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Les régimes arabes sont politiquement dépendants des USA + Les nouvelles formes de la désinformation

Posté par issopha le 15 janvier 2009

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Karim Bitar

Les régimes arabes sont politiquement dépendants des USA

par Karim BITAR (L’Expression – Algérie, 12 janvier 2009)

M. Bitar estime que la décision d’Israël d’interrompre ses bombardements sur Ghaza, trois heures par jour, est une stratégie militaire qui permettra à l’armée israélienne de se «réorganiser avant de poursuivre sa besogne». Ce chercheur de l’Iris revient, dans cet entretien, sur la position statique de l’Egypte qui reste, selon lui, dépendante de l’aide militaire et économique américaine. Et que Hosni Moubarak «ne peut prendre de décisions importantes sans en référer à Washington».

Israël a décidé d’interrompre quotidiennement, depuis mercredi dernier, ses bombardements sur Ghaza durant trois heures. Quelle lecture faites-vous de cette trêve inédite?

Comme le soulignait avant-hier la représentante du Comité international de la Croix-Rouge, cette guerre a ceci d’inédit et de particulièrement tragique, que les populations civiles qui en sont les victimes n’ont même pas la possibilité de fuir. En effet, les bombardements touchent toute la bande de Ghaza. Israël soumet Ghaza à un blocus total depuis plus de seize mois. Blocus qui, il faut le rappeler, est considéré par le droit international comme un «casus belli». Dans ces conditions, une trêve quotidienne de trois heures est bien le strict minimum pour permettre aux mouvements humanitaires d’apporter un peu de soutien à une population traumatisée. D’un point de vue stratégique, les armées, même les plus puissantes, ont besoin de ce type de cessez-le-feu temporaire pour se réorganiser avant de poursuivre leur besogne.

Plus de 850 morts dont 235 enfants ont été victimes des bombardements de l’armée israélienne. Que veut-elle signifier par de tels actes? Pourquoi, à votre avis, Israël a-t-il cette liberté d’agir dans l’impunité?

Après son incapacité à venir à bout du Hezbollah durant la guerre de juillet 2006, Israël souhaite réaffirmer son «pouvoir de dissuasion». Aussi étrange que cela puisse paraître, aux yeux des dirigeants israéliens, pareils bombardements permettent de «restaurer le moral de la population», en démontrant à nouveau l’impressionnante force de frappe militaire de l’armée israélienne, dont l’image avait été très écornée. Par ailleurs, le courageux historien israélien, Tom Segev, a visé juste lorsqu’il a estimé que cette guerre visait à «mater» les Palestiniens, à leur «donner une leçon», en fonction de cette vieille idée raciste selon laquelle «les Arabes ne comprennent que la force» et qu’il faut les cogner jusqu’à ce qu’ils changent de comportement. Or, la grande philosophe Hannah Arendt avait, quant à elle, souligné: «Il n’y a qu’une chose que les Arabes ne comprennent pas, c’est la force.» On retrouve chez les dirigeants militaires israéliens d’aujourd’hui, la mentalité de Massu et de Bigeard. Quant aux raisons qui font qu’Israël bénéficie toujours d’une impunité, elles sont nombreuses. Elles sont essentiellement liées à la relation privilégiée entre Israël et les Etats-Unis, et au droit de veto dont disposent les Etats-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies. La «communauté internationale» se permet parfois quelques remontrances verbales mais n’a jamais imposé à Israël de respecter les résolutions de l’ONU, notamment celles qui exigent la restitution des territoires occupés. Israël a, en outre, bénéficié du contexte de «guerre globale contre le terrorisme» qui lui a permis de «noyer le poisson». Israël s’efforce de faire oublier aux Occidentaux qu’il s’agit d’un conflit territorial lié à l’occupation, et de noyer cela dans l’affrontement supposé entre l’Occident et l’Islam. Il faut, par ailleurs, souligner que les Palestiniens et les Arabes en général ont été, à ce jour, incapables de mener une véritable campagne d’information en Occident, et de sensibiliser l’opinion américaine. Il faut prendre conscience que la bataille se joue désormais au coeur de la société américaine, et que la résistance doit aussi être intellectuelle, culturelle, médiatique et sociale. Contrairement à ce que pensait Arafat, il ne suffit pas de dialoguer avec la Maison-Blanche, il faut mobiliser la société civile américaine et l’opinion publique.

Israël affirme vouloir «éradiquer» le Hamas de la bande de Ghaza. A votre avis cela est-il possible? Ne croyez-vous pas que nous allons assister à une radicalisation encore plus forte des partisans du Hamas?

Le Hamas va sûrement subir de très lourdes pertes au niveau de ses cadres et de ses infrastructures. Il sortira militairement très affaibli, mais il pourra néanmoins revendiquer une victoire politique symbolique en raison justement des objectifs trop ambitieux annoncés par Israël. L’objectif d’éradiquer le Hamas est bien évidemment illusoire. Le Hamas, comme le Hezbollah, sont des mouvements issus de la population locale, avec laquelle ils font corps. Par ailleurs, l’affaiblissement politique du Fatah sera au moins aussi grand que l’affaiblissement militaire du Hamas.

C’est à partir du Caire qu’a été annoncée l’attaque contre Ghaza et c’est au Caire que les ballets diplomatiques se poursuivent pour arrêter les massacres. Quelle lecture faites-vous de cela?

Le régime égyptien est dans une position très inconfortable, ballotté entre son opinion publique révoltée et son souhait de respecter les accords de paix signés avec Israël. Il faut se souvenir que les Frères musulmans sont la principale force d’opposition en Egypte, et que le Hamas est, à l’origine, la branche palestinienne des Frères musulmans. Le régime de Hosni Moubarak est, par ailleurs, extrêmement dépendant de l’aide militaire et économique américaine (soutien qui dépasse les 2 milliards de dollars annuels). Moubarak ne peut prendre de décisions importantes sans en référer à Washington.

Et les régimes arabes dans toute cette histoire sanglante?

La plupart d’entre eux sont confrontés au même dilemme: les régimes sont politiquement dépendants des Etats-Unis et les opinions publiques bouillent. La monarchie jordanienne est dans une position particulièrement inconfortable. Leurs condamnations ne peuvent être que verbales et certains régimes prêteront même le flanc à des accusations de complicité, puisque leurs opposants ne comprennent pas leur inaction.

L’administration américaine affiche son soutien direct à Israël. Cette attitude ne vous rappelle pas celle adoptée lors des bombardements du Liban en 2006?

En effet, en juillet 2006, l’administration Bush avait alors attendu trois semaines et plus de 1000 victimes civiles avant de réclamer un cessez-le-feu.Le silence de la «communauté internationale» et l’impuissance des régimes arabes me rappellent aussi les invasions israéliennes du Liban en 1982 et en 1996. Comme disait Tocqueville: «L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies.» C’est ce sentiment de déjà-vu qui renforce la lassitude et l’écoeurement des observateurs et surtout des victimes.

Comment d’après vous la paix peut-elle être instaurée?

Il est clair que les Accords d’Oslo sont dans l’impasse. Ces accords avaient été mal négociés. Les négociateurs palestiniens ne disposaient même pas de cartes géographiques et négociaient dans une langue anglaise qu’ils maîtrisaient très mal! Ils n’ont obtenu aucune garantie quant à l’arrêt de la colonisation et aucun calendrier quant au retrait de l’armée israélienne des territoires occupés. Il y avait à l’époque 130.000 colons en Cisjordanie. Il y en a aujourd’hui plus de 280.000. Il y a également aujourd’hui près de 200.000 colons israéliens à Jérusalem-Est. Dans ces conditions, on voit mal comment l’Etat palestinien qu’on nous promet pourrait être viable, puisqu’il est découpé en tranches. Il faut donc repenser radicalement le «processus de paix», en prenant en compte deux réalités indéniables: l’imbrication des populations israélienne et palestinienne, et l’impossibilité d’une solution militaire. Il ne pourra y avoir de paix sans une reconnaissance par Israël de la légitimité des aspirations nationales palestiniennes. Il faudra également que les Arabes comprennent l’histoire tragique du peuple juif et comprennent que les Israéliens sont, à tort ou à raison, persuadés que pèse toujours sur eux une menace existentielle. Compte tenu du déséquilibre des forces, les Arabes ont de la difficulté à admettre que les Israéliens, eux aussi, vivent dans l’angoisse.

Pourtant, en raison des traumatismes liés à leur histoire, les Israéliens sont eux aussi confrontés à une peur existentielle, et il incombera aux Arabes et aux musulmans de les aider à la surmonter. Et les fanfaronnades et déclarations sottes de M.Ahmadinejad sont le parfait exemple de ce qu’il ne faut absolument pas faire. Les régimes arabes sont politiquement dépendants des USA + Les nouvelles formes de la désinformation dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN point-final

Analyse du jour

Principes universels, application sélective

12 janvier

par Pascal Boniface, directeur de l’IRIS

André Glucksmann a publié dans Libération daté du 29 décembre un article intitulé « Pour un monde meilleur ». Un programme auquel il est difficile de s’opposer. En effet, qui pourrait réclamer des atteintes graves aux droits de l’homme, la poursuite de conflits sanglants, le renforcement des dictatures ?
On peut en revanche contester la façon dont André Glucksmann voit cette amélioration du monde.


globe_200px-a9253 dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAINPour ce qui est de la politique des Etats, il concentre ses critiques sur la Russie et la Chine. Il n’y a rien de nouveau chez lui sur ce point, il le fait à longueur de colonnes, reconnaissons lui le mérite de la cohérence. Les esprits chagrins feront remarquer qu’il était aussi admiratif de la Chine de Mao qu’il est critique de celle de Hu Jintao, alors que l’on peut penser qu’en matière de droits de l’homme aussi bien réels que formels, la situation actuelle est peut-être plus supportable aujourd’hui qu’à l’époque… Il y a certes à redire sur ces régimes en matière de démocratie et de respect des individus. Mais à l’aune de la violation des droits de l’homme sont-ils les plus criminels ?

Le simple survol des rapports d’Amnesty international ou de Human Rights Watch montre que bien des régimes sont beaucoup plus répressifs et traitent avec plus de brutalité leurs peuples et surtout leurs opposants. Le choix de Glucksmann n’est peut-être pas dicté par l’ampleur des violations des droits de l’homme, mais par le poids stratégique des pays concernés. Russie et Chine sont les deux principaux rivaux stratégiques des Etats-Unis, on peut donc avoir la désagréable impression que le discours sur la morale est là pour masquer le souhait de ne pas voir la puissance américaine concurrencée.

C’est tout à fait légitime comme objectif, mais on est là face à une politique de puissance et non dans le champ de la morale qui ne sert ici que d’écran de fumée. On ne s’occupe des victimes que si le coupable est stratégiquement intéressant. C’est encore plus frappant lorsque Glucksmann place Hugo Chávez dans sa très resserrée liste des « most wanted dictateurs ». On peut ne pas apprécier le populisme de Chávez. Mais si tous les dictateurs se soumettaient au verdict des urnes, y compris lorsqu’il lui est défavorable, la planète ne serait pas en aussi mauvais état. On peut penser qu’il y a pire condition que celle d’opposant politique au Venezuela. Mais il est vrai que Chávez a énormément agacé George W. Bush et ceci explique peut-être le courroux de Glucksmann. On se rappelle que ce dernier avait soutenu la guerre d’Irak, ce qui n’était pas la position des ONG de défense des droits de l’homme. Mais on ne se rappelle pas avoir entendu ses protestations contre Guantánamo ou Abu Ghraib. Le plus gênant, c’est que Glucksmann ne s’offusque pas des bombardements de populations civiles lorsqu’ils sont faits par des bombardiers américains ou israéliens, mais il les condamne s’ils sont faits par des chasseurs russes. Evénements comparables, attitudes opposées.

Une note de la rédaction précise que l’article a été écrit avant les bombardements de Gaza. Rassurons-nous, il les a approuvés depuis. On peut cependant supposer sans grand risque que, si des événements de cette nature avaient eu lieu au Kosovo, son indignation aurait été immédiate et bruyamment portée à la connaissance du public. Il est louable d’être pour la promotion des droits de l’homme. Il ne l’est pas moins d’être cohérent et de défendre de façon universelle des droits de l’homme que l’on présente comme tels. Mais partir du principe que les démocraties occidentales ont toujours raison, du simple fait qu’elles sont des démocraties occidentales, est un peu court. Si noblesse oblige, démocratie également. Etre une démocratie ne donne pas des droits à un régime, mais à ses citoyens. Etre une démocratie donne des obligations à un régime, celui de respecter ses propres critères. Le monde occidental s’affaiblit et affaiblit les principes qu’il entend promouvoir s’il s’en sert comme paravent d’une politique de puissance, s’il les applique ou en dénonce le non-respect de façon sélective.

Ce qu’une grande partie du reste du monde reproche au monde occidental ce ne sont pas les valeurs qu’il incarne, mais le fait qu’il ne les respecte pas toujours, et qu’il soit laxiste ou sévère selon que ce non-respect est commis par un allié ou un adversaire. Et ce qui est de plus en plus difficilement supportable c’est que certains se drapent dans le manteau du moralisme, tout en restant insensibles à certaines violations des droits de l’homme, et ont des indignations sélectives en fonction de la nationalité des bombes et des victimes. Et se croient néanmoins autorisés à donner des leçons aux autres. carre_bleu_grand-26-fa025

Article paru dans Libération, vendredi 9 janvier 2009

Gaza, révélateur de la difficile transition Bush-Obama

15 janvier

Par Barthélémy Courmont et Charlotte Lepri, Chercheurs à l’IRIS

Barack Obama n’a pas encore prêté serment qu’il est déjà confronté à un dossier de politique étrangère majeur : les affrontements dans la bande de Gaza. Il n’y était pas préparé, et doit conjuguer avec la présence pour encore quelques jours de George W. Bush à la Maison-Blanche. Une situation délicate qui traduit tout autant les difficultés de la transition de pouvoir dans un pays aussi omniprésent sur la scène internationale que les difficultés à traiter un dossier aussi sensible.


 

drapeau_USA-9-1da54 La période de transition du pouvoir, qui prendra fin le 20 janvier prochain, offre le spectacle inquiétant d’une certaine vacuité du pouvoir sur les dossiers importants en cours, en particulier en matière de politique étrangère. L’administration Bush a tacitement approuvé l’intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza, légitimant le droit d’Israël à se défendre et s’abstenant lors du vote de la résolution de l’ONU exigeant un cessez le feu dans la Bande de Gaza. Cette attitude n’est pas directement liée à un manque de marge de manœuvre en pleine période de transition mais plutôt à une position constante de l’administration Bush en faveur d’Israël. De fait, cela place Barack Obama face à un dilemme : celui de se positionner ou d’attendre d’entrer en fonction, laissant ainsi à son prédécesseur le soin de commenter la reprise de la violence au Moyen-orient. C’est cette deuxième option qui a été suivie, et Barack Obama a même annoncé ne pas vouloir offrir le spectacle d’une Amérique à deux têtes, tout en s’inquiétant de la situation pour les populations civiles. Ainsi, en l’attente du 20 janvier, la coexistence de deux présidents américains se traduit par un flottement remarqué sur un dossier qui constitue pourtant l’une des priorités de la politique étrangère des Etats-Unis. Le New York Times a même suggéré dans un article qu’Israël avait choisi d’attaquer le Hamas avant qu’Obama n’entre officiellement en fonction, craignant par la suite que la nouvelle administration soit moins complaisante à son égard.

Cette situation impose trois constats. D’une part, la période de transition, de plus en plus souvent critiquée, reste nécessaire aux Etats-Unis, au moins pour permettre à la nouvelle administration de se mettre en place. Bien plus qu’en France, le changement d’administration aux Etats-Unis entraîne un mouvement de chaises musicales considérable aussi bien dans le monde politique que dans la société civile (notamment dans les think tanks). Plus que le principe de la transition du pouvoir, c’est donc la manière dont les deux présidents s’accordent sur son fonctionnement qui doit être revue, afin d’éviter une vacuité du pouvoir dont le nouveau président fera les frais dès son entrée en fonction.

D’autre part, le conflit de Gaza révèle l’impréparation de Barack Obama sur ce type de sujet. Alors qu’il comptait se concentrer sur l’économie et l’adoption de son plan de relance dans les premiers mois de son mandat, le nouveau président est rattrapé par la réalité de la politique étrangère. La recrudescence du conflit israélo-palestinien le contraint à traiter en priorité un dossier pour lequel il aurait préféré prendre plus de temps. Il avait déjà prédéfini un agenda international ; il dit maintenant vouloir revoir son programme et ses priorités, en s’adaptant aux réalités.

Enfin, il est peu probable que le changement tant promis par Obama et tant attendu dans le reste du monde concerne la politique étrangère américaine, et notamment le conflit israélo-palestinien. Barack Obama a déclaré le 7 janvier qu’il s’impliquerait immédiatement sur ce dossier dès qu’il serait officiellement Président. Il est ainsi fort probable que le nouveau Président demande à sa Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, de rapidement engager les négociations avec les Israéliens et les Palestiniens et d’envoyer une délégation dans la région peu après le 20 janvier. Barack Obama et Hillary Clinton avait durant la campagne électorale tous deux sévèrement critiqué l’administration Bush de ne pas avoir assez œuvré en faveur d’un processus de paix au Proche-Orient et d’avoir compartimenté les enjeux dans la région – séparant le conflit israélo-palestinien de la situation en Irak ou en Iran. Il y a toutefois peu de chances pour que la politique étrangère américaine change de manière significative, puisque la nouvelle administration partage la même vision du Hamas et le même attachement à la sécurité d’Israël que l’administration sortante. S’il reste difficile de prédire de quelle manière Obama gèrera ce dossier, certaines nominations officielles, telles que celles de Rahm Emanuel, Dennis Ross ou David Shapiro, laissent ainsi à penser qu’il n’y aura pas de changement majeur sur la question israélo-palestinienne. L’administration Obama valorisera certes l’option diplomatique, mais il y a certaines constantes qu’aucune administration américaine ne modifiera pour l’instant. carre_bleu_grand-28-aef3a

Barthélémy Courmont publie dans quelques jours Un nouveau leadership ? Les défis de Barack Obama, aux éditions Le félin.

Charlotte Lepri vient de publier avec Pascal Boniface 50 Idées reçues sur les Etats-Unis, aux éditions Hachette Littératures

Guerre de l’image à Gaza

9 janvier

par François-Bernard Huyghe, chercheur associé à l’IRIS

Au moment où nous écrivons, il est impossible de savoir où s’arrêtera l’offensive israélienne à Gaza. Mais une chose est déjà assurée : elle se double d’une guerre de l’information d’un nouveau type.
Son symptôme le plus visible en est le refus de Tsahal de laisser pénétrer les médias internationaux dans la zone de conflit. Alors que sa tradition était plutôt de tenter de séduire les journalistes par des officiers chargés de la communication, anglophones ou francophones et de contact agréable, la stratégie de la transparence semble terminée, comme l’exploitation du thème « nous sommes une démocratie comme vous ».


 

journalistes_gaza_200_px-9598aIl faut sans doute voir là une conséquence de l’expérience du Liban sud : le Hezbollah avait réussi tout à la fois à embourber l’armée de l’État hébreu dans un guérilla urbaine et à faire diffuser par les télévisions du monde entier des images des victimes civiles, tout en étant très présent sur Internet et les médias alternatifs. L’organisation chiite s’est dotée d’un véritable ministère de l’information et savait parfaitement diriger l’attention des médias là où il fallait.

Du coup, les responsables militaires israéliens sont tentés d’appliquer la méthode qui avait réussi aux Britanniques dans la guerre des Malouines : « Pas de médias, pas d’images, pas d’ennuis« . Certes, il reste sur place des journalistes palestiniens (puisque vivant sur place), mais les responsables israéliens (devenus quelque peu paranoïaques et persuadés que les journalistes sont soit des adversaires, soit des victimes de l’habile « atrocity propaganda » des Palestiniens) se disent sans doute que, tant qu’à subir la version adverse, au moins elle apparaîtra clairement comme telle : sa source « arabe » la rendra peu crédible. Bien entendu, la stratégie qui consiste à couper le robinet à images échouera : à l’ère numérique, les vidéos prise par des amateurs ou les récits de témoins – ne serait-ce que sur les blogs – ne peuvent plus être censurés. Et l’espoir que les événements de Gaza seront sinon ignorés, du moins minorés, à condition qu’il n’y ait pas des « idiots utiles » pour mettre les morts civiles sur l’agenda des médias est plus qu’une utopie. Les images et les textes dérangeants passeront (y compris ceux issus de source israélienne hostile à la guerre).

Aussi les Israéliens ont-ils recours à d’autres méthodes, soutenus en cela par des associations internationales pro-israéliennes plus ou moins privées (agences de presse, ONG, think tanks, journaux papier ou en ligne, groupes « citoyens » de « media watch« , c’est-à-dire de surveillance des médias suspects de préjugés anti-israéliens vite qualifiés d’antisémites).

Premier type d’actions : attirer les médias sur les bonnes images et les bonnes versions des choses. Et surtout leur désigner les bonnes victimes puisque les guerres sont aussi devenues des compétitions de massacrés télégéniques. Ainsi, pendant que Tsahal essayait de concurrencer les vidéos d’atrocités israéliennes par celles des horreurs du Hamas, des associations font parvenir aux journalistes des listes des victimes touchées par des roquettes du Hamas, avec numéros de téléphone et langues parlées. Ou encore, les médias pourront télécharger des documents son ou image. Vieille règle : pour être influent, il vaut mieux fournir les sources d’informations attractives et bien calibrées qu’il suffira au journaliste (ou au décideur) de recopier.

Seconde règle : décrédibiliser les images venues du côté palestinien comme désinformation. Les accuser systématiquement d’employer les boucliers humains et de faire du « Palywood« . Ce mot forgé à partir de « palestinien » et « Hollywood » résume l’accusation de trucage systématique. Comme nous l’avions déjà signalé, il circule sur Internet des vidéos tentant de démontrer que ce Palestinien qui fait semblant d’être touché à la jambe droite n’a pas vraiment été atteint, que – comme c’est bizarre – l’ambulance arrive bien trop vite, que ses camarades le mettent sur le flanc droit, que des témoins l’ont vu se relever et courir comme un lapin cinq minutes plus tard… Bref, tout serait truqué, joué par des comédiens, de façon même pas très vraisemblable, et il faudrait être niais comme un journaliste occidental pour croire à de telles mises en scènes, destinées à l’évidence à émouvoir les téléspectateurs.

Du coup, avec une ingéniosité qui n’égale que celle d’un Meyssan démontrant l’impossibilité matérielle qu’un avion se soit écrasé sur la Pentagone, des détectives amateurs s’acharnent à nous convaincre que la vérité est ailleurs et que nos écrans ne nous présentent qu’un monde d’illusions mis en scène par le Hamas ou le Hezbollah avec la complicité des jobards de la presse.

C’est ainsi que, depuis des années, le journaliste français Charles Enderlin est accusé par des groupes de pression d’avoir monté en images un grand mythe anti-israélien : la mort du petit Mohamed al-Durah soi-disant touché par des balles de Tsahal au début de la seconde Intifada. Là encore, prétendent les enquêteurs-amateurs, il serait impossible que les balles proviennent de telle direction, que le bras d’un cadavre se plie dans cette position, que telle image ait été filmée à tel moment, et ainsi de suite : bref l’enfant aurait été tué dans les bras de son père par des balles palestiniennes car il était physiquement impossible que ce fût par les Israéliens. Il s’en est ensuivi des années de procès en diffamation, France 2 étant décidée à ne pas laisser suspecter l’honneur d’un de ses journalistes vedettes. L’affaire est loin d’être close et Charles Enderlin, dont il est absurde de soupçonner la bonne foi, est toujours l’objet d’une campagne systématique.  Il s’agit d’un procédé qui n’est pas nouveau : la métapropagande, ou accusation portée contre toute information venant du camp adverse ou favorable aux ennemis d’être en réalité du mensonge et de la propagande. Le principe est « Ils font de la propagande, nous disons la vérité » et son corollaire : « Tout ce qui dessert notre cause a été fabriqué par des manipulateurs ; il faut être naïf pour y croire. ». La méthode est d’autant plus efficace qu’elle s’appuie souvent sur un pseudo-effet d’évidence cher aux conspirationnistes : « mais regardez cette photo, vous n’allez pas croire que tel détail soit vraisemblable », même si le spectateur naïf ne voit vraiment rien qui contredise les lois de la physique ou de la vraisemblance. D’autant plus que le public échaudé par quelques trucages notoires (les faux cadavres torturés de Timisoara pendant la révolution roumaine de 1990, par exemple) est souvent enclin à croire que tout n’est qu’illusion et mise en scène. Et tout le monde se souvient des médiamensonges en images des deux guerres du Golfe.

Est-ce à dire que tous les reportages montrant des victimes civiles palestiniennes (dont le nombre global est, en tout état de cause, difficile à nier) soient rigoureusement authentiques ? Bien sûr que non ! À intervalles réguliers, les journalistes se font piéger. Ainsi France 2 a récemment diffusé des extraits d’un reportage, sans doute pris libre de droits sur Dailymotion – présenté comme pris à Gaza il y a quelques jours. Les images de femmes et d’enfants déchiquetés par les missiles étaient particulièrement atroces . Surprise : on découvrit que les images dataient en réalité de 2005 et montraient l’explosion (accidentelle ?) d’un camion de munitions en zone palestinienne. Et la Licra de dénoncer France 2. En sens inverse des images censées montrer des militants palestiniens armés de redoutables obus (et pourquoi pas d’armes de destruction massive ?) montraient en réalité le transport de bouteilles d’oxygène.

Une image ou récits d’atrocités d’un côté ou de l’autre ne sont ni forcément vraies, ni forcément fausses. Faut-il pour autant se convertir au scepticisme absolu ? Mais comme le rappelait Clemenceau on peut discuter philosophiquement de la relativité de la vérité, il n’empêche qu’en 1914 c’est l’Allemagne qui a envahi la Belgique, pas l’inverse. carre_bleu_grand-26-fa025

François-Bernard Huyghe est chercheur associé à lIRIS ; il anime le site www.huyghe.fr, dernier ouvrage « Maîtres du faire croire » (Vuibert).

Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

29 décembre 2008

Par Barah Mikaïl, chercheur à l’IRISLa fin de l’année 2008 s’annonce décidément bien sombre. Et bien entendu, elle n’augure de rien de bon pour l’année 2009. Ainsi, depuis le 27 décembre au matin, l’armée de l’air israélienne s’est lancée dans une entreprise de pilonnage des principales positions gouvernementales, militaires et sécuritaires du Hamas situées dans la bande de Gaza. Avec à la clé, une mobilisation annoncée de 6000 réservistes, la préparation de l’armée de terre à une hypothétique ( ?) invasion terrestre du territoire palestinien, et l’annonce par plusieurs responsables militaires israéliens de ce que l’opération « plomb durci » est partie pour durer.


hamas-1-2-16901 Une opération préparée de longue date… Evidemment, l’effet de surprise a été privilégié ici par le gouvernement israélien. Celui-ci aspirerait, selon ses objectifs annoncés, à pousser le Hamas à cesser ses tirs de roquette en direction de l’Etat hébreu. On devine là le fait que les Israéliens n’aspirent pas pour autant à déstructurer le Hamas, aboutissement qui ne serait de toutes façons pas plus réalisable que ce qui prévalut dans le cas du Hezbollah libanais il y a un peu plus de deux ans. Dans le même temps, on ne saurait pour autant se contenter pleinement de cette explication officiellement avancée par les Israéliens. Il paraît en effet aujourd’hui que cette opération aurait été prévue depuis maintenant six mois, soit à l’époque où le Hamas avait effectivement décidé d’observer une « trêve » de six mois vis-à-vis d’Israël.

Pour le reste, cela faisait quelques jours que le gouvernement du Premier ministre sortant Ehud Olmert avait décidé d’entreprendre effectivement cette opération musclée. Et il s’était d’ailleurs empressé de prévenir certains de ses homologues régionaux, dont l’Egypte, de l’imminence de son mouvement. Sans que ceux-ci n’y trouvent apparemment à redire sur le coup.

… mais sans gains tangibles Pourtant, on croit deviner que cette opération militaire israélienne pourrait avoir des relents tout sauf payants pour l’ensemble des acteurs des scènes régionale comme internationale.

Le Hamas ne semble en effet pas devoir vaciller quelle que soit l’intensité de la poussée militaire israélienne ; le Fatah et le président Mahmoud Abbas ne seront pas plus renforcés aux yeux des Palestiniens, bien au contraire ; Américains et Européens ne semblent pas, une fois encore, pouvoir redorer leurs blasons, eux qui oscillent entre validation aveugle de la stratégie militaire israélienne et affichage d’un attentisme pathétique doublé de mous appels à une cessation des « hostilités » ; les gouvernements arabes brillent pour la plupart d’entre eux par des critiques tout aussi molles qui cachent mal leur duplicité… Ne restent ainsi que des pays tels que la Syrie et l’Iran, qui trouvent matière à rebondir sur ces événements pour insister sur la validité de leur stratégie régionale, ainsi que des formations (Hezbollah libanais, Frères Musulmans de Jordanie…) et des opinions publiques arabes échaudées, pour que la boucle soit presque bouclée.

Une fois encore, cette escalade militaire israélienne vis-à-vis des Palestiniens de la bande de Gaza vient ainsi insister sur l’absurdité de ce conflit, ainsi que l‘aboutissement de la stratégie actuelle à un contre-effet pour les objectifs sollicités par les Israéliens. Car, en-dehors de considérations politiciennes et tacticiennes internes, on voit mal ce que les Israéliens pourraient escompter de ce nouvel accès de violences dont ils sont les principaux acteurs.

Tactiques et politique Les tirs de roquettes palestiniennes vers le territoire hébreu, combinés à une radicalité dans les propos des cadres du Hamas, sont condamnables certes : mais ils sont loin d’avoir provoqué près de 1000 victimes (environ 300 morts et 700 blessés) majoritairement innocentes en l’espace de 48 heures, comme cela est actuellement le cas pour les habitants de la bande de Gaza.

Dit autrement, il n’y avait pas péril dans la demeure israélienne lorsque cette opération fut lancée. Or, si l’Etat hébreu peut avoir des raisons de ne pas laisser le Hamas se renforcer, il faut aussi voir que les perspectives politiques du pays sont à l’organisation d’élections législatives anticipées en février 2009, qui nécessitent pour chacun des candidats de montrer qu’il est à même de contenir la situation dans les Territoires palestiniens s’il venait à être élu.

Tzipi Livni (Kadima, Affaires étrangères) et Ehoud Barak (Parti Travailliste, Défense) ne pouvaient ainsi qu’abonder dans le sens d’une stratégie qui insiste sur leurs capacités stratégiques tout en coupant l’herbe sous les pieds d’un Hamas déterminé pour sa part à empêcher le président Mahmoud Abbas de prolonger son mandat d’un an (soit jusqu’à janvier 2010). Avec bien entendu un curseur politique israélien incontournable à la clé : le fait qu’ils concurrencent ainsi pour chacun d’entre eux leur principal adversaire politique, l’homme favori des sondages israéliens, Benyamin Netanyahu. Les estimations le placent en effet soit comme gagnant en suffrages des législatives israéliennes de février prochain, soit à égalité avec Tzipi Livni. Chose qui est jusqu’à déplaire à Ehud Olmert, qui, aussi sortant soit-il, demeure l’un des représentants des intérêts du parti Kadima, et non du Likoud.

Une paix aux abonnés absents On voit difficilement quelle sera l’issue de cette aberrante nouvelle escalade dans le conflit israélo-palestinien, les Israéliens paraissant déterminés à ne pas perdre la face comme cela fut le cas il y a deux ans au Liban. Pour l’heure, ils paraissent profiter de la période de flottement régnant au niveau politique américain afin de faire aboutir ce qu’ils présentent comme étant une stratégie sécuritaire.

Cela dit, l’on voit d’ores et déjà qui, outre la résolution du conflit israélo-palestinien, figurera parmi les perdants de cet épisode :

- les Américains, toujours aussi partisans de méthodes sécuritaires faisant fi du politique ;

- les Européens, inertes mais que l’on suppose quelque peu gênés de voir les Israéliens répondre de la sorte au renforcement des relations israélo-européennes décidé et annoncé il y a à peine trois semaines ;

- le Conseil de Sécurité de l’ONU, capable tout au plus, une fois encore, de l’adoption de résolutions non contraignantes ;

- et une grande partie des gouvernants arabes de la région, dont les critiques officielles à l’encontre de la stratégie israélienne ne trompent plus grand monde.

En contrepartie, le sursaut de la « rue arabe », combiné aux protestations des principales formations politiques régionales non gouvernementales, laisse un bel avenir à la radicalisation plus avant de ces opinions publiques régionales. Il n’est par ailleurs en rien anodin de constater que c’est la Turquie, Etat non arabe en paix avec l’Etat hébreu, et parrain jusqu’ici de « négociations indirectes » entre les Syriens et les Israéliens, qui a accusé ces derniers de « crimes contre l’humanité », et argué de ce que la reprise de contacts avec eux se révélait « illusoire ». Les relations turco-israéliennes ne devraient pas pour autant en ressortir affectées ; mais l’état des relations israélo-arabes, et l’avenir d’une paix régionale, si, une fois encore.

Il devient ainsi malheureux de constater que, à l’heure du décès de Samuel Huntington, certains acteurs aient voulu se lancer dans des stratégies qui ont pour effet de remettre au goût du jour le concept de « choc des civilisations » cher à ce dernier. Une fois encore, celui-ci n’est pourtant en rien inéluctable ; mais l’état de la scène proche-orientale ne permet décidément toujours pas d’envisager son écartement durable. Pour le reste, Israéliens et Palestiniens, tout comme Israéliens et Arabes, feront encore beaucoup parler d’eux le long des années à venir… mais malheureusement pas dans le sens que l’on pourrait escompter. carre_bleu_grand-26-fa025

Forum

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4 Messages de forum

  • Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

    29 décembre 2008 11:36

    Monsieur MIKAIL,

    Que faite vous à l’IRIS ? Vous donnez par la pauvre qualité de votre article une mauvaise image de l’IRIS. Le mieux est pour vous de ne pas écrire.

    Bonne journée

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  • Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

    29 décembre 2008 14:03, par Sappey

    « Les tirs de roquettes palestiniennes vers le territoire hébreu, combinés à une radicalité dans les propos des cadres du Hamas, sont condamnables certes : mais ils sont loin d’avoir provoqué près de 1000 victimes (environ 300 morts et 700 blessés) majoritairement innocentes en l’espace de 48 heures, comme cela est actuellement le cas pour les habitants de la bande de Gaza. »

    ce que vous dites est faux Monsieur, les victimes palestiniennes ne sont pas « majoritairement innocentes », d’après les chiffres du bureau de l’ONU en Palestine, il y a 60 civils tués sur les 300 morts palestiniens : http://www.ochaopt.org/ On est en droit d’attendre un peu plus de serieux de la part de l’IRIS …..

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  • Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

    30 décembre 2008 10:12, par Ricochet

    Tout comme les Américains avaient créé et entretenu Al Quaeda pour contrecarrer l’expansion soviétique en Agfhanistan, les Israéliens ont créé le Hamas pour tenter de damer le pion à Arafat dans les années 80. Et il arrive aux Israéliens ce qui est arrivé aux Américains : le bébé s’est transformé en monstre et oedipe s’est emparé de la scène internationale. Combien d’Al Quaeda et de Hamas nos éminents stratèges ont-ils créé de par le monde ? Se rend-on compte que finalement, ceux qui nous menacent aujourd’hui n’ont été installés que de par notre seule volonté ? BRAVO !!

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Les nouvelles formes de la désinformation

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Stratégiquement, l’information peut être considérée comme

- un ressource rare : il importe de savoir des choses vraies que ne sait pas l’adversaire ou le concurrent, par exemple connaître ses forces et ses plans tandis qu’il ignore tout des nôtres, ou être au courant d’un événement qui risque de changer les conditions de l’affrontement ou de la compétition. Il s’agit donc de se renseigner (de veiller) et de conserver ses secrets, les deux faces de la même approche.

- un levier pour agir sur les hommes en suscitant leur adhésion à une cause, leur enthousiasme, leur indignation, leur découragement, s’ils sont dans le camp d’en face…. C’est typiquement ce que fait la propagande, de manière directe et visible, ou encore l’influence et le formatage des esprits de manière indirecte et subtile.

- une arme offensive : il s’agit alors d’utiliser certains messages ou certains symboles pour provoquer un dommage chez l’adversaire. Pour aller plus en détail, on peut s’en prendre

  • o Soit à ses plans en lui insufflant de fausses certitudes qui lui feront commettre des erreurs. On peut alors parler d’intoxication : passer de la mauvaise information (au sens de non conforme à la réalité)
  • o Soit à une opinion (chez l’adversaire, chez les neutres) pour l’amener à croire des choses qui seront défavorables à la cible, en ruinant sa réputation, en lui faisant perdre des alliés. Il s’agit alors de désinformation.
  • o Soit au fonctionnement de son système d’information, afin de créer du chaos, de rendre une organisation incapable de recueillir, conserver ou traiter correctement l’information, de communiquer efficacement… Cette forme d’action « incapacitante », qui diminue les performances de la cible, peut être considérée comme de la déstabilisation. Elle se pratique très bien par des moyens technologiques (cyberattaques).

Les catégories que nous venons de rappeler ne sont pas étanches. Par exemple :

  • - Difficile de mener une vraie opération d’intoxication sans avoir quelque peu violé les secrets de l’adversaire, exploité un bon renseignement et, dans tous les cas, sans avoir mené sa propre opération dans la plus totale confidentialité. Les alliés auraient-ils réussi l’opération Mincemeat en 1943 (opération qui consistait à faire de telle sorte que les Nazis découvrent un faux noyé portant de faux plans d’un faux débarquement) s’ils n’avaient bien connu le mode de fonctionnement de l’adversaire ?
  • - Difficile de tracer une frontière très nette entre un opération d’intoxication qui s’adresse aux dirigeants d’une désinformation qui s’adresse à un public plus large. Ainsi lors de l’affaire des Armes de Destruction Massive en Irak, les faux rapports décrivant la façon dont Saddam Hussein cherchait à se procurer de l’uranium enrichi au Niger étaient-ils destinés à tromper les chefs d’État et les membres du Conseil de Sécurité ou les populations du monde entier ?

L’utilisation offensive de l’information en fait un moyen symbolique d’attrition (terme stratégique qui peut se traduire par « causer des pertes ») ou de désorganisation et division. Sun Tze conseille d’utiliser les espions ennemis : « Si vous venez à les découvrir, gardez vous bien de les faire mettre à mort… Les espions des ennemis vous serviront efficacement si vous mesurez tellement vos démarches, vos paroles et toutes vos actions qu’ils ne puissent jamais donner que de faux avis à ceux qui les ont envoyés. ». Plusieurs stratagèmes chinois reposent sur cette technique. Un des plus anciens est celui de «l’agent perdu» qui consiste à envoyer dans le camp ennemi un espion particulièrement maladroit de telle sorte qu’il soit pris. On le fera parler et on s’emparera des messages chiffrés qu’il détient : ils révéleront que le général ennemi est un traître (ce qui, bien entendu, est totalement faux : tout est truqué dans cette affaire) : il sera donc exécuté, à tort, par le souverain ennemi et cela contribuera à affaiblir son armée.

De ce point de vue, il est permis de considérer la désinformation comme une intoxication s’adressant à des peuples entiers et recourant le plus souvent pour cela à des relais médiatiques qui rendront la désinformation encore plus contagieuse (ce qui en fait, si l’on préfère, une sorte de rumeur délibérée pensée et relayée pour produire un dommage maximal).

Le mot « désinformation » a fini par désigner toute forme de bobard journalistique, de trucage, déformation ou simplement toute interprétation tendancieuse, à tel point qu’elle devient l’information dont nous doutons comme l’idéologie l’idée que nous refusons. D’un côté, le Charybde paranoïaque : voir partout des complots contre la vérité et des manipulations invisibles. De l’autre, le Sylla de l’angélisme : noyer la réalité de la désinformation dans des considérations vagues sur la relativité de toute vérité du type : toute image est sélectionnée et interprétée, tout événement est construit. L’usage commun oscille toujours entre la désinformation/résultat (je suis désinformé = on nous cache tout, la vérité est ailleurs, tous des menteurs, etc.) et la désinformation/manœuvre (services secrets, complots, stratégie…).

Répétons que le recadrage idéologique, le psittacisme médiatique, la myopie engagée, la construction de l’agenda par les médias ne doivent pas être assimilés à leur emploi tactique. Ou plutôt, la désinformation ne doit pas être confondue avec les règles du jeu qu’elle exploite .

Du reste, le préfixe « dé » du mot est assez mal choisi : dans la désinformation, on ne prive pas d’information, on met en scène une pseudo information de façon qu’elle soit reprise par d’autres et qu’elle procure un avantage stratégique. Contrairement à la propagande qui est sans rapport avec la notion de vérité (au contraire : plus elle colle à la vérité, plus elle est efficace), la désinformation n’a de sens que si elle persuade un nombre suffisant de gens de la vérité d’un événement, non seulement faux (cela, c’est simplement mentir), mais aussi fabriqué, truqué en vue d’un effet offensif.

Le mot désinformation a longtemps été lié à un contexte de guerre froide. Annie Kriegel écrivait à l’époque :

« Le terme de désinformation, comme d’autres aussi chanceux : nomenklatura, goulag, langue de bois, est tombé dans le domaine public, mais, de proche en proche, immergé dans des contextes de plus en plus dépourvus de rapports avec le contexte initial, celui constitué par le monde communiste, il risque de perdre tout contour et toute couleur, peut-être toute substance. Tantôt le voici gonflé au point de se trouver aspiré vers le ciel métaphysique du mensonge qui couvre de son ombre gigantesque les ténèbres du monde de la chute. … Tantôt le voici, plus raisonnablement, mais de manière encore trop extensive, qui s’identifie, sinon à l’humanité toute entière, du moins à l’humanité communiste. C’est en somme confondre la désinformation avec l’idéologie »

Il faut rappeler que le mot était d’abord apparu dans des dictionnaires soviétiques pour désigner les mensonges que les capitalistes répandaient pour ternir l’image du socialisme radieux. Puis très vite, le terme est passé chez l’adversaire. La désinformation est devenue un manière de regrouper les mises en scène et campagne de dénigrement, vraisemblablement montées par le KGB, et imputant de faux crimes au monde occidental : faux activités de néo-nazis (qu’auraient toléré les «bellicistes» de RFA), faux carnets d’Hitler, fausses lettre de dirigeants de l’Otan ou des USA, fausse preuve que le Sida avait été fabriqué par des laboratoires de la CIA. À cette époque, c’est surtout la droite qui dénonce la désinformation communiste (liée à l’idée de « subversion »). On verra par la suite que ce procédé n’est nullement le monopole des régimes marxistes.

On notera que la désinformation est surtout négative : elle vise essentiellement à attribuer des crimes ou des plans criminels à celui que l’on désire affaiblir, en faisant si possible révéler la chose par un journaliste « indépendant ».
La désinformation suppose une mise en scène initiale destinée à accréditer le mensonge plus une utilisation intelligente de relais apparemment neutres.
Exemple du premier procédé : lors du procès de Nuremberg, lorsque l’Urss de Staline accuse la Wehrmarcht vaincue d’avoir massacré des milliers d’officiers polonais à Katyn (un crime dont l’Armée Rouge était responsable) elle produit de fausses preuves : témoignages, balles allemandes…
Exemple du second procédé : lorsque la même URSS veut disqualifier Kravchenko, qui révèle la nature régime soviétique, elle utilise non seulement les PC nationaux (eux ne faisaient pas de désinformation délibérée, ils étaient plutôt dans l’aveuglement idéologique), quelques compagnons de route mais aussi des agents payés (comme André Ullmann produisant des faux anti Kravchenko) qui cachent leur allégeance.

En ce sens, certaines des affaires qui ont marqué l’après chute du Mur se plaçaient dans la tradition des « forgeries » de services secrets. On pense ici aux faux cadavres de Timisoara destinés à saler un peu plus l’addition de Ceaucescu (qui en avait pourtant beaucoup fait contre son peuple).

Depuis la décennie 90, nous avons découvert que la désinformation n’était en aucun cas intrinsèquement liée au communisme. Dans la première et la seconde guerre du Golfe comme au moment de la guerre « humanitaire » du Kosovo, les imputations de crimes atroces et de plans diaboliques ont fonctionné suivant le même schéma : fausses « super-armes » de Saddam, fausses horreurs comme les couveuses de Koweit City que l’on disait délibérément débranchées par les soudards irakiens, faux génocide de Kosovars (certains journaux parlaient à l’époque de centaines de milliers de victimes), faux plans d’épuration ethnique des Serbes
En attendant peut-être de nous débarrasser ce concept des années 50, la désinformation est à repenser. Autrefois la difficulté était de la situer entre la lutte idéologique opposant deux systèmes et les déformations et mésinformations journalistiques.

Désormais, ce qu’il faut bien nommer désinformation avoisine trois domaines.

  • - Le domaine de la « sidération » agressive militaire. Il s’agit ici d’une infoguerre vraiment martiale avec ses psyops, opérations psychologiques, version « âge de l’information » de la guerre psychologique de papa. Cette stratégie-là se préoccupe aussi de « management de la perception », donc de proposer du « contenu », de faire circuler des informations sélectionnées en fonction de leur capacité d’influencer les « estimations » des acteurs dans un sens favorable à ses desseins. Sous cette phraséologie compliquée typique du Department Of Defense, se cachent des méthodes d’action sur les médias étrangers. Aux USA, la révélation de l’existence d’un « Office of Strategic Influence » a provoqué un scandale qui a abouti à sa fermeture en 2002 : cette officine avouait naïvement qu’elle aurait pu non seulement désinformer des opinions étrangères, mais aussi mentir à des Américains.
  • - Le domaine de la rumeur, de la e-rumeur, de la légende urbaine , et autres formes de prolifération, sur la Toile, de l’information anarchique, là encore, pas forcément fausse ou malicieuse. Les communautés d’internautes sont prêtes à reprendre et amplifier toute nouvelle sensationnelle qui ne provient pas des médias « officiels », toujours suspects. Les publicitaires découvrent la puissance du « marketing viral » pour répandre l’image positive de leurs produits. C’est encore plus vrai de rumeurs négatives et autres « hoaxes »: elles prolifèrent par milliers . La désinformation stricto sensu cohabite avec les virus, l’altération de données, le déni d’accès, qui consiste à sursaturer un système informatique, avec la prise de commande à distance sur des réseaux. La désinformation qui agit sur la croyance des victimes, c’est-à-dire sur leur interprétation du réel, voisine ainsi une quasi-désinformation ou anti-information : celle qui agit sur le fonctionnement des organisations et des systèmes.
  • Le domaine de l’économie, surtout celle que l’on disait nouvelle. Les faux sites, les opérations de dénigrement par forums Internet, pseudo associations, et pseudo scandales interposés, les révélations et pressions, composent l’arsenal de l’économie dite hypercompétitive . Une opération de désinformation peut viser à faire perdre à sa victime sa réputation, à faire baisser son action en Bourse ou tout simplement un temps de paralysie, crucial dans une économie « zéro délai » en flux tendus. D’où ce paradoxe : plus l’entreprise se dote de déontologues et de codes d’éthique, plus elle se veut citoyenne et responsable, plus elle est soumise au danger de telles opérations. Ici, la désinformation est à rapprocher de la déstabilisation, du risque informationnel. Et ce paradoxe-là pourrait bien peser lourd à l’avenir.

Un autre élément qui change la pratique de la désinformation : le monde semble s’être peuplé de chasseurs de bobards. Avec le journalisme numérique, avec la possibilité de mettre en ligne des vidéos « démentant la version officielle » ou « révélant une opération de désinformation » la chasse à la désinformation et au trucage semble ouverte. Or, le problème est que le meilleur côtoie le pire en ce domaine.

Le meilleur : la multiplication des sites sérieux d’analyse de l’information, le travail d’intelligence collective ou de vérification des sources qui permet souvent en quelques minutes de déceler une information fausse ou suspecte. Un exemple : après l’élection d’Ahmaninedjad, d’anciens otages de l’ambassade des États-Unis à Téhéran affirmèrent que le nouveau président de l’Iran était un de leurs anciens bourreaux, ils produisirent même une photo d’époque où le nouvel élu semblait bien apparaître avec vingt ans de moins. Quelques minutes plus tard, des amateurs avaient comparé des photos, mesuré des tailles, et ils démontraient qu’il ne s’agissait pas du même homme.

Le pire : n’importe quel paranoïaque peut dénoncer les trucages de la presse « officielle », les expliquer par des complots du complexe militaro-industriel et révéler aux foules éblouies que les Américains n’ont jamais débarqué sur la lune, qu’il n’y a jamais eu d’avion lancé contre le Pentagone le 11 Septembre ou qu’il n’y avait aucun juif dans les Twin Towers.

L’accusation de désinformation peut elle même être désinformante. Le conflit du Proche-Orient est un terrain de choix pour cette technique, d’autant qu’il existe un public pro-israélien et pro-palestinien prêt, dans nombre de pays, à croire les uns que toutes les accusations contre Tsahal sont honteusement truquées, les autres que la main du Mossad est partout et la presse occidentale toujours à son service.

Le pire est qu’ils trouvent toujours un début de vérité, donc un début de trucage adverse, pour justifier leur attitude hypercritique.

Deux exemples célèbres au début de la seconde Intifada. Lorsque le petit Mohamed Djura est tué par des balles israéliennes, il devient une icône dans tout le monde arabe. L’accusation de trucage ne tarde pas : les journalistes ont tout bidonné, c’est une balle palestinienne qui l’a atteint, l’opinion occidentale gobe n’importe quoi… Accusation portée comme par hasard par une association dont le dirigeant se révéla être un ancien du Mossad, et dont les tribunaux firent justice. Oui, mais quelques jours après la mort du petit Mohamed, Libération avait présenté une photo d’un malheureux Palestinien matraqué par un soldat de Tsahal. Mais cette fois-là, il se révéla que le « Palestinien » était en fait un touriste venu en Israël qui avait manqué d’être lynché par la foule, et que le soldat protégeait au contraire.

Depuis, la compétition visant à dénoncer les mises en scènes adverses ne s’est pratiquement pas arrêtée (elle fut très vive pendant l’invasion israélienne du Sud Liban). Avec un « avantage » côté pro-israélien où il existe davantage de moyens (et de relais notamment dans les télévisions américaines) pour dénoncer le « Palywood » (comprenez, le cinéma, le Hollywood, des fausses victimes palestiniennes).

Dernier élément : la crainte de la désinformation (d’ailleurs infiniment plus facile à l’image avec des procédés numériques) se nourrit de la révélation de quelques scandales journalistiques : articles truqués de Stephen Glass, Jayson Blair, Jack Kelley, fausse interview de Castro, fausses révélations sur les ADM irakiennes… ou tout dernièrement ce consultant français à Washington qui publiait des entretiens fictifs dans Politique Internationale…

 

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Sarkozy, « despote éclairé » ou « député fainéant » ?

Posté par issopha le 15 janvier 2009

OMNIPRESIDENCE

Sarkozy, « despote éclairé » ou « député fainéant » ?

NOUVELOBS.COM | 14.01.2009 | 17:31

Entre François Hollande qui affirme que Nicolas Sarkozy « finit par faire regretter le temps des Mérovingiens » et René Dosière (PS), qui souligne que le chef de l’Etat était un « député fainéant », la stigmatisation des « rois fainéants » par Nicolas Sarkozy continue de faire parler.

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux le 31 décembre 2008 (Reuters)

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux le 31 décembre 2008 (Reuters)

L‘ancien premier secrétaire du PS François Hollande a affirmé mercredi 14 janvier que Nicolas Sarkozy veut « décider seul en République » et « finit par faire regretter le temps des Mérovingiens » alors que le président de la République avait stigmatisé les « rois fainéants ».
Sous le titre « monarchie absolue », le député de Tulle écrit sur
son blog : « Nicolas Sarkozy, dans une formule peu élégante à l’égard de son prédécesseur, a évoqué les rois fainéants pour justifier son activisme présidentiel depuis son élection ».
Mais, « exercer sa mission n’est pas décider seul en République. Avoir le pouvoir n’est pas détenir tous les pouvoirs. Et c’est là la dérive, le glissement, et pour tout dire la confusion », accuse François Hollande.

« Regretter le temps des Mérovingiens »

« Pour rester dans la métaphore monarchique, c’est du despotisme éclairé, ce qui finirait par faire regretter le temps des Mérovingiens », souligne le député.
Pour François Hollande, « la remise en cause du droit d’amendement, la volonté de limiter l’intervention du Parlement », la « manœuvre réduisant les marges d’actions de l’opposition », ce n’est « pas une modernisation, une rationalisation: c’est une mise au pas, une soumission, un abaissement ».
Et « quand le président décide lui-même de la fin du juge d’instruction (…) sans prononcer dans le même temps l’indépendance du parquet, c’est s’assurer pour le pouvoir en place les moyens d’éviter que de petits juges viennent régler de petites affaires plus ou moins nauséabondes que la politique peut parfois générer », selon lui.

« Député fainéant »

Nicolas Sarkozy, qui a raillé la semaine dernière les « rois fainéants », sans citer nommément Jacques Chirac, a été un « député fainéant », a affirmé mercredi le député René Dosière (app. PS), spécialiste du budget de l’Elysée.
« Lui en tout cas a été un député fainéant. En tout et pour tout, il a parlé moins d’une heure dans l’hémicycle pendant les 12 années où il a été député mais il a été payé à temps complet ! », a déclaré à l’AFP l’élu de l’Aisne.
« Les compromis, l’écoute de l’autre, on comprend mieux pourquoi il ne sait pas faire: il n’a pas la culture du député. Il a peu d’expérience législative donc il n’apprécie pas que le Parlement discute librement. Il ne comprend pas les procédures », a-t-il ajouté.
Dans un communiqué ironiquement intitulé « Les exploits parlementaires de Nicolas Sarkozy », M. Dosière indique que le chef de l’Etat n’a pas siégé 20 ans à l’Assemblée nationale comme il l’avait affirmé lors des vœux aux parlementaires mais seulement « 12 ans », sur les périodes 1988-1993 et 1995-2002.

Aucun débat parlementaire

En réalité, Nicolas Sarkozy a été député des Hauts-de-Seine deux mois et demi supplémentaires, entre le 13 mars et le 2 juin 2005, date à laquelle il était devenu numéro deux du gouvernement Villepin.
Durant ces années, poursuit René Dosière, il n’a participé à « aucun débat parlementaire », « n’a déposé aucun amendement » et « sa présence à l’Assemblée se résume à 10 interventions brèves: deux questions au gouvernement, soit quatre minutes, huit interventions de cinq à dix minutes, soit au total moins d’une heure de parole en 12 ans de vie parlementaire ! ».
« Pendant de nombreuses années, en 1988, 1991, 1992, 1993, 2000, 2001, 2002, on ne trouve aucune trace de sa présence à l’Assemblée. C’est dire à quel point son expérience parlementaire est faible, pour ne pas dire plus », souligne-t-il.
« Si chaque député prenait exemple sur lui, alors l’Assemblée nationale deviendrait inutile », ironise-t-il avant de lancer: « pour parodier Clemenceau, gloire aux députés qui parlent, honte aux députés qui se taisent ».

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La fabrique des élites…en FRANCE.

Posté par issopha le 13 janvier 2009

 

Les roches, l’ecole alsacienne, la bilingue

La fabrique des élites

Lagardère, Copé, Sarkozy… Leurs enfants se croisent dans les mêmes établissements où ils retrouvent désormais des petits héritiers russes ou chinois

Leurs pères ne sont pas toujours d’accord sur tout mais, question éducation, il faut croire qu’ils se rejoignent : Louis Sarkozy et les enfants de Jean-François Copé fréquentaient cette année le même établissement. Aux côtés des enfants Lagardère, Hallyday, Zulawski (l’ex-compagnon de Sophie Marceau), Haigneré. Où ? Pas question évidemment de le divulguer, pour des raisons de respect de la vie privée. Une chose est sûre cependant. Quand il s’agit de l’école, les VIP ont des réflexes moutonniers. Et ne s’embarrassent pas de la carte scolaire !

Ce n’est effectivement pas à Saint-Jean-de-Passy ni à Saint-Louis-de-Gonzague dans le 16e arrondissement, ni à l’Ecole alsacienne dans le 6e que leurs têtes blondes feront de mauvaises rencontres. Les parents très riches et très occupés n’hésitent pas à envoyer leur progéniture au vert, dans la très sélecte école -pensionnat des Roches, à Verneuil-sur-Avre dans l’Eure, qui a vu passer les enfants des familles Bolloré, Peugeot, Rothschild, Cousteau. Et compte aujourd’hui, mondialisation oblige, bon nombre de jeunes Chinois, Russes, Indiens. «Dans ces écoles qui forment l’élite, on apprend aux jeunes à être des chefs, dit Nathalie Duval, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne et auteur d’une thèse sur l’Ecole des Roches. D’où l’importance du sport, par exemple, qui valorise des valeurs comme la concurrence et la compétition.»

On leur apprend aussi, bien sûr, les langues étrangères et l’ouverture à l’international. Les nouvelles élites ne jurent que par la globalisation. L’Ecole alsacienne a ainsi organisé un voyage scolaire en Chine. Cette institution, rêve des bobos parisiens, intellos, journalistes, politiques, artistes, où ont défilé Carlos, Jérôme Monod, Alexandre Jardin, Thierry Breton et bien d’autres, devrait accueillir, selon «le Figaro», le fils de Carla Bruni-Sarkozy à la rentrée (1). Pierre de Panafieu, son directeur, ancien de l’école également, réfute pourtant l’étiquette «élitiste » : «Le problème, c’est que nous avons beaucoup de demandes. Sur 1000 dossiers, on ne peut en retenir que 200. Au lycée, à l’entrée de la seconde, nous n’avons que 15 places cette année.» La concurrence est d’autant plus rude que les enfants des anciens élèves sont prioritaires, de quoi faire de l’école une jolie machine à reproduction sociale. Prêts à tout pour accéder au temple, c’est donc dès la maternelle que les parents se précipitent au bureau d’inscription pour passer l’entretien d’entrée, pas rebutés par les frais annuels de scolarité (2 200 euros).

Le réseau des écoles bilingues, de plus en plus prisées pour leur environnement cosmopolite et international, est encore plus cher. La Bilingue, dans le 15e arrondissement, réputée pour son excellent niveau, coûte 1200 euros par trimestre. Dernièrement, l’école a inauguré un magnifique centre des arts et des sciences. Et pour financer la construction d’une salle de théâtre, elle a carrément réalisé une levée de fonds auprès des parents ! A l’américaine, l’école a organisé un dîner de gala au Cercle Interallié, avec une vente aux enchères constituée d’oeuvres d’art données par des parents généreux donateurs. Le ticket d’entrée ? 300 euros le couvert. On ne s’étonnera donc pas si le Yearbook (l’annuaire) de l’école est en lui-même un mini-Bottin mondain. Ou, comme le résume sur un forum internet un élève de l’école : «C vraiment le lycée VIP, moi jdi fo bien choisir ses amis, si tu ve fer un tour en jet privé autour de Paris»…

(1)L’Ecole alsacienne ne dément pas formellement, mais précise que les résultats des admissions n’étaient pas encore connus : on se dit pourtant que ce devrait être oui.

Doan Bui
Le Nouvel Observateur

Enquête sur la caste des héritiers

Leurs parents sont du même monde. Ils ont fréquenté les mêmes grandes écoles, se croisent, en vacances, dans des îles pour happy few, et souvent se marient entre eux. Ce sont les enfants de cette nouvelle aristocratie dont la fortune n’a cessé de croître ces dix dernières années. Un cercle de plus en plus fermé à la majorité de Français qui, pendant ce temps, peinent à se constituer le premier sou pour acquérir un logement. Jamais depuis la Belle Epoque, les écarts entre les patrimoines n’ont été aussi vertigineux

Ils ont 20 ans à peine, et ils font mentir les statistiques sur les difficultés des jeunes à entrer dans la vie active. Jean Sarkozy, le fils cadet du président de la République, et Jessica Sebaoun-Darty, héritière de l’empire de la distribution, ont célébré leurs fiançailles le 15 juin. Ils ont échangé des cadeaux, diamant de chez Tiffany pour elle, montre Cartier pour lui. Les noces sont pour bientôt, et les Français ne manqueront pas d’y être conviés par presse people interposée. Dès le lendemain, le «prince Jean», jeune homme pressé, se catapultait à la tête du groupe UMP du conseil général des Hauts-de-Seine à la barbe des caciques du parti. A peine arrivé dans le jeu, voilà le dauphin premier servi. La mèche est certes blonde et juvénile, la recette n’en sent pas moins l’Ancien Régime. Elle pourrait jouer un mauvais tour politique à papa Nicolas. Il jurait n’être monté jusqu’à la cime qu’à la seule sueur de son front; il promettait d’inventer le «self-made-manisme» à la française pour, un dimanche de juin, apparaître en padre népotique.

Le phénomène est déjà décrypté : les fils et filles de, les «FFD», sont partout. Debré, Panafieu, de Gaulle, Le Pen, mais aussi Arnault, Pinault, Lagardère, Bouygues. Brasseur, Gainsbourg, Garrel, Mastroianni, mais encore Delerm, Chedid, Depardieu, Dutronc, Enthoven, Lévy, Drucker. On pourrait en remplir un annuaire. Politique, business, cinéma, variétés, littérature et médias. La presse people tient chronique et les réseaux dorés s’exhibent sur Facebook : on n’ignore plus rien des relations endogamiques qui consolident l’élite. Tant et si bien que les FFDPPI, «fils et filles de personnes pas importantes», ont le sentiment d’une société bloquée où les privilèges sociaux se transmettent de père en fils.

La fabrique des élites...en FRANCE. dans FABRIQUE DE L'ELITE ou de la REPRODUCTION Sociale
La France avait réduit ses inégalités ces trente dernières années. Mais depuis une décennie les différences sociales réapparaissent en force, avec l’envolée des ultra-riches, les grands bénéficiaires de la financiarisation de l’économie. Bling-bling contre misère. D’un côté, la pauvreté prend de nouveaux visages : la mère seule à mi-temps ou le smicard qui fait les poubelles en fin de mois. De l’autre, la richesse sans complexe affiche parachutes dorés, bonus et stockoptions. Entre ce haut du panier et le reste du monde, le fossé se creuse. De 1998 à 2006, les revenus des Français ont augmenté de 6% en moyenne. Ceux des 350 000 foyers les plus riches (1% des ménages) ont progressé trois fois plus vite. Et, parmi eux, les 3 500 familles les plus fortunées ont vu leurs revenus augmenter de 42% en huit ans. Sur la seule année 2007, les salaires des patrons du CAC 40 ont gagné 40%. Pour Camille Landais, de l’Ecole d’Economie de Paris, «cette évolution met fin à vingt-cinq ans de stabilité dans la hiérarchie des salaires» et signe la concentration extrême du patrimoine. Si quelques golden boys de la finance et cadres hypermobiles réussissent à faire fortune très vite, le renouvellement de cette élite reste faible. Aucun créateur d’une société née de la bulle internet n’a réussi à se frayer un chemin jusqu’au CAC 40. Pas de petit Google ou de Microsoft à la française dans ce club, dont 17 des 40 membres restent des empires familiaux. Bien sûr, les fils à papa, ont toujours existé. «La Reproduction» et «les Héritiers», les classiques de Bourdieu et Passeron, sont quadragénaires. Mais chaque génération, depuis la guerre, pouvait espérer vivre mieux que la précédente. Les 3545 ans savent que ces temps sont révolus. Nés avec la crise pétrolière, élevés avec le chômage à deux chiffres, ils expérimentent collectivement le déclassement. «Pour les classes populaires, l’ascenseur social est panne, précise le sociologue Camille Peugnier, auteur d’un livre à paraître sur le sujet à la rentrée (1). Pour les milieux favorisés, il descend de plus en plus fréquemment.» Aujourd’hui, un enfant de cadre sur quatre est à 40 ans ouvrier ou employé. Alors qu’un sur sept seulement subissait ce «déclassement» en 1980.

 dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY
Quand on ne peut plus compter sur le travail pour s’en sortir, on tape dans le capital. Un avantage décisif. Regardons le logement. «Aujourd’hui, la vraie différence entre deux foyers qui gagnent 2 000 euros par mois, c’est la situation immobilière : selon qu’ils ont ou non un loyer ou un prêt en cours, ils sont aisés ou modestes», explique Louis Chauvel, professeur à Sciences-Po.

Les donations du vivant des parents sont un signe de ce que l’on appelle la générosité intergénérationnelle : les grands-parents aident financièrement, quand ils le peuvent, les enfants et petits-enfants pour acheter l’appartement, mais aussi pour changer la voiture, payer les vacances à la montagne. Lola et Paul ont 3 enfants. Elle est au chômage depuis plusieurs mois, il est prof. Ils gagnent 2 800 euros à eux deux. Et jouissent pourtant d’un magnifique loft, de vacances à l’autre bout du monde et d’un train de vie que leurs seuls revenus ne pourraient soutenir. «Mes beaux-parents ont largement contribué à l’achat de l’appartement, raconte Lola. Sans eux, on ne pourrait pas habiter à Paris. Et à chaque coup dur ils sont là.» En découle, évidemment, une dépendance prolongée.

C’est donc le retour de la famille, de la lignée. Et la défaite de ce qu’on appelait, il y a bien longtemps, le «modèle méritocratique français». L’ascenseur social fonctionnait grâce à trois ressorts : l’école, l’impôt et la fonction publique. Trois piliers qui assuraient, en théorie, mobilité sociale et redistribution des richesses. L’école, dès la maternelle, promettait de compenser les inégalités culturelles. Illusion. Les grandes écoles sont désespérément homogènes socialement. Bien plus encore qu’il y a vingt ans. Selon un récent rapport du Sénat, seuls 9% des élèves de classes prépa sont issus d’un milieu défavorisé contre 29% en 1988 (lire l’interview de François Dubet, p. 24). «Ce système est à bout de souffle, analysent Emmanuelle Walter et Thomas Lebègue dans un livre au titre provocateur («Grandes Ecoles. La fin d’une exception française») à sortir en septembre chez Calmann-Lévy. Et pas seulement pour des raisons morales ou politiques : le recrutement malthusien des élites est inefficace économiquement. On aboutit à des nanoconfréries coupées des réalités.»
En allégeant la fiscalité sur les transmissions (voir l’article de Nathalie Funès, p. 23), Nicolas Sarkozy valorise aussi l’hérédité. Travaillez plus pour gagner plus, certes, mais héritez, ce sera plus sûr. La fonction publique, enfin, par l’anonymat du, concours, permettait à chacun de tenter sa chance. «L’Etat employeur avait un vrai rôle de cohésion sociale et d’atténuation des inégalités», rappelle Marie Cartier, coauteur de «la France des «petits-moyens»» (la Découverte) . Mais les caisses de l’Etat sont vides. Avec le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans les trois prochaines années, le nombre de recrues dans la fonction publique devrait donc continuer de décroître (moins de 40 000 agents par an) . Autant de débouchés en moins pour les sans-réseau.

Et le sentiment accru de deux France qui se concurrencent. D’un côté, les héritiers qui profitent de leur bonne fortune dès la naissance. Sans être forcément richissimes, ils cumulent les patrimoines : les mieux dotés socialement ont souvent aussi reçu héritage culturel et relationnel dans le berceau. Consuelo, la demi-soeur de Caria Bruni-Sarkozy, en sait quelque chose, qui vient de décrocher un «stage» auprès du conseiller diplomatique de l’Elysée, Jean-David Levitte, ainsi que la première dame le confirmait lors de son interview à «Libération». De l’autre, ceux qui en sont réduits à attendre ce que les assureurs appellent le «point oméga», par opposition au «point alpha», la naissance; ce jour un peu glauque où le notaire clôt la succession du dernier parent décédé. Avec l’augmentation de l’espérance de vie, l’avenir, pour ces «oméga-istes», dure longtemps. Catherine, la cinquantaine, se laisse parfois gagner par l’impatience. Elle vit sur la Côte d’Azur, de petits boulots saisonniers, toujours plus difficiles à trouver. Depuis quelques mois, elle est séparée du père de ses enfants, mais continue de vivre sous le même toit : «Je ne peux rien louer sans travail fixe, dit-elle. Ni acheter. A mon âge, personne ne me prêterait ce dont j’aurais besoin. Je n’ai plus qu’à attendre que ma mère meure, c’est triste, mais son argent me sauvera la mise.» Catherine, entre galère et culpabilité, s’inquiète surtout pour ses descendants : aura-t-elle un «petit capital» à leur léguer ? Transmettre. Coûte que coûte. Revient en mémoire «la Graine et le Mulet». Le film d’Abdellatif Kechiche raconte comment un vieil ouvrier tente envers et contre tout de créer un restaurant pour laisser quelque chose à ses enfants. Et son émouvante course contre la montre. Qui n’était pas de chez Cartier.

(1)«L’Epreuve du déclassement», Grasset.
 

Isabelle Monnin, Sophie Fay
Le Nouvel Observateur

Sylvia Di Pasquale 2008-08-20 11:52:40 – Alerter

Point de parution du livre de Camille Peugnier prévu aux Editions Grasset… Les auteurs pourraient-ils vérifier si l’ouvrage dont elles parlent « L’épreuve du déclassement » paraîtra effectivement à la rentrée. Et si oui, chez quel éditeur ? Merci.

basique 2008-07-06 16:15:33 – Alerter

Le fils sarkosy et la fille darty : vont-ils nous faire la pluie et le beau temps ? La grand messe et le bal des prétendants au trône du gouvernement viennent de commencer . Comme cadeau de mariage , je leur souhaite une bonne GAUCHE qui réinvente un modèle économique dans lequel le travail prévaut sur la rémunération du capital , une gauche enfin réconciliée avec ses valeurs, qui prône la SOLIDARITE entre les peuples et non la sacralisation du profit et des business men .

Comment les élites monopolisent l’ena, x, normale sup…

«Les réflexes aristocratiques»

Les héritiers continuent de truster les grandes écoles. Mais ils ne se sont jamais autant battus pour y entrer. Explications du sociologue de l’éducation François Dubet *

Le Nouvel Observateur.Jamais depuis la guerre la part des élèves d’origine populaire dans les grandes écoles n’a été aussi faible. L’ascenseur scolaire ne marche pas ?

François Dubet. – Je serais plus nuancé. Le système scolaire a été massifié. On est passé en quarante ans de 15% à 65% de bacheliers. La scolarité qui s’arrêtait, en moyenne, à l’âge de 16 ans, se prolonge jusqu’à 20 ans. Mais, parallèlement à cet effort de démocratisation, les catégories dirigeantes ont maintenu leur monopole sur les grandes écoles. Pour la reproduction des élites, rien n’a changé. C’est une déception.

N. O.
Est-ce le retour de ces «héritiers» décrits par Bourdieu et Passeron dans leur ouvrage paru en 1964 ?

F. Dubet. – On ne peut pas parler d’un retour des héritiers, car ils ne sont jamais partis. Il n’y a pas eu une époque où les enfants du peuple intégraient facilement Normale sup ou X. Mais ils sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux que par le passé à espérer y entrer. Quand un élève arrive en 6e, ses parents connaissent l’existence des grandes écoles. Ce qui était hors de leur représentation, il y a quarante ans. A l’époque, les prétendants d’origine populaire, du fait qu’ils étaient rarissimes, avaient des chances de réussite plus grandes. La compétition s’est accrue car le nombre de compétiteurs a décuplé. Les quatre plus grandes écoles représentent un millier d’élèves alors qu’il sort près de 600 000 jeunes du secondaire par an. Les héritiers, selon Bourdieu, cultivaient une image d’aristocrates dilettantes. Ils étaient portés par une forte connivence entre l’école et leur propre culture familiale. Ils sont devenus des athlètes de haut niveau. Et leurs parents des coachs sportifs qui les inscrivent dans les meilleurs établissements, leur choisissent la bonne langue étrangère. Le résultat est le même, mais la nature du processus a changé.OAS_AD(‘Middle1′);

 



N. O.
- Pourquoi le passage par une grande école est-il devenu si vital ?

F. Dubet. – Parce que nos élites politiques et économiques sont directement recrutées dans les grandes écoles. A l’issue de l’ENA ou de Normale sup, un emploi les attend de droit. Du fait de notre tradition colbertiste, elles pourront passer de l’Etat à l’entreprise. En Allemagne, les élites industrielles sortent des universités et des instituts technologiques et l’économie ne s’en porte pas plus mal. En France, l’aristocratie de naissance a été remplacée par une aristocratie du mérite, mais c’est toujours une aristocratie. Ce modèle imprègne la totalité du système scolaire, jusque dans la manière de faire la classe. Toute notre stratégie éducative est conçue pour ces milliers d’élèves.

N. O.
Que pensez-vous des filières ZEP créées par certaines grandes écoles. S’agit-il de réelles ouvertures sociales ou de gadgets ?

F. Dubet. – C’est symboliquement important et statistiquement faible. Bien sûr les grandes écoles se sentent gênées par l’accusation d’élitisme. Leur légitimité est mise en cause. D’où la troisième voie de Sciences-Po. Mais ces initiatives ne sont pas pour autant critiquables. Je ne vois pas au nom de quoi on n’irait pas prendre des gens qui ne sont pas nés au bon endroit. En même temps, cette politique peut avoir des effets complexes. Si vous permettez à plus de gens d’accéder au système, vous le légitimez et vous invalidez un peu plus ceux qui en sont rejetés. Enfin, élargir l’accès à l’élite suppose que les groupes qui en ont le monopole aient la courtoisie de céder la place. Il ne faut pas trop y compter. Selon le sociologue John Goldthorpe plus le système scolaire se démocratise, plus les classes dirigeantes retrouvent des réflexes aristocratiques et mobilisent réseaux, familles et richesse pour se reproduire.

 



N. O.
Dans «les Héritiers», Bourdieu jugeait plus juste socialement une sélection par les sciences plutôt que par les lettres. La primauté accordée depuis aux maths n’a eu aucun effet.

F. Dubet. – Car il avait l’image d’une continuité culturelle : nous parlons la langue de Racine à la maison et nous apprenons «Phèdre» à l’école. Mais ce que la famille transmet, ce sont des capacités cognitives générales mobilisables lors de n’importe quelle épreuve. Si demain on décidait de sélectionner les élèves, non plus par les maths, mais par la musique, cela ne changerait pas grand-chose. Il serait bon que les enfants d’ouvriers et d’employés soient plus nombreux à intégrer les grandes écoles. Il faut aussi desserrer l’étreinte que ces institutions exercent par leur position dominante. Enfin, on ne doit pas seulement chercher un mode plus juste de sélection des vainqueurs, mais aussi se préoccuper du sort des vaincus, plus de 100 000 jeunes qui quittent l’école sans rien.

* Il est notamment l’auteur de «l’Ecole des chances : qu’est-ce qu’une école juste ?», Seuil, 2004.
 

Christophe Boltanski
Le Nouvel Observateur
 

Liberté, inégalité, fraternité

Pendant plus de deux cents ans, notre grande passion nationale fut l’égalité. Pour que personne ne nous dispute notre titre mondial, nous avons noirci des milliers de pages d’essais sur la démocratie et rougi nombre de pavés du sang de nos révolutions. Et puis nous nous sommes éloignés de nous-mêmes. En partie, sans doute, du fait des contraintes de Bruxelles et des fatalités de la mondialisation, mais surtout à cause des politiques que nous avons conduites. Ou, plutôt, des réformes que nous n’avons pas engagées.

L’école de la République se délite, les discriminations urbaines se renforcent, le chômage et l’exclusion des plus faibles se confirment, l’écart des revenus se creuse. Nous nous accommodons de mieux en mieux d’avoir des pauvres. Et détestons de moins en moins les grandes fortunes. Vous verrez, nous demanderons bientôt le transfert au Panthéon des cendres de Marcel Dassault ! Nous vouons partout un culte à l’argent, jusque dans les palais de la République, où, si l’austérité avait disparu depuis longtemps, un semblant de pudeur demeurait. Sans doute est-il heureux que nous nous soyons réconciliés avec l’économie de marché, l’esprit d’entreprise et le droit de réussir. Mais que ne le faisons-nous à la manière des Scandinaves plutôt qu’à la façon de Berlusconi, en bons sociaux-démocrates plutôt qu’en nouveaux riches ?
Nous sommes en train de fabriquer une nation inégale, où de nouvelles rentes apparaissent cependant que prospèrent les héritiers. Oui, vraiment, la Révolution française est terminée.

Denis Oliviennes
Le Nouvel Observateur

De legs en legs

La consécration de l’héritage

La loi sur les successions n’a pas fini de creuser les inégalités. C’est même, estiment certains experts, à vingt, trente ou quarante ans que ses effets se feront le plus sentir

Les lecteurs du «New York Times» n’avaient jamais vu une chose pareille. Une pétition signée par les plus gros nababs du pays. Cent vingt noms, pas un de moins, tous millionnaires, dont les enfants Rockefeller, George Soros, et le père de Bill Gates, avocat à la retraite. L’objet de la révolte ? La décision de George W. Bush, début 2001, de supprimer la death tax (littéralement «impôt sur la mort» ou en d’autres termes les droits de succession). «Ce serait une erreur terrible, équivalente à la décision de sélectionner l’équipe olympique de 2020 au sein des enfants des vainqueurs des Jeux de 2000», s’étaient indignés nos millionnaires en colère.

Rebelote six ans plus tard, en France, avec un Nicolas Sarkozy, fraîchement élu à la présidence. Il l’avait promis durant la campagne : «Quand on a travaillé dur toute sa vie, qu’est-ce qui donne du sens ? Que ses enfants commencent un peu plus haut que soi-même. Je ne vois pas pourquoi on devrait payer des impôts sur l’héritage» («A vous de juger», France 2). Il l’a donc fait. La loi Tepa (pour le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat) d’août 2007 a ainsi exonéré 95% des successions. Mais il n’y a pas eu un seul patron du CAC 40 pour venir s’en plaindre.

C’est qu’en France l’héritage est sacré. Le Code civil, mis en place par Napoléon, a instauré deux principes toujours en vigueur : les enfants d’abord et l’égalité pour tous les bambins. «La façon dont un pays prélève et redistribue les richesses en dit long sur sa conception de l’équité, analyse Philippe Bruneau, président du Cercle des Fiscalistes et auteur de «Le travail ne paie pas» (Denoël). En France, 1 euro hérité est deux à trois fois moins taxé que 1 euro travaillé. Cela va à l’encontre de tout principe méritocratique.»

Avant les récentes mesures, 80% des héritages en ligne directe n’étaient déjà pas taxés. Du fait des multiples exonérations (bois et forêts, biens ruraux, assurance-vie) et du montant des transmissions (100 000 euros en moyenne), un dixième seulement dépassent 550 000 euros. «A présent, on peut estimer que la taxation du patrimoine va être divisée par deux, indique Xavier Timbeau, économiste à l’OFCE. Cela va induire une dynamique des inégalités dont les effets se feront ressentir dans vingt, trente ou quarante ans.»

Nathalie Funès
Le Nouvel Observateur

Pauvres riches

extraits du numéro 16117 de la revue «médium».

par Régis Debray

Je n’aime pas les riches», a lâché un jour un leader socialiste de chez nous. Sans doute une imprudence, à l’heure et dans un pays où Y enrichissez-vous fait norme et mirage, à gauche comme à droite, et où le pêcheur de l’île de Ré paie l’impôt sur la fortune. [...] Moi non plus, d’instinct, comme M. François Hollande, et malgré mes connivences sociales (à défaut d’affinités morales) avec une gauche caviar gorgée d’éthique et intraitable sur les droits de l’homme, je n’aime pas les riches à millions. Un reste catho, sans doute. [...]

Il y a de la posture, reconnaissons-le, dans ce «je n’aime pas les riches» assez conformiste, comme la haine des bourgeois chez le bobo. Chacun sait qu’il en est de fort respectables [...]. Je le sais pour en avoir moi-même rencontré, de ces mécènes discrets [...], jusqu’à l’anonymat. Si je ne veux pas mentir, il me faudrait rectifier le propos : je n’aime pas qu’une société mette autant à l’honneur la richesse, ou encore, et pour plus de probité : je ne m’aime pas aimant les riches.

Et puis, que ferais-je de plus plein aux as ? Des voyages à Tahiti, des croisières aux Seychelles ? C’est devenu si commun [...]. Les grands restaurants ? Le service n’en finit pas, le bruit de fond [...] paralyse la conversation, et on en sort patraque une fois sur deux. Un yacht ? Quelle casserole, et avec le mal de mer, déjà envie de vomir. Les top-modèles, les chanteuses et les actrices ? Passé l’âge, et puis on se fatigue. Une collection d’oeuvres d’art ? Je n’ai pas le tropisme du bel objet ni le goût de chiner les bric-à-brac. [...] Quelle aubaine finalement de pouvoir s’éviter le Fouquet’s et les copains de M. Sarkozy. Les riches, toujours stressés, se condamnent à une insécurité perpétuelle. Ils vivent chaque jour dans la peur – de se faire escroquer, kidnapper, cambrioler, coller, maître-chanter par un ou une éconduite, déshabiller par «Gala», dénoncer par le fisc, épingler par la presse [...].


 


Le seul attribut du richard qui peut donner des aigreurs au Parisien surveillé et canalisé, recru de PV et d’embouteillages, c’est la voiture avec chauffeur. Le dernier luxe, la rente qui me fait rêver. Parce qu’elle pare aux contredanses, autorise le travail continu sans rupture de charge, et permet d’aller le soir au théâtre voir des pièces d’avant-garde, au fond de ces ténébreuses et labyrinthiques banlieues qui découragent d’avance le cycliste que je suis. Rien que pour s’éviter la sinistrose des temps morts, gaspillés dans les couloirs de la station Montparnasse ou Châtelet, sans lecture ni téléphonage possible – je comprends qu’on puisse faire des bassesses dans les antichambres élyséennes. Quand j’entends qu’un ami a été nommé président de ceci ou directeur de cela (les bons emplois à la disposition du gouvernement permettent de rejoindre les milliardaires sur la question stratégique du véhicule confortable, gratuit et toujours à portée de voix), mon premier mouvement, noble, est de compassion, aussitôt tempéré par un second, moins reluisant : «Le salaud, avec ses deux chauffeurs attitrés (35 heures obligent) et ses vitres fumées, il va gagner deux ou trois heures par jour sur la bipède ordinaire (distorsion de concurrence), plus dans les 1000 euros par mois (tickets de stationnement et contraventions en moins). Injuste. Odieux. Pourquoi lui et pas moi ?» Il faut bien un exutoire au moche. De loin en loin. Ca purge les vilains sentiments. Par le bas.

 


 

Régis Debray
Le Nouvel Observateur

 

Delphine, Chloé, Yannick et les autres

Les liens sacrés du CAC 40

Fils et filles de grands patrons, ils fréquentent les mêmes lieux, se marient parfois entre eux, travaillent dans le même univers et souvent chez papa

Elle est ravissante, blonde, souriante, elle a ce naturel des jeunes filles bien nées qui ont appris à être à l’aise en toutes circonstances. Chloé Bolloré, née Bouygues (c’est la nièce de Martin), 28 ans, a tout pour elle. Son mariage avec Yannick Bolloré, fils de Vincent, en 2007, a fait couler de l’encre dans les médias, l’establishment se régalant de ce remake de Roméo et Juliette dans le petit monde du CAC 40. Ennemis jurés depuis dix ans, Vincent Bolloré et Martin Bouygues – qui était absent à la noce -, évitent de se croiser, sauf impératif. Cette année, pour l’anniversaire de leur ami Nicolas Sarkozy par exemple. Pour Yannick et Chloé, l’idylle s’est nouée sur un bateau, au large de Saint-Tropez, où leurs parents ont leurs quartiers. Les enfants des familles du CAC 40 se connaissent tous. Leur rencontre était quasi inévitable. Quasi inévitables également, les paparazzi. La photo du mariage est parue dans «Point de vue», le magazine des têtes couronnées. Yannick a attaqué. Dur cependant d’échapper à l’attention médiatique quand on sait que les grandes dynasties du business ont détrôné les princesses et autres sang-bleu, dans les magazines people. Le mariage princier de Delphine Arnault, fille du PDG de LVMH, avec un cador de la finance italienne a fait la couverture de «Paris Match». Seize pages de concentré de gotha qui la consacrent «princesse de notre temps». A l’indéboulonnable bal des débutantes, on croise désormais les filles des grands patrons : Delphine Arnault et sa copine Ségolène Frère (fille du financier Albert Frère), Nadine et Caroline Ghosn, les filles du patron de Renault, Chloé Bouygues et sa soeur Diane. «Ces familles du CAC 40 sont la nouvelle aristocratie. Comme les nobles d’antan, ils se marient entre eux, s’allient, se brouillent. En fait, le gotha est la dernière classe sociale au sens marxiste du terme. Elle est unie par des mêmes valeurs, par un réseau de solidarité sans faille», explique Monique Pinçon-Charlot, sociologue spécialiste des riches (1).


 


Que font les rejetons des grands noms du business ? Du business bien entendu ! Et en général chez papa. Delphine Arnault, 33 ans, est numéro deux de Dior. Son frère Antoine, 30 ans, après avoir monté une start-up financée par Europ@web, le fonds de capital risque de papa, est retourné chez LVMH où il est directeur de la communication de Louis Vuitton. Administrateurs du groupe de luxe, le frère et la soeur viennent également d’être nommés au conseil de surveillance des «Echos», le journal que s’est offert leur milliardaire de père. Yannick Bolloré est, lui aussi, dans l’entreprise familiale, puisqu’il est désormais l’homme fort de Direct 8, le fer de lance média du groupe Bolloré. Après cinq années passées chez Dior, Chloé Bolloré vient avec sa copine, tout aussi blonde et ravissante, Laure Baubigeat (née Lasteyrie, autre grande famille de la haute finance) de créer un site internet de socialisation très sélect : www.mybestaddress.com. On y trouve les «bons plans» de la jet-set, de Saint-Tropez à New York, en passant par le canton de Vaud, en Suisse, fort prisés des exilés de l’ISF. «C’est vrai que nous avons la légitimité pour donner ces adresses puisque nous les avons testées», acquiesce Laure Baubigeat.
Le site a six semaines à peine, mais les deux demoiselles sont déjà courtisées par des investisseurs. Laure et Chloé ont pu compter sur la meilleure plate-forme de lancement qui soit : leur propre réseau social. Et quel réseau ! La liste des amis de Chloé sur Facebook est un résumé du «Bottin mondain» : des Hennessy, Vuitton, Darty, Taittinger, Lacharrière. Le mensuel «Capital» s’est amusé à dénicher les pages Facebook des héritiers du CAC 40. On croise Thomas Minc (Essec) faisant la fête avec son pote Alexandre Breton, fils de l’ex- ministre des Finances, William Bouygues en virée hors bord ou à Ibiza, le benjamin des Seillière (Oxford) baissant son pantalon, les petits Arnault, Bolloré, Villepin.

 


«Il y a traditionnellement deux réseaux de socialisation, la famille et l’école. Le gotha en compte un troisième, le plus actif : c’est tout le réseau des rallyes, soirées, événements mondains», commente Monique Pinçon- Charlot. «On se connaît tous plus ou moins, on est toujours un peu dans les mêmes lieux de vacances, les même clubs de sport», confirme Chloé Bolloré. Ce réseau se conjugue aujourd’hui avec internet. Arthur et Marie de Villepin, Antoine Arnault, Lorraine Ricard, tous se sont inscrits sur Small World, le site très fermé où on ne rentre que par cooptation. Et là aussi on s’échange des adresses de pied à terre à Hongkong et des bons plans pour des soirées VIP aux quatre coins du monde. Jet privé de rigueur.

(1)Coauteur avec Michel Pinçon des «Ghettos du gotha», Seuil (2007).
 

Doan Bui

Retour à la belle epoque

Pour l’économiste Thomas Piketty*, l’héritage est un élément de plus en plus structurant de notre paysage social et de ses inégalités

Le Nouvel Observateur.En quoi la question de l’héritage et de la reproduction des inégalités se pose-t-elle de façon particulièrement aiguë en ce moment ?

Thomas Piketty. – Cela faisait très longtemps que les patrimoines, qu’ils soient financiers ou immobiliers, ne s’étaient pas aussi bien portés. Ils ont en fait retrouvé leur niveau d’il y a un siècle. Comme à la Belle Epoque, ils représentent aujourd’hui six an nées de revenus en moyenne, alors qu ils s élevaient seulement à une année au début des Trente Glorieuses et à trois années durant la décennie 1980.

N. O.
Comment expliquez-vous ce phénomène ?

T. Piketty. – L’accumulation des patrimoines est un phénomène très lent qui se déroule sur plusieurs générations. Les bulles financière et immobilière expliquent en partie leur bonne santé. Mais il a fallu aussi que le capitalisme se remette peu à peu des chocs qu’il a connus dans la première moitié du XXe siècle, notamment les deux guerres mondiales. Si bien qu’aujourd’hui il est nettement plus fréquent que par le passé d’hériter de plusieurs décennies de salaires. Ainsi, en 2008, 15% de la population est en mesure de toucher vingt années de smic en héritage, soit 240 000 euros. Alors que la proportion n’était que de 4%, trois fois moins, en 1990. Comme il y a cent ans, nous sommes donc entrés dans une phase de capitalisme patrimonial. Et ce de façon durable. C’est dire que l’héritage est un élément de plus en plus structurant de notre paysage social, en particulier de ses inégalités, et que l’impôt sur les successions n’a jamais été aussi indispensable.

N. O.
Les récentes mesures Sarkozy viennent pourtant nettement de l’alléger.

T. Piketty. – Leur impact sera encore plus négatif à long terme. Il faut dire que Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un boulevard : les abattements (50 000 euros en ligne directe) n’avaient pratiquement pas bougé depuis vingt-cinq ans : ils n’avaient même pas été indexés sur l’inflation ! Mais en multipliant leur montant par trois (150 000 euros), avec la possibilité d’en bénéficier tous les six ans dans le cadre de donations, il a vraiment été très loin. Si chaque parent utilise cinq fois cet abattement pour chaque enfant, alors un couple avec deux enfants peut maintenant transmettre un patrimoine de trois millions d’euros sans payer aucun impôt ! On dépasse largement le niveau des classes moyennes. En fait, la réforme n a pas du tout été pensée et s est faite dans la précipitation. Elle est contraire à deux principes économiques assez fondamentaux : le rajeunissement des successions et la valorisation du travail.

* Directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’Economie de Paris.

Nathalie Funès
Le Nouvel Observateur

 

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BREVES D’AFRIQUE par www.afrik.com + Ahmed Aboutaleb, maire marocain de Rotterdam

Posté par issopha le 8 janvier 2009

BREVES D'AFRIQUE par www.afrik.com + Ahmed Aboutaleb, maire marocain de Rotterdam dans ACTUS ET DEBATS AFRIQUE fleche_rubrique_1 titre_meta_breves dans ACTUS ET DEBATS AFRIQUE fleche_rubrique_2

BREVES D’AFRIQUE par www.afrik.com

 

TogoFrance
Brice Hortefeux en visite au Togo et au Benin

Le ministre français de l’Immigration, Brice Hortefeux, est attendu, ce mercredi soir, à Lomé pour une visite officielle. Il y rencontrera, jeudi, le président Faure Gnassingbé et le Premier ministre, Gilbert Houngbo avant de s’envoler pour Cotonou (Benin), indique Republic of Togo. « Il n’y a pas de difficultés de migration au Togo. Par conséquent, le rôle de la France est d’aider le pays à favoriser son développement par des actions concrètes sur le terrain. C’est ce que nous allons faire dans les mois qui viennent », avait affirmé Brice Hortefeux en novembre dernier. (Mercredi 7 Janvier – 13:19)

 

 

SénégalChine
La Chine accorde 27, 5 milliards de FCFA au Sénégal

Deux subventions de 27, 5 milliards d’euros soit 42 millions d’euros ont été accordées au Sénégal par la Chine, indique Le Soleil. Elles sont destinées au financement de deux projets importants : le renouvellement du parc automobile de transport public et le réseau de sécurité nationale du gouvernement. (Mercredi 7 Janvier – 12:38)

Mauritanie
La Mauritanie rappelle son ambassadeur en Israël

L’un des trois pays de la Ligue arabe à avoir des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu a décidé, lundi, « de rappeler son ambassadeur en Israël, en réaction à l’offensive israélienne à Gaza en cours depuis le 27 décembre, rapporte Mauritanie-web. Il s’agit du premier rappel d’un ambassadeur mauritanien en Israël depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1999. (Mercredi 7 Janvier – 12:35)

Afrique du sud
Mondial 2010 : un élu local assassiné après avoir dénoncé un scandale

Un élu local a été assassiné après avoir dénoncé un scandale de corruption autour de la construction d’un stade destiné à accueillir la Coupe du monde 2010 de football, rapporte Mail and Guardian. Jimmy Mohlala, membre du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), a été abattu dimanche soir à son domicile de Nelspruit au nord-est de l’Afrique du Sud. (Mardi 6 Janvier – 12:49)

Côte d’Ivoire
Côte d’Ivoire : la pauvreté atteint le seuil critique de 48,9 %

En 2008, la pauvreté en Côte d’Ivoire a atteint un seuil critique de 48,9 % contre seulement 10% en 1985, écrit abidjan.net. Face à ce chiffre alarmant, le gouvernement ivoirien a mis au point un document de stratégie de la réduction de la pauvreté (DRSP) présenté, lundi, à Grand-Bassam, au Sénégal. Il révèle qu’un Ivoirien sur deux vit avec moins d’un euro par jour (660 FCFA). (Mardi 6 Janvier – 14:10)


Ahmed Aboutaleb, maire marocain de Rotterdam
Présenté comme un modèle d’intégration, il a été accueilli avec enthousiasme par la majorité des Néerlandais

arton16032Ahmed Aboutaleb, originaire du Maroc, a pris, ce lundi, ses fonctions de maire de Rotterdam, aux Pays-Bas. A 47 ans, c’est la première personnalité d’origine étrangère à accéder à un poste aussi prestigieux. De quoi susciter bien des passions.


lundi 5 janvier 2009, par Djamel Belayachi




C’est la première personnalité issue de l’immigration à être appelée à diriger une ville au Pays-Bas. Et quelle ville ! Rotterdam. Un important port européen, et la deuxième plus grande ville du pays. Ahmed Aboutaleb est un citoyen néerlandais d’origine marocaine (il possède la double nationalité). Il a été en installé lundi 5 janvier dans ses nouvelles fonctions de maire.

window.google_render_ad();A 47 ans, Ahmed Aboutaleb n’est pas ce qu’on appelle un bleu en politique. Valeur sûre du parti travailliste néerlandais, le PvdA, l’homme a occupé le poste de secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, où il s’est forgé une solide réputation de sérieux et d’efficacité. Arrivé à 14 ans aux Pays-Bas, il a été tour à tour journaliste, porte-parole ministériel, puis conseiller municipal à La Haye et à Amsterdam, avant d’être sollicité aux Affaires sociales par l’actuel ministre des Finances Wouter Bos. Ahmed Aboutaleb est présenté comme un modèle d’intégration, et apprécié par la population autochtone qui a accueilli sa désignation par le conseil municipal de Rotterdam avec un réel enthousiasme. On se souvient surtout de ses nombreux appels au calme lorsqu’il y a trois ans l’islamiste Mohammed Bouyeri avait abattu en pleine rue le cinéaste et polémiste Theo Van Gogh.

Ses origines marocaines valent également au nouveau maire beaucoup de sympathie auprès de la communauté issue de l’immigration. Malgré la vague d’enthousiasme soulevée, l’homme reste conscient de la difficulté de la tâche qui l’attend. Pour rassurer sur sa loyauté envers son pays adoptif, il voudrait d’ailleurs bien se défaire de sa nationalité marocaine. Mais la législation du royaume chérifien ne le permet pas.

« Confiance » versus « méfiance »

Dans un discours prononcé à la mairie, il a indiqué qu’il y avait encore « beaucoup de crainte » et de « méfiance » chez les habitants de Rotterdam vis-à-vis des immigrés. Pour balayer les appréhensions qu’il suscite par ailleurs, il a choisi de miser tout sur la « confiance ». « La confiance est un ingrédient de la cohésion sociale mais elle est aussi le lubrifiant de notre économie. Instaurer la confiance est un investissement dans la croissance économique. Une société où les gens ont confiance les uns dans les autres est plus forte », a-t-il affirmé.

La confiance ? L’extrême droite, elle, n’y croit pas une seule seconde. Le député PVV d’extrême droite Geert Wilders a fait part de son souhait qu’Ahmed Aboutaleb soit nommé à Rabat ; et celle du parti Leefbaar Rotterdam, dans l’opposition, reproche au maire d’« avoir deux passeports ». On ne peut décidément pas plaire à tout le monde.

arton16035 Le vernis africain du Dakar s’écaille
La course automobile se déroule en Amérique du Sud pour ses 30 ans

Le rallye-raid Paris-Dakar, qui se déroule cette année en Amérique du Sud, a perdu en trente ans son point d’arrivée et son lieu de départ. Le Dakar, nouvelle dénomination de la course automobile, se déroule… en Argentine et au Chili. Que reste-t-il d’africain à l’épreuve créée en 1978 par Thierry Sabine ? Son nom peut-être.



mardi 6 janvier 2009, par Falila Gbadamassi




Le Dakar délocalisé en Amérique du Sud pour 2009 : cherchez l’erreur. La nouveauté constitue le dernier épisode de la vie d’une course automobile, qui bouscule ses fondamentaux. Surtout ses racines africaines. Partager sa passion pour l’Afrique et pour le sport automobile, telle était pourtant l’ambition de Thierry Sabine en créant en 1978 ce qui deviendra une course mythique. En 1977, alors qu’il participe à la course Abidjan-Nice en moto, il se perd dans le désert du Ténéré pendant trois jours. Cette mésaventure lui inspire l’itinéraire initial du Paris-Dakar : départ de Paris, puis arrivée à Dakar, au Sénégal, via Alger, en Algérie, et Agadez, au Niger. Le tracé va cependant évoluer au fil des éditions et les infidélités à l’intitulé de l’épreuve se multiplient. La première révolution arrive en 1992. Pour la première fois de son histoire, le rallye-raid Paris-Dakar finit sa course au Cap, en Afrique du Sud. La deuxième délocalisation survient trois ans plus tard. Le Dakar ne part pas de la France, mais de Grenade, en Espagne. En 2000, ce sont les pyramides de Gizeh, en Egypte, qui accueillent les participants en fin de parcours. Puis, c’est au tour de Lisbonne, au Portugal, d’abriter le départ de la course en 2007. L’avant-dernière incartade, en 2008, ne sera pas volontaire. La menace terroriste, notamment en Mauritanie où 4 touristes français sont assassinés fin décembre, conduit à l’annulation de l’épreuve.

Le Paris-Dakar, l’hommage de Sabine à l’Afrique

Le Dakar a donc décidé, pour son 30e anniversaire, de quitter l’Afrique pour les cieux, moins perturbés, de l’Amérique du Sud. Plébiscitée à son arrivée en Argentine, la course a été tout de suite adoptée par les Argentins dont la deuxième passion, après le foot, serait le rallye. Un nouveau départ, des fans sud-américains, mais il n’est toujours pas question de changer de nom à l’épreuve. Confirmation dans un entretien accordé à la chaîne française France Ô par Etienne Lavigne, le directeur du rallye. « Historiquement, il s’est appelé Paris-Dakar puis a changé pour simplement Dakar. Il a sillonné 30 pays, l’Algérie, l’Egypte, l’Afrique du Sud… Et comme on ne change pas le nom d’un bateau, le Dakar ne change pas de nom. Jamais je n’ai envisagé de changer le nom de l’épreuve. Je dirais même qu’il n’a jamais aussi bien porté son nom. C’est un événement extrême de sports mécaniques. Cette année, nous retrouvons même ce qui a fait son succès à savoir la découverte, l’aventure, l’inconnu. Tout est réuni pour qu’il s’appelle toujours comme cela. »

Le Dakar restera Le Dakar même s’il ne se déroule plus en Afrique. « C’est vrai que cela peut surprendre, reconnaît néanmoins Daniel Bilalian, le responsable des Sports de France Télévisions, qui retransmet la course en France. Le Dakar, qui est une marque et une affaire commerciale, correspond à un type particulier de compétition. L’organisateur a décidé d’en conserver le nom. Et puis il n’est pas impossible que le rallye revienne un jour en Afrique, même si ce n’est pas demain la veille ». L’organisation se veut néanmoins rassurante sur la dimension africaine de la course en mettant en avant les actions caritatives menées sur le continent africain par l’organisation, notamment en partenariat avec l’ONG Sos Sahel. Elles devraient se poursuivre en 2009. « Les liens qui ont été tissés avec l’Afrique, au cours des 30 ans de son histoire, amèneront le rallye à venir se ressourcer dans les eaux du Lac Rose (à Dakar, ndlr) dès que la situation géopolitique le lui permettra », peut-on lire sur le site officiel du Dakar.

Le Dakar, une marque

L’essence du Dakar se dilue malgré lui, et comme un écho, la contestation monte. La cinquantaine de personnes disparues (Thierry Sabine en 86 et ses compagnons de voyage, une trentaine de concurrents et 9 victimes africaines à la suite d’accidents) durant l’histoire de l’épreuve et les conséquences de cette course sur l’environnement y sont pour beaucoup. Les anti-Dakar, qui se sont aussi manifestés en Argentine, sont regroupés depuis 2006 au sein du Collectif pour les victimes anonymes du Dakar (Cavad), né à la suite de la mort de deux enfants durant l’épreuve. Sur le Net, c’est une pétition lancée en 2008 par le magazine spécialisé dans le trekking, Trek Mag qui alimente l’opposition à l’épreuve. La pétition « Non au Dakar 2009″ a déjà recueilli 10 000 signatures. Elle s’oppose à l’organisation de l’épreuve en Afrique et en Amérique du Sud. Le Dakar doit en effet traverser le désert chilien de l’Atacama, un autre bijou de la nature.

Afin de combler le vide laissé par Le Dakar, une course qu’il a remportée trois fois (1981, 1983 et 1992), Hubert Auriol, surnommé « l’Africain », a lancé Africa Race. Mais la course, qui se déroule actuellement, est frappée du sceau de l’illégalité. Le nouveau rallye-raid africain, qui relie Marseille à Dakar, a été interdit par une décision de justice prononcée le 5 décembre par le tribunal de grande instance de Paris, indique L’Equipe.fr. Elle a été confirmée par un deuxième référé, une action dont est à l’origine l’organisateur du Dakar, Amaury sport organisation (ASO).

Le Dakar ne devrait donc pas être de sitôt remplacé alors même que le retour de la course en Afrique reste encore très hypothétique. Interrogé sur cette possibilité par l’AFP, Etienne Lavigne n’a pas mâché ses mots. « L’actualité africaine est malheureusement terriblement dramatique. Année après année, le territoire d’expression du Dakar s’est réduit. L’Algérie est fermé depuis 1993, le Niger est fermé… Alors on verra ». Pour l’heure, l’Amérique du Sud continue de faire la fête au Dakar qui en est, ce mardi, à sa 4e étape. L’aventure a commencé le 3 janvier à Buenos Aires et s’achèvera le 18 janvier dans la capitale argentine. Les nostalgiques du Dakar devront se contenter des images du site Dakar d’antan (1978-1985) pour se rappeler du bon vieux temps où, sous les hauspices de Thierry Sabine, Dakar rimait avec Afrique.

 
Comment le Ghana est-il devenu une démocratie exemplaire ?
Le candidat de l’opposition, John Atta-Mils, est le nouveau président du pays

arton16043

John Atta Mils, le nouveau président ghanéen, est entré en fonction, ce mercredi, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Accra. Un succès pour lui et la démocratie au Ghana, un exemple pour les autres Etats africains. Pourtant, tout n’était pas gagné pour ce pays du Gold Coast qui a subi, depuis son indépendance en 1957, deux putschs militaires. Afrik.com s’est penché sur les raisons de la réussite du Ghana en matière de transition démocratique. Analyse.



mercredi 7 janvier 2009, par Stéphanie Plasse




Le nouveau président ghanéen, John Atta-Mils, a pris ses fonctions, mercredi, à Accra. C’est la deuxième fois, en dix ans, qu’un chef d’Etat élu au Ghana transmettra le pouvoir à l’opposition à l’issue d’un scrutin. A 64 ans, l’ancien leader du parti de l’opposition (le Congrès national démocratique), peut se vanter d’être à la tête d’une nation érigée en modèle de démocratie pour l’Afrique.

Le Ghana, l’un des rares exemples de démocratie en Afrique

Le Ghana sert d’exemple aux autres pays africains qui n’ont pas réussi cette transition démocratique. « C’est un exemple rare de la démocratie en Afrique », expliquait à l’AFP, Raila Odinga, le Premier ministre kényan, après l’annonce de l’investiture du président sortant. Si les dirigeants des pays africains saluent la victoire de John Atta-Mils, ils ne minimisent pas le rôle de l’ancien chef d’Etat (2001-2009), John Kufuor, et du candidat malheureux du Nouveau parti patriotique, Nana Akufo-Addo, dans la tenue exemplaire de ces élections.

Selon Alpha Oumar Konaré, l’ancien président malien, interrogé par RFI, le Ghana a bénéficié du « leadership incontestable du président Kufuor qui, par sa déclaration, a amené tous les partis à accepter le verdict des urnes et de l’attitude de Nana Akufo-Adda qui n’a pas non plus contesté les résultats ». John Kufuor , un démocrate tenace dont les efforts en matière de démocratie et d’économie ont été régulièrement salués par la communauté internationale.

L’éducation, un atout pour le Ghana

Si en Afrique, plusieurs Etats peinent à organiser des élections libres après des putschs militaires, le Ghana fait figure d’exception. La raison ? Pour Prince Ofori-Atta, rédacteur en chef de la version anglaise d’Afrik.com et de nationalité ghanéenne, l’installation de la démocratie dans les mœurs est passée par l’éducation des masses. « Après l’indépendance, en 1957, l’objectif principal du gouvernement était l’éducation nationale. Cette vision contraste avec celle des autres pays comme la Côte d’Ivoire. Au Ghana, les présidents voulaient éduquer le peuple, en Côte d’Ivoire ils voulaient les nourrir, c’est là toute la différence. Une phrase du chef d’Etat Ghanéen, Kofi Bozia (1972-1978) illustre la politique de ce pays du Gold Coast : ’Donne à manger à quelqu’un et il reviendra te redemander de la nourriture, donne-lui des outils de développement et il ira se chercher lui-même à manger ‘ », explique-t-il. Selon Amnesty International, le taux d’alphabétisation au Ghana s’évaluerait à 57,9 % contre 48,7 % pour la Côte d’Ivoire, par exemple.

Jerry John Rawlings : un président qui a marqué le pays

Pour Christian Chavagneux, le rédacteur en chef adjoint d’Alternatives Economiques, la démocratie ghanéenne a émergé grâce au personnage du président Jerry Rawlings (1981-1996). « Ces quinze années au pouvoir ont été une période charnière pour le Ghana. Il y a eu une réelle refonte économique sous l’impulsion de Jerry Rawlings, qui s’est converti à l’économie de marché avec le soutien des institutions financières. Cette nouvelle stratégie a participé au changement politique, par exemple, des élections locales puis nationales ont été mises en place », affirme-t-il.

Néanmoins, Christian Chavagneux se veut prudent sur l’ancien président : « Rawlings n’est pas le symbole de la démocratie, il a réussi à amener son pays vers la démocratie, ce qui n’est pas la même chose. Il ne faut pas oublier qu’il est à l’initiative du coup d’Etat de 1981 ! ».

Le Ghana est l’exemple de la victoire de la démocratie en Afrique. Mais il aura fallu deux coups d’Etat, celui de Jerry Rawlings en 1981 et celui du colonel Ignatus Acheampong en 1972, pour qu’elle s’installe dans le pays.

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Biens mal acquis : Bongo choisit la répression

Posté par issopha le 7 janvier 2009

Biens mal acquis : Bongo choisit la répression

La Cellule Françafrique demande la libération immédiate des militants incarcérés au Gabon

Le 6 janvier 2009, par Jean Denard,

Déjà six jours de détention pour les Gabonais qui osent dénoncer les dérives du régime Bongo. Une incarcération sans motif. La crispation du régime gabonais, mis en cause devant la justice française dans l’affaire des biens mal acquis, sonne comme un nouvel aveu de culpabilité. La Cellule Françafrique salue le courage des citoyens gabonais qui se battent pour la transparence et la démocratie, et demande au gouvernement français d’exiger leur libération immédiate.

Plusieurs figures de la société civile gabonaise ont été interpellées, à la veille du Nouvel An :

- le mardi 30 décembre 2008, ont été arrêtés, après avoir été convoqués au 2ème Bureau des services de renseignements de l’Armée Gabonaise :

Gaston Asseko

directeur technique de « Radio Sainte-Marie » qui dépend de l’Eglise catholique et

Léon Dieudonné Koungou

du journal « Tendance Gabon ».

- le mercredi 31 décembre 2008, c’est à leur domicile qu’ont été interpellés :

Grégory Ngbwa Mintsa

le contribuable gabonais qui s’est constitué partie civile dans la dernière plainte déposée, à Paris, dans l’affaire des biens mal acquis du clan Bongo en France, aux côtés des associations Sherpa et Transparence International.

Marc Ona Essangui

le Coordonnateur de Publiez Ce Que Vous Payez Gabon et Président de l’ONG Brainforest, qui n’a pas hésité à manifester à nos côtés, à Paris, pour dénoncer la corruption du régime gabonais. Ce n’est pas la première fois qu’il est la victime des intimidations du pouvoir en place à Libreville, suite à cette action.

Georges Mpaga

président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG).

Le frère de Grégory Ngbwa Mintsa, interpellé aussi le 31, a été libéré dans la journée. Alain Moupopa, Président de l’ONG Afrique Horizon, n’a pas arrêté, contrairement à ce qui fut annoncé dans un premier temps. Il serait cependant recherché, de même que Marcel Libama, un responsable du collectif de syndicats et ONG appelé « Front des organisations de la société civile contre la pauvreté au Gabon » (FOSCPG).

Une détention inacceptable

Selon nos informations, le journaliste Léon Dieudonné Koungou aurait été libéré ce lundi matin, 5 janvier 2009. La famille des détenus n’aurait toujours pas pu leur rendre visite. Un médecin, en revanche, a pu constater que Grégory Ngbwa Mintsa souffrait d’oedèmes après 6 jours de détention assis. Il a refusé un moment de se nourrir et de se soigner. Marc Ona Essangui, Georges Mpaga et Gaston Asseko seraient détenus dans un sous-sol humide, dans des conditions déplorables. Rappelons que Marc Ona Essangui souffre d’un handicap physique et circule habituellement en chaise roulante.

Le Ministre de l’Intérieur gabonais, André Mba Obame, un dur du régime, a expliqué que l’arrestation avait été effectuée dans le cadre d’une enquête en cours… L’explication est un peu courte.

Tout laisse à penser que cette détention est illégale : arrestation au domicile des militants en l’absence d’un mandat d’arrêt ; durée de détention exceptionnellement longue – on veut bien croire que le droit de cette grande démocratie qu’est le Gabon (dixit notre cher président) s’est amusé à n’inclure que les jours ouvrés dans la durée de détention, mais même avec le 1er janvier et le WE des 3-4, on a dépassé les 48h à présent

Intégri-koi ?

Décidément, l’affaire des biens mal acquis déstabilise le régime gabonais, qui se crispe. D’habitude, Omar Bongo achète le silence de ses détracteurs. Ce dossier n’échappe pas à la règle : tentatives de séduction des militants gabonais, intimidations, propositions financières à l’association Sherpa qui instruit la plainte… Mais l’intégrité désarçonne un régime fondé sur le clientélisme. Alors, voyant son patrimoine colossal mis à nu devant les victimes de son pillage -ses concitoyens, Bongo n’en finit plus d’en perdre son sang froid : interdiction d’antenne pour RFI qui avait traité du dossier dès l’été 2007 ; demande (honorée) de classer l’enquête préliminaire sur les biens mal acquis ; brouille avec Paris suite à la diffusion d’un reportage sur le sujet par France 2 ; prise de mouche révélatrice après que feu le Bockel-de-la-rue-Monsieur a eu l’outrecuidance d’appeler à une gestion transparente du pétrole en Afrique ; représailles sans phare à présent contre Marc Ona, Grégory Ngbwa Mintsa et les rares Gabonais qui osent s’élever publiquement contre la prébende et les libertés bafouées ; organisation de manifs bidons en soutien au régime…

Sarko en pince pour Omar

Il faut dire, pourquoi Bongo se priverait-il ? Chaque fois, Paris cède. La Cellule a d’ailleurs, très tôt, percé le secret du soutien indéfectible que Nicolas Sarkozy voue à son homologue gabonais. Plutôt que de recevoir en novembre dernier à l’Elysée le fils terrible et successeur désigné, Ali Bongo (était-ce pour vérifier qu’il jouit des mêmes attributs que son père ?), le chef de l’Etat français s’honorerait en exigeant la libération immédiate des défenseurs gabonais des droits de l’homme et de la transparence et en mettant à exécution sa promesse de campagne – la rupture avec les dictateurs, par un geste simple : le gel immédiat des avoirs et des biens situés en France dont Omar Bongo ne pourrait pas justifier de l’origine légale.

Sarkozy au Gabon Sarko sur Bongo :

« on a toujours besoin d’un plus petit que soi »

En exclusivité, la cellule Françafrique vous dévoile pourquoi le président français a tant d’égards pour son homologue gabonais

Le 19 juillet 2007, par Jean Denard,

A priori, on ne comprend pas : Sarkozy promet pendant toute la campagne que la France ne maintiendra de liens qu’avec des « régimes démocratiques ». Bockel renchérit le 17 juillet devant le réseau des coopérants : « Là où règne l’arbitraire, là où la démocratie est bafouée, les droits de l’homme violés, les décisions de justice jamais ou rarement appliquées, là où se développe la corruption, la communauté internationale se doit de parler vrai. (…) L’histoire le prouve : les lâchetés d’aujourd’hui peuvent être les conflits de demain ».

Les conflits de demain au Gabon ne semblent pas préoccuper outre mesure notre bon président :

- à 19h30 le 6 mai, il appelle Omar Bongo, lui annonce la bonne nouvelle et le remercie de ses conseils… Faut dire, depuis le temps qu’il est élu à l’unanimité des suffrages, le Gabonais a pu en prodiguer des conseils ! Bien en a pris à Sarkozy : non content de son élection triomphale, il a appliqué à la lettre le conseil avisé de son mentor : flatter quelques leaders de l’opposition et les retourner…

- le 25 mai, Sarko fait son footing. Ca fait pas 10 jours qu’il est entré au Château, il repère les environs. Mais il sent bien que sur ses grandes jambes, Fillon va plus vite. Il se dit alors, dans un sursaut d’orgueil : « je l’aurais à l’endurance ». Aussitôt dit, aussitôt fait : il appelle son consultant officiel à l’Elysée, le brave Omar, passé maître es endurance après 40 ans d’exercice à la tête de l’émirat pétrolier du Golfe de Guinée.

En récompense, Bongo obtient du monarque républicain qu’il passe l’éponge sur une petite partie de l’ardoise de son pays à l’égard de la France.

- Surtout, le 28 mai, il obtient le droit de voir défiler un par un tous les nouveaux ministres dans l’un de ses luxueux appartements du 16ème… il faut dire, depuis Couve de Murville, il ne manque pas beaucoup de ministres à la collec’ d’othographes du père Omar.

- Début juillet, il parachève l’album de signatures en invitant le nouveau venu dans Fillon 2, l’Alsacien Bockel, à co-signer avec Hortefeux le premier accord de codéveloppement, un modèle du genre.

Reste cette petite tension latente entre le jeune loup ardent de l’Elysée et le vieux sage du palais du bord de mer, partenaire privilégié des Hauts-de-Seine (département le plus riche de France, 22eme PIB mondial) : Le 25 mai à l’Elysée, Sarko-le-président-qui-tient-toujours-parole avait annoncé : pour la dette gabonaise, ce sera réglé avant le 14 juillet. On comprend que le pauvre Bongo se soit inquiété : entre temps, Sarko laisse la justice faire son travail (un comble) et l’emmerder pour quelques pieds-à-terre parisiens… Le voilà obligé de réprimer des manifestations anti-françaises à Libreville. Et puis, la fête nationale passe… et cette histoire d’ardoise qui n’avance pas.

Ni une ni deux, voilà Omar à Paris.

Depuis, force est de constater que les choses vont nettement mieux dans le couple franco-gabonais :
- le 17 juillet, le porte-parole de l’Elysée David Martinon annonce que Sarko a finalement choisi, à tout hasard, Libreville en plus de Dakar pour sa première virée africaine, le 25-26 juillet.
- le 19 juillet, le Club de Paris (puisqu’on vous dit que c’est pas le PSG, mais le groupe des grands créanciers publics) devrait annoncer une remise de 20% de la dette du Gabon envers la France – une bagatelle de 200 millions d’euros. Faut dire, après les 13,6 milliards abandonnés via le « paquet fiscal », Sarko n’est plus à ça près !

Reste LA grande question : pourquoi Sarkozy voue-t-il une affection aussi prononcée pour le doyen des dictateurs africains, au mépris de toutes ses promesses ?
- Ca ne pas être par goût du mensonge : Sarkozy fait ce qu’il dit. C’est même lui qui l’a dit.
- Ca ne peut pas être pour défendre les intérêts de Total au Gabon : il a dit qu’il en finirait avec les réseaux d’un autre temps. Bolloré, Bouygues et Lagardère ne sont d’ailleurs pas ses amis. Et, non, non, le Guillaume qui co-dirige le Medef et qui porte le même nom, ce n’est pas son frère.
- Ce ne peut pas être un renvoi d’ascenseur pour financement de campagne présidentielle : Mônsieur Sarkozy est un homme intègre. Et le financement des partis politiques est encadré trrrès strictement.

N’en pouvant plus, nous avons fini par lui poser la question. En personne. Il nous a avoué, au bord des larmes, qu’il ne trouvait pas sa place parmi les « grands » de ce monde : « voyez, au G8, nous a-t-il confié, j’étais encore plus petit que le Japonais sur la photo. Je me suis torché avec Poutine pour oublier ». « Pendant la campagne, au moins, a-t-il ajouté, j’avais Christian Clavier et Mireille Mathieu ». « Ca ne pouvait plus durer » a-t-il résumé. C’est au cours d’un brainstorming au sommet que lui est apparue l’idée, comme une évidence : sur la scène internationale, le Gabon serait son salut.

Et le président de conclure : »Omar m’a sauver ».

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Deux journalistes refusent la Légion d’honneur

Posté par issopha le 6 janvier 2009

Deux journalistes refusent la Légion d’honneur

 

 

NOUVELOBS.COM | 05.01.2009 | 16:58

Réagissez à l'article 129 réactions

Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) figuraient sur une liste établie par Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre.

Les journalistes politiques Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines (en photo) ont annoncé qu'elles refusaient la Légion d'honneur

Les journalistes politiques Françoise Fressoz et Marie-Eve Malouines (en photo) ont annoncé qu’elles refusaient la Légion d’honneur (sipa)

Les journalistes politiques Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont annoncé lundi 5 janvier qu’elles refusent la Légion d’honneur, après avoir découvert avec « étonnement » leur nom sur la promotion du Nouvel an de cet ordre.
Dans un communiqué à l’AFP, Françoise Fressoz, chef du service politique du Monde déclare avoir « découvert avec étonnement » qu’elle figurait sur la liste de la promotion du 1er janvier de la Légion d’honneur.
« Contrairement à l’usage, je n’ai été informée de rien avant la publication de cette liste », déclare-t-elle, avant d’ajouter: « rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l’écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l’obligation de refuser cette distinction ».
Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info, fait elle aussi, dans un communiqué à l’AFP, part de son « grand étonnement » de trouver son nom parmi les promues.

« Parfaitement indépendantes »

Elle insiste par ailleurs sur le fait que « cette liste étant publique, je tiens à préciser que je n’ai jamais réclamé une telle distinction, ni même été sollicitée en vue d’une telle démarche ».
« Je ne vois vraiment rien, dans mon parcours, qui puisse justifier une telle distinction, c’est pourquoi je me vois dans l’obligation de refuser cette prestigieuse décoration », ajoute la journaliste.
Les deux journalistes figurent sur la liste présentée par Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Dans l’entourage de ce dernier, on souligne que les deux journalistes ont été « recommandées au titre de leur appartenance à l’association de la presse parlementaire ». On souligne également que la liste présentée par Roger Karoutchi regroupe des personnalités diverses et « parfaitement indépendantes », notamment plusieurs « anciens parlementaires de gauche ».

REACTIONS D’INTERNAUTES

Les réactions des lecteurs

adamjacques
Respect !
Vraiment, Mesdames, Respect !
J’ai cependant un peu peur que vous soyez « l’artbre qui cache la forêt » et qu’en général vos collègues n’aient pas vos scrupules.
Mais cela ne dénature en rien la justesse de votre démarche.
Puisse votre exemple inspirer le reste de votre profession
Respect
06.01 à 16h34
Alerter
mysterious
l’aspect positif
de cette affaire c’est qu’elles ont créé un précédent et que le Président Sarkozy saisira la balle au bond pour désormais restreindre considérablement le nombre des récipiendaires de la Légion d’Honneur ; c’est une bonne nouvelle en soi !

Il est en effet parfaitement incongru que cette distinction soit distribuée (depuis 81, il faut bien le dire…) à tout un « vulgum pecus showbiznessum » de plus en plus étoffé chaque année.

Les champions olympiques (attention, j’ai dit les champions, soit les médailles d’or…) pourquoi pas ?
Les prix Nobel, evidemment…
Les grands capitaines d’industrie, les fondateurs, les créateurs, bien entendu..
Toutes ces personnes répondent aux conditions d’obtention, à savoir :
celui ou celle qui par ses actes aura contribué au rayonnement de la France.

Reste la question concernant ces deux journalistes nettement marquées à gauche, aurait-elle refusé si Mitterrand les avait décorées ?
Personnellement, je suis persudé que non….
06.01 à 14h59
Alerter

Uscuaia
Légion… de quoi ??
Bonjour.
Mesdames les journalistes vous faites honneur à la République et à votre profession.
Autrefois offerte pour HAUTS FAITS COURAGEUX, on la brade à des « sportifs », des acteurs ,bref, à n’importe qui ! Pitoyable…!Créons une distinction de vanité suffisante…
Bye, bye…
Philippe.
06.01 à 14h58
Alerter
vick
cantalouse!!!
Quand aurez vous le courage de vous choisir un pseudo
06.01 à 14h39
Alerter
alexander-dlc
Peu importe
Pour moi peu importe de savoir si ces personnes agissent par calcul ou parti pris politique, l’essentiel est dans l’affirmation que l’indépendance du journaliste ne peut s’exercer quand il y a une possible attente de retour d’ascenseur.
Ceci est encore plus vrai aujourd’hui avec un Président qui veut nommer le patron de FT et qui a annoncé en son temps la nomination de H.Roselmack, qui a proposé la nomination de journaliste (à Europe 1 je crois), qui a envoyé des membres de son équipe de campagne à TF1 et qui est bien sûr copain avec les patrons de presse et de télévisions.
Que des journalistes aient pu accepter auparavant ne me paraît pas aberrant : le contexte était très différent et les breloques ne se distribuaient pas à tout le monde non plus.

Donc j’approuve ces journalistes.
06.01 à 14h10
Alerter

failebo
Bravo Mesdames
La liste des journamistes qui courent apres les » honneurs » est bien plus longue…n’est ce pas Mr Pernaud ?
06.01 à 13h39
Alerter
rigodon
Certes
Il ne suffit pas de refuser la légion d’honneur, encore faut-il ne pas l’avoir méritée.
Je comprends cependant ce refus: beaucoup trop de crapules ont reçu ce machin.
06.01 à 13h38
Alerter
Caminjel
@GUNS
Qui etes-vous pour traiter ceux qui ont un avis different du votre d’abrutis ?
Peut-etre sommes-nous naifs ?
Sommes-nous pour autant des abrutis ?
Je prefere penser positivement sur ce type de sujet. Il ne tue personne et permet de voir la vie sous un autre angle que le votre, qui parait quelque peu plus obtu !
06.01 à 13h30
Alerter
chris2008
rép à kaled
c’est quoi cette réflexion pourquoi un président doit aller museler la presse c’est ridicule votre réflexion!
bravo à ces deux journalistes
06.01 à 13h29
Alerter
naard63
bravo
bravo mesdames je savais qu’il y avait en France encore des personnes independantes de valeur
06.01 à 13h19
Alerter
Leod
Comme dit plus bas…
Comme dit plus bas… vous etes bien naifs… :(
06.01 à 12h59
Alerter
regardencoin
guns
parfaitement d’accord avec vous
06.01 à 12h46
Alerter
razibuzouzou
enfin des personne Dignes et Responsables.
les femmes sont souvent BEAUCOUP plus courageuses que les Hommes .A moins qu’elles aient le Pouvoir .

PIRES OU MEILLEURES elles ont la conscience CLAIRE .

Elle revalorisent le Vrai Métier de Journaliste au milieu d e carpettes qui sont des arrivistes Prèt à toutes les compromissions et non des journalistes d’investigation.
06.01 à 12h39
Alerter

GUNS
MERCI
Enfin des personnes refusent d’aller à la soupe ». Il existe encore des journalistes qui refusent le mélange des genres , c’est courageux. Les deux journalistes indiquent que rien ne justifie cette distinction si tel est le cas on peut se demander (ou plutôt demander à la personne qui les a proposé) quel était l’objectif souhaité? Heureusement pour ces journalistes la liberté de la presse à un sens, certains devaient l’ignorer. Alors encore merci et bravo.

Pour les teigneux et les sectaires sans cervelle,si elles avaient acceptées c’étaient des vendues,mais comme elles refusent elles se font de la pub.
J’ai quand même un peu de peine pour les abrutis.
06.01 à 12h15
Alerter

yannber34
Total respect
aux quelques blogueurs qui accusent ces deux femmes honnêtes d’avoir refusé ce hochet par calcul,sectarisme ou soif de publicité.Dans la conjoncture actuelle, eux en tout cas l’auraient parfaitement méritée!
06.01 à 12h10
Alerter
kaled
chiche….
Moi,je serai Sako je démisionnerai ces deux nanas;si on veux garder son indépendance on ne fait pas du journalisme,on devient SDF.
06.01 à 12h02
Alerter
cantalouse!!!
les mémères
le monde entier se contrefiche des roucoulades indignées de ces deux mémères qui ne veulent pas des breloques de la république, sans doute parce qu’elles ne sont pas assorties à leurs tailleurs.
On espère que ces dames, se sentant très indignes, refusent également de bénéficier des réductions d’impôts attribuées aux journalistes.
Pour le reste, les cris d’émerveillement de la gauchaille qui pollue le site sont complètement débiles
06.01 à 12h01
Alerter
Pat73
Enfin!
Enfin des journalistes qui en ont!Et ce sont des femmes!Allez les mecs,prenez en de la graine!
06.01 à 11h54
Alerter
CITOYEN
quel courage …
avec ce haut fait d’arme de résistance voila des journalistes qui font honneur à leur métier … j’espère que pour cela elles recevront la Légion d’honneur !!!

PS : à quand des rebelles qui refuseront de bénéficier de la niche fiscale concernant leur impôt sur le revenu !!!
06.01 à 11h53
Alerter

dranreb
apprendre à relire
@philos37
Prenez la peine de relire le post de zebus et le mien, avant d’écrire n’importe quoi!
Les réflexions « de bas niveau »sur les deux journalistes, c’est lui qui les fait et non moi, et si vous n’avez pas compris que mon but était de défendre la décision de ces journalistes, et par là de leur rendre hommage, contre les insinuations assez sordides de zebus, il n’y a plus qu’à jeter l’éponge!
Je maintiens que son intervention s’apparente à une manoeuvre politique. Et, au risque de paraître parano, je persiste à m’interroger sur le lieu d’où il écrit avec un clavier sans accent (pays anglo-saxon?)
06.01 à 11h49
Alerter

Caminjel
Bravo !
La legion d’honneur ne veut plus rien dire aujourd’hui. Avoir cette distinction au meme titre qu’yvette Horner, Zidane, Halliday et autres tanches de meme ordre donne davantage envie de la refuser que de l’accepter … quand on a de la valeur !
06.01 à 11h43
Alerter
orphee62
bien raison!
La Légion d’Honneur, tout comme le bac, ne vaut plus rien du tout! Autrefois offerte pour hauts faits courageux, on la brade à des « sportifs », des acteurs ,bref, à n’importe qui! Ecoeurant. Par contre, si ces journalistes l’acceptent plus tard sous un gouvernement de gauche alors là…..
06.01 à 11h38
Alerter
Patraig
Merci et Bravo !
Bravo a ces deux journalistes de ne pas participer a ce qui devient de plus en plus de la « tarte a la creme » !
Depuis que Mr Lang s’est mis a distribuer des legions d’honneur a n’importe qui pour n’importe quelle raison , cette decoration a perdu toute sa valeur aux yeux des Francais . Ajoutez a cela que d’authentiques « ripoux politiques » ont aussi ete decoress .. La liste de celles et ceux qui ne la meritent pas et l’ont eue et bien plus longue que la liste de celles et ceux qui la meritent vraiment ..
A ce titre je la reclame pour mes parents qui ont eleve leurs 11 enfants dans la dignite et le respect , sans jamais demander aucune aide ou aucune faveur .. Mais je suppose que cela ne compte pas aux yeux de ceux qui l’attribuent qui sont plus eblouis par les fastes du show-biz ….
06.01 à 11h35
Alerter
fredo
@marlène
La légion d’honneur n’a jamais été concçue pour les guerriers, qui ont deja tout ce qu’il faut comme breloques reservées a eux!
La légion d’honneur est destinée a tous ceux et celles qui par leur action contribuent au rayonnement de la france.
Etre décoré de l’ordre du mérite est nettement plus coton (sans meme parler du mérite agricole!!!)
En tous cas, il est faux de dire que des chanteurs, artistes, sportifs ou autres « dévoient » l’esprit de la légion d’honneur.
06.01 à 11h27
Alerter
silkis
Nelse
On est pas non plus ici pour faire un culte de la femme, c’est même déplacé
06.01 à 11h24
Alerter
virgile
donner la légion d’honneur
à tout le monde, people, journalistes, politiciens, c’est faire injure à tous ceux qui la reçurent pour de hauts faits et des réalisations de valeur, c’est vider la légion d’honneur de toute notion d’honneur.
06.01 à 11h23
Alerter
fredo
@le diable
Entierement d’accord! Dans le metier de journaliste, il y a beaucoup plus a gagner en refusant la légion d’honneur qu’en l’acceptant!
Reste juste a esperer, pour l’honneur de ces 2 journalistes, qu’elles continueront a refuser cette décoration, quelque soit le pouvoir en place!
06.01 à 11h22
Alerter
sertir
L’honneur c’est un devoir
Cela vaut toutes les médailles d’être intègre.Chapeau bas mesdames
06.01 à 11h20
Alerter
Jenny
LeDiable
Vu sous cet angle, ça change tout en effet :-)

Merci et bonne journée.
06.01 à 11h12
Alerter

Marl?ne
2 journalistes refusent la légion d’Honneur
Elles ont bien fait et nous les en remercions. Pauvre Napoléon (le vrai) qui avait créée cette distinction pour ses valeureux guerriers, maintenant voyez qui la reçoit, je ne citerais pas certaines phrases de « On ira tous au paradis… »
06.01 à 11h09
Alerter
baaderne
@ Le Diable
C’est sans doute naïf comme tous les gestes symboliques.

Mais c’est rassurant lorsqu’on voit où en sont arrivé des médias tellement cyniques que les journalistes ne font même plus semblant de cacher leur connivence avec les pouvoirs politiques et financiers.

Souvenez-vous par exemple d’Arlette Chabot se précipitant tout goitre dehors vers Sarkozy pour l’embrasser à la fin d’un débat politique.

Les femmes de ministres qui ne comprennent pas pourquoi elles ne devraient pas être journaliste – d’ailleurs, à ce niveau d’incompréhension de la déontologie on devrait sur le champs leur enlever leur carte de presse.

Et que dire d’un autre ministre qui place sa femme à la tête d’une télévision d’actualité…

Excusez-moi, mais dans un tel environnement médiatique corrompu et nauséabond un peu de naïveté n’est pas du luxe.
06.01 à 11h02
Alerter

alfy14
Chapeau, Mesdames !
En refusant la Légion d’Honneur, tellement galvaudée, vous vous couvrez d’Honneur ! Vous avez toute notre admiration et notre respect pour votre métier et votre indépendance. Quel exemple pour beaucoup de vos confrêres.
Chapeau, Mesdames LES JOURNALISTES !
Et mon admiration sincère.
06.01 à 11h00
Alerter
JUIPLE
BRAVO ENCORE BRAVO
Les journalistes ce ne sont pas des serpillières et des carpettes il distribue comme des bons points ce genre de distinction qui ne veut plus rien dire en temps de paix et même en temps de guerre.
06.01 à 10h58
Alerter
toutes
Voilà des femmes de caractères
Bravo de ne pas jouer le jeu du pouvoir.Laisser ce genre d’honneur à C Barbier .Les journalistes hommes voilà un belle exemple d’impartialité bravo MESDAMES
06.01 à 10h50
Alerter
leone
Exemplaire
Je comprends tout à fait ces 2 journalistes. Personnellement je n’ai jamais accepté de médailles ; ma réflexion était que l’on devait remplir sa fonction en toute conscience pour soi d’abord et puis pour les autres, et surtout tout faire pour ne pas perdre sa liberté. A la personne qui ne comprenait pas mon refus j’avais fait savoir que c’était un grand malheur que les français aient besoin de médaille pour être , 2videmment on voit le chemin qui reste à faire pour les demandeurs de médaille.qui nous coûte cher.
Ces 2 journalistes me réconcilient bien , ce sont 2 femmes.
06.01 à 10h45
Alerter
Nelse
ET CE SONT DEUX FEMMES…
Sans commentaires…les hommes décorés apprécieront …
06.01 à 10h42
Alerter
LeDiable
Jenny
Et bien lisez les posts de ceux qui tombent dans le panneau et vous comprendrez.
Ces deux journalistes ont percuté sur le fait qu’une légion d’honneur,ca devient vite un nid à poussière au fond d’une vitrine.
Qui se souvient de ceux qui ont été décorés ces dernières années.
Ca ne signifie plus rien, comme le titre de chevalier des arts à des lettres qu’on remet à n’importe qui.
En revanche, en refusant, on parle de vous, vous rejoignez la nouvelle légion, celle de ceux qui l’ont refusé, et ceux là, on ne les oublie pas.
« Elle a refusé la légion d’honneur » voila un truc qui pète sur votre CV le jour ou vous sortez un bouquin, par exemple.
Pas folles les guèpes!
C’est plus clair maintenant?
06.01 à 10h42
Alerter
Nelse
Bravo à ces journalistes.
Ils sont courageux et peu mombreux de refuser cette distinction,
c’est tout à leur honneur, et il faut souhait que cett information soit diffusée par les médiats !!! c’est beaucoup moins sûr…
06.01 à 10h37
Alerter
chalonnais
@ RAZIBUZOUZOU
Avant de te réjouir ainsi, demande toi, et demande à Jean Daniel, combien de journalistes du Nouvel Obs sont eux-mêmes décorés !
06.01 à 10h32
Alerter
chicot
Légion d’honneur à défaut d’Albert Londres
Tristan Bernard (ou serait-ce Pierre Dac ?) disait « Il ne suffit pas de ne pas avoir la légion d’honneur. Encore faut-il ne pas l’avoir méritée ».
Le problème des médias français, c’est que la plupart de ses journalistes méritent la légion d’honneur. Mais rares sont ceux qui mériteraient le Pulitzer ! Et cela ne date pas d’hier…
Voyez la connivence « off record » entre journalistes des médias et ministres (exemple Rachida Dati sur France 4), c’est consternant !
Qui parlait d’une classe politico-médiatique ?
Un bon journaliste est celui qui déplait au point d’être attaqué en justice, comme celui (un certain Denis Robert) qui a révélé l’entreprise de blanchiment Clearstream.
06.01 à 10h07
Alerter

Jenny
LeDiable
Naïveté touchante ?
Pouvez-vous développer, merci.
06.01 à 10h06
Alerter
Alouette88
J’ai une idée…
Que ne créeriez-vous un journal indépendant, avec tous les journalistes indépendants de ce pays, étouffés et baillonés dans leur journaux respectifs (faut bien bouffer) ?

Un journal sans ligne éditorial, un journal où l’on pourrait lire toutes les opinions, ce qui couperait court à toutes tentatives de rachat puisque les lecteurs viendraient de tous bords… Ainsi nous aurions enfin un journal découplé de toutes obédiences quelles qu’elle soient !

Mais ce n’est peut-être pas possible ?

Une utopie ? Ah bon !
06.01 à 09h51
Alerter

RAZIBUZOUZOU
MERCI L’Obs
enfin je peux me réconcillier avec la VRAIE PROFESSION de journaliste .
06.01 à 09h49
Alerter
Titiot
Bravo
Ca change de certains récipiendaires qui osent ou ont osé l’accepter sans aucune honte ni pudeur
Les « méritants » Zizou, Barbelivien, Leeb ..eux au moins, n’ont pas ces états d’âme et ne se sont pas fait prier
06.01 à 09h38
Alerter
ariane09
Exemplaire
Avons-nous quelques exemples d’une conduite aussi exemplaire de la part de confrères ?
06.01 à 09h33
Alerter
epicure
tout casser
dégradation de l’école, des institutions, des relations européennes, de la légion d’honneur, des services publics,de la justice
cet homme là détruit tout ce qu’il touche et avec plaisir.
06.01 à 09h28
Alerter
GUNS
MERCI
Enfin des personnes refusent d’ »aller à la soupe ». Il existe encore des journalistes qui refusent le mélange des genres , c’est courageux. Les deux journalistes indiquent que rien ne justifie cette distinction si tel est le cas on peut se demander (ou plutôt demander à la personne qui les a proposé) quel était l’objectif souhaité? Heureusement pour ces journalistes la liberté de la presse à un sens, certains devaient l’ignorer. Alors encore merci et bravo.

Pour les teigneux et les sectaires sans cervelle,si elles avaient acceptées c’étaient des vendues,mais comme elles refusent elles se font de la pub.
J’ai quand même un peu de peine pour les abrutis.
06.01 à 09h27
Alerter

philos37
attaque de danreb
votre attaque de zebus est aussi mesquine que bete. quand a vos reflextions sue les deux journalistes, sont de bas niveau, meme si journalistiquement je ne suis pas forcement en accord avec elles. je n en admire pas moins leurs refus, je leur en rend hommage, et tout cela sans accent
06.01 à 09h26
Alerter
silkis
Ces deux là
on ne les achètera pas au moins.
06.01 à 09h06
Alerter
Soph
Pas de légion et le pognon ?
Et dans un grand élan d’abnégation pour respecter les valeurs de la république elles ont aussi refusé leur abattement fiscal réservé aux journalistes… non ?
06.01 à 09h04
Alerter
LeDiable
Amusants
Je trouve ceux qui applaudissent à cette démonstration de « grandeur d’esprit » d’une naiveté touchante.
06.01 à 09h02
Alerter
razibuzouzou
rectificatif
………Qui ne se prostituent pâs !
06.01 à 09h00
Alerter
Alouette88
Merci
A toutes deux vous nous encouragez dans notre défense de notre droit à l’expression ! Le respect de votre corporation doit et sera votre vraie décoration !
Relativisons, cependant, vous savez, comme tout un chacun, que les médias pour lesquels vous travaillez n’ont pas vraiment le sens de l’objectivité ! Puissent-ils prendre conscience, grâce à votre probité, de la responsabilité que comporte le fait d’être un média LIBRE dans un pays LIBRE !

Merci à vous et chapeau bas…
06.01 à 09h00
Alerter

Laidmurien
Pub
Un simple coup de pub personnelle.
Ce sont des journalistes, ils savent bien qu’on parle davantage de vous si vous refusez que si vous acceptez.
La preuve!
06.01 à 09h00
Alerter
robin
Refuser la médaille en chocolat de nos jours est-c
Voilà 2 journalistes qui n’ont pas encore compris qu’en Sarkozye ce genre de caprice peut leur valoir la porte.
06.01 à 08h56
Alerter
Bienvenu
Fut un temps…
La légion d’honneur à l’heure actuelle n’a plus aucun sens, vous êtes un joueur de foot, vous y avait droit, vous chantez vous y avez droit, ce n’est plus qu’un hochet, le contexte historique est complétement galvaudé.
06.01 à 08h53
Alerter
HACHEL
Bravo !
Félicitations à ces deux journalistes pourtant membres d’une association qui ne manque pas de carpettes.
Ce refus les distingue du lot. A l’époque où nous vivons, savoir dire non est une vertu, assumer son refus et sa résistance mérite un total respect.
06.01 à 08h44
Alerter
RAZIBUZOUZOU
BRAVO
Enfin de Vrais Journaliste qui ne s’achètent pas.
06.01 à 08h41
Alerter
bob256
etrange
C’est a se demander dans quel but sont distribuées ces legions d’honneur…
Rien d’etonnant , ce n’est qu’un detail, et dans la logique de ce superbe gouvernement que j’adore incroyablement.
06.01 à 08h29
Alerter
al1-46
Bravo ! total respect Mesdames !!!
bon nombre de parvenus arrivistes décorés de la breloque devraient prendre exemple sur vous, vous faites honneur à votre condition, à votre métier et à vos lecteurs/auditeurs, nous !

poïpoïrogerkaroutchi devrait en prendre de la graine….
et encore merci de l’avoir mouché celui-là !
06.01 à 08h25
Alerter

LYON04
FELICITATIONS…
…à ces femmes journalistes.Elles honorent une profession dont certains membres ne sont que des faire-valoir du pouvoir..Souvenez-vous des rires gras et condescendants qui ont accueilli la diatribe de sarkozy contre « M’sieur Joffrin » lors d’une conférence de presse!…
06.01 à 07h45
Alerter
dranreb
commentaire de texte
@zebus

« qui auraient accepte tres volontiers qu’une decoration leur fut remise par Mitterand par exemple »
Cela, c’est la définition même du procès d’intention.

« On voit jusqu’ou le sectarisme et l’anti sarkozysme peut mener »
A quel moment ces deux journalistes ont-elles parlé de Sarkozy?

« Rien d’etonnant quand on voit aussi comment les choses se passent au(x) PS !!!  »
Quel rapport, SVP?

« Ce sont 2 femmes vindicatives. »
vindicatif=qui cherche à exercer une vengeance.
Qu’ont-elles à venger en refusant la Légion d’Honneur?

zebus = sous-marin UMP?
Au fait, d’où écrivez-vous avec un clavier qui ne fait pas les accents?
06.01 à 06h42
Alerter

ibez
Pauvre France !
On propose la médaille à n’importe qui maintenant !
Mais qu’ont-elle fait donc ces braves dames, à part gratter du papier pour mériter un tel honneur ! Gardez vos médailles mon cher nico pour celles et ceux qui sont entrain de risquer leur vies sur les terrains de conflits.
06.01 à 06h28
Alerter
mandrinTT
Fressoz
F/Fressoz, la fille du Fondateur du Canard? Bravo Mesdames , comme disait Bigeard de ses infirmières vous avez des couilles!
06.01 à 06h10
Alerter
BitenBerne
Partialité
La question est de savoir maintenant si elles auraient refusé si cela avait été un gouvernement de gauche. Si elles acceptent sous un gouvernement de gauche, ce serait pire encore !
06.01 à 02h55
Alerter
Atoca
non = oui
souvent quand une femme dit non c’est qu’elle veut dire oui…
05.01 à 23h57
Alerter
phptt
Bravo mesdames
Bravo de ne pas accepter ce qui ne se justifie pas
Bravo de nous rappeler qu’il n’y a pas obligation à être con dans un monde de cons
Merci
05.01 à 23h48
Alerter
RobLep
Mesdames … FOR ..MI..DA..BLE..
Félicitations à ces 2 « Femmes » journaliste . Les autres , et pas seulement les journalistes , devraient méditer sur cette courageuse action .
Elles n’ont fait que confirmer la grande risée de l’immense majorité de la population à l’annonce de la liste des récipendiaires .
05.01 à 23h38
Alerter
Ren?
L’HONNEUR N’EST PAS LEGION
La légion d’honneur est devenu une institution paradoxale :
si on la mérite on doit maintenant la refuser

sans doute l’air du temps

et bien même si je suis pupille de la nation ,
fils d’un réfractaire d’avant garde qui l’avait refusé en son temps , petit fils d’un chevalier de cet « ordre » prestigieux ,

je suis particulièrement heureux de lire cet article
le paradoxe je vous dis …
05.01 à 22h59
Alerter

xorg
@delize
Vous etes peut-etre de la famille……
05.01 à 22h55
Alerter
raouloubar
ben moi des filles comme ca
ca me fait bien plaisir « vous me donnez la légion d’honneur, non seulement je vous ai rien demandé mais je la mérite pas  » ca remet les technocrates en place, meme l’existence de ce truc foireuxqui sert à rien de rien. bravo les filles.
05.01 à 22h21
Alerter
angie75
Bravo
dans le contexte actuel de dignité à vendre pour un strapontin dans la Sarkozie, votre attitude vous honore mesdames.
05.01 à 22h21
Alerter
fgrosso
Nonce Paolini
Nonce Paolini lui ne l’avait pas refusé lui (en 2007).

Une décoration pour les copins et les coquins….
05.01 à 22h13
Alerter

Max13
ni putes ni soumises
contrairement à l’assos du même nom. Elles ne vont pas à la soupe
05.01 à 21h50
Alerter
rintintin
quelle affaire
elles ne seront pas les denières quant à moi si on me la propose je dirai oui chacun fait comme il veut mais attention rien ne sert de vouloir donner une leçon on dit oui on dit non et puis on ferme sa gueule
05.01 à 21h47
Alerter
Max13
3eme age
je pense que ces médailles il faut les garder pour le 3eme ou 4eme age comme récompense pour une oeuvre.

pas du copinage
05.01 à 21h47
Alerter

Tintin1
Michèle Audin fille de Maurice Audin a fait pareil
Voici sa lettre de refus :

http://www.lematindz.net/news/2305-la-lettre-de-michele-audin-a-nicolas-sarkozy.html

05.01 à 21h47Alerter

fgrosso
LA LEGION D’HONNEUR ON S’EN FOUT
CETTE « DISTINCTION » HONORE AUTANT DE CRAPULES QUE DE HEROS, DEPUIS QU’ELLE N’EST PLUS QUE LE MOYEN POUR LE POUVOIR DE RECOMPENSER LES COPAINS ET LES COQUINS A LA CHARGE DU CONTRIBUABLE FRANCAIS.

UNE MESURE D’EQUITE SOCIALE ET D’ECONOMIE EN PERIODE DE CRISE.

LA SUPRESSION DEFINITIVE ET RETROACTIVE DE LA LEGION D’HONNEUR ET LA RECONVERSION DU MUSEE DE LA LEGION D’HONNEUR EN REFUGE POUR LES SDF…
05.01 à 21h46
Alerter

corneille
Bravo
Ces femmes ont plus de dignité qu’un Wolinski.
05.01 à 21h44
Alerter
cons?quences
surveillons l’après
Ces deux journalistes ont agit en toutes responsabilité et dignité. Mais elles doivent d’attendre à des mesures en retour de la part des princes de notre république actuelle. Oui le prince n’aime pas que l’on ne soumette pas à son bon plaisir et là elles ont frustré le prince d’un plaisir. Il ne vont pas aimer à la cour.
05.01 à 21h44
Alerter

Grandchancelier
La Légion et le hochet
Il serait temps d’informer les anciens du RPR – notamment tous ceux qui ont gravité autour de la Mairie de Paris à la grande époque (celle atteinte par la prescription pénale) – que les temps ont changé.

Derrière les grands principes, il y a deux catégories de récipendiaires de la Légion. Celles et ceux qui ont fait honneur à la France, que l’Etat reconnaît comme tels et qui méritent le respect. Ils sont encore nombreux.

Et les autres. Ceux à qui on remettait le hochet « pour services rendus » dans des commissions de marchés publics, dans des offices HLM, dans certains organes de presse ou certains palais de justice et en tant d’autres lieux « chers » au Correzien, le quêteur de l’immunité pénale, le politicien sans Etat d’âme.

Dans un tel contexte, la décision de ces deux journalistes politiques les honorent. Ces deux femmes rejoignent bien des Français méritants qui questionnent avec lucidité des critères d’attribution de la Légion d’Honneur que l’on croyait révolus.
05.01 à 21h39
Alerter

Julien
Chapeau bas Mesdames
Ce gouvernement décernant une médaille de haute distinction à des personnes sans les mêmes prévenir,me paraît là encore,une façon de vouloir s’approprier la confiance des ces deux journalistes.
Tout est bon pour appâter le poisson pour ainsi mieux le noyer ,n’est ce pas monsieur Karoutchi ?
Sauf que là ,c’est sur un os que vous êtes tombé!!!
05.01 à 21h34
Alerter
zebus
rien d’etonnant
avec ces journalistes deja tres marquees à gauche ,qui auraient accepte tres volontiers qu’une decoration leur fut remise par Mitterand par exemple.On voit jusqu’ou le sectarisme et l’anti sarkozysme peut mener ….Rien d’etonnant quand on voit aussi comment les choses se passent au(x) PS !!! Ce sont 2 femmes vindicatives.
05.01 à 21h16
Alerter
cerbere
bravo
une seule réponse d’éthique : ni pute ni soumise.
05.01 à 21h07
Alerter
honagre
à l’UMP
… on croit toujours pouvoir attraper les fines mouches avec du miellat !
05.01 à 20h56
Alerter
onkele
Bravo
Un seul mot, bravo mesdames de vouloir redonner à cette distinction sa valeur. Peu de personnes sont capables d’un tel comportement, encore bravo et sans être un féministe virulent, quel homme est prêt à ce geste ?
05.01 à 20h51
Alerter
reks
Femmes je vous aime
Un grand bravo mesdames, car par les temps qui courent il semblerait que seules les femmes font preuvent de courage, et là Julien Clerc a raison…..Femmes je vous aime!!!!
05.01 à 20h37
Alerter
tcm34
Chapeau
CHAPEAU MESDAMES! Mes pour deux courageuses combien se couchent dans les médias !Cela en dit long sur les methodes de NS et ses comparses :o n achète par les honneurs ,l’argent les breloques .Ils connaissent bien la nature humaine en tout cas.
05.01 à 20h24
Alerter
ZOUZO
Bravo
Bravo! Vous faites honneur au métier. Si cela continue je vais recommencer à acheter Le Monde tous les comme je le faisais avant tous le soir. A cause colombani et compagnie j’avais arrêté d’acheter le monde.
05.01 à 20h09
Alerter
berruyer
Hypocrite
Ces journaliste très marquées à gauche ne veulent pas d’une décoration qui leur soit remise par la gouvernement de Sarkosy ce président honni, diabolisé quel sectarisme. Elles auraient bien acceptée si le gouvernement avait été de gôôôche. Vous avez fait élire Sarko en le diabolisant et vous continuez sur un autre
registre.
05.01 à 20h08
Alerter
ralph
Une tentative de forcer la main
pour mieux les contrôler, les guider, les asservir, les rendre complices de dispositions gouvernementales peu ragoûtantes.

Ca fait partie des mêmes méthodes qui consistent à nommer le président de la télévision publique.

Nous, électeurs, nous aurons à coeur, lors des prochains scrutins nationaux, d’élire une personnalité, chef de l’état, qui prendra les mesures nécessaires pour abolir ces dispositions scandaleuses et rétablir, au moins, les procédures antérieures.
05.01 à 20h04
Alerter

b?ber22
femmes d’honneur
tout simplement chapeau bas mesdames.que votre acte d’honneur fasse réfléchir tous ces pseudo opposants qui n’ont de cesse de courber l’échine devant le pouvoir en place ! n’est ce pas jack lang?
05.01 à 19h58
Alerter
JPML
distance et humour
Espérons que ces deux journalistes feront école : non seulement elles refusent un hochet qu’arborent beaucoup de gens peu recommandables, mais en plus elles précisent bien qu’elles n’ont rien fait pour le mériter … Bravo les filles !
05.01 à 19h56
Alerter
karima
@louis 1
Bien sur ce geste n’aurait pas eu de valeur réglementaire mais en le médiatisant cela aurait eu un impact. En plus la prestation annuelle de 6.10? aurait pu être versée aux restaurants du coeur.
Tient d’ailleurs une idée à creuser, que chaque récipendaire de la légion d’honneur reverse sa modique indemnité de 6.10? au restaurants du coeur. Beau geste et en plus déductible d’impots.
05.01 à 19h46
Alerter
felix
bravo
bravo pour votre courage et votre loyauté face à l’institution de la légion d’honneur, décorer sylvie vartan ou nathalie baye c’est bien la politique du copinage, j’espere que d’autres auront le même courage
05.01 à 19h36
Alerter
Dethomas
Bravo !
Ces deux journalistes sont à la presse française ce que fut Rosa Parks à la lutte des Noirs pour la lberté.
05.01 à 19h35
Alerter
honagre
du haut de cet inselberg
….j’ai bonne vue sur la canopée sarkozyenne et j’infère aisément sur la forêt primaire UMP!
05.01 à 19h27
Alerter
inouicandide
felicitation a ces deux journalistes
qui ont eu le cran de dire que rien dans leur vie ne relevait de la legion d’honneur ! Effectivement faire un travail et bien le faire ne se revele pas forcement un acte de bravoure meritant cet honneur! j’espere que ceux qui ne l’ont pas meritee se sentiront un peu genes d’avoir acquis des honneurs qu’ils ne meritaient pas ..sauf quelques rarisimes! mais j’en doute ..beaucoup sont trop vaniteux et megalos!
05.01 à 19h06
Alerter
jacquesmarseille
sursaut…
Petit sursaut de dignité dans le monde du journalisme,une preuve d’indépendance aurait été de soutenir Denis Robert .Mais par ces temps de disette hormonale vaut mieux deux paires de gonades féminine bien accrochées que celles des journalistes mâles lancés dans le marathon servile des honneurs.
05.01 à 19h04
Alerter
henri-pierre
La Beauté du geste
C’est beau et réconfortant de savoir que des valeurs comme le professionnalisme et l’honneur ne sont pas achetables.
Votre intégrité n’a d’équivalent que votre indépendance.
Merci et bravo Mesdames pour votre CLASSE !
05.01 à 18h48
Alerter

RobertVnt
Ca veut dire quoi « indépendante » ?
On attends avec intérêt un article de fond sur ce que veut dire « ‘indépendance ». Je ne vois pas comment on peut se prétendre indépendante lorsque l’on est journaliste au Monde ou au FI. Doit-on comprendre que ces médias sont eux aussi indépendants ?
Non pour aller jusqu’au bout de la démarche, et se déclarer indépendantes, ces journalistes devraient démissionner. On peut imaginer qu’au sein de leur entreprise, des pressions les ont conduit à refuser cette distinction.
05.01 à 18h46
Alerter
Deux
Honneur
Bravo.

Vous savez où est l?honneur, vous.

Les journalistes encore dans ce cas ne sont pas légion (!).
05.01 à 18h41
Alerter

RobertVnt
Une façon comme une autre d’exister !!!
Je ne connaissais pas ces personnes. Et je ne crois pas que leurs articles les auraient rendues célèbres avant longtemps. Après ce coup d’éclat : « on les connait ».
J. P. Sartre avait plus de classe devant son prix Nobel.
05.01 à 18h38
Alerter
bidon
Enfin des femmes debout !
Quand on voit la liste des légionnaires je m’interroge souvent sur la grandeur des exploits de certains, notamment dans le show bizz. Car à part se coucher tard que font-ils de plus que ceux qui se lèvent tôt ? Peut être un peu plus de calipettes ?

Avec un Président Blig Bling, ils ont de l’avenir. Le roi de la réforme devrait agir pour reconnaître les braves des braves. En somme, des vrais légionnaires !
05.01 à 18h37
Alerter

forumm
Si !SI !
Mesdames !

Rien que pour avoir refusé la légion , vous méritez par cela même la légion bien nommée pour une fois d’honneur.
05.01 à 18h37
Alerter

prataine
Alors là
Si ce sont de bonnes raisons, alors chapeau. La classe. Les gestes de dignité sont si rares ces temps-ci, dans l’espace public. cela nous change des épaves vaniteuses. RJP
05.01 à 18h34
Alerter
louis1
karima
principe noble et généreux mais sans valeur pour celui qui l’aurait reçue : qu’en pensez vous ?
05.01 à 18h32
Alerter
delize
@xorg
Vous ne devez pas lire les journaux ni écouter la radio, xorg, pour réagir aussi stupidement. Croyez vous sérieusement que des journalistes de ce niveau aient besoin de se « faire de la pub » ? On n’est pas chez les people,içi, vous ne connaissez décidément rien à la presse.
05.01 à 18h31
Alerter
vielsobs
lesions d honneur
mesdames ,vous etes legions et cela vous honore…
ca prouve vraiment que cette « broloque « ne veut plus rien dire
05.01 à 18h28
Alerter
marief
Bravo …
Quand être journaliste à un sens !!!
Bravo !
Un exemple à suivre pour beaucoup…
Cordialement.
05.01 à 18h26
Alerter
xorg
Les deux femmes journalistes
Si elles n’avaient pas refusé cette « breloque » qui aurait parlé d’elles, meme si c’est éphémère…..
Difficile de percer dans ce métier et au moins ça va faire plaisir a leur entourage familial ….maintenant bien sur il faut espérer que ce n’est pas une simple « coquetterie…. »
Il parait que pour etre sur une liste de la « légion deshonneurs » il faut au moins une fois dans sa vie l’avoir demandé….mais est-ce vrai ?
05.01 à 18h14
Alerter
sigismonddemartenot
Chapeau bas
bien sûr. Enormément.
05.01 à 18h06
Alerter
Lyeuse
Bravo
Vous faites honneur à votre profession.
05.01 à 18h01
Alerter
sparta-kuss
KEGION D’HONNEUR
FELICITATIONS A CES DEUX JOURNALISTES QUI POSSEDENT DE LA DIGNITE ET DE L’HONNEUR SANS TITRE HONORIFIQUE. CELA NOUS CHANGE DE TOUT CES COLLABOS DE LA POLITIQUE, TRANSFUGES DU PS ETC…SUIVEZ MON REGARD !!!!!!!!!!!!
05.01 à 17h57
Alerter
gloops
félicitations Mesdames !
en ces temps $arkozystes blingbling et fric-roi, il est encore des journalistes intégres qui préfèrent leur honneur aux honneurs….

cela mérite d’être souligné !!!!

on aimerait qu’il y en eût un peu plus….
05.01 à 17h57
Alerter

maxmo
Refuser la Légion d’honneur
Bravo Mesdames les journalistes !
Des Professionnelles qui ne se laissent pas acheter par le Pouvoir politique !
05.01 à 17h52
Alerter
majdad
bravo mesdames
Il ne suffit pas d’être un mâle pour avoir des couilles, la preuve……
05.01 à 17h47
Alerter
chga37
Comme quoi…
…il existe encore des journalistes qui veulent conserver leur pleine indépendance ; bravo à elles !
…il y en a tellement qui se sont laissés acheter par la sarkomédiasphère…
Ce Karoutchi, il devrait recevoir la médaille de l’UMP (Ubuesque Ministre du Parlement)…
05.01 à 17h47
Alerter
DaveCoco
Alors là!!
Les journalistes vont remonter dans mon estime.

Chapeaux bas mesdames!!!!!

De la légion d’honneur, vous n’avez choisi que l’honneur. Et vous avez parfaitement compris la vacuité de ces décorations qu’on offre maintenant comme s’il s’agissait de pin’s.

Encore BRAVO!!!!
05.01 à 17h39
Alerter

ppop
bravo
bravo !
au fait tous ces grands journalistes ? Hommes où sont-ils ?
encore bravo mesdames le journalisme retient à nouveau mon attention et vos articles seront lus avec délicatesse !!!
05.01 à 17h37
Alerter

karima
la grandeur eut été
La grandeur des ces deux journalistes eut été de l’accepter et ensuite de la remettre d’une façon symbolique à deux français méritant et modestes qui ne « risqueront » jamais d’être mis à l’honneur.
Par exemple des travailleurs sociaux qui vont le soir se dévouer pour les sans abris.
05.01 à 17h37
Alerter
lelandais40
Bravo
Bravo à ces 2 journalistes. Ce refus, motivé, les honore, à l’inverse de certaines personnes que par décence je ne nommerai pas.
Quand on sait les critères que doivent réunir les militaires, les policiers, les pompiers, les sauveteurs, tous ceux qui risquent leur vie dans l’exercice de leur métier pour le bien de la collectivité, pour être proposé dans cet ordre national, il y a de quoi être éc?uré de certaines nomination.
C’est vraiment n’importe quoi au niveau du gouvernement.
Le maitre mot : faire plaisir aux petits copains.
En un mot le fait du prince.
05.01 à 17h36
Alerter
enzo
et moi je découvre avec étonnement
qu’il existe un secrétaire d’Etat auprès du premier ministre !!! Mais à quoi peut-il bien servir, sinon vivre aux crochets de la République ????

Quant à ces dames, bravo à elles!!! Et bravo pour leur indépendance d’esprit !!! On ne peut en dire autant de nombre de leurs confrères ….
05.01 à 17h34
Alerter

nanard16
Merci napoléon
Jadis Napoléon donnait la légion d’honneur à ses valeureux guerriers. Aujourd’hui c’est pour les gens du show bizz. Vous savez ceux qui habitent à l’étranger pour échapper à l’impôts et qui malgré leurs revenus vous demandent sans cesse des dons pour les autres(et parfois pour des maladies qu’ils attrapent entre eux). Alors bravo à ces gens ordinaires, refusant la légion d’honneur, qui ont jugé ne pas avoir fait un acte extraordinaire. Le vrai honneur, c’est votre conscience et là, encore bravo.
05.01 à 17h30
Alerter
Biroquet
Bravo mesdames
Votre conscience professionnelle vous honore. Votre indépendance est à ce prix. Il n’y a que dans les républiques bananières que les journalistes et les juges sont décorés. Et dire que certains se vexent quand on leur dit cette vérité !
Encore bravo !
05.01 à 17h22
Alerter
NewChti
Respect
Chapeau, fallait le faire…
Est-ce un coïncidence si ce sont deux femmes ? Sont-elles moins sensibles aux flatteries de la République ?
05.01 à 17h20
Alerter
Traroth
Courage
Il y a encore des gens courageux, dans ce pays. Mais elles ne l’emporteront pas au paradis : il ne fait pas bon avoir l’esprit d’indépendance, en Sarkozie.
05.01 à 17h15
Alerter
olifan
Elles relèvent le niveau, enfin !
Ce cher Mr. Olivennes devrait en prendre de la graine… Au fait, qu’a fait ce Monsieur de si glorieux pour être décoré, lui, par la main du Maître ?
05.01 à 17h13
Alerter
dalai
je dis….
juste bRAVO, respect a vous, je vais racheter le monde tiens …
05.01 à 17h06
Alerter

Publié dans ACTIONS CITOYENNES, DU VRAI JOURNALISME, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

GROUPE DE RECHERCHE ACHAC – RETOUR SUR L’ANNEE 2008

Posté par issopha le 5 janvier 2009


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GROUPE DE RECHERCHE ACHAC
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33 (0) 1 43 18 38 85
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RETOUR SUR L’ANNEE 2008


L’année 2008 a été, pour le Groupe de recherche Achac, une année charnière à la veille du 20e anniversaire de la création de notre organisme. Nous avions plusieurs objectifs, mis en ¦uvre depuis deux ou trois ans qui ont pu être menés à bien cette année :
1/ finaliser notre travail sur la “culture coloniale” par un ouvrage de synthèse ;
2/ proposer une seconde étape dans notre travail sur les “zoos humains” avec une édition d’une nouvelle génération de travaux ;
3/ conclure notre travail d’édition de 8 ouvrages sur “l’Immigration des Suds en France” afin de proposer une vision complète de ces “présences”  sur l’hexagone ;
4/ promouvoir de nouvelles approches en élargissant notre champ de réflexion et d’analyse, sur les “enjeux de mémoire” et le “rapport entre corps et culture” dans le prolongement de nos travaux précédents sur la “mémoire coloniale” ou les “enjeux autour de l’immigration”, mais aussi nos travaux sur “l’autre et nous”, autour des pratiques sportives ou des questions d’identité corporelle.

Immigration des Suds en France
Le programme Immigration des Suds en France (XIXe-XXe siècles) débuté en 2000, s’est achevé cette année, dans sa dimension livresque, avec la parution des deux derniers ouvrages de la série :  Frontière d’Empire, du Nord à l’Est. Soldats coloniaux et immigration des Suds (La Découverte, 2008 ; sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Ahmed Boubeker et Éric Deroo) et Grand-Ouest, Mémoire des Outre-mers (PUR, 2008 ; sous la direction de Farid Abdelouahab et Pascal Blanchard ; préface de Michel Le Bris). Plus d’une soixante de contributeurs ont accompagné ce travail qui donne aujourd’hui une vision large de ces présences des “Suds” dans le Nord-Est et le Nord-Ouest de la France depuis la fin du XIXe siècle. Dans le cadre de ce programme, quatre colloques-débats, autour de l’ouvrage Frontière d’Empire, du Nord à l’Est, ont eu lieu au cours des six derniers mois : Frontière d’Empire, Palais des Beaux-Arts de Lille, juin 2008 dont une synthèse sera bientôt disponible ; Un siècle d’immigration des Suds dans le Nord-Est, Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg, octobre 2008 ; Immigration coloniale et post-coloniale : Immigration européenne, Université de Metz, novembre 2008 ; Combattants des outre-mers en région : Histoire, mémoire et actions patrimoniales, Verdun, décembre 2008. En outre, deux nouvelles expositions itinérantes, spécifiques à ces régions ont été réalisées en 2008 avec nos partenaires Strasbourg-Méditerranée et Confluence : Alsace, Présence des Suds et Nord-Pas-De-Calais, Porte des Suds. En 2009, quatre nouvelles expositions régionales sont prévues (dans le Grand-Ouest et le Nord-Est), ainsi que la réalisation d’expositions similaires (de 12 panneaux synthétiques) pour des projets d’ouvrages antérieurs, notamment en PACA, Rhône-Alpes et Ile-de-France. Le projet est de disposer, fin 2009, de 12 expositions “types” sur les principales régions concernées. Enfin, dans le Grand-Ouest, pour accompagner l’ouvrage Grand-Ouest, Mémoire des Outre-mers, des colloques, cycles de conférences et rencontres sont programmés au premier semestre 2009.

Culture coloniale en France
Le programme sur les cultures coloniales en France a débuté en 2002. S’inscrivant dans ces derniers renouvellements historiographiques de l’histoire coloniale en France, l’ouvrage Culture coloniale en France. De la Révolution française à nos jours (CNRS Éditions, 2008), se veut être une synthèse la plus large possible qui fait suite aux trois ouvrages précédents : Culture impériale : les colonies au c¦ur de la République, 1931-1962 (Autrement, 2004) ; Culture post-coloniale, 1961-2006 (Autrement, 2006) ; Culture coloniale, 1871-1931 (Autrement, 2003). Cet ouvrage, rassemblant plus d’une quarantaine de chercheurs, offre une pluralité de regards sur l’influence coloniale en métropole et sera édité en langue anglaise en 2009-2010.

Les Guerres de Mémoire
Dans le prolongement de nos travaux précédents sur les “mémoires coloniales” ou les enjeux d’histoire-mémoire autour de l’immigration, nous avons souhaité ouvrir notre spectre de réflexion aux enjeux de mémoires en France sur le siècle, à travers une dimension “média” forte. De ce travail sont nés deux ouvrages : Les Guerres de mémoires. La France et son histoire. Enjeux politiques, controverses historiques, stratégies médiatiques (La Découverte, 2008 ; sous la direction de Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson. Préface de Benjamin Stora) et le numéro 52 de la revue Hermès du CNRS, sous le titre : Les Guerres de mémoire dans le monde (Hermès 52, CNRS Éditions, 2008 ; numéro coordonné par Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson. Préface de Marc Ferro).

Corps & Couleurs
Suite au colloque de 2001 sur Les zoos humains, au colloque de 2004 sur Le corps extrême et au colloque de 2007 sur Corps et couleurs, nous avons souhaité, en association avec le GDR 2223 CNRS (Marseille) prolongé ce travail sur le rapport entre corps et identité. Dans cette perspective, ce programme  s’est articulé autour de quatre évènements : les actes du colloque du 27 juin 2007 au CNRS réunis dans l’ouvrage collectif Coloris Corpus (CNRS Éditions, 2008) ; l’ouvrage album Corps et Couleurs (CNRS Éditions, 2008) réunissant une iconographie riche à travers trois grandes thématiques du corps : les états, les pratiques et les signes ; le colloque scientifique Couleurs sur corps, au Trocadéro en octobre 2008 ; l’exposition Couleurs sur Corps. Quand les couleurs habillent le corps en octobre-novembre 2008 au Trocadéro. Cette dynamique se poursuivra en 2009-2013 par une série de rencontres, colloques et ouvrages autour des identités corporelles.

Human Zoos
Le programme zoos humains a débuté à Marseille en 2001 avec un colloque fondateur. Ce travail vient de se prolonger, après 3 ans de préparation, avec l’ouvrage Human Zoos : Science and Spectacle in the Age of Colonial Empires (Liverpool University Press, 2008). C’est une refonte en profondeur de notre premier ouvrage publié en 2002, intégrant une quinzaine de contributions nouvelles et une mise en perspective importante de notre réflexion que cet ouvrage propose. En collaboration avec The Society for Francophone Postcolonial Studies et Liverpool University Press, une conférence-débat a été organisée à Londres pour débattre de cet ouvrage Rethinking Human Zoos (28 et 29 novembre, Institut français, Londres). Cette première rencontre sera suivie de deux autres colloques : Lausanne (2009) et Paris (2010 à l’occasion de l’édition de l’ouvrage-album sur les zoos humains dans le monde).

Des Noirs dans les Bleus
Enfin, dans le prolongement de nos travaux précédents, le Groupe de recherche Achac a participé au programme
Des Noirs dans les
Bleus
. Deux axes ont été développés dans ce cadre, en partenariat avec les producteurs du film : autour du film documentaire Des Noirs en couleurs. L’histoire des joueurs afro-antillais et néo-calédoniens en équipe de France de football (Canal +, juin 2008) ; et de l’exposition itinérante (en 12 panneaux) Des Noirs dans les Bleus. L’histoire des joueurs afro-antillais et néo-calédoniens en équipe de France de football. Ce programme souhaite renforcer le lien fort et historique existant entre la France, l’Afrique et les outre-mers en rendant hommage à l’ensemble des joueurs issus des immigrations, pour avoir porté les couleurs nationales avec brio depuis plus de trois quarts de siècle. Par ce projet, nous souhaitions sensibiliser le grand public aux problèmes de racisme, de xénophobie, de préjugés et de discrimination se manifestant dans l’univers du football. Les 20 modules d’expositions différents seront mis à disposition des régions en France métropolitaine, de nos partenaires dans les Dom-Tom et seront présentés dans plusieurs pays africains en 2009.

Une année 2008 riche en projets et réalisation, qui nous permet d’envisager l’année 2009 dans une perspective de finalisation de certains axes de programme (avec le rassemblement en coffret des 8 ouvrages sur l’immigration des Suds en France par exemple ou le programme d’expositions pédagogiques ou les colloques autour des “zoos humains”), mais aussi de mettre en chantier de nouveaux axes (autour des postcolonial studies par exemple) ou de renforcer le travail initié autour du corps et du sport (colloque à Lausanne au mois de mars 2009 par exemple).

En espérant vous retrouvez l’année prochaine dans le cadre de nos manifestations, programmes et ouvrages autour de notre 20e anniversaire, nous vous adressons nos v¦ux pour cette nouvelle année.

Le groupe de recherche Achac

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Une nouvelle approche politique est possible !

Posté par issopha le 4 janvier 2009

Une nouvelle approche politique est possible !

Elle ne passe pas par l’opposition permanente

Par

DOSSIER NPA. Mouvements poursuit la mise en débat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avec Francine Bavay, vice-présidente du Conseil Régional d’Ile de France. 12 décembre 2008.

À peine l’annonce de la transmutation de la LCR dans un nouveau parti était-elle annoncée que les commentaires ont commencé à fleurir, nourris par les médias, sollicités par toutes celles et ceux qui cherchent un avenir à la gauche. Mon objectif n’est ni de commenter cet état de fait – la stratégie politique autonome d’un parti de gauche – , ni de critiquer cette stratégie – la position « anti » -, mais d’essayer d’en discerner les conséquences potentielles pour toute la gauche.

Des milliers de militants de bonne volonté rêvent de renouveau politique. Beaucoup ont depuis longtemps déserté les partis, machines à gérer la démocratie institutionnelle formelle plutôt qu’à animer la participation citoyenne aux décisions. Beaucoup ont rêvé, après le formidable débat autour du projet de traité constitutionnel européen, après avoir applaudi des tribunes riches de leur diversité, partis, syndicats, mouvements sociaux de nouveau réunis autour d’un objectif commun, que le succès qui s’en est suivi allait leur permettre de rompre avec les phénomènes de concurrence inter-partidaire qui rongent notre système politique. C’était trop beau. La suite a montré que la gauche de gauche, pas plus que le reste de la gauche, n’est prête à rompre avec ses tropismes de concurrence de bac à sable, bien camouflée sous les appels vibrants à l’unité. Les militants de bonne volonté ne se résignent pas pour autant. Les appels fleurissent, Collectifs antilibéraux, écologistes décroissants et antilibéraux, alternatifs… Tous sentent bien l’urgence à offrir une issue collective. Les fronts de résistance se multiplient, épuisant les activistes de tout poil. Et… rien n’en sort. Sarkozy se rit de cette agitation qui ne pèse pas sur le réel. Tout cela n’améliore pas vraiment la lisibilité d’un projet neuf à gauche.

L’annonce faite à Olivier

Pourtant sur ce sol aride, une fleur s’épanouit : le nouveau parti d’Olivier Besancenot. Injuste, diront plus d’un. Après avoir brisé toute possibilité d’une candidature unitaire dans l’œuf à la présidentielle, la LCR, forte de son score en tête des petits candidats, de la bonne cote de popularité médiatique de son porte-parole, a profité de la division et foncé. C’est ainsi que » la LCR et Olivier Besancenot » ont appelé ensemble à la création d’un nouveau parti. Appel qui recueille un certain succès puisqu’il est crédité de dix mille engagements avant le meeting de lancement du 6 novembre.

Olivier Besancenot a décidé de répondre aux enjeux politiques explicités plus haut par un tour de passe-passe, la transmutation de la LCR révolutionnaire en un NPA guévariste. D’autres déjà ont rêvé de transmutation du même type. Le PC qui a essayé d’incorporer des représentants des mouvements sociaux, Yves Cochet qui voulait refonder les Verts du soir au matin (et qui a décidé de contourner la difficulté par le rassemblement d’écologistes médiatiques de tous bords), le Parti des travailleurs plusieurs fois rebaptisé depuis trente ans. La particularité du « POB », comme Parti d’Olivier Besancenot – ce qui est plus conforme à la réalité de l’approche -, c’est que la transmutation se fait autour d’une personnalité médiatique avérée.

Deux questions se posent immédiatement aux acteurs politiques concernés que nous sommes : Cela doit-il rassurer de l’avenir de la gauche de gauche ? Inquiéter plutôt, il me semble. Cela peut-il permettre d’améliorer le rapport de forces de toute la gauche pour échapper à Sarkozy ? L’affaiblir durablement semble plus vraisemblable.

À qui profitera le succès d’un parti qui déclare ne pas vouloir participer à la gestion tant qu’il n’est pas majoritaire seul (c’est-à-dire jamais) et ne pas vouloir passer d’alliances avec ceux qui y participent, dans un pays où la droite est structurellement majoritaire ? À la droite bien sûr ou plus précisément aux centristes comme François Bayrou qui laissent planer le doute d’une alliance avec la gauche pour se renforcer par cette attitude bipartisane à l’américaine. Olivier, le meilleur ami de François ? Stratégie efficace pour transformer réellement la société ?

À qui le nouveau parti peut-il servir à rêver ? À celles et ceux qui croient qu’il suffit d’être contre un système pour le transformer miraculeusement ! Car ce projet est d’abord et surtout ANTI, anti-capitaliste déclaré, anti-institutionnel pratiquant, anti-antilibéraux de facto. Car la tentation n’est pas nouvelle. L’antilibéralisme a de ce point de vue déjà servi d’expérience. Si s’opposer est légitime, cela ne suffit ni à faire l’économie d’un projet, ni à convaincre nos concitoyens qui cherchent désespérément à échapper à la précarité. La présidentielle qui faisait suite au referendum sur le TCE l’a montré. Alors anticapitaliste pour faire de la surenchère sur les antilibéraux ou pour exprimer un nouveau projet ?

Raoul Marc Jennar prétend, dans Politis, qu’il n’y a aucune différence de fond entre les propositions du NPA et celles des écologistes antilibéraux. Il appelle donc ces derniers à rejoindre ce nouveau parti. Pourtant les deux approches semblent bien éloignées. Les écologistes antilibéraux veulent une rupture soutenable avec le productivisme qu’ils mettent au centre de leurs préoccupations. La différence ? pour simplifier : Le productivisme gaspille et opprime pour gaspiller ; le capitalisme thésaurise et réifie pour thésauriser. Les sociétés technologiquement augmentées savent l’attrait du néolibéralisme (capitalisme financiarisé) : un tranquillisant laisser-faire pour celles et ceux qui sont littéralement écrasés par leur capacité à faire (dominés et dominants). Dépasser le capitalisme aujourd’hui passe par une rupture avec l’imaginaire dominant, ce qui n’a pas de commune mesure avec la critique du capitalisme au seul sens économique du terme. L’ambition est d’en mettre à nu les rouages qui structurent nos sociétés aujourd’hui, les grosses roues du capital symbolique qui fait le lit des inégalités durables (entre les hommes et les femmes notamment) ou variables (le capital culturel), les différentiels du gaspillage éhonté des ressources naturelles non reproductibles, les dents cassantes des ressources décentes pour toutes et tous. L’ambition est d’utiliser cette lucidité pour mettre en place des politiques de transformation concrète de la société dans les institutions dont elle dispose aujourd’hui et, cela, avec les mouvements sociaux tels qu’ils sont avec leurs micro-leaders un peu vieillissants, profondément conscients qu’il ne suffit pas de brocarder le système pour en inventer un autre magiquement. Mais aucun brillant esprit, aucun groupe, réseau, rassemblement, parti, aucune zone, coalition, fédération, organisation gouvernementale ou non, n’a LA solution clé en main à révéler à un univers politique devenu aussi consommateur pressé que le reste de notre société.

Je fais ce détour par la critique de l’écologie politique pour mieux montrer qu’ici, il n’est pas question de stigmatiser qui que ce soit mais d’essayer de démonter les ressorts d’une offre politique, celle d’un nouveau parti à gauche qui se veut plus déterminé pour répondre aux attentes légitimes de personnes qui se sentent flouées. Mais qui se situe d’abord irréductiblement hors des institutions. Or il se passe vraiment quelque chose à la gauche de la gauche institutionnelle qui mérite mieux que du dénigrement face à l’incapacité récurrente à reconstruire une gauche digne de ce nom.

« Olivier » – à quand « Oli » ? puisque les figures médiatiques populaires ont désormais un petit nom en politique -, fait croire qu’il suffirait d’accompagner les luttes sociales pour construire une alternative politique. En cela, le NPA a une posture plus proche du syndicalisme revendicatif que de la politique. Les limites de cette posture sont bien connues depuis les mouvements de chômeurs qui ont essayé d’attirer l’attention sur le sort de ceux qui sont considérés comme inclus mais hors du système de facto. Ce qui a été critiqué historiquement comme la défense du mâle blanc peut-il devenir le projet de jeunes classes moyennes en voie de précarisation, pas beaucoup plus ? L’enjeu est bien plus exigeant que la protection des revenus de ceux qui n’ont pas encore totalement dégringolé dans un univers mondialisé où délocalisations et migrations servent d’épouvantails. Le « Parti d’Oliver Besancenot » laisse ainsi entière la question d’un projet de gauche pour un monde global, un projet qui lutte contre les inégalités, TOUTES les inégalités dans un monde sans frontières.

Je ne prétendrai pas ici avoir suivi de près l’élaboration, que l’on peut supposer foisonnante entre des gens neufs en politique et vieux routiers, au NPA. Je me contenterai de donner mon interprétation de citoyenne qui reçoit les messages médiatiques d’Olivier comme tout un chacun. Loin de penser qu’il y a du neuf, j’ai l’impression, en tant qu’ancienne syndicaliste, de recevoir un message syndical PLUS.

L’usage du mot capitalisme a un avantage. Tout le monde croit savoir ce que c’est. Et donc savoir ce qu’est son antithèse. Toute transformation pour qu’elle soit soutenable doit s’ancrer dans un imaginaire à la portée du plus grand nombre. La tentation est grande de rejouer les Trente Glorieuses avec un État social redistributeur, grâce à une fiscalité considérée comme juste, contrôlant la monnaie et le crédit, interventionniste, planificateur. Voilà ce qui irait avec le rêve du retour aux acquis, la conservation du système. Alors que si l’on souhaite que toute l’humanité existante ait accès à une vie décente sans pour autant obérer son avenir par la destruction de son milieu de vie, il est urgent de changer de repères, de référentiel spatial et de repères mentaux, urgent de poser la question de la décroissance d’activités inutiles et aliénantes, de penser l’humanité comme espaces de migrations plutôt que de territoires à protéger, …

Certes « la critique est facile, l’art est difficile ». Personne n’est dédouané de la recherche de la quadrature du cercle de la réconciliation de la gauche autour d’un projet de transformation écologique et sociale crédible. Alors comment faire ? Quand la démocratie se fait peau de chagrin, entre rendez-vous formels du suffrage universel et démocratie représentative inopérante, le NPA veut rester en marge des institutions, se condamnant par là-même, et le reste de la gauche avec lui, à l’opposition. La solution est-elle d’abandonner le peu de réel pouvoir de transformation ou d’essayer d’y prendre appui pour développer les contradictions internes au système ?

A gauche !

Si la social-démocratie est en crise, incapable de résister au mouvement actuel de précarisation généralisée, soit parce qu’elle a adopté l’idéologie du libéralisme financiarisé, soit parce qu’elle n’a pas su réinventer des systèmes de protection efficaces, elle reste la composante la plus forte à gauche. Renoncer à la faire bouger, c’est renoncer à transformer profondément pour se satisfaire de succès à la marge, comme le retrait du CPE, même pas suivi d’action pour le retrait du CNE.

Il faut décoloniser nos esprits. Rompre avec l’idée que la politique appartient aux partis, qu’ils soient avant-gardistes ou conservateurs. L’ alternative, si elle est possible, ne peut résulter que d’une confrontation avec la société, avec les associations, les syndicats, les mouvements représentant les minorités dans toute leur diversité. L’avenir se joue dans la confrontation et le débat avec toutes les forces de gauche.

La gauche a l’obligation de construire une alternative de gouvernement à Sarkozy, sauf à lui laisser la place pour longtemps. La question du projet manquant est incontournable, mais celle du contenu des alliances n’est pas anecdotique. Un projet de transformation écologique et sociale sans vocation majoritaire est une impasse. Il nous faut à la fois penser la transformation et la dynamique politique capable d’en faire une aspiration crédible et appropriable par nos concitoyens.

Définir un projet de transformation écologiste et sociale est indispensable pour toute la gauche si nous voulons donner corps à une alternative, qui retrouve des chances de mobilisation et de conviction à la base. Un projet économique clair, qui explique ce que nous voulons en France, désormais grande métropole du monde, et dans le monde en s’attaquant aux inégalités entre Sud et Nord, en utilisant la crise financière pour démontrer que l’antiproductivisme et la lutte contre les inégalités et la démolition sociale sont la base d’un renouveau à gauche, vraiment de gauche. Le NPA en sera-t-il ? Aura-t-il l’estomac de prendre le risque de vivre, de s’affronter potentiellement à l’exercice des responsabilités et de mettre en acte son projet. Voilà la question qu’il faut peser à Olivier Besancenot. Pas pour polémiquer mais pour assumer notre responsabilité partagée face à l’avenir. Car le succès probable du « POB » le rend encore plus comptable de l’avenir.

P.-S.

Retrouvez les autres contributions à ce débat :

Philippe Corcuff – L’aventure « NPA » : un chaos créateur, et comment « le mort saisit le vif » dans la gauche de la gauche
Michel Husson – NPA : nulle part ailleurs ?

Mais aussi les articles initialement publiés sur Mouvements.info en juin dernier :

Clémentine Autain – Un autre parti est-il possible ?
Jean-Christophe Cambadélis – Où allez-vous ?
Olivier Dartigolles – Ne pas se tromper d’ambition
Noël Mamère – À quoi sert le NPA ?
François Sabado – Pour un Nouveau Parti Anticapitaliste
Denis Sieffert – Une autre vision de l’alternative : l’appel de Politis
Vincent Tiberj – Une autre gauche est-elle possible ? L’espace électoral du NPA

 

 

NPA : nulle part ailleurs ?

Par

DOSSIER NPA. Mouvements poursuit la mise en débat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avec Michel Husson, membre du Conseil Scientifique d’Attac. 12 décembre 2008.

Ce point de vue doit être assorti d’un bref guide de lecture. J’ai démissionné de la LCR en décembre 2006 en raison de sa politique unitaire. Je faisais alors ce pronostic : « croire que la nouvelle force anti-capitaliste pourra se faire sans les hommes et les femmes engagés dans les Collectifs est une fuite en avant qui ne pourra être redressée facilement ». La sollicitation de Mouvements est donc l’occasion de faire le point deux ans après.

Le choc initial repose sur ce postulat : l’arc de forces politiques réunies au sein des collectifs était irrémédiablement destiné à réintégrer une nouvelle mouture de la gauche plurielle. La direction de la LCR a fait de ce postulat une « prophétie auto-réalisatrice », comme disent les économistes. Elle a fait de la surenchère pour montrer que ce postulat était vérifié et qu’une candidature Besancenot était ainsi justifiée. Cette tactique reposait sur la conviction qu’Olivier était le meilleur candidat possible, que je partage et qui s’est confirmée. Mais, pour la rendre possible, la LCR a tenu un double langage : d’un côté, elle assurait que cette candidature était provisoire et soumise au dégagement d’une candidature unitaire ; d’un autre côté, elle a tout fait en pratique pour montrer qu’elle était impossible.

Une autre orientation était-elle possible, et le cours ultérieur des événements n’a-t-il pas confirmé la justesse de ce choix ? Il est toujours difficile de refaire le film après coup, et il n’est pas sûr qu’une autre issue aurait été possible. Mais la Ligue a manqué d’audace en ne tentant pas de tester jusqu’au bout la possibilité d’une candidature unitaire/collective qui aurait imposé aux médias une pluralité de représentants de la campagne. En considérant que cette voie était fermée, la Ligue a laissé le champ libre à la candidature Buffet qui ne pouvait que conduire à l’explosion du projet unitaire. C’était sans doute inévitable, mais ce qui était évitable, c’est que la Ligue apparaisse comme co-responsable de la débâcle. Elle a retiré ses billes trop tôt et elle est apparue comme n’ayant d’autre souci que de promotionner son propre candidat. Mais surtout elle a envoyé une fin de non-recevoir aux milliers d’hommes et de femmes investis dans les comités en leur faisant globalement un procès d’intention, les accusant de suivisme à l’égard du social-libéralisme.

Les succès dans la construction du NPA ont balayé le scepticisme que ce projet pouvait susciter. Ils s’expliquent par les excellentes prestations médiatiques d’Olivier Besancenot mais reposent aussi sur un gonflement réel des comités NPA qui équivaut à une multiplication par 3 des effectifs de la Ligue. Cette croissance s’accompagne d’une transformation qualitative dans la composition sociale et générationnelle des nouvelles « recrues ». Mais elle comporte en elle-même des difficultés, qui prennent la forme d’un choc des cultures militantes. Le profil dominant de ces nouveaux arrivants est, semble-t-il, celles de « jeunes révoltés » qui n’ont pas les mêmes repères militants que le « noyau dur » de la LCR. Il y a ici une dimension générationnelle que l’on retrouve un peu partout : entre la génération « soixante-huitarde » et la nouvelle génération, la pyramide des âges fait apparaître un creux qui fait obstacle à une transmission continue des traditions militantes. Certes, il vaut mieux avoir à se poser ces problèmes que de ne pas y être confronté. Mais ils comportent des risques organisationnels. Le plus important est celui d’une division du travail où les anciens porteraient les principes de la démocratie interne (qui est un acquis de la LCR), tandis que les « jeunes » se désintéresseraient des débats internes, de l’intervention dans les syndicats et les mouvements de masse, et se « spécialiseraient » dans une action à la base plus spontanée mais aussi plus difficile à coordonner.

La LCR a toujours connu ce type de difficultés. Combien de sympathisants déclaraient ne pas pouvoir assumer son rythme infernal de militantisme ? Beaucoup disaient aussi être proches des idées de la Ligue mais, au moment des élections, préféraient un vote utile à un vote minoritaire de témoignage. La percée électorale de la Ligue a changé les choses sur ce dernier point, mais elle repose en partie sur la popularité personnelle d’Olivier Besancenot sans forcément résoudre la première, à savoir l’élargissement de la base militante et de la capacité d’intervention à la base.

C’est là qu’on retrouve le « péché originel » de la rupture. Il y a sans doute des noyaux militants formés dans les syndicats ou dans les collectifs qui vont adhérer au NPA. La participation de personnalités comme Raoul-Marc Jennar ou Clémentine Autain montre qu’un potentiel important existe. Mais, en tournant le dos aux collectifs unitaires, la LCR s’est privée par avance d’un courant d’adhésion plus large. Les membres de ces collectifs étaient dans leur grande majorité à la recherche d’un parti à la gauche de la gauche, contrairement au procès d’intention qui leur a été fait. Mais il est compréhensible qu’ils restent pour l’instant dans une situation d’expectative à l’égard d’un processus qui leur apparaît comme une opération de croissance d’une organisation. L’attitude de la Ligue à l’égard, par exemple, de celles et ceux qui se retrouvent dans l’appel de Politis n’aide pas. Le message qui leur est adressé est en effet assez clair : « vous êtes bien gentils, mais nous, nous construisons le nouveau parti ». Autrement dit, cela se passe « nulle part ailleurs ».

Cette situation va rétro-agir sur le NPA. L’afflux en nombre de noyaux militants aurait pu jouer un rôle d’intermédiaire et évité la polarisation entre « vieux militants » et « jeunes révoltés ». Il aurait pu rendre un peu plus facile la nécessaire fusion des cultures en faisant aussi le lien entre l’ultra-militantisme du noyau historique et les formes d’intervention propres aux jeunes radicalisés. Il aurait pu rendre aussi la discussion programmatique plus équilibrée car les nouveaux arrivants et les militants de longue date sont très inégalement armés pour la mener. La dimension écologique aurait pu être nourrie de manière plus opérationnelle qu’avec l’apport de petits cercles « décroissantistes ». L’apport de ces équipes militantes aurait aussi permis de mieux maîtriser l’influence surdimensionnée que risquent d’avoir les micro-courants ultra-gauche ou dogmatiques intéressés par l’expérience. Enfin, un processus de construction plus ouvert aurait permis de poser en termes plus favorables la question des fronts électoraux à constituer à l’occasion des prochaines échéances, européennes ou régionales. Toutes ces réserves critiques n’empêchent pourtant pas de constater que la construction du NPA joue un rôle essentiel dans la recomposition d’une gauche radicale en France.

P.-S.

Retrouvez les autres contributions à ce débat :

Francine Bavay – Une nouvelle approche est possible ! Elle ne passe pas par l’opposition permanente
Philippe Corcuff – L’aventure « NPA » : un chaos créateur, et comment « le mort saisit le vif » dans la gauche de la gauche

Mais aussi les articles initialement publiés sur Mouvements.info en juin dernier :

Clémentine Autain – Un autre parti est-il possible ?
Jean-Christophe Cambadélis – Où allez-vous ?
Olivier Dartigolles – Ne pas se tromper d’ambition
Noël Mamère – À quoi sert le NPA ?
François Sabado – Pour un Nouveau Parti Anticapitaliste
Denis Sieffert – Une autre vision de l’alternative : l’appel de Politis
Vincent Tiberj – Une autre gauche est-elle possible ? L’espace électoral du NPA

 

 

 

L’aventure « NPA » : un chaos créateur

Et comment « le mort saisit le vif » dans la gauche de la gauche

Par

DOSSIER NPA. Mouvements poursuit la mise en débat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avec Philippe Corcuff, sociologue et membre de la LCR et du NPA. 12 décembre 2008.

Militant de la LCR depuis 1999, je n’ai pas le parcours militant, ni la culture intellectuelle, d’un militant « trotskyste ». J’ai longtemps été militant du PS (le courant CERES), puis des Verts, avant de créer fin 1997, avec quelques amis, la SELS (Sensibilité Ecologiste Libertaire et radicalement Sociale-démocrate), qui s’est rapprochée de la LCR [1]. Je ne suis pas à proprement parler « marxiste », car engagé dans un élargissement de mes références théoriques (marqué initialement par la sociologie critique de Pierre Bourdieu, puis par la sociologie pragmatique initiée par Luc Boltanski et Laurent Thévenot, je suis à la recherche d’une nouvelle posture critique en sciences sociales dans le dialogue avec la philosophie politique). Ce qui a pu me conduire à polémiquer avec certaines inerties doctrinales au sein de la LCR [2]. Mais je suis pleinement engagé dans la construction du « nouveau parti anticapitaliste ».

On ne dira jamais assez combien la décision d’autodissoudre la LCR et de créer une organisation insolite fût courageuse et audacieuse de la part de la direction de la LCR, tout particulièrement au regard des frilosités, des babillages routiniers et des inerties des multiples « petits chefs » de « la gauche de la gauche » (dite encore « gauche anti-libérale »). Car depuis l’expérience de la Convention pour une Alternative Progressiste autour de Charles Fiterman en 1994 (bientôt quinze ans !), ce qui se passe à gauche d’un Parti « Socialiste » largement social-libéralisé montre à la fois des potentialités d’existence politique pour une gauche radicale neuve et une incapacité chronique à amorcer l’organisation d’une alternative rénovée. « Le mort saisit le vif », selon l’expression de Marx : le passé ronge le présent et les possibilités d’inventer un autre avenir. Et pourtant les enjeux sont considérables, tant du côté de la critique sociale que sur le plan de l’émancipation.

Enjeux pour le XXIe siècle : une nouvelle politique d’émancipation et une nouvelle critique sociale ?

L’espérance émancipatrice est bien obligée de constater que, depuis presque deux siècles, d’expériences locales noyées dans les logiques dominantes en impasses autoritaires, voire totalitaires, d’institutionnalisations affadissantes en rêveries gauchistes sans effets, le projet d’une société non-capitaliste durable sur des bases démocratiques et pluralistes a échoué.

Une nouvelle politique d’émancipation ?

Cela contribue à donner des couleurs mélancoliques à nos combats. Cela nous oblige à explorer pratiquement et théoriquement l’hypothèse d’une nouvelle politique d’émancipation ajustée au XXIe siècle, puisant de manière critique dans les traditions progressistes passées et adossée à des outils de critique sociale réélaborés, dont la galaxie altermondialiste pourrait être le creuset [3]

Cette hypothèse s’appuie sur l’épuisement relatif des deux grands mouvements émancipateurs modernes : 1) le mouvement républicain-démocratique qui a émergé au XVIIIe siècle, en posant la question républicaine-démocratique, et 2) le mouvement socialiste (dans ses variantes sociales-démocrates, communistes, anarchistes, etc.) qui a pris forme au XIXe siècle en posant, dans le sillage critique du premier, la question sociale. Car la mouvance progressiste actuelle aurait à répondre à des questions pour partie renouvelées. Ainsi des tonalités post-républicaines et post-socialistes perceraient dans cette hypothèse, qui continuerait toutefois à se nourrir de ressources républicaines-démocratiques et socialistes.

Une telle hypothèse nous empêcherait d’apporter exclusivement des réponses républicaines, à l’ancienne, à nos interrogations. Et nous ne pourrions envisager l’avenir émancipateur, sans prendre au sérieux les tragédies autoritaires et totalitaires qui ont pris le nom de « communisme » au XXe siècle. Un penseur à la mode comme Alain Badiou fait, de ce point de vue, régresser les gauches critiques, dans son refus d’associer radicalité anticapitaliste et vigilance antitotalitaire, tout à la nostalgie de la Chine maoïste (et de ses camps de rééducation ?). Au vu de l’ampleur des enjeux, on ne pourrait pas se contenter, non plus, de la dénonciation simpliste et fantasmatique d’un Grand Complot Unifié des Médias et du Néolibéralisme, contrairement à ceux qui préfèrent la chaleur répétitive des slogans à l’ouverture de nouveaux sentiers escarpés pour la réflexion. Après tous les échecs et les impasses du passé, la nouvelle gauche radicale en germe a le devoir, pour penser par elle-même, de penser aussi contre elle-même.

Un anticapitalisme élargi

Il nous faudra beaucoup de travail pour affiner nos outils de critique du monde tel qu’il va. Quelques pistes partielles et provisoires peuvent déjà être signalées. L’anticapitalisme, roc de nos refus, devrait pouvoir être élargi. L’analyse, toujours nécessaire, de la contradiction capital/travail (contribuant à structurer la question sociale, les inégalités de classes et la lutte des classes), devrait être enrichie par celle de la contradiction capital/nature (et de la question écologiste devenue incontournable), de la contradiction capital/démocratie (et de la question démocratique de plus en plus fragilisée dans le néocapitalisme globalisé) ou de la contradiction capital/individualité (et de la question des individualités, dont les aspirations sont tout à la fois excitées et frustrées par la logique marchande).

Par ailleurs, selon l’inspiration de la sociologie critique de Pierre Bourdieu, la problématisation de la question sociale comme de la question démocratique aurait à prendre en compte d’autres formes de domination interagissant avec le capitalisme comme la domination politique, la domination masculine, les dominations culturelles, l’homophobie ou les discriminations postcoloniales affectant systématiquement les populations issues de l’immigration.

Le problème de « l’État »

Par exemple, cela nous conduirait à commencer à poser autrement le problème de « l’État » souvent perçu de manière trop unifiée. On ne doit certes pas oublier la critique marxiste de la dimension de classe de l’État contemporain, mais si ce dernier constitue bien un lieu de cristallisation des rapports de classes, il condense aussi d’autres modes d’oppression (des femmes, des homosexuels, postcoloniale, etc.). D’autre part, l’État est profondément travaillé par une domination proprement politique (imbriquant le pouvoir des représentants professionnalisés sur les représentés et une hiérarchisation rigide du savoir au profit de formes bureaucratiques d’expertise, « la noblesse d’État » dont parlait Bourdieu), dont la critique anarchiste a bien saisi l’autonomie par rapport à la logique capitaliste. La critique marxiste, à la différence des libertaires, a trop souvent cru pouvoir résoudre la première (la domination politique) en s’attaquant seulement à la seconde (la logique capitaliste).

Par ailleurs, les institutions étatiques ne sont-elles pas plus diversifiées que leurs critiques libertaires et marxistes ne le laissent entendre, car à côté de la domination politique, de la domination de classe et des autres dominations qui les traversent, elles révèlent aussi (inégalement selon les institutions concernées) des formes de protection, associées aux luttes sociales et politiques (droit du travail, sécurité sociale, systèmes de retraites, services publics, etc.), qu’ont bien mis en évidence les travaux contemporains de Robert Castel dans le sillage de la sociologie d’Émile Durkheim. Pas de pouvoirs sans résistances, rappelait Michel Foucault, et donc sans inscription de ces résistances dans les institutions existantes. Toutefois l’espace de nos questionnements est ici loin d’être clos, ne demande même qu’à s’ouvrir.

Repenser une émancipation individuelle et collective

Il nous faudra beaucoup d’imagination pour redéfinir les contours actuels d’une émancipation individuelle et collective. Là aussi des pistes éparses peuvent être indiquées à titre d’exemples. On devrait tout d’abord ne pas oublier le caractère indissociablement individuel et collectif de l’émancipation, en récusant la tentation fortement « collectiviste » des gauches, encore aujourd’hui. Marx et Engels, en avance sur des générations de marxistes, ne faisait-il pas, dans Le Manifeste communiste de 1848, du développement de l’individualité de chacun une des finalités principales d’une nouvelle association collective, « une association où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous » [4] ?

La question expérimentale, c’est-à-dire commencer à expérimenter ici et maintenant de nouvelles formes de vie, de travail, de décision et de création (démocratie participative et directe, squats autogérés, économie solidaire, agriculture alternative, coopératives ouvrières, expériences pédagogiques et universités populaires, réseaux culturels et médias critiques, etc.), devrait être également réévaluée. Car si personne n’a à l’avance les clés de l’avenir, inventer d’autres possibles demandera de multiples expériences, avec des erreurs et des rectifications successives et provisoires de ces erreurs. Ce qui supposera de rééquilibrer le vocabulaire politiquement dominant, à tonalité viriliste, de « la force », des « rapports de force » et du « combat » par celui de « la fragilité », de « l’exploration » et du « tâtonnement ». Et puis comment faire du commun en politique avec une pluralité humaine gorgée de différences ? Le vocabulaire, prégnant chez les républicains et les socialistes, de « la centralisation », de « l’unité » et de « l’unification », en écrasant la diversité, apparaît inadéquat. Le vocabulaire des « convergences », des « coordinations » et des « solidarités » semble plus prometteur.

Sur un autre plan, se saisir de la question écologiste de manière non superficielle, notamment dans la discussion avec les courants de « la décroissance », n’implique-t-il pas d’interroger la vision non critique d’un « Progrès » scientifique et technique supposé intrinsèquement positif, qui a tant marqué les représentations républicaines et socialistes ? Cela ne nous mène pas à l’abandon des Lumières du XVIIIe siècle, mais nous incite plutôt à les redessiner. Mais arrêtons-nous là, car le chantier de nos explorations est beaucoup plus large que ces quelques aperçus.

Un logiciel programmatique limité

Pour l’instant les programmes, assez proches, des gauches de gauche (défendus, par exemple, lors des élections présidentielles de 2007) sont assez peu inventifs par rapport aux enjeux renouvelés du XXIe siècle. On vit encore largement sur le logiciel du Manifeste communiste de 1848 (mais sans les originalités de Marx et Engels quant à la place de l’individualité, mises en général de côté), relooké par le programme du Conseil National de la Résistance et encore actif avec le Programme Commun de la Gauche de 1972, autour d’un double axe : services publics/mesures de justice sociale. On a rajouté à la marge une pointe de féminisme et un doigt d’écologie, mais globalement une vue élargie de la critique sociale et de l’émancipation y a peu de place. Et ce plan programmatique et intellectuel de la refondation de la radicalité ne semble guère préoccuper excessivement les divers « petits chefs » de la gauche de la gauche, tout à la répétition de leurs certitudes sous forme de slogans (« il faut l’union », « la LCR/NPA constitue une impasse gauchiste », etc.).

« Le mort saisit le vif »-1 : une gauche de la gauche tragi-comique ?

Depuis 1994 et la Convention pour une Alternative Progressiste, avec une accélération dans le sillage de la victoire du non au référendum sur le TCE, la voie d’un regroupement institutionnel d’organisations et de courants politiques a été privilégiée par la gauche de la gauche. Elle a échoué : en se brisant sur des logiques stratégiques opposées (entre ceux qui maintiennent des passerelles avec la gauche officielle sous hégémonie sociale-libérale – et ceux qui maintiennent des passerelles avec ceux qui maintiennent des passerelles électorales avec le PS, c’est-à-dire la grande majorité des dirigeants du PCF – et ceux qui défendent une claire indépendance), en mobilisant peu les citoyens (en dehors de l’effervescence de la campagne du non), en étant peu inventive sur le triple plan de la critique sociale, du programme et du projet d’émancipation.

Pragmatisme conséquent contre pragmatisme rhétorique

Le grand philosophe américain du pragmatisme, John Dewey, nous incitait légitimement à rompre en politique avec une vision en termes d’absolus. Selon lui, les orientations politiques devaient être traitées « comme des hypothèses de travail, non comme des programmes auxquels il faudrait adhérer et qu’il faudrait exécuter de façon rigide » ; d’où l’importance à ce « qu’elles soient sujettes à une observation constante et bien outillée des conséquences qu’elles produisent » et « à une révision prompte et flexible à la lumière des conséquences observées » [5] .

Est-ce que les « petits chefs » de la gauche de gauche, qui ont souvent le mot « pragmatisme » à la bouche face au supposé « gauchisme » de la LCR, sont pragmatiques en ce sens ? Non, le pragmatisme ne relève bien souvent chez eux que d’une rhétorique identitaire, et non pas d’une exigence pratique pour eux-mêmes. Au contraire, ils continuent à s’enfoncer dans ce qui a échoué depuis presque quinze ans, sans guère d’évaluation critique : « Appel Politis », frétillements divers à l’occasion de la création du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, récent appel à « la création de la force politique unitaire, antilibérale et pour la transformation sociale » par les mêmes « antilibéraux », de moins en moins nombreux mais pas moins arrogants…On peut sincèrement considérer l’aspiration unitaire de « l’appel Politis » sympathique ou le départ du PS par Mélenchon courageux, mais qui ne voit qu’on nous ressert une fois de plus les mêmes vieilles recettes qui ont détraqué notre estomac politique depuis si longtemps ? Une génération politique, calée sur des routines usées, n’est-elle pas en train de toucher du doigt ses limites face aux défis du temps ? Qui est capable, au contraire, d’esprit d’aventure dans ce microcosme désolé et désolant ?

De l’entre-soi inter-organisationnel à la boîte de Pandore

Si nombre d’animateurs de la gauche de la gauche agissent ainsi, ce n’est certes pas par perversité, ni par manque d’intégrité politique (on y compte des femmes et des hommes remarquables), mais souvent à cause du poids des inerties mentales. « Le mort saisit le vif », encore…Tout d’abord, souvent issus de l’extrême-gauche soixante-huitarde et post-soixante-huitarde, leur lucidité juste face à l’illusionnisme « gauchiste » devient obsessionnelle et les amène à se raccrocher à un discours « pragmatique », plutôt que de tenter de repenser les rapports entre radicalité et pragmatisme. D’autre part, la voie des regroupements organisationnels apparaît comme la plus familière pour ces dirigeants et militants politiques. C’est leur monde, c’est un terrain qu’ils connaissent, ils savent faire : mettre ensemble des représentants de différentes organisations et courants sur des estrades publiques ou dans des nuits-marathons de négociations. Mais est-ce que cela ne les enferme pas dans un entre-soi inter-organisationnel, qu’ils ne perçoivent même pas comme tel, illusionnés qu’ils sont par leur rhétorique de porte-parole de « la masse des travailleurs et des citoyens » ? On aurait typiquement à faire à ce que les sciences sociales appellent un « ethnocentrisme » : confondre son petit monde avec le vaste monde. Le confinement dans ce monde étroit rend alors difficile la coupure nette avec ce qui est considéré comme « la seule politique sérieuse », menée par les grandes organisations historiques, privilégiant l’occupation de places dans les institutions publiques : le PS et le PCF.

Les discours unitaires se transforment alors en mystique sans âme et sans contenu : « Tous unis, tous unis », mais pourquoi faire, dans quelle stratégie, pour combien de temps sur des bases aussi fragiles ? Le « tous unis » occupe l’espace laissé vacant par la lucidité. Ses dimensions affectives lui donnent une certaine efficacité auprès de ceux qui attendent depuis si longtemps une autre gauche, et qui sont prêt à croire facilement dans tout nouveau raccourci politique qui se présenterait…Un illusionnisme « unitariste » prend la place de l’illusionnisme « gauchiste » d’antan légitimement critiqué : a-t-on pour autant progressé, camarades progressistes ?

En lançant le processus « NPA », la direction de la LCR a esquissé la possibilité d’un autre chemin, tenant compte des échecs passés. Elle a réussi à surmonter sa propre culture « trotskyste » qui la prédisposait à ne trouver de solution que dans le regroupement d’organisations et de courants organisés (notamment venant du PS et du PCF). Elle s’est d’abord adressée à des centaines de milliers d’individus, plutôt qu’à des groupes (tout en s’efforçant de convaincre des groupes de participer également au processus), accrochant ainsi davantage aux caractéristiques individualistes de nos sociétés contemporaines. Elle a ainsi ouvert une boîte de Pandore, d’où surgissent des expériences multiples et hétérogènes, qui dans leur métissage pourraient dessiner une gauche radicale inédite. Elle a privilégié l’aventure, avec ses incertitudes, ses risques, son chaos…

Face à cela, qu’entend-on dans certains milieux de la gauche de la gauche, bien relayés par les médias (les journalistes ayant souvent des représentations analogues de ce qu’est « la politique sérieuse ») : « archaïsme », « manipulation », « logique d’appareil », etc. Et, à l’intérieur de la LCR, c’est un de ceux qui semble le plus attaché à la vieille culture « trotskyste » du regroupement d’organisations, renforcée chez lui par une patine de type IIIe République, l’enfermant un peu plus dans une définition institutionnelle étroite de la politique, qui est présenté comme le héraut et le héros de « l’ouverture », j’ai nommé Christian Picquet. On balance bien entre le tragique et le comique ! Que Christian Picquet ait incarné avec courage la résistance à la vague néolibérale dans les années 1980 et 1990, contribuant à préserver l’outil que constitue aujourd’hui la LCR, c’est indéniable. Qu’une rhétorique à la Jules Ferry trotskysé soit aujourd’hui l’axe d’une réinvention de la gauche, il y a bien des raisons d’en douter…

Face à « la question du pouvoir » : peut-on être libertaire et pragmatique ?

Á travers la question du rapport au social-libéralisme du PS, les divisions de la gauche de la gauche touchent aussi à la question stratégique du rapport au pouvoir politique. Là-dessus nous avons, après deux siècles d’échecs « réformistes » et « révolutionnaires », sociaux-démocrates, socialistes, communistes, anarchistes ou coopérativistes, pour stabiliser une société non-capitaliste pluraliste, promouvant l’émancipation individuelle et collective, beaucoup de questions et d’incertitudes. Et ceux qui nous présentent une « solution clés en main » risque de passer à côté de deux choses essentielles : 1) on ne peut pas se contenter de reprendre telles quelles les solutions élaborés hier sans une évaluation critique, et 2) les erreurs passées de l’espoir émancipateur nous poussent à envisager l’articulation d’une pluralité de solutions, un processus multidimensionnel plutôt qu’une voie unique. Mais on a encore à faire des expériences, et à tâtonner pratiquement et théoriquement pour y voir un peu plus clair. Sans certitudes, donc, on hérite cependant de quelques repères utiles.

Une réserve libertaire à l’égard du pouvoir politique

Olivier Besancenot incarne notamment une réserve libertaire à l’égard du pouvoir politique. Car, sous des formes historiquement différentes, les expériences « réformistes » ou « révolutionnaires » de transformation sociale se sont notamment heurtées à une tendance analogue : ceux qui croyaient « prendre le pouvoir » pour changer le monde ont souvent été pris par ce pouvoir (par divers mécanismes de concentration du pouvoir politique, d’institutionnalisation, de re-hiérarchisation des savoirs, supports de nouvelles logiques de domination, etc.), et les changements rêvés étaient presque oubliés en chemin ou prenaient des formes autoritaires qui les caricaturaient. L’histoire mélancolique de la gauche nous laisse alors entendre que la seule présence, même majoritaire, dans les institutions politiques existantes (notamment le parlement et le gouvernement) a peu de probabilités d’ouvrir la voie à une rupture avec le capitalisme et à une émancipation durable. La constitution du « NPA » part assez largement de ce constat libertaire, qui constitue un point de départ. Mais nous n’en sommes justement qu’au départ…

Les voies incertaines d’un nouveau pragmatisme

Après les avis divergent, dans la galaxie « NPA », quant à la place de la présence dans les institutions, jusqu’à l’éventuelle participation à une majorité parlementaire, voire gouvernementale, dans l’invention d’une société non-capitaliste. Peu de militants récusent le fait que cela puisse avoir, dans certaines conditions (où, comme en Bolivie ou au Venezuela, un gouvernement pourrait commencer à inverser le cours néolibéral des politiques publiques, qui domine le monde capitaliste depuis presque trente ans), une utilité. Ce n’est pas, non plus, le point de passage obligé par le suffrage universel, à transformer, selon l’expression de Marx dans ses Considérants du programme du Parti ouvrier français (1880), « d’instrument de duperie qu’il a été jusqu’ici en instrument d’émancipation » [6]., qui est en cause. Il ne s’agit pas, non plus, de faire une croix sur les acquis réels mais limités du libéralisme politique, mais plutôt de viser la consolidation et l’élargissement des libertés individuelles et collectives. Cependant, à partir du moment où l’on pense, légitimement, que : 1) cela ne suffira probablement pas pour faire sauter les chaînes de l’oppression capitaliste comme des autres formes de domination, et 2) que l’institutionnalisation peut même offrir des appuis à un renforcement de l’inégalité politique, un pragmatisme conséquent commande de ne pas être d’abord et principalement focalisé sur la participation aux institutions existantes (comme le PS, le PC et nombre de « petits chefs » de la gauche de la gauche).

Ce serait seulement à partir d’une réserve libertaire à l’égard du pouvoir politique, justifiée par les nombreuses déconvenues du passé, que pourrait être envisagée pragmatiquement la participation aux institutions locales, puis à des majorités parlementaires ou gouvernementales, avec des précautions démocratiques, dans un processus multidimensionnel (mobilisations sociales d’ampleur, invention de nouvelles formes d’auto-organisation populaire et citoyenne, expérimentations sociales multiples, combat intellectuel et inventivité culturelle, etc.). Cela nous inviterait, entre autres, à avoir une vue moins unifiée et plus contradictoire des institutions étatiques que les marxistes et les anarchistes (empruntant à la fois à Marx, Bakounine et Durkheim), et une vision plus mobile des pouvoirs (empruntant à Foucault). Mais on comprend que ceux qui aspirent à une carrière politique préfèrent traiter la composante libertaire comme une option seconde, une concession un peu folklorique à l’air du temps, et non comme une réserve préalable, étayage indispensable d’une pragmatique de l’émancipation…

« Le mort saisit le vif »-2 : de quelques inerties dans le processus « NPA »

Se contenter d’un discours de promotion et d’autojustification, comme on l’a fréquemment connu jadis dans les organisations progressistes, apparaît inadéquat pour relancer aujourd’hui pratiquement et théoriquement le pari de l’émancipation. Dans la tradition du Lumières du XVIIIe siècle, chaque militant radical ne pourrait alors échapper, parce que cela participe de la logique même de l’émancipation, à l’exigence d’une lucidité autocritique. On ne doit donc pas masquer les contradictions, les difficultés, voire les risques d’échec du processus « NPA » en cours.

Penser contre soi-même pour penser par soi-même

Il y a bien sûr les circonstances socio-historiques qui tendent à échapper aux volontés individuelles et collectives, et qui peuvent donner plus ou moins d’efficacité au processus, comme lui fournir de lourds écueils. Il y a aussi l’attractivité que le processus peut susciter ou pas chez tous ceux, nombreux, qui sont en attente d’une nouvelle gauche, et qui ont des doutes légitimes. Et puis il y a des blocages internes au processus, sur lesquels nous pouvons avoir davantage de prise, si nous en prenons conscience.

L’observation pleinement participante de cette aventure en devenir m’oriente vers au moins une grosse difficulté interne, qui pourrait également avoir des effets malheureux sur son attractivité externe. La très grande majorité des nouveaux membres et sympathisants (la distinction entre les deux étant particulièrement floue à ce stade) n’a pas de grande expérience politique, et parfois pas du tout. Certes il y a des déçus du PS, du PCF ou des Verts, qui avaient arrêté de militer depuis un certain temps, ou des personnes engagés il y a longtemps dans des groupes d’extrême-gauche, mais la plus grande partie est composée de militants syndicaux et associatifs sans affiliation partisane, voire de simples sympathisants critiques, membres d’aucune organisation. Cette majorité a moins l’habitude de s’exprimer publiquement avec un langage politique constitué, révèle davantage de doutes et d’hésitations. Par contre, les quelques membres de courants organisés, voire d’anciens militants disposant de fortes ressources rhétoriques, occupent beaucoup plus l’espace verbal des discussions, rédigent davantage de textes et d’amendements, ont un poids parfois surprenant, au vu de leur nombre fort modeste, sur les textes de référence du nouveau parti.

Un texte décevant : les « Principes fondateurs » du « NPA »

C’est particulièrement le cas du texte en cours d’écriture des « Principes fondateurs », dont la dernière version nationale des 8-9 novembre 2008 (http://www.npa2009.org/content/proj…) s’avère très décevante en tant que « déclaration de principes » d’un parti inédit, tant sur la forme (défauts de cohérence entre les différentes parties, mélange des dimensions conjoncturelles et structurelles, pas de définition claire au départ du « capitalisme » et de « l’anticapitalisme » mais des éléments émiettés au sein du texte, peu de hiérarchisation des « principes fondamentaux », passages marqués par une langue de bois organisationnelle ressemblant à la forme tract, pas de souffle dans l’écriture, etc.) que sur le fond (peu d’ouverture à la pluralité constitutive de l’anticapitalisme aujourd’hui, faible écho à la diversité des itinéraires et des expériences comme des niveaux de formation politique des militants-sympathisants locaux du NPA, questions stratégiques lourdes comme celle de « l’État » ou du rapport « réformes »/« révolution » tranchées rapidement et de manière manichéenne, etc.).

Le logiciel d’un « marxisme » sommaire (à tonalité économiste et collectiviste) a eu, pour l’instant (mais les choses peuvent encore être modifiées jusqu’au congrès constitutif), un effet hégémonique sur le texte, via le poids pris par la poignée de ceux qui disposent d’une certaine habitude dans la prise de parole publique et/ou l’écriture de textes politiques, dotés par ailleurs de davantage de certitudes. Ce qui fait que le texte en l’état ressemble peu au marxisme ouvert et hétérodoxe travaillé jusqu’à présent au sein de la LCR (dans sa revue officielle, Critique communiste, comme dans la revue proche d’elle, ContreTemps), et qu’il se situe, bien en deçà, du point de vue de l’ouverture de l’analyse et des propositions, du dernier texte de ce type adopté par la LCR : la version courte de son « Manifeste » publiée sous forme de brochure en décembre 2006 (http://www.lcr-rouge.org/IMG/pdf/ma…). Cela, paradoxalement, au moment où, dans le sillage du « NPA », la revue ContreTemps (fusionnant avec Critique communiste) s’ouvre et s’élargit, à la fois sous une forme papier (à partir de janvier 2009 aux éditions Syllepse) et sous une forme web novatrice. Dans ce cas, contrairement aux discours convenus sur la supposée « logique d’appareil » de la LCR, la direction de la Ligue a peu osé intervenir jusqu’à présent vis-à-vis d’une telle dynamique régressive, de peur qu’on ne l’accuse justement d’« interventionnisme »…

Un risque de décrochage interne

Les « Principes fondateurs » ne sont qu’un exemple d’un danger plus large qui guette le « NPA » : un décrochage entre quelques militants hyperactifs maîtrisant certains codes politiques stabilisés et la majorité des militants, plus diversifiés dans leurs références politiques et intellectuelles, leurs expériences comme dans leurs modalités d’engagement ; les seconds pouvant se retirer alors peu à peu sur la pointe des pieds, sans que leurs insatisfactions ne soient clairement exprimées et donc audibles. Ce qui aurait aussi un effet négatif sur tous ceux qui regardent avec intérêt, mais pour l’instant de l’extérieur, ce qui se passe du côté du « NPA ».

On a affaire ici à un aspect régressif d’un chaos pourtant plutôt créateur et prometteur dans l’ensemble. Bien sûr, ceux qui, comme Jean-Luc Mélenchon, proposent « clés en main » un parti, « son » parti, ne rencontrent pas ce genre de problèmes…

Le métissage « NPA » : chiche ?

Le lancement du « NPA » revêt des analogies, pour ce qui est des gauches radicales, avec l’aventure du congrès d’Epinay de 1971, donnant naissance à un nouveau parti socialiste, qui a fait profondément bouger les lignes de la gauche d’alors et a contribué à conduire à la victoire électorale de 1981. Mais un Epinay qui serait armé de la connaissance libertaire des épines de la rose : l’institutionnalisation sociale-libérale de l’après-1981 et l’échouement sur la question du pouvoir politique. Comme en 1971, nombreux sont encore ceux qui, pris dans les routines et les miroitements de l’immédiateté, ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, demeurant alors attentistes, voire ironiques, sceptiques et/ou arrogants.

Á l’inverse de cette inertie, il est possible de donner une ampleur historique à l’aventure « NPA », sans se masquer les écueils et les risques d’échec. En faisant le pari du métissage d’une grande diversité d’expériences individuelles dans quelque chose qui pourrait avoir les couleurs de l’inédit, dans un XXIe siècle naissant, tout à la fois inquiétant et passionnant. Un nom de parti, pointant la possibilité du neuf tout en partant des quelques repères et valeurs qui contribuent à nous réunir, comme IDÉAL (Internationalisme Démocratie et Écologie Anticapitaliste et Libertaire) serait le bienvenu pour ajouter son souffle symbolique à notre chaos créateur…

P.-S.

Retrouvez les autres contributions à ce débat :

Francine Bavay – Une nouvelle approche est possible ! Elle ne passe pas par l’opposition permanente
Michel Husson – NPA : nulle part ailleurs ?

Mais aussi les articles initialement publiés sur Mouvements.info en juin dernier :

Clémentine Autain – Un autre parti est-il possible ?
Jean-Christophe Cambadélis – Où allez-vous ?
Olivier Dartigolles – Ne pas se tromper d’ambition
Noël Mamère – À quoi sert le NPA ?
François Sabado – Pour un Nouveau Parti Anticapitaliste
Denis Sieffert – Une autre vision de l’alternative : l’appel de Politis
Vincent Tiberj – Une autre gauche est-elle possible ? L’espace électoral du NPA

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AFFAIRE UIMM : LE TRESORIER NATIONAL DE LA CGT EN PROCES

Posté par issopha le 4 janvier 2009

LE TRESORIER NATIONAL DE LA CGT EN PROCES

 

 

4 janvier à 15h13

Le livre « L’argent noir des syndicats », dénonçant la paralysie des organisations à une époque où tout le monde devrait être dans la rue, refait parler de lui. Face aux révélations de cette enquête dévoilant les financements qui débordent très largement les « fluidifications » de l’UIMM, le trésorier national de la CGT avait tenté de discréditer l’un des auteurs en l’accusant d’être « un menteur », lors d’une émission télévisée. Il va devoir faire mieux, ce mardi 6 janvier 2009, au Palais de justice de Paris…

Traiter publiquement de menteur l’auteur d’une enquête accablante est un argument un peu court mais qui peut avoir de l’effet sur l’opinion. Il peut introduire un doute le temps que le livre soit relégué aux oubliettes… Mais il vaut mieux disposer d’éléments plus convaincants qu’une simple injure, surtout quand l’auteur visé n’est pas vraiment du genre à plier devant les dirigeants d’une organisation, aussi impressionnantes soient leurs rodomontades. C’est l’expérience que va faire Michel Doneddu, trésorier de la CGT, devant les magistrats de la célèbre 17ème chambre correctionnelle du Palais de justice de Paris, face à Jean-Luc Touly et son avocat Me William Bourdon qui l’attaquent en diffamation…

Militant cégétiste contre administrateur cégétiste

Coauteur avec Chistophe Mongermont et moi-même du livre L’argent noir des syndicats [1], le militant Jean-Luc Touly demandera au trésorier national de la CGT d’apporter la preuve du propos diffamatoire qu’il a tenu, lors de l’émission Pièce à conviction, présentée par Elise Lucet, sur France 3, le 23 mai 2008. le trésorier s’était en effet défendu contre le livre en accusant Jean-Luc Touly d’être « un menteur » et même « un falsificateur », notamment en niant que ce dernier fût à la CGT. Le propos était particulièrement inadapté puisqu’à la même époque, Jean-Luc Touly représentait la CGT au conseil de Prud’hommes de Créteil, et que les apports de notre enquête, en plein scandale de l’UIMM, appellent des réponses un peu plus éclairantes…

Un procès qui concerne tous les salariés

De nombreux journalistes et observateurs ont déjà fait savoir qu’ils assisteront à ce procès dont l’audience est prévue à 13 heures, ce mardi 6 janvier 2009. On y croisera sans doute aussi quelques émissaires des grandes entreprises et de fins limiers de l’investigation financière car ce procès pourrait se révéler très instructif dans le cadre d’autres procédures en cours. Surtout à la veille du procès qui opposera, le 19 janvier, Laurence Parisot aux anciens patrons du Medef l’ayant publiquement accusée d’avoir été au courant des « fluidifications des rapports sociaux » par le patronat avant l’explosion du scandale…

Le procès du 6 janvier concerne tous ceux qui refusent que l’injure remplace les vrais débats et la transparence. Il intéressera aussi ceux qui veulent encore croire aujourd’hui au syndicalisme, et restent prêts à se battre pour défendre les acquis sociaux face aux maîtres de l’argent.

Le juge Le Loire ne dort pas

Notes

[1] paru en 2008 chez Fayard

Mots clés : CGT France Justice syndicats

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Affaire UIMM

20 novembre 2008 à 09h41

L’enquête continue de progresser. Le juge n’a pas abandonné la piste du financement des syndicats. Ni les tractations qui ont entouré le départ de Denis Gautier-Sauvagnac de l’UIMM… A la veille du procès qui doit opposer, le 19 janvier prochain, Laurence Parisot à un ancien dirigeant de l’UIMM qui affirme qu’elle connaissait l’existence du système, il est bon de faire le point.

« L’enquête n’avance pas vite » entend-on ici et là. Les observateurs qui reprennent ce leitmotiv craignent que le temps joue, au final, pour un classement du dossier.

On peut les comprendre, mais il est encore vraiment trop tôt pour désespérer de la justice dans cette affaire. D’ailleurs, on a vu cent fois des investigations conduites à la hâte, dont le gouvernement se félicite aussitôt, suivies quelques mois plus tard de révisions et de mea culpa préparant plus sûrement une neutralisation des dossiers.

Pour l’heure, le juge Roger Le Loire ne donne pas l’impression de s’être endormi et franchement l’air de vouloir se faire oublier…

Les derniers progrès du juge

Le faisceau de présomptions sur les fluidités visant des syndicats s’est encore enrichi avec la découverte de versements à la CFTC et les dépositions de Jacques Gagliardi, ex responsable de l’organisation patronale, indiquant comment l’UIMM fournissait des « munitions » à un représentant du patronat afin qu’il calme des syndicalistes et des politiques. De même, une nouvelle piste à ce sujet vient de s’ouvrir avec les éléments apportés par l’ancien délégué général de l’UIMM Dominique de Calan, confirmant des enveloppes versées à des syndicalistes universitaires.

Sur le parachute doré de Denis Gautier-Sauvagnac (DGS), pactole soupçonné d’avoir été négocié en échange de son silence (notamment 1,5 millions d’euros et 300.000 euros d’indemnité « pour mise à la retraite obligatoire »), le juge n’a pas non plus montré qu’il travaillait avec des moufles. Le 16 octobre 2008, il a mis en examen l’UIMM en tant que personne morale, pour « subornation de témoin », après l’audition de son représentant, le nouveau président de la fédération de la métallurgie, Frédéric Saint-Geours (ancien directeur général de Peugeot). Rappelons que les conditions de départ de DGS avaient été négociées par Michel de Virville (secrétaire général de Renault) et Philippe Darmayan (vice-président exécutif d’ArcelorMittal), lesquels ont été mis en examen à la même date. De surcroît, un avenant à ce contrat avait été signé au lendemain de l’élection de Saint-Geours, par lequel l’UIMM prendrait en charge les sanctions fiscales (8 millions d’euros) liées à une possible condamnation de DGS.

Je ne reviens pas sur les nombreuses personnalités mises en examen avant le mois d’octobre (voir les articles précédents sur le blog), ni sur toutes celles qui ont été entendues comme témoins depuis le début de l’affaire (le plus récent est Ernest-Antoine Seillière, auditionné le 11 novembre 2008, qui a affirmé tout ignorer des pratiques de l’UIMM).

Le premier procès

Autre aspect du dossier : Laurence Parisot poursuivant en diffamation l’ancien président de l’UIMM, Daniel Dewavrin, qui a soutenu qu’elle était au courant des pratiques de DGS avant que le scandale explose dans la presse à la rentrée 2007. Le procès, qui doit se dérouler le 19 janvier 2009, verra DGS et Arnaud Leenhardt (ancien dirigeant de l’UIMM) venir apporter leur témoignage. Il serait étonnant que Daniel Dewavrin leur ait demandé de venir témoigner s’ils ne sont pas prêts à apporter des éléments favorables à sa version. Reste à savoir jusqu’où ils laisseront emporter face à la présidente du Medef qui semble peu résignée à laisser dire qu’elle savait…

Mais tout ça ne doit nous décourager. Bien au contraire. Cette affaire est l’occasion de retrouver le chemin du syndicalisme de lutte et de coordination, à l’heure où tout le monde devrait être dans la rue.

Roger Lenglet

Le trésorier national de la CGT en procès Que devient la cagnotte de l’UIMM ?

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17 Messages de forum

  • Le juge Le Loire ne dort pas

    21 novembre 2008 10:31, par zadiglevizir

    TANT MIEUX ROGER SI VOUS Y CROYEZ…. quant à nous bien évidemment il nous faudrait une sacrée dose d’optimiste pour croire en la justice de Sarkozy et pour s’en convaincre toujours lié à l’affaire de l’UIMM… une magnifique ORDONNANCE DE NON LIEU (inique) vient d’être rendu justement et concernant un zadig lanceur d’alerte qui mérite une enquête du très renomme André Ride de l’IGS …… ordonnance de non lieu rendue N° 2008/02934 le 7 novembre 2008 par la 5 chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris (celle dont les HAUTS magistrats sont soupçonnés d’être reçus en grande pompe(selon P chiron chauffeur de DGS le parisien du 23/11/2008) par DGS à l’UIMM chaque année pour fluidifier …) cette affaire que la justice étouffe visait des puissants du labo social de l’UIMM (pacte mafieux)qui de surcoit récidiviste…. L’ordonnance en elle même est un cas d’école… on refuse à la partie civile d’être reçue par le juge, interdiction de confrontation avec les composantes du pacte de corruption, commissions rogatoires partielles, refus des policiers de suivre les demandes du juge , falsification des faits et refus de prendre en compte des pièces comptables éminentes en conclusion une enquête menée uniquement à décharge violant littéralement l’article 175 du code de procédure pé nale et surtout l’article 18 alinéa 4 (pertes de preuves) sans parler de la longueur de l’enquête due à la carence de l’institution elle même (celle ci avait même la prétention de ce fait de coller une amende civile de 915 euros … aux parties civiles victimes non mais !) … 7ans … du jamais etc….. On conluera Roger en disant que la justice de notre pays est éffectivement au service de la caste dirigeante et qu’elle usurpe des décisions….. au nom du peuple français..et croyez moi Roger ça ne peut s’inventer !!!!ainsi va la France de Sarko !!!!!

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    • Le juge Le Loire ne dort pas 23 novembre 2008 09:23, par le conseil national de la résistance

      la fluidifiaction entre l’UIMM et ses ténors et la justice (la cour d’appel de Paris) :

      QUID de la valeur de cette ordonnance de non lieu haute en couleur et rendue au nom du peuple français et sérieusement entachée de disfonctionnements (voulus) révélant de facto une supicion bien légitime de la part des parties civiles victimes ????

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      • Le juge Le Loire ne dort pas 23 novembre 2008 19:09

        dans cette affaire intervient le I er Président de la Cour d’appel de Paris , JC MAGENDIE , le même qui le 7 novembre 2007 (1) sortait de la réserve naturelle qui devrait elle la sienne dans un démocratie normale et nous faisait par de son intention de pratiquer la chasse à courre , voulant classer les affaires des quérulents processifs autoproclamés justiciers … en clair éreintés les gens respectables qui dérangent ses potes de l’UIMM… au fait de quoi se mêle t’il l’homme de la magistrature couchée ???? (2) ne mérite t’il pas une sanction de son ministre ???? Au fait question : a t’il été reçu en grande pompe à l’UIMM par DGS ?????

        (1) interwiev Libération R. Lecadre (2) article marianne de juin 2008 e. Decouty

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        • Le juge Le Loire ne dort pas 24 novembre 2008 09:34

          dans de telles conditions comment pouvoir éviter une sérieuses enquête du très indépendant André Ride patron de l’inspection générale des services de la Chancellerie et pote de Rachida Dati ??????

          Une enquête loyale s’impose Mr Le Procureur ????

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          • Le juge Le Loire ne dort pas 24 novembre 2008 10:29

            Bien qu’en marge de l’affaire des caisses noires de l’UIMM, ce dossier que la cour veut étouffer à tout prix est révélatrice des pratiques nauséabondes utilisées conscieusement par l’UIMM et ses leaders qui sont reconnus comme des labos sociaux (dont Thalès qui n’a d’ailleurs jamais démentis à ce jour)… la corruption…cette scabreuse affaire doit obligatoirement intéresser le juge Leloire d’autant que la partie civile victime a été entendue comme témoin espress le 14 novembre 2007 ET DEVENU DEPUIS puisque jamais contesté donc crédible….dans le dossier ouvert par ce même juge.

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            • Le juge Le Loire ne dort pas 24 novembre 2008 17:29

              DEUX QUESTIONS ESSENTIELLES VIENNENT LOGIQUEMENT A L’ESPRIT avec ce qui est dit ci-dessus :

              1) Quid de la validité de tous les accords passés entre les syndicats et le patronat (UIMM ou MEDEF) depuis des lustres ?? et plus particulièrement avec la CFTC considérée comme un groupuscule …

              2) Les magistrats sont ils au dessus du droit et des lois républicaines ? Ont ils le droit de faire du passe droit ?

              3) Que fait on dans ces conditions des victimes si chères à Sarkozy et à Dati ??? Il faut une réponse claire à chaque problème (vous avez dit clair … !)

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          • Le juge Le Loire ne dort pas 25 novembre 2008 10:10

            le problème c’est justement le procureur qui manipule ce dossier, la justice s’est érigée comme la plus sure protection des fripouilles.face aux victimes.. magouille en tout genre félonnerie et passe droit

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        • Le juge Le Loire ne dort pas 25 novembre 2008 13:49, par Roger Lenglet

          J’essaye de vous suivre, mais vous courrez trop vite, mon bon Zadig ! Je comprends le sens général de votre propos mais vos ellipses m’échappent comme des ballons lancés trop haut. Pouvez-vous prendre le temps de développer un peu plus explicitement dans l’esprit de Voltaire dont vous chérissez la langue ?

          Roger Lenglet

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    • Le juge Le Loire ne dort pas 25 novembre 2008 13:37, par Roger Lenglet

      Aucun doute sur la volonté des gouvernements de disposer d’une magistrature corvéable. Aucun doute également sur l’asservissement de tous ceux qui, moyennant toutes sortes d’arrangements, font passer leur carrière et les avantages mondains avant l’éthique. Les exemples et les raisons de se révolter ne manquent pas. Reste à se mobiliser pour assurer la séparation des pouvoirs et dissuader les collusions.

      Dans cet article, il ne s’agit pas de croire, mais d’observer les décisions du juge, de s’y intéresser attentivement. Comme vous savez le faire vous-même, énergique Zadig.

      A bientôt !

      Roger Lenglet

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      • Le juge Le Loire ne dort pas 5 décembre 2008 18:59, par Mme DENIS nièce de Voltaire

        éffet immédiat de l’affaire UIMM sur les élections prud’homales… La CFTC disparait du paysage syndicale nous privant des hautes compétences de Crespo et de son Voisin… on a eu chaud on croyait qu’ils allaient nous revenir…. bonne nouvelle pour la démocratie syndicale que ce coup de karcher….amen

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        • Le juge Le Loire ne dort pas 8 décembre 2008 20:52, par Pangloss de Mr de Voltaire

          le temps passe et tout trépasse… plus rien ne vient troubler la quiétude de notre excellent ronfleur de juge… DGS est aux sports d’hiver, de Calan bricole l’appart de sa Tatie epouse de Pierre (dcd), Crespo fort de son succès aux prud’hommes vient de sabler la champ… avec son Voisin de foire…et l’UIMM continue comme si de rien n’était à fluidifier les rapports judiciaires et syndicaux etc… quant au vieux Ceyrac il s’apprête à rendre des comptes avec le divin …et Parisot est toujours dans le mensonge virtuel contre son plein gré d’office… inch allah !!!!

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          • Le juge Le Loire ne dort pas 10 décembre 2008 20:56, par zadiglevizir

            hier c’était la journée des droits de l’homme et notre ami le juge ne s’est par réveillé ce qui laisse augurer pour l’avenir de longues siestes et autres somnolence… décidément

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            • La plainte de Laurence Parisot 11 décembre 2008 20:04, par Roger Lenglet

              Difficile de ne pas partager votre impatience quand le silence et l’attente ressemblent au manteau de neige de l’hiver qui paralyse tout. Mais attention : instruire une affaire comme celle dont est chargé le Juge Le Loire nécessite, s’il veut amener ce dossier jusqu’au bout,de ne pas faire le moindre faux pas, et que nous fassions pression dans le bon sens, car il doit affronter bien des adversités… En attendant, je reçois toujours de nombreux témoignages de syndicalistes actifs qui luttent contre les paralysies de leur organisation. Et n’oublions pas le 19 janvier 2009, le procès en diffamation intenté par Laurence Parisot !

              Roger Lenglet

              Voir en ligne : Le juge Le Loire ne dort pas

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              • La plainte de Laurence Parisot 13 décembre 2008 15:11, par zadiglevizir

                Cher Roger, merci tout d’abord bien : on patiente et vous connaissant nous savons bien que pour votre philosophie (qui est la nôtre également)il n’est pas question pour nous de faire de l’anti syndicalisme primaire… seulement de dénoncer les dérives de ripoux syndicalistes qui ont un éffet contreproductif allant dans le sens… du medef qui est ravi de la division voulu et organisé par lui même… il ne s’agit pas de syndicalistes qui veulent nous faire croire qu’ils ont des valeurs mais de syndicalistes sans valeur ni foi ni loi que nous devons éjecter (CFTC par exemple)…. nous rappelons sur le sujet votre honorable prise de bec avec un des hommes de l’établissement Jacques Juilliard du nouvel obs…mais il y a des syndicalistes qui souffrent de ces injustices et qui veulent règler une bonne fois pour toutes leurs comptes… est anormale ??? nous sommes à la fin d’un cycle, la crise bancaire suivie de la crise financière obligatoire qui en découle celle de la confiance et de la morale débouche maintenant sur une crise politique l’explosion sociale est à notre porte…. et le Juge Leloire ne craint t’il pas désormais la crise judiciaire ? la justice s’éffondre sous le coup de buttoir de Sarko (c’est voulu)… toutes les affaires sensibles sont menées à décharge… On vient d’apprendre qu’un citoyen aussi élégant que Marchiani va être élargi, que Pierre Pasqua, malgré de la taule ferme se la coule douce à la maison de Môssieur Charly etc… comment faire confiance en la justice de ce pays c’est quasiment impossible ??? le prochain Tsunami… c’est la révolte comme les français savent à chaque fois le faire … c’est à dire bien… mais cette fois si il ne s’agira pas simplement de tondre quelques malheureuses à la libération en 1945… mais d’éradiquer le système qui est lié à la corruption et ça va faire très très mal….

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                • La plainte de Laurence Parisot 31 décembre 2008 16:18, par ZADIGLE MILLENAIRE

                  bon réveillon de fin d’année à Roger Leloire… bonne hibernation…. et souhaitons à tous les démocrates de ce pays (enfin ceux qui le restent….) une justice indépendante libre et de bonne moeurs… avec un gouvernement qui libère le corrompu (Marchiani), laisse courrir les casseroles (Santini, DGS , Thalés , Rodhia etc…) peu d’espoir sur la moralisation des affaires… la question qui se pose désormais : quel patrimoine moral notre génération de décrépitude va t’elle laisser à nos descendants ,, ????? Bonne année tout de même… citoyens intègres restez le !!!!

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                  • La plainte de Laurence Parisot 2 janvier 16:03, par ZADIGLEVIZIR

                    bonne année à Roger Lenglet, Jean Yves Touly, Christophe Montgermont… ainsi qu’à tout ceux qui malgré les vicissitudes de la vie ont du mal à combattre la corruption qui est le principal problème de la France….

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                    • Bonne année à tous ceux qui luttent contre la corruption ! 4 janvier 14:55

                      Bonne année Zadiglevizir ! Et à tous ceux qui, comme toi, empêchent l’opinion de s’endormir.

                      j’espère que tu seras présent au procès de mardi (6 janvier) où l’on verra le trésorier national de la CGT répondre aux magistrats qui vont lui demander de justifier ses propos injurieux !

                      Roger Lenglet

                  •  

              • Le conseil de l’UIMM vient de décider de l’usage de son trésor de guerre

                26 septembre 2008 à 11h43

                Alors que la justice enquête toujours sur les destinataires des prélèvements en liquide sur ses caisses noires, l’UIMM décide d’en conserver l’usage…

                C’est fait. Le Conseil de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) a décidé, ce jeudi 25 septembre, du sort qu’elle réservait à son faramineux trésor. Soit près de 600 millions d’euros (580 millions exactement).

                Les pauvres et les chômeurs peuvent aller se rhabiller, l’UIMM n’entend pas leur abandonner un sou. Au mépris de l’opinion, son conseil vient d’entériner la destination de ses fonds. Dans un communiqué, il vient d’annoncer officiellement que « L’UIMM, qui en est pleinement propriétaire, a souhaité pouvoir les affecter à des projets entrant dans son objet social et d’intérêt général ». Traduction : ils ne rendront pas le magot et entendent bien en user comme ils voudront (voir mon article d’hier).

                Au moment même où Laurence Parisot, présidente du MEDEF, vient d’annoncer qu’elle voulait mettre fin aux « parachutes dorés », les patrons de l’UIMM nous remettent les pieds sur terre.

                Roger LengleT 

        • 5 septembre 2008 à 18h52

          Quand l’affaire des « fluidifications sociales » de l’UIMM a éclaté, tous les leaders syndicaux se disaient propres et, paradoxalement, prêts à « assainir » le financement des organisations. Nous avons dénoncé cette hypocrisie en montrant que cette affaire n’est qu’une partie de ce qui constitue, en fait, un véritable sport national (Cf. « L’argent noir des syndicats », Fayard 2008). Les remous n’ont pas fini de faire des vagues. Des langues continuent de se délier…

          François Chérèque, le leader de la CFDT, vient de lancer le coup d’envoi de la rentrée sociale en déclarant dans Si on me cherche…, livre publié ce 3 septembre 2008, que Sarkozy a envisagé une loi d’amnistie pour les bénéficiaires des financements occultes après l’explosion de l’affaire Denis Gautier Sauvagnac. Le président de la République lui aurait dit : « Bien entendu, il faudra en passer par une loi d’amnistie comme ça a été le cas pour les hommes politiques avant la loi sur le financement public des partis ».

          Dès la publication d’extraits du livre dans L’Express, le 28 août, l’Elysée s’est aussitôt fendu d’un ferme démenti, sans attaquer toutefois le leader en diffamation ni demander l’interdiction du livre. Qu’y lit-on plus précisément ? François Chérèque y explique que cette conversation a eu lieu en présence de deux témoins et qu’il a immédiatement écarté cette perspective : « Il n’en est pas question, la CFDT s’y opposera très nettement. S’il y avait une loi d’amnistie, je la dénoncerais publiquement ». Le leader aurait ajouté : « S’il s’avérait qu’un adhérent ou un responsable de la CFDT, à quelque niveau que ce soit, a reçu de l’argent de l’UIMM, ce sera tant pis pour lui. Il devra être poursuivi et condamné le cas échéant. »

          Ces déclarations interviennent dans un contexte qui s’est tendu durant les vacances. Les progressions de l’enquête du juge Le Loir ont de nouveau attiré les regards vers les organisations syndicales. Le 4 juillet, il a entendu Jean Charbonnel, ancien ministre pompidolien, et Yvon Gattaz, l’ex-président du CNPF (ancêtre du Medef), lequel a toujours affirmé que les caisses noires du patronat financaient discrètement les syndicats. Parallèlement, le juge mettait en examen Henri de Navacelle (un dirigeant patronal). Les jours suivants, il plaçait François Ceyrac (ex dirigeant du CNPF) sous le statut de témoin assisté. Le 24 juillet, il interrogeait Jacques Gagliardi, un ancien responsable de l’UIMM (1985-1995) qui aurait évoqué des politiques et des syndicats, dont la CGT, comme bénéficiaires des « fluidités ». Le lendemain même, le 25 juillet, la CGT démentait vivement en déclarant que les déclarations de Jacques Gagliardi devant le juge n’était qu’une « stratégie de défense » de l’UIMM destiné à détourner l’attention des véritables utilisations des caisses. On est averti : si l’enquête menée par le juge fait apparaître des syndicalistes marrons parmi les destinataires des espèces, il ne faudra pas y voir une pratique « structurelle » ou générale que les leaders auraient eu a connaître. Soit. Mais il faudra alors affronter quelques questions, à commencer par celle-ci : quels accords ou quels compromis ont été obtenus par le patronat en échange de ces versements ? Et il faudra les revoir.

          Le mois de septembre sera-t-il chaud ? Le contexte devrait le rendre brûlant, mais le syndicalisme de négociation auquel nous assistons depuis des décennies ne nous laisse guère plus espérer de véritables luttes, alors que ces deux formes d’actions devraient être complémentaires. En attendant, Jean-Luc Touly, co-auteur du livre L’argent noir des syndicats, a lancé un procès contre le trésorier national de la CGT, Michel Donnedu (la première audience se déroulera le 25 septembre au Palais de justice de Paris). Mais on en reparlera d’ici là.

          Scandale de l’UIMM - Joyeux anniversaire ! Qui a peur de nos révélations ?

          Mots clés : CFDT CGT François Chérèque syndicats UIMM

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          8 Messages de forum

          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            8 septembre 2008 20:26, par EUCLYDE

            bonjour Roger, comme toujours vous êtes actif pour le bien de tous et principalement pour nos syndicalistes qui n’ont de cesse de vous combattre alors qu’ils n’ont pas compris qu’au contraire que vous les défendez contre leurs propres turpitudes… enfin… Cependant puisque vous êtes au courant de ce qui s’est passé depuis la sortie de votre livre mi Mai 2008, force est de constaté que depuis cette date il y a eu l’interwiew de Mr Crespo (métallo CFTC) (16 mai) qui reconnaît avoir reçu de l’argent de l’UIMM pour son syndicat… il est d’ailleurs le seul syndicaliste à le reconnaître ajoutant que celà lui posait des problèmes d’indépendances (vis à vis de son donateur UIMM) Cher Roger, suite à cette révélation édifiante voir incongrue qui ne semble pas avoir marqué Mr Le Loir le juge chargé de l’instruction, plusieurs questions se posent :

            1) Les autres syndicats discriminés par cette généreuse donation vont ils réagir, y compris en justice pour discrimination ???

            2) Monsieur CRESPO peut il justifier sur quelle base légale s’est faite ces heureux versements.

            3) Dans ce cas précis peut il justifier la légalité de l’utilisation de ces fonds (ils ont dû certainement vue le caractère confessionnel de la CFTC à couvrir des frais d’avocat par exemple de discriminés pourquoi pas ça serait tout à son honneur n’est ce pas … voir à un anniversaire d’une personnalité de la CFTC…. tout ça inquiète beaucoup de monde vous le comprendrez…

            4) on sait aussi que cet argent a servi à règler des notes de restaurant.. un syndicaliste qui relatait « c’est le patron qui paie » après avoir été mis en doute scandaleusement par l’état major CFTC voit cette reconnaissance avec bonheur… et ce malgré les laborieuses dénégations de Mr Voisin/Crespo aux médias….

            5) Un article du figaro de juin 2008 (journal proche du patronat), relatait que Mr Crespo avait été assigné par 6 fois devant les prud’hommes ce qui n’est pas coutumier pour un chef syndicaliste…

            6) quant au syndicaliste qui a refusé la tentative de corruption de la part de l’UIMM, les explications de Monsieur CRESPO et son adjoint paraissent pour le moins fantaisistes et méritent débat avec témoignages contradictoires et pièces à l’appui. Mr CRESPO à cette époque n’était pas en fonction ce qui ne l’empêche nullement de s’exprimer sur le sujet … alors… !!!!

            7) le fait nouveau exploitable par le juge est le fait qu’à plusieurs reprises il dit que ces sommes d’argent perçues (à notre avis sans base légale), lui posait des problèmes d’indépendances et nous nous enfonçons le clou en disant mais également déontologique s’agissant d’un syndicat faisant référence à la morale chrétienne.

            Que de questions à poser à ce syndicaliste modèle ???

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            • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée » 13 septembre 2008 15:27, par Pangloss

              aux dernières nouvelles, Roger Le loir qui est loin de s’endormir sur ses lauriers et suite aux commentaires assez déterminants de l’ensemble de la presse sur le sujet et particuliérement des investigations éloquentes sur backchich (interwiew de J. CRESPO) va faire une descente péremptoire à la CFTC métallo et faire les recoupements patrimoniaux et contradictoires nécessaires à l’établissement de la juste vérité… ça urge avant que certains dossiers ne disparaissent….ça va saigner …..

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            • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée » 16 septembre 2008 10:31, par Roger Lenglet

              Juste une précision : Le livre L’argent noir des syndicats recueille déjà l’aveu de M. Crespo concernant les versements de l’UIMM à la CFTC. M. Crespo nous déclarait que 60 % des sommes versées sont d’un montant fixe et que 40 % sont variables et tiennent compte du bon état des relations entre le syndicat et l’organisation patronale… Par ailleurs, il affirmait que les autres syndicats bénéficiaient du même système. Les confédérations ont tenu à nier fermement avoir eu connaissance de tels versements. M. Crespo n’a pas été poursuivi en diffamation mais, bien sûr, cela ne suffit pas à prouver que ce qu’il a dit sur les autres syndicats est vrai. Notons que le même homme déclare depuis la sortie du livre qu’il s’agit de « versements légaux ». Le problème est que la loi de 1884 protégeant l’opacité des financements syndicaux rend à peu près tout légal.

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          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            17 septembre 2008 14:38

            Bonjour Roger, un article du canard en chainé de ce jour 17 septembre met en exergue de nouvelles turpitudes du dénommé Crespo qui vire des syndicalistes de PSA qui avait eu l’outrecuidance de s’en prendre au DRH de cete société… ils ont été viré un peu dans le me^me style que des syndicalistes avaient été expédiés à la retraite à Thalès , toujours par le même individu CRESPO…. un étouffe chrétien certainement…..mais pour sur un corrompu…..

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          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            20 septembre 2008 13:40, par Jean-Pierre

            Merci de lutter avec autant d’énergie, pour faire entendre la vérité au milieu de cette immense cacophonie de mensonges ! Quel dommage pourtant que les plus intéressés, du moins devraient-ils l’être, se bornent en majorité à vous faire front. Certes, le problème en est sans doute arrivé à un tel degré de gravité que les syndicalistes eux-mêmes ne savent plus qui les aide et qui les coule. Mais si seulement votre livre était davantage lu, et pas soigneusement écarté, toute cette fanfaronnade ne pourrait manquer de sauter aux yeux de tous. Continuez, le pavé dans la mare (de boue) n’a certainement pas finis d’éclabousser.

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          • La rentrée syndicale sera… encore « fluidifiée »

            3 novembre 2008 17:02, par contes de Mr de Voltaire

            POUR CRESPO C’est l’époque du fluide glacial depuis le 31/11 pour Voisin ça sera le 3 décembre chacun son tour comme à confesse … et la messe sera dite pour la CFTC….On s’emploie en ce sens pour ça…. prévision maxi 5 % merci les mickey et surtout ne voter pas CFTC dieu vous le rendra !!!

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        • A propos

            Ici, je vais prolonger et alimenter le débat sur le syndicalisme, soulevé dans le livre « L’argent noir des syndicats » (Fayard) que j’ai écrit avec Jean-Luc Touly et Christophe Montgermont. Notre enquête sur la corruption et les dérives financières du monde syndical révèle que des grandes sociétés multiplient les moyens pour s’acheter la complaisance de nombreux syndicalistes : versements discrets, cadeaux personnels, emplois fictifs, paiements en liquide, primes exubérantes, avancements et avantages indus, élections de délégués arrangées… Grâce à de nombreux témoignages et documents, nous dévoilons l’ampleur des pratiques destinées à neutraliser les syndicats en France. Le débat est maintenant ouvert.


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La « rupture » de Nicolas Sarkozy a cédé devant la réalité

Posté par issopha le 4 janvier 2009

La « rupture » de Nicolas Sarkozy a cédé devant la réalité

 

Où est passée la « rupture » ? Il a fallu reculer face aux lycéens ; les emplois aidés pour endiguer le chômage sont de retour ; une volonté d’alliance avec la Russie est mise en avant… Lors des voeux aux Français, le 31 décembre 2008, Nicolas Sarkozy a annoncé un « monde nouveau ». N’est-il pas en train de retourner vers le monde ancien de son prédécesseur, Jacques Chirac ? Transformé en gestionnaire de crise permanent, le chef de l’Etat n’a-t-il pas abandonné cette rupture qu’il ne cessait d’invoquer et qui avait fortement contribué à son succès ? L’Elysée s’en défend. La rupture est là, elle s’appelle Nicolas Sarkozy. Quant aux réformes, explique-t-on, le président a annoncé leur poursuite : il demande à être jugé au terme du quinquennat. L’autonomie des universités, la réforme de la Constitution, celle de la représentativité syndicale finiront par porter leurs fruits, tandis que les réformes de l’hôpital, des collectivités locales, de la recherche, c’est promis, seront engagées. « On est dans la réforme, pas dans la révolution », assure Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

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Le concept de rupture avait été forgé après la prise de l’UMP, fin 2004. M. Sarkozy comprend alors qu’il ne peut remporter la présidentielle que s’il n’apparaît pas comme l’héritier de M. Chirac. Sa campagne contre l’immobilisme lui vaudra d’être taxé de libéralisme et d’atlantisme. Jusqu’au non français au référendum européen, bientôt suivi par la quasi-défaite d’Angela Merkel qui manque de perdre les élections en raison d’une campagne trop libérale. Nicolas Sarkozy « dope » alors sa rupture aux promesses sociales pour la France qui souffre. Il arrondit les angles en parlant de « rupture tranquille », clin d’oeil à la « force tranquille » de François Mitterrand.

Après un an et demi de présidence, le mot a disparu. « La rupture, c’est le refus de l’impuissance publique », assure un conseiller du président. « L’essentiel de la rupture réside dans le style, la pratique des institutions transformées », estime M. Copé. Le président fait tout, décide de tout. Ostensiblement. Malmenant la séparation des pouvoirs, il n’hésite pas à saisir la Cour de cassation après une décision du Conseil constitutionnel qui lui déplaît sur la rétention des criminels dangereux. Cette pratique est aux antipodes de celle prônée, en 2006, par M. Sarkozy ministre, qui plaidait « pour une présidence moins monarchique ». Mais elle apporte « plus de transparence ».

Après la parole présidentielle rare, inventée par Jacques Pilhan, conseiller en communication de François Mitterrand puis de Jacques Chirac, M. Sarkozy est partout en première ligne et ses conseillers, les vrais décideurs de la France, apparaissent dans les médias. Cette omniprésidence contredit l’esprit de la réforme constitutionnelle, adoptée en juillet 2008 et censée renforcer les droits du Parlement, paradoxalement défendue bec et ongles par le chef de l’Etat.

Le style Sarkozy menace la vraie rupture, celle qui devait réformer plus vite la France. A court-circuiter les corps intermédiaires, on les braque. La magistrature, malmenée par la garde des sceaux Rachida Dati, n’est pas seule concernée. Les syndicats ont été ravis d’être reçus aussi souvent, avant de déchanter quand ils ont compris que M. Sarkozy déciderait tout seul sur les 35 heures.

La petite musique élyséenne met ouvertement en cause l’inertie des corps intermédiaires. « L’impulsion politique est en totale rupture. Mais la difficulté est de faire embrayer l’administration, le Parlement, les institutions », assure Franck Louvrier, responsable de la communication du président. « C’est Sisyphe », soupire le conseiller Henri Guaino. M. Sarkozy, qui dénonçait, en 2005, les réformes « homéopathiques » dont on a « tous les inconvénients sans les avantages », aura vite réduit ses ambitions. « Dès l’été 2007, il a choisi d’avoir un tempo de réforme plus lent. Mais peut-être que sa micheline ira plus loin qu’un TGV qui serait rentré dans le mur », explique un proche.

Le doute sur la rupture est aussi né d’un non-choix en matière économique. Le quinquennat débute par une révolution idéologique : avec son «  »travailler plus pour gagner plus« , le nouvel élu croit avoir remporté la bataille des valeurs contre la gauche, ce qui lui permet de vider de leur substance l’impôt sur la fortune, les droits de succession, les 35 heures. La loi passe, mais il se fait, selon ses propres mots, « enfoncer » politiquement par le PS, qui dénonce un cadeau aux riches. Surtout, il n’a pas choisi entre baisse brutale des impôts, qui forcerait ensuite à réduire le poids de l’Etat, et maintien d’une certaine orthodoxie budgétaire. La crise financière met un voile sur l’échec politique du paquet fiscal, mais marque un retour à une France dépensière et étatiste. « Il va falloir surveiller la comptabilité de la relance pour gérer la crise et la réduction de la dette. C’est très explosif pour l’avenir », souligne M. Copé.

La promesse de réduire de quatre points les prélèvements obligatoires est caduque. La priorité accordée aux classes moyennes, oubliée. « Nous avions dit que nous soutiendrions notre électorat et les classes moyennes, mais on a décidé de réintroduire les emplois aidés. La prime de Noël n’a jamais été aussi élevée, le RSA n’est pas financé par une réduction de la prime pour l’emploi », note un proche du président. Les marges de manoeuvre sont limitées par la crise. Un conseiller déplore qu’il soit impossible de mener une révolution fiscale pour baisser le coût du travail, la TVA sociale ayant été torpillée, tandis que le contrat unique n’a pas vu le jour.

Sur le fond, la rupture la plus forte est intervenue en politique étrangère, domaine où le président a les mains les plus libres. « M. Sarkozy est revenu aux fondamentaux de la droite française d’avant le gaullisme, l’occidentalisme », analyse l’ancien ministre des affaires étrangères socialiste Hubert Védrine. Le président français est par conviction dans le camp des Etats-Unis et d’Israël. « Je veux rompre avec ce cancer qu’est l’anti-américanisme, qui empêche la diplomatie française de se déployer », expliquait-il en juillet 2008. M. Sarkozy a utilisé efficacement cette stratégie pour s’imposer en Europe, dont il a compris, à la différence de M. Chirac, qu’elle pouvait être un levier pour l’influence française. Ce levier est toutefois précarisé par la mésentente durable avec l’Allemagne d’Angela Merkel.

En revanche, l’engagement en faveur des droits de l’homme, proclamé le soir de son élection, a fait long feu. Le président Sarkozy est séduit par la brutalité du premier ministre russe Vladimir Poutine et veut dialoguer avec le président Dmitri Medvedev ; il a cafouillé sur la Chine et sa rencontre avec le dalaï-lama et n’a pas rompu avec la Françafrique. L’aveu du retour à la « realpolitik » a été prononcé par Bernard Kouchner lui-même, qui a regretté, en décembre 2008, la création d’un secrétariat aux droits de l’homme.

Arnaud Leparmentier

La écouvrez les réactions des abonnés du Monde.fr à la lecture de cet article.

PHILIPPE L.
04.01.09 | 10h54
Arnaud Leparmentier a raison de noter le mépris du pouvoir central à l’égard des corps intermédiaires et la difficulté qui en résulte pour la mise en oeuvre des réformes. Même si ces corps sont conservateurs par nature, ils constituent, dans un « vieux pays », des points d’appui indispensables. Il en va ainsi des collectivités locales, méprisées, humiliées, accusées en permanence, alors que 500 000 élus locaux et 1,5 million de fonctionnaires territoriaux travaillent au quotidien pour les Français

Guy L.
04.01.09 | 10h47
Laborieux… dédales et labyrinthes d’explications pour finalement constater qu’on ne navigue pas de la même manière par gros temps que par mer calme. Prendre de la hauteur ou préfèrer la loupe, l’auteur a choisi la deuxième solution…

JUAN H. à THIERRY P.
04.01.09 | 10h44
Non ! MITTERRAND et les autres n’ont pas essayé grand chose pour aller vers une société plus égalitaire et solidaire. Bien au contraire : ils n’ont fait que du réformisme à tout crin, renforçant les prérogatives du capitalisme, tout en lui laissant grignoter les droits sociaux arrachés par les générations antérieures… Et le si «réaliste» SARKOZY, après CHIRAC, ne fait que poursuivre cette destruction sociale… Le réveil inéluctable de ses victimes ne fera-t-il pas un jour des ravages ?

ALAIN T.
04.01.09 | 10h07
Français, Françaises, le Parti socialiste est au travail… alors tout espoir est permis…!

ALAIN T.
04.01.09 | 10h04
Pour une fois que l’on a un homme qui se soucie de l’adaptation constante aux accidents de terrain… Les « bavardages intelligents » continuent à nous démontrer que tout est raté…

Clovis
04.01.09 | 09h03
Mais cette rupture n’est-elle pas précisément la volonté de réconcilier la politique en France avec un certain pragmatisme? Rompre avec des fractures et préjugés idéologiques jugés dépassés par la prise en compte de la réalité dans toute sa complexité? Rien à voir avec l’immobilisme chiraquien ou l’hypocrisie mitterrandienne… bien au contraire!

Fabio F.
04.01.09 | 08h52
Du temps de Chirac, la France n’aurait pu jouer le rôle de médiateur lors de la crise Georgie-Russie, ni celui que les différentes parties du conflit du Proche-Orient lui demandent de jouer dans l’actuelle crise à Gaza. Le Chirac pote de Poutine, et d’ »Ils ont perdu une opportunité de se taire », n’aurait eu aucune crédibilité auprès des Georgiens, comme non plus auprès d’Israël après l’esclandre médiatique recherché par lui lors de sa visite à Jérusalem en 96. Voilà la rupture!

Christian M.
04.01.09 | 08h27
Bling bling a le mérite selon ses amis de tenir compte de la réalité, son pragmatisme étant sa force. Quel dommage qu’il n’ait pas fait campagne sur ce thème unique, il aurait tout bon et les sondages a 65% qui vont avec.

Christian M.
04.01.09 | 08h17
Le pragmatisme, nouvelle clef de voute de la politique de Bling Bling, a « l’inconvénient » de mettre sous le boisseau ses promesses électorales de réformes. Mais il a pour avantages de pouvoir continuer à en parler dans le poste. Les promesses verbales n’engagent que ceux qui y croient ; à ce titre le bilan 2012 va faire perdre leurs cheveux aux Bling Bling plumes.

Michèle R.
04.01.09 | 08h08
La crise a aidé NS dans un premier temps à masquer sa responsabilité dans la débâcle des middle class, dans un deuxième temps elle révèle la part d’opportunisme et de calculs machiavéliques du personnage. Après le « tout pour parvenir au pouvoir », c’est le « va-tout pour s’y maintenir » : mais l’échéance à 5 ans ne donnera pas d’autre résultat que l’achèvement de la curée du service public en faveur du « tout pour le privé » qui lui a valu ses principaux soutiens pour parvenir au faîte de l’Etat.

antan
03.01.09 | 23h23
Comme il s’était écrié à Neuilly en 1984 « Je les ai tous niqués », il l’a fait aussi en Mai 2007 avec tous les Français avec de belles promesses qu’il n’a pas tenues. S’il veut garder le pouvoir il a intérêt a bien s’accrocher car nous les classes moyennes, on a de la mémoire, surtout lorsqu’on touche à notre fric ; et je lui rapelle qu’on est 12,5 millions d’épargnants qu’il a « couillonnés ».

paolo
03.01.09 | 23h11
Rappelons à Sarko ce qu’il advint de G. Bush père : battu après une campagne militaire victorieuse contre l’Irak de S. Hussein. Il avait trop négligé les affaires intérieures en faveur de sujets plus spectaculaires sur la scène internationale. Sarko l’Américain fait la même chose. Il recherche les succès internationaux, grisé par sa présidence de l’UE. Un petit conflit hors des frontières, c’est mieux que dedans et c’est supposé bon pour le moral. Les dictatures finissent toujours ainsi.

JUAN H.
03.01.09 | 22h12
À ceux qui ne l’auraient toujours pas compris, il faut dire que le but du «maître du haut château» est le POUVOIR pour lui-même, son parti, sa famille, et copains, pour les décennies à venir. Avec l’aide de conseillers zélés et de collaborateurs soumis, il transforme notre «République historique»… en ce que LE PEN lui-même n’aurait pu rêver : une «dictature molle»… Son dernier abus de pouvoir : la main mise sur les «mass média publics»… n’est-elle pas une preuve suffisamment convaincante ?

LibertéEquitéSolidarité
03.01.09 | 22h10
Plutôt que de gloser sur les reculs de Sarkozy devant la « réalité », il serait préférable de s’étendre sur les conséquences à moyen et long terme de la non-mise en oeuvre de ces réformes. Le renvoi de la réforme des lycées aux calendes grecques est beaucoup plus une défaite pour les jeunes sans capital culturel et social que pour Sarkozy ! Idem pour la santé, les retraites, etc. En bout de chaîne, c’est pour les plus démunis que la défaite sera la plus cinglante. Comme d’habitude.

THIERRY P.
03.01.09 | 21h49
NS a le mérite de tenir compte de la réalité, à l’inverse de Mitterrand qui prétendait adapter la société à l’idéologie socialiste (souvenons- nous du fameux « Ministère du temps libre ») avant de reconnaître son impuissance (le « on a tout essayé » contre le chômage), ou du tandem Jospin-Aubry et de leur calamiteuse initiative des 35 h. NS est aux manettes et il choisit, pour l’heure, entre le possible et le souhaitable. Son activisme menace tant de citadelles bâties sur tant de renoncements…

LE PETIT RAPPORTEUR
03.01.09 | 21h09
Il existe indéniablement une rupture depuis l’élection de Sarkozy. Les déficits sont jugulés, le service de santé est socialement rénové, le système de retraite est préservé, le déficit extérieur est limité, la gestion du pays est saine et redistributive, la solidarité a le vent en poupe et le paupérisme est en voie d’extinction malgré la crise économique due à un libéralisme débridé dont Sarkozy a toujours été le pourfendeur. Le pays est bien gouverné par un génie et les résultats sont là !

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Fabien
03.01.09 | 20h41
Rupture, rupture… Déjà, fin 2007, il annonçait des restrictions pour ses ministres et des déplacements en province pour lui : http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_ weblog/2007/12/sarkozy-serre-l.html Et que fait-il cette année ? En fait de rupture, il en a fait une, au moins : celle du jeûne du Ramadan, à la Grande mosquée de Paris, notre Chanoine honoraire de l’archibasilique de Saint-Jean de Latran. C’est mieux que rien.

j pierre b.
03.01.09 | 20h12
La seule réalité est qu’il n’a pas réussi à sortir de son « commisariat de quartier  » pour devenir président, la rupture n’a pas eu lieu….

a
03.01.09 | 20h11
Je ne pense pas que la crise « jette un voile » sur le calamiteux TEPA. Ou alors, un voile très précaire,et bien transparent: Côté heures sup, TEPA conduit en pleine recrudescence du chômage, à subventionner les entreprise qui recourent aux H.S. plutôt qu’à l’embauche. Côté bouclier fiscal, elle exonère par avance les plus riches de l’accroissement de l’effort qui devra être demandé à tous sauf eux pour rembourser les dizaines de milliards d’aide fournies sans contreparties aux banques.

Solemnis
03.01.09 | 20h02
Rupture? Est-il besoin de rappeler qu’après avoir été l’exceptionnel ministre du budget du novateur Balladur, NS a toujours été un « suiveur » opportuniste. Et sa présence dans tous les gouvernements depuis 2002 l’a amplement démontré. Mais de quelle rupture voulez-vous parler? ?? Combien de temps faudra-t-il encore pour que la phraséologie vide de sens du candidat Sarkozy ne soit plus confondue avec une véritable pensée politique? Les vessies et les lanternes, vous connaissez?

ilud
03.01.09 | 19h42
mon dieu, mais que va-t-on pouvoir écrire pour Sarko II en 2012 ?

C’est long !
03.01.09 | 19h35
Et il y en a encore pour 1219 jours.

THOMAS T.
03.01.09 | 19h35
Franchement, il faut que j’arrête mon abonnement au Monde, car je paie une somme d’argent par mois, pour lire une critique…qui n’est pas une critique de la politique de monsieur Sarkozy ! Et puis zut, autant attendre la fin des temps pour voir la merde dans laquelle on est à cause d’une bande d’illuminés qui finance avec nos impôts la richesse de certains ! Que faire, que faire ! Rien, le néant, place au néant, tellement c’est affligeant ! Affligeant, vive le parti unique, l’UMP !

Brice Blazy
03.01.09 | 19h34
le Président élu réalise que ce qui apparaîssait comme le pouvoir suprème ne peut s’exercer sans relais. les relais sont devenus des contre pouvoirs très puissants du fait des vagues de décentralisations (état, région, département, agglos, sictom, mairie,…) Au lieu de cela nous assistons à des guerre de chapelles de plus en plus couteuses aux frais du contribuable qui ne sait plus vers qui se tourner afin de régler les problèmes de la vie quotidienne. Le Président doit trouver ses relais.

Suggestion
03.01.09 | 19h33
Puisqu’on ne peut pas le virer avant 3 ans et demi, on pourrait lui suggérer de nommer Aubry comme premier ministre (si vous préférez Delannoë, va pour Delannoë) qui s’occuperait de la France (Hôpitaux, Education, Développement durable, etc.) et il serait libre de voyager comme bon lui semble. Un peu comme Chirac avec Jospin.

Sylvie P.
03.01.09 | 19h31
certes écrire « a cédé » sonne comme une anticipation. Mais je crains que la rupture d’un seul (NS), un leurre électoral, devienne tout ou tard une grand solitude, car un pays, ça se gouverne.

De ma presqu’ile
03.01.09 | 19h13
Quelque que soit le contexte, croissance ou crise,cette analyse néglige totalement les raisons profondes de l’ambition personnelle de NS: vendre, sous prétexte de réforme(s),les derniers avoirs collectifs des français à ses amis ou pour le profit de ses amis. Une analyse approfondie du dossier Alstom par ex. permettrait au Monde de commencer à y voir clair.Tout le reste n’est que rideau de fumée et cirque pour le petit peuple. Son objectif : enrichir ses amis qui le lui rendront bien ensuite.

kickaha – Baratin
03.01.09 | 19h06
Le plus drôle c’est le baratin qu’il nous a fait au sujet du rétablissement de l’Autorité a l’école. Pour ensuite faire mettre en prison un enseignant qui avait gifflé un élève l’ayant insulté… Dommage que le pays reste figé dans l’immobilisme, mandature après mandature…

Francois F.
03.01.09 | 18h54
Comme déjà dit: « s’il ne peut assurer la catastrophe, l’opposition pourrait s’en emparer »

olivier M.
03.01.09 | 18h51
Avant de mettre en cause les « corps intermédiaires », il faudrait peut être regarder du coté des « concepteurs » de ces réformes qui n’ont pas du passer beaucoup de temps à analyser la situation et identifier ce qui est vraiment à réformer. Si toutes les réformes sont aussi bien préparées que celle des universités il ne faut pas s’attendre à beaucoup de progrès.

Yves
03.01.09 | 18h44
Oui, la rupture promise par NS n’était destinée qu’à gagner l’élection en évitant de se poser en héritier de Jacques Chirac, tout en étant un membre éminent des différents gouvernements du second mandat. Le volontarisme ne suffit pas à faire une bonne politique. Le problème essentiel de notre pays est celui de la répartition de la valeur ajoutée entre capital et travail. Les différents gouvernements (de droite et de gauche) n’ont pas su pour le moment attaquer de problème. Alors…

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD(‘x40′)} else {OAS_AD(‘Middle’)} dans NICOLAS SARKOZY

Louis D.
03.01.09 | 18h43
La seule vraie rupture ce serait celle qui abandonne le capitalisme au profit d’un système plus performant et plus juste au sens humain. Sans doute trop difficile pour des hommes politiques dont la pensée est coulée dans l’occidentalisme triomphant de l’après-guerre.

yoousmarais
03.01.09 | 18h42
Rupture…mais en quoi? Lorsqu’un ultra libéral prend la place d’un ultra libéral, je m’interroge sur la nature de la rupture. La grande majorité des décisions prises vise à accroitre la richesse de ceux qui l’ont acquise et à appauvrir les autres. Quant à l’impuissance, elle serait plutot l’apanage de ces libéraux qui préconisent de privatiser les services qui dégagent de la marge pour, en revanche, étatiser les pertes et crier à l’aide dès que leur incurie met les comptes dans le rouge.

Gladiator
03.01.09 | 18h37
La rupture n’est pas idéologique puisque Sarkozy malgré ses rodomontades a été de tous les gouvernements depuis 2002, a soutenu la politique qu’il dénonce maintenant et qu’il était patron de l’UMP avant 2007; tout ça c’est bling-bling- abracadabrantesque! Par contre, la rupture avec les Français, elle est bien là ….

Jean-Alain L.
03.01.09 | 18h37
Une volonté de réformer ne suffit pas. Il faut qu’elle soit portée par une confiance dans un plus de justice et plus de progrès social. Rien depuis 2 ans ne va dans ce sens et la critique du capitalisme par le président bling bling et ses amis du Fouquet’s n’est tout simplment pas crédible. La « rupture a cédé devant la réalité » ? Etait elle authentique ou participait elle du vent médiatique qui emporte le système des néocons ? Le jouet est cassé Mr le président.

Zébulon II
03.01.09 | 18h37
La seule rupture qu’incarne Zébulon Ier, c’est celle de la France qu’il s’ingénie, qque que soit le sujet, à couper en 2 : privé contre fonctionnaires, actifs contre chômeurs, vieux contre jeunes. Zébulon Ier n’agit que dans la confrontation, il est en train de briser la solidarité qui régnait dans la société française et cela sera lourd, très lourd de conséquences, surtout en période de crise, quand la rue s’enflammera !!!

michel a.
03.01.09 | 18h28
La réalité est quelque chose de tout à fait encombrant, en politique comme ailleurs. Le mieux à faire, c’est de ne jamais en tenir compte et de vivre dans le rêve. C’est plus facile quand on est riche et bien portant, mais les autres n’ont qu’à faire un effort…

Gigi23
03.01.09 | 18h13
Les Francais ont elu un pompier… Specialiste des incendies, il n’a aucune vision pour la France.

LIONEL P.
03.01.09 | 18h10
Comment incarner un état « protecteur » quand on le désosse à l’image de ces bateaux entrevus en Inde sur des chantiers de démolition? Comment justifier qu’on maltraite les enseignants, les personnels soignants et qu’on en réduise le nombre, quand ceux-ci incarnent non seulement une dépense mais aussi et surtout un investissement pour le bien commun présent et à venir, et accessoirement des salariés qui consomment? Combien de jeunes sans emplois stables pour créer des CDD dans le secteur public?

GURA4316
03.01.09 | 17h52
Certes, il y a les contingences.La crise du système libéral oblige NS à biaiser. Mais quant à la ligne globale elle reste, noyée dans un tourbillon de paillettes destiné à distraire l’attention. Le souci affiché des classes moyennes, le travailler plus… n’étaient que de la propagande pour gagner les élections. Le fond demeure, diminuer les couts salariaux, diminuer les impots pour les riches et continuer à démolir le service public au bénéfice de ses copains, Bouygues, Leclerc , Bolloré.

Pierre G.
03.01.09 | 17h43
Cet article est un tableau. Une belle description bien reflechi. L’auteur aimerait bien conclure par une petite démonstration d’anti-sarkozysme, mais n’y arrive pas. Oui, la crise change totalement la donne. Les engagements ne peuvent logiquement plus être tenu. Il faut s’adapter. Et ensuite ? quelle démonstration ? Il assure ou il se plante ? La faiblesse de l’opposition me donne un élement de réponse.

fejjf
03.01.09 | 17h33
c’était juste la rurupture, a droite toutes… Plus de ministres et de conseillers qu’avant toujours plus de dépenses, bref ce qu’on appelle une noyade forcée

THIERRY L.
03.01.09 | 17h31
Monsieur Sarkozy aurait pu, selon la tradition, être inutile comme beaucoup d’autres avant lui, mais monsieur Sarkozy a choisi une autre voie, gouverner le pays selon ses pulsions (et celles de ses proches conseillers) moyennant quoi il est devenu nocif. Qui peut par exemple justifier aujourd’hui le « Paquet Fiscal » ? (réduction d’impôts de 15 milliards d’€/an réservée aux contribuables les plus aisés). Le chomage explose ? Le déficit budgétaire est indécent ? pas grave les riches sont à l’abri !

Roger L.
03.01.09 | 17h24
L’inventaire est complet, ce qui rend le constat plutôt cruel. L’échouage du projet sarkozien était de toute manière inévitable, même sans la crise, tant paraissaient inconciliables les promesses. Pour l’instant, curieusement, le Président continue à vivre sur son capital de mots. On lui accorde encore un vague crédit de réforme mais le mirage, une fois dissipé, risque de révéler les échecs: cadeaux aux riches, demi réformes qui ne donneront pas de résultats significatifs, dette effroyable.

Emile G.
03.01.09 | 17h07
Un inventaire triste, sinistre même pour le citoyen. Mensonges, reniements, tromperies, reculades, dérobades, faux semblants, artifices : voilà les mots que l’on peut accrocher à chaque ligne de cet inventaire. Et ce monsieur ose s’appeler chef d’Etat ! Il est sain et courageux que M. Leparmentier ait osé établir ce funeste bilan.

THIERRY L.
03.01.09 | 17h05
« Transformé en gestionnaire de crise permanent », l’expression est juste. Moyennant quoi monsieur Sarkozy ne sait pas où il va et nous non plus. Comme ces prédécesseurs, il occupe la fonction suprême, peu importent la manière et les circonstances pourvu qu’il laisse une trace, SA trace, dans l’histoire. L’histoire qui oubliera peut-être ses comportements mafieux (grâce de Marchiani) et ses amitiés avec les milliardaires mais sûrement pas le torrent de promesses devenues caduques avec le temps.

G.
03.01.09 | 16h32
Pourtant la réalité, ce n’est pas M.Sarkosy et le gotha qui l’entoure qui la vivent, ce sont avant tout les gens de milieu modeste et peu fortuné.

OMER
03.01.09 | 16h30
« travailler plus pour gagner plus  » est un slogan de campagne de Sarkozy rappelé ici par lemonde.fr d’une manière un peu étrange .En effet , son auteur indique avant que « travailler plus …. » renvoie à une « révolution idéologique » qui serait le début quinquennat . Attribuer à ce slogan le qualificatif d’ « idéologique » n ‘est -il pas excessif ? Quant à lui attribuer un caractère  » révolutionnaire  » , de quelle révolution s’agit -il ? Copé confirme : « on est (..)pas dans la révolution « .

z
03.01.09 | 16h25
origine de la dite rupture : NS ayant quitté le camp Chirac pour le camp Balladur lors des présidentielles de 95 il est devenu la bête noire des Chiraquiens. Il s’est alors servi de ses mauvaises relations avec la camp Chirac pour apparaitre comme une rupture par rapport au camp chiraquien. Le camp chiraquien étant discédité, la tactique s’est révélée payante. Mais sans l’épisode Balladur, NS se poserait il aujourd’hui comme la rupture ?

Laurent L.
03.01.09 | 16h17
… de « lâcher les freins », et en particulier de réduire le poids de l’Etat. En contexte de crise, il s’agit d’abord de limiter la casse « sociale » => retour à certaines recettes précédentes. Que les déficits augmentent et qu’on prenne des mesures de soutien en période de récession, c’est logique. Les vrais coupables de la situation de la France sont ceux qui, par opportunisme électoral, ont fait vivre le pays au dessus de ses moyens pendant 35 ans: principalement Mitterrand et Chirac.

Laurent L.
03.01.09 | 16h11
Il y a beaucoup de points vrais dans cet article, mais à force de vouloir enfoncer Sarko (ligne éditoriale majeure du Monde depuis le changement de direction, et, j’imagine, depuis qu’il a compris que c’est ça qui fait vendre auprès de son public), il oublie l’essentiel: c’est qu’il est évident qu’on ne pilote pas un pays en période de crise mondiale comme en période de prospérité. La campagne de 2007 s’est déroulé dans un contexte de croissance où la France était à la traîne. L’enjeu était…

olivier l.
03.01.09 | 16h10
« A cédé » ? Vous vous moquez de nous? Sarkozy est en train de tout casser : l’école, l’université, la santé publique, la télé publique, et tout ce qui reste de service public sans que personne de fasse rien (les français sont aux sports d’hiver disent les journaux).Pourtant il n’y a plus d’opposition, et les gens ont peur de l’ouvrir. Quant à la réalité, notre Zébulon national l’a congédié depuis longtemps. Il n’a rien cédé du tout, le déni de réalité continue, et c’est là le problème.

Dubonsens
03.01.09 | 16h06
Article globalement plutôt critique mais, par souci de ménager la chèvre et le chou, le journaliste s’emmêle un peu les pinceaux et surtout n’aboutit nulle part ! Le nouveau « style » du Monde le conduit inéluctablement à son enlisement et au désamour de son lectorat fidèle.

michel j.
03.01.09 | 16h02
finalement, cher journaliste arnaud, tout est noir pour vous !!!

artru+marie
03.01.09 | 15h35
Ou comment Leparmentier nie la realite du changement car la France qui marche, ca l’embete…

Christiane D.
03.01.09 | 15h33
« l’Elysée met ouvertement en cause l’inertie des corps intermédiaires ». En effet, Ces corps sont devenus des Etats dans l’Etat ! C’est ce que le Français lambda voulait changer, mais comme d’habitude effrayé par son audace et possible perte de privilièges, il recule. Ce pays cigale vit en blocage permanent, d’où son déclin marqué. Quant à s’aligner sur la politique américaine, c’est une sottise quand on en voit les résultats. Par contre, si c’est pour faire tourner l’industrie, c’est réussi.

baragiano
03.01.09 | 15h29
tel était pris qui croyait prendre?

Renaud d.
03.01.09 | 15h29
Un article extremenent partisan que pourrait signer la totalite ( 50%+50%) du parti socialiste. Aucun commentaires sur la capacite d’adaptation et l’absence totale d’ideologie qui permet de faire des choix en face de chaque nouvelles situation. Rupture par rapport a Jospin et la gauche plurielle qui ne decide que par ideologie et rupture par rapport a Chirac qui decide de ne rien faire.

Olivier R.
03.01.09 | 15h21
Le problème au fond est que le paysage politique français est totalement misérable, et que la « meilleure tête » est Sarkozy. C’est dire l’état de déliquescence de la classe politique.

christophe d.
03.01.09 | 14h51
Journalisme ou militantisme PS ??

alain sager (nogent sur oise)
03.01.09 | 14h49
La meilleure preuve de la continuité est là. Comme les autres présidents de la République, l’actuel s’amuse beaucoup plus en politique étrangère qu’en politique intérieure. En fait, la France, c’est le boulet qu’il faut se coltiner, alors qu’on se sent des ailes dans l’international. Qu’on se rappelle de Gaulle. Il préside une réunion sur la stratégie militaire. A un moment, un officier s’inquiète : « mais l’intendance, mon général ? » – « L’intendance suivra » réplique-t-il. Un détail encombrant…

L’exercice du pouvoir a eu raison des tentations communautaristes

 

Discrimination positive, politique de quotas et statistiques ethniques, en passant par les lois mémorielles : vingt mois d’exercice du pouvoir ont effacé de la vulgate sarkozyste tout ce qui, de près ou de loin, pouvait être interprété comme un signal favorable au communautarisme.

Le chef de l’Etat a refermé ce chapitre essentiel de la « rupture » lorsqu’il a présenté, le 17 décembre 2008, à l’Ecole polytechnique, les mesures qu’il souhaite voir mises en oeuvre en faveur d’une « égalité réelle des chances ». « Répondre au défi de la diversité en recourant à des critères ethniques ou religieux conduirait à prendre le risque de dresser les communautés les unes contre les autres et enfermer chacun dans son identité et son histoire », a affirmé le président, en indiquant « avoir mûrement réfléchi » à la question.

 

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Les faits Nicolas Sarkozy : « Nous allons sortir renforcés de cette crise »

Verbatim L’intégralité de l’allocution présidentielle

Nicolas Sarkozy avait déjà mûrement réfléchi à ces questions bien avant d’entrer à l’Elysée. Pour en conclure, alors, qu’il y avait là matière à se distinguer nettement de ses principaux adversaires et rivaux, au premier rang desquels figuraient Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Arguant de l’échec du modèle républicain d’intégration – qui assigne à chaque citoyen, quelles que soient ses origines, des droits et des devoirs -, M. Sarkozy a longtemps plaidé en faveur d’une prise en compte explicite de ces origines. Il estimait que c’était le seul moyen de mesurer et de corriger des discriminations persistantes.

GARANT DES MÉMOIRES

Partant de ce diagnostic, M. Sarkozy a multiplié les gestes et les déclarations visant à faire reconnaître l’identité culturelle et religieuse des minorités vivant en France. Ses deux passages Place Beauvau – dans les gouvernements Raffarin (2002-2004) et Villepin (2005-2007) – lui ont permis de creuser ce sillon.

Ce fut d’abord la mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM). Puis des plaidoyers de portée plus générale et systématique en faveur de la discrimination positive – jusqu’à souhaiter publiquement la nomination d’un « préfet musulman » – et de son outil, le comptage ethnique. « Je n’ai toujours pas compris pourquoi certains trouvent choquant que l’on répertorie en France les catégories de populations selon leur origine. (…) Si l’on refuse de reconnaître la composition de la société française, comment pourrons-nous intégrer ceux à qui l’on nie leurs spécificités et leur identité ! », s’est ainsi exclamé M. Sarkozy, le 2 mai 2006, lors de l’examen par les députés de son texte sur l’immigration.

Quelques mois plus tôt, M. Sarkozy avait déjà fait une incursion remarquée dans la vaste querelle de frontière entre histoire et mémoire qui avait surgi après le vote d’un amendement sur « le rôle positif » de la colonisation, et relancé de multiples revendications identitaires. En confiant à l’avocat Arno Klarsfeld un « travail approfondi sur la loi, l’histoire et le devoir de mémoire », le président de l’UMP s’était érigé en garant des mémoires ; et des « communautés » correspondantes, qui représentaient des réserves de voix non négligeables dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007. M. Sarkozy a toutefois atténué ce type de messages lorsqu’il est entré de plain-pied dans la campagne présidentielle. En décembre 2006, son conseiller Henri Guaino était formel : « La France est foncièrement anticommunautariste. Le principe d’égalité est sa clé de voûte. L’unité est une obsession. On ne peut revendiquer le communautarisme si on veut incarner ce pays. »

Deux rapports ont récemment achevé de convaincre le président d’oublier certains de ses anciens penchants. Le 18 novembre 2008, la mission d’information de l’Assemblée nationale sur les questions mémorielles a invité le Parlement à ne plus légiférer sur l’histoire ni prescrire le contenu des manuels scolaires. Un mois plus tard, Simone Veil a remis à M. Sarkozy un autre rapport excluant, celui-ci, toute réécriture du préambule de la Constitution qui permettrait d’instaurer une politique de discrimination positive sur des fondements ethniques.

Jean-Baptiste de Montvalon

La direction de l’UMP veut investir la Toile pour fonder un réseau communautaire

 

Le nouveau secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, devra mettre en œuvre la mutation : basculer le parti sur Internet. Inspiré par les méthodes de Barack Obama, qui avait fait de la Toile son arme de communication, Nicolas Sarkozy a donné six mois aux dirigeants de l’UMP pour se doter d’une infrastructure performante.

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Depuis l’été 2008, une cellule stratégique, composée d’un spécialiste des études d’opinions, Pierre Giacometti, du communicant Christophe Lambert, du publicitaire Jean-Michel Goudard et de l’ancien journaliste Patrick Buisson, a élaboré un diagnostic. Chaque semaine, la cellule s’est réunie autour de Xavier Bertrand et de Nathalie Kosciusko-Morizet. A la lecture des études apportées par M. Giacometti, la direction de l’UMP a étudié à la loupe les attentes des Français et leurs relations aux partis politiques.

Le diagnostic posé, l’UMP a sélectionné, en décembre, l’agence Isobar pour refonder son site Internet et inventer les outils d’un réseau communautaire. Le chef de l’Etat veut faire de l’UMP un parti de masse, capable de dépasser les seuls militants pour s’ouvrir à des publics non encartés mais intéressés par la chose publique. Et susceptible, en période électorale, de transformer un membre de la communauté en relais d’opinion.

Premier parti de France avec 280 000 adhérents, l’UMP a vu fondre ses effectifs comparé à la campagne présidentielle de 2007, où elle avait atteint 375 000 adhérents. Sous la pression de M. Sarkozy, Patrick Devedjian avait dû inventer des stratagèmes pour regagner des militants.

L’EXEMPLE DE BARACK OBAMA

Il avait notamment décidé d’avancer l’échéance du renouvellement des instances locales pour inciter les militants à renouveler leur adhésion. Il avait acté l’organisation de primaires pour les élections régionales. Mais les dirigeants savent qu’ils ont atteint un plafond dans la configuration actuelle.

Le tournant d’Internet va impliquer des choix stratégiques et financiers, ainsi que des redéploiements de personnel pour ce parti qui emploie déjà 110 personnes. « Nous allons changer les métiers de l’UMP, aller vers plus de professionnalisation », explique un membre de la direction. Là aussi, le parti prend exemple sur Barack Obama, qui s’était entouré des meilleurs professionnels de la Toile, en recrutant notamment le cofondateur du réseau Facebook, Chris Hughes.

Jusqu’à présent, les tentatives de l’UMP pour investir Internet n’ont pas été vraiment concluantes. Les « ateliers du changement » organisés autour d’économistes sur le thème de la refondation du capitalisme et diffusés en direct sur le site n’ont pas drainé un public massif. Ni les nouveaux formats de débats de société, « Controverses » et « Agit’pop », animés par Mme Kosciusko-Morizet.

« Le but est de montrer que le débat d’idées s’exerce à l’UMP et non plus à gauche », justifie la direction. Les conseillers de M. Sarkozy ont pour seule ligne d’horizon 2012. « C’est dans la campagne présidentielle qu’un parti, un candidat, peut susciter des mouvements de fond d’adhésions. Et c’est à ce rendez-vous que nous nous préparons », expliquent-ils.

Sophie Landrin

découvrez les réactions des abonnés du Monde.fr à la lecture de cet article.

David T.
03.01.09 | 18h58
Et quel slogan ces génies vont ils nous pondre: la continuité agitée, ou la rupture tranquille? Obama avait un truc à vendre lui!

if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD(‘x40′)} else {OAS_AD(‘Middle’)}

David I.
03.01.09 | 11h04
Je suis étonné par le contenu de toutes les informations que nous offre la journaliste du Monde… quelle précision! J’attends donc le 24 janvier pour trouver confirmation. Je ne manquerai pas d’en faire l’analyse. Et puisque c’est le moment des voeux… j’aimerais que monsieur Le Monde soit pour l’année qui vient et les autres… un peu plus précis, un peu plus analytique, un peu plus objectif! C’est un des voeux! Alain de C

VISITEUR DU SOIR
03.01.09 | 00h07
Voila Patrick Buisson qui sort du coin du bois ! Le crypto frontiste qui a inspiré le programme réac de Sarkozy et du sinistre Hortefeux !Avec lui la France n’est pas préte d’élire un B.OBAMA !

LE SYCOPHANTE DECHAINE
02.01.09 | 20h48
Sarkozy n’a pas compris que l’on ne gouverne pas la France par des effets d’annonce, des coups médiatiques ou des gesticulations itératives. Gouverner, c’est d’abord avoir une vision cohérente pour l’avenir, c’est aussi donner l’exemple et faire en sorte que les efforts nécessaires soient partagés par tous. Or, les mesures sarkozyennes se situent aux antipodes de ces données basiques, d’où les ravages prévisibles d’une politique erratique sans véritable cap, hormis celui de servir une coterie !

thierry g.
02.01.09 | 18h54
c’est zarbi, mais Ségolène Royal a organisé sa campagne hors PS sur Désirs d’avenir, elle a organisé des réseaux sur l’internet …etc…zarbi, sinon cohérent que Martine Aubry refuse avec sa bande de ringards cette modernisation de l’action miltitante et que le congrés du Ps se soit fait « contre » l’idée d’un parti de masse et les militants à 20 euros : camarades, tenez bons ! Et restez sur la « ligne politique » : pas d’internet.

L’OURS
02.01.09 | 18h50
La com c’est son point fort à Sarkozy, son dada même, de plus il bénéficie du soutien partial de quasiment tous les medias français. Alors la Toile avec notre argent et celui des riches militants UMPistes, c’est une suite logique sauf que, nous internautes on n’est pas dupes, on n’est pas des spectateurs de TF1. C’est malheureux que son point fort ne soit pas l’économie, le social, l’éducation et toutes ces choses qui font un bon président… En 2012, on en trouvera un(e) bon(ne) président(e)!

Martine D.
02.01.09 | 18h48
Interet c’est le débat et la liberté, avec parfois, des conséquences imprévisibles… Bien loin de la culture UMP, et encore plus loin de ce que nous savons NS! Qui se laissera prendre? Les naïfs qui ont cru aux précédentes promesses? Ce n’est pas gagné!

C.Quest
02.01.09 | 18h45
investir la toile, lol, ils n’y sont pas encore? bah cela ne feras que du bruit en plus su le net, l’UMP seras noyé dans la masse comme tout les autres. en tout les cas, il est clair que cette stratégie signe la fin probable de TF1 comme relais prioritaire de l’infos gouvernentale ou de la télé comme 1er lieu d’investisseent du politique. la télé a « papa » vie sans doute ces dernières années.

Guy D.
02.01.09 | 18h45
simplement efficace, et une bonne leçon pour les amateurs du ps. Heureusement que l’ on avait pas ces guignols en ce moment. Alors martine si on veut gagner, fais en autant, c ‘est l’ avenir

02.01.09 | 17h53
Décidément, NS sait s’y prendre : un coup d’avance sur ses adversaires : pendant que le PS continue à chercher son identité, le président de la république et de l’UMP passe déjà à l’étape suivante. C’était déjà le cas pour la présidentielle de 2007. Alors, camarades, on se réveille ou on attend 2017 ?

Perplexe
02.01.09 | 17h51
Obama n a pas ete elu grace a la Toile. A un moment donne, Mc Cain et lui se divisaient l’electorat. Les erreurs des republicains, la crise financiere, la montee du chomage ont fait basculer l electorat en faveur du changement qu incarnait les democrates en general, Obama, en particulier. Si NS base son programme de 2012 sur Giacometti et compagnie en faisant du sur-mesure, il est perdu. L’electorat ne sera pas dupe.

Pas glop
02.01.09 | 16h50
Le but étant évidemment de rebaptiser internet : UMP. Ainsi, chaque français aura sa connection UMP pour parler avec Dieu.

PROLO
02.01.09 | 16h23
Depuis les Municipales j’ai créé le Réseau Victor Hugo de la France libre. J’organise des commentaires dans Le Monde et le Figaro puis je communique leurs contenus à mon réseau… Bien entendu ce réseau n’est encore qu’une initiative modeste mais il permet de mieux organiser les poussées politiques. On peut multiplier cette initiative. Chaque adhérent à l’UMP peut aussi créer le sien..! Il faut investir la Toile et créer un Grand réseau communautaire et fédérateur pour que Vive La France libre.!

michel a.
02.01.09 | 15h55
Un outil de communication, c’est comme un gant, ça se retroune… S’il y a des gens que cela amuse, invitons-les à participer aux « débats » mis en place par la nouvelle partie pensante de la société… Et à les rendre contre-productifs : la comm’, c’est de la comm’, ça ne sert qu’à faire semblant en disant plutôt qu’en faisant. Alors, alllez-y, les petits, amusez-vous avec les jouets qu’un pouvoir infantilisant vous propose ! Vous pouvez en faire autre chose que ce qui était prévu !

Ju
02.01.09 | 13h42
« Le but est de montrer que le débat d’idées s’exerce à l’UMP » Ah bon il y a un débat d’idées à l’UMP? Alors un débat d’idées ou le président officieux de ce parti (N.S) fixe les règles, régit le débat et statut au final sur les idées à adopter… Un débat ou une seule personne à le droit de s’exprimer sans se faire remonter les bretelles, le concept me laisse dubitative tout de même.

in vino veritas
02.01.09 | 13h33
cela me rappelle Carnaval : où chacun se fabrique de beaux chars ridicules destinés à la parade … PS ou UMP ? A tout le moins, le plus soviétique et le moins démocratique reste quand même l’UMP. Et ce n’est pas en mettant le rouge à lèvre INTERNET que le maquillage ne risque pas de couler sous la pluie de la Crise. Allez bon année Nicolas car c’est dur d’être aimé par etc etc

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florian
02.01.09 | 13h30
Quand on sait que se doter d’un véritable outil de communication online de nos jours, couplé à des campagnes publicitaires internet bien ciblées, le tout dans le cadre d’un stratégie digitale sur 3 ans peut couter de 1 a 3 Millions d’euros, on peut en conclure que dorénavant, l’argent est bien devenu le meilleur atout pour l’accès au pouvoir.

Des vessies pour des lunes!
02.01.09 | 12h24
Communautaire ou « communautariste »? Ils se sentent si mal que ça, menacés par la Toile? C’est la meilleure nouvelle… l’UMP en minorité sur le Net. Qu’ils y restent à ressasser tous seuls les palabres de leur Grand Manitou « fils de lunes »! Sarko essaierait de vous faire croire qu’il en a plusieurs dans son télescope…Moi, je me mets sur anti-spam UMP… ce logiciel est-il déjà commercialisé? Je suis intéressé!

Flying_Lolo
02.01.09 | 12h24
Mes bonnes résolutions en ce début d’année : 1 – Lorsque l’Internet se sera réduit complètement au réseau de l’UMP, je me déconnecterais ! 2 – D’ici là et plus que jamais, je me protégerais…

legrosminou
02.01.09 | 12h01
Une suggestion : se souvenir du Président de l’Augmentation du Pouvoir d’Achat, promis il y a deux ans. Mais l’Omniprésent a trouvé d’autres urgences supérieures, comme la réorganisation de l’UMP.

Guy L.
02.01.09 | 11h45
La multiplication des sites UMP 1)pour QUI? aux adhérents pour enrayer la défection? aux sympathisants pour qu’ils franchissent le pas? ceux de l’opposition à convaincre? 2)pour QUOI? du prosélytisme en distillant le catéchisme à l’aide de questions/réponses types?ou devenir un service pointu, répondant aux préocupations de chaque français? Les USA ne sont pas la France,la campagne Obama fût plus apparentée à du harcelement qu’aux débats d’idées.45% seront réfractaires 45% acquis,10% indécis

C. A.
02.01.09 | 11h29
Dans la mesure où c’est M. Sarkosy qui décide de tout ça occupera la direction de l’ump, une bonne initiative !

OLIVIER M.
02.01.09 | 11h24
Pour faire passer un message sur la toile, encore faut-il en avoir un. Le bombardement d’idées saugrenues auxquels le président donne le nom de communication agacera autant sur le web que sur les ondes.

THERESE M.
02.01.09 | 11h06
Un parti de masse;tiens ,tiens cela me rappelle quelqu’un.N’est ce pas la nouvelle équipe du PS,

Michèle R.
02.01.09 | 10h59
Pour le pot de fer contre le pot de terre, ils sont fortiches ! Manque de pot, le sigle UMP et le détournement hypocrite du P de Présidentielle, remplacé aux élections 2007 par le P honteusemement usurpé de « Populaire » n’attirera guère que quelques poussières égarées sur la toile d’araignée et fera fuir le gros du gros gibier, prêt depuis longtemps à prendre le maquis : Moralité on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre !

CHARLES C.
02.01.09 | 10h59
Le net est un média à part entière qui tient aujourd’hui le rôle de la place de village qui n’existe plus ! Investir le net est incontournable. Surtout pour un parti politique. Il n’y a pas d’autres solutions. Le PS devrait aussi y consacrer ses principaux moyens. La toile, pour chacun, doit être à plusieurs niveaux. Et à chaque niveau l’objectif est de rechercher le contact avec le non encarté. Le plus dur sera le supplément d’âme, le french touch à définir pour chaque niveau.. joli challenge

 

 

 

Télévision sans « pub » : le choc du 5 janvier

A partir de lundi 5 janvier 2009, France Télévisions ne pourra plus diffuser de publicité entre 20 heures et 6 heures. La mesure avait été annoncée, à la surprise générale, il y a tout juste un an, par le président de la République, Nicolas Sarkozy.

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La publicité disparaîtra progressivement des écrans des chaînes publiques à partir du 5 janvier.

Entretien « A mes yeux, c’est comme si on avait démantelé une filière importante de la drogue »

 

Faut-il pour autant s’attendre à un « big bang » dans le paysage télévisuel ? Et quand ? Le rythme de la vie quotidienne des Français va-t-il changer ?

Pour inaugurer ses nouvelles soirées sans publicité, France Télévisions a avancé la pendule de ses programmes d’un quart d’heure. Finis les tunnels de publicités et d’autopromotions : les prime times de France 2 et France 3 démarreront désormais à 20 h 35 et non plus à 20 h 50.

Et les chaînes privées ? Lundi, pour cette première, la soirée avancée du service public ne bousculera pas celles de TF1 et M6 ni celles des chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT). France 2 diffusera un documentaire ; France 3 proposera une version « spécial juniors » de son jeu quotidien « Questions pour un champion ». TF1 offrira à son audience Avalanche, une fiction catastrophe, et M6 le film Podium.

Les deux grandes chaînes privées semblent pour l’instant privilégier la prudence, sinon l’attentisme, face aux changements de France Télévisions. Officiellement, TF1 ne bouge pas : début de soirée à 20 h 50, comme à l’habitude. Mais, ainsi que l’indique le directeur de l’information, Jean-Claude Dassier : « TF1 va être pragmatique. »

Preuve de son « pragmatisme », TF1 a cessé la commercialisation d’un de ses écrans de publicité de prime time. Celui de 20 h 40. La direction de la chaîne leader ne semble pas s’attendre à des changements rapides. Les habitudes de consommation de la télévision en soirée sont « quasiment des biorythmes », explique M. Dassier. Mais TF1 veut pouvoir réagir vite si ses téléspectateurs fuient vers la concurrence. Le carrefour du 20 h 30-21 heures est stratégique. A lui seul, il draine 15 % des revenus publicitaires des télévisions commerciales en clair. Interrogée, la direction de M6 « ne veut faire aucun commentaire ». Pourtant, la chaîne a déjà réagi. A partir du 5 janvier, ses prime times sont avancés de dix minutes. Ils commenceront à 20 h 45.

Numéro un de la télévision payante, Canal+ a choisi, comme TF1, de ne pas bouger. « Toute la question est de savoir si les gens vont modifier leurs modes de vie », analyse Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+. Dans un premier temps, Canal+ « va attendre de voir si les gens bougent ». Mais rien ne dit que la démarche de France Télévisions fasse école.

« Il ne faut pas sous-estimer l’intérêt du temps mort entre la fin du « 20 heures » et le début des programmes de prime time. Cela permet aux gens de faire leur choix et de s’installer pour la soirée », pointe Jean-Pierre Cottet, directeur du business development chez Lagardère, ancien directeur général de France 3, France 5 et ex-patron des programmes de France 2. A l’en croire, il existe une règle d’airain à la télévision : « Les chaînes les plus faibles doivent se caler sur le rythme de la grille des télévisions les plus fortes. »

Les acteurs de la TNT n’ont pas encore arbitré entre TF1 et France Télévisions. A l’image de TMC, elles ont « un tout petit peu avancé leur prime time en attendant que les choses se mettent en place ». Désormais, à TMC, Direct8, NRJ12 et W9, la soirée de la TNT commence à 20 h 40.

« DES AJUSTEMENTS DANS L’ANNÉE »

In fine, indique M. Cottet, « tout dépendra de la force d’attraction et de la qualité des programmes ». Il prévoit déjà qu’il y aura « des ajustements tout au long de l’année ». Faute de publicité après 20 heures, France Télévisions devrait donner une visibilité supplémentaire à ses programmes de deuxième ou troisième parties de soirée. Ainsi, « Ce soir (ou jamais !) », le magazine culturel quotidien de Frédéric Taddeï est avancé, dès lundi, à 23 heures.

Annoncée il y a un an par M. Sarkozy, la suppression de la publicité sur France Télévisions a suscité – et continue de susciter – de vives polémiques. Les partisans de cette réforme se réjouissent qu’enfin « chaînes privées riment avec argent privé et télévisions publiques avec fonds publics ». Les opposants dénoncent les cadeaux faits aux chaînes privées, notamment à TF1. Ils disent leurs craintes pour la pérennité du financement et l’indépendance future de France Télévisions.

Pour ce premier exercice, le manque à gagner des chaînes publiques, estimé à 450 millions d’euros, devrait être compensé à l’euro près. Mais l’avenir n’est pas garanti. L’Etat mettra la main à la poche. En contrepartie, il choisira les futurs présidents de France Télévisions. Conformément au voeu de M. Sarkozy, les prochains PDG des chaînes publiques seront directement nommés en conseil des ministres. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) n’aura plus qu’un avis consultatif. Pour certains, cette procédure renvoie France Télévisions aux heures grises de l’ORTF. Le projet de loi crée aussi une unique société nationale de programmes. Une menace, selon les syndicats des chaînes publiques, qui redoutent un plan social. Voire un démantèlement de France Télévisions.

Guy Dutheil

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Quince
04.01.09 | 09h39
Enfin des émissions qui débutent à 20H35 !!! La couche-tôt que je suis apprécie !! Marre des pubs qui n’en finissent plus et qui prennent les gens pour des c… Pour moi, moins de pubs = plus de crédibilité pour une chaîne !!

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Gigi23
04.01.09 | 01h00
Cher Thibaut d., votre commentaire m’attriste. D’abord parce que vous parlez de qqe chose qui ne semble pas vous concerner, puisque vous ne regardez pas la television. Ensuite, parce que cette reforme va poser un gros probleme de finacement, comme le souligne Louis. Enfin, parce qu’en tant que socialiste, vous devriez vous inquieter de l’independance des medias et de leur role dans notre societe. Cette reforme est mauvaise et il y avait possiblite d’amenager autrement la publicite sur le S P.

HENRI G.
03.01.09 | 23h43
A « Louis D. » Je préfére payer un petit impot direct pour financer la télévision qu’un gros impot indirect: la publicité n’est pas gratuite, lorsque vous consommez vous payez plusieurs fois les dépenses publicitaires sous forme de hausse de tarif.

LE PLOUTOCRATE EN ACTION
03.01.09 | 20h54
Nous sommes vraiment gouvernés par des hommes d’Etat soucieux de l’intérêt général. La suppression de la publicité sur les chaînes publiques et la nomination de leurs dirigeants par Sarkozy ccnstituaient une priorité absolue. Et, comme gouverner c’est prévoir, le manque à gagner sera compensé à l’euro prés par de nouvelles taxes tout en maintenant globalement le même nombre de salariés. Cette réforme conjugue bonne gestion et démocratie. Loué soit notre grand président, héraut de la rupture !

Olivier R.
03.01.09 | 20h19
Je vais donc devoir payer davantage pour qqchose que je ne regarde pas au motif que j’ai une TV pour regarder des DVD ? Cela me conforte neanmoins dans mon choix, les chaines ne sont meme pas parametrées sur ma TV.

Lucien A.
03.01.09 | 20h06
Les chaînes privées continuent à raisonner en audimat, plutôt qu’en qualité de programme, pour sauver leurs ressources publicitaires. Elles ont tort. La menace n’est pas dans le changement d’horaire du prime time des chaînes généralistes, mais bien dans la multiplicité des chaînes thematiques. Espérons que les chaînes puubliques, libérées de l’audimat, sauront saisir l’opportunité de jouer sur la qualité des programmes et de captiver leur public.

Thibaut d.
03.01.09 | 19h58
Non consommateur de télévision, je me réjouis malgré tout de cette mesure que notre parti socialiste a si longtemps préconisée … Enfin libres…adieu jambon,lessive, déodorant, crème anti-rides…l’honnêteté intellectuelle doit nous pousser à reconnaitre le bien fondé de ce choix plutôt que de reprendre en chœur les hurlements corporatistes …dans tout gouvernement, tout n’est pas forcément mauvais par principe …à gauche comme à droite

Louis D.
03.01.09 | 19h06
450 millions de manque à gagner pour la Tv publique. C’est cela le vrai choc ! Même en licenciant la moitié du personnel, le contribuable mettra la main à la poche. Le genre du moment « réforme-bricolage » en dit long sur l’état d’esprit économique de nos dirigeants: Colonne dépenses pleine; Colonne recettes remplie d’impôts nouveaux. Merci pour le mur !

Gigi23
03.01.09 | 17h58
La vrai choc, c’est celui de voir un pouvoir politique prendre le controle d’un pouvoir mediatique, sans scrupule, sans « hypocrisie ». Comment en est-on arrive la ? Ou est la liberte de l’information ? Ou va notre Democratie ? Qui s’en indigne ? Quelle apathie, quelle resignation !!

Guillaume P.
03.01.09 | 16h49
Je n’ai pas bien compris le rapport entre le titre et l’article. Où est le choc ? Tout le monde (de la télé) dit juste qu’ils vont attendre de voir si quelquechose change avant de s’adapter (ou pas). Celà ressemble plus à une danse nuptiale d’escargots qu’à un choc…

Pierre D.
03.01.09 | 15h32
n’exagère-t-on pas l’importance de cette modification du financement de l’audiovisuel public? Certes crucial pour la machine médiatique mais quand on parle d’un « changement des habitudes de vie des français » ne sous estime-t-on pas le morcellement continuel d’un auditoire qui n’est désormais plus captif? À l’image de son éponyme religieuse, la messe de 20h fait-elle encore vraiment recette? Les générations montantes considèrent-elles vraiment encore cela comme un rendez-vous important? à suivre.

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, LE NOUVEL ORDRE MONDIAL, NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

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