Arche de Zoé : c’est l’ONU qui aurait financée l’avion devait transporter les enfants + Le président iranien Ahmadinejad trouve Sarkozy « jeune et

Posté par issopha le 21 novembre 2007

Arche de Zoé : c’est l’ONU qui aurait financée l’avion devait

transporter les enfants

Linternationalmagazine.com, publié le 21/11/2007

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Selon les dirigeants de la société de lowcoast, de Barcelone, Girjet, l’avion qui devait transporter les enfants d’Abéché à Vatry a été financé, au moins pour l’assistance au sol, par le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies.

Comment expliquer qu’une association illégale, Children Rescue, le faux nez de l’Arche de Zoë, ait pu bénéficier de l’aide d’un organisme officiel ? Quels ont été les soutiens d’Eric Breteau qui lui ont permis un tel concours pour une opération à priori clandestine ?

Selon plusieurs participants de l’expédition tchadienne, ce dernier a répété à plusieurs reprises bénéficier de soutiens au plus niveau de l’Etat français. Dans un mail envoyé à la société espagnole Girjet, Eric Breteau, pour convaincre son interlocuteur précise ainsi à propos de son expédition « qu’il y ait madame S. (sans doute madame Sarkozy, ndlr) à bord » et que « les frais aéroportuaires seront payés par le HCR ».

En ce qui concerne les enfants, le patron de l’Arche de Zoé prétend que « les enfants ont un certificat d’évacuation en tant que blessés de guerre ». Le Boeing 757 de la société Girjet est actuellement réquisitionné par l’Etat tchadien et fait l’objet d’une guerre juridique entre les avocats de la société ibérique et la justice tchadienne.

A Paris, l’enquête des juges parisiens Daurelle et Vézan devrait permettre, dans les prochains jours, de cerner avec précision le mode de financement de l’association de l’Arche de Zoë et de Children Rescue.

Une perquisition a été effectuée chez la trésorière de l’Arche, Stéphanie Dhainaut-Lefèbvre qui, en août dernier, avait refusé de donner à la brigade des mineurs qui l’interrogeait la moindre information sur les comptes de son association.

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Le président iranien Ahmadinejad trouve Sarkozy « jeune et

inexpérimenté »

Linternationalmagazine.com, publié le 21/11/2007

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Selon des informations fournies par le quotidien Le Monde, le président Nicolas Sarkozy aurait reçu lundi dernier une missive au ton « acrimonieux » adressée par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Dans cette missive, le président iranien qualifierait, toujours selon le quotidien, le chef de l’État français de « jeune et inexpérimenté » et proférerait des « menaces voilées » à l’adresse de Paris. L’Élysée n’a pas réagi officiellement hier à ces informations.

La France prône la mise en place d’autres mesures coercitives par l’Union européenne, outre un durcissement des sanctions contre l’Iran à l’étude à l’ONU. Mais ces deux options apparaissent, l’une comme l’autre, problématiques. Prévue lundi, la réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Allemagne en vue de l’adoption d’un nouveau train de sanctions a été annulée en raison de la défection de la Chine qui a prétexté des problèmes de calendrier. Une décision qui traduit surtout les réticences persistantes de la Chine à alourdir les sanctions contre l’Iran.

Concernant les sanctions européennes, des divergences subsistent, les Allemands et les Italiens notamment montrant peu d’en-train et privilégiant dans un premier temps la voie onusienne. À Paris, on continue de penser que de nouvelles sanctions sont d’autant plus nécessaires que « des incertitudes importantes demeurent, voire augmentent » sur le programme nucléaire iranien, notamment en ce qui concerne l’existence de centrifugeuses de nouvelle génération. Réagissant au dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le Quai d’Orsay a jugé que Téhéran doit répondre « de manière claire, complète et exacte aux questions sur ses activités nucléaires passées et présentes ». En Iran, en revanche, on se félicite du rapport de l’AIEA qui souligne que des « progrès substantiels » ont été faits pour révéler la nature et l’étendue du programme nucléaire, mais que cela reste insuffisant. C’est une « grande réussite de l’AIEA », a ainsi commenté un diplomate iranien hier en ajoutant que ce document « détruit toutes les bases des accusations contre l’Iran ».

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«Six Blancs sont venus…» .Tchad. Premières demandes de restitution des enfants enlevés par l’Arche de Zoé.

Posté par issopha le 4 novembre 2007

Monde

«Six Blancs sont venus…»

Tchad. Premières demandes de restitution des enfants enlevés par l’Arche de Zoé.

Envoyée spéciale à Abéché SONIA ROLLEY

QUOTIDIEN : samedi 3 novembre 2007

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«Je veux qu’on me rende mes enfants.» Un chèche autour de la tête, un vieil homme patiente devant le palais de justice de N’Djamena. Rhamis Adoum Aroun est persuadé que sept enfants de sa famille se trouvent dans l’orphelinat d’Abéché, parmi les 103 enfants de l’Arche de Zoé. «Dans mon village, il n’y a pas d’école, à cause de l’insécurité. On nous a dit qu’à Adré, il y a une ONG qui s’était installée. Et que là-bas, nos enfants pourraient apprendre le Coran et suivre l’école française», explique le vieil homme.

 

Doutes. Cette ONG, c’est Children Rescue, nom de l’opération de l’Arche de Zoé au Tchad, qui avait effectivement installé officiellement un poste médical avancé à Adré. Mais personne n’avait expliqué à Rhamis que ses enfants partiraient en France, il pensait qu’ils étudiaient à Adré. Lui-même n’a jamais été en contact avec les membres de l’association l’Arche de Zoé. «Ils ne sont pas venus directement. C’est le chef d’un village voisin qui est venu nous sensibiliser sur l’intérêt d’envoyer les enfants à Adré avec l’ONG», précise-t-il. Ce n’est que lorsque le convoi d’enfants a été interpellé sur la route de l’aéroport, le 25 novembre, qu’il a commencé à avoir des doutes. «Quand j’ai appris la nouvelle, je suis allé à Adré et les enfants n’étaient plus là. Et c’est par les médias qu’on a appris qu’ils étaient à Abéché.»

Une trentaine de présumés parents ont fait la route jusqu’à Abéché dans l’espoir de retrouver leurs enfants. La police tchadienne a enregistré leur déclaration et des informations de base : nom, prénom, village d’origine, nom des enfants. Le reste du travail est fait par l’action sociale tchadienne.

Assis sur les bancs du centre social d’Abéché, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, les présumés parents attendent. «Au départ, on a observé les enfants. Puis on les a interrogés. Ça nous a permis de récolter des informations sur le nom et leurs villages d’origine, explique Honoré About, directeur du centre social. Maintenant, je voudrais vérifier que ce sont bien leurs parents, en croisant les informations, avant de demander au procureur de les mettre en contact avec les enfants.»Dans la salle, on retrouve deux groupes géographiques : les parents originaires de la région d’Adré et ceux venant de celle de Tiné. Ce qui correspond aux informations récoltées par le Haut-Commissariat pour les réfugiés, le Comité international de la Croix-Rouge et l’Unicef : 85 des 103 enfants viendraient de la zone frontalière avec le Soudan, entre Adré et Tiné. Et 91 d’entre eux font référence à l’existence d’un parent proche.

«Complicité». Allimi est une jeune veuve, originaire de Tiné. Elle avait confié trois de ses enfants à l’association. «Six Blancs, des Français, sont venus. Ils ont dit qu’ils voulaient des orphelins pour pouvoir leur donner une bonne éducation à Abéché», raconte-t-elle. Les membres de l’Arche de Zoé ont toujours affirmé avoir recherché des orphelins du Darfour, victimes de conflit. Effectivement, au Tchad comme au Soudan, on est considéré orphelin lorsque le père, la mère ou les deux parents sont morts.

Allimi évoque aussi la présence d’un intermédiaire : «C’est parce qu’ils avaient quelqu’un de Tiné, un Tchadien, avec eux, qu’on leur a fait confiance.» Le sous-préfet et l’un des chefs de quartier de Tiné ont été inculpés, ainsi que deux autres Tchadiens. «Nous savions depuis le début qu’ils avaient besoin d’intermédiaires locaux pour entrer en contact avec les familles qui parlent l’arabe ou le zaghawa [dialecte tchadien, ndlr], dit un officier de police. Nous cherchons à déterminer leur degré de complicité.»Allimi affirme avoir hésité une nuit avant de confier ses enfants à l’ONG. «Je ne pouvais pas subvenir à leurs besoins, ils ont dit qu’ils prendraient mes orphelins en charge. J’ai réfléchi puis j’ai fini par dire oui», justifie-t-elle.

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QUART MONDE : La Déclaration Radicale

Posté par issopha le 31 octobre 2007

  

La Déclaration Radicale

 

Dans la suite, le terme ‘village’ se réfère à toute communauté humaine locale, tant urbaine que rurale.

La Crise Globale

POUVOIR

La vie humaine est aujourd’hui impliquée dans une énorme crise de pouvoir et les dangers qui en résultent portent tous les signes d’une civilisation en état avancé de désintégration et sous la menace d’une éclipse.

GUERRE

Le plus évident de ces dangers est celui de la guerre. Non seulement les armes de guerre modernes représentent en elles mêmes des formes ultimes de destruction, qui menacent la survie de nombreuses espèces, l’homme compris, mais leur existence même crée des peurs et des phobies sur ‘la sécurité’, qui génèrent un mouvement dangereux précisément vers le type de conflit mondial que leur possession est censée empêcher.

POPULATION

Le volume de la population humaine est clairement hors de contrôle; une détérioration dangereuse de la qualité de vie, même celle éprouvée dans les pays riches, en est déjà la conséquence manifeste et il y a toute probabilité que cela empirera. Les mesures de contrôle des naissances qui ont été imposées aux gens indépendamment de leur identité communautaire et sans respect pour la signification communautaire, ont toujours échoué et continueront sans aucun doute à échouer, car une telle approche cherche à guérir la maladie par certains au moins des éléments de sa cause.

ÉCOLOGIE

Non moins urgente est la rupture de l’équilibre écologique et des systèmes étroitement interdépendants d’entretien de la vie sur la planète par les méthodes modernes, à échelle gigantesque, de production industrielle et agricole. La malice, le gaspillage et le caractère spoliateur de ces systèmes sont au-delà de tout calcul et il est probable que les effets néfastes qu’ils ont engendré en termes d’empoisonnement des éléments de la biosphère, de destruction de nombre d’espèce animales et végétales, de destruction d’immenses zones de forêt et de l’augmentation consécutive, rapide et continue de la désertification de régions énormes de la surface de la terre, gâcheront tout à fait inévitablement la vie humaine pour les générations à venir. On peut en dire autant de l’impasse médicale de nombreux types de médicaments censés permettre de résister aux maladies, qui sont maintenant d’utilisation commune, particulièrement les antibiotiques, qui encouragent un barrage de résistances biologiques, ainsi que les conséquences d’une baisse complémentaire de l’immunité, qui ne peut qu’exposer ceux qui vivent aujourd’hui et leur postérité immédiate à des épidémies mondiales incontrôlables et d’autres dangers biologiques – dans lesquels des populations entières seront automatiquement ou décimées ou détruites.

RESSOURCES

Il n’y a absolument aucune perspective pour que la possession de la plupart des accessoires mécaniques communs dans les ménages des nations ‘riches’ et de la fabrication en masse desquels les fortunes économiques de ces nations dépendent, puisse jamais faire partie du style de vie des millions et des millions de pauvres et sous-alimentés du monde. Leur production, particulièrement celle des automobiles, est déjà à un niveau de consommation des ressources non renouvelables qui ne peut probablement pas être poursuivi. Toute tentative pour les rendre généralement disponible à une échelle mondiale aboutira à de nombreuses formes d’épuisement des ressource et transformera notre postérité globale en mendiants. Il doit aussi être noté que toute tentative de ne pas le faire, en brisant la dynamique de la production de masse pour des marchés mondiaux, aboutira à une dislocation majeure de l’activité économique. À présent il n’y a littéralement aucune puissance sur terre, à l’exception possible et involontaire d’une mauvaise gestion sérieuse, qui pourrait ralentir la ruée vers la banqueroute des ressources, qui est maintenant en marche.

ALIÉNATION

Le fardeau général (et en augmentation) des maladies corporelles, mentales et de l’esprit qui est maintenant apparent dans tous les pays développés est à la fois la cause et l’effet d’un ordre social profondément malade et suggère une rupture en bloc du monde intérieur de l’espèce humaine dans sa recherche éternelle de l’accomplissement personnel et social. Malgré, et fréquemment à cause, de nombreux changements rapides et complets des conditions matérielles de vie, la plupart des gens sont aujourd’hui devenus étrangers aux types d’accomplissement personnel dans les sphères de la religion, de la culture, du travail et de la vie de famille que leurs ancêtres avaient coutume d’accepter comme naturels. Nos hôpitaux et prisons, comme nos casernes, nos forces de polices et notre bureaucratie économique et politique centralisées, grossissent et se remplissent, pendant que la qualité de la vie pour des millions de gens diminue et devient de plus en plus vide de sens ou de direction. Le vandalisme urbain, un recours addictif à de nombreuses formes de drogues sédatives, stimulantes ou hallucinogènes, combinés avec une acceptation passive d’un destin sinistre, ne sont aujourd’hui que les signes les plus évidents des pulsions destructives, intériorisées et extériorisées, que l’aliénation moderne encourage dans le psychisme humain. Les transformations maladroites des conditions de travail, principal rapport de l’homme avec la réalité, par l’impact effréné des formes irréfléchies de mécanisation, ont privé des millions de gens de tout rôle créateur pour subvenir aux besoins vitaux autant que pour une vie riche en termes d’accomplissement spirituel, et ont eu l’effet direct de créer un mode de vie dénué de sens et de but et un désespoir dangereusement subjectif.

L’Origine de la Crise

ÉCHEC

Aucun de ces facteurs – armements et guerre, excès de population, abus écologique, spoliation des ressources et aliénation sociale – n’est particulier à aucune partie de la planète dirigée par aucune croyance politique particulière; ils semblent prévaloir indépendamment de tout climat politique. Pourtant chaque élément témoigne d’un facteur commun, qui est que les mécanismes sociaux, économiques ou politiques, qui sont censés les diriger échouent en fait à fonctionner. Les sociétés humaines sont hors de contrôle. C’est la cause principale de la crise mondiale; c’est la raison pour laquelle, en dépit de toutes nos avancées dans le domaine du savoir, nous sommes confrontés avec des événements qui nous mènent loin de ces aventures et triomphes de l’esprit qu’elles nous avaient promis, vers un destin de damnation que personne de sain d’esprit ne pourrait certainement désirer.

EXCÈS

Il semble y avoir trois causes principales aux pertes de contrôle et toutes sont en rapport avec des formes particulières d’excès – l’excès de vitesse, de température, ou de taille. Dans le monde de la politique nous sommes concernés principalement par des grandeurs physiques et donc par le facteur de taille; nos sociétés sont hors de contrôle parce qu’elles sont trop grandes. Jamais nos sociétés et leurs infrastructures institutionnelles n’ont été aussi énormes, jamais elles n’ont été aussi ingérable et c’est uniquement le facteur de la taille excessive, qui a une nouveauté et une omniprésence suffisante pour expliquer l’échelle du désastre à multiples facettes auquel l’humanité fait maintenant face. Le gigantisme est devenu l’ennemi public numéro un de la race humaine.

ERREUR

Le risque de guerre ne provient pas du communisme ou du capitalisme, il y a eu une guerre mondiale entre les grandes puissances avant qu’aucun gouvernement communiste n’ait existé et deux grandes puissances communistes ont été autrefois enfermées dans une rivalité mondiale lourdement armée.

GRANDES PUISSANCES

Ce sont principalement les grandes puissances qui font de grandes guerres, parce que la grandeur de leur puissance éclipse l’importance morale et physique de leurs citoyens et parce que dans des unités si énormes le pouvoir est toujours détenu par ceux qui sont les plus experts dans la poursuite du pouvoir, sans se soucier des objectifs moraux, comme une fin en soi. (S’ils ne l’étaient pas ils seraient remplacés par ceux qui le sont.)

GRANDES GUERRES

Dans des unités plus petites les qualités plus humaines (comme le jugement moral) ont plus de place et sont ainsi capables d’influencer plus efficacement le cours des événements. En termes globaux toutes les puissances géantes sont des bellicistes dangereux incapables de contrôler leurs propres actions, tandis que les seules nations qui sont vraiment pacifiques, stables, prospères, libérales et tolérantes sont toutes, sans exception, petites. Il ne s’ensuit pas bien sûr que toutes les petites nations sont paisibles, libres, progressistes ou prospères. Il n’y a pas de lignes droites dans la nature et aucune dans la nature humaine. Il reste vrai néanmoins que l’évidence montre que les petites nations peuvent réaliser des objectifs sociaux désirables; il est aussi vrai que les fédérations géantes peuvent éliminer des guerres intérieurement, mais cela doit être équilibré dans le jugement par leur propension innée pour la guerre extérieurement. La Pax Americanus doit être considérée dans le contexte du Militarisme Americanus mondial. Plus grande est l’entité politique plus grandes les guerres dans lesquelles elle s’implique inévitablement. C’est le défaut de base dans le raisonnement selon lequel une Europe fédérale unie réalisera la paix.

Perspectives Locales

CONTRÔLE HUMAIN

A la lumière de cette conclusion nous sommes confrontés au défi d’effectuer la révolution la plus profonde jamais entreprise dans les affaires humaines, car la survie de l’humanité dépend maintenant de la vitesse à laquelle nos institutions politiques, sociales et économiques peuvent être rendues assez petites pour qu’elles deviennent gérables et sensibles au contrôle humain de la façon la plus adéquate.

ÉCHELLE HUMAINE

Bien qu’une telle conclusion soit contraire à l’opinion communément admise, la race humaine n’a aucun avenir si elle n’agit pas pour adapter son modèle de vie à une échelle proportionnée à son humanité et à sa capacité à mettre en oeuvre ses jugements moraux consensuels. Nos sociétés ne sont pas en crise parce qu’elles mettent en oeuvre telle ou telle croyance économique ou politique; à une échelle monstrueuse toutes ces croyances deviennent ingérable, de même qu’à une échelle humaine presque n’importe quelle croyance que veulent adopter les gens peut être amenée à servir leur but.

RENVERSEMENT

Il y a aujourd’hui besoin d’un examen majeur minutieux de chaque forme de pouvoir, pas dans le but de la rendre communiste ou socialiste ou capitaliste, mais dans le but de la rendre à échelle humaine. Nous avons de façon irréfléchie permis au gigantisme de détruire l’identité politique, économique et culturelle de nos villages et cantons urbains. Ce processus doit maintenant être inversé. Les villages sont les cellules sanguines de la civilisation et c’est une condition d’une santé sociale normale qu’ils disposent d’un pouvoir de décision sans limites sur leurs affaires propres. Une situation où on ne permet aux villages d’assumer que les fonctions autorisées par les besoins du gouvernement central doit maintenant être transformée dans celle où on n’autorise le gouvernement central de prendre en charge que les fonctions que ses villages lui permettent.

SUBSIDIARITÉ

Le besoin de faire prévaloir certains pouvoirs qui sont plus étendus que ceux exercés par le village n’est pas un seul instant remis en question; ce qui est affirmé est que c’est la communauté du village qui décidera de la nature et de l’étendue de sa participation dans ces ententes et que s’il est suggéré que l’on ne peut pas avoir confiance dans le bon sens pratique des gens des villages pour juger sainement, nous devons nous souvenir que ce sont seulement les habitants de villages différents, et peut être disparus, qui le disent.

LIBERTÉ

Au vu des nombreuses menaces sur la liberté qui sont maintenant mises en place par des machines gouvernementales géantes et surcentralisées, il est d’une importance particulière que de telles formes localisées de pouvoir soient rétablies dans les domaines de la police et de l’éducation.

LA TAILLE DES NATIONS

Elle est en grande partie un résultat de circonstances géographiques et d’accidents historiques. Aucun processus de raisonnement conscient ne semble jamais avoir été appliqué à la question et c’est clairement devenu une urgence de le faire. D’une analyse pragmatique des nations existantes il semblerait que le gouvernement efficace et pacifique est le mieux assuré dans les nations de l’ordre de la dizaine de millions de citoyens ou moins. Dans quelques cas vraiment beaucoup moins; la principauté du Liechtenstein a une population de moins de trente mille personnes. Elle a son propre Parlement (complet avec l’opposition) et a un des plus haut niveaux de consommation par personne dans le monde. Il faudrait rappeler à ceux qui sont inquiets des problèmes en grande partie imaginaires de la ‘Balkanisation’ les avantages impressionnants de la Scandinavianisation , et dans quelle mesure les réels problèmes qui ont fait du terme ‘Balkanisation’ un synonyme de guerre et de dissentions sont les produits de l’interférence des ‘grandes’ puissances.

DÉCLIN DES EMPIRES

L’appel à morceler les ‘grandes’ puissances en unités sensées, contrôlables, à échelle humaine peut bien apparaître décourageant à l’extrême, pourtant peu d’entre elles ont plus d’un siècle d’existence et toutes montrent des signes marqués de déséquilibre, de fissiparité et de déclin. Il y a un siècle le monde était dominé par une demi douzaine d’empires coloniaux géants. Où sont ces empires aujourd’hui ?

GOUVERNEMENT MONDIAL

Il découle de ce qui précède que toute proposition d’établir un gouvernement mondial, qui, s’il était mis en oeuvre, ne manquerait pas d’aboutir à une orgie globale de totalitarisme, devrait être rejetée d’emblée. Un monde constitué de beaucoup de petits états devrait coopérer à de nombreux niveaux et pour un grand nombre de buts, pour les services postaux, le contrôle des épidémies, l’entretien des phares, les normes de sécurité aérienne, et caetera. Il n’y a absolument aucune raison de supposer qu’ils ne le feraient pas comme le bon sens l’indique et qu’ils manqueraient à participer aux autorités séparées qu’ils devraient établir.

L’EUROPE UNIE

Unir l’Europe c’est créer, sottement et inutilement, encore une autre puissance géante au-delà du contrôle de ses citoyens et aider à dresser la scène d’une autre guerre mondiale. Nous n’avons pas besoin d’une Europe sous un drapeau, nous avons besoin d’une Europe aux mille drapeaux de communautés libres de l’Atlantique à l’Oural, qui est la voie directe vers la paix, la stabilité économique et le progrès culturel.

DISPERSION

Pour vaincre le danger de guerre et d’écroulement social le besoin le plus urgent de l’humanité est aujourd’hui de créer un ordre mondial micro cellulaire, non-centralisé, aux pouvoirs dispersés dans lequel l’humanité des gens est partout respectée et reflétée dans le pouvoir qu’ils exercent pour diriger les affaires de leur localité immédiate en termes de leur jugement moral.

Nous déclarons donc ce qui suit :

UNITÉ

Nous sommes le peuple du Quart-Monde, nous représentons un large spectre mondial d’intérêts tant ethniques, culturels et linguistiques, que religieux, économiques, écologiques et communautaires, dont beaucoup ont été submergés à un degré ou un autre par la ruée désastreuse de gigantisme des deux derniers siècles ou plus. Nous sommes unis dans notre détermination à désamorcer l’actuelle crise anarchique de pouvoir en cherchant à créer nos propres modèles sociaux, culturels et économiques comme nous le jugeons bon dans nos propres communautés localisées.

LOCALITÉ

Nous déclarons que ce n’est que par des petites unités sociales, qui peuvent être soumises au contrôle de leurs membres que les peuples du monde vaincront un jour les dangers de la guerre mondiale. Nous appelons à la décomposition de toutes les nations géantes en entités d’au plus dix millions d’habitants environ et à ce que toutes les nations pratiquent et respectent le principe de la prise de décision non-centralisée, à l’échelle humaine, démocratique au niveau du village. Nous insistons pour que le pouvoir politique et économique dans chaque nation soit si localisé qu’aucun gouvernement central n’englobera jamais de nouveau la capacité de quelque acte d’agression militaire ou économique à grande échelle que ce soit contre ses voisins.

POPULATION

De la même manière c’est seulement par de tels moyens qu’ils peuvent résoudre le problème de l’excès de population, rendre effectif un respect véritable pour leur environnement matériel afin de vaincre le péril écologique et d’en finir avec la malédiction de la privation de vie et de société qui touche maintenant des millions et des millions de gens dans de nombreuses parties du monde. Nous et nos voisins avons rarement désiré ce développement du gigantisme , y avons très souvent résisté avec acharnement, l’avons rarement accepté et maintenant nous en proclamons notre rejet total.

GOUVERNANCE

Nous affirmons à sa place notre droit inaliénable de vivre comme des peuples libres, indépendants, autonomes et auto-gouvernés et nous rejetons la validité de toute disposition, même imposée depuis longtemps, particulièrement par des unités politiques géantes, qui ont pour but la permanence du déni de ce droit.

AUTONOMIE

Nous affirmons de plus notre droit dans nos propres villages ou communes urbaines à faire fonctionner et à contrôler nos propres écoles, hôpitaux, forces de police, banques, industries, échanges commerciaux et dispositions de transport, formes de taxation et autres sujets d’intérêt communautaire comme il nous semble bon, sans interférence ou contrainte externe.

COOPÉRATION

Nous acceptons la nécessité d’un grand nombre de formes d’association et de coopération à travers les frontières locales et nationales, au moins pour atteindre l’enrichissement potentiel de la vie humaine qu’une telle coopération peut assurer; nous sommes heureux de reconnaître ce besoin et tout en répudiant le non-sens morne et inconsidéré du ` gouvernement mondial ‘, qui ne pourrait être qu’une dictature globale basée sur un cauchemar bureaucratique monstrueux, nous cherchons un beaucoup plus grand degré de coopération transnationale qu’il ne prévaut aujourd’hui dans les sphères politiques, économiques et sociales spécifiques. Nous affirmons notre empressement à participer à une telle coopération partout où les intérêts mutuels ou généraux des gens sont mieux servis de cette façon, mais en cela nous nous réservons le droit inaliénable de décider de quelle façon nous participerons, et la pleine liberté de nous retirer à tout moment de telles ententes.

DANGER

En termes généraux nous affirmons que tout état qui excède des dimensions modestes, à échelle humaine, a un risque sérieux d’être incapable de contrôler entièrement ses propres affaires et est ainsi un danger pour son propre peuple et les autres, en termes de guerre, d’excès écologique et de dislocation économique : plus grand l’état, plus grand le danger.

PARTAGE

La leçon sinistre de la vie politique du 20ème siècle, qui a déjà infligé plus de meurtres, souffrances et infamies au peuple qu’il n’en a été commis dans n’importe quelle période antérieure, est que la seule forme sûre de pouvoir est le pouvoir partagé. Nous affirmons donc de plus que même dans de telles nations à échelle humaine, pour surmonter les dangers de la guerre et de la croissance trop importante de la population, pour arrêter la diffusion du vide spirituel de l’aliénation de masse, et pour élargir les frontières de la liberté, il y a un besoin urgent d’un nouveau respect pour les droits et les pouvoirs de décision et de contrôle des institutions tant politiques qu’économiques par les membres des communautés localisées dans leurs villages, cantons et paroisses selon le cas, dans chaque partie du monde. Un programme de pouvoir politique et économique non-centralisé tel qu’il est ici imaginé est une garantie essentielle pour empêcher que le pouvoir de l’état soit saisi par n’importe quel groupe dans un but de guerre, accroissement ou oppression.

DÉCENTRALISATION

Pour la même raison nous affirmons ici notre opposition sans réserve à toute tentative d’augmenter la taille ou l’échelle d’unités politiques ou toute évolution vers plus de centralisation gouvernementale. Nous dénonçons de telles tendances comme susceptibles de mener à une nouvelle perte de contrôle humain, pour aboutir à de nouvelles atteintes à la liberté et à une nouvelle augmentation des dangers globaux actuels.

GUERRE

Nous invitons les gens où qu’ils soient à mettre fin à la malédiction de la guerre mondiale en répudiant le gigantisme incontrôlable qui en est la cause principale; nous poussons au démembrement de toutes les entités de pouvoir géantes en nations sensées, à échelle humaine, et contrôlables de moins de dix millions de personnes qui seront dirigées sur la base d’un degré maximal de pouvoir non-centralisé en investissant de tous les pouvoirs de gouvernement les communautés de village.

ÉCOLOGIE

À moins que nous ne transformions nos styles de vie et ne fassions une estimation plus réaliste de la résistance des systèmes de support mutuels de la biosphère, de grandes parties de notre planète, dans quelques générations, pourraient devenir inhabitables. Nous pressons chaque village et chaque communauté de la taille d’un village dans le monde, particulièrement dans le monde avancé, d’examiner l’impact de son mode de vie sur l’écologie de la planète et d’ordonner les changements qui assureront que ce qui est maintenant écologiquement nocif soit rendu stable et inoffensif.

RESSOURCES

Le style de vie des nations riches exige beaucoup des ressources finies de la planète, ce qui ne peut qu’élargir le gouffre entre les peuples riches et les pauvres et faire des mendiants de la postérité des deux en dégradant leur habitat. Nous appelons à un réexamen immédiat de ce style de vie, particulièrement par les communautés des pays riches, dans tous les détails où des ressources finies sont consommées, pour établir un mode de vie qui soit avantageusement durable pour tous les peuples.

LIMITES

Nous appelons à une fin du gaspillage et des politiques, qui supposent un rôle accessoire des ressources de l’habitat vis à vis de la recherche d’une expansion économique illimitée. Nous demandons au lieu de cela un sens profond de révérence pour tous les éléments de l’ordre naturel et une politique mûrement réfléchie d’économie et de gestion prudente de toutes les ressources planétaires, en place de la politique présente d’exploitation et de maltraitance, avec leur indifférence dangereuse aux effets conséquents sur les équilibres interdépendants de la biosphère, dont dépend le bien-être de toute vie.

GASPILLAGE

Nous condamnons la façon rapace dont on gaspille les ressources finies du globe, comme en témoignent particulièrement le voyage aérien de masse et le transport automobile de masse, comme étant ignorant, idiot, gaspilleur et immoral. Nous insistons sur l’adoption de normes de consommation qui mettent le minimum de pression sur ces ressources et qui soient assurées par une dépendance maximale des ressources auto-renouvelables. Nous recommandons vivement aux gens de partout de rejeter les produits qui consomment inutilement des ressources finies, lesquelles constituent l’héritage de toute notre postérité, que nous avons temporairement sous notre garde.

POPULATION

Les mécanismes biologiques en grande partie inconscients, qui contrôlent les chiffres de population dans le monde animal étaient aussi en fonction dans les sociétés humaines jusqu’à des temps tout à fait récents. Ils fonctionnaient sur la base de décisions consensuelles (et fréquemment instinctives) dans de petits groupements. Aujourd’hui il y a un besoin de renforcer ces réponses par un processus conscient de raisonnement; au lieu de cela nous avons en grande partie détruit les petites communautés, qui étaient leur base. Voilà la cause réelle de la crise de population. Aucune petite communauté auto-gouvernée menacée d’être submergée par sa propre croissance ne manquerait de faire quelque chose pour l’empêcher si elle en avait le pouvoir. Nous déclarons que le besoin de pouvoir de base dans nos sociétés de village est impératif pour résoudre la crise de la population humaine. Aucun gouvernement d’une société de masse ne peut résoudre ce problème sinon par des moyens qui sont totalitaires et une atteinte à la dignité humaine. La responsabilité de la communauté sur les affaires communautaires est une condition préalable du contrôle des effectifs de la communauté. Il s’ensuit que le pouvoir communautaire est une condition préalable à la survie de la communauté.

ALIÉNATION

L’accomplissement humain est un produit de la religion, du travail, de la culture et des relations; la poursuite aveugle de la croissance économique comme une fin en soi et les formes géantes d’organisation qu’elle encourage, rabaissent les principes moraux, dégrade le travail humain en un simple appendice des organisations ou des machines, dévitalise la culture en détruisant le pouvoir de créer et de décider, et sape la base de la vie de famille en substituant des dimensions financières aux liens de mutualité et de révérence dans les relations, qui sont le coeur de toute civilisation digne d’intérêt. Nous dénonçons ce processus comme étant inévitablement destructeur du bonheur et du bien-être humains.

CONCLUSION

Nous appelons les gens de partout à répudier la marche au gigantisme et à la perte de contrôle social, à affirmer leur adhésion à la famille humaine et leur devoir d’élever son bien-être en termes de paix, de liberté et de sensibilité écologique en nous rejoignant pour établir LE QUART-MONDE, un monde où le pouvoir est entièrement partagé par les gens dans des communautés de taille modeste qui permettent au processus social de faire pleine justice à la majesté inhérente de l’esprit humain et de servir les potentialités les plus nobles de son génie créateur.

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Pour vendre des médicaments, inventons des maladies

Posté par issopha le 15 octobre 2007

Les nouvelles techniques publicitaires de l’industrie pharmaceutique

  

  

Pour vendre des médicaments, inventons des

  

maladies

 

 

La méthode avait déjà fait la fortune du docteur Knock de Jules Romains : chaque bien-portant entrant dans son cabinet en ressortait malade, et prêt à débourser sans compter pour être guéri. A son image, ayant atteint les limites du marché des malades, certaines firmes pharmaceutiques se tournent désormais vers les bien-portants pour continuer à croître. Et emploient pour cela les techniques de publicité les plus avancées.

Par Alan Cassels et Ray Moynihan

Il y a une trentaine d’années, le dirigeant d’une des plus grosses firmes pharmaceutiques au monde tint des propos fort éclairants. Alors proche de la retraite, le très dynamique directeur de Merck, Henry Gadsden, confia au magazine Fortune son désespoir de voir le marché potentiel de sa société confiné aux seuls malades. Expliquant qu’il aurait préféré que Merck devînt une sorte de Wrigley – fabricant et distributeur de chewing-gums –, Gadsden déclara qu’il rêvait depuis longtemps de produire des médicaments destinés aux… bien-portants. Parce qu’alors Merck aurait la possibilité de « vendre à tout le monde ». Trois décennies plus tard, le rêve de feu Henri Gadsden est devenu réalité.

Les stratégies marketing des plus grosses firmes pharmaceutiques ciblent dorénavant les bien-portants de manière agressive. Les hauts et les bas de la vie de tous les jours sont devenus des troubles mentaux, des plaintes somme toute communes sont transformées en affections effrayantes, et de plus en plus de gens ordinaires sont métamorphosés en malades. Au moyen de campagnes de promotion, l’industrie pharmaceutique, qui pèse quelque 500 milliards de dollars, exploite nos peurs les plus profondes : de la mort, du délabrement physique et de la maladie – changeant ainsi littéralement ce qu’être humain signifie. Récompensés à juste titre quand ils sauvent des vies humaines et réduisent les souffrances, les géants pharmaceutiques ne se contentent plus de vendre à ceux qui en ont besoin. Pour la bonne et simple raison, bien connue de Wall Street, que dire aux bien-portants qu’ils sont malades rapporte gros.

Au moment où la majorité des habitants des pays développés jouissent de vies plus longues, plus saines et plus dynamiques que celles de leurs ancêtres, le rouleau compresseur des campagnes publicitaires ou de sensibilisation, rondement menées, transforment les bien-portants soucieux de leur santé en souffreteux soucieux tout court. Des problèmes mineurs sont dépeints comme autant d’affections graves, de telle sorte que la timidité devient un « trouble d’anxiété sociale », et la tension prémenstruelle, une maladie mentale appelée « trouble dysphorique prémenstruel ». Le simple fait d’être un sujet « à risque » susceptible de développer une pathologie devient une pathologie en soi.

L’épicentre de ce type de vente se situe aux Etats-Unis, terre d’accueil de nombreuses multinationales pharmaceutiques. Comptant moins de 5 % de la population mondiale, ce pays représente déjà près de 50 % du marché de la prescription de médicaments. Les dépenses de santé continuent à y grimper plus que n’importe où dans le monde, affichant une progression de presque 100 % en six ans – et ce, pas seulement parce que les prix des médicaments enregistrent des hausses drastiques, mais aussi parce que les médecins se sont mis à en prescrire de plus en plus.

Depuis son bureau situé au cœur de Manhattan, M. Vince Parry représente le nec plus ultra du marketing mondial. Expert en publicité, il se spécialise dorénavant dans la forme la plus sophistiquée de la vente de médicaments : il s’emploie, de concert avec les entreprises pharmaceutiques, à créer de nouvelles maladies. Dans un article étonnant intitulé « L’art de cataloguer un état de santé », M. Parry a récemment révélé les ficelles utilisées par ces firmes pour « favoriser la création » de troubles médicaux (1). Parfois, il s’agit d’un état de santé peu connu qui jouit d’un regain d’attention ; parfois, on redéfinit une maladie connue depuis longtemps en lui donnant un autre nom ; parfois, c’est un nouveau dysfonctionnement qui est créé ex nihilo. Parmi les préférés de M. Parry se trouvent la dysfonction érectile, le trouble du déficit de l’attention chez les adultes et le syndrome dysphorique prémenstruel déjà évoqué – tellement controversé que les chercheurs estiment qu’il n’existe pas.

Avec une rare franchise, M. Perry explique la manière dont les compagnies pharmaceutiques non seulement cataloguent et définissent leurs produits à succès tels que le Prozac ou le Viagra, mais cataloguent et définissent aussi les conditions créant le marché pour de tels médicaments.

Sous la houlette de responsables marketing de l’industrie pharmaceutique, des experts médicaux et des gourous comme M. Perry s’assoient autour d’une table pour « trouver de nouvelles idées concernant des maladies et des états de santé ». Le but, dit-il, est de faire en sorte que les clients des firmes dans le monde entier appréhendent ces choses d’une manière nouvelle. L’objectif restant, toujours, d’établir une liaison entre l’état de santé et le médicament, de manière à optimiser les ventes.

L’idée selon laquelle les multinationales du secteur aident à créer de nouvelles maladies semblera étrange à beaucoup ; elle est monnaie courante dans le milieu de l’industrie. Destiné à leurs dirigeants, un rapport récent de Business Insights témoigne ainsi que la capacité à « créer des marchés de nouvelles maladies » se traduit par des ventes se chiffrant en milliards de dollars. L’une des stratégies les plus performantes, d’après ce rapport, consiste à changer la façon dont les gens considèrent leurs affections sans gravité. Ils doivent être « convaincus » que « des problèmes acceptés tout au plus comme une gêne jusqu’à présent » sont, désormais, « dignes d’une intervention médicale ». Saluant le succès du développement de marchés profitables liés à de nouveaux troubles de la santé, le rapport affichait un bel optimisme quant à l’avenir financier de l’industrie pharmaceutique : « Les années à venir seront les témoins privilégiés de la création de maladies parrainée par l’entreprise. »

Il est certes difficile, étant donné le large éventail d’affections possibles, de tracer une ligne clairement définie entre les bien-portants et les malades. Les frontières qui séparent le « normal » de l’« anormal » sont souvent fort élastiques ; elles peuvent varier drastiquement d’un pays à un autre et évoluer au cours du temps. Mais ce qui ressort clairement, c’est que, plus on élargit la définition d’une pathologie, plus cette dernière touchera de malades potentiels, et plus vaste sera le marché pour les fabricants de pilules et de gélules.

Dans certaines circonstances, les experts médicaux qui rédigent les protocoles sont en même temps rétribués par l’industrie pharmaceutique, industrie qui s’enrichira selon que les protocoles de soins auront été écrits de telle ou telle façon. Selon ces experts, 90 % des Américains âgés souffriront d’un trouble appelé « hypertension artérielle » ; près de la moitié des Américaines sont affectées par un dysfonctionnement baptisé FSD (dysfonction sexuelle féminine) ; et plus de 40 millions d’Américains devraient être suivis du fait de leur important taux de cholestérol. Avec l’aide de médias à la recherche de gros titres, la toute dernière affection est régulièrement annoncée comme étant très largement présente dans la population, grave, mais surtout curable grâce aux médicaments. Les voies alternatives pour comprendre et soigner les problèmes de santé, de même que la réduction du nombre estimé de malades, sont souvent reléguées à l’arrière-plan, pour satisfaire une promotion frénétique des médicaments.

La rémunération des experts en espèces sonnantes et trébuchantes ne signifie pas forcément l’achat d’une influence ; mais, aux yeux de nombreux observateurs, médecins et industrie pharmaceutique entretiennent des liens trop étroits.

Si les définitions des maladies sont élargies, les causes de ces prétendues épidémies sont, en revanche, décrites aussi peu que possible. Dans l’univers de ce type de marketing, un problème de santé majeur, tel que les maladies cardio-vasculaires, peut être abordé par l’étroite lorgnette du taux de cholestérol ou de la tension artérielle d’une personne. La prévention des fractures de la hanche parmi les personnes âgées se confond avec l’obsession de la densité osseuse des femmes d’âge mûr en bonne santé. La détresse personnelle résulte largement d’un déséquilibre chimique de la sérotonine dans le cerveau.

Le fait de se concentrer sur une partie fait perdre de vue les enjeux plus importants, parfois au détriment des individus et de la communauté. Par exemple : si le but premier était l’amélioration de la santé, on pourrait utiliser de façon plus efficace quelques-uns des millions investis dans les coûteux anticholestérol destinés à des bien-portants, dans des campagnes de lutte contre le tabagisme, pour promouvoir l’activité physique et améliorer l’équilibre alimentaire.

La « vente » des maladies se fait selon plusieurs techniques de marketing, mais la plus répandue reste celle de la peur. Pour vendre aux femmes l’hormone de substitution au moment de la ménopause, on a joué sur la peur de la crise cardiaque. Pour vendre aux parents l’idée selon laquelle la plus petite dépression requiert un traitement lourd, on a joué sur la peur du suicide des jeunes. Pour vendre les anticholestérol sur prescription automatique, on a joué sur la peur d’une mort prématurée. Et pourtant, ironiquement, les médicaments qui font l’objet de battage causent parfois eux-mêmes les dommages qu’ils sont censés prévenir.

Le traitement hormonal de substitution (THS) accroît le risque de crise cardiaque chez les femmes, tandis que, semblerait-il, les antidépresseurs augmentent le risque de pensée suicidaire chez les jeunes. Au moins un des anticholestérol à succès a été retiré du marché parce qu’il avait entraîné le décès de « patients ». Dans l’un des cas les plus graves, le médicament pris pour soigner de banals problèmes intestinaux a occasionné une constipation telle que les malades en sont morts. Pourtant, dans ce cas comme dans bien d’autres, les autorités de régulation nationales semblent plus attachées à protéger les profits des compagnies pharmaceutiques que la santé publique.

L’assouplissement aux Etats-Unis de la régulation de la publicité à la fin des années 1990 s’est traduit par une attaque sans précédent du marketing pharmaceutique en direction de M. Tout-le-Monde, soumis dorénavant à une bonne dizaine ou plus de spots publicitaires par jour. Les téléspectateurs de Nouvelle-Zélande connaissent le même sort. Ailleurs, le lobby pharmaceutique voudrait imposer le même genre de dérégulation.

Il y a plus de trente ans, un franc-tireur du nom d’Ivan Illich tirait la sonnette d’alarme, affirmant que l’expansion de l’establishment médical était en train de « médicaliser » la vie elle-même, sapant la capacité des gens à affronter la réalité de la souffrance et de la mort, et transformant un nombre bien trop important de citoyens lambda en malades. Il critiquait le système médical « qui prétend avoir autorité sur les gens qui ne sont pas encore malades, sur les gens dont on ne peut raisonnablement pas s’attendre à ce qu’ils aillent mieux, sur les gens pour qui les remèdes des médecins se révèlent au moins aussi efficaces que ceux offerts par les oncles et tantes (2) ».

Plus récemment, une rédactrice médicale, Mme Lynn Payer, décrivait à son tour un processus qu’elle appelait la « vente des maladies » : c’est-à-dire la façon dont les médecins et les firmes pharmaceutiques élargissaient sans nécessité les définitions des affections de façon à recevoir plus de patients et à commercialiser plus de médicaments (3). Ces écrits sont devenus de plus en plus pertinents à mesure que s’amplifiait le rugissement du marketing et que se consolidait l’emprise des multinationales sur le système de santé.

Cet article est extrait de Selling Sickness. How Drug Companies Are Turning Us All Into Patients, Allen & Unwin, Crows Nest (Australie), 2005.

Alan Cassels

Chercheur en politique des médicaments (université de Victoria, Canada).

Ray Moynihan

Journaliste, spécialiste de la santé (British Medical Journal, The Lancet, The New England Journal of Medicine).

 

Sources de documentation

- La revue médicale PLoS Medicine propose, dans son numéro d’avril 2006, un important dossier sur « La fabrication des maladies ».

- En France, les revues Pratiques (grand public) et Prescrire (destinée aux médecins) évaluent les médicaments et portent un regard critique sur la définition des maladies.

- Jörg Blech, Les Inventeurs de maladies. Manœuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique, Actes Sud, Arles, 2005.

- Philippe Pignarre, Comment la dépression est devenue une épidémie, Hachette Littératures, coll. « Pluriel », Paris, 2003.

1) Vince Parry, « The art of branding a condition », Medical Marketing & Media, Londres, mai 2003.

(2) Cf. Ivan Illich, Némésis médicale, Seuil, Paris, 1975.

(3) Lynn Payer, Disease-Mongers : How Doctors, Drug Companies, and Insurers Are Making You Feel Sick, John Wiley & Sons, New York, 1994.

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Médicaments du Nord testés sur les pauvres du Sud

Posté par issopha le 15 octobre 2007

Délocalisation des risques

  

  

Médicaments du Nord testés sur les pauvres du Sud

 

 

Pour les essais cliniques, indispensables avant la mise en vente de nouveaux médicaments, les laboratoires pharmaceutiques se tournent désormais vers le Sud. Ils y trouvent des malades nombreux et plus dociles, ainsi que des contraintes éthiques et juridiques souvent moins rigoureuses que dans les pays riches. Si, faute d’alternative, les participants à ces essais peuvent en tirer parti, cette nouvelle forme d’exploitation des corps donne lieu à une inquiétante délocalisation des risques… sans grande contrepartie.

Par Sonia Shah

Jamais les fabricants de médicaments n’ont accordé autant d’attention aux pauvres de la planète. En Afrique du Sud, non loin des taudis de la banlieue du Cap, les laboratoires rutilants de Boehringer Ingelheim tranchent sur le paysage. En Inde, dans l’immeuble immaculé de Novartis construit à proximité des bidonvilles de Bombay, des chercheurs se creusent la tête pour élaborer de nouveaux médicaments. Leurs concurrents Pfizer, GlaxoSmithKline (GSK) et AstraZeneca ont tous créé récemment d’importants centres d’essais cliniques dans ce pays. Viennent-ils guérir les maux des patients appauvris qui font la queue devant leurs cliniques neuves ? En réalité, ils s’installent dans les pays en voie de développement dans le but d’y mener des expérimentations. En 2006, plus de la moitié des tests thérapeutiques de GSK ont eu lieu hors des marchés occidentaux, avec une préférence pour les pays « à bas coûts » (Bulgarie, Zambie, Brésil, Inde…) : on parle désormais de dizaines de milliers d’essais cliniques « délocalisés » (1).

L’objectif des laboratoires reste de concevoir des produits destinés à la clientèle des riches pays occidentaux, avec ses problèmes de santé liés au vieillissement – maladies cardiovasculaires, arthrite, hypertension et ostéoporose. Avec dix ordonnances par habitant et par an en moyenne, les Etats-Unis constituent le plus grand marché pharmaceutique du monde – le chiffre d’affaires y progresse de 15 % par an ; le nombre de nouveaux médicaments mis sur le marché a triplé entre 1970 et 1990. Cette situation s’explique en grande partie par une réglementation de plus en plus favorable à l’industrie. Depuis 1984, la Food and Drug Administration (FDA) a étendu le droit des brevets à l’ensemble des nouveaux médicaments ; en 1992, elle accepte d’accélérer l’examen des demandes d’homologation de nouveaux produits, en échange d’une participation financière des laboratoires. En 1997, elle vide de leur substance les dispositions interdisant la publicité télévisée pour de nouveaux produits pharmaceutiques.

Manque de volontaires aux Etats-Unis

Si les Occidentaux profitent de ceux-ci, ils sont moins que jamais enclins à participer aux études cliniques indispensables à leur élaboration. Chaque médicament doit être testé sur plus de quatre mille patients pour être validé, ce qui exige de faire subir des examens préalables à plus de cent mille personnes (2). Pourquoi un si grand nombre de tests ? La réponse vient des statistiques : il n’est pas nécessaire de recruter de nombreux volontaires pour démontrer l’efficacité, par exemple, de l’insuline sur les personnes sujettes à des comas diabétiques, car l’effet du produit est spectaculaire. Il est en revanche beaucoup plus difficile de prouver l’intérêt des médicaments pour les maladies cardio-vasculaires, l’arthrite, l’hypertension et d’autres pathologies chroniques, car, en dépit de tous les efforts déployés par l’industrie, la plupart d’entre eux ne sont que marginalement efficaces. Certains ne font guère mieux qu’un placebo. Le plus souvent, « il faut vraiment batailler pour trouver la différence », selon l’expression d’un vétéran de la recherche clinique, entre des patients traités et des patients non traités.

Les besoins de l’industrie en sujets expérimentaux sont donc considérables. Pourtant, moins de 5 % des Américains acceptent de prendre part à des essais thérapeutiques. Pour remédier à ce problème, les laboratoires les réalisent fréquemment en comparant l’effet du nouveau médicament avec celui d’un placebo. Il n’est alors pas besoin d’autant de sujets ; prouver qu’il est plus efficace de prendre un nouveau médicament que de ne rien prendre est tout ce qu’exige la FDA. Or les essais « contre placebo » ont par définition deux « branches » : un groupe suit le traitement en cours de test et l’autre, auquel on n’administre aucun traitement actif, sert de témoin (lire « Quatre phases d’essais »). Une telle mission est devenue quasiment impossible dans les pays occidentaux : d’une part, il est plus difficile de trouver des « patients naïfs », vierges de tout traitement ; d’autre part, l’éthique commande d’offrir au minimum le niveau de soins (standard of care) habituel dans le pays. Aux Etats-Unis, où seul un essai clinique sur cinq réussit à recruter suffisamment de personnes, chaque phase de l’élaboration d’un médicament qui n’aboutit pas ou se voit retardée constitue un manque à gagner de plusieurs millions de dollars…

Les maladies des pays pauvres ne figurent pas parmi les priorités des entreprises : seul un marché d’au moins 200 millions de dollars peut commencer à intéresser les stratèges de la pharmacie. Cependant, les populations des pays en voie de développement ne souffrent pas que du paludisme et de la tuberculose. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 80 % des décès provoqués par des maladies chroniques et non contagieuses sont recensés dans les pays en voie de développement. L’Inde et la Chine concentrent plus de 90 % des cas mondiaux de diabète de type 2. Dans certaines régions du continent africain, une personne sur cinq est diabétique, et vingt millions d’Africains souffrent d’hypertension (3).

Les implications de ce phénomène apparaissent « stupéfiantes et d’ores et déjà apparentes » à l’OMS. Les patients traités pour ces maladies connaissent un plus grand nombre de complications que dans les pays riches. Pour les responsables d’essais cliniques, c’est une aubaine. Ainsi, pour démontrer qu’une médication cardiaque est efficace, il faut établir que les personnes qui prennent le produit subissent moins d’« événements » que les autres. Les tests peuvent donc être réalisés beaucoup plus vite. Comme l’a souligné le dirigeant d’une société partenaire de l’industrie pharmaceutique dans le cadre d’une conférence sur l’utilité de ces essais dans les pays pauvres, « si l’on n’a pas suffisamment d’événements [en d’autres termes, de crises cardiaques ou de décès], on ne peut jamais terminer un essai ».

« L’Afrique du Sud est un pays formidable », m’a dit un autre dirigeant d’une société conduisant des essais cliniques, car un grand nombre de personnes infectées par le VIH n’y ont pas encore été traitées avec des agents antirétroviraux. Les patients naïfs – autrement dit, les malades trop pauvres pour avoir pu entreprendre un traitement – constituent un vivier de premier choix.

Appelées « organismes de recherche sous contrat » (ou CRO), de nombreuses sociétés se sont spécialisées dans la mise en place d’essais cliniques à l’étranger pour le compte des grands laboratoires pharmaceutiques. Elles s’appellent Quintiles, Covance, Charles River Laboratories ou PPD (voir le tableau « Principaux organismes de recherche sous contrat (CRO) »), et disposent de bureaux et de sites dans un grand nombre de pays en voie de développement. Quintiles, par exemple, opère au Chili, au Mexique, au Brésil, en Bulgarie, en Estonie, en Roumanie, en Croatie, en Lettonie, en Afrique du Sud, en Inde, en Malaisie, aux Philippines et en Thaïlande.

La rapidité est un atout crucial. Dans les pays occidentaux, recruter des sujets en nombre suffisant peut prendre des semaines, voire des années. Chargée d’un essai pour un vaccin expérimental, Quintiles a pu recruter, en Afrique du Sud, trois mille patients en neuf jours. Pour un autre, la société a réuni mille trois cent quatre-vingt-huit enfants en douze jours. Alors que, aux Etats-Unis, entre 40 % et 70 % des volontaires ont tendance à tergiverser puis à renoncer, les sociétés spécialisée en Inde assurent conserver 99,5 % des sujets volontaires (4).

Covance se vante de pouvoir conduire des essais dans vingt-cinq mille centres, établis dans une douzaine de pays. La presse spécialisée est en effervescence : « Skiez là où il y a de la neige, conseille la publicité d’une de ces CRO, menez vos essais cliniques là où il y a des maladies. »

Pour ses défenseurs, cette situation avantage tout le monde. Les centres de tests offrent des soins sans commune mesure avec ceux des cliniques locales – où il faut attendre des journées entières pour consulter un personnel débordé et dépourvu de moyens. Les participants devraient donc s’estimer privilégiés ; l’alacrité avec laquelle ils se pressent dans les centres prouverait qu’ils en sont conscients. Les cliniques accèdent ainsi aux technologies les plus avancées et bénéficient des équipements modernes indispensables pour réaliser les essais. « Nous avons obtenu des équipements, se souvient un chercheur indien, et ils n’ont jamais demandé qu’on les rende. »

Au demeurant, si les Occidentaux ne veulent plus se transformer en cobayes, cela ne signifie pas que c’est une mauvaise opération pour les autres ! Non seulement ils bénéficient d’un traitement de choix, mais il leur arrive aussi d’être payés en compensation. De même que l’on délocalise des usines pour profiter des salaires les plus faibles ou de contraintes environnementales moins drastiques, pourquoi – nous assure-t-on – ne pas déplacer une partie des essais cliniques ? « On m’accuse de profiter de la situation, se plaint un chercheur opérant dans des pays pauvres. Mais sans ces essais, ces enfants seraient morts ! » Pour M. Robert Temple, directeur médical à la FDA, l’analyse coût-avantage est irréfutable : « Les gens ont, de manière générale, tout intérêt à participer. La moitié des sujets se voient administrer [un médicament actif] et de meilleurs soins, dit-il. Et l’autre moitié [reçoit] de meilleurs soins. »

Pourtant, offrir son propre corps à la science n’est pas tout à fait la même chose qu’aller pointer chaque jour à l’usine. Rien ne garantit qu’un participant se portera mieux au terme de l’expérimentation. Cette incertitude et le risque d’effets négatifs sont d’ailleurs la raison première des essais cliniques.

De ce fait, le préalable absolu à la recherche éthique sur les êtres humains, tel qu’il est défini par une multitude de documents (notamment le code de Nuremberg, adopté en 1947 en parallèle au procès des médecins nazis, et la déclaration de Helsinki de l’Association médicale mondiale de 1964, révisée en 2004), pose que les sujets concernés puissent donner un consentement éclairé (c’est-à-dire après avoir été correctement informés et avoir compris) et volontaire. La décision ne doit pas être influencée par des mesures de compensation trop généreuses. Ce qui ne va pas sans paradoxes : lorsque des militants antisida ont demandé aux organisateurs d’un essai de vaccins expérimentaux de garantir un traitement à vie à tous les participants qui seraient infectés par le VIH au cours de cet essai, les chercheurs ont répliqué que cette exigence violerait le principe du consentement volontaire – des personnes non infectées auraient pu se porter volontaires pour (dans le cas d’une contamination) accéder par ce biais à des soins de santé autrement inabordables.

Néanmoins, la réalité apparaît, selon un nombre croissant de témoignages, comme fort éloignée de cette exigence. Le taux d’abandon est un des indicateurs employés par les spécialistes de bioéthique pour mesurer la qualité du consentement : si certains sujets refusent de participer ou décrochent en cours d’essai, ils démontrent avoir compris que leur participation était bien le fruit d’une démarche volontaire. Dans les pays occidentaux, ce taux dépasse souvent 40 %. En comparaison, de nombreux enquêteurs cliniques actifs dans les pays en voie de développement déclarent que les sujets potentiels ne refusent jamais de participer. La rapidité avec laquelle les personnes sont recrutées est un autre signe de ce décalage (5).

Dans certains cas (6), jusqu’à 80 % des participants ignorent qu’ils sont libres d’abandonner (lire « La “plaisanterie” du consentement éclairé »). Ce qui devrait constituer une preuve de coercition sert cependant d’argument pour conduire davantage d’essais. Un article publié dans le magazine Applied Clinical Trials souligne que les sujets russes « ne manquent pas leurs rendez-vous, prennent tous les cachets prescrits (…) et ne reviennent que très rarement sur leur consentement. (…) [Ils] font ce que leurs docteurs leur disent. C’est phénoménal ! ». Quant à la publication spécialisée CenterWatch, elle signale — citant un industriel du secteur — que « les Chinois ne sont pas aussi émancipés que les Américains. Ils acceptent volontiers de se transformer en cobayes humains ».

La surveillance exercée par les organismes de régulation européens et américains est minime. A leurs yeux, les essais conduits à l’étranger ont la même validité que ceux réalisés sur place ; toutefois, les fabricants ne sont pas tenus de déclarer ceux conduits à l’étranger : la seule exigence est le respect de la déclaration de Helsinki (et des règles locales si celles-ci prévoient une protection plus importante). Si les tests échouent (ce qui est souvent le cas), ils disparaissent sans laisser aucune trace.

Les comités d’éthique et les organismes de réglementation locaux, qui doivent veiller au respect des droits des sujets, sont rarement à la hauteur de la tâche. En Inde, par exemple, ces hauts fonctionnaires ont pour objectif prioritaire de favoriser le développement des essais cliniques, source de revenus importants. Plusieurs responsables ont déclaré s’attendre à ce que le chiffre d’affaires annuel passe de 70 millions à 1 milliard de dollars. La réglementation a été assouplie : exonérations diverses (droits de douane, impôts) ; élimination des clauses exigeant que des essais de phase III ne soient pas menés en parallèle dans d’autres pays ; suppression de la disposition exigeant que le médicament ait une « valeur spéciale » pour l’Inde (7).

Depuis, selon l’Economic Times, l’un des premiers périodiques économiques du pays, « les opportunités sont extraordinaires, les multinationales, partantes, et les sociétés indiennes, prêtes. Nous avons les compétences, les personnes, et disposons d’un avantage que la Chine n’a pas et n’aura probablement jamais. Surtout, il s’agit là d’une délocalisation contre laquelle les ouvriers américains ne risquent pas de s’élever  (8) ».

Dans presque tous les domaines de la pratique médicale et de la recherche en Inde, l’absence de réglementations saute aux yeux. Ni la profession médicale ni l’enseignement ne peuvent se targuer de déontologie : certains établissements ont été accusés de recruter de faux enseignants pour tromper les inspecteurs, de vendre des certificats d’admission et de mettre leurs diplômes aux enchères. Quant au marché pharmaceutique, il est saturé de produits inefficaces ou dangereux, et le pays ne compte que six cents inspecteurs des produits pharmaceutiques. De plus, selon Chandra Gulhati, spécialiste de l’industrie pharmaceutique et éditeur en Inde du Monthly Index of Medical Specialties, « lorsqu’une société est prise en flagrant délit, elle réussit à s’en tirer avec un simple avertissement ».

Il n’est guère surprenant, dans ces conditions, que toute une série de scandales aient éclaté. Dans les années 1970, un médicament antipaludique non autorisé, la quinacrine, a été distribué à des centaines de milliers de femmes analphabètes. Il les a rendues définitivement stériles. Au milieu des années 1980, un contraceptif injectable, retiré du marché après la découverte de l’apparition de tumeurs chez le rat, fut testé sur des villageoises, qui déclarèrent ensuite « ne s’être jamais doutées qu’elles participaient à un essai ».

A la fin des années 1990, des chercheurs du service public ont délibérément interrompu le traitement dont bénéficiaient des femmes analphabètes atteintes de lésions précancéreuses au niveau des vertèbres cervicales afin d’étudier la progression de la maladie. Il est apparu évident plus tard que ces sujets n’avaient pas été informés et n’avaient donné aucun consentement à cette expérimentation qui rappelle la tristement célèbre étude Tuskegee (9). En 2001, dans l’Etat du Kerala, un chercheur de l’université Johns Hopkins a été découvert en train de tester un médicament anticancéreux expérimental sur des patients atteints d’un cancer avant que le produit n’ait été déclaré inoffensif sur des animaux. En 2003, un médicament anticancéreux expérimental a été administré à plus de quatre cents femmes qui cherchaient à améliorer leur fertilité ; le produit était toxique pour les embryons. Bien que la presse s’en soit fait l’écho, aucun de ces scandales n’a entraîné la mise en œuvre d’une quelconque protection juridique pour les personnes concernées.

Offrir les remèdes à qui les a expérimentés ?

Ces essais conduits en transgressant les règles d’éthique ont aussi pour conséquence de remettre en cause la légitimité de la médecine occidentale auprès de populations du tiers-monde. Pour ne citer que deux exemples, la ministre sud-africaine de la santé a qualifié les médicaments contre le VIH de poison ; des responsables religieux nigérians ont rejeté un vaccin contre la poliomyélite qu’ils jugeaient dangereux. Le spectre du développement de ces essais cliniques conduits dans le secret et insuffisamment réglementés concourt à alimenter ces réactions qui, en termes de santé publique, ont des implications dramatiques.

Rarement invoqué d’une façon explicite, l’argument qui sous-tend la plupart des écarts à l’éthique est que les bénéfices pour la population valent bien quelques prises de risques individuelles – d’autant que la qualité des soins apportés dans le cadre des essais cliniques est souvent supérieure à celle des soins ordinaires, que les médecins impliqués ont accès à des technologies de pointe et que les revenus tirés de ces activités peuvent être réutilisés au profit des patients… Malheureusement, il ne faut pas confondre données expérimentales et progrès scientifiques, comme peuvent en témoigner tous ceux qui ont vu de nombreux vaccins « révolutionnaires » finir abandonnés dans des entrepôts délabrés de régions tropicales.

Une mesure de justice élémentaire serait que les participants aient, à l’issue des essais, accès aux médicaments qu’ils ont aidé à faire approuver. Trop souvent, les nouveaux produits développés et testés sur les habitants des pays pauvres ne font l’objet d’aucune licence d’exploitation dans ces pays, sont commercialisés à des prix prohibitifs, ou ne sont pas utilisables parce que le produit n’y est pas considéré comme pertinent d’un point de vue médical.

De plus fortes revendications pourraient mettre fin à certains essais. Mais, comme l’a déclaré le bioéthicien Jonathan Moreno, l’abandon éventuel de ces recherches à l’éthique criticable est une partie du prix à payer si nous voulons reconnaître qu’il existe une différence entre un rat de laboratoire et un être humain.

Sonia Shah.

 

 

Sonia Shah

Journaliste (Canada). Auteure de The Body Hunters. Testing New Drugs on the World’s Poorest Patients, à paraître en octobre 2007 dans une traduction française de Pierre Saint-Jean, éditions Demopolis, Paris ; www.soniashah.com

(1) Lire Jean-Philippe Chippaux, « L’Afrique, cobaye de Big Pharma », Le Monde diplomatique, juin 2005.

(2) Cf., par exemple, Stan Bernard, « The drug drought : Primary causes, promising solutions », Pharmaceutical Executive, 7 novembre 2002

(3) La « transition nutritionnelle » qui a été à l’origine de l’évolution de certaines maladies est présentée de manière approfondie dans Benjamin Caballero et Barry M. Popkin (sous la dir. de), The Nutrition Transition. Diet and Disease in the Developing World, Academic Press, Londres, 2002.(4) La rapidité avec laquelle les listes sont établies et l’abondance des volontaires qui les caractérisent sont mises en valeur sur les sites Internet des CRO. Cf., également, « Lifting India’s barriers to clinical trials », CenterWatch, août 2003.(5) Cf. National Bioethics Advisory Commission, Ethical and Policy Issues in International Research : Clinical Trials in Developing Countries, avril 2001.(6) Quarraisha Abdool Karim (sous la dir. de), « Informed consent for HIV testing in a South African hospital : Is it truly informed and truly voluntary ? », American Journal of Public Health, Washington, DC, 1er avril 1998, 637-40 ; et Niels Lynoe (sous la dir. de), « Obtaining informed consent in Bangladesh », The New England Journal of Medicine, Waltham, 8 février 2001.(7) Comme l’a précisé M. Ken Getz, de CenterWatch (la société de services d’information axée sur les essais cliniques), qui m’a raconté avoir été accueilli en Inde comme un chef d’Etat. Cf. aussi Narayan Kulkarni, « The trials leader », Biospectrum (Inde), 10 juin 2003.(8) « Clinical trials in dock as guinea pigs fail the test », Times News Network, 10 mars 2004.(9) Dans le cadre de cette étude sur la syphilis, parrainée par les services de santé publique des Etats-Unis, des dizaines d’hommes noirs de milieux défavorisés furent privés de traitement pendant plusieurs décennies, dans le but de décrire l’avancée naturelle de la maladie. Le scandale conduisit à l’émergence, en 1974, des premières mesures de protection des patients subissant des essais.

PrécisionLa publication spécialisée CenterWatch nous signale que son rapport cité par Sonia Shah ne reprend pas à son compte la phrase « les Chinois ne sont pas aussi émancipés que les Américains. Ils acceptent volontiers de se transformer en cobayes humains », citation d’un industriel du secteur.(Le Monde diplomatique, juillet 2007.)

Médicaments sans scrupules

  

  

L’Afrique,

cobaye de Big Pharma

Attirés par la faiblesse des coûts et des contrôles, les laboratoires pharmaceutiques testent leurs produits en Afrique, au mépris de la sécurité des patients. Face à la multiplication des accidents, certains essais ont dû être interrompus. Ces dérives révèlent comment les industriels du médicament utilisent les populations du Sud pour résoudre les problèmes sanitaires du Nord.

Par Jean-Philippe Chippaux

En mars 2005, les essais cliniques du Tenofovir ®, un antiviral utilisé contre le sida, ont été suspendus au Nigeria, en raison de manquements éthiques graves. Menées par l’association Family Health International pour le compte du laboratoire américain Gilead Sciences, ces expériences étaient financées par le gouvernement américain et par la Fondation Bill et Melinda Gates. Si elles ont été aussi interrompues au Cameroun (février 2005) et au Cambodge (août 2004) (1), elles se poursuivent en Thaïlande, au Botswana, au Malawi, au Ghana et aux Etats-Unis.

En août 2001, des dérives semblables ont conduit à l’ouverture d’une action judiciaire. Une trentaine de familles nigérianes ont saisi un tribunal new-yorkais afin de faire condamner le laboratoire américain Pfizer pour le test du Trovan ®, un antibiotique destiné à lutter contre la méningite. Au cours de cette étude, pratiquée en 1996 pendant une épidémie de méningite, onze enfants sur deux cents avaient trouvé la mort et plusieurs autres avaient gardé de graves séquelles cérébrales ou motrices (2).

Partout dans les pays du Sud, des firmes pharmaceutiques organisent des essais cliniques au mépris de l’éthique et de la sécurité des patients : absence de consentement des sujets, information sommaire, contrôle thérapeutique insuffisant, faible bénéfice pour le malade ou la population… Pourtant, l’essai clinique constitue une procédure formalisée et rigoureuse, indispensable à la validation et à la commercialisation d’un nouveau médicament. Il sert à évaluer sa tolérance et à mesurer son efficacité. Près de 100 000 essais cliniques seraient conduits chaque année dans le monde, dont 10 % dans les pays en voie de développement et 1 % en Afrique. En 1999, les fonds publics ou privés américains auraient financé 4 458 essais hors des Etats-Unis contre 271 en 1990 (3).

La « médecine des preuves », qui implique l’utilisation de statistiques et la pratique d’essais, s’est imposée en Occident à partir de la fin du XIXe siècle (4). L’essor de l’éthique médicale après la seconde guerre mondiale – le premier document en la matière est le Code de Nuremberg, adopté à la suite du procès de médecins nazis en 1947 – ne s’est que lentement traduit dans le domaine pharmaceutique. Au gré des scandales et des accidents, une réglementation a été élaborée.

Plusieurs déclarations internationales complètent et précisent le Code de Nuremberg, notamment celles d’Helsinki en 1964 et de Manille en 1981 : la première définit les principes éthiques de la recherche médicale ; la seconde a plus spécialement été conçue pour les études cliniques menées dans les pays en voie de développement. Ces textes insistent, en particulier, sur la compétence des investigateurs, le respect du consentement des participants, la confidentialité et la protection des sujets. Cependant, il s’agit de recommandations qui ne prévoient aucune sanction.En France, les affaires du Stalinon ®, un antiseptique qui tua 102 patients en 1955, de la thalidomide, responsable de 12 000 fœtopathies de 1957 à 1962 et du talc Morhange, avec l’intoxication de 145 nourrissons et le décès de 36 autres en 1972, pour ne citer que les plus connus, contribuèrent à imposer les essais cliniques et à préciser les règles les régissant. Mais il a fallu attendre la loi Huriet-Serusclat du 20 décembre 1988 pour que les exigences éthiques soient définitivement fixées, reconnaissant implicitement que, pendant deux décennies, les essais cliniques ont été conduits en toute illégalité.

Contournement des principes éthiques

En Afrique, les éventuelles réglementations médicales et pharmaceutiques datent de l’époque coloniale et apparaissent obsolètes ou inadaptées (5). Les risques de manquements à l’éthique sont d’autant plus grands que les laboratoires délocalisent de plus en plus leurs tests sur le continent noir. En effet, leur coût y est jusqu’à cinq fois moindre que dans les pays développés. En outre, les conditions épidémiologiques en Afrique se révèlent souvent plus propices à la réalisation d’essais : fréquence élevée de maladies, notamment infectieuses, et existence de symptômes non atténués par des traitements itératifs et intensifs. Enfin, la docilité des patients, en grande détresse compte tenu de la faiblesse des structures sanitaires locales, facilite les opérations.

Ce terreau favorise le contournement des principes éthiques. C’est ainsi que, lors de l’essai clinique du Trovan ®, ni les autorités nigérianes ni le comité d’éthique n’ont été consultés, du moins formellement, sur l’information donnée aux familles et l’obtention de leur consentement. De même, les tests de l’antiviral Tenofovir ® auprès de 400 prostituées camerounaises, de juillet 2004 à janvier 2005, ne répondaient pas aux exigences éthiques. Cette molécule réduit la transmission du VIS, l’équivalent du VIH, chez le singe. Le fabricant, souhaitant vérifier cette propriété chez l’être humain, a choisi une population à risques, les prostituées de pays à forte prévalence de VIH, en raison de la probabilité élevée chez ces dernières de contracter le virus.

Les volontaires, souvent francophones et illettrées, reçurent d’abord une information écrite en anglais. Selon les associations Act Up-Paris et le Réseau camerounais éthique, droit et sida (REDS), certaines femmes pensaient même qu’on leur administrait un vaccin. En outre, l’utilisation par une partie d’entre elles d’un placebo (6) – nécessaire pour mesurer l’efficacité du médicament – ne s’est pas accompagnée d’un renforcement de leur suivi médical et de la prévention du sida. Curieusement, cela ne semble pas avoir alerté le comité national d’éthique camerounais. Pourtant, rappelle M. Fabrice Pilorgé, de l’association Act Up, « il y a un évident conflit d’intérêts entre faire de la prévention et mener un essai pour un médicament préventif » – d’autant plus, souligne-t-il, que « l’essai ne peut fonctionner que si les filles sont exposées et s’infectent ».

Les comités d’éthique ont été recommandés par l’Association médicale mondiale dès 1964 dans la déclaration d’Helsinki. Ils doivent examiner le protocole d’expérimentation avant l’essai, s’assurer de sa pertinence et vérifier son applicabilité dans le contexte social et économique des lieux où l’étude sera entreprise. Les comités se mettent en place en Afrique très progressivement depuis une dizaine d’années, mais ne sont pas toujours pourvus des compétences et moyens nécessaires (7).Des essais cliniques doivent pouvoir être effectués sur place, en Afrique, compte tenu de la nature propre des pathologies qui s’y développent, des conditions particulières de l’exercice de la médecine et de la pharmacovigilance. Cependant, les tests pratiqués sont-ils toujours pertinents ? Sur 1 450 nouveaux médicaments commercialisés entre 1972 et 1997, 13 seulement concernent les maladies tropicales (8). C’est l’industrie pharmaceutique elle-même qui choisit, finance et organise ces études. La sélection des médicaments faisant l’objet d’étude et leur évaluation sont ainsi systématiquement biaisées : d’un côté, les laboratoires se préoccupent surtout de rentabiliser leurs investissements, de l’autre les autorités locales peinent à définir une politique du médicament claire et cohérente leur permettant de contrôler vraiment l’activité des laboratoires.L’opposition entre intérêts scientifique et commercial s’exacerbe dans les pays en voie de développement en raison du décalage considérable entre les enjeux industriels du médicament et la pauvreté des pays du Sud. A la fin des années 1990, le chiffre d’affaires mondial de l’industrie pharmaceutique (380 milliards d’euros) était supérieur au produit intérieur brut des pays d’Afrique sub-saharienne (300 milliards d’euros).Par exemple, l’essai clinique du Trovan ® était peut-être justifié scientifiquement, car il permettait d’en tester l’efficacité dans des conditions homogènes auprès d’un nombre approprié de patients, en l’occurrence 200 enfants. Cependant, les promoteurs du test ne se sont préoccupés ni du coût du produit ni de ses possibilités de commercialisation en l’absence de prise en charge ou de remboursement, et donc de son improbable utilisation en Afrique.On ne s’est pas davantage interrogé sur la crédibilité du Tenofovir ® en Afrique. En effet, si l’essai clinique confirme le blocage de la transmission du VIH, le Tenofovir ® sera proposé en prophylaxie du sida. Un tel objectif est-il réaliste sur un continent où le traitement des malades et l’usage du préservatif, disponible et moins coûteux, soulèvent tant de difficultés ? La question méritait d’être posée : l’expérience de la prophylaxie antipaludéenne a bien montré que la prise quotidienne et permanente d’un médicament, surtout s’il est cher et que l’on se sait en parfaite santé, est illusoire. Certains n’ont pas hésité à penser que l’essai clinique avait été effectué dans les pays du Sud, a fortiori chez des prostituées, parce qu’il permettait d’obtenir une réponse rapide et décisive, sans complication administrative ni coûts excessifs.

Certains scientifiques, tel M. Philippe Kourilsky, directeur général de l’Institut Pasteur à Paris, soutiennent que l’urgence de répondre aux besoins sanitaires dans le tiers-monde autorise à assouplir les contraintes réglementaires (9). Cependant, disqualifier le principe de précaution à cause de son coût insinue qu’il existe un gradient géographique de critères (10). Au Nord, la priorité serait donnée à la valeur intrinsèque du produit. Au Sud, la sécurité serait subordonnée à la solvabilité : la population devrait se contenter de ce qu’elle peut payer si l’efficacité est confirmée par la pratique.

Se met ainsi en place une sorte d’impérialisme stratégique, qui impose des règles spécifiques aux pauvres sans leur demander s’ils les acceptent. Affirmer, comme M. Philippe Kourilsky, que se manifesterait au contraire « une forme d’impérialisme idéologique à diffuser des règles de riches à ceux qui ne peuvent pas les endosser » ouvre la voie à un relativisme difficilement acceptable. Des tiers – a fortiori ceux qui définissent les règles – ne peuvent désigner qui peut ou non « les endosser ».

Une appropriation par les Africains de l’essai clinique paraît indispensable à la satisfaction des besoins spécifiques de la santé publique sur le continent. Cet enjeu est d’autant plus important que les tests peuvent aussi concerner la pharmacopée traditionnelle, dont l’utilisation est plus économique et mieux acceptée par la population. L’expérimentation clinique pourrait démontrer l’innocuité et l’efficacité de remèdes valorisant ainsi le patrimoine national. Une industrie pharmaceutique locale pourrait en émerger. Des plantes africaines, réputées anti-infectieuses, anti-inflammatoires ou diurétiques pourraient être employées contre les infections, rhumatismes, hypertension ou insuffisance cardiaque et suivre les exemples désormais fameux de la quinine extraite du quinquina, l’aspirine provenant du saule, la réserpine isolée d’un Rauwolfia africain et les anticancéreux issus de la pervenche de Madagascar.

Les médicaments expérimentés en Afrique doivent correspondre aux besoins du continent. Ils devraient satisfaire plusieurs critères spécifiques déterminés par leur future utilisation : efficacité et innocuité du produit au regard de l’insuffisance de la pharmacovigilance locale ; facilité d’emploi du médicament (simplicité de prescription, d’administration et de conservation) favorisant la distribution et l’adhésion des patients au traitement et palliant les faiblesses du système de santé ; accessibilité du produit. Mais il s’agit surtout de susciter une capacité locale de décision, de réalisation et de surveillance, qui permette aux pays du Sud d’exploiter en toute indépendance les recherches cliniques.

Jean-Philippe Chippaux.

1) « Complément d’enquête », France 2, 17 janvier 2005.

(2) Le jugement n’a pas encore été rendu.

(3) Sources : ministère de la santé et des affaires sociales, Washington, 2001.(4) Lire Harry Marks, La médecine des preuves : histoire et anthropologie des essais cliniques (1900-1990), Institut Synthélabo, coll. « Les empêcheurs de penser en rond », Paris, 1999.(5) Lire Jean-Pierre Olivier de Sardan, « Une médecine de proximité et de qualité pour l’Afrique », Le Monde diplomatique, février 2004.(6) Il s’agit de comparer les résultats de deux groupes, l’un recevant effectivement la molécule, l’autre un comprimé ne contenant pas le principe actif.

(7) Voir le site Pan-African bioethics initiative.

(8) Patrick Trouillet, C. Battistella, J. Pinel, Bernard Pécoul, « Is orphan drug status beneficial to tropical disease control ? », Tropical Medecine and International Health, Oxford, 1999, 4, p. 412-420.

(9) Philippe Kourilsky, « Vaccination : quand l’éthique devient immorale », Pour la science, Paris, 2004, 322, 8-11.

(10) Lire le rapport au premier ministre de Philippe Kourilsky et Geneviève Viney, Le principe de précaution, Odile Jacob et la Documentation française, Paris, 2000.

POLITIQUES DE SANTÉ À L’ABANDON

 

Une médecine de proximité…

  et de qualité pour l’Afrique

 

La santé est une des grandes victimes des années de l’ajustement structurel en Afrique. La déliquescence des Etats et le manque de moyens ont déstructuré un secteur où les besoins sont criants, notamment face aux maladies tels le paludisme et le sida. Démoralisés et paupérisés, les médecins ne sont pas toujours en mesure de faire face aux demandes des patients. Pourtant, les Africains ne rejettent pas la médecine moderne, mais ils en attendent davantage de résultats et de chaleur humaine.

Par Jean-Pierre Olivier de Sardan

Les données épidémiologiques relatives au continent africain (lesquelles sont très incomplètes, et loin de la vérité) décrivent des taux de mortalité nettement plus élevés que sur le reste de la planète. Cela ne concerne pas seulement des pathologies spécifiques comme le sida ou le paludisme, sur lesquelles les médias se sont focalisés, mais beaucoup plus généralement une situation sanitaire globale qui reste catastrophique, même si quelques progrès ont été accomplis ces dernières décennies. La rougeole ou l’accouchement, par exemple, tuent chaque année des centaines de milliers d’enfants ou de mères, qui, dans les pays du Nord, auraient survécu sans problème.

Deux grands facteurs explicatifs, l’un économique, l’autre culturel, sont en général invoqués. D’une part, la trop faible couverture sanitaire du monde rural, l’insuffisance des moyens humains et financiers, la pénurie régnant dans les formations sanitaires, en un mot le sous-développement entendu comme un manque cruel de moyens et de financement, sont responsables de toutes ces morts techniquement évitables dans d’autres contextes économiques. D’autre part, la culture locale est incriminée, en ce que des coutumes, des habitudes ou des représentations et pratiques populaires, voire l’ignorance des populations, dissuaderaient les malades de se rendre à temps dans les structures de santé, par un recours excessif aux traitements dits « traditionnels » ou aux guérisseurs.

A ces deux facteurs incontestables s’en ajoute un autre, dont on ne parle presque jamais publiquement, mais qui a, lui aussi, de lourdes responsabilités : les comportements inappropriés d’une grande partie des personnels de santé, leurs manquements à la déontologie, leur mépris des malades (1). Humiliation, racket, négligence, rapacité, « je-m’en-foutisme », violence, absentéisme, démotivation, philosophie du « chacun pour soi » : tous ces maux, liés à un contexte économique et social particulièrement dégradé, sont dénoncés par les usagers (« On ne nous regarde même pas » et « les personnels de santé ne pensent qu’à l’argent ») et par certains professionnels lucides.

Certes, on rencontre aussi, dans les dispensaires ou les maternités, des personnels de santé compétents, honnêtes, consciencieux, aimables. Mais ils sont marginalisés. Dans de telles conditions, la sous-fréquentation des structures publiques de soin, les fuites fréquentes des malades, la non-observance des prescriptions sont directement reliées à cette médecine quasi vétérinaire délivrée dans le système de santé officiel, aussi bien à Niamey qu’à Abidjan, à Dakar qu’à Bamako ou à Conakry.

Et pourtant, ce n’est pas la médecine moderne en elle-même que rejettent les populations En témoigne le succès des « pharmacies par terre », autrement dit des étals ou du colportage de médicaments modernes (mais venant de contrebande, de fraudes ou de contrefaçons), comme la prolifération spectaculaire des « cabinets médicaux » privés, informels, tenus par un infirmier en activité (en dehors des heures de service, mais aussi souvent pendant) ou à la retraite. De même, en ville, les accouchements à domicile, avec l’aide d’une sage-femme, ou dans la « salle de travail » clandestine de celle-ci, sont fréquents.

Dans ces divers cas, une proximité non seulement physique, mais aussi sociale, est recherchée, instaurée, pratiquée, entre soignants et soignés. Le colporteur vous vend à l’unité, devant votre porte, le paracétamol ou la Nivaquine systématiquement prescrits ailleurs dans les dispensaires au cours de consultations expéditives obtenues après une longue perte de temps ; en outre, il vous conseille, dans un langage familier, quotidien, sur ce qu’il faut prendre en cas de diarrhée, de maux de ventre ou d’impuissance…

Certes, ce type de soins de proximité, en milieu urbain, pour laquelle la demande est très forte, n’est pas une médecine de qualité, il s’en faut. Les médicaments frelatés ou périmés des colporteurs ne sont guère à conseiller pour qui peut se permettre d’aller payer à la pharmacie les 10 000 francs CFA (15 euros) de médicaments portés sur une ordonnance. Les quelques prescriptions et injections standardisées qui vous attendent dans l’arrière-cour d’un vieil infirmier nostalgique des recettes coloniales ne valent certes pas la consultation coûteuse d’un médecin spécialiste d’une clinique privée réputée. Mais, au moins, on fait attention à vous à peu de frais, on vous écoute, on vous parle et on vous rassure, avec vos mots familiers et dans votre langue, on vous donne un « remède » pas cher qui portera vos espoirs et soulagera parfois vos symptômes.

C’est évidemment du côté d’une médecine qui soit simultanément de qualité et de proximité (sociale comme géographique) qu’il faut se tourner, centrée sur le malade et guérissant la maladie. Ni les personnels paramédicaux, moins encore les secouristes et les matrones, ne sont en mesure de l’assurer massivement. L’avenir semble être du côté d’un véritable quadrillage du pays par des médecins généralistes, associé à des formes mutualistes permettant l’accessibilité financière au plus grand nombre. Hélas, on en est fort loin : les médecins acceptant de quitter la ville ou même de s’installer dans les quartiers populaires ou périphériques sont rarissimes.

De même, l’absence quasi généralisée de toute forme de sécurité sociale favorise systématiquement le secteur informel à bas prix et de faible qualité face au secteur formel privé ou public. La généralisation du recouvrement des coûts, imposée par les bailleurs de fonds dans les formations sanitaires publiques, a transformé celles-ci en centres de soins payants : pas d’argent, pas de soins.

Le problème est que, dans aucun pays africain, malgré les grandes déclarations, la santé publique n’est en mesure de promouvoir la réforme radicale nécessaire, car elle n’est pas, dans les faits, une priorité nationale, et qu’elle se caractérise partout par une incohérence et une cacophonie spectaculaires. Les élites locales (qui elles-mêmes se soignent dans des cliniques privées ou à l’étranger) se déchargent largement sur les organisations internationales, les coopérations bilatérales et les organisations non gouvernementales (ONG) ou les institutions caritatives ou confessionnelles du Nord. La santé publique souffre particulièrement de la déliquescence des Etats (2), dont les programmes d’ajustement structurel associés aux politiques libérales sont une des causes principales.

Les ministères de chaque pays se contentent de suivre les changements successifs d’orientation dictés par les institutions internationales (nombreux depuis quarante ans) et les réorganisations des flux financiers qui les accompagnent : soins de santé primaires dans les années 1970, recouvrement des coûts des années 1980, réorganisation de la pyramide sanitaire des années 1990, réformes hospitalières aujourd’hui, sans compter les multiples opérations verticales que les bailleurs de fonds impulsent régulièrement autour de pathologies « à la mode » : les journées nationales de vaccination de l’Unicef ou les diverses actions contre le sida en sont emblématiques, sans parler des multiples lobbies et aides liés à telles ou telles pathologies spécifiques moins connues (bilharziose ici, drépanocytose là, lèpre ailleurs, noma dans cette zone, onchocercose dans cette autre, etc.).

De ce fait, les réformes véritables de la qualité des soins de proximité, autrement dit sur la « ligne de front », dans les interactions quotidiennes entre malades et personnels de santé, sont la portion congrue des politiques publiques en la matière. De plus, ce déficit de santé publique là où celle-ci serait indispensable, au carrefour de la proximité et de la qualité, s’assortit d’un excès de santé publique ailleurs, là où elle est peu efficace, dans les séminaires, les administrations, les bureaucraties, les colloques et les organigrammes.

De fait, la santé publique devient pour les médecins africains la voie royale pour quitter les soins et être recrutés par des « projets de développement » ou par des organisations internationales (voyant ainsi leurs salaires et avantages multipliés par 5 ou 10), ou, au minimum, par l’administration de la santé (là, devenus bureaucrates, ils feront des rapports et toucheront des « péages »).

Par là même, nombre de médecins cliniciens, et souvent parmi les meilleurs, quittent sans cesse la pratique thérapeutique, autrement dit le lieu où ils seraient le plus utiles, pour une spécialisation en santé publique, à l’issue de laquelle ils parleront sans cesse de réformes aux autres sans jamais les mettre en œuvre eux-mêmes.

Dans ces deux domaines stratégiques que sont la médecine de quartier (ou de village) et la mutualisation des risques, les expériences restent beaucoup trop rares et ponctuelles, comme l’installation de médecins ruraux ici, la création de mutuelles là, la mise en place d’un forfait obstétrical ailleurs (3), sans toutefois qu’un véritable bilan de ces expériences sur le moyen terme ait été effectué (après que le « projet extérieur » ayant impulsé l’expérience soit parti). On est donc encore fort éloigné d’une possible généralisation de ces expériences, ou d’autres analogues, autrement dit d’une politique nationale réformatrice.

Hôpitaux engorgés et dysfonctionnels

Diverses raisons historiques expliquent cette absence dramatique d’une médecine à la fois de proximité (et donc proche humainement autant que spatialement) et de qualité (garantissant autre chose que les consultations expéditives et les ordonnances standardisées qui sont aujourd’hui le lot commun). La première est l’héritage colonial, avec, pour l’essentiel, une médecine militaire centrée sur la lutte contre les grandes endémies (et qui fut efficace en ce domaine), ne formant qu’un personnel auxiliaire sous-qualifié agissant de façon expéditive (4).

La seconde renvoie aux débuts des indépendances, où l’on s’est focalisé sur les hôpitaux des capitales, autrement dit des structures bureaucratiques à la fois lourdes et coûteuses, mais dépourvues des moyens techniques et des compétences propres aux structures occidentales correspondantes. La troisième renvoie à l’absence de priorité nationale accordée à la santé, à des formes de gestion incohérentes et non rigoureuses de l’Etat en général et de la santé en particulier, et aux changements incessants de cap des bailleurs de fonds.

La médecine postcoloniale s’est construite sur la base de modèles importés de l’extérieur, reposant localement, d’une part, sur des infirmiers fonctionnarisés jouant partout un rôle de médecins (diagnostic et prescription) auquel ils n’étaient pas formés et dont ils n’avaient pas les moyens, et, d’autre part, autour d’hôpitaux urbains engorgés et dysfonctionnels avec leurs nouveaux mandarins plus préoccupés de leur statut que de l’efficacité de leur service. Le tout au sein d’une fonction publique de plus en plus dégradée et dévalorisée, de moins en moins au service de l’usager, mais au contraire vivant à ses dépens.

En ce sens, l’absence à peu près totale d’une médecine qui soit à la fois proche, humaine, accessible et de qualité est l’un des plus grands scandales de notre époque, et un défi majeur qu’il est urgent de relever.

1) Cf. Yannick Jaffré et Jean-Pierre Olivier de Sardan, Une médecine inhospitalière. Les difficiles relations entre soignants et soignés dans cinq capitales d’Afrique de l’Ouest, Karthala, Paris, 2003.

(2) Cf. Jean-Pierre Olivier de Sardan, « Dramatique déliquescence des Etats en Afrique », Le Monde diplomatique, février 2000, pp. 12-13.

(3) Cf. respectivement Brunet-Jailly (sous la dir.), Innover dans les systèmes de santé. Expériences d’Afrique de l’Ouest, Karthala, Paris, 1997 ; Bart Criel, A. Noumou Barry et F. von Roenne, Le Projet Prima en Guinée-Conakry. Une expérience d’organisation de mutuelles de santé en Afrique rurale, IMT, Anvers, 2002.

(4) Cf. Jean-Paul Bado, Médecine coloniale et grandes endémies en Afrique, 1900-1960. Lèpre, trypanosomiase humaine et onchocercose, Karthala, Paris, 1996.

Lire : Médecine coloniale (courrier des lecteurs)

La « plaisanterie » du consentement éclairé

 

 

A peine un pour cent des Indiens bénéficient d’une assurance-maladie. De ce fait, la plupart des habitants paient d’avance leurs soins de santé, et les liens personnels tissés avec le médecin revêtent une importance particulière. Le rapport de forces entre médecins et patients est ainsi très différent de ce que l’on observe dans les pays occidentaux.

Selon M. Farhad Kapadia, médecin investigateur à l’hôpital Hinduja de Bombay, seuls ceux qui « n’ont absolument pas le choix » acceptent de se dispenser du point de vue d’un médecin et de se soumettre à un protocole sélectionné de façon aléatoire par un ordinateur – sans savoir à quelle « branche » de l’expérimentation ils seront affectés. En d’autres termes, les personnes qui participent aux essais cliniques sont les plus pauvres, celles qui vivent dans l’espace social le plus éloigné de tout univers médicalisé.

Les responsables américains de la Food and Drug Administration (FDA) se disent néanmoins confiants dans la capacité des sujets à se protéger eux-mêmes, en donnant ou en retirant leur consentement. Pour M. Robert Temple, directeur médical à la FDA, mettre en question la capacité des patients démunis à donner un consentement serait une attitude condescendante. « Il ne faut pas les traiter comme s’ils étaient incapables d’atteindre leurs propres objectifs », nous a-t-il expliqué. Etre analphabète et pauvre n’est certes pas un obstacle infranchissable : les concepts scientifiques utilisés au centre de recherche sont probablement étrangers à ces personnes, mais ils ne sont pas incompréhensibles.

Des anthropologues médicaux ont trouvé un moyen de vérifier si un consentement est « éclairé » ou non. En interrogeant par questionnaire trente-trois participants thaïlandais à un essai de vaccin contre le VIH, ils ont découvert que trente d’entre eux n’avaient pas été correctement informés. De même, une étude portant sur l’essai d’un contraceptif réalisé au Brésil a révélé qu’aucun des sujets n’avait été informé de façon satisfaisante. Et, lors d’un test réalisé à Haïti sur la transmission du VIH, 80 % des participants en ignoraient les finalités précises (1).

« Le consentement éclairé, c’est une plaisanterie », va jusqu’à déclarer un enquêteur à la National Bioethics Advisory Commission. « Comment une personne qui n’a jamais entendu parler de bactéries ou de virus pourrait-elle donner son consentement éclairé ? dit un autre. Cette idée de consentement de l’individu… Cela n’existe pas. Les gens font ce qu’on leur dit de faire. »

Depuis 2001, considérant que les protections qu’elle garantit sont trop contraignantes, la FDA tente de prendre ses distances avec la déclaration de Helsinki. En 2001, elle s’est opposée à l’intégration de nouveaux amendements limitant les essais avec placebo, et reste hostile à plusieurs paragraphes de la déclaration. La tendance générale s’est confirmée l’été dernier lorsque l’Institute of Medicine, l’un des premiers organes consultatifs des Etats-Unis dans le domaine scientifique, a recommandé de lever les interdictions de facto qui empêchaient de conduire des essais cliniques sur des prisonniers et, dans un même élan, a qualifié de « myopes » tous les défenseurs du consentement éclairé qui pendant des décennies s’y sont opposés (2).

Sonia Shah

Journaliste (Canada). Auteure de The Body Hunters. Testing New Drugs on the World’s Poorest Patients, à paraître en octobre 2007 dans une traduction française de Pierre Saint-Jean, éditions Demopolis, Paris ; www.soniashah.com

1) Punnee Pitisuttithum (sous la dir. de), « Risk behaviors and comprehension among intravenous drug users volunteered for HIV vaccine trial », Journal of the Medical Association of Thailand, Bangkok, janvier 1997 ; Daniel W. Fitzgerald (sous la dir. de), « Comprehension during informed consent in a less-developed country », The Lancet, Londres, 26 octobre 2002.

(2) Lawrence O. Gostin (sous la dir. de), Ethical Consideration for Research Involving Prisoners, The National Academies Press, Washington, DC, 2006 ; et « Testing new drugs on prisoners : The easy out », The Boston Globe, 17 août 2006.

  

  

Quatre phases d’essais

 

 

Un nouveau médicament ne peut être autorisé à la vente qu’à partir du moment où il a subi une série d’essais positifs chez l’humain. Ces essais, qui font suite à de nombreuses expériences biochimiques et sur l’animal, se déclinent en plusieurs phases successives.

Dans la phase I, il s’agit de vérifier, sur un nombre réduit de sujets en bonne santé (de vingt à quatre-vingts personnes), si le corps humain tolère la substance chimique et la formulation du médicament. 30 % des molécules testées sont éliminées à ce stade.

La phase II contrôle l’efficacité du médicament. Elle demande la réunion de cent à trois cents patients présentant la condition que l’on espère pouvoir traiter. Répartis de manière aléatoire en deux groupes (ou « branches »), les sujets reçoivent, pour les uns (le groupe de contrôle) un placebo ou un médicament à l’efficacité déjà connue, pour les autres le produit expérimental. L’expérience est souvent menée « en double aveugle » : ni le sujet ni le chercheur ne savent qui appartient à quel groupe.

La phase III – seul un tiers des molécules parviennent à ce stade – implique typiquement plusieurs centaines – voire milliers – de patients (et un nombre important de médecins), et peut s’étendre sur une durée de deux ans, voire plus. Fort coûteuse, cette phase permet d’évaluer précisément les atouts et les effets indésirables du médicament. Elle débouche, dans plus de 70 % des cas, sur une autorisation de mise sur le marché (AMM).

De nombreuses compagnies pratiquent des études de phase IV, dites « postmarketing », qui leur permettent, tout en affinant les données, de prendre pied plus vite sur le marché. Ces essais permettent aussi, notamment pour les vaccins, de contrôler à grande échelle l’existence d’effets secondaires.

  

  

  

  

Délocalisation des risques

 

 

La mondialisation financière se construit sur la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle de la planète. Le chantage au maintien de l’emploi est constamment utilisé pour interdire tout débat public sur les choix de production et leurs conséquences sur la santé des salariés. Ainsi, derrière la controverse sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), se profile la destruction de toute forme d’agriculture affranchie d’un mode de production agro-industriel qui, par l’usage incontrôlé des agrotoxiques (1), expose les travailleurs agricoles à des risques graves d’intoxication, d’infertilité et de cancer (2).

Derrière les discours sur l’avenir énergétique de la planète s’impose la puissance du lobby nucléaire, interdisant toute contestation d’une organisation productive qui condamne à subir les effets cancérigènes, mutagènes et tératogènes (3) de la radioactivité non seulement tous ceux qui vivent sous le vent de Tchernobyl et leur descendance, mais aussi les travailleurs qui assurent – dans des conditions particulièrement précaires – la maintenance des installations concernées. L’emploi et l’« effet de serre » coupent court à tout débat.

La « révolution informatique », l’essor de l’industrie chimique et des nanotechnologies (4) – symboles de « progrès » – occultent l’impossible maîtrise humaine et technique des risques mutagènes et cancérigènes qui se développent dans le cadre de la fuite en avant d’industries redoutablement polluantes. L’histoire de l’amiante en est l’exemple le plus emblématique (5). Les magnats d’un secteur florissant ont, en toute connaissance de cause, imposé le tout-amiante. Or on pourrait utiliser d’autres moyens que cette fibre, mais cela briserait le monopole détenu par le cartel des industriels de l’amiante et du fibrociment sur un gigantesque marché mortifère qui s’étend – après l’interdiction européenne – sur les autres continents.

Le secteur des services ne fait pas exception. Il illustre toutes les formes de servitude autorisées par la directive approuvée par le Parlement européen en 2006 (6). Celle-ci soumet ouvertement l’application du droit du travail et de la santé au travail à celle du droit de la concurrence. Cela correspond à ce qui se pratique déjà avec la sous-traitance, l’outil préféré de l’irresponsabilité des industriels. Quand les dirigeants d’Airbus prévoient tout à la fois des milliers de licenciements et la réduction de 20 % des coûts de production du nouvel avion, cela signifie une intensification du travail pour tous les salariés et sous-traitants qui auront la « chance » de conserver leur emploi. L’heure est à l’urgence productive, interdisant toute contestation des conditions de travail ! D’ailleurs, la délocalisation, en Turquie, en Chine ou ailleurs, permet à ces dirigeants de contourner les règles protectrices françaises ou européennes.

Des réseaux se constituent pour défendre les travailleurs de ces pays. Ainsi, récemment, l’un d’entre eux a fait connaître en Europe le cas des ouvrières chinoises exposées au cadmium dans les usines de fabrication de piles et batteries de Gold Peak Industries, multinationale basée à Hongkong. Ces produits sont destinés aux jouets, ordinateurs portables ou encore appareils photo exportés massivement partout dans le monde, y compris en France. A noter que l’Union européenne et les Etats-Unis ont édicté des règles strictes de prévention, prévoyant – comme dans le cas de l’amiante – que les travailleurs soient intégralement protégés de tout contact cutané ou respiratoire avec le cadmium. Malgré la forte mobilisation des anciens ouvriers des usines de Gold Peak Industries, soutenue par plusieurs organisations de défense des droits des travailleurs de Hongkong, la direction de l’entreprise refuse toujours d’indemniser les ouvriers intoxiqués et d’engager des négociations sérieuses avec les travailleurs (7).

Annie Thébaud-Mony

Sociologue, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), auteure de Travailler peut nuire gravement à votre santé, La Découverte, Paris, 2007.

(1) Cf. Fabrice Nicolino et François Veillerette, Pesticides. Révélations sur un scandale français, Fayard, Paris, 2007.

(2) La Roue ou la noria des saisonniers agricoles, photographies de Yohanne Lamoulère, textes de Patrick Herman, Khiasma Sud, coll. « Limitrophes », Marseille, 2007.

(3) Les produits tératogènes agissent sur l’embryon et peuvent conduire à la naissance d’enfants malformés.

(4) Lire Dorothée Benoit-Browaeys, « Nanotechnologies, le vertige de l’infiniment petit », Le Monde diplomatique, mars 2006.

(5) Lire Nico Krols et Marleen Teugels, « Qui pouvait ignorer les dangers de l’amiante ? », Le Monde diplomatique, décembre 2006.

(6) Directive 2006/123/CE (PDF) du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur.

(7) www.peuples-solidaires.org/artic le7… ; cf. également le dossier établi par la Confédération internationale des syndicats, www.ituc-csi.org/spip.php ?article1090

 

Les transnationales mettent le vivant en coupe réglée

  

  

De l’utopie scientifique au péril sanitaire

 

 

Le gouvernement français vient de demander au Parlement de se prononcer selon une procédure d’urgence sur un projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés (OGM). Il va au-devant des désirs de la Commission européenne et du complexe génético-industriel, qui trouve en elle un relais complaisant. Pourtant, les connaissances scientifiques sur les risques environnementaux des cultures transgéniques en plein champ sont embryonnaires – et, lorsqu’elles existent, déjà inquiétantes. En outre, les prétendus bienfaits des plantes génétiquement modifiées (PGM) n’ont pas été démontrés, sauf pour gonfler les profits des industriels. Alors que les opinions semblent très majoritairement hostiles à des manipulations génétiques non maîtrisées, les gouvernements du Nord comme du Sud sont en train de subordonner toute la chaîne agricole et, au-delà d’elle, l’ensemble du vivant et de la biodiversité aux intérêts de quelques transnationales. Mais les résistances s’organisent.

Par Arnaud Apoteker et Jacques Testart

Sous le vocable d’organismes génétiquement modifiés (OGM), on regroupe des plantes, des animaux ou des êtres unicellulaires dont le génome a été enrichi d’un ou de plusieurs gènes étrangers à l’espèce modifiée. Le but est de conférer à cette dernière des qualités inédites que ni les techniques classiques ni l’évolution n’auraient permis. Ainsi, il est improbable qu’un gène de poisson parvienne naturellement à intégrer le génome de la fraise… On peut distinguer trois familles d’OGM, dont les risques et avantages respectifs ne sont pas comparables.

D’abord les OGM unicellulaires, cultivés en fermenteur, et dont la plupart fabriquent des substances à usage médical (vaccins, hormones, etc.). Personne ne les remet en cause car le système fonctionne (avantage démontré), et il est maîtrisé (risque toléré). Parmi les OGM commerciaux, ceux-là sont les plus « présentables ». C’est pourquoi la propagande pour les plantes transgéniques les met régulièrement en avant pour semer la confusion.

Puis viennent les plantes ou animaux que l’on a génétiquement modifiés afin de constituer des outils vivants pour la recherche. Ces OGM à usage scientifique sont confinés dans des lieux spécialisés et strictement réglementés. Comme les OGM précédents, les OGM de recherche sont relativement bien acceptés par la société (sauf par les opposants à l’expérimentation animale).

Enfin, depuis dix ans, se pose la question des plantes génétiquement modifiées (PGM), d’intérêt agroalimentaire ou industriel. Elles sont mises en production dans les champs puis, pour la plupart d’entre elles, consommées par des animaux d’élevage ou des humains. Ces PGM soulèvent des problèmes nombreux, inexistants avec les autres OGM : sécurité environnementale, biodiversité, santé, économie rurale. Des difficultés analogues surgiront avec les animaux d’élevage génétiquement modifiés (poissons, mammifères) dès qu’ils seront lâchés dans la nature. Dans la controverse qui dure depuis une décennie, et qui va culminer avec le projet de loi soumis au Parlement français (lire « Risques de contamination dans les campagnes »), seules ces PGM sont en cause.

La transgenèse, abusivement présentée comme preuve de la « maîtrise » humaine du vivant, constitue une manipulation aléatoire, une technologie approximative (1). La thérapie génique ne parvient toujours pas à guérir les malades, et les animaux transgéniques présentent souvent des handicaps (stérilité, diabète, difformités) sans rapport apparent avec le gène introduit dans leur génome. Ce qui, malgré tous les discours prétentieux, révèle l’inconsistance de notre savoir. La grande supercherie et les plus grands risques des prétendues démarches de « maîtrise » résident précisément dans l’absence de maîtrise des actions engagées.

Espoirs de gains énormes

La volonté démiurgique de créer des espèces chimériques par des mélanges de génomes, stimulée par les espoirs de gains énormes pour l’industrie des biotechnologies, repose sur le réductionnisme génétique : le génome serait le « livre de la vie », le « programme du vivant » ; chaque gène correspondrait mécaniquement à une protéine, etc. Toutes ces notions simplistes ont été contredites par la recherche fondamentale, tout comme par les surprises des innovations : plusieurs gènes peuvent concourir à la synthèse d’une protéine ; la nature d’une protéine dépend de facteurs extérieurs au génome ; tout OGM peut développer des caractères imprévus par interaction du transgène avec le génome de l’hôte.

Ces phénomènes ont été constatés (2), mais ils restent largement incompris et absolument non maîtrisés. Ainsi, le transgène présent dans une PGM est souvent différent de celui qu’on voulait y introduire, d’où la fausse sécurité des autorisations de culture. Par ailleurs, de récents travaux australiens (3) ont montré que le gène introduit dans une plante (le petit pois) peut y produire des substances allergènes (4) qu’il ne produisait pas dans la plante d’origine (le haricot). Or ce petit pois devenu toxique aurait parfaitement pu satisfaire aux procédures d’autorisation européennes. C’est donc bien de science que nous manquons avant de procéder à la dissémination immédiate, massive et irréversible des plantes transgéniques. Et cette recherche ne saurait être menée en plein champ, sauf à traiter l’espace naturel comme un vaste laboratoire !

En 1965, le professeur Tournesol annonçait : « Je crois qu’il n’est pas trop ambitieux de dire que, dans une dizaine d’années, nous ferons pousser dans le sable non seulement des oranges bleues (…), mais toutes les grandes cultures indispensables à la vie de l’homme (…), le blé (…), la pomme de terre (5)… » Quarante années plus tard, les professeurs Tournesol non seulement continuent de répandre les mêmes utopies, mais ils sont passés à l’acte. Pourtant, les PGM le plus souvent citées par leurs défenseurs n’ont pas d’existence réelle : la tomate à longue conservation, première PGM commercialisée, en 1994, a vite été abandonnée : son goût rebutait les consommateurs des Etats-Unis, et des irrégularités avaient été commises pour obtenir son autorisation (6) ; le riz Golden Rice, produisant la provitamine A, est un échec : il faudrait en manger plusieurs kilos pour obtenir la dose quotidienne requise de vitamine ; les plantes capables de pousser en terrains très riches en sel ou en terrains désertiques en sont toujours au stade des promesses ; quant aux « plantes-médicaments », supposées aptes à approvisionner l’industrie pharmaceutique en substances variées, elles n’ont – pas plus que les animaux génétiquement modifiés – jamais produit ces molécules en quantités suffisantes pour arriver au stade de la commercialisation (lire « « Plantes-médicaments » ? »).

Qu’en est-il des PGM réellement cultivées sur près de 100 millions d’hectares, pour l’essentiel sur le continent américain ? Il s’agit, à 98 %, de plantes capables soit de produire elles-mêmes un insecticide, soit de tolérer les épandages d’herbicide. Dans les deux cas, l’effet bénéfique initial risque de s’atténuer en quelques années, car les pestes ainsi combattues s’adaptent : insectes parasites mutants pouvant résister à l’insecticide ; plantes adventices (7) résistantes, parce qu’autosélectionnées ou devenues elles-mêmes porteuses du transgène. Le risque existe (comme avec les antibiotiques) de se trouver démuni devant de nouvelles configurations parasitaires.

Ainsi, il se rencontre déjà des plantes sauvages résistantes à tous les herbicides usuels. Les PGM productrices d’insecticides le font en continu, et par toutes les parties de la plante. Elles libèrent donc beaucoup plus de toxiques que les traitements conventionnels, avec des effets potentiellement dévastateurs sur l’environnement, particulièrement pour les insectes ou les oiseaux. Avec les PGM tolérantes à un herbicide, celui-ci est souvent appliqué en une seule fois (pour réaliser des économies de main-d’œuvre) et massivement (en quantités doubles ou davantage), avec des conséquences stérilisantes pour la biologie du sol (micro-organismes, vers, etc.).

L’excès de pesticides présents dans les PGM, soit par génération autonome (insecticide), soit par imprégnation (herbicide), pourrait présenter des risques spécifiques pour l’alimentation des animaux ou celle des humains qui les consomment (8). Alors que les produits alimentaires contenant plus de 0,9 % d’OGM sont étiquetés, le projet de loi du gouvernement français refuse cette mesure pour les produits (viande, œufs, lait) issus d’animaux ayant consommé des PGM. Il ne mentionne même pas l’obligation d’informer le public sur les résultats des tests de toxicité des PGM, et cela malgré les recommandations européennes. On peut aussi s’interroger sur l’éventuelle transmission aux bactéries qui peuplent notre tube digestif de propriétés nouvelles induites par les transgènes ingérés, dont des résistances aux antibiotiques. Malgré de nombreuses et anciennes mises en garde, le projet de loi ménage encore jusqu’en 2009 la présence, dans les transgènes, de gènes de résistance aux antibiotiques.

Aucun de ces risques n’a été sérieusement étudié, au prétexte que les plantes transgéniques ne font que poursuivre le projet classique d’amélioration des espèces, lequel a fait ses preuves d’innocuité… C’est confondre la sélection variétale, ou les croisements traditionnels, avec la production de chimères qui mélangent des espèces très différentes, voire l’animal avec le végétal. Cet amalgame justifie en partie l’hypothèse hardie d’« équivalence en substance » postulant que la plante génétiquement modifiée est identique, dans sa composition, à la plante mère non modifiée, alors même que l’introduction d’un gène étranger est susceptible de perturber d’autres fonctions.

Simulacres de concertation

Dans le sillage du paradigme de l’agriculture intensive, productiviste et chimique, la mission, utopique, de ces PGM est l’éradication des mauvaises herbes et des insectes parasites. Elle rompt avec l’attitude traditionnelle du paysan, résolu à préserver sa récolte par une sorte de « pacte armé » avec la nature, plutôt que par l’éradication. Car le paysan sait que l’ensemble vivant auquel il appartient est beaucoup trop complexe, et ce que l’on en connaît beaucoup trop fruste, pour s’autoriser des actions radicales sans risquer une catastrophe. Si des agriculteurs se lancent dans les cultures de PGM, c’est qu’ils en escomptent une économie de main-d’œuvre : suppression des passages d’insecticide, diminution des passages d’herbicide (d’où les doses massives), ce qui est hautement discutable dans des pays où le chômage paysan est dramatique, comme c’est le cas en Chine. C’est aussi parce que les industriels consentent des avantages initiaux à ces « pionniers du progrès » pour mieux les entraîner vers des pratiques difficilement réversibles, et leur font miroiter des miracles, comme on l’a vu en Argentine (lire « Argentine, un cas d’école ») et au Brésil pour imposer le soja GM.

Au total, les PGM, telles qu’on les connaît à ce jour, relèvent d’un énorme bluff technologique auquel participent les institutions et certains chercheurs. C’est qu’un vaste marché est en jeu : celui des semences GM brevetées que les agriculteurs devront acheter, cher, et renouveler chaque année, puisqu’il est interdit de les ressemer… Pour les multinationales des biotechnologies, qui ont ajouté à leur domaine d’origine (la chimie) celui des ressources végétales (par le rachat des semenciers), il s’agit de créer un marché captif dans lequel leurs seuls intérêts vont s’imposer à tous les aspects de l’alimentation mondiale : variétés utilisées, traitements phytosanitaires, modes de culture, commercialisation. Par ailleurs, ces chimistes marchands de PGM s’assurent simultanément des ventes massives de pesticides, obligatoirement associés à leurs chimères génétiques. Récemment, la « moléculture » a été proposée pour cultiver des PGM non alimentaires : plantes-médicaments ou plantes productrices de carburant, ou encore plantes d’usage industriel. Ces PGM « sympathiques », mais encore inefficaces, semblent surtout jouer le rôle de chevaux de Troie pour faire avaliser une technologie qui ne présente aucun avantage pour les consommateurs. En effet, la production de ces médicaments est toujours possible grâce à des cellules GM cultivées en milieu clos.

Pour contourner l’hostilité de l’opinion, le gouvernement français organise périodiquement des simulacres de concertation – à l’occasion par courrier électronique ! – qui constituent autant de leurres démocratiques (9). Même si les PGM parvenaient, dans l’avenir, à réaliser les performances promises, il restera que la Terre aura été transformée en immense champ d’expérimentation, avant même que des résultats probants aient été obtenus. Tant de légèreté est le prix à payer pour de prétendues urgences imposées par une vision du progrès à la fois libérale (l’exigence de « compétitivité ») et archaïque (le scientisme), et elle ne semble pas avoir eu d’équivalent dans l’histoire des technosciences. Car les peurs nées avec l’électricité n’empêchaient pas les ampoules d’éclairer, de même que la machine à vapeur, si elle inquiétait, faisait cependant avancer les trains. Si des milliards de dollars sont investis dans une stratégie dont la faisabilité n’est pas démontrée, c’est que les intérêts des agro-industriels se nourrissent d’une utopie qui favorise leurs stratégies de concentration et de domination de l’alimentation mondiale, de la graine au supermarché, en passant par la vassalisation des paysans.

En raison des multiples risques introduits – consommation animale et humaine de polluants et d’allergisants ; résistance aux antibiotiques ; dissémination du transgène à d’autres espèces ; réduction variétale ; hégémonie de quelques multinationales sur l’agriculture et l’alimentation ; industrialisation des pratiques paysannes (lire « Au Mali, les producteurs de coton disent “non” »), etc. –, une conclusion s’impose : les PGM ne relèvent pas seulement d’expertises scientifiques que l’on pourrait cumuler. Dans de telles situations, il ne semble y avoir d’autre recours que l’expertise collective, du type « conférence de citoyens (10) », à partir des informations produites par des spécialistes d’origines et de sensibilités différentes.

Mission parlementaire, « Les OGM, une technologie à maîtriser », rapport no 2254, Editions de l’Assemblée nationale, avril 2005.

(2) Lire Frédéric Prat (sous la dir. de), Société civile contre OGM. Arguments pour ouvrir un débat public, Yves Michel, Barret-sur-Méouge, 2004.

(3) Lire Hervé Kempf, « Nouveaux soupçons sur les OGM », Le Monde, Paris, 8 février 2006.

(4) Allergène : antigène responsable d’une allergie.

(5) Hergé, Tintin et les oranges bleues, Casterman, Paris, 1965.

(6) Eric Meunier, « OGM aux Etats-Unis : quand l’administration ignore ses experts (le cas de la tomate FLAVR/SAVR) », Dossier Inf’ogm, no 51, mars 2004.

(7) Qui croissent sur un terrain cultivé sans avoir été semées.

(8) Frédéric Prat, op. cit.

(9) Lire « L’intelligence scientifique en partage », Le Monde diplomatique, février 2005.

(10) Ibid.

Arnaud Apoteker

Responsable de la campagne OGM de Greenpeace.

Jacques Testart

Biologiste de la procréation, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et président d’Inf’OGM. Auteur (avec Christian Godin) de Au bazar du vivant, Seuil, coll. « Point- Virgule », Paris, 2001.

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LA TRAGEDIE de L’URANIUM APPAUVRI

Posté par issopha le 11 octobre 2007

  

SANTÉ ET ENVIRONNEMENT –

NEXUS N°28 sept-oct 2003 - 



 


 


LA TRAGEDIE de L’URANIUM APPAUVRI
 

Le Dr Doug Rokke a présenté cet article lors de
la Conférence de l’UNESCO sur le thème L’enfant : victime de la guerre et messager de la paix , qui s’est tenue à Athènes, en Grèce les 24 et 25 mai derniers.
 

Les munitions à uranium appauvri (UA) sont utilisées dans les combats pour leur très grande efficacité. Toutefois, en gagnant ces batailles nous avons contaminé l’air, l’eau et le sol. Par conséquent, des hommes, des femmes et des enfants ont inhalé ou ingéré de l’uranium ou ont vu leurs blessures contaminées par ce métal lourd, véritable poison radioactif.
Dans cet article, le Dr Rokke – l’expert de radiophysique médicale sanitaire initialement chargé par l’armée américaine de mettre de l’ordre dans la pagaille provoquée par l’UA – examine les points suivants : Qu’est-ce que l’uranium appauvri ? Comment l’armée l’utilise-t-elle ? Où et quand en a-t-on utilisé ? Qu’avons-nous trouvé juste après les tirs de notre propre camp et les incidents de combats de l’Opération Tempête du désert ? Comment est né le Depleted Uranium Project (Projet sur l’uranium appauvri) et quels en étaient les objectifs ? Quels effets néfastes sur la santé a-t-on observés, reconnus, traités et étudiés ? Au vu des recherches antérieures et du Projet sur l’uranium appauvri, quelles recommandations ont été émises ? Qu’est-il advenu de ces recommandations ? Que reste-il à faire ?
En résumé : il est urgent d’apporter une assistance médicale à toutes les victimes de l’UA, de mettre en oeuvre des mesures d’assainissement de l’environnement et d’interdire les munitions à l’uranium appauvri.
Les officiels nient les graves effets de l’UA sur la santé
Les preuves médicales – et en particulier les anomalies congénitales observées chez les enfants nés de parents vivant dans des zones contaminées par l’UA – sont une source de préoccupation croissante. L’uranium appauvri (uranium-238) et d’autres contaminants résultant de la guerre sont en cause. Aujourd’hui, dix ans après
la Guerre du Golfe, des soldats et des civils présentent de graves problèmes de santé dus à une exposition à des munitions contenant de l’uranium appauvri, aux armes chimiques et biologiques iraquiennes et aux dégagements de produits chimiques industriels. Bien que l’origine de ces problèmes de santé soit complexe, je souhaiterais me concentrer sur l’uranium appauvri.
Aujourd’hui, les États-Unis,
la Grande-Bretagne, le Canada et l’OTAN continuent à affirmer expressément qu’il n’existe aucun effet néfaste reconnu sur la santé de ceux d’entre nous qui travaillent sur le projet médical de l’uranium appauvri au sein du Ministère américain des Anciens combattants. C’est un mensonge, comme l’ont prouvé nos propres dossiers médicaux basés sur des diagnostics effectués par nos propres médecins urgentistes.
Un reportage du 10 janvier 2001 indiquait que le Ministre de
la Défense Wil – liam Cohen avait affirmé que l’UA n’était pas plus dangereux que la peinture à base de plomb , et un instructeur de l’armée américaine avait assuré aux journalistes qu’il était apte à la consommation . Je ne connais aucun médecin capable d’affirmer que la peinture à base de plomb et l’uranium sont aptes à la consommation. Après avoir été empoisonnés par le plomb, des enfants sont maintenant contaminés par l’uranium appauvri aux quatre coins du monde.
Tandis que les responsables gouvernementaux continuent à réfuter tout lien entre une exposition à l’uranium et des problèmes de santé, les mineurs travaillant dans des mines d’uranium et les blessés de guerre exposés à une contamination par l’uranium présentent les mêmes troubles. Bien que le Radiation Exposure and Compensation Act de 1990 fût censé verser des indemnités à ces Américains, un article en première page du New York Times du 27 mars 2001 décrivait à quel point ces personnes étaient atteintes et indiquait qu’elles attendaient toujours leurs indemnités en raison d’allocations budgétaires inadéquates.
Je trouve très gênant que, alors qu’une partie du gouvernement américain reconnaît les graves effets néfastes de l’uranium appauvri sur la santé, les responsables du Ministère américain de
la Défense refusent de reconnaître ces mêmes effets engendrés par une exposition à l’uranium des munitions utilisées en temps de guerre.
Les responsables de l’Organisation Mondiale de
la Santé ont publié leur rapport anticipé en avril 2001. Bien que ce rapport ait émis des recommandations spécifiques, ses auteurs, tout comme ceux d’autres rapports d’organismes gouvernementaux, n’ont pas consulté ceux d’entre nous qui ont réellement mis de l’ordre dans la pagaille provoquée par l’UA après l’Opération Tempête du désert et effectué les recherches dans le cadre du Depleted Uraniuim Project.
Je trouve également étonnant qu’une fois de plus les auteurs d’un rapport n’aient pas relevé le fait que, bien qu’une assistance médicale ait été demandée depuis la guerre pour toutes les personnes exposées et que des mesures d’assainissement de l’environnement aient été recommandées ou exigées, rien de tout cela n’ait été fait. Les auteurs du rapport de l’OMS n’ont pas non plus contacté ceux d’entre nous qui sont des victimes reconnues de l’UA ni parlé à nos médecins des effets observés et diagnostiqués sur la santé suite à une exposition à l’UA. Une fois de plus, les directives de la circulaire de Los Alamos (mars 1991) rédigée par LTC M. Ziehmn, USMC, sont respectées à la lettre.
Qu’est-ce que l’uranium appauvri ?
L’uranium appauvri, qui contient 99,8 % d’U-238, est composé d’hexafluorure d’uranium, le sous-produit du procédé d’enrichissement de l’uranium.
De récents documents publiés par le Ministère américain de l’Energie affirment l’existence d’une petite proportion d’autres métaux lourds toxiques tels que le plutonium. Bien que 60 % du rayonnement ionisant des émissions gamma de l’U-235 et l’U-234 soient éliminés durant le procédé d’enrichissement, les particules alpha de 4,2 MeV et 4,15 MeV – qui entraînent une ionisation interne importante causant des lésions cellulaires – augmentent proportionnellement. La sempiternelle affirmation selon laquelle l’uranium appauvri présente une radioactivité inférieure de 60 % à celle de l’uranium naturel ne tient tout simplement pas compte des lésions internes graves causées par les émissions alpha. En outre, les dérivés radioactifs émettent des particules bêta et des rayons gamma susceptibles de provoquer d’autres lésions radiologiques. Même s’il ne représente peut-être pas un danger en externe, l’UA constitue un grave danger en interne. Son inhalation, son ingestion ou la contamination des blessures présente des risques sérieux et inacceptables. En outre, les fragments ou pénétrateurs usagés émettent des particules bêta de 300 mrem/heure et ne peuvent donc pas être touchés ou ramassés sans équipement de protection.

Comment l’armée l’utilise-t-elle ?
L’UA est utilisé pour fabriquer des pénétrateurs à énergie cinétique – des baguettes géantes. Chaque pénétrateur cinétique se compose presque exclusivement d’uranium-238. L’industrie américaine des munitions produit les modèles suivants (la masse d’uranium-238 correspondante est indiquée pour chaque modèle) : 

  • 7,62 mm (masse non spécifiée) ; 
  • 50 cal. (masse non spécifiée) ; 
  • 20 mm pour une masse de 180 grammes environ ; 
  • 25 mm pour une masse de 200 grammes environ ; 
  • 30 mm pour une masse de 280 grammes environ ; 
  • 105 mm pour une masse de 3 500 grammes environ ; 
  • 120 mm pour une masse de 4 500 grammes environ ; 
  • sous-munitions/mines terrestres telles que
    la PDM et l’ADAM, dont l’enveloppe contient une petite proportion d’UA. 

Aujourd’hui, beaucoup d’autres pays produisent ou ont acquis des munitions à l’UA. L’UA est également utilisé dans les blindages, les contrepoids, les écrans de radioprotection et, ainsi que l’a proposé le Ministère américain de l’Énergie, comme composant de matériaux de structure et de construction routière. Toutes ces utilisations sont destinées à écouler les énormes stocks résultant du procédé d’enrichissement de l’uranium du ministère américain de l’énergie. Il est important de bien prendre conscience que les pénétrateurs à l’UA sont de l’uranium-238 solide. Ils ne comportent ni embouts ni gaines. Durant un impact, au moins 40 % du pénétrateur forme des oxydes d’uranium ou des fragments qui restent sur le terrain, à l’intérieur ou sur le matériel touché ou bien à l’intérieur des structures touchées. Le reste du pénétrateur conserve sa forme initiale. Ainsi, il reste quelque part un morceau d’uranium solide, que des enfants risquent de ramasser. L’UA s’enflamme également dans l’air durant sa trajectoire et lors de l’impact. Les retombées d’UA en feu et de fragments d’UA provoquent des explosions secondaires, des incendies, des blessés et des morts.
En termes simples, qui voudrait avoir dans son jardin des milliers de baguettes d’uranium solide, d’une masse comprise entre 180 et 4 500 grammes ? Qui voudrait avoir dans son jardin une source de contamination à l’uranium ?
Où et quand en a-t-on utilisé ?
Des rapports et des preuves photographiques du matériel détruit laissent penser que l’UA a été utilisé pour la première fois durant la guerre israélo-arabe de 1973. À l’aide de tests en laboratoire, des médecins ont confirmé une exposition à l’UA internalisé chez la personne ayant inspecté le matériel détruit.
La Guerre du Golfe a vu la première utilisation significative d’UA dans les combats. Les pilotes de chasse ont tiré au moins 850 950 obus et les canonniers 9 460 obus supplémentaires, pour un poids total de 631 055 livres ou plus de 315 tonnes. De récentes conversations avec la personne ayant dirigé tous les tirs d’obus à UA suggèrent que ce chiffre est peut-être en dessous de la vérité et que la quantité réelle serait supérieure de 25 %, atteignant environ 390 tonnes. Malgré les mises en garde recommandant d’éviter d’utiliser l’UA, les Marines américains ont tiré des munitions à UA à trois occasions différentes en 1995 et 1996 lors de manoeuvres à Okinawa, sans en informer le gouvernement japonais pendant plus d’un an.
En 1995, l’armée américaine a également tiré au moins 10 000 obus à UA en Serbie. Récemment [1999-2000], les forces américaines ont tiré au moins 31 000 obus de 30 millimètres à l’UA en Kosovo ou en Serbie.
Des munitions à UA ont été utilisées dans des champs de tir de l’Indiana, du Nevada, du Nouveau Mexique, de Floride, du Maryland, d’Ecosse et du Canada. Fait étonnant,
la Marine américaine a tiré des munitions l’UA sur l’île de Vieques (Puerto Rico), afin de préparer les attaques du Kosovo.
Vieques est actuellement au coeur d’un débat national et international, avec une contamination de l’environnement avérée et des effets néfastes sur la santé similaires à ceux observés chez d’autres victimes de l’UA. Récemment, le Ministre de
la Défense Donald Rumsfeld a décidé de suspendre les opérations de Vieques. Toutefois, Rumsfeld doit ordonner la mise en place de mesures d’assainissement complet de l’environnement et d’une assistance médicale pour toutes les victimes de Vieques. Toutes les opérations militaires doivent cesser définitivement.
Qu’avons-nous trouvé juste après les tirs de notre propre camp et les incidents de combat de l’Opération Tempête du désert ?
Le Quartier général du Département de l’armée, de Washington DC., m’a affecté en tant que médecin et expert de radiophysique médicale sanitaire au sein de l’équipe chargée d’évaluer l’UA utilisé pendant l’Opération Tempête du désert. Nos découvertes peuvent se résumer en trois mots : Oh mon Dieu ! . Selon des documents officiels, chaque baguette de pénétrateur contenant de l’uranium pouvait perdre jusqu’à 70 % de sa masse lors de l’impact, provoquant une contamination fixée et labile, le reste de la baguette se propageant à travers le matériel ou la structure pour finir par se retrouver sur le terrain. Les inspections des impacts sur place ont montré que la perte de masse était d’environ 40 %, partie qui crée une contamination fixée et labile, laissant environ 60 % de la masse initiale du pénétrateur sous forme d’une baguette solide. Il est apparu que les radiacs standards (instruments de détection, d’indication et d’évaluation de la radioactivité) ne détectaient pas cette contamination. Le matériel était contaminé par des fragments d’uranium, des oxydes d’uranium, d’autres substances dangereuses, des munitions instables non explosées et des sous-produits de munitions explosées.
Les documents que nous a envoyés le Commandement logistique de l’armée américaine pendant l’Opération Tempête du désert affirmaient que l’oxyde d’uranium était insoluble à 57 % et soluble à 43 % et inhalable au moins à 50 %. Dans la plupart des cas, sauf pour les fragments des pénétrateurs, on a découvert une contamination à l’intérieur des structures endommagées ou du matériel détruit, sur le matériel détruit ou bien dans un rayon de 25 mètres autour du matériel. Toutefois, durant les tests réalisés au Nevada en 1994 et 1995, nous avons découvert une contamination par l’UA jusqu’à 400 mètres du lieu d’un incident isolé.
Après notre retour aux États-Unis, nous avons dressé le Plan de nettoyage du théâtre des opérations, que le Ministère américain de
la Défense a soi-disant transmis au Département d’État puis à l’Émirat du Koweït. Aujourd’hui, il est clair que les Irakiens n’ont jamais eu connaissance de ces informations. Par conséquent, bien que nous ayons su qu’il y avait et qu’il y a encore des matières dangereuses en Irak, les États-Unis et
la Grande-Bretagne ont préféré fermer les yeux pour des raisons politiques et économiques.
Des responsables irakiens, kosovars, serbes et autres ont souvent réclamé en vain des procédures de soins médicaux et de gestion de la contamination. Des habitants de Vieques, citoyens américains, ont également demandé une assistance médicale et des mesures d’assainissement de l’environnement mais les responsables du Ministère de
la Défense refusent toujours de mettre en place ces mesures essentielles.

Comment est né le Depleted Uranium Project appauvri et quels en étaient les objectifs ?
Les risques sanitaires et environnementaux potentiels d’une contamination par l’uranium étaient connus avant
la Guerre du Golfe. Une circulaire de
la Defense Nuclear Agency américaine, rédigée par LTC Lyle et envoyée à notre équipe en Arabie Saoudite, indiquait : Étant donné que les équipes de neutralisation des explosifs et munitions, les unités de combat terrestre et les populations civiles d’Arabie Saoudite, du Koweït et d’Irak sont de plus en plus exposées aux munitions à l’UA, nous devons nous préparer à faire face à d’éventuels problèmes. Les souvenirs de la guerre toxique, la fureur politique et le nettoyage post-conflit (accord de la nation hôte) ne sont que quelques-uns des problèmes qu’il va falloir aborder. Les particules alpha (poussière d’oxydes d’uranium) provenant des obus explosés sont préoccupantes mais les particules bêta provenant des fragments et des obus intacts constituent une menace bien plus grave pour la santé, avec des taux d’exposition potentiels de 200 milliards/heure en cas de contact.
Cette circulaire, ainsi que les rapports que nous avons préparés juste après
la Guerre du Golfe dans le cadre du projet d’évaluation de l’UA en vue de récupérer le matériel américain contaminé/détruit par l’UA, les recherches antérieures et d’autres inquiétudes exprimées ont conduit le Ministère américain de
la Défense à publier une directive signée par le Général Eric Shinseki le 19 août 1993, visant à : 

  1. Dispenser une formation adéquate au personnel susceptible d’entrer en contact avec du matériel contenant de l’uranium appauvri. 
  2. Procéder à un dépistage médical sur le personnel exposé à une contamination par l’UA durant
    la Guerre du Golfe. 
  3. Élaborer un plan pour récupérer le matériel contaminé par l’UA lors des futures opérations. 

Nul doute donc que les responsables du Ministère américain de
la Défense étaient et sont toujours conscients des risques exceptionnels et inacceptables propres aux munitions à uranium appauvri. Par conséquent, j’ai été rappelé au service actif dans l’armée américaine en tant que directeur du projet sur l’UA, chargé de développer des procédures de formation et de gestion environnementale. Ce projet incluait : un examen de la documentation, un projet de développement d’un programme détaillé impliquant toutes les branches du Ministère américain de
la Défense ainsi que des représentants de l’Angleterre, du Canada, de l’Allemagne et de l’Australie et des recherches fondamentales sur le site d’essai du Nevada situé à 190 kilomètres au nord-ouest de Las Vegas, destinées à valider les procédures de gestion.
Le Depleted Uranium Project a donné naissance à : 

  • Trois programmes de formation : (1) Niveau I : grand public, (2) Niveau II : dégâts des combats et opérations de récupération, (3) Niveau III : officiers/sous-officiers spécialisés dans les produits chimiques ; 
  • Trois cassettes vidéo : (1) Sensibilisation au risque de l’uranium appauvri , (2) Gestion du matériel endommagé et contaminé , (3) Fonctionnement de l’ensemble des radiacs AN/PDR-77 ; 
  • La réglementation préliminaire de l’armée américaine, Gestion du matériel contaminé par l’uranium appauvri ou par des produits radioactifs : 
  • Une brochure de l’armée américaine exposant les procédures de manipulation du matériel contaminé par l’uranium appauvri ou par des produits radioactifs ; 
  • Un nouveau radiac, capable de détecter et de quantifier une contamination par l’UA. 

Bien que ces données aient été obtenues, reconnues et prêtes à être diffusées en janvier 1996, l’armée américaine, le Ministère américain de
la Défense ainsi que des responsables britanniques, allemands, canadiens et australiens ont ignoré les directives répétées et n’ont pas mis en place, sinon partiellement, le programme de formation et les procédures de gestion. Ce programme et ces procédures n’ont pas été portés à la connaissance de tous, ni même à celle des représentants des gouvernements de pays dont la population et l’environnement ont été exposés à l’UA, comme l’ont confirmé les enquêteurs du General Accounting Office américain (sorte de cour des comptes fédérale) dans un rapport publié en mars 2000 ainsi que par mes contacts personnels. 
Retrouvez l’intégralité de notre dossier dans NEXUS N°28  

Wall street – NEXUS N°18 jan-fév 2002 - 



 

 

CIA et trafic de drogue

 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Mike Ruppert et je publie le bulletin d’informations From the Wilderness. Je suis un ancien agent des stups de Los Angeles et, de façon générale, un fauteur de troubles qui se bat contre la corruption et les trafics d’ influences dans le monde entier.

Lorsque vous avez créé ce bulletin d’informations, à quelle demande répondiez-vous et quelles étaient vos intentions ?
Et bien, en mars 1998, environ quatre mois après ma confrontation télévisée retransmise dans le monde entier avec le directeur de
la CIA John Deutch à Locke High School – il était venu à Los Angeles pour parler des allégations selon lesquelles
la CIA trempait dans des trafics de drogue. Je me suis levé à CNN et ABC Nightline et j’ai déclaré : Je suis un ancien agent des stups. J’ai travaillé à South Central et je peux vous dire, Monsieur le Directeur, que
la CIA trempe dans des trafics de drogue dans ce pays depuis longtemps. Et là, la salle a explosé et à ce moment-là, j’ai vu le manque flagrant d’informations du milieu politique sur le nombre de preuves réelles des activités criminelles de
la CIA, en particulier le trafic de drogue. J’ai ajouté : Attendez une minute ; je peux vous montrer une petite circulaire d’informations et vous dire que si vous lisez ce document, vous aurez la preuve de ce que j’avance. Parce que de nombreuses personnes repartirent avec la vague impression que
la CIA regorgeait de méchants qui avaient mal agi et qu’elles ignoraient combien il y avait de preuves concrètes. Alors, voilà ce que fut ma mission : apporter les preuves concrètes et irréfutables de ce qui se passe.

Parlons de votre expérience sur le terrain et de ce à quoi vous avez été confronté en tant que citoyen essayant de mettre de l’ordre dans les rues – ce doit être une véritable jungle ! 

 

Cela fait longtemps que je ne suis plus policier maintenant. J’ai obtenu mon diplôme de l’Ecole de Police de Los Angeles lors de la promotion de novembre 1973 et battu le pavé des rues de South Central à Los Angeles dès janvier 1974. C’était un monde bien différent à l’époque ; il n’y avait pas de cocaïne, nous avions des six-coups et des matraques mais personne ne se baladait avec une radio. Mais le monde a énormément changé. Je me suis rapidement spécialisé dans les stupéfiants et l’héroïne était la drogue prédominante dans les rues de mon secteur ; à cette époque, c’était de l’héroïne mexicaine brune. Et ce qui m’arriva, c’est que je fis la rencontre d’une femme, dont je tombai amoureux, qui était agent contractuel de
la CIA, un agent de carrière. Or, je viens d’une famille proche de
la CIA et ils ont essayé de me recruter, alors cela ne m’a pas étonné, mais j’ai commencé à voir qu’elle protégeait des cargaisons de drogue et que
la CIA était activement impliquée dans le trafic de drogue. C’est ce qu’elle a fait à Hawaï, au Mexique, au Texas et à
la Nouvelle-Orléans et je ne cessais de répéter que j’étais un agent des stups et que je n’allais pas fermer les yeux sur des cargaisons de drogue. C’est, au fond, ce qui m’a entraîné dans le cours irréversible des évènements qui ont déterminé le reste de ma vie. C’était en 1977.

On imagine qu’un agent de
la CIA pense à protéger le pays, ou du moins, on imagine le milieu des services secrets comme quelque chose qui protège la sécurité nationale. Qu’est-ce qui, selon vous, les pousse à vouloir concilier dans le pays les cargaisons de drogue avec cette activité ?

Et bien, ils n’ont même pas besoin de le concilier. C’est ce que j’ai mis si longtemps à comprendre. Mais ce que nous enseignons aujourd’hui avec From The Wilderness, c’est que cela ne se limitait pas au fait que
la CIA trempait dans des trafics de drogue pour financer des opérations secrètes. C’est que l’argent de la drogue fait partie intégrante de l’économie américaine. Il en a toujours été ainsi, tout comme avec les Britanniques, dans les années 1600, lorsqu’ils introduisirent l’opium en Chine pour financer le commerce triangulaire avec
la Compagnie Britannique des Indes Orientales.
L’important n’est pas que
la CIA ait fait le commerce de la drogue pendant l’ère des Contras pour financer l’opération secrète dans laquelle le Congrès refusait de s’engager.
La CIA trempe dans le trafic de drogue depuis ses 50 années d’existence – et même dans les 50 années qui ont précédé, avant qu’elle ne devienne
la CIA. Et l’intérêt est que, avec 250 milliards de dollars par an dans des mouvements illégaux d’argent sale, blanchi dans l’économie américaine, cet argent profite à Wall Street. C’est là tout l’intérêt du trafic de drogue prohibitif que
la CIA gère avec efficacité dans l’intérêt de Wall Street. Juste avant la guerre des Contras, la consommation annuelle de cocaïne dans ce pays était d’environ 50 tonnes métriques par an ; disons en 1979. En 1985, elle était de 600 tonnes métriques par an. Nous consommons toujours 550 tonnes métriques de cocaïne par an dans ce pays, et l’argent que cela génère est utilisé… disons qu’un trafiquant de drogue colombien appelle General Motors et achète un millier de Suburbans – GM ne demande pas d’où ça vient. Philip Morris est actuellement poursuivi en justice par 28 départements colombiens (l’équivalent des états américains) pour avoir fait entrer en contrebande dans ce pays pour deux milliards de dollars de cigarettes Malboro et s’être fait payer avec l’argent de la cocaïne ! Cet argent a fait monter les actions Philip Morris à Wall Street ; même chose pour General Electric…cela est archivé au Ministère américain de
la Justice. Ainsi, l’objectif de l’implication de
la CIA dans le trafic de drogue est de générer de l’argent liquide illégal, des fonds de roulement disponibles, ce qui donne à ceux qui peuvent y mettre la main dessus un avantage déloyal sur le marché.

C’est que l’argent de la drogue fait partie intégrante de l’économie américaine.

Alors quand vous entendez l’expression Guerre contre la drogue …
Et bien, ce n’est pas une guerre contre la drogue. C’est une guerre contre le peuple. Réfléchissez à ceci : Joseph McNamara, ancien chef de San Jose de l’Institut Hoover de l’Université de Stanford, a publié des chiffres vraiment parlants. En 1972, lorsque Richard Nixon lança
la Guerre contre
la Drogue, le budget annuel fédéral alloué à la mise en application de la loi s’élevait à 110 millions de dollars. Pour l’année fiscale 2000, soit 28 ans plus tard, le budget alloué s’élevait à 17 milliards de dollars par an, et pourtant, en 2000, il y a davantage de drogues dans ce pays, elles sont moins chères et plus puissantes qu’en 1972. Ceci pour vous dire qu’il se cache là-dessous quelque autre plan.

Pour en revenir à
la Chine et à
la Guerre de l’Opium, on la décrit aussi comme une guerre contre le peuple chinois, visant à les amener vers un état de passivité dans lequel ils ne pouvaient plus représenter une force réelle. Considérez-vous d’une certaine façon que les drogues servent à satisfaire un objectif raciste – les lois sur le crack concernant en particulier les populations noires des quartiers déshérités ?

Il y a différentes façons de voir les choses. Pour les Britanniques, l’introduction de l’opium en Chine était un moyen d’arriver à leur fin.
La Chine avait une culture homogène. Lorsque les Britanniques sont arrivés, ils étaient ces barbares du Caucase. Les Chinois ne voulaient pas avoir affaire à eux ; ils ne voulaient pas céder leur thé, ils ne voulaient pas céder leur soie et les Britanniques ont dit Nous ne pouvons pas tolérer cela . Ils sont allés en Inde et ont fait pousser du pavot aux Indes orientales, sur les contreforts de l’Himalaya et l’ont fait entrer clandestinement en Chine. Et en un siècle, ils ont transformé
la Chine qui, d’une culture homogène et unifiée, devint une société de chefs militaires se battant pour déterminer à qui allaient appartenir les régions où circulait la drogue.
Si vous examinez ce qui s’est passé à South Central, à Los Angeles, dans les années 1980, le modèle est exactement le même ; ça n’a pas changé. Quand je parle des stupéfiants, j’adopte plusieurs points de vue différents. Je ne suis pas seulement un ancien agent de la brigade des stups de Los Angeles ; je suis aussi un alcoolique repenti qui aide des gens à s’en sortir depuis 17 ans. J’ai été membre du conseil d’administration du Conseil National contre l’Alcoolisme. L’alcool est une drogue. J’ai écrit plus de 35 articles dans le journal américain Journal of Drug and Alcohol Dependence sur le traitement de la dépendance et la façon de s’en sortir. Le problème avec les drogues est le suivant : les gens vont devenir dépendants, quoi que l’on fasse, et un certain pourcentage de n’importe quelle population deviendra toujours dépendant.
Ce qu’a fait
la CIA (et j’ai écrit un article particulier sur ce point ; il est sur mon site Internet), par l’intermédiaire d’institutions telles que
la Rand Corporation, l’Institut de Neuropsychiatrie de l’UCLA et un certain nombre de projets universitaires qu’elle finance, c’est qu’elle s’est délibérément engagée dans des recherches pharmacologiques pour découvrir quelles étaient les drogues qui créaient le plus de dépendance. Par exemple, en 1978-1979, bien avant que l’épidémie de cocaïne ne frappe ici aux Etats-Unis, des scientifiques de l’Institut de Neuropsychiatrie de l’UCLA, parmi lesquels Louis Jolly West, qui entretenait un lien étroit avec le programme MK-ULTRA, effectuaient des recherches en Amérique du Sud, là où les Sud-Américains fumaient du basuco, qui a le même effet que le crack. La dépendance était si forte qu’on leur faisait subir des lobotomies et que les gens fumaient encore le basuco en Colombie ; ils le savaient parce que l’Institut de Neuropsychiatrie et
la Rand Corporation avaient rapporté ces informations.
Donc, en 1980,
la CIA savait exactement quels allaient être les effets du crack une fois qu’il sévirait dans les rues.

Qui profite le plus d’une population dépendante dans les quartiers déshérités ?
La question n’est pas simplement de savoir qui en profite le plus ; la question est de savoir comment de nombreuses personnes peuvent en tirer profit et dans combien de domaines différents.
Dans mon bulletin d’information From The Wilderness de mai 1998, nous avons publié un article de Catherine Austin Fitts, ancienne secrétaire-adjointe à l’Urbanisme [et au Logement]. Elle a exhibé un plan en 1996, au mois d’août – mois où l’article de Gary Webb a paru dans le San Jose Mercury News. Ce plan montrait la répartition des saisies et des emprunts-logement des familles monoparentales – emprunts financés par le Ministère de l’Urbanisme et du Logement (HUD) – dans le quartier de South Central, à Los Angeles. Mais lorsque vous examiniez le plan de toutes ces saisies par l’HUD, elles se trouvaient en plein coeur du quartier où l’épidémie de crack avait sévi. Et ce qu’ont révélé les données de l’HUD c’est que, pendant les années 1980, des milliers de familles afro-américaines appartenant à la classe moyenne, touchant un salaire et ayant souscrit un emprunt-logement, avaient perdu leur maison. Pourquoi ? Il y avait des coups de feu tirés de voitures en marche, tout le quartier s’est détérioré, des drogués sont venus habiter la maison d’à côté, vos enfants se sont fait tirer dessus, ils sont allés en prison et vous avez été obligés de déménager. La maison sur laquelle vous deviez 100000 dollars n’a été évaluée qu’à 40000 dollars parce que personne n’en voulait et il vous a fallu fuir ; vous n’avez pas pu la vendre alors vous y avez mis une croix dessus. Et ce qu’ont montré les recherches de Catherine c’est que quelqu’un d’autre est arrivé et a acheté des milliers de maisons pour une bouchée de pain durant les années qui ont suivi l’épidémie de crack.
Donc le modèle économique est le même que celui qui a toujours existé pour l’élite dirigeante : utiliser l’argent des pauvres pour leur voler leur terre. On pousse les pauvres à acheter de la drogue, avec leur argent ; on prend leur argent pour faire entrer davantage de drogues, ce qui détruit la valeur de leurs biens et ensuite on les vole de nouveau. Et cela ne s’est pas seulement produit à Los Angeles ; cela s’est produit dans le quartier de Washington Heights à New York. En fait, cela a été prouvé par un formidable chercheur de l’Université du Michigan, le Professeur John Metzger, qui est l’un de mes abonnés ; il possède un doctorat en urbanisme. On en a débattu dans le rapport de
la Commission Kerner en 1967 après les émeutes de Détroit, où le gouvernement américain décida que pas plus d’un quart de la population des quartiers déshérités des grandes villes ne devait être constitué par une minorité. Ils ont appelé cela la déportation géographique , expression qui sonne comme un terme nazi à mes oreilles mais qui figure dans le rapport de
la Commission Kerner.
Donc ce plan consiste littéralement à tuer, à piller… permettez moi de dire les choses très simplement… c’est Tuez les Indiens, prenez leur terre, prenez leurs richesses . Par conséquent, c’est un peu se moquer du monde ou se méprendre de croire que le crack ou la cocaïne n’était consommé que par les Afro-américains. Les Blancs consommaient presque autant de cocaïne que les Afro-américains, en terme de consommation totale. Les Blancs consommaient probablement plus de cocaïne que les Afro-américains mais ils consommaient de la poudre. Et nous avons assisté à une tentative délibérée des organisations de
la CIA ou en lien avec
la CIA cherchant à s’assurer que les grandes quantités de cocaïne, et la cocaïne de très bonne qualité, entraient au coeur des quartiers déshérités des villes comme Los Angeles. Elle était protégée. Et c’est ce que j’ai vu à
la Police de Los Angeles. J’ai vu la coopération sur le terrain, l’interface entre les services de la police locale et
la CIA.

Et l’intérêt est que, avec 250 milliards de dollars par an dans des mouvements illégaux d’argent sale, blanchi dans l’économie américaine, cet argent profite à Wall Street. 

 

J’ai été recruté lorsque j’étais étudiant à l’UCLA.
La CIA m’envoya à Washington et dit : Mike, nous voulons que tu deviennes un agent spécial de
la CIA. Tu as déjà intégré
la Police de Los Angeles depuis trois ans, ta famille travaillait à
la CIA, ta mère était à
la NSA. Nous voulons que tu retournes dans
la Police de Los Angeles, et être flic là-bas te servira juste de couverture. Or,
la CIA a fait certaines choses ; nous en avons des preuves à
la Nouvelle-Orléans, à New York, dans les services de police de tout le pays. Et j’ai vu l’interface où
la CIA traite en toute tranquillité avec les agences locales pour protéger leurs opérations de trafic de drogue. C’est l’une des raisons pour laquelle il faut qu’ils le fassent ; cela élimine la concurrence.

Maintenant, ces gens qui sont formés par
la CIA et deviennent officiers de police ne sont-ils pas fondamentalement malhonnêtes ? Est-ce pour l’argent ou croient-ils réellement pouvoir apporter quelque chose ?

Et bien, nous parlions un peu plus tôt de Lenny Horowitz et de son formidable livre, Emerging Viruses (L’Emergence des virus). Sur la couverture de ce livre figure une citation qui reste l’une de mes citations préférées ; elle est d’Alexander Solzhenitsyn. Et Solzhenitsyn dit que les hommes, afin de faire le mal, doivent d’abord croire que ce qu’ils font est bien, sinon ils ne peuvent pas le faire.
Disons que tous ceux qui travaillent dans un service de la police locale et qui sont en lien avec
la CIA ne sont pas des agents spéciaux.
La CIA utilise des spécialistes. Ils contactent des types qui ont des spécialités sur le plan militaire et les engagent en douce. Il y en a comme le chef de
la Police de Los Angeles, Daryl Gates, qui a été, je pense, un agent spécial toute sa vie – et nous pourrons revenir là dessus plus tard si vous le souhaitez. D’autres sont juste des employés sous contrat mais ils se font eux-mêmes un lavage de cerveau. Et il est facile de croire – c’est l’un des pires vices de l’homme – que si vous faites autant d’argent et si vous avez du pouvoir, c’est pour une bonne cause. Donc, il y a une sorte d’illusion dans cela, mais c’est une illusion qui devient extrêmement perverse lorsque vous essayez de vous y raccrocher.

Retrouvez l’intégralité de notre dossier dans NEXUS N°18

Publié dans PARFUMS DE SCANDALES | Pas de Commentaire »

Le SIDA a-t-il été créé en laboratoire ?

Posté par issopha le 11 octobre 2007

Armes Bactériologiques – NEXUS N°17 nov-déc 2001 - 



Le SIDA a-t-il été créé en laboratoire ?  

Par Donald W.
Scott, MA, MSc, Président de « The Common Cause Medical Research Foundation,

190 Mountain Street, Suite 405, Sudbury, Ontario, Canada

P38 4G2, tel/fax : +1 (705) 670 0180. Des agents pathogènes appelés mycoplasmes sont le produit de laboratoires de recherche dans le domaine de la guerre bactériologique et biologique.
Plusieurs souches de mycoplasmes ont été développées dans l’optique de les rendre plus dangereuses.
Elles sont aujourd’hui accusées d’être à l’origine du SIDA, du cancer, du syndrome de fatigue chronique, de la sclérose en plaques, de la maladie de Kroesfeld-Jacob et d’autres maladies du système nerveux.

I – Le mycoplasme
Un banal agent pathogène transformé en arme biologique

Il existe 200 espèces différentes de mycoplasmes. La plupart sont inoffensives ; seules quatre ou cinq d’entre elles sont pathogènes. Le Mycoplasme Fermentans (variété inconnue) provient probablement de la bactérie de la brucellose. Cet agent n’est ni une bactérie, ni un virus ; c’est une forme mutante de la bactérie de la brucellose, combinée avec le virus visna du mouton.
L’agent pathogène qu’est le mycoplasme était auparavant anodin, mais les recherches dans le domaine de la guerre bactériologique conduites depuis 1942 ont abouti à la création de formes plus infectieuses et mortelles. Les chercheurs ont extrait ce mycoplasme de la bactérie de la brucellose et ont en fait réduit la maladie sous une forme cristalline. Ils l’ont armé et l’ont testé sur le public candide d’Amérique du Nord. Le docteur Maurice Hilleman, virologiste en chef pour les laboratoires pharmaceutiques Merck Sharp & Dohme, a affirmé que cet agent pathogène est maintenant présent chez tout le monde en Amérique du Nord et vraisemblablement dans la majeure partie de la population mondiale.
À l’inverse de ce qui est rapporté, la fréquence de toutes les maladies neuro-dégénérescentes s’est accrue depuis la seconde guerre mondiale et spécialement depuis les années soixante-dix avec l’apparition de maladies inconnues jusqu’alors comme le syndrome de fatigue chronique et le SIDA.
Le docteur Shyh-Ching Lo est diplômé de grade supérieur à l’Institut de pathologie des forces armées et est un chercheur de pointe dans le domaine des mycoplasmes en Amérique. Selon lui, cet agent pathogène provoque de nombreuses maladies dont le SIDA, le cancer, le syndrome de fatigue chronique, la maladie de Crohn, le diabète de type 1, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, la maladie de Wegener, et les maladies vasculaires liées au collagène comme l’arthrite rhumatoïde et la maladie d’Alzheimer. Le docteur Charles Engel, qui travaille pour les National Institutes of Health américains (Instituts nationaux de la santé) à Bethesda dans le Maryland, lors d’un de leurs congrès le 7 février 2000, a affirmé :
Je suis en possession de tous les documents qui prouvent que le mycoplasme est l’agent pathogène du syndrome de fatigue chronique, de la fibromalgie ainsi que du SIDA, de la sclérose en plaques, et de nombreuses autres affections. Parmi ceux-ci, 80 % sont des pièces émanant des gouvernements américains et canadiens, 20 % issues d’articles de revues spécialisées telles que le Journal of the American Medical Association, le New England Journal of Medecine ou le Canadian Medical Association Journal. Les articles de presse et les documents gouvernementaux se complètent les uns les autres.
Comment fonctionne le mycoplasme ?
Le mycoplasme agit en pénétrant dans les cellules du corps, son activité varie en fonction des prédispositions génétiques du sujet. Il se peut que vous développiez une maladie neurologique si l’agent détruit certaines cellules de votre cerveau, ou bien une maladie de Crohn s’il envahissait et détruisait des cellules du gros intestin.
Le mycoplasme, une fois dans la cellule, peut y séjourner de façon inactive pendant parfois 10, 20 ou 30 ans, jusqu’à ce qu’un traumatisme ait lieu, comme un accident ou une vaccination qui ne prend pas, déclenchant alors la phase active. Parce qu’il n’est constitué que de l’ADN de la bactérie, il ne peut traiter ses propres nutriments et croît donc en les prélevant à la cellule hôte, ce qui la tue littéralement ; elle se rompt et les déchets sont rejetés dans le flux sanguin.

II – La création du mycoplasme
Un agent pathogène fabriqué en laboratoire

Beaucoup de médeçins ne connaissent pas l’agent mycoplasme parce qu’il fut créé de toutes pièces par l’armée américaine lors d’expériences dans le domaine de l’armement biologique, restant ainsi caché au public. Il fut mis au point pour l’armée par le docteur Shyh-Ching Lo. Je possède une copie du brevet provenant du bureau américain des brevets (US patents Office)1.
Tous les pays impliqués dans la seconde guerre mondiale menaient des expérimentations sur des armes biologiques. En 1942, les gouvernements des USA, du Canada et de
la Grande-Bretagne, signèrent un accord secret pour produire deux armes biologiques (une arme mortelle, et une autre mettant hors d’état de nuire) destinées à être utilisées contre les allemands et les Japonais, qui eux aussi mettaient au point leurs armes biologiques. Alors qu’ils travaillaient sur divers agents pathogènes, ils focalisèrent leur attention sur la bactérie de la brucellose et commencèrent à la rendre dangereuse.
Depuis le début, le programme de guerre biologique était classifié top secret et caractérisé par un examen approfondi assuré par la participation des plus éminents scientifiques, de consultants médicaux, d’experts de l’industrie et de membres officiels du gouvernement.
Les services américains de la santé publique suivaient également de près les progrès de cette recherche depuis son tout début ; les centres de dépistages américains (Centers for Disease Control – CDC) et les instituts de santé publique (National Institutes of Health – NIH) travaillaient de concert avec les militaires pour armer ces agents. Ces agents existaient depuis des milliers d’années, mais ils ont été améliorés pour devenir plus contagieux et plus efficaces. Et aujourd’hui, ils progressent et s’étendent.
Le programme Special Virus Cancer mis en œuvre par
la CIA et le NIH pour créer des agents pathogènes pour lesquels l’humanité ne possède pas de défenses immunitaires (SIDA), fut déguisé en une lutte contre le cancer, mais faisait en fait partie du MKNAOMI2.
Beaucoup de membres du Parlement américain ne savent rien de ce qu’il s’est alors passé. Par exemple,
la Commission sur la réforme gouvernementale du Sénat a recherché dans les archives de Washington et ailleurs le document intitulé The Special Virus Cancer Program : Progress report N°8 et ne pu le trouver. D’une façon ou d’une autre, ils apprirent que j’en détenais une copie, m’appelèrent et me demandèrent de leur envoyer. Imaginez un peu : un professeur d’école à la retraite, contacté par le Sénat américain qui lui demande un de leur document secret ! Le Sénat, par l’entremise de sa Commission sur la réforme gouvernementale, essaie d’empêcher ce type de recherche.
Brucellose cristalline
La première page d’une étude authentique du Sénat, déclassifiée le 24 février 1977, montre que George Merck, des laboratoires pharmaceutiques Merck Sharp & Dohme (qui commercialisent aujourd’hui les moyens de soigner les maladies qu’ils ont auparavant créées), stipulait dans un rapport adressé au Ministre américain de la guerre que ses chercheurs avaient pour la première fois réussi à isoler l’agent pathogène sous une forme cristalline.3
Ils avaient extrait une toxine bactériologique de la bactérie de la brucellose. La toxine pouvait être transformée sous une forme cristalline et être stockée, transportée et relâchée sans détérioration. Elle pouvait être véhiculée par divers vecteurs comme des insectes, des aérosols ou des maillons de la chaîne alimentaire (dans la nature c’est la bactérie qui assurait cette fonction). Mais le facteur actif œuvrant dans la brucellose était le mycoplasme.
La brucellose est un agent pathogène qui ne tue pas ; il met les malades hors d’état de nuire. Mais selon le docteur Donald Mc Arthur du Pentagone, lors d’une allocution devant une commission du Congrès américain en 19694, les chercheurs ont découvert que s’ils disposaient d’un mycoplasme d’une certaine puissance, en fait de 10 à la puissance 10 (1010), il se transformerait en SIDA dont le malade mourrait dans un intervalle de temps raisonnable car ses défenses immunitaires seraient court-circuitées. Si la puissance était de 108, le malade manifesterait un syndrome de fatigue chronique ou une fibromalgie. À 107, la personne s’affaiblirait ; elle ne mourrait pas et pourrait continuer de vivre, mais elle ne serait plus stimulée par la vie ; elle dépérirait.
La majeure partie d’entre nous n’a jamais entendu parler de la brucellose parce qu’elle a disparu depuis que l’on pasteurise largement le lait qui en est le porteur. Une salière qui contiendrait l’agent pur de la brucellose sous sa forme cristalline pourrait à elle seule contaminer toue la population du Canada. Celui-ci est radicalement mortel, non en le tuant le corps directement mais en le mettant hors d’état de fonctionnement. Dans la mesure où l’agent se solutionne dans le sang, les examens sanguins ordinaires ou de tissus ne peuvent mettre en évidence sa présence. Le mycoplasme cristallise seulement au-dessus d’un PH de 8,1 alors que le sang a un PH de 7,4. Le médecin vous dira alors au sujet des maux dont vous vous plaigniez : C’est dans votre tête.

La brucellose
cristalline et la sclérose en plaques

En 1998 à Rochester dans l’Etat de New York, j’ai rencontré un ancien militaire nommé PFX Donald Bentley, qui, en me remettant un document, m’a dit : J’ai été entraîné à la guerre biologique. Nous possédions une bombe chargée de la brucellose ; seulement c’était de la brucellose sans en être ; Il s’agissait d’une toxine de la brucellose sous sa forme cristalline. Nous l’épandions sur
la Chine et
la Corée du Nord.
Il me montra son certificat de service décrivant sa formation aux conflits chimiques, biologiques et radiologiques et un document de 16 pages que lui donnèrent les services de l’armée américaine lorsqu’il fut libéré de ses fonctions. Il établissait le lien entre la brucellose et la sclérose en plaques, et une partie précisait : Les vétérans de l’armée atteints de sclérose en plaques, une sorte paralysie rampante se développant à un stade de 10 %, ou plus d’incapacité physique dans les deux ans qui suivent la fin de leur service actif, pourraient faire prévaloir leur droit à une pension d’invalidité. Celle-ci est payable aux vétérans admissibles dont les incapacités sont dûes à leurs états de service. En d’autres mots : Si vous tombez malade de la sclérose en plaques, c’est parce que vous manipuliez cette brucellose, et nous vous donnerons une pension. Ne vous avisez pas de faire de l’agitation à ce sujet. Dans ces documents, le gouvernement américain révélait la cause réelle de la sclérose en plaques, mais il ne le fit pas publiquement, ni auprès de votre docteur.
Dans un rapport de 1949, les docteurs Kyger et Haden suggéraient la possibilité que la sclérose en plaques soit la manifestation de la brucellose chronique au niveau cérébral. Ayant testé 113 malades, ils découvrirent que 95 % étaient porteurs de la brucellose.5 Nous disposons d’un article de journal de l’époque qui concluait qu’un cas sur 500 développerait une neuro-brucellose, en d’autres termes la brucellose dans le cerveau, dans les ventricules latéraux, précisément là où se localise la sclérose en plaques.6
La contamination des travailleurs du laboratoire de Camp Detrick
En 1948, un article du New England Journal of Medecine intitulé Sérieuse contamination de la brucellose parmi le personnel des laboratoires nous montre à quel point cet agent était dangereux.7 Il s’agissait des travailleurs du laboratoire de Camp Detrick à Frederick dans le Maryland, ou l’on mettait au point des armes biologiques. Ceux-ci avaient même été vaccinés, portaient des combinaisons étanches et des masques et travaillaient à travers les trous pratiqués dans des caissons isolés, et malgré cela, ils contractèrent la terrible maladie, tellement celle-ci est infectieuse.
L’article est signé par le lieutenant Calderone Howell, du corps des Marines, Emilie Kelly, réserviste de
la Marine américaine, et le capitaine Henry Bookman, tous trois militaires impliqués dans la transformation du virus de la brucellose en une arme biologique plus efficace.

III – Les tests clandestins du mycoplasme
Des tests de dissémination

Les documents prouvent que cette arme biologique fut testée sur le public de diverses communautés à son insu et sans son consentement. Le gouvernement savait que la brucellose cristalline rendait les humains malades mais il avait besoin de savoir dans quelle mesure l’affection s’étendrait et comment la disséminer. Il testa ces méthodes de dispersion pour la brucellose suis et la brucellose melitensis à Dugway Proving Ground dans l’Utah en juin et en septembre 1952, si bien que probablement 100 % d’entre nous sommes aujourd’hui infectés par ces deux souches.8
Un autre document gouvernemental recommandait la mise en œuvre de tests de vulnérabilité en terrain découvert, de programmes de recherche et de développement clandestins menés par l’armée avec le concours de

la CIA.
À cette époque, le gouvernement américain demanda au gouvernement canadien de coopérer aux tests, ce que ce dernier fit totalement. Les Américains cherchaient à déterminer si les moustiques pouvaient servir de vecteur à l’agent pathogène et aussi si c’était le cas de l’air. À ce sujet, un rapport du gouvernement statuait que les tests sur les agents infectieux en plein air sont considérés comme essentiels à la compréhension ultime des potentialités de l’armement biologique à cause de la multitude des facteurs entrant en jeu lors de la dégradation des micro-organismes dans l’atmosphère.9
Tests sur les moustiques en tant que vecteur à Punta Gorda en Floride
Un article du New England Journal of Medecine révèle que l’une des premières éruptions du syndrome de fatigue chronique eut lieu à Punta Gorda en 1957.10 Et par une étrange coïncidence, il y avait un très important afflux de moustiques la semaine précédant l’apparition de la maladie.
L’Institut National de Santé affirma que l’arrivée des moustiques était dûe à un feu de forêt à 50 kms de là. La vérité, c’est l’infection de ces moustiques au Canada par les soins du docteur Guilford B. Reed à
la Queen’s University. On les fit se multiplier à Belleville, en Ontario, puis transportés à Punta Gorda pour y être lâchés.
En moins d’une semaine, Les cas premiers cas de fatigue chroniques furent observés par
la Clinique locale. La maladie progressa jusqu’à un total de 450 personnes qui la contractèrent.

Tests sur les moustiques en Ontario
Le gouvernement canadien avait établi un laboratoire (le Dominion Parasite Laboratory) à Belleville, dans l’Etat de l’Ontario, où étaient élevés 100 millions de moustiques par mois. Ils étaient ensuite conduits à
la Queen’s University, et en d’autres installations, pour y êtres infectés par l’agent pathogène sous sa forme cristalline. Les moustiques étaient alors relâchés au sein de certaines communautés en pleine nuit, pour que les chercheurs puissent mesurer le taux de contamination de la population à partir du nombre de cas de syndromes de fatigue chronique et de fibromalgies, qui étaient les deux premières affections à se déclarer.
Une des communautés qu’ils testèrent fut celle de la vallée de St Lawrence Seaway Valley, entre Kingston et Cornwall, en 1984. Des centaines de millions de moustiques y furent lâchés. Plus de 700 personnes développèrent des myalgies encéphalomyelitiques ou des syndromes de fatigue chronique.

IV – Tests clandestins avec d’autres maladies
Maladie de la vache folle Kuru – maladie de Kreutzfeldt-Jacob

Avant et au cours de la seconde guerre mondiale, les militaires japonais contaminèrent les prisonniers de guerre du Camp 731, en Mandchourie, avec plusieurs souches de maladie.
Ils démarrèrent d’autres recherches, en 1942, dans un camp en Nouvelle-Guinée où ils prirent pour cobayes les membres de la tribu des Anciens Indiens en leur inoculant une solution tirée de cervelles de moutons contaminés par le virus visna qui cause la maladie de la vache folle et son équivalent chez l’homme, celle de Kreuztfeldt-Jacob.
Les Japonais partis, cinq ou six ans plus tard, les membres de la communauté indigène développèrent une maladie qu’ils nommaient Kuru, ce qui signifie dans leur langue dépérissement, ils finirent par trembler, perdre leur appétit et mourir. Les autopsies révélèrent que leur cerveau était littéralement en bouillie.
Lorsque s’acheva cette même guerre, le docteur Ishii-Shiro, Médecin Général dans l’armée japonaise, et donc susceptible de diriger le développement de l’armement biologique, était prisonnier des Américains. On lui donna le choix entre la possibilité de travailler pour l’armée américaine ou celle d’être exécuté comme criminel de guerre. Bien entendu, il choisit la seconde, et aida les Américains à établir comment les Japonais avaient inoculé la maladie de Kreuztfeldt-Jacob à cette tribu.
En 1957, alors que le virus était en pleine expansion, le docteur Carleton Gadjusek, du NHI américain se rendit en Nouvelle-Guinée pour déterminer comment les cerveaux des moutons malades avaient pu les contaminer. Il y passa deux années, étudiant le peuple indigène, et écrivit un rapport détaillé. Il reçut un Prix Nobel pour avoir découvert la maladie kuru au sein de cette population.
Tests d’agent cancérigènes à Winnipeg dans le Manitoba – Canada
En 1953, le gouvernement américain demanda au Canada de tester les effets d’un produit chimique sur la ville de Winnipeg, possédant 500 000 habitants et isolée du monde. Les militaires américains répandirent ce produit cancérigène sous une forme atténuée un millier de fois, si diluée, d’après eux, que personne ne tomberait très malade ;, mais les gens consulteraient en hôpital pour un simple rhume ou de petites lésions, ce qui leur permettrait de déterminer le pourcentage de la population qui aurait développé un cancer si le produit avait été dosé normalement. Nous possédons la preuve que les Américains ont effectivement effectué ce test sur Winnipeg en 1953 en épandant du sulfure de zinc-cadmium. Nous avons écrit au gouvernement canadien pour l’en informer et lui demander d’où, dans les sphères de l’Etat, était partie l’autorisation pour ce test. Nous n’avons reçu aucune réponse.
Peu après, le 14 mai 1997, le Pentagone donna une conférence de presse au cours de laquelle il reconnut la réalité de ce test. Robert Russo, correspondant à Washington pour le Toronto Star11, rapporta que le Pentagone admettait qu’il avait reçu du gouvernement canadien en 1953 l’autorisation de survoler Winnipeg afin de répandre un produit chimique, – qui retomba sur les enfants qui allaient à l’école, les femmes qui étendaient leur linge et les gens se rendant au travail. Les avions et les camions de l’armée américaine répandirent ce produit 36 fois de juillet à août 1953. Les statistiques recueillies par le Pentagone indiquèrent qu’environ un tiers de la population aurait développé un cancer dans les cinq années suivantes si le produit avait été employé à son plein potentiel.
Le professeur Hugh Fudenberg, titulaire de deux prix Nobel, affirma dans les colonnes d’un magazine que le Pentagone avait réussi à sortir blanchi de cette histoire grâce à deux chercheurs, Don Scott et son fils Bill Scott qui avaient révélé ces chiffres au public. Cependant les vraies études sur les tests avaient été faites par d’autres chercheurs ! Les Américains menèrent en fait une série de tests de simulation d’armement bactériologique sur Winnipeg. Le Pentagone avaient menti au maire, lui disant qu’ils testaient un brouillard chimique sensé protéger sa ville en cas d’attaque nucléaire.
Le rapport d’une commission du Congrès américain, présidée par le docteur Rogene Henderson, établit une liste de 32 villes américaines qui furent également utilisées pour des expérimentations de ce type.

Retrouvez l’intégralité de notre dossier dans NEXUS N°17 

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BLANCHIMENT : LE PROCES DES BANQUES QUI DISENT OUI

Posté par issopha le 9 octobre 2007

Voyage

lundi 8 octobre 2007 par Hyacinthe Seillat

Les cartels de drogue eux aussi ont leurs petits soucis de transfert d’argent. Des ennuis qui seront décortiqué lors d’un procès évènement, à Bobigny, en novembre prochain et où les banques tiendront un petit rôle.

 

Trafiquer la drogue n’est plus chose aisée. En toute tranquillité il faut la produire, l’expédier, la vendre, ramasser l’argent, rapatrier les billets et les blanchir. Ouf ! Pour la première fois, le procès d’une structure de rapatriement de l’argent de la drogue se déroulera à Bobigny, le 19 novembre prochain, pendant lequel une dizaine de Français et d’Espagnols seront jugés. Parmi lesquels, des banquiers. Cinq mandats d’arrêt internationaux courent toujours à l’encontre de trafiquants colombiens et espagnols en fuite. L’enquête, ouverte en 2003 et menée par le juge Roger Le Loire, a été confiée aux flics de l’Office de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et à l’Office central de répression du trafic international de stupéfiants (OCTRIS).

La difficulté, pour les cartels producteurs de drogue installés en Colombie, consiste à récupérer l’argent que leur a rapporté la poudre, d’énormes sommes récoltées à l’étranger, principalement aux Etats-Unis et en Europe ; il leur faut rapatrier en secret des centaines de millions d’euros et de dollars récoltés en petites coupures. Après que des « mules » ont convoyé à l’étranger des boulettes de cocaïne cachées dans leurs vêtements ou leurs intestins, d’autres reviennent donc en Colombie lestés de billets de banque. Pour cela, encore faut-il diminuer le volume de billets en convertissant des milliers de coupures de 10 ou 20 euros en billets de 500 euros, plus aisés à transporter. Toute une organisation ! La cellule de rapatriement et de blanchiment de l’argent démantelée en France et en Espagne a, selon les documents que Bakchich a pu consulter, permis d’expédier au moins 5 millions d’euros vers les cartels de Cali et de Bogota. « Les opérations de blanchiment du continent européen et d’Amérique du Sud sont toutes passées par le circuit bancaire ou financier. Leur évaluation doit poser nécessairement débat sur l’implication bancaire et l’absence avérée de contrôle ou de soupçon », indique l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, signée le 31 juillet 2007 par le magistrat de Bobigny, passé depuis à Paris.

Selon l’enquête, certaines banques avaient mis leurs œillères. Elles n’ont vu que les juteux bénéfices à retirer des opérations que d’improbables commerçants venaient leur proposer. En France, entre la banque Inchauspé de Hendaye, rachetée depuis par les Caisses d’épargne, et la CIC Société Bordelaise, une filiale du groupe CIC, près de 775 000 euros ont été déposés en petites coupures et retirées, après un court délai de décence, en bons gros billets de 500 euros. En Espagne, 1,875 million d’euros ont été blanchis dans le système bancaire. En Allemagne, un membre du réseau, titulaire de 48 comptes, a ainsi transféré 1,2 million d’euros en Colombie. En Suisse, des virements ont alimenté des comptes aux Etats-Unis et à Panama pour quelque 750 000 euros. Sans oublier d’autres mini filières. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Comme écrit le juge dans son rapport final, que Bakchich a pu lire, le fonctionnement de l’agence de Hendaye de la banque Inchauspé, tenue par un membre de cette illustre famille de banquiers, « apparaît largement problématique quant au respect des règles élémentaires de la morale bancaire minimale ». Les trafiquants, se présentant comme des industriels du jouet, semblaient être les bienvenus.

Un salarié : « Ils versaient des devises en euros sur le compte et décaissaient en retrait d’espèces pour des montants supérieurs à 500 000 francs ». « Ces opérations néanmoins, assurait-il, ne l’avaient pas particulièrement surpris car la banque était habituée aux mouvements d’espèces pour des étrangers non résidents, il s’agissait de pratiques habituelles. Toutes la banque était au courant, ajoutait-il, car le transfert de telles sommes d’argent nécessite beaucoup de personnel pour les vérifications et les recomptages ».

Petite précision de l’employé de l’agence : « Il est clair que la banque n’était pas tatillonne pour les flux importants au risque de perdre ses clients, la notion de blanchiment était volontairement écartée en partant du principe que c’était de l’évasion fiscale ». Eclairant… Quant aux cahiers sur lesquels les opérations importantes étaient notées pour être éventuellement dénoncées à Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy, ils ont quasiment tous disparus. C’est la direction Audit des Caisses d’épargnes qui a signalé à Tracfin, après le rachat de l’établissement ; les drôles de pratiques découvertes. Les conclusions de l’ordonnance de renvoi ne sont pas jolies jolies pour les banques. « On ne peut pas ne pas s’étonner de la facilité avec laquelle des comptes – souvent nombreux -ont pu être ouverts. On ne saurait davantage ne pas regretter l’absence de réaction ou d’intervention dans la dénonciation puis le traitement d’opérations suspectes. On ne saurait enfin ne pas déplorer dans certains cas de figure l’absence de la moindre morale économique dans des opérations menées en France ».

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EADS , GUERRE OUVERTE ENTRE CHIRAQUIENS ET SARKOZYSTES

Posté par issopha le 9 octobre 2007

Rancoeurs

mardi 9 octobre 2007 par Paul Héauduc

Petite lecture politique des derniers remous de l’affaire EADS.

 

« Ils veulent ma tête ». Cette déclaration de l’actuel patron de la caisse des dépôts, Augustin de Romanet, à un proche, vise notamment les sarkozistes. Nommé par Chirac début 2007 alors qu’il était secrétaire général adjoint de l’Élysée, Romanet a particulièrement agacé Sarko en intégrant, cet été, neuf figures de la chiraquie dans la grosse Caisse. Parmi elles se trouvait la secrétaire particulière de Chirac, Marie-Claude Fabre, qui a aussi trouvé un point de chute… au donnant donnant !

Et Chirac était toujours vivant

Laquelle Marie-Claude ne cesse d’être appelée par l’ancien président, à tout propos… La caisse des dépôts, en effet, finance massivement les collectivités locales ainsi que quelques uns de leurs faux frais… D’où l’intérêt de Chirac, qui intervient pour… ses anciens amis politiques. Une petite subvention pour tel élu, un petit boulot pour la fille d’un copain ! Comme quoi Chirac est un homme fidèle.

Autre souci pour Augustin de Romanet. L’actuel secrétaire général adjoint de l’Élysée François Perol convoite le poste comme Bakchich l’avait raconté (cf. L’épuration continue). Une commission de réforme des statuts de la caisse des dépôts planche d’ailleurs sur une refonte des procédures de cette vénérable institution… une façon discrète, mais un peu compliquée d’écarter Romanet au profit de Peyrol.

Par chance pour le camp sarkoziste, l’affaire EADS pourrait faciliter l’éviction de Romanet… collaborateur de Chirac début 2006 : il ne pouvait être tenu à l’écart des tractations entre la caisse des dépôts et EADS, un dossier qu’il suivait de près à l’époque. D’autant plus près que Maurice Gourdault Montagne très proche conseiller de l’ancien chef de l’État de l’époque, espérait être parachuté à la tête d’EADS.

Lors d’une récente réunion de cadres, Romanet a été emporté par son lyrisme : « La civilisation de l’instant gagne nos pouvoirs publics ». Et il a annoncé dans la foulée un plan stratégique « Élan 2020 ». Certains y ont vu une pierre jetée dans le jardin du sarkozisme !

C’était notre série : les petites ambitions forgent les grands destins.

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Pesticides aux Antilles : « la situation est très grave »

Posté par issopha le 27 septembre 2007

  

  

  

Pesticides aux Antilles : « la situation est très grave »  

 

 

 

S.L. (lefigaro.fr) avec AFP.

 Publié le 17 septembre 2007

Actualisé le 17 septembre 2007 : 17h23

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Plantation de bananes en Martinique. Selon le rapport que s'apprête à publier le cancérologue Dominique Belpomme, les pesticides employés pour l'agriculture dans les Antilles ont provoqué un

Plantation de bananes en Martinique. Selon le rapport que s’apprête à publier le cancérologue Dominique Belpomme, les pesticides employés pour l’agriculture dans les Antilles ont provoqué un « désastre sanitaire ».
Pavani/AFP

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Plantation de bananes en Martinique. Selon le rapport que s'apprête à publier le cancérologue Dominique Belpomme, les pesticides employés pour l'agriculture dans les Antilles ont provoqué un

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Plantation de bananes en Martinique. Selon le rapport que s’apprête à publier le cancérologue Dominique Belpomme, les pesticides employés pour l’agriculture dans les Antilles ont provoqué un « désastre sanitaire ».

Pavani/AFP.

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texte  Premiers pas vers l’autonomie des universités

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Le ministre de l’Agriculture veut « connaître la vérité » sur la pollution engendrée par les pesticides utilisés en Martinique et à la Guadeloupe pour protéger les plantations de bananes, alors qu’un rapport explosif sur le sujet sera publié demain.

La situation est «très grave» aux Antilles. Sur Europe 1 lundi matin, le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, n’a pas cherché à cacher son inquiétude quant aux risques sanitaires provoqués par l’usage intensif de pesticides en Martinique et en Guadeloupe.
Le professeur Dominique Belpomme, cancérologue réputé, rendra public demain un rapport explosif sur le désastre provoqué par le recours massif au chlordécone, un pesticide fortement toxique, dans les Antilles. Dans Le Parisien, le médecin parle notamment d’un «véritable empoisonnement» du sol et de l’eau, et estime que cette affaire se révèle beaucoup plus grave que celle du sang contaminé».
Pour preuve des effets du chlordécone, mais aussi d’autres pesticides comme le paraquat et «plusieurs dizaines d’autres», employés dans «des conditions très opaques», le cancérologue cite notamment le taux «majeur» (le second mondial) de cancers de la prostate aux Antilles.
«Toutes les femmes enceintes et tous les enfants» contaminés
S’il reconnaît que les scientifiques n’ont «pas encore la preuve épidémiologique» que ces cancers sont «liés au chlordécone», il explique aussi qu’on a en revanche «pu démontrer scientifiquement que toutes les femmes enceintes et tous les enfants qui naissaient» en Guadeloupe étaient «contaminés au chlordécone».
Or, explique Dominique Belpomme, la France a interdit ce pesticide, pourtant signalé comme dangereux depuis 1972, seulement en «1990 sur son territoire». A l’exception des Antilles, où il a fallu attendre 1993, et où le produit a continué d’être utilisé jusqu’en 2002 de manière clandestine. Résultat : en Martinique, la plupart des sources d’eau sont polluées, de même que les fruits et légumes racines et certaines viandes.
Face au scandale qui se profile, Michel Barnier a martelé sur Europe 1 que l’agriculture locale était «dans un nouvel état d’esprit». Pour le ministre, il faut «gérer le passé», avec «rigueur» et «le souci de connaître la vérité». Et d’insister sur l’opportunité «de faire autrement» puisque «les bananeraies ont été détruites par le cyclone» en août dernier. «Au moment où l’on va replanter, on a l’occasion d’utiliser peu ou pas de pesticides», insiste le ministre de l’Agriculture. 
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a quant à elle insisté sur le fait qu’il n’existait « pas de lien scientifique » entre les pesticides et les problèmes de santé des Antillais. Elle appelle toutefois à la « plus grande précaution » pour les produits ne provenant pas des circuits commerciaux (production de jardins familiaux ou prélèvements d’eau de source), Elle recommande « de ne pas les consommer plus de deux fois par semaine ».

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