Barack Obama (né en 1961), 44ème président des Etats-Unis d’Amérique . Par Paul YANGE de grioo.com

Posté par issopha le 4 février 2009

 Barack Obama (né en 1961), 44ème président des Etats-Unis d’Amérique

 
 
Barack Obama (né en 1961), 44ème président des Etats-Unis d’Amérique . Par Paul YANGE de grioo.com dans DISCRIMINATION POSITIVE artsubtitleleft transparent dans ETATS-UNIS D'AMERIQUE
Né d’un père kenyan et d’une mère américaine, élevé à Hawaii et en Indonésie, travailleur social, avocat devenu sénateur des Etats-Unis, Barack Hussein Obama est officiellement devenu le premier président noir des Etats-Unis le 20 janvier 2009. Un accomplissement qui le place d’ores et déjà à une place d’exception dans l’histoire. Ce premier volet d’une série de deux retrace la constitution de l’identité du futur président
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L’enfance et l’environnement familial
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Barack Hussein Obama naît le 4 août 1961 à Hawaii. Il est le fils de Stanley Ann Dunham, une étudiante blanche âgée de 18 ans, dont les parents sont originaires du Kansas, et de Barack Obama Sr, un étudiant africain de 23 ans, originaire du Kenya d’où il est arrivé via une bourse. Le petit Barack n’est pas le premier fils de Barack senior qui a déjà deux enfants et une femme au Kenya lorsque naît son fils à Hawaii. Il a néanmoins épousé Ann Dunham le 2 février 1961. A la fin de ses études à Hawaii, deux nouvelles bourses lui sont attribuées :

une prend en charge sa scolarité et sa famille, mais provient d’une université moins prestigieuse que la seconde, qui lui est offerte par Harvard. La bourse de Harvard a l’inconvénient de ne pas prendre en charge Ann et Barack. Barack Obama sr choisit pourtant Harvard et quitte Hawaii laissant derrière lui Stanley Ann qu’il avait pourtant épousée, et le petit Barack. Au bout de deux ans, les liens se distendent et en 1964, c’est le divorce. Le petit Barack ne reverra que de façon très épisodique son père, notamment à l’âge de 10 ans lorsque ce dernier viendra passer un séjour d’un mois à Hawaii. Barack Obama confessera plus tard que le temps cumulé qu’il a passé avec son père ne dépasse pas un an.

quote_left Ce gars parle comme s’il est déjà président du pays. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui pouvait laisser une telle impression après cinq minutes quote_right

Barack Sr qui a des nouvelles de son fils via sa mère est néanmoins fier de lui, car celui-ci obtient d’excellents résultats à l’école. Charismatique, brillant, fier, ambitieux et orgueilleux, Barack Sr de retour au Kenya travaille dans une compagnie pétrolière, puis y sera ministre. Mais ne pratiquant pas la langue de bois, il critique souvent les collègues qu’ils jugent incompétents (« comment peux tu être mon supérieur alors que c’est moi qui t’apprends à faire ton boulot dit-il à un ministre »), s’insurge contre le tribalilsme et le népotisme.

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Il finit par être blacklisté par le président kenyan Jomo Kenyatta qui empêche même les firmes étrangères de le recruter. Contacté par la Banque Africaine de Développement (BAD) il ne peut pas saisir cette opportunité qui se présente à l’étranger car son passport a été confisqué. C’est ainsi qu’il devient alcoolique, se contentant d’essayer de sauver les apparences auprès de ses proches. Il ne retrouvera un poste à la hauteur de ses qualifications que suite au décès de Kenyatta. Il mourra lui-même en 1982 à la suite d’un accident de circulation.

Barack Senior aura huit enfants de quatre femmes différentes : Keziah Obama, Stanley Ann Dunham, Ruth Niedesand (une américaine rencontrée à Harvard) et une femme prénommée Jael qui résiderait actuellement à Atlanta aux Etats-Unis. Auma, Malik, Abo, Bernard sont les enfants de Keziah. Barack Junior est le fils de Stanley Ann, Mark et David Ndesanjo (décédé dans un accident de moto) sont les fils de Ruth. George Onyango est le 8ème enfant de Barack Senior, qu’il a eu avec Jael.

quote_left Quoi qu’en dise mon père, il était maintenant trop tard pour prétendre me réclamer de l’Afrique. Et si j’avais fini par me considérer comme un Noir américain, et si j’étais regardé comme tel, je n’avais encore jeté l’ancre nulle part. quote_right

Barack Obama compte donc six demi-frères ou demi-sœurs encore vivants du côté paternel. Du côté maternel, il a une demi-sœur, Maya Soetero NG (prénommée Maya en hommage à l’écrivain Maya Angelou ndlr) qui est la fille de Stanley Ann Dunham et de son second mari Lolo Soetero. Lorsque cette dernière se remarie avec cet indonésien qu’elle a rencontré à Hawaii, elle et Barack qui a alors six ans vont s’installer en Indonésie où Barack grandit de 1967 à 1971. Sa mère le réveille à quatre heures du matin pour lui donner des cours d’anglais.

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transparent transparent Ann Dunham et son fils Barack Obama
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Barack racontera plus tard dans son autobiographie « Les rêves de mon père » comment les différences criardes d’inégalité en matière de répartition de richesses dans la société indonésienne l’ont marqué. Il évoquera aussi un numéro du magazine « Life » dans lequel pour la première fois, il prendra conscience du fait que la couleur de peau n’est pas anodine (il s’agissait d’un article sur un noir qui essayait de se blanchir la peau). Sa mère estimant que l’environnement américain serait meilleur pour ses études décide de le renvoyer à Hawaii à l’âge de 10 ans où ses grands-parents maternels s’occupent de lui avant qu’elle ne revienne l’année suivante. Barack Jr qui sera surnommé « Barry » suit une scolarité sans encombre, entre au lycée de Punahou (un des plus prestigieux lycées privés de Hawaii).

Essayant de se conformer à l’image de ce que doit être un jeune Noir Il commet quelques bêtises (essaye un peu de marijuana, goûte à la cocaïne), mais se reprend rapidement et va poursuivre ses études supérieurs à l’Occidental College de Los Angeles. Il se lie rapidement d’amitié avec plusieurs étudiants afro-américains. Au menu des discussions il y a notamment des débats sur la place des Noirs en Amérique, le racisme, le nationalisme noir etc Désireux de changer d’environnement, Barack Obama demande à effectuer sa troisième année à l’université de Columbia qui est basée à New York. Il explique ce changement dans « les rêves de mon père »

quote_left J’appris à zigzaguer entre mes mondes, le noir et le blanc, car j’avais compris que chacun d’eux possédait son propre langage, ses propres coutumes et ses propres structures et m’étais convaincu qu’avec un minimum de traduction de ma part les deux mondes finiraient par devenir cohérents quote_right

: « Quoi qu’en dise mon père, il était maintenant trop tard pour prétendre me réclamer de l’Afrique. Et si j’avais fini par me considérer comme un Noir américain, et si j’étais regardé comme tel, je n’avais encore jeté l’encre nulle part. Je compris que ce qu’il me fallait était une communauté, une communauté qui irait plus loin que le désespoir partagé avec quelques amis noirs à la lecture des dernières statistiques de la criminalité (…) un endroit où je pourrais me poser et tester mon engagement. Aussi quand j’appris qu’Occidental avait organisé un programme de transfert avec l’université de Columbia, je me dépêchai de poser ma candidature. Je me disais que même s’il n’y avait pas plus d’étudiants noirs à Columbia qu’à Oxy, je serais là au cœur d’une vraie ville avec des quartiers noirs à proximité. »

Travailleur social en tant qu’organisateur de communautés à Chicago
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transparent transparent Barack Obama et son père en 1972
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C’est à New York qu’il rencontre pour la première fois sa demi-sœur Auma, qui effectue ses études en Allemagne. De passage aux Etats-Unis elle est venue lui rendre visite et ils s’entendent immédiatement très bien. C’est elle qui lui fera découvrir certains aspects de la vie de Barack Senior qu’il avait jusque là toujours idéalisé et qu’il ne connaissait qu’à travers les récits de sa mère, de ses grands-parents maternels et des lettres échangées. Auma l’encouragera également à faire le voyage au Kenya qu’il avait envisagé, afin d’aller à la découverte de ses racines paternelles.

A la fin de ses études, il a l’opportunité de travailler dans une firme financière dans laquelle il effectue un stage de fin d’études, mais décide de travailler dans le domaine social en devenant « organisateur de communautés » : « le changement ne viendra pas d’en haut il viendra de la base. Voilà pourquoi il faut la mobiliser (…) je vais travailler à organiser la base, les Noirs, pour le changement » écrit-il dans les « rêves de mon père ».

quote_left je doutais que tout le bla bla sur l’estime de soi des Noirs pût être la pièce maîtresse d’une politique efficace en faveur des Noirs quote_right

Cette ambition de travailler pour améliorer le sort de membres de sa communauté n’est pas toujours bien comprise. Ainsi, Ike, un vigile noir travaillant dans l’immeuble où est installée la firme financière dans laquelle Obama, 22 ans, effectue un stage lui conseille « d’oublier cette histoire d’organisation et de faire quelque chose qui pourra lui rapporter de l’argent ». Un coup de fil reçu de la part de Gerard Kelman, qui dirige une organisation opérant dans le social à Chicago et à la recherche d’un collaborateur noir enverra Barack Obama travailler à Chicago. Une ville où Harold Washington vient tout juste d’être élu premier maire noir de la ville.

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transparent transparent Une photo prise au Kenya à la fin des années 80 : on reconnait notamment assises de gauche à droite : Auma, Keziah et Sarah Obama. Debout en 3è position en partant de la gauche, Malik Obama transparent transparent  
transparent transparent Une photo prise au Kenya à la fin des années 80 : on reconnait notamment assises de gauche à droite : Auma, Keziah et Sarah Obama. Debout en 3è position en partant de la gauche, Malik Obama
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Pendant trois ans, Barack Obama s’investit dans le social, dans les quartiers pauvres, rencontre des acteurs influents des quartiers noirs pauvres, va dans les églises, organise des réunions avec les services municipaux pour améliorer la vie des habitants. Au fil de ses expériences, il s’interroge sur des problématiques telles que l’estime de soi des noirs : « je doutais que tout le bla bla sur l’estime de soi des Noirs pût être la pièce maîtresse d’une politique efficace en faveur des Noirs (…) je me disais qu’avec plus d’estime de soi il y aurait peut être moins de Noirs pauvres, mais qu’il était évident que la pauvreté ne faisait rien pour notre estime de nous-mêmes. Mieux valait se concentrer sur les choses recueillant un consensus général. Donnez à ce Noir pauvre des qualifications tangibles et du travail. Apprenez à cet enfant noir la lecture et l’arithmétique dans une école où il sera en sécurité et qui dispose des moyens nécessaires. Donnez-nous d’abord de bonnes bases, et ensuite nous nous mettrons en quête de ce que nous valons à nos propres yeux ».

quote_left Rafiq était moins intéressé à changer les règles du pouvoir qu’à changer la couleur de ceux qui le détenaient quote_right

Il est également sceptique en ce qui concerne le nationalisme noir prôné par la Nation de l’Islam. « Tant que le nationalisme restait une malédiction cathartique lancée contre la race blanche, il pouvait recueillir les applaudissements, aussi bien de l’adolescent au chômage (…) que de l’homme d’affaires (…) Mais la pente qui partait de cette ferveur unificatrice pour aboutir aux choix pratiques auxquels étaient confrontés quotidiennement les Noirs était rude à avaler. Partout, il fallait faire des compromis. Le comptable noir demandait : comment voulez-vous que j’ouvre un compte dans cette banque appartenant à des Noirs si elle me facture des frais supplémentaires pour la tenue des comptes et si elle ne veut pas assumer le risque ? L’infirmière noire disait : Les Blancs avec qui je travaille ne sont pas si mauvais, et même s’ils l’étaient, je ne peux pas quitter mon travail…Qui va payer mon loyer demain, donner à manger à mes enfants aujourd’hui ? Rafiq -un membre de la nation de l’islam NDLR- n’avait pas de réponses toutes prêtes à ce genre de questions ; il était moins intéressé à changer les règles du pouvoir qu’à changer la couleur de ceux qui le détenaient et qui, de ce fait, profitaient de ses bienfaits. »

Président de la Harvard Law Review
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Un de ses plus grand succès est obtenu lorsqu’il arrive à mobiliser les habitants d’un quartier pauvre afin qu’ils aillent demander à des responsables de la Chicago Housing Authority (l’organisme qui s’occupe du logement à Chicago NDLR) d’effectuer toutes les vérifications nécessaires et certifier que les cités ne comportaient pas d’amiante. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance du pasteur Jeremiah Wright qui célèbrera son mariage et baptisera ses deux filles.

Après les trois années passées à Chicago à sa sortie de Columbia, Obama postule dans des universités prestigieuses (Harvard, Stanford, Yale) pour étudier le droit. Une fois son dossier accepté, il quitte Chicago pour Boston. Perçu comme à gauche par ses camarades de promotion, il participe à certaines manifestations qui ont lieu sur le campus, notamment une manifestation contre l’apartheid. C’est une époque politiquement agitée aux Etats-Unis et sur le campus. En février 1990, Barack Obama est élu président de la « Harvard Law Review », la revue juridique de la fac de droit de l’université de Harvard. Etant le premier noir à présider la revue, les médias s’intéressent à lui :

Vanity Fair, le Los Angeles Times, le Boston Globe, le New York Times et l’Associated Press publient des articles sur le jeune Barack, alors âgé de 28 ans. Au Los Angeles Times, Obama confie : « l’un des privilèges de fréquenter la faculté de droit de Harvard c’est que vous pouvez prendre des risques dans votre vie. Vous pouvez essayer de faire des choses pour améliorer la société et toujours retomber sur vos pieds. » Selon le journal, Obama est venu à Harvard pour apprendre comment utiliser le système politique en vue d’effectuer le changement social. Racontant que son grand-père paternel avait été cuisinier pour les Britanniques, le Los Angeles Times écrit : « deux générations plus tard, au sein de la revue juridique la plus respectée du pays, le petit fils du cuisiner donne les ordres ».

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Vanity Fair souligne que le titre du New York Times a mentionné qu’Obama était le premier noir président de la revue, et que ce ne sera probablement pas la dernière fois que le qualificatif de « premier noir » à réussir quelque chose sera accolé au nom de Barack Obama…Une prédiction quasi visionnaire ! Dans le New York Times, Barack Obama déclare que le fait qu’il ait été élu est un « signe de progrès » mais ajoute que des histoires comme la sienne ne doivent pas être utilisées pour dire que tout va bien pour les Noirs. « Vous devez vous rappeler que pour un Barack Obama, il ya des centaines de milliers d’étudiants noirs au talent au moins égal qui n’ont pas la même chance ».

quote_left Les histoires comme la mienne ne doivent pas être utilisées pour dire que tout va bien pour les Noirs. Il faut se rappeler que pour un Barack Obama, il y a des centaines voire des milliers d’étudiants noirs qui à talent au moins égal ne se voient pas offrir une chance quote_right

Un des professeurs de Barack Obama déclare à propos de son élection à la tête de la revue : « pour le meilleur ou pour le pire, les gens perçoivent cet événement comme significatif. » Cette victoire peut également être analysée comme la capacité d’Obama à rassembler au-delà de son camp, une qualité qu’il montrera lors de son duel face à John McCain. En effet, les étudiants conservateurs ont voté pour lui car ils lui ont confiance en sa capacité à prendre en compte les points de vue qu’il ne partage pas forcément. A Harvard, Obama laisse aussi l’image d’un étudiant extrêmement brillant. Laurence Tribe, un de ses professeurs à l’époque dira des années plus tard dans une émission de télévision en 2008, diffusée sur la chaîne ABC : « J’avais déjà eu 5000 étudiants en droit à l’époque où j’ai eu Barack Obama comme étudiant. C’était l’étudiant le plus impressionnant avec lequel j’ai jamais travaillé. Et maintenant que j’ai eu 5000 étudiants supplémentaires, cela reste vrai. J’avais même écrit son nom dans mon agenda, chose que je faisais assez rarement ».

Avocat et directeur du « project vote » à Chicago
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transparent transparent Barack et Michelle Obama au début des années 90
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En 91, Obama retourne définitivement à Chicago où il a effectué des stages dans des cabinets d’avocats. Il a notamment rencontré en 1989 sa future épouse Michelle chez Sydley Austin, une prestigieuse firme de la ville de Chicago où cette dernière travaille. Alors qu’il y est arrivé comme stagiaire, Michelle est chargée de l’encadrer. D’abord réticente lorsque Barack la courtise, elle accepte une invitation au bout d’un mois. Ils vont voir le film de Spike Lee « Do the right thing ».

Michelle présente Barack à son frère Craig, et au reste de sa famille. Ils se marient en 1992 et leur première fille Malia Ann nait en 1998. Sasha naît en 2001. Michelle Obama a grandi à Chicago et permettra à son mari d’étendre son réseau dans la ville. Michelle est par exemple une amie d’enfance de Santita Jackson, fille du révérend Jesse Jackson. Marty Nesbitt, qui deviendra un des meilleurs amis d’Obama, et qui servira de lien avec lui et la communauté noire des affaires de Chicago, joue fréquemment au basket avec Craig, le frère de Michelle, qui est diplômé de Princeton, tout comme John Rogers, président d’Ariel Capital Fund, lui aussi résident de Chicago et futur ami d’Obama.

quote_left Cette campagne d’enregistrement des électeurs issus des minorités fut la campagne la plus efficace que j’ai vue en 20 ans de politique. A la tête de cette opération, un avocat afro-américain peu connu de 31 ans, du nom de Barack Obama quote_right

En 1992, Obama conduit le « project vote » qui est la déclinaison à Chicago d’une opération nationale visant à pousser de nouveaux électeurs, principalement issus des minorités, à aller s’enregistrer sur les listes électorales. L’opération est un énorme succès (Plus de 150 000 personnes, majoritairement des afro-américains, s’enregistrent sur les listes électorales) et permet à Obama de se faire remarquer. Il est ainsi désigné comme un des « 40 jeunes de moins de 40 ans les plus prometteurs de la ville de Chicago ». Le Chicago Magazine affirme à l’époque que cette opération a fait de lui à 31 ans, une nouvelle star de la politique à Chicago. Il tisse des liens avec les leaders de la communauté afro-américaine, et des blancs de gauche comme Bettylu Saltzman. C’est cette dernière qui l’invitera en octobre 2002 à un meeting contre la guerre en Irak, au cours duquel il dira dans un discours « ne pas être contre toutes les guerres, mais contre les guerres idiotes ». A l’époque où il le prononcera, Obama ne sait pas encore que ce discours va constituer quelques années plus tard un gros avantage politique.

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Barack Obama travaille comme avocat pour le cabinet Davis, Miner, Barnhill & Gallard où il s’occupe principalement de dossiers portant sur les droits civiques, donne des cours de droit constitutionnel à l’université de Chicago de 1993 à 2004. Il arrêtera de travailler à plein temps en cabinet après son entrée au sénat local. En 1995, il publie son autobiographie, « les rêves de mon père ». Un éditeur a en effet montré de l’intérêt pour son parcours qui apparait déjà atypique. Il participe aussi à la « One million march » organisée par Louis Farrakhan, le leader de la Nation de l’Islam qui rassemble plus d’un million d’hommes afro-américains. Dans une interview intitulée « qu’est ce qui fait courir Obama » accordée au Chicago Reader, Barack Obama se montre circonspect quant à ce genre de manifestations :

« C’était une puissante démonstration du besoin pour les hommes afro-américains de se rassembler et d’affirmer leurs places dans la société. Mais ce qui manquait chez les organisateurs de la marche, c’était un agenda pour le changement. Sans cet agenda, une grande partie de cette énergie va se dissiper. Se tenir la main et chanter  » we shall overcome »] ne va pas changer les choses. Exhorter les jeunes à être fiers d’être noir, d’abandonner la drogue et le crime ne changera rien si nous ne pouvons pas trouver des emplois et un futur pour les 50% de jeunes noirs qui sont sans emploi, sous employés ou plein d’amertume et de rage. Les exhortations ne suffiront pas, pas plus que la notion selon laquelle nous pouvons créer une économie noire aux Etats-Unis qui serait hermétiquement séparée du reste de l’économie et nous attaquer aux problèmes majeurs qui nous affectent ».

Cette année 95 est également marquée par le décès de Ann Dunham, la mère de Barack, d’un cancer des ovaires. Docteur en anthropologie, elle partageait son temps entre Hawaii et l’Indonésie. Tout au cours de ses études, le jeune homme brillant qu’est Obama a songé à entrer un jour en politique et briguer un mandat électif. Il s’est fait les dents en tant qu’animateur social, a fréquenté l’université la plus prestigieuse des Etats-Unis, et commence à se faire un nom à Chicago. En 1996, l’occasion de briguer un mandat électif se présentera, lui permettant de faire le premier pas d’un voyage qui le mènera à la Maison-Blanche en 12 ans seulement, non sans difficultés et incidents de parcours.

Citations
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transparent transparent Au lycée de Punahou. Barack Obama est tout à droite, sur la 2ème rangée transparent transparent  
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pucemenu Je me suis dit : Ce gars parle comme s’il est déjà président du pays. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui pouvait laisser une telle impression après cinq minutes, John Owens, ex-collègue de Barack Obama interrogé en 1990 par le Botson Globe après l’élection de ce dernier à la tête de la Harvard Law Review

pucemenu Ayant eu accès au système, à un « langage » qui est parfois étranger aux Noirs, j’ai une mission certaine de faire en sorte que les dons que j’ai reçus soient redistribués dans la communauté, Barack Obama, Boston Globe, 1990

pucemenu Mon élection symbolise un progrès, mais je ne veux pas que les gens oublient qu’il y a encore beaucoup de travail à faire, Barack Obama, Los Angeles Times, 1990 au sujet de son élection comme premier noir à diriger la Havard Law Review

pucemenu Ironiquement, il a été le plus critiqué par ses camarades noirs qui estiment qu’il est trop conciliant envers les conservateurs et qu’il n’a pas placé assez de Noirs dans les postes importants de la revue. Los Angeles Times, 1990

pucemenu Ce sont des gens qui sous une forme ou une autre dirigeront le pays quand ils seront diplômés. Si je discute avec un blanc conservateur qui veut démanteler l’aide sociale, il doit m’écouter et réciproquement. C’est ce qui a le plus de valeur dans la Harvard Law Review. Les idées s’échangent et il n’y a pas de ligne partisane à suivre. Barack Obama, Los Angeles Times, 1990

pucemenu Une forte participation des électeurs afro-américains aux élections de novembre 1992 a changé le paysage électoral et propulsé sur le devant de la scène une nouvelle star politique : un avocat de 31 ans nommé Barack Obama, Chicago Magazine, janvier 1993

pucemenu Au niveau de ses exigences techniques, une opération d’enregistrement d’électeurs ressemble à une mini-campagne électorale. Barack l’a dirigée de façon superbe. Je n’ai aucun doute qu’il pourrait de la même façon diriger une campagne politique tout aussi bonne si c’est ce qu’il décide de faire après John Schmidt, conseiller du maire de Chicago cité par le Chicago Magazine en 1993

pucemenu « Des politiciens noirs moins doués que Harold Washington (1er maire noir de Chicago NDLR) découvrirent ce que les politiciens blancs savaient depuis très longtemps, à savoir que l’incitation à la haine raciale pouvait compenser une foule de limites (…) comme le sexe à la télé ou la violence, la fureur noire trouvait toujours une colère disponible » Barack Obama, les rêves de mon père (1995)

pucemenu « Aux Etats-Unis, nous avons ce fort penchant pour l’action individuelle. Nous idolâtrons le héros du type John Wayne qui arrive et change les choses avec ses deux pistolets étincellants. Mais les actions individuelles, les rêves individuels ne sont pas suffisants. Nous devons nous unir dans l’action collective, construire des institutions collectives et des organisations » Barack Obama, Chicago Reader (1995)

 

 

 

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Cette même année 95, un scandale touche Mel Reynolds un représentant de l’Illinois au congrès. Pressentant sa démission prochaine, plusieurs personnalités politiques locales sont candidates à son remplacement. Parmi ces candidats figure une afro-américaine du nom d’Alice Palmer. Cette dernière est une sénatrice locale, au sein du sénat de l’Etat de l’Illinois et aspire à un mandat sur le plan national. Barack Obama va voir Toni Preckwinkle, une afro-américaine membre du conseil municipal de la ville de Chicago et lui fait part de son envie de remplacer Alice Palmer.

Preckwinkle apporte rapidement son soutien à Obama. Cependant, l’aventure tourne court pour Alice Palmer (Jesse Jackson Jr emporte le siège) qui est battue et désire revenir sur la promesse faite à Obama de lui céder son siège de sénatrice d’Etat. Plusieurs personnalités de la communauté noire de Chicago proches de Palmer demandent à Barack Obama de lui « rendre » son siège. Ce dernier contre toute attente refuse. Palmer maintient sa candidature et arrive à rassembler en peu de temps assez de signatures pour être candidate. Obama et son équipe vont vérifier les signatures et constatent qu’un grand nombre d’entre elles peuvent être invalidées car l’identité des signataires est douteuse.

La candidature de Palmer est effectivement invalidée. Dans la foulée, Obama vérifie également les signatures rassemblées par les autres candidats. La conclusion est la même que pour Alice Palmer. Il arrive à faire invalider les autres candidatures. Au final, il est élu sénateur local au sénat de l’Illinois en étant le seul candidat. Si cet épisode lui vaut un certain respect dans les cercles politiques de Chicago (il montre que dans une certaine mesure, il n’est pas prêt à se laisser faire), ses relations avec Alice Palmer se gâtent (cette dernière sera aperçue aux côtés du clan Clinton lors des primaires démocrates).

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En 1999, Barack Obama décide de se porter candidat au poste de représentant de l’Illinois au congrès des Etats-Unis. Il a en effet cru voir une opportunité dans la défaite de Bobby Rush, le titulaire du poste, lors de la course à la mairie de Chicago. Bobby Rush est un ancien black panther que plus de 40 années de militantisme ont rendu très populaire dans la communauté noire, ce qui lui a permis de se reconvertir en politique. (Rush a pris la succession de Fred Hampton à la tête des black panthers de l’Illinois lorsque celui-ci fut abattu par la police et le FBI en 1969). S’il s’est fait battre lors de la course à la mairie de Chicago, il demeure bien implanté dans son district du South Side, très largement composé d’une population afro-américaine qui lui est acquise.

Obama se lance dans la bataille. Mais la campagne est difficile. Lorsqu’il entre dans la course, il s’aperçoit après un sondage que le taux de notoriété de Bobby Rush auprès des électeurs est de 90% alors que le sien n’est que de 11%. Par ailleurs, Obama qui est assez idéaliste, n’a sollicité le soutien d’aucune personnalité politique, ce qui est un handicap d’autant qu’il est inconnu. Le duel entre les deux hommes est rapidement présenté comme le duel entre le « black panther » et le « professeur ». Rush questionne l’expérience d’Obama qui n’a que 38 ans, son engagement en faveur de la communauté noire et sa connaissance du combat menés par les Noirs : « Qu’a-t-il déjà fait » dit-il au sujet d’Obama dans un débat qui les oppose sur une chaîne de télévision locale.

Autre thème complémentaire utilisé par Rush et qui réapparaitra plus tard est celui du « Is he black enough » (« est-il assez noir »)…Il est vrai que le contraste entre un Rush autodidacte et ancien Black Panther et un Barack Obama chez qui les électeurs ne voient qu’un diplômé de Harvard est assez saisissant. Les accusations d’élitisme pleuvent, et les soutiens de Rush iront même jusqu’à dire d’Obama : « il est vu comme un homme blanc à la peau noire parcequ’il est lié à Harvard et à l’université de Chicago, deux bastions du pouvoir blanc ».

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La thématique utilisée par Rush trouve un écho auprès de ses électeurs et Obama est littéralement écrasé en mars 2000 : Bobby Rush conserve son siège de représentant du district au congrès des Etats-Unis avec environ 65% des voix. Le coup est sévère pour Barack Obama qui songe un moment à arrêter la politique. A postériori cependant, certains de ses proches disent qu’être battu n’a finalement pas été une mauvaise chose pour lui. Selon Dan Shomon, son directeur de campagne lors de cette élection, une victoire dans ce district aurait pu le cantonner dans la défense de thématiques afro américaines et réduire sa capacité à attirer une base plus large d’électeurs. De plus, malgré la défaite, il a fait preuve d’une bonne capacité à lever des fonds (600 000 dollars levés pour un débutant), et a aussi pu constater que son profil passait bien auprès d’électeurs blancs. Sa capacité d’attraction va donc au-delà de la communauté noire. L’épisode révèle aussi selon le New York Times sa grande confiance en lui, son impatience et la frustration d’être cantonné au sénat local, de même que la capacité d’apprendre de ses erreurs.

En 2003, Obama qui s’est remis de sa défaite, souhaite cette fois-ci se présenter au sénat des Etats-Unis. Il pense qu’il peut battre le sénateur sortant Peter Fitzgerald. Une réunion se tient avec ses proches et ses relations au sein de la communauté noire (Marty Nesbitt, Valerie Jarett, John Rogers…), au cours de laquelle il apprend à tout le monde son désir de se porter candidat au sénat des Etats-Unis. Les premières réactions sont empreintes de scepticisme. Valerie Jarrett, à la fois amie et mentor d’Obama, qui a embauché Michelle Obama à la mairie de Chicago une dizaine d’années plus tôt, lui dit que s’il perd à nouveau, il sera difficile pour lui de poursuivre une carrière politique. Les autres personnes présentes (Marty Nesbitt, Quentin E Primo III etc) sont du même avis. Finalement, Obama réussit à les convaincre, et ces derniers mettent la main à la poche, ce qui lui permet de réunir les premiers fonds nécessaires à sa course au sénat. Une aide capitale pour lui. Dans son livre « L’audace d’espérer », Obama écrira d’ailleurs : « Sur les premiers 500 000 dollars que j’ai collectés pendant la primaire, près de la moitié provenait d’hommes d’affaires et de membres noirs des professions libérales ».

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Mais pour pouvoir se présenter, Obama a besoin d’être certain que Carol Mosely Braun, qui a montré qu’être noir et devenir sénateur était possible en étant élue sénatrice des Etats-Unis en 1992, ne se représente pas. Sa présence serait en effet un handicap quasi insurmontable pour lui : elle est plus connue, ils auraient la même base de donateurs, la même base d’électeurs dont les voix seraient divisées. Après quelques mois de réflexion, Mosely Braun annonce qu’elle est candidate…à la course à la Maison Blanche. La voie est donc libre pour Barack Obama. Entre temps, il a revu certains de ses principes. Extrêmement critique vis-à-vis de la classe politique de Chicago, Obama a compris qu’il doit néanmoins se rapprocher d’elle pour être élu sans néanmoins perdre son indépendance. D’autant que le système politique de Chicago est fait d’alliances, de réseaux difficiles à pénétrer pour quelqu’un qui n’est pas recommandé.

Emil Jones Jr, un homme politique afro-américain président du sénat local, devient ainsi un mentor pour Obama, et l’aide à faire passer certaines lois importantes, comme celle qui rend obligatoire l’enregistrement en vidéo de confessions de criminels. En avril 2003, Fitzgerald, le sénateur sortant, annonce qu’il ne se représente pas, ce qui signifie qu’il n’y a pas de candidat sortant et que la course à l’investiture démocrate pour ce siège de sénateur est très ouverte. De fait, sept candidats démocrates y compris Obama se présentent. Deux se démarquent : Dan Hynes et Blair Hull un ancien banquier extrêmement riche. Sa présence permet à Obama de bénéficier d’une loi qui relève à 12 000 dollars (au lieu de 2000) le plafond de dons qu’il peut recevoir de la part d’un seul donateur.

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En février 2004, Blair Hull est accusé de violence domestique lorsque des extraits de procès verbaux de son divorce sont publiés. Hull ne renonce par à la course pour autant et finit avec 10% des votes. Dan Hynes est devancé par Obama qui arrive en tête avec 53% des votes. Un des éléments remarquables de sa victoire dans la primaire au sénat est qu’il se comporte bien avec toutes les catégories d’électeurs. Il arrive ainsi en tête dans des quartiers de Chicago où il n’y pas d’électeurs noirs, et où Harold Washington (le premier maire noir de Chicago ndlr) avait été très mal accueilli et ne s’était pas imposé malgré sa victoire en 1983. Après la primaire, Obama doit maintenant affronter le républicain Jack Ryan. Le parti démocrate prend note et envisage de donner la possibilité à Obama de s’exprimer lors de la convention démocrate 2004 qui doit investir John Kerry, le candidat démocrate.

Lorsqu’il apprend que son nom circule comme possible orateur lors de cette convention démocrate, Obama se montre sceptique. Mais son nom figure effectivement sur la liste et John Kerry qui a eu l’occasion de le voir à l’œuvre lorsqu’il faisait campagne dans l’Illinois en cette année 2004 a donné son feu vert. David Axelrod qui conseille Obama a plaidé sa cause auprès de l’establishment du parti en disant qu’il était une figure « transcendante » qui pouvait prôner un message d’unité et venait de remporter une victoire spectaculaire dans la primaire sénatoriale.

D’autres personnalités comme la consultante afro-américaine Donna Brazile ont fait un lobbying discret pour qu’il puisse être choisi. Par ailleurs, les républicains à cette époque avaient la majorité des sièges au sénat (51 contre 48) et les démocrates avaient besoin du futur siège d’Obama au sénat. De son côté, Obama avait besoin de soutien du parti face au candidat républicain. Tous ces éléments contribuèrent à désignation comme orateur lors de la convention.

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Le jour « J » il prononce un discours mémorable de 17 minutes qui lui vaut les acclamations des ténors du parti démocrate massés dans les tribunes, comme Hillary Clinton ou Jesse Jackson. Obama évoque son parcours personnel, ses origines, parle de l’Amérique comme du pays où tout est possible et prône l’union quand l’heure est à la division. En à peine un quart d’heure, il se fait connaitre des Américains et des dirigeants du parti. 9 millions de personnes l’ont vu s’exprimer grâce à la télévision.

A la fin du discours, une brochette de journalistes spécialisés commentant le discours s’extasient devant la performance d’Obama qui est comparé à Tiger Woods. Certains n’en reviennent pas que celui qui a réalisé cette prestation étourdissante ne soit qu’un sénateur local. Un autre commentateur qui connaît bien la région de Chicago affirme qu’on y parle ouvertement de Barack Obama comme du futur « premier président noir » et ajoute qu’Obama transcende les barrières raciales dans l’électorat.

Ce discours donne à Obama le coup de pouce dont il avait besoin pour être connu. L’affluence à ses meetings s’accroit et il devient le favori. Lors des premiers meetings suivant son discours, plus de 500 personnes au lieu des 100 attendues se pressent pour l’écouter. Craig Robinson, son beau-frère confiera au Washington Post qu’après ce discours, « marcher avec Barack c’était comme marcher avec Michael Jackson ». Un consultant politique ajoutera qu’après le discours, il ne s’agissait plus pour Obama de lever des fonds, mais simplement de les collecter.

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Après un nouveau rebondissement (Jack Ryan, le candidat républicain quitte la course au sénat à la suite d’un scandale sexuel) le parti républicain, qui n’a personne sous la main, envoie à un mois du vote un candidat noir diplômé d’une grande université, Alan Kayes qui a donc en apparence un profil similaire à celui d’Obama. Il est certes intelligent, mais arrogant et parachuté à la dernière minute, il ne pourra pas faire barrage à Barack Obama qui est élu haut la main sénateur de l’Etat de l’Illinois avec 70% des votes. Sa belle victoire fait de lui une star au sein du parti démocrate, et les médias ne tardent pas à le qualifier « d’étoile montante » du parti.

George Bush reçoit les sénateurs nouvellement élus parmi lesquels Barack Obama à qui il dit qu’il est promis à un très brillant avenir. Dans les sondages, les mots qui reviennent désormais à l’évocation du nom « Barack Obama » sont « neuf, jeune, charismatique, intelligent ». Le fait qu’Obama soit noir, assume son héritage noir sans y être limité, et le fait qu’il puisse représenter une réconciliation raciale au sein d’une société américaine en proie à des conflits raciaux est également attractif pour les électeurs.

Obama prend ses fonctions au sénat, avec une stratégie bien arrêtée sur deux ans. Tom Daschle, ex-leader du parti démocrate au sénat, lui « prête » son ancien directeur de cabinet, Pete Rouse, qui du fait de son expérience des arcanes de l’illustre chambre est souvent surnommé le 101ème sénateur. La stratégie d’Obama, consiste durant les deux premières années à faire son apprentissage, se présenter comme un sénateur sérieux, à capitaliser sur l’intérêt que lui portent les médias et le public sans être individualiste, à éviter les sujets controversés, à éviter de faire du Al Sharpton, c’est-à-dire être le porte-parole de la communauté noire et à voir s’il y a une ouverture pour lui pour une candidature à la présidence.

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L’année 2006, sa deuxième année au sénat, se révèle faste pour lui avec la publication de son livre « l’audace d’espérer », et une belle côte d’approbation, aussi bien chez ses collègues que dans l’opinion. On commence à parler de lui comme d’un possible vice-président des Etats-Unis. Lors de ses déplacements, ce sont des foules en délire qui assistent à ses meetings. Obama profite de sa popularité pour aider certains de ses collègues qui doivent se faire réélire.

Sa popularité le pousse à envisager sérieusement de se porter candidat à la présidence. Il prend donc conseil auprès de diverses personnalités. Tom Daschle l’encourage à se présenter et à ne pas laisser passer son tour car, lui dit-il, une configuration pareille ne se reproduira pas forcément quatre ans plus tard. Daschle lui demande également de s’interroger sur les conséquences : est-il prêt à voir sa femme être attaquée par les républicains ? Vernon Jordan, avocat influent proche de Bill Clinton de son côté conseille à Obama de ne pas se présenter. Pour lui, il y a un temps pour tout et le temps d’Obama n’est pas encore venu. Il dit cependant à Obama qu’il le soutiendra si jamais il gagne la primaire. A un de ses amis qui lui dit qu’il pense que les Américains ne sont pas prêts à élire un président noir, Obama répond que s’ils ne sont pas prêts maintenant, ils ne le seront pas de son vivant. Conclusion : il ne sert à rien de reporter sa candidature et autant y aller le plus tôt possible.

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Obama rencontre également Penny Pritzker via son ami Marty Nesbitt. Cette dernière est une femme d’affaires de Chicago, classée 135ème fortune américaine par Forbes en 2007 (la fameuse chaîne d’hôtels américaine Hyatt appartient par exemple à la famille Pritzker). Elle dit sans ambages à Obama que ses points faibles sont son inexpérience en matière de sécurité nationale et le fait qu’il n’ait pas occupé de poste de direction de grande envergure . Elle accepte néanmoins de le soutenir et de lui ouvrir son carnet d’adresses. Elle jouera un rôle important dans la campagne présidentielle puisqu’elle sera la directrice des finances des finances de la campagne de Barack Obama.

Un pasteur qu’Obama connaît depuis ses années à Chicago l’encourage à se présenter en lui disant qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud. « Le fer n’a jamais été aussi chaud » répond ce dernier. Il en discute avec son épouse Michelle (initialement sceptique) et ses conseillers, et finalement, la décision est prise. Axelrod, Gibbs et Plouffe estiment notamment qu’il sera plus facile pour lui d’être candidat alors qu’il a de jeunes enfants qui seront peu affectés par l’événement.

David Plouffe, directeur de la campagne d’Obama, donnera un aperçu complémentaire de la situation à l’époque dans une interview post campagne présidentielle : « j’ai toujours cru qu’il –Barack Obama- avait les capacités intellectuelles, la personnalité et le tempérament pour être un bon président. La grande question était en fait de savoir s’il pouvait être un bon candidat car c’est quelque chose de très éprouvant. Il ne s’était jamais rendu dans l’Iowa, ni dans le New Hampshire, n’avait pas de base pour lever des fonds. Il avait de jeunes enfants qu’il ne verrait pas très souvent ».

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En février 2007, Barack Obama annonce officiellement à Springfield, capitale de l’Illinois, qu’il est candidat à la présidence des Etats-Unis. Il reconnaît lui-même qu’il est « un peu présomptueux de se lancer dans la course à la maison blanche » tant l’écart qui le sépare d’Hillary Clinton (entre 20 et 30 points y compris chez les électeurs noirs), favorite logique, est abyssal dans les sondages. Mais il sait aussi que la campagne n’a pas vraiment commencé, et qu’il dispose donc d’une marche de progression.

Lors d’un entretien avec le journaliste Tavis Smiley en octobre 2007, Barack Obama précisera que sa candidature n’est pas une candidature symbolique (« il ya déjà eu des candidatures symboliques dans le passé dit-il et ça ne m’intéresse pas »). Il ajoute qu’il a réfléchi aux conséquences pour sa famille (« ma famille imploserait t-elle dans cette course à la présidence ?») Dans la même émission, Obama se montre confiant même s’il est largement derrière Hillary Clinton dans les sondages.

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Selon lui, les électeurs ne le connaissent pas encore et lorsqu’ils le connaitront avec le travail fait sur le terrain et la médiatisation entourant la campagne, ses sondages vont s’améliorer. « Hillary Clinton a toujours été considéré comme la candidate par défaut (…) nous savions en entrant dans cette course que nous ne serions pas les favoris. Et la clé pour nous a toujours été que si les gens me connaissaient aussi bien qu’ils connaissaient Hillary Clinton, alors nous gagnerions… » dit encore Obama à Tavis Smiley. A l’époque, même chez les afro-américains, Obama est devancé par Clinton.

David Plouffe expliquera plus tard qu’en s’engageant dans la course présidentielle, Obama et son équipe savaient qu’ils n’avaient qu’une seule voie menant à la victoire lors des primaires là où le camp Clinton en avait plusieurs : « nous devions gagner dans l’Iowa [1er Etat de la campagne ndlr] et gagner la bataille des délégués si la course se prolongeait ». Grace à une levée de fonds excellente, une organisation à toute épreuve, la mobilisation de bénévoles et volontaires, la bonne ambiance et la qualité de son équipe, Barack Obama aborde la première élection de l’Iowa avec de réelles chances de l’emporter. Il a aussi bénéficié entretemps de renforts de poids comme le soutien d’Oprah Winfrey, l’animatrice vedette de la télévision américaine qui met tout son poids dans la balance, et organise des levées de fonds pour son favori. Elle se déplace même avec lui dans des meetings précédant la première primaire prévue dans l’Etat de l’Iowa.

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Le 3 janvier 2008, la victoire d’Obama dans l’Iowa, un Etat avec une très faible population afro-américaine montre qu’Obama est un candidat sérieux et qu’il faudra compter avec lui. La victoire d’Hillary Clinton dans le New Hampshire permet à cette dernière de survivre alors qu’une défaite aurait quasiment condamné sa candiature. S’ensuit une bataille épique entre les deux candidats démocrates. Alors que les observateurs pensent que le Super Tuesday sera décisif, Barack Obama en sort à égalité avec Hillary Clinton. Mais surtout, il enchaine 11 victoires consécutives face à une Hillary Clinton qui refuge de jeter l’éponge. Tout semble aller pour le mieux lorsque la télévision américaine diffuse de vieux extraits (ils datent de 2001) de sermons du pasteur Jeremiah Wright, de l’église unie du Christ. Ce dernier n’est pas n’importe qui puisqu’il a baptisé les deux filles d’Obama, célébré son mariage avec Michelle, et inspiré le titre de son livre « l’audace d’espérer ».

La crise avec son ex pasteur Jeremiah Wright, dont les propos, soigneusement découpés par les médias, sont diffusés en boucle à la télévision américaine menace de faire dérailler la campagne de Barack Obama. Il avait demandé au cours de la campagne à ses conseillers de vérifier les sermons de ce dernier pour que ses propos ne lui soient pas attribués. Mais cela n’a été fait et l’équipe se retrouve prise au dépourvu. L’Amérique et les partisans de Barack Obama se demandent combien il va bien pouvoir ce sortir de cette impasse. Après réflexion, il décide de faire un discours sur les relations raciales à Philadelphie le 18 mars 2008. En une quarantaine de minutes, il redéfinit les relations raciales aux Etats-Unis. Il évoque le pêché originel que constitue l’esclavage qui a souillé la constitution américaine, redit sa croyance en la capacité du pays changer, se prononce en faveur de l’affirmative tout en cernant les limites de cette politique. Dit qu’il ne peut pas plus rejeter le révérend Wright que sa grand-mère blanche à qui il est arrivé de manifester des préjugés à l’égard des noirs qui l’ont fait bondir.

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Extrêmement bien accueilli par la presse et le public, le discours est considéré comme un des discours les plus pertinents sur le sujet depuis des années, voire des décennies. Ce discours a tellement d’effet qu’à la fin de l’allocution, Michelle Obama est en pleurs, de même que certains des ses amis comme Valerie Jarrett et Marty Nesbitt. Il permet à Obama de rebondir, même s’il sera obligé un peu plus tard de couper définitivement les ponts avec le pasteur Wright qui a poursuivi dans la surenchère lors d’une conférence de presse au lieu de calmer le jeu. Valerie Jarrett, conseillère et amie de Barack Obama, confiera plus tard que l’expérience a été douloureuse pour Barack et Michelle. Cette dernière dira qu’elle pressentait que la relation avec le pasteur allait mal se terminer, mais que ça n’a pas rendu cela moins douloureux pour autant.

Les primaires sont presque mathématiquement gagnées pour Barack Obama après ses 11 victoires consécutives dans de petits Etats. A la mi-mai, il compte plus de 155 délégués d’avance sur Hillary Clinton, un retard mathématiquement impossible à combler car l’allocution de délégués après chaque victoire est proportionnelle. Mais Hillary Clinton ne renonce pas et se bat jusqu’au bout. Finalement, Le 4 juin, Barack Obama l’emporte car les leaders du parti et les super délégués qui se prononcent en sa faveur lui permettant ainsi de franchir la barre fatidique des 2118 délégués nécessaires pour être investi candidat chez les démocrates.

Après l’investiture à la convention du parti démocrate en août s’enclenche alors la bataille contre John McCain qui l’a emporté chez les républicains. Elle tourne à l’avantage d’Obama qui surclasse son adversaire en matière de levée de fonds, mais qui bénéficie aussi d’une conjoncture favorable : l’impopularité de George Bush rend les Américains plus sensibles à son message d’unité et de changement. Le « Yes we can », son slogan, est plus que jamais ancré chez les électeurs.

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Lorsque la crise s’aggrave, John McCain qui est considéré comme moins crédible que son rival démocrate dans ce domaine perd du terrain. Bien que le choix de Sarah Palin comme vice-présidente lui ait permis de rebondir un peu avant la convention du parti républicain, McCain est définitivement distancé avec la crise La veille des élections, les 160 derniers sondages effectués au cours des dernières semaines le donnent gagnant.

Certains analystes évoquent un possible « effet Bradley », selon lequel les électeurs qui disent être prêts à voter pour Barack Obama mentiraient et s’apprêteraient en fait à voter pour John McCain. Mais rien de tout cela ne se produit et le 4 novembre, Barack Obama est élu 44ème président des Etats-Unis avec plus de 52% des voix. Cette nuit là, Jesse Jackson bouleverse le monde en versant quelques larmes. « Je pensais à tous ceux qui n’étaient plus là » dira plus tard le pasteur qui fut l’un des lieutenants de Martin Luther King. Ce 4 novembre marque aussi l’aboutissement du rêve de ce dernier, qui disait dans son discours « I have a dream » qu’il espérait qu’un jour en Amérique, on jugerait les gens sur ce qu’ils sont et non sur la base de la couleur de leur peau.

Le 20 janvier 2009, le lendemain du Martin Luther King’s day (jour férié en l’honneur du leader noir NDRL), Barack Obama prête serment et devient officiellement le 44ème président des Etats-Unis. Il entre dans l’histoire aux côtés de ses prédécesseurs à la Maison Blanche, mais c’est aussi un jour de triomphe, pour tous ceux disparus ou non, qui se sont battus pour mettre fin à l’esclavage, puis à la ségrégation raciale, qui ont milité pour les droits civiques. C’est aussi le passage de témoin entre la génération de la lutte pour les droits civiques et une nouvelle génération de leaders afro-américains, désormais présents dans tous les domaines (affaires, politique) de la société américaine.

Publié dans DISCRIMINATION POSITIVE, ETATS-UNIS D'AMERIQUE, QUESTIONS DES MINORITES, QUESTIONS NOIRES | 1 Commentaire »

 

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