« Le consensus libéral demeure »

Posté par issopha le 17 septembre 2007

« Le consensus libéral demeure »

L’échec des politiques menées par le FMI et la Banque mondiale ont conduit les bailleurs de fonds à assouplir leurs exigences. Même s’ils ne changent pas la ligne de fond. Entretien.

Derrière leur volonté de venir au secours du continent le plus pauvre, les bailleurs de fonds ont-ils aussi des intérêts politiques ?
Jean Coussy. Leur volonté d’agir contre la dérive de l’Afrique est authentique, mais ceci n’exclut pas des jeux d’intérêts. La France et le Royaume-Uni, toujours soucieux de leur rayonnement sur la scène internationale et de leurs influences respectives en Afrique, participent activement à la surenchère actuelle entre les bailleurs de fonds. Ainsi, du côté britannique, les recommandations de la Commission pour l’Afrique du gouvernement Blair formulées dans la perspective du G8 font clairement référence au Nepad. Le « Nouveau partenariat pour l’Afrique » adopté en 2001 est certes une initiative de plusieurs chefs d’Etats africains ayant pris des engagements sur la bonne gouvernance pour mobiliser l’aide internationale et attirer des capitaux privés. Mais le Nepad, dont l’Afrique du Sud assure le leadership, est aussi le fruit de l’action conjointe de Tony Blair et de Thabo Mbeki. C’est aujourd’hui un succès pour la diplomatie britannique. D’autres préoccupations entrent dans l’équation. L’Europe veut limiter les conflits en Afrique -et éviter des afflux de réfugiés sur son sol- en favorisant le développement, ses opérations de maintien de la paix étant une contrainte plus qu’un choix. Quoi qu’en pensent certains Africains, la France se serait bien passée d’intervenir en Côte d’Ivoire.

Au-delà de la question de l’augmentation de leur aide au développement, les pays riches entendent-ils modifier la manière dont ils l’allouent ?
J. C. Ils remettent en question leurs pratiques et c’est bon signe. Pas un rapport officiel, désormais, qui ne dénonce ces fameux « coûts de transaction » générés par la multiplication d’interventions mal coordonnées. Les pays en développement ont affaire à de nombreux bailleurs, chacun arrivant avec ses propres projets, ses propres conditions de mise en œuvre et ses propres procédures d’évaluation. Les administrations des pays d’Afrique, alors qu’elles ont subi une cure d’amaigrissement avec les politiques d’ajustement menées dans les années 80, se retrouvent avec un nombre astronomique de dossiers différents qui finissent par absorber leur temps et leurs maigres moyens. Le problème de la coordination de l’aide est un vieux serpent de mer, mais les pays donateurs me paraissent plus résolus que jamais à y répondre.

Les bailleurs ont-ils pour autant allégé les conditions qu’ils mettent au décaissement de leur aide, en particulier le respect de ce qu’on appelle le « consensus de Washington » ?
J. C. Leurs objectifs restent fondamentalement les mêmes : restaurer l’équilibre budgétaire dans les pays africains en maîtrisant les dépenses de l’Etat et libéraliser l’économie sur le plan intérieur et vis-à-vis des marchés internationaux. Ceci dit, depuis la fin des années 90, les méthodes et les niveaux d’exigence évoluent. Les bailleurs ont admis que leurs politiques d’ajustement imposant aux Etats endettés de se conformer à des programmes extrêmement contraignants, ont entraîné bien des effets pervers. Ainsi, le dégraissage brutal des administrations a provoqué l’appauvrissement des classes moyennes et une généralisation catastrophique de la petite corruption. Aujourd’hui, les donateurs soulignent l’importance des Etats et la nécessité de leur rendre leurs prérogatives. Concrètement, ils envisagent de réduire l’aide à des projets qu’ils contrôlaient de A à Z et de financer les budgets des gouvernements afin de donner à ces derniers les moyens de conduire leurs propres politiques. C’est une évolution étonnante dans le discours des institutions financières internationales, naguère farouchement opposées au soutien budgétaire en soulignant à l’envi la corruption des Etats.

Y a-t-il un risque de détournement de l’aide ?
J. C. C’est bien sûr la difficulté. Mais les bailleurs ne vont pas renoncer à demander des comptes. Il s’agit plutôt pour eux d’abandonner un catalogue de conditionnalités pointilleuses et d’apprécier globalement si le pays suit une bonne politique et mérite le renouvellement de leur confiance. Etant bien entendu que cette bonne politique reste celle du consensus de Washington, qu’on demande aux pays africains de s’approprier (et de compléter par une politique de réduction de la pauvreté). Le Nepad est une initiative africaine, mais son approche libérale-stabilité monétaire, équilibre budgétaire, libéralisation du commerce et des flux de capitaux- garde l’empreinte des institutions financières internationales.

On change tout pour que rien ne change ?
J. C. On ne voit guère apparaître aujourd’hui d’alternative au consensus de Washington. Faut-il revenir à l’explosion des déficits publics, à la spirale de l’endettement et de l’inflation ? Mais redonner une marge de manœuvre aux Etats peut leur donner une chance pour mener avec plus de souplesse des politiques économiques dont l’échec passé tient, pour beaucoup, à la façon dogmatique dont elles ont été conduites. Ce dogmatisme régresse aujourd’hui. Les pays ayant un pouvoir de négociation, notamment en raison de leur poids économique et de la qualité de leurs administrations (Afrique du Sud ou Ouganda), ne se voient plus reprocher avec la même vigueur qu’hier les écarts-protections douanières, politique budgétaire…- à l’égard du consensus libéral. Quant aux pays les plus pauvres, en cas de libéralisation des échanges et de réduction des tarifs douaniers exigés par les bailleurs, ils peuvent désormais obtenir des exceptions, des délais et même parfois pour un temps, des subventions des donateurs compensant la baisse des recettes douanières. Quelque chose a bien changé dans le discours des bailleurs. Auparavant, on disait Africains : “Si vous appliquez le consensus de Washington, nous vous aiderons dans la mesure de nos possibilités.” A présent, c’est plutôt : “Appropriez-vous ces politiques, et nous doublons nos financements.” Reste à savoir si les pays riches réuniront les sommes annoncées et leur trouveront des emplois sufisamment rapidement.
Propos recueillis par Antoine de Ravignan

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OGM – Coton Bt Monsanto : les faits derrière le battage publicitaire

Posté par issopha le 17 septembre 2007

OGM – Coton Bt Monsanto : les faits derrière le battage publicitaire, par Grain.
  

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29 mai 2007








Grain, janvier 2007.


Cela fait maintenant plus de dix ans que le coton génétiquement modifié Bt est commercialisé. Il a été depuis introduit et testé dans plus de vingt pays. Sa culture est un succès évident pour Monsanto, la principale entreprise de coton Bt. Mais qu’est que cela a signifié pour les agriculteurs ? On peut avoir aujourd’hui une vision plus claire de ce qui se passe dans les fermes dans de nombreux pays à travers le monde.


Début novembre 2006, l’Institut national de recherche agricole du Burkina Faso a invité un groupe de journalistes, de scientifiques et d’agriculteurs sur un site d’essais de coton Bt dans la ville de Boni. On leur a montré deux petites parcelles de terre sur une ferme appartenant à Sofitex, la plus grosse entreprise cotonnière du pays. Sur l’une était planté du coton génétiquement modifié Bt et sur l’autre une variété conventionnelle. Il n’était pas difficile de voir la différence : le champs de coton Bt avait une meilleure production et il avait subi moins de dommages dus aux insectes, alors que, d’après les chercheurs, le coton Bt n’avait été traité que deux fois avec un pesticide alors que le coton conventionnel l’avait été six fois.

La démonstration était suffisante pour convaincre un grand nombre d’agriculteurs présents. « Je pense que nous pouvons maintenant nous lancer dans la culture du coton Bt, vu le résultat des expérimentations à Boni, » a déclaré Sessouma Amadou, un cultivateur de coton de la région de Kénédougou. (…)

Un mois plus tôt, dans une autre partie du pays, les champs de coton d’un projet très différent – visant à réduire l’usage des pesticides – étaient aussi présentés, bien que suscitant moins d’attention de la part du gouvernement et des médias. Les agriculteurs y montraient les résultats de la seconde année d’un programme intégré de contrôle des insectes, basé sur un modèle de ferme-école, où les agriculteurs ont développé des pratiques de contrôle des insectes en partageant les connaissances et en utilisant les moyens locaux. Et dans le cas présenté, les agriculteurs avaient complètement éliminé le recours aux pesticides chimiques dans leurs champs de coton sans réduire leurs rendements. [2]

Dans le Mali voisin, les agriculteurs ont obtenu les mêmes succès, avec leur programme, intitulé Projet de Gestion Intégrée de la Production et des Déprédateurs – GIPD, qui en est maintenant à sa quatrième année. Lors de la saison 2006, 1140 cultivateurs ont participé au programme. Leur production moyenne fut nettement supérieure à celle des cultivateurs de la même région utilisant des pesticides conventionnels (1240 kilos par hectare contre 1020 kilos), alors que les agriculteurs du GIPD n’avaient pas utilisé de pesticides chimiques. [3] Un agronome du Bénin qui a visité les champs au Mali pendant la saison 2005-6 a déclaré : « C’est presque impossible de croire ce que nous avons vu. Des champs épargnés par les insectes, avec des plants de coton pleins de capsules intactes ; on avait l’impression d’être dans des champs traités avec des pesticides. » (…)

« La première année (2002), le coton Bt fut un désastre, produisant 35% de moins que le coton non Bt, alors qu’il coûtait 4 fois plus. La troisième année, de nouvelles maladies se sont propagées dans le sol et la plante. Le bétail qui broutait le coton Bt a commencé à mourir. Et cette année (2006), les plants de Bt ont commencé à flétrir, obligeant les cultivateurs à les déraciner à contre-cœur. Dans le village de Mustyalapally, dans le Bhongir mandal de Nalgonda, les agriculteurs ont arraché le coton Bt de 41 des 51 acres plantés. La maladie s’est propagée aux villages voisins, répandant la panique parmi les cultivateurs. Les agriculteurs se sont plaints que les plantes mourraient lentement les unes après les autres parce que le système racinaire était gravement décomposé, sans qu’il y ait de système racinaire secondaire ou tertiaire sur le système principal. Même les capsules qui s’étaient formées sur ces plants flétris ne portaient aucunes graines. » [11]

Des agriculteurs ont réagi avec colère par des manifestations de rue violentes et en incendiant des points de vente de semences. Il y a eu le cas d’agriculteurs qui demandaient des dédommagements et qui ont pris un représentant de Mazhyco-Monsanto en otage. De nombreux autres cependant, ont quitté leurs fermes ou ont mis fin à leur vie. Dans la ceinture du coton de Vidarbha, où le coton Bt est largement répandu, le taux de suicide parmi les cultivateurs de coton atteint des sommets terribles, avec plus de 100 suicides de cultivateurs de coton par mois en 2006. [12]

On peut s’attendre à des problèmes bien plus graves à l’avenir. On rapporte que le ver de la capsule du coton (bollworm), le principal insecte ciblé par le coton Bt, commence déjà à développer une résistance. « Des foyers (d’infestation) près de Vadodara (Gujarat) sont alarmants », a déclaré le Dr K. R. Kranthi de l’Institut central de recherche sur le coton de Nagpur. « Et pour le reste du pays, ce n’est qu’une question de temps. » [13] Plus de 55% de tous les pesticides utilisés en Inde sont aujourd’hui employés pour la production du coton, même si cette culture n’occupe que 5% de la surface agricole du pays.(…)

- Lire l’ article www.grain.org/seedling/ ?id=475




L’industrie semencière veut interdire aux agriculteurs de semer leurs graines l’année suivante, par Grain.


Mettez du sang dans votre moteur ! La tragédie des nécro-carburants, par Dominique Guillet.

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Posté par issopha le 17 septembre 2007

Les APE et l’introduction des OGM

dans notre politique agricole

représentent un suicide

économique pour le Mali, comme

pour d’autres pays pauvres,

par Mariétou Konate.

 

 

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31 août 2007


www.abcburkina.net

Le mal des APE et les OGM



Soir de Bamako, 27 août 2007.


Le Mali proteste, mais… Mettre un terme aux APE [1] et à l’introduction des OGM dans la politique agricole, tel est le souci constant de certains pays de la zone CEDEAO et l’Afrique de l’Ouest. Ces APE et cette introduction des OGM dans notre politique agricole représentent un suicide économique pour notre pays, comme pour d’autres pays pauvres. D’ou des campagnes de protestation de la société civile malienne et d’autres organisations.

Rappelons que notre pays est devenu un pays cible pour les programmes de biotechnologie de l’USAID, d’où l’installation d’un centre d’informations sur les biotechnologies, avec le centre national de la recherche agricole (Institut d’Economie Rurale). Alors qu’il n’est pas facile, pour les pays pauvres, de résister à cette pression exercée par la super-puissance mondiale. Il faut reconnaître qu’avec cette question des OGM, peu de gouvernements osent affronter directement les Etats-Unis, et ceux qui le font courent toujours le risque de céder sous la pression permanente.

Au Mali, par exemple, l’un des pays les plus pauvres du monde, les Etat-Unis ont engagé des sommes considérables, que le pays risque de compromettre s’il n’ouvre pas ses portes aux OGM. Et les administrations finissent par aller contre les désirs de leurs populations pour apaiser les Etats-Unis, ou pire, pour obtenir leur part des miettes distribuées par les Etat-Unis. Alors que, dans ce jeu truqué du “donnant-donnant” auquel les élites jouent, les moyens d’existence de millions d’agriculteurs sont en péril.

Pourtant, sur le terrain, une fois que les gens comprennent ce qui est en train de se passer et ce qui est en jeu, la volonté de résister devient plus forte. Alors qu’on ne sait pas si les Etats-Unis réduiront ou non les subventions accordées à leurs producteurs de coton, le Mali doit mieux réfléchir soigneusement à ses décisions prochaines, concernant les essais en champs du coton BT.

Face à cette situation, les organisations paysannes, la société civile et d’autres organisations demandent aux leaders politiques, aux autorités du Mali de rester fermes face à la pression des Etats-Unis et de rejeter les OGM.

L’introduction des OGM n’arrange point le Mali, étant un pays pauvre. Quant aux APE qui doivent démarrer au plus tard le 1er janvier 2008, date ultime autorisée par l’OMC pour le maintien des accords préférentiels actuels, il faut empêcher sa signature et sa mise en oeuvre, car c’ est la mort programmée de l’économie africaine.

En ce qui concerne notre région, c’est la CEDEAO qui est l’espace de négociationet d’intégration économique et politique ; or, ces APE vont torpiller l’intégration régionale.

Cette signature n’arrange pas les pays ciblés, parce que les APE vont contraindre 77 pays à se soumettre, et affaiblir les politiques alimentaire de nos Etats. La question de l’impact des accords de partenariat éconmique en matière agricole, en ce qui concerne la souvernainté alimentaire, doit particulièrement retenir l’attention. En ce qui concerne le Mali, la signature des APE réduirait à néant les objectifs de la Loi d’Orientation Agricole.

De façon claire, les APE visent l’ouverture totale des marchés africains, dont maliens, aux produits finis, malgré le très grand fossé technologique, économique, bref, de développement entre l’Afrique et l’Europe.

Les intentions véritables des APE sont d’autant plus inquiétantes que les marchés africains sont déjà les plus ouverts aux produits étrangers, contrairement aux Etats européens qui ferment leurs frontières en imposant des taxes et barrièrs douanières prohibitives ou des mesures phytosanitaires inimaginables aux Etats africains africains.

Les objectifs de la régulation des échanges de produits agricoles doivent être de veiller à ce que les relations commerciales soient équitables et concourent à un développement équilibré, équitable et durable, prenant dûment en compte les considérations non commerciales, sans porter atteinte aux intérêts sociaux et environnementaux.

L’assainissement des marchés agricoles mondiaux doit permettre d’y trouver des prix rémunérateurs, capables de couvrir les coûts d’une production durable.

Mariétou Konate

(Titre : Le mal des APE et les OGM)


  Publié sur Le Mali

  Source : bilaterals.org www.bilaterals.org

Plus de 860 millions de personnes souffrent de faim. 30 millions de personnes en meurent - Nieleny 2007, Forum Mondial pour la Souveraineté Alimentaire.


Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) dans l ’agriculture : Enjeux et Etat des lieux en Afrique de l’Ouest.

L’USAID : comment faire pour que le monde ait faim de cultures génétiquement modifiées.

OGM – Coton Bt Monsanto : les faits derrière le battage publicitaire, par Grain.

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A propos de « Négrophobie », ouvrage collectif de Boubacar Boris Diop , Odile TOBNER et François-Xavier VERSCHAVE

Posté par issopha le 15 septembre 2007

jeudi28 juillet 2005 

A propos de « Négrophobie », ouvrage collectif de Boubacar

Boris Diop, Odile Tobner et François-Xavier Verschave.

 


 

L’étrange spécialiste des affaires africaines et son best-seller inquiétant 

Le constat est plus qu’alarmant :
la France vit une période de soûlerie. Les idées xénophobes et racistes circulent désormais fagotées d’une banalité sidérante. Bientôt ne pas être un raciste sera une infraction passible de la peine de mort. L’intelligentsia africaine quant à elle, désemparée, semble toujours hésiter sur la stratégie à adopter – encore qu’il faille se demander si elle a réellement une stratégie – face à la montée en puissance des préjugés, des insultes les plus méprisables. Pendant ce temps, quelques Africains de service jouent les pitres à la télévision française, se vendent aux enchères dans les journaux, accréditent ces discours nauséeux. A la place du sourire Banania de l’époque, nous entrons à présent dans l’ère du mimodrame du Bounty… 

 

Le Journaliste Stephen Smith 

Journaliste au Monde, auteur de Négrologie ( éd. Calmann-Lévy, 2003), « best-seller très inquiétant », Stephen Smith est désormais présenté urbi et orbi comme le spécialiste des questions africaines…Il a fallu attendre deux ans pour lire enfin un ouvrage structuré contre l’idéologie nuisible et vexante que véhiculaient les pages de Négrologie de Stephen Smith. Boubacar Boris Diop, Odile Tobner, François Xavier Verschave, trois auteurs qui se sont associés pour la circonstance. Et cela donne un des ouvrages de réflexion les plus pertinents et qu’ils ont intitulé Négrophobie (éd. Les Arènes, cet éditeur invite d’ailleurs à prolonger la lecture sur son site : http://www.arenes.fr). 

Un missile nommé Tobner 

Les auteurs de Négrophie ont lu Stephen Smith crayon à la main. C’est Odile Tobner – elle a partagé la vie et le combat de l’écrivain Mongo Beti – qui ouvre le bal dans son chapitre intitulé Peau noire discours blanc. L’humour, l’ironie, la finesse et l’intelligence se révèlent ici comme des armes de destruction massive. Chaque allégation de Stephen Smith tombe, vidée de son contenu devant l’élégance, le calme et la détermination d’Odile Tobner qui a pris le temps de revenir sur les dix chapitres du livre du prétendu spécialiste des affaires africaines. Et ce spécialiste peut sans vergogne poisser le continent noir, gommer la mémoire africaine, pratiquer un journalisme de la terre brûlée, rire cyniquement de
la Maison des Esclaves de Gorée, déplorer qu’il y ait trop d’Africains sur cette terre, décréter que ceux-ci sont pauvres, paresseux, incapables de travailler, que la colonisation était une bonne entreprise, une chance pour eux, ce n’est pas cela qui détournera Odile Tobner d’une cible qu’elle sait à sa portée. Et pour cause ! Elle a bien compulsé Négrologie de Stephen Smith au point de maîtriser l’ouvrage mieux que ce journaliste lui-même. Odile Tobner constate très vite que Stephen Smith, le spécialiste des affaires africaines, laisse d’ordinaire sous-entendre les choses. 

La question de la traite négrière retiendra l’attention de tout lecteur de Stephen Smith qui l’expédie en un quart de tour, heureux de « blanchir » l’Europe, tout au moins d’atténuer la responsabilité de celle-ci. Stephen Smith reprend l’idée que répandent beaucoup d’historiens de mauvaise foi : la traite arabe a été numériquement équivalente, voire supérieure à la traite transatlantique. Que veut-il dire en clair ? N’allez pas chercher loin. Avec Stephen Smith, il faut toujours se munir d’un décodeur, voire d’une antenne parabolique. En réalité, le journaliste du Monde nous dit en substance ceci : banalisons la traite négrière, n’en faisons pas toute une histoire puisque les Arabes avaient perpétré la même chose, tout laisse à croire qu’ils avaient dépassé les Européens en la matière ! 

C’est de cette manière masquée que s’avance Stephen Smith dans tout son livre. Il faut donc louer l’esprit méticuleux d’Odile Tobner qui n’aura laissé rien passer sous sa plume… 

Paroles d’un descendant de tirailleur sénégalais 

Boubacar Boris Diop, écrivain et journaliste sénégalais, s’attèle à illustrer comment Stephen Smith, le spécialiste français des affaires africaines, n’est en réalité qu’« un passeur du racisme ordinaire ». 

 

Le romancier B. Boris Diop 

L’écrivain pointe du doigt l’idéologie de Stephen Smith, sa manière de jouer avec l’histoire africaine. Le verdict de Boubacar Boris Diop est sans voies de recours : Stephen Smith n’a pour seul but que de « convaincre le monde entier – y compris les Africains eux-mêmes – de l’innocence de l’Occident. » Beaucoup d’Africains tombent d’ailleurs dans ce piège. Ils sont disposés à vendre leur âme, à la dépecer en plusieurs morceaux à l’aide d’un couteau mal limé. Ces Africains doivent d’abord nier leurs origines, se façonner ensuite une prétendue identité qui, à la longue, les transforme malheureusement en ânes avec des pieds de cochon et une queue de varan. 

C’est ainsi que Boubacar Boris Diop pointe du doigt le Centrafricain Jean-Paul Ngoupandé qui s’interroge dans L’Afrique sans
la France : « Cette école coloniale ne valait-elle pas mille fois mieux que l’analphabétisme et l’ignorance dans lesquels étaient plongées certaines parties du continent ? ». Puisque c’est apparemment un Africain lui-même qui reconnaît l’ignorance et l’analphabétisme de l’Afrique, pourquoi alors Stephen Smith n’en tirerait pas les dividendes ? C’est à juste titre que Ngoupandé est cité par Stephen Smith. D’autres Africains sont convoqués dans le livre du spécialiste des affaires africaines afin de mieux étayer son raisonnement : Axelle Kabou, Yambo Ouloguem. Le journaliste du Monde nous explique ainsi que ces deux écrivains n’osent plus se montrer en public à cause des critiques acidulées qu’ils avaient formulées contre l’Afrique dans leurs livres. Et Stephen Smith de conclure que ces auteurs ont dû disparaître de la circulation par crainte des représailles ! Drôle de raccourci quand on sait qu’Axelle Kabou vivait au Sénégal à la parution de son livre Et si l’Afrique refusait le développement ? 

Boubacar Boris Diop précise à cet effet : « Nous l’avions invitée, des amis et moi, à en discuter pendant une journée entière… Le débat a eu lieu dans la plus grande courtoisie et, malgré les critiques, elle a beaucoup apprécié cet échange. Tout cela est bien éloigné de l’idée que veut accréditer Stephen Smith d’une Axelle Kabou terrorisée et obligée de se cacher. » 

Pour Yambo Ouologuem,
la France est seule responsable de sa retraite actuelle, elle qui lui a mené une cabale sans précédent après l’obtention du Renaudot. Ce ne sont pas les Africains qui ont alimenté les vaines polémiques sur le plagiat de cet auteur alors même que l’écrivain prétendument plagié, André Swartz Bart, auteur du Dernier des justes saluait le génie de Ouologuem ! Par ailleurs, les idées de Ouologuem, loin de choquer l’Afrique, ont plutôt ouvert les débats, libéré le roman africain et fait éclater le traitement littéraire d’une thématique… Le Devoir de violence de Yambo Ouologuem est un livre-culte dans les Lettres africaines francophones. Et même lorsque
la France le retira des librairies, la version anglaise circulait dans toutes les universités anglophones… 

Le testament de la bête noire de
la Françafrique
 

 

F. Xavier Verschave 

La dernière partie de Négrophobie est consacrée à la déconstruction de dix ans de désinformation en matière d’affaires africaines dans les colonnes de Libération et du Monde. François Xavier Verschave – qui vient de nous quitter -, avec la rigueur qui fut la sienne, suit pas à pas l’évolution de Stephen Smith depuis son passage à Libération dans les années quatre-vingts, jusqu’à son poste de rédacteur en chef au Monde. Stephen Smith apparaissait peu à peu comme une autorité sur les questions africaines. Les hommes politiques français ont recours à son idéologie quand il le faut. Hubert Védrine – ancien ministre des Affaires étrangères ( 1997-2002 ) – le considère comme « le meilleur spécialiste français de l’Afrique ». 

Dans cette partie du livre, Verschave montre comment Stephen Smith est « l’instrument d’une désinformation le plus souvent très subtile, déguisée par une rhétorique sophistiquée, mais parfois brutale, affirmant clairement le contraire des faits. » Et c’est le génocide de 1994 au Rwanda qui marque un tournant dans sa carrière alors qu’il est journaliste à Libération. Avant les évènements du Rwanda, Stephen Smith tenait un discours très critique sur les réseaux franco-africains. Il publiera d’ailleurs en 1992 avec Antoine Glaser un livre très corrosif intitulé Ces Messieurs Afrique. 

Dès 1994, ce n’est plus le même journaliste. Il va retourner sa veste, voire la porter à l’envers. 1994, souvenons-nous, c’est aussi le sommet franco-africain de Biarritz. Le pré carré africain est là sous la bénédiction de François Mitterrand. C’est curieusement durant cette année que Stephen Smith publie L’Afrique sans les Africains aux éditions Stock. Il affiche son admiration pour celui qu’il appelle « Mitterrand l’Africain ». 

Verschave souligne dans Négrophobie que la passion la plus ardente de Stephen Smith sera « l’étouffement du scandale de la complicité française dans le génocide rwandais, en détournant constamment les accusations sur d’autres que
la France. » L’analyse de Verschave, qui ne fait l’économie d’aucun détail, dévoile la propagande « de miroir », la disqualification des investigations déplaisantes pour
la France, la couverture des élections frauduleuses en Afrique, le maintien des liens avec les dictateurs du continent, etc. Dans ce sens, cette troisième partie de Négrophobie peut se lire comme le testament d’un personnage exceptionnel qui aura consacré sa vie à dénoncer les pièges sans fin de
la Françafrique. Ceux qui se réjouissent de la mort de Verschave devraient relire ces vers de Birago Diop : 

Les morts ne sont jamais sous terre,
Ils sont dans le feu qui s’éteint,
Ils sont dans le rocher qui geint,
Ils sont dans les herbes qui pleurent,
Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,
Les morts ne sont pas morts
 

Alain Mabanckou 

Commentaires 

  1. Posté par Pitou, le 31 juillet 2005 à 23:05 

Bonjour, 

J’ai acheté il n’y a pas longtemps le livre de Stephen Smith, et je compte faire de même avec « Négrophobie ». Je lirai donc les deux, pour avoir un point de vue objectif sur le sujet. Je n’ai jamais lu vos ouvrages, Monsieur Mabanckou, donc je ne connais pas trop vos opinions (je vous ai connu grâce au blog de Pierre Assouline http://passouline.blog.lemonde.fr et je l’en remercie d’ailleurs car vous m’intéressez), je vais vous connaître en vous lisant… J’avais juste quelques questions à vous poser, vu que vous avez lu le livre de Stephen Smith et qu’il est dans ma liste « A lire » hélas derrière un tas d’autres ouvrages, et ce sont celles-ci : Stephen Smith est-il raciste ? Ecrit-il contre le peuple africain ? Son livre est-il répugnant, étant donnée la polémique à son sujet ? J’ai lu quelques articles et ai entendu des propos au sujet de ce journaliste, mais je n’arrive jamais à tout comprendre, notamment sur ce que dit Stephen Smith à propos de toute la société africaine actuelle… pouvez-vous m’éclairer ? Merci et à bientôt. 

Pitou ( http://pitou.blog.lemonde.fr ) 

  1. Posté par A. Mab., le 1er août 2005 à 19:17 

Cher Pitou, 

La meilleure réponse est vraiment de lire Stephen Smith et de se faire son idée… 

Non, je ne traite pas Stephen Smith de raciste, loin de là. Il aime peut-etre l’Afrique. Helas, il ne sait pas trop bien comment en parler et se contente d’en faire un fonds de commerce et un alibi pour son ascension sociale… Il pense dire des vérités, mais cela nous revient comme des clichés d’un touriste occidental qui regarde les « pauvres » Africains par la fenetre d’un hotel 5 étoiles… 

  1. Posté par Pitou, le 1er août 2005 à 19:37 

Bonjour Alain (puis-je vous appeler ainsi ?), 

Merci de m’avoir répondu à propos de Stephen Smith. 

Je suis déçu car j’avais entendu beaucoup de bien de son livre (notamment dans une des émissions de Serge Moati sur France 5, où l’animateur disait de l’ouvrage qu’il faisait partie des meilleurs ouvrages sur l’Afrique…). De plus, le touriste occidental que vous décrivez, c’est tout ce que je déteste (à propos, à voir ce blog http://ccoadou.blog.lemonde.fr )… 

Mais je me demandais en repensant à ces prétendus « spécialistes » de l’Afrique… pourquoi ne demandons-nous pas tout simplement à des Africains de parler de leur propre continent ? L’Occident a peut-être peur du débat sur l’héritage colonial, non ? 

En tout cas merci beaucoup, vous connaissez sans doute mieux la situation africaine qu’un certain Stephen Smith… à bientôt. Pitou. 

  1. Posté par gasso, le 16 août 2005 à 23:12 

Je suis très heureux ,que vous ayez constaté , l’escroquerie intellectuelle de ces prétendus spécialiste de l’afrique.Que connaissent-ils de l’afrique ?Sinon, le mépris qu’ils ont de nous. 

L’irresponsabilité de nos élites donne du grain à moudre à ces pauvres types. De l’afrique, ils connaissent ces corrompus et des filles de bordels qu’ils abusent.Voilà c’est dit. 

  1. Posté par albano, le 19 août 2005 à 12:12 

J’ai lu Stephen Smith et je partage les critiques. A part les livres clairement racistes, il y une autre littérature, appelée en général « afro-pessimiste », dans laquelle on trouve des africains. Enter autres, je connais le livre d’Axelle Kabou (« Et si l’Afrique refusait le developpement ? », L’Harmattan), et j’aimerais savoir comment il a été reçu lors de sa sortie (1991). Le fait est que ces auteurs « afro-pessimistes » fournissent du matériel légitimant les affirmations d’autres auteurs que l’on pourra dénommer « racistes » sans état d’âme. Outre les facteurs externes, historiques ou contemporains qui sont à l’origine de la situation de maints pays en Afrique, il y aussi des facteurs disons « internes ». Comment aborder l’analyse de l’action de ces facteurs, sans apparaître comme apportant de l’eau au moulin des racistes prêts à se jeter sur l’aveu des « faiblesses africaines » « avouées » par des africains eux-mêmes ? En particulier : est-il possible critiquer les élites africaines autrement qu’en disant qu’ils ne sont que la longa manus de l’impérialisme, ou « soutenus par les grandes puissances », ce qui a été dit, dit et redit des milliers de fois. Merci de votre attention 

  1. Posté par G. KELMAN, le 1er septembre 2005 à 02:09 

« Pendant ce temps, quelques Africains de service jouent les pitres à la télévision française, se vendent aux enchères dans les journaux, accréditent ces discours nauséeux. A la place du sourire Banania de l’époque, nous entrons à présent dans l’ère du mimodrame du Bounty.. » 

Magistral Alain. Mobilisons-nous pour que la télévision française soit interdite aux nègres de service. N’oublie pas de me donner la date de la marche. Peux-tu me filer la recette et la date des enchères ? je connais des génies qui en rêvent. (Je rigole, bien sûr) Attention ! Il y a aussi une neo race des amis des Noirs dont la larmoyance est affligeante et très injurieuse pour le Noir. contrairement au banania qui s’est mué en Bounty, avec eux on est resté au stade du bon sauvage ou du Noir infantile – au choix. J’y classerais Tobner et bien d’autres. Mais Bounty ou bon sauvage, à chacun ses goûts) 

Mes amitiés aux autres grands écrivains « noirs »de ton blog. 

Amiclement Gaston K 

  1. Posté par A. Mabanckou, le 2 septembre 2005 à 10:19 

Cher Gaston

Heureux de te savoir parmi nous, les nouvelles vont vite, n’est-ce pas ? 

Je pense au plus profond de moi qu’ Odile Tobner n’est pas a placer dans cette categorie de « la larmoyance injurieuse pour le Noir ». Je la connais depuis fort longtemps. En tout temps elle a garde la constance de ses convictions, et n’a jamais vendu son ame pour un plat de lentilles. C’est ainsi qu’elle a accompagne son defunt mari, Mongo Beti, jusqu’au bout… 

Bien a toi, et bon courage pour ton tres attendu « Bounty » qui sort bientot en librairie ! 

  1. Posté par Mère Evé, le 2 septembre 2005 à 15:03 

Cher Monsieur Kelman, 

je profite de votre intervention ici pour livrer ce que je pense. Je suis Blanche, j’adore le manioc, la sauce noire, tout comme le bœuf bourguignon. Il n’y aurait que des gens à la peau noire et pas de Noirs si nombre d’Etats Occidentaux ne continuaient pas leur politique impérialiste et néo-coloniale ; « le pays des droits de l’homme s’en est allé bafouer celui des peuples » comme le dit Yvon Le Gall dans le dernier « Histoire et Patrimoine », et comment un peuple, le peuple français par exemple, peut-il complètement se désolidariser de l’attitude de son gouvernement ? J’ai lu « Je suis Noir et… » peu après sa parution, sincèrement il ne faut pas beaucoup gratter pour décrypter votre complaisance, et le terme est faible. En lisant vos propos ci-dessus à l’égard de Mme Tobner, je constate sans surprise une fois de plus votre trahison à l’égard de vos compatriotes d’origine et le déni du rôle de l’Histoire dans la situation malheureuse que nombre d’entre eux vivent aujourd’hui. 

Finalement, vous vous vautrez dans les stéréotypes, à mettre Odile Tobner dans une « catégorie » de Blancs infantilisants à l’égard des Noirs pendant que VOUS dénoncez « l’auto-flagellation » de certains… 

A propos de marche, il y en a une ce dimanche en soutien aux victimes de l’incendie de
la Rue du Roi-Doré, en serez-vous ? Ah oui, peut-être pour faire un peu de promo de Bounty… 

  1. Posté par F.Cautain, le 2 septembre 2005 à 19:23 

M. Kelman, 

il est vrai qu’encore beaucoup de personnes se penchent sur l’Afrique comme des mères sur un berceau. Il est vrai également, comme le dénonce M.Mabanckou, que « l’ère du mimodrame des bounty » est bien en place. Cela représente à mes yeux la suite d’un asservissement à l’impérialisme colonial qui traverse les siècles et les continents. En France, les personnages qui veulent représenter le nègre moderne, et qui pour cela tentent de sortir du shéma infantilisant, sont en réalité empètrés jusqu’au cou dans leur complexe « maniocien » et ils sont les premiers à faire allégeance aux conditions d’ »intégration » des africains en France. 

Je ne vous en veux pas M.Kelman, vous êtes un homme soumis qui se croit rebelle parce que vous montrez que vous ignorez la peur. Je n’en veux pas à votre personne, car vos choix sont légitimes. Je veux seulement savoir pourquoi vous avez ressenti le besoin de démontrer à vos lecteurs qu’un africain doit faire oublier aux autres ce qu’il est pour vivre mieux, et appuyer ce choix de vie comme s’il s’agissait d’une théorie sociologique. Vous pouvez bien tout faire pour que les autres oublient, vous ne pourrez pas oublier vous-même. L’ennui c’est que quand vous vous souvenez de l’africain que vous êtes vous devez pensez « le pauvre enfant ». « Bounty ou bon sauvage, à chacun ses goûts », c’est ce que vous dites. A mon avis les deux sont de confortables chimères et sont les faces d’une même pièce : celle de la soumission. Cessez donc de subir, il faut tourner la page M. Kelman. 

Sincères salutations. Fanny C. 

  1. Posté par Sami, le 2 septembre 2005 à 23:23 

Oh là ! Un siècle s’est écoulé et c’est seulement maintenant que ce sujet démarre grâce à l’intervention de Gaston ! Avouez qu’il vous fait de l’effet tout de même ! Mais il y a un sujet sur lui, reportez le débat à ce niveau, puisque la plupart des visiteurs de ce blog ne consultent plus le sujet sur la négrologie ! Les Noirs qui veulent qu’on oublient d’où ils viennent, je dis : c’est leur droit. A condition qu’ils n’érigent cette attitude en théorie, cela suposerait une faiblesse de perception des choses et peut-être une absence de réflexion, ce qui n’est le cas de personne ici. Qui imagerait des Japonais demandant en France qu’on oublie qu’ils sont Japonais ? Des Chinois faisant la même chose ? Un noir américain demanderait-il en France qu’on oublie qu’il vient des Etats-Unis ? Et tous ces Sénégalais, Maliens, Togolais, Burkinabè, etc., se réclamant avec trompette de leur pays même quand ils ont
LA NATIONALITÉ ? Un petit truc tout de même : ce n’est peut-être pas vain de souhaiter qu’un jour certaines origines, bien ou mal assumées, cessent d’être des handicaps sérieux dans la société française. Certains combats sont à mener, mais beaucoup de combattants manquent d’armes efficaces. C’est plutôt risible, moi je trouve ! 

  1. Posté par Sami, le 2 septembre 2005 à 23:37 

Mère Evé, moi j’avais déduit que tu es de mon pays, le Togo, tu vois ? Evé c’est l’une des principales langues du Togo, on écrit Ewé et on prononce Evé. Bon, j’attends ton prochain essai : Je suis Blanche et j’aime le manioc ! 

  1. Posté par Mère Evé de Paris, le 3 septembre 2005 à 00:48 

C’est bon, je prends un abonnement vespéral au blog d’Alain ! Hier c’est Diva et Binetou qui m’ont délié les zygomatiques, ce soir c’est toi, Sami ! Peut-être bien qu’un jour j’écrirai mes aventures, mes joies et mes larmes, et ma découverte des cultures africaines ; je te consulterai pour le titre, alors ? 

Mais « Mère Evé », je le dois plutôt au Lingala dont je suis amoureuse, enfin plutôt à la chanson Evelina de Zaïko qui a inspiré mon beau-frère pour me rebaptiser à l’époque. 

Et puis, si on parle de manioc, et comme la cuisine s’installe en toile de fond de toutes les discussions ici – c’est d’ailleurs signe que ce blog est bien fréquenté ;-) -, je deviens lyrique rien qu’à y penser ! Une bonne chikwangue avec quelques safous et du piment arrosé de sel, c’est le meilleur en-cas qu’on puisse m’offrir… 

  1. Posté par Binetou Fall, le 3 septembre 2005 à 01:20 

Sami, je t’ai trouvé normal sur d’autres sujets, j’ai même eu envie de déguster les agoutis de florent avec toi et les autres, comment ça se fait que tu tournes ta veste comme un politique qui cherche des voix ? ce kelman t’aurait-il promis des billets ou de t’introduire dans son milieu éthéré où tu devras te dépigmenter comme lui pour être reçu ? là, tu redeviens avocat de… arrête un peu et reconnais ce qui est flagrant. ce kelman n’a aucune considération pour toi. comment peut-il tenir ses propos sur odile tobner ? je suis déjà allée aux réunions de l’association « Survie » à paris, j’ai croisé et discuté avec elle, je peux te dire qu’elle est plus réelle que ce mangeur de manioc qui avale son féculent dans les chiottes. ça va, sami, un peu de bon sens. 

  1. Posté par noelle, le 3 septembre 2005 à 01:34 

Sami, Sami, c’est vrai que trop de franchise tue, mais tout de même, sois franc et dis ce que tu penses réellement de ce bounty. comment veux-tu qu’on discute sur négrologie écrit pas un blanc quand un frère noir nous en bouche un coin ? C’est pas sérieux. binetou fall a raison, tu tournes facilement ta veste, on croirait que tu as signé un pacte avec ce bounty. 

  1. Posté par Boris, le 3 septembre 2005 à 07:09 

Mere Eve, contrairement a Sami moi je te prenais justement pour une congolaise(peu importe la rive),parce que mere Eve ca me fait plutot penser a ces dames en vue de la place parisienne, bruxelloise,ou londonienne qui s’affubulent des surnoms du genre:Malu premiere,Eve de Paris,Shaggy Sharufa premiere dame de Bruxelles,etc… Ah Zaiko !toute une epoque que c’etait. En parlant d’Eve,moi je pense plutot a la chanson Eve Sukali de Wenge Musica qui contenait cette lyrique chantee par la voix langoureuse de Jb Mpiana : « Batela mama bolingo yango lokola sani ya mbele okanga yango lisusu na suenge ya liputa… » Desole pour ceux qui ne comprennent pas le lingala,demandez a mere Eve de faire la traduction. Tiens Kelman sur le blog !s’est-il egare ou veut-il commande du manioc en catimini ?Pire ils traitent d’autres de negre de services.C’est vraiment le monde a l’envers.Enfin pour l’animation du blog,quoi de mieux qu’un best-seller. Sami !!!attention a
la Kelmanisation,on te le dit depuis le debut. 

  1. Posté par Sami, le 3 septembre 2005 à 08:57 

Binetou et Noelle, j’avoue qu’il m’a promis cinquante pour cent de ses prochains gains bountyques. Non, je ne tourne pas ma veste. Lisez quand même ! Ne trouvé-je pas con qu’on puisse exiger du Noir qu’il se fasse oublier ? Je dis, Un Japonais, un Chinois, un Noir américain, etc., ne demanderait jamais qu’on oublie ses origines. Mais souhaiter que les origines bien assumées ou mal assumées ne deviennent un handicap, voilà un vrai combat. Mais il ne suffit pas d’en avoir conscience pour en avoir les moyens. Certaines personnes s’y lancent mais n’ont pas les moyens parfois carrément intellectuels pour le faire. C’est vrai que pour se faire comprendre, il faut insulter directement. Or je n’insulte pas en croyant naïvement que toutes les formules se comprennent. Moi, si quelqu’un me dit, Oublie que je suis congolais, je suis un Normand, je lui dis OK, mais s’il ajoute, Les Noirs doivent exiger qu’on oublie qu’ils sont africains pour s’intégrer, je lui dis, Con, puisque partout je sors mes griffes quand on me présente comme d’origine togolaise. Je ne suis pas d’origine, je suis togolais. Cela ne me donne pas le droit d’exiger des autres qu’ils aient la même démarche. Je donne l’exemple des Sénégalais, des, des, des, bref de la plupart, de la grande majorité des Africains, qui tiennent à leurs origines. N’est-ce pas vous dire que le gros des Africains n’est pas dans la démarche de normandisation ou que sais-je encore ? Il suffirait de cesser d’imposer aux autres une démarche personnelle pour que les choses soient plus claires. Relisez quand même les autres. Parfois, en s’excitant, on pense que c’est du courage, en insultant on croit avoir dit quelque chose. Vous savez ce qu’on dit dans mon village ? On tombe en dessous du singe si pour répondre à un singe qui provoque on se met à faire des grimaces de singe. Et puis, une chose quand même ! Parfois j’ai l’impression que certains prennent les Noirs pour une amicale de pensée ! Je ne partage pas les idées de Kelman, cela ne signifie pas du tout que je partage forcément les vôtres ! Alors, pas du tout ! J’ai horreur de toutes les personnes qui croient qu’on a une pensée ou une réaction communautaire. Les frères noirs, les frères des mêmes origines, les frères et soeurs africains… C’est d’ailleurs cette erreur qui conduit à leur reprocher leur polygamie, leur boubou, leurs bruits, leurs odeurs, puisqu’ils sont tous pareils, vivent pareils, n’appartiennent pas à des classes sociales différentes, c’est un bloc, ça pense pareil ! Non, comme tous les peuples, nous partageons beaucoup de choses, mais quand on aborde des questions intellectuelles, chacun doit s’assumer, il propose et les autres réagissent chacun selon ses propres façons de voir, de penser. Les pensées relèvent des efforts personnels, individuels, et chacun doit assumer les siennes. Par exemple, je n’ai rien dit sur le livre de Stephen Smith ni sur celui de Tobner et les deux autres auteurs. Puisque c’est à ce niveau que le débat Kelman a été relancé. Je n’ai pas dit ce que je pense du livre de Smith. Je devais avoir en 2004 un débat avec lui en Suisse à la télé, je ne l’avais pas fait, d’autres l’avaient fait, dont Boris Diop. Déjà, si on commençait par proposer des arguments ? Personne ne réagit au sujet des livres en question, ça devient toujours facile d’aller directement à la personne, et de cette manière, je ne vois pas ce qu’on appelle un débat puisque nous n’échangeons rien, nous avons des réactions épidermiques ! Pourtant, les livres cités, de Négrologie à Manioc, que de débats ils auraient pu susciter ! 

  1. Posté par G. Kelman, le 3 septembre 2005 à 09:43 

Salut Alain. 

Tu voudras bien tranmettre mes excuses les plus sincères à Madame Tobner. J’ai utilisé son nom pour un test, non pour lui porter une quelconque critique ad hominem. Je ne l’ai jamais fait. Je n’en ai jamais ressenti le besoin, encore moins l’envie. Surtout pas envers ELLE. Je lui dois d’autant plus excuses et reconnnaissance que le petit test a été probant (grâce à ta réaction notamment) plus que je ne l’aurais espéré. Tu lui diras donc que j’ai beaucoup de respect pour sa personne et son oeuvre. 

A propos, tu as écrit sur moi, « Sans avoir pris le temps de donner des intructions à son banquier afin de placer ses confortables droits d’auteur du précédent bouquin ». Rassure-toi mes « confortables droits d’auteur » (j’avoue que je ne comprends pas ce qu’ils viennent chercher ici) sont bien pris en charge par mon banquier et mon atttaché. 

Il y aurait évidemment bien des choses à dire sur tes commentaires par rapport à mon accueil au Cameroun. 

Quelqu’un a dit : « Dire la vérité à son peuple, même si les autres peuvent l’entendre et s’en servir, n’est pas ajouter à ses misères mais au contraire le respecter et l’aider. La mauvaise foi des groupes étant pire que celle des individus, il faut que certains de leurs membres, plus clairvoyants et plus courageux, entreprennent de les éclairer. » 

Amitiés. 

G. Kelman 

  1. Posté par Serigne, le 3 septembre 2005 à 11:04 

M. Kelman,j’admire votre courage, tout le monde dans votre situation ne se serait pas excusé, après ce test sur Mme Tobner. J’aime les gens comme vous qui provoque la polémique, c’est vrai que je ne vous connais pas mais tout ce que j’ai lu sur vous me donne envie de vous découvrir. J’ai vécu quelques années en France où j’ai étudié, travaillé un peu aussi avant de rentrer au pays, et par expérience, je sais qu’il y a une attitude typiquement française qui veut que l’on ait quelqu’un sous le coude pour conforter ce qu’on avance sur les autres. Malins comme Napoléon, les Gaulois prennent toujours ce quelqu’un parmi la communauté fustigée. je ne dis pas que c’est votre cas, j’essaie seulement de comprendre pourquoi on vous insulte ici et là sur plusieurs sites, pouvez-vous me donner votre avis à vous ? C’est bien beau d’écouter les autres mais la vérité sort aussi de la plume de l’attaqué, n’est-ce pas ? On dit par-ici que si tout le monde crache sur un arbre, il finit par pousser, même en temps de sécheresse, on dit aussi que l’arbre est forcément souillé. Bon, j’espère que je ne vous ai pas froissé, M. Kelman, loin de moi cette envie. Sami, Boris, voilà un homme courageux qui présente ses excuses, le ferions-nous ? 

  1. Posté par Mère Evé de Paris, le 3 septembre 2005 à 11:18 

Cher Monsieur Kelman, 

Je ne vous ai pas insulté, je me suis simplement permis d’exprimer mon opinion à votre égard. Et je trouve votre intervention ci-dessus particulièrement impolie et choquante. Vous ne répondez qu’à Alain, est-ce que les autres intervenants de ce débat ne sont pas dignes de réponse ? Et sincèrement, à votre place, je me serais abstenu de réagir plutôt que de retourner si maladroitement votre veste à l’égard d’Odile Tobner, vous vous enfoncez, ce genre d’argument je ne l’accepte même pas de la bouche de mon fils de 10 ans ! Enfin, ça permet je pense à vos détracteurs d’être confirmés dans l’image qu’ils ont de vous, ce n’est pas ici que vous trouverez la complaisance qu’il y aura certainement à votre égard dans la prochaine promotion de votre nouvel essai. Je doute de votre « clairvoyance et de (votre) courage » ; je trouve qu’en terme de vérité, votre manque d’objectivité sert plutôt la désinformation. 

Bien à vous. 

  1. Posté par Mère Evé de Paris, le 3 septembre 2005 à 11:32 

Cher Sami, 

Je suis d’accord avec toi, l’identité individuelle ne doit pas être noyée par l’identité communautaire. Le choix de chacun de vivre proche ou loin de sa communauté est tout à fait respectable, tout comme le choix quand on en est un membre identifié de s’en faire ambassadeur ou non. Par contre, j’ai en horreur les prétendus ambassadeurs ou spécialistes qui déversent de fausses images. Je ne suis pas intervenue sur l’article d’Alain parce que je n’ai pas encore terminé ma lecture de Négrophobie ; et je me suis aussi demandé comment confronter cette lecture à celle de l’ouvrage de Smith sans gonfler ses droits d’auteurs, finalement je pense que j’irai l’emprunter à la bibliothèque… 

  1. Posté par Mère Evé de Paris, le 3 septembre 2005 à 11:38 

Boris Mbote ! 

Alors là, opesi ngai mosala (tu me donnes du boulot) ! Je vais peut-être aller chercher de l’aide au Forum Lingala du site, parce que c’est tout un exercice de traduire les poètes… Mais non, je ne suis pas une « dame en vue » de la communauté congolaise na Poto (l’Occident), juste peut-être un peu dans la communauté virtuelle de Congopage… ;-) 

  1. Posté par Sami, le 3 septembre 2005 à 11:55 

Serigne, déjà, tu auras une piste en lisant le livre de Kelman (tu le trouveras sans doute dans un centre culturel français). Ensuite, est-ce que nous nous serions excusés ? Je te jure que je me serais senti tellement bête d’insulter une personne pour ensuite prétendre que j’ai fait un test. Je ne fais de test sur le dos de personne. Donc, je n’aurais pas eu à m’excuser puisque telle n’est pas ma démarche : dire par exemple, Serigne, c’est un ceci ou cela pour ensuite dire, Ah, je vous ai eus, je m’excuse auprès de Serigne, ce n’était qu’un test. Je suis pour les débats, c’est pour cela que je m’abstiens des réactions catégoriques. Un livre, ce n’est pas une idée, mais plusieurs. On peut les discuter point par point. Serigne, quand tu auras lu le livre de Kelman, tu sauras sur quelle base en discuter avec lui. Mère Evé, c’est ce que je dis aussi, que chacun ait ses choix mais qu’il ne les impose pas comme seule démarche pour le salut de la communauté. Et les ambassadeurs, parfois cela te donne de ces prétentieux ! On s’autoproclame guide éclairé d’une communauté alors qu’on n’est pas forcément capable de comprendre la complexité du sujet ou des sujets qu’on aborde, on ressasse des banalités à la place de réflexions et on finit par se croire subversif quand on n’est que seulement en retard sur les mouvements des pensées racistes et antiracistes. Je respecte les démarches personnelles, qu’elles soient idiotes ou intelligentes, pourvu qu’on ne me les impose pas, qu’on me laisse faire mes propres choix idiots. Et si ces choix parlent à d’autres, tant mieux ! 

  1. Posté par A. Mabanckou, le 3 septembre 2005 à 18:21 

Cher Gaston

Tu auras pourtant bien compris l’humour concernant « le compte en banque » que j’evoque dans un sujet du Blog te concernant ! Il faut bien rire de temps en temps, et pour une fois qu’on peut dicter sa loi au banquier, il ne faut pas s’en empecher… Toutefois, je ne savais pas qu’’un attache de presse pouvait s’occuper des interets financiers d’un auteur… 

Enfin, comme certains ici, j’apprecie ton revirement et les excuses que tu formules a l’egard de Madame Tobner. ( Meme si Mere Eve est montee sur ses grand chevaux !) 

  1. le 4 septembre 2005 à 03:25 

Alain, 

Un attaché n’est pas que de presse, voyons ! La pertinencve de ton explication sur la mention relative à mon compte en banque est supérieure à mon « revirement ». Mais je te confirme que ton intervention m’a beaucoup éclairé et je t’en remercie. Pour te manifester ma gratitude, je ferai tout pour que tu aies l’occasion de rire plus souvent, puisque c’est l’effet que te fait mon compte en banque. 

Madame EVE, rassurez-vous. Je n’ai jamais prétendu avoir la perspicacité de votre enfant de 10 ans. je ne me sens pas digne de vous répondre. c’est tout. 

Monsieur Serigne, s’il y a quelqu’un de courageux ici, c’est bien vous. Car apprécier un seul de mes actes aujourd’hui sur certains sites, c’est faire preuve de témérité. Je pense qu’il ya deux catégories de gens, ceux qui ont des certitudes et ceux qui se posent des questions. Je voudrais appartenir à la deuxième catégorie. Comme Fanon (O mon corps, fais de moi un homme qui toujours interroge) ou Richard Wright qui disait s’intéresser aux questions alors que ses camarades noirs communistes s’intéressaient aux réponses. Alors j’ai demandé à mes amis noirs de m’expliquer comment nous avions perdu Château rouge, ce vaste marché de produits africains tenus par des Asiatiques ; pourquoi nous achetions nos cartes téléphoniques chez les Tamouls et les produits pour nous décaper la peau chez les juifs. J’essaye d’inscrire mon modeste travail dans une perspective autocritique plutôt que dans une interpellation de l’autre dont je suis payé depuis des siècles pour savoir qu’il ne m’écoute pas, qu’il me reasservira dès la première occasion. J’ai donc décidé d’interpeller le Noir. J’ai écrit un livre qui commence ainsi :  »
La France n’est pas encore multiraciale parce qu’elle racialise les rapports sociaux ; parce que les catégories socioprofessionnelles sont inscrites sur les faciès ; parce qu’il y a le mythe de l’éboueur qui cède de plus en plus la place à celui de Black… « . J’ai réussi à faire éditer un premier livre « je suis noir et je n’aime pas le manioc ». c’est l’objet du débat. Ce qui me rassure, c’est que je fais l’objet du même accueil chez les Blancs et chez les Noirs. pour certains Blancs je suis un capuccino (un sale Nègre qui se cache derrière une mince pelure « linguistique » blanche), pour d’autres je renouvelle la perspective du débat sur la place des Noirs en France. Ce que pensent certains Noirs alors que pour d’autres, je suis Bounty (un sale complexé qui est le jouet des Blancs). Une autre question que je me pose c’est ce que voulait dire Fanon quand il affirmait « Je ne suis pas prisonnier de l’Histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée (PNMB, POiNTS 1971, P. 186). je ne peux pas pousser plus loin ici, pour ne pas perdre le temps à ceux dont les préoccupations ne sont pas les vôtres. Vous pouvez me contacter via mon éditeur. Je ne reviens plus sur ce site. Mais je suis reconnaissant à Alain de m’avoir permis d’échanger avec vous. 

G. Kelman 

  1. Posté par Binetou Fall, le 4 septembre 2005 à 11:05 

kelman, personne ne te reproche le contenu de ton livre, tu écris ce que tu veux, ça n’engage que toi. tu sais très bien que ce sont tes déclarations qui sont critiquées. quand tu dis que les juifs ont souffert et que les africains non, tu te moques du monde. je t’ai vu à un journal télévisé de 13h avec benôit duquesne sur france 2, je t’ai entendu de mes propres oreilles racontrer que personne ne peut dire que la colonisation et l’esclavage ont été néfastes au peuple noir, tu es allé jusqu’à dire que ces faits ne sont pas importants, tu affirmes que la showa a bien existé et qu’elle est plus importante. Tu as conclu en jurant que jamais tu n’apprendras à tes enfants l’histoire de tes ancêtres parce qu’ils ne sont pas noirs. tu minimises l’esclavage et la colonisation et tu veux que nous les nègres, on t’aime ? que tu ne partages pas les idées de dieudonné, on s’en fout, mais que tu révises notre histoire, ça, c’est inadmissible. voilà pourquoi personne ne t’aime. serigne, si vous habitiez en france, vous verriez que cet homme n’est pas courageux. 

  1. Posté par Serigne, le 4 septembre 2005 à 16:18 

M. Kelman,j’admire toujours votre courage parce que vous vous êtes excusé en public auprès d’Alain Mabanckou après avoir fait votre test Tobner. Tout de même, vous ne pensez pas que vous auriez dû présenter vos excuses directement à la dame que vous avez offensée ? Pourquoi voulez-vous que ce soit M. Mabanckou qui le fasse pour vous ? Je vous cite : « je ne peux pas pousser plus loin ici, pour ne pas perdre le temps à ceux dont les préoccupations ne sont pas les vôtres. Vous pouvez me contacter via mon éditeur. Je ne reviens plus sur ce site. Mais je suis reconnaissant à Alain de m’avoir permis d’échanger avec vous. » 

Vous ne trouvez pas cette conclusion un peu gonflée ? 

Vous annoncez que vous ne reviendrez plus sur ce site, pourquoi le faire puisque vous n’avez pas annoncé votre venue ? Attention, Blaise nous avait dit la même chose, il est toujours là à disserter avec nous. 

Vous remerciez Alain de vous avoir permis d’échanger avec moi, mais nous n’avons rien échangé du tout, vous me proposez de vous contacter via votre éditeur que je ne connais pas. Je ne m’adressais pas à l’auteur, M. Kelman, mais à la personne. 

Vous ne voulez pas perdre le temps à ceux dont les préoccupations ne sont pas les miennes et pourtant moi, j’ai l’impression d’avoir les mêmes préoccupations que tous ceux que j’ai lus sur cette page. Que craignez-vous ? 

Mon ami Sami, vous dîtes que vous n’êtes pas assez bête pour dire Serigne ceci, Serigne cela et revenir vous excuser en parlant de test !Cela veut-il dire que M. Kelman est bête ? Est-ce que ma compatriote Binetou Fall (c’est un nom qui sonne bien local) a raison quand elle vous demande de dire clairement ce que vous pensez de l’homme ? 

Diva, nous reprochons à Fatou Diome d’avancer : qu’une fille qui naît dans une famille sénégalaise est mal vécu par ses parents, qu’il n’y a que souffrances et pauvreté au Sénégal, que sa propre histoire est celle de tous les enfants sénégalais. Je sais d’après ce qu’elle raconte, que cela a été dur pour elle, mais ce n’est pas pour ça que tous les Sénégalaises ont été abandonnées par leurs parents et que le pays en entier est dans la misère. C’est son misérabilisme et ses fausses déclarations que nous lui reprochons. Ouf, j’ai été long sur ce coup. Mal au long doigt de la main droite, c’est le seul qui martèle le clavier. Vite, une secrétaire. 

  1. Posté par Sami, le 4 septembre 2005 à 16:40 

Serigne, oh, je n’oserais dire de personne qu’il est bête, mais je me serais permis de le dire de moi-même, et j’ai déjà eu l’occasion de le faire. La démarche qui t’a séduit, elle peut être dans les principes de son auteur. Mais je ne fonctionne pas comme ça. Binetou, je pense moi aussi au Sénégal chaque fois qu’elle revient sur le blog. Mais elle peut bien être ivoirienne, tu sais ? Tes doigts se sont reposés, j’espère ? 

  1. Posté par Serigne, le 4 septembre 2005 à 16:52 

Vous avez raison, Sami, Binetou peut être ivoirienne, malienne aussi mais Fall ? Ca vient d’ici. Mon doigt s’est un peu reposé pour revenir encore. Je n’aime pas le dimanche après-midi, l’obsession du lendemain-boulot. 

  1. Posté par diva, le 4 septembre 2005 à 19:08 

Serigne, mais quand on raconte une histoire, on ne sous-entend pas forcement que c’est celle de tous les hommes ou toutes les femmes d’un meme pays ? la fiction n’est pas une etude sociologique ? et on ne peut quand meme pas demander a un ecrivain de ne raconter que des histoires a l’eau de rose avec des happy-ends ? sinon c’est hollywood, et la machine a divertir, et on empeche les lecteurs de penser, ou meme de se mettre en colere en les hypnothisant avec du reve a pas cher. 

Pour Kelman, je ne peux pas dire grand chose – meme si j’en meurs d’envie ! car je n’ai pas lu le livre, et je n’ai jamais entendu l’auteur s’exprimer. Mais en tous les cas ce qu’il dit sur
la France qui n’assume pas son multi-racialisme m’interesse, et je partage son point de vue sur cette question. Je voudrais bien que mon pays lance ce debat mieux qu’il ne le fait, mais sans forcer les gens a l’assimilation, comme semble egalement le preconiser Kelman, si je lis bien entre les lignes de vos differents commentaires. 

J’ai quand meme l’impression que nous sommes les uns et les autres encore tres campes sur des cliches : ce que doit etre le noir ou la noire, ce que doit etre le blanc ou la blanche, ou se situe la trahison par rapport a ces « canons » ideologiques, a quelles conditions on peut melanger les gens et les genres ? Mais souvent je me pose la question : qu’est-ce qui fait a notre epoque de grandes migrations et d’echanges acceleres qu’on appartient a telle ou telle culture, la naissance n’y suffit pas, j’en suis bien persuadee. A quelles conditions pouvons nous parler d’hybridation, et cette hybridation peut-elle etre une utopie pour le futur, sans aboutir a un ecrasement des differences ? Sans renier
la France qui m’a vu naitre, je ne la defendrai jamais sur tout – au contraire. Je suis plus dure avec mon pays qu’avec ceux que je connais moins bien. 

Bon j’ai perdu mon humour on dirait ? bonsoir ! 

  1. Posté par Serigne, le 4 septembre 2005 à 19:49 

Diva, je ne parle pas de son livre, je parle de ses déclarations à la presse française que nous avons suivies ici, fiers d’avoir une femme qui a réussi. Diva, ça devient grave, vous êtes fatiguée en ce dimanche ? 

  1. Posté par Blaise KIBONZI, le 4 septembre 2005 à 20:31 

Serigne, Oui Blaise avait annoncé qu’il partait et je partirai si ce terrain ici se transforme en un lieu d’insultes gratuites comme le subit KELMAN de la part de certains et que j’ai subi moi-même en ayant déploré cela. 

Non Serigne, soyons sérieux. KELMAN a peut-être été maladroit vis-à-vis de TOBNER, il s’en est excusé. Alain MABANCKOU a été plus que maladroit en évoquant les comptes bancaires de KELMAN. Qu’est ce que ça à voir ici ? je l’avais déjà dit, KELMAN l’a dit également. Et Alain MABANCKOU pour sa part ne s’en excuse même pas. Il cherche plutôt à en sortir par une pirouette. A cela, vous ne dites rien, tout ce que vous faites c’est de continuer à charger cette personne même sur un point où il s’est déjà excusée. 

Moi aussi j’avoue ne plus rien comprendre des africains, bien qu’étant africain. 

Vous continuerez votre messe avec votre seigneur. Je découvre Alain MABANCKOU sous un angle très négatif. Je suis déçu. je ne m’y attendais pas. Mais peu importe, je ne suis qu’un minable parmi les minables. 

Bonne continuation à vous tous. 

C’EST FAUX de dire que les africians n’aime pas KELMAN comme l’a supputé quelqu’un ici. Autour de moi, je connais des africains qui ont lu KELMAN et les avis sont plutôt mitigés. 

D’ailleurs A SA SORTIE, ce livre de KELMAN avait déjà fait l’objet d’une discussion au forum CULTURAMA de Congopage, les réactions étaient plus pondérées. 

Je me demande si c’est pas le ton négativement orienté d’Alain MABANCKOU qui a déclenché tant d’animosité ici à l’égard de KELMAN. Et cela je le regrette profondément. Je suis déçu. je m’attendais pas à cela de la part d’Alain MABANCKOU que je ne connaissais pas, que j’ai essayé de découvrir ici. Et qui me déçois, malgré les talents qu’il semble avoir par ailleurs. 

Voici le lien sur Congopage où a été débattu du livre de KELMAN à sa sortie. 

Et vous remarquerez ma grande réserve sur ce sujet où je n’étais pas intervenu. preuve que je n’interviens pas toujours pour le plaisir d’intervenir. Si je suis intervenu ici sur ce sujet, c’était surtout pour dénoncer cette SALMANRUSHDISATION de Gaston KELMAN. 

Je suis sûr que (comme pour Salman RUSHDIE), parmi les mollahs qui réclament ici ou ailleurs, la fatwah contre Gaston KELMAN, nombreux n’ont pas lu ce livre. Ou leur lecture s’est limitée au titre du livre. 

Pour ceux qui l’ont lu, les réactions se limitent plutôt à ceci et il n’y avait pas d’animosité. C’est que j’attends d’un échange, sinon comme KELMAN, je libère les lieux. Les palabres africaines où se dit en 15 jours ce qui se dit ailleurs en un quart d’heure, c’est plus la tasse de thé de tous les africains surtout quand on habite au pays des blancs où le temps c’est de l’argent. Non DIVA, pas besoin de prendre un emploi à temps partiel pour ça…..sauf à être africain. 

http://www.congopage.com/phpBB/viewtopic.php ?t=2403&start=0 

Blaise 

  1. Posté par Serigne, le 4 septembre 2005 à 21:08 

Blaise, qu’est-ce qui vous arrive ? Débattons-nous de M. Mabanckou que je connais pas non plus ? Pourquoi avez-vous ce besoin de le comparer à M. Kelman ? Je n’insulte personne, au contraire, je me réjouis de palabrer avec d’autres, d’échanger des idées, d’accepter les vôtres comme vous avez paru accepter les miennes. Croyez-vous que la réponse que m’a livrée M. Kelman soit digne d’un homme qui veut le débat ? J’ai senti tant de condescendance dans le conseil qu’il me donne de m’adresser à son éditeur, soyons fair-play, mon ami, continuons à palabrer dans la bonne humeur. Sami m’a proposé de lire le livre de Kelman, je le ferai et c’est seulement après l’avoir lu que je me permettrai d’en parler. Pour l’instant, c’est l’homme qui m’a snobé. Je ne rentre pas dans les comparaisons inutiles entre untel et un autre, ce n’est pas l’objet du blog, j’espère. Allez, avant de vous fâcher définitivement, venez faire un tour à Fann, mon quartier de résidence, ma femme est une championne de Thiébou Djén. On boira ensuite le thé vert de Chine qui va avec. 

  1. Posté par Mère Evé de Paris, le 5 septembre 2005 à 01:10 

Ah bien non, cher Alain, je ne suis pas montée sur mes grands chevaux, je ne suis pas une cavalière :-)) Et le départ annoncé de « Monsieur » Kelman ne m’étonne pas vraiment, il s’est tellement d’ailleurs précipité qu’en me répondant il a parlé d’une perspicacité de mon fils dont il n’a pas été question de ma part… Et puis, c’est assez amusant de le lire citer Fanon… 

Je lirai certainement Bounty pour me faire une idée, mais pour donner moins de boulot à l’attaché dans sa compta, je me contenterai de l’emprunter à la bibliothèque… 

D’ici là, trève de digression, je me dois de terminer ma lecture de Négrophobie. 

  1. Posté par Blaise KIBONZI, le 5 septembre 2005 à 06:05 

Serigne tu dis que l’objet d’un blog c’est pas de « comparer untel avec un untel ». Mais avouons que l’objet d’un blog surtout tenu par un écrivain c’est pas non plus de livrer en pature d’autres auteurs. 

Alain MABANCKOU ferai mieux de se mettre lui face au public en donnant, pourquoi pas un avis sur tel ou tel livre, SI ON LE LUI DEMANDE. Mais DE SA PROPRE INITIATIVE, ouvrir des sujets entiers sur des collègues pour broyer du sucre dans leur dos je trouve cela TRES INELEGANT ! 

Qu’il laisse ce travail aux journalistes et aux critiques littéraire. C’est quoi cet écrivain qui passerait son temps à dénigrer le travail des autres ? Ou alors Alain MABANCKOU n’a qu’à participer à un débat organisé par d’autres qui l’opposerait à Gaston KELMAN. 

Surement que vous allez considérer (vu le calibre d’Alain MABANCKOU) que Gaston KELMAN n’en vaut pas la peine, mais alors cessez de lui lancer des fatwhas partout. 

Et à ironiser sur ses comptes bancaires. Quel est le but maintenant. Le ridiculiser ici ? 

J’ai HONTE Serigne, mais je ne suis pas faché. Je quitte ce blog, mais on poursuivra la discussion à DAKAR. 

Je te ferai signe ici même quand j’atterirai au pays de
la TERANGA. Ou alors penses à me filer ton email. Tu as le mien : blaise.kibonzi@wanadoo.fr 

Bonne continuation à vous. Et longue vie au blog d’Alain MABANCKOU. J’ai été sincèrement très ravi de faire ta « découverte » ici, cher Serigne ainsi que celle de BORIS et SAMI. 

Je terminerai en disant que le procès qui est fait à Gaston KELMAN est un FAUX PROCES. peut-être que les médias occidentaux lui ont fait porter un chapeau qu’il n’a jamais demandé. Lui n’avait eu qu’envie d’écrire un livre. 

Cela me fait penser à l’écrivain congolais Emmanuel DONGALA ( que peu diront ici que c’est un crétin). 

Etudiant à BRAZZAVILLE je le croisais dans les allées de
la FACULTE DES SCIENCES. DONGALA est devenu écrivain malgré lui. mais c’est vrai que DONGALA a l’intelligence de refuser de porter le manteau que certains voudraient lui faire porter. Sinon DONGALA serait aujourd’hui sur tous les plateaux du monde pour donner des avis sur tout concernant l’Afrique et les africains, comme certains et pas seulement Gaston KELMAN. 

Il faut aussi que les africains (auteurs et lecteurs) comprennent cela, comme DONGALA l’a compris. c’est pas parcequ’on écrit un livre ou des livres qu’on devient forcément porte parole d’une communauté, d’un pays, d’un continent. 

ADIOS AMIGOS, ce fût un réel plaisir. 

Blaise 

  1. Posté par Serigne, le 5 septembre 2005 à 10:36 

Adios, Blaise, au plaisir de palabrer à nouveau ! Geste élégant, votre conclusion : vous nous quittez en rejoignant les « détracteurs » de Kelman. On lui a donc fait porter un chapeau qu’il n’a pas refusé, contrairement à Emmanuel Dongala (celui-là, je le connais, Johnny, chien méchant). Est-ce de l’humour ? Encore M. Mabanckou ! Si vous avez un inédit sur lui, vite postez-le, nous jacasserons. Toutes mes amitiés, mon frère. 

Sami, croyez-vous les Lions soient morts ? Sénégal-Mali, le 8 octobre ne sera qu’une formalité, nos joueurs ont juré de se rattraper après le petit score de 1 à 0 contre
la Zambie. Vive le Togo, quand même. 

  1. Posté par Sami, le 5 septembre 2005 à 15:24 

Je pense que le Mali et les lions ce sera un match dur, mais pas au-dessus des Lions. Seulement, il faudra que les Togolais laissent filer le match contre le Congo ! Alors là, oh,oh, ça va être dur ! Enfin, les Lions ont déjà goûté au miel de
la Coupe du Monde, ils peuvent laisser les éperviers aller voir de quoi tout cela retourne ! Après les griffes et les crocs, le bec ! Même si, sincèrement, j’avais donné le Sénégal victorieux de ce groupe avant le premier match. Je les voyais au-dessus de toutes les équipes du groupe, j’étais loin, alors là loin de me douter que ce sont les Togolais qui allaient poser problème. Remarque ! Je n’ai plus tellement suivi l’évolution de l’équipe de mon pays. Mais là, je commence à croire qu’elle peut créer la surprise de se retrouver en Allemagne et je sais qu’elle aura le soutien du Sénégal !!! 

  1. Posté par A. Mabanckou, le 5 septembre 2005 à 18:18 

A Mère Eve

Oui, il faut à tout prix lire Bounty de Kelman, je ne vois pas pourquoi ne pas le lire ! Et d’ailleurs le fait de mettre le sujet ici va dans le sens de la propagande pour ce prochain livre… Et les propos suivants me viennent alors à l’esprit : 

Le général de Gaulle, lisant tous les mercredis ceux qui le caricaturaient dans Le Canard Enchainé, soulignait : 

« Pourvu qu’on parle de moi, meme en mal «  

Wera Son, dans son fameux album Solola Bien ( Editions JPS ) : 

 » J’aime celui qui me critique parce qu’il fait ma publicité«  

  1. Posté par odimi sossolo, le 5 septembre 2005 à 21:23 

Les gens parlent d’origine. réécoutons Cheik Anta Diop ou relisons le. lui parlait d’origine unique de l’humanité. la nature ne crée pas la souris deux fois, à plus forte raison l’homme. Le racisme est une maladie causée par l’ignorance. je suis noir de peau mais les humains me désolent. Mes origines ? je suis un extraterrestre. A qui la couleur de la peau ? à qui la race ? à qui la race ? à qui les richesses ? à qui la pauvreté ? Nos problèmes viennent de notre incapacité à penser global. On pense sectoriel. on pense race et à l’intérieur de la race, on pense etchnie et dans l’etchnie, on pense clan village ou famille. La toile de fond ? le contrôle de l’avoir et du pouvoir : l’égoïsme. comment me définir comme un africain ? c’est où l’Europe ? Nous voila en plein dans le mythe de la caverne. la terre un seul bateau en voyage dans l’univers. un destin lié. Vous vous dites peut être : un fou a investi notre blog. tant mieux. un fou se sait fou ; en cela il est sage. « un fou se croit sage ; doublement il est fou », disait un sage indien. Anta Diop était certainement un fou : il essayait de montrer que l’humanité constitue une seule famille qui s’est diversifiée. nul n’est plus intelligent qu’un autre. L’acquisition des savoirs et leur utilisation fait la différence. SOutenos les dictatures néocoloniales africaines qui étouffent leur peuples et les empêchent de se développer. Accusons ensuite les africains d’être des arriérés. Je connais un grand spécialiste de l’Afrique, François Soudan, journaliste et ami personnel de chaque dictateur du continent. Il connait l’Afrique lui ; celle des bordels et des hotels cinq étoiles. Voilà les gens qui écrivent l’histoire. Une fois rentré à Pluton ma planète d’origine, je raconterai cette aventure. Je serai alors sorti de la caverne. définitivement. Odimi 

  1. Posté par diva, le 5 septembre 2005 à 21:40 

Bienvenue, l’homme dit fou. Ta folie est une fraicheur. come again. 

  1. Posté par Binetou Fall, le 5 septembre 2005 à 23:21 

Douce folie des gens sensés. bonjour sur Pluton … vous nous direz odimi, comment les gens sont sur votre planète. envahissez-nous de grâce, les humains ont besoin de secours. 

  1. Posté par blaqpunk, le 7 octobre 2005 à 22:47 

Waow, cool, un afrofuturiste sur ce site – salut à toi, Odimi ! Mais d’ordinaire, les afronauts ont tendance à venir plutôt de Jupiter… 

  1. Posté par Jerry Moto, le 8 octobre 2005 à 20:56 

Franchement, M. Kibonzi, votre véhemence envers les autres menbre de ce blog est inquiétant. Avez-vous seulement lu le livre de Kelman ? Moi je peut vous assurer que je l’ai lu et je n’ai pas du tout aimer les idées que ce monsieur véhicule, car il parle au nom des africains en les enfermants dans les caricatures que véhicule l’occident. Tout les chapitres de son livres commence par les blagues de balourds racistes sur les noirs que l’on raconte dans les cafés, mais en ne démontant pas vraiment ces préjugés, bien au contraire. Monsieur Kelman s’attaque aussi aux personnalités noires qui ont des femmes blanches comme Koffi Anan, en précisant que plus tard, il y aurait des enfants complètements blancs, avec des noms à consonnance africaine. Par contre, quand les africains portes les noms à cosonnance européennes, il ne s’en émeut pas. Même la couverture de son livre est trompeur, on n’a l’impression que ce livre s’attache à démonter les préjugers racials que subissent les noirs, mais c’est l’inversse. « Je suis noir, puisque je critique les autres noirs aveuglement les autres noirs, donc je vais paraître meilleurs au yeux des blancs’ semble t-il penser. Je rejoins mère Evé pour la mesquinerie de son intervention sur ce blog. Salut à tous 

  1. Posté par Barbudo, le 9 octobre 2005 à 18:36 

Un livre assez complémentaire au niveau du rétablissement de réalité et vérités historico-démographique :
La Férocité Blanche (les génocides occultés de 1492 à nos jours, des non blancs aux non aryens). Il y a là un gros travail de recherches basé sur des témoignages d’époques et archives, rien que du très objectif donc. 

  1. Posté par owand.c, le 29 décembre 2005 à 11:11 

bonjour à tous je suis novice sur ce site , je voudrais participer à la cause de notre continent que je ne connais pas car j’ai j’ai grandis et je vis en france. l’occident à convisquer , a voler toutes les valeures universelles à son profit .en france le monument qui symbolise le mieux cette arnaque est l’obélisque place de la concorde(concorde union des esprits et des coeurs, ou bonne intelligence entre les personnes.) à paris 

  1. Posté par miss nzinga, le 9 mars 2006 à 00:45 

mr gaston kelman que pensez vous de cet article sur vous 

http://piankhy.250free.com/html/Kelman2.htm 

l’avez vous lu ? il vous accuse de tromper le monde ne donnant des informations fausses 

  1. Posté par akkon, le 8 juin 2006 à 11:27 

Petit Gaston ! Je te rappelerai une seule chose, car je doute fort que tu le saches… « Quelle que soit la durée d’un tronc d’arbre dans l’eau, il ne sera jamais un caiman » (Amadou Hampateba). Après avoir jouer ton cirque devant les toubabs, ne croies pas que tu pourras chambouler les africains comme ça… tu feras mieux de te joindre au club de Michael Jackson et autres, car de noir il ne te reste à toi que ta peau… et ça meme tu ne le mérites pas. Tu feras mieux de te resaisir maintenant car le cul entre deux chaises, tu finiras bien par t’afesser à terre ! 

  1. Posté par Ousin, le 15 juin 2006 à 23:46 

Sans ambages et hors de toute flagornerie,déférence et honorabilité à Boubacar Boris Diop , Odile Tobner et François Xavier de Verschave. 

L’immobilisme,l’attentisme et la lâcheté du personnel politico-médiatique ont sûrement fait croire à Stephen Smith qu’il pouvait travestir la véridicité actuelle,historique et future du continent africain. 

Les faits sont têtus,et Stephen smith n’y peut rien,L’Occident-qui écrase le monde depuis 1417- porte toute la responsabilité du subvertissement de l’Afrique , de l’Asie, de L’Amérique Latino-Indienne et de l’Océanie,les Autochtones ayant quasiment disparu de l’Amérique du Nord. 

Pour revenir au Continent Africain,désorbité et exorbité de sa voie vers la modernité à partir du XVème siècle,les despotes et potentats, qui y ont eu cours depuis « les indépendances » ,ont été installés par des Jacques Foccart et Maurice Robert pour parler de la françafrique avec ,mutatis mutandis ,leurs correspondants en belgafrique,usafrique,angleterrafrique,etc..,etc… 

Le continent Africain doit maintenant savoir que le monde résultat de l’occident est inhumain puisque désolidarisé,déshumanisé et désocialisé. 

Et ce sont ces attributs-là que Stephen Smith et sa bande voudraient voir le continent Africain coupable. 

Peine perdue,la nouvelle Afrique consciente de l’économie de marché de dupes criminelle , »rampe , patiemment ,obstinément « ,vers la réinvention de la liberté,de la dignité , de l’humanité avec son ontologie spécifique et universel. 

Puisse la conscience du personnel politique africain retrouver sa propre voie humanisée vers la modernité. 

O. Sidibé ,A.C.E , MaiFra Services Sherbrooke, CANADA 

  1. Posté par devilbiss air compressors, le 26 décembre 2006 à 14:06 

  2. Posté par Ouzin, le 28 décembre 2006 à 18:26 

Lu pour vous « L’Afrique en Attente ? » qui vient de paraître aux éditions de l’Harmattan. Auteur Cheikh Tidiane Diop. 

« Le continent africain serait en « faillite ». Ce constat rapide ne résiste pas à l’analyse car l’hypothèse de l’échec des Africains participe d’un mépris ethnocentrique et traduit une vision latente dans l’inconscient de certains intellectuels : celle d’une Afrique dépendante et incapable de prendre son destin en main. Cette vision dans l’histoire des études consacrées à l’Afrique, tire sa substance dans les récits peu objectifs des explorateurs-conquérants et continue de rencontrer un succès foudroyant au XXIème siècle en raison d’une prétendue marginalisation du continent. 

Une certaine littérature touristique, les médias, les agences de presse continuent de propager une image peu valorisante de l’Afrique, image faite de catastrophes, de famines, d’êtres pitoyables, affligés de maladies et se trouvant dans l’incapacité absolue. Ces observations rapides, superficielles et sensationnelles sont relayées par les organisations humanitaires qui se plaisent à sensibiliser l’opinion des nations nanties tout en faisant leur business sur la misère des malheureux africains. 

Convaincus que l’Afrique va ainsi, on occulte cette autre Afrique possible. Comment l’Afrique peut s’ouvrir au monde sans s’enfermer dans de nouveaux schémas de dépendance ? Comment surmonter les paradoxes de la mondialisation et parvenir à la définition d’un autre modèle de développement pour nos sociétés ? Ce livre se donne comme objectif de rompre avec la tendance de l’afro-pessimisme triomphant pour fournir les bases d’une nouvelle vision aux élites politiques et intellectuelles africaines mais également à tout ceux qui s’intéressent objectivement à l’Afrique. 

L’auteur de « l’Afrique en Attente ? » exhorte les Africains à regarder ce qui se passe dans le reste du monde pour comprendre que leur salut ne pourra venir que d’eux mêmes. Une nouvelle génération d’élites africaines devra relever le défi des Droits Humains et de
la Paix sur le continent afin de garantir des espaces sûrs pouvant refaire de l’Afrique un partenaire fiable. Dans la nouvelle configuration géopolitique du monde, l’Afrique est appelée à jouer un rôle prépondérant en s’instituant dans un cadre unitaire comme un pôle de puissance. » (Cheikh Tidiane Diop, postface, Afrique en Attente ?) 

Cheikh Tidiane propose de reconsidérer le débat en ces termes car il considère que les Africains ont perdu assez de temps à riposter aux quolibets de certains intellectuels occidentaux. 

La réflexion des Africains doit se construire autour des défis qui assaillent les peuples africains et non autour d’un pseudo débat dont le succés n’a d’égal qu’avec la stérilité qui le caractérise. 

Ouzin 

  1. Posté par Ouzin, le 28 décembre 2006 à 18:34 

Lu pour vous Le continent africain serait en « faillite ». Ce constat rapide ne résiste pas à l’analyse car l’hypothèse de l’échec des Africains participe d’un mépris ethnocentrique et traduit une vision latente dans l’inconscient de certains intellectuels : celle d’une Afrique dépendante et incapable de prendre son destin en main. Cette vision dans l’histoire des études consacrées à l’Afrique, tire sa substance dans les récits peu objectifs des explorateurs-conquérants et continue de rencontrer un succès foudroyant au XXIème siècle en raison d’une prétendue marginalisation du continent. Une certaine littérature touristique, les médias, les agences de presse continuent de propager une image peu valorisante de l’Afrique, image faite de catastrophes, de famines, d’êtres pitoyables, affligés de maladies et se trouvant dans l’incapacité absolue. Ces observations rapides, superficielles et sensationnelles sont relayées par les organisations humanitaires qui se plaisent à sensibiliser l’opinion des nations nanties tout en faisant leur business sur la misère des malheureux africains. Convaincus que l’Afrique va ainsi, on occulte cette autre Afrique possible. Comment l’Afrique peut s’ouvrir au monde sans s’enfermer dans de nouveaux schémas de dépendance ? Comment surmonter les paradoxes de la mondialisation et parvenir à la définition d’un autre modèle de développement pour nos sociétés ? Ce livre se donne comme objectif de rompre avec la tendance de l’afro-pessimisme triomphant pour fournir les bases d’une nouvelle vision aux élites politiques et intellectuelles africaines mais également à tout ceux qui s’intéressent objectivement à l’Afrique. L’auteur de « l’Afrique en Attente ? » exhorte les Africains à regarder ce qui se passe dans le reste du monde pour comprendre que leur salut ne pourra venir que d’eux mêmes. Une nouvelle génération d’élites africaines devra relever le défi des Droits Humains et de
la Paix sur le continent afin de garantir des espaces sûrs pouvant refaire de l’Afrique un partenaire fiable. Dans la nouvelle configuration géopolitique du monde, l’Afrique est appelée à jouer un rôle prépondérant en s’instituant dans un cadre unitaire comme un pôle de puissance. 

  1. Posté par east india company coin, le 16 janvier 2007 à 15:53 

  2. Posté par HITLER, le 17 janvier 2007 à 01:35 

bonj tous le monde ;être noir et ne pas manger de manioc est un choix ,un style de vie tout comme être noir et se faire appeler charles, gaston, mohamed, ali, oumar… mais il y’a un adage malien qui dit à juste titre que :le séjour d’une tranche de bois dans l’eau ne peut pas se transformer en crocodile.je pense qu’etre digne commence par l’affirmation par soi en tant que tel. En toute logique je pense aussi que si les noirs réfléchissaient un peu ils sauront pourquoi ils ne sont pas respectés, pourquoi il n’y a pas dans le monde une seule nation noir au sens propre du terme, des antilles aux confins de l’afrique sans comptabiliser les africains en amérique du nord, c’est tout comme une personne qui marche les testicules dehors, quelle honte ? Il est claire que vous n’etes pas aimés, pourquoi vous continuez à faire le toutou ? Si seulement on vous aimait ; moi je me serais fait appeler : Chaka,Soundiata, Moro Soumaourou… pour ainsi dire que quelqu’un qui te considère comme égale agit par conséquence en adoptant certains de tes attitudes ; combien sont ils des arabes , des blancs, des chinois, des indiens, qui pourtent de nom de noir ? Réfléchisser et arrêter de toujours faire comme l’autre pour se faire valoir à ses yeux.J’invite les noirs à un suicide collectif car un homme sans dignité n’a pas droit de vivre . Pourquoi vous courez derrière nous pour (vivre) ? par tous les moyens nous vous montrons qu’on s’en fiche de vous les Noirs , voyez vous les deux grandes guerres qui n’étaient pas évidemment la votre mais une fois de plus par lâcheté vous avez bêtement particité ( puisque vous n’êtes pas maître de vous même)alors vous êtes determiné ; mais vous n’êtes pas sans savoir que nous aimons nos frères allemands qui ont tué nos femmes , nos enfants, nos betails,détruit nos maisons que vous escrocs qui nous avez aidé à la réconquête.Pour finir en répondant seulement à la question pourquoi aujourd’hui en europe ou dans le monde l’allemand a plus de considération que toi ? lui il sait détruire mais toi tu est docile. 

Publié dans ACTUS ET DEBATS AFRIQUE, CARNETS d'IMPOSTURES, QUESTIONS NOIRES | Pas de Commentaire »

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