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Le Massacre de Thiaroye

Posté par issopha le 21 juillet 2008

Le Massacre de Thiaroye

Le Massacre de Thiaroye dans LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL barre-africamaat

Le mépris de la France

Le Massacre de Thiaroye

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(Première publication le 18 novembre 2004)

Sur ordre des autorités françaises, les « tirailleurs sénégalais », du camp militaire de Thiaroye, sont massacrés pendant la nuit (le 1er décembre 1944, à 3 heures du matin) par l’armée française, parce qu’ils réclamaient leur solde !

La dette de la France :

Si la France a pu avoir un vaste empire colonial, c’est grâce en grande partie aux « tirailleurs sénégalais ». La participation des « tirailleurs sénégalais » a été déterminante aussi dans l’issue des deux guerres mondiales. L’Afrique fut le cœur de l’armée de libération de la France. C’est en effet sur le sol africain que l’on trouve la plus grande partie de l’Armée française de libération. C’est en Afrique que s’est joué l’essentiel du destin de la France.

Si le premier bataillon des « tirailleurs sénégalais » a été formé à Saint-Louis (au Sénégal), la majorité des soldats ne sont pas originaires du Sénégal. On y trouve des originaires du Sénégal mais aussi du Mali, du Burkina Faso, du Tchad, de la République Centrafricaine, etc. Dans son excellent livre sur les « tirailleurs sénégalais » ( La France et ses tirailleurs, éditions Duboiris, 2003) Charles Onana, que j’ai eu l’occasion de rencontrer une fois lors d’une présentation de livres dans une mairie à Paris, rappelle que la France utilisait quelquefois des méthodes barbares pour enrôler les Africains. Il cite le témoignage d’Ateba Yene : « Dans les villages, la mission ambulante de mobilisation forcée faisait rage. Les indigènes à la carrure d’athlète étaient ramassés et attachés par une corde autour des reins avec comme lieu de destination ad patres, la boucherie nazie. Les missionnaires catholiques, eux aussi, jouèrent un rôle très important et ne furent pas inactifs. L’évêque français, Monseigneur Graffin, en 1941, avec la connivence d’un administrateur cerbère nommé Salin, organisa une rafle ignominieuse au sortir d’une grand-messe à la mission catholique de Mvolyé, la seule église qui accueillait tous les fidèles de Yaoundé. Ce dimanche-là, c’était comme par hasard, l’évangile du bon serviteur. A la sortie de la messe, l’église était cernée par un cordon de soldats mitraillettes aux poings. Alors que ces fidèles venaient béatement d’honorer le seigneur, ils furent embarqués sans ménagement dans des camions militaires… » Monsieur Amadou Mahtar M’Bow, ancien directeur général de l’UNESCO, constate : « L’incorporation des « tirailleurs sénégalais » se faisait ainsi, du moins en ces temps-là, selon des méthodes qui s’apparentaient à celles utilisées dans le recrutement de la main d’œuvre destinée au travail forcé auquel étaient soumis les indigènes, sujets français ».

Pourtant, comme le dit si bien Charles Onana : « Dans l’histoire de la deuxième guerre mondiale, l’histoire des « tirailleurs sénégalais » n’existe pas. Absente des manuels scolaires, écartée des grandes commémorations nationales, invisible dans le répertoire des monuments de la capitale française, rien ou presque rien ne témoigne de la présence déterminante de l’Afrique dans la libération de la France…Nous avons donc décidé de fouiller pour savoir et faire savoir ce que tous les livres d’histoire dissimulent aux enfants de France et d’Afrique : le rôle et l’action des « tirailleurs sénégalais » » Comme dans de nombreux domaines, la France a encore fait le choix de la falsification historique.

C’est en Afrique que de Gaulle, le chef de la France Libre, organise la résistance, « seulement un nombre très limité de Français ont accepté de rejoindre le général de Gaulle au début de la résistance. L’homme du 18 juin, a fini par trouver, malgré le peu de soutien de ses compatriotes, l’enthousiasme et la disponibilité chez les Africains pour continuer le combat ». Alors que des personnalités blanches comme le maréchal Pétain, l’amiral Darlan, le ministre Laval, le haut commissaire Boisson, le général Husson, l’amiral Platon, sont les complices des crimes nazis, une personnalité noire accorde son soutien à de Gaulle. Il s’agit du gouverneur Félix Eboué.

Des « Tirailleurs sénégalais » détestés par les Nazis :

Il est clair pour les Nazis que les « tirailleurs sénégalais » sont des singes. Pour les Boches, les Nègres souillent l’armée française. Les Allemands sont fous de rage car ils ne s’attendaient pas à trouver une grande résistances chez les Noirs. La haine, qu’ils ont pour les Noirs, va les pousser à commettre d’horrible crime. Citons trois cas :

Le premier cas est celui de Chasselay, un village situé à 30 km de la ville de Lyon. Une vingtaine de Blancs d’encadrement et environ 180 à 200 tirailleurs sénégalais, après un dernier combat, sont encerclé par les Allemands. Les Nazis ont le dessus et ceux qui défendent la France sont faits prisonniers. Puis les Boches exécutent à la mitraillettes tous les Noirs et laissent la vie sauve aux Blancs.

Le deuxième cas est celui d’un noir, le capitaine N’Tchoréré, assassiné par balles à bout portant par les nazis alors qu’il demandait, en qualité d’officier français, à être traité avec le respect dû à son grade.

Le troisième cas est celui de Jean Moulin, un des héros de la résistance. Alors que des malheureux individus sont victimes des bombardements nazis, les Allemands décident de rejeter la responsabilité sur les Noirs. Ils veulent que Jean Moulin, à l’époque Préfet, reconnaisse en signant le protocole : « des femmes et des enfants Français…ont été massacrés après avoir été violés. Ce sont vos troupes noires qui ont commis ces crimes dont la France portera la honte ». La réponse de Jean Moulin est sans ambiguïté : « ils (nos tirailleurs) sont incapables de commettre une mauvaise action contre des populations civiles et moins encore les crimes dont vous les accusez. » Jean Moulin sera torturé pendant sept heures mais ne signera pas ce papier. Puis il fera une tentative de suicide en se tranchant la gorge : « Je ne peux être complice de cette monstrueuse machination qui n’a pu être conçue que par des sadiques en délire ». Quel grand homme !

Des « Tirailleurs sénégalais » méprisés par la France :

Acte 1

Sur ordre des autorités françaises, les « tirailleurs sénégalais », du camp militaire de Thiaroye, sont massacrés pendant la nuit (le 1er décembre 1944, vers 3 heures du matin) par l’armée française, parce qu’ils réclamaient leur solde !

La tragédie se déroule au Sénégal. Vers la fin du mois de novembre 1944, un bataillon de 1280 tirailleurs arrive au camp de transit de Thiaroye pour être démobilisés. Il s’agit d’un retour forcé en Afrique. Ces hommes se sont battus contre les Allemands pour libérer l’Europe et en particulier la France. Certains avaient été torturés par les boches. Leur fierté d’anciens combattants fait bientôt place à la désillusion devant les promesses non tenues par la France, concernant en particulier leur pécule, les humiliations et le racisme de la hiérarchie militaire au sein de l’armée française. D’énormes discriminations apparaissent dans le paiement de solde, à cause de la couleur de la peau. Les tirailleurs se mutinent et s’emparent d’un général qui finit par promettre de régulariser la situation. Enorme mensonge ! car à peine remis en liberté, il sera donné l’ordre de massacrer les tirailleurs. Pendant la nuit (le 1er décembre 1944, vers 3 heures du matin), plusieurs unités de l’armée française, appuyées par la gendarmerie, vont massacrer ces Héros Noirs, réveillés en plein sommeil et complètement désarmés et dupés. Ils ont payé très cher leur confiance en la France. Il y a très peu de survivants et les autorités françaises vont garder le silence sur le nombre exact des tués. Des chiffres farfelus sont avancés mais « il n’y a jamais eu de commission d’enquête indépendante sur cette affaire » précise Charles Onana.

Ce journaliste d’investigation, auteur de livres sur le Rwanda et sur Bokassa, a eu l’occasion de dire dans le magazine Cité Black (numéro 36, lundi 06 septembre 2004) : « ce fut un carnage à ciel ouvert, un bain de sang préparé et exécuté par l’armée française. En 44, les tirailleurs demandent, comme les soldats français, leur solde de prisonnier de guerre. Mais les colons, aigris et frustrés de voir que ce sont des africains qui reviennent victorieux alors qu’ils sont restés trop longtemps fidèles à Pétain, ne l’entendent pas de cette oreille. Les télégrammes venant de la métropole expliquent qu’il faut restaurer le prestige du Blanc à l’égard du Noir. Ils décident de les massacrer purement et simplement pour solde de tout compte. »

Acte 2

Déjà cité, le magazine Cité Black écrit : « Malgré ces faits d’armes, aucun combattant d’Afrique n’eût l’honneur de défiler le jour de la libération sur les Champs-Élysées. Pire, tous les bataillons avaient été blanchis ! »

Acte 3

La cristallisation des pensions des « tirailleurs sénégalais » La loi de finances de 1959 « signifie en termes simples que les anciens combattants africains qui avaient lutté pour la France allaient désormais toucher une pension inférieure à celle qu’ils recevaient jusque-là. Pis, celle-ci se présenterait sous forme d’indemnités fixées à la « tête du client ». » D’autres lois viendront renforcer cette loi.

Acte 4

Le mensonge et l’ignorance sont entretenus dans nos livres d’histoire. Les Américains sont présentés comme les champions de la libération de la France, les Africains et plus généralement les Noirs (car il y avait aussi des Antillais) font figure de « lépreux » ou de « singes ».

Tirailleurs_Livre dans PARFUMS DE SCANDALES

A lire rapidement : « La France et ses tirailleurs, enquête sur les combattants de la République », Charles Onana, éditions Duboiris, 2003.

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Jaquette DVD
Distribué par la Médiathèque des Trois Mondes www.cine3mondes.com

A voir impérativement : le film de Ousmane Sembene, « Camp de Thiaroye », version original française et wolof STF, 1988, 147 minutes, Sénégal.

Pensions des coloniaux : la « fin d’un scandale » pour l’historien Marc Ferro

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) – L’historien Marc Ferro s’est félicité de « la fin d’un scandale » après l’annonce mercredi par le gouvernement, de la mise à niveau des pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises. Interrogé par l’AFP, Marc Ferro a affirmé : « C’est la fin d’un scandale, on s’étonne que les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, n’aient pas eu davantage de pudeur depuis tant d’années ». « Hélas, cette indifférence scandaleuse des dirigeants envers les combattants est un trait permanent des gouvernements », a ajouté l’auteur du « Livre noir du colonialisme » (2004) et de « Frères de tranchées » (2005). « Déjà après la guerre de 14-18, il a fallu bien des années avant que les anciens soldats ne touchent une indemnisation, et ce aussi dans d’autres pays, comme en Angleterre », a rappelé M. Ferro. « Mais pour les +indigènes+, il s’agit d’un double scandale, car cela représentait un double sacrifice, pour des Arabes, de libérer Paris : leur patrie n’était pas la capitale française », a-t-il jugé. « Nous sommes dans une époque de repentance, peu à peu des malhonnêtetés des pouvoirs se révèlent », a conclu l’historien, ajoutant : « le président Jacques Chirac, de ce point de vue, est bien plus ouvert qu’un certain nombre d’hommes politiques, y compris à gauche ». Les combattants originaires des ex-colonies françaises et les « nationaux français » percevront la même « retraite » et la même « pension militaire d’invalidité », a annoncé le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera. En revanche, aucun rattrapage dans le versement des pensions, gelées depuis 1959, n’est « d’actualité », a-t-il indiqué. Le chef de l’Etat a pour sa part estimé en conseil des ministres que la France accomplissait ainsi « un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l’ex-empire français combattre sous notre drapeau ». Quelque 80.000 anciens combattants de l’armée française de nationalité étrangère, essentiellement d’Afrique noire et du Maghreb, sont concernés par cette mesure de revalorisation des pensions.

Pensions des « Indigènes » : Bouchareb salue l’ »abolition des discriminations »

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) – Rachid Bouchareb, le réalisateur du film « Indigènes », a salué mercredi une « abolition des discriminations qui aura des répercussions dans toute la société française » après l’annonce par le gouvernement de la fin du gel des pensions des combattants des ex-colonies. « C’est une avancée positive, une victoire, c’est une abolition des discriminations qui aura des répercussions dans toute la société française aujourd’hui », a affirmé à l’AFP le réalisateur d’ »Indigènes », sorti mercredi, qui met en lumière l’injustice vécue par les combattants des ex-colonies. « J’espère que cela ira plus loin, et que les discriminations vont être abolies un peu partout, vont disparaître », a-t-il ajouté. « C’est bien que le travail entrepris depuis plus de vingt ans par les associations, et souligné par le film, ait permis l’abolition des discriminations entre des soldats qui ont tous fait la même guerre », a estimé M. Bouchareb, lui-même d’origine algérienne. Après avoir visionné le film début septembre, le président Jacques Chirac avait promis à ses producteurs cette revalorisation des pensions, rapportait alors l’un des interprètes, l’humoriste Jamel Debbouze. « Nous voulions amener le président Chirac à constater cette injustice : il l’a vécue comme spectateur, et comme homme politique : c’est formidable », a jugé Rachid Bouchareb. « Depuis des mois, nous avons montré le film, avec les acteurs, dans toute la France, et à chaque fois, les gens ont débattu de l’histoire de France : quand ils ont constaté cette injustice qui dure depuis 45 ans, beaucoup d’hommes et de femmes ont renvoyé à l’Elysée l’appel à une revalorisation des pensions », a précisé M. Bouchareb. Le gouvernement a décidé que les anciens combattants des ex-colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les nationaux français, a annoncé mercredi le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera. Les combattants originaires des ex-colonies françaises et les « nationaux français » percevront la même « retraite » et la même « pension militaire d’invalidité », a dit M. Mekachera à la sortie du Conseil des ministres. En revanche, aucun rattrapage dans le versement des pensions, gelées depuis 1959, n’est « d’actualité pour l’instant », a-t-il indiqué. Quelque 80.000 anciens combattants de l’armée française de nationalité étrangère, essentiellement d’Afrique noire et du Maghreb, sont concernés par cette mesure de revalorisation des pensions.

Chirac : la revalorisation des pensions des coloniaux, « un acte de justice »

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) – Jacques Chirac a déclaré mercredi que la mise à niveau des pensions des anciens combattants des ex-colonies constituait « un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l’ex-empire français combattre sous notre drapeau ». « La France accomplit aujourd’hui un acte de justice et de reconnaissance envers tous ceux qui sont venus de l’ex-empire français combattre sous notre drapeau », a affirmé le chef de l’Etat lors du conseil des ministres. « Dès 2002, j’ai voulu rompre avec la politique suivie depuis quarante ans et entamer la revalorisation des pensions des agents civils et militaires de la France, ressortissants de ces pays », a poursuivi M. Chirac, dont les propos étaient rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. « C’était le sens des mesures d’équité prises par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin », a-t-il ajouté. Le gouvernement a décidé mercredi que les anciens combattants des colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les Français. Cette revalorisation sera appliquée dès 2007, pour un coût global de 110 millions d’euros par an. Selon M. Chirac, « pour tous ceux qui avaient connu le feu au service de la France, il fallait aller plus loin : c’était une question de solidarité, de justice, de reconnaissance ». « C’est ce que nous faisons aujourd’hui en alignant, dès 2007, la retraite des combattants attribuée à ceux qui ont participé à des actions de feu et leurs pensions militaires d’invalidité sur les montants versés aux combattants français », a assuré le président de la République. Pour lui, « nous le devions à ces hommes qui ont payé le prix du sang, et à leurs enfants et petits-enfants, dont beaucoup sont français ». « Cette mesure juste, c’est aussi une façon, pour la France, de réintégrer pleinement cette mémoire dans l’histoire nationale », a-t-il conclu.

Pensions coloniaux : dès 2007, coût de 110 millions euros/an

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) – La revalorisation des pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises sera appliquée dès 2007, pour un coût global de 110 millions d’euros par an, a annoncé mercredi le ministre délégué aux Anciens Combattants, Hamlaoui Mekachera. M. Mekachera, dont les propos étaient rapportés par le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, a détaillé, devant le conseil des ministres, cette mesure qui va aligner les pensions des anciens soldats coloniaux sur celles des nationaux français. Ces pensions avaient été gelées en 1959. En 2002, le gouvernement avait décidé de les revaloriser, mais seulement en fonction du niveau de vie dans les 23 pays concernés. La mesure va bénéficier à quelque 80.000 anciens combattants.

Villepin : « Nous savons ce que nous devons » aux soldats des colonies

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) – « Nous savons ce que nous devons à l’engagement et au courage de tous ceux qui ont défendu notre patrie et ses idéaux dans les conflits du 20ème siècle », a déclaré mercredi Dominique de Villepin, alors que le gouvernement a décidé de revaloriser les pensions des anciens combattants des colonies. « L’Etat français a trop tardé à l’exprimer concrètement », a ajouté le Premier ministre, qui s’adressait à des associations « du monde combattant » invitées à Matignon. Le gouvernement a décidé que les anciens combattants des colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les nationaux français, avait annoncé un peu plus tôt le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mékachéra, à la sortie du Conseil des ministres. Entouré de ses ministres Michèle Alliot-Marie (Défense) et Hamlaoui Mekachera (Anciens combattants), le chef du gouvernement a précisé que « 57.000 retraites du combattant et 27.000 pensions militaires d’invalidité vont être revalorisées ». « Dans une France ouverte, respectueuse de la diversité des sensibilités, des origines et des cultures, vous avez valeur de symbole », a-t-il dit. « Ce que nous voulons exprimer par ce geste de justice, c’est bien sûr notre reconnaissance et notre admiration pour l’exemple que vous avez donné », a-t-il ajouté. Par ailleurs, M. de Villepin a décidé « d’inscrire dans le projet de loi de finances 2007 une nouvelle augmentation de 2 points de l’indice de la retraite du combattant ». Cette augmentation s’ajoute à la hausse intervenue le 1er juillet. « C’est la première revalorisation depuis près de 30 ans », a-t-il souligné. « La France n’a jamais oublié les hauts faits d’arme ni le sacrifice de ceux qui, venus d’Afrique et d’Asie, onc combattu à nos côtés », a déclaré le Premier ministre, rappelant que 100.000 d’entre eux « ont payé de leur vie cet engagement » tandis que « des milliers d’autres ont survécu, souvent marqués dans leur chair par la violence des combats livrés ». « Français par les valeurs qu’ils ont défendues, Français par le sang versé, ils ont affronté le même feu », a-t-il souligné. « Pendant près de 40 ans, des hommes qui avaient combattu dans les mêmes unités, qui s’étaient illustrés sur les mêmes fronts n’ont pas eu droit à une égale gratitude de la part de la France », a-t-il regretté.

Les soldats coloniaux vont percevoir les mêmes pensions que les Francais

PARIS, 27 sept 2006 (AFP) – Les anciens combattants des colonies vont percevoir les mêmes pensions que les nationaux français, a annoncé mercredi le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mékachéra. « Il n’y aura plus de différences dans ces deux prestations que sont les retraites du combattant et la pension militaire d’invalidité entre les combattants de ces pays (des ex-colonies françaises) et les nationaux français », a dit M. Mékachéra à la sortie du Conseil des ministres. « Ils percevront exactement en euros ce que perçoivent les nationaux français », a-t-il ajouté, sans toutefois citer un montant, affirmant « ne plus avoir les chiffres en tête ». Interrogé sur un rattrapage dans le versement des pensions, gelées depuis 1959, M. Mékachéra a affirmé que « ce n’est pas d’actualité pour l’instant ». Quelque 80.000 anciens combattants de l’armée française de nationalité étrangère, essentiellement d’Afrique noire et du Maghreb, sont concernés par cette mesure de revalorisation des pensions. Cette annonce coïncide avec la sortie en salles, le même jour, du film « Indigènes » qui tire de l’oubli ces soldats de l’empire colonial français ayant participé aux combats de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, selon le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), les anciens combattants étrangers reçoivent, « dans le meilleur des cas, 30% de la somme versée à leurs anciens collègues français ». En 2001, le Conseil d’Etat a jugé cette disposition contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme et, en 2002, le gouvernement a décidé de « décristalliser » partiellement ces pensions. Mais il a opté, non pas pour l’égalité avec les anciens combattants français mais pour l’équité, avec un paiement calculé en fonction du niveau de vie de chaque pays. M. Mékachéra, à qui l’on demandait pourquoi cette revalorisation intervenait « si tard », a répondu que, « pendant 45 ans, ce dossier n’a été traité par personne ». « Aucun gouvernement n’a mis le moindre centime et n’a pris la moindre initiative. C’est le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et celui de Dominique de Villepin qui ont ouvert ce dossier et apporté des solutions ». « Moi, j’en suis fier et heureux », a ajouté le ministre, dont le père, né en Algérie, est mort au combat, sous l’uniforme de l’armée française, pendant la première guerre mondiale.

COMMENTAIRES INTERNAUTES

27614] – le 28/04/2008 03:25 par terry sonveaux

bonjour,j’aimerais savoir une chose si toute fois quelqu’un connait la »vraie » vérité sur le massacre de thiaroye , comment cela se fait il que les rapports officiels note de 24 a 37 victimes et que le cimetiere de thiaroye compte 222 tombes j’aimerais qu’on m’explique je suis photojournaliste et dans un souci du travail bien fait il faut que je sache la vérité sur cette histoire, merci a tout ceux qui aurons la gentillesse de me metre sur le bon chemin mon ad mail terrysonveaux@gmail.com
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[26282] – le 26/12/2007 21:36 par Pierre HOUSEZ enseignant honoraire (en maths et physique)

- à 60 ans passés, je viens de découvrir l’existence de ce pitoyable et abominable ’fait d’arme’. Manque de bol, un article à ce sujet est passé le 23 février dernier dans le Monde dont je suis lecteur depuis près de 40 ans. Excuse : nous étions au Mali du 19 février au 7 mars 2007.
- je viens de lire l’ouvrage d’un professeur agrégé d’histoire malien au sujet des maliens ’engagés’ dans les deux conflits de 14-18 et 39-45 (éditions KARTHALA ; 2002) : il expose cette histoire. Du coup j’ai acheté le film de Sembène OUSMANEque je viens de recevoir.
- il est clair qu’en tant que français, je ne peux tolérer à titre personnel qu’un tel acte reste ignoré et je vais tout faire pour qu’il soit connu : comment ? Je l’ignore encore, mais à son petit niveau, chacun-e peut tenter quelque chose.

- exemple 1 : je viens de rectifier dans l’encyclopédie WIKIPEDIA le paragraphe concernant le massacre de THIAROYE :par curiosité allez vérifier.
- exemple 2 : j’ai intégré dans notre site
kouloun.hautetfort.com un lien vers cet article. Allez vérifier vous mêmes.
- exemple 3 : membre d’
ENTR’AIDE FRANCE MALI -petite association de coopération créée en 1995-, j’ai informé tous les membres et durant la prochaine AG, nous en ferons une question à traiter.
- exemple 4 : je fais de petites conférences sur notre coopération avec Kouloun et depuis ma découverte du massacre :je l’intègre à toutes mes interventions. La prochaine : le 7 février 2008, j’interviens en avant-première du film Bamako, je parlerai de cette question.
- exemple 5 : je ferai tout pour qu’une pétition soit lancée afin de demander la réhabilitation de ces 1 280 SOLDATS qui ont défendu ce pays nommé France, et pour la liberté duquel j’ai un oncle qui a été massacré par des nazis à coups de démonte-pneus. J’appelle tout-e un-e chacun-e à m’aider à concocter un pétition par le net.


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[24017] – le 13/08/2007 14:50 par

combien sont morts par la suite de maladie et la france a refusé de leur tendre la main. c’est hommes et femmes (parce qu’il y a avait des femmes) étaient tous près a mourir pour la france. je suis fils d’ancien combatant et petit fils de poilu, je suis en france je peux vous dire que la france nous a oublié (fait semblant de nous avoir oublier).
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[23232] – le 14/06/2007 19:09 par ROGER

Le massacre de thiarroye est un crime contre l’humanité c’est aussi simple que ça.On nous parle régulièrement des camps de auscwitz ou les des juifs ont été massacrés certes il ne faut pas abandonné ce moment crucial dans l’histoire.Mais pourquoi ne parlerait on pas du massacre de thiarroye ou des tirailleurs sénégalais ont eu le courage et le sacrifice de se battre contre l’ennemi en l’occurence l’Allemagne et pourtant la guerre de 39-45 ne concernait en aucun cas les allemands et les africains mais ceux qui ont le plus péri sont les africains qui pour 95% attrapés par les nazis n’ont pas pu échappé à la mort. Ce n’est pas parce que nous sommes en 2007 et que les africains vivent en europe qu’il faille faire comme si de rien était.La vie d’un juif est aussi importante que celle d’une autre race .Nous sommes tous venus sur terre de manière passagère et tous nous sommes venus pour souffrir pas forcémment de laz meme manière mais on est venu pour souffrir. La france est un pays criminel comme l’allemagne et l’Etat d’israel il ya pas photo depuis des décennies on nous parle de paix dans l’hypocrisie aucun de ces pays ne veulent que les pays africains vivent de manière rayonnante ,aucun de ces pays n’a osé reconnaitre sa responsabilité dans le désastre lié à l’esclavage,la traite négrière,aucun de ces pays n’a le courage de dire aux citoyens du monde que lors de cette putain de guerre de 39-45 les premières grandes victimes de cette tragédie ont été les noirs africains.Des preuves sont réelles et sérieuses.La france est un pays lache qui ne reconnait pas le génocide établit au Sénégal lors de cette nuit du 1er au 2 Décembre 1944 ou des sénégalais qui avaient accepté de se battre pour les français puisqu’ils étaient colonisés et contraints sous peine de sanction comme faire de la prison ou etre tabassés sont morts pour les Français .Je dirai donc que la France est un pays ingrat et qui paiera tot ou tard le mal qu’il a fait chose certaine il y’a un proverbe qui dit lorsque tu sémes le vent tu récoltes la tempete et c’est ce qui arrivera tot ou tard. La france est un pays criminel dangereux qui avait promis aux pays colonisés de leur donné l’indépendance et de les payer et leur fournir des uniformes après l’affrontement face à l’ennemi.Les promesses n’ont pas été tenues et parce que des hommes ont osé dénoncé cette injustice et ne plus obéir à ce qu les colonisateurs leur disent de faire ils ont été abattus comme des chiens. On ne vit pas avec le passé mais il faut s’en servir pour mieux préparer son avenir.Les noirs aussi bien Antillais,africains ne doivent pas oublier ce qui s’est passé et doivent se sentir concernés par cette tragédie meme si personnellement ils n’ont pas vécu cette tragédie car c’est sans doute arrivé aux personnes de leur entourage ou aux connaissances des personnes de l’entourage.Ce type de crime orchestré par le raciste du Général de Gaulle qui savait pertinemment qu’à terre les africains n’avaient aucune chance de s’en sortir face aux nazis d’autant plus que leurs armes n’étaient pas sophistiquées et en plus n’étaient pas bien préparées par rapport aux nazis a agit de manière délibéré.Il a donc tué les tirailleurs sénégalais deux fois.C’est pourquoi la communauté noire dans le monde doit se mobiliser fortement faire preuve de solidarité et ne pas faire comme si de rien était car à l’heure actuelle meme si la guerre est finie il y’a toujours une forme de discrimination dans les pays ou vivent les noirs d’autant plus qu’aucun pays n’est indépendant et cette situation néfaste arrange les affaires de l’occident et principalement de la France qui maintient toujours sa politique de pillage en Afrique. Je suis en colère contre cette france qui parle d’humanisme et de paix et de droits de l’homme pour épater les manipulables mais n’applique pas ces propos.Les tirailleurs sénégalais n’avaient pas le droit de mourrir de cette façon et pourtant c’est arrivé.Ainsi je félicite les quelques africains qui osent dénoncé la vérité cachée depuis des années d’autant plus que meme des sénégalais ignoraient que leur propre pays a été victime de génocide dans la nuit du 01 et 02 Décembre 1944 ce qui montre un manque de connaissance important des sénégalais ou encore d’autres le savent mais préfèrent rester muets oubliant que le silence tue les paroles.En racontant l’histoire de ce génocide oublié nous rendons service aux générations futures qui un jour ou l’autre comprendront que la France est loin d’etre un pays ayant une bonne moralité,respectant les valeurs des hommes et voulant la paix dans ce monde pourri à la merci du démon. Ne restons pas dans l’hypocrisie et exprimons nous sans avoir peur de quoi que ce soit excepté de Dieu le tout puissant.Le général de GAULLE a certes refusé de s’allier aux Allemands comme Maurice papon ou pétain ont fait par rapport à ce comportement et l’appel annoncé le 18/06/40 de londres il a été caractérisé comme un grand homme mais on a oublié d’affirmer que c’était un grand criminel
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[21527] – le 8/03/2007 16:50 par médiathèque des 3 mondes

Je vous rapelle que de nombreux films africains sur l’esclavage et la colonisation et notamment Camp de Thiaroye sont disponibles sur www.cine3mondes.com Contacter la Médiathèque des Trois Mondes ( films du sud et sur les rapports Nord Sud )au 01 42 34 99 00
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[20200] – le 27/12/2006 08:17 par Jean-Pierre SAEZ – Maire de Venelles

Pardon, au nom de tous les miens.

Dans ce XX° siècle, la France a été bien ingrate avec ceux qui ont versé leur sang pour elle. Petit-fils, d’un ancien combattant de la guerre de 14-18, incorporé le 1° octobre 1913, dans un bataillon constitué en Afrique du Nord, mon gtrand-pçre a été démobilisé le 21 août 1919, aptès avopir été blessé à trois reprises grièvement et aura refusé de quitter ses frères d’armes. Il sera classé invalide « gueule cassée » avec 100 % et 14 degré d’ivalidité. Son fils, mon père, incorporé dès 1943 dans les gloreix régiments de tirailleurs algériens, a débarqué dès 1943 à Tarente en Italie, puis après une campagne qui vit disparaître, à plusieurs reprises son régiment du fait de l’hécatombe, a débarqué sur les plages de Fréjus-Saint Raphaël le 15 août 1944.

Où étaient les Français de souche pendant ce temps là ? 15.000 hommes en tout et pour tout en 1940 ont repris les armes contre les nazis, 45.000 à la fin de la guerre… puis aujourd’hui ont veut n ous faire croire que la France comptait 40 millions de résistants. Sauf que lorsque le Maréchal PETAIN vint à Marseille en 1941, la ville comptant moins de 500.000 habitants, c’est pratiquement la population de la ville qui sera venue l’acclamer….pour sa politique de collaboration.

Le 23 août 2004, au large de Toulon, Jacques CHIRAC, en présence de nombreux chefs d’Etat Africain, rendait…enfin hommage, après 60 ans d’oubli, au rôle fondamental joué par les troupes africaines, dans la libération de la France. OUI, ce sont les glorieux Tirailleurs Sénégalias (venus de toute l’Afrique de l’Ouest)qui ont libéré la ville de TOULON dans le Var, en ayant répondu à l’appel du Gouverneur Félix EBOUE, ce héros noir, patriote et humaniste. OUI, ce sont les Tabors marocains et les tirailleurs Algériens qui ont libéré Marseille.

En hommage à ces HEROS, j’ai commis deux actes modestes mais symboliques :

- J’ai donné, à une rue de ma commune, le nom du Capitaine AUDIBERT, qui à la tête de son unité AFRICAINE aura libéré Notre Dame de la Garde à Marseille, cela pour honorer sa mémoire, mais aussi celle de tous ses braves tombés à ses côtés.

- J’ai, avec mon épouse, le 23 ôût 2004, devant l’hôtel de ville de M’BOUR (SENEGAL,avec le Maire, mon Ami MBAYE DIAGNE et devant le drapeau, car il n’existe pas de monuments aux morts, déposé symboliquement une gerbe à la mémoire des tirailleurs Sénégalais morts pour la France….et ceux morts par la France du camp de Thiaroye.

Quelle EMOTION, lorsqu’un vieil ancien combattant de plus de 80 ans, et venu me voir, en me disant que cela faisait 60 ans qu’il attendait ce moment. Oui, ce jour là, j’ai eu mal à la France, mon pays. Mais j’ai vu dans ses yeux embués que l’amour fraternel n’était pas un vain mot. Oui, je me suis souvenu aussi, combien avait été lâche l’abandon des Harkis sur la terre Algérienne en 1962.

Je suis heureux qu’enfin,- merci au fims « Indigènes », – que notre Président de la République Jacques CHIRAC ait réparé le problème des pensions, au nom du respect de la dignité de ces anciens combattants, au nom du respect de la dignité de la France. Merci aux parlmentaires de l’UMP qui ont soutenu cette démarche, et à Nicolas SARKOZY qui a mis tout son poids dans la réparation de cette injustice.

Je continuerais, à ma manière, à aider ces anciens combattants, et leurs descendants, pour qu’enfin la notion de dette du sang versé, se borde de la reconnaissance de la Nation Française à l’apport inestimable que les peuples africains peuvent apporter à l’avenir de l’Humanité.

Jean-Pierre SAEZ Maire de Venelles Vice-Président du Pays d’Aix Initiateur de la coopération décentralisée Pays d’Aix-M’BOUR (Sénégal)


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[19879] – le 7/12/2006 18:41 par sanniere

le dernier numero de L’express va faire decouvrir cette horreur j’ ai l’ impression que ce fait est ignoré de la plupart des Francais !!ca parait invraisemblable !il faut agir pour que cet autoroute soit dévié de ce lieu de mémoire !!!!
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[19212] – le 25/10/2006 19:35 par NARMER-FILS

le comportement la france envers des personnes kamits n’est pas une surprise.ils ont peur les guerres point barre.ils n’ont rien gagne comme combat.si se n’est que livre les secrets du nucleaire bombe a l’isreal et plus.pauvre pays.M.OMOTUNDE le dit si bien quand le dominant se retrouve dominer.regarder leur comportement envers les americains.des lois de la peur.region peripherique de paris novembre 2005. le ministre francais de l’interieur actuel a dit vouloir couper les vieux liens avec l’afrique KAMIT qu’il le fasse on verra bien qui besoin de la’autre.encore pauvre pays.
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[19068] – le 14/10/2006 19:47 par ka

le problème qui se pose toutjours,ce que tout le monde aime les noirs bizard non ??il n’est s’agit pas du pacifisme mais le génocide constamment pérpétré contre notre peuple même quant-ils vons ont aidé dans cette guerre qui n’était absolument pas la leur.je vraiment honte pour l’occident car toute leur existence sur cette terre,n’est rien d’autre qu’un vaste génocide contre les autres peuples mais qu’ils sachent que tout se paye un jour.
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[19060] – le 14/10/2006 02:53 par DJESER/GESER.B

J’ai vu le film « Indigènes » de Bouchareb qui montre le vrai sens du mot tirailleur, c’était des soldats africains qui ouvraient la voie dans le camp allemand, de la chair à canons en somme destinée à sauver l’empire français.

Ces soldats qui sauvaient la république étaient traités dans l’armée française comme des esclaves ou des indigènes armés.

Aujourd’hui, après le silence et le mépris de l’état français, le film « Indigènes » informe la nouvelle génération et provoque une réaction positive du gouvernement.

Par contre, le livre de Pascal Bruckner « La tyrannie de la repentence » dénonce un excès de « repentence » de la part de l’Occident pour sa grande barbarie envers de nombreux peuples, néanmoins nous devons continuer à revendiquer des réparations et un devoir de mémoire.

L’histoire avance tout de même, car nous avons obtenu la reconnaîssance de l’esclavage comme crime contre l’humanité et des excuses du Pape, ce qui prouve la necéssité de maintenir la pression.

Après le film de Bouchareb « Little Sénégal » , nous espérons voir un jour le film de Dieudo « Le code noir ».


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[10614] – le 21/02/2006 20:57 par

Novembre 1944 !! Je termine mon séjouir à Saint-Louis du Sénégal. Sous Officier « Toubab » j’ai eu connaissance de l’affaire de Thiaroye. Parler de génocide, dire que les « Colonisateurs » Blancs voulaient « massacrer les Trailleurs revenant de la campagne de France c’est pousser le bouchon un peu loin. Bien sûr il ya eu un drame mais a Saint Louis et sa région, mes amis Sénégalais et moi avont « parlé » de la situation.Affirmer que les soldats étaient munis de mitraillettes, nous ne disposions pas de cette arme à l’époque, seul le bon vieux lebel et le mousqueton 36 faisaient partie de la panoplie. Par contre de nombreux soldats rapatiés avaient dans leur bagages des armes modernes. Pour preuve, rapatrié pour fin de séjour, en janvier 1945 et affecté, le 24/03/45, au 2éme Régiment d’Artillerie Coloniale à Nimes j’ai « essuyé » des tirs de grenade dela part de Tirailleurs. Suite à une perquisition dans les chambres nous avons saisi plusieurs armes de poing et des mitraillettes. Le soir même, étant de service de semaine, un petit groupe de Soldats m’ont insulté en ouolof, leur ayant répondu dans le même langage, mais plus poliment, ils m’ont présentés leurs excuses. Je terminerai en disant que j’ai une forte estime pour les habitants et le pays sénégalais, je comprends fort bien qu’il est de bonne politique de « taper » sur le toubab.S’il vous plait, arréter de « taper » sur le sale Toubab.Juin 40 J’étais avec mes Tirailleurs sur le Cher Je les aimais bien….J’avais 19 ans… il m’ont protégè.
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[8567] – le 4/12/2005 00:19 par

Camp de Thiaroye

J’ai découvert aujourd’hui le DVD dans ma médiathèque (Astrolabe de Melun) Mes commentaires ? j’en reste sans voix

Juste un mot A VOIR ABSOLUMENT

pour ceux qui recherchent encore comment : www.ciné3mondes.com


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[7989] – le 8/11/2005 23:53 par Jean-Michel Hilaire

J’ai ete des plus etonnes de lire votre article sur les tirailleurs senegalais. Je suis des Antilles, de Haiti en plus, et je vis dans le sud des Etats-Unis depuis plus de 40 ans ou j’enseigne le multiculturalisme. Ca me fend le coeur de lire des choses pareilles. Ni l’Europe, ni l’Amerique ne s’est jamais excusee de ses mefaits contre les noirs et les amerindiens. Quand je relis l’histoire de mon pays et la contribution d’Alexandre Petion qui avait mis des volontaires armes a la disposition de Bolivar pour reprendre la lutte et liberer l’Amerique du Sud des jougs de l’Espagne, je retrouve la mme ignoble ingratitude. Ce meme Bolivar a refuse d’inviter Haiti au premier congres des etats de l’Amerique Latine au Panama. Et pendant plus de 60 ans Washington (D.C.) a refuse d’accepter un representant du gouvernement haitien parce qu’il y reignait encore l’esclavage. Quant a la France, ayant ete battue par Louverture et Dessalines, elle refusa de reconnaitre l’independance de leur ancienne colonie a moins que Haiti lui paya une indemnite de plusieurs milliards de dollars. De la l’une des raison majeures de la pauvrete qui afflige le pays.

Jean-Michel Hilaire (Floride Centrale)


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[7931] – le 5/11/2005 08:47 par Stan

La naïveté de nos frères, leur coûte quelquefois la vie, la perte de leur dignité, jusqu’à leurs droits les plus légitimes ! Si j’avais un conseil à donner à certains, je leur dirais d’abord de pratiquez la loi du Talion : « oeil pour oeil dent pour dent ». Ne faites jamais confiance à celui qui vous doit de l’argent même s’il vous a fait des promesses alléchantes tant qu’il n’a pas honoré sa parole. Ne concédez jamais rien sans rester maître de la situation, sans avoir les garanties nécessaires contre toute négociation. Armez-vous toujours de patience et de courage, mais aussi de détermination face à toutes vos exigences ! Contre un adversaire puissant et bien armé, seule la ruse, la quantité, la diversification des moyens, le harcèlement et surtout la patience peuvent vous permettre de le terrasser. Quelquefois il faut savoir être sans pitié surtout face à un ennemi dont on connaît la bestialité ! Sachez que personne en ce monde n’est invulnérable. Nous avons tous nos forces et nos faiblesses : dans la religion catholique il est dit que le diable sait employer la douceur pour fragiliser votre mental. Il sait aussi semer le doute dans vos esprits afin de vous décourager ! Même si vous ne croyez pas à cette religion, tirez en les leçons pour psychanalyser les adversaires qui emploient ces tactiques redoutables. N’oubliez jamais cette phrase : « le chant des sirènes est doux, mais combien de marins ont péri en perdant le contrôle de leur navire pour l’avoir écouté ? », ce qui signifie qu’il vaut mieux être sourd pour ne pas succomber au chant des sirènes. Bref, vous comprendrez ce que je cherche a exprimer ici ! N’oubliez jamais ceci, il faut pouvoir tout envisager face à des ennemis qui n’ont que l’orgueil et leur conviction comme seule moralité ! Aussi une chose importante, il faut savoir aussi pratiquer le repli pour prendre des forces et réfléchir pour renouveler et inventer sans cesse de nouveaux stratèges qui usent moralement l’adversaire. Voilà le seul moyen que nous disposons quelquefois pour défendre son pays, son honneur, sa dignité, voire, quelquefois jusqu’à son simple droit d’exister !
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[6230] – le 25/08/2005 17:27 par Cosme ADJOVI

Je remercie l’auteur de cet article.Si seulement cet article pouvait parvenir sur nos chaînes en Afrique ??? Le titre »le mépris de la FRANCE » me gêne , je dirai plutôt, le mépris des politiques français…d’autant que le Général de Gaule lui au moins reconnait le sacrifice des tirailleurs « Sénégalais ».Nul ouvrage ne parle des noirs au camp Nazie ,voire la participation des africains à la libération de la FRANCE… bref Comment me procurer une copie de ce film ? D’avance merci
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[3569] – le 23/04/2005 21:03 par Muriel Alloin-Studer

Bonjour étant née à Thiaroye en 1955,je souhaite voir ce film ; Comment puis je me le procurer ?(dvd,téléchargement,k7,…) Merci de votre réponse Muriel Alloin-Studer
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[3176] – le 5/04/2005 01:28 par

Deme Abderrahmane 78 2 MANTES LA JOLIE

Cela ne m’étonne guère vu l’hypocrisi et le racisme de la france et des français on leur ouvre la porte de nos pays on leur offre notre courrage et en retour il nous décimes mais le plus incroyable c’est que cela n’a meme pas servi de leçon à la race et au population noir qui continu à offrir son hospitalité aux assassins et au pilleurs de notre conttinent mais cela est la fautes des chef d’états africains qui n’osent pas poser leurs couilles sur la tables des négosiations mais cela est compréhensible quand on sait que beaucoup de pays africains sont diriger par Paris, Londre, washinton , berlin etc les président africains sont des marionettes articulées cela ne m’étonne pas que l’afrique en soit là et comme dit booba ma race sert de crash test tant que nous seront dépendant de tout ces paramètre nous serons jamais libre et comme dit Assassin (rockin squat) etre libre c’est faire tombé l’astreinte éconoomique et financière tant qu’on n’en sera pas là bein on sera toujours les proies et victimes de ces gens là dorénavant faite gaff à l’hospitalité execif voilà il est 1H 20 moi je vais allé dormir bonne nuit et on va se quitté sur le titre d’un album d’idéal j que le combat continue à plus tard inch allah * abda


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[2987] – le 29/03/2005 01:25 par Zevounou

chers Monsieurs je viens tres respectivement par le present message vous demander quelques conseils concernant la demande de nationalité francaise En effet mon pere est un ancien combattant tirailleur senegalais ayant servir la france pendant la deuxieme guerre mondiale et il a fait son service militaire de 1942 a 1947 et juste apres avoir fini il a ete incroporer dans la police coloniale francaise et cela jusqu´apres l´independance du dahomey son pays d´origine.Il est revenu au dahomey en 1962 pour servir son pays.courant avril 2004 il a envoyer son dossier de demande de reprendre sa nationalité francaise.Mais quelques mois apres le depos de son dossier il est mort.Moi je vie ici én france de maniere irreguliere est ce a dire que je peux demander la nationalité francaise puis que je possedes tout ses documents et son etat signalitique des service ,son numero matricule en temps de guerre,son numero matricule en tant que policier francais de la l´afrique occidental francaise,et sa carte d´identité francaise de 1952 sans oublier de attestation de ses superieur hierarchique qui lui ont delivrer en vertu de ses qualités de soldat.Que me conseiller vous ? devrais je attendre d´abord la reponse du grefier en chef du tribunal de paris chargé des francais etablis hors de france avant de lancer ma procedure en introduisant son certificat de deces ou bien devrais je lancer le dossier moi meme maintenant. Est ce que notre famille a la chance de recouvrer nos droits a la nationalité francaise du fait du parcour de notre pere ? je serai tres tres heureux d´avoir des informations sur vos conseils et suggestions Recevez mes respects Cordials Je serai aussi content d´avoir des informations sur ceux qui l´ont connu au moment de ses service
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[2489] – le 13/03/2005 18:27 par Daniel BOUCHER

Je vous ai écrit hier au sujet de cet article. Depuis, je pense beaucoup à cette affaire. Serait-il possible de savoir qui était, à cette époque, le général commandant les troupes françaises à Dakar et qui était le gouverneur du Sénégal ; merci, si vous pouviez me répondre. Amicalement
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[2467] – le 12/03/2005 22:09 par Daniel BOUCHER 17 rue Henri Sellier 56100 LORIENT (France)

Très bien pour votre site. J’ai fait mes classes au 7ème Régiment de Tirailleurs sénégalais à Rufisque. J’ai eu l’occasion de passer plusieurs fois de passer par Thyaroye. Pour moi, c’était un camp agréable, mais nous étions en 1953. J’ignorais ce qui s’y était passé. J’ai eu des camarades après cette période en Algérie, au Maroc, à Brazzaville et à Libreville. J’ai eu toujours d’excellents rapports avec les Tirailleurs. J’ai également vécu la période douloureuse où les troupes africaines ont été renvoyées dans leur pays. J’ai honte de ce que la France a fait à l’époque de Thyaroye et après avec les retraites bloquées. Parait-il, des progrès se font dans la réhabilitation des droits à pension ? Continuer votre combat. Je conserve précieusement les quelques photos qui ont été prises de moi avec mes camarades africains.
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[2320] – le 9/03/2005 11:52 par MBOA

Nico de Lyon,

Votre démarche je la comprends très bien mais elle me fait sourire parce que si vous aviez bien analysé la chose, vous comprendriez que c’est la même démarche que nous faisons. Lorsqu’un voleur se fait voler, il comprend que voler n’est pas une bonne chose. Encore qu’ici l’article ne fait que dire la vérité.

Vous venez ici rappeller que dans cette guerre, il n’est pas juste de dire que le BTS a été epargné, mais qu’il a été lui aussi massacré par vos frères blancs. Vous faites ou jouez du coup le defenseur de mémoire de votre cause. En ligne de mire votre intérêt est en jeu et vous le defendez.

Figurez-vous donc que, pendant des années, nos intérêts sont baffoués, nos mémoires sont enfouies dans les profondeur de l’oubli, nos mémoires sont exterminés, il nous appartient de les exhumer des cendres de l’oubli, du mépris.

Alors que le bataillon dont vous faites allusion soit épargné ou ecrasé par vos frères blancs (j’insiste), ne joue pour nous les noirs aucune espèce de rôle ( es ist nicht relevant oder wichtig für uns) et d’ailleurs ceci n’enlève en rien aux atrocités et surtout aux traitements que les Français ont reservé ou reservent aux Noirs en général et aux soldats ( tirailleurs : expression que vous Français avez choisie, pour minorer l’apport des Noirs dans ce combat de libération de la France).

Pour ma part ce que vous soulevez n’a aucun sens et ne saurait discréditer l’article. D’ailleurs je vous invite si vous êtes tant soucieux des choses, de lire L’AUTRE CRIME DE l’HUMANITE de Monsieur MBEMBA Martin.


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[2308] – le 8/03/2005 22:59 par Okim Black Star

D’abord je remercie tout les gens qui donnent vie à ce site de pres ou de loin ou qui en sont les pricipaux protagonistes…. depuis que j ai decouvert le site je prefere venir me ressourcer dedans que de regarder les informations du 20 heures enfin bref en lisant vous ne pouvez pas imaginer cette rage qui fourmille au fond de mes entrailles apres lecture de cet article en voici les raisons…… je suis en premier STT dans un lycée de strasbourg et figurez vous qu il y a un mois mon sujet etaient les empires coloniaux durant la Deuxieme Guerre Mondiale et pour etre honnete les tirailleurs senegalais n avaient jamais toucher mon esprit mais en faisant ct xposé devant une classe plus ignorante que lettré j ai vu a quel point les enseignants pouvaient jeter un oeil si peu concerner alors que ce sont des francais pur souche issues de strasbourg et qui ont automatiquement des liens avec les generaux de l epoque mais ce qu il ya de plus tragique a mon gout c est de savoir qu l homme noir doit se battre pour ne pas s absoudre et faire voir la realité aux siens choses difficile la aller a lecole serait comme me demander de ne pas tuer l assassin de mes parents sous pretexte que la France est le pays des droits de l’ homme entre parentheses « bafouées »….. Vous n imaginez meme pas la haine que je peux entretenir dans mes artères en pensant à apprendre comment nous sommes humiliés par leur système et depuis des siecles et maintenant ???????? A la fin de mon exposé je voulais montrer l hypocrisie flagrante des autorités francaises de lépoque en citant l exemple d un des dernier tiraiileur vivvant qui n avait pas recu son cahet ni meme une medaille mais des reductions Sncf a quoi bon pour le nombre de greves….. Mais la apprendre qu ils mettaient a mort les tiraiilleurs qui reclamaient leur du qui etaient au front pour que les generaux fassent la guerre depuis leurs longues vues, un non sens total je ne peux pas admettre que je sois pas en droit d exprmer ma colère dans des cas de figures comme ceux la vous savez des fois je me remets en question sur le fait d avoir au fond de mo ce besoin de revendiquer des choses qui auront cette effet bon ou nonsur les hommes ( les deux sont importants) et cela avec le temps me fait comprendre que c’est la nature et le treau qui m as doté de ca trop d horreur que je lis me font penser que la vapeur doit etre renverser sans forcement verser le sang meme si c est la facon la plus simple mais de garder la memeoire de ces hommmes et du eme coup nous rendr vivant et utileet qu ils vivent dans nos esprits……….. A tout les internautes et grands hommes et femmmes d’Afrique soyons humble etne cherchons pas a nous comparer soyopns ce que nous sommes et prion pour un jugement dernier……. le livre de Mr.Nlongi est deja sortis ou pas ????????
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[2307] – le 8/03/2005 20:37 par nico de lyon

Je voudrai soulever une objection quant a votre interpretation du massacre des tirailleurs du 25 eme BTS(a majorité togolaise d’ailleurs), apres s’etre rendus en juin 40 pres de chasselay(a des troupes SS )ceux ci furent ecrasés impitoyablement sous les roues des chars allemands, mais il est faux de dire que l’encadrement blanc fut epargnés, le lieutenant commandant la troupe s’eleva contre le traitement réservé a sa troupe, et il fut executé par les allemands et jeté au milieu de ses hommes.Il y’a d’ailleurs a Chasselay un Tata senegalais des plus emouvants ou j’engage les gens a se rendre.Je suis blanc et je n’oublie pas le sacrifice des tirailleurs qui ont luttés pour l’independance de mon pays, et qui a ma grande honte voient leurs droits a leurs pensions militaires rognés,mais ceux ci est un autre debat
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[1677] – le 16/02/2005 19:44 par Michael BAIGNEAUX

Bonjour

Je suis Artiste pasticien, je travaille actuellement sur une oeuvre commemorative relatant le massacre du camp de thiaroye ; j’aimerais avoir la liste des tirailleurs qui sont morts cette nuit là (je crois qu’ils sont 34 a y avoir perdu la vie) Merci a tout personne pouvant m’aider !

Michael BAIGNEAUX Plasticien

michaelbaigneaux@hotmail.com


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[1421] – le 6/02/2005 14:51 par Cyrius

J’ai appris cet évènement au cours d’une discussion, avec des personnes qui partagent avec moi un même engagement pour la mémoire et la vérité, contre la déformation de l’histoire, pour toujours mieux comprendre le présent et pouvoir envisager le futur. Thiaroye, fait parti,à mon avis, de toute une série d’évènements très peu connu, qui à la lumière du jour donnent une toute autre approche à la deuxième guerre mondiale, et donc à l’histoire en générale du monde. Combien de dossiers ne sont pas ouverts, qui révèleraient des vérités insupporetables aujourd’hui, mais qui plus tard, passeront sans trop de mal, car les personnes les plus concernées ne seront plus. Ce massacre fait réfléchir sur ce qu’a été le colonialisme. Quel était son vrai but derrière le masque « civilisateur et bien faiseur ? »Cela me fait étrangement penser aux milliers d’immigrés méxicains et d’amérique centrale enrolés dans l’armée US, en échange d’une « soit disant » régularisation par la suite. Ils sont laissés pour compte, par la suite. Les soldats ne servent qu’une ou deux fois, en suite, qulqu’ils soient, ils se retrouvent exclus, ou incompris. On se sert de ces gens. La guerre n’a jamais été pour moi un moyen d’avoir de la dignité, au contraire, elle salit, d’autant plus c’est pour des causes que nous ne choisissons pas en général.

Le silence sur Thiaroye, est le même qui étouffe la vérités sur la guerre d’Algérie, silence qui hante les enfants de ceux qui l’ont vécue, silence que préservent leur parents, silence qui un jour explose, c’est le même silence qui dort chez les victimes de la dictature Argentine, silence qui est tombé sur l’Algérie en 1991…


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[1398] – le 4/02/2005 21:54 par boram sikim

Bravo pour votre site

J’ai été incorporé au 7ème régiment de Tirailleurs sénégalais, à Ouakam en 1952

Je suis à la recherche d’un de mes camarades de l’époque, Dieng Amadou Abdoulaye, qui habitait à Saint Louis, rue Bancal (il était de la classe 1952 – 2)

Nous n’avions aucune idée de ce que nous représentions à l’époque. Mais depuis, en réfléchissant, nous mesurons l’étendue des dégâts de la colonisation.

J’ai créé un site internet où je mentionne cette période de mon existence. http://perso.wanadoo.fr/pierre.brault/


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[613] – le 31/12/2004 15:05 par MBOA

Dans la même lignée, Jean Martin MBEMBA en parle aussi dans son livre « L’autre crime contre l’humanité ». C’est cà la France championne des déclarations sur les droits de l’homme, dernière dans la pratique. Nous sommes avertis.

Publié dans LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL, PARFUMS DE SCANDALES | Pas de Commentaire »

La Françafrique de A à Z

Posté par issopha le 21 juillet 2008

La Françafrique de A à Z

 

 

La Françafrique de A à Z dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE barre-africamaat

 

Contribution de Natakamani Tanga pour meilleure compréhension de la situation économique désastreuse de l’Afrique pour les seuls Africains.

La Françafrique de A à Z

Première publication : le 8 septembre 2007

La Françafrique est un terme qui a été conceptualisé, il y a quelques décennies par l’ancien Président de la République Ivoirienne Félix Houphouët Houphouët-Boigny en 1955 qui a employé cette expression pour désigner les « bonnes relations » entre l’Afrique et la puissance coloniale dont il était député tout en militant pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Les objectifs de cette politique sont multiples : le maintien du rang de la France à l’ONU avec un cortège d’Etat clients ; l’accès aux matières premières stratégiques comme le pétrole (Congo-Brazzaville, Angola, Nigéria …) ou l’uranium (Niger) ; le financement occulte des activités politiques du gaullisme, par la suite, de tous les partis de gouvernement ; et enfin le maintien – dans le contexte de Guerre froide – des pays africains dans l’orbite occidentale. Dans un premier temps, nous présenterons le système mis en place par Foccart, ensuite, il sera question de l’internationalisation du système avant de mettre en évidence les connexions militantes pour combattre la françafrique.

I- La Françafrique, le bébé de Foccart :

En 1960, l’histoire accule De Gaulle à accorder l’indépendance aux colonies d’Afrique Noire. Cette nouvelle légalité internationale proclamée fournit la face émergée, immaculée : la France meilleure amie de l’Afrique, du développement et de la démocratie. En même temps, Foccart, conseiller Afrique du tout nouveau chef de l’Etat le Général Charles de Gaulle, est chargé de maintenir la dépendance, par des moyens forcément illégaux, occultes, inavouables.

Il sélectionne des chefs d’État «  amis de la France  » par la guerre (plus de 100 000 bamiléké, partisans de l’UPC, massacrés au Cameroun), l’assassinat ou la fraude électorale. À ces gardiens de l’ordre néocolonial, il propose un partage de la rente des matières premières et de l’aide au développement. Les bases militaires, le franc CFA convertible en Suisse, les services secrets et leurs faux-nez (Elf et de multiples PME, de fournitures ou de « sécurité ») complètent le dispositif.

Qui est Jacques Foccart ?

Jacques KOCH-FOCCART était secrétaire général de l’Elysée chargé des affaires africaines et malgaches. On a déjà une ébauche de la vision colonialiste du fameux conseiller puisque Madagascar est dissocié de l’Afrique. En 1952, il participe à l’Union Française censée gérer les relations entre la France et ses colonies.

Comme disait François – Xavier VERSCHAVE, dans son célèbre ouvrage Noir Silence, « Il était le principal géniteur de la Françafrique. Tissée sous la IV° République, en soutien d’un gaullisme écarté du pouvoir, la Françafrique a été centralisée de 1958 à 1974 par le jacobin FOCCART, en charge officielle des affaires africaines. Elle s’est familiarisée et privatisée – presque aussitôt africain, par paliers côté français.

On est passé du superintendant Foccart aux frères et neveux de Giscard, aux fils de Mitterrand et de Pasqua ; les Elf, Bouygues, Bolloré ont pris leurs aises ; les membres et correspondants des services secrets se sont taillés des fiefs rivaux ( Général Jean-Claude MANTION au Tchad, à Djibouti, à Khartoum, à Kinshasa ; Bob Denard aux Comores … ) ou des sociétés de mercenaires comme Paul Barril et sa société SECRETS (pour « Société d’Etudes de Conception et de Réalisation d’Equipements Techniques de Sécurité ») ».

Pour que ce système perdure pendant autant de décennies, il a fallu éliminer les opposants comme Ruben UM NYOBE, Ernest OUANDIE, Félix MOUMIE, Barthélémy BOGANDA, Sylvanus OLYMPIO, Patrice LUMUMBA (avec l’aide de la CIA et des services secrets belges), Dulcie SEPTEMBER (membre de l’ANC) assassinée en plein Paris et en pleine journée qui a désormais une place à son nom dans le X° arrondissement.

C’est donc l’illégalité la plus totale érigée en système, l’infraction constante et sans vergogne de «  l’indépendance  » proclamée. Qui dit illégalité dit secret, mécanismes cachés.

Les meilleurs éléments capables de pouvoir effectuer des opérations dans le plus grand secret pour le compte de l’Etat sont les agents secrets. Ils forment une des parties les plus importantes du système. De plus, il est important de savoir que Foccart a mis en place des bureaux de liaison et le chef du bureau de liaison local (par exemple implanté en RDC, au Congo-Brazzaville ou au Tchad) était le deuxième personnage du pays après le Chef de l’Etat, ce qui permet à la France « amie de l’Afrique » de tenir les pays « indépendants ».

Ce chef du bureau local du SDECE (ancêtre de la DGSE) avait carte blanche avec « le Président de la République » du pays fraîchement indépendant. Ces militaires qui sont friands de faire carrière en Afrique viennent de diverses agences comme la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (la DGSE), la Direction du Renseignement Militaire (la DRM), la Direction de la Surveillance du Territoire (la DST) et la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (la DPSD).

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Ces personnes se croient tout permis en Afrique et dépassent sans cesse les budgets qui leur sont votés en ayant des accroches avec les narcotrafiquants et la mafia. On retrouve l’appât du gain qui a fait fureur chez les négriers européens et arabes entre le XV° et le début du XX° siècle. Depuis quatre décennies, sous la houlette des Services français, une République souterraine à dominante néogaulliste a ponctionné sur les ventes d’armes et le pétrole africain, entre autres, des sommes faramineuses.

Dans la région des Grands Lacs, la DGSE, et plus encore la DRM, ont répandu le mythe des « Khmers noirs » tutsis, et l’ont diffusé dans les médias parisiens. Le millier de militaires du Service Action de la DGSE provient du 13° Régiment de dragons parachutistes (RDP) de Dieuze, en Moselle, et du 1er Régiment parachutiste d’infanterie de marine (RPIMa), de Bayonne.

Tout ce petit monde compose le 11° Bataillon de parachutistes de choc (11° choc), créé en 1946, dont Foccart fut le « patron hors hiérarchie ». Il faut savoir que ce bataillon a écrit quelques-unes des pages les plus sombres de la Guerre d’Algérie.

Bruno GOLLNISH et Bernard COURCELLE furent officiers du DPSD, Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense adepte des habilitations « défense ». Ce dernier a créé le … DPS (Département Protection Sécurité), milice du Front National. Bernard COURCELLE a fait ses armes dans la « coloniale », au 6° RPIMa. Ce personnage a d’ailleurs proposé ses services à un MOBUTU en fin de règne, en 1996.

Des militants et responsables sont partis instruire des armées africaines : Bob Denard aux Comores en 1995, Christian Tavernier dans l’ex-Zaïre en 1996-1997, au Congo-Brazzaville lors de l’épuration ethnique de la région du Pool qui a permis le retour en grâce de Sassou II en 1997, 1998 et 1999. Le monde politique français n’est pas étranger à cette situation du « tout-est-permis » en Afrique.

Le Président de la République, le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur, de droite comme de gauche, sont indifférents à l’acharnement dont font preuve tous ses acteurs françafricains. Le conseiller diplomatique de Lionel Jospin, Serge Telle, disait à propos de la « guerre civile » au Congo-Brazzaville en juin 1998 : « Les problèmes des Congolais relèvent de la seule responsabilité des Congolais ». (Il faut savoir que beaucoup d’anciens ministres de Jospin et de responsables socialistes font partie du Groupe de Bilderberg, lui – même faisant partie des Illuminati qui sont à l’origine des concepts des Etats-Unis d’Amérique et des Institutions Internationales comme l’ONU, l’OMC, l’OCDE…).

Pour en revenir au sujet qui nous intéresse, tous ces politiques sont « victimes » de chantage et de pressions de la part de responsables des Services, on imagine qu’il y en a eu d’énormes pour préparer le génocide rwandais, la « kriegsspiel » du Congo-Brazzaville. Dès lors que les gaullistes ont quitté le pouvoir en 1974, les libéraux proches de Giscard vont jouer la carte de la continuité dans le système françafricain et vont monter leur propre réseau. Cela commence en 1976 avec la requête de Giscard de fournir l’UNITA de Jonas SAVIMBI en armes et en instructeurs parallèlement à la CIA.

Denard fait partie du voyage. A Paris, le lobby pro-Unita s’organise autour des héritiers de Giscard : François Léotard, Gérard Longuet, beau-frère de Vincent Bolloré, Claude Goasguen, Jean-Pierre Binet l’autre beau-frère de Vincent Bolloré. Cet épisode va propulser la carrière industrielle de Vincent Bolloré. Le Groupe BOLLORE est leader mondial du papier mince pour livres et cigarettes, mais aussi des condensateurs. Après Elf-Total, dont je parlerai plus tard, le groupe Bolloré est le deuxième conglomérat françafricain.

Sa fabuleuse histoire commence par le rachat de l’armateur Delmas-Vieljeux. Le groupe impose sa suprématie dans le secteur du transport maritime en Afrique, élargit son domaine aux ports, aux chemins de fer (notamment le CFCO, le Chemin de Fer Congo-Océan), aux routes. Il reprend le groupe Rivaud qui abritait la banque du RPR et quelques cent mille hectares de plantations coloniales. Voici un des bienfaits du colonialisme ! Il s’impose avec succès dans la cigarette, étend ses concessions forestières, entre en force dans le cacao et guigne celui du coton.

C’est un baron de l’Afrique francophone et « latine ». Venons-en au mastodonte de la françafrique. Voici pour vous ELF ! L’affaire ELF a permis de faire la lumière sur le pillage de plusieurs milliards d’euros de rentes pétrolières africaines passés par les comptes en Suisse. Le plus gros distributeur, Alfred Sirven, qui voulait « mettre la République à feu et à sang » à emporter tous ses secrets dans la tombe. André Tarallo et d’autres anonymes ont été mis en examen. D’importants bénéficiaires ne sont toujours pas inquiétés par la justice française.

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La justice française est-elle la même pour tout le monde ? Cet argent est le fruit d’une longue histoire rythmée par des guerres civiles « venues d’ailleurs », des putschs, la corruption, des assassinats. L’article du site africamaat intitulée « la Férocité Blanche » présente une liste exhaustive d’assassinats de leaders panafricains qui se battaient pour Kamita. Malgré sa privatisation et ses bonnes résolutions énoncées à ce moment – là, force est de constater que Elf n’en a pas fini avec la Françafrique de douloureux épisodes comme le Congo-Brazzaville, l’Angola, le Gabon, le Tchad et le Cameroun sont là pour nous fournir une preuve tangible. L’arrivée de Total, allié en Birmanie à une narcodictature dopée par le travail forcé, n’est pas de nature à remettre en question les mœurs pétro-françafricaines. Le nouveau groupe, plus puissant, sera apte à faire la pluie et le beau temps et à faire changer d’avis plus d’un récalcitrant en deux temps trois mouvements.

La Banque FIBA, banque du RPR et de la nomenklatura congolo-gabonaise qui servait de transit aux redevances pétrolières et aux ventes d’armes, a été dissoute lors du rachat d’ELF par Total. Cette prouesse a un parallèle avec le rachat de la Banque Rivaud par le groupe Bolloré qui a trouvé beaucoup de comptes perso des neveux du RPR. Une équation s’est installée dans la tête des kamites : ELF=Françafrique.

Son premier président, Pierre Guillaumat, a mis en place un service de renseignement capable de changer le cours de l’histoire. En 1977, Marien Ngouabi, mécontent du contrat passé entre son pays, le Congo-Brazzaville, et la compagnie pétrolière, le fait savoir en augmentant la fiscalité sur le pétrole. Elf n’apprécie pas et Guillaumat asphyxie l’économie du pays et fait assassiner Marien Ngouabi en Mars 1977, ainsi que son prédécesseur Alphonse Massembat-Débat qui était en discussion avec Ngouabi pour revenir au pouvoir d’un commun accord.

Ngouabi projetait de rendre le pouvoir à une personnalité du sud du pays, ce qui déplaisait aux tribalistes en chef que sont les agents de la DGSE comme j’ai pu le dire plus haut. Les agents de la DGSE ont pour mission secrète de raviver les flammes allumées au début de la traite négrière entre les clans en Afrique comme le racisme anti-Bamiléké au Cameroun, « le Hutu power », l’acharnement contre les gens originaires du Pool au Congo-Brazzaville. Située très à droite, le Grande Loge Nationale de France (la GLNF) est la seule grande obédience française rattachée à la très puissante franc-maçonnerie américaine.

Presque tous les ’’présidents’’ agréés par la Françafrique y ont été initiés (Bongo, Sassou N’Guesso, Biya, Déby, Compaoré…) ainsi qu’un panel de plus en plus déterminant de personnalités françaises de la politique, la finance, les industries sensibles (c’est-à-dire ?), l’armée, les services secrets, les médias (TF1 en tête), la justice. Vous avez pu remarquer que depuis que le « nabo » est à l’Elysée, on a pu voir revenir sur les plateaux télé : le très pimpant Charles Pasqua. Il a été le vice-président du SAC et Pierre Le Dizet en fut le Directeur.

Michel Debré et Jacques Foccart n’était pas loin de cette création pour contrôler les adversaires du gaullisme en France qui pourrait regarder de trop près les activités « inavouables » du régime gaullien en Afrique. Je voudrais mettre l’accent sur un pan de la modernisation du système foccartien qui se transforme. Je veux parler de la Mafiafrique.

II- De la Françafrique à la Mafiafrique :

Ce qu’offre aujourd’hui l’Afrique à toutes les mafias, c’est la mise à disposition d’États de complaisance par des cliques dirigeantes retranchées sur les positions prédatrices qu’elles peuvent encore exercer, c’est l’aventurisme de ses guérillas mercenaires. La mafiafrique est syro-libanaise, belge, ukrainienne, américaine, russe, israélienne, saoudienne, émirat, anglaise, indo-pakistanaise, française, chinoise. La mafiafrique est même afghane : selon le journaliste portugais Gustavo Costa, dans un article publié dans L’Express en novembre 2001, Luanda est devenu à la fin des années 1990 le cœur d’un trafic de contrebande de biens divers organisé par les milieux trafiquants afghans de Dubaï en contrepartie du blanchiment de l’argent de la drogue. Dans l’autre sens s’organisait, suivant les réseaux rôdés de l’« Angolagate », l’approvisionnement en armes du régime taliban. La mafiafrique est planétaire.

Mais, pour des raisons historiques, la mafiafrique est assez largement française. De son vaste empire africain, de ce grand mythe vécu d’un lien charnel entre la France et ses anciennes colonies, qui ne fut jamais aussi fort qu’après la décolonisation des années 1960, la France a hérité d’un capital relationnel avec les élites africaines et maghrébines et d’un savoir-faire qui font aujourd’hui merveille, bien au-delà du pré carré colonial, sur tous les terrains de la mafiafrique.

Le « système Foccart » verrouillait la Françafrique, exerçant un contrôle politique et policier sur le continent pour le compte du camp occidental et contre l’Union soviétique. Ce rôle planétaire n’a pas été sans bénéfices secondaires spécifiquement françafricains : au travers des mécanismes maintenant à peu près connus de la circulation perverse de l’aide au développement et des flux de l’économie rentière, la Françafrique a joué un rôle essentiel dans le financement de la vie politique française, pour le camp présidentiel et même au-delà, avec l’habitude prise de la cohabitation.

La politique africaine ne pouvait donc pas être discutée sur la place publique, comme pouvaient l’être les relations avec l’Allemagne, la Russie ou les États-Unis. Le  » foccartisme « , celui de Jacques Foccart comme de ses successeurs, Jacques Toubon, Jacques Godfrain et Jacques Chirac (ils peuvent au moins partager un point commun qui n’aura échappé à personne), fermait le débat en France aussi. Évident sur la scène politique, cet étouffement a également longtemps prévalu – et cela est moins connu – dans le monde universitaire. Ce n’est nullement le fruit du hasard si la France compte relativement peu de bons spécialistes de l’Afrique contemporaine et du Maghreb. Ce qui n’a pas empêché de faire germer une pléthore de spécialistes de l’Afrique.

Dans certains organismes de recherche publics (comme l’ORSTOM), il était tout simplement interdit aux chercheurs de s’occuper de questions politiques au sens le plus académique du terme, la science politique : ils étaient soumis à une censure préalable. Et dans le même temps, des professeurs de droit ont écrit les constitutions africaines sans être trop regardants sur leur application dans des régimes policiers de parti unique…

À partir de 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir a brièvement permis un certain dégel intellectuel, en ouvrant le champ de l’expertise reconnue, y compris autour de l’Élysée, à des universitaires d’un genre que l’on n’avait jamais vu jusqu’alors sous les ors de la République : pendant quelques mois, ils ont côtoyé le patron de la DGSE (Pierre Marion) et les conseillers spéciaux de l’Élysée (comme Guy Penne et Jean-Christophe Mitterrand).

Mais la tendance était lourde et les experts indépendants sollicités par l’État au début des années 1980 ont été ensuite tenus à l’écart dès lors qu’ils entendaient rester indépendants. La politique de développement, héritière des combats anticolonialistes et tiers-mondistes, que la gauche victorieuse transportait dans ses valises pesa peu face aux liens d’argent qui fondaient les pouvoirs africains, via la redistribution clientéliste, et contribuaient largement au financement des partis politiques français via les  » rétro commissions « . L’expulsion de l’intrus Jean-Pierre Cot de la scène françafricaine prouva rapidement que tout allait continuer comme avant, mais avec des partenaires supplémentaires.

Pour fin septembre 2008, les États-Unis rassembleront leurs activités militaires en Afrique (sauf en Égypte) sous un seul commandement. Leur objectif : le contrôle complet des matières premières africaines.

La décision a été dévoilée au début de ce mois et montre bien l’importance stratégique de l’Afrique pour les États-Unis. C’est la première réorganisation de la structure de commandement de l’armée américaine sur le plan mondial depuis 1946. La nouvelle structure a été baptisée African Command et reprend une partie des tâches de l’EUCOM, le commandement installé à Stuttgart. Le pétrole est une des raisons importantes du regain d’intérêt des Américains pour l’Afrique.

La seconde est la présence accrue de la Chine en Afrique comme le disent les experts américains du Council on Foreign Relations : « La Chine a modifié la situation stratégique de l’Afrique. Sur tout le continent, elle est en quête de richesses naturelles, elle dame le pion aux entreprises occidentales dans les grands travaux d’infrastructure, elle fournit des prêts avantageux. » Actuellement, plus de 25 % des importations chinoises en pétrole viennent déjà d’Afrique. Ces dernières années, le commerce entre la Chine et l’Afrique est passé de 3 à 55 milliards de dollars ( cf. reportage des « Dessous de la carte » sur les relations sino-africaines sur le site Africamaat), faisant de la Chine le troisième partenaire commercial de l’Afrique après les Etats-Unis et la France.

III La mobilisation contre la prédation mafieuse à Kamita et en France :

La montée en puissance des mouvements africains issus de la société civile africaine semble aujourd’hui un phénomène irréversible. L’ « appel d’air démocratique »issu des conférences nationales des années 1990 interrompues brutalement dans certains pays comme le Congo-Brazzaville par la Françafrique, l’essor de la presse libre dans certains pays, la naissance du mouvement altermondialiste et j’ajouterai l’émergence en Europe d’une génération de kamites fiers de leurs glorieux ancêtres quelle que soit l’endroit d’où ils viennent (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Haïti…) prêts à créer des passerelles entre la diaspora et Kamita pour une véritable et durable Renaissance africaine.

Au Mali, la Coalition des alternatives Dette et Développement (CAD Mali) créée à l’occasion du Jubilé 2000 pour l’abolition de la dette, regroupe des dizaines d’organisations. Elle organise depuis 2001 un contre-G8 des Pauvres délocalisé à Bamako. La question des relations franco-africaines fait partie de ses préoccupations premières, comme l’a démontré l’organisation à Bamako du sommet alternatif France-Afrique de décembre 2005.

Au Tchad, le Comité de suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation regroupe des organisations qui militent depuis 2002 pour obtenir des conditions favorables à la pacification et à la démocratisation de leur pays. Le comité suit de près l’évolution des relations entre la France et le Tchad et participe à des actions de plaidoyer menées auprès des autorités françaises.

Au Burkina Faso, des ouvrières en grève nt réussi à obtenir gain de cause face à Yves Rocher tandis qu’au Mali le syndicat Cocidirail, qui plaide pour la restitution et le développement intégré du rail malien harcèle la filiale du groupe Bouygues qui a racheté le chemin de fer Bamako – Dakar.

Au Togo, une coalition de mouvements de la société civile s’est organisée en avril 2005pour observer les conditions de déroulement du scrutin présidentiel et pouvoir dénoncer la fraude. Leurs appels et le résultat de leurs travaux ont été largement diffusés par leurs partenaires associatifs, en Afrique et en France. Ce n’est qu’à cause du soutien du Président français au candidat frauduleusement élu du clan Gnassingbé que cette mobilisation n’a pas pu aboutir. Le terrain syndical est en pleine expansion et laisse peu de répit aux multinationales françaises qui pillent allègrement les ressources naturelles et humaines du continent.

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En Côte d’Ivoire, l’omniprésence des investisseurs français dans tos les secteurs économiques, les soupçons de financement de la rébellion par des groupes hexagonaux ont attisé le sentiment anti-français d’une partie importante de la société ivoirienne, dans un climat marqué par l’interventionnisme militaire de la France dans le pays (opération Licorne). A Abidjan, la colère contre l’ancienne puissance coloniale a pris un tournant lors des évènements lors des évènements de Novembre 2004.

Le sentiment anti-français s’est déplacé au Togo après l’élection de Faure Gnassingbé en Avril 2006, le débat sur le rôle positif de la colonisation puis sur l’immigration choisie et a gagné une grande partie de l’opinion africaine.

Je voudrais, pour finir, parler de la mobilisation des artistes contre la Françafrique. La plume du Martiniquais Aimé Césaire, du Camerounais Mongo Béti, la voix du Kongolais Franklin Mukaka, du Nigérian Fêla Kuti ont été autant d’armes au service de l’émancipation de l’Afrique. La mobilisation reprend tout son sens grâce au rap, au reggae mais aussi à la littérature et au théâtre ; après la génération perdue des années 1970-1980, dont je voudrais vous parler avant de conclure.

Le journaliste burkinabé Norbert Zongo dirigeait l’hebdomadaire le plus lu au Burkina Faso, « L’Indépendant ». Amoureux de la nature, il avait créé une réserve de faune au sud de pays. Il s’y rend en voiture le dimanche 13 décembre 1998, avec un chauffeur et deux de ses collaborateurs. Le véhicule est retrouvé incendié le long de la route, les quatre occupants sont morts, leurs corps sont plus ou moins carbonisés. Les positions contestataires du journaliste, les rumeurs de complot à son égard ainsi que les traces de balles retrouvées dans la porte arrière suggèrent immédiatement une mise en scène. Il enquêtait sur le scandale de pesticides Saphyto, fournis par la Sofitex, la plus grande entreprise burkinabé qui encadre toute la production cotonnière du pays puis la commercialise via sa maison – mère parisienne, la CFDT.

Il enquêtait aussi sur le trafic des parcelles à bâtir, un système de corruption et d’escroquerie à l’encontre des candidats à l’acquisition d’un lotissement. Au premier des personnes impliquées, le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré. Tiens !?

Le régime de Paul Biya qui passe pour être le plus corrompu du monde. Le combat pour une presse libre, résistant aux constantes pressions du pouvoir : tentatives de corruption ou d’étranglement financier, censure, interdiction, menaces, brutalités. Pius Njawé a réussi à traverser toutes ses épreuves. Il est directeur du « Messager » à Douala.


la Francafrique ( piankhy.com)
envoyé par www-Piankhy-com

Il a été condamné à deux ans de prison pour avoir diffusé un article qui relatait les problèmes de santé du Président Biya survenus lors d’un match de football. A sa sortie de prison, il a bénéficié d’une solidarité extraordinaire, de ses confrères du monde entier jusqu’ aux citoyens français, des lycéens alsaciens précisément.

Narléjy Yorongar qui a récemment publié un livre en vente aux Editions Menaibuc intitulé « Tchad – Le Procès d’Idriss Déby ». Il est député et responsable du parti fédéraliste, le Front d’Action pour le Renouveau. Il a félicité Nicolas Sarkozy pour son accession à la magistrature suprême (sic).

CONCLUSION :

En guise de conclusion, nous pouvons nous demander pourquoi l’on nous ressasse à longueur de journée que l’Afrique est pauvre alors que la somme des transactions réalisées avec l’Afrique est de l’ordre de 800 milliards de dollars, d’après un article du site africamaat sur les relations sino-africaines. Les personnes viennent de toutes les régions du monde pour faire des affaires en Afrique mais ceci n’empêche pas les médias de nous abreuver de reportages sur les africains qui meurent sur les rives méditerranéennes, les bébés qui souffrent de malnutrition…

On passe sous silence le fait que la population africaine va rejoindre la Chine et l’Inde. Depuis quelque temps, on entend ici ou là : «  Il faut aider l’Afrique car elle ne pourra pas assumer toute la population car elle n’a pas toutes les ressources nécessaires pour pouvoir satisfaire tous enfants » (Journal de RFI en Juillet dernier).

L’Afrique a toutes les ressources pour satisfaire ses enfants mais des intrus viennent s’enrichir dans le plus grand secret, à l’insu des populations africaines. Je reste optimiste pour Kamita car je vois que ses enfants sont en train d’ouvrir les yeux et s’organise pour préparer la Renaissance africaine chère à l’Osiris/Cheikh Anta Diop qui est assis à la droite d’Amon.

L’avenir appartient à l’Afrique et la vision spirituelle africaine peut, de près et de loin, éclairer l’humanité. Tous ces faits que j’ai pu relater ci – dessus ont des origines qui remontent à la traite négrière lorsque les leucodermes et les sémites sont arrivés en Afrique pour disséminer des armes à feu pour empêcher les royaumes africains de créer de véritables Etats africains. (cf. « La traite négrière européenne : Vérité et Mensonges »).

ANKH OUDJA SENEB

Sites à consulter pour compléter votre lecture :

- www.survie-france.org

- www.globalwitness.org

- www.stop-francafrique.com

- www.cellulefrancafrique.org

- www.liberationafrique.org

- www.bdpgabon.org

Livres traitant de la Françafrique :

- La Françafrique, le plus long scandale de la République de François – Xavier VERSCHAVE, 1998, Ed. Stock

- Noir Silence de François – Xavier VERSCHAVE, 2000, Ed. Les Arènes

- Noir procès : offense à chefs d’Etat de François-Xavier VERSCHAVE, Laurent BECCARIA, 2001, Les Arènes

- Noir Chirac de François-Xavier VERSCHAVE, 2002, Les Arènes

- Négrophobie. Réponse aux « négrologues », journalistes françafricains et autres falsificateurs de l’information, de François-Xavier VERSCHAVE, Odile TOBNER-BIYIDI et Boubacar Boris DIOP, 2005, Les Arènes

- De la Françafrique à la Mafiafrique de François-Xavier VERSCHAVE, 2004, Tribord

- Au mépris des peuples : Le néocolonialisme franco-africain de François-Xavier VERSCHAVE, Philippe HAUSER, 2004, La Fabrique

- Le choix volé des Togolais. Rapport sur un coup d’Etat électoral perpétré avec la complicité de la France et de la communauté internationale, coordonné par l’association SURVIE, 2005, L’Harmattan

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Mugabe ou L’Esprit Zimbabwéen Contre l’Orage Qui s’Annonce

Posté par issopha le 21 juillet 2008

Mugabe ou L’Esprit Zimbabwéen Contre l’Orage Qui s’Annonce

 

Mugabe ou L’Esprit Zimbabwéen Contre l’Orage Qui s’Annonce dans AFRIQUE : Ceux qui luttent barre-africamaat

Molefi Kete Asante qui a enseigné au Zimbabwé et formé les premiers journalistes du pays, s’indigne du climat d’hostilité médiatique actuel contre Mugabe.

 Mugabe ou L’Esprit Zimbabwéen Contre l’Orage Qui s’Annonce

Avant-propos d’Africamaat

Comme vous avez pu le constater, depuis quelques mois, les média occidentaux ont accentué leur pression médiatique sur le régime de Mugabé en le présentant aux masses mondiales comme un dictateur sanguinaire tout en passant sous silence leurs agissements diaboliques contre l’Afrique et les Africains.

Compte tenu du fait, que des jeunes panafricains aux Antilles et ailleurs, pourraient tomber dans le piège occidental de l’embrigadement médiatique, contre les pères de l’indépendance africaine (au sens strict du terme) qui ont tous été liquidés par puissances impérialistes car ces derniers voulant une Afrique et ses richesses appartenant aux seuls occidentaux, nous allons donc faire sur africamaat.com de cette problématique « Mugabe », un cas d’école, un dossier d’étude, un exemple de l’imagination machiavélique impérialiste occidentale afin qu’à l’avenir, nous ne soyons plus les jouets des média du nord.

Nous redemandons encore à France 24 de diffuser et de mettre sur le web notre débat télévisé sur Mugabé tenu face à des personnalités américaines et anglaises toutes anti-Mugabé, que nous avons enregistré dans leurs locaux afin que le public soit bien informé. Car quand on a rien à cacher, on n’agit pas de la sorte !

Le mensonge aura beau courir une année, la vérité le rattrapera en un seul jour !

Allocution du frère Molefi Kete Asante sur son expérience au Zimbabwé et la cambale médiatique occidentale contre Zimbabwé…

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Le déploiement de l’initiative anti-zimbabwéenne de la Grande-Bretagne et du gouvernement des États-Unis est une partie de l’idéologie raciste de l’Occident contre le Zimbabwe libre et indépendant. En tant qu’Africain Américain qui a travaillé et a habité au Zimbabwe juste après le deuxième Chimurenga [1]je suis consterné par l’absence de discernement chez ceux des Zimbabwéens qui soutiennent les activités du Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC ), un parti financé par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

En effet, Samora Machel disait que «  la lutte pour la libération est une université. » Le seul problème est que beaucoup de personnes ne sont jamais allées à la guerre pour leur libération. Harriet Tubman a dit qu’elle aurait pu sauver mille esclaves au lieu des 300 qu’elle conduisit à la liberté si elle eut pu les convaincre qu’ils étaient des personnes asservies.

En fait, ce que nous voyons au Zimbabwe est la tentative de la part des groupes conservateurs américains alliés à des groupes britanniques d’introduire un cheval de Troie au sein de la nation zimbabwéenne. Ceci est prévisible. C’est le modèle de la déstabilisation et c’est une honte que plusieurs de nos propres chefs aux Etats-Unis n’aient pas compris l’intention de sanctions contre le Zimbabwe.

Morgan Tsvangirai est une création des fermiers blancs du Zimbabwe. Par leur argent, comme on le voit avec l’appui que reçoit Tsvangirai du fermier blanc Roy Bennett, trésorier du MDC [2], et d’autres blancs, le MDC a pu acheter des voix, influencer les populations paysannes dans les secteurs ruraux, et créer le chaos.

J’ai formé des journalistes au Zimbabwe à ZIMCO dans les années 1980 et je fus responsable de sa première promotion de diplômés. J’ai été irrité par la propagande continue des médias occidentaux contre les libertés des Zimbabwéens.

Nous tous condamnons les actions des crétins qui attaquent les personnes innocentes, mais nous réservons notre plus grande condamnation aux crétins politiques qui sont comme des oncles Tom mendiant le pain à leurs anciens maîtres. Ils vendront leurs mères et l’héritage de leurs pères pour l’argent de l’Occident.

Le MDC est un instrument des impérialistes occidentaux dans leur plus concrète expression. Le MDC reçoit son argent, ses ressources, et son appui des éléments les plus réactionnaires dans les pays occidentaux et il s’est montré opposé aux intérêts généraux du peuple.

Les personnes éprises de liberté perçoivent la tentative des médias occidentaux de peindre le Zimbabwe comme un gouvernement escroc, déconnecté du peuple. Il n’y a aucune raison pour le peuple du Zimbabwe d’être découragé parce qu’il y a beaucoup d’amis de la liberté et de l’indépendance qui voient le battage des médias britanniques et américains comme partie d’une orchestration plus large de la tentative de l’entreprise impérialiste de miner l’agence africaine.

Sur CNN aux Etats-Unis, Jesse Jackson a dit le 24 juin que Robert Mugabe fut un héros mais ne l’était plus. C’est une hérésie.

Qu’a fait Mugabe pour être rétrogradé de sa stature de héros ?

Il a donné sa jeunesse et sa vie d’adulte pour lutter dans la jungle contre les occupants blancs de la terre de ses ancêtres. Mugabe sera toujours un héros aux yeux des Africains Américains épris de liberté. La réforme foncière de Mugabe pour redonner aux légitimes propriétaires la terre volée a causé une campagne orchestrée contre Mugabe et son gouvernement. Mais le catalogue ne s’arrête pas là. Il a capturé et a mis en prison un groupe d’aventuriers militaires qui planifiaient de renverser le gouvernement d’une nation africaine. Nombre de ces aventuriers ont des liens avec la communauté blanche en Grande-Bretagne.

Je vois la position de Jesse Jackson comme un élément de l’effort international de faire pression sur le peuple zimbabwéen pour qu’il se soumette à l’intervention et à la pression internationale. Même Nelson Mandela était en Grande-Bretagne où il a condamné Mugabe pour la tragédie du leadership. Cette condamnation est une preuve de la puissance du système politique occidental.

Quand Mandela était en prison, Mugabe a permis l’utilisation de son propre pays et de ses ressources propres pour faciliter les combattants de l’ANC dans leur tentative pour renverser le régime minoritaire en Afrique du Sud. Mandela a-t-il oublié ceci ou quelqu’un a-t-il manqué de le lui dire ?

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R. Mugabe et la Reine d’Angleterre en très bon termes durant la période où Mugabe acceptait le timing et la fourberie anglaise

Je pense que les éléments progressistes de la communauté Africaine Américain doivent rassurer le peuple zimbabwéen qu’il a beaucoup d’amis en Occident et dans le monde, qui comprennent vraiment la raison de la souffrance au Zimbabwe et savent que le MDC est employé pour raffermir les éléments raciste et orchestrer le racket de ce pays.

Les Zimbabwéens sont les seules personnes qui peuvent résoudre leurs problèmes ; cependant, le peuple zimbabwéen doit savoir que leurs ennemis travaillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour miner le fonctionnement légitime de leur gouvernement.

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Morgan Tsvangirai, opposant de R. Mugabé

Depuis le mouvement de réforme foncière, les éléments réactionnaires blancs et noirs aux Etats-Unis, en Australie, en Afrique du Sud, et en Grande-Bretagne cherchent un levier interne au Zimbabwe pour miner la volonté puissante, engagée et déterminée du peuple zimbabwéen.

Si le MDC se retire de l’élection, celle-ci doit continuer parce que le nom de Tsvangirai est déjà sur les bulletins. L’union africaine a des observateurs dans le pays et Mugabe a sagement maintenu hors du pays la nation les individus qui voulaient entrer au Zimbabwe pour espionner, miner ou pour créer le chaos en essayant de trouver des ennemis du gouvernement.

Le MDC se retire de l’élection parce qu’il sait qu’il ne peut pas gagner. Ils essayeront de convaincre le monde que les décisions des personnes sont forcées, mais les Zimbabwéens doivent se tenir debout, avec leur héroïque histoire et refuser de permettre aux forces extérieures de voler l’indépendance de leur pays. Longue vie aux héros du Chimurenga !

Honneur aux camarades qui ont donné leurs vies dans les montagnes et les vallées du beau Zimbabwe.

La danse européenne et américaine vers l’intervention à l’intérieur du Zimbabwe est une partie de la même hypocrisie que l’Afrique a éprouvée depuis toujours. Si Morgan Tsvangirai croit que son attachement à l’Occident et à ses intérêts dans le soutien des propriétaires fonciers blancs minoritaires au Zimbabwe l’amènera au pouvoir, il a absolument tort.

Les masses des Zimbabwéens comprennent que quand 4000 blancs ont tenu 75 % des terres arables au Zimbabwe il n’y avait aucun outrage de la part des Européens et des Américains.

Ces masses doivent pouvoir serrer leurs ceintures, restreindre leurs besoins matériels afin de maintenir leur liberté pendant que la Grande-Bretagne et l’Amérique activent leurs sanctions.

Au cas où le Zimbabwe succomberait aux intérêts de la minorité blanche contre les masses de ses propres personnes ce serait sûrement la plus mauvaise forme d’esclavage apparue en Afrique australe. Le fait que Mugabe, à la tête de la ZANU était un leader militaire signifie qu’il sait ce qu’était la situation dans son pays avant l’élévation du MDC-T et de ses défenseurs de la droite américaine et britannique.

Aussi longtemps que le peule élira le gouvernement du ZANU-PF il devrait rester au pouvoir comme avant-garde de la révolution. Si les Zimbabwéens, sans coercition de l’extérieur, choisissent un autre parti, le ZANU-PF devrait quitter le pouvoir.

Il n’y a aucune surprise qu’une enquête auprès de jeunes Africains il y a deux ou trois années a placé Robert Mugabe au premier rang du leadership devant tout autre dirigeant africain.

Vive Robert Mugabe ! [3]

Molefi Kete Asante

Président, Association of Nubian Kemetic Heritage

Auteur de The History of Africa

www.asante.net

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Déclaration officielle de l’ONU Par rapport au Zimbabwe

PDF - 137.1 ko

Ecoutons notre prophète Bob Marley exprimer ses mots que les bouches zimbabwéennes muselés par l’occident ne peuvent plus prononcer (Titre : Zimbabwe).

Vie, Santé, Force Osiris Marley, Jah Rastafary !

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Références bibliographiques:

[1] Chimurenga est un mot de la langue Shona du Zimbabwe. Il signifie révolte ou rébellion. La première Chimurenga est la révolte des Zimbabwéens en 1896 et 1897 contre les agresseurs colonialistes anglais de la British South Africa Company. Les Zimbabwéens perdirent et la colonisation britannique reprit de plus belle, avec l’objectif clairement annoncé d’exterminer tous les Noirs que les colons anglais qualifièrent de « brutes », comme l’explique l’écrivain suédois Sven Lindqvist dans son livre « Exterminez Toutes Ces Brutes – L’odyssée d’un homme au cœur de la nuit et les origines du génocide européen » (Paris : Le Serpent à Plumes, 1998).

Le 4 mai 1898, au lendemain de la victoire des colonialistes britanniques, le projet d’extermination des Noirs est explicitement énoncé dans un discours du Premier Ministre anglais de l’époque, Lord Salisbury (né le 3 février 1830 ; décédé le 22 août 1903) de son vrai Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil, troisième marquis de Salisbury.

La deuxième Chimurenga fut déclenchée par Robert Mugabe et ses camarades patriotes en 1966, exactement 70 ans après la première et seulement quelques mois après la Déclaration Unilatérale d’Indépendance de Ian Smith, faite le 11 novembre 1965. La deuxième Chimurenga dura 14 ans. Quatorze années de lutte acharnée, durant laquelle les Zimbabwéens, militairement sous-équipés et peu préparés, affrontèrent héroïquement l’armée de Ian Smith que soutenait directement ou indirectement tout l’Occident, ainsi que l’Afrique du Sud de l’Apartheid, Israël, et l’Iran du Shah. Malgré ces handicaps, les Zimbabwéens remportèrent victoire : la deuxième Chimurenga se solda par l’indépendance du Zimbabwe en 1980.

[2] Le MDC est le parti dirigé par l’opposant Morgan Tsvangirai.

[3] En 1960, R. Mugabe crée avec son ami Josuah Nkomo, le Zimbabwe African Peoples Union (ZAPU), qui fut immédiatement interdit par le gouvernement blanc de Ian Smith (1er Ministre) qui souhait appliquer l’apartheid sud-africain au Zimbabwe. En 1964, Mugabe est arrêté avec d’autres chefs de file nationalistes et jeté en prison pendant 10 ans. En 1966, on lui refuse une permission pour aller enterrer son fils décédé. Libre en 1974, il se réfugie au Mozambique où il prend la direction de la branche militaire de la ZANU, la ZANLA (Zimbabwe African National Liberation Army), pour préparer la guerre contre le gouvernement de Ian Smith qui extermine les Noirs. Après maintes tergiversations et tentatives de compromission de noirs initiées par Ian Smith pour conserver la main mise anglo-saxonne sur le Zimbabwe, en décembre 1979, le pays redevient la colonie britannique de Rhodésie du Sud. Les accords de Lancaster House de fin décembre 1979, finalisèrent l’octroi de garanties économiques et politiques pour la minorité blanche et des élections multiraciales prévues 10 ans après (1980). Après une campagne électorale agitée, Mugabé devint Premier Ministre en 1980. En 1987, Mugabe devint Président et mit un terme au rôle politique des blancs dans son pays. En 2008, Les Anglais, qui ont violé leur propre contrat sur 10 ans qui stipulait qu’il devait remettre les terres aux Zimbabwéens, refusent de dédommager les fermiers blancs et veulent même récupérer les terres agricoles et naturellement certains gisements de minerais stratégiques. Pour cela, ils recrutent le leader du MDC comme cheval de Troie. Aidé des USA qui l’offrent plus de 30 millions de dollars pour financer sa campagne contre Mugabe, le voila promut garant de la démocratie au Zimbabwe. Mais quelle farce !!!!

 

Publié dans AFRIQUE : Ceux qui luttent, DE LA PROPAGANDE | Pas de Commentaire »

L’actualité des médias n° 65 (3 mai-10 juillet 2008)

Posté par issopha le 21 juillet 2008

L’actualité des médias n° 65 (3 mai-10 juillet 2008)

William Salama

   

Casse sociale, cadeaux publicitaires et concentration intensive : les médias sous le règne de Sarkozy …

I. Presse écrite

1. Presse quotidienne nationale

- Plan social dans la presse. Le Figaro + Le Monde = 105 journalistes sur le carreau.
- Le Monde « vise 9,4 millions d’euros d’économies annuelles. Si ce chiffre n’est pas atteint, un plan social pourrait avoir lieu à la rentrée  » (Les Echos du 25 juin) selon « la commission fonds propres, présidée par Louis Schweitzer, qui doit éclairer le conseil de surveillance du Monde sur ses besoins en argent frais et sur le calendrier souhaitable d’une éventuelle recapitalisation ». On annonce déjà « 103 candidats au départ, dont 60 journalistes » (Les Echos, 2 juillet) parmi lesquels « plusieurs figures du journal  » : Daniel Vernet, directeur des relations internationales, Patrick Jarreau, ex-rédacteur en chef, Eric Le Boucher et Jean-Louis Andreani, éditorialistes, et Dominique Dhombres, chroniqueur télévision (CB News, 9 juillet 2008).
- Au Figaro, 71 salariés dont 45 journalistes, répondent également au plan de départs volontaires, ce qui représentera, selon Le Figaro, une « économie de l’ordre de 7 M€ sur la masse salariale.  » En outre : « Des économies de gestion supplémentaires porteront le total des économies à 12 M€ et devraient assurer l’équilibre du quotidien à compter de 2009 ». Le Figaro prétend par ailleurs garantir ainsi son « indépendance économique » (CB News, 27 juin).

- Le monde.fr aux enchères. Sans commentaires : « I-régie.com, la régie Internet du Monde met la page d’accueil du monde.fr, à paraître le 30 juin, aux enchères sur lemonde.fr/ebay pendant 7 jours, du 16 au 23 juin à 17 heures. La mise à prix est de 1 €. » (Newsletter Tarif Média, 18 juin).

2. Presse régionale

-  Le Crédit Mutuel mutualise ses quotidiens. Libération, le 30 juin, titre : « Le banco régional du Crédit mutuel » pour présenter la prise de contrôle capitalistique par la banque de 51 % du groupe l’Est Républicain [1]. Avec 9 titres dans son portefeuille (L’Alsace et Le Républicain Lorrain, L’est Républicain, les DNA, La Liberté de L’Est, le Bien Public, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Progrès et Le Dauphine Libéré), la banque couvre désormais 24 départements. Et Libération de poursuivre : « Les synergies déjà engagées au niveau des imprimeries, des services publicitaires et du contenu éditorial (suppléments et articles communs) devraient en tout cas s’accélérer. “On est inquiets pour l’emploi des journalistes et on est inquiets pour le pluralisme de l’information”, commente Laurence Rey, syndicaliste SNJ aux Dernières Nouvelles d’Alsace. Les plans de modernisation sociale enclenchés devraient entraîner une réduction totale des effectifs de 520 salariés sur les 3 500 que compte le groupe, selon Lignac. Et des aménagements sont aussi à prévoir dans les zones où les titres désormais contrôlés financièrement par le Crédit mutuel sont en concurrence. C’est déjà le cas dans les Vosges (75 suppressions de postes), et cela devrait l’être bientôt en Alsace, entre l’Alsace et les DNA. »

-  L’Yonne rachetée au prix fort. Le rachat par le groupe Centre France (La Montagne, Le Journal du Centre) de L’Yonne Républicaine « qu’ils détiennent » a été approuvé par ses salariés « réunis en assemblée générale » le 5 juillet « à la quasi-unanimité la vente des actions du journal »  : soit « en faveur de la transformation de la société coopérative ouvrière de production (SCOP) en société anonyme, dont les titres seront rachetés par Centre France ». Centre Presse y a mis les moyens, payant les actions « au double de leur prix d’achat » et « offert des garanties sur les conditions de reprise du personnel ». Une telle prodigalité devant une situation critique : « On n’avait pas le choix : c’était ça ou un dépôt de bilan imminent », selon Hubert Besson, délégué SNJ-CGT de L’Yonne Républicaine, qui montre le potentiel prévu de la presse régionale (Les Echos, 7 juillet).

3. Magasines

- Jacques Rosselin imprime le Net. Le « fondateur du magazine Courrier International prépare le lancement d’un hebdomadaire (« édité par la société Apache »), sorte de Courrier International de l’Internet », qu’il « destine à des personnes de quarante, cinquante ans curieuses » (Les Echos, 30 juin)

- Lagardère harponne Psychologies . Le mensuel Psychologies de Jean-Louis Servan-Schreiber « devient l’entière propriété la filiale Lagardère Active qui réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 23 millions d’euros » (Le Figaro, 13 juin)

-  Mondadori rationnalise. Motor Presse France achète 5 titres (Le Cycle, Golf Magazine, Golf Européen, Bateaux et l’Officiel du Cycle), et les guides de tourisme Bel Air pour « un chiffre d’affaires de l’ordre de 11 M€ » (Newsletter de CB News 2 juillet). Le groupe de Bersluconi pour se recentrer « sur les marchés haut de gamme et grand public » entend également céder à La pêche et les poissons et Pêche Mouche à « Sofimav […], un groupe de presse spécialisé dans le domaine des loisirs de plein air »(Newsletter de CB News 27 juin).

- Les Marie - Claire en lutte. Grève à Marie-Claire du 25 au 27 juin. Les salariés réclamaient une augmentation de salaire de 150 € par mois pour tous. Un accord salarial signé par la direction et FO prévoyait une augmentation collective de 2,5% pour les salaires inférieurs à 4.500 euros : même pas de quoi compenser l’inflation ! Alors que le groupe, a réalisé un bénéfice net de 26,7 millions d’euros en 2007, avec une marge de 16,5%.

4. NMPP

- Etats généraux de la presse – la distribution en ligne de mire. Les états généraux de la presse écrite devraient avoir lieu « fin octobre ou début novembre  ». Parmi les sujets qui seront abordés : « la distribution et la diffusion des journaux, le numérique, la sous-capitalisation des groupes de presse, et la problématique Internet  ». Le président de la République a confié Emmanuelle Mignon, son chef de cabinet à l’Elysée l’organisation et l’animation. Déjà, c’est bien la distribution qui risque d’être malmenée : Christine Albanel, estime que, «  »pour adapter l’offre à la demande, il pourrait être utile d’aménager la loi Bichet de 1947″, qui organise la distribution de la presse depuis l’après-guerre  ». (Les Echos, 9 juillet)

- Pfimlin droit dans sa réforme. Sous le titre « L’impérative [sic] refondation du groupe NMPP  », Le Figaro du 20 juin donne la parole à Rémy Pfimlin (ex-France 3), directeur Général des NMPP qui condamne au nom des « éditeurs » ce qu’il nomme des « actions irresponsables [2] » qui ont émaillé le plan de réforme dont il est le chantre. Il explique « pourquoi il est vital de réorganiser la distribution et la commercialisation dans ce secteur ».

-  Des soutiens de poids. A noter que l’Union nationale des diffuseurs de presse (UNDP) « apporte son soutien au plan de modernisation » (Newsletter de CB News, 20 juin). Quant à la ministre de la Culture, Christine Albanel, de trouver publiquement «  »choquant » le mouvement « extrémiste » des ouvriers du Livre » (Newsletter de CB News 18 juin).

-  Le Parisien anonce la couleur. Pour septembre, lors des « états généraux de la presse » voulus par le président de la République à la rentrée, la direction du Parisien prévient : « Nous sommes entravés par des lourdeurs, des rigidités, des conservatismes » et s’en prend à « un système de distribution à réformer », En ligne de mire, l’aide à La Poste : « 240 millions d’euros [qui] vont à La Poste chaque année pour subventionner une activité postale déficitaire et qui coûte une fortune aux éditeurs. ». Et les salariés des NMPP dont les grèves et actions auraient entraîné une « perte sèche de 2 millions d’exemplaires » pour l’ensemble des titres du groupe ( Newsletter de Cb News, 20 juin) (lire plus bas NMPP).

II. Audiovisuel

1. Télévisions

- Sous le règne de Sarkozy… la télévision publique est menacée d’asphyxie, pour le plus grand bénéficce des groupes privés à vocation multimédias. « Télévisions publiques sous le règne de Sarkozy] : notre rubrique réunit analyses et prises de position. Notre dernier article, daté du 9 juin, – « Mascarade pour un massacre ? Télévisions publiques en péril, pluralisme en danger->http://www.acrimed.org/article2912.html] – amplement confirmé, doit être complété en fonction du contenu officiel du rapport de la commission Copé, des décisions de Nicolas Sarkozy et des réactions qu’ils on suscité. En attendant, quelques brefs rappels…

- De Copé en Sarkozy. Le jour même de la remise officielle du rapport de la « commission-mascarade » qui porte désormais le nom de « Copé », Nicolas Sarkozy a donné ses propres décisions : nomination du président de France Télévisions par l’exécutif, avancement du calendrier de la suppression de la pub au 1er janvier 2009, au lieu du 1er septembre 2009 et taxation à 0,9 % des opérateurs de téléphonie mobile et fournisseurs d’accès Internet.

- Le président de France Télévisions nommé par le Président. « Sept Français sur dix estiment que la nomination du président de France Télévisions par l’exécutif est une « mauvaise chose » car elle « pourrait entraîner un contrôle politique des chaînes publiques » », (Aujourd’hui en France, 5 juillet). Sans doute une telle nomination aurait-elle valeur de symbole et serait d’autant plus dangereuse qu’il s’agirait de la nomination du PDG d’un groupe désormais fortement centralisé. Mais c’est aussi un bel arbre planté devant le nez de ceux qui ne s’indigne que de cette décision, alors qu’elle dissimule notamment, au titre de la « compensation », le sous financement d’une télévision déjà sous-financée et, au titre du « développement »,… des mesures d économie sur les emplois et les programmes. La reprise en main politique n’est pas seulement une affaire de nomination…Pour ne rien dire des cadeaux publicitaires distribués au secteur privé et des projets de révision des seuils de concentration. Où l’on voit que l’autoritarisme politique et le libéralisme économiques sont frères jumeaux en Sarkozie

- TF1/M6 gâtés. Les députés viennent de voter les règles anti-concentration… en « assouplissant les conditions pour qu’une même personne physique ou morale détienne 49% d’une chaîne de télévision (en relevant un seuil d’audience de 2,5% à 8% de l’audience totale », via « l’adoption d’un amendement de Frédéric Lefebvre (UMP)  » dans le cadre du projet de loi de modernisation de l’économie (LME). (Newsletter de CB News, 10 juin) Ce dispositif « pourrait permettre à Bouygues et à Bertelsmann, les propriétaires de TF1 et de M6, de renforcer leurs positions au capital  ». Merci qui ? L’assouplissement de la législation (examinée dans la loi sur l’audiovisuel) pourrait compenser le déclin des recettes publicitaires, si l’on en croit Christine Albanel, grâce à « une deuxième coupure publicitaire » et un « doublement, de 6 à 12 minutes, du nombre moyen de publicités par heure  » qui pour M6, abonderait ses caisses d’ « environ 20 millions d’euros pour un effet positif de 6,5 % sur le bénéfice  » (La Tribune du 4 juin). Merci qui ? (bis)

- La taxe sur les télévisions privées leur déplait. « Autre point fort du rapport de la commission Copé » (Valeurs Actuelles, 4 juillet) : « Prélever environ 3 % du surplus de ressources » des chaînes privées… Le lobbying (ne se cache plus. Une lettre au Président, avec copies au Premier ministre François Fillon et à la ministre de la Culture Christine Albanel coécrite par TF1, M6 et Canal+ (réunies sous la bannière de l’Association des chaînes privées) qui dénonce « une « mauvaise gestion structurelle » de France Télévisions » et «  »une concurrence de plus en plus déloyale » » pour rejeter ce projet de « taxation sur les recettes publicitaires supplémentaires des chaînes privées, évoquée par la commission Copé  » voulue par l’Elysée (Newsletter de CB News, 3 juin).

- La taxe sur les opérateurs heurte les positions de principe du libéralisme européen.. La taxe sur les opérateurs sera selon le bon vouloir de Sarkozy de 0,9%. Mais pour Viviane Reding, commissaire européenne à la société de l’information et aux médias, qu’on a connue moins clémente envers ces derniers, c’est « la dernière chose à faire  ». Alors pourquoi Madame ? « Le problème n’est pas le niveau de la taxe, c’est une question de principe  » (Les Echos, 30 juin). Rien que ça… Jean-François Copé prétendait faire entrer « dans ce club de la télévision les fournisseurs d’accès internet et de téléphonie mobile qui font un chiffre d’affaires extrêmement important  », en les taxant. Mais, prudemment, prévoyait une taxe «  très faible de l’ordre de 0,5% » (Newsletter de CB News 2 juin).

- Les sociétés de journalistes de France 2 et France 3 s’insurgent « Curieuse méthode que celle de Nicolas Sarkozy lorsqu’il met les mains dans le PAF : à la fois libérale au plan économique et autoritaire au plan politique. Dans un premier temps, on crée le désordre, on dérégule tout l’audiovisuel. Dans un deuxième, on reprend directement le contrôle. Sous le vernis de la modernité transpire l’archaïsme. » (Rebonds, Libération, 1er juillet par la société des journalistes de France 2 et la société des journalistes de la rédaction nationale de France 3.)

-  Le Point et la «  citadelle cégétiste  » de France 3. Reçus par des manifestants et bafoué par un technicien qui omet de le saluer, Nicolas Sarkozy avait perdu son flegme légendaire hors-antenne le 30 juin sur le plateau de France 3. Pourtant, il aurait reculé sur ses projets de démantèlement. Le Point le 3 juillet a proposé une analyse très fine ce ce recul : « Devant le monstre France 3, citadelle cégétiste, enchevêtrement de treize baronnies locales campées sur leurs acquis, le chef de l’Etat préfère prendre son temps… Plongée au cœur d’une machinerie infernale. »

- Les leçons de management de Copé. « Comment expliquer que les salariés de l’audiovisuel public persistent dans l’inquiétude ? » demande ingénument Aujourd’hui en France à Jean-François Copé. Réponse de l’intéressé : « Parce que c’est la France ! […] France Télévisions est une maison qui n’a pas reçu de message depuis des années et qui est livrée à ses doutes et ses angoisses. Pendant vingt ans, à part au moment des décrets Tasca, le pouvoir politique ne s’en est pas occupé parce qu’il en avait peur… » (Aujourd’hui en France, 2 juillet). Le pouvoir politique a désormais délivré son « message » … et curieusement « les salariés de l’audiovisuel public persistent dans l’inquiétude »

- Carolis se fâche « Nous n’avons pas les moyens de nos ambitions futures  » Sursaut de dignité ? Baroud d’honneur avant une éviction annoncée ? Défense convaincue de réelles convictions ? Patrick de Carolis en tout cas n’a pas brodé une dentelle à l’antenne de RTL le mercredi 2juillet. Pour mémoire :
- « Lorsqu’on dit qu’il n’y a pas de différences entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela profondément injuste. »
- « A la fin de l’été, courant septembre, nous verrons si le compte y est, s’il n’y est pas, je prendrai mes responsabilités. J’estime aujourd’hui, d’après les déclarations des uns et des autres, que le compte n’y est pas »
- Et de préciser, le lendemain au Parisien  : « Mon intention n’est pas de démissionner, mais de prendre toutes mes responsabilités : je ne porterai pas un projet sous-financé, j’en tirerai toutes les conséquences pour moi » (Le Parisien, 3 juillet).

Réactions indignées dans les rangs du pouvoir, déclarations d’appui du côté des syndicats…

- Les financiers de France Monde. En chœur, « Alain de Pouzilhac, le PDG de l’audiovisuel extérieur de la France et de RFI, et Christine Ockrent, sa directrice générale déléguée, expliquent les enjeux de la constitution d’un holding unique regroupant France 24, TV5 Monde et RFI » au. Figaro. Quels enjeux ? « Mettre en place des outils de management au niveau du holding qui doit rester léger. […] C’est la raison pour laquelle il est urgent de résoudre la question de l’actionnariat de France 24. » Comment ? Par la « la reprise par l’État des participations de TF1 ». Et de souhaiter « que le dossier soit réglé d’ici à la fin juillet et en tout état de cause d’ici à la fin de l’été  ». Concernant le financement « mixte redevance-subventions publiques », le duo a « l’intention d’élaborer, comme cela se fait dans n’importe quelle entreprise, une stratégie financière à trois ans qui devra être validée par l’État dans le cadre d’un contrat d’objectifs et de moyens pluriannuels. […et] développer des recettes propres grâce aux produits dérivés, au développement de la distribution et du multimédia. » (Le Figaro du 8 juillet)

3. Radios

- Elkabbach ne se taira pas. Jean-Pierre Elkabbach qui présidait Europe 1 depuis avril 2005, quitte cette fonction (mais pas l’antenne,) pour la présidence de Lagardère News : , « une entité destinée à être un « desk numérique », capable de faire circuler et de mettre en valeur les informations des médias du groupe Lagardère (Le Journal du Dimanche, Paris Match, Europe 1, Newsweb…) » selon le Nouvelobs.com du 3 juin ()  » Et boursier.com (un site qui est la propriété de Lagardère), indique le même jour. [3]

- TF1 Publicité choisi par les Indépendants. Le Groupement d’intérêt économique (GIE) des Indépendants de 111 radios locales et régionales a choisi de confier la gestion des espaces publicitaires de ses stations à TF1 Publicité, suite à « un appel d’offres […] évalué à 200 M€ bruts environ » (Newsletter de CB News 9 juin).

- Radio numérique Terrestre : l’alerte des radios en lutte. Rappel : le collectif des « radios en lutte » lance une pétition que l’on peut lire ici même « Les radios libres au crible du numérique » A lire également sur le site de « Radios libres en lutte » où sont précisées les conditions dans lesquelles la péttions peut être signée et soutenue.

III. Web et convergence

-  Rue89 touche les fonds. Rue89 a levé, comme on le dirait dans d’autres circonstances, « 1,1 million d’euros ». Les quatre fondateurs, anciens de Libération, Arnaud Aubron, Pierre Haski, Laurent Mauriac et Pascal Riché conservent la majorité du capital, avec 51,3 % des parts , le reste étant réparti entre le fonds familial Halmahera ,le journaliste Khedaoudj Zemmouri, la société de production audiovisuelle Midi-Minuit, la régie publicitaire Hi-Media et le fonds personnel de Franck Ullman, Verdoso Média. (« Rue89 : des fonds pour la route », Libération, 30 juin). A suivre… Rue89 envisagerait « de se joindre à un projet de syndicat de médias indépendants alliant des sites d’information hors ceux des médias traditionnels.  » Mais que signifie « médias indépendants » ?

-  Agoravox se fait entendre. Le site participatif AgoraVox se mue en fondation et veut sa Société des rédacteurs : « Notre but est de garantir l’indépendance et l’autonomie de notre site en le préservant de tout type de pression ou menace potentielle ».

- La TMP pose les structures et tarifs de sa future tirelire. Les premières offres de télévision mobile personnelle (TMP) seront lancées durant le second semestre 2009. Une société gérera les 16 chaines réunies au sein d’un multiplex bien que « le modèle économique de la “TNT mobile” reste indéfinie : plusieurs chaînes gratuites pourrait servir de produit d’appel mais l’abonnement à un bouquet de chaîne reste le modèle privilégié par les opérateurs.  » Selon mediabb.com (6 juillet) : « les offres pourraient être comprises entre 50 centimes et 5 euros par mois. La seule solution pour absorber entre 3 et 7 millions de coûts de diffusion annuels  ».

- La guerre des opérateurs. Des nouvelles du front des opérateurs Neuf Cegetel- SFR, Bouygues Telecom ou encore Telecom Italia. Ces concurrents d’Orange l’attaquent sur son service baptisé Rewind qui « permet à ses abonnés d’accéder en direct et en différé aux principaux programmes de France Télévisions » (Newsletter de CB News 13 mai).

- Fusion Neuf-Sfr : l’UFC-Que Choisir avertit. « L’association de consommateurs UFC-Que choisir a déposé un recours au Conseil d’État pour protester contre le feu vert accordé par le ministère des finances au rachat de Neuf Cegetel par l’opérateur de télécoms SFR. Elle estime que ce rachat crée “ un duopole dans les télécoms et la télévision payante entre deux groupes : d’une part, France Télécom-Orange, d’autre part, Vivendi et ses filiales Canal +, SFR et Neuf Cegetel” ». L’association reproche aussi à Bercy de ne pas avoir tenu compte des marchés de la télévision sur mobile et de la fibre optique. » (La Croix, 8 juillet).

- Alliances M6 et Mondadori. A partir du 1er juillet 2008, les sites internet édités par Mondadori Digital (bibamagazine.fr, canalstars.fr, closermag.fr, fhm.fr, guidetele.com, pleinevie.fr, telepoche.fr, telestar.fr, topsante.com, addxonline.com, autojournal.fr, autojournal4×4.fr et sportauto.fr) viennent « renforcer l’offre web de M6 Publicité. » (mediabb.com, 30 juin)

- Le Web ne libère pas le journaliste. « Les conditions de travail du journaliste diffèrent largement entre un quotidien et un site Internet. Dans le premier cas, il organise son travail en fonction de l’heure du bouclage ; dans le second, il travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sans parler des écarts de rémunérations ni du nombre de jours de vacances  ». («  Le Web contraint les patrons de presse du monde entier à envisager une vraie révolution culturelle  », Le Monde, 7 juin). C’est dans ce contexte que «  les rédactions de Paris-Match et du Journal du Dimanche, journaux détenus par le groupe Lagardère, ont décidé […] d’arrêter de travailler pour les sites internet de leur titre respectif, dans l’attente d’accords définissant les conditions de ces collaborations  » (Newsletter de CB News du 19 juin) Même motif, autre conflit : l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-SNJ du groupe NextRadioTV a protesté le 4 juillet « contre le projet de création de l’agence RMC Sport » qui « met en place deux nouveaux statuts de journalistes : radio/télé et surtout radio/télé/reporters d’images/monteur  » (Newsletter de CB News, 7 juillet)

IV. Et encore…

- Bolloré accroît son emprise. Le Groupe Bolloré a acquis, le 9 juillet 2008, 60 % du capital du Groupe CSA dont il détenait déjà 40 % depuis septembre 2006. L’institut d’études et de sondages CSA se présente comme l’un « des leaders sur le marché français, où il réalise des études marketing et d’opinion dans tous les secteurs économiques, aussi bien quantitatives que qualitatives.  »

- Financement : l’AFP livrée à elle-même. Répondant à une demande de la direction de l’AFP, Christine Albanel, annonce que « l’État ne financera pas l’intégralité des 20 millions d’euros nécessaires à la refonte du système informatique de l’AFP » que l’agence publique « avait demandé il y a quelques semaines, dans le cadre de la « négociation de son contrat d’objectifs et de moyens (COM) ». Le Figaro commente : « Voilà une réponse qui ne fera pas les délices de la plus grande agence de presse francophone et troisième mondiale derrière l’américaine Associated Press et la britannique Reuters  ». Et précise : « Même s’il est à la recherche d’argent frais, Pierre Louette a déjà indiqué qu’il n’était pas favorable à l’ouverture du capital de l’AFP à des capitaux privés » La raison invoquée ? « Le modèle économique du secteur n’étant pas de nature à attirer des partenaires privés » (Le Figaro, 9 juillet). Jusqu’à quand ?

- Népotisme. Bernard Arnault, magnat de LVHM a placé dans le « comité d’indépendance éditoriale  » du groupe Les Echos, Antoine, son fils… La société des journalistes avait arraché la création de ce comité qui a pour mission d’examiner les cas d’ingérence de l’actionnaire ou de ses représentants dans le contenu rédactionnel des publications des Echos à l’occasion du rachat laborieux l’année dernière. Face à la nomination d’Antopine Arnault, la société des rédacteurs a fait part de sa « surprise ». En effet, Antoine Arnault est désigné comme le dauphin de son papa et est déjà directeur de la communication pour Louis Vuitton. (Rue89, 6 mai).

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[1] Selon Le Nouvel Observateur du 30 mai, l’Est républicain a été « « contraint d’accepter cette opération capitalistique puisqu’il n’est pas en mesure de rembourser même partiellement les dettes accumulées avec la création du groupe », poursuit l’intersyndicale. Selon le communiqué, le Crédit Mutuel aurait jusqu’ici « lâché environ 400 millions d’euros sans aucun retour sur investissement »  »

[2] Ces dernières semaines, la distribution des quotidiens et des magazines assurée par les NMPP a été perturbée par de nombreuses actions, parfois violentes : blocage de tournées, exemplaires brûlés, quotidiens nationaux interdits de parution le 12 juin.

[3] «  Lagardère News s’inscrit dans le nouveau plan de « croissance active » du Groupe pour accompagner la mutation des métiers traditionnels, sous l’impulsion du développement du numérique, de l’évolution des usages et du métier de journaliste d’information

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Le magazine L’Histoire a trente ans : auto-célébration, pensée dominante et lois du marché

Posté par issopha le 21 juillet 2008

Le magazine L’Histoire a trente ans :

auto-célébration, pensée dominante et lois du marché

Matthieu Vincent

   

Le magazine l’Histoire fête ses trente ans avec un numéro spécial daté de mai 2008 [1] qui revient, chronologiquement, sur la période 1978-2008. Auto célébration, exaltation de la pensée dominante, histoire-spectacle et obsession du chiffre sont au menu. Petit voyage au coeur du « magazine de référence des passionnés d’histoire » [2].

Ce numéro spécial est divisé en trente sections (une par année). Chacune d’elle comporte : un article de quatre pages, signé par un collaborateur de l’Histoire, sur un événement important pour la science historique datant de l’année dont il est question, trois dates soigneusement sélectionnées de cette même année et trois évènements marquants dans la vie intellectuelle française ayant un lien, plus ou moins évident, avec le champ des études historiques.

C’est à partir de ces quelques quatre-vingt dix évènements choisis et commentés par la rédaction du journal que l’on peut dégager les présupposés d’un magazine qui prétend vouloir « douter de tout » [3] et « faire une histoire ouverte à toutes les écoles historiques » [4].

Un examen du choix de ces évènements, des commentaires qui les accompagnent et de certains articles qui traitent de questions qui ont donné lieu à d’importants débats dans la communauté des historiens [5], font ressortir trois traits particulièrement marquants.

D’abord, tout le champ des études historiques tourne autour du magazine lui-même, de ses collaborateurs et des initiatives qu’il soutient. Ensuite, les débats historiques se résument aux positions des membres de la rédaction ou de ceux qui en sont proches, la critique de ces positions étant à peine évoquées ou d’emblée disqualifiées. Enfin, le magazine propose de l’histoire une version ludique, spectaculaire, et … lucrative.

Quand l’Histoire célèbre ses collaborateurs et sa propre importance

Il peut sembler normal, lorsqu’un journal publie un numéro spécial consacré à son anniversaire, qu’il verse un tant soit peu dans l’autocélébration. Dans le cas de l’Histoire, c’est loin d’être un travers mineur.

Le journal se présente comme un « magazine de référence » et tend à asseoir cette légitimité sur une prestigieuse liste d’universitaires qui y collaborent ou collaborèrent. Sur le site du magazine on peut lire que « L’Histoire présente les travaux des meilleurs spécialistes » et que, « depuis sa création, les plus prestigieux historiens lui ont été fidèles »  [6].

Les mêmes procédés de légitimation de la « marque » sont utilisés dans le numéro spécial du trentième anniversaire : pour chaque article, l’auteur est présenté dans une petite notice qui rappelle ses titres universitaires, son dernier ouvrage paru et … la date de sa première collaboration avec le journal.

De même la dernière page du numéro spécial est consacrée à ceux qui ont « contribué à ce numéro ». Parmi eux, de grands universitaires, des professeurs à l’EHESS, à l’IEP de Paris et au Collège de France ainsi que des membres de l’académie française. Mais cette liste impressionnante ne correspond pas aux rédacteurs des articles de ce numéro spécial. Pour certains, la « contribution » au numéro correspond seulement à la reproduction d’une dizaine de lignes d’un de leurs ouvrages. C’est le cas pour, Michel Vovelle, Paul Veyne et Roger Chartier notamment, respectivement pages 10, 34 et 105 [7].

Mais, peu importe à la rédaction de L’Histoire si tous les plus grands spécialistes ne sont pas exactement des collaborateurs réguliers du journal : il lui suffit d’inviter les lecteurs à penser que les collaborateurs réguliers du journal sont les « plus grands spécialistes » et de laisser croire que la vie intellectuelle française des trente dernières années a tourné autour du magazine. Sur les 90 évènements importants de ces trente dernières années recensés par L’Histoire, 11 sont en lien direct ou indirect avec le journal lui-même, ses collaborateurs ou une initiative qu’il a soutenue.

Parmi ces événements, figure, pour l’année 1984 par exemple, au même titre que la mort de Michel Foucault, la création de la revue Vingtième Siècle par, entre autres, Michel Winock, fondateur de L’Histoire, et les premiers articles de Jacques Marseille dans le magazine [8]. De même, deux autres évènements « cruciaux » sont cités pour les années 1999 et 2001 : ce sont la création du site du magazine et un de ses records de ventes [9] ! Dernier exemple : le fondateur du journal, Michel Winock (dont il ne vient à l’esprit de personne de mépriser l’importance…) est cité à de nombreuses reprises dans la rubrique que nous étudions, au titre de : co-fondateur de la revue Vingtième siècle (p.34) ), d’auteur de La fièvre hexagonale (p. 51), et de co-directeur (avec Jacques Julliard) du Dictionnaire des intellectuels français (p. 84), un ouvrage qui, nous dit l’Histoire, « s’impose en quelques mois comme une référence ».

Bref,, L’Histoire selon L’Histoire domine à ce point la vie des idées historiennes que celle-ci tournerait largement autour des collaborateurs du journal et de ceux qui en furent proches, comme François Furet ou René Rémond. On ne sera donc pas surpris si les débats intellectuels qui ont pu émerger durant ces trente années d’existence du magazine, sont ici circonscrits au cercle de la raison construit par les collaborateurs et amis du journal. Nul point de vue dissident n’est présent : on est entre gens de bonne compagnie, libéraux, pro-européens et farouchement anti-communistes.

Débattre entre soi [10]

Ce numéro spécial revient sur nombre de débats qui ont agité le monde des historiens durant ces trente dernières années. Sans les détailler tous, nous allons revenir sur deux débats qui nous ont paru importants et significatifs : la controverse autour de l’histoire de la Révolution française qui eut lieu au moment des commémorations du bicentenaire de 1789 et celle qui a été lancée par la publication en 1997 du Livre noir du communisme  [11], présentés par deux historiens qui sont à la fois juge et partie.

Mona Ozouf, qui a co-dirigé le Dictionnaire critique de la Révolution française [12] avec François Furet a ainsi rédigé l’article sur les controverses autour du bicentenaire de 1989 qui ont notamment opposé Michel Vovelle (pour ne citer que lui) et … son collègue François Furet.

L’historienne conservatrice a beau jeu d’opposer deux visions antagonistes de la Révolution pour les renvoyer dos à dos : « Il était donc inévitable de voir le bicentenaire réanimer le vieil affrontement de la gauche et de la droite et nourrir l’histoire binaire de la révolution » (p. 52). Loin de cette « histoire binaire », François Furet et Mona Ozouf auraient su dépasser les clivages idéologiques pour donner une vraie vision de l’évènement … Un conte de fées contredit par nombre d’historiens.

Quoi que l’on pense des positions de François Furet à propos de la Révolution française [13], elles prétendent à cette neutralité que favoriserait le refroidissement des passions, alors qu’elle se présentent elles-mêmes comme une attaque en règle contre l’historiographie marxisante, représentée aujourd’hui encore par Michel Vovelle et dont le plus grand représentant fut Albert Soboul. Or s’il est fait référence à la mort de ce dernier en 1982, c’est – sans le moindre hommage – pour réduire son œuvre à une vision « jacobine et marxiste de l’histoire de la Révolution française , battue en brèche par François Furet et quelques autres » (p.26).

Pourtant, selon l’historien anglais Eric J. Hobsbawm, dans la postface datant de 2007 d’un ouvrage publié récemment en français [14] : « Comme le fait remarquer Jay Smith [15], la « révolution furetienne » dans sa forme extrême – incluant à la fois le rejet total des facteurs socioéconomiques et le déni de la portée historique de l’évènement et de ses réalisations – est aujourd’hui terminée. Elle a cependant laissé un héritage regrettable. ». De ce point de vue critique, et de biens d’autres, à l’égard de François Furet, le lecteur de l’Histoire ne saura absolument rien.

Il en va de même à propos de la controverse qui a accompagné la publication en 1997 du Livre noir du communisme. Le résumé de cette controverse est ici rédigé par Nicolas Werth, historien reconnu de l’URSS, qui a co-rédigé lui-même le Livre noir. Il n’y avait pas mieux pour donner un point de vue nuancé sur la question. Ainsi, après avoir rappelé que le livre eut un « succès de librairie spectaculaire, équivalent à celui d’un bon Goncourt » (p. 86), Nicolas Werth rappelle que le livre a suscité en France de « nombreuses critiques » (p. 87). Pour les discréditer plus aisément, il ne les cite pas explicitement mais les résume ainsi : « l’extrême gauche ressert l’argument éculé d’un communisme sanglant à son corps défendant, explicité par Khroutchev au XXe congrès du PCUS » (p. 86).

Ignorance délibérée ou malhonnêteté intentionnelle ? Cette affirmation est totalement fausse. De quel communisme parle-t-on et de quelle extrême gauche ? Du PCF, de la LCR, des anarchistes ? De Gilles Perrault qui rédigea une critique argumentée du Livre noir dans le Monde Diplomatique de décembre 1997 ? [16]. Du travail d’un important collectif d’historiens paru en 1999 sous le titre Le siècle des Communismes aux éditions de l’Atelier [17] ?

Mais pour mieux « débattre entre soi », il vaut mieux citer les critiques qui n’ont pas l’heur de nous plaire de façon biaisée et tronquée ou encore occulter les débats susceptibles de déranger les collaborateurs du journal. Ainsi, les lecteurs de L’Histoire ne connaîtront pas l’existence d’un des plus grands historiens au niveau mondial encore vivant aujourd’hui. Mr Eric Hobsbawm a le malheur de ne pas avoir abjuré ses convictions marxistes et d’avoir été censuré par un collaborateur du journal, l’académicien Pierre Nora. Ce dernier avait en effet refusé de traduire et de publier un ouvrage majeur de l’historien anglais, L’âge des extrêmes. L’ouvrage fut publié en 1998 avec le concours d’un éditeur belge, les éditions Complexe, et du Monde Diplomatique [18].

Ainsi, on ne cite pas, ou très peu, les historiens « critiques » [19], mais l’on encense les historiens conservateurs, même lorsqu’ils publient des ouvrages de combat idéologique comme le fit François Furet avec Le Passé d’une illusion [20]..

Intitulée « l’opium des intellectuels », en référence à Raymond Aron, la rapide critique du livre vaut le détour, nous la citons presque entièrement : « François Furet s’emploie dans un essai rapidement devenu un best-seller à rendre raison de «  l’illusion communiste  », dont tant d’Occidentaux, et lui-même à un moment donné, ont été victimes . La haine de la bourgeoisie, le besoin de croyance , les leurres de l’antifascisme, un certain goût  [21] pour la puissance d’Etat, l’héroïsme des combattants de Stalingrad, la conviction d’être dans le sens de l’histoire aussi bien au nom de la science que de la morale, François Furet analyse au scalpel [22] les motivations de cet extraordinaire fourvoiement au long du XXe siècle et les diverses phases de la « désintoxication intellectuelle » (p.80).

Et si le magazine prétend être « ouvert à toutes les écoles historiques » [23], il est bien loin d’être ouvert à tous les historiens et à tous les points de vue. Le « magazine de référence » qui célèbre sa propre importance célèbre en vérité sa contribution à la construction de la pensée dominante…. à grand renfort de recettes de marketing éditorial.

L’Histoire spectaculaire marchande

Comment évaluer la valeur scientifique des travaux des historiens ? L’Histoire répond en multipliant les références au succès des livres et aux chiffres de ventes dans les pages du magazine. Si l’on traite d’un fait important dans l’histoire intellectuelle des trente dernières années, c’est en premier lieu lorsque cela a « marché » et bien moins souvent pour son éventuelle qualité sur le plan purement intellectuel.

Ainsi, la seule référence à Pierre Bourdieu [24] que ce numéro spécial contient est liée au succès de La Misère du monde, paru au Seuil en 1993 : sous le titre évocateur de « Bourdieu best-seller », un entrefilet évoque très rapidement l’ouvrage à la page 72 et rappelle presque exclusivement son succès « inattendu ».

Pour nombre d’ouvrages, les chiffres de ventes sont évoqués, souvent pour légitimer la qualité du travail : c’est le cas notamment pour le Livre Noir du Communisme ou le Dictionnaire critique de la Révolution française. De même, si l’ouvrage Les Bienveillantes, quelle que soit sa qualité, réelle ou supposée, est cité, c’est d’abord parce qu’il il a été vendu à « 775 000 exemplaires » : un chiffre si important et révélateur que c’est le titre même de la brève qui lui est consacrée. Du livre lui-même on ne saura pas grand-chose, si ce n’est son phénoménal succès.

L’histoire marchande est, évidemment, spectaculaire… dans tous les sens du terme. Ainsi, sans les 90 petits articles que nous avons analysés, un grand nombre font référence à des évènements « culturels », des films, des romans ou même des séries télévisées à succès : c’est le cas pour les représentations de spectacles au Puy du fou (p. 10), pour Apocalypse Now (p.14), Indiana Jones (p.22), Gladiator (p. 104), la Série Rome (p.124) et … le mariage de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni (p. 136), dont on se demande bien ce qu’il fait là.

Le constat que nous faisons de la « marchandisation » du journal n’est pas nouveau, c’est le même que faisait Gérard Noiriel en 2005 dans Les fils maudits de la République paru chez Fayard : « [...] Aujourd’hui, la dimension savante a quasiment disparu. On ne trouve plus dans L’Histoire la liste des cours du Collège de France, mais les programmes de la télévision. La plupart des numéros sont en rapport direct avec l’actualité, et la posture normative du journalisme intellectuel s’est imposée au détriment de la compréhension scientifique. » (p. 156).

A cette remarque, qui représente une infime partie du livre de Gérard Noiriel, L’Histoire a répondu par une étonnante mise au point dans son numéro 298 daté de Mai 2005. La rédaction du journal rappelle sa réputation de sérieux et réaffirme la légitimité scientifique de ses collaborateurs, « universitaires, chercheurs au CNRS, et même  [25] professeurs au Collège de France » et balaie rapidement les critiques de l’historien. La fin de cette mise au point est des plus significatives : « A moins que les raisons de ce mauvais procès soient à chercher ailleurs, par exemple dans un succès public par nature indécent » (p. 4). C’est la sanction du public, du succès, du marché que le journal recherche, ce qui explique l’obsession des chiffres de ventes qui émaillent le numéro spécial que nous avons étudié.

***

Fier de soi, fermé aux débats, ouvert au marché : ces traits n’annulent pas les qualités du magazine L’Histoire et le sérieux de nombre d’ articles qu’il publie. Mais un savant mélange de légitimité universitaire, de fermeture idéologique et de thématiques destinées à la vente, sont les principales composantes du cocktail offert par le « magazine de référence des passionnés d’histoire ».

Matthieu Vincent.

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[1] L’Histoire, N°331, « 30 ans qui ont changé l’Histoire », Mai 2008.

[2] Comme le magazine le claironne sur son site internet.

[3] Editorial du numéro cité, p. 3.

[4] Interview de Michel Winock, fondateur du journal, sur son site internet.

[5] En particulier deux articles ont retenu notre attention : « 89, l’année sans pareille » de Mona Ozouf, autour des commémorations du bicentenaire de la Révolution française et « Communisme, dépôt de bilan » de Nicolas Werth, à propos du Livre Noir du Communisme paru en 1997 sous la direction de Stéphane Courtois aux éditions Robert Laffont.

[6] Suivent deux listes de grands noms de la science historique.

[7] Or, parmi les prétendus « contributeurs », ce ne sont pas les moins prestigieux : Michel Vovelle est professeur émérite à Paris I et ses deux collègues sont professeurs au Collège de France.

[8] A ce sujet on peut remarquer que c’est en 1984 que sort en librairie la thèse de Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français, un travail de bon niveau, contrairement à tous les livres de ce collaborateur du Point et de C dans l’Air qui ont suivi. Le livre n’est même pas cité, ce sont les articles du journal qui le sont !

[9] A ce sujet, le journal pérore : « notre numéro [sur les Francs-maçons] de l’été 2001 s’est vendu à 100 000 exemplaires. Un record ! » p. 108.

[10] Ce beau titre est emprunté à Gérard Noiriel dans Les fils maudits de la République, Fayard, 2005.

[11] Ces deux thématiques sont traitées respectivement aux pages 52-55 et 86-89 du numéro spécial.

[12] Ouvrage emblématique de la « révolution furétienne » des études sur la Révolution française paru en 1988 chez Flammarion

[13] Par manque de place, nous n’entrerons pas en détail dans le débat. Sur le sujet, de nombreux ouvrages intéressants existent : Steven L. Kaplan, Adieu 89, Fayard, 1993 ; Patrick Garcia, Le bicentenaire de la Révolution française. Pratiques sociales d’une commemoration, CNRS edition, 2000 ; Eric J. Hobsbawm, Aux armes historiens, deux siècles d’histoire de la Révolution française, La Découverte, 2007. Voir aussi Le Plan B N°11, rubrique « l’Histoire n’est pas finie ».

[14] Aux armes historiens, op. cit

[15] Jay Smith, « Social categories, the language of patriotism, and the origins of the French Revolution : the debate over noblesse commerçante », Journal of Modern History, 72, N°2, 2000, pp 339-374.

[16] L’article est disponible dans les archives en ligne du journal.

[17] Le siècle des communismes, l’Atelier, 1999, sous la direction de Bernard Pudal et Claude Pennetier.

[18] Sur cette controverse voir : Perry Anderson, La pensée tiède, le Seuil, 2005, (la réponse de Pierre Nora est intégrée à l’ouvrage lui-même et revient de la page 128 à 135 sur la question qui nous occupe) et la « préface à l’édition française » de L’âge des extrêmes, Complexe-Le Monde Diplomatique, 1998.

[19] Excepté Gérard Noiriel pour son ouvrage publié en 1988, Le creuset français et Claude Liauzu, éminent spécialiste d’histoire de la colonisation et collaborateur occasionnel du Monde Diplomatique décédé en 2007, pour son combat contre la loi du 23 février 2005 sur le « rôle positif de la présence française outre-mer ».

[20] « Il rabâche tant de thèmes datant de la guerre froide et dépassés depuis longtemps, que de beaux esprits ont pu remarquer qu’il était l’équivalent intellectuel d’une demande de remboursement des emprunts russes » explique Perry Anderson à propos de l’ouvrage dans La pensée tiède op cit.

[21] Soulignés par nous

[22] Ou à la hache ? Pour une réponse à cet ouvrage, voir : Denis Berger et Henri Maler, Une certaine idée du communisme, répliques à François Furet, Edition du Félin, 1996.

[23] Interview de Michel Winock, fondateur du journal, sur son site internet.

[24] dont la mort, en 2002, n’est même pas évoquée.

[25] Souligné par nous.

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Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la LibrAfrique

Posté par issopha le 21 juillet 2008

 Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la LibrAfrique

 

Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la LibrAfrique dans ACTIONS CITOYENNES barre-africamaat

Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe voudrait que nous soyons.

Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la LibrAfrique

Réponse de Mamadou Koulibaly à Sarkozy :

« Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la LibrAfrique »

Par

Mamadou KOULIBALY

Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

Le président de la République française est venu, comme De Gaulle, et il a parlé aux Africains. Qu’a-t-il dit au juste ? Il nous a fait une série de propositions et d’analyses. Écoutons-le :

« Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance, c’est l’alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un meilleur monde ».

Le nom de cette alliance est Eurafrique.

La France s’est mariée à l’Europe et nous vous apportons cette Europe de même que nous vous apportons à l’Europe. L’Afrique sera dans la corbeille de mariage de la France avec l’Europe et dans la corbeille de l’Europe avec le monde. Je suis venu vous proposer une place, comme la France sait le faire habituellement. Souvenez-vous, par exemple, des DOM-TOM.

Mais, comme vous le savez, l’Afrique est très différentiée. Il y a l’Afrique du Nord. Et il y a l’Afrique noire. En Libye, donc en Afrique du Nord où je suis passé, j’ai signé des contrats juteux d’exploitation de centrales nucléaires et d’uranium. Des contrats portant sur la défense et autres affaires hautement stratégiques pour mon pays. Avec l’Afrique du Nord, on ne parle ni de morale, ni de développement. On ne donne pas de leçons, mais on passe des contrats. On ne lance pas d’appels aux Libyens de l’étranger pour leur retour dans leur pays. On ne fait pas de promesses d’aides publiques françaises à la Libye. On parle affaires. Des contrats, des contrats et encore des contrats. Sur l’uranium, sur la défense, sur le nucléaire. Trade not aid, telle est notre règle.

Avec l’Afrique noire, avec vous, que dire ?

Je vous ai fait mal, mes bébés. Hum !

N’en parlons plus.

Mais ne me demandez surtout pas de repentance, puisque vous-mêmes, vous êtes coupables de vous être laissés battre par mes ancêtres. En plus, quand mes ancêtres arrivaient chez vous, vous vous décimiez vous-mêmes déjà sans notre aide. Vous êtes plus coupables que nous.

Nous avons commis des crimes contre l’Humanité. Oui, mais vous n’avez rien fait pour nous empêcher.

En tout cas pas suffisamment pour nous convaincre que ce que nous avions l’intention de faire était criminel. Vous êtes coupables de non-assistance à personne dangereuse et d’assassinat de caractères. Ne rêvez surtout pas à un retour en arrière pour rejoindre votre prétendu âge d’or qui aurait existé dans le passé. Vous n’avez jamais eu d’âge d’or. N’en rêvez pas. Le monde ne marche pas à reculons, mais progresse vers l’avenir. L’histoire a un sens.

La colonisation a été un crime contre l’humanité, mais mes parents ont proposé aux vôtres l’indépendance, qu’ils ont acceptée.

La colonisation c’était l’exploitation de l’homme par l’homme ; l’indépendance est exactement le contraire.

Vos historiens et autres anthropologues vous mentent. Je vous le dit ici à vous, les jeunes d’Afrique, à l’Université Cheikh Anta Diop.

Devant vos chefs.

Devant vos profs.

Devant votre classe politique, gouvernement et opposition réunis. Devant vous étudiants, hommes de maintenant et hommes de demain.

Arrêtez de rêver d’un futur qui puisse être le vôtre, à vous tout seuls. Maintenant, vous m’appartenez définitivement. Arrêtez d’avoir la nostalgie d’un passé qui n’a jamais existé.

Je vous propose l’Eurafrique.

Vous entrez avec moi dans les bonnes grâces de l’Europe.

Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Esclavage.

Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté la Colonisation.

Je vous apporte l’Europe comme hier je vous ai apporté l’Indépendance.

Je vous vois stupéfaits, n’est-ce pas ? Mais je vous apporte aussi les moyens qui vous seront propres pour inventer, vous-mêmes, votre avenir. Oubliez le passé.

Maintenant, vous ne serez plus seulement à la France, mais à l’Europe. La France, c’est votre héritage occidental. La colonisation vous l’a apporté. Aid not trade. Telle est mon offre.

Ne vous coupez pas de cet héritage. La civilisation européenne vous appartient. A vous aussi.

Renoncez à la tentation de pureté comme nous le faisons en Europe.

Ne répondez pas au racisme de la France par le racisme.

Ne répondez pas à l’intolérance de la France par l’intolérance.

Je sais, je vous ai fait mal, mais laissez tomber.

Allons ensemble dans l’avenir.

Renoncez à la maladie de l’intelligence.

Si vous voulez venir chez nous, pas de problème, nous négocierons votre migration. Nous déciderons ensemble, pour vous, comment vous viendrez.

Pas en citoyens libres, mais en immigrés.

Vous rêvez de la Renaissance africaine ? Pourquoi pas ! Après tout, vous avez eu, semble-t-il, l’Egypte et d’autres brillantes civilisations que mes ancêtres ont battues à plate couture et soumises depuis des siècles. Oubliez le passé peu glorieux que vos ascendants vous ont laissé.

Nous vous aiderons à la bâtir, cette renaissance, si tel est votre désir.

Commencez déjà par prendre notre civilisation comme héritage.

Vous voulez la liberté, la démocratie ? Bien. Mais savez-vous que l’Europe est bâtie sur l’égalité, la justice, le droit, la liberté, la démocratie et la libre propriété ? Je vous apporte ces valeurs universelles. Et n’allez pas chercher ailleurs. Tout ce que vous voulez, commandez et je vous livre tout de suite. Nous sommes généreux, nous vous aimons. Ce n’est pas de la pitié, mais c’est notre intérêt.

Ainsi nous a parlé Nicolas Sarkozy, le président de tous les Français. Que lui dire ?

Merci Sarkozy.

Merci pour tes propositions.

Mais nous, on veut aller dans le monde par le marché et non sous la protection de qui que ce soit. Nous connaissons le chemin.

Le monde, ce n’est pas que la France ; le monde, ce n’est pas que l’Europe. Le monde, c’est aussi l’Afrique, c’est aussi l’Amérique, c’est aussi l’Asie. Le monde, c’est ailleurs. Nous voulons choisir librement notre méthode d’y entrer, notre façon d’y participer. Ce n’est pas par dégoût, mais c’est notre intérêt et rien que cela.

L’Eurafrique ? Très bien merci. Mais ça sera vraisemblablement comme par le passé.

Il y a déjà les sommets franco-africains.

Il y aura des sommets eurafricains.

Il y aura une bureaucratie eurafricaine, comme il y a celle des UE-ACP.

Nous n’avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de chefs d’Etat.

Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens.

Nous ne voulons plus être des marchés captifs de qui que ce soit.

Nous voulons redevenir libres.

Il ne s’agit pas d’un retour à un quelconque âge d’or. Il ne s’agit pas d’une option pour nous, mais de notre survie.

Il s’agit d’être simplement des humains, de vivre comme tels et d’être traités comme tels.

Nous ne voulons pas de traitement de faveur.

Nous voulons avoir notre liberté de choix.

Nous voulons tirer profit des droits imprescriptibles que nous avons d’être propriétaires de nous-mêmes en tant qu’humains.

Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l’avons jamais été sur les marchés des esclaves. Sur les marchés coloniaux. Dans le pacte colonial.

Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l’Europe.

N’est-ce pas vous qui avez dit que l’Afrique ne comptait pas pour la France ?

N’est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ?

Savez-vous que le Niger est un pays d’Afrique ?

La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez d’amour là où le monde parle d’intérêt et d’intérêt là où le monde parle d’amour.

Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir tout faire pour nous.

Tout faire avec nous.

Tout faire par nous.

Tout faire sans nous.

Et au bout du compte, tout faire contre nous.

Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien.

Nous voulons que Sarkozy nous laisse faire, nous laisse passer.

Nous voulons que la France nous laisse faire, nous laisse passer.

Nous voulons que l’Europe nous laisse faire, nous laisse passer.

Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l’Europe voudrait que nous soyons. Nous connaissons le mode d’emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté.

L’Eurafrique ? Pourquoi pas. Merci pour votre offre. Mais nous sommes déjà dans le monde sous le couvert de l’Europe qui agit par procuration de la France. Nous ne voulons pas de la mondialisation des servitudes.

Nous voulons celle des libertés.

Nous voulons simplement :
- de l’économie de marché.
- de la société ouverte.
- de la société de droit.

Ni plus, ni moins.

Sarkozy pourrait-il nous aider dans ce sens ?

A nous libérer des accords précédents ?

Ceux des indépendances ?

Pour enfin nous libérer du carcan post colonial ?

Nous ne voulons pas aller dans le monde comme hier nous sommes allés dans l’Europe par la France.

Nous ne voulons pas de votre liberté en double standard, et sous surveillance.

Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient déposés au Trésor public de chez vous.

Nous ne comprenons pas que nous soyons perçus comme des contribuables par l’Etat français, alors que vous nous ressassez que la colonisation est terminée depuis belle lurette ?

Nous ne voulons plus de vos accords de coopération qui ne règlent rien, mais qui pillent tout.

Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin.

Libres de choisir nous-mêmes qui nous accompagnera et pour quoi.

Merci de votre sollicitude.

Tu veux que je décide librement ? Soit.

Mais je ne veux pas que tu sois là.

Tu veux que je décide librement ? Mais soit.

Je ne veux pas décider avec toi. Je veux décider seul.

Tu veux que ma volonté se réalise pleinement ?

Oui, je le veux aussi. Mais je ne veux pas réaliser mon destin avec toi. Je veux le faire moi-même, sans guide, ni parrain, ni gourou.

Tu veux t’associer avec moi ? Oui, mais ne me demande pas d’être exclusivement à toi. D’être ta chose.

Je veux être libre de m’associer avec qui je veux et comme je le veux et quand je le veux.

La mondialisation telle qu’elle est faite pour moi ne me plaît pas. C’est vrai. Je veux la démocratie. Je veux le droit. Je veux la justice. Je veux la propriété libre. Je veux la liberté.

Mais je veux aussi la responsabilité.

Nous avons payé trop cher les mirages de la coopération franco-africaine depuis de longues années.

Cette coopération est étatiste.

Cette coopération est collectiviste.

Cette coopération est monopolistique.

Cette coopération est jacobine et rétrograde.

Je crois que l’échange libre est bénéfique et qu’il doit être la règle de mon jeu dans la mondialisation.

Je crois que la concurrence est un moyen et qu’elle est mon meilleur atout pour réussir à m’enrichir et à prospérer dans la mondialisation.

Les pires des prédateurs qui nous cachent de la mondialisation sont ceux qui viennent s’apitoyer sur mon sort et me considérer comme un grand naïf auquel ils proposent altruisme, protection, aide publique et humanitaire, mais jamais de commerce responsable.

Le plus grand des prédateurs pour nous est celui qui nous rassemble dans un enclos que l’on appelle le Pré-carré, ou le Champ et nous propose de jouer soit au loup et à l’agneau, soit au renard dans le poulailler.

Nous croyons que la liberté économique annonce et conditionne la liberté politique.

Nous croyons que les esclaves ne peuvent échanger que leurs chaînes. Que le marché est le propre de l’Homme. Que nous sommes des hommes et que nous voulons échanger autre chose sur des marchés libres d’accès et de sortie.

Nous croyons à l’économie de marché. Vous vous trompez à notre sujet lorsque vous affirmez le contraire.

Nous croyons au laisser faire et nous nous méfions de toutes les barrières à la concurrence.

Vous craignez l’immigration de la jeunesse africaine en France et en Europe ?

Vous avez tort.

L’immigration subie ou l’immigration choisie ?

Vous posez mal le débat.

L’immigration relève du droit individuel de circuler et est pour nous une des bases de la liberté que nous recherchons.

La France devrait se demander comment une telle liberté pour nous peut devenir un fléau social pour les Français.

Pour nous, l’étranger a droit au respect de sa vie, de sa dignité et de sa propriété.

Mais nous savons et nous admettons que l’étranger ne peut avoir tous les droits, car nous savons et admettons qu’il n’y a pas de droits sans devoirs.

L’étranger doit se soumettre aux règles sociales de la société qui l’accueille.

Vous avez le sentiment que certains étrangers ne respectent pas les règles de votre société et ont des comportements anormaux ?

Mais ce n’est pas notre faute à nous qui vivons ici dans les pays d’origines de ces immigrés. Les repousser à vos frontières, contrôler leur entrée et sortie de chez vous sont de fausses solutions coûteuses, humiliantes et inefficaces. Pour vous en sortir, laissez-nous vous donner des conseils d’amis et d’alliés.

Abandonnez votre Etat-providence, car c’est lui qui attire l’immigré que vous craignez. Les forces d’attraction de chez vous sont aussi fortes que les forces de répulsion d’ici.

De nombreux immigrés apportent à la France leur travail, leur talent, leur argent.

Nombreux aussi sont ceux qui fuient les dictateurs et les autres régimes liberticides que vous installez chez nous.

Mais les plus nombreux, ceux qui sont supposés vous faire le plus de mal, sont ceux qui arrivent chez vous, pour profiter comme de nombreux Français de souche, du parasitisme offert par votre Etatprovidence.

Je présume que vous le savez déjà.

Ceux-là vont en France pour toucher des allocations, pour se livrer à de petits et à de grands trafics, pour profiter des cadeaux qu’offre l’Etat français à ses propres parasites.

Les places sont gratuites chez vous et elles rapportent plus que chez nous, car votre Etat-providence est plus généreux que les nôtres, et plus riche aussi.

Nous croyons que par des relations de travail libre, par l’échange marchand, par le libre échange entre la France et nous, l’immigration trouvera solution. Or vous nous proposez de nous méfier du laisser-faire pour nous accrocher au protectionnisme offert par nos Etats-providence rentiers, pâles copies du vôtre.

Nous voulons que les immigrés qui arrivent chez vous vous donnent plus qu’ils ne vous prennent, mais votre Etat-providence leur propose la gratuité pour tout ce qu’ils peuvent avoir.

Nous aimons la France pour sa sécurité sociale. Elle nous épargne de faire de grands efforts d’adaptation au monde moderne, d’éduquer correctement nos enfants qui y naissent. Elle nous propose le RMI, les allocations logements, les prestations familiales. Elle nous propose des revenus à peine suffisants pour vivre de façon médiocre sans travailler chez vous. Mais tout cela, vous le savez déjà.

Parmi vos immigrés qui viennent de chez nous se trouvent les plus pauvres des immigrés, les plus mal éduqués, les plus délinquants, les plus mal aimés, les plus mal logés.

Votre Etat-providence nous offre une couverture sociale complète dans des ghettos, des foyers bruyants et violents que vous appelez “logements sociaux”.

Les enfants d’immigrés africains vont dans des écoles où l’on n’apprend presque plus rien, pas même la politesse et le savoir-vivre français que nous admirons de loin, nous qui sommes restés ici au pays.

L’école française ne leur apprend pas même la vertu du travail bien fait, pas même le respect des autres.

Nous voulons commercer avec une société française compétitive. Mais votre Etat nous propose des monopoles, des statuts figés, des services publics, des entreprises protégées.

Les Africains de qualité comprennent de plus en plus que vivre chez vous, sous la protection de l’Etatprovidence les sclérose ; ils vont ailleurs pour être plus compétitifs et faire face aux enjeux du monde actuel. Ça aussi, vous avez dû le constater.

Nous pensons que seules des relations marchandes entre la France et l’Afrique révèleront les opportunités d’embauches en qualité et en quantité chez vous comme chez nous. Mais vous semblez avoir peur du marché libre.

Nous ne pensons pas qu’il soit dans les prérogatives de l’Etat-providence de dire qui est qualifié pour entrer et s’installer en France pour bénéficier des droits sociaux. Nous croyons au partenariat direct entre les peuples, entre les jeunes, entre les entreprises. Vous aimez plutôt les rencontres au sommet.

Nous immigrons en grand nombre chez vous, parce que notre vie ici, du fait de votre protection bienveillante et providentielle, est misérable. Nous pensons que si vous nous donnez plus de liberté de choix, plus de libertés économiques, la source principale de cette immigration artificielle disparaîtra.

Pour vaincre l’immigration qui vous fait tant peur, brisez les enclos dans lesquels sont enfermés les peuples d’Afrique esclaves de votre générosité.

Un pays comme le Sénégal a perdu dans les mers plus d’hommes candidats à l’immigration que la Côte d’Ivoire avec sa guerre ces cinq dernières années.

L’immigration est aussi un fléau pour nous tant qu’elle sera organisée par votre Etat-providence.

Pour vaincre l’immigration, abandonnez les Etats-providence, abandonnez les accords de coopération rétrogrades et étatistes. Pour vaincre l’immigration, nous vous offrons la liberté économique. Au lieu de l’Eurafrique, nous voulons la Librafrique.

Dans la mondialisation, nous savons que les économies nationales sont en compétition. Nous envisagions d’aller en compétition avec ce que nous avons. Si vous le voulez bien, alors laissez-nous faire.

Nous envisagions de préciser les droits de propriété de base sur nos terres et nos entreprises d’Etat et les rendre aux entrepreneurs privés. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.

Nous rêvons d’adopter des politiques macroéconomiques qui nous évitent les humiliations du surendettement et des déficits budgétaires insupportables. Si vous voulez le faire avec nous, alors laissez-nous faire.

Nous voulons arrêter de tourner nos vues vers le passé. Nous voulons regarder l’avenir avec sérénité.

Pour cela, nous rêvons de politiques de croissance fondées sur une épargne domestique capable de nous rendre aptes à financer nos besoins d’investissements risqués. Pour cela, nous rêvons d’un système bancaire moderne qui rompe avec la tradition protectionniste de contrôle des changes et des banques centrales non indépendantes des zones CFA. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.

Nous voulons plus de flexibilité sur nos marchés du travail. Si vous nous aimez, alors laissez-nous faire.

Nous pensons que la lutte contre la corruption est primordiale mais qu’elle ne peut réussir qu’en prenant de vigoureuses mesures et en donnant des exemples qui ne mettent personne au-dessus du droit. Si vous voyez ce que nous voulons dire, alors laissez-nous faire.

Nous voulons que notre prospérité soit bâtie en amitié avec tous les peuples du monde et sans exclusivité. Si vous pensez que le monde est un village planétaire et que la mondialisation est beaucoup moins une affaire d’Etat qu’une affaire de liberté d’échanges, alors laissez- nous faire.

Si vous voulez un véritable discours de rupture, Monsieur le président de la République française, alors, en plus de définir la politique africaine de la France, il vous faudra désormais intégrer la politiquefrançaise de l’Afrique.

C’est de la rencontre de ces deux visions sous la contrainte de nos autres relations que naîtra le monde meilleur souhaité par la jeunesse africaine et pour lequel elle est prête à travailler avec toutes les jeunesses du monde. Pour cela, il faut que vous nous laissiez faire.

Les libertés et les Droits de l’Homme ne se négocient pas.

L’autodétermination des peuples est un droit.

Vous ne pouvez pas garder les démocraties pour vous et cultiver les autocraties chez nous. Arrêtez de le faire.

Le marché ne peut pas être pour l’Europe et les bureaucraties pour l’Afrique.

Arrêtez de le concevoir.

Encore une fois merci d’être venu et d’avoir parlé comme vous avez parlé.

Votre discours avorté de rupture donne une occasion de rupture effective à la jeunesse d’Afrique si discourtoisement interpellée par vous à Dakar le 26 juillet 2007. Les désirs de rupture d’avec les vues de vos prédécesseurs ne nous intéressent pas, d’autant qu’ils n’iront jamais jusqu’à la remise en cause des fondamentaux de la traditionnelle politique africaine de la France. Par contre, nous avons, avec la mondialisation, l’occasion de rompre avec le modèle de coopération que la France nous propose. Merci de nous avoir donné l’occasion de vous le dire. Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n’est pas pour vous, nous vous indiquons que c’est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d’Afrique, nous rompons.

Mamadou Koulibaly

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Regard d’étrangers sur le président Sarkozy + Sale temps pour les pauvres

Posté par issopha le 21 juillet 2008

BOUQUINS

 

Regard d’étrangers sur le président Sarkozy

 

Politique / samedi 19 juillet par Marion Mourgue

 

La France vient de prendre la présidence tournante de l’Union européenne pour six mois. Gentiment, le journaliste de LCI, Pierre-Luc Séguillon a collecté les regards de confrères étrangers en poste à Paris sur notre bel hexagone. Comment jugent-ils Nicolas Sarkozy ? Sa politique, les réformes et les paillettes…. Portrait du président français en forme de kaléidoscope.

Les Russes adorent son culot et ses Ray Ban, les Anglais considèrent que c’est un faux libéral mais plein de promesses malgré tout, les Chinois eux sont fascinés par celui qu’ils voient comme un petit Napoléon amoureux d’une top model… On le savait mais nous avons confirmation : Nicolas Sarkozy est loin de passer inaperçu au-delà de nos frontières. « Sa personnalité originale et sa politique de “rupture” ont suscité autant d’enthousiasme que de franche hostilité », rappelle d’entrée Pierre-Luc Séguillon, le journaliste de LCI qui coordonne l’ouvrage. C’est le moins que l’on puisse dire !

Pourquoi une telle fascination ? Ruolin Zheng, correspondant chinois en poste à Paris pour le quotidien Wen Hui Bao, livre une première réponse. « Le nouveau style “sarkozyste” plaît énormément aux gens d’ici : bouger sans arrêt avec un dynamisme extraordinaire (…), se disputer avec les manifestants en direct à la télé, promettre tout et le contraire (…). Les Chinois adorent le côté « humain » de Nicolas… Même la vie privée de Sarkozy est considérée en Chine comme une référence en matière de liberté et de… démocratie ! », écrit-il.

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« Sarkozy vu d’ailleurs » sous la direction de Pierre-luc Séguillon

©Ed.Michalon, mai 2008

Vu sous cet angle, on comprend que « tout savoir sur la vie de Sarko, voilà qui constitue, pour beaucoup de gens, une sorte de revanche sur leurs propres dirigeants dont ils ne savent pas grand-chose ». D’autant plus que Sarkozy a marqué un point par rapport à son prédécesseur : il a pratiqué une « minirupture » avec la politique de Jacques Chirac pour qui l’Asie, « c’était d’abord le Japon ».

La politique étrangère de Sarkozy

Vladimir Glusker qui travaille pour la télévision russe NTV, note lui aussi une réelle rupture par rapport aux années Chirac : « Jamais la presse, surtout étrangère, n’a été aussi sollicitée par l’Élysée. C’est bien simple, nous pourrions produire tous les jours des journaux télévisés entièrement consacrés à la vie professionnelle et personnelle de Nicolas Sarkozy »… Serait-ce partout pareil ?

Le journaliste russe revient aussi sur la politique étrangère du président français : « Sarkozy a compris très vite les intérêts de la realpolitik. Il a été parmi les trois premiers à avoir téléphoné à Poutine pour le féliciter après la victoire de son parti aux dernières élections législatives. » Avant d’ajouter : « Juste après le coup de fil, en décembre, la compagnie pétrolière Total signait un énorme contrat avec le géant du gaz russe Gazprom pour le développement commun et privilégié de gisements dans le nord de la Russie. »

La politique étrangère de Nicolas Sarkozy est aussi largement commentée par Francis Kpatindé, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique. Si les premiers mois de la présidence Sarkozy ont plutôt été favorablement accueillis par les États africains – avec le nomination au gouvernement de Rama Yade, Fadela Amara ou Rachida Dati, belle illustration de la diversité de la France – le discours de Dakar, le 26 juillet 2007, a cristallisé les tensions. « On en était à cette phase d’observation lorsque survint, énorme cactus, le fameux « discours de Dakar », une bourde monumentale qui, à mon avis, a installé durablement le froid entre Nicolas Sarkozy et les Africains… »

Il semblerait qu’il n’y ait pas qu’avec les Africains que le courant a du mal à passer. Les Anglais, à travers le regard de Sophie Pedder, correspondante de The Economist , s’interrogent sur le « style diplomatique unilatéral » de Sarkozy. Un style jugé « parfois abrasif ». « Sa diplomatie free-lance s’est mise à faire de lui un partenaire imprévisible autant pour la Grande-Bretagne que pour l’Allemagne. »

Sarkozy I contre Sarkozy II

En quelques mois, nos voisins anglais sont passés d’une franche admiration à un certain agacement vis-à-vis du président français. Au premier rang des griefs, la politique économique : « Sarkozy semble plus enclin à apaiser lobbies et corporatismes qu’à prendre des mesures impopulaires mais visant l’intérêt à long terme du pays. Le théoricien de la rupture risque de se transformer en adepte du clientélisme économique ». Sophie Pedder, déçue, finit par s’interroger : « Quel est le vrai Nicolas Sarkozy ? Sarkozy I, le réformateur impavide, ou Sarkozy II, celui qui ne sait pas résister aux corporatismes ? ».

Pour l’Italien, Massimo Nava, correspondant du Corriere della Sera , « Sarkozy a trébuché, il s’est affaissé comme un soufflé que l’on aurait sorti trop tôt du four ». D’autant plus qu’il « a confirmé une malédiction qui le poursuit depuis le début de sa carrière politique : il est son principal ennemi. Il est victime de ses excès et de son manque de maîtrise de soi, plus encore que de ses adversaires ».

Pour le correspondant de la radio-télévision israélienne, Gideon Kouts, le problème du président, « c’est qu’il a gardé l’élan du candidat. Il a continué sa campagne électorale tout en étant élu et intronisé ». Finalement, que nous réserve l’avenir ? Se demande le journaliste. « Sa tentative de reconquérir l’opinion ne doit pas passer pas une normalisation : Sarkozy doit rester ce qu’il est ».

Mais Pierre-Luc Séguillon est plus mesuré : « Nicolas Sarkozy ne retrouvera l’adhésion des Français que s’il parvient à quitter sa tenue de candidat reflet pour enfin revêtir le costume présidentiel ; le pourra-t-il ? Son intelligence qui est grande conduit à le penser. Sa psychologie égotique incline à en douter ».

Pierre-Luc Séguillon (Sous la direction de), « Sarkozy vu d’ailleurs » , éditions Michalon, mai 2008, 180 pages, 15 €.

MÉDIAS / CHRONIQUE MÉDIATICS

Sarko, mécano des médias

Lego / dimanche 20 juillet par Paul Litzer

  Le Président est avant tout un grand enfant. Et tout gamin a ses jouets préférés. En l’occurrence pour le petit Nicolas, ce sont les médias, avec lesquels il aimerait bien jouer aux Lego. Las, le monde ne se réduit à une vision d’enfant.

On n’est jamais déçu par Super Sarko. Vous pensiez qu’il avait décidé de supprimer la publicité sur les chaînes de télé publiques pour aider les chaînes privées comme TF1, propriété de son ami Martin Bouygues, et M6, contrôlée par le géant allemand Bertelsmann, sans oublier des acteurs audiovisuels plus modestes comme Vincent Bolloré (Direct 8) et Arnaud Lagardère (Gulli, Virgin TV, etc.) ? Et bien vous aviez raison. Notre président amoureux de la mode et des belles montres le confirme en personne dans un entretien publié dans Le Monde (17/08). « Le problème de la France, c’est que nous n’avons pas de groupes de communication français de dimension internationale ». La suppression de la publicité sur les antennes de France Télévisions (786 millions d’euros en 2007) doit donc permettre de combler cette lacune. Comment ? Super Sarko a la solution. Attention, accrochez-vous : « Regardez la solution telle qu’elle est. Le grand groupe de communication français Lagardère n’a pas de télévision et le grand groupe de télévision français Bouygues n’a pas de presse. Quant au groupe de télévision Canal Plus, il n’est présent qu’en France. Et vous êtes confrontés à Murdoch et à des géants de cette nature. N’est-ce pas de la responsabilité du président de la République que d’essayer de construire un modèle économique qui permettra à des grands groupes français d’être indépendants ? Il faut créer les conditions d’un modèle économique viable ».

« Son frère » Lagardère envers et contre tous

Et là, on est complètement perdu. Que veut réellement le mari de Carla ? En lisant et relisant cette déclaration, on ne comprend qu’une chose : que Super Sarko aimerait bien marier Lagardère, qui n’a pas de télé, à Bouygues, qui n’a pas de presse. C’est un secret de polichinelle : des habitués de l’Elysée ne se gênent pas pour dire tout le mal qu’ils pensent de Lagardère Junior. Celui-ci fait l’objet d’une fronde du Crédit Mutuel, qui l’accuse de lui avoir vendu au printemps 2006 des actions EADS au prix fort en sachant qu’il y avait des problèmes sur l’A380 (qui a fait plonger le cours de bourse quelques semaines plus tard), et aussi d’un fonds contrôlé par Axa, compagnie d’assurances fondée par Claude Bébéar, qui n’a jamais caché ses doutes sur les capacités managériales d’Arnaud Lagardère. Dans les allées du pouvoir, on pense que ce dernier devrait se concentrer sur les activités sportives, son dada, et laisser les choses sérieuses (EADS et les médias) à des professionnels. Un mariage entre TF1 et Lagardère donnerait naissance à un groupe présent dans la presse écrite, la radio, la télévision, la production télé et cinéma, la distribution de la presse (NMPP) et un peu d’Internet. Surtout, tout cela serait dirigé par un ami de Super Sarko, le bétonneur Martin Bouygues. Que du bonheur !

Et si Murdoch était français…

Le seul problème, c’est qu’on ne voit pas en quoi cela permettrait de résister à Murdoch (soit dit en passant, on ne comprend pas qu’un président se présentant comme libéral ait peur d’un magnat de la presse qui professe le libéralisme). Murdoch est présent dans la presse (le Times, le Wall Street Journal), dans la télé (Fox News aux USA, BSkyB en Angleterre et en Italie), dans le cinéma (Twentieth Century Fox) et dans Internet (MySpace). Mais il est présent partout. Lagardère a bien multiplié les éditions de ses magazines féminins mais c’est tout. Quant à Bouygues, il n’a jamais voulu investir dans les médias hors de France, se contentant de la chaîne Eurosport pour arroser les autres pays européens. Super Sarko, qui ne peut pas tout savoir malgré son immense talent, ignore que Canal Plus a une filiale en Pologne. Héritage d’un développement international hasardeux qui avait conduit la chaîne cryptée à prendre des positions en Allemagne, en Italie et dans les pays scandinaves. La France tenait là un champion d’Europe mais la gestion calamiteuse de Pierre Lescure a fini par affaiblir durablement Canal Plus, qui a cédé la plupart de ses filiales, notamment à… Murdoch (en Italie).

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France Télé

© Pakman

… Il serait peut-être président de la République

Une leçon peut être tirée de cela : À part Murdoch, qui investit à tour de bras sans trop se soucier de rentabilité pourvu que ça aide à faire progresser ses idées ultra-libérales, les grands groupes de communication sont avant tout nationaux. C’est le cas de Time Warner et de Viacom aux États-Unis, de Mediaset (propriété de Berlusconi) en Italie, de Prisa en Espagne. Les géants américains arrivent à être présents partout parce qu’ils vendent des films et des séries. La seule exception en Europe est Bertelsmann qui détient le groupe de radio et de télé RTL (M6 en France). Quant aux grands groupes de communication vraiment mondiaux, ce sont les acteurs d’Internet comme Google et Yahoo. Super Sarko pourrait aider les sociétés françaises de ce secteur à se développer ? Erreur. Il a décidé d’imposer une taxe sur les opérateurs d’Internet et de téléphone mobile pour aider les chaînes de télé privées. CQFD.

CONSO-MATEUR

Sale temps pour les pauvres

Alimentation / dimanche 20 juillet par Bertrand Rothé

 

Vendredi l’INSEE a communiqué sur la stabilité des pauvres en France. 8 millions d’individus (excusez du peu) vivent avec des revenus « inférieurs à 880 euros par mois ». « Bakchich » s’est intéressé à la consommation alimentaire de ceux qui n’ont pas grand chose pour vivre.

Notre confrère LSA (le journal professionnel de la grande distribution) édite toutes les semaines en partenariat avec Nielsen des petits tableaux souvent intelligents. Cette semaine, ils comparent les prix des produits alimentaires incontournables. Ceux qui ne sont, non pas nécessaires, mais obligatoires pour ne pas mourir de faim : les pâtes alimentaires, les œufs, les laitages…

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Augmentation des prix…

© Khalid

Les prix des produits alimentaires de base explosent

La comparaison porte sur trois types de produits :
- Les marques nationales, qui regroupent Danone, Nestlé, Barilla, Lactel et les autres.
- Les marques de distributeurs, qui agrègent tous les produits signés par des distributeurs, qui sont 20 % moins chers que les marques nationales et souvent de très
bonne qualité.
- Les premiers prix, qui peuvent être soit des marques de distributeurs positionnées « entrée de gamme », soit des produits sans marque, ou avec des marques inconnues.

Marques nationales Marques de distributeurs Premiers prix

Trois constatations s’imposent :

- Tous les prix augmentent très fortement. Pour information, ce sont les laits en poudre et les laits concentrés pour adultes qui augmentent le moins. Il y a des crises de foie en perspective si les radins s’en aperçoivent. En tube, ce produit consommé sans modération est assez difficile à digérer.
- Les prix des marques nationales augmentent moins que ceux des autres catégories de produits. Mais attention elles sont encore beaucoup plus chères que les autres. Les responsables de ces marques ont donc soit réduit leurs marges, on peut rêver, ce serait étonnant, soit essoré leurs frais marketing (publicités, et promotions…).
- La constatation la plus dramatique est que ce sont les produits les moins chers, que les professionnels appellent premiers prix, qui augmentent le plus. Comme ces produits n’intègrent pratiquement aucun frais de marketing, la hausse des matières premières se fait donc tout de suite sentir.

Les pauvres trinquent donc plus que les autres

Pour permettre aux 5 millions de personnes qui gagnent le Smic de faire face à cette hausse des prix, le gouvernement a impérialement augmenté le Smic de 0,9 %, le 1er juillet. Autant vous dire qu’il n’a pas donné de « coup de pouce » et encore moins fait preuve de générosité. Service minimum. Pour ceux qui en douterait, le MEDEF qui à chaque année organise une conférence de presse pour se plaindre, n’a rien fait cette fois ci.

Pour être exhaustif, il faut dire que le prix des vêtements « entrée de gamme » baisse, d’après Jean Marc Sylvestre. Mais voilà, on ne se nourrit pas de fringues. Il suffirait en suivant ce raisonnement de conseiller aux personnes défavorisées de consommer moins de pâtes, moins de sucre et moins de yaourts. Les smicards pourraient, si on écoute Jean-Marc Sylvestre, reporter leur consommation sur la lingerie, les pulls et autres pelures.

Les secrétaires seront un peu plus minces et mieux habillées, et leurs patrons doublement heureux.

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Mascarade pour un massacre ? Télévisions publiques en péril, pluralisme en danger

Posté par issopha le 6 juillet 2008

*

Mascarade pour un massacre ?

Télévisions publiques en péril, pluralisme en danger

Grégory Rzepski et Henri Maler

   

Evoquant la suppression de la publicité sur les télévisions publiques, Nicolas Sarkozy l’avait implicitement proclamé le 8 janvier 2008 : « Avec moi, on décide d’abord, on réfléchit ensuite. » Pour asséner son refus de toute augmentation de la redevance, il vient de compléter cette règle de gouvernement (pas totalement inédite…) par une nouvelle maxime : « Avec moi, on réfléchit, mais ça ne sert à rien : j’ai déjà décidé ». A quelques jours de la grève appelée pour le 18 juin à France Télévisions, où en est-on ?

« Moi quand on me confie une mission, je ne recule jamais, je ne renonce jamais. » La forfanterie de Jean-François Copé [1] pourrait prêter à sourire… si, au sujet de l’audiovisuel, il ne disait la vérité. Depuis des mois, la « droite décomplexée » crache dans la soupe de la télévision publique… pour réserver au privé un festin de roi.

I. Télévisions publiques : mascarade pour un massacre ?

La Commission pour la Nouvelle Télévision publique dite « Commission Copé » est une mascarade [2] ; mais, au sein de cette entreprise de démolition, une mascarade qui a son utilité propre. Installée en février 2008 par Nicolas Sarkozy sous couvert de « refonder l’identité du service public audiovisuel, et réfléchir à son incarnation dans une offre de programmes renouvelés et adaptés [3] », elle amuse la galerie et verrouille les débats pendant que les décisions sont prises ailleurs, voire mises en œuvre.

Des estimations sur mesure

Les propositions, rendues publiques le 22 mai par le député-maire de Meaux pour le groupe qu’il préside, consistent à supprimer la publicité en deux temps. Du 1er septembre 2009 au 31 décembre 2011, la publicité ne serait supprimée qu’à partir de 20h. Elle le serait complètement à compter du 1er janvier 2012. La Commission estime le montant de la compensation à 450 millions d’euros par an durant la période transitoire et à 650 millions d’euros ensuite.

Ce chiffrage est indécent. Comme nous le relevions ici même, si l’on prend en compte les chiffres 2006, les seuls consolidés, « le groupe France Télévisions, déjà sous-financé par rapport à ses homologues européens, perdrait 833 millions d’euros de publicité et de parrainage, soit 30% de son budget de 2,85 milliards dont 1,87 milliard provenant de la redevance [4]. » Pour tenter de justifier le chiffre de 650 millions d’euros, l’estimation proposée décrète arbitrairement que les exceptions à la suppression comme le parrainage, la conservation des écrans publicitaires sur RFO ou, encore, le maintien de la publicité sur les antennes locales de France 3 et sur les sites Internet rapporteraient 150 millions d’euros au total. Or, rien n’est moins sûr

Ce qui est certain en revanche c’est que le chiffre retenu est conforme à celui des lobbyistes de l’audiovisuel privé [5].

Plus lamentable encore : le chiffrage s’en tient à la logique strictement comptable de la simple compensation et ne tient pas compte des 400 millions d’euros nécessaires au financement de la production de programmes supplémentaires destinés à remplacer les spots publicitaires à des heures de grande écoute (quelques 1000 heures par an) [6].

Et pour parachever le chef d’œuvre, les moyens à dégager pour financer la « nouvelle ambition » du service public ne sont pas chiffrés.

Bref, les estimations sont taillées sur mesure pour que le déshabillage du secteur public… permette d’habiller le secteur privé. Pour y parvenir, les « pistes » envisagées, notamment celles que l’on peut lire sur le site de la Commission – amoureusement intitulé « Ma télé publique »… – sont encore plus dérisoires et scandaleuses.

Des « scénarios » de « compensation »… pour films de série B ; des « scénarios » d’ « ambition » … pour films de science-fiction.

Compensations de série B : broutilles et Cie

Pour « compenser » les pertes sous évaluées de France Télévisions, le sieur Copé, ci-devant maire de Meaux, a avancé trois scénarios « ni exclusifs, ni définitifs » (qui ne seraient plus que deux, selon Libération du 5 juin,…).

1) Le premier scénario prévoit d’instaurer une taxe sur l’électronique grand public. Le lobby de ce secteur s’y oppose vigoureusement et il n’a ni les faveurs de Copé, ni celles de l’exécutif. Qu’on n’imagine pas qu’il y ait la moindre relation entre l’opposition du premier et l’opposition des seconds !

2) Le second scénario prévoit la mise en place d’une taxe sur les opérateurs de télécommunications et les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) complétée par la taxation des recettes supplémentaires bénéficiant à l’audiovisuel privé [7] :

- Une « charge » qui ne devrait pas trop grever les comptes de TF1 ou de M6 puisqu’elles sont en passe d’obtenir une seconde coupure publicitaire dans les films et les fictions et le passage de l’heure glissante à l’heure d’horloge pour le calcul du volume maximal de réclame. Entre 300 et 550 millions d’euros [8] qui tombent dans l’escarcelle du privé quand il n’aurait à débourser que 80 millions d’euros [9] pour subvenir aux besoins du public.

- Une « charge » qui ne sera confirmée que si ce scénario est mis en œuvre contre les réticences de la Commission européenne qui les a d’ores et déjà, fait connaître. Viviane Reding, commissaire européenne à la société de l’information, aurait expliqué le 3 avril qu’une taxe sur les FAI et les opérateurs de télécoms serait « à contre-logique » [10].

3) La préférence de la Commission Copé (mais pas de Copé lui-même) irait à la troisième et dernière solution : une augmentation de la redevance et un élargissement de son assiette. Sarkozy soi-même [11] et son ministre du budget quelques jours plus tôt [12] l’ont pourtant écartée a priori, même si une indexation sur l’inflation pourrait finalement être acceptée par le Président ( selon Le Monde du 6 juin, notamment).

Ambition de science-fiction : bidouillages et économies

En résumé, Albanel puis Copé annoncent un cadeau de plusieurs centaines de millions d’euros à TF1 et à M6 quand les moyens nécessaires pour éviter le sous-financement du sous-financement ne sont toujours pas connus.

Les pistes envisagées pour dégager les ressources de la « nouvelle ambition » du service public sont encore plus fantaisistes et cyniques. Elles font pourtant l’objet d’une séquence au sein de chaque scénario, dont le « montage » ne manque pas d’être ingénieux. La preuve ? Si un « scénario » prévoit de compenser par une mesure (par exemple par la taxation des FAI, des opérateurs de télécoms et de télévisions privées), le même « scénario » prévoit de développer par une mesure de compensation envisagée dans un autre « scénario » (par exemple par le hausse de la redevance »). Vous avez compris la recette de cette tambouille à l’eau claire ?

Elle est complétée par

- les moyens provenant de la fin de la diffusion analogique (100 à 150 millions d’euros) ;

- les marges dégagées par la diversification, des économies et des gains de productivité.

Le veto présidentiel au sujet de la redevance combiné aux incertitudes au sujet des différentes taxes renvoient ainsi à l’autofinancement le poids d’un développement qui n’est même pas chiffré, pas plus d’ailleurs que les marges à réaliser pour le financer…

Bref, même pas de quoi compléter la compensation, mais, en revanche, de quoi réaliser des économies sur le dos des salariés de France Télévision, grâce à un généreux plan de rationalisation. Autrement dit, après le plan de sous-financement, le plan de sous-développement.

Exécutions avant la sentence

Alors, comme le dit Copé, « voyons les choses en évitant d’hyperdramatiser, essayons d’être moderne, regardons ensemble ce qu’on peut faire et en essayant d’éviter l’aspect juste idéologique [13]. » Pendant que les professionnels, les experts et les parlementaires de la Commission se conforment consciencieusement aux injonctions de leur président, les décisions sont prises ailleurs (à l’Élysée) et la réforme est déjà en application.

Le groupe France Télévision est, en effet, déstabilisé depuis l’annonce présidentielle du 8 janvier 2008. Les rentrées publicitaires s’amenuisent et la compensation « à l’euros près » (sous forme de capital) annoncée par Sarkozy se fait toujours attendre ; « dégradation du chiffre d’affaires publicitaire, mais aussi comme le souligne la CGT [14], désorganisation du groupe France télévisions, gel des investissements d’avenir, coup de frein sur les grilles nationales et régionales, plan social “silencieux” sur le dos des précaires, etc. ».

La restructuration de France Télévision est lancée. Avant même que la commission Copé ne rende son verdict et que la loi ne l’entérine, plusieurs dignitaires sont montés au créneau pour exiger de la télévision publique qu’elles consentent à des économies de structure afin, comme l’envisage la commission Copé, d’autofinancer son développement. En avril 2008, les ministres de l’économie, du budget et de la culture ont ainsi cosignés une lettre à Patrick de Carolis lui demandant « de réduire le déficit d’exploitation prévisionnel pour 2008 » (Les Échos, 18 avril 2008).

Drapé dans sa science de la « bonne gestion » (que les salariés du Monde peuvent vérifier, plan après plan), l’éditorialiste anonyme du « quotidien de référence », en … management, s’est employé à conforter ce discours, déplorant (le 29 mai 2008), certes que la méthode du gouvernement soit inadaptée, mais aussi que la télévision publique ne soit « pas un modèle de bonne organisation, tant ses structures sont empilées et stratifiées. » Et de poursuivre : « Pas davantage un modèle de bonne gestion, avec ses 11 000 salariés et son dédale de statuts et de “placards”. Beaucoup [sic] s’accordent sur la nécessité d’une profonde modernisation ».

Les ministres (et l’ éditorialiste du Monde  ?) se comportent , une fois encore, comme des porte-voix des dirigeants de l’audiovisuel privé puisque ceux-ci, dans une lettre à Jean-François Copé citée par Les Échos, arguent notamment, de « la mauvaise gestion structurelle » de France Télévisions pour refuser la mise en place de mesures compensatoires les défavorisant [15].

Sauve qui peut ?

Dans ce contexte, est-ce par ce qu’elle anticipe le maintien de la publicité avant 20 heures ou parce qu’elle veut sauver la part du gâteau publicitaire qui lui reste que la direction de France 2 recrute, en appliquant les « recettes » qui lui ont permis jusqu’alors…d’imiter TF1 [16] ? Sont ainsi prévues pour l’été et la rentrée les arrivées de Patrick Sabatier et de Julien Courbet. La rumeur annonce aussi le remplacement sur France 5 de Paul Amar par Jean-Marc Morandini.

Même les plus naïfs finissent pas se résoudre à l’admettre : la prétendue refondation de l’audiovisuel public a pour effet (si ce n’est son but) l’affaiblissement de France Télévision au bénéfice du secteur privé

II. Télévisions privées : les coulisses de l’exploit

En effet, pendant que la commission Copé – ou du moins ce qui en reste après la démission des sénateurs communistes et de représentants du Parti socialiste – tente désespérément d’occuper encore le devant de la scène, les projets prévus de longue date viennent à maturité.

Dès octobre 2007, Christine Alabanel avait dévoilé les grandes lignes de ses projets pour l’audiovisuel que nous avions analysée ici même . Depuis que Nicolas Sarkozy a annoncé la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public le 8 janvier 2008, les dispositions déjà prévues se sont précisées, confirmant que cette suppression, piège redoutable pour le secteur public, n’est qu’une pièce – même si ce n’est pas la moindre – dans un puzzle qui se met rapidement en place [17].

Conjurer la fatalité ?

Un diagnostic alarmiste mobilise les docteurs Diafoirus du gouvernement : « La situation a radicalement changé, explique ainsi Christine Albanel dans une interview aux Échos le 3 juin 2008, et les chaînes privées sont fragilisées par l’érosion de leurs audiences consécutive à l’arrivée de nouveaux médias et au mauvais état du marché publicitaire. Les groupes audiovisuels français n’ont pas la taille critique au niveau international. Et si on les compare aux opérateurs téléphoniques, ce sont des nains. La valorisation boursière de Free dépasse aujourd’hui celle de TF1, et Orange dépense autant dans ses programmes que M6 dans sa grille. »

Ainsi, un double discours de la fatalité technologique (sur la fragmentation des audiences) [18] et économique (sur la concurrence des géants internationaux du Net ou des télécoms) légitime ainsi des mesures d’urgence dont le secteur public fait les frais [19]. Parce que la libéralisation du secteur des télécoms a créé un monstre comme Orange, il faudrait déréguler un peu plus encore l’audiovisuel pour « sauver » TF1 et M6… Tout pour les chaînes privées et, plus généralement,pour les groupes privés multimédias.

De la publicité… pour les chaînes privées

Parmi les chantiers de « modernisation de l’audiovisuel » annoncés par Christine Albanel figurait déjà la révision des règles relatives à la publicité avec la transposition de la nouvelle directive européenne et l’autorisation d’une deuxième coupure publicitaire dans les fictions et les films diffusés sur les chaînes privées qui la réclamaient depuis longtemps [20].

Le 29 mai 2008 Jean-François Copé, et Christine Albanel ont réaffirmé leur intention d’inscrire le débat sur la seconde coupure publicitaire dans le projet de loi audiovisuel de l’automne ». Le Figaro, du 30 mai, sous le titre « Vers une seconde coupure dans les films à la télé » publie cette information et précise : « C’est ce même texte qui entérinera la suppression progressive de la publicité sur les écrans de France Télévisions. » La logique est simple. Il faut faire en sorte que la publicité quitte les écrans de France Télévisions

Et Le Figaro de compatir et de pleurnicher : « Bien entendu, la deuxième coupure vient soulager les chaînes privées qui affrontent un contexte difficile. La chute du marché publicitaire début 2008 pèse sur les comptes de TF1 et M6. Paradoxalement, l’annonce de la fin de la publicité dans le secteur public ne leur a pas bénéficié. Car les annonceurs attendent de connaître le nouveau dispositif législatif avant d’investir. Ils veulent savoir comment va s’organiser la fin de la publicité sur France Télévisions qui représente une part de marché publicitaire de près de 20 % en télé et comment les chaînes privées vont pouvoir absorber cette manne. La crainte des annonceurs est que si de nouveaux espaces ne sont pas créés, on pourrait assister à une inflation des tarifs des spots. »

Comment les chaînes des groupes Bouygues et Bertelsmann ne seraient-elless pas satisfaites par des dispositions… entièrement destinées à les satisfaire ? Par cette « Action publique pour l’audiovisuel privé », comme nous l’écrivions ici même ?

Des seuils de concentrations revus… pour les groupes privés.

Et comme si le festin n’était pas assez complet, le meilleurs est pour la fin : la révision à la baisse les dispositions encadrant la concentration que Christine Albanel a annoncée ainsi : « si on garde la loi actuelle, les groupes audiovisuels seront obligés de vendre 51% du capital qu’ils détiennent dans les chaînes de la TNT dès qu’elles atteindront 2,5% de part d’audience nationale. Compte tenu du succès de la TNT, ce sera bientôt le cas de TMC et W9 par exemple. Et ce n’est pas ce que nous voulons pour le développement de grands groupes de médias français. D’ailleurs nous réfléchissons aussi à repenser la règle interdisant à un même groupe de détenir à la fois un journal national, une télévision et une radio.  »

***

Comme nous l’avions d’ailleurs montré dans un article au sujet de la crise actuelle au groupe Le Monde, cette politique de démantèlement-redéploiement légitimée par un discours de la fatalité est à l’œuvre dans l’ensemble du secteur des médias. Dans de nombreuses entreprises, en presse écrite, en radio (à Europe 1, par exemple) comme à la télévision, les conflits se multiplient, pour faire face, entreprise par entreprise, à des urgences défensives

Comment ne pas déplorer qu’à une offensive globale ne réponde pas une riposte d’ensemble ? Et qu’à une politique d’ensemble ne réponde pas une autre politique ?

Le réveil des syndicats, associations et forces politique qui, en dehors des médias, sommeillent… pendant que les salariés des médias et leurs syndicats, ainsi que les médias du tiers secteur, tentent de sauver ce qui peut l’être risque d’être douloureux. C’est maintenant qu’il faut tirer les conséquences de cette simple évidence : « Puisque l’information et le service public sont notre affaire, c’est l’affaire de tous, individuellement et collectivement, de se mobiliser pour défendre le pluralisme contre les attaques frontales qu’il subit et pour exiger son expansion. » (Déclaration finale de la deuxième session des Etats généraux pour le pluralisme, 17 mai 2008.)

Henri Maler et Grégory Rzepski.

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[1] Sur France Inter ,le 2 juin.

[2] La représentativité de cette commission est, en particulier, sujette à caution. En plus des parlementaires, siègent au collège professionnel : des hauts fonctionnaires (comme Laurence Franceschini, Directrice du développement des média au Ministère de la Culture et de la Communication), des « experts » proches du pouvoir (comme Catherine Clément, Pierre Giacometti ou Marcel Ruffo) et surtout des producteurs (sept sur seize). Les salariés ? Les spectateurs ? Les chercheurs ? Oubliés. Ou recalés. Quand il s’agit de « refonder » le service public, mieux vaut éviter la dispersion.

[3] Discours lors de l’installation de la Commission pour la Nouvelle Télévision Publique, le 19 février 2008.

[4] « La télévision publique mutilée », 28 janvier 2008.

[5] Conforme, par exemple, aux estimations du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias (CPAA), groupe de pression animé par le député UMP Frédéric Lefebvre et dont TF1 ou M6 sont adhérents. Voir « Publicité à la télé : le lobbying s’active », Le Monde, 23 février 2008.

[6] « La télévision publique mutilée », op.cit.

[7] Et par une part de la redevance sur les fréquences radioélectriques. La taxe sur les recettes supplémentaires de l’audiovisuel privé financerait l’INA. La redevance allouée à l’Institut serait reversée à France Télévisions comme celle allouée à RFI dont les finances dépendraient du budget de l’État.

[8] Lire « Retour sur investissement pour le groupe Bouygues » sur le blog de Marie Bénilde.

[9] D’après Libération du 2 juin 2008.

[10] Citée par le site ZDnet.fr.

[11] Lors de son interview sur RTL le 27 mai 2008.

[12] Voir le site du Nouvel Observateur.

[13] Le 2 juin, sur France Inter.

[14] Dans un communiqué, le 21 mai 2008.

[15] Faut-il y voir plus qu’une anecdote ? Dans ce contexte délicat, on apprenait le 2 juin (dans Les Échos) que certaines sociétés de France Télévisions dont France 2 et France 3 vont faire l’objet d’un contrôle fiscal.

[16] Depuis des années, « avec en moyenne 36% de leurs revenus issus de la publicité, comme l’explique Marie Bénilde, France 2 et France 3 ont imité la Une, recrutant les mêmes animateurs, usinant les mêmes présentateurs, diffusant des programmes clones à la seule fin de soutenir la compétition sur le marché publicitaire » (Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux. Médias et publicité, Raisons d’agir, 2007, p.86).

[17] lire « Double jeu : prétendre refonder le service public audiovisuel et renforcer les groupes privés ».

[18] La fatalité technologique est aussi au cœur du discours de la « méthode » adoptée par la Commission. Subordonner la question du financement à la définition d’un nouveau modèle de développement – la constitution d’un « média global » – et à la réinvention d’un « modèle culturel et de création » (selon les termes du rapport de méthode rendu le 16 avril 2008), revient à occulter la réalité du sous-financement de l’audiovisuel public français et à déplacer le débat dans les limbes de la spéculation technologique. Les rebouteux de la Commission Copé invoquent la manne de la « révolution numérique » pour esquiver le problème de l’indigence des ressources.

[19] Sur ces discours de la fatalité, leur entremêlement et leurs usages, lire ici même « Encore la fatalité de la technologie et de la financiarisation : “L’économie de l’immatériel” au rapport ».

[20] Voir, dans « L’actualité des médias n° 62 (octobre-décembre 2007) « Télévision sans frontières, publicité sans limites » et « Loi audiovisuelle (et publicitaire).

Traité de Lisbonne : ces Irlandais d’où vient tout le mal

Mathias Reymond et Denis Perais

   

Le Traité européen, dit « de Lisbonne », soulevait et soulève plusieurs questions : Quel est son contenu ? Faut-il ou non l’approuver ? Par quelle voie doit-il être approuvé ou rejeté ? Pendant plusieurs mois, ces questions ont été éludées par la plupart des médias français qui se sont bornés à entériner, d’un même mouvement quasi unanime, et le Traité et la procédure prévue pour obtenir sa ratification, comme nous l’avons observé ici même [1]. Tout allait bien… quand vint le « non » irlandais du 12 juin 2008.


 

On entendit quelques voix indiquer timidement que c’était peut-être le contenu de la Constitution européenne et la méthode suivie pour tenter de le faire avaliser qui étaient en cause. Quelques voix étouffées par un flot de commentaires qui rappellent, malgré eux, que ce que l’on nomme pudiquement le « déficit » de construction démocratique de l’Europe fait corps avec le déficit du pluralisme dans les médias dominants.

Inquiétudes (des médias)

Très démocratiquement méfiants à l’égard des consultations populaires, les journalistes préposés aux commentaires n’avaient, avant le scrutin, qu’une seule inquiétude : le sort que le peuple irlandais, consulté par référendum, allait réserver à ce Traité de Lisbonne. Un Traité que les mêmes journalistes avaient défendu (généralement sans préciser qu’il reconduisait, dans ses grandes lignes, le projet antérieur) et dont ils avaient apprécié la procédure dite « de ratification » (sans s’interroger outre mesure sur son caractère démocratique).

Cette anxiété focalisée sur une unique question n’a cessé de croître à l’approche du scrutin irlandais. Dès le 28 janvier 2008, Le Figaro s’inquiète de « l’indécision irlandaise [qui] met en danger le minitraité. » Le 14 février, Challenges retient son souffle : « Le traité de Lisbonne reste suspendu au choix irlandais . Si l’issue du référendum [...] semblait acquise il y a peu, un grand nombre d’indécis réveille le spectre du rejet du traité de Nice en 2001. » Et à partir du 23 avril, tout s’emballe et Le Monde commence à avoir des sueurs froides : « Les Irlandais, seuls à voter par référendum, menacent de rejeter le traité de Lisbonne. » Le 15 mai, c’est au tour du Nouvel Observateur de titrer : « Le référendum de tous les dangers. » Le 10 juin, La Tribune a une brusque poussée de fièvre : « L’issue du référendum irlandais tétanise l’Europe. » Le 12 juin, jour du vote en Irlande, Libération anticipe le pire en « Une » avec « La peur du non », et Les Echos sont troublés, et préviennent que « en cas de « non », une nouvelle crise politique menace l’Europe. »

Ingratitude (des Irlandais)

Une fois le résultat connu (victoire du « non » avec 53,4%), c’est donc une nouvelle catastrophe qui s’abat sur les crânes des gardiens du temple de l’Europe libérale.

Sur TF1, Claire Chazal a la mine des mauvais jours le 13 juin à 20 heures : « L’Union traverse une nouvelle crise . » Le 16 juin, même heure, même endroit, Patrick Poivre d’Arvor fredonne un refrain identique : « A Prague, Nicolas Sarkozy veut éviter une crise européenne. [...] Un déplacement qui s’effectue dans un climat assombri par le « non » irlandais au traité de Lisbonne. » Sur les radios, la tonalité est tout aussi catastrophée. Le 13 juin à 14 heures 52 sur France Info, Agnès Soubiran s’inquiète d’ « une nouvelle crise institutionnelle » en cas de confirmation du « non ». Franz-Olivier Giesbert n’est pas en reste sur RTL le 14 juin : « Avec le « non » irlandais à ce traité, l’Europe a fait une nouvelle chute et elle n’est pas prête de s’en relever. »

Franz-Olivier Giesbert, toujours dans sa chronique sur RTL, entonne ce qui sera le leitmotiv des médias français : les Irlandais sont des ingrats. « Avant qu’elle entre dans la Communauté européenne, c’était un des pays les plus pauvres du vieux continent, s’énerve-t-il. Aujourd’hui, elle figure au troisième rang des pays européens en matière de pouvoir d’achat. Mieux, [...] la richesse nationale par habitant, a augmenté de 264 % en quinze ans [...]. Et en plus, ils votent « non », cherchez l’erreur. Les Irlandais oublient tout, excepté d’être ingrats . » (14 juin) Ils auraient donc dû être plus mercantiles…

David Pujadas au 20 heures de France 2 avait toutefois prévenu : « Il faut savoir que grâce à l’ouverture européenne et les subventions de Bruxelles, l’Irlande est pourtant devenue le pays le plus riche de l’Union, après le Luxembourg. Mais, du coup, une certaine méfiance a remplacé la reconnaissance. » (10 juin) Pas avides d’euros, les Irlandais ? Et ce n’est pas normal ! Même incompréhension chez Maryse Burgot à 13 heures sur France 2, le 12 juin : « C’est vrai que c’est assez paradoxal cette Irlande qui doit tant à l’Europe, hésiter à ce point. Les subventions européennes ont vraiment permis à l’Irlande qui était autrefois plutôt très rurale et très pauvre de devenir cette puissance économique que l’on connaît. »

Pour Pascal Quinio, dans La Croix, « le paradoxe, c’est que l’Europe lui a très largement profité sur le plan économique, lui permettant d’atteindre un développement et un dynamisme à faire pâlir de jalousie nombre de ses voisins. » (11 juin) Yves Calvi utilise la forme interrogative pour masquer ses réprimandes aux Irlandais le 13 juin dans « C dans l’air » sur France 5  : « Est-ce qu’ils sont ingrats les Irlandais ? C’est quand même un peu la philosophie de ce qui ressort de ce reportage. » Reportage qui indiquait que l’Irlande avait grassement profité des subventions européennes pour se développer. La ritournelle est identique dans Le Point où Claude Imbert se fait poète : « La verte Irlande n’a dû qu’à l’Europe d’échapper à la séculaire infortune de ses tourbes et de ses embruns. Exemplaire, en tout cas, cette ingratitude des peuples ! » (19 juin) Jamais en panne d’une surenchère, Philippe Val dans Charlie Hebdo (18 juin) : « L’Europe leur a fait des routes, des hôpitaux, des écoles, et maintenant qu’ils ont des quatre-quatre et des écrans plats ils se cassent avec la caisse en faisant un doigt d’honneur. » Le directeur de l’ex-hebdomadaire impertinent semble ignorer que tous les Irlandais ne sont pas riches, et que les électeurs du « non » ne se saoulent pas au champagne en sa compagnie et celle de Bernard-Henri Lévy dans les salons du Festival de Cannes.

Cette « ingratitude » des Irlandais n’a d’égal en réalité que le mépris affiché par nos prescripteurs d’opinion pour la démocratie et pour le peuple. C’est d’abord Jean Daniel dans le Nouvel Observateur qui fustige ce pays, « celui qui a su le mieux profiter des avantages procurés par l’Europe. […] Un pays de 4 à 5 millions d’habitants comme l’Irlande ne peut pas tenir en otages des nations réunissant 490 millions de citoyens. » (19 juin) Dans les colonnes du même catalogue, Jacques Julliard acquiesce : « L’Irlande vient de dire non à un projet européen, sans craindre de paraître mordre la main qui l’a nourrie . » Et Claude Askolovitch, de concert avec ses supérieurs, consent : « Voici l’Irlande, ce pays sauvé : 4,3 millions d’habitants, qui bloquent tout un continent. Et il faudrait remercier ! » Mais le journaliste reconnaît néanmoins au détour d’une phrase – et il sera l’un des seuls à notre connaissance – que « le résultat était prévisible. [...] La prospérité a exacerbé les inégalités. » Quant à Jean-Pierre Elkabbach, recevant Sylvie Goulard, présidente du Mouvement européen, lors d’un long clip à deux voix sur Europe 1 (17 juin), il (s’)interroge… en affirmant : « Un seul pays qui bloque les autres, c’est pas démocratique. » Est-il seulement venu à l’idée d’Elkabbach qu’il n’est peut-être pas très démocratique de réserver aux seuls parlementaires le pouvoir de décider pour tous les peuples et aux seuls journalistes partisans du Traité le soin de commenter son contenu et son avenir ?

Les fulminants de 2005 le sont encore en 2008 [2]. Au premier rang d’entre eux, Alain Duhamel (dans Libération) : « Comme toujours dans les campagnes référendaires, c’est le triomphe des fantasmes les plus absurdes, des rumeurs les plus saugrenues, des mensonges les plus éhontés qu’Internet transporte, décuple, centuple et théâtralise à l’infini. On plonge de nouveau dans la démocratie d’opinion avec ses démagogues , ses populistes , ses affabulateurs et ses mythomanes . » Et de poursuivre, à grand renfort de stéréotypes : Une technique irrésistible dans une culture traversée de superstitions . [...] Le destin du traité de Lisbonne dépend de la mélancolie de quatre millions d’Irlandais aussi imprévisibles que sympathiques, aussi irrationnels que changeants, aussi téméraires que soupçonneux . » (12 juin). Cette rhétorique semble séduire ses collègues de RTL puisque Franz-Olivier Giesbert lâche en direct le 14 juin : « Là, on n’est plus dans les raisonnements logiques mais dans l’ irrationnel absolu, l’obscurantisme populiste , la preuve est faite par l’Irlande. » Et Jean-Michel Aphatie sur son blog de RTL est à l’unisson. Péremptoire, il assène : « En outre, le « non » ne possède aucun contenu . Des ultra libéraux l’ont prôné, au nom de la liberté sacrée qui doit être reconnue à chacun, et puis aussi l’extrême gauche irlandaise, au nom de la lutte contre le libéralisme. Plus idiot que cela , ça n’existe pas. » (19 juin)

Sur France Culture enfin, lors d’une matinale (16 juin) exemplaire en termes de pluralisme (en plus de l’invité Robert Badinter – partisan du Traité de Lisbonne -, les chroniques de Corinne Lepage, Alain-Gérard Slama, Alexandre Adler et Olivier Duhamel vont toutes dans le même sens : celui de l’Europe du marché), les auditeurs ont droit à un échange de haute volée en fin d’émission. Alors que Olivier Duhamel essaye de nuancer les propos de ses compères matinaux : « dans la réalité des choses ce ne sont pas les mêmes [partisans du non] : le non ultra nationaliste anti-européen, c’est pas la même chose que le non altermondialiste de gauche de bonne foi et qui se trompe (sic). » Riposte d’Alexandre Adler : « Mais si, c’est le même, bien sûr ! » Tout est dit.

Incompréhension (des peuples)

« L’Irlande torpille l’Europe ». Le titre donné par Yves Calvi à son émission « C dans l’air » le 13 juin sur France 5 résume assez bien le sentiment général des médias : les Irlandais ont ruiné l’Europe. Mais pourquoi ? Alain Duhamel tente une explication, quelques jours avant le referendum : « La tentation des électeurs, des citoyens, c’est évidement de répondre non pas à la question qui leur est posée , mais aux questions que eux, se posent. Or, il se trouve qu’en ce moment, les Irlandais sont de très mauvaise humeur et qu’un Irlandais de très mauvaise humeur, c’est quelque chose de terrible . » (RTL, 9 juin) Mauvaise humeur ? Christophe Barbier n’est pas d’accord. Pour lui, explique-t-il dans « C dans l’air », c’est une question de maturité : «  La constitution, c’était trop compliqué, trop obscur, trop ambigu, trop ambitieux peut-être, pour l’état de maturité des peuples. Le mini-traité [...], ça demeure encore problématique. »

Mais la maturité vient avec la pédagogie. Franz-Olivier Giesbert, le 14 juin sur RTL, traduit cette impression généralisée : « Il faudra [à Nicolas Sarkozy, à propos de la présidence française] qu’il fasse de la pédagogie , qu’il donne du sens. » Didier Pourquery approuve dans Libération  : « Cette Union [...] a besoin de démocratie, de pédagogie . Elle va certes devoir faire avancer les dossiers qu’elle souhaitait privilégier (immigration, climat, défense, Méditerranée) mais en y ajoutant une forte dose d’explication.  » (14 juin) Pascal Verdeau, dans le 19/20 de France 3 le 12 juin, résume en une phrase ce qui sépare la raison d’un « oui » pédagogue, de la déraison d’un « non » craintif : « Le camp du « oui » a été acculé à faire de l’information  ; alors que le camp du « non » faisait de la communication sur fond de craintes disparates [...]. Tout cela Audrey [Pulvar, présentatrice du journal] a un petit goût, un petit goût de remake du référendum français de 2005. » Le comportement des médias aussi…

Une fois la mission d’explication remplie, on pourra, comme toujours, faire revoter les Irlandais. C’est en substance ce que souhaite une partie de nos prescripteurs d’opinions. Ainsi Géraldine Mulhmann dans « On refait le monde » sur RTL, le 13 juin 2008 : « Dans la mesure où il y a beaucoup de passions qui nourrissent le vote noniste et parfois ces passions évoluent, il y a des gens qui disent qu’il faut faire revoter les Irlandais. J’ai pas donné mon avis ! Je dis que c’est un des scénarios possibles. Il se trouve en plus qu’en 2001, les Irlandais avaient déjà rejeté le Traité de Nice et en 2002, ils ont revoté et ils l’ont adopté. Hélas pour les gens qui sont contre ces méthodes, ce genre de précédent laisse penser que parfois on peut faire revoter quand même . »

Le directeur de Libération, Laurent Joffrin, semble rompre le consensus des donneurs de leçons anti-irlandaises : « Je trouve absolument incroyable cette manière dont les dirigeants européens [et non les médias…] réagissent à ce scrutin. [...] Si les gens votent « non », on peut dire que ce sont des idiots, ce sont des Irlandais etc. [...] Il y a quand même une responsabilité de ceux qui ont proposé ce traité. [...] Quel geste on a fait avant le scrutin pour faciliter les choses ? Zéro, rien du tout. On a laissé les Irlandais se débrouiller entre eux [...]. » Or non seulement il exonère ses confrères et compères en pédagogie du mépris, de toute responsabilité, mais il leur concède un adjectif (à lire au second degré ?) qui tempère sa critique  : « Il se trouve qu’en démocratie, le peuple est souverain, c’est très désagréable , mais le peuple est souverain. » (France Info, 16 juin)

Très désagréable, en effet… pour France Culture. Ce « non », « c’est 53,4% : ça ne veut pas dire grand-chose, ça représente 860 000 électeurs », conclut ainsi le journaliste Ludovic Pietenu, dont le journal de 18 heures fut aussi un grand instant de pluralisme. Ce vendredi 13 juin le journal est consacré au résultat du référendum irlandais. Les partisans du « non » ont pu s’exprimer pendant près de 3 minutes et les partisans du oui durant 10 minutes. [3] Pour les premiers, seuls se sont exprimés Declan Ganley, patron du groupe irlandais de réflexion Libertas, et Nicolas Dupont Aignan, ancien député UMP de l’Essonne. Pour les seconds, la liste est un peu plus longue : Ludovic Pat Cox, ancien président du Parlement Européen, Daniel Cohn-Bendit, député européen, affirmant au passage qu’ « un référendum national est un piège », Jean-Marie Cavada, député européen, expliquant que « les Irlandais ne sont pas mûrs », un journaliste relayant le point de vue de Nicolas Sarkozy et Sylvie Goulard, présidente du Mouvement européen, qualifiant le référendum de « défoulement national » et nous livrant cet étrange paradoxe : lors d’un référendum « ce qui manque c’est la démocratie »

Pour Bernard Henri-Lévy, toujours à contre-courant, la pédagogie n’est pas le problème. Dans Le Point du 19 juin : « L’Europe n’a pas besoin, comme on nous le serine depuis dimanche, d’explications, de pédagogie, de projets concrets, etc., mais de souffle. […] Mais on notera, d’ores et déjà, qu’on paie là le prix d’une erreur très simple et que nous sommes quelques-uns, serine-t-il, avec Philippe Val et d’autres, à dénoncer depuis des années sans relâche, mais dans le désert. Personne ne parle plus d’Europe. » Personne, excepté BHL et Philippe Val ? Ce n’est pas très aimable pour les autres partisans du Traité. Et c’est surtout témoigner d’une formidable ignorance volontaire pour ce qu’en disent les syndicats, ATTAC et la gauche extra-parlementaires. Mais BHL n’entend que sa propre voix (et celle de Philippe Val) dans le désert qu’il taille à la mesure de son règne.

Seule L’Humanité, dans la presse écrite quotidienne, n’a pas accompagné ce raz-de-marée. Et c’est déjà trop pour Charlie Hebdo. « L’Huma, retrouvant la tradition du pacte germano-soviétique, a titré en gros « Merci », est-il écrit dans l’éditorial de la page 3. Merci pour cette divine alliance des nationalismes de gauche et de droite qui a sauvé l’Irlande du péril immigré et de l’abâtardissement de la race irlandaise. » Merci à Charlie Hebdo de défendre avec tant de pugnacité le pluralisme de l’information et la diversité des opinions…

Mathias Reymond et Denis Perais

NB : Cet article n’aurait pas pu être rédigé sans le travail minutieux d’observation de la part d’une vingtaine d’adhérents d’Acrimed, trop nombreux pour les citer ici.

Olivier Besancenot devant ses juges médiatiques

Ugo Palheta

   

Compromis inévitable (qui permet de s’adresser à des millions de téléspectateurs) ou compromission inacceptable (qui contribue à dépolitiser la politique) ? Le passage d’Olivier Besancenot dans l’émission de divertissement du très sarkozyste Michel Drucker relance le débat sur les rapports entre les contestataires et l’ordre médiatique existant, auquel nous avons plusieurs fois contribué ici même [1]. Parce qu’elle permet d’éclairer ce débat, la réception médiatique de la prestation médiatique d’Olivier Besancenot, lors de l’émission « Vivement Dimanche », animée par Michel Drucker sur France 2, le samedi 11 mai 2008, mérite qu’on s’y arrête.


 

I. Des règlements de comptes politiques

Sous couvert de critique et de déconstruction du personnage médiatique d’Olivier Besancenot, de droite à gauche, les règlements de compte n’ont pas manqué.

Vu de droite : démasquer l’hydre révolutionnaire

Porte-parole d’une communauté invisible protégée par un « on » anonyme, Catherine Nay – journaliste politique à Europe 1 et « conseillère spéciale » de Jean-Pierre Elkabbach – ne s’est pas amusée : «  On s’est barbé . C’est que ce garçon là n’a aucune légèreté. Peut-être qu’en privé il a beaucoup d’humour, mais hier nada ». La raison de cette prétendue absence d’humour et de légèreté ? Besancenot appartient à une épouvantable engeance que tout distingue des bons serviteurs des opprimés : « Il est du côté des luttes et des opprimés, d’accord. Mais sœur Emmanuel elle aussi, qui leur avait consacré sa vie, était de leur côté. Et elle, qu’est-ce qu’elle était marrante sur les plateaux ! Car ce qui la guide, elle, c’est sa foi, qui du coup devient contagieuse. Tandis qu’Olivier Besancenot, attention mesdames et messieurs, c’est la révolution lui qui le motive ».

… Et qui lui interdirait, selon l’humoriste de la station d’Arnaud Lagardère de partager ses fous rires : «  Un révolutionnaire qui se respecte ne s’esclaffe pas . Par exemple, lorsque Anne Roumanoff débite ses facéties : ’’au PS dit-elle y a beaucoup de courants mais y a pas de lumière’’. Tout le monde rit, mais pas lui : il sourit à peine. Un révolutionnaire n’avoue pas non plus ses gourmandises  : serait-ce un péché bourgeois ? Pas même pour les crêpes, en souvenir de celles que sa grand-mère de Levallois devait lui faire le jeudi. Non, rien ! […] Lui vous dis-je, c’est la révolution  !  ».

Mais surtout, on n’est pas sinistre par hasard. Et Olivier Besancenot l’est pour une raison bien simple ; c’est que si l’on scrute ses modèles «  ça fait froid dans le dos  » : « Ce qui l’inspire lui par exemple, c’est la Commune de 1871. Après la révolution de 1789 ce fut la dernière guerre civile en France, qui fit tout de même 20 000 morts [dont la Commune elle-même serait responsable ?] du côté de ceux qu’il défend . Le bilan est effrayant. ’’Mais pour moi la révolution c’est pas une flaque de sang à chaque rue’’, précise-t-il. On se rassure, mais tout de même ! Ses idoles, ses modèles à lui, s’appellent Trotski, fondateur de l’Armée rouge et grand criminel devant l’éternel, dont son parti la LCR se prévaut ; et le Che Guevara, dont les discours l’enthousiasment. Il a même écrit un livre. Mais le Che, au beau visage christique, dont tous les libertaires romantiques se sont emparés, fut (il faut le savoir) un stalinien fanatique, insensible, cruel, qui éliminait lui-même ceux qu’il désignaient comme traîtres d’une balle dans la nuque ».

Et Catherine Nay, journaliste de la droite « décomplexée » comme c’est son droit, d’opposer, mot pour mot, au « programme aussi sympathique qu’utopique » de Besancenot, l’assertion péremptoire de Sarkozy  : «  les caisses sont vides . »

Vu de gauche : étaler son mépris du peuple

Vu de gauche – ou d’une gauche incertaine – la critique de la présence de Besancenot sur le plateau de Michel Drucker est l’occasion de faire passer le mépris de classe pour de la hauteur de vue… Comme le montre, par exemple, l’exercice auquel s’est livré le journaliste du Nouvel Observateur, François Caviglioli, dont l’ironie (faiblement comique au demeurant) masque difficilement une condescendance affichée dès le début de l’article : « L’homme qui fait la révolution à bicyclette était chez Drucker. Et si le vrai handicap d’Olivier Besancenot était d’être un homme heureux ? […] Il s’essuie les mains sur son pantalon, un reste de timidité prolétarienne . Mais il prend vite de l’assurance et nous raconte l’histoire de sa vie qui lui tient lieu de programme. […] C’est un bon jeune homme  ».

Un « brave gars », donc, mais qui, passéiste, parle d’un monde que Le Nouvel Observateur a englouti : « Olivier Besancenot a inspiré et mis en scène le documentaire qui a été projeté pendant l’émission sur le 18e arrondissement, le quartier où il vit.[…] . Mais c’est un quartier qui n’existe plus que dans son imagination et qu’il est le dernier à entendre. Il a tenté une reconstitution historique. Les personnages et les lieux que Besancenot nous présente sont les figures classiques de la vieille comédie parigote . Les copains avec qui on va jouer au foot le dimanche sur un terrain d’Asnières, la salle de boxe de Clignancourt où on s’entraîne ’’pour décompresser’’. […] Tout un petit peuple qu’on croyait disparu convoqué pour jouer dans une sorte de Puy-du-Fou révolutionnaire  ».

Sans doute le journaliste du Nouvel Observateur passe-t-il peu de temps dans le 18ème arrondissement de Paris. Peut-être imagine-t-il la Goutte d’Or ou la Porte de la Chapelle sur le modèle du quartier de la Défense ou du nouveau Bercy. Mais comment ne pas voir que François Caviglioli dissimule, derrière une prétendue analyse de clichés érodés par le temps, ses propres clichés de journaliste des « classes moyennes », refoulant dans un passé lointain ce que Paris refoule progressivement à sa périphérie : les classes populaires elles-mêmes ?

De l’ironie aux sarcasmes et du mépris à la morgue : sur le site d’information Bakchich, Jean-Baptiste Thoret surenchérit [2]. Le dispositif de l’émission « Vivement Dimanche », et l’habileté de son animateur, ont-ils neutralisé le message politique d’Olivier Besancenot ? A cette bonne question qu’il ne pose pas explicitement, Thoret répond… qu’elle est sans objet puisque toute radicalité est une illusion, et que Besancenot, Drucker et les téléspectateurs – des populistes et des beaufs – sont d’accord en tout.

Dans un genre journalistique balisé depuis des années par Philippe Val, Thoret (d’ailleurs lui-même chroniqueur dans Charlie-Hebdo ) s’approprie les thèmes de prédilection et le ton du taulier de l’hebdomadaire « satirique » : « Des ’’résistants’’ de tous poils s’enchaînent sur le canapé rouge et délivrent leurs doléances sociales dans une ambiance feutrée et cool, entre claquements de mains d’un public forcément acquis aux causes des opprimés, œil plissé et concerné de Drucker et rires complices : ’’Eh ben dites donc ! s’exclame une représentante des luttes sociales à qui Drucker rappelle que les patrons s’en mettent plein les fouilles, on nous prend pour des blaireaux !’’. Un frisson approbateur parcourt le public qui sent vibrer sa corde populiste . » [La formule magique, qui permet à « l’élite » de se consacrer en désignant son pire adversaire, est lâchée…]

« Vieux routard de la télévision comme machine à dépolitiser [de cela on conviendra sans peine…] , Drucker sait combien l’utopie révolutionnaire prêchée par son invité partage avec la France d’en bas qui regarde son show dominical, c’est à dire toute la France, une même passion pour le bon sens, les mêmes visions simplistes, les mêmes indignations, les mêmes engagements commodes  » [A quoi il faut évidemment opposer les visions complexes, les originales révulsions et les engagements incommodes du pamphlétaire].

« Au fond, on réalise combien le discours révolutionnaire, combien l’alter-attitude est non seulement parfaitement soluble dans l’eau médiatico-capitaliste mais qu’elle est symboliquement majoritaire. » [Où l’on comprend que Thoret appartient à une élite symboliquement minoritaire…] « Pour le Bien, contre l’exploitation, pour les gens qui travaillent dur et qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois et contre les consortiums financiers iniques, pour les petits pots de terre qui s’opposent aux cuves de fer, contre le racisme, etc… [Toutes cibles méprisables aux yeux de l’élite éclairée]. Soit la longue litanie de la mauvaise conscience capitaliste  » [A laquelle il faudrait sans doute opposer sa bonne conscience…]

« La révolution Besancenot est un consensus quasi absolu qui s’ignore ou feint de s’ignorer. Pour autant, il s’agit de maintenir vivace l’illusion du militant engagé […] » [Dont il convient probablement de se débarrasser, au profit de la lucidité iconoclaste du penseur dégagé]. « Au fond, le spectacle druckerien révèle un malentendu sur lequel se fonde notre culture de la contestation : les résistants (de gauche, anti-Sarkozy, anti-racistes, anti-méchants loups) se croient ou font semblant de se croire minoritaires alors qu’ils sont symboliquement majoritaires. » [Un malentendu de taille, puisque les « résistants » sont au fond des dominants qui s’ignorent]

« Dans la seconde partie de l’émission, l’impayable Claude Sérillon a ce mot formidable à propos du leader de la LCR : “Il tient des propos qu’on entend rarement à la télévision !” . C’est vrai, sauf que ce sont des propos que l’on entend tout le temps, partout et sur toutes les chaînes [Les médias dominants seront heureux d’apprendre qu’ils diffusent en continu le message de la LCR] […] « Dur d’être révolutionnaire lorsque la maréchaussée pense comme vous. Lorsque l’on est seul à penser comme tout le monde (au moins 55 % pour le Non à l’Europe), autant devenir franchement populiste  » [Rien de plus commode que de s’inventer un ennemi « populiste » pour prétendre au brevet d’ « élite éclairée »].

Et de conclure : « Espérons qu’un jour Besancenot invite Drucker à un congrès de la Ligue. Après tout, ils sont si proches ». Alors que Thoret, cet aigle solitaire qui plane au-dessus de toutes les mêlées bassement ordinaires, continuera à nous abreuver de ses éminentes leçons – à Charlie-Hebdo ou sur France Culture.

On l’a compris : de même que, lors d’une confrontation télévisée entre des candidats à une élection, «  l’après-débat fait encore partie du débat dans la mesure où il s’agit, sous couvert de commenter la confrontation, d’imposer publiquement une certaine vision de celle-ci » [3], une prestation médiatique est l’enjeu d’une confrontation médiatique qui la prolonge et qui emprunte ici les voies traditionnelles et brutales du dénigrement.

Mais ce n’est pas tout…

II. Des leçons de critique des médias

A l’occasion de l’émission dédiée à Olivier Besancenot, on a pu observer l’agitation de quelques pontes du journalisme, se disputant les délices d’une critique médiatique des médias et le statut fort convoité de juge de la pureté révolutionnaire. Devenus en un jour des lecteurs avisés de La société du spectacle, ces « locataires mal logés du territoire de l’approbation » (selon l’expression de Guy Debord) accablent tout à coup Besancenot et les médias de leurs accusations. Recettes : personnaliser la critique de la personnalisation, pipoliser la critique de la pipolisation, récupérer la critique de la récupération.

Personnaliser la critique de la personnalisation

La couverture du numéro (8 mai 2008, n°2270) annonçait un « mystère  », qu’un solide journalisme d’investigation devait permettre de lever.

Mascarade pour un massacre ? Télévisions publiques en péril, pluralisme en danger dans CRITIQUE DES MEDIAS nouvel_obs_besancenot

Mais comme il fallait s’y attendre, l’ « enquête » promise consiste essentiellement en un assemblage convenu de banalités, de fausses révélations « pipolisantes » et de témoignages piochés auprès du Parti Socialiste ou du « vice-président délégué du sondeur OpinionWay »

« Peut-on être révolutionnaire et aller chez Drucker ? », se demande gravement Claude Askolovitch pour commencer son article. Venant d’un journaliste qui s’indigne que l’on puisse se présenter comme « révolutionnaire », cette interrogation, apparemment légitime, en dissimule en réalité une autre : « Besancenot est-il vraiment révolutionnaire ? ». Celui qui passe au Nouvel Observateur pour être un « spécialiste » de la gauche annonce d’emblée : « voici quelques questions qui fâchent , sur cet encore jeune homme en qui se reconnaissent tant de mécontents ». Quelles questions ? Des questions qui, pour la plupart, tournent autour de la personnalité de Besancenot, et permettent de matraquer quelques alternatives binaires, bien faites pour orienter l’attention du lecteur. Les intertitres de l’ « enquête » parlent d’eux-mêmes :
- « Au service du peuple ou de sa propre gloire ? »
- « Son nouveau parti est-il un bluff ? »
- « Le héros des prolos est-il un petit-bourgeois ? »
- « Est-ce un vrai facteur ? »
- « Son programme économique est-il bidon ? »
- « Est-ce un démagogue ? »
- « Nouvelle gauche ou vieux trotskisme ? »
-
« Est-ce un vrai sectaire ? »

Finalement, l’article est entièrement construit autour d’un seul et unique thème : Besancenot n’est pas celui qu’on croit.
- C’est d’abord un petit-bourgeois qui se fait passer pour un prolo : « Il vit dans le 18e arrondissement de Paris, avec sa compagne éditrice et leur fils, comme plein de foyers des classes moyennes intellectuelles . Mais il accompagne régulièrement des luttes entre Metaleurop ou Nestlé : il sait, comme aucun autre politique, être le copain des prolos qui combattent ».
- C’est ensuite un archaïque, qui met sa jeunesse au service du « vieux trotskisme » : « Besancenot a repris des trotskistes vétérans le culte de la longue patience. […] »
- C’est enfin un populiste, car loin de défendre les intérêts du peuple il ne fait guère que surfer sur une vague démagogique qui le rapproche de l’extrême-droite : « Depuis 2002, la LCR veut cristalliser à l’extrême-gauche comme le FN avait cristallisé à l’extrême-droite, dans un discours antisystème. […] Il enfourche le cheval populiste privé de cavalier depuis la chute de Le Pen
… au point d’avoir une bonne cote d’amour auprès des sympathisants du FN ! ».

C’est ce qu’on appelle le coup de pied de l’âne…

Cette critique, qui prétend défaire une image pour mieux réfuter une politique, contribue à la personnalisation qu’elle affecte de contester. Or – miracle de la concurrence et du pluralisme hebdomadaires – un pas de plus avait été franchi par L’Express.

Pipoliser la critique de la pipolisation

Le 6 mai 2008, quelques jours avant la diffusion de l’émission « Vivement Dimanche », on pouvait lire en couverture de ce vénérable hebdomadaire : « Révélations : Besancenot espionné ! ». Le temps de se rendre page 52 pour y lire l’article en question, le titre a changé et devient : « Besancenot. Le facteur people » En guise de révélation sur l’espionnage de Besancenot, un simple encadré de deux colonnes en quatrième page de l’article, reprenant des informations déjà publiées le 5 mai 2008 sur le site internet de L’Express. Bref, la « Une » recourt à la technique commerciale couramment employée par la presse à scandale : un titre choc, puis un article totalement différent.

Quant à l’article principal, il se flatte d’analyser le succès médiatique d’Olivier Besancenot et sa consécration en tant que « people ». Un article qui, en réalité, s’inscrit pleinement dans cette « pipolisation » de la vie politique, avec la mise en scène d’une « star » : « le facteur à bicyclette est la nouvelle icône des ouvriers en lutte, si starisé qu’il doit signer des autographes à chacune de ses sorties.  »

Le porte-parole de la LCR se voit ainsi réduit à l’image d’un « facteur à bicyclette », d’ailleurs comparé un peu plus loin au personnage de Dany Boon dans son film Bienvenue chez les Ch’tis. Besancenot : une icône médiatique que l’âge (et non telle ou telle propriété politique) différencie d’autres figures de la gauche radicale : « il humilie tous les autres , coincés sous la barre des 2%, notamment le trio des ’’vieux’’ : José Bové, 54 ans, Marie-George Buffet, 68 ans, et Arlette Laguiller, 68 ans  ». La photo a évidemment toute sa place dans cette mise en scène people de la « pipolisation » de Besancenot qui apparaît sur une demi page en compagnie du rappeur Joey Starr,

La majeure partie de l’article entend retracer le parcours de Besancenot et l’observer dans sa vie quotidienne. Résultat : un étalage digne des portraits les plus « people ». On apprend ainsi qu’enfant «  c’était un polisson, gai, amusant, avec beaucoup de copains  ». Pas moins de deux colonnes sur son enfance et sa scolarité. Conclusion… de premièrr importance : «  À part ça, l’élève est parfaitement normal  ». Mais Besancenot est-il vraiment un facteur « normal » ? Question cruciale, et pour le savoir, L’Express se livre alors, avec un luxe de détails (que nous vous épargnerons) à la description d’une journée type de ce facteur.

Besancenot n’est pourtant pas seulement facteur et militant, il est aussi un père de famille « avec les deux pieds dans son époque , qui interdit à la politique de bouffer sa famille ou ses loisirs ». Et voilà donc convoqués sur deux colonnes sa compagne, son fils, ses voyages, son soutien au PSG, le rap et ses activités les plus banales. Et, au détour de ce portrait savamment dépolitisé et pleinement people, cette question faussement naïve : «  Mais qui sait qu’il prône l’augmentation de tous les salaires de 300 euros, la réduction du temps de travail à 32 heures sans flexibilité, avec embauches obligatoires… et interdiction des licenciements ? » Probablement pas les lecteurs de L’Express

Car il ne faut pas se leurrer : toute cette existence apparemment normale et ordinaire est évidemment un instrument marketing mis en oeuvre par « le facteur people » annoncé dès le chapeau : « Besancenot a su gagner une vraie popularité, et compte bien s’en servir » : « ’’Je ne suis pas un professionnel de la politique’’. Cette originalité affichée lui sert d’ argument marketing . Facile dès lors d’ apparaître en boy-scout de la politique, sympathique ’’Monsieur Propre’’, qui sait parler aux plus modestes et apaiser la mauvaise conscience des autres. […] Besancenot refuse d’écorner son image par une participation à un quelconque exécutif ». Et pour couronner le tout, l’Express nous invite en bas de page à nous rendre sur le forum de son site internet, avec ce titre : « Besancenot et la ’’dérive people’’ ».

Ainsi, après avoir brossé de bout en bout un portrait people de Besancenot – dont les pipoleries seront d’ailleurs recyclées dans l’émission de Drucker –, L’Express affecte de s’étonner (et s’indignerait presque) de ce que l’hebdomadaire a lui-même contribué à construire avec ses confrères [4] : un « personnage médiatique » aux multiples « stratégies marketing ».

Ainsi, les médias dominants font spontanément peser sur les porte-parole d’organisations politiques ou syndicales la responsabilité de leurs propres tendances à la personnalisation des enjeux et à la neutralisation des messages politiques. Manière confortable, pour une presse qui s’imagine sérieuse, de se dédouaner de pratiques peu avouables [5].

Reste que ces médias le font d’autant plus aisément que les informations dont ils disposent ont préalablement été mises en circulation et en forme par le personnage politique lui-même – en l’occurrence Olivier Besancenot – et son organisation. Aux risques et périls d’une récupération… dont se réjouit d’avance Alain Duhamel.


Récupérer la critique de la récupération

Figure d’un journalisme politique prétendument « sérieux » [6] et zélateur imperturbable de l’ordre existant, Alain Duhamel profite de son billet hebdomadaire (Libération, 8 mai 2008) pour procéder préventivement à une critique des illusions médiatiques de Besancenot.

Comme il sied à une sommité du microcosme médiatique, notre éditorialiste commence par énoncer les hauts faits d’armes qui ont fait de lui ce qu’il est : « A l’époque mérovingienne, lorsque lui-même avait été l’invité de l’émission politique phare d’alors - elle s’appelait A armes égales et c’était un duel de deux heures – le très paranoïaque ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin, avait apostrophé les jeunes présentateurs [dont Alain Duhamel] et les avait mis face à leurs responsabilités : s’ils confirmaient leur invitation, ils porteraient l’entière responsabilité des violences qui pourraient survenir ». En quoi il se trompait…

… Car il y a loin de la théorie à la pratique : «  En théorie, Vivement dimanche offre sans doute l’espace le plus vaste pour une prédication réussie . […] Comme Georges Marchais l’avait si bien compris, une belle et bonne émission télévisée rassemble plus de monde qu’une année de meetings. »

« En théorie », soit. Mais en pratique ? En pratique, souligne notre chroniqueur politico-mondain pour rassurer ceux qui redouteraient une contagion de la subversion, le risque est limité : « Dimanche prochain, Besancenot s’évertuera naturellement à faire passer un message politique chez Drucker, lequel ne l’en dissuadera pas. Il est douteux qu’il y trouve l’occasion d’approfondir le programme et la méthode de la révolution du XXe siècle. Les triomphes ludiques de la télévision préparent rarement les changements de société. Le Minotaure Drucker dévorera paisiblement Besancenot, ce Thésée téméraire. »

En dépit de l’emphase et des visées de son auteur, le pronostic n’est pas dénué de pertinence. Mais cet éloge de la « récupération » est à l’exact opposé de sa critique : il permet d’empocher les bénéfices d’une posture contestataire (limitée au strict minimum puisque l’emprise des médias dominants sur le débat public n’est pas discutée), tout en continuant d’assurer – avec d’autres et par des pratiques quotidiennes – la gestion et la conservation du système médiatique tel qu’il est.

Mais on peut faire encore mieux, ou pire, comme le montre l’exemple de Francis Brochet. Empruntant un costume situationniste le temps d’un édito dans le Progrès de Lyon, il profite de l’émission dédiée à Olivier Besancenot pour mettre au service d’une défense du statu quo, une crique réduite à des banalités : « Les révolutions passent, Drucker reste, résiste, Bastille imprenable. Il a débuté sous De Gaulle, et se maintiendra sans doute après Sarkozy. Il a tout vu, tout avalé, tout banalisé, héraut de notre société qui, remarquait Debord, transforme tout en spectacle, même la révolte . La télévision avait fait d’Arlette une vedette, elle a maintenant le jeune Olivier dans le rôle du révolutionnaire télégénique. Au fond, la seule révolution de notre époque, c’est la télévision  ». Vacuité et grandiloquence destinées à célébrer la domination d’un système qui ne célèbre rien tant que les critiques insignifiantes.

***

La réception médiatique d’une prestation médiatique ne suffit sans doute pas à critiquer celle-ci. Mais elle confirme les effets délétères d’une communication politique soumise aux conditions fixées par les grands médias : des effets qui ne sont pas seulement mesurables à ce qui est dit, ou à ce qui n’est pas dit, lors de telle ou telle émission.

En effet, la construction et la déconstruction médiatiques du message d’un « personnage médiatique » s’opèrent, avant et après l’émission. Dans le cas présent, l’apparition de Besancenot dans l’émission dominicale de Michel Drucker a notamment fourni à des médias généralement peu critiques à l’égard de leurs mécanismes d’imposition et d’éviction, un prétexte commode pour se faire, à peu de frais, une virginité critique. Les éditorialistes patentés ont ainsi pu camper un rôle de contestataires de commande, qui ne leur sied jamais que provisoirement. Si leurs critiques n’engagent à rien et s’ils peuvent, à ce jeu de la contestation contestée, affirmer « pile je gagne, face tu perds », c’est dans la mesure où le champ médiatique continuera demain à fonctionner selon les mêmes lois : celles-là mêmes qui permettent aux détenteurs d’un quasi-monopole du discours médiatique de prétendre au monopole du discours sur les médias.

Ugo Palheta
- Avec Ryzard Tepay (pour la lecture de L’Express)


 

_________________________________________________

[1] Voir notamment : « Contestation des médias ou contestation pour les médias ? » et « Se servir des médias dominants sans leur être asservis ? »

[2] Jean-Baptiste Thoret , « Besancenot chez Drucker ou l’illusion de la radicalité » sur le site de Bakchich. Pour l’analyse d’un autre fait d’arme du même, voir, sur le site de Vive le feu, « Le Safari Banlieusard De Charlie Hebdo ».

[3] Patrick Champagne, « Sondages : des interprétations scientifiquement infondées et politiquement nocives ».

[4] Pour une analyse similaire à propos d’un reportage diffusé sur France 2 dans l’émission Envoyé spécial, voir « Un portrait médiatique d’Olivier Besancenot en personnage médiatique ».

[5] Pour une réflexion critique sur la « pipolisation » et l’effacement progressif du clivage entre « presse sérieuse » et « presse people », voir « Vous avez dit “ peopolisation ” : ? (1) Querelles de clocher et questions de frontières et (2) L’art du portrait selon Le Monde.

[6] Voir « Alain Duhamel et les dérives du journalisme politique : le fond sérieux contre la surface “people ” ? ».

Publié dans CRITIQUE DES MEDIAS, LE MALJOURNALISME : Le cas français | Pas de Commentaire »

L’association Survie dénonce la visite de Bongo à l’Elysée

Posté par issopha le 3 juillet 2008

DIPLOMATIE FRANÇAISE

L’association Survie dénonce la visite de Bongo à l’Elysée

 

NOUVELOBS.COM | 02.07.2008 | 18:57

Pour l’association, la visite du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 41 ans, illustre le manque de cohérence de la diplomatie française puisque son homologue zimbabwéen Robert Mugabe est considéré comme « infréquentable » par Bernard Kouchner.

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville (c) AFP

L‘association Survie dénonce mercredi 2 juillet dans un communiqué la visite à l’Elysée du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967. Nicolas Sarkozy a reçu son homologue à 14h30 à l’Elysée ce même jour. La structure, qui milite pour un assainissement des relations entre la France et l’Afrique, rappelle que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré lundi que le dictateur Robert Mugabe, à la tête du Zimbabwe, n’était pas « fréquentable ».

« Considération d’intérêts particuliers »

La structure exige « que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats ». L’association constate « une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers ». L’association indique que le président gabonais a interdit de sortie de territoire Marc Ona Essangui le 6 juin dernier alors qu’il s’apprêtait s’envoler aux Etats-unis pour une conférence sur la transparence des contrats en Afrique.
Le communiqué rappelle également qu’Omar Bongo soutient Robert Mugabe, réélu le 27 juin président du Zimbabwe, sur un score de 90,2%. Le scrutin avait pourtant été boycotté par l’opposant Morgan Tsvangirai en raison des violences, alors qu’il était arrivé en tête au premier tour avec 47%. Le dirigeant gabonais a déclaré lundi en marge du 11e sommet de l’Union Africaine que Robert Mugabe « a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président ».

Publié dans AFRIQUE de SARKOZY, AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS | Pas de Commentaire »

 

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