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Le patrimoine des chefs d’Etat africains en France

Posté par issopha le 31 janvier 2008

Le patrimoine des chefs d’Etat africains en France

LE MONDE | 31.01.08 | 13h28  •  Mis à jour le 31.01.08 | 13h34 C‘est un monde enchanté où l’on vogue d’une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l’Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d’euros. Un microcosme constellé d’une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d’Hollywood ? Non : chefs d’Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète. 

Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l’immobilier en France, qu’ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n’est pas une révélation. Mais, cette fois, l’inventaire de ce patrimoine vertigineux n’est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la « Françafrique ». Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).  Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour « recel de détournement d’argent public » déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d’Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l’Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang. Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées.

Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé « dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers.

Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse,

Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar Bongo],

Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso,

Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou

Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé] »

La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d’euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans. Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement.

A Nice,

une propriété « est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2),

trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine », précise le procès-verbal.

« Un chef d’Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier

et qui a des revenus officiels  importants,

peut économiser suffisamment d’argent pour acheter plusieurs appartements à Paris,

explique Me François Meyer, avocat d’Omar Bongo et de sa famille.

Surtout avec les prix très bas de l’immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans. »  Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le 7earrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant – souvent – par le 16e arrondissement parisien,

 l’enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d’Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères,

 et d’autres fils du président gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita. En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d’Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires.

Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait qu’« utiliser », selon les policiers,
la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était juridiquement la propriété de
son frère Valentin, jusqu’à ce que, quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes. 

Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en 2007 pour

2470000 euros par l’épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso.

Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis Christel, ainsi que l’hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d’euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette. Les mêmes policiers n’ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d’impôt sur la fortune de Chantal, l’épouse de ce dernier, a montré qu’elle possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e arrondissement.

Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro Obiang est propriétaire d’un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l’OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille.  Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants. Mais aucun n’apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants. Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n’était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu’ils n’avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements. « Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique », notent les enquêteurs, maniant l’euphémisme à propos de « ce parc automobile conséquent ». Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo,
la Maybach à 424 477 euros d’Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d’euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque. 

De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, « règle le solde d’achat d’un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting », une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de
la Villa Suzette du Vésinet. 
Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France « une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d’euros », acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille. 

En fait de « financement atypique », les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la « paierie du Gabon en France » pour régler la « Maybach 57″ (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur « bleu Côte d’Azur » destinée à « Madame
la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba »
. A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l’argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n’a pourtant aucune fonction officielle. 
Le même compte de la « paierie du Gabon » ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler les frais de fonctionnement de l’ambassade à Paris a servi à financer la moitié d’une Mercedes à 75858 euros dotée d’un « toit ouvrant panoramique » achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet.

Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat

du président Bongo.

« Cela peut étonner, admet Me Meyer.

Mais je peux faire des cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans. »

D’où vient l’argent? Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la question de l’origine des fonds s’impose. L’apparente disproportion entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires ayant permis pareilles transactions. 

Le salaire mensuel officiellement versé par l’Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n’est-il pas de 30 000 euros, comme l’indiquent d’autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l’agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d’après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l’enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d’une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d’un juge d’instruction, à condition que les plaignants prouvent leur « intérêt à agir » Même si un juge d’instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l’immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d’Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l’origine d’éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. « La preuve que l’argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire », résume un spécialiste du dossier. Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération, contre le « gaspillage des fonds publics » par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d’éventuels « biens mal acquis » déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine. 

Philippe Bernard

La victoire de l’ »Afrique de Papa » sur le droit

  

LE MONDE | 31.01.08 | 13h38  •  Mis à jour le 31.01.08 | 14h05 

À l’origine de l’enquête de police inédite sur les biens acquis par cinq chefs d’Etat africains en France, se trouve une plainte pour « recel de détournement d’argent public ». Celle-ci a été déposée en mars 2007 à Paris par trois associations : Survie, spécialisée dans la dénonciation des turpitudes de la « Françafrique », Sherpa, groupement de juristes spécialisés dans la défense des droits de l’homme, et
la Fédération des Congolais de la diaspora, qui dénonce l’opacité financière du régime de Brazzaville. Leur objectif commun consiste à dénoncer la dilapidation des ressources de pays africains par des régimes soutenus ouvertement –pour trois d’entre eux – par
la France depuis des décennies. 
Ces trois plaignants ont puisé l’essentiel de leurs arguments dans un rapport intitulé « Biens mal acquis… profitent trop souvent », réalisé voici un an par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Ce document plaidait en faveur d’une « mobilisation des sociétés civiles en faveur de la restitution des biens mal acquis ». Il synthétisait une multitude de rapports officiels, de travaux d’ONG et d’enquêtes journalistiques décrivant la fortune accumulée en France par les familles de dirigeants africains et tendant à démontrer les origines douteuses de ces fonds. En écho, la plainte déposée à Paris estimait qu’un tel financement « n’[avait] pu intervenir du seul fait des rémunérations versées aux dirigeants des pays concernés » et avait pour conséquence « la réduction des ressources publiques en Afrique ». Les associations réclamaient l’application de la convention des Nations unies de 2003 contre la corruption. Signé par
la France, ce texte érige la restitution des biens détournés en principe du droit international. 

La plainte visant les « biens mal acquis », conçue comme un outil de propagande, a connu une destinée dépassant les espérances de ses promoteurs. A la mi-juin 2007, le parquet de Paris, au lieu de la classer discrètement, a ouvert une enquête préliminaire, confiée à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF). Cette décision, intervenue quelques jours après l’élection de Nicolas Sarkozy, a été analysée par nombre d’observateurs africains comme le premier signe de la « rupture » avec la « Françafrique » promise par le candidat de l’UMP. L’éditorialiste du journal burkinabé Le Pays croit alors voir poindre « une nouvelle ère (…) pour
la France, qui veut manifestement que soit tournée la page des rapines pratiquées sur le continent par ses propres dirigeants »
. « La dialectique du pilleur-réparateur pourrait s’enclencher », s’enthousiasme un quotidien de Kinshasa, tandis que le Times de Londres insiste sur le caractère « sans précédent » de l’enquête. 
La douche froide viendra cinq mois plus tard, avec le classement sans suite notifié le 15 novembre 2007 pour « infraction insuffisamment caractérisée »Entre-temps, les chefs d’Etat visés ont signifié leur colère à Nicolas Sarkozy. Omar Bongo a protesté, a affirmé avoir empêché des manifestations antifrançaises « spontanées » à Libreville. Le 5 juillet, sur le perron de l’Elysée, après une visite au président français, Denis Sassou Nguesso a fustigé les « relents de néocolonialisme et de racisme » qu’évoque pour lui la plainte. « Tous les dirigeants du monde ont des châteaux ou des palais, qu’ils soient du Golfe, d’Europe ou d’Afrique », se défendait-il. Comme pour appuyer ces protestations, M. Sarkozy a multiplié les gestes montrant la continuité des bonnes relations entre
la France et les pays concernés. Lors de son premier voyage officiel en Afrique, en juillet, il a choisi de faire étape au Gabon, dirigé depuis quarante ans par Omar Bongo, et s’est montré plus généreux que le Trésor ne le proposait pour annuler la dette de ce pays. Reçu à l’Elysée, M. Sassou Nguesso a bénéficié, lui aussi, d’une aide française accrue pour le Congo. 
Pour les associations plaignantes, le doute n’est pas permis : le classement de la plainte résulte d’une consigne donnée au parquet par le pouvoir politique. A lire leur réaction, la décision judiciaire traduirait la victoire de « l’Afrique de Papa sur le droit ». « Par cette décision, estiment-elles,
la France envoie un signal désastreux à la population africaine »
, privant celle-ci de « ce qu’elle ne peut pas obtenir sur son sol, c’est-à-dire l’identification de ceux qui, par les détournements massifs d’argent public opérés, contribuent à son appauvrissement »
Philippe Bernard 

 

Publié dans AFRIQUE PARADOXES, CAMEROUN : laideurs et décadence, COULISSES ET RESEAUX DU POUVOIR, LE DROIT DE SAVOIR, PARFUMS DE SCANDALES, POLITIQUE ET BUSINESS | Pas de Commentaire »

« MALJOURNALISME A LA FRANCAISE , LE SUJET QUI FACHE »

Posté par issopha le 30 janvier 2008

«  MALJOURNALISME, LE SUJET QUI FACHE »

 

 

Publié le lundi 7 octobre 2002

 

 

A propos de Bévues de presse 

 

de Jean-Pierre Tailleur (ed. Félin, 2002). 

 

La presse française est souvent médiocre, parce que les journalistes travaillent mal. C’est l’implacable constat dressé par un journaliste, Jean-Pierre Tailleur. Entre l’enquête journalistique et la recherche documentaire, Bévues de presse décortique de nombreux cas de manque de professionnalisme dans – et non pas “de”- nos entreprises.

Lancé en 1998 sous la direction de Christine Ockrent, avec le soutien du Monde, l’hebdomadaire L’Européen repose ” essentiellement sur des travailleurs précaires ou intérimaires, dont la raison d’être (écrire sur l’Europe) est louable mais floue “. Sa courte existence a pourtant bénéficié d’une invraisemblable complaisance de la part des journalistes médias des grands journaux.

Cet exemple illustre la première plaie de la presse française : elle privilégie les “ grandes signatures ” et les ” articles d’opinion “, au détriment des informations pertinentes sur les faits [1]. Mais, ajouterons-nous, la presse française méprise peut-être trop le lecteur pour le croire capable de se forger une opinion.

Encore faudrait-il lui en donner les moyens. La plupart des articles épinglés pèchent par le manque de faits, ” ces “hard facts” concrets à la base du journalisme, qui distinguent cette discipline de la littérature ou de la confection de rapports de synthèse. “

Titré ” Le petit journalisme des grandes institutions “, le deuxième chapitre est accablant. Oui, une certaine presse a étouffé le scandale de l’Association pour la recherche sur le cancer (ARC), dont l’un des administrateurs était Jean Miot, alors président de
la Fédération nationale de la presse française (FNPF [
2]) et dirigeant du Figaro. Les ” reportages ” d’une autre figure de ce quotidien, lauréat puis juré du prix Albert Londres [3], maltraitent volontiers les faits au profit des mêmes diatribes qu’alignent ses essais.

Quelques journaux n’ont pas tu qu’un des rédacteurs du Monde chargé de couvrir l’affaire du sang contaminé ” pigeait ” pour une société de Michel Garetta, une des principales personnes mises en cause. Mais la ” commission ” d’enquête diligentée par la direction du Monde n’a pas vu la ” trace d’une influence “ de cette collaboration extérieure dans les ” textes publiés par Le Monde à propos du sang contaminé. Après enquête, le journaliste américain Mark Hunter estime pourtant que le ” pigiste ” de Garetta ” a pris le parti du docteur Garetta tout au long du scandale ” (Médias Pouvoirs, 2e trim. 1998).

Les développements sont fréquemment étayés d’une comparaison avec les pratiques en vigueur dans d’autres pays. Quand on découvre qu’une journaliste du Washington Post a ” bidonné ” le reportage qui lui a valu le prix Pulitzer, le Post rend compte de ses fautes, en publiant une auto-enquête de 18 000 mots. Le médiateur est recruté hors du journal. ” Les conclusions du médiateur ont ensuite été validées dans un document de cinquante pages du Conseil national de la presse “.

Autre ” vache sacrée “, le Canard enchaîné est l’objet d’un tir nourri, pour sa “ passivité face à des pans entiers de l’actualité “ et ses ” approximations fréquentes “. Le volatile, indulgent pour un Roland Dumas (ex-avocat du Canard…) au cœur de la tourmente judiciaire, peine aussi à se démarquer quand un de ses reporters est mis en cause pour avoir, dans le livre L’Affaire Yann Piat, proféré de graves accusations contre deux personnalités politiques. Le contenu de ce livre se situe dans le prolongement d’articles publié dans Le Canard, démontre Jean-Pierre Tailleur.

Nous ne nous attarderons pas sur
la Presse quotidienne régionale (PQR), pour laquelle l’auteur est sévère : ” aux antipodes du journalisme d’investigation, elle collectionne les erreurs jamais sanctionnées “ ni corrigées (citations tronquées, altération des noms propres, approximations, articles promotionnels…).

Le 16 août, Libération réussissait à rappeler les louanges dont les médias gratifiaient il y a encore quelques mois Jean-Marie Messier, sans que l’article contienne un nom de journal ou de chaîne radio ou télé ! A contrario, Jean-Pierre Tailleur produit les pièces de sa démonstration, et les noms des journaux fautifs. Sa franchise n’est peut-être pas étrangère au silence qui a entouré la parution de Bévues de presse [4], alors que le moindre essai insipide d’un médiacrate connu est volontiers plébiscité.

Parmi les contributions épinglées dans le chapitre sur la ” stérilité des débats publics “, un rapport présenté en 1999 au Conseil économique et social [5], qui tente de noircir les médias nord-américains : on peut y lire à propos du “Monicagate” que ” le très sérieux Newsweek “ a repris ” sans vérification aucune, la rumeur diffusée sur le Net par un internaute indépendant “. En fait, c’est exactement l’inverse qui s’est produit… [6]

Les ” garde-fous ” sont ” défaillants “, regrette Jean-Pierre Tailleur. Il reproche aux écoles de journalisme la quasi-absence de la déontologie dans leurs programmes, et aux syndicats de se concentrer ” sur les revendications salariales et statutaires. On ne les entend pas inviter les délinquants de la profession à changer de métier “.

La fin de l’ouvrage pèche par l’approximation dont l’auteur se désole ailleurs. Il regrette que
la Commission de la carte [
7] ne soit pas ” dotée de véritables pouvoirs de sanction “, de ” moyens “ pour ” évaluer l’honnêteté professionnelle des détenteurs “, mais se contredit quelques lignes plus loin : ” ce n’est pas sur la base de critères déontologiques “ que la carte est attribuée. Pourquoi donc s’étonner que le site Internet de
la Commission ” ne parle nullement d’éthique “ ? Ses compétences étant édictées par la loi, elle ne saurait devenir de son propre chef un ” ordre des journalistes “. L’auteur prétend également que la carte de presse ” permet de bénéficier “ des ” fameux 30 % d’abattement “.

Souhaitons que ce livre joue un rôle fondateur, tant l’analyse du travail journalistique n’est pas courante en France, à l’exception de quelques ” affaires ” impliquant des ” stars ” de la télé. Mais au-delà du diagnostic, la thérapie nécessaire prescrit que la presse fasse preuve de ” plus de volontarisme pour reconnaître ses insuffisances et traquer ses fautes “.

PS : Article paru dans “SNJ Info”, journal de la section Région parisienne du Syndicat national des journalistes (SNJ), septembre 2002.

_________________________________________________

[1] Lire “Deuil national” (Note d’Acrimed, janvier 2003).

[2] Le patronat de la presse (Note d’Acrimed).

[3] Pour en savoir plus sur ce Prix (Note d’Acrimed).

[4] « Bévues de presse. L’information aux yeux bandées », de Jean-Pierre Tailleur. Editions du Félin, février 2002, 239 pages, 19,80 euros.

[5] Pour en savoir plus sur le CES. Note d’Acrimed.

[6] A ce sujet, lire les remarques d’Ignacio Ramonet dans La fin du journalisme, par Ignacio Ramonet, un débat d’Acrimed. Note d’Acrimed.

[7] Pour en savoir plus sur la “Commission de la Carte de presse”. Note d’Acrimed.

Un débat d’Acrimed de février 1999

 

 

La fin du journalisme 

 

Ignacio Ramonet

février 1999

Le 16 février 1999, Action Critique Médias recevait Ignacio Ramonet, universitaire, directeur du Monde diplomatique, auteur de
La Tyrannie de la communication (éd. Galilée). Voici des extraits (parus dans le Bulletin n° 5 d’Acrimed) de l’intervention d’Ignacio Ramonet et du débat qui a suivi.

Trois sphères sont en train de fusionner : la sphère de l’information, celle de la communication (le discours publicitaire, la propagande, le marketing, les relations publiques…), et celle de la culture de masse, c’est-à-dire une culture soumise par définition aux lois du marché, et qui se soumet à la sélection du marché. Plus précisément, l’une de ces sphères, celle de la communication, absorbe les deux autres. Il est de plus en plus difficile de distinguer ce qui relève de l’information, de la communication ou de la culture de masse. De plus en plus, un discours publicitaire et un titre de journal sont imaginés sur le même principe : accrocher, prendre des licences parfois importantes par rapport au contenu. L’effet de communication compte plus que l’effet d’information. Ce qui compte c’est d’avoir un contact ? qu’il soit visuel ou sémantique, etc. ? avec celui qui lit.

1. Trois qualités de l’information

Dans l’information, la communication ou la culture de masse, trois qualités sont recherchées : la simplicité ; la rapidité (des textes courts, des spots…) ; la distraction, l’amusement.

Ces trois qualités traditionnelles de la culture de masse ont colonisé peu à peu le discours du marketing, de la publicité et aujourd’hui les médias d’information, même les plus sérieux, gagnés par l’idée de séduire. Il faut faire le beau pour attirer le public. Sur le plan industriel, cette fusion correspond à la concentration. Quand, au début des années 70, le concept de communication a été rendu grand public par Mac Luhan, la communication était un domaine circonscrit. Aujourd’hui, on ne sait pas, au plan industriel, quelles sont les limites de la communication. Parce que sont venus dans le domaine des industries de la communication des industriels qui n’avaient pas une culture de la communication. Parmi les trois principaux groupes de communication, il y a un marchand d’armes (Matra), un marchand d’eau (Vivendi) et un marchand de béton (Bouygues). Aujourd’hui la communication se fait en grande partie à l’échelle planétaire et par les satellites, donc toutes les industries qui ont à voir avec les satellites font de la communication. L’espace de l’industrie de la communication s’est étendu. Trois machines à communiquer fusionnent en raison de la révolution numérique : téléphone, ordinateur et téléviseur. Les industries qui appartenaient à l’informatique relèvent de la communication. Sur le même écran, vous pouvez avoir à la fois du texte, du son, et de l’image, les trois éléments que le numérique transmet.

2. Trois autres caractéristiques de l’information

La surabondance : il n’y a jamais eu autant d’information à notre portée.

Mais la surinformation peut provoquer de la désinformation. Il existe une censure démocratique. La censure est une donnée structurelle de tout pouvoir. Actuellement, le système censure par surproduction, par asphyxie de celui qui consomme.

Dans la tradition humaniste et démocratique, on établit un lien entre la quantité d’information et la quantité de liberté. Au fur et à mesure que je réclame le droit de communiquer, que j’ajoute de l’information, cela va favoriser la liberté. Désormais, ajouter de l’information n’augmente pas la liberté. Peut-être allons-nous vers une société ou infinie information égale à zéro liberté. Cette surinformation agit comme une nouvelle forme de violence. On ne la voit pas comme cela car les sociétés occidentales sortent de périodes d’obscurantisme. Je pense que la communication est devenue une idélogie et un impératif : il y a obligation de communiquer. La communication remplace le paradigme du progrès. Le progrès avait pour objectif de pacifier les sociétés, c’est aujourd’hui la communication. C’est un lubrifiant social. Communiquer est un verbe intransitif dans la réalité : on ne communique pas pour dire quelque chose, on communique. L’objectif est de communiquer et le contenu est devenu très secondaire. Ce que les machines à communiquer nous enjoignent de faire, c’est de les utiliser. Donc la société accepte l’idée que la communication va prendre la place du progrès.

La vitesse : C’est un des paramètres traditionnels de l’information. Une information rapide est toujours plus intéressante qu’une information lente. Aujourd’hui, nous avons atteint la vitesse maximale : celle de la lumière, c’est l’instantanéité. Quand on dit que le journaliste est l’analyste d’un jour, il y a encore dans ce mot un délai de 24 heures. Mais aujourd’hui les journalistes sont devenus des instantanéistes. Le journaliste est déjà de trop. Car la relation informationnelle était triangulaire, entre l’événement, le médiateur, et le citoyen. Mais dans le système actuel, les caméras de captation de l’information suffisent. Il n’y a plus que l’événement et le consommateur. L’information n’est plus une construction intellectuelle mais une transmission. Informer ce n’est pas répondre à des questions, c’est faire assister à l’événement. Le média pense faire de l’information contemporaine quand il donne à celui qui le consomme l’illusion d’assister à l’événement. CNN par exemple prétend nous montrer les événements en direct-live qui n’ont pas forcément du contenu. En presse écrite aussi on multiplie les reportages de terrain.

L’information est essentiellement une marchandise. Donc elle est davantage soumise aux lois du marché qu’aux lois de l’information. La valeur d’une information ne dépend pas de la vérité mais du nombre de personnes susceptibles de s’y intéresser, de son marché. Cette loi est la vraie trieuse de l’information.

3. Trois fausses affirmations

Voir égale comprendre : plus un média me proposera en direct de l’information, plus je serai satisfait parce que j’aurai le sentiment d’avoir été moi-même le témoin de ce qui se passe. Jusqu’à présent, on essayait de faire de l’information en respectant un certain nombre de règles. Si l’information n’est pas une science, elle est censée s’appuyer sur des sciences humaines, comme par exemple la sociologie et l’histoire, qui permettent une approche construite.

Désormais, si l’information, c’est faire assister à l’événement, on s’appuie sur un genre télévisé : le sport en direct. On informe comme on montre un match, sur le même principe.
Voir c’est comprendre, c’est l’équation contre laquelle se sont élevés les rationalistes. Voir c’est comprendre, c’est le procès de Galilée, c’est l’illusion des sens. D’où tous les malentendus possibles, surtout à l’heure du virtuel, des images de synthèse, où voir du faux ne peut pas être distingué de voir du vrai.

Y être suffit pour savoir  : D’où l’idée qu’on n’a pas besoin des journalistes. Il suffit d’y être pour pouvoir témoigner. Un témoin est un journaliste, le bon journaliste est un bon témoin. Quand les radios en continu veulent agir sur l’instant, elles se précipitent sur le téléphone, trouvent quelqu’un qui parle français là où ça s’est passé, et lui demande. Et souvent la personne qui parle fait écho de ce qu’elle a elle-même entendu dire. Or un témoin ( ce terme vient d’un mot grec qui veut dire martyr ) n’est pas forcément un bon transmetteur de l’information. Dans un de ses films, Kurosawa montre comment cinq personnes vivant exactement le même événement, en proposent cinq versions totalement différentes. Etre témoin c’est être impliqué, happé par l’événement, donc c’est ne pas avoir de distance suffisante. Le temps médiatique est instantané, le temps de la réflexion est plus éloigné.

Répéter c’est démontrer : Quand à propos d’un événement, tous les médias disent la même chose, c’est que c’est vrai. On l’a vu avec la guerre du Golfe, Maastricht ou l’euro.



 

 

Questions et réponses

Va-t-on vers la fin du journalisme ?

Ignacio Ramonet : Le système n’a plus besoin de journalistes. Les journalistes ont perdu leur spécificité. Il faut se fermer les yeux pour ne pas le voir. Entre 1850 et la fin du 19e siècle, c’était la seule profession qui avait le monopole de l’information de masse. Cette spécificité a disparu.

Aujourd’hui, toutes les institutions produisent de l’information, mais aussi tous les individus peuvent produire de l’information à l’échelle planétaire, avec Internet. Rien ne vous empêche d’ouvrir un site web chez vous ( si l’on excepte la limite économique, mais 20 000 francs vous suffisent pour pouvoir être relativement bien équipé ) et vous avez un média qui vous permet de parler au monde entier. Après tout, l’affaire Clinton-Lewinsky c’est Matt Drudge qui l’a sortie, et il n’était pas hyper-équipé, en tout cas moins que Newsweek [1] …

Les institutions, de tous ordres, politiques, économiques, culturelles, sociales, syndicales, etc. produisent de l’information. Très souvent cette information est pré-digérée pour les journalistes. Ce qui leur reste, c’est de diffuser cette information, mais seulement dans certains milieux, parce que, dans d’autres, les institutions s’en chargent. Les publications faites par des annonceurs, relativement bien, se multiplient. Les groupes qui possèdent les médias contrôlent les médias, non pas de façon primitive et primaire, pour faire de la communication sur ce qu’ils font, mais indirectement aussi pour ne pas nuire à ce qu’ils font. Déjà, beaucoup de journalistes travaillent pour des groupes. Ces groupes sont en mesure de contrôler la communication à la source. Le journaliste est là pour donner la caution d’une certaine objectivité pour un public innocent.

Non seulement ils sont en voie de disparition mais c’est souvent des alibis pris en otage pour diffuser une information qui sert les intérêts de tel ou tel groupe. C’est une vision noire mais je pense qu’on est dans le vrai. Je complète : dans de nombreuses capitales il y a déjà plus de journalistes qui travaillent pour des médias d’entreprises, de marques, d’institutions, d’annonceurs, des médias institutionnels, que de journalistes qui travaillent dans les grands médias.

Dans un souci de productivité, le temps fait de plus en plus défaut aux journalistes. Pourquoi les grands groupes industriels dépensent-ils des fortunes colossales pour acheter telle entreprise d’information, alors qu’ils accordent aussi peu de temps aux journalistes ?

Ignacio Ramonet : Les groupes qui cherchent à contrôler les médias en sont encore à croire que l’influence dans les esprits est proportionnelle à l’importance du média. Leur connaissance de ce qu’on appelle les effets en matière de réception est assez primitive et archaïque. Ils pensent qu’il peuvent gagner en capacité à manipuler les esprits. En réalité, l’expérience montre que c’est plus difficile.

Deuxièmement, posséder un média produit un prestige non négligeable. Dans TF1 un pouvoir, Pierre Péan a bien montré quel était l’objectif de Bouygues quand il a racheté TF1. A un moment, il négociait avec Balladur, entouré de ses conseillers. Ils avaient fait un audit de TF1, qui chiffrait la chaîne à telle somme. Les services du gouvernement en étaient arrivés à peu près à la même somme. Et Balladur avait dit à ses conseillers “ce sera ça, plus 20 %”. Les conseillers de Balladur eux-mêmes avaient trouvé que c’était excessif. Quand on annoncé la nouvelle à Bouygues, les conseillers ont dit : “laissez tomber !”. Bouygues a dit ” c’est offert, c’est très bon marché, j’achète. Ce n’est pas une télé que j’achète, c’est un instrument d’influence “ [2].

LCI a été créée sur le même objectif. 365 journaux télévisés du soir c’est insuffisant pour les milliers de décideurs qui font appel à beaucoup de béton. Il fallait une chaîne de télévision qui ne fasse que les recevoir.

Tout cela n’a rien à voir avec la communication mais avec l’idée que les décideurs se font de l’influence des médias. Des groupes peuvent comprendre qu’ils n’ont pas besoin des médias. Des groupes industriels ont des médias comme une danseuse. Un groupe médiatique (Murdoch, Time-Warner…), lui, fait de l’argent avec des médias, à condition de lui imposer les conditions de rentabilité qu’on applique à l’industrie. Aujourd’hui, les pratiques dans la communication sont exactement les mêmes que dans l’industrie : fusions entraînant licenciements, synergie… Ce n’est plus une industrie protégée comme faisant partie des acquis gagnés par la démocratie. Autrefois, c’était une sorte de pouvoir opposé aux pouvoirs obscurantistes, comme l’Eglise. Qui pense aujourd’hui que la presse c’est le contraire de l’Eglise ?

Plutôt que de disparaître, le journalisme n’est-il pas plutôt amené à muter ? Plutôt que transmettre l’information, à la lire et à la relier ?

Ignacio Ramonet : Le journalisme est un métier qui se transforme. Tout ce qui consiste à fuir dans l’instantanéité est apprécié par le public, mais quelle dimension de public ? Il faut accepter l’idée qu’on n’est pas obligatoirement un média de masse.

Certaines d’activités se pensent automatiquement comme devant être planétaires, permanentes, immédiates, immatérielles, ce que j’appelle le système 2p2i. Ce n’est peut-être pas nécessaire. Au moment où tout s’accélère, on a le droit de ralentir. C’est peut-être ce que demande une partie du public, un ralentissement, non pas par paresse mais pour prendre le temps de réfléchir. Le paradoxe est qu’on vit dans une société les plus cultivées de l’histoire de ce pays. C’est la même chose pour l’immense majorité des pays du monde. Jamais il n’y a eu autant de populations scolarisées, jamais il n’y a eu autant de diplômés dans toutes les disciplines. Pourquoi dans le même temps avons-nous les médias les plus médiocres ?

Une partie du public cherche un autre type d’information. Je pense par exemple qu’il y a beaucoup d’avenir, un vivier de production journalistique, pour tout ce qui est l’information sur l’information. La communication au sens large nous opprime tellement que quand on lit un livre comme celui de Serge Halimi [3], quand on regarde une émission de Schneidermann qui démonte un bidonnage ou un trucage, on est libéré, on se dit “ce texte ou cette émission me venge”. Parce qu’on m’a trompé, pendant très longtemps, et que je ne peux pas me défendre. Pourquoi a-t-on créé tant de médiateurs ? D’ici dix ans il n’y aura pas un média sans médiateur, il faudra donc réfléchir à la fonction des médiateurs. Qui surveille les médiateurs ?

La crédibilité s’est effondrée, comme un régime qui n’est plus cru. Aujourd’hui la démocratie médiatique ne fonctionne pas.

Dans l’audiovisuel on peut distinguer trois phases historiques de la crédibilité.

1. Les actualités cinématographiques fonctionnaient sur le principe du documentaire à commentaire. Un commentaire est pléonastique par rapport aux images que chacun voit : ” le maréchal Pétain est en train d’inaugurer ” et on voit Pétain en train d’inaugurer. J’ai pris l’exemple de Pétain mais dans les régimes démocratiques c’était la même chose. On croit parce que la voix qui nous parle est anonyme. C’est la voix d’une allégorie, c’est la voix de l’information. Elle pénètre en moi, c’est la voix de Jeanne d’Arc, elle a une fonction théologique, la divinité information.

2. Le journal télévisé. C’est le contraire : la voix anonyme laisse la place à la suridentification. C’est un monsieur ou une dame qui nous parle les yeux dans les yeux, on nous dit qui il est en sous-titre. Je le connais très bien parce que les journaux spécialisés nous racontent sa vie. D’ailleurs les enquêtes montrent qu’on choisit de voir tel ou tel journal télévisé en fonction du dégré de sympathie qu’on a avec le présentateur ou la présentatrice. C’est donc parce que j’ai un rapport d’intimité avec le présentateur ou la présentatrice que je crois ou je ne crois pas, parce que je me dis lui qui vient chez moi depuis dix ans ? vingt ans ? il ne peut pas me mentir. Il me dit qu’il parle avec Castro, je le crois ? ! [Rires dans l’assistance]. Mais, aujourd’hui, il y a la troisème phase, parce que ça ne marche plus. Poivre d’Arvor, dès qu’il me regarde, on se dit quel hypocrite. Il ose encore me regarder après ce qu’il a fait… ?

3. Aujourd’hui on croit CNN alors qu’elle ne me dit rien. On la croit parce qu’on a à faire à une sacrée machine technologique. Cette machine m’en met littéralement plein les yeux, elle dit “maintenant nous allons nous connecter avec Dhahran”, et on voit Dhahran, “nous allons connecter avec Jerusalem”, et on voit Jérusalem, et Washington, etc. On se dit : cette machine-là, qui a des caméras partout, qui a la puissance d’ubiquité de Dieu, il est évident qu’elle dit la vérité, on est obligé de la croire.

Donc, en quarante ans, on est passé par trois formes de crédibilisation, ce qui prouve que des crédibilités s’effondrent, et aujourd’hui nous sommes devant l’effondrement massif de la crédibilité des médias, parce qu’il n’ont pas changé de registre. Et c’est pourquoi les journaux télévisés vont disparaître tels qu’ils existent, et ils disparaissent déjà, remplacés par des chaînes d’information continue.

Quelle est la marge de manoeuvre du Monde diplomatique par rapport au groupe Le Monde ?

Ignacio Ramonet : Le Monde diplomatique fait partie du Groupe Le Monde. Le Monde est le seul grand journal qui appartienne majoritairement à son personnel et à ses lecteurs. C’est donc au sens propre du terme un journal indépendant. Il est l’actionnaire majoritaire du Monde diplomatique SA.

Actuellement Le Monde possède 57 à 58 % du capital, le reste est détenu à peu près à parts égales par le personnel du Monde diplomatique et par les lecteurs regroupés dans l’association des Amis du Monde diplomatique. Le personnel et les lecteurs ont une minorité de blocage, c’est-à-dire que si Le Monde venait à perdre son indépendance, s’il était racheté par un grand groupe, il aurait beaucoup de difficultés pour intervenir sur la ligne du journal, qui est protégée par ses statuts. Ils protègent en particulier la nomination du directeur, qui est le garant de la ligne.Nous sommes un journal très indépendant. Le contenu du journal est décidé en comité de rédaction sans influence d’aucun ordre, ni politique, ni confessionnel, ni industriel. Chacun des membres du comité de rédaction a ses convictions. Mais il n’y a pas de militant de parti politique chez nous. Ce n’est pas interdit mais ça n’existe pas. Nos relations avec Le Monde sont bonnes. Nous sommes des journaux différents. mais nous avons été fondés par la même personne, Hubert Beuve-Méry, un homme unanimement respecté par les journalistes, et qui a toujours voulu que Le Monde diplomatique ait sa propre personnalité, sa propre singularité. Ces relations ont connu des hauts et des bas, elles n’ont jamais été déplorables ou détestables, et en tout cas, avec la direction actuelle, du point de vue des entreprises, c’est une très bonne relation. C’est d’ailleurs la direction actuelle qui a encouragé la création de cette filiale que nous sommes aujourd’hui.

Mais ce sont des journaux très différents. Le Monde prend position sur mille et une questions, revient en arrière après avoir affirmé une chose, donne la parole à d’autres qui disent le contraire. De notre côté, nous sommes davantage partisans d’un journalisme non pas de débat au sens facile du terme mais d’un journalisme de conviction, on ne sacrifie pas à des formules faciles qui viennent du journalisme oral, par exemple il n’y a pas d’entretien. On a plus de temps, notre journal se lit sur un mois. Certains lecteurs dramatisent excessivement les différences, en réalité les relations sont bonnes.

Est-ce que vous n’êtes pas rattrapés par les grands groupes ? Le Monde Interactif est passé dans le giron de Grolier, et donc de Hachette (marchand d’armes).

Ignacio Ramonet : Le Monde possède les deux tiers du capital du Monde Interactif, il est majoritaire et compte le rester. L’objectif du Monde interactif est de se tenir très au courant, d’avancer en fonction des transformations qui se produisent. Le Monde diplomatique réfléchit ( je vous le dit en primeur ) à la possibilité d’entrer dans le capital du Monde interactif, à un petit niveau ( car les investissements sont très importants en la matière ), et également dans cet objectif. Je vous rappelle que nous avons été le premier journal de France à créer un site Internet.

_________________________________________________

[1] La rédaction de Newsweek disposait des premiers éléments d’information sur l’affaire mais elle avait décidé de ne pas les publier immédiatement pour se laisser le temps de les vérifier. Matt Drudge a récupéré ces informations et les a publiées sur son site Internet (note d’Acrimed).

[2] TF1, un pouvoir, Pierre Péan, Fayard, 1997.

[3] Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, ed. Liber Raisons d’agir, 1997.

 

 

« Bévues de presse », de Jean-Pierre Tailleur : une critique qui substituerait à d’autres ? 

 

Henri Maler

juillet 2002

 

 

Paru dans “Le Monde Diplomatique” de juillet 2002 

 

Les ” maladies dédaignées du journalisme français “.  

« Rares » sont les ouvrages qui s’attardent sur la ” qualité ” de la presse française, notamment quand elle se prévaut de ses enquêtes. C’est un tel travail d’investigation qu’effectue Jean-Pierre Tailleur [1], en prenant pour objet la presse elle-même : des enquêtes faussées des ” grandes institutions ” aux reportages minimalistes ou bâclés des quotidiens régionaux. Cet inventaire empirique, conforté par une comparaison internationale avec la presse espagnole et la presse anglo-saxone, permet à l’auteur de diagnostiquer avec précision certaines des ” maladies dédaignées du journalisme français “. Ce dédain explique à ses yeux l’insuffisance des thérapies proposées – qu’il s’agisse, par exemple, du ” métajournalisme ” pratiqué par les ” médiateurs “, des émissions sur les médias ou du rôle des instances corporatives. Mais le sombre constat des ” bévues” vaut-il vraiment comme une critique qui substituerait à d’autres ? Le ” maljournalisme ” à la française n’est peut-être que la version française des effets de la marchandisation de l’information et du prêt-à-penser qui lui correspond.

Henri Maler

26/07/2004 

 

Jean Pierre Tailleur : l’interview 

 

Une interview de Jean-Pierre Tailleur, dont ses enquêtes ont été publiées dans des journaux très divers. Auteur d’un brillant essai sur le ” maljournalisme” français, Bévues de presse , ce journaliste y explore le déclin français à travers ses principaux symptômes: la qualité contrastée du journalisme en France, voire la sous-information.  

 

Le Grain de sable: Vous venez d’écrire un ouvrage très critique sur le journalisme en France ; que reprochez-vous le plus aux journalistes?  

Jean-Pierre Tailleur: D’une part, des autocritiques inexistantes ou biaisées, et d’autre part, des critères de qualité des reportages trop souvent nébuleux. L’introspection des médias, lorsqu’elle existe, se limite à des considérations générales qui minimisent la responsabilité individuelle des journalistes. On évite la critique factuelle en se focalisant par exemple sur la pression économique que connaît cette profession, comme toutes les autres. Un peu comme si au lieu de juger les plats, les traqueurs de malbouffe que sont les chroniqueurs gastronomiques ne s’intéressaient qu’aux contraintes commerciales de la restauration. Je m’étonne, aussi, que des reporters extrêmement médiocres travaillent dans des rédactions prestigieuses et soient même encensés, parfois, sans que cela ne fasse débat.

LGDS: Le «maljournalisme» français n’est-il pas dû au manque de pluralité de nos journaux? 

JPT : Oui, bien sûr. Serge Halimi l’a souligné justement dans son pamphlet «Les nouveaux chiens de garde». Mais avant de chercher les causes du maljournalisme, il faut juger sur pièce les journaux. Regardez ce qui se passe dans l’Aude, où
La Dépêche du Midi est en concurrence avec Le Midi Libre et L’Indépendant, tous deux contrôlés par Le Monde. On ne peut pas dire que les Narbonnais soient mieux informés sur les enjeux démocratiques locaux, que dans les habitants des villes de province où domine un seul journal.

LGDS : Vous attaquez particulièrement la médiocrité de la presse quotidienne régionale (PQR); est-ce un cas typiquement français? 

JPT : Il n’y a aucune étude scientifique qui puisse permettre de répondre catégoriquement à cette question. Mais une comparaison internationale – terrain non exploré par nos «médiologues» – permet de constater que notre PQR est relativement mauvaise. Notre jacobinisme n’est pas la seule cause de ce sous-développement: les directions de ces journaux ne s’intéressent pas assez au contenu éditorial et à la hiérarchisation des informations locales.

Q : Quelles ont été les réactions de vos confrères à la sortie de ce livre?  

JPT : Pour résumer en deux mots, corporatisme et couardise, y compris de la part des écoles de journalisme. A quelques exceptions près comme Le Point, Le Monde diplomatique ou France Culture. Mon éditeur a envoyé cet essai, qui est très argumenté, à plus de 200 journalistes. Mais ils ont refusé d’en débattre, en très grande majorité. Ils ont préféré s’intéresser plutôt au livre de Thierry Meyssan, qui soutient qu’il n’y a pas eu d’avion sur le Pentagone le 11 septembre 2001… Le contenu de «Bévues de presse» est pourtant au cœur des discussions sur la coupure entre l’élite et le peuple, dont on nous a tant parlé avec le «raffarinisme». Si quelques personnalités m’ont félicité, en privé, beaucoup de confrères journalistes m’ont tenu des propos du genre «De quel droit vous nous critiquez et donnez des leçons?». Comme si la dénonciation des moutons noirs de leur profession était un crime!

Q : La revue Marianne a réalisé un sondage démontrant que la majorité des journalistes votent à gauche. Que pensez-vous de ce sondage ? 

JPT : Il est intéressant, bien qu’il ait été basé sur un échantillon très réduit d’une centaine de réponses si je me souviens bien. Mais il s’agit d’un faux problème, qui permet de cantonner l’autocritique de la presse dans un débat idéologique, type «pensée unique contre antilibéralisme». J’attends que les médias écrivent sur les journaux à travers le prisme du professionnalisme des reporters. Marianne, dont beaucoup de reportages respirent l’à peu près, serait alors obligé de reconnaître ses faiblesses.

Q : Un journaliste doit-il s’engager ?  

JPT : Oui, s’il est éditorialiste et si sa plume est principalement le fruit de sa matière grise. Non, s’il fait du reportage de terrain, l’activité qui contribue le plus à la valeur ajoutée des journaux. Sa seule préoccupation doit alors être de multiplier les sources, et de rapporter honnêtement les informations recueillies dans les documents et chez les informateurs sollicités.

Q : Que pensez-vous de la presse satirique ou alternative tels que Charlie-Hebdo, PLPL ou Le Canard Enchaîné? 

JPT : Ces journaux jouent un rôle qu’il ne faut pas négliger. Si l’on met de côté son ton sarcastique, «Pour Lire Pas Lu» a par exemple l’énorme mérite de dénoncer régulièrement la petitesse de certains grands médias. Mais comme je l’ai montré dans mon livre, «Le Canard» n’a pas la rigueur et la fiabilité que l’on peut attendre du journal d’investigation qu’il prétend être.

LGDS : Y a-t-il des sujets que les médias n’osent pas couvrir ?  

JPT : Oui, en premier lieu les fautes entièrement attribuables à des journalistes politiquement corrects. C’est pour cette raison que les questions soulevées dans mon livre sont largement ignorées. Je crois aussi qu’on a trop tardé à informer sur l’islamisme dans les banlieues françaises. Pour prendre un autre exemple, lié à mes origines argentines, je regrette que notre presse ait si peu expliqué les raisons pour lesquelles l’ancien dictateur Videla ou son collègue chilien Pinochet bénéficient encore d’un courant de soutien dans leur pays. Le journalisme, c’est aussi un combat contre le manichéisme.

Q : Quel est votre plus beau souvenir de journaliste ?  

JPT : J’en ai plusieurs, mais j’en citerai un qui m’a aidé à être moins manichéen justement. Il s’agit d’un reportage sur les Juifs d’Iran, publié en 1999 dans «L’Événement du jeudi». J’avais beaucoup de préjugés sur l’antisémitisme des Ayatollahs, mais de mes propres yeux, j’ai vu que l’on peut pratiquer le judaïsme dans le pays chiite. Malgré l’hostilité contre Israël, les dirigeants iraniens font une distinction entre antisionisme et antisémitisme en effet. J’ai eu un gros regret, cependant, qui m’a incité à poursuivre l’étude qui a abouti à mon livre: L’Evénement a voulu faire un coup en titrant l’article «50000 juifs menacés de mort», alors que je racontais l’inverse!

LGDS : Quels sont vos références en matière de journalisme?  

JPT: Le New York Times, le médiateur du quotidien espagnol El Paìs, les journalistes qui, comme Christophe de Ponfilly avec le Commandant Massoud, on fait des enquêtes de longue haleine. Je lis aussi, souvent, des bijoux de reportage dans des journaux comme L’Express, Le Nouvel observateur ou Le Monde.

LGDS : Comment voyez-vous l’avenir de la presse française ?  

JPT : Je n’ai pas de réponse à cette question.

LGDS : Pensez vous qu’Internet puisse contribuer à améliorer la qualité du traitement de l’information ? 

JPT : Oui, mais il ne faut pas que les sites Web servent à combler les trous noirs de l’actualité délaissés par les medias traditionnels. Il ne faut pas qu’Internet soit un diffuseur de vérités essentielles, mais peu reprises par les médias grands publics.

LGDS : Vous avez beaucoup parlé des points faibles de la presse française. Quels sont ses points forts?  

JPT: La richesse de ses magazines télévisés ou écrits, la profondeur de beaucoup d’analystes. J’apprécie en particulier les débats d’idées publiés dans Libération ou Le Monde, l’émission «L’Esprit public» de Philippe Meyer sur France Culture, ou les reportages du mensuel «Capital» ou du magazine télé homonyme. Leur niveau de pertinence a probablement peu d’équivalents dans le monde.

LGDS: Selon vous, est-on mieux informé qu’il y a 30 ans?  

JPT: J’étais trop jeune, à l’époque du président Pompidou, pour pouvoir apprécier la qualité des informations. Mais je viens de lire un essai sur la presse écrite de Daniel Toscan du Plantier, publié en 1974: il faisait déjà certains des constats présentés dans «Bévues de presse»! Il y a certainement eu beaucoup de progrès, depuis, ne serait-ce que grâce à la multiplication des radios et des chaînes de télévision.

LGDS : Quelles mesures éventuelles faudrait-il prendre pour améliorer le journalisme français?  

JPT : Avant de demander des aides, il faut balayer chez soi. Les journalistes doivent inviter la minorité de mauvais reporters qui squattent colonnes de journaux et temps d’antenne à changer de métier! Tant que la profession refusera de débattre du manque de professionnalisme dans ses rangs, les discussions sur les moyens de l’améliorer resteront vaines.

 

 

Jean-Pierre Tailleur, Bévues de presse: l’information aux yeux bandés, Félin (2002 

Le site : Bévues de presse

 

Ardisson, Kieffer et Routier : ils ont tué le journalisme 

Qu’est-ce qu’il y a de pire que le maljournalisme, dénoncé entre autres et avec brio par Jean-Pierre Tailleur ?
C’est dénoncer le maljournalisme, pour cacher ses propres errements de journaliste.
J’ai analysé cette technique de communication, appelée “se cacher dans la lumière”, dans mon livre “
Ils ont tué la télé publique“, car Thierry Ardisson en a usé et abusé pendant des années au sein du service public.C’est une technique très subtile, et quasiment indétectable : comment se douter que la personne qui dénonce le plus un errement en est lui-même / elle-même la première supportrice ?
Pour Ardisson, j’explique comment il a tant et plus parlé du plagiat de Pondichéry pour mieux cacher qu’il mentait à son sujet, en minorant son ampleur. J’explique aussi qu’il dit qu’il respecte les noirs, les homosexuels, les femmes, les juifs, entre autres, alors qu’il adopte par ailleurs des attitudes qui pourraient faire penser le contraire. C’est tout un art, le fait de se cacher dans la lumière.Or Ardisson a trouvé un excellent élève en la personne de Philippe Kieffer, qui se prétend journaliste.
Parce qu’il aurait passé douze ans à Libération, au service “médias”, il en serait forcément un.
Il oublie qu’on juge un journaliste sur les faits, or ceux-ci ont plutôt tendance à démontrer le contraire pour ce qui est de Kieffer. Celui qui n’a a priori aucun lien avec Tina (qui fut un temps dans l’équipe de Frou-frou, émission produite par Ardisson) avait accepté en 2003, à la demande d’Ardisson, de devenir l’intervieweur attitré, pour ne pas dire nègre officiel, pour son livre de souvenirs “Confessions d’un baby-boomer” (qui ressort ces jours-ci en poche). Ardisson était sans doute trop pris par le montage de ses émissions pour avoir le temps d’écrire des souvenirs de sa pauvre vie. 

En fait, Kieffer a servi de faire-valoir à l’homme en noir, qui ne demandait que ça comme je le démontre dans le livre. Kieffer a avalé les pires couleuvres de l’ex-pape du PAF, des 6 pages de Pondichéry à ses mensonges sur Thierry Meyssan (écrivant lui-même ce qu’Ardisson n’a même pas pu avouer, et qui en plus est faux : Meyssan n’était pas un dérapage, son interview était planifiée, préparée la plus scrupuleusement possible, et Ardisson, tout en reconnaissant que c’était “la plus grossière erreur de sa vie”, cachait dans la lumière le fait qu’il avait bien entendu fait exprès de l’inviter et de lui dérouler le tapis rouge), etc. 

On apprend dans l’Express du 8 juin 2006 que Philippe Kieffer, nègre de luxe donc, “s’est attelé au tournage d’un documentaire sur la crise de la presse française.” Il fallait oser : l’un de ceux qui participent à cette crise, en ne posant même pas à Ardisson les questions élémentaires que tout journaliste digne de ce nom aurait dû poser, en n’enquêtant même pas un minimum sur les assertions de son interviewé de luxe, l’un des pires journalistes donc va se charger de nous dire, à nous pauvres téléspectateurs, pourquoi la presse est en crise. C’est la même chose qu’Airy Routier qui, dans un dossier du Nouvel Observateur consacré au maljournalisme, se plagiait lui-même 4 ans avant, dans ce même Nouvel Observateur.En dénonçant, j’éloigne la critique, et je deviens le chevalier blanc. Ardisson, Kieffer et Routier l’ont bien compris, malheureusement ils ne sont pas les seuls en France aujourd’hui, il suffit de s’intéresser aux médias pour le savoir, et nul besoin de regarder le futur documentaire fait par l’un des fossoyeurs de la presse sur la crise la presse pour le comprendre.  

 

 

« Ravi » de mieux nous connaître

Par leravi – 1er/07/2004

Décidemment le « mensuel provençal et satirique » ne fait rien comme les autres. Au Ravi, qui souffle sa première bougie cet été, tous les rédacteurs sont invités à exprimer haut et fort leur point de vue. Parfois, lorsqu’ils suivent des études, ils consacrent même un mémoire de sociologie à notre journal. En voici une courte synthèse.

« Fort du parti pris du rire, on tient bon le cap : celui d’une presse libre, résolument critique, ni complaisante ni cynique », écrivait le Ravi dans son édito de janvier 2004. Parler de presse “indépendante” ou de médias « libres » implique que les médias dits dominants ne seraient ni libres ni indépendants. De fait, de nombreuses pratiques contestables en matière d’information ont été dénoncées en France, en Italie, aux Etats-Unis, qui mettent à mal une réelle expression de la démocratie. Cependant, la situation de la liberté de l’information dans ces pays reste toujours fort enviée par leurs confrères de pays plus répressifs. Selon le rapport 2003 de Reporters Sans Frontière, 25 journalistes ont été tués en 2002, près de 400 médias ont été censurés et 121 journalistes se trouvaient en prison. Dans les pays dits « en transition », les experts de
la Banque mondiale soulignent que « la “bonne gouvernance” d’un pays requiert l’existence de contre-pouvoirs. Une presse indépendante est l’un de ces nécessaires contre-pouvoirs » (2). Des pays comme
la France souffrent plus d’un « maljournalisme » (3) que d’une éventuelle mort du 4e pouvoir.

Pour autant, ce maljournalisme justifie pleinement l’existence d’un contre-pouvoir sous la forme de médias (revues, « webzine », télévisions, radios) qui se revendiquent libres et indépendants, en opposition aux médias dits « dominants ». « Médias qui dominent à double titre : par la place qu’ils occupent et par la fonction qu’ils remplissent. Et à ce double titre, médias de la domination. » (4) Lesquels, de plus en plus soumis aux exigences du marché, au diktat de l’audimat, appartenant souvent à de grands groupes financiers, acteurs parfois inconscients d’un mécanisme de domination qui les dépassent, ne remplissent effectivement pas toujours ce rôle d’agents de la démocratie. Dans le contexte local, où l’on parle aussi à juste titre de « gouvernance », un journal libre comme le Ravi, « qui prend la parole plus qu’il ne milite » (5) peut être ce nécessaire contre-pouvoir. Même si c’est un peu prétentieux, faut bien se motiver pour quelque chose…

« Le rire est la meilleure arme contre les pisse-froids » écrivait encore le Ravi, en juillet 2003. Parce que la sociologie sans le rire, ça peut vite devenir pénible. Comme disait Bourdieu, la sociologie c’est bien pratique pour « minimiser la violence symbolique qui s’exerce dans les rapports sociaux et en particulier dans les rapports de communication médiatique » (6). Mais quand même, faut pas pousser : « le travail critique… ne déroge en rien aux exigences de la rigueur et de la précision parce qu’il recourt à l’humour et au trait satirique », précise Patrick Champagne, l’un de ses disciples. Mieux comprendre les manipulations permet de mieux les énoncer, même en riant. Au Ravi, on ne peut nier l’aspect « rire et sociologie ». L’avantage pour le lectorat, c’est que les médias dominants manquent des deux. Souffrant d’une très dommageable « ignorance sociologique » (7), flagrante par exemple sur le cas de la délinquance juvénile ou de l’urbanisme, ces médias nous infligent en outre un sérieux mélodramatique sans compétence qui ne sert de fait plus à rien. Autant en rire. Et travailler. Car les journalistes incompétents laissent un sacré travail à qui se piquerait de vérifier le leur. Sur le sujet, il ne faut pas hésiter à jeter un coup d’oeil à PLPL, efficace décortiqueur de « conneries » médiatiques, et lire régulièrement son Ravi…

Combien de temps peut durer une pareille histoire ? Tout dépend des lecteurs et d’éventuels procès… Les journaux comme le Ravi ont en effet un délicat talon d’Achille : un effarant manque d’argent. Une survie précaire qui arrange bien ceux que l’existence d’une telle presse irrite. Comme le soulignait le Monde diplomatique, en juin 2004, « les procès sont devenus un moyen courant pour tenter d’intimider les animateurs souvent bénévoles, de projets rédactionnels un peu dérangeants ». Ainsi, après le Fakir, poursuivi par Le Courrier Picard, après CQFD, poursuivi par
la Croix-Rouge, c’est au tour d’un nouveau journal parisien, Tant pis pour vous, de subir un procès à propos d’un article corrosif sur le chanteur Renaud. Quant au Ravi, il vient juste d’être mis en examen dans le cadre d’un procès en diffamation l’opposant à la mairie de Menton (lire page 4 et l’édito)…

Valérie Patte

(1) Petit manuel de l’observatoire critique des médias, supplément à PLPL. (2) Reporters sans Frontières, rapport 2003. (3) Acrimed (Observatoire critique des médias), www.acrimed.org. (4) Jean-Pierre Tailleur , Bévues de presse, éd. du Félin. (5) Gilles Mortreux, journaliste au Ravi. (6) Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Libre raisons d’agir, 1996. (7) L’expression est de Loïc Wacquant, autre disciple de Bourdieu.

 

 

 

Génération « altermédias »

Dans les années 80, Jello Biafra, chanteur du groupe punk Dead Kennedy’s lançait son mot d’ordre : « Don’t hate the media, become the media », mais il n’a pas pensé à nous proposer un nom. La terminologie de la presse « libre » pose effectivement un problème. Par définition, toute la presse est libre et indépendante. On sait ce qu’il en est dans les faits, mais quand même. Presse d’opinion, ça ne va pas non plus, le Ravi par exemple représentant plutôt une presse d’opinions, avec un “s”. Presse « alternative », c’est sympa mais un peu trop rock’n roll. Presse de « proximité », c’est pas mal, mais le magazine mensuel municipal est aussi de proximité. Reste l’intéressant « altermédia », utilisé surtout à l’étranger, qui présente le double avantage de regrouper en un seul terme les éléments disparates de la presse « différente » et de souligner dans le même temps le lien entre le développement rapide de cette presse et l’émergence du mouvement altermondialiste. « Le système indépendant de communication est déjà très répandu et très actif. A tel point qu’en Italie par exemple, des évènements comme ceux de Gênes ou du Forum social de Florence ne pourraient pas être autrement expliqués. » (P. Sullo, rédacteur en chef de Carla, revue italienne indépendante, novembre 2003.)

 

 

Le grand bazar de l’info Yves Agnès  

 

Un livre de plus sur les média. Un livre de trop ! Yves Agnès a eu le toupet de sous-titrer ce livre « Pour en finir avec le maljournalisme » Maljournalisme : un mot emprunté à Jean-Pierre Tailleur , qu’il omet de signaler, auteur d’un des plus brillants ouvrages sur la presse française Bévues de presse. Assez étonnant  car il explique par ailleurs d’où provient le terme malinformation.
Son constat sur les médias sonne comme une rengaine usée : « Les bavures médiatiques se sont banalisées », « La vérification des informations est aujourd’hui de moins en moins pratiquée »…
 
Yves Agnès souligne qu’« on peut à l’inverse se réjouir  de la prudence et de la modération dont ont fait preuve les médias écrits et audiovisuels après les incidents survenus lors de la manifestation lycéenne du 8 mars 2005 ».  Les médias ne se sont pas emballés sur le » racisme anti-blancs » « pouvant donner du grain à moudre à une extrême droite ». C’est sans doute pour cela que les médias français ont fait preuve d’une très grande retenue vis à vis des dernières émeutes en banlieue. Les média français se sont bien auto-censurés comme le confirme Jean-Claude Dassier, le directeur général de LCI  dans  
The Gardian  qui a admis avoir volontairement censuré la couverture des émeutes de banlieues, et ce afin de « ne pas favoriser l’extrême droite ».
 
Yves Agnès a l’air d’être réticent vis à vis d’Internet , repère de « pédophiles, maquereaux, racistes ou négationnistes ». Il note que 10 000 dépêches d’agences sont produites chaque jour. Pourtant il omet de signaler que les médias français répercutent les mêmes informations. C’est ici qu’Internet est intéressant car il permet de signaler des informations passées inaperçues comme les nombreux actes de vandalismes visant des églises, temples ou cimetières chrétiens (voir le site
indignations.org). 

Deux églises ont été attaquées lors des émeutes pendant la nuit du 6 novembre 2005. De nombreux médias étrangers s’en font l’écho mais étrangement

  *

la presse nationale – télévisions, radios et journaux – reste muette.  

Un autre point positif d’Internet que cet auteur a oublié : les débats grâce aux nombreux sites  sur la toile à propos du traité constitutionnel européen.
Yves Agnès s’inquiète de l’omniprésence des patrons de grosses société dans la presse écrite et audiovisuelle. C’est un problème mineur ; d’ailleurs les groupes TF1 et Lagardère sont entrés dans le capital de l’Humanité sans que la ligne éditoriale infléchisse.
 
Face à ces médias classiques, il propose  des sites militants proche du milieu alter-mondialiste et donc très subjectifs comme Uzine, Acrimed…Il fait aussi l’éloge
d’Ignacio Ramonet  qui n’a jamais eu  de scrupules à se présenter avec Fidel Castro que je considère plutôt comme un dictateur.
 
A la lecture de ce livre on ressent un profond malaise : les journalistes sont tès politiquement correct, ils ne sont pas prêt à combattre la censure qui sévit en France.
J’oubliais : Yves Agnès a été rédacteur en chef au Monde, et directeur général du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ)

Nos liens  

Médias, observation des médias, recherches universitaires, blogs de journalistes, collectifs et associations… 

 

 

Sites de grands médias  

 

Le Figaro
Quotidien généraliste de couleur “droite libérale”Le Parisien
Quotidien dit “populaire” à déclinaison locale (le Parisien/Aujourd’hui en France)
La Croix
Quotidien généraliste de couleur “démocrate chrétien”. Nouvelle formule depuis le 20 novembre 2006.Le Monde
Quotidien généraliste dit “de référence” de couleur “centre-gauche”Libération
Quotidien généraliste de couleur “nouvelle gauche” 

l’Humanité
Quotidien généraliste communiste 20minutes
Quotidien gratuit 

Métro
Quotidien gratuitOuest France
Quotidien régional 

Le Télégramme de Brest  

Observation des médias 

L’actu des médias
Un site d’étudiants en journalisme à l’IUT de Bordeaux qui traite, comme son nom l’indique, de l’actualité des médias.

Acrimed
Le site de référence de la critique bourdieusienne des médias. Indymédia
Portail de référence du journalisme indépendant et altermondialiste. 

Bigbangblog
Le blog d’une partie de l’équipe d’Arrêt sur images.

David Abiker fût l’invité du septièmeCafé de l’info de juin 2006. Daniel Schneidermann fût notre invité du 3 octobre 2006.maljournalisme
Site de Jean-Pierre Tailleur, auteur de Bévues de Presse : l’information aux yeux bandés et inventeur du concept de maljournalisme. Il a également été notre invité du Café de l’info en 2 mai 2006 sur le thème : La presse étrangère est-elle de meilleure qualité que la presse française ? 

Media-ratings
Agence de notation des médias. Nous avons reçu son directeur, Philippe Karsenty, lors de notre Café de l’info du 3 janvier 2006, autour du thème : peut-on noter les médias ?

Le dernier pouvoir
Site web mettant à disposition quelques émissions parmi les plus marquantes du Premier Pouvoir d’Elisabeth Lévy. Ce site a été mis en place par des auditeurs de France Culture après la décision de David Kessler de supprimmer cette émission cet été. 

Autour des médias 

L’OJD
L’OJD est l’organisme de référence pour la certification des chiffres de tirage, de diffusion et de distribution de la presse française. L’OJD certifie également la fréquentation des sites Internet.

Commission de la Carte de Presse
Créée par la loi du 29 Mars 1935,
la Commission a pour objet de délivrer une carte d’identité de journaliste professionnel aux postulants qui remplissent les conditions fixées par cette même loi (notamment dans son article L 761-2).  Thomas Zlowodzki  

 

 

 

La nouvelle émission politique de TF1 signe la faillite du journalisme à la française 

Mis en ligne le 16 février 2007 

TF1 a diffusé sa nouvelle émission politique « J’ai une question à vous poser », présentée par Patrick Poivre d’Arvor, le 5 février 2007. Les candidats à l’élection présidentielle y sont interrogés, en direct, pendant deux heures par cent Français sélectionnés par l’institut d’étude d’opinion TNS-SOFRES. 

Cette émission a provoqué de nombreuses polémiques. Nicolas Sarkozy, qui était l’invité du premier numéro de cette émission, entretient de bonnes relations avec Dominique Ambiel. Or, ce dernier dirige la société A Prime qui produit ce programme. M. Ambiel est également l’ancien collaborateur de Jean-Pierre Raffarin qui lui-même soutient le président de l’UMP.

Nous n’avons pas les moyens de vérifier si ces critiques sont pertinentes. A savoir, si les questions posées par les Français au président de l’UMP lui ont été communiquées au préalable. En revanche, Media-Ratings trouve choquant que les deux candidats en tête dans les sondages, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, bénéficient, durant leur campagne d’émissions qui leurs sont entièrement consacrées tandis que les autres candidats doivent partager leur temps de parole. Néanmoins, il apparaît que ce type d’émission annonce la faillite du journalisme politique à la française, fait de connivences, de coucheries et compromissions. En observant le paysage journalistique français, à cette veille d’élection présidentielle, on constate que deux présentatrices continuent à travailler jusqu’à la limite de la décence. Elles partagent leur vie avec deux membres du gouvernement actuel. Pour l’une d’elles, c’est la révélation de cette liaison par les médias, et non la liaison elle-même, qui a donné lieu à son retrait futur de l’antenne. De plus, si les medias français avaient moins de pudeur et révélaient les relations qui unissent certains journalistes à des postes de haute responsabilité avec le personnel politique, les rédactions de certaines chaînes et autres médias seraient décimées. De plus, aux liens intimes s’ajoutent les liens amicaux qui lient certains politiques français à de nombreux journalistes français.  

Comment peuvent-ils ensuite poser les questions qui fâchent ? Ces journalistes se voient alors contraints de déléguer cette fonction à des Français anonymes issus de panels de sondeurs. Prenons l’exemple des liens qui unissent le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, au groupe France Télévisions. Deux proches collaborateurs de M. Copé, Bastien Millot et Damien Cuier, ont été nommés à des postes de direction au sein du groupe de télévision publique. Libération avait publié un très bon article à ce sujet. En voici un extrait :  

« Mais c’est la filière Copé qui fait jaser. Quelques jours à peine après son élection, Carolis s’est trouvé un directeur de cabinet en la personne de Damien Cuier, issu du cabinet du porte-parole du gouvernement et ministre délégué au Budget. A l’ANPE-Copé, Carolis recrute aussi Bastien Millot. A 33 ans, ce jeune homme (qui a connu le ministre à Sciences-Po comme prof avant de devenir le directeur adjoint de son cabinet) réalise son rêve : entrer à la télé. C’est Millot qui habitait l’appartement personnel de Copé, alors que celui-ci occupait un dispendieux logement de fonction. Plus grave, Millot a été condamné fin 2004, alors qu’il était adjoint au maire de Beauvais, à une amende de plus de 30 000 euros ¬ toujours pas réglée ¬ pour « faux en écriture publique et abus de fonction » : des heures supplémentaires indues à un chauffeur de la ville. Mais tout ça, c’est du passé, jure Millot, bombardé « directeur délégué en charge de la stratégie, de l’innovation et de la communication », directement sous les ordres de Carolis. Le poste lui permet d’avoir l’oeil sur les programmes, et ce, sans aucune expérience télévisuelle ! Enfin, l’entourage de Sarkozy l’accuse d’être le rédacteur des argumentaires anti-Sarko, pour le compte de

la Chiraquie. Millot dément. Comme il dément avoir fait circuler la photo d’un certain Richard Attias, « l’ami » de Cécilia Sarkozy.
» 
L’Humanité a aussi publié un excellent article sur ces nominations. En voici quelques lignes : « Plus inquiétant, après l’appel en tant que directeur de cabinet de Damien Cuier, membre du cabinet de Jean-François Copé au ministère du Budget, Patrick de Carolis pourrait, selon certaines sources, à nouveau puiser dans « le vivier » du porte-parole du gouvernement en s’assurant les services de Bastien Millot jusque-là directeur adjoint du cabinet du ministre délégué au Budget et à

la Réforme de l’État et connu pour avoir été l’occupant de l’appartement de 160 mètres carrés de Copé dans le 16e arrondissement de Paris. Bastien Millot a été directeur de cabinet de Copé à la mairie de Meaux. Le porte-parole du gouvernement semble placer ses amis avec application.
» Pour illustrer la connivence qui existe entre le porte-parole du gouvernement à la directrice de l’information de France 2,
Arlette Chabot, nous vous invitons à découvrir leur fameuse bise.  

Pour conclure cette analyse sur les nouvelles émissions politiques, on observe que le service public suit la même pente populiste que TF1. En effet, cette connivence politiques-journalistes a aussi conduit France 2 à faire poser des questions d’« A vous de juger », par des internautes munis de webcam. Ainsi, cela permet à la chaîne de faire poser certaines questions délicates, sans avoir à se brouiller avec le politique interviewé. Notons toutefois que les relations entre les journalistes et les politiques n’étaient pas plus saines auparavant. Pour illustrer ce propos, il suffit de se remémorer l’interview de François Mitterrand par les femmes de deux de ses ministres, Anne Sinclair et Christine Ockrent. Envoyer  

 

 

Pourquoi nous ne soutenons pas Charlie Hebdo  

Mis en ligne le 8 février 2007  

Charlie Hebdo est poursuivi en diffamation par
la Ligue islamique mondiale,
la Mosquée de Paris et l’UOIF pour « injures publiques à l’égard d’un groupe de personnes en raison de leur religion
» après avoir diffusé en février 2006, en plus d’un dessin de Cabu, les fameuses « caricatures de Mahomet » dont les manipulations ultérieures ont soulevé le monde musulman. 

Le 17 février 2006, nous avions consacré une perle à cet épisode médiatique dans laquelle nous défendions vigoureusement le droit de diffuser ces caricatures : Caricatures danoises : l’intolérable manipulation face à l’inacceptable capitulation

Pour autant, même si nous ne soutenons absolument pas leurs adversaires, nous ne rangeons pas aux côtés de Charlie Hebdo car nous estimons que ce journal a publié ces caricatures pour faire un coup médiatique plus que pour défendre la liberté d’expression ou pour s’opposer à l’extrémisme musulman. En effet, après analyse du contenu de cet hebdomadaire, nous avons observé que Charlie Hebdo se moquait très souvent des chrétiens, rarement des juifs et quasiment jamais des musulmans, sauf dans le cas précité. De plus, on y observe une tendance régulière à la mise en équivalence des religions, quels que soient leurs agissements. Pour ce qui concerne les caricatures danoises, ce sont les dessinateurs danois qui ont pris tous les risques. La posture de Charlie Hebdo dans cette affaire n’était-elle alors pas plutôt destinée à réaliser un coup médiatique et à redresser des ventes en perdition ?  

On notera l’unanimisme démagogique et suspect de tous les bien-pensants et des politiques qui se rejoignent pour défendre l’hebdomadaire attaqué. Il nous apparaît que ce procès est uniquement un événement médiatique destiné à aveugler le public et à faire croire que la liberté d’expression est défendue en France. En fait, cette dernière est bien plus menacée par la toute puissance et la connivence qui existent entre les groupes de communication privés et publics que par des organisations islamistes extrémistes. On observera que Charlie Hebdo n’a jamais osé affronter les véritables puissances médiatiques françaises. Alors, Charlie Hebdo, debout face à quelques islamistes déboussolés et, couché face à France Télévisions ? 

Il est vrai que pour être invité sur leurs plateaux de télévision et y faire sa promotion, il vaut mieux être docile…

Bien évidemment, indépendamment de notre analyse du contenu régulier de Charlie Hebdo, nous espérons que les plaignants seront déboutés de leur plainte. Cela semble être en bonne voie puisque le Procureur de
la République a réclamé la relaxe
de Charlie Hebdo. Cependant, rien n’est sûr car dans
le procès qui nous a opposé à France 2 et Charles Enderlin, le Procureur avait demandé notre relaxe et nous avions été condamnés.  

 

 

 

Pourquoi les medias entretiennent-ils le mythe que Jacques Chirac a  véritablement lutté contre l’antisémitisme ?  

Mis en ligne le 15 mars 2007 

Jacques Chirac a annoncé le dimanche 11 mars 2007 qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections présidentielles françaises. 

Au cours de son allocution, il a beaucoup insisté sur la lutte contre l’antisémitisme.

Dans son sillage, les médias français ont répété que le président aurait mené vigoureusement ce combat. Pourtant, ceux qui observent

la France avec recul savent que c’est sous sa présidence que, la première fois en France depuis la fin de


la Seconde Guerre mondiale, des synagogues ont été incendiées et que
des juifs ont été assassinés en raison de leur religion. La mort d’Ilan Halimi en est le triste rappel. Jacques Chirac aurait-il alors échoué sur ce dossier par incompétence, comme sur d’autres tels que le chômage ou la « réduction de la fracture sociale » ? A moins que l’affirmation de son combat contre l’antisémitisme n’ait été qu’une posture ?  

De nombreux observateurs ont longtemps été trompés par certains discours et réactions de Jacques Chirac. Ainsi, sur la scène intérieure française, Jacques Chirac a toujours combattu Jean-Marie Le Pen et l’extrême droite. En juillet 1995, il a reconnu la culpabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs pendant la seconde guerre mondiale Pour autant, est-ce que ces attitudes justifient que l’on accorde à Jacques Chirac un brevet de « lutteur contre l’antisémitisme » ou de non-antisémitisme ? Nous ne le pensons pas, bien au contraire. 

En effet, quand on analyse la carrière politique de Jacques Chirac sur la durée, on observe qu’il a eu comme alliés politiques les ennemis les plus déterminés et les plus dangereux du peuple juif ; notamment ceux qui ont promis de réaliser un nouvel holocauste. Jacques Chirac a même tenté de les aider à atteindre leurs objectifs. Par exemple, il a offert à Saddam Hussein les moyens de produire l’arme atomique en 1975 au travers de la centrale Osirak que certains appelaient « Ochirak ». Les Israéliens ont détruit cette centrale nucléaire en 1981. On n’ose imaginer comment aurait tourné la guerre du Golfe de janvier 1991 si Saddam Hussein avait possédé la bombe atomique. Jacques Chirac a aussi été l’ami du dictateur libyen Kadhafi jusqu’à que ce dernier se convertisse à la realpolitik et abandonne ses armes de destructions massives. Paradoxalement, Kadhafi s’affirmait comme le premier des sionistes. Il disait qu’il souhaitait que tous les juifs de la planète se réunissent en Israël afin de pouvoir les anéantir en une seule fois avec une arme atomique. Le président français a aussi protégé contre les sanctions internationales le président syrien défunt, Hafez El Assad, qui hébergeait à Damas de nombreux groupes terroristes décidés à détruire l’Etat d’Israël. Il en fut de même avec le Hezbollah libanais qui a longtemps été défendu par Jacques Chirac personnellement, et par les diplomates français sous ses ordres. Il s’est toujours opposé à ce que ce groupe soit placé sur la liste européenne des organisations terroristes alors qu’il est responsable, entre autres, de l’attentat du Drakkar qui a tué plus de 50 soldats français en 1983 à Beyrouth.  

La diplomatie chiraquienne a aussi permis à l’Iran de gagner du temps ces trois dernières années pour parvenir à détenir l’arme nucléaire. En somme, il apparaît que sur la scène internationale, Jacques Chirac a été l’allié de tous ceux qui voulaient rayer de la carte l’Etat d’Israël et tuer tous ses occupants. Pour mémoire, rappelons aussi qu’il avait comme secrétaire général de l’Elysée, entre 1995 et 2002, Dominique de Villepin qu’il a nommé Premier ministre en 2005. Or, si les médias se sont offusqués de la volonté du président iranien de « rayer Israël de la carte », peu se sont souvenus que l’actuel premier ministre français expliquait en 2001 au directeur du Monde, Jean-Marie Colombani, qu’Israël était une parenthèse de l’histoire qui serait amenée à disparaître. Les anticipations de Villepin rejoignaient alors la volonté du président iranien. En fait, au fil du temps, il est apparu que l’amour des juifs de Jacques Chirac s’est concentré sur les seuls juifs morts ou affaiblis.  

Toutefois, il a utilisé de nombreux collaborateurs juifs autour de lui car il avait besoin de leurs compétences. Ces derniers se sont comportés en collaborateurs inconditionnels du pouvoir qu’ils ont épaulé. En 2003, Jacques Chirac a voulu rétablir, notamment en Israël et aux Etats-Unis, sa réputation ternie par les images de synagogues brûlée. Il a essayé de faire croire que l’antisémitisme n’existait pas en France.  Il a donc employé quelques juifs de cour pour organiser un voyage de journalistes israéliens à Paris, tous frais payés. Ces derniers se sont comportés comme leur mécène s’y attendait : ils sont rentrés chez eux en décrivant une France idyllique. Un peu à la manière de ceux qui visitaient l’URSS sous Staline à qui on ne montrait que des scènes de fictions fabriquées spécialement pour eux. Jacques Chirac a aussi créé ce qui est apparu comme son ministère aux affaires juives en 2003. Il l’a nommé « secrétariat d’Etat aux Droits des Victimes » car c’est ainsi qu’il aime voir les juifs. Et pour que son message soit bien compris, il l’a attribué à celle qu’il tenait pour la représentante des juifs de France, Nicole Guedj. Jacques Chirac est aussi un homme qui vit avec l’imaginaire de la première moitié du 20ème siècle. Il a ainsi été fortement marqué par l’idéologie que véhicule le Protocole des Sages de Sion. Ainsi, nombre de ses actions montrent qu’il est persuadé qu’une assemblée de juifs américains contrôle le monde. Tout en méprisant souverainement les représentants de la communauté juive française du CRIF, il a choyé les messagers des organisations juives américaines, chaque fois qu’ils venaient en France. A certains, il a offert des photos en sa présence à montrer à leurs généreux donateurs. A d’autres, plus craints, il a remis des décorations.  Pour illustrer le mépris et la méfiance que Jacques Chirac entretenait à l’égard des juifs de France, rappelons que le discours que le président du CRIF devait prononcer chaque année à son dîner annuel devait être visé par les autorités françaises. Au regard de cette analyse, il nous semble évident que les éloges reçus par Jacques Chirac pour sa lutte contre l’antisémitisme ne sont pas mérités, bien au contraire.  

Autre exemple accablant à mettre au bilan du président français : la couverture qu’il a offerte à France 2 pour perpétuer le mensonge au sujet de l’affaire Al Doura, qui est la plus grande incitation à la haine antisémite de ces dernières années.

Enfin, il est clair qu’après le départ de Jacques Chirac de l’Elysée, un assainissement sera nécessaire sur ce point, comme sur d’autres, afin de restaurer les institutions démocratiques.  

 

 

Meurtre d’Ilan Halimi : Youssouf Fofana serait-il le responsable idéal ?  

Mis en ligne le 9 mars 2006  

Cet article est disponible en anglais : The Murder of Ilan Halimi : Is Youssouf Fofana the ideal culprit? Depuis la mort d’Ilan Halimi, les médias ont changé leurs versions des faits à de nombreuses reprises, suivant ainsi docilement les interprétations fournies par les autorités françaises.  

Il semble toutefois que le traitement médiatique de ce crime ne permette pas d’en saisir l’importance et en dissimulent les vrais responsables.

Bien évidemment, loin de nous l’idée de disculper Youssouf Fofana et les membres de son gang : ils ont enlevé Ilan Halimi, l’ont torturé et l’ont abandonné mourant sur la voie publique. Personne ne naît raciste, antisémite ou antifrançais.  Ces perversions s’apprennent et s’entretiennent. Ceux qui alimentent ces sentiments auront des comptes à rendre aux citoyens qui en sont aujourd’hui les victimes. Chacun prend aujourd’hui conscience que ces violences extrêmes peuvent frapper partout, et tout le monde. Ainsi, rappelons le lynchage de Jean-Claude Irvoas, en octobre 2005, devant sa femme et sa fille, alors qu’il photographiait du mobilier urbain en banlieue parisienne. Un crime antisémite  

De nombreux médias ont longuement tergiversé afin d’éviter de reconnaître le caractère antisémite de ce crime.

Au regard de l’identité de la victime, des autres tentatives d’enlèvements qui visaient principalement des juifs ainsi que des informations recueillies auprès de la famille d’Ilan Halimi, il semble évident que ce crime est antisémite. Pour que les médias l’admettent, il aura fallu, d’une part, attendre la diffusion, le 20 février 2006, d’une interview de Mme Halimi dans le quotidien israélien Haaretz, article qui a provoqué la colère du Quai d’Orsay et d’autre part, que le procureur retienne comme circonstance aggravante l’antisémitisme. Dans une moindre mesure, ajoutons notre modeste contribution à l’éclosion de la vérité avec l’envoi de notre newsletter du 17 févrierA ce stade de l’analyse, une première question se pose : pourquoi a-t-il fallu exercer des pressions extérieures pour que la vérité soit révélée ? Malgré ces informations concordantes, de nombreux médias ont tenté de minimiser le caractère raciste de ce crime. Ainsi, l’émission Arrêt sur Images du 5 mars 2006 a rassemblé un plateau inéquitable. En effet, le présentateur de l’émission, Daniel Schneidermann – qui avait minimisé le caractère antisémite de l’affaire dans Libération du 24 février 2006, a invité pour appuyer sa thèse un journaliste du Monde, Piotr Smolar ainsi qu’Esther Benbassa qui s’est illustrée dans L’Humanité du 22 février 2006 – « J’appelle à la prudence » – avant, sur le plateau de France 5, de parler de « ce bonhomme » pour évoquer Ilan Halimi.  

Pour apporter la contradiction à ce trio, Arrêt sur images avait invité Michel Zerbib de Radio J. Notons un des arguments phares défendu par les tenants du crime crapuleux : puisque certains de ceux qui ont été menacés par les barbares n’étaient pas juifs, le meurtre d’Ilan Halimi n’était pas motivé par une haine antisémite.  Très bien, alors, si nous suivons ce raisonnement, Hitler n’était pas antisémite puisque la grande majorité de ceux qu’il a tué n’étaient pas juifs… De leur côté, les médias internationaux n’ont pas eu la même pudeur pour qualifier l’évidence : le site de

la BBC a titré « Le chef du gang anti-juif arrêté » tandis qu’El Pais annonçait « Barbarie antisémite à Paris »
Pourquoi certains ont-ils voulu nier le caractère antisémite du crime ? Nier l’existence de l’antisémitisme en France est important pour la diplomatie française au moment où elle est contestée à l’étranger.  

Or, notre diplomatie, mais aussi les principaux dirigeants politiques français fantasment sur le lobby juif mondial, censé influer la politique internationale, et basé selon eux aux Etats-Unis. C’est pour cela que les dirigeants politiques français reçoivent avec déférence, même s’ils les méprisent, certains dirigeants communautaires juifs américains.

Notons enfin que ce meurtre n’est pas, contrairement à ce que tout le monde affirme, le premier de ce genre en France. Ainsi, en novembre 2003, un jeune français de confession juive, Sébastien Sellam, avait été égorgé par son voisin, Adel, qui lui avait crevé les yeux et s’était exclamé : « J’ai tué mon juif, je vais aller au paradis ». Le meurtrier avait été placé en hôpital psychiatrique et devrait être libéré prochainement.  A l’époque, les médias avaient dissimulé le caractère antisémite de ce crime. Le meurtre d’Ilan Halimi est aussi un crime antifrançais et antioccidental 

Ce crime est antisémite, mais il est aussi antifrançais et antioccidental.

La volonté des kidnappeurs de faire subir à Ilan Halimi des tortures, ou lui faire revivre des scènes vues à la télévision dans le cadre des informations diffusées par les médias français concernant l’Irak, renvoie ce crime à une forme de vengeance absurde. Pourquoi les médias français s’échinent-ils à appeler « tortures » les traitements des prisonniers d’Abou Ghraib alors que ce ne sont que des humiliations, abjectes certes, mais juste des humiliations ? Ces dérapages sémantiques et ces fausses interprétations n’ont-ils pas donné des idées de revanche aux tortionnaires d’Ilan Halimi ?  Les tortures et l’assassinat d’Ilan Halimi sont devenus acceptables pour certaines personnes abreuvées d’informations mensongères sur ce qui se passe en Irak, en Afghanistan, en Israël, mais aussi en France. La victimisation des musulmans, aidée en cela par la diffusion de fausses informations dans les médias, a déclenché une haine antifrançaise et antioccidentale qui se répand et qui n’en est probablement qu’à ses prémices. Par ailleurs, la capitulation de Jacques Chirac face aux menaces islamistes dans le cadre de la polémique sur les caricatures danoises, de même que le mea culpa permanent de
la France vis-à-vis de ses anciennes colonies a alimenté un sentiment antifrançais.  Comment justifier les campagnes de presse qui ont abouti à assimiler Napoléon à Hitler et amener nos « courageux » président et premier ministre à ignorer le bicentenaire de la bataille d’Austerlitz et à célébrer avec les anglais la défaite de Waterloo ?  

 

 

 

Les falsifications de l’interview de Youssouf Fofana 

sur i-TELE 

Le 27 février 2006, i-TELE, qui est la chaîne d’information du groupe Canal + visible sur le câble, le satellite et
la TNT, a diffusé une interview de Youssouf Fofana dans laquelle ce dernier s’exprimait librement.

Nous ne nous attarderons pas sur les explications qui ont été données par la chaîne d’information pour justifier cette diffusion. Ceux qui se sont exprimés à ce sujet se sont contredits à plusieurs reprises. Toutefois, une de nos lectrices nous a signalé qu’i-TELE a falsifié cette interview. En effet, alors que Youssouf Fofana s’exprimait en français et que ses propos étaient parfaitement compréhensibles, l’interview était sous-titrée de façon mensongère. Journaliste d’i-TELE : « Qu’est ce que vous avez à dire à la famille d’Ilan ? »  

Youssouf Fofana : « Que leur enfant s’est battu. » Pourtant, i-TELE a sous-titré : « Que leur enfant, je ne l’ai pas tué. » Pour voir l’extrait de l’interview falsifiée, cliquez ici.  

 

 

Pourquoi i-TELE a-t-elle dénaturé le message de Fofana ? 

Le plus étonnant est que les médias qui ont commenté cette interview n’ont pas relevé ce sous-titrage mensonger. Cela rappelle le faux sous-titrage de Canal + (groupe auquel appartient i-TELE) qui avait, lors des émeutes françaises de novembre 2005, falsifié les insultes proférées contre Nicolas Sarkozy.  A l’époque, Nicolas Sarkozy était traité de « sale juif » et cela s’entendait parfaitement à l’antenne. Le Vrai Journal de Canal + avait préféré sous-titrer : « Sarkozy fasciste ». Pour voir, et écouter, ces images, cliquez iciLa manifestation du 26 février 2006  

Suite au meurtre d’Ilan Halimi, une manifestation a eu lieu à Paris le 26 février 2006.

Ce défilé a donné lieu à de nombreuses récupérations politiques qui ont entaché ce rassemblement. On a ainsi pu y voir certains hommes politiques qui n’y avaient pas leur place.  Comment, par exemple, accepter de défiler avec Renaud Donnedieu de Vabres qui s’emploie depuis plus d’un an à empêcher la révélation de la vérité sur l’affaire Enderlin – France 2 et qui a menti à l’Assemblée Nationale pour couvrir cette imposture ? Rappelons que cette mise en scène a alimenté une campagne d’antisémitisme planétaire, et notamment dans les banlieues françaises. Pourquoi avoir laissé le Parti Socialiste, et ses satellites tels que SOS Racisme ou l’Union des Etudiants Juifs de France, perturber le rassemblement en ostracisant Philippe de Villiers qui n’a jamais tenu de propos antisémites ou racistes ? Le scandaleux traitement de la mort d’Ilan Halimi par L’Humanité 

Dans l’ensemble, les médias français ont, après une période de flottement, correctement traité la mort d’Ilan Halimi, Le Parisien ayant été le journal le plus complet sur cette affaire.

Tel n’a pas été le cas de L’Humanité qui a évité le sujet pendant plusieurs jours avant de finalement l’aborder sous un angle pour le moins contestable. Ainsi, l’un des premiers articles consacré à ce meurtre était intitulé « Itinéraire d’un enfant gâché ». Il était consacré à… Youssouf Fofana et tentait d’expliquer sa dérive. Vint ensuite un éditorial de Pierre Laurent « Jusqu’aux racines de la haine » qui s’achevait ainsi : « Condamner les haines, les violences, les racismes, c’est bien. Ne pas les alimenter, c’est beaucoup mieux ». A la lecture de cet éditorial et du quotidien L’Humanité en général, pourquoi ce journal ne s’applique-t-il pas ces conseils à lui-même ?  

 

 

Pourquoi la famille d’Ilan Halimi a-t-elle le même avocat que Jacques Chirac ?  

L’avocat de la famille d’Ilan Halimi est Francis Szpiner. 

 

  Or, si l’on en croit les informations diffusées sur la famille Halimi, celle-ci n’a pas les moyens de s’offrir les services de M° Szpiner qui est un des ténors du barreau de Paris. C’est alors qu’il faut rappeler que M° Szpiner est un des avocats personnels de Jacques Chirac.  

Est-ce que cet avocat a été mis à disposition de la famille par Jacques Chirac ? Si tel est le cas, pourquoi ? Que craint le président français d’un avocat qu’il ne contrôlerait pas ? Pourquoi l’action de la police n’est-elle pas remise en cause par les médias ? 

La police a été déficiente dans cette affaire puisqu’elle n’a pas réussi à localiser les kidnappeurs et n’est pas parvenue à remonter jusqu’à eux pendant les trois semaines qu’a duré l’enlèvement.

Pourquoi les médias n’ont pas remis en cause du travail de la police ? Lorsque la police avait été accusée d’avoir poursuivi les deux jeunes qui ont été retrouvés morts dans la centrale EDF de Clichy sous Bois, les médias ont poussé la police dans ses retranchements pour obtenir la vérité. Pourquoi la police française a-t-elle dissimulé cet enlèvement pendant trois semaines ?  Est-ce que la discrétion de la police a obéi à des motivations politiques ? Les responsables  

Au regard du drame que représente la mort d’Ilan Halimi, il semble qu’il faille chercher à trouver les responsables de ce déferlement de haine.

Qui a bien pu faire entrer dans la tête de Youssouf Fofana et de sa bande que l’on pouvait s’en prendre à un juif pour obtenir de l’argent ? 

Qui a bien pu faire entrer dans la tête de cette clique de barbares que torturer et tuer un français, juif ou non juif, était acceptable ?

La réponse est simple : ce sont certains médias, aux ordres du Quai d’Orsay et/ou gangrenés par l’extrême gauche alliée aux islamistes, qui ont, depuis de nombreuses années, menti sur de nombreux sujets au point de développer la haine antisémite et antioccidentale en France. Comment s’offusquer de l’influence grandissante des mouvements islamistes les plus dangereux en France quand on se souvient que c’est l’actuel ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a offert à l’UOIF la vice-présidence du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) ? Pourquoi le gouvernement Raffarin, et principalement Dominique Perben qui était alors ministre de

la Justice, ont-ils refusé d’appliquer les recommandations du rapport Rufin qui proposait, notamment, de pénaliser les propos antisionistes ? Que dirions nous si, dans un pays étranger, les médias donnaient régulièrement la parole à des personnages qui prônaient la destruction de


la France ?  

Les falsifications de médias tels que L’Humanité ou France 2 sur des sujets comme l’Irak ou le Proche-Orient n’ont-ils pas conditionné les esprits des tortionnaires d’Ilan Halimi ? Pourquoi les médias n’enquêtent-ils pas sur la terreur au quotidien qui frappe les banlieues françaises ? Est-ce ce terrorisme qui a conduit les habitants de Bagneux à taire ce qu’ils ont probablement vu ou entendu lors de la détention d’Ilan Halimi ? Notons que certains médias ont osé parler d’omerta pour l’évoquer. Que dire alors de la conduite de ces mêmes médias qui taisent la vérité sur le principal faux antisémite et antioccidental qui a été diffusé par France 2 et qui a alimenté, de façon planétaire, la haine du monde musulman depuis le 30 septembre 2000 ?  

La désinformation est criminelle, et ceux qui la couvrent en sont les complices. Rayer Israël de la carte » : Ahmadinejad le souhaite, Villepin l’a envisagé Mis en ligne le 31 octobre 2005 Le président iranien a déclaré mercredi 26 octobre, lors d’une conférence – «Le monde sans le sionisme » – qu’il fallait « rayer Israël de la carte ». Ces propos ont été réitérés le vendredi suivant avant d’être, dès le lendemain, amoindris par la diplomatie iranienne. 

Cette déclaration a été condamnée par tous les médias français et toutes les diplomaties occidentales.

Une indignation aussi tonitruante qu’hypocrite et artificielle, le président iranien n’étant ni le premier, ni le seul à faire ce genre de déclaration. Rappelons pour mémoire que le Hamas (articles 11 et 15 de sa charte) appelle depuis longtemps à la destruction de l’Etat d’Israël. De même, l’OLP, dont le président palestinien Mahmoud Abbas est toujours le numéro 2, et dont est issue l’Autorité Palestinienne, n’a jamais abrogé les articles de sa charte qui appellent à la destruction de l’Etat d’Israël. Notons d’ailleurs que des représentants du Hamas ainsi que de l’Autorité Palestinienne étaient présents lors de la conférence où M. Ahmadinejad a prononcé ses propos exterminateurs. Aucune condamnation n’est venue de leur part. Plus surprenant, en 2001, l’actuel premier ministre français, Dominique de Villepin, a pronostiqué la disparition de l’Etat d’Israël lorsqu’il était secrétaire général de l’Elysée quand il a déclaré que « l’Etat d’Israël était une parenthèse de l’histoire » et qu’il serait amené à disparaître. Pour ceux qui n’avaient pas connaissance de cette anticipation, rappelons qu’elle a été rapportée par Jean-Marie Colombani dans son livre paru en février 2002, « Tous Américains ? », propos qu’il attribuait à « l’entourage du président Chirac ». Interrogé en privé pour savoir à qui il faisait référence, le directeur du Monde a répondu qu’il s’agissait de Dominique de Villepin. Questionné en juin 2002 pour savoir s’il reconnaissait avoir effectué cette déclaration, celui qui était alors devenu ministre des Affaires étrangères ne l’a pas formellement démentie.  

Il peut alors sembler étrange de constater toutes ces récriminations à l’encontre du président iranien et cette soudaine perte de mémoire des médias français lorsqu’il s’agit de leurs propres et actuels dirigeants. Notons que les déclarations de Jacques Chirac viennent corroborer cette analyse. En effet, le président français a certes condamné les propos de M. Ahmadinejad, qualifiés « d’insensés et irresponsables », mais pour la seule raison que le président iranien « a fait courir le risque à son pays, qui est un grand pays, d’être mis au ban des nations ».  L’analyse précise des phrases prononcées par Jacques Chirac montre que ce dernier ne se soucie que des risques que M. Ahmadinejad fait courir à son pays, mais aucunement du risque de voir un autre Etat être rayé de la carte. A l’appui de cette analyse, la tribune qui a été publiée dans Le Figaro du vendredi 28 octobre 2005 par Pascal Boniface mérite qu’on s’y attarde, le président de l’IRIS étant bien souvent le porte-parole officieux du Quai d’Orsay dans les médias. Le seul titre de l’article – « Quand le président iranien fait du tort à l’Iran » – montre où se trouvent les préoccupations de cet analyste stratégique qui rejoignent d’ailleurs celles du président français.  Enfin, pour mieux apprécier la teneur des propos qui ont été exactement tenus par Mahmoud Ahmadinejad, et que les médias français n’ont pas jugé utile de diffuser, en voici quelques extraits édifiants pour ceux qui pensent que la cible unique du président iranien est l’Etat d’Israël : « La création du régime qui occupe Al-Quods (Jérusalem) a été une manœuvre significative du système globalement dominant et de l’Occident contre le monde islamique. Un combat historique est en train d’être mené entre le Monde Oppresseur et le monde Islamique et les racines de ce conflit ont des centaines d’années.  

L’Etat occupant (Israël) est la tête de pont du Monde Oppresseur au cœur du monde islamique. Ils ont construit une base pour pouvoir étendre leur domination sur tout le monde islamique. Il n’y a aucune autre raison d’être pour cette entité sans cet objectif.

La bataille qui se joue en Palestine aujourd’hui est donc celle de la ligne de front du conflit entre le monde islamique et le Monde Oppresseur. Aujourd’hui, la nation palestinienne combat le Monde Oppresseur pour la communauté islamique toute entière. » ————- Suite à la publication de cette « perle », de nombreux lecteurs ont souhaité disposer d’une version anglaise de celle-ci afin de la faire circuler auprès de leurs contacts anglophones.  

La voici : “Wipe Israel off the map”: Ahmadinejad wants it, French PM Villepin thought about it 26/01/2007  

 

 

Mise au point nécessaire suite aux contrevérités diffusées, de façon répétitive, par
la MENA
 

Nous venons de constater que, suite à la publication de cette perle,

la MENA a rendu son site inaccessible à ses non-abonnés.

Nous avons donc retrouvé sur d’autres sites le contenu des articles de
la MENA que nous citons dans cette perle. 

————— Cela fait plusieurs mois que le rédacteur du site de
la MENA, Stéphane Juffa, diffuse des informations erronées concernant Media-Ratings et l’affaire Enderlin – France 2.
Cela a eu pour effet d’induire de nombreuses personnes en erreur et de dénaturer, auprès de certains, la production de Media-Ratings. Jusqu’à présent, nous avions choisi de ne pas répondre pour ne pas faire le jeu de France 2. Toutefois, face à la persistance de ce comportement, voici notre mise au point.  

Stéphane Juffa répète, article après article, que Media-Ratings n’a fait que diffuser des articles de la MENA.
Cela est faux, nous n’avons jamais publié d’article de
la MENA. Tout ce que publie Media-Ratings est issu de sa propre rédaction. Si nous insistons sur ce point, c’est que l’affirmation fausse qui voudrait que Media-Ratings ne fasse que diffuser les articles de
la MENA a été
un des arguments que la justice française a utilisé pour nous faire condamner. Rappelons la chronologie de l’affaire Enderlin – France 2.
La mise en scène diffusée par France 2 le 30 septembre 2000 a été découverte par le chercheur israélien Nahum Shahaf qui en a révélé toutes les invraisemblances et les incohérences. C’est pour cela que lorsque
la MENA parle de « son enquête », il convient de la réapproprier à M. Shahaf.  

C’est le psychanalyste français, Gérard Huber, qui s’est ensuite saisi du travail de Nahum Shahaf. Il l’a apporté à
la MENA, et a publié un livre en janvier 2003 : « Contre expertise d’une mise en scène » aux éditions Raphaël.
Le rôle important de
la MENA dans cette affaire a été de populariser le travail de MM. Shahaf et Huber auprès du public francophone. La partie israélo-palestinienne de cette enquête ayant été réalisée par Nahum Shahaf, il a bien fallu que quelqu’un se charge de sa partie française, notamment de rencontrer les principaux responsables médiatiques et politiques français. C’est Media-Ratings qui s’en est chargé comme le montre
le dossier Enderlin – France 2 qui se trouve en page d’accueil de Media-Ratings. Cela sera aussi démontré dans le livre qui sera publié prochainement et qui sera consacré au volet français de cette affaire.
Au départ, nous avons collaboré avec
la MENA qui nous a remis un documentaire que nous avons utilisé. Nous en avons extrait ce qui nous paraissait pertinent, et lors du procès qui nous a opposé à France 2, nous n’en avons fait diffuser que quelques minutes seulement. Il faut toutefois regretter que ce documentaire, qui était le premier à montrer clairement certaines mises en scène de France 2, n’ait pas été mis à la disposition du grand public, sur Internet par exemple. Notons que bien que
la MENA dispose des preuves de Nahum Shahaf depuis plus de 4 ans, elle n’a pas été en mesure de faire évoluer les autorités officielles israéliennes.  

Il aura donc fallu que Richard Landes organise une grande conférence à Herzliya, en Israël, en décembre 2006, pour que des officiels israéliens se saisissent fermement de cette affaire et prononcent des propos accablants contre France 2, Talal Abou Rahma et Charles Enderlin. Pourquoi
la MENA n’en a-t-elle pas informé ses lecteurs ? Pourquoi
la MENA n’a pas informé ses lecteurs du
reportage que Fox News avait réalisé sur cette affaire ?
C’était pourtant des avancées significatives dans l’affaire Enderlin – France 2. A trois jours de notre procès, pourquoi
la MENA a-t-elle fait
référence à un pseudo « Prix Goebbels » qui aurait été remis à Charles Enderlin et à France 2 ? Stéphane Juffa sait pertinemment que cela est faux (voir la photo au bas de la perle) et que ce prix s’appelait le « Prix de la désinformation ». Il sait aussi que c’est un faux argument que France 2 utilise pour diaboliser ses contradicteurs. Etonnamment, une fois que notre procès était passé,

la MENA s’est souvenu de la correcte dénomination de ce prix.
Comment expliquer que
la MENA se soit toujours limitée, lorsqu’elle abordait notre procès, à ne parler que de « Karsenty » (et de ne jamais proposer de lien vers notre site à ses lecteurs) alors que c’était bien Media-Ratings qui était en cause ? Etait-ce pour empêcher les lecteurs de
la MENA de pouvoir observer les discordances entre ce que publie
la MENA et la réalité ? De notre côté, nous avons souvent cité
la MENA et renvoyé vers leur site.
Pourquoi la MENA n’a pas publié de correctif après avoir publié ceci : « … le président Jacques Chirac et l’actuel maire de Paris M. Delanoë, ont remis chacun une lettre – spécifiquement rédigées à cette occasion – au tribunal, faisant l’éloge des qualités de Charles Enderlin… »
Cette information est fausse comme
cela peut être observé en cliquant ici, et décrédibilise celui qui la publie. Il est très facile ensuite aux détracteurs de
la MENA d’en tirer profit.
Comment reprocher à France 2 de ne pas avoir corrigé une fausse information si l’on n’est pas soi même capable de rectifier ses erreurs ?  

Alors qu’au départ,
la MENA a fortement contribué à populariser l’enquête de Nahum Shahaf, son comportement actuel est de plus en plus préjudiciable car, non contente d’avoir fait fuir les meilleures volontés par ses insultes répétées (voir notamment les
propos tenus contre Denis Jeambar et Daniel Leconte), voici maintenant que Stéphane Juffa se déclare être l’inspirateur de traités de paix entre l’Etat d’Israël et la Syrie.
Ce type de propos mégalomaniaques finissent par décourager toutes les personnes qui accordaient encore un peu de crédit à
la MENA. Concluons en rappelant que le véritable découvreur de l’affaire Enderlin – France 2, Nahum Shahaf, n’a pas eu ces attitudes autodestructrices de sabotage et s’est toujours appuyé sur d’autres pour faire avancer la vérité.
Le plus triste dans cette affaire est que ces comportements ne servent que les falsificateurs et leurs supporters. Tous ceux qui connaissent les détails de cette affaire savent que c’est une chaîne de bonnes volontés et de coopérations qui fera éclore la vérité. Ajoutons enfin que
la MENA diffuse parfois des articles remarquables de rédacteurs externes, tels que Luc Rosenzweig, Laurent Murawiec, Guy Millière ou Raphaël Lellouche. Ces auteurs ne sont bien évidemment pas visés par cet article.  

 

 

 

Les déclarations d’officiels israéliens contribueront-elles à faire

éclater la vérité dans l’affaire Enderlin-France 2 ? 

Mis en ligne le 10 janvier 2007 

Le 22 novembre 2004, nous avions publié un article : France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement. Le 19 octobre 2006, nous avons été condamné pour diffamation à l’encontre de France 2 et de Charles Enderlin, malgré les réquisitions du procureur qui avait demandé notre relaxe. Nous avons bien évidemment fait appel de ce « jugement ». Dans son jugement, le Président Joël Boyer avait écrit, puis répété, que l’argument qui plaidait en faveur de France 2 était que jusqu’à présent, aucune autorité officielle n’avait jamais demandé à voir les images ou contesté le reportage de France 2. 

Cette affirmation était inexacte, comme de nombreuses autres contenues dans ce jugement. Ainsi, Raanan Gissin, alors qu’il était le porte-parole d’Ariel Sharon, avait demandé en mai 2005 les 27 minutes d’images de France 2. Pour lire la lettre officielle de Raanan Gissin, cliquez ici. Charles Enderlin avait, sans justification, refusé de lui remettre les images. Voici maintenant que certaines autorités officielles commencent à s’exprimer publiquement au sujet de l’équipe constituée du caméraman, Talal Abou Rahma, du commentateur Charles Enderlin, et du diffuseur, France 2. C’est ainsi que nous vous invitons à découvrir le reportage «
LA FIN D’UN MYTHE » sur la chaîne de télévision en ligne Infolive.tv. Le nouveau rebondissement de l’affaire Enderlin –France 2 est présenté comme suit :  

« L’affaire Al-Doura refait surface et six ans après les faits, les langues se délient. De hauts responsables israéliens dénoncent en exclusivité devant les caméras d’Infolive.tv une manipulation médiatique qui avait fait beaucoup de tort à Israël. » Pour voir le reportage en français, cliquez ici. Pour voir le reportage en anglais, dont le sous-titrage est plus précis, cliquez ici. Ce reportage a été réalisé lors de la conférence d’Herzliya, le 18 décembre 2006. Lors de cet événement, Philippe Karsenty, président de Media-Ratings, a présenté l’affaire Enderlin – France 2 aux officiels israéliens.  

Dans ce reportage, vous pourrez notamment voir Daniel Seaman, directeur du Bureau de Presse Gouvernemental israélien, s’exprimer ainsi : « Cette histoire de Mohamed Al Doura ne repose sur aucun des critères requis en journalisme professionnel. Les images ne corroborent pas ce que le journaliste français [Charles Enderlin] dit. C’est-à-dire qu’on ne voit pas de soldat israélien tirer dans la direction de l’enfant. Les seules balles que l’on voit dans le film partent dans la direction opposée à celle où se trouvent les soldats. Plus grave encore, le journaliste français ne se trouvait pas physiquement sur les lieux où se seraient déroulés les actes qu’il impute à l’Etat d’Israël. Il a fondé toutes ses informations sur les propos de son caméraman Talal Abou Rahma alors que nous disposons d’assez d’informations pour dire que cet homme est un menteur, qu’il a trafiqué les images et que son unique but était de diffamer l’Etat d’Israël.  

Dans leurs images, on voit des séquences mises bout à bout par Talal Abou Rahma dans lesquelles on voit des palestiniens se faire soi-disant blesser par des soldats de Tsahal. Ensuite, dans une autre image, on voit la famille Al Doura [Mohamed et Jamal Al Doura] qui patiente avant d’entrer en spectacle, et j’insiste sur le mot spectacle qu’a mis en scène Talal Abou Rahma pour accuser les forces de Tsahal. Il y avait sur places des images, des rushes pris par l’Associated Press et Reuters qui sont très intéressantes. Leurs journalistes étaient sur place et personne n’a vu cet événement. Un événement où se serait déroulé une scène aussi tragique, ils ne l’auraient pas vu. Aucun autre caméraman ne l’a vue. Si c’est sur cela que la télévision française construit son reportage, elle est criminelle. »  

Avant de poursuivre : « Il y a quelques années, Charles Enderlin a exigé que nous nous rétractions et que je me rétracte personnellement et que je retire les propos que j’avais tenus dans Libération. Il a menacé que si l’Etat d’Israël ne faisait pas quelque chose à ce sujet, il me poursuivrait. Il a même demandé pourquoi l’Etat d’Israël ne l’avait pas poursuivi. Nous nous sommes réunis avec les conseillers juridiques du bureau du Premier ministre et nous sommes arrivés à la conclusion qu’il ne valait pas la peine que le gouvernement poursuive un média.  

Mais nous avons décidé que nous ne nous rétracterions pas. Et si Charles Enderlin se sent blessé, il peut prendre les recours juridiques qui lui semblent bons. C’est-à-dire que s’il souhaite poursuivre l’Etat d’Israël, qu’il en fasse ainsi. Mais nous ne reviendrons pas sur le fait que l’histoire de Mohamed Al Doura n’est pas exacte comme elle a été présentée par les médias et France 2. » L’ancien porte-parole d’Ariel Sharon, Raanan Gissin, s’exprime aussi dans ce reportage : « Si le gouvernement israélien exige que les rushes de la chaîne française lui soient transmis, alors il va s’agir d’une autre histoire.  

Maintenant, on ne peut pas modifier le « mythe Mohamed Al Doura ». Mais au moins, nous rétablirons la vérité qui a été détournée depuis 2002. » Parallèlement à ces déclarations, certains officiels israéliens, bien représentés en France, continuent leur travail de soutenir Charles Enderlin. Mais de nombreux scandales, de corruptions notamment, émaillent la vie politique israélienne actuelle. Il semblerait donc que les « protecteurs » de l’envoyé spécial de France 2 ne resteront plus très longtemps en fonction.  C’est pourquoi, lors du procès en appel qui se déroulera le 12 septembre 2007, les juges d’appel devront imaginer d’autres arguments, s’ils veulent confirmer notre nous condamnation face à France 2, tandis que Jacques Chirac et ses collaborateurs qui soutiennent Charles Enderlin, ne seront probablement plus en poste. Alain Duhamel écarté de France 2 : vive l’hypocrisie ! Mis en ligne le 16 février 2007 Alain Duhamel commente la vie politique française depuis plus de 30 ans.  

Il collabore régulièrement à France 2, Libération et RTL.

Toutefois, suite à la révélation d’une vidéo tournée à Science Po, en novembre 2006, dans laquelle il affirmait qu’il allait voter pour François Bayrou, il a été suspendu de France 2 et a choisi de se retirer temporairement de sa fonction d’éditorialiste sur RTL pendant la période électorale. On appréciera pour commencer la différence de réaction entre France 2 et RTL. Toutefois, le média le plus vertueux n’est pas celui que l’on croit. En effet, France 2 n’a aucune leçon de déontologie à donner à quiconque car c’est probablement le média qui respecte le moins l’éthique journalistique dans la paysage médiatique français. Que ce soit en politique étrangère où la ligne éditoriale est dictée par la raison d’Etat et le Quai d’Orsay, mais aussi en politique française où la rédaction a régulièrement fait la preuve de son inféodation au pouvoir politique en place. Si vous en doutez, tapez « France 2 » ou « Arlette Chabot » dans notre moteur de recherche.  

Rappelons aussi que le président de France Télévisions est Patrick de Carolis qui fut le porte-plume de Bernadette Chirac pour son livre de confidences publié en 2002. De l’autre côté, se trouve RTL qui possède en son sein le journaliste politique le plus indépendant de France, Jean-Michel Apathie. Il suffit de l’écouter tous les matins à 7h50 interviewer ses invités pour entendre ce que doit être une interview politique non complaisante. On peut malgré tout se demander si Alain Duhamel méritait cette sanction. En effet, est-il souhaitable de connaître ouvertement la sensibilité politique d’un éditorialiste ou est-il préférable qu’il la cache et cherche à nous influencer de façon insidieuse ?  

Il est vrai que dans certains cas, la question ne se pose pas tellement le biais est flagrant. Ainsi, comment justifier le maintien à son poste d’Arlette Chabot quand on observe la différence de traitement qu’elle réserve à ses invités politiques ? Comment se fait-il que Marie Drucker ait dû quitter son poste alors que Mme Chabot continue à travailler au sein de France Télévisions ? On peut alors se poser une question : Alain Duhamel a-t-il été suspendu de France 2 pour avoir affirmé voter pour François Bayrou ou parce qu’il n’est pas de gauche ou qu’il ne soutient pas le candidat favori de ses patrons ?  

Alain Duhamel est-il le seul journaliste de France 2 à n’avoir pas le droit de soutenir ouvertement un candidat ? Pour lever toute ambiguïté, rappelons qu’Alain Duhamel avait déjà été suspendu en 2002 pour avoir coécrit le livre de campagne de Lionel Jospin et qu’il nous était arrivé de le critiquer : « Les médias, la manipulation des esprits, leurres et illusions » de Pierre-Yves Chereul  Mis en ligne le 1er février 2007 Nous vous recommandons un livre qui permet de décrypter les dérives de l’information, dans une société où les messages sont pensés pour manipuler le citoyen-consommateur :  

« Les médias, la manipulation des esprits, leurres et illusions » de Pierre-Yves Chereul aux éditions Lacour.

Pierre-Yves Chereul y dénonce les discours construits pour obtenir le comportement attendu de l’individu. Au travers de nombreux exemples illustrés, l’auteur démontre comment les mots et les images déforment la réalité, et par là même, l’information qui est diffusée. Il nous donne des astuces pour ne plus être une « media victim » et nous apprend à décoder les messages et les intentions cachées. La notion de l’information est étudiée dans sa globalité. Tous les paramètres sont pris en compte (sa définition, son développement économique, son influence sur les relations sociales,…) pour expliquer comment chacun de nous est susceptible d’être leurré par les médias.  

Pour avoir une meilleure compréhension des pièges tendus par les médias, l’auteur en propose plusieurs approches : thématique (le conformisme, l’humanitaire, le sexe), linguistiques et visuels (figures de styles, tonalité, omission de faits, amalgames, utilisation des mythes pour construire un discours…). Précisons toutefois que ce livre est destiné à des personnes averties sur les problématiques de diffusion de l’information. Il souffre parfois d’un manque d’accessibilité dans les terminologies employées mais représente cependant un manuel précieux pour développer un esprit critique face aux messages qui sont diffusés par les médias. Et surtout il aide à ne plus se laisser manipuler… Pour vous procurer ce livre, vous pouvez contacter directement l’auteur à l’adresse mail suivante : pierre.chereul@wanadoo.fr  

Envoyer cet article à un « Le marketing politicien » de Michel Bongrand Mis en ligne le 13 décembre 2006 Dans la période électorale qui commence, un livre permet de prendre le recul nécessaire pour comprendre les différentes stratégies de communication qui vont se mettre en place :  

 

 

Le marketing politicien – Grandeur et décadence des stratégies de pouvoir

de Michel Bongrand aux éditions Bourin.

Face à l’avalanche de livres politiques qui s’annonce, l’ouvrage de Michel Bongrand est un voyage dans le temps qui retrace l’évolution de la communication politique, depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours. Michel Bongrand, qui fut un Résistant de la première heure, l’est encore et toujours face aux manipulations actuelles de certains politiques et de quelques médias. Michel Bongrand a ensuite été un des principaux acteurs des premières campagnes électorale de la cinquième République, ce qui lui a valu le titre de « pape de la communication politique ». A travers son livre, il nous en fait découvrir les dessous et les pratiques. Michel Bongrand a aussi initié en France les premières campagnes contre l’alcoolisme et pour la sécurité routière. En cela, il est probablement un de ceux qui a sauvé le plus de vie en France.  

« Le marketing politicien » nous permet d’apprendre, notamment, comment, en 1981, Jacques Séguéla s’est approprié un slogan – « La force tranquille » – qui avait été inventé par les équipes de Michel Bongrand pour le candidat Giscard qui l’avait refusé (chapitre 19). Notons enfin que ce livre est dédié à Jacques Chaban-Delmas, qui est le premier homme politique d’une longue série à avoir été « éliminé » par un Jacques Chirac en début de carrière.  Envoyer Rapport de l’IGS sur la mort de Zyed et Bouna : les médias occultent l’élément déclencheur de la course poursuite Mis en ligne le 12 décembre 2006 Les émeutes françaises de l’automne 2005 (près de 10 000 voitures brûlées et 3 000 interpellations en 21 jours) furent déclenchées par la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traore, dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005.  

Nous avons déjà analysé les errements de certains médias lors de ces émeutes urbaines.

Récemment, un rapport de l’IGS (Inspection Générale des Services) a été rendu public. Les médias français ont commenté ce rapport et tous ont insisté sur la responsabilité des policiers dans la course poursuite qui a conduit au drame : - L’Humanité : « Au final, l’IGS qualifie le comportement de certains policiers « d’une légèreté et d’une distraction surprenantes », - Libération : « le comportement des forces de l’ordre a été «d’une légèreté et d’une distraction surprenante» »,  

        Le Figaro : « ce document de quatorze pages souligne que certains fonctionnaires ont, ce soir-là, « fait preuve d’une légèreté et d’une distraction surprenantes », - Le Monde : « Dans ses conclusions, l’IGS établit qu’il y a bien eu une course-poursuite, et critique sévèrement le comportement, “d’une légèreté et d’une distraction surprenantes”, de certains policiers. », - 20 Minutes : « Après la publication, jeudi, d’un rapport de l’IGS évoquant la «légèreté» de la police, dans la mort de deux jeunes, le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, le patron de la police des polices Eric Meillan a affirmé qu’au vu de l’enquête disciplinaire menée après la mort de Zyed et Bouna, «aucun manquement à ce jour n’est établi» de la part de la police ». Etonnamment, l’élément déclencheur de la course poursuite rappelé dans le rapport de l’IGS a été ignoré par la quasi-totalité des médias : « Deux ou trois jeunes seraient entrés sur un chantier privé, un autre faisant le guet. Pour l’IGS, ” la tentative de vol était bien constituée dans la mesure où ses auteurs n’avaient renoncé à leur action concertée et organisée, non pas de leur propre fait, mais suite à l’intervention rapide et efficace des policiers de
la BAC 833 “
»  

On observe que seuls Le Figaro et le Monde ont expliqué à leurs lecteurs pourquoi les deux adolescents ont été poursuivis et pourquoi ils ont trouvé « refuge » dans un transformateur EDF. Toutefois ces deux quotidiens ont titré leurs articles sur la « légèreté des policiers ». Serait-ce une façon pour Le Figaro et Le Monde de minimiser l’élément déclencheur de la course poursuite, le vol sur un chantier ? Il s’avère donc que la quasi-totalité des médias a enfreint le critère suivant de la méthode PHILTRE :  

        Exhaustivité : non-occultation et non-omission d’éléments essentiels à l’intelligibilité de l’information présentée. Enfin, tout lecteur intéressé par l’affaire regrettera que la totalité du rapport ne soit pas en accès libre. Il aurait pu se faire une idée par lui même de son contenu. Pour lire des extraits du rapport dévoilé par Le Figaro cliquez ici.  

 

 

 

 

L’UMP, productrice de l’image Sarkozy 

Article publié le 08 Novembre 2006
Par Raphaëlle Bacqué et Philippe Ridet
Source : LE MONDE
Taille de l’article : 1096 motsExtrait : Les meilleures prises de vue des meetings du ministre de l’intérieur sont gracieusement fournies aux télés par la société ETC, employée par le parti gaulliste. Beaucoup se laissent tenter. Cohue de photographes, cameramen jouant des coudes, gardes du corps aux aguets, conseillers écrasés les uns contre les autres : Nicolas Sarkozy entre en scène. Ces images diffusées dans les journaux télévisés de 20 heures ne sont plus d’actualité. Depuis septembre, tout a changé. C’est désormais un Sarkozy seul qui se présente devant les militants de l’UMP, comme à Marseille le 3 septembre. Quelles relations entretient Nicolas Sarkozy avec les médias ?  

Mis en ligne le 24 novembre 2006 Depuis quelques temps, les relations qu’entretient Nicolas Sarkozy avec les médias sont au cœur de l’actualité.  

Certains accusent le ministre de l’Intérieur de chercher à les manipuler et/ou de les avoir sous ses ordres.

Le licenciement d’Alain Génestar du magazine Paris-Match et un article récent du Monde ont replacé la relation Sarkozy-médias à la une. Ainsi, Alain Génestar a affirmé, dans un entretien donné au Monde daté du 17 novembre 2006, que Nicolas Sarkozy est directement responsable de son licenciement. Le 30 juin 2006, nous avions publié une perle – « Alain Genestar viré de Paris-Match : Lagardère ne fait visiblement pas la chasse aux anti-Sarkozy » – où nous expliquions que si Arnaud Lagardère souhaitait vraiment se débarrasser des anti-Sarkozy, ses regards devaient se tourner vers d’autres magazines de son groupe. Nous avions aussi publié en octobre 2005 cette autre perle concernant Alain Genestar : « Alain Genestar (Paris Match) & Maurice Szafran (Marianne) : le divorce du naïf et du donneur de leçons ».  

Il faut donc probablement percevoir dans les propos récents d’Alain Genestar plus d’amertume qu’autre chose. En revanche, un autre aspect de la relation de Nicolas Sarkozy aux médias pose problème. Ainsi, Le Monde a publié une enquête le 8 novembre 2006 sur la politique de communication de l’UMP vis-à-vis des journalistes et de la télévision : L’UMP, productrice de l’image Sarkozy. Cet article explique comment les communicants de l’UMP ont su imposer une image contrôlée aux télévisions en leur fournissant gratuitement des images préformatées.  

Cette enquête nous apprend que, depuis environ un an, la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication) « produit et diffuse les images des meetings du futur candidat ». Grâce à une organisation logistique savamment orchestrée, la société de production dispose de l’exclusivité « du filmage des images de l’entrée en scène » de Nicolas Sarkozy. Elle offre également un point de vue privilégié sur le président de l’UMP et le public. Les cameramen qui souhaitent fournir des images à leur chaîne se retrouvent en difficulté pour exercer leur travail puisqu’ils « sont relégués sur des praticables, de chaque côté de la scène où se tient le candidat ». Il apparaît donc que les images fournies par l’UMP sont une bonne alternative pour les chaînes de télévision. Le Monde explique que ces images étaient « initialement [destinées] aux seuls spectateurs des meetings » mais qu’elles sont maintenant utilisées abondamment par les chaînes de télévision. Les raisons de l’utilisation intensive des images sont multiples : les nouvelles chaînes manquent de moyens, la qualité inégalable des images, leur gratuité et le savoir-faire des équipes de communication de Nicolas Sarkozy.  

Le Monde s’interroge sur l’indépendance de l’information en raison de cette mise à disposition d’images « made in UMP ». Selon Arnaud Boutet, président de la société des journalistes de France 2, « la frontière entre propagande, publicité et journalisme peut être assez fine » tandis que Paul Nahon, directeur de l’information de France 3 reconnaît qu’« il est évident, que nous allons devoir régler ce problème avant que la campagne ne soit trop avancée ». Toutefois, il est intéressant de noter que l’UMP assume parfaitement son choix de communication et rappelle que les chaînes sont libres d’utiliser ces images ou non. Notons que ces images « de qualité » produites par l’UMP soulèvent aussi le problème de l’uniformisation des sources d’information. L’acceptation et l’utilisation de ces images par les chaînes encourageront l’UMP – mais peut-être bientôt aussi les autres partis politiques ? – à persévérer ou à suivre dans cette voie.  

Les syndicats de journalistes ont peut-être trouvé la parade à ces manipulations médiatiques en suggérant de boycotter les meetings de Nicolas Sarkozy si les journalistes n’ont pas la possibilité d’effecteur leur travail dans de bonnes conditions. On notera que cette analyse des images préfabriquées de l’UMP a été succinctement traitée dans une dépêche AFP du 9 novembre et dans une brève de Libération du 10 novembre 2006.  Le journalisme politique est-il en train de se muer en journalisme de communication ? Le Monde, au travers de ces articles, interpelle ses confrères journalistes à ne pas cautionner et entretenir l’influence politique sur les médias. Il est de la responsabilité de chaque professionnel de l’information d’effectuer son travail de manière indépendante. Pour éviter à quelque homme politique de « contrôler le travail des médias », les journalistes ont un devoir éthique : objectivité et indépendance dans la recherche et l’élaboration d’une information. Envoyer cet article à un ami  

 

 

Alain Genestar (Paris Match) & Maurice Szafran (Marianne) : le

divorce du naïf et du donneur de leçons  Mis en ligne le 11 octobre 2005 Le 22 septembre 2005,  

Paris-Match a consacré sa couverture, ainsi qu’un reportage de 20 pages, au mariage de la fille de Bernard Arnault, propriétaire du groupe LVMH. 

Marianne s’est alors indigné de ce reportage paru dans Paris-Match. Pourtant, ce magazine nous a habitué à couvrir les mariages des princes et des personnes riches ou célèbres.

Dans son éditorial du 6 octobre 2005 – « Chère Marianne » – à lire absolument, c’est Alain Genestar, directeur de publication de Paris-Match, qui répond à son confrère- pour justifier son choix « d’être là où ne sont pas les autres et qu’il voit ce que ne voient pas les autres ». Au service de ses lecteurs, bien sûr : « Couvrir ce très grand mariage, élégant et rarissime, était un reportage dans un monde que les lecteurs ignorent ». Si Alain Genestar en était resté là, sa défense aurait été honorable et respectable. La suite de son propos mérite qu’on s’y attarde. Alain Génestar fustige l’attitude de Marianne :  

« Jamais à Match nous ne critiquons la presse » « Je suis surpris, toujours surpris, de voir que
la France est le seul pays au monde où la presse surveille la presse, où le talent de journalistes s’accomplit aux dépens d’autres journalistes
, où ce métier difficile est sans cesse brocardé par ceux-là même qui l’exercent, et s’en excusent sitôt qu’on leur parle en tête à tête, loin de leurs chefs.
» « La presse française est sous double surveillance
. Celle des magistrats qui sifflent ses audaces. Et celle de journalistes qui assurent sa police. De ces deux surveillances, c’est la seconde qui, ici à Match où nous respectons tous les journaux et magazines, même vous chère « Marianne », de loin nous surprend le plus. Et nous navre. » Jamais aucun média n’avait osé publier un tel hymne à l’autocensure, à la connivence, au corporatisme et surtout à la primauté accordée au copinage plutôt qu’au droit du public à être informé correctement.  

Si aucun média ne critique la presse, sachant qu’aucun pouvoir n’ose la confronter, qui va dénoncer ses dérapages ?

C’est précisément ce contre quoi nous nous élevons jour après jour dans Media-Ratings :

la France est le seul pays démocratique au monde où les médias se serrent les coudes face à leurs erreurs et fautes répétées. Et jour après jour, le public sanctionne ces connivences en se détournant de la presse quotidienne qui connaît aujourd’hui de grandes difficultés. A la faveur d’un reportage anodin sur un mariage princier, Alain Genestar met en lumière une ligne de conduite inacceptable dans une démocratie digne de ce nom : l’existence d’un pouvoir sans contrepouvoir, celui des médias. L’éditorial d’Alain Genestar aurait pu rester lettre morte.  

Mais Maurice Szafran lui a répondu dans le Marianne du 8 octobre 2005 : « Réplique au gentil Genestar ». M. Szafran a commencé par critiquer « l’indécente fiesta de milliardaires organisée par Bernard Arnault » et a poursuivi sur « l’exhibition de consanguinité entre pouvoir économique et pouvoir politique ». Il a voulu ensuite donner une leçon d’éthique journalistique à son confrère : « Qu’en vertu d’une omerta corporatiste, la presse aurait le droit de critiquer tout un chacun, profs, fonctionnaires, policiers, artistes, écrivains, syndicalistes, responsables politiques.  

Tout le monde, oui, sauf la presse et les journalistes. Le problème est précisément là : à cause de ce refus du débat contradictoire, le fossé ne cesse de se creuser entre le pouvoir médiatique et l’opinion ; à cause de cette conception élitiste d’un discours médiatique uniforme dont Paris-Match est l’un des distingués porte-voix, la presse hélas est en crise. Une crise terrible. Cela nous navre. »

Nous partageons pleinement l’analyse de Maurice Szafran qui affirme que le débat contradictoire est nécessaire dans une presse libre. 

Que ne s’applique-t-il à lui-même cette pétition de principes ?

N’est-ce pas précisément une attitude corporatiste qui l’a conduit à publier dans Marianne du 27 novembre 2004 un article mensonger : « Pour l’honneur du journalisme. Charles Enderlin ne cèdera pas à la chasse aux sorcières ». Cet article signé « M.S. » était un condensé de fausses informations, d’éléments tronqués et d’insinuations trompeuses destinés à couvrir l’imposture de Charles Enderlin diffusée sur France 2 le 30 septembre 2000. Devons-nous rappeler au complice d’Enderlin que cette imposture médiatique a coûté la vie à de nombreuses personnes dans le monde entier ? On s’étonne alors que Jean-François Kahn, personnellement informé par Media-Ratings de l’imposture d’Enderlin, continue à laisser son lieutenant Szafran ternir la réputation de son journal en ne révélant pas la vérité sur ce scandale médiatique d’un tout ordre que 20 pages qui n’ont tué personne. Pourquoi ?  

Au nom de l’amitié ? Du corporatisme ? Du discours médiatique uniforme ? Précisons que nous sommes prêts à répondre devant la justice de tout ce que nous affirmons.  

Enfin, si M. Szafran milite pour le débat contradictoire, nous sommes prêts à l’avoir avec lui. Preuves à l’appui. Et en toute bonne foi. Il se pourrait qu’il ait été abusé par son « ami ».

 

MALJOURNALISME (
La Suite )
 

  « Puis la rhétorique « entourbillonne » tel le courant d’un fleuve grossi, dont on ne peut approcher la berge sans qu’il ne vous entraîne au cœur même de ses eaux ». Carlo Michelstaedter,
La Rhétorique et
la Persuasion
 

Je commence, avec ce premier texte, à reproduire ici le long témoignage de Jean-Pierre Tailleur, intitulé Maljournalisme à la française, publié par l’association culturelle de Vouillé, en Poitou-Charente, et, partiellement extrait d’une version antérieure, par le site de la revue Technikart qui, sans doute pour une fois, a su sortir son nez morveux du bidet dans lequel elle aime plus que tout patauger. Ce commentaire, cela va de soi, n’engage que moi… Je n’ai pas encore lu ce livre qui crânement eût dû s’intituler Maljournalisme plutôt que, dans une trouvaille que l’on devine éditoriale, Bévues de presse mais j’ai rencontré, je l’ai dit, Jean-Pierre Tailleur dans un bar huppé du Trocadéro où nous avons bavardé assez longuement. Il ne nous aura fallu pourtant que quelques minutes pour nous rendre compte que le mal que décrit le livre de Jean-Pierre est endémique et nullement cantonné aux médias, fussent-ils aussi vérolés que la verge de Casanova. La même gangrène pourrit à l’évidence la littérature contemporaine, en tous les cas les tristes moignons de ces auteurs qui fréquentent davantage les salles de rédaction que le cloître intérieur du silence, sans l’expérience duquel, aussi douloureuse qu’on le souhaitera, une œuvre n’est rien de plus qu’une trace de bave sur une feuille sale (c’est le cas de le dire avec toute cette malpresse qui nous gouverne…). Déjà d’habiles rumeurs et de judicieux indices, pour qui sait flairer les délicieux fumets de la décomposition, nous indiquent quel sera le degré de fermentation du cirque médiatico-littéraire prochain : les augures nous annoncent un excellent cru et, comble de l’originalité, les plus autorisés s’aventurent à conjecturer, selon l’affreux lieu commun, que la surprise pourrait bien venir de là où on ne l’attend point, peut-être même, allez savoir, la proclamation d’un puissant Veni foras venu d’on ne sait quel puits de ténèbres, seul capable en tous les cas de faire se dresser le cadavre de la littérature française… Je parlai d’une universelle pourriture, d’une mascarade et d’une chute médiatico-littéraire qui n’ont absolument rien à envier à leur cousine parlementaire… Quoi d’étonnant d’ailleurs puisque le langage est un, qu’il soit royal ou prostitué, putain et vérolé sous la plume sale de Pierre Marcelle et de ses risibles clones pornographes, royal et éminent sous celle de… De qui… ? Je ne sais, ne me traversent l’esprit, immédiatement, que quelques noms d’hommes depuis longtemps réduits en poussière, comme si notre âge tout entier était décidément (à tout le moins le devenait de plus en plus) incapable à mes yeux de susciter une parole haute et claire ou bien comme s’il ne parvenait pas à s’oublier pour sonder l’Impénétrable, à se taire pour, selon le commandement de Heidegger habilement repris aux Pères de l’Église, écouter bruire le Verbe…   ***    

Autopsie d’un boycott médiatique et voyage dans l’édition 

Un an, jour pour jour, après la sortie de Bévues de presse, mon essai sur le manque d’autocritique et de rigueur dans nos journaux – sur le maljournalisme en France –, notre pays a été saisi par un vent de remise en cause des médias. Il s’est déclenché avec la parution d’un témoignage de Daniel Carton sur les rapports incestueux entre journalistes et politiciens français, suivi de peu par un brûlot contre le conformisme au Centre de formation des journalistes de Paris[1][1]. Quelques semaines plus tard, le pamphlet-enquête de Pierre Péan et Philippe Cohen dont les meilleures pages étaient parues dans L’Express, La face cachée du Monde[2][2], transformait le vent en bourrasque. Ces quatre livres avaient en commun la critique médiatique mais le premier était autant boycotté que les autres médiatisés.  Bévues de presse montre comment, indépendamment de leur ligne éditoriale, les médias de notre démocratie ne remplissent pas suffisamment leur fonction citoyenne – ou civique, pour prendre un mot moins galvaudé. Il demande pour quelles raisons beaucoup de journaux américains et même espagnols exercent davantage un contre-pouvoir et sont souvent plus crédibles que les nôtres. En effet, contrairement à ce que laisse entendre la démonstration partiale du duo Péan-Cohen, la plupart des reproches faits au Monde concernent d’autres publications. Notamment celles qu’ils ménagent beaucoup dans leur essai, du Figaro à L’Express (pour cause…) et au Canard enchaîné. A l’occasion de ce feu de paille polémique de février 2003, deux radios hispanophones et une suisse romande ont sollicité mes commentaires. La plupart des journalistes français susceptibles de parler de Bévues de presse –  dans les rubriques livres, médias, société ou dans les émissions-débats – ont affiché le même désintérêt qu’un an auparavant. Pourquoi tant de bruit d’un côté et de silence de l’autre ? Probablement parce que le champ critique de mon essai ne se limite pas à une institution ou à un microcosme. Parce qu’il revient en détail sur la médiocrité de certains articles de journaux sans échappatoires et sans fausses excuses, et parce qu’on peut difficilement lui attribuer un parti-pris idéologique. L’attitude de Daniel Mermet, sur France Inter, illustre cette forme de censure au sujet d’un livre au cœur des débats sur la démocratie. Ce commentateur souvent virulent des phénomènes de société a consacré au moins quatre heures d’émission à la critique des médias en février 2003, en effet. Il a cité à plusieurs reprises toutes sortes d’ouvrages sur le thème, mais en se gardant de mentionner celui qui est particulièrement consacré au manque d’ambition ou de professionnalisme dans notre journalisme[3][3]. Cette façon de cacher l’existence de Bévues de presse, que le rebelle de France Inter n’a pas été le seul à pratiquer, d’ailleurs, me rappelait les photos soviétiques où l’on effaçait les visages que le régime totalitaire voulait rayer des mémoires. Il n’y a pas mort d’hommes mais la mécanique intellectuelle est la même et elle s’est remise en marche ailleurs. Le Nouvel Observateur fera de même fin 2003 à l’occasion d’un dossier d’une dizaine de pages sur la face cachée du journalisme, tout en se corrigeant peu après[4][4].    

Le suivisme journalistique    

Essai plus argumenté et pas moins polémique que ses cadets d’un an, Bévues de presse a fait seulement l’objet de rares critiques acerbes ou de quelques éloges, généralement succincts et confiés en privé. L’indifférence à laquelle il a eu droit publiquement illustre d’abord la faible curiosité des journalistes pour les travaux d’auteurs et d’éditeurs dont ils ne sont pas familiers ou qu’ils ne peuvent pas attacher à une famille de pensée. Elle traduit, aussi et surtout, leur réticence à réfléchir en profondeur, de façon dépassionnée et par l’analyse des contenus, sur les mauvaises pratiques de la presse écrite, celle qui est à la base de l’information civique. L’attention requise pour la lecture d’un texte plutôt dense, mon manque de notoriété ou bien nos maladresses d’éditeur et d’auteur expliquent peu ce relatif silence. Dans les mois qui ont suivi la sortie de Bévues de presse, j’ai pourtant bénéficié d’un contexte extrêmement favorable. L’actualité mettait au grand jour la menace islamiste ou lepéniste, la gestion controversée de Vivendi ou la coupure entre
la France d’en haut et d’en bas, des thèmes sur lesquels je m’attarde à travers leur (mauvais) traitement journalistique. La crise de la représentation citoyenne rendue visible le 21 avril 2002 tient aussi de l’incapacité de nos rédactions à briser l’indifférence devant certaines réalités sociales, en effet. Un problème de courroie de transmission qui dépasse largement le cas du Monde, d’une école de journalisme ou de la connivence des journalistes avec la classe politique. Mais l’autoflagellation dans les médias, suite à l’échec imprévu de Lionel Jospin, s’est limitée à la rengaine juste mais insuffisante et convenue des journalistes amplificateurs du sentiment d’insécurité. On observe une réticence à se remettre vraiment en cause dans beaucoup d’autres professions mais la dissimulation des vrais problèmes y est plus difficile car par définition, elles ne contrôlent pas l’information. Nos intellectuels, nos médiacrates, ont du mal à s’interroger sur les déficits spécifiques de la presse française par manque de courage ou de clairvoyance. Pierre Bourdieu et ses adeptes, fers de lance de la critique des médias en France, ont eu raison de s’inquiéter de la spectacularisation, des conflits d’intérêt ou de la précarité dans le métier d’informer. Mais on entretient avec ce discours assez univoque une critique biaisée de notre culture journalistique, trop people, parisienne ou politiquement correcte. Les attaques ciblées contre le magazine Voici ou contre le journalisme carpette et cumulard d’un Alain Duhamel sont nécessaires mais insuffisantes. Elles procèdent de considérations idéologiques, morales ou matérielles qui occultent certaines questions qui dérangent davantage la corporation des journalistes. De même, lorsque l’on considère que tel journal est mauvais uniquement parce qu’il est d’un bord opposé ou parce qu’il manque de moyens, on néglige la responsabilité individuelle et professionnelle de ses rédacteurs. Les fautes de quelques figures du journalisme sont parfois dénoncées à juste titre, comme la fameuse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d’Arvor ou bien, depuis peu, les scoops dopés d’Edwy Plenel. Mais ces critiques prennent une tournure si personnelle et démesurée que ces derniers ont beau jeu de crier au lynchage.  

Pourquoi certains journaux français sont-ils pires que leurs équivalents étrangers à contexte néo-libéral égal ?[5][5] Pourquoi nos quotidiens régionaux couvrent-ils si mal
la France profonde ? Les agissements aujourd’hui décriés du Monde sont rendus possibles dans un pays où les standards de qualité dans l’enquête ne sont pas assez définis et partagés. Un contexte que, jusqu’à aujourd’hui, Bévues de presse est le seul essai à décrire dans son ampleur. L’accueil qui lui a été fait offre une série d’illustrations, désolantes ou désopilantes, sur ce maljournalisme aux conséquences parfois dramatiques.   I – UN DÉFICIT DÉMOCRATIQUE MAL DÉBATTU    

La genèse et l’accueil fait à mon essai illustrent de façon éclatante son contenu. Il devait en effet être publié par Le Seuil au début de l’automne 2001 sous le titre d’Erreur à
la Une
, dans la collection L’épreuve des faits co-dirigée par Patrick Rotman. Cet éditeur, par ailleurs essayiste et documentariste reconnu m’avait proposé de signer un contrat d’exclusivité en février de cette année, moyennant une avance correcte pour un auteur débutant (plus de 2000 €). Il me demandait de réduire de moitié le manuscrit afin de le rendre plus concis et agressif, ce que j’acceptais volontiers. Mais après quatre mois de collaboration, une fois les modifications effectuées et entièrement approuvées, Le Seuil a rompu le contrat sans s’expliquer véritablement. Mon essai pouvait entraîner 115 poursuites en justice, selon un rapport juridique de 60 pages rédigé par un avocat de la maison. Le Seuil ne semblait pourtant pas remettre en cause le contenu d’un texte dont le lancement était programmé. Un de ses photographes venait de me mitrailler avec une quinzaine de pellicules aux Buttes Chaumont, et on avait convenu de m’envoyer les épreuves par courrier express en Argentine, où je devais me rendre fin juin. La lecture finale du manuscrit par l’avocat ne devait être qu’une simple formalité devant déboucher sur quelques demandes de précision ou de reformulation. « C’est la première fois, dans ma carrière d’éditeur, qu’on abandonne un projet de publication si avancé » m’a confié Patrick Rotman au téléphone. Mais il a refusé de me recevoir et de me montrer des extraits de cet obscur rapport-de-60-pages. Je n’ai pas eu droit à des éléments d’explication consistants pour comprendre ce changement d’avis qu’il ne semblait pas partager. Le livre ne contient aucune attaque personnelle, en effet, et se base sur des faits incontestables comme mon interlocuteur l’avait souligné à maintes reprises les mois précédents. J’y montre simplement comment des journaux respectés, du Monde à Télérama et à
La Dépêche du Midi, et comment des instances de la profession ou des médiologues estimés font parfois preuve de beaucoup de légèreté sans que cela n’émeuve personne. Le Seuil a probablement changé d’avis après avoir subi des pressions, internes ou externes. Mes propositions de nettoyer le texte de tous les propos qui pouvaient paraître diffamants ont été rejetées. Patrick Rotman a admis que son invitation à rendre le manuscrit plus incisif a peut-être également contribué à cette rupture, mais je n’ai pas de regrets sur ce plan. Grâce à ses recommandations, ce qui pouvait ressembler à une thèse de doctorat, trop longue et lourde, est devenu un texte destiné à tout public intéressé par la thématique du mal français. Cette mésaventure m’a cependant mis dans une situation difficile car j’ai perdu une activité salariée en partie à cause du temps consacré à réduire le manuscrit. Elle m’a aussi confirmé que dans notre pays, on peut s’invectiver dans des pamphlets mal argumentés sur la presse ou bien multiplier les discussions sur la malbouffe tout en ignorant la question du maljournalisme.  

Après cette première expérience des milieux de l’édition et sur les conseils dépités et défaitistes de Patrick Rotman, je me suis tourné vers des maisons plus modestes. Elles ont répondu favorablement pour la plupart durant tout l’été 2001, via un courriel dépaysant CAR consulté dans un cybercafé au pied des Andes ou dans la rue Florida, la principale artère piétonne de Buenos Aires. Elles étaient convaincues du caractère pertinent et non diffamant d’Erreur à
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, ou bien plus prosaïquement intéressées de prendre la relève d’un grand confère. De retour en France, j’ai failli signer avec les éditions Carnot. Leur sympathique patron s’est fait beaucoup connaître, depuis, en publiant L’Effroyable imposture, essai délirant de Thierry Meyssan sur les attentats du 11 septembre 2001. Mais mon choix s’est finalement porté sur Le Félin, un éditeur qu’Alain Woodrow, ancien journaliste du Monde et auteur de deux livres sur les médias, m’avait présenté et recommandé. Son catalogue d’ouvrages historico-journalistiques me paraissait plus convaincant que celui de Carnot, en effet. On y trouvait des livres de mon mentor (qui a ensuite rédigé une des postfaces de Bévues de presse), de Paul Webster, autre journaliste anglais reconnu, de Christophe de Ponfilly et même de Jacques Ellul et de Voltaire !   Un alibi juridique qui tient mal  

  Après bientôt deux ans de présence en librairie, je constate que nous n’avons pas reçu la moindre plainte, la moindre assignation, contrairement aux craintes ou au mensonge du Seuil. On imagine mal le lauréat du prix Albert Londres dont je montre les négligences, par exemple, contester ce qu’il a publié sans aucun scrupule dans des enquêtes annoncées en première page du Figaro. Bévues de presse n’est pourtant qu’un clone d’Erreur à
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, allégé de certains adjectifs mordants ou de quelques bévues qui m’avaient échappé (eh oui !). J’ai également actualisé le texte avec plusieurs lignes sur le 11 septembre, notamment, car les événements de New York nous avaient fait changer de siècle. Le cas de Zacarias Moussaoui me permettait d’illustrer de façon assez spectaculaire la mauvaise couverture de la menace islamiste en France mais il n’était pas question d’aller au-delà de quelques rajouts ou modifications d’ordre cosmétique. Je savais, à l’instar des éditeurs consultés, que l’essai était plus nuancé et documenté que la plupart des ouvrages polémiques proposés en librairie. Quelques milliers de personnes ont eu connaissance de son contenu, le livre s’étant vendu à environ 2 000 exemplaires (un chiffre normal pour un auteur inconnu mais inacceptable pour un livre qui soulève des questions qui intéressent des millions de Français). La plupart des lecteurs qui m’ont fait part de leur réaction ont jugé la démonstration sévère mais modérée. Ceux qui l’ont trouvée virulente ont généralement confondu le ton mesuré du récit avec la gravité des pratiques dénoncées. Je suis sûr, pourtant, qu’une lecture critique permettrait de me retourner quelques bévues à la figure. Mais c’est trop demander à ceux qui pourraient s’y atteler dans les pages livres ou médias des journaux, en termes de travail et de disposition à débattre de maljournalisme. C’est l’empirisme qui m’a orienté vers cette recherche hors des sentiers habituels… et permis de dissiper les peurs des éditeurs qui pouvaient s’interroger sur le désistement du Seuil. La qualité d’un journal procédant moins de sa ligne éditoriale que du sérieux de ses enquêtes, j’ai choisi de tester la production journalistique française à travers ce dernier critère avant tout. Un restaurant n’est pas mauvais parce qu’il est chinois ou mexicain, en effet, mais parce qu’il sert des plats avariés ou insipides. D’autre part, je ne me suis pas intéressé aux trains qui arrivent à l’heure, de nombreux traités descriptifs sur la presse française ayant déjà été publiés. Il m’a semblé plus pertinent d’opérer comme beaucoup de journaux lorsqu’ils couvrent une problématique, en portant mon regard sur les locomotives en retard, ou mieux, sur les navires qui dégazent incognito en pleine mer.  

Cette approche m’a conduit à critiquer des magazines qui, à l’instar des hebdomadaires Marianne ou Valeurs Actuelles, jouent plus sur la rhétorique que sur la substance journalistique. Elle m’a également permis de constater qu’il y a des rédacteurs respectés qui respectent très peu les règles professionnelles de base. Le fait que cela s’effectue trop souvent ouvertement mais dans une indifférence généralisée montre qu’il y a un malaise, des dysfonctionnements profonds dans la production de l’information. Les grands journaux nationaux tels que Le Monde et Le Figaro, L’Express et Le Nouvel Observateur, sont généralement d’un bon niveau bien entendu. Cela ne les empêche cependant pas de commettre des fautes graves, parfois, sans les reconnaître et sans offusquer leurs confrères. Au début du livre, je reviens par exemple sur le scandale du sang contaminé qui a éclaboussé des journalistes du quotidien du soir au début des années 90. L’essai L’Omerta française co-écrit par Sophie Coignard a rappelé trente mois avant le mien certaines compromissions répréhensibles avec le docteur Michel Garretta. Mais Bévues de presse montre comment malgré les affirmations de Bruno Frappat, son directeur à l’époque, Le Monde ne s’est pas expliqué sur les accusations portées contre ses collaborateurs. Il faut comparer cette pusillanimité avec l’attitude de la presse américaine, du Washington Post en 1981 au New York Times en 2003. Lorsque leurs rédacteurs, Janet Cooke et Jayson Blair respectivement, ont été pris en flagrant délit de bidonnage, les deux quotidiens ont lancé une véritable investigation interne, publiée sur de nombreuses pages. Du jamais vu en France. Je dénonce aussi les enquêtes du Canard enchaîné mal ficelées, bâclées ou biaisées, et excessivement focalisées sur le microcosme politico-parisien. Ces défaillances d’un hebdomadaire considéré à tort comme un modèle d’investigation me semblent cependant moins inquiétantes qu’un delta: le décalage passé sous silence entre une réputation et une réalité journalistique. Il en est ainsi, comme je le souligne aussi, parce que les instances de la profession ne s’occupent pas ou très peu de la qualité des articles. A l’instar des intellectuels qui critiquent le contenu des journaux en ne considérant que l’orientation des enquêtes et en dédaignant les questions de méthodologie. Lorsqu’un sociologue s’inquiète de la surmédiatisation de la délinquance dans une catégorie de population, la question est de savoir si le sujet correspond à la réalité et si la collecte d’information a été faite correctement. Le reste n’est que conjecture et posture. Le niveau de qualité des quotidiens régionaux français sort du radar des observateurs des médias, curieusement. Leurs colonnes retranscrivent imparfaitement la réalité démocratique des quatre cinquièmes du pays, pourtant. Ce déficit d’informations alimente beaucoup d’incompréhensions, qui se concrétisent par des chocs électoraux comme celui du 21 avril 2002. Le rédacteur en chef d’un journal national, un ancien localier, m’a d’ailleurs confié que cela le préoccupe, mais en privé.  

 

 

 

LE MONDE / POLEMIQUE

vendredi 28 février 2003

Maljournalisme au Monde : réaction de Jean-Pierre Tailleur

par Jean-Michel Pinon

Présent le 21 mars prochain à Bourges dans le cadre de
la Fête de l’internet 2003, Jean-Pierre Tailleur, auteur de l’ouvrage « Bévues de presse : l’information au yeux bandés », n’a pas manqué de réagir à la sortie de « La face cachée du Monde » écrit par Pierre Péan et Philippe Cohen.

« Bévue de presse, l’information aux yeux bandés » est sans aucun doute le premier essai sérieux écrit sur le maljournalisme en France. Dans son ouvrage, Jean-Pierre Tailleur aborde pour la première fois la question du sous-développement de notre presse régionale, démontre le manque de professionnalisme de certains « grands reporters » ainsi que le manque de sérieux des enquêtes « d’investigations », terme, estime-t-il par ailleurs, souvent galvaudé.

La sortie tonitruante de « La face cachée du Monde », écrit par Pierre Péan et Philippe Cohen à propos des dérives du quotidien français supposé le plus sérieux et professionnel, lance à nouveau le débat sur la qualité souvent discutable de nos journaux d’ordinaire bien réticents à faire leur autocritique. Jean-Pierre Tailleur dont la réputation de rigorisme n’est plus à faire, se retrouve alors en première ligne pour apporter ses commentaires éclairés dans la tempête médiatique du moment.

Et c’est toujours avec la même absence de complaisance qu’il s’exprime. Soulignant que « Le Monde reste un grand journal, malgré les reproches faits à ses dirigeants », et qu’il « n’a pas à rougir si on compare sa rigueur d’ensemble avec celle de Marianne », magazine pour lequel travaille l’un des auteurs de La face cachée du Monde, Jean-Pierre Tailleur concède néanmoins que ce pavé – le livre compte environ 600 pages – dans la mare aux canards « est très pertinent et percutant ».

« Ce débat risque d’être assez vain s’il se confine dans des luttes de personnes, de pouvoir et évite des questions qui concernent l’ensemble de la corporation », estime-t-il avec justesse puisque l’essentiel de la polémique actuelle semble se réduire au travers des médias sur la personne des dirigeants du quotidien du soir. Au point que l’on puisse s’interroger sur une volonté délibérée des médias de brider le débat sur les fautes journalistiques mises en évidences dans ce livre et qui ne concernent bien évidemment pas que Le Monde.

L’ancien journaliste du Monde Diplomatique pose ce qui devrait être selon lui la problématique centrale du débat : « la presse française est-elle assez rigoureuse ? Est-elle trop indulgente avec ceux qui publient des enquêtes médiocres ? ». Et Jean-Pierre Tailleur de renvoyer tout le monde dos à dos : « Le Monde ne doperait pas certaines informations si en France le maljournalisme que d’autres pratiquent plus que lui indignait davantage ! »

Il peut paraître en effet curieux que l’ensemble de la presse hexagonale mette en lumière au travers d’un battage médiatique sans précédent sur le sujet, l’ouvrage de P. Péan et P. Cohen, alors que celui de Jean-Pierre Tailleur publié un an plus tôt, qui se penche sur les bévues de nombreuses publications françaises – dont le Canard Enchaîné et L’Express qui a publié en exclusivité plusieurs pages de La face cachée du Monde – a fait l’objet d’une véritable omerta. « L’Express est un magazine de qualité dans l’ensemble. Mais il se targue de critiquer Le Monde tout en ayant passé sous silence « Bévues de presse » ou « La lettre ouverte à Joseph Kessel sur l’Afghanistan », autre critique des médias parue récemment, par Christophe de Ponfilly. Pourquoi ? », interroge Jean-Pierre Tailleur, perfidement.

Alors que la presse européenne regarde avec un œil amusé les média français « laver leur linge sale en public » (Magazine La liberté – Suisse), il est hélas probable que l’on se contente ici de quelques réponses indignées, d’accusations de calomnie et de diffamation, sans aller vraiment au fonds du problème puisque cela remettrait en cause la crédibilité de l’ensemble de la presse hexagonale. Mieux vaut montrer du doigt Le Monde comme un mauvais élève que l’on doit mettre en quarantaine, plutôt que d’avouer que c’est toute la classe qui mériterait d’aller au piquet…

PS : « Bévues de presse – L’information aux yeux bandés », par Jean-Pierre Tailleur, Editions du Félin, 240 pages. Site web : maljournalisme.com 

Journaliste-essayiste-traducteur né en 1961 à Buenos Aires. Jean-Pierre Tailleur est diplômé de
la Columbia Graduate School of Journalism (New York, “Master of Science” 1993) et de l’Ecole de Management de Lyon (1986). A la sortie de « SupdeCo Lyon », il entre à
la Société Générale qui l’expatrie à New York. Après six années de banque, il suit sa vocation pour le journalisme en présentant sa candidature à la « Columbia J School ». Jean-Pierre Tailleur a écrit des articles dans les trois langues qu’il maîtrise (français, espagnol et anglais), pour des publications aussi diverses que Le Nouvel économiste, El País, Le Monde diplomatique, El Periódico de Catalunya, Le Midi Libre, The Free Press, Phosphore, France-Amérique, Hommes et migrations. Entre 1994 et 1998, il a également été journaliste économique salarié de l’hebdomadaire L’Usine nouvelle et du mensuel Management. Il s’est ensuite consacré à l’écriture de « Bévues de presse » (intitulé « Erreur à
la Une » initialement par les éditions du Seuil) à partir de recherches initiées dès 1993, tout en collaborant avec une agence de presse de Barcelone. Il a également été traducteur d’espagnol-français, chargé de communication associative, et est intervenu dans différentes écoles et universités (Sciences Po Paris, Barcelone/Columbia et Paris StDenis, Ecole de journalisme de Toulouse, HEC).

Jean-Pierre Tailleur sera à Bourges le Vendredi 21 mars 2003, dans le cadre de
la Fête de l’internet, à l’invitation de L’Agitateur de Bourges pour la conférence « Internet et information de proximité », qui se déroulera dans l’amphithéâtre de l’ESTACOM à 18h30.

« La face cachée du Monde », par Pierre Péan et Philippe Cohen, Fayard, 640 pages.

Publié dans DE La FABRIQUE DE L'OPINION ET DU CONSENTEMENT, LE MALJOURNALISME : Le cas français, PARFUMS DE SCANDALES | Pas de Commentaire »

Quelques LIVRES CONTRE LA PENSEE UNIQUE

Posté par issopha le 28 janvier 2008

Ami(e)s lecteurs et lectrices , bonjour.

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Ci-dessous une sélection de livres indispensables ( constituée par sylvain TIMSIT du site www.syti.net ) qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie pour se forger une opinion alternative à la pensée unique ; pour s’affranchir des prêt-à-penser de nos pseudo-intellectuels et autres « hommes de science  » qui pour des raisons occultes contribuent à véhiculer la pensée de ces hommes de pouvoir. Par ces réflexions non-exhaustives , on s’affranchit encore plus du déficit de distanciation critique et de la profondeur des analyses de nos  » experts cathodiques «  , de l’instantanéité et de la superficialité du traitement de l’information par les médias quels qu’ils soient d’ailleurs , médias qui déforment et éludent plus qu’ils n’informent . J’y rajouterai volontiers toute la bibliographie des économistes François-Xavier VERSCHAVE (pourfendeur mal connu en France de la Françafrique et des circuits parallèles de la finance internationale ) et l’égyptien Samir AMIN. Ouvrages et brochures que le lecteur pourra aisément trouver sur le web. 

Bonne visite !

Issopha , l’administrateur du blog

Quelques livres contre la « pensée unique »

  Un autre regard sur la mondialisation, la démocratie,

les nouveaux pouvoirs planétaires…
    

 

Quelques LIVRES CONTRE LA PENSEE UNIQUE dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN ConeIndigovide dans ALTERMONDIALISME« Le grand bond en arrière – Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde », Serge Halimi  Stars3 dans AU-DELA DES IDEES RECUES

livres_Halimi_BondArriere dans CONTRE LA PENSEE UNIQUE 
De l’Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques du dernier quart de siècle n’ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si, à partir des années 80, les « décideurs » et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de « crise », c’est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c’est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu’il n’y ait « plus d’alternative ».

D’autres interprétations des événements auraient suggéré d’autres remèdes, mobilisé d’autres forces sociales, débouché sur d’autres choix.

La « mondialisation », ce fut aussi ce long labeur intellectuel de construction de la « seule politique possible » que favorisa la symbiose sociale entre ses principaux architectes d’un bout à l’autre de la Terre. Inspirées par des théoriciens de l’université de Chicago, dont l’influence sera considérable au Chili, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d’un système d’économie mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

Une véritable enquête menée par Serge Halimi, qui débute aux Etats-Unis et se ramifie en Grande-Bretagne et en France. Étude qui touche le milieu politique et économique et leurs deux principaux relais, les intellectuels et les médias.

Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, est notamment l’auteur des Nouveaux Chiens de garde (Raisons d’agir, 1997).

vide dans LA MONDIALISATION

 

ConeIndigo dans LE NOUVEL ORDRE MONDIALvide dans Vous avez dit THEORIE du COMPLOT ?« Comment les riches détruisent la planète« , Hervé Kempflivres_RichesPlanete 
Nous sommes à un moment de l’histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l’espèce humaine: pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C’est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie néolibérale ne sait plus que s’autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.

Cette représentation du monde n’est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l’injustice, sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère, promeut l’abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l’auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète.

Hervé Kempf est un des journalistes d’environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il écrit sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier international, à La Recherche, et maintenant au Monde.

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ConeIndigovide« Les nouveaux maitres du monde, et ceux qui leur résistent », Jean Ziegler  Stars3

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« Au coeur du marché globalisé, le prédateur. Banquier, haut responsable de société transnationale, opérateur du commerce mondial: il accumule l’argent, détruit l’Etat, dévaste la nature et les êtres humains.

Les Nouveaux maîtres du monde », ce sont les seigneurs du capital financier mondialisé. Ce livre révèle leurs visages, d’où ils viennent, ce qu’ils font au jour le jour: à la tête des sociétés mondialisées, au sein de l’OMC ou du Fonds Monétaire International, dans les officines interlopes, les paradis fiscaux, mais aussi les bureaux feutrés des banques de Suisse et d’ailleurs. Ce livre démonte l’idéologie qui les inspire et jette une lumière crue sur le rôle joué en coulisses par l’empire américain.

Analyses, portraits, informations bouleversantes, propositions concrètes, un livre écrit par un homme qui a souvent croisé les personnalités dont il brosse le portrait, et qui connait de l’intérieur les institutions qu’il critique. »

ConeIndigovide« Malheur aux vaincus« , Philippe Labarde et B.Maris livres_MalheurVaincus 
La mondialisation triomphe, les inégalités explosent. Un phénomène de sélection-exclusion a fragilisé les plus faibles dans un processus cumulatif qui ne pouvait que renforcer les handicaps du Sud par rapport au Nord, des défavorisés par rapport aux riches.

Darwin est à l’œuvre: tout est fait pour éliminer les faibles, profiter des différences d’âge, de sexe ou d’origine, pour « liquéfier » le travail, le soumettre à la peur, au risque. Un nouveau racisme, un véritable racisme social pointe son mufle.

Les auteurs de La Bourse ou la vie avaient déjà vu juste en pulvérisant la nouvelle économie avant qu’elle ne s’effondre sous le poids de la spéculation. Ils récidivent en dénonçant l’avènement d’une « nouvelle barbarie »: un monde au-delà de l’humain où des sous-hommes serviraient des surhommes.

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ConeIndigovide« L’Empire de la honte« , Jean Ziegler Stars3 

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« Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C’est que le 11 septembre n’a pas seulement été l’occasion pour George W. Bush d’étendre l’emprise des Etats-Unis sur le monde, l’événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales.

Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l’empire de la honte savent admirablement jouer: la dette et la faim. Par l’endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté.

Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapport entre les États et entre les peuples. Du coup, c’est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise.

Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu’à l’eau que les peuples doivent désormais leur acheter? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises: ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c’est précisément sur la honte qu’est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l’ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche: insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle. Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion. »

Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, et professeur de sociologie à l’Université de Genève. Auteur de nombreuses enquêtes sur le Tiers-Monde, il a publié également des enquêtes explosives sur le système bancaire suisse.

ConeIndigovide« Tous pouvoirs confondus - Etat, capital et médias à l’ère de la mondialisation », Geoffrey Geuenslivres_TousPouvoirs 
« Bienvenue dans les entrailles du nouvel ordre mondial. Découvrez les membres des plus grands cercles de l’élite et des principaux lobbies agissant en coulisses pour conforter la configuration actuelle de la « mondialisation »: la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations, le Groupe de Bilderberg, Aspen France… Vous n’y êtes jamais convié? Evidemment ! Top secret et réservé aux industriels, financiers, ministres, commissaires européens, journalistes célèbres, magistrats et militaires bardés d’étoiles…

Quelles sont les 100 plus grandes compagnies dans le monde, les géants sur le plan européen et les plus puissants monopoles financiers de la planète? L’auteur dévoile les noms et le parcours politique de ceux qui siègent dans leurs conseils d’administration…

La presse, les médias, un 4ème pouvoir? En procédant à une analyse méticuleuse des actionnaires des grands groupes médiatiques, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe, ce livre dévoile à quel point l’information est sous contrôle.

En décortiquant l’entrelacement des directoires politiques, économiques et militaires, l’auteur nous présente également le nouveau complexe militaro-industriel ou, comment la crise et la militarisation de l’économie sont à l’origine des nouvelles « croisades guerrières ».

Révéler tous ces réseaux croisés d’intérêts et de collusions, c’est dessiner le véritable organigramme de la « mondialisation » des grandes puissances. Indispensable pour entrer consciemment en résistance. »

Geoffrey Geuens est assistant à la section Information et Communication à l’Université de Liège. Il a déjà publié « L’information sous contrôle – Médias et pouvoir économique en Belgique » Triangle_bleu Table des matières, intro du livre, et revue de presse sur le site de l’éditeur.

ConeIndigovide« Skull and Bones – la vérité sur l’élite secrète qui dirige les Etats-Unis », Alexandra Robbinslivres_Skulls_ARobbins_s 
«Lors de ma dernière année d’étude (à l’université de Yale), j’ai rejoint la société secrète Skull and Bones, une société tellement secrète que je ne peux en dire plus» – Georges W. Bush

Un spectre hante l’Amérique. Le pays serait gouverné par une société secrète appelée Skull and Bones. Composé d’anciens élèves de l’université de Yale et fondé en 1832, ce club très fermé repose sur trois fondements : le principe de l’élection, le goût du secret et le développement d’un réseau. En effet, pour pouvoir être placé à des postes d’influence, le Bonesman est choisi et promet de taire à jamais son admission au sein de l’organisation. Skull and Bones intrigue par sa culture du mystère et l’exercice de son pouvoir occulte à travers l’Amérique. Un tel lobby aussi puissant qui fait du secret un objet de fétichisation méritait une enquête: Alexandra Robbins, journaliste d’investigation, elle-même ancienne élève de Yale, retrace ici l’histoire édifiante de cette société mystérieuse qui recrute parmi la crème de la crème de l’establishment. Un travail objectif et sérieux qui désamorce les fantasmes et permet de faire la part des choses entre mythe et réalité, entre conspiration et lobby ».

Ce livre a été publié aux Etats-Unis sous le titre « Secrets of the Tomb – Skull and Bones, the Ivy League and the hidden paths of power ».

ConeIndigovide« Europe Inc – Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale« , Observatoire de l’Europe Industrielle – B.Balanya, A.Doherty, O.Hoedeman, A.Ma’anit, E.Wesselius Stars3

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Ce livre montre l’incroyable imbrication du pouvoir polique européen et du pouvoir économique. On découvre que les multinationales ne font pas qu’exercer une influence sur les décisions de la Commission. Elles sont en fait à l’origine de toutes mesures importantes adoptées par l’Union Européenne durant ces 25 dernières années. La monnaie unique, l’élargissement à marche forcée, la directive Bolkestein, l’«agenda de Lisbonne» (qui érige la compétitivité en objectif prioritaire de l’Union), et le projet de constitution ont été conçues en amont des institutions européennes par un « groupe de réflexion » qui rassemble les présidents des 45 plus importantes multinationales européennes, l’ERT (European Round Table).

Le livre expose aussi le dense réseau des lobbies industriels et financiers qui gravitent autour de la Commission européenne et du Parlement, dont des organisations américaines comme la Chambre Américaine de Commerce qui exerce également une haute influence sur les décisions européennes.

Avec une préface extrêmement percutante de Raoul-Marc Jennar.
Ce livre est une version actualisée et complétée de « Europe Inc – liaisons dangeureuses entre institutions et milieux d’affaires européens » paru en 2000.

ConeIndigovide« L’industrie du mensonge: Lobbying, communication, publicité et médias », John Stauber et Sheldon Rampton Stars3

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« Duper l’opinion et plier les autorités aux intérêts des grands groupes industriels est un métier qui porte un nom: le lobbying. Ce livre révèle les procédés qu’utilisent les lobbyistes pour nous vendre aussi bien les vertus du tabac ou du nucléaire que celles des OGM ou de la guerre; il dit dans quelles circonstances et sur quelles personnes ils les emploient.

La diversité des protagonistes abordés, des stratégies exposées et la précision des faits répondent au souci d’analyser au plus près ce domaine, qui a pris une ampleur nouvelle et que l’on peut définir comme « l’art des pratiques d’influence appliqué à la décision politique ». Un art du secret recourant à des procédés inavouables et qui donne au mensonge une place sans précédent dans nos sociétés.

A-t-on pris assez conscience du rôle paradoxal que l’on fait jouer à « l’opinion publique »? Objet d’un immémorial mépris dissimulé derrière les discours « démocrates » qui servent de masque à la plupart des gouvernants contemporains, formés aux mêmes certitudes qu’un Machiavel convaincu de l’éternelle bêtise du peuple et de la nécessité de le manipuler. L’immense majorité de nos élites est intimement convaincue que les citoyens sont dénués des qualités de jugement qui leur permettraient d’accéder à une bonne intelligence des informations sensibles et de fonder réellement la démocratie, en un mot que nos opinions sont condamnées à se nourrir des produits de « l’industrie du mensonge ».

La seule différence entre la philosophie de Machiavel et le pragmatisme sans portée de nos dirigeants tient précisément à la finalité inaliénable du premier: la défense de l’intérêt général. User de mensonges pour accomplir le bien public, même si ce principe reste moralement et intellectuellement condamnable, reste une attitude philosophique diamétralement opposée à celle qui fait du mensonge l’instrument de fins viles, le moyen d’un mercantilisme passant s’il le faut sur le corps de ses semblables. »

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ConeIndigovide« Europe, la trahison des élites« , Raoul-Marc Jennar Stars3

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« L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas; elle fait ce qu’elle ne dit pas. Cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe l’œil. » Voilà ce que pensait Pierre Bourdieu. Sa réflexion est le point de départ de ce livre.

Aujourd’hui, l’Europe n’est pas une communauté de valeurs, mais une communauté d’intérêts où l’individualisme l’emporte chaque jour davantage sur le bien commun, à l’image d’une société américaine souvent décriée, mais de plus en plus imitée.

A l’aide de multiples cas concrets, Raoul Marc Jennar met en évidence cette « trahison » et montre comment l’Union européenne agit à l’opposé de ce qu’elle proclame. Ses institutions ne sont pas démocratiques et transparentes, mais technocratiques et opaques. Ses politiques ne servent pas l’intérêt général, mais celui des milieux financiers et des lobbies d’affaires. Au sein de l’Organisation mondiale du commerce, elle défend parfois les propositions ultralibérales avec plus de force que les Etats-Unis. Enfin, sous couvert de  » partenariats  » avec les pays du Sud, elle se livre en fait à une véritable recolonisation de leurs économies. »

Raoul Marc Jennar est docteur en science politique, diplômé des universités belge et française. Depuis 1999, il est chercheur sur les dossiers de l’Organisation mondiale du commerce dans l’ONG belge Oxfam Solidarité (Belgique) ainsi que pour l’Unité de recherche, de formation et d’information sur la globalisation (URFIG, France).

 

ConeIndigovide« Une étrange dictature« , Viviane Forrester

videVForresterBook2vide « Nous ne vivons pas sous l’emprise fatale de la mondialisation, mais sous le joug d’un régime politique unique et planétaire, inavoué, l’ultralibéralisme, qui gère la mondialisation et l’exploite au détriment du grand nombre. Son but principal : le profit, l’accroissement continu et maximal de la plus-value boursière. Loin de créer la richesse, ce système se révèle capable de détruire des pans entiers de l’activité ou de la recherche. Il crée et entretient le chômage. Il est prêt à sacrifier tous les investissements non immédiatement rentables, en particulier ceux concernant la santé et l’éducation.Cette dictature sans dictateur n’aspire pas à prendre le pouvoir, mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent.Nous pouvons résister à cette étrange dictature qui exclut un nombre toujours croissant d’entre nous, mais garde – c’est là le piège, et surtout notre chance – des formes démocratiques. »vide

 

ConeIndigovide« L’horreur économique« , Viviane Forrester Stars3

videVForresterBookvide « Nous vivons au sein d’un leurre magistral, d’un monde disparu que les politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n’ont plus de substance: des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L’imposture générale continue d’imposer les systèmes d’une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà se pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L’extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l’histoire, l’ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l’économie et détient le pouvoir. »« L’Horreur économique », prix Medicis 1996 de l’essai, s’est vendu en France à plus de 400.000 exemplaires, et a été traduit dans 24 langues.vide

ConeIndigovide« Contre-feux« , Pierre Bourdieu

videlivres_Bourdieuvide « Dans ce recueil de textes touchant des sujets variés, le célèbre sociologue joint sa voix au lot grandissant des critiques de la mondialisation et du néo-libéralisme. Les pages que Bourdieu consacre à la précarité de l’emploi sont éclairantes. Les engagements par contrats à court terme empêchent non seulement un nombre de plus en plus grand de citoyens d’avoir accès à une certaine sécurité de revenu, ils nous empêchent surtout de développer ce minimum de confiance en l’avenir pour pouvoir se révolter contre le présent, même le plus intolérable. Le sociologue démontre que la soumission aux lois du marché n’est pas le destin de nos sociétés, mais bien un choix de société, ce qui implique l’existence d’une solution de rechange. »vide

 

ConeIndigovide« Géopolitique du chaos« , Ignacio Ramonet Stars3

videlivres_GeopolitiqueDuChaosvide « La mondialisation, la logique des marchés et l’économie de l’information sont les nouveaux credo d’un monde où États-nations, partis, gouvernements perdent leurs repères. Changement de paradigme: la promesse du bonheur n’est plus un projet de société, mais un produit.Alors que triomphent, apparemment, la démocratie et la liberté, les censures et les manipulations font un paradoxal retour en force. De nouveaux et séduisants « opiums des masses » proposent une sorte de « meilleur des mondes« , distraient les citoyens et les détournent de l’action civique et revendicative. Dans ce nouvel âge de l’aliénation, les technologies de la communication jouent, plus que jamais, un rôle central. »vide

 

ConeIndigovide« Propagandes silencieuses« , Ignacio Ramonet

PropagandesSilencieuses
« Face à la puissance nouvelle des communications de masse, la question que se posent les citoyens n’est plus: sommes-nous manipulés? Car la réponse à cette interrogation, chacun le sait, est malheureusement affirmative. Il s’agit désormais de savoir comment nous sommes mentalement influencés, contrôlés, conditionnés? A l’heure d’Internet et de la révolution numérique, ce livre tente de répondre à cette question majeure. En rappelant comment se fabrique l’idéologie, comment se construit cette silencieuse propagande qui vise à domestiquer les esprits, à violer les cerveaux et à intoxiquer les coeurs. A l’aide de nombreux exemples puisés dans la télévision ou le cinéma, il nous explique quels sont les mécanismes et les procédés de l’endoctrinement contemporain. Comment, sans que nous nous en apercevions, les nouveaux hypnotiseurs entrent par effraction dans notre pensée et y greffent des idées qui ne sont pas les nôtres. Ainsi, par exemple, dans les modernes sociétés médiatiques, un enfant de quatre ans, avant même d’entrer à l’école, a déjà été soumis à plusieurs milliers d’heures de télévision et a gavé ses yeux de suggestions éphémères rapidement évanouies. Evanouies? Pas entièrement, nous dit Ignacio Ramonet, car toutes ces images (spots publicitaires, films-catastrophes, séries policières, comédies, scènes de guerre et de violence…) laissent des traces subliminales dont l’influence, à la longue, finit par fortement déterminer nos comportements. Et par réduire notre liberté. »

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ConeIndigovide« Les nouveaux chiens de garde« , Serge Halimi Stars3

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« Les médias français se proclament « contre-pouvoir ». Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence.

Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques.

Un petit groupe de journalistes omniprésents – et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence – impose sa définition de l’information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l’ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique. »

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ConeIndigovidevide« La fabrique de l’opinion publique« , Noam Chomsky

videlivres_Chomsky_Consent.jpg « Ce livre (dont le titre original est « Manufacturing Consent ») est la source de la pensée politique du célèbre linguiste Noam ‰.Comment se met en place un discours médiatico-politique dans une nation prospère? Qui désigne les ennemis d’un peuple et décide des guerres justes que celui-ci doit mener? Comment l’imaginaire collectif distingue les bonnes victimes des mauvaises? Quel rôle joue les institutions, les lobbies, les multinationales et le fameux « quatrième pouvoir » dans la fabrication d’une opinion publique? Disséquant le discours médiatique sur la politique américaine des 40 dernières années, Noam Chomsky et Edward S. Herman livrent une analyse sans concession du système d’information aux Etats-Unis. »vide

 

ConeIndigovide« Un totalitarisme tranquille« , André Bellon et Anne-Cécile Robert

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« Prétendre que notre société génère, et ce de façon paisible, une forme de totalitarisme peut être reçu comme une agression inacceptable. Et pourtant! Sommes-nous encore en démocratie? Certes, on nous en parle à longueur de journée. Mais ce n’est pas parce qu’on invoque perpétuellement quelque chose que cette chose existe. L’élection présidentielle américaine vient d’illustrer les incohérences des discours officiels.

La démocratie est en danger; au-delà des incantations, un travail de sape dépossède le citoyen de tout pouvoir politique et le peuple de toute souveraineté; la démocratie se vide de son contenu concret, elle est battue en brèche à la fois par les intérêts économiques dominants et par la passivité des esprits. Face à l’idéologie qui nous entraîne petit à petit, au nom de la modernité et de l’Europe, dans « l’après démocratie », l’ouvrage montre que les clés d’un renouveau de la démocratie sont à portée de main. »

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ConeIndigovide« Vivre et penser comme des porcs – De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés » Gilles Châtelet

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« Etre passé de la chair à canon à la chair à consensus et à la pâte à informer est certes un progrès. Mais ces chairs se gâtent vite: la matière première consensuelle se transforme en une unanimité populiste des majorités silencieuses qui n’est jamais innocente.
A ce populisme classique se greffe désormais un nouveau populisme yuppie, un techno-populisme qui entend bien afficher sa postmodernité carnassière, prompte à digérer le best-of des biens et services de la planète.
Gilles Châtelet dénonce la « Triple Alliance » politique, économique et cybernétique des néo-libéraux, qui cherche à rendre rationnelle et même festive la « guerre de tous contre tous ».vide

 

ConeIndigovide« Cybermonde, la politique du pire« , Paul Viriliot

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Paul Virilio est l’une des rares sentinelles à oser dénoncer les dangers d’une révolution cybernétique. S’insurgeant contre le fantasme de la démocratie virtuelle, il lance ici un véritable appel à la résistance. Il réfléchit à haute voix sur les conséquences morales, politiques et culturelles de l’accélération du temps mondial, le cybermonde. Ce dialogue passionné débouche sur une interrogation profonde sur le sens du temps et celui de notre présence au monde.
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ConeIndigovide« La vie en miettes, expérience post-moderne et moralité », Zygmut Bauman

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« Zygmut Bauman, penseur atypique et inspiré, décrit d’abord dans ce livre majeur l’expérience contemporaine avec son temps accéléré, ses rencontres décousues, ses engagements momentanés, son obsession de la forme, la recherche de la sensation vraie, la vie dans le déplacement, la rencontre de l’étranger dans le tourisme ou la xénophobie, le commerce de la violence, la surveillance de la vie et la toute puissance technique. En même temps, profondément influencé par Levinas, Bauman retrouve au milieu des décombres de l’ordre ancien l’urgence et l’instance d’autrui. Là où la vie est en miettes, il reste le défi de la rencontre d’autrui. Comment vivre sans codes ni règles sans tomber dans le chaos? Comment vivre humainement en dépit du fait que la vie est en miettes? Son livre est à la fois étonnament lucide, démystificateur et paradoxalement optimiste. »vide

ConeIndigovide« Tous fichés« , Jacques Henno

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La surveillance totale a commencé:
- 12 mai 2005, un vol d’Air France est dérouté par erreur par les autorités Américaines sur l’aéroport de Bangor…
- Fin 2004, le fond américain Carlyle, proche du Pentagone et de la CIA, tente de racheter à Air France, Ibéria et Lufthansa, leur système de réservation Amadeus…
- Fin 2003, début 2004 : Acxiom, société sous-traitante du Pentagone, absorbe Claritas et Consodata,les 2 leaders français du data-mining et de la gestion de bases de données, contrôlant ainsi des fichiers sur plus de vingt millions de Français…

Ces 3 faits ont un point commun: ils annoncent « SURVEILLANCE TOTALE » (« Total Awareness »), le programme américain le plus démesuré et sans doute le plus contestable, de lutte contre le terrorisme par la mise sous fiche de la planète toute entière.

Comment est conçu « Surveillance totale »?
Quels risques pour les libertés individuelles de chacun ?
Comment les instances gouvernementales françaises et européennes ont-elles cédé aux pressions américaines ?
Etes-vous fichés ? Comment le savoir ?
Quels risques encourez-vous ? Comment réagir ?

Dans une enquête minutieuse et passionnante, Jacques Henno dévoile la genèse de ce programme sécuritaire inouï. Il décortique les mécanismes, les faiblesses et les perspectives inquiétantes que ce dispositif planétaire ouvre pour nos sociétés.

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ConeIndigovide« Surveillance électronique planétaire« , Duncan Campbell et Heloïse Esquié

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Le rapport officiel commandé par l’Union Européenne sur le réseau d’écoutes américain Echelon.

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ConeIndigovide« Un bonheur insoutenable« , Ira Levin Stars3

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Dans le futur, les nations ont aboli les guerres et la misère. Mais à quel prix? Entièrement gouvernés et surveillés par un ordinateur géant, les hommes sont uniformisés et privés de toute pensée originale, au moyen d’un implant et d’un traitement hormonal hebdomadaire obligatoire…

Un roman de SF entre « 1984″ d’Orwell, « Le meilleur des mondes » d’Huxley et le film « Equilibrium« .

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ConeIndigovide« Eternity Express« , Jean-Michel Truong 

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« Des hommes et des femmes ont acheté très cher le droit de finir leur vie dans un endroit de rêve: Clifford Estates, une ville construite de toutes pièces au fin fond de la Chine. Eternity Express est le récit du voyage qui les y conduit. C’est une destination idyllique, certes, mais imposée par la loi.A travers les réflexions et les souvenirs d’un des voyageurs, Jonathan (le narrateur, qui est médecin), se révèle peu à peu toute l’horreur économiquement correcte d’une société décidée à appliquer sans frémir la loi du profit. Car ce sont les effets conjugués de la démographie et de l’économie occidentale ruinée qui ont conduit les pays à adopter cette loi de « délocalisation du troisième âge »: l’Europe ne peut plus nourrir ses papyboomers. »vide

ConeIndigovide« No Logo« , Naomi Klein

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« Aujourd’hui, le village est planétaire, et la société de consommation dominée par les marques. (…) Les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l’économie de nombreux pays. Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l’art de bafouer les droits de l’homme: l’esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent.

Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l’urgence d’une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s’organisent sur l’Internet: ils veulent récupérer l’espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d’acheter des produits pour lesquels d’autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois du sang. Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l’ont prouvé: il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques. »

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ConeIndigovide« La mondialisation racontée à ceux qui la subissent« , Hervé-René Martin

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« Nous vivons tous aujourd’hui sous le règne de ce que nous appelons la Mondialisation, sans pour autant savoir que ce terme recouvre exactement. Connaît-on par exemple ses effets sur le contenu de notre assiette: des aliments transgéniques à la vache folle, en passant par les édulcorants de synthèse et leur propension à nous provoquer des tumeurs au cerveau? Sait-on à quel point elle participe de la croissance du chômage, de la violence urbaine et de la montée de l’extrême-droite dans les pays du Nord? Mais aussi de la déforestation, de la famine, et du retour de l’esclavage dans les pays du Sud? A-t-on idée de son influence sur nos conditiens de travail, le niveau de nos salaires ou encore le taux de faillite de nos entreprises? La question que se pose le héros de ce livre, un détective qui vit retiré dans la montagne d’où il mène son enquête entre explorations sur Internet et conversations avec le charpentier du village, est: Qui c’est, la mondialisation? Mais si la question peut paraître naïve, la réponse se révèle, elle, beaucoup plus inquiétante. »

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ConeIndigovide« Le procès de la mondialisation« , Edouard Goldsmith et Jerry Mender

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Les plus grands spécialistes mondiaux étudient les différents processus de la mondialisation et son impact sur les aspects de la vie: aggravation de la pauvreté et de l’exclusion, démantèlement des économies locales, homogénéisation de la culture, menaces sur les milieux naturels, sur la santé, sur la diversité biologique, sur les processus démocratiques…

Le livre analyse les rouages de la mondialisation: moteur (libéralisme), but (marchandisation du monde), effets (crises sociales, économiques, politiques et environnementales). Il propose des solutions afin que l’économie soit au service de l’homme et non le contraire.

« Le procès de la mondialisation » a reçu le prix du meilleur livre politique de l’année lors de sa sortie aux États-Unis.

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ConeIndigovide« La chaine invisible – Travailler aujourd’hui: Flux tendu et servitude volontaire », Jean-Pierre Durandlivres_ChaineInvisible 
« Au cours des vingt dernières années, le monde du travail a changé de planète. Flexibilité de la main-d’œuvre, annualisation du temps de travail, précarité des contrats, exigence de qualité totale, déclin de la notion objective de qualification au profit de la « compétence » définie par l’employeur, plans sociaux dans les entreprises rentables, implication et responsabilisation des travailleurs, organisation en réseau, etc. Une même logique implacable lie toutes les dimensions de cette métamorphose: l’impératif du flux tendu », sans stocks, sans pause dans la circulation du produit, pousse à l’extrême l’exploitation du temps de travail pour satisfaire des exigences de rendement inédites dans l’histoire du capitalisme.

Pourquoi les travailleurs et les syndicats ont-ils si peu résisté, et parfois collaboré, à une mutation qui intensifie le travail sans améliorer sa rémunération? La peur entretenue du chômage n’est qu’une part de la réponse. La sociologie du travail révèle en effet les stratégies et les jeux sociaux déployés par les individus pour sortir du flux tendu, ou le rendre acceptable, voire gratifiant. Mais cette implication contrainte des salariés participe aussi d’une stratégie délibérée de gestion du travail pour les conduire à internaliser la contrainte de rentabilité, à ne plus concevoir la distinction entre leur intérêt et celui de leur patron.

Loin du rapport de domination brute à l’ancienne, le nouveau capitalisme met en place une chaîne invisible, auto-entretenue par ceux-là mêmes qu’elle aliène, une chaîne de servitude volontaire. »

Jean-Pierre Durand est professeur de sociologie à l’université d’Évry où il dirige le Centre de recherche Pierre Naville.

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ConeIndigovide« Les économistes contre la démocratie – Pouvoir, mondialisation et démocratie », Jacques Sapir  

livres_EcoDemo « L’économie s’est-elle substituée à la politique? Tel est peut-être le souhait de certains économistes. Ce livre a pour cible un discours économique qui cherche à vider l’action politique de son sens, un discours qui, sous les dehors d’une soi-disant rigueur scientifique est en réalité profondément anti-démocratique. A travers l’apologie que font certains économistes des agences indépendantes et de la globalisation, c’est le vieux fond libéral hostile à toute forme de souveraineté populaire qui s’exprime. Sous prétexte de parler d’économie, ces économistes veulent nous vendre un droit et une organisation sociale qui les laisseraient libres de tout contrôle et de toute responsabilité. Ce livre analyse le lien qui existe entre une faillite théorique et des comportements souvent douteux. On montre comment le discours de l’économie dominante veut enfermer le citoyen dans un espace qui n’aurait d’autres bornes que la technique et la compassion. Ceci dévoile le projet de faire de l’expert le seul citoyen habilité à peser sur les décisions importantes. Au fur et à mesure que l’expertise des économistes perd en efficacité monte une nouvelle idéologie, l’expertisme. Elle se construit en négation de la chose publique, la République. »
 

ConeIndigovide« La grande désillusion« , Joseph E. Stiglitz et Paul Chembla Stars3

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« Aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale ». L’auteur de ces lignes? Le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en novembre 1999 a démissionné de son poste d’économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale: « Plutôt que d’être muselé, j’ai préféré partir », expliquera-t-il.

Son livre est un constat qui vaut réquisitoire: preuves à l’appui, il démontre que les règles du jeu économique mondial ne sont souvent fixées qu’en fonction des intérêts des pays industrialisés avancés – et de certains intérêts privés en leur sein -, et non de ceux du monde en développement. Car la mondialisation n’a pas seulement mis l’économie au-dessus de tout, mais aussi une vision particulière de l’économie, le fanatisme du marché. Politique d’austérité, libéralisation des marchés des capitaux et privatisations sont appliquées aveuglément, en dépit de leur échec avéré, à tous les pays, en particulier aux pays en transition et du Sud.

À lire Joseph Stiglitz, on a le sentiment de comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui, de saisir toute l’urgence d’une réforme en profondeur du statut et des politiques préconisées par les institutions financières internationales. »

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ConeIndigovide« Petit manuel simplifié pour comprendre la mondialisation« , Angela Barthes 

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Après un rapide rappel des processus historiques et des logiques de la mondialisation libérale, l’auteur décortique, grâce à de nombreuses données d’organismes officiels, les mécanismes fondamentaux à l’oeuvre. Elle explique l’importance hégémonique du capital financier, la hiérarchisation des pôles mondiaux de décision et son système associé d’interdépendance asymétrique (la dette, la dégradation des termes de l’échange). Elle que la fracture sociale (la pauvreté, l’immigration ou la délinquance) est une résultante structurelle de la mondialisation ainsi que les multiples conflits armés ou guerres qui se déroulent actuellement sous nos yeux.

L’auteur engage également une réflexion sur le rôle des principaux acteurs en montrant l’action prépondérante des grandes sociétés transnationales et des organismes internationaux tels que le FMI ou l’OMC.

Spécialiste de géopolitique, Angela Barthes est maître de conférences à l’Université de Provence.

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ConeIndigovide« Révélations« , Denis Robert et Ernest Backes

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Ce livre raconte, de l’intérieur, l’histoire secrète de Clearstream, une « chambre de compensation » créée par une association de banques en 1971 et devenue en moins de trente ans un véritable monstre financier, chargé de faire transiter des fonds et des valeurs sur toute la planète. Depuis le Luxembourg les ordinateurs de cette firme brassent des trillions de dollars et d’euros. Clearstream est la « banque des banques », un centre névralgique de la finance internationale où des millions de transactions sont effectuées chaque jour, en toute opacité et hors de tout contrôle.

L’enquête de Denis Robert nous conduit là où personne n’a jamais pu pénétrer: dans les coulisses de la finance internationale. Sur les pas d’Ernest Backes, l’insider (le témoin de l’intérieur, ancien n°3 de Clearstream), nous découvrons avec effroi des activités inavouables: dissimulations de compte au nom des institutions les plus honorables, complicité avec des banques mafieuses, ramifications innombrables avec affaires existantes en France et ailleurs, circuits de blanchiment de narcodollars ou paiement de rançons… Pas une page ou presque sans révélations.

Denis Robert est écrivain et journaliste à Libération.

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ConeIndigovide« Démocratie-business – La vérité sur la mondialisation, les privatisations, les fraudes et les délits d’initiés », Greg Palastlivres_DemocratieBusiness_sSi vous recevez régulièrement une facture d’électricité, vous découvrirez dans ce livre comment la privatisation de l’énergie a systématiquement fait exploser les prix payés par les consommateurs, de la Grande-Bretagne à l’Argentine – sans parler des 379 % d’augmentation en Californie pour une seule année. A l’heure de la privatisation d’Électricité et Gaz de France, de Swisscom en Suisse, vous verrez, documents à l’appui, comment les sociétés privées sabotent leurs propres installations et magouillent pour en tirer d’énormes profits.

Par le passé, dans le monde entier, des gouvernements ont dépensé des milliards à construire des systèmes de canalisation d’eau, sans pour autant en attendre de profits en retour. L’OMC et la Banque mondiale appellent ça du gachis. Vous verrez dans ce livre comment ils ont prévu de vous le faire payer.

Greg Palast est l’un des plus célèbre journalistes d’investigation aux États-Unis. Il travaille en particulier pour le Guardian et la BBC. C’est lui qui a rendu public le trucage de l’élection de George Bush en 2000. Il a reçu le prix « Project Censored » de l’université de Californie et le prix « David Thomas » du Financial Times. Expert reconnu du fonctionnement du pouvoir et des grandes multinationales commerciales, ses écrits sont étudiés à l’université de Cambridge ou de Sao Paulo. »

ConeIndigovide« Enron, la faillite qui ébranla l’Amérique« , A.S.Chassany et J-Ph.Lacour

videlivres_Enron « Dallas, le 3 décembre 2001: Enron se place sous la protection de loi américaine sur les faillites. De mémoire de trader, d’homme d’affaires et de petit porteur, c’est la plus importante défaillance de l’histoire récente des Etats-Unis. Avec son chiffre d’affaires de plus de 100 milliards de dollars, le mastodonte texan de l’énergie n’était donc pas invincible. Les investisseurs et les bourses sont pris de panique. La chute d’Enron a été fulgurante. Personne n’a pu anticiper une telle catastrophe, et surtout pas les spécialistes de la finance, qui n’avaient cessé de recommander aux épargnants d’acheter le titre. Fraudes, malversations, mensonges, enrichissements personnels; collusion avec le pouvoir politique… Après la gloire, l’heure est bien à la vérité. Et la vérité n’est pas belle à voir: c’est le véritable visage du capitalisme effréné que dévoile l’histoire de cette faillite. Sur un rythme de thriller, cette enquête, menée par deux journalistes, révèle la face cachée de l’aventure Enron: de la prodigieuse ascension à la débâcle vertigineuse d’un géant américain. »vide

ConeIndigovide« Ils vont tuer le capitalisme« , Claude Bébéar

livres_BebearCapitalisme « De l’affaire Enron à la chute de Vivendi, de l’éclatement de la bulle internet à la crise de confiance que traversent les marchés, la planète vit désormais dans la hantise d’un effondrement de tout le système économique et financier. Mais qui veut saboter le capitalisme? Pourquoi des analystes financiers, des banquiers d’affaires et des patrons mégalos ou sans scrupules semblent-ils s’acharner à scier la branche sur laquelle ils sont assis? Et que peut-on faire pour remettre sur pied un capitalisme à visage humain en y injectant de la confiance et de la responsabilité?

Dans ce livre d’entretiens, Claude Bébéar, fondateur et président du conseil de surveillance d’AXA (leader mondial de l’assurance), apporte son témoignage, celui d’un chef d’entreprise révolté par les excès qu’il a vu se multiplier autour de lui. Avec pédagogie, il décrypte les phénomènes de spéculation, de panurgisme et de dérive des egos qui ont causé la déroute de tant d’entreprises flamboyantes et d’épargnants de bonne foi. »
 

ConeIndigovide« Le capitalisme est en train de s’autodétruire« , Patrick Artus, Marie-Paule Virard

livres_PatrickArtus « Le capitalisme est-il en train de s’autodétruire? La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires…

Alors que la croissance économique – en Europe en tout cas – stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses.

Dans ce livre, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe: c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir.

Et face au malaise social, les gouvernements ne traitent le plus souvent que les symptômes, faute de prendre en compte le fond du problème. Ce problème, c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des résultats beaucoup trop élevés. Du coup, elles privilégient le rendement à trois mois plutôt que l’investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales. »

Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d’épargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l’Ecole polytechnique et professeur associé à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Echos.

 

ConeIndigovide« Le capitalisme total« , Jean Peyrelevade 

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« Le capitalisme moderne est organisé comme une gigantesque société anonyme. À la base, trois cents millions d’actionnaires contrôlent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Souvent d’âge mûr, de formation supérieure, avec un niveau de revenus relativement élevé, ils confient la moitié de leurs avoirs financiers à quelques dizaines de milliers de gestionnaires pour compte de tiers dont le seul but est d’enrichir leurs mandants. Les techniques pour y parvenir s’appuient sur les règles du  » gouvernement d’entreprise  » et conduisent à des exigences de rentabilité excessives. Elles transforment les chefs d’entreprise en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires, et polluent de pure cupidité la légitime volonté d’entreprendre. Ainsi le capitalisme n’est pas seulement le modèle unique d’organisation de la vie économique mondiale : il est devenu  » total  » au sens où il règne sans partage ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses. »

Jean Peyrelevade a été successivement président de Suez, UAP, et du Crédit Lyonnais. Il fut également le directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy (1981-1983). Longtemps professeur d’économie à l’École polytechnique, il a écrit plusieurs ouvrages sur l’évolution du capitalisme contemporain.

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ConeIndigovide« Keynes ou l’économiste citoyen« , Bernard Maris

videlivres_Keynes « Proche du courant post-keynésien, Bernard Maris s’emploie à redécouvrir les fondements du message de l’économiste anglais: l’économie de marché est foncièrement instable. Il y règne l’incertitude sur l’avenir, l’irrationalité et le mimétisme des comportements. Chômage, déséquilibres, bulles financières, caractérisent le capitalisme. Si Keynes reconnaît qu’il permet la satisfaction des besoins humains, l’accumulation du capital, « l’argent pour l’argent » ne saurait être la fin de l’activité humaine. Il faut remettre la cité au premier plan et « l’économie au vestiaire ». Plus qu’une nouvelle interprétation, ce petit livre percutant présente l’homme Keynes dont les passions, les utopies et la vision du monde sont inséparables de la théorie. »vide

ConeIndigovide« L’illusion économique« , Emmanuel Todd livres_IllusionEconomique 

« Le degré d’adhésion des classes dirigeantes d’une nation au libre-échangisme est inversement proportionnel à l’évolution de leur niveau culturel: plus celui-ci baisse, plus les thèses mondialistes prospèrent. Non seulement l’ouverture des frontières commerciales s’est plutôt traduite par un tassement de la croissance mondiale, mais elle a en plus favorisé un retour spectaculaire des inégalités au sein des nations développées. La construction européenne façon Maastricht exprime un saut irréaliste dans l’idéologie, fruit combiné d’une utopie monétaire qui nie l’existence des diversités nationales et d’une utopie libre-échangiste, masque emprunté par une élite malthusienne pour défendre son idéal inégalitaire. » L’Expansion – Henri Gibier

« Les croyances collectives tendent à s’effriter sous les coups portés aux sentiments nationaux par des élites culturelles, adeptes de la « pensée zéro », qui affichent leur impuissance face à un phénomène économique jugé inéluctable et extérieur: la mondialisation. (…)
À la double utopie, économique et monétaire, d’une mondialisation dont les contre-performances sont patentes, et à la démission des classes dirigeantes, Emmanuel Todd oppose un retour à une forme de protectionnisme national dans les relations commerciales extérieures, qui permettrait le renforcement du libéralisme à l’intérieur, la relance de la demande globale, et par là même un véritable retour à l’idéal démocratique égalitaire, actuellement largement bafoué par les élites dirigeantes. »
 Futuribles – Stéphanie Debruyne

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ConeIndigovide« J’accuse l’économie triomphante« , Albert Jacquard  

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Il n’y a plus de jour où l’on ne nous affirme que l’économie gouverne le monde, que les lois de la rentabilité et du marché constituent une vérité absolue. Quiconque conteste cette nouvelle religion est aussitôt traité d’irresponsable. Mais une société humaine peut-elle vivre sans autre valeur que la valeur marchande? Prenant ses exemples dans les domaines les plus variés – logement, emploi, santé, environnement, alimentation… – Albert Jacquard démontre les méfaits de l’économisme triomphant et fanatique qui prétend aujourd’hui nous gouverner. Economiste et scientifique, il expose ici en des pages rigoureuses et claires, appuyées sur une vaste information, les convictions qui fondent son engagement. Il nous invite à refuser la fatalité inhumaine de l’intégrisme économique.

ConeIndigovide« Mal de Terre« , Hubert Reeves

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« Notre planète va mal: réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles, pollutions des sols et de l’eau provoquées par les industries civiles et guerrières, disparité des richesses, malnutrition des hommes, taux d’extinction effarant des espèces vivantes, etc.La situation est-elle vraiment dramatique? Que penser des thèses qui contestent ce pessimisme? A partir des données scientifiques les plus crédibles -et de leurs incertitudes-, Hubert Reeves dresse un bilan précis des menaces qui pèsent sur la planète. Son diagnostic est alarmant: si la vie sur Terre est robuste, c’est l’avenir de l’espèce humaine qui est en cause. Le sort de l’aventure humaine, entamée il y a des millions d’années, va-t-il se jouer en l’espace de quelques décennies? Notre avenir est entre nos mains. Il faut réagir, et vite, avant qu’il ne soit trop tard. »vide

ConeIndigovide« Stop« , Laurent de Bartillat et Simon Retallack  Stars3

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Un livre choc sur l’état de la planète, avec 450 pages d’images fortes et de textes écrits par 25 participants: Arundhati Roy, Edgar Morin, Corinne Lepage, Mikhaïl Gorbatchev, Robert F. Kennedy Jr, Robert Redford, le chef Raoni, Susan George, Edward Goldsmith…

« Les catastrophes écologiques se multiplient. Nous dilapidons les ressources de la planète. La gangrène de la pollution fait chaque jour un peu plus de ravages. Les états reportent a plus tard des décisions urgentes pour la survie de nos enfants. D’énormes pressions politiques et économiques bloquent l’émergence d’un monde plus durable. Pourquoi? Nous le savons tous, la planète est en danger! Comment réagir? Ce livre apporte des réponses et surtout des solutions claires et accessibles qui prouvent que des alternatives sont possibles. Mais le temps presse. Un texte fondamental, une documentation spectaculaire, «Stop» peut et doit contribuer à déclencher la prise de conscience dont le monde a besoin. »

Laurent de Bertillat est photographe, auteur et réalisateur de documentaire sur le thème de l’environnement. Simon Retallack est le directeur éditorial de « The Ecologist ».

ConeIndigovide« Le syndrome du Titanic« , Nicolas Hulot

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« Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l’égoïsme et l’arrogance d’êtres supérieurs convaincus d’être «maîtres d’eux-mêmes comme de l’univers».Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s’accumulent: dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d’espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d’hommes à occuper cette Terre: après nous, le déluge?Notre planète est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d’ alerte avant de céder au désespoir: si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l’écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble. »vide

ConeIndigovide« Ces maladies crées par l’homme – Comment la dégradation de l »environnement met en péril notre santé », Dr Dominique Belpomme

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Jusqu’aux années 1970, il n’existait pas de cancérologues en France. Cette discipline n’était, en effet, pas reconnue par l’ordre des médecins. L’un des premiers à exercer cette nouvelle fonction fut le professeur Belpomme.

Or, depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès provoqués par le cancer, en France, a doublé: 150 000 morts par an! La croissance de cette mortalité s’observe dans tous les pays industrialisés. Il apparaît en effet que la plupart des cancers sont une conséquence de la pollution de notre environnement. C’est donc un tableau très noir, et pour tout dire passablement effrayant, que le professeur Belpomme brosse de notre avenir sanitaire. « On soigne les malades atteints du cancer, constate-t-il, et non l’environnement qui est lui-même malade. » Le cancer est donc devenu « une maladie de civilisation » comme le définissait déjà René Dubos. C’est le cas d’un grand nombre de nos maladies qui ne sont plus d’origine naturelle, mais artificielles, fabriquées en quelque sorte par l’homme lui-même. Tel est le cas, en particulier des stérilités masculines, des malformations congénitales, de la plupart des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, de certains diabètes, des infections nosocomiales, des allergies, de l’asthme…

Sur les 150.000 morts par an en France par cancer, il n’y en a que 30.000 dont le décès est lié au tabac. Il reste donc à expliquer les 120.000 autres cas liés au stress et à notre mode de vie en général.

Dominique Belpomme, président de l’association française pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac) et directeur du centre d’évaluation de la recherche sur le cancer (Cerc) est l’un des acteurs majeurs du « plan cancer » lancé par le président de la République.

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ConeIndigovide« La société cancérigène« , Geneviève Barbier et Armand Farrachi

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Le cancer est aujourd’hui la deuxième cause de mortalité en France, la première chez les hommes. Pourquoi la lutte, qui s’est concentrée sur les soins la recherche de nouveaux traitements et le tabac, connaît-elle un tel échec, malgré l’énormité des sommes engagées? Et si l’on se trompait de cible? S’il fallait inventer d’autres voies? Inverser la perspective? Ne plus s’attaquer seulement aux effets et aux facteurs de risque individuels, mais aussi aux causes sociales, professionnelles et environnementales?

Le livre dénonce, chiffres à l’appui, les silences des discours officiels et les intérêts de bien des lobbies. Car la disparition du cancer serait préjudiciable à des pans entiers de notre économie. Veut-on vraiment faire reculer le cancer? Ce livre décapant, qui allie la conviction à la rigueur scientifique, démontre que cette maladie n’est pas une fatalité.

Geneviève Barbier est médecin, membre du Syndicat de la médecine générale, et membre du comité de rédaction de la revue « Pratiques, les cahiers de la médecine utopique »
Armand Farrachi, romancier et essayiste, a notamment publié « Les Ennemis de la Terre » et « Les Poules préfèrent les cages ».

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ConeIndigovide« La mafia pharmaceutique et agro-alimentaire« , Dr Louis de Brouwer

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La medecine moderne est gérée par une oligarchie puissante issue des grands groupes chimico-pharmaceutiques qui parviennent à conditionner les choix des gouvernements, des politiques et des institutions de la santé grâce à de prodigieux moyens financiers.

Des médicaments, des vaccins, des produits alimentaires dangeureux sont mis sur le marché et y demeurent, malgré les accidents provoqués.

En s’appuyant sur une documentation rigoureuse, le Dr De Brouwer démontre l’existence de fraudes, d’abus de confiance, et d’escroqueries au sein de notre système de santé.

Louis de Brouwer est docteur en médecine, spécialiste en biologie moléculaire et en homéopathie. Outre le fait d’avoir été l’un des médecins de François Mitterand, le Dr De Brouwer est consultant pour l’UNESCO. Il préside ou anime plusieurs associations qui luttent contre la « pollution médicamenteuse » ou contre la vivisection.

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ConeIndigovide« Le complexe médico-industriel« , ATTAC

videlivres_AttacMedecinevide « Depuis une trentaine d’années, dans tous les pays développés, les systèmes de santé ont subi de profondes transformations dues à l’emprise croissante des lobbies et des intérêts privés sur les politiques publiques. Par analogie avec le  » complexe militaro-industriel  » dénoncé par Eisenhower en 1958, on peut désormais parler d’un  » complexe médico-industriel « . C’est lui qui dicte les pratiques médicales en transformant maladie et santé en marché pour consommateurs de soins et de médicaments.Ce véritable hold-up financier, que cet ouvrage analyse dans le détail, remet en cause des acquis de civilisation. Contre la rapacité des multinationales de la pharmacie, une autre logique, celle du bien commun, est possible. »vide

ConeIndigovide« Au nom de la science« , Andrew Goliszek

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Malgré sa violence, cette enquête est bien plus qu’un inventaire cauchemardesque, une variation de plus sur le grand complot mondial contre notre santé. Cette synthèse passionnante est surtout un outil formidable de compréhension des mécanismes de recherche, de production et de contrôle des industries militaires et de la santé. Pour la première fois, industriels et organismes d’état sont mis face à leurs responsabilités. A l’heure où notre regard sur la médecine évolue de jour en jour, où un changement profond de nos modes de consommation des produits de santé s’impose, Au nom de la Science est un appel à la vigilance, une clé essentielle pour ne plus subir, mais combattre les crimes et aberrations commis par certains industriels et nos gouvernements… au nom de notre santé à tous! Une enquête stupéfiante: les scandales d’un siècle d’expérimentation secrète sur l’être humain.

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ConeIndigovide« Les confessions d’un assassin financier – Révélations sur la manipulation des économies du monde par les Etats-Unis », John Perkins  New3livres_JohnPerkins 

« Les assassins financiers, écrit John Perkins, sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales: les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l’extorsion, le sexe et le meurtre.  » John Perkins sait très bien de quoi il parle… Il a été lui-même un assassin financier. Son travail consistait à convaincre certains pays stratégiquement importants pour les États-Unis, comme le Panama ou l’Indonésie, d’accepter d’énormes prêts pour le développement de leurs infrastructures, et à s’assurer que tous les projets lucratifs étaient confiés à des entreprises américaines. Ainsi affligés de lourdes dettes, ces pays se retrouvaient alors sous le contrôle du gouvernement américain, de la Banque mondiale et d’autres organisations humanitaires dominées par les États-Unis, qui se comportaient envers eux comme des usuriers, leur dictant les conditions de remboursement et forçant leurs gouvernements à la soumission. Cet extraordinaire récit véridique dévoile la corruption et les intrigues internationales, ainsi que des activités gouvernementales ou entrepreneuriales peu connues, qui ont de graves conséquences pour la démocratie américaine et le monde entier. »

Triangle_jaune Article à propos du livre dans « Le Grand Soir »

ConeIndigovide« L’État voyou« , William Blum livres_EtatVoyou 

« Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les Etats-Unis. Définitivement.

D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain.

Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e État des États-Unis mais dorénavant – chose curieuse à dire – un pays étranger.

Et puis, je réduirais le budget militaire d’au moins 90 %, utilisant le surplus à payer des réparations aux victimes. Ce serait plus que suffisant. Le budget militaire d’une année, soit 330 milliards de dollars, équivaut à plus de 18.000 dollars de l’heure depuis la naissance de Jésus-Christ.

Voilà ce que je ferais les trois premiers jours.

Le quatrième jour, je serais assassiné. »

William Blum est américain, et ancien fonctionnaire du Département d’Etat

ConeIndigovide« La guerre des Bush« , Eric Laurent  Stars3

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« Une nouvelle guerre se prépare en Irak. George W. Bush invoque avec insistance la lutte «du bien contre le mal». Que cache ce discours? Une vérité troublante, immorale, et des questions dérangeantes. Pourquoi l’actuel président américain et son père entretiennent-ils depuis plus de vingt ans des relations avec la famille Ben Laden? Pourquoi un puissant banquier saoudien, beau-frère d’Ousama Ben Laden, soupçonné d’avoir financé les réseaux d’Al Quaïda, a-t-il constamment aidé George W. Bush dans ses activités pétrolières, le sauvant même de la faillite? Comment expliquer l’acharnement du père, lorsqu’il était président, à armer et financer Saddam Hussein, provoquant peut-être l’invasion du Koweit? Puis, douze ans plus tard, l’acharnement du fils à vouloir détruire ce même Hussein?

La Guerre des Bush plonge le lecteur au coeur des secrets les plus inavouables et éclaire toutes ces zones d’ombre. Une fois le livre refermé, plus personne ne pourra jamais croire à la vérité officielle. »
 

Eric Laurent est grand reporter au Figaro et spécialiste de politique étrangère. Il est l’auteur de nombreux documents à succès dont La guerre du Golfe avec Pierre Salinger.

 

ConeIndigovide« Le monde secret de Bush« , Eric Laurent Stars3

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« Bien qu’arrivé à la Maison Blanche au terme d’une élection controversée, jamais un président américain n’a détenu autant de pouvoir ni manifesté autant d’arrogance que George W. Bush.Sa trajectoire, cependant, reste entourée de secrets, marquée par des alliances troublantes et des manipulations financières inavouables.Qui gouverne réellement l’Amérique? Des idéologues, des financiers, des fanatiques religieux?Telles sont les questions posées par ce livre qui suscitera la stupeur et, inévitablement, l’inquiétude. »

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ConeIndigovide« Le monde selon Bush » – DVD, William Karel  Stars3

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« Qui est George W. Bush? Ce documentaire de William Karel raconte les mille jours de sa présidence, des attentats du 11 septembre au bourbier de la guerre en Irak. Il dresse un état des lieux de l’Amérique d’aujourd’hui et tente de comprendre comment un petit groupe d’hommes, sous l’influence des faucons néo-conservateurs, a pris le contrôle de la politique étrangère américaine.

Le film dénonce les travers de la dynastie Bush au grand complet. On y découvre le grand-père de l’actuel Président, Prescott Bush, qui a fait fortune en prenant la direction d’entreprises nazies après l’arrivée au pouvoir de Hitler, avant de voir ses entreprises saisies pour collaboration avec l’ennemi. Les relations entre George Bush père et Saddam Hussein sont aussi largement évoquées.

« Le monde selon Bush » est pour une large partie basé sur une enquête menée par le grand reporter spécialiste de politique étrangère Eric Laurent dans son livre, « Le monde secret de Bush ».

ConeIndigovide« Le cartel Bush« , James Hatfield livres_CartelBush 
« Il y a les biographies de George W. Bush écrites par les communicants de la Maison-Blanche ou les journalistes « amis ». Et il y a Le Cartel Bush, la biographie non autorisée. Celle qui explore en détail l’entourage du président des États-Unis, ses affaires, ses retournements de veste, le financement de ses campagnes électorales, son addiction à la cocaïne… L’auteur, James Hatfield, fut menacé par deux proches conseillers du président devant témoins et retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé. Sa famille prétend qu’il a été assassiné.

L’auteur, qui a réalisé un travail de fourmi, avait bénéficié dans son enquête de l’aide de Karl Rove (le secrétaire général de la Maison-Blanche) qui croyait aider à la rédaction d’une biographie de complaisance. L’ouvrage intitulé « Fortunate Son, G. W. Bush and the Making of an American President », fit immédiatement la Une des journaux, fut choisi comme best-seller par le New York Times et souleva une intense polémique.

Il s’agit d’un document exhaustif sur l’homme, sa famille et son entourage, ses affaires et sa carrière politique, ses retournements de veste et le financement de ses campagnes électorales. Bien qu’il soit écrit sur un ton mesuré et s’attache à comprendre la personnalité de George W. Bush, il présente une vision terrifiante de la vie publique états-unienne. Pourtant, de cet imposant travail, on ne retint qu’un passage secondaire mais sensible: le candidat Bush avait été arrêté pour détention de cocaïne, en 1972. Or, selon les lois locales, ce délit aurait dû lui valoir une privation de droits civiques, il n’aurait donc pas dû avoir le droit de se présenter au gouvernorat du Texas et à la présidence des États-Unis.

Ce sont en réalité bien d’autres détails qui provoquèrent la colère des Bush. Notamment, un passage relatif à la société Arbusto dont George W. fut le directeur. On y apprenait que, par l’entremise d’un homme de paille, cette société était la propriété d’un certain Salem Ben Laden, frère aîné d’Oussama.

Karl Rove et Clay Johnson III (l’assistant personnel du président) intentèrent un procès en diffamation et obtinrent le retrait conservatoire du livre. En définitive, il fut autorisé à la vente, sans coupes, mais après le retrait de la préface originale.

Ayant échoué dans leurs démarches, Rove et Johnson menacèrent devant témoin Hatfield de le liquider, lui et toute sa famille, s’il persistait à diffuser son ouvrage. Il fut retrouvé peu après, mort, dans un motel. La police assure qu’il s’est suicidé, tandis que sa famille prétend qu’il a été assassiné.

Ce document exceptionnel a été traduit en français et publié en Suisse. Le Réseau Voltaire en assure la diffusion exclusive en France. »

ConeIndigovide« La face chachée du 11 septembre« , Eric Laurent  Stars3

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« Ce livre dévoile les mensonges et les silences officiels qui entourent encore la tragédie du 11 septembre. Un an d’enquête a conduit l’auteur notamment aux Etats-Unis, au Pakistan, à Dubaï, au Qatar, en Israël et jusqu’aux montagnes de Tora Bora, dernier refuge de Ben Laden en Afghanistan. Enquête minutieuse, parfois dangereuse, qui révèle la face cachée du 11 septembre. Pourquoi Ousama Bin Laden n’est-il toujours pas inculpé par les responsables américains pour les attentats du 11 septembre? Pourquoi la CIA qui surveille en permanence les marchés financiers n’a-t-elle pas détecté le plus grand délit d’initiés de l’histoire qui a précédé le 11 septembre? Quelle est la véritable identité des pirates de l’air? Quel est le rôle exact joué par les services secrets du Pakistan? Et que penser de l’Arabie Saoudite, de ce royaume dont trois princes ont connu une mort mystérieuse à la suite du 11 septembre? Les informations recueillies dans ce livre, les faits troublants, les contradictions et les manipulations avérées battent en brèche les vérités admises. »

ConeIndigovide« Kill, kill, kill« , Jimmy Massey

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« Le témoignage accablant d’un soldat américain sur la guerre en Irak et les méthodes de l’armée américaine. »
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ConeIndigovide« Les mensonges de George W.Bush, Scott Ritter

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« Pourquoi faudrait-il mener une seconde guerre contre l’Irak? demandait Scott Ritter en 2002, après avoir démissionné en 1998 de son poste d’inspecteur en armements pour l’ONU. « Quand j’ai quitte l’Irak, l’infrastructure et les équipements avaient été éliminés à 100 %. Cela est indiscutable. » Scott Ritter savait déjà que les raisons évoquées à Washington – la menace des armes de destruction massive, et la collusion entre Saddam Hussein et Al-Qaida – n’existaient que dans les fantasmes de pouvoir hégémonique du clan néo-conservateur de George W. Bush.

Dans ses livres précédents (Endgame, 1999 et Guerre à l’Irak, 2002), Scott Ritter avait déjà tiré le signal d’alarme. Scott Ritter raconte dans celui-ci les efforts qu’il a déployés au Congrès de Washington, puis à Bagdad et dans les médias du monde entier pour empêcher le gouvernement américain d’attaquer unilatéralement l’Irak, sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

Sa dénonciation des mensonges de Bush, Cheney, Rumsfeld et « du reste de leur bande de cow-boys justiciers » lui a valu la calomnie et les attentions du F B.I. Mais la « croisade » de Bush a eu lieu et des milliers de civils irakiens et des centaines de soldats anglo-américains sont morts pour un arsenal fantôme l’Irak « libéré » est occupé, meurtri, ruiné et au bord de l’éclatement. Malgré la capture de Saddam Hussein et des dignitaires de son régime, aucune arme de destruction massive n’a été trouvée. Le mensonge de George W. Bush a été la cause de l’écrasement d’une nation de 20 millions d’habitants par la plus grande puissance militaire de la planète. Ce livre est le plaidoyer solennel de l’homme qui a eu raison avant tout le monde et qui craint que le peuple américain ne perde ses valeurs et les principes fondamentaux de sa République, édictés par sa Constitution en 1776. Il lance aussi un vibrant appel à la mobilisation pour changer de président en novembre 2004, grâce à l’arme suprême de la démocratie américaine: le bulletin de vote. » 

Scott Ritter, ancien « marine », a été inspecteur des Nations-unies en désarmement en Irak de 1991 à 1998. Spécialiste de la question irakienne, il a publié de nombreux articles à ce sujet, ainsi que le livre « Guerre à l’Irak, ce que l’équipe Bush ne dit pas ».
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ConeIndigovide« Or noir et Maison Blanche, comment l’Amérique a vendu son âme pour le pétrole saoudien », Robert Baer

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« Membre pendant vingt ans de la division des opérations clandestines de la CIA, Robert Baer, nous révèle le pacte terrifiant qui unit les élites économiques et politiques américaines à la famille royale saoudienne. Réseaux de financement, accords secrets, corruption… Une enquête au cœur d’un système où les enjeux, qui s’élèvent à des milliards de dollars, menacent l’équilibre de la planète. »
 
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ConeIndigovide« Les nouvelles preuves sur l’assassinat de J.F.Kennedy – Le clan Bush est-il coupable? », Caroline Lebeau

videlivres_JFK_Lebeau « Une enquête journalistique qui expose en pleine lumière des liens auparavant insoupçonnés ou occultés entre le parti républicain, la mafia, les milieux anticastristes, le complexe militaro-industriel et les services secrets américains, l’auteur renoue avec patience et sagacité les fils rompus d’une quête légitime de vérité sur les véritables circonstances de l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Surmontant avec un courage qu’il faut saluer menaces, pressions et intimidations, Caroline Lebeau dévoile les aspects les plus compromettants de l’un des événements politiques majeurs du dernier demi-siècle. »vide

videConeIndigo« Une lueur d’espoir« , Marc-Edouard Nabelivres_Nabe

En partant des attentats du 11 Septembre, Marc-Edouard Nabe se livre à une critique féroce du système, de son hypocrisie, son mercantilisme, et son totalitarisme médiatique.

Un livre prophétique et politiquement incorrect…

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ConeIndigovide« Dominer le monde ou sauver la planète? – L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale« , Noam Chomsky

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« La politique actuelle de l’administration Bush sur la scène mondiale constitue-t-elle une rupture avec la position traditionnelle des États-Unis ? Pour Noam Chomsky, la Stratégie de sécurité nationale adoptée en 2002, dont le but avoué est de perpétuer indéfiniment la domination des États-Unis en empêchant l’émergence de tout rival, a eu de nombreux précédents dans la pratique des administrations passées, tant républicaines que démocrates. Ce qui est vraiment nouveau, c’est que cette attitude n’est plus déniée mais revendiquée ouvertement.

En s’appuyant sur un travail de recherche et sur l’exploitation de nombreuses archives récemment déclassifiées (dont les soviétiques), Noam Chomsky analyse le discours du projet américain, dont il souligne très efficacement l’illogisme et l’injustice. II pose aussi une question essentielle: où nous mène une telle volonté d’hégémonie? Sa réponse: à une situation d’extrême danger pour l’espèce humaine, du fait du réchauffement de la planète mais aussi de l’exacerbation du risque nucléaire.

Hégémonie ou survie: tel est, selon Chomsky, le choix historique aujourd’hui, et nul ne sait quelle orientation va l’emporter. »

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ConeIndigovide« La loi du plus fort – Mise au pas des états voyous« , Noam Chomsky, Ramsey Clark, Edward W. Said

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Trois intellectuels américains de renommée internationale, Noam Chomsky, Edward W. Said et Ramsey Clark, posent dans trois contributions indépendantes la question de la définition par les Etats-Unis des États dits «voyous». Ils démontrent que les actions engagées contre eux peuvent être en contradiction avec les résolutions des Nations unies et le droit international. Ensemble, ils révèlent la face noire de la politique étrangère américaine.

 

ConeIndigovide« La fin de la liberté« , Gore Vidal

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« La Fin de la liberté » montre avec calme et rigueur que les attentats américains étaient somme toute logiques, prévisibles, retour de bâton obligé d’une politique ultra-sécuritaire et protectionniste qui n’hésite pas à jouer les apprentis sorciers en finançant et manipulant des individus comme Ben Laden. Pour Gore Vidal, il semble plutôt comique de se draper de vertu dans la bannière étoilée et de porter comme étendard les articles de la constitution de 1791 sur les libertés individuelles. Car, autre histoire des événements que Gore Vidal nous permet de comprendre dans son essai, il y a depuis cinquante ans un recul des libertés aux États-Unis. Il détaille comment les citoyens américains sont tous fichés par le jeu des cartes de crédit et autres inscriptions consuméristes en tout genre. Il explique aussi comment une paranoïa panique s’insinue subrepticement dans les consciences (…). L’Amérique marche-t-elle sur la tête? Gore Vidal le pense intimement, lui qui annonce pour le XXIe siècle un changement d’ère caractérisé par le renforcement d’un état de sécurité nationale aux États-Unis, « dont le seul objectif est de mener des guerres perpétuelles chaudes, froides et tièdes. »  
Denis Gombert – Amazon.fr

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ConeIndigovide« Mike contre-attaque!« , Mike Moore  Stars3

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Dans ce livre, Mike Moore dénonce avec un humour féroce le capitalisme sauvage et ses dégats sociaux et écologiques. Il s’en prend aussi à l’administration Bush, aux faux efforts écologiques, à l’arrogance des Américains, au délire sécuritaire, à l’adolescence chloroformée dans son conformisme, à la confiscation de la démocratie par les élites, au monopole des marchés sur l’échelle mondiale, à l’accroissement dramatique qui sépare les plus riches des plus pauvres…

« Le Bandit-en-chef George W. Bush, dit George II, et son gang, Dick Cheney, Donald Rumsfeld & Co, gouvernent l’Amérique. Ultraconservateurs et richissimes (leur fortune est liée au big business du pétrole, de l’armement, ou des biotechnologies), ils ont fait main basse sur le pays, et partent maintenant en guerre contre «l’Axe du Mal»… »
 

ConeIndigovide« Tous aux abris« , Mike Moore 

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« L’image est dans toutes les mémoires. Michael Moore pointait un doigt accusateur et lançait: « Honte à vous, Mr Bush! ». C’était au festival de Cannes de 2003, après le déclenchement de la guerre en Irak. Aujourd’hui, George W., le Bandit-en-Chef (avec lui, sa clique de millionnaires), est toujours là. Pire, il prépare sa réélection au poste de Commandant en Chef de la Mère Patrie en 2004! Il n’en fallait pas plus à Mike pour repartir au front et TOUT faire pour que le cauchemar s’arrête. Dans ce nouveau livre, aussi drôle et provocateur que les précédents, Mike est l’Arme de Dérision Massive (il a quand même perdu vingt kilos en quelques mois en cessant de manger… des produits sans sucre), il s’attaque aux mensonges et à la propagande dont son pays est victime depuis le 11 septembre, notamment sur les armes de Saddam. Il révèle les petits secrets du roi George du pétrole irakien et ses petites combines avec ses copains saoudiens.

Et Mike se fâche vraiment quand il voit que sa patrie est devenu les États-Unis de la Peur, où les libertés publiques sont menacées alors que les grands patrons-truands des multinationales US échappent à la prison! Le monde à l’envers! »

ConeIndigovide« Pourquoi le monde déteste-t-il l’Amérique« , Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies

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Pourquoi, comme le disait une banderole brandie au Pakistan, les Américains sont-ils le « peuple le plus haï de la terre »?
Ce ne sont pas les Américains en tant que peuple qui sont détestés; ce qui est rejeté plus fondamentalement, c’est leur entité politique caractérisée par une violence répressive, le souci obsessionnel de leurs propres intérêts, la façon de se positionner comme centre du monde et surtout d’édicter comme norme ce qui doit être « raisonnable, normal et approprié ». La civilisation américaine incarne un paradoxe: d’un côté l’ouverture à des populations et des cultures très diverses, de l’autre l’adhésion à une forme de pensée unique où les valeurs reines sont la rentabilité, la cohésion du groupe, la foi, la famille. Trahir ce pacte et ces valeurs, c’est ne plus être américain. Pourtant, des voix critiques s’élèvent aux États-Unis au sujet de la « croisade contre le terrorisme » mais, au nom d’une unité hégémonique de principe, ces voix sont peu relayées. « Pourquoi le monde déteste-il l’Amérique? » plonge au cœur du système américain. Il avertit que le plus grand ennemi de l’Amérique c’est peut-être bien elle-même, tant le pays est incapable d’avoir un regard distancié et critique sur lui-même et de prendre en compte le discours des autres. Un livre qui n’a pas peur d’affirmer que l’Amérique n’est pas forcément, pour parodier le mot de Lincoln, « ce que l’humanité peut espérer de mieux ».

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ConeIndigovide« Après l’Empire« , Emmanuel Todd

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Les États- Unis ne peuvent plus vivre de leur seule production. Le déficit commercial des Etats-Unis ne cesse de s’accroître. La mondialisation est en train de montrer au monde qu’il peut se passer de l’Amérique, mais l’Amérique quant à elle s’aperçoit qu’elle ne peut plus se passer du monde. Dépendance économique, affaiblissement démocratique, bi-polarisation sociale tels sont donc les principaux symptômes de déclin identifiés par l’historien et démographe Emmanuel Todd qui avait prévu dès 1976 l’effondrement soviétique uniquement d’après des observations démographiques. Des signes qui permettent de comprendre pourquoi les États-Unis sont aussi actifs sur la scène internationale afin de conserver le statut de superpuissance. L’Amérique doit mettre en scène sa puissance sur le terrain géostratégique. Selon trois principes en apparence irrationnels: ne jamais résoudre définitivement un problème; se focaliser sur des micropuissances; développer un arsenal militaire censé être indépassable. La lutte contre le terrorisme, les menaces contre « l’axe du mal » et l’Irak apparaissent ainsi pour ce qu’ils sont: des prétextes. Pour Todd, les États-Unis par leur politique internationale maintiennent artificiellement des foyers de tension et sont donc devenus un obstacle à la paix dans le monde.

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ConeIndigovide« Guerres du XXIe siècle: Peurs et menaces nouvelles« , Ignacio Ramonet

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« Le spectre de désastres hantent désormais le monde. Ils appartiennent essentiellement à deux catégories. D’une part, les crises géopolitiques de type nouveau provoquées par l’hyperterrorisme, l’ultranationalisme et les fondamentalismes. D’autre part, les atteintes à l’écosystème qui sont à l’origine de catastrophes naturelles ou industrielles de très grande ampleur. Comment éviter ces nouveaux dangers qui menacent, à terme, la survie de l’humanité? »vide

ConeIndigovide« De la propagande« , Noam Chomsky

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La pratique de Noam Chomsky, c’est de vous dire ce qu’il pense, pas ce que vous devez penser. II ne se contente pas de maudire l’obscurantisme, il allume une bougie pour que nous puissions y voir. Voir ou comprendre quoi? L’impérialisme américain, d’abord, qu’il démonte avec une remarquable acuité – de l’éradication des résistances sud-américaines au contre-terrorisme. Les ressorts psychologiques et lexicaux de la « fabrication de l’assentiment » dans le monde. Mais aussi la signification des événements de Seattle, le fonctionnement de l’ONU et des cours internationales de justice, le fondement de l’économie capitaliste depuis les années 1970… Derrière le Chomsky politique se manifeste le linguiste, insistant sur la détérioration et la falsification du langage, moyen pour une certaine idéologie néo-libérale de faire passer les vessies pour des lanternes…

Noam Chomsky enseigne la linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) depuis 1955. Philosophe, il est l’auteur de plus de trente ouvrages sur la politique extérieure des États-Unis, la situation des droits de l’homme dans le monde et le rôle des médias dans la fabrication de l’opinion 

videConeIndigo« Le gouvernement invisible - Naissance d’une démocratie sans le peuple », Laurent Joffrinlivres_Joffrin

« France: pays d’apparence démocratique et de réalité oligarchique » : Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, n’y va pas par quatre chemins pour dresser l’état de la France. En un mot, le peuple perd le pouvoir.

La faute à qui? Pour l’ancien directeur de la rédaction de Libération, pas de doute: c’est l’émergence d’un « gouvernement invisible » &endash; conglomérat rassemblant financiers, managers de l’industrie et des médias, institutions indépendantes mondiales &endash; alimenté par l’impuissance des élus, qui est à l’origine de la confiscation du pouvoir. Bref, une oligarchie invisible accapare le pouvoir pour ses propres intérêts. L’auteur en veut pour preuves l’omniprésence des énarques, la toute-puissance de l’idéologie libérale libertaire, la survalorisation de l’argent et d’Internet dans nos sociétés. En ligne de mire principale: le PDG de Vivendi Universal Jean-Marie Messier et l’essayiste Alain Minc.

L’ambition de cet essai est avant tout de lancer des pistes pour réhabiliter le politique. Et Laurent Joffrin de nous rappeler combien les événements du 11 septembre 2001 ont fragilisé les forces du marché &endash; occasion que devraient saisir intellectuels, militants et citoyens pour reprendre le pouvoir.

Laurent Joffrin a été journaliste au « Nouvel Observateur » avant de devenir directeur du journal « Libération » en 2006.
 

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videConeIndigo« Au nom du Tiers-Etat« , François Bayroulivres_Bayrou

Le pouvoir est verrouillé, le peuple n’y a plus aucune place, on est revenu à l’Ancien Régime. Depuis un quart de siècle, le pouvoir absolu de cette Ve République finissante, appuyé sur des forteresses financières et médiatiques, a réduit le peuple français à la condition du tiers état de 1789. Jamais la phrase de Sieyès n’a parti plus juste:  » Qu’est ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose.  » Voilà des années que François Bayrou dénonce la crise de ce régime et la manière dont les clans se l’approprient. Sur ce thème, depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il a pris comme cible les abus de pouvoir et défendu les droits du peuple français et du Parlement. Au nom du tiers état, ces textes de combat sont un réquisitoire contre le mépris des citoyens.
 

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videConeIndigo« 99 francs » ou « 14,99 euros« , Frédéric Beigbederlivres_Beigbeder

 

Un roman acide et drole pour dénoncer le mercantilisme universel…
 

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ConeIndigovide« La fatigue des élites – Le capitalisme et ses cadres », François Dupuy

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« Les cadres passent pour les « compétitifs » de l’économie moderne, ceux à qui le capitalisme promet l’accomplissement et la réalisation de soi. Pourtant, ces hommes et ces femmes dont l’entreprise attend dévouement et solidarité, donnent aujourd’hui le sentiment de ne plus y croire. Ils ne s’identifient plus aussi facilement au destin de leur société, cherchent à se dérober aux pressions de leur environnement, voire adhèrent aux critiques les plus frontales du nouvel ordre économique. Bref, ils commencent à « jouer contre », eux dont on croyait qu’ils joueraient toujours « avec ». Le spectre d’une « révolte des cadres », hier encore inimaginable, entre peu à peu dans l’ordre du pensable. On se prend à imaginer que le désordre social ne surgisse pas d’une mobilisation des  » petits  » contre le capitalisme, mais du cœur même de ses élites. »vide

ConeIndigovide« Bonjour paresse – De l’art et la nécessité d’en faire le moins possible en entreprise », Corinne Maier livres_BonjourParesse 

« Le travail, c’est pas la fête. Contre le raffarinesque « La France doit se remettre au travail », Corinne Maier pousse son cri du 1er mai: Vive la paresse, un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

« Bonjour paresse » est là pour dire enfin la vérité: la grande entreprise, personne n’y croit plus. La foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l’Ordre de la Firme. À présent les cadres moyens, petits boulons dans une machine jargonnant un sabir grotesque, n’attendent qu’une chose: le solde à la fin du mois.

Mais alors, que faire? Rien surtout! Affirme ce livre. Soyons individualistes et inefficaces en attendant que ça s’effondre et qu’une nouvelle société advienne où chacun cultivera essentiellement son jardin et conservera un à-côté accessoire dans une grande structure, histoire de survivre quand même. »

Corinne Maier est économiste; actuellement à temps partiel dans une grande entreprise française privatisable (EDF).

ConeIndigovide« Le monde n’est pas une marchandise« , José Bové et François DufourLivres_Bove 

L’analyse et les positions de José Bové et de la Confédération Paysanne à propos de la mondialisation, des OGM, et plus largement, de la marchandisation du vivant.

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ConeIndigovide« Démocratiser la mondialisation« , Boutros Boutros Ghali

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« Nous sommes, chaque jour, les témoins des bouleversements que génère la mondialisation que certains redoutent, que d’autres portent aux nues. Mais l’effervescence intellectuelle qu’elle entretient, tout comme les peurs et les rejets violents qu’elle provoque, nous montrent que beaucoup reste encore à dire, à imaginer et surtout à faire. Boutros Boutros-Ghali, qui fut, tour à tour professeur de droit, ministre des Affaires étrangères d’Égypte, secrétaire général des Nations unies et, aujourd’hui, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, nous livre sa vision des choses, dans ce contexte d’un monde à la recherche de son destin, d’une mondialisation en quête d’humanisme et de démocratisation.

Il faut à tout prix démocratiser la mondialisation avant que la mondialisation ne dénature la démocratie et avant que n’éclatent des conflits inédits dont les attentats du 11 Septembre 2001 pourraient bien constituer le funeste présage: Telle est la conviction de ce grand diplomate qui, à la lumière de sa longue expérience et des récents événements qui ont secoué le monde, libère sa parole pour nous faire partager ses espoirs d’un monde meilleur. »

Publié dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN, ALTERMONDIALISME, AU-DELA DES IDEES RECUES, CONTRE LA PENSEE UNIQUE, LA MONDIALISATION, LE NOUVEL ORDRE MONDIAL, Vous avez dit THEORIE du COMPLOT ? | Pas de Commentaire »

Y a-t-il trop d’immigrés en France? Débat autour du « rapport Attali ».

Posté par issopha le 28 janvier 2008

Débat autour du « rapport Attali ».

Y a-t-il trop d’immigrés en France?

 

 

La commission Attali pour la libération de la croissance, mise en place l’été dernier par Nicolas Sarkozy, doit présenter son rapport mercredi.

Parmi les vingt « décisions fondamentales » qu’elle recommande, l’une d’entre elles a fait grincer les dents au sein du pouvoir: il faut, dit la commission, encourager la « mobilité internationale », en clair, l’immigration.

Guillaume Duval, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Alternatives économiques, vient de publier un excellent livre dans lequel il dégomme les idées reçues dans l’air du temps: « Sommes-nous des paresseux? et 30 autres questions sur la France et les Français » (Seuil).

Il nous a autorisé à reproduire le chapitre consacré à l’immigration.



Depuis un quart de siècle, cette question empoisonne le débat public. La France est pourtant l’un des pays développés qui accueille le moins d’étrangers sur son sol actuellement et dont les frontières ont été les plus étanches ces dernières années. Une fermeture qui constitue plutôt un handicap qu’un atout pour l’avenir. Précisons d’abord ce qu’est un immigré. Si on comptait comme tel tous les étrangers qui franchissent chaque année les frontières de l’Hexagone, ce serait plusieurs dizaines de millions d’individus qui viendraient gonfler les flux de l’immigration. Mais l’écrasante majorité de ces personnes ne font que passer. Ce sont des touristes, des hommes d’affaires, des voyageurs en transit, etc. Pour qu’un étranger qui entre sur le territoire français devienne un immigré, il faut qu’il commence par poser ses valises et par s’installer. Par convention, on considère qu’est immigrée toute personne qui est née étrangère à l’étranger et qui réside sur le territoire national depuis au moins un an. Cette définition ne satisfait pas toujours les services du Ministère de l’intérieur, mais c’est celle qu’ont adopté tous nos voisins depuis longtemps.

Qui sont les immigrés?

En 2005, la France comptait 4,9 millions d’immigrés, soit 8,1 % de sa population. Mais ce ne sont en fait qu’un peu moins de trois millions d’étrangers qui vivent en France sans y être nés (4,9 % de la population), car près de deux millions de ces immigrés ont été naturalisés français depuis leur arrivée sur le territoire national. Il faut dire que les trois quarts de ces immigrés séjournent en France depuis plus de dix ans.

Parmi eux, les pays du Maghreb se taillent la plus grosse part (presque le tiers du total). Et leur nombre continue de progresser : plus 17 % entre 1999 et 2005. Les immigrés d’Europe du Sud, Espagnols, Italiens et Portugais, constituent le second groupe avec 1,2 millions de personnes. Mais ils reculent (-80 000 personnes depuis 1999). Les immigrés en provenance d’Afrique noire, principalement du Sénégal et du Mali, fournissent un contingent plus faible (390 000 en 1999) mais leur nombre progresse par contre rapidement. Ainsi que les immigrés chinois qui ont plus que doublé depuis 1999 (tout en restant un contingent limité avec 67 000 personnes). Enfin, il ne faut pas oublier… les Anglais qui avec 120 000 personnes en 2005, ont vu leur présence s’accroître de 60 % en sept ans.

Les immigrés continuent toujours d’occuper en priorité les emplois du bas de l’échelle sociale : 48 % d’entre eux ont démarré dans la vie active comme ouvrier ou employé non qualifiés contre 33 % des non immigrés. Mais leur niveau de qualification a beaucoup évolué au cours des dernières décennies : en 1982, 81 % d’entre eux n’avaient aucun diplôme au-delà du certificat d’études primaires (contre 48 % des non immigrés), et seuls 11 % avaient un bac ou un diplôme de l’enseignement supérieur. En 2005, ils ne sont plus que 41 % à ne pas avoir de diplômes et 38 % ont obtenu le bac ou plus. Un niveau qui se rapproche nettement des 45 % atteints parmi les non immigrés.

Les flux d’entrées augmentent, mais reste faible

Ces dernières années le nombre d’étrangers qui sont entrés en France a sensiblement augmenté : hors Union européenne, on est passé de 84 000 personnes en 1997 à 167 000 en 2004 selon les chiffres établis par l’Institut national d’études démographiques (INED). Un doublement qui concerne tant les Européens hors UE, que les personnes originaires d’Afrique et d’Asie. Un cinquième de ces nouveaux étrangers sont des étudiants, un dixième viennent pour travailler et la moitié ont fait le voyage au titre du regroupement des familles. Un mouvement qui fait qu’aujourd’hui la France compte pratiquement autant d’immigrées que d’immigrés, alors que traditionnellement l’immigration était surtout masculine : entre 1975 et 1999, le nombre d’hommes immigrés est resté stable tandis que celui des femmes a progressé de 25,9 %, passant de 1,7 à 2,1 millions.

Si les flux d’entrée ont beaucoup augmenté depuis dix ans, ils restent cependant d’une ampleur très limitée : les 210 000 arrivants comptabilisés en 2004 (y compris ceux qui viennent de l’Union européenne) ne représentent que 0,3 % de la population. De plus, des départs ont lieu parallèlement : l’Insee estime que l’immigration ne contribue à gonfler la population française que de 100 000 personnes par an environ depuis le début des années 2000, soit moins de 0,2 % de la population totale. Cet accroissement représente le tiers seulement de celui qui a résulté en 2006 de l’excédent des naissances sur les décès.

Trois fois moins d’immigration qu’en Suisse ou en Australie

Quand on compare la situation française à celle des autres pays développés, on se rend compte d’ailleurs que, contrairement à une idée répandue, l’Hexagone n’est pas un pays d’immigration massive. Avec 8,1% d’immigrés dans sa population, il en accueille trois fois moins que l’Australie et la Suisse (23,8 %), deux fois moins que la Nouvelle-Zélande (19,4 %) ou le Canada (19,1 %), une fois et demi moins que l’Allemagne (12,9 %), les États-Unis (12,9 %), la Suède (12,4 %) ou encore la Belgique (12,1 %). De plus, des pays qui étaient jusque très récemment au contraire des pays d’émigration comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, accueillent eux aussi désormais pratiquement autant d’immigrés sur leur sol que l’Hexagone. La France est aussi le pays riche qui, en dehors du Japon, a maintenu ses frontières le plus hermétiquement closes depuis 1995 : le poids des immigrés dans la population a augmenté depuis lors 6,5 fois plus en Espagne qu’en France, 4,9 fois plus aux États-Unis, 3,6 fois plus au Royaume-Uni, 1,8 fois plus en Allemagne…

Comment se fait-il dans ces conditions que la France soit pourtant un des pays où cette question continue de poser le plus de problèmes politiques, au point d’aboutir à la création du fameux Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, sans équivalent nulle part ailleurs ? Serait-ce du fait des difficultés particulières que connaît parallèlement le pays en matière d’emploi et qui en font depuis vingt cinq ans un des champions du chômage parmi les pays développés ? Cela expliquerait que des flux d’immigration, même très faibles, suffisent à engendrer de fortes tensions en déséquilibrant le marché du travail. La tentation est toujours forte, en effet, du côté des employeurs de faire venir des travailleurs immigrés plutôt que d’élever les salaires et d’améliorer les conditions de travail dès qu’un secteur d’activité peine à recruter.

Les immigrés ne prennent que 9,5% des nouveaux emplois

Mais on n’observe rien de tel en France au cours des dernières années. Entre 1995 et 2005, l’emploi a diminué globalement de 502 000 postes en Allemagne alors que le nombre d’emplois occupés par des immigrés s’est accru de 693 000 personnes. Au Danemark ou en Italie, les immigrés ont occupé les deux tiers des emplois supplémentaires créés en dix ans. C’est aussi le cas de plus de la moitié de ces emplois aux États-Unis. Mais c’est le contraire en France : les immigrés n’ont « pris » que 9,5 % des 2 280 000 nouveaux emplois créés entre 1995 et 2005. La proportion la plus faible de tous les pays de l’OCDE. La France est aussi du coup le seul pays riche où la part des emplois occupés par des travailleurs immigrés ait diminuée au cours des dix dernières années.

16,7 % en région parisienne mais 3 % dans les Pays de la Loire

L’importance des inégalités territoriales contribue par contre à expliquer la persistance de fortes tensions autour de cette question. La moyenne globale de 8,1 % d’immigrés en France masque en effet de très fortes disparités : on compte 16,7 % d’immigrés en région parisienne et près de 10 % en Alsace et en Provence-Alpes-Côte d’Azur contre moins de 3 % dans les Pays de la Loire, en Basse-Normandie ou encore en Bretagne. Et cette concentration géographique est encore plus nette si on descend au niveau des communes ou des quartiers. On constate dans tous les pays que les communautés immigrées tendent à se rassembler dans des zones particulières, mais les dysfonctionnements spécifiques du « modèle français » ont renforcé cette ghettoïsation et empêché d’organiser un développement local un tant soit peu équilibré sur tout le territoire. La situation du « 9-3 », le département de la Seine Saint Denis au Nord de Paris, illustre ces faiblesses de façon caricaturale.

Un moteur économique

La capacité à accueillir et à intégrer, certes jamais sans tensions ni difficultés, des immigrants nombreux n’est pas seulement un effet du dynamisme économique d’un pays d’accueil, elle peut aussi en être un ingrédient. C’est le cas bien connu des États-Unis depuis deux siècles. Mais, plus récemment et plus près de chez nous, c’est aussi le cas de l’Espagne : son ouverture à l’immigration a été un des moteurs principaux de sa formidable expansion économique des dernières années, et cela malgré un niveau de chômage à l’origine plus élevé encore qu’en France. L’incapacité de la société française à accueillir et intégrer davantage d’immigrés qu’elle ne le fait aujourd’hui est a contrario une des racines probables de son faible dynamisme économique…

Y a-t-il trop d’immigrés en France? Débat autour du
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comptecourant

22H16 20/01/2008

N’est-ce pas plutôt l’immigration clandestine qui est dans le collimateur plus que l’immigration économique et de survie (demandes d’asile) ?

Qu’importe, on voit bien que ce « ministère » n’a été mis en place que pour satisfaire les exigences de l’extrême-droite.

Par contre, pour ce qui est de vos pourcentages, il n’est pas inutile de comparer ce qui peut l’être. La France, ce n’est pas que l’hexagone mais aussi les Dom-Tom et je crois que ce sont les Dom-Tom qui ont fourni le plus gros contingent de retours au pays. Et par ailleurs, vous ne pouvez pas comparer les pourcentages d’immigration USA et CANADA vs France ne serait-ce qu’eu égard à la superficie respective de ces pays, à côté de ces deux géants nous apparaissons comme des microbes. L’Espagne d’autre part a un marché fabuleux en Amérique Latine qui lui ouvre des portes grâce à l’Alena avec l’Amérique du Nord. Toutes ressources dont nous ne disposons pas …

En tout cas, un débat qui continue à embarrasser la gauche et qu’a soigneusement éludé le PS dans ces forums de la rénovation ;)

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FabiendeMénilmontant (Journaleux au placard depuis la première…)

22H48 20/01/2008

@comptecourant,

Il n’y a plus de DOM TOM, mais des DOM (qui sont des ROMS, dont les trois DFA) et des collectivités.

Lorsque tu parles des DOM TOM, fais-tu allusion à la Guyane, la plus grande frontière de France (et qui plus est avec des pays non européens) ou à d’autres temps, comme l’ »importation » de réunionnais dans la Creuse ?

et, surtout, qu’entends-tu par « retour au pays »? si tu vois la chose sur un plan historique, un guadeloupéen est plus français qu’un niçois.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

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comptecourant

23H24 20/01/2008

vous lisez ou vous interprétez ?

quand je parle de retour au pays je parle des clandestins, vous avez l’esprit mal tourné ou je m’abuse ?

je trouve votre interprétation remarquablement révélatrice, entre nous soit dit ….

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kawouede

00H22 21/01/2008

Le PS l’élude certes, heureusement le PC et surtout les Verts ont repris le flambeau.
Si on avait donné le droit de vote aux étrangers intégrés et sous conditions de résidence, pour les élections locales, on n’en serait pas là. Mais le PS n’a pas su accomplir ses promesses, ni affronter Chirac quand il le pouvait (Jospin en 1997-2002).

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caro (délinquante avérée)

22H51 20/01/2008

« N’est-ce pas plutôt l’immigration clandestine qui est dans le collimateur plus que l’immigration économique et de survie (demandes d’asile) ? »

que dites-vous de ce lien qu’un riverain a mis dans le commentaire d’un autre article ?

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2478

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comptecourant

23H39 20/01/2008

j’en dis qu’il est intéressant, un avocat parisien d’origine algérienne connait les mêmes difficultés

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kawouede

00H21 21/01/2008

C’est épouvantable. Comme l’histoire de ce lycéen, indiquée sur une autre page par un commentateur :
http://www.monorleans.com/article-15772090.html

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mechante langue

20H45 21/01/2008

Pourquoi est ce epouvatable . Cet avocat réside plus au Mali qu’en France . A ce titre il n’est pas résident et il doit solliciter un titre de sejour.
En tant qu’avocat il utlise tout manquement aux respects des procédures , tout écart avec la loi pour empecher l’expulsion de sans papiers . Pour devrait il se dispenser du strict respect des procédures et de la loi pour lui méme

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aeros

00H30 22/01/2008

Un musulman vs dira ce que vs avez envie d entendre afin de faire pleurer ds les chaumières, ça s appelle « la takia ».

en attendant,:
« les prévisions démographiques concernant les communautés musulmanes de France et du Maghreb : « les démographes escomptent 20, 30 voire 50 millions de musulmans en France dans 50 ou 60 ans »
http://bombistan.blogspot.com/2008/01/livre-la-france-en-danger-dislam.h…

on dit bravo!!!!

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Papillon de Guyanne (éxilé en cavale)

07H41 22/01/2008

Et voila, ca recommence: l’odeur persiste!!!

20, 30 ou 50 millions Monsieur Aeros?? vous allez pas me dire que les demographes ne peuvent pas etre un peu plus precis que cela!!!!

Le theme de cet article est l’immigration dans son ensemble (y’a des blancs aussi: roumains, russes et meme anglais!! Eux ne vous derangent pas je suppose?) et non pas les differentes cultures qui peuplent notre Mere Patrie (J’ai bon, la??). Ce qu’il faut retenir c’est que dans d’autres pays cette meme immigration peut-etre avantageuse (L’Espagne)alors pourquoi pas chez nous!!

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aeros

10H43 22/01/2008

6 millions est déja TROP! alors les approximations sur 20 ou 30…

avantageuse?

en terme de viols? prisonniers? economique? tensions? attentats?
car TOUT vient ensemble!

sondage 2005:
A la question « croyez-vous que des évènements similaires aux révoltes urbaines qui ont lieu en ce moment en France pourraient arriver en Espagne ? », parmi les personnes interrogées par le quotidien El Mundo le 10 novembre 2005, 62% répondent positivement.

oui je préfère les anglais, italiens, polonais…etc…
a terme on finit par s entendre!

c est quand la derniere fois qu un suisse ou australien t as fait chier ds le metro ou a la plage?
perso, g pas de souvenirs de ça!

par contre les autres…oui tu as raison de parler d odeur, celle de la connerie de certaines communautés.
alors la, c sans fin…

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Anarchosaurus (enseignant à La Réunion)

13H35 22/01/2008

Ca pue vraiment ici!
Allez, retourne chez National Hebdo et autres Rivarol!
Pourquoi laisse-t-on des commentaires racistes sur ce site?
Y a-t-il un régulateur ou non?

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pedro66 (informaticien bon à rien)

13H59 22/01/2008

Tu aimes bien ce que tu penses, par contre le reste ….
Pas un peu totalitaire comme reaction, que je saches « RUE89″ n’est pas réservé aux possesseurs d’une carte de club privé .
Le refus d’une pensée différente, même si elle te déranges, à le mérite d’exister rien que pour apporter la contradiction, faire réfléchir .
Car personne n’a tout juste ni tout faux !!!!

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les_canards

15H17 22/01/2008

Une pensée différente, ça ne gêne pas. Une pensée raciste, c’est permis aussi. En revanche l’expression de cette pensée et l’incitation à la haine raciale sont punis par la loi. Rue 89, comme tout autre site, se doit de vérifier que ceux qui postent chez elle la respectent. Vous remarquerez d’ailleurs qu’on ne propose pas de signaler « une vilaine pensée différente de la mienne » mais « un contenu illicite » (illégal, si vous ne comprenez pas).

Or là on a ouvertement un commentaire prétendant qu’il existe une relation de cause à effet entre immigration musulmane (non blanche, même) et délinquance. Vous appelez ça comme vous voulez, moi j’appelle ça un délit sur le plan juridique. Et un crime sur le plan moral, mais c’est une autre histoire.

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larissaD

18H41 22/01/2008

merci « les_canards »!
Y en a marre de cette nouvelle mode de relativisme intellectuel où il faudrait dire amen à toutes les pensées immorales sous peine d’être traité de totalitariste!!
Toutes ces idées débiles (racismes, sexisme, antisémitisme…) sont basées sur la conception d’une inégalité entre les Hommes et une volonté de domination de l’autre et elles ont toutes des conséquences similaires: chercher à imposer aux autres cette vision des choses (le plus souvent par la peur: l’instrument des faibles) = en cela elle vont absolument à l’encontre de la morale « humaniste », celle des droits de l’Homme!!
Donc non seulement j’ai le droit de dire que ces pensées sont immorales et répugnantes sans être totalitaire car JE suis au contraire pour le respect des droits de tous les Hommes, contrairement à eux mais en plus c’est même un devoir républicain que de lutter contre ces visions qui cherche à remettre en cause les droits de l’Homme et avec eux une bonne part de l’identité de la france!!

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Venezuela (vit aux Pays-Bas)

23H09 20/01/2008

« L’Espagne d’autre part a un marché fabuleux en Amérique Latine qui lui ouvre des portes grâce à l’Alena avec l’Amérique du Nord. »

Et la France et l’Afrique alors? Il est vrai que ce n’est pas un marche, mais juste un continent qui doit etre pille!

Sinon, tres bon article.

N’oublions pas non plus qu’il y a plus d’immigration sud-sud que sud-nord.

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comptecourant

23H20 20/01/2008

En quoi ça me regarde ? je ne suis pas Espagnol, j’énonce des faits et vous des contre-vérités éculées, faites donc preuve d’imagination pour rester dans le débat de fond, merci d’avance, être immigrée aux Pays-Bas vous exonère sans doute du débat sur l’immigration en France, ça ne vous empêche pas de faire preuve de largesse d’esprit et nous donner vos impressions, vous êtes en quelque sorte « concernée » non ?

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Venezuela (vit aux Pays-Bas)

23H27 20/01/2008

Je me sens tres concernee par ce qui se passe en France. Car si cela se passait bien pour nous, issus de l’immigration (2eme generation pour moi), je vivrais en France et je ne serais pas immigree aux Pays-Bas (il fait tres humide et il m’a fallu apprendre le neerlandais, par exemple).

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comptecourant

23H30 20/01/2008

Hum

Je dois vous dire que je n’ai pas compris votre réponse qui me parait élusive à souhait. Que veut dire :

« Car si cela se passait bien pour nous, issus de l’immigration (2eme generation pour moi), je vivrais en France et je ne serais pas immigree aux Pays-Bas »

Et puis, ça ne répond pas au débat initié par l’article ?

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Venezuela (vit aux Pays-Bas)

23H40 20/01/2008

Si la France etait moins raciste.
Bien sur que cela y repond. Tout ce que les personnes comme moi issues de l’immigration ont a dire repond aux questions sur l’immigration et l’integration.

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comptecourant

23H40 20/01/2008

vous trouvez que les néerlandais sont moins racistes que les français ? ce n’est pas ce que disent les étrangers établis aux Pays-Bas pourtant

est-ce qu’on doit faire un concours à celui qui est le plus raciste ?

c’est là l’image que vous avez de la France ?

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Venezuela (vit aux Pays-Bas)

13H15 21/01/2008

Oui, c’est l’image que j’ai de MON pays. Dès que l’on parle immigration les arguments deviennent complètement irrationnels et comme par hasard tous les commentaires positifs envers l’immigration sont replies: BRAVO.
Les Néerlandais ne sont peut-etre pas moins racistes mais au moins sont-ils pragmatiques et indifférents et voilà ce que nous réclamons le droit de vivre tranquillement et dans l’indifférence.

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france renouveau (non vérifié)

19H09 21/01/2008

alors expliques nous la montee fulgurante de l’extreme droite au pays bas ? ca doit fr longtemps que tu n’y es pas revenu !

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lougascoun (Ce monde est fou , je vous dis !)

15H12 21/01/2008

très cher comptecourant , ne vous en déplaise , le PS ne représente pas la gauche (a tout le moins plus depuis pas mal de temps).
Quand a vouloir différencier imigration clandestine , politique , « économique » , je ne pense pas que nos chers dirigents en soeint a faire la différence.
Mais ,il est vrai quen france , nous avons un vrai débat a ce sujet.
J’ai grandi vec de jeunes espagnols , portugais , italiens , a une époque ou ils étaient la cible des ^memes propos que l’on entend actuelement , mais , voyez vous , dans mon beau sud ouest , la plupart des entreptise de batiment portent des noms issus de cette ancienne imigration .
Notez aussi que certains de mes potes ont opté pour un retour dans le pays deleur père .
Et ce que nous disons aujourd’hui sera différent dans 30 ou 40 ans.
ce ne sera plus gomez et fils , mais adherziz et fils !

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jéjéone

15H52 21/01/2008

si l’immigration économique et de survie n’était pas dans le « collimateur » il n’y aurait pas d’immigration clandestine: 90% des personnes se retrouvant sans papiers sont entrées avec un visas sur notre térritoire,il est de plus en plus difficile d’obtenir le statut de réfugier, et l’immigration économique a été trés fortement juguler.

Les comparaisons ne sont pas a mes yeux dénuer de sens,
particulierement en comparant l’angleterre et l’allemagne a la france qui depuis 2000 ont chacune acceuillit plus de 2 fois plus d’immmigrés que la france et qui ont une densité de population prés de 2 fois supérieur a la notre, le modele de croissance des usa ne repose pas sur ses immenses étendues mais sur la croissance constante de sa population renforcer par une forte immigration.

la ressource économique d’un pays ce sont ses actifs
+ d’immigrés = + d’actifs, + d’actifs =+de consomation,
+ de consomation=+ d’actifs….

ce débat continu d’embarrasé le ps qui est le seul partie se prétendant de gauche qui n’as pas une position clair sur ce sujet, sinon des verts a l’extreme gauche les parties de gauche se prononcent tous pour une libertée de circulation et pour une large régularisation des sans papiers.
je suis assez surpris que rue 89 ne fait pas état de la mobilisation nationale devant les centre de rétention de samedi dernier.

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françoise.V (Lyon)

17H56 21/01/2008

Bonjour Jéjéone,

Dans la série amalgame, vous en faites un, à mon sens assez dangereux: un visa n’est rien d’autre que la permission de pénétrer sur le territoire pour un temps précis et pour une raison précise, ça n’est en rien un droit à l’installation.

Pour l’instant et heureusement, l’absence de visa n’empeche pas de faire une demande d’Asile, mais j’ai peur que la conviction de certains ne desserve nombre de personnes…
Il y a quelques temps, un sans-papier voulait faire un slogan de manif type « la France m’a donné un visa, qu’elle prenne ses responsabilités », je lui ai répondu « histoire qu’elle en donne encore moins, sans doute »!

J’espère comme vous que Rue89 nous fera un bel article sur la mobilisation de samedi, et pas seulement au niveau national…

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jéjéone

18H05 21/01/2008

Bonjour Françoise,
l’objet de mon propos était de signaler que la plupart des personnes sans papiers n’était pas rentrées clandestinement en France, mais que ces personnes s’était vu refuser la possibilité d’y rester légalement.

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françoise.V (Lyon)

18H20 21/01/2008

Nous sommes donc probablement d’accord: ce mot de clandestin ne veut pas dire grand-chose!

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comptecourant

19H09 21/01/2008

Vous êtes d’accord … c’est peut-être aussi se voiler fort à propos et peu généreusement somme toute sur le fait qu’un grand nombre de personnes arrivent en France en effet clandestinement. Pour moi un clandestin est vraiment celui qui franchit les frontières sans visa. Les autres en effet, demandent une extension de leur visa au titre du travail et souvent se le voient refuser. Maintenant, savoir quelles sont les catégories qui sont le plus visées, comme caro délinquante le soulignait, elles le sont toutes, au final. Pratiquement, dans l’illégitimité juridique, un clandestin est aussi légitime qu’un irrégulier.
Enfin, à force d’essayer de trouver des mots pour cadrer le plus softement possible avec la réalité, on ne rend pas cette réalité meilleure à vivre pour ces personnes. Ca c’est le fait qui demeure.

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françoise.V (Lyon)

20H14 21/01/2008

Je travaille dans le milieu associatif, accueil de personnes en « précarité », comme on dit, dont beaucoup de demandeurs d’Asile et de sans-papiers…
J’aimerais quelquefois pouvoir me « voiler », etre une manichéenne qui voit tout en blanc ou en noir, ça serait surement très reposant…mais c’est gris au total, et « gris », c’est pas un mot soft, effectivement…

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france renouveau (non vérifié)

19H07 21/01/2008

disons pus simplement qu’eles sont entrees avec un visa de tourisme et au bout de 3 mois sont rester en France alors qu’elles auraient du repartir donc cest bien une situation sur le sol français illegalle !

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mechante langue

20H52 21/01/2008

« 90% des personnes se retrouvant sans papiers sont entrées avec un visas sur notre térritoire »

Et alors cela change quoi ?

« Les comparaisons ne sont pas a mes yeux dénuer de sens,
particulierement en comparant l’angleterre et l’allemagne a la france qui depuis 2000 ont chacune acceuillit plus de 2 fois plus d’immmigrés que la france et qui ont une densité de population prés de 2 fois supérieur a la notre »..

Vous voulez rajouter 5 millions d’habitants dans la Région parisienne ? OPas assez d’embouteillage de pollution de d’urbanisme pour vous ?

« le modele de croissance des usa ne repose pas sur ses immenses étendues mais sur la croissance constante de sa population renforcer par une forte immigration »

Sauf qu’aux USA le niveau de vie des travailleurs non qualifiés n’a pas augmenté entre 1976 et 2001 et ceci grace a l’immigratrion

« ce débat continu d’embarrasé le ps qui est le seul partie se prétendant de gauche qui n’as pas une position clair sur ce sujet, sinon des verts a l’extreme gauche les parties de gauche se prononcent tous pour une libertée de circulation et pour une large régularisation des sans papiers. »

L’extréme gauche gauche et les verts partagent EXACTEMENT les memes idées en matiéres d’immigration que le MEDEF et les ultra libéraux

« je suis assez surpris que rue 89 ne fait pas état de la mobilisation nationale devant les centre de rétention de samedi dernier. »

Pourquoi causer d’un flop monumental ?

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jéjéone

12H06 22/01/2008

« Sauf qu’aux USA le niveau de vie des travailleurs non qualifiés n’a pas augmenté entre 1976 et 2001 et ceci grace a l’immigratrion »

si le niveau de vie (pouvoir d’achat) n’as pas plus augmenté au usa qu’en france sur la meme période, rien ne vous permet d’affirmer que l’immigration en serait la cause,par contre il se trouve que 10% du pib a été transferé de la rémuneration des salariés vers celle des actionnaires sur cette période en france et que ce transfert de rémuneration a été encore plus fort dans les pays anglosaxons

« L’extréme gauche gauche et les verts partagent EXACTEMENT les memes idées en matiéres d’immigration que le MEDEF et les ultra libéraux »

le medef et les ultralibéraux sont trés satisfait du travail produit par les sans papiers qui sont une manne de travailleur exploités et corvéable et qui leurs épargnent de payer les cotisations sociales alors que toutes la gauche radical est favorable a la légalisation de ces travailleurs en premier lieu pour des raisons éthiques, pour des principes d’égalités,
contre l’exploitation du patronnat, et il se trouve accesoirement qu’une régularisation générale permettrait de renflouer trés considérablement les caisses de l’état.

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mechante langue

12H32 22/01/2008

« si le niveau de vie (pouvoir d’achat) n’as pas plus augmenté au usa qu’en france sur la meme période, rien ne vous permet d’affirmer que l’immigration en serait la cause, »

Sauf que les économistes libéraux l’ecrivent en toute lettre . L’immigration est un moyen pour baisser les tensions sur le marché du travail !
En clair les tensions c’est un équilibre entre l’offre de main d’oeuvre et l’offre d etravail qui fait augmenter les salaires . En important de la main d’oeuvre par l’immigration vous crée de l’abondance sur le marché des demandeurs d’emploi et vous déséquilibrez le marché et vous faites baisser les salaires

« le medef et les ultralibéraux sont trés satisfait du travail produit par les sans papiers qui sont une manne de travailleur exploités et corvéable et qui leurs épargnent de payer les cotisations sociales alors que toutes la gauche radical est favorable a la légalisation de ces travailleurs en premier lieu pour des raisons éthiques, pour des principes d’égalités, »

Sauf qu’ils sont encore plus favorables a la régularisation des sans papiers ! Ils demandent l’ouverture des frontiéres c’est a dire de fait la régularisation des sans papiers

« contre l’exploitation du patronnat, et il se trouve accesoirement qu’une régularisation générale permettrait de renflouer trés considérablement les caisses de l’état. »

Comment cela ?
Un sans papiers regularisé devient un immigré regulier: encore faut il que les immigrés reguliers ne soient pas au chomage! Pouvez vous nous donner les stat du chomage chez les immigrés ?

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linok

13H48 22/01/2008

Le problème de l’immigration en France soulève les passion pour une raison très simple. La France et les partis politiques français sont des conservateurs.
La gauche est humaniste mais pas universaliste, c’est à dire, lorsqu’elle pense progrès social, elle se dit d’abord les acquis et plus si possible. Or que le vert (exception du paysage francais) sont universalistes, ils ont une approche qui transcende les frontières nationales (problème climatique) ce qui est un problème pour un parti politique qui se doit en premier lieu de se préoccuper des problématiques nationales.
Quand au medef, l’immigration c’est d’abord de la main-d’oeuvre bon marché. Pour immigré venant d’un pays pauvre envoyer 200€/mois c’est une fortune, alors si il lui faut coucher sous un pont et gagner 300€/mois, le medef sait qu’il y aura des millions de volontaire

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france renouveau (non vérifié)

17H42 21/01/2008

pose toi une simple question? Pourquoi l’extreme droite gagne partout en europe ? ce n’est pas le fruit du hasard ! On a provoqué cela et depuis 30a ! alors ne venez pas pleurer ensuite en disant que l’extreme droite est forte et PUISSANTE !! c’est le cas dans toute l’europe en ce moment pourquoi? mmmmh ? :)

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pablico

18H34 21/01/2008

Donc pour toi, arrêt de l’immigration = mort de l’extrême droite??

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france renouveau (non vérifié)

19H06 21/01/2008

c’est evident ! la ou l’immigration augmente l’extree droite explose en 1974 en france 0.2% l’extreme droite ! suffit de voir les chiffres !

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organe_dhonneur

13H02 22/01/2008

C’est parfaitement le contraire, donc.
La fermeture des frontières aux travailleurs immigrés en France date de 1974.

Étape suivante: en tapant les étrangers, on fait reculer l’extrême droite?

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zelectron

23H16 22/01/2008

Re: One World, no Borders
La comparaison suivante permet une meilleure compréhension du phénomène:
Soit une énorme quantité d’eau retenue par un barrage
- si on ouvre (ou detruit) le barrage tout ce qui est en aval sera détruit
- en revanche en contrôlant ce débit la vie jaillira (y compris dans une zone désertique)
- enfin si le barrage ne débite plus, ou est détourné c’est la mort qui s’installe
En remplaçant l’eau par les hommes, le barrage par les frontières on comprend aisément qu’en ouvrant toutes grandes les vannes au lieu de richesses c’est l’enfer et la désolation pour tous.
En conclusion: l’immigration est une necessité mais avec un contrôle intelligent.

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Network 23 (identité perdue dans mes papiers)

00H10 23/01/2008

Conclusion: votre métaphore est inepte, mais a du moins le mérite de souligner l’omniprésence de ce type de métaphore dans le discours sur l’immigration, fondé sur rien si ce n’est l’appel à la peur. Bref, le discours classique de la xénoPHOBIE. Vous prendrez bien un p’tit tsunami de bêtise, pour faire avaler le reste?

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Infovite (Plébéien.)

22H43 20/01/2008

L’immigration un moteur pour l’économie mais bridé par les politiques qui préfèrent mettre en avant les radars de la démagogie !
http://info-espress.over-blog.com/

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caro (délinquante avérée)

23H08 20/01/2008

C’est à mon avis une analyse très intéressante sur l’immigration régulière ou régularisée, sur le formidable essor économique qui pourrait en découler, si le gouvernement voulait bien aider à l’intégration de la population d’origine immigrée récente ou pas dont la majorité est française. Malheureusement elle subit beaucoup d’ostracisme.

Le gros problèmes actuellement est les sans papiers. On ne peut savoir, et pour cause, combien ils sont. Pourtant, si on s’en réfère à cette analyse, il y a de quoi les accueillir et leur permettre de travailler légalement, car beaucoup travaillent déjà « au noir », preuve que les employeurs ont besoin de main d’oeuvre. Les expulsions de masse ne sont pas une erreur politique (récupération des voix d’extrême droite), mais une belle erreur économique (il faudra « importer » de la main d’oeuvre un jour ou l’autre) sans parler de l’erreur humaine.

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Ellington

16H56 21/01/2008

L’Etat Français est plus vivieux que celà, puisqu’on peut être sans papiers tout en travaillant (et pas au noir), payant des cotisations sociales et de retraite qui ne donneront aucun droit !

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mechante langue

20H54 21/01/2008

, » il y a de quoi les accueillir et leur permettre de travailler légalement, car beaucoup travaillent déjà « au noir », preuve que les employeurs ont besoin de main d’oeuvre »

Il y a un manque criant de logement . Et vopus leur donné quoi comme travail aux chomeurs et aux jeunes des cités ?

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caro (délinquante avérée)

22H11 21/01/2008

le logement est le cadet des soucis des gouvernements et des municipalités. Combien respectent la loi des 20 % de logements sociaux ? Combien de % à Neuilly, par exemple ? Il a fallu l’action des « tentes rouges » des enfants de don quichotte pour qu’on en parle … et le gouvernement ne fait que parler. La crise du logement, c’est pour tout le monde.

Il y a ce qu’on appelle « les métiers en tension », notamment dans le bâtiment ou la restauration. Métiers très durs, où on ne gagne pas grand chose, et qui manque de main d’oeuvre. C’est dans ces domaines qu’il y a le plus d’embauches. Il y a même chez nous un forum spécial d’embauches dans le BTP pour des jeunes et des gens peu qualifiés qui veulent y travailler. Il y a du boulot pour tout le monde et les employeurs pleurent pour embaucher. C’est vrai que s’ils payaient mieux et amélioraient les conditions de travail, ils trouveraient plus facilement des salariés.

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mechante langue

23H04 21/01/2008

« Il y a ce qu’on appelle « les métiers en tension », notamment dans le bâtiment ou la restauration. Métiers très durs, où on ne gagne pas grand chose, et qui manque de main d’oeuvre. « 

Pourquoi manquent ils de candidats ?
Parce que les salaires sont trop bas au vue des contraintes et des conditions de travail .
Pourquoi les salaires sont trop bas ?
Parce qu’on importe des immigrés pour les faire dans ces conditions !
En outre quels metiers allez vous offrir au jeunes aux chomage en France (svt d’origine immigrés) si vous donnez ces emplois a de nouveaux immigrés ?
Ceux comme vous qui militez pour l’ouverture des frontiéres travaillent pour le MEDEF

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caro (délinquante avérée)

23H12 21/01/2008

vous avez oublié de relever une autre de mes phrases :

« Il y a du boulot pour tout le monde et les employeurs pleurent pour embaucher »

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larissaD

18H52 22/01/2008

delanoe va bientôt pouvoir faire respecter à Paris la loi sur les 20% de logements sociaux…

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pene-r

00H30 21/01/2008

Le gros problèmes actuellement est les sans papiers. On ne peut savoir, et pour cause, combien ils sont… car beaucoup travaillent déjà « au noir »,
Je me demande parfois dans quelle mesure tout ceci n’est pas qu’une grosse manipulation.
En adoptant une politique ferme envers les sans papiers, Sarko drague le FN (et satisfait ses lieutenants (Hortefeux et Devedjan au moins)).
En nomant la comission Attaly et en s’engageant à appliquer ses recommandations il se déresponsabilise vis à vis de l’immigration, dans ce cas il ne tardera surement pas à dire que c’est une erreur et que la faute en incombe à la comission ou bien il parlera d’ »immigration choisie » (concept qu’on ne comprend pas plus, que la « politique de civilisation », l’immigration actuelle occupant des emplois vacants !!).
Bref ça sent la feinte de l’anguille, les victimes étant d’un côté les sans papiers, de l’autre nous, puisqu’on paye pour renvoyer des gens qu’il va falloir faire revenir (et repayer donc), alors qu’il aurait suffit de les régulariser.

Au final soit Sarko est totalement incompétent (il vire des immigrés qui travaillent pour les remplacer par d’autres immigrés !!) et se contredit encore. Soit il était parfaitement conscient des besoins en immigrés et communique un coup à l’extrème droite un coup à « gauche » (je penche plutôt à cette solution).
Dans les deux cas, pas de lisibilté (c’est récurent) et une politique bien sombre, affligeante même.

Justice express au centre de rétention de Marseille

 

Le sort des immigrés se décide lors d’audiences « délocalisées » sommaires, dernière étape avant l’expulsion.

Jeudi 10 janvier 2008, 9h45 du matin. Des femmes et des hommes piétinent devant les grilles du centre de rétention administrative du Canet, à Marseille. Ils sont une quinzaine, pour moitié kurdes et turcs. Les visages sont fermés, les gestes nerveux. Presque tous fument, cigarette sur cigarette. La fumée se perd dans le ciel gris qui plombe Marseille depuis plusieurs jours.

A gauche de l’entrée principale du centre de rétention, la plaque d’une rue a été recouverte d’autocollants en soutien aux sans-papiers. La rue Lavie a aussi été rebaptisée: « rue Lamort ». En septembre 2006, le centre de rétention du Canet a remplacé celui d’Arenc, installé sur les quais et qui tombait en ruines, derrière la digue du large, balayé par les embruns. Ce paysage aurait, dit une vieille rumeur, inspiré à un sous-préfet de la République cette pensée profonde: « Au moins, d’ici, puissent-ils voir la mer… « 

Dans le quartier du Canet, le centre a été reconstruit au fond d’une petite impasse, coincé entre un large boulevard et l’autoroute. Désormais, les sans-papiers ne voient plus la mer… L’administration s’est dotée d’un outil à la hauteur de leurs nouvelles ambitions, à même de remplir les objectifs d’expulsions du ministère de l’Immigration et de l’identité nationale: 26 000 sont programmées pour 2008.

« Une justice d’exception pour les étrangers »

Ce 10 janvier, les familles et les proches des retenus se rassemblent devant le centre du Canet, pour assister à l’audience délocalisée du tribunal de grande instance de Marseille. Audience au cours de laquelle sera scellé le sort des leurs. Chaque jour, le juge des libertés et de détention y décide du maintien ou non en rétention.

Les associations des droits humains dénoncent régulièrement « cette justice d’exception pour les étrangers ». Une fois franchi la lourde barrière métallique, on longe le bâtiment principal. Après une fouille sommaire, un escalier permet de rejoindre la salle d’audience.

En face de l’entrée principale, derrière une porte vitrée, on aperçoit une passerelle extérieure. Elle relie entre eux le centre de rétention et le bâtiment de la Police de l’air et des frontières. Une fois traversée, le retenu devient l’expulsé. Sans retour possible.

La salle d’audience est petite, sans lumière naturelle, plafond et parquet sombres. Une vingtaine de places assises qu’occupent rapidement visiteurs, avocats, interprètes, policiers et militants associatifs. L’air devient vite étouffant. Le président Carrue demande à ce que l’audience démarre. Il n’aura de cesse de murmurer, deux heures durant, à en devenir par moments parfaitement inaudible.

« Si vous regardez la télé, c’est que vous comprenez le français! »

Mais au moins, ceux qui passent ce jour-là la barre éviteront un autre magistrat, Corinne Mannoni, connues pour ses remarques glaçantes. Le 13 novembre, par exemple, s’adressant à T., Algérien:

« Vous n’aviez pas d’interprète au moment de votre interrogatoire et aujourd’hui, il vous en faut un? Depuis neuf ans que vous êtes en France, vous comprenez bien le Français? Lors de votre interpellation, vous regardiez un match de foot… Si vous regardez la télé, c’est que vous comprenez le français! »

Un peu plus tard, à S., Turque:

« Vous non plus vous ne comprenez pas le Français? Hier, nous avions les irrespectueux. Aujourd’hui, ce sont les amnésiques. Il serait opportun, M. S., que vous retrouviez le Français. On n’est pas en Turquie ici. Avec moi, ça ne prend pas… »

Le lendemain, elle récidive avec A., Marocain en France depuis six ans :

« Sortez vos mains des poches, nous ne sommes pas dans un bar ici (…) Dépêchez-vous, on ne va pas y passer la matinée (…) Il faut vous tirez les vers du nez. »

Ce jour-là, pas de surenchère de la part du magistrat, mais pas non plus de mansuétude. Quatorze dossiers seront examinés par le président Carrue en à peine deux petites heures. Quatorze hommes dont on ne saura finalement presque rien.

Quelques bribes de chaque histoire, de chaque parcours. La compagne de H. est enceinte. Une demande de Pacs a été déposée par Y. L’arrivée clandestine de G. en 2000 depuis la Turquie lui a coûté 5 000 deutschemarks. M. a été interpellé au petit matin par des policiers qui planquaient en bas de son immeuble, après « dénonciation d’une autorité préfectorale ». J., un jeune bosniaque né à Sarajevo en 1988, dont la famille a fui la guerre, va probablement être renvoyé dans un pays qu’il ne connaît pas.

« Vous auriez eu un ‘regard fuyant’, est-il précisé dans le procès-verbal de police »

La balance ne penchera qu’une seule fois du bon côté. R. sera finalement remis en liberté, mais avec obligation de quitter le territoire français. Il avait été interpellé en pleine rue par des policiers de la brigade anti-criminalité (en civil), parce qu’ils estimaient son « comportement suspect ».

Le président explique: « Vous auriez eu un ‘regard fuyant’, est-il précisé dans le procès-verbal de police. La police a eu le sentiment que vous vous intéressiez d’un peu trop près à des véhicules en stationnement. »

R. ne semble pas comprendre. Le président reprend.
Même interrogation dans le regard de R. Le président hausse alors la voix pour la première et dernière fois de la matinée, et, dans un registre nettement moins policé, lâche:

« M. R., la police pensait que vous alliez voler un véhicule ! »

Son avocat proteste et fait valoir qu’un simple « regard fuyant » ne peut constituer un motif suffisant d’interpellation. Il sera entendu… Lors de cette audience, (avant la suspension), il sera le seul.

Au centre de rétention administrative de Marseille, tous les autres personnes sans-papiers jugées n’auront pas cette chance. A chacun, le président susurrera:

« Le préfet a demandé la prolongation de quinze jours de votre rétention pour lui permettre de vous ramener dans votre pays. Vous êtes maintenu en rétention. »

Certains ne semblent pas comprendre la décision et paraphent les documents parce qu’on le leur demande. Avant de rejoindre leur cellule et pendant ce bref instant où ils font face à la salle, ils cherchent du regard leurs proches, font un signe de la tête. Un mouvement de lèvres. « Ça va », devine-t-on. Un vague sourire, parfois. Avant de disparaître dans l’ombre de la machine à expulser.

reactions dans QUESTIONS DES MINORITES
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asozial (aus Berlin)

16H39 17/01/2008

c’est en france ? en 2008 ?

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NING

16H52 17/01/2008

Respect des autres !

Et dire que SARKO dit sa priére de bon chrétien
catholique avant chaque reunion interministerielle!

Jadis on parlait du ‘glaive et du goupillon’

Avec la rupture il faut dire

« LE MISSEL ET LA ROLLEX « 

Comment ça va finir tout ça ?

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Le Yéti (Voyageur à domicile – yetiblog.org)

17H18 17/01/2008

GROS DOUTES

Express, sans nulle doute.
Justice, permettez qu’on en doute !

Une seule solution de salut public : RESF.

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pedro66 (informaticien bon à rien)

16H44 17/01/2008

« Avant de disparaître dans l’ombre de la machine à expulser. »

On devrait accepter tout ceux qui viennent, à partir du moment où il sont sur le territoire .
C’est un peu trop facile et ça poserait beaucoup plus de problèmes, que ça n’en résoudrait .
Alors oui il faut expulser les clandestins, qui par définition ne devraient pas être là .Et ce, quels que soient les artifices et ruses utilisés pour rester .
Et vu l’encombrement des tribunaux pour des affaires beaucoup plus sérieuses, il convient de simplifier au maximum les procédures d’expulsion .

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agathevelikotny (pigiste en province)

18H00 17/01/2008

Franchement, cela ne vous dérange pas cette façon de traiter des personnes ? Vous appelez cela simplifier ?
je n’ose imaginer une justice qui serait vouée à simplifier de cette façon là un jour…
je suis atterrée devant ce manque d’humanité et de respect vis à vis de personnes qui ont simplement commis le crime d’être pauvres et sont venus dans l’espoir d’une vie meilleure.
Je suis choquée que vous considériez que ce ne sont pas des affaires sérieuses, après tout ce ne sont que immigré
n’est ce pas ?

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mechante langue

18H04 17/01/2008

Vous ecrivez : »je suis atterrée devant ce manque d’humanité et de respect vis à vis de personnes qui ont simplement commis le crime d’être pauvres et sont venus dans l’espoir d’une vie meilleure. »
Mais ils ne sont pas jugés parce que qu’ils sont pauvres , mais parce qu’ils sont en situation irréguliére . Vous le savez trés bien , alors pourquoi votre inexactitude ? Si vous aviez des arguments pertinent vous n’auriez pas a en inventer

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Atalante

18H09 17/01/2008

Et ils sont en situation irrégulière parce qu’ils sont pauvres, n’ont pas ou peu d’avenir dans leur pays, n’obtiennent pas de papiers en france .. pas parce que ça les fait marrer de se faire expulser ! On n’est pas obligé de prendre les choses par le petit bout de la lorgnette !

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agathevelikotny (pigiste en province)

18H14 17/01/2008

Ne faites pas semblant de pas comprendre. Si ils sont sans papier c’est qu’ils ont fui leur pays à cause de misère. Vous en avez vu beaucoup des riches sans papier ??

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mechante langue

18H35 17/01/2008

… »Ne faites pas semblant de pas comprendre »..

Non j’ai trés bien compris .
Vous commencez a dire qu’ils sont jugés parce qu’ils sont pauvres . Non ! Ils sont jugés parce qu’ils sont ebn situation irréguliéres

Vous écrivez: »Si ils sont sans papier c’est qu’ils ont fui leur pays à cause de misère ».
C’est faux . Les miséreux de ces pays n’ont pas les moyens d’immigrer. Payer les mafias les passeurs , avoir meme un simple visa touristique pour la France (et rester ensuite) est financiérement hors de portée des pauvres de ces pays . Il s’agit pour la majorité des clandestins d’amméliorer leur condition matérielle (ce qui est tout a fait estimable ) mais surtout eviter nous la légende de misereux qui quittent leur pays pour éviter de mourrir de faim.
Il quitte le chomage endémique de leur pays , mais nous aussi nous avons aussi des chomeurs et c’est eux qui sont en concurence avec ces clandestins

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netchou (assis devant le clavier,m’sieur le commi…)

19H00 17/01/2008

Trés peu de peine ,un peu de haine,pas de compassion.Et il me semble que beaucoup de mes compatriotes sont comme vous.Certainement appeurés,méfiants ne voulant pas connaître le monde et ses différences,obtus .Finalement vous adhérez à la politique de civilisation de nicolas.Civilisation,pfff!

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mechante langue

19H14 17/01/2008

« Trés peu de peine ,un peu de haine,pas de compassion »

Mais ou avez vous vu de la haine dans mes propos ?
C’est incroyable , vous projetez vos propre fantasmes sur moi , ma parole !
Ou avez vous vu le moindre indice de haine chez moi .
A moins que pour vous , ne pas penser comme vous c’est etre haineux ?
Il va falloir elargir votre esprit ?

« Certainement appeurés,méfiants ne voulant pas connaître le monde et ses différences,obtus ..Finalement vous adhérez à la politique de civilisation de nicolas.Civilisation,pfff! »

Dabord je ne suis pas sarkozyste , je connais le monde mais je suis sur que vous etes de nous deux le plus appeuré : je suis sur que vous voyez des fachos partout , que nous sommes a la veille de la dictature ect …

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agathevelikotny (pigiste en province)

19H46 17/01/2008

Vous pensez sérieusement cela ?

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mechante langue

20H06 17/01/2008

Evidement !
Quand le coup pour payer les passeurs va de 1000 a 6000 euros (ce qui par rapport au pays d’origine correspond a une valeur enorme et un RMiste en France ne peut pas mettre 3000 euros de coté!) quand , pour les clandestins qui sont venus avec un visa , il faut justifier des revenus , avoir un billet A/R ect … vous n’avez pas a faire aux pauvres des pays d’origine loin de la !

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HuckFynn

12H04 22/01/2008

Bon, quelques clarification s imposent: a)Vous ecrivez plus haut « ils ne sont pas jugés parce que qu’ils sont pauvres , mais parce qu’ils sont en situation irréguliére » c est vrai, mais ils sont en situation irreguliere par ce qu ils sont pauvres..
b)vous dites egalement « Les miséreux de ces pays n’ont pas les moyens d’immigrer. » (En fait, pour emmigrer par ce qu avant d etre « immigre » quelque part il faut etre « emmigrer » d ailleur!), il sufit de plier son baluchon, de marcher jusque a la prochaine frontiere et la franchir, bon c est vrai je suis un peu simpliste mais en gros c est ca.
Pour finir, cela me fait toujours marrer quand on brandi le spectre de « l immigrer-voleur-du-travail-des-francais » . Je vois bien la scene: « tout li monde li mains en air missieumidame, ci t un hold up, donni moi ti vos boulots et, par la barbe di prophete, jti jure, y aura pas di problemes mon zami »
Idiote!

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kkadim (service public rhone alpes)

20H39 17/01/2008

mais les comparutions directes sont du même tonneau. il s’agit de lynchage social. les plus abjects sont sans doute ces bons gros bourgeois de juge qui font leur travail. mais rien de bien nouveau dans ce pays, n’est pas les mêmes qui, aux ordre de vichy jugérent blum, et plus tard jugérent pétain, sans que leur ame ne soit troublé……

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pablico

18H07 17/01/2008

C’est pour l’effet d’opinion. Ils n’y arriveront jamais.
Autant vider une piscine à la petite cuillère, sans bloquer l’arrivée d’eau.

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pedro66 (informaticien bon à rien)

16H47 17/01/2008

Et en plus il faut leur payer des interprètes .
Merci le contribuable .
Le petit déjeuner, croissant ou pain aux raisins !!!!

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Thorgal46 (Informaticien à Cahors)

16H48 17/01/2008

Expulsons, expulsons !
Regardez autour de vous : ne constatez vous pas comme moi, que depuis qu’on expulse à tour de bras, la France va mieux ?
Ne ressentez vous pas votre pouvoir d’achat grimper en flèche ?
Ne voyez vous pas le trou de la Sécu se combler à grande vitesse ?
Avez vous remarqué comme nos patrons, libérés de ces travailleurs clandestins, sont plus humains, plus sociaux ?

Merci Président !

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mechante langue

17H37 17/01/2008

Sauf que si vous ouvrez les frontiéres :
-vous mettez les salariés non qualifiés en concutrence avec les immigrés
-vous explosez a terme les systémes sociaux
-vous faites une pression a la baisse sur les salaires .
Et l’ouverture des frontiéres est une revendication pressante du MEDEF des ultra libéraux , de la commission européenne et accessoirement de RESF

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pedro66 (informaticien bon à rien)

17H52 17/01/2008

Enfin un qui comprends et qui voit plus loin que le bout de son nez .
Ceux qui veulent régulariser tous le clandestins sont les mêmes qui braillent contre la mondialistaion, la dérégulation du travail, etc….
Sourds, aveugles et autistes .
Mais pas muets pour dire n’importe quoi !!!

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agathevelikotny (pigiste en province)

18H26 17/01/2008

c’est vrai quoi, la France est bien plus belle, il y fait bien meilleur vivre depuis qu’on sait que le « ministère de l’identité nationale » (quel doux nom !) et de l’immigration » met la gomme pour remplir son objectif d’expulsés. D’ailleurs, vous avez remarqué, il n’y a plus de SDF, plus de chômeurs, plus de licenciements, et les fins de mois ont disparu…Youpi ! c’est le sarkoparadis !

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www.laguerredesmots.com-yannick (pays de gex)

16H53 17/01/2008

pour ceux que ça intéresse :
http://www.educationsansfrontieres.org/
attention, c’est peut-être interdit de lire tout ça.
C’est à coup à se retrouver avec des CRS dans son salon.

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caro (délinquante avérée)

16H58 17/01/2008

Petit rappel : samedi manifestations devant tous les centres de rétention, contre, entre autres :

- la justice non respectée, ce n’est pas parce qu’on est sans papiers que l’on est sans droits
- les conditions lamentables de « vie » dans les centres
- etc

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re-belle (mère au foyer)

17H08 17/01/2008

c’est vraiment honteux!!!…du chiffre, du chiffre!!!…28 000 en 2008!!!… puis ce sera 29 000 en 2009!!!… 30 000 etc…qui dit mieux???!!!…le seul chiffre que je retiens c’est un ZZEEERRRROOOOO pointé en qualité humaine!!!…pauvre france!!!…on est tombé si bas!!!…

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mechante langue

17H32 17/01/2008

J’espére que vos opinions politiques ne se bornent pas a l’indignation .
Vous etes pour l’ouverture des frontiéres c’est a dire pour la mondialisation du marché du travail .
C’est bien cela ?
En ce sens vous partagez les idées de RESF…et du MEDEF

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desmoscrastes (chercheur de bonheur)

17H24 17/01/2008

POur les conditions lamentable de vie dans les centres vous n’avez cas payer plus d’impôt pour la renovation des locaux publics de l’Etat.

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mechante langue

17H29 17/01/2008

Trés franchement je ne vois pas ou est le scandale et ou avez vous vu une justice d’exception

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agathevelikotny (pigiste en province)

18H11 17/01/2008

Ben voyons, mechante langue (cela vous va comme un gant)
aucun problème !!!!
Certaines personnes devrait se réincarner dans la peau d’une personne immigrée sans papier et se trouver devant ce genre de justice..Histoire de voir ce que cela fait, l’humiliation et le mépris des hommes.

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mechante langue

18H26 17/01/2008

Vous ecrivez : »Certaines personnes devrait se réincarner dans la peau d’une personne immigrée sans papier et se trouver devant ce genre de justice..Histoire de voir ce que cela fait, l’humiliation et le mépris des hommes. »
Sauf que vous ne montrez pas en quoi il s’agit d’une justice d’exception .

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agathevelikotny (pigiste en province)

18H31 17/01/2008

Une justice d’exception, c’est une justice expéditive qui méprise le droit de chaque être humain au respect de sa dignité telle qu’elle devrait le faire selon les codes de la République (vous vous souvenez? C’est ici que l’on a rédigé la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Il y a la loi et l’esprit des lois, cela vous dit quelque chose ?

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mechante langue

18H40 17/01/2008

Vous « Une justice d’exception, c’est une justice expéditive  »
Non les mots ont un sens et vos approxiamtion sont fausse dans une volonté manipularice . Une justice d’exception est une justice qui ne respecte pas les regle général de cette justice . Dans ces tribunaux ce sont des vrais juges , la procédure et la méme que dan sles tribunaux ordinaire …

« qui méprise le droit de chaque être humain  »
Montrez moi il n’y a pas le respect des droits .

« Il y a la loi et l’esprit des lois, cela vous dit quelque chose ? »

Oui et alors . La loi dit que les clandestins doivent quitter le territoire . Que dit l’ »esprit » ?

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agathevelikotny (pigiste en province)

19H42 17/01/2008

Vous avez raison…La justice vis à vis des immigrés est parfaite « on vous arrête parce que vous avez un regard fuyant » (coup de bol, le type il avait pas de papier) (cf article) (un exemple de l’esprit de
la loi..interprété à la sauce quota+chiffre+expulsion).
Tout va bien dans le meilleur des mondes de la justice et de l’immigration.

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mechante langue

20H10 17/01/2008

« Vous avez raison…La justice vis à vis des immigrés est parfaite « 

La justice n’est jamais parfaite (on connait les problémes ) mais les clandestins ne subissent pas une justice moins parfaite que le reste de la population!

« Tout va bien dans le meilleur des mondes de la justice et de l’immigration. »

Je vais vous dire un truc :faire dire a votre interlocuteur ce qu’il n’a pas dit n’est pas un bon procédé pour débattre utilement .

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HuckFynn

12H20 22/01/2008

Montrez moi il n’y a pas le respect des droits … Ben par exemple: en france, la loi stipule que toute personne a le droit de comprendre ce qui lui est reprocher, car toute personne a le droit de ce defendre (et pour ca, il faut comprendre de quoi on l accuse, non?)Donc, pour juger quelqu un qui ne comprend pas la langue locale (le francais en l occurence, si j utilise des mots trop compliques dites le ;) )il FAUT un interprete, sans quoi la procedure est tout simplement illegale. Et, oui, il faut que cet interprete soit mandater par le tribunal car c est a la justice francaise d etre garante de la loi francaise (en l occurence de fournir un interprete!)
Juger des gens d origine etrangere sans s assurer de leur comprehension est donc une justice d exeption, puisque hors la loi mais neanmoins officielle. CQFD
Idiote!

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marie 75

18H51 17/01/2008

RAPPEL

* vendredi 18 janvier 2007 à 19h
projection/rencontre/débat

avec Thi Bach Tuyet, réalisatrice de « 32 jours Mesnil Amelot »
Antoine Decourcelle, Cimade
Jean-François Martini, Gisti
et témoignages de « retenus »

EDMP 8 impasse Crozatier 75012 Paris – métro Reuilly-Diderot

* samedi 19 janvier 2008 :
Journée européenne d’action contre l’enfermement des sans papiers

2 actions prévues :
* Matin : ACTION SYMBOLIQUE MESNIL AMELOT avec des parlementaires
(députés et sénateurs), des syndicalistes, des artistes et la presse.
Trois cars emmèneront au Centre du Mesnil Amelot. RV porte de
Vincennes à 9h30. Visite du CRA par les élus, prises de paroles et «
bruit ».
* Après-midi 14 heures : MANIFESTATION UNITAIRE de la Cité de
l’immigration au CENTRE DE RETENTION DE VINCENNES. Départ 13h30 de la
porte Dorée

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france renouveau (non vérifié)

18H56 17/01/2008

toi t’as envie d’aller en taule ou je ne m’y connaispas rdv pris donc on s’occupera de toi !:)

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pomponette

20H55 21/01/2008

Vs auriez dû choisir le pseudo « méchante » tout court…

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france renouveau (non vérifié)

17H33 17/01/2008

juste pour info :
—————–

12h44>Un militant de RESF jugé pour avoir comparé la politique de Sarkozy à celle de Vichy

alors mesurez vos propos contre mr hortefeux et celle du president et de la politique menée avis aux amateurs !:)

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pedro66 (informaticien bon à rien)

17H55 17/01/2008

C’est normal, il y a des amalgames à ne pas faire .
mais bon, de la part de négationnistes autistes, on peut s’attendre à tout et surtout à n’importe quoi !!!

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jyeden (cel)

17H59 17/01/2008

meme pas peur!!!!!

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pomponette

20H57 21/01/2008

Non pas loi de Vichy, chasse aux faciès c’est le terme plus approprié, loi racistes c’est le terme plus appropré et xénophobes etc…

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agathevelikotny (pigiste en province)

18H19 17/01/2008

C’est quoi France Renouveau ??????

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Atalante

18H22 17/01/2008

C’est Machinchose réincarné.

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agathevelikotny (pigiste en province)

18H27 17/01/2008

avec un nom pareil, je craignais le pire, merci du renseignement, c’est bien le pire !

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Atalante

20H30 17/01/2008

Machinchose, toutes mes excuses, je pensais à Duchmole, erreur dans les pseudos ! :)

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agathevelikotny (pigiste en province)

21H28 17/01/2008

j’ai découvert duchmole, aie aie aie

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pomponette

20H58 21/01/2008

loool mdr c’est dracula réincarné dans la peau de son père l’oas

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Bridget (Toulouse)

20H42 17/01/2008

que des visages floutés sur leurs sites…

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marie 75

18H26 17/01/2008

que revivent les valeurs de la République!
un ex :
hortefeux en est à faire la cour aux cathos because élections…
les honnêtes gens commencent à se révolter!
Ca remontent des paroisses!

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, QUESTIONS DES MINORITES, SUR L'IMMIGRATION DANS LE MONDE | Pas de Commentaire »

Areva aime le Niger , pas les Nigériens. Lauréate 2008 du César de la honte.

Posté par issopha le 25 janvier 2008

  

AREVA

 

Lauréate 2008 du César de la honte

 

Areva aime le Niger , pas les Nigériens. Lauréate 2008 du César de la honte. dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE pdf groupearevasa.pdf

 pdf dans MENSONGES D'ETAT rapportcriiradniger.pdf

pdf dans PARFUMS DE SCANDALES rapportsherpaniger05.pdf

pdf rapportgabonsherpacrdmdm.pdf

 

 

Dans le nord du Niger, Areva extrait de l’uranium par l’intermédiaire de deux compagnies dont elle est l’actionnaire majoritaire : Somaïr et Cominak. Alors que des analyses ont démontré la contamination radioactive de l’air, de l’eau et des sols et que du matériel contaminé est entreposé à ciel ouvert, les mineurs et leurs familles sont insuffisamment informés sur les risques de santé liés à l’extraction de l’uranium. Les médecins de l’entreprise pratiquent régulièrement de faux diagnostics sur les employés pour ne pas avoir à supporter les frais de traitements. Si tout cela était connu en Suisse, on présume que personne ne serait indifférent à ce que le combustible utilisé dans les centrales nucléaires de Mühleberg et de Gösgen soit fourni, au moins en partie, par les mines d’Areva…

 

 

Shortlist 2008

Public Eye Global Award www.publiceye.ch

Nominé pour le Public Eye Global Award 2008

par la Fondation suisse de lénergie (FSE):

Groupe AREVA S.A.

Siège social : Paris, France

Branche : nucléaire civil et militaire (tous les secteurs)

Chiffre daffaire / bénéfice net : 10,863 milliards / 649 millions (2006)

PDG : Anne Lauvergeon

En possession de : Etat français, Commissariat à lÉnergie Atomique, ERAP (84%)

Collaborateurs : 61’111 dans 41 pays (2006)

En bref

Saviez-vous que le sida peut sattraper par contamination radioactive ? Non ? Cest pourtant ce

que peut laisser croire le groupe nucléaire français Areva, dont les médecins du travail

diagnostiquent le virus mortel chez des mineurs atteints de cancersCela se passe dans le nord

du Niger, où Areva extrait de luranium par lintermédiaire de deux compagnies dont elle estl

actionnaire majoritaire : Somaïr et Cominak. La raison de ces diagnostics fantaisistes est simple :lentreprise française ne veut pas prendre en charge les soins dont ses anciens employés ont

besoin.

Alors que des analyses ont démontré la contamination radioactive de lair, de leau et des sols et

que du matériel contaminé est entreposé à ciel ouvert, les mineurs et leurs familles sont

insuffisamment informés sur les risques de santé liés à lextraction de luranium.

Si cela était connu en Suisse, on présume que personne ne serait indifférent à ce que le

combustible utilisé dans les centrales nucléaires de Mühleberg et de Gösgen soit fourni, au moins

en partie par les mines dAreva

Un comportement irresponsable

Au Niger, la production totale délectricité serait à peine suffisante pour préparer un repas chaud

par personne et par jour. Ceci, bien que le Niger soit un des pays les plus riches au monde en

gisements duranium ! Car les richesses du Niger profitent essentiellement à des sociétés

étrangères et le pays reste un des plus pauvres du monde. Le consortium Areva y extrait de

luranium depuis près de 40 ans et a fait construire deux villes au coeur du désert pour loger les

mineurs et leurs familles. Arlit et Akouta comptent aujourdhui au total 80

000 habitants, quibénéficient des soins gratuits dun hôpital établi par le groupe minier. Ils en ont bien besoinLesconditions de sécurité à la mine sont catastrophiques et les procédures de décontamination dune négligence coupable : ainsi les travailleurs sont priés de laver eux-mêmes leurs habits de travail à

domicile. Des millions de tonnes de déchets radioactifs sont stockés à lair libre, des gaz radioactifs

rejetés dans latmosphère, et de la ferraille contaminée est mise sur le marché

Les analyses effectuées entre 2003 et 2007 par la Commission de Recherche et dinformation

Indépendantes sur la Radioactivité la CRIIRAD – démontrent la contamination radioactive des

eaux, de lair et des sols, ceci pour plusieurs générations encore. Areva le sait mais ne fait rien.

 

 

Les conséquences

Bien au contraire, le groupe minier tente de dissimuler la situation désastreuse des mines et des

villes adjacentes. Selon un rapport de l’organisation de défense des droits humains SHERPA, des

médecins du travail de ces complexes miniers ont avoué faire sciemment de faux diagnostics : par

exemple, annoncer à des travailleurs souffrant de troubles liés à lexploitation de luranium quils

sont atteint dautres maladies graves, telles que le sida ou la malaria. Un médecin-chef avoue qu

il ninforme correctement que les patients qui peuvent payer ensuite les soins appropriés. Le principe de gratuité des soins dont se vante Areva semble ainsi très relatifMais malgré toutes lesdénonciations de la CRIIRAD, de SHERPA et de lorganisation environnementale nigérienneAghirinman, les partenaires commerciaux dAreva ne se sentent toujours pas concernés. Parmi ceux-ci figurent les exploitants des centrales nucléaires suisses. Ainsi, Areva livre du combustible aux réacteurs de Mühleberg, Gösgen, Beznau et Leibstadt.

Situation actuelle et revendications

SHERPA, la CRIIRAD et Aghirin’man réclament sans relâche des analyses indépendantes. Mais

toujours sans succès. Le calcul dAreva est simple : dans 10 ans, les gisements seront épuisés et

le problème régléComme le destin des deux villes minières dArlit et dAkouta ?

Lexemple de la mine duranium de Mounana, au Gabon, fermée en 1990 par Areva est parlant :

7000 personnes, pour beaucoup sans travail, vivent désormais sur des sols encore contaminés et

subissent massivement les conséquences de la politique dAreva. La moitié des ancienstravailleurs dAreva y

souffre de graves problèmes de santé aux poumons, aux yeux ou du système cardio-vasculaire.

Pour plus dinformations

- http://www.criirad.org/actualites/dossiers%202007/uranium-afriq/rapportcriirad-niger.pdf

- http://www.criirad.org/actualites/dossiers%202007/uranium-afriq/rapportsherpa-niger05.pdf

- http://www.criirad.org/actualites/dossiers%202007/uranium-afriq/rapportgabon-sherpacrdmdm.pdf

 

Publié dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE, MENSONGES D'ETAT, PARFUMS DE SCANDALES | Pas de Commentaire »

La détermination de Bockel sera-t-elle soluble dans l’or noir ???

Posté par issopha le 25 janvier 2008

Cellule Francafrique — www.cellulefrancafrique.org

Collectif pour une autre politique de la France en Afrique.

La détermination de Bockel

sera-t-elle soluble dans l’or noir ???

 

Le 24 janvier 2008, par Grégoire Eyadema,

Après les grandes envolées contre la Françafrique du Secrétaire d’Etat à la Coopération en janvier, la raison commerciale d’Etat reprendra-t-elle le pas lors de la visite présidentielle en Angola ?

Les grands patrons amis du président, comme Bolloré ou les dirigeants de Total, ont probablement fait valoir que les belles intentions de Bockel n’étaient pas forcément bienvenues alors que des perspectives commerciales et pétrolières importantes sont en vue au Congo Brazzaville, en Centrafrique et en Angola.

L’organisateur privilégié des voyages de Sarkozy ne bénéficie peut-être pas de contrats avec l’Etat français, mais il sait que la France peut bien l’aider lorsque des contrats importants sont en jeu dans des pays amis de la France. A Pointe-Noire, Bolloré est bien placé pour reprendre la gestion du port après avoir été recalé à Dakar en 2007 en raison notamment d’un faible soutien élyséen. Lors de la venue de Sassou Nguesso à Paris en décembre 2007, ce dossier était au menu des discussions. Cela a-t-il fait l’objet de contreparties : invité d’honneur au Sénat pour disserter sur le développement durable, Sassou a obtenu que l’engagement d’aide de la France sur 3 ans soit porté à 185 millions d’euros contre les 80 millions préconisés par les services du Trésor français [1] . Les visées bolloriennes sur le projet de « port sec » de Bangui en Centrafrique ne se feront probablement pas sans un recours à l’arsenal français de coopération en Afrique. Il y a quelques temps, l’Agence Française de Développement avait conditionné un financement de constructions de routes dans la zone d’exploitation forestière à la privatisation de la Société Nationale de Transport. Cette privatisation a eu lieu au profit de … Bolloré himself qui est également soit dit en passant le propriétaire de plusieurs sociétés d’exploitation forestière en Centrafrique comme dans de nombreux autres pays.

Côté pétrole, Total a également sur le feu quelques gisements en vue qu’une mise en Bockel de la Françafrique pourrait contrarier. A Brazzaville, la mise en service du gisement de Moho-Bilondo prévu courant 2008 devrait permettre de reprendre sérieusement les devants sur les autres compagnies dans ce pays. Avec un rendement prévu de 90.000 barils-jours, cela porterait la production de Total dans ce pays à environ 218.000 barils-jours, soit environ 60 % de la production congolaise [2]et donc une manne de de près de 220 millions de dollars US quotidiens à partager avec le clan Sassou et quelques initiés. Les dirigeants de Total confirment cette augmentation future notamment dans le documentaire édifiant diffusé le 29 janvier en soirée sur France Culture [3]. Pour le clan Sassou, cela pourra permettre de reprendre pied sur le marché immobilier parisien. Même s’il est particulièrement difficile de mesurer le surplus financier qui retombera dans son escarcelle, celui-ci ne devrait pas être inférieur à plusieurs centaines de millions de USD en période de croisière [4].

En Angola, où Sarkozy se rendra en février après avoir liquidé l’héritage de l’Angolagate en octobre dernier, Total est en passe de devenir le premier opérateur pétrolier dans ce pays [5]au régime si autiste que les mots ‘gouvernance’ et ‘démocratie’ doivent se traduire par ‘opacité’, ‘répression’ ou ‘corruption’. Mais notre Sarko national saura sûrement trouver les mots qui touchent la sensibilité de Dos Santos sans heurter le portefeuille des actionnaires de Total… Et Bockel pourra disserter longuement sur le gaspillage des budgets de coopération par les pays pétroliers… Quand on est du Bas-Rhin et pas du Bahrein, pas sûr qu’on puisse causer Baril à tout bout de champs…

Notes :

[1] Comme quoi, même si les caisses sont vides, nos amis dictateurs ont plus d’arguments que nos fonctionnaires… voir http://www.camer.be/index1.php ?art=1155

[2] encore faudrait-il disposer de chiffres fiables, la transparence et la cohérence n’étant pas les premières caractéristiques des opérateurs du secteur. Voir X. Harel, Afrique, pillage à huis clos. Fayard, 2006.

[3] L’émission sera en écoute ensuite pendant 30 jours sur le site de France Culture : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/surpris/archives.php

[4] sans compter les bonus et autres mais sans compter non plus les déductions pour amortissements…

[5] en 2006, Total exploitait 112.000 bepj (barils équivalents pétrole jour)

Areva acclamée par la critique

pour son rôle au Niger

Sarko VRP d’une entreprise peu recommandable…

Le 24 janvier 2008, par Jean Denard,

Ca n’aura échappé à personne, les voyages de Sarkozy chez Kadhafi, au politburo chinois, aux royaumes pas méga démocratiques du Golfe ou chez Bouteflika ont été systématiquement agrémentés de gros contrats pour certaines entreprises françaises… il y a surtout un domaine dans lequel personne d’autre que le bon président français n’avait encore osé commercer avec pareils régimes : le nucléaire.

Depuis son arrivée à l’Elysée, Sarkozy s’est littéralement mû en VRP d’Areva. Du Maroc aux Emirats arabes unis en passant par Pékin, Areva et sa présidente Anne Lauvergeon ont été de tous les voyages. Ambiance assurée (explosive, souvent). Si Sarko était roi, nul doute que cette chère Anne eut été annoblie… à coup d’accélérateur de particules. Plus présente encore que Bolloré et Total, voilà une fréquentation de plus qui laisse à désirer :

Areva remporte le titre de pire entreprise de l’année

Lauréate 2008 du César de la honte, remis chaque année à Davos par les ONG suisses Déclaration de Berne et Pro Natura, faut reconnaître qu’Areva irradie dans le film « J’adore le Niger, pas les Nigériens ». Première entreprise française à accéder au panthéon de la honte, le fleuron de l’industrie hexagonale peut se féciliter d’être : « l’auteur de nombreux agissements irresponsables, particulièrement par sa filiale Cogema, qui exploite deux mines d’uranium dans le nord du Niger. Des analyses démontrent que les limites fixées par l’OMS pour la radioactivité dans l’air et l’eau sont largement dépassées dans ces zones. De plus, les travailleurs des mines demeurent insuffisamment informés sur les risques de santé liés à l’extraction de l’uranium. Plus regrettable encore, les hôpitaux de l’entreprise pratiquent régulièrement de faux diagnostics sur les employés pour ne pas avoir à supporter les frais de traitements. »

Ajoutons que l’exploitation de l’uranium par Areva ressemble à du pillage organisé : jusqu’à mi-2007, pendant que le kilo d’uranium s’arrache sur le marché international à environ 100.000 F CFA, la France oblige le Niger à le lui céder à …23.700 F CFA. 47 ans d’indépendance n’ont manifestement pas mis fin au lien de domination. Depuis, le gouvernement nigérien a renégocié l’accord mais il brade toujours son uranium à la moitié du cours mondial. Perte sèche pour le Niger : environ 100 millions d’euros par an, soit environ le quart du budget de l’Etat. Ca fait mal, dans un des pays les plus pauvres du monde, où la moitié des enfants ne sont même pas scolariés à l’école primaire.

Evidemment, Areva tient particulièrement à cacher tout cela en France, où le nucléaire représente les trois quarts de la production d’électricité. Surtout que 80% de l’uranium utilisé dans les centrales nucléaires françaises est fourni par les mines d’Areva au Niger !

Qui sera du voyage en Angola ?

Nous l’avions annoncé, c’est confirmé : Sarkozy se rendra bien en Angola les 28 et 29 février 2008. Pourtant un 29 février, c’est comme les JO, tous les 4 ans… concédons à Dos Santos une certaine endurance (bientôt 30 ans au pouvoir), un certain talent en natation (il brasse énormément), en escrime (il sabre allègrement dans les caisses), le saut d’obstacles ou encore en tir (à bout portant de préférence)… mais y avait vraiment pas mieux que Luanda comme ville candidate ?

Toujours est-il que le porte-étendard de la délégation française est déjà connu : déjà lauréat du Tour de Françafric 2007 et avec 5 à 10 milliards de dollars en vue, on se surprendrait que Total soit pas du déplacement. Un peu d’or ou d’uranium à l’horizon et Anne Lauvergeon pointera le bout de son nez. Bolloré, Suez et Bouygues voudront sans doute profiter de l’escapade…

Manque plus que Sarkozy invite Glencore , grands connaisseurs de l’Angola mouillés jusqu’au cou dans le blanchiment d’argent de l’Angolagate… : ils sont co-lauréats 2008 aux côtés d’Areva, pour « pire entreprise suisse de l’année » !

Publié dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY | 2 Commentaires »

Pour un savoir engagé.Un texte inédit de Pierre Bourdieu.

Posté par issopha le 24 janvier 2008

Février 2002

Un texte inédit de Pierre Bourdieu

Pour un savoir engagé

 bourdieu.jpg

 

 

Depuis les grèves de novembre et décembre 1995 en France, les interventions de Pierre Bourdieu ont été l’objet de critiques, souvent violentes, notamment de la part des journalistes et des intellectuels médiatiques dont il avait analysé le rôle social. Ce qui semble les avoir choqués avant tout, c’est qu’un « savant » intervienne aussi activement dans le domaine « politique ». L’implication du sociologue dans l’espace public remonte néanmoins au début des années 1960, à propos de la guerre d’Algérie.

Intellectuel et militant

Désireux de « penser la politique sans penser politiquement », Pierre Bourdieu a cherché à démontrer que, loin de s’opposer, les sciences sociales et le militantisme peuvent constituer les deux faces d’un même travail, qu’analyser et critiquer la réalité sociale permettent de contribuer à sa transformation. Ce texte a été lu par son auteur lors d’une rencontre à Athènes, en mai 2001, avec des chercheurs et des syndicalistes sur des thèmes tels que l’Europe, la culture et le journalisme et figurera dans un livre à paraître au printemps, Interventions (1961-2001). Sciences sociales et action politique (Agone, Marseille).

S’il est aujourd’hui important, sinon nécessaire, qu’un certain nombre de chercheurs indépendants s’associent au mouvement social, c’est que nous sommes confrontés à une politique de mondialisation. (Je dis bien une « politique de mondialisation », je ne parle pas de « mondialisation » comme s’il s’agissait d’un processus naturel.) Cette politique est, pour une grande part, tenue secrète dans sa production et dans sa diffusion. Et c’est déjà tout un travail de recherche qui est nécessaire pour la découvrir avant qu’elle soit mise en oeuvre. Ensuite, cette politique a des effets que l’on peut prévoir grâce aux ressources de la science sociale, mais qui, à court terme, sont encore invisibles pour la plupart des gens. Autre caractéristique de cette politique : elle est pour une part produite par des chercheurs. La question étant de savoir si ceux qui anticipent à partir de leur savoir scientifique les conséquences funestes de cette politique peuvent et doivent rester silencieux. Ou s’il n’y a pas là une sorte de non assistance à personnes en danger. S’il est vrai que la planète est menacée de calamités graves, ceux qui croient savoir à l’avance ces calamités n’ont-il pas un devoir de sortir de la réserve que s’imposent traditionnellement les savants ?

Il y a dans la tête de la plupart des gens cultivés, surtout en science sociale, une dichotomie qui me paraît tout à fait funeste : la dichotomie entre scholarship et commitment- entre ceux qui se consacrent au travail scientifique, qui est fait selon des méthodes savantes à l’intention d’autres savants, et ceux qui s’engagent et portent au dehors leur savoir. L’opposition est artificielle et, en fait, il faut être un savant autonome qui travaille selon les règles du scholarship pour pouvoir produire un savoir engagé, c’est-à-dire un scholarship with commitment. Il faut, pour être un vrai savant engagé, légitimement engagé, engager un savoir. Et ce savoir ne s’acquiert que dans le travail savant, soumis aux règles de la communauté savante.

Autrement dit, il faut faire sauter un certain nombre d’oppositions qui sont dans nos têtes et qui sont des manières d’autoriser des démissions : à commencer par celle du savant qui se replie dans sa tour d’ivoire. La dichotomie entre scholarship et commitment rassure le chercheur dans sa bonne conscience car il reçoit l’approbation de la communauté scientifique. C’est comme si les savants se croyaient doublement savants parce qu’ils ne font rien de leur science. Mais quand il s’agit de biologistes, ça peut être criminel. Mais c’est aussi grave quand il s’agit de criminologues. Cette réserve, cette fuite dans la pureté, a des conséquences sociales très graves. Des gens comme moi, payés par l’État pour faire de la recherche, devraient garder soigneusement les résultats de leurs recherches pour leurs collègues ? Il est tout à fait fondamental de donner la priorité de ce qu’on croit être une découverte à la critique des collègues, mais pourquoi leur réserver le savoir collectivement acquis et contrôlé ?

Il me semble que le chercheur n’a pas le choix aujourd’hui : s’il a la conviction qu’il y a une corrélation entre les politiques néolibérales et les taux de délinquance, une corrélation entre les politiques néolibérales et les taux de criminalité, une corrélation entre les politiques néolibérales et tous les signes de ce que Durkheim aurait appelé l’anomie, comment pourrait-il ne pas le dire ? Non seulement il n’y a pas à le lui reprocher, mais on devrait l’en féliciter. (Je fais peut-être une apologie de ma propre position…)

Maintenant, que va faire ce chercheur dans le mouvement social ? D’abord, il ne va pas donner des leçons – comme le faisaient certains intellectuels organiques qui, n’étant pas capables d’imposer leurs marchandises sur le marché scientifique où la compétition est dure, allaient faire les intellectuels auprès des non-intellectuels tout en disant que l’intellectuel n’existait pas. Le chercheur n’est ni un prophète ni un maître à penser. Il doit inventer un rôle nouveau qui est très difficile : il doit écouter, il doit chercher et inventer ; il doit essayer d’aider les organismes qui se donnent pour mission – de plus en plus mollement, malheureusement, y compris les syndicats – de résister à la politique néolibérale ; il doit se donner comme tâche de les assister en leur fournissant des instruments. En particulier des instruments contre l’effet symbolique qu’exercent les « experts » engagés auprès des grandes entreprises multinationales. Il faut appeler les choses par leur nom. Par exemple, la politique actuelle de l’éducation est décidée par l’UNICE, par le Transatlantic Institute, etc.i. Il suffit de lire le rapport de l’Organisation mondiale pour le commerce (OMC) sur les services pour connaître la politique de l’éducation que nous aurons dans cinq ans. Le ministère de l’Éducation nationale ne fait que répercuter ces consignes élaborées par des juristes, des sociologues, des économistes, et qui, une fois mises en forme d’allure juridique, sont mis en circulation.

Les chercheurs peuvent aussi faire un chose plus nouvelle, plus difficile : favoriser l’apparition des conditions organisationnelles de la production collective de l’intention d’inventer un projet politique et, deuxièmement, les conditions organisationnelles de la réussite de l’invention d’un tel projet politique ; qui sera évidemment un projet collectif. Après tout, l’Assemblée constituante de 1789 et l’Assemblée de Philadelphie étaient composées de gens comme vous et moi, qui avaient un bagage de juriste, qui avaient lu Montesquieu et qui ont inventé des structures démocratiques. De la même façon, aujourd’hui, il faut inventer des choses… Évidemment, on pourra dire : « Il y a des parlements, une confédération européennes des syndicats, toutes sortes d’institutions qui sont sensées faire ça. » Je ne vais en pas faire ici la démonstration, mais on doit constater qu’ils ne le font pas. Il faut donc créer les conditions favorables à cette invention. Il faut aider à lever les obstacles à cette invention ; obstacles qui sont pour une part dans le mouvement social qui est chargé de les lever – et notamment dans les syndicats…

Pourquoi peut-on être optimiste ? Je pense qu’on peut parler en termes de chances raisonnables de succès, qu’en ce moment c’est le kairos, le moment opportun. Quand nous tenions ce discours autour de 1995, nous avions en commun de ne pas être entendus et de passer pour fous. Les gens qui, comme Cassandre, annonçaient des catastrophes, on se moquait d’eux, les journalistes les attaquaient et ils étaient insultés. Maintenant, un peu moins. Pourquoi ? Parce que du travail a été accompli. Il y a eu Seattle et toute une série des manifestations. Et puis, les conséquences de la politique néolibérale – que nous avions prévues abstraitement – commencent à se voir. Et les gens, maintenant, comprennent… Même les journalistes les plus bornés et les plus butés savent qu’une entreprise qui ne fait pas 15 % de bénéfices licencie. Les prophéties les plus catastrophistes des prophètes de malheur (qui étaient simplement mieux informés que les autres) commencent à être réalisées. Ce n’est pas trop tôt. Mais ce n’est pas non plus trop tard. Parce que ce n’est qu’un début, parce que les catastrophes ne font que commencer. Il est encore temps de secouer les gouvernements sociaux-démocrates, pour lesquels les intellectuels ont les yeux de Chimène, surtout quand il en reçoivent des avantages sociaux de tous ordres…

Un mouvement social européen n’a, selon moi, de chance d’être efficace que s’il réunit trois composantes : syndicats, mouvement social et chercheurs – à condition, évidemment, de les intégrer, pas seulement de les juxtaposer. Je disais hier aux syndicalistes qu’il y a entre les mouvements sociaux et les syndicats dans tous les pays d’Europe une différence profonde concernant à la fois les contenus et les moyens d’action. Les mouvements sociaux ont fait exister des objectifs politiques que les syndicats et les partis avaient abandonnés, ou oubliés, ou refoulés. D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel.

Il faut prendre des risques. Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage. Mais je vais dire aussi : « Attention, pas de « syndicalophobie ». Il y a une logique des appareils syndicaux qu’il faut comprendre. » Pourquoi est-ce que je dis aux syndicalistes des choses qui sont proches du point de vue que les mouvements sociaux ont sur eux et pourquoi vais-je dire aux mouvements sociaux des choses qui sont proches de la vision que les syndicalistes ont d’eux ? Parce que c’est à condition que chacun des groupes se voie lui-même comme il voit les autres qu’on pourra surmonter ces divisions qui contribuent à affaiblir des groupes déjà très faibles. Le mouvement de résistance à la politique néo-libérale est globalement très faible et il est affaibli par ses divisions : c’est un moteur qui dépense 80 % de son énergie en chaleur, c’est-à-dire sous forme de tensions, de frictions, de conflits, etc. Et qui pourrait aller beaucoup plus vite et plus loin si…

Les obstacles à la création d’un mouvement social européen unifié sont de plusieurs ordres. Il y a les obstacles linguistiques, qui sont très importants, par exemple dans la communication entre les syndicats ou les des mouvements sociaux – les patrons et les cadres parlent les langues étrangères, les syndicalistes et les militants beaucoup moins. De ce fait, l’internationalisation des mouvements sociaux ou des syndicats est rendue très difficile. Puis il y a les obstacles liés aux habitudes, aux modes de pensée, et à la force des structures sociales, des structures syndicales. Quel peut être le rôle des chercheurs là-dedans  ? Celui de travailler à une invention collective des structures collectives d’invention qui feront naître un nouveau mouvement social, c’est-à-dire des nouveaux contenus, des nouveaux buts et des nouveaux moyens internationaux d’action.

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Pierre Bourdieu

Sociologue, professeur au Collège de France.

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Lire Europe Inc. Liaisons dangereuses entre institutions et milieux des affaires européens, CEO, Agone, Marseille 2000.

Édition imprimée — février 2002 — Page 3

 

Science sociale et action politique.
 

Jérôme Meizoz.
Domaine public,
no. 1514, Lausanne, 9 mai 2002
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deux mois après la mort du sociologue français, Interventions recueille les principaux textes à portée militante de Pierre Bourdieu, inédits ou parus entre 1961 et 2001. L’ouvrage, préparé du vivant de l’auteur, a un double but. D’abord, convaincre que les savoirs des sciences sociales peuvent accompagner l’action politique et l’informer. Ensuite, par la reconstitution chronologique des positions politiques de l’auteur, faire voir que l’engagement de Bourdieu ne date pas des grèves de 1995. Contre les propos de nombreux journalistes qui ont vu en Bourdieu un savant égaré sur le tard dans la militance, ce livre fait voir la cohérence de sa conception de l’“intellectuel spécifique”, que Bourdieu partageait avec Michel Foucault. Ensemble ils signent d’ailleurs plusieurs textes, dont un message de soutien au syndicat polonais Solidarnosc en décembre 1981. Le passage de Bourdieu - philosophe de formation - à la sociologie est contemporain de ses premiers textes engagés, et hâté par le même événement : la guerre d’Algérie. On trouvera plusieurs articles de cette période sur le sujet, non sans regretter l’absence d’autres, parus dans de petites revues algériennes. Mai 1968 occasionne des analyses assez sévères du mouvement étudiant, inspiré pourtant en partie du choc que constitua Les Héritiers (1964). L’essentiel des articles porte, très tôt, sur le rôle des intellectuels critiques dans la dénonciation des idéologies dominantes, qu’elles soient staliniennes, de droite conservatrice ou social-démocrates. Dès l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981, Bourdieu reproche sévèrement à la gauche réformiste d’accompagner le libéralisme et de le légitimer par un bouclier moral. Il l’écrira à de multiples reprises, non sans un humour parfois grinçant : « De quelqu’un qui ment effrontément, les Kabyles disent : “Il m’a mis l’Est en Ouest”. Les apparatchiks de gauche nous ont mis la gauche à droite. »
Bourdieu en appelle alors à un retour à la tradition libertaire de la gauche, et à de nouvelles formes de mobilisation internationales, notamment par le biais de réseaux hors partis, constitués de militants, étudiants, artistes, intellectuels et travailleurs, capables de faire plier les appareils d’état ou les grandes entreprises capitalistes. Il participe ainsi à la mise sur pied du Parlement international des écrivains, fonde les groupes Raison d’agir ainsi qu’une maison d’édition militante, apporte sa caution à plusieurs associations anti-racistes. De par ses saines colères et sa chaleureuse énergie intellectuelle, Interventions invite à persévérer en ce sens.

Pour un savoir engagé.Un texte inédit de Pierre Bourdieu. dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN traitg

BOURDIEU
Jean-Paul Monferran, L’Humanité, 06 Septembre 2002 – CULTURES.

De « Révolution dans la révolution » - paru dans Esprit en janvier 1961, et qui interroge la guerre de libération algérienne en notant que «  le peuple sera ce qu’on le provoquera à être : force de révolution perdue pour la révolution ou force révolutionnaire «  - jusqu’à « Instituer efficacement l’attitude critique » - repris d’une conférence prononcée en juin 2001 à Beaubourg dans le cadre d’une journée consacrée à Michel Foucault -, Interventions (1) regroupe de nombreux textes « politiques » ou « critiques » de Pierre Bourdieu, souvent peu accessibles, voire inédits en français. Mais surtout, à la façon dont le sociologue lui-même avait conçu une articulation inédite entre « recherche scientifique » et « interventions politiques », le travail de Franck Poupeau et de Thierry Discepolo permet de saisir la genèse de toute une démarche, qui partage beaucoup, justement, de celle de Foucault sur « la place et le rôle de l’intellectuel spécifique et critique ». D’où ces questions, lancées par Bourdieu lui-même dans son ultime « intervention » : «  Les concepts, disait-il, viennent des luttes et doivent retourner aux luttes. Comment faut-il entendre cette phrase aujourd’hui ? Est-il possible de concilier la recherche théorique et l’action politique ? Y a-t-il place encore pour des intellectuels à la fois autonomes (des pouvoirs) et engagés (le cas échéant contre les pouvoirs) ?  » (2). Questions laissées ouvertes, en « héritage », si l’on ose dire, si tant est que « le travail de conversion des pulsions sociales en impulsions critiques » - pour reprendre une formule de Franck Poupeau - a pu générer à la fois un formidable travail (celui de Bourdieu et d’autres) montrant combien la sociologie elle-même s’est trouvée enrichie par l’engagement politique et par la réflexion permanente sur les conditions de cet engagement, mais aussi une réception parfois brouillée, souvent malveillante, dans laquelle se trouve précisément en jeu l’analyse du pouvoir des « journalistes et des intellectuels médiatiques », qui est au cour de plusieurs des « interventions » réunies ici. À commencer par le magistral « La télévision peut-elle critiquer la télévision ? », « chronique d’un passage à l’antenne » dans l’hiver 1996. «  Science sociale et militantisme, loin de s’opposer peuvent être conçus comme les deux faces d’un même travail d’analyse, de décryptage et de critique de la réalité sociale pour aider à sa transformation « , note encore Franck Poupeau dans l’entretien accordé à l’Humanité. Manière de dire, et ce que fut un apport majeur de Bourdieu, et ce que le monde d’aujourd’hui peut encore dire à son ouvre, du « sous-prolétariat » colonisé aux « précaires » de tous les pays.

(1) Pierre Bourdieu, Interventions 1961-2001, textes choisis et présentés par Franck Poupeau et Thierry Discepolo, Agone, 2002, 488 pages, 20 euros.
(2) Cf. page 472.

 

 

Un savant inventif et iconoclaste.

 LOIC WACQUANT

 

Paris, 27 janvier 2001
Ce texte a paru : en anglais, espagnol et japonais :
2002 « An Inventive and Iconoclastic Scientist. » Berkeley Journal of Sociology 46: 177-179. Traduction espagnole : « Un sabio imaginativo e iconoclasta, » Archipiélago. Cuadernos de crítica de la cultura, 51, Spring 2002, pp. 94-96. En japonais : Iichiko (Tokyo), 82, Spring 2003.

 

  

Avant d’être cet « intellectuel engagé » aux côtés du mouvement social que les média français ont tour à tour honni (longuement, de son vivant) et célébré (brièvement, après l’annonce de son décès subit) sans jamais prendre la peine de le lire, Pierre Bourdieu est d’abord un savant d’exception, sociologue et non philosophe de profession. La différence n’est pas simplement sémantique, toute son œuvre est là pour en attester, et il n’a jamais cessé de se revendiquer de cette « science paria », modeste par l’attention patiente qu’elle requiert pour les choses ordinaires du monde, immensément ambitieuse par l’ampleur de son domaine —  »tout est social, » affirmait-il — et éminemment dérangeante par ses incontournables répercussions civiques. Bourdieu a changé à jamais la face de sa discipline d’adoption, relevé la science de la société, tombée dans l’indigence et l’indifférence depuis la disparition d’Émile Durkheim et ses élèves, décimés par la Grande guerre, et bouleversé ce faisant tous les domaines d’investigation connexes, de l’anthropologie à l’éducation et aux gender and gay studies en passant par l’histoire, la politologie, l’économie, la linguistique, la géographie, la littérature comparée, l’esthétique et, ultime ironie ou affront, jusqu’à la philosophie elle-même.

pointg dans CONTRE LA PENSEE UNIQUE Les rhéteurs de magazine ont déjà, en deux jours, avec l’assurance que donne l’ignorance, dressé le bilan de « ce qui restera de Bourdieu ». Pour les chercheurs, et ils sont des milliers de par le monde à travailler avec ses concepts, à questionner ses théories et à tester ses modèles, il faudra plusieurs décennies pour prendre la pleine mesure et tirer toutes les implications d’une pensée foncièrement rétive à la « manuelisation », résolument tournée vers la production de nouveaux objets empiriques, qui est moins une collection de propositions établies et de préceptes d’école qu’une « boite à outils » forgés par et pour la recherche, visant à poser scientifiquement au monde social ces questions fructueuses qui, en déchirant le voile du va-de-soi, nous permettent de le voir, et de se voir, avec des yeux neufs. La sociologie selon Bourdieu est une metanoïa méthodique sans cesse recommencée; une ascèse cognitive (et collective) qui exige de questionner à chaque instant les préconstructions du sens commun mais aussi les divisions entre disciplines et les hiérarchies héritées entre objets, techniques et théories qui façonnent la production du savoir; bref, une dissection mutuelle en actes de la raison sociale et de la raison scientifique.

pointg dans GALERIE DES GRANDES AMES Il n’est pas aujourd’hui de pratique, pas d’institution, pas de zone de l’espace social, sous-prolétariat ou intelligentsia, paysans ou professeurs, mariage ou chômage, école ou Église, État ou marché, science, art, sport, corps, média, politique, éthique, rapports entre les genres, les âges, les ethnies ou les classes, dont l’étude n’ait été profondément transformée par ses travaux. Car Bourdieu a su allier la rigueur de la méthode scientifique à l’inventivité de l’artiste, une culture théorique incomparable mariant des auteurs que la tradition canonique affectionne d’opposer — Durkheim et Weber, Marx et Mauss, Cassirer et Wittgenstein, Husserl et Lévi-Strauss, Maurice Merleau-Ponty et John Austin, Gaston Bachelard et Erwin Panofsky — à une pratique inlassable de la recherche faisant appel à la gamme complète des techniques d’observation et d’analyse, de l’ethnographie à la statistique, dans laquelle il investissait une libido sciendi sans fin ni fond.

pointg dans LE DROIT DE SAVOIR Pierre Bourdieu était habité d’une curiosité insatiable pour toutes les expériences, tous les jeux, tous les univers sociaux, et il aurait voulu vivre mille vies pour tous les comprendre, en capturer les causes cachées et les raisons intimes. Il y a quelques jours encore, évoquant sa visite de la salle de boxe du ghetto noir de Chicago où je menais alors sous sa direction une étude ethnographique sur le métier de boxeur, il s’était exclamé comme avec regret : « Ah, ça m’aurait bien dit d’apprendre la boxe avec un type comme DeeDee », mon coach octogénaire, disciple de l’entraîneur de Joe Louis et membre du Boxing Hall of Fame des USA. Il détestait les mondanités universitaires et la pompe académique — il a refusé des dizaines de doctorats honorifiques de moults pays. À l’Université de Chicago, toujours en avril 1989, il m’avait demandé de l’aider à se défiler discrètement d’une réception organisée en son honneur par le recteur des sciences sociales. Nous avions filé à l’anglaise et dîné dans un troquet du barrio mexicain de Pilsen où il avait longuement interrogé en espagnol notre serveuse sur sa trajectoire migratoire, avant d’aller écouter du blues au fameux Checkerboard Lounge de Muddy Waters, au cœur du South Side. Là il avait été frappé par « l’économie et la dignité avec lesquels les Noirs dansaient », alors que « les Blancs, eux, dansaient comme ils croient que les Noirs dansent ». À ses yeux, il y avait infiniment plus de sociologie à apprendre de ces deux scènes banales de la vie que des conversations affectées et des assemblées empressées des pontes de l’establishment universitaire étatsunien.

pointg dans PIERRE BOURDIEU Rien ne comblait plus Pierre Bourdieu que le contact des jeunes chercheurs et il ne manquait pas une occasion de se « salir les mains » avec eux au montage de leur projet et à l’évaluation de leurs investigations. Lors de sa dernière visite aux États-Unis, à Berkeley au printemps 1996, malgré un emploi du temps déjà grotesquement surchargé — dix conférences publiques en douze jours, sur autant de sujets (dont la révolution symbolique de Flaubert, la domination masculine, l’invention de l’État, la logique du don, la force du droit, et la mission des intellectuels pour le siècle à venir) devant des foules gigantesques qui le poursuivaient partout et allaient grossissant au fil de la semaine — et les demandes incessantes de rendez-vous des grandes têtes du campus, il avait tenu à intervenir dans mon cours de premier cycle et à faire des « heures de permanence » pour rencontrer les doctorants du département et s’informer sur leurs recherches. La veille, il avait lu attentivement la trentaine de résumés serrés de leur travail soumis par les heureux élus. Je le revois, endormi d’épuisement, sur le fauteuil vert de la mezzanine après sa lecture. Je revois la lueur d’émerveillement incrédule dans les yeux des étudiants qui ressortaient de mon bureau, deux par deux, après leur « consultation » historique avec le « witch doctor sociologique ». Et le sourire fatigué mais ravi de Pierre Bourdieu à la fin de l’après-midi, celui d’un savant iconoclaste heureux de faire son métier.

 

 

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On achète bien les cerveaux. La publicité et les médias (extrait)

Posté par issopha le 24 janvier 2008

A lire :

On achète bien les cerveaux. La publicité et les médias (extrait)

Marie Bénilde

   

Nous publions ci-dessous, avec l’autorisation de l’auteur et de l’éditeur, un extrait de On achète bien les cerveaux. Médias et publicité, par Marie Bénilde, Raisons d’Agir, 15 février 2006, 6 euros, isbn : 978-2-912107-31-2. (Acrimed)

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À la télévision comme à la radio, les intérêts croisés des agences de publicité et des médias se vérifient au quotidien à l’institut privé de mesure d’audience Médiamétrie, qui fêtait son vingtième anniversaire en 2005. Vingt ans de Médiamétrie, c’est aussi deux décennies de décervelage à coups d’Audimat, de parts d’audience et de durée d’écoute au service de « clients qui sont aussi nos actionnaires  », comme le rappelle sa présidente, Jacqueline Aglietta. Fabricant exclusif de chiffres d’audience à destination du marché publicitaire, Médiamétrie tient dans sa main tous les médias audiovisuels représentés à son conseil d’administration et dans son capital : 35 % pour les télévisions (France Télévisions, TF1, M6, Canal Plus) ; 35 % pour les agences de publicité, les centrales d’achat d’espace et les annonceurs (Publicis, Havas-Euro RSCG, Carat, DDB Needham, FCB, l’Union des annonceurs) ; 30 %, enfin, pour les stations de radio (Radio France, Europe 1, RMC, RTL) ainsi que l’Institut national de l’audiovisuel.

Depuis 1985, cet organisme « interprofessionnel » créé à l’initiative des pouvoirs publics sert de caution à des directeurs de programmes en panne d’inspiration – l’indigence de leurs « contenus banalisés » a fini par inquiéter jusqu’au Commissariat général au Plan. En 2003, afin d’affiner l’adéquation entre les programmes diffusés et la cible publicitaire visée, Médiamétrie crée TV Performances, un outil qui vérifie si le profil des téléspectateurs d’un programme correspond bien au public souhaité [1]. Qu’une émission déborde de sa cible de « ménagère de moins de 50 ans » ou de « responsables d’achat de 35-50 ans », et elle est immédiatement corrigée.

LA PRESSE OU LE MÉLANGE DES GENRES

La presse écrite ne dispose pas encore de Médiamat. Cela ne l’empêche pas de vendre en gros ses lecteurs aux annonceurs. On fixe leur valeur au moyen d’études d’audience baptisées « Audience et étude de la presse magazine » (AEPM), « Ipsos France cadres actifs » ou Epic. L’audience, qui bénéficie des effets de notoriété des grands titres des médias, est un critère fondé sur le taux déclaratif de lecture, beaucoup plus avantageux pour les supports de publicité : un quotidien comme Libération, dont la diffusion payante moyenne ne dépasse pas 135 000 exemplaires, se targue d’une audience supérieure à 800 000 lecteurs en 2005. Cette même année, selon l’Office de justification de la diffusion (OJD), ventes et abonnements des journaux grand public ont encore baissé de 2,1 %. Plutôt que de chercher les causes profondes de cette désaffection, les éditeurs de presse se tranquillisent en regardant gonfler leur portefeuille publicitaire. En 2005, la publicité dans la presse mondiale a augmenté de 5,7 %, selon l’Association mondiale des journaux. En France, les temps sont cependant plus durs, comme l’atteste la faible progression de ces mêmes recettes en 2005 (+ 1,1 % selon l’Union des annonceurs). En matière d’investissements publicitaires, Internet et la presse gratuite commencent à tailler des croupières aux journaux payants.

Aussi est-il de plus en plus nécessaire de montrer patte blanche si l’on veut convaincre les entreprises et leurs courtiers en publicité d’annoncer dans la presse. Il ne suffit plus, en effet, de mettre en tête de gondole des rubriques comme « Les choses de la vie » (Le Nouvel Observateur), « Art de vivre » (Le Figaro), « Tendances » (L’Express) ou « Rendez-vous » (Le Monde). Même les suppléments high-tech, montres, luxe ou mode ont un air de déjà-vu : ils suintent le piège à pub. Il faut donc montrer aux publicitaires qu’on les aime. On peut, comme L’Équipe en 2004 ou Vogue en 2006, recruter directement son patron – respectivement Christophe Chenut et Xavier Romatet – dans l’agence de pub DDB. Ou, comme Prisma Presse (Capital, Femme actuelle, VSD), débaucher Fabrice Boé chez l’annonceur L’Oréal pour succéder, en juillet 2005, à l’ancien journaliste Axel Ganz à la tête du groupe de presse. En mars 2006, le nouveau patron exigeait de ses rédactions que tout projet d’ouvrage écrit par un collaborateur de Prisma Presse lui soit soumis à l’avance, qu’il ne comporte « aucune orientation ou interprétation politiques  » et qu’il ne mette pas en cause « l’un quelconque des partenaires ou annonceurs publicitaires  » du groupe [2].

Des dirigeants aux ordres du marché, un ton résolument positif propice aux pages de publicité, une nouvelle école de journalisme à Sciences Po qui intègre dans son cursus « la capacité à attirer la publicité  » : la presse ne sait plus quoi inventer pour se vendre aux annonceurs. La plupart des titres économiques ou généralistes se sont dotés de pages consacrées aux médias, au marketing et à la publicité. Leur fonction ? Installer une courroie de transmission avec le monde forcément passionnant de la « communication ». Le Figaro, créateur en 1987 d’une page quotidienne réservée à « la vie des médias et de la publicité  », vite relayée par une émission clone sur LCI et TF1, a poussé très loin cette sorte de compromission institutionnelle. La rubrique offre un traitement hyperbolique à une actualité professionnelle (comme l’obtention des budgets d’achat d’espace publicitaire) qui ne présente pas le moindre intérêt pour un lectorat grand public.

Un exemple, parmi tant d’autres : le feuilleton de l’irruption du matamore Vincent Bolloré, en juin 2005, dans l’arène d’Havas. La presse expliqua d’abord que le remplacement de 4 des 18 administrateurs de cette grosse agence était censé bouleverser les règles du capitalisme hexagonal. La grande affaire fut ensuite de savoir qui prendrait la place du taureau terrassé Alain de Pouzilhac, feu président d’Havas et désormais patron de France 24. Dès lors, la dernière page saumon du Figaro entretenait un suspense insoutenable autour de la nomination attendue du patron de l’agence TBWA Worldwide.

Le 23 juin, un gros titre nous apprend que « Jean-Marie Dru souffle le chaud et le froid » puis, le lendemain, que « Dans sept jours, Jean-Marie Dru dira s’il prend la tête d’Havas ». Finalement, c’est Le Monde qui fut l’auteur d’un scoop digne du Watergate avec une interview du dénommé Dru aussi efficace qu’une révélation de campagne publicitaire : « Il y a un challenge formidable chez Havas mais je reste chez TBWA [3]. » Pour les journalistes du secteur, il vaut mieux accepter de se prêter à ce genre de facéties sous peine d’être désavoués par leur direction. En février 1998, une rédactrice fut ainsi licenciée du Figaro pour « inaptitude à se plier aux exigences rédactionnelles d’un quotidien grand public ». Son crime ? Avoir déplu à Maurice Lévy, président de Publicis. À la faveur du récit de l’OPA ratée de cette société sur le groupe américain True North, la journaliste avait laissé entendre que ce grand patron influent profitait du conflit d’héritage opposant deux actionnaires de Publicis, Élisabeth Badinter et sa soeur, pour récupérer des actions « à titre personnel  ». Maurice Lévy a bien sûr démenti toute implication dans ce limogeage ; et le tribunal des prud’hommes a condamné Le Figaro, le 8 octobre 1998, pour licenciement abusif.

L’emprise de l’agence Publicis sur une bonne partie de la presse tiendrait-elle à ses multiples imbrications capitalistiques ? Présent à 49 % dans la régie publicitaire d’Europe 1, du Monde et de Libération, le groupe de Maurice Lévy a trouvé le moyen d’étendre sa domination, via sa filiale Médias et Régies Europe, en s’alliant avec Lagardère. Cette société holding de Métrobus, bien connue des antipub pour les procès qu’elle leur a intentés à la suite de leurs barbouillages dans le métro, fédère les intérêts croisés des groupes Publicis, Lagardère, Le Monde et Libération.

Le Monde société anonyme est ainsi pris entre deux mâchoires : celle du lion de Publicis, à qui il doit 12 millions d’euros sous forme d’obligations transformables en actions, et celle de Lagardère, qui a injecté dans ses comptes 25 millions d’euros en 2005 en échange de 17 % du capital du Monde SA – sous réserve d’une entente entre les régies publicitaires. « Avec le groupe Lagardère, des accords publicitaires ont été mis en place notamment entre Interdéco, la régie d’Hachette Filipacchi Médias (du groupe Lagardère), et Publicat pour la partie magazine, et entre Régie 1, la régie d’Europe 1, et Le Monde Publicité pour le quotidien », a précisé Jean-Marie Colombani dans La Tribune (30 juin 2006). Autrement dit, Europe 1, Le Monde, Télérama, La Vie, Courrier international, Le Journal du dimanche, La Provence, Nice Matin, Le Midi libre, Paris Match, Elle et Libération ont désormais partie liée avec Publicis, Lagardère Publicité et la régie publicitaire des magazines d’Hachette. « L’idée est d’avoir un retour sur investissement à travers les régies publicitaires », a prévenu Arnaud Lagardère devant les analystes financiers inquiets d’un investissement peu rentable dans le groupe Le Monde, qui accumule les pertes financières.

En 1992, un livre blanc des journalistes du Figaro dénonçait déjà une « confusion entre rédaction et publicité qui contraint des confrères à citer dans des articles des annonceurs du journal et à signer des portraits-interviews entièrement réalisés par les commanditaires avec l’accord des gestionnaires du journal [4] ». Membre du comité d’éthique du Medef et directeur de la rédaction du journal de Serge Dassault, Nicolas Beytout se flatte d’avoir assaini les relations avec les annonceurs. « Le titre doit être complètement indépendant de la publicité, des groupes de pression, mais cette indépendance est aussi permise par sa capacité à gagner de l’argent [5] », déclarait-il à son arrivée. Un an plus tard, nul ne sait si quelques dizaines de journalistes du Figaro travaillent encore aux « piges publicitaires » de quelque 60 guides hors série rémunérées par la régie Publiprint au tarif du feuillet journalistique [6]. On sait en revanche qu’à l’approche des fêtes les rotatives continuent de cracher des catalogues « attrape-pub » ponctués d’articulets plus ou moins élogieux en fonction de l’importance du budget publicitaire (350 pages pour le « Spécial cadeaux » de Noël 2004). Quant aux pages « immobilier », elles sont encore garnies d’interviews de complaisance bien faites pour gratifier les gros pourvoyeurs en annonces. Le nouveau patron de la rédaction a cependant poussé l’exigence déontologique jusqu’à faire figurer l’énigmatique et très discrète mention « Rubrique réalisée par Publiprint » sous un « article », par exemple, financé par le Salon de la copropriété et signé d’un certain Thierry Veyrier sur « Les conséquences de la nouvelle donne » des copropriétaires [7].

L’actionnaire Dassault se montre tellement soucieux de bien faire au Figaro qu’il a confié son œuvre moralisatrice à un directeur général, Francis Morel, condamné à quinze mois de prison avec sursis pour avoir, en 1993, cédé à un prix sous-évalué un bien immobilier des Éditions mondiales (dont il était le PDG) à une société dont il était le propriétaire. Une condamnation confirmée en cassation en 2003 mais qui, selon Marianne, n’a pas empêché le même Morel de faire réaliser les travaux d’aménagement des locaux du Figaro par une société dont il était, la veille de son arrivée, l’administrateur [8].

De tels agissements ne sauraient avoir cours au Monde : le quotidien publie depuis quelques années un Livre de style, synthèse de ses principes qui le pose en parangon de la déontologie journalistique. Mais le « style » du Monde consiste aussi à faire paraître des suppléments publirédactionnels sur les montres, la « vie au féminin » ou des destinations touristiques. Financés par des agences de voyages, ces derniers regorgent d’articles avenants signés par des auteurs inconnus de la rédaction du Monde et rétribués par des tiers. Le 13 octobre 2005, un supplément intitulé « Objectif régions » était inséré dans le quotidien, avec tous les attributs d’un vrai contenu rédactionnel : un éditorial, des articles signés, une mise en page soignée. Seule une mention entre parenthèses – de 1 millimètre de hauteur, soit une taille trois fois moins importante que le corps des caractères utilisés dans les articles -, trahissait la véritable nature du produit : « publicité ». Le journal « de référence » propose régulièrement à ses lecteurs des cahiers de 8, 12 ou 16 pages à la gloire d’États étrangers aussi irréprochables que le Togo, la Tunisie, la Malaisie, la Bulgarie, l’Éthiopie, l’Algérie, la Mauritanie, etc. Au total, comme l’ont rapporté Pierre Péan et Philippe Cohen dans La Face cachée du Monde, une cinquantaine de ces suppléments dithyrambiques ont été publiés sous le label InterFrance Media entre 1999 et 2003. La technique est aujourd’hui connue : un VRP-journaliste se présente – faussement – au nom du Monde, ou tout au moins pour le compte d’une agence travaillant pour lui, afin d’inviter un gouvernement à faire valoir son point de vue, lequel sera fidèlement reproduit et « rentabilisé » grâce à la publicité récoltée localement auprès d’entreprises amies des autorités en place. Le journal se dédouane en affirmant que le supplément publié dans ses pages n’engage pas la rédaction du Monde puisque cette dernière n’a pas participé à l’élaboration de son contenu.

C’est pourtant bien en profitant du crédit de ce « fleuron de la presse mondiale », « le plus lu et le plus influent des journaux hexagonaux à l’étranger », pour reprendre l’argumentaire d’InterFrance Media cité par Péan et Cohen, que l’agence de communication vend une image d’intégrité à des États désireux de faire la promotion de leur régime ou même de répliquer à des articles défavorables publiés dans les colonnes du quotidien.

Comme l’écrit le médiateur du Monde, Robert Solé, le 10 mai 1999, « la question est de savoir si [cette forme de communication] ne porte pas atteinte à l’image d’un journal attentif au tiers-monde et soucieux de vérité ». La « charte publicitaire » publiée dans le Livre de style du Monde stipule pourtant que « toute formule du type “publireportages” ou “pages spéciales offertes” destinées à mêler contenu rédactionnel et contenu publicitaire est proscrite, tant dans Le Monde que dans les suppléments du Monde ». Mais comment renoncer à une manne estimée à 1 ou 2 millions d’euros par an ? Selon les auteurs de La Face cachée du Monde, Interfrance Media est un « faux nez » de l’agence Noa, spécialisée dans la conception de pages de publicité rédactionnelle destinées à des médias réputés comme EuroNews, Paris Match, USA Today, Time, Sunday Telegraph et, bien sûr, Le Monde.

De tels écarts peuvent paraître mineurs. Ils témoignent tout à la fois d’une volonté des annonceurs de s’immiscer dans le contenu des médias et de la proximité des journaux avec ceux qui les financent. Face à ce qui apparaît comme un moindre mal, une bonne partie des journalistes demeurent apathiques, chacun se résignant à ce que son journal soit aussi un support de publicité. Il en va, expliquent les directions, de la santé économique de leur média ; laquelle détermine, par ricochet, la pérennité de leurs emplois. Mais, en utilisant les codes de l’expression journalistique afin de légitimer leur discours, notamment dans la presse féminine, les annonceurs contribuent à décrédibiliser le journalisme. Au risque d’entacher un peu plus la confiance qu’accordent les lecteurs à leurs journaux.

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux. Médias et publicité, Raisons d’Agir, 15 février 2006, 6 euros, pp. 65 à 73.

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[1] Le Monde radio-télévision, 3-4 juillet 2005.

[2] 20 Minutes, 21 mars 2006.

[3] Le Monde, 30 juin 2005.

[4] Le Canard enchaîné, 22 avril 1992.

[5] Le Monde, 2 octobre 2004.

[6] Marianne, 12 février 2005.

[7] Le Figaro, 5 octobre 2005.

[8] Marianne, 12 février 2005.

D’imaginaires « théories du complot »

comme arguments de propagande

Serge Halimi et Arnaud Rindel

   

Le texte dont nous publions ici une version écourtée est paru sous le titre « La conspiration : Quand les journalistes (et leurs favoris) falsifient l’analyse critique des médias » dans Jean Bricmont et Julie Franck (sous la direction de), Chomsky, Cahier de L’Herne, Paris, 2007, 356 pages, 39 €. Il est disponible dans sa version intégrale sur le site de l’Homme moderne (Acrimed)

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Pour expliquer le fonctionnement des médias de masse, nous ne recourons à aucun moment à l’hypothèse d’une conspiration. (Noam Chomsky et Edward S. Herman) [1]

[Les] pensées intentionnalistes et « conspirationnistes », de Chomsky à PLPL […] tendent à faire de l’intentionnalité malfaisante de quelques Puissants dans l’ombre (adossés aux Médias) le principal dans les modes d’oppression (Philippe Corcuff) [2]

J’avoue que depuis quelques temps il m’arrive parfois d’entendre et de voir des choses que personne n’a jamais vues ni entendues (Nicolas Gogol, Le journal d’un fou, 1835).

Vouloir transformer toute analyse des structures de l’économie et de l’information en « théorie du complot » ne constitue pas une falsification ordinaire. Elle s’inscrit dans une logique d’ensemble.

Depuis un quart de siècle, la contre-révolution néolibérale, la décomposition des régimes « communistes » et l’affaiblissement des syndicats ont concouru à la renaissance puis à l’hégémonie d’une pensée individualiste. Les institutions collectives sont démantelées ; celles que l’on édifie sur leurs décombres privilégient le consommateur désaffilié, l’« individu sujet ». Dorénavant perçues comme « marxistes » et donc dévaluées à l’égal des régimes qui se prétendaient tels, les analyses structurelles de l’histoire, de la politique et des médias sont par conséquent dédaignées. Le refus de postuler que la spontanéité des « acteurs » et l’élan impétueux des « droits de l’homme » seraient les principes essentiels guidant la mondialisation expose au risque d’être qualifié d’archaïque, d’extrémiste ou de paranoïaque. Et la trappe de la « fin des idéologies » condamne à la pendaison les « grands récits collectifs » construits autour d’une histoire sociale conflictuelle. […]

L’appétit à traquer partout les fragments d’une pensée individualiste en consonance avec l’air du temps, l’acharnement à secourir des penseurs prestigieux de leurs égarements supposés n’épargnent plus ni Marx ni Proudhon [3]. Certains intellectuels et journalistes, autrefois issus de la gauche contestataire et qui dorénavant convoitent d’autres espaces politiques, plus moelleux, n’ont en effet de cesse de reconstruire les références qui les ont structurés politiquement pour pouvoir ensuite prétendre être demeurés fidèles à leurs engagements passés, mais une fois ceux-ci compris avec un surcroît de maturité — et digérés. Néanmoins, quand les « classiques » de la contestation demeurent encore en vie, la relecture dé-radicalisée de leurs travaux requiert leur concours (Toni Negri, Jürgen Habermas). Chaque fois que l’assistance de ce dernier n’est pas acquise — ou quand il est certain que sa récupération sera impossible — le recyclage manipulateur doit céder le pas à l’opposition frontale. Et alors, à la guerre comme à la guerre : contre les pourfendeurs de la « complexité », la fin justifie les moyens.

C’est dans ce contexte général qu’il convient de replacer la stigmatisation de quiconque — Chomsky ou un autre — entreprend d’étudier un ensemble de contraintes systémiques, donc collectives, pour tenter d’en déduire le comportement vraisemblable des agents d’un champ donné (économique, culturel, médiatique) [4]

L’idée que des pesanteurs sociales produisent des effets distincts de ceux qu’enfanterait la seule volonté des individus incommode assez naturellement tous ceux qui privilégient des déterminations privées plus ou moins dépolitisées : choix du sujet, aptitude à l’« éthique » salvatrice qui protège le système contre ses « excès ». A travers cette grille de lecture strictement individualiste, la critique d’une institution ne peut qu’apparaître comme une mise en cause de la moralité des individus qui la compose ; un dysfonctionnement général – autre que ponctuel – ne saurait exister s’il n’a été intentionnellement et collectivement planifié. La multiplication des critiques formulées à l’encontre des grands médias a donc été traitée par ces mêmes médias comme un supposé « retour des théories du complot ». Leur intérêt affiché pour ce thème a, comme souvent, « spontanément » coïncidé avec une recrudescence des essais diffusés en librairie [5]. L’ensemble s’est traduit par l’assimilation de plus en plus fréquente de toute critique de l’institution médiatique à des conspirations imaginaires [6]

- I -

D’emblée, il faut souligner le paradoxe de la plupart des attaques contre « Pierre Bourdieu » ou « Noam Chomsky » [7] . On reproche à ces deux auteurs de ne pas reconnaître le caractère presque spontané de la transformation économique du dernier quart de siècle, liée à des phénomènes posés comme « naturels » et détachés d’une intention politique et sociale (« mondialisation », « révolution technologique »). Néanmoins, on les pourfend simultanément pour avoir énoncé que des déterminations collectives contraindraient la volonté individuelle.

La juxtaposition de ces deux reproches aboutit à suggérer que l’homme serait autonome vis-à-vis de son groupe social, mais la société des hommes impuissante contre le marché. Déduire les comportements des particuliers de leur socialisation (y compris par l’information, plus ou moins biaisée, qu’ils reçoivent sur leur environnement) et chercher à expliquer des politiques économiques par les intérêts d’une classe au pouvoir oblige à devoir se défendre de croire en un « ordre né d’un complot à la manière d’un nouveau protocole des Sages de Sion » [8] .

C’est imputer une vision sociale bien naïve, pour ne pas dire enfantine à des intellectuels radicaux. Plutôt que née dans le cerveau de « Chomsky » ou de « Bourdieu », on la croit volontiers produite par celui d’un adolescent projetant sur eux ses fantasmes nés d’une fréquentation trop exclusive des romans d’espionnage et des séries télévisées [9].

En 1988, l’économiste Edward S. Herman et le linguiste Noam Chomsky publient un ouvrage devenu l’une des références de la critique radicale des medias, Manufacturing Consent. Political economy of the mass media (La fabrication du consentement. L’économie politique des médias de masse) [10]. Les auteurs y argumentent que les entreprises médiatiques, loin d’éclairer la réalité du monde social, véhiculent une image de ce monde conforme aux intérêts des pouvoirs établis (économiques et politiques).

Les réactions de la plupart des journalistes en vue sont à l’image du commentaire de Tom Wolfe, écrivain américain – et père du « nouveau journalisme ». Il tranche avec dédain : « C’est la vieille théorie de la cabale qui veut que quelque part autour d’un bureau feutré une bande de capitalistes tire les ficelles. Ces bureaux n’existent pas. Je regrette d’avoir à le dire à Noam Chomsky » [11]. Depuis lors, le linguiste n’a cessé de répéter que son analyse ne reposait sur aucune forme de conspiration. Et qu’il avançait « exactement l’inverse » de la caricature que Tom Wolfe lui prêtait.

Ce qui pouvait à la rigueur passer pour un malentendu en 1988 est devenu, en général sous des plumes infiniment moins talentueuses et divertissantes que celle de Tom Wolfe, un procédé de disqualification ordinaire. Il est d’autant plus courant quand ses utilisateurs, situés sur l’espace progressiste de la comète politique, perçoivent en Chomsky un empêcheur de moraliser en rond.

En France, pays où cette campagne ne paraît connaître aucun répit, ce sont donc surtout des périodiques et des intellectuels catalogués à « gauche » qui se sont acharnés à falsifier les travaux et les conclusions du linguiste américain afin de maintenir vivace sa « mauvaise réputation » [12] .

Dès la rédaction de Manufacturing Consent, Chomsky et Herman pressentaient l’orage à venir. « Les critiques institutionnelles, telles que celle que nous présentons dans cet ouvrage sont souvent discrédités par les commentateurs de l’establishment comme étant des “théories du complot” [13] ». Pour tenter d’y remédier, ils prenaient soin de préciser, dès la préface : « Pour expliquer le fonctionnement des médias de masse, nous ne recourons à aucun moment à l’hypothèse d’une conspiration ».

Cette double précaution aurait dû paraître inutile. Aux yeux d’un lecteur normalement constitué, l’analyse proposée dans Manufacturing Consent a en effet à peu près autant de chances de passer pour une théorie du complot qu’un champ de tournesols pour une batterie de casseroles. Le propos du livre souligne que les forces qui conduisent les médias à produire une information politiquement et socialement orientée, loin d’être enfantées par l’amoralité de certains individus, tiennent avant tout à des mécanismes inscrits dans la structure même de l’institution médiatique son mode d’organisation et de fonctionnement en particulier.

Selon Chomsky et Herman, ces mécanismes opèrent sous forme de « filtres », de «  facteurs institutionnels qui fixent les limites à ne pas franchir dans la diffusion des faits et leur interprétation, au sein des institutions à caractère idéologique [14]  ».

Le premier filtre tient à la nature des propriétaires des médias dominants. Détenus par des oligopoles privés, ces moyens d’information et de communication sont mus par la logique du profit maximum.
Le second filtre renvoie aux sources de financement des grandes entreprises médiatiques. Leurs recettes proviennent principalement de leurs clients les annonceurs auxquels elles vendent des taux d’audience.
Le troisième filtre concerne les sources d’information privilégiées par les journalistes.
Le quatrième correspond aux protestations adressées aux responsables de la presse, lesquelles contribuent à apprécier les limites de ce qui est diffusable sans risque.
Le dernier filtre est celui des présupposés idéologiques dominants, intériorisés par les journalistes et qui guident leur interprétation de l’actualité comme le compte rendu qu’ils en font. Dans les années 80, le présupposé dominant était l’idéologie anticommuniste. Il est désormais «  surpassé par une force idéologique plus puissante encore, celle de la croyance dans le “miracle du marché” (selon l’expression de Reagan) [
15]  ».

Ce cadre d’interprétation général détermine le traitement réservé aux politiques, gouvernements et interlocuteurs « orthodoxes ». Ils sont systématiquement valorisés et leurs erreurs, voire leurs crimes, paraissent toujours moins atroces que ceux que commettraient des « dissidents » au système de croyance dominant.

Ces cinq filtres ont une particularité commune. Tous favorisent le contrôle et l’orientation de l’information dans un sens conforme aux intérêts privés. «  Les mêmes sources de pouvoir sous jacentes qui possèdent les médias et les financent en tant qu’annonceurs, qui jouent le rôle de “définisseur primaire” des “nouvelles”, qui produisent les “tirs de barrage” et les experts orthodoxes, jouent également un rôle clé dans la définition des principes de base et des idéologies dominantes [16]  ».

- II -

Sorti à Paris en 1993 sous le titre Chomsky, les médias et les illusions nécessaires, le documentaire de Peter Wintonick et Marc Achbar (Manufacturing Consent : Noam Chomsky and the media) a permis de constater que, malgré les précautions des auteurs, l’assimilation de leur travail sur les médias à une « théorie du complot » est aussi ancienne que récurrente. Pas une réunion publique filmée par les réalisateurs ne semble se tenir sans qu’un participant n’entreprenne de demander des comptes à Chomsky sur les délires paranoïaques qui lui sont imputées. Alors, de débats en conférences, le linguiste répète. « Une des données structurelles du capitalisme entrepreneurial est que les “joueurs” doivent accroître leurs profits et leurs parts de marchés – s’ils ne le font pas, ils seront éliminés de la partie. Aucun économiste ne l’ignore : ce n’est pas une théorie du complot de le souligner, c’est simplement prendre en compte un fait caractéristique de cette institution Noam Chomsky in Peter Mitchel et John Schoeffel, Understanding Power, op. cit., p.26.]]  ».

Mais rien n’y fait. En 2002, l’éditorialiste Philippe Val, patron d’un hebdomadaire satirique longtemps classé à gauche, Charlie Hebdo, inquiet de l’influence radicale de Noam Chomsky, entreprend de la contrecarrer dans trois éditoriaux successifs, d’autant plus vindicatifs qu’ils fourmillaient d’erreurs. La transcription en français d’une des conférences du linguiste, donnée onze ans plus tôt [17] a suffi à Philippe Val pour aboutir à ce verdict : «  Pour lui [Chomsky], l’information […] n’est que propagande [18] ». Une fois de plus, Chomsky rabâchera alors : « Je n’ai jamais dit que tous les médias n’étaient que propagande. Loin de là. Ils offrent une grande masse d’informations précieuses et sont même meilleurs que par le passé […] mais il y a beaucoup de propagande [19] ».

Il n’est pire sourd… Au même moment, Daniel Schneidermann, journaliste spécialisé dans l’observation des médias, « résume » à son tour « la thèse [...] du linguiste Noam Chomsky  » : « Asservis au lobby militaro industriel, obéissant au doigt et à l’œil à des consignes politiques, ils [les médias] n’ont de cesse de débiter des futilités au kilomètre, pour empêcher « la masse imbécile » de réfléchir à l’essentiel [20].  »

En 1996, Edward Herman avait pourtant lui aussi précisé les choses : « Nous avons souligné que ces filtres fonctionnement essentiellement par l’intermédiaire des actions indépendantes de nombreux individus et organisations, qui peuvent parfois, mais pas toujours, avoir des points de vue similaires et des intérêts communs. En bref, le modèle de propagande décrit un système de traitement et de régulation décentralisé et “non-conspiratonniste” s’apparentant à un système de marché, bien que le gouvernement ou un ou plusieurs acteurs privés puissent parfois prendre des initiatives et mettre en œuvre une action coordonnée des élites sur un sujet précis [21] ».

« Si je parlais de l’Union Soviétique, complétait Chomsky, et que je disais, “regardez, voici ce que le bureau politique a décidé, et ensuite le Kremlin a fait ça”, personne ne qualifierait cela de “théorie conspirationniste” – tout le monde comprendrait que je parle seulement de décisions planifiées. Seulement voilà, ironisait le linguiste, « ici, personne ne planifie jamais rien : nous agissons guidés uniquement pas une sorte de bienveillance universelle, en trébuchant de temps en temps ou en faisant parfois des erreurs. […] Dès que vous décrivez des réalités élémentaires, et attribuez une rationalité minimale aux pouvoirs en place […] c’est une théorie conspirationniste. [22]  »

C’est peine perdue. En 2004, Géraldine Muhlmann publie Du journalisme en démocratie. Le livre, qui lui vaut aussitôt un déluge de critiques louangeuses, résume les 400 pages de Manufacturing Consent en une douzaine de lignes attribuant doctement aux deux auteurs un « schéma public innocent / journalistes malfaisants, le premier étant pris en otage par les seconds [23]  ».

Au nombre des louanges que lui vaut ce résumé particulier, Géraldine Muhlmann reçoit ceux de Philippe Corcuff. Cet universitaire lyonnais a fait de la « complexité » une de ses marques de fabrique (au point qu’il est sans doute l’un des seuls au monde à avoir compris le sens et l’intérêt du concept, assurément complexe, de « social-démocratie libertaire » dont il est l’auteur). Il découvre pourtant à son tour en Pierre Bourdieu, en Noam Chomsky (mais aussi en Acrimed et en PLPL) une « rhétorique du “complot”  » qui valorise «  l’intentionnalité de quelques acteurs “puissants” » [24]. Il a fallu assurément que Philippe Corcuff empile tous ses talents de maître de conférences en science politique, de militant de la LCR et de membre du conseil scientifique d’Attac pour que l’analyse « structurelle » des médias se voit ainsi ramenée à la « rhétorique de quelques acteurs ». Cette prouesse lui a valu d’être à son tour encensé par Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, qui désormais s’inquiète lui aussi de « cette vision du monde » dans laquelle « il n’y a place que pour des machinations individuelles  » [25].

- III -

Ces charges incessantes présentent une caractéristique commune : elles se limitent toutes à déprécier les conclusions de Chomsky, sans jamais évoquer les preuves qui viennent les étayer.

Examiner les faits rapportés par les auteurs avant de prétendre trancher sur leur interprétation devrait constituer un préalable à toute discussion sérieuse. Mais on perçoit aussitôt le problème qui naîtrait de tels scrupules. Il faudrait alors se frotter à la masse d’observations – rigoureuses et détaillées – présentées par Chomsky et Herman pour fonder leurs analyses. Et si au terme d’un tel examen, on devait admettre la réalité des déformations rapportées, il ne suffirait plus de discréditer l’explication avancée par les auteurs : il deviendrait urgent d’en proposer une autre. La tentative de ramener cette désinformation ordinaire à des « emballements » extra-ordinaires ou à des « imperfections inévitables » ne saurait suffire – surtout après que chacun ait signifié à quel point le rôle de l’ « information » constituait un marqueur fondamental entre démocratie et dictature.

La dénonciation de la prétendue théorie du complot de Chomsky – et de ceux qui en France, recourent au même type d’analyse institutionnelle – se limite donc, sagement, à marteler un reproche infondé. Aux yeux de la masse des non-lecteurs des travaux incriminés, la répétition de la même imputation vaudra confirmation de sa véracité – et invitation à ne pas s’abîmer dans une lecture présentée comme aussi fruste.

Les assauts répétés contre la critique radicale des médias dévoilent par ailleurs une contradiction intellectuelle. D’une part, les assaillants reprochent aux deux critiques de défendre l’idée d’une conspiration ourdie dans l’ombre. Mais, au même moment, ils relèvent que cette « théorie du complot » a recours à des documents publics, à des citations de presse, preuve que cette critique se réfute d’elle-même, et que la couverture médiatique des sujets controversés serait en réalité adéquate.

Pourtant, dès lors que, de l’aveu même de ses adversaires, la critique radicale s’appuie sur des documents publics, des intérêts transparents et publiquement énoncés, comment pourrait-elle renvoyer à des comploteurs tapis dans d’obscurs « bureaux feutrés » ? La réponse est déjà trouvée : puisque que la critique des médias est une « théorie du complot », la transparence des logiques qu’elle éclaire… prouve son ineptie ! Nicole Bacharan, chargée de cours à l’Institut d’études politiques de Paris, explique ainsi, matoise : « Ce qui à mon sens [...] défait totalement la théorie du complot à cet égard, c’est que c’est très, très clair. Les intérêts [...] ne sont pas cachés, il n’y a pas besoin d’aller soulever des coins d’ombre [26] ».

Il vaut ici de noter que la chargée de cours est également une commentatrice, aussi omniprésente que peu reconnue par ses pairs universitaires, de la politique américaine dans les médias français. La surface journalistique est d’ailleurs en général proportionnelle à la disposition à fustiger… le simplisme de la critique radicale du journalisme. Qu’on ne cherche nulle « théorie du complot » dans cette remarque ancrée dans une observation psychologique tout à fait ordinaire : un système qui fait appel à vous (et qui vous rémunère, vous promeut) ne saurait jamais être tout à fait mauvais.

Odieux quand on croît le débusquer sous la plume de Chomsky (qui n’y a jamais recours), l’usage, usuel, d’un champ lexical « conspirationniste » ne provoque en revanche aucune protestation quand on le retrouve dans la bouche ou dans les textes des avocats du système social.

Ainsi, lors des grèves du printemps 2003, le ministre de l’éducation nationale français de l’époque, le philosophe médiatique Luc Ferry, s’indignait du comportement des enseignants en dénonçant à plusieurs reprises «  une campagne de désinformation [27] ». Deux ans plus tard, les lycéens en colère lui parurent « manipulés » par leurs professeurs [28] . Curieusement, nul ne reprocha à l’essayiste-ministre de propager une image simpliste et uniforme d’un corps de métier, ou une vision « conspirationniste » d’un mouvement social.

De même, Géraldine Muhlmann n’est pas souvent soupçonnée de défendre une théorie du complot, d’exagérer le caractère secret et les ressorts inavoués des dynamiques sociales quand elle s’interroge sur l’utilité du journalisme qui devrait davantage « aller voir où en général personne ne va, dans les lieux cachés [29] ». Le même reproche ne fut pas non plus opposé à Laurent Joffrin lorsqu’il s’exclama qu’« évidemment, les pouvoirs cachent les choses [30] », pas plus qu’à Daniel Schneidermann au moment où le chroniqueur du Monde écrivait : « Etre journaliste, c’est ne croire rien ni personne, savoir que tous mentent, qu’il faut tout vérifier en permanence [31] ». Désinformation, tromperies, vérités cachées, mensonges, complicité… quel critique des médias, même radical, emploierait impunément un tel vocabulaire ? [32]

Comme les pourfendeurs de l’« analyse institutionnelle » sont en peine – et pour cause – d’expliquer en quoi celle-ci constituerait une vision « conspirationniste », ils procèdent par amalgame. Si ce n’est toi, c’est donc ton frère… Ainsi, se penchant sur le terreau ayant favorisé l’irruption de Thierry Meyssan [33] sur la scène médiatique, Daniel Schneidermann a associé dans un même passage X-files, Michael Moore, David Vincent (héros d’une série télévisée des années 60 ayant pour thème l’invasion extra-terrestre), le film JFK d’Oliver Stone (attribuant l’assassinat de Kennedy à un complot) et « la thèse depuis de longues décennies du linguiste Noam Chomsky [34]  ».

Si le camp des paranoïaques est délimité avec énormément de générosité, les arrière-pensées qu’on lui prête sont plus étroites. Pour Géraldine Muhlmann, la critique radicale qui « n’est pas claire sur ses implicites [35]  », aurait tendance à «  glisser, parfois, sur une pente antidémocratique [36]  ». Nicolas Weill, journaliste au Monde, félicita aussitôt la philosophe amie des médias d’avoir perçu cette «  tendance non assumée à l’antidémocratisme  ». Il regrettait cependant que « L’analyse n’a[it] pas été poussée jusqu’au point où la critique du journalisme au XIXe et au début du XXe siècle épouse un autre phénomène : celui de l’antisémitisme [37] ».

On le voit, des élites intellectuelles et médiatiques reprochent à l’analyse institutionnelle tout et son contraire, exigent d’elle qu’elle respecte des principes qu’ils n’appliquent pas aux autres, la réduisent à une vague opinion en occultant toute la part d’argumentation rationnelle qui fonde sa légitimité, n’informent pas sur cette critique (et ne s’informent sans doute pas eux même à son sujet), limitent leurs seuls « arguments » à des amalgames enfantins, des insinuations diffamatoires et des imprécations sans réplique. Ces attaques recèlent par conséquent toutes les caractéristiques de la propagande…

Serge Halimi & Arnaud Rindel

janvier 2006

- Version intégrale sur le site de l’Homme moderne (Acrimed)


 

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[1] Noam Chomsky et Edward S. Herman, Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media, Pantheon Books, New York, (1998) 2002, p.IX.

[2] Philippe Corcuff, « Gauche de gauche : le cadavre bouge encore », octobre 2004 . Philippe Corcuff est un universitaire français, par ailleurs chroniqueur à Charlie Hebdo au moment de ses attaques contre Bourdieu, Chomsky et, plus généralement, contre la critique radicale des médias – dont PLPL (Pour lire pas lu) était, avec le site Acrimed (Action Critique Média), l’un des principaux organes. Au nom d’Acrimed, le sociologue Patrick Champagne a répliqué au chroniqueur de Charlie Hebdo dans « Philippe Corcuff, critique “intelligent” de la critique des médias ».

[3] Voir par exemple la récente biographie de Karl Marx (Jacques Attali, Karl Marx ou l’esprit du monde, Fayard, 2005), de laquelle l’essayiste, ancien conseiller de François Mitterrand, puis banquier, retient surtout que l’auteur du Capital « écrit tout le temps qu’il est pour la mondialisation, qu’il est pour le capitalisme, qu’il est pour le libéralisme économique, qu’il est pour la bourgeoisie. » (France culture, 22 juin 2005). Une « lecture » martelée tout au long de son interminable tournée de promotion médiatique.

[4] Lire, pour d’autres exemples : « La critique des médias », Pour Lire Pas Lu (PLPL) n°20, Juin-Aout 2004 ; également la rubrique « Haro sur la critique des médias ».

[5] L’année 2005 vît ainsi fleurir les ouvrages, couvertures de presse et dossiers spéciaux consacrés à ce thème. Entre autres : Antoine Vitkine, Les nouveaux imposteurs, La martinière, Paris, 2005 ; Véronique Campion-vincent, La société parano. Théories du complot, menaces et incertitudes, Payot, 2005 ; Pierre-André Taguieff, La foire aux illuminés. Esotérisme, théorie du complot, extrémisme, Mille et une nuits, 2005 ; Frédéric Charpier, L’Obsession du complot, Bourin éditeur, 2005. La sortie de ces ouvrages fut accompagnée – au moins pour les trois premiers – d’articles de presse élogieux dans les principaux quotidiens et hebdomadaires et de multiples apparitions médiatiques de leurs auteurs. De son côté, le magazine TOC consacra un dossier à « La mode des complots » (mars 2005). Le magazine Littéraire fit de même avec « La paranoia » (juillet-aout 2005) avant que Le Monde 2 ne s’intéresse au « retour des théories du complot » (5 novembre 2005). L’année 2005 vit également la parution d’une bande dessinée de Will Eisner sur l’histoire des Protocoles des Sages de Sion (Le Complot, Grasset), ainsi que la sortie dans les salles de cinéma d’un documentaire du cinéaste américain Marc Levin sur le même thème (Les protocoles de la rumeur).

[6] L’émission « Arrêt sur images » en a fourni récemment deux exemples. Devant la mise en question de l’image que ses reportages véhiculent de l’Islam, le journaliste Mohamed Sifaoui répliqua aussitôt : « En gros, si je résume, c’est : depuis 30 ans, tous les médias français se sont mis d’accord, parce qu’il y a un énorme complot contre la communauté musulmane, […] cette démarche intellectuellement est totalement insensée et idiote, parce que elle repose déjà sur une question de complot » (France 5, 16 octobre 2005). Deux mois plus tard, interrogé sur les menaces de sanction des industriels envers les journalistes qui se risqueraient à critiquer leur produits, Alain Grangé-Cabane, président de la Fédération des industries de la parfumerie, rétorque à son tour : « Je me demande si c’est pas un peu aussi la théorie du complot qui surgit partout. Les horribles annonceurs seraient là pour essayer d’étouffer la vérité. » (France 5, 4 décembre 2005).

[7] Souvent il s’agit de noms génériques qui permettent d’affecter de ne pas répondre directement à d’autres intervenants envers qui on souhaite feindre le mépris.

[8] Site ultra libéral du Chat borgne, .

[9] Lire l’article de Laurent Joffrin, alors directeur de la rédaction de Libération, assimilant les analyses de Pierre Bourdieu et consorts à une « vision fantasmagorique, déstructurante et paranoïaque du monde », un « bizarre croisement entre X-files et Maurice Thorez » (Libération, 12 mai 1998). Maurice Thorez fut secrétaire général du Parti communiste français de 1930 à 1964.

[10] Noam Chomsky et Edward S. Herman, Manufacturing Consent, op. cit. Quinze ans plus tard, cet ouvrage a été (très approximativement) traduit en français sous le titre (incongru) de La Fabrique de l’opinion publique. La politique économique des médias américains (Le Serpent à plumes, 2003).

[11] Lire Mark Achbar, Manufacturing Consent. Noam Chomsky and the media, Editions Black Rose Books, Montréal, Québec, 1994, p.61.

[12] Lire Jean Bricmont, « Folies & raisons d’un processus de dénigrement. Lire Noam Chomsky en France », postface à Noam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, Agone, Coll. « Eléments », Marseille, 3e ed., (2001) 2004, p.227-257.

[13] Noam Chomsky et Edward S. Herman, Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media, Pantheon Books, New York, (1998) 2002, p.lx.

[14] Peter Mitchel et John Schoeffel, Understanding Power. The indispensable Chomsky, (The New York Press, New York, 2002) Vintage, Londres, 2003, p.26

[15] Noam Chomsky et Edward S. Herman, Manufacturing Consent, op. cit., p. XVII.

[16] Ibid, p.XI

[17] Noam Chomsky, Propaganda, Le Félin, coll. « Danger Public », Paris, 2002. Il s’agit de la conférence « Media Control : The Spectacular Achievements of Propaganda » (Seven Stories Press, New York, 1997) donnée par Chomsky le 17 mars 1991.

[18] Philippe Val, « Noam Chomsky dans son mandarom », Charlie Hebdo, 19 juin 2002.

[19] Noam Chomsky, Télérama, 07 mai 2003.

[20] Daniel Schneidermann, Le cauchemar médiatique, Denoël Impact, Paris, 2003, p. 121-122.

[21] Edward S. Herman, « The propaganda model revisited », Monthly Review, New York, juillet 1996.

[22] Understanding Power, op. cit., p.390.

[23] Géraldine Muhlmann, Du journalisme en démocratie, Payot, Paris, 2004, p.28.

[24] Philippe Corcuff, « De quelques aspects marquants de la sociologie de Pierre Bourdieu », octobre 2004, . Philippe Corcuff est coutumier de l’administration d’une preuve par voie de citation trafiquée. Il lui arrive ainsi régulièrement de résumer le discours de certains auteurs en encadrant de guillemets des termes (en l’occurrence, celui de « complot », ou de « grand complot néolibéral ») auxquels ceux-ci n’ont recours que pour en récuser l’usage[[Lire, pour plus de détails : Patrick Champagne, « Philippe Corcuff, critique “intelligent” de la critique des médias », avril 2004,.

[25] Edwy Plenel, Procès, Stock, 2005, p.78. Un an plus tôt, Edwy Plenel vitupérait déjà cette « critique destructrice et mortifère » et saluait avec enthousiasme la publication des essais de Géraldine Muhlmann (Le Monde 2, 9 avril 2004).

[26] Nicole Bacharan, « De quoi j’me mêle : Tous manipulés ? », Arte, 13 avril 2004.

[27] Luc Ferry, « Pièce à conviction », France 3, 5 juin 2003.

[28] « Ferry / Julliard », LCI, 12 février 2005.

[29] Géraldine Muhlmann, « Idées », RFI, 16 mai 2004, 0h10 TU (Temps Universel).

[30] BFM, 15 octobre 2004, 13h30.

[31] Daniel Schneidermann, Du journalisme après Bourdieu, Editions Fayard, 1999, p.41.

[32] Cela sans compter les périodiques qui titrent régulièrement sur des complots, des vérités cachées et des forces occultes de tous ordres. Voir à ce sujet le montage de « Unes » et de titres de presse réalisé par PLPL : « Leur théorie du complot », Pour Lire Pas Lu (PLPL) n°20, juin-aout 2004, p.12.

[33] Dans son ouvrage, L’Effroyable imposture (Carnot, Paris, 2002), Thierry Meyssan affirmait, entre autres, qu’aucun avion ne s’était écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2001.

[34] Daniel Schneidermann, Le Cauchemar Médiatique, op. cit., pp.121-122. On retrouve le même type d’amalgame dans l’essai d’Antoine Vitkine, Les nouveaux imposteurs (op. cit.). Notons au passage qu’il est assez paradoxal d’associer Chomsky à la théorie conspirationniste sur la mort de Kennedy qu’il a pourtant rejetée à plusieurs reprises très clairement, en argumentant de façon détaillée (voir Noam Chomsky, Rethinking Camelot. JFK, the Vietnam War and U.S. Political Culture, South End Press, Boston, 1993). Il l’a même qualifiée d’ « extrêmement improbable », soulignant que « personne n’a pu jusqu’à présent avancer ne serait-ce qu’une raison plausible ». Il ajoutait que « l’énergie et la passion qui sont mises dans ce genre de choses […] sont particulièrement auto-destructricse » et qu’il serait souhaitable de faire un « effort sérieux » pour « oublier tout cela » (Understanding Power, op. cit., p.326-331 et 348-351). De manière assez originale (et qui en dit long sur sa maîtrise des sujets qu’il traite), cet assassinat est justement pour Antoine Vitkine le « seul complot majeur » qui soit « encore non éclairci » (Les Nouveaux imposteurs, op.cit., p.17). Et c’est Vitkine qui accuse Chomsky, entre autres, de contribuer à maintenir vivace les théories du complot…

[35] Géraldine Muhlmann, « La critique en reste au coup de gueule  » (entretien avec Olivier Costemalle et Catherine Mallaval), Libération, 19 juin 2004.

[36] Géraldine Muhlmann, «  Le travail du regard chez le journaliste » (entretien avec Raphaël Enthoven), Lire, mai 2004.

[37] Nicolas Weill, « Le journalisme au-delà du mépris », Le Monde des livres, 2 avril 2004. Pour une analyse plus détaillée de ce texte, Lire Henri Maler, « Le Monde contre “les critiques antimédias”, antidémocrates et antisémites », 26 avril 2004].

À lire : Subunda. Coups de sonde dans l’océan des sondages,

de Patrick Lehingue

Nicolas Etheve et Henri Maler

   

Présentation (suivie d’un entretien) de Subunda. Coups de sonde dans l’océan des sondages, de Patrick Lehingue, éditions du Croquant, Bellecombe-en-Bauges, février 2007, 271 pages, 18,50 €.


 

I. Présentation

La « quatrième de couverture » résume fort bien l’objet de l’ouvrage :

« La réalisation, la diffusion et le commentaire des sondages d’opinion se sont aujourd’hui banalisés tant par leur fréquence que par la prolifération des thèmes abordés. Chacun s’est progressivement habitué aux  » révélations  » des enquêtes d’opinion, intégrées dans  » l’air du temps  » au même titre que la publication des cours de la Bourse, des prévisions météorologiques ou de l’horoscope…

On a pourtant toutes les raisons de se méfier des sondages, précisément parce qu’ils se présentent comme évidents et naturels dans le paysage démocratique. Soixante-dix ans après le coup de poker de George Gallup, nous sommes toujours prisonniers du raisonnement circulaire par lequel  » l’inventeur  » des enquêtes d’opinion devança toute critique raisonnée en faisant du sondage  » la mesure de l’opinion publique  » et de l’opinion publique  » ce que mesurent les sondages « . Les métaphores approximatives du baromètre ou de la photographie, comme les argumentaires contradictoires des sondeurs, loin d’éclairer le débat, l’obscurcissent plus encore, en  » naturalisant  » cette technologie sociale.

Sur la base des très nombreuses enquêtes d’opinion publiées au cours des derniers mois en France, trois questions sont abordées dans cet ouvrage : quel est le degré de précision ou d’exactitude de cet instrument de mesure ? que mesure-t-il exactement ? quels en sont les usages et les effets ? Les réponses devraient contribuer à déstabiliser quelques évidences. »

Quels sont, un peu plus précisément, les thèmes abordés ?

Patrick Lehingue commence par revenir sur la banalisation des sondages et leur « évidence » et tente de les expliquer (« I. Des sondages sans histoire », chap. 1 à 3). Puis il traite successivement des trois questions mentionnées.

- Quel est le degré de précision et d’exactitude de l’instrument de mesure ? (« II. Marges d’erreurs à la marge ? L’instrument est-il précis ? ») Parce que les sondages d’intention de vote peuvent être confrontés aux résultats des élections, ils permettent d’apporter une première évaluation (chap. 4. « Les sondages peuvent-ils se tromper ? Le cas des sondages pré-électoraux ») que détaillent les réponses à des « problèmes classiques : celui des marges d’erreur liées aux effectifs interrogés (chap.5), celui de la représentativité des échantillons ainsi péniblement constitués (chap.6), celui, enfin, du bien-fondé des techniques de redressement des échantillons (chap.7) ».

- Que mesurent exactement les sondages ? (« III. Sonder l’insondable ? Que mesure l’instrument ? ») Des opinions préconstituées qui ne demanderaient qu’à s’exprimer ? Ce serait oublier les effets des conditions pratiques de passation des questionnaires et la nature des interactions qui se nouent entre enquêteurs et enquêtés. » (chap.8). Des « opinions », dit-on, mais « coupées » des réponses à des questions que l’on ne pose pas ou que l’on pose peu : sur l’identité sociale, les pratiques, les connaissances des enquêtés (chap.9). Cette primauté du sondage des « opinions » est d’autant plus problématique que l’on confond « réponses » et « opinions » et, dans la foulée, « non-réponses » et « absence d’opinion » (chap. 10). Quant aux questions elles-mêmes, elles sont d’abord dictées par les préoccupations des commanditaires (chap. 11).

- Quels sont les usages et les effets des sondages ? (IV. « Baromètres et (dé)pressions atmosphériques. Usages et effets des sondages »). Après un vigoureux avertissement contre le « paradigme technologique » qui, dans ce cas comme dans d’autres, prête des effets tout puissants à une technique (alors que la connaissance des effets des sondages piétine), l’auteur examine la question, généralement mal posée, des effets des sondages sur l’élection (chap. 12) et la retourne à ceux qui la pose : sur qui les sondages ne sont pas sans effets, bien au contraire (chap.13). Un bilan invite à « réimporter » les acquis de la sociologie de la réception à celle de la réception des sondages (chap. 14)

Conclusion ? (Chap. 15 : « Un procès en démonologie : “Faut-il brûler les sondages ?” »). Une invitation, non à interdire les sondages mais à les rééquilibrer : « […] On pourrait rêver d’un usage plus tempéré, moins déséquilibré de cet instrument qui, en lui-même, n’est gage ni cause de rien. » D’abord par un rééquilibrage « interne » destiné à corriger les déficiences de l’instrument et surtout de ses usages ; ensuite par un équilibrage « externe » destiné à modifier la place qu’il occupe dans la vie intellectuelle et sociale :

« La question n’est […] pas d’être pour ou contre les sondages – interrogation stupide et littéralement insensée – mais d’approuver ou pas la place hégémonique qu’ils occupent, de consentir ou pas au monopole auquel leurs producteur attitrés prétendent quand il s’agit décrypter le monde social. La même remarque vaut pour l’activité journalistique si toutefois on consent à l’ennoblir et à lui restituer sa fonction idéale : dénouer des intrigues par un travail d’investigation que ne saurait remplacer la paraphrase bavarde de quelques tableaux hâtivement construits. »

Henri Maler

II. Entretien

Paru dans La Marseillaise le 16 avril 2007.

Professeur de science politique à l’université d’Amiens, Patrick Lehingue vient de publier Subunda, Coups de sonde dans l’océan des sondages*, un ouvrage qui critique très en détail les pratiques de nos chers sondeurs. Une analyse salvatrice face à la surabondance médiatique de ces « enquêtes d’opinion » qui ne perdent pas une occasion de nous faire croire que tout est quasiment joué d’avance en ces temps de campagne électorale. Entretien…

Dans votre livre, vous épinglez la valeur scientifique des sondages. Quelles sont leurs grandes lacunes ?

De manière très générale, de ne pas suffisamment s’interroger sur ce qu’ils mesurent réellement : les réponses obtenues ont-elles toutes valeur d’opinions, engageant réellement les répondants ? S’agissant plus particulièrement des sondages préélectoraux, leur fiabilité me semble altérée par trois biais fondamentaux. Le taux d’indécision d’abord : actuellement, sur un échantillon de 1000 sondés, pas plus de 350 répondent qu’ils iront voter, acceptent de dire pour qui, et disent ne plus devoir changer d’avis. 350 sur 1000 ! Voici qui ménage de confortables marges d’erreur… En second lieu, et sans que l’on puisse en mesurer les effets, les échantillons interrogés sont de moins en moins représentatifs. Il faut actuellement passer 10 000 coups de fils pour obtenir 1000 enquêtés. Les 1000 qui acceptent de jouer le jeu de l’entretien sont-ils représentatifs des 9000 qui s’y refusent ou sont absents ? Tous les électeurs (et singulièrement les jeunes) qui disposent d’un portable ne peuvent être joints. A l’arrivée, les électeurs les plus modestes, les moins diplômés, les plus jeunes sont quasiment absents des échantillons. Enfin, surgit le redoutable problème des redressements. En « brut », Le Pen n’obtient actuellement pas plus de 5% des intentions de vote. Les instituts le redressent, certains à 11%, d’autres à 17%, et ce faisant retranchent 6 à 12 points aux autres candidats, au terme d’une cuisine totalement opaque à laquelle personne n’a accès pour des motifs allégués de « secret de fabrication ». Quelle est la valeur scientifique d’un instrument de mesure dont on se refuse à rendre publiques les conditions de fonctionnement ?

Le gros problème pour vous, c’est que, de par leur position dominante, les instituts de sondages et l’élite médiatique contribuent en chœur à détourner l’attention des électeurs des différentes options possibles pour ne les concentrer que sur le dénouement des élections ?

En effet, seule « l’issue » (qui sera le vainqueur ? le vaincu ? le 3e homme ?) importe, et ce que les anglo-saxons nomment les « issues » (les enjeux) tendent à être éclipsés par cette couverture médiatique en termes de course de petits chevaux. On néglige ce faisant les dimensions du bilan, des programmes et des perspectives que devraient revêtir toute campagne électorale dans une démocratie digne de ce nom. Question cruelle : que restera-t-il dans trois mois des 250 sondages publiés durant cette campagne ? Pourquoi tant valoriser des produits aussi périssables quand tant de problèmes mériteraient d’être décantés ?

Ceci dit, vous ne croyez pas que les sondages puissent avoir beaucoup d’influence sur le vote des électeurs…

Si influence il y a, celle-ci est indirecte, inégale, et transite par les effets – massifs, ceux-là – que les sondages exercent sur les professionnels de la représentation. Par un effet « paille et poutre », ces derniers – journalistes, hommes politiques – s’inquiètent pour les électeurs d’une influence qui joue d’abord et avant tout sur eux-mêmes. Ainsi, les propositions de Nicolas Sarkozy sur le Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration, ou les attaques de Ségolène Royal contre les établissements bancaires, sont incompréhensibles si l’on occulte les tests sondagiers qu’ont opéré par voie de sondages les équipes de campagne de ces candidats. Mais l’effet le plus déterminant joue sur les journalistes qui, en commentant avidement le moindre frémissement de baromètres qui mesurent d’abord l’effet des tourbillons médiatiques, passent à côté de l’essentiel tout en marginalisant ce qu’ils nomment (au vu de sondages très hasardeux) les « petits candidats ». Ce faisant, schème classique de l’apprenti sorcier, les journalistes en valorisant autant les enquêtes d’opinion, contribuent à discréditer leur propre profession, à condamner les enquêtes de terrain et le travail d’investigation qui font l’intérêt et l’honneur de ce métier.

Propos recueillis par Nicolas Etheve

* Subunda, Coups de sonde dans l’océan des sondages, de Patrick Lehingue, éditions du Croquant, 267 pages, 18,50 euros.

Un livre d’Acrimed : Médias et mobilisations sociales


   

Il vient de sortir des fourneaux de l’imprimeur. Il sera disponible à Paris le 22 mars à l’occasion du prochain jeudi d’Acrimed et en librairie le 24 mars. Pour 7 euros.

Il est en vente en ligne sur le site des Editions Syllepse.


 


MÉDIAS ET MOBILISATIONS SOCIALES
La morgue et le mépris ?

Par Henri Maler et Mathias Reymond pour Acrimed
Illustrations : Mat Colloghan


En 1995, la quasi totalité des grands médias ont soutenu « la réforme » de la Sécurité sociale. En 2001, ils ont salué « la réforme » du statut de la SNCF. En 2002, ils ont apprécié « la réforme » du statut des intermittents. En 2003, ils se sont félicités de la « réforme » des retraites (et du statut des agents de service dans l’Éducation nationale). En 2005, ils ont beaucoup aimé le « Contrat Nouvelle embauche ». Et si, en 2006, ils ont moins apprécié le « Contrat première embauche », c’est surtout parce qu’il avait été mal négocié.

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Ainsi, depuis plus de dix ans, les mobilisations sociales qui contestent les réformes imposées par les gouvernements n’ont pas l’heur de plaire à la quasi-totalité des présentateurs, éditorialistes et chroniqueurs qui trônent au sommet du journalisme. Le livre analyse les discours et les pratiques qui témoignent de ce déplaisir et exhibent morgue libérale et mépris social.

A lire et à entendre les maîtres-tanceurs qui orchestrent l’information, les acteurs de ces mobilisations, quand ils ne souffrent pas de troubles mentaux, n’obéiraient qu’à des mobiles irrationnels. Les grèves et les manifestations seraient le fait de fauteurs de troubles à l’ordre public et de preneurs d’otage. Le livre démonte, sur la base d’une large documentation, ces figures du discours dominant.

Mais il s’efforce de montrer aussi comment les tentatives de rendre compte des mobilisations sont prisonnières de formats et de pratiques (portraits, micros-trottoirs, etc.) qui réduisent l’expression des grévistes et manifestants à celle de leur malaise : simples témoins individuels des mobilisations dont ils sont les acteurs collectifs.

Pourquoi de tels discours et de telles pratiques s’imposent-ils ? Comment leur faire face et tenter de les transformer ?

Table des matières

* Préambule

- Chapitre I. Les gardiens du consensus Où l’on apprend que « la réforme » est toujours bonne, mais « la méthode » parfois mauvaise.
- [Intermède (1) : Désinformer pour réformer]

- Chapitre II. La pathologie des foules Où l’on découvre comment divers médecins du peuple et autres psychiatres expliquent certaines mobilisations sociales.
- [Intermède (2) : Editorialistes au travail]

- Chapitre III. Les grognements du peuple Où l’on tend l’oreille pour entendre les patients témoigner de leurs « malaises » et de leurs propres actions.
- [Intermède (3) : Jean-Pierre Pernaut, preneur d’otage.]
- Chapitre IV. La mobilisation des troupes Où l’on surprend des grévistes et des manifestants en flagrant délit de troubles de l’ordre public.
- [Intermède (4) : Vous reprendrez bien un peu de Pernaut ?]

Conclusion : Médias contestés : médias incontestables ?

[Annexe : Lexique pour temps de grèves et de manifestations]



Coordonné et mis en forme par Henri Maler et Mathias Reymond, pour Acrimed, ce livre n’existerait pas sans l’activité collective de notre association et les contributions individuelles de ses membres, ainsi que celles de nos correspondants et de l’équipe du journal Pour Lire Pas Lu (devenu Le Plan B).

- Parution : mars 2007 160 pages – Format : 105 x 165 – ISBN 978-2-84950-136-8 – Nombre de pages : 160 – Dos carré, broché – Illustrations : oui – Prix TTC : 7 euros

- En vente en ligne sur le site des Editions Syllepse.

- Edité par : Editions Syllepses 69 rue des Rigoles, 75020 Paris edition@syllepse.net / www.syllepse.net Tel : 33- (0) 1-44-62-08-89

- Les libraires qui diffusent les ouvrages des Editions Syllepse

- Diffusion : Société Française d’Édition et de Distribution (SOFEDIS) 11 r Soufflot 75005 PARIS – tel : 01 53 10 25 25 – fax : 01 53 10 25 26 – info@sofedis.fr

À lire, de Philippe Riutort :

Sociologie de la communication politique (avec un extrait)


   

Philippe Riutort, Sociologie de la communication politique, Paris, Editions La Découverte, Collection « Repères », juin 2007, 121 pages.

La communication politique, au sens moderne, désigne un ensemble de pratiques destinées à assurer la liaison, notamment par médias interposés, entre les principaux acteurs, individuels et collectifs, de la vie politique et les électeurs. Ces pratiques ont désormais leurs professionnels et leurs « théoriciens ». Ce n’est évidemment pas le résumé de leurs savoirs que Philippe Riutort propose dans cet ouvrage, mais une approche sociologique de la communication politique.

- Le chapitre I – « Métamorphoses de la communication politique » - propose quelques « détours par l’anthropologie et de l’histoire » qui permettent non seulement de relativiser l’absolue nouveauté du phénomène, mais d’abord de livrer un aperçu des formes de mise en scène et de légitimation de l’autorité politique, puis des mutations de la représentation politique : des formes et des mutations de la communication politique elle-même.

- Le chapitre II – « Naissance(s) de la communication politique moderne » - est consacré aux conditions d’émergence, d’abord aux USA, des activités que désigne l’expression (« Une invention anglo-saxonne ») et des recherches qui la concernent (« Exposition médiatique et comportement médiatiques »).

- Le chapitre III – « La communication politique en pratique » - aborde successivement les « Genèses de la communication publique » (les débuts de la communication gouvernementale, l’institutionnalisation de la communication publique, les formes locales et européennes de la communication), « Le métier de communicateur politique » (les formes et l’étendue de sa « professionnalisation »), et, partant, la question de l’extension de son modèle initial, c’est-à-dire de « L’ “américanisation” de la communication politique ».

- Le chapitre IV – « Transformations de l’espace public, mutation du jeu politique » – s’efforce de montrer comment, « sous le feu croisé des médias et des spécialistes de la communication », la vie politique change.

H. M.



Extraits du chapitre IV :
Un jeu politique en mutation

[… ] Selon l’heureuse expression de Champagne [1], la vie politique contemporaine s’apparente ainsi à un « cercle politique » reliant professionnels de la politique, aidés dans leur stratégie de valorisation de soi par des conseillers en communication, agissant sous le regard de sondeurs prêts à évaluer en quasi-temps réel leurs « performances », et observés par des journalistes politiques soucieux de décoder et de démonter les « coups médiatiques ».

Le cercle politique

Les mutations des jeux politiques contemporains relèvent de causes multiples qui excèdent et de loin la seule médiatisation croissante de l’activité politique. Parmi celles-ci toutefois, la diffusion intense des sondages d’opinion constitue sans aucun doute un changement structurel de première importance, pas tant d’ailleurs par l’instrument en lui-même que par les usages qu’il autorise, en facilitant l’autonomisation d’acteurs autrefois étroitement dépendants les uns des autres [2]. L’essor d’un véritable marché de la communication politique — qui relie des entreprises autonomes comme les entreprises de presse, les instituts de sondages et les sociétés de conseil en communication politique — a contribué à une mutation structurelle de la vie politique au sein de laquelle le professionnel de la politique n’est plus qu’un protagoniste parmi d’autres, exposé à des critères d’évaluation qu’il ne maîtrise pas toujours [3].

Un journalisme politique autoréflexif. — L’évolution contemporaine du journalisme politique peut être (rapidement) décrite comme un désalignement progressif à l’égard du champ politique et un glissement vers une « analyse politologique » prenant appui sur l’interprétation des sondages d’opinion (la figure de « journaliste politologue » émerge véritablement en France au cours de la décennie 1970), et, dans un deuxième temps, vers le démontage des « coups médiatiques » des politiques et de leurs conseillers en communication en s’intéressant autant — pour emprunter la terminologie de Goffman — aux coulisses qu’à la scène (les dessous d’une prise de position, les raisons du changement de « look » d’un candidat, les préparatifs d’un meeting ou la disposition des caméras lors d’un débat télévisé) [4].

Les journalistes politiques ont ainsi pu faire usage des sondages d’opinion pour s’affranchir peu à peu de leur dépendance structurale à l’égard du champ politique. Durant les IIIe et IVe Républiques, le journaliste politique — quasi exclusivement de presse écrite — se faisait chroniqueur, se livrait à l’analyse (pour les plus chevronnés qui tiraient les leçons des péripéties du jeu parlementaire), se consacrait au compte rendu parlementaire (les séanciers étaient tenus de restituer les discours publics à la Chambre ou dans les congrès et réunions partisans alors que les couloiristes, dans la tradition des échotiers, rapportaient les indiscrétions) [5]. Les journalistes politiques ne pouvaient guère en ce temps rivaliser avec les politiques auréolés de l’onction populaire conférée par l’élection. Le rééquilibrage des dernières décennies (renforcé dans l’audiovisuel par le poids croissant pris par les chaînes privées et la prédominance des contraintes économiques — l’audience — sur les contraintes politiques) est symbolisé par l’avènement d’un journalisme expert fondant ses interventions non plus sur le registre de l’engagement et de la fidélité à des allégeances politiques (selon le modèle aujourd’hui déprécié du « journaliste engagé »), mais à partir d’une posture de neutralité conférée par l’idéologie professionnelle (l’« objectivité »). En parallèle, la généralisation, à l’initiative des conseillers en communication, du spin control (le fait de « mettre en condition » les journalistes afin qu’ils retiennent du discours politique uniquement ce qu’en souhaite l’émetteur, lui livrant des confidences, jouant habilement du « off », l’alimentant en permanence en « informations ») conduit, par réflexe d’autodéfense professionnel, les journalistes politiques à se livrer, dans leur couverture de la politique, de façon croissante, au dévoilement des « artifices » et des « mises en scène » de la politique.

Parler au nom de l’opinion. — L’alliance de circonstance instaurée entre journalistes politiques vedettes, responsables des instituts de sondages et politologues sollicités par la presse se célébrant mutuellement (comme lors des rituels que constituent les soirées électorales) consolide les positions respectives et aide à faire croire aux verdicts de l’« opinion » érigée en juge de paix impartial de l’action politique [6]. Les journalistes peuvent soumettre les questions « que se posent les Français » aux politiques et exiger sur-le-champ une réponse. Le « trio » journalistes/sondeurs/politologues parvient ainsi avec succès à faire parler l’ « opinion » d’une seule voix dont ils seraient, à force de la mesurer, meilleurs exégètes que des politiques présumés « coupés du terrain ». Ce tour de force symbolique n’a pu advenir qu’en généralisant la technique du sondage, en ne limitant plus son usage aux seules périodes électorales à des fins pratiques de prévision (les intentions de vote) et d’anticipation permanente (l’effet sur l’opinion de telle décision ou annonce), mais en questionnant régulièrement les « sondés » sur la popularité du personnel politique — et celle des personnalités de la « société civile » les plus connues — ainsi que sur les « préoccupations » les plus diverses de la population [7].

La focalisation du commentaire politique sur la horse race bien mise en lumière par Patterson [8] s’explique par le fait que la presse est devenue le premier commanditaire des sondages politiques (les partenariats sont multiples : LH2-Libération  ; Ipsos-Le Point  ; Sofres-Le Figaro  ; Ifop-JDD…). Le commentaire journalistique tend alors à devenir essentiellement prédictif en essayant d’anticiper en permanence les conséquences éventuelles des jeux tactiques auxquels se livrent les politiques, ainsi que leurs éventuels effets sur l’« opinion » [9]. Les analyses politiques médiatiques (les Anglo-Saxons proposent le terme pundit pour désigner la corporation des « politologues médiatiques ») reposent ainsi quasi exclusivement désormais sur l’emploi de sondages : si leur introduction dans l’espace journalistique s’est produite, aux États-Unis, dès la fin des années 1930, ce n’est véritablement que depuis le milieu des années 1970 qu’ils sont devenus une ressource argumentative permanente du commentaire journalistique [10]. Cet usage journalistique des sondages tend à repérer une opinion commune majoritaire qui s’imposerait d’elle-même [11]. Elle s’énonce benoîtement, à la télévision américaine, par la formule « Polls say  » ou « Polls show  », offre aux journalistes l’occasion de tester le potentiel électoral des prétendants et instille parfois un doute – généralement de courte durée – lorsque le résultat final s’écarte des prédictions (comme lors de l’élection présidentielle française de 1995, où l’ordre d’arrivée du premier tour a surpris les commentateurs : la première place de L. Jospin, comme le duel serré entre J. Chirac et E. Balladur pour la deuxième place).

À l’aide d’une typologie des modes de sollicitation de l’opinion publique dans l’information télévisée en Angleterre, Brookes, Lewis et Wahl-Jorgensen [12] proposent de distinguer les références journalistiques aux sondages d’opinion de l’invocation d’opinions publiques spécifiques (prenant appui sur des groupes sociaux identifiables : manifestants, habitants d’un quartier…) et, enfin, de la vox populi (représentée à la télévision par les micros-trottoirs interrogeant l’« homme (ou la femme) de la rue »). Si des différences sont nettement perceptibles entre ces modes de représentation concurrentiels de l’opinion, leurs usages stratégiques par les politiques (un sondage qui préconise à 69 % la renationalisation des chemins de fer britanniques est passé sous silence car il cadre mal avec l’offre programmatique des deux principaux partis en compétition) comme par les journalistes (le « peuple » télévisé se présente sous un air apathique, désengagé et souvent cynique [13]) reviennent à édulcorer les « opinions » anonymes et à exporter, par ricochet, chez les électeurs, les préoccupations et les visions des acteurs et commentateurs légitimes du jeu politique. Alors que l’usage journalistique des sondages d’opinion est ajusté sur la horse race, l’opinion des « gens de la rue » porte principalement sur les enjeux (issues) et exprime souvent leurs attentes et leurs désillusions en matière politique [14], comme cela avait pu être noté en France, à propos des écarts de questionnement entre les journalistes politiques et les « anonymes » convoqués sur les plateaux télévisés [15].

Le marché des sondages, dont les commanditaires principaux demeurent les pouvoirs publics, les partis politiques et la presse, n’a cessé dès lors de prendre de l’importance au point de rendre possible la constitution de fortunes rapides pour certains de ses pionniers, constituer une activité lucrative (si les sondages politiques ne représentent qu’entre 5 % et 10 % du chiffre d’affaires des instituts français, le marché mondial des sondages dépasse 16 milliards d’euros et ses principaux clients sont les firmes multinationales) ainsi qu’un débouché professionnel enviable pour des étudiants en sciences sociales. La reconnaissance sociale des sondeurs (tribune en « une » des quotidiens de référence, interventions publiques lors des soirées électorales) a bénéficié de la sollicitation régulière dont ils sont l’objet par les journalistes qui les créditent du rôle d’expert — parfois même lorsqu’ils ne disposent pas de chiffres à portée de main ! — en acclimatant la technique ésotérique du sondage, dont les résultats les plus spectaculaires peuvent s’apparenter à des scoops.

Les « politologues médiatiques » parfois assimilés aux sondeurs, en raison de la porosité des frontières, peuvent revendiquer leurs titres et positions universitaires pour intervenir régulièrement dans la presse, exercer une activité (professionnelle) complémentaire et cautionner par leur crédit scientifique toute opération journalistique, à la manière des hit-parades mêlant des sportifs, des personnes de la « société civile » fortement consensuelles (mesurant le degré de sympathie de la cause défendue) et des politiques évalués selon des critères explicitement non politiques. Les débats politiques, à l’image des face-à-face télévisés, font à leur tour l’objet d’évaluations instantanées (Qui a gagné ?) : les verdicts des sondages ne peuvent que s’imposer et modeler les commentaires journalistiques afin d’épouser ce qui est perçu comme l’opinion majoritaire [16].

Cette logique circulaire de l’information (un sondage appelle un deuxième sondage qui, à son tour, etc.) diffuse l’ordre du jour des professionnels de la communication politique, qui s’impose comme une évidence et tend parfois, par ricochet, à être repris à leur compte par certaines catégories de publics. Le débat demeure cependant toujours ouvert sur le point de savoir quelles catégories d’électeurs sont les plus sensibles à l’ordre du jour sondagier : seraient-ce les plus démunis culturellement, placés à la remorque de la doxa ou, à l’inverse, les plus informés politiquement et, cela va de pair, les plus dotés culturellement qui se soumettraient volontiers au « sens commun savant » politologicosondagier [17] ? De même, les sondages d’intentions de vote renforceraient-ils les « gagnants » annoncés (l’effet band-wagon) ou, au contraire, encourageraient-ils la défection de ceux qui croient la victoire assurée et, en parallèle, la remobilisation de leurs adversaires (l’effet underdog) ? La question demeure posée [18], à laquelle s’ajoute celle de la perception des « effets » par les intéressés : l’« effet troisième personne » inviterait à croire plus volontiers à la vulnérabilité des « autres » qu’à la sienne et, fort de ce principe, à sous-estimer ainsi l’éventuel impact sur soi-même et à majorer celui exercé sur autrui [19]. L’interrogation possède le mérite de ne pas accepter sans examen les éventuels effets exercés par les visions médiatiques, ce que certains résultats électoraux en décalage avec l’opinion médiatique dominante semblent accréditer en infligeant un démenti empirique à élucider (le « non » français au référendum de mai 2005 portant sur le Traité constitutionnel européen en constitue une illustration).

Un nouveau métier politique ?

Il faudrait se garder de conclure trop hâtivement à la défaite des politiques, réduits à de simples jouets téléguidés par des professionnels de la communication triomphants. Si les politiques ne peuvent plus guère aujourd’hui contester les verdicts sondagiers, sauf à paraître mauvais joueurs (on peut toujours invalider les sondages lorsqu’ils vous sont défavorables et déceler un enseignement lors d’une embellie), l’une de leurs actions primordiales — secondés pour ce faire par les conseillers en communication — peut consister à améliorer leur cote dans l’opinion afin de bénéficier d’une « popularité de papier » susceptible de leur octroyer un crédit symbolique reconvertible le cas échéant en postes politiques, particulièrement lorsqu’ils ne disposent pas de position d’autorité(au sein d’un état-major de parti ou une position gouvernementale).

Contrôler sa popularité. — Agir sur sa cote de popularité – et recourir aux précieux conseils des experts en communication pour y parvenir – s’apparente désormais à une nécessité du « spectacle politique » [20]. Le mythe R. Reagan, « grand communicateur » [21], a valeur d’exemple : loin de ne reposer que sur les vertus du président des États-Unis élu en 1980, la construction de cette réputation repose sur un savoureux paradoxe puisqu’elle s’est imposée au moment même où sa cote de popularité ne parvenait pas à décoller. En contrepartie, l’état-major de Reagan a fortement investi dans les relations avec la presse ainsi qu’en direction du Congrès en mobilisant systématiquement les courants d’opinion conservateurs invités à relayer publiquement les positions du président sur ses thèmes de prédilection. De sorte que la popularité de Reagan, que les journalistes ont attribuée volontiers à ses qualités personnelles et à ses dons oratoires, semble avoir été le résultat d’un intense et efficace travail de coulisses.

La quête de popularité passe parfois par le contrôle en amont de la production de sondages […] Les sondages d’opinion ont été intégrés complètement, à partir de Nixon, à la conduite quotidienne des affaires publiques, la Maison Blanche devenant même, durant sa présidence, le principal commanditaire des instituts avec la bagatelle de 233 sondages, avoisinant la somme de 5 millions de dollars. En outre, la cooptation de sondeurs éminents au sein même de l’équipe présidentielle a offert au président une maîtrise considérable de la production et de la publication des sondages, lui permettant de produire un discours de justification immédiat des choix politiques arrêtés. Loin de se réduire à une soumission au « verdict de l’opinion », la généralisation de l’usage des sondages dans la vie politique invite les professionnels de la politique les plus éminents à s’en réserver sinon l’usage, du moins l’interprétation légitime. Jacobs et Shapir [22] vont même jusqu’à soutenir […] que l’administration Nixon serait intervenue directement sur les principaux instituts (Louis Harris et Gallup) afin de manipuler les résultats pour les mettre en conformité avec les intérêts politiques de la présidence. […]

Être soi-même… dans les médias. — La médiatisation de la politique ne saurait ainsi s’imposer expressément contre la volonté des politiques. Si la « balance des pouvoirs » semble s’être rééquilibrée entre professionnels de la politique et ceux des médias, depuis le milieu des années 1980 et la multiplication des réseaux de communication privés (des stations de radio aux chaînes de télévision en passant par les blogs), la subordination du champ médiatique au champ politique se maintient au sommet (nomination des dirigeants de chaînes publiques, des instances de contrôle de l’audiovisuel et passation de contrats au nom de l’État avec les principaux réseaux privés). L’essor d’un traitement de la politique mettant l’accent sur la dimension privée des protagonistes, la psychologie des personnages, peut certes être présenté comme un « glissement du spectacle politique » mais était déjà présent sous certains aspects : dès les débuts de la Ve République, le présidentiable ne manquait pas de poser dans Paris-Match avec son épouse pour incarner le couple idéal et rassurer sur la « normalité » privée du personnage public [23]. Cette exposition de soi progresse sans commune mesure avec la multiplication des talk-shows, particulièrement aux États-Unis où la participation régulière des politiques s’est banalisée [24]. Ce type de programmes représente des risques extrêmement variés pour les politiques [25].

Si certaines émissions traitent le professionnel de la politique en vedette à célébrer, d’autres le soumettent à des logiques de prise de parole moins familières (s’intercaler entre deux personnalités de l’entertainment) et le placent dans une situation de double contrainte : éviter de perdre son crédit en n’évoquant que des choses futiles mais… ne pas faire baisser l’audience et susciter l’ennui avec des propos soporifiques. Les conditions d’énonciation du discours politique s’en trouvent transformées dans la mesure où l’homme politique présent dans les médias perd en grande partie des attributs essentiels de son autorité avec la raréfaction des émissions politiques — en dehors des périodes électorales : Hallin [26] a pu faire remarquer, à propos de la couverture de l’élection présidentielle aux États-Unis, que le temps accordé à la petite phrase politique (sound bite) au sein des journaux télévisés a rétrogradé en moyenne de 43 secondes en 1968 à 9 secondes vingt ans plus tard, alors que Kavanagh [27] l’estime à 18 secondes en moyenne pour les législatives britanniques de 1992. Le discours politique médiatisé, et particulièrement télévisé, présente la spécificité de s’adresser plus souvent qu’autrefois à des publics hétérogènes, dont l’intérêt pour la politique est pour le moins contrasté.

À mille lieues des tâtonnements de la première intrusion des caméras dans les lieux du pouvoir, qui montrait, en 1956, un président du Conseil (G. Mollet) entrebâillant les portes de Matignon à un journaliste vedette (P. Sabbagh), gênés l’un et l’autre par cette proximité inhabituelle [28], les politiques intègrent aujourd’hui pleinement les logiques communicationnelles dans leur activité en tentant d’anticiper les éventuels effets produits par la médiatisation de leurs décisions, de leurs prises de position et de leur image publiques. Ne se contentant plus d’attendre d’éventuels retentissements médiatiques de leur action, ils sont incités à produire des événements pour les médias (allant jusqu’à offrir, par exemple dans le cas de l’UMP, des images des discours du leader aux chaînes de télévision, tournées par les sociétés de production liées au parti). Bénéficier d’un fort impact médiatique (mesuré par des entreprises de conseil politique, comme l’unité de bruit médiatique [UBM] qui vise à évaluer la présence d’un acteur politique dans la presse écrite, la radio et les journaux télévisés) peut finir par constituer une composante appréciable du capital politique.

La hiérarchie politique est confortée, au sein de l’univers médiatique, tant par la couverture politique qui privilégie le gouvernement et les grandes formations politiques (ainsi que le prévoient en France les règles établies par le CSA) que par les invitations dans les émissions politiques de premier plan [29]. À un « cens médiatique » [30] qui renseigne sur le filtrage opéré par les médias (particulièrement généralistes et en prime time) en faveur des détenteurs des positions politiques élevées s’ajoute un traitement inégal : le ton de l’entretien, le type de questions, la nature du reportage introductif varient sensiblement en fonction du capital politique possédé par l’invité (à la manière de Christine Clerc du Figaro reprochant, lors d’une Heure de vérité, à Arlette Laguiller de parler de la Russie sans y avoir mis les pieds). La question des « gaffes »et des éventuelles erreurs de communication en témoigne : si elles révèlent la force de l’illusio propre au champ politique et les impitoyables sanctions à ses moindres manquements (la violation des règles fondatrices du jeu et particulièrement celle qui consiste à « croire »et à « faire croire » en la politique) [31], elles fournissent également des indications sur le statut des auteurs ; une « gaffe » sera interprétée comme un « coup » lorsque l’acteur politique dispose d’une position élevée mais conserve son statut de « gaffe » – et sera dénoncée comme telle par les médias – lorsqu’elle émane d’une personnalité de « second plan » [32].

Capital politique et capital médiatique

Si, pour les plus hauts titulaires des fonctions politiques (président de la République, Premier ministre, voire leader(s) de l’opposition), l’accès aux médias est automatique et souvent maîtrisé (être invité au journal télévisé pose rarement problème), la situation est loin d’être comparable pour les autres acteurs politiques. Devenir un « bon client » des médias nécessite de lourds investissements à leur endroit (se montrer disponible et accepter les invitations, livrer des confidences et des informations exclusives à la manière d’un André Santini, d’une Roselyne Bachelot ou d’un Jack Lang) et peut se convertir en une notoriété, voire un capital de sympathie appréciable, parfois susceptible d’engendrer des retombées politiques durables. La conversion n’est cependant pas automatique : le capital médiatique apparaît intrinsèquement fragile lorsqu’il ne prend pas appui sur des positions politiques consolidées, peut faire l’objet de brusques dévaluations lorsque l’engouement pour une personnalité s’estompe en raison de la logique circulaire qui régit la production de l’information et ne se traduit pas toujours, loin de là, en succès électoral (comme l’illustrent les parachutages ratés de Jean-Jacques Servan-Schreiber ou de Bernard Kouchner).

L’un des effets inattendus de la communication politique est d’inviter enfin les professionnels de la politique à surenchérir dans diverses stratégies de présentation de soi mettant en exergue leur « authenticité », par-delà les masques de la vie publique (médiatisée). L’exercice d’un métier politique sous le regard quasi permanent des médias incite les politiques à ne plus attendre, comme autrefois, la fin de leur parcours politique pour se livrer à des confidences (rédiger ses Mémoires), mais à témoigner régulièrement de leurs appétences et de leur vocation pour l’exercice du « métier » politique [33] : ils peuvent ainsi périodiquement proclamer le maintien de la flamme qui les anime en dépit des mises en scène auxquels ils recourent… et qu’ils disent devoir supporter, bien malgré eux, comme une épouvantable gêne. […]


 

_________________________________________________

[1] Champagne P., « Le cercle politique », Actes de la recherche en sciences sociales, nº 71/72, 1988, p. 71-98.

[2] Patterson T., Out of Order, Alfred A. Knopf, New York, 1993.

[3] Poirmeur Y., « Marché de la communication et mutation de la vie politique », in CURAPP, La Communication politique, PUF, Paris, 1991.

[4] Neveu É. « Quatre configurations du journalisme politique », in Rieffel R. et Watine T. (dir.), Les Mutations du journalisme en France et au Québec, Panthéon- Assas, Paris, 2002.

[5] Kaciaf N., « Le journalisme politique d’une République à l’autre. Les conditions de transformation des pages “politique” de la presse écrite française (1945-1981) », in Cohen A., Lacroix B. et Riutort P., Les Formes de l’activité politique, PUF, Paris, 2006.

[6] Champagne P., Faire l’opinion, Minuit, Paris,1990.

[7] Garrigou Y. L’Ivresse des sondages, La Découverte, Paris, 2006.

[8] Patterson T., Out of Order, Alfred A. Knopf, New York, 1993 et « Of polls, mountains. US journalists and their use of election surveys », Public Opinion Quaterly, vol. 69, nº 5, 2005, p. 716-724.

[9] Leroux P. et Teillet P., « “Ces sondeurs qui nous gouvernent”. Usages médiatiques des sondages d’opinion. Élection présidentielle, France, 1995 », in Dragan I. (dir.), La Communication du politique, L’Harmattan, 1999.

[10] Frankovic K., « Public opinion and polling », in Graber D. et al., The Politics of News, the News of Politics, CQ Press, Washington, 1998.

[11] Frankovic K., « Reporting “The polls” in 2004 », Public Opinion Quaterly, vol. 69, nº 5, 2005, p. 682-697.

[12] Brookes R., Lewis J. et Wahl-Jorgensen K., « The media representation of public opinion : British television news coverage of the 2001 general election », Media, Culture and Society, vol. 26, nº 1, 2004, p. 63-80.

[13] Lewis, Wahl-Jorgensen et Inthorn, S., « Images of citizenship on television news : constructing a passive public », Journalism Studies, vol. 5, nº 2, 2004, p. 153-164.

[14] Greco Larson S., « Public opinion in television election news : beyond polls », Political Communication, vol. 2, 1999, p. 133-145.

[15] Neveu É., « Des questions jamais entendues », Politix, nº 37, 1997, p. 25-56.

[16] Champagne P., « Qui a gagné ? Analyse interne et analyse externe des débats politiques à la télévision », Mots, nº 20, 1989, p. 5-22.

[17] Marquis L., « Sondages d’opinion et communication politique », Cahiers du Cevipof, nº 38, 2005

[18] Marquis L., op.cit.

[19] Davidson W. P, « The third-person effect in communication », The Public Opinion Quaterly, vol. 47, nº 1, 1983, p. 1-15.

[20] Edelman M., Pièces et règles du jeu politique, Seuil, Paris, 1991 [1988].

[21] Schudson, (avec King E.), « Le mythe de la popularité de Reagan », Politix,nº 37, 1997, p. 97-116 [1995].

[22] Jacobs L. et Shapiro R., « Presidential manipulation of polls and public opinion ; the Nixon administration and the pollsters », Political Science Quaterly, vol. 110, nº 4, 1995-1996, p. 519-538.

[23] Restier-Melleray C., « La femme du présidentiable, une figurante engagée », in Mazet P. et Poirmeur Y. (dir.), Le Métier politique en représentation, L’Harmattan, Paris, 1999.

[24] Baum M., « Talking the vote : why presidential candidates hit the talk-show circuit », American Journal of Political Science, vol. 49, nº 2, 2005, p. 213-234.

[25] Le Grignou, B., « Citoyens du dimanche. Politique télévisée en fin de siècle », in Bonnafous S. et al., Argumentation et discours politique, PUR, Rennes, 2003.

[26] Hallin D., « Sound bite news : television coverage of elections, 1968-1998 », Journal of Communication, vol. 42, nº 2, p. 5 24.

[27] Kavanagh D., « New campaign, communications. Consequences for British political parties », The Harvard International Journal of Press/Politics, vol. 1, nº 3, 1996, p. 60-76.

[28] Delporte, C., « Interview politique, propagande gouvernementale et télévision dans les années 1950 : autour des entretiens Guy Mollet-Pierre Sabbagh de 1956 », Les Cahiers du journalisme, nº 8, 2000, p. 88-101.

[29] Darras E., « Le pouvoir “médiacratique” ? Les logiques du recrutement des invités politiques à la télévision », Politix, nº 31, 1995, p. 183-198.

[30] Sainteny G., « Le cens médiatique. L’accès des petites forces politiques à l’audiovisuel », Médiapouvoirs, nº 38, 1995, p. 91-102.

[31] Le Bart C., « Lois et invariants d’un genre : pour une sociologie des gaffes politiques », in Bonnafous S. et al., Argumentation et discours politique, PUR, Rennes, 2003.

[32] Leroux P. et Teillet P. , « Second marché médiatique et carrière politique. L’exemple de Roselyne Bachelot », in Cohen A., Lacroix B. et Riutort P., Les Formes de l’activité politique, PUF, Paris, 2006.

[33] Le Bart C. et Neveu E., « Quand les énarques se font écrivains : un art du “Grand Écrit” », Mots, nº 54, 1998, p. 9-26. ; Le Bart C., « La nostalgie chevaleresque chez les professionnels de la politique », in Bonny Y., Queiroz J.-M. de et Neveu É., Norbert Elias et la théorie de la civilisation, Rennes, PUR, 2003.

 

 

 

 

Des livres et des revues sur les médias parus en 2007


   

En attendant mieux et plus, voici quelques ouvrages parus en 2007. Cette liste sera complétée peu à peu. Lire également :
- 
Des livres et des revues (1996-2003) ;
- 
Des livres et des revues parus en 2004 ;
- 
Des livres et des revues parus en 2005 et Tir groupé du Père Noël en 2005 ;
- 
Des livres et des revues parus en 2006



- Accardo (Alain), Journalistes précaires, journalistes au quotidien … avec Georges Abou, Gilles Balbastre, Christophe Dabitch & Annick Puerto, Editions Agone, 18 €. Présentation et extraits ici même.

- Bénilde (Marie), On achète bien les cerveaux. Médias et publicité, Raisons d’Agir, février 2007, 6 €. Un extrait ici même

- Bernays (Edward), Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie (1928), Editions Zones, octobre 2007, 143 pages, 11 euros.

- Blociszewski (Jacques), Le match de football télévisé, Rennes, éditions Apogée, juin 2007, 272 p., 20 euros.

- Blondeau (Olivier), avec la collaboration de Laurence Allard, Devenir média, l’activisme sur Internet entre défection et expérimentation, novembre 2007, Éditions Amsterdam, 318 p., 19 euros.

- Bouveresse (Jacques), Satire & prophétie : les voix de Karl Kraus, Collection « Banc d’essais », septembre 2007 224 pages, 20 euros. Voir sur le site des Editions Agone

- Broguière (Patrick), France Culture. La destruction programmée d’une université populaire, Editions Delga, novembre 2007, 9 euros.

- Delporte (Christian), La France dans les yeux. Une histoire de la communication politique de 1930 à nos jours, mars 2007, 496 pages, 24 €.

- Dominguez Muller (David), Radio- Luxembourg. Histoire d’un média privé d’envergure européenne, Paris, L’Harmattan, 268 p., 22.50 €.

- Desbordes (Jean-Philippe), Mon enfant n’est pas un cœur de cible – Télévision, marketing et aliénation, Actes Sud, novembre 2007, 220 p., 19 €.
.

- Fontenelle (Sébastien), La position du penseur couché – Répliques à Alain Finkielkraut, Editions Privé, 16 €.

- Le Bohec (Jacques), Elections et télévision, Presses Universitaires de Grenoble, 2007, 18 €. La télévision fait-elle l’élection ? – Présentation sur le site de l’éditeur.

- Lehingue (Patrick), Subunda, Coups de sonde dans l’étang des sondages, Ed.du Croquant, mars 2007, 18,50 €. Présentation ici même.

- Maler (Henri) et Reymond (Mathias) pour Acrimed, Médias et mobilisations sociales. La morgue et le mépris ?, Illustrations de Math Calloghan, mars 2007, éditions Syllepse, 7 €. Présentation ici même. En vente en ligne sur le site des éditions Syllepse

- Marcelle(Pierre) Quotidienne (2004-2006), suivi de Libération, une crise, Fayard, octobre 2007, 575 pages, 22 €..

- Riutort (Philippe), Sociologie de la communication politique, La Découverte, Juin 2007, 8,50 €. Présentation et extrait ici-même

- Ruellan (Denis), Le Journalisme ou le professionnalisme du flou, Presse Universitaire de Grenoble, avril 2007, 21 €.

- Salmon (Christian), Storytelling, Une machine à fabriquer des histoires et formater les esprits, Editions La Découverte, 2007, 240 p., 18 €..

- Sherman (Rina), Le Huitième mort de Tibhirine ou la mort d’un journaliste passée sous silence, Editions Tatami, 2007, 210 p., 19,90 €.

- Tukru (Luce), Petit dictionnaire paradoxal et impertinent de la publicité, Edition du Cefal, 11 €.

- Vivas (Maxime), La face cachée de Reporters sans frontières – De la CIA aux faucons du pentagone, Editions Aden, 272 p., 20 €.

Ouvrages collectifs et revues (2007)

- L’autre campagne. 80 propositions à débattre d’urgence, ouvrage coordonné par Georges Debrégeas et Thomas Lacoste, Editions La Découverte, 14 € (avec une contribution d’Acrimed…)

- Les nouveaux mots du pouvoir : Abécédaire critique (sous la direction de Pascal Durand), Aden, avril 2007, 461 pages, 25 €. Ces mots du pouvoir sont aussi les mots des médias.

- Médias et vie privée (dossier réalisé par Christophe Bigot), Problèmes politiques et sociaux, n° 940, septembre 2007, La documentation française, 120 pages, 9, 50 euros.

- Noam Chomsky (dir par J. Bricmont et J. Franck), Cahier de L’Herne n°88, Avril 2007, 39.00 € Lire ici même de larges extraits de la contribution de Serge Halimi et Arnaud Rindel publiés sous le titre « D’imaginaires “théories du complot” comme arguments de propagande ».

- Pour une analyse critique des médias – Le débat public en danger (sous la direction d’Eveline Pinto), avec des contributions de Jacques Bouveresse, Patrick Champagne, Christophe Charle, Julien Duval, Jean Gaton, Serge Halimi, Dominique Kalifa, Dominique Marchetti, Gérard Mauger, Erik Neveu, Eveline Pinto, Marcel Trillat), Editions du Croquant, 22 €.

- Contretemps, n°18, février 2007, « Société de l’information- Faut-il avoir peur des médias ? », Editions Textuel, 19 €.

H.M.

 

 

Des livres et revues sur les médias parus en 2006


   

En attendant mieux et plus, voici quelques ouvrages parus en 2006 et 2007. Cette liste sera complétée peu à peu. Lire également : Des livres et des revues (1996-2003), Des livres et des revues parus en 2004, Des livres et des revues parus en 2005 et Tir groupé du Père Noël en 2005.


 


2006

- Baret (Anne), L’impact de la presse gratuite, Éditions Connaissances et Savoirs, mai 2006, 17 €

- Borjesson (Kristina), Media control : Huit grands journalistes américains résistent aux pressions de l’administration Bush, Editions Les Arènes, mai 2006, 292 p., 21,80 €.

- Cusset (François), La décennie, le grand cauchemar des années 1980, La Découverte. Octobre 2006, 23 €.

- Deléron (Samuel), Lulek (Michel), Pineau (Guy), Télé Millevaches, la télévision… qui se mêle de ceux qui la regardent, éditions REPAS 144 pages, 5€ (DVD inclus) – Poème-préface de Raoul Sangla

- Deleu (Christophe) , Les anonymes à la radio. Usages, fonctions et portée de leur parole, éditions De Boeck, juillet 2006, 24,00 €

- Esteban, Devenons des médias alternatifs !, Guide des médias alternatifs et des sources d’informations différentes, format poche, Pour le commander, adressez un chèque de 10 euros + 3 euros de frais d’expédition à l’ordre de : ’ le p’tit gavroche ’, 3 bis rue des lilas, 69008 Lyon. Courriel : ptitgavroche@gmail.com ; site http://www.guidaltern.org. Un communiqué du « p’tit gavroche » ici même.

- Frau-Meigs (Divina), Qui a détourné le 11 septembre ? Journalisme, information et démocratie aux Etats-Unis, édition De Boeck-Ina, coll. Médias recherches, janvier 2006, 288 p., 27, 50 €.

- Gabszewicz (Jean), Sonnac (Nathalie), L’industrie des médias, coll. Repères, éd. La Découverte, février 2006, 128 pages, 8,50 €.

- Garrigos (Raphaël) et Roberts (Isabelle), La bonne soupe. Comment le « 13 heures »contamine l’info, Editions les Arènes, février 2006, 260 p, 17,80 €. Présentation sur le site de l’éditeur.

- Garrigou (Alain), L’ivresse des sondages, La Découverte, novembre 2006, 122 p., 6,90 €.

- Gingras (Anne-Marie), Medias et démocratie. Le grand malentendu, 2e édition, Presses de l’Université du Québec, 2006, 21,10 €.

- Granet (Danièle) et Lamour (Catherine), Médiabusiness. Le nouvel eldorado, Fayard, septembre 2006, 22 €.

- Halimi (Serge), Vidal (Dominique), Maler (Henri), L’opinion, ça se travaille. » – Les médias et les « guerres justes » : Kosovo, Afghanistan, Irak, 5ème édition (poche) actualisée et augmentée, Editions Agone, octobre 2006, 8 €. Présentation ici même. À commander sur le site d’Agone.

- Hazan (Eric), LQR, La propagande du quotidien, Raisons d’agir, février 2006, 122 p., 6 €. Lire ici même : « Critique de la caricature et caricature de la critique : Le Monde a lu LQR »

- Marquis (Eric), La presse : malade imaginaire ?, Ed. Scrineo, collection Les Carnets de l’info, 8,90 €.

- Martin-Lagardette (Jean-Luc), L’information responsable, éditions Charles-Léopold Meyer, mai 2006, 286 p., 18 €.

- Missika (Jean-Louis), La fin de la télévision, Seuil, mars 2006, 108 p., 10,50 €.

- Muzet (Denis), La mal info. Enquête sur les consommateurs de médias, L’Aube, mars 2006, 140 p., 15 €.

- Rasse (Paul), La rencontre des mondes. Diversité culturelle et communication, éditions Armand Colin, avril 2006, 25,50 €.

- Rollet (Cyrille), Physiologie d’un sitcom américain. Voyage au coeur de Growing Pains, (tome 1), octobre 2006, L’Harmattan, 24 €. – La circulation culturelle d’un sitcom américain. Voyage au cœur de Growing Pains, (tome 2), octobre 2006, L’Harmattan, 21 €.

- Zarka (Pierre), Les nouveaux miroirs aux alouettes L’information entre pouvoir et démocratie, éditions Syllepse, 208 pages, 20 €.

Ouvrages collectifs et revues (2006)

-  Les médias et la Libération en Europe, 1945-2005, Christian Delporte, Denis Maréchal (dir), coll. Médias en acte, éd. L’Harmattan.

- Journalismes et dépendances (sous la direction d’Ivan Chupin et Jérémie Nollet), Editions L’Harmattan, Paris, Collection : Cahiers politiques, 312 pages, 26 €.

- Le Débat, n° 138, janvier-février 2006, et n° 139 mars-avril 2006. [Deux numéros, consacrés aux médias]

 

Des livres et revues sur les médias parus en 2005-2006


   

En attendant mieux et plus, voici quelques ouvrages parus en 2005-2006. Cette liste sera complétée peu à peu. Dernière actualisation : 30 juillet 2006 (Les ouvrages marqués d’un astérisque* ont été introduits après cette date).

Lire également : Des livres et des revues (1996-2003), Des livres et des revues parus en 2004, et Tir groupé du Père Noël en 2005.


 

- * Agnès (Yves) , Le grand bazar de l’info : Pour en finir avec le maljournalisme, Editions Michalon, novembre 2005, 232 p. 17,00 €.

- Aron (Matthieu), Etchegoin (Marie-France), Le bûcher de Toulouse. D’Alègre à Baudis : histoire d’une mystification, Editions Grasset, mai 2005, 425 p., 20 €

- Bacot (Jean-Pierre), La presse illustrée au XIXe siècle. Une histoire oubliée, Presses Universitaires de Limoges, Presses Universitaires de Limoges, Septembre 2005, 235 p., 28 €.

- Baret Anne, L’impact de la presse gratuite, Éditions Connaissances et Savoirs, Juin 2006.

- Baton-Hervé (Elisabeth), Télévision et fonction parentale. Echos des recherches, L’Harmattan, février 2005, 157 p., 14, 50 €.

- Beau (Nicolas), Toscer (Olivier), BHL, Une imposture française, Editions les Arènes, février 2006, 212 p., 14,90 €. Présentation sur le site de l’éditeur

- Bohas (Alexandre) et Laroche (Josepha), Canal+ et les majors américaines. Une vision désenchantée du cinéma-monde, précédé d’un entretien avec André Rousselet, Paris, Editions Pepper, Collection Chaos International, 2005, 272 pages, 20 €.

- * Borjesson (Kristina), Media control : Huit grands journalistes américains résistent aux pressions de l’administration Bush, Editions Les Arènes, mai 2006, 292 p., 21,80 €.

- Bourges (Hervé), Sur la télé : mes 4 vérités, Editions Ramsay, février 2005, 200 p., 18 €.

- Callu (Agnès) et Lemoine (Hervé), Le Patrimoine sonore et audiovisuel français : entre archives et témoignage, guide de recherches en sciences sociales, [préfaces d’Emmanuel Le Roy Ladurie et de Jean Cluzel, postface de Jacques Rigaud], éditions Belin, 2005, 7 volumes, 2500 p.

- Cavelier (Patrice), Morel-Maroger (Olivier), La radio, PUF, coll. Que sais-je ?, novembre 2005, 127 p, 8 €.

- Charaudeau (Patrick), Le discours politique. Les masques du pouvoir, Editions Vuibert, avril 2005, 255 p., 21 €.

- Charon (Jean-Marie), La presse quotidienne, Nouvelle édition, Éditions La Découverte, août 2005, collection « Repères », 128 p., 8,50 €.

- Chhum (Frédéric), L’intermittent du spectacle, les nouvelles règles après la réforme de 2003, éditions Juris-Classeur Litec.

- Couture (Xavier), La dictature de l’émotion. Où va la télévision ?, édition Louis Audibert, Août 2005, 156 p., 15 €.

- Darsy (Sébastien), Le temps de l’antipub. L’emprise de la publicité et ceux qui la combattent, Actes Sud, Mai 2005, 18 €.

- de Greef (Alain), Vous regardez trop la publicité, Editions Flammarion, mars 2005, 15 €.

- Deltombes (Thomas), L’Islam Imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie, 1975-2005, Editions La Découverte, septembre 2005, 382 p., 22 €

- * Deleu (Christophe) , Les anonymes à la radio. Usages, fonctions et portée de leur parole, éditions De Boeck, juillet 2006, 24,00 €

- Duvochel (Alain), Le nouveau paysage audiovisuel français, Editions Anaelle, janvier 2005 , 272 pages, 39 €. En librairie ou par correspondance, en envoyant votre règlement (majoré de 5€ de frais d’envoi) à l’éditeur : 18 rue de la Digue, 31300 Toulouse. Fort utile du point de vue de la description du système télévisuel français avec beaucoup de données chiffrées et à jour jusqu’à la prochaine édition ( ?).

- Fogel (Jean-François) et Patino (Bruno), Une presse sans Gutenberg, Editions Grasset, octobre 2005, 244 pages, 14 €.

- Fougea (Jean-Pierre), Les outils de la production : cinéma et télévision, Editions Dixit, mai 2005, 320 p. 36 €.

- Frau-Meigs (Divina), Qui a détourné le 11 septembre ? Journalisme, information et démocratie aux Etats-Unis, édition De Boeck-Ina, coll. Médias recherches, janvier 2006, 288 p., 27, 50 €

- Gabszewicz (Jean), Sonnac (Nathalie), L’industrie des médias, coll. Repères, éd. La Découverte, février 2006, 128 pages – 8,50 € -

- Garrigos (Raphaël) et Roberts (Isabelle), La bonne soupe. Comment le « 13 heures »contamine l’info, Editions les Arènes, février 2006, 260 p, 17,80 €. Présentation sur le site de l’éditeur.

- Glevarec (Hervé), Libre antenne.La réception de la radio par les adolescents, collection Mediacultures, éditions Armand Colin, 2005, 304 p., 27 €.

- * Guaaybess (Tourya), Télévisions arabes sur orbite, Un système médiatique en mutation (1960-2004), CNRS éditions, 2005.

- Halimi (Serge), Les nouveaux chiens de garde, Nouvelle édition actualisée et augmentée, éditions Raisons d’Agir, novembre 2005, 6 €.

- Hazan (Eric), LQR, La propagande du quotidien, Raisons d’agir, février 2006, 122 p., 6 €.

- Huyghe (François-Bernard), Comprendre le pouvoir stratégique des médias, éditions Eyrolles, septembre 2005, 222 p., 14,90 €.

- Lefloch (Patrick) et Sonnac (Nathalie), Économie de la presse, Nouvelle édition, septembre 2005, Éditions La Découverte, septembre 2005, collection « Repères », 128 p., 8,50 €.

- Lépinay (Frédéric), La Voix du Nord – Histoire secrète, Ed Les Lumières de Lille, août 2005. Lire le compte-rendu d’Acrimed

- Lochard (Guy), L’information télévisée. Mutations professionnelles et enjeux citoyens. Editions Vuibert/INA/CLEMI, mai 2005, 220 p., 22 €.

- Maler (Henri) et Schwartz (Antoine) pour Acrimed, Médias en campagne. Retours sur le référendum de 2005, éditions Syllepse, novembre 2005, 7 €. Présentation et bon de commande

- Marchand (Pascal) (Ed.). Psychologie sociale des médias, Presses Universitaires de Rennes – coll. « Didact Psychologie sociale », 328 pages, 15 €. – Lire/télécharger la présentation complète en fichier .pdf

- Martin-Lagardette (Jean-Luc), L’information responsable, éditions Charles-Léopold Meyer, mai 2006, 286 p.

- Mauro (Didier), Le documentaire cinéma et télévision. Ecriture-Réalisation-Production-Diffusion-Formation, éditions Dixit, juillet 2005, 304 p., 30 €.

- Miège (Bernard), La pensée communicationnelle, 2ème édition revue et augmentée, mai 2005, Collection La Communication en Plus, Presses Universitaires de Grenoble, 126 pages. Prix : 14.25 €.

- Missika (Jean-Louis), La fin de la télévision, Seuil, mars 2006, 108 p., 10,50 €.

- Mœglin (Pierre), Outils et médias éducatifs. Une approche communicationnelle, Collection Communication, Médias & Sociétés, 298 p., 22,00 €

- Mucchielli (Laurent), Le Scandale des « tournantes », discours médiatiques et contre-enquête sociologique, Editions La Découverte, mars 2005, 124 p., 6,50 €.

- Muzet (Denis), La mal info. Enquête sur les consommateurs de médias, L’Aube, mars 2006, 140 p., 15 €.

- Olivesi (Stéphane), La communication selon Bourdieu. Jeu social et enjeu de société. Editions L’Harmattan, coll « Communication et civilisation », décembre 2005, 88 p., 11 €.

- Ollivier (Mathias), La nulture, Déclaration des droits de l’artiste, Editions « Le Manuscrit », 125 p., Livre : 13,90 €. En PDF : 5,95 €.

- Perret (Thierry), Le Temps des journalistes. L’invention de la presse en Afrique francophone, Editions Karthala, 2005, 318 p.

- Rieffel (Rémy), Que sont les médias ?, Pratiques, identités, influences, Gallimard, Collection Folio/actuel, septembre 2005, 539 p., 8,50 €.

- * Robin (Jean), Ils ont tué la télé publique, Editions du Journalisme Continu.

- Sachs (Oliver), L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau. Editions Seuil, collection Point.

- Rimbert (Pierre), Libération de Sartre à Rothschild, éditions Raisons d’Agir, novembre 2005, 6 €. Un extrait : « L’engrenage ».

- Santos-Sainz (Maria), L’élite journalistique et son pouvoir, éditions Apogée, septembre 2005, 224 p., 20 €.

- Tévanian (Pierre), Le voile médiatique. Un faux débat : « l’affaire du foulard islamique », éditions Raison d’Agir, 5,70 €.

- Thibault (Mireille), Comprendre les médias (Préface de Jean-Pierre Elkabbach), décembre 2005, 250 p., 12,50 euros

- Walter (Jacques), La shoah à l’épreuve de l’image, PUF, 2005. 24 €

- Windisch (Uli), Dans les médias et la cité, éditions L’Age d’Homme.

Ouvrages collectifs

- * Journalisme et dépendances (sous la direction de Ivan Chupin et Jérémie Nollert, Editions L’Harmattan, Paris, 312 p., 26 €

- La destruction de la culture – Stratégies du décervelage en France (1995-2006), éditions Delga, 15 €.

- Passeurs culturels dans le monde des médias et de l’édition en Europe (XIXe et XXe siècles), Coordonné par Diana Cooper-Richet, Jean-Yves Mollier et Ahmed Silem, Presses de l’enssib, collection Référence, août 2005, 42 €

- Journalistes, des mots et des doutes (sous la dir. d’ Henri Weill),, Editions Privat, collection Arguments, novembre 2005, 282 pages, 20 €.

- Penser les médiacultures, (dir. Eric Maigret et Eric Macé), collection Mediacultures, éditions Armand Colin, 2005, 186 p., 20 €

- La publicisation de la science (textes réunis par Isabelle Pailliart), Collection Communication, Médias & Société, Presses Universitaires de Grenoble.

- Les télécommunications, entre bien public et marchandise (coordonné par Djilali Deamrane, Bruno Jaffré, François-Xavier Vershave), Editions Charles Leopold Mayer, Paris, novembre 2005, 378 pages, 18 €.

- Guide de formation aux métiers du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia. A commander auprès de l’association Vidéadoc, 8 rue des Trois couronnes, 75011 Paris

Revues

- Revue Agone n°34, « Domestiquer les masses ». Au sommaire, notamment : « Culture & propagande. « Lille 2004 », capitale européenne de la culture », par Bendy Glu ; « Propagande & contrôle de l’esprit public » par Noam Chomsky ; « La conspiration. Quand les journalistes (et leurs favoris) falsifient l’analyse critique des médias », par Serge Halimi & Arnaud Rindel, etc. Renseignements et commande sur le site des Editions Agone

- Casseurs de Pub, Hors série, Novembre-décembre 2005, 4 €. Extrait du sommaire : « Médias et publicité : confusion des genres », par PLPL, ; « La liberté de la presse, un mythe commode » » par Alain Accardo ; « Comment Libération s’est converti à la publicité », par Pierre Rimbert ; « A la botte des industriels », par Vincent Cheynet ; « Un produit appelé « Médias » », par François Ruffin ; « Quand France Inter se fait tout-operator », par Aline Dekervel ; « L’info aux ordres », par Sébastien Darsy ; « L’ordonnance de 1944 : une loi à reprendre par Sophie Divry ».

- Etudes de communication, « Analyse communicationnelle et épistémologie des sciences sociales », n° 27. Commande au : CEGES, Université de Lille 3, Bâtiment extension, BP 149- 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex. 14 €.

- Médiatiques (publication de l’Observatoire du Récit Médiatique) : n°35, « Les non-professionnels de l’information » ; n°36, « Vu du Sud, vu du Nord ». Pour en savoir plus

- Fréquences libres, n° 118, « Dossier : Congrès du SNRL », commande contre un chèque de 8 €, frais d’envoi compris, à l’ordre de Corali et envoyé à Corali, 10 av. Pierre-Sémard, 26000 Valence.

- Quaderni, n°57, printemps 2005, « Gramsci, les médias et la culture ». Numéro coordonné par Pascal Durand et Pierre Musso.

- Les nouveaux dossiers de l’audiovisuel, n° 5 (Juin/Juillet 2005), « Internet a-t-il une mémoire ? » avec notamment, des contributions de Dominique Baudis, Koïchiro Matsuura, Robert Ménard, Emmanuel Hoog, Jean-Michel Rodes, Bernard Miege, Fred Forest, Jean-Noël Jeanneney, Geneviève Piejut, Thomas Drugeon etc. Edité par l’INA.

- Réseaux n° 127-128, « La fracture numérique ». Bon de commande et informations complémentaires disponibles sur le site de Réseaux

- « Pratiquer la radio » : dernier numéro des BT2 (Bibliothèque de Travail) éditées par l’Institut