ETATS-UNIS : Neuf musulmans débarqués d’un vol après des soupçons

Posté par issopha le 3 janvier 2009

ETATS-UNIS

Neuf musulmans débarqués d’un vol après des soupçons

 

NOUVELOBS.COM | 02.01.2009 | 17:12

Réagissez à l'article 40 réactions

Un groupe de neuf personnes a dû quitter un avion aux Etats-Unis après des propos mal interprétés par des voyageurs. L’un des hommes débarqués avait juste fait remarquer que son hublot était près des réacteurs.

Neuf personnes de confession musulmane ont été débarquées d’un vol entre Washington et la Floride après des propos jugés suspects par d’autres passagers, apprend-on vendredi 2 janvier. L’un d’eux a rapporté que tout avait commencé lorsque son frère avait observé à haute voix que les réacteurs de l’appareil se trouvaient près de son hublot.
Un porte-parole de la compagnie AirTran Tad Hutcheson a confirmé que les neuf passagers musulmans avaient dû quitter l’appareil, évoquant un malentendu. Il a assuré que la compagnie avait suivi strictement les consignes fédérales.
Tad Hutcheson a défendu la compagnie en affirmant qu’ »au bout du compte, des gens sont montés à bord et ont fait des réflexions qu’ils n’auraient pas dû faire dans un avion ».
« D’autres les ont entendus, les ont mal interprétés. Il se trouve que ces gens étaient de confession et d’apparence musulmane », a-t-il ajouté.
« Tout le monde a pris des précautions »

« Cela s’est aggravé, est devenu incontrôlable, et tout le monde a pris des précautions », a poursuivi le porte-parole.
Les passagers en question ont rapporté que la compagnie n’avait pas voulu leur réserver d’autres places jeudi et qu’ils avaient dû prendre des billets chez une autre compagnie. Dans le quotidien Washington Post, l’un d’eux, Kashif Irfan raconte que les ennuis ont commencé après que son frère a fait remarquer que les réacteurs étaient près de son hublot. Deux autres passagers auraient ensuite signalé à l’équipage ce qu’ils considéraient comme des propos suspects. Selon Kashif Irfan, ils ont dû quitter l’avion en raison de leur apparence, les hommes portant la barbe et les femmes un foulard.
Des responsables des forces de l’ordre fédérales ont alors fait descendre les 104 passagers de l’avion pour un nouveau contrôle avant d’autoriser l’appareil à décoller.
(Avec AP)

 

REACTIONS D’INTERNAUTES 

 

Les réactions des lecteurs

zorbor
Vol à risque !!!
Ben oui, franchement, oser prendre l’avion avec un pilote qui a peur d’un passager faisant remarquer « tien mon hublot est près des réacteurs »… L’est pas futé le pilote, faudrait une fois revérifier ses compétences, des fois… Juste comme cela, chaque fois qu’un terroriste à fait sauter un avion, on détourné un avion : primo il a toujours essayé de se masquer dans la foule en s’habillant discret, il n’y allait pas en grande famille, tous regroupés et j’en passe… Secondo : Près du réacteur ou non ça change rien, du moment qu’il perce la calingue (…) si vraiment ils avaient besoin d’une vue sur un réacteur ils pouvaient s’arranger à la réservation ou en tout cas il n’aurrait bruillament transmis l’info à tous… Cet évènement ne sert qu’à entretenir la peur et la haine de l’autre. Absurde. Le plus fou c’est que certains même ici soutiennent la démarche « préventive ».
03.01 à 15h47
Alerter
chti
Si cela continue
Quand les Islamistes vont prendre le pouvoir au Pakistan, ils vont faire une distribution de missiles nucléaires à leurs amis et déchainer l’enfer. (C’est qui qui a permis à ce pays d’avoir ces armes?)
03.01 à 15h43
Alerter
BLITZKRIEG
@ Clochemerle ….. ta haine me sidère ………..
… » S’il n’y avait pas eu Al Qaida et les Talibans, on en serait pas là. Et si j’étais musulman, j’éviterai la barbe et le voile dans les pays occidentaux. »S’il n’y avait pas MADOFF et ses cousins escrocs du Sentier
on en serait pas là. Et si j’étais juif, j’éviterai la barbe et la kippah dans les pays occidentaux.

No comment.
03.01 à 15h00Alerter

amir
Islamophobie.
Jusqu’à quand les musulmans vont-ils encore supporter ces brimades et ces réactions racistes de bas étage? A la suite d’une simple réflexion très anodine, au demeurant, des passagers se sont transformés en délateurs et causé des ennuis et des dérangements à d’autres passagers dont le seul tort est d’être de confession religieuse autre que la leur. Ce zèle dans la nuisance à autrui sera, à court terme, préjudiciable même à la société dans laquelle ces personnes vivent.
03.01 à 14h32
Alerter
Palsambleu
@InternalServerError
La dégradation de vos rapports avec vos ex-amis musulmans me paraît aller plus loin que la paranoïa que vous revendiquez ; vous me semblez surtout à la limite de la psychose !
Je suppose que vos amis devaient appartenir (je vous cite) au « commun des musulmans (gens simples et modérées qui ne demandent qu’a vivre tranquillement) », mais au cas où…
J’espère que vous n’avez pas pris le risque de vous marier (la personne pourrait vous tromper un jour, on entend tellement d’histoires…), de travailler (toutes ces histoires de patrons voyous, ça montre bien qu’il faut se méfier…) et tutti quanti ?Vos posts sont pathétiques !
03.01 à 14h30Alerter

pauvreAmerique
pays a la derive
Les Americains sont dans une situation de desespoir. Ils ont besoin d’une psychotherapie de groupe, a l’echelle du pays.Les Americains et Israeliens sont actuellement les deux peuples malades de ‘Humanite.
03.01 à 14h15Alerter

bats
autrement dit
le racisme était auparavant passif et aujourd´hui il est actif au bon gré et satisfaction de plusieurs dégénérés !
Si un blanc aux yeux bleus avait dit qu´il était pres du réacteur, rien ne se serait passé, il l´a suffit qu´un non blanc le dise !
Les Africains peuvent nous en raconter plus !!!
L´ere d´une autre forme d´apartheid est la ?!
03.01 à 14h05
Alerter
Lukas
Tout à fait normal
très bonne réaction, à imiter, du commandant de bord ! Non pas qu’il faille être raciste, mais si quelqu’un tient des propos suspects, il est normal de le débarquer. Bien sûr, d’autres éléments doivent entrer en ligne de compte : l’agressivité, l’attitude en général, etc.
03.01 à 13h32
Alerter
missiles
à l’attention du modérateur (censeur ?)
Dans ma réaction je n’ai pas été ni injurieux ni provocateur. Je ne vois pas pourquoi ma réaction n’a pas été publiée. L’antisémitisme vous pose un problème ? Je vais saisir la rédaction du NO pour avoir une explication à moins que vous n’ayez une explication !!
03.01 à 13h26
Alerter
maxou1006
stupefaction!
Je n’arrive pas à croire la bêtise des gens qui réagissent à ce scandaleux fait divers,les horrribles terroristes du 11 sept ont tuer 2700personnes hélas et ils faut les condamner,mais les blancs américains combien de personnes tuent ils chaque années? tout ceçi n’est que du racisme anti musulman(je ne suis pas musulman)qu’ilyai des vérifications dans l’avion je peux le comprendre c’est rassurant,mais qu’aprés cela on leur refuse l’accés à l’avion est profondément choquant et humiliant,aprés on s’étonne que l’on succite la haine chez ses gens là!j’éspére que la raison va l’emporter et que les imbéciles réfléchirons aux conséquences de leurs actes,et surtout que ces victimes portent plainte pour discrimination raciale.
03.01 à 13h16
Alerter
InternalServerError
Je reconnais bien ma paranoïa (suite)
je ne sais même pas comment j’en suis arrivé là! Il y a un travail titanesque à faire pour rassurer et rétablir la confiance. Autrement ce genre d’incident continuera très longtemps encore. La confiance, ça se construit et ça demande du temps de du travail.
03.01 à 12h18
Alerter
InternalServerError
Je reconnais bien ma paranoïa
Moi j’avoue souffrir de paranoïa que je n’ai pas vu s’installé, à force d’entendre tous les jours des nouvelles graves (menaces, fatwa, attentats, etc…) provenant des extrémistes musulmans dont la voix semble portée beaucoup plus que celles du commun des musulmans (gens simples et modérées qui ne demandent qu’a vivre tranquillement). Et comme le dit si bien un prédécesseur, « Chat échaudé, craint l’eau froide ». Même dans le metro, les transports en commun je me sens obliger de surveiller les gens autour de moi, en m’imaginant que dans le sac de tel, il pourrait y avoir des explosifs etc… quitte à descendre et prendre le prochain. C’est dommage que les intellectuels/artistes etc… musulmans ne percoivent pas cette réalité et ne se font pas plus entendre pour essayer de dissiper en moi cette crainte permanente qui est devenue la mienne. J’avais avant le 11 septembre 2001 beaucoup amis musulmans, dont je me suis éloignés peu à peu parce la méfiance s’est installée.
03.01 à 12h17
Alerter
Neutrinos
2 heures de retard..
2 heures de retard pour s’assurer du comportement d’usagers, c’est pas bien grave…
Et dire qu’il y a des passagers d’avions qui ne sont jamais arrivés à bon port pour ne pas avoir simplement pris ces précautions….
03.01 à 12h12
Alerter
kali
Etonnant non ?
Que ces jeunes qui ont interprété à leur façon les propos de ces gens « patibulaires » n’aient pas dégainé. Curieux pays, ou il est plus dangereux d’être barbu, que d’être armé jusqu’aux dents.
A lire les réactions ici, le schéma ; barbu, donc islamiste donc terroriste potentiel est bien ancré dans les esprits simples.
Ayez peur braves gens, le prochain terroriste sera peut être votre voisin bien blanc, bien rasé, en costard cravate !
Bonne année
03.01 à 11h44
Alerter
catlaï
Sécurité.
Pour un peu qu’ il ait de la mémoire « Chat échaudé, craint l’ eau froide »
03.01 à 11h30
Alerter
VALENCE
à Redpersian
merci à vous de ces pécisions ,
si c’est comme le décrit washington post, il n’y apas à polémiquer, ils n’ont pas respecté le règlement et le SAVOIR VIVRE , çà leur apprendra à être polis et corrects la prochaine fois au lieu de se croire tout permis
faut faire pareil ici en France contre tout incivilité et çà ira mieux tout le monde respecte tout le monde et c’est tout , non mais !
03.01 à 11h11
Alerter
leocadia
à tous les islamophiles du forum!
sincerement,quand on lit les imprecations des groupes extremistes de musulmans,cette incitation à en decoudre avec les infideles et en particulier l’occident,il ya de quoi faire croitre une paranoia qu’aucune autre communauté humaine ne declenche! prudence est mere de sureté et quoiqu’en pensent nos donneurs de leçons,mieux valent les verifications de « precaution » que le constat d(une nouvelle catastrophe! le 11 septembre pour les new yorkais reste gravé dans les esprits d’une polulation qui ne veut pas « sacrifier » ses enfants! c’est ça la civilisation!
la france est moins courageuse et les politiques sont pris d’une veritable schizophrenie comportementale;accepter que les « barbus » et le voile envahissent le territoire et defendre de plus en plus mollement la laicité et la republique pas encore islamiste,mais ça vient!
03.01 à 10h53
Alerter
pietro
je comprends pas bien …
???
Est-ce le hublot ou le reacteur qui a porté plainte et qui n’a pas voulu s’assoir à coté de ces gens là ? …
03.01 à 10h25
Alerter
kali
@ anderson
Je suis beaucoup plus inquiet de l’envahissement de la bêtise qui se manifeste chez vous avec un tel brio…
03.01 à 10h05
Alerter
Redpersian
Précisions
Lisez le Washington Post de ce jour : les passagers musulmans ( qui n’avaient probablement pas lu les instructions de l’aviation civile américaine, sur le comportement ( y compris vestimentaire ! ) à adopter depuis le 11/11/2001 ) ont fait des réflexions déplacées, d’une voix suffisamment aigüe pour être entendue par de jeunes passagers Américains qui ont alerté leurs parents. Ces derniers ont prévenu les 2 officiers de sécurité du bord qui ont répercuté sur leur hiérarchie et, en dernier ressort le commandant de bord qui a fait débarquer les musulmans. Résultat : 2 heures de retard pour tout le monde. Les débarqués ont reçu des excuses, le remboursement de leur billet aller et la gratuité de leur billet retour…Ils auraient l’intention de porter plainte…mais comme depuis le 11/11/2001, il y a des règles comportementales simples qu’ils n’on pas observées…
03.01 à 09h34
Alerter

kali
bof
de toute façon, avec les compagnies américaines, il ne fait pas bon faire une réflexion quelconque, que l’on soit blanc, rouge noir ou barbu. Un ami a fait un séjour de plusieurs heures dans un poste de police de l’aéroport de NY, car il avait fait une réflexion a une hôtesse.
Quant à ma fille, elle s’est faite refouler au contrôle douanier de L.Angelès car ma petite fille n’avait pas signé le papier vert certifiant qu’elle n’allait pas assassiner le président des US. Ma petite fille avait deux ans !
La parano ajoutée à la bêtise est explosive ! et les terroristes n’ont plus besoin de prendre l’avion.. il y a longtemps qu’ils sont sur leur territoire !
03.01 à 09h29
Alerter
St?phane
Délire
On est dans le délire. Les responsables de cette compagnie sont-ils des anciens d’ElAl? Donc, maintenant, si on est musulman, on n’a pas le droit de faire une réflexion sur les réacteurs? Et en tant que catholique, y a-t-il une partie de l’appareil sur laquelle je n’ai pas le droit de faire de réflexion? J’aime autant le savoir avant de prendre le prochain vol!
Je suis loin d’être islamophile mais cette affaire relève du délire. On ne gagne rien à donner dans la parano. Il est d’ailleurs particulièrement scandaleux que ces passagers musulmans n’aient pas été mis sur le vol suivant de la même compagnie, une fois qu’on s’est aperçu que c’était une fausse alerte. Ils ont dû acheter des billets d’une autre compagnie! C’est injustifiable. L’obligation morale de justice ne vaudrait-elle plus envers les musulmans? J’espère que ces passagers intenteront un procès à la compagnie.
03.01 à 00h07
Alerter
gutou
musulman forcément terroriste
Il s’agit de racisme pur et simple d’autant que les américains ont fait passer une loi fichant nos passages, nos repas et tout ça pour défendre le grand israel…
02.01 à 23h32
Alerter
katou01
youppi
C’est maintenant chose faites! la Skizophrénie et la Paranoïa sont effectivement de souche Américaine! Maintenant cela s’appelle la « Skizophrénie Américanus Paranoïde » la « SAP » pour faire plus court.
Magnifique, quel avancée scientifique magistrale, je veux être en course pour le Nobel Médicale, avec cette découverte, je le gagne c’est sur!
Sans farce, faut-il être épais dans le plus mince pour voir des propos terroristes dans la simple remarque qu’un hublot est situé près des turbimes d’un réacté? à ce compte ma femêtre donne sur la corde à linge de ma voisine,donc ma voisine est une terroriste?et que dire de son chat qui vient regarder par ma fenêtre! Dieu du Ciel…un méchant espion terroriste islamique(son chat est un Persan)j’espère que ce n’est pas un kamikase!
un peu de « rigolothérapie » ça fait toujours du bien!
02.01 à 23h31
Alerter
Tusson
Musulmans débarqués d’un vol.
@ pame : le délit de faciès, c’est du bon sens ?!@ je suppose qu’en suivant votre raisonnement jusqu’au bout, les Occidentaux, selon leur sexe, devraient se laisser pousser la barbe ou porter le foulard pour se rendre dans les pays musulmans ?!
02.01 à 22h44Alerter

Visa
@Pame
Si on suit votre raisonnement… Parlons pédophile et arrestations en ce domaine (donc inculpés connus) : de quelle « race » sont-ils majoritaire voir exclusif ? Doit-on interdire à nos enfants de leurs adresser la parole ?
« on comprend », « cest pas du racisme »… y’aurait-il un bon sens (à sens) unique ?Oui je suis pour le bon sens, mais pas le votre.
02.01 à 21h39Alerter

Pame
Après ce qui…
Après ce qui c’est passé le 11 Sep. on comprend, c’est pas du racisme mais du bon sens, n’en déplaise à certains sur ce forum !
02.01 à 21h21
Alerter
Visa
@michel edmond
Je suis noir de peau, enfin café crême si vous préférez, devrais-je être content de l’éléction d’Obama ?
Et ben non. Je serai content le jour où à cet endroit du monde sera élu un président « peau rouge ». Etes-vous d’accord avec moi ?
02.01 à 21h16
Alerter
med_mel
le delire
a leur place je commence a me méfier , et qu’il commence a préparer leur boat people , les mexicains vont créer des milices a la frontières, le délire est le signe de la décadence , welcome to under developped world
02.01 à 20h58
Alerter
vive_moi
et si…
on ne prenait plus l’avion ?
ça pollue, et apparemment c’est plein de terroristes!
02.01 à 20h40
Alerter
Arlo

est passé la liberté de culte et la liberté d’expression?
Les propos sur cet article sont consternants!!!On est libre d’être laïque mais pas musulman.. où est le progrès des démocraties occidentales?
02.01 à 20h37Alerter

curwagiot
l’avait ka rien dire
Chacun sait que les hublots d’un avion sont a égale distance les uns par rapport aux autres !
02.01 à 20h22
Alerter
clochemerle
FENETRE
S’il n’y avait pas eu Al Qaida et les Talibans, on en serait pas là. Et si j’étais musulman, j’éviterai la barbe et le voile dans les pays occidentaux.
02.01 à 19h53
Alerter
BLITZKRIEG
L’Amérique sombre dans la paranoia ……………
L’article indique bien qu’il s’agit de musulmans car barbus ….
mais n’indique pas la confession de ceux qui les ont balancés.
Les juifs, les sikhs n’ont pas droit de porter une barbe ??Les lois américaines doivent punir ces balances nourris de la haine propagée par les médias occidentaux pour qui muslman= arabe = terroriste …
02.01 à 18h38Alerter

itrophe
la peur s’installe dans les aéroports
Je viens de débarquer de Prague sur CdG ..
et on m’a fait ouvrir et vider mon sac à dos sur le tapis … appareil photo et objectifs … Le scanner ne suffit plus
J’ai du me déchausser, enlever ma ceintureTout le monde suspecte tout le monde .. on a lié attentats et islamistes … la faute à qui ? devinez
02.01 à 18h37Alerter

adermed1
Bétise quand tu tiens!
S’il devient suspect de parler devant un réacteur d’avion, la bêtise humaine prend une allure supersonique.Une suppression des hublots aurait sans doute éviter ce genre d’incidents regrettables pour tous les usagers de la compagnie aérienne qui décidément ne vole pas très haut quant aux mesures de prévention des actes terroristes. De grands panneaux explicatifs devraient obliger les passagers à fermer leur G…. afin de ne pas perturber la quiétude des américains que je trouve très à fleur de peau
02.01 à 18h14
Alerter
Redpersian
Diversité ?
Il ne s’agit pas de blancs ou de noirs, de votes pour Obama ou Mac Cain, mais de passagers d’un avion américain, qui serrent les fesses comme tout le monde dans certaines occasions et n’apprécient pas forcément des gens aux allures  » d’aliens  » qui tiennent des propos déplacés aux US ( cf le 11/11/2001 )
02.01 à 18h04
Alerter
michel edmond
jeanmarcd
Je crois bien que si les blancs avaient voté majoritairement pour Mac Cain, Obama n’aurait pas été élu. Le Noirs représentent seulement 11 % du corps électoral.
02.01 à 17h55
Alerter
fabienberard
n’oublions pas…
… que les noirs ont majoritairement votés pour Obama.
02.01 à 17h37
Alerter
jeanmarcd
n’oublions pas..
.. que les blancs ont majoritairement voté Mc Cain
02.01 à 17h21
Alerter

 

 

 

 

ETATS-UNIS

AirTran présente ses excuses aux passagers musulmans débarqués

NOUVELOBS.COM | 03.01.2009 | 17:06

Réagissez à l'article 21 réactions

La compagnie aérienne présente ses excuses « à tous les passages: aux 9 qui ont été longuement interrogés par les autorités, et aux 95 autres ». Neuf personnes musulmanes avaient été débarquées d’un vol entre Washington et la Floride.

Dans un communiqué, la compagnie AirTran a présenté ses excuses

Dans un communiqué, la compagnie AirTran a présenté ses excuses  » aux 9 passagers qui ont été longuement interrogés par les autorités, et aux 95 autres ». (sipa)

Dans un communiqué diffusé vendredi 2 janvier, la compagnie AirTran a présenté ses excuses « à tous les passages: aux 9 qui ont été longuement interrogés par les autorités, et aux 95 autres » en précisant que « nous savons que chacun comprend qu’on ne peut pas transiger avec la sécurité de nos passagers ».
Pour Ellen Howe, porte-parole de l’agence chargée de la sécurité dans les transports (TSA), le pilote a agi de façon appropriée : « Quelqu’un a entendu quelque chose d’inadéquat, et la compagnie a décidé d’agir. Nous soutenons absolument la décision (du pilote) ».

« Malentendu »

Malgré l’aval de la police fédérale (FBI) pour reprendre leur voyage, et bien que le FBI et la compagnie aient qualifié l’incident de « malentendu », AirTran avait refusé de placer les neuf passagers sur un nouveau vol. Ils ont été alors contraints de poursuivre leur parcours avec une autre compagnie aérienne.
Neuf personnes de confession musulmane avaient été débarquées d’un vol entre Washington et la Floride après des propos jugés suspects par d’autres passagers. L’un d’eux a rapporté que tout avait commencé lorsque son frère avait observé à haute voix que les réacteurs de l’appareil se trouvaient près de son hublot.

Consignes fédérales

Des responsables des forces de l’ordre fédérales ont alors fait descendre les 104 passagers de l’avion pour un nouveau contrôle avant d’autoriser l’appareil à décoller.
Un porte-parole de la compagnie AirTran Tad Hutcheson a confirmé que les neuf passagers musulmans avaient dû quitter l’appareil, évoquant un malentendu. Il a assuré que la compagnie avait suivi strictement les consignes fédérales.
Tad Hutcheson a défendu la compagnie en affirmant qu’ »au bout du compte, des gens sont montés à bord et ont fait des réflexions qu’ils n’auraient pas dû faire dans un avion ».
« D’autres les ont entendus, les ont mal interprétés. Il se trouve que ces gens étaient de confession et d’apparence musulmane », a-t-il ajouté. (Avec AP)

Les réactions des lecteurs

consterne
@ ledesepere
ps : un arabe n’est pas forcément musulman, comme un musulman n’est pas forcément arabe (il y a énormément plus d’asiatiques musulmans que d’arabes musulmans!)
Logique comme le judaïsme et le catholicisme sont arrivés avant…

Par ailleurs, cher « réacteur » (^^) tu es musulman parce qu’à la naissance tes parents t’ont dis  » mon fils tu es musulman « !

c’est pas un mérite particulier d’avoir une foi différente ni une tare de ne pas suivre celle de son voisin.
04.01 à 17h41
Alerter

ledesepere
@primo
oui monsieur un arabe est musulman aussi non il est renie des siens et ensuite je vous l’accorde un musulman n’est pas toujours un terroriste il y a aucun amalgame mais dire les choses vrai évite justement tout amalgame
04.01 à 15h44
Alerter
Katou01
escuse?
Pratique les formules générales d’escuses,tu n’as pas à nommé personnes et ça passe bien dans les journeaux!
j’ais lu la majorité des réactions et je crois que l’ensemble des réactions est dénuée de sens pratiques et n’a aucun rapport avec l’incident, il s’agit en locurence d’un jeune musulman qui dit à son frère que son hublot donne sur les réacteurs,c’est tout,rien de répréhensible dans cette affirmation tout a fait banale pour des jeunes ou même pour des adultes!
Les escuse de la compagnie « AirTran » devraient être faites aux 9 personnes évacuées de manière si cavalière et non à tous les passagers comme c’est le cas ici,et en plus celui qui a déclancher toute cette affaire i-e (le parano) aurais dû, lui, être expulsé de l’avion,car c’est lui le plus grand danger pour l’aviation, avec une telle personne à son bord, un pilote joue à la « Roulette Russe » car cette personne peut déclancher toute sorte de situation extrêmement gangereuses en plein vol
04.01 à 15h42
Alerter
Usewithcaution
Comment contenir et stopper un tel phénomène??!
Je ne suis pas musulman, mais je trouve scandaleux les attaques dont ils font l’objet. Ce qui me révolte, c’est la bannalisation de tels actes: allez essayer de débarquer des passagers de confessions catholiques ou juives dans un pays musulman, sous prétexte qu’ils aient tenu des propos ambigus et par la suite observez le tollé que cela va provoquerait dans les pays occidentaux (rapatriment,scandale diplomatique…)! La stigmatisation envers cette communauté est peut être souhaitable pour les autorités occidentales? Dans ce cas elle ferait suite aux nombreux attentats perpétrés par des « pseudo activistes musulmans » (le mot pseudo ne concerne pas le fait qu’ils soit activistes, mais bien le fait qu’ils soit muslmans!!). Les activistes sont par définition frustrés et empris d’animosité. Donc comment être si stupide au point de considérer une religion par les actes commis par une minorité qui ne fait que la « salir » en pretextant la servir et défendre ses intérêts? Ouvrez donc les yeux…
04.01 à 15h37
Alerter
primo
le jours ou les con voleront …. ça y est
Apparemment, il faut encore et toujours rappeler qu’un arabe n’est pas forcément musulman, qu’un musulman n’est pas forcément islamiste, c’est même la minorité, qu’un islamiste n’est pas forcément terroriste.

C’est en faisant de tels amalgames qu’on encourage un repli sur soi identitaire source de bien des drames …
04.01 à 14h00
Alerter

tizzone
la paranoia est une maladie
si les mussulmans vous rendent parano, il ne faut pas éliminer les musulmans mais plutot aller voir le docteur….
04.01 à 13h21
Alerter
captain94
COMIQUE CES CLOWNS
POURQUOI MON COMMENTAIRES OU JE MET A L AMENDE CES CLOWNS NE PARAIT PAS ALORS QUE LEURS COMMENTAIRES SONT LIMITES HAINE RACIALE BRAVO LE MODERATEUR
04.01 à 13h16
Alerter
MaitreKoum
la colère
Au jeu du terrorisme entretenu par les radicaux, je trouve que tous les musulmans perdent et payent sérieusement. Le doute s’est installé à leur sujet. ça s’est grave. Mais bon, en même temps ils ne font pas grand chose pour rassurer le reste du monde et rétablir la confiance hein. Finalement Tant pis.
04.01 à 12h51
Alerter
InternalServerError
Spirou
Tout à fait d’accord. C’est aux musulmans de laver le doute et la méfiance qui se manifestent aujourd’hui à l’endroit de leur personne. C’est normal qu’on devienne paranoïaque, à force. Du moment où le profil correspond pour peu aux profils des terroristes qu’on a connu jusque là, je serais passager que le doute s’installera en moi si de tels propos sont évoqués.
Sans plus.
04.01 à 12h45
Alerter
pilote
spirou
tout à fait d’accord.
04.01 à 11h25
Alerter
spirou
normal
Je sais que c’est un peu ridicule la réaction de la compagnie Tran,mais jusqu’à preuve du contraire ,ce sont toujours les islamistes qui font des attentats.La sécurité avant tout,au risque de délit de sale gueule.
04.01 à 11h06
Alerter
gloops
stigmatisation des Musulmans
si la même situation s’était produite avec des personnes pratiquant une autre religion, que ne se serait-il pas passé !!!!
d’ailleurs un mot « l’antisémitisme » est mis à toutes les sauces
mais ça ne risque pas d’arriver
le racisme est tenace, il s’exerce toujours dans le même sens

et après, on s’étonnera qu’il y ait de la haine entre individus !
04.01 à 10h39
Alerter

Hadrilion
Des actes et des propos à peine racistes
Refuser de reprendre des personnes parce qu’elles sont d’ »‘apparence musulmane » (j’aime bien le terme) et qu’elles ont dit quelque chose qu’il ne faut pas absolument pas dire dans un avion, comme « je trouve que les réacteurs sont proche du hublot »….

Dans quel monde vit on ?

Et s’ils avaient dit « je trouve que le coca cola a un drôle de goût » ou « mon siège n’est pas très confortable ».. est ce qu’on les aurait fait débarquer et interroger par le FBI ?
04.01 à 03h53
Alerter

cracker
@ SYMON
« Moi, ce sont les catholiques qui me foutent la trouille ! »

un bon conseil : ne leurs confiez pas vos enfants ^^
03.01 à 21h17
Alerter

jacques1er
scandaleux
les etats Unis renouent avec leurs vieux démons du racisme et montrent leur discriminations à l’égard des musulmans. Mais pouvait-on s’attendre à autre chose de la part d’un etat qui soutient inconditionnellement la politique d’apartheid d’Israel. C’est abject et ne fera que renforcer les plus extrémistes des islamistes. Le délit de sale gueule est de retour.. mauvais temps pour les arabes.
03.01 à 20h18
Alerter
Lindenburgh
sigismonddemartenot
Sio tu veux savoir comment on reconnait un musulman d’un autre, va te balader à Barbes-Rochechouard.
Ou dans le 93, entre autres endroits, plus besoin de voyager loin.
L’hypocrisie à ce point là, c’est presque risible!
03.01 à 20h13
Alerter
cracker
@ sigismonddemartenot
ils étaient barbus pour les hommes et voilées pour les femmes ! je ne plaisante pas, c’est bien le cas !

Et sinon, quand les islamistes rêvent de tuer tous les occidentaux, et le crient sur les toits d’Iran comme d’Angleterre il faudrait faire quoi ? Se laisser égorger ? Laissez-moi vous rappeler les attentats du 11 septembre, commis avec des canifs !
03.01 à 20h10
Alerter

cracker
quand on a en face
des islamistes qui hurlent mort à l’occident, mort aux infidèles, oui, c’est intolérable, prenez donc l’avion avec des barbus et des voilées : fatalement, vous vous poserez des questions.
A qui la faute ? Aux islamistes, bien sûr, pas à la compagnie, ni aux passagers.
terrorisme : c’est le mot clé

A noter que même les musulmans en sont victime. Pas assez extrémiste, mon fils.
03.01 à 19h25
Alerter

sigismonddemartenot
Drôle d’apparence
Et je serai bien curieux de savoir à quoi correspond une « apparence mulsulmane », ou à quoi on reconnaît un mulsulman d’un protestant, d’un bouddhiste ou d’un scientologue.
03.01 à 19h20
Alerter
barak-hussein
a interêt à faire gaffe
des fois qu’il tienne des propos suspects sur la guerre en Irak. Decidement, nos chers amis americains nous attendrirons toujours …
03.01 à 17h42
Alerter

Duchiron31
Intolérable !
Ce racisme ambiant ne gfait qu’accentuer les tensions comme si les compagnies aériennes avaient besoin de ça pour redorer leur blason ?
03.01 à 16h46
Alerter

Publié dans ACTUS ET DEBATS MONDE, RACISME, SOUS HAUTE SURVEILLANCE | Pas de Commentaire »

La xénophobie d’État tue. Manifestation nationale le 5 avril 2008 à Paris

Posté par issopha le 27 mars 2008

Collectifs de sans-papiers, RESF, UCIJ

La xénophobie d’État tue

Manifestation nationale le 5 avril 2008 à Paris

La France c’est tous ceux qui y vivent
La xénophobie d’Etat tue les droits de tous
Français, immigrés égalité – solidarité !

Une politique qui nie les droits fondamentaux

L’acharnement de ces dernières années contre les étrangers est impressionnant. Pas moins de cinq lois depuis 2002 ont été votées au mépris de la légitimité des étrangers installés en France à y bénéficier des droits de tous quelque soit leur statut juridique : attaques contre l’aide médicale d’Etat, tests ADN, multiplication des restrictions du droit d’entrée et de séjour des étrangers notamment par la limitation drastique du regroupement familial.

Le gouvernement impose une vision utilitariste de l’immigration. Après avoir établi des listes restrictives de métiers discriminant travailleurs provenant de l’UE et travailleurs du reste du monde, il a l’intention de modifier la Constitution au printemps pour introduire dans la loi la notion de quotas. De plus pour faciliter les expulsions, il veut créer une juridiction spéciale chargée de juger les étrangers sans papiers. Il souhaite faire adopter à l’échelle européenne une disposition rendant impossible à l’avenir toute opération de régularisation d’envergure.

Cette politique répressive touche non seulement les sans-papiers mais aussi les étrangers ayant un titre de séjour et les Français, surtout sur ceux d’origine étrangère. Pour chacun(e) des sans papiers piégé(e) par des contrôles d’identique iniques au faciès, combien d’étrangers en règle ou de Français « issus de l’immigration » se voient humilier quotidiennement ? Combien d’étrangers se voient refuser, pendant de longues années ou pour toujours, la possibilité de vivre avec leurs proches, en raison des critères arbitraires fixés par la loi et de la malveillance tatillonne des préfectures ? Combien d’étrangers et de Français se voient refuser le droit d’épouser la femme ou l’homme de leur choix au prétexte que leur amour ne serait que de complaisance ?

Une politique du chiffre qui tue

Contrôles au faciès, convocations piège en préfectures, rafles, non respect des voies et délais de recours, marquage de sans-papiers au feutre indélébile dans le Nord, pression sur les préfets, policiers et gendarmes pour qu’ils atteignent des objectifs chiffrés, mise en place de camps d’enfermement aux frontières de l’Europe… Chaque jour la descente dans l’ignominie s’accélère. Cet acharnement répressif brise et tue des êtres humains qui pour échapper aux expulsions prennent des risques parfois mortels (défenestrations, fuite par les toits, suicides, noyades…)

Les politiques de chasse aux sans-papiers sont non seulement inhumaines et injustes, mais également coûteuses. Les coûts induits par cette débauche de moyens policiers et la mobilisation d’infrastructures (transports ferroviaires, portuaires et aériens) seraient plus utiles pour financer des services publics ou l’aide au développement. Au contraire, si ces mêmes sans-papiers étaient autorisés à vivre en France en tout légalité, n’étaient plus obligés de se cacher et n’étaient plus tenus d’accepter des conditions de travail dégradantes, le paiement des cotisations sociales de ces travailleurs permettrait de faire rentrer des milliards d’euros dans les caisses de la protection sociale.

Une politique qui réprime la solidarité

Le gouvernement s’efforce d’entretenir un climat de suspicion et de peur à l’égard des étrangers et de leurs soutiens : criminalisation de la solidarité, multiplication des poursuites judiciaires, utilisation des services publics, services sociaux et des inspecteurs du travail comme auxiliaires de police.

Afin d’aligner par le bas les droits sociaux, il fait le choix de la division : le pouvoir oppose Français et étrangers en agitant le mythe de l’invasion de la France, il oppose les bons immigrés intégrés aux mauvais immigrés, les étrangers en situation régulière aux sans-papiers, comme il oppose les salariéEs du privé à ceux et celles du public…

Une politique qui instrumentalise l’immigration au profit d’une politique antisociale et liberticide

Les étrangers sont utilisés comme des boucs émissaires afin de détourner l’opinion des vrais problèmes : pouvoir d’achat, protection sociale, retraites, précarité, services publics, place des femmes, avenir de la planète, discriminations….

Cette politique qui fait système est aujourd’hui notamment incarnée par le ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement. Elle présente les étrangers comme une menace pour « l’identité nationale ». Cette conception s’inspire d’une philosophie nationaliste et d’extrême droite. Elle contribue à justifier des politiques sécuritaires qui transforment notre société en Etat policier. Elle constitue une injure non seulement envers les étrangers, mais également envers les Français attachés aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de respect de la personne humaine. Elle donne de la France l’image d’un pays qui se replie de plus en plus sur lui-même.

Nous refusons cette politique ultra-libérale de casse du code du travail et salarial, dont les émigrés sont les premières victimes. Nous refusons cette politique européenne dictée par le patronat européen pour une « immigration choisie », permettant in fine cette délocalisation sur place, à moindre coût, et mise en concurrence des filières d’immigration de travail.

La liberté de circulation des êtres humains est une valeur fondatrice de la civilisation et de la démocratie.

Ce projet de société n’est pas le nôtre !

La société démocratique et solidaire à laquelle nous aspirons exige :

  • La suppression du ministère de « l’identité nationale »,
  • L’arrêt de la chasse aux sans-papiers, l’arrêt des expulsions et la fermeture des centres de rétention,
  • L’arrêt des poursuites contre les soutiens des sans-papiers,
  • L’abrogation de lois stigmatisant les migrants et bafouant leurs droits,
  • L’abandon des projets gouvernementaux sur la justice d’exception et les quotas,
  • La mise en œuvre d’une autre politique européenne, à l’opposé de l’Europe forteresse,
  • Le droit au logement, à la santé, à l’éducation et au travail pour toutes et tous,
  • Des droits pour les femmes migrantes qui favorisent leur autonomie,
  • La régularisation des sans papiers,
  • L’abolition de la taxe à l’emploi pour l’embauche de travailleurs étrangers,
  • Une politique d’accueil des étrangers leur permettant de vivre dignement en France.

Pour une société fraternelle et solidaire,
un sursaut citoyen s’impose
nous manifesterons tous ensemble le 5 avril à Paris
14H30 Place d’Italie

Signataires : Collectifs de sans-papiers, RESF, UCIJ


http://www.gisti.org/spip.php?article1112

ECOLE SANS RACISME – ONLINE

 

Le site web d’Ecole Sans Racisme est actuellement en reconstruction. Ce site web –limité- reste en ligne pendant les opérations. Pour des questions, vous pouvez toujours vous adresser au secrétariat.

 

Journée internationale contre le racisme

Eduquer à vivre ensemble, pas seulement le 21 mars !

Le 21 mars, de nombreuses actions se déroulent autour de la Journée internationale contre le racisme. Les points communs de toutes ces mobilisations sont la volonté de promouvoir une société où la tolérance, l’amitié et l’égalité occuperaient une place centrale.

Ecole Sans Racisme, et son équivalent flamand  School zonder Racisme, s’attellent, jour après jour, à  faire progresser ce projet de société auprès des  jeunes, des animateurs de jeunes et du personnel enseignant.

Nous sommes convaincus que tous les êtres humains sont égaux et doivent jouir des mêmes chances d’épanouissement quelles que soient la couleur de leur peau, leur langue, leur religion, leur nationalité ou leur situation socio-économique. Nous pensons que l’intolérance et le racisme dressent les gens les uns contre les autres, sèment la division et font naître la haine.

* Quelques constats

Nous regrettons de devoir constater que l’antiracisme et la tolérance ne vont pas toujours de soi dans notre société.

D’une enquête menée par la K.U. Leuven, en  2006, il ressort que 20 % des jeunes francophones sont intolérants. Ces jeunes considèrent les immigrés comme « trop » nombreux et leur présence comme une menace et pensent que chacun doit se plier aux mêmes habitudes et traditions. 11% déclarent crûment qu’ils sont racistes.

Les chercheurs en viennent à la conclusion que -malgré les nombreuses campagnes anti-racistes – le racisme en Belgique se, présente de plus en plus comme une option légitime. Des personnes n’hésitent pas à déclarer ouvertement qu’elles sont racistes. En conséquence, le racisme et l’intolérance se présentent naturellement aux jeunes comme plus acceptables. Le problème est banalisé ce qui, pour les jeunes, le rend tolérable.

On peut faire référence ici au procès de Hans Van Temsche. Ce jeune fut clairement  condamné pour des motifs racistes mais des voix se sont levées pour dénier le caractère raciste de ses actes.

Les enquêteurs font aussi remarquer que, depuis de nombreuses années, l’immigration est présentée de manière très négative.  Lorsqu’on parle des immigrés, le complément ‘problème’ n’est jamais loin. Cette représentation sans nuances laisse bien évidemment des traces dans la représentation que les jeunes se font du monde.

*En tant qu’éducateur ou enseignant, que pouvons-nous faire? 

Notre rôle d’enseignants est de faire passer en la matière un message clair et non équivoque. Dans notre classe, notre cours, notre école, la norme doit être clairement : ‘le racisme  est ici inadmissible’. Notre rôle est notamment d’être à l’écoute des préjugés mais d’y apporter des réponses objectives.


De par notre expérience, nous nous rendons souvent compte qu’on ne peut briser les conceptions racistes en quelques mots ou en avançant des arguments rationnels, encore moins par un discours moralisateur. Les expériences concrètes sont très importantes pour les jeunes. A cet effet, des rencontres positives entre personnes de différentes origines, peuvent avoir un impact bien plus important que nos arguments. Nous constatons que les relations sociales entre groupes culturels dans le quartier, à l’école et sur le marché du travail s’amenuisent. En entrant en contact avec les autres, les jeunes peuvent comprendre que, indépendamment de leur vécu, au-delà de leurs différences, tous sont confrontés aux  mêmes problèmes universels et partagent les mêmes expériences. De cette expérience commune doit pouvoir surgir plus de tolérance.  


Nous savons que le racisme est un phénomène de société et qu’il y est donc structurellement présent. Pensons aux exclusions dans l’enseignement, aux discriminations sur le marché du travail ou au niveau du logement et au refus du droit de vote aux non-Belges aux niveaux national et provincial.

Toutes ces inégalités de traitement ont un impact négatif sur la manière de penser des jeunes et stimulent leurs préjugés : ‘Ils sont bêtes, ils ne veulent pas travailler, ils profitent de la sécurité sociale, ils n’entretiennent pas leur logement, “ etc.

Heureusement, nous savons aussi que nous pouvons amener les jeunes à réfléchir et c’est important pour nous en tant qu’accompagnateurs des jeunes. Ainsi, une étude menée en Suisse en 2002 montre qu’un programme antiraciste sur les réfugiés, les étrangers et les juifs peut influencer positivement le comportement des jeunes. Suite aux débats et discussions, l’intolérance et la xénophobie avaient considérablement diminué dans les classes concernées, contrairement au groupe témoin où la haine de l’étranger s’était accrue.

C’est pourquoi il est très important, en plus d’aborder les préjugés et de stimuler des contacts positifs, d’amener les jeunes à comprendre les tenants et aboutissants du racisme c’est-à-dire d’en déconstruire les causes et le rôle social voire politique.

Mais cette même étude suisse constate aussi que l’effet positif régresse si de nouvelles activités ne sont pas organisées dans l’année. C’est la raison pour laquelle nous estimons importante une approche continue et systématique du phénomène du racisme.  Nous ne pouvons nous limiter à une activité isolée. 

Travailler sur le long terme

Un engagement contre le racisme n’est pas un engagement éphémère. Ecole Sans Racisme (ESR) tente d’accorder une attention permanente au racisme. Des dizaines d’écoles de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie, aussi bien libres qu’officielles, sont réunies dans son réseau.

La signature d’une déclaration d’engagement par au moins 60% de la population de l’école est nécessaire pour obtenir le label  Ecole Sans Racisme, un stimulant pour accorder, d’année en année et de  manière structurelle, une attention particulière à l’éducation antiraciste. Le projet ESR est un soutien pour les jeunes et leurs accompagnateurs qui veulent agir contre le racisme et surtout travailler préventivement.

Afin de permettre cette action continue, nous proposons, en tant qu’organisation, quelques outils didactiques, des formations et activités. Une farde-photos didactique intitulée  ‘Voir l’autre’, entièrement créée par des enseignants en fonction de la réalité de leurs classes,  permet d’aborder de manière ludique la question des préjugés que nous forgeons à propos d’une personne que nous ne connaissons pas.  Des personnes d’origines différentes nous font découvrir progressivement leur récit de vie au départ de leurs photos. A travers cette activité, qui propose différentes exploitations didactiques, nous pouvons débusquer des préjugés et travailler sur les représentations et la diversité.

Des circuits alternatifs intitulés ‘Bruxelles, un autre regard’ immergent des jeunes dans un quartier multiculturel de Bruxelles. Ils entrent en contact avec des personnes d’autres cultures et découvrent la manière dont le racisme et les préjugés sont imbriqués dans notre société.

Chaque année des écoles participent également au concours créatif organisé sur un thème lié aux discriminations. Cette année il est intitulé ‘Enfants Non Admis’ et les jeunes s’y expriment, de manière artistique (récit, réalisation textile ou montage tri- dimensionnel) sur le thème des réfugiés.

Enfin les « Ecoles sans racisme » peuvent encore avoir accès à des formations sur le thème des réfugiés, l’histoire du racisme, les discriminations et la manière de réagir aux préjugés racistes.

Les enseignants sont demandeurs. Ils veulent pouvoir apporter des réponses étayées aux interrogations (et parfois aux provocations racistes) des adolescents.

Construire la cohabitation et le « vivre ensemble » ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de bons sentiments pour répondre efficacement en classe aux attitudes racistes.

Le 21 mars ne peut être que le départ d’un processus pédagogique qui doit imprégner toute l’année scolaire et toute la scolarité.

Anne Morelli

Au nom du Conseil d’Administration de Ecole Sans Racisme et School zonder Racisme

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, QUESTIONS DES MINORITES, RACISME, SUR L'IMMIGRATION DANS LE MONDE | Pas de Commentaire »

Le président Sarkozy dérape sur les musulmans

Posté par issopha le 21 novembre 2007

Le président Sarkozy dérape sur les musulmans
20/11/2007
 
Le président Sarkozy dérape sur les musulmans  dans ISLAM DE FRANCE transparent
C’est ce que révèle le blog d’un journaliste de  »Libération »

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Par Bakchich.info

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« Votre président a vraiment un problème avec les musulmans. Il ne les aime pas ». Le verdict de cet intellectuel marocain, on ne peut plus modéré et installé aux Etats-Unis, est sans appel. Le propos est grave et notre homme s’appuie sur l’excellent blog du journaliste Jean Quatremer qui couvre Bruxelles pour le quotidien Libération. Le 14 novembre dernier, ce dernier écrivait : « Selon mes sources, le chef de l’État s’est lancé dans un monologue confus d’une vingtaine de minutes, « dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire », contre le
« trop grand nombre de musulmans présents en Europe » et « leurs difficultés d’intégration. » Il a aussi décrit de façon apocalyptique le « choc de civilisation » qui oppose les musulmans à l’occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’Union.Selon Jean Quatremer, Nicolas Sarkozy aurait tenu ces propos devant les Premiers ministres suédois et irlandais qui « n’en sont toujours pas revenus » et qui, face à l’énormité du propos, « ne sont même pas sûrs de l’avoir bien compris, tant le discours était décousu et surtout hors de propos avec l’objet de ces rencontres, la préparation du Sommet de Lisbonne des 18 et 19 octobre ». Conclusion des deux hommes, selon Quatremer : non seulement Nicolas Sarkozy a un « sérieux problème avec les musulmans » mais en plus, il a « du mal à maîtriser ses nerfs ».

Passée plutôt inaperçue, cette information a fait bien des vagues sur la blogosphère comme s’en explique le journaliste dans un écrit mis en ligne le 16 novembre : « mon post sur « Sarkozy et les musulmans » (…) m’a valu pas mal d’insultes et même de menaces (…) Je ne parle même pas des insultes racistes que j’ai dû censurer à tour de bras ». Depuis une semaine maintenant tant l’information faisant état du dérapage verbal de Nicolas Sarkozy à Bruxelles que les menaces proférées contre Jean Quatremer par des excités du Net sont consciencieusement passées sous silence par les grands médias français. Ceux-là même qui trouvent sans ambages de la place pour disserter sur les errements du président français face aux marins pêcheurs. Pathétique.

Publié dans ISLAM DE FRANCE, LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, RACISME | Pas de Commentaire »

L’AFFAIRE MUMIA ABU JAMAL

Posté par issopha le 4 octobre 2007

L’AFFAIRE MUMIA ABU JAMAL 

  

Tout le monde ou presque a déjà entendu le nom de Mumia Abu-Jamal. Voilà déjà plus de 20 ans que ce journaliste noir américain est enfermé dans une prison de Pennsylvanie, en attente de son exécution. 20 ans que des milliers de personnes à travers le monde se mobilisent pour obtenir une révision complète de son jugement. Mais pour mieux comprendre les causes de cette mobilisation, souvent reprise d’ailleurs par de nombreux artistes militants, il convient de nous attacher ici à proposer un rappel historique des faits, et de montrer de manière non-exhaustive un certain nombre de contradictions qui devraient en toute logique amener à une révision du procès.

Qui est Mumia Abu-Jamal ?

Wesley Cook est né le 24 avril 1954 dans les quartiers pauvres de Philadelphie, Pennsylvanie. Il grandit donc dans ce milieu ghettoisé, dans lequel une police raciste impose sa loi à une communauté noire complètement mise à l’écart.

Nous sommes dans les années 60, époque de l’arrivée de discours nouveaux concernant la condition des noirs américains, avec les deux grands leaders que sont Martin Luther King et Malcolm X. Le jeune Wesley, devenu Mumia après la rencontre au lycée d’un enseignant kenyan de Swahili qui attribue à ses élèves des prénoms africains, s’engage dans le militantisme. Il faut savoir que le climat de l’époque est particulièrement hostile aux mouvements progressistes. Ainsi, le FBI met en place en 1968 le programme « Cointelpro » (Counter Intelligence Program), dont l’objectif revendiqué est d’anéantir par tous les moyens les aspirations des jeunes révolutionnaires. La même année, alors qu’il n’est âgé que de 14 ans, Mumia se rend à une manifestation lors du meeting pour l’investiture à la présidence de George Wallace, alors gouverneur de l’Alabama, et farouche défenseur des lois ségrégationnistes. Agressé par des blancs, Mumia est également frappé au visage par un policier, dont il dira plus tard : « Je voue une éternelle reconnaissance à ce flic anonyme, car son coup de pied m’a expédié tout droit chez les Panthères Noires ».

En 1969, Mumia fonde en effet la section locale des Black Panthers à Philadelphie, et prend très vite d’importantes responsabilités en en devenant l’un des porte-paroles ainsi que le ministre de la communication. Il rédige également des articles pour l’organe central du parti. Ces nombreuses activités lui valent bien sûr une surveillance accrue de la part des autorités américaines, dont les attaques envers les Black Panthers ne cessent de s’aggraver.

En 1971, Mumia travaille comme journaliste et chroniqueur dans une radio de Philadelphie, ce qui lui vaudra le désormais célèbre surnom de « voix des sans-voix ». Son travail de journaliste est très bien reconnu, et il deviendra d’ailleurs en 1981 président de l’Association des Journalistes Noirs de Philadelphie.

Malgré son degré important d’investissement au sein des Black Panthers, Mumia quitte le mouvement en 1974, dégoûté par la tournure auto-destructive des évènements : les Panthers se tuent entre eux, gangrénées par des rivalités internes. « Je me suis dit avec amertume que jamais je ne rejoindrai une autre organisation ». Il croise alors sur sa route l’organisation MOVE, fondée par John Africa. Il s’attache dès lors à produire de fidèles reportages sur ce mouvement, mélange de groupuscule politique et de communauté libertaire, vouant un culte aux racines africaines, et dénonçant les inégalités et le racisme. Mumia doit faire face aux sévères critiques de ses employeurs d’une part, de la police d’autre part. Ses papiers s’imprègnent peu à peu des thèses de John Africa, mélant radicalité politique, revendication identitaire, et libéralisation des moeurs. Il perd son emploi fixe, reste pigiste mais devient chauffeur de taxi pour survivre…

Que s’est-il passé le 9 décembre 1981 ?

Vers 4h du matin cette fameuse nuit, David Faulkner, officier de police, arrête un jeune noir coupable d’avoir pris une rue en sens interdit. Il s’agit de William Cook, petit frère de Mumia. Une altercation éclate entre les deux hommes. Le policier fait par deux fois appel à des renforts, et frappe Cook de sa lampe électrique pour le maîtriser. Soudain arrive Mumia. Alerté par le bruit alors qu’il était dans son taxi non loin de là, il se rue sur le policier pour défendre son frère. Des coups de feu.

Quand la police arrive une minute plus tard, Mumia est assis, une balle dans la poitrine, son pistolet à côté de lui… il manque 5 balles dans le chargeur. Faulkner quant à lui est déjà mort, achevé d’une balle dans la tête. Mumia est emmené et tabassé par les policiers pour qui sa culpabilité est évidente. Qu’en est-il réellement ?

Témoignages, preuves, et contradictions

Joe McGill, procureur de l’Etat de Pennsylvanie, dispose du soutien de toute la police de Philadelphie et de crédits illimités afin de faire tomber la tête du « tueur de flic », qui doit se contenter d’un avocat commis d’office, et sans aucun moyen financier.

Les balles trouvées dans le corps de Faulkner correspondent au type d’arme que possédait Mumia. Mais aucun test n’est effectué lors de l’interpellation pour savoir si Mumia a des traces de poudre sur les mains. Faute de crédit, ce dernier ne peut engager un expert en balistique, et il ne sera donc jamais établi que les balles provenait de l’arme de Mumia… qui pouvait très bien être à moitié vide avant les faits.

Quatre témoins sont produits par l’accusation. Deux ont simplement vu Mumia courrir vers le policier. Les deux autres auront un rôle majeur dans le verdict.
Cynthia White, prostituée présente sur les lieux, déclare avoir vu Mumia tirer sur Faulkner, et Robert Chobert, chauffeur de taxi garé derrière la voiture de police, affirme que Mumia a achevé le policier à terre.

Mais une autre prostituée, Veronica Jones, déclare au moment des faits à la police avoir vu deux hommes s’enfuir quelques minutes après le meurtre. Convoquée à la barre par l’avocat de Mumia, elle revient sur son premier témoignage, et affirme qu’elle était trop intoxiquée pour avoir un souvenir clair. Deborah Kordansky, une habitante du quartier, a quant à elle vu un homme s’enfuir. Mais la police ne communique pas à la défense les coordonnées des témoins, et cette femme ne pourra pas témoigner au tribunal faute d’avoir été retrouvée…

L’élément décisif vient finalement de la police : deux officiers accompagnant Mumia vers l’hôpital se souviennent l’avoir entendu se vanter du meurtre. Un double témoignage capital, bien que produit… dix jours après les faits ! L’avocat de Mumia demande à faire témoigner Gary Wakshul, policier responsable du transfert vers l’hôpital, qui a écrit dans son rapport : « le nègre ne fit aucun commentaire ». En vain : Wakshul est officiellement parti en vacances…  

  

Le verdict du juge Sabo

Une chose est claire durant ce procès : Mumia refuse de se défendre rationnellement, en restant flou sur sa version des faits, préférant remettre en cause la cour et le système judiciaire tout entier. Son frère ne vient pas témoigner. Autant d’éléments qui l’accablent…

Le 4 juillet 1982, Mumia est reconnu coupable du meurtre de l’officier Faulkner. Reste à définir la peine. Pour cela, il faut déterminer s’il y a eu préméditation : évidemment non, vu les circonstances. Mais le juge en charge du procès, Albert Sabo, invente le terme antinomique de « préméditation instantanée », qu’il voit dans le fait que la victime a été achevée… De plus, Sabo bafoue le droit américain en autorisant le procureur à lire un extrait d’un ancien article de Mumia. En effet,
la Constitution interdit qu’on retienne une opinion politique contre un prévenu. A la question « Que pensez-vous des affrontements avec la police ? », Mumia répondait dans ce texte « Le pouvoir est au bout du fusil ». La lecture complète de l’article aurait montré que cette citation de Mao s’appliquait tout autant aux violences policières… Léger détail supplémentaire : ce texte a été écrit alors que Mumia était âgé de… 16 ans.

Il convient de présenter ce fameux juge Sabo, détenteur du triste record du plus grand nombre d’accusés envoyés dans le couloir de la mort. Il est reconnu par nombre de ses pairs comme un raciste notoire, inéquitable dans ses jugements, adepte de pratiques d’intimidation envers la défense. Onze des condamnations à mort prononcées par Sabo ont été partiellement ou totalement infirmées par des cours d’appels… les onze personnes concernées étaient noires. Nous vous renvoyons à au site du Cosimapp pour en savoir plus sur ce juge et ses méthodes :

Mensonges et manipulations

La liste des éléments anormaux dans ce procès est énorme, voici quelques uns des plus flagrants.

- Gary Wakshul, le policier en charge du transfert de Mumia à l’hôpital le soir du meurtre, était bien chez lui et disponible lors du procès, contrairement à ce qui fut dit par la police au moment du jugement.

- Le médecin légiste avait écrit dans son rapport que Faulkner avait été tué d’un calibre 44, alors que Mumia possédait un calibre 38. Cette partie du rapport ne fut jamais montrée à l’avocat de Mumia lors du procès.

- Cynthia White et Robert Chobert, dont les témoignages jouèrent un rôle capital dans la condamnation de Mumia, étaient sur le coup de poursuites judiciaires, qui furent abandonnées après l’affaire. Veronica Jones, qui s’était rétractée lors de l’audience, revint sur son témoignage en 1996, et affirma avoir subi des pressions policières pour mentir lors de l’audience. Elle fut arrêtée.

Les révélations d’Arnold Beverly

Le 4 mai 2001, Mumia et son frère donnent enfin leur version des faits : Mumia nie avoir tiré, son frère confirme. Le même jour, les défenseurs de Mumia transmettent à la justice les aveux d’Arnold Beverly, tueur à gage, qui affirme avoir été payé par des policiers corrompus pour abattre Faulkner. Une révélation qui change totalement le visage de l’affaire, dévoilant un complot impliquant la police de Philadelphie, et faisant totalement tombée les théories de l’accusation. Mumia ne serait alors qu’un bouc-émissaire, un énième activiste politique gênant le pouvoir et victime (par coïncidence ?) d’un complot. Une théorie plus que crédible quand on sait de quoi ont toujours été capables les autorités américaines…

Conclusion

Il est évident que Mumia Abu-Jamal n’a pas bénéficié d’un jugement équitable, et à ce titre sa condamnation doit être annulée et révisée. En décembre 2001, un juge casse la condamnation à mort, mais il n’est pas question de revoir la culpabilité de Mumia, qui croupit toujours aujourd’hui en prison, dans l’attente que les longues procédures judiciaires arrivent à leur terme. De très nombreuses associations soutiennent au jour le jour son équipe d’avocats. On ne peut donc que souhaiter une révision complète de l’affaire, et que la vérité soit enfin dévoilée.

Il est important de re-préciser que le présent article est très loin d’être exhaustif sur les tenants et aboutissants de cette sombre affaire, mais il permet d’en savoir plus sur Mumia Abu-Jamal et les conditions de sa condamnation. Je vous renvois donc aux sources citées ci-dessous pour aller plus loin… et il y a vraiment matière !

Sources

- http://www.cosimapp-mumia.org : l’indispensable site du COSIMAPP, en français. Vous y trouverez tous les détails de l’affaire tout au long de nombreux dossiers, et une page de liens très fournie.
- Le nouvel observateur daté du 8-14 juin 2000 : article de Laurent Joffrin, titré : « Mumia Abu-Jamal : celui qui ne doit pas mourir ».
 


  

JB
mise en ligne : 07.12.2002 

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Mumia Abu-Jamal – En direct du couloir de la mort

LIEN
»
www.cosimapp-mumia.org

Publié dans CONTESTATION NOIRE AMERICAINE, RACISME | Pas de Commentaire »

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples

Posté par issopha le 26 septembre 2007

  

  

Mouvement contre le racisme

  

et pour l’amitié entre les peuples

  

  

  

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Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) est une association française dont l’objet statutaire est de lutter contre le racisme et de préconiser des solutions pacifiques aux conflits mondiaux. Par un arrêté du Ministère de la jeunesse et des sports du 21 avril 1983, le MRAP est agréée comme « Association nationale d’éducation populaire ». C’est aussi une organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif auprès de l’ONU. Le MRAP est membre de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH)

Le MRAP lutte contre le racisme sous toutes ses formes et quels qu’en soient les auteurs et les victimes. Il se bat contre le rejet de l’autre en raison de son appartenance réelle ou supposée à une ethnie, une « race », une religion, un sexe, une appartenance politique ou philosophique, ou une orientation sexuelle, etc. C’est en vertu de cette définition que l’action du MRAP s’exerce en faveur de toutes les victimes, migrants, demandeurs d’asile, immigrés avec ou sans papiers, Roms, Tsiganes et gens du voyage, juifs, Français d’origine étrangère, etc. Le MRAP soutient fermement la lutte des sans-papiers dans la défense de leur droit à une vie digne. Il refuse également toute discrimination raciste dans le travail, le logement, les loisirs, etc.

Le MRAP veut favoriser l’amitié entre les peuples : la lutte pour une paix juste et durable au Proche-Orient, le soutien aux démocrates iraniens, la lutte contre contre la peine de mort aux Etats-Unis et en Chine surtout, le soutien à toutes les victimes innocentes des violences politiques (au Darfour et en Tchétchénie), etc.

Il organise chaque année une semaine d’éducation contre le racisme dans les étalissement scolaires et s’occupe également des questions de citoyenneté et de droit de vote des étrangers. Ce mouvement a pris part à la création d’ATTAC et en est membre à ce titre. Il fait partie du réseau éducation sans frontière (RESF), de Migreurop[1], de l’ENAR[2], et à ce titre participe à une réflexion globale, avec d’autres associations, sur les droits de l’homme aujourd’hui.

Sommaire

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Histoire et actions

1942-1949 : le MNCR (Mouvement national contre le racisme)

La clandestinité

Depuis le XIXe siècle, la France a fait appel aux migrants européens (Espagnols, Italiens, Belges, Allemands, Polonais) qui travaillent dans l’industrie minière, le bâtiment, l’agriculture et l’artisanat. Les manifestations de xénophobie jalonnent le XIXe siècle et le début du XXe. Par exemple, à Aigues Mortes en août 1893, une dizaine d’ouvriers italiens employés dans des salines sont lynchés par des ouvriers français qui leur reprochent de leur voler leur travail.

Depuis le XXe siècle arrivent régulièrement des femmes et des hommes qui fuient les persécutions : des Arméniens après le génocide de 1915, des juifs d’Europe de l’Est victimes de massacres en Pologne, en Roumanie, en Russie dans les années 20 et 30, des Espagnols en 1939 à la suite de la victoire franquiste sur les Républicains espagnols.

Très tôt sont prises des mesures pour contrôler les étrangers : la loi du 10 août 1932 permet de refuser leur séjour sur des critères arbitraires. Dès lors, les contrôles, les refoulements, et les expulsions se multiplient.

Les juifs d’Europe de l’Est sont estimés à environ 200.000 en 1936. Faibles numériquement, ils font pourtant l’objet de violentes attaques antisémites. La presse d’extrême-droite, Gringoire, L’Action française ne se prive pas pour dénoncer une « invasion ».

Le bref épisode du Front populaire influe peu sur la politique vis-à-vis des étrangers. A la veille de la deuxième guerre mondiale, la xénophobie et l’antisémitisme en France sont virulents. L’invasion de la France par l’armée allemande en mai 1940 permet à Philippe Pétain de se faire accorder tous les pouvoirs.

Les mesures à l’égard des juifs sont parmi les premières prises par le gouvernement de Vichy. Elles inaugurent une politique de persécutions automatiques : de juin à décembre 1940, 46 décrets, lois et ordonnances sont promulgués contre les juifs, qui sont exclus de la fonction publique, qui n’ont plus le droit d’exercer des professions libérales, et qui sont dépossédés de leurs entreprises; des numeraus clausus sont institués dans les universités. Ce dispositif s’accompagne d’une propagande antisémite relayée par les médias et les discours politiques.[3]

Créé en septembre 1942 à l’initiative des résistants membres des Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), le Mouvement national contre le racisme (MNCR) est un mouvement dont la vocation est de réunir des résistants juifs et non-juifs pour des actions à caractère humanitaire : cacher des enfants qui risquent la déportation, organiser des évasions et le passage des frontières, fabriquer des faux-papiers.[4]

Le MNCR agit avec l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide, l’UJRE, dont l’organe Droit et Liberté sera donné au MRAP à sa création.

Le MNCR imprime deux journaux clandestins : J’accuse en zone nord, et Fraternité en zone sud. Dès octobre 1942, J’accuse publie des témoignage sur l’extermination massive des juifs déportés en Europe de l’Est.

L’après-guerre

Les années 1945 et 1946 voient le retour des déportés, résistants, juifs. Nombreux sont les déportés qui rentrent pour voir que leur famille a été exterminée, qu’ils ont été dépossédés de tout, qu’ils vont devoir recommencer à zéro.

Une des premières activités du MNCR et d’autres associations, notamment de l’UJRE, est de soutenir les déportés et leurs familles. Une aide matérielle est apportée aux orphelins, et on tente de récupérer les enfants juifs que les familles d’accueil ne veulent plus rendre[5]. Une aide juridique est apportée aux juifs déportés dont les logements ont été occupés par des « locataires de bonne foi » (il faudra attendre une jurisprudence 1950 pour que les héritiés des déportés puissent réoccuper les logements habités par leurs parents disparus).

« L’Alliance antiraciste » : les premières divergences politiques

Tract du Congrés fondateur du MRAP (1949).

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Tract du Congrés fondateur du MRAP (1949).

Gala d'ouverture du premier congrés du MRAP (1949).

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Gala d’ouverture du premier congrés du MRAP (1949).

En 1946, les membres du MNCR décident de constituer L’Alliance Antirarciste, qui regroupe des militants de tous horizons. Parmi ceux-ci, se trouvent des membres de la LICA (Ligue internationale contre l’antisémitisme), constituée à l’initiative de Bernard Lecache et dissoute sous l’occupation[6]. Des divergences apparaissent très vite.

D’abord des conflits de milieux : les membres de la LICA sont considérés comme des notables alors que ceux du MNCR viennent de milieux ouvriers ou des petits artisants[7].

Ensuite des conflits de générations : les membres de la LICA sont plus âgés que les membres du MNCR. Enfin, des divergences politiques se font jour : des militants communistes et progressistes s’opposent au sein de l’Alliance Antiraciste contre le courant gaulliste[8]. Une partie des membres issus du MNCR seront exclus de l’Alliance Antiraciste au congrès de juin 1947, et le conflit s’accentuera lors de la Conférence nationale de juillet 1948. Fin 1948, la LICA se reconstitue d’abord sous le titre « Alliance Antiraciste (LICA) ».

Dans un article paru dans Droit et Liberté (la future revue du MRAP), en janvier 1949, Charles Feld, Secrétaire général évincé, dissèque l’opposition qui existe au sein de l’Alliance. Pour lui, le courant dirigeant autour de Bernard Lecache prétend détacher l’action antiraciste des contingences politiques, alors que le MNCR souhaite, pour schématiser, faire constamment le lien entre les faits de racisme et les faits politiques.

Charles Palant (1949), ancien Président du comité des jeunes de la LICA, devenu un des fondateurs du MRAP en 1949. Secrétaire général du MRAP de 1950 à 1971.

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Charles Palant (1949), ancien Président du comité des jeunes de la LICA, devenu un des fondateurs du MRAP en 1949. Secrétaire général du MRAP de 1950 à 1971.

L’élément qui consommera la rupture aura lieu le 22 mai 1949, au Cirque d’Hiver, lors de la « journée internationale contre le racisme, l’antisémitisme, et pour la paix », qui est le congrès fondateur du MRAP. Les membres du comité des jeunes de la LICA, dont Charles Palant est Président, décident d’assister à cette journée. Parce qu’ils pensent que la création du MRAP se fait contre eux, les dirigeants de la LICA leur demandent de ne pas le faire, interdisent la double allégeance entre ce futur-MRAP et la LICA, et les excluent de la LICA en juin 1949. L’année suivante, Charles Palant succédera à Maître Maurice Grynspan au poste de Secrétaire général du MRAP (il le restera pendant 21 ans).

Historiquement, on voit ici la genèse de la cassure qui peut exister entre la LICRA et le MRAP.

1949-1977 : Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix

Le 22 mai 1949, le MRAP se crée autour d’anciens membres du MNCR et de diverses personnalités telles que le peintre Chagall. Il prend le nom de « Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix ».

Antisémitisme

Au lendemain de la création du Mouvement, Maître André Blumet, le premier Président du MRAP (1949-1953), écrira le 15 mai 1949 : « D’une prétendue race inférieure à l’autre, le glissement est à peine perceptible. De ce chef, les juifs sont tous des nègres ! ».

En octobre 1949, reparaît le Stümer, journal nazi dont le directeur, Julius Streicher a été exécuté à Nuremberg. Le MRAP organise immédiatement un appel contre sa reparution, signé notamment par Marc Chagal et l’Abbé Pierre.

De 1950 à 1954, le MRAP joue un rôle important contre le réarmement de l’Allemagne en organisant des manifestations, des rassemblements, des délégations auprès des députés. En 1951, il participe à la vast e campagne de pétitions contre l’arme atomique. Le 13 décembre 1951, il organise à l’Hôtel Moderne une conférence contre le réarmement allemand et se rend à l’ONU pour y porter une résolution. Le 9 mars 1953, le MRAP organise, toujours à l’Hôtel Moderne, une réunion contre la reconstitution de la Wehrmacht. Le 9 mars 1954, sous l’égide de son Président Maître Léon Lyon-Caen, il tient un meeting contre le réarmement allemand. En août 1954, à la veille du vote sur le CED, une délégation du MRAP se rend à l’Assemblée nationale pour demander de s’y opposer.

Quatre ans après la libération de la France, le MRAP est confronté au renouveau des formations à caractère raciste, notamment par le biais de nombreuses publications (L’Epoque, Le Nouveau Prométhée, Aspects de la France, Paroles Françaises). Déjà en février 1949, dans la revue Droit et Liberté (qui deviendra la revue du MRAP trois mois après), Daniel Bess préconise d’engager des poursuites judiciaires contre le MSUF (Mouvement socialiste d’unité populaire, qui deviendra le Parti républicain d’unité populaire), un groupuscule nazi qu’il suspecte d’être la vitrine légale d’un groupe responsable de plusieurs attentats antisémites dans les magasins dans Paris. Mais les limites de la loi sont là car les textes sont difficiles à employer et sont insuffisants. D’ailleurs, les publications d’extrême droite le savent et en jouent. En 1947, le journal L’Epoque publie une enquête en cinq articles intitulée : « La médecine française envahie par les métèques. »; le journal ne sera attaqué que deux plus tard.

A la suite de divers procès[9], le MRAP entamme une campagne pour obtenir l’interdiction de la Presse antisémite. En mai 1952, il diffuse auprès d’une large public une liste de brochures antisémites. En septembre 1952, Charles Maursas réclame, dans Aspects de la France, un statut pour les juifs. Le MRAP demande alors à ses adhérents d’écrire et d’envoyer des pétitions au juge d’instruction du Palais de Justice de Paris pour que Maurras soit trainé le plus rapidement devant les tribunaux. Maurras sera effectivement inculpé.

Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 septembre 1975, des attentats sont commis contre les deux fils du Président de la LICA, Jean-Pierre Bloch. Le MRAP condamnera fermera ces attentats.[10]

Le samedi 18 et le dimanche 19 octobre 1975 a eu lieu la conférence annuelle « Neï Press » (« Presse nouvelle » en yiddish). Le MRAp, par l’intermédiaire de son Président Pierre Paraf, y participera.[11]

L’affaire Rosenberg

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Le 19 juin 1953, Ethel et Julius Rosenberg sont exécutés dans la prison de Sing Sing (New-York, États-Unis). Ils ont été accusés d’avoir « donné le secret de la bombe atomique à l’Union soviétique » et condamnés pour espionnage sur des accusations incomplètes, les faits réels n’ayant été déclassifiés qu’à la fin du XXe siècle.

Le MRAP a été à l’initiative de la création en France du Comité de défense des Rosenberg. Le siège de l’Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg est encore aujourd’hui situé au MRAP.

Anticolonialisme, Immigration, et racisme

Les guerres coloniales et le recours à une main d’œuvre immigrée durant les « 30 Glorieuses » ont changé les données de la lutte contre un racisme qui prenait des formes diverses.

La France des années 50, qui était la deuxième puissance coloniale au monde derrière l’Angleterre, a favorisé au cours de la Première et de la Deuxième guerre mondiale l’immigration de ses « coloniaux » : Indochinois, Algériens, Antillais, Sénégalais, etc. qu’elle a intégrés à ses troupes, comme les Spahis et les Tirailleurs sénégalais. Après ces guerres, ils ont été priés de regagner leurs pays d’origine, la Métropole n’ayant plus besoin d’eux.

En ce qui concerne les ex-colonies d’Afrique subsaharienne, « on peut s’appuyer sur les recensements qui font passer la population d’Afrique subsaharienne résidant en métropole de treize mille cinq cent dix sept personnes en 1946 à dix sept mille sept cent quatre vingt dix sept personnes en 1962. »[12] Les Africains participent beaucoup à la vie politique française, notamment à partir de 1946, date de la naissance de la l’Union française : on trouve à l’assemblée nationale le sénégalais Lamine Gueye et Léopold Sédar Senghor, l’ivoirien Félix Houphouët-Boigny, le Dahoméen Souriou Migan Apithy, le Gabonais Jean Félix Tchikaya (20 élus en 1946, 28 en 1951, et 29 en 1956); Léopold Sédar Senghor entre au gouvernement comme secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil en 1955, et Felix Houphouët-Boigny en 1956 et « participera à la loi cadre qui prépare l’indépendance (…) de l’Afrique noire sous domination française. »[13] Un grand nombre d’intellectuels (Sarte, Aron, Camus, Gide Monod, Leiris, etc.) qui soutiennent le lancement de la revue Présence Africaine, fondés en 1947 par le sénégalais Alioune Diop. « En septembre 1956, la Presse se fait largement l’echo du premier Congrès international des écrivains et des artistes noirs, organisé par Alioune Diop dans l’amphithéatre Descartes de la Sorbonne. »[14] Dès l’après-guerre, on assiste à une richesse des débats parmi les afro-parisiens : Abdoulaye Sadji, Nini, 1956 – l’impasse de l’assimilation; Ferdinand Oyono, Une vie de boy, 1956 – les méfaits de la colonisation; Birago Diop, Les comtes d’Amadou Koumba, 1947 – la découverte de la tradiction orale; Camara Laye, L’enfant noir, 1953 – la célébration des valeurs villageoises;Sembène Ousmane O pays, mon beau peuple, 1957 – l’exaltation des cultures africaines; Bernard Dadié, Un nègre à Paris, 1959 – l’expérience européenne des étudiants africains. Selon les estimations du ministère de l’éducation nationale, le nombre d’étudiants africains ne cesse d’augmenter : 250 en 1946, 800 en 1950, 2000 en 1955, 5500 en 1960[15]. Tout ceci concoure, écrit Philippe Dewitte, au fait que « le paternalisme existe lui aussi toujours, mais il est incontestablement moins affirmé qu’il ne l’était dans les années 1920 et 1930, quand « le Noir » était symbolisé par par les tirailleurs et le parler « p’tit nèg », par les pseudos « cannibales » du jardin d’Acclimatation, par les exhibitions de l’exposition coloniale, par les spactacles de Joséphine Baker et les bals nègres où la bonne société parisienne n’hésitait pas à s’encanailler. »[16] Cependant, le racisme existe malgré tout. Alexandre Biyidi, dira dans Présence africaine : « a-ton jamais évalué la proportion de chances, pour un africain, de se trouver un emploi dans ce pays ? La France n’est pas un pays raciste ! C’est si vite dit. On ne lynche pas les gens ici ![17] ». Dans L’ enquête sur les étudiants noirs en France (Réalités Africaines, 1962), Jean-Pierre Ndiaye demande l’avis des africains sur différentes questions; il en ressort que 34,4% des enquêtes portent un jugement favorable sur les français, parmis lesquels 14,6% en comparaisons avec les français d’Afrique.[18]

Pour ce qui concerne les ex-colonies maghrébines musulmanes, les choses se sont passées différemment et pour plusieurs raisons. De 1940 à 1945, 500 000 maghrébins prirent part au conflit dans les forces françaises combattantes. De 1947 à 1954, le nombre d’immigrés en provenance du Maghreb dépassera le million.[19] L’on ne peut que citer à ce sujet Pascal Blanchard, Eric Deroo, Driss El Yazami, Pierre Fournié, Gilles Manceron : « Dans son étude sur les flux migratoires venus d’Algérie, Jacques Simon rappelle[20] que, pour ces « travailleurs », la venue en France apparait comme « le seul moyen d’échapper à la misère et à l’oppression coloniale ». Pour autant, les conditions d’hébergement sont souvent dramatiques : « des lieux parfaitement impropres à l’habitation humaine ont été découverts à Paris, notent les services sociaux de la la préfecture de la Seine, des caves, des greniers, des greniers, d’anciens abris bétonnés, des tours d’usine servant de refuge à une population misérable. » Apparaissent les bidonvilles comme à Nanterre ou vivent près de huit mille Maghrébins[21] »[22] Maître Marcel Manville raconte dans son livre Les Antilles sans fard (paru en 1992 chez L’Harmattan) comment le MRAP, avec sa participation et celle de la journaliste Madeleine Jacob, réussit à piéger un hôtel du 2ème arrondissement qui refusait des logements sur des critères de faciès.

Cette situation préoccupe le MRAP dès sa création. Dans les « journées contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix » qui suivent la création du Mouvement, la référence au sort des travailleurs migrants est constante.

A partir des années 50, le magazine du MRAP Droit et Liberté publie plusieurs reportages qui expliquent les raisons qui poussent les migrants à quitter leur pays et qui dénoncent les conditions d’accueil en France. C’est essentiellement l’immigration des Maghrébins qui est étudiée puisqu’elle est majoritaire et la plus en proie à l’oppression (ref à venir).

Au moment de la guerre d’Algérie, la police française s’illustre par ses pratiques racistes. A plusieurs reprises, des travailleurs maghrébins sont pris à partie par des officiers de police et molestés dans les commissariats. Des campagnes racistes se développent dans des journaux comme France Dimanche, Le Parisien Libéré, et l’Aurore[23]. Le MRAP dénonce dès 1951 ces campagnes calomnieuses où les Maghrébins sont accusés de tous les maux, et en particulier des phénomènes de délinquance.

Le MRAP soutient alors les luttes de décolonisation, notamment en Algérie. Il est une des rares organisations à condamner les méthodes du préfet Papon et le massacre d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961.

Contre l’apartheid

  • Dès 1950, dans sa revue Droit et Liberté, le MRAP condamne l’arrivée au pouvoir du Parti National en Afrique du Sud et cite des extraits du livre L’Afrique du Sud cette inconnue d’Andrée Viollis.
  • Le 2 juillet 1974, le MRAP proteste contre le jumelage de la ville de Nice avec la ville de Cape Town en Afrique du Sud[24].
  • Le 29 novembre 1974, le MRAP organise une manifestation contre la venue de l’équipe sud-africaine de rugby en France[25].

« La loi Pleven »

Dès sa création, le MRAP a senti la nécessité d’une loi pour réprimer le racisme et pour permettre aux associations de se constituer partie civile. En effet, soit beaucoup de procès, faute d’une loi, se soldent par la relaxe des auteurs de délits racistes, soit les actions en justice ne sont même pas entamées.

En 1959, Léon Lyon-Caen, alors Président du MRAP, rédige un projet qui est envoyé à tous les députés et les sénateurs, mais il restera longtemps sans suite.

La problématique à laquelle se confronte le MRAP est symbolisée par plusieurs procès.

Fraternité Française, en juin 1961, a publié un article antisémite de Pierre Poujade attaquant un candidat du 9ème arrondissement de Paris. Le MRAP alertera le Procureur de la République qui intentera un procès, mais en décembre 1961 paraît un second article dans Fraternité Française intitulé « Le régime et les juifs. Pierre Poujade incuplé d’antisémitisme. Un comble ! ». Pierre Poujade accuse le MRAP d’exciter la haine raciale et attaque l’association pour diffamation. Le procès est jugé à Limoges en octobre 1962, où Pierre Poujade et Fraternité Française se verront condamnés chacun à 2000 nouveaux francs (300 euros). Mais Pierre Poujade et le Directeur de Fraternité Française font appel, et en mars 1963, la Cour d’appel casse le jugement de première instance et se range aux arguments de l’avocat de Pierre Poujade selon lequel l’article incriminé ne s’attaquait pas à tous les juifs, mais à une personne en particulier (le candidait aux élections dans le 9ème arrondissement de Paris).

En novembre 1962, le même Fraternité Française s’attaque à Maître Armand Dymenztajn, venu faire une conférence sur le procès à Limoges. Il portera plainte contre le journal mais sera débouté car la phrase l’incriminant est tournée de telle manière qu’on ne peut affirmer qu’il est personnellement visé.

En novembre 1963, Marc Augier, un ancien collaborateur avec l’armée allemande lors de l’occupation de la France, publie sous le pseudonyme de « Saint-Loup » une apologie de la Luftwaffe. Le MRAP et des associations de résistants et de déportés demandent en vain l’intervention du Ministère de l’intérieur, invoquant l’interdiction d’apologie de crimes de guerre. Mais le Parquet ne s’estimera pas compétent.

En mars 1964, Paul Rassinier, un négationiste notoire, sous le pseudonyme de Jean-Pierre Bermont, nie dans Rivarol l’existence des chambres à gaz (la mortalité dans les camps de concentration serait due selon lui aux prisonniers qui se volaient la nourriture !). Attaqué pour diffamation, il est jugé et condamné en octobre 1965, mais ce sont les résistants qui ont dû faire la preuve, témoignages à l’appui, de leur honnêteté !

En novembre 1965 éclate l’« affaire de Bagneux ». Une adolescente prétend avoir été violée par quatre Nord-Africains, puis dément trois jours plus tard. Le journal d’extrême-droite Minute décrit alors les Maghrébins comme des brutes sanguinaires et se lance dans une campagne contre « la criminalité des Nord-Africains ». A la suite d’une plainte de deux algériens, le procès débute en juin 1967 mais la plainte sera jugée irrecevable, y compris en appel.

En juin 1969, la revue du MRAP Droit et Liberté démonte l’argumentaire raciste d’un journaliste de Minute, Pierre Desmaret. Ce dernier poursuivra le MRAP pour diffamation, mais sera débouté.

A chaque élections législatives, le MRAP envoie ses propositions de loi aux députés et aux sénateurs. Il demande une extension des poursuites à toutes les formes de discrimination et de diffamation, la dissolution des groupes fascistes, et – avancée considérable – la possibilité pour les associations de se constituer partie civile. Le MRAP fait signer des pétitions et continue d’envoyer sans succès ses proposition aux parlementaires (notamment en 1963 et 1966, après l’« affaire de Bagneux »).

Le 7 janvier 1971, dans le contexte de l’« affaire du Latin musique »[26], une délégation du MRAP est reçue par le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas et lui demande que la proposition de loi contre le racisme soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée. Même si cette proposition n’a pas été suivie d’effet, l’année 1971 a été décrétée année internationale contre le racisme et la France a ratifié la même année la Convention de l’ONU sur l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales de 1965.

La loi contre le racisme est finalement examinée par l’Assemblée nationale le 7 juin 1972. La LICA demandera dans un projet concurrent déposé au sénat que seules les associations reconnues d’utilité publique puissent se porter partie-civile; le MRAP propose que seules les associations ayant plus de cinq années d’existence puisse le faire. C’est finalement cette dernère option qui sera choisie et le 22 juin 1972, après plus de 20 ans de lutte, le MRAP obtient une loi contre le racisme, dite « loi Pleven ». Elle sera complétée par la suite, notamment par la « loi Gayssot », qui étend l’application des poursuites au négationisme.

1977-nos jours : Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples

Le changement de nom

Le fond raciste hérité de la guerre d’Algérie, les discours politiques et les mesures gouvernementales contre les immigrés, créent une situation de plus en plus pesante dans les années 70. Le MRAP attire à plusieurs reprises l’attention des pouvoirs publics sur les crimes racistes, les « bavures » policières et les contrôles au faciès.[non neutre]

Entre 1971 et 1979, le MRAP a recensé pas moins de 104 crimes à caractère raciste. En novembre 1971, Djellali Ben Ali est assassiné par le gardien de son immeuble rue de la Goutte-d’Or à Paris. Le 28 novembre 1972, Mohammed Diab, 32 ans, est tué au commissariat de Versailles par le sous-brigadier Robert Marquet, qui sera finalement inculpé pour homicide involontaire. Maître Gisèle Halimi, avocate du MRAP, se battra en vain pour qu’un caractère raciste de l’homicide soit reconnu : la Cour d’appel de Paris prononcera un non-lieu en 1979 ! La suite de ce décompte macabre est listé sur cette page [2]. D’autres sources viendront, dot des documents d’archive du service juridique du MRAP.

Le MRAP lancera un appel intitulé : « Le racisme tue en France ». Cette affaire suscite une importante mobilisation, dont celle de Jean-Paul Sartre et Michel Foucault. Le meurtrier, Daniel Pigot, est finalement condamné à deux ans de prison ferme (juin 1977).

En juin 1973, le ministre du Travail et des Affaires sociales, M. Gorse, annonce la suppression de la concordance entre permis de travail et titre de séjour. Le ministre annonce également le renforcement du contrôle de l’immigration. La circulaire Fontanet inaugure l’ensemble des lois qui seront prises dans les décennies suivantes pour empêcher l’entrée des immigrés en France. Le MRAP les étudie avec beaucoup d’attention. Maître George Pau-Langevin[27] écrit régulièrement pour le MRAP des articles où elle décortique ces projets et en explique les conséquences.

Fin 1973, 35 000 immigrés ont déposé des demandes de régularisation comme les y incitait la circulaire Fontanet, alors que le solde migratoire était de 105 000 personne en 1972. Pour le MRAP : « Tout se passe comme si l’objectif visé n’était pas fondamentalement le contrôle de l’immigration mais des immigrés, facilitant à moindre frais l’utilisation de cette main-d’oeuvre. »[28]. Dans la revue du MRAP Droit et Liberté, la sociologue Maryse Tripier analyse la place des travailleurs immigrés dans l’emploi en France. 80 % sont embauchés comme ouvriers spécialisés. Les portuguais comptent 70% de travailleurs non qualifiés, les Maghrébins 81,5%, et les Algériens 87%.

Fin août 1973, un déséquilibré mental, Salah Bougrine, blesse mortellement un chauffeur de bus. La Presse se déchaîne[non neutre][29]. Sept algériens sont assassinés à Marseille dans les jours qui suivent l’enterrement du chauffeur. Le sud a été particulièrement touché par les exactions racistes de cet été 1973. Le gouvernement algérien suspend officiellement l’émigration car la sécurité de ses ressortissants n’est plus assurée. Le MRAP écrit à l’ambassade d’Algérie pour exprimer sa compréhension.

En janvier 1974, le journal d’extrême droite Minute titre : « Dehors les Algériens ! Ils n’ont plus leur place chez nous après le coup de force des pirates du pétrole. »[30].

En mars 1975, le MRAP élabore un projet de loi contre les expulsions arbitraires. A l’époque, un étranger entré régulièrement sur le territoire français et titulaire d’un titre de séjour peut être expulsé s’il « constitue une menace pour l’ordre ou le crédit public ». Quand une expulsion est prononcée, il faut deux ans avant que le cas soit réexaminé et le cas échéant, que la personne puisse revenir. Malgré certains arrêts du Conseil d’Etat, le sort des étrangers reste entre les mains des autorités politiques.

George Pau-Langevin, Albert Levy, Mouloud Aounit, François Grémy (vers 1989).

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George Pau-Langevin, Albert Levy, Mouloud Aounit, François Grémy (vers 1989).

En 1976, à Neuville-en-Ferrain (près de Lille), l’entreprise de céramique Delecour emploie 90% de travailleurs étrangers, logés dans l’enceinte de l’usine dans des conditions misérables. Leurs heures supplémentaires ne sont pas payées et leurs fiches de paye n’ont aucune valeur juridique.[réf. nécessaire] Les travailleurs étrangers feront une grève que la direction de l’entreprise tente de briser en accusant les étrangers de briser l’activité de l’entreprise. Le MRAP et la CGT se porteront partie civile contre l’entreprise.

En 1976, les agressions racistes dans Paris et la banlieue se multiplient. A plusieurs reprises, la police refuse d’enregistrer les plaintes.[réf. nécessaire] les policiers sont confrontés par les déclarations du ministre de l’Intérieur Poniatowski, qui affirme sans aucune preuve dans un bulletin du ministère confidentiel de juillet 1976 que les immigrés sont responsables de plus de crimes que les Français.[31] Le MRAP rédige un argumentaire en dix point qui réfutent ces arguments racistes. Il alerte l’opinion et organise à Saint-Denis une Semaine de l’immigration.

L’année suivante, sous l’impulsion notable de son Secrétaire genéral Albert Lévy, le MRAP cesse de signifier Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix pour devenir le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples.

Le changement de nom du MRAP reste encore aujourd’hui l’objet de débats passionnés. Pour certains, le retrait du terme « antisémitisme » signifie l’abandon de cette lutte, tandis que pour d’autres le changement de nom n’est qu’un signe de l’engagement du MRAP aux côtés des victimes de tous les racismes.

Les autres combats historiques

Très sensible aux questions internationales, le MRAP milite notamment contre l’apartheid en Afrique du Sud, le racisme anti-noir aux États-Unis (en défendant notamment le journaliste membre des Black Panthers Mumia Abu-Jamal, dont la condamnation à mort pour meurtre a fait débat au sujet d’une éventuelle erreur judiciaire).

En France, il continue à s’exprimer contre l’antisémitisme (bien qu’il supprime de son appellation la mention « contre l’antisémitisme »), défend les droits des travailleurs immigrés, des gens du voyage, et plus généralement toutes les formes de racisme. Il combat aussi l’extrême droite, la droite et même le Parti socialiste lorsque Ségolène Royal annonce son programme en matière de sécurité, estimant qu’elle se lance « dans le populisme le plus dangereux » [3].

En 1998, le MRAP s’est engagé comme personne morale dans la création d’Attac, et ainsi dans le mouvement altermondialisme.

Le mouvement concentre actuellement son action contre les lois en matière d’immigration et pour les droits des immigrés, dans la dénonciation du racisme sur internet[4] et contre le négationnisme (procès à Bruno Gollnisch). Il estime par ailleurs que l’islamophobie [5] est une forme de racisme et doit être combattue au même titre que l’antisémitisme.

La lutte contre l’antisémitisme

  • Le 16 octobre 1981, Robert Henri Petit, le secrétaire de l’ancien commissaire aux affaires juives est condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 francs français de l’époque. Il avait attaqué dans une revue qu’il étditait à Argenteuil Simone Veil, Michel Debré, des juifs, et les habitants de l’Etat d’Israël. Le MRAP et la LICRA s’étaient portés partie civile.[32]
  • Le 22 mars 1982, Mark Frederiksen, ex-dirigeant du groupe néo-nazi « Fane » a été condamné suite à une plainte du MRAP à 6 mois de prison avec sursis et 6.000 francs français de l’époque pour apologie de crimes de guerre, provocation à la haine et à la violence raciale, diffamation et injures raciales. Il avait repris dans la revue « Notre Europe » la thèse du négationiste Robert Faurisson selon laquelle les chambres à gaz n’avaient pas existées. Il avait déjà été condamnés pour les mêmes faits en 1980 et 1981.[33]
  • Début 1990, dans une brochure destinée aux cadres du Front national, on peut lire : « Ce qu’il faut par contre, c’est s’en prendre aux lobbys, aux groupes de pression, par le truchement desquels ces milieux[34] interviennent, qu’il s’agisse du MRAP, de la LICRA, de la LDH, de SOS Racisme, du CRIF, etc… et constituent la partie émergée du parti de l’étranger ou encore du lobby pro-immigration. »[35]
  • En avril 1996, le MRAP porte plainte contre le journal de rue Le Réverbère, pour provocation à la haine raciale et à la discrimination. Dans le numéro du 17 février, le MRAP relève « des digressions antisémites calomniant l’ensemble des professions juridiques » dans un article signé de Georges Mathis, directeur de la publication. Celui-ci s’y interroge sur l’implication « des personnes de confession juive dans l’absence d’indépendance de la justice ».[36]
  • En mars 2000, 13 juifs iraniens sont incarcérés par le régime iranien pour un prétendu espionnage au profit d’Israël et des Etats-Unis. Ils encourents la peine de mort. Le CRIF suivra l’affaire de très près et agira, en France, pour que ces treize juifs puissent être sauvés. Le MRAP apportera son entier soutien au CRIF dans cette démarche, ainsi que la LICRA, SOS Racisme, de nombreuses organisations d’avocats et de magistrats, dont le barreau de Paris.[37]
  • Alain LBihel, employé à l’usine nucléaire de la Cogema à La Hague (Manche), a comparu, lundi 15 novembre 1999, devant le tribunal correctionnel de Paris, poursuivi pour « injure raciale » par le MRAP qui lui reproche d’avoir dit, lors d’une manifestation en marge de la visite du candidat Verts aux élections européennes, Daniel Cohn-Bendit à Cherbourg : « Avec quoi les Allemands vont-ils faire brûler leurs centrales ? Avec des Juifs ? ».[38]
  • MRAP proteste contre l’enregistrement, au Journal officiel du 25 novembre dernier, d’une association intitulée  » Amnistie nationale pour les internés et les victimes de la loi Gayssot « , qui se donne pour objet d’ » ouvrir un débat contradictoire sur la question des chambres à gaz homicide durant la seconde guerre mondiale « . Le MRAP se déclare  » stupéfait par cette légalisation officielle de la propagande négationniste  » et demande  » la dissolution de cette association « . Il indique qu’il a, à cette fin,  » interpellé le ministère de l’intérieur « ,  » saisi l’ensemble des groupes parlementaires  » et  » initié une procédure « , le 10 décembre, devant le tribunal de grande instance de Fontainebleau,  » afin qu’il soit procédé à l’annulation de ladite association « . Saisissant le ministère de l’intérieur et la justice.Le MRAP s’indigne de l’enregistrement d’une association  » négationniste  » au  » Journal officiel , Paris, Le Monde, 01.01.93.

Le racisme sur Internet

  • Le lundi 13 juillet, le MRAP ddépose plante contre la société Yahoo! « tant qu’elle n’aura pas moralisé ses services ». Cette fois-ci, Yahoo vendait des armes ornées de croix gammées. Plusieurs associations antiracistes, dont le MRAP, poursuivent en justice le géant américain de l’Internet, accusé notamment de donner accès à un site de vente aux enchères sur lequel figurent des objets à la symbolique nazie (Le Monde du 26 juillet). Le juge des référés doit rendre sa décision dans cette affaire le 11 août.
  • Le MRAP appelle le 31 juiller 2001 à une manifestation qui appelle au boycott de la société Yahoo, notamment pour y avoir vendu des armes recouvertes d’insignes nazis.[39]

Soutien aux migrants et demandeurs d’asile

Action dans le cadre de Migreurop
  • Le MRAP a soutenu le 16 juillet 2004 l’action de Migreurop « Cap Anamur, cap au pire : l’Europe contre l’asile se fait sous nos yeux »[40]
  • Le 25 mars 2005, le MRAP soutenu à nouveau l’action de Migreurop « L’Italie expulse des boat-people, l’UE ferme les yeux »[41]
  • En avril 2006, le MRAP a participé à l’action Migreurop « La « réinstallation » contre le droit d’asile ».[42]
  • Le 22 août 2007 s’est ouvert à Agrigente en Italie le procès de sept pêcheurs tunisiens qui ont recueilli à leur bord 44 migrants dont l’embarcation allait sombrer. En tant qu’association soutenant le réseau migreurop en France, le MRAP a participé à la mobilisation européenne de soutien aux pêcheurs tunisiens en soutenant la manifestation organisée par la FTCR (Fédération tunisienne pour une citoyenneté des deux rives) devant l’ambassade d’Italie à Paris le 7 septembre 2007. « Auparavant, les navires de sauvetage italiens et maltais, tout comme d’autres bâtiments de pêche, avaient refusé de les prendre à leur bord, « effet tragiquement palpable des intimidations croissantes » dont ils font l’objet, explique le Mrap. »[43]

Lutte pour la mémoire des victimes de l’esclavage

Le MRAP a produit des actions de lobbying pour le changement de nom de la rue Richepanse (général qui rétabli l’esclavage en Guadeloupe en 1802) en rue du Chevalier Saint-Georges, dans le Ier arrondissement de Paris[44].

Soutien aux femmes immigrées, iraniennes et afghanes

  • Le 1er octobre 2001, par la présence de ses militants et de Mouloud Aounit, le MRAP participe à la manifestation organisée par l’association Negar-soutien aux femmes afghanes afin de protester contre le sort des femmes afghanes sous le régime des Talibans. La manifestation réunira 5000 personnes et plusieurs autres personnalités et organisations y participeront : Brice Lalonde (Génération Ecologie), Halima Boumédienne, députée européenne des Verts, des soeurs de la Grande Loge féminine de France, l’association Mix Cité, Alain Lipietz et Noël Mamère, le PCF, la CGT, le Groupe des Dix, la FSU notamment.[45]
  • Le 8 mai 2001, Mouloud Aounit, alors Secrétaire général du MRAP, publie dans L’Humanité une tribune intitulée : « Ils devront répondre de ce crime contre ton humanité ». En voici le texte intégral reproduit avec l’autorisation de Mouloud Aounit.

« Toi la mère, la femme, l’épouse, la soeur, condamnée à vivre sans exister, transformée en ombre fantomatique. Toi la mère qui a donné la vie à des tortionnaires dont l’aveuglement t’interdit de visage, ils te nient dans ton droit à être toi-même dans la colère, la joie ou le chagrin. Ta vie confisquée blesse notre conscience qui s’interroge douloureusement. Ces êtres au cour sec, dont l’esprit de ténèbres oblitère le visage innocent des fillettes et t’enchaîne, pour tous tes déplacements, à ton mari, ton père, ton cousin, sont à mettre au ban de l’humanité. Viendra le jour où, à l’instar des bourreaux qu’a charrié l’histoire la plus lointaine, ceux-là mêmes devront répondre de ce crime contre ton humanité. Qu’ils sachent que ne restera pas sans réparation l’humiliation quotidienne qu’ils te font subir, la douleur d’être publiquement battue dans les rues de Kaboul. Un jour viendra où seront citées à comparaître au tribunal des  » hommes libres  » pour non-assistance à femmes en danger et complicité de haine et d’obscurantisme les nations qui ont porté et maintiennent au pouvoir les taliban. Et ces derniers devront répondre, ce jour aussi, du mal terrible fait aux musulmans en renvoyant une image caricaturée, déformée, moyenâgeuse de l’islam. Dans ta vie faite de torture permanente, l’impuissance parfois te ronge, accentue tes souffrances. Sache cependant que les oppressions les plus insupportables ont toujours libéré et stimulé révolte, colère et résistance collective. Regarde ces femmes qui, au péril de leur vie, défient toutes les interdictions pour continuer à exercer leur métier dans la clandestinité. Vois ces familles qui persistent à envoyer leurs filles à l’école. Pense à tous ces hommes assoiffés de liberté et de justice qui, en Afghanistan, luttent dans les conditions les plus extrêmes pour tirer ton peuple vers la démocratie et la modernité. Ce sont autant de petites étoiles d’espoir dans les ténèbres qui se sont étendues sur ta terre. Enfin, toi que je regarde sans te voir, je ne te quitte pas. Je lance vers toi ma solidarité d’homme, ton frère d’humanité. Toi dont les souffrances, souvent, m’empêchent de dormir. »[46]

Le soutien au mouvement lesbien-gay-bi-trans

Premières manifs anti homophobie du MRAP (date inconnue).

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Premières manifs anti homophobie du MRAP (date inconnue).

  • En 1996, Mouloud Aounit sera présent à la Gay Pride et y représentera le soutien du MRAP.[47] Il participera tous les ans au nom du MRAP à la Marche des fiertés.
  • Le 8 juin 2004, le MRAP en tant que Mouvement et Mouloud Aounit en tant que personnalité soutiendront l’appel « Contre l’extrême droite homophobe : solidarité avec les antifascistes inculpés ! »[48]
  • Le MRAP soutiendra et appuiera depuis le début de cette lutte toutes les démarches de lobbying des associations de lutte contre l’homophobie afin que ces associations puissent se porter partie civile contre les actes et les paroles homophobes[49]

Les violences policères

Le terme « violences » est entendu ici aussi bien comme étant physiques que morales. Les faits seront classés par la suite dans deux sous titres correspondant à ce type de violences.

  • Début 1994, Mme Ben Brahim se présente au comissariat d’Aubenas (Ardèche) pour déposer une plainte suite à l’agression de son mari par un forain et son hospitalisation pour une fracture du crâne. Les policiers répondent à Mme Ben Brahim que son mari doit venir lui-même déposer la plainte. Le comité local du MRAP est sollicité par Mme Ben Brahim et les militants locaux mettent quatre jours pour que la plainte soit finalement enregistrée. Nadia Kurys, alors Présidente du Comité local d’Aubenas et Vice Présidente du MRAP depuis 2004, écrit le 10 février 1994 au Procureur pour dénoncer l’« inertie » des services de polices à enregistrer la plainte; elle termine sa lettre par : « Nous osons espérer que ce n’est pas l’origine maghrébine de la victime qui a ainsi suscité l’attitude inconcevable des services de police. ». Le procureur de la République poursuit immédiatement Nadia Kurys pour lui avoir « dénoncé un fait de nature à entraîner des sanctions disciplinaires contre les services de la police nationale d’Aubenas, en l’espèce leur inertie à diligenter une enquête judiciaire, en sachant que ce fait était totalement ou partiellement inexact ». Elle encourt jusqu’à cinq ans de prison et une très lourde amende. Elle comparait le 1er février 1995 devant le tribunal correctionnel de Privas; une pétition est lancée pour participer à un rassemblement de soutien devant le tribunal avec notamment pour signataires Jean Ferrat, Mouloud Aounit, Mgr Gaillot, Albert Jacquard, Gilles Perrault, Jack Ralite, le professeur Schwartzenberg, l’ASTI, la Ligue des droits de l’homme, la Fédération des oeuvres laïques, Terre des hommes, les Amis de « Témoignage chrétien », l’Appel des cent, la FDIRP, la CGT, le SNES, la FSU, la CFDT-Santé, le PCF, le PS, les Verts.[50] Le 2 février 1995, l’Humanité écrit : « Au nom du MRAP, Mouloud Aounit, président national, s’est indigné de « l’affront qui était fait à Nadia et à tous ceux qui sont attachés aux valeurs fondamentales ». Après avoir dénoncé la « brutalité » et la « nocivité » de l’arsenal que constituent les lois Pasqua, il a souligné que « l’affaire Nadia Kurys n’était pas un fait divers, mais bien un fait de société ». »[51] Elle est relaxée le 1er mars 1995, mais le Procureur fait appel et Nadia Kurys comparait à nouveau, cette fois devant la cour d’appel de Nîmes, le 23 février 1996[52] Elle est finalement relaxée le 5 avril 1996[53], après deux ans d’acharnement judiciaire sur une militante des droits de l’homme qui s’est interrogée sur un dénis de droit de la part des autorités policières.
  • Le 27 juillet 2006, la Présidente du Comité Local du MRAP de Sarreguemines, Vice Présidente de la Fédération de la Moselle et membre du Réseau éducation sans frontière, a été arrêtée et mise en garde à vue pour avoir pris soin des deux enfants d’une famille congolaise interpellée par les gendarmes pour une reconduite à la frontière (les enfants avaient été laissés sur place par les gendarmes). Mouloud Aounit, alors Secrétaire général du MRAP, avait écrit au Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. Nicole Mussle fût libérée devant la mobilisation citoyenne au terme légale de la garde à vue (48 heures).[54]
  • Le 27 mars 1991, le jeune Damel Chettoux meurt au cenre commercial de Sartrouville par des vigiles. Au début de l’après-midi, le MRAP déposait une gerbe de fleur à l’endroit où était morte la victime. Une voiture de police qui passait par là a été prises à partie par plusieurs jeunes. Kamel Zouari, 28 ans, le vigile, a été inculpé dans la journée d’homicide involontaire par les juges d’instruction de Versaillles.[55] Dans la nuit du 28 au 29 mars, c’est l’émeute : des magasins et des voitures brulent et de grands renforts de police sont ammenés.[56] Le MRAP déclarera le 28 mars 1991, dans La Liberté (Lille) : « Ce drame révélé, si besoin est, d’une part la substitution au profit de société pivées du rôle préventif de la puissance publique et de la paix sociale, d’autre par il illustre le déficit des lieux de vie, de rencontres, d’animations au sein de cités rongées par les exclusions.[57]. Le comité local d’Epinay se rendras le 26 mars au foyer des travailleurs immigrés pour y exprimer ler indignation.[58]

Lutte contre l’apartheid [modifier]

  • Le 5 mars 1977, Albert Levy, alors Secrétaire général du MRAP, signe une tribune dans Le Monde intitulé « Les armes de l’apartheid ».
  • En 1979, Droit et liberté, l’organe de production du MRAP, publie La France et l’apartheid aux éditions L’Harmattan. Ce livre est le résultat des travaux d’une commission mise en place par le MRAP en 1976 et 1977. Cet ouvrage détaille les organisations qui luttent contre l’apartheid et les sources idéologiques de l’apartheid[59].
  • En septembre 1979, le MRAP soutien l’ action engagée par la CGT contre l’importation de charbon d’Afrique du Sud[60].
  • Le 17 octobre 1979, le MRAP proteste contre « des liens de plus en plus étroits qui semblent se tisser entre la télévision française et l’Afrique du sud raciste », notamment en s’élevant contre la co-production franco-sud-africaine Pour tout l’or du Transvaal (feuilleton passant sur Antenne 2)[61].
  • Le MRAP a participé à l’ édition de nombreux ouvrages dénonçant l’apartheid : 75 photographes contre l’apartheid, MRAP et les éditions Différences, Paris, 1988 (ISBN 2-9503169-0-5); L’apartheid : le dos au mur, Droit et Liberté-L’Harmattan, recueil d’affiches; L’apartheid, les dossiers du MRAP, Paris, recueil de textes avec des illustrations de Sechaba, organe de l’ANC.
  • En 1980, le MRAP a été la principale organisation, avec l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA), à soutenir l’ annulation de la tournée de l’équipe de rugby française en Afrique du sud à la fin de l’année 1980; il a fait partie de la délégation reçue à l’époque au mnistère des Affaires etrangères[62]; à la même époque, le MRAP a demandé la libération de Nelson Mandela et a fait pression sur les organismes bancaires pour que les prêts à l’Afrique du sud soient stoppés[63].
  • Le 20 juin 1980, à la suite de l’arrestation de 1270 noirs au cours d’une « opération de routine »[64], le MRAP organise une manifestation devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris[65].
  • Le 22 mai 1981, le MRAP organise, avec le Mouvement anti-apartheid, un meeting de soutien aux peuples d’Afrique du Sud et de Namibie; dénonçant le racisme dont sont victimes les Noires d’Afrique du Sud, « Albert Levy[66] critiquait aussi vertement les gens qui ne protestent contre la violation des droits de l’Homme que dans certains pays. »[67].
  • En février 1982, le MRAP a organisé, en collaboration avec plusieurs associations d’amitié franco-africaine, une semaine d’information sur l’Afrique australe[68].

Actions dans le cadre de l’année internationale de lutte contre l’apartheid (1978) [modifier]

En 1978, année internationale de lutte contre l’apartheid, le MRAP met en oeuvre en France toute une série d’actions contre l’apartheid[69] :

  • Il distribue aux membres de l’Assemblée nationale un document qui demande la convocation spéciale des députés le 16 juin 1978 (anniversaire du massacre de Soweto)
  • il écrit au ministre des sports afin d’annuler la venue de l’équipe sud-africaine de rubby, les Springbok
  • il parraina une série de conférence à travers le territoire français d’un représentant de l’ANC (African National Congress of South Africa)
  • il publiera un livre La France et l’apartheid, en coédition avec l’Harmattan, 1978. Cet ouvrage a été réalisé à partir des travaux de la commission d’enquête contre l’apartheid, réunissant plusieurs organisations.
  • le 21 mars 1978, a organisé des projections de films anti-apartheid suivis de débats à Colombes, Malakoff, Nimes, Carcassonne, Saint-Etienne, Orléans (plus de 400 personnes), et une exposition de peinture à Nantes[70].

Le MRAP lancera une souscription pour du matériel scolaire et une participation financière pour les jeunes réfugiés d’Afrique du Sud[71]

Action de lobbying pour le nomage de rues en faveur de la lutte contre l’apartheid (1978 et 1982)

Albert Levy (1939)

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Albert Levy (1939)

A la mi 1978, le MRAP lance une première campagne auprès des maires des principales villes de France pour qu’ils donnent à une artère de leur ville un nom évoquant les luttes de libération en Afrique du Sud. Sur les treize réponses reçus[72], cinq villes acceptent immédiatement et organisent très rapidement les inaugurations : le square Soweto à Malakoff; la rue Nelson Mandela, la rue Albert Luthuli, et l’allée de Soweto à Reims; la rue des Martyrs de Soweto à Villeneuve le Roi; le Pont Soweto à Yerres; la rue Albert Luthuli à Montpellier. Quatre villes donnent un accord d’intention et s’engage à proposer ces noms lors de créations de rues : Nimes, Béziers, Mâcon, Chalette-sur-Loing. Les trois lettres de refus proviennent de la ville d’Henin Beaumont (accusé de réception poli), Neuilly-sur-Seine (« Je dois vous signaler que, depuis longtemps, le Conseil Municipal se refuse à modifier le nom des rues de la Ville, les riverains sont, en effet, généralement hostiles à tout changement de ce genre qui pose des problèmes divers tels que remplacement du papier à lettres, incidents d’acheminement de courrier, etc… »), et Bagneux (« Notre Commune qui connait de très graves difficultés budgétaires, ne peut pour le moment, subventionner votre oeuvre, et croyez que nous le regrettons amèrement. »).

Le 14 juin 1982, une seconde campagne est lancée et le secrétaire général du MRAP Albert Levy adresse aux principales villes de France une lettre dans laquelle le MRAP « suggère aux municipalités, dans un délai aussi rapproché que possible, de donner le nom des « Martyrs de Soweto » à une artère ou une place de leur ville. La solidarité avec ceux qui combattent l’apartheid pourrait également être signifiées par des plaques portant le nom de Nelson Mandela, de Salomon Mahlangu[73] ou du Docteur Neill Aggett[74]. »[75] Le maire de Paris est le premier à répondre favorablement le 23 juin 1982[76] La désicion sera reportée aux prochaines délibération. Sur les réponses 26 réponses, une précise qu’elle a déjà fait l’objet de cette mesure (Malakoff); sur une répose envoyée sur papier simple, le maire de Vitteaux se plant de ses moyen; la mairie de Yerres décide de donner le nom de la petite ville de Soweto. x ville donen leur engagement de princfipe dès les principe prochaine rue : Clermont-Ferrand, Oissel, Epinay sous senard, saint Brieuc, Evreux, Alençon, Laon, Chelles, Nantes, L’Orient, Amilly, Dreux, Roche sur yon, Talant, Sarhues, Saint Quentin, Annecy, Aulnoye-Aymeries, saint-Leu d’Esserent, Rive de giers, Roanne, Tremblade, Champigny sur marne, Bézier. Nous n’(avon reçu aucune refux.

Action de lobbying pour des sanctions internationales contre l’Afrique du Sud (1986)

Lors de l’anniversaire de création de l’ANC, le MRAP appellera et participera à une manifestation le mardi 21 janvier 1986 devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris.[77] Début octobre 1986, le congrès des Etats-Unis vote des sanctions économiques sévères contre l’Afrique du Sud. En Europe, le Danemark et les Pays-Bas se félicitent de cette décision et le mnistre des affaires étrangères néerlandais a proposé que la CEE adopte plus rapidement son plan de sanctions contre l’Afrique du Sud (sanctions qui comprennent l’arrêt des importations de charbon). Au Royaume Unie et en Allemagne des sanctions sont aussi demandées. « A Paris, le MRAP « appelle le gouvernement français à prendre sans délai des mesures semblables et àintervenir instamment pour que la Communauté européenne fasse de même ».[78]. [Il] a adressé aux présidents du Sénat et de la chambre des représentants des Etats-Unis un message « félicitant ces deux assemblées d’avoir voté des sanctions significatives à l’encontre du régime raciste sud-africain »[79]. Le MRAP estime que « les autres pays qui assurent par leur collaboration économique la survie de ce régime sanglant, ne sauraient faire moins. Il appelle le gouvernement français à prendre sans délai des mesures semblables et à intervenir instamment pour que la communauté européenne fasse de même. L’inquiétude manifestée à Prétoria confirme que la rupture totale des relations avec le système d’apartheid est le seul moyen d’aboutir à son effondrement », conclut le MRAP. »[80] Le MRAP récévra une lettre de Pierre Mauroy, Premier ministre, dans laquelle il exlique que la visisite de boghta ne saurait changeit l’opinion du PS sur ce sujet.

Action contre le mémorial sud-africain de Longeval (1986)

Le 11 novembre 1986, Pieter Botha, alors Président de la République Sud-Africaine, se rend au cimetière militaire de Longeval (au sud de Bapaume) afin d’inaugurer un monument aux morts sud-africains des deux guerres mondiales. Le MRAP organise alors, avec la Ligue des Droits de l’Homme et SOS Racisme, une manifestation de protestation sur place[81]. Ils sont rejoints par le Parti Communiste Français (section de Lille), la LCR, des associations regroupant des immigrés, le Comité Régional Anti-Fasciste et Anti-Raciste (CRAFAR), la CGT, l’Union local de Lille CFDT, le Mouvement de la paix[82]. « Ces organisations estiment que Botha n’a aucun droit à utiliser le souvenir des guerres mondiales alors que le cimetière de Longeval est organisé selon les principes de l’apartheid : des tombes et des plaques pour les Blancs, la fosse commune sans aucun nom pour les Noirs. »[83] Par ailleurs, le MRAP a « dénoncé le « mémorial de l’apartheid » et affirme que le monument ne comporte pas de noms de Sud-Africains Noirs, « serviteurs des soldats blancs » »[84]. A cette occasion, le MRAP « a planté, devant l’église de Longeval, deux arbres, l’un à feuilles blanches et l’autre à feuilles rouges, pour dénoncer un régime qui classe les hommes selon la couleur de leur peau. »[85]. Lors de la manifestation, « les manifestants ont forcés les barrages (…). Quatre cent cinquante gendarmes et une garde rapprochée n’ont pas réussi à défendre le périmètre de Botha et de ses invités sud-africains et français. L’inauguration du monument dressé par le régime de l’apartheid, dans le bois de la Delville, s’est déroulé sous les huées de milliers d’antiracistes »[86]. Un militant du MRAP aux anciens combattants déclarera avec véhémence aux dignitaires : « Mon grand-père est mort pour la France, je n’ai pas de leçons à recevoir de vous ! »[87]. Les manifestants sont même allés jusqu’à jeter un grand nombre d’éclairs au chocolat sur les dignitaires présents[88]. On notera également la présence du Front national et des bérets rouges (l’Union nationale des parachutistes) qui ont applaudi le président sud-africain lors de cet hommage[89].

Le MRAP et l’éducation populaire

les affaires de voiles islamiques et de foulards à l’école
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Le contexte : l’affaire Rushdie (14 février 1989)

Le début des affaires de voile islamique à l’école se situe dans le contexte de l’affaire Salman Rushdie. Cet écrivain publie en septembre 1988 les Versets sataniques, et déclenche par ce fait une vive réaction dans le monde islamique. L’Inde a banni le livre dès le 5 octobre ; l’Afrique du Sud a fait de même le 24 novembre. Le Pakistan, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Somalie, le Bangladesh, le Soudan, la Malaisie, l’Indonesie et le Qatar ont suivi dans les semaines suivantes. Le 14 janvier 1989 le roman a été l’objet d’un autodafé à Bradford au Royaume-Uni. Le 12 février, cinq personnes ont été tuées par la police pendant une manifestation à Islamabad. Le 14 février 1989, une fatwa réclamant l’exécution de Rushdie a été proclamée sur Radio Téhéran par l’Ayatollah Rouhollah Khomeini, guide de la révolution de l’Iran dénonçant le livre comme « blasphématoire » envers l’Islam. En Occident, Salman Rushdie est majoritairement défendu et trouve le soutien des militants des droits de l’homme.[90]

Les premiers cas (juin 1989)

Dès la mi juin 1989 (soit 3 mois avant que n’éclate l’affaire de Creil et 4 mois après la fatwa contre Salman Rushdie), certains médias commencent à parler de filles qui portent « le Tchador à l’école ». Dans Le Quotidien de Paris, Ghislaine Ottenheimer, en tant qu’« envoyée spéciale » à Epinal, relate le 13 juin 1989 une querelle entre des instituteurs et des parents d’élèves. « Les premiers, écrit-elle, au nom des principes laïcs, proscrivent le port du foulard traditionnel. Les seconds invoquent le droit d’afficher leur religion. ». L’article est illustré par une photo de 4 enfants de 5 ou 6 ans (trois garçons et une fillette non voilée) d’origine étrangère; la légende titre : « Tout le problème de l’intégration. ».

L’article de Ghislaine Ottenheimer explique qu’à la faveur de récréations, alors qu’il faisait très chaud, la Directrice, voyant une fillette suer, lui aurait demandé de retirer son foulard, ce que la fillette refusa de faire. Au delà de l’anecdote[91], Ghislaine Ottenheimer insiste bien sur l’époque et sur le climat : « Mais de quel droit, sous quel prétexte s’offenser du port d’un couvre-chef quel qu’il soit, en plein hiver ? Là, à la faveur des premiers rayons de soleil, la directrice a testé le caractère emblématique et religieux de ce fichu. ». La fillette refusera, la Directrice se braquera, puis les parents aussi. Le père de la fillette, « Miloud el-Kihal, Président de l’association musulmanne culturelle des Vosges, et directeur de l’école arabe, fréquentée le dimanche par les jeunes musulmans, prend les choses en mains. » Aucune des parties ne veut lacher du terrain, et le conflit sera finalement tranché par les « responsables académiques », qui soutiendront la Directrice mais accepteront que les fillettes portent leur foulard en cours.

L’affaire de Creil (septembre 1989)

Le 18 septembre 1989, Fatima (13 ans) et Leïla (14 ans) Aichahboun, ainsi que Samira Saïdani, cessent de fréquenter le Collège Gabriel-Havez de Creil dans l’Oise (500 élèves musulmans sur 876[92] et 25 nationalités[93]), sur la demande du principal du Collège, M. Chenières, qui estime dans une lettre aux parents que le voile est une marque religieuse incompatible avec le bon fonctionnement d’un établissement scolaire. Il écrit : « Notre objectif est de limiter l’extériorisation excessive de toute appartenance religieuse ou culturelle. Je vous prie de leur donner la consigne de respecter le caractère laïc de notre établissement. »[94] Selon le Principal, dans ce même établissement, « une vingtaine de jeunes israélites ne viennent pas le samedi matin, ni le vendredi soir pendant l’hiver. Les professeurs ne peuvent plus l’accepter. Nous ferons respecter la laïcité. »[95] Les parents des filles portant le foulard ne veulent pas désarmer. Les filles seront exlcues de l’établissement.

L’Humanité titre le 6 octobre 1989 : « Le renvoi de trois collégiennes musulmanes soulève la protestation du MRAP et de SOS Racisme. Pendant que le SNES appelle à la tolérance, l’administration annonce la reprise du dialogue avec les familles. »

Mouloud Aounit, qui venait d’être élu Secrétaire général du MRAP un mois auparavant, déclare : « Menace sur l’emploi, menace sur la santé, menace sur l’identité culturelle et maintenant menace intégriste. Le racisme commence toujours par chercher des boucs émissaires à des difficultés sociales qui ont des racines économiques et politiques. (…) Pourquoi la pratique de la religion musulmane serait-elle nécessairement intégriste, fanatique, ou intolérante ? »[96] Le MRAP publiera un communiqué dans lequel il réclamera des « moyens pédagogiques » en lieu et place des « mesures autoritaires ». « En France, déclare le MRAP, d’autres communautés manifestent leur apprtenance religieuse par le port d’autres symboles, sans qu’elles fassent l’objet de sanction. »[97]

Malek Boutih, alors vice-président d’SOS Racisme, trouve « scandaleux que l’on puisse au nom de la laïcité intervenir ainsi dans la vie privée des gens, malmener les convictions personnelles. »[98]. L’Humanité du 6 octobre 1989 continue : «  »volonté de mettre l’islam au ghetto », « relents de racisme », « démission éducative », Malek Boutih ne mâche pas ses mots. ». SOS Racisme demandera la réintégration des trois élèves et déclarera : « En aucun cas une sanction ne peut être infligée à des élèves en vertu de leur foi. »[99]

Le SNES, dans une déclaration du 5 octobre 1989, affirme que « certaines facilités peuvent être offertes aux élèves pour l’exercice de leur croyance (…) dans le respect du principe de neutralité et dans la limite des contraintes matérielle (…) cette pratique souple et tolérante de la laïcité exclut cependant de transformer les établissements scolaires en lieux d’affrontement entre croyants de différentes confessions ou avec les non-croyants. »

Lionel Jospin, ministre de l’éducation de l’époque, déclarera qu’il faut respecter « la laïcité de l’école qui doit être une école de tolérance, où l’on n’affiche pas, de façon spectaculaire ou stentatoire, les signes de son appartenance religieuse. ». Il précisera que « l’école est faite pour accueillir les enfants et pas pour les exclure »[100]

Finalement, les trois élèves du Collège Gabriel-Havez de Creil retourneront à l’école le lundi 9 octobre 1989 suite à un accord entre les parents et le Collège. Les filles pourront mettre leur foulard dès la sortie des cours et le retirer avant d’y entrer[101].

Mais cette affaire a pour plusieurs années déclenché une vague médiatique[102] et politique[103] qui fera beaucoup de dégâts au sein de plusieurs associations[104], dont le MRAP.

L’emballement (octobre-novembre 1989)

Toute de suite après l’affaire de Creil, le MRAP est saisi par le frère de Souan Flijan. Cette tunisienne en cours de naturalisation de 18 ans demeurant à Marseille s’est vu essuyer plusieurs refus d’inscription parce qu’elle portait le voile[105]. Inscrite finalement au lycée professionnel de Marie Laurencin à Sainte-Marthe, elle est admise en cours le matin du 6 octobre 1989. Cependant, dès l’après midi on la refuse à nouveau en classe et Souan Flijan n’est plus revenue au lycée. Le MRAP est saisit et Maitre Gilbert Collard assurera la défense des intérêts de l’association et de Souan Flijan. Le 16 octobre 1989, le recteur de l’Académie d’Aix-Marseille Charles Zorgbibe se rend au Lycée Professionnel pour soutenir les enseignants, qui font blocs avec le proviseur pour ne pas accepter que la jeune Souan porte son voile en cours. Il déclarera : « Cette intégration ne se fera que dans la laïcité. on ne peut pas lâcher sur ses principes. Il faut que tous les jeunes Marseillais apprennent à vivre dans la république. »[106] SOS Racisme suivra le MRAP dans cette affaire et jugera cette position « on ne peut plus douteuse et irresponsable »[107].

A la suite de l’exclusion le lundi 16 octobre 1989 de Saida[108] (17 ans, préparant un BEP de coiffure) du LEP Philippe de Girard à Avignon, huit élèves viennent à l’école en arborant un foulard sur la tête. Une des élèves déclarera : « Saida a porté pendant deux ans le tchador au collège, deux mois sans problème au LEP et puis d’un coup les affaires se multiplient en France et on vire Saida ! »[109]

Le 19 octobre 1989, Le Provencal publie un reportage sur une école coranique comorienne à Frais-Vallon intitulé : « La guerre du voile n’aura pas lieu. ». L’orientation de l’article est révélateur de l’ambiance qui entoure l’attention toute particulière portée soudain sur le voile en plein contexte de l’affaire Rushdie : « Les voiles des petites Comoréennes [sic] de Frais-Vallon n’ont rien à voir avec les tchadors iraniens, ni mêmes avec les tenues austères des religieuses. Ce sont des pièces de coton colorées, de couleurs vives, que les filles portent comme des foulards. Verts, jaunes, orange, unis ou décorés de motifs. Plutôt agréable à l’oeil. ».

Le jeudi 19 octobre 1989, les trois jeunes musulmanes du Collège Havez de Creil reviennent à nouveau avec leur voile en classe et ne sont donc plus admises en cours.

Le 20 octobre 1989, Libération consacre une pleine page sur les « tchadors ». Il rend compte notamment de la rencontre entre le recteur de la Grande Mosquée de Paris et le Cardinal Lustiger, et de l’interview d’Alain Goldmann, Grand Rabbin de Paris, qui explique qu’accepter les voiles à l’école serait une mesure discriminatoire envers les Juifs : « L’école laïque doit donner l’exemple de la tolérance. La confrontation pour les petits Français avec « la différence » est de plus une excellente technique. [Mais] si un enfant juif veut vivre pleinement son identité dans le respect de la cacheroute et des fêtes, ses parents doivent l’inscrire dans une école juive »[110].

Le dimanche 22 octobre 1989 un millier de personnes selon Libération, « quelques centaines » pour l’Humanité, ont manifesté à Paris contre l’interdiction du port du foulard à l’école. Libération du 23 octobre 1989 consacrera 4 pages à ce dossier et titrera en une : « Un déferlement de prises de position a marqué ce week-end, à propos du port des foulards coraniques dans les écoles publiques. Si l’embarras domine, les clivages ne recoupent pas les frontières politiques et idéologiques traditionnelles. Ils départagent ceux qui prônent l’interdiction par crainte du développement de l’intégrisme et les partisans de l’autorisation, eux-mêmes différemment motivés. ». Tous les journaux, y compris l’Humanité, illustreront leur édition du 23 octobre 1989 par des photos de manifestantes voilées en tenu iranienne.

Le mercredi 25 octobre 1989, Lionel Jospin, alors ministre de l’éducation, fait à l’Assemblée nationale une déclaration saluée par le MRAP comme une déclaration « courageuse et pédagogique »[111], dans laquelle il affirme notamment qu’« en cas de blocage [avec des filles voilées], l’école doit accepter et accueillir »[112], ce qui sera une position constante du MRAP depuis l’affaire de Creil. Un éditorial de Claude Cabanes dans l’Humanité du 26 octobre 1989 critiquera néanmoins violemment la position de Lionel Jospin, accusé d’« offrir sur un plateau à la droite le brevet de défenseur intraitable de la laïcité ». Deux députés socialistes (Edmond Vacant et Jacques Lavédrine) arrivent à l’Assemblée nationale coiffés d’un foulard sur lequel est imprimé la déclaration des droits de l’homme[113] afin de protester contre le discours de Lionel Jospin[114].

Le jeudi 26 octobre 1989, le MRAP dépose plainte, par l’intermédiaire de Maître Gilbert Collard, contre Mme Vouland-Fessard, proviseur du LEP Marie-Laurencin dans le 14e arrondissement de Marseille, pour avoir refusé en cours une élève voilée, Souan Flijan[115].

Toutes ces affaires viennent relancer un climat délétère : sans discontinuer, les prises de position et analyse des médias connaîtront un déferlement incroyable pendant 7 jours. La violence des débats le disputera à la cacophonie.

[Texte temporaire résumant les avis exprimés en 7 jours]

  • Les fantasmes envers les immigrés sont réalimentés à cette occasion, par exemple par France Soir, qui fait sa Une, le 2 novembre 1989, sur les nombre d’immigrés en France, « ce qu’ils coûtent et rapportent à la sécurité sociale », leur « taux de fécondité » (sic) et leur « taux de criminalité ».
  • A droite, Pierre Bernard, le sulfureux Maire de Montfermeil[116], montre du doigt le prétendu comportement raciste des immigrés, et Brunot Maigret (FN) prétend que la cohabitation n’est pas possible entre des « communautés ethniques religieuses [sic] différentes »[117].
  • A gauche Julien Dray (PS), réclame un « ministre de l’Intégration » le 2 novembre 1989[118], mais prônera deux jours après l’acceptation des filles voilées à l’école qui, ainsi, « évolueront d’elles-mêmes »
  • Chez les religieux

Le même jour, Le Figaro rend compte d’une polémique autour de la création d’une mosquée à Marseille : « Alors que la question du voile islamique déchire la gauche, Robert Vigouroux[119] relance le débat sur un front parallèle, avec la construction d’une « mosquée cathédrale » à Marseille »[120]. Dans une tribune dans Libération le 3 novembre intitulée Le symbole ou la vérité, Etienne Balibar (Maitre de conférence en Philosophie à l’Université Paris-I), tout en pronant la tolérance, pose le problème de la laïcité à l’école dans toute sa complexité et rend compte des divergences ou convergences d’opinion à ce sujet qui traversent tous les courants politiques[121]. Lors de la séance à l’assemblée nationale le 3 novembre 1989, Lionel Jospin (soutenu par Jack Lang, alors ministre de la culture), est vivement critiqué par « l’opposition libérale et le Parti communiste, mais aussi par plusieurs députés socialistes » parce qu’il ne respecte pas le principe de laïcité; les enseignants du collège de Creil demande à Lionel Jospin de venir dans l’établissement pour expliquer ses directives; La Voix de l’Islam, une association ultra-musulmane (dite « islamiste »), avait appelé à une manifestation pour le port du voile à l’école, mais l’avait annulé pour organiser « un débat sur les droits et les devoirs des musulmans en France » le 11 novembre 1989.[122]. Le 4 novembre 1989, c’est au tour de Danielle Mitterrand de se prononcer pour le respect des traditions et accepter les filles voilées à l’école, Danielle Mitterrand qui sera accusée par Marie-Claire Mendès-France de faire le lit de la « charia musulmane ». De son côté, Julien Dray (PS) prôner l’acceptation des filles voilées qui, ainsi, « évolueront d’elles-mêmes » tout en soulevant la problèmatique d’intégration de la population d’origine étrangère, opinion partagée par Jean Bousquet (Député UDF de Nîmes). De son côté, la démarche de Lionel Jospin est rapprochée, dans Le Monde du 4 novembre 1989, de celle d’Eugène Spüller, ministre des cultes en 1894 : « En mettant en avant l’impératif de tolérance, écrit le journaliste du Monde Alain Rollat, à l’époque comme aujourd’hui, il s’agissait pour le gouvernement de la gauche de pratiquer une politique centriste de rassemblement ».[123]. Le débat est clairement posé sur l’identité culturelle de la France face à l’Islam[124]. Le maire PC de Clichy-sous-Bois, André Deschamps, dit «  »comprendre » l’attitude de son collègue de Montfermeil Pierre Bernard (Divers droite) qui avait décidé d’exclure du service public deux écoles maternelles de la cité des Bosquets, les Directrices de ces dernières ayant inscrit, sans son accord, 40 enfants d’immigrés nouvellement installés dans la commune »[125]. Une pétition qui fait « Le pari de l’école » et qui reconnait « le signe de l’oppression et de la contrainte exercée sur les femmes musulmanes », mais qui affirme que « l’exclusion sera toujours la pire des solutions » est signée dans Libération du 6 novembre 1989 par plusieurs personnalités, dont Marguerite Duras (écrivain), Catherine Barma (productrice), Elli Medeiros (artiste), Catherine Lara (artiste), Noria Allami (auteur de « voilées et dévoilées »), Monique Ewange-Epee (recordwoman de France du 100 mètres haie), Souad Benami (Présidente de « nana beurs »), Ségolène Royal (PS), Anne-Marie Granger (« Chahiers du féminisme »), Halima Boumédienne, etc. Michel Rocard, alors Premier Ministre, défend de son côté la défense de la laïcité et le principe de refus des exclusions[126]. Libération ne parle plus de « tchadors », mais de « foulards ». Au milieu de ce capharnaüm, le Conseil d’Etat est saisi pour trancher la question et Lionel Jospin invitera à déjeuner trois chefs d’établissement, dont celui du collège de Creil, pour leur expliquer sa position.[127] Jean-Marie André, maire (droite) de Beaucaire dans le Gard, s’apprête à exclure une trentaine d’enfants marocains des établissement scolaires de « sa » commune, mais reculera devant la mobilisation de la FCPE.[128]

L’emballement au sein du MRAP (novembre 1989)

Le MRAP n’échappe pas non plus à des divisions internes sur la question. Comme le dit Libération du 23 octobre 1989 à propos du débat de société qui vient de s’engager, « les clivages ne recoupent pas les frontières politiques et idéologiques traditionnelles. Ils départagent ceux qui prônent l’interdiction par crainte du développement de l’intégrisme et les partisans de l’autorisation, eux-mêmes différemment motivés. ». Le 6 novembre 1989, le comité local de Marseille marque sa désaprobation avec la position nationale du MRAP (contre le port du voile mais contre les exclusions). Baya Bouhouné-Jurquet rend publique une résolution adoptée en assemblée générale par le comité de Marseille « opposé à la tolérance de toute représentativité religieuse à l’intérieur des établissements d’enseignement public. ». Selon elle, « la position adoptée par le secrétariat national dans un communiqué flagorneur soutenant la position prise par Lionel Jospin à propos du voile coranique dans les écoles, constitue une violation de l’orientation de la dernière session du bureau national. Devant cette situation, écrit-elle, je me trouve dans l’obligation d’en appeller, publiquement pour être entendue, à une convocation urgente du conseil national du MRAP. ». Elle s’étonne que le MRAP « puisse soutenir une attitude obscurantiste et sexiste vis-à-vis des femmes musulmanes. ». Tout en rappelant son origine maghrébine, elle affirme qu’elle a pu « s’affranchir du port du voile après l’avoir subi pendant quinze ans » et que « toute concession accordée à l’intégrisme ne peut provoquer un nouvel essor du racisme ». Elle affirmera à l’AFP que cette divergence avec les instances du MRAP « ne marque pas une rupture, mais simplement une discussion sur un problème sensible. » [129].

Illustration Tournaire - MRAP vitrolles

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Illustration Tournaire – MRAP vitrolles

Affaire Louis Chagnon (2004)

En octobre 2003, des élèves de cinquième au Collège Georges Pompidou à Courbevoie rentrent chez eux et parlent à leurs parents du cours religion qu’ils ont eu ce jour là, dans leur cours d’histoire. Ce jour là, il s’agissait de parler de l’Islam. Les parents, devant les questionnements de leurs enfants, ont été choqués par ce qu’ils lisaient sur les cahiers et avaient du mal à donner des explications à leurs enfants.« Mahomet va se transformer en voleur et en assassin (…) il va imposer sa terreur (…) Il fait exécuter 600 à 900 juifs par jours. »[130] Le MRAP est saisi par des parents d’élèves, le dossier est étudié, les cahiers comparés, et le MRAP décide de déposer plainte contre Louis Chagnon, accompagnée de Kamel ZMIT, un des parents des élèves musulmans dont il est question ici.

Le Collectif des parents d’élèves de Courbevoie (association loi 1901) écrit le même jour à Mouloud Aounit pour l’avertir que l’Education nationale a reconnue leurs attentes :

« Suppression du cours incriminé des 3 classes de cinquième dont M. Louis Chagnon avait la charge

« Reprise du cours par un autre enseignant.

« Mission d’enquête du rectorat de Versailles

« Le 22 janvier 2004 M. Louis Chagnon est convoqué devant un conseil de discipline

« Le 29 janvier le conseil de discipline inflige un blâme à l’enseignant. »[131]

Le 22 octobre 2003, le MRAP saisi le procureur de la République pour injure et provocation à la haine, à la discrimination, et à la violence, mais devant le silence du Procureur, il décide de recourir par voie de citation directe.[132]

Le 10 février 2004, devant la sanction prise à l’encontre de Louis Chagnon (blâme) et son départ de l’Education nationale, le MRAP retire sa plainte.[133]

Louis Chagnon poursuivra et le MRAP et le président du Collectif des parents d’élèves de Courbevoie, le 6 mai 2004. Louis Chagnon s’appuie sur le fait que la dépêche de l’Agence France Presse qu’il cite lui-même (cf. note précédente) serait la seule preuve d’une plainte du MRAP pour racisme. Louis Chagnon argue que le MRAP, en ayant écrit et envoyé le texte à l’AFP, se serait substitué à la justice et aurait fait passer Louis Chagnon pour quelqu’un qu’il n’était pas : une personne qui avait produit des textes racistes ou eu un comportement visant à les diffuser auprès de jeunes enfants de 12-13 ans. Il attaque M. Kamel ZMIT pour sensiblement les mêmes raisons.[134] Louis Chagnon réclame réclame pour le MRAP une condamnation pour complicité de diffamation envers un fonctionnaire; il demande en outre 1 euro au titre des dommages et intérêts.

Au terme du procès, Louis Chagnon sera débouté et le motif de sa plainte non reconnu. Non content de cette décision, il porta l’affaire devant la cour d’appel. La Cour d’appel, qui a, comme le jugement de première instance, relaxé le MRAP et M Kamel ZMIT, a motivé son arrêt par le fait que la Cour considérait que « la relaxe était définitive » mais qu’il « convenait cependant de rechercher si des faits déférés à la cour constituent une infraction pénale ouvrant droit à la réparation au profit de la partie civile. »[135]

Or, la Cour d’appel confirma la relaxe du MRAP et de M Kamel ZMIT. Elle précisera en outre qu’en retirant sa plainte suite au blâme que reçu Louis Chagnon, et qu’en l’expliquant en ces termes, le MRAP n’avait aucunement continué à faire la publicité (Louis Chagnon se plaint de cela justement) selon laquelle Louis Chagnon serait passible, pour ces faits du moins, de poursuites pour racisme. En retirant sa plainte, toute accusation contre Louis Chagnon devient inexistante, d’où l’inexistence originelle de la possibilité d’une diffamation. Concernant la dictée, le fait que quelques élèves auraient écrit sous la dictée que Mahomet aurait fait exécuté « 600 à 800 juifs par jours » au lieu de « 600 à 900 en une journée », « ne présente en elle-même aucun caractère diffamatoire pour cet enseignant. »[136]

Monsieur Chagnon a reçu de nombreux soutiens de la part d’autres professeurs, mais aussi d’historiens, d’islamologues et du Mouvement des Maghrébins Laïques de France[137], venus témoigner en sa faveur à la barre du tribunal; tous ont exprimé leur soutien et mis en évidence la difficulté dans laquelle les enseignants sont placés quand la religion est au programme et qu’un regard critique lui est porté.

Cependant, lors du procès en première instance, Louis Chagnon avait cité à la barre un historien. Maître Gérard Taïeb, avocat du MRAP, a interrogé cet historien sur le fait de savoir si on pouvait enseigner à des élèves du même âge qu’à ceux auxquels enseignait M. Chagnon que Charles IX fut un massacreur et un assassin au moment du Massacre de la Saint-Barthélemy[138]. Dans un premier temps, gêné, le témoin refusa de répondre à Maître Taïeb puis, poussé par le Président du Tribunal, il déclara : « C’est en effet un raccourci que l’on ne peut pas enseigner de cette façon. » [139]

 

Le MRAP et l’ONU

Le MRAP est admis comme ONG auprès de l’ONU depuis 1975. Il peut introduire des témoins, à qui la parole est accordée. Ce fut notamment le cas de José Ramos Horta, dirigeant pour l’indépendance du Timor oriental, qui a reçu le Prix Nobel.

Organisation du MRAP

Les organisations locales

Le MRAP est constitué par un siège national situé à Paris. Il s’appuie sur plus de 180 comités locaux et une vingtaine de fédérations situés dans toutes la France. Les comités locaux et les fédérations sont indépendantes du siège national et ont des statuts à part[140].

Les Responsables

De sa création en 1949 au congrès de décembre 2004, le MRAP a été composé de présidents ou de présidences collégiales (rôle politique), de présidents délégués (chargés d’ester en justice), de vice-présidents (rôle politique également), et de Secrétaires généraux (généralement porte-parole du Mouvement). Au délà de 2004, le poste de Secrétaire général a été statutairement transformé en poste de Président(e), et les postes de président(e)s sont devenus des vice-président(e)s.

Les Président(e)s, vices Président(e)s, et Président(e)s délégué(e)s

  • 1949 – 1953 : Maître André Blumel (Président).
  • 1953 – 1962 : Léon Lyon-Caen (Président).
  • 1962 – 1981 : Pierre Paraf (Président), Maître Fred Hermantin (Vice-Président), Charles Palant (Vice-Président), Abbé Jean Pihan (Vice-Président).
  • 1981 – 1984 : François Grémy (Président délégué), Maître George Pau-Langevin (Présidente), Charles Palant (Président), Abbé Jean Pihan (Président).
  • 1984 – 1988 : Maître George Pau-Langevin (Présidente), Charles Palant (Président).
  • 1988 – 1989 : Maître Roland Rappaport (Président délégué), Jacques Chevassus (Président), Pierre-Marie Danquigny (Président), Albert Lévy (Président), Maître Alain Miranda (Président), Charles Palant (Président).
  • 1989 – 1996 : Jacques Chevassus (Président délégué), Pierre-Marie Danquigny (Président), Albert Lévy (Président), Maître Alain Miranda (Président), Charles Palant (Président).
  • 1996 – 1998 : Jean-Jacques Kirkyacharian (Président délégué), Jacques Chevassus (Président), Maître Pierre Mairat (Président), Paul Muzard (Président).
  • 1998 – 2001 : Maître Pierre Mairat (Président délégué), Alain Callès (Président – démissionnaire en 2000), Catherine Lloyd (Présidente), Paul Muzard (Président).
  • 2001 – 2004 : Maître Pierre Mairat (Président délégué), Jean-Jacques Kirkyacharian (Président), Paul Muzard (Président), Bertrand Barry (Président).

A partir de 2004, le Président est l’équivalent de l’ex-Secrétaire général, et les Présidents deviennent des Vice-Présidents.

  • 2004 – nos jours : Mouloud Aounit (Président), Jean-Claude Dulieu (Vice-Président), Bernadette Hétier (Vice-Présidente), Nadia Kurys (Vice-Présidente), Renée le Mignot (Vice-Présidente).

Les Secrétaires généraux

Controverses

Sur les prises de position

Depuis l’an 2000, des orientations du MRAP ont été désapprouvées par une partie de ses membres. Sa position en faveur de la libération pour motif humanitaire de Maurice Papon, partagée par Robert Badinter, a été critiquée. Le MRAP est ensuite revenu sur cette position.

Alain Callès (Président démissionnaire du MRAP de 1998 à 2000), déclarait à propos du MRAP « il est évident qu’il a abandonné dans son combat antiraciste, ses références aux principes fondamentaux qui constituaient sa colonne vertébrale. En obscurcissant les principes laïques à l’ombre du voile puis en développant le concept d’islamophobie, il ouvrait la voie à un communautarisme à l’anglo-saxonne et perdait progressivement pied avec les principes d’égalité et de citoyenneté. La citoyenneté n’est plus le combat du MRAP » (Charlie-Hebdo n° 713 du 15/2/06) Deux anciens présidents, François Grémy et Albert Lévy ont au contraire apporté leur soutien aux orientations actuelles du MRAP à la même période.

Sur ces points, lors du congrès de 2004, la ligne de la direction de Mouloud Aounit a été vivement contestée par un certain nombre de ses fédérations. Finalement Mouloud Aounit a réussi à conserver une majorité de 61% des exprimés.

Le MRAP a été accusé par un certain nombre d’intellectuels, par diverses associations dont l’Union des Familles Laïques (UFAL) ou encore par le « Mouvement des Maghrébins Laïques de France »[141] de vouloir réintroduire un délit de blasphème, disparu avec la laïcité, et d’œuvrer ainsi contre la liberté d’expression. Ces accusations ont notamment été proférées lorsque le MRAP a voulu intenter un procès à Louis Chagnon, professeur d’histoire, pour avoir évoqué devant des élèves de 5ème les activités guerrières de Mahomet dans un cours sur l’islam. Le MRAP a également poursuivi en justice, sans obtenir gain de cause, avec la Ligue française pour la défense des droits de l’Homme et du citoyen et des associations musulmanes, l’écrivain Michel Houellebecq, celui-ci ayant déclaré : « La religion la plus con c’est quand même l’islam».

Le président du MRAP, Mouloud Aounit, déclare au journal télévisé de 13h00 de France 3 dans une réaction aux propos de Jean-Marie Le Pen [142]: « la liberté de blasphémer et la liberté d’ouvrir le champ au racisme doit être condamnée avec la plus grande fermeté ». Sous l’effet des critiques de l’UFAL, Mouloud Aounit se ravisa dans une autre déclaration. Au sujet de ce propos, Mouloud Aounit précisera en 2006 sur le site du Nouvel Observateur : « Après les propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz et le doute qu’il a émis sur le nombre de juifs exterminés, j’ai estimé que cette déclaration était une offense blasphématoire à la mémoire des victimes de la Shoah. Le sens que je donnais à blasphème, c’était le caractère sacré de la protection de cette mémoire. C’est cela qui a été transféré en campagne. ».[143].

En 2004, lors du débat sur le port du voile dans les établissements publics français, le MRAP soutient les sœurs Levy, filles d’un des avocats du mouvement, lycéennes qui refusent d’enlever leur voile islamique dans leur lycée . Il est alors encore une fois sujet d’autres critiques qui l’assimilent à un mouvement pour l’unique défense et de prosélytisme de l’islam. Au journal de France 2 le 6 janvier 2005, Mouloud Aounit intervient sur le cas d’élèves exclus de la cantine parce qu’ils avaient refusé de manger des plats non « hallal » et il suggère que les élèves puissent avoir le choix entre plusieurs plats. Cette intervention a été aussi présentée comme une défense de l’islam[réf. nécessaire].

Le mouvement s’est aussi associé dans des déclarations et conférences à l’intellectuel controversé Tariq Ramadan, notamment au Forum Social Européen à Ivry sur Seine. Selon l’essayiste et polémiste Caroline Fourest, c’est Tariq Ramadan qui a apporté au mouvement le concept de lutte contre l’islamophobie pour faire condamner le blasphème et les critiques de l’islam en France. En 2003, la section de Paris du MRAP prendra la défense de Tariq Ramadan à la suite de son article controversé sur notamment certains intellectuels juifs [144].

En 2006, suite à la publication des Caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten dans le journal France-Soir, le MRAP est la seule association avec le Conseil français du culte musulman à porter plainte contre ce journal. Répondant à des internautes inquiets de ce qu’ils perçoivent comme une dérive identitaire et religieuse, Mouloud Aounit répond: « J’estime que le droit au blasphème fait partie intégrante de cette exigence démocratique ». [6] Cette notion de lutte contre l’islamophobie, chère au président du mouvement Mouloud Anounit, est contestée au sein même du mouvement et a provoqué des conflits et des démissions. Emmanuelle Le Chevallier, ancienne présidente de la fédération de Paris estime que ce « ce concept va à l’encontre du principe d’universalité et confond défense de l’homme et défense d’une religion ».
Pour Gérard Kerforn, président de la fédération des Landes, la promotion de ce concept d’islamophobie est « un tiers-mondisme primaire, qui conduit à tolérer dans les religions dites « des pauvres » ce que l’on n’aurait pas toléré pour d’autres religions ».[145]

Certains de ses détracteurs voient ses prises de positions en faveur d’un islam radical.

Plus généralement, le mouvement est critiqué concernant ses prises de positions clairement contre Israël dans le conflit israelo-palestinien, ainsi que par certains mouvement et intellectuels dont Alain Finkielkraut pour son mutisme quand il s’agit de dénoncer le racisme anti-blanc.

Les divergences avec SOS Racisme

Du fait des positions du MRAP en ce qui concerne ce qu’il appelle la « lutte contre l’islamophobie » et le conflit du proche orient, le mouvement a eu de fortes et parfois vives divergences avec SOS Racisme.

Le 23 novembre 2003, Malek Boutih alors encore président de SOS Racisme déclare à propos du MRAP : « Il faut dire par exemple que si je prends la société française que je connais, il y a des formes d’antiracismes différentes : il y a celui du MRAP qui défile aux cris de « Mort aux juifs », celui de la Ligue des droits de l’homme qui écrit le texte justifiant la présence de Tariq Ramadan au FSE. Mais il y a aussi celui de SOS Racisme qui lui organise des débats contre l’antisémitisme et qui l’assume. »[146] Le MRAP a porté plainte contre Malek Boutih, les cris incriminés ayant été prononcés par des éléments incontrôlés en marge de la manifestation. Le 14 septembre 2006, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a décidé de condamner Malek Boutih pour diffamation à l’encontre du MRAP. Il devra, comme le MRAP l’avait demandé, verser un euro de dommage et intérêt pour le MRAP, 1000 d’amende, et 2500 au titre 475-1 du code pénal. Cette condamnation a été confirmée par la Cour d’appel de Paris le 27 juin 2007.

En février 2006, suite au meurtre crapuleux avec des prégugés antisémites d’Ilan Halimi, une manifestation est organisée en mémoire du jeune juif assassiné, à l’appel de SOS Racisme, de la LDH, de l’UEJF et de la LICRA et avec la participation de partis politiques UDF, UMP, PS, Les Verts et le MPF. Le MRAP retire son soutien à cette manifestation, au motif de « la participation annoncée du Front national [...] et celle du MPF de Philippe de Villiers [...] Le soutien de ces deux organisations d’extrême droite met en lumière le caractère ambigu de cette manifestation et son instrumentalisation politique. »[147] Interviewé par le journal 20 minutes à ce sujet, le vice-président de SOS Racisme Patrick Klugman déclare que de la part du MRAP « cet argument est crapuleux » et qu’il « n’est pas nouveau qu’il y a un malaise au sein de ce mouvement sur les questions de l’antisémitisme ». Le vice président de SOS Racisme dit aussi se réserver « le droit d’attaquer le MRAP et son dirigeant, Mouloud Aounit, en diffamation ».[148]

Au sujet de l’antisémitisme, Maya Vigier, membre du conseil d’administration du MRAP, estime qu’au sein du mouvement « au prétexte de ne pas les stigmatiser, on ne peut plus parler du racisme antisémite en banlieues ». [149]

Affaire Robert Redeker

Robert Redeker est un professeur de philosophie qui a écrit un article critique sur l’islam, le coran et Mahomet[150]. Il a exprimé l’idée que l’Islam est une religion de violence et de haine, contrairement aux autres religions. Il a été menacé de mort par divers groupuscules islamistes et vit désormais caché. Le MRAP et Mouloud Aounit ont à la fois critiqué les propos du philosophe et condamné les menaces de mort à son encontre[151],[152]. Lors d’un débat télévisé (« L’Arène de France » le 25 octobre 2006 sur France 3), M. Aounit a associé M. Redeker à Ben Laden dans un même rejet[153].

Contestation de Mouloud Aounit et de ses positions au sein du mouvement

Suite à ses diverses prises de positions concernant l’opposition à l’islamophobie, le président Mouloud Aounit est de plus en plus contesté au sein du mouvement. En mai 2007, 26 membres du mouvement dont plusieur membres du Conseil National signent un appel considérant que Mouloud Aounit ne représente pas « les valeurs universalistes et laïques » du MRAP et estiment qu’il utilise une « rhétorique communautariste et éthniciste » [154].

Gérard Kerforn, Emmanuelle Le Chevallier, Horiya Meklerouf, René Meyer, Didier Poupardin, Yves Loriette, Anne Savigneux, Maya Vigier et Nadia Kurys, membres du Conseil National du MRAP entendent signifier par cet appel qu’ils ne reconnaissent plus Mouloud Aounit comme le président du mouvement. Gérard Kerforn avait déclaré « Nous craignons que le Mrap ne s’égare sur une voie qui n’est pas la nôtre celle de la défense d’une religion« .

Cette contestation s’est intensifiée quand Mouloud Aounit s’est déclaré candidat au mandat de député dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis en tant que « candidat des populations issues de l’immigration ». Ces membres du Conseil National ont considéré cette candidature « incompatible avec la présidence d’un mouvement qui repose sur des valeurs universelles » et ont donc demandé sa démission[155].

Publications du MRAP

  • MRAP, Chronique du flagrant racisme, Editions la Découverte, Paris, 1984 (ISBN 2-7071-1453-7).
  • Pierre Paraf[156], La France de l’affaire Dreyfus, Paris, Droit et liberté, 1978 (ISBN 2-900-213-10X).
  • Collectif, Chronique d’un combat inachevé (50 ans contre le racisme), éd. Le temps des cerises/MRAP 1999 ; livre édité à l’occasion du 50e anniversaire du MRAP
  • Marie-Agnès Combesque, Racisme, de l’injure au meurtre, éd. Syros/MRAP, 1996
  • Jeunes Israéliens et Palestiniens ensemble contre l’occupation et pour la paix, MRAP

Voir aussi [modifier]

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. http://www.migreurop.org
  2. http://www.enar-eu.org/fr/
  3. Voir notamment Renée Neher-Bernheim, Histoire juive de la Révolution à l’État d’Israël, Seuil, février 2002, 1231 pages. Cet ouvrage contient des documents historiques considérables.
  4. Cf. Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIX-XXe siècle), Fayard, 2007, pp. 4989-494. [à venir]
  5. Voir le cas des enfants Finaly, confiés à une militante catholique, qui les a fait baptiser et qui refuse qu’ils retournent dans leur famille.
  6. La LICA se reconstituera dans la clandestinité pour venir en aide aux victimes des lois anti-juives, en leur trouvant des caches en Province, en leur fournissant des faux papiers d’identité, en créant des réseaux d’évasion vers la Suisse, l’Espagne et l’Angleterre. Voir article LICA
  7. Même si il ne faut surtout pas en faire une généralité, beaucoup de cadres actuels de la LICRA sont avocats, contrairement au MRAP qui repose sur des cadres proches du milieu syndical, notamment enseignant. Il reste que le combat de chacune de ces associations est complémentaire en matière de lutte contre le racisme, l’une (LICRA) agissant plutôt sur l’aspect juridique en gagnant des procès, tandis que l’autre (MRAP) agit sur l’aspect social en gagnant des luttes politiques. Ceci n’est toutefois pas une généralité et ne doit pas être vu comme telle, la LICRA menant des luttes sociales (contre le racisme dans le sport par exemple), et le MRAP gagnant des procès historiques (on peut citer le procès de Maurice Schmitt contre la torture en Algérie).
  8. Historiquement, le MRAP sera toujours considéré comme ayant des affinités avec la gauche, et notamment le Parti communiste, alors que la LICRA sera considérée comme proche de la droite. On peut noter par exemple que Mouloud Aounit, actuel Président du MRAP, est élu au Conseil régional d’Ile-de-France sous les couleurs du Parti communiste (sans avoir jamais été membre du Parti Communiste Français), tandis que Patrick Gaubert, l’actuel Président de la LICRA, est élu au Parlement européen sous l’étiquette du Parti Populaire Européen (Droite). On peut noter également que tous les Présidents de SOS Racisme furent des cadres du Parti Socialiste français.
  9. Celui de l’association des médecins d’origine étrangère contre L’Epoque en mars 1949. Celui intenté par lAssociation des anciens internés et déportés juifs et par lUnion des engagés volontaires et anciens combattants juifs contre Aspects de la France qui affirmait, notamment, que les juifs « sont responsables de quelques-unes des pires conséquences de cette guerre de 1939 ».
  10. Encart, Le Monde, Paris, 2 octobre 1975.
  11. « Presse Nouvelle » : conférence nationale à paris, L’Humanité, Paris, 21 octobre 1975.
  12. Philippe Dewitte, L’immigration : l’émergence en métropole d’une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Editions Autrement 2004, p. 202
  13. Philippe Dewitte, L’immigration : l’émergence en métropole d’une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Editions Autrement 2004, pp. 202-203
  14. Philippe Dewitte, L’immigration : l’émergence en métropole d’une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Editions Autrement 2004, p. 203
  15. Recueil se statistiques scolaires et professionnelles, 1949-1950-1951, CNDP, Informations statistiques du ministère de l’édication nationale, n°29-30, mai-juin 1961. Cité dans Philippe Dewitte, L’immigration : l’émergence en métropole d’une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Editions Autrement 2004, p. 204. A propos de ces chiffres, Philippe Dewitte les qualifie d’« aléatoires »
  16. Philippe Dewitte, L’immigration : l’émergence en métropole d’une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Editions Autrement 2004, pp. 204-205.
  17. Alexandre Biyidi, « Problèmes de l’étudiant noir », in « Les étudiants noirs parlent … », Présence africaine, n°14, 1953, pp 22-23.
  18. Jean-Pierre Ndiaye, enquête sur les étudiants noirs en France, Réalités africaines, 1962, p.273.
  19. Pascal Blanchard, Eric Deroo, Driss El Yazami, Pierre, Gilles Manceron, L’immigration : l’installation en métropole des populations du Maghreb, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Editions Autrement 2004, p. 213.
  20. Jacque Simon, L’immigration algérienne en France des origines à l’indépendance, Paris-Méditéranée, 2000, et Neil Mac Master, Colonial Migrants and Racism : Algerians in France, 1900-1962, St-Martin’s, 1997.
  21. Abdelmayek Sayad, Un nanterre algérien, terre de bidonvilles, Autrement, 1995.
  22. Pascal Blanchard, Eric Deroo, Driss El Yazami, Pierre, Gilles Manceron, L’immigration : l’installation en métropole des populations du Maghreb, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Editions Autrement 2004, p. 216.
  23. Voir notament le travail documenté de Guillaume D’Hoop, Mars 2004, Les Algériens acteurs des faits divers pendant la guerre d’AlgérieL L’article se trouve ici [1]
  24. Protest, Paris, The Standard, Nairobi, 2 juillet 1974; Le Monde, 22 juin 1975; Twinning of French city with Cape Town attacked, Daily news international, 3 juillet 1974.
  25. Tract. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris. Parmi les signataires : CFDT, CGT, SNEP, SNES, FSGT, Jeunesses socialistes, Jeunesses communistes, Jeunes radicaux de gauche, UNEF, PCF, PS, PSU, CIMADE, etc.
  26. une brasserie du Boulevard Saint-Germain à Paris qui s’entête à refuser de servir des noirs.
  27. Présidente du MRAP de 1981 à 1988. Elue députée en 2007.
  28. Cf. 50 ans contre le racisme : Chronique d’un combat inachevé, sous la Direction d’Albert Levy (Secrétaire général du MRAP, 1971-1989), Edition le Temps des Cerises, p. 86.
  29. Le Méridional écrit par exemple : « Nous en avons assez. Assez des voleurs algériens, assez des casseurs algériens, assez des fanfarons algériens, assez des trublions algériens, assez des syphilitiques algériens, assez des violeurs algériens, assez des proxénètes algériens, assez des fous algériens, assez des tueurs algériens. » (27 août 1973)
  30. Début 1974, l’OPEP avait restreint ses livraisons de pétrole aux USA et aux Pays-Bas. Par un curieux raccourci, on rend la population arabe généralement coupable de la crise économique qui a lieu en France. De grandes entreprises, prétextant la crise « créée » par l’OPEP, annoncent qu’elles ne renouvèleront pas leur contrat avec des travailleurs étrangers. Pour le MRAP, cette argumentation spécieuse cache non seulement des licenciements, mais contient un fond raciste évident.
  31. Cf. note confidentielle envoyée à tous les préfets et cotée « CAC 19950493 ». Son article 6 précise par exemple «Pour l’immédiat, le gouvernement a décidé d’interrompre temporairement le recrutement de nouveaux travailleurs étrangers ainsi que l’admission des familles. ». Cité dans « Suspendre l’immigration » :  » 1974  » passé au crible d’une sociologie de l’(in)décision, par Sylvain Laurens, LaSSP – GTMS (EHESS). Voir http://barthes.ens.fr/clio/revues/AHI/articles/preprints/laurens.html
  32. Le secrétaire de l’ancien commissaire aux Affaires juives condamné pour diffamation, Le Havre Livre, Le Havre, 17 octobre 1981.
  33. Marc Frederiksen de nouveau condamné, Centre Presse, Poitiers, 23 mars 1982; Encart dans l’Yonne Républicaine, Auxerre, 23 mars 1982; Le néo-nazi MarkFrédriksen de nouveau condamné, La Marseillaise, Marseille, 23 mars 1982.
  34. les juifs.
  35. Cité dans Les nouveaux visages de l’antisémitisme, Le Droit de Vivre, Paris, mars 1991.
  36. Voir le MRAP porte plainte contre le journal de rue Le Réverbère, pour « provocation à la haine raciale et à la discrimination », Le Monde, Paris, 23 avril 1996.
  37. Voir Le CRIF s’inquiète du sort des treize juifs iraniens accusés d’espionnage, Le Monde, Paris, 5 avril 2000
  38. Alain Bihel poursuivi pour « injure raciale » par le MRAP, Le Monde, 17.11.19999.
  39. le MRAP a appelé au boycott de la société Yahoo !, Paris, Le Monde,
  40. Voir http://www.migreurop.org/article583.html
  41. Voir http://www.migreurop.org/article791.html
  42. Voir http://www.migreurop.org/article915.html
  43. Voir Emprisonnés pour avoir aidé des migrants, Politis, Paris, jeudi 6 septembre 2007 (http://www.politis.fr/Emprisonnes-pour-avoir-aide-des,1816.html). Voir aussi Des associations tunisiennes réclament la libération des pêcheurs interpellés en Italie, dépêche Associated Press, Paris, 7 septembre 2007
  44. Date ? Cf. article Bertrand Delanoë, rubrique « Toponymie ».
  45. Voir A Paris, 5 000 personnes manifestent pour soutenir les femmes afghanes, Le Monde, Paris, 2 octobre 2001.
  46. http://www.humanite.fr/popup_imprimer.html?id_article=243922
  47. Voir La Gay Pride ou la grande fête pour le contrat d’union sociale, L’Humanité, Paris, 24 juin 1996 (http://www.humanite.fr/1996-06-24_Articles_-La-Gay-Pride-ou-la-grande-fete-pour-le-contrat-d-union-sociale)
  48. Voir par exemple : http://solidarite.samizdat.net/article1.html
  49. Références nombreuses à venir.
  50. Quand le procureur cite le MRAP à comparaître, L’Humanité, Paris, 31 janvier 1995. http://www.humanite.fr/1995-01-31_Articles_-Quand-le-procureur-cite-le-MRAP-a-comparaitre. Voir aussi Nadia Kurys refuse l’arbitraire, L’Humanité, Paris, 31 janvier 1995
  51. Nadia Kurys devant les juges, L’Humanité, Paris, 2 février 1995. http://www.humanite.fr/1995-02-02_Articles_-Nadia-Kurys-devant-les-juges
  52. Cf. Nadia Kurys victime du devoir, L’Humanité, Paris, 21 février 1996. http://www.humanite.fr/1996-02-21_Articles_-Nadia-Kurys-victime-du-devoir
  53. Nadia Kurys reconnue dans son droit, L’Humanité, Paris, 6 avril 1996. http://www.humanite.fr/1996-04-06_Articles_-Nadia-Kurys-reconnue-dans-son-droit
  54. Voir par exemple http://actu.fsu.fr/spip.php?article307
  55. Sartrouville : des jeunes parmi les nouveaux vigiles de la cité des Indes, Corse Matin, Bastia, 19 mars 1991. Voir Sartrouville : baisse de tension, CHarante Libre, Angoulêmeme, 29 mars 1991. Voir aussi Sartrouville s’enflamme, 29 mars 1991. Voir aussi On ne tourne pas la page, La Liberté, Lille, 29 mars 1991.
  56. Sartrouville : une nuit de violence, Dernières nouvelles d’Alsace, Strasbourg, 29 mars 1991. ‘Sartrouville : apaisement et dialogue, La Liberté de l’Est, Epinal, 29 mars 1991. Nouvelle émeute, Le Maine Libre, Le Mans, 29 mars 1991. Encore une nuit chaude, Eveil de la Haute Loire, Le Puy, 30 mars 1991. Sartrouville après l’émeute », Le calme après les vifs incidents, La voix du nord, Lille, 28 mars 1991, Divergences enttre le maire et le Préfet, La voix du Nord, Lille, 28 mars 1991. Sartrouville : violents incidents entre jeunes et forces de l’ordre, Nice Matin, Nice, 29 mars 1981. Sartouville : des jeunes parmi les jeunes vigiles de ma cité des Indes, Le Var, Toulon, 29 mars 1991. Regain de violence à Sartrouville, Nord Eclair, Roubaix, 29 mars 1991.
  57. Des réponses urgentes, La Liberté, Lille, 28 mars 20990.
  58. « Solidarité, Actualité, Drancy, 5 avril 1991. Hier : de violents incidents entre jeunes et forces de l’ordre à Sartrouville, Nord Littoral, Calais, 19 mars 1991; Sartrouville : l’apaisement, Vaucluse matin, Avignon, 29 mars 1999. L’appaisement, Sud Ouest, Bordeaux, 29 mars 1991.
  59. L’apartheid à la loupe, Afrique – Asie, Paris, 25 juin 1979.
  60. Cf. Le salut du syndicat d’Afrique du Sud, L’Humanité, Paris, 21 septembre 1979. Dans cet article, la centrale syndicale d’Afrique du Sud (Sactu) remercie la CGT pour son geste.
  61. Le MRAP condamne les liens noués avec l’Afrique du Sud, Le Monde, Paris, 19 octobre 1979; La TV et l’Afrique du Sud, La Marseillaise, 23 octobre 1979.
  62. Cf. Rugby et anti-apartheid, L’Indépendant, Perpignan, 19 octobre 1980.
  63. Cf. Réunion du comité national anti-apartheid, Dépêche Agence France Presse, 5 octobre 1980.
  64. Afrique du Sud : nouvelle flambée de luttes, Roge, Montreuil, 14 juin 1980.
  65. Cf. Manifestation contre l’apartheid devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris, La Liberté, Lille, 20 juin 1980; Le Monde, Paris, 21 juin 1980.
  66. Secrétaire général du MRAP.
  67. A propos du meeting contre l’Afrique du Sud organisé à Paris le 22 mai, L’Humanité rouge, Paris, 5 juin 1981. Voir aussi Afrique du Sud, Le Continent, Paris, 19 mais 1981, et Le Monde, Paris, 22 mai 1981. L’article Jane Fonda indésirable en Afrique du Sud, Combat socialiste, Paris, 25 juin 1981 fait également état de la campagne du MRAP, tout comme l’article Un tournant s’impose, Révolution, Paris, 29 mai 1981. Cf. également Afrique du Sud : appel du MRAP, Dépêche Agence France Presse, 18 juin 1981. Le nouveau Président français fraichement François Mitterrand adressera un message au MRAP, à l’AFASPA, et au Mouvement anti-apartheid pour réaffirmer le soutien de la France dans les sanctions contre l’Afrique du Sud : cf. La conférence internationale sur des sanctions contre l’Afrique du Sud, dépêche Agence France Presse, 19 mai 1981.
  68. Moscou et Washington veulent introduire le conflit Est-Ouest en Afrique australe, Le Matin, Paris, 27 février 1982.
  69. Cf. 1978 – Année internationale pour la lutte contre l’apartheid, Bulletin n°1/78 du Centre des Nations Unies contre l’apartheid, avril 1978.
  70. Voir A la Mairie : une expo du MRAP contre le racisme, Ouest-France, rennes, 4 novembre 1977.
  71. Tracts. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris.
  72. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris.
  73. Médecin et militant syndicaliste sud-africain. Assassiné en prison le 5 février 1982.
  74. Combattant contre le système raciste d’apartheid. Exécuté en Afrique du Sud à l’âge de 23 ans, le 6 avril 1979.
  75. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris.
  76. Cf. duplicata des lettres qu’Albert Levy a envoyé le 1er juillet 1982 à Henri Meillat, Président du groupe communiste au Conseil de Paris, à George Sarre, Président du groupe socialiste au Conseil de Paris, à Pierre Bas, Président du Groupe RPR au Conseil de Paris, à Paul Pernin, Président du groupe Libertés de Paris au conseil de Paris, à Raymond Long, Président du Groupe Paris-Renouveau au Conseil de Paris. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris
  77. L’ANC a 74 ans, L’Humanité, Paris, 10 janvier 1986.
  78. Sanctions contre Prétoria : bon exemple américain, L’Humanité, Paris, 6 octobre 1986.
  79. Les courriers sont signés par Albert Lévy, Secrétaire général, et George Pau-Langevin, Présidente. Duplicata des courriers, archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris.
  80. Dépêche Agence France Presse du 7 octobre 1986 référencée « FRA0270 4 I 0243 FRA /AFP-KZ59 »
  81. Cf. Interdit de séjour, La Liberté, Lille, 30 octobre 1986; Levée de boucliers contre le venue de Pieter Botha, Le Courrier Picard, Amiens, 5 novembre 1986; Botha en France : une présence contestée, L’Indépendant, Perpignan, 10 novembre 1986; La manif des antiracistes, Midi Libre, Montpellier, 12 novembre 1986; La visite de M. Botha à Longeval, La Voix du Nord, Lille, 12 novembre 1986; Botha à Longeval : le chef de l’apartheid sous haute protection, La Marseillaise du Berry, Chateauroux et L’Echo Dordogne, Perigueux, 12 novembre 1986. Il faut préciser que la CGT est la première organisation à avoir fait du 6 novembre 1986 une journée d’action contre cette visite « de la honte ». Cette mobilisation a donné lieu à une manifestation de 15000 personnes à Paris et plusieurs dizaines en province le 6 novembre 1986 dont le MRAP a été une des principales organisations, tandis que des dizaines de personnalités se joignaient au cortège (Bernard Lavilliers, Salif Keita, Rachid Bari, Jean Ferrat, Bernadette Lafont, Isabelle Huppert, Didier Daeninckx, des dirigeants de la CGT, de l’OIM, de l’ANC, du PCF, de la SWAPO, de la FEN, du SNES, de la jeunesse communiste, de l’AFASPA – Association française de solidarité avec l’Afrique et l’Asie -, etc.). Cf. Persona Non Grata, La Liberté, Lille, 6 novembre 1986 et Révoltés, La Liberté, Lille, 7 novembre 1986.
  82. Cf. Nord Matin, Lille, 8 novembre 1986.
  83. Cf. Nord Matin, Lille, 8 novembre 1986. Voir également Visa pour la Honte, dans je journal Révolution, Paris, du 14 novembre 1986, qui contient une photo de A. Senna des pierres tombales.
  84. Cf. Lyon Matin, Lyon, Saint-Etienne, 11 novembre 1986; Le Dauphiné Libéré, 11 novembre 1986; Vaucluse matin, Avignon, 11 novembre 1986.
  85. Le visiteur de la honte, Témoignage chrétien, du 17 au 23 novembre 1986, p. 3. Botha, le FN et les paras font la Somme, Libération, Paris, 12 novembre 1986.
  86. Racistes sous protection, La Liberté, Lille, 12 novembre 1986.
  87. Longeval sur apartheid, Courrier de l’Oise, Chalon sur Saône, 12 novembre 1986. L’article contient par ailleurs une photo de ce militant du MRAP en train de crier sur un dignitaire (photo de G. Grignier). Voir également Le Courrier Picard d’Amiens du 12 novembre 1986.
  88. Longeval (Somme) : l’Afrique du Sud s’offre une belle contre publicité, Nord Matin, Lille, 12 novembre 1986; Le Président Sud-African dans la Somme : Représentant le gouvernement français, le sous-préfet de Péronne est hué par la foule en déposant une gerbe; la manifestation anti-apartheid tourne à la bataille d’éclairs au chocolat, Nord Eclair, Roubaix, 12 novembre 1986.
  89. Botha, le FN et les paras font la Somme, Libération, Paris, 12 novembre 1986.
  90. Voir article Salman Rushdie
  91. On est en effet frappé, à la lecture de cet article, de l’aspect anecdotique et l’ambiance de chamaillerie qui règne autour de ces enfants de 5 ou 6 ans…
  92. France Soir, mardi 10 octobre 1989, « ’Quand je suis entrée en classe tout le monde m’a regardée » ».
  93. Le Parisien, mardi 10 octobre 1989, « Leila, Fatima et Samira iront à l’école en tchador »
  94. L’Humanité, jeudi 5 octobre 1989, « Le foulard de Fatima ».
  95. Ibid.
  96. L’Humanité, 6 octobre 1989, « Au nom de la laïcité ».
  97. Le Monde, samedi 7 octobre 1989, « Les réactions ».
  98. Le Monde, samedi 7 octobre 1989, « Les réactions ».
  99. Le Monde, samedi 7 octobre 1989, « Les réactions ». ; Gisèle Halimi démissionnera d’SOS-Racisme à la suite de cette position; cf. Lang d’accord avec le ministre de l’Education, Le Quotidien de Paris, Paris, 4-5 novembre 1989.
  100. Libération, mardi 10 octobre 1989, « devoirs religieux et cas de conscience laïcs ».
  101. France Soir, mardi 10 octobre 1989, « Quand je suis entrée en classe tout le monde m’a regardée » »
  102. Le 16 octobre, plus de dix jours après la réintégration des filles au collège de Creil et leur acceptation de retirer leur voile, Le Point, dans son numéro 891 du 16 octobre 1989, publie un dossier de 6 pages sous le titre : « Fat-il laisser entrer l’Islam à l’école ? ».
  103. La Fédération des musulmans de France demandera le 18 octobre 1989 dans un communiqué que les trois élèves de Creil remette leur voile. Selon Daniel Youssez, un des dirigeants de la Fédération, l’interdiction du port du voile équivaut à un attentat à la pudeur, tandis que l’accord avec les parents s’était fondé sur une sourate qui précise qu’il n’y a pas de péché lorsque le musulman est obligé de transgresser sa religion. (L’Humanité, jeudi 19 octobre 1989, « La Fédération des musulmans préconise le port du voile »).
  104. La démission en novembre 2006 d’Antoine Spire de la Ligue des droits de l’homme sera notamment due à des affaires de ce type. Cf. Le Monde du vendredi 24 novembre 2006.
  105. Libération, lundi 16 octobre 1989, « Le MRAP entre en lice pour le foulard de Souan »
  106. Le Provencal, mardi 17 octobre 1989, « Un voile sur l’avenir de Souha [sic] »
  107. Le Provencal, mardi 17 octobre 1989, « Un voile sur l’avenir de Souha [sic] »
  108. La presse ne donnera pas de nom de famille.
  109. Libération, vendredi 20 octobre 1989, « Tchadors solidaires à Avignon ».
  110. Cité par Libération, vendredi 20 octobre 1989, « Tchadors : les chefs religieux entrent dans le débat ».
  111. Le Bureau exécutif du Parti socialiste contestera nénamoins la position de Lionel Jospin. Cf. Le Monde, vendredi 27 octobre 1989, « La position du ministre de l’éducation contestée au sein du bureau exécutif du PS ».
  112. Le Quotidien de Paris, vendredi 27 octobre 1989, « Tchadors : les profs refusent Jospin ».
  113. Le Quotidien de Paris, jeudi 26 octobre 1989, « Deux députés socialistes avec le foulard ».
  114. Le Quotidien de Paris, vendredi 27 octobre 1989, « Le député PS Jacques Lavédrine : « Pourquoi j’ai porté le voile » ».
  115. Voir plus haut. Cf. également Le Quotidien de Paris, vendredi 27 octobre 1989, « Une nouvelle plainte contre un proviseur »
  116. Pierre Bernard a été condamné en 1989 et 1991 pour discrimination raciale après avoir refusé pendant de longues années d’inscrire des enfants immigrés dans « ses » écoles municpales. Le MRAP sera à l’origine des deux plaintes. Cf. Montfermeil, ville-laboratoire de la droite extrême, Informations Syndicales et Antifascistes, juillet 2006.
  117. France Soir, jeudi 2 novembre 1989.
  118. France Soir, jeudi 2 novembre 1989.
  119. Alors maire de Marseille.
  120. Marseille : le maire veut une mosquée « belle comme une cathédrale », Le Figaro, Paris, 2 novembre 1989.
  121. Le débat perdurera en ces termes jusqu’en 2006, date où une loi sera spécifiquement votée pour trancher la question des signes religieux à l’école.
  122. L’opposition dénonce la « triple faute » de Lionel Jospin, Creil : Jospin « invité » par les enseignants, La Voix de l’islam ne défilera pas, Lang d’accord avec le ministre de l’Education, Le Quotidien de Paris, Paris, 4-5 novembre 1989.
  123. D’Eugène Spuller à Danielle Mitterrand, L’Humanité, Paris, 4 novembre 1989.
  124. Cf. Les voies de l’Islam, Les mosquées entre prière et polémique, Le Quotidien de Paris, Paris, 4-5 novembre 1989.
  125. Cf. Un maire PC « comprend » celui de Montfermeil, Le Quotiden de Paris, Paris, 4-5 novembre 1989. Rappellons que Pierre Bernard a été condamné pour discrimination raciale à deux reprises suite à deux plaintes du MRAP pour ces refus de service public. Cf. Montfermeil, ville-laboratoire de la droite extrême, Informations Syndicales et Antifascistes, juillet 2006.
  126. Pour « une laïcité de la ville », Libération, Paris, 6 novembre 1989.
  127. Concilier l’inconciliable, un jeu délicat pour le Conseil d’Etat, Libération, Paris, 6 novembre 1989. Cette édition de Libération publie d’ailleurs 9 pages sur la thématique du voile à l’école. Voir également Coup de pied en touche, L’Humanité, Paris, 6 novembre 1989. Et les pages 2 à 6 de l’édition du 6 novembre 1989 du Quotidien de Paris.
  128. Parents très vigilants, L’Humanité, Paris, 6 novembre 1989.
  129. Zizanie au MRAP, le Quotidien de paris, Paris, 7 novembre 1989.
  130. La phrase plus ou moins reconstituée à l’audience donnererait : « Mahomet va se transformer en voleur et en assassin (…) Il va imposer sa religion par la terreur (…) Il fait exécuter 600 à 900 juifs en une journée ».
  131. Lettre du CREC, Collectif des parents d’élèves de Courbevoie, Association loi 1901, créé le 23 octobre 2003, reçu au MRAP le 3 février 2004 par fax.
  132. Cf. Communiqué du MRAP du 10 février 2004 – produit à l’audience. Voir également dépêche Agence France Presse, Le MRAP veut poursuivre le professeur qui avait traité d’assassin Mahomet, 17 décembre 2000 4:42:29 PM – produite à l’audience également.
  133. Mahommet traité d’assassin : professeur sanctionnée, le MRAP retire sa plainte, dépêche Agence France Presse, 12 février 2004.
  134. Cf. Citation directe émise par le Tribunal correctionnel de Paris le 6 mai 2004.
  135. Toutes ces informations proviennent des actes du procès. Voir également l’Arrêt du 09 novembre 2005, n°50/03126.
  136. Voir l’Arrêt du 09 novembre 2005, n°50/03126.
  137. Sur le « Mouvement des Maghrébins laics de France », et toute le mouvement de soutien à Louis Chagnon, cité en soutien dans cette partie, voir le texte du MRAP « Les communautaristes en délire !… » http://web.archive.org/web/20050105082007/mrap.asso.fr/article.php3?id_article=693. Voir également « Qui tire les ficelles du « Mouvement des maghrébins laïques de France » et de la campagne calomnieuse contre le MRAP ? », par le MRAP, Paris, février 2004 : http://web.archive.org/web/20050105102957/mrap.asso.fr/IMG/pdf/doc-123.pdf
  138. Massacre perpétré à Paris par les catholiques sur les protestants le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy. Voir
  139. Voir les minutes du procès.
  140. Afin de pouvoir effectuer plus rapidement des démarches juridiques.
  141. Sur le « Mouvement des Maghrébins laics de France », cité en soutien dans cette partie, voir le texte du MRAP « Les communautaristes en délire !… » http://web.archive.org/web/20050105082007/mrap.asso.fr/article.php3?id_article=693. Voir également « Qui tire les ficelles du « Mouvement des maghrébins laïques de France » et de la campagne calomnieuse contre le MRAP ? », par le MRAP, Paris, février 2004 : http://web.archive.org/web/20050105102957/mrap.asso.fr/IMG/pdf/doc-123.pdf
  142. http://www.atheisme.org/mrap-islam.html
  143. http://www.nouvelobs.com/forum/archives/forum_497.html ; « Mouloud Aounit contre le droit au blasphème »
  144. http://www.naros.info/article.php3?id_article=258
  145. Article du Monde, 06.06.06 intitulé « L’ »islamophobie » secoue le MRAP »
  146. http://www.mrap.asso.fr/communiques/haine-malek
  147. Communiqué sur la manifestation suivant le meurtre d’Ilan Halimi.
  148. « SOS Racisme se réserve le droit d’attaquer le MRAP », 20 minutes, 24 févier 2006.
  149. Article du Monde, 06.06.06 intitulé « L’ »islamophobie » secoue le MRAP »
  150. Article
  151. Communiqué du MRAP
  152. Communiqué du MRAP
  153. desinfos.com
  154. Des membres du Mrap fustigent Mouloud Aounit, Le Nouvel Observateur, 24/05/2007
  155. Des membres du Mrap fustigent Mouloud Aounit, Le Nouvel Observateur, 24/05/2007
  156. Président du MRAP de 1962 à 1981.

Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_contre_le_racisme_et_pour_l%27amiti%C3%A9_entre_les_peuples »

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Noirs, il y a de l’espoir !

Posté par issopha le 25 septembre 2007

Noirs : une conscience commune fondée sur un malaise social partagé est en train d’émerger.Il s’agit de construire une mémoire collective fondée sur une histoire explicitée et assumée plutôt que sur le refoulement et la honte.


par Pap Ndiaye [1] [ Libération lundi 28 février]

Voilà que depuis quelque temps les Français d’origine africaine ou antillaise font entendre leur voix, amère et revendicative. Cette prise de parole n’est pas nouvelle, mais il semble bien que le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en 1998, le vote de la loi de mai 2001 reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, puis la candidature de Christiane Taubira à l’élection présidentielle de 2002 en aient été les catalyseurs. A quoi s’est ajouté, plus récemment, le travail de plusieurs associations « noires » qui proposent des événements (manifestations, colloques) où le malaise et les attentes des populations concernées s’expriment avec véhémence. Les Noirs de France sont en émoi. Les provocations antisémites de Dieudonné, qui tente misérablement d’exploiter la situation, un peu à la manière d’un Farrakhan aux Etats-Unis, ne sont, à cet égard, qu’un épiphénomène, certes insupportable, mais dont il convient de ne pas surestimer la portée. Au fond, il est question d’un ensemble de problèmes qu’il est sans doute utile de scinder en plusieurs catégories.

- Le premier est celui des discriminations dont les populations noires sont victimes avec d’autres dans leur vie socio-économique. La description fine des discriminations ethno-raciales demeure à réaliser pour les populations issues de familles antillaises, de familles d’Afrique subsaharienne et leurs descendants, malgré certains travaux déjà menés à partir des données de l’Insee. La particularité du facteur mélanique est qu’il traverse les classes sociales et pèse également sur les élites noires dont les représentants peuvent aussi être soumis à des traitements vexatoires et brutaux, en même temps que leurs carrières professionnelles se voient contraintes par les stéréotypes négatifs qui pèsent sur eux. Il est important de considérer la discrimination raciale dans ses formes spécifiques ­ faute de quoi, relativisée dans l’ensemble indifférencié des discriminations, on ne pourrait plus la viser et donc la combattre. Il en va d’ailleurs de même pour toutes les autres discriminations : elles participent d’un phénomène général mais elles ont chacune des formes particulières.

- Le deuxième problème est celui des populations noires et de la représentation politique. Les responsables politiques noirs sont rarissimes, et cela n’est pas sans relation avec l’indifférence générale teintée d’un paternalisme plus ou moins débonnaire dont la classe politique fait généralement preuve à l’égard des populations d’origine antillaise et africaine. Or, cette absence, que l’on ne peut expliquer que par l’existence de mécanismes de sélection discriminants, paraît éclatante aujourd’hui, à l’heure où, du côté français, le discours d’universalisme républicain a perdu de sa superbe, et où du côté des Etats-Unis, l’administration Bush, pourtant peu suspecte de militantisme afro-américain, comporte des responsables noirs de haut rang comme Condoleezza Rice. Si sa visite a eu tant d’effet en France, c’est non seulement en raison de ses talents et de ses objectifs politiques de réparation des relations franco-américaines, mais aussi du fait qu’elle est noire. Une femme noire à un tel poste de pouvoir est, vu de France, une anomalie exotique. Sur le terrain de la diversité, les Etats-Unis donnent une leçon à la France.

- Le troisième problème est celui de l’histoire et de la mémoire. Les trois questions saillantes sont celle de la traite et de l’esclavage, celle des colonisations et celle des migrations. Pour ce qui concerne les deux premières, la recherche historienne est active comme en témoignent les travaux importants de ces dernières années, publiés en France et à l’étranger (aux Etats-Unis en particulier). Ces études montrent l’imbrication entre l’histoire politique, économique et sociale française et le système esclavagiste puis colonial.

Autrement dit, les historiens réinsèrent la traite et le grand commerce colonial dans les histoires nationales européennes (non seulement du point de vue classique de la croissance économique, mais aussi des structures sociales et des représentations culturelles fondatrices de la modernité européenne) et ils font du fait colonial un élément essentiel de compréhension de l’histoire contemporaine de la France. A cet égard, c’est une grande partie des manuels et des programmes d’histoire de l’enseignement secondaire qui mériterait d’être repensée de manière à inclure centralement ces questions, sans omettre l’aspect essentiel de l’histoire des victimes vue par elles-mêmes. Dans les réunions publiques, j’entends des demandes d’explication et de reconnaissance des souffrances passées, qui ne sont en rien une manière de nier l’existence d’autres souffrances et d’autres mémoires blessées, au contraire. Il faut ajouter que les débats historiens ne mettent pas les Noirs eux-mêmes à l’abri : la question de l’esclavage est créatrice de tensions entre Antillais et Africains. La loi de mai 2001, initiée par Christiane Taubira, qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité fut une étape importante, mais il convient d’en suivre toutes les dispositions, en particulier celles relatives aux programmes d’enseignement, à quoi on ajoutera la nécessité d’un musée de l’esclavage (pourquoi pas à Nantes ?) et d’un musée de la colonisation. Il ne s’agit pas seulement de rendre justice aux victimes d’un moment catastrophique de l’histoire, mais aussi, et peut-être surtout, de construire une mémoire collective fondée sur une histoire explicitée et assumée plutôt que sur le refoulement et la honte.

Du côté des travaux sur les migrations d’origine subsaharienne, le constat est plus lapidaire : la recherche est embryonnaire, et il est significatif que les historiens de l’immigration les plus renommés n’y aient jamais prêté qu’une attention lointaine, par contraste avec d’autres migrations (européennes et désormais nord-africaines) qui ont fait l’objet de travaux remarquables.

Les débats sur ces trois ensembles de questions ne concernent pas seulement les Noirs de France, mais l’ensemble de la société civile, du monde politique et de la recherche universitaire. D’ores et déjà s’amorce cependant un fait essentiel : la construction progressive d’une communauté noire française. Cela ne signifie pas que les divisions entre Noirs s’effacent magiquement, mais que des intérêts communs, fondés sur des expériences sociales partagées, se font jour. Cela n’est en rien l’amorce d’un repli identitaire, mais une demande de prise en compte de difficultés et de souffrances sociales où se mêlent la mémoire incertaine d’un passé enfoui et le présent frustrant des discriminations. La République gagnerait à mieux écouter ses enfants noirs.

Notes

[1] Pap Ndiaye est historien, maître de conférences à l’EHESS et membre du Capdiv (Cercle d’action pour la promotion de la diversité en France).

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démons français

Posté par issopha le 25 septembre 2007

démons français

 

article de la rubrique histoire et colonies > la France et son passé colonial
date de publication : mardi 6 décembre 2005


 

Les discriminations n’excusent pas tout. Lutter contre les séquelles du colonialisme n’autorise pas les discours antisémites.

Déclaration des 24, publiée dans Le Monde daté du 6 décembre 2005.


La France connaît aujourd’hui, à travers la formation de groupes s’affirmant les  » descendants  » et les  » héritiers  » d’épisodes historiques douloureux – l’esclavage et la colonisation -, une situation en grande partie nouvelle. Ces groupes cherchent à revenir sur une généalogie historique souvent occultée et, ainsi, à redonner une signification à leurs origines, un enracinement à leur histoire et, sans doute, un sens à leur présence au sein de la nation française.

Cette démarche identitaire n’a en soi rien d’exceptionnel, et on l’observe dans beaucoup d’autres pays occidentaux. Mais elle s’exprime aujourd’hui en France avec une grande virulence. Celle-ci renvoie à la face sombre de l’universalisme républicain, résistant toujours à reconnaître la longue histoire d’un racisme d’Etat qui s’est développé durant la période coloniale sous les atours de la  » mission civilisatrice « . Dans la France postcoloniale, l’incapacité de l’Etat à lutter efficacement contre les discriminations raciales, qui depuis des décennies empoisonnent la vie de millions de Français issus des anciennes colonies ou d’autres pays du Sud, témoigne en même temps du déni de cette histoire. C’est la conscience, parfois confuse, de cette filiation qu’ont cherché à exprimer des groupes très divers qui ne supportent plus l’indifférence des élites face à l’interminable relégation sociale dont témoigne la pérennisation des cités-ghettos, le « chômage ethnique », la mobilisation policière dans les contrôles au faciès, etc.

Dans ses grandes lignes, ce constat nous paraît très largement fondé. Mais nous voulons souligner ici que ce constat ne saurait en rester au stade de la révolte, de l’émotion et de la confusion qui l’accompagnent souvent. Car le risque serait grand alors d’aboutir aux pires dérives. Des dérives que l’on ne peut admettre et que l’on ne peut taire, et qui sont déjà là, comme on peut les lire sur maints forums d’Internet, où les escalades verbales tiennent trop souvent lieu d’analyse politique.

Nous voulons parler des assimilations absurdes des révoltes des banlieues à l’Intifada palestinienne, de certains dérapages de la légitime solidarité avec la lutte du peuple palestinien vers l’affirmation d’un prétendu  » antisionisme  » qui cache mal parfois un réel antisémitisme, le  » lobby juif  » devenant le principal responsable de tous les maux de la terre. L’invocation incantatoire de cette solidarité sert en effet trop facilement de flambeau pour magnifier une révolte, par ailleurs pleinement fondée, contre un processus discriminatoire postcolonial dont les racines comme les causes actuelles n’ont rigoureusement rien à voir avec le conflit israélo-palestinien.

Une variante à nos yeux particulièrement dangereuse de ce fourvoiement se retrouve dans les discours inacceptables de l’humoriste Dieudonné, dont l’audience pouvait jusqu’alors paraître circonscrite, mais qui semble dépasser désormais les frontières étroites du noyau proche qui le soutenait. Par glissements successifs, ce qui au départ était une revendication fondée de la mémoire de l’esclavage tend à devenir une machine infernale à énoncer des idées antisémites. La matrice en est – comme toujours – l’idée du  » complot juif « . Dans cette perspective, tout est bon, y compris les falsifications les plus grossières de la vérité historique. Le ressassement, par exemple, du fait que des  » juifs  » auraient été au centre ou auraient joué un rôle prédominant dans la traite transatlantique. Cette polémique, issue pour partie de mouvements radicaux tels que Nation of Islam de Louis Farrakhan et de certains secteurs des African Studies, a duré plus de dix ans aux Etats-Unis, et elle a été tranchée depuis, les études les plus sérieuses démontrant, sans aucune ambiguïté, que les juifs n’avaient joué globalement qu’un rôle marginal dans la traite.

Dieudonné rappelle sans cesse que la participation supposée des  » juifs  » à la traite leur aurait permis de fonder des  » banques « . Le pouvoir, aux origines monstrueuses, des  » juifs  » se poursuivrait donc aujourd’hui par leur puissance financière ou leur omniprésence dans les médias. Là encore, c’est la reprise d’un thème nauséabond, répété sans discontinuité depuis le XIXe siècle par les groupes politiques et les publicistes, à la racine des catastrophes que l’on sait.

La matrice antisémite est donc là, avec son centre paranoïaque. Les dangers d’une telle dérive sont évidents. L’antisémitisme paranoïaque a des effets potentiellement dévastateurs parce qu’il offre une explication « totale » de l’histoire : tout proviendrait de la suprématie des  » juifs « . La force d’agrégation d’une telle « idéologie » est donc potentiellement immense. Elle dévoie, dans le cas présent, le sentiment spontanément partagé par nombre de Français issus des immigrations coloniales – encouragés de surcroît à se percevoir en « communautés », noire ou arabe, par le discours politique et médiatique dominant – d’être les victimes et les  » boucs émissaires  » de l’histoire, soumis au racisme. Et, dès lors, le bouc émissaire juif devient la cible racisée, en miroir du Noir esclave d’hier ou de l’ »indigène » de la IIIe République. Processus vertigineux, et totalement incontrôlable : lorsque la machine à produire des énoncés antisémites est enclenchée, elle se nourrit de son propre discours. Elle suit, toujours, un trajet cumulatif de radicalisation vers le pire.

Pour autant, ce dévoiement n’a rien de fatal. Il est encore temps de le dénoncer très vigoureusement et de se mobiliser contre son potentiel destructeur. En l’occurrence, il faut aussi le dire avec force, les  » intégristes de la République « , qui tirent argument des dérives antisémites pour minimiser la part d’ombre de l’héritage républicain et nier la nécessité de construire un récit partagé de l’histoire coloniale, ne seront d’aucun secours. Car leur aveuglement nourrit souvent un discours du complot (islamiste en l’espèce) – voire parfois un discours de haine de l’autre « basané » – symétrique de celui que nous dénonçons ici. Le pire des cauchemars serait celui d’un débat public où ne s’échangeraient plus que des arguments « à la Dieudonné » ou « à la Finkielkraut », recourant aux mêmes procédés – falsifications, dénégations, occultations – et se nourrissant mutuellement.

La France, heureusement, ne manque pas d’historiens, de sociologues, de politologues – dont beaucoup sont  » issus de l’immigration  » – à même d’apporter leur contribution à la lutte contre le double poison de la dérive antisémite et de la dénégation coloniale. Leur rôle, certes, n’est pas d’intervenir « pour » ou « contre » telle ou telle revendication mémorielle. Ils n’ont pas à choisir, par exemple, entre la mémoire des descendants des esclaves des Antilles et celle des colons français expulsés d’Haïti après l’indépendance de 1804. Pas plus qu’ils n’auraient à choisir entre la mémoire des rapatriés d’Algérie et celle des descendants d’Algériens ayant lutté avec le FLN. Il est essentiel d’éviter le piège mortifère de la « concurrence des victimes », car il n’y a pas de hiérarchie à établir dans le degré de souffrance, pas plus qu’il n’y a de hiérarchie à reconnaître entre les différentes formes de racisme. Mais nous sommes convaincus que tous, intellectuels, politiques et simples citoyens, dès lors qu’ils sont sincèrement attachés à la cause de la démocratie, peuvent et doivent participer à la renaissance d’une République enfin débarrassée de ses démons coloniaux. Et que ce combat ne pourra être gagné que s’il accorde le même poids à la lutte contre les démons de l’antisémitisme.

Salah Amokrane,
Nicolas Bancel,
Esther Benbassa,
Hamida Bensadia,
Pascal Blanchard,
Jean-Claude Chikaya,
Suzanne Citron,
Maryse Condé,
Catherine Coquery-Vidrovitch,
Yvan Gastaut,
François Gèze,
Nacira Guénif-Souilamas,
Didier Lapeyronnie,
Sandrine Lemaire,
Gilles Manceron,
Carpanin Marimoutou,
Achille Mbembe,
Laurent Mucchielli,
Pap Ndiaye,
Benjamin Stora,
Christiane Taubira,
Françoise Vergès,
Pierre Vidal-Naquet,
Michel Wieviorka.

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Un écrivain antillais répond à Finkielkraut

Posté par issopha le 25 septembre 2007

  

  

  

  Un écrivain antillais répond à Finkielkraut

28 avril 2006

Par  Raphaël Confiant

Depuis quelques semaines, le philosophe Alain Finkielkraut se répand dans tous les médias, en particulier sur les radios juives, pour stigmatiser les Antillais, en particulier les Martiniquais, au motif que ces derniers seraient tout à la fois des « assistés » et des anti-sémites, adeptes de Louis Farakhan.

Mieux (ou pire) : la créolité serait une idéologie haineuse distillant un discours anti-blanc et francophobe. Profitant des différents procès intentés à l’humoriste Dieudonné et des bagarres provoquées par des « casseurs noirs  », venus des banlieues, à l’encontre des « lycéens blancs et juifs » lors des dernières manifestations contre la loi Fillon, il enfonce le clou en lançant une pétition nationale qui se révèle être un véritable appel à la haine anti-Noirs, un manifeste de ce qu’on pourrait appeler la «  mélanophobie ».

Sans doute Alain Fienkielkraut ignore-t-il ce qu’est exactement la Martinique (à moins qu’il ne feigne de l’ignorer). Pour sa gouverne et celle de ceux qui le soutiennent dans sa croisade anti-nègre, il me semble important de rappeler un certain nombre de faits historiques : -

En 1635, les Français débarquent dans une île peuplée depuis des millénaires par les Caraïbes, île que ces derniers nommaient « Matinino » ou «  Jouanakaéra ». En moins de trente ans, ils massacrent ceux-ci jusqu’au dernier, continuant ainsi le génocide des Amérindiens entamé avant eux par les Espagnols et les Portugais. – Vers 1660, et cela jusqu’en 1830, ils importent des centaines de milliers d’Africains qu’ils transforment en esclaves dans des plantations de canne à sucre lesquelles contribueront pendant trois siècles à faire la fortune des ports de Bordeaux, Nantes, La Rochelle etc., et plus généralement de la France, participant ainsi, aux côtés des autres puissances européennes, à l’esclavage des Nègres. -

En 1853, l’esclavage aboli car désormais non rentable, ils importent, et cela jusqu’en 1880, des dizaines de milliers d’Hindous du Sud de l’Inde qu’ils installent sur les plantations, en partie désertées par les anciens esclaves noirs, et leur imposent un système d’asservissement et de travail forcé qui n’a rien à envier à l’esclavage. – En 1960, l’Etat français crée le BUMIDOM (Bureau des Migrations des Départements d’Outre-Mer) et importe des dizaines de milliers de postiers, filles de salles et infirmières, ouvriers d’usine et autres agents de police antillais qui, aux côtés des travailleurs immigrés maghrébins, contribueront pour une large part à ce qu’il est convenu d’appeler les « trente glorieuses ».

Telle est, en raccourci, l’histoire de la Martinique.

On est loin des plages de sable blanc, des cocotiers et des belles « doudous  », n’est-ce pas ? Mais sans doute est-il bon de rappeler deux autres points à Alain Fienkielkraut : – A l’abolition de l’esclavage des Noirs (1848), pas un arpent de terre, pas un sou de dédommagement n’a été accordé aux anciens esclaves lesquels n’avaient d’autre ressource que de défricher les mornes (collines) de nos îles pour tenter de survivre grâce à des jardins créoles ou de retourner travailler, en tant qu’ouvriers agricoles sous-payés, sur les mêmes plantations où leurs ancêtres et eux avaient été réduits en esclavage.

Même aux Etats-Unis, accusés pourtant d’être, dans le Sud profond (Mississipi, Alabama etc.), un enfer pour les Nègres, l’Etat s’est fait un devoir d’accorder à chaque ancien esclave « twenty-two acres and a mule » (vingt-deux acres de terre et un mulet). Ou en tout cas avait au moins promis de le faire. Cette formule anglaise est d’ailleurs, très symboliquement, le nom de la compagnie cinématographique du cinéaste noir américain Spike Lee.

Aux Antilles, une fois les chaînes ôtées, le nègre s’est retrouvé Gros-Jean comme devant. – Pas rancunier pour deux sous, le Nègre antillais a participé à toutes les guerres qu’a lancé ou qu’a subi la France : guerre de conquête du Mexique en1860 au cours de laquelle le « bataillon créole », de son nom officiel, fit preuve d’une bravoure extrême comme le reconnurent elles-mêmes les autorités militaires françaises ; guerre de 1870 contre l’Allemagne ; guerre de 14-18 au cours de laquelle de nombreux soldats martiniquais furent décorés pour leur vaillance lors de la fameuse bataille des Dardanelles ; guerre de 39-45 au cours de laquelle 8.000 volontaires Martiniquais et Guadeloupéens gagnèrent, au péril de leur vie, les îles anglaises voisines d’où ils purent rejoindre les Forces Françaises Libres du Général De Gaulle et participer ainsi aux combats, alors même que nos îles étaient dirigées par deux gouverneurs vychistes, les amiraux Robert et Sorin ; guerre d’Indochine où périrent de nombreux Antillais (notamment à Dien Bien Phu) ; guerre d’Algérie au cours de laquelle, pour un Frantz Fanon, un Daniel Boukman ou un Sonny Rupaire qui rallièrent le FLN, des centaines de soldats antillais participèrent sans état d’âme à cette « sale guerre » ; guerre du Tchad dans les années 80 etc. etc.

Alors, anti-blancs et francophobes les Martiniquais ? Assistés les Antillais alors que pendant trois siècles, ils ont travaillé sans salaire, sous le fouet et le crachat, pour enrichir et des planteurs blancs et l’Etat français ? Que pèsent, en effet, ces cinquante dernières années de «  départementalisation » et de juste remboursement de la dette de l’esclavage face à ces trois siècles d’exploitation sans merci ? Sans doute faudrait-il aussi rappeler à Alain Finkielkraut qu’au XVIIIè siècle, la France faisait les trois-quarts de son commerce extérieur avec Saint-Domingue (devenue Haïti), la Martinique et la Guadeloupe et qu’entre ces « quelques arpents de neige du Canada » comme l’écrivait Voltaire et les Antilles, elle n’hésita pas une seconde. Aux Anglais, le Canada peu rentable à l’époque (d’où le lâche abandon des Canadiens français, subitement redécouverts par De Gaulle en 1960).

Aux Français, les riches terres à sucre de canne, café, tabac et cacao des Antilles. Toute personne qui fait fi des données historiques et sociologiques présentées plus haut (et je n’ai même pas parlé de l’idéologie raciste et anti-nègre qui a sévi dans nos pays pendant trois siècles !) ferait preuve soit de malhonnêteté intellectuelle soit d’ignorance. Je préfère accorder le bénéfice du doute à Alain Finkielkraut et croire qu’il ignorait tout cela avant de traiter les Antillais d’assistés.

Mais venons-en maintenant à la question de l’anti-sémitisme des Antillais. Et là, que l’on me permette d’énoncer une vérité d’évidence : la Shoah est un crime occidental ! Comme l’a été le génocide des Amérindiens, comme l’a été l’esclavage des Noirs, comme l’a été la déportation des Hindous, comme l’a été l’extermination des Aborigènes australiens etc. Le terme de « crime contre l’humanité » est une hypocrisie. Un faux-semblant. Une imposture.

En effet, quand un individu commet un crime, personne ne songerait à taire son nom. Thierry Paulin (Antillais), Guy Georges (métis de Noir américain et de Français) et Patrice Allègre (Français) sont des « serial killers ». Fort bien. Mais alors qu’on m’explique pourquoi, quand il s’agit d’un crime commis par un peuple, un état ou une civilisation bien particulière, on s’acharne à en dissimuler le nom ? Pourquoi ? Non, monsieur Fienkielkraut, si la Shoah est bien une abomination, elle n’a été mise en oeuvre, ni par les Nègres, ni par les Amérindiens, ni par les Chinois, ni par les Hindous, ni par les Arabes.

Elle a été mise en ouvre par l’Occident. Ce même Occident qui n’a cessé de pourrir la vie des Juifs depuis 2.000 ans. Citons : – Destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70 et dispersion du peuple Juif. – Inquisition au Moyen-âge par les Espagnols. – Pogroms au XIXè siècle par les Russes et les Polonais. – Chambres à gaz par les Allemands au XXè siècle. – Rafle du Vel d’Hiv’ par les Français au même siècle etc. etc.

Et puis, deux petites précisions à nouveau et là, Alain Fienkielkraut ne peut feindre l’ignorance : – « Le Protocole des Sages de Sion » n’a été rédigé ni en hindi, ni an quechua, ni en swahili, ni en chinois, ni en arabe. C’est un faux grossier, un chef d’oeuvre d’anti-sémitisme, concocté par la police tsariste et écrit en russe, langue européenne si je ne m’abuse. -

Ce ne sont pas les Juifs vivant dans les pays arabes, les Séfarades, qui ont dû fuir comme des dératés pour s’en aller construire un état où ils seraient enfin libres mais bien les Juifs d’Europe, les Ashkénazes, parce qu’ils avaient compris qu’il ne pouvaient plus vivre sur ce continent. Quand la France arrive, par exemple, en Algérie, en 1830, elle découvre trois populations vivant en relative harmonie, les Arabes, les Berbères et les Juifs. Certes, en terre musulmane, le Juif avait un statut inférieur, dit «  de protégé » car peuple du Livre, mais on n’a jamais entendu parler, ni au Maroc, ni en Tunisie, ni au Yémen d’entreprise scientifiquement élaborée d’extermination du peuple juif. Ma question à Alain Fienkielkraut est donc simple, naïve même :

Pourquoi après avoir subi tant d’avanies de la part de l’Occident vous considérez-vous quand même comme des Occidentaux ? Pourquoi un ministre des affaires étrangères d’Israël s’est-il permis de déclarer récemment : « Nous autres, Occidentaux, nous ne nous entendrons jamais avec les Arabes car ce sont des barbares ». Toute la presse bien-pensante d’Europe s’est émue du mot « barbares ». Moi, ce qui m’a choqué par contre, c’est le terme «  Occidentaux ».

Comment, monsieur Finkielkraut, peut-on se réclamer de l’Occident après avoir subi l’Inquisition, les pogroms, les chambres à gaz et la rafle du Vel d’Hiv’ ?

Oui, comment ? Quand vous aurez répondu à cette question, le vrai débat pourra commencer. Ceci dit, il ne s’agit pas pour moi de diaboliser l’Occident.

C’est, paradoxalement, le continent de tous les extrémismes : extrémisme dans la violence (génocide, esclavage, Shoah) ; extrémisme dans la générosité (comparons, par exemple, la formidable mobilisation européenne à l’occasion du tsunami en Asie du Sud-Est et les centaines de millions d’euros d’aide récoltés à cette occasion avec l’inertie scandaleuse des riches royaumes et émirats arabes où, pourtant, travaillent comme serviteurs des dizaines de milliers de travailleurs émigrés indonésiens). L’Occident est capable du meilleur et du pire. Il est inégalable dans le meilleur et dans le pire. Un ultime point tout de même : quand vous déclarez, sur Radio Communauté Juive, que nous détesterions Israël « parce que ce n’est pas un pays métissé », je préfère croire que vous voulez rire. Quel pays est plus multiculturel et plus multilingue qu’Israël avec ses blonds aux yeux bleus russophones, ses Noirs d’Ethiopie (Falashas) parlant l’amharique, ses Séfarades au type sémite et souvent arabophones et même ses Juifs indiens et chinois, sans même parler du million d’Arabes israéliens ?

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL, QUESTIONS DES MINORITES, QUESTIONS NOIRES, RACISME | Pas de Commentaire »

ni blancs, ni indigènes, tous citoyens

Posté par issopha le 25 septembre 2007

 

ni blancs, ni indigènes, tous

citoyens

article de la rubrique histoire et colonies > la France et son passé colonial
date de publication : mercredi 18 mai 2005


L’éditorial de Michel Tubiana dans LDH info d’avril 2005.


Le constat qui est fait est exact. Victimes d’une insupportable relégation sociale, objets d’actes de racisme et de discrimination, parce qu’ils sont issus de l’immigration, notamment des anciennes colonies françaises, ou même des DOM-TOM, quelques millions de Français sont niés dans leurs droits de citoyens. C’est d’abord leur histoire qui est escamotée. Alors que l’héritage de l’esclavage et du colonialisme pèse encore sur la société française et qu’il contribue puissamment à la ségrégation que ces personnes subissent, il faudrait n’en rien dire, voire réécrire l’histoire comme vient de le faire le Parlement en adoptant la loi du 23 février 2005. Au-delà de l’histoire, ce sont les amalgames contemporains qui sévissent : islam, banlieues, immigration, antisémitisme, terrorisme, sont les maîtres mots d’un certain discours qui justifierait, consciemment ou inconsciemment, les traitements inégalitaires et coercitifs appliqués par la République à une partie de ses citoyens. Ils ou elles ne sont plus des Français, ils sont d’abord des « musulmans », des « Africains », des « Arabes », des « jeunes ou des vieux issus de la troisième ou quatrième génération ».Ce sont aussi leurs droits qui sont ignorés lorsqu’ils sont astreints à vivre dans des ghettos, marginalisés dans le système éducatif, empêchés de travailler ou, simplement, de se déplacer librement parce que contrôlés au faciès. Les étrangers vivant en France subissent, eux aussi, mais de manière accrue, les mêmes stigmates, tant et si bien que les deux catégories se confondent et que nombre de nos concitoyens vivent comme des étrangers dans leur propre pays. Ils n’en peuvent plus et ils le disent. De la pire manière qui soit, lorsque cela se traduit par le nihilisme social qui s’est révélé lors des manifestations lycéennes. En appelant à la création d’une dynamique sociale dans un appel lancé au nom des « Indigènes de la République » [1] qui a entraîné bien des polémiques.

Face à ces interpellations, se développe une réponse en forme de repli du plus grand nombre qui serait assiégé par ces populations dangereuses. Même si telles n’étaient pas les intentions de l’auteur de l’appel contre le « racisme anti-blanc », ce dernier, lancé à l’initiative d’associations communautaires, résonne comme une marque de mépris à l’égard de ceux et celles qui n’ont aucune visibilité sociale ou politique mais sont bien visibles grâce à leurs différences physiques. Voici le dernier, mais sans doute pas l’ultime avatar, des discours martelés depuis plusieurs années : être blanc serait un attribut qui définirait une nouvelle communauté… Nous avons clairement affirmé nos désaccords avec les rédacteurs de l’appel des « indigènes de la République » : non, encore une fois, que nous n’en partagions pas l’essentiel du constat. Mais, au-delà des simplifications outrancières, voire des erreurs manifestes que recèle l’appel, nous ne pensons pas que les représentations coloniales à l’oeuvre dans la société française puissent être confondues avec les rapports que la France a entretenus avec ses colonies. Qualifier aujourd’hui la République de « coloniale », c’est faire référence à un passé détestable et à des luttes légitimes, mais c’est se tromper de combat. Aussi nécessaire qu’elle soit, la vérité sur le colonialisme ou l’esclavage ne suffira pas à casser les ghettos et à restituer à l’école sa fonction émancipatrice. Pire, cette critique des seuls oripeaux coloniaux de la République peut conduire à une illusoire légitimité fondée sur les origines de chacun.

Ce sont des millions de personnes, d’où qu’elles viennent, qui subissent l’exclusion et qui crient leur souffrance sociale. Restituer à chacun ses droits de citoyens est un impératif qui ne s’accommode pas des divisions entre les victimes du même système. C’est en prenant en compte la totalité des injustices et des discriminations subies par tous ceux qui vivent en France, que se créeront les solidarités nécessaires à la construction des réponses indispensables.

Ainsi que l’ont dit toutes les organisations qui ont appelé aux manifestations du 7 novembre 2004, « la France que nous voulons c’est une République laïque, qui accueille, dans la réalité, dans l’égalité des droits et le respect de la règle commune, la diversité de ceux et celles qui y vivent ». Parce que la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations fait partie de ses fondements et parce qu’elle se bat pour le respect de l’égalité des droits, la LDH poursuivra ce dialogue et son action pour qu’il n’y ait plus d’indigènes au sein de la République.

Notes

[1] Lire l’appel des Indigènes de la République.

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, LA FRANCE ET SON PASSE COLONIAL, RACISME | Pas de Commentaire »

L’école, le racisme, le droit

Posté par issopha le 20 septembre 2007

L’école, le racisme, le droit  

Jeudi 18 Mai 2006

Interview de Sophie Ernst par Rosario Elia pour le journal Fenêtres sur cour, du SNUIpp, qui est un syndicat d’enseignant du premier degré.

- L’école peut-elle être un espace où le racisme serait sinon exclu, où tout au moins les discriminations raciales n’auraient pas de prise ?

Un souvenir familial peut servir de réponse : mon père avait 11 ans quand il a dû porter l’étoile jaune. Son maître d’école, homme respecté et digne, lui a dit en lui retirant son manteau : « on ne veut pas de ça à l’école laïque, ça reste accroché dehors », et il a serré l’enfant dans ses bras en pleurant. C’était une mise en oeuvre intelligente et courageuse de la laïcité, qui a définitivement ancré ce petit juif polonais dans cette belle conception de la citoyenneté républicaine au moment même où elle était bafouée. Nous avons beaucoup d’autres témoignages similaires dans l’Algérie coloniale, où les enseignants ont parfois laissé un souvenir lumineux, malgré un contexte de forte discrimination raciale d’Etat.

Quand on enseigne, on est facilement déchiré par deux sentiments inverses. D’abord la conviction que le racisme est le mal absolu et qu’il n’a pas de place dans l’école, et certainement pas dans sa propre classe. Mais aussi l’anxiété de ne pouvoir que peu de choses face à des grandes dynamiques sociales imposées de l’extérieur. Or, ces dynamiques se sont durcies, aussi bien du côté des discriminations de fait, pas forcément voulues mais lourdes de souffrance et de ressentiment, que du côté des idéologies de haine chauvine ou tribale. Mais il ne faut pas sous-sestimer la force du modèle républicain, quand il est mis en œuvre concrètement.

Comment l’école peut-elle être garante du droit qui condamne le racisme ?

« Garante du droit », l’école ? n’est-ce pas trop se défausser sur les enseignants ? Dans une démocratie, c’est la vigilance de la société tout entière qui doit soutenir un ordre politique complexe. Quand cette vigilance fait défaut, quand la fraternité, ou la simple humanité viennent à manquer, il est bon qu’il y ait des lois, mais elles sont bien fragiles…

L’école primaire se définit forcément par rapport au droit mais je ne crois pas que les valeurs qu’elle transmet soient réductibles à cette dépendance au droit.
Elle va au contraire ancrer en chacun la sensibilité, les mœurs, les réflexions qui vont permettre, plus tard, de comprendre et de juger les lois. C’est que le droit n’est pas lui même réductible au corpus des lois d’un temps : celles-ci ont même pu, dans l’histoire, mettre en place discriminations et persécutions raciales. L’éducation se règle ici sur des fondamentaux qui doivent inspirer aussi les efforts du législateur. Il est utile de garder une relative autonomie des sphères. En l’occurrence, nul besoin de passer par le droit pour penser la morale fondamentale.

En termes d’apprentissages, c’est peut-être seulement au collège qu’on pourra s’attacher méthodiquement à l’ambition de « former un citoyen », en l’initiant à la dimension juridique et politique. Il y a pour ça des raisons pédagogiques et philosophiques. La dimension civique est exigeante en termes d’abstraction et demande de pouvoir élaborer cette forme d’obéissance librement consentie qu’est l’autonomie dans le cadre des lois : j’obéis à la loi, pour ne pas être soumis à l’arbitraire et à la violence des hommes. Mon obéissance se fonde aussi sur l’appréciation qu’il y a une relative « justice » de lois même imparfaites.

L’école primaire a le rôle plus profond de « former un homme », selon la distinction de Rousseau. Rousseau le formulait comme un déchirement, à tout le moins comme une tension structurelle : faut-il former un homme ou un citoyen ? Le jeu entre ces deux polarités est crucial pour penser la lutte contre le racisme, cette perte ou cette carence, cette absence du sens de l’universalité humaine. Et nous avons acquis des raisons fortes, psychologiques, pédagogiques, philosophiques de répondre : il faut d’abord former un homme, dans sa sensibilité et sa visée d’humanité, prioritairement, si l’on veut pouvoir former un citoyen respectueux des lois et en même temps garant de leur humanité. Il convient de former l’un et l’autre, l’un articulé sur l’autre. Ca n’empêche pas dès l’école primaire de faire référence aux lois, et donc de signaler que certaines formes d’expressions ou d’actions clairement racistes, qui transgressent telle et telle limite précise, sont punies par la loi. Mais on ne peut pas tout déduire à partir de la mention de la loi.

L’école est dans son rôle, et c’est important, en construisant cette morale fondamentale. Qu’est-ce que cela exige ? ne pas céder sur le respect dû à chaque enfant, réguler avec justice les relations entre les enfants, être confiant dans la valeur des apprentissages culturels.

- Faut-il une éducation spécifique au non racisme ou doit il être présent dans les pratiques quotidiennes de classe ?

Les deux se complètent, mais il y a peut-être à se méfier de la tendance actuelle, qui consiste à découper les problèmes et à les traiter séparément. A mon sens le plus important est dans la qualité même de l’enseignement ordinaire, à condition qu’il soit tendu vers un idéal fort.
C’est la vie dans la classe qui met en place, à la fois dans l’expérience et dans l’imaginaire, l’idéal d’une société où chacun ait sa place, reconnu à la fois pour ce qu’il est et comme être en devenir, participant à la grande aventure d’une vie humaine unique à construire, avec les autres : c’est à ça que sert la culture.

Cela se joue simultanément sur deux plans, celui des apprentissages culturels, celui des expériences de respect mutuel vécues dans la classe. Les grands pédagogues qui nous inspirent encore aujourd’hui, Freinet, Korczak, étaient tendus vers cet idéal, c’étaient des gens qui avaient été traumatisés par des guerres fratricides. De ce point de vue, les méthodes dites actives sont bien autre chose plus qu’une simple technique de « motivation » ou qu’une « pédagogie par le jeu ».
Dans ce cadre général, on peut envisager un travail spécifique qui, plutôt que de blâmer formellement le racisme, apprendrait aux enfants à en identifier les formes élémentaires, dans leurs propres réactions de rejet de l’Autre.

- Comment traiter cette question en fonction de l’âge des enfants ?

Il n’y a pas à proprement parler d’étapes, dans la mesure où le racisme se greffe sur des émotions et des mécanismes psychologiques très archaïques, presque biologiques, de type moi/non-moi. C’est donc à chaque âge qu’on peut travailler à la fois sur l’expression de ces émotions, et essayer de jouer sur ces mécanismes irrationnels en les nourrissant dans un sens pacificateur. Dans une certaine mesure, l’homme vit ce qu’il se raconte. A nous de raconter les bonnes histoires ! Il y a donc à chaque âge des modulations des mêmes éléments, qu’il faut régler avec précision.

On commence vraiment tout petit à pouvoir exprimer ses émotions négatives de peur, de rejet, d’hostilité ; si l’on est écouté, si l’on est appelé à s’expliquer, on apprend à élaborer ces affects, et à réfléchir sur ce que l’on projette sur autrui : on apprend à se décentrer, à envisager les choses du point de vue d’autrui. Cela permet de faire passer du social entre les affects et ce qui va passer dans les actes. Les agressions sont interdites, mais on permet l’expression des émotions, pour en faire quelque chose d’autre, dépasser les schémas binaires. C’est un travail important de langage, de formulation précise, qui passe aussi par la littérature. Ce peut être aussi en grandissant une forme d’éducation morale, de réflexion quotidienne sur des expériences.

Par ailleurs, un peu d’internationalisme en matière d’art et de littérature ne peut que faire du bien à tout âge, simplement pour faire l’expérience qu’il y a du plaisir à découvrir, et de l’humanité à partager, dans l’étrange et le lointain. Par la médiation du livre, du cinéma, du théatre, des contes, on sort de la vision manichéenne de l’autre comme mauvais, et on apprivoise le mauvais, comme le bon, en soi, dans ses infinies variations.

Les apprentissages culturels, à commencer par l’histoire et le français, contribuent fortement à explorer la face positive, la richesse infinie des splendides créations de l’humanité, et la face négative,les crimes accomplis par cette même humanité. Si nous nous attardons sur la civilisation où nous sommes jetés, c’est que c’est la nôtre pour le meilleur et pour le pire, et que nous devons la connaître en profondeur pour pouvoir y vivre libres. L’enseignement de l’histoire est très largement ordonné à cette double découverte.
Cependant, sur le plan pédagogique, et même avec en cycle 3, justement parce que je travaille sur les mémoires des grandes catastrophes du Xxème siècle, je suis très opposée à la pédagogie de l’« horreur », sur le mode du vaccin anti-raciste. Attention à ne pas abuser de l’identification aux petites victimes, qui est malsaine. Au bout du compte il se transmet surtout une fascination pour la figure de la victime, qui est en train d’alimenter nombre de néo-racismes délirants.
Comment faire ? Prenons un exemple. Le film « La vie est belle », oui, parce que d’une certaine manière c’est un film discutable en termes de transmission de la vérité historique sur l’extermination, il euphémise les camps de concentration. On peut faire signe avec tact, ça suffit à cet âge. La scène sur les ségrégations dans les boutiques est un morceau d’anthologie, qui permet d’introduire à une lecture des lois racistes. Or, c’est bien le cœur du problème. C’est sur l’ensemble d’un cursus de l’école qu’il faut réfléchir de façon stratégique, c’est à dire à la fois philosophiquement et pédagogiquement. Qu’est-ce qui est important ? comment le faire passer ?
C’est bien parce que les choix sont difficiles dans la précision des modalités concrètes que se sont créés beaucoup de sites internet, missions de formation, pour construire des stratégies d’enseignement et mutualiser les ressources. L’INRP a relancé une telle mission, plutôt dédiée à l’appui de la formation, dont Benoit Falaize est le responsable.

Pensez-vous que dans la formation des maîtres le non racisme doit avoir une place particulière (qu’il n’a pas aujourd’hui) ?

Oui, sans doute, mais le risque est qu’on va finir par empiler les dispositifs de « lutte contre », en juxtaposant tous les maux qui traversent l’école et la société, et les tasser en formation initiale, au lieu de mobiliser les maîtres en activité. Il y pourtant une volonté forte de se former pour mieux faire face à ce qui nous inquiète tous fortement… Reste à trouver les formes adéquates.
A mon sens, plutôt que d’isoler un petit module, il vaudrait la peine de refonder une éducation morale, en se donnant les moyens de penser le contenu et les formes d’un tel enseignement, peut-être en suivant les pistes ouvertes par Jean Baubérot, et en réintégrant les apports un peu délaissés de la pédagogie institutionnelle. Ce que, soit dit en passant, les associations à qui l’on a la tentation de déléguer la formation anti-raciste sont bien incapables de maîtriser, et c’est normal.
C’est qu’il n’y a pas de réponse dogmatique possible. Quoi, comment, à quel âge, suivant les sensibilités et les contextes ? personne ne détient les clés de cette éducation humaniste recherchée depuis des siècles contre la folie meurtrière. En revanche j’ai la conviction que nous ne manquons de pas tant de connaissances que de réflexion : nous avons d’abord à réfléchir en commun, dans des groupes de discussion, sur ce que nous a fait la découverte des horreurs racistes et ce que nous analysons des désordres du présent, jusque devant nos yeux et dans les cours de récréation. Puis, dans un second temps, nous interroger en commun sur nos pratiques, peut-être pour les changer, dans un climat bienveillant et tolérant. Sinon, nous avons tendance à transmettre de l’anxiété et du conformisme moraliste, victimiste, qui n’empêche rien des formes renouvelées et inédites de racisme. Pire, les nouveaux racismes se nourrissent de la symbolique d’Auschwitz et semblent rivaliser envieusement pour le titre de la victime la plus malmenée de l’histoire. Les enseignants ont d’abord à réfléchir en tant que citoyens, en tant qu’adultes, entre collègues, pour pouvoir transmettre aux enfants un minimum de confiance et de fraternité.

Juin 2005


Sophie Ernst



Rédigé par Sophie Ernst le Jeudi 18 Mai 2006 à 00:00 | Permalien | Commentaires (2)

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