Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy

Posté par issopha le 23 février 2009

 

Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy

Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy dans AFRIQUE NOIRE : Réécrire l'Histoire HistoireAfricaine Adame Ba KONARE, (dir.), (dir.) Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy , Paris, La Découverte, oct. 2008.

Paru le : octobre 2008 – Éditeur : La Découverte, Paris – Collection : Cahiers libres – Reliure : Broché – Description : 348 pages – Dimensions : 155 x 240 mm – ISBN : 9782707156372 – Prix : 22 €

A lire sur TERRA : la présentation, le sommaire, l’introduction et un chapitre en texte intégral

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- la présentation, le sommaire et un chapitre publiés avec l’aimable autorisation des auteurs, directeurs et éditeur de l’ouvrage : A lire sur TERRA

LES AUTEURS

adame-ba-k dans LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL Adame Ba Konaré est historienne, militante du Mouvement démocratique malien, présidente fondatrice du Musée de la femme Muso Kunda de Bamako et de la fondation humanitaire Partage. Elle a publié une dizaine d’ouvrages consacrés à son pays, dont Quand l’ail se frotte à l’encens (Présence africaine, 2006), L’Os de la parole. Cosmologie du pouvoir (Présence africaine, 2000) et le Dictionnaire des femmes célèbres du Mali (Jamana, 1993)..

Les contributeurs : Pierre Boilley, Tayeb Chenntouf, Catherine Clément, Catherine Coquery-Vidrovitch, Drissa Diakité, Boureima Alpha Gado, Daouda Gary-Tounkara, Sandra Fagbohoun, Éric Huysecom, John O. Igué, Bogumil Jewsiewicki, Adame Ba Konaré, Doulaye Konaté, Olivier Le Cour Grandmaison, Kinvi Logossah, Hassimi O. Maïga, Elikia M’Bokolo, Isidore Ndaywel è Nziem, Alioune Sall, Kléna Sanogo, Djohar Sidhoum-Rahal, Sébastien Dossa Sotindjo, Ibrahima Thioub

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PRESENTATION

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Passé les réactions vives et indignées qu’a suscitées chez les Africains le discours de Nicolas Sarkozy prononcé à Dakar le 26 juillet 2007, ses déclarations sur l’immobilisme du continent africain ou encore la non-responsabilité de la France dans ses problèmes actuels nécessitaient une riposte argumentée, dépouillée de toute considération émotive. C’est dans le but d’éclairer le président Sarkozy, mais aussi son entourage et, plus généralement, le grand public sur la réalité de l’histoire africaine, qu’Adame Ba Konaré a lancé, en septembre 2007, un appel remarqué à la communauté des historiens.

Cet ouvrage est le résultat de cette mobilisation : vingt-cinq contributions de spécialistes de notoriété internationale ou de plus jeunes chercheurs, africains et européens, qui abordent chacun avec rigueur et précision un pan de l’histoire riche, complexe et trop souvent méconnue du continent. La construction à la fois chronologique et thématique de l’ouvrage permet de réfuter point par point les poncifs hérités de l’ethnologie coloniale véhiculés par le discours de Dakar et de prodiguer plus largement une véritable leçon d’histoire pour enfin changer le regard porté sur l’Afrique.

Cette riposte n’est pas une affaire d’Africains blessés dans leur dignité, mais une entreprise d’historiens, ceux du Nord comme du Sud, soucieux de rétablir la vérité des faits contre toutes les tentatives de manipulation.

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SOMMAIRE

- Préface, par Elikia M’Bokolo

Introduction générale , par Adame Ba Konaré
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L’anhistoricité et l’immobilisme du continent africain
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Le mythe de la France bienfaitrice et de sa mission civilisatrice
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Défis et leçons d’Histoire

I / Qui a dit que l’Afrique n’avait pas d’histoire ?

- 1. Un essai de périodisation de l’histoire africaine, par Catherine Coquery-Vidrovitch
- 2. Innovations et dynamiques créatives dans la préhistoire africaine, par Éric Huysecom et Kléna Sanogo
- 3. Universalité des valeurs et idéal d’humanité en Afrique : témoignages d’explorateurs, par Drissa Diakité
- 4. La gestion et la prévention des crises de subsistance dans les sociétés précoloniales du Sahel : mythe ou réalité ?, par Boureima Alpha Gado
- 5. L’opposition tradition/modernité comme modèle d’analyse des réalités africaines, par Doulaye Konaté

II / Un discour d’un autre âge ?

- 6. Les visions françaises de l’Afrique et des Africains, par Pierre Boilley
- 7. Le musée du quai Branly ou l’histoire oubliée, par Catherine Coquery-Vidrovitch
- 8. Le refus de savoir est un refus de reconnaissance, par Bogumil Jewsiewicki

9. L’enseignement du fait colonial dans une perspective d’histoire mondiale, par Tayeb Chenntouf
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L’enseignement de la colonisation : des perspectives nationales
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La colonisation dan une perspective d’histoire mondiale
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L’enseignement du fait colonial

- 10. Apologie du colonialisme, usages de l’histoire et identité nationale : sur la rhétorique de Nicolas Sarkozy, par Olivier Le Cour Grandmaison

III / Qui est responsable des « difficultés acturelles » de l’ Afrique ?

- 11. Quelques aspects de la contribution de l’Afrique au développement du Nouveau Monde et de la France, par Hassimi Maïga
- 12. Aux origines de la traite négrière transatlantique : introduction au débat sur la responsabilité africaine, par Kinvi Logossah
- 13. L’esclavage et les traites en Afrique occidentale : entre mémoires et histoires, par Ibrahima Thioub
- 14. Le rôle de la colonisation dans l’« immobilisme » des sociétés africaines, par John O. Igué
- 15. Pérennité des structures de dépendance et reproduction du sous-développement :le cas du Bénin (ex-Dahomey) de la colonisation à aujourd’hui, par Sébastien Dossa Sotindjo
- 16. La crise ivoirienne : le poids de l’histoire coloniale, par Daouda Gary-Tounkara

IV/ Qui a parléde Renaissance africaine ?

- 17. La philosophie négro-africaine : une lutte permanente pour sa reconnaissance, par Sandra Fagbohoun
- 18. L’Union pour la Méditerranée : un projet pour diviser l’Afrique et tourner le dos à la Francophonie, par Isidore Ndaywel è Nziem
- 19. Le Sahara n’est pas une frontière, par Djohar Sidhoum-Rahal
- 20. La Renaissance africaine : un défi à relever, par Alioune Sall
- 21. Gouvernance et expérience démocratique en Afrique : l’éclairage de la culture et de l’histoire, par Adame Ba Konaré

- Postface, par Catherine Clément
- Orientations bibliographiques, par Daouda Gary Tounkara
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Les auteurs
- Index.

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Introduction générale
par Adame Ba Konaré

SOMMAIRE

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Cet ouvrage a été conçu pour servir de réponse à un discours politique, celui du président français Nicolas Sarkozy, tenu le 26 juillet 2007 à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, au Sénégal, à l’occasion de sa première visite officielle en Afrique au sud du Sahara.

Discours osé et complexe, qui a la prétention de faire l’inventaire de tous les problèmes de l’Afrique et d’y trouver des solutions. Sur Cheikh Anta Diop lui-même, curieusement, pas un mot [1].

Tantôt bon père ou bon tuteur qui s’adresse à ses enfants, tantôt missionnaire, Nicolas Sarkozy croit prêcher la bonne parole pour se poser, au final, en sauveur suprême. Au nom de quel principe ? Au nom du franc-parler et du respect et de l’amour qu’il a pour l’Afrique, martèle-t-il inlassablement.

Dans son intention, le discours se veut une adresse à la jeunesse et affiche sa volonté de rupture. Dans son déroulement, il glisse non seulement sur plus d’un siècle d’histoire, un siècle cependant richement meublé de déconstructions opérées en son sein, mais également sur les acquis de l’historiographie et de l’avancée de la recherche. Ce qui fait qu’il n’est pas sans susciter des interrogations majeures autour de mots graves : mépris, méconnaissance, racisme. Il est à craindre que toutes ces supputations ne se confirment, à des degrés divers, derrière le brouillard qui les recouvre, mais l’on éviterait de se perdre en conjectures en posant directement la question à la « plume », le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

Ce dernier, dans sa réponse à Bernard-Henri Lévy, qui l’avait traité de raciste, a déclaré assumer avec panache tout ce qu’il a écrit, « ligne à ligne, mot à mot, à la virgule près [http://info.France3.fr/France/34916821-fr.php] ». Tout au long de l’année, Henri Guaino reviendra sur le discours de Dakar. Le dernier soubresaut en date est sa récente sortie dans le journal Le Monde [2]. Tout en feignant de concéder à l’Afrique une histoire, dont il semble entre-temps avoir découvert quelques bribes à travers les critiques qui lui ont été adressées, Guaino s’obstine en réalité à la nier (en qualifiant certains de ses moments-phares d’« exception »), à la mépriser et à réhabiliter l’entreprise coloniale. Et lorsqu’il cherche à se disculper de certaines accusations, à grand renfort de citations savantes mais incongrues, ou en récusant l’inspiration hégélienne de son texte pour mobiliser d’autres soutiens, il ne fait que souligner qu’il n’a manifestement toujours pas compris le caractère inadmissible de certains points du discours de Dakar. Un adage africain nous enseigne que « l’eau versée ne se ramasse pas ». De ce point de vue, les tentatives de justification de M. Guaino effacent d’autant moins les propos tenus qu’elles continuent de falsifier l’histoire. En ce qui concerne Nicolas Sarkozy lui-même, nous préférons nous accrocher à l’argument de la méconnaissance.

Nonobstant, un fait est patent : Nicolas Sarkozy est dans l’air du temps. En effet, depuis quelques années, nous assistons au ressac, chez une frange de l’intelligentsia française, de discours triomphalistes et nationalistes sur la France, dont l’histoire, faite de grandeurs renouvelées, est remobilisée pour susciter la fierté de tous ses fils et de toutes ses filles « de souche ». De son côté, Nicolas Sarkozy crie sa douleur de voir la France endormie depuis vingt à vingt-cinq ans et se donne comme objectif, au cours de son quinquennat, de rendre les Français fiers de leur pays [3]. Il y a une connexion entre le pouvoir politique et cette frange de la nouvelle intelligentsia, dont l’un des apôtres est d’ailleurs un historien, Marx Gallo. Est-ce un fait de hasard si ce brillant universitaire, auteur d’un ouvrage au titre explicite, Fier d’être français, a été justement désigné par Nicolas Sarkozy pour auréoler son investiture d’un discours sur la grandiose histoire de la France [4] ?

Pour ce qui est du rapport à l’Afrique dont le texte de Henri Guaino n’est que le triste reflet – car je refuse de voir en Guaino un marginal –, l’héritage culturel de cette nouvelle élite intellectuelle ne s’est pas bonifié depuis plus d’un siècle. Il est resté au stade de l’imagerie coloniale, reprise et confortée par une littérature négrophobe qui fait florès depuis quelque temps et se résume en gros à une démonstration de l’incapacité, presque congénitale, des Africains de se gérer et de soigner les maux qui minent leur continent, mais dont ils sont les propres responsables – par conséquent, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes [5].

La conjonction de ces deux courants de pensée explique cette tentative effrénée de vouloir trouver des côtés positifs à la colonisation [6].

En tout cas, sitôt prononcé, le discours de Nicolas Sarkozy a déchaîné passions et réactions indignées en chaîne chez nombre d’intellectuels africains qui l’ont considéré comme insultant et donc inacceptable [7].

Pour ma part, le choc du discours dominé, j’ai lancé sur Internet, le 11 septembre 2007, un appel à mes collègues historiens pour leur demander de s’engager à mes côtés dans une démarche de construction de connaissances dépouillée de toute considération émotive pour éclairer au mieux le président Nicolas Sarkozy et son entourage.

Cet ouvrage est le résultat de cette mobilisation : plus d’une vingtaine de contributions de spécialistes de notoriété internationale ou de plus jeunes chercheurs, africains et européens, qui abordent chacun avec rigueur et précision un pan de l’histoire riche, complexe et trop souvent méconnue du continent. La construction à la fois chronologique et thématique de l’ouvrage permet de réfuter point par point les poncifs hérités de l’ethnologie coloniale véhiculés par le discours de Dakar et de prodiguer plus largement une véritable leçon d’histoire pour en finir avec le regard statique porté sur l’Afrique.

Dans cette entreprise, il ne s’agira ni de croiser ni de confronter les regards des historiens français et africains, mais de poser le regard d’historiens de l’Afrique, ceux du Sud et ceux du Nord, sur l’histoire de l’Afrique, sans complaisance ni polémique.

De l’anhistoricité et de l’immobilisme du continent africain jusqu’aux drames actuels qui le secouent, nombreuses sont les questions soulevées par Nicolas Sarkozy, mais la rhétorique présidentielle est habilement bâtie au point que si l’on n’y prend garde, on peut se laisser piéger comme l’ont été maints défenseurs du président. Leurs arguments ? Ce discours est un tout, il n’est pas honnête d’en sortir quelques phrases choquantes ; de bonnes choses ont été également dites sur l’Afrique et jamais réquisitoire aussi sévère contre la colonisation n’a été tenu par un chef d’État français. Là n’est pas la question : ce qui est en cause, c’est l’inexactitude et le décalage temporel de certains propos. Un adage africain dit aussi qu’une seule graine d’arachide pourrie suffit à pourrir les autres graines.

L’anhistoricité et l’immobilisme du continent africain

SOMMAIRE

Parmi les points les plus choquants du discours de Dakar figure notamment le déni d’histoire auquel s’est livré le président français :

  • Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne, mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance.Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Le problème de l’Afrique, et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire. Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé…

Ne pas être entré dans l’histoire, pour les historiens, a un sens, car les critères d’historicité, tels que l’Occident les avait définis, reposaient sur au moins deux théories : d’abord les thèses, datant de la fin du XVIIIe siècle, du philosophe allemand Hegel développées dans son fameux ouvrage La Raison dans l’Histoire (1830), dans lequel il soutient que « ce que nous comprenons en somme sous le nom Afrique, c’est un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle » ; ou encore : « Celui qui veut connaître les manifestations les plus émouvantes de la nature humaine peut les trouver en Afrique [8]. » Ne pas être entré dans l’histoire signifie donc échapper à la raison, à la création et à la créativité, à l’invention, au progrès.

Le deuxième critère d’historicité est celui défendu par une certaine école historique, à prétention hautement scientifique que fut l’école méthodique, née en France entre 1880 et 1930, dans le prolongement de l’école positiviste allemande [9]. Les apôtres de cette école professaient que « toute pensée et tout acte qui n’a pas laissé de traces, directes ou indirectes ou dont les traces visibles ont disparu, est perdu pour l’histoire [10] ». Pour eux, ces traces sont les documents écrits. Les sources écrites se dressaient donc comme critère d’historicité. Or, comme l’Afrique manquait d’écriture, elle ne pouvait pas être logée dans le champ historique.

Cette conception a rejailli sur la perception de l’Afrique par les Occidentaux. Toute la littérature coloniale a baigné dans ce magma. En 1923, le Pr. A. P. Newton l’exposait de façon précise devant la Royal African Society à Londres dans une conférence sur l’Afrique et la recherche historique. Il déclarait que « l’Afrique n’avait pas d’histoire avant l’arrivée des Européens. L’histoire commence quand l’homme se met à écrire. Donc le passé de l’Afrique avant le début de l’impérialisme européen ne pouvait être reconstitué que d’après les témoignages des restes matériels, des langues et des coutumes primitives, toutes choses qui ne concernaient pas les historiens, mais les archéologues, les linguistes et les anthropologues [11]. »

Insidieusement, on a cherché à faire admettre au Noir l’incapacité congénitale de sa race. Ainsi naquirent les mythes et les stéréotypes raciaux qui légitimaient la prétention à la supériorité des Européens sur les Africains : si histoire il y avait par-ci par-là, cela n’avait été possible que grâce à des facteurs exogènes, notamment l’apport civilisateur des religions révélées, christianisme et islam.En France, le programme des écoles de l’Afrique occidentale française (AOF) établi par la réforme de 1924 ordonnée par Roume, le gouverneur général de l’AOF, donna une orientation précise à l’enseignement de l’histoire : l’élève africain ne devait pas ignorer que son « pays a été envahi par des peuples de race blanche venus du nord à travers le Sahara et l’influence exercée par ces peuples sur sa race et sa civilisation ». L’Europe ne faisait donc que continuer une transmission de la civilisation commencée avant eux par des peuples à peau claire.

Certains administrateurs coloniaux, historiens de circonstance, tel Maurice Delafosse (1870-1926), malgré l’énorme travail qu’ils effectuèrent pour reconstituer l’histoire des colonies afin de mieux les diriger, souvent d’ailleurs à partir de documents autres que les sources écrites, sont restés enfermés dans ce prisme [12].

L’obstination avec laquelle ces thèses éculées sur l’Afrique continuent d’être diffusées gêne et étonne à la fois les historiens ; ils ne peuvent pas les accepter, d’abord parce que, depuis fort longtemps, elles ont été corrigées. Notamment, les critères liés à l’écriture de l’histoire ont été battus en brèche, en France même avec l’école des Annales, créée à partir de 1930 par Marc Bloch et Lucien Febvre, précisément en réaction au réductionnisme de l’école méthodique.

Marc Bloch, dans son fameux Apologie pour l’Histoire, assimile la relation homme/historien à l’ogre de la légende : « Là où l’historien flaire la chair humaine, là est sa proie  [13]. » L’homme a rendu historique tout ce qu’il a touché et les documents écrits ne constituent pas la seule source d’histoire. Le stock dont dispose l’historien est inépuisable : en plus des sources écrites, il y a par exemple, l’archéologie, qui seule permet de résoudre les problèmes de datation, la géologie, la biologie, l’ethnologie, etc.

À cela, il faut ajouter l’apport incommensurable de la tradition orale, particulièrement riche en Afrique et reconnue aujourd’hui comme source d’histoire aussi valable que n’importe quelle autre. La fameuse sentence d’Amadou Hampâté Ba, « En Afrique, chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle », qui a retenti tel un tonnerre dans le ciel des africanistes, signifiait qu’en Afrique, le savoir était détenu par les anciens qui le transmettait de bouche à oreille, à condition qu’on leur prête une oreille attentive. Autrement dit, c’était par la voie orale, selon des méthodes mnémotechniques que se transmettait le savoir en Afrique [14].

Le premier agrégé d’histoire de l’espace francophone du continent africain, Joseph Ki-Zerbo affinera les techniques d’investigation historique basées sur la tradition orale. Avec d’autres, tel Jan Vansina qui l’a précédé [15], il a donné à la tradition orale ses lettres de noblesse [16]. En dépit de la rémanence de certaines critiques remettant en cause sa validité tant paraît établie sa relation avec le présent, aucune étude historique sur l’Afrique ne saurait se passer de l’apport de la tradition orale.

Le déni d’histoire de Nicolas Sarkozy est d’autant plus inacceptable quand on sait que l’Afrique est le continent premier. À preuve, les travaux du préhistorien français Yves Coppens, qui ont prouvé que c’est en Afrique que le premier homme a marché et s’est servi de ses mains, que les débuts de la technologie, l’émergence, l’origine, la racine de la culture et de la conscience sont africains [17].

On ne peut pas non plus accepter les propos du président français quand on sait que depuis plus d’un demi-siècle, l’historiographie de l’Afrique a rejoint celle du reste du monde. Même si la littérature sur l’histoire de l’Afrique n’a pas été vulgarisée, qui se donne la peine de la chercher peut la trouver. Depuis des administrateurs coloniaux de la première moitié du XXe siècle, qui, en dépit des apories de leur logique, ont effectué maints travaux de synthèse sur l’histoire de l’Afrique à nos jours, le chemin est bien fourni.

La création, en 1938, par Théodore Monod, de l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) [18] fut un formidable instrument de promotion de l’histoire africaine avec la publication d’une série de mémoires dans les années 1950 et 1960. De façon générale, la décennie 1960-1970 fut particulièrement féconde en termes de publication de grands travaux de synthèse, devenus très vite des classiques, de chercheurs français sur l’histoire de l’Afrique [19]. Ce sont eux, les premiers vrais spécialistes de l’histoire du continent. Ce sont eux qui ont formé la plupart des historiens africains de la deuxième génération.

En 1947 fut créée la Société africaine de culture (SAC) par le Sénégalais Alioune Diop. La SAC et sa revue Présence africaine œuvrèrent de leur côté pour la promotion de l’histoire et de la culture africaines, en même temps qu’une génération d’intellectuels, tel Joseph Ki-Zerbo, engageaient le combat pour la réhabilitation de l’histoire africaine, bafouée par une certaine littérature coloniale. C’est le lieu de citer Cheikh Anta Diop : ses travaux sur le caractère négroïde de la civilisation égyptienne, en montrant que la culture égyptienne était africaine, ouvraient la voie à l’indiscutable unité culturelle du continent [20]. L’historiographie africaine de ces années-là s’inscrivait certes dans le sillage de l’idéologie nationaliste de l’école méthodique. Histoire/combat, histoire civique que celle-là, mais qui n’en a pas moins été capitale pour la connaissance du passé de l’Afrique [21].

L’arrivée d’un Africain doublé d’un historien à l’Unesco, Amadou Mahtar M’Bow, en 1973, a donné une impulsion à l’historiographie de l’Afrique, avec le grandiose projet d’écriture d’une monumentale histoire générale de l’Afrique en huit tomes [22].

Mais partout dans le monde, indépendamment des grandes nations colonisatrices – France, Angleterre, Portugal, Espagne, Belgique, Hollande, Allemagne, Italie –, ont été érigés des centres ou des instituts d’histoire africaine. En Europe de l’Est, où sur la lancée de la fièvre nationaliste consécutive à la vague d’indépendances des pays africains, la sympathie manifestée par les pays du bloc soviétique se matérialisa par un intérêt majeur pour l’histoire africaine en Hongrie, en Union soviétique, en Pologne [23]. Aux États-Unis, nombre d’universités se distinguent de leur côté par l’engouement porté à l’histoire africaine, notamment à la diaspora et la traite atlantique. En France, les universités Paris 1-Panthéon-Sorbonne, Paris 7-Denis-Diderot, d’Aix-en-Provence et de Bordeaux, de même que l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), à partir des années 1970, maintiendront le flambeau des études africanistes. Enfin, en Afrique – last but not least – toutes les universités ont leurs branches spécialisées, à commencer par Dakar où fut tenu le discours de Nicolas Sarkozy, véritable pépinière d’historiens africains de grande renommée.

Aujourd’hui, parmi les grands noms d’historiens connus dans le monde, figurent des Africains qui dispensent leur enseignement aux quatre coins du monde, dans des universités cotées et qui font preuve d’une vitalité intellectuelle remarquable.

Institutions et associations scientifiques, comme le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), l’Association des historiens africains (AHA) ou le Centre d’études des langues et traditions orales (CELTO) de Niamey de dimension continentale, et les magazines et revues spécialisés sur l’histoire de l’Afrique, de dimension également continentale, comme Afrika Zamani ou Afrique Histoire, lancée dans les années 1970 par l’historien malien Sékéné Mody Cissoko, complètent ce tableau.

Les contributions réunies dans cet ouvrage témoignent de la multiplication des travaux et du développement de la recherche sur l’histoire du continent depuis que ces jalons ont été posés. Toutes sont autant de démentis à l’idée d’une Afrique anhistorique et immobile ; je ne peux pour ma part ici qu’évoquer succinctement certains traits de l’histoire du continent en rappelant par exemple qu’aux VIIe, VIe et Ve siècles avant notre ère, les principaux savants, philosophes et écrivains grecs sont allés chercher en Égypte le chandelier de la civilisation. Et c’est un ancien ministre français de la Coopération, Jacques Godfrain, qui nous le rappelle [24].

Je pourrais continuer en parlant des civilisations urbaines nées en Afrique bien avant notre ère, Axoum en Éthiopie, Djenné-Djeno sur le fleuve Niger au Mali, ou encore de la Nubie chrétienne, de Carthage en Tunisie, des Almoravides et des Almohades au Maroc. Ou encore du rayonnement des grands empires médiévaux du Soudan occidental : Ghana, Mali, Songhay. Le dynamisme économique de ces régions se répandait à travers le Sahara, zone tampon entre le bassin méditerranéen et l’Afrique noire. Des noms de grands souverains sont restés dans l’histoire : Kanku Moussa, l’empereur du Mali (1312-1337), qui, au cours d’un pèlerinage fastueux à La Mecque, a distribué une telle quantité d’or sur son passage qu’il en a fait baisser le cours sur le marché du Caire [25]. Ou Askia Mohamed, le souverain de Gao (1492-1528), sous le règne duquel les intellectuels de Tombouctou ont fait l’objet d’une attention particulière, ce qui a eu comme impact de favoriser le rayonnement intellectuel de la ville où venaient se ressourcer des savants de toutes les contrées islamiques (Égypte, Syrie, Arabie, etc.) [26]. En plus des sciences de l’esprit, l’intelligentsia musulmane de Tombouctou cultivait l’idéologie de la paix, matérialisée par le port du bâton à la place de l’arme blanche.

Je pourrais encore évoquer les royaumes kongo luba et lunda, du Grand Zimbabwe avec ses monuments gigantesques, le Monomotapa (Mutapa), le Kanem-Bornou au Nigeria, ou ces structures non centralisées à la remarquable vitalité comme certaines sociétés des zones inter-lacustres de l’Afrique de l’Est ou les régions de l’actuelle RDC [27]. La liste est longue ; un survol ne saurait rendre compte de l’histoire à la fois riche et complexe de l’Afrique.

Et enfin, pour terminer sur l’immobilisme des Africains, la lutte acharnée que mènent ces milliers de femmes pour assurer leur survie dans le secteur informel, les tentatives désespérées de ces milliers de jeunes bravant les océans, dans l’espoir de débarquer au « pays de Cocagne », au péril de leur vie, traduisent une volonté opiniâtre de prendre en main leur destin. On ne peut pas dire que de tels hommes n’aspirent pas à s’inventer un avenir.

Et que dire des performances des sportifs africains dans tous les domaines ou du génie et de la créativité des artistes africains reconnus partout dans le monde ? Aujourd’hui, pour se maintenir, c’est dans la musique noire de la diaspora africaine que la musique européenne se ressource.

Le mythe de la France bienfaitrice et de sa mission civilisatrice

SOMMAIRE

Le deuxième point le plus problématique du discours de Dakar concerne à l’évidence le tableau que présente le président français de la colonisation.

Rappel des faits : les historiens de la IIIe République française se sont surpassés dans la production de discours qui ont donné l’impulsion à la poussée impérialiste en créant le mythe de l’État-nation, l’idéologie d’une France grande et généreuse, modèle du monde. L’enjeu, pour l’instituteur de l’école de Jules Ferry, était de cultiver l’amour de la patrie, de former des « soldats de la République », faute de quoi, il aura perdu son temps.

Ce nationalisme se répandit jusque dans les colonies, où il fallait faire entrer dans les crânes la certitude que la France était le plus beau pays du monde, les Français un peuple intelligent, travailleur et courageux et les Africains, des gens inférieurs et sans ancêtres qu’il fallait ouvrir à la Civilisation. Il était même enseigné aux enfants africains que leurs ancêtres étaient les Gaulois, « des barbares civilisés aux yeux bleus ». On peut citer le manuel d’histoire d’Ernest Lavisse, le chef de file de l’École méthodique : « la France veut que les petits Arabes soient aussi bien instruits que les petits Français. Cela prouve que la France est bonne et généreuse pour les peuples qu’elle a soumis [28]. »

Il n’y a pas qu’Ernest Lavisse ; d’autres, comme C.-R. Jouve, directeur de la section spéciale de l’école normale de la Bouzaréah en Algérie, soutenaient par exemple, dans un manuel d’histoire destiné aux indigènes [29] :

« La France est le plus beau pays du monde » (1re leçon).

« Les Romains attaquèrent les Gaulois qui se battaient bien, mais les Romains étant les plus civilisés furent les plus forts et ils prirent la Gaule… Les Gaulois, les Romains et les Francs étaient intelligents, travailleurs et courageux. C’est pour cela que les Français sont aussi intelligents, travailleurs et courageux » (2e leçon).

La dernière affirmation, reprise et encadrée comme « pensée à méditer », martelait : « Si les Kabyles et les Arabes écoutent les Français, ils seront heureux, ils seront meilleurs et ils seront regardés comme les enfants de la grande nation française » (40e leçon) [30].

Après avoir longtemps hésité à introduire les cours d’histoire dans les écoles africaines, de peur, par exemple, que l’enseignement de la révolution française et de la prise de la Bastille ne donne l’idée aux « indigènes » de s’emparer de vive force du poste (français), une nette tendance s’était dégagée au sein de l’administration coloniale, en faveur de l’enseignement de la discipline avec la réforme de 1924. Ainsi, pour Georges Hardy, inspecteur de l’enseignement de l’AOF, négliger l’enseignement de l’histoire ou la taire était dangereux parce que, écrivait-il en 1917, concernant l’enseignement de l’histoire dans les colonies de l’AOF :

  • Les Africains ont une histoire et des historiens (marabouts et griots) dont l’autorité est acquise et qui sont dépositaires d’un savoir sacré hérité des aïeux, sont très écoutés et leurs récits surnaturels plaisent davantage qu’une plate succession d’événements humains. Ce serait donc manquer singulièrement de psychologie et d’éducation historique que méconnaître la force de cette histoire populaire, histoire tendancieuse et trop souvent antifrançaise. Le seul moyen de ruiner ces calembredaines perfides, c’est de les confronter méthodiquement avec l’histoire vraie, moins séduisante sans doute mais qui, trouvant dans sa solidité et son harmonie une force de persuasion, finit par l’emporter. Nous sommes venus dans un pays pauvre, ravagé par des tyrans, dépeuplé par des négriers ; nous avons imposé la paix à tous, nous avons fait cesser les razzias et la traite des esclaves, nous avons étendu les cultures et bâti les hôpitaux. Quel conte de griot serait assez ingénieux pour détruire ces affirmations simples ? Et ne voit-on pas ce que gagne la puissance française à se prouver et se justifier ainsi ? Je comprendrais les scrupules de nos simplificateurs de programmes, si notre histoire n’était pas ce qu’elle est, si c’était une histoire de traîtrise et de rapines, si c’était l’histoire d’un nid de vautour ou simplement de mange-mil. Mais elle est grande, notre histoire, elle est, en comparaison des autres, pure, généreuse, et noble. Notre histoire coloniale, en particulier, est un conte merveilleux, qui fait pâlir les plus belles pages de l’histoire ancienne. N’en ayons pas honte, ayons confiance en sa force et sa beauté ; ceux qui ne veulent pas qu’on l’enseigne aux indigènes de nos colonies feraient croire qu’ils la connaissent mal [31].

Les propos de Nicolas Sarkozy ne sont-ils pas de la même veine, lorsqu’il égrène les « réalisations » coloniales ? « [Le colonisateur] a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges. Il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs. »

Nous voilà catapultés, par Nicolas Sarkozy, quatre-vingt-onze ans en arrière pour rebondir sur le présent où les choses se précisent davantage avec la question de la non-responsabilité de la colonisation, donc des puissances coloniales, c’est-à-dire notamment de la France, dans les « difficultés actuelles » de l’Afrique.

Sur ce registre, il ne donne pas dans la subtilité : « La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution. »

Même quand Nicolas Sarkozy reconnaît les horreurs de la colonisation, il éprouve le besoin de les relativiser en s’aventurant sur le terrain des bienfaits de la colonisation.

Là aussi, la réponse à fournir réside dans les faits : la colonisation européenne, qui a duré plus d’un siècle, fut un système fondé sur une logique exclusive d’assujettissement ; elle a déstructuré les sociétés, les économies et les cultures africaines ; elle la freiné la marche interne de l’Afrique, en instaurant un autre ordre, l’ordre colonial, en dressant les chefs les uns contre les autres, en établissant le régime de l’indigénat.

Le pouvoir colonial a, pour mieux administrer, dépecé le corps physique, psychologique de l’Afrique, séparé des entités ethniques et culturelles séculaires, et servi de terreau aux guerres fratricides ultérieures [32].

Or, dès lors qu’il s’agit d’exploitation de ressources humaines et naturelles, dès lors qu’il s’agit d’assujettissement, qui plus est par la force de la baïonnette et du canon, à grands renforts de méthodes intimidantes, on ne peut pas s’autoriser à parler de bienfaits, de limitation des dégâts, et encore moins à se dégager de toute responsabilité. Parce que c’est la dignité qui est en cause. La dignité, la plus cardinale des valeurs dont la recherche, pour maints penseurs, est le moteur de l’histoire ; c’est en son nom, sous tous les cieux et de tous les temps, que des peuples entiers se sont révoltés et continuent de se révolter. N’étant pas monnayable, on ne saurait faire d’elle bon marché.

Et puis, disons-le clairement : sans compter qu’elles étaient des œuvres de mort – elles furent bâties sur des milliers de vies –, les infrastructures réalisées par le colonisateur auxquelles Nicolas Sarkozy fait allusion étaient destinées à servir les besoins d’expansion économique de la France. Étudions les tracés des routes et des chemins de fer, de l’hinterland vers la côte maritime : ils servaient à écouler vers la métropole les matières premières des colonies, café, cacao, huile de palme, gomme, coton, minerai, en vue de les transformer.

L’orientation systématique de l’économie vers la monoculture aux fins de ravitailler les usines de la métropole contribua à enrichir cette seule métropole et à appauvrir les Africains. En effet, l’Afrique n’a eu qu’à jouer le rôle subalterne de pourvoyeur au marché international de produits de base assujettis aux aléas des cours mondiaux fixés par les bourses occidentales. De plus, la subordination de l’économie africaine à l’économie européenne a eu comme conséquence de détourner les Africains des cultures vivrières ; elle signa, de ce fait, l’un des actes fondateurs de la pénurie en produits céréaliers qui secoue l’Afrique en ce moment [33].

Telle est la réalité de l’Afrique, qui, aujourd’hui, traîne comme un boulet les structures coloniales, et est encore soumise aux lois drastiques du marché international.

En outre, si bienfaits il y a également eu, n’appartient-il pas d’abord aux Africains de le reconnaître ? Un proverbe malien dit : « On est mieux louangé dans la bouche de quelqu’un d’autre que dans sa propre bouche. »

Et de bienfaits, parlons-en justement. L’Afrique ne peut-elle se targuer aussi d’avoir apporté à la France, singulièrement quand elle était sous sa domination ? Nicolas Sarkozy parle, dans son discours, du sang des Africains versé pendant les guerres mondiales. Le prix du sang n’a pas d’égal, mais l’Afrique a été d’un autre apport pendant ces guerres. C’est à Brazzaville, qui a été pendant trois ans la capitale de la France libre (1940-1943), que le général de Gaulle a lancé un autre cri d’assaut contre Hitler et le régime de Vichy. Il faut ajouter que l’Afrique a fourni aux dissidents leur trésor de guerre : impôts de capitation, emprunts, souscriptions, en plus des matières premières, caoutchouc, coton, etc. La ville de Kayes, au Mali, a abrité le trésor en or de la France durant l’occupation allemande.

Laissons la parole au héros de la France libre, qui reconnaît et salue à sa valeur réelle l’apport incommensurable des colonies dans l’effort de guerre pendant la grande guerre de 1939-1945. C’était dans un vibrant discours plaidoyer prononcé à Bamako le 8 mars 1953, au cours d’une tournée sous-régionale qui l’avait conduit à Dakar où il avait été invité par le Grand Conseil de l’AOF pour présider l’inauguration d’un monument élevé à la mémoire de Félix Éboué [34]. Saluant Félix Éboué, le gouverneur de la colonie du Tchad, voilà ce que, entre autres déclarations, le général de Gaulle livre – et nous sommes bien sous domination coloniale :

  • Dans la tempête que l’ambition nazie déchaînait sur le monde, il serait, pour sûr, un résistant. Le 3 juillet 1940, il m’avait écrit. Nous nous mîmes d’accord. Au jour fixé il le proclama et, du coup, prit place au premier rang de ceux dont l’action nous vaudrait la victoire. En même temps, le fait accompli par lui à Fort-Lamy, avec l’aide de Colonna d’Ornano, de Marchand, de Laurentie, et que Pleven allait aussitôt sanctionner sur place en mon nom, marquait le début d’une série d’événements qui auraient, à leur tour, les prolongements les plus étendus. Dans l’immédiat et comme cela avait été prévu et préparé, l’initiative prise au Tchad était, le lendemain, utilisée au Cameroun que ralliaient Leclerc et Boislambert, le surlendemain à Brazzaville où Larminat, aidé par Delange et Sicé, prenait les fonctions de haut-commissaire, en Oubangui où Saint-Mart se déclarait aussitôt. Ainsi une base était fournie à la France libre pour participer aux opérations d’Érythrée, d’Abyssinie, de Libye et mener celles du Fezzan. Ainsi la souveraineté belligérante de la France pouvait s’exercer en terre française, en attendant que le Gabon, Madagascar, Djibouti, La Réunion, l’Algérie, le Maroc, l’Afrique occidentale, la Tunisie fussent tour a tour incorporés dans l’entreprise de la victoire à laquelle tous nos territoires, y compris ceux d’Amérique, d’Asie, d’Océanie, apportèrent tant d’efforts et tant de sacrifices [35].

Ce témoignage montre bien que c’est grâce à ses colonies que la France a rejoint le peloton des nations victorieuses, qu’elle a sauvé son honneur.

En réactivant le mythe de la mission civilisatrice de la France et celui des « bienfaits » de la colonisation, Nicolas Sarkozy adopte une posture manichéenne qui situe le bien en Occident et le mal en Afrique, la civilisation en Occident, la barbarie et les guerres sanglantes en Afrique. Faut-il comprendre que les tyrans sanguinaires, les esclavagistes, les dirigeants corrompus ou les collaborateurs de causes avilissantes et ignominieuses seraient une singularité africaine ? Nul besoin de s’enfoncer dans la vastitude du temps pour se convaincre du contraire. Il y a à peine soixante ans, l’Europe n’était-elle pas un champ de ruines, ravagé par le régime nazi auquel un certain Pétain donna son appui en imposant un régime d’exception en France ? Dachau, Birkenau, Auschwitz, plus près de nous Sarajevo n’appartiennent-ils pas à l’histoire de l’Europe ?

Défis et leçons d’Histoire

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En soulevant des polémiques orageuses autour d’événements complexes appartenant à l’histoire partagée des peuples pour se donner la part belle, Nicolas Sarkozy prend des risques là où l’humilité est de mise. S’il y a des valeurs à réveiller aujourd’hui, ce sont certainement la solidarité, le partenariat, l’écoute, le partage, dans le respect de l’autre. Plutôt que de brandir le choc des civilisations, c’est leur dialogue qu’il faudrait promouvoir.

« Remuer les paroles anciennes est mauvaise chose », dit une parole de sagesse africaine ; cela peut engendrer des conséquences fâcheuses dont la « cristallisation du ressentiment » qui, à son tour, peut déboucher sur des déflagrations sociales. L’historien français Marc Ferro a bien décrit ce phénomène [36] sous un ciel pourtant non africain.

C’est là que se situe certainement la fonction sociale du métier d’historien. Cet observateur du temps doit éviter à la fois l’amnésie et le trop-plein de mémoire, dans la mesure où ces pathologies menacent la cohésion sociale. Comment ? Dans ce dialogue de cultures, l’Afrique profonde a sa réponse.

En Afrique, de façon générale, l’incubation temporelle est une posture culturelle ; le traditionniste, qui se confond avec l’historien et le sage, stocke l’information historique. « Toute parole a un moment pour être dite ; toute parole n’est même pas faite pour être dite », disent les gardiens du verbe en Afrique ; c’est pourquoi la manipulation de la parole n’est pas laissée à tout le monde. Qu’est-ce à dire ? Que dans la restitution des faits révolus, le dépositaire du savoir – l’historien – doit prendre en compte les débats et les conflits qui agitent la société. L’intelligence du moment idoine pour fournir une information est donc une responsabilité dont il est investi [37].

Par sa capacité de garrotter les falsifications de l’histoire et les interprétations arrangeantes, la communauté des historiens, à son tour, peut servir à prévenir les conflits, à « désamorcer les griefs », à faire « preuve de vertus thérapeutiques », pour reprendre les mots de Marc Ferro.

Mais là ne se situe pas seulement le rôle de l’historien ; il doit aussi se battre pour que ne marchent pas sur ses platebandes ceux qui – singulièrement les hommes politiques – entendent instrumentaliser l’histoire au mépris des méthodes et des outils de la recherche historique.

Le discours de Nicolas Sarkozy aura en tout cas donné l’occasion aux historiens de mesurer l’ampleur des stéréotypes entêtés sur l’histoire de l’Afrique. Il les aura également alertés sur l’exigence de vigilance qui devrait faire partie de leur métier. Nombreuses ont été les réactions à mon appel – plus de quatre cents ; elles émanent à la fois d’historiens et de citoyens de tous bords. Les textes proposés ont été évalués par un comité scientifique, mais compte tenu du nombre élevé de contributions qui nous ont été adressées (plus de 45) et de l’impossibilité matérielle de les faire figurer toutes dans cet ouvrage, nous avons décidé, avec l’éditeur, de nous en tenir à la lettre de mon appel, adressée aux historiens. La priorité a donc été donnée à ceux-ci. Nonobstant, la majeure partie des autres contributions, essentiellement en sciences humaines, sont domiciliées sur le site Internet de l’association Mémoire Afrique (<http://memoireafrique.com/>) où elles pourront être consultées.

Le souci d’équilibre entre historiens du Nord et du Sud et entre différentes régions géographiques de l’Afrique, en y incluant la diaspora, a guidé le choix des membres du comité scientifique, composé de chercheurs venants d’Afrique, de Martinique, de France, d’Italie et d’Allemagne [38]. Bien sûr, je n’ai pas la prétention d’avoir réuni l’ensemble des experts africains et africanistes autour de ce projet. Tant s’en faut. Nonobstant, il y a là un échantillon assez représentatif.

Chacun des auteurs a été libre du choix de son sujet, dans la mesure de sa compétence académique, tout comme il a été libre de son contenu dès lors qu’il se situait sur un plan purement scientifique. Le souci d’objectivité interdisait simultanément la langue de bois, à telle enseigne qu’on découvrira dans ce corpus des thèses qui parfois s’opposent, ce qui témoigne en l’occurrence de la vigueur du débat entre intellectuels et souligne d’autant mieux l’inanité des leçons que prétend leur asséner le président Sarkozy sur ce terrain.

Les contributions retenues ont été regroupées en quatre parties qui abordent chacune un versant particulier du discours de Dakar. La première – « Qui a dit que l’Afrique n’avait pas d’histoire ? » – s’attache directement à réfuter l’idée absurde de l’anhistoricité et de l’immobilité du continent. La seconde – « Un discours d’un autre âge ? » – s’efforce de comprendre l’origine des stéréotypes et les raisons de la pérennité des préjugés concernant l’Afrique en France. La troisième – « Qui est responsable des “difficultés actuelles” de l’Afrique ? » – déconstruit l’entreprise de restauration du mythe de la mission civilisatrice de la France et de son action bienfaitrice et souligne les séquelles de l’esclavage puis de la conquête coloniale. Enfin, la dernière partie – « Qui a parlé de Renaissance africaine ? » – interroge l’avenir que Nicolas Sarkozy est « venu proposer » à l’Afrique et lui oppose les pistes que les Africains s’efforcent de développer pour leur propre compte.

Nous espérons également que cet ouvrage collectif provoquera, par-delà son objectif fondamental, un déclic pour remettre en perspective les défis qui se posent à l’Afrique, et inventer les outils méthodologiques devant accompagner cette ambition. Ces défis, l’Afrique les vit : la lutte contre la faim et la pauvreté ; l’accès à un environnement plus sain, à l’eau potable, aux soins ; la formation et l’éducation ; l’éradication des maladies endémiques ; l’accès pour les femmes et les paysans à la terre, aux semences et aux fertilisants, au crédit bancaire ; la lutte contre la fracture numérique, qui se creuse.

Là ne sont pas les seuls défis. Un autre chantier attend d’être ouvert par les historiens de l’Afrique : l’histoire des peuples. Elle reste encore à écrire, loin des cours royales et des palais présidentiels, à l’abri de toute tentative de manipulation.

Adame Ba Konaré

Adame Ba Konaré, ancienne première dame du Mali, est historienne, militante du Mouvement démocratique malien, présidente-fondatrice du Musée de la Femme Muso Kunda de Bamako et de la fondation humanitaire Partage. Elle a publié une dizaine d’ouvrages consacrés à son pays, parmi lesquels Quand l’ail se frotte à l’encens, (Présence Africaine, 2006), L’Os de la parole. Cosmologie du pouvoir (Présence Africaine, 2000) et le Dictionnaire des femmes célèbre du Mali (Éditions Jamana, 1993).

L’enseignement du fait colonial dans une perspective d’histoire mondiale
par Tayeb CHENNTOUF

SOMMAIRE

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La colonisation fait partie, sans doute possible, des événements dont le poids et la mesure sont lourds dans l’histoire. Si elle semble avoir aujourd’hui disparu, à l’exception de quelques confettis, elle pèse fortement sur les pays devenus indépendants et dans les relations internationales. Le passé colonial suscite toujours des débats politiques tant dans les anciennes colonies et métropoles qu’entre les premières et les secondes. La loi française du 23 février 2005 sur le « rôle positif de la colonisation » en est la parfaite illustration.

Dans le domaine de la recherche, la colonisation a fait l’objet d’une abondante littérature dans le passé. Après une brève éclipse, elle connaît un renouveau avec la multiplication des thèses, colloques, ouvrages et articles de revue qui lui sont consacrés. De nouvelles questions sont posées, de nouveaux objets définis et de nouvelles approches expérimentées.

Ce renouvellement ne trouve pas toujours et partout sa traduction concrète dans l’enseignement du fait colonial. Comment enseigner la colonisation dans nos pays ? Quels programmes et quels manuels concevoir, et quelle formation des professeurs assurer ?

L’évaluation des programmes et des manuels maghrébins et français montre, à l’évidence, que la colonisation est enseignée dans des perspectives strictement nationales. Une perspective d’histoire mondiale rendrait mieux compte de la complexité du phénomène. Les retombées didactiques concerneraient, à la fois, la chronologie, les concepts et le vocabulaire, les contenus et les documents utilisables en classe. Il deviendrait alors possible de préparer des séquences d’enseignement.

L’enseignement de la colonisation : des perspectives nationales

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L’enseignement de l’histoire est dominé, depuis son institutionnalisation à la fin du XIXe siècle, par une finalité quasi unique : construire la nation et renforcer la conscience nationale. À plus d’un siècle de distance, les instructions officielles et les programmes maghrébins réaffirment cette finalité assignée à la discipline et symbolisée par le rôle d’Ernest Lavisse.

En France, à l’exaltation de la colonisation et de l’empire succède l’occultation de la décolonisation et de la guerre d’Algérie. Les programmes et les manuels ont fait l’objet de nombreuses études critiques en France même. Les réalités didactiques sont moins bien connues.

La lecture des manuels fait ressortir de nombreuses lacunes. L’enseignement de la colonisation se réduit à une vulgate minimale. L’absence de bilan de la colonisation se retrouve dans tous les manuels. À travers des informations ponctuelles et souvent indirectes, le bilan de la colonisation française apparaît comme positif pour la colonie et, dans une moindre mesure, pour la puissance coloniale [39]. Les enseignants considèrent que les manuels abordent la colonisation de manière trop discontinue puisqu’elle ne figure au programme qu’en classe de 4e et de 1re. Ils critiquent aussi l’impasse faite sur les méthodes des conquêtes coloniales (guerre et violence de toutes sortes) et sur le système colonial lui-même (inégalité et autoritarisme administratif et politique) [40].

En 2001, Maurice T. Maschino a fait une enquête auprès des enseignants sur le déroulement des cours consacrés à la colonisation [41] : « On n’insiste pas trop, reconnaît un instituteur, sur les mauvais côtés de la colonisation. » En classe de 4e des collèges, « rien n’est dit aux élèves qui abordent le partage du monde des méthodes (exactions et pillages) utilisées. Le système colonial et les résistances qu’il suscite sont évacués ». Il y a un grand vide, admet une enseignante, « entre la mise en place du système impérialiste et sa contestation ».

La décolonisation est intégrée dans les programmes de classe terminale entrés en application en 1962. Elle est introduite dans les collèges en 1971 et, dans les années 1980, elle est abordée en 4e, 3e, 2de et terminale. Dans cette dernière classe, la décolonisation de l’Algérie est répartie dans trois chapitres : la décolonisation et les relations internationales, la IVe et la Ve République. L’approche privilégie l’histoire intérieure française, la décolonisation n’étant plus qu’un appendice de celle-ci.

La guerre d’Algérie [42] peut théoriquement être étudiée dans les lycées dès les années 1960 avant même qu’elle ne soit terminée. Elle s’inscrit dans la partie du programme consacrée à la naissance du monde contemporain (de 1914 à nos jours) et dans celle qui concerne les relations internationales à partir de 1962. Actuellement, tous les élèves de l’enseignement secondaire rencontrent la guerre d’Algérie en classe de 3e et en terminale dans le cadre des chapitres sur la France depuis 1945 et la décolonisation. L’expression « guerre d’Algérie » apparaît dans les manuels en 1971 seulement et il faut attendre les manuels de 1983 pour la voir traitée de manière systématique en même temps que les autres guerres coloniales.

Aujourd’hui encore, elle fait l’objet de vifs débats franco-français, algéro-algériens et franco-algériens. Sa réception par les élèves peut être appréciée grâce à une enquête auprès des jeunes Français âgés de 17 à 30 ans. Elle a été réalisée par l’université de Paris 8 puis publiée et commentée par Le Monde sous le titre : « Guerre d’Algérie : la mémoire apaisée [43] ». 69 % des jeunes interrogés affirment avoir entendu parler de la guerre d’Algérie d’abord par la télévision puis par leurs professeurs. Ils sont 80,5 % à considérer que ce sujet est insuffisamment traité à l’école [44].

Dans les pays du Maghreb, dès les indépendances politiques, les finalités de l’enseignement de l’histoire s’inscrivent également dans des perspectives nationales. Il s’agit de construire des identités et de renforcer la cohésion sociale. Les réformes en cours ne modifient pas de manière qualitative ces orientations [45]. Paradoxalement, elles sont davantage centrées sur les identités nationales. Les nouveaux programmes et manuels mettent l’accent sur les résistances à l’occupation coloniale et les luttes pour l’indépendance. Comparativement aux deux pays voisins, la guerre d’indépendance occupe en Algérie une place stratégique.

Deux manuels conformes aux nouveaux programmes sont édités au Maroc en 2003 pour les classes de 8e et 9e année de l’école fondamentale [46]. Le premier est divisé en deux parties. La première, relative à l’Europe du XVIIe au XIXe siècle, traite des changements économiques (la révolution industrielle) puis les deux Révolutions, américaine et française, enfin de l’impérialisme européen au XIXe siècle. La seconde, soit au total seize cours, traite le monde musulman face aux offensives européennes du XVIIe au XIXe siècle : l’Empire ottoman (deux cours), l’Algérie, la Tunisie et la Libye (un cours chacun), l’Afrique avant et après la conquête coloniale (deux cours). Le reste, soit neuf cours, est consacré à l’histoire du Maroc, des débuts de la dynastie alaouite au protectorat français en passant par les interventions et la pénétration européenne au XIXe siècle.

Le manuel de 9e année est lui aussi divisé en deux parties. La première porte sur les événements mondiaux : Première Guerre mondiale, Révolution russe, crise économique mondiale et Seconde Guerre mondiale. La seconde est entièrement consacrée aux mouvements de libération dans le monde : au Moyen-Orient (trois cours), au Maghreb (neuf cours dont six sur le Maroc), en Afrique (un cours) et en Asie (un cours). Le manuel se termine par deux questions relatives aux mutations mondiales après 1945 : les changements internationaux et le développement scientifique et technologique et ses conséquences.

En Tunisie, les réformes ont touché essentiellement la période contemporaine. Elles modifient de manière sensible l’approche du nationalisme tunisien, de ses acteurs et de la place de Habib Bourguiba. Elles introduisent également une rupture dans la présentation des réactions locales face au protectorat français. Les résistances étaient absentes dans les manuels de la génération précédente alors que les nouveaux insistent sur les réactions face à la conquête coloniale. Elles sont incorporées pour la première fois dans les programmes. Le manuel de 6e année de l’école élémentaire analyse le rôle de résistants comme Hassan ben Abd al-Aziz et Ali al-Sid. Le manuel de 7e année précise que « les colonisateurs français ont imaginé que leur occupation du pays serait une simple promenade de courte durée. Or, les habitants leur ont fait face avec toute leur force mais avec des moyens limités. Les colonisateurs n’ont réussi à dominer totalement la Tunisie qu’après de longues années [47] ».

La structure qualitative des programmes et des manuels n’est guère différente en Algérie, sauf que la guerre d’indépendance (1954-1962) y tient une place plus déterminante.

À l’école élémentaire, l’enseignement de la discipline est entièrement consacré aux résistances à la colonisation et à la guerre d’indépendance. Les programmes détaillent les objectifs retenus. En 5e et 6e années, il s’agit de donner une première culture à l’élève pour exploiter les archives, classer les événements, les analyser et en tirer les conclusions logiques. Il s’agit ensuite de former l’élève au respect de l’histoire et de l’inciter à la recherche en histoire de l’Algérie grâce à la présentation de documents glorifiant le peuple algérien et sa lutte contre la colonisation. Il s’agit, enfin, de former des générations qui défendent les ancêtres et qui croient aux objectifs de la Révolution algérienne pour construire une société nouvelle.

Les objectifs spécifiques à chaque année sont encore plus parlants. Pour la 5e année, les élèves doivent avoir une bonne connaissance du Front de libération nationale (FLN) et de l’Armée de libération nationale (ALN) ainsi que de leurs bases populaires, se faire une image claire et honorable de la Révolution algérienne avec la mise en évidence de la lutte du peuple algérien, respecter les « chouhadas » (martyrs de la guerre d’indépendance) et les prendre comme modèle, enfin de renforcer le sentiment national et les résultats acquis grâce à la lutte du peuple algérien. En 6e année, les élèves doivent connaître les conditions du peuple algérien et la place de l’Algérie dans le monde, la politique coloniale et les pratiques oppressives de la colonisation, avoir une image claire et positive de la lutte du peuple algérien et connaître les héros de la Révolution algérienne.

Les manuels cherchent à traduire ces objectifs sur le plan pédagogique. L’élève algérien entre en contact avec l’histoire dès la 5e année de l’école fondamentale. Après trois chapitres introductifs consacrés aux notions de temps, de document et d’événement historique, la totalité du manuel est consacrée à la guerre d’indépendance. En 6e année, la colonisation et les résistances sont abordées toute l’année. Le nouveau manuel (2004) présente la situation de l’Algérie avant la colonisation, les causes et les méthodes de la conquête coloniale, les résistances à l’occupation (bataille de Constantine, soulèvement de l’émir Abd al-Kader), les méthodes du colonialisme (peuplement, exploitation des richesses et atteintes à la personnalité), les luttes contre le colonialisme français (insurrections jusqu’en 1881 et luttes politiques jusqu’au début de la Révolution de novembre 1954). Les programmes et les manuels des niveaux moyen et secondaire consacrent également une large place à la colonisation et à la guerre d’indépendance sous des intitulés quasi identiques à ceux des 5e et 6e années. La lutte armée, qui occupe une place relativement modeste dans les programmes et manuels tunisien et marocain est au fondement de l’identité nationale en Algérie [48].

La colonisation dan une perspective d’histoire mondiale

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La crise des États postcoloniaux dans la décade 1980-1990, la mondialisation et les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis relancent, dans un nouveau contexte, les débats sur la colonisation et, plus largement, sur les rapports entre l’Occident et l’Orient. La loi française du 23 février 2005 provoque d’ardentes polémiques en France et en Algérie. Le bilan colonial est, de nouveau, au centre des débats. Des hommes politiques, des médias et des historiens tentent de réévaluer le rôle de la colonisation. Ils passent sous silence ses conséquences durables et profondes sur les rapports des colonisés à la modernité.

Jusqu’en 2005, ces controverses ne touchent pas le grand public. Dans le domaine de la recherche, Jacques Marseille arrive à la conclusion que pour certains financiers, chefs d’entreprises et hauts fonctionnaires, les nécessités de la modernisation de l’économie française étaient incompatibles avec les charges qu’imposait l’entretien de l’empire colonial et qu’il fallait faire revenir dans la métropole les ressources disponibles [49]. Daniel Lefeuvre développe un point de vue assez proche pour le cas limité de l’Algérie [50].

L’adoption par le parlement français d’une loi le 23 février 2005 semble trancher dans les débats et considérer que la colonisation a été positive. Elle provoque aussitôt des réactions en France et, avec un décalage, en Algérie. La loi, dite Fillon, stipule que « la Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française » (art. 1), et recommande « que les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la France outre-mer […] la place qu’elle mérite » et que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer » (art. 4) [51].

La loi ne déclenche pas de débat politique particulier mais la réaction des historiens français qui interviennent surtout dans les médias et à travers le réseau Internet où de nombreux sites sont créés. Une association est formée pour rappeler les méthodes et les résultats de la colonisation. Elle réaffirme le principe de la liberté dans la recherche et dans l’enseignement de l’histoire [52].

En Algérie, la presse considère, dans un premier temps, que les problèmes soulevés, par la loi sont d’abord et avant tout franco-français. Elle adopte un ton neutre pour relater les débats puis rendre compte des réactions officielles algériennes. À l’occasion du 60e anniversaire du 8-mai 1945, le président de la République compare les fours à chaux dans lesquels ont été brûlés plusieurs Algériens, prés de Guelma, aux fours nazis. Un mois plus tard, le 7 juin, c’est au tour du Front de libération nationale de condamner la loi « avec la plus grande fermeté », parce qu’elle justifie « la barbarie coloniale en gommant les actes les plus odieux ». Les parlementaires réagissent à leur tour dans un projet de résolution appelant le Parlement français à abroger la loi. Abdelaziz Bouteflika intervient de nouveau, à partir de Tlemcen, pour critiquer « le négationnisme et le révisionnisme », demander que la colonisation soit reconnue comme « un crime contre l’humanité » et dénoncer une entreprise de « dé-civilisation » des colonisés [53].

Au-delà des méthodes et du bilan colonial, le débat porte bien sur le sens de la colonisation. Que représente-t-elle dans l’histoire des pays colonisés et dans leurs rapports avec l’Europe ? À l’échelle de l’histoire mondiale, elle s’inscrit dans les trois temps forts de la mondialisation. Nolens, volens, elle représente la voie qu’emprunte, sous la contrainte et la domination, la modernité historique dans les pays placés sous la domination coloniale.

Le premier temps fort se situe au début du XVIe siècle ; il fait suite aux « voyages de découverte » et à l’expansion maritime européenne. Pour la première fois, la navigation et l’échange commercial mettent en connexion l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique sous l’égide de l’Europe. Elle est symbolisée par le commerce triangulaire atlantique dans lequel la traite négrière occupe une place importante.

Le deuxième temps fort démarre dans les années 1870-1914. Suzanne Berger considère que cette période est celle de notre première mondialisation [54]. Dans la littérature marxiste, le partage du monde entre les puissances européennes relève de l’impérialisme. Cette seconde mondialisation est symbolisée par le Congrès de Berlin de 1885. Elle élargit considérablement le domaine colonial, les connexions et les échanges régionaux et mondiaux. Elle se prolonge après la Première Guerre mondiale avec les mandats octroyés par la Société des nations (SDN) à la France et à l’Angleterre surtout au Proche-Orient.

« La situation coloniale », définie très tôt par Georges Balandier et Immanuel Wallerstein, inclut les colonisateurs et les colonisés, les contacts et les échanges entre eux, mais aussi les tensions et les conflits qui donneront naissance aux nationalismes. Les notions d’acculturation et de changement social [55] ont pour ambition, dans les années 1950-1960, d’expliquer ces transformations.

En fait, l’histoire des colonisés devient l’histoire des colonisateurs, et l’histoire des colonisateurs l’histoire des colonisés. L’histoire du Maghreb devient celle de la France et l’histoire de la France celle du Maghreb. La colonisation fait partie intégrante de l’histoire de France. La construction de l’État, de la République, de la nation est inséparable de la colonisation. Plus largement, celle-ci est partie prenante active de la modernité occidentale. L’histoire de l’Europe ne peut-être pensée en dehors et sans la colonisation sauf à être, une fois de plus, ethnocentriste.

Dans les colonies, l’historien marocain Abdallah Laroui a bien relevé, pour son pays, que le protectorat français et le général Lyautey réalisent avec succès les réformes que les sultans tentaient d’appliquer, en vain, à la fin du XIXe siècle et au début du siècle suivant [56]. Karl Marx, traitant de la colonisation britannique de l’Inde, souligne son caractère ambivalent. Son approche a été critiquée ou, au mieux, passée sous silence par la suite. Elle présente la colonisation comme un formidable agent de changement et de transformation de l’Inde.

Le revers de la colonisation est, néanmoins, la traditionalisation des sociétés colonisées et la perversion de leurs rapports à la modernité. La colonisation s’est volontiers présentée comme une avancée de « la civilisation contre la barbarie ». Elle est loin d’avoir réalisé ce programme. Les limites de la colonisation sont géographiques, sociales, culturelles et politiques. La colonisation définit très tôt un domaine géographique utile qu’elle sépare du reste du territoire. Il intègre les zones maritimes, les plaines agricoles et les régions riches en matières premières. Au Maghreb, par exemple, le Sahara n’acquiert de l’intérêt qu’à partir des années 1955-1956 avec l’exploitation des hydrocarbures. Les limites des transformations économiques et sociales ressortent bien des études consacrées au sous-développement dans les années 1950-1960. L’enquête réalisée par Pierre Bourdieu sur l’Algérie à la fin de la période coloniale [57] donne une idée précise des conditions de vie et des difficultés à formuler des projets pour l’avenir.

La traditionalisation est aussi forte dans le domaine politique. La colonisation britannique s’appuie sur un petit corps de soldats, un groupe limité d’administrateurs et la chefferie traditionnelle qui est intégrée dans la gestion administrative des territoires. L’Inde en est le parfait exemple. Au Maroc, la politique de traditionalisation est systématisée par le général Lyautey. Sa gestion du protectorat cherche à préserver le cadre traditionnel en maintenant les « hiérarchies naturelles », « le décor chérifien », tout en transformant le pays en une « Californie française ». Cette politique est poursuivie jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

C’est surtout dans le domaine culturel et de la pensée, difficilement quantifiable, que la colonisation a les effets les plus intenses et les plus durables. Elle débouche sur la perversion des rapports des colonisés à la modernité.

L’illégitimité de la colonisation, parce qu’étrangère, discrédite gravement la modernité pour une large part des élites et de la population. Les témoignages ne manquent pas. Les réformes impulsées par les sultans marocains Sidi Mohammed et Moulay abd al-Rahman sont considérées comme des innovations blâmables (bidâa), contraires à l’esprit de l’islam. Le chroniqueur Al-Naciri traduit bien le sentiment général dans son ouvrage l’Istiqsa. Il considère que « l’adoption des manières étrangères n’est d’aucun profit ; c’est au contraire la tradition et l’isolement qui seraient la seule solution pour renforcer le royaume face aux interventions étrangères. En Algérie, la scolarisation et la médecine coloniale se heurtent à une profonde résistance jusqu’à la fin du XIXe siècle [58].

Au XXe siècle, les ouvrages de Frantz Fanon [59] et d’Albert Memmi [60], qui sont contemporains de la colonisation et de la décolonisation, fourmillent de données précises, concrètes et situées sur l’ampleur des dégâts causés à la psychologie et aux comportement des Maghrébins. Mostefa Lacheraf ne cesse en Algérie, à travers ses nombreuses études, de signaler le rôle de la colonisation dans les carences de la lutte anti-coloniale et le nationalisme [61].

Aujourd’hui encore, la culture et la pensée politique n’ont pas encore tranché tout à fait les nœuds gordiens de la modernité : raison, liberté, devenir. Assimilée à la colonisation et à l’étranger, elle est récusée à ce double titre. La pensée dissocie la modernité en séparant ses aspects techniques et matériels, les plus visibles, et les fondements philosophiques, à savoir la conception du monde et l’action sur le monde. L’essence du fait colonial est sans doute d’avoir privé les colonisés de faire leur propre histoire.

L’enseignement du fait colonial

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Quelles retombées didactiques ? Comment enseigner le fait et l’événement colonial ? Comment les intégrer dans les curricula et les exposer à de jeunes enfants et à des adolescents ? Dans une perspective d’histoire mondiale, l’enseignement de la colonisation soulève, au moins, quatre problèmes.

Le premier concerne la chronologie qui demeure problématique aussi bien pour les grandes mutations de l’histoire que pour la période des XIXe et XXe siècles. Il faut également relever le décalage entre la recherche et les programmes officiels.

De nombreux ouvrages et colloques sont consacrés à la colonisation et aux colonies. Certains remontent à la Grèce et à Rome. La période médiévale serait aussi celle de la colonisation. Marc Ferro, qui a coordonné une Histoire des colonisations fait remonter celle-ci au XIIIe siècle pour la terminer au XIXe [62]. Situer les débuts de la colonisation au XVIe siècle rencontre un plus large consensus chez les historiens. Le second ouvrage de M. Ferro sur ce sujet, Le Livre noir du colonialisme, porte d’ailleurs en sous-titre : XVIe-XXIe siècles : de l’extermination à la repentance  [63].

Les programmes et les manuels sont, pour leur part, centrés exclusivement sur les XIXe et XXe siècles. L’enseignement de l’histoire au Maghreb reprend, tout en la discutant, la chronologie générale d’origine européenne. L’histoire continue d’être découpée en périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine. La chronologie relative à la période contemporaine est plus discutée. En Algérie, 1830, année de la conquête et des débuts de la colonisation française, n’est plus considérée comme une sorte de degré zéro de l’histoire. L’histoire de l’Algérie est inscrite dans des évolutions de plus longue durée. En Tunisie, les nouveaux programmes ont subi un double infléchissement. Le nationalisme tunisien ne naît plus dans les années 1930 en réaction au protectorat français et grâce à l’action de Habib Bourguiba comme antérieurement. Il s’inscrit dorénavant dans le réformisme du XIXe siècle et serait donc antérieur au protectorat. De la même manière, la chronologie privilégie les mutations internes plutôt qu’externes. Elle commence en 1881 et non pas en 1914 et la Première Guerre mondiale comme cela était le cas précédemment. Enfin, l’histoire de la Tunisie est séparée de l’histoire mondiale.

Le second problème est relatif aux concepts et au vocabulaire utilisés. Ils ont des contenus et des sens extrêmement variables d’un auteur à l’autre. Ce sont surtout les usages multiples des vocables de « colonisation » et de « colonie » qui prêtent le plus à discussion. Pour Marc Ferro, la colonisation n’est pas seulement le fait de l’Occident. Elle a existé dans le monde arabe et ottoman alors que la Russie et le Japon réalisent plus tardivement leur expansion territoriale [64]. À partir de 1900, « coloniser » acquiert un sens nouveau. Dans les dictionnaires, « coloniser un pays (ou un peuple) revient à le soumettre au statut de colonie, c’est à dire de dépendance [65] ».

Les différences entre colonie, protectorat et mandat portent sur le statut des territoires dépendants et leurs rapports avec les métropoles. En France, par exemple, la Tunisie et le Maroc relèvent du ministère des Affaires étrangères alors que l’Algérie relève du ministère de l’Intérieur. Dans les protectorats, les États précoloniaux continuent d’exister sous le contrôle d’un résident général alors que dans les colonies ils sont détruits par la guerre. Les pays sous mandat, définis juridiquement par la SDN, sont appelés, en principe, à devenir indépendants à brève échéance.

Les notions de colonialisme et d’impérialisme apparaissent à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Ils sont plus utilisés dans la littérature politique produite par les colonisés et les anti-colonialistes. Les colonisés parlent davantage de colonialisme que de colonisation. En 1955, la conférence de Bandung (Indonésie) proclame que « le colonialisme dans toutes ses manifestations est un mal auquel il doit être mis fin rapidement, que la soumission des peuples au joug de l’étranger, à sa domination et à son exploitation était une négation des droits fondamentaux de l’homme, contraire à la Charte des Nations unies ». L’expression « néocolonialisme » est employée pour la première fois en 1965 par Kwame Nkrumah, Premier ministre du Ghana indépendant. Elle désigne « la situation d’un État indépendant en théorie et doté de tous les attributs de la souveraineté, qui a, en réalité, sa politique dirigée de l’extérieur ».

Le vocable d’impérialisme est forgé par les économistes avant d’être repris par le marxisme. Rudolf Hilferding et Lénine lui consacrent des ouvrages – Le Capital financier (1910), et L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916).

Tous ces concepts et vocables ne trouvent pas toujours leurs équivalents exacts dans la langue arabe. Le vocabulaire le plus utilisé dans les manuels comprend : Ihtilal, Isti’mar, Imperialia, Qawmia, Thawra. Le premier est proche du mot français « conquête » ou « occupation » ; le second de « peuplement », de « colonisation » et de « colonialisme ». Le troisième est une arabisation du mot impérialisme. Les quatrième et cinquième renvoient à « nationalisme » et à « révolution » ou « soulèvement ».

Le troisième problème concerne les contenus des manuels et les séquences d’enseignement. La transposition didactique ne doit pas se traduire par une trop grande simplification de la complexité du fait et de l’événement colonial. Elle pourrait s’articuler autour de trois questions synthétiques.

La première s’intitulerait l’« histoire inégale » et s’inscrirait dans une perspective d’histoire comparée entre l’Europe et le reste du monde vers 1815. L’avance de l’Europe et l’accumulation de moyens techniques et matériels seraient exposées. Elles seraient suivies par les étapes et les méthodes de la conquête et de la colonisation.

La seconde traiterait la situation coloniale elle-même. Elle aborderait les structures et leur permanence dans le temps de la colonisation et de la domination. Elle inclurait la présentation des colonisateurs, celle des colonisés et des échanges entre eux dans tous les domaines.

La troisième s’intéresserait aux tensions et aux conflits. Le résultat le plus palpable de la colonisation et le renforcement et/ou l’émergence de mouvements nationalistes vigoureux. Ils présentent trois aspects : la fabrication des imaginaires nationaux, les luttes légales anticoloniales, les luttes armées et la décolonisation.

Le quatrième et dernier problème a trait à la documentation utilisable en classe ou dans les manuels. Elle est abondante mais produite en grande partie par le colonisateur. Elle doit être rééquilibrée par les points de vue des colonisés.

La disponibilité de documents d’origine coloniale a pour conséquence d’occulter les voix des colonisés. La situation coloniale, les luttes politiques puis les guerres d’indépendance n’ont guère été favorables à la conservation des archives. Cependant, une presse en langue arabe était publiée dans les trois pays du Maghreb par les partis politiques et les associations pendant la colonisation. Elle a été, totalement ou partiellement, réimprimée après les indépendances. De nombreux témoignages oraux ou écrits ont été ou sont publiés. Le phénomène a pris une grande ampleur depuis la décade 1980-1990. La littérature, la poésie et les traditions populaires permettent d’aller au delà de la vision des élites.

Tayeb CHENNTOUF est professeur d’histoire moderne et contemporaine à l’Université d’Oran, où il coordonne les recherches sur l’histoire de l’Algérie, de l’Afrique et de la Méditerranée occidentale et dont il préside le Comité national d’évaluation de la recherche en histoire et en archéologie et le Comité d’éthique. Auteur de plusieurs ouvrages, dont un manuel sur Le Monde contemporain (OPU, 1983), il a consacré plusieurs communications à la recherche et à la didactique de l’histoire. Il travaille actuellement sur les conséquences culturelles et politiques de la mondialisation.

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LES AUTEURS

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Pierre Boilley est professeur d’histoire contemporaine de l’Afrique à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, et directeur du Centre d’études des mondes africains (CEMAf, CNRS). Il a publié, entre autres ouvrages, Les Touaregs Kel Adagh. Dépendances et révoltes : du Soudan français au Mali contemporain (Karthala, 1999), Amidou Mariko, Mémoires d’un crocodile. Du sujet français au citoyen malien (Éditions Donniya, Bamako, 2001).

Tayeb Chenntouf est professeur d’histoire moderne et contemporaine à l’Université d’Oran, où il coordonne les recherches sur l’histoire de l’Algérie, de l’Afrique et de la Méditerranée occidentale et dont il préside le Comité national d’évaluation de la recherche en histoire et en archéologie et le Comité d’éthique. Auteur de plusieurs ouvrages, dont un manuel sur Le Monde contemporain (OPU, 1983), il a consacré plusieurs communications à la recherche et à la didactique de l’histoire. Il travaille actuellement sur les conséquences culturelles et politiques de la mondialisation.

Catherine Clément, ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée de philosophie, a été successivement maître de conférences à la Sorbonne (1964) puis à Paris I-Panthéon-Sorbonne, chef de rubrique culture au Matin de Paris, directrice de l’AFAA au ministère des Affaires étrangères avant d’accompagner l’ambassadeur Lewin en Inde, en Autriche et au Sénégal. Elle a publié une quarantaine d’essais et de romans ; à la demande de Jean-Marc Roberts, elle publiera ses mémoires chez Stock en février 2008.

Catherine Coquery-Vidrovitch est professeur émérite à l’université Paris 7. Elle a notamment publié L’Afrique occidentale au temps des Français (La Découverte, 1992), Histoire des villes d’Afrique noire (Albin Michel, 1993) et Des victimes oubliées du nazisme. Les Noirs et l’Allemagne dans la première moitié du XXe siècle (Le Cherche Midi, 2007). Ses travaux lui ont valu le Distinguished Africanist Award de l’African Studies Association et les insignes de commandeur de la Légion d’honneur.

Drissa Diakité, docteur en histoire et diplômé en linguistique appliqué, est professeur à l’Université de Bamako. Il fut doyen de la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines qu’il dirigea jusqu’en 2006. Spécialiste de l’histoire des sociétés africaines au sud du Sahara avant la période coloniale, il est l’auteur de nombreuses publications sur la tradition orale, les empires soudanais du VIIIe au XVIe siècle, les processus ethniques, l’Islam et les dynamiques sociales des mouvements confessionnels.

Boureima Alpha Gado est historien et socioéconomiste du développement rural à l’Université Abdou Moumouni de Niamey (Niger). Ses recherches sur l’environnement et l’insécurité alimentaire au Sahel lui ont valu un prix de recherche du CNRS. Il est auteur de nombreux travaux, dont Une histoire des famines au Sahel (L’Harmattan, 1993) et Vingt ans de prévention des crises alimentaires au Sahel (en collaboration avec R. Blein et A. Sow, CILSS, décembre 2004).

Daouda Gary-Tounkara, docteur en histoire de l’Afrique, est chercheur associé du Laboratoire Sedet/université Paris 7 et chargé de cours en histoire de l’Afrique à l’université Paris 7. Dans le cadre de deux programmes de l’Agence nationale de la recherche (ANR, Les Suds), il mène actuellement des recherches sur les mobilités à Sikasso (Mali) et le franchissement de la frontière fédérale par les migrants de l’Afrique occidentale française (AOF).

Sandra Fagbohoun a soutenu en juin 2006 un doctorat d’anthropologie sur la construction des savoirs philosophiques en milieu traditionnel moose (Burkina Faso). Aujourd’hui chargée de mission au Centre international d’études pour le développement local (CIEDEL) à Lyon, elle poursuit son travail de recherche sur l’éducation morale et les revendications identitaires dans le contexte de la mondialisation.

Éric Huysecom est professeur au département d’anthropologie et écologie de l’Université de Genève et professeur associé au département d’histoire et d’archéologie de l’Université de Bamako. Il a cofondé la Mission archéologique et ethnoarchéologique suisse en Afrique de l’Ouest, qu’il dirige actuellement. Auteur de nombreuses publications sur l’archéologie africaine, il a également réalisé en 1995 un documentaire sur la fabrication du fer chez les Dogon du Mali : Inagina, l’ultime maison du fer.

John O. Igué, ancien professeur de géographie à l’Université nationale du Bénin est actuellement directeur scientifique du Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (LARES) à Cotonou (Bénin).

Bogumil Jewsiewicki est titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire comparée de la mémoire et Professeur d’histoire à l’Université Laval au Québec. En 2006, il a reçu le Distinguished Africanist Reward de l’African Studies Association et le Distinguished Africanist Anthropologist Award de l’Association of Africanist Anthropologists, American Anthropological Association. Il est membre du Centre d’études africaines (EHESS/CNRS) et du comité de rédaction des Cahiers d’études africaines.

Adame Ba Konaré, ancienne première dame du Mali, est historienne, militante du Mouvement démocratique malien, présidente-fondatrice du Musée de la Femme Muso Kunda de Bamako et de la fondation humanitaire Partage. Elle a publié une dizaine d’ouvrages consacrés à son pays, parmi lesquels Quand l’ail se frotte à l’encens, (Présence Africaine, 2006), L’Os de la parole. Cosmologie du pouvoir (Présence Africaine, 2000) et le Dictionnaire des femmes célèbre du Mali (Éditions Jamana, 1993).

Doulaye Konaté, archéologue et historien, est ancien recteur de l’Université de Bamako. Il préside actuellement l’Association des historiens africains (AHA). Il a consacré différents travaux et études à l’urbanisation en Afrique de l’Ouest avant la colonisation, au patrimoine malien, archéologique notamment, aux questions identitaires de l’Afrique contemporaine à travers le thème de la mémoire, des mémoires et de leur relation à l’histoire et à l’identité nationale. Il vient de publier à ce sujet : Travail de mémoire et construction nationale au Mali (L’Harmattan, 2006).

Olivier Le Cour Grandmaison est enseignant en sciences politiques et philosophie politique à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne. Il est notamment l’auteur de Faut-il avoir la haine ? (L’Harmattan, 2003) et Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’État colonial (Fayard, 2005).

Kinvi Logossah est spécialiste de l’histoire ancienne, de l’anthropologie et de la sociologie des sociétés d’Afrique noire. Économiste, il est professeur des universités et directeur du département d’Économie de l’Université des Antilles et de la Guyane, campus de Schoelcher, Martinique.

Hassimi O. Maïga, ancien directeur régional de l’Éducation du Mali. Spécialiste de sciences de l’éducation, il travaille sur l’histoire de l’éducation, les curricula et les langues (anglais et soŋoy-senni). Aujourd’hui consultant en éducation, il poursuit une carrière universitaire nationale mais aussi internationale, surtout en Amérique du Nord, où il continue ses activités de recherche et d’enseignement.

Elikia M’Bokolo, ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d’histoire, est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’Afrique, dont L’Afrique au XXe siècle : le continent convoité (Seuil, 1985), Au cœur de l’ethnie (dir. avec Jean-Loup Amselle, La Découverte, 1999) et Afrique noire : histoire et civilisation (2 vol., Hatier, 2008). Producteur de l’émission « Mémoire d’un continent » sur RFI, il est l’auteur d’Afrique : une histoire sonore, 1960-2000 (coffret de 7 CD avec Philippe Sainteny, Frémeaux, 2001).

Isidore Ndaywel è Nziem est historien, professeur titulaire à l’université de Kinshasa (RDC), membre correspondant de l’Académie royale des sciences d’outre-mer (ARSOM) en Belgique, chercheur associé au Centre des mondes africains (CEMAF) de l’université Paris I-Sorbonne et directeur honoraire à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Jadis, professeur aux universités de Lubumbashi, de Brazzaville et de Québec, il a également été directeur d’études associé à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).Alioune Sall est docteur en sociologie. Il dirige l’Institut des Futurs Africains, basé à Pretoria en Afrique du Sud, qui apporte un appui technique aux pays et organisations africaines en matière de réflexion prospective. Auteur ou co-auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Afrique 2025 : Quels futurs possibles pour l’Afrique au sud du Sahara ?, La compétitivité future des économies Africaines, il a été le co-rapporteur de la Première Conférence des intellectuels d’Afrique et de la diaspora organisée sous l’égide de la Commission de l’Union africaine sur le thème de l’intégration et de la renaissance africaine.

Kléna Sanogo, archéologue, est directeur général de l’Institut des sciences humaines de Bamako. Auteur de nombreuses publications sur l’archéologie malienne, il a également été directeur du musée national du Mali et président de l’Association ouest-africaine d’archéologie. Il travaille actuellement sur les tumuli pierriers de la zone sahélienne du Mali et participe au programme « Paléoenvironnement et peuplement humain en Afrique de l’Ouest » de la Mission archéologique et ethnoarchéologique suisse.

Djohar Sidhoum-Rahal poursuit un double cursus en philosophie et en droit. Elle est titulaire d’un DEA en philosophie, d’un master en droit pénal, d’un master bilingue en droit français-droit anglo-américain mention droit international de l’Université Paris X et prépare un master II en théorie du droit à Paris X/EHESS/ENS. Elle est par ailleurs co-auteure d’un album de rap, Identité en crescendo (Universal Jazz), et présidente de l’association Identités et mémoires algériennes (IEMA).

Sébastien Dossa Sotindjo, enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, Cotonou (Bénin), a soutenu une thèse de doctorat en histoire à l’Université Paris 7 en 1995. Il a publié plusieurs articles sur le thème « histoire et développement ».

Ibrahima Thioub est professeur à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD) dont il dirige le département d’histoire. Auteur de nombreuses publications sur l’histoire de l’enfermement pénal en Afrique, président de l’Association de recherche ouest-africaine et membre du bureau de l’Association des historiens africains (AHA), il est rédacteur de la revue Afrika Zamani publiée par l’AHA. Il a édité en 2007 l’ouvrage Patrimoine et sources historiques en Afrique (Université Cheikh-Anta-Diop, Union académique internationale).



NOTES:
[1] Cheikh Anta Diop est un savant sénégalais, qui aura dédié sa vie à la réhabilitation de l’histoire africaine. Après son décès brutal survenu en 1986, les autorités et intellectuels sénégalais décidèrent de donner son nom à l’université de Dakar.

[http://info.France3.fr/France/34916821-fr.php] .

[2] « L’homme africain et l’histoire », Le Monde, 27 juillet 2008.

[3] Dans le débat télévisé qu’il a accordé à la télévision le 24 avril 2008 à l’occasion de la fin de sa première année de mandature à la tête de la République, il proclame cette ambition, alors qu’à la date du 23 avril, les sondages le classent en dernière position (40 %) du classement des chefs d’État ayant le mieux représenté la France de son époque. Charles de Gaulle (88 %) vient en tête de peloton, suivi de François Mitterrand (74 %), Georges Pompidou (69 %), Jacques Chirac (66 %), Valéry Giscard D’Estaing (56 %) : sondage CSA publié dans Le Parisien du 24 avril 2008.

[4] Marx Gallo, Fier d’être français, Fayard, Paris, 2006

[5] Le livre qui a fait le plus de bruit est celui du journaliste Stephen Smith, Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, Calmann-Lévy, Paris, 2003.

[6] Au moment même où nous bouclons cette introduction, nous avons pris connaissance de deux textes publiés par Philippe Laburthe-Tolra, le président de la Société des africanistes, dans Africanistes, (n° 2, janvier 2008, rubrique « Tribune libre ») L’un, intitulé « D’Alfred Sauvy au Mogho-Naba », est signé de Jean Poirier, Professeur honoraire à l’université de Nice, et l’autre d’André Savelli, Professeur agrégé au Val-de-Grâce. Si le premier s’enlise dans les « bienfaits de la colonisation » qu’il remet au goût du jour, le second est carrément une « Lettre ouverte à Monsieur Bouteflika, Président de la république algérienne » à qui il égrène les « bienfaits » de la colonisation. Leur contenu, en accointance avec le discours de Nicolas Sarkozy, a été jugé « contestable, voire méprisant pour les Africains » ; ils ont, de ce fait, suscité indignation et colère parmi les membres même de la Société des africanistes qui, dans une lettre ouverte, ont tenu à alerter leur milieu professionnel « sur les dangers d’une dérive idéologique ».

[7] En plus des articles d’Achille Mbembe, d’Ibrahima Thioub, de Catherine Coquery-Vidrovitch, de Boubacar Boris Diop ou de Jean-François Bayart, tous parus sur le Net (, ,
), vient d’être publié un ouvrage collectif sous la direction de l’ancien ministre sénégalais Makhily Gassama, intitulé L’Afrique répond à Sarkozy, Éditions Philippe Rey, Paris, 2008 ; suivi d’un second signé par Jean Pierre Chretien (dir.), L’Afrique de Sarkozy, un déni d’histoire, Karthala, Paris, 2008.

[8] Cité par Achille Mbembe, « L’Afrique de Nicolas Sarkozy », Africultures, rubrique « Histoire et colonie », « Sarkozy et l’histoire », , 1er août 2007, p. 2.

[9] Les idées majeures de ces historiens « positivistes » sont notamment exposées dans le manifeste rédigé par Gabriel Monod en 1876 pour lancer la Revue historique et dans maints manuels universitaires : voir entre autres Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos, Introduction aux études historiques, Hachette, Paris, 1898. Voir également, entre autres travaux de synthèse, Guy Bourdé et Hervé Martin, Les Écoles historiques, Seuil, Paris, 1997 [1983].

[10] Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos, Introduction aux études historiques, op. cit., p. 1.

[11] A. P. Newton, cité par J. D. Fage, « L’évolution de l’historiographie de l’Afrique », in Histoire générale de l’Afrique, Unesco, Paris, 1980, t. 1, p. 53.

[12] Voir entre autres Maurice Delafosse, Le Haut-Sénégal-Niger, 3 t., Maisonneuve & Larose, Paris, 1913. Ces thèses, il est vrai, ont été par ailleurs amplifiées par les chroniqueurs islamisés locaux, n’ayant eux-mêmes d’autre point de mire que l’Arabie ou le Yémen. Voir à ce propos, par exemple, les chroniques de Tombouctou, rédigées dans la deuxième moitié du xviie siècle, Tarikh el-Fettach de Kati et Tarikh es-Soudan de Saadi (Maisonneuve & Larose, Paris, 1913).

[13] Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou le métier d’historien, A Colin, Paris, 1941 [réed.1964].

[14] Cette phrase aurait été prononcée pour la première fois par A. H. Ba à la Conférence générale de l’Unesco le 18 novembre 1960 sous la formulation : « En Afrique, quand un vieillard traditionaliste meurt, c’est une bibliothèque inexploitée qui brûle. » Reprise à d’autres occasions par l’auteur, sa formulation aura été altérée au fil du temps, mais le fond reste le même. Nous avons retenu l’énoncé le plus usité.

[15] Jan Vansina, De la tradition orale : essai de méthode, Mémoire n° 36 du Musée royal d’Afrique centrale, Tervuren, 1961 ; on en trouve un très bon résumé dans l’Histoire générale de l’Afrique sous le titre : « La tradition orale et sa méthodologie », ch. 7, p. 167-190.

[16] Voir notamment Joseph ki-zerbo, « Introduction générale », in Histoire Générale de l’Afrique, t. I, Méthodologie et préhistoires africaine, Unesco/NEA, 1995 [1980] ; p. 27 et suiv. Voir également son célèbre ouvrage, Histoire de l’Afrique noire : d’hier à demain, Hatier, Paris, 1972, p. 12.

[17] Voir Yves Coppens, « L’Afrique : berceau de l’humanité », in Les Rendez-vous de l’Histoire, Blois, 2003, Éditions Pleins Feux, Nantes, 2004, p. 29 et suiv.

[18] Devenu Institut fondamental d’Afrique noire avec l’indépendance (1960), puis Institut fondamental Cheikh Anta Diop après la mort du savant.

[19] Voir la bibliographie générale commentée à la fin de ce livre.

[20] Voir entre autres écrits : Nations nègres et culture, Présence Africaine, Paris, 1955, et L’Afrique noire précoloniale, Présence africaine, Paris, 1960.

[21] Voir aussi Ibrahima Baba Kaké, Combats pour l’histoire africaine, Présence africaine, Paris, 1982, et la collection qu’il initia dans les années 1970-1980 aux Nouvelles Éditions africaines (NEA), « Grandes figures de l’histoire africaine ».

[22] Histoire générale de l’Afrique, 8. vol., Unesco/NEA, Paris, 1980, 1984, 1986, 1989, 1995 ; éd. abrégée : Unesco, Edicef, Présence africaine, Paris, 1998.

[23] Citons, à titre d’exemple, dès 1961, le livre du Hongrois André Sik, Histoire de l’Afrique noire, Akad. Kiado, Budapest, 1961.

[24] Jacques Godfrain, L’Afrique, notre avenir, Michel Lafon, Paris, 1998.

[25] Voir ces témoignages contemporains dans Ibn Fad Allah al-Omari, Massalik el-Absar fi mamalik el Amsar, 1336-1338, L’Afrique moins l’Égypte (trad. et annot. M. Gaudefroy-Demombynes), Geuthner, Paris, 1927.

[26] Voir les chroniques de Tombouctou, Tarikh el-Fettach et Tarikh es-Soudan, op. cit.

[27] Histoire Générale de l’Afrique, op. cit.

[28] Cité par Guy Bourdé et Hervé Martin, Les Écoles historiques, Seuil, Paris, 1997 [1983], p. 205.

[29] C.-R. Jouve, Leçons d’histoire et de civilisation. Cours élémentaire des écoles indigènes et cours préparatoires des écoles françaises de l’Algérie et de l’Orient, Belin, Paris, 1893. Voir aussi G. Bourdé et H. Martin, Les Écoles historiques, op. cit.

[30] Sur l’enseignement dans les colonies françaises, voir Denise Bouche, L’Enseignement dans les territoires français de l’Afrique occidentale de 1871 à 1920 : mission civilisatrice ou formation d’une élite ?, t. II, H. Champion, Paris, 1975.

[31] Georges Hardy, Une conquête morale : l’enseignement en AOF, Armand Colin, Paris, 1917, p. 240.

[32] Après la conférence de Berlin, en 1885, les puissances coloniales s’étaient partagé l’Afrique dans le mépris souverain des entités sociales et linguistiques.

[33] Le détournement des cultures vivrières vers les cultures de rente sera renforcé un siècle plus tard par les politiques d’ajustement structurel des institutions internationales, Banque mondiale et Fonds monétaire international (FMI). En effet, à partir des années 1980, ces institutions encouragèrent les chefs d’État africains à s’orienter vers les cultures d’exportation pour rembourser leurs dettes.

[34] Félix Éboué, d’origine antillaise, fut nommé le 25 août 1940 gouverneur du Tchad, que de Gaulle décrivait comme « le plus solitaire, le plus dur, le plus exposé de nos territoires de l’Afrique noire ».

[35] Discours et Messages du général de Gaulle, t. II, Dans l’attente, 1946-1958, Plon, Paris, 1970, p. 576 à 580.

[36] Marc Ferro, Le Ressentiment dans l’histoire. Comprendre notre temps, Odile Jacob, Paris, 2007, p. 201.

[37] On a eu un exemple édifiant de cette posture avec le griot traditionniste malinké, Wa Kamissoko, qui a donné une version complètement renouvelée sur les débuts de l’histoire de l’empire du Mali lors des colloques organisés par la Fondation SCOA (Société commerciale de l’Ouest africain pour la recherche scientifique en Afrique noire) en 1974 et 1975 à Bamako. Il considérait que le moment était favorable à une telle révolution.

[38] Pierre Boilley (historien, Université Paris 1, France), Tayeb Chenntouf (historien, Université d’Oran, Algérie), Catherine Coquery-Vidrovitch (historienne, Université Paris 7, France), Pierrette Herzberger-Fofana (Professeur de lettres, Université d’Erlangen-Nuremberg, Allemagne), Adame Ba Konaré (historienne, Mali), Doulaye Konaté (historien, Université de Bamako, Mali), Kinvi Logossah (historien, Université des Antilles et de la Guyane, Martinique, France), Achille Mbembe (historien et philosophe, Wiser Institute, Johannesburg, Afrique du Sud), Elikia M’Bokolo (historien, EHESS, France, RDC), Vittorio Morabito (historien, Université de Catane, Italie), Isidore Ndaywel è Nziem (historien, Université Paris 1, France, Université de Kinshasa, RDC), Adebayo Olukoshi (historien et secrétaire exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique [Codesria], historien, Nigeria), Sylvia Serbin (journaliste et historienne, France), Ibrahima Thioub (historien, Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, Sénégal).

[39] F. Lantheaume, « L’Enseignement de l’histoire de la colonisation de l’Algérie depuis les années 30 : États-nation, identités nationales, critique des valeurs. Essai de sociologie du curriculum », thèse de l’EHESS, Paris, 2002.

[40] « Les manuels scolaires », in Apprendre et enseigner la guerre d’Algérie et le Maghreb contemporain, CRDP, Versailles, 2002, p. 180.

[41] M. T. Maschino, « La décolonisation telle qu’on l’enseigne », Le Monde diplomatique, février 2001.

[42] Cette dénomination correspond à l’usage français, alors qu’en Algérie d’autres appellations sont utilisées dans le discours politique, les médias et la recherche. J’ai utilisé dés les années 1990 le terme de « guerre d’indépendance ».

[43] 27 février 1992. Aucune enquête systématique n’a été faite au Maghreb sur les résultats de l’enseignement de l’histoire et sa réception par les jeunes. La presse publie néanmoins des opinions de professeurs, de parents d’élèves et des lycéens. Algérie-Actualité, un hebdomadaire qui a aujourd’hui disparu, a réalisé une enquête non systématique qui a été publiée (n° 1098, 30 octobre 1986).

[44] Voir « Guerre d’Algérie : la mémoire apaisée », loc. cit., et les Actes du colloque « La guerre d’Algérie dans l’enseignement en France et en Algérie », IMA-CNDP, Paris 1993.

[45] La réforme est appliquée en Tunisie en 1991 ; Le Maroc et l’Algérie sont engagés dans l’élaboration de nouveaux programmes et manuels.

[46] Maison d’édition marocaine, Casablanca, 2003.

[47] Driss Abassi, « Le traitement de la période coloniale dans les manuels scolaires tunisiens de 1980 à 1998 : entre histoire et mémoire », Annuaire de l’Afrique du Nord, t. XL, 2002.

[48] T. Chenntouf, « La naissance d’une discipline scolaire. L’histoire en Algérie », in C. Kosher-Spohn et F. Rengen, Trauma Algerienkrieg, Campus Verlag, Francfort, 2006.

[49] J. Marseille, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce, Albin Michel, Paris, 1984.

[50] D. Lefeuvre, Chère Algérie. Comptes et mécomptes de la tutelle coloniale (1830-1962), Flammarion, Paris, 2005 [1997].

[51] Journal officiel de la République française, 24 février 2005.

[52] Un groupe d’enseignants et d’historiens lancent le 25 mars dans le journal Le Monde une pétition intitulée : « Colonisation : non à l’enseignement d’une histoire officielle. »

[53] Jeune Afrique/L’Intelligent, n° 2319, 19-25 juin 2005 ; Le Monde, 1er juillet 2005.

[54] S. Berger, Notre première mondialisation, Seuil, Paris 2003.

[55] I. Wallerstein (dir.), Social Change : the Colonial Situation, J. Wiley and Sons, New-York, 1966.

[56] A. Laroui, Les Origines sociales et culturelles du nationalisme marocain, Maspero, Paris, 1977 [rééd. 1993].

[57] P. Bourdieu (avec A. Darbel, J.-P. Rivet, C. Seibel), Travail et travailleurs en Algérie, Mouton, Paris-La Haye, 1963.

[58] T. Chenntouf, Le Maghreb au présent, Office des publications universitaires, Alger, 2003 (notamment le chapitre consacré au Maghreb postcolonial).

[59] F. Fanon, Les Damnés de la terre, La Découverte, Paris, 2004 [1961].

[60] A. Memmi, Portrait du colonisé, précédé de Portrait du Colonisateur, Gallimard, Paris, 2002 [1954].

[61] M. Lacheraf, L’Algérie, nation et société, Maspero, Paris, 1962.

[62] M. Ferro, Histoire des colonisations. Des conquêtes aux indépendances, Hachette, Seuil, 2001.

[63] M. FERRO, LE LIVRE NOIR DU COLONIALISME, HACHETTE, « PLURIEL », 2004 [2003].

[64] Ibid.

[65] Sur ces évolutions sémantiques, se reporter à G. Perville, De l’empire français à la décolonisation, Hachette, Paris, 1993.

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Par ailleurs sur TERRA

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Pour approfondir sur ce sujet, vous trouverez sur TERRA :
- Programme de recherche :
ASILES
- Programme de recherche :
TRANSGUERRES
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Exils, entre Europe, Méditerranée et Afrique
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Le rapatriement des réfugiés angolaisparcours d’exil des réfugiés mauritaniens au SénégalL’accueil étatisé des demandeurs d’asileDiscours journalistiques sur les exilés africains en transit au MarocVictimes coupables : bloquer l’AfriqueDiscours d’ONG sur les exilés africains en transit au MarocLe front du désertGénération née dans les camps de réfugiés Sahraouisaide au développement et les enjeux migratoiresUne prison qui ne dit pas son nomLe drame de la place Mustapha MahmoudLe HCR au Maroc
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Communautés d’itinérance et savoir-circuler des transmigrant-e-s au MaghrebLe retour des camps ?Migrants forcés éthiopiens et érythréens en Égypte et au SoudanUne marche une libertéMigrations internationales, Chaînon manquant de la mondialisationLa Nuit RwandaiseLes chemins de l’exilChroniques Egyptiennes 2006

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Appel du réseau TERRA

Identité nationale et immigration :
inversons la problématique !

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Publiez le à la Une de votre site, diffusez le sur vos listes de discussion…
En ligne :
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puce_bleu-clair_separation dans NICOLAS SARKOZY
Dernière modification le 29 octobre 2008 à 11h13

A lire dans la même rubrique :

Jérôme Valluy,

Rejet des exilés


 

Rejet_des_exiles1-2 Jérôme VALLUY, Rejet des exilés – Le grand retournement du droit de l’asile . Editions Du Croquant, 20 janvier 2009 .

Parution : 20 janvier 2009 – Éditeur : Du Croquant – - Pages : 320 – Format : 14 x 20,5 cm – ISBN : 978-2-9149-6851-5 – Prix : 22 €

A lire sur TERRA : résumé, sommaire, remerciements, présentation détaillée, table des matières


 

Présentation de J.Valluy, Rejet des exilés

Rejet_des_exiles1-2 Jérôme VALLUY, Rejet des exilés – Le grand retournement du droit de l’asile . Editions Du Croquant, 20 janvier 2009 .

Parution : 20 janvier 2009 – Éditeur : Du Croquant – - Pages : 320 – Format : 14 x 20,5 cm – ISBN : 978-2-9149-6851-5 – Prix : 22 €

A lire sur TERRA : résumé, sommaire, remerciements, présentation détaillée, table des matières

Auteur

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DSC_0021bisJérôme Valluy enseigne la science politique à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1). Il a été juge à la Commission des Recours des Réfugiés de février 2001 à juillet 2004. Il co-anime le réseau scientifique TERRA (Travaux, Etudes, Recherches sur les Réfugiés et l’Asile). Ses recherches portent sur les politiques et les mobilisations relatives aux exilés en France, en Europe et en Afrique.

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L’ouvrage sera en librairies à partir du 20 janvier 2009. Pour inviter dès maintenant l’auteur à présenter cet ouvrage en conférences publiques, rencontres en librairie, tables rondes …, de janvier à juin 2009 :
- Email :
jerome.valluy@univ-paris1.fr
- Adresse postale : Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), UFR Science politique, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris

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Résumé

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Rejet_des_exiles4

Le droit d’asile contemporain, en partie issu de la déroute morale des démocraties face au besoin de protection des Juifs, dès les années 1930, est énoncé dans les articles 13 et 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. L’histoire comme l’actualité montrent combien ces articles sont à la fois précieux pour le genre humain et faciles à bafouer : il suffit d’empêcher l’accès aux territoires refuges et/ou de rejeter massivement les demandes d’asile de ceux qui parviennent à passer. C’est ce qui arrive en Europe où les taux de rejet ont été progressivement augmentés jusqu’au voisinage actuel des 100% et où les politiques de camps ainsi que la militarisation des frontières visent à bloquer l’accès aux pays refuges.

Naguères, les réfugiés étaient perçus comme des victimes objets de compassion, aujourd’hui ils sont traités comme des coupables et enfermés dans des camps. S’agit-il d’une réponse à un envahissement migratoire ? D’une réaction inéluctable à la crise économique ? De l’effet d’une xénophobie populaire exacerbée ?

En s’appuyant sur son expérience de juge de la demande d’asile pour analyser les procédures et cinq années d’étude des politiques de répression des migrations en France et en Europe, l’auteur écarte ces interprétations pour soutenir la thèse d’une transformation de nos cultures politiques sous l’effet d’une xénophobie de gouvernement qui stigmatise l’étranger comme problème, risque ou menace. Ce phénomène entraîne le grand retournement du droit de l’asile qui bien loin de protéger les exilés participe aujourd’hui à leur discrédit et sert à justifier leur enfermement dans des camps aux frontières de l’Europe.

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Sommaire

Remerciements

Introduction

I

Chapitre 1 – Le jugement technocratique de l’exil

  1. Se faire juge
  2. Des dossiers et des séances
  3. La fiction juridique de l’asile
  4. Juger l’exil en situation d’ignorance

Chapitre 2 – Une idéologie du droit d’asile

  1. L’invention du droit d’asile dérogatoire

  2. Expansion sociale d’une doctrine, marginalisation de l’autre

  3. La part d’aveuglement : exemple des femmes persécutées

II

Chapitre 3 – Xénophobie(s) et retournement de l’asile

  1. Genèse technocratique du problème migratoire (France)

  2. Le tournant national-sécuritaire en Europe

  3. La spirale du rejet des demandes d’asile

Chapitre 4 – Enrôlements et clivages associatifs

  1. L’intériorisation des perceptions étatiques

  2. La professionnalisation des associations

  3. L’affaiblissement des soutiens aux exilés

  4. A quoi servent les CADA ?

III

Chapitre 5 – L’externalisation de l’asile hors d’Europe

  1. Genèse de la politique européenne d’externalisation de l’asile

  1. Au Marches de l’Empire du rejet : des camps d’exilés

Chapitre 6 – L’échec paradoxal du HCR

  1. Finances et gouvernance européennes du HCR

  2. Le rôle du HCR dans la genèse de l’externalisation de l’asile

  3. HCR et associations au Maroc

Conclusion

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Remerciements

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Le présent ouvrage est le produit de cinq années de recherches réalisées dans le cadre de mon travail d’enseignant-chercheur à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), au Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne (UMR CNRS-Paris 1, dirigé par Daniel Gaxie puis par Isabelle Sommier) ainsi qu’au Centre d’Etudes Africaines (UMR CNRS-EHESS dirigé par Michel Agier) et dans le cadre du réseau scientifique TERRA avec le soutien des programmes de recherche ASILES (ACI-TTT Dir. M. Agier), FRONTIERES (ANR Pgr « blancs » Dir. D. Fassin) et TRANSGUERRES (ANR Pgr « blancs » Dir. R. Bazenguissa). Je tiens à remercier ces personnes et collectifs ainsi que les étudiants de Master et de Doctorat avec qui j’ai enseigné et discuté à fois les méthodes et les données de cette recherche.

Le réseau scientifique TERRA a constitué pour moi un cadre de travail quotidien depuis sa création en 2003 avec les collègues et amis du Groupe de Pilotage ainsi que tous ceux qui ont participé aux Rencontres TERRA, à l’animation des listes de diffusion [TERRA-Quotidien] et [TERRA-Infos] ainsi qu’aux publications du site web (http://www.reseau-terra.eu) et spécialement Marc Bernardot dont l’amical soutien et partenariat a permis de créer la revue en ligne Asylon(s) et la Collection TERRA aux Editions du Croquant.

Je tiens à remercier la revue Cultures et Conflits, notamment Didier Bigo, Rédacteur en chef de la revue, mais aussi toute l’équipe de la revue pour la réalisation et la pérennité de ce qui est aujourd’hui, à mon avis, la meilleure revue française de science politique ainsi que la revue la plus intéressante sur mon domaine de spécialité.

Je voudrais remercier les nombreuses personnes, parents, amis, collègues, étudiants avec qui j’ai pu discuter de mes travaux, ou qui ont relu certains de mes textes préparatoires, favorisé leur mise en discussion ou aidé à les améliorer : Michel Agier, Jean-Pierre Alaux, Mehdi Alioua, Mohammed Amarti, Remy Bazenguissa, Jean-Michel Belorgey, Ali Bensaad, Marc Bernardot, Mathieu Bietlot, Didier Bigo, Alain Brossat, Annie Collovald, Anne Castagnos, Lucile Daumas, Antoine Decourcelle, Delphine Dulong, Jean-Paul Dzokou-Newo, Didier Fassin, Jane Freedman, Simone Fluhr, Claude Gautier, Daniel Gaxie, Elie Goldschmidt, Catherine Goussef, Smaïn Laacher, Mehdi Lahlou, Benoit Larbiou, Sylvain Laurens, Mohamed Legssyer, Luc Legoux, Joseph Lépine, Olivier Le Cour Grandmaison, Michaelis Lianos, Lilian Mathieu, Pierre Monforte, Alain Morice, Gérard Noiriel, Placide Nzeza, Michel Perraldi, Sylvie Perrin, André Picharles, André Réa, Claire Rodier, Isabelle Saint-Saëns, Marie Ange Schwartz, Maryse Tripier, Alexandre Tande, Clément Valluy, Chloé Anne Vlassopoulou, Bernard Van Damme.

L’ensemble du travail dont est issu cet ouvrage a été présenté en soutenance pour l’Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) à l’Université de Strasbourg le 12 mai 2008, sous la direction de Vincent Dubois*, devant un jury composé en outre de Didier Bigo, Annie Collovald, Claude Gautier, Niilo Kauppi et Salvatore Palidda. Leurs remarques m’ont été très utiles pour préparer ce livre.

Enfin, avec une pensée pour Falatados, à Tinos, où a été rédigé la plupart des chapitres de cet ouvrage, je remercie affectueusement enfin ma femme Chloé Anne Vlassopoulou et mes enfants, Cybèle (8 ans) et Hector (6 ans), d’avoir supporté de me voir « scotché », comme disent les deux petits, un peu trop souvent et trop longtemps devant l’ordinateur durant les soirées, les week-end et surtout les étés, confirmant ainsi ce qu’avait remarqué Charles Wright Mills : la recherche en sciences sociales n’est pas seulement un métier, c’est un mode de vie.

* Pour des raisons de mise en page les remerciements ont du être réduits dans le livre par suppression notamment du paragraphe relatif à la soutenance d’HDR. Les noms des membres du jury ont été déplacés vers le paragraphe précédent… mais, au cours de cette opération, celui de Vincent Dubois a été malencontreusement oublié. Je tiens à m’en excuser et à le remercier pour son aide plusieurs fois décisive dans les progrès de ce travail – J.Valluy.

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Présentation détaillée

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Cet ouvrage analyse l’évolution du droit d’asile contemporain depuis la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en 1948 et l’adoption de la Convention de Genève sur les Réfugiés en 1951. Durant le demi siècle qui a suivi, les procédures mises en place après la guerre pour protéger les exilés ont tendanciellement abouti à en rejeter une proportion croissante pour arriver au début du 21ème siècle à des taux de rejets des demandes d’asile proches des 100% dans presque tous les pays d’Europe. Au terme de cette élévation tendancielle et historique des taux de rejets, le droit de l’asile a surtout pour effet de stigmatiser les exilés comme « faux réfugiés » et entraîne leur discrédit auprès des sociétés susceptibles de les accueillir. Il sert également, dans la politique européenne, à amener les pays limitrophes de l’Union Européenne, à rejeter précocement les demandes d’asile et à retenir ainsi ceux qui voudraient trouver refuge en Europe. De ces deux points de vue, il est devenu une source de menaces, symboliques et juridiques, contre les exilés plutôt qu’une source de protection internationale.

L’auteur s’interroge sur les causes de ce grand retournement : Pourquoi passe-t-on en quelques décennies de la situation où les exilés étaient perçus comme des victimes, objets de compassion, à celle de coupables à chasser et à enfermer dans des camps ? S’agit-il d’une réponse à un envahissement migratoire ? D’une réaction inéluctable à la crise économique ? De l’effet d’une xénophobie populaire exacerbée ?

En s’appuyant sur un expérience de juge associée à des recherches de science politique, il écarte ces interprétations pour soutenir la thèse d’une transformation de nos cultures politiques sous l’effet d’une xénophobie de gouvernement qui stigmatise l’étranger comme problème, risque ou menace.

La thèse est en effet soutenue par une connaissance directe de la procédure d’asile en France : l’auteur a été juge de la demande d’asile pendant trois ans, de février 2001 à juillet 2004, en tant que représentant du Haut Commissaire aux Réfugiés de l’ONU, au sein de la Commission des Recours des Réfugiés (devenue aujourd’hui « Cour Nationale du Droit d’Asile »). Il publie dans cet ouvrage le premier témoignage en France d’un juge de cette institution tout en mobilisant ses compétences de chercheur en science politique. Il examine avec un regard lucide et sans concessions la pratique d’examen des demandes d’asile tant par cette juridiction que par les autres instances administratives nationales et internationales. A la lumière de cette expérience, il explique comment s’est imposé historiquement une conception restrictive du droit d’asile qui font des taux de rejet actuels moins le reflet de ce que sont les exilés que des changements intervenus au sein des institutions spécialisées dans leur accueil.

Son étude se fonde également sur cinq années de recherches qui permettent de replacer ce grand retournement du droit de l’asile dans un dynamique historique plus vaste, depuis les décolonisations, entraînant la fermeture des frontières et la radicalisation des politiques antimigratoires. La recherche a porté à la fois sur les politiques françaises et sur les politiques européennes ainsi que sur leur convergence récente dans une perspective de fermeture de l’Europe notamment vis-à-vis de l’Afrique. L’ouvrage fait apparaître une transformation des rapports de forces politiques, dans le sens d’un renforcement des idées nationalistes et sécuritaires ainsi qu’un affaiblissement simultané des idéaux humanistes au sein des élites européennes. Double mouvement qui construit ce que l’auteur nomme une « xénophobie de gouvernement », désignant par là non pas une caractéristique psychologique propre à certains segments de la population mais une tendance sociologique et historique de stigmatisation des étrangers comme problème, menace ou risque, par les politiques publiques, les règlementations, les rapports administratifs et les discours ministériels. Le retournement du droit d’asile contre les exilés est tiré par ce phénomène historique qui est apparu récemment aux yeux d’un grand nombre de français à l’occasion de la création du première ministère de l’identité nationale et de l’immigration de l’histoire des institutions en France.

Enfin l’auteur présente l’un des développement les plus actuels de ces tendances : la transformation des institutions et des politiques dans le champ des relations internationales entre l’Europe et l’Afrique. En se fondant sur une documentation abondante et plusieurs centaines d’entretiens tant en France qu’au Maroc, il analyse la genèse d’une Europe de la lutte antimigratoire qui s’exprime d’abord dans des politiques dites « d’externalisation de l’asile » vers le Maghreb puis dans une militarisation des frontières communes de l’Union Européenne produisant un enfermement de l’Afrique sur elle-même. L’utilisation de la référence au droit d’asile dans la construction de ce nouveau « rideau de fer » entre les deux continents atteste finalement d’un échec historique du droit d’asile crée après la seconde guerre mondiale et des institutions – notamment le Haut Commissariat aux Réfugiés – prévues pour garantir sa mise en œuvre.

L’ouvrage paraîtra en janvier 2009, au moment du bilan d’une présidence française de l’Union Européenne marquée notamment par la création et les initiatives du nouveau ministère de l’identité nationale. Il devraient intéresser un grand nombre de français aujourd’hui conscients de ces évolutions historiques et de la remontée dans les systèmes politiques européens de diverses formes de nationalismes, de xénophobies et de discriminations que l’Europe a déjà connu à la fin du 19ème siècle et entre les deux guerres.

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Table des matières

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Remerciements

Introduction
Le grand retournement de l’asile… en questions
La réponse à un envahissement migratoire ?
Un contre coup de la crise économique ?
Le reflet d’une xénophobie populaire ?
L’hypothèse d’une xénophobie de gouvernement
Effet involontaire ou orientation politique ?

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I

Le plan de l’ouvrage reflète pour une part le déroulement de ces cinq années de recherche tout en ménageant une progression dans la présentation des connaissances apportées au lecteur : le premier chapitre, partiellement autobiographique, rend compte de ma propre expérience de juge à la Commission des Recours des Réfugiés (aujourd’hui rebaptisée Cour Nationale du Droit d’Asile). Il faut en effet prendre connaissance des modalités concrètes du jugement de l’asile pour en comprendre l’extrême malléabilité idéologique et saisir l’importance de l’embranchement doctrinal originel du droit de l’asile contemporain tel qu’il s’impose à partir de 1951 à travers la Convention de Genève sur les Réfugiés. Cet embranchement est présenté dans un chapitre deuxième qui pourrait néanmoins être lu avant le précédent puisqu’il décrit le contexte idéologique et institutionnel dans lequel prennent place aujourd’hui les acteurs du jugement technocratique de l’asile.

Chapitre 1 – Le jugement technocratique de l’exil

1. Se faire juge
- 1.1 Le recrutement
- 1.2 L’initiation
- 1.3 La socialisation

2. Des dossiers et des séances
- 2.1 Les dossiers de demandes d’asile
- 2.2 Audiences publiques et délibérés

3. La fiction juridique de l’asile
- 3.1 La vacuité du droit conventionnel
- 3.2 L’illusion d’une jurisprudence
- 3.3 Une vaine procédure d’examen

4. Juger l’exil en situation d’ignorance
- 4.1 Un jugement des apparences
- 4.2 Subjectif réfugié et illusions d’objectivité

Chapitre 2 – Une idéologie du droit d’asile

1. L’invention du droit d’asile dérogatoire
- 1.1 Emergence récente du droit d’asile moderne
- 1.2 Liberté de circulation, droit d’asile, droit de l’asile
- 1.3 Droit d’asile axiologique ou droit d’asile dérogatoire ?

2. Expansion sociale d’une doctrine, marginalisation de l’autre
- 2.1 Croissance du HCR et de sa doctrine
- 2.2 Création des institutions nationales
- 2.3 Professionnalisations associatives

3. La part d’aveuglement : exemple des femmes persécutées
- 3.1 Ce que sont les persécutions genrées des femmes
- 3.2 La méconnaissance de ces « réfugiées » dans l’asile dérogatoire

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II

Le troisième chapitre replace l’évolution du droit de l’asile dans un courant plus vaste de l’histoire, celui des politiques migratoires et d’un développement récent de la culture politique européenne à l’égard des étrangers : le tournant national-sécuritaire. En connaissant les prédispositions de l’idéologie actuelle du droit de l’asile et la malléabilité du jugement technocratique de l’asile, on comprend mieux que ce tournant national-sécuritaire ait pu entraîner cette spirale du rejet qui caractérise l’évolution du traitement des demandes d’asile depuis un demi-siècle. Le quatrième chapitre prolonge le précédent en étudiant la même tournant historique mais en le considérant sous l’angle des forces de résistances et de soutien aux exilés et en montrant comment elles s’affaiblissent au fur et à mesure d’une professionnalisation associative qui amène une partie des militants à intérioriser les perceptions étatiques et à accompagner le mouvement de l’histoire.

Chapitre 3 – Xénophobie(s) et retournement de l’asile

1. L’impulsion (post)coloniale et technocratique (France)
- 1.1 Décolonisation et fermeture des frontières
- 1.2 Le décolonisé immigrant comme problème
- 1.3 L’inflation des taux de rejet des demandes d’asile (1973-1983)

2. Le tournant national-sécuritaire en Europe
- 2.1 Trois coalitions idéologiques en concurrence
- 2.2 L’hégémonie national-sécuritaire en construction
- 2.3 L’effondrement des soutiens aux exilés
- 2.4 L’utilitarisme comme alternative ? L’étranger utile sous contrôle

3. La spirale du rejet des demandes d’asile
- 3.1 Les usages politiques des taux de rejet
- 3.2 La radicalisation des rhétoriques de rejet
- 3.3 L’élévation tendancielle des taux de rejet

Chapitre 4 – Enrôlements et clivages associatifs

1. L’intériorisation des perceptions étatiques
- 1.1 L’admission en CADA : (pré)juger de la demande d’asile
- 2.2 Le conseil juridique en CADA : penser comme les juges pour aider les exilés
- 2.3 La « sortie de CADA » : justifier le jugement pour pouvoir le tolérer

2. La professionnalisation des associations
- 2.1 Interdiction de travailler pour les demandeurs d’asile
- 2.2 Professionnalisation de l’action associative
- 2.3 Une « technostructure » associative

3. L’affaiblissement des soutiens aux exilés
- 3.1 Division entre défense du droit d’asile et défense des sans papiers
- 3.2 Clivage et neutralisation de la Coordination Française du Droit d’Asile (CFDA)

.

III

Les deux derniers chapitres étendent le domaine d’observation du rejet des exilés à l’espace international. Le chapitre cinq traite de la politique européenne, relativement récente, qui reflète, une évolution d’ensemble des pays européens, une convergence européenne, dans un sens national-sécuritaire. La politique européenne dite « d’externalisation de l’asile » a ainsi conduit à une prolifération des camps d’étrangers sur les frontières commune de l’union et dans les pays limitrophes. Le chapitre six étudie le rôle d’un acteur central de cette politique mais également l’acteur historique du droit de l’asile contemporain tant en Europe que dans le reste du monde : le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) participe à l’externalisation de l’asile dont l’expérimentation au Maroc montre que des acteurs de solidarité peuvent jouer un rôle dans la mise en oeuvre de politiques répressives aux finalités diamétralement inverses à celles que ces acteurs entendent poursuivre.

Chapitre 5 – L’externalisation de l’asile hors d’Europe

1. Genèse de la politique européenne d’externalisation de l’asile
- 1.1 Gestation technocratique : le temps des fonctionnaires (sept. 2002 – juillet 2003)
- 1.2 Communication politique : le temps des ministres (janv. 2004- nov. 2004)

2. Au Marches de l’Empire du rejet : des camps d’exilés
- 2.1 La Libye
- 2.2 L’algérie
- 2.3 Le Maroc

Chapitre 6 – L’échec paradoxal du HCR

1. Finances et gouvernance européennes du HCR

2. Le rôle du HCR dans la genèse de l’externalisation de l’asile

3. HCR et associations au Maroc
- 3.1 – Files d’attente à Rabat, décisions à Genève (2005)
- 3.2 – Un nouveau clivage : asile externalisé ou droits fondamentaux ?
- 3.4 – A l’épreuve des rafles : aide d’urgence et focalisation politique

Conclusion

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Sarkozy, « despote éclairé » ou « député fainéant » ?

Posté par issopha le 15 janvier 2009

OMNIPRESIDENCE

Sarkozy, « despote éclairé » ou « député fainéant » ?

NOUVELOBS.COM | 14.01.2009 | 17:31

Entre François Hollande qui affirme que Nicolas Sarkozy « finit par faire regretter le temps des Mérovingiens » et René Dosière (PS), qui souligne que le chef de l’Etat était un « député fainéant », la stigmatisation des « rois fainéants » par Nicolas Sarkozy continue de faire parler.

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux le 31 décembre 2008 (Reuters)

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux le 31 décembre 2008 (Reuters)

L‘ancien premier secrétaire du PS François Hollande a affirmé mercredi 14 janvier que Nicolas Sarkozy veut « décider seul en République » et « finit par faire regretter le temps des Mérovingiens » alors que le président de la République avait stigmatisé les « rois fainéants ».
Sous le titre « monarchie absolue », le député de Tulle écrit sur
son blog : « Nicolas Sarkozy, dans une formule peu élégante à l’égard de son prédécesseur, a évoqué les rois fainéants pour justifier son activisme présidentiel depuis son élection ».
Mais, « exercer sa mission n’est pas décider seul en République. Avoir le pouvoir n’est pas détenir tous les pouvoirs. Et c’est là la dérive, le glissement, et pour tout dire la confusion », accuse François Hollande.

« Regretter le temps des Mérovingiens »

« Pour rester dans la métaphore monarchique, c’est du despotisme éclairé, ce qui finirait par faire regretter le temps des Mérovingiens », souligne le député.
Pour François Hollande, « la remise en cause du droit d’amendement, la volonté de limiter l’intervention du Parlement », la « manœuvre réduisant les marges d’actions de l’opposition », ce n’est « pas une modernisation, une rationalisation: c’est une mise au pas, une soumission, un abaissement ».
Et « quand le président décide lui-même de la fin du juge d’instruction (…) sans prononcer dans le même temps l’indépendance du parquet, c’est s’assurer pour le pouvoir en place les moyens d’éviter que de petits juges viennent régler de petites affaires plus ou moins nauséabondes que la politique peut parfois générer », selon lui.

« Député fainéant »

Nicolas Sarkozy, qui a raillé la semaine dernière les « rois fainéants », sans citer nommément Jacques Chirac, a été un « député fainéant », a affirmé mercredi le député René Dosière (app. PS), spécialiste du budget de l’Elysée.
« Lui en tout cas a été un député fainéant. En tout et pour tout, il a parlé moins d’une heure dans l’hémicycle pendant les 12 années où il a été député mais il a été payé à temps complet ! », a déclaré à l’AFP l’élu de l’Aisne.
« Les compromis, l’écoute de l’autre, on comprend mieux pourquoi il ne sait pas faire: il n’a pas la culture du député. Il a peu d’expérience législative donc il n’apprécie pas que le Parlement discute librement. Il ne comprend pas les procédures », a-t-il ajouté.
Dans un communiqué ironiquement intitulé « Les exploits parlementaires de Nicolas Sarkozy », M. Dosière indique que le chef de l’Etat n’a pas siégé 20 ans à l’Assemblée nationale comme il l’avait affirmé lors des vœux aux parlementaires mais seulement « 12 ans », sur les périodes 1988-1993 et 1995-2002.

Aucun débat parlementaire

En réalité, Nicolas Sarkozy a été député des Hauts-de-Seine deux mois et demi supplémentaires, entre le 13 mars et le 2 juin 2005, date à laquelle il était devenu numéro deux du gouvernement Villepin.
Durant ces années, poursuit René Dosière, il n’a participé à « aucun débat parlementaire », « n’a déposé aucun amendement » et « sa présence à l’Assemblée se résume à 10 interventions brèves: deux questions au gouvernement, soit quatre minutes, huit interventions de cinq à dix minutes, soit au total moins d’une heure de parole en 12 ans de vie parlementaire ! ».
« Pendant de nombreuses années, en 1988, 1991, 1992, 1993, 2000, 2001, 2002, on ne trouve aucune trace de sa présence à l’Assemblée. C’est dire à quel point son expérience parlementaire est faible, pour ne pas dire plus », souligne-t-il.
« Si chaque député prenait exemple sur lui, alors l’Assemblée nationale deviendrait inutile », ironise-t-il avant de lancer: « pour parodier Clemenceau, gloire aux députés qui parlent, honte aux députés qui se taisent ».

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La « rupture » de Nicolas Sarkozy a cédé devant la réalité

Posté par issopha le 4 janvier 2009

La « rupture » de Nicolas Sarkozy a cédé devant la réalité

 

Où est passée la « rupture » ? Il a fallu reculer face aux lycéens ; les emplois aidés pour endiguer le chômage sont de retour ; une volonté d’alliance avec la Russie est mise en avant… Lors des voeux aux Français, le 31 décembre 2008, Nicolas Sarkozy a annoncé un « monde nouveau ». N’est-il pas en train de retourner vers le monde ancien de son prédécesseur, Jacques Chirac ? Transformé en gestionnaire de crise permanent, le chef de l’Etat n’a-t-il pas abandonné cette rupture qu’il ne cessait d’invoquer et qui avait fortement contribué à son succès ? L’Elysée s’en défend. La rupture est là, elle s’appelle Nicolas Sarkozy. Quant aux réformes, explique-t-on, le président a annoncé leur poursuite : il demande à être jugé au terme du quinquennat. L’autonomie des universités, la réforme de la Constitution, celle de la représentativité syndicale finiront par porter leurs fruits, tandis que les réformes de l’hôpital, des collectivités locales, de la recherche, c’est promis, seront engagées. « On est dans la réforme, pas dans la révolution », assure Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

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Le concept de rupture avait été forgé après la prise de l’UMP, fin 2004. M. Sarkozy comprend alors qu’il ne peut remporter la présidentielle que s’il n’apparaît pas comme l’héritier de M. Chirac. Sa campagne contre l’immobilisme lui vaudra d’être taxé de libéralisme et d’atlantisme. Jusqu’au non français au référendum européen, bientôt suivi par la quasi-défaite d’Angela Merkel qui manque de perdre les élections en raison d’une campagne trop libérale. Nicolas Sarkozy « dope » alors sa rupture aux promesses sociales pour la France qui souffre. Il arrondit les angles en parlant de « rupture tranquille », clin d’oeil à la « force tranquille » de François Mitterrand.

Après un an et demi de présidence, le mot a disparu. « La rupture, c’est le refus de l’impuissance publique », assure un conseiller du président. « L’essentiel de la rupture réside dans le style, la pratique des institutions transformées », estime M. Copé. Le président fait tout, décide de tout. Ostensiblement. Malmenant la séparation des pouvoirs, il n’hésite pas à saisir la Cour de cassation après une décision du Conseil constitutionnel qui lui déplaît sur la rétention des criminels dangereux. Cette pratique est aux antipodes de celle prônée, en 2006, par M. Sarkozy ministre, qui plaidait « pour une présidence moins monarchique ». Mais elle apporte « plus de transparence ».

Après la parole présidentielle rare, inventée par Jacques Pilhan, conseiller en communication de François Mitterrand puis de Jacques Chirac, M. Sarkozy est partout en première ligne et ses conseillers, les vrais décideurs de la France, apparaissent dans les médias. Cette omniprésidence contredit l’esprit de la réforme constitutionnelle, adoptée en juillet 2008 et censée renforcer les droits du Parlement, paradoxalement défendue bec et ongles par le chef de l’Etat.

Le style Sarkozy menace la vraie rupture, celle qui devait réformer plus vite la France. A court-circuiter les corps intermédiaires, on les braque. La magistrature, malmenée par la garde des sceaux Rachida Dati, n’est pas seule concernée. Les syndicats ont été ravis d’être reçus aussi souvent, avant de déchanter quand ils ont compris que M. Sarkozy déciderait tout seul sur les 35 heures.

La petite musique élyséenne met ouvertement en cause l’inertie des corps intermédiaires. « L’impulsion politique est en totale rupture. Mais la difficulté est de faire embrayer l’administration, le Parlement, les institutions », assure Franck Louvrier, responsable de la communication du président. « C’est Sisyphe », soupire le conseiller Henri Guaino. M. Sarkozy, qui dénonçait, en 2005, les réformes « homéopathiques » dont on a « tous les inconvénients sans les avantages », aura vite réduit ses ambitions. « Dès l’été 2007, il a choisi d’avoir un tempo de réforme plus lent. Mais peut-être que sa micheline ira plus loin qu’un TGV qui serait rentré dans le mur », explique un proche.

Le doute sur la rupture est aussi né d’un non-choix en matière économique. Le quinquennat débute par une révolution idéologique : avec son «  »travailler plus pour gagner plus« , le nouvel élu croit avoir remporté la bataille des valeurs contre la gauche, ce qui lui permet de vider de leur substance l’impôt sur la fortune, les droits de succession, les 35 heures. La loi passe, mais il se fait, selon ses propres mots, « enfoncer » politiquement par le PS, qui dénonce un cadeau aux riches. Surtout, il n’a pas choisi entre baisse brutale des impôts, qui forcerait ensuite à réduire le poids de l’Etat, et maintien d’une certaine orthodoxie budgétaire. La crise financière met un voile sur l’échec politique du paquet fiscal, mais marque un retour à une France dépensière et étatiste. « Il va falloir surveiller la comptabilité de la relance pour gérer la crise et la réduction de la dette. C’est très explosif pour l’avenir », souligne M. Copé.

La promesse de réduire de quatre points les prélèvements obligatoires est caduque. La priorité accordée aux classes moyennes, oubliée. « Nous avions dit que nous soutiendrions notre électorat et les classes moyennes, mais on a décidé de réintroduire les emplois aidés. La prime de Noël n’a jamais été aussi élevée, le RSA n’est pas financé par une réduction de la prime pour l’emploi », note un proche du président. Les marges de manoeuvre sont limitées par la crise. Un conseiller déplore qu’il soit impossible de mener une révolution fiscale pour baisser le coût du travail, la TVA sociale ayant été torpillée, tandis que le contrat unique n’a pas vu le jour.

Sur le fond, la rupture la plus forte est intervenue en politique étrangère, domaine où le président a les mains les plus libres. « M. Sarkozy est revenu aux fondamentaux de la droite française d’avant le gaullisme, l’occidentalisme », analyse l’ancien ministre des affaires étrangères socialiste Hubert Védrine. Le président français est par conviction dans le camp des Etats-Unis et d’Israël. « Je veux rompre avec ce cancer qu’est l’anti-américanisme, qui empêche la diplomatie française de se déployer », expliquait-il en juillet 2008. M. Sarkozy a utilisé efficacement cette stratégie pour s’imposer en Europe, dont il a compris, à la différence de M. Chirac, qu’elle pouvait être un levier pour l’influence française. Ce levier est toutefois précarisé par la mésentente durable avec l’Allemagne d’Angela Merkel.

En revanche, l’engagement en faveur des droits de l’homme, proclamé le soir de son élection, a fait long feu. Le président Sarkozy est séduit par la brutalité du premier ministre russe Vladimir Poutine et veut dialoguer avec le président Dmitri Medvedev ; il a cafouillé sur la Chine et sa rencontre avec le dalaï-lama et n’a pas rompu avec la Françafrique. L’aveu du retour à la « realpolitik » a été prononcé par Bernard Kouchner lui-même, qui a regretté, en décembre 2008, la création d’un secrétariat aux droits de l’homme.

Arnaud Leparmentier

La écouvrez les réactions des abonnés du Monde.fr à la lecture de cet article.

PHILIPPE L.
04.01.09 | 10h54
Arnaud Leparmentier a raison de noter le mépris du pouvoir central à l’égard des corps intermédiaires et la difficulté qui en résulte pour la mise en oeuvre des réformes. Même si ces corps sont conservateurs par nature, ils constituent, dans un « vieux pays », des points d’appui indispensables. Il en va ainsi des collectivités locales, méprisées, humiliées, accusées en permanence, alors que 500 000 élus locaux et 1,5 million de fonctionnaires territoriaux travaillent au quotidien pour les Français

Guy L.
04.01.09 | 10h47
Laborieux… dédales et labyrinthes d’explications pour finalement constater qu’on ne navigue pas de la même manière par gros temps que par mer calme. Prendre de la hauteur ou préfèrer la loupe, l’auteur a choisi la deuxième solution…

JUAN H. à THIERRY P.
04.01.09 | 10h44
Non ! MITTERRAND et les autres n’ont pas essayé grand chose pour aller vers une société plus égalitaire et solidaire. Bien au contraire : ils n’ont fait que du réformisme à tout crin, renforçant les prérogatives du capitalisme, tout en lui laissant grignoter les droits sociaux arrachés par les générations antérieures… Et le si «réaliste» SARKOZY, après CHIRAC, ne fait que poursuivre cette destruction sociale… Le réveil inéluctable de ses victimes ne fera-t-il pas un jour des ravages ?

ALAIN T.
04.01.09 | 10h07
Français, Françaises, le Parti socialiste est au travail… alors tout espoir est permis…!

ALAIN T.
04.01.09 | 10h04
Pour une fois que l’on a un homme qui se soucie de l’adaptation constante aux accidents de terrain… Les « bavardages intelligents » continuent à nous démontrer que tout est raté…

Clovis
04.01.09 | 09h03
Mais cette rupture n’est-elle pas précisément la volonté de réconcilier la politique en France avec un certain pragmatisme? Rompre avec des fractures et préjugés idéologiques jugés dépassés par la prise en compte de la réalité dans toute sa complexité? Rien à voir avec l’immobilisme chiraquien ou l’hypocrisie mitterrandienne… bien au contraire!

Fabio F.
04.01.09 | 08h52
Du temps de Chirac, la France n’aurait pu jouer le rôle de médiateur lors de la crise Georgie-Russie, ni celui que les différentes parties du conflit du Proche-Orient lui demandent de jouer dans l’actuelle crise à Gaza. Le Chirac pote de Poutine, et d’ »Ils ont perdu une opportunité de se taire », n’aurait eu aucune crédibilité auprès des Georgiens, comme non plus auprès d’Israël après l’esclandre médiatique recherché par lui lors de sa visite à Jérusalem en 96. Voilà la rupture!

Christian M.
04.01.09 | 08h27
Bling bling a le mérite selon ses amis de tenir compte de la réalité, son pragmatisme étant sa force. Quel dommage qu’il n’ait pas fait campagne sur ce thème unique, il aurait tout bon et les sondages a 65% qui vont avec.

Christian M.
04.01.09 | 08h17
Le pragmatisme, nouvelle clef de voute de la politique de Bling Bling, a « l’inconvénient » de mettre sous le boisseau ses promesses électorales de réformes. Mais il a pour avantages de pouvoir continuer à en parler dans le poste. Les promesses verbales n’engagent que ceux qui y croient ; à ce titre le bilan 2012 va faire perdre leurs cheveux aux Bling Bling plumes.

Michèle R.
04.01.09 | 08h08
La crise a aidé NS dans un premier temps à masquer sa responsabilité dans la débâcle des middle class, dans un deuxième temps elle révèle la part d’opportunisme et de calculs machiavéliques du personnage. Après le « tout pour parvenir au pouvoir », c’est le « va-tout pour s’y maintenir » : mais l’échéance à 5 ans ne donnera pas d’autre résultat que l’achèvement de la curée du service public en faveur du « tout pour le privé » qui lui a valu ses principaux soutiens pour parvenir au faîte de l’Etat.

antan
03.01.09 | 23h23
Comme il s’était écrié à Neuilly en 1984 « Je les ai tous niqués », il l’a fait aussi en Mai 2007 avec tous les Français avec de belles promesses qu’il n’a pas tenues. S’il veut garder le pouvoir il a intérêt a bien s’accrocher car nous les classes moyennes, on a de la mémoire, surtout lorsqu’on touche à notre fric ; et je lui rapelle qu’on est 12,5 millions d’épargnants qu’il a « couillonnés ».

paolo
03.01.09 | 23h11
Rappelons à Sarko ce qu’il advint de G. Bush père : battu après une campagne militaire victorieuse contre l’Irak de S. Hussein. Il avait trop négligé les affaires intérieures en faveur de sujets plus spectaculaires sur la scène internationale. Sarko l’Américain fait la même chose. Il recherche les succès internationaux, grisé par sa présidence de l’UE. Un petit conflit hors des frontières, c’est mieux que dedans et c’est supposé bon pour le moral. Les dictatures finissent toujours ainsi.

JUAN H.
03.01.09 | 22h12
À ceux qui ne l’auraient toujours pas compris, il faut dire que le but du «maître du haut château» est le POUVOIR pour lui-même, son parti, sa famille, et copains, pour les décennies à venir. Avec l’aide de conseillers zélés et de collaborateurs soumis, il transforme notre «République historique»… en ce que LE PEN lui-même n’aurait pu rêver : une «dictature molle»… Son dernier abus de pouvoir : la main mise sur les «mass média publics»… n’est-elle pas une preuve suffisamment convaincante ?

LibertéEquitéSolidarité
03.01.09 | 22h10
Plutôt que de gloser sur les reculs de Sarkozy devant la « réalité », il serait préférable de s’étendre sur les conséquences à moyen et long terme de la non-mise en oeuvre de ces réformes. Le renvoi de la réforme des lycées aux calendes grecques est beaucoup plus une défaite pour les jeunes sans capital culturel et social que pour Sarkozy ! Idem pour la santé, les retraites, etc. En bout de chaîne, c’est pour les plus démunis que la défaite sera la plus cinglante. Comme d’habitude.

THIERRY P.
03.01.09 | 21h49
NS a le mérite de tenir compte de la réalité, à l’inverse de Mitterrand qui prétendait adapter la société à l’idéologie socialiste (souvenons- nous du fameux « Ministère du temps libre ») avant de reconnaître son impuissance (le « on a tout essayé » contre le chômage), ou du tandem Jospin-Aubry et de leur calamiteuse initiative des 35 h. NS est aux manettes et il choisit, pour l’heure, entre le possible et le souhaitable. Son activisme menace tant de citadelles bâties sur tant de renoncements…

LE PETIT RAPPORTEUR
03.01.09 | 21h09
Il existe indéniablement une rupture depuis l’élection de Sarkozy. Les déficits sont jugulés, le service de santé est socialement rénové, le système de retraite est préservé, le déficit extérieur est limité, la gestion du pays est saine et redistributive, la solidarité a le vent en poupe et le paupérisme est en voie d’extinction malgré la crise économique due à un libéralisme débridé dont Sarkozy a toujours été le pourfendeur. Le pays est bien gouverné par un génie et les résultats sont là !

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Fabien
03.01.09 | 20h41
Rupture, rupture… Déjà, fin 2007, il annonçait des restrictions pour ses ministres et des déplacements en province pour lui : http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_ weblog/2007/12/sarkozy-serre-l.html Et que fait-il cette année ? En fait de rupture, il en a fait une, au moins : celle du jeûne du Ramadan, à la Grande mosquée de Paris, notre Chanoine honoraire de l’archibasilique de Saint-Jean de Latran. C’est mieux que rien.

j pierre b.
03.01.09 | 20h12
La seule réalité est qu’il n’a pas réussi à sortir de son « commisariat de quartier  » pour devenir président, la rupture n’a pas eu lieu….

a
03.01.09 | 20h11
Je ne pense pas que la crise « jette un voile » sur le calamiteux TEPA. Ou alors, un voile très précaire,et bien transparent: Côté heures sup, TEPA conduit en pleine recrudescence du chômage, à subventionner les entreprise qui recourent aux H.S. plutôt qu’à l’embauche. Côté bouclier fiscal, elle exonère par avance les plus riches de l’accroissement de l’effort qui devra être demandé à tous sauf eux pour rembourser les dizaines de milliards d’aide fournies sans contreparties aux banques.

Solemnis
03.01.09 | 20h02
Rupture? Est-il besoin de rappeler qu’après avoir été l’exceptionnel ministre du budget du novateur Balladur, NS a toujours été un « suiveur » opportuniste. Et sa présence dans tous les gouvernements depuis 2002 l’a amplement démontré. Mais de quelle rupture voulez-vous parler? ?? Combien de temps faudra-t-il encore pour que la phraséologie vide de sens du candidat Sarkozy ne soit plus confondue avec une véritable pensée politique? Les vessies et les lanternes, vous connaissez?

ilud
03.01.09 | 19h42
mon dieu, mais que va-t-on pouvoir écrire pour Sarko II en 2012 ?

C’est long !
03.01.09 | 19h35
Et il y en a encore pour 1219 jours.

THOMAS T.
03.01.09 | 19h35
Franchement, il faut que j’arrête mon abonnement au Monde, car je paie une somme d’argent par mois, pour lire une critique…qui n’est pas une critique de la politique de monsieur Sarkozy ! Et puis zut, autant attendre la fin des temps pour voir la merde dans laquelle on est à cause d’une bande d’illuminés qui finance avec nos impôts la richesse de certains ! Que faire, que faire ! Rien, le néant, place au néant, tellement c’est affligeant ! Affligeant, vive le parti unique, l’UMP !

Brice Blazy
03.01.09 | 19h34
le Président élu réalise que ce qui apparaîssait comme le pouvoir suprème ne peut s’exercer sans relais. les relais sont devenus des contre pouvoirs très puissants du fait des vagues de décentralisations (état, région, département, agglos, sictom, mairie,…) Au lieu de cela nous assistons à des guerre de chapelles de plus en plus couteuses aux frais du contribuable qui ne sait plus vers qui se tourner afin de régler les problèmes de la vie quotidienne. Le Président doit trouver ses relais.

Suggestion
03.01.09 | 19h33
Puisqu’on ne peut pas le virer avant 3 ans et demi, on pourrait lui suggérer de nommer Aubry comme premier ministre (si vous préférez Delannoë, va pour Delannoë) qui s’occuperait de la France (Hôpitaux, Education, Développement durable, etc.) et il serait libre de voyager comme bon lui semble. Un peu comme Chirac avec Jospin.

Sylvie P.
03.01.09 | 19h31
certes écrire « a cédé » sonne comme une anticipation. Mais je crains que la rupture d’un seul (NS), un leurre électoral, devienne tout ou tard une grand solitude, car un pays, ça se gouverne.

De ma presqu’ile
03.01.09 | 19h13
Quelque que soit le contexte, croissance ou crise,cette analyse néglige totalement les raisons profondes de l’ambition personnelle de NS: vendre, sous prétexte de réforme(s),les derniers avoirs collectifs des français à ses amis ou pour le profit de ses amis. Une analyse approfondie du dossier Alstom par ex. permettrait au Monde de commencer à y voir clair.Tout le reste n’est que rideau de fumée et cirque pour le petit peuple. Son objectif : enrichir ses amis qui le lui rendront bien ensuite.

kickaha – Baratin
03.01.09 | 19h06
Le plus drôle c’est le baratin qu’il nous a fait au sujet du rétablissement de l’Autorité a l’école. Pour ensuite faire mettre en prison un enseignant qui avait gifflé un élève l’ayant insulté… Dommage que le pays reste figé dans l’immobilisme, mandature après mandature…

Francois F.
03.01.09 | 18h54
Comme déjà dit: « s’il ne peut assurer la catastrophe, l’opposition pourrait s’en emparer »

olivier M.
03.01.09 | 18h51
Avant de mettre en cause les « corps intermédiaires », il faudrait peut être regarder du coté des « concepteurs » de ces réformes qui n’ont pas du passer beaucoup de temps à analyser la situation et identifier ce qui est vraiment à réformer. Si toutes les réformes sont aussi bien préparées que celle des universités il ne faut pas s’attendre à beaucoup de progrès.

Yves
03.01.09 | 18h44
Oui, la rupture promise par NS n’était destinée qu’à gagner l’élection en évitant de se poser en héritier de Jacques Chirac, tout en étant un membre éminent des différents gouvernements du second mandat. Le volontarisme ne suffit pas à faire une bonne politique. Le problème essentiel de notre pays est celui de la répartition de la valeur ajoutée entre capital et travail. Les différents gouvernements (de droite et de gauche) n’ont pas su pour le moment attaquer de problème. Alors…

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Louis D.
03.01.09 | 18h43
La seule vraie rupture ce serait celle qui abandonne le capitalisme au profit d’un système plus performant et plus juste au sens humain. Sans doute trop difficile pour des hommes politiques dont la pensée est coulée dans l’occidentalisme triomphant de l’après-guerre.

yoousmarais
03.01.09 | 18h42
Rupture…mais en quoi? Lorsqu’un ultra libéral prend la place d’un ultra libéral, je m’interroge sur la nature de la rupture. La grande majorité des décisions prises vise à accroitre la richesse de ceux qui l’ont acquise et à appauvrir les autres. Quant à l’impuissance, elle serait plutot l’apanage de ces libéraux qui préconisent de privatiser les services qui dégagent de la marge pour, en revanche, étatiser les pertes et crier à l’aide dès que leur incurie met les comptes dans le rouge.

Gladiator
03.01.09 | 18h37
La rupture n’est pas idéologique puisque Sarkozy malgré ses rodomontades a été de tous les gouvernements depuis 2002, a soutenu la politique qu’il dénonce maintenant et qu’il était patron de l’UMP avant 2007; tout ça c’est bling-bling- abracadabrantesque! Par contre, la rupture avec les Français, elle est bien là ….

Jean-Alain L.
03.01.09 | 18h37
Une volonté de réformer ne suffit pas. Il faut qu’elle soit portée par une confiance dans un plus de justice et plus de progrès social. Rien depuis 2 ans ne va dans ce sens et la critique du capitalisme par le président bling bling et ses amis du Fouquet’s n’est tout simplment pas crédible. La « rupture a cédé devant la réalité » ? Etait elle authentique ou participait elle du vent médiatique qui emporte le système des néocons ? Le jouet est cassé Mr le président.

Zébulon II
03.01.09 | 18h37
La seule rupture qu’incarne Zébulon Ier, c’est celle de la France qu’il s’ingénie, qque que soit le sujet, à couper en 2 : privé contre fonctionnaires, actifs contre chômeurs, vieux contre jeunes. Zébulon Ier n’agit que dans la confrontation, il est en train de briser la solidarité qui régnait dans la société française et cela sera lourd, très lourd de conséquences, surtout en période de crise, quand la rue s’enflammera !!!

michel a.
03.01.09 | 18h28
La réalité est quelque chose de tout à fait encombrant, en politique comme ailleurs. Le mieux à faire, c’est de ne jamais en tenir compte et de vivre dans le rêve. C’est plus facile quand on est riche et bien portant, mais les autres n’ont qu’à faire un effort…

Gigi23
03.01.09 | 18h13
Les Francais ont elu un pompier… Specialiste des incendies, il n’a aucune vision pour la France.

LIONEL P.
03.01.09 | 18h10
Comment incarner un état « protecteur » quand on le désosse à l’image de ces bateaux entrevus en Inde sur des chantiers de démolition? Comment justifier qu’on maltraite les enseignants, les personnels soignants et qu’on en réduise le nombre, quand ceux-ci incarnent non seulement une dépense mais aussi et surtout un investissement pour le bien commun présent et à venir, et accessoirement des salariés qui consomment? Combien de jeunes sans emplois stables pour créer des CDD dans le secteur public?

GURA4316
03.01.09 | 17h52
Certes, il y a les contingences.La crise du système libéral oblige NS à biaiser. Mais quant à la ligne globale elle reste, noyée dans un tourbillon de paillettes destiné à distraire l’attention. Le souci affiché des classes moyennes, le travailler plus… n’étaient que de la propagande pour gagner les élections. Le fond demeure, diminuer les couts salariaux, diminuer les impots pour les riches et continuer à démolir le service public au bénéfice de ses copains, Bouygues, Leclerc , Bolloré.

Pierre G.
03.01.09 | 17h43
Cet article est un tableau. Une belle description bien reflechi. L’auteur aimerait bien conclure par une petite démonstration d’anti-sarkozysme, mais n’y arrive pas. Oui, la crise change totalement la donne. Les engagements ne peuvent logiquement plus être tenu. Il faut s’adapter. Et ensuite ? quelle démonstration ? Il assure ou il se plante ? La faiblesse de l’opposition me donne un élement de réponse.

fejjf
03.01.09 | 17h33
c’était juste la rurupture, a droite toutes… Plus de ministres et de conseillers qu’avant toujours plus de dépenses, bref ce qu’on appelle une noyade forcée

THIERRY L.
03.01.09 | 17h31
Monsieur Sarkozy aurait pu, selon la tradition, être inutile comme beaucoup d’autres avant lui, mais monsieur Sarkozy a choisi une autre voie, gouverner le pays selon ses pulsions (et celles de ses proches conseillers) moyennant quoi il est devenu nocif. Qui peut par exemple justifier aujourd’hui le « Paquet Fiscal » ? (réduction d’impôts de 15 milliards d’€/an réservée aux contribuables les plus aisés). Le chomage explose ? Le déficit budgétaire est indécent ? pas grave les riches sont à l’abri !

Roger L.
03.01.09 | 17h24
L’inventaire est complet, ce qui rend le constat plutôt cruel. L’échouage du projet sarkozien était de toute manière inévitable, même sans la crise, tant paraissaient inconciliables les promesses. Pour l’instant, curieusement, le Président continue à vivre sur son capital de mots. On lui accorde encore un vague crédit de réforme mais le mirage, une fois dissipé, risque de révéler les échecs: cadeaux aux riches, demi réformes qui ne donneront pas de résultats significatifs, dette effroyable.

Emile G.
03.01.09 | 17h07
Un inventaire triste, sinistre même pour le citoyen. Mensonges, reniements, tromperies, reculades, dérobades, faux semblants, artifices : voilà les mots que l’on peut accrocher à chaque ligne de cet inventaire. Et ce monsieur ose s’appeler chef d’Etat ! Il est sain et courageux que M. Leparmentier ait osé établir ce funeste bilan.

THIERRY L.
03.01.09 | 17h05
« Transformé en gestionnaire de crise permanent », l’expression est juste. Moyennant quoi monsieur Sarkozy ne sait pas où il va et nous non plus. Comme ces prédécesseurs, il occupe la fonction suprême, peu importent la manière et les circonstances pourvu qu’il laisse une trace, SA trace, dans l’histoire. L’histoire qui oubliera peut-être ses comportements mafieux (grâce de Marchiani) et ses amitiés avec les milliardaires mais sûrement pas le torrent de promesses devenues caduques avec le temps.

G.
03.01.09 | 16h32
Pourtant la réalité, ce n’est pas M.Sarkosy et le gotha qui l’entoure qui la vivent, ce sont avant tout les gens de milieu modeste et peu fortuné.

OMER
03.01.09 | 16h30
« travailler plus pour gagner plus  » est un slogan de campagne de Sarkozy rappelé ici par lemonde.fr d’une manière un peu étrange .En effet , son auteur indique avant que « travailler plus …. » renvoie à une « révolution idéologique » qui serait le début quinquennat . Attribuer à ce slogan le qualificatif d’ « idéologique » n ‘est -il pas excessif ? Quant à lui attribuer un caractère  » révolutionnaire  » , de quelle révolution s’agit -il ? Copé confirme : « on est (..)pas dans la révolution « .

z
03.01.09 | 16h25
origine de la dite rupture : NS ayant quitté le camp Chirac pour le camp Balladur lors des présidentielles de 95 il est devenu la bête noire des Chiraquiens. Il s’est alors servi de ses mauvaises relations avec la camp Chirac pour apparaitre comme une rupture par rapport au camp chiraquien. Le camp chiraquien étant discédité, la tactique s’est révélée payante. Mais sans l’épisode Balladur, NS se poserait il aujourd’hui comme la rupture ?

Laurent L.
03.01.09 | 16h17
… de « lâcher les freins », et en particulier de réduire le poids de l’Etat. En contexte de crise, il s’agit d’abord de limiter la casse « sociale » => retour à certaines recettes précédentes. Que les déficits augmentent et qu’on prenne des mesures de soutien en période de récession, c’est logique. Les vrais coupables de la situation de la France sont ceux qui, par opportunisme électoral, ont fait vivre le pays au dessus de ses moyens pendant 35 ans: principalement Mitterrand et Chirac.

Laurent L.
03.01.09 | 16h11
Il y a beaucoup de points vrais dans cet article, mais à force de vouloir enfoncer Sarko (ligne éditoriale majeure du Monde depuis le changement de direction, et, j’imagine, depuis qu’il a compris que c’est ça qui fait vendre auprès de son public), il oublie l’essentiel: c’est qu’il est évident qu’on ne pilote pas un pays en période de crise mondiale comme en période de prospérité. La campagne de 2007 s’est déroulé dans un contexte de croissance où la France était à la traîne. L’enjeu était…

olivier l.
03.01.09 | 16h10
« A cédé » ? Vous vous moquez de nous? Sarkozy est en train de tout casser : l’école, l’université, la santé publique, la télé publique, et tout ce qui reste de service public sans que personne de fasse rien (les français sont aux sports d’hiver disent les journaux).Pourtant il n’y a plus d’opposition, et les gens ont peur de l’ouvrir. Quant à la réalité, notre Zébulon national l’a congédié depuis longtemps. Il n’a rien cédé du tout, le déni de réalité continue, et c’est là le problème.

Dubonsens
03.01.09 | 16h06
Article globalement plutôt critique mais, par souci de ménager la chèvre et le chou, le journaliste s’emmêle un peu les pinceaux et surtout n’aboutit nulle part ! Le nouveau « style » du Monde le conduit inéluctablement à son enlisement et au désamour de son lectorat fidèle.

michel j.
03.01.09 | 16h02
finalement, cher journaliste arnaud, tout est noir pour vous !!!

artru+marie
03.01.09 | 15h35
Ou comment Leparmentier nie la realite du changement car la France qui marche, ca l’embete…

Christiane D.
03.01.09 | 15h33
« l’Elysée met ouvertement en cause l’inertie des corps intermédiaires ». En effet, Ces corps sont devenus des Etats dans l’Etat ! C’est ce que le Français lambda voulait changer, mais comme d’habitude effrayé par son audace et possible perte de privilièges, il recule. Ce pays cigale vit en blocage permanent, d’où son déclin marqué. Quant à s’aligner sur la politique américaine, c’est une sottise quand on en voit les résultats. Par contre, si c’est pour faire tourner l’industrie, c’est réussi.

baragiano
03.01.09 | 15h29
tel était pris qui croyait prendre?

Renaud d.
03.01.09 | 15h29
Un article extremenent partisan que pourrait signer la totalite ( 50%+50%) du parti socialiste. Aucun commentaires sur la capacite d’adaptation et l’absence totale d’ideologie qui permet de faire des choix en face de chaque nouvelles situation. Rupture par rapport a Jospin et la gauche plurielle qui ne decide que par ideologie et rupture par rapport a Chirac qui decide de ne rien faire.

Olivier R.
03.01.09 | 15h21
Le problème au fond est que le paysage politique français est totalement misérable, et que la « meilleure tête » est Sarkozy. C’est dire l’état de déliquescence de la classe politique.

christophe d.
03.01.09 | 14h51
Journalisme ou militantisme PS ??

alain sager (nogent sur oise)
03.01.09 | 14h49
La meilleure preuve de la continuité est là. Comme les autres présidents de la République, l’actuel s’amuse beaucoup plus en politique étrangère qu’en politique intérieure. En fait, la France, c’est le boulet qu’il faut se coltiner, alors qu’on se sent des ailes dans l’international. Qu’on se rappelle de Gaulle. Il préside une réunion sur la stratégie militaire. A un moment, un officier s’inquiète : « mais l’intendance, mon général ? » – « L’intendance suivra » réplique-t-il. Un détail encombrant…

L’exercice du pouvoir a eu raison des tentations communautaristes

 

Discrimination positive, politique de quotas et statistiques ethniques, en passant par les lois mémorielles : vingt mois d’exercice du pouvoir ont effacé de la vulgate sarkozyste tout ce qui, de près ou de loin, pouvait être interprété comme un signal favorable au communautarisme.

Le chef de l’Etat a refermé ce chapitre essentiel de la « rupture » lorsqu’il a présenté, le 17 décembre 2008, à l’Ecole polytechnique, les mesures qu’il souhaite voir mises en oeuvre en faveur d’une « égalité réelle des chances ». « Répondre au défi de la diversité en recourant à des critères ethniques ou religieux conduirait à prendre le risque de dresser les communautés les unes contre les autres et enfermer chacun dans son identité et son histoire », a affirmé le président, en indiquant « avoir mûrement réfléchi » à la question.

 

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Cadrage La « rupture » de Nicolas Sarkozy a cédé devant la réalité

Eclairage M. Sarkozy devra obtenir des résultats concrets face à la crise

Réactions M. Hamon (PS) : le président « à l’aise pour se décerner des palmes »

Les faits Nicolas Sarkozy : « Nous allons sortir renforcés de cette crise »

Verbatim L’intégralité de l’allocution présidentielle

Nicolas Sarkozy avait déjà mûrement réfléchi à ces questions bien avant d’entrer à l’Elysée. Pour en conclure, alors, qu’il y avait là matière à se distinguer nettement de ses principaux adversaires et rivaux, au premier rang desquels figuraient Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Arguant de l’échec du modèle républicain d’intégration – qui assigne à chaque citoyen, quelles que soient ses origines, des droits et des devoirs -, M. Sarkozy a longtemps plaidé en faveur d’une prise en compte explicite de ces origines. Il estimait que c’était le seul moyen de mesurer et de corriger des discriminations persistantes.

GARANT DES MÉMOIRES

Partant de ce diagnostic, M. Sarkozy a multiplié les gestes et les déclarations visant à faire reconnaître l’identité culturelle et religieuse des minorités vivant en France. Ses deux passages Place Beauvau – dans les gouvernements Raffarin (2002-2004) et Villepin (2005-2007) – lui ont permis de creuser ce sillon.

Ce fut d’abord la mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM). Puis des plaidoyers de portée plus générale et systématique en faveur de la discrimination positive – jusqu’à souhaiter publiquement la nomination d’un « préfet musulman » – et de son outil, le comptage ethnique. « Je n’ai toujours pas compris pourquoi certains trouvent choquant que l’on répertorie en France les catégories de populations selon leur origine. (…) Si l’on refuse de reconnaître la composition de la société française, comment pourrons-nous intégrer ceux à qui l’on nie leurs spécificités et leur identité ! », s’est ainsi exclamé M. Sarkozy, le 2 mai 2006, lors de l’examen par les députés de son texte sur l’immigration.

Quelques mois plus tôt, M. Sarkozy avait déjà fait une incursion remarquée dans la vaste querelle de frontière entre histoire et mémoire qui avait surgi après le vote d’un amendement sur « le rôle positif » de la colonisation, et relancé de multiples revendications identitaires. En confiant à l’avocat Arno Klarsfeld un « travail approfondi sur la loi, l’histoire et le devoir de mémoire », le président de l’UMP s’était érigé en garant des mémoires ; et des « communautés » correspondantes, qui représentaient des réserves de voix non négligeables dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007. M. Sarkozy a toutefois atténué ce type de messages lorsqu’il est entré de plain-pied dans la campagne présidentielle. En décembre 2006, son conseiller Henri Guaino était formel : « La France est foncièrement anticommunautariste. Le principe d’égalité est sa clé de voûte. L’unité est une obsession. On ne peut revendiquer le communautarisme si on veut incarner ce pays. »

Deux rapports ont récemment achevé de convaincre le président d’oublier certains de ses anciens penchants. Le 18 novembre 2008, la mission d’information de l’Assemblée nationale sur les questions mémorielles a invité le Parlement à ne plus légiférer sur l’histoire ni prescrire le contenu des manuels scolaires. Un mois plus tard, Simone Veil a remis à M. Sarkozy un autre rapport excluant, celui-ci, toute réécriture du préambule de la Constitution qui permettrait d’instaurer une politique de discrimination positive sur des fondements ethniques.

Jean-Baptiste de Montvalon

La direction de l’UMP veut investir la Toile pour fonder un réseau communautaire

 

Le nouveau secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, devra mettre en œuvre la mutation : basculer le parti sur Internet. Inspiré par les méthodes de Barack Obama, qui avait fait de la Toile son arme de communication, Nicolas Sarkozy a donné six mois aux dirigeants de l’UMP pour se doter d’une infrastructure performante.

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Depuis l’été 2008, une cellule stratégique, composée d’un spécialiste des études d’opinions, Pierre Giacometti, du communicant Christophe Lambert, du publicitaire Jean-Michel Goudard et de l’ancien journaliste Patrick Buisson, a élaboré un diagnostic. Chaque semaine, la cellule s’est réunie autour de Xavier Bertrand et de Nathalie Kosciusko-Morizet. A la lecture des études apportées par M. Giacometti, la direction de l’UMP a étudié à la loupe les attentes des Français et leurs relations aux partis politiques.

Le diagnostic posé, l’UMP a sélectionné, en décembre, l’agence Isobar pour refonder son site Internet et inventer les outils d’un réseau communautaire. Le chef de l’Etat veut faire de l’UMP un parti de masse, capable de dépasser les seuls militants pour s’ouvrir à des publics non encartés mais intéressés par la chose publique. Et susceptible, en période électorale, de transformer un membre de la communauté en relais d’opinion.

Premier parti de France avec 280 000 adhérents, l’UMP a vu fondre ses effectifs comparé à la campagne présidentielle de 2007, où elle avait atteint 375 000 adhérents. Sous la pression de M. Sarkozy, Patrick Devedjian avait dû inventer des stratagèmes pour regagner des militants.

L’EXEMPLE DE BARACK OBAMA

Il avait notamment décidé d’avancer l’échéance du renouvellement des instances locales pour inciter les militants à renouveler leur adhésion. Il avait acté l’organisation de primaires pour les élections régionales. Mais les dirigeants savent qu’ils ont atteint un plafond dans la configuration actuelle.

Le tournant d’Internet va impliquer des choix stratégiques et financiers, ainsi que des redéploiements de personnel pour ce parti qui emploie déjà 110 personnes. « Nous allons changer les métiers de l’UMP, aller vers plus de professionnalisation », explique un membre de la direction. Là aussi, le parti prend exemple sur Barack Obama, qui s’était entouré des meilleurs professionnels de la Toile, en recrutant notamment le cofondateur du réseau Facebook, Chris Hughes.

Jusqu’à présent, les tentatives de l’UMP pour investir Internet n’ont pas été vraiment concluantes. Les « ateliers du changement » organisés autour d’économistes sur le thème de la refondation du capitalisme et diffusés en direct sur le site n’ont pas drainé un public massif. Ni les nouveaux formats de débats de société, « Controverses » et « Agit’pop », animés par Mme Kosciusko-Morizet.

« Le but est de montrer que le débat d’idées s’exerce à l’UMP et non plus à gauche », justifie la direction. Les conseillers de M. Sarkozy ont pour seule ligne d’horizon 2012. « C’est dans la campagne présidentielle qu’un parti, un candidat, peut susciter des mouvements de fond d’adhésions. Et c’est à ce rendez-vous que nous nous préparons », expliquent-ils.

Sophie Landrin

découvrez les réactions des abonnés du Monde.fr à la lecture de cet article.

David T.
03.01.09 | 18h58
Et quel slogan ces génies vont ils nous pondre: la continuité agitée, ou la rupture tranquille? Obama avait un truc à vendre lui!

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David I.
03.01.09 | 11h04
Je suis étonné par le contenu de toutes les informations que nous offre la journaliste du Monde… quelle précision! J’attends donc le 24 janvier pour trouver confirmation. Je ne manquerai pas d’en faire l’analyse. Et puisque c’est le moment des voeux… j’aimerais que monsieur Le Monde soit pour l’année qui vient et les autres… un peu plus précis, un peu plus analytique, un peu plus objectif! C’est un des voeux! Alain de C

VISITEUR DU SOIR
03.01.09 | 00h07
Voila Patrick Buisson qui sort du coin du bois ! Le crypto frontiste qui a inspiré le programme réac de Sarkozy et du sinistre Hortefeux !Avec lui la France n’est pas préte d’élire un B.OBAMA !

LE SYCOPHANTE DECHAINE
02.01.09 | 20h48
Sarkozy n’a pas compris que l’on ne gouverne pas la France par des effets d’annonce, des coups médiatiques ou des gesticulations itératives. Gouverner, c’est d’abord avoir une vision cohérente pour l’avenir, c’est aussi donner l’exemple et faire en sorte que les efforts nécessaires soient partagés par tous. Or, les mesures sarkozyennes se situent aux antipodes de ces données basiques, d’où les ravages prévisibles d’une politique erratique sans véritable cap, hormis celui de servir une coterie !

thierry g.
02.01.09 | 18h54
c’est zarbi, mais Ségolène Royal a organisé sa campagne hors PS sur Désirs d’avenir, elle a organisé des réseaux sur l’internet …etc…zarbi, sinon cohérent que Martine Aubry refuse avec sa bande de ringards cette modernisation de l’action miltitante et que le congrés du Ps se soit fait « contre » l’idée d’un parti de masse et les militants à 20 euros : camarades, tenez bons ! Et restez sur la « ligne politique » : pas d’internet.

L’OURS
02.01.09 | 18h50
La com c’est son point fort à Sarkozy, son dada même, de plus il bénéficie du soutien partial de quasiment tous les medias français. Alors la Toile avec notre argent et celui des riches militants UMPistes, c’est une suite logique sauf que, nous internautes on n’est pas dupes, on n’est pas des spectateurs de TF1. C’est malheureux que son point fort ne soit pas l’économie, le social, l’éducation et toutes ces choses qui font un bon président… En 2012, on en trouvera un(e) bon(ne) président(e)!

Martine D.
02.01.09 | 18h48
Interet c’est le débat et la liberté, avec parfois, des conséquences imprévisibles… Bien loin de la culture UMP, et encore plus loin de ce que nous savons NS! Qui se laissera prendre? Les naïfs qui ont cru aux précédentes promesses? Ce n’est pas gagné!

C.Quest
02.01.09 | 18h45
investir la toile, lol, ils n’y sont pas encore? bah cela ne feras que du bruit en plus su le net, l’UMP seras noyé dans la masse comme tout les autres. en tout les cas, il est clair que cette stratégie signe la fin probable de TF1 comme relais prioritaire de l’infos gouvernentale ou de la télé comme 1er lieu d’investisseent du politique. la télé a « papa » vie sans doute ces dernières années.

Guy D.
02.01.09 | 18h45
simplement efficace, et une bonne leçon pour les amateurs du ps. Heureusement que l’ on avait pas ces guignols en ce moment. Alors martine si on veut gagner, fais en autant, c ‘est l’ avenir

02.01.09 | 17h53
Décidément, NS sait s’y prendre : un coup d’avance sur ses adversaires : pendant que le PS continue à chercher son identité, le président de la république et de l’UMP passe déjà à l’étape suivante. C’était déjà le cas pour la présidentielle de 2007. Alors, camarades, on se réveille ou on attend 2017 ?

Perplexe
02.01.09 | 17h51
Obama n a pas ete elu grace a la Toile. A un moment donne, Mc Cain et lui se divisaient l’electorat. Les erreurs des republicains, la crise financiere, la montee du chomage ont fait basculer l electorat en faveur du changement qu incarnait les democrates en general, Obama, en particulier. Si NS base son programme de 2012 sur Giacometti et compagnie en faisant du sur-mesure, il est perdu. L’electorat ne sera pas dupe.

Pas glop
02.01.09 | 16h50
Le but étant évidemment de rebaptiser internet : UMP. Ainsi, chaque français aura sa connection UMP pour parler avec Dieu.

PROLO
02.01.09 | 16h23
Depuis les Municipales j’ai créé le Réseau Victor Hugo de la France libre. J’organise des commentaires dans Le Monde et le Figaro puis je communique leurs contenus à mon réseau… Bien entendu ce réseau n’est encore qu’une initiative modeste mais il permet de mieux organiser les poussées politiques. On peut multiplier cette initiative. Chaque adhérent à l’UMP peut aussi créer le sien..! Il faut investir la Toile et créer un Grand réseau communautaire et fédérateur pour que Vive La France libre.!

michel a.
02.01.09 | 15h55
Un outil de communication, c’est comme un gant, ça se retroune… S’il y a des gens que cela amuse, invitons-les à participer aux « débats » mis en place par la nouvelle partie pensante de la société… Et à les rendre contre-productifs : la comm’, c’est de la comm’, ça ne sert qu’à faire semblant en disant plutôt qu’en faisant. Alors, alllez-y, les petits, amusez-vous avec les jouets qu’un pouvoir infantilisant vous propose ! Vous pouvez en faire autre chose que ce qui était prévu !

Ju
02.01.09 | 13h42
« Le but est de montrer que le débat d’idées s’exerce à l’UMP » Ah bon il y a un débat d’idées à l’UMP? Alors un débat d’idées ou le président officieux de ce parti (N.S) fixe les règles, régit le débat et statut au final sur les idées à adopter… Un débat ou une seule personne à le droit de s’exprimer sans se faire remonter les bretelles, le concept me laisse dubitative tout de même.

in vino veritas
02.01.09 | 13h33
cela me rappelle Carnaval : où chacun se fabrique de beaux chars ridicules destinés à la parade … PS ou UMP ? A tout le moins, le plus soviétique et le moins démocratique reste quand même l’UMP. Et ce n’est pas en mettant le rouge à lèvre INTERNET que le maquillage ne risque pas de couler sous la pluie de la Crise. Allez bon année Nicolas car c’est dur d’être aimé par etc etc

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florian
02.01.09 | 13h30
Quand on sait que se doter d’un véritable outil de communication online de nos jours, couplé à des campagnes publicitaires internet bien ciblées, le tout dans le cadre d’un stratégie digitale sur 3 ans peut couter de 1 a 3 Millions d’euros, on peut en conclure que dorénavant, l’argent est bien devenu le meilleur atout pour l’accès au pouvoir.

Des vessies pour des lunes!
02.01.09 | 12h24
Communautaire ou « communautariste »? Ils se sentent si mal que ça, menacés par la Toile? C’est la meilleure nouvelle… l’UMP en minorité sur le Net. Qu’ils y restent à ressasser tous seuls les palabres de leur Grand Manitou « fils de lunes »! Sarko essaierait de vous faire croire qu’il en a plusieurs dans son télescope…Moi, je me mets sur anti-spam UMP… ce logiciel est-il déjà commercialisé? Je suis intéressé!

Flying_Lolo
02.01.09 | 12h24
Mes bonnes résolutions en ce début d’année : 1 – Lorsque l’Internet se sera réduit complètement au réseau de l’UMP, je me déconnecterais ! 2 – D’ici là et plus que jamais, je me protégerais…

legrosminou
02.01.09 | 12h01
Une suggestion : se souvenir du Président de l’Augmentation du Pouvoir d’Achat, promis il y a deux ans. Mais l’Omniprésent a trouvé d’autres urgences supérieures, comme la réorganisation de l’UMP.

Guy L.
02.01.09 | 11h45
La multiplication des sites UMP 1)pour QUI? aux adhérents pour enrayer la défection? aux sympathisants pour qu’ils franchissent le pas? ceux de l’opposition à convaincre? 2)pour QUOI? du prosélytisme en distillant le catéchisme à l’aide de questions/réponses types?ou devenir un service pointu, répondant aux préocupations de chaque français? Les USA ne sont pas la France,la campagne Obama fût plus apparentée à du harcelement qu’aux débats d’idées.45% seront réfractaires 45% acquis,10% indécis

C. A.
02.01.09 | 11h29
Dans la mesure où c’est M. Sarkosy qui décide de tout ça occupera la direction de l’ump, une bonne initiative !

OLIVIER M.
02.01.09 | 11h24
Pour faire passer un message sur la toile, encore faut-il en avoir un. Le bombardement d’idées saugrenues auxquels le président donne le nom de communication agacera autant sur le web que sur les ondes.

THERESE M.
02.01.09 | 11h06
Un parti de masse;tiens ,tiens cela me rappelle quelqu’un.N’est ce pas la nouvelle équipe du PS,

Michèle R.
02.01.09 | 10h59
Pour le pot de fer contre le pot de terre, ils sont fortiches ! Manque de pot, le sigle UMP et le détournement hypocrite du P de Présidentielle, remplacé aux élections 2007 par le P honteusemement usurpé de « Populaire » n’attirera guère que quelques poussières égarées sur la toile d’araignée et fera fuir le gros du gros gibier, prêt depuis longtemps à prendre le maquis : Moralité on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre !

CHARLES C.
02.01.09 | 10h59
Le net est un média à part entière qui tient aujourd’hui le rôle de la place de village qui n’existe plus ! Investir le net est incontournable. Surtout pour un parti politique. Il n’y a pas d’autres solutions. Le PS devrait aussi y consacrer ses principaux moyens. La toile, pour chacun, doit être à plusieurs niveaux. Et à chaque niveau l’objectif est de rechercher le contact avec le non encarté. Le plus dur sera le supplément d’âme, le french touch à définir pour chaque niveau.. joli challenge

 

 

 

Télévision sans « pub » : le choc du 5 janvier

A partir de lundi 5 janvier 2009, France Télévisions ne pourra plus diffuser de publicité entre 20 heures et 6 heures. La mesure avait été annoncée, à la surprise générale, il y a tout juste un an, par le président de la République, Nicolas Sarkozy.

sur le même sujet

La publicité disparaîtra progressivement des écrans des chaînes publiques à partir du 5 janvier.

Entretien « A mes yeux, c’est comme si on avait démantelé une filière importante de la drogue »

 

Faut-il pour autant s’attendre à un « big bang » dans le paysage télévisuel ? Et quand ? Le rythme de la vie quotidienne des Français va-t-il changer ?

Pour inaugurer ses nouvelles soirées sans publicité, France Télévisions a avancé la pendule de ses programmes d’un quart d’heure. Finis les tunnels de publicités et d’autopromotions : les prime times de France 2 et France 3 démarreront désormais à 20 h 35 et non plus à 20 h 50.

Et les chaînes privées ? Lundi, pour cette première, la soirée avancée du service public ne bousculera pas celles de TF1 et M6 ni celles des chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT). France 2 diffusera un documentaire ; France 3 proposera une version « spécial juniors » de son jeu quotidien « Questions pour un champion ». TF1 offrira à son audience Avalanche, une fiction catastrophe, et M6 le film Podium.

Les deux grandes chaînes privées semblent pour l’instant privilégier la prudence, sinon l’attentisme, face aux changements de France Télévisions. Officiellement, TF1 ne bouge pas : début de soirée à 20 h 50, comme à l’habitude. Mais, ainsi que l’indique le directeur de l’information, Jean-Claude Dassier : « TF1 va être pragmatique. »

Preuve de son « pragmatisme », TF1 a cessé la commercialisation d’un de ses écrans de publicité de prime time. Celui de 20 h 40. La direction de la chaîne leader ne semble pas s’attendre à des changements rapides. Les habitudes de consommation de la télévision en soirée sont « quasiment des biorythmes », explique M. Dassier. Mais TF1 veut pouvoir réagir vite si ses téléspectateurs fuient vers la concurrence. Le carrefour du 20 h 30-21 heures est stratégique. A lui seul, il draine 15 % des revenus publicitaires des télévisions commerciales en clair. Interrogée, la direction de M6 « ne veut faire aucun commentaire ». Pourtant, la chaîne a déjà réagi. A partir du 5 janvier, ses prime times sont avancés de dix minutes. Ils commenceront à 20 h 45.

Numéro un de la télévision payante, Canal+ a choisi, comme TF1, de ne pas bouger. « Toute la question est de savoir si les gens vont modifier leurs modes de vie », analyse Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+. Dans un premier temps, Canal+ « va attendre de voir si les gens bougent ». Mais rien ne dit que la démarche de France Télévisions fasse école.

« Il ne faut pas sous-estimer l’intérêt du temps mort entre la fin du « 20 heures » et le début des programmes de prime time. Cela permet aux gens de faire leur choix et de s’installer pour la soirée », pointe Jean-Pierre Cottet, directeur du business development chez Lagardère, ancien directeur général de France 3, France 5 et ex-patron des programmes de France 2. A l’en croire, il existe une règle d’airain à la télévision : « Les chaînes les plus faibles doivent se caler sur le rythme de la grille des télévisions les plus fortes. »

Les acteurs de la TNT n’ont pas encore arbitré entre TF1 et France Télévisions. A l’image de TMC, elles ont « un tout petit peu avancé leur prime time en attendant que les choses se mettent en place ». Désormais, à TMC, Direct8, NRJ12 et W9, la soirée de la TNT commence à 20 h 40.

« DES AJUSTEMENTS DANS L’ANNÉE »

In fine, indique M. Cottet, « tout dépendra de la force d’attraction et de la qualité des programmes ». Il prévoit déjà qu’il y aura « des ajustements tout au long de l’année ». Faute de publicité après 20 heures, France Télévisions devrait donner une visibilité supplémentaire à ses programmes de deuxième ou troisième parties de soirée. Ainsi, « Ce soir (ou jamais !) », le magazine culturel quotidien de Frédéric Taddeï est avancé, dès lundi, à 23 heures.

Annoncée il y a un an par M. Sarkozy, la suppression de la publicité sur France Télévisions a suscité – et continue de susciter – de vives polémiques. Les partisans de cette réforme se réjouissent qu’enfin « chaînes privées riment avec argent privé et télévisions publiques avec fonds publics ». Les opposants dénoncent les cadeaux faits aux chaînes privées, notamment à TF1. Ils disent leurs craintes pour la pérennité du financement et l’indépendance future de France Télévisions.

Pour ce premier exercice, le manque à gagner des chaînes publiques, estimé à 450 millions d’euros, devrait être compensé à l’euro près. Mais l’avenir n’est pas garanti. L’Etat mettra la main à la poche. En contrepartie, il choisira les futurs présidents de France Télévisions. Conformément au voeu de M. Sarkozy, les prochains PDG des chaînes publiques seront directement nommés en conseil des ministres. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n’aura plus qu’un avis consultatif. Pour certains, cette procédure renvoie France Télévisions aux heures grises de l’ORTF. Le projet de loi crée aussi une unique société nationale de programmes. Une menace, selon les syndicats des chaînes publiques, qui redoutent un plan social. Voire un démantèlement de France Télévisions.

Guy Dutheil

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Quince
04.01.09 | 09h39
Enfin des émissions qui débutent à 20H35 !!! La couche-tôt que je suis apprécie !! Marre des pubs qui n’en finissent plus et qui prennent les gens pour des c… Pour moi, moins de pubs = plus de crédibilité pour une chaîne !!

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD(‘x40′)} else {OAS_AD(‘Middle’)}

Gigi23
04.01.09 | 01h00
Cher Thibaut d., votre commentaire m’attriste. D’abord parce que vous parlez de qqe chose qui ne semble pas vous concerner, puisque vous ne regardez pas la television. Ensuite, parce que cette reforme va poser un gros probleme de finacement, comme le souligne Louis. Enfin, parce qu’en tant que socialiste, vous devriez vous inquieter de l’independance des medias et de leur role dans notre societe. Cette reforme est mauvaise et il y avait possiblite d’amenager autrement la publicite sur le S P.

HENRI G.
03.01.09 | 23h43
A « Louis D. » Je préfére payer un petit impot direct pour financer la télévision qu’un gros impot indirect: la publicité n’est pas gratuite, lorsque vous consommez vous payez plusieurs fois les dépenses publicitaires sous forme de hausse de tarif.

LE PLOUTOCRATE EN ACTION
03.01.09 | 20h54
Nous sommes vraiment gouvernés par des hommes d’Etat soucieux de l’intérêt général. La suppression de la publicité sur les chaînes publiques et la nomination de leurs dirigeants par Sarkozy ccnstituaient une priorité absolue. Et, comme gouverner c’est prévoir, le manque à gagner sera compensé à l’euro prés par de nouvelles taxes tout en maintenant globalement le même nombre de salariés. Cette réforme conjugue bonne gestion et démocratie. Loué soit notre grand président, héraut de la rupture !

Olivier R.
03.01.09 | 20h19
Je vais donc devoir payer davantage pour qqchose que je ne regarde pas au motif que j’ai une TV pour regarder des DVD ? Cela me conforte neanmoins dans mon choix, les chaines ne sont meme pas parametrées sur ma TV.

Lucien A.
03.01.09 | 20h06
Les chaînes privées continuent à raisonner en audimat, plutôt qu’en qualité de programme, pour sauver leurs ressources publicitaires. Elles ont tort. La menace n’est pas dans le changement d’horaire du prime time des chaînes généralistes, mais bien dans la multiplicité des chaînes thematiques. Espérons que les chaînes puubliques, libérées de l’audimat, sauront saisir l’opportunité de jouer sur la qualité des programmes et de captiver leur public.

Thibaut d.
03.01.09 | 19h58
Non consommateur de télévision, je me réjouis malgré tout de cette mesure que notre parti socialiste a si longtemps préconisée … Enfin libres…adieu jambon,lessive, déodorant, crème anti-rides…l’honnêteté intellectuelle doit nous pousser à reconnaitre le bien fondé de ce choix plutôt que de reprendre en chœur les hurlements corporatistes …dans tout gouvernement, tout n’est pas forcément mauvais par principe …à gauche comme à droite

Louis D.
03.01.09 | 19h06
450 millions de manque à gagner pour la Tv publique. C’est cela le vrai choc ! Même en licenciant la moitié du personnel, le contribuable mettra la main à la poche. Le genre du moment « réforme-bricolage » en dit long sur l’état d’esprit économique de nos dirigeants: Colonne dépenses pleine; Colonne recettes remplie d’impôts nouveaux. Merci pour le mur !

Gigi23
03.01.09 | 17h58
La vrai choc, c’est celui de voir un pouvoir politique prendre le controle d’un pouvoir mediatique, sans scrupule, sans « hypocrisie ». Comment en est-on arrive la ? Ou est la liberte de l’information ? Ou va notre Democratie ? Qui s’en indigne ? Quelle apathie, quelle resignation !!

Guillaume P.
03.01.09 | 16h49
Je n’ai pas bien compris le rapport entre le titre et l’article. Où est le choc ? Tout le monde (de la télé) dit juste qu’ils vont attendre de voir si quelquechose change avant de s’adapter (ou pas). Celà ressemble plus à une danse nuptiale d’escargots qu’à un choc…

Pierre D.
03.01.09 | 15h32
n’exagère-t-on pas l’importance de cette modification du financement de l’audiovisuel public? Certes crucial pour la machine médiatique mais quand on parle d’un « changement des habitudes de vie des français » ne sous estime-t-on pas le morcellement continuel d’un auditoire qui n’est désormais plus captif? À l’image de son éponyme religieuse, la messe de 20h fait-elle encore vraiment recette? Les générations montantes considèrent-elles vraiment encore cela comme un rendez-vous important? à suivre.

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, LE NOUVEL ORDRE MONDIAL, NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

Pour Newsweek, Sarkozy est au bord du précipice

Posté par issopha le 3 janvier 2009

vendredi 19 décembre 2008

Pour Newsweek, Sarkozy est au bord du précipice

 

Pour Newsweek, Sarkozy est au bord du précipice  dans DU VRAI JOURNALISME Sarko+Greenpeace

L’hebdomadaire Newsweek publie un article alarmiste sur le président français dans son édition datée du 22 décembre.

« Un Président au bord du gouffre. »

On ne saurait être plus clair. Alors que les commentateurs les plus variés célèbrent la présidence française du Conseil européen qui s’achève dans quelques jours, le magazine américain est prudent et sévère.

 Il est narcissique, et frise le culte de la personnalité
  »Quel autre politicien se permettrait de telles envolées lyriques et de faire montre d’un tel culte du moi? » (« Another politician might be pilloried for wretched rhetorical excess« )
« Habitué à voir triompher sa volonté, Sarkozy est cependant de plus en plus chatouilleux » (« But as Sarkozy grows accustomed to having just about everything his way, he appears to be growing more prickly, not less, about pointed criticism.« )

 Son pouvoir n’a plus de limite
« Par nature sûr de lui et peu enclin aux excuses, Sarkozy est essentiellement affranchi de tout contre-pouvoir chez lui. Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire. » (« By nature unabashed and unapologetic, Sarkozy is now, to all intents and purposes, unrestrained by domestic checks and balances. The French president has become Sarkozy Unbound, for better or worse. »)

Il a une ambition démesurée
« Chez Sarkozy, l’ambition prend à tel point le pas sur la diplomatie qu’il a semblé déterminé à garder la main sur le gouvernail de l’Europe, quelles que soient les conventions diplomatiques ou les partenaires qui pourraient se mettre sur son chemin. » (« Such is Sarkozy’s overt inclination to let ambition outweigh diplomatic amity that he has seemed determined to keep a hand on the helm of Europe, no matter what diplomatic conventions, or other leaders, stand in his way. »)

Le monarque du moment
« Qu’au bout du compte on se souvienne de Sarkozy comme d’un grand homme, ou d’un simple exemple d’obstination et d’arrogance, l’histoire (et éventuellement ses partenaires européens) nous le dira. Les Français, pour leur part, en ont fait… leur roi. » (« Whether, in the end, Sarkozy will go down as a man of destiny, or merely of obstinacy and arrogance, only history—and perhaps his fellow European leaders—can decide. The French, for their part, have given him free rein to—well, to reign. »)

Qui a dit que le Monarque avait bonne presse à l’étranger désormais ?

Lire aussi :

2 commentaires:

Kamizole a dit…
Les critiques de l’étranger ne son pas nouvelles (se souvenir d’El Païs). En tout cas, je ne l’ai pas choisi comme roi (ni rien, d’ailleurs). Beaucoup de ses électeurs du 6 mai 2007 doivent aujourd’hui se mordre les doigts. Mais il était éminmment « calculable » et prévisible… Il disait déjà qu’il avait changé : en pire ! Même dans son camp, il est loin de faire l’unanimité, sinon de façade… la preuve étant que « sa » réforme de l’audiovisuel n’est passé qu’à 50 voix ! une belle gifle… c’est pour cela qu’il recule sur le travail du dimanche, l’UMP ne se semblant pas de tout majoritariement favorable. Il est évident qu’à un moment ou un autre il prendra une claque sur une loi… de trop.

19 décembre 2008 14:52 icon_delete13 dans NICOLAS SARKOZY
Iceman a dit…
Et si on lui foutait un magistral coup de pompe dans le cul pour qu’il y tombe… Dans le gouffre ?
Ou une bonne tape dans le dos. Style : « Comment tu vas ? » Oups…. Il est tombé !

Bon débarras !

A trop se prendre pour le roi on finit comme Louis XVI (rire sarcastique)

20 décembre 2008 02:25

LA PRESSE AMÉRICAINE

Dans Newsweek : « Un président au bord du gouffre »

NOUVELOBS.COM | 17.12.2008 | 14:45

Réagissez à l'article 84 réactions

Sarkozy est un électron libre sans véritable opposition. Pour l’instant, ça lui a réussi. Mais ça pourrait changer.
> Cet article a été publié dans Newsweek daté du 22 décembre.

Nicolas Sarkozy (Sipa)

Nicolas Sarkozy (Sipa)

Depuis trois mois, le président français Nicolas Sarkozy avertit le peuple de France, d’Europe, et tous ceux qui veulent bien l’écouter, que le monde tel que nous le connaissons est voué à une fin prochaine. Empruntant au poète Matthew Arnold sa vision apocalyptique d’un monde  » sans amour, sans joie et sans lumière, sans paix ni certitude, où la douleur est reine », Sarkozy évoque une crise économique, sociale et politique si profonde qu’elle « va modifier l’équilibre du monde. Elle va modifier les comportements, les idéaux, les valeurs ». Et au cas où les auditeurs chercheraient quelqu’un pour les tirer de ce mauvais pas et les guider vers la lumière, Sarkozy se pose en recours : « Cette crise, nous ne devons pas nous y soumettre. Cette crise, nous devons l’affronter sans fléchir. Cette crise ne doit pas nous inciter à l’immobilisme. Elle doit nous inciter à agir, rapidement, et avec détermination ». Ce qui, on l’a appris, est précisément le style Sarkozy.

Quel autre politicien se permettrait de telles envolées lyriques et de faire montre d’un tel culte du moi? Il n’empêche, Sarkozy a pris la mesure du problème, et à la différence de bien des hommes politiques —voire de chefs d’état— en Europe, le président français n’a pas en face de lui de véritable opposition. L’extrême droite s’est écroulée avant son élection l’an dernier, suivie par le Parti socialiste, paralysé par des guerres internes qui ont culminé le mois dernier en un affrontement féroce pour le leadership. Qui, sur terre ou au ciel, pourrait demander des comptes à Sarkozy ? Pas l’Assemblée nationale, où Sarkozy jouit d’une confortable majorité. Et aucune élection importante n’est prévue avant trois ans.

Par nature sûr de lui et peu enclin aux excuses, Sarkozy est essentiellement affranchi de tout contre-pouvoir chez lui. Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire. Et justement, on pourrait se demander si, doté d’une telle personnalité et par les temps qui courent, il utilise cette liberté de mouvement pour le meilleur, ou pour le pire.
Tout bien pesé, c’est pour l’instant plutôt pour le meilleur. Le quotidien financier La Tribune annonçait la semaine dernière qu’un jury de journalistes internationaux couvrant les affaires européennes avait élu Sarkozy « meilleur leader européen » parmi 27 candidats. Pourtant, même quand Sarkozy fait preuve d’audace, l’excès n’est jamais loin, et avec lui le risque du désastre. À chaque instant de sa vie politique, dès que Sarkozy perçoit un déficit de leadership —réel ou imaginé—il se met lui-même aux commandes. Sarkozy déteste le vide, que ce soit dans son propre gouvernement, où il occupe souvent le fauteuil de son Premier ministre, dans la justice, où il s’implique parfois de façon obsessionnelle dans des affaires relevant des faits divers, et jusqu’à Washington, où il pressait le mois dernier une administration Bush sur le départ, d’organiser un sommet du G20, quelques jours à peine après l’élection présidentielle.

Au niveau européen, précisément, super Sarkozy s’est heurté à des partenaires bien décidés à ne pas bouger d’un iota. Ses manières turbulentes agacent la Chancelière allemande Angela Merkel, qui s’oppose encore plus fermement à l’appel de la France en faveur de mesures collectives face au désastre économique et à la menace de plus long terme du réchauffement climatique. Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi (élu pire leader européen par La Tribune), théâtral à l’excès, tente par tous les moyens de souffler la vedette à Sarkozy, par une opposition systématique aux initiatives françaises. Quant aux nouveaux membres de l’Union Européennes, et notamment les Polonais, ils refusent de céder devant les assauts de Nicolas Sarkozy.

Il se trouve que ceux des leaders européens avec qui il aurait espéré faire cause commune sont les plus affaiblis politiquement. Gordon Brown, le Premier ministre britannique est un allié important, mais il est affaibli par l’usure du Parti travailliste, depuis trop longtemps au pouvoir, et un Parti conservateur plus que jamais revigoré. L’Espagnol Zapatero doit faire face aux attaques incessantes de l’opposition sur fond de miracle économique en déconfiture. Au lieu de travailler de front avec ses partenaires, Sarkozy les agace, en déclarant par exemple sans sourciller que les ministres des Finances réunis dans l’Eurogroupe n »étaient pas à la hauteur du défi posé par la crise internationale, suggérant à la place des rencontres régulières des chefs d’état et du gouvernement de la zone euro — à l’instar de celui qu’il pilota en octobre afin d’arriver à un accord sur le sauvetage des banques européennes. Une proposition retoquée par le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui ne manqua pas de souligner qu’il ne dirigeait pas l’Eurogroupe pour le « plaisir ou la gloire personnelle » et questionnant au passage l’ambition de Sarkozy pour autre chose que d’avoir la vedette.  » Si d’autres pensent qu’ils pourront mieux assumer ces tâches », déclarait Juncker, « qu’ils le fassent, mais qu’ils y appliquent la même intensité pour les années à venir que celle qu’ils donnent l’impression de vouloir appliquer au moment où nous sommes ».

Chez Sarkozy, l’ambition prend à tel point le pas sur la diplomatie qu’il a semblé déterminé à garder la main sur le gouvernail de l’Europe, quelles que soient les conventions diplomatiques ou les partenaires qui pourraient se mettre sur son chemin. Le Français est supposé abandonner à la fin de l’année à la République tchèque la présidence tournante de l’Europe, qu’il occupe depuis juillet. Dès le mois d’août, les diplomates français se demandaient tout haut, bien qu’en privé, si un pays plus petit que la France aurait pu affronter les défis internationaux avec autant de compétence.

Sarkozy — ce n’est pas un secret — a beaucoup apprécié être le président d’un continent en plus de son pays, et peut se targuer d’avoir agi là où d’autres auraient calé, et obtenu des résultats là où d’autres se seraient contentés de beaux discours. Lorsque la Russie a envahi la Georgie en août, par exemple, Sarkozy s’est embarqué lui-même pour Moscou puis pour Tbilissi sur le point d’être assiégée, afin de négocier un cessez-le-feu qui a peut-être sauvé le gouvernement du président Mikhail Sakashvili. En tout cas, c’est l’impression qu’a laissé Sarkozy aux Géorgiens, en les régalant d’anecdotes où le premier ministre russe Vladimir Poutine le prend par le revers de sa veste et grogne « je veux accrocher la tête de Sakashvili sur ce mur ». Les Georgiens considèrent que Sarkozy a permis de l’éviter. Pour Temur Iakobashili, membre influent du gouvernement Georgien, « Sarkozy est une personne extraordinaire, et ce qualificatif prend une signification différente selon celui qui parle: « fou », « héroïque », « téméraire » « versatile ». Mais « il ne faut pas sous-estimer le rôle qu’a joué Sarkozy », continue Iakobashvili. Il a pris la tête de l’offensive diplomatique visant à interrompre l’avancée militaire russe, et au final, il a « sauvé la Géorgie ».

Il ne fait aucun doute que les personnalités comme celle Sarkozy prospèrent en temps de crise. Quand le système financier international s’est enfoncé dans la crise avec la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers aux Etats-Unis le 15 septembre, Sarkozy rejeta paraît-il, le texte d’un communiqué qui aurait minimisé l’étendue du désastre. Au lieu de quoi il déclara à ses compatriotes 10 jours après la faillite de Lehman, « C’est la fin d’un monde ». Et sans opposition à gauche ou à droite, il a fait faire un demi-tour complet à sa politique économique. Élu sur un programme de réduction de l’intervention de l’état –le moins d’état, moins d’impôt qui fait figure de mantra pour le Parti Républicain aux Etats-Unis—Sarkozy s’est jeté à corps perdu dans l’interventionnisme, et soutient ces jours-ci un plan de relance de 26 milliards d’euros, qui alourdirait considérablement le déficit budgétaire français.

La pirouette est du pur Sarkozy. De fait, c’est l’une des raisons de son succès à éliminer les partis d’opposition. En dépit d’une longue carrière passée sous l’étiquette conservatrice du Gaullisme, son principal credo politique est ce que les Français appellent « volontarisme », la foi en la possibilité d’agir sur le cours des événements par la force de la volonté. À cette fin, il adopte la politique qui a la meilleure chance de fonctionner, et lui permettra de présenter le meilleur profil. Dans la course vers la présidence, Sarkozy a révélé un incroyable talent à faire siennes les idées politiques les plus populaires de ses opposants. Ministre de l’intérieur, il a montré qu’il pouvait exploiter la peur de l’immigration et le sentiment d’insécurité aussi bien que le leader du Front National Jean-Marie Le Pen —l’éternel empêcheur de tourner en rond de la politique française —mais sans l’antisémitisme. À gauche, il a recruté dans son gouvernement des personnalités socialistes telles que Bernard Kouchner. Sarkozy a également soutenu la candidature de Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l’économie socialiste, et concurrent potentiel pour la présidence, au poste de directeur du Fonds monétaire international.

Alors que la crise économique s’intensifiait, on n’a entendu depuis trois mois chez les socialistes que des critiques très timorées, voire des louanges, des politiques menées par Nicolas Sarkozy. De fait, celui-ci s’est fait l’avocat d’un plus de gouvernement et plus de dépenses plus convaincant encore que la gauche traditionnelle ne l’a jamais été. Comme le notait l’éditorialiste Françoise Fressoz dans Le Monde, la principale critique de son plan de relance de l’économie est qu’il met un accent trop important sur les investissements des entreprises, et n’en fait pas assez pour le revenu des ménages. Néanmoins, le Parti socialiste « n’en conteste guère l’utilité ».
Le 31 décembre, avec la fin programmée de la présidence français de l’Union Européenne, les penchants naturels de Sarkozy vont être contrariés. Dans un effort évident visant à préserver l’élan de sa présidence, Sarkozy accueillera Tony Blair et une horde d’intellectuels de classe internationale pour une conférence prévue pour la première semaine de janvier. Puis, en avril, la France est supposée rejoindre le commandement unifié de l’OTAN, plus de 40 ans après le retrait ordonné par le président De Gaulle, à l’occasion du 60e anniversaire de l’alliance, une occasion idéale de faire les gros titres pour Sarkozy, qui pourrait en profiter pour annoncer un renforcement du contingent français en Afghanistan. Le président est toujours partant pour un geste historique, et si celui-ci est impopulaire, il n’existe aucune opposition suffisamment organisée pour le faire changer d’avis.

Habitué à voir triompher sa volonté, Sarkozy est cependant de plus en plus chatouilleux. Il a curieusement entrepris de traîner devant les tribunaux les fabricants d’une « poupée vaudou », un jouet parodique à son effigie accompagnée d’aiguilles et d’un mode d’emploi sarcastique. En octobre, un juge a défendu le droit du fabricant à l’humour, mais Sarkozy ne l’a pas entendu de cette oreille, et a fait appel. Le mois dernier, un autre juge a rendu un arrêt en sa faveur, tout en autorisant la vente de la poupée. Le plus dérangeant reste la façon dont Sarkozy essaie de manipuler les médias grand public, dernier bastion de ses critiques. Lorsqu’il était ministre, ses coups de fils personnels aux journalistes qui avaient osé lui manquer de respect étaient légendaires. Son amitié avec les patrons de presse et de télévision est également de notoriété publique. Difficile de savoir le degré d’autocensure qu’elle engendre, mais pour prendre un exemple idiot, l’hebdomadaire Paris Match a gommé ses poignées d’amour sur les photos des premières vacances présidentielles.

Aujourd’hui, plus sérieusement, Sarkozy s’est attaché à réécrire les lois régissant la télévision française. Le patron du groupe de télévision publique France Télévisions sera à présent nommé par le président. Et en dépit du déficit massif du budget de la France, Sarkozy entend appliquer sa promesse faite plus tôt dans l’année, de supprimer la publicité sur les chaînes publiques. Certains n’ont pas manqué de dénoncer les recettes publicitaires qu’il offre ainsi aux chaînes privées détenues par ses alliés politiques. Mais l’explication fournie par Sarkozy lui-même est peut-être plus révélatrice: la gauche n’a jamais osé le faire. Comme l’a déclaré le président: « ils en ont toujours parlé, mais sans résultats ». Et de se vanter: cette décision montre ce dont est capable le gouvernement lorsqu’il s’est décidé à agir. Si le Parlement n’adopte pas la loi controversée avant le début de l’année prochaine, Sarkozy a prévenu que la loi serait entérinée par simple décret.
Qu’au bout du compte on se souvienne de Sarkozy comme d’un grand homme, ou d’un simple exemple d’obstination et d’arrogance, l’histoire (et éventuellement ses partenaires européens) nous le dira. Les Français, pour leur part, en ont fait… leur roi.


Par Christopher Dickey et Tracy McNicoll

Traduction de David Korn

> Lire la version américaine de l’article

Les réactions des lecteurs

emachedé
Magnifique!
Un article vérité à diffuser sur la toile, sur tous les blogs, tous les sites web.
Pour que les françaises et français sachent enfin, que vu de l’extérieur, Sarkozy est encore plus critiqué qu’à l’intérieur.
Logique! La censure s’arrête aux frontières françaises.
22.12 à 10h22
Alerter
rouletabille
A mes yeux…
la seule coupable, c’est l’opposition !

Doit-on rappeler que Sarkozy a été élu au suffrage universel à la majorité ?

L’opposition – ainsi qu’il est d’ailleurs souligné dans l’article – s’est pratiquement suicidée sous les yeux de la moitié des citoyens qui ne voulaient pas de Sarkozy, passant son temps en querelles intestines alors que l’heure était à l’union sacrée devant les dérapages constatés et les atteintes à la démocratie.

Elle en portera devant l’Histoire la responsabilité.
16.12 à 22h28
Alerter

BREIZ
Au bord du gouffre?
Il saura faire un grand pas en arrière.
16.12 à 21h56
Alerter
irreverence
messieurs les censeurs bonsoir
Bien sur,une réaction anti newsweek est impensable sur ce site dédié aux réactions épidermiques et aux insultes envers certaines valeurs,même de gauche….
16.12 à 19h59
Alerter
citoyennecolere
quand?
quand réagirons nous ?
combien de temps allons nous encore subir ?
combien de temps encore allons nous rien dire, courber le dos et continuer à payer pendant que d’autres, lui en particulier, s’en met plein les fouilles et en fait profiter ses amis ?

faut il attendre que les jeunes nous montre l’exemple ? c’est à nous parents, de leur montrer la voie.
16.12 à 18h52
Alerter

Unparun
Publicité mensongère
Le titre fait croire que NS va se faire flinguer. A l’arrivée, un article plutôt équilibré. Bien loin des attaques habituelles des media français type « service public », Libé, Nouvel Observateur, presse régionale (voir les revues de presse proposées par ce site) etc.
16.12 à 18h46
Alerter
hugoclement
AVEUGLES !!!! (SUITE)
Il est l?emblème d?une France arrogante et outrageante, se croyant tout permit.

Évidement, ne comptons pas sur l?opposition pour nous remettre les yeux en face des trous. Elle est en déconfiture ! Le PS préfère s?écorcher vif lui-même, plutôt que de penser au pays. Ségolène ou Martine ; Martine ou Ségolène ?
Pendant ce temps, Sarko agit?.LUI ! et il continue à étendre son pouvoir sur le pays et les medias.

Pauvre De Gaulle?Pauvre Mitterrand?..ils doivent se demander si cela valait autant le coup de se fendre le cu? (oups pardon) la tête pendant plusieurs décennies pour arriver à ce que nous vivons en ce moment : UN PAYS TOTALEMENT AVEUGLE !

J?ai vraiment honte d?être français, de constater qu?on a élu Sarko, qu?on ne fait rien pour le virer et surtout qu?il existe encore des gens pour le soutenir !
16.12 à 15h40
Alerter

hugoclement
AVEUGLES !!!!
Pour ma part, je me demande ce que la France attend pour réagir. Elle élu un petit chefaillon à sa tête, elle sait qu?elle a fait une bêtise, mais elle ne bouge pas.
Il n?y avait pas besoin d?être voyant pour comprendre que l?on ne pouvait faire aucune confiance à Sarkozy. Souvenons-nous de sa trahison en 1995. Malgré cela, notre peuple a fermé les yeux, ou bien volontairement oublié ce qu?il s?était passé.
Notre Président est un arriviste qui se fou éperdument du pays qu?il gouverne, pourvu que l?on parle de lui.

Va-t-il falloir attendre des années pour comprendre que l?équilibre de la France est en danger, et avec elle, ses Droits et ses Libertés. Peut-être même un second mandat ?
Les US ont élu Bush à deux reprises, ce qui a causé leur décrépitude aux yeux du monde. Ils furent la risée de la scène internationale et sont boudés partout où ils débarquent. Mais nous sommes en train de faire exactement la même chose avec Sarko.
16.12 à 15h39
Alerter

PolosGorgias
Sarkosite
Le jeu de mot de la dernière phrase en anglais (free rein ? to reign.) me paraît légèrement plus sarcastique que sa traduction, comme d?ailleurs le ton général de l?article. Même si notre fierté nationale doit en prendre un coup, on ne peut guère reprocher en effet à nos amis étrangers (car la presse américaine n?est pas la seule à souligner le fait) d?être légèrement irrités par l?activisme débordant mais un peu brouillon de notre bien-aimé président. Il faudrait être aveugle de naissance (ou particulièrement courtisant) pour ne pas s?en rendre compte. Curieux, chez ce peuple qui se veut libertaire, héritier direct des Lumières, qui a guillotinés sans remords excessifs non seulement son roi et toute sa famille mais, dans la foulée, un nombre non négligeable de ci-devant et autres « déviationnistes », cette irrépressible propension à se doter régulièrement de guides prophétiques ! Nostalgie d?une grandeur révolue ou? infantilisme ?
16.12 à 14h16
Alerter
nicolapoisse
c’est le pere noel
cool, génial, euh bon on va se calmer un peu ^^.
cher(e)s moutons et moutonnes. Il serait temps pour vous de demander un cerveau capable de réfléchir au papa noël. Je vous assure ça peut servir !!!
Quand je vois tous ces guignols bloquer les lycées ça me fait marrer, quand je vois vos commentaires anti-Sarko j’en pleure de rire aussi ( à vous seuls vous pourriez faire remonter le moral des français n’empêche.) S’il vous plaît arrêtez de passer pour des paranos illettrés incapables de comprendre l’actualité.
16.12 à 14h08
Alerter
Laars
Melitsa
Les francais ont fait une révolution pour leur droits, pas pour perdre leur identité.
Sarko fait le ménage et la roue est en marche, sovez-en persuadé.
PS: les plus génés s’en iront, l’époque n’est plus au discussions stériles.
16.12 à 13h03
Alerter
sfio
Pauvre France!
Un président au bord du gouffre, du précipice, de l’abime,…?
Beaucoup des nôtres en ont été prévenus mais l’esbroufe, la vertu du crétin qui consiste pour chacun à geindre cupidement de son nombril l’emporta sur l’entendement.
Qu’un frappa dingue, au pays de Descartes soit au bord de la rupture, qu’il soit sur le point de décompenser n’a rien d’exceptionnel. La surprise est qu’il s’agit ici du président, celui-là même qui « durcit » les principes d’hospitalisation sous contrainte.
Mais le pire, oui le pire, c’est une FRANCE par terre, à genou, à côté de ses pompes, sans dessus dessous, où tout a volé en éclat, une FRANCE en dehors de son Histoire, un machin aurait dit le Général.
L’opposition quant à elle, sur son versant PS est celle qui s’est la mieux convertie à la décrépitude. Comme chez les Rougon-Macquart, chacun court après la soupe, en offrant sa plus belle danse du ventre puis du bas ventre, avant de se coucher au coin du feu.
16.12 à 12h55
Alerter
sfio
Pauvre France!
Un président au bord du gouffre, du précipice, de l’abime,…?
Beaucoup des nôtres en ont été prévenus mais l’esbroufe, la vertu du crétin qui consiste pour chacun à geindre cupidement de son nombril l’emporta sur l’entendement.
Qu’un frappa dingue, au pays de Descartes soit au bord de la rupture, qu’il soit sur le point de décompenser n’a rien d’exceptionnel. La surprise est qu’il s’agit ici du président, celui-là même qui « durcit » les principes d’hospitalisation sous contrainte.
Mais le pire, oui le pire, c’est une FRANCE par terre, à genou, à côté de ses pompes, sans dessus dessous, où tout a volé en éclat, une FRANCE en dehors de son Histoire, un machin aurait dit le Général.
L’opposition quant à elle, sur son versant PS est celle qui s’est la mieux convertie à la décrépitude. Comme chez les Rougon-Macquart, chacun court après la soupe, en offrant sa plus belle danse du ventre puis du bas ventre, avant de se coucher au coin du feu.
16.12 à 12h53
Alerter
virgo
l’opposition face à Sarkozy
Si les partis politiques d’opposition sont peu actifs en France, c’est peut-être aussi parce qu’on les empêche de s’exprimer sur les chaînes d’Etat ou les chaînes privées des copains de Sarko ! Mais il est indéniable que c’est le peuple lui-même qui se rebelle ! Darcos a abandonné (provisoirement) sa réforme, poussé par Sarko qui chie dans son froc, sachant pertinemment que sa dictature va se terminer en révolution ! Et ce sont des lycéens et des étudiants, aidés par leurs profs et leurs parents, qui ont préparé cette révolte et obtenu gain de cause ! Le grand Sarko mis à mal par des gamins ! Zorro s’est vu obligé de remettre son épée au fourreau ! Une manifestation générale est prévue le 29 janvier, vous verrez s’il n’y a pas d’opposition en France !!!
16.12 à 10h16
Alerter
bofbof
le meilleur ?
Difficile à savoir. Aucune des crises n’est terminée. C’est quand tout sera rentré dans l’ordre que l’on saura si le job a été bien fait.
Pour l’instant NS a agi, et surtout il l’a fait savoir. Là où les autres ne communiquent pas ou peu, il affiche ; allant jusqu’à raconter ses conversations privées avec les autres chefs d’Etat !
De toutes façons toute comparaison est impossible : la France n’avait pas présidé l’UE, les crises importantes (Kosovo par ex) sont loin et personne ne s’en souvient, les crises économiques étaient traitées en interne ………
Tous les Présidents ont connu des crises graves.
C’est à la fin de son mandat que l’on saura si NS a BIEN agi ou non.
16.12 à 10h05
Alerter
kabel
Agir oui , s’agiter non, et 1m58 de quel côté est-
Rien à ajouter
16.12 à 09h47
Alerter
Melitsa
à Nicolas-1er
Vous avez raison les bras en tombent devant tant d’acceptation

Et ce peuple se vante d’avoir fait la Révolution et d’avoir porté au monde les notions de liberté fraternité égalité quand en moins de 18 mois il se vautre au sol, accepte un roy qui ne laisse aucune marge de manoeuvre à ceux qui sont sous lui

Quant au palmarès EuroTribune qui a désigné le meilleur dirigeant européen de l’année en la personne du roy, il avait jusque là élu Merkel, il a mis en second Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, et en troisième Gordon Brown !!

Mettre en 3 ème position Gordon Brown en raison de la crise lui qui a été considéré comme eurosceptique jusque là, c’est dire que l’intelligence est volatile chez ces correspondants européens et qu’ils n’ont guère de vision de ce que doit être l’Europe
16.12 à 07h56
Alerter

Mark
Nicolas Sarkozy, un rival ?
Certains traits du présidents français sont effectivement bien décrits par le magazine US. On y trouve aussi, comme Alternaute vient de le signaler, des points positifs énoncés du bout des lèvres, comme pour ne pas paraître trop à charge.

Je crois en fait que ce qui horripile ce news bobo bon teint de l’Amérique bien pensante, est que ce français n’est pas français.
Je veux dire qu’il fait ou tente de faire quand ses prédécesseurs étaient en Europe des Rois faits néant, notamment Chirac. Quand on est habitué à cela, un Sarkozy hyper-président, énerve.

Ce qui énerve aussi la feuille de chou US, c’est c’est appétence française à mener le jeu, tout au moins à le vouloir. C’est aussi sa dénonciation de la responsabilité US dans l’actuelle crise financière.

Et là, Newsweek se fait particulièrement discret. Sur cette débandade des dirigeants US. A conséquence planétaire.

Comme quoi, quand on prétend se faire juge, on commence par se moucher et nettoyer ses écuries d’Augias.
16.12 à 07h06
Alerter

Ludo2
Bushisme.
Cet article a ete ecrit par un Republicain, pur et naif, une creature bushienne …
Il ignore en effet que la majorite des francais ne font pas allegeance a leur President, et ne font pas partie de la Cour du Roi.
Il ignore qu’en Georgie c’est Saatchvili qui, le 18 aout, a attaque le premier l’Ossetie en l’arrosant de missiles et provoquant la colere des Russes.
Il ignore que s’il a engage des socialistes au Gvnment c’est pour briser cette opposition.
Il ignore que si NS agace les autres puissances europeennes, c’est qu’il fait tout pour les agacer.
Cet article, debitant les idees recues a la sauce bushiste des americains sur les francais, ne vaut pas qu’on s’y attarde davantage.
16.12 à 04h04
Alerter
Royaloyal
@ Tous… surtout à gauche…
Vous les gauchistes, vous pouvez déblatérer ce que vous voulez au nom de la démocratie…
et de la « sanitude »…ooops… clin d’oeil…
mais, car il y a un mais…
Sarko est le meilleur à l’instant donné…
et pour quelques années encore…
heureusement…
j’ai dis le meilleur…
pas le parfait…
le meilleur à l’instant donné…
occupez-vous de votre (vos ?) parti(s) plutôt…
et de sa « RE »-construction…
et passez moins de temps sur ce pseudo forum à dépenser votre énergie pour quedalle…
AaaHhh ! L’internet et ses forums… le piège de la politique pour le « pseudo »-militant de base…
Restez confiant… Martine va vous arrangez cela à coup de 32 heures…
Qui dit mieux ?
15.12 à 23h55
Alerter

jena
au nouvel obs
je suis bani aucun de mes posts n est afficher .alors qu ils sont tres corrects !!!!!!!!!
15.12 à 23h38
Alerter
RealistiX
@alternaute
« Comme quoi on peut faire dire ce qu’on veut à un article… »

tout comme on peut comprendre ce que l’on veut à un article…
du nouvelobs… et seulement du nouvelobs.
15.12 à 23h00
Alerter

adnstep
A peine 57 réactions !
On les a connus plus vaillants, les antisarko pavloviens !
Sont peut être pas arrivés à lire jusqu’au bout.
15.12 à 22h59
Alerter
enzo
Nesweeck est trop généreux
en disant que pour le moment, nous avons le meilleur de sarkosy…. Ou alors son meilleur ressemble au pire de ce que nous puissions rêver pour la France ….
Pour le reste excellent analyse.
15.12 à 22h37
Alerter
RobertVnt
Combien de morts à cause de la révolution français
A vrai dire, je me demande bien quelle gloire il y a à faire l’éloge de la révolution française. Les pauvres ont piqué aux riches. Les riches se sont barrés. Les pauvres ont dû piquer aux plus pauvres. Enfin, au nom de la Démocratie on a tué beaucoup de monde, surtout ceux qui n’étaient pas d’accord. S’en ait suivi les guerres de Vendées, les guerres napoléoniennes, et peut_être la prise d’Alger… Vraiement je ne vois pas le rapport avec le Président Sarkozy. C’est sûr que des décisions sont prises et ça dérange. On était habitué à autre chose. Vous n’y pensez pas cette décision va me géner pour ma réélection, ah! bon on va faire une exception.
15.12 à 22h37
Alerter
ciceron
@ alternaute
Le plus voltairien des commentaires semble aride quelque peu. Arlos je dirais le plus gracieux et au-dessus de la mêlée.
15.12 à 22h36
Alerter
RobertVnt
Vaut mieux entendre parler de M. Madof et des orga
Voilà un article bien négatif comme on les aime. J’attend avec le plus vif intérêt un article positif sur M. Madoff, sur les organismes de contrôle, sur les subprimes, sur l’affaire EON, sur les US en Irack etc, etc. Là au moins on est entre nous.
15.12 à 22h25
Alerter
nigloo
Pas d’opposition??
Et le Peuple qui se rend compte qu’il a été berné??Ajouté à celui qui le savait déja, ça fera du monde dans la rue!!On ne peut pas prendre les gens pour des andouilles encore longtemps!!
15.12 à 21h57
Alerter
Turlute
Al1-46
Toi, t’as voté pour qui?……..non?……quand même pas?……pour………..Ségolène?…….pfffffmmmmmrrrrrrhihihihihihihihi……..houhouhouhouhouhouWAAAHAHAHAHA!!!!!!!!…arrêtes,
arrêêêêêêêêête!!!!!!!!!!!!!
15.12 à 21h41
Alerter
alternaute
@al1-46…
…c’est pas que je remets en doute tes capacités à lire un papier mais t’y as quand même vu ce qui suit , non? :

« …Tout bien pesé, c’est pour l’instant plutôt pour le meilleur. Le quotidien financier La Tribune annonçait la semaine dernière qu’un jury de journalistes internationaux couvrant les affaires européennes avait élu Sarkozy « meilleur leader européen » parmi 27 candidats. »…

Comme quoi on peut faire dire ce qu’on veut à un article…
15.12 à 21h37
Alerter

al1-46
enfin…..
….c’est moins de 53% de blaireaux prévenus, mais ça fait plaisir à lire d’autant plus que ça vient de l’extérieur…car il n’y a qu’au pays des aveugles que le borgne et roy et chez nous, en sarkozie, un borgne chasse l’autre…..
si vous voyez (d’un oeil) ce que je montre du doigt… l’index tendu de préférence !
15.12 à 21h27
Alerter
desk48
le pésident
oui, il se débrouille même très bien, notre président et je le constate sans vouloir le flatter ! je suis bluffée par son énergie et sa faculé de s’occuper de plein de choses en même temps, et de les réussir;;; non, on n’a pas à s’en plaindre à mon avis !
15.12 à 21h26
Alerter
Nicolas-1er
Newsweek
Le moins que l’on puisse dire est que le titre de l’article ne colle pas avec son contenu …
Mais là n’est pas l’essentiel.

Comment les français, qui n’ont qu’un mot à la bouche (République) pour définir leur pays, peuvent-ils vivre sous une Monarchie ?

L’opposition démocratique est en lambeaux.
L’Assemblée nationale est à la botte de Nicolas 1er.
Le Sénat est à la botte de Nicolas 1er.
Le Conseil constitutionnel est à la botte de Nicolas 1er.
Les médias grand public sont à la botte de Nicolas 1er.
Les grands patrons du CAC40 sont à la botte de Nicolas 1er.

L’hiver sera long.
15.12 à 21h15
Alerter

alternaute
Il arrive que certains…
…oublient qu’on se trouve sur le forum du Nobs…
Et que, d’un tel papier, le Point ou le Figaro auraient pu en faire une toute autre lecture et y donner un tout autre titre…

C’est une règle du jeu de base de la presse d’opinion….
15.12 à 21h12
Alerter

ciceron
Amha
Fin connaisseur du monde « anglo-saxon » dans lequel j’ai travaillé une grande partie de ma carrière, je dirais que cet article est aussi élogieux qu’il puisse être concernant un homme politique Français.

D’ailleurs mëme la photo du « Yes you must » est plutôt élogieuse présentée comme elle est dans l’article.
15.12 à 20h54
Alerter

marius_fadat
Sarkozy , c’est nous !!
Elu democratiquement par 53 Þs français ,il est notre volonté , notre enfant. Miroir de nos tares ,de notre inculture,de notre ethnocentrisme culturel et cultuel ,de notre médiocrité en tout domaine,de notre bouffonerie,de notre grande gueule,de notre petitesse intellectuelle qui au propre comme au figuré a besoin de talonettes pour paraitre plus grande,bref ,c’est pas sarko qui est au bord du goufre ,c’est nous .Sarko c’est notre embleme ,notre devise,notre drapeau ,notre histoire ,notre passé ,nos ancetres, les habitants de la gaule ,n’etaient pas des gaulois mais des gallinacés comme lui,comme nous ,bref comme tout le monde dans l’hexagone.
Sarkozy parsque je le veau bien…
15.12 à 20h45
Alerter
Laars
Dommage, c’est trop évident!
Cet article, de par son style est traduit du francais, si vous voyez ce que je veux dire.
Comme disent les américains: « nice try! »
15.12 à 20h45
Alerter
Laars
La preuve
qu’on est bien en France!
Ces deux journalistes n’aurait pas pu publier le quart de la moitié des conneries qu’ils ont raconté (ou qu’on leur a soufflé) s’il s’était agit de leur président.
En fait, j’ai un sérieux doute sur le créateur de cet article qui sonne d’une facon bien plus francaise qu’américaine.
Affaire à suivre………….
15.12 à 20h42
Alerter
Libouricou
fredo
tu sais pourquoi? et bien quand on ne trouve pas d’opposition chez soit, on va, en désespoir de cause en chercher à l’étranger.
15.12 à 20h37
Alerter
Leviathan
Melitsa
J’aime votre facon de parler au nom des Alsaciens.
A vous lire, vous représentez toujours une écrasante majorité et puis à chaque échéance, vous vous retrouvez dans le camps des perdants.
Ainsi vous aviez prédit la destitution, rien de moins, de Sarkozy et le triomphe de Royal.
Quand à l’article, il est étonnant que le fin linguiste que vous êtes ne s’indigne pas de l’interprétation très libre qui a été faite de l’article original.
il est vrai que toute vérité n’est pas bonne à dire.
15.12 à 20h35
Alerter

Noel
La chute de l’article me surprenait
qui disait : « Les Français, pour leur part, en ont fait? leur roi. »

L’original ne dit pas la même chose : « The French, for their part, have given him free rein to?well, to reign. »

Ce qui n’est pas tout à fait la même chose !
15.12 à 19h59
Alerter

fredo
jip13
Pas sur que l’avis des etrangers sur notre petit pays soit vraiment bien important, mis a part pour notre petite vanité personnelle?

Le cinéma américain continue a nous représenter avec le beret, la baguette et le litron; nous continuons a les décrire comme de cowboys bouffant du chewing gum!

Je ne sais pas si c’est une specialité francaise que de chercher a savoir comment les etrangers nous voient, mais tout de meme, je pense qu’on est dans le peloton de tete des peuples orgueilleux se prenant pour le centre du monde a bien des points de vues!
15.12 à 19h57
Alerter

skipy68
Certain rêve
A un monde selon leurs idéologies ou la place de la misère n’a rien à y faire!! Voudrait -il être la sagesse de Jésus sous une ironie de Judas???
15.12 à 19h38
Alerter
alternaute
Test…
…Y’en a n’en serait-ce qu’un qui a lu tout l’article ci-dessus ???
15.12 à 19h24
Alerter
levi-attent
@ médité !
le pouvoir n’a rien à gagner quand il pousse le peuple à comprendre qu’il n’a plus rien à perdre
15.12 à 19h19
Alerter
jip?13
La vrai question
A part le titre en français qui ne reflète pas la teneur de l’article, le contenu est assez pertinent.
Il est sain de savoir comment on est vus de l’étranger.
En attendant de connaître le jugement de l’histoire, il y a une conclusion qui est d’ores et déja bien évidente: nous ne sommes pas en République!
On aime à brandir le drapeau de 1789 et la gloire de nos grands hommes mais…
On n’est pas en république; seule différence avec les Bourbon: le monarque absolu est élu pour cinq ans. En principe, parce qu’on voit mal ce qui va l’empêcher de faire 10 ans…Ca fait long!
Et le fils est rentré dans la carrière! Il aura peut-être sa chance un jour?
15.12 à 19h05
Alerter
skipy68
daté du 22 décembre.
De quel année?????
15.12 à 19h01
Alerter
Melitsa
A President On the Precipice
Voici le titre en Anglais
« Precipice » se traduit tout bêtement par précipice, gouffre, abîme

Pour le reste, on ne cessera jamais de m’interroger sur ce bord qui sépare l’intelligence du gouffre
et ce pourquoi des fous arrivent à entraîner l’adhésion d’êtres pensants
Viktor Klemperer l’a tenté sans parvenir

Il y a l’effet de la tourmente, l’effet de la surprise mais une fois la poussière retombée que reste t il : un fou qui a subjugué et entraîné les autres

Il est minuit docteur Schweitzer car demain il vient en Alsace dans notre bonne ville de Strasbourg jouer encore les typhons
Nous porterons tous le bandeau noir qui s’apposa sur toutes les plaques de rue lorsque lepen vint à Strasbourg
15.12 à 18h44
Alerter

débabla
Ivresse des cîmes !?
En termes journalistiques, c’est une prédiction qui rejoindrait probablement l’analyse d’un psy…
Le seul danger actuel, pour Sarkosy, c’est lui!.

Plus d’opposition,
une cour à sa dévotion,
Un peuple résigné,
un pouvoir qu’il finit par croire sans limites, grisé par son succès dans la politique mode spectacle permanent.

D’où le risque de « pétage de plombs » potentiel, et imprévisible, en cas de mauvaise descente de son euphorie, qui doit se nourrir de doses chaque jours plus fortes.
15.12 à 18h37
Alerter

widerstand
de toutes les façons…
comme il est dit…je ne peux pas voir ce type en peinture.
15.12 à 18h20
Alerter
Leviathan
Les deux journalistes
….sont comme beaucoup de gens, ils sont dépassés par la personnalité de Sarko et le véritable changement et n’arrivent pas à prendre le train en marche, ils étaient moins effrayés par Bush, c’était beaucoup plus classique, ou par les derniers présidents francais, c’était beaucoup plus statique.
comme dit le proverbe. « On se moque toujours de ce qu’on ne comprends pas ».
Sarkozy n’est pas plus au bord du gouffre que n’importe quelle autre chef d’état et le Nobs a occulté une autre info, qui rapportait qu’un comité de journaliste européens l’a élu meilleur chef d’état européen (la tribune).
Il faut tout rapporter si on veut que le gens se fasse une opinion.
Sarkozy ne rencontre pas de réel opposition en France tout comme il en rencontrerait encore moins dans les autres pays d’Europe ou on ne passe pas son temps à tout contester en bloc comme le fait la gauche francaise qui sait si bien se faire hara-kiri.
Que ces deux journalistes regardent la situation économique de leur pays!
15.12 à 18h15
Alerter
anulus
E
Et si on traduisait:un président sur la brèche?Ah mais voilà!
15.12 à 18h09
Alerter
blogfinger
la paille et la poutre
excellente critique de notre president, la totale ne va pas avoir froid Sarko, mais que n’ont il pas fait le même costar au débile Bush, lors de la campagne us anti Française de la guerre d’Irak, et nous on ne se sent pas obligé de boycotter les Macdos pour offense( si quand même mais c’est permanent) , on en rigole( c’est tout ce qui nous reste n’ayant pas d’opposition credible)
15.12 à 18h08
Alerter
anulus
t
Traduction.Le mot gouffre n’apparaît nulle part.Il s’agit tout simplement du mot brink qui désigne le bord.Il y a d’ailleurs un terme Anglais brinkmanship,intraduisible,qui décrit l’art de longer un bord sans jamais tomber dans le trou.Faire preuve de brinkmanship,c’est être une espèce d’équilibriste,qui connaît l’extrême limite de ses limites.Le mot a une connotation plutôt positive.Il implique une grande maîtrise de soi,et dans ce domaine Sarkozy n’en est pas une bonne illustration.Reste que le titre est mal traduit,mais au bord du « trou »,ou un président « sur les bords »(!!!!!) aurait fait un peu fade et sans relief,ou tout simplement faux(ce n’est pas un président sur les bords même si on peut parfois le regretter) pour notre presse à la recherche d’émotions fortes.
15.12 à 18h07
Alerter
nonnon
HELP !
Réveillez-vous les Français idolatres de votre Roi…avant qu’il ne soit trop tard.

Car sinon, combien de temps faudra-t-il pour réparer la casse actuelle en France ?
Pendant ce temps là, le nombre de Français en souffrance augmente chaque jour.

Vous pourriez continuer tranquillement à baver d’admiration devant ce pseudo roi, si vous n’engagiez que vous dans votre inféodalité.
15.12 à 18h03
Alerter

ckikiviens
la bonne date
comment mettre en ligne un article de presse le 15 decembre,
daté du 22 cqfd
15.12 à 17h46
Alerter
honagre
au bord du gouffre
….poussons, poussons l’escarpolette!
15.12 à 17h41
Alerter
ciceron
Traduction du titre
Le titre de l ‘article en Anglais ne veut pas vraiment dire « Un Pésident au bord du gouffre ». La préposition employée devant le mot « precipice » n’est pas « near » or « by » or « at the edge » or « at the brink ». C’est « on ». Le titre en américain est pour moi un jeu de mot entre ‘Un Pésident au-dessus du précipice » (du genre Obama marche sur les eaux et Sarko vole au-dessus du gouffre) et « Un Président s’explique sur le gouffre au bord duquel se trouve le monde ».
15.12 à 17h39
Alerter
nicololo
laisser le temps au temps…
Un ancien président de la république, dans sagrande sagesse, n’en déplaise à beaucoup, avait l’habitude de dire qu’il falait laisser le temps au temps. Certes l’opposition, et principalement le PS, aprés le « sacre » de Sarko 1er, s’est trouvée fortement désemparée et c’est peut dire, surtout en constantant les façons de procéder du « kaiser » plutot nouvelles en politique, tou au moins à ce niveau de dirigeant ! Aprés bien des remous, des querelles et des bagarres, la démocratie au sein d’un parti s’est appliquée et le PS repart sur de nouvelles bases mais repart ! C’est vrai que dans le camp d’en face, il n’est nullement besoin de mouvement démocratique pour désigner le (?) les (?) chefs puisque le plus « grand d’entre-eux » (je plaisante) se charge de tout régenter jusqu’au moindre bouton de guettre ! Silence dans les rangs, je ne veux voir qu’une seule oreille, la mienne : c’est vous dire comment les autes se tiennent étant donné la taille du chef ! Attendons 2009, c’est dans 15 jours !
15.12 à 17h38
Alerter
anulus
O
On a beau ne pas aimer Sarkozy,ou l’aimer,il s’agit d’un article qui n’est ni négatif,ni positif,honnête,c’est tout.Ensuite,Newsweek est un bon hebdo,un peu à gauche de Time pour ce qui est de la politique étrangère.
Quand on lit cet article objectivement,on a l’impression qu’il y a 2 Sarkozy:celui de la vie privée,fier,autoritaire,puéril,vantard d’un côté et de l’autre celui de la vie politique qui réussit plutôt de qu’il entreprend,que ce soit à la tête de l’Europe ou à la tête de la France.Certes on pourrait rajouter inculte,grossier,bling bling pour décrire le personnage.Mais ce qui nous intéresse,c’est ce qu’il fait et nous verrons plus tard comment l’histoire le jugera.Ce qui sûr,c’est qu’il a réveillé le pays et que c’est un président comme nous n’en avons jamais eu.Et personnellement,je ne regrette ni Chirac,ni Mitterrand,ni De Gaulle,ni Pompidou,ni Giscard.
15.12 à 17h32
Alerter

bandingu?class=
sacha guidry
Un homme qui ne demande jamais de service à personne,finit par se faire la réputation d’un homme qui n’en rend pas.LUI N’ EST FAIT QUE PAR MOI MËME NO COM ???????????????????????
15.12 à 17h31
Alerter
AlexB.
La Tribune
« Le quotidien financier La Tribune annonçait la semaine dernière qu’un jury de journalistes internationaux couvrant les affaires européennes avait élu Sarkozy « meilleur leader européen » parmi 27 candidats. »

Evidemment, le site du Nouvel Obs n’en a pas dit un mot : seuls l’intéressent les articles de la presse étrangère critiquant Sarkozy. L’essentiel est de faire croire à ses lecteurs que le monde entier le déteste, ce qui est loin d’être le cas.
15.12 à 17h30
Alerter

Horsti
Ouvrez les yeux !
Ouvrez les yeux ! Le grand Horst Tappert est décédé ! Lui seul avait la clé du chemin du milieu vers un monde de paix !
15.12 à 17h27
Alerter
Yourii
date
mauvaise traduction:

Published Dec 13, 2008
From the magazine issue dated Dec 22, 2008
15.12 à 17h27
Alerter

VEAUDEFRANCE
Les vieux de la vieille
 » Comme quoi il faut toujours se méfier des apparences; lorsque tu vois un homme… mais qui a un bec de canard, des ailes de canard, des pattes de canard… Y a pas de doute; c’est un canard !… Et c’est la même chose pour les p’tits merdeux !  »

Réplique extraite du film « Les vieux de la vieille » avec Gabin, Noël Noël et Pierre Fresnay.

Dialogues de Mr. Michel Audiard que l’on pourrait prendre pour un extra-lucide à la lueur des exploits de notre « cher » Président.

Bonne soirée à Tous et Toutes.
15.12 à 17h26
Alerter

Youri
date
comment un article publié le 22 décembre comme indiqué dans l’article peut-il exister alors que nous somme le 15?
15.12 à 17h25
Alerter
AlfredoGarcia
Je lis
Qu’au bout du compte on se souvienne de Sarkozy comme d’un grand homme, ou d’un simple exemple d’obstination et d’arrogance,
Par l’instant je ne vois rien de grandiose, mais beaucoup d’arrogance et d’obstination
Ces Français qui, pour leur part, en auraient fait? leur roi. ils ne trainent pas dans les rues, peut-être dans la cour du roi nain
15.12 à 17h25
Alerter
ralph
Electron libre et instable
-
Un aperçu caricatural dans cette petite vidéo

http://www.fourre-tout.com/index.php/2008/12/12/918-le-clip-qui-dechire

15.12 à 17h18Alerter

Bindjouli
Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent
Article parfait

Nous ne sommes pas dupe et vous pouvez découvrir ce que je pense de tout ceci ;
Pour plus de détails, vous êtes invités à venir consulter mes contributions sur ce sujet et d?autres sur le Blog que j’anime sur le nouvel observateur.

http://critique-politique.blogs.nouvelobs.com

Cordialement
15.12 à 17h16
Alerter

amahane
sarko , pere fouettard
sarko a compris une chose , qu’il faut faire peur et sevir severement pour avoir la paix et faire comme bon lui semble
en ce moment personne n’ose lui tenir tete en france , donc il fait de ce qu’on lui a confié , ce dont il souhaite sans rien justifier à qui que soi
bien fait pour ses 53% d’electeurs
15.12 à 17h12
Alerter
Goliath
constat accablant!
Juste une petite rectification, c’est plutôt la France, ses institutions et ses valeurs qui sont au bord du gouffre… depuis un triste mois de mai 2007!

Quoiqu’il arrive, sarkozy aura eu ce qu’il souhaitait le plus au monde, à savoir diriger la France!
Maintenant, qu’il soit en disgrâce ou pas auprès des français et/ou de nos partenaires étrangers, son avenir est assuré… il a tellement déjà oeuvré pour ses amis les puissants… à moins qu’il ne termine comme César…
15.12 à 17h05
Alerter

henriette
@segolaide
L’article parle de Sarkozy, et non pas de la gauche, donc arrêtez de jeter votre venin, c’est vrai qu’à l’UMP, vous ne savez faire que cela.
15.12 à 17h03
Alerter
pipolette
Se sont les journalistes etranger qui osent dire l
Personne n’a réalisé à quel point cet homme était dangereux et entouré des pires ! Réveillez vous à gauche , allez tout casser au Ps afin qu’il cesse de prendre ce parti en otage, en laissant sarkozy et sa bande tout dessosser

Le président français est aujourd’hui en quelque sorte Sarkozy sans limites, pour le meilleur et pour le pire. Et justement, on pourrait se demander si, doté d’une telle personnalité et par les temps qui courent, il utilise cette liberté de mouvement pour le meilleur, ou pour le pire.
15.12 à 16h50
Alerter

damemarie
de quel royaume quel roi
la france est une nation .si ya un jour oposition elle viendra du peuple .la seul personne qui tient la route c est olivier besancenot .et ce jour la la france redeviendra une republique avec un president elu par le peuple .pas un roi pour ce qui es de la presse francaise ??????????
15.12 à 16h40
Alerter
nanou
Allez lire cette
interview de Sarko avant son élection:
Nouvel Obs du 26/04/2007
par Michel Onfroy (blog)
Titre: Dans la peau de Nicolas Sarkozy.
18 mois après l’interview, ça prend une tournure inquiétante…
15.12 à 16h35
Alerter
segolaide
La gauche médiocre
fait n’importe quoi pour détruire la France, heureusement Sarkozy vaincra ces déchets ! Il a déjà réduit à néant le PS… et s’en sort pas mal malgré la propagande de gauche !
15.12 à 16h31
Alerter
SYMON
Précisions
Pour information, les hebdomadaires anglo-saxons en général et américains en particuliers sont datés de leur échéance. En l’occurence 22 décembre pour une édition parue le 15.
Ensuite, on cherche en vain où le « ventilateur de l’Elysée » se trouve au bord du gouffre….
15.12 à 16h30
Alerter
guronsan
conscience
la prise de conscience des journalistes étrangers est plus pertinante voire osée, que la soupe tièdasse que servent nos journalistes bien de chez nous au maître qui les nourrit.
15.12 à 16h29
Alerter
fredo75
pas tellement d’accord
J’estime que cet article ne va pas absolument pas au bout de son raisonnement. Le titre est très fallacieux, car justement rien dans la « démonstration » ne vient étayer que Sarkozy serait « au bord du précipice », ce n’est pas l’impression qu’on retire. Donc on reste sur sa faim. Ce ne sont que des effets de manchette. D’ailleurs j’ai lu le texte en anglais, jamais la « chute finale » de l’article ne dit que les Français ont fait de Sarko leur roi, mais littéralement: « ils lui ont donné carte blanche, eh bien, pour régner ». Je trouve que c’est mal traduit, en plus.
15.12 à 16h29
Alerter
Movil
Bien vu !
Belle analyse que l’on aurait aimé lire sous la plume de journalistes de la presse française. Il est réconfortant de voir qu’à l’étranger Sarkozy ne fait pas illusion. Son caractère et ses actes sont très bien décortiqués.
15.12 à 16h19
Alerter

FPAILLE
Article du 22 décembre
neweek : nous sommes le 15 décembre, ce qui voudrait que cet article paraitra le 22 décembre ??
15.12 à 16h08
Alerter
lapinain
quel gouffre???
Je ne vois rien dans cet éloge du Sarkosysme ( gommant volontairement tous les aspects négatifs ) en quoi il est au bord du gouffre et qu’est ce qui pourrait « se retourner contre lui  » ??
15.12 à 16h07
Alerter
MELLY
rien compris
Vous,journalistes,n’avez rien compris aux Français qui n’ont pas fait de Sarkosy leur roi,mais regrettent cette erreur .Interrogez les Français,ne colportez pas la communication de l’Elysée!
15.12 à 16h06
Alerter
jaque
il a raison
sur toute la ligne,il n’a de compte a rendre à personne!!!,la critique est bonne,l’art est difficile!!!
15.12 à 16h04
Alerter

Publié dans DU VRAI JOURNALISME, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

Sarkozy contrarié par des Français dès le 1er janvier

Posté par issopha le 3 janvier 2009

LES BLOGUEURS ASSOCIÉS

Sarkozy contrarié par des Français dès le 1er janvier

 

Par Juan. Jeudi 1er janvier, le président français travaillait. Après des vœux très narcissiques, il s’est permis son premier discours de la nouvelle année devant plusieurs centaines de personnes ayant travaillé la nuit du réveillon. Quelques instants plus tard, il recevait la ministre israélienne des Affaires Etrangères, Tzipi Livni.



(photo : guillaumepaumier - flickr - cc)

(photo : guillaumepaumier – flickr – cc)

Lors de la présentation de ses vœux, le président n’a pu s’empêcher de donner quelques leçons. D’abord contre les jeunes incendiaires de voitures. Il était visiblement persuadé que l’incendie des 1200 véhicules brûlés pendant la nuit de la Saint Sylvestre était principalement l’œuvre de jeunes délinquants.Sarkozy contrarié en France
Sarkozy a ainsi suggéré ce jeudi que
« l’on réfléchisse à la possibilité pour les juridictions pénales d’interdire à un mineur condamné pour des faits d’incendie de véhicule de passer un permis de conduire pour des véhicules deux ou quatre roues aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n’a pas été indemnisé en totalité ».

Le président n’a pas apprécié non plus les polémiques récentes sur les moyens hospitaliers, à l’occasion de deux dramatiques faits divers, la mort d’un enfant par erreur médicale puis le décès, dimanche dernier, d’un homme de 57 ans en attente de soins : « Il m’apparaîtrait profondément déplacé que ces drames soient exploités au service de polémiques médiocres qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux. L’hôpital et ses personnels méritent mieux que cela ».La belle affaire ! Quel est le président qui saute devant une caméra à chaque fait divers violent impliquant

un criminel ou un malade mental ? Rappelez-vous ces polémiques inutiles et indécentes. Nicolas Sarkozy instrumentalise depuis longtemps les victimes en tous genres, quand elles servent sa cause.Nicolas Sarkozy n’a pas apprécié le décompte morbide des décès de SDF ces jours derniers. Il faut avouer qu’il nous avait promis la disparition des sans-domiciles dans les deux ans. Il a demandé à ce qu’on les emmène de force dans des centres, libre à eux d’en repartir ensuite. « On ne laisse pas mourir en 2009 des femmes et des hommes dans la rue dans un des pays les plus riches du monde », a-t-il dit. « On ne peut accepter que l’on contraigne ces femmes et ces hommes à rester dans un endroit contre leur gré. L’hébergement d’urgence, ce n’est pas la prison. (…) Il faut donc mettre ces hommes et ces femmes en situation de décider après leur avoir donné à manger un bon repas chaud, leur avoir proposé d’être soigné, leur avoir permis de prendre une douche puis leur avoir montré la chambre ou le lit qu’on leur offre. Si la personne n’en veut pas, alors elle retourne dans la rue, c’est son choix ».Les SDF ne meurent pas de froid. Ils meurent de pauvreté. Ils n’ont pas assez d’argent pour se loger. Point barre. Parler de « liberté » de dormir dehors est un concept à coucher… dehors. Cela frise l’indécence.Sarkozy la tête ailleurs
Vers 18h45, Sarkozy recevait Livni. La jeune ministre israélienne ne venait pas voir l’ancien président du Conseil Européen avec des bonnes
nouvelles. L’offensive contre le Hamas à Gaza se poursuit, et Israël a rejeté la proposition européenne, formulée la veille, d’une trêve humanitaire : « Il n’y a pas de crise humanitaire dans la bande, et par conséquent pas besoin de trêve humanitaire ». Et Tzipi Livni d’ajouter que des convois humanitaires circulent déjà en nombre dans la zone. Bizarrement, Sarkozy tout sourire ne paraissait pas affecté par ce refus sec et poli de sa proposition de la veille. On a regretté que Tzipi Livni n’explique pas davantage le rôle de l’Iran dans la pression du Hamas, ni ce qu’Israël comptait faire pour arrêter de tuer autant de civils.Sarkozy avait prévu de souhaiter la bonne année à quelques soldats français présents au Liban lundi 5 janvier. Son déplacement a été bousculé. Il fera un tour de la région, lundi en Egypte, en Cisjordanie et en Israël, et mardi en Syrie et au Liban.Nicolas Sarkozy va-t-il dialoguer avec le Hamas ? En avril dernier, le journaliste Georges Malbrunot rapportait pour Le Figaro qu’une première rencontre officieuse entre un diplomate français, à la retraite et les principaux responsables du Hamas avait eu lieu à Gaza en mars. En août 2007, les missions diplomatiques françaises de Tel-Aviv et Jérusalem recevaient un télégramme les autorisant à renouer avec le Hamas. En avril, Sarkozy avait aussi reconnu qu’un dialogue indirect avec le Hamas était utile, à l’instar des pratiques britanniques et espagnoles : « Qu’il y ait des passerelles pour discuter, après tout, moi je ne me permets pas de juger ce que font les uns et les autres, peut-être que ça sera utile un jour ».Bref, le jeudi 1er janvier, le Monarque était le maître d’école des Français, celui qui distribue les bons et les mauvais points avec hauteur et suffisance, tout occupé encore à sa place dans le monde. La guerre à Gaza l’importait plus que quelques SDF ou malades qui décèdent en hôpital. On ne cherchera pas ici à comparer les malheurs. Sarkozy, lui, l’a fait pour nous.


Samedi 03 Janvier 2009 – 00:51

Juan

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REACTIONS D’INTERNAUTES

87. Posté par dudule le 03/01/2009 18:55

@Poindi
Le Figaro n’a jamais ete un mauvais journal, il est juste orienté a droite comme Marianne l’est au centre-gauche, et rassurez vous , Marianne fait aussi sa censure quelquefois, mais plus par reflexion que part idéologie…..
Ceci dit Zemmour n’est pas mal mais est un peu négationiste sur certains points qui laissent a désirer (Marianne en avait même fait un article).



86. Posté par Poindi le 03/01/2009 18:48

Remarque à l’adresse de C (69).
Je lis souvent le figaro sur internet. Il y a des journalistes qu qualité ( par exemple Zemmour) . j’ai envoyé des messages comme celui ci suite à tel ou tel article, messages critiques sur Sarkosy ou sa politique mais toujours courtois. La vérité m’oblige à dire que la plupart du temps leur « modérateur » envoyait mes messages à la trappe. Fatigué d’écrire pour rien je me suis arrêté de leur envoyer . Pour moi c’est là le signe d’un journal aux ordres.
Chez Marianne (qui est certe critique cobtre Sarkosy et affichel a couleur), tous les messages sont publiés . C’est le critère d’un journal libre et démocratique.



85. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 18:48

dis-moi, Jack, tu en a croisé, toi, de ces jeunes violents?



84. Posté par Information Libre le 03/01/2009 18:47

@Le bossu de crespinPour klaxon aussi .. spécialiste des reprises :) http://chansons.ina.fr/index.php?id_notice=I07038301&vue=noticeQuand j’étais un petit garçon, plein de vie et de joie
Un jour que j’étais très gentil, mon père me rapporta
Un jouet extraordinaire, avec de gros yeux verts
Je l’ai pris dans mes bras mais quand je l’ai posé par terre
Il faisait « Zip » quand il roulait, »Bap » quand il tournait »Brrr » quand il marchait
Je ne sais pas ce que c’était
Et je crois que je ne le saurai jamais.
Tout étonné la première fois, quand je l’ai retourné
J’ai vu qu’il avait sur le ventre deux gros boutons dorés
J’ai poussé l’un et l’autre après, puis les ai tirés tous lesdeux
Mais quand je l’ai reposé par terre, j’ai ouvert de grands yeux.
Il marcha comme un militaire, tout à coup il s’assit Il passa sous une chaise et puis, soudain disparut sous le lit J’ai pleuré tandis que mon père, lui, riait aux éclats
car en me retournant, je vis le jouet qui était derrière moi.
Les années ont passé trop vite, et justement hier
Dans le grenier j’ai retrouvé ce jouet extraordinaire
J’ai appelé mon petit garçon, et le lui ai offert
Il était vieux et tout rouillé, mais quand on l’a posé par terre



83. Posté par Eric Claxon le 03/01/2009 18:43

@56. Posté par Jean Jolly
Merci pour la photo du bébé !
L’enfant ressemble a une star du show bis !
Magicien ou acteur peut etre un politique ?
Quelqu’un de connu Quoi !Bonne année



82. Posté par dudule le 03/01/2009 18:36

Tout d’abord je salue CDy, ami de Nicolas notre pere a tous.Ensuite , a toutes les filles en pleurs qui cherche le père de Rachida , arreter de vous lamenter , il passe tous les jours a la télé, vous le reconnaitrez facilement………



81. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 18:26

@ c dyJe ne comprends pas les gens comme toi: comment peut-on être humain et si peu humaniste?
Puisque Juan ne dit que des « contre-vérités », peut-être pourrais-tu nous faire part de tes vérités?
Ce que nombre d’entre nous avait pronostiqué au dernier trimestre 2007, si Sarkosy était au pouvoir, est en train de se produire, et ça dépasse même nos « espérances »… Faut-il que tu y trouves ton intérêt, pour fermer les yeux à chaque mensonge éhonté, chaque coup porté au tissu social, chaque cadeau fait à des gens déjà privilégiés…Et, s’il te plait, répond-moi autre chose que « avec la cruche, ça aurait été pire ». Du moins, si tu a vraiment des arguments…



80. Posté par Information Libre le 03/01/2009 18:21

Excellent billet sur MEDIAPART. (Les carnets libres d’Edwy Plenel )LE PDF
http://www-irma.u-strasbg.fr/~maudin/President0901.pdf
MEDIAPART
http://www.mediapart.fr/club/blog/edwy-plenel/020109/la-lettre-de-michele-audin-a-nicolas-sarkozy
Lettre (ouverte) à Monsieur le Président de la RépubliqueMonsieur le Président,
Par une lettre datée du 30 décembre 2008, vous m’informez de votre décision
de me décerner, sur la réserve présidentielle, le grade de chevalier de la Légion
d’honneur.
Je suis très heureuse, Monsieur le Président, de cet intérêt montré à ma
contribution à la recherche fondamentale en mathématiques et à la popularisation
de cette discipline et je vous en remercie.
Monsieur le Président, il y a un an et demi, vous receviez une lettre (ouverte)
envoyée par ma mère, Josette Audin, qui vous demandait de contribuer à faire
la vérité sur la disparition de mon père, Maurice Audin, mathématicien lui
aussi, et disparu depuis le 21 juin 1957 alors qu’il était sous la responsabilité
de l’armée française.
`A
ce jour, vous n’avez pas donné suite à cette demande. Vous n’avez
d’ailleurs même pas répondu à cette lettre.
Cette distinction décernée par vous est incompatible avec cette non-réponse
de votre part. Vous me voyez donc au regret de vous informer que
je ne souhaite pas recevoir cette décoration.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mon respect,
Strasbourg, le 1er janvier 2009
Michèle Audin
mathématicienne
12 rue de Berne
67000 Strasbourg



79. Posté par le bossu de Crespin le 03/01/2009 18:14

avant dans le show biz, on avait Gilbert Becaud qu’on avait surnommé monsieur 100 00 volts, Charles Trenet surnommé le fou chantant, et maintenant en politique nous avons sarkosy le gnome sautillant perfide et malfaisant.
c’est triste.



78. Posté par papy riquet le 03/01/2009 17:59

le père la réforme !! j’aurais aimé qu’il sache que quand le circuit commercial multiplie par deux son prix d’achat, le résultat :
100×2 =200 pour le circuit. mais 300 vendu ! pour un produit sorti d’usine à
100 ,il y a 20 % de coût de TOUS LES SALAIRES.
LE CIRCUIT COMMERCIAL PREND A LUI SEUL DIX FOIS LA MASSE DES SALAIRES. !!! ET LA TVA DERRIERE COMBIEN ??????????
combien de gens vivent du commerce et combien de l’industrie ???
bien belle lucidité du patron des réforme!!!!
mais les copains d’abord !



77. Posté par austin le 03/01/2009 17:56

37. gandhiLa sécurité sociale comme la caisse d’allocations familiales sont comme vous le dites des organismes privés qui gèrent des fonds publics sous la tutelle d’un certain nombre de ministères .Ils ne sont pas « assimiés » contrairement à ce que vous dites .Ils relèvent du régime général .Au moment de partir à la retraite un fonctionnaire touche 75% de son salaire des 6 derniers mois alors que l’ employé SS ou CAF voit sa retraite calculée sur les 25 meilleures .Je peux vous dire que la différence est saignante .J’en ai dans ma famille des personnes relevant des deux régimes , fonctionnaire et CAF …… C’est à Monsieur Balladur qui a fixé la durée des 25 ans ….. C’est profondémment injuste , mais c’est ainsi .



76. Posté par c le 03/01/2009 17:50

A tutu
Et toi qu’en connais-tu?? Vu ta réponse tu m’as l’air de voler bien bas. Bien à toi et sans vulgarité!!!



75. Posté par TUTU le 03/01/2009 17:40

à « c » (comme CON)Qu’est-ce que tu connais des « Français », pauvre tâche ?



74. Posté par calamity jane le 03/01/2009 17:24

@ 73Pardon ! Moi, c’est Calamity Jane ! Tous mes voeux MÔSSIEU !



73. Posté par cui-cui le 03/01/2009 17:18

62. Posté par Cyrano le 03/01/2009 15:25
@67 Zhora DATI : On ne s’en fout pas du tout, au contraire!
si si, on s’en fout !!!



72. Posté par Jean Jolly le 03/01/2009 17:14

Qui nous dit que ce n’est pas le PDg de Renault qui a fait brûler ces voitures, pour pouvoir vendre son stock ?



71. Posté par Julius le 03/01/2009 17:14

@52, pardon pour le post 53 !



70. Posté par Julius le 03/01/2009 17:13

@53
les médecins se reposent le Dimanche….sans doute travaillez vous TOUS les dimanches de l’année ??
Connaissez vous la durée de travail hebdomadaire d’un médecin généraliste en milieu rural ou semi rural ??? on est plus près des 70 heures que des 35 heures.
Alors s’il vous plait vos diatribes contre les médecins gardez les ou mieux parlez en à votre médecin.
Quant aux gardes, elles sont sectorisées et lorsqu’un secteur n’est pas pourvu, un médecin peut être réquisitionné par le préfet.
Personnellement je préfère être vu par un urgentiste que par un médecin crevé par sa semaine et qui risque de se planter.
Quant à votre arrêt de travail je suis pas sur que ça soit une urgence vitale nécessitant un déplacement d’un médecin de garde à 44 euros le dimanche…



69. Posté par c le 03/01/2009 17:11

Et si c’était vrai le diriez-vous?Rien n’est moins sûrPourquoi les sondages du Figaro seraient-ils aussi nuls que les vôtres ???Mariane vous perdez sur tous les tableaux!!! Vous n’avez vraiment rien compris aux Français!!! Bon courage



68. Posté par Marius Porcher le 03/01/2009 16:30

Il est contrarié Niko la came ! tant mieux ! Cela fait deux personnes avec moi. Je ne suis pas parti cet hiver car mon patron ne m’a pas augmenté.
Sarkiste s’est augmenté de 140 % tout en s’offrant des vacances à Rio.
Je boycotte tous mes plaisirs et je ne consomme plus afin de le contrarier le Neuilly’s people.
Au fait, quelqu’un peut-il me dire combien de véhicules ont été carbonisés à Neuilly?
Pour un ancien ministre de l’intérieur, son karcher manque de puissance électrique. Je demande que le jour de l’an soit baptisé « jounée du concessionnaire’ comme il existe une journée de la femme et de tout ce que vous voulez.
J’ai déjà posé mes deux RTT du 29 et du 30 janvier 2009. Avec un peu de chance, nous resterons peut-être chez nous si les grèves se prolongent avec un petit coup de froid par là-dessus et un arrêt maladie, je resterai chez moi à compter les points sous ma couette.
Tu vois, Niko, dans quel état d’esprit je suis à deux jours de la reprise du boulot. Tout ce qui te contrariera me fera plaisir. Je me délecte à l’avance de tes gamelles et des taules que tu vas prendre. N’est-ce pas frénétique Lefebvre !!!!



67. Posté par calamity jane le 03/01/2009 16:18

Narcisse as-tu du coeur ?
Comment le pourrais-je ?



66. Posté par Jean Jolly le 03/01/2009 15:59

@ C.Dy post 64.Sinon, ils ont fait de la place à Guantanamo. En revanche, ils ne disent pas comment ils s’y sont pris.



65. Posté par jack le 03/01/2009 15:58

une chose est certaine:le père du bébé de Rachida n’est ni Sarko ni Dray.
La preuve:le bébé ne porte pas encore de Rolex.



64. Posté par C.Dy le 03/01/2009 15:55

@38. Posté par Candide
Ne faites pas comme Juan, ne dites pas de contre vérités.
Sarkozy avait dit qu’il y aurait assez de places disponibles afin qu’aucun SDF ne couchent dehors.
En effet la France dispose d’environ 98.000 places pour 97.500 SDF répertoriés.
Maintenant si le confort n’est pas au top, je peux comprendre que certains ne souhaitent pas aller dans ces centres.



63. Posté par Cyrano le 03/01/2009 15:27

mon post était pour @57 et non @67, excuses



62. Posté par Cyrano le 03/01/2009 15:25

@67 Zhora DATI : On ne s’en fout pas du tout, au contraire!
Dans 30 ou 40 ans , elle sera ministre, sous la présidence du Dauphin Jean Sarkozy en bonne ambitieuse et suceuse…de roues politiques, comme maman.
A part çà, bonne santé à la mère et l’enfant.



61. Posté par bernardg76 le 03/01/2009 15:20

Notre président ne connaît pas le repos. Il ne lui aura pas fallu longtemps pour lancer sa première fusée intellectuelle, pour reprendre cette si exacte expression de Philippe Bilger, de l’année 2009.
Comme ce fut le cas il y a un an avec la disparition de la pub sur le service public, on sent que plus de soin a été apporté à la précipitation de l’annonce qu’à la réflexion sur la faisabilité. Il suffit que la mesure réponde immédiatement à un fait divers, satisfasse un public frustré par une colère impuissante, aggravée par les dérangements digestifs d’un lendemain de Réveillon, et que le Bon Sens y appose son sceau pour que la mise en orbite ait lieu. (de Me EOLAS)
http://lesdessousdelapolicenationale.blogs.nouvelobs.com



60. Posté par jack le 03/01/2009 15:07

Tiens ,ça fait longtemps qu’on n’a pas vu le grand humaniste Joey Starr nous expliquer à la télé que c’est très bien de brûler les voitures.En général c’est lui ,le frappeur d’hotesses de l’air,qui est le grand expert ès banlieues de notre télé.
Et l’autre rigolo,l’homme au cendrier,l’acteur de Taxi,il n’a pas de leçons de non-violence à donner?
En excusant tout,en nous citant comme modèles des rappeurs violents
la télé est en partie responsable pour la banalisation de la violence.
Et les flics ,dès qu’ils arrêtent un jeune il est libéré par les juges .En plus à chaque intrpellation ils risquent de se faire allumer par les héros des « quartiers »(comme on dit si pudiquement.)
Ils préfèrent donc sévir contre ceux qui ont oublié de mettre leur ceinture plutôt que contre ceux qui brulent des bagnoles.De leur point de vue je les comprends:c’est moins dangereux.Interpeller un automobiliste qui dépasse la vitesse autorisée ne déclenche pas d’émeutes,surtout si l’automobiliste est Français « de souche ».



59. Posté par to mutch le 03/01/2009 15:05

Mais il n’a même plus le courage d’être en direct, tellement il a du mal à se maîtriser.
Pas de permis pour les incendiaires, qu’il ne s’inquiète pas des conducteurs sans permis il y en a déjà 150 000 à 250 000, avec presque 60000 verbalisations relatives à des défauts de permis alors 100 ou 200 de plus une goutte d’eau.



58. Posté par jack le 03/01/2009 14:55

à une citoyenne :aimeriez-vous que d’un pays voisin où desq bandes armées disposent de roquettes et autrs jouets sympathiques on tire tous les jorurs sur des écles,des hopitaux etc.?
Israel a fat la paix avec l’Egupte et a abandonné le SInai parcequ’Israel savait que l’Egypte respecterait sa parole.Mais comment faire la paix avec des gens qui disent qu’ils veulent vous exterminer et surtout où au lieu d’une armée régulière contrôlée il y a des bandes armées qui font ce qu’elles veulent.
Je n’approuve pas tout ce que fait Israel,mais si les Palestiniens ne font
pas un peu d’ordre chez eux la paix ne sera jamais possible.
La violence intrapalestinienne (erntre Fatah,Hamas etc.)est d’ailleurs
assez présente aussi.
la situation au Moyen-Orient est trop compliquée pour être analysée avec manicheisme:les gentils Palestiniens contre les méchants Israéliens.
CA ne m’empêche pas de critiquer la colonisation Israélienne dans
« les territoires ».



57. Posté par cui-cui le 03/01/2009 14:52

Zohra Dati : on s’en fout !!!



56. Posté par Jean Jolly le 03/01/2009 14:37

@ Eric Claxon post 48. J’ai réussi à trouver une photo de la petite Zohra Dati, si cela peut te mettre sur la voie ====> Cliquez iciMeilleurs voeux !



55. Posté par La gazette du samedi le 03/01/2009 14:27

Rachida Dati a accouché hier dans une clinique privée chicos du XVIème.Pourquoi pas à l’hôpital public qui est si sûr, selon dame Bachelot ?Si même les hauts fonctionnaires de l’Etat ne font plus confiance au service public…



54. Posté par Janos07 le 03/01/2009 14:21

Je ne conteste pas le sens de l’article, mais, de grâce, arrêtez d’employer cette expression à la mode (tu parles !) : « Point barre. » C’est du français de plouc ! Et encore, je me retiens.Revenons au français délicieusement désuet des années 1950 et continuons de dire ou d’écrire : « Un point, c’est tout ! »



53. Posté par mada le 03/01/2009 14:11

@ 33 « Pauvre France »Bien sûr que mes idées sortent tout droit du café du commerce, c’est la seule université que je connaisse.Je maintiens ce que j’ai écrit au sujet des problèmes des urgences dans les hôpitaux.Dans le coin où j’habite, si je suis gravement malade et ne peux me déplacer ce n’est pas un médecin qui se déplace mais les pompiers. Ils m’emmènent bien gentiment aux urgences d’un hôpital qui est à 22 kms de chez moi. Aux urgences, le médecin constate que ce n’est pas une urgence mais une saloperie bien contagieuse et après m’avoir donner tout de suite des médicaments appropriés je dois appeler un taxi pour retourner chez moi. Les pompiers sont retournés dans leur caserne entre temps.

Pendant ce temps là, dans ma bonne petite ville, il y a 4 médecins qui se reposent, c’est dimanche. Pour mon arrêt de travail je devrais quand même appeler le médecin car le médecin des urgences me renvoie vers mon médecin référent.
Théoriquement, il doit y avoir un médecin de permanence et une pharmacie durant le dimanche et jour de fête mais parfois il y a des couics.
Les ghettos ne sont pas toute la France, ce n’est pas tous les médecins qui sont concernés par cette mal traitance des cités.

Permettez moi de ne pas avoir le même point de vue que vous, Pauvre France.



52. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 13:26

@ mimil
Juan est là pour faire ce que les média n’osent ou ne veulent pas faire.
Dénoncer les incohérences de la politique sarkosyenne. Il n’a jamais dit qu’il était politicien, pour autant que je sache…



51. Posté par La gazette du samedi le 03/01/2009 13:17

Sarko commence l’année con-tra-rié, voici pourquoi :http://www.bakchich.info/article6354.htmlCe n’est pas lui l’engrosseur de Rachida Gucci.



50. Posté par rowali le 03/01/2009 12:55

47 une citoyenne..J’ai toujours pensé que le péché originel d’Israel réside dans l’occupation des territoires palestiniens après la guerre des 6 jours.C’est alors qu’a manqué à ce pays un  » grand homme  » capable de saisir l’opportunité de trouver une solution par la création du état palestinien,plutôt que de se vautrer dans les délices d’une victoire.Malheureusement de l’autre côté ce fut la même chose:incapacité de se doter d’un dirigeant visionnaire,capable d’assumer un destin.Les palestiniens ont choisi un homme inconsistant,incapable d’affronter l’impopularité,s’accrochant à  » un retour des réfugiés  » inacceptable par l’autre partie, ce qui garantissait évidemment l’échec des pourparlers,lui permettait de plastronner,en étant sûr de n’avoir pas à affronter les dures réalités d’une gouvernance économique et financière.Torts partagés, mais misère unilatérale des palestiniens, soumis à une occupation aussi dégradante pour les occupés que pour les occupants qui y perdent leur âme.Voilà pourquoi je crains une guerre de 100 ans.



49. Posté par Mimil le 03/01/2009 12:53

Juan est tjs drole.
Et des quolibets et des adjectifs sur le petit Nicolas (tu reves de lui la nuit, c’est pas possible à ce niveau. Jaloux de Carla? LOL), mais que propose Juan si ce n’est d’etre « anti » ?
Anti-reforme, anti-capitaliste, anti-ipod, anti-consumérisme, anti-sarkozysme, anti-travail, anti-republicain (relis le 2eme article des droits de l’homme, preambule de notre constitution, tu apprendras ptet des choses)… anti-libertaire ?
C’est à se demander devant tant de bile permanente, sans argumentation.
Il serait peut-etre temps que tu deviennes pro- »quelque chose », parce qu’il me semble que tu commences à t’essoufler (deja que ca ne portait pas bien loin tes articles…).
En fait, ton fond de commerce est le meme que Besancenot et Royal: je n’ai aucune idee, je ne comprends pas grand chose au monde qui nous entoure, donc je denonce.
En meme temps, c’est demago et sans effort, comme tes modeles cités plus hauts.
Tout cela n’est pas tres flatteur, heureusement, la gauche a d’autres personnes qui ne lui font pas autant de mal que toi, avec tes articles completement cretins, niveau café du commerce.
Un bloggueur quoi, meme pas un journaliste, c’est dire le niveau !Continue de nous faire rire. :)



48. Posté par Eric Claxon le 03/01/2009 12:32

Mais qui a bien pu faire ça à Rachida ??????
Marianne repondez Nous !



47. Posté par une citoyenne le 03/01/2009 12:13

@rowali
Aimeriez-vous être emprisonné sur une bande de terre entre de hauts murs et la mer, à subir un blocus tel que les ONG et le PAM lancent des appels au secours en pensant aux enfants malnutritis?
Par ailleurs,faut-il rappeler que le Hamas a été élu démocratiquement?
Le gouvernement israëlien ,cynique,souffre d’un manque d’humanité,c’est le moins qu’on puisse dire.



46. Posté par Iremaisdiable le 03/01/2009 12:12

PRÉFECTURE DE POLICE :AU SERVICE DE LA FRANCE OU D’ISRAËL ?Depuis le 27 décembre, Gaza est à feu et à sang : plus de 400 morts et de 2 000 blessés au moment où ces lignes sont écrites.Depuis des années, la Préfecture de Police de Paris refuse systématiquement toute demande de manifester devant – ou même à proximité – de l’ambassade d’Israël, dès lors que les protestataires ont des critiques à exprimer quant à la politique israélienne. Par contre cette même Préfecture vient d’autoriser, à cet endroit, un rassemblement de soutien à l’agression israélienne. Ce rassemblement, prévu pour le 4 janvier, est organisé par le CRIF et Migdal, un organisme extrémiste pro-israélien. Ce dernier n’hésite pas à utiliser comme service d’ordre la mal nommée Ligue de défense juive, milice d’extrême droite bien connue des services de police pour sa violence et son racisme anti-arabe.

À la suite de cette autorisation pour le moins contestable, une autre organisation de la communauté juive a déposé, à son tour, une demande pour un rassemblement devant les grilles de l’ambassade : il s’agit de l’Union juive française pour la paix (UJFP). Pacifiste, favorable à une solution politique du conflit, cette association travaille pour une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, pour l’arrêt des violences et pour le « vivre ensemble » entre Juifs et Arabes, au Proche-Orient comme en France.

Le service d’ordre de l’UJFP a informé les autorités préfectorales de sa disponibilité à collaborer avec la police nationale et les CRS postées devant l’ambassade afin d’assurer la sécurité et l’ordre public, soulignant sa détermination à éviter tout débordement.

La position de la Préfecture est catégorique : oui au CRIF et aux extrémistes de Migdal, non aux pacifistes de l’UJFP.

Cette décision est inadmissible dans un pays qui se réclame de la démocratie républicaine et des droits humains. Les pouvoirs publics en France doivent être au service de leurs concitoyens et non pas à celui des organisations extrémistes dont la violence raciste est avérée. Ils ne doivent pas, non plus, être au service d’autres États, surtout ceux engagés dans des guerres coloniales sanglantes qui suscitent l’indignation de l’opinion française et la réprobation de la communauté internationale.

COLLECTIF NATIONAL POUR UNE PAIX JUSTE ET DURABLE ENTRE PALESTININES ET ISRAÉLIENS

Contact presse : 06 80 96 43 45

puisqu’il faut mettre face a des réalités que notre Président ne connait pas de l’hopital, qui fait partie du service public qui pourtant il doit bien le savoir, se démantèle de jour en jour pour favoriser les cliniques qui s’en foutent plein les poches ====> service hospitalier de Beaujon,

ma soeur accidentée il y a trois semaines s’est retrouvée dans le service réanimation ou un ASH lui a dit ssans la moindre vergogne « CREVE », juste au coté de ma soeur dans le même service, une patiente aussi accidentée qui pleurait et se plaignait d’avoir très mal après avoir fait une fausse couche…
personne ne lui venant en aide ma soeur n’a pas cessé d’appeler en utilisant la sonnette jusqu’a ce qu’une employée arrive et lui dise « ON EST PAS DANS UN HOTEL ICI »…
En gros, il n’y a que la vérité qui blesse, bravo Juan comme d’hab et bonne année a toi !!



45. Posté par dérision le 03/01/2009 12:07

Comment sauver la France et le Monde par Speedy Sarkozy ?Réunion du Conseil des Sinistres .NS : MAM comment s’est passé la nuit du réveillon ?MAM ; Pas très bien bien on dénombre 1147 voitures incendiées …

NS : pas de problèmes les incendiaires ne pourront passer le permis avant d’avoir indemniser les victimes.

MAM : oui mais … on suspecte quelques fraudes à l’assurrance .

NS : quoi !!! quelle bande d’escrocs ces connards de Français. Ceux qui seront pris ne seront pas indemnisés … et ils payeront 1000 € de prime anti-casse, … Nicole quoi de neuf pour les SDF ???

NB: Ben 20 % de ceux qu’on oblige à aller dans les centres d’hébergement ne veulent pas y rester …

NS: Pourquoi ?

NB : ils se plaignent d’y être agressés et de conditions d’hygiène plus mauvaises que dans la rue.

NS : font chier !!! veulent quand même pas que j’les emmène avec moi à Rio, ou que j’les loge à l’Elysée, z’ont qu’à aller bosser, merde ! et toi Bernard j’espère que t’as des bonnes nouvelles ,

BK: bof ! pas trop, la guerre dans la bande de Gaza s’intensifie

NS ; t’as qu’à faire venir l’autre là, Ministre de la Défense israélienne, L’OVNI…

BK ; … euh c’est Livni, c’est prévu, mais elle a déjà refusé toute idée de cessez-le-feu

NS: la pute, elle va pas m’emmerder elle aussi, et puis tu me fais affréter Sarko One j’vais faire une tournée au Proche Orient.
oh la vache ! on est le 3 janvier j’ai déjà fait la moitié du boulot de l’année dernier. Borloo t’a sorti l’apéro ?



44. Posté par Nathouille le 03/01/2009 12:01

@ à candide – 29 – ….
Tu as raison tout ça donne envie de vomir !!!!!
Et si on allait tous ensemble le 29 lui vomir dessus ? sourire
Si on bouge pas, bientôt faudra pas s’étonner de ne plus rien avoir à vomir



43. Posté par marczi le 03/01/2009 11:55

bon alors!!! dites nous le, maintenant qu’elle est sortie !!!!! c’est qui le pere ??????? elle sont ou les photos ????
mais qui a bien pu faire ça à Rachida ??????



42. Posté par Barbarin le 03/01/2009 11:53

Son discours a été enregistré pour que sa Majesté apparaisse nickel, ce qui ne l’a pas empêché de dires des conneries, comme à son habitude.
Moi je veux voir les rushs de cet enregistrement.



41. Posté par tiopere le 03/01/2009 11:52

les politiques ils s,en foutent des voitures qui sont incendiées ,c,est les assurances qui payent ,donc nous avec les surprimes.! et maintenent ceux sont les proprietaires de voitures qui y mettent le feu çà c,est nouveau ,on ne coure plus apres les incendieres ,et bientot cesera pourquoi les gens qui n,ont pas de garage achettent ils des voitures qui restent dehors ,ils seront bientot accusés de provocations.et il y a ceux qui achettent une voiture d,occase 2000 e qui là brule pour etre remboursés 600 e c,est vachement rentable ,ils sont fous ces français ,j,ai assisté de ma fenetre du 3e a des incendies de voitures on ne court meme plus apres les incendiaires ,si on les arrete ils vont mettre le commissariat ou la gendarmerie a sac ,alors on eteint les feux et on compte les epaves et les voyous courent toujours ,si la justice faisait son travail la france n,en serait pas là ,en véritable etat de siége ,a paris sur les champs et aux abords un policier ou militataire pour 10 fetars (………..)



40. Posté par marczi le 03/01/2009 11:49

@seb 1
52% seulement de sa famille ???
encore un sondage qui a été réalisé entre les chiottes et le grand salon de l’élysée auprès d’une population représentative !!!!!



39. Posté par julius le 03/01/2009 11:41

@36 C.Dy
J’ose penser que votre remarque est humoristique ! Vous n’avez jamais entendu parler du Projet de loi de finance de la sécurité sociale ? PLFSS pour les intimes ??
Il est voté à l’assemblée, ce projet de loi , et donc dépend des larbins de l’UMP.
@33 : tout à fait d’accord avec vous !



38. Posté par Candide le 03/01/2009 11:39

@ Sylvie et Monique, merci de votre soutien.Vous remarquerez que toutes les Caisses de Sécu ne sont pas au même régime : il s’agit ici de diviser pour mieux régner…Au fait, une autre mesure dont on a pas beaucoup parlé non plus : la suppression de la demi part supplémentaire attribuée jusqu’àlors aux parents isolés…@ Juan :
Vous écrivez « Nicolas Sarkozy n’a pas apprécié le décompte morbide des décès de SDF ces jours derniers. Il faut avouer qu’il nous avait promis la disparition des sans-domiciles dans les deux ans »…

Effectivement, mais il n’a pas précisé comment.. La mort n’est-elle pas une disparition ? Peut-être que ce qui le contrarie, c’est que cela n’aille pas assez vite ? Il rêve peut-être, en se rasant le matin, d’une bonne épidémie, qui nettoierait plus efficacement les trottoirs…

(s’cusez mon cynisme inhabituel, je me sens terriblement grognon, ce matin, allez savoir pourquoi…)

37. Posté par gandhi le 03/01/2009 11:38

@ 36 la sécurité sociale est un organisme privé,paritaire syndicats/patronat, chargé d’une gestion publique, à ce titre les employés de sécurité sociale ne sont pas fonctionnaires mais assimilés.
Les gouvernement donnent des directives que la sécu se doit d’appliquer. ce sont donc les gouvernement qui font la « politique » de la sécurité sociale, selon leur bon vouloir.



36. Posté par C.Dy le 03/01/2009 11:24

@35. Posté par Monique Ayrault
Je me trompe peut-être, mais la « sécurité sociale » n’est-elle pas gèrée paritairement par les syndicats de salariés et les syndicats patronnaux.
Que viens faire Sarkozy dans cette triste affaire ?



35. Posté par Monique Ayrault le 03/01/2009 11:18

Candide
Moi aussi je suis solidaire de ce que vous dénoncez et chaque jour surgissent de nouvelles injustices comme celles-ci et on les ignore, ce n’est pas intéressant pour les grands quotidiens…
Les annonces « bidons » de Sarko, c’est plus marchands…
Punir les responsables de voitures brulées!!!Facile !Ils laissent leur carte de visite sur la voiture !!!

et ce climat de violence qui augmente de 30% qui le génère ?



34. Posté par sylvie 75 le 03/01/2009 11:07

@ Candide
Je suis solidaire de vos propos. Cette mesure est indigne, immonde, inhumaine. Quand Sarkosy a dit qu’il ne laisserait personne au bord du chemin, il a oublié de dire qui.
Un Président qui agit ainsi face aux plus démunis n’est pas respectable.



33. Posté par Pauvre France le 03/01/2009 11:04

@ mada:Votre remarque est digne d’une  » grande idée du café du commerce « !!Immergez vous dans la vie d’un médecin généraliste de ville et de campagne , confronté: – aux exigences de « patients » plus savants que le médecin … arrivant avec diagnostic et ttt ,ils ne leur manquent que le papier pour l’ordonnance ( s’ils pouvaient le voler ils le feraient !)
- aux appels bidons , ou bien le médecin n’arrivant pas assez vite ( car le malade se croit toujours seul …) il appelle les pompiers et ne prévient pas le médecin qui cherche le patient dans des endroits plus ou moins hostiles …. ( et j’en passe et des meilleures )
Comment voulez vous exercer la médecine sereinement et avec compassion pour tous les gens qui sont des « cassés  » du système Sark. et qui ont besoin de temps , de réconfort , de solutions ( sociales ) à leur difficultés qui ne se traitent pas avec des médicaments … Et vous osez discuter le prix des consultations , critiquer … Bravo , c’est grâce à des gens comme vous que le roi triomphe , gardez vos oeillères et votre haine des gens qui font ce qui peuvent mais ne peuvent faire bouger sans l’aide de personnes conscientes qu’il est tant d’arrêter le massacre!!! Vous êtes malheureusement le reflet du niveau de trop de gens qui écrivent n’importe quoi sur ce site ….



32. Posté par PAPY le 03/01/2009 10:58

Toujours identique à lui même. Il apprend des incendies des voitures, il trouve rapidement une solution avec des idées bien arrêtées, sans analyse comme toutes ses décisions prises sous forme de « rustines » pour plaire à « certains » français. Et ça marche…En ce qui concerne l’hôpital, c’est inadmissible de ne pas reconnaitre ou rendre compte de la vérité à la population. La conclusion de l’état : « l’état de santé du cardiaque étatit à un tel point qu’il serait mort quand m^me » . C’est abominable. Moi même étant au bord de la mort subite pour des pbs cardiaques une intervention urgente m’a été bénéfique. Alors comment peuvent ils prévoir que le cardiaque était condamné et même si c’était le cas la médecine fait toujours tout son possible car on a vu des pires cas sauvés.En ce qui concerne, la trêve à Gaza, si Sarko y arrive alors ce sera la meilleur chose qu’il aura faite depuis son arrivée au pouvoir et cela pourrait lui être bénéfique dans les sondages. Je souhaite de tout coeur qu’il y arrive concrètement et pas seulement faire de la communication, car ce massacre doit cesser impérativement…. Il aurait du profiter des derniers jours de son mandat européen pour mettre en oeuvre une action concrète, alors qu’en tant que président de la république française il aura bien du mal, alors que les US très copain avec les Israeliens n’y arrive pas (le veulent ils vraiment ??)



31. Posté par shui-ahuri le 03/01/2009 10:48

explosion en 2009 ,,,? je rigole ,ceux qui pourrait aller manifester ne le feront pas !je parle des retraités (jeunes ou très âgés ) qui sont l’électorat de Sarko ! j’ai déjà parlé de cette manif a des personnes ,elles m’ont répondu que ça ne servirait à rien !!! Je suis vieille et beaucoup de vieux sont frileux pour tout ce qui ne les concerne pas directement ;ils ne sont pas sages mais démissionnaires! Ils pensent qu’ils ne sont pas concernés par la crise ,je les entends tous dire que ce sont leurs enfants qui vont subir !! ça fait 10 ans que je leur dit qu’ils « subiront ! tout le monde dit : ça va exploser , mais chacun compte sur l’autre pour se  » mouiller « !!!!!
combien de journalistes et de lecteurs ont signé la pétition pour la liberté de la presse ,,,?,etc, etc ,etc



30. Posté par Bernard le 03/01/2009 10:47

Tout ce qui interresse le petit président c’est de fuir la France qui l’ennuie.
Pour ce qui est du Hamas, il se sert de son peuple comme d’un bouclier humain et nous tombons dans le panneau. Le plus grâve c’est qu’il y a des morts Je ne pense pas que les manifestations actuelles servent la cause des Palestiniens qui veulent vivre dans la paix.



29. Posté par Candide le 03/01/2009 10:39

Contrarié mon Nico ? Pauvre chou ! Comme je te plains…Moi aussi tu vois, j’ai eu ma « petite » contrariété : on peut se comprendre, ça nous fait un deuxième point commun…Le premier, c’est que nous sommes tous les deux handicapés : moi à cause d’une maladie génétique, et toi handicapé du coeur, gravement atteint d’agitation mentale…Voilà ce que j’ai appris hier, et qui me « contrarie » :

« Depuis hier, plusieurs caisses de sécurité sociale ne remboursent plus les frais de transports des adultes handicapés. A la place, un forfait de 200 euros par mois. Terriblement insuffisant pour Karim Fellissi, conseiller national de la FNATH, association des accidentés de la vie, qui pousse un cri d’alarme sur RMC.

« Cette prestation de compensation du handicap, comme elle s’appelle, ne permet pas de faire face aux frais de transport des handicapés. Les familles concernées – ça ne représente pas énormément de monde, donc le gouvernement pourrait faire un geste sans creuser le trou de la sécu- se retrouvent du jour au lendemain dans une situation où elles peuvent avoir jusqu’à 1000 euros à charge. 1000 euros par mois. »

« Quand vous prenez le taxi tous les jours, ça vous coûte entre 20 et 25 euros. Faites vos comptes: ça dépasse largement les 200 euros. Les handicapés doivent souvent se déplacer assez loin pour rejoindre des maisons d’accueil spécialisées. En plus, l’insuffisance de structures adaptées à certains handicaps obligent certaines familles à envoyer leurs proches en Belgique. Ce qui n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale. »

« Au final, la personne qui n’a pas les moyens sera obligée de garder son parent handicapé à son domicile. »

Caroline Dumortier, présidente de l’association « Mon école à moi aussi » et mère d’enfant handicapé, dénonce sur RMC cette décision, qui la place en grande difficulté financière. « 2000 euros de taxi, c’est le salaire de mon époux. J’ai arrêté de travailler. J’ai 430 euros d’allocation pour chacun de mes enfants. Comment je fais? »

(Sources: Le Post, RMC, France Info)

Voilà, mon Nico… Quand tu prendras ton Falcon, pense à boire une tasse de café à ma santé, hein. Je ne doute pas que tu le feras, car il me semble que tu as promis (encore une fois) de ne laisser personne au bord du chemin, surtout pas les plus faibles (excuse-moi, je reviens dans deux minutes, j’ai envie de voooooomir…).

Porte toi bien, mon Nico Chéri (surtout, n’oublie pas de prendre tes gouttes), je te souhaite une bonne année : moi non plus, je ne t’oublierai pas !



28. Posté par domaugustin le 03/01/2009 10:22

2007 : bling-bling
2008 : travailler plus pour gagner plus
2009 : travailler plus pour travailler plus
2010 : tous aux abris, ça va péter
2011 : compteur Geiger
2012 : fini, tout fini



27. Posté par Serge le 03/01/2009 10:09

première rencontre officieuse entre un diplomate français, à la retraite et les principaux responsables du Hamas avait eu lieu à Gaza en mars.
Ce ne serait pas Chirac par hasard? Ce serait le meilleur diplomate pour être entendu à Gaza.



26. Posté par biloute le 03/01/2009 09:58

D’accord avec Jeannot : on attend les chiffres. Je me demande bien qui peut regarder cette soupe un soir de réveillon à part quelques godillots.



25. Posté par LALLIE le 03/01/2009 09:51

Paradoxal pour un bonsaï qui est une véritable boursoufflure !!!!!



24. Posté par rowali le 03/01/2009 09:42

on semble se déchirer sur ce forum au sujet du conflit israelo-palestinien,alors qu’à l »évidence Paris n’est pas le meilleur lieu d’observation pour pouvoir se forger une opinion?Que voyons-nous?qu’entendons-nous? Nous voyons sur nos écrans une guerre avec ses malheurs et ses innocentes victimes qui méritent toute notre compassion et notre aide.Qu’entendons nous? des propos irresponsables de dirigeants du Hamas,décidés à détruire Israel et à éradiquer ce pays du Proche-Orient,avec un commencement d’exécution sous forme de roquettes tirées sur des civils israéliens.Que ferions-nous si nous étions dans cette situation?Avec toute la sagesse acquise au cours des siècles par ce vieux peuple que sont les français,nous essayerions de contacter notre adversaire pour tenter de trouver une solution à la crise.Mais si cet adversaire refusait de nous rencontrer au motif que nous n’avons aucune existence puisqu’il ne nous a jamais reconnus et qu’il veut notre mort?Accepterions-nous de recevoir chaque jour des dizaines voire des centaines de roquettes?Accepterions-nous que notre ennemi continue de recevoir jour après jour ces engins de mort sans réagir?Hélas pour les palestiniens,ils n’ont jamais réussi a se donner un chef assez lucide pour ne pas s’accrocher au mythe de Saladin.Hélas pour les israéliens ils n’ont jamais réussi, depuis l’assassinat de Y.Rabin,à se donner pour chef un prophète capable de voir plus loin que le prochain scrutin électoral.Voilà pourquoi, trois fois hélas, cette guerre dépassera en durée celle de 100 ans qui a ruiné la France il y a 6 siècles.



23. Posté par La Pythie (vient en mangeant) le 03/01/2009 09:11

Tout ce qui contrarie le chihuahua de Neuilly est bon pour la démocratie et les citoyens qui croient en sa restauration (de la démocratie, pas du nain…)



22. Posté par jacquot le 03/01/2009 09:00

Sarkozy rassembleur pour 52% des francais qui l’ont regardé.
Opinionway avec un qui a regardé
« bonjour, avez vous regardé Sarkozy? »
Téléspectateur
« Oh, oui , alors »
Opinionway
« l’avez vous trouvé convaincant »
Téléspectateur
« je sais pas, oui, quand il disait que les fonctionnaires sont des faineants  »
Opinionway avec un qui a pas regardé
« bonjour, avez vous regardé Sarkozy? »
Télespectateur
« Casse toi, pauv’ …, fais moi pas chier avec ton guignol »
Titre du Figaro
Pour les Français, Sarkozy est plus rassurant et rassembleur
Titre qui va etre repris par toutes les télés en coeur des le prochain JT



21. Posté par jeannot le 03/01/2009 08:56

le 31 décembre, médiamétrie (organisme qui mesure les taux d’audience à la TV ) était en panne ? Nous ne connaissons pas pas le nombre de français à l’écoute des bons vœux de notre cher président . à moins que les chiffres ne soient pas au goût de ce dernier?



20. Posté par jacquot le 03/01/2009 08:07

Quand Sarkozy s’indigne de faits relevant de son inefficacité il ne dit pas : « je n’accepte pas », il dit « on ne peut accepter ». Toujours tres pratique le « on ».
Les gens disposant d’un cerveau dont la télé n’a pas encore bouffé toutes les neurones, en concluront: il nous prend pour des ons.



19. Posté par bourgnalou le 03/01/2009 07:41

@tramiJe n’ai rien contre ou pour les israéliens ou les palestiniens, leur conflit ne me regarde pas, mais je voudrais rappeler la levée de bouclier lors des opérations russes en georgie.Hier j’ai appris qu’il était déversé sur un pays des « tracts de propagande » pour inciter le peuple à dénoncer les terroristes. C’est pas des allemands qui utilisaient cette méthode pendant l’occupation du sol Francais?Il serait utile pour la paix dans le monde que « certains agitateurs » soient relevés de leur fonctions, car le plus souvent le « peuple » de ces pays ne sont que les victimes de la folie de leur dirigeants.



18. Posté par Eric Claxon le 03/01/2009 07:35

@paviQue va-t-il nous pondre encore comme slogans ?Protégeons nos compagnons !Le président Nicolas Sarkozy souhaite empêcher les écrasements de chats et chiens par des véhicules à 4 roues
Les responsables de ces méfaits ne pourront repasser le permis de conduire « aussi longtemps que nos amis les bêtes et leurs compagnons n’auront pas été indemnisé en totalité des faits

Le chef de l’Etat a affirmé que « tant que les automobilistes chauffards’’ n’auront pas réglé les conséquences de leur forfait, (frais de vétérinaire, clinique animal) ils ne repasseront pas le permis de conduire »



17. Posté par mada le 03/01/2009 07:31

Dans notre beau pays, il y a toujours eu des gens qui travaillent les jours de fêtes, la nuit et les dimanches. Sarko veut-il nous le faire oublier qu’il ne s’y prendrait pas autrement.Le problème des urgences des hôpitaux est plus lié aux médecins libéraux en ville qui refusent de se déplacer, qui refusent de faire des permanences. Effectivement pour une grosse fièvre ou une coupure, il ne reste que les urgences pour recevoir les patients. Les médecins libéraux ont obtenu des augmentations de tarifs et en retour rien.Que deviendrait le conflit palestinien si les industriels de la mort avaient moins de pouvoir dans les instances de décision dans chaque camp?
Ce marché de la mort rapporte combien aux places financières?
La guerre économique est une guerre, en tant que telle il y a toujours des victimes innocentes. Rien de nouveau sous le soleil. (malheureusement) Madame Tzipi Livni pour les prochaines élections en Israële a certainement plus besoin de l’argent des industriels pour la soutenir que du respect des conventions internationales qui protègent les populations civiles. (soi disant)



16. Posté par trami le 03/01/2009 07:29

Cela ne leur suffi pas de casser le cessez le feu, envoyer des roquettes sur Israël et menacer sans cesse d’exrerminer Israël ?
Il faut maintenant qu’ils manifestent sur une terre d’accueil qui n’est pas la leur !
Nous ne souhaitons pas la guerre ,mais il ne faut pas non plus provoquer sans cesse !
Les arabes en sont restés à 632 et poursuivent sans relâche leurs guerres de conquête ! Un peu de calme s’il vous plaît ,et respectez les français !
Nous n’avons rien ) attendre de bon de votre part que hargne,envie et prosélytisme !
Ici (au cas où vous l’auriez oublié ) c’est une république laïque où la religion est une affaire de conscience personnelle et n’a pas à déborder sur la place publique !



15. Posté par pavi le 03/01/2009 06:48

Le sarkothon 2009 est lancé !Que va-t-il nous pondre encore comme slogans, comme lois insensées, quelles provocations va-t-il commettre ?
Ce qui est déjà certain c’est que la crise ne sera pas un bon prétexte pour les mauvais résultats de sa politique, car justement de cette crise il a sa part de responsabilité !



14. Posté par lavigilante le 03/01/2009 06:42

GAZA !!! Manifestation unitaire à Paris samedi 3 à 15h / Liste des manifestations partout en FranceCollectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et IsraéliensManifestation samedi 3 janvier à 15H00 départ place de la République jusqu’à la Place Saint Augustin.Appel à l’initiative du collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens :

GAZA : ARRETONS LE MASSACRE DU PEUPLE PALESTINIEN !

1million et demi de personnes assiégées, affamées, bombardées depuis 18 mois c’est une punition collective et donc un crime de guerre aux termes de la 4e convention de Genève art.33Bis.

1 million et demi de personnes qui subissent une agression d’une violence sans précédent de l’armée israélienne, c’est encore un crime de guerre !

L’union Européenne a donné le feu vert à Israël pour ce crime en décidant à l’initiative de sa présidence française, et contre le parlement européen, du « rehaussement » des relations Union Européenne -Israël.

Nous, organisations du collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens signataires de cet appel ,exigeons :

- L’arrêt du massacre
- La levée immédiate et totale du blocus
- La suspension de tout accord d’association entre l’UE et Israël
- Des sanctions immédiates contre Israël
- La protection de la population de Gaza et de tout le peuple palestinien

Nous appelons :

- à une manifestation Samedi 3 Janvier 2009, à partir de 15H à République / jusqu’à la Place Saint Aujustin.

Pour toute information : 06 80 96 42 92

Premiers Signataires au 28/12/08 :

Américains contre la Guerre (AAW) France, Agir Contre la Guerre (ACG), AFD france, AFPS, AJPF, ATF,Association des Marocains de France, Associations des Travailleurs Maghrébins de France, CCIPPP,Collectif des Musulmans de France, Collectif Faty Koumba, Ettajdid France, FTCR, Génération Palestine, GUPS France, Ligue Communiste Révolutionnaire ,MIR, MIB,MRAP,NPA,Parti Communiste Français (PCF), PCOF,PDP,Solidarité tunisienne, Union juive française pour la paix,UTIT, Femmes en Noir, CPPI Saint Denis, La Courneuve Palestine, Association Républicaine des Anciens Combattants, Les Verts, Les Alternatifs, ACU (association des communistes unitaires), CNCU (coordination nationale des collectifs unitaires), Etc…



13. Posté par to mutch le 03/01/2009 06:29

Mais au fait combien de % des Français ont regardé en direct le schow en différé du roi de la communication ?
Du différé pour être sûr de ne pas rire lors des voeux pour le petit peuple.



12. Posté par Ché-Hyène le 03/01/2009 02:36

http://www.dailymotion.com/relevance/search/signes%2Bsataniques%2Bsarkozy/video/x7258y_sarko-sataniste-la-compilation-_newset ça : http://www.dailymotion.com/politistution/video/x7tj8u_les-mots-de-sarkozy-au-bresil_newsSans oublié Fillon qui nous fait une crise de… crâne. Il veut la tête à Descartes…depuis que son chef à reçu l’ordre des skull and bones de faire la collec des chefs des chefs? Bon Géronimo et Pancho Villa d’accord, des vraies têtes de révolutionnaires. En Fance, nos élites préfèrent les intellectuels et non des moindres… A notre tête de fillon je suggèrerai le tarot, aussi numérique que philosophique…Le meilleur des cartes :



11. Posté par Ché-Hyène le 03/01/2009 02:10

@ 1 SebastienNon vieux, c’est 52% des lecteurs du figaro…c’est rassurant pour le restant non? Qui paye ces sondages ? Les mêmes qui les ont demandé…
Capice ?



10. Posté par neptune le 03/01/2009 02:09

Je ne sais pas s’il vous a fait la meme impression que moi mais en le regardant j’avais l’impression qu’il sortait d’un musé de …cire!!!!!



9. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 01:44

De toute façon, il ne faut pas se leurrer. sarkonzy a présenté ses vieux aux 18 millions qui ont voté pour lui. Les 42 millions restant peuvent crever, nannanapéter, le dictateur



8. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 01:39

moiu aussi…
Ceci dit, que vaut la contrariété d’une personne envers 14 million, quant ces 14 millions sont contrariés à cause d’une seule?



7. Posté par Nathouille le 03/01/2009 01:35

Bien, bien, bien j’aime bien quand il est contrarié.. parce que ça veut dire que les choses ne vont pas dans le sens qu’il veut et ça tombe bien parce que son sens n’est pas le mien !!!
Il va falloir qu’il s’y habitue a être contrarié en 2009 l’animal parce que ça ne risque pas de se calmer.. enfin j’espère !!!



6. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 01:27

Bah… Il finira bien par exploser un jour…



5. Posté par Sébastien le 03/01/2009 01:26

Désolé, je voulais dire : « Dire qu’il y en a encore qui croit que … »



4. Posté par Sébastien le 03/01/2009 01:25

Dire qu’il y en a encore que Sarkozy est un mec lucide.Surement des gens lucides.Juste un mec gonflé. A l’hélium ou à je ne sais quoi. Comme dit la maxime populaire: plus c’est gros, plus çà passe.Copyright Vaseline S.A.



3. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 01:24

ah ouais? Ils ont sondés l’UMP?



2. Posté par ben-du-nord le 03/01/2009 01:23

Mossieu n’aime pas quand ça bloque? J’aurais crû, lui qui oeuvre habituellement sans vaseline…



1. Posté par Sébastien le 03/01/2009 01:21

La première blague de l’année trouvé sur le site du Figarooooo.éfère:Sarkozy, plus rassurant et rassembleurSONDAGE – 52 % des Français ayant regardé les vœux du chef de l’État l’ont trouvé «convaincant».
» DOCUMENT – L’intégralité de l’enquête (pdf)
A mourir de rire, non???

 

 

Nicolas Sarkozy veut empêcher les incendiaires de voitures de passer le permis

Créé le 01.01.09 | Mis à jour le 01.01.09 à 18h23 | 696 commentaires

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Véhicules incendiés lors de la nuit de la Saint-Sylvestre à Strasbourg le 31 décembre 2008

Véhicules incendiés lors de la nuit de la Saint-Sylvestre à Strasbourg le 31 décembre 2008/Johanna Leguerre AFP

A lire aussi

DELINQUANCE – Cette année, selon le ministère de l’Intérieur, 1.147 véhicules ont brûlés durant la Saint-Sylvestre…

Chaque année, le 1er janvier, on compte les voitures brûlées durant la nuit de la Saint-Sylvestre. Ce jeudi, les chiffres du ministère de l’Intérieur sont tombés: 1.147 véhicules ont été incendiés dans la nuit du Nouvel An, contre 878 durant la même période de l’année précédente, selon un bilan définitif «des faits vérifiés», publié par la place Beauvau.«Payer les conséquences»Un chiffre qui n’a pas dû être du goût de Nicolas Sarkozy. Le président a suggéré ce jeudi que «l’on réfléchisse à la possibilité pour les juridictions pénales d’interdire à un mineur condamné pour des faits d’incendie de véhicule de passer un permis de conduire pour des véhicules deux ou quatre roues aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n’a pas été indemnisé en totalité».

Le président s’exprimait à l’Elysée devant les personnels de services publics ayant travaillé durant la nuit de la Saint-Sylvestre. «Il n’y a aucune raison que ce soit les honnêtes gens qui aient à payer les conséquences des comportements de délinquants», a-t-il ajouté.

Que pensez-vous de cette proposition? Est-elle à même, selon vous, d’inciter ceux qui brûlent des voitures à ne plus le faire?

« Médias, soyez prudents ! Vous parlez trop de la crise ! »

Publié le 29 décembre 2008 par Marie-Anne Boutoleau

C’est un « scoop » : les médias parleraient trop de la crise ! Tel serait l’enseignement d’une « étude » commandée par Ethic, « le mouvement des patrons enthousiastes », réalisée par Gnresearch « institut d’études et de conseils centré sur l’expérience client » et complaisamment relayée par le site du Figaro, par France-Soir ainsi que, dans une moindre mesure, par Eco89 (la rubrique économie de Rue89) et 20Minutes.fr [1]. Une belle opération de communication et de critique patronale des médias.

Commanditaire et commandité

Ethic – pour « Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance » – invite à célébrer chaque année « la « fête des entreprises » autour du thème « J’aime ma boîte ». Cette association patronale participe également aux « réflexions » du Comité d’éthique du Medef (Mouvement des entreprises de France). Alors que son site – qui vaut le détour – annonce un « un réseau de 1 500 chefs d’entreprise participant régulièrement à nos manifestations », les zélés enquêteurs du Figaro et de France Soir affirment, dans les mêmes termes, qu’Ethic serait un « mouvement patronal qui représente plus de 100 000 entreprises ». Où diable sont-ils allés chercher ce chiffre ?

Quant à Gnresearch, « société d’étude du groupe Teleperformance leader mondial en management des centres de contacts » [2], il s’agit, selon soi-même, d’un « institut d’études et de conseils centré sur l’expérience client » qui assure ainsi sa promotion : « Sa vision innovante des études marketing permet à ses clients d’avoir une meilleure compréhension de leurs propres clientèles. Grâce aux outils de gn research, ils peuvent mieux anticiper les attentes de leurs clients et ainsi se différencier en construisant leur propre marque sur des bases solides. »

Rien, sur le site de Gnresearch, n’atteste une expérience effective et insoupçonnable en matière de sondages d’opinion. Pourtant, aucune information sur cette source n’a été donnée par les médias qui se sont prêtés à l’opération de communication d’Ethic. Des médias qui reproduisent les résultats du sondage et ses commentaires en des termes si proches que l’on est en droit de se demander s’ils se sont copiés entre eux… ou s’ils n’ont pas recyclé un communiqué dont nous ignorons la source [voir en Annexe].

Sondologie et sondomanie

Le 23 décembre 2008, donc, le site du Figaro publie un article qui reprend les résultats de l’« étude » commanditée par Ethic et l’illustre ainsi :

Sarkozy contrarié par des Français dès le 1er janvier  dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY Criseetmedias_081223_LeFigaro-f4847Selon cette « étude », 65% des Français penseraient que « le traitement de la crise par les médias finit par nuire à l’économie ». Et le quotidien de commenter : « Ainsi, selon cette étude, 45 % des Français affirment avoir une « overdose » d’information sur la crise. »

Ainsi les « français affirment ». Or les sondés (et non les Français) n’affirment rien. Ils répondent à une question : « Les médias parlent-ils trop de la crise économique ? » Et si 45% des sondés répondent positivement, ils n’affirment certainement pas «  avoir une « overdose » d’information sur la crise. » Mieux : à lire le diagramme publié par le Figaro, on constate que 43% trouvent en revanche que les médias parlent « normalement » ( ???) de la crise et que pour 12% des sondés, les médias n’en parlent « pas assez » : ces 55% de réponses négatives sont royalement ignorées dans le commentaire que fait le journal de Serge Dassault de cette « étude » [3]

Et Le Figaro de poursuivre : « Cette « surmédiatisation » aurait un double impact. D’une part, elle inciterait les entreprises à geler leurs projets : 65 % des interviewés estiment que les investissements des entreprises sont freinés à cause des médias. D’autre part, elle ralentirait la consommation des particuliers : 43 % des interviewés affirment que leur consommation quotidienne a été freinée du fait de l’information diffusée. Un sentiment plus marqué chez les femmes et les plus de 35 ans. Au final, 65 % des sondés estiment que trop parler de la crise finit par nuire à l’économie. »

« D’une part », le sondage ne dit rien de tel (à supposer qu’il dise quelque chose…). Pour 65% des sondés, « “Parler trop de la crise” finit par nuire à l’économie ». Traduction sondomaniaque : « 65 % des interviewés estiment que les investissements des entreprises sont freinés à cause des médias. » Cherchez les différences !
« D’autre part », le sondage ne dit nullement (à supposer qu’il dise quelque chose…) que la «  surmédiatisation freinerait la consommation des particuliers ». Il pourrait dire que certains particuliers pensent que «  le traitement de la crise par les médias freine leur consommation ». C’est, du moins, ce qu’ils penseraient de leur propre motivation : ce qui ne veut nullement dire que ce soient leurs motivations réelles, comme le montrerait sans doute un sondage sur les salaires, les prix, le pouvoir d’achat…

Ce n’est pas tout. Rappelons quel était, du moins selon Le Figaro, la question posée : « Le traitement de la crise par les médias freine-t-il votre consommation ? » Or, à lire les réponses proposées – Tout à fait d’accord, plutôt d’accord, plutôt pas d’accord, pas du tout d’accord – il apparaît que la réponse était dans la question !

Enfin, et une fois de plus, un chiffre peut en dissimuler un autre. Si 43% des interrogés répondent positivement à la question « Le traitement de la crise par les médias freine-t-il votre consommation ? », 57% y répondent négativement. Dans le détail, cela donne : 20% de sondés qui se disent « tout à fait d’accord » avec cette affirmation déguisée en question, 23% « plutôt d’accord », 23% « plutôt pas d’accord » et 34% « pas du tout d’accord ».

Cependant, cela n’empêche pas 20Minutes.fr de synthétiser les résultats du sondage (sous prétexte de sonder ses Internautes à son tour sur ces résultats) avec cette phrase sybilline : « Pour 65% des Français, à force de trop parler de la crise, les médias ont aggravé cette dernière. C’est une étude réalisée par Gnresearch pour le mouvement patronal Ethic qui le dit. Selon le même sondage, 45% des Français font une overdose d’info sur ce sujet et 43% d’entre eux estiment que le traitement de la crise par les médias freine leur consommation. »

Ce dernier chiffre est d’ailleurs repris et mis en avant par Éco89 le soir même, au milieu d’un article sur la consommation des ménages français : « Alors, on peut se demander si à force de trop parler de la crise, les médias ne finiraient pas par l’aggraver, comme le suggère une étude du cabinet gnresearch pour Ethic : 43 [sic] des interviewés estiment que leur consommation a été freinée par la diffusion de l’information sur la crise et 65% disent que trop parler de la crise finit par nuire à l’économie. »

Au risque de provoquer un « overdose » de chiffres, force est de constater qu’un autre diagramme aurait pu tempérer les ardeurs des copistes de l’opération de communication d’Ethic à affirmer que le traitement médiatique de la crise aurait une incidence sur la consommation. En effet, seuls 48% des interrogés ayant accepté de répondre (les taux de non-réponse ne semblant pas pris en compte dans ces deux diagrammes) estimeraient que « le traitement de la crise par les médias casse le moral », contre 50% qui jugeraient qu’il « n’a pas d’incidence sur le moral » et même 2% qui affirmeraient qu’il « remonte le moral ». 50% pour, 50% contre : les taux sont si proches qu’on ne peut rien en tirer de significatif, notamment en ce qui concerne les effets du traitement médiatique de la crise sur la consommation… Ce qui n’empêche pas journalistes et « experts » de gloser à leur propos.

Oui, mais non, mais oui

Sophie de Menthon, présidente d’Ethic, commente les résultats de cette grande « enquête » dans Le Figaro : « Le sensationnel fait vendre. Mais il y a une distorsion entre les médias, notamment audiovisuels, et ce qui se passe réellement sur le terrain. Chez nos adhérents, beaucoup de secteurs marchent bien. Les métiers du service, par exemple, ne souffrent pas du tout. Ce n’est pas la fin du monde ! » Le terrain en question est peuplé, non par les salariés, mais par les adhérents d’Ethic.

Vient pourtant le moment d’interroger deux « experts » : le sociologue des médias Jean-Marie Charon et le président du Crédoc et expert à tout faire Robert Rochefort.

Ce qui permet au Figaro de se livrer à une fine dialectique d’où il ressort que « Non, mais oui ! »

Non … « Bien sûr, les médias ne sont pas responsables de la crise, ni même du climat dépressif ambiant. « Les Français constatent d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent plus obtenir de crédit et que les entreprises ferment. Il ne faut pas surévaluer le rôle des médias », observe Jean-Marie Charon, sociologue des médias. » La critique patronale des médias serait donc infondée…

Mais oui… C’est ce que met en scène un sous-titre anxiogène dédié au pouvoir anxiogène des médias : « Inquiétude supplémentaire ». Et, hop, on enchaîne : « Cependant, parce qu’ils sont confrontés à une crise sans précédent, les médias peuvent créer de l’inquiétude supplémentaire ». Une inquiétude qui inquiète Le Figaro

On vous épargne la suite. Car, « finalement », Le Figaro propose une synthèse entre le non et le oui : « Finalement, les experts rejoignent peu ou prou [peu ? ou prou ?] l’étude d’Ethic, en estimant que les médias, sans être responsables de la crise, noircissent le tableau. « La vision des médias est sans doute plus sombre que la réalité ne le sera, affirme Robert Rochefort, président du Crédoc. D’une part, car ils sont très influencés par des décisions microéconomiques telles que les fermetures d’usines. » »

Inutile d’aller plus loin : on se contentera de ce « d’une part ». Les médias seraient très influencés par le sort des hommes et des femmes victimes des fermetures d’entreprise. Supposons que cela soit vrai : ce serait en effet très inquiétant. Mais pour qui ?

Marie-Anne Boutoleau



Annexe :
Du
Figaro à France-Soir
 : une même source ou un joli plagiat ?
Le lendemain de la publication de l’article du Figaro, France-Soir joue les moines copistes et publie
un article reprenant point par point celui du quotidien de Dassault : même titraille (« Les médias aggravent la crise » pour France-Soir et « Les médias sont accusés d’aggraver la crise » pour Le Figaro), même chiffres, même tournures de phrases et mêmes commentaires de l’« événement » par les mêmes « experts », en dépit d’une signature différente… Qu’on en juge.
- Article de Marie-Cécile Renault publié sur le site du Figaro le 23/12/2008 :

Les médias sont accusés d’aggraver la crise
Pour 65 % des Français, le traitement de la crise par les médias finit par nuire à l’économie, selon une étude d’Ethic.
À trop parler de la crise économique, les médias finiraient par l’aggraver : c’est la conclusion d’une étude réalisée par le cabinet Gnresearch pour le compte d’Ethic, mouvement patronal qui représente plus de 100 000 entreprises.

Ainsi, selon cette étude, 45 % des Français affirment avoir une « overdose » d’information sur la crise. Cette « surmédiatisation » aurait un double impact. D’une part, elle inciterait les entreprises à geler leurs projets : 65 % des interviewés estiment que les investissements des entreprises sont freinés à cause des médias. D’autre part, elle ralentirait la consommation des particuliers : 43 % des interviewés affirment que leur consommation quotidienne a été freinée du fait de l’information diffusée. Un sentiment plus marqué chez les femmes et les plus de 35 ans. Au final, 65 % des sondés estiment que trop parler de la crise finit par nuire à l’économie.

« Le sensationnel fait vendre. Mais il y a une distorsion entre les médias, notamment audiovisuels, et ce qui se passe réellement sur le terrain. Chez nos adhérents, beaucoup de secteurs marchent bien. Les métiers du service, par exemple, ne souffrent pas du tout. Ce n’est pas la fin du monde ! », explique Sophie de Menthon, présidente d’Ethic.

Bien sûr, les médias ne sont pas responsables de la crise, ni même du climat dépressif ambiant. « Les Français constatent d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent plus obtenir de crédit et que les entreprises ferment. Il ne faut pas surévaluer le rôle des médias », observe Jean-Marie Charon, sociologue des médias. Leur rôle de décripteur de l’actualité, pour mieux anticiper l’avenir, reste essentiel. « Les médias sont devenus le principal outil de décryptage de l’information, dans une société où les Français lisent moins de livres et sont souvent moins organisés sur leurs lieux de travail, à travers des syndicats par exemple », indique Jean-Marie Charon. « D’où l’intérêt renouvelé pour des médias tels que la presse écrite, qui permettent de trouver un sens et de fournir des clés de lecture », poursuit-il.
Inquiétude supplémentaire
Cependant, parce qu’ils sont confrontés à une crise sans précédent, les médias peuvent créer de l’inquiétude supplémentaire. « En agitant le spectre de la crise de 1929 et autres grands mythes inquiétants, il est vrai qu’il y a eu une tendance au catastrophisme, surtout au début. Certains médias, comme les radios et les télés, paient le manque de culture économique de certains journalistes, qui font des parallèles sans en comprendre la parfaite pertinence », observe Jean-Marie Charon.

Finalement, les experts rejoignent peu ou prou l’étude d’Ethic, en estimant que les médias, sans être responsables de la crise, noircissent le tableau. « La vision des médias est sans doute plus sombre que la réalité ne le sera, affirme Robert Rochefort, président du Crédoc. D’une part, car ils sont très influencés par des décisions microéconomiques telles que les fermetures d’usines. D’autre part, parce que la France sera moins touchée car c’est un pays où la sphère publique est très importante et joue le rôle d’amortisseur automatique. Enfin, parce que la crise n’est pas seule responsable du ralentissement de la consommation qui s’amorce. L’effondrement des ventes de voitures par exemple correspond aussi à un changement de mentalités à l’heure du défi écologique. »

- Article « Information » de Boris Manent publié sur le site de France-Soir le mercredi 24 décembre 2008 :

Les médias aggravent la crise

Pour 65 % des Français, le traitement de la crise par les médias finit par nuire à l’économie, selon une étude d’Ethic.

A force de trop parler de la crise économique, les médias finissent par nuire à l’économie. C’est en tout cas le sentiment de 65 % des Français, selon une étude GN Research pour Ethic, mouvement patronal représentant plus de 100.000 entreprises. Selon l’étude, 45 % des Français affirment faire une « overdose » d’informations sur la crise. Pour eux, cette « surmédiatisation » a un double impact : cela incite les entreprises à freiner leurs investissements (pour 65 % des sondés) et limite la consommation des particuliers au quotidien (selon 43 % des interviewés). Près d’un Français sur deux avoue que ce traitement de la crise a une incidence sur leur moral.
Plus d’inquiétudes
« Le sensationnel fait vendre. Mais il y a une distorsion entre les médias, notamment audiovisuels, et ce qui se passe réellement sur le terrain. Beaucoup de secteurs marchent bien. Les métiers du service, par exemple, ne souffrent pas du tout », explique Sophie de Menthon, présidente d’Ethic. Si les médias ne sont pas responsables de la crise, ils créent une inquiétude supplémentaire. « En agitant le spectre de la crise de 1929 et autres grands mythes inquiétants, il y a une tendance au catastrophisme.

Les médias paient un manque de culture économique de certains journalistes, qui font des parallèles sans en comprendre la parfaite pertinence », observe Jean-Marie Charon, sociologue. Au final, les experts rejoignent l’étude d’Ethic, soulignant, comme Robert Rochefort, président du Credoc, que « la vision des médias est sans doute plus sombre que la réalité. Mais la crise n’est pas seule responsable du ralentissement de la consommation. L’effondrement des ventes de voitures par exemple correspond aussi à un changement de mentalité à l’heure du défi écologique ».

Notes

[1] Merci au site d’Arrêt sur images, qui, en signalant l’article du Figaro, a mis la puce à l’oreille d’Acrimed.

[2] Teleperformance se présente ainsi, dans une langue délicieuse : « Notre objectif. Face à une ouverture de plus en plus croissante des marchés et une élévation générale du niveau des services, les centres de contacts jouent un rôle central dans les flux de communication entre les marques et leurs clients. Transmettre votre valeur ajoutée lors de chaque contact client est notre but premier. Les collaborateurs de Teleperformance s’appliquent en permanence à mettre en avant vos offres et à servir vos clients pour mieux les fidéliser et accroître votre capital client. […] Notre expertise doit servir vos ambitions. »

[3] Mieux : si on ajoute le taux de sondés qui « ne se prononcent pas » (1%), on obtient un total de… 101% de personnes interrogées ! Ce qui dénote, au choix : soit du sérieux de l’« étude », soit de celui du Figaro en rendant compte…

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

le mépris du président, par Serge PORTELLI

Posté par issopha le 2 août 2008

 

 

le mépris du président,

 

par Serge Portelli

le mépris du président,  par Serge PORTELLI dans NICOLAS SARKOZY rubon132-ea679


article de la rubrique démocratie > Sarkozy le manipulateur
date de publication : samedi 19 juillet 2008



Ci-dessous la chronique du 13 juillet 2008 du blog de Serge Portelli.

Serge Portelli, magistrat, est vice-président du tribunal de grande instance de Paris. Parmi les ouvrages qu’il a publiés, citons Récidivistes, éd Grasset (février 2008).

Nous le remercions de nous avoir autorisés à reproduire sa chronique.


portelli_ripostes_10dec06-9abca dans NICOLAS SARKOZY sarkozy_ripostes_10dec06-01bbc

Serge Portelli et Nicolas Sarkozy lors de l’émission Ripostes, le 10 décembre 2006

Nicolas Sarkozy, l’homme du mépris

par Serge Portelli

Vous êtes des amateurs ! Vous n’êtes pas des professionnels”. Nicolas Sarkozy ne salue aucun des chefs militaires présents, pas même le général Bruno Cuche. Colère et mépris pour un corps et ses chefs. Après l’accident dramatique de Carcassonne, la nation attendait la dignité d’une parole de chef d’Etat. Il n’a eu que son prurit. Le chef de l’état-major de l’armée de terre a démissionné. Je ne sais rien de lui, en dehors des portraits flatteurs qu’en dresse la presse depuis lors. Mais sa démission m’émeut car elle est la marque d’un homme d’honneur et parce qu’elle signe sa supériorité face à celui qui a tenté de l’humilier.

Cet événement s’ajoute à tant d’autres qu’il n’est même plus un événement. Tous les politiques ont leurs agacements, leurs faiblesses, leurs petites lâchetés qui, à la longue, forment un capital de sympathie que le peuple leur alloue toujours, entre pardon, oubli et désillusion. Nicolas Sarkozy échappe à la règle. Le mépris est sa marque de fabrique.

Je ne l’ai rencontré qu’une fois en décembre 2006, au moment de la campagne électorale, dans l’émission Ripostes. Serge Moatti avait aligné des contradicteurs convaincus dans chacun des principaux domaines qui faisaient alors débat. Martin Hirsch par exemple. La justice et la sécurité était mon lot. En quelques minutes sur la fin d’émission, j’avais tenté d’expliquer au ministre de l’intérieur que sa politique de sécurité reposait sur de fausses données et que le reste était à l’avenant. Quelques brefs échanges, tendus, hachés. Nicolas Sarkozy avait déroulé ses arguments habituels, sans rien écouter, sans rien répondre. Connaissant ses discours par le menu j’avais une impression désespérante de déjà-vu, déjà-dit. L’homme paraissait imperturbable, n’étaient les pieds qui se balançaient nerveusement et les veines de ses tempes. À l’issue de l’émission, un buffet réunissait invités, journalistes et techniciens. Une cinquantaine de personnes entassées dans une pièce du studio Gabriel.

Nicolas Sarkozy arrive en dernier, longtemps après les autres. Je suis vers le milieu de la pièce, un verre en main, abattu après une prestation que j’analyse comme un échec patent. J’étais face à un grand professionnel du débat politique, aux méthodes éculées, discutables, mais d’une efficacité remarquable. Le meilleur du moment. Au moins j’avais tenté. Battu largement aux points mais avec le courage ou l’inconscience du débutant plein de foi. Faible consolation. Déprime. Notre ministre arrive droit vers moi, ulcéré, vociférant : “je n’ai jamais vu un magistrat aussi violent. Je n’aimerais pas être jugé par vous !” J’étais ailleurs. Le débat était fini. C’était le moment des accolades, des sourires, des poignées de mains après les empoignades. C’est toujours ainsi. Pour moi, en tout cas. D’une voix totalement dépassionnée, je m’entends dire : “vous ne voulez pas être jugé par moi, je n’aimerais pas être citoyen si vous êtes élu en mai 2007 « . Et là, je ne sais pas pourquoi, j’avance ma main droite vers l’auguste épaule gauche, et je la pose là, pendant que je m’adresse à lui. Pourquoi ? Mes amis psy ont avancé plusieurs hypothèses touchant à ma petite enfance dont je leur laisse l’entière responsabilité. Sur le moment, j’ai plutôt eu l’impression de redevenir éducateur – je l’ai été brièvement – et d’avoir un enfant un peu excité en face de moi. Les quelques mots de Poivre d’Arvor, qui lui ont valu sa disgrâce, sur le “petit enfant entrant dans la cour des grands” m’ont par la suite fait revivre vivement ce souvenir. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que je lui touchais l’épaule. Une heure plus tôt, en entrant dans le studio, après être resté cinq minutes derrière lui dans un couloir étroit, j’avais fini par lui tapoter l’épaule – ça doit être un tic chez moi, le besoin de toucher les gens – pour lui dire que j’étais là et me présenter à lui. J’avais eu droit à un large sourire et une longue poignée de main. Encourageant. Bref, la main sur l’épaule, une heure plus tard. Je vois notre homme faire un saut de carpe en arrière en hurlant “ne me touchez pas ! Ne me touchez pas !” J’ai franchement cru, sur le moment, en un quart de seconde, avoir réveillé un point douloureux, une luxation mal remise, une tendinite encore vive, que sais-je. Mais la seconde suivante je voyais l’homme, de sa main droite, épousseter, du geste le plus méprisant du monde, les quelques centimètres carrés que j’avais osé toucher de son épaule gauche, me toisant, les yeux levés, d’un regard assassin. Les quelques phrases qui ont suivi n’ont pas grande importance. Elles étaient du même acabit. Le ministre s’époumonait en répétant la même phrase – “je n’ai jamais vu un magistrat aussi violent…”. J’ai eu le temps de l’inviter dans la chambre que je préside pour qu’il vienne voir de lui même toute la violence dont j’étais capable. Mais il a tourné les talons et je ne l’ai jamais vu pousser la porte de la salle d’audience.

J’ai raconté dernièrement la visite du président de la République, quelques mois plus tard, au Palais de Justice de Paris – à la cour de cassation évidemment, à droite en entrant – pour assister à l’installation du premier président de cette noble institution, et le mépris qu’il avait ressenti et exprimé envers les juges, ces “petits pois” qu’il voyait en rangs serrés :“la même couleur, même gabarit, même absence de saveur”.

Il serait faux de croire que Nicolas Sarkozy ne réserve cette morgue qu’aux hommes de loi. Les militaires viennent d’en faire les frais. Les journalistes ont leur chronique sur le sujet, alimentée de quelques images échappées au secret des enregistrements ou étalées dans les interviews sans pudeur. Chacun son anecdote désolante. Le recueil le plus fourni est évidemment celui de ses proches et de ses collaborateurs. Les éclats qu’on ne peut ignorer, les confidences, alimentent tout cela depuis longtemps. Le détail sera connu plus tard. Nous n’apprendrons rien que nous ne sachions déjà. “Quel imbécile !” lâché du fond du coeur par le président de la République devant une journaliste de CBS, les yeux écarquillés, la bouche en O, à l’adresse du fidèle d’entre les fidèles, David Martinon, suffit à la démonstration. Goujaterie mais surtout mépris pour celui qui le sert inlassablement, prêt à se faire ridiculiser, laminer, couper en morceaux pour lui. Mépris public : la caméra est là, évidemment. Le président le sait. Rien ne l’arrête.

La caméra est là aussi au salon de l’agriculture. Aucune importance. Le “Casse-toi, pauvre con” est devenu proverbial. Qui est l’inconnu qui n’a pas serré la main ? Peu importe. C’est moi, c’est vous. C’est ce qu’on appelle un citoyen. Celui qui possède normalement quelques droits face à l’Etat, dont l’essentiel est de dire non, de ne pas serrer la main qu’on lui tend comme une urne de vote, de tourner le dos au pouvoir, de résister aux sirènes, à la démagogie du gouvernement quel qu’il soit, de résister tout simplement. Injure. Affront. Vulgarité. Le pire étant peut-être dans l’adjectif “pauvre”, si lourd de sens.

J’ai vécu sous la cinquième République. J’en ai connu, comme citoyen, tous les présidents. Je peux avancer que nous nous étions sentis aimés par chacun d’eux à sa façon. De Gaulle nous avait traité de veaux. Mais il était si haut. Il nous aurait aimé tellement plus grands. Il aimait la France, nous étions une parcelle de cet amour-là et il nous le disait inlassablement. Pompidou, cet humaniste, agrégé de lettres, auteur d’une anthologie de la poésie française qui m’est si familière, était celui qui pouvait, les larmes aux yeux, citer Eluard quand une femme professeur, amoureuse d’un de ses élèves, avait fini par se suicider : “moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d’enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés”. Pour moi, Georges Pompidou ne pouvait être que cet être-là. Giscard d’Estaing, lui, était poignant par son désir de se faire aimer, pathétique par ses tentatives désespérées de laisser des preuves de son amour des autres. Chacun se souvient, ou sait, ces petits déjeuners partagés avec les éboueurs, ces repas chez les Français. S’il faut retenir un fait, ce sera cette poignée de main en 1974, à des détenus des prisons de Lyon. Mitterrand, lui, s’il n’avait pas le monopole du coeur, a cherché inlassablement , parfois maladroitement, à nous faire partager ses convictions, à nous rassembler. Malgré l’amour effréné du pouvoir, on sentait, à chaque instant, que le désir de servir son pays et de tout donner de lui, jusqu’à l’extrême de ses forces, aux hommes qui le composent, était son dessein premier. Quant à la popularité de Jacques Chirac, est-il utile d’en parler ? Quels que soient ses choix politiques, si détestables soient-ils, cette affection populaire n’est que le retour du pays vers un homme qui vous regarde toujours avec humanité.

Ces temps ne sont plus. Le mépris est en marche et il accomplit son travail de sape, lentement, radicalement. Un exemple parmi d’autres : comment condamner un prévenu pour insultes ou outrage quand le président parle comme un charretier ? Se gargarise de voyous, de racaille et traite les gens de “pauvre cons” ? Quel peut être dès lors le sens de la loi ? Elle n’est plus qu’un texte, un article, mort, dans un code. Elle n’est plus qu’une règle qui s’applique aux autres. Elle perd son caractère d’universalité et devient une directive catégorielle, particulière. Nous ne pouvons plus nous identifier à la valeur qu’elle porte. Le détenteur du pouvoir nous dit : ne craignez rien, soyez heureux, je parle enfin comme vous, nous partageons la même parole. Tragique illusion. Le président parle comme le pire d’entre nous. Il parle comme moi, dans les moments que je regrette le plus. Il illustre cette partie de moi que j’exècre. Mais lui ne risque rien. Et ses mots les plus vulgaires nous disent en permanence : la loi n’est faite que pour vous.

Tout ceci ne serait rien si le mépris n’était un mal contagieux. Si sa réponse inévitable n’était le mépris lui-même. La contagion gagne déjà les gens de cour qui, pourtant, ne grimacent encore que dans l’obscurité. Elle s’étend à tous ceux qui, dans l’appareil d’Etat, pensent encore servir leur pays et serrent les dents dans l’espoir d’un quelconque lendemain. Elle atteint surtout les Français. Tout un peuple sent non seulement qu’il n’est plus aimé mais qu’il est méprisé. Et son regard s’abaisse vers l’homme qui pensait le toiser. L’homme n’est pas à la hauteur, il n’est pas fait pour ce métier, disent des sondages. L’image du président est au plus bas ; et cet étiage est structurel.

Au-delà de l’homme Nicolas Sarkozy, ce sont les institutions qui, aujourd’hui, souffrent de ce mal délétère. Il mine rapidement toute autorité. Peu importe qu’il pense, comme il le disait dans ses derniers dîners en ville, ne pas se représenter dans quatre ans et se faire alors beaucoup d’argent, ce n’est pas son destin qui est en jeu, c’est le nôtre. Le mépris du pouvoir pour le peuple est une lente maladie, le mépris du peuple pour le pouvoir un poison violent.

Serge Portelli

P.-S.

Serge Portelli avait apporté la contradiction à Nicolas Sarkozy lors de l’émission Ripostes de France 5 du 10 décembre 2006. Pour (re)voir l’enregistrement de l’émission : http://www.dailymotion.com/video/xs… ; les échanges Portelli-Sarkozy commencent à 68:35.

Ci-dessous la transcription de certains des propos de Serge Portelli [1].

« Vous essayez de faire peur aux Français. Vous citez un chiffre qui est grossièrement faux. Je vous prie de m’en excuser de vous le dire de cette façon-là, mais il n’y a pas d’autres termes possibles : pour faire peur aux Français sur les récidivistes parce que c’est une façon de masquer un échec patent. Quand vous dîtes la moitié de la délinquance en France est le fait de 5 % de récidivistes. »

« On réfléchit ensemble deux secondes. C’est quoi la moitié des crimes et délits en France ? [...] Monsieur le ministre nous dit que 1 800 000 crimes et délits sont commis par 5 % des délinquants ! Mais où est votre boule de cristal monsieur le ministre ? Parce que moi, je croyais, à lire vos chiffres, que le taux d’élucidation des crimes et délits était en hausse, évidemment. Seulement 32 %. On ne sait donc pas finalement qui sont les auteurs de 70 % des crimes et délits en France. [...] Est-ce que vous pouvez répéter que la moitié des crimes et délits sont commis par 5 % de multirécidivistes ? Comment pouvez-vous dire cela, alors que vous ne savez même pas qui a fait sept crimes et délits sur dix. »

« La justice est de plus en plus sévère avec les multirécidivistes, et vous le savez. Ils vont en prison de manière majoritaire, en permanence et depuis longtemps. »

Notes

[1] Référence : http://www.france5.fr/ripostes/0084….

portrait d’un arrogant

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article de la rubrique démocratie > Sarkozy le manipulateur
date de publication : lundi 2 juin 2008




Sarkozy à Toulon, le 11 mars 2008 (D.R.)

Imaginez un pays dont l’un de ses concitoyens, affamé de pouvoir dès son plus jeune âge, décida qu’il en serait le dirigeant suprême.

Réfléchissez au parcours de cet homme, dévoré par cette ambition unique, dont tous les actes, à chaque instant de sa vie, seront guidés par cette seule perspective. Très vite se développera en lui une attitude présomptueuse qui fera place au mépris de tous sauf de lui-même. Au fil du temps et de sa réussite, il ne pourra plus discuter avec quiconque, il refusera de déléguer la moindre part de son pouvoir, quel qu’il soit. Ses raisonnements auront peu à peu le parfum pervers de la fausse évidence. Il dira être un homme de bon sens, dont Vauvenargues dit, à juste raison, qu’il « n’exige pas un jugement bien profond ». Il apprendra à flatter les sentiments et les réactions des « masses populaires », ayant observé le maniement de la dialectique. Il ne négligera pas la contradiction assuré ainsi avoir, en toutes circonstances, toujours raison. Il fréquentera les milieux les plus aisés, car c’est là où il se sentira le plus à l’aise, ayant un goût prononcé pour le luxe et une fascination certaine pour l’argent. Il s’intégrera ainsi au cœur de ce que les gens de son bord considèrent comme « la classe dirigeante ».

Muni de tout cet arsenal, il réussira sans trop de mal à gravir toutes les marches le conduisant au pouvoir, aidé par les mieux nantis qui verront en lui un défenseur zélé du conservatisme. Entre temps, il se sera illustré par quelques actions peu glorieuses, comme la renaissance d’une forme de colonialisme en voulant chasser tous les gens venant d’anciens pays colonisés qui demandaient aides et secours. Il traitera avec arrogance des jeunes de quartiers éloignés du centre de la capitale. Ces initiatives conviendront tout à fait à la population d’un pays dont les hommes et les femmes politiques, empêtrés dans des luttes internes, ne parvenaient plus à tracer un chemin pour l’avenir.

Il aura pour servir sa cause un des hérauts du patronat qui n’ira pas par quatre chemins pour stigmatiser l’histoire récente de ce pays : « Il aura fallu attendre, écrira-t-il, la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est un problème qu’en psychanalyse. [1] »

L’homme attendu, tueur de ses pères, était là, frémissant d’impatience. Il réclama tous les moyens pour accéder à la plus haute marche du pouvoir. Le gamin qu’il avait été arrivait ainsi au terme du but qu’il s’était fixé. Le scénario était tout près. Il fallait alors se mettre sans attendre au travail, prendre les gens un peu par surprise, en leur faisant croire au changement pour leur plus grand bien. On mobilisa tous les moyens à disposition. On alla même flatter des personnes que tous les prédécesseurs tenaient pour peu fréquentable.

L’élection fut triomphale. Beaucoup en furent surpris.

Au départ il eut quelques avatars. L’homme se crut un peu vite tout permis, comme de faire étalage de son arrogance et de sa fréquentation des plus riches, auxquels d’ailleurs il fut bien obligé de faire très vite quelques cadeaux.

Le peuple qui l’avait élu fut quelque peu excédé et commença à faire entendre un très faible murmure. Des proches firent des reproches à mots couverts. Certains y virent un début de stigmatisation. C’était mal connaître cet homme. Il reporta sur les siens les bêtises qu’il avait pu connaître, puis il fit semblant de faire amende honorable. En vérité, il resta égal à lui-même. Il n’eut de cesse de mettre en place ce pourquoi on l’avait si bien aidé à être élu.

Il s’employa à défaire une pelote patiemment mise en place par la nation toute entière pour rendre la vie plus douce aux plus grand nombre. Pour que ce détricotage devienne irréversible, il précipita, avec l’aide de quelques hommes de main, le mouvement en profitant de l’apathie générale. Il s’attaqua à tous les domaines, l’économique, le social, le fiscal, le culturel, le religieux, l’international. En bref, toutes les activités, toutes les disciplines y passèrent. Peu importait les dégâts. Il fit croire qu’il incarnait le progrès.

La population ne prit pas tout à fait conscience, au début, qu’il s’agissait d’une régression de l’histoire, d’un retour en arrière, de l’effacement de luttes sociales qui s’étaient faites parfois dans le sang. En une année on vit se multiplier les injustices. La société devint de plus en plus inégalitaire. Pour celui qui était devenu le plus haut responsable de l’État, les crises sociales n’existaient pas. Les révoltes n’étaient que le fait de voyous. Pour lui tout était clair et simple. Il répétait à celles et ceux qui l’entouraient : « Quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable. » Il répondit à un philosophe venu l’interroger sur la célèbre formule « Connais-toi toi-même », ce qui paraît nécessaire à tout le moins pour exercer la plus haute responsabilité d’un État : « Fort heureusement une telle connaissance est impossible, elle est même presque absurde » [2].

On ne sait pas à ce point de l’histoire quel fut le sort de cet homme dont l’arrogance lui permit de satisfaire son ambition. Ce qu’on sait déjà c’est que le pays, dont il avait pris la charge, ne retrouva, – la retrouva-t-il un jour ?-, que bien des années plus tard, la douceur de vivre que d’autres pays lui enviait parfois. Il y a un mot dont la signification fut rendue obligatoire dans toutes les écoles de ce pays, chaque élève devait l’apprendre par cœur : « l’arrogance, attitude méprisante, hautaine et présomptueuse ».

Jacques Vigoureux

Notes

[1] Denis Kessler, grand patron français, il a été vice-président du MEDEF. Il est actuellement le président d’une société de réassurance. Pourquoi ce secteur ?  » L’assurance est un domaine absolument extraordinaire parce que c’est le domaine du risque. Depuis très longtemps, je considère que le risque est un facteur d’explication de la société. Toute société s’organise autour de la gestion du risque. Lorsque c’est un risque de guerre, elle s’organise en fonction du risque de guerre, mais cela vaut aussi pour un risque technologique, ou bien lié au vieillissement…  » (Les Échos). On peut expliquer ainsi, tout au moins en partie, la politique sécuritaire.

[2] Michel Onfray, dans Philosophie-Magazine – n°8

Thabo Mbeki n’a pas félicité Nicolas Sarkozy pour les propos racistes de son discours de Dakar

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article de la rubrique démocratie > Sarkozy le manipulateur
date de publication : mardi 6 mai 2008



Lundi 5 mai 2008, Brice Hortefeux était l’invité de Nicolas Demorand dans le 7/10 de France Inter, à partir de 8h20. Si vous avez manqué ce moment “étonnant”, vous pouvez prendre connaissance de l’enregistrement vidéo de l’émission.

A cette occasion, le ministre de l’immigration a tenté de faire croire que le président sud-africain avait exprimé son accord avec le discours de Dakar.


 

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Vers la fin de l’entretien (9 min 50 s après le début), après avoir cité un extrait d’une interview récente où Lilian Thuram présentait le discours de Dakar comme un exemple de propos racistes : « En France, certains propos racistes sont dénoncés, mais pas avec la vigueur nécessaire. A commencer par celui du président de la République : son discours de Dakar (sur la colonisation) était d’une gravité extrême »  [1], Nicolas Demorand a demandé à Brice Hortefeux ce qu’il pensait de cette accusation de racisme portée contre le président de la République.

Et voici ce que Brice Hortefeux a répondu à l’antenne : « c’est assez curieux et totalement injuste. Et d’ailleurs je vous en donne la preuve immédiatement, c’est que le discours de Dakar auquel vous faîtes allusion a été salué publiquement et notamment par un courrier par le président sud-africain [...] Quand le président sud africain s’exprime en accordant un total satisfecit, des encouragements au discours de Nicolas Sarkozy, ça vaut au moins …  » [2]

Le discours de Dakar

On se rappelle que le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007 avait été particulièrement mal reçu en Afrique. La surprise a donc été grande quand l’Elysée a rendu publique une lettre du 13 août 2007 de Nicolas Sarkozy à Thomas Mbeki, président de la République sud-africaine, lettre qui débutait ainsi [3] :

Monsieur le Président,

Je tiens à vous remercier très sincèrement pour le message de félicitations que vous avez bien voulu m’adresser à propos du discours que j’ai prononcé à l’Université de Dakar le 26 juillet dernier.

[...]

Mais, quelques jours plus tard, le 24 août, une mise au point de la présidence sud-africaine devait préciser que les félicitations de Thabo Mbelki « ne concernaient que le soutien de la France à la renaissance et au développement de l’Afrique », ajoutant que «  Mbeki ne pouvait cautionner des propos racistes, mais qu’il avait souhaité relever les aspects positifs du discours de Sarkozy ».

Un article de LDH-Toulon, partiellement repris dans Hommes & Libertés, avait attiré l’attention sur une manoeuvre qui n’est pas parvenu à sauver un discours jugé « raciste et paternaliste envers l’Afrique » :

Notes

[1] Extrait de l’interview de Lilian Thuram publiée dans le Jdd de samedi 3 mai 2008, sous le titre : « Dénoncer la Chine me semble normal ».

[2] La fin de la phrase n’est pas claire.

[3] La lettre est accessible sur le site de la présidence de la République : http://www.elysee.fr/elysee/elysee…. .

« comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France »

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article de la rubrique démocratie > Sarkozy le manipulateur
date de publication : mardi 29 avril 2008



Un livre de Laurence De Cock, Fanny Madeline, Nicolas Offenstadt, Sophie Wahnich (sous la direction de), qui vient de paraître aux Editions Agone (15 euros).


 

Guy Môquet, Jaurès, les colonies, et tant d’autres… Nicolas Sarkozy en campagne, puis au début de son mandat, n’a cessé d’utiliser et de brandir des références historiques.

Cet usage immodéré a mobilisé autant de mises en scène grandiloquentes que de discours de filiation destinés à dessiner les contours d’une France mythique du candidat puis du président. Comment voir clair dans tous ces personnages et événements sans cesse mélangés et associés les uns aux autres en dehors de tout contexte ? Comment comprendre le brouillage de références qui empruntent autant aux grandes figures de la gauche qu’à celles de la droite ? Quels sont les enjeux et les effets politiques de telles constructions ?

Une vingtaine d’historiens ont disséqué les usages que fait de l’histoire Nicolas Sarkozy, pour permettre de saisir les mécaniques à l’œuvre dans cette vaste entreprise de reconstruction d’un roman national. Sous la forme d’un dictionnaire, un véritable parcours critique dans l’histoire de France revue et corrigée par une droite qui entend refabriquer de l’« identité nationale »… [1]

 

 

 

 

Comment Sarko (ré)écrit l’histoire de France

par Simon Piel, publié sur Bakchich le 17 avril 2008

Un collectif d’historiens s’est penché sur le rapport qu’entretient notre président avec l’histoire, et l’utilisation politique qu’il en a fait ces dernières années. La conclusion fait mal. Nicolas Sarkozy a séché beaucoup trop de cours d’histoire durant sa scolarité ! Grâce aux bonnes feuilles du livre : « Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France » paru aux éditions Agone, « Bakchich » lui propose une petite remise à niveau.

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© Kerleroux

« Je veux dire à tous les Français que nous sommes les héritiers d’une seule et même histoire dont nous avons toutes les raisons d’être fiers. Si on aime la France, on doit assumer son histoire et celle de tous les Français qui ont fait de la France une grande nation. »

Voilà les mots de celui qui n’était alors que le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle. Dans ce discours du 26 janvier 2007, Nicolas Sarkozy, comme il l’a souvent fait au cours de la campagne, se livre à un cours d’histoire à la sauce UMP où le name dropping (le lâcher de noms) dispute sa place à la simplification de l’histoire de France. La campagne de Nicolas Sarkozy est ainsi ponctuée de clichés, de captations d’héritage de l’histoire nationale, comme s’il avait lui-même réécrit les chapitres de son manuel scolaire.

Pour faire bref, une vaste entreprise de «  reconstruction du roman national  ». Charlemagne, Jeanne d’Arc, Bonaparte, Jaurès, Blum, Mai 68…Tout y est passé ou presque. Non sans avoir été revu et corrigé par Nicolas Sarkozy et sa plume, Henri Guaino.

« Nous ne pouvons pas admettre l’instrumentalisation du passé »

En réaction à ce phénomène, loin d’être une nouveauté des campagnes politiques, mais singulier par son ampleur, le collectif d’historiens réuni sous le nom de Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire Cvuh fondé en 2005, prend la parole. Car s’ils sont avant tout des chercheurs, les historiens sont aussi des acteurs de la Cité.

Voici un extrait du texte fondateur du CUVH : « S’il est normal que les acteurs de la vie publique soient enclins à puiser dans l’histoire des arguments pour justifier leurs causes ou leurs intérêts, en tant qu’enseignants-chercheurs nous ne pouvons pas admettre l’instrumentalisation du passé. ». Voila probablement la raison du livre dont il est question aujourd’hui. Près de 20 historiens, membres du CVUH, ont passé au crible les discours de Nicolas Sarkozy. Le constat est douloureux. Notre omni-président n’aurait pas dû sécher les heures d’histoire dispensées au Cours Saint-Louis…

Émouvoir à peu de frais

« Nicolas Sarkozy utilise l’histoire dans un double but : produire un nouveau rêve national qui brouille toutes les analyses et toutes les convictions ; détourner l’attention de son programme réel que l’on peut qualifier de national-libéral et dont les premières victimes seront les cibles directes de ses discours de récupération. »

Il réveille des nostalgies afin « d’émouvoir à peu de frais, avec quelques citations, tout en laissant la complexité et les conflits dans l’ombre ». Une récupération qui n’obéit que rarement à une vision cohérente de l’histoire. « Tout personnage est bon à prendre, pourvu qu’il serve son goût du pouvoir dont l’obsession lui tient lieu de programme ».

Nicolas Sarkozy empile les poncifs, et pour servir son message en travestit le sens pour les « rendre émotionnellement opératoire, et idéologiquement discutable ».

« Au lieu de proposer des outils symboliques aptes à penser la place de chacun. Il dénie à l’histoire sa capacité à penser la place de chacun dans le présent et à l’imaginer dans le futur, Nicolas Sarkozy refoule l’histoire comme expérience du réel », poursuivent les historiens.

Bakchich a sélectionné pour vous trois personnages auxquels Nicolas Sarkozy a souvent fait appel pour servir son projet politique. Voici l’analyse qu’en fait le CUVH dans le livre : Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France :

Jeanne d’Arc, l’icône récupérée

« Comme d’autres encore, Jeanne incarne la jeunesse que le candidat puis le président aime tant à exalter : née autour de 1412, Jeanne d’Arc entame son périple politique à 16 ans… (Une jeunesse héroïque à la Guy Môquet.) En effet, l’image favorite de Jeanne d’Arc employée par Nicolas Sarkozy est celle de la Pucelle devant les juges de son procès d’inquisition (quatre occurrences), épisode complexe (à la fois prudence d’une accusée, rapport d’une mystique à Dieu, etc.), réduit ici à la forte attitude de la jeune fille, voire à la fraternité avec les juges ( !). (…)

Plus clairement inscrite dans les stratégies du candidat est la récupération affirmée de Jeanne d’Arc par la droite dite classique. A Rouen, le 24 avril 2007, Nicolas Sarkozy affirme que si Jeanne d’Arc a été confisquée par l’extrême droite, c’est que les valeurs dont elle serait porteuse (la France d’abord) auraient été oubliées ailleurs. Cette « honte » de la France – « erreur » historique – doit être réparée. Ainsi Jeanne, sortie de l’extrême droite, serait en quelque sorte le pendant de Guy Môquet chipé au parti communiste, de Jaurès ravi à la gauche…

Elle participe au premier chef de cette grande bande dessinée œcuménique que le candidat a esquissée tout au long de ces discours afin d’aider à ratisser le plus large possible. L’usage de Jeanne est ici habile : ce terrain de proximité avec l’extrême droite est aussi inscrit dans un patrimoine national étendu, bien au-delà du seul Front national. »

Napoléon Bonaparte, l’image embarrassante

« Des dizaines de journalistes et de citoyens ont esquissé ou développé un parallèle entre le candidat Sarkozy et Bonaparte, et de très nombreux commentateurs ont assimilé son action à une résurgence du « bonapartisme ». Pourtant, il est frappant de constater que les références formelles à Bonaparte sont très bon nombreuses dans ses discours électoraux. (…)

Pourquoi donc cette absence relative de la figure de Napoléon Bonaparte ? Tout se passe comme si le fond du discours sarkozyen sur la synthèse des rois et de la République, sur la « France éternelle » et la nation incarnée dans son président-sauveur, était tellement Bonapartiste qu’il serait inutile d’y ajouter la référence formelle à Bonaparte lui-même. Une autre raison est sans aucun doute la représentation plutôt contrastée de Napoléon Bonaparte dans les lieux communs de la mémoire dite collective : l’homme qui rétablit l’esclavage en 1802, qui liquide une partie des libertés acquises pendant la Révolution, le conquérant et le tyran de l’Europe, n’est pas une figure particulièrement célébrée aujourd’hui. (…)

Le bonapartisme de Nicolas Sarkozy est donc volontairement occulté dans son discours historique, alors qu’il pouvait en être une référence majeure. De toute évidence, la captation de l’héritage idéologique de la gauche a été considérée par l’entourage du candidat comme une meilleure affaire que l’affirmation de son bonaparto-libéralisme. »

Jean Jaurès, une captation sélective

« De toutes les références à l’histoire qui ont émaillé les discours de Nicolas Sarkozy, celles qui ont mobilisé Jean Jaurès ont eu le plus grand retentissement. (…) C’est à partir du discours d’investiture de Nicolas Sarkozy que la mobilisation du nom du grand socialiste suscitera des affrontements enflammés : « Ma France, c’est celle des travailleurs qui ont cru à la gauche de Jaurès et de Blum et qui ne se reconnaissent pas dans la gauche immobile. » (…)

Le fonctionnement de la référence à Jaurès est clair : pour régler une question lourde de choix politiques, comme le rapport à la mémoire nationale ou le déséquilibre de plus en plus criant entre le capital et le travail, le candidat et sa plume caricaturent les perspectives de l’adversaire politique et opposent à cette caricature une fadaise en faisant mine d’en faire la haute pensée d’une figure de l’histoire nationale. (…)

On est là au centre de la stratégie de mobilisation de l’histoire par Nicolas Sarkozy. L’effet d’autorité du grand nom est démultiplié par la répétition terrorisante ; figure historique étant en outre mélangée au flot continu des références et des noms, l’accumulation interdit toute riposte. (…) Enfin noyer Jean Jaurès dans un flot de personnages d’importance de l’histoire française produit un effet de panthéon national qui neutralise le grand socialiste, de même qu’il le déplace au « centre » de l’échiquier politique. Il n’est en effet jamais question du Jaurès des grèves de Carmaux, du Jaurès de l’Internationale socialiste… (…)

Au contraire, Nicolas Sarkozy a exhumé la citation d’un propos du Jaurès de 1890, conseiller municipal et républicain conservateur, plutôt que l’un des si nombreux discours où l’orateur devenu socialiste accablait l’étroitesse politique, économique, sociale et morale des bourgeoisies républicaines au pouvoir. C’est dire l’étendue de l’escamotage ! Et que ce recours de Nicolas Sarkozy à Jaurès relève de la rapine d’un symbole, d’un appel à l’imagination des électeurs par le simple jeu du nom, de la provocation de réactions indignées, de la confusion des mémoires pour masquer le conservatisme de son programme. »

Simon Piel

Notes

[1] Sommaire

Affaire Dreyfus, par Thomas Loué
Afrique, par Laurence de Cock
Maurice Barrès, par Gérard Noiriel
Marc Bloch, par Gérard Noiriel
Léon Blum, par Gérard Noiriel
Cascade du bois de Boulogne, par Jean-Marie Guillon
Charlemagne, par Fanny Madeline
Choc des civilisations, par Françoise Micheau
Georges Clemenceau, par Nicolas Offenstadt
Communautarisme, par Éric Soriano
La Commune, par Olivier Le Trocquer
Condorcet, par Yannick Bosc
Croisades, par Françoise Micheau
De Gaulle, Sarkozy : une drôle d’histoire, par Annie Collovald
Édit de Nantes, par Jérémie Foa
Esclavage dans les colonies françaises, par Éric Mesnard
État capétien, par Yann Potin
Féodalités, par Fanny Madeline
Jules Ferry, par Olivier Le Trocquer
Fille aînée de l’Église, par Fanny Madeline & Yann Potin
Fin de l’histoire, par Michèle Riot-Sarcey
La « France éternelle », un paysage de campagne ?, par Pierre Schill
Glières, par Jean-Marie Guillon
Victor Hugo, par Sylvie Aprile
Jean Jaurès, par Blaise Wilfert-Portal
Jeanne d’Arc, par Nicolas Offenstadt
Claude Lévi-Strauss, par Éric Soriano
Litanie, par Laurence de Cock
Lumières, par Sophie Wahnich
Lutte des classes, par Éric Soriano
Lyautey, par Catherine Coquery-Vidrovitch
Mai 68, ou L’actualité de la mémoire, par Michèle Riot-Sarcey & Thierry Aprile
Georges Mandel, par Jean-Marie Guillon
Guy Môquet, par Pierre Schill
Jean Moulin, par Michel Fratissier
Napoléon Bonaparte, par Marc Belissa
Napoléon III, par Olivier Le Trocquer
Passé colonial, par Gilles Manceron
Pavillon de la lanterne, par Yann Potin
Repentance, par Sandrine Lefranc
Résistance, par Jean-Marie Guillon
Rêve, par Laurence de Cock
Révolution française, révolution, par Sophie Wahnich
Révolution française, ses « grands hommes », par Marc Belissa
Rois de France, par Fanny Madeline
La Terreur, terreur, par Sophie Wahnich
Totalitarisme(s), par Sonia Combe
Verdun, par Nicolas Offenstadt
Vichy, par Jean-Marie Guillon

Publié dans NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

Nicolas Sarkozy atteint au mois d’avril un record absolu d’opinions négatives

Posté par issopha le 29 avril 2008

SONDAGE

Nicolas Sarkozy atteint au mois d’avril un record absolu d’opinions négatives

NOUVELOBS.COM | 29.04.2008 | 07:17

Réagissez à l'article 184 réactions

Avec 64% d’opinions négatives, jamais un président n’avait enregistré un taux de mécontentement aussi fort depuis la création du baromètre mensuel BVA, en 1981. Le Premier ministre, François Fillon, baisse lui aussi, à 43% de satisfaits (-8) contre 46% de mécontents (+10). Le sondage a été réalisé avant l’interview télévisée du chef de l’Etat.

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy

(c) Reuters  

Nicolas Sarkozy établit un record d’impopularité dans le baromètre BVA-L’Express, rendu public lundi 28 avril. Il perd 8 points de popularité en un mois, à seulement 32% de bonnes opinions, selon ce sondage réalisé avant l’interview télévisée du chef de l’Etat.
Le président réunit en avril 64% de mauvaises opinions (+9), selon cette enquête. 4% des personnes interrogées ne se prononcent pas.
Selon le directeur de BVA Opinion, Jérôme Sainte-Marie, ce taux de mauvaises opinions est « le plus élevé jamais enregistré » par son institut depuis la création de son baromètre de l’exécutif en 1981. En revanche le faible taux de bonnes opinions (32%) s’est déjà rencontré (Jacques Chirac en novembre 1995, et même 31% pour François Mitterrand en mars 1992).
La popularité de François Fillon baisse elle aussi fortement. Le Premier ministre inspire désormais une majorité de mécontents: 46% (+ 10) contre 43% de satisfaits (-8 points). 11% ne se prononcent pas.

Delanoë reste devant Royal

Du côté de l’opposition, le sondage BVA montre par ailleurs un resserrement de l’écart de popularité entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. 49% des Français souhaitent que le maire de Paris « ait davantage d’influence dans la vie politique française », en baisse de 2 points, contre 43% pour la présidente de Poitou-Charentes (+2 points). Ségolène Royal devance cependant Bertrand Delanoë parmi les sympathisants de gauche: 71% contre 64%.
Derrière les deux socialistes, les Français placent en troisième position le centriste François Bayrou (42%, -3 points), puis le trotskiste Olivier Besancenot (41%, en baisse de 2 points).

65 % favorables au mouvement lycéen

Parmi les ministres, Jean-Louis Borloo arrive en tête avec 39% (-5 points), devant Michèle Alliot-Marie (37%, -4). La secrétaire d’Etat à l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s’est illustrée pour avoir accusé Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé de « lâcheté », fait son entrée dans le baromètre avec 23% des sondés qui souhaitent lui voir jouer un rôle plus grand à l’avenir.
En outre, 65 % des sondés se disent « plutôt favorables » au mouvement lycéen pour la défense du service public d’éducation, contre 30% qui y sont opposés et 5% qui n’ont pas d’opinion.

- Sondage réalisé en face à face du 22 au 24 avril (l’émission télévisée de Nicolas Sarkozy ayant eu lieu le 24 au soir) auprès d’un échantillon national représentatif de 994 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la commission nationale des sondages.

Les réactions des lecteurs

jajounette
banalite
N’y a-t-il aucune autre derniere nouvelle a publier que ces statistiques ridicules fondees sur une echantillon de population bien cible qui satisfera les antisarko? Quelle mauvaise foi!
29.04 à 09h41
Guy Charre
Futur
J’attends avec impatience le moment où vous l’aurez élu votre égérie et que vous continuerez dans votre vieux pardessus rapé à vous en aller l’hiver l’été pour gagner sa vie comme on peut, mes vieuuuux!
Je vous chanterais: « faut paaaas. pleurer comme caaaa ».
29.04 à 09h32
L’habile-bête
Le blingblinguisme !!!!
Il s’agit d’un mode général de fantaisies ou de comportements grandioses, de besoin d’être admiré et de manque d’empathie qui apparaissent au début de l’âge adulte.
Le sujet a un sens grandiose de sa propre importance. Il surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport.
Est absorbé par des fantaisies de succès illimité et de pouvoir.
Pense être spécial et unique et pense ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens de haut niveau.
A un besoin excessif d’être admiré.
Pense que tout lui est dû et s’attend à bénéficier d’un traitement particulier et favorable à ses attentes.
Exploite les autres et utilise autrui pour parvenir à ses propres fins.
Manque d’empathie et n’est pas disposé à reconnaître les sentiments ou les besoins des autres.
Envie les autres et croit que tout le monde l’envie.
Fait preuve d’attitudes et de comportements hautains et arrogants.
29.04 à 09h27
andgiee
mécontentement
J’ai écouté le discour du président, il est clair qu’il ne peut pas remonter une france qui se trouve en déficit depuis 1976 ou 78 dans l’espace d’un an, mais il faudrait qu’il nous explique comment il va nous sortir de cette panade avant 2012, il aurait pour certaines choses une bonne politique (il nous endort) car lui même hésite devant les journalistes, comment va-t-il appliquer certaines promesses alors que les caisses de l’état sont soit-disant vide? j’ai quand même bien peur qu’il soit obliger de faire quelque chose avant qu’un mai 68 nous tombe dessus car il faut être réaliste entre l’euro qui nous tue s’ajoute l’augmentation du gazoil et l’augmentation de la vie qui monte en flêche, le petit en prend plein la figure, c’est pour cela que j’ai peur que ça éclate – malheur quand même à ceux qui tomberont pendant que lui sera à l’abri.
29.04 à 09h24
Caverne
vais attendre ici
en lisant quelques inepties pro sarko d’aveugles peau de saucissonnés de frais.

Des interrogations sur la pertinence des sondages, d’autres sur la sincérité des sondeurs. Des critiques acerbes sur les gauchos qui ne proposent rien (on se demande d’ailleurs qui gouverne…).

Des approximations de posteurs sur la comparaison entre ex président et actuel occupant de la rue du Faubourg St Honoré.

Enfin, je vais lire des insultes à l’égard de ceux qui, comme moi, ne supportent plus l’arrogance et la fatuité de notre Président Magnanime.

Tout ça en t’attendant….
29.04 à 09h15

MaxBeeting
Réjouissons nous
mes Frères … La FIN est proche …. !
29.04 à 09h03
guronsan
@regard75
MITTERAND 2 SEPTENNATS ET SARKO 1 AN, battu à plates coutures le sarko
29.04 à 08h56
beb06
la question est ..
La question est « jusqu’où ira-t-il sans qu’on l’arrête? »
29.04 à 08h56
regard75
Victoire
Il va bientôt battre Mitterrand

CQFD


29.04 à 08h46

Stéphounet
Sondages = rigolade
Ce qui me fait rigoler par dessus tout, c’est le « sondage 994 personnes », comme si la france entière était représenté par 994 personne, ridicule.
29.04 à 08h20
Anne
Répliques de cinéma
Vous avez dit « bizarre » ?
Je vous réponds « t’as de beaux yeux, « regard 75″ :) )
Désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher …
29.04 à 08h09
christina7
record Sarkozy
Depuis que l’on nous annonce 6, 7 ou points de baisse de popularité du président le céritable score de satisfaits devrait être aujourd’hui en dessous de zéro.
Oui c’est un zéro face à la politique partisane du gouvernement toutes persoinnalités confondues.
Toutes ces réformes en forme de cadeaux visibles ou induits aux plus riiches commencent à porter leurs fruits d’insuffisance économique.
Que la consommation soit en baisse sensible n’a rien d’étonnant puisque ceux qui ont besoin de tout n’ont pas de ressources pour consommer, mieux celles-ci s’amenuisent quant ils en ont. Tandis que ceux qui n’ont besoin de rien et qui consomment ou placent leur argent à l’étranger sont favorisés par toutes ces mesures archaïquement droitières.
Va va mal finir.
29.04 à 08h08
regard75
On se demande parfois qui sont les sondés….
Parfois les sondages nous révèlent des choses étonnantes, et celui-ci n’échappe pas à la règle.
Voir un 1er ministre qui baisse autant d’un sondage à l’autre alors qu’il est resté discret, bizarre…
Voir un homme politique d’extrême gauche (Besancenot) dont 41% des sondés souhaiteraient le voir jouer un rôle dans les prochains mois, alors qu’ils souhaitent aussi que ce soit le cas de Bayrou, je m’interroge…

Car ce souhait ne se traduisant pas dans les urnes, c’est bizarre…

Les Français qui sont sondés (toujours les mêmes du reste) en auraient ils marre des sondages ? au point de répondre n’importe quoi ?

CQFD


29.04 à 08h04

Greg
>>>LUNIAC
Désolé pour vous mais la compétence d’une personne ne se juge pas à ses opinions politiques. De gauche comme de droite il y a pas mal d’incompétents et pour preuve !
Sarkozy est un incompétent tout juste bon à faire briller sa Rolex sur un yatch, les réformes qu’il souhaite lancer manquent cruellement d’intelligence et de logique. Laissons le au bord de son navire qui est en train de couler.
29.04 à 07h30
luniac
soyonsérieux
il s’agit d’éviter de se retrouver sur la pailles,les réformes sont une nécessité,les gauchistes ont beau-jeu de critiquer,se souvenir que Jospin à laché le navire et qu’il s’est tiré comme un voleur,gauchistes relevés les manches at au turff
29.04 à 07h01
fred
la faim…..
Je suis bénévole au secours populaire, je doit dire que la misère atteint des niveaux records. Nous manquons d’aliments a distribuer les dotations européenne ont beaucoup baisées nous ne pouvons faire face aux demandes. J’aurais jamais cru qu’au 21 ieme siècle la famine réapparaitrait en France, oui la FAMINE et je pèse mes mots. Tout cela a cause des spéculations de quelques nantis qui eux ont reçus un paquet fiscal de 15 milliards.
Comment un président qui vit dans l’opulence et le bling bling peut il le comprendre et bientôt il passera des vacances de rêve avec son top modèle sans se soucier des milliers d’enfants qui mangent pas a leur faim
29.04 à 05h35
jif37
C’est Séglène qu’il nous faut, Ô,Ô, Ô…..
Ah ! Oui ! Comme tout irait mieux en France si on avait élu Ségolène !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
29.04 à 03h06
artmorik
Serait ce
notre Bush à nous , les p’tits français
29.04 à 02h27
Camille
@ alternaute
En tant que plus mauvais Président de la Vème, Sarkozy n’est pas à même de bien représenter la France.
Il te faut donc partir du postulat que la France, ce n’est pas Sarkozy.
29.04 à 01h33
alternaute
j’pige pas…
…considérant le portrait que « vous » faites de ce qu’est devenue la France sous Sarko, comment voudriez-vous qu’elle puisse encore se réclamer des  » Droits de l’Homme  » et faire la donneuse de leçons…Contradictoire, non ???
29.04 à 01h02

marief
@ destoc
Et bien enfin vous appréciez la gauche ! comme NS !!!
Carla Bruni a déclaré qu’elle n’aurait jamais voté pour lui et qu’elle avait toujours défendu les causes soutenues par la gauche!
C’est fou quand même comme à l’UMP on n’arrive pas à comprendre !!!
Cordialement
29.04 à 00h52
enzo
le comble !!!
ça mérite que je revienne: je viens de lire sur un autre site que ce président venait de déclarer à Tunis, qu’il n’avait pas de leçon à donner à Ben Ali en matière de droits de l’homme !!!!!
qu’en pensent rama yade, couchner , fadela ???
29.04 à 00h48
cantalouse
enzo
bonne nuit ,et à tous les démocrates du forum ,comme vs dîtes ;
29.04 à 00h46
marief
@ destoc
On se calme !
Il est là et impossible de le nier… et je rappellerai même qu’il coûte certainement plus que 15 milliards puisque c’était le chiffre annoncé pour le « bouclier fiscal » soit limiter le prélèvement d’impôt à 50% On y a ajouté les heures sup, défiscalisées et avec un forfait sur les charges sociales, manque à gagner pour les caisses et coût pour l’état, c’est à dire nous tous. Les intérêts d’emprunt, mesure ancienne pour relancer l’immobilier, qui se trouve aujourd’hui au plus haut, et n’avait pas besoin de cela. Néanmoins, cela ne fera pas baisser les prix et comme il faut majoritairement prendre un emprunt sur 40 ans, les primo accédants ne peuvent être des personnes démunies. Quand aux droits de successions, là encore il faut avoir des moyens…
cela ne correspond en rien à ce que nous avons entendu tout au long de la campagne….travailler plus pour gagner plus.
Cordialement.
29.04 à 00h46
cantalouse
bonne nuit flo
oui je sais ,tu ne parles pas pour toi ;
on le savait les 47% que sarko ns mènerait à la faillite ,mais pas aussi vite ;
bises et bonne nuit ;je ferme car destoc est out fini ;tu as raison …
29.04 à 00h44
alternaute
@cantalouse…
…petit salut final du seul « ump » qui t’ai conseillé de lire G.E. Debord !!
29.04 à 00h42
enzo
bonne nuit aussi
à tous les amis démocrates, flo’, canta , duchiron . demain, il fera jour ;
29.04 à 00h42
flo44
‘soir Canta
ne te fatigue pas,il ne reste que le sieur Destoc sur ce forum, et je ne pense pas qu’il soit en état de capter tes arguments..
pour nous qui savions où nous mènerait ce triste personnage, ce n’est que confirmation.. Et tu es bien placée pour savoir que je ne parle pas ici de mon intérêt personnel, non ???
bisous*
flo
29.04 à 00h37
enzo
eh oui cantalouse !!
le ptit nicolas n’a pas du tout réhabilité la valeur « travail », qui n’en avait d’ailleurs pas besoin, mais favorise au contraire les rentiers….. Encore une promesse (stupide, car il est stupide de prendre les Français pour des fainéants) non tenue ….

Bonsoir à vous au fait, ça fait toujours plaisir de vous lire . Et ça change des inepties de quelques bas du front qui viennent épancher leur rancoeur ici.
29.04 à 00h37

destoc
Grâce à Nicolas….
la France a eu la plus belle des 1ères dames de son Histoire!
29.04 à 00h32
cantalouse
destoc ns dit
que sarko soit plus agressif envers les pauvres ,c’est fait ;
par le rsa qui sera en partie financer par le ppe ;
pour la maladie d’alzheimer qui sera financée par les malades ;

et pendant ce temps les très grosses successions seront exonérées à hauteur de 150 000 E par enfant et par parent ;
soit pour un couple de 3 enfants :
150 000 Ex2 parents x3enfants x7 donations =6,3millions d’euros ;
lorsque les donations anticipent les 75 ans la tranche d’imposition est réduite de moitié
le couple pourra alors donner tous les 6 ans 520 000E de plus par enfant en ne payant que 9 ,8% d’impôt sur cette tranche ;
soit:520 000 Ex2 parents x3enfants x7donations =21,8millions ,7,3millions par héritier qui s’ajoutent aux 2,1millions transmis sans impôt ;
on atteint 9,6millions par enfant ;
et si le couple prévoit de donner la nue propriété des biens en gardant l’usufruit ,il porra leur donner en plus 13 millions en franchise au lieu de 6,3 millions et 60 millions taxés à 9,9% ;

lu sur l’obs …
29.04 à 00h31

flo44
pour destoc qui a la langue bien pendue ce soir
dans ma famille de ploucs de gauche caviar, on préfère les bm aux rav4, car on n’aime pas le toc, et c’est pourquoi on n’aime pas le sarkoprésident de pacotille qui fait pschiiit dans les sondages, bien fait pour sa gueule
et bonne nuit
29.04 à 00h26
destoc
Je l’adore….
la belle italienne qui rend notre Sarko si heureux…Quel bonheur !
29.04 à 00h25
enzo
record absolu
d’opinions négatives ….Plus mauvais président que la V° ait jamais connu…. eh bé, il nous avait promis pomis la rupture, eh bien il l’a faite, mais je ne crois pas que les Français attendaient cette rupture là!!!
Mais hélas, cet individu à l’ego démesuré n’était pas capable de véritable rupture !!! Comment les 53% ont-ils pu être aveuglés à ce point….mystère…
29.04 à 00h25
destoc
Il a retrouvé son équilibre…
notre très cher Président….et grâce à qui ?
La femme est l’avenir de l’homme.
Merci Carlita ! et si vous pouviez aussi nous le rendre encore un plus agressif à l’égard des sans papiers, des manifestants, des gauchos et des pauvres
29.04 à 00h12
PHIL
@destoc
L’avoir ,c’est une chose ,la garder ça risque d’être plus difficile!!
29.04 à 00h10
cdéblabla
@Duchiron
Ventrecouille! Voilà de la prose à modo…
29.04 à 00h09
alternaute
Et pour faire…
…dans la clarification je vais simplement préciser que ce que je ne supporte pas c’est tout simplement le positionnement archétypal !!
Que l’on retrouve aussi à droite…genre destoc ce soir !!
29.04 à 00h02
destoc
Non mais je maintiens….
Vous n’en aurez jamais des comme ça, bande de ploucs !
Vous pouvez vous consoler avec Bécassine qui sent bon le chabichou
29.04 à 00h02
cdéblabla
Délit d’initié ?
Une rumeur circule, il faut acheter de la « nouvelle droite ».
Selon des sources bien informées,malgré le plan de relance, et les annonces du PDG de résultats en hausse, le cours de l’actuelle, continue à chuter.
Les gros actionnaires et dirigeants de la SA UMPFNFrance, seraient en train secrètement, de vendre massivement leurs actions, sur le marché à terme.
Rassurez vous Fils de Mai, ils vont faire une part du boulot que vous ne pouvez encore faire, je le crains…
Ils se préparent à devoir mener, dans les mois qui viennent, un petit putch légal, pour… »Remanier la direction », avant que l’Europe avec les petits actionnaires, ne viennent les secouer au siège social…
Le Golden parachute réclamé, sera d’un montant d’autant plus élevé que le cours sera bas. Le PDG joue la montre.
29.04 à 00h00

 

marief
Petit rappel aux petites têtes…
Les sondés sont choisis de façon aléatoire et pas obligatoirement inscrits sur les listes électorales. Il y a donc une différence entre les résultats d’un sondage et d’un scrutin.
De même que 53% des votants ne représentent pas 53% des français, mais seulement 53% des votants…non comptabilisés les bulletins blancs…
Cordialement.
28.04 à 23h57
rapace
Mauvaise politique et casse sociale.
Une chose est sûr maintenant , depuis que Sarkozy est au pouvoir les classes moyennes en prennent plein la figure et leur pouvoir d’achat dégringole comme leur moral d’ailleurs.
Pour les milieux aisés , pas de probléme tout va bien pour eux et ils peuvent remercier M.Sarkozy.
Dans le même temps , politique économique et sociale désastreuse avec résultat catastrophiques.
D’autres réformes- régression sont en préparation et le pire est devant nous.
Conformément à l’idéologie du pouvoir en place , la démolition systématique des services publiques est en route.

Inutile de rappeler le mépris et le manque de respect absolu de certains ministres pour les salariés de bases de l’ensemble des 3 fonctions publiques ( état , hospitaliére , térritoriale).
L’état d’esprit actuel est l’écoeurement et le dégôut.
28.04 à 23h53

PHIL
@destoc
peut-être ,mais FABIUS …et quelques autres l’ont eu avant!!
28.04 à 23h50
PHIL
@alternaute
Vous exagèrez beaucoup l’impopularité nécessaire et obligatoire des dirigeants.Par exemple la popularité de SARKO reste intacte…dans les quartiers où on paie beaucoup l’ISF;Allez savoir pouquoi??
28.04 à 23h46
Philou
Sarko chute
Heureusement qu’on a Raffarin.
28.04 à 23h42
cantalouse
une dernière avant d aller
dormir ;
alternaute ns dit que tous les gvts vont subir la crise pétrolière et le reste ;

mais l’allemagne a un excédent du commerce extérieur de 969mds pour 2007 ,alors que la france enregistre son pire déficit du commerce :40mds ;du jamais vu ;
et qui était à bercy ?

l’espagne qui a une croissance de 6% pendant que celle de la france s’effondre ;
il y a chez eux la crise des subprimes ;
mais avec un excédent budgétaire de 50mds ,zapatero va injecter une partie de cette somme à construire des logements sociaux ;il rallonge sans frais la durée de remboursement des propriétaires ;ect ;

la france est le seul pays d’europe à s’enfoncer depuis des années ;
le financial time ,après la prestation de sarko a été très dur pour sa politique économique ;même eux …
28.04 à 23h42

alternaute
mettons un peu…
…nos lunettes panoramiques ( pour ceux qui en ont !) et essayons d’imaginer quels chefs d’état, quel gouvernements de droite comme de gauche, dans nos sociétés occidentales, vont pouvoir conserver une parcelle de popularité dans les « Trentes Pleureuses  » qui s’avancent !?
Choc pétrolier, flambée des matières premières, crise financière and so one vont rendre tous les  » dirigeants » imbuvables….et basta !!
28.04 à 23h33
cantalouse
alternaute
inutile de vouloir ns faire croire que vs n’êtes pas ump ;
c’est votre droit ,ok ,mais votre façon de voler ds les plumes de tous ceux qui sont contre sarko prouve votre bord ;

ensuite oui ,le paquet fiscal ,avec l’exonération honteuse des grosses successions ,pouvoir transmettre à chaque enfant tous les 6 ans 150 000 E ;alors que le travail ,l’épargne ,sont les plus taxés d’ europe :10 fois plus que les autres pays ;

je peux détailler pour presque tout le bouclier fiscal l’iniquité de cette mesure ;
avec des sources « honnêtes » ,comme « le rapport de l’observatoire des inégalités » ,rapport demandé par l’assemblée nationale ;
on ne peut être plus neutre ;

alors vos railleries tombent à plat ;
sarko est minable ds sa politique sociale ;

sur ce bonne nuit monsieur ump ;
28.04 à 23h28

destoc
Faut pas toujours croire les candidats….
moi en votant pour lui je savais à quoi m’en tenir. Et je ne le regrette pas. Allez continue Sarko…tu rentres dans l’Histoire !
28.04 à 23h26
Michel04
Phil
Moi aussi, j’en connais. Et ils le regrettent amèrement. Bien sûr que ce gouvernement agit sous les ordres et pour le compte du Medef et surtoutdles patrons du CAC 40 et autres milliardaires. Ce type est fasciné par l’argent et le clinquant. Il n’a en lui aucune des valeurs de la France telles que beaucoup de Français les conçoivent. Quand on pense qu’un de ses meilleurs amis est un repris de justice !
28.04 à 23h19
rusepublique
Après le bling-bling c’est le cass-cass
Pendant une année il s’est éclaté ( hausse de son salaire, a magnifié l’Elysée de dorure, courtisé les riches, les manequins, voyage partout, pass-droit pour ses serviteurs, des fêtes presque tous les jours, des cadeeaux pour les riches qui lui ont bien rendu…) maintenant il est venu le temps pour lui de tout casser ..les minima-sociaux, les acquis, les retraitres, la politique familiale, les institutions…bref les fondamentaux qui permettent à la République de tenir debout et qui permettent surtout aux français de vivre ensemble.

L’érè du cass-cass a commencé.
28.04 à 23h15

PHIL
@destoc
Je crois plutôt qu’il y a parmi les 53% qui ont voté pour lui (et j’en connais) un nombre grandissant qui désapprouve une politique qui ne correspond pas aux promesses de campagne.Dans un lapsus révélateur lors de son intervention télévisée,il a dit que les français avaient raison de croire qu’il faisait une politique pour quelques-uns.C’estaujourd’hui une évidence pour le plus grand nombre.
28.04 à 23h13
alternaute
@delas…
…il était bien inutile d’en rajouter quant à l’altitude stratosphérique de ton approche du politique…( et c’est même pas un de tes opposants de droite qui le relève ! )
28.04 à 23h05
Michel04
destoc
Je ne savais pas qu’il y avait 64 ù de gauchos en France ! Mme Royal aurait donc dû être élue haut la main. Vous ne semblez pas faire preuve de beaucoup de réflexion. Les Français se rendent compte qu’avec un attelage comme celui-là, tout est à craindre pour notre pays, aussi bien à l’intérieur au niveau économique et social, qu’en matière de politique étrangère. Cet énergumène n’arrive pas à la cheville du général De Gaulle, à tous les points de vue.
28.04 à 23h01
delas
à l’heure du Sarko Show
alternaute
@delas…

…qui semble avoir  » une certaine idée de la politique  » que pourrait lui envier n’importe quel politologue stagiaire à la LCaire…

Jeudi, à l’heure du Sarko Show, j’était dans une grande surface. Une vingtaine d’écrans montraient le grand manipulateur. Personne, je dis bien PERSONNE, ne s’arrêtait pour l’écouter. Ni les vendeurs ni les clients. Même ma femme, plutôt à Droite, est allé faire ses courses. Je suis resté seul 1 quart d’heure pour voir ce guignol mentir comme ses grandes oreilles.
28.04 à 22h58

alternaute
@delas…
…qui semble avoir  » une certaine idée de la politique  » que pourrait lui envier n’importe quel politologue stagiaire à la LCaire…
28.04 à 22h51
destoc
Tant mieux
ça veut dire qu’il est sur la bonne voie. Bonjour la rigueur et les pleurnicheries des gauchos
28.04 à 22h51
fredo
@TNO
parfaitement bien vu et bien dit! Sarkozy a ete élu pour 5ans… Pas pour 4, ni pour 3 ou pour deux!

Les autres, soyez en forme le jour J!
28.04 à 22h44

Mickey l’ange
Pensées en passant
Moi je n’ai pas envie de m’engueuler avec tout le monde.
Expatrié, je ne vais pas profiter de cette occasion de contact avec mes compatriotes pour me dérouiller verbalement avec eux.
Je me pose toutefois une question: Si Sarko était viré comme le rêvent de nombreux intervenants, sur qui comptent-ils pour reprendre efficacement le contrôle du navire?
Il faudra bien donner le job à quelqu’un, parce que c’est une fois que le président en place est prié de bien vouloir dégager que le vrai boulot commence.
Que l’on casse du sucre sur le dos de Sarko m’indifère, en revanche, j’ai la désagréable impression que l’on est concentré que sur cela au point que l’on oublie totalement de préparer l’après Sarko.
Je crains que l’euphorie que provoquera la chute de l’actuel gouvernement soit suivi d’un réveil douloureux et surtout décevant lorsqu’on s’apercevra qu’on a rien prévu de consistant pour la relève.
28.04 à 22h44
micolon
qu’est ce que ça peut faire?
Il est là encore pour 4 ans, les réformes qu’il fait sont très impopulaires, mais il faut et il doit les faire. Résultat: même s’il descend à 10% de contents, j’en ferais toujours partie et ma devise est comme la sienne « bien faire et laisser braire »!
28.04 à 22h44

H
32%, c’est pas ou – le pourcentage de votes..
… en sa faveur au 1er tour il y a un an ??

Comme quoi, ceux qui l’aiment, l’aiment vraiment
ah ah ah
28.04 à 22h37

XXX
à cobra
Quel optimisme délirant, vous avez la foi chevillée au corps.
28.04 à 22h33
alternaute
@pflimlin…
…c’est vrai, on avait dit ni dérision sur le physique, ni sur le pseudo…
Sinon le ptit piège des ptits 280 mille euros a fonctionné…les fameux incontournables 15 milliards aux plus riches ont vite suivi !!
28.04 à 22h33
pekin
Encore un petit effort….
Bravo Sarko, 64 % de mécontents, encore un petit effort et c’est gagné… Ce que nous n’avons pas compris c’est qu’il joue à « qui perd gagne ». Il faut savoir que la publicité, bonne ou mauvaise est toujours de la pubicité, donc en 2012, les français risquent de voter pour lui. Et pendant ce temps là, les socialistes, sans programme, attendent la mort du taureau de peur de se faire encorner. Mais! pendant que j’y pense, nous n’avons pas entendu les communistes pour les jeux de Pékin… C’est à ne plus comprendre : les bleus deviennent roses, les rouges sont verts, les verts veulent parfois être roses…Quel cirque vivons nous… A cette cadence la France ne va pas durer longtemps. Merci aux élus de tous bords…
28.04 à 22h23
Pflimlin
à Zazou
Bonsoir
La colère gronde en effet ici et il n’y a rien de plus amer qu’un Alsacien déçu
Comme dit Alternaught (alter-néant), les Alsaciens commencent à penser sérieusement à voler chez Lufthansa, au moins c’est du sérieux
Bien sûr 280 000 euros c’est une paille par rapport aux 15 milliards mais à raison d’une par mois… la com coûte cher

oui ensemble plus rien n’est possible :)
28.04 à 22h17

cdéblabla
A « Chocolat » dit ….c.moi..lol
Selon les sondages
Il y a au moins 25% d’amateurs de chocolat Suisse, qui ne croient plus que leurs « Mon chéri » vont se transformer en lingots dorés…
28.04 à 22h17
TheNewObserver
Je croyais que Sarko tenait les médias
c’est du moins ce que la gauche voulait nous faire accroire lorsqu’elle se faisait régulièrement battre par le petit bonhomme.

Mais Sarko est grand seigneur. Il manipule les gauchos lorsqu’il n’y a pas d’enjeux et lorsqu’une élection se profile il culmine dans les sondages.

Tant qu’il n’y a pas d’enjeux Sarko peut descendre à presque zéro. Les sondages c’est l’opium du peuple : ca doit calmer les syndicats, les trostskistes et les gauchos de tout poil.
LOL
28.04 à 22h15

Camille
Clearstream et moi, c’est du sérieux !
Conflit d’intérêt entre le Président et sa fonction.
Cadeau fiscal de 15 milliards ajoutés aux 38 milliards d’évasion fiscale annuels.
Appauvrissement du Peuple et menace sur son système de santé.
Qu’a-t-on fait de l’Appel de Genève ?
28.04 à 22h13
alternaute
@plein-fin…
…280 000 euros !! En effet c’est du dilapidage…redistribués cela ferait -approximativement- 3 dixièmes de centimes d’euros par français….
T’es en plein vol cher lufthansa….
28.04 à 22h04
zazou
pfimlin
Salut !

Sentez vous la colère gronder par chez vous ?

car si cela se sntait vu que c’es tune region tres à droite ..cela demontrerait l effrondement du roytelet !

il voulait la rupture il aura la fracture !

Nous ces tchaud car entre les nouveaux programmes, les suppressions de poste et les deux heures/heb de moins d ‘ecole pour les gosses plus le soutien..on a du mal à savoir comment se fera la rentree et où va notre profession ..et otus les secteurs sont touches…crise de defiance de deception de desilluion

ce mec a tant promis qu il deçoit des gens qui avaient besoin d’ aides et de soutien … ouvriers petites retraites personnes âgees handicapes…

>>>Ce qui etait « Ensemble tout est possbile  » devient tout devient impossible  » en gros demerdez vous !
28.04 à 22h04

psycho
ah les français !
Les français sont forts contradictoires, ils ont voté pour Sarko avec les eyux fermés et le cerveau débranché, et maintenant ils se revéillenet de la léthargie, dommage c’est trop tard pour se regretter. Il manque un peu moins de 5 ans d’un gouvernement à la dérive, tant en politique nationale comme internationale, le pire n’est pas encore là.
28.04 à 22h04
cobra
à 3 fourchettes
Votre commentaire les mérite à peine, 64% aujourd’hui : de mécontents
Dans 4 ans ce sera 64% de satisfaits
Et dans la foulée , une réélection triomphale
28.04 à 22h02
XXX
C’est pas mal 64% de mécontents , mais …
C’est mieux qu’hier et bien moins que demain.
28.04 à 21h55
Pflimlin
La majorité des Alsaciens a voté
comme les 53% mais il suffit d’écouter une conversation en Alsacien dans un marché pour surprendre des propos étonnants dans la bouche de ces gens d’habitude peu disserts de leurs opinions politiques
L’amertume est totale et les gens n’ont pas assez de mots grossiers et rudes pour exprimer leur idée de celui pour qui ils avaient voté
Parmi les mots les plus acceptables : Littfanger (attrape-gens) ou Littùfwickler (enrouleur de gens)

Personnellement, cette profusion m’amuse car j’avais prédi ce retournement de situation et je savais que la colère serait immense ici car on ne se satisfait pas des promesses et de leurs excuses, des trucages de chiffres du chômage ni des émissions de propagande comme celle de jeudi dernier dont le coût avoisine les 280.000 euros.. et pour dire quoi…
28.04 à 21h52

jack
c’est risible
Les français sont des veaux..

ça change d’opinions au fil des interventions télévisées..

Un bon plan de comm’ et ça change d’avis.

C’est sidérant comme les gens sont manipulables.

70% d’insatisfaits? je suis certain qu’il sera réélu en 2012..

Réveillez-vous les gens!!!
28.04 à 21h50

Anne
C’est pas si mal
un record est un record. Celui-ci est bien mérité. Bravo §
28.04 à 21h48
vladana
SVP nouvelobs faites quelquechose sur cet lapsus t
« Les français se disent au fond il fait une politique pour quelques uns et pas pour tous, si les franaçais croient c’est qu’ils ont raison de le croire »
28.04 à 21h43
alternaute
@ cher Fred…
…pas encore en retraite l’prof de non-gauche et de non-droite qui doit encore apprendre aux djeuns à voir, observer et comprendre par l’intelligence de la main…
Mais la nouvelle guerre de  » Trente ans  » m’emportera…
28.04 à 21h41
Hypocrisie
@sapeurcamenbert
Sauf que la dette à plus déraper durant le gouvernement Balladur que sous les quatre gouvernement de gauche Mauroy, Fabius, Cresson et Berigovoy réunie passant de 35% avant 93 à 58% en 95 et sachant qu’elle était à 15% avant l’arrivé de Mitterand.

Je ne parle pas du dérapage de la période Raffarin ce serait indécent comme dirait le guignol de Sarko.
28.04 à 21h40

La_Vigie
Vivement décembre!
Touché, coulé, le naufrage est inéluctable.
Le Nicolas dont le talent a été de jouer la comédie depuis son enfance, est désormais nu.
Ce n’était pas une vocation la politique, il s’est fourvoyé lui même, auréolé d’une couronne factice, poussé par ceux qui dans son sillage se sont servi de sa naïveté.
Ce Nicolas n’a pas su acquérir la sagesse que notre belle culture apporte à ceux qui épousent la France et ses lumières. Il a cru épouser la France, il n’a fait que flirter sans l’embrasser et l’étreindre à corps perdu.
Mauvais amant donc pour les Français aujourd’hui, boudé, il doit faire chambre à part, le divorce, un de plus, sera inéluctable.
Marianne, notre République est bonne fille, mais demande a être respectée. Il y a des tabous que l’on ne viole pas impunément, elle n’aime pas les hussards qui ont de mauvaises façons.
28.04 à 21h40

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, NICOLAS SARKOZY | 1 Commentaire »

Le téléprésident. «Il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir»

Posté par issopha le 28 mars 2008

«Il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir»


Le téléprésident


Création d’événements permanents, saturation de l’espace médiatique… Pour l’essayiste Philippe Guibert, le candidat Sarkozy s’est comporté en pro de la com et de la télé. Ce sont ces règles qu’il continue à appliquer aujourd’hui


Le Nouvel Observateur.Peut-on réduire Nicolas Sarkozy à une série de performances médiatiques réussies ?


Philippe Guibert. – Ce sont en tout cas ses performances médiatiques qui ont construit sa relation avec les Français. Depuis qu’il est en campagne – et d’une certaine façon, a-t-il jamais cessé de l’être depuis 2002 ? -Nicolas Sarkozy a cassé systématiquement les codes habituels de la communication pour un homme de pouvoir, en rompant avec ceux usés de François Mitterrand et de Jacques Chirac. Avec lui, la transgression est aussi permanente que l’exposition. La rareté est un concept antisarkozyen, la retenue aussi. Comme ministre, comme candidat, comme président, il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir.
C’est une politique de l’offre continuelle.

N. O.
Etre le meilleur à la télé, c’est être automatiquement élu ?


Ph. Guibert. – En grande partie, oui, pour un électorat qui n’est plus dans un vote d’appartenance sociale et de moins en moins de proximité partisane. Encore faut-il préciser ce que signifie «être le meilleur». La performance médiatique est la mise en images et en mots d’une pensée politique. Pas de performance médiatique sans cohérence sur la durée.

N. O.
Cette prise de risque permet sans doute la performance mais, pour autant, l’explique-t-elle ?


Ph. Guibert. – La prise de risque est au coeur de la communication sarkozyenne. Il va jusqu’au bout de la logique de la télé : le direct, l’impression de confrontation avec la vie, ce que Régis Debray appelle «la présence réelle». Il utilise cette ressource dont la télévision a le monopole pour faire la démonstration d’un engagement. «La présence réelle» est la preuve sinon de l’action, du moins de la capacité d’action et du volontarisme. C’était l’enjeu de la présidentielle de 2007, toujours d’actualité aujourd’hui. La prise de risque télévisuelle est un certificat de réalité et d’authenticité de la part du candidat, puis du président. Il ne suffit pas de dire qu’il est un grand acteur pour le disqualifier. D’ailleurs le mot acteur est à double sens. Par son usage de la télévision, Nicolas Sarkozy entend montrer qu’il est un acteur de la vie réelle, qu’il s’inscrit dans la société telle qu’elle est vécue par une majorité de l’opinion. OAS_AD(‘Middle1′);


N. O.Durant la campagne présidentielle de 2007 qui constitue la base de votre enquête, Nicolas Sarkozy était confronté à des concurrents qui avaient été aussi sélectionnés en raison de leur maîtrise de l’outil télévisuel. On pense notamment à Ségolène Royal...


Ph. Guibert. – C’est pourquoi la cohérence est centrale dans la performance médiatique. La force de Nicolas Sarkozy est d’avoir su mettre en scène une pensée politique structurée et d’avoir su la décliner en images et en mots, pour la télévision. Toute sa commumcauon était fondée sur des diagnostics précis de la société française. Lesquels étaient accompagnés par quelques propositions qui en étaient les marqueurs. Quand bien même on n’était pas toujours convaincu par les diagnostics ou par les marqueurs, ils formaient un ensemble cohérent, donc gage d’engagement personnel et de capacité à faire bouger les lignes.

N. O.
Par exemple ?


Ph. Guibert. – Pour le diagnostic ? La France souffre d’une insuffisance de travail, c’est le fameux «travailler plus pour gagner plus», décliné par des marqueurs concrets : les heures supplémentaires, la détaxation des droits de succession, les réductions d’impôts pour l’accession à la propriété. Le marqueur atteste de la capacité d’action immédiate parce qu’il s’inscrit dans les vécus individuels.

N. O.
Pas de performance médiatique sans cohérence globale, dites-vous. Mais les autres candidats étaient-ils sans cohérence ? OAS_AD(‘Middle3′); Le téléprésident. «Il a choisi de nourrir les médias pour ne pas les subir» dans NICOLAS SARKOZY blank


Ph. Guibert. – Ségolène Royal avait des diagnostics innovants mais des marqueurs assez pauvres, issus du projet socialiste. C’est encore plus vrai pour François Bayrou qui par exemple n’a jamais réussi à illustrer médiatiquement, par des images qui aient du sens, son idée de «l’union des meilleurs». C’est pourquoi Nicolas Sarkozy a gagné : il est apparu à la fois comme le candidat du changement tout en étant le plus fiable.

N. O.
Cette différence suffit, selon vous, à expliquer le résultat final de l’élection ?


Ph. Guibert. – Je trouve un peu courtes les explications telles que le complot, la manipulation ou l’absence de discernement de citoyens décervelés par la télévision. Au fond, quand on relit toute la campagne présidentielle, on s’aperçoit que le candidat Sarkozy s’est comporté comme le chef des programmes d’une grande chaîne de télévision généraliste, alors que la candidate Royal n’était trop souvent qu’un personnage du feuilleton. C’est toute la différence. L’un a travaillé sur la scénarisation. L’autre a tenu grâce à des exploits personnels. Il suffit pour s’en rendre compte de comparer l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier à la porte de Versailles, et le grand meeting de présentation de campagne de Ségolène Royal le 11 février à Villepinte.

N. O.
La télévision est pour vous le miroir de ces différences ?


Ph. Guibert. – Je dirais plutôt le vecteur. La télé ne fait pas l’élection mais l’essentiel d’une campagne se joue à la télévision. C’est elle qui donne aux citoyens le matériau de base. Elle n’organise pas le débat mais elle le cadre. C’est à partir de là que le débat, la réflexion, l’échange se déclinent dans les médias radio ou écrits, voire sur internet et dans les discussions familiales ou amicales.

N. O.
C’est nouveau ?


Ph. Guibert. – Oui et non. La nouveauté de 2007 ne vient pas du poids spécifique de la télévision mais de l’arrivée des émissions politiques de prime time sur les grandes chaînes généralistes et notamment TF1. Ces émissions ont à la fois réuni de grosses audiences et rythmé la campagne, ce qui n’était pas le cas dans la présidentielle précédente. Par ailleurs les JT ont fait de cette élection un feuilleton et un événement, ce qui n’était pas le cas en 2002, car il y avait un intérêt et un enjeu particuliers dans l’élection 2007 – donc de l’audience.

N. O.
En insistant sur h cohérence globale du discours dans la performance médiatique, n’êtes-vous pas un peu angélique ? Ne sous-estimez-vous pas h question du contrôle des grandes chaînes généralistes ?


Ph. Guibert. – Quand on regarde de près, comme je l’ai fait, la totalité des journaux télévisés de TF1 et de France 2 entre janvier et mai 2007, on trouve bien quelques sujets discutables, notamment en janvier, mais ponctuellement, en creux, de manière implicite. Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’une certaine bienveillance sur sa compétence, ce qui n’est pas le cas de Ségolène Royal, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout ne s’est pas joué là-dessus néanmoins. En réinventant la communication télévisuelle, le candidat UMP a offert aux chaînes généralistes des produits de campagne qui répondaient à leurs attentes et à l’enjeu de cette élection pour l’opinion.

N. O.
Et cela continue depuis qu’il est président…


Ph. Guibert. – Les règles de base de la communication Sarkozy n’ont pas fondamentalement changé depuis le 6 mai 2007. Création d’événements permanents, saturation de l’espace médiatique télévisé… La nouveauté, c’est qu’il est désormais seul en scène. La passivité du CSA sur la question de l’équilibre des temps d’antenne est sur ce point stupéfiante ! Mais pour comprendre ce qui se passe depuis six mois, il faut surtout insister sur l’obsession sarkozyste de la cohérence globale. Dans sa dernière interview sur TF1 et France 2, début décembre, il était clair que le président entendait montrer que les diagnostics de sa campagne n’avaient pas changé : pour gagner plus, il faudra travailler plus. Donc il sait où il va. Etant entendu, toutefois, que la cohérence globale du discours médiatique de Sarkozy me semble beaucoup plus claire sur la scène politique nationale que sur la scène extérieure.

N. O.
Est-ce durable ?


Ph. Guibert. – La thèse selon laquelle tout cela ne serait qu’artifice et donc voué à une prochaine explosion me paraît un brin optimiste pour la gauche… Nicolas Sarkozy jouit aujourd’hui d’un quasi-monopole de la construction des discours publics. C’est le premier à juger son propre bilan. Il l’avait déjà fait en matière de sécurité lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Le bilan était mitigé mais il avait réussi à imposer une grille de lecture binaire assez efficace. Si on n’était pas avec lui, on était du côté de «la racaille». La réponse dès lors allait de soi ! Pour déconstruire ce genre de choses, il est vain d’attendre que le réel se venge. L’interprétation du réel n’est pas une donnée, elle se construit par le combat politique et médiatique. Tant qu’il n’y aura pas une offre alternative, porteuse d’un autre diagnostic adapté aux vécus de l’opinion et aux formats de la télévision, alors le réel selon Sarkozy aura de beaux jours devant lui.

François Bazin
Le Nouvel Observateur

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Les usages de l’histoire dans le discours public de Nicolas Sarkozy

Posté par issopha le 11 février 2008

 

Les usages de l’histoire dans le discours public de Nicolas Sarkozy

 
par Gérard Noiriel (EHESS)

Dans le discours qu’il a tenu à Poitiers le 26 janvier dernier, le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle s’est présenté comme l’héritier de Jean Jaurès et de Léon Blum. Cette « captation d’héritage » est une bonne illustration des formes que prennent les usages publics de l’histoire dans la France d’aujourd’hui. Le problème n’est pas tant que les politiques puissent « récupérer » les héros du passé pour tenter de grandir leur stature de présidentiable. Ce phénomène n’est pas nouveau. Il est même constitutif de la mémoire politique. Dans ce type de compétition, en effet, les candidats ne peuvent espérer l’emporter que s’ils glanent des voix au-delà de leur propre camp, ce qui les incite à parler au nom de la nation toute entière en cherchant des références historiques consensuelles.
Jaurès plutôt que de Gaulle

Ce qui est inédit (à ma connaissance), c’est le fait que le leader de la droite ait pu se présenter publiquement comme l’héritier des chefs historiques de la gauche. Pour comprendre la fonction de ces références, il faut lire de près le discours de Poitiers. Ce qui frappe, c’est d’abord la faible place accordée à la Révolution française. Alors que jusqu’à une période récente, tout homme politique cherchant à présenter sa candidature comme un moment historique pour la Nation se situait dans le prolongement de cet événement fondateur, celui-ci n’est mentionné ici qu’une seule fois et encore, est-ce par le biais d’une citation de Napoléon Ier évoquant « l’achèvement de la Révolution ». Ensuite, ce qui étonne dans les références/révérences du discours de Poitiers, c’est la marginalisation du général de Gaulle, qui était pourtant la figure centrale des récits mémoriels de la droite dont l’UMP est l’héritière. Certes, le général est présent dans la galerie des glorieux ancêtres dont se réclame le candidat, mais il n’est cité que 3 fois, alors que Jean Jaurès est cité 7 fois !

Je ferai l’hypothèse que ce nouveau système de références historiques illustre les contraintes auxquelles les professionnels de la politique sont confrontés aujourd’hui, dans un monde où la « démocratie de partis » a cédé la place à la « démocratie du public » (pour reprendre les formulations du philosophe Bernard Manin). Soumis à la loi des sondages et des médias, le candidat à la présidentielle ne cherche plus à se situer dans le prolongement d’une tradition politique précise. Il n’a plus besoin de conforter la mémoire et l’identité collectives de son propre camp, en rappelant les luttes héroïques menées autrefois par les « camarades » ou les « compagnons », ce qui était auparavant indispensable pour mobiliser ses troupes en vue du combat politique à venir. Ce qui compte, désormais, c’est de peaufiner une image, en fonction des directives données par les conseillers en communication qui font partie du « staff » de campagne.

Mais ces conseillers, mauvais sociologues, ont commis une erreur dans la phase de « pré-campagne », en incitant leur chef à durcir son discours sécuritaire avec des mots comme « racaille », que l’ensemble des jeunes des classes populaires ont ressenti comme une insulte. Le candidat de la droite doit donc « recentrer » son profil (« j’ai changé ») et faire dans le « social » en se présentant comme l’héritier de la gauche.
Remarques sur la logique symbolique de panthéonisation des hommes politiques

Pour approfondir l’analyse sur l’usage de l’histoire de France dans ce discours, je dirais qu’il illustre la logique symbolique de la « panthéonisation ». Le candidat consacre les grands personnages qui ont pour fonction de le consacrer.

C’est, là aussi, un type d’usage public de l’histoire classique chez les professionnels de la politique. Comme l’a montré Maurice Agulhon dans ses travaux sur la symbolique républicaine, en France la logique mémorielle s’est toujours heurtée à une difficulté particulière, car les politiciens n’ont jamais pu se réclamer de « pères fondateurs » unanimement reconnus, comme George Washington ou Thomas Jefferson aux Etats-Unis.

En conséquence, lorsque la grande figure de référence que mobilisait l’un ou l’autre camp s’efface ou lorsque, pour des raisons de rivalités internes à son propre camp, le candidat ne peut plus se l’approprier aisément, comme c’est le cas ici avec le général de Gaulle, il n’y a plus de personnages historiques disponibles pour incarner le consensus national.

C’est la raison pour laquelle le candidat de l’UMP est contraint aujourd’hui d’intégrer dans son cercle des héros nationaux disparus, des figures venues de droite comme de gauche.

Le récit mémoriel a pour fonction de gommer leur appartenance partisane, pour persuader le public que leur qualité première tenait justement au fait qu’ils avaient su dépasser les limites de leur parti. C’est le principal critère qui permet au candidat de l’UMP de rassembler dans son Panthéon personnel des hommes politiques aussi différents que Napoléon, Jaurès, Clemenceau, de Gaulle, et même Mitterrand. La même logique est à l’oeuvre à propos des intellectuels et des écrivains puisque Charles Péguy, Marc Bloch (relu et corrigé par Pierre Nora) et Jean d’Ormesson sont évoqués comme références consensuelles.

Ce discours mémoriel a donc pour première fonction de convaincre le grand public que le candidat de l’UMP est le digne héritier de ces héros nationaux. Mais il a aussi pour but de fabriquer un consensus occultant les rapports de pouvoir et les luttes sociales. Le discours de Poitiers est une sorte de Disneyland de l’histoire dans lequel il n’y a que des gentils, des hommes bons. La « captation d’héritage » est aussi un détournement destiné à occulter le fait que les leaders du mouvement ouvrier, comme Jaurès et Blum, ont été avant tout des militants, au coeur des combats politiques de leur temps. Le candidat de l’UMP n’hésite pas à faire référence au Front Populaire : « J’ai cité Léon Blum parce que je me sens l’héritier de l’enfant qui en 1936 grâce aux congés payés jette sur la mer son premier regard émerveillé et entend prononcer pour la première fois le mot « vacances ».

Ce qui est suggéré dans cette citation, c’est que le leader de la SFIO et le chef du gouvernement du Front Populaire aurait « donné » deux semaines de congés payés aux ouvriers parce que c’était un homme bon et humain, qui voulait que les travailleurs voient la mer. Le fait historique qui est totalement oublié ici, c’est que les congés pays ont été un acquis du formidable mouvement de grèves de mai-juin 1936. C’est le résultat de la lutte des classes et d’une mobilisation sans précédent des ouvriers contre le patronat. Mais évidemment ce fait historique là, le candidat des milieux d’affaire est obligé de le passer sous silence puisque, dans le même discours, il dénonce explicitement « ceux qui attisent encore la lutte des classes ». Il faut reconnaître que les assistants qui ont écrit le discours du candidat ne manquent pas d’imagination. Dans leur récit, Georges Clemenceau, le ministre de l’Intérieur qui a envoyé la troupe contre les grévistes en 1907-1908, cohabite pacifiquement avec son plus farouche adversaire politique, Jean Jaurès, le directeur de l’Humanité, qui dénonçait le « premier flic de France » et le « briseur de grèves ».
L’anti-repentance et ses contradictions

Je voudrais m’arrêter un peu plus longuement sur un autre usage de l’histoire qu’illustre le discours de Poitiers. Il concerne le thème de l’anti-repentance. Le candidat à la présidentielle écrit en effet : « Je veux dire à tous les Français que nous sommes les héritiers d’une seule et même histoire dont nous avons toutes les raisons d’être fiers. Si on aime la France, on doit assumer son histoire et celle de tous les Français qui ont fait de la France une grande nation ». Ce propos doit être relié à celui qu’il avait tenu peu de temps auparavant (14 janvier 2007) : « Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi, il y a, ne nous trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus ».

Nous voyons là s’esquisser un thème de campagne que le candidat de la droite cherche à utiliser pour discréditer le camp d’en face, en affirmant : « Ce que je sais, c’est que la gauche qui proclame que l’Ancien régime ce n’est pas la France, que les Croisades ce n’est pas la France, que la chrétienté ce n’est pas la France, que la droite ce n’est pas la France. Cette gauche là je l’ai accusée, je l’accuse de nouveau de communautarisme historique ».

Ce passage est particulièrement intéressant à décrypter si l’on veut comprendre comment les politiciens utilisent aujourd’hui l’histoire dans leur propagande et les contradictions auxquelles ils se heurtent (ou risquent de se heurter). Tout d’abord, on constate que l’anti-repentance est l’une des principales grilles de lecture qu’utilise le candidat pour « repenser » l’histoire de France. Par exemple, dans le passage où sont évoquées les persécutions dont ont été victimes Léon Blum et Georges Mandel, il n’y a pas un seul mot pour souligner les responsabilités du régime de Vichy et de la milice. Les seuls coupables explicitement désignés, ce sont les agents de la Gestapo ! Finis les discours sur les mauvais Français et sur la responsabilité de l’Etat français. On a le sentiment d’en revenir à une histoire pré-paxtonienne (et aussi pré-chiraquienne) de Vichy.

C’est aussi la logique de l’anti-repentance qui conduit le candidat non pas à ignorer la colonisation, mais bel et bien à l’assumer. Le discours de Poitiers revient, d’une manière indirecte, à l’affirmation du « bilan positif » de la colonisation (même si le mot n’est jamais employé), en affirmant que nous devons être fiers des croisades et en plaçant le maréchal Lyautey au coeur d’un Panthéon dans lequel ne figurent aucun Français issu de l’immigration ou des peuples colonisés.

Une autre lacune montre clairement où mène le discours anti-repentance. C’est l’absence totale des figures féminines dans la galerie des héros dont se réclame le candidat de l’UMP. Nous avons ici une illustration limpide des analyses de Michèle Riot-Sarcey sur l’absence des femmes dans la mémoire des hommes politiques de ce pays. Au-delà de l’effet anti-repentance, on peut penser que, dans le contexte de la présidentielle 2007, le candidat UMP a jugé stratégiquement préférable de souligner les attributs virils de Marianne.
Un nouveau concept : le « communautarisme historique »

Dans le passage consacré à l’anti-repentance, on constate aussi que le candidat UMP a forgé un nouveau « concept », inconnu jusqu’ici des historiens, celui de « communautarisme historique ». Je doute qu’il laisse sa marque dans l’histoire de la pensée, mais ce n’était pas le but visé par son auteur. Il s’agissait de marquer l’opinion, en utilisant des formules choc. Il faut se souvenir, en effet, que dans un monde dominé par les sondages, ce ne sont pas les arguments rationnels qui comptent, mais les formules permettant de conforter le sens commun en jouant sur des réflexes et des associations d’idées. La mise en équivalence entre gauche et communautarisme se fait ici grâce à toute une série d’amalgames dont la fonction principale est d’imposer l’idée que la gauche représente l’anti-France. Ce type de rhétorique n’est pas vraiment nouveau, lui non plus. A partir du moment où l’un des deux camps du champ politique se présente comme le représentant de la France toute entière, par définition le camp adverse doit être assimilé à l’anti-France.

Dans le langage polémique actuel, les ennemis de la République et de la France, ce sont les « communautaristes ». Ce terme ne désigne plus rien de précis et fonctionne comme une insulte ou un stigmate très efficace pour discréditer des concurrents. Le simple fait de rappeler que la politique est toujours un enjeu de luttes, qu’elle est fondée sur des rapports de force ; le simple fait de rattacher un programme politique à la tradition de pensée dont il est issu, peut donc désormais être vu comme un délit de « communautarisme historique ».

En utilisant ce type d’anathème pour discréditer ses adversaires politiques, le candidat de l’UMP persiste dans la même rhétorique que celle qu’il avait déjà mobilisée lors des violences de novembre 2005. Parler de « communautarisme historique » pour disqualifier ceux qui défendent la posture de la repentance, c’est la même chose que dénoncer la « racaille » dans les conflits sociaux. C’est utiliser des références propres à un domaine, pour les plaquer sur un autre. Dans les deux cas, il s’agit de criminaliser des points de vue concurrents pour mieux les discréditer.

Le candidat fait beaucoup d’efforts pour persuader les citoyens qu’il a changé depuis novembre 2005. Mais sa manière d’argumenter montre le contraire. Au-delà de la personne elle-même, ces constantes s’expliquent par les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur l’action politique. Pour mobiliser son électorat, le candidat de la droite doit utiliser un vocabulaire et des références que j’appelle national-sécuritaires. Dans le discours de Poitiers, on voit parfaitement le lien entre la dénonciation de la repentance et la stigmatisation de l’immigration. Comme j’ai tenté de le montrer dans un livre à paraître 1, depuis les débuts de la IIIe République, le discours de la droite républicaine sur l’immigration reproduit toujours la même argumentation. On la retrouve intégralement dans le discours de Poitiers. Le candidat de l’UMP commence par rappeler son attachement aux « droits de l’homme ». Ensuite, la « chasse aux clandestins » est présentée comme une mesure destinée à défendre les immigrés eux-mêmes contre « les marchands de sommeil et des passeurs sans scrupule qui n’hésitent pas à mettre en danger la vie des pauvres malheureux dont ils exploitent la détresse ». Enfin, nous arrivons au coeur du propos, qui énumère la longue litanie des stéréotypes du moment sur les immigrants, visant à dénoncer ceux « qui ne respectent pas nos valeurs » ; « ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs soeurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite ».

Ce discours national-sécuritaire a pour fonction de mobiliser l’électorat clairement positionné à droite, mais il ne permet pas d’imposer l’image du rassembleur « qui a changé ». C’est la raison pour laquelle, il fallait procéder à une sorte de provocation mémorielle, en se référant à Jaurès et à Blum, pour alimenter la chronique politique sur le thème du « changement ».

Note :

1. Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècle), Paris, Fayard, mars 2007.

Les historiens et les autres. Sur le rôle des historiens

dans les débats publics récents en France. Une lecture.

 

par Gérard Noiriel et Nicolas Offenstadt

La parole des historiens, en France, n’a pas la maîtrise du débat public sur les questions historiques, ni sur le fond, ni dans l’organisation 1. Antoine Prost s’interrogeait déjà, il y a quelques années, sur cette échappée : « Il est curieux, d’abord, en tout cas inédit, que l’on se mette à traiter les controverses historiques dans les salles de rédaction des quotidiens  » 2. La remarque est d’actualité avec la sortie d’un film sur les soldats des colonies dans la Seconde Guerre mondiale qui donne l’impression que le cinéma fait connaître, comprendre et découvrir l’histoire 3. De plus, la presse construit souvent la mise en concurrence du témoin et de l’historien 4.

Les modalités de cette parole historienne dans l’espace public n’en sont pas moins multiples et le singulier contestable 5. La question de l’expertise, en est une, au coeur des enjeux 6. Elle se marque notamment par la participation à des commissions de travail qui sont créées par des instances extra-universitaires (comme l’Eglise catholique dans l’Affaire du milicien Paul Touvier).

Cette compétence se développe, outre pour la Seconde Guerre mondiale, en histoire des femmes ou pour la guerre d’Algérie. A l’évidence, le terrain est ici controversé. Comme l’a remarqué le politiste Romain Bertrand, « il n’existe pas de consensus fort, parmi les historiens de métier, sur la question des modalités de leur rapport au débat public » 7. En témoignent les débats récurrents sur l’histoire du temps présent, son laboratoire phare l’IHTP et les effets sociaux et politiques de cette expertise historienne 8. La démarche même de l’Institut d’histoire du temps présent est justifiée par la demande sociale et la nécessaire réponse aux nouveaux enjeux des années 70 (l’HTP comme une « nécessité historique » en quelque sorte remarque Christian Delacroix 9) : reflux du militantisme, crise de la pensée et l’action progressiste, fin de la croissance etc. Face à ces enjeux de « la demande sociale », l’Institut d’histoire du Temps Présent veille à bien rendre légitime sa démarche en stabilisant un argumentaire de justification en une forme de « retournement des stigmates » : vigilance renforcée face au manque de recul, sources variées compensant l’absence d’archives, etc. Ses praticiens tiennent ainsi un discours d’objectivation : l’IHTP serait un réponse aux changements dans le rapport au temps.

A côté de ce rôle d’accompagnement des mutations sociales (version glorieuse) ou d’intellectuels organiques (version critique) s’ajoute, en certains cas, pour les historiens, celui de pacificateurs si l’on croît Christian Amalvi. Les médiévistes des Annales auraient ainsi permis d’offrir à un large public une vision apaisée des temps médiévaux, présentés de manière bienveillante comme une « préfiguration de notre époque » 10. Dans un autre registre, on peut aussi se demander si les travaux de Guy Pedroncini dans les années 60 autour des mutineries de 1917, favorisés par l’institution militaire, n’avait pas une dimension « pacificatrice », à savoir refroidir un sujet qui ne l’était pas entièrement 11.

Il y a bien sûr aussi à s’interroger sur les effets politiques des discours et récits historiens proprement savants. Quels sont ainsi les effets des travaux sur les représentations et l’imaginaire colonial, un « processus collectif de remémoration dont on voudrait comprendre les enjeux » s’interroge Isabelle Merle et Isabelle Sibeud 12. Leur succès public implique assurément une réflexion sur les effets au-delà du champ savant. En travaillant sur les stéréotypes ou les liens passé/présent, ils pratiquent en fait une histoire assez abstraite de la colonisation, « une auto-critique disculpante » qui exclut les colonisés, réduits à des « modèles pour stéréotypes » et qui empêche toute « appréhension critique » des relations et des interactions sociales. Leur démarche favorise « une patrimonialisation du passé colonial en deux parts nettement distinctes », sans égard pour les métissages.


 

C’est bien un enjeu de cette parole historienne, dans sa dimension experte comme dans ses travaux savants, que sa réception dans l’espace publique. Elle est à la fois un instrument de lutte, – on le reverra -, un outil de légitimation (ainsi lorsque Lionel Jospin, à Lyon, quelques jours après le discours de Craonne sur les soldats de 1917, estime son discours conforme au savoir historien 13) ou la cible de mémoires insatisfaites, tel Charles-Robert Ageron accusé de négationnisme par les harkis à propos de son évaluation au sujet de massacres 14.

Aussi convient-il de souligner la concurrence faite aux récits historiens par cette parole mémorielle. On peut constater comme un basculement à cet égard, alors que dans les années 70, il semblait largement positif, notamment chez les historiens, de faire émerger la parole des témoins, les « cultures populaires » ou les identités régionales anciennes que l’on voyait disparaître ou que l’on estimait étouffées par les pouvoirs, c’est aujourd’hui au contraire une parole qui semble envahir l’espace public et dont le rôle contestataire paraît plus discuté que celui des « contre-histoires » des années 70.


 

Ces enjeux posés, nous voudrions saisir l’articulation des paroles historiennes dans le contexte immédiat des débats sur le « rôle positif » de la colonisation tel qu’évoqué par la loi de 2005. On verra ainsi à l’oeuvre les questions soulevées dans cette introduction. Nous ne prétendons évidemment pas ici faire ici un travail complet et objectif, pour deux raisons 15. D’une part l’affaire est trop récente pour permettre de bien en dégager tous les enjeux, de bien saisir toutes les séries dans laquelle elle s’inscrit. Par ailleurs, nous avons été partie prenante de ces débats, nous avons exprimé et défendu un certain nombre de positions, surtout collectives, mais nous expliciterons ces choix dans la mesure du possible.
Les historiens dans le débat de 2005 16.

C’est pour tenter de clarifier les enjeux évoqués qu’au sein des débats de l’année 2005 a été créée, au printemps le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) 17. Ce collectif est né sous l’impulsion de quelques universitaires et professeurs du secondaire pour réagir contre les multiples pressions qui s’exercent aujourd’hui sur l’enseignement et la recherche en histoire. L’événement principal qui a motivé cette démarche, c’est la loi du 23 février 2005, dont l’article 4 stipule : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. » La pétition lancée contre cette loi, dès le mois de mars 2005, à l’initiative de Claude Liauzu, spécialiste d’histoire coloniale, a d’emblée rencontré un grand écho dans le milieu des enseignants 18. En quelques semaines, plus de mille signatures ont été recueillies. L’initiative a été immédiatement relayée et amplifiée par la Ligue des droits de l’homme et par plusieurs syndicats d’enseignants. Mais les partis de gauche n’ayant pas combattu cette loi au Parlement ont refusé 19, au départ, de soutenir la démarche des historiens.

L’intervention de ces derniers dans l’espace public a même été ressentie, par certains dirigeants politiques, comme une menace qu’ils ont tenté de contrer en discréditant les promoteurs de cette pétition. Le ministre délégué des anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, n’a pas hésité à affirmer que la contestation de la loi du 23 février 2005 était née d’ »une interprétation complètement absurde » du texte, imputable à un « pseudo-historien » 20. Plus généralement la défense de la loi est alors appuyée par un ensemble de discours contre l’enseignement de l’histoire et les historiens accusés par les députés UMP impliqués dans ce combat (Michel Diefenbacher, Christian Vanneste, Lionnel Luca) : soit ne pas faire leur métier, soit de donner du sujet – l’histoire coloniale – des présentations déséquilibrées, soit d’être franchement partisans, voire des staliniens 21. Jean-Claude Guibal (UMP) s’en prend aux « professeurs en objectivité » qui, en attaquant la loi, pratiquent « avant tout de la défense de leur fonds de commerce » 22

.

La virulence des réactions montre bien l’importance politique des enjeux de mémoire dans la France d’aujourd’hui. On peut faire l’hypothèse que l’affaiblissement du mouvement ouvrier, en marginalisant les analyses en termes de classes sociales, a facilité la politisation des questions identitaires. Les « pieds noirs » – électorat ressenti comme un enjeu par l’UMP et notamment les députés des régions à fortes communautés de rapatriés – la « communauté juive », la « communauté antillaise », les « jeunes issus de l’immigration post-coloniale », etc. sont constamment mis en scène dans le débat public, comme des acteurs collectifs que les discours mémoriels ont pour fonction de réhabiliter. Cette tendance est renforcée par la façon dont les journalistes traitent les questions historiques. Pour qu’elles suscitent leur intérêt, il faut qu’ils puissent les transformer en « affaires », en mettant en scène des victimes et des coupables, des « tabous » et des secrets d’Etat. Alimentés par l’actualité politique internationale (terrorisme islamiste, conflits du Moyen Orient, etc.), le traitement journalistique du passé contribue à nourrir les polémiques qui opposent constamment les groupes de pression mémoriels à travers les porte-parole, parfois auto-désignés, de ces groupes.

Dans un tel contexte, les historiens professionnels travaillant sur les questions qui intéressent les entrepreneurs de mémoire sont soumis à des pressions de plus en plus fortes, qui peuvent aller jusqu’à des actions judiciaires. Alors que la mobilisation contre la loi du 23 février continuait, un « Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais », entamait ainsi une action en justice contre Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste de la traite, à la suite des propos qu’il a tenu dans le Journal du Dimanche (12 juin 2005) 23. S’interrogeant sur la loi Taubira 24, il y affirmait notamment « Les traites négrières ne sont pas des génocides. La traite n’avait pas pour but d’exterminer un peuple (…) Il n’y a pas d’échelle de Richter des souffrances ». Propos qui n’a rien d’illégitime même s’il pouvait être discuté. Parmi les historiens, cette attaque d’un universitaire reconnu a largement mobilisé. Si les travaux de l’auteur ou son interview ont pu suscité des discussions, en revanche, il y eut quasi-unanimité pour dénoncer l’offensive judiciaire. Cette mobilisation a d’ailleurs eu son efficacité puisque la plainte a été retirée. Un des leaders du collectif a affirmé qu’il ne voulait se retrouver en opposition « avec toute l’intelligentsia et les décideurs », la première désignant les historiens impliqués dans cette mobilisation 25.

La protestation des historiens contre la loi du 23 février 2005 n’est devenue un problème politique que progressivement. Ceci pour deux séries de raison. La première est d’ordre diplomatique. Les Etats issus de l’ancien empire colonial français, notamment l’Algérie 26, ont réagi très vigoureusement contre cette mesure. Partout dans le monde elle a été sévèrement jugée et interprétée comme une volonté de réhabiliter la colonisation. Mais c’est surtout la mobilisation massive des élus et de la population des DOM-TOM qui a mis le gouvernement en difficulté. Les partis de gauche ont découvert à ce moment-là le caractère néfaste de cette loi et se sont mobilisés pour sa suppression. La majorité de droite a préféré néanmoins confirmer son vote au Parlement plutôt que de se désavouer. Pour sortir de l’impasse, le Président de la République a confié au président de l’Assemblée nationale une mission ayant pour but d’évaluer « l’action du parlement dans les domaines de la mémoire et de l’histoire ». Dans son intervention du 9 décembre 2005, il a déclaré : « Dans la République, il n’y a pas d’histoire officielle. Ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire. L’écriture de l’histoire, c’est l’affaire des historiens ».

Ce discours a eu des effets immédiats à l’intérieur du monde des historiens. Peu de temps après, une nouvelle pétition, initiée autour Sciences-Po, a été rendu publique par une déclaration du 12 décembre 2005 et signé d’abord par dix neuf personnalités, demandant l’abrogation de toutes les lois mémorielles (Loi dite Gayssot contre le négationnisme, loi dite Taubira sur la traite et l’Esclavage…), au nom de la « liberté de l’histoire ». Ces lois auraient en effet « restreint la liberté de l’historien » 27. Plusieurs autres pétitions et textes ont circulé dans les semaines suivantes, émanant de collectifs d’enseignants du secondaire, de juristes, parfois opposés à l’amalgame opéré par la prise de position des « 19 ». Dans le même temps, un grand nombre de débats ont été organisés en « interne » par des historiens affiliés à des associations de spécialistes et sur leurs sites de discussion.

Très schématiquement, on peut distinguer trois grandes tendances chez les historiens dans ce débat.

- La première réunit ceux qui ont estimé que la meilleure façon de combattre la loi du 23 février 2005 et de s’opposer aux groupes de pression mémoriels consistait à mobiliser les enseignants et les chercheurs dans le cadre de leurs organisations professionnelles et des associations de spécialistes, comme la Société d’histoire moderne. Ces historiens sont souvent très critiques à l’égard de leurs collègues qui interviennent dans l’espace public sur des questions d’ordre historique. Ce genre d’initiatives est à leurs yeux inutile, voire condamnable, car ils y voient une forme de narcissisme ou de prétention intellectuelle, contraire aux valeurs tacites que défend la communauté des historiens.

- La seconde tendance rassemble les historiens qui ont été à l’initiative de la pétition des « 19 », contre l’ensemble des lois mémorielles. Lorsqu’on examine la liste des signataires de ce texte, on voit d’emblée qu’elle repose sur une définition de l’ « historien » qui n’a pas grand-chose à voir avec le monde des « professionnels ». Parmi les 19, on ne trouve aucun enseignant du secondaire et très peu d’enseignants-chercheurs encore en activité. La plupart des universitaires qui ont lancé ce texte sont des professeurs émérites, plusieurs d’entre eux sont membres de l’Académie française ou occupent des fonctions éminentes dans des institutions culturelles. Les autres signataires sont des journalistes ou essayistes. Les « 19 » sont donc très représentatifs de l’élite culturelle française, située au coeur des réseaux de pouvoir qui lient le journalisme, l’édition, l’université et les sommets de l’Etat. On comprend que pour ces personnalités, le véritable historien, ce n’est pas l’enseignant-chercheur de base, mais l’écrivain qui s’intéresse au passé. C’est la raison pour laquelle cette pétition met l’accent sur la liberté de l’histoire. L’historien-écrivain est un « intellectuel » qui cherche à mobiliser l’opinion publique contre l’Etat, en dénonçant toutes les lois qui traitent du passé comme des atteintes à la démocratie, une mise en cause intolérable de la liberté de penser. Logiquement, la pétition des 19 met donc sur le même plan les lois qui condamnent le racisme, l’esclavage, les génocides, et une loi qui fait l’apologie de la colonisation.

Comme on pouvait s’y attendre, bien que la réaction des 19 ait été tardive (puisque la mobilisation des enseignants-chercheurs avait commencé dès le printemps 2005), elle a été aussitôt massivement relayée par les journaux, les radios et les télévisions. Les journalistes qui écrivent des livres d’histoire, et les universitaires qui tiennent des rubriques régulières dans la presse, se sont aussitôt reconnus dans cette démarche.

Ces réactions sont très instructives sur la façon dont fonctionnent les relations de pouvoir dans le monde intellectuel français. Une action militante, soutenue au départ uniquement par des enseignants et des chercheurs de « base », inquiets de l’intrusion du pouvoir politique dans leurs activités professionnelles, est devenue un sujet digne d’intérêt pour les élites (parmi les 19, deux seulement ont signé la pétition contre la loi du 23 février 2005), uniquement lorsque le président de la République est entré en scène. La politisation de l’affaire a en effet créé un enjeu nouveau : qui sont les interlocuteurs légitimes du chef de l’Etat ? Autrement dit : qui a le droit, dans ce pays, de parler au nom des historiens ? La mobilisation des réseaux de pouvoir et universitaires a permis de reléguer au second plan les différentes actions menées depuis le printemps 2005 pour faire croire au grand public que les 19 représentaient l’ensemble des historiens 28. Cette propension de l’élite à parler au nom de l’histoire n’est certes pas nouvelle. Mais jusqu’ici, cette position de porte-parole auto-proclamé n’avait jamais été vraiment contestée collectivement par d’autres historiens.

- C’est ce qu’ont commencé à faire les historiens regroupés au sein du CVUH. Ils représentent une troisième tendance dans la discipline qui a beaucoup de points communs avec la première évoquée. Néanmoins, les membres du CVUH refusent de s’enfermer dans leur « tour d’ivoire » car ils estiment que l’histoire n’est pas l’apanage des seuls universitaires. Dans une démocratie, ce sont toujours les citoyens qui ont le dernier mot. Les enseignants et les chercheurs doivent donc « rendre des comptes » en intervenant dans l’espace public pour défendre les acquis de la recherche, la fonction critique et les idéaux de la science. L’expression « comité de vigilance » est un clin d’oeil au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA), créé en 1934. Nous ne pensons pas pour autant, bien évidemment, que nous serions dans un contexte comparable à celui des années 1930 ni que l’histoire de ce comité soit exemplaire. Nous ne prétendons pas qu’il existerait aujourd’hui en France des menaces sérieuses sur la démocratie. Le point commun entre notre comité de vigilance et son prédécesseur réside dans la volonté de ne pas faire de l’activité professionnelle repliée sur elle-même l’horizon unique de notre travail, au mépris des enjeux sociaux qui nous impliquent directement, à la fois comme historiens et comme citoyens. Appeler à la « vigilance » face aux usages publics de l’histoire ce n’est donc pas se placer en position d’expert pour arbitrer, au nom de LA vérité historique, les querelles sur le passé qui ont lieu sur la place publique. Au contraire, notre démarche incite les historiens à davantage de modestie. La posture critique que nous défendons est tournée d’abord contre les gens de notre propre milieu, ceux qui détiennent le privilège de parler en public. Fort de notre propre expérience d’enseignants-chercheurs, nous estimons que les connaissances spécialisées que nous produisons sont souvent inutilisables, en tant que telles, par les acteurs de la scène publique, parce que les problèmes scientifiques ne sont pas des problèmes politiques (au sens habituel du terme). Ce qui ne dispense pas d’élaborer des modalités d’échange qui soit capables de construire des liens entre ces connaissances et les interrogations plus larges.

Si tous les historiens respectaient les principes de l’histoire-problème tels que Marc Bloch et Lucien Febvre l’ont définie, ils ne risqueraient guère d’être incriminés par les lois mémorielles. C’est pourquoi, il nous paraît abusif d’ameuter l’opinion en affirmant que « la liberté de l’histoire » serait menacée par ces lois. A nos yeux, seule la loi du 23 février 2005 est antidémocratique, car c’est la seule qui a voulu contraindre les enseignants et les chercheurs à prononcer des jugements de valeur sur l’histoire (cf. les aspects « positifs » de la colonisation). Nous avons d’ailleurs obtenu gain de cause sur ce point, puisque le chef de l’Etat a finalement lui-même demandé le déclassement de cet article 4 – c’est à dire la sortie du domaine de la loi pour son caractère réglementaire -, parce qu’il était en contradiction avec les articles constitutionnels qui définissent le domaine de la loi.

A la différence des « 19 », le fait que le Parlement légifère sur le passé, ne nous semble pas contraire à la démocratie, car toute action politique relative au passé concerne la mémoire collective, et engage donc l’ensemble des citoyens. En tant que citoyens ordinaires, nous pouvons parfaitement défendre ou combattre telle ou telle de ces lois, mais nous ne pouvons pas essayer d’imposer notre point de vue aux autres citoyens en arguant de nos compétences d’historiens. Ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire, mais ce n’est pas aux historiens de faire la loi.


 

Il nous semble au final que face à de telles demandes d’histoire/mémoire et de tels enjeux, la politique de la tour d’ivoire serait une singulière conception du métier et surtout de la place du savant dans la cité. Il y a sans doute, plutôt, à réinventer des rapports entre « savants » et « profanes », peut-être autour de la notion de « forum hybride », telle que définie par Barthe, Callon et Lascoumes, certes pour des thèmes plus « techniques » (maladies, affaires nucléaires…) : ces lieux, opposés à une « recherche confinée », qui rassemblent des compétences variées, « experts » et « profanes », pour discuter des enjeux, notamment controversés, à la double dimension technique (comme le métier historien le requiert ici) et sociale 29. Si toutes les recherches – ou tous les moments de la recherche – ne se prêtent pas à la mise en débat public, plusieurs thématiques historiennes trouveraient assurément un gain à la confrontation large.

Notes :

1. François Hartog, Jacques Revel, « Note de conjoncture historiographique », in Les usages politiques du passé, Enquête, Paris, éd. de l’EHESS, 2001, p. 17, 21-22. Cf aussi les remarques de Daniel Levy et Natan Sznaider, Erinnerung im globalen Zeitalter : Der Holocaust, Francfort, Suhrkamp, 2001, p. 30 notamment. Plus généralement, Maryline Crivello, Patrick Garcia, Nicolas Offenstadt éds., La concurrence des passés. Usages politiques du passé dans la France contemporaine, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2005, 298 p.

2. Antoine Prost, « Les historiens et les Aubrac : une question de trop », Le Monde, 12 juillet 1997, p. 13.

3. Comme s’en émeut un professeur d’histoire, lecteur de Libération, 28 septembre 2006, p. 5.

4. Sur les places respectives de l’histoire et de la mémoire, Gérard Noiriel, Etat, nation et immigration, Paris, Belin, 2001, p. 15 et suiv., Id., Penser avec, penser contre. Itinéraire d’un historien, Paris, Belin, 2003, p. 76 et suiv.

5. Nous reprenons ici les propos de l’introduction de Nicolas Offenstadt et Maryline Crivello in La Concurrence des passés, op. cit., p. 191-202.

6. Pour le temps long de l’expertise historienne, cf. Olivier Dumoulin, Le rôle social de l’historien. De la Chaire au prétoire, Paris, Albin Michel, 2003. Pour le cas allemand et les historiens qui ont entouré Helmut Kohl dans la construction des discours sur l’identité nationale allemande, cf. Mary Fulbrook, « Dividing the Past, Defining the Present : Historians and National Identity in the Two Germanies », Stefan Berger et al. Éds., Writing National Histories : Western Europe since 1800, Londres/NY, Routledge 1999, p. 221.

7. Mémoires d’empire. La controverse autour du « fait colonial », Bellecombe-en-Bauges, Editions du Croquant, 2006, p. 192.

8. Gérard Noiriel, Les origines républicaines de Vichy, Paris, Hachette, 1999, p. 9-43. O. Dumoulin, op. cit.

9. Christian Delacroix, « L’histoire du temps présent au risque de la demande sociale », in M. Crivello et alii, op. cit., p. 271-282 sur lequel nous nous appuyons pour le paragraphe qui suit.

10. C. Amalvi, « Usages politiques du Moyen Age en France de 1970 à nos jours » in M. Crivello et alii éd., op. cit., p. 203-211.

11. Cf. N. Offenstadt, « Les mutineries de 1917. Objet historiographique et enjeu mémoriel », postface à Denis Rolland, La Grève des tranchées. Les mutineries de 1917, Paris, Imago, 2005, pp. 415-428.

12. I. Merle et E. Sibeud, « Histoire en marge ou histoire en marche ? La colonisation entre repentance et patrimonialisation », in M. Crivello et alii éd., op. cit., p. 245-255.

13. « Les mutins de 1917 dans l’espace public ou les temporalités d’une controverse (1998- ?) » in M. Crivello et alii, op. cit., p. 233-243.

14. G. Pervillé, « Les historiens de la guerre d’Algérie et ses enjeux politiques en France », in M. Crivello, op. cit., p. 261.

15. Voir cependant une mise en perspective efficace, notamment pour la genèse de la loi, dans R. Bertrand, op. cit.

16. Cette analyse reprend la trame revue et actualisée d’un article de la revue (Nouvelles) FondationS, n°2, 2006.

17. Sa première réunion s’est tenue à l’EHESS le 18 mai 2005. Le comité ne s’est formalisé que progressivement à l’initiative de Gérard Noiriel, historien, directeur d’études à l’EHESS, de l’historienne Michèle Riot-Sarcey, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris VIII et Nicolas Offenstadt, Maître de Conférences à l’Université de Paris I. Son action a été rendue publique en novembre-décembre 2005, à travers un communiqué et différentes interventions dans la presse, que l’on peut retrouver sur ce site, rubrique « Les Echos du CVUH ». La première réunion publique, en conformité avec son souhait d’être un large forum, s’est déroulée à la Sorbonne le 4 mars 2006. Elle a consisté en un dialogue entre les historiens et le public autour de thèmes controversés ou du moins discutés dans l’espace public.

18. Elle est publiée dans Le Monde du 25 mars 2005 sous le titre, « Colonisation : non à l’enseignement de l’histoire officielle ». Voir Claude Liauzu, Gilles Manceron éds., La colonisation, la loi et l’histoire, Paris, Syllepses, 2006, 184 p.

19. Voir R. Bertrand, op. cit., p. 43.

20. Entretien publié par le journal d’Alger, Le Citoyen, 15 septembre 2005. Voir la réponse de chercheurs dans L’Humanité du 22 septembre 2005 : « Le retour des « professeurs de trahison » ? ». Voir aussi la réponse de T. Le Bars et C. Liauzu, occasionnée par les propos partisans du ministre, dans Le Monde du 12 mai 2005.

21. Cf R. Bertrand, op. cit., p. 181.

22. Ibid., p. 183.

23. Le collectif convoque une conférence de presse le 16 juin 2005 pour présenter les actions à mener contre l’historien.

24. Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.

25. Texte cité in R. Bertrand, op. cit., p. 205.

26. Voir notamment Le Monde du 11 juin et du 1er décembre 2005. Et R. Bertrand, op. cit., p. 85, 94.

27. Voir Le Monde du 14 décembre 2005 qui décide de mettre en première page cette intervention.

28. Les principaux textes de ces mobilisations antérieures à l’intervention des « 19 » sont publiés dans C. Liauzu, G. Manceron éds., op. cit., p. 59 et suiv.

29. Michel Callon, Pierre Lascoumes, Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil, 2001, p. 36, 50 notamment.

 

 

Les historiens sont libres… quand même !

 

par Pierre Serna pour le CVUH

Depuis une trentaine d’années une recette fait merveille dans le monde des historiens en quête de reconnaissance médiatique, et de recherche de posture immédiatement compréhensible d’un public le plus large possible : il s’agit de se poser en acteur ou actrice courageux de la dénonciation d’un Etat Léviathan et liberticide. Ainsi lorsque le « pouvoir » n’impose pas ses catéchismes historiographiques, dont le mythe positif de la révolution française aurait été le plus évident, lorsqu’il n’invente pas des légendes historiques pour consolider ses positions institutionnelles (que n’a-t-on dit sur le carcan intellectuel de la troisième république… absolue), il rédige des lois pour dire quelle est la vérité officielle qui doit être enseignée dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités. Heureusement, quelques historiens veillent, et sont prêts à se sacrifier pour sauver la profession et la dimension critique qui fait l’honneur du métier. Il s’agit de faire face à ces empiètements insupportables et répétés faits à la liberté bafouée du droit d’expression des historiens. Les Cassandre de la confrérie historienne ont tôt fait de se poser en victimes de ce trop d’Etat. Eux ont la courage de prendre la posture de la révision intellectuelle, de la résistance libérale, celle qui va secouer le cocotier des conformismes corporatistes d’un côté, et dire ses vérités à une histoire officielle de l’autre, qui s’arroge le droit de légiférer sur le passé.

Ainsi récemment, à l’occasion du vote de la loi sur le génocide arménien, une fois de plus l’amalgame a été sciemment utilisé pour mettre dans le même sac les lois qui, depuis la loi Gayssot, ont eu pour objet de mettre l’histoire au c?ur des préoccupations du pouvoir législatif et les enjeux mémoriels du côté de la loi.

La tactique envisagée part d’un constat sans cesse répété : le législateur n’a pas à s’occuper de vérités historiques, toutes relatives par ailleurs, relevant du seul débat scientifique, au risque d’empiéter sur la liberté des spécialistes du passé. Il y aurait là un grave danger de se voir priver d’un des fondements de la méthode historique, soit la critique constitutive et sans a priori du passé. Pire, la rédaction de lois sur le passé conduirait à l’impasse politiquement correcte de l’autocensure, voire, à l’abandon du travail sur les sujets d’histoire au nom de tabous que le politique interdirait injustement de transgresser.

Dans les deux cas, la science historique serait appauvrie par l’initiative de la sphère du politique, démagogiquement communautariste, plus soucieux de sanctuariser le passé douloureux de minorités à des fins électoralistes que de laisser le libre choix des historiens et leur conscience critique s’exercer sur tous les objets d’histoire a priori tous égaux, et pouvant tous révéler des vérités qui devraient être soutenus en toute liberté.

En clair la loi serait un moyen de fermer la bouche, au nom des intérêts supérieurs d’une histoire officielle, à des historiens susceptibles de découvrir des choses dérangeantes dans le passé. Si ce n’était que cela qui ne serait d’accord avec ce point de vue ? Point n’est trop besoin de développer les dangers d’une histoire officielle en faisant référence à des époques sombres des dictatures du XXe siècle, en mettant en avant la nécessaire liberté de faire et d’être, de n’importe lequel des historiens face à un objet quelconque immergé du passé… ce point de partage est à ce point évident qu’on peut se demander encore comment on a pu l’ériger en position originale et à ce point subtile de courage et de discernement parmi les historiens, à moins que cette évidence ne cache à son tour des non-dits sur lesquels il n’est peut être pas inutile de réfléchir.


 

Faut-il rappeler que la plupart des historiens qui ont commencé à se positionner en réviseurs de toutes les lois ne l’on fait que longtemps après que Gérard Noiriel et d’autres historiens aient alertés l’opinion sur les dangers du quatrième article de la loi du 23 février 2005, concernant les aspects positifs de la colonisation.

Depuis, le battage médiatique autour des « 19 » n’a pas manqué d’?uvrer et la défense d’un historien, maladroitement et injustement attaqué est devenue le prétexte pour demander purement et simplement l’abrogation de la loi Taubira, manifestement la plus honnie sur l’échelle de Richter émotive de l’historien, offusqué que l’on puisse légiférer sur son domaine de compétence. Désormais c’est en toute tranquillité la loi Gayssot sur le délit de négationnisme, jusqu’à présent la moins critiquée qui se voit, à son tour, résolument remise en cause.

Qui oserait soutenir en tout sérieux, en toute rigueur qu’un quelconque historien ait été empêché de travailler sur le génocide ? Veut-on compter le nombre de livres qui sont parus depuis cette loi, sur la question du génocide juif, par rapport à ceux qui sont parus avant ? La loi Gayssot a?t-elle empêché les discussions scientifiques, voire les polémiques entre érudits concernant la Shoah ? Pour qui veut-on prendre les historiens ?

Fait-on semblant de croire que la loi Taubira veut donner un sens à l’histoire ? L’a t-on lue vraiment ? N’est?il pas vrai qu’elle doit stimuler les études et en appelle aux historiens pour qu’ils investissent enfin ce champ de connaissances trop souvent abandonnée et manipulée, qu’est l’histoire de l’esclavage ? Une preuve ? nous en donnerons deux !

L’année dernière au Louvre, la magnifique exposition Girodet présentant le portrait superbe de ce général noir Belley, trahi de la façon la plus cynique qui soit par Bonaparte, mort en captivité durant le Consulat pour avoir choisi la République française et son message universel plutôt que la logique raciale assumée par Toussaint Louverture et la république noire de Saint-Domingue. Le commentaire du cartel qui taisait le rappel historique esquissé ci-dessus…, insistait au contraire sur la mesure éminemment pragmatique (sic !) qui avait prévalu au rétablissement de l’esclavage…. En 1802 !

Deuxième exemple : au sein de l’exposition d’Un regard l’autre, actuellement au Musée des Arts Premiers du Quai Branly : un cartel évoquant l’abolition de l’esclavage par la Convention en pluviôse an II, affirme qu’elle fut toute « théorique » ! Pourquoi ?… parce que la réalisation de la loi reçut sur place une difficulté immense au moment de son application du fait de la guerre civile ? en quoi cela rend-il l’abolition théorique ? … et d’une pierre deux coups, en manipulant l’histoire de l’esclavage c’est une fois encore la Convention réduite à la Terreur qui se profile…

Passons… sur ces manipulations de la réalité historique ; manifestement les rédacteurs de ces cartels n’ont pas semblé subir les foudres d’une loi inique et personne au CVUH ne songe faire autre chose que de constater la légèreté pour ne pas dire les contrevérités exposées !

Là n’est peut-être pas le problème que l’on doit se poser.

Il faudrait plutôt admettre que les lois ne sont pas faites pour quelques universitaires, bref pour des intellectuels pour lesquels la plume et la parole sont des moyens aisés et légitimes d’autodéfense. La loi n’est pas non plus faite seulement pour punir, n’en déplaise aux historiens des centres des villes qui ne désirent pas de loi pour leur champ d’activité. Que penser, soit-dit en passant de cette attitude et de celle de certains jeunes de la périphérie des villes qui refusent aussi toute loi au nom de leur liberté totale ? Les deux attitudes sont-elles à ce point différentes ? Et ce que l’on masque sous l’élégance de la plume (le refus de la norme qui constituerait un objet de reconnaissance nationale dans le but de partager en commun l’histoire de toutes les minorités qui constituent la France,) ne cacherait-il pas le même refus d’accepter des règles communes pour le bon fonctionnement de valeurs partagées par le plus grand nombre au nom d’un élitisme intellectuel, qui pour ne pas se dévoiler, s’affirme dans les faits ? Les sauvageons ne sont peut-être pas ceux que l’on croit.

Car la loi ne fait pas qu’opprimer, excepté si l’on partage une vision manichéenne et victimaire de certains historiens, la loi, du moins certains au CVUH le pensent, protègent les plus faibles avant tout dans une démocratie. Elle est votée et rédigée entre autres raisons, dans la vue d’établir de la part de la communauté entière, une reconnaissance officielle concernant une partie d’entre elle qui pourrait être menacée.

En ce sens la France est le seul pays qui utilise la loi pour donner un sens à l’agrégation des communautés qui composent le corps civique.

La loi ne dit pas l’histoire. Elle sert à rendre public, dans un contexte précis, dans un contexte délicat de construction permanente de la nation, ce que la communauté citoyenne peut entendre de son passé. Elle peut servir à exprimer la possibilité pour tout un chacun de pouvoir se saisir de son droit lorsque, pour des raisons le plus souvent racistes, la réalité historique établie par des historiens est niée, dans le but de discréditer ou d’humilier une partie des citoyens français.

Certes, la loi est votée selon des conjonctures électoralistes précises, et dans des contextes de tentative de récupération du vote de telle ou telle minorité dont nul ne saurait être longtemps dupe. On ne peut dire que l’assemblée nationale ait été de la plus grande habilité au moment de voter précisément en ce moment la loi sur le génocide arménien, bien que le débat fût soulevé depuis de nombreuses années. Il serait souhaitable que le législateur ne multiplie pas les lois afin de ne pas banaliser la fonction du texte légal, ni la ressource judiciaire dans son exemplarité (toutefois si une loi se prépare pour reconnaître enfin le sort que la république coloniale a réservé aux harkis, je la soutiendrai).

Au delà de cette focalisation habilement et médiatiquement entretenue sur les lois, sûrement une carence se fait jour, et là peut-être se trouve le rôle positif du CVUH.

Si la loi existe, ou si certains en ressentent le besoin, n’est-ce pas parce que les historiens n’ont pas toujours répondu correctement aux attentes d’un public scolaire devenu adulte, légitimement en droit de demander aux historiens de n’occulter aucune période, et de savoir traiter en toute liberté justement, et hors des sentiers battus, les thèmes délicats de la Shoah, de l’esclavage, de son abolition, et des génocides du XXeme siècle, parmi d’autres ? N’est-ce pas là, loin des caméras ou des éditoriaux des grands hebdomadaires, que se situe le problème, dans le lien entre la recherche universitaire et sa diffusion au plus grand nombre des enseignants et donc à tous les publics scolarisés ? N’est-ce pas remettre au centre des interrogations des historiens la question du creuset français, de son originalité et de ses difficultés, et oser proposer de le placer enfin au c?ur des programmes d’histoire ? La liberté du débat, la connaissance des faits, la rigueur d’une histoire enfin débarrassée de ses aspects mémoriels permettraient plus sûrement de construire un monde de personnes qui, arrivées à l’âge adulte auraient l’impression d’avoir à partager avec d’autres, un passé certes conflictuel, mais capable de fonder la reconnaissance de tous, dans la construction d’un pays n’ayant pas abandonné complètement l’idéal de former une citoyenneté commune et assumée.

En clair, le CVUH n’a pas de positions univoques sur toutes les lois, et ne résume pas le rapport au passé à la polémique sur le fait législatif. Restituer les enjeux du passé en les distinguant clairement de ceux du présent, faire entendre les conflictualités protagonistes, élaborer un débat où de multiples mémoires sont capables de discourir, pourraient devenir quelques uns des enjeux intellectuels et scientifiques porteurs, positifs, et constructifs développés au sein du CVUH.

Il ne suffit plus de se draper dans sa virginité d’historien bafouée par l’outrecuidance du législateur mais de se demander comment faire en sorte que l’enseignement de l’histoire puisse créer les conditions d’acceptation intellectuelle et culturelle d’un passé commun et douloureux mais connu, dévoilé, objet de réflexion et donc sujet de cohésion et non de division dans la société française. Point n’est besoin de manipuler le passé français en édifiant un mythe de la violence d’une guerre civile permanente, d’autant plus sécurisant qu’il permet en retour la construction néfaste de la république sécuritaire…

Les historiens confrontés aux enjeux de mémoire.

A propos du Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire

par Dimitri Nicolaïdis 1

(Université Paris 8)

Article paru dans le numéro de mai-août 2006 de la revue Mouvements

 

Face à l’offensive de la droite idéologique qui, à travers la loi du 23 février 2005, a tenté une opération de réhabilitation de l’histoire coloniale de la France, des historiens se sont regroupés pour obtenir l’abrogation de son article 4 qui demandait à l’enseignant comme au chercheur de prendre en compte le « rôle positif de la présence française outre-mer ». Au-delà du combat, plus parallèle que commun, avec d’autres acteurs (LDH, communauté antillaise, Indigènes de la République… pouvoir algérien), ces universitaires ont voulu rappeler la nécessaire indépendance de l’historien vis-à-vis de l’Etat comme de certains « gardiens de la mémoire » qui, chacun à leur façon, utilisent l’histoire à des fins politiques. Position qui n’est pas nécessairement synonyme de retrait de l’espace public comme l’illustre le Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire, créé il y a tout juste un an.


 

La communauté des historiens s’est vue contrainte de monter en première ligne après la promulgation de la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » et dont le fameux article 4 2, objet de l’essentiel des controverses, a été finalement annulé en janvier dernier à l’initiative de Jacques Chirac. Passé presque inaperçu aux yeux de la gauche parlementaire, l’article 4 a très rapidement provoqué la mobilisation de quelques historiens, au premier chef Claude Liauzu et Gérard Noiriel, qui lancèrent une pétition publiée dans Le Monde le 25 mars 2005. D’autres initiatives suivront, et les historiens à l’origine de la pétition créèrent en juin 2005 un Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire (CVUH) dont le manifeste stipule qu’il existe « un rapport étroit entre la recherche historique et la mémoire collective », mais que « ces deux façons d’appréhender le passé ne peuvent pas être confondues ». 3

Ainsi, le CVUH, né d’une conjoncture politique, à la pointe du combat pour l’abrogation de l’article 4, a pris prétexte de cet énième épisode de la guerre des mémoires pour mettre à plat la question des rapports entre mémoire et histoire. L’initiative visait à atteindre deux objectifs apparemment complémentaires, mais dont la poursuite simultanée n’a pas manqué de provoquer tiraillements et déplacements des positions de la part d’historiens descendus, parfois à leur corps défendant, dans l’arène publique :

- le premier réflexe a consisté à dénoncer l’imposition d’une histoire officielle de la part d’un Etat partisan qui aurait ainsi cherché à réhabiliter le passé colonial et à satisfaire par là même les revendications d’une clientèle politique, celle des rapatriés d’Afrique du Nord ;

- le second objectif, plus large, visait à prémunir le travail de l’historien des querelles mémorielles mettant aux prises des communautés dont les enjeux identitaires au présent conduiraient à instrumentaliser le passé aux dépens d’une recherche sereine de la vérité historique.

Les deux objectifs se rejoignent évidemment pour rappeler la nécessaire indépendance de l’historien chargé de rendre compte de la complexité du réel et non de servir de simple caution à telle ou telle initiative partisane nécessairement simplificatrice. En même temps, le CVUH se garde de vouloir sanctuariser le champ des études historiques et revendique un rôle charnière entre le savant et le profane. La dimension militante, citoyenne, de cette initiative est clairement affichée, et s’est notamment traduite par l’organisation, le 4 mars dernier, d’une « Journée de réflexion et de débats sur les usages publics de l’histoire » qui a connu un franc succès mais a aussi illustré les ambiguïtés et les contradictions inhérentes à un tel positionnement.

La mémoire, entre histoire et politique

C’est donc autour des deux enjeux précités que sont apparues des lignes de fracture entre historiens, exposées au grand jour à la suite de l’ »Appel des 19″ paru le 13 décembre 2005 dans Libération sous le titre « Liberté pour l’histoire ». 4 Initiée par des universitaires de renom, elle semble au premier abord rejoindre le CVUH aussi bien sur le fond ? en affirmant notamment que « l’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas », et en rejetant les anachronismes qui consistent à plaquer sur le passé les grilles du présent ? que par ses motivations ? le refus « des interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et des procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs ». Les poursuites judiciaires pour négationnisme engagées par un « Collectif des Antillais-Guyanais-Réunionnais » à l’encontre d’Olivier Pétré-Grenouilleau, auteur d’un ouvrage sur Les Traites négrières, a en effet provoqué une vive émotion au sein de la communauté historienne.

Or, pour expliquer cette dérive, les 19 historiens mirent en cause l’ensemble des lois mémorielles votées depuis la loi Gayssot (1990) jusqu’à la loi du 23 février 2005, en passant par celle reconnaissant le génocide arménien et la loi Taubira (2001) ? certains avec une grande cohérence, comme Pierre Vidal-Naquet, auteur des Assassins de la mémoire, livre de référence dans le combat contre le négationnisme, et qui a toujours milité contre la loi Gayssot au nom du refus des vérités d’Etat. C’est sur ce point précis que le désaccord s’est exprimé vis-à-vis de l’Appel des 19, aussi bien de la part d’intellectuels ayant accompagné les mouvements visant à obtenir une reconnaissance des crimes et préjudices subis dans le passé (Claude Lanzmann), que de la part d’historiens membres du CVUH. Il vaut la peine de relire le texte publié par ces derniers dans L’Humanité du 21 décembre 2005 :

La pétition signée par 19 personnalités appartenant au monde des historiens et du journalisme ne peut nous satisfaire. Si elle rappelle les règles fondamentales de notre discipline, elle n’en sème pas moins la confusion entre mémoire collective, écriture de l’histoire et enseignement.

La réflexion critique sur le passé n’appartient pas aux seuls historiens, mais concerne la totalité des sujets, conscients de l’état de crise dans laquelle nous sommes plongés et qui souhaitent se situer dans le monde contemporain en toute connaissance.  

La connaissance scientifique de l’histoire et l’évaluation politique du passé sont deux démarches nécessaires dans une société démocratique, mais qui ne peuvent être confondues. Il n’appartient pas aux historiens de régenter la mémoire collective.

En revanche, si la représentation nationale est en droit de se prononcer pour éviter les dérives négationnistes ou rendre compte d’une prise de conscience, certes tardive, des méfaits de l’esclavage ou de la colonisation au nom de la Nation, de l’Empire ou d’une République exclusive, il ne lui appartient pas de se prononcer sur la recherche et l’enseignement de l’histoire. 5

Ainsi, le clivage semble bien toujours tourner autour de la question du rapport entre le savant et le politique, de l’intersection entre les deux sphères : si la construction d’un savoir historique est bien l’affaire des historiens, il ne leur appartient pas exclusivement d’interpréter, de donner un sens à ce passé reconstruit, puisque c’est l’essence même du politique que de s’interroger sur ce qui fait lien au sein de toute collectivité et sur la façon dont les communautés politiques organisent leurs relations, au présent comme au passé. Pourquoi, de ce point de vue, l’Etat lui-même n’aurait-il pas la légitimité, non pas pour imposer une version de l’histoire à travers l’enseignement ? comme du temps séculaire du Petit Lavisse triomphant ?, mais pour formuler un jugement sur certains épisodes de l’histoire, jugement qui suppose évidemment un certain consensus ? La recherche d’une « reconnaissance officielle » est en soi un combat politique légitime, et c’est l’objet de cette reconnaissance qui fait naturellement débat ? d’interprétation. Or, dans la mesure où la mise à jour des faits passés et leur interprétation sont deux opérations inséparables pour l’historien, la tentation est grande chez ce dernier de considérer qu’il s’agit d’un domaine réservé auquel le politique ne doit tout simplement pas toucher.

Tel semble être le sens de l’Appel des 19 lorsque ces derniers martèlent que l’histoire n’est pas la morale, ni l’esclave de l’actualité, ni la mémoire, ni un objet juridique. Certaines de ces personnalités, qui appartiennent pour la plupart à la génération née avant la guerre, peuvent donner le sentiment d’être quelque peu déconnectées des évolutions de la société française et du rapport de ses composantes à un passé toujours brûlant. Mais les générations d’après-guerre ne sont pas exemptes de ces postures isolationnistes, à l’instar d’un Henry Rousso, qui refusa d’apporter son témoignage d’historien au procès Papon et feint, dans un article récent, de ne pas comprendre pourquoi les Noirs de France, en se plongeant dans l’histoire de « faits vieux de plusieurs siècles », cherchent ainsi à donner sens au passé pour le présent. 6 A contrario, si des « historiens dans la cité » de générations différentes, comme Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet ou Esther Benbassa, ont signé l’Appel des 19, ce n’est évidemment pas pour remettre en cause toute idée d’engagement citoyen du savant au service d’une cause politique ou par refus de répondre à une demande sociale légitime ; mais bien, encore une fois, pour justifier une nécessaire étanchéité des sphères de l’histoire et de la mémoire, car s’il « n’existe pas d’histoire sans mémoire, (…) il existe des mémoires sans savoir, incandescentes, à fleur de peau, qui se refusent à la distanciation, à la comparaison, à la contextualisation, seules garantes pourtant de leur pérennité. » 7

« L’histoire aux historiens  » ?

Ce discours qui consiste à opposer la mémoire, qui serait de l’ordre de l’affect et de la partialité, génératrice par conséquent de « conflits mémoriels », à l’histoire qui serait du côté de la rigueur méthodologique et de la neutralité scientifique, est largement un lieu commun pour une très grande majorité d’historiens. La mémoire est tout au mieux un objet de recherche, qu’il convient de circonscrire dans des « lieux » figés, comme le fit en précurseur Pierre Nora (signataire de l’Appel des 19), 8 ou dont on peut reconstituer la généalogie 9 ; elle serait au pire ce qui parasite la réflexion en introduisant des préoccupations qui ne seraient pas celles des historiens, et en instrumentalisant l’histoire à des fins politiques. Nombre d’universitaires invités à s’exprimer dans les journaux ou les médias audiovisuels donnent ainsi bien souvent dans ce type de réflexe corporatiste.

Mais face aux interpellations argumentées de la société civile, à la multiplication des débats touchant au passé esclavagiste et coloniale notamment, la communauté historienne n’a cessé d’osciller entre repli sur soi et expertise. L’accusation de corporatisme a fini par faire mouche, et les 19 personnalités, par exemple, ont publié fin janvier un communiqué qui précisait que « les motivations des signataires ne sont nullement corporatistes », et que « l’Appel demande la liberté pour l’histoire, pas pour les historiens » (René Rémond) puisque « l’histoire ne leur appartient pas, pas plus qu’aux politiques ». Position d’ouverture aussitôt suivi d’un rappel de l’opposition classique entre histoire et mémoire : « les mémoires sont plurielles, fragmentées, le plus souvent passionnelles et partisanes. L’histoire, elle, est critique et laïque : elle est le bien de tous. »

L’effervescence autour de la loi du 23 février a fortement contribué à une prise de conscience de la part des « professionnels de la profession », prêts pour certains à faire oeuvre civique et à jeter un pont entre histoire et mémoire, les savants et les profanes. Et Esther Benbassa de poursuivre l’article pré-cité en affirmant que « l’histoire ne saurait pas pour autant rester imperméable aux exigences du présent, déjà parce qu’elle est le produit des efforts d’hommes et de femmes de leur temps, de citoyens. Et il est vrai aussi qu’elle a été plutôt traditionnellement celle des dominants. Et que les mémoires aujourd’hui appellent l’histoire nationale et ses artisans à s’interroger sur leur façon de l’élaborer, et ce non seulement à partir du centre mais aussi avec ce qu’elle a longtemps considéré comme ses marges ». Ce type de discours n’émane généralement pas du coeur de l’institution, mais d’intellectuels qui, de par leur position, savent que l’écriture de l’histoire n’a rien de neutre, se construit aussi à partir du vécu et de l’héritage des auteurs dont le choix des objets d’étude comme de la méthode répond à certaines préoccupations. C’est souvent de cette façon, avec toute la rigueur « scientifique » requise, que s’ouvrent de nouveaux champs, que sont dévoilés de nouveaux territoires où peuvent prendre place notamment les sans-grades, les marginaux les perdants de l’histoire ? comme Gérard Noiriel l’a lui-même remarquablement illustré à travers sa contribution à l’histoire de l’immigration. Or, si ce processus accompagne généralement les évolutions de la société elle-même, la question est de savoir quel type d’articulation pourrait ou devrait se mettre en place entre le travail des universitaires et les interrogations de la société, entre les historiens experts et certaines catégories sociales ? ou les intermédiaires culturels qui s’en font les porte-voix.

Quel « intellectuel collectif » ?

Lors de la « journée de réflexion et de débats sur les usages publics de l’histoire » organisée par le CVUH le 4 mars dernier, Gérard Noiriel a présenté en introduction le choix qui s’offre aujourd’hui à l’historien confronté aux enjeux de mémoire : soit refuser par principe d’intervenir sur la place publique ; soit entreprendre une démarche « par en haut », telle celle des 19 personnalités ; soit s’engager dans une mobilisation collective autour d’objectifs civiques, intellectuels et scientifiques. C’est évidemment cette dernière option qui constitue la raison d’être du CVUH, organisation qui s’inscrit délibérément dans la continuité d’un autre Comité de Vigilance, celui des intellectuels anti-fascistes des années 30 pour qui la défense de l’autonomie de la pensée constituait en soi un acte politique. Dans le prolongement des idées développées dans son dernier livre, 10 Gérard Noiriel regrette l’absence aujourd’hui d’un « intellectuel collectif » qu’il s’agirait en quelque sorte de faire advenir. Le CVUH correspondrait à cette démarche contre-nature pour l’historien, qui devrait ainsi réfréner ses penchants individualistes et sa quête de reconnaissance pour apprendre modestement à se fondre dans un collectif et reprendre langue avec le public, mais sans pour autant adopter une position de surplomb.

Exercice difficile en effet, lorsqu’il s’agit de passer de la théorie à la pratique. Nicolas Offenstadt, dans son intervention sur « le retour de la Grande Guerre aujourd’hui », a bien appelé de ses voeux la création d’un « forum hybride » ? idée plusieurs fois reprise par la suite ? qui permettrait la rencontre entre « savants » et « profanes » autour de questions partagées. Mais s’agit-il de démultiplier les courroies de transmission du savoir, depuis le sommet jusqu’à la base, d’éclairer les demi-ignorants en quête de réponses érudites ? Ou de tisser de nouveaux types de liens, plus horizontaux, où un véritable dialogue pourrait s’engager au profit des citoyens convaincus de l’utilité de l’histoire pour comprendre le monde dans lequel ils vivent… comme des historiens convaincus que la pratique historique bénéficierait d’une plus grande prise en compte explicite des questionnements contemporains qui peuvent aussi avoir pour objet le passé ?

La question est donc bien celle de la nature de cet « intellectuel collectif », et de ses limites plus ou moins inclusives ; mais aussi de la construction d’objets communs, ce qui suppose de penser la bonne articulation entre histoire et mémoire, et donc de dépasser l’opposition commode et manichéenne décrite plus haut. Comme le soulignait Catherine Coquery-Vidrovitch dans son intervention sur « le passé colonial, entre recherches scientifiques et usages mémoriels », l’histoire est inséparable d’une mémoire non encore reconstruite et ne peut faire abstraction des différents points de vue qui s’expriment sur son compte, mais aussi de l’arrière-plan inconscient, de cette « culture coloniale » qui imprègne jusqu’aux générations postérieures, historiens compris. Mieux vaut alors reconnaître les affects qui conditionnent la manière dont ces derniers construisent leur objet, définissent leur problématique.

Bien évidemment, l’histoire qui est oeuvre de connaissance, ne se confond pas avec la mémoire qui est, pour reprendre la définition proposée par Marie-Claire Lavabre, « présent du passé », ou encore « présence ? toujours incertaine ? non pas du passé tel qu’il s’est passé mais de l’impression qu’en passant ces « choses qui ont passé » [Saint Augustin] ont laissée ». 11 Mais pourquoi, justement, le travail de l’historien ne serait-il pas lui aussi affecté par les héritages multiples qui colorent et connotent la représentation du passé ? Les choix épistémologiques de l’historien sont le résultat d’un processus complexe dont la finalité n’est pas de reconstruire le passé tel qu’il est réellement advenu, mais d’en éclairer le sens. Dans le prolongement des travaux de Paul Ricoeur, Marie-Claire Lavabre présentait avec beaucoup de pertinence, dans l’article pré-cité, l’équation du problème : « le passé doit-il être pensé comme source du présent ? Ou faut-il tenir que c’est le présent qui donne visage au passé, que c’est le « sens » et non le fait qui constitue l’événement en tant que tel 12 ? Les rapports de l’histoire et de la mémoire sont contenus tout entiers dans la manière dont on caractérise ce qu’est le présent au regard du passé tel qu’il s’est passé. »

Les historiens du CVUH ont donc commencé à jeter des passerelles en direction de tous ceux qui considèrent que donner du sens aux événements passés est un objectif politique légitime au présent sans que soit pour autant tolérée l’instrumentalisation du passé. Les débats et polémiques récents sur le passé de la France ont en effet été l’occasion de dérapages aussi bien de la part du pouvoir que de groupes auto-désignés comme dépositaires de mémoires particulières, dérapages qui justifient une certaine « vigilance ». Mais ces focalisations à répétition sur certains épisodes de l’histoire ont aussi été un formidable moment de réflexion collective qui a de toute évidence contribué à déplacer notre regard sur le passé, à nous citoyens, comme à nous historiens préoccupés par l’impact de nos travaux sur la cité. Cette tentative de créer un espace commun à tous ceux que les usages du passé préoccupent, constitue donc un formidable pari dont la réussite dépendra en partie du type de liens que les historiens parviendront à tisser avec le monde extra-universitaire.

Quelques livres et sites sur les rapports entre histoire et mémoire et des dossiers thématiques autour des lois mémorielles :

- Claude Liauzu et Gilles Manceron (dir.), La Colonisation, la loi et l’histoire, Editions Syllepse, 2006.

- Maryline Crivello, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt (dir.), Concurrence des passés. Usages politiques du passé dans la France contemporaine, & Claire Andrieu, Marie-Claire Lavabre et Danielle Tartakowsky (dir.), Politiques du passé. Usages politiques du passé dans la France contemporaine, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2006 (actes du colloque « Les usages politiques du passé dans la France contemporaine, des années 1970 à nos jours », Paris, 25-26 septembre 2003).

- http://cvuh.free.fr/ (le site du CVUH)

- http://www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_histoire/menu.htm (voir notamment « La judiciarisation du passé et les « lois mémorielles » »)

- http://www.ldh-toulon.net/rubrique.php3?id_rubrique=49 (le site de la section de Toulon de la Ligue des Droits de l’Homme)

- http://www.aidh.org/hist-mem/

- http://www.communautarisme.net/A-propos-des-lois-memorielles_a658.html (un site national-républicain… plutôt bien fait)

Notes :

1. Signataire de la première heure de la « pétition des historiens », l’auteur de cet article a lui-même rejoint tardivement le CVUH. Ses propos n’engagent que lui, et illustrent la pluralité des sensibilités qui coexistent au sein de ce comité.

2. L’article 4 de la loi précisait que « les programmes de recherche universitaire accordent à l?histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu?elle mérite » et « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer ».

3. Voir le site du CVUH : http://cvuh.free.fr/

4. Voir http://www.ldh-toulon.net/article.php3?id_article=1086

5. Article signé par Michel Giraud (CNRS), Gérard Noiriel (EHESS), Nicolas Offenstadt (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Michèle Riot-Sarcey (Université Paris 8).

6. Henry Rousso, « Mémoires abusives », in Le Monde, 23 décembre 2005.

7. Esther Benbassa, « La guerre des mémoires », Libération, 5 janvier 2006.

8. Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, Gallimard, 3 tomes : t. 1 La République, 1984, t. 2 La Nation, 1987, t. 3 Les France,1993.

9. Henry Rousso, Le Syndrome de Vichy, 1944-198…, Le Seuil, 1987 ; Benjamin Stora, La Gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, La Découverte, 1992.

10. Voir son Itinéraire dans ce numéro.

11. Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République. L’avenir des intellectuels en France, Fayard, 2005.

12. Marie-Claire Lavabre, « Entre histoire et mémoire : à la recherche d?une méthode », in Jean-Clément Martin (dir.), La Guerre civile entre histoire et mémoire, Ouest Editions, 1995, p. 40.

La montée de la revendication mémorielle relative à l’esclavage colonial

 

(résumé de la contribution de Jean-Luc Bonniol à la journée d’étude : Pour une histoire de la mémoire entre Europe et Méditerranée. Approches et perspectives comparées : Aix, 10 mars 2006).

Quelle place le passé esclavagiste peut-il tenir dans la présence des consciences, ou, en d’autres termes, dans la constitution d’une mémoire historique ? Ce passé concerne, pour le dernier millénaire, tant les nations européennes que les pays arabo-musulmans, qui se sont respectivement adonnés à la traite atlantique et à la traite saharienne à partir du réservoir de main d’oeuvre africain. En Europe et dans ses vieilles colonies (aujourd’hui indépendantes ou parties intégrante de l’Europe, comme les départements français d’outre-mer), la mémoire de ce passé a commencé à se renforcer dans les années 60 et 70, se focalisant presque exclusivement sur la traite atlantique et sur l’esclavage aux Amériques 1. Ce mouvement s’est amplifié dans les années 90, particulièrement en France, avec l’ouverture d’une large décennie de commémorations en série, de 1989 à 2004, s’accompagnant d’un discours, souvent très idéologisé, où la mémoire est revendiquée, ostensive et sélective (le commerce transsaharien des esclaves ne donnant généralement pas lieu à une récrimination spécifique…).

La mémoire des tragédies peut être considérée comme une ressource identitaire de première grandeur… Aujourd’hui se constituent des groupes fondés autour de la mémoire de drames que leurs membres n’ont pas vécu, se comportant comme si leur identité était en jeu à travers le souvenir des malheurs de leurs ancêtres. Dans le mouvement d’ensemble de la reconnaissance croissante des mémoires particulières, la mémoire de l’esclavage est ainsi devenue un formidable enjeu d’identité collective et a acquis par là une forte dimension politique : elle a fait irruption dans le débat public, notamment dans les départements français d’outre mer, retentissant de ce fait jusqu’au coeur de l’Etat, surtout lorsque l’on prend en considération la migration importante qui en est issue et qui, volant de population désormais important en France métropolitaine, a pu se constituer en groupe de pression efficace. L’adoption par le Parlement français de la loi du 10 mai 2001, qui reconnaît la Traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, constitue le point d’orgue de ce mouvement. C’est la première loi de ce type au monde, concernant l’attitude de l’ensemble de l’Occident face à ses propres crimes et constituant une catharsis évidente pour une personne morale, en l’occurrence nationale (la France), seule entité à même d’endosser une responsabilité pour ce qui s’est passé il y a plus d’un siècle et demi…

Le devoir de mémoire qui est aujourd’hui dans l’air du temps s’accompagne de la stigmatisation d’un oubli qui lui aurait été antérieur. C’est là le thème de l’amnésie collective, sous le signe du silence et de l’impuissance de la mémoire. Paradoxalement, ceux qui flétrissent cette occultation (qui, pour certains, fut politiquement instituée…), insistent aussi sur la force d’impact du passé esclavagiste, sur sa longue résonance, et sur le façonnement du présent au sein de la matrice d’une souffrance « qui ne passe pas ». On retrouve ici le schéma général qui encadre aujourd’hui un certain discours relatif à la mémoire coloniale (dont la mémoire de l’esclavage constitue la figure paroxystique…) :
1/ déclaration d’une absence de mémoire, voire d’un enfouissement ou d’un refoulement (appliquant au collectif un modèle issu de la psychanalyse) ;
2/ affirmation, dans le même temps (poursuivant l’application de ce modèle), d’un trauma issu d’un passé qui n’est pas réglé…
Ce paradoxe ne peut être éclairé que si l’on déploie le phénomène mémoriel dans tout son feuilletage sémantique : d’une part une mémoire « de bas niveau », à savoir une mémoire de l’empreinte, latente, non consciente et non verbalisée, agissant les sujets à leur insu (présence et non véritable mémoire du passé…), correspondant à des schèmes de pensées et de comportements transmis de génération en génération (effectivement bien repérables dans les sociétés post-esclavagistes) ; d’autre part une mémoire « de haut niveau », à savoir une mémoire du souvenir, consciente et verbalisée. Ce seraient justement ces éléments qui ne sont pas accumulés dans la mémoire du souvenir qui pourraient ressurgir en traces sourdes, « d’autant plus ardues à déchiffrer qu’elles sont habiles à camoufler leur intensité aussi bien que leur sens » (selon une formulation de l’écrivain martiniquais E. Glissant).

Afin de faire progresser la réflexion, une mise en perspective historique s’avère nécessaire. Dans le contexte des sociétés post-esclavagistes, comment purent se profiler les phénomènes mémoriels relatifs à l’institution servile, en particulier pour la période post-abolitionniste (soit la seconde moitié du XIXe siècle, à une époque où pouvait se maintenir dans les esprits une mémoire du souvenir de l’esclavage) ? Y eut-il une politique de l’oubli officiellement instituée par le pouvoir colonial ? Il est certain que l’Abolition, qui signifia en même temps pour les nouveaux libres, du moins pour les colonies françaises, l’accession à la citoyenneté, débouchait tout naturellement sur la voie, à la fois culturelle et politique, de l’assimilation, qui impliquait l’adhésion à la culture importée de métropole et l’agrégation à un ensemble national, donnant par ailleurs la possibilité d’une mobilité sociale prévue par les lois républicaines. Le passé servile devait être, dans ces conditions, mis de côté au nom de l’idéal républicain d’égalité et dans le rêve rédempteur de la fraternité française. Du côté de l’Etat, l’oubli du passé était nécessaire à la constitution du récit de la Nation unie et glorieuse, dont l’ethos collectif prenait justement naissance à l’Abolition, en 1848… Mais qu’en était-il dans le secret des consciences ? Certains termes, comme celui de silence, ne seraient-ils pas préférables à celui d’oubli ? Michel Giraud a ainsi récemment analysé ce refoulement du passé servile comme une certaine forme de mémoire, un refus plus qu’un oubli, dans une volonté des peuples des veilles colonies d’en finir définitivement avec l’esclavage pour mieux accéder à l’égalité citoyenne…

Cette convention d’évitement du rappel de l’esclavage a ensuite eu tendance à s’effriter dès le début du XXe siècle, surtout à partir du début des années 30, alors même que les derniers survivants de l’institution esclavagiste avaient disparu… La voie était désormais ouverte pour la constitution d’une mémoire historique, à savoir une mémoire reconstruite à partir des matériaux fournis par les historiens, mais aussi par tous ceux qui contribuent à profiler des images du passé, où se mêlent vérité et fiction : écrivains (qui prennent vite acte de l’impuissance des historiens à se confronter à cette « histoire du silence », du fait même de l’absence de leur matériau classique, les traces écrites, et de la rareté des vestiges matériels) et, aujourd’hui, tous ceux qui oeuvrent dans le champ médiatique. Mémoire que l’on peut définir comme la présence, diffusée dans la conscience d’un nombre variable de sujets, d’un passé qui ne correspond pas à la mémoire vive de leurs souvenirs (personnels ou hérités dans le cadre d’une transmission intergénérationnelle).

Ces dernières années, force est de reconnaître que l’affirmation mémorielle relative à l’esclavage a eu tendance à se faire plus exigeante et à être pénétrée de sentiments comme la rancoeur ou la colère : il s’agit désormais de « régler le passé », de « solder les comptes », d’obtenir, à l’instar d’autres groupes victimes, des « réparations »… La virulence des attaques est à la hauteur des enjeux identitaires installés par ceux qui se disent « descendants d’esclaves », et qui font entendre leurs voix dans le concert actuel généré par un « malaise noir », qui trouve un terreau d’élection dans les discriminations persistantes face aux différences visibles que la société française est impuissante à véritablement éradiquer… La « race » apparaissant comme cette épaisseur inerte où vient s’engluer la radicalité des croyances républicaines…

Quel peut être le prolongement dans le temps de l’écho mémoriel d’une tragédie majeure, et comment traiter le traumatisme historique qui lui est lié ? Que faire en cas d’une longue distance temporelle entre le drame et aujourd’hui ? Doit-on penser que le statut de victime est héréditaire, tout comme celui de « coupable » ? Est-on responsable en ce cas de ses ancêtres, et doit-on se faire, pour ne citer que Karl Marx, le « prisonnier perpétuel des morts » ? Comment d’autre part, dans une comptabilité générale de la traite et de l’esclavage, rendre compte du monde qui en est issu, et dans lequel sont nés et ont procréé tous ceux que ce monde englobait, jusqu’aux individus vivants d’aujourd’hui ? L’instrumentalisation du souvenir de l’esclavage, et les guerres de mémoires qu’elle peut générer, l’appréhension du passé servile en termes purement moraux qui s’inscrivent dans des logiques accusatoires n’amènent-elles pas à affirmer, plutôt qu’un devoir de mémoire, une exigence d’histoire, discipline qui seule permet, par la mise à distance qu’elle installe, de dépasser le ressassement mémoriel ? On retrouve là une dimension de pédagogie de l’histoire, qui paraît essentielle en ces lieux : la transmission du passé doit-elle, si l’on se cantonne dans le registre de la mémoire, nourrir les identités, mais dans le même temps contribuer à l’émergence de communautés antagonistes, dans une logique de lignée ? Ou bien au contraire décrypter l’histoire du mal peut-il permettre de simplement créer les conditions de son impossible répétition ?

Note :

1. Il est certes aujourd’hui avéré que la traite atlantique ne fut que l’une des traites négrières, à côté de la traite arabe au travers du Sahara et le long des côtes de l’océan indien, qui s’étale sur une plus longue durée, et des traites africaines internes au continent… Mais en elle s’exprime un scandale spécifique, celui de la contradiction entre une pratique et des idéaux proclamés, qui furent d’abord ceux d’une religion à vocation universaliste prônant l’amour du prochain, puis ceux issus des Lumières, dont l’application fut loin d’être immédiate. En outre, concentrée sur une période de temps plus brève – en gros trois siècles et demi, du début du XVIe au milieu du XIXe siècle – la traite atlantique a alimenté en force de travail servile non pas des sociétés à esclaves, comme le furent les sociétés arabo-musulmanes, mais des sociétés esclavagistes, dont le caractère totalitaire résultait d’un mode de production tout entier fondé sur l’utilisation d’une main d’oeuvre dégradable autant que l’exigeaient les contraintes des cultures de plantation, vouées à la satisfaction de marchés extérieurs (au premier rang, la canne à sucre…), et donc sur une marchandisation et une réification de l’homme sans précédent. Ce qui en fait un phénomène éminemment moderne, en contrariété avec les usages antiques ou non occidentaux, caractérisé par une racialisation de l’oppression, avec la mise en place d’un préjugé de couleur qui servit de légitimation commode, sous le couvert de la nature, à une forme d’exploitation qui aurait pu paraître condamnable en fonction des valeurs religieuses et politiques officiellement affichées. Il en résulte que l’esclavage a gardé une trace visible dans l’apparence même des descendants de ceux qui en ont été victimes, et a continué, à travers ce lien généalogique inscrit sur l’enveloppe des corps, à segmenter interminablement la société, selon la belle formule utilisée par Tocqueville : « le souvenir de l’esclavage déshonore la race, et la race perpétue le souvenir de l’esclavage ».

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, MANIPULATIONS, NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

Nicolas Sarkozy perçoit toujours son salaire …de ministre de l’Intérieur

Posté par issopha le 14 décembre 2007

  

Nicolas Sarkozy perçoit toujours son salaire …

de ministre de l’Intérieur

 

 



publié le mercredi 12 décembre 2007 à 16h53

Par  » Le Canard Enchaîné « 


 Après la polémique sur l’augmentation de salaire du président de la République, voici que le Canard Enchaîné nous apprend que Nicolas Sarkozy cumule en ce moment son salaire de président de la République et celui de ministre de l’Intérieur. L’information est sure puisqu’elle a été confirmée par l’Elysée. C’est du jamais vu. Décryptage.



La double augmentation de Sarko (Le Canard Enchaîné, 12 décembre 2007)

Dans son édition du mercredi 12 décembre 2007, le Canard Enchaîné publie une brève explosive. On sait que Nicolas Sarkozy a obtenu une augmentation de salaire de 172% il y a quelques semaines en demandant l’alignement de sa rémunération sur celle du Premier ministre. Ainsi, le chef de l’Etat percevra un salaire mensuel de 19 331 euros net. Mais cette augmentation ne sera effective que le 1er janvier 2008. D’ici là, le chef de l’Etat est censé percevoir le même salaire que celui de son prédécesseur, soit 7 500 euros net. Or, Nicolas Sarkozy a demandé à continuer de percevoir son salaire de ministre l’Intérieur jusqu’au 31 décembre 2007, soit 11 500 euros net.



Salaire des ministres : la règle des 6 mois

Pour permettre à un ministre qui vient de quitter le gouvernement de retrouver un emploi, ce dernier perçoit son traitement intégral pendant les six mois qui suivent son départ du gouvernement. Nicolas Sarkozy a démissionné de son poste de ministre de l’Intérieur fin mars, pendant la campagne présidentielle. Il a donc perçu son salaire de ministre jusqu’en septembre dernier. Mais il a demandé que soit prolongé ce versement jusqu’en décembre 2007, avant l’entrée en vigueur de son augmentation de salaire au 1er janvier 2008.



Le salaire de Sarkozy depuis le 6 mai 2007 : 7 500 + 11 500

Résumons : au nom de l’équité et de la transparence, le chef de l’Etat a demandé à ce que son salaire soit aligné sur celui du Premier ministre. Dont acte. A partir du 1er janvier 2008, le président de la République percevra un salaire mensuel de 19 331 euros net.
Mais en demandant de continuer à percevoir son salaire de ministre de l’Intérieur en plus de son salaire de président de la République, Nicolas Sarkozy a réussi à anticiper sa hausse de salaire… dès le 6 mai 2007. Entre le 6 mai 2007, jour de son élection, et le 31 décembre 2007, Nicolas Sarkozy aura donc perçu un total de 19 000 euros net… au lieu des 7 500 euros prévus.
*** Source
- « La double augmentation de Sarko », Le Canard Enchaîné, mercredi 12 décembre 2007, page 2

Le budget de l’Elysée a été multiplié par 9

sous Jacques Chirac



publié le mardi 27 mars 2007 à 07h21

Le budget de l’Elyse est un sujet tabou. Quel est son montant ? Quel est le salaire de Jacques Chirac ? Pourquoi est-il si difficile d’en connaître le montant exact ?



Budget formel et budget réel de l’Elysée

En 2007, le budget officiel de l’Elysée est de 31 783 000 euros. Selon René Dosière, qui vient de publier « L’argent caché de l’Elysée », le budget réel est trois fois supérieur. Voici le budget :
- 17 millions d’euros pour les frais quotidiens (téléphone, carburant, etc.)
- 15 millions d’euros pour le personnel (contractuels, attachés de presse, etc.)
- 7 millions d’euros pour les primes de personnel
- 101 500 euros pour le salaire annuel brut du président, montant aligné sur le salaire des hauts fonctionnaires de catégorie G.



Un budget en trompe l’oeil

Au cours du premier mandat de Jacques Chirac, le budget de l’Elysée affichait une hausse modeste afin de montrer l’exemple dans le cadre d’une politique de baisse des dépenses publiques. Mais, au cours de l’année, l’Elysée demandait une rallonge au gouvernement au titre de « dépenses accidentelles ». La cour des comptes a dénoncé cette manœuvre budgétaire qui n’est plus pratiquée depuis 2002.



Des dépenses multipliées par 9 depuis 1995

Le budget total de l’Elysée a été multiplié par 9 entre 1995 et 2007. Les services de l’Elysée confirment ce chiffre mais le justifient par des arguments techniques : la disparition des fonds secrets (l’Elysée reçoit chaque année en compensation environ 6 millions d’euros) et la prise en charge de dépenses qui étaient financées auparavant par d’autres ministères ou des entreprises. Malgré cet effort de transparence, beaucoup de dépenses demeurent inconnues et les services de l’Elysée continuent à entretenir le flou sur ces chiffres.



*** Sources

- René Dosière, L’argent caché de l’Elysée, Seuil
- Hors série Le Monde 2, « L’Elysée, anatomie d’un lieu de pouvoir (1958-2007) »



*** Liens

Présidentielle 2007

Zapping Radio : Le budget de l’Elysée (France Info)



publié le samedi 13 janvier 2007 à 16h37

La question du budget de l’Etat nous concerne tous et pourtant, avant le député socialiste de l’Aisne, René Dosière, aucun homme politique n’avait encore osé s’attaquer à ce sujet. En 2001, Arnaud Montebourg, alors député de Saône et Loire, avait déposé un amendement supprimant une partie des crédits de l’Elysée. Selon lui, les fonds attribués à la présidence, entre 1995 et 2002, auraient augmenté de 406% sans explication valable. Les proches du Président s’étaient défendu en montrant que la transparence était désormais de mise : ainsi les ministères ne financeraient plus certains frais de l’Elysée comme auparavant. La présidence règlerait elle-même les frais de téléphone ou de poste ! Un amendement gouvernemental, voté par l’Assemblée nationale en 2001, prévoit de distinguer les fonds spéciaux destinés aux services secrets des autres dépenses. Telle était la situation en 2001. Depuis, la situation n’a guère changé, si ce n’est que le budget de l’Elysée n’a cessé d’augmenter. René Dosière vient de publier aux éditions du Seuil une vaste enquête sur le budget de l’Etat intitulé L’Argent caché de l’Elysée.



Le budget de l’Elysée

Jeudi 11 janvier, René Dosière était invité sur France Info pour évoquer son livre qui fait le bilan du budget de l’Elysée entre 1995 et 2006. Il constate que les dépenses de l’Etat ont été multipliées par 9 ! Elles étaient de 3 millions d’euros en 1995, elles sont aujourd’hui de 32 millions. Néanmoins, il faut soustraire 5 millions d’euros qui font partie des fonds spéciaux apparents, depuis 2002, dans le budget. Celui-ci a donc augmenté de 798%.



Les raisons de cette augmentation

Selon René Dosière, il y aurait trois raisons à cela : d’abord, les dépenses ont tout simplement fortement augmenté, ensuite on a réintégré des dépenses qui étaient prises en charge par des ministères ou organismes extérieurs même s’ils financent encore les deux tiers des dépenses de l’Etat. Enfin, il y aurait toute une partie du budget qu’on ne peut pas justifier. René Dosière a donc interrogé le Premier ministre pour comprendre d’où venaient ces dépenses.



Les fonds secrets

A l’époque de François Mitterrand il existait bien sûr des fonds secrets ainsi que des crédits non publiés au Journal Officiel. Mais selon le député, ce serait Chirac qui aurait commencé à augmenter son budget, en cours d’année, par des décrets non publiés. C’est à partir de ce constat qu’il a pris la décision d’enquêter sur les dépenses de l’Elysée car « avant, on ne faisait pas ça ».



« Nous sommes en pleine monarchie absolue »

Ce qui est étrange, c’est que le Président Chirac perçoit un revenu brut de 6594 euros par mois, tandis que le Premier ministre en perçoit le triple. Or, c’est le Président lui-même qui fixe le montant de son budget et non la loi. Pour René Dosière, « nous sommes en pleine monarchie absolue. Il faut que nous arrivions à une présidence citoyenne ». Il demande donc plus de contrôle et de transparence des dépenses afin d’obtenir un budget plus rationnel.

Les résidences du président de la République



publié le mardi 15 mai 2007 à 22h30



 La passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac aura lieu mercredi à l’Elysée. Le palais de l’Elysée, rue du Faubourg Saint Honoré à Paris, est le coeur du pouvoir : le président vit sur place et il y travaille. Mais officiellement, ce n’est pas la seule résidence du chef de l’Etat. Château de Rambouillet, grands domaines, fort de Brégançon : revue de détails des autres lieux de résidence.



Le palais de l’Elysée

Cet hôtel particulier, situé au 55 rue du Faubourg Saint Honoré, a été construit au début du XVIIIe siècle. Depuis 1875, c’est la résidence officielle du président de la République.
A sa prise de fonction en 1958, De Gaulle a envisagé de déménager la résidence du président de la République aux Invalides ou au château de Vincennes. Il trouvait le lieu inadapté à l’exercice du pouvoir. Finalement, il préféra abandonner le projet. Depuis, tous les chefs d’Etat qui s’y sont succédé ont procédé à des aménagements. L’intérieur du palais de l’Elysée a donc considérablement évolué depuis le début du siècle.



L’hôtel de Marigny à Paris

Méconnu du grand public, l’hôtel de Marigny est situé juste à côté du palais de l’Elysée. Propriété de l’Etat depuis 1972, il sert de résidence d’accueil des chefs d’Etat étrangers.



Le château de Rambouillet

Le château de Rambouillet devient officiellement résidence présidentielle le 23 février 1886, sous la IIIe République. Félix Faure en fait notamment sa résidence d’été. Sous Pompidou et Giscard d’Estaing, des chasses présidentielles ont été organisées dans le grand parc de 800 hectares.
En 1975, Giscard d’Estaing choisit ce lieu pour le premier sommet des pays industrialisés. En 1978, lorsque le risque d’une cohabitation apparaît au moment des Législatives, Giscard d’Estaing envisage de s’y installer pour se tenir à l’écart de Paris, prévoyant de se rendre à l’Elysée uniquement pour le conseil des ministres. Finalement, les Législatives ont été remportées par la droite et le président est resté à l’Elysée.
Depuis les années 1980, plusieurs sommets ont eu lieu dans cette résidence paisible. En 1999, les négociations sur le Kosovo ont eu lieu au château de Rambouillet.



 Le fort de Brégançon, résidence d’été

Situé sur la commune de Bormes-les-Mimosas entre Hyères et Le Lavandou, le Fort de Brégançon se dresse sur un piton rocheux de 35 mètres d’altitude. Depuis janvier 1968, c’est la résidence d’été officielle du président de la République. Tous les présidents y ont séjourné régulièrement : Pompidou pendant l’été, Giscard d’Estaing y allait aussi à la Pentecôte, Mitterrand y a reçu le chancelier allemand Helmut Kohl, Jacques Chirac y a séjourné très régulièrement l’été et à Pâques.



De grands domaines dans les Yvelines et l’Essonne

La présidence de la République possède un domaine de 400 hectares à Marly-le-Roi dans les Yvelines depuis 1932. Le général de Gaulle y a séjourné quelques jours en 1946 après s’être retiré du pouvoir.
Le domaine de Souzy-la-Briche se trouve quant à lui dans l’Essonne. Pendant longtemps, cette résidence privée est restée inconnue du grand public. Mitterrand y séjournait pourtant le week-end. C’est le journal Libération, en 1994, qui a révélé l’existence de cette résidence en cherchant la trace du cheval offert par le président du Turkménistan à François Mitterrand et qui se trouvait au domaine de Souzy-la-Briche. Après la mort de Mitterrand, on a également appris que la confidentialité de cette résidence était liée à la présence de sa fille, Mazarine Pingeot, certains week-ends.

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