AFFAIRE UIMM : LE TRESORIER NATIONAL DE LA CGT EN PROCES

Posté par issopha le 4 janvier 2009

LE TRESORIER NATIONAL DE LA CGT EN PROCES

 

 

4 janvier à 15h13

Le livre « L’argent noir des syndicats », dénonçant la paralysie des organisations à une époque où tout le monde devrait être dans la rue, refait parler de lui. Face aux révélations de cette enquête dévoilant les financements qui débordent très largement les « fluidifications » de l’UIMM, le trésorier national de la CGT avait tenté de discréditer l’un des auteurs en l’accusant d’être « un menteur », lors d’une émission télévisée. Il va devoir faire mieux, ce mardi 6 janvier 2009, au Palais de justice de Paris…

Traiter publiquement de menteur l’auteur d’une enquête accablante est un argument un peu court mais qui peut avoir de l’effet sur l’opinion. Il peut introduire un doute le temps que le livre soit relégué aux oubliettes… Mais il vaut mieux disposer d’éléments plus convaincants qu’une simple injure, surtout quand l’auteur visé n’est pas vraiment du genre à plier devant les dirigeants d’une organisation, aussi impressionnantes soient leurs rodomontades. C’est l’expérience que va faire Michel Doneddu, trésorier de la CGT, devant les magistrats de la célèbre 17ème chambre correctionnelle du Palais de justice de Paris, face à Jean-Luc Touly et son avocat Me William Bourdon qui l’attaquent en diffamation…

Militant cégétiste contre administrateur cégétiste

Coauteur avec Chistophe Mongermont et moi-même du livre L’argent noir des syndicats [1], le militant Jean-Luc Touly demandera au trésorier national de la CGT d’apporter la preuve du propos diffamatoire qu’il a tenu, lors de l’émission Pièce à conviction, présentée par Elise Lucet, sur France 3, le 23 mai 2008. le trésorier s’était en effet défendu contre le livre en accusant Jean-Luc Touly d’être « un menteur » et même « un falsificateur », notamment en niant que ce dernier fût à la CGT. Le propos était particulièrement inadapté puisqu’à la même époque, Jean-Luc Touly représentait la CGT au conseil de Prud’hommes de Créteil, et que les apports de notre enquête, en plein scandale de l’UIMM, appellent des réponses un peu plus éclairantes…

Un procès qui concerne tous les salariés

De nombreux journalistes et observateurs ont déjà fait savoir qu’ils assisteront à ce procès dont l’audience est prévue à 13 heures, ce mardi 6 janvier 2009. On y croisera sans doute aussi quelques émissaires des grandes entreprises et de fins limiers de l’investigation financière car ce procès pourrait se révéler très instructif dans le cadre d’autres procédures en cours. Surtout à la veille du procès qui opposera, le 19 janvier, Laurence Parisot aux anciens patrons du Medef l’ayant publiquement accusée d’avoir été au courant des « fluidifications des rapports sociaux » par le patronat avant l’explosion du scandale…

Le procès du 6 janvier concerne tous ceux qui refusent que l’injure remplace les vrais débats et la transparence. Il intéressera aussi ceux qui veulent encore croire aujourd’hui au syndicalisme, et restent prêts à se battre pour défendre les acquis sociaux face aux maîtres de l’argent.

Le juge Le Loire ne dort pas

Notes

[1] paru en 2008 chez Fayard

Mots clés : CGT France Justice syndicats

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Affaire UIMM

20 novembre 2008 à 09h41

L’enquête continue de progresser. Le juge n’a pas abandonné la piste du financement des syndicats. Ni les tractations qui ont entouré le départ de Denis Gautier-Sauvagnac de l’UIMM… A la veille du procès qui doit opposer, le 19 janvier prochain, Laurence Parisot à un ancien dirigeant de l’UIMM qui affirme qu’elle connaissait l’existence du système, il est bon de faire le point.

« L’enquête n’avance pas vite » entend-on ici et là. Les observateurs qui reprennent ce leitmotiv craignent que le temps joue, au final, pour un classement du dossier.

On peut les comprendre, mais il est encore vraiment trop tôt pour désespérer de la justice dans cette affaire. D’ailleurs, on a vu cent fois des investigations conduites à la hâte, dont le gouvernement se félicite aussitôt, suivies quelques mois plus tard de révisions et de mea culpa préparant plus sûrement une neutralisation des dossiers.

Pour l’heure, le juge Roger Le Loire ne donne pas l’impression de s’être endormi et franchement l’air de vouloir se faire oublier…

Les derniers progrès du juge

Le faisceau de présomptions sur les fluidités visant des syndicats s’est encore enrichi avec la découverte de versements à la CFTC et les dépositions de Jacques Gagliardi, ex responsable de l’organisation patronale, indiquant comment l’UIMM fournissait des « munitions » à un représentant du patronat afin qu’il calme des syndicalistes et des politiques. De même, une nouvelle piste à ce sujet vient de s’ouvrir avec les éléments apportés par l’ancien délégué général de l’UIMM Dominique de Calan, confirmant des enveloppes versées à des syndicalistes universitaires.

Sur le parachute doré de Denis Gautier-Sauvagnac (DGS), pactole soupçonné d’avoir été négocié en échange de son silence (notamment 1,5 millions d’euros et 300.000 euros d’indemnité « pour mise à la retraite obligatoire »), le juge n’a pas non plus montré qu’il travaillait avec des moufles. Le 16 octobre 2008, il a mis en examen l’UIMM en tant que personne morale, pour « subornation de témoin », après l’audition de son représentant, le nouveau président de la fédération de la métallurgie, Frédéric Saint-Geours (ancien directeur général de Peugeot). Rappelons que les conditions de départ de DGS avaient été négociées par Michel de Virville (secrétaire général de Renault) et Philippe Darmayan (vice-président exécutif d’ArcelorMittal), lesquels ont été mis en examen à la même date. De surcroît, un avenant à ce contrat avait été signé au lendemain de l’élection de Saint-Geours, par lequel l’UIMM prendrait en charge les sanctions fiscales (8 millions d’euros) liées à une possible condamnation de DGS.

Je ne reviens pas sur les nombreuses personnalités mises en examen avant le mois d’octobre (voir les articles précédents sur le blog), ni sur toutes celles qui ont été entendues comme témoins depuis le début de l’affaire (le plus récent est Ernest-Antoine Seillière, auditionné le 11 novembre 2008, qui a affirmé tout ignorer des pratiques de l’UIMM).

Le premier procès

Autre aspect du dossier : Laurence Parisot poursuivant en diffamation l’ancien président de l’UIMM, Daniel Dewavrin, qui a soutenu qu’elle était au courant des pratiques de DGS avant que le scandale explose dans la presse à la rentrée 2007. Le procès, qui doit se dérouler le 19 janvier 2009, verra DGS et Arnaud Leenhardt (ancien dirigeant de l’UIMM) venir apporter leur témoignage. Il serait étonnant que Daniel Dewavrin leur ait demandé de venir témoigner s’ils ne sont pas prêts à apporter des éléments favorables à sa version. Reste à savoir jusqu’où ils laisseront emporter face à la présidente du Medef qui semble peu résignée à laisser dire qu’elle savait…

Mais tout ça ne doit nous décourager. Bien au contraire. Cette affaire est l’occasion de retrouver le chemin du syndicalisme de lutte et de coordination, à l’heure où tout le monde devrait être dans la rue.

Roger Lenglet

Le trésorier national de la CGT en procès Que devient la cagnotte de l’UIMM ?

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17 Messages de forum

  • Le juge Le Loire ne dort pas

    21 novembre 2008 10:31, par zadiglevizir

    TANT MIEUX ROGER SI VOUS Y CROYEZ…. quant à nous bien évidemment il nous faudrait une sacrée dose d’optimiste pour croire en la justice de Sarkozy et pour s’en convaincre toujours lié à l’affaire de l’UIMM… une magnifique ORDONNANCE DE NON LIEU (inique) vient d’être rendu justement et concernant un zadig lanceur d’alerte qui mérite une enquête du très renomme André Ride de l’IGS …… ordonnance de non lieu rendue N° 2008/02934 le 7 novembre 2008 par la 5 chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris (celle dont les HAUTS magistrats sont soupçonnés d’être reçus en grande pompe(selon P chiron chauffeur de DGS le parisien du 23/11/2008) par DGS à l’UIMM chaque année pour fluidifier …) cette affaire que la justice étouffe visait des puissants du labo social de l’UIMM (pacte mafieux)qui de surcoit récidiviste…. L’ordonnance en elle même est un cas d’école… on refuse à la partie civile d’être reçue par le juge, interdiction de confrontation avec les composantes du pacte de corruption, commissions rogatoires partielles, refus des policiers de suivre les demandes du juge , falsification des faits et refus de prendre en compte des pièces comptables éminentes en conclusion une enquête menée uniquement à décharge violant littéralement l’article 175 du code de procédure pé nale et surtout l’article 18 alinéa 4 (pertes de preuves) sans parler de la longueur de l’enquête due à la carence de l’institution elle même (celle ci avait même la prétention de ce fait de coller une amende civile de 915 euros … aux parties civiles victimes non mais !) … 7ans … du jamais etc….. On conluera Roger en disant que la justice de notre pays est éffectivement au service de la caste dirigeante et qu’elle usurpe des décisions….. au nom du peuple français..et croyez moi Roger ça ne peut s’inventer !!!!ainsi va la France de Sarko !!!!!

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    • Le juge Le Loire ne dort pas 23 novembre 2008 09:23, par le conseil national de la résistance

      la fluidifiaction entre l’UIMM et ses ténors et la justice (la cour d’appel de Paris) :

      QUID de la valeur de cette ordonnance de non lieu haute en couleur et rendue au nom du peuple français et sérieusement entachée de disfonctionnements (voulus) révélant de facto une supicion bien légitime de la part des parties civiles victimes ????

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      • Le juge Le Loire ne dort pas 23 novembre 2008 19:09

        dans cette affaire intervient le I er Président de la Cour d’appel de Paris , JC MAGENDIE , le même qui le 7 novembre 2007 (1) sortait de la réserve naturelle qui devrait elle la sienne dans un démocratie normale et nous faisait par de son intention de pratiquer la chasse à courre , voulant classer les affaires des quérulents processifs autoproclamés justiciers … en clair éreintés les gens respectables qui dérangent ses potes de l’UIMM… au fait de quoi se mêle t’il l’homme de la magistrature couchée ???? (2) ne mérite t’il pas une sanction de son ministre ???? Au fait question : a t’il été reçu en grande pompe à l’UIMM par DGS ?????

        (1) interwiev Libération R. Lecadre (2) article marianne de juin 2008 e. Decouty

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        • Le juge Le Loire ne dort pas 24 novembre 2008 09:34

          dans de telles conditions comment pouvoir éviter une sérieuses enquête du très indépendant André Ride patron de l’inspection générale des services de la Chancellerie et pote de Rachida Dati ??????

          Une enquête loyale s’impose Mr Le Procureur ????

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          • Le juge Le Loire ne dort pas 24 novembre 2008 10:29

            Bien qu’en marge de l’affaire des caisses noires de l’UIMM, ce dossier que la cour veut étouffer à tout prix est révélatrice des pratiques nauséabondes utilisées conscieusement par l’UIMM et ses leaders qui sont reconnus comme des labos sociaux (dont Thalès qui n’a d’ailleurs jamais démentis à ce jour)… la corruption…cette scabreuse affaire doit obligatoirement intéresser le juge Leloire d’autant que la partie civile victime a été entendue comme témoin espress le 14 novembre 2007 ET DEVENU DEPUIS puisque jamais contesté donc crédible….dans le dossier ouvert par ce même juge.

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            • Le juge Le Loire ne dort pas 24 novembre 2008 17:29

              DEUX QUESTIONS ESSENTIELLES VIENNENT LOGIQUEMENT A L’ESPRIT avec ce qui est dit ci-dessus :

              1) Quid de la validité de tous les accords passés entre les syndicats et le patronat (UIMM ou MEDEF) depuis des lustres ?? et plus particulièrement avec la CFTC considérée comme un groupuscule …

              2) Les magistrats sont ils au dessus du droit et des lois républicaines ? Ont ils le droit de faire du passe droit ?

              3) Que fait on dans ces conditions des victimes si chères à Sarkozy et à Dati ??? Il faut une réponse claire à chaque problème (vous avez dit clair … !)

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          • Le juge Le Loire ne dort pas 25 novembre 2008 10:10

            le problème c’est justement le procureur qui manipule ce dossier, la justice s’est érigée comme la plus sure protection des fripouilles.face aux victimes.. magouille en tout genre félonnerie et passe droit

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        • Le juge Le Loire ne dort pas 25 novembre 2008 13:49, par Roger Lenglet

          J’essaye de vous suivre, mais vous courrez trop vite, mon bon Zadig ! Je comprends le sens général de votre propos mais vos ellipses m’échappent comme des ballons lancés trop haut. Pouvez-vous prendre le temps de développer un peu plus explicitement dans l’esprit de Voltaire dont vous chérissez la langue ?

          Roger Lenglet

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    • Le juge Le Loire ne dort pas 25 novembre 2008 13:37, par Roger Lenglet

      Aucun doute sur la volonté des gouvernements de disposer d’une magistrature corvéable. Aucun doute également sur l’asservissement de tous ceux qui, moyennant toutes sortes d’arrangements, font passer leur carrière et les avantages mondains avant l’éthique. Les exemples et les raisons de se révolter ne manquent pas. Reste à se mobiliser pour assurer la séparation des pouvoirs et dissuader les collusions.

      Dans cet article, il ne s’agit pas de croire, mais d’observer les décisions du juge, de s’y intéresser attentivement. Comme vous savez le faire vous-même, énergique Zadig.

      A bientôt !

      Roger Lenglet

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      • Le juge Le Loire ne dort pas 5 décembre 2008 18:59, par Mme DENIS nièce de Voltaire

        éffet immédiat de l’affaire UIMM sur les élections prud’homales… La CFTC disparait du paysage syndicale nous privant des hautes compétences de Crespo et de son Voisin… on a eu chaud on croyait qu’ils allaient nous revenir…. bonne nouvelle pour la démocratie syndicale que ce coup de karcher….amen

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        • Le juge Le Loire ne dort pas 8 décembre 2008 20:52, par Pangloss de Mr de Voltaire

          le temps passe et tout trépasse… plus rien ne vient troubler la quiétude de notre excellent ronfleur de juge… DGS est aux sports d’hiver, de Calan bricole l’appart de sa Tatie epouse de Pierre (dcd), Crespo fort de son succès aux prud’hommes vient de sabler la champ… avec son Voisin de foire…et l’UIMM continue comme si de rien n’était à fluidifier les rapports judiciaires et syndicaux etc… quant au vieux Ceyrac il s’apprête à rendre des comptes avec le divin …et Parisot est toujours dans le mensonge virtuel contre son plein gré d’office… inch allah !!!!

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          • Le juge Le Loire ne dort pas 10 décembre 2008 20:56, par zadiglevizir

            hier c’était la journée des droits de l’homme et notre ami le juge ne s’est par réveillé ce qui laisse augurer pour l’avenir de longues siestes et autres somnolence… décidément

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            • La plainte de Laurence Parisot 11 décembre 2008 20:04, par Roger Lenglet

              Difficile de ne pas partager votre impatience quand le silence et l’attente ressemblent au manteau de neige de l’hiver qui paralyse tout. Mais attention : instruire une affaire comme celle dont est chargé le Juge Le Loire nécessite, s’il veut amener ce dossier jusqu’au bout,de ne pas faire le moindre faux pas, et que nous fassions pression dans le bon sens, car il doit affronter bien des adversités… En attendant, je reçois toujours de nombreux témoignages de syndicalistes actifs qui luttent contre les paralysies de leur organisation. Et n’oublions pas le 19 janvier 2009, le procès en diffamation intenté par Laurence Parisot !

              Roger Lenglet

              Voir en ligne : Le juge Le Loire ne dort pas

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              • La plainte de Laurence Parisot 13 décembre 2008 15:11, par zadiglevizir

                Cher Roger, merci tout d’abord bien : on patiente et vous connaissant nous savons bien que pour votre philosophie (qui est la nôtre également)il n’est pas question pour nous de faire de l’anti syndicalisme primaire… seulement de dénoncer les dérives de ripoux syndicalistes qui ont un éffet contreproductif allant dans le sens… du medef qui est ravi de la division voulu et organisé par lui même… il ne s’agit pas de syndicalistes qui veulent nous faire croire qu’ils ont des valeurs mais de syndicalistes sans valeur ni foi ni loi que nous devons éjecter (CFTC par exemple)…. nous rappelons sur le sujet votre honorable prise de bec avec un des hommes de l’établissement Jacques Juilliard du nouvel obs…mais il y a des syndicalistes qui souffrent de ces injustices et qui veulent règler une bonne fois pour toutes leurs comptes… est anormale ??? nous sommes à la fin d’un cycle, la crise bancaire suivie de la crise financière obligatoire qui en découle celle de la confiance et de la morale débouche maintenant sur une crise politique l’explosion sociale est à notre porte…. et le Juge Leloire ne craint t’il pas désormais la crise judiciaire ? la justice s’éffondre sous le coup de buttoir de Sarko (c’est voulu)… toutes les affaires sensibles sont menées à décharge… On vient d’apprendre qu’un citoyen aussi élégant que Marchiani va être élargi, que Pierre Pasqua, malgré de la taule ferme se la coule douce à la maison de Môssieur Charly etc… comment faire confiance en la justice de ce pays c’est quasiment impossible ??? le prochain Tsunami… c’est la révolte comme les français savent à chaque fois le faire … c’est à dire bien… mais cette fois si il ne s’agira pas simplement de tondre quelques malheureuses à la libération en 1945… mais d’éradiquer le système qui est lié à la corruption et ça va faire très très mal….

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                • La plainte de Laurence Parisot 31 décembre 2008 16:18, par ZADIGLE MILLENAIRE

                  bon réveillon de fin d’année à Roger Leloire… bonne hibernation…. et souhaitons à tous les démocrates de ce pays (enfin ceux qui le restent….) une justice indépendante libre et de bonne moeurs… avec un gouvernement qui libère le corrompu (Marchiani), laisse courrir les casseroles (Santini, DGS , Thalés , Rodhia etc…) peu d’espoir sur la moralisation des affaires… la question qui se pose désormais : quel patrimoine moral notre génération de décrépitude va t’elle laisser à nos descendants ,, ????? Bonne année tout de même… citoyens intègres restez le !!!!

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                  • La plainte de Laurence Parisot 2 janvier 16:03, par ZADIGLEVIZIR

                    bonne année à Roger Lenglet, Jean Yves Touly, Christophe Montgermont… ainsi qu’à tout ceux qui malgré les vicissitudes de la vie ont du mal à combattre la corruption qui est le principal problème de la France….

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                    • Bonne année à tous ceux qui luttent contre la corruption ! 4 janvier 14:55

                      Bonne année Zadiglevizir ! Et à tous ceux qui, comme toi, empêchent l’opinion de s’endormir.

                      j’espère que tu seras présent au procès de mardi (6 janvier) où l’on verra le trésorier national de la CGT répondre aux magistrats qui vont lui demander de justifier ses propos injurieux !

                      Roger Lenglet

                  •  

              • Le conseil de l’UIMM vient de décider de l’usage de son trésor de guerre

                26 septembre 2008 à 11h43

                Alors que la justice enquête toujours sur les destinataires des prélèvements en liquide sur ses caisses noires, l’UIMM décide d’en conserver l’usage…

                C’est fait. Le Conseil de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) a décidé, ce jeudi 25 septembre, du sort qu’elle réservait à son faramineux trésor. Soit près de 600 millions d’euros (580 millions exactement).

                Les pauvres et les chômeurs peuvent aller se rhabiller, l’UIMM n’entend pas leur abandonner un sou. Au mépris de l’opinion, son conseil vient d’entériner la destination de ses fonds. Dans un communiqué, il vient d’annoncer officiellement que « L’UIMM, qui en est pleinement propriétaire, a souhaité pouvoir les affecter à des projets entrant dans son objet social et d’intérêt général ». Traduction : ils ne rendront pas le magot et entendent bien en user comme ils voudront (voir mon article d’hier).

                Au moment même où Laurence Parisot, présidente du MEDEF, vient d’annoncer qu’elle voulait mettre fin aux « parachutes dorés », les patrons de l’UIMM nous remettent les pieds sur terre.

                Roger LengleT 

        • 5 septembre 2008 à 18h52

          Quand l’affaire des « fluidifications sociales » de l’UIMM a éclaté, tous les leaders syndicaux se disaient propres et, paradoxalement, prêts à « assainir » le financement des organisations. Nous avons dénoncé cette hypocrisie en montrant que cette affaire n’est qu’une partie de ce qui constitue, en fait, un véritable sport national (Cf. « L’argent noir des syndicats », Fayard 2008). Les remous n’ont pas fini de faire des vagues. Des langues continuent de se délier…

          François Chérèque, le leader de la CFDT, vient de lancer le coup d’envoi de la rentrée sociale en déclarant dans Si on me cherche…, livre publié ce 3 septembre 2008, que Sarkozy a envisagé une loi d’amnistie pour les bénéficiaires des financements occultes après l’explosion de l’affaire Denis Gautier Sauvagnac. Le président de la République lui aurait dit : « Bien entendu, il faudra en passer par une loi d’amnistie comme ça a été le cas pour les hommes politiques avant la loi sur le financement public des partis ».

          Dès la publication d’extraits du livre dans L’Express, le 28 août, l’Elysée s’est aussitôt fendu d’un ferme démenti, sans attaquer toutefois le leader en diffamation ni demander l’interdiction du livre. Qu’y lit-on plus précisément ? François Chérèque y explique que cette conversation a eu lieu en présence de deux témoins et qu’il a immédiatement écarté cette perspective : « Il n’en est pas question, la CFDT s’y opposera très nettement. S’il y avait une loi d’amnistie, je la dénoncerais publiquement ». Le leader aurait ajouté : « S’il s’avérait qu’un adhérent ou un responsable de la CFDT, à quelque niveau que ce soit, a reçu de l’argent de l’UIMM, ce sera tant pis pour lui. Il devra être poursuivi et condamné le cas échéant. »

          Ces déclarations interviennent dans un contexte qui s’est tendu durant les vacances. Les progressions de l’enquête du juge Le Loir ont de nouveau attiré les regards vers les organisations syndicales. Le 4 juillet, il a entendu Jean Charbonnel, ancien ministre pompidolien, et Yvon Gattaz, l’ex-président du CNPF (ancêtre du Medef), lequel a toujours affirmé que les caisses noires du patronat financaient discrètement les syndicats. Parallèlement, le juge mettait en examen Henri de Navacelle (un dirigeant patronal). Les jours suivants, il plaçait François Ceyrac (ex dirigeant du CNPF) sous le statut de témoin assisté. Le 24 juillet, il interrogeait Jacques Gagliardi, un ancien responsable de l’UIMM (1985-1995) qui aurait évoqué des politiques et des syndicats, dont la CGT, comme bénéficiaires des « fluidités ». Le lendemain même, le 25 juillet, la CGT démentait vivement en déclarant que les déclarations de Jacques Gagliardi devant le juge n’était qu’une « stratégie de défense » de l’UIMM destiné à détourner l’attention des véritables utilisations des caisses. On est averti : si l’enquête menée par le juge fait apparaître des syndicalistes marrons parmi les destinataires des espèces, il ne faudra pas y voir une pratique « structurelle » ou générale que les leaders auraient eu a connaître. Soit. Mais il faudra alors affronter quelques questions, à commencer par celle-ci : quels accords ou quels compromis ont été obtenus par le patronat en échange de ces versements ? Et il faudra les revoir.

          Le mois de septembre sera-t-il chaud ? Le contexte devrait le rendre brûlant, mais le syndicalisme de négociation auquel nous assistons depuis des décennies ne nous laisse guère plus espérer de véritables luttes, alors que ces deux formes d’actions devraient être complémentaires. En attendant, Jean-Luc Touly, co-auteur du livre L’argent noir des syndicats, a lancé un procès contre le trésorier national de la CGT, Michel Donnedu (la première audience se déroulera le 25 septembre au Palais de justice de Paris). Mais on en reparlera d’ici là.

          Scandale de l’UIMM - Joyeux anniversaire ! Qui a peur de nos révélations ?

          Mots clés : CFDT CGT François Chérèque syndicats UIMM

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          8 Messages de forum

          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            8 septembre 2008 20:26, par EUCLYDE

            bonjour Roger, comme toujours vous êtes actif pour le bien de tous et principalement pour nos syndicalistes qui n’ont de cesse de vous combattre alors qu’ils n’ont pas compris qu’au contraire que vous les défendez contre leurs propres turpitudes… enfin… Cependant puisque vous êtes au courant de ce qui s’est passé depuis la sortie de votre livre mi Mai 2008, force est de constaté que depuis cette date il y a eu l’interwiew de Mr Crespo (métallo CFTC) (16 mai) qui reconnaît avoir reçu de l’argent de l’UIMM pour son syndicat… il est d’ailleurs le seul syndicaliste à le reconnaître ajoutant que celà lui posait des problèmes d’indépendances (vis à vis de son donateur UIMM) Cher Roger, suite à cette révélation édifiante voir incongrue qui ne semble pas avoir marqué Mr Le Loir le juge chargé de l’instruction, plusieurs questions se posent :

            1) Les autres syndicats discriminés par cette généreuse donation vont ils réagir, y compris en justice pour discrimination ???

            2) Monsieur CRESPO peut il justifier sur quelle base légale s’est faite ces heureux versements.

            3) Dans ce cas précis peut il justifier la légalité de l’utilisation de ces fonds (ils ont dû certainement vue le caractère confessionnel de la CFTC à couvrir des frais d’avocat par exemple de discriminés pourquoi pas ça serait tout à son honneur n’est ce pas … voir à un anniversaire d’une personnalité de la CFTC…. tout ça inquiète beaucoup de monde vous le comprendrez…

            4) on sait aussi que cet argent a servi à règler des notes de restaurant.. un syndicaliste qui relatait « c’est le patron qui paie » après avoir été mis en doute scandaleusement par l’état major CFTC voit cette reconnaissance avec bonheur… et ce malgré les laborieuses dénégations de Mr Voisin/Crespo aux médias….

            5) Un article du figaro de juin 2008 (journal proche du patronat), relatait que Mr Crespo avait été assigné par 6 fois devant les prud’hommes ce qui n’est pas coutumier pour un chef syndicaliste…

            6) quant au syndicaliste qui a refusé la tentative de corruption de la part de l’UIMM, les explications de Monsieur CRESPO et son adjoint paraissent pour le moins fantaisistes et méritent débat avec témoignages contradictoires et pièces à l’appui. Mr CRESPO à cette époque n’était pas en fonction ce qui ne l’empêche nullement de s’exprimer sur le sujet … alors… !!!!

            7) le fait nouveau exploitable par le juge est le fait qu’à plusieurs reprises il dit que ces sommes d’argent perçues (à notre avis sans base légale), lui posait des problèmes d’indépendances et nous nous enfonçons le clou en disant mais également déontologique s’agissant d’un syndicat faisant référence à la morale chrétienne.

            Que de questions à poser à ce syndicaliste modèle ???

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            • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée » 13 septembre 2008 15:27, par Pangloss

              aux dernières nouvelles, Roger Le loir qui est loin de s’endormir sur ses lauriers et suite aux commentaires assez déterminants de l’ensemble de la presse sur le sujet et particuliérement des investigations éloquentes sur backchich (interwiew de J. CRESPO) va faire une descente péremptoire à la CFTC métallo et faire les recoupements patrimoniaux et contradictoires nécessaires à l’établissement de la juste vérité… ça urge avant que certains dossiers ne disparaissent….ça va saigner …..

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            • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée » 16 septembre 2008 10:31, par Roger Lenglet

              Juste une précision : Le livre L’argent noir des syndicats recueille déjà l’aveu de M. Crespo concernant les versements de l’UIMM à la CFTC. M. Crespo nous déclarait que 60 % des sommes versées sont d’un montant fixe et que 40 % sont variables et tiennent compte du bon état des relations entre le syndicat et l’organisation patronale… Par ailleurs, il affirmait que les autres syndicats bénéficiaient du même système. Les confédérations ont tenu à nier fermement avoir eu connaissance de tels versements. M. Crespo n’a pas été poursuivi en diffamation mais, bien sûr, cela ne suffit pas à prouver que ce qu’il a dit sur les autres syndicats est vrai. Notons que le même homme déclare depuis la sortie du livre qu’il s’agit de « versements légaux ». Le problème est que la loi de 1884 protégeant l’opacité des financements syndicaux rend à peu près tout légal.

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          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            17 septembre 2008 14:38

            Bonjour Roger, un article du canard en chainé de ce jour 17 septembre met en exergue de nouvelles turpitudes du dénommé Crespo qui vire des syndicalistes de PSA qui avait eu l’outrecuidance de s’en prendre au DRH de cete société… ils ont été viré un peu dans le me^me style que des syndicalistes avaient été expédiés à la retraite à Thalès , toujours par le même individu CRESPO…. un étouffe chrétien certainement…..mais pour sur un corrompu…..

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          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            20 septembre 2008 13:40, par Jean-Pierre

            Merci de lutter avec autant d’énergie, pour faire entendre la vérité au milieu de cette immense cacophonie de mensonges ! Quel dommage pourtant que les plus intéressés, du moins devraient-ils l’être, se bornent en majorité à vous faire front. Certes, le problème en est sans doute arrivé à un tel degré de gravité que les syndicalistes eux-mêmes ne savent plus qui les aide et qui les coule. Mais si seulement votre livre était davantage lu, et pas soigneusement écarté, toute cette fanfaronnade ne pourrait manquer de sauter aux yeux de tous. Continuez, le pavé dans la mare (de boue) n’a certainement pas finis d’éclabousser.

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          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            3 novembre 2008 17:02, par contes de Mr de Voltaire

            POUR CRESPO C’est l’époque du fluide glacial depuis le 31/11 pour Voisin ça sera le 3 décembre chacun son tour comme à confesse … et la messe sera dite pour la CFTC….On s’emploie en ce sens pour ça…. prévision maxi 5 % merci les mickey et surtout ne voter pas CFTC dieu vous le rendra !!!

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        • A propos

            Ici, je vais prolonger et alimenter le débat sur le syndicalisme, soulevé dans le livre « L’argent noir des syndicats » (Fayard) que j’ai écrit avec Jean-Luc Touly et Christophe Montgermont. Notre enquête sur la corruption et les dérives financières du monde syndical révèle que des grandes sociétés multiplient les moyens pour s’acheter la complaisance de nombreux syndicalistes : versements discrets, cadeaux personnels, emplois fictifs, paiements en liquide, primes exubérantes, avancements et avantages indus, élections de délégués arrangées… Grâce à de nombreux témoignages et documents, nous dévoilons l’ampleur des pratiques destinées à neutraliser les syndicats en France. Le débat est maintenant ouvert.


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SYNDICATS : LA TERRIBLE REVELATION

Posté par issopha le 20 mai 2008

SYNDICATS : LA TERRIBLE REVELATION

 

 

Réponse  de Roger LENGLET , auteur de l’« Argent Noir des syndicats »

à l’édito de Jacques Julliard (  chroniqueur au Nouvel Observateur )

19 mai à 23h06

sur www.backchich.info

Si l’argent noir des syndicats reste un tabou, ce n’est pas seulement parce qu’il cache la faiblesse du nombre de syndiqués. La vérité la plus inavouable soulève la question de leur indépendance : car voilà, ce sont les directions d’entreprises qui jouent les mécènes discrets. Ce qui n’aiguise pas vraiment les ardeurs syndicales… Il est grand temps que les salariés ouvrent les yeux et imposent des règles saines à leurs représentants.

« Il n’est pire sot que celui qui ne veut pas entendre… » Ce dicton a pris un sens extravagant à mes yeux depuis le 17 mai 2008, jour de la sortie de L’argent noir des syndicats [1]…

J’ai mené cette enquête avec deux syndicalistes très actifs, Jean-Luc Touly et Christophe Mongermont, récompensés en 2006 par l’association Anticor pour leur lutte contre la corruption et leur opiniâtreté à défendre les salariés (voir la note concernant les auteurs). Inquiets de voir les grandes organisations signer de plus en plus facilement des accords vidant le droit du travail et les acquis sociaux, nous avons voulu en savoir plus. En plongeant notre nez dans les grandes entreprises, nous avons pu détailler la manière dont elles caressent des acteurs du monde syndical pour les endormir.

Notre livre dresse un état des lieux et lance une alerte, mais c’est d’abord un vade mecum pour mieux savoir se défendre face aux employeurs et obliger les syndicats à se bouger les fesses. De nombreux syndicalistes de tous bords nous soutiennent depuis le début de cette enquête, furieux contre la mollesse chronique de leur hiérarchie et les accords scandaleux passés dans leur dos au cours des dernières décennies. Certains qui ont témoigné dans le livre le paient d’ailleurs aujourd’hui très cher en se faisant virer de leur organisation.

Le bal des faux culs

Au lieu de provoquer un réveil du monde syndical et des syndiqués, les faiseurs d’opinion qui commentent le livre feignent souvent l’indignation en faisant croire que c’est une charge contre le syndicalisme. Nous qui défendons à chaque page les syndicalistes qui restent intègres et relatons leurs luttes contre les corruptions ! Certains journalistes le font même passer pour une attaque contre les travailleurs, pour un mauvais coup de la droite ou du gouvernement.

Dans son édito du Nouvel Obs, Jacques julliard donne le ton en nous présentant comme des alter ego de Jacques Marseille, l’économiste de droite qui bouffe du syndicat à longueur d’année et s’acharne contre la protection sociale. Le même laisse entendre que nous sommes un commando de Sud Solidaire. Jacques Julliard ne se demande pas pourquoi le Nouvel Obs juge bon de reproduire, dans le même numéro, des extraits de notre enquête sur quatre pages et s’en inspire sur trente pages !

Je reviendrai un autre jour sur les raisons de cette curieuse attitude des uns et des autres, en détail. Elles valent le détour.

Affrontons les vraies questions

Qu’ont obtenu les entreprises en échange du soutien financier qu’elles apportent aux syndicats depuis des années ? Alors que tout le monde semble répète comme un seul homme que les syndicats ont dû compenser la perte des cotisations auprès de syndiqués, ne faut-il pas oser dire enfin que ce sont les financements qui les ont détourné des salariés ? Est-il possible de parler du financement des syndicats et des conditions de leur indépendance sans être accusé de servir la droite ? Examiner la réalité en face et déplorer les paralysies des organsiations nous vaut d’être taxé d’anti-syndicalisme par ceux qui restent éloignés des salariés, alors nous sommes sur le terrain pour les défendre. La simple et terrible vérité est que les employeurs, bien au-delà des lubrifications de l’UIMM, ont largement transformé la scène syndicale en simulacre de rapport de forces .

J’ouvre ce blog parce que je crois qu’il possible de lutter contre les stratégies corruptrices des grands groupes privés et de leurs lobbies. Parce que je refuse de voir enterrer le syndicalisme de lutte et qu’il soit remplacé par des accords que plus personne ne cherche vraiment à comprendre et qui ressemble de plus en plus à de l’absraction lyrique. Des accords que trop de médias présentent comme des bulletins météorologiques de la vie sociale annonçant la fatalité du temps.

Avec Jean-Luc et Christophe, nous pensons que la passivité de nos syndicats a un rôle déterminant dans le fait que le taux de syndiqués en France est devenu le plus bas des pays développés. Nous sommes frappés par le fait que ce taux ait été divisé par cinq depuis les années 1970 alors que, dans le même temps, le nombre des permanents syndicaux a été multiplié par le même nombre. L’argent des syndicats ne vient plus des syndiqués (on ne va même plus chercher leurs cotisations, le plus souvent). Les salariés sont devenus les seuls gêneurs pour ceux qui veulent danser en rond !

Ce blog offrira aussi l’occasion de présenter les réactions autour de cette enquête et de ce combat.

je vous invite à m’apporter vos réflexions, témoignages et documents.  www.bakchich.info/

Roger Lenglet

Les auteurs du livre

Roger Lenglet est philosophe et journaliste d’investigation. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il a publié notamment Profession corrupteur (éd. Gawsewitch, 2007) et L’eau des multinationales- Les vérités inavouables (avec Jean-Luc Touly, Fayard 2006). Membre d’Anticor (association de lutte contre la corruption).

Les deux autres co-auteurs sont Jean-Luc Touly (salarié de la CGE depuis 1976, ex élu CGT, juge prud’homal, président de l’Association pour le contrat mondial de l’eau France, membre d’Anticor et du conseil scientifique d’Attac), et Christophe Mongermont (secrétaire général des syndicats Force ouvrière du groupe Veolia secteur eau, salarié de la CGE pendant 20 ans, lauréat du prix d’éthique d’Anticor 2006, à l’origine nombreuses jurisprudences sociales, spécialiste du droit du travail).

 

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Les syndicats sont-ils vendus ? « L’argent noir des syndicats », Roger Lenglet, Jean-Luc Touly, Christophe Mongermont (Fayard) sortie le 17 mai, 302 pages, 19 euros

Posté par issopha le 17 mai 2008

 

Les syndicats sont-ils vendus ?

 

Livre / jeudi 15 mai par Vincent Nouzille 

©  Vincent Nouzille / Bakchich -  

 

Si les petits arrangements financiers de l’UIMM ont été (en partie) mis au jour, ceux des syndicats censés défendre les salariés restent à ce jour encore tabous. Dans un livre, « L’argent noir des syndicats » (Fayard), le philosophe et journaliste Roger Lenglet, et deux syndicalistes, Jean-Luc Touly et Christophe Mongermont, révèlent, preuves à l’appui, les magouilles des syndicats, qui dépendent notamment un peu trop… du patronat.

C’est une enquête stupéfiante, qui devrait faire du bruit. Pour la première fois, le voile se lève sur un sujet tabou, « l’argent noir des syndicats ».

Les syndicats sont-ils vendus ?  « L’argent noir des syndicats », Roger Lenglet, Jean-Luc Touly, Christophe Mongermont (Fayard) sortie le 17 mai, 302 pages, 19 euros dans CARNETS d'IMPOSTURES jpg_argent-noir-des-syndicats-fb52f

Depuis le début de l’affaire des fonds secrets patronaux de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), le doute se propage.

Qui a été arrosé par l’UIMM, notamment avec les 20 millions d’euros en espèces destinés à « fluidifier les relations sociales », selon l’expression imagée de Denis Gautier-Sauvagnac, le puissant boss de l’organisation patronale, éjecté de son poste ? Les syndicats de salariés, mal à l’aise, ont tous protesté de leur bonne foi et DGS a promis de ne rien dire.

Le livre du journaliste Roger Lenglet, et des syndicalistes Jean-Luc Touly et Christophe Mongermont n’apporte pas de révélations majeures sur ce scandale entre les mains de la justice. En revanche, l’affaire de l’UIMM n’est visiblement qu’un révélateur de pratiques plus générales entre patronat et syndicats, qui vont de la subvention déguisée à la corruption pure et simple… Dans une absence totale de transparence. Il est vrai que la loi Waldeck-Rousseau de 1884 sur les syndicats leur permet de se dispenser de toute justification sur l’origine de leurs fonds et sur l’identité de leurs adhérents. Ils ont même le droit de détruire chaque année leur comptabilité afin de ne pas laisser de trace ! Un comble. Censé protéger les syndiqués de toutes représailles ciblées, ce système légal est aujourd’hui totalement archaïque.

Pratiques assez troubles entre patronat et syndicats

La réalité, telle que la narrent les auteurs, est bien plus accablante qu’on ne le croit. Les syndicats ont besoin d’argent. Or, ils ont de moins en moins d’adhérents, puisque les cotisations couvrent probablement moins de la moitié de leurs dépenses. La désyndicalisation et la bureaucratisation de syndicats émiettés vont de pair. Résultat : le système D règne. Et les dérives se multiplient.

L’UIMM, par exemple, reste muette sur les subsides qu’elle verse discrètement aux syndicats depuis des années. Or elles existent bel et bien, selon les auteurs. (Bakchich, dès demain, en révélera d’ailleurs quelques exemples très concrets) !

Téléphones, voitures, primes, embauches amicales…

D’autres PDG anonymes, cités dans le livre, évoquent des pratiques plus tangentes, des petits cadeaux qui entretiennent l’amitié… et permettent d’assurer un climat social très calme dans l’entreprise : « Je reçois moi-même, lors de chaque élection professionnelle de délégués du personnel, les salariés élus pour leur proposer des petits cadeaux, un véhicule de fonction et un téléphone portable. En contrepartie, ce que je demande, c’est qu’ils me préviennent afin de régler en amont et en petit comité tout litige qui pourrait déraper. » Pis : les permanents de certains syndicats viennent demander quelques services, en échange de leur promesse de calmer les revendications.

Daniel Guerrier, délégué CGT jusqu’en 2000, témoigne, lui, à visage découvert : « j’ai souvent vu des délégués du personnel prendre leurs ordres auprès de la direction pendant des repas régulièrement offerts par les cadres dirigeants, au cours desquels on se tutoie et on baisse un peu la voix en abordant certains sujets comme le renouvellement du portable ou de la voiture, en passant par les primes spéciales et les horaires allégés, l’embauche de parents ou amis. »

Ces pratiques seraient, selon les auteurs, très répandues, par exemple, dans le secteur de la construction ou du nettoyage. Là, les employeurs désigneraient carrément eux-mêmes certains syndicalistes de manière à éviter les soucis. Moyennant quelques avantages salariaux et appartements attribués aux heureux délégués. Même la CGT a du mal à discipliner ses troupes dans le monde atomisé du nettoyage…

Des pages de pub qui posent question

Mais les surprises ne s’arrêtent pas là. Les syndicats sont aussi gentiment arrosés par des pages de pub dans leurs revues internes. Pages qui peuvent êtres payées jusqu’à 100 000 euros « sans que personne ne puisse expliquer leur intérêt commercial ». Les auteurs notent que la presse CGT a un « penchant prononcé » pour les pubs venant notamment des assureurs Satec, Macif, Axa, MMM, Assurance Sport et Tourisme, les groupes Dassault, EDF, SNCF, Air France, Suez, Veolia, France Télécom, l’alcoolier Pernod-Ricard, le Patis 51 et le champagne Henri-Guiraud…

Fonds pour la formation ou les handicapés détournés

Par ailleurs, les collectivités locales, les caisses de retraite complémentaires et l’argent de la formation professionnelle (voir l’encadré) contribuent, eux aussi, à irriguer les syndicats, de manière directe ou indirecte, comme plusieurs rapports de l’Inspection des affaires sociales et de la cour des comptes l’ont déjà dénoncé, sans véritable suites. Pire : les 400 millions d’euros de subventions destinées à l’insertion professionnelles des personnes handicapées seraient en partie détournées vers d’obscurs « conseillers techniques ». Sans que personne ne s’en émeuve vraiment !

Des centres de formation très dépendants

« Chaque branche professionnelle (agro-alimentaire, chimie, commerce, métallurgie, etc) possède son organisme agréé collecteur de taxes : Agefos PME, Fongecif, Opcareg… On en compte une centaine, lesquels sont gérés de façon paritaire par les syndicats patronaux et les syndicats de salariés.

Cette gestion paritaire favorise-t-elle le contrôle mutuel de l’emploi de cet argent par les partenaires sociaux ? En principe, oui. D’ailleurs, on s’attendrait à entendre de temps en temps quelque cri marquant des désaccords,… Mais non, aussi étonnant que cela puisse paraître, les partenaires sociaux semblent aspirer à la concorde et ne souffrir d’aucun conflit. Chacun d’eux choisit ses centres formateurs en fonction de sa sensibilité et décide de l’orientation des formations, de leur contenu, du nombre réel de stagiaires… L’existence de ces centres est organiquement lié au syndicat qui fait appel à leur service, dès leur création. Et l’allégeance est complète.

« Pour récupérer en partie l’argent de la formation professionnelle, on s’arrange avec les centres formateurs qui surfacturent leurs prestations – ou facturent carrément des formations fictives – et l’on reverse ensuite discrètement aux syndicats une partie des bénéfices indus » nous explique un témoin direct (…)

Dans un rapport remis en 2007, la Cour des comptes montrait plus d’assurance : « rares sont les organisations professionnelles qui présentent de véritables justificatifs même plus ou moins détaillés, correspondant à des services effectivement rendus ». »

© « L’argent noir des syndicats », Fayard 2008

A l’arrivée, le constat du livre est accablant, que ce soit dans les entreprises privées comme dans le cas des entreprises publiques, tels qu’EDF ou la SNCF, où les abus – narrés en détail – sont légion. Le système de financement des syndicats – patronaux et de salariés – est bancal, opaque, perméable à la corruption, sans règles ni contrôles. Il serait grand temps de le réformer, au moins pour lui donner plus de transparence. Et éviter de désespérer ceux qui continuent de militer en toute bonne foi.

« L’argent noir des syndicats », Roger Lenglet, Jean-Luc Touly, Christophe Mongermont (Fayard) sortie le 17 mai, 302 pages, 19 euros

A lire aussi dans Bakchich

Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »

L’UIMM finance-t-elle toujours les syndicats ? A cette question toujours tabou, « Bakchich » apporte aujourd’hui une réponse claire. « Oui, nous recevons de l’argent de l’UIMM » nous confie Joseph Crespo, le président de la CFTC Métallurgie, qui a (…)

Et à découvrir à partir de ce week-end dans Bakchich

Les débuts du blog de Roger Lenglet, l’un des auteurs du livre « L’argent noir des syndicats » (Fayard)

clear dans COULISSES ET RESEAUX DU POUVOIR


Forum

  • Les syndicats sont-ils vendus ?

    le samedi 17 mai à 13:35, zadiglevizir a dit :

    allez Roger Le loire un p’tit peu d’éfficacité tout ce beau monde à la santé en calèche…. mais attention sans les avantages sécu cela va de soit… le même règime que pour le pôvre Jérôme Kerviel …. chiche…

    Répondre poliment et sans gros mots

  • Les syndicats sont-ils vendus ?

    le vendredi 16 mai à 19:57, Chris a dit :

    C’est évident ! Certains syndicalistes sont prêts à trahir leurs collègues en signant des accords défavorables aux salariés…C’est connu !

    Par contre, ce qui l’est moins, c’est le financement des syndicats par le paritarisme….Exemple, les mutuelles, les caisses de retraite, les fédérations patronales…Qui louent à prix d’or des espaces publicitaires dans les journaux syndicaux, ou encore des stands lors des congrès des fédérations syndicales…Tout ça pue ! Parce qu’il est évident qu’en finançant un syndicat le bailleur de fonds attend une contre partie…

    C’est tout le système qui est pourri, et il ne faut pas incriminer uniquement les syndicats…Les politiques, et le patronat sont complices, l’un pour sa passivité et l’autre par intérêt…Ne rêvons pas, cela ne changera jamais ! Le pouvoir économique a pris le pli depuis bien longtemps sur le pouvoir politique,le pouvoir administratif et peut être judiciaire !

    Répondre poliment et sans gros mots

  • Les syndicats sont-ils vendus ?

    le vendredi 16 mai à 11:27, georges a dit :

    Roger Lenglet, Jean-Luc Touly et Christophe Mongermont , ont ils été « remercié » par le locataire de l’Elysée ???

    Répondre poliment et sans gros mots

  • Les syndicats sont-ils vendus ?

    le vendredi 16 mai à 09:56, Lilith a dit :

    A present je comprends mieux pourquoi les manifs meme tres importantes ne servent a rien ! A present je comprends mieux pourquoi les Darcos, Sarkozi et autres se la jouent tres surs d’eux. C’est tres tres grave ! Moui qui trouvait que les syndicats etaient plus que mous sur des sujets plus que graves, a present je comprends pourquoi cette mollesse face a la destruction organisee de la solidarite nationale. Quand on voit les humiliations qui sont faites a la CAF, a l’ANPE sur des etres humains qui n’ont commis aucun crime et qu’on pousse dans la misere pour les punir et que les syndicats ne ruent pas dans les brancards, je me demande vraiment comment les gens peuvent encore croire aux syndicats !? les syndicats en france ne servent a rien, nada et ce livre nous le confirme malheureusement. Comme le PS ne sert a rien non plus car il ne s’indigne pas plus que les syndicats, remarquez bien.

    Répondre poliment et sans gros mots

    • Les syndicats sont-ils vendus ?

      le vendredi 16 mai à 14:19, un acheté a dit :

      Bonjour,

      Pourquoi vous ne vous syndiquez pas ?

      Quant à la référence à Darcos, elle concerne les syndicats de l’Education Nationale. Dans la Fonction Publique il y a plus de syndiqués en proportion que dans le privé, parce que les pressions et représailles sont moindres (ce qui n’empêche pas la lâcheté d’un grand nombre de fonctionnaires). Des luttes sociales ont été obtenues grace au syndicalisme, leur faiblesse aujourd’hui c’est bien que les travailleurs ne pensent plus de manière collective mais individuelle.

      Cela facilite les dérives et la corruption effectivement. Mais le bouquin est écrit par des syndicalistes notamment et son objectif, je pense, n’est pas de jeter le syndicalisme et son histoire au feu.

      Je réitère donc ma question, Lilith, pourquoi ne vous syndiquez pas et ainsi vous tenterez modestement à votre niveau de pallier à ces dysfonctionnements, qui ne sont pas généralisés.

      cordialement,

      Répondre poliment et sans gros mots

    • Les syndicats sont-ils vendus ?

      le samedi 17 mai à 07:49, Didier DELANIS a dit :

      Je lis des commentaires affirmant que les syndicats ne serviraient à rien…..

      Les augmentations obtenues dans le cadres des Négociations annuelles obligatoires seraient elles consenties naturellement par les employeurs ???

      L’avis favorable de la CFDT sur la réforme des retraites en 2003 et qui a permit à plus de 500 000 salariés de partir avec un, deux ou trois d’avance à la retraitre lorsque qu un salarié avait commencé à travailler à partir de 14, 15, ou 16 ans est il une absurdité ??

      Les prud’hommes sont ils inutiles ?? Ne sont ils pas essentiels pour une prise en compte des intérêts des salariés….et ne sont ce pas des élus syndicaux qui siègent pour parti sur leur temps personnel ??

      La plupart des représentants syndicaux voient leur carrière stoppée net dés leur prise de fonction, qu’ils soient issus du public ou du privé…Est ce de la corruption ??

      Avez vous une idée du nombre de militants syndicaux qui subissent du harcèlement syndical ?? Qui voient leur vie bouleversée par ce qu’ils subissent…

      Aors, certes, il doit bien exister des systèmes critiquables, des individus corrompus, des brebis galeuses….mais pas plus que dans le reste de la société…

      La majorité de ceux qui s’engagent n’ont pas la vie rose.. Allez voir du coté des représentants syndicaux dans la grande distribution, notamment chez les caissières, allez voir du coté des représentants syndicaux chez les garagistes, venez faire un tour dans les structures de proximité des syndicats et vous verrez comme les organisations syndicales sont logées…..

      Avez vous déjà vu un syndicaliste s’enrichir ????avez vous constaté, comme on le voit plus souvent chez les politiques, une amélioration des conditions de vie des syndicalistes ???

      Et puis ce livre à sensation qui ne livre finalement pas grand chose est un bon coup pour celui qui l’écrit…En voilà un qui va gagner un maximum en jetant l’opprobre sur les syndicats..

      Et puis réfléchissons….Qui bénéficiera de telles accusations contre les organisations syndicales ?? A qui profite le « crime »…. ????

      Didier DELANIS

Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »

©  Marion Gay, Vincent Nouzille / Bakchich -

Joseph Crespo est en colère. Président de la fédération CFTC Métallurgie, il fulmine contre les soupçons de corruption qui empoisonnent le climat syndical depuis le début de l’affaire des « caisses noires » de son homologue patronal, l’UIMM, l’union des industries métallurgiques et minières, en septembre dernier. « On en a marre d’être traités de voyous ou de corrompus par plein de gens, alors que nous n’avons rien à nous reprocher » confie-t-il à Bakchich . Il est vrai que les principaux bénéficiaires des 21 millions d’euros de cash distribués par l’UIMM via son délégué général Denis Gautier-Sauvagnac (DGS) demeurent mystérieux (voir encadré). Et que la gestion discrétionnaire par l’UIMM de sa cagnotte secrète – 600 millions d’euros !- suscite bien des questions.

De l’argent versé par l’’UIMM aux syndicats

Mais, depuis le début de l’enquête judiciaire sur ces versements occultes, tout le monde évite de parler des relations financières, qu’elles soient licites ou pas, entre l’UIMM et les syndicats. Sujet tabou et silence radio. Jacques Voisin, le président de la CFTC a déclaré qu’il n’y avait pas de « système organisé » entre l’UIMM et son organisation. Dans un livre qui sort le 17 mai « l’argent noir des syndicats »  [ 1 ], l’UIMM se réfugie derrière l’enquête judiciaire en cours pour botter en touche sur le sujet. Mais Joseph Crespo évoque, lui, l’existence de subventions légales « qui posent en effet un problème d’indépendance » , sans donner plus de précisions.

Bakchich a voulu en savoir plus. Et Joseph Crespo a accepté de nous fournir des explications chiffrées, qui confirment l’existence de versements réguliers de l’UIMM à tous les syndicats (voir la vidéo ci-dessus).

270 000 euros par an pour la CFTC Métallurgie

De quoi s’agit-il ? De fonds versés – appelés dans le jargon syndical un « préciput » c’est-à-dire un prélèvement,- dans le cadre d’un accord sur la formation des syndicalistes signé entre l’UIMM et les syndicats de la branche, destinés officiellement à payer des stages. Le montant touché par la CFTC Métallos ? Un chèque signé par l’UIMM de 270 000 euros par an, ce qui représente 18% des ressources de la CFTC Métallos (1,4 million d’euros par an). « Nous recevons la même somme que les autres syndicats, plaide Joseph Crespo. C’est un accord signé, le versement est parfaitement légal et transparent dans notre unique compte bancaire localisé à la Bred » .

Et à quoi sert cet argent, dont l’UIMM ne contrôle pas l’usage final ? En vérité, les syndicats en font ce qu’ils veulent. « Nous organisons vraiment des stages de formation à la négociation pour nos militants » assure le président de la Fédé des Métallos. Plusieurs centaines de syndicalistes seraient concernés chaque année. « C’est nous qui faisons entièrement le programme, l’UIMM ne s’en occupe pas » tient à préciser Joseph Crespo. Il ajoute que la formation mobilise environ 80% des fonds versés par l’UIMM.  « Le reste permet de financer partiellement les 6 salariés de notre fédération » . Une manière de reconnaître que l’argent de l’UIMM sert aussi à faire vivre sa fédération de manière permanente…

Un quart des recettes viennent des adhérents

Joseph Crespo nous donne également d’autres précisions. Car l’UIMM n’est pas la seule à verser son obole. La fédération des services de l’automobile (concessionnaires, etc) finance également, à hauteur de 250 000 euros par an, la CFTC Métallurgie (comme tous les autres syndicats), dans le cadre d’un accord sur le paritarisme. Et six entreprises du secteur (dont EADS, Thalès, Safran, Renault) ont signé des accords de « droit syndical » avec la CFTC Métallurgie qui les conduit à verser chaque année 40 000 euros chacune à cette fédé. Soit 240 000 euros de rentrées supplémentaires. Sans compter des recettes annexes de publicité provenant de sociétés de prévoyance (Ionic, AG2R, etc) dans les revues syndicales.

Au total, les cotisations des 16 000 adhérents ne représentent que 25% des recettes de la fédé, qui totalisent 1,4 millions d’euros par an. « Le système est comme cela. C’est dommage, mais cela ne fait pas de nous des vendus » estime Joseph Crespo. Le président de la fédé CFTC Métallurgie, qui est, par ailleurs, candidat au poste de secrétaire général de la CFTC au congrès d’octobre prochain, est partisan d’une transparence totale et d’une réforme de la loi sur le financement des syndicats, en faveur d’un système de chèque syndical donné à chaque salarié. « Ce serait plus sain » admet-il.

« Pas de corruption de syndicalistes » a écrit DGS

Depuis qu’il a pris les rênes en 2000 de la fédération CFTC des Métallos, qui revendique 16 000 adhérents, Joseph Crespo, venu d’Eurocopter à Marignane, assure n’avoir rien vu d’anormal en provenance de l’UIMM, bien qu’il ait souvent rencontré Denis Gautier-Sauvagnac « Je suis tombé de l’armoire quand j’ai appris ces histoires de valises de l’UIMM , dit-il. Cela nous a choqués. Nous avons déploré l’absence d’explications claires sur la destination de l’argent, qui laisse planer des doutes sur les syndicats. » .

Le comité national de la fédération avait décidé, en novembre, de ne plus participer à aucune réunion de l’UIMM si DGS devait y participer. En réponse, DGS a affirmé par écrit, le 4 décembre 2007, à Joseph Crespo, qu’il « n’y a jamais eu à l’UIMM dans les années écoulées de corruption ou d’achat de signatures syndicales. La sincérité des accords passés dans la branche ne saurait donc être entachée » .

L’enquête judiciaire en cours permettra, peut-être, de confirmer, ou d’infirmer, cette assertion.

Lire ou relire dans Bakchich  :

jpg_argent-noir-des-syndicats-8213c-7e434 dans PARFUMS DE SCANDALES

Les syndicats sont-ils vendus ?

Si les petits arrangements financiers de l’UIMM ont été (en partie) mis au jour, ceux des syndicats censés défendre les salariés – comme la CGT – restent à ce jour encore tabous. Dans un livre, « L’argent noir des syndicats » (Fayard), un journaliste, (…)

© Marion Gay, Vincent Nouzille / Bakchich : Un syndicaliste CFTC : « Nous touchons de l’argent de l’UIMM, et alors ? »

Publié dans CARNETS d'IMPOSTURES, COULISSES ET RESEAUX DU POUVOIR, PARFUMS DE SCANDALES, ROGER LENGLET | Pas de Commentaire »

Profession : manipulator ! Pleins Feux sur le Lobbying-La démocratie et les entreprises sous influence

Posté par issopha le 17 mai 2008

Lobbying

La démocratie et les entreprises sous influence

Profession : manipulator !

 

 

Plus fort que le Da Vinci Code, plongez dans l’incroyable univers du lobbying avec cette interview fleuve de Roger Lenglet ! Philosophe et journaliste d’investigation, il est co-auteur du livre-événement de John Stauber & Sheldon Rampton, “L’industrie du mensonge : lobbying, communication, publicité & médias”. Ceux qui étymologiquement “passaient par le couloir” ont verrouillé presque toutes les portes… Burning zone !
En prime : une petite histoire du lobbying à travers les âges !



Le Lobbying, qu’est-ce que c’est ? Profession : manipulator ! Pleins Feux sur le Lobbying-La démocratie et les entreprises sous influence dans LES LOBBIES et L'INDUSTRIE DU MENSONGE couv_lidm Roger Lenglet : Pour en donner une définition simple, le lobbying c’est l’ensemble des pratiques d’influence exercées par des groupes d’intérêts auprès des décideurs et de tous ceux qui ont du poids sur l’opinion et la législation.

Les pratiques qui posent problème sont celles qui, sous couvert de communication ou d’information, mettent en péril le jeu normal de la démocratie et sont exercées par des cabinets de lobbying, capables de mettre en œuvre des procédés d’influence moralement très douteux.

Aujourd’hui, ces cabinets se sont multipliés. Ils ont pignon sur rue, concurrence oblige, et se présentent comme des experts en relations, communication et stratégie. Pour mener à bien leurs opérations, ils utilisent toutes les personnes qui peuvent leur apporter un relais d’influence au sein des réseaux politiques, juridiques, économiques…

Chacun d’eux se spécialise : certains interviennent sur les produits toxiques et maîtrisent parfaitement l’art de duper les journalistes et de rassurer l’opinion publique, d’autres montent des opérations de déstabilisation des industries concurrentes, livrent «clés en main» des lois ou des réglementations favorables à leur marché, espionnent les milieux associatifs, etc.

Pour y parvenir, ils instrumentalisent souvent leurs cibles, c’est-à-dire qu’ils peuvent aller jusqu’à en faire des alliés à leur insu : médias, journalistes, élus, directeurs d’administration, leaders d’opinion se trouvent ainsi soumis à toutes sortes de manipulations, soit à leur insu, soit avec leur complaisance consciente.

D’où vient le mot « lobbying » ?

95cd1901opt dans ROGER LENGLET Roger Lenglet : C’est un terme anglais qui renvoie étymologiquement à l’idée de «passer par le couloir», d’utiliser le moyen et le lieu opportuns pour atteindre le décideur.

A l’origine, les lobbyistes étaient ceux qui attendaient dans les couloirs du parlement les élus pour tenter de les influencer «entre deux portes». Mais aujourd’hui, les vrais lobbyistes ne sont pas ceux qui attendent dans les couloirs pour soumettre leur dossier ou leur point de vue, l’efficacité passe par d’autres démarches qui exigent beaucoup plus d’opacité, une connaissance fine des rouages politiques, des moyens très convaincants et une proximité plus soutenue.

C’est d’ailleurs pourquoi le mot lobbying a des connotations désormais négatives en Europe, et c’est aussi la raison pour laquelle le Congrès américain a voté une loi pour rendre le lobbying plus transparent en obligeant les lobbyistes à déclarer deux fois par an les sommes consacrées à leurs missions et les noms des élus qu’ils ont «démarchés».

La corruption fait-elle partie des «arguments» ?

Roger Lenglet : Dans l’arsenal des moyens utilisés, acheter un élu ou un parti ne gêne pas la plupart des lobbyistes pourvu que leurs commanditaires payent. Ouvrir et alimenter des comptes (souvent à l’étranger), offrir des emplois fictifs ou semi-fictifs, faire passer des enveloppes ou des mallettes, tout cela existe à grande échelle et aucun secteur économique n’est épargné, de même qu’aucun grand parti…

Ce n’est plus vraiment un tabou mais on en sous-estime encore communément l’ampleur de ses pratiques et l’on ferme les yeux sur les acteurs qui servent de relais. La vie des réseaux politiques dominants est assise là-dessus. L’ignorance des grands élus est feinte, cette perfusion est banalisée. En réalité, ils y ont presque tous perdus leur faculté d’indignation et sont souvent dans une confusion morale inquiétante.

Quand il s’agit de faire du lobbying avec des pratiques déloyales pour installer son supermarché ou obtenir une affaire dans une localité à la place d’un concurrent, c’est une atteinte aux règles de la démocratie et c’est scandaleux.

Mais quand c’est pour retarder l’interdiction d’un produit qui tue ou rend malade, c’est criminel ! Or, les grandes industries qui diffusent des substances cancérigènes ou neurotoxiques dans notre alimentation et notre environnement quotidien parviennent à paralyser la décision politique et sanitaire avec des véritables stratégies de lobbying qui feraient l’effet d’une bombe si elles étaient faites au grand jour.

Avez-vous des exemples de cabinets de lobbying spécialisés dans les produits sensibles ?

Roger Lenglet : L’Association française des conseils en lobbying regroupe environ une dizaine de cabinets gérant des dossiers potentiellement explosifs sur le plan sanitaire.

Leur objectif est, soit d’éviter tout débat public en confiant la gestion du dossier à des «tours de table» feutrés réunissant des politiques, des industriels et des experts, soit d’orienter rapidement ou d’éteindre les débats naissants en édulcorant habilement les informations.

Le dossier de l’amiante, qui a été géré de cette façon par un cabinet reste aujourd’hui l’exemple le plus scandaleux de ce procédé. Dans le même but, les cabinets font souvent de la veille commanditée, payée par les industriels soucieux d’éviter que la toxicité de leur produit soit connue.

Les futures crises sanitaires sont souvent connues des années, voire des décennies à l’avance, car les industriels disposent de données épidémiologiques sur leurs propres salariés exposés et en finançant des recherches qu’ils verrouillent.

Bien avant qu’une crise surgisse en France, il est fréquent que des pays aient déjà mis en cause ou interdit le produit – souvent ceux de l’Europe du Nord ou les Etats-Unis.

Leur stratégie est d’agir au plus tôt, avant même que les législateurs découvrent le problème, et de retarder le plus possible la prise de conscience claire des dégâts, pour continuer à vendre ou à déstocker, pour avoir le temps de délocaliser vers des pays moins informés ou plus souples, de débarrasser le groupe financier de la branche à risque ou de dissocier juridiquement les sociétés avant que les victimes n’agissent en justice pour faire payer les responsables.

Ils parviennent couramment à prolonger de plusieurs années des marchés très juteux mais aussi à étanchéifier et à diluer les responsabilités, etc.

Et lorsque le dossier arrive sur le bureau du législateur, il n’est pas rare que le cabinet de lobbying ait déjà concocté un texte de loi protégeant astucieusement les intérêts de leurs clients.

Certains cabinets obtiennent même parfois le recul du législateur. Des politiques sont ainsi revenus sur des interdictions de produits toxiques ou des projets d’interdictions. L’amiante est le grand cas d’école, mais des centaines d’autres produits suivent le même chemin alors que les experts connaissent déjà leur extrême nocivité.

Ces derniers, d’ailleurs, sont le plus souvent sensibilisés aux arguments économiques des industriels et finissent par banaliser la mortalité induite par les produits, acceptant le sacrifice de vies humaines en grand nombre avec une relative mauvaise conscience ou en s’imaginant qu’ils font ainsi preuve de «responsabilité politique», voire de maturité.

A cet égard, le carriérisme et les habitudes mentales jouent à fond. On se remet très peu en question dans ce milieu discret où les plus intègres avalent chaque jour des couleuvres sanitaires pour conserver leur fonction.

L’homme politique est le cœur de cible des lobbyistes ?

Roger Lenglet : Oui, car la décision finale passe toujours par les politiques. Ils obéissent aux pressions mais ce sont leurs lois et leurs décrets qui ouvrent, ferment ou maintiennent les marchés. Législateurs et gouvernements décident concrètement de l’avenir des produits.

Le rouage politique est incontournable. C’est d’ailleurs si vrai que le lobbying est un métier très ouvert aux anciens élus et aux ministres sortants. Nombre d’ex-ministres et de députés en fin de mandat viennent régulièrement grossir les rangs des lobbyistes, en attendant de revenir dans l’arène politique.
Qu’il s’agisse de rejoindre la direction d’un laboratoire pharmaceutique, d’un groupe chimique ou d’une banque, c’est efficace. Evidemment, ce n’est pas très sain…

Les anciens élus préfèrent faire du lobbying pour les grandes sociétés que pour les associations, ce qui ne profite pas vraiment à la démocratie. De grandes carrières politiques et financières se sont faites ainsi dans ce va-et-vient entre les grands groupes et les responsabilités ministérielles, voire le fauteuil présidentiel.

Georges Pompidou en a été une illustration éloquente, mais d’innombrables autres politiciens à tous les niveaux de l’Etat font ainsi office de têtes de pont pour les banques et les industriels, notamment à la direction des services administratifs, pour ne pas parler des structures judiciaires où l’on trouve également des juges et des commissaires aux comptes qui se livrent également à ce jeu et se retrouvent en situation de conflit d’intérêt évident.

De même, les attachés parlementaires, dont l’emploi est très fragile, se convertissent aussi facilement après avoir été les meilleurs relais des groupes de pression industriels ou financiers auprès de leur député. Le plus souvent, en effet, le député n’a pas entre ses mains tous les tenants et aboutissants des dossiers sur lesquels il va légiférer.

L’attaché parlementaire reste le cerveau indispensable, celui qui effectue le travail de fond, rédige les textes, oriente certains paragraphes parfois à l’insu de son député… De plus, il connaît mieux que quiconque l’art et la manière de solliciter ou de présenter les choses aux élus.

Bref, ce que l’on appelle le «pantouflage» cache en fait un véritable travail de lobbying. Certains grands lobbyistes font même profession de placer les politiques au sein des cabinets de conseil ou des directions d’entreprises.

Et les chercheurs ?

Roger Lenglet : Les chercheurs représentent aussi une cible du lobbying. Si une recherche met en cause l’innocuité d’un produit, l’opinion publique et les journalistes y sont sensibles, les politiques in fine.

Les chercheurs fondent le jugement sur la toxicité des substances et sont une pierre angulaire du discours. Plus ou moins à leur insu, ils représentent un formidable outil de communication dont l’impact est certain.
Les industriels et les politiques roués n’hésitent donc pas à faire monter au créneau leurs lobbyistes pour les aider à présenter leurs résultats, aussi dramatiques soient-ils, de façon rassurante.

Les procédés sont nombreux mais, pour n’en citer qu’un ici, j’évoquerais celui qui consiste à diviser en deux, voire plusieurs tomes, les rapports des organismes sanitaires présentant à la presse les résultats des recherches menées sur des produits de grande consommation.

Le premier tome, le plus lu, et souvent même le seul à être parcouru (les journalistes sont toujours pressés) est fréquemment rédigé de façon à donner le sentiment qu’il synthétise l’ensemble et que les volumes suivants ne sont pas d’une réelle utilité, sauf pour ceux qui voudraient approfondir le sujet (les rédacteurs en chef n’en laissent généralement pas le loisir).

Or, j’ai mené une petite étude épistémologique consistant à comparer la teneur des différents volumes. Conclusion : le premier tome, la «synthèse», est systématiquement beaucoup plus rassurant que les suivants, lesquels sont d’ailleurs le plus souvent présentés sous la dénomination d’Annexes, terme qui, logiquement, ne devrait être employé que pour désigner des documents de référence et non les comptes rendus des recherches.

Autre remarque, le premier volume n’est généralement pas rédigé par un scientifique mais par un représentant des autorités en collaboration avec ceux de l’industrie concernée… CQFD.

Mais le lobbying intervient aussi plus en amont. En finançant la recherche sur leurs produits ou en la co-finançant, les groupes privés suivent au plus près l’apparition progressive des résultats.

Cette surveillance est rendue possible par les rapports d’étape et les réunions régulièrement organisées avec les groupes de recherche. On ne compte plus les travaux stoppés par les financeurs quand ils ne conduisent pas vers des conclusions optimistes !

Pour prendre un exemple récent, j’attends toujours que les recherches sur la toxicité de l’aluminium dans l’eau du robinet soient reprises et le groupe de l’INSERM reconstitué alors que leurs résultats confirmaient les pires craintes. Je pourrais citer aussi les procédés dissuasifs obligeant les chercheurs à se taire, à rejoindre d’autres services, à accepter que leurs résultats soient réécrits pour gommer les morts, etc.

En donnant une place toujours plus grande aux industriels dans la recherche publique, l’Etat a facilité ce travail des lobbyistes en amont.

Je ne dis pas que les ministres de la recherche l’ont fait dans ce but mais le résultat est là alors que les crises sanitaires survenues au cours des dernières années montrent que l’intrusion des industriels dans les structures de prévention et de recherche leur a permis de paralyser l’alerte.

Et je connais des dossiers d’une importance folle aujourd’hui qui, ainsi bloqués, dissimulent les dégâts actuels et préparent les scandales sanitaires de demain.

De façon générale, la première question à se poser face à des résultats scientifiques est la suivante : qui a financé la recherche ? Financement privé, public, conjoint ? Aujourd’hui, les chercheurs sont de moins en moins loquaces auprès des journalistes, comportement qui coïncide avec l’intensification des privatisations du domaine de la recherche.

Quant au chercheur qui ne veut pas courber l’échine ou qui déroge à la réserve, les moyens de rétorsion sont redoutables. En France, il n’y a pas encore de loi qui protège l’éventuel lanceur d’alerte. Etat de fait qui autorise les pires sanctions, dont le licenciement pur et simple, comme on l’a vu notamment à l’INRS avec André Cicolella, viré pour avoir refusé d’oublier les études suspectant les éthers de glycol et avoir voulu communiquer à ce sujet. Une loi protégeant les lanceurs d’alerte, comme aux Etats-Unis, est une nécessité urgente en France, elle permettrait aux chercheurs de se libérer un peu du lobbying des industriels.

Les médias sont-ils alors vraiment instrumentalisés ?

Roger Lenglet : Les médias, parce qu’ils éclairent et conditionnent l’opinion publique, sont une des autres cibles-clés. Mieux vaut distinguer médias et journalistes : nombreuses sont les diffusions médiatiques, comme des films ou reportages, présentés sous forme d’information, qui ne sont pas le fait des journalistes mais de lobbyistes, c’est-à-dire des produits conçus dans le cadre d’opérations de manipulation, par exemple pour contrebalancer la progression d’une information inquiétante à l’origine d’une prudence des consommateurs. Cela peut concerner aussi bien l’agroalimentaire que les médicaments, l’eau du robinet, le nucléaire, etc.

Il faut savoir que les lobbyistes se placent de plus en plus en amont de l’information, et cela pas seulement en intervenant sur l’orientation des recherches mais sur les produits médiatiques : être en amont de la veille, quitte à prendre l’initiative de projets, avec un rôle d’incitateur de films, d’émissions et de reportages au niveau du financement, de la conception et de la diffusion.

Ils sont aussi plus souvent à l’initiative de groupes de veille sanitaire, ce qui leur permet de choisir les membres qui les composent et, à l’arrivée, l’information qui sera relayée par les médias. Il s’agit toujours d’emprunter des formes non soupçonnables de manipulation, d’avancer masqué.

En matière de santé publique, les lobbyistes exploitent la pauvreté culturelle ambiante… Ce n’est pas très glorieux pour les journalistes mais il faut bien reconnaître qu’ils ont laissé le plus souvent les médecins occuper les rubriques de santé publique dans la presse écrite et à la télévision.

Résultat : on est toujours en France dans une situation où les symboles tiennent lieu d’argument. Le titre de professeur, de médecin ou une simple blouse blanche peuvent encore suffire à convaincre un journaliste de sa bonne foi.

Et l’on peut trouver mille illustrations de ces ressorts du jugement ordinaire parfaitement disposés à la manipulation : une campagne de vaccination œuvre par nature pour le bien-être des gens, la recherche génétique sur la prédisposition aux grandes maladies est forcément un axe à privilégier, les causes de la maladie d’Alzheimer restent ignorées et sont sans doute à trouver dans les gènes puisque de grands gérontologues le disent, quels que soient les errances ou les erreurs du corps médical, il partage nécessairement les mêmes intérêts que les patients, etc.

Toutes ces croyances forment une doxa solide qui fait la fortune de ceux qui commercialisent notre santé. On pourrait faire une encyclopédie entière des idées reçues et des préjugés communs en matière de santé publique.
Dans ce domaine, les lobbyistes sont les sophistes d’aujourd’hui : comme ceux de l’antiquité, ils vendent aux riches et aux dirigeants leur savoir-faire en matière de communication.

Et ils jouent sur du velours malgré les scandales sanitaires. La sacralisation du monde médico-scientifique est telle que la vigilance et le recul critique reste un arrachement pour les journalistes eux-mêmes, sans parler de leur complexe face à des dossiers qui leur paraissent trop complexes.

Or, les tricheries scientifiques sont particulièrement courantes dans ce secteur : lisser les courbes statistiques, faire disparaître les «pics» expressifs ou les «excès significatifs» de cancers par exemple, gonfler les chiffres selon les besoins, montrer des résultats en phase avec la volonté de rassurer et de reconduire le budget du service…

Découvrir ces supercheries nécessite de l’investigation matérielle et intellectuelle que les rédacteurs en chef rechignent à commander à leurs troupes, car une véritable enquête est coûteuse et risque toujours de déboucher sur un échec, sans compter le fait que les journalistes sont peu formés à l’investigation. Au final, toutes les conditions sont réunies pour faire des médias une bonne courroie de transmission assez facile à utiliser.

Du coup, les grands investigateurs viennent souvent de la marge du journalisme : les pigistes sortent plus d’affaires que les autres, ils y mettent plus de temps et d’énergie sans que ça coûte beaucoup aux médias qui vont leur ouvrir leurs colonnes.

On voit aussi des écrivains, de simples citoyens opiniâtres ou des associations mener ces enquêtes au long cours. Reste que la culture médiatique française privilégie plus le reportage que le travail d’investigation proprement dit, qui demande un énorme investissement. Les reportages s’appuient d’ailleurs fréquemment sur le travail accompli par ces derniers.

Vous expliquez que les lobbyistes multiplient les masques…

Roger Lenglet : Les lobbyistes se cachent volontiers derrière des institutions au nom ronflant, des cabinets d’expertise, des associations à noble cause prônant par exemple la défense du consommateur, la protection de l’environnement…

Cherchez les financements et à qui profite les actions menées, vous ferez la différence entre les structures de lobbying et les autres. Parfois, c’est plus difficile, les liens directs avec le groupe industriel n’apparaissent pas facilement et leurs messages sont habiles, apparemment opposés aux intérêts de l’industrie. Ce qui leur permet d’apporter finalement une caution solide aux industriels quand ils «valident» certains dossiers.

On dupe ainsi l’opinion publique pour faire passer des décisions aussi bien au niveau local que national. Il ne faut pas hésiter à les approcher de très près, à approfondir les discussions avec eux, la plupart finissent par se trahir. Et puis il y a aussi les divines surprises, des lobbyistes qui passent dans votre camp et se rachètent une âme en vous balançant des dossiers extraordinaires…

Certains tentent aussi de vous manipuler encore plus habilement, en vous livrant des infos qui feront exploser le concurrent du groupe pour lequel ils travaillent réellement. La complexité de ce monde n’a rien à envier à celle de l’espionnage décrit par John Le Carré.

Internet est devenu, selon vous, un outil de lobbying…

Roger Lenglet : Avec Internet, la rumeur des crises est pressentie beaucoup plus tôt. Auparavant, la montée des scandales était discernable plus tard, en général trop tard pour permettre de préparer les contre-attaques à l’avance.

Dans le meilleurs des cas, les lobbyistes faisant de la veille médiatique ou scientifique apercevaient d’abord quelques allusions dans l’actualité de la recherche, puis des brèves dans la presse, des petites bulles qui disparaissaient somme toute assez vite.

L’intensification des forums de discussion et des pétitions par email a démultiplié la vitesse, le nombre et l’importance des crises dans l’opinion publique, mais cela permet aussi aux lobbyistes d’apercevoir beaucoup plus vite les premiers signes de crises, des alertes et des fausses alertes de manière quasi abusives.

Ça leur permet aussi d’intervenir plus efficacement pour étouffer des alertes, éteindre ou contrarier des rumeurs, de participer aux forums pour identifier les leaders, de faire circuler des arguments plus ou moins mensongers, et même de créer des discussions pour mieux aimanter les participants sur certains sujets…

C’est une source et un amplificateur de crise, un véritable outil pour le lobbying, qui, pouvant s’adresser directement à l’opinion publique, peut aussi l’influencer.

La toile est plus qu’un système de veille pour tous les sujets qui concernent l’entreprise, c’est un outil qui permet de contrôler l’information et de la diriger, d’en connaître les sources, les cibles, de bâtir des stratégies de communication et de dissimulation.

On pourrait aussi évoquer les techniques de relégation des sources d’information gênantes en saturant régulièrement certains thèmes et en occupant le terrain des réponses sélectionnées par les moteurs de recherche sur les sujets sensibles…

La communication de crise est-elle devenue plus efficace ?

Roger Lenglet : La communication de crise a indiscutablement profité des progrès du lobbying. C’est bon pour les industriels mais fort malsain pour la démocratie. Des logiciels pour gestion de crise ont été créés, qui permettent de répondre aux attaques et contre-attaques, de trouver des formules adaptées…

Et les résultats des lobbyistes sont de plus en plus stupéfiants. Pour exemple, les études épidémiologiques menées en France pour évaluer la corrélation éventuelle entre le taux d’aluminium de l’eau des robinets et les cas d’Alzheimer.

Ces études, qui ont duré 12 ans, ont constaté une situation assez terrible : deux fois plus de victimes de cette maladie là où le taux dépasse les 100 mg par litre d’eau. Première publication : cinq colonnes dans la presse.

Le ministère de la Santé évoque des soupçons, propose de mener des études et d’en reparler dans un an. Un an plus tard, le ministère de la santé n’est pas revenu sur la question.

Mieux valait s’abstenir au vu des bilans des 7 études épidémiologiques internationales confirmant le lien entre le taux d’aluminium et la maladie d’Alzheimer, deux à trois plus dans la population là où le seuil de 100 était dépassé…

Certains observateurs de santé publique s’alarment et préparent des déclarations à la presse. Mais soudainement, après des années de silence, les autorités sortent un communiqué de presse et un rapport de synthèse pour dire qu’il n’y a pas de problème, aucune relation démontrée, etc. !

Les médias reprennent le communiqué. Affaire étouffée. Voilà une communication de crise sidérante avec une distance sidérale entre le discours des autorités et la gravité de la situation. Des toxicologues diront à ce sujet qu’ils n’ont jamais observé un tel écart entre les résultats de la recherche réelle et le discours officiel.

La communication interne en entreprise va-t-elle tourner à la paranoïa ?

Roger Lenglet : La communication auprès de ses propres salariés dissimule en fait ce que l’on peut appeler du «lobbying interne». Il est développé pour éviter que les informations sensibles ne se diffusent à l’extérieur. Il s’agit de surveiller ce qui se dit, mais aussi d’inciter les salariés à un discours qui transmette l’image de l’efficience de l’entreprise, de neutraliser les tentatives d’intrusion des journalistes et des concurrents, de faire circuler des informations qui font perdre du temps ou égarent…

Au sein d’une entreprise, les actions des lobbyistes sont regardées avec une certaine naïveté, une incrédulité consternée, comme si la direction devenait paranoïaque. Les salariés sont habitués à ce qu’on leur demande de valoriser l’entreprise vis-à-vis de l’extérieur mais pas à se méfier à ce point. D’ailleurs, même certaines directions d’entreprises restent naïves.

Pour les convaincre, les lobbyistes en quête de clients les sensibilisent en leur apportant des preuves des opérations dont elles font l’objet de la part de la concurrence, des faits réels, comme des marchés perdus par l’entreprise et les procédés employés pour y parvenir…

Les stages se multiplient actuellement pour apprendre aux salariés (de la base de l’entreprise à son sommet) ce qu’il faut dire à l’extérieur, les précautions qu’il faut prendre quand on parle du boulot entre collègues dans les lieux publics, sensibiliser les salariés face aux lobbyistes, comment cloisonner l’information, superviser ce qui se dit…

On y apprend que le moindre agent d’entretien, videur de corbeille ou réceptionniste peut sortir des informations capitales. D’ailleurs, les journalistes d’enquête ne peuvent pas dire le contraire, ils savent depuis longtemps qu’ils connaissent souvent des choses très utiles. Autrement dit, en découvrant le lobbying dans toutes ses formes, on découvre un peu la lune.

Vous analysez l’impact d’un simple changement de nom de société…

Roger Lenglet : Apparemment anodin, le changement de nom d’une entreprise, par exemple après un scandale qu’on veut faire oublier (implication dans des versements occultes, licenciement massif, opérations ruineuses…) a en réalité des conséquences considérables.

Même si personne n’est dupe, l’effet sera finalement très positif. Par exemple quand Vivendi décide de s’appeler Veolia après les opérations ruineuses de Jean-Marie Messier et son départ houleux dans un contexte où l’on veut redorer le blason du groupe dont il faut faire remonter le cours en bourse, le simple fait de modifier le nom a un impact bien réel.

Ce qui est fort, qu’on le veuille ou non, sur le plan psycholinguistique, c’est que le nouveau mot réduit de fait les associations négatives, les images collées au précédent. N’oublions pas que les mots et leurs connotations conditionnent la pensée, les changements induits par une modification du nom sont à terme profonds.

Le fait de créer une discontinuité nominative va permettre à l’entreprise de renaître symboliquement comme si quelque chose avait effectivement changé pour l’inconscient collectif. C’est une façon de signifier au public que la direction change d’orientation, que la culpabilité a été endossée mais qu’on veut changer et rompre avec le passé fautif.

Quant aux journalistes qui, durant quelques temps, vont préciser que Veolia est le nouveau nom de Vivendi, ils vont finir par se lasser et songer que chacun ayant désormais fait le lien, il n’est plus utile de le rappeler. Ainsi, changer de nom, pour une entreprise comme pour un homme, c’est de la chirurgie identitaire, c’est changer d’identité. Le nom Vivendi restera à jamais attaché à l’ère Messier, en revanche celui de Veolia rendra les liens nauséeux, plus filandreux, et à terme les effacera de la pensée de l’opinion.

La novlangue, ou l’art d’aseptiser les vilains maux…

Roger Lenglet : On retrouve des opérations fondamentalement similaires avec les mots communs et les néologismes.

Créer de nouveaux noms pour désigner des choses désagréables peut permettre d’aseptiser le discours, employer des mots positifs pour dire des choses négatives est toujours payant, les politiques font ça sans arrêt, instruits par des conseillers qui savent que les mots c’est des stimuli et du conditionnement.

Pour un peu, vous pourriez rendre heureux des gens en leur annonçant une très mauvaise nouvelle si vous maniez bien la communication d’influence.

Trouver un nom sympathique pour des produits malsains leur donne bonne figure. Prenez le problème des boues toxiques utilisées en épandage dans les champs agricoles pour s’en débarrasser à bon compte sans s’interroger sur la contamination des légumes qui vont y pousser : dans certains pays, comme aux Etats-unis, les lobbyistes les ont fait compresser pour leur donner la forme de petites galettes et les ont renommées « nutrigalettes » car elles contiennent effectivement, outre les métaux lourds très dangereux, des résidus organiques qui ont des propriétés d’engrais.

Comme en cuisine, le nom donné au plat compte pour beaucoup dans le sentiment qu’il inspire, il vend une image, transmet un jugement. Comme l’expliquait Roland Barthes, un plat qui fait songer à du vomi tant qu’il n’est pas nommé positivement n’a aucune chance de plaire, mais donnez-lui une appellation ronflante et il fera des adeptes.

L’objectif est clairement de permettre aux multinationales du traitement des eaux de s’en débarrasser en réduisant les phénomènes de résistance dans la population. Boues toxiques, cela rappelle trop la véritable nature du produit (les pollutions dont l’eau a été débarrassée).

En revanche, nutrigalettes coupe le lien entre l’origine et le produit final. Il permet bien sûr de rassurer l’opinion, d’endormir la conscience du citoyen et sa faculté d’indignation face à un produit de cette nature répandu parmi les légumes qu’il va manger. Mieux : il lui cache ainsi le motif d’une réaction de rejet instinctive.

Trop de gens croient encore que le langage n’est qu’un outil d’expression de la pensée. Or, la linguistique a démontré depuis près d’un siècle déjà que le langage précède la plupart de nos pensées et non l’inverse.

N’est pas penseur qui veut et encore moins hors des mots. On sait depuis longtemps que le fait de réduire le vocabulaire réduit l’analyse, la synthèse et la critique. Ces conclusions de la linguistique avaient été illustrées par G. Orwell : la refonte du langage permet de s’occuper de la bonne santé des pensées de la population.

Ainsi peut-on élaguer le langage de tous les mots à « connotation bourgeoise » et surtout réduire la polysémie embarrassante de termes qu’on préfère redéfinir de manière plus étroite : liberté, démocratie, responsabilité, autonomie, art, raison…

Changer les choses, est-ce possible ?

Roger Lenglet : Chaque échec, chaque crise sanitaire qui débouche sur l’interdiction d’un produit ou sur la mise en cause de responsables, est traduit par les lobbyistes comme un échec en termes de communication dont ils tirent des leçons. Ils deviennent ainsi de plus en plus redoutables, et ils évoluent très vite.

Aux Etats-Unis et dans les pays nordiques où les contre-pouvoirs associatifs sont plus développés qu’en France, les scandales sanitaires éclatent des années avant qu’ils soient dénoncés chez nous. Ce décalage permet aux lobbyistes d’analyser les erreurs de communication qu’ils y ont commises et de se préparer à ne pas les reproduire chez nous.

En d’autres termes, ils sont plus retors en France et dans les pays qui se réveillent plus tard, car l’expérience les a instruit.

Changer les choses nécessiterait de commencer par mieux repérer les actions des lobbyistes. Il faut s’y habituer et rapidement. Une loi de transparence sur les missions des lobbyistes deviendra tôt ou tard une obligation si l’on veut sauver la démocratie.

Quant à l’autonomie et l’indépendance des chercheurs, c’est désormais un rêve. Cependant, des sources de financement parfaitement identifiées, une pluralité systématique des expertises, un peu plus de maturité éthique de la part des chercheurs qui devraient organiser leur déontologie (leur corporation est-elle plus bête que celles qui se sont dotées de protections morales et juridiques ?), plus d’investigation de la part des journalistes, plus de vigilance de la part de l’opinion publique, permettrait de contrer le jeu des lobbyistes. Si nous démissionnons devant ça, c’est tout simplement foutu.

En savoir plus :

Petite histoire du lobbying à travers les âges

Roger Lenglet : Le lobbying est aussi vieux que le pouvoir. On le rencontre à toutes les époques sous des noms divers et il s’adapte aux différentes formes de gouvernement.

Mais on peut dire que par le passé, il ne pouvait s’exercer qu’en se tenant au plus près des gouvernants, si possible du roi. C’est le phénomène de la cour, composée de tous ces intrigants qui vivent finalement dans le palais royal et qui tentent de réduire toujours plus la distance qui les sépare des décideurs, lesquels se disputent la proximité du trône et du lit. Le but est toujours de défendre ses propres intérêts, ceux de sa famille et ceux de sa corporation.

Le bien du peuple passe après, bien sûr. Il est étonnant, de ce point de vue, de voir un Machiavel, conseiller du prince, dresser une longue théorie du gouvernement essentiellement basée sur la ruse mais pour le bien public (cette fameuse fin qui justifie les moyens).

Reste qu’il préconise, pour consolider le pouvoir, de faire croire au peuple qu’il prend certaines décisions… Ce qui était bon pour Machiavel, comme lacher du lest, faire croire à l’opinion publique que c’est d’elle qu’émane la décision finale, l’est toujours aux yeux de la majorité des politiques.

D’ailleurs Machiavel est toujours enseigné comme «le fin du fin» dans les grandes écoles. Dans la formation des politiques, il est encore le plus souvent présenté comme l’indépassable. Démocrates nos hommes politiques ? Allons, allons… Mais le sujet est tabou. En réalité, pressés par l’action et les lobbies, ils sont très rares à prendre le temps de réfléchir sincèrement aux conditions d’un réel épanouissement de la démocratie.

Certains manipulateurs ont le mérite de faire des tours pendables aux rois. Beaumarchais, par exemple, faisait croire à Louis XV que des auteurs préparaient à l’étranger des pamphlets au vitriol contre lui. Puis il proposait d’aller lui-même étouffer l’affaire avant qu’elle ne s’ébruite… se faisant fort de dissuader les auteurs de publier leur brûlot en leur versant de rondelettes sommes d’argent. Il continua avec son fils, Louis XVI.

Avec le développement de la démocratie, des sciences puis des médias, les conditions de la décision se sont complexifiées, les acteurs multipliés. Le lobbying s’est donc diversifié et vise désormais non seulement les décideurs politiques mais aussi tous acteurs qui influencent les décideurs.

A partir des années 1990, la visibilité des lobbyistes commence à devenir plus grande car ils sont devenus très nombreux et se font concurrence, tout particulièrement à Bruxelles.

Ils ont besoin d’une certaine publicité auprès de leurs clients potentiels, les groupes d’intérêts.

Du coup, on les discerne mieux dans l’ensemble. A présent, les cabinets de lobbying ont souvent pignon sur rue et affichent une partie de leurs grands clients pour mettre en valeur leur réputation. Pour autant leurs opérations restent très opaques, ils vivent de l’ombre, dans l’ombre. La lumière les détruit.

Net & Digest

« L’industrie du mensonge : lobbying, communication, medias & publicité » de John Stauber & Sheldon Rampton aux éditions Agone.

Présentation de John Stauber.

Interview de Sheldon Rampton sur un de ses précédents ouvrages : « Banana Republicans ».

Association française des conseils en lobbying et affaires publiques.

le site du cabinet conseil, Communication économique et sociale.

Les péripéties du livre de Roger Lenglet et de Jean-Luc Touly.

 

 

 

L'Industrie du mensonge

Parution : 28/10/2004
ISBN : 2-7489-0012-X
364 pages
12 x 21 cm
20.00 euros

John StauberSheldon Rampton

L’Industrie du mensonge

Lobbying, communication, publicité & médias

Préfacé & complété par Roger Lenglet. Traduit de l’anglais par Yves Coleman

Duper l’opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom : le lobbying. Ce livre révèle les procédés qu’utilisent les lobbyistes pour nous vendre aussi bien les vertus du tabac ou du nucléaire que celles des OGM ou de la guerre ; il dit dans quelles circonstances et sur quelles personnes ils les emploient. La diversité des protagonistes abordés, des stratégies exposées et la précision des faits répondent au souci d’analyser au plus près ce domaine, qui a pris une ampleur nouvelle et que l’on peut définir comme « l’art des pratiques d’influence appliqué à la décision politique ». Un art du secret recourant à des procédés inavouables et qui donne au mensonge une place sans précédent dans nos sociétés.

A-t-on pris assez conscience du rôle paradoxal que l’on fait jouer à l’« opinion publique » ? Objet d’un immémorial mépris dissimulé derrière les discours « démocrates » qui servent de masque à la plupart des gouvernants contemporains, formés aux mêmes certitudes qu’un Machiavel convaincu de l’éternelle bêtise du peuple et de la nécessité de le manipuler. L’immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d’accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de l’« industrie du mensonge ». La seule différence entre la philosophie de Machiavel et le pragmatisme sans portée de nos dirigeants tient précisément à la finalité inaliénable du premier : la défense de l’intérêt général. User de mensonges pour accomplir le bien public, même si ce principe reste moralement et intellectuellement condamnable, reste une attitude philosophique diamétralement opposée à celle qui fait du mensonge l’instrument de fins viles, le moyen d’un mercantilisme passant s’il le faut sur le corps de ses semblables. »
(Roger Lenglet)

John Stauber (né en 1953 vit à Madison, Wisconsin)
Directeur et fondateur du Center for Media & Democracy, une association à but non lucratif spécialisée dans les investigations sur les entreprises de relations publiques créée en 1993. Depuis le lycée, il a collaboré à diverses organisations de défense des consommateurs et de l’environnement en militant à tous les niveaux, du local au national. Il écrit régulièrement pour la revue du Center for Media & Democracy, PR Watch, et compte déjà quatre ouvrages à son actif, tous co-écrits avec Sheldon Rampton : Toxic Sludge Is Good For You en 1995 (que nous traduisons ici sous le titre L’Industrie du mensonge), Mad Cow USA : Could The Nightmare Happen Here ? en 1997, Trust Us We’re Experts en 2001 et Weapons of Mass Deception : The Uses of Propaganda in Bush’s War on Iraq l’année dernière.
Avant de fonder cette association, il travailla cinq ans pour la Foundation on Economic Trends une association à but non lucratif basée à Washington DC.

Sheldon Rampton ( né en 1957 et vit à Madison, Wisconsin).
Diplômé de l’université de Princeton, il est rédacteur en chef de PR Watch. En plus des ouvrages co-écrits avec John Stauber, il est l’auteur de Friends In Deed : The Story of US-Nicaragua Sister Cities (en collaboration avec Liz Chilsen, le livre a paru en 1998). Il a collaboré étroitement au Wisconsin Coordinating Council on Nicaragua, pour lequel il était chargé du NICA Fund, projet visant à soutenir le développement économique des pays pauvres d’Amérique Centrale. Il a écrit de nombreux articles qui ont trouvé leur place dans des publications aussi variées que The Nation, Harper’s Magazine et In These Times. Il est également régulièrement interviewé ou cité dans The New York Times et The Washington Post.

Revue de presse

- Consulter Normand Baillargeon À Babord !, février-mars 2007
- Consulter Lobbying – La démocratie et les entreprises sous influence Com’Ent, 11/2005
- Consulter Profession manipulator ! Karine Salmon Com’Ent, 11/2005
- Se libérer du bruit médiatique dominant Roland Pfefferkorn La Marseillaise, 29/10/2005
- Consulter Infoguerre.com, 19/10/2005
- Consulter Les nouveaux propagandistes Imagine, 07-08/2005
- Consulter Alternatives économiques, n°233, 02/2005
- Consulter Marie Benilde Le Monde diplomatique, 02/2005
- Consulter Invasion de taupes dans les plates-bandes des ONG Albert Drandov Charlie Hebdo, 05/01/2005

Malheureusement trop peu connu du grand public, le travail effectué, tout particulièrement pour le compte des entreprises ou des gouvernements, par les firmes de relations publiques, les lobbyistes, les entreprises de communication, les publicitaires et les think tanks contribue depuis longtemps déjà à une profonde et dangereuse perversion du débat démocratique.
Les deux auteurs du présent ouvrage sont pour leur part particulièrement bien placés pour savoir cela. John Stauber est en effet le fondateur de l’important Center for Media and Democracy et de son magazine, PR Watch, qui surveille l’industrie des relations publiques. Sheldon Rampton est quant à lui le directeur de la recherche au même centre.
Les deux hommes ont à ces titres rédigé conjointement plusieurs ouvrages documentant les multiples stratégies permettant de duper l’opinion publique, d’orienter débats et discussions, d’occulter certains faits ou d’en minorer (ou d’en exagérer) la portée.
Le présent ouvrage est un catalogue d’horreurs présentées en quelques soixante-dix courts articles ventilés en douze chapitres qui portent des titres aussi prometteurs que : « Arts de l’arnaque et science de la propagande »; « Le nucléaire est économique, propre et sans danger »; « Un bon écologiste est un écologiste vendu »; « Empoisonner les petites gens »; et ainsi de suite.
La promesse est tenue et nous est offert un ouvrage important et tout à fait à la hauteur (élevée) de ce que nous propose Agone – qui a par ailleurs eu l’excellente idée de demander à Roger Lenglet de compléter et d’adapter la prose de Stauber et Rampton pour les lecteurs francophones.
On ne peut que souhaiter qu’un travail similaire à celui de Stauber et Rampton sera bientôt accompli et fera connaître aux Québécois les lobbyistes et autres firmes de relations publiques qui prennent si grand soin d’eux et veulent tellement leur bien.

Normand Baillargeon

À Babord !, février-mars 2007

Lobbying – La démocratie et les entreprises sous influence

Le Lobbying, qu’est-ce que c’est ?

Roger Lenglet : Pour en donner une définition simple, le lobbying c’est l’ensemble des pratiques d’influence exercées par des groupes d’intérêts auprès des décideurs et de tous ceux qui ont du poids sur l’opinion et la législation. Les pratiques qui posent problème sont celles qui, sous couvert de communication ou d’information, mettent en péril le jeu normal de la démocratie et sont exercées par des cabinets de lobbying, capables de mettre en œuvre des procédés d’influence moralement très douteux. Aujourd’hui, ces cabinets se sont multipliés. Ils ont pignon sur rue, concurrence oblige, et se présentent comme des experts en relations, communication et stratégie. Pour mener à bien leurs opérations, ils utilisent toutes les personnes qui peuvent leur apporter un relais d’influence au sein des réseaux politiques, juridiques, économiques… Chacun d’eux se spécialise : certains interviennent sur les produits toxiques et maîtrisent parfaitement l’art de duper les journalistes et de rassurer l’opinion publique, d’autres montent des opérations de déstabilisation des industries concurrentes, livrent « clés en main » des lois ou des réglementations favorables à leur marché, espionnent les milieux associatifs, etc. Pour y parvenir, ils instrumentalisent souvent leurs cibles, c’est-à-dire qu’ils peuvent aller jusqu’à en faire des alliés à leur insu : médias, journalistes, élus, directeurs d’administration, leaders d’opinion se trouvent ainsi soumis à toutes sortes de manipulations, soit à leur insu, soit avec leur complaisance consciente.

D’où vient le mot « lobbying » ?

Roger Lenglet : C’est un terme anglais qui renvoie étymologiquement à l’idée de «passer par le couloir», d’utiliser le moyen et le lieu opportuns pour atteindre le décideur. A l’origine, les lobbyistes étaient ceux qui attendaient dans les couloirs du parlement les élus pour tenter de les influencer «entre deux portes». Mais aujourd’hui, les vrais lobbyistes ne sont pas ceux qui attendent dans les couloirs pour soumettre leur dossier ou leur point de vue, l’efficacité passe par d’autres démarches qui exigent beaucoup plus d’opacité, une connaissance fine des rouages politiques, des moyens très convaincants et une proximité plus soutenue. C’est d’ailleurs pourquoi le mot lobbying a des connotations désormais négatives en Europe, et c’est aussi la raison pour laquelle le Congrès américain a voté une loi pour rendre le lobbying plus transparent en obligeant les lobbyistes à déclarer deux fois par an les sommes consacrées à leurs missions et les noms des élus qu’ils ont «démarchés».

La corruption fait-elle partie des « arguments » ?

Roger Lenglet : Dans l’arsenal des moyens utilisés, acheter un élu ou un parti ne gêne pas la plupart des lobbyistes pourvu que leurs commanditaires payent. Ouvrir et alimenter des comptes (souvent à l’étranger), offrir des emplois fictifs ou semi-fictifs, faire passer des enveloppes ou des mallettes, tout cela existe à grande échelle et aucun secteur économique n’est épargné, de même qu’aucun grand parti… Ce n’est plus vraiment un tabou mais on en sous-estime encore communément l’ampleur de ses pratiques et l’on ferme les yeux sur les acteurs qui servent de relais. La vie des réseaux politiques dominants est assise là-dessus. L’ignorance des grands élus est feinte, cette perfusion est banalisée. En réalité, ils y ont presque tous perdus leur faculté d’indignation et sont souvent dans une confusion morale inquiétante. Quand il s’agit de faire du lobbying avec des pratiques déloyales pour installer son supermarché ou obtenir une affaire dans une localité à la place d’un concurrent, c’est une atteinte aux règles de la démocratie et c’est scandaleux. Mais quand c’est pour retarder l’interdiction d’un produit qui tue ou rend malade, c’est criminel ! Or, les grandes industries qui diffusent des substances cancérigènes ou neurotoxiques dans notre alimentation et notre environnement quotidien parviennent à paralyser la décision politique et sanitaire avec des véritables stratégies de lobbying qui feraient l’effet d’une bombe si elles étaient faites au grand jour.

Avez-vous des exemples de cabinets de lobbying spécialisés dans les produits sensibles ?

Roger Lenglet : L’Association française des conseils en lobbying regroupe environ une dizaine de cabinets gérant des dossiers potentiellement explosifs sur le plan sanitaire. Leur objectif est, soit d’éviter tout débat public en confiant la gestion du dossier à des « tours de table » feutrés réunissant des politiques, des industriels et des experts, soit d’orienter rapidement ou d’éteindre les débats naissants en édulcorant habilement les informations. Le dossier de l’amiante, qui a été géré de cette façon par un cabinet reste aujourd’hui l’exemple le plus scandaleux de ce procédé. Dans le même but, les cabinets font souvent de la veille commanditée, payée par les industriels soucieux d’éviter que la toxicité de leur produit soit connue. Les futures crises sanitaires sont souvent connues des années, voire des décennies à l’avance, car les industriels disposent de données épidémiologiques sur leurs propres salariés exposés et en finançant des recherches qu’ils verrouillent. Bien avant qu’une crise surgisse en France, il est fréquent que des pays aient déjà mis en cause ou interdit le produit – souvent ceux de l’Europe du Nord ou les États-Unis. Leur stratégie est d’agir au plus tôt, avant même que les législateurs découvrent le problème, et de retarder le plus possible la prise de conscience claire des dégâts, pour continuer à vendre ou à déstocker, pour avoir le temps de délocaliser vers des pays moins informés ou plus souples, de débarrasser le groupe financier de la branche à risque ou de dissocier juridiquement les sociétés avant que les victimes n’agissent en justice pour faire payer les responsables. Ils parviennent couramment à prolonger de plusieurs années des marchés très juteux mais aussi à étanchéifier et à diluer les responsabilités, etc. Et lorsque le dossier arrive sur le bureau du législateur, il n’est pas rare que le cabinet de lobbying ait déjà concocté un texte de loi protégeant astucieusement les intérêts de leurs clients. Certains cabinets obtiennent même parfois le recul du législateur. Des politiques sont ainsi revenus sur des interdictions de produits toxiques ou des projets d’interdictions. L’amiante est le grand cas d’école, mais des centaines d’autres produits suivent le même chemin alors que les experts connaissent déjà leur extrême nocivité. Ces derniers, d’ailleurs, sont le plus souvent sensibilisés aux arguments économiques des industriels et finissent par banaliser la mortalité induite par les produits, acceptant le sacrifice de vies humaines en grand nombre avec une relative mauvaise conscience ou en s’imaginant qu’ils font ainsi preuve de «responsabilité politique», voire de maturité. A cet égard, le carriérisme et les habitudes mentales jouent à fond. On se remet très peu en question dans ce milieu discret où les plus intègres avalent chaque jour des couleuvres sanitaires pour conserver leur fonction.

L’homme politique est le cœur de cible des lobbyistes ?

Roger Lenglet : Oui, car la décision finale passe toujours par les politiques. Ils obéissent aux pressions mais ce sont leurs lois et leurs décrets qui ouvrent, ferment ou maintiennent les marchés. Législateurs et gouvernements décident concrètement de l’avenir des produits. Le rouage politique est incontournable. C’est d’ailleurs si vrai que le lobbying est un métier très ouvert aux anciens élus et aux ministres sortants. Nombre d’ex-ministres et de députés en fin de mandat viennent régulièrement grossir les rangs des lobbyistes, en attendant de revenir dans l’arène politique. Qu’il s’agisse de rejoindre la direction d’un laboratoire pharmaceutique, d’un groupe chimique ou d’une banque, c’est efficace. Evidemment, ce n’est pas très sain… Les anciens élus préfèrent faire du lobbying pour les grandes sociétés que pour les associations, ce qui ne profite pas vraiment à la démocratie. De grandes carrières politiques et financières se sont faites ainsi dans ce va-et-vient entre les grands groupes et les responsabilités ministérielles, voire le fauteuil présidentiel. Georges Pompidou en a été une illustration éloquente, mais d’innombrables autres politiciens à tous les niveaux de l’État font ainsi office de têtes de pont pour les banques et les industriels, notamment à la direction des services administratifs, pour ne pas parler des structures judiciaires où l’on trouve également des juges et des commissaires aux comptes qui se livrent également à ce jeu et se retrouvent en situation de conflit d’intérêt évident. De même, les attachés parlementaires, dont l’emploi est très fragile, se convertissent aussi facilement après avoir été les meilleurs relais des groupes de pression industriels ou financiers auprès de leur député. Le plus souvent, en effet, le député n’a pas entre ses mains tous les tenants et aboutissants des dossiers sur lesquels il va légiférer. L’attaché parlementaire reste le cerveau indispensable, celui qui effectue le travail de fond, rédige les textes, oriente certains paragraphes parfois à l’insu de son député… De plus, il connaît mieux que quiconque l’art et la manière de solliciter ou de présenter les choses aux élus. Bref, ce que l’on appelle le « pantouflage » cache en fait un véritable travail de lobbying. Certains grands lobbyistes font même profession de placer les politiques au sein des cabinets de conseil ou des directions d’entreprises.

Et les chercheurs ?

Roger Lenglet : Les chercheurs représentent aussi une cible du lobbying. Si une recherche met en cause l’innocuité d’un produit, l’opinion publique et les journalistes y sont sensibles, les politiques in fine. Les chercheurs fondent le jugement sur la toxicité des substances et sont une pierre angulaire du discours. Plus ou moins à leur insu, ils représentent un formidable outil de communication dont l’impact est certain. Les industriels et les politiques roués n’hésitent donc pas à faire monter au créneau leurs lobbyistes pour les aider à présenter leurs résultats, aussi dramatiques soient-ils, de façon rassurante. Les procédés sont nombreux mais, pour n’en citer qu’un ici, j’évoquerais celui qui consiste à diviser en deux, voire plusieurs tomes, les rapports des organismes sanitaires présentant à la presse les résultats des recherches menées sur des produits de grande consommation. Le premier tome, le plus lu, et souvent même le seul à être parcouru (les journalistes sont toujours pressés) est fréquemment rédigé de façon à donner le sentiment qu’il synthétise l’ensemble et que les volumes suivants ne sont pas d’une réelle utilité, sauf pour ceux qui voudraient approfondir le sujet (les rédacteurs en chef n’en laissent généralement pas le loisir). Or, j’ai mené une petite étude épistémologique consistant à comparer la teneur des différents volumes. Conclusion : le premier tome, la «synthèse», est systématiquement beaucoup plus rassurant que les suivants, lesquels sont d’ailleurs le plus souvent présentés sous la dénomination d’Annexes, terme qui, logiquement, ne devrait être employé que pour désigner des documents de référence et non les comptes rendus des recherches. Autre remarque, le premier volume n’est généralement pas rédigé par un scientifique mais par un représentant des autorités en collaboration avec ceux de l’industrie concernée… CQFD. Mais le lobbying intervient aussi plus en amont. En finançant la recherche sur leurs produits ou en la co-finançant, les groupes privés suivent au plus près l’apparition progressive des résultats. Cette surveillance est rendue possible par les rapports d’étape et les réunions régulièrement organisées avec les groupes de recherche. On ne compte plus les travaux stoppés par les financeurs quand ils ne conduisent pas vers des conclusions optimistes ! Pour prendre un exemple récent, j’attends toujours que les recherches sur la toxicité de l’aluminium dans l’eau du robinet soient reprises et le groupe de l’INSERM reconstitué alors que leurs résultats confirmaient les pires craintes. Je pourrais citer aussi les procédés dissuasifs obligeant les chercheurs à se taire, à rejoindre d’autres services, à accepter que leurs résultats soient réécrits pour gommer les morts, etc. En donnant une place toujours plus grande aux industriels dans la recherche publique, l’État a facilité ce travail des lobbyistes en amont. Je ne dis pas que les ministres de la recherche l’ont fait dans ce but mais le résultat est là alors que les crises sanitaires survenues au cours des dernières années montrent que l’intrusion des industriels dans les structures de prévention et de recherche leur a permis de paralyser l’alerte. Et je connais des dossiers d’une importance folle aujourd’hui qui, ainsi bloqués, dissimulent les dégâts actuels et préparent les scandales sanitaires de demain. De façon générale, la première question à se poser face à des résultats scientifiques est la suivante : qui a financé la recherche ? Financement privé, public, conjoint ? Aujourd’hui, les chercheurs sont de moins en moins loquaces auprès des journalistes, comportement qui coïncide avec l’intensification des privatisations du domaine de la recherche. Quant au chercheur qui ne veut pas courber l’échine ou qui déroge à la réserve, les moyens de rétorsion sont redoutables. En France, il n’y a pas encore de loi qui protège l’éventuel lanceur d’alerte. État de fait qui autorise les pires sanctions, dont le licenciement pur et simple, comme on l’a vu notamment à l’INRS avec André Cicolella, viré pour avoir refusé d’oublier les études suspectant les éthers de glycol et avoir voulu communiquer à ce sujet. Une loi protégeant les lanceurs d’alerte, comme aux États-Unis, est une nécessité urgente en France, elle permettrait aux chercheurs de se libérer un peu du lobbying des industriels.

Les médias sont-ils alors vraiment instrumentalisés ?

Roger Lenglet : Les médias, parce qu’ils éclairent et conditionnent l’opinion publique, sont une des autres cibles-clés. Mieux vaut distinguer médias et journalistes : nombreuses sont les diffusions médiatiques, comme des films ou reportages, présentés sous forme d’information, qui ne sont pas le fait des journalistes mais de lobbyistes, c’est-à-dire des produits conçus dans le cadre d’opérations de manipulation, par exemple pour contrebalancer la progression d’une information inquiétante à l’origine d’une prudence des consommateurs. Cela peut concerner aussi bien l’agroalimentaire que les médicaments, l’eau du robinet, le nucléaire, etc. Il faut savoir que les lobbyistes se placent de plus en plus en amont de l’information, et cela pas seulement en intervenant sur l’orientation des recherches mais sur les produits médiatiques : être en amont de la veille, quitte à prendre l’initiative de projets, avec un rôle d’incitateur de films, d’émissions et de reportages au niveau du financement, de la conception et de la diffusion. Ils sont aussi plus souvent à l’initiative de groupes de veille sanitaire, ce qui leur permet de choisir les membres qui les composent et, à l’arrivée, l’information qui sera relayée par les médias. Il s’agit toujours d’emprunter des formes non soupçonnables de manipulation, d’avancer masqué. En matière de santé publique, les lobbyistes exploitent la pauvreté culturelle ambiante… Ce n’est pas très glorieux pour les journalistes mais il faut bien reconnaître qu’ils ont laissé le plus souvent les médecins occuper les rubriques de santé publique dans la presse écrite et à la télévision. Résultat : on est toujours en France dans une situation où les symboles tiennent lieu d’argument. Le titre de professeur, de médecin ou une simple blouse blanche peuvent encore suffire à convaincre un journaliste de sa bonne foi. Et l’on peut trouver mille illustrations de ces ressorts du jugement ordinaire parfaitement disposés à la manipulation : une campagne de vaccination œuvre par nature pour le bien-être des gens, la recherche génétique sur la prédisposition aux grandes maladies est forcément un axe à privilégier, les causes de la maladie d’Alzheimer restent ignorées et sont sans doute à trouver dans les gènes puisque de grands gérontologues le disent, quels que soient les errances ou les erreurs du corps médical, il partage nécessairement les mêmes intérêts que les patients, etc. Toutes ces croyances forment une doxa solide qui fait la fortune de ceux qui commercialisent notre santé. On pourrait faire une encyclopédie entière des idées reçues et des préjugés communs en matière de santé publique. Dans ce domaine, les lobbyistes sont les sophistes d’aujourd’hui : comme ceux de l’antiquité, ils vendent aux riches et aux dirigeants leur savoir-faire en matière de communication. Et ils jouent sur du velours malgré les scandales sanitaires. La sacralisation du monde médico-scientifique est telle que la vigilance et le recul critique reste un arrachement pour les journalistes eux-mêmes, sans parler de leur complexe face à des dossiers qui leur paraissent trop complexes. Or, les tricheries scientifiques sont particulièrement courantes dans ce secteur : lisser les courbes statistiques, faire disparaître les « pics » expressifs ou les « excès significatifs » de cancers par exemple, gonfler les chiffres selon les besoins, montrer des résultats en phase avec la volonté de rassurer et de reconduire le budget du service… Découvrir ces supercheries nécessite de l’investigation matérielle et intellectuelle que les rédacteurs en chef rechignent à commander à leurs troupes, car une véritable enquête est coûteuse et risque toujours de déboucher sur un échec, sans compter le fait que les journalistes sont peu formés à l’investigation. Au final, toutes les conditions sont réunies pour faire des médias une bonne courroie de transmission assez facile à utiliser. Du coup, les grands investigateurs viennent souvent de la marge du journalisme : les pigistes sortent plus d’affaires que les autres, ils y mettent plus de temps et d’énergie sans que ça coûte beaucoup aux médias qui vont leur ouvrir leurs colonnes. On voit aussi des écrivains, de simples citoyens opiniâtres ou des associations mener ces enquêtes au long cours. Reste que la culture médiatique française privilégie plus le reportage que le travail d’investigation proprement dit, qui demande un énorme investissement. Les reportages s’appuient d’ailleurs fréquemment sur le travail accompli par ces derniers.

Vous expliquez que les lobbyistes multiplient les masques…

Roger Lenglet : Les lobbyistes se cachent volontiers derrière des institutions au nom ronflant, des cabinets d’expertise, des associations à noble cause prônant par exemple la défense du consommateur, la protection de l’environnement… Cherchez les financements et à qui profite les actions menées, vous ferez la différence entre les structures de lobbying et les autres. Parfois, c’est plus difficile, les liens directs avec le groupe industriel n’apparaissent pas facilement et leurs messages sont habiles, apparemment opposés aux intérêts de l’industrie. Ce qui leur permet d’apporter finalement une caution solide aux industriels quand ils « valident » certains dossiers. On dupe ainsi l’opinion publique pour faire passer des décisions aussi bien au niveau local que national. Il ne faut pas hésiter à les approcher de très près, à approfondir les discussions avec eux, la plupart finissent par se trahir. Et puis il y a aussi les divines surprises, des lobbyistes qui passent dans votre camp et se rachètent une âme en vous balançant des dossiers extraordinaires… Certains tentent aussi de vous manipuler encore plus habilement, en vous livrant des infos qui feront exploser le concurrent du groupe pour lequel ils travaillent réellement. La complexité de ce monde n’a rien à envier à celle de l’espionnage décrit par John Le Carré.

Internet est devenu, selon vous, un outil de lobbying…

Roger Lenglet : Avec Internet, la rumeur des crises est pressentie beaucoup plus tôt. Auparavant, la montée des scandales était discernable plus tard, en général trop tard pour permettre de préparer les contre-attaques à l’avance. Dans le meilleurs des cas, les lobbyistes faisant de la veille médiatique ou scientifique apercevaient d’abord quelques allusions dans l’actualité de la recherche, puis des brèves dans la presse, des petites bulles qui disparaissaient somme toute assez vite. L’intensification des forums de discussion et des pétitions par email a démultiplié la vitesse, le nombre et l’importance des crises dans l’opinion publique, mais cela permet aussi aux lobbyistes d’apercevoir beaucoup plus vite les premiers signes de crises, des alertes et des fausses alertes de manière quasi abusives. Ça leur permet aussi d’intervenir plus efficacement pour étouffer des alertes, éteindre ou contrarier des rumeurs, de participer aux forums pour identifier les leaders, de faire circuler des arguments plus ou moins mensongers, et même de créer des discussions pour mieux aimanter les participants sur certains sujets… C’est une source et un amplificateur de crise, un véritable outil pour le lobbying, qui, pouvant s’adresser directement à l’opinion publique, peut aussi l’influencer. La toile est plus qu’un système de veille pour tous les sujets qui concernent l’entreprise, c’est un outil qui permet de contrôler l’information et de la diriger, d’en connaître les sources, les cibles, de bâtir des stratégies de communication et de dissimulation. On pourrait aussi évoquer les techniques de relégation des sources d’information gênantes en saturant régulièrement certains thèmes et en occupant le terrain des réponses sélectionnées par les moteurs de recherche sur les sujets sensibles…

La communication de crise est-elle devenue plus efficace ?

Roger Lenglet : La communication de crise a indiscutablement profité des progrès du lobbying. C’est bon pour les industriels mais fort malsain pour la démocratie. Des logiciels pour gestion de crise ont été créés, qui permettent de répondre aux attaques et contre-attaques, de trouver des formules adaptées… Et les résultats des lobbyistes sont de plus en plus stupéfiants. Pour exemple, les études épidémiologiques menées en France pour évaluer la corrélation éventuelle entre le taux d’aluminium de l’eau des robinets et les cas d’Alzheimer. Ces études, qui ont duré 12 ans, ont constaté une situation assez terrible : deux fois plus de victimes de cette maladie là où le taux dépasse les 100 mg par litre d’eau. Première publication : cinq colonnes dans la presse. Le ministère de la santé évoque des soupçons, propose de mener des études et d’en reparler dans un an. Un an plus tard, le ministère de la santé n’est pas revenu sur la question. Mieux valait s’abstenir au vu des bilans des 7 études épidémiologiques internationales confirmant le lien entre le taux d’aluminium et la maladie d’Alzheimer, deux à trois plus dans la population là où le seuil de 100 était dépassé… Certains observateurs de santé publique s’alarment et préparent des déclarations à la presse. Mais soudainement, après des années de silence, les autorités sortent un communiqué de presse et un rapport de synthèse pour dire qu’il n’y a pas de problème, aucune relation démontrée, etc. ! Les médias reprennent le communiqué. Affaire étouffée. Voilà une communication de crise sidérante avec une distance sidérale entre le discours des autorités et la gravité de la situation. Des toxicologues diront à ce sujet qu’ils n’ont jamais observé un tel écart entre les résultats de la recherche réelle et le discours officiel.

La communication interne en entreprise va-t-elle tourner à la paranoïa ?

Roger Lenglet : La communication auprès de ses propres salariés dissimule en fait ce que l’on peut appeler du «lobbying interne». Il est développé pour éviter que les informations sensibles ne se diffusent à l’extérieur. Il s’agit de surveiller ce qui se dit, mais aussi d’inciter les salariés à un discours qui transmette l’image de l’efficience de l’entreprise, de neutraliser les tentatives d’intrusion des journalistes et des concurrents, de faire circuler des informations qui font perdre du temps ou égarent… Au sein d’une entreprise, les actions des lobbyistes sont regardées avec une certaine naïveté, une incrédulité consternée, comme si la direction devenait paranoïaque. Les salariés sont habitués à ce qu’on leur demande de valoriser l’entreprise vis-à-vis de l’extérieur mais pas à se méfier à ce point. D’ailleurs, même certaines directions d’entreprises restent naïves. Pour les convaincre, les lobbyistes en quête de clients les sensibilisent en leur apportant des preuves des opérations dont elles font l’objet de la part de la concurrence, des faits réels, comme des marchés perdus par l’entreprise et les procédés employés pour y parvenir… Les stages se multiplient actuellement pour apprendre aux salariés (de la base de l’entreprise à son sommet) ce qu’il faut dire à l’extérieur, les précautions qu’il faut prendre quand on parle du boulot entre collègues dans les lieux publics, sensibiliser les salariés face aux lobbyistes, comment cloisonner l’information, superviser ce qui se dit… On y apprend que le moindre agent d’entretien, videur de corbeille ou réceptionniste peut sortir des informations capitales. D’ailleurs, les journalistes d’enquête ne peuvent pas dire le contraire, ils savent depuis longtemps qu’ils connaissent souvent des choses très utiles. Autrement dit, en découvrant le lobbying dans toutes ses formes, on découvre un peu la lune.

Vous analysez l’impact d’un simple changement de nom de société…

Roger Lenglet : Apparemment anodin, le changement de nom d’une entreprise, par exemple après un scandale qu’on veut faire oublier (implication dans des versements occultes, licenciement massif, opérations ruineuses…) a en réalité des conséquences considérables. Même si personne n’est dupe, l’effet sera finalement très positif. Par exemple quand Vivendi décide de s’appeler Veolia après les opérations ruineuses de Jean-Marie Messier et son départ houleux dans un contexte où l’on veut redorer le blason du groupe dont il faut faire remonter le cours en bourse, le simple fait de modifier le nom a un impact bien réel. Ce qui est fort, qu’on le veuille ou non, sur le plan psycholinguistique, c’est que le nouveau mot réduit de fait les associations négatives, les images collées au précédent. N’oublions pas que les mots et leurs connotations conditionnent la pensée, les changements induits par une modification du nom sont à terme profonds. Le fait de créer une discontinuité nominative va permettre à l’entreprise de renaître symboliquement comme si quelque chose avait effectivement changé pour l’inconscient collectif. C’est une façon de signifier au public que la direction change d’orientation, que la culpabilité a été endossée mais qu’on veut changer et rompre avec le passé fautif. Quant aux journalistes qui, durant quelques temps, vont préciser que Veolia est le nouveau nom de Vivendi, ils vont finir par se lasser et songer que chacun ayant désormais fait le lien, il n’est plus utile de le rappeler. Ainsi, changer de nom, pour une entreprise comme pour un homme, c’est de la chirurgie identitaire, c’est changer d’identité. Le nom Vivendi restera à jamais attaché à l’ère Messier, en revanche celui de Veolia rendra les liens nauséeux, plus filandreux, et à terme les effacera de la pensée de l’opinion.

La novlangue, ou l’art d’aseptiser les vilains maux…

Roger Lenglet : On retrouve des opérations fondamentalement similaires avec les mots communs et les néologismes. Créer de nouveaux noms pour désigner des choses désagréables peut permettre d’aseptiser le discours, employer des mots positifs pour dire des choses négatives est toujours payant, les politiques font ça sans arrêt, instruits par des conseillers qui savent que les mots c’est des stimuli et du conditionnement. Pour un peu, vous pourriez rendre heureux des gens en leur annonçant une très mauvaise nouvelle si vous maniez bien la communication d’influence. Trouver un nom sympathique pour des produits malsains leur donne bonne figure. Prenez le problème des boues toxiques utilisées en épandage dans les champs agricoles pour s’en débarrasser à bon compte sans s’interroger sur la contamination des légumes qui vont y pousser : dans certains pays, comme aux États-unis, les lobbyistes les ont fait compresser pour leur donner la forme de petites galettes et les ont renommées « nutrigalettes » car elles contiennent effectivement, outre les métaux lourds très dangereux, des résidus organiques qui ont des propriétés d’engrais. Comme en cuisine, le nom donné au plat compte pour beaucoup dans le sentiment qu’il inspire, il vend une image, transmet un jugement. Comme l’expliquait Roland Barthes, un plat qui fait songer à du vomi tant qu’il n’est pas nommé positivement n’a aucune chance de plaire, mais donnez-lui une appellation ronflante et il fera des adeptes. L’objectif est clairement de permettre aux multinationales du traitement des eaux de s’en débarrasser en réduisant les phénomènes de résistance dans la population. Boues toxiques, cela rappelle trop la véritable nature du produit (les pollutions dont l’eau a été débarrassée). En revanche, nutrigalettes coupe le lien entre l’origine et le produit final. Il permet bien sûr de rassurer l’opinion, d’endormir la conscience du citoyen et sa faculté d’indignation face à un produit de cette nature répandu parmi les légumes qu’il va manger. Mieux : il lui cache ainsi le motif d’une réaction de rejet instinctive. Trop de gens croient encore que le langage n’est qu’un outil d’expression de la pensée. Or, la linguistique a démontré depuis près d’un siècle déjà que le langage précède la plupart de nos pensées et non l’inverse. N’est pas penseur qui veut et encore moins hors des mots. On sait depuis longtemps que le fait de réduire le vocabulaire réduit l’analyse, la synthèse et la critique. Ces conclusions de la linguistique avaient été illustrées par G. Orwell : la refonte du langage permet de s’occuper de la bonne santé des pensées de la population. Ainsi peut-on élaguer le langage de tous les mots à « connotation bourgeoise » et surtout réduire la polysémie embarrassante de termes qu’on préfère redéfinir de manière plus étroite : liberté, démocratie, responsabilité, autonomie, art, raison…

Changer les choses, est-ce possible ?

Roger Lenglet : Chaque échec, chaque crise sanitaire qui débouche sur l’interdiction d’un produit ou sur la mise en cause de responsables, est traduit par les lobbyistes comme un échec en termes de communication dont ils tirent des leçons. Ils deviennent ainsi de plus en plus redoutables, et ils évoluent très vite. Aux États-Unis et dans les pays nordiques où les contre-pouvoirs associatifs sont plus développés qu’en France, les scandales sanitaires éclatent des années avant qu’ils soient dénoncés chez nous. Ce décalage permet aux lobbyistes d’analyser les erreurs de communication qu’ils y ont commises et de se préparer à ne pas les reproduire chez nous. En d’autres termes, ils sont plus retors en France et dans les pays qui se réveillent plus tard, car l’expérience les a instruit. Changer les choses nécessiterait de commencer par mieux repérer les actions des lobbyistes. Il faut s’y habituer et rapidement. Une loi de transparence sur les missions des lobbyistes deviendra tôt ou tard une obligation si l’on veut sauver la démocratie. Quant à l’autonomie et l’indépendance des chercheurs, c’est désormais un rêve. Cependant, des sources de financement parfaitement identifiées, une pluralité systématique des expertises, un peu plus de maturité éthique de la part des chercheurs qui devraient organiser leur déontologie (leur corporation

Com’Ent, 11/2005

Profession manipulator !

Plus fort que le Da Vinci Code, venez découvrir « the lobbying zone » ! Ceux qui, étymologiquement, « passaient par le couloir » ont verrouillé presque toutes les portes… en gardant les clés pour eux. C’est en tout cas l’opinion de Roger Lenglet. Philosophe et journaliste d’investigation, il est le co-auteur avec John Stauber et Sheldon Rampton de L’industrie du mensonge : lobbying, communication, publicité & médias. Un ouvrage lucide ou alarmiste? Réaliste ou parano ? Com’Ent donne la parole à Roger Lenglet. À vous de juger.

À I’origine, les lobbyistes étaient ceux qui attendaient dans les couloirs du parlement les élus pour tenter de les influencer « entre deux portes ». Mais aujourd’hui, l’efficacité des vrais lobbyistes passe par d’autres démarches qui exigent beaucoup plus d’opacité, une connaissance fine des rouages politiques, des moyens très convaincants et une proximité plus soutenue. Les pratiques posant problème sont celles qui, sous couvert de communication ou d’information, mettent en péril le jeu normal de la démocratie et sont exercées par des cabinets de lobbying capables d’employer des procédés d’influence aussi performants qu’insidieux.

**Des cabinets qui ont du pignon**… Aujourd’hui, ces cabinets se sont multipliés. L’Association française des conseils en lobbying regroupe environ une dizaine de cabinets gérant, par exemple, des dossiers potentiellement explosifs sur le plan sanitaire. Ils ont pignon sur rue, concurrence oblige, et se présentent comme des experts en relations, communication et stratégie. Pour mener à bien leurs opérations, ils utilisent toutes les personnes qui peuvent leur apporter un relais d’influence au sein des réseaux politiques, juridiques, médiatiques, économiques. Leur objectif est soit d’éviter tout débat public en confiant la gestion du dossier à des « tours de table » feutrés réunissant des politiques, des industriels et des experts ; soit d’orienter rapidement ou d’éteindre les débats naissants en édulcorant habilement les informations.

Des blouses qui font encore le médecin. Il faut savoir que les lobbyistes se placent de plus en plus en amont de l’information, pas seulement en intervenant sur l’orientation des recherches mais aussi sur les produits médiatiques; être en amont de la veille, quitte à prendre l’initiative de projets avec un rôle d’incitateur de films, d’émissions et de reportages au niveau du financement de la conception et de la diffusion. Ils sont aussi le plus souvent à l’initiative de groupes de veille sanitaire, ce qui leur permet de choisir leurs orientations et les membres qui les composent et, à l’arrivée, l’information relayée par les médias. II s’agit toujours d’emprunter des formes non soupçonnables de manipulation. D’avancer masqué. En matière de santé publique. Les lobbyistes exploitent la pauvreté culturelle ambiante… Résultat : on est toujours en France dans une situation où les symboles tiennent lieu d’argument. Le titre de professeur, de médecin ou une simple blouse blanche peut encore suffire à convaincre un journaliste de sa bonne foi. Ajoutez-y les formules traditionnelles et la technicité apparente qui convient vous obtenez une mise en scène très rassurante qui donne le sentiment que tout est fait pour protéger au mieux la population, I’opinion est encore pétrie de naïveté face à ceux dont le métier est de rassurer. Dans ce domaine, les lobbyistes sont Ies sophistes d’aujourd’hui : comme ceux de l’Antiquité, ils vendent aux riches et aux dirigeants leur savoir-faire en matière de communication. Les cabinets de lobbying ne travaillent jamais pour les associations de victimes qui elles, n’ont pas les moyens de se payer leurs services.

La toile: un rêve de veille… De même, avec Internet la rumeur des aises est pressentie beaucoup plus tôt. La toile est plus qu’un système de veille, c’est aussi un outil qui permet de contrôler l’information et de la diriger, d’en connaître les sources, les cibles, de bâtir des stratégies de communication et de dissimulation en un temps record. Le web a la capacité d’amplifier les crises. L’intensification des forums de discussion et des pétitions par email a démultiplié la puissance et la vitesse de réaction de l’opinion publique face aux dangers. Cela permet aussi aux lobbyistes d’apercevoir beaucoup plus vite les premiers signes d’alertes et de les déjouer. Les entreprises en font d’ailleurs une arme redoutable pour lancer des rumeurs contre leurs concurrents. Reléguer des sources d’information gênantes en saturant régulièrement certains thèmes ou moteurs de recherche pour étouffer des alertes, participer aux forums pour identifier les leaders, créer des rumeurs, les éteindre ou les contrarier en faisant circuler des arguments plus ou moins mensongers, ouvrir des discussions pour mieux aimanter les participants sur certains sujets font aujourd’hui partie des opérations ordinaires menées par les lobbyistes sur le web…

En communication interne : pas su, pas dit. Au sein d’une entreprise, les actions des lobbyistes sont regardées avec une certaine naïveté, une incrédulité consternée. D’ailleurs, même certaines directions d’entreprises restent naïves. Pour les convaincre, les lobbyistes en quête de clients les sensibilisent en leur apportant des preuves des opérations dont elles font l’objet de la part de la concurrence. Des faits réels, comme des marchés perdus par l’entreprise et les procédés employés pour y parvenir… La communication auprès de ses propres salariés dissimule en fait ce que l’on peut appeler du « lobbying interne ». Il est développé pour éviter que les informations sensibles ne se diffusent à l’extérieur, il s’agit de surveiller ce qui se dit. Mais aussi d’inciter les salariés à un discours qui transmette l’image de l’efficience de l’entreprise, de neutraliser les tentatives d’intrusion des journalistes et des concurrents, de faire circuler des informations qui font perdre du temps ou égarent… Dans ce sens, des stages se multiplient actuellement pour apprendre aux salariés (de la base de l’entreprise à son sommet) ce qu’il faut dire à l’extérieur, comment cloisonner l’information, superviser ce qui se dit… On y apprend que le moindre collaborateur, y compris l’agent d’entretien ou le réceptionniste, peut sortir des informations capitales.

Chirurgie identitaire… plus qu’esthétique. Apparemment anodin, le changement de nom d’une entreprise – par exemple, après un scandale qu’on veut faire oublier – a, en réalité, des conséquences considérables. Même si personne n’est dupe, l’effet sera finalement très positif. Ainsi Vivendi, après les opérations ruineuses de Jean-Marie Messier et son départ houleux, décide-t-elle de s’appeler Veolia pour redorer son blason et faire remonter le cours en bourse. Créer une discontinuité nontinative est une façon de signifier au public que la direction change d’orientation. Que la culpabilité a été endossée mais qu’on veut changer et rompre avec le passé fautif. A moyen terme, cela va permettre à l’entreprise de renaître symboliquement comme si quelque chose avait effectivement changé pour l’inconscient collectif. Quant aux journalistes qui, durant quelque temps, vont préciser que Veolia est le nouveau nom de Vivendi, ils vont finir par abandonner ce rappel. Changer de nom, pour une entreprise comme pour un homme, c’est donc de la chirurgie identitaire qui revient à changer d’identité.

Coupe, des mots, c’est aussi coupe, des têtes… De même, trouver un nom sympathique pour des produits malsains leur donne bonne figure. Ce fut le cas des boues toxiques utilisées en épandage dans les champs agricoles pour s’en débarrasser à bon compte sans s’interroger sur la contamination des légumes qui vont y pousser. Dans certains pays, comme aux États-Unis, les lobbyistes les ont fait compresser pour leur donner la forme de petites galettes et les ont renommées « nutrigalettes » : elles contiennent effectivement, outre les métaux lourds très dangereux, des résidus organiques qui ont des propriétés d’engrais… Trop de personnes croient encore que le langage n’est qu’un outil d’expression de la pensée. Or,la linguistique a démontré depuis près d’un siècle déjà que le langage précède la plupart de nos pensées et non l’inverse. Retrancher des mots, c’est toujours retrancher de la pensée, et cette dernière ne repousse pas vite…

Karine Salmon

Com’Ent, 11/2005

À l’origine, L’Industrie du mensonge. Lobbying, communication, publicité & médias a été rédigé pour mettre à jour les opérations de manipulation de l’opinion publique et de la politique gouvernementale par les cabinets de relations publiques. La démarche cherchait à révéler les actions et les procédés mis en place par ces agences de lobbying pour influencer les décisions. Force est de constater que cet ouvrage remplit pleinement ses objectifs.

Face aux entreprises, le citoyen-consommateur détient un énorme pouvoir que lui-même soupçonne à peine : choisir de consommer ou non tel ou tel produit. Ce choix reste au demeurant « trop dangereux » pour être laissé au seul bon vouloir du citoyen ; ce dernier doit être guidé ! Les agences de lobbying jouent ce rôle de conseiller « éclairé » pour simplement et distinctement expliquer ces sujets trop complexes que sont le nucléaire, le tabac, les OGM, la santé…

Les auteurs passent en revue les procédés et les savoir-faire en prenant appui sur de réelles campagnes d’opinion : financement de partis politiques et création d’associations regroupant des pseudo-scientifiques pour soutenir l’industrie du tabac, utilisation des bandes dessinées à destination des enfants par les compagnies d’électricité pour promouvoir le nucléaire aux États-Unis…
La création d’associations fantômes ou la récupération de mouvements existants sont des pratiques couramment employées pour influencer les leaders d’opinion. Pour se faire, des structures sont créer ex-nihilo, d’autres agrégent de réels militants ou des personnalités connues du secteur servant ainsi de gages… l’objectif étant qu’au final les associations sur lesquelles reposent les campagnes paraissent authentiques. Cette stratégie se présente comme une « démocratie synthétique ».

L’ouvrage présente également les stratégies des agences de lobbying visant à contrer les militants trop « gênants ». Selon Ronald Duchin, vice-président d’un cabinet de relations publiques, il existe quatre types de militants : les révolutionnaires, les opportunistes, les idéalistes et les réalistes. Voici sa démarche pour les maîtriser : isoler les révolutionnaires ; puis flatter les idéalistes et les éduquer pour les transformer en réalistes ; enfin récupérer les réalistes pour qu’ils adoptent le point de vue de l’industrie menacée.

Malgré des exemples souvent anciens et avant tout localisés aux Etats-Unis, cet ouvrage brille par sa clarté d’écriture, la précision de ses exemples et la démonstration du pouvoir détenu par ceux qui « murmurent à l’opinion publique ».

Précisions de Roger Lenglet qui a préfacé l’ouvrage et l’a complété d’exemples européens.


« Duper l’opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom : le lobbying. Ce livre révèle les procédés qu’utilisent les lobbyistes pour nous vendre aussi bien les vertus du tabac ou du nucléaire que celles des OGM ou de la guerre ; il dit dans quelles circonstances et sur quelles personnes ils les emploient. La diversité des protagonistes abordés, des stratégies exposées et la précision des faits répondent au souci d’analyser au plus près ce domaine, qui a pris une ampleur nouvelle et que l’on peut définir comme « l’art des pratiques d’influence appliqué à la décision politique ». Un art du secret recourant à des procédés inavouables et qui donne au mensonge une place sans précédent dans nos sociétés.

A-t-on pris assez conscience du rôle paradoxal que l’on fait jouer à l’« opinion publique » ? Objet d’un immémorial mépris dissimulé derrière les discours « démocrates » qui servent de masque à la plupart des gouvernants contemporains, formés aux mêmes certitudes qu’un Machiavel convaincu de l’éternelle bêtise du peuple et de la nécessité de le manipuler. L’immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d’accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de l’« industrie du mensonge ». La seule différence entre la philosophie de Machiavel et le pragmatisme sans portée de nos dirigeants tient précisément à la finalité inaliénable du premier : la défense de l’intérêt général. User de mensonges pour accomplir le bien public, même si ce principe reste moralement et intellectuellement condamnable, reste une attitude philosophique diamétralement opposée à celle qui fait du mensonge l’instrument de fins viles, le moyen d’un mercantilisme passant s’il le faut sur le corps de ses semblables. »

Infoguerre.com, 19/10/2005

  

Les nouveaux propagandistes

« Espion, lobbyiste et agent de relations publiques sont des métiers qui se recoupent largement », estime le journaliste français Roger Lenglet, qui préface et complète un ouvrage éclairant. Traduction attendue d’un best-seller étasunien – Toxic Sludge Is Good For You, de John Stauber et Sheldon Rampton –, le livre dévoile en détail les stratégies utilisées par les professionnels de la persuasion pour duper l’opinion publique et amener les autorités à se plier aux intérêts des grands groupes industriels.
Véritables propagandistes de l’industrie, les agences de relations publiques vendent différents services, de la communication d’entreprise au conseil stratégique, en passant par le lobbying sous toutes ses formes. Né aux États-Unis au début du XXe siècle, le secteur des « PR » est aujourd’hui devenu une industrie florissante et mondialisée qui, en 2002, pesait plus de 5,4 milliards de dollars. De Nike à Monsanto, de MacDo à DHL, toutes les grandes multinationales y ont désormais recours.
Mensonge par omission, espionnage, neutralisation « proactive » d’opposants, « location » ou « achat » d’experts « neutres » pour défendre des intérêts particuliers, livraison de reportages clé sur porte aux médias, etc. : tous les moyens sont bons pour soigner l’image d’une entreprise – ou d’un État –, désamorcer la contestation ou obtenir de nouveaux marchés.
Et Stauber et Rampton savent de quoi ils parlent : depuis dix ans déjà, ils animent PR Watch, une des seules ONG au monde à suivre de près les agissements du secteur aux États-Unis. Jamais ses stratégies et son cynisme institutionnalisé n’avaient été mis à jour avec autant de clarté et de détails. En ce sens, écrit Lenglet, l’ouvrage constitue « une contribution fondamentale à l’histoire contemporaine de nos sociétés ». Vous voilà prévenus.

Imagine, 07-08/2005

Les auteurs nous entraînent dans les méandres du lobbying, ou l’art de plus en plus savant et de mieux en mieux organisé de défendre ses intérêts, notamment auprès des médias. Les mécanismes de ce qu’ils nomment « l’industrie du mensonge » sont particulièrement bien décrits. L’art d’influencer l’opinion remonte à la Grèce antique, mais les moyens de ce qu’il faut bien appeler de la propagande prennent aujourd’hui une autre échelle. Selon les auteurs, 10 milliards de dollars au minimum étaient dépensés dans ce domaine chaque année par les entreprises américaines au milieu des années 90.
On retiendra notamment la façon dont les entreprises constituent autour d’elles des groupes de soutien soi-disant indépendants, d’associations qu’elles subventionnent ou d’« experts » qu’elles rémunèrent. Et comment elles façonnent le message médiatique en fournissant des reportages clés en main.
On ne peut que regretter qu’il ait fallu dix ans pour traduire cet ouvrage qui, même si le fond a peu évolué, y perd en actualité. Heureusement, Roger Lenglet a eu la bonne idée de compléter de nombreux chapitres par la situation française.

Alternatives économiques, n°233, 02/2005

Le père du lobbying s’appelle Ivy Lee. Après avoir soutenu l’effort de guerre américain pendant la Première Guerre mondiale, il s’est mis au service des Rockefeller au cours d’une « guerre privée » qui opposa les propriétaires de mines de charbon à des milliers de mineurs en grève de Virginie-Occidentale. Tracts, valorisation des œuvres de charités, discrédit jeté sur les syndicats – depuis, les méthodes ont fait florès, même si le fait que Ivy Lee œuvrait en 1934 à l’amélioration des relations germano-américaines a un peu terni sa réputation… Désormais, les agences de lobbying sont au service des centrales nucléaires, de Monsanto, de l’industrie alimentaire ou des fabricants de pesticides. Le constat des auteurs est implacable : chaque année, des milliards de dollars sont dépensés par des propagandistes qui se dévouent à la « fabrication du consensus ».

Marie Benilde

Le Monde diplomatique, 02/2005

Invasion de taupes dans les plates-bandes des ONG

« Boissons fortes, blondes plantureuses et bakchichs généreux ». C’était au temps du lobbying « à la papa », lorsque la fameuse stratégie des « trois B » était la référence absolue des lobbyistes américains pour « convaincre » leurs interlocuteurs. Aujourd’hui, le métier est devenu une véritable industrie lourde, qui absorbe un milliard de dollars par an en provenance des industriels, rien que pour contrer les arguments écolos et donner une image « verte » aux multinationales. Dans cet ouvrage édifiant, deux fins connaisseurs du lobbying américain passent en revue les méthodes raffinées et plus ou moins avouables de la communication industrielle.
Exemple classique : un livre s’apprête à révéler que les aliments produits aux USA contiennent des substances cancérigènes. Coup de sand des industriels de l’agro-alimentaire. Lesquels en appellent à un cabinet de « conseil stratégique en marketing alimentaire », qui organise aussitôt le dénigrement de l’auteur. Il casse sa crédibilité professionnelle, envoie des courriers bien placés – jusqu’à la Maison-Blanche –, fait pression pour que le scientifique qui a rédigé la préface retire sa signature, etc. Résultat : le bouquin n’intéresse personne. Ni les journalistes ni les réseaux des libraires. Et le public ne sait pas que ce livre existe.

Mais les plus malins savent anticiper et font appel à des boîtes de « conseil », qui analysent directement les idées et les actions des militants associatifs (avec profils des responsables, sources de financement…), afin de les exploiter à bon escient. Le patron d’un de ces bureaux d’étude explique, notamment, qu’il faut savoir « isoler les révolutionnaires », « flatter les idéalistes » et les transformer en réalistes. Puis, « récupérer les réalistes afin qu’ils adoptent le point de vue de l’industrie menacée ». Quitte à financer toutes leurs initiatives (journaux, colloques…). Quitte aussi à employer des taupes, comme le faisait le patronnat américain au début du siècle en envoyant des détectives privés infiltrer les syndicats.

De quoi, peut-être, expliquer comment Nestlé, par exemple, est parvenu à tuer de l’intérieur une campagne contre le lait en poudre pour les bébés du tiers-monde. Ou pourquoi la présidente de l’Association des mères contre la conduite en état-d’ivresse s’est fait embaucher par une association de producteurs d’alcool opposée à des lois favorables aux alcootests…
Plus fort encore, certaines sociétés de relations publiques montent des associations bidon. Comme l’Alliance nationale des fumeurs (3 millions d’adhérents), financée par le lobby du tabac, et censée défendre la liberté de s’empoisonner. Ou comme la Coalition pour la liberté de choix en matière d’assurance-santé, une émanation des compagnies d’assurance chargée, en son temps, de tuer dans l’œuf la réforme santé de Clinton.
On le devine, l’objectif suprême d’un industriel – ou d’un politique – est de pouvoir contrôler directement l’informaion produite par un journaliste. Rien de plus facile aujourd’hui avec les « kits de reportage » : des milliers de sujets, réalisés par différents lobbies, livrés gratuitement aux chefs des télés. Et ça marche ! Par flemme, par conviction ou pour réduire les coûts, beaucoup acceptent de publier régulièrement tout ou partie de ces publi-reportages maquillés. Une méthode qui devrait toutefois faire sourire Bouygues, Dassault et Lagardère. Eux ont préféré acheter carrément les trois quarts des médias français.

Albert Drandov

Charlie Hebdo, 05/01/2005

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« Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet

Posté par issopha le 14 mai 2008

« Profession corrupteur »,

le livre choc de Roger Lenglet

 

 

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Roger Lenglet signe en septembre 2007 un ouvrage aussi sidérant qu’excellent. « Profession corrupteur » décrypte dans le détail, au moyen d’interviews sous couvert d’anonymat et d’une enquête minutieuse, les méthodes concrètes du milieu discret des corrupteurs professionnels. Ce livre ouvre des clés inédites de compréhension de la corruption en France et en Europe, en 2007. Sa publication n’a pourtant quasiment pas été relatée dans les medias traditionnels (à part une interview succinte sur france info). Il est pourtant inédit.

Le livre ne tourne pas autour du pot : il s’agit d’interviewer des professionnels de la corruption, et de leur permettre de se livrer sous couvert d’anonymat sur les pratiques quotidiennes de cette profession. « La Truite », « le Cardinal », « le Pilote », « l’Instituteur », quelques-uns des contacts de Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation, se livrent assez directement et décrivent leur expérience d’une pratique dont on parle finalement assez peu relativement à l’ampleur du phénomène décrit. Bien au-delà des quelques affaires retentissantes (Elf, Frégates de Taïwan, machés publics des Hauts-de-Seine, etc.), à l’occasion desquelles se révèlent quelques-unes des « stars » (immanquablement déchues puisque ce milieu opère de façon discrète) de ce milieu qui compterait selon les interlocuteurs, plusieurs milliers d’individus, c’est tout un monde d’intermédiaires, de passerelles illégales entre les pouvoirs économique et politico-administratif, qui est très précisément disséqué tout au long du livre

Ces quelque whistleblowers affirment tous vouloir se livrer pour libérer leur conscience, permettre à leurs concitoyens d’ouvrir les yeux sur les caractéristique du monde dans lequel ils vivent, et dont les abus des pouvoirs économiques et politiques restent peu visibles, peu compréhensibles. Laisser une trace. On les remercie.

Qui sont ces corrupteurs de profession ? Les lobbyistes, les agences de renseignement ou de sécurité privée, qui usent de toutes sortes de moyens pour faire pression sur les élus, infléchir leurs décisions, particulièrement en matière d’attribution de marchés publics, afin de les faire attribuer aux entreprises mandataires. Ils décrivent avec quelle déconcertante facilité ils font accepter à des politiques – ou à des responsables administratifs-clés dans les commissions d’attribution de marchés publics – des enveloppes remplies de billets visant à désigner telle ou telle entreprise qui les mandatent (ou que les corrupteurs eux-mêmes contactent pour leur proposer un véritable « plan de corruption »). La plupart sont plutôt débonnaires, et vivent dans la recherche permanente de l’oubli et du travestissement des actions immorales qu’ils commettent. Ce qu’ils veulent, c’est de l’argent qui, dans ce milieu, coule visiblement à flots. Leur conscience, ils en font leur affaire…

Comment opèrent-ils ? Il s’agit d’abord de « cerner la proie » au moyen de toutes sortes de méthodes d’espionnage visant à connaître l’individu, ses faiblesses, ses besoins, ses passions. On prépare un plan d’approche. Selon le « Pilote », quelqu’un qui refuse une offre de corruption a simplement été « mal approché ». Tout individu finit selon eux par ployer sous la séduction du corrupteur et la douceur d’une enveloppe en kraft contenant les dizaines, ou centaines de milliers de francs ou d’euros. Les incorruptibles seraient exceptionnels (l’auteur relate l’anecdote de Michel Charasse menaçant de dénoncer immédiatement des corrupteurs à moins que l’enveloppe qu’ils lui tendaient ne nourrissent le compte des dons de sa commune !). Il est vrai que ce genre d’offre est difficile à refuser. De même, l’on peut jouer sur les faiblesses d’un individu, faisant jouer le chantage, s’il a par exemple une maîtresse ou autre faiblesse trop humaine.

Ces corrupteurs peuvent également intervenir pour affaiblir un concurrent dans le cadre de procédures de marchés publics. Il s’agit par exemple d’évincer un concessionnaire de marché publics au moyen de sabotages ciblés, permettant à l’entreprise mandataire de se présenter ensuite en « sauveur » de la situation.

Dans l’ensemble, pour ces pros de la corruption, « le lobbying sans la corruption, ce n’est plus rien », contrairement à ce que cherche à faire croire la profession, se retranchant derrière leur fonction de « communication auprès des décideurs ». Rien ne fonctionne mieux que l’argent. Sur ce point, ils sont clairs. Celui qui ne se plie pas à cette logique ne peut suivre la concurrence.

Quelle est l’extension du système ? La « profession », opérant derrière certains cabinets de conseil, d’audit, de lobbying (surtout), d’architecture ou d’urbanisme, compterait plusieurs milliers d’individus, et coûterait à la collectivité plusieurs dizaines de milliards d’euros en surcoût de marchés publics. Il y a donc un enjeux clair de maîtrise des finances publiques. 30 milliards d’euros, c’est 3/4 du déficit public annuel de l’Etat, 3/4 du remboursement annuel des intérêts de la dette, c’est 3 fois le déficit annuel de la Sécurité sociale toutes branches confondues. C’est deux fois le produit des avantages fiscaux mis en oeuvre par le président Sarkozy et son gouvernement.

Cette corruption participe également du silence prolongé de nombreux décideurs informés sur divers scandales qui ont mis en danger la vie de plusieurs milliers de personnes (amiantes, vache folle, etc.).

Il montre également les dérives violentes dans lesquelles certains corrupteurs tombent pour parvenir à leur fin, lorsque d’autres moyens ont échoués.

Que faire ? Les interlocuteurs de l’auteur font clairement savoir que leurs problèmes viennent :

- des incorruptibles ;
- des militants associatifs qui ont le mérite de mettre le nez dans les dossiers et qui effectuent des investigations sur les liens entre individus, entreprises qui participent de diverses situations de corruptions ;
- les « citoyens vigilants », « les pires » nous dit avec un certains respect à leur égard, l’un des interviewés. Autrement dit « les emmerdeurs », d’internet ou d’ailleurs.

Roger Lenglet insiste sur la proposition de l’association Anticor, à laquelle il appartient, consistant à rendre inéligible à vie tout décideur politique qui aurait été jugé coupable de corruption, et d’interdire tout marché public pendant une durée certaine toute entreprise qui aurait corrompu. Cela constitueraient des mesures suffisamment dissuasives pour réduire l’étendue de cette pratique, à moyen terme.

Quelles limites à l’ouvrage : on en citera deux.

- D’abord, il faut se méfier d’analyse par trop généralisante, consistant à laisser penser qu’il s’agit d’un système systématique. Roger Lenglet ne tombe pas dans cet écueil. Mais un manque d’esprit critique dans la lecture de l’ouvrage pourraît créer une véritable paranoïa sur l’intégrité de chacun de nos élus. La démocratie n’y gagnerait pas plus que si elle laissait le système se gangrenner plus avant. Un choc est clairement nécessaire, afin d’inciter à la réduction de ces pratiques. Mais on ne peut pas être dans le soupçon généralisé ni se draper dans une posture d’incorruptible. Il faut surtout voir l’homme derrière la fonction. Et nous sommes tous des hommes.

- Ensuite, on ne peut pas mettre sur le même plan toutes les formes de corruption. Le pantouflage, largement traité en milieu d’ouvrage, ne peut pas réellement être assimilé à des pots-de-vin ou à des avantages en nature donnés pour inciter au favoritisme dans une attribution de marchés publics, même s’il s’agit d’une pratique qui doit être encadrée, notamment au niveau des conflits d’intérêts, qui doivent être mieux identifiés. Et si l’on payait les fonctionnaires à leur juste valeur, ils ne chercheraient pas à quitter le public pour le privé. Leur traitement étant ce qu’ils sont, on ne peut pas s’étonner que certains cherchent une meilleure rémunération.

Roger Lenglet déconstruit méticuleusement un système qui reste peu visible, sauf exception. On peut lui rendre un hommage appuyé dans la mesure où il a déjà dû subir des poursuites (comme Denis Robert) d’un grand groupe français, suite à l’une de ses précédentes enquêtes (sur des propos qu’il a tenu lors d’une interview). Il faut du courage, de la patience, et une bonne dose d’abnégation pour se lancer dans une telle enquête.

Dans l’ensemble, il s’agit d’un excellent ouvrage, très bien documenté, au style d’une fluidité parfaite, qui se lit d’une traite et j’invite tous les lecteurs d’Agoravox à le lire.

Agoravox pourraît peut-être d’ailleurs consacrer l’une de ses futures « enquêtes citoyennes » à ce phénomène de corruption. Et pourquoi pas un observatoire de « vigilance citoyenne » afin de faire reculer ce phénomène en forte croissance.

 
 
 

 

> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par alberto (IP:xxx.x18.96.148) le 8 octobre 2007 à  13H33
Merci et bravo de faire la promotion de ce livre qui nous en apprendra surement plus sur la corruption qui de mon point de vue est un cancer qui ronge la Démocratie et contre lequel nous devrions tous combattre: gauche, centre et droite.

Bie à vous.



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par Ronny (IP:xxx.x36.23.50) le 8 octobre 2007 à  13H49
Intéressant papier tant le sujet est méconnu et brulant…

Effectivement les chiffres donnés sont exacts. J’avais eu l’occasion voila quelque temps de déjeuner avec un agent très haut placé dans l’inspection fiscale. Il m’avait dit que le montant de la corruption en France représentait pour le secteur qui était le sien (à savoir les finances publiques) environ 10 à 15% des commandes d’état et des collectivités.

Autrement dit, ce sont des millards de francs qui disparaissent en commissions occultes dans des « enveloppes kraft », comme vous dites. Ajoutez à cela les avantages en nature pas facilement traçables, tels que voyages sous les tropiques, travaux d’amélioration de l’habitat, prix préférentiel sur l’immobilier (tiens cela me rappelle vaguement quelqu’un !).

Le double scandale n’est pas que la corruption exsite,car celle ci est inhérente à la nature humaine. Il est dans les faits que:

1. que l’Etat, théoriquement garant des intérêts collectifs, ne se donne pas les moyens de lutter efficacement contre cette corruption. On réduit le nombre de fonctionnaires capables de tracer ces questions, on décourage des juges de haut niveau, je pense à Mme Joly par exemple ou à Mr. Halphen, etc. De là à penser que ceux qui agissent de la sorte y ont des intérêts personnels, il n’y a qu’un pas, pas qui nous mêne toujours un peu plus près du « tous pourris », et un peu plus loin d’une démocratie avancée.

2. plutôt que de lutter contre cette corruption, on demandera aux citoyens de palier les carences et les faiblesses des dirigeants en mettant la main au porte monnaie. C’est tellement plus facile de faire porter sur la multitude les efforts, et aussi tellement ancré dans notre mode de pensée ! Pourtant, lorsque l’on regarde les sommes en jeu, et la facilité – vous l’avez dit – avec laquelle on pourrait rembourser progressivement une grosse partie de la dette, puis permettre des avancées sociales, on ne comprend pas que les exigences de nos concitoyens en la matière ne soient pas plus fortes.

 



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par Yves Rosenbaum (IP:xxx.x91.220.222) le 8 octobre 2007 à  13H57
Bjr Pedro, merci pour l’article. L’ouvrage de Mr Lenglet est effectivement passé tout-à-fait inaperçu, ce que je déplore au vu de l’ampleur qu’a pris le phénomène ces dernières décennies. Ceci dit, il ne faut pas se voiler la face, la corruption est une bien vieille maladie dont l’humanité ne saura jamais guérir. Tout au mieux peut-on lui prescrire des remèdes pour en atténuer la gravité. Vaste débat.

 » Agoravox pourraît peut-être d’ailleurs consacrer l’une de ses futures enquêtes citoyennes à ce phénomène de corruption. Et pourquoi pas un observatoire de vigilance citoyenne afin de faire reculer ce phénomène en forte croissance.  » Il existe déjà une ONG (Transparency International), dont on en parle pas assez, et qui abat un travail remarquable au niveau de la quantification de la corruption et des conseils concernant la lutte contre ce fléau mondial.

http://www.transparence-france…

Et puis, comme on est jamais mieux servi que par soi-même, un lien qui traite de la corruption:

http://www.contre-pouvoir.be/c…

http://www.contre-pouvoir.be



Réponse de l’auteur de cet article

> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par Pedro (IP:xxx.x4.149.226) le 8 octobre 2007 à 14H40
Il y a également l’association « Anticor », qui est encore jeune, mais qu’il ne tient qu’aux citoyens d’aider, et de dynamiser.



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par Yves Rosenbaum (IP:xxx.x91.220.222) le 8 octobre 2007 à 14H52
Je ne connaissais pas, merci pour le lien



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par Bourguignon (IP:xxx.x3.126.126) le 8 octobre 2007 à 23H56
http://www.voltairenet.org/art…

C’est à propos de Transparency International. Bon, d’accord ça vient du Réseau Voltaire, mais ça fait rien. A lire quand même.



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par Yves Rosenbaum (IP:xxx.x91.220.222) le 9 octobre 2007 à 10H15
Instructif notamment sur cette tendance générale des ONG à être gangrenées par le mileu politique et vice-versa, mais je me méfie quand même un peu du réseau Voltaire. Au demeurant, dans le classement de TI cette année, les USA sont loin d’être premiers, comme à chaque fois. Au pire, on leur a rajouté discrètement quelques dixièmes… Pas de quoi je pense remettre en question l’intégrité générale de l’ONG et des nombreux bénévoles qui l’assistent



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par Emmanuel (IP:xxx.x5.135.250) le 8 octobre 2007 à  15H13
Merci à l’auteur pour cette information.

Voici en complément une interview (non datée ?) de Roger Lenglet:

http://www.ujjef.com/index.php…



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par Antoine Diederick (IP:xxx.x5.107.211) le 9 octobre 2007 à 00H04
Merci pour le lien que vous avez mis ici, et merci à l’auteur de l’article pour cet article décidement bien d’actualité.

La lecture de l’interview de Roger Lenglet, un incitant pour le lire encore avec plus d’ urgence.

Dans les milieux scientifiques et informatiques et ds les entreprises on entend de plus en plus parler de la « veille technologique » .

Le journalisme d’investigation est plus que nécessaire alors que l’industrie de la presse réussit de plus en plus à nous balancer les infos sans que personne y aille voir de près et farfouille.

Si internet est un formidable moyen de décrypter les opinions des personnes, les comportements et les nouvelles habitudes, bref à fournir aux stratèges des industries comme avec une loupe , un dessin de nos comportements et pensées, cet internet nous permet aussi de faire une veille, je dirais, à contrario, de type citoyenne et critique pour réagir aussi.

Anticiper n’est pas une mince affaire et peut servir autant l’information et la vigilance démocratique et nous le comprenons, peut servir aussi les manipulations.



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
75_auton10656 dans DU VRAI JOURNALISME par JL (IP:xxx.x3.87.192) le 8 octobre 2007 à  15H44
Merci pour l’article qui donne envie de lire le livre.

Si la corruption est très ancienne et a mauvaise presse (joke ) comme le disent beaucoup de commentaires, en revanche, le lobbying dans la société néolibérale semble avoir quelques défenseurs, voire est quasiment institué, au sein des instances de l’UE !

Et ceci est insupportable.

Réponse de l’auteur de cet article



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par Pedro (IP:xxx.x4.149.226) le 8 octobre 2007 à  17H50
J’ajouterais encore une critique.

Le caractère anonyme des témoignages.

Je sais parfaitement que l’auteur ne peut dénoncer ses sources, puisque ces personnes ne pouvaient que lui parler sous couvert d’anonymat. Il s’agit d’un contrat explicite de l’auteur avec ses interlocuteurs. Sans cet anonymat, jamais ces personnes ne pourraient se livrer, naturellement.

D’ailleurs, un de ses contacts meure au cours de l’enquête. Roger Lenglet ne peut s’empêcher de se demander s’il n’y a pas un lien entre sa disparition et le témoignage qu’il lui a livré. Fort heureusement il ne s’arrête pas à cette hypothèse et souligne que c’est un milieu où l’on se fait des ennemis, parfois plus voraces qu’on ne l’imagine (le recours à la violence existe mais reste assez rare).

MAIS cet anonymat est évidemment un argument possible des détracteurs de cet ouvrage. Comment avoir la certitude pleine et entière que ces personnes sont vraies, et que ces rencontres ont bien eu lieu.

Bien sûr, la déontologie journalistique veut que les sources restent protégées par le journaliste. MAis vous voyez bien que ce qui part de l’intention louable d’obtenir des informations en garantissant la sécurité des « whistleblowers » peut être retournée contre le journaliste qui pourraît user de cette faille pour inventer toutes sortes de sources à fin de sensationnalisme.

La corporation des journalistes traditionnels utilise également cette faille pour discréditer les journalistes de type « réseau voltaire » en disqualifiant la pertinence des sources de ce genre de nouveau journalisme Internet, ou journalisme « non-aligné » (que l’on distinguera du journalisme citoyen, celui d’agoravox et des forums, qui ne s’inscrit pas dans une guerre internationale de l’information, et bien que ces deux catégories ne soient pas imperméables l’une à l’autre).

Personnellement, je ne doute pas de la véracité des interviews de Roger Lenglet. Mais il n’en reste que cet anonymat constitue une faille argumentative. Qui peut ensuite vérifier de la véracité des dires de ces interlocuteurs ? Peut-être eux-mêmes manipulent-ils l’auteur, jouent-ils sur sa volonté de voir la corruption partout, peut-être en rajoutent-ils, par orgueil, ou par volonté de disqualifier l’étude.

En un mot, l’anonymat interdit toute forme de contre-expertise et de vérification. Et c’est peut-être la raison du manque de relai par les medias tradictionnels de cet ouvrage plus qu’utile.

 



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par jjnoel (IP:xxx.x2.73.121) le 8 octobre 2007 à  18H03
La corruption serait « inhérente à la nature humaine ». Pas d’accord. Imaginons que nous soyions dans un système égalitaire la corruption n’aurait pas de sens. Personnellement je n’ai jamais compris le pourquoi des différences de revenu, de traitement ; rien ne les justifie.



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par dan (IP:xxx.x02.254.253) le 8 octobre 2007 à  18H55
Bravo à l’auteur du livre et à l’auteur de l’article pour le faire connaitre.———-La corruption est si peu abordée mais pourtant colossale en France et en Europe,l’existence de CLEARSTREAM décoré de la médaille de l’Europe en est la preuve patente.———-Le livre de Lenglet ne montre qu’un petit bout,la réalité est mille fois plus terrible et même inimaginable.——————Pourtant on peut y remédier par une société égalitaire et non marchande comme le dit jjnoel.

 



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par jakback (IP:xxx.x4.137.55) le 8 octobre 2007 à  18H57
Cher Pedro, bravo d’attirer l’attention sur ce livre.
Le système de corruption est vieux comme les mafias, les méthodes identiques, le but final étant de gagner le plus d’argent possible.

Par ailleurs politiques et voyous sont liés depuis la nuit des temps,des hommes de mains en échange d’impunité judiciaire, les exemples sont légions. Un politique honnête est aussi rare qu’un voyou au grand coeur.

 



Réponse de l’auteur de cet article

> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par Pedro (IP:xxx.x4.149.226) le 8 octobre 2007 à 19H09
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. On ne peut pas généraliser, et il faut que les gens qui s’estiment « incorruptibles » fassent de la politique.

J’en fait moi-même, à mon humble niveau, au parti socialiste. Et j’y dénonce, comme d’autres, les pratiques douteuses.

Comme lors d’un vote, il faut des « scrutateurs ». Eh bien, scrutons, scrutons…

En démocratie, si l’on n’est pas satisfait de son régime, on peut encore s’engager soi-même.



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
 par JL (IP:xxx.x3.87.192) le 9 octobre 2007 à 09H32
« Il ne faut pas généraliser » dites-vous. Je vous renoie une autre formule célèbre: « tout homme est à vendre, ce qui les différencie, c’est le prix ».

Et quand on lui demandait s’il avait déjà été ’approché’ De Gaulle répondait: « personne n’a jamais osé ».

Les corrupteurs sont de plus en plus riches et la déliquescence de la démocratie fait baisser les prix. Les institutions de l’UE sont une machine à provoquer de la corruption et le lobbyisme y a pignon sur rue. Comment les citoyens pourraient-ils faire pour lutter contre ce scandale permanent ?



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par ernst (IP:xxx.x7.177.224) le 8 octobre 2007 à  21H08
Au courant depuis de nombreuses années, je n’en ai pas moins été traité de fou, vilipendé, empêché de mille et une manières, et ma carrière a bien failli s’arrêter là.

C’est la raison pour laquelle j’appelle de mes voeux la démocratie directe qui limite considérablement le pouvoir de décision des politiques.Sans ce pouvoir, les séducteurs n’en ont plus besoin.

Exemple: le deuxième pont prévu à Genève est soumis au vote public, avec parution officielle des appels d’offres, des budgets prévisionnels des entreprises. Le peuple seul vote la décision finale.

Quand en arriverons nous là ?…

Le métissage gauche-droite que nous fait subir Sarkozy, pour bénéfique qu’il puisse être, ne fait que masquer et repousser cette alternative indispensable à l’assainissement de nos Finances.

Démocratie directe, non par idéologie, mais par esprit pratique.

 



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par alberto (IP:xxx.x99.219.106) le 9 octobre 2007 à  10H38
ça y est, Pedro, j’ai acheté le bouquin: mon libraire l’avait en rayon !

Bien à toi.

 



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par tulipe (IP:xxx.x22.94.114) le 13 octobre 2007 à  09H50
Lenglet a fait une interview d’environ 10 minutes sur le journal du soir de france culture le 03/10/2007:

http://www.radiofrance.fr/chai…

Tous les journaux ne parlent pas de ce genre de livre, mais France Culture oui.
Sinon, pour ceux qui ont lu le livre, savez vous quel est le surnom de Mr guéant:

http://blog-pl-seguillon.lci.f…

http://www.lefigaro.fr/electio…

http://hebdo.nouvelobs.com/heb…

J’espère que je vais pas être sensuré.

 



> « Profession corrupteur », le livre choc de Roger Lenglet
par tulipe (IP:xxx.x22.94.114) le 13 octobre 2007 à 10H01
Reste à savoir si c’est bien lui.

 

 

 

Toutes les décisions judiciaires

 

France – Renversement de jurisprudence ? La Cour de cassation valide une condamnation pour blanchiment d’argent issu de fraude fiscale.

France – Renversement de jurisprudence ? La Cour de cassation valide une condamnation pour blanchiment d’argent issu de fraude fiscale.

Avril 2008

Dans un arrêt du 20 février 2008, la chambre criminelle de la Cour de cassation s’est prononcée sur la validité d’une condamnation pour blanchiment d’argent issu de fraude fiscale, sans saisine de l’autorité administrative.« L’article 324-1 du code pénal n’impose pas que des poursuites aient été préalablement engagées ni qu’une condamnation ait été prononcée du chef du crime ou du délit ayant permis d’obtenir les sommes d’argent blanchies mais qu’il suffit que soient établis les éléments constitutifs de l’infraction principale ayant procuré les sommes litigieuses » rappelle la Cour.

« En l’espèce, le délit de fraude fiscale résulte de la dissimulation de sommes sujettes à l’impôt, notamment par l’omission de déclaration de ressources ou la perception de recettes occultes, ces dissimulations excédant la somme de 153 euros, et l’intention coupable se déduit de l’abstention réitérée de déclaration, de l’importance des sommes dissimulées et de la volonté de soustraire des revenus à l’administration fiscale ».

shim dans ROGER LENGLET

Belgique – Condamnation d’un responsable du fisc pour corruption

Belgique – Condamnation d’un responsable du fisc pour corruption

Avril 2008

Condamnation de Pascal De Wulf, responsable du deuxième bureau de TVA du pays, à douze mois de prison avec sursis et 5.400 euros d’amende par la 52e chambre correctionnelle de Bruxelles.Haut fonctionnaire à la TVA, M. De Wulf, 58 ans, a été condamné pour des faits de corruption commis entre l’année 2000 et le 17 octobre 2007 alors qu’il dirigeait le Bureau bruxellois des Recettes de la TVA.

La condamnation pour corruption d’un receveur en chef est sans précédent.

shim dans VISAGES DE LA RESISTANCE

Etats-Unis – Condamnation de l’acteur Wesley Snipes pour fraude fiscale

Etats-Unis – Condamnation de l’acteur Wesley Snipes pour fraude fiscale

Avril 2008

Condamnation de l’acteur américain Wesley Snipes par un tribunal de Floride à la peine maximale de trois ans de prison pour avoir caché ses revenus au fisc de 1999 à 2001.Le juge William Terrell Hodges a déclaré que sa condamnation devait avoir valeur d’exemple pour les fraudeurs du fisc.

Selon l’accusation, l’acteur aurait gagné plus de 38 millions de dollars depuis 1999 mais n’aurait pas déclaré ses revenus à l’Internal Revenue Service (IRS) avant 2007 et n’aurait acquitté aucun impôt.

Les procureurs ont jugé que sa notoriété offre une « occasion particulière » de dissuader les auteurs de fraudes fiscales.

shim

Italie – Condamnation d’un ancien ministre de la santé pour corruption

Italie – Condamnation d’un ancien ministre de la santé pour corruption

Avril 2008

Condamnation d’un ex-ministre de la Santé du gouvernement de Silvio Berlusconi, Girolamo Sirchia, par un tribunal de Milan à trois ans de prison et exclusion pour cinq ans de l’administration pour avoir touché des dessous-de-table.Selon le parquet, M. Sirchia a été rémunéré pendant des années par de grandes sociétés pharmaceutiques afin qu’il avantage leurs produits dans les grands hôpitaux où il a travaillé, notamment au Centre d’immunologie et d’hématologie de l’Hôpital polyclinique de Milan.

Les sociétés impliquées justifiaient leurs versements, effectués à l’étranger, par des « consultations » avec M. Sirchia.

La peine de prison de 3 ans est couverte par l’amnistie proclamée par le gouvernement sortant de Romano Prodi en juillet 2007.

Plusieurs responsables de sociétés pharmaceutiques ont également été condamnés pour corruption dans cette affaire, dont Giuseppe Trudu, directeur commercial de la filiale italienne de Haemonetics, une société spécialisée dans les produits hématologiques, condamné à 3 ans et six mois.

La filiale italienne de Haemonetics a été également condamnée à une amende de 125 000 euros.

shim

France – Condamnation pour une escroquerie liée au scandale de la vache folle

France – Condamnation pour une escroquerie liée au scandale de la vache folle

Avril 2008

Condamnation par la cour d’appel de Paris de trois personnes poursuivies pour une affaire de fraude à la TVA et de blanchiment d’argent liée au scandale de la vache folle.Ce dossier porte sur de l’argent provenant de la vente de viande bovine britannique, importée illégalement après l’embargo décrété en mars 1996 par Bruxelles.

Le comptable français Jacques Costa et le dirigeant belge d’une société de transports, Dirk Desoete, ont été jugés coupables de « blanchiment » et de « complicité d’escroquerie en bande organisée », et condamnés chacun à trois ans de prison, dont la moitié avec sursis. En première instance, ils avaient écopé respectivement de deux et cinq ans ferme et d’amendes de 15 000 et 100 000 euros.

François Poulalion a été relaxé des faits de blanchiment, mais condamné pour escroquerie. Il a été condamné à deux ans de prison, dont six mois ferme, contre un an ferme en première instance et 30.000 euros d’amende. En revanche, la cour a maintenu la condamnation de sa société à 200 000 euros d’amende.

Les trois condamnés devront toujours verser collectivement plus de 5 millions d’euros de dommages et intérêts à l’Etat français, partie civile au procès.

La justice leur reprochait d’avoir, entre 1997 et 2000, « facilité en Allemagne et en Belgique la justification mensongère de l’origine des revenus de Rudy Decock, auteur du délit d’introduction illicite de viandes anglaises (…) commise en 1996 et 1997 en Belgique, France et Hollande ».

shim

Royaume-Uni – Décision de justice contre l’abandon de l’enquête sur le scandale de corruption des ventes d’armes de BAE en Arabie Saoudite

Royaume-Uni – Décision de justice contre l’abandon de l’enquête sur le scandale de corruption des ventes d’armes de BAE en Arabie Saoudite

Avril 2008

Condamnation par la Haute Cour de Londres de la décision des autorités londoniennes d’abandonner l’enquête qui avait été ouverte concernant des soupçons de corruption massive dans la signature d’un contrat de ventes d’armes par la firme britannique BAE Systems à l’Arabie Saoudite.La Haute Cour a décidé que l’arrêt de l’enquête sur cette affaire, effectué à la demande du gouvernement britannique, était illégal.

C’est à la fin de 2006 que le Serious Fraud Office (SFO), organisme chargé des enquêtes financières, avait abandonné ses investigations sur les soupçons de corruption ayant entouré la signature d’un contrat d’armement de 43 milliards de livres (53,5 milliards d’euros) entre le Royaume-Uni et l’Arabie Saoudite, négocié à partir de 1985.

Les juges – saisis de cette annulation par deux associations de lutte contre la prolifération des armes, Campaign Against Arms Trade (CAAT), et contre la corruption (Corner House) – ont affirmé avec force que « personne que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de ce pays (le Royaume-Uni) n’est en droit d’interférer avec le cours de notre justice », « et c’est l’échec du gouvernement et (du directeur du SFO) à garder en tête ce principe essentiel qui justifie l’intervention de cette cour ».

shim

France – Reconnaissance par le Conseil d’Etat du droit des avocats à ne pas violer le secret professionnel

France – Reconnaissance par le Conseil d’Etat du droit des avocats à ne pas violer le secret professionnel

Avril 2008

Reconnaissance par le Conseil d’Etat du droit des avocats à ne pas violer le secret professionnel dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux, à l’exception des cas où ils se rendraient complices de ces faits.« Le secret professionnel l’emporte sur la lutte contre le blanchiment de capitaux », a souligné le commissaire du gouvernement.

Un décret du 26 juin 2006, qui modifie le code monétaire et financier, contraint les avocats à informer les autorités de faits ou de soupçons de blanchiment d’argent et à répondre aux demandes d’informations adressées par Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l’Economie.

Cette disposition, qui transpose une directive européenne de décembre 2001, était contestée par le Conseil national des barreaux et le Conseil des barreaux européens. Ils estimaient que cette mesure portait une « atteinte excessive au secret professionnel ».

Or, rappelle le Conseil d’Etat, ce secret est non seulement protégé par le droit français, mais également par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

shim

France – Condamnation d’un banquier pour abus de confiance

France – Condamnation d’un banquier pour abus de confiance

Avril 2008

Condamnation par la cour d’appel de Rennes d’un ancien employé du Crédit agricole de Tréguier à 6 mois de prison avec sursis et à une amende de 20 000 euros pour avoir détourné plus de 31 000 euros au préjudice d’un de ses clients.

shim

France – Dispense de peine pour Josselin et Lebreton

France – Dispense de peine pour Josselin et Lebreton

Avril 2008

Dispense de peine pour l’ancien ministre socialiste Charles Josselin et le président PS du conseil général des Côtes-d’Armor Claudy Lebreton, néanmoins reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Paris d’usage illégal de véhicules de fonction avec cinq autres prévenus. Les magistrats ont justifié les dispenses de peine en soulignant que les infractions, de prise illégale d’intérêts pour M. Lebreton et d’abus de confiance pour les autres prévenus, étaient constituées mais que le dommage avait été « réparé », les sommes en cause remboursées et qu’en outre les faits étaient « anciens » et « isolés ».

shim

Chine – Condamnation de l’ex-numéro un communiste de Shanghai pour corruption

Chine – Condamnation de l’ex-numéro un communiste de Shanghai pour corruption

Avril 2008

Condamnation par un tribunal de Tianjin de Chen Liangyu, ex-numéro un du Parti communiste à Shanghai, à 18 ans de prison pour corruption. Il a été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vin et d’abus de pouvoir. Il est le plus important cadre du régime chinois à être condamné pour corruption depuis 1995.

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Etats-Unis – Condamnation d’un ancien cadre de l’ONU pour corruption

Etats-Unis – Condamnation d’un ancien cadre de l’ONU pour corruption

Avril 2008

Condamnation par le tribunal de Manhattan de Sanjaya Bahel, ancien responsable des achats aux Nations unies, à 8 ans et un mois de prison pour avoir aidé un ami à obtenir des contrats d’un montant de 32 millions d’euros en échange de contreparties financières. Le tribunal l’avait reconnu coupable en juin de fraude et de corruption.

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France – Condamnation de Charles Pasqua

France – Condamnation de Charles Pasqua

Mars 2008

Condamnation par le tribunal correctionnel de Paris de l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour le financement illégal de sa campagne des européennes de 1999.Le tribunal l’a déclaré coupable de faux, financement illégal de campagne et abus de confiance.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en estimant que Charles Pasqua avait bénéficié de 7,5 millions de francs (1,143 millions d’euros) pour sa campagne, issus de la vente du casino d’Annemasse (Haute-Savoie) dont il avait autorisé, en tant que ministre, l’exploitation en mars 1994.

Dans son jugement, le tribunal a estime avérée l’existence d’un « pacte de corruption » autour du casino d’Annemasse, dont l’autorisation d’exploitation a été accordée dans des conditions « pour le moins étonnantes » et « dans un cadre plus général de relations plus ou moins occultes ».

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France – Condamnation d’un ex-gendarme pour abus de confiance

France – Condamnation d’un ex-gendarme pour abus de confiance

Mars 2008

Condamnation par le tribunal correctionnel de Belley de Michel Mocq, ancien gendarme, à une peine de deux ans de prison intégralement assortie du sursis pour des abus de confiance commis entre 2005 et 2007 au préjudice de trois personnes âgées considérées comme vulnérables. Il devra indemniser la seule de ses victimes encore en vie à ce jour, à hauteur de 17.000 euros, soit le montant de trois bons au Trésor indûment encaissés.

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France – Condamnation du président de la CCIG

France – Condamnation du président de la CCIG

Mars 2008

Condamnation par le tribunal correctionnel de Cayenne de Jean-Paul Le Pelletier, président de la chambre de commerce et d’industrie de la Guyane, à 6 mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende, dont 20 000 euros assortis du sursis, pour prise illégale d’intérêts et abus de biens sociaux. Elu président de la CCIG, M. Le Pelletier avait notamment conservé des liens commerciaux entre deux de ses sociétés et la chambre de commerce.

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Etats-Unis – Scandale « pétrole contre nourriture »

Etats-Unis – Scandale « pétrole contre nourriture »

Mars 2008

Condamnation par le tribunal fédéral de Manhattan du magnat texan du pétrole David Chalmers à deux ans de prison et la restitution de neuf millions de dollars. Il avait plaidé coupable en août, reconnaissant avoir participé à la mise en place de schémas « de fraude consistant à verser des commissions illicites à l’ancien gouvernement irakien » il y a sept ans

Indonésie – Acquittement posthume pour l’ancien président Suharto

Indonésie – Acquittement posthume pour l’ancien président Suharto

Mars 2008

Acquittement à titre posthume de l’ancien président indonésien Suharto, mort en janvier dernier, des accusations de détournement de fonds liées à l’une de ses fondations caritatives. Mais le tribunal de Djakarta-Sud a condamné cette fondation, Supersemar, à verser quelque 110 millions de dollars à l’Etat. Les juges ont considéré que Suharto ne pouvait être tenu personnellement responsable de décisions approuvées par le conseil d’administration de la fondation. Ils étaient saisis d’une plainte en civil pour détournements présumés de fonds publics déposée par les procureurs d’Etat, qui réclamaient au total 1,4 milliard de dollars de dommages et intérêts.

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France – Un maire condamné pour favoritisme

France – Un maire condamné pour favoritisme

Févr 2008

Condamnation par le tribunal correctionnel de Draguignan du maire de Pourrières, Sébastien Bourlin, dans une affaire de favoritisme, à trois mois de prison avec sursis, 1 000 euros d’amende et trois ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique. Il lui est reproché d’avoir établi une fausse attestation pour la commission départementale des taxis concernant une autorisation de licence.

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Etats-Unis – Affaire Enron

Etats-Unis – Affaire Enron

Févr 2008

Condamnation de trois ex-banquiers britanniques de NatWest à 37 mois de prison pour fraude aux Etats-Unis en liaison avec le scandale Enron. David Bermingham, Giles Darby et Gary Mulgrew sont accusés d’avoir escroqué leur employeur (NatWest, depuis vendue à la Royal Bank of Scotland, RBS) de 15 millions d’euros, en conseillant de vendre une part d’une société d’Enron largement en dessous de son prix. Ils auraient au passage empoché au total 7,3 M USD.

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Allemagne – Affaire Elf

Allemagne – Affaire Elf

Févr 2008

Décision du tribunal de Sarrebruck d’accepter la demande de la France de faire incarcérer en Allemagne l’homme d’affaires allemand, Dieter Holzer, condamné en France à 15 mois de prison pour avoir touché une commission de plusieurs millions de francs en marge du rachat en 1992 par le groupe pétrolier français Elf de la raffinerie de Leuna (est de l’Allemagne), une affaire qui avait donné lieu à de très importants pots-de-vin. Au lieu de se présenter pour exécuter sa peine en avril 2007, M. Holzer avait fui la France pour échapper à la prison.

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Allemagne – Affaire Volkswagen

Allemagne – Affaire Volkswagen

Févr 2008

Condamnation par le tribunal de grande instance de Brunswick de l’ancien chef du comité d’entreprise du groupe automobile, Klaus Volkert, à deux ans et neuf mois de prison ferme pour abus de confiance et incitation à l’abus de confiance. L’ancien chef du personnel, Hans-Joachim Gebauer, a été condamné à un an de prison avec sursis et l’ex-directeur des ressources humaines, Peter Hartz, à deux ans de prison avec sursis et une amende dans le même dossier début 2007.

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Etats-Unis – Condamnation d’un entrepreneur pour corruption d’un ancien élu républicain

Etats-Unis – Condamnation d’un entrepreneur pour corruption d’un ancien élu républicain

Févr 2008

Condamnation par un tribunal fédéral de San Diego du dirigeant de l’entreprise ACDS spécialisée dans le transfert numérique de documents, Brent Wilkes, à 12 ans de prison ferme dans une affaire de corruption d’un ancien élu républicain de San Diego à la chambre des représentants à Washington, Randy Cunningham. Selon le parquet, M. Wilkes a versé des pots-de-vin en numéraire et en nature à M. Cunningham. En échange, ce dernier obtenait des contrats à ACDS, grâce à ses fonctions de membre d’une commission parlementaire décidant de l’attribution des budgets. Le 5 novembre dernier, il avait déjà été reconnu coupable de 13 chefs d’accusation, dont association de malfaiteurs, fraude bancaire, corruption d’un responsable et blanchiment d’argent.

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Etats-Unis – Fermeture d’un site américain sur demande d’une banque zuichoise, Julius Bär

Etats-Unis – Fermeture d’un site américain sur demande d’une banque zuichoise, Julius Bär

Févr 2008

Décision d’une cour californienne de fermer le site Wikileaks.org qui publiait des documents sur une affaire de blanchiment qui aurait impliqué la banque aux îles Cayman en 2002 et 2003. La banque a obtenu que la société californienne Dynabot efface l’adresse Wikileaks.org de ses registres DNS.

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Chine – Condamnation d’un ancien maire adjoint pour corruption

Chine – Condamnation d’un ancien maire adjoint pour corruption

Févr 2008

Condamnation en appel par le Tribunal populaire intermédiaire de la ville de Bozhou dans la province de l’Anhui (est) d’un ancien maire adjoint, Ni Yi, à huit ans de prison pour avoir accepté des pots-de-vin totalisant environ 400 000 yuans (56 000 dollars) pendant ses fonctions de directeur du bureau municipal du territoire et de maire adjoint de Bozhou entre 1999 et 2007. En échange, il aidait les corrupteurs dans les mutations de postes, à obtenir des certificats d’utilisation de terres ou à acquérir des terrains. Il a été condamné à une peine de prison atténuée du fait qu’il avait rendu tous les pots-de-vin et fait preuve d’une « bonne attitude de remords ».

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Portugal – Condamnation de l’ancien président du club de football Vitoria Guimaraes

Portugal – Condamnation de l’ancien président du club de football Vitoria Guimaraes

Févr 2008

Condamnation par le tribunal de Guimaraes d’Antonio Pimenta Machado, président du club de football pendant 24 ans, à une peine de quatre ans et trois mois de prison avec sursis pour faux et détournement de fonds. Il devra également verser 210.000 euros au club, somme correspondant aux fonds détournés majorés des intérêts.

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Taiwan – Condamnation d’un député pour détournement de fonds publics

Taiwan – Condamnation d’un député pour détournement de fonds publics

Févr 2008

Condamnation par la Haute Cour de justice d’un député, réélu en janvier dans le district de Taichung sous l’étiquette de l’Union de solidarité non partisane, Yen Chin-piao, à 11 ans de prison pour détournement de fonds publics pour des faits qui remontent à 1998. Il avait déjà purgé une peine de trois ans et demi, à la fin des années 80, dans la prison de haute sécurité de l’île Verte pour ses activités mafieuses. Il s’est lancé dans la politique après sa sortie de prison. Il a déclaré qu’il ferait appel une seconde fois de la décision. La Cour suprême avait déjà été saisie et avait cassé l’arrêt de la Haute Cour de justice. Son vice-président à l’époque des faits et actuel secrétaire, Chang Chin-Tang, a aussi été condamné à de lourdes peines de prison dans cette affaire.

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France – Saisie du yacht de Saddam Hussein à Nice

France – Saisie du yacht de Saddam Hussein à Nice

Févr 2008

Saisie du yacht de Saddam Hussein, ancré dans le port de Nice, autorisée par la justice française sur la demande des autorités irakiennes.

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Chine – Condamnation à la prison à vie pour corruption

Chine – Condamnation à la prison à vie pour corruption

Févr 2008

Condamnation à la prison à vie de l’ancien secrétaire adjoint du Comité du Parti communiste chinois pour la province du Shandong, Du Shicheng, pour avoir reçu l’équivalent de 871 866 dollars américains en pots-de-vin et gains illégaux entre 2000 et 2006.

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Chine – Condamnation à mort pour corruption

Chine – Condamnation à mort pour corruption

Févr 2008

Condamnation à mort avec deux ans de sursis de l’ancien haut législateur de la province orientale de Jiangsu, également ancien maire de Nanjing et chef du Parti communiste chinois de la ville, Wang Wulong, pour avoir reçu des pots-de-vin d’entreprises.

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France – Condamnation pour favoritisme du maire de Pont-Sainte-Maxence

France – Condamnation pour favoritisme du maire de Pont-Sainte-Maxence

Janv 2008

Condamnation par le tribunal correctionnel de Senlis du maire de Pont-Sainte-Maxence, Antoine Aubrée, à six mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité pour favoritisme dans quatre marchés publics (chauffage, transports urbains, piscine et balayage mécanique des rues). Il a annoncé qu’il ferait appel. Son directeur général des services, Gérald Billon, a été condamné à six mois de prison avec sursit.

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France – Affaire de la Régie immobilière de la Ville de Paris

France – Affaire de la Régie immobilière de la Ville de Paris

Janv 2008

Confirmation en appel par la Cour d’appel de Paris de la condamnation de l’ancien président de la Régie immobilière de la Ville de Paris, Michel Lombardini, pour corruption passive à un an de prison ferme et 150 000 € d’amende.

France – Nouvelle condamnation de Pierre Falcone

France – Nouvelle condamnation de Pierre Falcone

Janv 2008

Condamnation par le tribunal de Paris de Pierre Falcone à 4 ans d’emprisonnement pour fraude fiscale.

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France – Condamnation d’un ancien curateur auprès des juges des tutelles de Lorient

France – Condamnation d’un ancien curateur auprès des juges des tutelles de Lorient

Janv 2008

Condamnation par le tribunal de Lorient d’un ancien curateur auprès des juges des tutelles de Lorient pour malversations, commises dans le cadre de ses fonctions à : 2 ans de prison avec sursis, autant de mise à l’épreuve, 5 000 € d’amende, la publication du jugement dans la presse quotidienne, la privation de ses droits civils, civiques et familiaux et 20 000 € de dommages et intérêts aux ayants droit des victimes. Selon le substitut du procureur, « il a profité d’un mandat de justice pour commettre ses escroquerie. » Lors de l’enquête, le prévenu avait reconnu les faits et s’était engagé devant le juge des tutelles à rembourser les ayants droit des victimes.

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Belgique – La justice belge défend le secret professionnel des avocats dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme

Belgique – La justice belge défend le secret professionnel des avocats dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme

Janv 2008

Arrêt rendu le 23 janvier par la Cour constitutionnelle belge, saisie par l’ordre des barreaux belges et le conseil des barreaux de l’Union européenne, établi à Bruxelles. Elle a estimé que les avocats « ne peuvent être confondus avec les autorités chargées de la recherche des infractions », que la règle du secret professionnel doit parfois céder, mais seulement « pour un motif impérieux » et sa levée doit être « strictement proportionnée. »

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Italie – Décision d’extradition du PDG de Heftsiba en Israël

Italie – Décision d’extradition du PDG de Heftsiba en Israël

Janv 2008

Décision du tribunal fédéral d’Italie d’extrader le PDG de la société immobilière Heftsiba, Boaz Yona, vers Israël où il sera jugé pour fraude, abus de confiance et blanchiment d’argent.

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France – Condamnation d’un homme d’affaires roumain pour abus de biens sociaux

France – Condamnation d’un homme d’affaires roumain pour abus de biens sociaux

Janv 2008

Condamnation d’un homme d’affaires roumain, proche de l’ancien président Ion Iliescu, Adrian Costea, par le Tribunal correctionnel de Paris à 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, et à 150 000 euros d’amende pour le détournement de dizaines de millions d’euros lors de contrats passés avec l’Etat roumain. Il était poursuivi aux cotés de sept autres prévenus pour abus de biens sociaux.

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France – Condamnation de trois ex-responsables du Limoges CSP en appel à Bordeaux

France – Condamnation de trois ex-responsables du Limoges CSP en appel à Bordeaux

Janv 2008

Condamnation de trois ex-responsables du CSP Limoges, Didier Rose, un ancien agent du club, et de deux ex-dirigeants Guy Hervy et Jean-Paul de Peretti, impliqués dans une vaste affaire liée aux dérives financières du club de basket-ball par la cour d’appel de Bordeaux, le 8 janvier, notamment pour abus de confiance et violation du secret médical. Cette décision confirme les condamnations prononcées en juillet 2004 par la cour d’appel de Limoges.

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Chine – Condamnation à perpétuité d’un ancien juge pour corruption

Chine – Condamnation à perpétuité d’un ancien juge pour corruption

Janv 2008

Condamnation à perpétuité de l’ancien vice-président de la Cour populaire intermédiaire municipale de Shenzhen, Pei Hongquan, par le tribunal de Shenzhen (sud), le 4 janvier 2008, pour avoir reçu des pots-de-vin d’une valeur de plus de 3,7 millions de yuans (507 000 dollars), provenant d’une entreprise de ventes aux enchères et d’un promoteur immobilier, profitant ainsi des avantages liés à son poste. Pei est un des cinq juges supérieurs de la Cour de Shenzhen à avoir été arrêtés en 2006 sur accusations de corruption.

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Taiwan – L’ancien maire de Taipei déclaré non coupable des accusations de détournements de fonds

Taiwan – L’ancien maire de Taipei déclaré non coupable des accusations de détournements de fonds

Déc 2007

Relaxe de Ma Ying-jeou, ancien président du Kuomintang (KMT) et maire de Taipei, par la Haute Cour de Taiwan le 23 décembre.

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France – Condamnation du maire de Janzé, commune d’Ille-et-Vilaine, pour prise illégale d’intérêts et favoritisme

France – Condamnation du maire de Janzé, commune d’Ille-et-Vilaine, pour prise illégale d’intérêts et favoritisme

Déc 2007

Condamnation du maire de Janzé (et conseiller général), Paul Chaussée, par le tribunal correctionnel de Rennes, le 20 décembre 2007, pour prise illégale d’intérêts (2 500 € d’amende avec sursis).et favoritisme (5 000 € avec inscription au casier judiciaire et inéligibilité pour les prochaines élections municipales) d’amende dans deux affaires.Dans la première affaire, en décembre 2001, le maire avait participé à la décision du conseil municipal de modifier le plan d’occupation des sols pour rendre certains terrains constructibles alors que ces terrains lui appartenaient.

Dans la seconde affaire, en 2002, un entrepreneur proche du maire avait décroché le contrat pour la construction d’une salle multifonctions, malgré un devis supérieur à d’autres candidats. Les juges ont estimé qu’en tant que président de la commission d’appel d’offres, le maire avait indûment favorisé un de ses amis. Paul Chaussée a annoncé son intention de faire appel, ce qui pourrait lui permettre de se présenter aux prochaines élections municipales.

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France – Condamnation de la stagiaire chinoise chez Valeo pour abus de confiance

France – Condamnation de la stagiaire chinoise chez Valeo pour abus de confiance

Déc 2007

Condamnation de l’étudiante chinoise Li Li à deux mois de prison ferme pour abus de confiance par le Tribunal de Versailles, le 18 décembre. Mais elle a été blanchie de tous soupçons d’espionnage industriel chez l’équipementier auto Valeo.

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France – Affaire Technip

France – Affaire Technip

Déc 2007

Relaxe d’André Guelfi, homme d’affaire surnommé «Dédé la sardine», et de Georges Krammer , ancien directeur commercial de Technip, alors filiale d’Elf, tous deux poursuivis dans une affaire de pots-de-vins, par le tribunal correctionnel de Paris, le 18 décembre.

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France – Affaire Sofremi

France – Affaire Sofremi

Déc 2007

Condamnation, le 11 décembre, de Pierre Pasqua, fils unique de l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, à 18 mois de prison ferme et de l’homme d’affaires Pierre Falcone à un an ferme pour des détournements de fonds au préjudice de la Sofremi, société sous la tutelle de Charles Pasqua dans les années 1993-95.Le tribunal a par ailleurs condamné deux anciens dirigeants de la Sofremi, Bernard Dubois et Bernard Poussier, ainsi qu’un ancien conseiller diplomatique de Charles Pasqua, Bernard Guillet, à des peines allant de six mois avec sursis à deux ans ferme. Quatre autres prévenus, l’ancien directeur administratif de la Sofremi Nicolas Maroslavac, l’ex-préfet du Var Jean-Charles Marchiani et les frères et hommes d’affaires libanais Iskandar et Akram Safa, ont été relaxés.

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Finlande – Un homme d’affaire condamné à trois ans de prison pour avoir détourné 17 M EUR

Finlande – Un homme d’affaire condamné à trois ans de prison pour avoir détourné 17 M EUR

Déc 2007

Condamnation d’un homme d’affaires de nationalité néerlandaise et canadienne, Abraham Frederik Benjamin, par un tribunal d’Helsinki, le 24 décembre, à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds dans le cadre d’achat d’actions d’une société finlandaise immobilière, Interglobia, il y a dix ans.

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Corée du Sud – Amnistie du fondateur de Daewoo

Corée du Sud – Amnistie du fondateur de Daewoo

Déc 2007

Grâce accordée au fondateur du conglomérat Daewoo, Kim Woo-choong, condamné à dix ans de prison en 2006 pour détournement de fonds et dissimulation de plusieurs milliards de dollars de dettes, par le président sud-coréen à l’occasion du Nouvel An.

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Comores – Condamnation d’anciens hauts responsables de l’ex-régime comorien du colonel Azali Assoumani (1999-2006)

Comores – Condamnation d’anciens hauts responsables de l’ex-régime comorien du colonel Azali Assoumani (1999-2006)

Déc 2007

Condamnation, le 24 décembre, de l’ancien ministre des relations extérieures de l’Union des Comores et ancien directeur de la société nationale des hydrocarbures, Aboudou Soefo, à quatre ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, de l’ancien ministre des Finances, Oubeid Mze Chei, à deux ans de prison ferme et de l’ancien directeur de cabinet de l’ex-président Azali, Houmed Msaidié, à 12 mois de prison ferme pour malversation dans la gestion de la société nationale d’hydrocarbures.

Chine – Condamnation pour corruption dans le secteur du médicament chinois

Chine – Condamnation pour corruption dans le secteur du médicament chinois

Déc 2007

Condamnation, le 30 décembre, de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Association pharmaceutique de Chine (APC), Liu Yongjiu, impliqué dans le plus grand scandale lié aux médicaments en Chine, à sept ans de prison pour avoir accepté 22 000 dollars de pots-de-vin de la part d’un fabricant de médicaments et d’une agence de publicité.

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Chine – Condamnation de l’ex-directeur du circuit de F1 de Shanghai pour corruption

Chine – Condamnation de l’ex-directeur du circuit de F1 de Shanghai pour corruption

Déc 2007

Condamnation de l’ex-directeur du circuit de Shanghai, Yu Zhifei, l’un des grands artisans de la venue de la Formule 1 en Chine, le 29 décembre, à quatre ans de prison pour corruption.

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Cameroun – Procès du Port autonome de Douala

Cameroun – Procès du Port autonome de Douala

Déc 2007

Condamnation de quatre dirigeants du port de Douala, dont un ancien ministre, Alphonse Siyam Siwé, à de lourdes peines de prison (de dix à trente ans de prison ferme) pour avoir détourné 38 milliards de francs CFA. Leurs biens seront confisqués et ils devront verser au port 13 milliards de dommages et intérêts.

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France – Onze condamnations à Bobigny dans une affaire de blanchiment

France – Onze condamnations à Bobigny dans une affaire de blanchiment

Nov 2007

Onze condamnations, dont deux par défaut à 10 ans de prison ferme et 750.000 euros d’amende, le maximum encouru, prononcées par le tribunal correctionnel de Bobigny le 30 novembre dans une affaire de blanchiment de millions d’euros tirés de la vente de cocaïne en Europe.

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France – Condamnation d’un ancien curateur auprès des juges des tutelles de Lorient

France – Condamnation d’un ancien curateur auprès des juges des tutelles de Lorient

Nov 2007

Condamnation d’un ancien curateur pour des malversations, commises dans le cadre de ses fonctions, par le tribunal de Lorient, le 28 novembre.

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Chine – Condamnation d’un magnat des affaires de Shanghai pour corruption

Chine – Condamnation d’un magnat des affaires de Shanghai pour corruption

Nov 2007

Condamnation du magnat de l’immobilier de Shanghai, Zhou Zhengyi, naguère classé onzième fortune de Chine, à 16 ans de prison, notamment pour détournement de fonds, pots-de-vin et établissement de faux récépissés de TVA corruption.

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Royaume-Uni et Arabie Saoudite – Affaire Al Yamamah

Royaume-Uni et Arabie Saoudite – Affaire Al Yamamah

Nov 2007

Suite à un recours excercé par des ONG, décision de la Haute Cour britannique d’ouvrir une procédure pour examiner les raisons de la clôture de l’enquête portant sur le versement présumé de pots-de-vin en marge de la conclusion du contrat Al Yamamah entre la société de défense britannique BAE Systems et le gouvernement saoudien.

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France – Classement sans suite des actions contre Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso

France – Classement sans suite des actions contre Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso

Nov 2007

Classement sans suite des actions en France contre les chefs d’Etat africains, les présidents gabonais Omar Bongo et congolais Denis Sassou Nguesso, pour recel de détournement de fonds et complicité.

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France – Affaire des HLM des Hauts-de-Seine

France – Affaire des HLM des Hauts-de-Seine

Nov 2007

Rejet du pourvoi en cassation de l’ancien élu RPR Didier Schuller, condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, dans l’affaire des HLM des Hauts-de-Seine.

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France – Condamnation de François Scellier

France – Condamnation de François Scellier

Nov 2007

Condamnation, assortie d’une dispense de peine, de l’ancien maire de Saint-Gratien et actuel président du conseil général du Val d’Oise, François Scellier, par le tribunal correctionnel de Pontoise pour favoritisme dans les procédures d’attribution des marchés publics en 1996 pour le dossier de l’extension d’une école de Saint-Gratien.

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France – Condamnation de Pierre Pasqua

France – Condamnation de Pierre Pasqua

Nov 2007

Condamnation de Pierre Pasqua par la Cour d’appel de Paris à deux ans de prison, dont un an ferme, et à 300 000 euros d’amende dans une affaire de pots-de-vin extorqués à la société Alstom en 1994. Son avocat a annoncé qu’il allait se pourvoir en cassation dans ce dossier.

 

 

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Les familles démunies sont les plus touchées par la

corruption, même dans les pays riches, selon le

nouveau sondage de Transparency International

Le Baromètre Mondial de la Corruption 2007 montre que les partis politiques et les

parlements sont considérés comme les institutions les plus corrompus dans le monde.

Paris/Berlin, le 6 décembre 2007

 

- Les familles démunies sont les plus touchées par les

demandes de pots-de-vin dans les pays développés comme dans les pays en développement,

d’après le Baromètre mondial de la Corruption 2007. Le sondage, publié aujourd’hui, quelques

jours avant la Journée internationale contre la Corruption du 9 décembre, montre également que

les citoyens de tous les pays du monde continuent de considérer partis politiques et parlements

comme les institutions les plus touchées par la corruption.

Le Baromètre, qui sonde 63 199 personnes dans 60 pays, offre un éventail de données sur des

expériences courantes de corruption. Il s’attache à montrer quelles institutions sont généralement

les plus corrompues, dans quels domaines les citoyens constatent le plus de corruption, comment

ils envisagent l’avenir de ce phénomène et perçoivent les efforts de leurs gouvernements pour son

éradication.

« Le Baromètre Mondial de la Corruption de cette année montre que trop souvent, les gens doivent

verser de l’argent durement gagné pour obtenir des services qui devraient être gratuits », déclare

Huguette Labelle, Présidente de Transparency International. « Et ils ne constatent pas assez

d’engagement dans la lutte contre la corruption de la part des gouvernements et des leaders

politiques. Nous sommes toutefois heureux de constater que le public demande de plus en plus de

comptes aux institutions, car ceci est un puissant moteur de changement. »

La corruption: un impôt sur les familles démunies partout dans le monde

Le Baromètre mondial de la Corruption 2007 de TI fait apparaître que ce sont les plus démunis qui

sont le plus souvent confrontés à des demandes de pots de vin, et ceci dans les pays riches

comme dans les pays pauvres (Cf. graphique 2 en p.5). Cette extorsion frappe les familles

modestes d’un impôt dégressif qui réduit encore davantage leurs revenus.

Plus d’une personne interrogée sur dix a déclaré avoir dû payer des pots de vin pour avoir accès à

un service public. Les pays les plus touchés par la petite corruption sont l’Albanie, le Cambodge, le

Les documents ci-joints sont sous embargo

jusqu’au 6 décembre 2007 à 10:00 heures de

Berlin, soit 9 :00 GMT.

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Cameroun, la Macédoine, le Kosovo, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines, la Roumanie et le

Sénégal, où au moins 30% des sondés disent avoir payé des pots-de-vin.

Concernant les différences entre secteurs, on constate que les services publics du téléphone et du

gaz naturel sont les moins demandeurs de pots-de-vin. En revanche, ces demandes émanent le

plus souvent des institutions chargées de l’application de la loi (25% des personnes interrogées en

contact avec la police y ont été confrontées) et en second lieu des institutions judiciaires.

Une police et une justice corrompues signifient des droits bafoués

« Le Baromètre révèle que les services de police et les institutions judiciaires dans le monde

s’inscrivent dans un cycle de corruption en exigeant des pots-de-vin des citoyens », déclare Cobus

de Swardt, Directeur de Transparency International. « Ce constat troublant montre que la

corruption bafoue un droit fondamental, l’égalité de traitement de tous les citoyens devant la loi. »

Transparency International a conduit une importante campagne cette année contre la corruption

dans le monde de la justice, basée sur le Rapport Mondial de la Corruption 2007. Ce rapport

montre en détail comment la corruption affecte les instances judiciaires, comment les juges ou le

personnel acceptent des pots-de-vin pour retarder ou accélérer des procédures, autoriser ou

refuser un appel, ou encore, prendre une décision partiale sur une affaire.

Le Rapport Mondial sur la Corruption 2007 comprend également des données d’une enquête de

2002 qui montre, par exemple, que 96% des personnes interrogées au Pakistan en contact avec

les tribunaux de première instance avaient été confrontées à de la corruption. En Russie, on

estime que 210 millions de dollars US de pots-de-vin sont chaque année versés au cours

d’instances judiciaires.

Les pots-de-vin par secteur : une perspective par région

Bien que globalement, la police soit l’institution la plus fréquemment perçue comme exigeant des

pots-de-vin, il existe d’importantes différences selon les régions considérées (Cf. graphique 3 en

p.6). Dans les pays de l’Union européenne, ce sont les services médicaux et non pas la police qui

sont la principale source de demande de pots-de-vin. En Amérique latine, dans la région Asie-

Pacifique et en Amérique du Nord, la petite corruption est très répandue dans le secteur judiciaire.

En Afrique et dans les états nouvellement indépendants (Russie, Moldavie et Ukraine) les

domaines de l’éducation et de la santé, secteurs cruciaux pour le développement humain, sont,

après la police, les plus touchés par la petite corruption.

La petite corruption a augmenté entre 2006 et 2007 dans certaines régions (Cf. graphique 4 en

p.6) comme l’Asie et le Pacifique (22% des personnes interrogées ont déclaré avoir dû payer des

pots-de-vin en échange d’un service public contre 15% en 2006) et l’Europe du Sud-Est (qui passe

de 8% à 12%). L’Afrique en revanche enregistre une légère amélioration (elle est passée de 47% à

42% en 2007).

« Ces chiffres traduisent une réalité effrayante, celle de citoyens à qui l’on extorque de l’argent

alors qu’ils sont très vulnérables et qu’ils se trouvent dans des circonstances très difficiles, des cas

d’urgences médicales par exemple ou des situations où ils sont victimes d’un crime », déclare

Huguette Labelle. « Lorsque la corruption est profondément implantée, elle inflige des blessures

profondes et persistantes à une société et elle détruit la confiance dans les gouvernants. »

Les partis politiques restent les plus affectés par la corruption

Le Baromètre demande également aux citoyens quelles sont les institutions les plus affectées par

la corruption. D’année en année, partis politiques et parlements – ces mêmes institutions censées

- 3 -

représenter l’intérêt général dans les décisions politiques – occupent la première place (Cf.

graphique 5 en p.7).

« Notre expérience a montré que l’engagement et le comportement des dirigeants politiques sont

cruciaux pour le succès de la lutte anti-corruption au niveau d’un pays.», déclare de Swardt. « Ces

chiffres troublants montrent que les gouvernements traversent une crise de légitimité qui peut

affecter la démocratie, la stabilité et la protection des droits de l’homme. »

Les secteurs qui se portent le mieux aux yeux des citoyens ordinaires sont les institutions

religieuses et les organisations non-gouvernementales. Bien que les ONG soient encore perçues

comme relativement propres, leur image s’est toutefois ternie si l’on se réfère au Baromètre 2004,

tout comme celle des entreprises privées. Le public leur demande davantage de transparence et

de rendre plus de comptes

Le public est prêt à un changement

L’avis de l’opinion publique sur l’évolution de la corruption dans les années à venir est plus sombre

que celui qui s’exprimait dans le Baromètre 2003. En effet, 54% des personnes interrogées

estiment que la corruption devrait augmenter dans le futur, contre 43% il y a quatre ans (Cf.

graphique 6 en p.7). En 2007, une personne interrogée sur cinq seulement pense que la corruption

va baisser dans un futur proche.

Les Philippines et l’Inde apparaissent comme les deux pays les plus pessimistes, avec 79% des

personnes interrogées qui s’attendent à une hausse de la corruption. Parmi les pays les plus

pessimistes, citons l’Allemagne, l’Inde, les Philippines, le Sénégal, l’Afrique du Sud, les Pays-Bas

et le Royaume-Uni. Mais ce regard négatif n’est pas partagé par tous: les personnes interrogées

en Bulgarie, au Ghana, en Macédoine FYR, au Nigéria et à Singapour se sont montrées nettement

plus optimistes et s’accordent à penser que le niveau de corruption devrait baisser.

Les gouvernements n’en font pas assez

Dans l’opinion publique, les efforts gouvernementaux dans la lutte contre la corruption sont

appréciés en toute logique par rapport à l’évolution attendue du niveau de corruption. La moitié des

personnes interrogées pensent en effet que leur gouvernement n’est pas efficace. Seul un sondé

sur trois estime que son gouvernement est efficace dans la lutte contre la corruption (Cf. tableau 4

en p.11).

L’opinion publique fait preuve du plus grand scepticisme, en moyenne, en Amérique du Nord et en

Amérique latine, dans l’Union européenne et dans la zone Asie-Pacifique. Les Nord-Américains et

les Européens voient également les efforts de leurs gouvernements de manière plutôt négative

(avec respectivement 19 et 28% de taux d’approbation), alors même que la petite corruption est

plutôt basse. On peut penser que ceci traduit leur inquiétude sur les problèmes de grande

corruption et sur l’écart entre les faits mis à jour et la volonté affichée de lutter contre ce

phénomène. Le malaise de l’opinion publique peut d’ailleurs aller croissant en raison de l’absence

de politique claire sur les moyens de lutte contre la corruption dans ces pays.

Notons que certains des pays africains couverts par cette étude ont montré un optimisme bien plus

important que l’Amérique du Nord et l’Europe. Les pays riches doivent entendre ce que leurs

citoyens ont à dire et prendre des mesures globales pour lutter contre la corruption chez eux, à

l’instar de ce qu’ils ont demandé pendant des années aux pays qui recevaient l’aide internationale.

Les femmes plus pessimistes

Une analyse détaillée montre que les femmes sont légèrement plus pessimistes que les hommes

sur l’évolution du niveau de corruption dans le futur. Ceci contraste avec l’un des autres

- 4 -

enseignements du Baromètre 2007: il montre que les femmes seraient moins enclines à payer un

pot-de-vin que les hommes. Toutefois ceci pourrait s’expliquer par le fait que les hommes et les

femmes n’ont pas le même type de contact avec les institutions, ou que ce contact soit moins

fréquent pour les femmes.

Données sur la France

Globalement, les français interrogés considèrent que leurs services publics sont intègres.

Toutefois, 1% des personnes interrogées disent avoir dû payer un pot de vin au cours de l’année

écoulée pour accéder à un service public (Cf. tableau p.8).

Après les partis politiques et les entreprises, c’est le secteur des médias qui est considéré comme

étant le plus corrompu (Cf. tableau p.9). Il faut aussi noter aussi la relative mauvaise place des

ONG, moins bien notées que plusieurs services publics (santé et éducation notamment).

42% des personnes interrogées estiment enfin que la corruption va à l’avenir augmenter en France

(Cf. tableau p.10).

Baromètre et Indice de perception de la Corruption

Les enseignements du Baromètre mondial de la Corruption 2007 montrent une forte corrélation

(0,66) entre le vécu des citoyens ordinaires en matière de pots-de-vin et les perceptions de la

corruption par les experts, qui constituent la base de l’Indice de Perceptions de la Corruption, l’un

des outils-phare de mesure de TI. Les états dans lesquels les hommes d’affaire, les analystes du

pays et les experts remarquent que la corruption est largement répandue sont ceux-là même où,

en moyenne, une plus grande partie des citoyens paye des pots-de-vin pour avoir accès aux

services publics.

Conclusion : la lutte contre la corruption est l’affaire de tous

« Il est nécessaire de transformer les promesses en action pour que les efforts dans la lutte contre

la corruption aient un impact sur le quotidien des citoyens. Les gouvernements sont des maillons

essentiels dans l’engagement de la lutte anti-corruption. Mais ils ne sont pas seuls à devoir

assumer cette responsabilité. Nous attendons une action concertée de la société civile et du

secteur public également », conclut la Présidente TI Labelle. « Les gens subissent la corruption et

sont mécontents à l’idée qu’elle gangrène les principaux services et institutions publics. Ils sont en

droit d’attendre un futur sans corruption. Le Baromètre Mondial de la Corruption 2007 lance un cri

d’alarme qui rappelle que les habitants de la planète sont de plus en plus déterminés à mettre un

terme à la corruption et à son terrible coût.

###

Note aux éditeurs

Le Baromètre Mondial de la Corruption rassemble les données d’une enquête d’opinion publique

qui s’intéresse aux perceptions de la corruption et à l’expérience de chacun dans ce domaine.

Cette année, 63 199 personnes ont été interrogées dans 60 pays et régions, entre juin et

septembre 2007. Le sondage du Baromètre est réalisé chaque année depuis 2003 pour le compte

de Transparency International par Gallup International dans le cadre du sondage général La Voix

du Peuple.

Le rapport intégral du Baromètre est disponible en ligne :

http://www.transparency.org/policy_research/surveys_indices/gcb/2007

- 5 -

Baromètre mondial de la corruption 2007 de Transparency International

-

Détail des principaux résultats

VOIR DOCUMENTS PDF JOINTS

pdf communiquebarometredelacorruptiondslemonde2007.pdf

pdf communiquerapportprttransparenceinternational.pdf

Baromètre mondial de la corruption 2007 de Transparency International

_

Foire aux questions

· Qu’est-ce que le Baromètre Mondial de la Corruption de TI?

· Qui réalise le sondage?

· Qui le Baromètre mondial de la corruption de TI sonde-t-il ?

· Quels sont les pays/territoires qui figurent pour la première fois dans le Baromètre mondial

de la corruption de TI?

· Quels sont les pays/territoires du Baromètre 2006 qui ne figurent pas dans le Baromètre

2007?

· Pourquoi est-ce que certains pays qui figuraient dans les précédentes éditions du

Baromètre n’apparaissent plus dans le Baromètre 2007?

· Mon pays peut-il être ajouté aux pays cités dans le Baromètre mondial de la corruption de

TI?

· Peut-on comparer le Baromètre année après année?

· En quoi est-ce que le Baromètre mondial de la corruption de TI est-il unique?

· Comment TI s’assure-t-il de la qualité du Baromètre?

· En quoi le Baromètre mondial de la corruption de TI diffère-t-il de l’Indice de perceptions de

la corruption (IPC) de TI?

· En quoi le Baromètre mondial de la corruption de TI diffère-t-il de l’Indice de Corruption des

Pays Exportateurs (ICPE)?

· En quoi le Baromètre mondial de la corruption de TI diffère-t-il du Rapport mondial sur la

corruption de TI ?

Qu’est-ce que le Baromètre mondial de la corruption de TI?

Le Baromètre mondial de la corruption de TI (ou plus simplement le Baromètre) en est à sa

cinquième édition. Il s’agit d’un sondage réalisé auprès du grand public pour évaluer ses

perceptions et expériences de la corruption. Cette année, plus de 63 000 personnes dans 60 pays

ont répondu à nos questions.

Le Baromètre 2007 interroge les citoyens sur : Quels sont les secteurs publics les plus

corrompus ? Quelle serait l’évolution prochaine de la corruption ? Que pensent-ils de l’action de

leur gouvernement ?. Le Baromètre documente également les expériences que les citoyens ont de

la corruption, en donnant des informations sur la fréquence des pots-de-vin qu’on leur demande de

payer lorsqu’ils entrent en contact avec différents prestataires de services publics.

- 13 -

Qui réalise le sondage?

Le sondage est réalisé pour Transparency International par Gallup International, dans le cadre du

sondage plus général Voice of the People (Voix du peuple). Gallup fait appel à ses partenaires

dans les différents pays pour traduire et réaliser ce sondage. Dans quelques cas, TI demande à

d’autres instituts de sondage réputés de réaliser le Baromètre pour un pays donné. En 2007, TI a

demandé des sondages complémentaires pour l’Arménie, le Cambodge, la Géorgie et la Lituanie.

Qui le Baromètre mondial de la corruption de TI sonde-t-il ?

Le Baromètre mondial de la corruption de TI est un sondage d’opinion. Ce qui signifie qu’il est

réalisé auprès du grand public et non auprès d’experts. Dans chaque pays, un échantillon

représentatif du grand public a été interrogé. Les personnes intérrogées sont des hommes et des

femmes âges de 15 ans et plus. Certains échantillons étaient nationaux, d’autres urbains, mais

tous les échantillons ont été pondérés pour refléter les populations nationales et mondiales.

Quels sont les pays/territoires qui figurent pour la première fois dans le Baromètre mondial

de la corruption de TI?

Les nouveaux pays ou territoires figurant pour la première fois dans le Baromètre mondial de la

corruption 2007 de TI sont : la Bosnie-Herzégovine, le Cambodge, l’Equateur, le Ghana, le

Guatemala, l’Irlande, la Lituanie et le Vietnam. Pour des raisons d’impératifs de temps, les

données pour l’Arménie et la Géorgie ne sont pas incluses dans le Baromètre mais seront

disponibles prochainement.

Quels sont les pays/territoires du Baromètre 2006 qui ne figurent pas dans le Baromètre

2007?

Il s’agit des pays/territoires suivants: le Chili, le Congo, Fiji, le Gabon, Israël, le Kenya, le Mexique,

le Maroc, le Paraguay et Taiwan.

Pourquoi est-ce que certains pays qui figuraient dans les précédentes éditions du

Baromètre n’apparaissent plus dans le Baromètre 2007?

TI dépend de Gallup International pour mener le travail de terrain par le biais de son réseau de

partenaires dans le monde. Parfois, pour des raisons budgétaires, logistiques ou politiques, ces

partenaires ne peuvent pas réaliser un sondage dans un pays donné pour une année donné. S’il

nous est impossible de demander à un autre institut de réaliser ce sondage en notre nom, les pays

concernés ne figurent pas dans le Baromètre.

Mon pays peut-il être ajouté aux pays cités dans le Baromètre mondial de la corruption de

TI?

En théorie, rien ne s’oppose à ce qu’un pays figure dans le Baromètre. Dans certaines éditions du

Baromètre, pour lesquelles Gallup International n’a pu réaliser un sondage pour un pays donné, les

sections de TI ou d’autres organisations se sont chargés de la mise en oeuvre du sondage. Si le

budget le permet, nous espérons pouvoir inclure plus de pays dans le Baromètre dans les années

à venir, en particulier des pays en voie de développement.

Peut-on comparer le Baromètre année après année?

Oui. Lorsque les mêmes questions sont reprises année après année, le Baromètre permet d’établir

des tendances. Le Baromètre en est à sa cinquième édition et par conséquent permet d’évaluer

provisoirement les évolutions intervenues dans les institutions perçues par le public comme étant

les plus corrompues, dans l’opinion du public concernant l’évolution à terme de la corruption dans

leur pays et dans la proportion des citoyens qui doivent verser de pots-de-vin pour obtenir des

prestations de service public.

En quoi est-ce que Baromètre mondial de la corruption de TI est-il unique?

Le Baromètre mondial de la corruption de TI est le seul sondage d’opinion au monde sur la

perception et l’expérience de la corruption. Ce sondage, réalisé auprès du grand public et couvrant

- 14 -

60 pays, constitue un indicateur du succès relatif des efforts pour endiguer la corruption à travers

le monde.

Comment TI s’assure-t-il de la qualité du Baromètre?

Le questionnaire du Baromètre est revu par le Comité consultatif de l’Indice de TI qui comprend

des experts de réputation internationale dans le domaine de la corruption, de l’économétrie et des

statistiques. Les membres du Comité font des suggestions pour améliorer le Baromètre, mais c’est

la direction de TI qui prend les décisions finales sur la conception du sondage et son utilisation.

Gallup International, qui mène le sondage au nom de TI, vérifie préalablement les données dans le

cadre du sondage Voice of the People.

En quoi le Baromètre mondial de la corruption de TI diffère-t-il de l’Indice de perceptions de

la corruption (IPC) de TI?

Le Baromètre évalue les avis du grand public sur la corruption alors que l’IPC se concentre sur les

opinions des experts. Le Baromètre traite également de l’expérience de la petite corruption par les

individus, alors que l’IPC rend compte des perceptions des observateurs informés sur la corruption

dans le secteur publique et parmi les acteurs politiques. Malgré ces différences, la corrélation entre

les deux sondages est considérable (le coefficient statistique de corrélation est de 0,66 pour 2007).

En quoi le Baromètre mondial de la corruption de TI diffère-t-il de l’Indice de Corruption des

Pays Exportateurs (ICPE)?

Le Baromètre est un sondage d’opinion, tandis que l’ICPE est basé sur un sondage d’experts en

économie. Le Baromètre détaille les avis du grand public sur la corruption et son impact sur leur

vie, ainsi que leurs expériences de la corruption. L’ICP offre un barème à partir des avis éclairés de

spécialistes sur l’offre de corruption, et ne contient pas de données empiriques.

En quoi est-ce que le Baromètre mondial de la corruption de TI diffère-t-il du Rapport

mondial sur la corruption de TI ?

Le Baromètre de TI couvre les avis et les expériences des citoyens face à la corruption alors que le

Rapport mondial sur la corruption présente une analyse en profondeur de l’état de la corruption

dans le monde, sous la forme d’un ouvrage. Les récentes éditions du Baromètres comprennent

une série de questions supplémentaires sur des thématiques précises du rapport mondial sur la

corruption, afin de compléter les analyses contenues dans le Rapport. Le dernier Rapport mondial

sur la corruption de TI, publié en mai 2007, inclut certaines des conclusions du Baromètre.

* * *

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