L’AFFAIRE K…Un MODELE DE PRATIQUES MAFIEUSES FRANCAFRICAINES : Décryptage.

 L’AFFAIRE K…Un MODÈLE DE PRATIQUES MAFIEUSES FRANCAFRICAINES : Décryptage.

 

Amis lecteurs bonjour 

 

Isso cvBienvenue à tous en République « françafricaine ».

 Oui, ainsi donc va le monde de la politique en Françafrique..

« LE MONDE SELON K. »  de Pierre PEAN.

Comme beaucoup, j’ai parcouru avec intérêt puis rage les bons billets de l’hebdo Marianne,  quelques extraits du livre  à paraître de Pierre PEAN.

Déjà un succès !

La lecture de ces  lignes m’ont inspiré une réflexion plus globale sur les survivances  des pratiques que l’on croyait d’un autre temps et sur les travers de cette Hydre de Lerne  ici et là-bas que François-Xavier Verschave, à la suite de Félix Houphouet-Boigny (premier président de Côte d’Ivoire) mais dans un sens plus élogieux,  avait appelé la Françafrique !

  1. UN PARFUM DE DEJA VU

L’Affaire K…voici une affaire emblématique de cette nébuleuse hors du commun dans l’histoire des  relations coloniales et postcoloniales de la nation française  et des ex-colonies  africaines ; une affaire symptomatique de ce que nous, ressortissants d’Afrique  » francophone », nous échinons à faire entendre et comprendre à l’opinion publique française, souvent peu avisée sur ces sujets. 

De Gauche ou de Droite , la politique africaine de la France est restée le domaine réservé de l’Elysée ,  incarnée par le président actuel et portée allègrement par ses plus proches ouailles  et acolytes africains ( Bongo , Biya , Sassou , Déby , Compaoré  , Gnassingbé, etc.) ; une politique de prédation des richesses nationales et de répression de la contestation citoyenne. Une logique diplomatique  qui s’inscrit dans le continuum des systèmes de réseaux inaugurés par Foccart  au lendemain de la Libération et poursuivis par  ses épigones (Pasqua, Marchianni, Madelin, Mitterrand, etc.).

De cette enquête  à paraître de Pierre PEAN , et des vives réactions , doutes et convictions qu’elle suscitera  et suscite déjà dans l’opinion française , je puis sans barguigner vous attester  de la réalité , chers lecteurs , de ces pratiques de mélanges de genres , de patrimonialisme , de clientélisme  , de népotisme  et  de syncrétisme  entre politique autoritaire et demi-portion de démocratie à tout va dont les « émissaires  officiels et officieux de la France »   et leurs  partenaires africains se sont fait experts.

« Emissaires d’un autre temps » , selon une expression d’un certain NS… ,  qui continuent de sévir dans les capitales de l’ancien pré carré colonial français , arpentant allègrement les couloirs des palais présidentiels , de Lomé à Yaoundé , de Brazzaville à Libreville , de Ouagadougou à Ndjamena ,  de Bangui à Lusaka (même si cette dernière se situe hors de son champ traditionnel d’influence ).

 

  1. UNE POLITIQUE AFRICAINE AU SERVICE AVANT TOUT DES INDUSTRIELS

Les enquêtes minutieuses et ô combien sérieuses  de feu le président de l’Association SURVIE France ,www.survie-france.org , François-Xavier VERSCHAVE , avaient déjà mis à jour les mécanismes de maintien et de perpétuation de cet ordre colonial   , dont les dividendes en termes d’espèces sonnantes , trébuchantes ou froufroutantes , ou encore de puissance  , d’accès aux matières premières stratégiques , de main mise sur les pôles sensibles des économies locales dans le cadre de privatisations à tour de bras ; dividendes  donc  qui profitent essentiellement aux  » Amis du Président » : Ils sont nommément connus , et les pratiques  malhonnêtes d’adjudication des marchés publics au Cameroun ou au Gabon par exemple , sont devenus monnaie courante et l’illustrent à suffisance. Une énormité au regard du droit devenu norme, plus de 40 ans après les indépendances.

Ce sont souvent les groupes industriels qui donnent en France une image noble d’elles-mêmes et qui financent bien généreusement les campagnes présidentielles en France , pour lesquelles elles sont grassement rémunérées en retour, puisque l’Elysée leur facilite un accès privilégié aux affaires les plus rentables des économies africaines , contraintes à se laisser privatiser , ajustement structurel oblige. De ces groupes industriels,  il y en a même qui se servent des organes d’expression comme Direct Matin ou Direct Soir, TF1 et Cie , pour soigner leur image de marque ici et là-bas  et pour célébrer les bonnes actions politiques de leurs partenaires d’affaires en Afrique  via des éditoriaux fort complaisants , c’était déjà le cas il y a quelques mois , en 2007, lors d’une visite officielle du président Biya à son homologue de l’Elysée.

Ces industriels sont secrets de polichinelle :

  • Bolloré (chemins de fer et port du Cameroun, un peu d’huile de palme par-ci par-là pour mariner tout cela…),
  • le groupe Rougier et Sesam en d’autres temps  (le bois du Cameroun),
  • Bouygues  (mines et minerais),
  • Areva (uranium et autres énergies stratégiques),
  • lafarge (le ciment au Cameroun),
  • Africa Security (de Franck Turpin, emblème de la privatisation de la force de maintien de l’ordre en Afrique, façon Balckwater aux USA), 
  • Le PMUC (Pari Mutuel urbain camerounais par les réseaux corsa-africains, emmenés par le pape du 9-2, parrain à Neuilly d’un certain NS…),
  • TotalFinaElf ou ex-ELF  (Tout notre pétrole, quoi !), etc.

Arrêtons-nous un moment sur le cas  TotalfinaElf. 

 

  1. LE CAS TOTALFINA OU L’AUTRE DIPLOMATIE FRANCAISE

Le président actuel du Cameroun, Paul Biya, lui doit sa prise de pouvoir après un coup d’état médical  perpétré contre le premier président  du Cameroun en 1982, lui-même imposé par Jacques Foccart à partir de 1958 comme  premier ministre du Cameroun autonome : Ahmadou Ahidjo. Il fut  donc contraint, suite à ce putsch médical , de passer le témoin à son dauphin Paul Biya , alors son premier ministre  , depuis lors  au pouvoir (6 novembre 1982) , amenant  avec lui un slogan ronflant et creux du type :  « Rigueur et moralisation »  , j’avais alors 5 ans à ce moment-là , oui,  5 ans ,  et voici  27 ans  que ça dure , 27 ans que l’espérance de vie est passée à 55 ans en moyenne  et un taux moyen de  mortalité qui a presque doublé ; 27 ans que les Camerounais , gens de bonne volonté  élaborent des stratégies de contestation , de contournement du système monopolistique du pouvoir   , des stratégies de  survie toutes aussi nobles que  criminelles ( les Fey-men ); 27 ans  que ces braves gens  s’étouffent de Biyaisme de mauvais ton !  Et que dire du voisin gabonais ! 41 ans !

Quant aux présidents Bongo et Sassou, TotalFina leur assure avec la complicité des armées françaises et des services secrets toutes  impunité et protections, et Sassou a d’ailleurs bénéficié  de l’ex-ELf, du financement de la guerre qui a opposé ses milices les Cobras aux Ninjas de Pascal Lissouba, alors chef d’état du Congo-Brazza démocratiquement élu. Une guerre qui s’est soldée par un bilan lourd : des centaines de milliers de morts congolais et autant de déplacés, une destruction des infrastructures économiques et équipements dont le Congo peine encore aujourd’hui à se relever, malgré toutes les aides et subventions dont il bénéficie de la part de son protégé français.

A  la fin de la décennie 90 , comme épilogue à  cette guerre fratricide nourrie et soutenue par les ambitions démesurées du groupe Total , avec , faut-il le préciser , la bénédiction de l’Elysée , l’on a assisté au  retour triomphal et jamais condamné  par la France de Denis Sassous Nguessou au pouvoir , après avoir été débarqué 7 ans plus tôt  par le vent des conférences nationales qui soufflaient alors sur l’Afrique francophone à ce moment-là , au plus fort de la dynamique des démocratisations. 

La liste  des  faits criminels de ce système « françafricain » pourrait s’allooooooonger à l’infini.

J’invite pour cela le lecteur soucieux d’appréhender  les logiques qui président à ces pratiques corruptrices et illégales, cette criminalisation politique et économique galopante, en accélération constante et bientôt vieille de plus de cent ans en Afrique francophone, je les invite à consulter la bibliographie de VERSCHAVE,  Notamment  et par ordre de pertinence par rapport au présent article :

La Françafrique : le plus long scandale de la République, publié chez Stock,  en 1998 et 1999.

Le triste épisode de l’histoire de la démocratie en Afrique, illustrée par la guerre du Congo ans les années 90, est parfaitement relatée dans l’ouvrage majeur ci-dessous, avec forces témoignages des protagonistes, témoins directs, journalistes, membres de la société civile congolaise : 

Noir Procès: Offense à chefs d’Etat, 2001, co-signé avec Laurent Beccaria, Editeur du livre aux Arènes

Et puis, the last but not the least

Noir Silence : Qui arrêtera la Françafrique ?  , les Arènes, 2000.

Ce livre est, à mon sens,  le plus emblématique de sa bibliographie, tant elle démontre avec rigueur  et beaucoup de recherches et même d’intuition, les permanences actuelles de l’ordre supposément ancien de la colonisation française en Afrique.

Le lecteur y comprendra notamment pourquoi , en dépit du vent des démocraties qui a soufflé en Afrique dès le début de la décennie 90 , les pays sus-cités  et bien d’autres encore du giron francophone , sont restés empêtrés dans l’ornière des « démocratures » , ces objets politiques non-identifiés ( OPNI)  à mi-chemin entre une apparence trompeuse de démocratie puisque , se convainquent nos chefs d’Etat corrompus jamais en mal de justifications , existent une prétendue presse libre et des centaines de partis politiques sans âme qui nourrissent un multipartisme monolithique tout à fait spécial d’une part ; et d’autre part , la tenue d’élections  dites « libres », où nos régimes monarchiques  donnent pourtant  la pleine mesure de leurs imaginations politiques machiavéliennes : tribalisation des contestations politiques comme au bon vieux des temps colonies ( massacre en pays bamilékés au plus fort de la lutte contre l’Union des populations camerounaises de 1955 à 1971 ) , bourrage des urnes , manipulation des opinions publiques , trucages en tous genres avec l’appui  »technique » des coopérants français , tous aux ordres  , non du Quai d’Orsay , mais de l’Elysée…Et ça dure depuis plus de 40 ans !

A cela, il faut ajouter la répression sanglante des oppositions politiques ou de la société civile, celle qui pense le changement  en vue d’un mieux-être ou d’un mieux-avoir.

 

  1. DESINFORMATION FRANCAFRICAINE OU LE ROLE DES INTELLECTUELS ORGANIQUES

Face à ces solutions alternatives inexistantes , pour pallier aux solutions politiques qui sont toutes restées lettre morte en raison d’une interprétation  bien personnelle des règles de la démocratie par ces chefs d’Etat , sous les conseils et bienveillances de leurs hiérarchies françaises ( Pour Chirac , la démocratie en Afrique est longtemps resté un « luxe » pour les africains ) ; face à cette vacuité de solutions de rechange , il n y a donc plus qu’à attendre que Les Lions meurent un soir (Comme CONTé, le Lansana), et que les populations,  otages de leurs Chefs aux Grandes ambitions, psalmodient tous ensemble, Awimboéééé Awimboééé Awimboééé…Vive la Liberté…

…Jusqu’à l’avènement d’une nouvelle dictature, militaro-civile (Faure Gnassingbé au Togo, le nouveau régime Mauritanien, le capitaine Camara en Guinée, etc), selon que les preneurs de pouvoir, sans le consentement populaire, auront le soutien de l’une ou l’autre des chancelleries européennes. Mais, statistiquement, il est observé que le nouveau venu par les armes est presque toujours  adoubé par l’Elysée, du moment  où les intérêts stratégiques des « Amis du Président » ne volent pas en éclats, et surtout pas ceux du célèbre prêteur de Yacht au Président en vacances.

Je ne demande  d’ailleurs qu’à être contredit  par des faits de la récente et mouvementée histoire politique de l’Afrique francophone. Tellement j’ai entendu souvent des inepties à la télévision, déblatérées par de pseudo-spécialistes de l’Afrique, minimisant encore aujourd’hui l’influence des « émissaires officieux » de la France dans son ancien pré carré. C’est pourtant terriblement flagrant.

Tenez :

  • même dans le domaine de l’édition des livres scolaires, le groupe Hachette a un monopole historique incontesté au Cameroun, avec pour conséquence majeure : l’élaboration de programmes scolaires sous contrôle, qui passent donc sous silence des pans entiers de l’histoire de la colonisation  telle que enseignée dans nos écoles primaires. Le Général De Gaulle y est donc forcément le héros qui offre généreusement aux pays Africains leur indépendance. »Ca y est, ils sont adultes maintenant! » pourrait-on résumer. Ce système, je l’ai connu écolier, ce système  éducatif  aujourd’hui encore perdure.

  • Et que dire du contrôle et de l’identification des citoyens…Nos cartes d’identité nationales  sont conçues  avec le concours bienveillant  de l’ancien maître colonial , qui peut donc aisément contrôler des citoyens d’un pays indépendant depuis le 1er janvier 1960 , consacrant une sorte de NSA  pour pays tropicaux à la française , sans que cela  ne choque personne ! Nom de nom !

  • Et le Franc CFA alors…le symbole par excellence du maintien des anciens colonies dans le giron français. Arme d’endettement massif qui rend délétère nos économies et nos politiques publiques. Et plus ça change, plus c’est la même chose. Le capitaine Thomas SANKARA  , président du Burkina-Faso , de 1983 à 1987 , lors de son célèbre discours  au sommet de l’OUA  au siège à Addis-Abeba ( Ethiopie ) le 27 juillet 1987 , osa s’élever contre tout règlement de quelque dette que ce soit , estimant au contraire que c’est l’Europe,  et partant la France , qui étaient redevables à l’Afrique de plusieurs siècles de razzias de ses richesses , matérielles  , immatérielles et même…humaines. Deux semaines plus tard, le 15 octobre 1987, il était assassiné par son « fidèle » compagnon de lutte  et adjoint d’alors, ponte de la Françafrique actuellement au pouvoir, le sieur Blaise Compaoré. Ainsi va la Françafrique sous Mitterrand et Guy Penne !!!

Cette parenthèse faite, revenons à nos intellectuels et journalistes du pouvoir. Une telle cécité intellectuelle mérite un update  au niveau des infos .D’audacieux journalistes et membres des sociétés civiles africaines et occidentales travaillent, parfois au péril de leurs vies, à faire diffuser l’information. L’association Survie est de ceux-là, le CADTM, l’association des Congolais de la Diaspora, le CRID, le réseau RITIMO, etc.

 Nous, Africains, vivons ces situations criminelles, nous le savons et le dénonçons pour peu qu’un espace de liberté d’expression est ouvert. Alors on ose…sans diffamation ni mensonge aucuns.

Alors Monsieur Antoine Glaser  de la Lettre du Continent, avec tout le respect que je vous dois à vous et à votre compère Stephen Smith, autre  » grand connaisseur de la science françafricaine », sachez la mettre en veilleuse de temps en temps. Je vous ai regardé et entendu dans une émission:   »ça vous regarde »( je l’ai enregistrée ) sur  La Chaîne Parlementaire , il y a presque 2 mois ,  lors d’un débat autour de  la rupture manquée de Sarkozy avec les pratiques anciennes d’ »émissaires officieux » de la Françafrique ,  vous exposiez vos arguments en minimisant le rôle de la France dans les maux qui minent l’Afrique , au prétexte que les Africains en sont les premiers responsables.

Eh bien Soit! Mais quels Africains ? Nous, Africains du continent ou de la Diaspora,  les avons-nous élus, choisis, mandatés pour brader nos biens aux K…, S…et autres hommes publics  mandatés par le peuple français, en totale méconnaissance de leurs noirs desseins françafricains ? Que non ! Ils se sont emparés du pouvoir, ces mauvais Africains, au mépris de la volonté du peuple, et n’ont jamais consentis à redistribuer les richesses  nationales aux populations à l’agonie.  

Et puis d’ailleurs, quelle France n’est pas responsable ?

Sarkozy en campagne présidentielle tonnait, toujours fier d’être français (ça ne vous rappelle pas un conteur d’histoires ?), que les enfants (français) n’avaient pas à payer pour les fautes de leurs parents (colons) …

Eh bien si ! Si, si Monsieur Sarkozy. Et pour cause, les enfants (Amis du Président entre autres) continuent de jouir sans vergogne  et satiété de l’héritage et des milles trésors entachés de sang des fouets et travaux forcés, arrachés à nos terres par leurs ascendants. Je ne réclame pas la repentance, rien à braire !

Je réclame :

  • Respect  en souvenir des sacrifices douloureux arrachés aux Africains et domiens (citoyens français ressortissants des départements d’outre-mer ) souvent trahis et réduits à la portion congrue en leurs propres domaines.

  •  Respect , Monsieur le Président et affidés , des enfants immigrés , d’immigrés ou nés en France de ces parents dépouillés , dépossédés , souvent esclavagisés , humiliés , martyrisés , mais toujours debout , dans les HLM d’Aubervilliers , entassés devant les mairies de communes et d’arrondissements , dans les églises et autres gymnases , dans de miteux hôtels ( l’auteur de ces lignes  y a vécu ) et autres centres de rétention administrative , faute de logement décent. Ecrasés par la main invisible  mais tellement là de la DISCRIMINATION NEGATIVE, osons le pléonasme.

Mais le Président  Sarkozy , le 17 décembre 2008 , a opté pour une politique de discrimination positive sur un critère sociale , répugnant à intégrer une dimension ethnique de sa politique de lutte contre les inégalités , alors même que les discriminations subies , tout au moins par les populations immigrées le sont principalement sur des critères ethniques , qui entrainent leur corpus de conséquences socio-économiques ( emploi , logement principalement ). Naaan ! surtout ne pas parler de  discrimination positive « ethnique » , mesure corrective et de justice sociale dont ont bénéficié des citoyens américains qui n’ont pas toujours joui des mêmes droits que la majorité blanche , jusqu’en 1968 !!! Et parmi ces bénéficiaires, le premier président noir des Etats-Unis, Barack OBAMA, pour lequel le Président français voue, assure-t-il, une admiration sans borne…A pouffer de rire !!!  Ils diront que la France n’est pas l’Amérique. Que c’est triste, en effet ! Elle devrait peut-être songer à y prendre exemple dans le domaine de la gestion de la diversité, seul domaine de la vie publique où la France répugne à s’inspirer des politiques d’intégration souvent réussies de ses voisins.

Sarko fait croire, et  l’infect Zemmour  à l’humour décalé avec, que les citoyens français qui l’ont élu ont dit non à la discrimination positive « ethnique », au prétexte des valeurs d’égalité des chances, qui s’appliquerait à tous, sans exclusive. Voilà une belle invention qui témoigne  au moins d’une prise de conscience que la société française, dite d’égalité, est en fait foncièrement inégalitaire. C’est déjà ça ! Mais quelle belle supercherie ! J’y vois un parallèle avec  la politique de la diversité, un alibi politique et électoral sarkozyen qui lui a valu un sacré capital de sympathie, de la part des médias ronronnants de consensus. Aujourd’hui l’heure est à la liquidation de ces oripeaux de la politique d’équilibre ethnique. Victimes collatérales : Rachida Dati sur le départ, Rama Yade dans l’inconfort de l’incertitude. Je l’avais déjà préfiguré dans un de mes récents articles ( Voir  sur la page d’accueil  » Circulez, Sans-papiers ! »), ça ne durerait que le temps d’une fleur , comme d’ailleurs sa politique d’ouverture aux caciques de la Gauche dont on voit bien que le Président n’est pas si bon Responsable des Ressources Humaines que ça , contrairement à ce qu’il  prétendait devant le parterre des patrons du Medef début 2008. Et pour cause, une petite enquête de moralité l’eût prévenu que K…, son homme des affaires étrangères, n’était pas homme à l’honnêteté légendaire que l’on a toujours cru.  En vérité, je vous le dis, LIRE LE SOCIOLOGUE PIERRE BOURDIEU EST UN IMPERATIF CATEGORIQUE dans la France actuelle de Sarko. Les thèses bourdieusiennes sur la théorie des champs et la fameuse reproduction des élites reprennent une telle vigueur d’actualité…n’en déplaise à ses détracteurs !

Revenons à nos croûtons, reprenons-nous ! Je l’ai précisé, la France responsable est celle des  » faux émissaires ». Et parmi ceux-ci, hélas, il y en a qui dispose d’un mandat électif de quelques citoyens français capables de discernement .Et en ce sens, ils engagent la responsabilité de la France puisque dans leurs menées françafricaines, ils se prévalent des titres, mandats et positions dont ils sont dépositaires au regard de la…République Française. Vous me suivez ?

Et c’est précisément ce que Pierre PEAN dénonce dans son livre à paraître concernant le mélange de genres dont il accable Monsieur K…Mélange qui peut prêter à confusion et confondre la France dans des affaires mafieuses qui ne devraient aucunement l’engager. Nous sommes dans un système mafiafricain dont beaucoup se repaissent aujourd’hui en France, ou en Afrique pour ceux qui ont fait le choix de la continuité des relations néo-coloniales.

L’affaire des zozos de  l’Arche de Zoé l’avait suffisamment démontrée pourtant.

Et si cette Affaire K…était avérée au regard de l’opinion publique française, car pour moi, il n y a aucun doute là-dessus, ce serait là le signe même que nous, militants africains pour un changement des pratiques  actuelles de la politique  et de l’économie en Afrique, ne nous racontons pas des contes de ma mère l’oie !

 

  1. LORSQUE LA MAUDITE SOIF DE L’OR TUE

Chez nos amis les anglophones , l’Histoire est en marche ( Ghana , Liberia , Afrique du Sud , Zambie…hormis quelques mauvais élèves), une nouvelle génération d’hommes…et de femmes politiques accèdent au pouvoir , avec du sang neuf , de nouveaux programmes , une vision originale de la gestion de la Cité en vue du bien commun , de nouvelles pratiques , plus en phase avec le monde de la bonne gouvernance, mieux , de la gouvernance globale , celle qui associe tous à l’œuvre commune : la démocratie , en un mot. Rupture progressive avec les pratiques d’un autre temps, le temps de la Reine Victoria ou d’Elisabeth 2.

Il n y a encore guère que chez les rejetons de Foccart, dont Bongo est le symbole le plus fort, que l’Histoire begaie. Mais comme a dit un chanteur à succès de mon si Petit Pays, « même les Chefs d’Etat meurent… » Avis aux morpions du pouvoir éternel ! Le réveil ne sera pas brutal, puisqu’il se fera six pieds sous terre !

Mais revenons un moment à l’affaire qui nous intéresse : K…

L’ambition excessive tue ! Au propre  comme au figuré. Remarquez !

La voilà l’Europe, à s’étonner (et à s’émouvoir aussi, rendons lui justice), à travers des images télévisées, des scènes de luttes enragées pour la survie, euphémistiquement appelées ici  » émeutes de la faim » par nos journalistes  de l’Hexagone, peu soucieux de l’analyse profonde, pris  qu’ils sont dans le vertige de l’instantanéité et pressés par l’aiguillon terrible de la primeur de l’info et de l’audimat. Résultat : une lecture étriquée et sans consistance des événements. A l’exception de quelques-uns.

Soulèvements contre l’arbitraire quotidien et  prédations en tous genres qui affament donc et  qui ont valu au Cameroun en février 2008 son triste record de morts : environ 300 (et encore…). Voilà la réponse qu’a choisi de donner le régime usé mais toujours vampirisant de Biya à la jeunesse cadavérique partie crier famine, suite à la démission des formations politiques et syndicales classiques. Des armes et des balles contre des cris d’enfants et d’adolescents en guenilles , réclamant juste un peu , un petit peu, un tout petit peu  seulement de pain , d’eau potable , d’antibiotiques , de  lumière d’AES Sonel (Electricité du Cameroun  privatisée par un opérateur américain , ouf ça change des français pour une fois ! ) pour apprendre à lire , à écrire, à lier le bois au bois comme qui dirait; à  étudier , pour changer  et relever demain peut-être ce pays à l’agonie. Dans l’Est du Pays donc  , les balles ont aussi fauché de jeunes et innocentes vies en quête de mieux, un léger mieux de rien du tout , vu les immenses richesses bradées à l’Etranger par la Bande à Baader , euh pardon  , à Biya , terroriste de son propre peuple. 

Police, Gendarmerie, Justice, toutes corrompues…Appareils répressifs d’Etat  en ordre de marche et de mort contre rêves adolescents et populaires d’une vie décente. Et pourtant, juste ce qu’il faut, pour exister…subsister, crénom de nom !

Et voilà la jeunesse en baguy ou jupons courts, partie sur les sentiers des mers,  océans et détroits, bravant l’adversité pour accoster les rives de l’illusoire eldorado européen. Et pour la génération perdue restée qui  au pays par trop de misère, l’heure est à la conquête de la toile et des sites de rencontre. «  Je cherche mon blanc non ?! » ;  ou encore   » Gars, je cherche une vieille veuve-là quelque part en province, je l’épouse et j’ai  les kaolos  » (kaolos=papiers)…

Ce sont là quelques discours qui illustrent la mort de nobles désirs d’avenir…Immigration choisie, vous avez dit ? Pas un mur de raz-de-marée n’arrêterait une horde de bouches affamées. Le Sud vient  au Nord récupérer quelques rogatons de son dû, comme le Nord a été et va encore au Sud, avec les complicités de quelques potentats locaux, pour nous vider de ce qui nous reste quand on n’a plus rien : l’espoir. Elevez des barrières sans réguler les injustices sociales, toujours ils reprendront le même chemin conscient du danger. Oui, car  »ventre affamée n’a point d’oreille »…

Oui, l’ambition excessive  tue, celle d’industriels et hommes politiques ou administrateurs français  encore en activité, successeurs d’anciens parrains et animateurs de réseaux d’influence françafricains, possesseurs de business lucratifs en Afrique. Oui cette ambition tue comme tue l’entêtement de nos « Pères de la Nation » à ne pas vouloir  lâcher un peu…juste pour voir…

  1. POLITIQUE ET BUSINESS EN AFRIQUE : QUID DE L’HISTOIRE DE FRANCE ?

Ce sont, du camp africain comme du camp français,  des  « émissaires officieux de la France ». Sarkozy nous les a présentés comme tels pendant la campagne  présidentielle , mais la RealPolitik est passée par là entretemps , et d’ailleurs ,  la politique africaine de la France , domaine réservé de l’Elysée  , a toujours été orientée RealPolitik (le pouvoir pour le pognon avant tout ) depuis que France a foulé les sols et flairé les sous-sols  riches de nos patries banania , loin des grands principes droitdelhommistes. Elle a de tout temps, la France, trahi ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, d’humanisme et d’universalisme. Toute l’histoire coloniale suinte, nauséabonde, de ces paradoxes menteries tout à fait contemporaines. Pas étonnant que l’Histoire nationale de France soit obstinément dissociée dans l’imaginaire collectif des gouvernants français successifs de  l’Histoire de sa périphérie, l’histoire de ses colonies, disons, des barbares, ces « grands enfants ».

Nos faux émissaires  en tout cas agissent sous l’étendard de la France , avec ses sceaux , ses décrets , ses lettres de mission , ses impôts , ses légitimités méritées ou usurpées , émissaires  tels K… et Cie ( je suis absolument certain des thèses de Péan  de ce point de vue ).

Et bien avant eux , Jacques Foccart , Guy Penne , Robert Bourgi ( pour qui Bongo est papa ) , Charles Pasqua  et aujourd’hui quelques envoyés discrets des  » Amis du Président » , souvenez-vous , nos industriels français qui font (ou défont ) l’opinion  ou l’énergie en France , et qui n’agissent qu’en leurs noms propres et pour leurs profits personnels , engageant par là même la responsabilité de tous les français , hélas , qui comprennent pas toujours grand-chose à ce qui se passent sous les tropiques.

L’Afrique du 20h de France 2, de TF1, de France 24d’Euronews…c’est trop loin, c’est trop chétif, c’est trop chaud, c’est trop maladif, c’est trop clandestin, c’est trop sauvage, c’est trop pauvre, c’est trop peu… c’est trop rien…c’est trop…l’Afrique quoi !

Entre paludisme et moustiques, tourisme sexuel et décimation du sida, entre SDF de Cachan et clandestins ouest et est-africains de Lampedusa, Marseille, Gibraltar et Sahara ; désinformés, sous-informés ou mal informés, vous voilà donc, Français, et en cela par les médias de ceux-là mêmes qui tirent de juteux bénéfices de leur opaque et corruptrice  politique africaine.

Tenez, Direct 8 , ah Direct 8 , propriété de Bolloré , « Roi d’Afrique » , cette chaîne de télé , la voix officielle en France des dictateurs africains , dont conseillers et autres portes paroles sont reçus en grandes pompes par d’éminents journalistes , tel Philippe L… et  un ancien ministre à la coopération , confondu dans une affaire  du type K… , j’ai nommé Michel R… ; eh bien cette chaîne , pendant télévisuel de Direct Matin et Soir , ne vous dira rien de ce qui s’y passe, dans ces Afriques-là. Quid de la cellule africaine de l’Elysée ?   Quel PEAN nous la découvrira au grand jour cette officine sécrète où se jardinent à tout va les destinées des peuples d’Afrique francophone ?  Ce ne sont pas des sujets vendeurs, disent-ils au pays de Zola où  pourtant de moins en moins est  belle la vie, puisse France 3 m’en pardonner !!!

Ah si les hommes d’affaires français pouvaient être autant dégoûtés, tout au moins désintéressés de cette Afrique (néocolonisée depuis les décolonisations), comme le sont beaucoup de citoyens français !  S’ils pouvaient s’en détourner  et le régime sarkozyen avec,  et donc les armées françaises postées sur le continent prêtes à ! Si  et si seulement si c’était possible et  accessible , nous , société civile et citoyens de ce monde fou, nous débarrasserions sans peine de ces croûtons de chefs d’Etat arrimés à leur privilèges  et bien protégés par les armées nationales formées et équipées  par vos bases armées   à vous , contribuables Français , entretenues à vos  frais. Ils appellent cela au Quai d’Orsay la géostratégie. Elles sont bien là, ces bases armées françaises, témoins des misères des populations locales, postées au Tchad, au Gabon, au Sénégal, à Djibouti, au prétexte d’iniques accords de défense et assistance militaire jamais rediscutés (malgré les envolées lyriques de Sarko à Durban en Afrique du Sud il y a peu), mais qui arrangent beaucoup, notamment l’aile conservatrice au pouvoir en Afrique et à Paris. Il faut bien que Dassault mange ! Oui, elles sont bien là à veiller au grain, faisant le guet et prêtes à porter secours aux voleurs de légitimité politique qui nous gouvernent…Dieu merci, il paraît qu’on dégraisse  en ce moment le mammouth militaire français de Côte d’ivoire. Comme s’il pouvait en être autrement, les Ivoiriens ont dit non à la protection française. Il y a toujours eu et il y aura toujours un au-delà de la France et donc de la souffrance. Espérons que ce ne soit plus seulement un nouvel effet d’annonce bien sarkozyen.

Quand je me rappelle que le premier des français actuels, alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle de 2007, jurait, se tapant la poitrine en bon coq français, fier comme Artaban, que « la France n’a pas besoin économiquement de L’Afrique », c’était à Lomé (Togo) en 2006.

 Alors , pour en revenir à l’affaire K… , se servir de ses positions privilégiés au sein d’un gouvernement français, qu’il fut de gauche ( et elle n’a pas été un modèle dans sa politique africaine )  ou de droite ;  se prévaloir de relations privilégiées avec le Prince ( NS ou JC ) ou de ses missions temporaires ( ESTHER avalisé par J-P R… ) pour siphonner 4,6 millions d’Euros et donc autant de milliards de FCFA à 2 pays africains ( Congo-Brazza et Gabon ) dont les populations , loin des fastes et excès » Bongogiaques » ou « Sassousiens » , vivent avec moins d’1 euro par jour ( la moyenne c’est 50 centimes d’euros !!! ); franchement , pardonnez-moi la trivialité de mon propos , c’est DEGUEULASSE !

Et d’autant plus regrettable que ces menées sont à mettre au compte d’un homme pour lequel j’ai toujours eu, de par sa fibre humanitaire et certainement pas humaniste, on le voit bien,  un respect sans borne.

Ma désillusion n’est tout compte fait que partielle, et pour cause : les socialistes au pouvoir de 1981 jusqu’à l’avènement Chirac en 1995, emmenés par François Mitterrand, n’avaient pas fait mieux en matière de politique africaine. Je dirais même mieux, ils ont fait pire, en nous délestant, le 15 octobre 1987,  de l’un des plus grands espoirs d’une Afrique politique réinventée, Thomas SANKARA, (et pas seulement, que d’opposants à cette politique ravageuse ont perdu la vie !).Une Afrique plus en phase avec ses réalités perverties par 100 ans de colonisation désastreuse, n’en déplaise aux chantres  français de la Réhabilitation de l’œuvre coloniale outre-mer (ils étaient presque toujours de droite, ces gens-là, mais de plus en plus de gauche). Oui, une œuvre coloniale que j’invite tout français à venir constater sur place, désastreuse à tous points de vue, même  des infrastructures : routes, ponts, écoles, hôpitaux …dont nos réhabilitateurs se sont particulièrement vantés. Une telle méconnaissance de l’Histoire, des réalités locales africaines  et du dévoiement de l’action coloniale est à blâmer. Je m’en expliquerai ultérieurement.

Tenez par exemple , au Cameroun , la société française SESAM , fin des années 90 , a  siphonné le bois camerounais  avec une voracité sans pareille , mais ne fut jamais  foutue de contribuer  à la réfection des ponts  et à  la réhabilitation d’anciennes routes coloniales construites pour permettre  et intensifier le transport de billes de bois  de nos si chères forêts sur de grands grumiers qui , à force , abîment l’asphalte à chaque passage. En 1998, un député d’une des  localités  où se coupe ce bois dans le sud du pays, René Bomokou Nkono (paix à son âme !), dénonça ce fait en bloquant le passage de 15 de ces grumiers. La suite, c’est François-Xavier Verschave qui vous la conte en page 182 de son livre Noir Silence : Qui arrêtera la Françafrique ? :   « Il (le député Nkono) est mort subitement huit jours plus tard, le 27 mai 1998. Les grumiers ont pu repartir, sur les pistes défonçées. La Caisse française de Développement s’est ouverte à SESAM d’un prêt de 12,6 millions de francs… »

Qui n’a pas vécu cette Afrique-là ne comprendrait pas. Les médias français dans leur ensemble n’en diront rien. Et pourtant c’est monnaie courante. Depuis quelques années en France, je m’étonne du peu d’intérêt de la majorité des Français (est-ce forcément leur faute ?) de cette histoire, qui est aussi leur histoire, qui se joue dans les frontières africaines. Histoire nationale n’est pas, que dis-je, n’est plus à dissocier de l’Histoire coloniale, néo-coloniale ou postcoloniale, comme elle l’a été jusqu’ici, qu’elle se jouait là-bas ou ici. Clin d’œil à l’association des Chercheurs sur l’Histoire de l’Afrique Contemporaine (ACHAC, co-présidée par les historiens Pascal BLANCHARD et Nicolas BANCEL), qui le tambourine suffisamment depuis quelques années en France.

Et même si la horde baveuse d’ intellectuels révisionnistes  sarkozystes ,  emmenée par MAX le mégalo (fan de notre restaurateur de l’esclavage , Napoléon) , tend à taire cette Histoire Globale , car transcontinentale ( et c’est  pourtant la mode en ce moment dans le monde anglo-saxon  mais la France toujours à la traîne) , les enfants d’Africa dont les parents sont morts de ces excès du pouvoir autocratique soutenu par quelques « faux émissaires » de l’ancienne Lutèce , eh bien ces enfants raconteront encore et encore , fut-ce sans écriture , ne fut-ce qu’avec la tradition orale et ses chants de griots , oui , ils la raconteront  cette histoire coloniale et postcoloniale  , cette histoire de Crimes et Châtiments. Infligés par les colons et leurs « Blancs de remplacement » (nos autocrates)…Crimes et Châtiments  toujours en train de se faire dans nos capitales africaines, « anciennement » françaises.

Ah j’oubliais…toujours  au sujet de cette affaire K…Il y a dans certains de ses aspects vraiment de quoi étonner…Je m’explique :

  • Lorsque les cabinets de conseil IMEDA et DANOMEX  (cogérés , d’après PEAN , par les « amis » de K…alors président d’ESTHER , organisme public créé sous la primature de Jean-Pierre Raffarin pour apporter expertise et aide aux pays du Sud dans le domaine de la santé et de la lutte contre le SIDA) ,  encaissent des milliards de francs FCFA  de contribuables gabonais et congolais  ,  débloqués  par les trésoriers payeurs généraux sous les ordres de Bongo et Sassou , en toute bonne ou mauvaise foi  , sans même avoir consigné une seule ligne de ces audits , commandés en vue d’améliorer les systèmes de santé de ces pays , il y a là de quoi étonner !

  • De plus, un ambassadeur spécial de France en poste à Monaco nommé par Kouchner puis évincé par le Prince, ^pour s’être livré à des pratiques pour le moins douteuses : M Eric D… donnait ordre par fax à un Trésorier payeur général d’un Etat indépendant, le Gabon, pour que lui soit viré les 816.000 € restants d’une facture globale d’environ 2,8 Millions d’€, arguant avoir eu le soutien de Bongo (cf. Péan). En vérité je vous le dis, il y a de quoi étonner !

  • Le site web d’une société de conseil encore en activité,  IMEDA, qui disparait du web comme par enchantement, fin 2008, après le passage de l’enquêteur Pierre PEAN, il y a de quoi étonner !

  • Un Ministre de la Coopération, Jean-Marie Bockel (le pauvre !)  qui se jure en toute bonne foi ,  juillet 2007 ,  de signer l’acte de décès de la Françafrique  et de ses réseaux d’influence souterrains , mais qui est débarqué quelques mois plus tard ,  courant mars 2008  , et renvoyé aux Anciens Combattants , après moult pressions d’un trio de chefs d’Etat africains infatués d’eux-mêmes ,  sur l’Elyséen Sarko. Ce sont : Bongo , Sassou et Biya , choqués que ne leur aient  pas été ,  au contraire ,  rendus gloire pour tout le bien et  « loyaux » services rendus aux « faux émissaires » de Dame France…il y a , oooh oui , de quoi étonner !

Mais quel monde immonde !

Dieu ! Quel monde !

Je suis ressortissant d’un de ces pays d’Afrique et je me meurs de tant de POURRITURES !!!

 

Issopha

Paris , 04.02.2009.

 

 

 

 

 

 

 

GOUVERNEMENT

Exclusif: l’étrange diplomatie africaine de Bernard Kouchner

Pierre Péan se prépare à publier dans les semaines qui viennent un livre-portrait sans complaisance sur Bernard Kouchner. L’enquête, dont Marianne2 a pu avoir accès à certains extraits en avant-première, met en cause le désintéressement du «French doctor»: peu avant de devenir ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner aurait facturé, via une société créée par deux proches collaborateurs, plusieurs rapports à certains États, dont le Gabon.



Bernard Kouchner au Forum de Davos en 2008. (photo : World Economic Forum - Flickr - cc)

Bernard Kouchner au Forum de Davos en 2008. (photo : World Economic Forum – Flickr – cc)

Le paradoxe est énorme : l’homme qui incarne, auprès de millions de Français, la générosité, l’altruisme, la paix et le partage, l’homme qui truste tous les prix de popularité dans les machines à sondages, l’homme qui fait figure, depuis des années, de fils spirituel de l’abbé Pierre, cet homme-là se prêterait en réalité à des activités d’affairiste qui utiliserait son impact médiatique et surtout sa position de responsable public dans le cadre d’un commerce très privé. Telle est la démonstration que se prépare à publier, documents à l’appui, Pierre Péan dans un livre qui donne un éclairage cru à la carrière du french doctor.
On savait que Bernard Kouchner était resté gérant de la société BK Consultants, créée en 2004. Ce que l’on ignorait, c’est qu’il aurait ensuite fait passer ses prestations de conseil et d’audit sous l’égide de trois autres sociétés (IMEDA, Africa Steps et Danomex) créées par deux de ses proches collaborateurs, Éric Danon et Jacques Baudouin. Une fois devenu ministre des Affaires étrangères, en mai 2007, Bernard Kouchner fait nommer le premier ambassadeur extraordinaire à Monaco, le 8 août 2007. Quant au second, il lui avait confié dès sa nomination la direction de la Communication du Quai d’Orsay.Pierre Péan établit, preuves à l’appui, que Bernard Kouchner, bien avant ces deux nominations officielles, se serait fait le VRP de la société IMEDA auprès du Gabon d’Omar Bongo, alors qu’il occupe, avant même de redevenir ministre, une haute fonction à caractère public, puisque, nommé par Jean-Pierre Raffarin, il est à la tête d’un réseau international (ESTHER ) œuvrant pour l’amélioration des services de santé dans les pays du Sud.

 

Une facture de 2,65 millions d’euros!
« A
u Gabon, précise Péan, le montant des contrats passés par IMEDA et Africa Steps est de 1 735 916 870 Francs CFA, soit 2 646 388 euros. Le premier versement, de 500 millions CFA, soit 762 245 euros, à IMEDA, a été effectué le 19 janvier 2004 ; le second, à Africa Steps, de 700 millions CFA, soit 1 067 143 euros. Fin 2006, le gouvernement gabonais devait encore 817 000 euros aux deux sociétés pour honorer complètement les contrats signés… » Le tout pour des prestations réalisées sous l’égide de l’actuel ministre des Affaires étrangères. Ce qui fait qu’au moment où Bernard Kouchner s’installe au Quai d’Orsay, l’État gabonais doit toujours le reliquat de 817 000 euros aux deux sociétés des collaborateurs du ministre. Qu’à cela ne tienne ! Il est vraisemblable que le ministre a demandé le règlement de facture lors d’un entretien officiel, comme l’écrit Péan :
« Le nouveau ministre des Affaires étrangères a eu l’occasion de remettre la question sur le tapis, le 25 mai 2007, lors de la première visite d’Omar Bongo au président Sarkozy, à Paris. C’est donc bien un ministre français en exercice qui peut suggérer au Président gabonais de régler une facture en souffrance qui le concerne directement ou indirectement. La preuve ? Le 3 août, soit cinq jours avant l’officialisation de sa nomination au Journal Officiel, Éric Danon, confortablement installé dans sa résidence du domaine Saint-Basile, à Mougins, envoie un fax à Blaise Loembe, Trésorier Payeur Général du Gabon, pour lui rappeler qu’ils (selon toute vraisemblance, il s’agit du ministre des Affaires étrangères et lui-même) ont obtenu toutes les assurances d’Omar Bongo concernant le règlement de cette facture. Il lui demande en conséquence de « bien vouloir (en) effectuer le paiement avec la plus grande diligence », précisant même : « Nous avons reçu le mois dernier de Son Excellence le chef de l’État l’assurance que notre dernière facture serait rapidement honorée. »

 

Sarkozy ignorait les activités africaines de Kouchner
Le cas du Gabon n’est pas, semble-t-il, isolé et Pierre Péan cite et détaille d’autres prestations facturées selon le même modèle pour d’autres États africains avec lesquels la France entretient des relations de grande proximité.Le livre de Pierre Péan précise que le président Sarkozy ignorait, au moment de la nomination de Bernard Kouchner, l’existence de telles prestations et de telles factures en souffrance.Bernard Kouchner pourra arguer qu’un homme politique a bien le droit de gagner sa vie lorsqu’il n’est plus en responsabilité, et qu’il n’est pas illogique qu’il le fasse dans les domaines de compétence qui sont les siens. A la fin des années 1990, Dominique Strauss-Kahn avait été mis en cause pour la facturation de ses honoraires d’avocat au groupe Vivendi. En droit, cette facture ne posait pas de problème, correspondant à un travail dûment effectué. Mais elle constituait néanmoins une pratique discutable en regard de la déontologie politique.Plus récemment, le cumul, par Jean-François Copé de ses mandats politiques et de son activité d’avocat n’a pas suscité beaucoup de réprobation, alors qu’il aurait été impensable voici quelques années. Pourtant, conduire une activité d’avocat pourrait très bien le mettre, un jour ou l’autre, en position de conflit d’intérêt si la défense de son client a un rapport avec des dossiers qu’il gère en tant qu’élu du peuple. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Nicolas Sarkozy lui-même a fini, à la suite d’enquêtes publiées dans la presse (notamment par Marianne et le Canard Enchaîné) par renoncer, peu avant l’élection présidentielle, à son intéressement aux bénéfices réalisés par le cabinet qu’il a cofondé.Les prestations de Bernard Kouchner, telles que décrites par l’enquête de Pierre Péan, semblent bien poser un problème d’une autre ampleur puisqu’il était en charge du groupement ESTHER au moment de la signature des contrats et que ses « clients », hommes d’états africains, pouvaient espérer, en lui commandant des rapports, bénéficier de l’appui de la France pour l’octroi de subventions internationales. La réaction du gouvernement à ce qui pourrait peut-être devenir « le dossier Kouchner » ne manquera donc pas d’intérêt.

 

Lundi 12 Janvier 2009 – 01:00

Philippe Cohen

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« LE MONDE SELON K. »

Les principales accusations de Pierre Péan

NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 17:38

Alors que le ministre des affaires étrangères est en pleine polémique avec la publication mercredi 4 février du livre à charge « Le monde selon K. » (Editions Fayard) de Pierre Péan, en voici quelques extraits :

La principale accusation concerne de lucratives activités de consultant menées dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007, après la défaite électorale du PS auquel il appartenait et avant sa nomination au gouvernement de Nicolas Sarkozy. Selon Pierre Péan, Bernard Kouchner a mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, dirigées par deux de ses proches, alors qu’il présidait en même temps un groupement d’intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière.

Mélange des genres

« Le ministre Kouchner n’est pas directement actionnaire de la société Imeda qui a facturé ses prestation aux Etats gabonais et congolais (et sans doute à d’autres Etats). Il a cepedant lui-même favorisé ces contrats et exécuté certaines des prestations; surtout il a recruté au ministère dont il a la charge les deux fondateurs de la société en question.

Activités lucratives

« Au Gabon, le montant des contrats passés par Imeda et Africa Steps est de 1.735.916.870 francs CFA, soit 2.646.388 euros. Le premier versement, de 500 millions de francs CFA, soit 762.245 euros, à Imeda a été effectué le 19 janvier 2004; le second à Africa Steps, de 700 millions de francs CFA, soit 1.067.143 euros. Fin 2006, le gouvernement gabonais devait encore 817.000 euros aux deux sociétés pour honorer complètement les contrats signés.

Double casquette

« Bernard Kouchner, responsable d’un organisme public, nommé par le premier ministre, peut-il opportunément rendre visite à un ministre d’un pays étranger à la fois sous sa casquette officielle et sous celle de consultant privé ? Peut-il effectuer des prestations privées pour des pays avec lesquels son gouvernement entretient des relations de grand proximité ? »

Le goût du pouvoir

« Kouchner n’a pas renoncé à revenir au pouvoir, alors même que les sondages donnent Nicolas Sarkozy gagnant à la prochaine élection présidentielle. Dès le mois de décembre 2006, alors qu’il soutient Ségolène Royal, il annonce qu’il n’hésiterait pas à participer à un gouvernement d’union nationale si Sarkozy était élu président ! Bernard Kouchner, début avril 2007, espérait donc être ministre, quel que soit le vainqueur de l’élection… »

Télescopage entre activités privées et diplomatie française

Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Jean-Marie Bockel, placé l’autorité de Bernard Kouchner, disait le 15 janvier 2008 vouloir signer l’acte de décès de la « Françafrique » :
« A eux d’eux, le Gabon et le Congo ont commandé pour près de 4,6 millions d’euros de rapports à Imeda et Africa Steps ! Ils en veulent beaucoup à Kouchner d’avoir laissé son secrétaire d’Etat tenir des propos qu’ils considèrent comme désobligeants. […] Bockel est débarqué le 19 mars 2008 et se retrouve au secrétariat d’Etat des anciens combattants ».

 

LIVRE DE PIERRE PEAN

Bernard Kouchner répond dans l’Obs

NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 18:14

Bernard Kouchner répondra jeudi dans Le Nouvel Observateur aux accusations portées dans le livre de Pierre Péan. Dans un long entretien accordé aux journalistes du Nouvel Obs, le ministre des affaires étrangères revient sur les principaux points à charge contenus dans cet ouvrage.

A côté d’accusations concrètes portant sur le « mélange des genres » pratiqué par l’ex french doctor, le livre retient aussi l’attention par son inspiration nationaliste. Pierre Péan n’hésite pas à accuser Bernard Kouchner de détester la France et de se comporter en « américanolâtre » cosmopolite … Son caractère de règlement de comptes personnel est également souvent gênant. Tout en revenant dans la majeure partie du livre sur le passé de Bernard Kouchner sur lequel il porte une appréciation systématiquement négative, « Le monde selon K » qui paraît mercredi, aborde deux dossiers « financiers » potentiellement compromettants pour le ministre des affaires étrangères.
Il rappelle qu’après avoir dénoncé la « narco-dictature » en Birmanie, Bernard Kouchner a, en 2003, rédigé, pour 25.000 euros, un rapport justifiant la présence de Total dans ce pays (comme l’avait révélé alors le Nouvel Observateur).
Il rappelle aussi que le fondateur de MSF a travaillé comme consultant pour le potentat du Gabon, Omar Bongo ainsi que pour le chef d’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, accusé, devant la justice, de « crimes contre l’humanité ». Pierre Péan souligne qu’il y aurait confusion des genres entre son rôle à la tête d’organismes d’assistance médicale non lucratifs et ses missions de consultant privé et rétribué. Il accuse également Bernard Kouchner d’avoir utilisé sa position de ministre pour faire payer les factures africaines en souffrance.
Il revient enfin sur une autre affaire embarrassante : la nomination de la femme du ministre des Affaires étrangères à la tête de l’audiovisuel extérieur. En plein conflit d’intérêts, Christine Ockrent aurait, selon lui, licencié plusieurs journalistes qui auraient critiqué son mari.
Ce livre à charge déstabilisera-t-il le ministre ? Jusqu’à quel point ?
Tout dépendra de l’ampleur que les médias donneront à « l’affaire Kouchner » – et de la suite que lui apportera Nicolas Sarkozy. D’après nos informations, des proches de l’Elysée ont, eux-mêmes, fourni un certain nombre des documents à charge, notamment des factures, qui compromettent Bernard Kouchner.
L’ont-ils fait sur ordre de certains conseillers du président de la République qui voudraient se débarrasser du ministre des Affaires étrangères ? Ou ont-ils agi dans le cadre d’un de ces sombres règlements de compte dont la « Françafrique » a le secret ?

René Backman, Jean Baptiste Naudet, Vincent Jauvert

« LE MONDE SELON K. »

Les réactions au livre sur Bernard Kouchner

NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 16:38

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Voici les principales réactions sur le livre à paraître mercredi 4 février « Le monde selon K » de Pierre Péan (Editions Fayard), dans lequel Bernard Kouchner est accusé de mélange des genres entre activités publiques et privées : A DROITE

Claude Goasguen
, député UMP : « On ne s’attendait pas quand même à ce genre de révélations sur Kouchner ». « Il faut d’abord que lui s’explique et après il faut voir s’il y a des poursuites ou s’il n’y en a pas. Cela étant, on est tombé des nues quand même. Moi je n’ai pas accès au dossier, j’espère que lui aura accès au dossier et que ce sera simplement une fausse analyse ou de faux bruits ». « C’est une mauvaise surprise ». (Déclaration, mardi 3 février)A GAUCHE :

Martine Aubry, Premier secrétaire du PS : « Je crois que Bernard Kouchner est un homme honnête. Je pense qu’il aime un peu trop le pouvoir, c’est peut-être pour cela qu’il est là où il est ». « Je ne dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas ». « Vous n’entendrez pas un mot de ma part sur ce livre ».
Martine Aubry s’est dit « parfois étonnée des positions de Bernard Kouchner, lorsqu’il dit qu’on n’a plus besoin d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme dans notre pays. Je me dis, pauvre Bernard, tu as bien changé ! ». (Déclaration à la presse, mardi 3 février)

Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire : « Les importantes révélations relatives aux multiples conflits d’intérêt et aux affaires d’argent dans lesquels se débat le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, constituent pour le moins de graves infractions à la morale publique ».
« Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s’expliquer sérieusement devant l’opinion publique ». Le député relève que la Constitution « prohibe toute conservation d’intérêt quel qu’il soit, surtout d’ordre financier, pour un ministre en exercice, en relation avec les affaires publiques dont il a la charge ». (Communiqué, mardi 3 février)

Yves Cochet, député Vert : « Je crois qu’il doit être interrogé par la commission des Affaires étrangères, longuement, lors d’une audition ». « Kouchner, qui est un homme courageux et pas trop langue de bois (…), doit s’expliquer publiquement, avant même quelque procès que ce soit ». « Plus loin en arrière, M. Kouchner a fait quelquefois des opérations qui étaient douteuses entre l’argent et l’éthique. Par ailleurs c’est un homme très courageux qui a fait beaucoup de choses dans les années 60 juqu’aux années 80. Après, l’ivresse du pouvoir a dévié un petit peu son parcours militant ». (Déclaration, mardi 3 février)

 

Plusieurs députés demandent à Kouchner de « s’expliquer »

 

Le livre de Pierre Péan sur Bernard Kouchner n’est pas encore dans les rayons de librairie qu’il déclenche déjà de vives réactions parmi les députés. Dans Le Monde selon K. (Fayard), qui doit paraître mercredi 4 février, l’écrivain et enquêteur critique lourdement le ministre des affaires étrangères pour avoir bénéficié de contrats avec le Gabon et le Congo, en tant que consultant pour deux sociétés privées entre 2002 et 2007. Selon Pierre Péan, ces sociétés auraient continué à toucher des sommes issues de ces deux pays après l’entrée en fonction au Quai d’Orsay de Bernard Kouchner, au risque d’un conflit d’intérêt.

 

Le Parti socialiste a annoncé qu’il envisageait de poser une question au gouvernement sur ce sujet. « Quand on aura vraiment lu le livre, on posera une question de façon vraiment pertinente », a déclaré le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault. « On ne laissera pas passer cette affaire. N’attendez pas de nous la complaisance ou le silence. Si Bernard Kouchner pense cela il se trompe. » Martine Aubry, première secrétaire, a toutefois affirmé que Bernard Kouchner était « un homme honnête ». « Je ne dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas, a insisté la maire de Lille, lors de la visite d’un centre de planning familial à Paris. Vous n’entendrez pas un mot de ma part sur ce livre. »

De son côté, Claude Goasguen, député UMP de Paris, a déclaré être « tombé des nues » en découvrant le contenu du livre, estimant que le ministre des affaires étrangères devait « s’expliquer » sur les accusations de conflit d’intérêt portées à son encontre. « On ne s’attendait pas quand même à ce genre de révélations », a déclaré le député de Paris dans les couloirs de l’Assemblée.

Les Verts, par la voix du député Yves Cochet, ont démandé que Bernard Kouchner s’explique devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. « Kouchner, qui est un homme courageux et pas trop langue de bois (…), doit s’expliquer publiquement, avant même quelque procès que ce soit », a-t-il estimé.

Pour en savoir plus :

Les bonnes feuilles du livre de Pierre Péan (Marianne2.fr).

La réponse de Bernard Kouchner, sur le site du ministère des affaires étrangères.

 

Le Monde.fr avec AFP

CONFLIT D’INTERET

Bernard Kouchner est sommé de s’expliquer

NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 09:20

Les réactions politiques se multiplient, alors que sort ce mercredi « Le monde selon K. », du journaliste Pierre Péan, qui accuse le ministre des Affaires étrangères de conflit d’intérêt entre activités publiques et privées.

Bernard Kouchner

Bernard Kouchner

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a été sommé mardi 3 février par des responsables politiques de s’expliquer sur des accusations de conflit d’intérêt entre activités publiques et privées.
« Le monde selon K. » (Editions Fayard), du journaliste Pierre Péan, constitue l’attaque la plus violente jamais portée contre l’ancien « French doctor », personnalité politique la plus populaire en France.
Le livre contient ces accusations, mais aussi une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l’écrivain, en particulier sur le génocide rwandais.

Après l’entrée en fonctions au quai d’Orsay

La principale allégation concerne de lucratives activités de consultant dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007, après la défaite électorale de la gauche à laquelle il appartenait et avant sa nomination dans un gouvernement de droite.
Selon le journaliste, Bernard Kouchner a mené ces activités pour deux sociétés privées, Africa Steps et Iméda, gérées par deux proches, alors qu’il présidait en même temps un groupement d’intérêt public, Esther, consacré à la coopération internationale hospitalière.
Ces sociétés ont vendu pour près de 4,6 millions d’euros de contrats de conseil sur la réforme des systèmes de santé au Gabon du président Omar Bongo Odimba et au Congo de Denis Sassou Nguesso. Pierre Péan affirme qu’une partie de ces sommes n’a été recouvrée par les sociétés qu’après l’entrée en fonctions de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay, le 18 mai 2007.
L’écrivain assure que l’un des proches du ministre, Eric Danon, gérant d’Iméda et alors ambassadeur auprès de Monaco, a démarché les autorités gabonaises pour obtenir des règlements jusqu’en septembre 2007. Mais il ne fournit pas la preuve d’interventions du ministre après sa prise de fonctions.
Dès le 12 janvier, Bernard Kouchner avait dénoncé « certaines allégations inexactes » du livre et affirmé se « réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires ». Il s’est refusé mardi à tout commentaire.

« On ne s’attendait pas à ce genre de révélations »

L’opposition socialiste, son ancien camp, a indiqué qu’elle envisageait d’interpeller le gouvernement à l’Assemblée nationale. « Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s’expliquer sérieusement », a dit le député PS Arnaud Montebourg. Mais pour la chef du parti, Martine Aubry, c’est un « homme honnête ».
Le député de la majorité Claude Goasguen (UMP) a confié qu’il était « tombé des nues ». « On ne s’attendait pas à ce genre de révélations sur Kouchner ».
Pierre Péan affirme que les activités de Bernard Kouchner au Congo et au Gabon se sont téléscopées avec le fonctionnement de la diplomatie française.
Au moment où, selon lui, ces deux pays payaient leurs dettes aux deux sociétés, le secrétaire d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel disait le 15 janvier 2008 vouloir signer l’acte de décès de la « Françafrique », la relation privilégiée mais opaque entre la France et ses ex-colonies.
« A eux deux, le Gabon et le Congo ont commandé pour près de 4,6 millions d’euros de rapports à Iméda et Africa Steps! Ils en veulent beaucoup à Kouchner d’avoir laissé son secrétaire d’Etat tenir des propos qu’ils considèrent comme désobligeants », écrit Pierre Péan.
Jean-Marie Bockel sera remplacé en mars 2008.

 

 

 

« LE MONDE SELON K. »

L’UMP prend la défense de Bernard Kouchner

NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 09:42

« Des socialistes ont décidé de régler leurs comptes avec Bernard Kouchner ». « Il y a chez eux beaucoup d’esprit de revanche », estime Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP.

Bernard Kouchner (Reuters).

 

Bernard Kouchner (Reuters).

 

Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand a défendu mercredi 4 février Bernard Kouchner, estimant qu’ »il y a beaucoup d’esprit de revanche » de la part des socialistes contre le ministre accusé dans un livre de conflit d’intérêt entre activités publiques et privées en Afrique. « Je n’ai pas lu ce livre » mais « ce que j’en retiens, ce que je sais, c’est que c’est un livre à charge, très critique », a affirmé Xavier Bertrand sur LCI.
« Ce que je vois surtout, c’est que des socialistes ont décidé de régler leurs comptes avec Bernard Kouchner », ministre d’ouverture, et qu’ »il y a chez eux beaucoup d’esprit de revanche à l’égard de Bernard Kouchner, le socialiste le plus populaire », a-t-il expliqué.« Attaques personnelles »

Sur le fond de l’affaire, le secrétaire général de l’UMP juge que pour les accusations portées contre le ministre par Pierre Péan, « les réponses ont été apportées » par Bernard Kouchner et son avocat. « On est avec un livre à charge avec des attaques, des affirmations » qui, selon le leader de l’UMP, ne sont pas étayées. « Est-ce que les choses sont dites précisément dans ce livre, visiblement ce n’est pas le cas ».
Xavier Bertrand estime qu’ »il y a la volonté de pouvoir attaquer personnellement Bernard Kouchner et ces attaques personnelles sont déplacées de la part des socialistes ».
Selon le livre du journaliste Pierre Péan, « Le monde selon K. », le ministre des Affaires étrangères aurait exercé de lucratives activités de consultant dans le secteur de la santé en Afrique, entre 2002 et 2007.  « Ca commence à bien faire la chasse à l’homme politique, de gauche comme de droite », a également affirmé le leader de l’UMP citant le député socialiste de l’Essonne Julien Dray, visé par une enquête préliminaire du parquet de Paris pour abus de confiance.

 

REVUE DE PRESSE

Bernard Kouchner

NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 09:06

Les commentaires de la presse, mercredi 4 février, sur les accusations portées contre Bernard Kouchner dans le livre de Pierre Péan, « Le monde selon K. » :SUD OUEST
Patrick Venries

« (…)L’ex-French Doctor ne manquera pas d’arguments, jusqu’à la personnalité contestée de Pierre Péan, pour se défendre. Mais, au delà de l’interview que publiera demain Le Nouvel Observateur dans laquelle figurera en bonne place le rappel de son engagement de tous les instants en faveur des droits de l’homme, l’ancienne personnalité préférée des Français choisira-t-elle d’attaquer Pierre Péan en justice ? Au risque d’affronter un procès qui mettra forcément à jour des éléments très embarrassants pour la morale politique d’un ministre dont beaucoup, à droite comme à gauche, attendent la chute. À commencer par une question dont chacun est en droit d’attendre la réponse : que faisait Bernard Kouchner et la société BK Conseil, entre 2002 et 2007, auprès d’aussi sinistres dictateurs que Sassou Nguesso et Omar Bongo qui se soucient de leurs peuples comme d’une guigne? Difficile d’admettre que l’actuel ministre des Affaires étrangères y était bien à sa place. »

LE COURRIER PICARD
Francis Lachat

« (…)Jouissant d’une grande popularité en France, plébiscité par les sondages de notoriété, il avait été appelé par Nicolas Sarkozy au poste de ministre des Affaires étrangères et européennes, qu’il occupe toujours, et pour lequel il continue de faire inlassablement le tour du monde. Désormais rejeté par ses anciens amis de la gauche, et en particulier du parti socialiste, le voilà maintenant dans une tourmente qu’il n’a sans doute jamais connue, car les accusations dont il est victime mettent le doigt, cette fois, sur de graves erreurs, et même sur des jeux d’influence douteux. S’il veut reprendre la main, et rétablir la vérité qui est la sienne, il lui faut réagir sans délai et apporter des données tangibles de sa bonne foi. Faute de quoi, il pourrait bien sombrer dans une disgrâce médiatique catastrophique, qui pourrait remettre en cause non seulement son poste de ministre, mais aussi toute la politique d’ouverture du président de la République. »

LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

« (…)Le livre de Pierre Péan explore un aspect moins reluisant du personnage qui, à en croire son enquête, ne se serait pas gêné de pratiquer le mélange des genres au profit de nourritures bien terrestres. Notre diplomatie s’en serait trouvée embarrassée. Au point de provoquer l’éviction d’un secrétaire d’Etat et d’empêcher la liquidation des derniers vestiges de la Françafrique. Si elle se confirmait, l’image serait désastreuse au regard d’une opinion publique qui, pourtant, n’entretenait déjà pas beaucoup d’illusions sur la classe politico-médiatique. Alors que l’avalanche des plans sociaux resserre quotidiennement l’étau de la crise sur chacun de nous, la tache sur l’honneur d’une des dernières effigies du désintéressement et de la générosité, en confirmant l’opportunisme traduit par son ralliement à Nicolas Sarkozy, offrirait un angle d’attaque idéal aux démagogues que les temps difficiles qui s’annoncent ne manqueront pas de faire surgir. Un travail d’explication s’impose. Pour le moins. »

LE PROGRES
Francis Brochet

« Il doit se sentir bien seul, Bernard Kouchner. L’homme de tous les honneurs, les plus mérités comme les plus dérisoires, fait aujourd’hui face au soupçon. Le pire imaginable pour l’éternel French Doctor, l’infatigable moraliste: le soupçon d’affairisme au détriment des plus faibles, au service des plus forts. Il cherche ses amis, quand ses ennemis flairent le sang. ‘S’il a encore un honneur, il doit s’expliquer’, mord le socialiste Montebourg. Le Vert Cochet fait dans le compliment empoisonné, loue son courage mais rappelle des ‘opérations douteuses entre l’argent et l’éthique’. Aubry joue la copine sermonneuse, plaignant ce ‘pauvre Bernard’ qui ‘aime un peu trop le pouvoir’. Et la majorité ? Un député UMP, un seul, a déclaré ‘tomber des nues’ – cela doit sans doute s’entendre comme un soutien… Et le gouvernement ? Rien. Pas un mot. Pauvre Bernard, qui aimait tant le pouvoir. »

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE OUEST
Hervé Cannet

« (…) La France n’en aura donc jamais fini avec l’Afrique. C’est encore ce tissu de relations privilégiées peut-être, mais pourries, viciées de l’intérieur par l’argent, qui pourrait, pour le moins, déstabiliser le très populaire ministre des Affaires étrangères. Pourrait. Car le livre-brulôt de Pierre Péan est aussi mâtiné de règlements de compte personnels. Il n’empêche que les accusations de ‘mélange des genres’ sont particulièrement graves et qu’il faudra bien que Bernard Kouchner s’en explique. Il y a, c’est une évidence, une lourde dissonance entre le rôle d’un médecin, qu’il soit du monde ou sans frontières, et celui d’un consultant grassement payé par des tyrans africains accusés de ‘crimes contre l’humanité’. Les grands personnages publics ont la fâcheuse manie de porter souvent plusieurs casquettes. Il y a ici manifestement un casque colonial de trop. Si c’est vrai, c’est fâcheux ! Si c’est vrai, c’est odieux! »

LE MIDI LIBRE
Philippe Palat

« (…) Le monde selon K., un livre signé Pierre Péan. On sait les dégâts que les écrits de cet auteur redouté peuvent provoquer. Et ne jamais réparer. Pire : avant même parution de l’ouvrage assassin, la victime expiatoire est déjà clouée au pilori. A commencer par certains de ses ex-amis socialistes qui, après l’avoir accusé de haute trahison le jour où il entra au gouvernement, lui reprochent à demi-mot son absence d’honneur. Profitant de l’aubaine, et parce que jaloux de la surexposition médiatique du transfuge, ses nouveaux ‘amis’ politiques ricanent, eux aussi, sous le manteau. Mais l’icône populaire à la mèche bien rangée et au sourire ravageur a l’estomac bien accroché. D’autant que le bouquin qui veut lui faire la peau tricote un procès sur la base de positions politiques, certes parfois anachroniques, mais qui ne justifient pas qu’on fasse de Kouchner un bandit de grand chemin. Il y a des cas K. parfois douloureux… »

LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet

« (…)A droite également, l’arrivée des Besson et Kouchner n’a pas fait que des heureux, et cela d’autant plus que leur changement de camp n’a pas entraîné de mouvements de fond dans l’électorat. Bref, des deux côtés de l’arc politique, les adversaires de Bernard Kouchner ne lâcheront pas leur proie. Quoi qu’il en soit, le ministre des Affaires étrangères a intérêt à blinder son système de défense. Les accusations qui sont portées contre lui mettent à mal tout son discours, souvent grandiloquent, sur la morale. Oui, Bernard Kouchner joue très gros dans cette affaire, surtout dans une période cruciale où Nicolas Sarkozy a d’autres chats à fouetter. Si des parlementaires ont déjà sommé le locataire du Quai d’Orsay de s’expliquer, on imagine aisément que la même requête a été présentée par l’Elysée. »

LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

« (…)Au nom des bonnes causes qu’il défendait, on lui pardonnait son goût pour l’exposition médiatique et ‘l’humanitaire spectacle’. On répugne ensuite à rallier le camp de ceux qui, à gauche, tiennent leur revanche sur le ‘traître’ au PS et rêvent de l’achever. Pour tout cela donc, on éprouve de la gêne. Et pourtant, on redoute que Bernard Kouchner ne se trouve dans un très mauvais pas, en étant plus la victime de lui-même que des autres. En mal de cette reconnaissance que lui dispensait si chichement le PS, il n’a pas résisté aux sirènes sarkozystes, au prix de quelques tonitruants renoncements sur les principes. Rama Yade, secrétaire d’État si maltraitée aux droits de l’Homme, ne dira pas le contraire. Alors, il se peut que le Kouchner que les Français appréciaient ait changé, par goût du pouvoir autant que de l’argent. Du coup, il se pourrait bien aussi que Nicolas Sarkozy refuse d’entretenir le mythe. »

LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

« (…)Soyons justes : en déclarant qu’elle le considérait comme un homme honnête, Martine Aubry a désamorcé les attaques que son camp pouvait fourbir contre le ministre des Affaires étrangères. Ceux qui le connaissent savent que Kouchner, fondamentalement généreux, n’est pas un homme d’argent. ll reste néanmoins le sentiment d’un piètre politique dont la maladresse est parfois coupable au risque d’écorner sa popularité. Quand il donne le coup de pied de l’âne à Rama Yade en semblant abjurer ce combat pour les droits de l’Homme qui fut toute sa vie. Quand il s’en prend au journaliste Ulysse Gosset dont l’interview sur France 24, certes un peu critique, n’avait rien de choquante. Quand il fait mine de s’étonner que l’on puisse contester la nomination malsaine de Christine Ockrent à la tête de l’audiovisuel extérieur. Ou même quand Kouchner semble trépigner à l’idée que le président de la République décide en politique étrangère, une règle d’airain sous la Ve. Au fond, ce cabotin légèrement colérique ne serait-il pas un peu naïf? »

 

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