              » couloir de la mort «  qui ne dit pas son nom  ?  Quand la France et ses « con »-citoyens prendront-ils la mesure  du traitement différentiel réservé aux populations des pays pauvres à la misère desquels elle a , cette France ,  fortement contribué depuis plusieurs décénnies , avec la complicité voulue ou forcée des Princes locaux ( pour l’aire africaine francophone tout au moins ) ?

Oui , cette France faussement africaine  , à travers ses émisssaires politiques  , économiques , officiels ou officieux  ,  pour la mise à  mort de laquelle Monsieur Jean-Marie Bockel , le ministre d’Etat chargé de la Coopération , a interpellé le Petit Kaiser alors en pré-campagne pour les présidentielles  , le 15 janvier dernier , sur ses engagements pris au Bénin en 2006 ! 

France , donneuse universelle de leçons droitdelhommistes  à la Russie , à la Chine , à la Libye , au Zimbabwe , etc ,par la voix fluette et à peine audible de madame Yade ( comme alibi politique de la diversité , Sarko n’a pas trouvé mieux , quand bien même  , aurait-ce été mieux ?  )  , malgré sa  sympathique télégénie et ses assauts frondeurs sporadiques  , alors même que dans ses murs , de nombreuses personnes se voient retirer et dénier jusqu’à leur dignité humaine…derrière les murs des prisons , des centres d’arrêt , des centres de rétention et , pire encore , hors les murs de privation de liberté : le racisme quotidien de quelques fachos auquel s’agrège un racisme d’Etat , devenu génétique depuis la validation par le Conseil constitutionnel ( des Sages ) français de l’instauration des tests ADN dans la politique de régulation de l’immigration clandestine (et régulière )  en France. A cela s’ajoutent la discrimination politique et  socio-professionnelle et  la ségrégation spatiale ( les Banlieues et quartiers populaires depuis la politique immigratoire de travail du  début des années 70 en France  )  qui prend étrangement , par certains aspects  , les contours de la ségrégation raciale , puisque’ en gros ce sont les mêmes ( black , beurs , « mauvais Blancs «   et autres basanés de mauvaise ascendance )  qui se trouvent flanqués aux lisières sociales et géographiques  de la croissance , du pouvoir d’achat et des richesses du pays , du moins ce qu’il en reste.

Le Colonel Khaddafi , en visite en France il y a peu , fustigeant la violation des droits des personnes immigrées en France a soulevé un tollé  , l’opinion publique ( médiatique et politique il faut remarquer , pusique ce sont eux qui ont la prétention de faire et de configurer l’opinion de tous ) s’émouvant qu’un dirigeant présenté comme dictateur  méprisant les droits de son peuple ,se soit fendu d’une telle flagellation de la Marianne française , peu soucieuse , elle aussi des droits des  » sans importance  » , quoiqu’en pense la Commission Attali   » Pour la Relance de la Croissance «   qui en appelle  , entre autres suggestions , à une ouverture des frontières à la main-doeuvre étrangère …

Les propos du Colonel , loin de me choquer m’ont ravi .Et c’est bien moi , Issopha ,  exilé  camerounais en France qui consigne ces mots et qui témoigne lui-même au quotidien de ces macro-vexations discriminatoires et racistes.

Ce qui m’a choqué , a contrario , c’est le déni quasi-général de tous les pseudo-faiseurs et leaders d’opinion   quant à la réalité de ce traitement digne des Républiques bananières dont font l’objet une certaine catégorie de personnes ( étrangères et françaises d’orignie étrangères ) . Un déni caractéristique de la névrose qui ronge l’âme  du peuple français et celle  de ses politiques et de ses intellectuels organiques  en premier dans ses rapports à l’Histoire (qu’elle repense à sa gloire )  et dans ses rapports à l’Autre , cet éternel Autre des pays du Sud et de l’Est du Globe  , qu’une certaine opinion de droite  , décomplexée comme jamais auparavant ,  présente comme l’une des  causes principales et «  avérées  » de la faillite des caisses de la République  , de trou de la Sécurité sociale et de l’insécurité grandissante dont les incivilités aux personnes seraient particulièrement propres aux banlieusards Noirs ( d’Outre-métropole ) et Maghrébins.

Khadaffi n’a pas non plus brillé par son soutien aux immigrés sans-papiers dans son pays puisque cette semaine 3 de janvier , il en a ordonné l’expulsion , au prétexte qu’ils seraient porteurs , là-bas aussi , ô paradoxe ! de l’insécurité et de la propagation du virus du SIDA ! Pas moins que ça !

Et si Hortefeux nous dévoilait enfin son PLAN ( très à la mode en ce moement en France ) pour sa politique de CO-DEVELOPPEMENT , corollaire à sa politique de régulation de l’immigration de peuplement…Et si Brice , nous découvrait enfin sa conception et les contours clairs de la notion d’Identité Nationale , qui n’est en soi pas mauvaise et répréhensible  , mais choquante dès lors que l’on présente l’Etranger en terre de France comme nuisible à l’affirmation de cette Identité ! Combien de ressortissants français bourlinguent à travers le monde ! Combien ont planté leurs bivouacs dans les ^pays d’Afrique , combien se sont vus recevoir avec calebasse d’eau , Kolas , tabouret et chants de fête ! Combien ont été tolérés dans leurs spécificités culturelles , combien sont acceptés inconditionnellement dans le respect de leur identité nationale au milieu des Lundas , des Bamilékés , des Dogons , des Bétés , des Afars , des Bamouns , des Fangs bétis , Kapsikis , des Massais , des  Kikuyus , des Luos , des Wolofs , des Swahilis, etc.

En quoi Bachir , Mamadou , Ianokovitch , Ndongo , Babacar , Aziz , Traoré, Fotso…qui pourraient aujourd’hui se retrouver derrière ces murs du centre de rétention de Vincennes seraient un danger pour l’Identité Nationale française , pour le pouvoir d’achat de Mme LAgarde , pour la Sécurité de Madame Alliot-Marie , pour la petite retraite de Monsieur Bertrand ou pour la « grandeur »  Napoléonienne du Petit Kaiser ?  

Quelle est l’essence  , quelles sont les causes réelles , connues ou cachées ,  de l’immigration des Suds en France  ? Pourquoi de jeunes gens qui auraient pu être promis à radieux destins , n’eussent été les situations socio-économiques et dramatiques dans leurs pays respectifs ,  bravent-ils les dangers ( train d’atterrissage d’avions , barques de fortune , désert saharien , etc ) pour rejoindre les rives d’Occident  ? Et ce n’est pas en quelques séquences vidéos de l’émission Envoyé Spécial sur France 2 qui répondront à une question aussi complexe sur laquelle  historiens , politistes , sociologues  , démographes , prospectivistes ,  anthropologues et socio-psychologues devraient plus que jamais se pencher…

L’Histoire  en France aujourd’hui , à travers sa frilosité à prendre à bras le corps la réflexion sur les postcolonial Studies , les études Postcoloniales qui ont l vent en poupe n zone anglo-saxonne  , de la même manière qu’elle a vomi ou refoulé selon les cas  des pans entiers de l’histoire coloniale de la France ( qu’exhume l’association ACHAC de Pascal Blanchard et Nicolas Bancel à leur cadence , pour la partie française ) .

La compréhension , pour le citoyen français  , de ce raz-de-marée immigratoire  émanant du Sud  et qui s’incommode  souvent des considérations de légalité ( les sans-papiers )   , n’est possible qu’à la condition impérieuse d’une lecture pluridiscipaine et trans-partisane. Un phénomène qui puise ses racines ,pour la partie africaine tout au moins  , dans l’histoire  des rapports cahotiques de la France impériale et ses anciennes colonies…Mais  , cette histoire est si mal connue , si peu dite , si peu enseignée aux français , et si peu connue même des médias faiseurs d’opinions qui se mettent volontairement ou inconsciemment en situation d’autocensure , un silence suspect et complice qui nourrit et renforce fantasmes et préjugés projetés sur l’Autre. Rabaisser l’Autre nous grandirait , paraît-il ! Et la horde déchaînée des nouveaux réacs de l’intelligentsia française s’y attelle à coeur consentant !

Et les choses ne vont pas s’arrangeant avec l’arrivée aux affaires en France de l’équipe à Sarkozy , convaincue d’un destin messianique , celui de redonner à la France son blason étincelant d’antan , lui restituer cette grandeur civilisationnelle et historique nécessaire à tous pays désireux de  jouer un rôle de poids dans le Concert des Nations. Redire à travers des  » Telling Stories  » ( des contes , ds légendes ) en vogue aux USA le rôle indispensable de la France dans la conduite des affaires du monde suppose de réécrire des pages de Gloire et de gommer  les séquences sombres  , celles qui confondent la porteuse d’une nouvelle  » Politique de civilisation «   , la France , dans des massacres de populations partout où elle a prétendu porter  les lumières du savoir et de la culture universelle. L’Histoire est traficotée , retouchée , maquillée , les faits de crimes sont minorés , occultés , mis sur le compte de la masturbation intellectuelle ou simplement présentés comme marginaux par rapport aux aspects positifs globaux de la démarche coloniale ( Nous sommes au 21e siècle de la France chrétienne ). Toujours avec la complicité tacite d’ intellectuels du pouvoir ou des historiens qui n’ont toujours pas compris que dire le récit historique c’est s’inscrire  nécéssairement dans une démarche  militante ( Catherine Coquery-vidrovitch )  , point de neutralité possible , car la neutralité est une prise de position en faveur de l’ordre établi, l’ordre sarkozyen actuel en l’occurence.

Pendant ce temps  ,  l’opinion publique française se confronte chaque jour à l’incompréhension du phénomène de l’immigration galopante en France…devenu politiquement « bankable », depuis le milieu des années 70 avec la montée médiatique du Frint National de Jean-Marie Le Pen. Et les médias , démissionnaires , ne savent pas l’expliqur , ou ne le font pas assez.

Et pendant ce temps  , de pauvres individus sans-papiers , exploités par des chefs d’entreprise sans foi ni loi , intégrés  et soucieux de respecter les valeurs princpales de la république  , pris dans le tourbillon d’une histoire qu’ils n’ont pas choisi , contraints à quitter le pays qui leur a donné naissance  (par trop de misère , par trop de pouvoir qui écrase , ce pouvoir toujours soutenu par l’Homme de la Ruture-Sarko) ; ces « irréguliers »  subissent des humiliations dans le secret des barbelés , loin du confort des citoyens français qui , pour beaucoup  , vivent des rentes du business des  » pères colnialistes  »  en Afrique ( n’en déplaise à Sarko )   , les héritiers de l’ordre politique , socio-économique injuste et inégalitaire imposé  depuis plus de 100 ans  ,  à coups de flagellation , de mains coupées , de populations exterminées ( Cameroun -bamilékés , Madagascar ) , de richesses expropriées et d’accords de défense encore d’actualité visant à protéger les partenaires locaux du système pervers , ces Chefs d’Etat ivres de pouvoir et des privilèges qu’il procure .

Oui , l’immigration régulière ou clandestine  en France est « un phénomène total » au sens du sociologue Marcel Mauss.Et comme tel , il ne peut être traité uniquement qu’à coups de privations du droit d’aller et venir et de travailler , et d’expulsions spectaculaires. Le phénomène engage le politique , le culturel , le social ,l’ histoire , l’économie ,la  philosophie sociale même…Portons encore plus loin la lecture  : l’immigration en France n’est que le symptôme d’une névrose  plus grande encore de la politique coloniale de la France et de ses travers non assumés ( réfoulés ).Le réfoulé tente toujours la remontée en surface. Et une partie de la société civile réclame à cor et à cris l’ehumation de ce réfoulé sans le traitement duquel le lien social ne peut que davantage se déliter entre les composantes multi-ethiques de la France d’aujourd’hui. C’est une réalité.

Alors avec tout le respect que moi , exilé camerounais en France , doit au gouvernement FILLON  et de sa politique bêtement répressive de la question si complexe et protéiforme de l’immigration  ,  VOUS AVEZ TOUT FAUX , Monsieur  HORTFEUX !!!  Pire encore vous  , Monsieur Nicolas SARKOZY , iniiateur de cet ordre nouveau , ui criminalise pour un rien des cotoyens ordinaires. Votre présidence a de quoi inquiéter , quand on sait à quel point elle contraste d’avec la philosophie humaniste  dont vous empruntez la formule au sociologue Edgard MORIN , votre fameuse  » Politique de Civilisation  » . Brassage de vent comme d’habitude…trainage de casseroles , papotage à outrance , effets d’annonces à chaque instant de chaque jour que répercutent les caisses de résonnanec qui se servent de moyens d’infomation , ces médias télé radio et presse écrite qui ne servent plus à rien  , à quelques rares exceptions près. De commissions en commissions de réflexion , de plans en plans ,  de politiques en politiques , le citoyen finit par attrapper  le tournis. Mais sous ces talents de voltigeur , rien , de la prestidigitation , sans plus !!!

Politique des contrastes et contradictions à tout bout de champs. En 8 mois , on a tout vu , tout entendu , tout opposé , et ce par le seul et même personnage…

L’inconstance  , l’inconstance , n’est ce pas la marque des esprits inconsistants  et peu enclins à l’exercice de la vérité et …de la constance !

 Pourquoi est-ce si difficle aux grands médias français , ceux qui arrosent au quotidien les citoyens de leurs demi-informations , de reconnaitre et de dire  simplement qu’en 8 mois de présidence  , Nicolas Sarkozy est  après le Maréchal Pétain , le pire des dirigeants que la République française  , depuis la Révolution   , ait jamais connu ? Vous savez la réponse !

Je le dis , ceci est mon opinion  , je la partage , et je l’assume complètement.

 Madame Ramatoulaye YADE , quittez ce gouvernement qui n’a pour vous que condescendance ,  paternalisme et rires sous cape !

Vos récentes sorties médiatiques bien frondeuses  n’ont pas dissuadé  l’Elysée de nourir sa démarche realpolitiste jusqu’au bout, signant au passage   de juteux contrats pour ses      » potes «   . Ce traitement  me rappelle étrangement la place qu’occupe les  » communautés noires » de France sur l’échiquer social français  , communauté  balkanisée dont  la parole si maltraitée témoigne de l’état d’esprit français resté coincé dans les oléodus du temps des colonies :  Bwana disait , le bon nègre indigène obéissait ,  » oui-missié-oui-missié !

Comme quoi l’Histoire se répète toujours.

Vous , Rama YADE , Noire de France , vous ne représentez que vous  au sein de ce gouvernement qui ne respectent pas les  » petites gens « . Vous ne me représentez pas  et logiquement encore moins les milliers de Noirs  , laissés-pour-compte de cette  République qui trahit ses valeurs sans discontinuer : Liberté , Egalité , Fraternité  ? Dans tes rêves !  Passez-moi , Madame ,  cette trivialité « racaille » !

Je suis Noir et je ne me reconnais pas en vous, tout au moins pas en vous  dans les lignes politiques de votre Patron !

Quittez ce gouvernement , Rama YADE !

France , n’est plus FRANCE !

F-A-R-C-E est aujourd’hui son nom !

Libérez les sans-papiers ! 

PS: Vous trouverez un développement  intégral de cet article  dans la Rubrique  » PAGES  » du Blog ,      

sous le titre     » DU RACISME EN FRANCE « .

Issopha

Paris , 18 janvier 2008.

CIRCULEZ , LES SANS-PAPIERS SONT « BIEN TRAITES »

Par Bakchich TV

samedi 5 janvier 2008

Selon la police, les sans-papiers enfermés au camp de rétention de Vincennes sont bien traités. Pourtant, plusieurs parlent à Bakchich de coups et de blessures…

Que se passe-t-il vraiment derrière les hauts murs, barbelés, du centre de rétention des étrangers de Vincennes ? Là-bas, 250 personnes, en défaut de titre de séjour, sont enfermés en attendant leur expulsion vers le Mali, la Tchétchénie ou le Maroc. Ils sont logés depuis des semaines dans des chambres dortoirs. Ils peuvent téléphoner et recevoir la famille au parloir. La préfecture de police de Paris explique aux journalistes qu’il n’y a pas d’incidents, et que les droits de la personne sont respectés. La politique du chiffre, qui oblige le ministre Brice Hortefeux à renvoyer ses 25 000 étrangers par an, s’accomplirait dans le calme. Et sans heurts.

Pourtant… La veille du jour de l’an, Bakchich était devant l’entrée du centre. Et ce soir-là, nous avons vu plusieurs personnes ressortir de leur visite des étrangers enfermés, en portant de curieux documents dans les poches.

Ce sont des papiers que les détenus sont parvenus à faire sortir du centre. Des témoignages de mauvais traitements et des certificats médicaux, décrivant des blessures. Pour découvrir ces violences et pour entendre aussi la version des policiers, cliquez sur la vidéo.

Ce soir du jour de l’an, devant l’entrée du centre de Vincennes, la caméra de Bakchich n’a pas pu tout filmer. Mais nous avons pu être témoin d’une scène, qui s’est déroulée sur une période de sept heures. Une petite dame, discrète, attendait de pouvoir visiter son mari : un chanteur tunisien qui menait bonne carrière sur Paris, jusqu’à ce qu’on l’enferme ici pour préparer son expulsion. L’épouse attendait son tour depuis trois heures, quand le micro du centre a annoncé la suspension des visites, en raison, précisait l’appareil, d’ »un problème à l’intérieur ».

Inquiète, la femme a décroché son téléphone pour joindre son époux, et elle a réussi à l’entendre. « A l’intérieur », les retenus ne voulaient plus regagner leurs chambres. Mais surtout, au bout du fil, le mari était en pleurs. Épileptique, il souffrait d’extrêmes douleurs à la tête et aux oreilles. Il ne parvenait plus à tenir sur ses jambes, et n’avait vu aucun médecin depuis sept jours.

Une avocate des sans-papiers assistait à la scène. Elle se mit en devoir d’exiger, auprès des administrateurs du centre, la venue d’un médecin. La nuit tombée, elle s’est disputée pendant quatre heures avec les policiers pour obtenir l’écoute d’un officier, qui a promis des actes. En vain. Quatre jours après, le malade n’avait toujours pas été examiné par un médecin.

COMMENTAIRES D’INTERNAUTES

Le samedi 12 janvier à 10:36, tolbiac a dit :

video et témoignages de toute évidence de complaisance

Le vendredi 11 janvier à 16:44

Y a pas si longtemps, on les appelait « gardiens de la paix », aujourd’hui qui oserait le dire ainsi. Remplaçons par « forces de l’ordre » (ordre ?!?), tout ça pour mettre à l’amende des gens qui n’ont pas forcement volé, violé, tuer, mis en danger, profité, non, ces gens sont hors la loi… juste pour être hors la loi. A tous, attention, marchons bien au pas, les têtes qui dépassent tombent… juste parce qu’elles dépassent. Stouve

  • Le vendredi 11 janvier à 15:43, Abou a dit :

    Je tiens à dire que le fait d’etre sans papier n’estpas un statut mais c’est plutot une étape de la vie d’un immigré . Et aujourd’hui la France banie les étrangers en particulier les afrricains et les asiatiques c’est de l’ingratitude car si on remonte l’histoire elle (la FRANCE) en a une fois eu besoin de ces gents au moment ou Hitler disans je cite ; »Si ce n’etait pas les noirs braves comme des lions , robustes comme des géants , nombreux comme des fourmis je bombarderai la france en temps de 24 heures … » .Quand la france venait les chercher en afrique,elle n’avait pas besoin de faire le test ADN .Aprés tout cela les sans papiers sont des humains et d’ailleurs un sans papier ne peut etre un bandit ni un voleur car si on imagine son quotidient on se rendra compte qu’il ne peut faire du mal car quand il se leve le matin la premiere chose à faire c’est de prier à ne pas renconter un controle et il ne sait pas non plus ou il va terminer sa journée , c’est son souci no 1 .

  • Le mardi 8 janvier à 18:29, Scandalisé a dit :

    Votre article sur le traitement scandaleux des sans papiers, récurrent et continu depuis des années, de plus en plus organisé et méthodique, notamment de la part des pouvoirs publics, peut être aussi un arbre qui cache la forêt. D’autres maltraitances plus insidueuses,occultes et non visibles car individualisées, restent aussi graves. pour ma part, notamment dans mes enquêtes de terrain et observations professionnels (donc preuve à l’appui) je peux témoigner solennellement de l’existence de deux formes de violences, commises par certains « professionnels » de l’action sociale en faveur de ces sans papiers : Les hommes sont une main d’oeuve exploitables à merci et les femmes restent des objets sexuels. Le droit de cuissage pour les jeunes femmes et l’utilisation aux diverses tâches pour les jeunes hommes s’effectuant dans le silence et par le chantage d’un traitement rapide des dossiers (en préfecture ou ailleurs).Faites une étude journalistique sur la question et vous serez autant étonné qu’écoeuré.

    Le mardi 8 janvier à 17:06

    Est-ce que les gens vont se réveiller ?? Comment peut-on accepter ça ? On a des pleines pages de notre cher président au bord du Nil et pendant ce temps, notre pays est en train de se radicaliser … on sait que les dictatures montent avec la misère , alors faisons nous du soucis… !! Au fait , depuis qu’il y a eu toutes ces expulsions,le pouvoir d’achat a t’il explosé,le trou de la sécu est-il comblé ?? Parce-que tout le monde le sait :tous les maux de la France proviennent de l’immigration et des 35 heures !!Alors on devrait se sentir mieux … à moins que ce ne soit que des effets d’annonces …

    Le dimanche 6 janvier à 16:12, Loren a dit :

    Je trouve ça tout à fait révélateur, ce que dit la policière qui répond au téléphone à la fin du reportage : « on n’a pas le droit de communiquer là-dessus…. » Rien qu’avec ces quelques mots, on comprend bien ce qui se passe.

    Le dimanche 6 janvier à 13:15

    Je me permets de renchérir sur le commentaire précédent. J’aime beaucoup vos articles, mais toutes vos vidéos sont catastrophiques, notamment en raison d’une bande-son… vraiment naze : les voix artificielles et les musiques pseudo-dramatiques, ça ne le fait pas, surtout pour un site qui se veut satirique.

  • Le samedi 5 janvier à 20:04

    Tout cela me met hors de moi… C’est l’escalade dans la bêtise humaine, le nationalisme absurde, la peur de l’étranger, quotas d’expulsion,… Où va-t-on ? Pays des droits de l’homme ?! Tu parles… Pays des droits de l’homme blanc et riche, de préférence.

    Vive la France !

  • Le samedi 5 janvier à 18:51

    La vidéo est de très mauvaise qualité, et il faut avoir une patience infinie pour la regarder, elle est coupée toutes les 5 secondes et il y a une musique complètement inadaptée en fond sonore. C’est pénible.

  • Le samedi 5 janvier à 16:44, Shamotrace a dit :

    25 000 reconduites à la frontière, un chiffre qui n’est pas si arbitraire si l’on considère que 22 000 arrestations était le nombre sur lequel tablait la police française de Vichy qui opéra la rafle du Vél’ d’Hiv. Alors qu’elle ne devait concerner que les seuls juifs étrangers, devant l’insuffisance de la « prise », les autorités françaises ont pris l’initiative d’y adjoindre les enfants, et on s’est parfois montré peu regardant sur la nationalité. Encore un effort, et « notre » équipe au pouvoir accédera à l’Histoire par la petite porte.

    • Le samedi 5 janvier à 18:13, cassandre a dit :

      Ne fais surtout pas ce parralléle tu vas avoir les Zemourr et autres intellos qui vont te reprocher de faire des parralléles malsains, voyons Sarkozy et son ami Hortefeux ne veulent pas mettre les sans papiers dans un four, tout va bien madame la marquise…

  •  

    L’interdiction judiciaire du territoire
    barre dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY

     

    • Qu’est-ce ? 
      • l’interdiction du territoire est une condamnation de justice qui entraîne votre éloignement du territoire et vous empêche de revenir en France pendant la durée de l’interdiction.
      • cette peine est prononcée, soit à titre principal, soit en complément d’une peine correctionnelle de prison et/ou d’amende
    • Quelle est sa durée ? Elle peut être temporaire ou définitive.
      • l’interdiction temporaire a une durée variable : 1 an, 3 ans, 5 ans ou 10 ans au maximum
        Au terme de l’interdiction, vous pouvez  revenir en France si vous en remplissez les conditions
      • l’interdiction définitive vous empêche de revenir en France de façon permanente et illimitée, sauf relèvement éventuel
    • Dans quels cas êtes-vous susceptible d’être interdit du territoire ?
      • si vous êtes entré ou si vous séjournez irrégulièrement en France : vous pouvez être condamné à une peine d’un an de prison et une amende d’un montant maximal de 3.750 euros, que le tribunal peut assortir d’une interdiction temporaire du territoire d’une durée maximum de 3 ans
      • si vous vous êtes soustrait ou si vous avez tenté de vous soustraire à une mesure de refus d’entrée en France, à l’exécution d’un arrêté d’expulsion ou d’un arrêté de reconduite à la frontière, ou si, expulsé ou ayant fait l’objet d’une mesure d’interdiction du territoire, vous avez pénétré sans autorisation sur le territoire français : vous êtes passible d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à 3 ans, éventuellement assorti d’une interdiction temporaire du territoire qui peut aller jusque 10 ans
      • si vous avez facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un autre étranger, vous encourez, en plus des peines de prison et d’amende, une interdiction du territoire français d’une durée maximale de 10 ans
      • si vous êtes en infraction à l’égard de la législation du travail et de la réglementation sur l’hébergement collectif, vous pouvez être condamné à une peine de prison et à une amende, plus une interdiction du territoire d’une durée maximale de 5 ans, ou de 10 ans en matière d’hébergement collectif non déclaré
      • si vous êtes condamné pour atteinte volontaire à la vie, torture et acte de barbarie, viol et agression sexuelle, crime contre l’humanité, trafic de stupéfiants, proxénétisme, atteinte aux biens commise avec violence, atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, participation à un groupement illicite, atteinte à l’action de la justice, faux, contrefaçon, faux monnayage : votre peine peut être assortie d’une interdiction du territoire

    • Dans certains cas, vous bénéficiez d’une garantie spécifique
      Il existe désormais deux niveaux de protection : une protection relative et une protection dite quasi absolue (article 20 ord. 2 nov 1945 – L 131-30-1 et 131-30-2 du CESEDA).

      • La protection relative : si vous faites partie des cas suivants, vous pouvez être condamné à une peine d’interdiction du territoire. Toutefois, la décision doit être spécialement motivée au regard de la gravité de l’infraction et de votre situation personnelle et familiale. Toutefois, si vous êtes condamné pour crime, l’obligation de motiver disparaît.
        • Dans quels cas peut-on bénéficier de la protection relative ?
          • vous êtes père ou mère d’un enfant français mineur résidant en France et vous subvenez à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an
          • vous êtes marié depuis au moins deux ans avec une personne de nationalité française à condition que la communauté de vie n’ait pas cesssé
          • vous résidez habituellement en France depuis plus de quinze ans ( sauf si vous avez été en possession pendant toute cette durée d’un titre de séjour étudiant)
          • vous résidez régulièrement en France depuis plus de dix ans (sauf si vous avez été en possession pendant toute cette durée d’un titre de séjour étudiant)
          • vous êtes titulaire d’une rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle servie par un organisme français et dont le taux d’incapacité permanente est au moins égal à 20%
      • La protection peut être quasi absolue.  Si vous faites partie des cas suivants, vous ne pouvez pas en principe être condamné à une interdiction du territoire français, sauf si vous êtes condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou à la défense nationale, pour terrorisme ou encore pour fabrication ou mise en circulation de fausse monnaie. Dans ces cas, vous pouvez toujours faire l’objet d’une interdiction du territoire, sans motivation.
        • Dans quels cas vous pouvez bénéficier de la protection quasi absolue ?
          • si vous résidez habituellement en France depuis au plus l’âge de treize ans
          • si vous résidez régulièrement en France depuis plus de 20 ans
          • si vous résidez régulièrement en France depuis plus de dix ans, marié soit avec un ressortissant français, soit avec un ressortissant étranger arrivé en France avant l’âge de treize ans, à condition que le mariage ait au moins trois ans d’existence et que la communauté de vie n’ait pas cessé
          • si vous résidez régulièrement en France depuis plus de dix ans, père ou mère d’un enfant français mineur vivant en France, à condition d’établir que vous contribuez effectivement à l’entretien et à l’éducation de cet enfant depuis sa naissance ou depuis au moins trois ans
          • si votre état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve que vous ne puissiez effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans le pays de renvoi. La protection ne dure que le temps que votre état de santé empêche l’expulsion
      • Les mineurs ne peuvent jamais faire l’objet d’une interdiction du terriroire

    • Vers quel pays êtes-vous renvoyé ?
      • dans la majorité des cas, vous êtes renvoyé vers le pays dont vous avez la nationalité
      • vous pouvez désigner le pays de votre choix, à condition d’y être admissible
      • seul le pays dont vous avez la nationalité est tenu de vous accueillir
    • Quels sont les effets de l’interdiction ? L’interdiction du territoire entraîne votre reconduite à la frontière, soit immédiatement si elle est prononcée à titre principal, soit le cas échéant après expiration d’une peine de prison.
      Vous ne pouvez pas revenir en France tant que vous êtes sous le coup de l’interdiction du territoire.

    • Quels sont les recours contre la décision d’interdiction du territoire ? Il existe trois recours :
      1. l’appel dans un délai de deux mois après la notification de la décision auprès du greffe de la Cour d’appel
        Vous pouvez adresser un
        courrier avec accusé de réception
      2. la demande de relèvement
        vous pouvez demander à la juridiction pénale (tribunal correctionnel ou Cour d’appel) qui a prononcé votre interdiction de séjour de vous relever de cette mesure.

        • Attention : si votre interdiction du territoire a été prononcée à titre principal, vous ne pouvez pas en demander le relèvement
        • la demande de relèvement doit être adressée par courrier ou par l’intermédiaire d’un avocat
        • elle ne peut être introduite qu’au bout de 6 mois après la décision de condamnation
        • vous ne pouvez former cette demande que si vous êtes hors de France, sauf si vous êtes incarcéré ou si vous faites l’objet d’une assignation à résidence
      3. la grâce présidentielle
        si la juridiction saisie rejette la requête en relèvement d’interdiction du territoire, il vous reste la possibilité de saisir le Président de la République d’un recours en grâce.
    Comment se passe le renvoi dans votre pays ?
    En principe, l’éloignement du territoire français doit avoir lieu immédiatement.
    Mais dans certains cas, il n’est pas possible de vous reconduire immédiatement ; votre éloignement sera reporté.
    Vous pouvez alors faire l’objet d’une rétention administrative ou d’une assignation à résidence :
     

    • La rétention administrative (art. 35 bis de l’ordonnance du 2 novembre 1945 n°45-2658 – article L 551-1 à L 555-1 du CESEDA)
      • Dans quels cas pouvez-vous être mis en rétention administrative ?
        • si vous faites l’objet d’un signalement de non admission par un Etat partie à la convention de Schengen, d’une remise, d’une expulsion ,d’une interdiction du territoire ou d’un arrêté de reconduite à la frontière et si vous êtes dans l’impossibilité de quitter le territoire
        • L’impossibilité de quitter le territoire est généralement due à l’absence de moyens de transports ou de places disponibles vers votre pays de retour, à l’absence des documents de voyage nécessaires, ou à des difficultés pour trouver un pays de renvoi.
      • Qui prend la décision ?
        La décision de maintien est prise par le préfet ou par un fonctionnaire ayant la qualité d’officier de police judiciaire à qui le préfet a délégué sa signature.
      • elle vous est notifiée
      • Où êtes-vous retenu ?
        ailleurs que dans une prison. S
        oit dans des centres de rétention administrative, soit dans des locaux de rétention administrative
      • Comment être informé sur la rétention administrative ?
        Le préfet tient à la disposition des personnes qui en font la demande les éléments d’information concernant les date et heure du début de la rétention administrative et le lieu exact de rétention
      • Quels sont vos droits ?
        • vous pouvez demander un interprète, un médecin, un avocat
          • vous pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle
          • il y a des permanences d’avocats sur certains lieux de rétention
          • à défaut, si vous demandez un avocat au juge, il doit vous en désigner un
          • dans certains centres, il vous sera communiqué un numéro de téléphone qui vous permettra d’en joindre un
          • si on ne vous renseigne pas, insistez : vous avez droit à un avocat
        • vous pouvez communiquer avec votre consulat et la personne de votre choix
      • si vous êtes retenu dans un centre de rétention, vous pouvez être aidé par une association : la CIMADE
      • La procédure :
        • lorsque le préfet ou le fonctionnaire habilité prend sa décision de maintien, il doit prévenir immédiatement le procureur de la République
        • Quelle est la durée de la rétention ?
          • vous pouvez rester 48 heures en rétention sans aucune intervention du juge
          • au bout de 48 heures, si vous êtes toujours en rétention, le président du Tribunal de Grande Instance doit être saisi et il décide s’il prolonge ou non votre rétention
          • le juge doit s’assurer que vous avez été informé de vos droits et mis en mesure de les faire valoir, ce en vérifiant les mentions au registre
          • vous et votre avocat le cas échéant devez être informés de l’audience
          • entre la saisine du juge et le moment où il se prononce sur la prolongation éventuelle, vous demeurez en rétention ou bien vous pouvez être assigné à résidence (ce dernier cas est exceptionnel)
          • le juge peut décider de prolonger la rétention de 15 jours
          • au bout de cette prolongation, si vous n’êtes pas renvoyé dans votre pays, vous êtes en principe remis en liberté
          • le préfet peut demander une prolongation supplémentaire de cinq jours s’il n’a pu obtenir les documents de voyage par le consulat dont relève l’étranger ou en l’absence de moyens de transport et s’il est établi que l’une ou l’autre de ces circonstances doit intervenir à bref délai, ou bien lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement malgré les diligences de l’administration
          • à titre exceptionnel, une prolongation de 15 jours en plus peut être ordonnée par une nouvelle ordonnance du juge s’il y a urgence absolue ou menace d’une particulière gravité pour l’ordre public, ou bien si l’impossibilité d’exécuter la mesure d’éloignement résulte de la perte ou destruction de vos documents de voyage ou de la dissimulation de votre identité ou de l’obstruction volontaire faite à votre éloignement
        • en cas de circonstances nouvelles de fait ou de droit, vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention par simple requête adressée par tous moyens pour demander la fin de la rétention
           
        • Comment se passe une audience de prolongation ?
          • qui est présent ?
            vous et éventuellement votre avocat, le juge et le cas échéant, le représentant du préfet
          • vous pouvez bénéficier d’un interprète si vous le demandez, si vous ne parlez pas suffisamment la langue française. C’est le juge qui décide si un interprète est nécessaire.
          • vous pouvez consulter le dossier adverse avant l’audience
          • les débats sont publics
            Si tel n’a pas été le cas, vous pouvez le soulever devant la Cour d’appel
            Votre famille ou des amis peuvent donc venir dans votre intérêt car ils peuvent prouver que vous avez des garanties de représentation et amener le juge à choisir l’
            assignation à résidence plutôt que la rétention administrative.
          • que pouvez-vous demander au juge ?
            Vous pouvez :

            • contester la prolongation de la rétention
            • demander une assignation à résidence (art. 35bis de l’ord. du 2 nov. 45)
            • former un recours contre la mesure d’éloignement
          • quelle peut être la décision du juge ?
            • le juge rend sa décision immédiatement
            • il ne revient pas sur la décision d’éloignement du territoire
            • il peut décider une prolongation ou une assignation à résidence
            • il peut décider votre mise en liberté
              Notamment, le juge peut refuser la prolongation si votre interpellation par les policiers a été irrégulière (arrêt Bechta Cour de Cassation 28 juin 1995). Cet argument doit être invoqué lors de la première prolongation ; il ne peut plus l’être lors de la seconde (Cass. 2e civ. 12/11/1997 Ustorov).
        • Quels sont les recours que vous pouvez exercer ?
          4 types de recours sont possibles :

          1. contre la décision d’éloignement (reconduite à la frontière ou expulsion, interdiction judiciaire du territoire) ou la décision fixant le pays de renvoi :
            Vous pouvez former un recours auprès de l’autorité administrative (le responsable du centre de rétention) qui le transmettra au tribunal administratif.
            On vous remet un récépissé mentionnant la date et l’heure du dépôt.

          2. contre la décision de mise en rétention, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir et/ou demander une assignation à résidence (art L 513-4 du CESEDA)
            Si vous l’attaquez simultanément avec l’arrêté de reconduite à la frontière, le régime procédural sera celui du recours contre l’arrêté de reconduite à la frontière.
            Par ailleurs, il a été jugé que si l’Administration n’a pas exécuté la décision d’éloignement dans un certain délai, elle est réputée y avoir renoncé. Aussi, si l’Administration vous met ultérieurement en rétention administrative, il s’agit d’une nouvelle décision susceptible d’un recours à l’occasion duquel sera débattue la légalité de la mesure d’éloignement (CAA Lyon 3 avril 1997 Tagui)
          3. vous pouvez écrire au préfet ou au ministère de l’intérieur suivant votre cas, pour lui demander de vous placer en assignation à résidence ; ce n’est pas vraiment un recours, mais votre situation peut être plus favorable en cas d’assignation à résidence
          4. contre la décision de prolongation de votre rétention, vous pouvez demander une assignation à résidence, conformément à l’art. 35bis de l’ordonnance de 1945 et/ou faire appel devant le premier président de la Cour d’Appel dans les 24 heures suivant la décision de prolongation.
            ATTENTION :
            cette procédure est judiciaire, car la décision de prolongation est une décision judiciaire (alors que la décision de mise en rétention est une décision administrative).

            • il n’y a pas de condition de forme
              Vous pouvez former votre recours par déclaration au greffe du tribunal de grande instance ou de la Cour d’appel.
            • il doit statuer dans les 48 heures
              A été cassée une ordonnance rendue 3 heures après le délai (cass. 2e civ. 12/11/1997 Chegri).
            • cet appel n’a pas d’effet suspensif si vous faites appel ; vous serez donc maintenu en rétention pendant la procédure et éventuellement reconduit à la frontière avant que la décision ne soit rendue
            • par contre, le recours peut être suspensif s’il est introduit par le ministère public,si vous ne disposez pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l’ordre public
        • contre la décision d’appel, vous pouvez former un pourvoi en cassation dans les 10 jours suivant l’ordonnance du 1er président de la Cour d’appel, par déclaration orale ou écrite faite ou déposée au greffe de la Cour de cassation
        • quels sont les arguments que vous pouvez invoquer pour obtenir votre remise en liberté ?
          En principe, vous devez être remis en liberté dans les cas suivants (attention, dans certains de ces cas, les magistrats prendront la décision de vous assigner à résidence plutôt que de vous remettre en liberté)

          • dans le cas où votre interpellation ou garde à vue a été irrégulière (arrêts de la Cour de cassation Bechta, Mpinga, Bahtsou du 28 juin 1995)
          • pour vice de procédure
          • le juge doit vérifier l’existence d’une délégation de signature donnée par le préfet à un subalterne qui a signé la requête aux fins de prolongation (Cass. 2e civ. 12/11/1997 Adghar)
          • pour absence de production de la requête en placement en rétention administrative ou des pièces par le préfet ou bien production au delà du délai de 48 heures courant à compter de la décision de placement en rétention (arrêts de la Cour de cassation Zan Mao Chen et Kwok Young Li du 28 juin 1995)
          • le juge peut prendre en compte les changements dans votre situation depuis la notification de l’arrêté de reconduite à la frontière pour refuser la prolongation lorsqu’un certain délai s’est écoulé entre la décision d’éloignement et sa mise à exécution (Cass. 2e civ. 12/11/1997 Kaniama)
          • pour erreur sur la personne
          • défaut de preuve sur l’impossibilité de procéder à votre départ immédiat, notamment si l’Administration ne leut justifier de votre départ durant la durée de la prolongation (en indiquant les jour et heure du vol)
          • défaut de production dans le dossier de la décision d’éloignement (Cass. 2e civ. 21/01/1998 Gomès Semedo), de la notification de la mesure d’éloignement, du PV de mise en rétention
          • pour absence d’interprète pendant la procédure (TGI Paris 10 février 1996 ; TGI Paris 11 juin 1996)
          • au stade de l’appel, pour défaut de production de la décision de prolongation
          • par contre, la Cour de cassation sanctionne les remises en liberté motivées par la nullité de la mesure d’éloignement
            Vous ne pouvez donc pas attaquer la mesure d’éloignement pour obtenir votre remise en liberté.
            Le juge ne peut pas vous remettre en liberté au motif que vous êtes régularisable ou en situation régulière.
          • l’annulation de la décision fixant le pays de renvoi n’empêche pas le maintien en rétention administrative (Cass. 2e civ. 12/11/1997 Jeganathan et Niakaté)
          • à défaut d’obtenir la remise en liberté, vous pouvez demander l’assignation à résidence en présentant des garanties de représentation
      • Quelles sont les suites de la rétention administrative ?
        • soit vous êtes refoulé vers un pays d’accueil
        • soit à l’expiration des délais impartis, vous n’avez pas été refoulé : en ce cas vous devez être remis en liberté
        • si votre mesure d’éloignement n’est pas exécutée et si vous avez été remis en liberté, vous pouvez de nouveau être placé en rétention sans qu’il soit nécessaire de prendre un nouvel arrêté
    • L’assignation à résidence (art. 28 et 35 bis de l’ordonnance du 2 nov. 1945 n°45-2658 – L 513-4, L 523-3 à L 523-5, L 541-3, L 624-4 du CESEDA))
      • Qu’est-ce ?
        Vous pouvez être obligé de résider en France dans un lieu déterminé par l’Admistration, provisoirement (domicile personnel ou d’un proche par exemple).
        Si vous ne respectez pas la décision d’assignation à résidence, vous commettez un délit qui est passible de 3 ans de prison maximum.
        Il y a deux articles de la loi qui prévoient l’assignation à résidence et donc il y en a 2 sortes.

        1. L’assignation à résidence selon l’art. 28 de l’ordonnance du 2 nov. 1945 (L 513-4, L 523-3 à L 523-5, L 541-3, L 624-4 du CESEDA)
          Vous pouvez être assigné à résidence si vous faites l’objet d’une mesure d’éloignement qui ne peut pas être immédiatement exécutée.

          • Dans quels cas pouvez-vous être assigné à résidence ?
            • si vous faites l’objet d’une expulsion ou d’un arrêté de reconduite à la frontière ou d’une interdiction judiciaire du territoire : il faut démontrer que vous êtes dans l’impossibilité de quitter le territoire française
            • pendant l’examen d’une demande d’abrogation d’expulsion ou de relèvement d’interdiction du territoire français
            • si vous faites l’objet d’un arrêté d’expulsion non exécuté et si votre état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve que vous ne puissiez effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans le pays de renvoi. Dans ce cas, vous pouvez bénéficier d’une autorisation de travail
            •  si vous avez fait l’objet d’un arrêté d’expulsion alors que vous bénéficiez en principe d’une protection relative qui a été le levée en raison d’une condamnation à une peine de prison d’au moins 5 ans ou en cas de nécessité impérieuse pour la sûreté de l’État oula sécurité publique. Dans ce cas, vous bénéficiez également d’une autorisation de travail.
            • exemples :
              • vous êtes dans un des cas de rétention administrative, mais l’Administration manque de locaux disponibles (le Conseil d’État, par un arrêt du 21 avril 1997, a annulé une décision décidant l’assignation à résidence d’un étranger pour insuffisance de place dans les locaux administratifs – GISTI c. Min. de l’intérieur)
              • absence de liaison aérienne à destination du pays de renvoi pour exécuter une mesure d’éloignement
              • dans le cas de l’expulsion : il peut s’agir d’une mesure de clémence et de mise à l’épreuve : en cas de gage de réinsertion notamment.
                Il a été jugé que l’aborgation de l’assignation à résidence dans ce cas peut avoir des conséquences excessives au regard de la vie familiale (CE 29/12/1997 Aboulaaz)
              • dans le cas d’un arrêté de reconduite à la frontière, vous pouvez être assigné si vous êtes un demandeur d’asile à qui le séjour a été refusé et si l’OFPRA n’a pas statué dans un délai de 7 jours
              • à titre exceptionnel, vous pouvez être également assigné si vous êtes dépourvu de documents de voyage, à condition que vous présentiez de sérieuses garanties de représentation
              • de même si vous êtes exposé dans votre pays de renvoi à des mauvais traitements ou à des risques pour votre vie ou votre liberté, à condition qu’un autre pays d’accueil puisse être sérieusement envisagé
              • vous êtes très malade
          • Les modalités :
            • la décision est prise :
              • par le préfet si vous faites l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière ou d’une expulsion prononcée par le préfet
              • par le ministre de l’intérieur si vous faites l’objet d’une expulsion prononcée par le ministre ou d’une interdiction judiciaire du territoire
              • en cas de proposition d’expulsion, la décision est prise par l’autorité compétente pour prononcer l’expulsion
            • l’arrêté doit préciser :
              • le lieu ou la zone d’assignation
              • la durée éventuelle
              • les mesures de contrôle, notamment la périodicité de l’obligation de se présenter au service local de gendarmerie ou de police
          • Effets de l’assignation à résidence :
            • il s’agit d’une résidence forcée ; vous ne pouvez la quitter sans autorisation. Dans le cas contraire, vous encourez une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 3 ans
            • Durée : elle est indéterminée. En principe, l’assignation à résidence dure le temps de trouver un pays vous acceptant
            • l’Administration peut vous retirer votre titre de séjour et votre autorisation de travail
              • on vous remet en général une autorisation provisoire de séjour en échange
              • si vous êtes réfugié statutaire, vous perdez votre carte de résident mais vous conservez votre certificat de réfugié délivré par l’OFPRA
              • si vous êtes demandeur d’asile en attente d’une décision de l’OFPRA ou de la commission des recours, vous gardez votre récépissé de demandeur d’asile
              • en principe, l’Administration ne vous délivre pas d’autorisation de travail
                Elle peut toutefois exceptionnellement vous accorder une
                autorisation provisoire de travail
                Vous pouvez invoquer, pour l’obtenir, la durée prévisible de l’assignation, votre situation de famille, la possibilité d’une embauche…
          • Quels sont les recours contre une assignation à résidence ?
            • vous pouvez exercer un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif
            • si vous avez fait l’objet simultanément d’un arrêté de reconduite à la frontière et d’une assignation à résidence, vous pouvez attaquer simultanément ces deux décisions devant le juge administratif en suivant la procédure contre l’arrêté de reconduite à la frontière prévu par l’art. 22bis de l’ordonnance de 1945
              Ainsi, le tribunal administratif de Rennes a admis l’unité procédurale de ces deux recours lorsque le magistrat en est saisi simultanément (TA Rennes, 25 octobre 1996, M. Maxamed n° 962626 à 962628).
        2. L’assignation à résidence selon l’art. 35bis
          C’est le cas où vous avez été mis en
          rétention administrative et au bout de 48 heures, le président du tribunal de grande instance est saisi.
          Il peut notamment statuer sur une demande d’assignation à résidence.

          • vous devez prouver que vous avez des garanties de représentation
          • il est possible d’interjeter appel contre la décision rendue par le président du tribunal de grande instance selon une procédure spécifique (la même que dans le cas d’un recours contre une décision de prolongation administrative)
          • si vous êtes assigné à résidence, vous devez remettre à un service de police ou de gendarmerie, votre passeport et tout document justificatif d’identité
            En échange, il vous est délivré un récépissé valant justification de votre identité et sur lequel est portée la mention de la mesure d’éloignement en instance d’exécution.
          • cette assignation dure le temps de mise à exécution de votre exécution de votre refoulement (comme dans le cas de la rétention administrative).
          • lorsque votre refoulement est possible, vous devez de vous-même vous présenter à l’aéroport
            Vous récupérez alors vos documents.
      • Qu’est-ce que des garanties de représentation ?
        • dans tout les cas, il faut un justificatif de votre identité et un justificatif de domicile
        • il peut également être exigé des éléments relatifs à votre vie familiale :
          • vie maritale avec un Français ou une Française
          • être parent d’un enfant né en France aux besoins duquel vous subvenez
          • être l’enfant né en France d’un couple d’étrangers en situation régulière
          • domicile en France chez vos parents qui subviennent à vos besoins
        • des éléments relatifs à votre état de santé peuvent également être pris en compte

    Retour en haut de la pageRetour à l’index des thèmesRetour à la page principale

    Vous avez été interdit de territoire. Pouvez-vous revenir travailler en France ?

    Retour en haut de la pageRetour à l’index des thèmesRetour à la page principale

     

    Qu’est-ce que la rétention administrative ? 

    Définition 

    La rétention administrative est la possibilité donnée à l’administration de maintenir, pour une durée limitée, les étrangers qui font l’objet d’une procédure d’éloignement du territoire français. 

    Le placement en rétention s’effectue dans des locaux surveillés qui ne peuvent relever de l’administration pénitentiaire. 

    Qui est concerné ? 

    Début de page

    Le ressortissant étranger qui fait l’objet d’une mesure d’éloignement ou d’une interdiction du territoire français et qui ne peut quitter immédiatement la France. 

    Quelle est l’autorité compétente pour prendre et notifier la décision ? 

    Début de page

    Autorité compétente 

    La décision de placement est prise par le préfet après interpellation de l’étranger, et le cas échéant, à l’expiration de sa garde à vue, ou à l’issue de sa période d’incarcération en cas de détention. 

    Elle est écrite et motivée. Le procureur de la République en est immédiatement informé.  

    Un double de cette décision est remis à l’intéressé. 

    Droit des personnes placées en rétention 

    Début de page

    Information et assistance durant la procédure 

    Lorsque l’étranger ne parle pas le français, il indique au début de la procédure une langue qu’il comprend. Elle sera utilisée jusqu’à la fin de la procédure. S’il refuse d’indiquer une langue qu’il comprend, celle utilisée est le français. 

    De même, des documents écrits en plusieurs langues rappelant les principales étapes de la procédure et leurs droits au cours de celles-ci sont mis à disposition dans les centres de rétention. 

    L’étranger est informé, dans les meilleurs délais, qu’il peut demander pendant toute la période de la rétention l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin. Il peut, par ailleurs, communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix.   

    Il est également renseigné par le chef du centre de rétention, sauf cas particuliers d’ordre public ou médical, de toutes les prévisions de déplacement le concernant : audiences, présentation au consulat, conditions du départ. 

    En outre, le juge des libertés et de la détention, qui se prononce sur la prolongation de la rétention, rappelle à l’intéressé les droits qui lui sont reconnus et, notamment, les possibilités et les délais de recours contre toutes les décisions le concernant. Si l’étranger n’est pas assisté, le juge peut également, à sa demande, lui désigner un avocat d’office. 

    Droit de déposer une demande d’asile 

    Dès son arrivée au centre de rétention, l’étranger doit recevoir notification du droit qu’il peut exercer en matière de demande d’asile. Il dispose d’un délai maximum de cinq jours suivant cette notification pour déposer sa demande. 

    Droit de faire appel d’une décision de justice 

    Les étrangers retenus ont la possibilité de faire appel ou cassation d’une condamnation pénale, et notamment d’une interdiction du territoire français, au moyen d’une déclaration auprès du chef du centre de rétention. 

    Droit à l’ aide juridictionnelle  

    L’intéressé doit remplir les conditions pour en bénéficier. 

    Durée de la rétention et intervention du juge judiciaire 

    Début de page

    Principes 

    L’étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. 

    La décision initiale du préfet de placement en rétention est prise pour une durée de 48 heures (2 jours).  

    Sur intervention du juge judiciaire, elle peut être prolongée une première fois pour une durée de 15 jours, et éventuellement une seconde fois pour une durée de 5 ou de 15 jours selon les cas. 

    La durée maximale de la rétention est de 32 jours. 

    Durant l’ensemble de la procédure, l’étranger, son avocat et, le cas échéant, l’interprète ont accès au dossier. 

    Prolongation initiale de la rétention 

    Au bout de 48 heures (2 jours) si la rétention n’a pas pris fin, le juge des libertés et de la détention est obligatoirement saisi par le préfet afin de décider ou non sa prolongation. 

    Le juge statue sans délai et peut ordonner une prolongation pour une durée de 15 jours. Celle-ci court à compter du délai de 48 heures suivant la décision de placement du préfet. 

    A titre exceptionnel, le juge peut décider l’assignation à résidence de l’intéressé à la place d’un maintien en rétention. 


    Seconde prolongation de la rétention 

    A l’issue de la première prolongation de 15 jours, le juge des libertés et de la détention peut sans délai ordonner  une nouvelle prolongation d’une durée maximale : 

    • soit de 15 jours, s’il n’a pas été possible de procéder à l’éloignement de l’intéressé, en cas d’urgence absolue ou de menace d’une particulière gravité pour l’ordre public. 

      Il en est de même lorsque l’impossibilité d’exécuter la mesure d’éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l’intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l’obstruction volontaire faite à son éloignement. 

    • ou de 5 jours, si l’administration démontre que la non-exécution de la mesure d’éloignement résulte des circonstances suivantes et qu’elles doivent intervenir à bref délai : défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’étranger ou délivrance tardive ou absence de moyens de transports. 

    Recours 

    Début de page

    Appel 

    Les ordonnance s du juge des libertés et de la détention sont susceptibles d’appel devant le premier président de la cour d’appel (ou son délégué) territorialement compétent, qui doit statuer dans les 48 heures de sa saisine.  

    L’appel est ouvert au ressortissant étranger, au ministère public et au préfet. Il doit être formé dans un délai de 24 heures suivant le prononcé de l’ ordonnance du premier juge. 

    Le recours n’est pas suspensif, sauf  lorsque le ministère public le demande dans l’hypothèse où la personne retenue ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l’ordre public. 


    Cassation 

    L’ordonnance du premier président de la cour d’appel (ou son délégué) est susceptible d’un pourvoi en cassation. 


    Circonstances nouvelles de droit ou de fait 

    Même en dehors des audiences devant le juge des libertés et de la détention ou le premier président de la cour d’appel, l’étranger peut demander sa remise en liberté lorsque des circonstances nouvelles de droit ou de fait le justifient. 

    Pour les mêmes raisons, le juge des libertés et de la détention peut aussi soit d’office, soit à la demande du ministère public, remettre en liberté à tout moment de la procédure l’étranger retenu.   

    Fin de la rétention 

    Début de page

    La rétention prend fin par : 

    • la mise à exécution de la mesure d’éloignement, 

    • la décision du juge de remise en liberté de l’étranger, 

    • la libération de l’étranger à l’échéance de la période de rétention, faute pour l’administration d’avoir pu procéder à son éloignement, 

    • l’annulation par le juge administratif de la mesure d’éloignement. 

      Dans ce cas, il est immédiatement mis fin à la rétention et l’intéressé est muni par les services préfectoraux compétents d’une autorisation provisoire de séjour, dans l’attente du réexamen de son dossier. 

    Où s’adresser pour toute information ? 

    Il convient de s’adresser : 

    • aux agents de l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) présents dans les centres de rétention, 

    • au service de consultation gratuite des avocats (renseignements auprès de la mairie, du tribunal d’instance ou de grande instance), 

    • au greffe du tribunal de grande instance compétent

    Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

    Violations des droits de l’Homme : l’Europe doit apprendre à balayer devant sa porte

    Posté par issopha le 24 décembre 2007

     Violations des droits de l’Homme :

    l’Europe doit apprendre à balayer devant sa porte

    L’Europe viole constamment les droits de l’homme chez elle, mais refuse de l’admettre. Des pays comme la France sont condamnés presque tous les mois pour des violations de droits de l’Homme. Mais les pays de l’Ue refusent de voir leurs propres violations tout en jetant l’opprobre sur les autres pays du monde notamment l’Afrique. Les medias européens, sans retenue, passent la plupart de leur temps a « dénoncer » ce que leurs pays pratiquent presque légalement. C’est le cas des violences que subissent les africains presque quotidiennement par les polices européennes. Il est temps que cela change, et Kadafi le dit aux gouvernements européens.

    Dans un discours prononcé au siège de l’Unesco à Paris, Mouammar Kadhafi a dénoncé le mauvais traitement des immigrés et des Européens d’origine africaine par les gouvernements européens. Mouammar Kadhafi a aussi incité les immigrés et les Européens d’origine africaine à rentrer en Afrique.

    « Les Européens font de la surenchère sur les droits de l’homme et nous interrogent sur le respect des droits de l’homme dans nos pays. Les étrangers sont maltraités en Europe, et eux (les Européens) nous demandent de respecter les droits de l’homme », a déclaré le numéro un libyen dans un discours prononcé au siège de l’Unesco à Paris.

    « Avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits », a lancé le leader libyen lors d’un discours devant des membres de la communauté africaine réunis au siège de l’Unesco.

    Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a interpellé mardi les Occidentaux, et principalement la France, sur les droits de l’Homme en leur demandant s’ils respectaient eux-mêmes ces droits à l’égard des immigrés, lors d’un discours à Paris devant des membres de la communauté africaine.

    « Avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits », a-t-il déclaré, selon la traduction en français de son discours prononcé en arabe. « Nous sommes dans le pays qui parle des droits de l’Homme. Y-a-t-il certains de vos droits qui ne sont pas appliqués ? », a demandé le dirigeant libyen, en s’adressant à ses « frères africains immigrés » présents dans le grand amphithéâtre du siège de l’Unesco. « Nous sommes l’objet d’injustices. Notre continent a été colonisé, nous avons été réduits en esclavage, déplacés dans des navires comme du bétail. Aujourd’hui nous travaillons dans le bâtiment, dans la construction de routes (…). Après tout cela, nous sommes envoyés dans les banlieues et nos droits sont violés par les forces de police », a ajouté le colonel Kadhafi.

    « Les Africains immigrés sont considérés comme des marginaux, des nécessiteux. Ils expriment leur colère parfois par la violence, allument des incendies », a-t-il ajouté, dans une apparente allusion aux violences dans les banlieues en France. « Je réprouve la violence, mais ceux qui expriment leur mécontentement vivent des situations difficiles en Europe, cela mérite qu’on y réfléchisse ».

    Le colonel Kadhafi s’est engagé à défendre les droits des immigrés africains en Europe. « Ou bien on vous respecte ici en Europe et vous jouissez des mêmes droits et devoirs que les Européens, ou bien vous rentrez en Afrique », a-t-il dit au deuxième jour de sa visite officielle en France.

    « Je vous affirme que je suis concerné par votre situation et que je vais mettre au point un plan pour permettre votre retour en Afrique », a dit encore le « Guide de la révolution ».

    « Il n’est pas possible que vous viviez ici marginalisés (…) Nous Africains sommes victimes d’injustices. Ils (les Occidentaux) nous ont transportés ici comme du bétail pour faire les travaux pénibles et sales, et ils nous rejettent dans les banlieues des villes et lorsqu’on revendique nos droits, on se fait taper dessus par la police », a déclaré Mouammar Kadhafi.

    « Je suis un soldat de l’Afrique et je vais m’employer à vous aider et à vous soutenir (…) Nous ne vous laisserons pas tomber », a ajouté le colonel Kadhafi, qui arborait pendant la journée un badge vert représentant la carte du continent africain.

    « Les Africains doivent vivre dans la dignité et le respect ou bien rentrer en Afrique. L’Afrique a besoin de vous. Si l’Europe ne veut pas de vous, vous rentrerez en Afrique », a-t-il conclu.

    (avec reuters)

    Source : africatime.com

    Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, QUESTIONS DES MINORITES | Pas de Commentaire »

    L’Arche de Zoé : la fin de « l’humanitaire » , Du « devoir d’ingérence » au devoir d’indigence

    Posté par issopha le 17 décembre 2007

     

    L’Arche de Zoé : la fin de « l’humanitaire »

    Du « devoir d’ingérence » au devoir

    d’indigence

    « J’irai chercher ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait », déclarait le président de la République française, son Excellence monsieur Nicolas Sarkozy, ancien avocat de profession, à son retour le 6 novembre 2007 d’un voyage express au Tchad afin de faire libérer les journalistes qui accompagnaient ceux que la presse française appellent « les Pieds nickelés de l’humanitaire ». Cette déclaration est un bel éloge de la culture de l’impunité… Le Droit est mort. Tout est permis. Le Devoir ou le Droit d’ingérence (au choix) devient un devoir d’indigence sur le Continent noir : celui de «  l’Homme Africain » (discours de Dakar).



    jeudi 6 décembre 2007, par Bolya Baenga




    Avec de tels propos, on est à des années lumières du Siècle des Lumières. On bascule dans l’univers du beau roman de Conrad Au Cœur des Ténèbres. C’est L’Etat sauvage [1] et non l’Etat de droit. L’impunité devient la règle. Les conventions internationales régissant la protection de l’enfance ne sont au mieux que des torchons, au pire des chiffons de papiers. L’Unicef n’est qu’un petit « machin » du grand « machin », l’ONU. Bref, au nom de l’humanitaire, on peut commettre des crimes et des délits condamnés par le droit français, européen, tchadien et la législation internationale. Au nom de l’humanitaire, quiconque peut s’affranchir de toute règle juridique en vigueur et de toute exigence éthique. Seul compterait la soi-disant compassion de la horde de L’Arche de Zoé pour les orphelins du Darfour. Certes, ce conflit a fait près de 250 000 personnes. Certes, il y a eu plus de 400 000 personnes déplacées. Certes, des viols à grande échelle, des crimes sexuels de masse contre des fillettes, des femmes et des grand-mères, qui sont autant de crimes de guerre et crimes contre l’humanité tels que les définit les Conventions de Genève de 1949. Mais il faut aussi rappeler qu’il y a plus de 10 000 humanitaires dans cette zone de conflit.

    Du « devoir d’ingérence » au devoir d’indigence

    Plus tragiquement, les dérives de la « charité business » viennent de loin. La faillite de l’humanitaire, en tout cas d’une certaine conception de celle-ci, était prévisible, voire programmée. En effet, dès décembre 1991, Rony Brauman, alors président de Médecins sans frontières, dans un article intitulé Contre l’humanitarisme publié dans la revue Esprit, lançait ce cri d’alarme : « …que l’homme ne peut être réduit à ses souffrances, et un peuple à une masse d’ayant droits… ». A lire les propos des baroudeurs de l’Arche de Zoé, il semble que le groupe soit « prisonnier d’un cadre, d’une vision sociale du monde dans lesquels l’homme est avant tout défini par ses besoins et ses souffrances… » (Rony Brauman). On est dans l’humanitarisme contre l’humanitaire ! S’il n’y a pas de victimes, il faut les inventer. S’il n’y a pas d’orphelins, il faut les fabriquer. Enfin, s’il n’y a pas de pauvreté et de maladie, il faut les créer. D’où les faux pansements et bandages sur les 103 enfants. C’est l’un des multiples stratagèmes usés par les membres de l’équipée sauvage de l’Arche de Zoé pour sauver les enfants du Darfour d’un génocide en cour. Ils prétendaient procéder à l’évacuation d’enfants orphelins du Darfour, part conséquent soudanais, ils procèdent au rapt de 103 enfants non orphelins tchadiens.

    Le Darfour, c’est aussi l’attrape- nigaud, l’accroche, disent les publicitaires de leur campagne, pour « appâter » les familles françaises en détresse qui souhaitaient adopter des enfants orphelins du Darfour. L’association jongle systématiquement entre l’accueil et l’adoption par des familles françaises. L’ambiguïté est la posture de l’Arche de Zoé. Le Darfour est au cœur de leur marketing humanitaire. Cette tragédie humaine est instrumentalisée afin d’atteindre le cœur de leur cible : les familles en quête de progéniture. Dans leurs pérégrinations à travers la France, les responsables de l’Arche de Zoé découvrent que l’adoption peut être un énorme marché porteur. Aussi clament-ils pour mieux vendre leur opération qu’ils veulent ni plus ni moins que « transférer 10 000 enfants du Darfour vers l’Europe et les Etat-Unis, dont 1 000 en France ». Très beau slogan !

    « L’Humanitaire » contre l’Afrique

    On baigne dans le règne du faux. L’Arche de Zoé change de dénomination au Tchad, il devient « Children Rescue ». Ce qui permet de brouiller les pistes. Les autorités françaises et tchadiennes n’y voient que du feu, le Boeing 757 de la compagnie de charter espagnole Girjet devient un avion de nationalité islandaise, évocation d’un soutien de l’Elysée à travers Cécilia, alors épouse Sarkozy ; plus cocasse est le déguisement en tenue de sapeurs-pompiers français, accoutrement qui leur permettra de tromper la vigilance des militaires de l’Opération Epervier basés au Tchad … Enfin, il y a une totale opacité sur le financement de l’opération dont le coût est estimé à 550 000 euros !

    Faut-il rappeler que l’Arche de Zoé est née lors du tsunami en Indonésie en 2005 ? Catastrophe naturelle qui suscita une ferveur mondiale considérable. Médecins sans frontières, par exemple, récolta en huit jours plus de 40 millions dont 5 millions pour sa seule section française. Face à cet afflux de dons et de fonds, MSF décida alors de suspendre la réception de dons pour le tsunami. Ce qui provoqua l’ire d’autres ONG humanitaires. Pierre Salignon, directeur général de MSF, expliqua alors : « nous sommes une ONG médicale et ne pouvons nous improviser spécialiste de la reconstruction. Nous n’en avons ni les compétences, ni les capacités. » Pudeur et intégrité dont ne s’embarrassent guère les « sapeurs-pompiers » de L’Arche de Zoé, comme en témoigne leur reconversion géographique de l’Indonésie au Tchad sous couvert de sauver les enfants orphelins du Darfour. On est dans le « Sans frontiérisme », pour reprendre un néologisme forgé naguère par Jean-Christophe Ruffin, alors vice-président de MSF, aujourd’hui ambassadeur de France au Sénégal.

    Le « French doctor » Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, parle d’ « humanitaire dévoyé ». Comportement qui sonne le glas de l’humanitaire…L’Afrique en général et le Tchad en particulier n’a pas besoin de « bons sentiments » au service de combats douteux humanitaires, mais de développement ! Le « Tout humanitaire » est une impasse suicidaire : la chronique d’une mort annoncée… Le Continent de « l’Homme Africain » n’a pas besoin de pompiers pyromanes… Pour la horde de l’Arche de Zoé, il faudra appliquer la loi, toutes les lois tchadiennes, françaises et internationales, le Droit, rien que le Droit mais tout le Droit. La justice tchadienne devra appliquer le slogan cher au président Sarkozy : « Tolérance zéro »…


    Bolya est un écrivain congolais.
    La profanation des vagins, Le Serpent à Plumes, 2005 bbolya@yahoo.com

    [1] Titre d’un livre et d’un film

    Publié dans DROITS DE L'HOMME ET ACTION HUMANITAIRE, MENSONGES D'ETAT | Pas de Commentaire »

    12
     

    Kabylie News |
    Ensemble, Préservons Rognac... |
    Elections 2008 Municipales ... |
    Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Transferring the UNITED NAT...
    | l'Algérie au quotidien
    | Yüzyıla Ağıt