DROIT DE L’IMMIGRATION EN FRANCE en quelques MOTS-Lexique ( CIMADE )

Posté par issopha le 20 mars 2009

 

Lexique

« Les chaînes de l’humanité torturée sont faites de paperasse » (Kafka)

DROIT DE L'IMMIGRATION EN FRANCE en quelques MOTS-Lexique ( CIMADE ) dans ACTIONS CITOYENNES Arbre_Noel-PP La Machine à Expulser « POUR LES NULS »

Trop souvent employés de façon lapidaire, quelques acronymes qui ne doivent pas décourager ceux qui veulent signer les pétitions du RESF, se joindre aux actions, ou qui débarquent dans les collectifs du RESF

AARAJAPRFAPSATCRACRECSTDublin IIIQTITFJLDOFPRAOQTFPAFRaflesTATGIVPFZA


AAR : Assigné(e) A Résidence

AJ : Aide Juridictionnelle

APRF comme dans « demander l’annulation de l’APRF et la sortie de rétention pour Madame Mafdaoui Fatima »
Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière. 7 jours pour faire appel (à partir de la date d’envoi). 48h seulement si remis en main propre (au commissariat au cours d’une arrestation par exemple) ! Se faire absolument aider juridiquement (Cimade, Gisti, Ldh…)
- http://sos-net.eu.org/etrangers/rec…
- http://www.gisti.org/pratique/model…

Information pratique lors de la remise d’un APRF en GAV : l’heure exacte à laquelle celle ci est notifiée à l’issue de la GAV est très importante : elle conditionne l’heure limite de réception de la requête en annulation auprès du greffe du TA ( exactement 48 h, à la minute près).
Exemple : notification aprf jeudi 4 oct à 16 h 18 —> le greffe du TA doit recevoir la requête en nullité avant samedi 6 oct à 16 h18 (17 de préférence !)
Le dépôt de la requête se fait à l’heurodateur du greffe du TA, ou par FAX, à condition de garder copie du récépissé de fax .
Mais attention, comme la Cimade n’est pas en CRA le samedi , en pratique il faut que la requête soit rédigée et envoyée le vendredi !

C’est pire pour les personnes arrêtées les jeudi, dont les notifications d’aprf sont données le vendredi soir , car personne de la CIMADE n’est en CRA ni le samedi , ni le dimanche : dans ce cas soit la personne prend un avocat, soit elle demande ( c’est possible mais pas évident) que soit demandé au bureau pénal de lui envoyer en CRA l’avocat de permanence à qui elle remet sa requête en nullité ( si elle sait la rédiger elle même… et la signer ! ) .

Penser aussi aux 24 h maximum de délai pour faire appel de la décision du 1er JLD qui souvent a lieu très rapidement après la fin de la GAV.
- ATTENTION Voir nouveau dispositif 2007 : l’OQTF
2130482988.08._SCMZZZZZZZ_ dans ERIC ZEMMOUR


APS : Autorisation Provisoire de Séjour

AT : Autorisation de Travail

CRA comme dans « quatre sans-papiers sont transférés au CRA du département »
ou RÉTENTION comme dans « Évreux : un père et son fils en rétention »
Centre de Rétention Administrative
cimade dans FRANCE IMMIGRATION
- http://www.cimade.org/publications/…
- voir le Rapport de la Cimade 2005
rochambeauguyane200 dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY
- Photos de la famille Raba au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry
- l’article sur Wikipedia
- les CRA sur Dailymotion

CRE comme dans « Chaque soir, devant les CRE, c’est le même rituel. Un des sans-papiers distribue des numéros, avant de se coucher sur le trottoir »
Centre de Réception des Étrangers
- http://www.gisti.org/doc/actions/20…
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0014

CST comme dans « le non renouvellement des CST 1 an augmenterait le nombre de clandestins de façon importante. »
Carte de Séjour Temporaire
pistes : le Guide de l’entrée et du séjour des étrangers en France

Dublin 2 ou Dublin II comme dans « Le ministre n’a fait « qu’appliquer strictement » la convention de Dublin en ordonnant l’arrestation »
Les familles entrées par un autre pays européen sont renvoyées dans le pays où elles ont débarqué.
- http://www.ofpra.gouv.fr/index.html…


IQT comme dans « Vous devez faire appel de l’IQT dans les deux mois et cet appel n’est pas suspensif »
Invitation à Quitter le Territoire. Deux mois pour faire appel. (« invitation », c’est sympa,non ?)
- http://pajol.eu.org/article24.html
- ATTENTION Voir nouveau dispositif 2007 : l’OQTF
L'expulsion d'un immigré illégal vers Yaoundé, au Cameroun

L’expulsion d’un immigré illégal vers Yaoundé, au Cameroun



ITF comme dans « Le CSP 59 vous annonce que Khamkhi vient de voir son ITF levée, c’est la preuve que l’assignation est utile »
Interdiction de Territoire Français
- http://www.gisti.org/pratique/model…


JLD comme dans« Un maintien pour quinze jours, confirmé par le JLD malgré différents problèmes sur la procédure d’interpellation. »
Juge des Libertés et de la Détention
Le JLD est spécialement compétent pour ordonner, pendant la phase d’instruction d’une affaire pénale, le placement en détention provisoire d’une personne mise en examen ou la prolongation de la détention provisoire, et d’examiner les demandes de mise en liberté. Il est saisi par une ordonnance motivée du juge d’instruction
http://fr.wikipedia.org/wiki/Juge_d…
témoignage de S. Portelli
« black list » de JLD à Bobigny

OFPRA comme dans « Après un premier refus de l’OFPRA, la commission de recours a donné un avis négatif »
Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides
C’est un établissement public sous tutelle des affaires étrangères, qui est le seul habilité à déterminer la qualité de réfugié.
- http://pajol.eu.org/article895.html
0023
- « Droit d’asile au NON de quoi ? » de Clémence Armand
- L’Express : « Je ne veux plus trier les réfugiés »

OQTF
Obligation à Quitter le Territoire Français
Décret pris le 29.12.2006
Pour résumer, l’obligation à quitter le territoire français(OQTF) est la nouvelle mesure unique prise par la préfecture qui contient à la fois, le refus de délivrance du titre de séjour et la reconduite à la frontière (APRF)
Voir note explicative et Que faire après une OQTF ?

PAF comme dans « Nous vous avions fait part de l’émotion et de la colère provoquées le 26 octobre dernier par l’intervention de la PAF »
paF_pho1_275642 Police Aux Frontières
également appelée Police de l’Air et des Frontières.
« Dans le cadre de la police de proximité, la Police aux Frontières (PAF) assure au plan judiciaire ainsi qu’au plan administratif toute la procédure des infractions sur les étrangers en situation irrégulière sur le territoire national. La lutte contre le travail illégal, comme la lutte contre la façon et l’usage de moyens illicites d’entrée et de séjour sur le territoire (faux documents administratifs) participent à la lutte contre les réseaux d’immigration irrégulière.
La Police aux Frontières assure l’éloignement des étrangers frappés d’un arrêté de reconduite à la frontière, ou expulsés, ou interdits du territoire par jugement. » (http://www.bouches-du-rhone.pref.go…)
Anafé : liste des ZA gérées par la PAF (Juin 06)
SanspapRennes : Les méthodes de la PAF en Ille-et- Vilaine

RAFLES
rafle_120 Définition du Petit Larousse 1995
Rafle : Opération policière exécutée à l’improviste dans un lieu suspect ; arrestation massive de personnes. Être pris dans une rafle
Définition du Petit Robert 1992
Rafle : Arrestation massive opérée à l’improviste par la police dans un quartier ou un établissement suspect.
Voir le communiqué de la Cimade : « Arrestations de sans papiers : le retour de la rafle ? »
Voir http://www.phototheque.org/329.html
Voir l’article A propos des rafles, arrestations « ciblées », délation, dénonciation (Témoignages à déposer ici)

TA comme dans « Le TA a annulé l’arrêté après un véritable réquisitoire contre la préfecture »
Tribunal Administratif
Attention : vous avez 48 heures ou 7 jours, selon les cas, pour demander au tribunal administratif d’annuler l’APRF
rassemblement

TGI comme dans « Aujourd’hui, le TGI de Paris a prolongé de 15 jours la rétention de Jeff »
Tribunal de Grande Instance
Un étranger peut être maintenu en zone d’attente pendant 4 jours sur décision de l’administration. Au-delà de ce délai, l’administration doit saisir le tribunal de grande instance (TGI) pour demander la prolongation du maintien en zone d’attente pour une durée maximale de 8 jours. Exceptionnellement, le TGI peut prononcer une deuxième prolongation de 8 jours.

VPF comme dans « les cartes VPF sont indépendantes au résultat d’examens ou à la poursuite d’un cursus. »
Vie Privée et Familiale
L’ordonnance du 2 novembre 1945, modifiée par la loi Réséda du 11 mai 1998, relative à l’entrée et au séjour des étrangers en France et au droit d’asile, prévoit, dans son article 12 bis 7°, de délivrer la carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » de plein droit à l’étranger « dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d’autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus »
pistes : http://www.gisti.org/pratique/model…

ZA comme dans « Un étranger peut être maintenu en zone d’attente pendant le temps nécessaire à son départ, si l’entrée en France lui a été refusée »
Zone d’Attente
http://www.anafe.org/rapports.html
aeroport_immigration

À suivre
…avec votre aide

REPERTOIRE DES ABREVIATIONS_________________________________________ 

 

article 3 : article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme stipulant que « nul ne peut être soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants«  

article 8 : article 8 de la convention européenne des droits de l’Homme protégeant la vie privée et familiale 

AGDREF : se rapporte au fichier national des étrangers 

AJ : aide juridictionnelle 

AME : aide médicale de l’Etat 

ANAEM : agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations. Remplace l’OMI. 

ANAFE : association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers 

APRF : arrêté préfectoral de reconduite à la frontière 

APS : autorisation provisoire de séjour 

ASE : aide sociale à l’enfance 

CAA : cour administrative d’appel 

CADA : centre d’accueil pour demandeurs d’asile 

Ou : commission d’accès aux documents administratifs 

CAF : caisse d’allocations familiales 

CAFDA : coordination d’accueil des familles demandeuses d’asile 

CATRED : collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits 

CASP : centre d’action sociale protestant 

CCAS : centre communal d’action sociale 

CCFD : comité catholique contre la faim et pour le développement 

CE : Conseil d’Etat 

CEDH : convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme 

            : cour européenne des droits de l’Homme (chargée de l’application de la convention) 

CESEDA : code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile 

CFDA : coordination française sur le droit d’asile 

CIMADE : à l’origine, comité inter mouvements auprès des évacués. Aujourd’hui n’est plus un acronyme. 

CMU : couverture maladie universelle 

CNAV : caisse nationale d’assurance vieillesse 

CNCDH : commission nationale consultative des droits de l’Homme 

COMEDE : comité médical pour les exilés et les déplacés 

COMEX : commission d’expulsion 

CPAM : caisse primaire d’assurance maladie 

CPH : centre provisoire d’hébergement 

CRA : centre de rétention administrative 

CRE : centre de réception des étrangers (à Paris) 

CRR : commission des recours des réfugiés 

CST : carte de séjour temporaire 

DASES : direction de l’action sociale, de l’enfance et de la santé (Mairie de Paris) 

DASS (ou DDASS) : direction départementale des affaires sanitaires et sociales 

DDTEFP : direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle 

DER : défense des étrangers reconduits (service de la Cimade) 

DLPAJ : direction des libertés publiques et des affaires juridiques (ministère de l’Intérieur) 

DPM : direction de la population et des migrations (ministère des affaires sociales) 

EURODAC : fichier européen des empreintes digitales 

FAS ou FASILD : fonds d’action sociale, devenu fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations 

FNE : fichier national des étrangers 

FTDA : France terre d’asile 

GISTI : groupe d’information et de soutien des immigrés 

HCR : haut commissariat auprès des réfugiés 

IQF : invitation à quitter la France 

ITF : interdiction du territoire français 

JO : journal officiel 

LDH : ligue des droits de l’Homme 

MAE : ministère des Affaires Etrangères 

MISP : médecin inspecteur de la santé publique 

MRAP : mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples 

ODSE : observatoire du droit à la santé des étrangers 

OFPRA : office français de protection des réfugiés et des apatrides 

OMI : office des migrations internationales. A été remplacé par l’ANAEM. 

PACS : pacte civil de solidarité 

SIS : système d’information Schengen 

SSAE : service social d’aide aux émigrés. A fusionné avec l’OMI pour créer l’ANAEM. 

TA : tribunal administratif 

TGI : tribunal de grande instance 

TI : tribunal d’instance 

ZA : zone d’attente 


LEXIQUE__________________________________________________________________ 

 


Documents d’entrée, de séjour ou de voyage______________________________________ 

 


Autorisation Provisoire de Séjour (APS): 

L’autorisation de séjour est remise aux étrangers à qui l’administration reconnaît un droit au séjour sans pour autant leur délivrer une carte de séjour. 

Elle concerne notamment les étrangers malades récemment arrivés en France ou nécessitant des soins médicaux pour une courte période, les personnes assignées à résidence et les demandeurs d’asile qui ne possèdent pas encore de récépissé. 

La loi du 24 juillet 2006 a créé trois nouvelles catégories de bénéficiaires d’une APS : pour faciliter la recherche d’emploi des étrangers ayant achevé leurs études en France ; pour les missions de volontariat et pour l’un des parents d’un enfant malade. 

L’APS place l’étranger qui en est titulaire en situation régulière mais n’ouvre pas les mêmes droits que la carte de séjour temporaire ou la carte de résident. 

Généralement elle n’emporte pas droit au travail mais l’étranger peut se voir remettre une autorisation de travail sur présentation d’une promesse d’embauche. 

Elle peut être valable un mois, trois mois mais plus généralement six mois.

 

Carte de résident : 

La carte de résident est valable dix ans et est renouvelable automatiquement. 

Elle se présente sous la forme d’une carte plastifiée, indépendante du passeport de l’étranger.

 

Carte de séjour temporaire : 

Délivrée par l’autorité préfectorale, la carte de séjour temporaire matérialise le droit au séjour des étrangers. L’étranger se trouve donc en situation régulière sur le territoire français pendant la durée de validité de sa carte. Celle-ci ne peut pas excéder une année, mais sa durée de validité peut être inférieure. Elle se présente généralement sous la forme d’une vignette apposée dans le passeport de l’étranger, mais peut aussi être indépendante du passeport.

 

Document de circulation pour étranger mineur : 

Le document de circulation est délivré par la préfecture compétente et permet au jeune de sortir de France et d’y entrer sans avoir à solliciter de visa. Ce document est attribué dans les hypothèses où le mineur aura droit, à l’âge de dix-huit ans, à un titre de séjour. 

 

Laissez-passer : 

Pour reconduire un étranger à la frontière, l’administration doit produire le document de voyage de l’étranger qu’elle souhaite expulser. Il s’agit le plus souvent du passeport de l’intéressé mais lorsque celui-ci n’est pas en mesure de le présenter, l’administration doit se procurer un laissez-passer, délivré par l’ambassade ou le consulat du pays d’origine présumé de l’étranger. Il prend la forme d’une attestation écrite qui reconnaît l’identité de la personne et autorise son entrée dans le pays de renvoi.

 

Récépissé constatant le dépôt d’une demande de reconnaissance de statut de réfugié : 

Il s’agit d’un document ayant valeur d’autorisation provisoire de séjour, délivré par la préfecture lorsque le dossier de demande de statut de réfugié a été enregistré par l’OFPRA. Il est valable 3 mois et renouvelé jusqu’à la décision finale de l’office ou, le cas échéant, de la Commission des recours des réfugiés.

 

Récépissé de demande de titre de séjour : 

Il est délivré à l’étranger admis à souscrire une première demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour. Il apporte la preuve du dépôt de la demande et place l’étranger en situation régulière le temps de l’instruction de son dossier. Il permet parfois à son titulaire d’exercer une activité professionnelle. Il est valable au moins un mois (en général trois mois) et est renouvelable. 

En pratique, le récépissé est rarement délivré au moment du dépôt de la demande de titre de séjour, mais bien plus souvent au moment où l’administration a déjà pris la décision de régulariser l’étranger. Le récépissé est alors attribué le temps de l’édition de la carte de séjour.

 

Sauf-conduit : 

Le sauf conduit est un visa de régularisation délivré à la frontière. Il régularise donc l’entrée sur le territoire comme le ferait un visa établi par un consulat français.

 

Titre d’identité républicaine : 

En attendant d’obtenir la nationalité française, les enfants nés en France de parents étrangers peuvent obtenir un titre d’identité républicain qui atteste de leur résidence en France. 

Il est délivré aux enfants mineurs nés en France de parents étrangers qui résident régulièrement en France. Il permet au jeune de sortir de France et d’y entrer sans avoir à solliciter de visa. De plus, il permet de faciliter les démarches des enfants qui ont vocation à devenir français en leur permettant de justifier de leur identité.

 

Titre de séjour : 

Terme générique qui recouvre les autorisations provisoires de séjour, les cartes de séjour et les cartes de résident.

 

  

Visa de court séjour : 

Egalement appelé visa touristique, visa de voyage ou visa C (du nom de la lettre aposée sur la vignette), il permet d’entrer en France régulièrement (visa = entrée régulière) et d’y séjourner régulièrement pour une durée inférieure à trois mois (visa en cours de validité = séjour régulier). 

La détention d’un visa est obligatoire pour entrer en France, sauf pour certains ressortissants. 

 

 Visa de long séjour: 

Appelé aussi visa d’installation ou visa D (du nom de la lettre apposée sur la vignette), il permet d’entrer en France et permet de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois. 

La détention d’un visa de long séjour peut être obligatoire pour l’obtention de certaines cartes de séjour (conjoints de Français, bénéficiaires du regroupement familial, « étudiant », « visiteur », « salarié », « scientifique », « profession artistique et culturelle », etc…). Dans ce cas, il porte la mention « carte de séjour à solliciter dès l’arrivée en France ». 

En revanche lorsque le requérant souhaite rester plus de trois mois en France mais ne souhaite pas s’établir durablement sur le territoire (c’est-à-dire pour une période inférieure à six mois), un visa dit de « long séjour temporaire » est délivré : la mention apposée sur la vignette est alors « dispense temporaire de carte de séjour ». 

 

 

 

 

 

Juridictions________________________________________________________________ 

 


Commission d’expulsion (COMEX) : 

Elle doit être consultée lorsqu’une mesure d’expulsion est envisagée à l’égard d’un étranger (sauf si l’administration considère que l’expulsion constitue une urgence absolue et, éventuellement, une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou la sécurité publique). L’avis de la commission ne lie pas l’administration mais doit éclairer l’autorité compétente dans sa prise de décision.

 

Commission des recours contre les refus de délivrance des visas : 

En cas de recours contentieux suite à un refus de délivrance de visa, la commission doit obligatoirement être saisie préalablement à la saisine du Conseil d’Etat.

 

Commission des recours des réfugiés : 

La Commission des recours des réfugiés est une juridiction administrative spécialisée. Elle est compétente uniquement pour examiner les recours exercés contre les décisions de l’OFPRA en matière de demande de statut de réfugié. Elle ne se contente pas de juger la légalité de la décision de l’OFPRA, mais est en charge d’évaluer l’ensemble des éléments qui lui sont soumis à la date à laquelle elle statue (le jour de l’audience) pour apprécier le bien fondé de la demande de statut de réfugié. 

Contrairement aux juridictions administratives classiques, la commission doit être saisie dans le délai de un mois (au lieu de deux).

 

Commission du titre de séjour : 

Elle doit être saisie par le préfet lorsque celui-ci envisage de refuser la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour qui doit être délivré de plein droit. Le préfet peut se dispenser de saisir cette commission lorsque les conditions de fond de délivrance du titre de séjour sollicité ne sont pas remplies. En pratique, la commission n’est pratiquement jamais saisie car les préfets estiment la plupart du temps que la demande de titre de séjour présentée par l’étranger n’est pas fondée.

 

 De plus, le préfet peut saisir la commission pour toute question relative à l’application du CESEDA. 

Enfin, le préfet doit la saisir des dossiers d’étrangers qui justifient par tous moyens leur résidence en France depuis plus de dix ans.

 

Conseil d’Etat : 

Il exerce une double fonction : d’une part, il conseille le gouvernement dans l’élaboration de ses textes législatifs. D’autre part, il doit juger des actes de l’administration, lorsque des citoyens s’en plaignent. 

Il traite en appel (donc sur le fond du dossier), certaines affaires déjà examinées par les cours administratives d’appel (ex : recours contre un APRF). 

Il est également juge de cassation des décisions prises par les cours administratives d’appel (ex : recours contre un refus de séjour) 

C’est la plus haute juridiction administrative puisqu’il examine les décisions prises par toutes les instances administratives de premier ou de second degré, soit par la voie de l’appel, soit par la voie de la cassation.

 

Cour administrative d’appel : 

Au nombre de 5, elles sont compétentes pour juger en deuxième instance le contentieux administratif ordinaire. Elles sont saisies après que le tribunal administratif ait rendu sa décision.

 

Cour européenne des Droits de l’Homme : 

Elle peut être saisie par un Etat mais aussi directement par une personne physique qui se prétend victime d’une violation d’un droit reconnu par la Convention européenne des droits de l’Homme, lorsque cette violation est le fait d’un Etat contractant. 

L’intéressé doit au préalable avoir épuisé toutes les voies de recours internes.

 

Tribunal administratif (TA) : 

Au nombre de 33, ils sont compétents pour juger en première instance les litiges entre l’administration et les citoyens.

 

Tribunal de Grande Instance (TGI) : 

Ils sont au nombre de 181. 

Ils peuvent statuer au civil et au pénal. 

Ils tranchent toutes les affaires dont l’enjeu financier est supérieur à 4615 euros mais aussi toutes celles qui relèvent de son activité propre : famille (divorce, succession…), détermination de la nationalité, droit de propriété des immeubles, expropriation… Ils tranchent également des affaires d’injure, de droit à l’image, d’atteinte à la vie privée…

 

Tribunal d’Instance (TI) : 

Ils sont au nombre de 473. 

Ils examinent une partie des affaires civiles de droit commun, comme la tutelle des mineurs ou les différends portant sur les loyers, ainsi que toutes celles dont l’enjeu financier n’est pas supérieur à 4615 euros.

 

Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA) : 

L’Ofpra est une autorité administrative indépendante placé sous la tutelle du Ministère des affaires étrangères. L’office assure la protection des réfugiés notamment par la délivrance de tous les documents d’état civil en substitution des autorités du pays d’origine. Mais avant tout, l’Ofpra est chargé de déterminer la qualité de réfugié. Pour ce faire, les 4 divisions géographiques évaluent la crédibilité des éléments écrits – et le cas échéants oraux – transmis par les candidats au statut de réfugié. Les agents chargés de travail s’appellent des officiers de protection. 


Procédure :________________________________________________________________ 

 


 

Aide juridictionnelle (aide judiciaire) : 

Elle est conçue pour permettre aux personnes dont les ressources sont insuffisantes de faire valoir leurs droits en justice. Les frais de défense sont pris en charge par l’Etat, soit intégralement soit partiellement, selon les ressources du demandeur. 

L’octroi de l’aide juridictionnelle est en principe subordonné à la régularité du séjour en France du demandeur mais une exception est faite pour les procédures de refus de séjour dans lesquelles l’étranger en situation irrégulière pourra bénéficier de l’aide juridictionnelle. 

Il existe d’autres dérogations à la condition de régularité du séjour, qui concernent le passage devant la commission du titre de séjour, la reconduite à la frontière, l’expulsion, la prolongation de la rétention et le maintien en zone d’attente. 

Les demandeurs d’asile peuvent également bénéficier de l’aide juridictionnelle dans le cadre du recours devant la commission de recours des réfugiés, à la condition qu’ils justifient d’une entrée régulière : visa ou d’un sauf-conduit. 

Pour toutes les autres procédures (divorce, autorité parentale, etc…) l’aide juridictionnelle peut être accordée de manière exceptionnelle à des Sans Papier si leur demande est jugée particulièrement digne d’intérêt.

 

Assignation à résidence : 

Lorsqu’un étranger faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion, d’une interdiction du territoire français ou d’une mesure de reconduite à la frontière, est dans l’impossibilité de quitter le territoire, du fait notamment de risques en cas de retour, il peut faire l’objet d’une assignation à résidence prononcée par la préfecture ou le ministère de l’Intérieur. 

Il reçoit alors une autorisation provisoire de séjour, est astreint à résider dans une ville ou un département, et doit régulièrement pointer dans un commissariat. 

Cette assignation à résidence ne doit pas être confondue avec l’assignation à résidence judiciaire, prononcée par le juge des libertés et de la détention à l’occasion de la rétention administrative. Dans ce second cas, l’assignation à résidence est prononcée pour permettre à l’étranger d’organiser librement son départ.

 

Avocat commis d’office : 

La commission d’office est la mesure par laquelle un avocat est désigné d’autorité pour assurer gratuitement la défense d’une personne. Le bénéfice d’un avocat commis d’office peut par exemple être demandé dans le cadre d’un recours contre un arrêté de reconduite à la frontière.

 

Changement de statut : 

Le changement de statut est sollicité par un étranger vivant en France sous couvert d’une carte de séjour et dont la situation a évolué. Cette évolution lui permet de prétendre à une carte de séjour différente de celle obtenue précédemment. 

Un cas très fréquent de changement de statut concerne l’étranger titulaire d’une carte de séjour mention « étudiant ». Une fois ses études terminées, l’étranger qui souhaite rester en France devra obtenir un changement de statut, c’est-à-dire une carte de séjour à un autre titre que celui des études. Si les conditions sont remplies il pourra solliciter une carte de séjour mention « salarié » ou « vie privée et familiale ». 

Le passage d’une carte de séjour temporaire à une carte de résident constitue également un changement de statut.

 

Demande d’abrogation : 

Demande d’annulation d’une mesure auprès de l’autorité dont elle émane, lorsque les délais de recours sont dépassés. 

Il est possible de demander l’abrogation d’un arrêté ministériel d’expulsion auprès du ministère de l’Intérieur. De même, une demande d’abrogation d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière peut être adressée à la préfecture. Cette abrogation d’un arrêté de reconduite à la frontière peut également se faire sans intervention particulière de l’intéressé : lorsqu’une préfecture va délivrer un titre de séjour à une personne sous arrêté de reconduite à la frontière, elle abroge d’elle-même la mesure.

 

Exequatur : 

Il s’agit d’un jugement autorisant l’exécution en France de certains actes dressés à l’étranger. Le juge valide l’acte étranger en vérifiant si les conditions dans lesquelles il a été pris sont conformes à la législation française. L’exequatur concerne les actes « d’exécution sur les biens ou de coercition sur les personnes », tels que les jugements relatifs à une garde d’enfant, au versement d’une pension alimentaire, une adoption plénière ou un divorce. 

Les jugements rendus « en matière d’état des personnes » produisent leurs effets en France sans procédure d’exequatur : une transcription sur les registres d’état civil français est suffisante.

 

Recours contentieux : 

Recours devant les juridictions administratives : tribunaux administratifs, cours administratives d’appel, Conseil d’Etat…

 

Recours pour excès de pouvoir (requête introductive d’instance) : 

Il s’agit d’un recours contentieux dont le but est l’annulation d’une décision jugée illégale. 

Le recours effectué devant un tribunal administratif pour contester un refus de délivrance de titre de séjour en fait partie.

 

Recours gracieux : 

Le recours gracieux, comme le recours hiérarchique, est un recours administratif porté devant l’administration elle-même dans le but de faire annuler l’acte présumé illégal. 

La procédure gracieuse consiste à contester une décision auprès de l’autorité dont elle émane. Dans le cas d’un refus de délivrance d’un titre de séjour, le recours gracieux s’exerce devant l’administration qui a notifié le refus, à savoir la préfecture.

 

Recours hiérarchique : 

Contestation d’une décision devant le supérieur hiérarchique de l’autorité qui a pris la décision attaquée. 

Dans le cas d’un refus de séjour, le recours hiérarchique s’exerce devant le supérieur de la préfecture, à savoir le ministère de l’Intérieur.

 

Recours en grâce : 

La grâce est une mesure de clémence décidée par le chef de l’Etat qui permet à un condamné d’être relevé de tout ou partie de sa peine ou d’exécuter une peine plus douce. 

Le recours en grâce est utilisé pour demander l’annulation d’une interdiction du territoire français quand celle-ci est prononcée comme peine principale. En effet elle n’est pas susceptible de faire l’objet d’une requête en relèvement, contrairement à l’interdiction du territoire prononcée à titre complémentaire d’une peine de prison.

 

Recours en référé : 

Procédure d’urgence qui permet d’obtenir très rapidement (environ 48 à 72 heures) une audience devant un tribunal administratif.

 

Regroupement familial : 

Procédure par laquelle le conjoint et les enfants mineurs d’un étranger titulaire d’une carte de séjour sont autorisés à le rejoindre en France. Les trois conditions principales concernent les ressources du demandeur, son logement, et la résidence hors de France des membres de famille qui sollicitent le regroupement familial. Quand le regroupement est autorisé, un titre de séjour est délivré immédiatement au conjoint, tandis que les enfants mineurs doivent attendre leur majorité.

 

Regroupement familial « sur place » : 

Procédure qui consiste à demander le regroupement familial pour des membres de famille déjà présents en France. En pratique cette procédure n’aboutit que de façon extrêmement rare car elle est dérogatoire.

 

Regroupement familial partiel : 

La règle est que la demande de regroupement familial doit être faite pour tous les membres de famille susceptibles d’en bénéficier (le conjoint d’un étranger en situation régulière en France ainsi que tous ses enfants mineurs). 

Le regroupement familial partiel est le fait de solliciter le regroupement pour une partie seulement de la famille. Il est en principe interdit mais des dérogations sont théoriquement possibles (très rares dans les faits).

 

Requête en relèvement : 

Pour qu’une interdiction du territoire français soit supprimée, il faut en demander le relèvement au tribunal ou à la cour d’appel qui a prononcé la mesure. Lorsqu’une personne est frappée par plusieurs interdictions du territoire, elle doit demander le relèvement de toutes les mesures à la juridiction qui a prononcé la dernière.

 

Transcription d’un acte d’état civil : 

La transcription concerne des actes d’état civil rendus par des autorités étrangères pour des Français ou des étrangers qui sont devenus français. Il s’agit notamment des actes de mariage entre un Français et un étranger, acte de naissance, de reconnaissance, de décès, divorce, adoption, décision de rectification d’état civil… 

La transcription consiste pour l’officier d’état civil à recopier sur les registres français un acte étranger en vérifiant sa conformité avec la législation. 


Nationalité_________________________________________________________________ 

 


Acquisition de la nationalité : 

Mécanisme qui permet à un individu qui possède un droit à acquérir la nationalité d’exercer une démarche volontaire pour la réclamer.

 

Apatride : 

Individu qui n’a aucune nationalité. Cette situation peut résulter de l’absence d’attribution d’une nationalité à la naissance ou de la perte de la nationalité d’origine sans acquisition d’une nouvelle nationalité.

 

Attribution de la nationalité française : 

Dévolution de plein droit de la nationalité française à un individu dès sa naissance.

 

Certificat de nationalité française : 

Document officiel délivré par le greffier en chef du tribunal d’instance compétent en matière de nationalité. Ce document constitue la seule preuve légale de la nationalité française.

 

Déclaration : 

Manifestation solennelle de volonté exprimée devant une autorité destinée à acquérir ou perdre la nationalité française.

 

Droit du sang ou « jus sanguinis » : 

Mode de détermination de la nationalité d’un individu en raison de sa filiation.

 

Droit du sol ou « jus soli » : 

Mode de détermination de la nationalité d’un individu en raison de son lieu de naissance.

 

Effet collectif : 

Mécanisme qui permet aux enfants mineurs d’acquérir la nationalité française en même temps que leur père ou mère. L’effet collectif suppose que trois conditions soient réunies : l’enfant doit être mineur au moment où son parent devient français, l’enfant doit vivre au même domicile que son parent, l’enfant doit être inscrit sur le décret de naturalisation de son parent.

 

Nationalité : 

Lien juridique qui rattache un individu à un Etat et confère des droits et des devoirs.

 

Naturalisation : 

Octroi à la discrétion de l’autorité publique de la nationalité à un ressortissant étranger qui la demande. Elle est prononcée par un décret.

 

Réintégration : 

Possibilité pour les personnes qui ont perdu la nationalité française, par exemple suite à l’acquisition d’une nationalité étrangère ou à l’accession à l’indépendance d’un Etat, de redevenir français sous réserve des conditions prévues par la loi.

 

Répudiation : 

Faculté accordée sous certaines conditions à un jeune bénéficiant de deux nationalités de demander à renoncer à la nationalité française pour adopter une nationalité étrangère. Cette démarche doit se faire entre l’âge de dix-sept ans et demi et dix-neuf ans. 

 

 

 

 


Eloignement :______________________________________________________________ 

 


 

Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF) : 

La décision écrite, prise par une préfecture, de reconduire à la frontière un étranger irrégulier est appelée arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Celui-ci peut être pris à l’encontre d’un étranger démuni de titre de séjour, ayant subi un refus de délivrance, de renouvellement ou un retrait de titre, à tout moment après l’expiration du délai d’un mois d’invitation à quitter le territoire. 

Cette décision peut être notifiée lors d’une interpellation et doit être contestée devant le tribunal administratif dans un délai de 48 heures. 

La loi du 24 juillet 2006 a supprimé les APRF notifiés par voie postale et les a remplacé par des obligations à quitter le territoire français (OQTF) 

Certaines catégories d’étrangers sont protégés contre cette mesure d’éloignement.

 

Arrêté ministériel ou préfectoral d’expulsion : 

Certains étrangers, du fait de leurs condamnations pénales, peuvent faire l’objet d’un arrêté d’expulsion (AE). Celui-ci peut être pris par une préfecture, lorsque celle-ci estime que la présence de l’étranger en France constitue « une menace pour l’ordre public ». Préalablement à la prise de cet arrêté la préfecture doit convoquer une commission d’expulsion (Comex) qui entend l’étranger et rend un avis sur l’opportunité de l’AE. Cet avis n’est que consultatif. Lorsque l’expulsion constitue « une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou la sécurité publique » et/ou une « urgence absolue », cette mesure peut être prise par le Ministère de l’Intérieur (arrêté ministériel d’expulsion, AME). Dans ce cas, la Comex n’est pas forcément saisie. 

Il n’existe pas de définition de la « menace » ou de la « nécessité impérieuse ». Selon la jurisprudence, celle-ci s’interprète au regard de la gravité des condamnations, de leur aggravation et leur répétition dans le temps. 

L’arrêté d’expulsion n’a pas de durée de validité, c’est à dire qu’il est applicable jusqu’au jour où l’administration décide de l’abroger. 

Six catégories d’étrangers bénéficient d’une protection absolue contre l’expulsion (sauf en cas d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat, activités terroristes, provocation à la discrimination, la haine ou violence) : 

- l’étranger qui réside en France depuis l’âge de 13 ans 

- l’étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de 20 ans 

- l’étranger marié avec un ressortissant Français depuis plus de 4 ans et résidant en France depuis plus de 10 ans 

- l’étranger père ou mère d’un enfant français et résidant en France depuis plus de 10 ans 

- l’étranger gravement malade qui ne peut pas disposer de soins dans son pays 

- l’étranger mineur.

 

Catégories protégées : 

Certains étrangers, de par leurs attaches personnelles ou familiales en France (conjoint, enfants, long séjour, maladie, etc..), sont protégés de l’éloignement du territoire français. Ces situations sont recensées aux articles L.521-1 et L.521-2, qui définissent les catégories d’étrangers concernés par ces protections et l’étendue de celles-ci. 

On distingue les étrangers protégés contre un arrêté de reconduite à la frontière et ceux protégés contre un arrêté d’expulsion ou une interdiction du territoire français.

 

Centre de rétention : 

Tout étranger interpellé faisant l’objet d’une mesure d’éloignement peut être placé en rétention administrative, le temps nécessaire à l’organisation par la préfecture de son éloignement. Le délai maximal de placement en rétention est fixé à 32 jours. A l’origine simplement définis comme des « lieux ne dépendant pas de l’administration pénitentiaire », les centres de rétention sont, depuis un décret de 2001, désignés par arrêté ministériel. On en dénombre à ce jour 21 en France (dont 7 en région parisienne). Le mode de fonctionnement, les conditions matérielles et les droits des personnes retenues dans ces centres sont fixés par un règlement intérieur et 2 décrets d’application. Des membres de la Cimade sont présents dans chacun de ces centres de rétention.

 

Local de Rétention : 

Deux niveaux de rétention ont été créés par la législation : les centres de rétention et les locaux de rétention (LRA). Les LRA sont désignés par simple arrêté préfectoral (on en dénombre à ce jour plus d’une centaine) et ils permettent à la préfecture de maintenir un étranger en rétention dans des locaux de police ou de gendarmerie, pendant une première période ne pouvant dépasser quelques jours. S’il existe dans le ressort de la même cour d’appel ou du même tribunal administratif un centre de rétention, l’étranger doit être transféré dans ce centre dans un délai maximum de 48 heures. Si ce n’est pas le cas, il peut être gardé en LRA jusqu’à la fin des recours qu’il a engagé. Les conditions matérielles et les droits des étrangers en LRA ne sont pas définis par la loi (à l’exception du droit de téléphoner et de recevoir des visites). La Cimade est pour l’instant présente dans 19 LRA, dont 3 en Ile de France.

 

Double peine : 

La double peine a au moins deux acceptations : l’une vise le principe général qui permet selon la législation d’ajouter, pour les étrangers, une seconde peine d’interdiction du territoire français ou d’arrêté d’expulsion à une peine d’emprisonnement. Condamné pour le même délit, un Français et un étranger n’encourent donc pas les mêmes sanctions. 

La seconde acceptation, mise en avant par la campagne inter-associative contre la double peine, vise spécifiquement les étrangers disposant de toutes leurs attaches personnelles et familiales en France et frappés d’une mesure d’ITF ou d’un arrêté d’expulsion. Depuis la loi du 26 novembre 2003, certaines catégories très précises d’étrangers, ayant des attaches très fortes en France, sont presque totalement protégés contre une mesure d’éloignement.

 

Interdiction du Territoire Français : 

A la différence d’un arrêté d’expulsion ou de reconduite à la frontière, l’interdiction du territoire français (ITF) est une décision judiciaire, c’est à dire qu’elle est prononcée par un tribunal. Spécifique aux étrangers, elle peut être donnée en complément d’une peine d’emprisonnement (peine complémentaire), ou en remplacement de celle-ci (peine principale) et sa durée varie, selon le délit, d’une année à une interdiction définitive du territoire français (IDTF). 

En dehors des recours judiciaires « classiques » (appel, cassation), seule une requête en relèvement (ou un recours en grâce pour les ITF prononcées en peine principale) peut permettre d’enlever une interdiction du territoire. 

Jusqu’à la loi sur l’immigration du 26 novembre 2003, il n’existait pas de protection absolue contre une ITF. Le tribunal avait pour simple obligation de motiver spécialement sa décision lorsqu’il envisageait de prendre une telle mesure contre un étranger normalement « protégé ».

 

Zone d’attente : 

Créées par une loi de 1992, les zones d’attente sont des lieux de détention administratifs situés aux frontières aéroportuaires, ferroviaires ou terrestres afin de contrôler les arrivées d’étrangers démunis de visas. Le délai de maintien maximum est de 20 jours pendant lesquels la police aux frontières (PAF) et l’administration peuvent refouler un étranger sur la dernière ville d’escale ou d’embarquement. Pendant ces 20 jours, les demandeurs d’asile peuvent également faire l’objet d’une procédure rapide visant à déterminer si leur demande est fondée. Si tel est pas le cas, ils seront autorisés à entrer sur le territoire afin de déposer un dossier à l’OFPRA. 


Textes_____________________________________________________________________ 

 

 


Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) : 

Le CESEDA a pour but de rassembler tous les textes relatifs à l’entrée, au séjour, à l’éloignement des étrangers en France et au droit d’asile. Pour l’instant le CESEDA contient principalement l’ordonnance de 1945 modifiée et la loi du 25 juillet 1952, qui ne sont plus applicables depuis mars 2005.

 

Ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : 

Ancien texte de référence relatif à l’entrée, le séjour et l’éloignement des étrangers en France. Elle possédait la même valeur qu’une loi, fixait les règles de droit commun et s’appliquait sous réserve d’accords bilatéraux (comme l’accord franco-algérien). 

Depuis sa signature en 1945, elle a été modifiée à de très nombreuses reprises (loi « Pasqua » de 1986, « Joxe » de 1989, « Marchand » de 1992, « Quilès » de 1993, « Pasqua » de 1993, « Debré » de 1997, « Chevènement » de 1998 (pour ne citer que les plus récentes). La dernière modification a été introduite par la loi du 26 novembre 2003, dite loi « Sarkozy ». 

Depuis mars 2005, l’ordonnance de 1945 n’est plus utilisée puisqu’elle a été abrogée et remplacée par le CESEDA.

 

Convention de Genève : 

C’est une convention internationale, signé le 28 juillet 1951, qui définit les droits et devoirs que doivent garantir les Etats qui accueillent des réfugiés sur leur territoire. Son article 1er définit les critères d’obtention, de retrait ou d’exclusion du statut de réfugié. Les 40 autres articles définissent essentiellement les droits sociaux, économiques, juridiques, civils etc… accordés aux réfugiés.

 

Accord de Schengen : 

Cet accord européen instaure le principe de liberté de circulation pour les ressortissants des pays signataires et de suppression des contrôles frontaliers. Il comporte surtout de nombreux articles sur le renforcement de la coopération policière ou sur l’instauration du premier fichier européen, le SIS (système d’information Schengen), qui recense de nombreux étrangers.

 

Convention Européenne des Droits de l’Homme : 

La Convention européenne des droits de l’homme a été signée le 4 novembre 1950, et est entrée en vigueur le 3 septembre 1954. Elle a été ratifiée par tous les Etats membres du Conseil de l’Europe, et a été promulguée en France en 1974. 

Elle protège notamment les droits civils et politiques.

 

Loi : 

Règle écrite, générale et permanente, élaborée par le parlement. La loi possède une valeur inférieure à la Constitution et aux traités internationaux, et une valeur supérieure aux règlements et décrets.

 

Circulaire : 

Instruction écrite adressée par une autorité supérieure (ministère) à des agents subordonnés (préfets) en vertu de son pouvoir hiérarchique. Les circulaires sont juridiquement dépourvues de force obligatoire.

 

Décret : 

Signé par le Président de la République ou le Premier Ministre, un décret est destiné à assurer l’exécution d’une loi. Il est donc généralement beaucoup plus précis et concret qu’une loi, et fixe notamment la liste des justificatifs à fournir dans le cadre des différentes procédures.

 

Loi du 25 juillet 1952 : 

C’est la loi portant création de l’OFPRA et permettant à la France de mettre en application la Convention de Genève. Elle définissait les missions de l’OFPRA et de la Commission des recours des réfugiés ainsi que la procédure d’examen des demandes d’asile. Elle a été intégrée dans le CESEDA.

 

Jurisprudence : 

La jurisprudence est constituée par l’ensemble des décisions (ou arrêts) des juridictions de droit commun. 

Elle contribue à la formation d’un droit que l’on appelle coutumier et qui définit au travers d’un ensemble de décisions juridiques concordantes l’interprétation que les juridictions donnent aux textes (lois, règlements). 

Ce droit coutumier est donc évolutif, et reflète la volonté des juridictions de faire évoluer ou non la loi, en fonction des problèmes juridiques qui leur sont soumis. En effet la loi ayant une portée générale, elle ne peut prévoir toutes les situations découlant de son appréciation ni toutes les solutions. Le rôle de la jurisprudence est donc important car elle pallie les défaillances de la loi. 

La jurisprudence n’a pas de valeur juridique réelle ou obligatoire mais plusieurs décisions allant dans le même sens finissent par avoir force de loi.

 

Accord Franco-Algérien : 

En raison des liens historiques entre la France et l’Algérie et de la primauté des accords bilatéraux sur les lois internes, la circulation, le séjour et l’emploi des ressortissants algériens ne sont pas régis par l’ordonnance du 2 novembre 1945 mais par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Cet accord a été plusieurs fois modifié : le troisième avenant a été signé le 10 juillet 2001 et est entré en vigueur le 1er janvier 2003.

 

Les pouvoirs de l’administration____

 

Plein droit : 

La notion de délivrance de plein droit d’un titre de séjour signifie que l’administration doit délivrer le titre d’office lorsque l’étranger remplit les conditions. En théorie, le pouvoir d’appréciation de l’administration ne devrait donc pas intervenir dans tous les cas où la loi prévoit cette délivrance de plein droit. La seule marge de manoeuvre de l’administration devrait consister à vérifier que les pièces produites permettent d’établir que les conditions sont remplies. 

A l’inverse le préfet peut refuser de délivrer un titre de séjour quand bien même l’étranger remplirait les conditions, dès lors que la délivrance de ce titre n’est pas de plein droit.

 

Compétence liée : 

Lorsque l’on dit d’une autorité qu’elle a compétence liée pour prendre un acte, cela signifie qu’elle est obligée de l’exécuter lorsque les conditions légales sont réunies. Elle n’a donc pas de pouvoir d’appréciation.

 

Pouvoir discrétionnaire : 

Une autorité a un pouvoir discrétionnaire lorsqu’elle est libre de prendre la décision d’accepter ou de refuser (ex : une demande de grâce faite au président de la République est laissée à sa discrétion). 


La résidence en France____________

 

Stage : 

Condition d’ancienneté de séjour, pour une durée déterminée.

 

Séjour régulier : 

Un étranger remplit la condition de séjour régulier lorsqu’il est titulaire d’un visa en cours de validité, d’une carte de séjour ou d’une autorisation provisoire de séjour. L’étranger est également en situation régulière le temps de l’examen de sa demande de titre de séjour, lorsqu’il est couvert par un récépissé de demande ou de renouvellement de titre de séjour, par une attestation de dépôt de dossier ou même par une convocation à la préfecture. 

Enfin, un mineur n’étant jamais en situation irrégulière, son séjour est réputé régulier (même si son entrée en France ne l’est pas).

 

Entrée régulière : 

Un étranger remplit la condition d’entrée régulière lorsqu’il est entré en France avec un visa (s’il est ressortissant d’un pays soumis à l’obligation de visa d’entrée), même si celui-ci n’est plus valable.

 

Résidence habituelle : 

La résidence habituelle d’une personne doit être entendue comme le lieu où elle se trouve le plus souvent de manière stable, réelle et durable. 

L’étranger peut prouver sa résidence en France par tous moyens, en apportant au moins deux justificatifs de sa présence en France par an. 

Des absences courtes du territoire ne remettent pas en cause le caractère habituel de la résidence.

 

Résidence continue : 

La résidence continue en France implique que l’étranger puisse prouver sa présence en France mois par mois. Seules les absences pendant les vacances scolaires sont tolérées. 

 

 

 

 

Couverture Maladie__________________ 

 

Aide médicale de l’Etat (AME) :

 

 Cette prestation d’aide sociale permet un accès aux soins gratuit aux personnes qui ne peuvent pas être affiliées au régime général, ni sur critère socio-professionnel (Sécurité Sociale) ni sur critère de résidence stable et régulière (Couverture Maladie Universelle de base). 

Elle concerne principalement les personnes qui se trouvent en situation irrégulière en France. 

Les principales conditions sont la résidence en France depuis plus de trois mois (mais pas de condition de régularité du séjour) et le montant des ressources (le plafond dépend du nombre de personnes qui composent le foyer).

 

Ayants-droits : 

Ce sont les personnes qui bénéficient des prestations de l’assurance maladie du fait de l’affiliation de l’assuré. Elles doivent être à la charge de l’assuré ou de son conjoint et vivre sous son toit.

 

Couverture Maladie Universelle (CMU) : 

La Couverture Maladie Universelle se compose de deux volets, la CMU de base et la CMU complémentaire. 

La CMU de base est un mode d’affiliation au régime général d’assurance maladie (Sécurité Sociale), fondé sur un critère de résidence stable et régulière en France. Elle est destinée aux personnes en situation de précarité, et plus particulièrement à tous ceux qui n’ont pas accès au régime obligatoire de droit commun à partir des critères traditionnels d’affiliation (critères socio-professionnels), que ce soit en qualité d’assuré ou d’ayants droit. Les principales conditions pour en bénéficier sont une résidence stable en France (résidence habituelle en France depuis plus de trois mois) et une situation régulière (même sous couvert d’un titre de séjour précaire, un récépissé, une convocation à la préfecture). 

La CMU complémentaire est une sorte de mutuelle réservée à une population précaire déjà affiliée à la Sécurité Sociale (que ce soit sur critère socio-professionnel ou au titre de la CMU de base). Les conditions principales sont la résidence stable et régulière en France (comme pour la CMU de base) et le montant des ressources (le plafond dépend du nombre de personnes qui composent le foyer). 


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L’affaire Zemmour : A propos de sa Réhabilitation des « races » sur Arte ( Novembre )

Posté par issopha le 17 décembre 2008

 

 

L’affaire Zemmour

PAR Bernard Langlois

jeudi 11 décembre 2008

 


Qui fait métier d’écrire ne se fait pas que des amis. Sauf à ne traiter que de sujets consensuels, la plume trempée dans l’eau tiède.

Le bloc-notes, genre par nature subjectif et volontiers provocateur (qui vise à provoquer des réactions), expose particulièrement son auteur. En prenant ici la défense d’Éric Zemmour, journaliste (au Figaro) et écrivain qui se revendique « de droite et réactionnaire », je tends des verges pour me faire battre.

Et je me situe en porte-à-faux par rapport à bon nombre de gens que j’estime.

Mais pourquoi voler au secours de Zemmour, qui dispose d’assez de tribunes et de moyens de se défendre tout seul ? Parce qu’on ne se contente pas, comme il serait admissible, de contester au nom d’arguments scientifiques son affirmation de l’existence des races – ce qui relève du débat ; mais parce que, du fait de cette conviction par lui exprimée lors d’une de ces émissions de télé-bla-bla comme il y en a tant [1] et réaffirmée depuis, certains lui font un procès en racisme que je trouve infondé et vont, pour les plus véhéments (certaines associations comme le Mrap ou SOS Racisme), jusqu’à exiger son éviction des studios de télévision où il a son rond de serviette  [2].Une vraie chasse à l’homme. Inacceptable. Mais, au-delà de la personne de Zemmour et du procès qui lui est fait, je trouve la controverse intéressante sur le fond : faut-il, parce que des généticiens ont démontré que les différences entre les divers types humains étaient infinitésimales et que la notion de race n’était donc pas pertinente d’un point de vue scientifique (ce qu’on ne discute pas), faut-il interdire l’usage d’un mot qui, pour le plus grand nombre, exprime simplement une réalité sensible ?

Est-il donc raciste de parler de races ?

LA TERRE EST PLATE

Les races n’existent pas car, d’un point de vue génétique, on ne peut prouver leur existence, soit. Le mot « race » doit donc être rayé tout à la fois du langage courant, des dictionnaires et des déclarations des droits de l’homme, qui affirment que « nul ne doit être discriminé en raison (notamment) de sa race ». Peut-être en raison de mon âge, peut-être parce que je vis dans un milieu rural (et une vraie campagne bien bouseuse, proche de ce plateau de Millevaches où je vous affirme qu’on trouve plus de cul-terreux – j’emploie ce mot avec tendresse – que d’ultra-gauchistes !) et parce qu’il est parfois déjà bien difficile, ici ou ailleurs, de contrer des préjugés racistes et xénophobes assez tenaces, je trouve imbécile de décréter ainsi le bannissement d’un mot que des millions de gens ont appris à l’école communale et qu’ils emploient couramment pour désigner ce qui leur apparaît comme l’évidence : il y a des blancs, des jaunes, des noirs, des rouges ; ce sont des races différentes, composantes d’une même espèce humaine, différentes d’apparence mais non de fond et toutes également respectables et disposant des mêmes droits. Où est donc le racisme dans cette définition relevant du simple bon sens ? Je sais ce qu’on m’objectera : il arrive que nos sens nous « enduisent » d’erreur, comme disait l’autre ; et nous avons longtemps cru, en leur faisant confiance (à nos sens), que la terre était plate. Certes.

Je vais vous faire une révélation : la terre est bien plate, même quand ça monte. C’est la Terre qui est ronde.

GAMME CHROMATIQUE

C’est une maladie de l’époque de s’en prendre aux mots. À croire qu’ils font peur. Comme s’ils étaient en eux-mêmes porteurs de charges explosives. Aide-t-on plus souvent les non-voyants à traverser les rues qu’on ne le faisait naguère pour les aveugles ? Est-on plus respectueux des techniciennes de surface que des femmes de ménage, des préposés que des facteurs, et est-il moins raciste de dire (attention : blague, pas taper !) un « oiseau de couleur » plutôt qu’« un aigle » ? Le mot « race » est donc devenu tabou, indépendamment du sens qu’on lui donne et de la manière dont on l’emploie. Mais comme il faut bien tout de même arriver à se comprendre, on parlera de « type », ou d’« ethnie », voire de « gamme chromatique ». Chez les chaussettes à clous, par exemple, où le maintien de l’ordre exige qu’on puisse caractériser les suspects. On apprend ainsi par l’AFP que dans un projet de rapport au ministère de l’Intérieur du « groupe de contrôle des fichiers » (sous la haute autorité du criminologue fraternellement connu Alain Bauer), on propose l’expérimentation d’un fichage « combinant la couleur de la peau et l’origine ethnique ». Et l’agence ajoute cette précision cocasse : « La question qui a fait l’objet de débats concerne la manière de caractériser une personne : doit-on utiliser l’appartenance vraie ou supposée à une origine ethno-raciale ou plutôt se servir d’une gamme chromatique ? » On imagine le rapport du brigadier lambda : « L’un de suspects avait une peau blanche tirant assez nettement sur le rouge violacé ; son complice était jaune, avec de nettes nuances de brun sombre faisant penser à un individu aux origines probablement subtropicales. » [3] Amis policiers, quand vous partez en opé (arrêter chez lui un directeur de journal, par exemple), n’oubliez pas d’emporter, outre menottes et Taser, votre mesure-gamme chromatique réglementaire.

DE ZEMMOUR À DEVEDJIAN

Laissons là « l’affaire Zemmour » (qui n’est du reste une « affaire » que dans un périmètre restreint ne débordant guère le périphérique parisien) pour dire deux mots du nouveau ministre Devedjian. Je vais aggraver mon cas. Patrick Devedjian ne faisait plus l’affaire, aux yeux de l’Omnipotent, à la tête du parti majoritaire. On (le Prince) choisit donc de le sortir par le haut, comme il convient à un fidèle de toujours  [4]. On (le très haut de l’Élysée) imagina donc de créer à son intention un ministère nouveau, sans administration propre, budget ni attribution précise, un ministère in partibus, en quelque sorte, comme il existe des évêques de même étoffe. Le voici donc ministre du ramassage des balles et de la relance, quelque chose comme ça. Du coup, ça défouraille et ça tire de partout ; on rappelle cette vieille histoire archiconnue qui fait tache sur son CV : son engagement [5]dans un mouvement d’extrême droite musclée, Occident, dans les années 1960. Il avait 19 ans, il en a 64. Et a reconnu depuis lurette s’être fourvoyé dans une aventure politique qu’il considère comme « une erreur de jeunesse ». Faut-il vraiment encore et toujours ressortir cette vieille histoire ? Je suis de ceux qui pensent qu’un homme a le droit d’évoluer.

Fin des provoc’ : à vos martinets, j’incline vers vous, lecteurs courroucés, mon dos que j’ai large et jusque cette partie basse de mon individu qu’on dit charnue.

LE PÈRE DE MARTINE

Un livre, pour finir : dès la première ligne, l’auteur [6], Martine Storti, révèle ce qui a fondé ses engagements de toute une vie : « Ton père est un con, il n’a pas su se débrouiller. » Une phrase entendue quand elle était adolescente et qui ne l’a jamais quittée (elle a la soixantaine).

Sur la page de garde de l’Arrivée de mon père en France (c’est le titre de ce « récit »), la citation de Balzac en exergue éclairait déjà le propos : « Il serait mort vingt fois avant de solliciter quoi que ce fût, même la reconnaissance des droits acquis. » (La Duchesse de Langeais). Il sera donc question d’un père, venu de l’étranger (en l’occurrence l’Italie), d’origine modeste, et qui resta toute sa vie l’humble ouvrier ajusteur qu’il était à ses débuts : c’est du reste sans doute d’avoir trop respiré d’amiante que Matteo est mort prématurément d’un cancer de la plèvre, comme tant d’autres, à une époque (1970) où le scandale n’avait pas encore éclaté. Ouvrier toute sa vie, non qu’il fût con, mais parce qu’il était fier. Et ce n’est pas du tout la même chose. On apprend bien plus avant dans le livre qui s’est permis de porter ce jugement sans nuance sur un homme devant sa fille : c’est la propre sœur de Matteo, Lucia, donc la tante de Martine. Or, il se trouve que Lucia et Gino, son mari, sont aussi les employeurs de ce Storti, du même village que lui et pas mieux lotis, qu’ils l’ont précédé en France de quelques années à peine, qu’il les a rejoints pour bosser avec eux dans ce qui n’était alors qu’un atelier installé dans un sous-sol de banlieue (Colombes), où ils n’étaient qu’eux trois à œuvrer, et qui est devenu au fil des ans (avec une accélération assez nette entre 1940 et 1945…) une usine de 2 000 personnes aujourd’hui. Ils ont partagé la même mouise, le même acharnement au travail : les patrons sont devenus riches, propriétaires, outre de leur belle demeure banlieusarde, d’une villa sur la Côte et d’un manoir solognot, et roulent en Chrysler (faut ce qu’il faut) : Matteo, Thérèse et leurs deux gamines sont toujours restés locataires et ont attendu 1958 pour pouvoir s’offrir une Citroën d’occasion. Pourquoi n’avoir pas quitté « cette putain d’usine » ? En l’absence de certitudes, plusieurs réponses possibles évoquées, dont la plus solide semble être la présence de la nonna, la grand-mère, garante de l’unité familiale, logée dans la belle villa de l’oncle-patron qui jouxte l’entreprise et à qui son père rend visite chaque jour en sortant du turbin… « Ton père est un con… » ; et Martine s’interroge : « Ai-je compris que ma tante m’avait donné ce jour-là la clef du fonctionnement réel de la société réelle ? » Sans doute. Ne la quittera plus jamais en tout cas cette conviction que « derrière le fric, la fortune, il y a toujours de l’exploitation, de l’humiliation d’autrui, que la richesse est toujours injuste, illégitime, qu’elle est une faute ».

Je ne vous ai livré là qu’un aspect de ce bel ouvrage – beau dans l’inspiration comme dans l’écriture – qui n’est pas seulement un hommage filial réussi et l’itinéraire reconstitué d’un père dont elle ne sait au fond que peu de chose, non plus qu’un règlement de compte (encore que Martine ne dénie pas ce dernier aspect), mais aussi une réflexion, nourrie de rencontres et de choses vues sur le terrain (où la pousse ce besoin de sentir les choses qui n’a pas quitté l’ancienne journaliste : à Calais ou Lampedusa pour aujourd’hui, ou, pour hier, à Pithiviers ou Beaune-la Rolande, où se dressaient ces camps pour « israélites », comme on disait sous Vichy), sur l’immigration en général, ses douleurs, ses humiliations, sur l’engagement, l’héroïsme ou la lâcheté, voire la saloperie ambiante. Avec, depuis les vingt dernières années du XXe siècle et la première décennie du XXIe, la remontée d’une idéologie de l’exclusion et du verrouillage qui a résisté à tant de vains contre-feux que l’on doit bien constater, Sarkozy regnante et la gauche en charpie, « une défaite idéologique quasi totale ». Triste ce bouquin ? Non, car aussi traversé de rires, de chansons, d’opéras et de cuisine italienne (« les raviolis doivent se reposer une nuit entière »). Grave, oui. Sans compter cette érudition discrète, offerte sans être jamais plaquée : de Beauvoir à Saint-John Perse, de Proust à Zola en passant par Apollinaire (« Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants… »). Si m’en croyez, lisez Storti, vous ne serez pas déçus [7].

Notes

[1] « Paris-Berlin : le débat » du 13 novembre sur Arte.

[2] Notamment dans l’émission de Laurent Ruquier sur France 2, où il chronique les livres en tandem avec Éric Naulleau, ou sur I-télé, où il converse régulièrement avec Nicolas Domenach.

[3] À lire sur le site de la LDH Toulon : « Alain Bauer et les quarante fichiers de police »

[4] Dans les affaires ou en politique, un « fidèle de toujours » est quelqu’un qui vous a vu grandir et sait sur votre compte tant de choses gênantes ou compromettantes qu’il vaut mieux le garder au chaud.

[5] Avec ses copains Alain Madelin et Gérard Longuet, notamment.

[6] Ou préfères-tu « l’auteure », Martine, toi que je sais féministe, mais qui est aussi inspectrice de l’Éducation nationale ? Perso, je trouve cette féminisation hideuse…

[7] L’Arrivée de mon père en France, Martine Storti, éditions Michel de Maule, 220 p., 20 euros.

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27 Messages de forum

  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 10:40, par Patrice GUILLAUME

    Merci beaucoup pour cet article, Bernard Langlois et ce, à plus d’un titre. Dans les années 64-65, nostalgique de l’Algérie Française, j’ai navigué dans la mouvance de l’ex-OAS et militait chez les étudiants nationalistes ! Appartenant à la frange « socialiste » de l’extrème-droite, en 68, cohérent avec moi-même, j’ai pris parti pour les ouvriers et étudiants. Après quelques années de pérégrination dans les Comités d’action, dans la mouvance anar et gauchiste, je me suis syndiqué CGT et aie rejoint le PCF sur des bases philosophiques et non celles du programme commun. Depuis, j’ai participé à tout ce que j’ai pu : luttes syndicales, sociales, féministes, antiracistes …..bref un bon petit soldat ! Alors, si je n’aime pas Devedjian, vous comprendrez que je ne n’admette pas que l’on puisse lui reprocher son passé d’autant plus qu’il l’assume. Quant à Eric Zemmour, qui n’est pas bien évidemment ma tasse de thé, je me suis senti bien seul à ne pas trouver de quoi fouetter un chat !

    D’ailleurs j’ai un critère de jugement : je regarde ce que dit et fait le MRAP et j’envisage aussitôt avec intérêt la position adverse, compte tenu des thèses communautaristes du très réactionnaire Mouloud Aounit !

    Cà ne marche pas à tous les coups, mais çà stimule la réflexion !

    Cordialement

    Patrice Guillaume

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  • Oiseau de couleur vs aigle

    11 décembre 11:07, par JR

    J’ai relu trois fois la blague avant de la comprendre… Délicieuse. Continuez à penser à rebrousse-poil de notre pensée trop unique et de secouer nos idées si bien reçues, même de gôche !

    Voir en ligne : http://abcdetc.wordpress.com

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 11:43, par J

    Mais ça va pas la tête ?

    D’abord, as-tu vraiment, toujours, besoin de préciser la couleur de peau des gens dont tu parles ?

    Ensuite, j’ai du mal à comprendre comment, dans un même article, tu peux écrire « Les races n’existent pas […], soit. » et « ce qui leur apparaît comme l’évidence : il y a des blancs, des jaunes, des noirs, des rouges ; ce sont des races différentes […] »

    Mais nom d’un chien, tu viens de le dire : y’a des Blancs, des Jaunes, mais ce ne sont pas des RACES, puisque ça n’existe pas ! Ce sont… des couleurs de peau. Point. D’ailleurs, viens dans mon quartier, tu feras moins le malin, tiens, avec tes cinq couleurs, à déterminer si mes voisins sont plus blancs que noirs ou plus gris qu’olivâtres (quant à leur nationalité, tu serais surpris !)

    En plus, tu feins de négliger que ce mot, race, comporte deux aspect : non seulement une série d’apparences (la couleur de peau, la forme du nez, le type de cheveux), c’est ce à quoi tu fais référence, mais encore une appartenance ethnique (Blacks = Africains. Jaunes = Asiatiques), qui est désormais une vision PÉRIMÉE du monde, dans les sociétés occidentales en particulier. Le mot race n’est donc pas bien adapté à ce que tu veux dire.

    En prime, le mot race implique parfois un troisième aspect, carrément contestable, de généralisation abusive (Noirs = Africains (d’ailleurs l’Afrique est un pays) = sont pauvres et vivent dans une case et pile du mil. C’est la charnière entre racialisme et racisme, quelque chose comme ça).

    Ce deuxième, voire ce troisième, aspect fait partie intégrante du mot race, et quand tu emploies le mot race, il est entendu et reçu par tes interlocuteurs… Et ils t’assimilent à Eric Zemmour (alors qu’on sait bien que ce n’est pas le cas). C’est pas cool.

    Enfin, faut-il y voir un effet de génération (j’ai trente-cinq ans) ? Pour moi, le mot race fait référence, avant les nobles intentions de la déclaration universelle des droits de l’Homme (le mot n’est PAS dans les déclarations françaises des droits de l’Homme), avant l’article 13 du Traité sur l’UE, aux … Nazis et à leur sinistre vision de l’humanité. Alors du coup, oui : pour moi le mot race, tel que je viens de tenter de décrire, est un mot odieux, et je l’évite

    Voilà. à ton service pour débattre.

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 13:32

    Je suis relativement abasourdi par cet article. L’auteur fait semblant d’ignorer que derrière l’expression « race noire » se cache toute une batterie de préjugés ou de filtres d’appréhension de l’autre permettant de le classer dans une catégorie d’indvidu. Il ne nous fera pas croire qu’il n’y auucne différence entre « cet homme est de race noire » et « cet homme est de race « couleur de cheveux blond »". Derrière le mot race, il y a une première évaluation ou jugement de la personne qui est en face de nous. Est-ce d’ailleurs pour rien si Zemmour glisse très facilement du classement en races au classement et à la hiérarchisation des cultures ??? L’auteur fait semblant d’ignorer que la race noire ne désigne rien. Que ferons nous des metis ? Des personnes plus ou moins foncés ? Un enfant de Viet Namienne et Sénagalais, sera classé et décrit comment par MM. Zemmour et Langlois ? De race caca d’oie ??? (je précise que je suis métis). On ne s’en prend pas aux mots mais à ce qui, comme tous les mots, est transporté par ces mêmes mots :préjugés, évaluation de l’autre, etc. Autre stupidité (pardon, mais c’en est une) : pourquoi ne pas tolérer « mongolien » ou « négro » ou « bougnoule » parce que les gens, les gens de la France profonde ou les jouralistes réactionnaires (oui, il est un temps où l’on peut se vanter d’être réactionnaire), mais pas qu’eux, utiliseraient ces mots ? Ok pour , ou plutot contre, la chasse aux Zemmour, mais il y a des causes plus importantes que la défense des pseudo-généticiens du Figaro. Sans rancune.

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 14:11

    Un chat est un chat.

    Un noir est un noir, un blanc est un blanc, un mulâtre (noir x blanc) est un mulâtre, et un métis (indien x blanc par exemple), est un métis.

    Il y a aussi des jeunes, et il y a des vieux. Tous ces idiomes se valent, et désignent un type précis d’individus.

    Concernant les races, il y a des races d’oiseaux, de chats, de chiens… et ces animaux sont alors très peu différenciés génétiquement, comme les races humaines, et pourtant ils sont eux aussi distingués par leur nom car ils ont des traits divergents (couleur, taille, longueur des pattes ou du museau, forme du bec etc.). Rien ne vient permettre d’estimer une de ces races aux dépens de l’autre. Alors… Où est le problème ? Race est un terme qui, employé sainement, est sain. Vieux également. Je préfère de très loin « vieux » à l’horrible et condescendant « petits vieux » !!! Utilisons donc les mots sans y mettre sans arrêt des complexes qui n’ont pas lieu d’être, ou nous y perdrons non seulement notre latin, mais aussi notre Français (le processus est déjà bien entamé).

    La dénégation, le mépris, semblent bien plutôt résider dans la pensée de qui utiliserait le mot race dans cet état d’esprit. PAS dans le mot lui-même. Je n’ai aucune réticence à parler de race, ni de vieux, ni de chats. Que l’on parle de race blanche et de race noire ne me gêne absolument pas. C’est clair, et en aucun cas irrespectueux pour qui que ce soit, ni pour les blancs, les noirs, les jaunes, ni pour les vieux, ni pour les chats.

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 18:37

    Il est triste et navrant de voir à quel point la pensée unique de gôche empêche la réflexion et la pensée individuelle. On croirait presque assister aux débats internes du PCF. Si j’ai bien compris les estimables antiracistes s’exprimant sur ce Blog, un noir est un membre de la race humaine de couleur noire. Finalement la blague de l’aigle, ce n’est pas une blague !

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 20:05, par Encore

    Et un nègre est nègre ? Qui est choqué ? Dans mon village, on les appelle comme ça depuis des années, alors ne luttons ni contre les mots ni contre les idées qu’ils véhiculent.  » Rien ne vient permettre d’estimer une de ces races aux dépens de l’autre. Alors… » Alors ? Monsieur ne sait pas que l’on sélectionne ou croise des races de chien, de chat , de veau parce que l’on prétend que certains ont plus de valeur (esthétique ou de rendement) ??? Oui, à bas le politiquement correct, la bien pensance, et revenons 50 ans en arrière, c’était tellement mieux pour les personnes que les droits de l’hommistes veulent défendre à tout prix !!!!!

    Ps : Un mulatre ?? Oui, c’est bien le problème ! En Amérique, ils classaient les gens en fonction de leur croisement : mère blanche x père noir= ? père blanc x mère blanche =….Et ainsi de suite pour tous sauf……les blancs ! Un chat est un chat ????

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  • L’affaire Zemmour

    11 décembre 22:09, par Marguerite Bialas

    Enfin des paroles raisonnables à propos du mot « race » qu’en effet, on n’ose plus prononcer (cf. ce qui est arrivé à Eric Zemmour). J’adore la référence aux déclarations des droits de l’homme dans l’article de Bernard Langlois !

    J’encourage vivement B L à rester libre de ses pensées et je le remercie de les partager avec nous.

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 10:42

    Tu n’as rien compris du tout.

    Un Noir est un Noir, il n’y a rien d’autre qu’on puisse en dire. Il ne fait pas partie d’une quelconque « race » noire (ou semi-noire, ou marron, etc), PUISQU’IL N’Y A QU’UNE SEULE RACE, CHEZ LES HUMAINS, et c’est la race humaine !

    PS : l’article « race humaine » de wikipedia est très bien fait…

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  • Genre humain

    12 décembre 12:41, par dom

    La Haute Autorité en Santé (HAS), organisme public d’expertise scientifique, dans un rapport de 2006 concernant la mesure de la densité osseuse des populations(ostéodensitométrie), conclue qu’il vaut mieux, concernant les facteurs de risque favorisant l’ostéoporose, être (textuellement) homme de race noire ou hispanique que femme de race blanche ou asiatique.

    Aussi provocatrice que Zemmour la HAS ? Quoi ? On aurait laissé publier ce texte sans y opposer de bronca ? Discriminer ainsi les hommes, les femmes, les noirs, les asiatiques, en fonction de la qualité de leur ossature…… scandaleux !

    Exigeons l’annulation de l’article 19 de la DUDH, et inquiétons la HAS et Zemmour pour ces opinions inacceptables qu’ils cherchent à répandre par delà les frontières et par tous les moyens. Oui, lançons nous dans la chasse à l’homme qui ose tout et surtout manipuler les mots interdits.

    Et dans notre soif, raisonnable, de justice et de vérité universelle, lançons nous aussi à l’assaut de l’article 18 de cette satanée DUDH qui permet à des types comme Devedjian de changer d’opinions comme de chemise, finie, abolie, écrabouillée la liberté, ignoble, de changer de convictions !

    En avant pour une civilisation uniformisée, dans les tons bien grisâtre, sans aspérité, où il ne sera plus question de peindre du blanc sur du noir ou du noir sur du blanc merde à la fin, où il ne s’agira plus de se révéler les uns les autres mais d’être tous, au garde à vous. De la pensée unique.

    Nous serons alors tous caca d’oie.

    Et ce sera chouette.

    Voir en ligne : http://uneepoqueformidable.unblog.fr/

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 13:13, par Charp

    Je connais mal l’affaire Zemmour, mais assez pour estimer qu’il faut combattre ce genre de personnages : en voulant réhabiliter le mot « race », il cherche clairement à réhabiliter au moins certains préjugés racistes, à entretenir la division des peuples, si utile aux pouvoirs.

    Seulement s’il peut se permettre de le faire de manière aussi détournée, c’est aussi parce que certains confondent lexicographie et combat contre l’injustice.

    En soi, et par d’autres, le terme de « race », pour être dépourvu de fondement biologique, n’est pas dépourvu de sens : un être discriminé pour sa race l’est précisément pour appartenance à une collectivité supposée sans fondements biologiques.

    A ces frileux du langage, je préfère l’attitude d’Aimé Césaire et Senghor qui, plutôt que de s’effaroucher du mot « nègre » s’en firent un drapeau.

    Voir en ligne : Négritude

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 14:52, par Augustina

    Monsieur,

    « [...] faut-il, parce que des généticiens ont démontré que les différences entre les divers types humains étaient infinitésimales et que la notion de race n’était donc pas pertinente d’un point de vue scientifique (ce qu’on ne discute pas), faut-il interdire l’usage d’un mot qui, pour le plus grand nombre, exprime simplement une réalité sensible ? Est-il donc raciste de parler de races ? ».

    1°) Comment se fait-il alors que malgré une démonstration indiscutable, on continue de faire usage du terme de race pour faire une discrimination de fait. C’est-à-dire que le fruit de la recherche biologique est du côté du réel, alors que sa négation est du côté de l’imaginaire. Il y a bien une confusion de registres qui crée une « apparente » polémique, « la réalité sensible » dont vous parlez se situe du côté de l’imaginaire et ne peut donc relativement à la démonstration scientifique n’avoir de valeur de vérité qu’imaginaire : il s’agit d’un glissement de champs, d’une métonymie.

    Imaginons maintenant que quelqu’un vienne nier un autre réel, l’existence des chambres à gaz… Il se situerait dans une réalité sensible parce-qu’il ne les a pas vues de lui-même, qu’il n’a pas assisté à l’exécution massive dans les chambres à gaz…

    2°) Est raciste celui affirme l’existence de races humaines et ce depuis la découverte qui démontre exactement le contraire. Il ne s’agit pas d’interdire un mot mais de reconnaitre un raisonnement négationniste.

    Au plaisir de vous lire. Augustina Bourrelly

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  • Pas science.

    12 décembre 16:03, par Minima

    M’enfin Bernard, tu torpilles toi même ton billet d’humeur…

    Tout en t’en gardant, quelque part, tu opposes la science à ce qui s’apparente à de la « compréhension naturelle des choses »… pour terminer en beauté par cette assertion que la Terre est ronde !!!

    Question de « bon sens » : les races existent de fait (avec des limites) et la Terre est ronde…

    Ben non. Les deux sont du propos de comptoir : facilement compréhensibles par tous mais rigoureusement incorrects.

    Je ne reviendrais pas sur le fond de ton bloc-note, j’en comprends l’idée générale sous-tendue, mais là, tu t’assassines tout seul sur la fin : trois malheureuses petites lignes qui décrédibilisent l’ensemble.

    Je sais, ton billet d’humeur n’a pas vocation à être scientifique… … mais quand même, « la Terre est ronde » !!! Tu me la copieras celle là !

    Sylvie Séquier

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 16:23

    Il me revient à l’esprit que les etres humains semblent devoir être prochainement catalogués en type (caucasien, etc… dont un très méchant)

    Ensuite, il me souvient de ces abominables truands au teint basané (cf nord de l’Afrique) qui font si peur à la France profonde au même titre d’ailleurs que les délinquants de type maghrébin (je l’ai retrouvé).

    On voit bien que la lutte contre les mots ne suffit pas, ce qui convient c’est de lutter contre les causes !

    Continuez camarade Langlois !

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  • L’affaire Zemmour

    12 décembre 21:15, par Jean-Yves Vlahovic

    Provocation ?

    Perso, je trouve l’article de Bernard Langlois très provocateur (ce qu’il assume, tant mieux). Pourquoi vouloir défendre tout prix Zemmour, qui ne sait plus ni quoi dire ni quoi faire pour montrer qu’il existe ? Il bénéficie de suffisamment d’appuis dans le milieu médiatique pour vouloir s’en faire le défenseur. Quant au concept de « race », scientifiquement il n’existe pas, c’est comme cela et c’est tant mieux. Tout au plus peut-on parler de race humaine, chevaline, canine, … Certes, et c’est tant mieux, il existe au sein d’une même « race », des différences cutanées, morphologiques, linguistiques, culturelles… Et là, il vaut mieux effectivement parler de « types » ou d’ »ethnies », sans que cela induise un quelconque déterminisme. Certaines foisn je préfère Bernard Langlois en critique de livres. J’en ai déjà acheté plusieurs par ui conseillés et je n’ai pas eu à le regretter. Si cet article était fait dans le but de faire réagir, ça c’est fait. Allez, salut Jean-Yves Vlahovic

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  • L’affaire Zemmour

    13 décembre 09:01, par Thierry

    Pour moi c’est pas le fait d’affirmer qu’il y ait des races différentes qui me choque, ce serait le fait de dire qu’il y en a une supérieure à l’autre.La gauche de la gauche (dont je partage de nombreuses idées)est la premiére à regretter le politiquement correct abreuvant les médias.A la force de dire que telle idée est interdite d’expression (même si je ne la partage pas)on ne pourra plus débattre de rien.A quand l’impossibilité de dire que dans l’espèce humaine il existe des hommes et des femmes au nom du principe de non discrimination et de l’égalité des sexes.

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  • L’affaire Zemmour

    13 décembre 09:14, par PMB

    (avec une accélération assez nette entre 1940 et 1945…)

    Pas nécessaire de nous faire un dessin, hein ! Sûr que la tante et l’oncle Picsou ont bien su se « débrouiller » !

    Un aspect dur de cette histoire, c’est que cet homme a été exploité en famille. On n’est jamais si bien trahi que par les siens.

    Voir en ligne : http://http://tinyurl.com/67j7vy

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  • L’affaire Zemmour

    13 décembre 09:16, par PMB

    (Lien mal donné. Milexcuz !)

    Voir en ligne : http://tinyurl.com/67j7vy

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  • L’affaire Zemmour : Putain de ta race

    14 décembre 12:57, par Zoë Lucider

    Voilà qu’elle revient la vieille tentation de l’utiliser ce terme que les ethnologues (Lévi Strauss un des premiers), les biologistes et autres observateurs de l’humaine aventure, ont depuis déjà quelques lunes dénoncé comme arrogante billevesée des semi Albinos du Nord pour justifier leurs coutumes barbares d’assassinat, de viol et de captation, dont ils ont tiré leur soi-disant suprématie civilisationnelle et dont ils persistent à démontrer l’excellence grâce à leur génie balistique. Il y aurait une polémique en cours. Bernard Langlois s’en mèle (Politis semaine du 11 au 18 décembre) et aurait mieux fait de s’abstenir. Défendre Eric Seymour (mouais) en appelant à la rescousse l’usage par les culs terreux d’un terme banalisé dans leur pratique, ça va pas Langlois ? Rappelons que ce terme est utilisé pour fonder à partir de critères choisis comme discriminants (au sens de la science classificatoire) et ordonner sur une échelle de performance les unités discrètes en question. Or s’il peut être utile (encore que…) de distinguer chez les chiens les races de bergers des races de courants, chez les chevaux les percherons des alezans, les persans des siamois pour les matous, les blanches des grises pour les souris, on sait bien que derrière cette activité de classement il y a une distribution et une assignation des fonctions. Les laitières donnent des veaux et du lait, les castrés du biftek et les taureaux de « l’émotion esthétique ». Et pour les humains, les Blancs des traders, les Noirs des balayeurs, les Jaunes des ouvriers innombrables et silencieux, les Rouges les derniers primitifs pour ethnologues compatissants. N’oublions pas la race féminine. Il n’y a pas de raison pour que le taux de mélanine ou la courbure du nez soit un caractère distinctif plus signifiant que la forme des appendices sexués. Taillable, corvéable, engrossable, castagnable à merci. Merci pour elles. Pour ma part la race que je serai prête à flanquer dans des camps de contention pour éviter les dégâts qu’elle engendre serait celle des vieux mâles, de toutes les couleurs dès qu’imbus de leur suffisance, ils se croient autorisés à faire marcher au fouet, ceux qu’ils ont assujettis grâce notamment à ces discours pernicieux et dénués de tout fondement justifiable. Je ne les martyriserais pas ; les obligerais simplement à se supporter les uns les autres et à s’autosuffir sans recourir à la kyrielle de larbins qui leur permet de dédier tout leur temps à se regarder le nombril en s’émerveillant de la délicatesse de leur dessein. Je sais, c’est violent et infaisable. C’est eux qui ont la haute main sur la mitraille. C’est même la raison qui les a portés à être si inventifs en la matière, la crainte de la révolte de leurs serfs. Puisqu’on ne peut encore leur retirer leurs jouets les plus dangereux, refusons au moins de leur permettre de continuer à prolonger leur mythologie mafieuse. Race, racialité, racisme, Merdre messieurs les Trous d’Ubu.

    Voir en ligne : Putain de ta race

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  • L’affaire Zemmour

    15 décembre 09:34, par Isa

    Merci Bernard Langlois pour ce texte courageux. Il faut déjà avoir la force de ne pas céder au terrorisme intellectuel qui place tout contradicteur dans une posture infamante. C’est une maladie scientiste que de chercher à légitimer la valeur égalité par la science. Cela conduit au déni de la réalité, de l’altérité, et mène à faire le jeu de nos adversaires (les vrais racistes qui croient à la supériorité d’un groupe sur l’autre). L’Egalité n’existe dans aucune expérience de laboratoire. C’est un des arbitraires qui fondent notre humanité et notre capacité d’émancipation. Quand les chrétiens ont décrété que tous les hommes étaient égaux devant Dieu, ils ne l’ont pas fait sur une base scientifique en comptant les chromosomes mais au nom d’une intuition spirituelle. Scientifiquement, en revanche, Einstein n’est pas l’égal de l’idiot du village comme la jambe du Pygmée et différente de celle du Massaï. Nier les différences est absurde. C’est en avoir peur alors qu’elles sont le bonheur de la vie.C’est un des drames réguliers de la Gauche de confondre indifférenciation et émancipation au nom d’un égalitarisme mal compris. Un vieux sujet de débat. Isabelle

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  • L’affaire Zemmour

    15 décembre 12:58, par Henri, de Besançon

    Ci-après un petit extrait de ce qui est écrit dans l’article du site d’ACRIMED, article qui a lancé l’affaire Zemmour. l’article n’appelait nullement à un lynchage médiatique de Zemmour, mais constatait avec effarement l’incapacité de la journaliste-animatrice à réagir en journaliste consciencieuse aux provocations dudit Zemmour. Dans un article ultérieur d’ACRIMED, c’est encore plus le montage « frauduleux » de l’émission qui est mis en cause (coupures des protagonistes qui répondent sur le fond à Zemmour)

    extrait donc :

    La suite du « débat » vaut également son pesant d’or. Interrompu au début de l’échange, Zemmour revient sur le deuxième « métissage » dont il voulait parler, et qui, selon lui, est « culturel ». S’il s’accorde à dire qu’il y a toujours eu un métissage culturel en France, il regrette en revanche la disparition de la « hiérarchie des cultures », qui faisait de la culture « française » la culture prédominante et favorisait ainsi l’« assimilation » des populations « étrangères » jusque dans les années 1970. Il explique : « Moi je crains que comme aujourd’hui on a supprimé cette hiérarchie, comme aujourd’hui on estime que toutes les cultures se valent, qu’on est un mélange de différentes cultures égales, et que ça, c’est ça qui nous mènera au multiculturalisme et donc à l’affrontement des cultures et donc des communautés. » Une « thèse » résumée dès son entrée en plateau : l’alternative au « multiculturalisme », « c’est une culture pour des races différentes ! » Est-ce à dire qu’il y aurait plusieurs « races » différentes mais égales entre elles ( ? ??) alors qu’il y aurait plusieurs cultures (ce que personne ne nie…) mais d’inégale dignité ?

    fin de l’extrait

    C’est là la véritable critique dont on ne peut exonérer Zemmour à si bon compte. Son aimable innocence (Le Robert définit le mot race, donc les races existent, tout comme sans doute les fantomes, les archanges, et les démons) et son ton gentiment humoristique ne lui permettent pas d’occulter sa conviction intime de la supériorité de la race, comment dire, aryenne ? pardon, gréco-blanche c’est plus culturel.

    Finalement Zemmour ne se distingue guère de QuelleCrotte (à moins que ce ne soit un autre philosophe médiatique, ma mémoire flanche) déplorant l’équipe de France de football Black-black-black dans un journal de gauche israélien. Il est simplement un peu plus astucieux, car Le Pen aurait dit à QuelleCrotte que pour courir, NATUREllement, ils sont meilleurs, les noirs, tandis que pour réfléchir … pour la culture, n’est-ce pas … Et que donc la seule chose que l’on puisse vraiment leur reprocher, c’est leur manque de culture : ils ne savent pas chanter la Marseillaise par exemple

    Voir en ligne : Éric Zemmour réhabilite les « races »

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  • L’affaire Qui ?

    15 décembre 13:59, par Philippe

    Non non, il ne fait pas semblant ! Il est comme l’animateur télé suscité, il est naïvement persuadé de ce qu’il raconte, et pense, tout aussi benoitement, qu’il s’adresse à de farouches donzelles éffrayées par des mots, aha.

    Parce que vous comprenez, l’auteur fait « métier d’écrire ». Il ne se fait donc pas « que des amis ». Essayez de vous représenter le calvaire de l’auteur, entouré de (que dis-je, submergé par) nous autres imbéciles ! Qui font métier d’autre chose !

    C’est dingue ça, qu’avons-nous ? Des gens de bonne volonté que des *générations* à vivre ensemble ont formés, disons même rompus à la subtilité de l’ethnologie de quartier (CF le poste de « J » infiniment plus *utile* que l’article, qui part dans tout les sens et n’est pas (je suis désolé hein) techniquement valable – Fautes de syntaxe, de style, digressions hors-sujet, auteur s’écoutant parler, démagogie et pour commencer, propos de départ non avenu, etc) et en face, de tristes sires (qui font métier d’écrire, haha, j’en rigolerai encore ce soir dans mon lit de celle-là) appliqués à NIER la réalité la plus factuelle : Celle de la rue, celle des dictionnaire, celle des lumieres ! Eric Zemmour, dites-vous ? Je n’ai pas la télé, qui est-ce ?

    Salut@tous et restez calme, zen, Ômmmmm ;)

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 08:48, par B.L.

    Quelle hargne, ce Philippe !

    Si c’est ce qu’il appelle être zen …

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 08:53, par B.L.

    Henri, je n’ai jamais dit qu’Acrimed appelait au « lynchage médiatique » de Zemmour.

    Par ailleurs, il va de soi que je suis en complet désaccord avec la 2 eme partie de l’intervention dudit Zemmour.

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 10:29, par Ndjocka

    Bernard Langlois (et non Politis, j’espère) qui soutient Zemmour, on aura tout vu. Ledit Zemmour qui n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, en matière de beaufferies en tout genre, ce dont Mr Langlois ne daigne pas tenir compte. Passons sur l’auto-suffisance de notre chroniqueur (bien aimé par ailleurs) qui affecte de prendre de haut les réactions à son article. Je me joins à un intervenant ci-dessus pour lui demander (à lui et à son nouvel ami) ceci : mon père est de « race noire », comme vous dites, ma mère et de « race blanche », comme vous dites, de quelle race suis-je donc ? J’attends la réponse éclairée de celui qui ne s’embarrasse pas de nuances, au contraire des myriades d’imbéciles qui pensent les choses ne sont pas si simples que les Zemmour et consorts voudraient le faire croire. Vous pouvez rire grassement en imaginant notre maréchaussée s’atteler à un contôle au faciès, mais je trouve, moi, qu’il serait bon que les flics (et vous) apprenneniez qu’il existe autre chose que « l’individu de race noire », ou « l’individu de race blanche ». Merci également à l’intervenant qui rappelle à un autre qu’on peut compter maintes différences entre deux races de chiens, tant d’aspect que comportementales, mais qu’il n’y a pas lieu de faire un lien avec ce qui sépare un Peul du Burkina et un rouquin bavarois, et qui est de l’ordre de l’infinitésimal. Sans rancune.

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  • L’affaire Zemmour

    16 décembre 11:41, par dom

    Hyper intéressante la suite du débat, donnée par ACRIMED, via Henri, de Besançon.

    J’entends qu’il y est question d’un hypothétique « affrontement des communautés » par « multiculturalisme » dû à un défaut « d’assimilation » (à une culture d’un pays donné).

    1. Perso, je pense que « l’affrontement des communautés » est un postulat. Au même titre que le « choc des civilisations ».

    2. Je ne peux donc être d’accord avec Zemmour. Ni affrontement, ni choc. Pure propagande.

    3. Mais, si je me donne la peine d’entendre son postulat de départ, j’arrive à comprendre que, pour éviter un « affrontement des communautés » pouvant être induit par le « multiculturalisme », il en arrive à parler d’une « culture globale (un pays donné) assimilante, afin que chacun, d’où qu’il vienne, s’en sente partie intégrante, malgré son identité propre. Rassembler sous une même bannière.

    4. Il n’a jamais utilisé le mot « dignité ». Mais s’il a utilisé le mot qui tue « hiérarchie », je le comprends uniquement dans le sens quantifier la culture dans un pays donné à un moment T, et non qualifier. Pas de racisme donc. N’allons pas chercher la petite bête.

    5. Rien ne me choque dans ce que dit Zemmour. Si ce n’est cette redondance dans l’hypothèse d’un choc ou d’un affrontement.

    6. Résistance donc.

    Pour finir : j’espère que je me suis bien fait compris, oui sourions un peu. A part ça, Zemmour n’est pas du tout ma tasse de thé.

    Voir en ligne : http://uneepoqueformidable.unblog.fr/

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  • L’affaire qui n’existait pas (ou pas assez, en tout cas)

    16 décembre 12:03, par Philippe

    Allez, ça va, on avait compris dés le titre (« l’affaire Zemmour », pff) que c’était du bidon, du spectacle, j’imagine que le rève de notre chroniqueur serait une « affaire Langlois » qui, si les textes qui suivent sont de la même tenue, pourrait bien arriver !

    Je vous suggère de re-tenter le coup, ça VA marcher. On gagne à la longue, à tartiner sa culture à la première personne « je tends des verges pour me faire battre » et à écrire sur ce ton qui a fait ses preuves d’efficacité, de candide à mots simples mais qui a tout compris.

    C’est bien, on passe complètement à coté du débat, on amuse le public avec des fins de phrases remontées et des réparties gratuites, procédé qui marche dés l’école primaire.

    Car débat il y a. Les réactions, les « commentaires » sont très près du sujet : J’attends la réponse à votre question, Ndjocka : De quelle race est l’enfant d’un père de race noire et d’une mère de race blanche ?

    Car il s’agit bien de mots. Uniquement de mots. Et de la part de ceux « qui font métier d’écrire » on aimerait un peu plus de maîtrise des, justement, mots.

    Quant à Politis, qui pense qu’engranger les vue de page avec ce genre d’astuces est une politique pérenne… Mmmbref.

    Le Zemmour, là, que je ne connaissais pas avant cette lamentable « Affaire » (ce qui prouve que sa petite provoc a fonctionné nickel, s’il est gentil il vous enverra peut-être des chocolats, à Politis, mais j’en doute, je voudrais pas vous donner de faux espoirs) je l’ai entendu (sur youtube) nous ressortir un vieux truc de raciste bon teint :

    « Comment pouvez-vous parler de métissage et ne pas vouloir entendre le mot race, c’est contradictoire ? » ; allez voir sur des sites de fachos, vous verrez c’est en bonne place dans leurs « manuels de rhétorique », généralement plutôt titrés « comment répondre à un gauchiste/angéliste/altermondialiste ». Vous voyez ? Un combat de mots, genre googlefight.

    Il y en a d’autres, des contradictions sémantiques de ce genre. Il ya de quoi gloser pendant tout le prime-time sur 10 ans en épatant le badaud avec des vérités dignes des « le saviez-vous » des vieux « illustrés » (genre Blek-le-roc).

    Je veux bien que les intellos de la société du spectacle ne travaillent PAS au démontage de chevilles logiques pourtant si triviales.

    Mais qu’ils les entérinent comme ça, avec les mêmes boniments (« je tends des verges pour me faire battre », huhu) je (oui, je) trouve ça assez lamentable, sauf la courtoisie que je vous dois.

    Pour finir, je me permet respectueusement de conseiller à ceux qui utilisent des comparaisons animales pour justifier l’utilisation du mot race dans toute autre acceptation que celle de race humaine (qui est ELLE AUSSI un abus de langage, enfin je crois, après tout je ne suis ni linguiste ni grammairien, juste un commenteur de blog), de se renseigner un minimum sur la nature.

    Il existe de nombreuses publications, au hasard, vraiment random : Le bimestriel La Hulotte, le Guide Paterson des oiseaux d’europe, je sais pas moi, promenez-vous en forèt, regardez-les, les animaux à propos desquels vous cancanez.

    (Pendant que vous y êtes, demandez donc à une mésange ou un étourneau si ils pensent qu’ils ya +sieurs races d’humains !)

    L’ignorance de la nature serait simplement navrante si elle ne servait pas, en plus, de fondation à l’incompréhension profonde de NOTRE société, celle des hommes.

    Mm.. Je peux pas finir là-dessus… alors je vais ajouter que je trouve bien naze de la part de Politis de relayer cet affligeant jeu de miroir « les blogs parlent de la télé, la télé parle des blogs, youpi » qui n’est rien d’autre qu’une stratégie (statistiquement vouée à l’échec, bref) de la télé pour tenter de garder son audience de téléspectateurs hypnotisés : Ben oui, s’il leur prend de taper « affaire zemmour » dans google il tombent sur Politis, qui leur sert la même bouillie tiède mais comme la chaise de l’ordinateur est moins confortable, ils retournent sur le canapé du salon en moins de temps qu’il n’en faut pour écrire « nil ».

    Zen, toujours

    Cordialement, P.

 

Publié dans DU RACISME EN FRANCE, ERIC ZEMMOUR | Pas de Commentaire »

Éric Zemmour réhabilite les « races » (avec vidéo)

Posté par issopha le 13 décembre 2008

  

Éric Zemmour réhabilite les « races » (avec vidéo)

 

 Éric Zemmour réhabilite les « races » (avec vidéo) dans DU RACISME EN FRANCE pdf parisberlinericzemmourrhabilitelesraces.pdf  

Consulter l’intégralité du contenu de l’émission ans le fichier pdf ci-dessus.

Eric Zemmour , L’enflure…

 

Né le 31 Août 1958. Diplômé de l’I.E.P. Paris. Journaliste politique au Quotidien de Paris,(1986-94), Editorialiste à Info Matin (1994-95), Grand reporter au Figaro ( depuis 1996), journaliste à Marianne (depuis 1997). Après avoir participé à « Vendredi pétantes », sur Canal+, animée par Stéphane Bern jusqu’en juin 2006, Éric Zemmour se répand au moment où nous écrivons dans l’émission « L’Hebdo » sur Tempo (chaîne de RFO), dans « On n’est pas couché », l’émission animée par Laurent Ruquier sur France 2 et dans l’émission « Ça se dispute », sur I-Télé.

 

 

Cliquer sur le lien ci-dessous pour visulaliser la page d’origine et les vidéos sur le site  web de l’ACRIMED.

 Zemmour réhablite les races …avec vodéos ( Partie 1 )

  http://www.acrimed.org/article3003.html   

 Zemmour et l’existence des races …avec vodéos suites (Partie 2 )

  http://www.acrimed.org/article3019.html    

 

 

Publié le 16 novembre 2008 par Henri Maler, Marie-Anne Boutoleau

Éric Zemmour, éditorialiste au Figaro, habitué des plateaux télé (dont celui de Laurent Ruquier) assume ouvertement des prises de position réactionnaires, notamment en matière de mœurs et s’oppose ainsi à tout ce qui selon lui entraînerait la décadence de la France : le féminisme, « l’idéologie gay », les arabes et la religion musulmane (voir en « Annexe »).

Mais Zemmour a franchi un pas supplémentaire sur Arte le 13 novembre 2008 alors qu’il était invité de l’émission « impertinente » animée par Isabelle Giordano – « Paris-Berlin, le débat » -, intitulée ce jour-là « Demain, tous métis ? ». Sûr de lui et fort de la complaisance d’Isabelle Giordano, l’éditorialiste multicarte (et qui sans doute le restera…) put affirmer sans être contredit par l’animatrice, que Noirs et Blancs appartenaient à deux « races » différentes et qu’il y aurait une « hiérarchie » entre les cultures [1]. Comme si l’ethnocentrisme et le racialisme étaient des « opinions » comme les autres…

Face à Rokhaya Diallo, présidente (noire, le fait a son importance, du moins quand on a affaire à Zemmour) de l’association « Les indivisibles », à Vincent Cespedes, philosophe (qui s’en était déjà pris à Zemmour par le passé) et à Renan Demirkan, comédienne et écrivaine allemande d’origine turque, l’« impertinent » éditorialiste a argumenté avec un rare aplomb sur le fait qu’il existait des « races » reconnaissables à « la couleur de peau ». Il n’a pas été jusqu’à dire que l’une était supérieure aux autres, mais il s’en est fallu de peu…

Cela mérite bien une vidéo (en attendant une version plus complète…) , suivie de sa transcription. La version intégrale de l’émission peut être consultée sur le site d’Arte.

- Éric Zemmour : – « Il y a le métissage racial, c’est-à-dire le mélange des races, physiquement. »
- Rokhaya Diallo : – « C’est, quoi, qu’est-ce que c’est les races ? Qu’est-ce que vous entendez par « races » ? »
- Éric Zemmour : – « Si y a pas de races, y a pas de métissage ! »
- Rokhaya Diallo : - « Ben non, parce que peut-être que le deuxième dont vous avez parlé… » [Allusion au métissage des cultures]
- Éric Zemmour : – « …donc y a pas de question dans ce cas là ! »
- Rokhaya Diallo : – « Non, parce que vous parlez de deux métissages, donc peut-être que le deuxième existe. »
- Éric Zemmour : – « Oui, le deux… »
- Isabelle Giordano et Éric Zemmour, de concert : – « Parce que pour vous Rokhaya, les races n’existent pas ? »
- Rokhaya Diallo : – « Ben non. Enfin je… »
- Vincent Cespedes : – « Pas pour les scientifiques non plus… »
- Isabelle Giordano : – « On écoute la deuxième… la deuxième… »
- Éric Zemmour : – « Non, mais moi ce qui m’intéresse dans cette histoire – je vais très vite – j’ai le sentiment qu’à la sacralisation des races de la période nazie et précédente a succédé la négation des races. Et c’est d’après moi aussi ridicule l’une que l’autre. Qu’est-ce que ça veut dire que ça n’existe pas ? On voit bien que ça existe ! »
- Rokhaya Diallo : – « Mais comment on le voit ? Je ne comprends pas ce que vous voyez… »
- Éric Zemmour : – « Ben à la couleur de peau tout bêtement. »
- Rokhaya Diallo : « Et donc la couleur de peau selon vous fait que moi j’appartiens à une race différente de la vôtre. »
- Éric Zemmour : – « Mais évidemment ! Non mais… que vous redécouvriez… »
- Rokhaya Diallo : – « Bon ben alors… C’est intéressant… »
- Éric Zemmour : – « Ben évidemment, j’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire ! »
- Rokhaya Diallo : – « Non, j’appartiens à la communauté française et… »
- Vincent Cespedes : – « Peut-être que ça vous rassure, Éric : ça vous rassure d’appartenir à la race blanche ! »

Laurent Joffrin, en charge de sa propre absolution, concédait non sans désinvolture que parler de « race » juive, c’était recourir à un mot « mal choisi », comme nous le relevions ici même. Éric Zemmour n’a pas une telle pudeur.

Qu’importe si la quasi-totalité des scientifiques de toutes les disciplines ont depuis belle lurette contesté l’existence même de « races », définies par un ensemble de traits distinctifs, au sein de l’espèce humaine ! Éric Zemmour sait ! Et Isabelle Giordano [2], aussi impassible que son sourire, croit animer un simple débat d’opinions individuelles : une question de goûts. Par Saint Philippe Val, et quelques autres grands pourfendeurs des « rumeurs » qui seraient le monopole d’Internet, il suffit de lire l’article de Wikipedia sur les « races », pour acquérir les quelques connaissances qui permettent de faire taire les « rumeurs » propagées par les grands professionnels que l’on entend partout, et notamment sur Arte, une chaîne qui se prévaut d’être au service de la culture !

La suite du « débat » vaut également son pesant d’or. Interrompu au début de l’échange, Zemmour revient sur le deuxième « métissage » dont il voulait parler, et qui, selon lui, est « culturel ». S’il s’accorde à dire qu’il y a toujours eu un métissage culturel en France, il regrette en revanche la disparition de la « hiérarchie des cultures », qui faisait de la culture « française » la culture prédominante et favorisait ainsi l’« assimilation » des populations « étrangères » jusque dans les années 1970. Il explique : « Moi je crains que comme aujourd’hui on a supprimé cette hiérarchie, comme aujourd’hui on estime que toutes les cultures se valent, qu’on est un mélange de différentes cultures égales, et que ça, c’est ça qui nous mènera au multiculturalisme et donc à l’affrontement des cultures et donc des communautés. » Une « thèse » résumée dès son entrée en plateau : l’alternative au « multiculturalisme », « c’est une culture pour des races différentes ! » Est-ce à dire qu’il y aurait plusieurs « races » différentes mais égales entre elles (? ??) alors qu’il y aurait plusieurs cultures (ce que personne ne nie…) mais d’inégale dignité ?

Quant à Isabelle Giordano, soucieuse d’apaiser le « débat » et sans jamais se départir de son ineffable sourire, elle préfère à plusieurs reprises donner le change en insistant sur « [la difficulté] à s’accorder sur les mots »… En 1952, Claude Lévi-Strauss, dans Race et histoire, brochure alors éditée par l’Unesco, réfutait déjà le racialisme qu’il soit biologique ou culturel. Mais sur Arte, c’est désormais une question de mots. Et quelque temps plus tard, poussé dans ses derniers retranchements par Vincent Cespedes, Zemmour se retranche fugitivement derrière un autre mot : « type »…

Constant dans la dénonciation de tout ce qui menace la France virile, ces propos scandaleux d’Éric Zemmour ne sont nullement, dans son cas, un « dérapage », mais bien l’aboutissement d’une carrière toute vouée à la réhabilitation de la France « éternelle », c’est-à-dire blanche, phallocratique et hétérocentrée.

Nul doute que tous les épurateurs de la presse et des ondes (façon Philippe Val et ses amis) vont, à la suite de ces propos, s’étonner de la place envahissante qu’Éric Zemmour occupe dans les médias. Après avoir participé à « Vendredi pétantes », sur Canal+, animée par Stéphane Bern jusqu’en juin 2006, Éric Zemmour se répand au moment où nous écrivons dans l’émission « L’Hebdo » sur Tempo (chaîne de RFO), dans « On n’est pas couché », l’émission animée par Laurent Ruquier sur France 2 et dans l’émission « Ça se dispute », sur I-Télé. Entre autres collaborations dans la presse écrite, Zemmour, passé par Marianne, « éditorialise » depuis 1996 au service politique du Figaro.

On n’ose penser que c’est la défense de la pureté de la race blanche et de la culture franco-française qui a valu à Éric Zemmour d’être en 2006 membre du jury du troisième concours d’entrée à l’ENA (réservé aux salariés du secteur privé ou aux personnes exerçant un mandat électif national ou local) en 2006 [3].

Curieusement, Éric Zemmour, si prompt à disserter sur l’« endogamie » supposée des Turcs ou des Allemands, se montre beaucoup moins prolixe au sujet de l’endogamie, socialement déterminée, des « élites »…

Marie-Anne Boutoleau et Henri Maler

 


Annexe : quelques « pensées » d’Éric ZemmourÉpouvanté par ce qu’il considère être une « féminisation » de la société qui entraînerait la décadence d’un Occident viril, Éric Zemmour avait déjà consacré un ouvrage entier en 2006 [4] à la dénonciation des féministes (« Le féminisme porte en lui comme tous les mots en « -isme », un totalitarisme » [5]) et de l’« idéologie gay ». En « homme » , il s’était alors vanté sur le plateau de Thierry Ardisson de ne jamais changer les couches-culottes de son enfant, afin de ne pas perdre sa virilité en s’abaissant à effectuer cette tâche « féminine » [6].En 2008, Zemmour revient avec un roman, Petit frère, dans lequel il dénonce la « perversité » de l’antiracisme dont il prétend « faire le procès », en se référant entre autres à Alain Finkielkraut pour qui « l’antiracisme est le communisme du XXIe siècle ». Dans ce livre, Zemmour part en croisade contre la « défrancisation » : « chacun se sent de moins en moins français – je le montre dans la langue, voyez, ils parlent un français de plus en plus abâtardi. » Qui « ils » ? Les jeunes, et en particulier ceux des quartiers populaires et des banlieues, surtout s’ils sont « Arabes ». Pour Zemmour, c’est la fin de la « nation » française, et les guerres tribales nous menacent d’autant plus que désormais les vrais « Français » seraient minoritaires dans notre pays, et forcés de « s’adapter » aux coutumes – forcément « sauvages » – des nouveaux arrivants, comme le Ramadan (Propos tenus et thèse défendue lors de l’émission « Les Grandes gueules », sur RMC, le 7 janvier dernier, à écouter sur Dailymotion).

Notes

[1] Notons au passage que l’intitulé même de l’émission : « Demain, tous métis ? » portait lui-même à confusion, sous entendant par l’utilisation de la forme interrogative que nous n’étions pas déjà tous peu ou prou « métis », comme si certains appartenaient à des « races » (encore) pures…

[2] Dont la biographie, sur le site d’Arte, dit assez la compétence sur un sujet d’une telle importance : « Après des débuts à « Bouillon de Culture » puis à « Demain », Isabelle devient en 92 et pour 10 ans, la Dame du Cinéma de Canal+. Rôle qu’elle a repris pour F2 en 06-07 avec l’émission « Jour de fête », après avoir animé le « Fabuleux destin » sur F3 pendant 2 ans. Elle s’est aventurée à la radio sur France Inter en 94 avec Planète Livre puis à Europe 1. Revenue sur France Inter en 03 dans le « Fou du Roi », elle a créé le 1er RV à l’écoute des ados en 04, le « Monde selon wam », récompensé par les Lauriers d’or du Sénat. Elle est l’auteur de « Martine, portrait intime » (02), « Romy Schneider » (03), « Les bonnes choses de la vie » (04) et « Voyage au pays des psys » (06). »

[3] Selon une note publiée en 2006 sur le site du Centre de Préparation au concours d’entrée à l’ENA de Bordeaux intitulée « Éléments d’information sur les membres du jury 2006 » et encore disponible au moment où nous écrivons.

[4] Le premier sexe, aux éditions Denoël.

[5] Interview d’Éric Zemmour sur le site d’Actualité du livre le 7 mai 2006.

[6] Lire à ce sujet « Les choses en main, lettre ouverte à Éric Zemmour et à tous ceux qui se sont contentés de naître », par Patience Philips sur le site du collectif « Les mots sont importants ». Lire aussi : « Mais pourquoi est-elle si méchante ? » par Viencent Cespedes sur le site de Sisyphe et « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire (ou la violence ordinaire d’Éric Zemmour) » sur le site des « Chiennes de garde ».

  

  

  

  

Zemmour et l’existence des « races », suites… (avec vidéos)

 

 

 Zemmour et l’existence des races …avec vodéos suites (Partie 2 )

  http://www.acrimed.org/article3019.html    

 

 

Publié le 1er décembre 2008 par Henri Maler

Sur Arte le 13 novembre 2008, invité de l’émission « Paris-Berlin, le débat », intitulée ce jour-là « Demain, tous métis ? », Eric Zemmour avait donné toute la mesure de son ignorance et de son arrogance en soutenant que les races existent au sein de l’espèce humaine. Nous nous serions volontiers privés de revenir sur ce que nous avions écrit et montré à ce propos dans un article précédent : « Éric Zemmour réhabilite les « races ». Mais les suites médiatiques de cet article ont réservé quelques surprises.

Droit de suite (1) : L’émission intégrale

A la suite de la diffusion de « Demain, tous métis ? », Vincent Cespedes, autre invité de l’émission, a envoyé un « droit de réponse » qui a été mis en ligne sur le site d’Arte. On ne peut que s’en féliciter et suggérer que, à chaque fois que des invités estiment qu’ils ont été maltraités au cours du tournage ou lors de son montage, ils puissent disposer d’un droit de suite sur toutes les chaines…

Que disait Vincent Cespedes ?

« […] Je déplore que mes interventions aient considérablement fondu au montage final (…). Si ma mémoire est bonne, j’ai largement fait ce travail sur le plateau. Relevant ses amalgames – distinguant par exemple le “phénotype” et la “race” –, j’ai pointé son manque de probité intellectuelle, dénoncé ses provocations et ses affirmations péremptoires, soutenu en cela par Renan Demirkan et Rokhaya Diallo, mais aussi par un public proprement scandalisé, qui a d’ailleurs pris à parti M. Zemmour. Je déplore que l’on ait choisi de tronquer le cœur de la polémique pour mettre en scène le débat en le soumettant à des impératifs superflus (égalité des temps de parole, télégénie d’un duel Blanc/Noire, crédibilité du polémiste Eric Zemmour à maintenir à tout prix parce qu’il en va de la crédibilité du “casting” et du débat lui-même, etc.). Le montage final fausse la réalité du débat que nous avons eu. Toutefois, la mémoire étant sélective, subjective et faillible, le « buzz » autour de l’émission gagnant chaque jour de l’ampleur, je demande au diffuseur (Arte) et au producteur (2P2L) de bien vouloir mettre en ligne l’intégralité de l’enregistrement, ou, à défaut, une retranscription fidèle et exhaustive des échanges. Autrement dit : de faire fi du spectacle au profit du sens. »

Non seulement Arte a publié ce droit de réponse de Vincent Cespedes, mais les producteurs et le diffuseur de l’émission ont fait droit à sa demande en rendant publique la totalité de l’émission avant son « montage » [1]. On ne peut que les en féliciter et s’en féliciter, et suggérer une seconde disposition : que toutes les émissions qui ont fait l’objet d’un montage soient mises à la disposition du public, pour qu’il puisse évaluer les choix, inévitables, qui ont été effectués.

Droit de suite (2) : Quelques citationsMais le producteur, dans sa réponse, soutient que les choix inévitables étaient anodins. Or Vincent Cespedes propose sur son blog une comparaison (disponible en fichier .pdf) entre la version initiale et la version diffusée qui permet, pour le moins, d’en douter …A titre d’exemples, voici deux extraits coupés au montage (dont on peut lire la transcription en « Annexe »)…

Entre-temps, Eric Zemmour, que l’on entend et voit presque partout (le Figaro, RFO, France 2 dans l’émission « On n’est pas couché », sur I-télé…), a lui aussi bénéficié d’un droit de suite, notamment sur RFO (Radio France Outremer) dans l’émission « L’Hebdo » du 22 novembre 2008 intitulée « Race, le mot et la chose ».

… Au cours de laquelle on apprit qu’Eric Zemmour s’informe sur l’existence des races, en révisant, avant de participer à l’émission, la définition du mot race dans le Petit Robert, et que, pour l’essentiel le problème vient de la charge émotionnelle du mot race, puisque la science change tout le temps… alors que l’ignorance reste stable.

Droit de suite (3) : l’existence des races

Sans revenir – ce n’est pas directement le propos de la critique des médias – sur le fond du débat, on ne peut être que stupéfaits de la confusion entre la question de la définition du mot « race » et celle de l’existence des races. Les mots « Dieu », « anges » ou « démons » ont, comme le mot « race », une ou plusieurs définitions : mais l’existence de ces mots et leur définition ne sont quand même pas une preuve de l’existence de Dieu, des anges ou des démons.

De même que l’on ne peut être qu’abasourdi d’entendre (au cours de l’émission d’Arte) que nier l’existence des races relève de l’idéologie… sous prétexte que la science n’a pas tojours tenu le même discours sur le sujet (entendu sur RFO). A ce compte, c’est de l’idéologie d’affirmer que la terre n’est pas aussi plate qu’on aurait pu le croire et que la terre ne tourne pas vraiment autour du soleil…
Mais que faire de Zemmour et de sa non-idéologie ?
Droit de suite (4) : Sanctionner Zemmour ?A peine notre article avait-il été repris par le nouvelobs.com, puis présenté dans une version modifiée [2] que SOS-Racisme, suivi quelques jours plus tard par le Mrap et par le Cran demandait l’interdiction de Zemmour et le menaçait de poursuites judiciaires. Bruno Roger-Petit invitait à « chasser Zemmour des Médias publics ». Quant au sociologue Michel Wieworka dans une tribune publiée par Télérama, il demandait qu’Arte fasse connaître son indignation, voire que la justice soit saisie [3].Autant le dire clairement : le racialisme (affirmation de l’existence des races au sein de l’espèce humaine) ne mène pas toujours au racisme, bien que ce soit généralement le cas. Et on ne combat pas le premier par le recours à la censure.Le problème, en vérité, est beaucoup plus vaste : ce qui est en cause, du strict point de vue de la critique des médias, c’est l’omniprésence de spécialistes de tout et de n’importe quoi qui transforment en Café du Commerce les plateaux des télévisions et les studios des radios, sans avoir les charmes de celui-ci. Au risque de les entendre asséner, forts de la compétence universelle qu’ils s’accordent et de l’ignorance qu’ils dissimulent, des erreurs manifestes et les pires bêtises et vilénies. Eric Zemmour est l’un d’eux : ce n‘est pas le seul [4].

Et que dire de l’hebdomadaire Vendredi [5] qui, à contresens de ses objectifs affichés, s’offre un « scoop » en publiant non un article du net… mais un droit de réponse à l’omniprésent, sous prétexte qu’il « ne dispose pas d’un blog » (alors qu’il a accès à de nombreuses tribunes et que les blogs de ses admirateurs ne manquent pas)  ?

Quelle est la question posée selon Vendredi  ? Celle-ci : « Peut-on encore prononcer le mot “race” ? ». Comme s’il ne s’agissait que d’une querelle sur l’usage d’un mot. Cette explication consternante a été confirmée sur France Info le samedi 29 novembre à 12 h 20 par Philippe Cohen qui a trouvé que la réponse de Zemmour était « pleine d’humour » [6]. Il fallait donc la publier, en « exclusivité »…, sous un titre indécent : « Zemmour crucifié … répond. » Selon nos dernières informations, le crucifié se porte bien…

Henri Maler
- Avec Yannick Kergoat et Ricar pour les vidéos.



Annexe : Extraits de « l’intégrale » de l’émission d’Arte. Transcription de Vincent Cespedes. Voir, en fichier .pdf

[Cafouillage sur le plateau, R. Demirkan prend la parole, parle de sa fille et affirme : « c’est positif, d’être métisse ! Maintenant, vous pouvez continuer de vous engueuler ! »]

- Isabelle Giordano : – Vincent Cespedes ?…
- Vincent Cespedes :Non, non, il ne s’agit pas de s’engueuler pour s’engueuler : il s’agit de préciser des points. La notion de « race », de « différences de [races] » – parce que ça résonne chez beaucoup de gens…
- Éric Zemmour :Mais c’est une réalité !…
- Rokhaya Diallo :Non, il y a différents « phénotypes » mais il n’y a pas de « races ».
- Vincent Cespedes (à É. Z.) : – Écoutez, laissez-moi parler !…
- Éric Zemmour :Pardon !
- Vincent Cespedes : – Évidemment, on a tout un passé, on a un passif, nous, Blancs occidentaux. Déjà, utiliser le « nous », déjà, est compliqué – c’est ce qui était dit. Le« nous » est très compliqué. Le « nous » à mon sens doit être simplement politique. Le « nous », c’est le destin commun d’une nation ; le « nous », c’est quand on a vécu des expériences en commun et qu’il y a une amitié qui peut se lier…
- Éric Zemmour :Renan !
- Vincent Cespedes :Le « nous » est là. Mais, si vous voulez, le « nous » de l’homme blanc occidental a un long passé, et notamment un passé de la colonisation de l’Amérique. À l’époque, il fallait absolument trouver des points communs chez tous les Blancs – de l’Espagnol à l’Anglais en passant par le Français – qui allaient envahir, dans des conditions de violence extrême, le continent américain, le « Nouveau Monde », comme on l’appelait. Et ce point commun là… Il y avait d’abord la religion, mais on l’utilisait pour évangéliser justement ces indigènes-là, donc ce n’était pas un critère opératoire. Le vrai critère opératoire, c’était la couleur de peau. Il se trouvait que, entre un Anglais, un Français et un Espagnol, il y avait cette couleur « blanche » qui était facilement opposable et aux esclaves noirs de la Traite Négrière, et aux indigènes du continent américain. Et on est encore victime – je vais rebondir sur ce que disait Rokhaya très justement –, on est encore victime des ces préjugés-là : l’idée qu’entre un Anglais du nord de l’Angleterre et une Sicilienne, finalement, nous appartenons à « la même race ». C’est totalement faux ! Scientifiquement, le mot « race », en ce sens-là, n’a aucune – vraiment, en philosophe !…
- Éric Zemmour :Mais si !…
- Vincent Cespedes : -… aucune… vraiment aucun concept opératoire !
- Éric Zemmour :C’est idéologique !…
- Vincent Cespedes : – J’invite tous les internautes à surfer sur Internet pendant l’émission, pour qu’ils puissent voir ça !…
- Éric Zemmour : Mais c’est pas une insulte ! Le mot « race » est dans la Constitution française !
- Vincent Cespedes : - Le mot « race »…
- Éric Zemmour :C’est pas une insulte, le mot « race » !…
- Vincent Cespedes :-Le mot « race » n’est pas une insulte : le mot « race » est simplement un leurre, un faux concept, on appelle ça un concept « pseudo-scientifique » ! [Éric Zemmour fait « non » de la tête] Maintenant, qu’il y ait différents types d’humains, heureusement !…
- Éric Zemmour :Ben, merci ! Vous avez remplacé le mot « race » par le mot type » !…
- Rokhaya Diallo  : – Non, parce que ça se confond pas avec les couleurs, ce mot.
- Vincent Cespedes :D’ailleurs, même entre les Blancs, nous sommes de la « même race », mais nous ne sommes pas pareils, hein ?…
- Éric Zemmour : - Oh ! ben, évidemment !…
- Vincent Cespedes :Nous n’avons pas le même gabarit, nous ne sommes pas du tout de la même… Finalement, même… Finalement, de la même étoffe !…
- Éric Zemmour :Mais non !…

[…]

Deuxième extrait

- Rokhaya Diallo :Vous dramatisez ! vous dramatisez !
- Éric Zemmour (ton du persécuté) : – Ah, ouais ! je « dramatise » ! C’est dommage…
- Vincent Cespedes :Vous voulez monter les Français les uns contre les autres, c’est un logique extrêmement actuelle, et c’est…
- Rokhaya Diallo  : – On ne vit pas dans la même France, Monsieur Zemmour !
- Vincent Cespedes  : Non, on ne vit pas dans la même France, je suis d’accord !
- Éric Zemmour (à V. C.) : Bah ! voyons !… Vous avez… Vous, vous êtes dans la France des plateaux télévisés…
- Vincent Cespedes : – Moi j’habite rue du Faubourg-Du-…
- Éric Zemmour : - où on exalte le métissage…
- Vincent Cespedes (réalisant ce qu’É. Z. lui dit) : Non !… [Irrité.] Non, mais vous êtes… [Se tournant vers I. G.] Non, mais je vais quitter… La provocation a des limites, là, hein !…
- Éric Zemmour : – Alors une petite pause !…
- Rokhaya Diallo (ironique, à É. Z.) : – Et vous, vous êtes dans la réalité, dans les cités…
- Éric Zemmour : – Oui, dans la réalité, je suis désolé, c’est très dur !…
- Rokhaya Diallo : -… à la Courneuve, voilà !… Je vous imagine très bien dans une cité !…
- Vincent Cespedes (à É. Z.) : – Le plateau télévisé, c’est vous chez Ruquier…
- Éric Zemmour : – Non, pas du tout…
- Vincent Cespedes : – Faut arrêter de confondre les rôles, hein !…
- Éric Zemmour : – Oui, mais moi, je…
- Vincent Cespedes : - Le guignol de service, c’est vous, hein ! Faut arrêter !
- Éric Zemmour : - Non, je ne vous ai pas insulté, moi…
- Vincent Cespedes : - Non, non, mais…
- Éric Zemmour : -… alors s’il vous plaît !…
- Isabelle Giordano :
- Oui, oui, on va rester serein… Une petite pause, autour de nous, dans le public : des réactions ou des questions ?… Qui veut prendre le micro ?… Alors, ici ?…[…]

Notes

[1] La totalité ou presque : Vincent Cespedes soutient que tout n’a pas été rendu public…

[2] Une première version de cet article témoignait d’un art consommé de la copie, jusque dans le titre choisi dont il reste une trace dans l’url de l’article désormais en ligne. A notre demande, le nouvel.obs.com a précisé l’origine de la transcription. Merci. A noter que le site d’Arrêt sur images a été un des rares à rappeler l’origine de l’interpellation : une vidéo (réalisée apparemment par un fan d’Eric Zemmour), reprise pas Sébastien Fontenelle, remontée et transcrite par nos soins.

[3] Voici selon Télérama, la réponse d’Emmanuel Suard, le directeur adjoint des programmes d’Arte. « Nous avions invité Eric Zemmour, dans le cadre d’un débat contradictoire, sachant qu’il n’avait pas les mêmes positions que les autres participants… Je ne pensais pas qu’il s’exprimerait de manière aussi maladroite !, Notre chaîne, bien sûr, ne s’associe pas aux propos de Zemmour. Nous avons consulté nos services juridiques pour voir si ces déclarations tombaient sous le coup de la loi. Cela ne semble pas être le cas. L’important, c’est que ces propos aient été contestés sur le plateau. » Aux demandes de sanctions de Michel Wieviorka, Emmanuel Suard répond : « Eric Zemmour n’a pas le statut de chroniqueur régulier sur Arte, il n’y a donc pas lieu de cesser une collaboration… En revanche, on se posera la question avant de l’inviter à nouveau !  »

[4] Qui peut croire qu’Arte choisit ses invités sans cultiver le goût du spectacle ? Parmi les prochains piliers du bistrot d’Arte, figure l’invisible et inaudible Philippe Val, choisi pour répondre à ces questions : « Chrétiens, et alors ? Le christianisme a-t-il sa place dans la sphère publique européenne ? »

[5] Journal qui publie des articles déjà diffusés sur Internet. Une sorte de Courrier International du web…

[6] Humour qui consiste à plaisanter sur l’usage du mot… en affirmant que les races existent, sur la base de ce « raisonnement » halluciné et hallucinant : « Hitler fondait sa politique criminelle de hiérarchie des races sur des travaux scientifiques […]. Aujourd’hui, on nie l’existence des races en se fondant sur des travaux scientifiques qui attestent que les êtres humains ont en commun 99% de leur ADN, mais qui découvrent des « types biologiques » qui ressemblent furieusement aux races d’antan. A chaque fois, il fonde un projet politique sur une science qui évolue sans cesse. Laissons les scientifiques sur une science qui évolue sans cesse. » Tout est magnifique dans cet éloge de l’obscurantisme le plus crasse. La génétique contemporaine (qui n’établit absolument pas que les « types biologiques » ressembleraient « furieusement » aux races d’antan, bien au contraire…) est placée sur le même plan que le racialisme de Gobineau ! Aucun projet politique particulier ne se fonde sur la négation de l’existence des races au sein de l’espèce humaine, si ce n’est la négation des théories racistes. « Laisser les scientifiques dans leur laboratoire » ? Pourquoi donc ? Sans doute pour que les idéologues les plus arrogants puissent sévir en toute quiétude dans les grands médias… et dans Vendredi.

REACTIONS D’INTERNAUTES 

1. Le dimanche 30 novembre 2008 à 10:34, par papy

Je n’ai pas tout lu, mais il n’y a pas plusieurs race humaine il n’y en a qu’une. La couleur de la peau ou l’origine n’ont rien à voir avec le mot race.
Donc ce serait bien de le préciser et de le dire.

2. Le dimanche 30 novembre 2008 à 14:41, par Zoizo

Cela a été précisé, mais passé inaperçu. La magie du montage semble t il.

3. Le dimanche 30 novembre 2008 à 18:02, par JKB

Je viens de regarder l’émission en intégral et je n’ai pas trouvé que qui que ce soit ait été très bon, désolé.Sur le métissage ou le mélange, personne n’a évoqué deux facteurs importants à mon avis.

1) La vitesse à laquelle se fait ce mélange. Si il se fait sur de nombreuses générations, chaque génération sera peu perturbée et prendra pour « sa civilisation » la civilisation nouvelle qui en résultera. S’il se fait en quelques années et que ceux qui étaient déjà là perdent leurs repères à cause de ceux qui arrivent, le conflit est inévitable je le crains.

2) Les religions sont-elle métissables ? Autant on peut faire évoluer un point de vu rationnel pour arriver à une synthèse, autant les religions me semblent en général campées sur leur dogmes. La laicité de la République peut permettre la cohabitation mais elle ne rendra pas obligatoire les mariages inter-religions.

Par ailleurs, sur l’affirmation Zemourienne de l’existence évidente de la race blanche et de la race noire, je regrette que vous n’ayez pas relevé son sophisme. Je m’explique :

Tout le monde est d’accord sur l’évidence de deux couleurs de peau remarquables que l’on appelle blanche et noire.

On peut aussi reconnaître l’existence de groupes humains différenciés et ayant une ascendance génétique particulière (Les peuples de l’Arctique, les Papous, par exemple). On peut appeler ça des sous espèces si on préfère ou des races si on ne craint pas ce mot galvaudé, peu importe si on est d’accord sur ce que recouvre ces mots et que je viens de tenter de définir.

Mais une fois que l’on a dit « le noir et le blanc existe, les races existent » quel est le tour de passe passe qui permet à Zemmour de dire « la race blanche, la race noire, existent ». Rien, c’est de la prestidigitation. C’est le cheval pas cher qui est rare et donc cher. Deux vérités mélangés n’en font pas une troisième.

Si on reconnaît l’existence de sous espèces humaines et qu’on arrive à se mettre d’accord sur les critères permettant de les définir, il y aura de toute façon plusieurs sous espèces humaines noires très différentes comme vous l’avez d’ailleurs laisser entendre : les Africains sub-sahariens, les peuples du Pacifique, etc. Et j’ai vu des Japonais plus blancs que moi. Et bien sûr toutes les sous espèces sont généralement et de plus en plus réunies par de multiples métissages, aucun éleveur d’envergure ne veille à leur pureté, le dernier ayant fini ses jours misérablement à Berlin.

Donc, pour moi, Eric Zemmour libère le fantasme de ces deux races antagonistes et tout ce qui va avec (on le voit bien sur Internet) et je ne m’explique pas son attitude. Mais d’un autre coté il n’a pas tort d’insister sur les difficultés qu’il peut y avoir à accomplir ce mélange. Et personne dans ce que j’ai entendu n’a évoqué le problème religieux.

4. Le dimanche 30 novembre 2008 à 22:38, par ceriselibertaire

Bonjour, contrairement à JKB je vous ai trouvé avec Rokhaya Diallo admirable. Vous avez su opposé avec calme et candeur la voie (voix) de la raison.J’ai découvert cette polémique sur le net et je ne suis pas surpris. La redécouverte de la race blanche n’est pas un discours isolé d’un polémiste télé mais Zemmour pense comme Guaino et comme Sarkozy. C’est le même raisonnement.

Au delà de la notion de race ce que je retiens c’est l’évidence de ce qui se voit. Le noir est une réalité, c’est exactement ce que dit Le Pen. Il y a donc bien une Lepenisation de la pensée.

Les partisans de la race peuvent arguer qu’il y a des races pour les chiens et les vaches donc évidemment pour les hommes. C’est évident.

La différence c’est que ce sont les hommes qui parlent de races pour les chiens et les vaches. Les chiens et les vaches ne se considèrent pas en tant que race.

Un chien sent le cul d’un autre chien sans se poser la question de sa race.

5. Le mardi 2 décembre 2008 à 00:39, par melo

Quelle polemique autour de cette émission! Je trouve vraiment déplorable qu’une chaîne comme arte donne tant de poids et de temps à la parole d’un Eric Zemmour lepénisant au détriment de voix qu’on aimerait davantage entendre dans les médias. Au-delà même du montage je crois que c’est malheureusement le lot de bcp d’émissions télé: s’il n’est pas tronqué, le débat est du moins survolé par manque de temps et souci d’audimat. Heureusement qu’il se poursuit par d’autres moyens, ne lachez rien M. Cespedes et continuez à prôner le mélange avec tant d’enthousiasme!

6. Le mercredi 3 décembre 2008 à 01:29, par Armelle

C’est super l’émission, mais ce ZEMOUR, il fait peur, je me demande s’il ne regrette pas la colonisation. Il aurait du faire changer son nom en DUPOND ou VABRE ça sonne plus « français ».. Il est incroyable ce type.

7. Le mercredi 3 décembre 2008 à 12:27, par Danièle

Juste pour signaler cet excellent article : « M. Zemmour était en famille ! »bellaciao.org/fr/spip.php…

8. Le mercredi 3 décembre 2008 à 15:11, par Henri.

Zemmour est l’archétype du  » pauvre blanc », zélateur du  » fascisme soft » que génèrent la crise systèmique et la mondialisation.
Il égrène de nauséabondes « perles » de contradictions, dangerosités de la bête aux abois, allant jusqu’à s’opposer au multiculturalisme en France.
Renan Demirkan résume très bien l’ancrage qu’il entend imposer comme » valeurs universelles »: la francité . »Vous vous réduisez à la francité », cad: sans la francité, vous n’êtes Rien!
On peut utiliser le terreau du singulier pourvu qu’il conduise à l’universel, sinon on tombe dans l’entropie castratrice identitaire.Nécessité de prendre en compte l’homme dans son intégrité, avant l’ethnicité, l’identité, toutes deux réductrices, le dira t’on jamais assez ! ! !
Opposition de Zemmour. Il n’hésite pas à kidnapper la littérature, les valeurs des « Lumières » pour les détourner de leur terreau libérateur, il évite de se référer aux Droits de l’Homme, virus mortel pour son système.
Schizoïde,il présente le repli idenditaire comme seule voie salvatrice face à la mondialisation des mélanges, et ce grace à une hiérarchie plaçant la francité au sommet de l’édifice de ses PEURS. Du haut de cette pyramide, il faut assimiler tout ce qui monte, dézinguer ce qui résiste.
L’identité nationale est à imposer grace à l’appareil répressif du calibrage étatique déja en place.
Dans les échanges avec Renan Demirkan, il dénie à l’Allemagne le partage des « valeurs universelles », à tout autre état aussi , je suppose.
On est bien dans dans un système totalitaire, comme l’ont toujours généré les crises , mais  » soft » apparemment, car ON n’a pas tous les pouvoirs encore.
Zemmour, cependant, peut se permettre ces ignominies, car la Sarkozie y oeuvre de façon stratègique et déterminée.

9. Le mercredi 3 décembre 2008 à 20:45, par Nimbus

Outre les propos de monsieur Zemmour qui ont, heureusement, provoqué un émoi conséquent et vos interventions que j’ai jugées toutes à fait pertinentes, intéressantes et finalement nécessaire face au personnage qui vous faisait face ;
J’ai trouvé la façon dont monsieur Zemmour s’adressait à l’actrice allemande (impossible de retrouver son nom !). Il semblait la tenir responsable du système d’intégration allemand, et lui parlait comme si « elle était l’Allemagne ». Il me semble que ce genre de comportement est symptomatique de la pensée du personnage : Confondre la communauté et l’individu lui-même, assimiler appartenance à une nation à une adhésion totale aux valeurs de celle-ci… On est dans la démagogie intellectuelle.

10. Le jeudi 4 décembre 2008 à 16:46, par Henri.

Dans le débat avec Zemmour, j’ai été surpris que Vincent n’utilise pas les arguments nourrissant son roman « Maraboutés » ( Fayard, 2004 ). Un roman « total » d’initiation philosophique, politique, humaine, en même temps qu’un thriller brûlant d’actualité.
Il nous entraîne aux sources philosophiques et vitales des royaumes noirs pré-égyptiens, les fait revivre à Paris, à Barbès. Nous sommes pris dans l’Afrorésistance, en lutte même contre certains africains décervelés par l’Occident, collaborant avec la Françafrique, se trahissant, trahissant les leurs, semant partout haine et mort. Nous plongeons dans l’horreur des guerres civiles actuelles à travers l’histoire individuelle de ses personnages.
Un roman visionnaire, pétri d’actualité, mais porteur d’espoir.
Le Pan-Africanisme sauve le continent et peut être l’humanité . N’est-il pas son berceau?

11. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:34, par Henri.

Sagesse antique : »Ce qui ne régénère pas dégénère « ! ! !
Au coeur le GENE : un commentaire ?

12. Le samedi 6 décembre 2008 à 13:46, par Joana, anti-rabougriste

« Pour comprendre qu’il existe des races humaines, il suffit d’ouvrir le dictionnaire », expliquent les gentils petits enfants qui croient au Père Noël parce qu’il est dans le Petit Larousse.La suite : cliquez sur mon nom !…

13. Le samedi 6 décembre 2008 à 15:09, par pierre

l’ironie de l’histoire quand meme, c’est de voir le CRAN s’indignier devant les propos de Mr Zemmour, le CRAN : conseil représentatif des noirs.
pour résumer, une association qui défend les personnes de couleurs noirs, s’offusque quand quelqu’un parle de blanc ou de noir… c’est assez rigolo je trouve.
on nage en plein délire.

pour ceux qui pensent que Zemmour = Sarko :
ce journaliste est l’un des rares parmis ceux qui sont médiatisé qui critique ouvertement le libre échange, l’europe, la mondialisation etc… vous savez toutes ces choses qui sont responsable du chomage massif que l’on a depuis les années 70. en gros tout ce que Sarko défend.

Je pense que Zemmour est un journaliste sans partis pris, qui dit ce qu’il pense sans langue de bois (chose si rare de nos jours)…et il en paye les frais aujourd’hui.

arretons l’hypocrisie svp.

14. Le samedi 6 décembre 2008 à 16:15, par Joana

@ Pierre
Vous dites que le CRAN « s’offusque quand quelqu’un parle de blanc ou de noir »

C’est faux. Le débat porte sur le pluriel à « races humaines », et certainement pas sur l’existence de différentes couleurs. Zemmour dit à R. Diallo : « Vous êtes de la RACE noire », et non pas : « vous êtes noire », énorme nuance (sans jeu de mot !).

De plus, l’équation valide n’est pas « Zemmour = Sarko » mais bien : « Zemmour = Le Pen ».

Le Pen qui, lui aussi, était farouchement opposé à la mondialisation, au capitalisme « apatride », à la levée des frontières…

15. Le dimanche 7 décembre 2008 à 12:03, par Henri.

@Pierre,
Joana a raison , Sarkozy est allé marauder sur les idéaux et thèses du FN, et par la même le dézinguant .
Quant à votre intervention, elle relève des oeillères et de l’ADN, chers à Sarkozy et à Fr.Lefebvre , son porte parole.
Quel courage de quitter le « meute », de s’aventurer hors du politiquement correct, figarisé , zemmourizé ! ! !
Zemmour est bien zarkozé, excellent haut parleur d’Hortefeux dans la polèmique: cela vous aurait il échappé ?
Il aura une place de choix dans la berlusconisation des médias que le Parlement, aux ordres de l’Elysée, met en place .
Il sera protégé par la même berlusconisation à l’oeuvre dans la magistrature : il a peu de chance d’être placé en garde à vue et fouillé au corps !
Il importe de savoir être lucide et honnête dans ses analyses , surtout en situation de crise grave où toutes les dérives sont lourdes de conséquences sur la vie de tout citoyen .

16. Le dimanche 7 décembre 2008 à 14:31, par Mounir

Mr. Cespedes, pourrait-on avoir des explications sur ces propos scandaleux?Allez-vous appeler a des sanctions contre vous?

www.dailymotion.com/video…

17. Le dimanche 7 décembre 2008 à 15:29, par Vincent Cespedes – Réponse aux zemmouristes

Bien, puisqu’on n’arrête pas de me ressortir cet extrait, et puisque ceux qui le sortent ne prennent pas la peine de lire la retranscription, voici deux extraits que j’ai dit juste AVANT :

« On a eu un XXe siècle tellement douloureux, au niveau de l’identité, au niveau des « races » — entre guillemets, maintenant ! —, un XXe siècle qui s’est un peu présenté comme une impasse civilisationnelle, il faut bien le dire ! »(…) « Il n’y a pas des sangs humains. Aujourd’hui, on sait bien que ce qui compte, c’est d’être AB négatif, ou AB positif, ou O négatif… : c’est le rhésus qui « définit » le sang. À l’époque, il y avait vraiment l’idée de sangs, de « noblesse du sang ». Et le « métissage », ça part d’une théorie raciste, qui dit : « Entre l’Indigène et l’Espagnol, eh ben ! on va inventer ce ‘mélange’, qui est le métis. » Un peu comme entre l’âne et le cheval, on dit : « Il y a le mulet. » Sauf que, pour l’être humain, ça ne fonctionne pas ; la science, là, vraiment, a montré que ça ne fonctionnait pas… »
         Pour ceux qui douteraient encore, qu’ils écoutent les
         propos d’un scientifique spécialiste du génome :
         
> Débat télé sur France Ô, « Sales races » (03.12.08)
Et voici le fameux passage dans son CONTEXTE (c’est tout l’intérêt d’une retranscription exhaustive : on lit ce qui a été vraiment dit !). Vous noterez que je me réfère à une période passée, et qu’à l’époque l’idée de « races humaines » était monnaie courante :

« L’idée, finalement, de mélange, de « métis », est totalement acceptée aujourd’hui. Dans le gros des cultures latines, en général, on accepte ça. Pourquoi ? Parce que, tout simplement, le bassin méditerranéen s’est extrêmement « métissé » [N.B. : mot entre guillemets, condamné précédemment !]. De Carthage en passant à l’Andalousie musulmane des VIIIe-XIIIe siècles, le mélange était très prôné : mélange des « races », mélange des religions, mélange des langues. Donc, si vous voulez, le bassin méditerranéen était déjà un « melting-pot » à l’époque. »

Oui, des guillemets à « races », car j’ai précisé auparavant que cette notion n’a pas de sens au pluriel. Même chose pour « métissé », mot qui n’a de sens qu’au figuré (en parlant de métissage des cultures), et non au sens propre (en parlant de métissage des races).

M. Zemmour, en 1939, aurait été classé dans la « race juive » selon les odieux critères de l’époque. Des critères qui confondaient l’apparence physique et l’appartenance à une « race » spécifique. Aujourd’hui, la science est unanime : il n’y a qu’une race Homo sapiens, même s’il y a des multitudes d’apparences différentes (= phénotypes), fruits de l’adaptation de cette race aux climats variés de la planète.

L’erreur grossière de M. Zemmour consiste à avoir asséné, en parlant à une femme noire : « Vous êtes de la race noire, je suis de la race blanche », exactement comme les Nazis lui auraient dit : « Vous êtes de la race juive, nous sommes de la race aryenne. » Son entêtement, suite à la polémique, prouve assez qu’il ne s’agissait pas de simples paroles en l’air, mais d’une opinion qui lui est chère.

Je ne condamne pas M. Zemmour pour ce qu’il est ou prétend être, mais pour cette bêtise qu’il soutient mordicus. Ce dogmatisme est dangereux, et si c’est être « bien-pensant » que de mettre le nez dans leur caca aux inconscients ou aux rigolards qui rouvrent la boîte de Pandore du racisme, j’accepte ce qualificatif.

18. Le dimanche 7 décembre 2008 à 20:27, par Numéro 6

« il n’y a qu’une race Homo sapiens, même s’il y a des multitudes »Pour moi il y a l’Homme. Et pratiquer l’apartheid racial ou sexuel (tel qu’il se pratique dans certains pays) procède d’une injure à l’Humanité entière. Mais j’utiliserai toujours le mot race pour désigner la race à laquelle appartient un être humain. Et gare à l’humain qui ne respecte pas un autre humain sous prétexte qu’il est blanc, noir ou femme ou que sais-je encore.

Alors que vous vous torturiez le cerveau avec des histoires de races qui existent ou qui n’existent pas, procède d’un esprit …. raciste.

Car cela soutend dans votre raisonnement que s’ il existe des différences entre les hommes (et désolée mais il y en a, nous ne sommes pas tous interchangeables, heureusement), ces différences provoqent une hérarchisation. Ce sont ceux qui refusent le terme de race qui sont les racistes.

19. Le dimanche 7 décembre 2008 à 20:36, par Michel Wieviorka

Pour M. Zemmour, en effet, les races humaines existent, et se voient à la couleur de la peau. La « négation des races » lui est aussi insupportable que la « sacralisation des races » de la période nazie. Ces propos sont racistes pour moi, sans l’ombre d’une hésitation. Ils le sont parce que les scientifiques, à commencer par les généticiens, ont apporté la démonstration du caractère fallacieux de l’idée de « races » : entre deux supposées races, en effet, la distance génétique n’est pas plus grande que celle qui sépare en moyenne deux individus supposés appartenir à une même « race ». Mais ne pourrait-on, à la décharge d’Eric Zemmour, accepter le raisonnement selon lequel les « races » sont non pas une réalité objective, mais une « construction sociale », une perception partagée dans une société racialisée ? Cette manière de parler de races est fréquente dans le monde anglo-saxon, où de bons esprits parlent de « races » et de « relations de races » sans qu’on puisse le moins du monde les tenir pour racistes. Mais dans ce cas, le propos s’affranchit nécessairement, et complètement, de toute prétention à l’objectivité, il ne s’intéresse qu’aux représentations ou aux perceptions. Ce n’est pas le cas d’Éric Zemmour, qui ne peut donc se réfugier derrière les catégories du débat américain : il a parlé en son nom, et non pas parce que dans la société règnerait l’image de races humaines. Ce n’est pas pour lui une question de construction sociale, mais bien de réalité physique, biologique – la couleur de la peau fonde la race.

Peut-on accepter que des propos comme ceux d’Eric Zemmour soient tenus dans l’espace public, et qui plus est, sur une chaîne prestigieuse – Arte –, connue pour son exigence intellectuelle et symbole de la capacité de la France et de l’Allemagne à travailler ensemble ? Certainement pas, et on attend des dirigeants de cette chaîne, de part et d’autre du Rhin, et au plus haut niveau, qu’ils fassent connaître leur indignation et qu’ils sanctionnent, pourquoi pas jusqu’en allant devant la justice, celui qui se laisse aller à des déclarations racistes, avec pour conséquence de salir leur chaîne et de ternir leur image.

Éric Zemmour, lui, relève de l’univers policé des spécialistes des plateaux de télévision, il est même de ceux qui nous expliquent les arcanes de la vie politique ; il est supposé apporter de l’intelligibilité là où l’actualité appelle décryptage. C’est ce qui le rend intouchable, comme s’il avait tous les droits. Pour lui, comme pour d’autres avant lui, qui appartiennent à la même grande famille de l’audiovisuel, et qui se sont laissés aller à tenir des propos racistes, l’impunité est la règle. Il faut donc le dire très nettement : les responsables de médias qui continuent d’accueillir Éric Zemmour doivent être tenus pour complices, du moins aussi longtemps qu’il n’aura pas été sanctionné par la justice ou, mieux encore, par ces médias eux-mêmes. Arte s’honorerait de faire savoir qu’elle l’interdit de plateau pour une certaine durée, tout comme Nicolas Domenach devrait se sentir sali de continuer à bavarder comme il le fait avec lui sur i>télé.

Je plaide donc pour que les médias fassent eux-mêmes le ménage, faute de quoi leurs campagnes anti-racistes apparaîtront comme pure hypocrisie.

20. Le dimanche 7 décembre 2008 à 20:42, par Mounir

Mr. Cespedes, merci pour votre réponse. Afin de clore ce débat, pourriez-vous nous publier une définition du mot « race » qui soit objective, scientifique, et conforme a l’usage en Français ainsi que nous expliquer en quoi l’espèce homo sapiens sapiens ne saurait, selon la définition que vous nous offrirez, être divisée en races.Et enfin pourriez-vous nous expliquer pourquoi le mot « race » est communément employé par les anglo-saxons pour différencier les populations ethniques. Par exemple lorsque je suis allé a l’université au Royaume-Uni, on m’a demandé de remplir un questionnaire pour y décrire ma « race ».

Merci par avance de nous éclairer sur ce sujet.

Mounir

21. Le dimanche 7 décembre 2008 à 22:02, par Joana

Mounir, le débat mis en ligne dans la dernière intervention de Vincent est suffisamment explicite sur la définition de « race » (concept commode et populaire sans aucune pertinence scientifique), mais également sur la distinction entre les pays anglo-saxons (qui l’utilisent pour leurs quotas et leur « affirmative action ») et la France (dont la Constitution précise bien que la « distinction de races » doit être mise de côté !).

22. Le lundi 8 décembre 2008 à 18:09, par Claude Ribbe

L’idée de « races humaines » est raciste !!

23. Le lundi 8 décembre 2008 à 18:54, par ZAKI

et vous qu’avez vous dit là ?
www.dailymotion.com/video…
Vous vous prenez les pieds dans le tapis…
métissage, mélange des races qui n’existent pas, hein ?

24. Le lundi 8 décembre 2008 à 20:16, par Les lourds

Zaki, vous zêtes zaveugle zou quoi ? Lire comentaire n° 17 !!!

25. Le lundi 8 décembre 2008 à 20:50, par Melo

Ça devient carrément du délire! Vincent Cespedes prononce le mot « race » justement pour dire qu’il n’y en a pas à proprement parler puisque les « races » elles-mêmes se mélangent, nous sommes tous mélangés! Trêve d’hypocrisie, ne vous servez pas d’un mot pour renverser la situation. Cespedes n’a pas revendiqué l’utilisation de ce mot pour justifier des différences potentielles entre les hommes mais justement pour dire que ces différences n’existent pas, ou plutôt que nous sommes tous différents… Le débat prend des tournures totalement malhonnêtes et contreproductives. Plus précisément, on se trompe de débat

26. Le lundi 8 décembre 2008 à 21:07, par Raphael

J’ai une analyse assez cool, en fait.
Zemmour se croit zintello quand il fait le couillon avec les peoples de Ruquier, mais là, dans Paris-Berlin, il se trouve à la place (injustifiée) de l’intello de service, sur un gros fauteuil, face à mille fois plus pertinents que lui (Cespedes, Diallo, et l’Allemande dont j’ai oublié le nom). Donc, Zemmour est mal, hors de son rôle de bouffon, il essaie alors de composer un rôle, et il se plante lamentablement ! Tellement, que ses amis producteurs essaient de le sauver en doublant le temps d’enregistrement (voir mon article en cliquant mon nom). Mais non, rien à faire : Zemmour est trop naze. Même après un gros effort de montage et de trucage, Pécheux et Cie n’arrivent pas à lifter son flot de conneries. Moralité : faut pas inviter le bouffon comme si c’était un Roi, parce que le bouffon, il y croit !

27. Le lundi 8 décembre 2008 à 22:50, par JKB

Ne croyez vous pas que les antiracistes et les philosophes devraient bannir l’insulte, chercher à comprendre ceux qui pensent différemment d’eux et chercher ce qui réunit, ce qui métisse, plutôt que de se braquer les uns contre les autres ?Enfin, la première question c’est « Pourquoi l’autre pense-t-il comme il pense, quelles sont ses raisons ? » !

Allez vous recréer deux « races », les racistes et les « anti-racistes » qui ne vaudraient pas mieux ?

28. Le mardi 9 décembre 2008 à 00:07, par Henri.

Un rappel salutaire: la prise de position de Musil , en 1921, choisie par Vincent en exergue:
 » L’ Idée de race est devenue pour la nation, depuis tant d’années qu’elle en abuse, un véritable cancer « .
L’existence des races agit comme une Croyance porteuse de « cellules sociales génétiquement mortelles ».
Comment peut-on rester aveugle, sourd et muet , au point d’adhérer encore aux génocides passés et présents qu’elle a générés ?
Peut-on être opposé aux jugements du Tribunal Pénal International la condamnant au nom des Droits de l’Homme »:
« Nous naissons libres et EGAUX « ! ! ! Différents et uniques , mais égaux en DROITS.S’il existe bien une hiérarchie naturelle entre individus, elle porte sur les potentialités de chacun , à mettre au service de TOUS , en aucun cas sur la couleur de peau . Merci Darwin pour « ton potentiel » offert à l’humanité ! ! !

29. Le mardi 9 décembre 2008 à 17:00, par Zapatoustra

Il ne faut pas que M. Zemmour s’en sorte en roi de la provoc’, souffre-douleur d’une prétendue « meute de chiens » qui pratiquerait la « bien-pensance » et le « politiquement correct » ! L’affaire est politiquement grave !

Au nom de la « différence des races », on a commis les pires atrocités. Au nom de la « différence des races », on a mis des êtres humains dans des fours, on en a taillé d’autres à la machette, par million. Génocides de la « race » noire, de la « race » juive, de la « race » tutsi, etc. Ce mot est un piège, que certains doctrinaires d’extrême droite veulent réhabiliter et banaliser sous prétexte qu’il est dans le dictionnaire, et instrumentaliser dans le but non avoué de stigmatiser la « race » arabe, leur hantise du jour ! (Dans le débat, quand Isabelle Giordano dit qu’il y a 5 millions de musulmans en France, M. Zemmour devient hystérique et hurle : « Mais justement ! Mais justement ! C’est toute la question ! C’est toute la question ! », lire p. 26 > Retranscription du débat).La phrase de Robert Musil nous met assez en garde : le mot « race » conduit au pire, et ne se dit jamais innocemment. Le débat d’Arte se voulait un débat intellectuel, et non un bavardage entre poivrots. Mais force est de constater que M. Zemmour n’a pas le niveau.

30. Le mardi 9 décembre 2008 à 19:07, par JKB

« Dans le débat, quand Isabelle Giordano dit qu’il y a 5 millions de musulmans en France, M. Zemmour devient hystérique et hurle : « Mais justement ! Mais justement ! C’est toute la question ! »Et il aurait donc besoin de transformer les musulmans en une « race » pour pouvoir critiquer cette religion ?

N’est-ce pas plutôt l’inverse qui risque de se produire ? Des croyants se réfugiant derrière l’accusation de racisme pour tenter d’imposer leurs croyances ?

J’ai posé la question un peu plus haut et elle reste entière. Comment fait-on pour métisser des religions ?

31. Le mercredi 10 décembre 2008 à 00:25, par Henri.

@JKB.
Il vous aurait fallu suivre le « Théma :D ieu, de quoi j’me mêle « , sur Arte, mardi 9, si ce n’est fait, vous y reporter.
Il y est bien démontré que les religions, l’Islam en particulier, utilisent le racisme pour pourfendre la laïcité. Un iman même y voit une oeuvre de Satan ! ! !
Quant à votre question, il n’y pas été répondu, car, pour ma part, elle relève d’un simple bon sens dont vous ne paraissez pas dépouvu.
Mais puisque vous insistez . . . La religion relève de l’espace privé, en ce sens ne pose aucun problème dans l’espace public.Pourquoi vouloir la métisser ?
Chacun est libre d’avoir la spiritualité qu’il souhaite.On peut vivre sa foi, les valeurs humaines qu’elle génère dans l’espace public sans pour autant l’afficher comme un drapeau, un signe de ralliement. Dans les lieux de la République : éducation, hopital, administration , etc, elle relève de l’intèririorité.
On peut la vivre laïquement au coeur des relations, dans le mélange avec autrui, sans même qu’elle ait besoin de se dire.Tout dépend du degré d’intimité évidemment.
Sur le site suivant, j’y ai eu un débat avec Babeil .On y trouve tous les thèmes abordés dans l’éclairant Théma d’Arte.

32. Le mercredi 10 décembre 2008 à 23:25, par Henri.

Précision : dans mon intervention précédente lorsque j’énonce  » l’Islam en particulier » , il est évident que je ne généralise pas !
Donc sont visés « certains musulmans en particulier », dont l’imam du reportage du Théma d’Arte .
L’intellectuelle allemande, musulmane et laïque , participant au débat avec Elisabeth Badinter, a fait vivre une spiritualité musulmane décompléxée , libre , ouverte à tous les mélanges tout en préservant son intégrité religieuse .

33. Le jeudi 11 décembre 2008 à 13:34, par Kacy

Je suis tout à fait d’accord avec Raphaël. Sur France 2 on pense que les débordements bouffonesques et odieux de Zemmour « passent » puisque – o la bonne excuse – après tout le service public n’est pas censé être de droite et que Ruquier défend plutôt une position gauche caviar. Donc on le laisse là à faire sa langue de pute quel que soit le sujet traité Laurent Ruquier est censé « être caution » (il ne l’est plus depuis longtemps mais ça il n’y aura que l’audience de l’émission pour leur faire comprendre).Invité sur une autre chaîne pour parler « sérieusement » avec de vrais intellectuels effectivement, il ne sait pas changer de disque, il a l’air d’un con et son discours sans Ruquier pour lui renvoyer la baballe le fait passer pour ce qu’il est : Un abruti.

La seule erreur d’Arte finalement a été de prendre cette personne au sérieux. C’est un crétin,dangereux, comme tous les crétins. Vous trouvez pas que la ressemblance avec Iznogoud est flagrante ?

34. Le vendredi 12 décembre 2008 à 23:40, par isabelle

Bonjour,
En réponse à JKB
J’ai aussi remarqué :LA race noire, LA race blanche .. , c’est cela qui pose vraiment problème.Sophisme.
Mais c’est difficile à démonter. Au sens littéral du mot race.Pourtant je suis sûre que ,même au sens littéral, c’est un non- sens.Car le mot race renvoie, littéralement, à lignée.
Ou alors c’est un effet de style .La race des Blancs ? La race des journalistes ? La race blanche, la race journalistique. C’est là que s’opère la prestidigitation
A remarquer que, dans un formulaire, si l’on pose la question  » Quelle race? » un homme va répondre  » blanc » et pas « race blanche ». Ce qui veut dire qu’il comprend la question, c’est une convention, mais n’y adhère pas . « Je suis blanc » (sous entendu « de peau ») répond-t-il.

J’ai aussi remarqué les mots concernant le « nombre « de musulmans « et justement voilà le problème ».
C’était même l’OBJET de l’ intervention de Zemmour.
c’est parcequ’ils se sentent « racisés »que certains sont musulmans et risquent de « raciser » la religion.. Mais l’inverse est vrai aussi : par racisme on peut être antimusulman!! Sans fin.
Question métissage religieux :il faut que l’un abandonne sa religion. Sinon leurs enfants en trouvent une troisième.Paraît-il.Donc ..ce métissage a de l’avenir!

La laïcité devient impossible dans un pays communautarisé. Il faut refuser TOUS les communautarismes ,et que la laïcité vienne de l’Etat. L’Etat doir unir et non séparer.Sinon la laïcité deviendra un communautarisme comme un autre.Et les guerres éternelles.

à Henri(n31)
Mais il s’agit là d’une crainte communément répandue et les émissions de Arte sur la » laïcité, » ou l’ »islam en France » , sous couvert d’objectivité,ne font en général que maintenir cette crainte. Voire la soulever! Vous même restez marqué par cet imam.Et peut être même qu’un musulman, simplement musulman,va retenir lui aussi cet imam. Se croire miroir.Et le fossé va s’agrandir.
Racisme et religion. Ca a fonctionné et je crains que cela fonctionne encore.
Ces émissions n’apaisent pas. Au contraire.

Je ne pense pas que Zemmour soir raciste, mais il en veut au CRAN et au multiculturalisme.
Ca c’est sûr!

Le mélange race et religion est une perversion.
En fait tout cela est très très malsain.
Vraiment c’st regrettable que l’Etat ne réunisse plus .

35. Le samedi 13 décembre 2008 à 00:46, par isabelle

Finalement moins les mots ont de sens plus ils provoquent des guerres: dieu race

36. Le samedi 13 décembre 2008 à 12:53, par Henri.

@ Isabelle,
Pourquoi ne pas avoir lu la « précision » que j’ai apportée ensuite?
Dans le Théma d’Arte , en symbiose avec Elisabeth Badinter,
l’intellectuelle allemande , féministe combatante, musulmane et le revendiquant, démontre avec une forte conviction que  » racisme et religion » ne sont que des manipulations , au service de certains politiciens et religieux , destinées à dresser les individus comme chiens de « GARDE » !
Quant à Zemmour , relisez le débat , à plusieurs reprises, il est ouvertement raciste : ne serait-ce que par sa « nature » le poussant à constamment hiérarchiser .

Publié dans DU RACISME EN FRANCE, ERIC ZEMMOUR, QUESTIONS DES MINORITES | 1 Commentaire »

 

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