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Les conflits sociaux de l’Outre-mer pas transposables

Posté par issopha le 11 mars 2009

Les conflits sociaux de l’Outre-mer pas transposables

La situation n’est pas comparable en métropole, explique Bernard Thibault, alors que Michèle Alliot-Marie a présenté le projet de loi sur l’Outre-mer au Sénat.

Bernard Thibault

(c) Sipa Bernard Thibault

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Les conflits sociaux qui touchent l’Outre-mer ne sont pas transposables en métropole, car la situation n’est pas comparable, estime Bernard Thibault dans un entretien au Parisien du mardi 10 mars. « Les Antilles sont gangrenées par un taux de chômage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus élevés et les salaires de 15% inférieurs à ceux de la métropole », explique le secrétaire général de la CGT.
« Une nouvelle page s’écrit dans l’histoire des relations entre l’outre-mer et la métropole », a déclaré quant à elle la ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer Michèle Alliot-Marie en présentant mardi le projet de loi pour le développement de l’outre-mer (Lodeom) au Sénat. Le texte prévoit notamment des mesures d’incitation fiscale en faveur des entreprises ultramarines et du logement social. Indiquant que son texte avait été adapté « au contexte de la crise mondiale et locale », elle a rappelé que 150 millions d’euros supplémentaires y ont été injectés par le gouvernement.

Difficiles négociations en Martinique

Pour autant la situation n’est pas encore réglée aux Antilles. Michèle Alliot-Marie juge « inacceptables » certains termes de l’accord salarial signé en Guadeloupe entre le collectif syndical LKP et une partie du patronat, dans un entretien publié par Les Echos. « Comme Yves Jégo et Laurence Parisot, je juge certains propos, notamment du préambule, inacceptables », déclare-t-elle. La ministre annonce également son intention d’aller « bien sûr » en Martinique et en Guadeloupe, « et aussi à La Réunion où (elle) lancera les états généraux de l’outre-mer ».
Les négociations entre le « Collectif du 5 février », animateur du mouvement contre la vie chère en Martinique, et le patronat doivent elles reprendre mardi, après avoir achoppé pour la énième fois la veille. Il s’agit pour les parties de trouver un compromis sur deux questions liées: la définition du smic qui servira de référence pour bénéficier de la prime de 200 euros nets (pour les bas salaires jusqu’à 1,4 smic) et les revalorisations pour les salaires juste au-dessus (entre 1,4 et 1,6 smic).

Guadeloupe : Domota dénonce une manoeuvre

Le leader du LKP a déclenché une vive polémique en affirmant que les entrepreneurs qui refusaient l’accord d’augmentation de 200 euros des bas salaires devraient « quitter » la Guadeloupe et qu’il ne « laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l’esclavage ».

Elie Domota lors d'une manifestation en Guadeloupe

(c) Sipa Elie Domota lors d’une manifestation en Guadeloupe

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Polémique après les propos de Domota. Le leader du LKP Elie Domota a déclenché une vive polémique en affirmant jeudi que les entrepreneurs qui refusaient l’accord d’augmentation de 200 euros des bas salaires devraient « quitter » la Guadeloupe et qu’il ne « laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l’esclavage ». « Un dérapage verbal inadmissible », estime Yves jégo, dans les colonnes du Parisien du lundi 9 mars. Le parquet de Pointe-à-Pitre a lancé samedi une enquête pour provocation à la haine raciale et tentative d’extorsion de signature. « Une manoeuvre de plus pour tenter de nous intimider », a réagi l’intéréssé.
Le Medef s’est indigné des « intimidations » des grévistes qui ont régulièrement obligé magasins et entreprises à fermer pendant les 44 jours de conflit. Le Parti socialiste a lui dénoncé « une stupide logique de vengeance politique », qui risque de « racialiser un conflit social dont la source est bel et bien l’exploitation par une poignée de nantis ». L’ex-candidate des Verts à la présidentielle Dominique Voynet a parlé de « tentative d’humiliation ».
Très proche conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino a voulu calmer le jeu, rappelant que si tout dérapage racial était « inadmissible » des propos quasi-symétriques avaient valu une enquête semblable à une figure de la communauté békée martiniquaise.
L’Etat ne soutient pas le protocole d’accord en Guadeloupe. Yves Jégo a qualifié le préambule de l’accord salarial signé en Guadeloupe entre le collectif syndical LKP et une partie du patronat de non « acceptable ». « L’Etat ne soutient pas le protocole d’accord », a-t-il ajouté soulignant que « le préfet (de Guadeloupe) et les médiateurs » ont assisté aux négociations mais qu’ »ils n’ont rien signé ». « Ils étaient juste là en médiateurs ». Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer répondait à des propos de Laurence Parisot qui dénonce le fait que ce préambule qualifie l’économie de la Guadeloupe d’ »économie de plantation », c’est-à-dire, selon elle d’ »économie esclavagiste ». C’est la raison pour laquelle le Medef local a refusé de signer cet accord, explique-t-elle.
Le ministre du Travail Brice Hortefeux a lui indiqué qu’il ne prendrait qu’après le 20 mars sa décision sur une éventuelle extension à toutes les entreprises privées de Guadeloupe de l’accord sur les salaires dans l’île. L’accord interprofessionnel sur les salaires prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires. Mais il est limité pour le moment à 15.000 à 30.000 salariés car le Medef et plusieurs autres organisations patronales majoritaires ne l’ont pas signé.

Le Medef critique la gestion de la crise par l’Etat.
« Je ne m’explique pas la façon dont l’Etat a agi (…) Dès le début du conflit, les autorités publiques à Pointe-à-Pitre ont accordé une importance cent fois plus grandes aux propos tenus par les responsables du LKP. Les employeurs, eux, n’ont guère eu voix au chapitre », affirme-t-elle dans Le Parisien. « Je considère donc que l’Etat n’a pas joué son rôle d’arbitre dans ce qui était à l’origine un conflit du travail ».Reprise des négociations à la Réunion. Les négociations sur les prix et les salaires ont repris lundi matin. Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion (Cospar), qui anime le mouvement contre la vie chère, étudie actuellement des propositions patronales en réponse à sa demande d’une hausse mensuelle de 200 euros des bas salaires.
Dimanche après-midi, le Cospar a jugé « floues » les propositions de l’Etat, qui n’ont pas été rendues publiques, face à ses 62 revendications. Après les rassemblements du 5 mars, qui avaient mobilisé de 15.000 à 30.000 personnes selon les sources, une nouvelle manifestation est annoncée pour mardi et le Cospar brandit la menace d’une grève reconductible.

La situation s’améliore en Martinique. Les négociateurs en Martinique, qui s’étaient retrouvés samedi quelques heures après les émeutes pendant lesquelles trois policiers ont été légèrement blessés, entérinaient dimanche les points d’accord obtenus sur des points très techniques en matière de logement ou assurance auto. La perspective d’un document de suspension de la grève pour la semaine à venir commençait à être évoquée prudemment, avec l’idée de ne pas plus pénaliser l’économie, ni les scolaires alors que les examens approchent.

 

Les réactions (2)

Par A Gwada : 10.03.2009 | 09:14 Alerter

Propos de Domota
Les propos de Domota qualifiés de dérapage par M. JEGO en réalité reflète la triste réalité. Le vrai dérapage, il s’est produit déjà il y a 400 ans. Ensuite, il y eut celui des békés. Interrogeons nous ? Pourquoi l’histoire des DOM COM n’a pas été enseignée dans les écoles françaises. C’est très étrange, on a l’impression que les français découvrent l’existance de l’outremer.

Par AUWELIO : 09.03.2009 | 13:57 Alerter

Quand on n’aime pas la GUADELOUPE……
Monsieur le MINISTRE ET il faut vous ressaisir. Je vous conseille vivement de lire « UN MODELE D?ECNOMIE PURE DE PLANTATION » de LYOD BEST Ph. University of the WEST INDIES (traduction du Docteur Jean CRUSO in LES CAHIERS DU CERAG 1971) et le chapitre VII des « documents du CERAG n° 2 1972 » de J. CRUSOL « la croissance économique
De la Martinique depuis la départementalisation -. Ce chapitre est intitulé « LES NOUVELLES PLANTATIONS ».
Essayer de nier l évidence relève de l?irresponsabilité et de la volonté de maintenir cette société qu?on feint de découvrir aujourd?hui qu?elle est dans la République.
Les faits sont têtus et toutes formes de répression et manigances politiciennes n?y changeront rien

 

 

 

LKP – Accord Bino : Cachez ce préambule que je ne saurais voir…

vendredi 13 mars 2009, par Ludo


Par Tiennot Grumbach, avocat honoraire, ancien pdt du Syndicat des avocats de France

Le gouvernement veut minimiser les succès de la Guadeloupe

Les archipels sont fragiles, mais accordés aux multiples vérités du monde actuel. L’océan de la traite fut ainsi un continent obscur où s’implantèrent les plantations à esclaves…
(Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau : l’Intraitable beauté du monde, adresse à Barack Obama, Galaade Éditions, 2009)

Cachez ce préambule que je ne saurais voir… proclament toutes les forces de régression sociale depuis la signature, le 26 février dernier, de l’accord Jacques-Bino. Ce préambule [1] est pourtant l’illustration du principe « c’est le fait qui fait le droit ».

Ce principe, énoncé par Loysel au XVIIe siècle, a été rappelé, dans ces mêmes termes, par Élie Domota au ministre Jégo. C’était à l’occasion du deuxième round de négociation quadripartite qui rassemblait, enfin, tous les protagonistes sociaux : les diverses organisations patronales, les élus, l’État et, bien sûr, toutes les organisations syndicales représentatives de Guadeloupe ainsi que les associations et les mouvements regroupés dans le LKP.

La finalisation de cet accord a dû attendre que le préfet et les représentants des collectivités territoriales signent un second texte, en date du 4 mars. Contresigné par les organisations d’employeurs signataires de l’accord Jacques-Bino et l’ensemble des associations et des mouvements constituant le LKP, il contient cent soixante-cinq dispositions et fait référence explicitement à l’accord Bino.

La ministre de l’Intérieur, qui était restée taisante pendant le déroulement du conflit, a tracé en quelques mots le nouvel argumentaire de la pensée unique concernant l’accord lui-même : « L’État n’était pas partie prenante à ce texte. Il ne pouvait donc en négocier le contenu. Comme Yves Jégo et Laurence Parisot, je juge certains propos, notamment du préambule, inacceptables » (les Échos, mardi 10 mars). La veille au soir, sur France Info, le ministre du Travail, Brice Hortefeux, a tenu des propos similaires. Il a déclaré, en dénonçant le préambule, que l’extension de l’accord n’était qu’une possibilité parmi d’autres et qu’il n’étendrait pas tant que la Commission nationale de la négociation collective, convoquée pour le 20 mars, n’aurait pas donné son avis.

Pourquoi tant de protestations sur les termes d’« économie de plantation » qui figurent dans ce préambule ? Il s’agit pourtant d’une réalité historiquement reconnue. En parlant de la pérennisation d’un modèle rien ne devait autoriser quiconque à soutenir que le texte du préambule renvoyait à une quelconque survivance de fait d’une économie esclavagiste. Pourtant c’est cette interprétation spécieuse que retient le MEDEF et qu’exprime Laurence Parisot : « Le protocole d’accord énonce des principes qui sont contraires aux valeurs fondamentales de la République française et auxquelles nous ne pouvons souscrire d’aucune façon. On y lit que l’économie de la Guadeloupe serait une “économie de plantation”. Cela veut dire une économie esclavagiste ! » (le Parisien, 9 mars).

Cette levée de boucliers des pouvoirs économiques, politiques et médiatiques surprend d’autant plus qu’en l’état le préambule, régulièrement paraphé entre des organisations syndicales représentatives et des organisations professionnelles d’employeurs et de salariés, n’est opposable qu’aux signataires. L’accord bruyamment contesté n’est applicable que sur le territoire de la Guadeloupe.

Il l’est dans un cadre régional et interprofessionnel. Il est juridiquement conforme aux dispositions du Code du travail. Il est susceptible d’être étendu en application de l’article L2261-15 du Code du travail. Sur quels fondements constitutionnels peut-on soutenir que les principes qu’il énonce sont contraires aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales ?

Nul ne le sait. On peut par contre constater qu’en refusant la négociation au seul motif du préambule et de l’article V, sur la clause de convertibilité, les responsables des grandes entreprises se démasquent. La clause de convertibilité donne en effet trois ans au patronat pour prendre en charge, au fur et à mesure du déroulement de l’accord, le règlement direct des 200 euros d’augmentation pour les plus bas salaires, en perdant progressivement le bénéfice des dégrèvements fiscaux et sociaux qui leur ont été consentis. Quand les organisations d’employeurs qui représentent les plus petites entreprises de Guadeloupe acceptent ce dispositif, le fait que les plus importantes d’entre elles, qui sont au coeur des surprofits, le refusent met bien en évidence l’opposition à la négociation loyale et contradictoire qui les animait.

Un nouveau revirement du pouvoir après le 20 mars serait donc d’autant plus incompréhensible que le MEDEF local est contraint de courir après l’accord Jacques-Bino qu’il dénonce dans tous les médias. Il vient ainsi de décider d’un engagement unilatéral sous la forme d’un bonus exceptionnel qui reprend quasiment l’intégralité de l’accord qu’il condamne.

Que peut-on reprocher aux syndicats de la Guadeloupe quand, sans attendre les consignes de Willy Angèle, ils ont appelé à signer des accords, entreprise par entreprise, avec les employeurs directs pour que soit validée leur adhésion volontaire à l’accord Jacques-Bino ? Qui a pu parler d’extorsion de signature quand on sait que de grandes entreprises et des groupes l’ont déjà signé ?

Quoi que puissent en dire aujourd’hui, a posteriori, princes et les princesses qui nous gouvernent, le préambule existe. Il a une valeur juridique incontestable. Les surprofiteurs peuvent toujours soliloquer dans leur réserve, ils n’empêcheront pas que ce préambule est un fait acquis. Il marque la force poétique de l’utopie du réel sans lequel nul ne sait monter à l’assaut du ciel.

Tiennot Grumbach
Pourp@arler
Mars 2009

Notes

[1] Le Préambule :

-  Considérant que la situation économique et sociale actuelle existant en Guadeloupe résulte de la pérennisation du modèle de l’économie de plantation.
-  Considérant que cette économie s’appuie sur des rentes de situation de monopole, des abus de positions dominantes qui génèrent des injustices.
-  Considérant que ces injustices touchent aussi bien les travailleurs, que les acteurs économiques endogènes.
-  Considérant que ce sont autant d’obstacles au développement économique endogène et à l’épanouissement social.
-  Considérant la nécessité de faire tomber tous ces obstacles en instaurant un ordre économique nouveau prônant une revalorisation du travail de chacun (chefs d’entreprise et salariés) et promouvant de nouveaux rapports sociaux.
-  Considérant que les parties conviennent à ce titre de la nécessité d’une revalorisation substantielle du pouvoir d’achat par un relèvement des bas salaires selon les modalités qui suivent.

Télécharger :
-  Accord J. BINO – Accord interprofessionnel sur les salaires (pdf) :
click !
-  J.O du 7.03.09 – Avis d’extension de l’accord J. Bino (pdf) :
click !

 

 

Chronologie de la grève aux Antilles

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Voici les grandes étapes de la grève générale contre la vie chère qui a démarré le 20 janvier 2009 en Guadeloupe.JANVIER

19: mot d’ordre de fermeture illimitée des 115 stations-service de l’île, dont les gérants refusent toute nouvelle implantation.


20: grève générale à l’appel de 52 organisations réunies dans un « Comité contre l’exploitation outrancière » (LKP), qui réclame notamment une baisse de 50 centimes du prix des carburants et une hausse du salaire minimum de 200 euros. 3.000 personnes manifestent à Pointe-à-Pitre.


21: la grève se durcit, l’éducation et l’hôtellerie sont très touchées.


23: première négociation du préfet avec le LKP. La distribution de l’eau potable est perturbée. Des professions prioritaires (médecins, etc) ont accès à des stations-service réquisitionnées.


24: 8.000 (selon la police) à 25.000 personnes (selon les organisateurs) manifestent à Pointe-à-Pitre. Une table-ronde de quatre heures se tient entre le LKP et le préfet.


26: aucune avancée ne ressort d’une nouvelle table-ronde. 13 stations-service sont réquisionnées. RFO interrompt ses programmes. Le Medef chiffre à 130 millions d’euros le manque à gagner pour l’économie locale.


28: deux députés, Victorin Lurel (Guadeloupe, PS) et Christiane Taubira (Guyane, PRG), déplorent le « silence » du secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo. Dans un communiqué, le secrétaire d’Etat propose d’ouvrir des négociations « thème par thème, dans un délai contraint de quatre semaines ».


29 et 30: plusieurs milliers de personnes manifestent à Pointe-à-Pitre.


31: les présidents des Conseils régional et général de la Guadeloupe proposent 54 millions d’euros pour satisfaire les principales revendications du LKP, qui refuse.
FEVRIER

1er: Yves Jégo arrive en Guadeloupe.


2: le secrétaire d’Etat annonce la réouverture de « 25 stations-services » et l’application du Revenu de solidarité active (RSA) dans l’île dès cette année, soit avec un an d’avance. Un accord prévoit de limiter à 118 « durant 3 ans » le nombre des stations-service.


3: Yves Jégo annonce pour « dès cette année » 40.000 billets d’avions aller-retour à 340 euros Pointe-à-Pitre/Paris pour « les Guadeloupéens les plus modestes ».


4: Yves Jégo annonce avoir obtenu « un engagement clair, chiffré » des responsables de la grande distribution en Guadeloupe pour une baisse de 10% du prix de 100 produits de première nécessité.
Premières discussions entre le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer et les dirigeants du LKP. Dans le même temps, la quasi-totalité des stations-service rouvrent dans la région de Pointe-à-Pitre, et dans le reste de l’île.Conclusion d’un accord mettant en place un « plan de soutien » bancaire aux entreprises et aux particuliers.


5: ouverture des négociations quadripartites en Guadeloupe -LKP, patronat, les collectivités territoriales et l’Etat. La Martinique se dresse, à son tour, contre la vie chère avec une manifestation très suivie à Fort-de-France (plus de 20.000 à la mi-journée selon les organisateurs, 15.000 selon la police) et un mot d’ordre de grève générale.


6: blocage de l’unique dépôt pétrolier de la Guadeloupe.


8: pré-accord entre le patronat et le LKP sur une hausse de 200 euros des bas salaires, qui doit être soumis à Matignon sollicité pour des allégements de charges.


9: Yves Jégo quitte la Guadeloupe et rentre à Paris. Le secrétaire général du Medef Guadeloupe, Jean-Luc Lubin chiffre entre 160 et 200 millions d’euros le manque à gagner entraîné par les mouvements de grève.


10: François Fillon déclare que « l’Etat ne saurait se substituer aux partenaires sociaux », à propos du blocage sur les revendications salariales à la Guadeloupe, mais « propose une médiation ».


11: Yves Jégo revient en Guadeloupe dans la nuit, en compagnie des deux médiateurs nommés par le Premier ministre, alors que le collectif LKP annonce un durcissement de la grève générale. Reprise des négociations.


12: rupture des discussions entre le LKP et les médiateurs.


13: Yves Jégo rentre à Paris. La tension gagne la Réunion.


14: La préfecture fait ouvrir 42 stations-services. Yves Jégo entame des consultations à Paris. Des élus appellent les grévistes à assouplir leur mouvement.


15: environ 9.000 personnes selon la police, 50.000 selon les organisateurs défilent en entonnant « la Guadeloupe c’est à nous, la Guadeloupe, c’est pas à eux », visant les « békés », minorité blanche descendant des colons, et « les gros » propriétaires et entrepreneurs.


16: 9 barrages routiers sont érigés par des grévistes en Guadeloupe, occasionnant des dizaines d’interpellations. Les « nouvelles mesures » approuvées par le gouvernement pour la Guadeloupe pour 2009 représentent 87,8 millions d’euros, auxquelles s’ajoutent 97,5 millions d’euros d’ »autres mesures », selon un tableau présenté par Yves Jégo. 13 organisations de gauche manifestent à Paris.


17: le « collectif du 5 février » et les représentants de la grande distribution de la Martinique parviennent à un accord sur la notion de produit de première nécessité. Flambée de violence dans la nuit en Guadeloupe: un syndicaliste, Jacques Bino, en voiture est tué par une balle tirée « depuis un barrage tenu par des jeunes » à Pointe-à-Pitre. 


18: ouverture d’une information judiciaire pour meurtre. La ministre de l’Intérieur et de l’Outre-Mer Michèle Alliot-Marie instaure une réunion quotidienne sur la sécurité aux Antilles. A l’issue de la première, est annoncé l’envoi en Guadeloupe de « quatre escadrons de gendarmes mobiles », soit 280 militaires, alors qu’un millier de gendarmes et autant de policiers sont déjà sur place. En toute fin de son allocution rendant compte du sommet social de l’Elysée, Nicolas Sarkozy évoque  »l’angoisse » et « une certaine forme de désespérance de nos compatriotes des territoires d’Outre-mer ».


19: François Fillon confie que le gouvernement va soumettre en Guadeloupe dès le début de la matinée une proposition permettant une augmentation des bas salaires « proche des 200 euros ».
Nicolas Sarkozy dit qu’il ouvrira des états-généraux en Guadeloupe dès que le calme sera revenu.


20: le LKP annonce la reprise des négociations.


21: reprise des négociations puis supension. Le ministre du Budget Eric Woerth annonce l’adoption de « mesures douanières exceptionnelles pour soutenir les entreprises en Guadeloupe », à savoir  »la possibilité de reporter d’un à trois mois les échéances de paiement de l’ensemble des droits et taxes de douane (dédouanement, contributions indirectes, octroi de mer externe et en régime intérieur) » ou de « solliciter l’échelonnement des paiements sur une période de trois à 12 mois ». Manifestation à Paris de solidarité avec la grève en Guadeloupe.
23: reprise des négociations puis supension.


24: la région et le département de Guadeloupe proposent « une contribution financière conjointe de 50 euros par mois sur une durée de 12 mois non reconductible ».


25: Matignon propose un Revenu supplémentaire temporaire d’activité (RSTA) avec 80 euros déboursés par l’Etat jusqu’ »à l’horizon 2011″, avant un retour au revenu de solidarité active (RSA).


26: signature d’un accord salarial partiel en Guadeloupe pour une augmentation des bas salaires, le Medef ayant claqué la porte.
MARS

2: le LKP examine le projet d’accord transmis par le préfet. RFO reprend ses programmes après dix jours de grève.


3: En Martinique, accord sur une hausse des bas salaires de 200 euros, mais pas encore sur les prix. La grève continue. En Guadeloupe, le Medef accepte des primes, mais pas l’accord.


4: en Guadeloupe, le LKP et le préfet signent un accord appelant « à la reprise de l’activité normale », au 44ème jour de grève générale. L’accord qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires lui est annexé.


10: A la Martinique, le « Collectif du 5 février » et le patronat ont signé un accord global sur les bas salaires. La grève continue.

Publié dans QUESTIONS DES MINORITES | Pas de Commentaire »

L’argent caché des paradis fiscaux + Le Cac 40 raffole des paradis fiscaux

Posté par issopha le 11 mars 2009

Economie

Publié le 26/02/2009 N°1902 Le Point

L'argent caché des paradis fiscaux + Le Cac 40 raffole des paradis fiscaux  dans LA MONDIALISATION xls entreprisesfrancaisesetparadisfiscaux.xls

L’argent caché des paradis fiscaux

Scandale. La chasse aux 10 000 milliards de dollars placés dans les paradis fiscaux est ouverte. Enquête.

Mélanie Delattre

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C’est le nouvel Axe du mal. « Pour l’instant, on s’est contenté d’armes trop légères. Moi, je suis pour une action à la dynamite. » Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, veut-il envoyer les chars à Pyong-yang, bombarder Téhéran ? Pas du tout. Il suggère simplement d’employer les grands moyens pour en finir avec les Etats voyous de la finance mondiale, leurs armes de défiscalisation massive et leurs bombes à retardement que sont les fonds spéculatifs. Il n’est pas le seul à avoir déclenché l’artillerie lourde. Nicolas Sarkozy est lui aussi très remonté sur le sujet. Il vient d’annoncer qu’il allait « poser des questions » à ses encombrantes dépendances que sont Andorre et Monaco. Voire demander des comptes à son voisin européen, le Luxembourg. Ce dernier est pourtant dirigé par Jean-Claude Juncker, patron de l’Eurogroupe, petit club informel des argentiers de la Zone euro. Le président est revenu à la charge auprès de ses partenaires européens il y a quelques jours dans le cadre de la préparation du sommet du G20 à Berlin. Son discours : en finir avec les paradis fiscaux, rien de moins…

Longtemps complaisants à l’égard des Bahamas, des îles Caïmans et autres micro-Etats des Caraïbes, les Etats-Unis semblent eux aussi désormais décidés à s’attaquer au fléau. Emmenés par un Barack Obama signataire en 2007 (alors qu’il était encore simple sénateur) du Stop Tax Haven Abuses Act (stoppez les abus des paradis fiscaux, une proposition de loi visant à limiter l’évasion fiscale vers les territoires offshore), les Etats-Unis sont entrés dans la bataille. Après avoir obtenu le 18 février que la banque suisse UBS paie une amende de 780 millions de dollars et livre les noms de 250 clients qui ont fraudé le fisc, Washington exige maintenant des informations sur 52 000 comptes censés rester anonymes. Quand on sait que le secret bancaire suisse est né il y a presque trois siècles-en 1713 exactement-, on peut se demander quelle mouche a piqué les juges américains. Depuis la Grèce antique et ses ports détaxés, le système économique international abrite des « trous noirs » financiers qui prospèrent au nez et à la barbe des Etats sans que personne y trouve à redire.

Suspicion

Oui mais… La crise financière est passée par là. Et les paradis fiscaux sont accusés de tous les maux : leur manque de transparence rend difficile le repérage des risques bancaires et entretient la méfiance des marchés, une catastrophe en ces temps de suspicion généralisée. Comme le rappelle Daniel Lebègue, président de la section française de l’ONG Transparency International, « la faveur fiscale offerte par ces Etats s’accompagne bien souvent d’une opacité législative » . Les deux conditions doivent être réunies pour qu’un pays soit considéré comme un paradis fiscal au sens de l’OCDE (voir carte) . Malgré son taux d’imposition sur les sociétés de 12,5 %, l’Irlande n’est pas un paradis fiscal au sens strict du terme. Juste une île à la fiscalité très légère. En revanche, les rochers tropicaux de la mer des Caraïbes et du Pacifique, de même que bon nombre de micro-Etats européens voisins de grands pays (Monaco, Liechtenstein, Andorre ou les îles Anglo-Normandes) présentent le double avantage d’offrir des facilités fiscales et des lacunes réglementaires.

« Jusqu’il y a six mois, Andorre-pays situé à quelques heures seulement de Paris-n’exigeait pas des sociétés basées sur son territoire qu’elles publient un bilan et un compte de résultat » , rappelle Pascal de Saint-Amans, chef de la division chargée de la coopération internationale et de la compétition fiscale à l’OCDE. Un laxisme qui prévaut toujours dans bon nombre de ces Etats d’opérette. Aux Bahamas, le président de la banque centrale est un amiral à la retraite qui ne connaît rien à la finance. Quand on sait que l’archipel compte plus de 200 établissements financiers et autant de hedge funds, il y a de quoi frémir. Ou se réjouir, selon que l’on se trouve du côté du contribuable floué par la crise financière ou du côté des banques, entreprises et riches particuliers qui profitent de ces oasis de liberté pour alléger leur facture fiscale en toute légalité.

« La liberté de circulation des hommes et des capitaux est un droit inaliénable » , rappelle l’avocat Eric Ginter, spécialiste de la fiscalité au sein du cabinet Sarrau Thomas Couderc. Il n’est pas interdit d’avoir un compte au Luxembourg s’il est déclaré. Pas plus qu’il n’est illégal de constituer une fondation pour organiser sa succession et, ou de monter une société dans lequel votre nom n’apparaît pas. « C’est même pour certains clients issus de pays instables, à l’administration policière, une question de survie » , insiste-t-il. Certes. Mais c’est surtout pour un petit nombre de VIP-cadres dirigeants de multinationales, héritiers de grandes fortunes industrielles, stars hollywoodiennes, émirs et oligarques-le moyen d’échapper à toute contrainte fiscale et sociale. Eden pour beautiful people paresssant sur les plages de Lyford Cay, résidence très privée (et non fiscalisée) des Bahamas, à l’instar de Sean Connery, d’Alain Wertheimer-co-propriétaire de Chanel-et de plusieurs membres de la famille Bacardi, les paradis fiscaux servent également de refuge à des individus moins fréquentables. Criminels et trafiquants en tout genre raffolent de ces maillons faibles du système financier international. En rompant la chaîne de la traçabilité de l’argent, les paradis fiscaux permettent aux fonds à la provenance douteuse de réintégrer le circuit bancaire traditionnel et de brouiller les pistes en cas de recherche de leur origine. Les enquêteurs de Tracfin se sont ainsi arraché les cheveux sur le cas d’un ressortissant russe désireux d’acquérir un important bien immobilier au travers d’une série de sociétés taxis chypriotes n’ayant pas d’activité véritable et utilisant des comptes bancaires allemands et suisses.

Pourtant, les activités interdites et crapuleuses ne suffisent pas à faire vivre à elles seules ces Etats coffres-forts ! 10 000 milliards de dollars d’actifs financiers dorment dans les caisses des paradis fiscaux. Presque cinq fois le PIB de la France. Bien plus que ne peut en générer l’industrie du crime. D’autant que les politiques de lutte contre le blanchiment d’argent sale, désormais coordonnées au niveau européen, commencent à porter leurs fruits. « Hormis à Chypre ou à Gibraltar, qui continuent à fermer les yeux sur un certain nombre de trafics, il est désormais difficile de placer de l’argent dans la sphère occidentale sans se faire repérer » , constate Daniel Lebègue.

Acrobaties financières

Si les paradis fiscaux continuent à prospérer, c’est d’abord parce qu’ils ont su se rendre indispensables dans un monde capitaliste globalisé, selon l’argument de leurs défenseurs ! Qu’on en juge : 50 % du commerce international y transite et ils hébergent, selon le FMI, 4 000 banques, les deux tiers des hedge funds et 2 millions de sociétés écrans. L’appétit de la finance internationale pour ces Etats moins-disants en termes de contraintes et de réglementations explique que des confettis comme les Caïmans ou les Bermudes aient pu se hisser en tête du classement des plus grandes places financières mondiales (voir reportage) . Les spéculateurs ne sont pas les seuls à s’y précipiter.

Les plus grands établissements financiers y sont eux aussi largement représentés. Citigroup, première banque du monde, possède 427 filiales dans des centres off-shore, y compris dans des endroits aussi exotiques que Saint-Kitts-et-Nevis, Macau et les îles Turques-et-Caïques. Bank of America, 311. Et les françaises ne sont pas en reste. Mutualistes ou commerciales, toutes y ont des antennes (voir encadré) . Non contentes de s’y livrer à des acrobaties financières derrière des sociétés écrans, trusts ou special purpose vehicles , elles font la promotion des paradis fiscaux auprès de leurs clients, leur proposant divers produits défiscalisés et juteux investissements. On pouvait ainsi lire il y a quelques semaines sur le site de BNP Paribas, nettoyé depuis : « Aux îles Caïmans, nos professionnels oeuvrent au service d’un grand nombre d’entités financées par quelques-unes des grandes banques et entreprises commerciales mondiales. Notre offre comporte entre autres des services de trustee, d’administrateur, de secrétaire général et d’agence principale/siège social. » Le kit de la société écran à monter soi-même, en quelque sorte… A la Société générale, un client s’est carrément vu proposer par son agence locale d’exfiltrer vers le Luxembourg une partie de son argent « oublié » par l’administration… Ces établissements, qui tendent une main à l’Etat pour se renflouer après leurs incartades de ces dernières années, le volent de l’autre, avec l’aide indirecte des paradis fiscaux dans les deux cas. « Nous ne sommes pas régulateurs ni directeurs des services fiscaux de l’Etat, rétorque un banquier, le seul qui ait accepté de nous recevoir dans le cadre de cette enquête. On ne fait pas les lois, on les applique. »

Cela tombe bien, elles pourraient changer plus vite que prévu. Face aux désordres du capitalisme financier, les grandes puissances semblent décidées à agir. En obligeant les banques nationales à déclarer les comptes offshore de leurs clients, l’Irlande a déjà récupéré plus de 1 milliard d’euros. Cette mesure simple (et qui peut rapporter gros) est étudiée de près par le gouvernement français, qui pourrait s’en inspirer (voir interview d’Eric Woerth ) en attendant que l’OCDE livre sa nouvelle liste des paradis fiscaux, préalable nécessaire à toute mesure de rétorsion massive. Dénonciation des conventions fiscales avec les Etats qui n’acceptent pas l’échange de renseignements, taxation des ressortissants disposant de revenus importants (même légaux) dans les paradis fiscaux, obligation pour les banques de signaler d’éventuels soupçons de fraude fiscale, comme le prévoit le projet de directive européenne sur le secret bancaire : les moyens d’affaiblir les paradis fiscaux et de les faire entrer dans le rang ne manquent pas.

Encore faudrait-il pour cela que les Etats occidentaux en aient réellement la volonté. Après tout, eux qui jouent les vierges effarouchées ne sont pas les derniers à utiliser les paradis fiscaux. « S’il n’existait pas d’écrans noirs derrière lesquels se cacher, comment Paris, qui respecte scrupuleusement la convention de l’OCDE interdisant la corruption d’agents publics étrangers, vendrait-il ses centrales électriques, ses trains, ses Rafale ? » interroge le fiscaliste Rémi Dhonneur, du cabinet DLF. Sans qu’il soit question de pots-de-vin, France Domaine, l’institution chargée de gérer les biens immobiliers de l’Etat, s’est fait épingler dans le dernier rapport de la Cour des comptes pour avoir à plusieurs reprises cédé des immeubles de prestige à des sociétés immatriculées dans des paradis fiscaux, notamment au Luxembourg et aux îles Vierges britanniques, sans alerter Tracfin.

Ennemi intérieur

Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, où les membres de la mission d’information parlementaire chargée de se pencher sur le sujet s’apprêtent à entendre Daniel Lebègue, le député PS Henri Emmanuelli fait part de son scepticisme. « Tout le monde est plein de bonne volonté sur le sujet, et le moment s’y prête, mais vous allez voir… Entre les grandes annonces et leur application, un certain temps va s’écouler » , prédit-il. Déjà, le gouvernement-pourtant unanime sur le sujet-semble lâcher du lest. Le président de la République avait affirmé au dernier Conseil européen à Bruxelles qu’ « il ne serait pas normal qu’une banque à qui nous octroierions des fonds propres continue à travailler dans des paradis fiscaux » . Or cette question n’a, selon Baudouin Prot, DG de BNP Paribas, jamais été abordée par les pouvoirs publics dans le cadre des contreparties exigées dans le plan de soutien à ces établissements bancaires !

Par ailleurs, « si l’on veut lutter efficacement contre le fléau des paradis fiscaux, il faut une action coordonnée, au moins au niveau européen » , estime Daniel Lebègue. C’est là que le bât blesse. Car l’ennemi n’est pas seulement à la frontière, il est à l’intérieur. « Le Luxembourg, l’Autriche et dans une moindre mesure la Belgique connaissent une forme plus ou moins hermétique de secret bancaire. Or, dans l’Union européenne, les décisions qui touchent à la fiscalité se prennent à l’unanimité… On voit mal ces trois pays scier la branche sur laquelle ils sont assis » , commente Henri Emmanuelli. Il a ainsi fallu cinq ans d’âpres négociations pour que les pays de l’UE adoptent une directive a minima sur la fiscalité de l’épargne. Obtenir des Vingt-Sept qu’ils se prononcent en faveur de la levée du secret bancaire et obligent les établissement financiers à signaler des soupçons de fraude fiscale, comme le voudrait le projet de directive écrit par la Commission, risque de prendre des siècles. Bazooka ou pétard mouillé, la lutte contre les paradis fiscaux n’a pas fini de faire parler. Cela ne rapportera peut-être pas d’argent dans les caisses de l’Etat, mais sert au moins à détourner l’attention de l’opinion des vraies questions que sont le pouvoir d’achat et la dette publique. Dette qui-ne nous y trompons pas-finira en partie négociée et placée dans un paradis fiscal…

Les milliards de l’ombre

10 000 milliards de dollars d’actifs financiers en dépôt ou en gestion dans des paradis fiscaux.

50 % des flux financiers mondiaux transitent par les paradis fiscaux.

Selon le FMI, ces paradis hébergent 4 000 banques, les deux tiers des fonds spéculatifs et 2 millions de sociétés écrans.

Fraude fiscale au niveau mondial : entre 350 et 500 milliards, selon une étude Banque mondiale/Cnuced.

100 milliards de perte de recettes fiscales pour le Trésor américain du fait de l’existence des paradis fiscaux.

Entre 20 et 25 milliards d’euros de perte de recettes fiscales pour l’Allemagne.

Entre 15 et 20 milliards de perte de recettes fiscales pour la France (soit le déficit budgétaire de la Sécurité sociale en 2009).

Monaco

Monaco est, avec le Liechten-stein et Andorre, un territoire jugé non coopératif en matière fiscale par l’OCDE. Sauf avec la France, qui a signé sous de Gaulle un accord de coopération (en 1963), la principauté ne se livre à aucun échange de renseignements avec les administrations fiscales des pays tiers. D’où le succès du Rocher auprès des riches étrangers… non français.

Jersey

Dépendante de la couronne britannique, Jersey ne fait pas partie de l’Union européenne, dont elle est simple membre associé. Un statut hybride qui s’applique également à sa voisine Guernesey. Très prisées des institutions financières européennes en raison de leur législation très souple, les îles Anglo-Normandes abritent 225 banques et 820 fonds d’investissement.

Luxembourg

Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, n’aime pas que l’on qualifie son pays de paradis fiscal. Mais sa fiscalité avantageuse sur les dividendes et plus-values de cession combinée à un ferme secret bancaire et à l’existence d’outils d’optimisation fiscale (Sicar…) font du grand-duché une destination de choix.

Iles bermudes

Ce confetti de la couronne britannique, considéré par les professionnels comme le plus fréquentable des paradis fiscaux caribéens, est l’un des leaders mondiaux de l’assurance et de la réassurance. Axa, AGF, MMA et 16 des 35 plus grands assureurs mondiaux y sont implantés. L’archipel est également réputé pour son management des trusts patrimoniaux.

Zoug

Zoug est le paradis fiscal helvétique par excellence. Avec un taux d’imposition sur les sociétés de 16,40 %, le plus petit des cantons suisses a su attirer de grandes entreprises et un certain nombre de sièges sociaux. Ses collines verdoyantes ont également servi de refuge aux sulfureux actionnaires de Metaleurop et à ceux de l’affréteur fantôme du « Prestige ».

Nauru

Située entre le Japon et la Nouvelle-Calédonie, cette île indépendante offre à la fois le secret bancaire, l’absence de contrôle des changes et pas le moindre embryon de réglementation. Pour seulement 25 000 dollars, on pouvait encore récemment créer une banque au Nauru, ce qui explique sans doute que le pays en compte 450 sur un territoire de 20 kilomètres carrés.

Liechtenstein

Dans l’oeil du cyclone depuis que l’Allemagne a mis au jour une fraude fiscale impliquant quelque 800 personnes pour un montant estimé à plus de 4 milliards d’euros, ce micro-Etat de 34 000 habitants tente de redorer son blason. Mais l’ampleur du scandale est telle que nombre de banques et de fondations familiales (le pays en comptait plus de 50 000) ont déjà fui Vaduz.

Panama

Panama, numéro un mondial des pavillons de complaisance, offre aux armateurs un enregistrement rapide, une législation favorable, en particulier la garantie de ne pas être inquiétés en cas de manquement aux règles internationales.Ce pays d’Amérique centrale à la fiscalité allégée compte une centaine de banques et plusieurs milliers de sociétés écrans.

Les banques françaises au paradis

Commerciales ou mutualistes, toutes les grandes banques françaises ont une présence dans les paradis fiscaux. Leurs destinations préférées : Jersey et le Luxembourg pour l’immatriculation des OPCVM, les Caïmans pour les placements à risque, la Suisse, Monaco et Singapour pour la gestion privée. A noter que les Caisses d’épargne, assez raisonnables avec deux antennes off-shore, se sont retrouvées aux Bermudes via CIFG, leur rehausseur de crédit. Et que l’habituellement très prudent Crédit mutuel se risque avec ses filiales CIC et Transatlantique dans des endroits bien malfamés : Chypre, Gibraltar et même le Liechtenstein.

Questions à… éric woerth* « certains pays européens nous mettent des bâtons dans les roues. »

Le Point : Où en est votre combat contre les paradis fiscaux ?

Eric Woerth : Lors de la réunion internationale du 21 octobre 2008, que j’ai initiée avec Peer Steinbrück, le ministre allemand des Finances, nous nous sommes fixé pour objectif d’obtenir de l’OCDE une liste plus réaliste que celle qui existe pour l’instant, sur laquelle ne figurent qu’Andorre, Monaco et le Liechtenstein et qui a donc tout d’une blague ! Cette mise à jour devrait être faite au printemps. Il est ensuite prévu qu’une nouvelle réunion internationale se tienne à Berlin pour avaliser cette liste. En ce qui concerne la France, un premier pas a été fait dans le collectif de fin d’année 2008. Nous avons allongé à dix ans le délai de prescription en cas de non-déclaration d’un avoir détenu dans un paradis fiscal et nous avons multiplié l’amende par plus de dix. En outre la pression de tous nous a permis de conclure des accords de levée du secret bancaire avec d’autres Etats : nous allons prochainement en signer avec Jersey et l’île de Man.

Vous semblez bien optimiste. L’Europe peine à obtenir la levée du secret bancaire. Ne craignez-vous pas un blocage de la Suisse, de la Belgique ou du Luxembourg ?

Certains nous mettent évidemment des bâtons dans les roues. Il faut continuer à discuter, notamment avec ceux qui sont parfaitement intégrés à l’Union européenne. Certes, on n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait du Luxembourg, de la Belgique ou de l’Autriche, mais ce n’est pas en les stigmatisant qu’on y parviendra. Il faut essayer de convaincre ces pays que le culte ou la culture-parfois les deux-du secret bancaire n’est pas, dans ce monde qui arrive, le bon positionnement. Je constate que le Luxembourg a commencé à bouger dans son discours, de même que la Suisse ou la Belgique.

La France aura-t-elle le courage de demander à ses banques la liste de leurs clients dans les paradis fiscaux ?

Il doit être possible d’obtenir des banques établies en France la liste des comptes détenus par leurs clients dans des paradis fiscaux. Je suis particulièrement intéressé par l’opération qu’a menée l’Irlande en ce domaine. Je dois m’y rendre fin mars

Repentir

Lors du décès de ses parents il y a quelques années, Jacqueline* découvre que son père possède 10 millions de francs (1,5 million d’euros) non déclarés sur un compte en Belgique. « J’étais dans l’illégalité la plus totale », raconte-t-elle. Epaulée par le cabinet DLF, l’un des rares avec les avocats fiscalistes de chez Goguel Monestier à gérer ce genre de situations, elle décide de tout régulariser. « Les inspecteurs ont d’abord vérifié qu’il ne s’agissait pas d’argent sale, puis ils ont épluché mon patrimoine dans les moindres détails. » Trois ans plus tard, une fois l’impôt sur le revenu, l’ISF, les droits de succession et les pénalités acquittés, il ne reste à Jacqueline qu’un peu plus de la moitié de la somme. Mais elle ne risque plus rien…

*Le prénom a été modifié.

Le Cac 40 raffole des paradis fiscaux

 

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A quelques semaines du G20 sur la transparence financière, Alternatives économiques publie la liste des entreprises du Cac40 disposant de filiales dans les paradis fiscaux. Une pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy.



 

(photo : Gastev - Flickr - cc - http://www.flickr.com/photos/gastev/3058788622/)

(photo : Gastev – Flickr – cc – http://www.flickr.com/photos/gastev/3058788622/)

Banque, luxe, automobile, grande distribution… des plus grosses machines aux nouvelles cotations, toutes les entreprises du Cac40 ont mordu dans la pomme des paradis fiscaux, démontre une enquête du mensuel Alternatives économiques réalisée par Christian Chavagneux et Marie-Salomé Rinuy (dont vous pouvez télécharger le tableau synthétique ci-dessous). Le G20 finances réunis ce week-end en vue de la réunion générale du 4 avril a fait trembler l’Autriche, le Liechtenstein et la Suisse en exigeant l’assouplissement du secret bancaire pour lutter contre l’évasion fiscale. Sarkozy faisait le fier, demandant à Monaco de s’aligner sur les autres. Mais ces révélations mettent un sale coup à l’image de « régulateur » du président de la République française.

Certes, le Dax30 allemand ou le Footsie britannique doivent autant regorger de fraudeurs du trésor encravatés. Mais aucun n’a autant que Nicolas Sarkozy pris la posture du pourfendeur de l’évasion fiscale, tempêtant sur le sujet lors de son discours de Toulon sur la refondaiton du capitalisme ou élevant le sujet au rang de priorité de la présidence française de l’Union européenne.


 

Un tiers des sociétés off shore appartiennent au secteur bancaire
Bermudes, Macao, Hong Kong mais aussi Pays-Bas, Chypre et Royaume-Uni… Aucun paradis fiscal se trouvent dépourvus d’officine française. Sans grande surprise, ce sont les banques qui « s’échappent » le plus : sur les quelque 1470 filiales de groupes côtés implantées dans des paradis fiscaux, 467, soit le tiers, appartiennent à des organismes bancaires.

Une manière, selon les enquêteurs d’Alternatives économiques, de faire « fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées, gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales qui pratiquent « l’optimisation fiscale ». » Un art dans lequel BNP semble être passé maître : le premier groupe bancaire français dispose de 189 entreprises domiciliées dans des paradis fiscaux, soit 23% de la totalité de ses filiales. Une performance que peinent à égaler les suivants : LVMH (140 filiales soit 24% du total), Schneider (131, soit 22%) ou encore France Télécom avec ses 63 modestes établissements (soit 24 du total) dont 8 implantés à l’île Maurice.


 

La City : le plus prisé des paradis fiscaux
Que ce soit Schneider, PPR, Pernod ou Peugeot, le Royaume-Uni reste la destination préférée des multinationales françaises : 30% des filiales situées dans la paradis fiscaux y sont implantées. Certes, le poids économique des Britanniques fournit un alibi de premier ordre. Mais c’est oublier un peu vite que la City de Londres, première place boursière européenne, dispose également d’un régime fiscal très avantageux pour les structures financières, notamment les hedge funds.

Reste à savoir si les trente territoires listés par les journalistes d’Alternatives économiques intègreront tous la « liste noire » des pays non coopérants à la transparence bancaire qui doit être remise au G20 pour le 4 avril prochain. Pour ce qui est de la liste noire des entreprises pratiquant l’évasion fiscale, elle a été rendue publique depuis longtemps : elle défile sur un bandeau en bas de toutes les chaînes d’info en continue.

Lire les extraits de l’enquête de Christian Chavagneux et Marie-Salomé Rinuy à paraître dans le numéro d’Alternatives économiques d’avril 2009.

 

 

Enquête exclusive : la présence des entreprises du CAC40 dans les paradis fiscaux

Des Bermudes à la Suisse en passant par Panama, toutes les grandes entreprises françaises possèdent des filiales dans les paradis fiscaux. C’est ce que révèle notre enquête sur la présence des entreprises du CAC40 dans les centres financiers « offshore ».

1236848548_excelVoir le tableau complet : les sociétés du CAC40 implantées dans les paradis fiscaux.

Retrouvez notre enquête complète, avec l’analyse détaillée de la présence des banques françaises et anglo-saxonnes dans les paradis fiscaux, dans le prochain numéro d’Alternatives Economiques (en kiosque début avril).

A lire aussi : le dossier documentaire sur le paradis fiscaux.

Alors que les paradis fiscaux sont de plus en plus montrés du doigt et constituent un sujet clé des discussions du G20 sur la régulation du capitalisme, l’enquête menée par Alternatives Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis fiscaux » [1] . Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d’une trentaine de territoires, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et… le Royaume-Uni.

Le secteur financier se révèle être le plus engagé dans les paradis fiscaux. BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale disposent de 361 entités offshore. Si l’on y ajoute les Banques populaires, Dexia et la Banque postale (présente au Luxembourg), on atteint un total de 467 entreprises. Ce qui représente, en moyenne, 16 % des entreprises de ces six groupes. Les banques françaises s’installent dans les centres financiers offshore pour faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées, gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales qui pratiquent « l’optimisation fiscale ».

Mais notre enquête montre aussi que toutes les banques françaises ne font pas appel aux paradis fiscaux avec la même ampleur. BNP Paribas est, de loin, le plus mauvais élève du secteur et du CAC 40. Pourquoi cette banque a-t-elle besoin d’une présence plus de trois fois plus importante que la Société générale dans ces territoires douteux ? En dépit de contacts téléphoniques répétés, il ne nous a pas été possible d’obtenir de justifications. Une banque du secteur mutualiste comme les Banques populaires ne se distingue pas des autres : elle est même présente dans les îles Caïmans, à Malte et à Panama, dont la réputation est plus que sulfureuse.

BANQUES : UN APPETIT VARIE POUR LES PARADIS FISCAUX

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Source : Alternatives Economiques, documents de référence des entreprises concernées 2007 ou 2008

Au-delà du secteur bancaire, notre enquête révèle que toutes les multinationales françaises sont implantées dans les paradis fiscaux. Les plus mauvais élèves étant (en valeur absolu comme en pourcentage) LVMH, Schneider, PPR, France Télécom, Danone, Pernod et Capgémini. Les entreprises françaises suivent la voie de leurs concurrentes : à partir des données de la Cnuced, on peut montrer qu’un tiers du stock d’investissements à l’étranger des multinationales se situe dans les paradis fiscaux.

Les principaux paradis fiscaux

Sept territoires offshore concentrent à eux seuls 90 % de la présence française : le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, Singapour, l’Irlande et Hongkong. La City de Londres confirme sa première place en la matière. Certes, toutes les entreprises françaises, y compris les banques, qui sont présentes à Londres ne le sont pas uniquement pour bénéficier des activités parasites de la finance britannique. Mais le fait d’avoir 13 filiales pour EADS, 21 pour Peugeot (8 seulement pour Renault) ou encore 43 pour Schneider ne s’explique pas uniquement par la nécessité d’être présent sur le marché britannique. Créer une société écran à la City coûte aujourd’hui environ 250 euros. C’est aussi ce genre de services que viennent y chercher les multinationales de tous les pays pour y minimiser leurs impôts, gérer une partie des revenus de leurs dirigeants, etc.

LES ENTREPRISES FRANÇAISES DANS LES PARADIS FISCAUX
 
 
  Nombre de filiales dans les paradis fiscaux En % du nombre total de sociétés dans le groupe
BNP Paribas 189 23
LVMH 140 24
Schneider 131 22
Crédit agricole 115 19
PPR 97 17
Banque populaire 90 9
France Telecom 63 24
Société générale 57 17
Lagardère 55 11
Danone 47 23
EADS 46 19
Peugeot 39 11
Carrefour 32 6
Pernod 32 24
Capgemini 31 24
Unibail 31 20
Axa 28 22
Michelin 27 18
Air liquide 22 8
Essilor 22 10
L’Oréal 22 9
Bouygues 18 18
Sanofi Aventis 18 14
Renault 16 11
Dexia 15 33
Accor 11 11
Lafarge 11 12
Saint-Gobain 11 14
GDF Suez 9 13
EDF 8 12
Veolia 8 7
Alstom 6 15
Alcaltel Lucent 5 14
Vallourec 5 8
Suez environnement 4 10
Vivendi 4 11
Auchan 3 5
Arcelor Mittal 1 13
Banque postale 1 6
Total 1 470 16

Source : Alternatives Economiques, à partir des documents de référence 2007 ou 2008

Pour aller plus loin : le dossier documentaire sur le paradis fiscaux.

Christian Chavagneux et Marie-Salomé Rinuy

 

11 Mars 2009

Notes

(1)
Périmètre de l’étude : les entreprises du CAC 40 moins Air France-KLM, STMicroelectronics, Total et Vinci, pour lesquelles les informations ne sont pas disponibles. Inclus Auchan, Banques populaires (avant la fusion avec les Caisses d’épargne pour lesquelles les données ne sont pas disponibles) et la Banque postale. Les données BNP Paribas n’intègrent pas la banque Fortis.  <

 

Was de le 12/03/2009 à 10:58
Bravo et Merci
Enfin il reste quelques journalistes dignes de ce nom dans notre digne pays de France
Enfin un petit coin de voile se lève
sue l’hypocrisie inique de nos élites economiques, politiques et médiatiques.
OUi il y a des responsables et bénéficaires au manque d’investissement productif dans l’éducation, la santé, la formation professionnelle en France et dans le monde.Oui il est temps de se réveiller et de se demander ce que certains font avec le fruit de notre labeur,

Oui il y a des coupables et bénéficiaires à la pauvreté, et à la guerre.

Voir le bien commun à ce point massacré au profit d’une cupidité irresponsable et infantile, ne peut que nous
engager à exiger justice et précipiter la fin d’un monde immonde.

Jean B.

 
Laureline de le 16/03/2009 à 14:12  
Pour info, si Dexia a un pourcentage si élevé de filiales dans les paradis fiscaux, c’est parce que le groupe est très implanté au Luxembourg: 9 entités. Mais ce n’est pas que pour des raisons fiscales: Dexia possède une des trois principales banques de détail au Grand-Duché la BIL (Banque internartional Luxembourg).
Dexia n’a donc pas que des établissements spécialisés dans la gestion de fortune et la banque d’investissement au Luxembourg mais aussi des agences pour les vrais gens.

Fiscalité

A quoi sert la liste noire des paradis fiscaux ?

Laura Raim -  11/03/2009 19:04:00  - L’Expansion.com 

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Florian K/Wikimedia Commons

Alors que le G20 approche, les rumeurs sur la composition de la liste des pays non coopératifs en matière d’information fiscale s’intensifient. De quoi pousser certains Etats à signer enfin des accords de transparence fiscale.

En plus

Qu’est ce qu’un paradis fiscal ?

La définition de l’OCDE des paradis fiscaux non coopératifs repose sur quatre critères :

  • Fiscalité inexistante ou symbolique
  • Application absolue du secret bancaire
  • Accueil de non résidents qui n’exercent pas d’activité économique : le phénomène boîte à lettres
  • Refus d’échanger de l’information avec d’autres Etats en matière fiscale et judiciaire quand ces Etats cherchent à identifier ses résidents qui pratiquent la fraude fiscale.

Il y aurait environ 35 paradis fiscaux non coopératifs, à ne pas confondre avec les paradis fiscaux coopératifs tels que l’Irlande : sa fiscalité est minime mais l’Etat est irréprochable en matière de d’échange d’informations.

L’OCDE a-t-elle publié la liste noire des paradis fiscaux ?

En octobre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait été mandatée par 17 pays, menés par la France et l’Allemagne, pour actualiser sa liste des paradis fiscaux non coopératifs. Après avoir évalué 84 pays, l’Organisation internationale a communiqué une liste provisoire au G20.

Selon la Tribune, aux trois pays qui y figuraient déjà, l’Andorre, le Liechtenstein et Monaco, l’OCDE a ajouté la Suisse, le Luxembourg, l’Autriche, Singapour et Hong Kong.

Mais ce n’est pas encore la nouvelle liste noire définitive.

Cette liste est-elle un moyen efficace de pression ?

La liste noire temporaire sert de moyen de pression pour inciter les Etats voyous à changer leurs mauvaises habitudes avant la publication définitive.

« On ne demande pas grand chose, affirme Daniel Lebègue, président de Transparency International France. On ne remet en cause ni leur régime fiscal, ni le secret bancaire pour les résidents du pays comme élément de protection de la vie privée. Mais quand on cherche à sanctionner le délit international de fraude fiscale pour nos résidents, on demande simplement que ces Etats n’y fassent pas obstacle« .

D’ailleurs ça marche ! Des territoires britanniques comme Jersey, Guernesey et l’Ile de Man multiplient actuellement les accords bilatéraux d’échanges d’informations.

Après avoir signé mardi un accord de coopération fiscale avec la Grande Bretagne, Jersey va en effet signer jeudi un accord d’échange d’informations fiscales avec la France. Selon la Tribune, d’autres accords sont prévus avec l’Irlande, l’Australie et la Nouvelle Zélande.

Ces accords d’échange de renseignements sont-ils respectés ?

Malheureusement, les procédures d’échange d’information sont extrêmement compliquées. D’où le scepticisme de Richard Murphy, directeur de Tax Research au Royaume Uni : « un pays qui demande des informations fiscales sur quelqu’un doit, au préalable, avancer énormément de preuves sur l’irrégularité soupçonnée. De fait, il doit déjà savoir exactement ce qu’il cherche avant de le chercher ».

Si l’on regarde l’exemple des îles Caïmans, qui ont signé un accord avec les Etats-Unis en 2001, ce n’est guère prometteur. « Des dizaines de milliers de compagnies sont enregistrées dans ce paradis fiscal et pourtant, le territoire ne prévoit que 120 demandes de renseignement dans son budget annuel », déplore Richard Murphy.

« La signature de ces accords n’est qu’un geste politique, prévient-il, et il ne faut pas que l’OCDE considère que cela suffit pour échapper à la liste noire »

La liste définitive sera-t-elle publiée un jour?

« L’OCDE aura beaucoup de mal à publier cette liste, juge Daniel Lebègue. Après tout, l’Organisation comprend des pays comme la Suisse, l’Autriche et le Luxembourg qui s’opposent farouchement à sa publication. » En revanche, « le G20 ou l’UE pourraient utiliser les travaux de l’OCDE pour publier cette liste », espère t-il.

Richard Murphy est moins optimiste. « Au mieux, le G20 évoquera le besoin de transparence dans les paradis fiscaux et les sanctions qui leur seront appliquées. Mais il n’y aura pas de désignation spécifique, pays par pays, des coupables ».

Pérol : la commission
de déontologie déçue

Elle n’a émis aucune appréciation sur ce dossier de « pantouflage », dont elle estime qu’elle aurait dû être saisie.

Nicolas Sarkozy et François Pérol

(c) Sipa Nicolas Sarkozy et François Pérol

Articles liés

Face au dossier du « pantouflage » de François Pérol à la tête du pôle bancaire mutualiste, la Commission de déontologie est déçue mais impuissante. C’est du moins ce qui ressort des premiers éléments qui ont filtré de sa réunion mensuelle, mercredi 11 mars, ainsi que du communiqué qu’elle a publié.

Impliqué dans le dossier Natixis

La Commission n’aurait, selon une source proche du dossier, porté aucune appréciation sur l’éventuel conflit d’intérêt. Elle a rappelé que la loi ne lui donnait pas le « pouvoir de se saisir elle-même » de ce genre de cas, mais que « les motifs de départ » d’un haut fonctionnaire pour une entreprise privée, « fussent-ils d’intérêt général », ne les « dispensent pas » de saisir la Commission.
En effet, en plus d’avoir travaillé sur le dossier de fusion à l’Elysée, François Pérol a conseillé chez Rothschild les Banques Populaires sur la création de Natixis, sa filiale commune avec les Caisses d’Epargne.
La loi du 2 février 2007 interdit à tout fonctionnaire et membre de cabinets ministériels d’aller travailler pour une entreprise avec laquelle ils ont exercé des missions de contrôle ou de surveillance au cours des trois années précédant leur départ. Si l’administration ou le fonctionnaire décident de passer outre cet avis ou de ne pas saisir la Commission, ce dernier risque une sanction pénale de deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

 

 

 

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COMMENT LA CIA DESTABILISE LES ENTREPRISES FRANCAISES

Posté par issopha le 11 mars 2009

COMMENT LA CIA DESTABILISE

LES ENTREPRISES FRANCAISES

es Baudin, Yves Deguilhem et Jérôme Thorel, Jean-François Jacquier et Marc Nexon -  10/07/1995  

L’Expansion  http://www.lexpansion.com/economie/comment-la-cia-destab-ilise-les-entreprises-francaises_3594.html

Côté pile, Alcatel. Depuis trois semaines, le dossier est classé confidentiel défense . Les services secrets français ont acquis la conviction qu’une tentative de déstabilisation du géant des télécoms a été orchestrée depuis les Etats-Unis par un grand rival.

Côté face, Schneider. Selon les milieux du contre-espionnage, les démêlés de Didier Pineau-Valencienne, le patron du groupe, avec la justice belge auraient été attisés par un souffleur d’outre-Atlantique. En ligne de mire : le cabinet d’investigation Kroll. Derrière ce superprivé, habitué à ne pas laisser de preuves sur son passage, les Français ont vu la patte de l’ennemi héréditaire de Schneider. Une fois encore, c’est un géant américain.

Troublant… Dans les deux cas, deux affaires retentissantes, deux leaders mondiaux, férocement combattus sur leurs marchés. Et le même soupçon à l’égard d’une même puissance étrangère.

L’Amérique a beau crier à la paranoïa, les autorités françaises n’en démordent pas. Sur le terrain économique, le grand allié n’a plus de scrupule. Que ce soit les petites phrases de Bill Clinton prononcées à Seattle dans la cour de Boeing, accusant Airbus de voler des emplois , celles de Ron Brown, le secrétaire d’Etat au Commerce, insistant sur les liens désormais inextricables qui doivent exister entre la sécurité nationale et la sécurité économique , ou encore celles de James Woosley, l’ancien chef de la CIA, racontant aux géants de l’automobile à Detroit comment la mobilisation des forces de la nation avait permis d’engranger 20 milliards de dollars à l’exportation… Les vibrants appels au patriotisme économique ne laissent aucun doute. La machine de guerre américaine est en marche.

Et tous les coups sont permis. Surtout ceux capables de briser les reins des derniers porte-drapeaux industriels de l’Europe. Fini les barbouzes à la grand-papa ! Terminé les cravates des visiteurs trempées dans les solutions chimiques des laboratoires ou les semelles de crêpe destinées à recueillir les copeaux de métal le long d’une ligne de production ! L’espionnage a changé d’âge et gagné en perversité. Place à la déstabilisation ! Que pèse désormais un vol de brevets face au préjudice inestimable que fait supporter à son entreprise l’image souillée d’un grand patron ? Dans cette nouvelle partie d’échecs, la France est devenue une cible de choix. Pour une raison simple : ses intérêts vitaux recoupent en tous points ceux du grand protecteur : la défense, l’aéronautique, le secteur spatial, l’agriculture, les télécommunications… Aucun autre pays d’Europe n’offre aux Américains une telle concurrence frontale dans des métiers aussi stratégiques , tranche François David, président de la Coface et ancien directeur général des affaires internationales d’Aérospatiale. Conscient du problème, le Centre français du commerce extérieur (CFCE) tente de bâtir une grande centrale d’intelligence économique à destination des entreprises (nom de code R3I). Il est grand temps.

Jusqu’à présent, la méthode adverse a prouvé sa remarquable efficacité. Au point que le gouvernement français, excédé, a voulu marquer sa réprobation en demandant à Washington, en février dernier, le renvoi de cinq espions américains. Ils s’intéressaient de trop près à la stratégie de la France en matière de réglementation européenne des télécoms et de l’audiovisuel. Une première dans l’histoire des relations entre les deux pays. Et un message de fermeté adressé à cette Amérique qui ravit aux Français le leadership dans les télécommunications, s’arroge la quasi-totalité des contrats d’armement dans le Golfe et menace la prééminence d’Ariane dans les lancements de satellites. Symbole d’une compétitivité retrouvée, avec le renfort d’un dollar de combat . Mais aussi symbole de la diversité des instruments de déstabilisation économique patiemment mis au point par les Américains. En voici la revue de détail.

officines spécialisées

Compromettre des firmes Cherche société capable d’enquêter sur les faiblesses de l’état-major d’un groupe français. Cet appel d’offres clandestin à plusieurs millions de dollars, lancé au début de 1994 par une mystérieuse compagnie d’outre-Atlantique, a mis sur la brèche une bonne partie de la communauté américaine du renseignement privé. Trois ou quatre cabinets ont remporté le contrat mais n’ont jamais voulu révéler le nom du commanditaire , confie Philippe Baumard, rapporteur du groupe de travail intelligence économique au commissariat général du Plan.

Et voilà comment plusieurs officines ont pris d’assaut Alcatel et décortiqué l’emploi du temps et les méthodes de travail de Pierre Suard et de son entourage. Mais l’exploitation de leurs investigations demeure un mystère…

La chute du mur de Berlin, la contraction des effectifs de la CIA (1 500 départs) – et la reconversion dans le privé de nombre d’entre eux -, le rôle désormais crucial du renseignement économique, tout concourt à l’épanouissement des sociétés de renseignements privées aux Etats-Unis. Leur mission ? Monter des dossiers compromettants sur des entreprises, parfois à la commande, parfois de leur propre initiative, pour les revendre ensuite à la concurrence. Ces privés sont de formidables couvertures pour les multinationales et les agences fédérales d’intelligence. Et donc de redoutables instruments de déstabilisation.

Dans l’affaire Schneider, l’antenne française du cabinet d’investigation Kroll a été soupçonnée par les milieux patronaux d’avoir fourni des pièces accusatrices au juge belge Van Espen. Ce que dément son directeur, Jean-Claude Chalumeau. Il reste que Kroll disposait bien d’un dossier sur Schneider, constitué à la demande de l’américain Square D, à l’époque où Didier Pineau- Valencienne se lançait à l’assaut de cette société. Une enquête extrêmement fouillée sur les faits et gestes du patron français et de son état-major.

Pourtant, DPV lui-même retournera, sur les conseils de son entourage, réclamer l’aide de Kroll pour le tirer de ce mauvais pas belge. Une affaire inextricable, dans laquelle le véritable rôle des acteurs américains demeure trouble aux yeux de bien des enquêteurs français.

Des Kroll, il en prospère par centaines aux Etats-Unis ! Futures Group, Kirk Tyson International, Fuld and Company, SIS International figurent parmi les quelque 2 600 membres rassemblés au sein de Scip, l’association américaine du renseignement privé. Une communauté dont les instances dirigeantes côtoyent les représentants de firmes aussi prestigieuses que McDonnell-Douglas ou ATT. Une communauté qui vient également de se renforcer avec l’arrivée de quarante pointures de la CIA dont on imagine mal qu’elles n’aient pas conservé des liens avec leur ancienne maison.

En dépit d’une déontologie sans cesse proclamée, l’Amérique de Clinton tisse sans vergogne un immense réseau d’influence entre ses entreprises, ses agences de renseignements et l’administration.

Apôtre du renseignement ouvert à tous , Robert Steele, un ancien des marines et de la CIA, à la tête de la société Open Source Solutions, tente de s’implanter en France depuis deux ans. Comble de l’audace, il a même proposé ses services à Intelco, une entité apparentée à la Délégation générale à l’armement et spécialisée dans l’intelligence économique. En décourageant la venue de ce nouvel acteur, les autorités françaises espèrent avoir déjoué le stratagème d’une nouvelle couverture . Mais d’autres continuent d’avoir leurs entrées dans les états-majors industriels tricolores.

Parmi eux, William Lee, aux commandes d’un cabinet d’avocats international baptisé Triangle, a offert ses conseils aux plus grandes firmes françaises, notamment Thomson, qui utilise toujours ses services. Cet Américain d’origine taïwanaise, vice-président de Kroll il y a encore deux ans, mène depuis la mi-1993 une fronde de petits actionnaires contre Matra. Motif ? La direction les aurait spoliés lors de la fusion avec Hachette en dissimulant une vente de 1 500 missiles à Taïwan. Une manoeuvre destinée à sous-évaluer leurs titres. Saisis, la Commission des opérations de Bourse et le tribunal de commerce ont donné raison au groupe de Jean-Luc Lagardère. Si l’existence du contrat n’a pas été révélée pour des raisons de confidentialité, son incidence sur la valeur des actions a bien été prise en compte. Mais William Lee, qui n’hésite pas à se montrer sur les gradins de Roland-Garros, refuse de rendre les armes.

Les enjeux sont tels qu’on ne peut exclure qu’un ou plusieurs adversaires de Matra tirent les ficelles de cette affaire depuis le début.

Les soupçons ne pèsent pas seulement sur les francs-tireurs. De grands cabinets d’audit américains, employant d’anciens agents de la CIA, font eux aussi l’objet de la plus grande attention des services secrets. Peu de temps avant d’installer le comité Compétitivité et sécurité, chargé de coordonner l’intelligence économique en France, Edouard Balladur avait reçu une mise en garde écrite de ses services accusant certaines de ces respectables maisons de jouer un rôle non négligeable dans les systèmes d’intelligence économique anglo-saxons . Réaction gauloise face à l’omnipotence du grand oncle d’Amérique dans un secteur éminemment stratégique ? De quoi, en tout cas, déclencher une soupçonnite aigu« : 85 % des sociétés cotées à la Bourse de Paris, mais aussi les plus grandes entreprises nationalisées, font appel à des grands cabinets anglo-saxons pour leurs missions d’audit ou de certification des comptes.

réseau internet

Infiltrer et désinformer Depuis deux mois, des entreprises du secteur spatial, de l’aéronautique et du high-tech sont victimes de piratages informatiques. Cette note laconique et confidentielle rédigée par le ministère de la Défense est parvenue le mois dernier sur le bureau du Premier ministre, Alain Juppé. Le nom de l’accusé n’y figure pas.

Mais la toile d’araignée électronique géante d’Internet (40 millions d’abonnés), activée depuis les Etats-Unis, soulève bien des interrogations chez les industriels français. Aérospatiale, France Télécom, Arianespace, Renater (le réseau scientifique français), et même l’Inria (l’Institut national de recherche en informatique et en automatique), ont vu récemment leurs systèmes informatiques infiltrés via Internet et quelques-unes de leurs données sensibles mises au jour. Ne m’en parlez pas , soupire Louis Gallois, le patron d’Aérospatiale, quand le sujet est abordé. L’avionneur n’a pas eu de chance. Au cours des derniers mois, il a subi une vaste campagne de désinformation sur ce réseau. A deux reprises. Peu de temps après le crash d’un ATR aux Etats-Unis, en octobre 1994, et après celui d’un Airbus roumain, en mars dernier. Des fiches techniques erronées, destinées à mettre en évidence les imperfections des deux appareils, ont circulé sur le réseau. Pour leur part, les ingénieurs français n’ont aucun doute : Des informations aussi pointues proviennent à l’évidence d’un organisme spécialisé. Le nom de la FAA, l’administration de l’aviation civile américaine, est le plus souvent cité.

Mais en utilisant Internet, l’industrie française s’expose à tous vents. Il serait extrêmement naïf de considérer que les Etats-Unis n’utiliseront pas ce réseau comme un instrument de propagande et de désinformation planétaire , peut-on lire dans un rapport remis l’an passé à Edouard Balladur par des experts militaires. Plus que jamais la puissance technologique américaine se met au service de la nouvelle profession de foi de l’administration Clinton. La NSA (National Security Agency), avec ses 3,5 milliards de dollars de budget, a pour mission d’intercepter toutes les communications électroniques (fax, téléphone…) stratégiques, en s’appuyant notamment sur un site d’écoute anglo-américain installé en Grande-Bretagne et employant 12 000 hommes. Un arsenal gigantesque qui n’est pas l’exclusivité de l’Etat. Kroll, le plus influent cabinet de renseignements privé, est en mesure de repérer, grâce à une batterie d’ordinateurs, les déplacements quotidiens à travers le monde de plusieurs dizaines de décideurs politiques et économiques européens. Il est vrai que le principal système de réservation aérienne est d’origine américaine ! Les moyens informatiques de certaines sociétés de renseignements privées sont maintenant supérieurs à ceux de nos services secrets , enrage un haut fonctionnaire du ministère de la Défense.

diplomates et firmes

Espionner des PME Depuis l’arrivée de Bill Clinton à la Maison-Blanche, les services diplomatiques américains ont été redéployés. En France, le réseau consulaire des Etats-Unis est devenu particulièrement actif auprès du tissu des PME-PMI de province. Avec un ciblage adapté et un personnel formé au profil de chaque région : l’agroalimentaire à Nantes, l’aéronautique et la défense à Bordeaux, le nucléaire et la chimie pour Rhône-Alpes et Méditerranée… Ainsi, raconte Yves Sillard, le patron de Défense conseil international, ex-délégué général à l’armement, on s’est rendu compte récemment que les Américains s’adonnaient au recueil méthodique d’informations sur l’évolution de l’activité aéronautique de certaines PME du Sud-Ouest.

Les Etats-Unis ont dressé un véritable plan d’attaque contre nos PME , confirme un agent de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Objectif : assurer un suivi systématique des petites entreprises susceptibles de détenir de l’information stratégique, ou constituant le maillon indispensable d’une filière clé.

Des récits édifiants commencent à circuler. On rapporte l’histoire d’une société chargée de compacter les archives des ministères qui s’est vu offrir les services d’un sous-traitant américain. Mais, pour prouver l’efficacité de son système, ce dernier avait besoin qu’on lui expédie une tonne de ces archives ultraconfidentielles…

Une opération un peu grossière, rapidement déjouée par les services secrets. Autre cas, l’entrée d’actionnaires américains dans le capital public d’un groupe détenant une importante société de fournitures aéronautiques. Ou encore ce fabricant de papier cadeau qui s’est aperçu, en remplissant un questionnaire pour une société de conseil anglo-saxonne, que trois questions, parmi beaucoup d’autres anodines, permettraient à un concurrent de reconstituer ses secrets de fabrication.

Aucun secteur n’est à l’abri. L’épisode Merck a ému la communauté des 350 laboratoires français de pharmacie. Tablant sur le sous-équipement informatique des médecins, Medco, filiale du géant américain Merck, semblait avoir trouvé le moyen de s’introduire chez les généralistes français, principaux prescripteurs de médicaments.

Comment ? En offrant à 15 000 d’entre eux un micro-ordinateur doté d’un logiciel de prescription automatique – un investissement de l’ordre de 400 millions de francs – et bourré à plus de 80 % de références de médicaments américains. Il fallait y penser !

Aujourd’hui, le laboratoire dément.

A la japonaise, les sociétés américaines multiplient les implantations de minilaboratoires, ou de petits établissements, près des pôles français de recherches appliquées. Les compétences acquises dans l’activité vétérinaire par le zoopôle de Saint-Brieuc, à travers l’étude des maladies propres à certains élevages, lui ont valu le voisinage du laboratoire américano-britannique SmithKline-Beecham. Ce phénomène d’essaimage, apparu au cours des dernières années, n’est pas toujours innocent.

informateurs

Torpiller les grands contrats L’échiquier invisible : dans cet espace se perdent ou se gagnent les batailles pour des grands contrats , écrit en substance, dans la revue Défense nationale, le général Pichot-Duclos, ancien directeur de l’Ecole interarmes du renseignement. Dassault ouvre des discussions dans le Golfe pour vendre des avions de combat ? On l’accuse aussitôt d’avoir versé des pots-de-vin (pratique incontournable dans l’armement) pour obtenir, contre l’américain Litton, le contrat de modernisation des F16 de l’armée de l’air belge. Le scénario est devenu classique, confie Pierre Lellouche, un proche de Jacques Chirac. La CIA a décidé de casser systématiquement tous nos réseaux commerciaux à l’étranger en révélant l’identité de nos intermédiaires.

Le consortium Thomson-Alcatel vient d’en faire les frais au Brésil.

La puissance publique américaine a employé des moyens démesurés afin de permettre à Raytheon d’emporter le contrat de 7 milliards de francs que les deux firmes françaises s’apprêtaient à conclure avec le gouvernement brésilien pour la couverture radar de l’Amazonie.

Thomson a d’abord été accusé par les services secrets américains de fausser le marché en versant des commissions. Comme l’explique Maurice Botbol, directeur de la lettre confidentielle Le Monde du renseignement : C’est l’exemple type de déstabilisation où le pouvoir politique prend le relais de la CIA. Durant quinze jours, tous les matins à 8 heures, un conseil de guerre s’est tenu autour de Jeffrey Garten, sous-secrétaire d’Etat au Commerce. Bill Clinton y a parfois participé en personne, avec l’appui du National Security Council, organisme destinataire de toutes les productions de la communauté américaine du renseignement. Au final, les Américains ont sorti leur joker. En exigeant le remboursement d’une créance détenue par l’Eximbank (la Coface américaine) sur Varig, la compagnie aérienne brésilienne, ils ont obtenu gain de cause. Les Brésiliens n’avaient plus le choix. A moins de supporter la faillite de leur compagnie nationale.

Contrairement à l’idée avancée, ce ne sont pas seulement les coups de fil de Clinton qui ont convaincu le roi Fahd d’Arabie Saoudite de confier à ATT un contrat de 20 milliards de francs et un autre de 30 milliards au duo Boeing-McDonnell-Douglas. Des fonctionnaires du Quai d’Orsay restent persuadés qu’Alcatel et Airbus ont été écartés de la compétition parce que la CIA a transmis opportunément à l’Arabie Saoudite l’enregistrement de tractations menées par des pétroliers français avec des émissaires de Saddam Hussein, les ennemis jurés de Riyad.

La déstabilisation prend aussi la forme de manipulations de presse.

Aux Pays-Bas, l’Apache de McDonnell-Douglas dispute au Tigre franco-allemand d’Eurocopter un marché de 4 milliards de dollars.

Pure coïncidence ? Le Telegraaf, un quotidien hollandais, a annoncé le 16 février dernier que le ministre de la Défense avait été contraint à un atterrissage forcé à Marignane au cours d’un vol de démonstration à bord du Tigre. Pas de chance, les enregistrements réalisés par Eurocopter prouvent que le vol s’est déroulé sans incident.

Plus difficile en revanche de trouver confirmation d’un soupçon qui a pris des allures de certitude dans les milieux industriels français de l’armement. La fausse alerte à l’invasion du Koweït par l’Irak déclenchée en octobre dernier par la Maison-Blanche n’aurait eu qu’un objectif : effrayer les Emirats pour mieux les contraindre à acheter des avions de combat américains F15. Et puis parfois on recourt aux vieilles ficelles du métier. Les équipes commerciales d’une grande firme d’électronique française, venues négocier un important contrat en Malaisie, ont ainsi retrouvé leurs chambres d’hôtel truffées de micros et de caméras.

Dans le domaine spatial, la tension est à son comble. Selon Le Canard enchaîné de la semaine dernière, un rapport secret de la DGSE avance la thèse de l’assassinat dans l’accident survenu le 5 mai dernier au centre spatial de Kourou, qui a coûté la vie à deux techniciens .

Faute d’une urgente mobilisation, les entreprises françaises resteront les grandes perdantes de cette chasse aux agents secrets.

C’est pourtant le scénario inverse que CNN s’apprête à révéler. La chaîne américaine devrait diffuser à la fin du mois un reportage décrivant la France comme un nid d’espions, sur la base de témoignages de firmes américaines… Un nouvel épisode de la guerre des nerfs. Jean-François Jacquier et Marc Nexon

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Mais qui a tué Lehman Brothers ?

Vendredi 06 Février 2009 à 07:58

Publié par Rag dans Guerre économique

Mais qui a tué Lehman Brothers ?

LE MONDE | 07.10.08 | 13h43 
LONDRES CORRESPONDANT

COMMENT LA CIA DESTABILISE LES ENTREPRISES FRANCAISES dans LE NOUVEL ORDRE MONDIAL 22

Ce sont des pages qui portent le poids d’invraisemblables soupçons. Leurs conclusions pourraient ébranler une bonne partie de l’establishment new-yorkais sur fond d’une planète financière devenue folle. C’est même un réquisitoire sans précédent dans les annales des tourmentes boursières que contiennent ces documents déposés par un groupe de créanciers la semaine dernière auprès d’un tribunal des faillites de New York – et exposés par le Sunday Times. 
     
JPMorgan Chase (JPMC) aurait tout simplement précipité la faillite de Lehman Brothers en gelant près de 17 milliards de dollars (12,6 milliards d’euros) d’actifs en liquidités et titres appartenant à l’entreprise en quasi faillite vendredi 12 septembre au soir. Le 15 septembre au matin, victime de la crise du crédit, cette vénérable institution de Wall Street a déposé son bilan. « En conséquence des actions de JPMorgan, Lehman a souffert d’une crise de liquidités immédiates, qui aurait pu être évitée par un certain nombre d’événements, dont aucun ne s’est produit », souligne ce « comité des créanciers » regroupant la plupart des poids lourds de la finance, aux Etats-Unis, en Asie et en Europe.

A écouter l’acte d’accusation, JPMC, principale chambre de compensation de Lehman Brothers, a pris ces actifs en otage pour garantir le remboursement du gros des prêts octroyés à Lehman, soit 23 milliards de dollars. De quoi nourrir la réflexion du juge qui doit examiner le 16 octobre la demande des créanciers d’ouvrir les livres de comptes de JPMC.

« C’est probablement vrai. JPMorgan devait se protéger. L’ordre aurait pu très bien venir du département négoce voulant récupérer les actions prêtées à Lehman ou de la trésorerie inquiète du volume des créances. Et si JPMorgan refuse de faire des affaires avec vous, vous êtes mort », indique un banquier londonien, l’un des rares à accepter de commenter les allégations, même sous couvert d’anonymat. JPMC a qualifié ces accusations d’ »infondées ».

Dans cette surproduction à la new-yorkaise, la fin est déjà connue. Pas de « happy end » comme à Hollywood, mais la mort d’un fleuron de Wall Street, 24 000 salariés sur le carreau, les activités de banque d’affaires aux Etats-Unis et en Europe vendues à l’encan à Barclays et à Nomura, des auditions au Congrès et une enquête du FBI. Et, désormais, cette interrogation que même John Grisham, l’auteur du thriller La Firme n’aurait pas pu inventer : Lehman Brothers est-elle tombée à la suite d’un complot de ses concurrents déterminés à chasser du Temple ses banquiers garnements ? Selon le Financial Times, Lehman Brothers a demandé l’aide de la Réserve fédérale américaine (Fed) en juillet en proposant un assouplissement des règles de crédit. Son refus a effectivement « tué » Lehman Brothers. Or, deux mois plus tard, après la mise sous administration de cette dernière, la banque centrale a accepté de permettre à ses rivaux, Goldman Sachs et Morgan Stanley, de se transformer en holding pour obtenir des liquidités supplémentaires.

Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a été consulté. Or le grand argentier est l’ancien directeur général de Goldman Sachs, une banque qu’il a sauvée in extremis du naufrage à la mi-septembre. M. Paulson a aussi encouragé JPMC, fort de son bilan et de sa faible exposition aux subprimes hypothécaires, à reprendre successivement et au rabais Bear Stearns et Washington Mutual, au bord de la banqueroute. En favorisant JPMC, le Trésor a créé un deuxième supermarché de la finance capable de rivaliser avec Citigroup en offrant toute la panoplie des services financiers.

Petit retour en arrière. Entré à Lehman en 1969, Richard Fuld, qui est devenu PDG en 1994, a radicalement transformé un spécialiste obligataire en l’une des banques les plus agressives de Wall Street.

Son objectif affiché est de rattraper à tout prix les trois géants que sont Goldman, Morgan Stanley et Merrill Lynch. Se retrouver à l’époque en deuxième division, aux côtés de JPMorgan, est vécu comme une humiliation par ce banquier avide de pouvoir et imbu de sa légitimité. Mais en 2001, à la suite de son rachat par Chase, JPM devient la deuxième banque des Etats-Unis. Lehman est alors marginalisée, reléguée à un rang subalterne dans les métiers les plus nobles, le conseil aux entreprises ou la gestion de patrimoine.

M. Fuld accélère alors l’histoire de cette maison en la transformant en petit bijou de l’ingénierie financière. Les produits structurés, comme le crédit immobilier, les fameux subprimes, constituent un mode de rattrapage idéal.

Mais on ne met pas les pieds dans la cour des grands sans recevoir quelques perfidies pour prix de son audace.

M. Fuld n’en a cure. Avec cet air froid et méprisant qui lui a valu l’une des plus détestables réputations à Wall Street, « Poison », le surnom peu amène que lui a donné un célèbre commentateur de télévision, ne se soucie guère de se faire des ennemis. L’homme, dont l’activisme en agace plus d’un, a été diffamé, mais jamais on n’a trouvé sur lui ce qu’il est convenu d’appeler un dossier. Rien, juste cette implication dans la déroute, en 1998, de Long Term Capital Management (LCTM), le hedge fund (fonds spéculatif) sauvé de la faillite par une intervention de la Réserve fédérale de New York.
Parmi les seize plus importants établissements financiers mondiaux appelés à sauver LCTM figure Travelers. Le numéro deux de ce groupe est un certain Jamie Dimon. Il est aujourd’hui PDG de JPMorgan Chase.

Sur le bureau de M. Dimon, un cadre doré protège la photo légèrement jaunie d’un homme trapu au visage compact, comme écrasé dans un étau d’énergie : J. Pierpont Morgan. Pour expliquer son hostilité envers M. Fuld, le patron de JPMC depuis janvier 2006 aime citer le fondateur de la mythique dynastie bancaire : « Le caractère d’un homme est plus important que sa fortune. » On n’ira pas jusqu’à prétendre que si M. Dimon travaille au minimum quinze heures par jour et exige de ses cadres qu’ils fassent de même, c’est hors de souci d’enrichissement personnel. Mais ce New-Yorkais de souche manifeste un franc dédain pour ceux dont l’action est uniquement motivée par le profit. Tel est le cas à ses yeux de M. Fuld. La commission de la Chambre des représentants a reproché, le 6 octobre, à l’ancien patron d’avoir empoché au bas mot 500 millions de dollars de salaires et de primes depuis 1993 alors que les contribuables se retrouvent avec une ardoise de 700 milliards de dollars.

Par son ampleur et ses conséquences, la déconfiture de Lehman Brothers, produit du système financier mondialisé, transcende bien sûr les questions de personnes. Reste que Wall Street est aussi une serre portée à très haute température où s’exacerbent rancoeurs, jalousies et états d’âme de chacun. Selon l’administrateur judiciaire chargé des avoirs européens, la liquidation de Lehman pourrait prendre dix ans.

Quel que soit l’arrêt du tribunal new-yorkais, l’attente paraîtra longue aux créanciers.
Marc Roche

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«Quelles leçons tirer de la faillite de Lehman Brothers ?»
Nous ne connaissons donc toujours pas clairement les raisons précises pour lesquelles Lehman a fait faillite…
Il y a en effet un «mystère Lehman» !

http://www.jdf.com/indices/2008/10/23/02003-20081023ARTJDF00019-quelles-lecons-tirer-de-la-faillite-de-lehman-brothers-.php

Pour s’en convaincre, il suffit de relire les commentaires des analystes juste avant la faillite. A partir des comptes arrêtés aux 31 août 2008, ils considéraient que Lehman avait, certes, subi des pertes importantes au troisième trimestre 2008, mais que c’était une société toujours rentable et sans véritables problèmes de liquidités.
Or, une semaine plus tard, fort brutalement, Lehman fait faillite. Il s’agit d’une première surprise car une telle faillite ne semblait représenter qu’une possibilité assez éloignée.Mais la véritable surprise est ce qui se passe après la faillite.
Précisons tout d’abord quelques ordres de grandeur. Le bilan de Lehman faisait environ 640 milliards de dollars dont environ 30 milliards de fonds propres et 170 milliards de dettes non collatéralisées. A l’actif, les titres illiquides représentaient 280 milliards de dollars dont 40 milliards de dollars environ d’actifs difficiles à valoriser (dits «Level 3» en comptabilité US).
Or après la faillite, la dette Lehman traite à 20% puis à 10% de sa valeur, pour finir à moins de 9 centimes par dollar. Au total, les investisseurs dans cette dette ont donc perdu quelques 150 milliards de dollars. C’est l’énormité de cette somme qui constitue la véritable «surprise Lehman» !

A ce stade, cette déconfiture peut avoir deux types d’explications qui ont des conséquences très différentes pour le jugement que l’on peut porter sur l’action des autorités américaines :

La faillite elle-même crée une perte de valeur monumentale car la liquidation conduit à céder à vil prix certaines activités. Barclays Capital a ainsi indiqué avoir fait une excellente affaire en rachetant une partie des activités américaines de Lehman ; Beaucoup d’actifs étaient mal valorisés dans le bilan de Lehman. Cela soulève donc la question de la sincérité du bilan de cette institution tel qu’établi à la fin août et notamment quant aux normes de valorisation des actifs illiquides. L’avenir et les enquêtes en cours de la SEC et du FBI diront où est la vérité.

Mais, si la deuxième thèse était avérée, on comprendrait mieux la position rigide des autorités américaines, dans l’impossibilité politique de dépenser 100, 150 ou 200 milliards de dollars pour sauver Wall Street ! La découverte de ce trou a nourri les inquiétudes des autres banques qui ont alors pensé que ce qui était arrivé chez Lehman pouvait aussi survenir dans d’autres institutions telles Morgan Stanley ou Goldman Sachs qui sont aussi très «leveragées» et avec une grande quantité d’actifs illiquides et difficiles à valoriser au bilan.

La faillite de Lehman soulève des interrogations sur la pertinence d’un changement des normes comptables pour les institutions financières, et notamment pour les banques ? On peut effectivement avoir deux points de vue sur les normes comptables.

Le premier, probablement dominant en France, consiste à soutenir que l’usage exagéré de la «juste valeur», c’est dire la mise en valeur de marché de l’essentiel du bilan des banques, a aggravé la crise actuelle. En effet, en situation de crise, la dépréciation de certains actifs oblige les banques à lever du capital à un moment défavorable.
Notons au passage que cette critique conduit à deux recommandations assez différentes : soit on réduit l’utilisation de la juste valeur dans les institutions financières -on casse le thermomètre pour qu’il n’indique pas de maladie-, soit on maintient ces règles comptables mais on limite leurs conséquences en termes de ratios prudentiels -on conserve le thermomètre mais on laisse le patient récupérer à son rythme-. Dans ce dernier cas, on pourrait constater la dégradation du bilan d’une institution financière, mais celle-ci disposerait d’un certain temps pour faire face à ces besoins en capital.

Un deuxième point de vue, assez différent, apparaît au prisme de la faillite Lehman. Ici, le principal problème est plutôt l’énorme différence d’appréciation entre la situation que décrivent les comptes au 31 août et celle que l’on constate après la faillite. On revient à la question que nous posions précédemment, Lehman a-t-il appliqué correctement les principes de «juste valeur» ?
Il semble d’ailleurs que la SEC se pose la même question à propos de Bear Stearns. Ceci suggère une grande prudence avant de procéder à un changement des normes comptables. Ne risque-t-on pas d’abandonner le principe de «juste valeur» trop rapidement alors qu’une partie du problème révélé par la crise actuelle serait plutôt une mise en œuvre défaillante de ce principe ?

Un post mortem rigoureux de la faillite de Lehman sera donc précieux.

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Crise financière ou guerre secrète ?
http://www.alterinfo.net/Crise-financiere-ou-guerre-secrete-_a25421.html?PHPSESSID=c34d196c0b24eca81236b95c076318cc

Le 14 octobre 2008, le gestionnaire de fonds et l’analyste financier Mostafa Belkhayate a accordé une interview au Capitale.fr, qu’on retrouve également sur son site personnel à cette adresse.

Curieusement l’une des questions et l’analyse de Monsieur Belkhayate sur des possibles causes profondes de cette crise, a complètement disparu sur le site du Capital ?! Cependant, Capital a pris le soin de laisser un lien vers le site de Belkhayate (indiqué plus haut) où l’on peut lire le suivant :
Capital.fr : Qu’est ce qui vous fait penser que la chute n’est pas terminée ?

Mostafa Belkhayate : Lorsqu’il y a un crime, cherchons le coupable du coté de celui qui en profite. Washington a résolu en moins d’une semaine le grave problème des créances américaines : en faisant croire que Freddie Mac et Fannie Mae, deux organismes américains de financement, risquaient la faillite, les financiers yankee ont coupé l’herbe sous les pieds des chinois, qui possèdent près de 400 milliards de dollars d’obligations émises par ces institutions. Ces dernières, aujourd’hui loin de leur valeur initiale, ne peuvent plus être revendues. Tous ceux qui pourraient en acheter en ont déjà ; les japonais, les européens, les russes, les arabes,… Voilà comment on peut dissoudre des milliers de milliards de dollars de dette. Pour moi, c’est la seule explication du sacrifice de Lehman Brothers. C’est ingénieux, d’autant plus que Washington a manipulé le prix du pétrole à la hausse à partir d’avril 2008 pour « offrir » sur un plateau venimeux un maximum d’obligations aux arabes, qui leur ont toujours fait une confiance aveugle. Une fois le plein fait, on lâche le pétrole et les obligations. Le mécanisme a parfaitement marché puisque aujourd’hui les créanciers amis de l’Amérique n’ont que du papier sans valeur entre les mains. Voilà la vraie guerre ! Sauf qu’il me semble qu’on ait sous-estimé la réaction de « ces amis ». Leur réaction sera violente, foudroyante…car ils ne vont pas se laisser faire. La crise boursière ne fait que commencer. On va assister à une attaque en règle sur le billet vert…

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Confessions d’un tueur à gages économique

Lundi 08 Décembre 2008 à 14:27

Publié par Rag dans Guerre économique

Confessions d’un tueur à gages économique

www.geostrategie.com/cogit_content/verbatim/Confessionsduntueurgagesco.shtml

Retranscription d’une interview de John Perkins, ancien membre respecté de la communauté bancaire. Dans son livre « Confession of an Economic Hit Man » (confessions d’un tueur à gages économique ) il décrit comment, en tant que professionnel très bien payé, il a aidé les Etats-Unis à extorquer des milliards de dollars aux pays pauvres à travers le monde en leur prêtant plus d’argent qu’ils ne pouvaient rembourser pour ensuite prendre le contrôle de leurs économies

Il y a 20 ans, Perkins a commencé à écrire un livre intitulé « La Conscience d’un Tueur à gage Economique »

Perkins écrit, « le livre à l’origine était dédié aux Présidents de deux pays, des hommes qui avaient été mes clients et que j’ai respecté et que je tenais en estime – Jaime Roldos, président de l’Equateur, et Omar Torrijos, président du Panama. Les deux sont morts dans des crashs d’avion. Leurs morts ne sont pas accidentelles. Ils ont été assassinés parce qu’ils s’opposaient à l’alliance entre les dirigeants des multinationales, les gouvernement et les banques dont l’objectif est de construire l’Empire Global. Nous, les tueurs à gages économiques, n’avons pas réussi à retourner Roldos et Torrijos, alors un autre type de tueurs à gages, les chacals de la CIA, qui étaient toujours dans notre sillage, sont entrés en scène.« 

John Perkins écrit aussi : « On m’a convaincu de ne pas écrire le livre. Je l’ai commencé quatre fois au cours des vingt dernières années. A chaque fois, ma décision était motivée par des événements mondiaux : l’invasion du Panama par les Etats-Unis en 1980, la première Guerre du Golfe, la Somalie, et la montée d’Oussama Ben Laden. Cependant, des menaces et des pots de vin m’ont toujours convaincu de m’arrêter. »

Perkins a finalement publié son livre intitulé « Confessions of an economic hit man » [confession d'un tueur à gages économique]. Il est avec nous dans les studios.

Amy Goodman : Nous sommes avec John Perkins. Bienvenu à « Democracy Now » [titre de l'émission - NDT]

John Perkins : Merci, Amy. Je suis heureux d’être avec vous.

AG : Et nous sommes heureux de vous recevoir. Bien, expliquez-nous ce terme « tueur à gages économique », comme vous dites.

JP : En gros, nous étions formés et notre travail consistait à construire l’empire américain. De créer des situations où le maximum de ressources étaient drainées vers ce pays, vers nos multinationales, notre gouvernement, et nous avons été très efficaces. Nous avons construit le plus grand empire de l’histoire du monde. Et nous l’avons fait au cours des 50 ans qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, avec peu de moyens militaires en réalité. En de rares occasions, comme en Irak, les militaires interviennent mais uniquement en dernier recours. Cet empire, contrairement à tout autre empire de l’histoire du monde, a été crée d’abord par la manipulation économique, par la
fraude, par la corruption de personnes avec notre mode de vie, et à travers les tueurs à gages économiques. J’en faisais partie.

AG : Et comment en êtes-vous arrivé là ? Pour qui avez-vous travaillé ?

JP : J’ai été recruté lorsque j’étais encore étudiant dans une école de commerce, à la fin des années 60, par l’Agence de Sécurité Nationale [NSA - acronyme anglais, NDT], la plus grande et la moins connue des agences d’espionnage du pays. A la fin, j’ai travaillé pour des compagnies privées. Le premier tueur à gage économique était Kermit Roosevelt, dans les hannées 50, le petit-fils de Teddy [président des Etats-Unis - NDT] , qui renversa le gouvernement Iranien, un gouvernement démocratiquement élu, le gouvernement de Mossadegh qui avait été désigné « homme de l’année » par le magazine Time. Il a réussi à le faire sans verser de sang – enfin, il y en a eu un peu, mais sans intervention militaire, juste en dépensant des millions de dollars et en remplaçant Mossadegh par le Chah d’Iran. A ce stade, nous avons compris que l’idée d’un tueur à gages économique était une très bonne idée. Nous n’avions plus à nous préoccuper d’un risque de conflit armé avec la Russie en opérant ainsi. Le problème était que Roosevelt était un agent de la CIA. Il était donc un employé du gouvernement. S’il avait été découvert, nous aurions eu de gros ennuis. Cela aurait été très embarrassant. Alors la décision a été prise de faire appel à des organisations comme la CIA et la NSA pour recruter des tueurs à gages économiques comme moi et nous faire travailler pour des sociétés privées, des sociétés de conseil, de construction. Ainsi, si on se faisait prendre, il n’y avait aucun lien avec le gouvernement.

AG : D’accord. Pour qui avez-vous travaillé ?

JP : Et bien, le compagnie pour laquelle je travaillais s’appelait Chas. T. Main à Boston, Massachusetts. Nous avions environ 2000 employés, et je suis devenu leur économiste en chef. J’avais 50 personnes sous mes ordres. Mais mon véritable job était de conclure des affaires. J’accordais des prêts à des pays, des prêts énormes, qu’ils ne pouvaient pas rembourser. Une des clauses du prêt – disons 1 milliard de dollars pour un pays comme l’Indonésie ou l’Equateur – était que le pays devait retourner 90% du prêt à des compagnies états-uniennes, pour reconstruire des infrastructures, des compagnies comme Halliburton ou Bechtel. Ce sont de grosses compagnies. Ces compagnies ensuite construisaient des réseaux électriques ou des ports ou des autoroutes qui ne servaient qu’aux quelques familles les plus riches de ces pays. Les pauvres de ces pays se retrouvaient en fin de compte avec une dette incroyable qu’ils ne pouvaient absolument pas payer. Un pays aujourd’hui comme l’Equateur consacre 50% de son budget national juste pour rembourser sa dette. Et il ne peut pas le faire. Ainsi nous les tenons à la gorge. Si nous avons besoin de plus de pétrole, nous allons voir l’Equateur et nous leur disons, « Bon, vous ne pouvez pas nous rembourser, alors donnez à nos compagnies les forêts d’Amazonie qui regorgent de pétrole. » C’est ce que nous faisons aujourd’hui et nous détruisons les forêts amazoniennes, obligeant l’Equateur à nous les donner à cause de cette dette. Ainsi, nous accordons ce gros prêt, et la majeure partie revient aux Etats-Unis. Le pays se retrouve avec une dette plus d’énormes intérêts et il devient notre serviteur, notre esclave. C’est un empire. Ca marche comme ça. C’est un énorme empire. Qui a eu beaucoup de succès.

AG : (…) Vous dites que vous avez longtemps retardé l’écriture de ce livre pour cause de pots de vin et d’autres raisons. Que voulez-vous dire par là ? Qui a tenté de vous acheter ou quels sont les pots de vin que vous avez acceptés ?

JP : Et bien, dans les années 90, j’ai empoché un demi million de dollars pour ne pas écrire le livre.

AG : De qui ?

JP : D’une grosse société de construction.

AG : Laquelle ?

JP : C’était la compagnie Stoner-Webster. Légalement, ce n’était pas un pot de vin. J’étais payé comme consultant. C’était tout à fait légal. Mais je n’avais pas de travail, en réalité. Il était entendu, comme je l’explique dans mon livre, que je n’aurais en réalité pas grand chose à faire si j’acceptais cet argent en tant que consultant, alors qu’ils savaient que j’étais en train d’écrire le livre qui, à l’époque, devait s’intituler « la conscience d’un tueur à gage économique ». Il faut dire que c’est une histoire extraordinaire, c’est presque du James Bond.

AG : En tous cas, c’est l’impression que l’on retire à la lecture du livre

JP : Oui, et ça l’était réellement, vous savez. Lorsque la NSA m’a recruté, ils m’ont fait passer au détecteur de mensonges pendant une journée entière. Ils ont découvert toutes mes faiblesses et m’ont immédiatement séduit. Ils ont utilisé les drogues les plus puissantes de notre culture, le sexe, le pouvoir et l’argent, pour me soumettre. Je venais d’une très vieille famille de la Nouvelle Angleterre, Calviniste, fortement imprégéé de valeurs morales. Vous savez, je crois que je suis plutôt quelqu’un de bien, et je crois que mon histoire montre réellement comment ce système et ses puissantes drogues comme le sexe, l’argent et le pouvoir peuvent exercer une séduction, parce que j’ai été réellement séduit. Et si je n’avais pas mené moi-même cette vie de tueur à gages économique, je crois que j’aurais eu du mal à croire que quelqu’un puisse faire de telles choses. Et c’est la raison pour laquelle j’ai écrit ce livre, parce que notre pays a vraiment besoin de comprendre. Si les gens de ce pays comprenaient la nature réelle de notre politique étrangère, la nature réelle de notre aide à l’étranger, comment fonctionnent les multinationales, où passe l’argent de nos impôts, je sais qu’ils demanderaient que cela change.

AG : Dans votre livre, vous expliquez comment vous avez participé à la mise en place d’un plan secret destiné à rapatrier des milliards de dollars du pétrole Saoudien vers les Etats-Unis, ce qui a renforcé les liens entre le régime Saoudien et les administrations successives US.

JP : Oui, c’était une époque fascinante. Je me souviens bien, vous étiez probablement trop jeune pour vous en souvenir, mais je me souviens au début des années 70 comment l’OPEP exerçait son pouvoir pour réduire la fourniture de pétrole. Nous avions des files de voitures devant les pompes à essence. Le pays avait peur d’une nouvelle crise comme celle de 1929, une récession. Et ceci était inacceptable. Alors le Département du Trésor m’a embauché avec quelques autres tueurs à gages économiques. Nous sommes allés en Arabie Saoudite.

AG : On vous appelle réellement des tueurs à gages économiques ?

JP : Oui, c’est comme ça que nous nous appellons. Officiellement, j’étais un économiste en chef. Mais nous nous appelions les tueurs à gage économiques. C’était de l’ironie. C’était pour dire que personne ne nous croirait si nous le disions, vous comprenez ? Alors nous sommes allés en Arabie Saoudite au début des années 70. Nous savions que l’Arabie Saoudite était la clé de notre indépendance énergétique, ou le moyen de contrôler la situation. Et nous avons donc monté cet accord où la Maison Royale Saoudienne était d’accord pour nous envoyer la majeure partie de leurs petro-dollars, et les investir aux Etats-Unis. Le Département du Trésor utiliserait les intérêts de ces investissements pour engager des compagnies US pour reconstruire de nouvelles villes en Arabie Saoudite, de nouvelles infrastructures, et c’est que nous avons fait. Et la Maison Royale garantirait le prix du pétrole dans des limites acceptables pour nous, chose qu’ils ont fait pendant tout ce temps. En échange, nous assurions leur maintien au pouvoir tant qu’ils respecteraient l’accord, ce que nous avons fait, et c’est une des raisons pour lesquelles nous sommes entrés en guerre en Irak. En Irak, nous avons essayé la même politique avec Saddam Hussein, mais Saddam n’a pas marché dans la combine. Lorsque les tueurs à gages économiques échouent, l’étape suivante est d’envoyer ce
que nous appelons les chacals de la CIA, à savoir des personnes qui tentent de fomenter un coup d’état ou une révolution. Si ça ne marche pas, ils recourent aux assassinats, ou ils essaient. Dans le cas de l’Irak, ils n’ont pas réussi à atteindre Saddam Hussein. Ses gardes du corps étaient trop efficaces. Il avait des sosies. Ils n’ont pas réussi à l’atteindre. Alors la troisième ligne de défense, si les tueurs à gages économiques échouent et si les chacals échouent, c’est d’y envoyer des jeunes hommes et des jeunes femmes pour tuer et se faire tuer. Ce qui est évidemment en train de se passer en Irak.

AG : Pouvez-vous nous expliquer comment est mort Torrijos ?

JP : Omar Torrijos, le président du Panama, avait signé un accord sur le Canal du Panama avec Carter. Vous savez que cet accord n’a été approuvé par le Congrès que par une majorité d’une seule voix. C’était un sujet très controversée. Puis Torrijos est allé de l’avant et a commencé à négocier avec les Japonais la construction d’un nouveau canal. Les Japonais voulaient financer et construire un nouveau canal au Panama. Torrijos leur en a parlé, ce qui n’a pas plus du tout à Bechtel Corporation, dont le président était George Schultz, et son conseiller principal était Casper Weinberger. Lorsque Carter a été viré (et il serait intéressant de raconter comment il a été effectivement viré), lorsqu’il a perdu les élections, et que Reagan est arrivé au pouvoir, Schultz est devenu Secrétaire d’Etat et Weinberger est devenu Secrétaire à la Défense et ils étaient très en colère contre Torrijos. Ils ont essayé de l’amener à renégocier le traité du Canal et de laisser tomber les Japonais. Il a platement refusé. C’était un homme de principes. Il avait ses défauts, mais c’était un homme de principes. C’était un homme étonnant. Puis il est mort dans un crash d’avion, un magnétophone relié à une bombe avait été placé dans l’appareil. J’y étais. J’avais travaillé avec lui. Je savais que nous, les tueurs à gages économiques, avions échoué. Je savais que les chacals avaient été appelés. Puis son avion a explosé avec un magnétophone piégé. Il ne fait aucun doute pour moi que c’était un travail de la CIA. De nombreux enquêteurs latino-américains sont arrivés à la même conclusion. Bien sûr, nous n’en avons jamais entendu parler chez nous.

AG : Et quand avez-vous changé d’idées ?

JP : J’ai toujours eu un sentiment de culpabilité, depuis le début, mais j’étais séduit. Le pouvoir, le sexe, l’argent exerçaient une forte attirance sur moi. Et bien sûr, je faisais des choses pour lesquelles j’étais félicité. J’étais un économiste en chef. Je faisais des choses qui plaisaient à des gens comme Robert McNamara, et ainsi de suite.

AG : Quels étaient vos relations avec la Banque Mondiale ?

JP : Je travaillais en très étroite collaboration avec la Banque Mondiale. La Banque Mondiale fournit la majeure partie de l’argent utilisé par les tueurs à gages économiques, ainsi que le FMI. Mais après les attentats du 11 Septembre, j’ai changé. Je savais que je devais raconter l’histoire parce que les événements du 11 septembre sont le résultat direct du travail des tueurs à gages économiques. Et la seule manière pour retrouver la sécurité dans ce pays et retrouver une conscience tranquille serait d’utiliser ces mécanismes que nous avons mis en place pour apporter des changements positifs à travers le monde. Je crois réellement que nous pouvons le faire. Je crois que la Banque Mondiale et d’autres institutions peuvent être changées et être amenées à faire ce qu’elles sont censées faire, qui est de reconstruire les zones dévastées de la planète. Aider, aider réellement les pauvres. 24 000 personnes meurent de faim chaque jour. Nous pouvons changer cela.

Source : Democracy Now, 28 octobre 2005,
Traduction Viktor Dedaj

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Les États-Unis sont en guerre en Macédoine

Vendredi 20 Février 2009 à 15:36

Publié par Rag dans Guerre économique

 LES ETATS-UNIS SONT EN GUERRE EN MACEDOINE


Michel Chossudovsky keyimg20010804_778651_0p dans PROJETS DES MAITRES DU MONDE

La guerre en sous-main des États-Unis en Macédoine a pour objectif de consolider une sphère d’influence américaine dans le sud-est de l’Europe. L’enjeu principal est le « corridor » stratégique de pipeline, de lignes de communications et de transport, qui relie la mer Noire à la côte adriatique. La Macédoine se situe au carrefour stratégique du corridor du pipeline pétrolier contrôlé par le compagnie américaine AMBO (Albania, Macedonia, Bulgaria Oil Company).

La politique étrangère des États-Unis vise à installer des protectorats dans cette région des Balkans. Également en sous-main, par l’entremise des actions menées par la CIA, Washington mobilise le nationalisme albanais et le projet de « Grande Albanie » en apportant son soutien financier et militaire à l’Armée de libération du Kosovo (UCK) ainsi qu’à ses différents groupes affiliés dont l’Armée nationale de libération (ALN) responsable des assauts terroristes contre la Macédoine.

Washington, de concert avec la Grande-Bretagne, développe sa sphère d’influence dans le sud-est européen afin de soutenir les intérêts des géants pétroliers anglo-américains dont la BP-Amoco-Arco, Chevron et Texaco. Les actions menées par Washington dans le sud des Balkans ainsi que la « protection » des pipelines constituent un appui aux investissements du capital américain se chiffrant dans les milliards de dollars

Le consortium anglo-américain contrôle le projet de pipeline trans-balkanique AMBO du port bulgare de Burgas jusqu’à Vlore sur la côte adriatique albanaise avec l’appui du gouvernement américain. Le géant pétrolier européen Total-Fina-Elf est tenu à l’écart des négociations. Le contrôle stratégique exercé par les États-Unis a pour but d’affaiblir la présence de l’Union européenne dans le sud des Balkans.

Qui est derrière le pipeline trans-balkanique ?

Les liens du consortium américain AMBO remontent directement au siège du pouvoir politique et militaire aux États-Unis, plus précisément à la compagnie Halliburton Energy liée étroitement au vice-président Dick Cheney qui fut jusqu’à récemment son p.-d.g.

L’étude de rentabilité du projet de pipeline trans-balkanique fut effectuée par la compagnie d’ingénierie Brown & Root, la filiale britannique de Halliburton. Et une fois complétée, un membre de la direction de Halliburton fut nommé p.-d.g. de la AMBO. La compagnie Halliburton obtenait également un contrat afin de construire au Kosovo la plus importante base militaire américaine en territoire étranger depuis la guerre du Vietnam.

La militarisation du corridor des pipelines

Le pipeline trans-balkanique rejoindra les pipelines qui relient la mer Noire et le bassin de la mer Caspienne, où se trouvent d’énormes réserves pétrolières. La militarisation de ces différents corridors fait partie intégrante de la politique américaine. À peine quelques mois avant les bombardements de la Yougoslavie en 1999, le secrétaire à l’Énergie Bill Richardson de l’administration Clinton avait énoncé la politique américaine de « protection des routes de pipelines » desservant le bassin de la mer Caspienne et traversant les Balkans.

« Il est ici question de la sécurité énergétique de l’Amérique, a déclaré Richardson. Il s’agit également d’empêcher des percées stratégiques par ceux qui ne partagent pas nos valeurs. Nous cherchons à attirer vers l’Ouest ces pays nouvellement indépendants. Nous voudrions qu’ils s’alignent sur les intérêts politiques et commerciaux occidentaux plutôt que de se diriger dans une autre direction. Nous nous sommes engagés au plan politique dans la région de la mer Caspienne et il est très important que les tracés des pipelines soient conformes à nos intérêts politiques. »

Une lutte acharnée se déroule actuellement, dans les riches champs pétrolifères du Kashagan, dans le nord-est du Kazakhstan, entre les géants pétroliers anglo-américains BP-Amoco-Arco, Texaco et Chevron – appuyés par la puissance militaire américaine – et leur concurrent européen Total-Fina-Elf, associé à la compagnie italienne ENI. Les enjeux sont énormes. Selon certaines estimations, les réserves du Kashagan dépasseraient celles de la mer du Nord.

Le consortium européen est nettement désavantagé car les principaux projets de pipelines reliant la mer Caspienne à l’Europe occidentale en passant par la mer Noire et les Balkans (incluant le projet de AMBO et celui reliant Bakou et Ceyhan à travers la Turquie jusqu’à la Méditerranée – sont aux mains de leurs rivaux anglo-américains, soutenus par la puissance politique et militaire américaine.

L’objectif de Washington consiste à affaiblir l’influence allemande et européenne dans les trois pays du corridor du pipeline AMBO, c’est-à-dire la Bulgarie, la Macédoine et l’Albanie, et d’installer dans ces pays des protectorats en dehors de toute ingérence de l’Union européenne. La militarisation et le contrôle géopolitique par les États-Unis du corridor reliant Burgas en Bulgarie et le port adriatique de Vlore en Albanie a pour but de miner l’influence européenne tout en affaiblissant les intérêts du consortium pétrolier concurrent franco-belge-italien.

Les États-Unis sont intervenus dans les négociations concernant le pipeline AMBO par l’entremise du Trade and Development Agency (TDA) dans le but « d’aider l’Albanie, la Bulgarie et la Macédoine à développer et à intégrer leurs infrastructures de transport dans le corridor est-ouest qui les relie ». Dans ce contexte, la TDA souligne la nécessité pour les trois pays « d’utiliser les synergies régionales afin d’attirer de nouveaux capitaux publics et privés [de compagnies américaines] ». La TDA souligne à ce titre « la responsabilité » du gouvernement américain « dans cette initiative ». Il apparaît clairement que l’Union européenne est exclue de la planification et des négociations entourant le projet d’oléoduc AMBO.

Une « lettre d’intention » signée par les gouvernements de l’Albanie, de la Bulgarie et de la Macédoine, accorde des « droits exclusifs » au consortium anglo-américain, dépouillant de la sorte ces pays de leur souveraineté nationale sur le tracé du pipeline ainsi que sur les différents corridors de transport et de lignes de communications.

« Le Corridor 8 »

Le projet de pipeline AMBO est lié à un autre projet stratégique, à savoir le « Corridor 8 » proposé à l’origine par l’administration Clinton dans le contexte du Pacte de stabilité des Balkans. D’importance stratégique à la fois pour les États-Unis et l’Union européenne, le projet du « Corridor 8 » comprend la construction d’infrastructures routières, ferroviaires, électriques et de télécommunications. Il vaut d’être mentionné que ces secteurs sont également visés par les politiques de privatisation sous la supervision du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. À ce titre, il est déjà prévu qu’une partie importante de ces infrastructures sera vendue à rabais à des sociétés étrangères.

Bien qu’approuvées par les ministres du Transport de l’Union européenne dans le cadre du processus d’intégration économique européenne, les études de projet du « Corridor 8 » furent réalisées par des entreprises américaines, financées par la Trade and Development Agency (TDA). Washington semble donc se préparer à mettre la main sur les infrastructures de transport et de communications de ces pays. Des corporations américaines comme Bechtel, Enron et General Electric, soutenues financièrement par le gouvernement américain, sont en concurrence avec des entreprises de l’Union européenne.

L’objectif visé par Washington est d’ouvrir aux multinationales américaines un territoire qui se situe en quelque sorte dans « l’arrière-cour » de l’Union européenne. Autre facteur de confrontation entre l’Amérique et l’Union européenne 0 dans les Balkans, le deutschmark a tendance à dominer les structures bancaires au détriment du dollar américain.

L’élargissement de l’Union européenne contre l’élargissement de l’OTAN

Au début de l’an 2000, la Commission européenne avait entrepris des négociations pour l’admission de la Macédoine, de la Bulgarie et de l’Albanie à titre de membres associés de l’Union européenne. En avril 2001, au moment même des assauts terroristes contre son territoire, la Macédoine devenait le premier pays des Balkans à signer un soi-disant « accord de stabilisation et d’association » qui constituait une étape importante dans la voie de l’obtention du statut de membre à part entière de l’Union européenne. En vertu de cet accord, la Macédoine serait intégrée dans le système monétaire et commercial européen, avec libre accès au marché de l’Union européenne.

Les assauts terroristes ont coïncidé avec le calendrier des négociations avec la Commission européenne. Qui plus est, ils se sont intensifiés quelques semaines avant la signature de « l’accord d’association » avec la Macédoine. Il est avéré que Washington appuie l’UCK et que des conseillers militaires américains collaborent avec les terroristes. Était-ce là pure coïncidence ?
Au cours de la même période, un « ancien diplomate américain », Robert Frowick, fut nommé (mars 2001) à la tête de la mission de l’Organisation européenne pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Skopje. En étroite liaison avec Washington et l’ambassade américaine à Skopje, Frowick s’empressait d’établir des liens étroits avec le leader Ali Ahmeti de l’Armée de libération nationale. Et à ce titre, Frowick a joué un rôle important dans l’accord intervenu entre Ahmeti et les dirigeants des partis albanais, qui faisaient partie de la coalition gouvernementale.

Cet accord négocié par Frowick a rapidement mené à la fracture de la coalition gouvernementale ainsi qu’à la déstabilisation des institutions politiques, ce qui a également du même coup compromis le processus d’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne. Qui plus est, cette détérioration de la vie politique menant à l’ìmplosion sociale a également servi de prétexte à l’interférence politique, « humanitaire » et militaire des États-Unis, contribuant à l’affaiblissement des liens économiques et politiques de la Macédoine avec l’Allemagne et l’Union européenne. Soulignons qu’une des conditions de « l’accord d’association » est que la Macédoine devra se conformer aux « normes démocratiques européennes ». Inutile de préciser qu’avec un pays en guerre et un gouvernement totalement paralysé, le processus d’adhésion à l’Union européenne ne pourra se réaliser.

L’intention ultime de Washington est de freiner l’expansion de la sphère d’influence de l’Allemagne dans le sud-est de l’Europe par le blocage du processus d’élargissement de l’Union européenne. Dans la poursuite de ses intérêts stratégiques en Europe de l’Est et dans les Balkans, Washington a surtout privilégié le processus d’élargissement de l’OTAN. Prônée par l’administration Bush, cette stratégie vise à bloquer l’adhésion des pays d’Europe de l’Est et des Balkans à l’Union européenne.

Bien que le ton de la diplomatie internationale demeure poli, la politique étrangère américaine sous l’administration Bush est devenue carrément anti-européenne. Selon un analyste politique 0 « Au sein de l’équipe Bush, Colin Powell est perçu comme un ami des Européens, alors que les autres ministres et conseillers sont arrogants, durs et peu disposés à écouter ou donner une place aux Européens. »

L’Allemagne et les États-Unis

Il est avéré que la CIA appuie l’UCK et l’ALN responsable des attaques terroristes contre la Macédoine. Bien que les services secrets allemands (BND) aient, avant et durant la guerre de 1999, fourni un appui à l’UCK, il semblerait qu’ils ne soient pas impliqués dans les actions militaires de l’ALN menées contre la Macédoine.

Quelques semaines avant la signature de « l’accord d’association » avec l’Union européenne, les troupes allemandes stationnées dans la région de Tetovo en Macédoine furent « accidentellement » la cible de tirs de l’Armée de libération nationale (ALN). Les médias occidentaux – faisant écho aux déclarations officielles – ont tout de suite déclaré qu’il s’agissait d’un malentendu. Pourtant, des informations en provenance de Tetovo laissent croire à une action délibérée de la part de l’ALN, encadrée par des conseillers militaires américains. Chose certaine, l’incident n’aurait pas eu lieu si le BND allemand avait été impliqué avec l’armée rebelle.

Comble de l’ironie, deux des commandants de l’ALN, Adem Bajrami et un autre répondant au nom de guerre de Bilal, identifiés comme responsables des tirs contre les positions allemandes, ont été entraînés par les Forces spéciales britanniques. Ces deux commandants ont d’ailleurs déclaré qu’ils considéraient l’Allemagne comme un pays « ennemi » parce que les troupes allemandes stationnées en Macédoine et au Kosovo ont à maintes reprises (contrairement au comportement des militaires américains et britanniques) arrêté des membres de l’ALN à la frontière. Dans un article du Sunday Times de Londres (18 mars 2001), le journaliste Tom Walker rapporte les propos d’un porte-parole de l’ALN à Pristina. Celui-ci « avertissait la Bundeswehr que son intervention pourrait être interprétée comme une déclaration de guerre par la République fédérale allemande ».

En réponse à ces menaces, l’Allemagne envoyait en mars des troupes supplémentaires. Plus récemment, cependant, il s’avère que Berlin a choisi de retirer la plupart de ses troupes de la région de Tetovo et de ne pas s’opposer ouvertement à Washington. Des troupes allemandes ont quitté la zone des combats et sont maintenant stationnées au Kosovo.

Alors que les dissensions entre « alliés de l’OTAN » ne sont jamais rendues publiques, le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer n’a pas hésité (sans mentionner le rôle de Washington) à s’en prendre directement devant le Bundestag aux « extrémistes albanais en Macédoine » en plaidant en faveur d’un « accord à long terme qui permettrait de rapprocher l’ensemble de cette région de l’Europe ». Cette position contraste avec celle des États-Unis, négociée par l’envoyé spécial Robert Frowick. La proposition américaine demande au gouvernement macédonien d’accorder l’amnistie aux terroristes et de modifier la constitution du pays pour permettre la participation des rebelles de l’ALN à la vie politique.

La guerre, la « dollarisation » et le Nouvel ordre mondial

L’affrontement entre l’Allemagne et les États-Unis dans les Balkans s’inscrit dans un processus beaucoup plus large qui frappe le cœur de l’alliance militaire occidentale. Depuis le début des années 1990, les États-Unis et l’Allemagne sont intervenus conjointement dans les Balkans en tant que partenaires au sein de l’OTAN, en coordonnant leurs initiatives militaires, d’intelligence et de politique étrangère.

Malgré les apparences, de sérieuses divergences ont vu le jour dans la foulée des Accords de Dayton de 1995, alors que les banques allemandes s’empressaient d’imposer le deutschmark et de prendre le contrôle du système monétaire des anciennes républiques de l’ex-Yougoslavie.

L’axe anglo-américain

Après la guerre de 1999 contre la Yougoslavie, les États-Unis ont renforcé leur alliance stratégique, militaire et des services de renseignement, avec la Grande-Bretagne, alors que celle-ci a rompu plusieurs de ses liens avec l’Allemagne et la France, particulièrement dans les domaines de la production d’armes et de l’aérospatiale.

Au début de l’an 2000, le secrétaire américain à la Défense William Cohen et son homologue britannique, Geoff Hoon, signaient une Déclaration de principes sur le matériel militaire et la coopération industrielle.

L’industrie de la défense américaine – qui inclut maintenant British Aerospace Systems dans son système d’appels d’offres – affronte le consortium franco-allemand EADS, un conglomérat formé du groupe français Aerospatiale-Matra, de la Deutsche Aerospace, qui fait partie du groupe allemand Daimler, et de la CASA espagnole. Une rupture est donc intervenue dans le complexe militaro-industriel occidental, avec les États-Unis et la Grande-Bretagne d’un côté et l’Allemagne et la France de l’autre.
Le pétrole, les armes et l’alliance militaire occidentale sont des processus intimement liés.

 L’objectif de Washington est d’assurer la domination du complexe militaro-américain en alliance avec les géants pétroliers anglo-américains et l’industrie de l’armement britannique.

Ces développements ont évidemment un impact sur le contrôle des pipelines stratégiques et des différents corridors dans les Balkans, l’Europe de l’Est et l’ancienne Union soviétique. Cet axe anglo-américain est également marqué par une coopération plus étroite entre la CIA et le MI5 britannique, notamment en ce qui concerne l’entraînement des terroristes de l’UCK par les Forces spéciales britanniques (SAS).

Wall Street veut déstabiliser l’Euro

La protection des pipelines, l’appui en sous-main aux insurrections armées, la militarisation des corridors stratégiques font aujourd’hui partie intégrante de cet axe anglo-américain qui domine les routes du pétrole et du gaz en provenance de la mer Caspienne, par la Mer noire et les Balkans.

De façon plus générale, ce qui se produit actuellement dans cette vaste région reliant l’Europe de l’Est et les Balkans aux anciennes républiques soviétiques n’est rien d’autre qu’une ruée pour le contrôle du territoire et des économies nationales. Derrière ce processus, on voit se profiler le pouvoir financier de Wall Street – en alliance avec les géants de la Défense et du pétrole – pour déstabiliser et discréditer le deutschmark et, bien entendu, l’Euro, et imposer le dollar américain comme seule monnaie dans la région.

La « dollarisation » faite partie intégrante de l’expansionnisme américan. À cet égard, les manoeuvres militaires de Washington ne visent pas uniquement à contrer l’élargissement de l’Union européenne, mais également à miner la domination des grandes institutions bancaires allemandes, comme la Deutsche Bank, la Commerzbank et WestLandes Bank, à travers les Balkans.

Le Nouvel ordre mondial est marqué par une confrontation entre l’Europe et les États-Unis pour le contrôle des monnaies nationales et du marché des devises. Ce conflit entre blocs capitalistes s’intensifiera lorsque plusieurs centaines de millions de personnes en Europe de l’Est, dans les Balkans et dans les républiques de l’ex-Union soviétique jusqu’en Asie centrale commenceront à utiliser l’Euro plutôt que le dollar à partir du 1er janvier 2002.

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L’affaire Jérome kerviel partie 1

Jeudi 25 Décembre 2008 à 10:58

Publié par Rag dans Guerre économique

Bel organigramme

www.marketvisual.com/d/Ro/Robert_A_Day_f677_2.htm
www.marketvisual.com/d/So/Societe_Gener … 5c52_1.htm

 

Société Générale : Robert A Day a vendu 1M de titres les 9 et 10/01


www.easybourse.com/Website/article/5452 … titres.php

(Easybourse.com) L’information aurait du passer inaperçue si elle n’était pas intervenue dans cette période troublée. L’AMF a révélé ce matin que Robert A.Day a procédé à titre personnel et pour le compte de fondations qui lui sont liées, à des ventes d’actions Société Générale pour un montant global de 95,3M€. Le prix unitaire moyen de vente ressort à un 95,2€, soit 38% au-dessus du cours actuel. Une cession qui risque de faire polémique au moment où la Société Générale doit se justifier pour la perte record enregistrée sur son activité de trading, imputée au seul Jerome Kerviel, qui s’en défend. L’enquête est en cours et la réputation de la SocGen en jeu…

Alors que la Société Générale est au coeur d’un scandale planétaire après la découverte d’opérations frauduleuses à l’origine d’une perte record de 4,9 milliards d’euros, l’AMF a publié ce lundi trois déclarations dans lesquelles il est mentionné qu’un membre du conseil d’administration de la banque française a procédé les 9 et 10 janvier à des cessions importantes de titres.

Sans y voir une quelconque corrélation, ces cessions de titres ne font qu’amplifier la polémique autour de la communication interne et externe de la Société Générale.

Administrateur du Groupe, Robert A.Day a vendu au cours de la séance du 9 janvier 2008 , un bloc de 900 000 actions Société Générale au prix unitaire moyen de 95,27€ ce qui lui a rapporté 85 744 953€ (déclaration 208D0458)

Le lendemain, la Robert A.Day Foundation, personne morale liée à Robert A.Day a cédé de 90 000 actions Société Générale au prix unitaire moyen de 95,9066€ soit un total de 8 631 594€ (déclaration 208D0459)

Le même jour, la Kelly Day Foundation, personne morale liée à Robert A.Day, a procédé le 10 janvier à la vente de 10 000 titres à un prix unitaire de 95,9066€ pour un total 959 066€ (déclaration 208D0460

Des mouvements qui n’ont pas eu d’incidences sur le cours du titre au moment où elles ont été réalisées puisque l’action GLE a terminé la séance du jeudi 10 janvier sur un gain de 0,27% à 95,25€ (2 717 988 actions ont changé de mains ce jour) et celle de vendredi sur une hausse de 1,95% à 97,11€ (3 223 363 titres échangés).

A noter selon la déclaration mensuelle de la Société Générale que l’établissement dirigé par Daniel Bouton a procédé pour sa part, au cours du mois de décembre 2007 à la cession de 6 696 actions propres et au transfert de 91 199 titres.

Daniel Bouton avait lui-même, au cours de la journée du 17 décembre 2007 procédé à des souscriptions pour un montant global de 1 652 800€, à un prix unitaire moyen de 51,65€.

A la bourse de Paris, l’action Société Générale s’échange ce lundi 28 janvier à un cours de 68,70€, en chute de 7% par rapport à son niveau de vendredi. Elle accuse une perte de 30% depuis le 1er janvier 2008 et de 46% sur six mois. La capitalisation de la deuxième banque française est tombée à 32 milliards d’euros ce qui l’expose à une OPA même si les pouvoirs publics veilleront à éviter tout raid hostile.

B.R.

mardi 29 janvier 2008 (17h59) :

Mais qui est Robert Addison Day ?

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article60345

29/01/2008

Comme l’a révélé l’Autorité des Marchés financiers, Robert Day, administrateur de la Société générale, a vendu pour 85 millions d’euros d’actions Soc Générale le 9 janvier, puis 10 millions d’euros le 10 janvier, puis 40 millions d’euros le 18 janvier, soit très exactement pendant les jours précédant l’effondrement des cours.

Bien que la banque le démente, le soupçon de délit d’initié est donc extrêmement fort.

Les medias ont relayé cette information. Mais ils restent en revanche muets sur un aspect très intéressant : qui est Robert A. Day ? Selon le site de l’Union Populaire Républicaine que préside le Conseiller de Paris François Asselineau, il suffit de chercher sur internet.

On y découvre que Robert Day, de nationalité américaine, est un multimilliardaire très proche de George W. Bush et l’un des principaux financiers de ses deux campagnes présidentielles. En remerciement, le même président Bush l’a nommé en 2001 dans le sein des seins des services de renseignements américains : le « Presidential Intelligence Advisory Board » de la Maison Blanche?

Robert Day est en outre membre de plusieurs lobbys euro-atlantistes, tels le CSIS ou la Brookings Institution, qui militent ardemment pour la « Constitution européenne » recyclée dans le traité de Lisbonne, et qui sont par ailleurs fortement soupçonnés d’être des couvertures de la CIA.

Et le site de l’UPR de conclure qu’une fois de plus, les journalistes français ne font pas vraiment  « leur métier, qui est d’informer le public en menant quand même quelques investigations ». Encore faut-il en effet savoir se servir de Google…

http://www.observatoiredeleurope.com/index.php

Rebondissement de l’affaire Société Générale : Le « présumé initié » est l’un des financiers de George W. BUSH
www.u-p-r.org/ab/index.php?page=article&id=17
Il s’agit en effet d’un multimilliardaire américain, M. Robert A. Day, président-fondateur de la société Trust Company of the West, basée à Los Angeles (le site de TCW révèle que la société « TCW est une filiale de gestion de capitaux de la Société Générale, avec approximativement 500 milliards de $ en gestion »)
Ce monsieur est membre du conseil d’administration de la Société générale depuis que la banque française a racheté TCW en avril 2001 (Trust Company of the West est ainsi devenue une filiale américaine de Société Générale Asset Management depuis 2001).

Mais M. Robert A. Day porte d’autres casquettes. Il a fait partie des principaux « leveurs de fonds » (« fund raisers » en américain) pour les campagnes électorales de George W. Bush en 2000 et en 2004. Le milliardaire a d’ailleurs déjà accueilli le président des Etats-Unis chez lui dans sa maison de Bel Air, le quartier le plus chic de Los Angeles, par exemple le 21 octobre 2005.

« Bush Fundraiser Held at the Bel Air home of Robert Day.
by FYI Friday, Oct. 21, 2005 at 6:46 PM

The Republican Fundraiser that Bush attended last night was held at the Bel Air home of a Mr. Robert A. Day.

The information comes a day too late for anti-war protesters who were scrambling with only a few days advance notice of the visit to find out where to stage a protest. However, now that the word is out about Robert Day, the next time Bush comes to town he will have to find another place to sneak in and out of to avoid protesters. »

Pour le remercier d’avoir largement contribué à ses campagnes électorales, le Président Bush a su remercier Robert A. Day comme il convenait.

Il l’a notamment nommé,de 2001 à 2003, au « Foreign Intelligence Advisory Board », un service officiel de la Maison Blanche (sources :  http://query.nytimes.com/gst/fullpage.h … A9649C8B63

et http://www.nndb.com/gov/404/000052248/

Or le « Foreign Intelligence Advisory Board » (Conseil sur les services de renseignements étrangers) est un service de la Maison Blanche qui est au cœur même de la politique des services de renseignements américains. Ses membres sont en effet chargés de fournir directement au Président des Etats-Unis des analyses et des analyses sur la qualité des services de renseignements américains et étrangers. 

source : site web de la maison Blanche  :

http://209.85.135.104/search?q=cache:BD … &gl=fr

Par ailleurs, M. Robert A. Day est membre de plusieurs « think tanks » très proches des services de renseignements américains et des néo-conservateurs.

Il est ainsi membre du CSIS (Center for Strategic and International Studies), qui est un des organismes de renseignements et d’influence les plus puissants des USA, très proche du lobby pétrolier américain. Je suggère de lire le très intéressante analyse faite sur le CSIS par le réseau Voltaire à l’adresse

http://209.85.135.104/search?q=cache:Vv … lr=lang_fr

En particulier, vous pourrez y découvrir que le CSIS a organisé, en 1997, une vaste conférence internationale autour de Zbigniew Brzezinski et Jacques Delors pour l’unité euro-états-unienne. Après les attentats du 11 septembre, il analyse la montée de ce qu’il appelle l’anti-américanisme en Europe. Avec le German Marshall Fund (fonds de la CIA) , il publie une déclaration commune Pour le renouveau du partenariat transatlantique pour réaffirmer le lien entre l’Union européenne et l’OTAN et demander que les États-Unis soient associés à l’élaboration du projet de Constitution européenne.

(Cela permet de douter sérieusement de la thèse lancée sur un blog du Wall Street Journal et immédiatement reprise les yeux fermés par Libération selon laquelle ce vilain petit Français serait à lui tout seul, avec ses petits bras, responsable de l’effondrement du capitalisme financier mondial, cet affreux trader « mentalement faible » qui aurait « trompé la FED ». Quoi que fasse la presse aux ordres, il semble maintenant très probable que l’énormité du scandale ne finisse par rendre bien dérisoires toutes ces minables manipulations.)

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L’affaire Jérôme kerviel partie 2

Jeudi 25 Décembre 2008 à 10:59

Publié par Rag dans Guerre économique

BONNE QUESTION : Mister DAY connaît-il Mrs LAGARDE ?

Parmi les personnalités membres du CSIS a longtemps figuré en bonne place… Mme Christine Lagarde, actuelle ministre français des finances. Source :  http://www.voltairenet.org/article17340.html

Extrait :

« Bien que cela ne figure pas sur sa biographie officielle, Madame Lagarde militait aux États-Unis au Center for Strategic & International Studies (CSIS) [3]. Au sein de ce think tank, elle co-présidait avec Zbigniew Brzezinski la commission Action USA/UE/Pologne et suivait plus particulièrement le groupe de travail Industries de défense USA-Pologne (1995-2002) et les questions liées à la libéralisation des échanges polonais. Or, dans ces instances, elle représentait les intérêts états-uniens contre ceux du Commerce extérieur français dont elle est aujourd’hui la ministre. En sa qualité d’avocate du cabinet Baker & McKenzie, elle poussait plus particulièrement les intérêts de Boeing et Lockheed-Martin contre ceux d’Airbus et de Dassault.

En 2003, Christine Lagarde est également devenue membre, toujours au sein du CSIS, de la Commission pour l’élargissement de la communauté euro-atlantique aux côtés de son ami Brzezinki et de diverses personnalités dont l’ancien directeur de l’OMC Reanto Ruggiero et l’ancien ambassadeur spécial pour la restitution des biens religieux en Europe centrale, Stuart Eizenstat. Cette commission s’est occupée des investissements possibles en Pologne, Slovaquie, Lettonie, Roumanie, République tchèque et Hongrie. »

(Mme Lagarde, dont aucun Français ne sait vraiment pourquoi elle est ministre des finances, sans avoir jamais été élue par quiconque ni jamais avoir fait de politique, a donc fréquenté les mêmes institutions étrangères que M. Robert Day. Ce n’est bien sûr qu’un hasard. Et cela ne devrait surtout pas expliquer le soutien indéfectible de Mme Lagarde à la thèse officielle de la Société Générale, thèse que personne, sauf Mme Lagarde, ne prétend sérieusement croire.)



http://www.boursier.com/vals/FR/societe … 269810.htm
Robert Day n’était pas au courant des problèmes de la banque Société Générale au moment ou l’on se renseignait sur Kerviel.
La transaction est de 40 millions d’euros et chaque titre valant 90 euros faîtes le calcul.
De plus comme dans tout blanchiement il existe des sociétés éponyme (même nom) comme sa fondation qui porte son nom et qui vendit aussi 4,5 millions d’actions.Donc au total soit 95 millions d’action Société Générale.

La Robert A. Day Foundation et la Kelly Day Foundation, ont également vendu le 10 janvier pour 8,63 millions d’euros et 959066 euros d’actions.
Le volume des transactions sur le titre Socgen a été multiplié par 2 et demi, de 4 millions de titres échangés en moyenne par jour habituellement, à 10 millions par jour entre le 18 janvier, jour où la direction a appris le problème, et le 24 janvier, jour où l’affaire a été rendu publique. Délit d’initié ? C’est curieux que l’AMF ne réagisse pas sur ces échanges. Ils n’ont réagi que sur une vente survenu le 9 janvier. Il est aussi curieux que la banque de France, au courant depuis le 18, ne prévienne le gouvernement que le 23.

Tribune : ‘Fraude’ à la Société Générale, génie isolé ou insouciance généralisée ?
28-01-2008
www.silicon.fr/fr/news/2008/01/28/tribu … eneralisee
Par E.B. Sirius (*)

Un communiqué de cinq pages publié par la Société Générale le 27 janvier liste les « techniques de fraude » employées par Kerviel. Or cette liste peut se lire comme un florilège assez classique des mauvaises pratiques en sécurité informatique, extraits

Publicité Le plus gros : Kerviel a usurpé « des codes d’accès informatiques appartenant à des opérateurs pour annuler certaines opérations ». Cela veut dire qu’il a conservé d’anciens mots de passe ? Qu’il en a obtenus ? Qu’il s’est fait passer pour ces opérateurs qui auraient dû voir quelque chose ! A moins que lesdits opérateurs ne puissent voir ce que l’on fait en leur nom ? À moins qu’ils ne soient plus en poste ?

Dans tous les cas de figure, il y a là une très mauvaise gestion des login et une sensibilisation très insuffisante des intéressés à la sécurité. Et un contrôle absent. Trouver cette situation dans une grande banque française est surprenant. La préoccupation de la sécurité doit amener la hiérarchie à sensibiliser en permanence sur ces points : il y a là un manquement grave de la hiérarchie. Par ailleurs, il est très étonnant que les audits n’aient rien vu… cela peut laisser penser que ces manquements à la sécurité sont absolument courants.

Deuxième point surprenant : le trader aurait justifié certaines opérations fictives « en falsifiant des documents » dont on peut penser que certains sont des courriels. Etant donné l’importance de ces envois, il est surprenant de constater qu’ils ne sont pas protégés dans un système de dépôt sécurisé. Là encore le contrôle ou les audits se contentent de vraiment peu ! Il est donc possible de se justifier avec un courriel trafiqué ?

Troisième point un peu plus subtil tout de même : il semble que Kerviel connaissant bien les contrôles se soit glissé dans les failles. Faut-il en déduire que ces failles n’étaient pas connues des auditeurs ou contrôleurs ? Des failles minimes et peu risquées, passe encore ; mais des failles à 50 milliards d’Euro d’exposition ? L’analyse de risque n’est pas correcte ! A-t-elle seulement eu lieu ?

Enfin, il semble que le contrôle ne soit pas systématique sur toutes les opérations, mais plutôt statistique ou sur les opérations les plus courantes ou les plus grosses financièrement. Le compromis entre le risque et la complétude du contrôle est toujours difficile à trouver, mais dans le cas qui nous préoccupe, il est très défavorable !

Pour finir, la page 5 du communiqué donne un renseignement important : » la position [de la banque] sur futures a été rapprochée de la position de notre contrepartie (compensateur) », ceci, afin de s’assurer que toutes les opérations fictives ont été identifiées. Cette phrase indique donc qu’il existe un moyen externe et ‘holistique’ de contrôle qui visiblement n’a pas été utilisé jusque là.

Sans préjuger des torts de Kerviel, on peut dire à la lecture de ce communiqué que l’analyse des risques liés à l’usage de l’informatique est très insuffisante dans cette banque. La politique de sécurité et la préoccupation de son maintien auprès des utilisateurs de l’informatique est aussi déficiente. Partant de là, les contrôles et audit passent à côté de la réalité opérationnelle. C’est un retour aux vrais risques informatiques qui doit s’opérer avant tout, car sans informatique de base sécurisée, tout n’est qu’illusion.
____
(*) Consultant, Duquesne Research



Affaire de la Société générale
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de … %C3%A9rale
Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Le jeudi 7 novembre 2002, en début d’après midi, s’est ouvert à Paris le procès de l’un des plus grands scandales politico-financiers des années 1980. Seuls quatre hommes (dont Georges Soros), sur les 11 mis en examen, ont comparu devant le tribunal correctionnel pour des « délits d’initiés », en s’étant enrichis illégalement lors d’un raid boursier manqué contre la banque Société générale, le premier groupe bancaire privé français, lancé par Georges Pébereau en 1988.

À l’époque des faits, ce sont les grands noms de la finance française et ceux de plusieurs hommes politiques du Parti socialiste, dont celui de Pierre Bérégovoy, alors ministre des Finances de François Mitterrand qui étaient cités. Depuis, cinq des mis en examen ont bénéficié d’un non-lieu et deux, Marc Viénot, ex-pdg de la Société générale, et Georges Pébereau, ex-pdg de la société Marceau investissements (aussi surprenant que cela puisse paraître), ont été amnistiés.

Il restait donc quatre prévenus : le financier américain Georges Soros, 72 ans, le financier libanais Samir Traboulsi, 64 ans, l’ex-patron de la banque Rivaud, Jean-Pierre Peyraud, 88 ans (en raison de son âge, il était absent à l’ouverture du procès) et l’ex-directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, devenu PDG de la société Euris, propriétaire du groupe de distribution Casino, Jean-Charles Naouri, 53 ans. Ces personnes étaient soupçonnées d’avoir spéculé sur des actions Société générale au cours du deuxième semestre 1988, avant que le raid boursier lancé par Georges Pébereau ne soit connu du public.

L’enquête a mis au jour un montage financier, à l’initiative de Georges Pébereau, permettant à un groupement d’hommes d’affaires de faire d’importants bénéfices. Plus de 30 millions d’actions de la Société générale ont été échangées sur le seul marché parisien. Ces transactions ont mobilisé quelque 2,07 milliards d’euros de capitaux, et Jean-Pierre Peyraud a encaissé une plus-value de 5,3 millions d’euros, Georges Soros 2,4 millions d’euros, Samir Traboulsi 3,96 millions d’euros, et Jean-Charles Naouri un peu moins de 53.000 euros.

La substitut du procureur Marie-Christine Daubigney avait requis 2,2 millions d’euros d’amende contre Georges Soros. L’amende demandée était égale au profit que le prévenu était soupçonné d’avoir réalisé. La substitut a estimé que Samir Traboulsi ne pouvait être condamné que pour recel de délit d’initié et a demandé qu’il paie une amende qui représente la moitié de son profit présumé, soit 1,98 millions d’euros. Il s’agissait là des peines minimales prévues par la loi en cas de condamnation.

Finalement, le tribunal correctionnel de Paris condamnera le financier américain George Soros à 2,2 millions d’euros d’amende. Jean-Charles Naouri et Samir Traboulsi furent relaxés et ainsi innocentés dans un volet judiciaire qui fut critiqué par toutes les parties pour avoir été un des procès les plus longs (plus de 15 ans) de la République française.



Michel Pébereau
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_P%C3%A9bereau
Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
Michel Pébereau (23 janvier 1942 – ) est un homme d’affaires français, président du conseil d’administration de BNP Paribas et membre de l’Institut. Il est le frère de Georges Pébereau.

Carrière
Ancien élève de l’École polytechnique (X 1961) et de l’École nationale d’administration, Michel Pébereau a choisi à la sortie de cette dernière l’Inspection des Finances.
A partir de 1970, il sera chargé de mission puis conseiller technique auprès du ministre de l’Économie et des finances, Valéry Giscard d’Estaing. Il occupera ces fonctions durant 4 ans. Il restera au ministère jusqu’en 1982 où il occupera notamment la direction du Trésor.
Parallèlement il devient directeur de cabinet de René Monory à partir de 1978.
Par la suite, il a mené à bien la privatisation du Crédit commercial de France (1986), qu’il a présidé de 1983 à 1993, puis de la Banque nationale de Paris (1993), qu’il préside de 1993 à 2000.
En août 1999, il lance une double offre publique d’échange sur les titres de la Société générale et de Paribas. La première offre échoue, mais le succès de la seconde permet la création de BNP Paribas, entité dont il est PDG de 2000 à 2003, date à laquelle les fonctions de président et de directeur général sont séparées.
Depuis lors, il assume les fonctions de président du conseil d’administration de BNP Paribas.
Parallèlement à son activité de banquier, il a enseigné à l’Institut d’études politiques de Paris en tant que maître de conférences de 1968 à 1980, puis en tant que professeur de 1980 à 2000. Il est président du conseil de direction de l’établissement.

En 2005, il est chargé par Thierry Breton, ministre des finances, de créer une commission chargée d’étudier la dette de la France. Il rend son rapport le 14 décembre 2005.

M. Pébereau est aussi réputé pour être un grand amateur d’ouvrages de science-fiction.

Autres mandats sociaux
En 2005, il devient président de l’Institut de l’entreprise[1].
Depuis novembre 2004, il est président de l’Institut Aspen France et par là même président du conseil de surveillance[2] et du conseil d’orientation[3].
Il est membre du Haut Conseil de l’éducation[4] (HCE), désigné par le président du Conseil économique et social, depuis sa création en 2005.
En 2007, il devient représentant de l’Etat au conseil d’administration d’EADS, posté laissé vacant par Louis Gallois.
Il est membre du club Le Siècle
Il a été élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques le 26 novembre 2007 au fauteuil de Pierre Tabatoni.
Président du Conseil d’administration de BNP Paribas et divers mandats sociaux dans les filiales de ce groupe.
Administrateur de Total
Administrateur de Saint-Gobain
Administrateur de Lafarge
Membre du conseil de surveillance d’Axa
Censeur des Galeries Lafayette



Le raid de la BNP sur la Société Générale ne se fit pas attendre après l’affaire Kervièl. On voit que les frères Pebereau ont une longue histoire avec la Société Générale mais aussi  que Georges est en relation avec Bolloré.
Que du beau monde de la finance avec en 88 Soros l’américain et Robert Day en 2008
On voit aussi que Michel Pebereau est administrateur D’EADS et comme par hasard toutes cs affaires ont en point commun le délit d’initié.


www.marketvisual.com/d/Ge/Georges_Pebereau_1e39_1.htm
http://img444.imageshack.us/img444/7461/pasdenomyt5.png
http://img444.imageshack.us/img444/7461/pasdenomyt5.f7d21a0b9b.jpg

 

Concernant les institutions bancaires Clearstream et  le Patriot Act

Le USA PATRIOT Act (qui signifie Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act ou en français Loi pour unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme) est une loi américaine qui a été votée par le Congrès des États-Unis et signée par George W. Bush, le 26 octobre 2001.

Une loi d’exception à l’origine 
Cette loi, conséquence directe des attentats du 11 septembre 2001, renforce énormément les pouvoirs des différentes agences gouvernementales des États-Unis (FBI, CIA, NSA et l’armée) . Elle fut considérée comme une loi d’exception, dont les dispositions n’étaient valables que pour quatre années. Le 15 juin 2005, le Congrès a voté un amendement pour empêcher le FBI et le ministère de la Justice d’utiliser le Patriot Act afin d’avoir accès aux fichiers de lecteurs des bibliothèques et des librairies. Sont également modifiées, les lois sur l’immigration, les lois d’opérations bancaires, la loi de surveillance d’intelligence étrangère (FISA). Il crée une nouvelle catégorie de crime du « terrorisme intérieur » (section 802). Cette accusation s’applique par exemple à la consultation privée de documents qui réfutent la théorie officielle.

Les « axes » du Patriot Act sont les suivants :

Titre I : Augmenter la sécurité intérieure contre le terrorisme
Titre II : Procédures augmentées de surveillance
Titre III : Réduction du blanchiment d’argent international et Lois de financement anti-terroriste de 2001
Titre IV : Protection des frontières
Titre V : Enlèvement des obstacles sur l’investigation dans le terrorisme
Titre VI : Aide aux victimes du terrorisme, des officiers de securité publique et des familles
Titre VII : Partage accru des informations pour la protection d’infrastructures critiques
Titre VIII : Renforcement de la législation pénale contre le terrorisme
Titre IX : Amélioration du renseignement
Les cours fédérales ont affirmées que quelques dispositions sont des infractions inconstitutionnelles sur des libertés civiles. Le Patriot Act fut renouvelé par un vote du Sénat et de la chambre des représentants le 2 mars 2006 avec 89 pour et 11 contre dans le Sénat, et le 7 mars 280 pour 138 à la Chambre des représentants. Le renouvellement a été signé par le Président George W. Bush le 9 mars 2006.

Voici ce que l’on peut lire sur le site de Clearstream
www.clearstream.com/ci/dispatch/en/kir/ … atriot_act
USA Patriot Act Certification
Conformément à l’USA Patriot Act et les dernières règles édictées par le Département américain du Trésor, une banque américaine ou un courtier US-revendeur (une «institution financière couvert») est nécessaire pour obtenir une certification de toute « banques étrangères » qui maintient une correspondant compte avec elle.
Tel que permis par les règles définitives, Clearstream Banking Luxembourg a établi une certification pour l’utilisation par toute institution financière qui a besoin ..

http://74.125.39.104/search?q=cache:H4X … &gl=fr
Enfin, nous pouvons relever parmi les contributeurs de la FAF de New York, EADS, l’Oréal USA [14] ou encore la Société Générale [15].

La FAF française n’a, de son côté, pas à rougir de sa jumelle new-yorkaise. Dirigée à ses débuts par le président de Péchiney, Pierre Jouven, la Fondation est présidée depuis 1997 par Michel Garcin [16], directeur général de Hervé Consultants (spécialiste en accompagnement d’entreprises). Le Conseil de surveillance [17] réunit EADS France, BNP Paribas, la Caisse des dépôts ainsi que des représentants comme Yves de Gaulle (secrétaire général de Suez), Jean-Louis Gergorin (vice-président de la coordination stratégique chez EADS, mais dont les activités ont cessé avec l’affaire Clearstream) ou Marwan Lahoud, PDG du leader européen dans le secteur des missiles MBDA dont EADS est actionnaire à 37,5% et dont le frère Imad Lahoud [18] a connu quelques démêlées judiciaires en liaison avec Jean-Louis Gergorin lors de l’affaire Clearstream.

Publié dans LE NOUVEL ORDRE MONDIAL, PROJETS DES MAITRES DU MONDE, Vous avez dit THEORIE du COMPLOT ? | Pas de Commentaire »

Vous avez dit complot ?

Posté par issopha le 11 mars 2009

Vous avez dit complot ?

 

vous-avez-dit

Le siècle dernier, l’histoire du terrorisme a démontré qu’il s’agit toujours, pour une faction politique, de manipuler des groupes terroristes en vue de provoquer un revirement avantageux de l’opinion publique dont le but peut être de renforcer des dispositifs policiers pour contrer une agitation sociale, présente ou prévisible, ou de déclancher une opération militaire offensive, et son cortège d’intérêts économiques, à laquelle s’oppose la majorité de la nation (voir la note 1 en fin de page).

Tout individu notoirement ennemi de l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se déclarer dans cette catégorie est connu de plusieurs services de renseignements. De tels groupes sont constamment sous surveillance. Leurs communications internes et externes sont connues. Ils sont rapidement infiltrés par un ou plusieurs agents, parfois au plus haut niveau de décision, et dans ce cas aisément manipulable. Cette sorte de surveillance implique que n’importe quel attentat terroriste ait été pour le moins permis par les services chargés de la surveillance du groupe qui le revendique, parfois encore facilité ou aidé techniquement lorsque son exécution exige des moyens hors d’atteinte des terroristes, ou même franchement décidé et organisé par ces services eux-mêmes. Une telle complaisance est ici tout à fait logique, eu égard aux effets politiques et aux réactions prévisibles de ces attentats criminels.

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L’exaltation idéologique peut conduire à toutes sortes de crimes, et l’héroïsme individuel comme les assassinats en série appartiennent à toutes les sociétés humaines. Ces sortes de passions ont contribué depuis toujours à construire l’histoire de l’humanité à travers ses guerres, ses révolutions, ses contre-révolutions. On ne peut donc être surpris qu’un mitrailleur, un kamikaze ou un martyre commettent des actes dont les résultats politiques seront exactement opposés à ceux qu’ils prétendent rechercher, car ces individus ne sont pas ceux qui négocient sur le marché des armes, organisent des complots, effectuent minutieusement des opérations secrètes sans se faire connaître ni appréhendés avant l’heure du crime.

Mais il n’y a rien de nouveau à tout cela. Thucydide écrivait déjà, 400 ans avant Jésus-Christ, dans “La guerre du Péloponnèse” : « Qui plus est, ceux qui y prenaient la parole étaient du complot et les discours qu’ils prononçaient avaient été soumis au préalable à l’examen de leurs amis. Aucune opposition ne se manifestait parmi le reste des citoyens, qu’effrayait le nombre des conjurés. Lorsque que quelqu’un essayait malgré tout des les contredire, on trouvait aussitôt un moyen commode des les faire mourir. Les meurtriers n’étaient pas recherchés et aucune poursuite n’était engagée contre ceux qu’on soupçonnait. Le peuple ne réagissait pas et les gens étaient tellement terrorisés qu’ils s’estimaient heureux, même en restant muet, d’échapper aux violences. Croyant les conjurés bien plus nombreux qu’ils n’étaient, ils avaient le sentiment d’une impuissance complète. La ville était trop grande et ils ne se connaissaient pas assez les uns les autres, pour qu’il leur fût possible de découvrir ce qu’il en était vraiment. Dans ces conditions, si indigné qu’on fût, on ne pouvait confier ses griefs à personne. On devait donc renoncer à engager une action contre les coupables, car il eût fallut pour cela s’adresser soit à un inconnu, soit à une personne de connaissance en qui on n’avait pas confiance. Dans le parti démocratique, les relations personnelles étaient partout empreintes de méfiance, et l’on se demandait toujours si celui auquel on avait à faire n’était pas de connivence avec les conjuré ».

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Quoiqu’elle veuille s’en donner l’allure, l’action terroriste ne choisit pas au hasard ses périodes d’activités, ni selon son bon plaisir ses victimes. On constate inévitablement une strate périphérique de petits terroristes, dont il est toujours aisé de manipuler la foi ou le désir de vengeance, et qui est, momentanément, tolérée comme un vivier dans lequel on peut toujours pécher à la commande quelques coupables à montrer sur un plateau : mais la « force de frappe » déterminante des interventions centrales ne peut-être composée que de professionnels ; ce que confirme chaque détails de leur style.

L’incompétence proclamée de la police et des services de renseignements, leurs mea-culpa récurrent, les raisons invoquées de leurs échecs, fondées sur l’insuffisance dramatique de crédits ou de coordination, ne devraient convaincre personne : la tâche la première et la plus évidente d’un service de renseignements est de faire savoir qu’il n’existe pas ou, du moins, qu’il est très incompétent, et qu’il n’y a pas lieu de tenir compte de son existence tout à fait secondaire. Pourtant, ces services sont mieux équipés techniquement aujourd’hui qu’ils ne l’ont jamais été.

Aujourd’hui, les manipulations générales en faveur de l’ordre établi sont devenues si denses qu’elles s’étalent presque au grand jour. Pourtant, les véritables influences restent cachées, et les intentions ultimes ne peuvent qu’être assez difficilement soupçonnée, presque jamais comprises.

Notre monde démocratique qui, jusqu’il y a peu, allait de succès en succès, n’est aujourd’hui plus que l’arme idéologique d’une mécanique de domination, dont l’aboutissement du mensonge mondialiste pourrait devenir notre pire cauchemar.

Alors que nous sommes pris dans une réalité aussi mouvante que violement destructrice, nous ne devons pas perdre de vue que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreint, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables…

Le temps est venu d’organiser la résistance !

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Note 1 :

Allemagne 1933 : Hitler

Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier d’Allemagne et chef du pouvoir exécutif. Pourtant, deux adversaire potentiels sont encore devant lui : le Reichstag, qui vote les lois, arrête le budget et décide la guerre, ainsi que le parti communiste allemand, qui, dans le marasme économique de l’époque, pouvait se relever inopinément et constituer un dangereux concurrent. Le 22 février, Goering, alors président du Reichstag attribue aux SD (Sicherheitsdienst : Service de renseignements de sûreté) des fonctions de police auxiliaire. Le 23, la police perquisitionne au siège du parti communiste et y « découvre » un plan d’insurrection armée avec prises d’otages, multiples attentats et empoisonnements collectifs. Le 27 février, un militant gauchiste s’introduit sans difficultés dans le Reichstag et, avec quelques allumettes, y provoque un incendie. Le feu s’étend si rapidement que le bâtiment est détruit. Tous les experts, techniciens et pompiers, ont témoigné qu’un tel incendie ne pouvait être l’œuvre d’un seul homme. Bien après la guerre, d’anciens nazis confirmeront le rôle des SD dans cet attentat. Dès le lendemain de l’incendie, plusieurs milliers d’élu et de militants communistes sont arrêtés, l’état d’urgence décrété, le parti communiste interdit. Quinze jours plus tard les nazis remportent les élections au Reichstag, Hitler obtient les pleins pouvoirs et, dès juillet 1933, interdit tous les autres partis.

Italie 1970 : les Brigades rouge

Au cours des années septante, l’Italie était au bord d’une révolution sociale. Grèves, occupations d’usines, sabotage de la production, remise en question de l’organisation sociale et de l’Etat lui-même ne semblaient plus pouvoir être jugulé par les méthodes habituelle de la propagande et de la force policière. C’est alors que des attentats terroristes, destinés à provoquer de nombreuses victimes, et attribués à un groupe « révolutionnaire », les Brigades Rouges, sont venu bouleverser l’opinion publique italienne. L’émotion populaire permit au gouvernement de prendre diverses mesures législatives et policières : des libertés furent supprimées sans résistance, et de nombreuses personnes, parmi les plus actives du mouvement révolutionnaire, furent arrêtées : l’agitation sociale était enfin maîtrisée. Aujourd’hui, les tribunaux eux-mêmes reconnaissent que la CIA était impliquée, de même que les services secrets italiens, et que l’Etat était derrière ces actes terroristes.

USA 1995 : Timothy Mc Veigh

Le 19 avril 1995, un vétéran de la première guerre du Golfe, Timothy Mc Veigh, lance contre un bâtiment du FBI, à Oklahoma City, un camion chargé d’engrais et d’essence. Le bâtiment s’effondre et fait cent soixante-huit victimes. Au cours de l’instruction, Mc Veigh a déclaré avoir été scandalisé par l’assaut donné par le FBI, deux ans plus tôt, à une secte d’adventiste à Wacco, dans le Texas. Assaut au cours duquel périrent plus de quatre-vingt membres de la secte, dont vingt-sept enfants. Révolté par ce crime, Mc Veigh était donc parti en guerre, seul, contre le FBI. Et au terme de son procès, largement médiatisé, il a été exécuté, seul, par une injection mortelle, devant les caméras américaines.
Après l’attentat, 58 % des Américains se sont trouvés d’accord pour renoncer à certaine de leur liberté afin de faire barrage au terrorisme. Et dans l’effervescence populaire entretenue par les médias, le président Clinton du signer le consternant antiterrorism Act autorisant la police à commettre de multiples infractions à la constitution américaine.
Au vu des ravages causés par l’attentat, Samuel Cohen, le père de la bombe à neutrons, avait affirmé : « Il est absolument impossible, et contre les lois de la physique, qu’un simple camion remplis d’engrais et d’essence fassent s’effondrer ce bâtiment. » Deux experts du Pentagone étaient même venu préciser que cette destruction avait été « provoquée par cinq bombes distinctes », et avaient conclu que le rôle de Mc Veigh dans cet attentat était celui de « l’idiot de service ».

Au cours de son procès, Mc Veigh a reconnu avoir été approché par des membres d’un « groupe de force spéciales impliquées dans des activités criminelles ». Le FBI ne les a ni retrouvé, ni recherchés. Mais dans cette affaire, la police fédérale a dissimulé tant d’information à la justice qu’au cours de l’enquête, l’ancien sénateur Danforth a menacé le directeur du FBI d’un mandat de perquisition, mandat qu’il n’a pu malheureusement obtenir. L’écrivain Gore Vidal affirme, dans son livre La fin de la liberté : vers un nouveau totalitarisme, sans hésiter : « Il existe des preuves accablantes qu’il y a eu un complot impliquant des milices et des agents infiltrés du gouvernement afin de faire signer à Clinton l’antiterrorism Act ».

USA : 11/9

La situation mondiale exige l’ouverture continuelle de nouveaux marchés et demande à trouver l’énergie nécessaire pour faire fonctionner la production industrielle en croissance constante. Les immenses réserve des pays arabes, et la possibilité des se les approprier, d’acheminer cette énergie à travers des zones contrôlées, font désormais l’objet de conflits entre les USA, décidés à asseoir leur hégémonie, et les autres pays d’Europe et d’Asie. S’emparer de telles réserves aux dépends du reste du monde exige une suprématie militaire absolue et d’abord une augmentation considérable du budget de la défense. Mesures que la population américaine n’était, il y a quelques années encore, aucunement disposée à entériner. Le 11 janvier 2001, la commission Rumsfeld évoquait qu’un « nouveau Pearl Harbour constituera l’évènement qui tirera la nation de sa léthargie et poussera le gouvernement américain à l’action.»

Les services de renseignements américains, qui prétendaient tout ignorer de l’attentat du 11 septembre, étaient si bien averti dans les heures qui ont suivi, qu’ils pouvaient nommer les responsables, diffuser des comptes rendus de communications téléphonique, des numéros de carte de crédit, et même retrouver inopinément le passeport intact d’un des pilotes terroristes dans les ruines fumantes des deux tours, permettant ainsi de l’identifier ainsi que ses présumés complices. La version des autorités américaines, aggravée plutôt qu’améliorée par cent retouches successives, et que tous les commentateurs se sont fait un devoir d’admettre en public, n’a pas été un seul instant croyable. Son intention n’était d’ailleurs pas d’être crue, mais d’être la seule en vitrine.

Le pouvoir est devenu si mystérieux qu’après cet attentat, on a pu se demander qui commandait vraiment aux Etats-Unis, la plus forte puissance du monde dit démocratique. Et donc, par extension, on peut se demander également qui peut bien commander le monde démocratique ?


Le fascisme, le stalinisme et X
par Jean Bricmont, prof de physique à l’UCL

Un des thèmes privilégiés du discours politique contemporain est la révulsion provoquée par ces grandes horreurs du 20ème siècle que

sont le fascisme et le stalinisme, mises en pratique d’idéologies totalitaires.

En marge du quarantième anniversaire de l’indépendance du Congo, je voudrais faire quelques remarques sur ce qui me semble être un grand absent dans ce débat, et que, pour cette raison, j’appellerai X.

X est un système d’oppression politique qui s’est étendu à presque toute la planète, durant ici des siècles, là des décennies, et faisant, au total, plus de victimes que le stalinisme et le fascisme mis ensemble. X a déporté des populations entières, annihilé des cultures, utilisé l’esclavage, les camps et le travail forcé. X s’est justifié au moyen d’une idéologie fanatique, le racisme, qui a une grande parenté avec le nazisme ; mais cette parenté, contrairement à celle entre nazisme et stalinisme, est rarement soulignée. X a utilisé, là où il dominait, un obscurantisme imposé par des moyens totalitaires.

 Les séquelles de X affectent la vie de bien plus de gens que les séquelles du stalinisme ou du fascisme. Il est impossible de comprendre le monde contemporain, qu’il s’agisse de la dette du Tiers Monde, de la politique du FMI, des migrations, du racisme, des problèmes écologiques, ou les événements du Congo, du Zimbabwe, du Liban, ou même des Balkans, sans remonter à X. Des millions de gens dans le monde meurent chaque année, victimes des conséquences de X.

Pourtant, parler de X n’est pas simple ; l’histoire de X, telle que je l’ai apprise à l’école, était purement et simplement négationniste.

Publié dans ACTUS ET DEBATS CAMEROUN, ACTUS ET DEBATS FRANCE, ACTUS ET DEBATS MONDE, AU-DELA DES IDEES RECUES, QU'EST-CE QU'UN INTELLECTUEL ?, SAVOIR C'est déjà  POUVOIR, VISAGES DE LA RESISTANCE | 1 Commentaire »

Elie Domota :Un passé qui ne passe toujours pas à ne pas confondre avec de « l’incitation à la haine raciale « 

Posté par issopha le 11 mars 2009

Elie Domota :


Un passé qui ne passe toujours pas à ne pas  confondre avec de
« l’incitation à la haine raciale « 

Le Parquet de Pointe à Pitre a annoncé, samedi dernier, l’ouverture
d’une enquête judiciaire à l’encontre de Elie Domota, porte parole du
LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) pour  » incitation à la haine raciale « .

Le MRAP s’étonne d’une telle démarche alors qu’elle ne s’applique pas
aux policiers ayant proféré des injures racistes à l’encontre des
manifestants.

Elie Domota avait en effet déclaré, jeudi 5 mars, sur  » Télé Guadeloupe
 » à propos des patrons refusant d’appliquer aux bas salaires la hausse
de 200 euros prévue aux accords signés par le gouvernement français:
« soit ils appliquent l’accord, soit ils quitteront la Guadeloupe. Nous
ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage ». C’est bien
des  » patrons békés  » – c’est à dire descendants des colonisateurs des
Antilles qui firent jadis régner l’esclavage – dont parlait Elie Domota
et non de personnes qualifiées en fonction de leur couleur de peau.

Pour le MRAP ces propos ne relèvent donc pas de  » l’incitation à la
haine raciale  » mais de la dénonciation d’une politique sociale aux
relents colonialistes contre laquelle le peuple guadeloupéen s’est
dressé depuis des semaines.

L’annonce de l’ouverture d’une enquête judiciaire à l’encontre de Elie
Domota et la publicité qui en a été faite constituent une provocation à
l’encontre du mouvement social tout entier qui s’est déroulé dans la
dignité. Le MRAP l’a soutenu dès ses débuts et considère, avec Lilian
Thuran que si  » les békés sont montrés du doigt « , c’est bien en tant
que ceux  » qui détiennent le pouvoir financier alors que la population
vit dans la misère  » et que  » la spécificité antillaise est liée à
l’histoire : les békés sont les descendants d’esclavagistes, leur
fortune vient de l’esclavage « .

Cette vérité historique est sans doute difficile à entendre, mais le
rappeler ne saurait être considéré comme une  » incitation à la haine
raciale  » mais comme un inéluctable devoir de mémoire auquel le MRAP est
attaché.

Paris le 10 mars 2009

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Afrique: L’inculpation de Omar el Bachir :un non évènement + les canulars de l’antisémitisme

Posté par issopha le 11 mars 2009

Afrique: L’inculpation de Omar el Bachir :un non évènement
Monde

L’inculpation de Omar el Bachir :un non évènement


Prof. Chems Eddine Chitour

« Vous ne verrez jamais des pilotes de l’OTAN devant un tribunal de l’ONU. L’OTAN est l’accusateur, le procureur, le juge et l’exécuteur car c’est l’OTAN qui paie les factures. L’OTAN ne se soumet pas au droit international. Il est le droit international. »
Lester Munson, parlementaire US 1999

Le président Soudanais menacé par la CPI.

La Cour pénale internationale a émis mercredi 4 mars un mandat d’arrêt contre le président soudanais pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » au Darfour. Le Darfour grand comme la France s’est signalé à la face du monde quand ses richesses minières devinrent une réalité .« Pour moi, écrit Marc Lavergne tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales Janjawid sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout « arabes ». Ils ne sont pas le vrai problème. En exagérant, on pourrait dire que ce sont là des pauvres qui se battent contre des pauvres. Elles se sont formées, il y a une quinzaine d’années, mais elles n’intéressaient pas du tout la communauté internationale. Car les gens opprimés ne se révoltaient pas.
Des massacres se déroulaient pourtant déjà. Mais les victimes n’avaient que leurs yeux pour pleurer. J’étais au Darfour, lors de la famine de 1985. C’était quelque chose d’absolument effrayant ». Pourtant la terre du Darfour est pauvre, désertique sur une partie de son territoire. Pour le sous-sol, c’est une autre histoire. La découverte de pétrole ajoute une difficulté supplémentaire avec l’attrait des gisements pour les grandes puissances. Ce n’est pas les massacres des populations qui les intéressent, c’est le sol et surtout le sous-sol sur lequel ces damnés de la terre vivent. La Somalie, l’Ethiopie et l’Erythrée sont déjà invitées à s’entretuer pour garantir aux pays occidentaux le contrôle de ces richesses et, à travers elles, de l’économie des pays émergents.(1)
Qu’est au juste la cour pénale internationale ?
La Cour Pénale Internationale est « en théorie » une organisation internationale indépendante. Qu’en est il de ses réels degrés de liberté. On sait que le Président des Etats-Unis Bill Clinton a signé le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) le 31 décembre 2000 mais le Président George W. Bush a, dès le 6 mai 2002, annulé la signature faite par M. Clinton. Le gouvernement de M. Bush a cherché à conclure avec d’autres Etats des Accords Bilatéraux d’Immunité, prétendument fondés sur l’article 98 du Statut de Rome, en vue de soustraire les citoyens et le personnel militaire américains de la juridiction de la Cour. Une autre facette de la croisade américaine contre la Cour est l’adoption de deux lois intitulées « Loi de protection des ressortissants américains » (American Servicemembers’ Protection Act) et « Amendement Nethercutt ». La Loi de protection des ressortissants américains (ASPA), adoptée par le Congrès en août 2002, contient des dispositions restreignant la coopération des Etats-Unis avec la CPI. Le 15 juillet 2004, l’ amendement, apporté par le représentant George Nethercutt retire l’aide du Fonds Economique de Soutien à tous les pays ayant ratifié le Traité CPI mais n’ayant pas signé d’Accord Bilatéral d’Immunité avec les Etats-Unis il fut promulgué par le Président Bush le 8 décembre 2004.
Allant dans le même sens Momar Dieng du Quotidien de Dakar avait fait le parallèle avec les autres potentats africains  » non inquiétés » . « Il est évident écrit-il que le Soudan a une grande part de responsabilité dans ce qui se passe sur son territoire. Il va de soi que, s’il existe des autorités liées au pouvoir central à Khartoum justement convaincues de crimes et d’atrocités sur des populations darfouries, elles doivent en payer le prix. Le problème est que la Cour pénale internationale (CPI) ne s’attaque jamais à des chefs d’Etat protégés par des puissances politiques ou financières. Depuis plusieurs années, le Congolais Denis Sassou-Nguesso est l’objet de dizaines de plaintes de ses compatriotes pour des crimes de masse. Mais parce qu’il est un grand ami de la France, un protégé de la multinationale française TotalFinaElf, qui exploite le pétrole congolais, personne, parmi ces messieurs de la CPI, n’ose déclencher de procédure à son encontre. Il y a un génocide au Darfour ? Mais alors, dans quel registre faut-il classer les mille hommes, femmes et enfants massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth sous la conduite de l’Israélien Ariel Sharon, en septembre 1982 ? L’expédition de Sharon est restée impunie. C’est la volonté concrète de la Belgique de restreindre le champ d’interprétation de la compétence universelle après que de fortes pressions israélo-américaines ont empêché la comparution de Sharon devant une juridiction pénale. Tristement, les juges belges ont encore capitulé face aux charges américaines, lorsque des plaintes diverses et circonstanciées ont réclamé l’inculpation de Donald Rumsfeld et de George Tenet, ancien patron de la CIA, pour pratiques de tortures sur des prisonniers d’Abou Ghraib en Irak, mais également pour les méthodes d’interrogatoire inhumaines exercées sur les prisonniers de ¬Guantanamo. ¬L’ex-ministre de la Défense américain n’a rien fait de moins que menacer la Belgique de retirer le siège de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de Bruxelles. Plus de cinq ans après l’invasion de l’Irak par la coalition anglo-¬américaine, quel juge téméraire ose toucher à la tranquillité du président George Walker Bush, après qu’il a été dit et établi que les raisons des bombardements ayant scrupuleusement cassé un pays entier sont ailleurs que dans la découverte d’armes de destruction en Irak ? (…) Le Soudan, allié de la Chine et de la Russie, est depuis longtemps dans le collimateur euro-américain. Il y a beaucoup de pétrole, les Chinois y sont très bien servis ».(2)

« La Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, écrit Allain Jules avec le courage et l’hardiesse qu’on lui connaît, a délivré un mandat d’arrêt international, contre le président soudanais, Omar el-Béchir. Le décor est planté. le devoir de vérité étant un processus juste et moralement légitime, à quand un procès pour la guerre en Irak ? A quand un procès pour la guerre en Tchétchénie ? A quand un procès pour crime contre l’humanité, contre la France lors de la guerre d’indépendance au Cameroun, avec notamment, l’assassinat de Ruben Um Nyombé et la répression sanglante en pays Bamiléké entre 1960 et 1970, avec 156 villages rayés, et plus de 40 000 personnes massacrées ? Et que dire de Madagascar, avec le 29 mars 1947, la massacre de 100 000 personnes pour la pacification de l’île ? Et le massacre de Sétif et Guelma en Algérie, le 8 mai 1945, plus de 20 000 morts ? Chut, pas de repentance ! (…) Irène Khan, Secrétaire générale d’Amnesty International, est ravie. Elle a déclaré : « Le droit est clair. Le président Omar al-Bachir doit se présenter devant la CPI afin d’assurer sa défense. S’il refuse, les autorités soudanaises doivent se charger de l’arrêter et de le remettre immédiatement à la CPI ». Comme c’est mignon. On ne l’a pas entendu lors de l’offensive israélienne à Gaza. On ne l’a pas entendu non plus, après la fin du règne de George Walker Bush ou de Tony Blair, ces acteurs actifs de l’invasion mensongère d’Irak, vrai crime contre l’humanité. (…) Si la communauté internationale veut réellement protéger les soudanais, ce n’est pas en prenant une décision aussi grave, qui peut se retourner in fine, contre ce peuple éprouvé. Défendre les droits de l’homme c’est bien. En abuser c’est mal. Enfin, la petite corporation des dictateurs africains va comprendre disent les Occidentaux, qui éludent bien sûr le fait que, ces derniers, sont aussi les plus gros investisseurs dans les sociétés occidentales ».(3)
« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir… Pour le gabonais Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine (UA), qui n’est pas allé avec le dos de la cuillère, le mandat d’arrêt de la CPI « menace la paix au Soudan ». « Nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer les règles de la lutte contre l’impunité qu’en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Gaza, en Colombie ou dans le Caucase ». C’est quoi ce droit qui ne s’applique qu’aux faibles ? C’est quoi ce droit à géométrie variable ? »(3)

Le Soudan avec tous les atouts géopolitiques dont il est loti, ne peut demeurer en dehors des comptes des stratégies qui se dessinent pour partager le monde. C’est un pays disposant du plus vaste territoire d’Afrique et du monde arabe avec d’inépuisables ressources hydraulique et un sous-sol aussi riche en pétrole et métaux précieux, soit autant de qualités qui, en ces temps de crise de l’énergie et des matières premières, ne laissent pas indifférent. L’Union africaine, la Ligue arabe, la Chine et la Russie ont tous dénoncé la démarche interventionniste de la cours de la Haye et déploré le mépris affiché par la juridiction envers la souveraineté, la stabilité, la sécurité et l’intégrité territorial des Etats. (4)

« Ce mandat d’arrêt délivré poursuit Allain Jules contre le président soudanais cache aussi, par ailleurs, une forte odeur de pétrole. Son tort ? Celui d’avoir concédé des concessions ad vitam aeternam semble-t-il, à la Chine. Ainsi, cet Occident qui semble aller au chevet des pauvres africains qui meurent de faim, a armé le Tchad et les rebelles du sud-Soudan de feu, John Garant, pour tenter de s’opposer à la percée chinoise dans la région, et faire main basse sur les produits miniers et pétrolifères du Darfour. Oui, le Soudan est à l’origine du déplacement de milliers de personnes, dans les zones pétrolières. Mais, le Soudan fournit à la Chine, plus de 7% de ses importations de brut. Il y a aujourd’hui, installées au Soudan, pas moins de 14 sociétés chinoises d’importances. Parmi ces dernières, la China National Petroleum Corporation qui a investi des milliards de dollars dans le champ pétrolier de Muglad, qui produit, plus de 500 000 barils par jour, une raffinerie d’une capacité de 2,5 millions de tonnes par an. En plus, la Chine a mis sur pied, un oléoduc long de 1 500 kilomètres pour l’exportation de brut à partir d’un terminal sur la Mer Rouge ». (3)

Pour l’ancien président du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie Antonio Cassese. Le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar El-Béchir est moralement justifié. (…) Mais, au-delà, quel peut être son impact dans la pratique ? Ce mandat ne peut être exécuté qu’au Soudan, et uniquement si le président soudanais lui-même autorise ses forces de l’ordre à l’arrêter. Mais s’il s’agit du chef d’un Etat qui n’a pas ratifié les statuts, comme le Soudan, cette immunité peut être invoquée. Toutefois, lorsque – comme c’est le cas pour le Darfour – c’est le Conseil de sécurité de l’ONU qui demande à la CPI de juger les crimes commis par les organes d’un Etat qui n’a pas ratifié les statuts, le Conseil peut décider que tous les autres Etats membres de l’ONU doivent lever l’immunité dont bénéficient les responsables, comme Omar El-Béchir, de l’Etat incriminé. Dans le cas du Darfour néanmoins, le Conseil s’est bien gardé de faire ce pas, et il s’est limité à imposer au Soudan de « coopérer avec la Cour ». On revient dont à la case départ : le mandat d’arrêt ne peut être exécuté que si ce sont les forces de l’ordre soudanaises qui arrêtent El-Béchir et qui le remettent à La Haye. Ce mandat est donc un coup d’épée dans l’eau ». (5)

« Pour M. Saadoune La situation est inédite. Comment un gouvernement, si tant est qu’il en ait l’intention, pourrait arrêter le chef de l’État en exercice et le livrer à la cour internationale. M.Moreno fait mine de ne dire que le droit, mais la mise en application, par un gouvernement soudanais de ce mandat, signifie techniquement et politiquement, un putsch ou un coup d’État. C’est apparemment une hypothèse sur laquelle travaillent les occidentaux. L’organisation Crisis Group, think tank occidental, à dominante anglo-saxonne, y appelle ouvertement. (…) On peut s’attendre à des tractations pour faire recours à l’article 16 des statuts de la CPI qui prévoit que le Conseil de sécurité peut voter une résolution qui permet de différer de douze mois renouvelables toute enquête ou poursuites initiées par la CPI. (…) «Même les présidents n’ont plus les mains libres pour commettre des crimes horribles» a affirmé Human Rights Watch. Apparemment, l’ONG ne pense pas aux mains de Bush, d’Olmert. Les crimes contre l’humanité commis à Ghaza et en Irak ne sont pas passibles de poursuites. Le Conseil de sécurité ne le permettra pas ».(6)

« Quelle est la leçon que l’on peut en tirer conclut Antonio Cassese ? Premièrement, que lorsque l’on n’a pas le pouvoir de faire appliquer ses ordres, il vaudrait mieux agir avec prudence. Au lieu d’un mandat d’arrêt, le procureur aurait pu demander un ordre de comparution . Deuxièmement, on n’administre pas la justice avec des fanfares. La justice internationale ne devrait pas faire obstacle aux solutions politiques des crises internationales complexes dans le cadre desquelles de très graves crimes sont commis ».(5)

Pour l’histoire, il nous nous faut avoir à l’esprit que l’immense majorité des PVD devenus indépendants ont gardé avec l’ancienne puissance coloniale des liens ombilicaux, appelés selon, l’empire, le Commonwealth ou la Françafrique. Ils sont d’autant plus vulnérables si le sol et le sous sol de leur pays regorge de richesses. Ce qui se passe actuellement nous montre à quel point la justice est à géométrie variable son que vous êtes du bon ou du mauvais côté des puissants. Saddam Hussein dont le pays est le 3e en richesse pétrolière ne l’a pas compris, on sait comment il a fini. Kadhafi lui, au pouvoir depuis quarante ans l’a compris. Ce fut une reddition sans gloire en rase compagne permettant aux compagnies américaines d’avoir plus de facilités qu’avant les nationalisations de 1970-71. Omar el Bachir pensait avoir misé sur le bon cheval  » La Chine » faut croire que pour le moment, ce n’est pas le bon cheval. Mais qui sait ? Imaginons que le Soudan ait ouvert son sous-sol aux compagnies américaines, on peut prendre le pari qu’il ne se passera rien. Omar el Bachir continuera à « pacifier » – un terme que l’on connait bien – sous le regard bienveillant des grands de ce monde.

On l’aura compris, la CPI est une arme de detruction massive des pays rétifs àl’ »odre occidental » qui se veut être le seul détenteur de sens. On comprend mieux pourquoi certains pays ne sont pas inquiétés bien qu’ils ne soient pas des modèles de démocrates prônant l’alternance. L’exemple le plus frappant est celui de « Misr Oum Eddounia  » splendeur nassérienne qui a vécu et qui a enfanté des porteurs d’eau chargés sur commande d’offrir leurs bons offices et entretenir l’illusion auprès d’eux même -leur peuple n’est pas dupe-S’agissant du conflit palestien on a peine à croire que l’Egypte de Nasser doit demander la permission à Israel si elle peut permettre à des convois humanitaires de pénetrer par le point de passae « egyptien » de Rafa. Dans cet ordre et s’agissant de la CPI, Amr Moussa deuxième ministre des Affaires étrangères egyptien s’entend au nom de la ligue arabe coordonne avec l’autre ministre egyptien des affaires etrangères pour porter uen reqête au Conseil des Nations Unies pour suspendre le couperet ou l’épée de Democles de la CPI pendant un an ; ils se font forts de raisonner le président El Bachir , en clair ils l’aideront à faire sa rédittion sans gloire au magister occidental comme ils savent si bien le faire.

1. C.E. Chitour Que se passe t-il au Darfour ? www.tchadactuel.com/documents.php?2006/09/07

2. M. Dieng : Une justice internationale à géométrie variable. Le Quotidien de Dakar 24 7 2008

3.Allain Jules Ah, la CPI condamne Omar Al-Bachir et oublie Bush ! Agoravox 6 mars 2009

4. Bachir sous le coup de l’injustice internationale! http://french.irib.ir 06 Mars 2009

5. Antonio Cassese Un mandat d’arrêt aussi spectaculaire qu’inutile La Repubblica 5 mars 2009

6.M.Saâdoune Mandat d’arrêt contre le Président soudanais Omar Al Bachir . Le Quotidien d’Oran 5 mars 2009

 

 

fév 21 2009

« Antisémite ? », par Pierre Péan

Afrique: L’inculpation de Omar el Bachir :un non évènement + les canulars de l'antisémitisme dans AU-DELA DES IDEES RECUES email Print This Post

«Ça ne vous rappelle rien ?» En relevant le mot «cosmopolite» et en oubliant soigneusement l’adjectif «anglo-saxon» qui l’accompagnait, Bernard Kouchner a voulu suggérer, devant la représentation nationale, que j’employais ce terme dans l’acception des antisémites des années 30.

kouchner
C’est à propos de la haine du gaullisme et de la philosophie politique qu’elle sous-tend que j’utilise, à l’égard de BHL et, par extension, de Bernard Kouchner, l’expression «cosmopolitisme anglo-saxon». J’ai écrit que Bernard-Henri Lévy honnit l’indépendance nationale «au nom d’un cosmopolitisme anglo-saxon, (du) droit-de-l’hommisme et (du) néolibéralisme, fondements de l’idéologie néoconservatrice que nos “nouveaux philosophes” ont fini par rallier». Le «cosmopolitisme anglo-saxon» souligne la façon dont les deux Bernard se sont mis à la remorque de l’Empire américain. Ma thèse est politique : Bernard Kouchner a voulu «effacer cinquante ans de politique étrangère indépendante de la France». Elle rejoint souvent celle de Hubert Védrine qui s’est récemment demandé si Bernard Kouchner n’était pas un des «derniers néoconservateurs du système».

Les monstrueuses accusations d’antisémitisme portées contre moi, qui serais «nostalgique des années 30», ne reposent évidemment sur rien et déshonorent ceux qui les profèrent. A l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères a déclaré que j’avais évoqué ses «origines douteuses», expression que je n’ai jamais employée ni dans ce livre, ni dans aucun autre. Dans la foulée de ce propos calomnieux, certains journalistes ont trouvé intelligent de mentionner que j’ai employé l’expression hautement significative de «double judéité», qui n’a évidemment aucune connotation antisémite. Horreur : j’avais osé écrire le mot «judéité», a fortiori «double» ! Or je n’ai pas inventé cette réalité, qui appartient à Bernard Kouchner lui-même qui a déclaré qu’«être à moitié juif, c’est être deux fois juif (1)», comme s’il voulait indiquer qu’il fallait chercher là un des moteurs importants de ses engagements. Kouchner a ainsi confié qu’il était «hanté par la même question : pourquoi les Juifs se sont-ils laissés faire ? (2)» Ces propos reviennent fréquemment : «J’étais un adolescent hanté par les Juifs, la mort des Juifs, les miens. Comment avaient-ils pu se laisser faire ainsi ? Et je pensais : il ne faudra plus jamais se laisser faire. (3)» Après déjà vingt ans d’engagement dans l’humanitaire, cette obsession permet, selon lui, de comprendre ce qu’il a manifesté avec force et constance auprès des minorités et des victimes au nom d’un «Plus jamais ça». Et il dit alors des boat people : «Pourquoi quittent-ils leur pays sans résister, pourquoi cet exode, pourquoi se laisser faire ? »
Y a-t-il là, dans ces quelques citations de l’intéressé – qui ne font pas une page, et précèdent d’autres «explications» motivant son engagement par son admiration pour Rimbaud et Malraux -, le moindre soupçon d’antisémitisme ? Où sont les propos «nauséabonds» ? Dans ce qu’il en dit lui-même ?

Il en va de même concernant le mot cosmopolitisme, désormais totalement proscrit, si l’on devait écouter certains. Ce terme, qui n’est pas né dans les années 30 ni 40, je ne l’emploie pas à propos de Bernard Kouchner, mais de son ami et soutien Bernard-Henri Lévy. C’est Bernard-Henri Lévy lui-même qui semble apprécier le mot puisque, loin de sonner à son tympan comme une infamie, il se l’attribue dans l’éditorial du premier numéro de Globe (1985) – qu’il cosigna avec Pierre Bergé et Georges-Marc Benamou : «Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, “franchouillard” ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.» Que veut-il dire, lui qui n’ignore rien du vocabulaire de la philosophie politique ? Il aurait pu préférer les termes d’«universalisme» ou d’«internationalisme», mais la connotation n’est pas la même, il est vrai. En tout cas, il ne s’agissait pas là d’une étourderie, puisque le philosophe a récidivé récemment dans un numéro du Nouvel observateur de 2007 : «Je suis un cosmopolite résolu. J’aime le métissage et je déteste le nationalisme. Je ne vibre pas à la Marseillaise. J’espère que le cadre national sera un jour dépassé.»

La vraie question, pour mes contempteurs, hélas si nombreux dans les médias, serait donc la suivante : le mot cosmopolite n’a, selon eux, pas le même sens selon celui qui l’emploie. Dans la bouche de Bernard-Henri Lévy, il relèverait du divin ; sous la plume de Péan, du purin. Pourquoi ? Nous ne parlons pas la même langue ? Mais si, néanmoins, dans l’esprit de certains, le mot restait tabou, je serais désolé que plus personne ne veuille entendre son sens classique. L’expression «anti-France» m’est reprochée. Je ne l’ai à aucun moment utilisé dans mon livre, mais je ne résiste pas à l’envie de donner du grain à moudre à ceux qui m’attaquent bassement à ce sujet. Eh bien oui, j’aime la France, une France évidemment ouverte aux autres, enrichie par leur apport, fière de ce qu’elle peut leur apporter ; j’aime sa magnifique devise, «Liberté Egalité Fraternité», j’ai le drapeau tricolore au cœur et vibre quand retentit la Marseillaise… Cela suffit-il à me faire condamner à l’échafaud par les nouveaux procureurs de la «pensée correcte» ligués pour l’occasion, comme si souvent.


Pierre Péan

(1)     Repris dans un article de David Bronner publié par Guysen News (2) Entretien avec Jean-François Duval, le Temps stratégique, n°25, 1988. (3) In Anne Vallaeys, Médecins sans frontières, la biographie, Fayard, 2004.

 

Analyses: Les canulars de l’antisémitisme
Monde

Les canulars de l’antisémitisme

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Henry Ryssen

Les persécutions auxquelles a eu à faire face la communauté juive sont parfois bien réelles, mais aussi parfois plus douteuses. Il s’avère en effet que les canulars médiatiques sont assez fréquents sur ce sujet. Une étude publiée aux Etats-Unis et traduite en français en 2003 par la revue Tabou recense plusieurs dizaines d’actes prétendument antisémites, aux États-Unis et à l’étranger, qui se sont avérés finalement avoir été commis par des juifs “à l’esprit dérangé”. Cette étude recense également des dizaines d’accusations d’antisémitisme contre des individus que l’on tente de discréditer (comme nous l’avons vu récemment avec les odieuses accusations de Bernard Kouchner à l’encontre de Pierre Péan). L’affaire, qui fait toujours grand bruit au départ, est ensuite étouffée avec soin, après la découverte de la supercherie.

Voici quelques-uns de ces canulars :

En août 1979, un dentiste juif de l’État de New York, le docteur Sheldon Jacobson, découvrit une grande croix gammée enflammée sur la pelouse de sa maison. Quelques jours plus tard, la police tenait son coupable : Douglas Kahn, un adolescent juif en colère, parce que le chien de Jacobson avait fait ses besoins dans son jardin. (New York daily News du 29 août 1979).

En août 1983 eut lieu une série d’incendies criminels qui terrorisèrent la communauté juive de West Hartford, dans le Connecticut. Les incendies touchèrent deux synagogues et le domicile d’un rabbin local. L’ensemble des médiats démarrèrent au quart de tour pour dénoncer l’antisémitisme. La télévision diffusa les images d’une vieille dame en sanglots qui se remémorait les horreurs de la shoah : ” Je n’aurais jamais cru que cela recommencerait “, déclara-t-elle, épouvantée. La police mit sur l’enquête trente-trois inspecteurs, et le maire promit une importante récompense. Très vite, pourtant, les soupçons se portèrent sur un étudiant juif de 17 ans, Barry Dov Schuss, qui avoua les quatre incendies volontaire. Jack Schuss, le père de l’adolescent, déclara que Barry avait quelques problème d’ordre psychiatrique et qu’il avait déjà été suivi. A son procès, en janvier 1984, Schuss déclara qu’il avait “avait agit pour entretenir la conscience du danger de l’antisémitisme.” Là où n’importe quel goy aurait pris quinze ans de prison ferme, Barry Dov Schuss ne fut condamné qu’à une peine avec sursis assortie de cinq ans de mise à l’épreuve. (Chicago Tribune du 1er septembre 1983, Hartford Courant du 15 et du 17 décembre 1983 et du 24 janvier 1984).

En mars 1984, les habitants de Co-Op City, un complexe de logement du Bronx, à New York, trouvèrent des croix gammées et des graffitis antisémites barbouillés sur 51 portes et murs d’appartements. Ce fut “l’émoi dans la communauté”. L’incident fut là encore très médiatisé, jusqu’à ce que l’on mette la main sur deux adolescents juifs de 14 et 15 ans. Le silence se fit brusquement sur cette pénible affaire. (Jewish Sentinel du 31 mars 1984).

Le 24 novembre 1985, un communiqué de l’Associated Press de New York révélait que des vandales avaient brisé les vitrines de huit magasins tenus par des juifs à Brooklyn. Horreur ! Les journalistes de tout le pays hurlèrent leur indignation, rappelant l’épisode de la Nuit de Cristal en 1938. Le maire, Edward Koch offrait 10.000 dollars de récompense à qui donnerait des informations à la police pour retrouver les coupables. Les appels à la vigilance antifascistes se multiplièrent. Le 9 décembre, on put néanmoins lire dans la presse : “Un juif de 38 ans souffrant de troubles psychologiques a été arrêté…” Gary Dworkin ne s’en prenait en fait qu’aux israéliens et aux juifs hassidiques. (New York daily News du 10 décembre 1985).

En décembre 1985, le gardien de la synagogue de Milwaukee fut aspergé d’une substance caustique. La victime, Buzz Cody, un ancien catholique converti au judaïsme, indiqua que les hommes avaient la peau sombre et parlaient avec un accent arabe. Au mois de juillet, déjà, neuf croix gammées rouges avaient été peintes sur le centre communautaire ainsi que dans l’appartement de Cody qui avait été cambriolé. Des graffitis antisémites et des coups de téléphones anonymes d’une mystérieuse “Palestinian Defense League” lui rendaient la vie impossible. L’enquête ne tarda pas à aboutir, et en mai 1986, Cody fut inculpé. Il se suicida quelques heures plus tard. (Milwaukee Journal du 20 décembre 1985 et du 17 mai 1986).

Le 15 juillet 1987, une femme juive de Rockville dans le Maryland, fut réveillée dans la nuit par l’incendie d’une croix gammée enflammée dans son jardin. Le coupable était en fait un juif de 19 ans, Gary Stein (Washington jewish week du 6 août 1987).

En janvier 1988, Laurie A. Recht, secrétaire juridique de 35 ans, prétendit recevoir des menaces de mort du fait de son engagement antiraciste. Immédiatement, les médiats firent d’elle une héroïne et soulignèrent son courage et sa détermination. En mai, le collège de New Rochelle lui décerna le titre honorifique de docteur ès lettres, en reconnaissance des épreuves subies. Au mois de novembre, elle prétendit avoir à nouveau reçu des menaces de mort : “L’amoureuse des nègres, la juive. Nous ne t’avons pas oubliée. C’est avec ton cadavre que nous révélerons notre cause au monde. Une balle t’attend.” Le FBI installa alors une caméra à l’extérieur de son appartement et brancha un système d’écoutes téléphonique pour mettre le main sur les coupables. Il s’avéra alors que Laurie Recht n’avait reçu aucune menace par téléphone. En revanche, la caméra la filma en train d’écrire elle-même l’inscription raciste sur le mur contigu à son appartement. Au tribunal, la jeune femme a admis les faits. Elle encourait cinq ans d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars, mais elle ne fut condamnée qu’à une peine avec sursis, assortie de cinq années de mise à l’épreuve. (New York Daily News du 28 novembre 1988 ; Agence télégraphique juive du 1er décembre 1988).

Le journal Newsweek du 8 mai 1989 rapportait qu’un riche personnage, Morton Downey, avait été agressé par des skinheads dans les toilettes pour hommes de l’aéroport de San Francisco. Ceux-ci l’auraient immobilisé dans des toilettes, lui aurait tracé une croix gammée sur le visage, découpé un lambeau de cuir chevelu puis l’auraient salué d’un “Sieg heil !”. Il s’avéra par la suite que les inspecteurs de police de l’aéroport ne constatèrent que quelques coupures au visage, et non pas la croix gammée tout entière qu’il avait exhibée devant la presse. D’ailleurs, personne n’avait rien vu de l’agression. Plus tard, Downey reconnut que l’incident “était un coup de pub préparé à l’avance.”

Le 25 mars 1990, à Yorba Linda, en Californie, plusieurs centaines de personnes découvrirent un tract prétendument diffusé par “l’Amicale méthodiste“, les exhortant à “tuer les juifs”. Un journal local rapportait : “Sur une face est représenté Jésus ; on cite un extrait de l’Evangile selon Saint Luc et on lit cette phrase : “Tuez tous les juifs.” L’autre côté énumère les raisons de ne pas faire confiance aux juifs.” Le révérend Kenneth Criswell, pasteur de l’Eglise unitaire méthodiste locale, adressa immédiatement une lettre à sa communauté pour assurer que ces tracts avaient été “faussement et frauduleusement” attribués à l’Eglise méthodiste.

Fin 1991, Nathan Kobrin, un juif de Concord en Californie, avait subi les préjudices de deux incendies volontaires, et prétendit être victime de lettres anonymes et de menaces de mort au téléphone. Des journaux californiens saluèrent son courage dans la lutte contre l’antisémitisme et il reçut de nombreux soutiens. Un enquêteur qui surveillait l’appartement découvrit la supercherie. Le 31 janvier 1992, Nathan Kobrin, 36 ans, avouait finalement devant la Cour de Contra Santa qu’il était bien à l’origine de deux incendies volontaires et de six faux en écritures. Il fut aussi inculpé pour faux témoignages et condamné à un an d’emprisonnement. (Oakland Tribune du 12 septembre 1991, Northern californian Jewish Bulletin du 20 septembre 1991 et 17 juillet 1992).

En avril 1993, un couple de jeunes juifs, Jerome et Jamie Brown Roedel, porta plainte après le cambriolage de leur maison de Cooper City, en Floride. L’affaire fut très médiatisée du fait que les murs avaient été couverts de graffitis antisémites. Ce fut une fois encore l’indignation et “l’émoi dans la communauté”. Huit mois d’enquête furent nécessaires pour aboutir à cette conclusion : fraude aux assurances. En effet, quelques mois auparavant, Jamie Roedel avait fait l’acquisition d’objets d’art coûteux. Elle s’entendit avec diverses personnes pour organiser un faux cambriolages et réclama 47 000 dollars à sa compagnie d’assurance. Elle empocha finalement 30 000 dollars, quitta son mari et commença une vie de luxe avec son amant. En décembre 1993, elle fut inculpée de fraude. (Chicago Tribune du 2 janvier 1994).

En 1994, des tracts ouvertement racistes et antisémites furent diffusés à New York. On apprit un peu plus tard que le coupable n’était autre qu’un membre de la commission nationale de l’Anti Deafamation League, la principale ligue ” antiraciste ” américaine (New York Times du 27 février 1994). Après son arrestation, Donald Mintz expliqua qu’il avait voulu susciter un mouvement de sympathie autour de sa candidature et recueillir des fonds. Il perdit l’élection à la suite de ce scandale.

Laird Wilcox, Crying wolfes, hate crime hoaxes in America, Editorial researche service, Kansas, 1994, in Tabou, volume 4 ; Éditions Akribeia, 2003, pp. 64-120.

Cette étude, qui s’arrête en 1994, ne permet pas de connaître les affaires qui ont eu lieu par la suite. Mais chacun aura pu se faire une idée de la fréquence de ces drames qui défraient régulièrement l’actualité, aux États-Unis mais aussi à l’étranger.

Rappelons encore qu’en 2004 eut lieu aussi aux USA un autre acte de barbarie : des croix gammées avaient été peintes sur une vingtaine de boutiques appartenant à des juifs dans les quartiers new-yorkais de Brooklyn et du Queens, ainsi que sur des synagogues. L’indignation était générale. Une prime de 5000 dollars était offerte par un rabbin pour tout renseignement. Le 18 octobre 2004, la police arrêta enfin le coupable. Il s’agissait d’Olga Abramovich, 49 ans, qui expliqua qu’elle voulait ainsi se venger de son mari de 78 ans, Jack Greenberg, qui venait de divorcer pour se remarier avec une femme plus jeune qu’elle. La presse et les organisations juives étouffèrent alors toute l’affaire. Par chance, une fois devant son téléviseur, le public oublie vite.

En France, l’actualité récente présente aussi fréquemment des canulars qui donnent lieu à des “boursouflures médiatiques”. La profanation du cimetière de Carpentras en est le meilleur exemple, mais bien d’autres affaires ont eu lieu plus récemment.

En mars 1990, Louisa Zemour, militante de SOS-Racisme à Grenoble était blessée par un “nervi du Front national” qui avait dissimulé son visage derrière un foulard “bleu-blanc-rouge”. Il s’avéra par la suite qu’en réalité, elle s’était blessé en tentant de rentrer par la fenêtre de sa maison par ce que son mari refusait de lui ouvrir la porte à la suite d’une scène de ménage. (Rivarol du 15 juin 1990).

En 1992, durant la nuit de la Saint-Sylvestre, un cocktail Molotov provoquait un incendie dans la synagogue de Villepinte, en Seine-Saint-Denis. L’attentat fut revendiqué par un mystérieux groupuscule baptisé “France”. Ce fut “l’émoi dans la communauté”. Le 10 janvier 1993, plusieurs ministres participaient à la manifestation organisée par le grand rabbin Joseph Sitruk pour protester contre cet acte barbare, mais il s’avéra par la suite que l’auteur était en fait un certain Michel Zoubiri, juif algérien, qui voulait imputer l’attentat à Patrick E. un rival amoureux, membre du Front national (Rivarol du 15 janvier 1993).

En octobre 2000, la deuxième Intifada palestinienne provoquait une flambée de violence chez les jeunes immigrés musulmans. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) recensait alors 350 attentats antisémites de septembre 2000 à septembre 2001. L’Union des étudiants juifs de France rappelait aussi que 322 actes antisémites avaient été commis en France entre le 1er janvier et le 1er octobre 2004, (mais on ne sait si les graffitis sur les tables d’écolier et les boîtes aux lettres étaient comptabilisés). C’était l’émoi dans la communauté.

Pourtant, s’il faut déplorer les manifestations d’antisémitisme, il faut aussi noter que certains faits d’actualité ont pu bénéficier d’une couverture médiatique disproportionnée et probablement trop hâtive. Ainsi, en janvier 2003, l’agression au couteau contre le rabbin Gabriel Farhi avait été démesurément médiatisée et politisée, avant d’être enterrée : il n’y avait eu en fait aucune agression. Le rapport d’expertise médicale évoquait une “plaie hésitante”, n’ayant pas provoqué de lésion abdominale. Par ailleurs, la lacération des vêtements sur une largeur de dix centimètres était “incompatible avec le scénario d’une agression”. Faute de témoins, tout reposait sur les déclarations de la victime, qui avait signalé un “homme casqué”, qui aurait crié “Allah Akbar” avec “un accent français”. En réalité, le rabbin Farhi s’était poignardé lui-même.

L’incendie d’un centre social juif à Paris, le 22 août 2004 avait aussi fait grand bruit dans tous les médiats. Les coupables avaient laissé des inscriptions antisémites, des slogans islamistes et des croix gammées à l’envers, agrémentés de fautes d’orthographes grossières. Le maire de Paris et le premier ministre s’étaient succédés sur les lieux de l’incendie pour dire leur indignation. L’attentat avait déterminé le maire à débloquer 300 000 euros supplémentaires pour la sécurisation des lieux fréquentés par la communauté juive à Paris, mais l’enquête avait finalement abouti à un homme âgé de 52 ans, issu de la communauté juive. Il y travaillait au titre de bénévole et bénéficiait des repas qui y étaient servis pour les plus démunis. “Fragile psychologiquement”, il n’avait pas supporté la perte annoncée de son appartement que lui louait le centre.

Le 7 mai 2004, un jugement de la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris condamnait un certain Alex Moïse à une amende de 750 euros. L’intéressé avait en effet porté plainte pour des menaces et injures antisémites envoyées à son domicile, mais l’enquête avait cependant démontré qu’il se les était envoyées lui-même. Alex Moïse, secrétaire général de la Fédération sioniste de France (membre à part entière du Crif) et ancien porte-parole du Likoud de France, était aussi à l’origine de l’interdiction de nombre des spectacles du comique noir antisioniste Dieudonné. L’homme avait également été président dans les années 90 du Comité de coordination du Sentier, la milice d’autodéfense locale. Naturellement, aucun médiat français n’avait répercuté sa condamnation.

Dans un livre paru en 2005, Pierre Birenbaum constatait lui aussi que la situation était alarmante : “Les plus hautes autorités de l’État en conviennent, écrit-il : l’antisémitisme se répand dangereusement dans la société française contemporaine.” Pourtant, il rappellait que le gouvernement français était ferme sur ce point : “En décembre 2001, à l’occasion du dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), Lionel Jospin, alors Premier ministre, estime, devant le gouvernement presque tout entier assemblé, que “pas plus que nous ne tolérerons des actes de racisme, nous ne tolérerons des actes d’antisémitisme.” Et il souligne “la détermination des pouvoirs publics à lutter contre toute forme d’antisémitisme.” » (Pierre Birenbaum, Prier pour l’Etat, les Juifs, l’alliance royale et la démocratie, Calmann-Lévy, 2005, p. 137).

Que le gouvernement “presque tout entier” soit réunis chaque année dans les locaux du CRIF, voilà qui devrait pourtant rassurer les responsables de la communauté juive. Mais l’inquiétude et l’angoisse n’en demeurent pas moins. Elles sont d’ailleurs consubstantielles au judaïsme, puisque l’on retrouve le même type de témoignages à toutes les époques. Il est d’ailleurs frappant de constater que les synagogues sont les seuls lieux “de culte” où l’on se barricade derrière des grillages, des barrières métalliques, des vitres et des portes blindées. N’importe quel observateur étranger, n’importe quel “Candide” peut ici légitimement se dire : “Tiens, nous avons ici affaire à des gens qui semblent ne pas être très appréciés.” Peut-être ont-ils des choses à se reprocher ?

Hervé RYSSEN

http://www.mecanopolis.org/?p=4075&type=1

 

Politique: Khamenei: La Palestine demeurera la cause première de tous les Musulmans
Jihad en Palestine

Khamenei: la Palestine demeurera la cause première de tous les Musulmans

Leila Mazboudi – AlManar.com.lb

fb61357a-cda7-45f0-bfe8-1820e9649934_top dans PROJETS DES MAITRES DU MONDE04/03/2009   Le guide suprême de la révolution islamique l’Imam Ali Khamenei a assuré que la Palestine demeure la cause première de tous les Musulmans.
 
S’exprimant lors de la tenue de la quatrième conférence de soutien à la Palestine à Téhéran, intitulée  » La Palestine: symbole de la résistance, Gaza victime des crimes », il a estimé que les derniers évènements ont permis de mettre plus au clair l’avenir de la cause palestinienne, et de mettre la lumière sur la responsabilité des Musulmans à son égard.

Selon Sayed Khamenei,  » ce n’est pas en le quémandant aux nations Unies, aux grandes puissances ou à l’entité spoliatrice, (en allusion à Israël) qu’on peut secourir la Palestine, mais en suivant les chemins de la résistance et de la persévérance, et en unissant les Palestiniens ».
 
D’après le guide suprême de la révolution, « la base de la résistance est constituée des groupes combattants palestiniens, ainsi que des fils pieux et résistants du peuple palestinien à l’intérieur comme à l’extérieur d’une part, en plus de gouvernements et des peuples musulmans de par le monde, notamment les hommes de religion, les élites politiques et universitaires de l’autre »:  » Si ces deux bases se cramponnent à leur position, toutes les consciences vivantes, et toutes les forces raisonnables qui ne sont pas manipulées par la propagande de l’empire médiatique des puissances arrogantes et sionistes vont accourir pour soutenir les opprimés où qu’ils soient » a conclu le numéro un iranien.
 
Evoquant  » la défaite militaire et politique d’Israël devant la résistance islamique durant sa guerre de 33 jours contre le Liban en 2006, et l’échec cuisant dans sa guerre meurtrière de 22 jours contre le peuple palestinien et le gouvernement légitime à Gaza » le guide suprême, a souligné que « cette entité qui s’est vantée pendant des décennies d’être une puissance invincible, grâce à son armée, à ses armements et à l’appui américain politique et militaire, a du subir deux défaites devant des forces résistantes qui combattent en comptant sur Dieu et sur le peuple »:  » cette entité a révélé la réalité de son effondrement et sa écroulement vers l’abime et sa  défaillance face au courant  de l’éveil islamique « a-t-il jugé.
Le numéro un iranien a critiqué l’erreur de certains et selon lesquels il faut coexister et se réconcilier avec l’état d’Israël qui constitue une réalité qui perdure depuis  60 ans »:  »

Pourquoi ne prennent-ils pas en compte les autres réalités qui se présentent devant leurs yeux, ceux des états du Balkan, du Caucase, de l’Asie du sud-ouest qui ont regagné leur identité originale après 80 années d’usurpation, après la décomposition de l’Union soviétique? Pourquoi la Palestine -qui est une partie du corps islamique- ne peut elle pas restituer son identité arabe et islamique une nouvelle fois? Pourquoi les jeunes palestiniens qui sont les plus intelligents et les plus résistants de la nation arabe ne peuvent ils pas faire vaincre leur volonté sur cette réalité oppressive? » s’est demandé le guide suprême.
 
Et d’estimer que « le fait de dire que le seul moyen de sauver le peuple palestinien est d’effectuer des négociations avec l’entité sioniste est une grande faute car cette entité ne croit en aucun principe, excepté celui de la force ». L’Imam Khamenei s’est demandé  quels étaient les acquis de ceux qui ont cru à ce leurre, signalant que le comportement des sionistes avec les responsables de l’autorité palestinienne que ce soit Arafat ou autre est comme s’ils étaient les chefs de leurs centres de police qu’il faut pourchasser, séquestrer et assiéger de point de vue sécuritaire, ce qui a causé l’animosité entre les factions de résistance palestiniennes et les a incités les uns contre les autres », a-t-il estimé.
 
Evoquant  la reconstruction de la Bande de Gaza, le guide suprême a estimé que c’est la question la plus cruciale par rapport aux Palestiniens pour le moment. Signalant que  » le gouvernement du Hamas qui a été élu par la majorité des Palestiniens et dont la résistance qui a vaincu les plans de l’entité sioniste constitue le point le plus illuminant dans les cent ans de l’histoire de la Palestine, doit être la base et le centre de toutes les activités ayant trait à l’opération de reconstruction ».
 
S’adressant aux Egyptiens, il leur a demandé d’ouvrir le chemin des aides et des dons pour de permettre aux états et aux peuples musulmans de faire leur devoir.

En réponse aux déclarations du président américain Barak Obama dans lesquelles il réitère  son engagement inconditionnel de protéger Israël, l’Imam Khamenei l’a qualifié « de défense du terrorisme, de l’oppression et des massacres qui ont coûté la vie à des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens en 22 jours », ce qui constitue selon lui le même chemin erroné de celui de son prédécesseur Georges W. Bush.

 

 

Jihad en Palestine

Durban II »: la France prête à se retirer si « Israël » est « stigmatisé »

72e80879-6606-48c5-a3f8-4c12f820201d_top03/03/2009 Le Premier ministre François Fillon a déclaré lundi que la France n’accepterait pas qu’ »Israël » soit « stigmatisé » lors de la conférence de l’ONU dite « Durban II » contre le racisme, qui se tient en avril à Genève, et que si cela se produisait, elle n’hésiterait pas à s’en retirer.
 
Fillon s’exprimait à Paris lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
 
« Je sais que l’événement vous inspire des inquiétudes légitimes », a déclaré Fillon aux responsables du Crif à propos de « Durban II ».
 
« Je veux vous assurer que si la France participe à ces préparatifs, elle le fait aussi dans l’esprit le plus exigeant. Notre détermination à combattre l’antisémitisme en France se double d’une extrême vigilance vis-à-vis de ses manifestations à l’étranger », a dit le Premier ministre.

« Si la lutte contre le racisme est impérative, elle ne saurait être le prétexte aux mêmes amalgames et aux mêmes hypocrisies qu’en 2001″, a-t-il déclaré, dans une allusion à la première conférence de ce type à Durban (Afrique du Sud), qui avait donné lieu à des positions contre les pratiques israéliennes.
 
« Nous n’accepterons pas qu’ »Israël » soit stigmatisé, que sa politique soit calomniée, ni que la communauté juive, dans son ensemble, soit flétrie », a poursuivi le chef du gouvernement français.
 
Intervenant avant lui, Richard Prasquier, président du Crif, a souhaité que la France ne participe pas à cette conférence.
 
La conférence « Durban II » doit se dérouler du 20 au 24 avril au Palais des Nations à Genève.
 
Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils ne participeront pas à la conférence en raison de désaccords de fond avec le projet de déclaration, et ce, après avoir participé aux discussions préparatoires de « Durban II » pendant une semaine en février.  Selon Washington, ce document « focalise la critique sur Israël ».
 
« Israël » et le Canada ont également annoncé qu’ils boycotteront la conférence de Genève.

 

 

 

Réfléxion-Débat: Le raisonnement judiciaire à l’épreuve de la sionisation des esprits
Monde

Le raisonnement judiciaire à l’épreuve de la sionisation des esprits

Le raisonnement judiciaire à l'épreuve de la sionisation des espritsPar Faouzi ELMIR, pour Mecanopolis

Au moment où nous terminons la rédaction de ce texte, le Tribunal Pénal International(TPI) vient de lancer un mandat d’arrêt contre le président soudanais, OMAR EL-BACHIR, pour génocide, crimes de guerre et génocide contre l’humanité au Darfour. Cet événement exceptionnel montre l’ampleur de la sionisation des esprits qui n’engendre pas seulement la politique du deux poids et deux mesures dans les relations internationales mais atteint également la justice nationale et internationale. Le TPI reproche au président soudanais d’avoir commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre les populations du Darfour mais ce même TPI n’a pas cru d’enquêter sur tous les crimes de guerre et crimes contre l’humanité des perpétrés par les Etats impérialistes depuis la Seconde Guerre mondiale pour ne pas parler de toutes les guerres coloniales depuis la fin du XIXe siècle. En lançant l’équivalent des cinq bombes d’Hiroschima sur l’Irak, entraînant la mort d’un million et demi d’irakiens sans compter la destruction totale d tout un pays, le TPI n’a pas cru utile de demander à Georges Bush et de Tony Blair de rendre compte de leurs crimes de guerre et de leurs crimes contre l’humanité en Irak.

L’entité sioniste en Palestine qui a massacré des centaines de milliers de palestiniens et de libanais depuis plus de quarante ans avec l’utilisation des armes biologiques et chimiques prohibées par les conventions internationales et qui n’a jamais respecté une seule décision de la « communauté internationale », le TPI n’a pas cru là aussi utile de demander aux dirigeants sionistes militaires et politiques de rendre compte de leurs crimes de guerre et de leurs crimes de l’humanité. Nous n’avons jamais vu ni le Conseil de sécurité de l’Onu, ni le TPI ni les pays Occidentaux s’activer pour demander justice pour les victimes irakiennes et palestiniennes. Le mandat d’arrêt du TPI contre le président soudanais illustre une fois de plus l’instrumentalisation de la justice au service des intérêts américano-sionistes dans la région du Darfour qui est, rappelons-le, une région riche en pétrole et qui se trouve en ligne de mire des Etats-Unis et d’Israël.

Dans un article publié sur le site Mecanopolis, Alain Benjam fait la critique d’une décision rendue par le Conseil d’Etat qui reconnaît la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette reconnaissance juridique entraîne par voie de conséquence des indemnisations substantielles octroyés à des déportés juifs et qui se chiffrent par des millions d’euros. Alain Benjam explique cette décision du Conseil d’Etat d’une part par la pression exercée par Arnaud Klarsfeld et ses amis sionistes pour qui « la Shoah devrait rester un tabou sans taches ni contestation possible » et d’autre part, par l’écroulement des idées et des valeurs républicaines en France. Pour découvrir les arguments d’Alain Benjam, nous invitions le lecteur à se reporter directement à l’article L’Etat français reconnu responsable dans la déportation des Juifs.

Pour nous, le problème n’est pas seulement une question de personnes, d’idées ou de valeurs mais il est un phénomène pathologique de la sionisation des esprits en France et dans tout l’Occident et qui influe sur l’état d’esprit des juges et sur le raisonnement judiciaire. Cette sionisation des esprits qui sape les fondements et les principes du raisonnement judiciaire représente un véritable danger pour nos libertés publiques notamment sur la liberté d’expression garantie par la Constitution. En réalité, ce sont les règles de raisonnement judiciaire qui nous protègent, nous citoyens, de l’arbitraire d’un juge ou des caprices d’un procureur. La reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale montre que les membres du Conseil d’Etat ont fait peu de cas du raisonnement judiciaire. Autrement dit, les membres du Conseil d’Etat sont parvenus à leur conclusion non pas par la voie du raisonnement logique et des inférences logiques mais par la voie des inférences psychologiques induites elles-mêmes par la sionisation des esprits qui empêche le monde judiciaire de raisonner correctement, c’est-à-dire de tirer des conclusions logiques à partir des prémisses logiques. D’ailleurs, cette décision du Conseil d’Etat n’est guère un cas isolé mais elle vient s’ajouter à une longue liste d’affaires où des intellectuels, des artistes, des journalistes, des écrivains sont condamnés par la justice pour antisémitisme alors qu’ils ne font en réalité qu’exercer une des libertés publiques garanties par la constitution, la liberté d’expression. Le dernier exemple en date est l’affaire Kouchner-Péan. Pour dissimuler ses magouilles financières et ses « faiblesses » notoires pour le bushisme et les thèses des néo conservateurs américains, Kouchner et le lobby juif en France n’ont pas hésité à asséner leurs poncifs habituels et à dégainer leur arme favorite, l’antisémitisme dont a été accusé Pierre Péan, l’auteur du « Monde selon K » (lire la réponse de Pierre Péan à cette accusation d’antisémitisme).

PRINCIPES DU RAISONNEMENT JUDICIAIRE

Que personne n’en doute, la justice n’est pas de notre monde. Cependant, pour déterminer ce qui est juste et équitable et pour combattre les interférences et les influences psychologiques, physiologiques, sociales et culturelles dans les jugements et les décisions judiciaires, les hommes ont inventé des règles de raisonnements logiques, analytiques et dialectiques. Qu’est-ce qu’un raisonnement judiciaire ? On définit le raisonnement comme un processus cognitif fondé sur l’inférence et l’enchaînements de propositions découlant les unes des autres. Pour qu’il y ait un véritable raisonnement et non pas un pseudo-raisonnement, il faut que la proposition initiale ait une valeur logique et qu’elle conduise elle-même à une ou plusieurs nouvelles propositions ayant une même valeur logique que la première. Ainsi un raisonnement est-il considéré comme valide quand il est vrai par la forme, indépendamment de son contenu. Tout raisonnement obéit à des règles strictes qui sont de nature à prévenir les errements de la pensée et les jugements de valeur. Le raisonnement judiciaire relève de la logique formelle ou de la logique de la contrainte intellectuelle mais aucun cas de la logique des jugements de valeur. C’est pourquoi, dans les écritures judiciaires, la construction des moyens ne peut être entreprise sans les règles de raisonnement judiciaires, c’est-à-dire sans le secours des inférences, lesquelles, par définition, permettent de passer d’une vérité à une autre. Dans le prétoire, la logique judiciaire et le raisonnement judiciaire sont les deux armes essentielles de la persuasion et de la conviction. Ces mouvements de va et vient d’une vérité à une autre aboutissant à une conclusion constituent ce que l’on appelle le syllogisme. Construire un syllogisme, c’est la manière d’aller du général au particulier, en partant du principe qui est la majeure en passant par le fait qui est le mineur pour en tirer la déduction qui s’impose. ce schéma tripartite ou triangulaire se trouve à l’origine du raisonnement judiciaire.

C’est la théorie, mais en pratique, c’est-à-dire s’agissant des cas d’espèce, les choses ne sont pas si simples qu’elles ne paraissent. D’abord, dans une seule et même affaire, il n’y a pas un seul syllogisme mais plusieurs syllogismes et il faudrait dans ce cas là séparer les syllogismes essentiels de ceux qui ne le sont pas. Ce qui n’est pas évident. Il y a aussi le risque de déraillement provoqué par des fausses inférences(exemple les coureurs éthiopiens courent vite, les lapins courent vite, les éthiopiens sont des lapins). Ce déraillement dans les inférences est dû à une mauvaise application de la majeure du syllogisme. Mais le grand danger qui menace et qui fausse le raisonnement judiciaire reste incontestablement la confusion entre l’inférence logique et l’inférence psychologique. Ce qui conduit irrémédiablement à des raisonnements judiciaires défectueux. Si les juges emploient aujourd’hui des raisonnements judiciaires défectueux, c’est parce qu’ils baignent dans un monde intellectuel qui altère leurs facultés de juger. Quand l’esprit public en France est contaminé par la propagande sioniste, juger et croire deviennent ainsi une seule et même chose et le juge sera amené à faire non pas des inférences logiques mais des inférences psychologiques. C’est ce qui a motivé la décision du Conseil d’Etat en reconnaissant la responsabilité de l’Etat Français dans la déportation des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.

ANALYSE ET CRITIQUE DE LA DÉCISION DU CONSEIL D’ÉTAT

LES FAITS :

Saisi par le tribunal administratif de Paris au sujet d’un déporté juif, le Conseil d’Etat a rendu un avis dans lequel il estime engagée la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs sous le régime de Vichy. Cet avis du Conseil d’Etat, s’il était suivi et confirmé par le Tribunal administratif, obligerait l’Etat français actuel, c’est-à-dire, les contribuables français, à indemniser les déportés juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Rappelons que l’Etat français actuel a déjà versé et continue à verser des millions d’euros tous les ans à des associations de déportés et à des fondations diverses. Selon Arno Klarsfeld, la fondation pour la mémoire de la Shoah a reçu l’année 2008, la somme de 393 millions d’euros qui viennent s’ajouter aux 500 millions d’euros distribués par la Commission des spoliations aux orphelins juifs.

Pour motiver sa décision, le Conseil d’Etat invoque les « arrestations, internements et convoiements pendant la Seconde Guerre mondiale, des juifs vers des camps de transit et vers d’autres camps dans lesquels la plupart d’entre eux ont été exterminés ». Le Conseil d’Etat considère que la responsabilité de l’Etat français se trouve engagée à cause de ses agissements qui, « ne résultant pas d’une contrainte directe de l’occupant », ont permis ou facilité la déportation de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Il justifie sa décision d’indemniser les déportés juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale par référence à la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et aux décisions prises par d’autres Etats européens.

ANALYSE ET DISCUSSION DE LA DÉCISION

1) Le Conseil d’Etat, une instance politique

Si l’on essaie de comprendre ce qui a motivé le Conseil d’Etat à statuer ainsi en rendant responsable l’Etat français de la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, il y a d’abord une volonté politique. On peut dire sans se contredire que la motivation première du Conseil d’Etat est politique et non juridique. Au-delà de sa fonction technique et consultative, le Conseil d’Etat est d’abord et avant tout une instance politique. Rappelons que le Conseil d’Etat a été créé conformément aux instructions et au bon vouloir de Bonaparte, par l’article 52 de la Constitution du 22 frimaire An VIII(13 décembre l799). Depuis, le Conseil d’Etat suit et subit les contrecoups des changements politiques et constitutionnels de l’Etat. Ce qui lui ôte toute liberté de jugement et d’appréciation juste et équitable des affaires qui lui sont déférées. Juridiquement, le Conseil d’Etat est présidé par le Premier ministre, mais en pratique, celui-ci délègue sa compétence au garde des Sceaux, lequel ne préside d’ailleurs que la séance solennelle annuelle. La présidence effective est assurée par le vice-président du Conseil d’Etat, nommé par décret en Conseil des ministres. Le Conseil d’Etat est donc avant tout une institution politique qui suit et obéit à l’exécutif.

2) Un Etat sous occupation étrangère ne peut être un Etat libre de ses actes et de ses décisions.

Le Conseil d’Etat estime que l’Etat français a engagé sa responsabilité par les « agissements qui, ne résultant pas d’une contrainte directe de l’occupant, ont permis ou facilité la déportation à partir de la France de personnes victimes de persécutions antisémites ». Les membres du conseil d’Etat se trompent lourdement en estimant que le gouvernement de Vichy agissait librement et était le maître de ses actes et de ses décisions. Un Etat occupé ne peut en aucun cas être un Etat libre de ses actes et de décisions, car il est obligé d’obéir au diktat et à la volonté de l’occupant. Par voie de conséquence, l’Etat français de Vichy n’était nullement le maître de ses actes et de ses décisions et il n’était pas en mesure de s’opposer ou de résister à la volonté et à la politique de l’occupant nazi s’agissant de la déportation de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

3) La République et l’Etat français actuel ne sont pas responsable des actes et des agissements de l’Etat français de Vichy

Ce qui met à mal le raisonnement judiciaire, c’est de rendre tous les citoyens d’une République responsables des actes et des agissements de leurs responsables politiques à un moment donnée de l’histoire. C’est ce qui a voulu démontrer Alain Benjam dans son analyse de la décision du Conseil d’Etat quand il fait remarquer à juste titre que la République française n’est guère réductible à l’Etat français. La République Française est une entité sociologique, politique et géographique, délimitée et parfaitement descriptible avec un territoire et des frontières reconnus par le droit international et issus de traités historiques. La République française a une constitution, des lois et des institutions(parlement, senat, présidence de la République). En tant que personne morale, la République Française peut être incriminée et condamnée par des instances judiciaires européennes et internationales.

L’Etat Français est chargé d’administrer la République Française avec l’aide des fonctionnaires. Mais tous les habitants de la République Française ne sont pas des fonctionnaires car du fait qu’ils ne font pas partie de l’Etat français. Sur les documents officiels, la carte d’identité, il n’est pas mentionné Etat français mais République française. Comment alors est-il possible de rendre responsables tous les citoyens de la République française d’abord des agissements et des actes des fonctionnaires de l’Etat français sous l’occupation allemande mais aussi des actes et des agissements des hommes politiques et des fonctionnaires de « l’Etat français » de Vichy ? Et Alain Benjam d’ajouter, il a bien existé un « Etat français » qui a déporté des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, mais cet « Etat français » issu de l’occupation allemande en 1940 n’exprimait en aucun cas la volonté du peuple français qui était représenté par des organisations de résistance fédérées au sein du Conseil National de la Résistance puis par des gouvernements provisoires avant le rétablissement de la République Française en 1944. En outre, les responsables et les complices de « l’Etat français » ont été poursuivis, jugés et condamnés pour déportation de juifs et d’holocauste à l’instar de Maurice Papon. L’affaire de la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale aurait dû s’arrêter avec la condamnation de ceux qui étaient à l’origine de leur déportation dans les camps de concentration. L’indemnisation des victimes du nazisme aurait dû être faite par solidarité et non pas sous la contrainte de la voie judiciaire.

4) Violation des règles et des conditions de la motivation par le Conseil d’Etat.

Dans sa démarche, le juge est amené à appliquer ce que l’on appelle le principe du syllogisme juridique, en faisant appel, selon les cas, soit à la logique déductive soit à la logique inductive. L’obligation de motiver constitue sans conteste une norme fondamentale du droit processuel et un élément caractéristique de l’acte juridictionnel. Cette obligation de motiver comprend l’obligation d’exposer succinctement les moyens et les prétentions des parties. L’obligation pour le juge de motiver ses jugements consiste en la nécessité de répondre aux moyens développés par les parties à l’appui de leurs prétentions et d’exposer les raisons qui l’ont conduit à prendre sa décision. L’obligation de motiver les décisions remonte à la loi des 16-24 août 1790 qui avait prévu que les jugements comprendront quatre parties distinctes : les noms et qualités des parties, les questions de fait et de droit constituant la matière du procès, le résultat des faits reconnus ou constatés par l’instruction et les motifs qui auront déterminé le jugement et enfin le dispositif du jugement. Pour qu’une décision soit valablement motivée, il faut que la motivation soit à la fois intrinsèque au jugement, précise et pertinente.

En reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs, le Conseil d’Etat viole un principe fondamental qu’est l’obligation de motiver. Ce n’est pas parce que le Conseil d’Etat n’a pas motivé sa décision mais il l’a mal motivée ou il n’a pas respecté les principes qui fondent toute motivation. Autrement dit, la motivation de la décision du Conseil d’Etat paraît plus une motivation alléguée qu’une motivation utile et pertinente. D’abord le Conseil d’Etat utilise des motifs creux, erronés ou inopérants en invoquant les agissements de l’Etat français sous l’occupation allemande. Ensuite, le Conseil d’Etat viole le principe de la chose jugée, car les responsables et les complices de la déportation des Juifs ont été jugés et condamnées après la libération. Selon le principe de la chose jugée, on ne peut pas juger deux fois la même affaire et condamner une personne morale ou une personne physique deux fois pour les mêmes faits.

Le Conseil d’Etat viole un autre principe de motivation, le principe d’une motivation intrinsèque au cas d’espèce en se fondant sur des décisions prises par d’autres Etats européens dans la même situation. En invoquant des décisions similaires prises par d’autres Etats européens relatives aux indemnisations des juifs déportés pendant la Seconde Guerre mondial, le Conseil d’Etat viole le principe de la motivation intrinsèque, car, pour justifier sa décision, il recourt à des éléments importés d’ailleurs et à des références extérieurs. Que l’Allemagne post nazie ait accepté d’indemniser les déportés juifs, sa décision peut être concevable par le fait c’est le régime nazi allemand qui était à l’origine de la déportation des Juifs. Mais il n’y a aucune raison pour trois que la République Française fasse de même pour trois raisons principales : la République française n’avait aucun plan préétabli pour déporter des juifs ; elle était elle-même sous l’occupation allemande ; si des juifs avaient été déportés pendant l’occupation allemande, c’était le fait d’un régime d’exception, « Etat français », émanation de l’occupation nazie et non pas par la volonté du peuple français.

CONCLUSION

Par cette décision du Conseil d’Etat, l’Etat français actuel reconnaît sa responsabilité dans la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et cela au nom du respect des droits garantis par la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ». En 1961, Maurice Papon avait donné l’ordre à la police française de réprimer une manifestation d’algériens à Paris au cours de laquelle 200 Algériens sont morts noyés dans la Seine. L’Etat français avait cherché désespérément à faire juger et condamner Maurice Papon pour la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et il a accepté de payer des millions voire des milliards d’euros aux déportés juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Si l’Etat français était si soucieux du « respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales », pourquoi ne reconnaîtrait-il pas sa responsabilité dans la mort des 200 algériens poussés par la police française dans les eaux de la Seine en 1961 ? l’Etat qui a causé la mort de ces 200 algériens n’était pas un Etat occupé mais un Etat souverain, libre et responsable de ses décisions et de ses agissements. Pourtant, aucune décision n’a été prise par le Conseil d’Etat reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans la mort des 200 algériens en 1961 et aucune indemnisation n’a été accordée aux familles des victimes algériens. Si l’Etat français n’a pas reconnu sa responsabilité dans la mort des 200 algériens en 1961 et il n’a pas indemnisé, ne serait-ce que par solidarité, les familles des victimes, c’est pour deux raisons : 1), parce que les algériens massacrés ne sont pas des hommes pour être protégés par la Convention européenne des droits de l’homme et du citoyen; 2), parce que les victimes en question ne sont pas des juifs mais des algériens.

Faouzi ELMIR, pour Mecanopolis

 

 

Réfléxion-Débat: QUI EST DERRIERE LES ATTENTATS TERRORISTES
Monde

POURQUOI LES ENQUETES SONT ELLES TOUJOURS ETOUFFE ?

Méfiez vous des vacances offertes, des billets d’avions gagnés. Les extremistes du mossad utilisent toutes sortes de subterfuges pour accuser les musulmans ou les arabes. Rappelez vous des jeunes musulmans anglais qui devaient partir pour un voyage et qui ont été assassinés dans un attentat a la bombe de grande envergure.

Certains hauts responsables du renseignement militaire américain pensent que le Mossad (service israélien du renseignement extérieur) est particulièrement « impitoyable et retors ». Pour eux, il s’agit d’un « fauve échappé de sa cage, capable de viser des forces américaines, en faisant tout pour que cela ait l’air d’un acte commis par des Palestiniens ou des Arabes ».

Cette affirmation, qui devrait (nous) ouvrir les yeux, au sujet du plus proche allié supposé des Etats-Unis, figure en première page du Washington Times, un certain 10 septembre 2001 – c’est-à-dire : juste à la veille des attentats perpétrés aux Etats-Unis, qui ont été attribués à des « Arabes ».Le Washington Times indique que cette accusation très sérieuse portée par des officiers américains contre Israël figure dans un rapport de soixante-huit pages, remis par soixante officiers à l’Ecole de l’Armée américaine pour les Etudes Militaires Avancées (une grande école formant de futurs officiers).

Puis, quelques heures après les attentats du 11 septembre, un analyste pro-israélien très connu, George Friedman, a affirmé qu’Israël était le premier bénéficiaire de ces attentats :

« Le grand gagnant, aujourd’hui – que cela soit intentionnel ou non – c’est l’Etat d’Israël », écrivit alors Friedman. Du même, sur son site ouèbe, http://www.statfor.com, ces propos : « Il n’y a aucun doute : les dirigeants israéliens sont soulagés ». Et cela, au lendemain des attentats aux Etats-Unis. Explication : les bénéfices qu’Israël allait en retirer.

Les interrogations soupçonneuses de l’armée américaine sur de possibles provocations israéliennes, couplées à la suggestion de notre analyste renommé disant qu’Israël était le « grand gagnant » du 11 septembre, donnent un nouveau relief à un article de The Village Voice, du 3 août 1993, affirmant que le Mossad pouvait être impliqué (ou, au minimum, en avait connaissance au préalable) dans l’attaque « terroriste arabe » contre le World Trade Center.

Les événements du 11 septembre doivent être examinés avec la plus extrême prudence, compte tenu du fait qu’Israël a un long « état de sévices », s’étant fait une spécialité de planter des « leurres » – assassinats orchestrés et actes de terreur – à ses propres fins, tout en accusant des pays tiers innocents de ces (et de ses…) crimes.

La plus connue des occurrences où Israël a eu recours à un « leurre » pour dissimuler ses propres traces est, sans aucun doute, l’ignominieuse affaire Lavon. En 1954, plusieurs attentats terroristes furent orchestrés par Israël, contre des cibles britanniques en Egypte. La responsabilité fut dirigée sur le mouvement des Frères Musulmans, opposé au régime du président égyptien Gamal Abdul-Nasser. Toutefois, la vérité sur ce déferlement de terreur fut retrouvée dans un télégramme – demeuré un certain temps secret – du colonel Benjamin Givli, chef du service de l’intelligence militaire israélien, qui soulignait l’objectif visé par cette vague d’attentats :

« Nous devons briser la confiance que l’Occident peut placer dans le régime égyptien actuel. Ces actions devraient provoquer des arrestations, des manifestations et des désirs de revanche. Leur origine israélienne doit être strictement dissimulée, tandis que l’attention doit être détournée le plus possible vers tout autre piste plau/pos-sible. Le but est d’empêcher que l’Egypte reçoive une quelconque aide économique – a fortiori, militaire – de l’Occident ».

Finalement, la vérité au sujet de l’implication israélienne fut révélée au public, et Israël fut fortement secoué, au plan international, dans les mois qui suivirent ce scandale. Des éléments politiques rivaux, à l’intérieur d’Israël, utilisèrent ce scandale comme une patate chaude, qu’ils se renvoyaient mutuellement. Mais la vérité sur l’utilisation par Israël, d’un « leurre », d’une victime expiatoire, attira l’attention du monde entier, démontrant à quel point Israël était prêt à sacrifier des vies innocentes à sa stratégie générale d’expansion de son influence au Moyen-Orient.

Tant qu’à faire, on accuse des « extrémistes de droite »

Un obscur mouvement d’ « extrême droite », Action Directe, fut accusé d’un attentat contre le restaurant Goldenberg, à Paris, le 9 août 1982. Six personnes furent tuées, et 22 furent blessées. Le chef d’Action Directe était Jean-Marc Rouillan. Il opérait auparavant dans la région méditerranéenne sous le pseudo de « Sebas », et il était connu pour ses liens avec le Mossad. Toute référence de la collaboration de Rouillan avec le Mossad fut occultée des rapports officiels publiés à l’époque.

Toutefois, l’Agence d’information nationale algérienne, qui entretient des liens avec les services français du renseignement, a accusé le Mossad d’avoir utilisé Rouillan à ses fins terroristes. Ce sont des officiers du renseignement français mécontents qui ont été soupçonnés d’avoir transmis cette information. Plusieurs hauts responsables des services français de renseignement ont démissionné, en protestation contre l’occultation de la complicité du Mossad dans les crimes exécutés (sur ses ordres) par Rouillan. Toutefois, il ne s’agit pas là de la seule opération de diversion opérée par le Mossad sur le territoire français.

Faux indices

Le 3 octobre 1980, la synagogue de la Rue Copernic, à Paris (16ème ardt) fut la cible d’un attentat à la bombe. On déplora quatre morts et neuf blessés. La frénésie qui s’empara des médias français à la suite de cet attentat se répandit dans le monde entier. Certains rapports tenaient « des extrémistes de droite » responsables de cet attentat. Néanmoins, aucun des « extrémistes de droite » interrogés par la police ne fut arrêté : tous furent innocentés. Aux plus hauts échelons du renseignement français, toutefois, un index de suspicion fut pointé sur le Mossad.

D’après un de ces rapports, « Le 6 avril 1979, la même unité terroriste du Mossad, aujourd’hui soupçonnée d’avoir perpétré le carnage de la rue Copernic, a fait sauter l’usine – très étroitement gardiennée – de la CNIM, à La Seyne-sur-Mer, près de Toulon, dans le sud de la France, usine dans laquelle un consortium d’entreprises françaises construisait un réacteur nucléaire destiné à l’Irak.

Le Mossad persilla le site de l’usine CNIM, détruite par l’explosion, d’ « indices », accompagnés d’appels téléphoniques anonymes à la police suggérant que le sabotage aurait été l’œuvre d’un « groupe écologiste »… « Des gens qui n’auraient pas fait de mal à une mouche », commenta une des sources.

On repasse le plat

Le 28 juin 1978, des agents israéliens ont fait sauter une bombe sous une voiture particulière rue Sainte-Anne, à Paris, tuant Muhammad Boudia, militant de l’OLP. Immédiatement après, la police parisienne reçut un appel téléphonique anonyme accusant Boudia d’implication dans un trafic de drogues et attribuant son assassinat à la mafia corse. Une enquête permit d’établir, plusieurs mois après, que des agents des opérations spéciales du Mossad avaient perpétré cet assassinat terroriste.

En octobre 1976, cette même unité du Mossad avait kidnappé deux étudiants d’Allemagne de l’Ouest, Brigette Schulz et Thomas Reuter, dans leur hôtel parisien. Des « indices » judicieusement placés et des appels téléphoniques anonymes firent croire un moment qu’une organisation « néonazie » avait exécuté cet enlèvement. Le renseignement français établit que les deux jeunes Allemands avaient été secrètement « expédiés » par avion en Israël, où ils avaient été drogués, torturés, et contraints à « avouer leur complicité » dans des activités de l’OLP. Après quoi ils avaient été mis au secret dans l’un des tristement célèbres pénitenciers politiques israéliens.

En février 1977, un citoyen américain d’origine allemande, William Jahnke, vint à Paris pour quelque réunion confidentielle, pour affaires. Il ne tarda pas à disparaître, ne laissant aucune trace. La police parisienne fut anonymement avisée que Jahnke avait été impliqué dans une affaire de pots-de-vin dans les hautes sphères de la Corée du Sud, et qu’il avait été « éliminé » après que l’affaire eut mal tourné. Une équipe spéciale d’enquêteurs du SDECE, principal service français du renseignement, finit par découvrir que Jahnke avait été « terminé » par le Mossad, qui le soupçonnait de vendre des informations secrètes à la Libye. Entre autres détails, sur cette affaire sordide, le SDECE découvrit que Jahnke avait été « désigné » au Mossad par son propre ancien employeur : la CIA !

On charge les Libyens

L’une des opérations, utilisant un « dindon de la farce », et réalisées par Israël, fut une vaste histoire de propagande, visant à discréditer le dirigeant libyen Muammar Qaddhafi. Au cours des premiers mois du mandat du président Ronald Reagan, les médias américains propagèrent un roman-feuilleton, selon lequel une « unité de tueurs libyens » se trouvait aux Etats-Unis, afin d’assassiner le président. Cela eut le don d’enflammer l’opinion publique contre la Libye.

Du jour au lendemain, toutefois, cette histoire d’ « unité de tueurs libyens à gage » disparut des gazettes. On venait de découvrir que la source de ce bobard était un certain Manucher Ghorbanifar, un ancien agent de la Savak (police secrète iranienne dont les liens étroits avec le Mossad étaient de notoriété publique). Même le libéral Washington Post reconnut que la CIA elle-même savait que Ghorbanifar était un menteur, qui « avait inventé cette histoire de tueurs libyens, afin de causer des problèmes à l’un des ennemis d’Israël ».

Le Los Angeles Times avait, déjà auparavant, vendu la mèche en relatant les histoires d’horreur d’Israël. « Ce sont les services de renseignement israéliens, et non les responsables de l’administration Reagan », écrivait le Times, « qui ont diffusé certains rapports extrêmement alarmants au sujet d’une soi-disant équipe de tueurs libyens, envoyés aux Etats-Unis afin d’y assassiner le président Reagan et d’autres hauts responsables de l’Etat… Israël, dont des sources informées disent qu’il « voulait un prétexte qui aurait entraîné une mise au ban de la Libye pour très longtemps », cherche vraisemblablement à monter l’opinion publique américaine contre la Libye, afin d’obtenir son soutien à une frappe militaire contre Qaddhafi. »

Autrement dit, Israël avait réussi à faire passer l’ex-agent de la Savak Ghorbanifar, pour une source fiable aux yeux de Washington. En réalité, Ghorbanifar n’était qu’un « faux drapeau » de désinformation, agité par le Mossad. Il s’agissait d’une énième opération de tromperie d’Israël, visant à faire accuser la Libye de ses propres méfaits, en utilisant un « faux drapeau » (la Savak iranienne), afin de faire retomber la faute sur un autre « faux drapeau », la Libye…

Il est quasi certain que le Mossad est responsable de l’attentat à la bombe contre la discothèque La Belle, à Berlin Ouest, le 5 avril 1986. Néanmoins, des objurgations sur des preuves « irréfutables » de la responsabilité libyenne furent entendues. Un militaire américain fut tué. Le président Ronald Reagan répliqua par un bombardement en Libye.

Toutefois, des sources internes aux services de renseignement ont indiqué être persuadés que le Mossad avait concocté une fausse « preuve » de la responsabilité libyenne. Le chef de la police de Berlin Ouest, Manfred Ganschow, chargé de l’enquête, a innocenté les Libyens, déclarant : « Il s’agit d’une affaire éminemment politique. Certaines des preuves mentionnées à Washington n’en sont peut-être pas du tout. Il ne s’agit que de présomptions politiques, avancées pour des raisons politiques. »

Au tour des Syriens…

Le 18 avril 1986, Nezar Hindawy, un Jordanien âgé de trente-deux ans, fut arrêté à Londres après que des agents de sécurité eurent découvert que l’un des passagers d’un avion de ligne israélien en partance pour Tel Aviv, Ann Murphy, transportait une plaque de plastic (explosif puissant et malléable) dans un double-fond de son bagage à main.

Mademoiselle Murphy dit aux hommes de la sécurité que le détonateur (camouflé en calculette) lui avait été remis par son fiancé, Hindawi. Celui-ci fut accusé de tentative de sabotage et de tentative de crime.

On fit courir le bruit qu’Hindawi aurait avoué. Ses services auraient été loués par le général Mohammad Al-Khouli, directeur des services de renseignement de l’aviation (militaire) syrienne. D’autres personnes furent citées, dont l’ambassadeur de Syrie à Londres. Les autorités françaises avertirent le Premier ministre britannique qu’il y avait anguille sous roche : en l’occurrence, l’instigation israélienne. Cela fut confirmé, ultérieurement, par la presse occidentale.

Mince : on a failli oublier l’OLP !

En 1970, le roi Hussein de Jordanie reçut des renseignements mettant gravement en cause l’OLP, accusée de fomenter son assassinat et un coup d’état. Furieux, Hussein mobilisa ses forces armées, en préparation de la purge de l’OLP, connue sous le nom de « Septembre Noir ». Des milliers de Palestiniens vivant en Jordanie furent raflés, certains dirigeants palestiniens furent torturés et cela se termina par des milliers de réfugiés chassés de Jordanie vers un nouvel exil au Liban.

De nouvelles informations, venues au jour après l’assassinat de deux agents éminents du Mossad à Larnaka (Chypre), suggèrent que toute l’opération avait été montée par le Mossad, sous la direction de l’une de ses principales dirigeantes, Sylvia Roxburgh. Après avoir fait tomber dans les rets de son irrésistible séduction le roi Hussein, cette femme fatale fut l’héroïne d’un coup majeur du Mossad, destiné à déstabiliser l’ensemble du camp arabe.

En 1982, juste après que l’OLP ait décidé de ne plus recourir au terrorisme, le Mossad répandit sa désinformation au sujet d’ « attaques terroristes » contre des colonies israéliennes proches de la frontière nord, prétexte à une invasion à grande échelle du Liban. Des années après, même des porte-parole israéliens éminents, tel l’ancien ministre des Affaires étrangères Abba Eban, admirent que les informations au sujet du « terrorisme de l’OLP » étaient sorties de l’imagination des agents du Mossad.

Il convient aussi de noter que l’assassinat manqué, à Londres, de l’ambassadeur israélien Shlomo Argov, fut, dans un premier temps, attribué à l’OLP. Cette tentative d’assassinat a été citée par Israël au nombre des prétextes pour son invasion du Liban, en 1982. En réalité, ce diplomate faisait partie des « colombes » israéliennes, et il penchait pour un règlement à l’amiable du conflit entre Israël et l’OLP. Il était donc une cible des plus improbable pour la colère de ce mouvement.

Il semble bien que cette tentative d’assassinat ait été effectuée par le Mossad – là encore, en guise de « leurre » – afin de faire, d’une balle, deux coups : a) éliminer un « pacifiste » domestique beaucoup trop amical à l’égard des Palestiniens et ; b) attribuer, ce faisant, un énième crime (le mensonge de trop ?) à l’OLP…

Source : American Free Press

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LA LIBERTE NE SE DONNE PAS , ELLE SE CONQUIERT ( Frantz FANON )

Posté par issopha le 11 mars 2009

Monde

La liberté ne se donne pas, elle se conquiert

LA LIBERTE NE SE DONNE PAS , ELLE SE CONQUIERT ( Frantz FANON ) dans ACTIONS CITOYENNES fanonrond

« Au point de vue barbare, liberté est synonyme d’isolement : celui-là est le plus libre dont l’action est la moins limitée par les autres ; l’existence d’un seul individu sur toute la face du globe donnerait ainsi l’idée de la plus haute liberté possible. Au point de vue social, liberté et solidarité sont termes identiques : la liberté de chacun rencontrant dans la liberté d’autrui, non plus une limite (…) mais un auxiliaire, l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables.

Ces deux manières de concevoir la liberté s’excluant l’une l’autre, il en résulte que la liberté du sauvage ne peut pas être rationnellement et justement revendiquée par l’homme vivant en société : il faut choisir.» Proudhon

La liberté ne se donne pas, elle se conquiertElie Wiesel disait : « Un être humain n’est jamais illégal, même si son action peut éventuellement l’être.»

Des actions peuvent être illégales et des pratiques légales peuvent être inhumaines.

C’est ce que nous, militants de gauche, crions à tue-tête. Mais notre état ressemble à un état de panique, de perdition et nos cris produisent une cacophonie.

Nous sommes d’accord sur le fait que l’organisation des intérêts individuels avides de puissance produits des maux qui déstabilisent les sociétés et mettent en souffrance une majorité des populations.

Si nous décidons de parler, de nous lever, notre message doit-être porté haut et fort.

La bataille est rude, une multitude de problèmes et d’injustices se posent. Plutôt que de s’éparpiller, c’est la logique qui sous-tend ces déséquilibres et engendrent ces injustices qu’il faut refuser. Cette logique, appelons là capitalisme, égoïsme, individualisme, impérialisme, colonialisme, totalitarisme, esclavagisme…, peu importe puisqu’il s’agit du même processus fondé sur l’idée d’inégalité des êtres humains et le maintien de ces inégalités au profit de certains, sur le dos des autres.

Nous avons beaucoup à apprendre de la façon dont le LKP a mené ses négociations, avec détermination, fermeté et dignité, nous avons beaucoup à apprendre des Etats-Unis et de leur victoire avec Obama.

Ils ont su fédérer leur force dans un sens commun, dans un rêve commun.

Nous savons que c’est possible.

Pendant que les militants de la gauche française continuent à se perdre dans les méandres d’une contestation stérile, dans des démasquages successifs et ininterrompus de faux-amis, dans le doute de ses positions, dans la recherche d’un chef …, pendant ce temps, le monde continue d’avancer et les damnés continuent d’être piétinés.

Faire des histoires et faire l’histoire ce n’est pas la même chose.

Nous n’avons pas les moyens de régler tous les problèmes collectifs et individuels qui se posent. Mais ensemble, nous pouvons décider d’avancer, d’unir nos forces et nos moyens dans la réalisation d’un mieux-vivre. Ce que nous avons à faire, en commençant par balayer devant sa porte, est énorme, de l’éducation à la santé, en passant par l’agriculture et l’armement.

Arrêtons les bavardages, nous n’avons plus à justifier ou à convaincre des raisons pour lesquelles nous pensons que le vieux système européen capitaliste et libéral, qui s’impose dans le monde, fait plus de mal que de bien, arrêtons de compter les injustices. Beaucoup, depuis Marx, depuis 1840, ont analysé et écrit et nous sommes très suffisamment informés. De nombreux pays, populations et hommes depuis les colonies se sont déjà levés pour refuser cette main-mise. Certains ont pu expérimenter qu’il est possible de vivre autrement, faire avec ses moyens et trouver les moyens d’avancer, dans les années 80 avec Thomas Sankara, au Burkina-Faso (qui signifie pays des hommes intègres), pour ne citer que lui.

C’est dans le sens d’une organisation sociale souple et forte dont l’objet est de faire que les individus soient vivants et conscients que nous devons tendre, pour cela il nous faut déjà nous libérer de nos chaînes et arrêter de les regarder.

« (…) Une personne ne peut acquérir la maturité requise pour la liberté sans l’avoir déjà acquise ; il faut être libre pour apprendre à se servir de ses capacités librement et utilement. Les premières tentatives seront certainement brutales et mèneront à une situation plus pénible et plus périlleuse que la situation antérieure, qui était sous la domination mais également sous la protection d’une autorité extérieure. » Noam Chomsky

Si nous acceptons de subir ce que nous refusons, nous sommes dans les chaînes.

A force de crier, nous nous s’essoufflons et ne sommes plus crédibles.

Si nous refusons jusqu’à la pratique des partis politiques de gauche, refusons et avançons. Nous savons ce que nous avons à faire, nous n’allons pas les attendre, organisons nous et s’ils le veulent ils suivront.

C’est à nous maintenant de travailler dans le sens nos valeurs, individuellement et collectivement, pour le monde dans lequel nous voulons vivre et que nous n’aurons pas honte de laisser à nos enfants.

La liberté ne se donne pas, elle se conquiert.


Yaël Frydman

Collectif des Damnés de la Terre

__________________________________

Collectif des Damnés de la Terre
contact@damnesdelaterre.com
www.damnesdelaterre.com

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L’envers de la pilule-Les dessous de l’industrie pharmaceutique et Autres scandales

Posté par issopha le 11 mars 2009

L’envers de la pilule-Les dessous de l'industrie pharmaceutique et Autres scandales dans LES LOBBIES et L'INDUSTRIE DU MENSONGE t119 L’envers de la pilule
Les dessous de l’industrie pharmaceutique

Nouvelle édition revue et augmentée

J.-Claude St-Onge


Préface d’Amir Khadir

ISBN 978-2-923165-40-0
311 pages – 24 $
Octobre 2008

Les succès de l’industrie pharmaceutique ne doivent pas nous fermer les yeux sur des pratiques devenues injustifiables. Que faut-il penser quand nous apprenons qu’un fabricant:

- supprime volontairement les données sur les effets indésirables de son produit ou embellit les résultats d’une étude;
- continue de commercialiser un produit qu’il sait à l’origine de nombreux décès;
- tente de bâillonner des chercheurs dont les découvertes mettent en question l’efficacité et la sécurité de son médicament;
- verse le prix fort à des médecins et des pharmaciens pour faire la promotion d’un produit;
- et engrange, bien sûr, chaque année des milliards de profits sans payer sa juste part d’impôts?

La situation est d’autant plus inquiétante que le retrait de produits potentiellement dangereux est en hausse depuis les années 1980 et 1990 et que la part des budgets consacrée au remboursement de médicaments est en train d’entamer sérieusement la portion qui reste pour payer médecins et infirmières. À petites doses, on finit par digérer ces faits. Mais, mis bout à bout, la pilule devient difficile à avaler.
Dans L’envers de la pilule, nouvelle édition revue et augmentée, J.-Claude St-Onge dresse un portrait aussi clair qu’inquiétant de l’industrie pharmaceutique et de notre rapport au médicament.
De sa plume cynique et alerte, il présente des analyses plus affolantes les unes que les autres: de l’invention de pathologies aux essais cliniques en passant par les vitamines, le Vioxx, le Prozac et autres… Il nous guide au sein de l’empire du médicament et de ses fabricants où la surconsommation et la rentabilité sont reines.
 

À l’heure où le Québec laisse de plus en plus de place au privé dans notre système de santé, J.-Claude St-Onge montre avec éloquence que les moyens financiers pour soigner la population ne sont pas entre les bonnes mains…

«Une recherche très fouillée qui aide à comprendre comment des cas comme celui du Vioxx peuvent encore se produire au XXIe siècle.»
Julie Gobeil,
Bulletin de Santé publique

«La plume de Jean-Claude St-Onge est lapidaire. L’essayiste jette […] les bases d’une réflexion urgente et nécessaire»
Ulysse Bergeron, Le Devoir

J.-Claude St-Onge enseigne la philosophie au Collège Lionel-Groulx. Il détient une maîtrise en philosophie et un doctorat en socio-économie.
À la suite de la première publication de L’envers de la pilule, il a participé à de nombreuses émissions d’information et d’affaires publiques et prononcé plusieurs conférences, notamment au 1er congrès international du médicament à Montréal en 2005 et au 11e congrès international de la santé publique à Rio de Janeiro en 2006.
Il s’est mérité le prix Orange 2005 de l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec. Il est également l’auteur de
Les dérives de l’industrie de la santé, Dieu est mon copilote, ADQ, voie sans issue, L’imposture néolibérale et de nombreux articles
.


TABLE DES MATIÈRES

Glossaire des sigles
Préface par Amir Khadir m.d
Introduction

CHAPITRE I – Un empire en bonne santé financière
Des profits mirobolants : une industrie qui croule sous l’or
Une industrie à risque ?
Des coûts en nette progression et une consommation qui explose
Évolution des dépenses de santé : le privé, voie sans issue
Crois ou meurs : les dures lois de l’accumulation

CHAPITRE II – Des prix dopés
Des écarts considérables
Pourquoi des prix si élevés ?
Un marché captif
Les brevets et le monopole des médicaments
L’« evergreening » ou comment étendre la durée de vie des brevets
et multiplier les profits sans se fatiguer

L’introduction de nouveautés coûteuses
Les explications de l’industrie
Et dans le tiers-monde… quelques centaines de milliers de morts plus tard
Des brevets, de la charité et des vies humaines

CHAPITRE III – Recherche et développement : tigre ou baudruche ?
Anatomie d’une illusion
Le tigre de 802 millions
Les « nouveaux » médicaments ?
À qui appartiennent les médicaments ?
Les brevets : incitation ou entrave à l’innovation ?

CHAPITRE IV – Les médicaments, c’est pas des bonbons.
Le danger des pilules : une industrie à mettre sous haute surveillance

Tout médicament comporte des risques
Des victimes inévitables ?
Le retrait de médicaments dangereux :une tendance à la hausse
Une profonde crise de confiance
Le Sénat demande une commission d’enquête sur la sécurité des médicaments
Un peu d’histoire : pour ne pas répéter les erreurs du passé. Héroïne, élixirs & Co
Diéthylstilbestrol : « pour des bébés plus forts »
La catastrophe de la thalidomide lance la pharmacovigilance
Ciba-Geigy : une compagnie qui a commercialisé des produits « à risques »
Les anti-inflammatoires : des produits banals ou à risque insoupçonné ?
Le Baralgin « tue la douleur efficacement »… et plus ?
Un produit contre le cholestérol cause des maux de tête à la compagnie
Les gourous de la minceur
Rezulin : un médecin écarté du processus d’évaluation
Le refus de divulguer des informations compromettantes

CHAPITRE V – Quand nouveau ne rime pas avec beau. Des médicaments plus ou moins utiles et plus ou moins efficaces que les anciens traitements
Tout nouveau tout beau ?
Des nouveautés moins efficaces que les vieilles pilules !
Quand les preuves d’efficacité accrue se font attendre
Avandia : tout n’est pas rose avec le rosiglitazone
Ketek : un autre antibiotique dont on aurait pu se passer ?
Celebrex : un médicament révolutionnaire ?
Vioxx : une catastrophe monumentale
Des médicaments à l’efficacité douteuse
Démystifier les traitements du rhume et de la toux
Des vitamines pour la croissance… des barons de l’industrie
Vingt-cinq ans pour retirer un produit inefficace

CHAPITRE VI – Une industrie malade du secret : les essais cliniques
Procédure d’approbation des médicaments
Les essais contrôlés
Des études biaisées
Suppression des résultats gênants et morbidité à la clé…
Les résultats déprimants d’un antidépresseur
Bâillonner les chercheurs : à qui appartiennent les résultats ?
Le tamoxifène : présenter les résultats sous un jour favorable
L’étrange couple science et profit : les sociétés de développement clinique
Des experts au service des compagnies pharmaceutiques : les leaders
d’opinion transformés en promoteurs
La prévention chimique des maladies
L’harmonisation des protocoles d’approbation

CHAPITRE VII – Danser avec les sous : esprit critique et profits,
un mélange incompatible
Olivieri tient tête au géant
« Qu’ils mangent du Prozac » : l’affaire Healy
La sécurité n’est pas une priorité : la saga des implants mammaires
La culture du secret à Santé Canada : 200 scientifiques
dénoncent les normes insuffisantes de l’agence
Quand l’État ne doit pas se désengager

CHAPITRE VIII – La médicalisation des événements de la vie
ou l’art de forger des pathologies
Vendre aux malades comme aux bien-portants
Les chasseurs de maladies
Quelques figures de surconsommation
L’industrie cible les femmes. L’hormonothérapie : « à jamais féminine »
Des promesses de jeunesse éternelle

Une vieille controverse
L’étude du Women’s Health Initiative
La One Million Women Study : 20 000 cancers du sein excédentaires

Le spectre de l’ostéoporose : la promotion d’une maladie
D’autres traitements préventifs pour l’ostéoporose
La dysfonction sexuelle chez les femmes

CHAPITRE IX – La main très visible du marketing : pour que la pilule
passe plus facilement
Les milliards coulent à flots
Des budgets colossaux pour les grosses bombes
Une information de qualité douteuse
Prescrire sous influence
Un phénomène qui prend de l’ampleur
Effets sur la pratique : études de cas et enquêtes
Les médecins qui s’en remettent aux visiteurs médicaux
Des témoignages d’ex-représentants et de médecins
« Les autres, pas moi »

PharmFree
Des effets sur les patients
Les médicaments en vente libre : trop d’information est nuisible
La publicité directe au consommateur : inutile, nuisible, coûteuse
La publicité dans les magazines spécialisés
La commandite d’associations de malades pour contourner les règles
L’art d’utiliser les médias
La promotion des utilisations non approuvées
L’information distribuée par les pharmacies

CHAPITRE X – On y trouve de tout : un ami, des ristournes,
des croisières…
Des ristournes pour les pharmaciens
Des millions pour empêcher la commercialisation des génériques
Des accusations de fraude pour avoir détroussé les systèmes de santé publics
Pendant ce temps en Europe…
Cartels et monopoles des principes actifs
« On ne peut empêcher les gens de recevoir des cadeaux »
Épilogue
Couper la facture des médicaments
Pour une réforme en profondeur : la santé et la protection du citoyen avant les profits Bibliographie partielle
Notes
Table des matières

MISE EN GARDE
Ne jamais arrêter une médication sans avoir consulté
son médecin au préalable.

LE FIL TéLéVISION – C’est un film ravageur, une enquête implacable. En cinquante-deux minutes aussi drôles que stupéfiantes, “Les Médicamenteurs” révèle les dessous peu glorieux de l’industrie pharmaceutique. Nous l’avons vu en avant-première, en attendant sa diffusion par France 5. Bientôt ?

La salle riait de bon cœur. Il y avait pourtant de quoi pleurer. Lors de leur présentation en avant-première, Les Médicamenteurs a conquis le public. Cette enquête, conduite par Brigitte Rossigneux, journaliste au Canard enchaîné, et coréalisée par Stéphane Horel et Annick Redolfi, dévoile les secrets de l’industrie pharmaceutique en suivant les pérégrinations des médicaments, depuis leur conception jusqu’à leur exploitation commerciale. Ses interviews incisives, son ton décapant et son invention visuelle (avec le recours à l’animation d’objets) en font une arme de dénonciation massive, une œuvre de salubrité publique. Petit avant-goût.

Réalisation : Stéphane Horel, Annick Redolfi et Brigitte Rossigneux. © Beau comme une image / France 5, 2008.

Pour les multinationales du médicament, le marketing et les parts de marché ont bien plus d’importance que la santé des patients. On s’en doutait un peu, mais ce film démonte parfaitement les rouages de la manipulation. Tout le monde en prend pour son grade : les labos, bien sûr, mais aussi les politiques qui les choient (Roselyne Bachelot, Nicolas Sarkozy), les autorités de régulation qui les adoubent, les médecins qui leur font une confiance aveugle (ou intéressée). Les conséquences sont catastrophiques, tant au niveau économique (le trou de la Sécu) qu’au niveau de la santé publique (les victimes de la surmédication se comptent par milliers).

Saluons le courage et la perspicacité de France 5, qui a participé à la naissance de ce film. Cependant, livré depuis un bon moment, il attend toujours une date de diffusion. Le temps de peaufiner quelques détails et de prendre toutes les précautions juridiques, explique la chaîne. Devant la sévérité de la charge, on comprend qu’elle veuille assurer ses arrières. Mais on lui fait confiance pour mettre en valeur Les Médicamenteurs d’ici peu de temps. Nous ne manquerons pas alors de vous faire une piqûre de rappel pour vous prévenir de la programmation de ce film qui devrait être remboursé par la Sécurité sociale – elle y gagnerait.

Comité invisible : L’insurrection qui vient (PDF)

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arton215 dans PROJETS DES MAITRES DU MONDE

Comité invisible

Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d’un désastre. Les psychologues attestent d’inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d’une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l’acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l’implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d’une vague de cynisme de masse ; à tel point que l’on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l’existence même d’une quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique – l’« économie non autistique » – qui s’attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue « science économique ». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l’écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d’un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l’époque, l’incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d’une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l’étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face. L’insurrection qui vient tâche d’arracher à chaque spécialité le contenu de vérité qu’elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s’élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l’économie, l’urbain, l’environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l’époque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l’ordre existant. Et l’enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d’exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.

L’insurrection qui vient nous sort de trente ans où l’on n’aura cessé de rabâcher que « l’on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu’est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l’enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel n’est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l’on peut en dire ici, c’est qu’elle tourne autour de l’appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l’économie et de l’anéantissement des forces de police.

t116 L’impasse de
la globalisation
Une histoire sociologique et philosophique du capitalisme

Michel Freitag

Propos recueillis par Patrick Ernst

Collection Théorie

ISBN 978-2-923165-41-7  
416 pages  
39 $


Derrière cette globalisation « incontournable », aujourd’hui financiarisée et virtualisée, se cache toute la question du rapport entre l’économique et le politique. Pourquoi cette suprématie de l’économie ? Comment à travers la genèse du capitalisme, comprendre les sources de l’aveuglement néolibéral ?      
                                                        
Associant les perspectives herméneutiques de l’histoire, de l’économie, de la sociologie et de la philosophie, Michel Freitag met en lumière les développements du capitalisme, réactualisant au passage le terme grec d’oikonomia – une économie centrée le cadre privé – en l’opposant à celui de chrématistique, « l’art » individualiste de faire de l’argent par l’accumulation de richesses. Dans cette lente évolution, la chrématistique généralisée a fini par supplanter l’oikonomia traditionnelle.

Prédateur par essence, le capitalisme ne crée rien à l’extérieur de lui mais s’approprie les conditions de son changement et règne désormais sur le monde. Le néolibéralisme actuel qui en découle conserve le même discours sur la liberté individuelle et les lois naturelles du marché que le libéralisme classique ; il lui ajoute cependant une déconstruction systématique des concepts, des limites institutionnelles et identitaires, s’émancipant de tout cadre normatif. Avec la période moderne, nous avons réalisé l’idéal de liberté individuelle et nous nous sommes affranchis de tout… sans voir que la libération de l’économie prenait la place de la libération de l’homme ! C’est la disparition annoncée de la société comme ordre symbolique et politique.

La véritable question qui se pose alors à nous aujourd’hui est celle-ci : Qui du capitalisme ou du monde entamera le premier la descente vers l’éclatement ou la destruction ?

L’impasse de la globalisation nous propose une réflexion critique sur les formes que devrait prendre un réaménagement postcapitaliste des conditions de vie sur Terre. Il s’agit de se ressaisir de notre capacité politique et de s’en servir : revenir à une autonomisation du politique qui s’inscrirait dans un véritable ordre oikonomique mondial ; retrouver l’âme de l’humanité en accordant une place de choix aux civilisations.

Il existe de multiples chemins explique Michel Freitag, mais, pour cela, il nous faut choisir l’expérience qualitative plutôt que quantitative : « Préférer la beauté des papillons plutôt que la valeur des titres en Bourse. » Car réfléchir à un autre chemin mène à questionner la nature essentielle de ce qu’il s’agit de préserver et de sauver, et notre propre rapport au monde.

Michel Freitag est professeur émérite au département de sociologie de l’UQAM. Il a surtout travaillé à l’élaboration d’une théorie sociologique générale à caractère dialectique. Il est l’auteur de Dialectique et Société, Introduction à une théorie générale du symbolique;  Culture, pouvoir, contrôle: les modes de reproduction formels de la société, de Le naufrage de l’université – Et autres essais d’épistémologie politique, prix du gouverneur général 96 et de L’oubli de la société, Pour une théorie critique de la postmodernité.

TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos de Patrick Ernst
Prologue de Michel Freitag

Introduction Les enjeux de le mondialisation et de la globalisation :
critique de l’économie néolibérale

Partie I Le développement du capitalisme et sa critique
De l’émergence de l’économie de marché dans les sociétés traditionnelles à la notion de marché généralisé dans le capitalisme industriel
De l’Oikonomia à la chrématistique : la science économique comme justification idéologique d’un nouvel ordre social global
L’idéologie libérale : de la finalité sociale de la propriété comme fondement de la liberté bourgeoise au contrat de travail comme nouvelle forme d’assujettissement au mode de production capitaliste
Le développement de la contradiction du capitalisme et le dépassement du matérialisme historique de Marx par une nouvelle « métaphysique » de la technologie productive

Partie II La mutation du capitalisme en Amérique
et ses conséquences globales
La mutation du capitalisme entrepreneurial en capitalisme organisé et corporatif en Amérique
La mutation managériale du capitalisme américain
L’essor mondial du capitalisme financier spéculatif
Les conséquences sociales de la globalisation financière

Partie III Le nouvel ordre « globalitaire » et systémique du capitalisme financier
Le programme global de l’AMI comme verrouillage de la souveraineté législative des États
Les alternatives financières et économiques à la globalisation : taxer le capital ou l’affranchir du contrôle fiscal ?
Penser la globalisation comme une question de civilisation

Partie IV Comment sortir de l’impasse ?
Globalisation ou mondialisation : une question de civilisations Entre sociétés et civilisations : le politique comme forme d’action pour sauver l’avenir
La dynamique de l’Occident
Pour une reconnaissance politique de la diversité civilisationnelle de l’humanité
De quelques principes susceptibles de guider la constitution
d’instances politiques mondiales diversifiées

Conclusion
Combien de temps le développement peut-il encore durer ?
Glossaire des mots grecs

fév 27 2009

La guerre psychologique du LEAP/E2020

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Par Chevalier Jedi

Nous avons publié, le 16 février dernier, un extrait du bulletin (GEAB) du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP) qui nous alertait sur les conséquences de la crise financière et ses répercussions aux Etats-Unis et au Royaume-Uni au troisième trimestre 2009, à savoir une possible cessation de payement pour ces deux pays. Nous nous sommes donc naturellement intéressé à ce LEAP, qui se présente comme « le seul et l’unique think-tank européen indépendant ». La réalité des objectifs de cette organisation semble bien différents que ceux affichés.

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Il est tout d’abord nécessaire de comprendre que nous sommes entré dans une phase essentielle pour les tenants de l’économie mondiale, pour qui cette crise systémique globale est l’ultime instrument pour redessiner la carte du monde et, à terme, faire éclore ce « gouvernement mondial » qu’ils n’ont de cesse de présenter comme étant la « solution finale » à tous les problèmes de la planète.

A cette « guerre économique » auquel se livrent les puissances financières internationales pour se partager les parts du pouvoir, il va bientôt être nécessaire d’associer une « guerre psychologique », dont le but sera de contraindre les populations à accepter l’abandon des derniers principes démocratiques qui régissent leur existence.

Générer des situations anxiogènes afin de manipuler les masses par la peur pour faire entériner des changements qui, en temps normal, auraient été inacceptables est un grand classique de l’Histoire du monde. Plus récemment, dans un genre différent mais qui n’est toutefois ni sans lien ni sans similitudes, les « évènements du 11 septembre » nous ont démontré ce à quoi une démocratie était capable de renoncer en terme de libertés individuelles, sous prétexte de « lutte contre le terrorisme ».

A l’approche du G20, qui se tiendra à Londres le 2 avril prochain, les chefs d’Etats réunis à cette occasion ne manqueront de définir les principes de base de cette « gouvernance mondiale ». Et c’est dans ce cadre qu’il faut analyser les informations du LEAP quand il indique que ce G20 sera la « réunion de la dernière chance » pour arrêter un plan d’action « convaincant et audacieux ».

Le LEAP est dirigé par Frank Biancheri, qui est aussi le Président du comité directeur du parti « Newropean », dont ont peut lire, sur leur site, qu’il est le « premier mouvement politique trans-européen (…) car l’UE est trop importante pour être laissée aux mains des partis nationaux et des bureaucrates. »

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Les visées mondialistes de Newropean sont clairement affichées. Leur « manifeste » indique : «Pour la planète, un des problèmes centraux au 21ième siècle sera de répondre à cette question : « Comment combiner l’immense diversité de taille, de culture, de puissance des pays du globe en évitant que la loi du plus fort prédomine ? » La réponse ne peut-être que l’abandon de leur souveraineté pour les États membres de l’Union européenne. Bien sûr, le LEAP ne l’indique pas directement, mais il ne peut être question d’autre chose quand, dans leur programme politique (point 4), ils proposent un « siège unique au conseil de sécurité de l’ONU ; une politique de défense européenne commune ; une politique d’immigration qui aille de pair avec une politique de développement ; un rôle européen proéminent pour reconstruire le système international ».

Le LEAP, qui fait parvenir ses bulletins d’informations à plus de 50′000 acteurs économiques et politiques en Europe, ne serait-il pas plutôt l’organe de propagande de Newropean, un parti politique en faveur d’un mondialisme pro-européen ?

Comme dit le proverbe : « Les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos amis. » Et dans ce sens, le LEAP à manifestement intérêt à nous annoncer que des bouleversement sociaux catastrophiques vont avoir lieux aux États-Unis, de sorte promouvoir avantageusement un mondialisme hégémoniquement européen. Mais il n’est pas nécessaire d’être un fin analyste pour savoir que cette crise systémique globale va faire apparaitre des révoltes et des contestations. Elle sont d’ailleurs déjà en marche, et les appareils répressifs travaillent d’arrache-pied pour mettre au point des plans d’urgence et des scénarios pour contrecarrer émeutes et révolutions populaires (voir notre article « But et techniques de la guerre psychologique ») .

Plus que jamais, il est nécessaire d’analyser les informations qui nous parviennent et, à chaque fois, de se poser les questions sur les objectifs des organisations qui en font la promotion. Si nous voulons conserver les libertés fondamentales qui nous restent et garder l’espoir qu’un monde libre puisse émerger, nous ne devons pas participer à choisir un mondialisme plutôt qu’un autre, mais les dénoncer tous, sans exception.

Chevalier Jedi, pour Mecanopolis

mar 11 2009

Non aux manœuvres de diversion pour cacher les erreurs américaines

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Après la «capitulation de la Suisse» face aux autorités américaines, ils occupent à nouveau le devant de la scène. Eux, ce sont les «puritains» et «moralistes» de la fiscalité, comme les appelle Konrad Hummler. Dans une chronique publiée hier dans Handels­blatt, relayée via un communiqué diffusé par la banque privée saint-galloise Wegelin, son directeur se livre à une attaque en règle à l’encontre de l’attitude des Etats-Unis et de l’Union européenne (UE) dans le dossier du secret bancaire. Il estime que les Etats-Unis et l’UE veulent faire de la Suisse «un bouc émissaire» pour détourner l’attention de leurs propres erreurs, comme nous l’indiquions dans les colonnes de Mecanopolis le 2 mars dernier.

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Pour le président de l’Association des banquiers privés suisses, pas de doute: le combat politique livré à l’encontre du secret bancaire helvétique constitue avant tout une «manœuvre de diversion». Et de mentionner les trusts britanniques basés dans les îles Anglo-Normandes ou dans les Caraïbes. De même, les Etats-Unis devraient d’abord s’intéresser à leurs propres places financières telles que le Delaware ou la Floride. Il s’étonne aussi de l’attitude des autorités américaines, d’ordinaire si agressives, mais qui ont agi de manière très hésitante dans le cas de l’affaire ­Madoff.

Selon le banquier saint-gallois, la Suisse a d’excellentes raisons de renvoyer la balle à ses détracteurs. La Suisse doit être prête à discuter de tout avec ses partenaires américains et européens, mais vraiment de tout, ironise-t-il. Et de citer tour à tour l’argent de la cocaïne aux Etats-Unis, de Berlusconi ou des modalités de paiement sur le marché noir en Allemagne.

Les USA inversent le fardeau de la preuve

Quant aux 52′000 noms supplémentaires exigés par le fisc américain, Konrad Hummler reproche aux «Etats-Unis d’inverser le fardeau de la preuve». Pour les Américains, toutes ces personnes sont considérées comme suspectes, critique-t-il lors d’un entretien accordé au «Bund» du 21 février. Une approche «très problématique», selon lui, car il est impossible pour un établissement de connaître avec certitude si chacun de ses clients étrangers paie ou non ses impôts dans son pays d’origine.

Que se passerait-il si UBS transmettait l’ensemble des noms de ses clients au fisc américain? «Le prix de l’évasion fiscale augmentera. L’argent se dirigera vers des structures plus complexes et affluera vers de quelconques îles douteuses», conclut-il. Au final, en cas de suppression du secret bancaire, la place financière helvétique perdrait environ la moitié des avoirs placés par la clientèle étrangère, estime le banquier privé, soit un montant de l’ordre de 1400 milliards de francs.

Mecanopolis

mar 06 2009

Un vaccin expérimental contaminé par le virus H5N1 de la grippe aviaire

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D’après un article d’AlterInfo

La presse canadienne nous apprend que, lors d’expérimentation sur des vaccins, le virus de la grippe H3N2 aurait été contaminé par le virus H5N1 de la grippe aviaire, au risque de produire un virus hybride qui pourrait se transmettre à l’homme. Cette manipulation aurait été faite dans les laboratoire Baxter en Autriche. Ce produit contaminé aurait été envoyé à des sous-traitants en Slovénie, en Allemagne et en République Tchèque, qui a découvert l’anomalie après avoir fait une injection sur des furets, qui en seraient morts .

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Baxter confirme qu’elle a fabriqué un produit contaminé par le virus H5N1

La compagnie Baxter a confirmé, vendredi, qu’elle a fabriqué un vaccin expérimental qui a accidentellement été contaminé par le virus H5N1de la grippe aviaire. Dr Roberta Andraghetti, une porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a affirmé que l’OMS suivait de près l’enquête qui retrace le fil des événements ayant mené à cette bévue.

“A ce stade-ci du processus, nous pouvons affirmer que les risques pour la santé publique et pour les professionnels ayant été mis en contact avec le virus sont à un très bas niveau”, a-t-elle déclaré.

L’erreur, que les autorités de santé publique ont décrite comme étant “grave”, a eu lieu au laboratoire de recherche de Baxter International à Orth-Donau, en Autriche. Mais les circonstances entourant l’incident sont encore floues.

Le produit contaminé, un mélange de virus de la grippe humaine H3N2 et de virus de la grippe aviaire H5N1 qui n’étaient pas correctement identifiés, a été envoyé à l’entreprise Avir Green Hills Biotechnology, une firme autrichienne. Celle-ci a par la suite transmis des portions du mélange à des sous-traitants en République tchèque, en Slovénie et en Allemagne.

C’est le sous-traitant tchèque qui s’est rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond, lorsque des furets auxquels il avait injecté le mélange sont morts. Ceux-ci ne devraient pas mourir après une exposition au virus H3N2, ce qui signifiait donc qu’ils avaient également reçu le virus actif du H5N1.

Christopher Bona, porte-parole de Baxter, a confirmé l’information vendredi. Mais la compagnie n’a livré que peu de détails entourant l’incident.

Des spécialistes en biosécurité se sont montrés fort préoccupés du fait que le virus de grippe humaine H3N2 ait été mélangé avec le virus de la grippe aviaire H5N1. Il s’agit d’une pratique dangereuse qui devrait être interdite, ont signifié plusieurs experts.

Une propagation accidentelle du mélange de H5N1 et de H3N2 aurait pu mener à des conséquences désastreuses.

Le H5N1 ne contamine pas facilement les humains, mais le H3N2 si. Dans l’éventualité où une personne exposée au mélange était infectée simultanément par les deux souches, elle pourrait servir d’incubateur à un virus hybride capable de se propager facilement d’un humain à un autre.

Ce mélange de souches, appelé réassortiment, est l’une des deux manières de créer un virus pandémique.

Mais rien ne laisse croire qu’un tel phénomène se soit passé dans ce cas-ci.

“Nous n’avons aucune information nous portant à croire qu’il y a eu un quelconque réassortiment”, a dit Dr Roberta Andraghetti.

Source : Alterinfo

mar 05 2009

La Suisse veut interdire les minarets, débat avec Tariq Ramadan (vidéo)

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Mecanopolis

A l’heure ou la Suisse se retrouve attaquée de toute part sur le secret-bancaire et l’évasion fiscale, où ses relations avec la Libye sont au plus mal, où deux otages helvètes sont retenus prisonnier par Al-Qaeda au Maghreb, l’UDC (parti politique d’extrême droite) n’a rien trouvé de mieux que de défendre une initiative populaire « contre la construction de minarets » Le peuple suisse devra donc se rendre aux urnes prochainement afin de se prononcer.

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C’est une attaque en règle contre les frères Ramadan, mais aussi à l’encontre de tous les musulmans vivant en Suisse qu’a du subir Tariq Ramadan, lors d’un débat avec un député de l’Union démocratique du centre (UDC), l’islamophobe Oskar Freysinger, diffusé mercredi soir sur la télévision suisse romande.

En Suisse, les églises ressemblent à des églises, les synagogues à des synagogues, mais il faudrait cacher ces mosquées que l’on ne saurait voir…

Jasmin Hutter, vice-présidente de l’UDC, indignait ses collègues députés, pas plus tard que hier, en déclarant que les « minarets participent à l’islamisation rampante de la Suisse ».

Le message pourrait bien se répandre très rapidement, comme une trainée de poudre, à travers tout le Moyen-Orient.

Mecanopolis

Vous avez dit complot ?

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Le siècle dernier, l’histoire du terrorisme a démontré qu’il s’agit toujours, pour une faction politique, de manipuler des groupes terroristes en vue de provoquer un revirement avantageux de l’opinion publique dont le but peut être de renforcer des dispositifs policiers pour contrer une agitation sociale, présente ou prévisible, ou de déclancher une opération militaire offensive, et son cortège d’intérêts économiques, à laquelle s’oppose la majorité de la nation (voir la note 1 en fin de page).

Tout individu notoirement ennemi de l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se déclarer dans cette catégorie est connu de plusieurs services de renseignements. De tels groupes sont constamment sous surveillance. Leurs communications internes et externes sont connues. Ils sont rapidement infiltrés par un ou plusieurs agents, parfois au plus haut niveau de décision, et dans ce cas aisément manipulable. Cette sorte de surveillance implique que n’importe quel attentat terroriste ait été pour le moins permis par les services chargés de la surveillance du groupe qui le revendique, parfois encore facilité ou aidé techniquement lorsque son exécution exige des moyens hors d’atteinte des terroristes, ou même franchement décidé et organisé par ces services eux-mêmes. Une telle complaisance est ici tout à fait logique, eu égard aux effets politiques et aux réactions prévisibles de ces attentats criminels.

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L’exaltation idéologique peut conduire à toutes sortes de crimes, et l’héroïsme individuel comme les assassinats en série appartiennent à toutes les sociétés humaines. Ces sortes de passions ont contribué depuis toujours à construire l’histoire de l’humanité à travers ses guerres, ses révolutions, ses contre-révolutions. On ne peut donc être surpris qu’un mitrailleur, un kamikaze ou un martyre commettent des actes dont les résultats politiques seront exactement opposés à ceux qu’ils prétendent rechercher, car ces individus ne sont pas ceux qui négocient sur le marché des armes, organisent des complots, effectuent minutieusement des opérations secrètes sans se faire connaître ni appréhendés avant l’heure du crime.

Mais il n’y a rien de nouveau à tout cela. Thucydide écrivait déjà, 400 ans avant Jésus-Christ, dans “La guerre du Péloponnèse” : « Qui plus est, ceux qui y prenaient la parole étaient du complot et les discours qu’ils prononçaient avaient été soumis au préalable à l’examen de leurs amis. Aucune opposition ne se manifestait parmi le reste des citoyens, qu’effrayait le nombre des conjurés. Lorsque que quelqu’un essayait malgré tout des les contredire, on trouvait aussitôt un moyen commode des les faire mourir. Les meurtriers n’étaient pas recherchés et aucune poursuite n’était engagée contre ceux qu’on soupçonnait. Le peuple ne réagissait pas et les gens étaient tellement terrorisés qu’ils s’estimaient heureux, même en restant muet, d’échapper aux violences. Croyant les conjurés bien plus nombreux qu’ils n’étaient, ils avaient le sentiment d’une impuissance complète. La ville était trop grande et ils ne se connaissaient pas assez les uns les autres, pour qu’il leur fût possible de découvrir ce qu’il en était vraiment. Dans ces conditions, si indigné qu’on fût, on ne pouvait confier ses griefs à personne. On devait donc renoncer à engager une action contre les coupables, car il eût fallut pour cela s’adresser soit à un inconnu, soit à une personne de connaissance en qui on n’avait pas confiance. Dans le parti démocratique, les relations personnelles étaient partout empreintes de méfiance, et l’on se demandait toujours si celui auquel on avait à faire n’était pas de connivence avec les conjuré ».

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Quoiqu’elle veuille s’en donner l’allure, l’action terroriste ne choisit pas au hasard ses périodes d’activités, ni selon son bon plaisir ses victimes. On constate inévitablement une strate périphérique de petits terroristes, dont il est toujours aisé de manipuler la foi ou le désir de vengeance, et qui est, momentanément, tolérée comme un vivier dans lequel on peut toujours pécher à la commande quelques coupables à montrer sur un plateau : mais la « force de frappe » déterminante des interventions centrales ne peut-être composée que de professionnels ; ce que confirme chaque détails de leur style.

L’incompétence proclamée de la police et des services de renseignements, leurs mea-culpa récurrent, les raisons invoquées de leurs échecs, fondées sur l’insuffisance dramatique de crédits ou de coordination, ne devraient convaincre personne : la tâche la première et la plus évidente d’un service de renseignements est de faire savoir qu’il n’existe pas ou, du moins, qu’il est très incompétent, et qu’il n’y a pas lieu de tenir compte de son existence tout à fait secondaire. Pourtant, ces services sont mieux équipés techniquement aujourd’hui qu’ils ne l’ont jamais été.

Aujourd’hui, les manipulations générales en faveur de l’ordre établi sont devenues si denses qu’elles s’étalent presque au grand jour. Pourtant, les véritables influences restent cachées, et les intentions ultimes ne peuvent qu’être assez difficilement soupçonnée, presque jamais comprises.

Notre monde démocratique qui, jusqu’il y a peu, allait de succès en succès, n’est aujourd’hui plus que l’arme idéologique d’une mécanique de domination, dont l’aboutissement du mensonge mondialiste pourrait devenir notre pire cauchemar.

Alors que nous sommes pris dans une réalité aussi mouvante que violement destructrice, nous ne devons pas perdre de vue que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreint, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables…

Le temps est venu d’organiser la résistance !

Mecanopolis

redaction [at] mecanopolis.org

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Note 1 :

Allemagne 1933 : Hitler

Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier d’Allemagne et chef du pouvoir exécutif. Pourtant, deux adversaire potentiels sont encore devant lui : le Reichstag, qui vote les lois, arrête le budget et décide la guerre, ainsi que le parti communiste allemand, qui, dans le marasme économique de l’époque, pouvait se relever inopinément et constituer un dangereux concurrent. Le 22 février, Goering, alors président du Reichstag attribue aux SD (Sicherheitsdienst : Service de renseignements de sûreté) des fonctions de police auxiliaire. Le 23, la police perquisitionne au siège du parti communiste et y « découvre » un plan d’insurrection armée avec prises d’otages, multiples attentats et empoisonnements collectifs. Le 27 février, un militant gauchiste s’introduit sans difficultés dans le Reichstag et, avec quelques allumettes, y provoque un incendie. Le feu s’étend si rapidement que le bâtiment est détruit. Tous les experts, techniciens et pompiers, ont témoigné qu’un tel incendie ne pouvait être l’œuvre d’un seul homme. Bien après la guerre, d’anciens nazis confirmeront le rôle des SD dans cet attentat. Dès le lendemain de l’incendie, plusieurs milliers d’élu et de militants communistes sont arrêtés, l’état d’urgence décrété, le parti communiste interdit. Quinze jours plus tard les nazis remportent les élections au Reichstag, Hitler obtient les pleins pouvoirs et, dès juillet 1933, interdit tous les autres partis.

Italie 1970 : les Brigades rouge

Au cours des années septante, l’Italie était au bord d’une révolution sociale. Grèves, occupations d’usines, sabotage de la production, remise en question de l’organisation sociale et de l’Etat lui-même ne semblaient plus pouvoir être jugulé par les méthodes habituelle de la propagande et de la force policière. C’est alors que des attentats terroristes, destinés à provoquer de nombreuses victimes, et attribués à un groupe « révolutionnaire », les Brigades Rouges, sont venu bouleverser l’opinion publique italienne. L’émotion populaire permit au gouvernement de prendre diverses mesures législatives et policières : des libertés furent supprimées sans résistance, et de nombreuses personnes, parmi les plus actives du mouvement révolutionnaire, furent arrêtées : l’agitation sociale était enfin maîtrisée. Aujourd’hui, les tribunaux eux-mêmes reconnaissent que la CIA était impliquée, de même que les services secrets italiens, et que l’Etat était derrière ces actes terroristes.

USA 1995 : Timothy Mc Veigh

Le 19 avril 1995, un vétéran de la première guerre du Golfe, Timothy Mc Veigh, lance contre un bâtiment du FBI, à Oklahoma City, un camion chargé d’engrais et d’essence. Le bâtiment s’effondre et fait cent soixante-huit victimes. Au cours de l’instruction, Mc Veigh a déclaré avoir été scandalisé par l’assaut donné par le FBI, deux ans plus tôt, à une secte d’adventiste à Wacco, dans le Texas. Assaut au cours duquel périrent plus de quatre-vingt membres de la secte, dont vingt-sept enfants. Révolté par ce crime, Mc Veigh était donc parti en guerre, seul, contre le FBI. Et au terme de son procès, largement médiatisé, il a été exécuté, seul, par une injection mortelle, devant les caméras américaines.
Après l’attentat, 58 % des Américains se sont trouvés d’accord pour renoncer à certaine de leur liberté afin de faire barrage au terrorisme. Et dans l’effervescence populaire entretenue par les médias, le président Clinton du signer le consternant antiterrorism Act autorisant la police à commettre de multiples infractions à la constitution américaine.
Au vu des ravages causés par l’attentat, Samuel Cohen, le père de la bombe à neutrons, avait affirmé : « Il est absolument impossible, et contre les lois de la physique, qu’un simple camion remplis d’engrais et d’essence fassent s’effondrer ce bâtiment. » Deux experts du Pentagone étaient même venu préciser que cette destruction avait été « provoquée par cinq bombes distinctes », et avaient conclu que le rôle de Mc Veigh dans cet attentat était celui de « l’idiot de service ».

Au cours de son procès, Mc Veigh a reconnu avoir été approché par des membres d’un « groupe de force spéciales impliquées dans des activités criminelles ». Le FBI ne les a ni retrouvé, ni recherchés. Mais dans cette affaire, la police fédérale a dissimulé tant d’information à la justice qu’au cours de l’enquête, l’ancien sénateur Danforth a menacé le directeur du FBI d’un mandat de perquisition, mandat qu’il n’a pu malheureusement obtenir. L’écrivain Gore Vidal affirme, dans son livre La fin de la liberté : vers un nouveau totalitarisme, sans hésiter : « Il existe des preuves accablantes qu’il y a eu un complot impliquant des milices et des agents infiltrés du gouvernement afin de faire signer à Clinton l’antiterrorism Act ».

USA : 11/9

La situation mondiale exige l’ouverture continuelle de nouveaux marchés et demande à trouver l’énergie nécessaire pour faire fonctionner la production industrielle en croissance constante. Les immenses réserve des pays arabes, et la possibilité des se les approprier, d’acheminer cette énergie à travers des zones contrôlées, font désormais l’objet de conflits entre les USA, décidés à asseoir leur hégémonie, et les autres pays d’Europe et d’Asie. S’emparer de telles réserves aux dépends du reste du monde exige une suprématie militaire absolue et d’abord une augmentation considérable du budget de la défense. Mesures que la population américaine n’était, il y a quelques années encore, aucunement disposée à entériner. Le 11 janvier 2001, la commission Rumsfeld évoquait qu’un « nouveau Pearl Harbour constituera l’évènement qui tirera la nation de sa léthargie et poussera le gouvernement américain à l’action.»

Les services de renseignements américains, qui prétendaient tout ignorer de l’attentat du 11 septembre, étaient si bien averti dans les heures qui ont suivi, qu’ils pouvaient nommer les responsables, diffuser des comptes rendus de communications téléphonique, des numéros de carte de crédit, et même retrouver inopinément le passeport intact d’un des pilotes terroristes dans les ruines fumantes des deux tours, permettant ainsi de l’identifier ainsi que ses présumés complices. La version des autorités américaines, aggravée plutôt qu’améliorée par cent retouches successives, et que tous les commentateurs se sont fait un devoir d’admettre en public, n’a pas été un seul instant croyable. Son intention n’était d’ailleurs pas d’être crue, mais d’être la seule en vitrine.

Le pouvoir est devenu si mystérieux qu’après cet attentat, on a pu se demander qui commandait vraiment aux Etats-Unis, la plus forte puissance du monde dit démocratique. Et donc, par extension, on peut se demander également qui peut bien commander le monde démocratique ?

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DU 11 MARS AU 15 AVRIL :LE MOIS CONTRE LA FRANCAFRIQUE – DE SURVIE PARIS ILE-DE-FRANCE

Posté par issopha le 11 mars 2009

PROGRAMME DE MARS

DE SURVIE PARIS ILE-DE-FRANCE

DU 15 MARS AU 15 AVRIL :

MOIS CONTRE LA FRANCAFRIQUE

www.survie-paris.org/agenda-survie-paris

DU 11 MARS AU 15 AVRIL :LE MOIS CONTRE LA FRANCAFRIQUE - DE SURVIE PARIS ILE-DE-FRANCE dans ACTIONS CITOYENNES


Bonjour,Survie vous invite à participer à la campagne contre le référendum de Mayotte le 29 mars. Pétition en ligne:
http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=fr&ref_campagne=11

Survie Paris Ile-de-France vous signale la campagne internet pour la vérité dans l »affaire Bruno Ossébi au Congo-Brazzaville

Pour y participer, vous pouvez vous connecter sur la page web du groupe d’activistes:
http://www.facebook.com/group.php?gid=56294956990

Plus d’informations sur le site www.survie-paris.org
A très bientôt,
Le CA Survie Paris Ile-de-France
contact@survie-paris.org
PS: La citation du mois:  » Vous parlez enfin de soutien aux dictatures. Non ! Tous les pays que nous soutenons ne sont pas dans ce cas … »,

Bernard Kouchner, Assemblée nationale, 28 Janvier 2009,

Débat – Autorisation de prolongation de cinq interventions des forces armées à l’étranger.

* * *

Chaque lundi de 17h30 à 19h !


Survie Paris à la radio : « Paris Françafrique », sur FPP 106,3 FM
L’émission radio de Survie et des luttes contre la Françafrique.


http://www.survie-paris.org/agenda-survie-paris/article/paris-francafrique-l-emission


programme N°9: Lundi 9 mars – Artistes unis contre la Francafrique :Sams’k Le Jah (Burkina Faso) Apkass (Congo-K)


programme N°10: Lundi 16 mars – Paris Françafrique reçoit Denis Robert et Alain Deneault auteur Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique

A suivre… Angolagate avec Thierry Brugvin - Noir Canada
Sur 106.3 FM ou sur Internet :
www.rfpp.net


Retrouvez aussi l’émission en écoute sur Afriradio.net :
http://www.afriradio.net/

* * *AGENDA

Du 11 mars au 15 avril
Le Mois contre la Françafrique

Mercredi 11 mars, 19h45
Les sociétés minières dans la Mafiafrique. Le Canada comme paradis judiciaire.
 

avec Alain Deneault auteur de Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique,

Vincent Munié, spécialiste des Grands Lacs à Survie, et

Eve Tessera de l’association de juristes Sherpa.

Au FIAP Jean Monnet, salle Bruxelles, 30 rue Cabanis, 14e, M° Glacière

Le Canada, comme ancienne colonie, a permis l’aménagement de structures économiques et juridiques permettant à de grandes sociétés d’exploiter massivement, sur son territoire, les ressources naturelles. Cette expertise coloniale, notamment dans le domaine minier, s’est affinée au point de faire du Canada le pôle de prédilection des sociétés minières mondiales. Le Canada permet ainsi, à la manière d’un paradis judiciaire, d’aménager un espace financier de choix au profit de sociétés minières et autres présentes en Afrique.

http://www.survie-paris.org/agenda-survie-paris/article/mercredi-11-mars-19h45-les

http://slapp.ecosociete.org/

Samedi 14 mars, 17h + 20h, (programme à confirmer)


Avec Duval MC, ouverture mois contre la françafrique de Survie Paris Ile-de-France
avec fanfare Vroum, au Rigoletto, 337 rue de Belleville, 19e, 1 euro minimum, table de presse Survie.

17h, projection débat sur la Francafrique et les résistances africaines (à confirmer)


Fratricide au Burkina, Thomas Sankara et la Françafrique Thuy-Tiên Ho (et Didier Mauro), docu, 52min, 2006, DVD ou Thomas Sankara, l’homme intègre Robin Shuffield, docu, 52min, 2006, DVD
Débat avec Sams’K le Jah et Bruno Jaffré (sous-réserve)

20h Concert Vroum + Duval MC

Du 12 au 15 Mars

Duval MC qui a participé à la compilation Survie ‘Décolonisons’ est en concert à Paris:

Jeudi 12 mars, 20h30, avec MAP (quasiment complet le 24.2), au Trois Baudets, 2 rue Coustou, 18e, 15euros avec table de presse Survie

Vendredi 13 mars, 19h, avec Nixon & the Jazzconrad Musicians (hip hop jazz), au Cithéa Nova, 114 rue Oberkampf, 11e, M° Parmentier ou Menilmontant, 5euros


Dimanche 15 mars, 18h, avec DJ Luke Sky, au Cannibale Café, 93 Rue Jean-Pierre Timbaud, 11e, gratuit

www.duvalmc.com.

Jeudi 19 mars, 19h

Vers la fin des paradis fiscaux ?
à la Maison des Associations du 3e, 5 rue Perrée, M° République / Temple

Avec Alain Deneault auteur de Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique
Alors que les journaux titrent régulièrement ces jours-ci : « Les paradis fiscaux dans le collimateur du G20 et de l’Union européenne », une soirée pour faire le point sur l’actualité des Paradis Fiscaux : avec Alain Deneault, auteur de travaux sur les Paradis Fiscaux.

Samedi 21 mars, 16h-23h

Concert-débat ‘Sarkozy, Business et dictatures’
En françafrique décomplexée, les affaires continuent
avec

  • Samuel Foutoyet auteur de ‘Sarkozy et la françafrique décomplexée’,
  • Olivier Thimonier Sec. G.al Survie

  • Sams’K le Jah (reggae, Burkina Faso), Jam, Slam, Apkass, Slam et hip-hop-jazz-soul
    A l’Olympic Café, 20 rue Léon, M° Marcadet Poissonnière


  • 16h Slam et poésie avec Jam et Apkass


  • 16h45-18h45 Débat ‘Pétrole et dictatures, où est la rupture ?’


  • Le scandale des Biens Mal Acquis a mis en lumière la spoliation par les régimes dictatoriaux de la françafrique dont sont victimes les populations. Le vétéran dictateur au Gabon semble à bout de souffle, des élections périlleuses auront lieu en juillet au Congo-Brazzaville. Une partie du pétrole de Total provient toujours de ces pays au coeur de la Françafrique , alors le business se déplace aussi en Angola ou ailleurs. Quelle chance y-a-t-il d’arrêter le pillage des ressources naturelles et de voir naître la démocratie tant que l’opacité perdure sur les contrats pétroliers ? Où en sont les résistances africaines aujourd’hui ? avec

  • Olivier Thimonier, Secrétaire Général de Survie qui présentera la campagne Diplomatie Business et Dictature de Survie,

  • Benjamin Moutsila de la Fédération des Congolais de la Diaspora , et

  • Michel Roy du Secours Catholique pour le collectif Publiez Ce Que Vous Payez. Survie et le Secours Catholique font partie de la Plateforme citoyenne France Afrique qui a publié le « Livre blanc. Pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente », Ed. L’Harmattan, 2007. « Publiez ce que vous payez » est une coalition de plus de 350 organisations de la société civile, qui lutte pour la publication par les compagnies extractives du montant des versements qu’elles font aux Etats. 18h45 Pause repas (Le café est restaurant)


  • 19h30 Concert Sams’K le jah, reggae, Burkina Faso (et sous réserve Sira Camara, chanson)


  • 20h30 Débat ‘Sarkozy et la françafrique décompléxée’ avec Samuel Foutoyet de Survie, auteur du livre ‘Sarkozy et la françafrique décompléxée’ (2009), intervention de Sams’K sur la situation au Burkina Faso.


  • 22h Concert Apkass, hip-hop, soul, jazz


  • Métaphore des indépendances confisquées, regard d’un jeune africain sur la terre qui l’a vue naître, odyssée musicale au confluent du hip-hop, de la soul, du jazz, et des sonorités africaines.
    http://www.apkass.com

 

Jeudi 26 mars

2e rencontre ‘Un nouveau cycle de luttes sociales et politiques en Afrique sub-saharienne: Assurer des élections transparentes

au CICP, 21 ter rue Voltaire, 11e, M° Nation / Rue des Boullets

Organisé par Survie Paris Ile-de-France, le Cedetim, le site Libération Afrique.
Suite à la première soirée organisée par le CEDETIM, une seconde soirée pour aborder plus en profondeur la question des solidarités à mettre en place vis à vis des résistances sur le continent africain… Que réserve cette année à l’Afrique avec neuf élections présidentielles en préparation ? Sud-Africains, Algériens, Angolais, Congolais de Brazzaville, Ivoiriens, Equato-guinéens, Mozambicains, Nigériens et Tunisiens iront aux urnes cette année pour élire leurs chefs d’Etat respectifs. Sans rien enlever à l’intérêt que représente une élection présidentielle dans chaque pays où elle a lieu, les cas de l’Afrique du Sud et de la Côte d’Ivoire sortent quand même du lot parmi les neuf scrutins attendus en 2009 sur le continent. Sont invitées à participer les associations de la diaspora, les assocaitions CADTM et “Publiez Ce Que Vous Payez” et les associations membres de la Plateforme Citoyenne France Afrique: Survie, Peuples Solidaires, CCFD, Secours Catholique, Oxfam, Foi et justice, et CRID.

Samedi 28 mars, 15h

Comores: journée carton rouge à la France, rassemblement au Trocadéro à la veille du référendum pour la départementalisation de Mayotte/Maoré.

Rassemblement organisé par le Collectif des Associations et Amis des Comores (CAAC Comores) avec le soutien de plusieurs associations dont Survie et Survie Paris Ile-de-France. Rendez-vous à confirmer sur www.survie-paris.org car le 28 mars tombe pendant le voyage de Sarkozy en Afrique et pourrait être aussi une date de manifestation de revendication en lien avec ce voyage (contre la Françafrique, entre autre).Autour du 7 avril

15e anniversaire du génocide des tutsis au Rwanda

Le 7, Rassemblement Trocadero, 15h et cérémonie du souvenir 19 à 23h, 62 rue Marcadet, 18e.


Programme à préciserJeudi 9 avril

Discussion sur les complicités françaises dans le génocide des tutsis au Rwanda en 1994

à la Maison des Associations du 3e, 5 rue Perrée, M° République / Temple


A l’occasion de la commémoration du génocide des tutsis en 1994, Survie Paris Ile-de-France invite a une discussion en lien avec l’actualité. En particulier sera évoqué le colloque, non ouvert, à l’Assemblée nationale sur les thèmes de la vérité, de la justice, la réforme de la politique de la France en Afrique, et la démocratisation du fonctionnement des institutions, colloque organisé par le groupe ‘Rwanda’ de Survie le mercredi 8 avril. Quelles sont les évolutions politiques entre la France et le Rwanda? Quelles sont les actions en cours pour obtenir la vérité et la justice, les revendications actuelles?
* * *

Zone Libre avec Casey et Hamé de la rumeur
Survie Paris tiendra une table de presse.
Samedi 7 avril, 20h, au Point Ephémère, 200, quai Valmy,
www.pointephemere.org, Tarif : 16.7€* * *

Plus d’informations sur le site www.survie-paris.org

 

 

 

t117 dans FRANCE A FRIC EN AFRIQUE Noir Canada
Pillage, corruption et criminalité en Afrique


Alain Deneault
(Avec Delphine Abadie et William Sacher)

Photo de la couverture : Presse canadienne

ISBN 978-2-923165-42-4  
352 pages  
34$


S’il ne s’agissait pas de faits scrupuleusement recensés et vérifiés, ce livre serait un roman noir, un thriller économique qui fait froid dans le dos. Les horreurs ici rassemblées provoquent des hauts le coeur. Malheureusement, ce Noir Canada existe bel et bien et cet ouvrage se donne pour mission et devoir d’informer les citoyenNEs canadienNEs sur les agissements hautement critiquables des sociétés minières et pétrolifères canadiennes en Afrique.*

En dénonçant de nombreux abus qualifiables de crimes commis par ces sociétés privées, Alain Deneault s’attaque à l’image factice répandue sur la scène internationale d’un Canada intrinsèquement pacifiste, bon et généreux. Il recense avec soin et précision les nombreux cas (déjà rapportés ailleurs dans le monde par plusieurs ONG, journalistes, analystes ainsi qu’experts de l’ONU) dans lesquels les sociétés canadiennes se rendent coupables de corruption, de pillage institutionnalisé des ressources minières ou pétrolières des pays africains, et attisent ou maintiennent l’instabilité et les conflits pour obtenir de juteux contrats. La liste est longue : ingérence politique et contrats outrancièrement avantageux dans la fragile République démocratique du Congo, partenariats avec les seigneurs de guerre, vendeurs d’armes et mercenaires de la région à feu et à sang des Grands Lacs, collusions mafieuses dans l’Ouganda voisin, mineurs enterrés vifs en Tanzanie, empoisonnement massif et « génocide involontaire » au Mali, expropriations brutales au Ghana, transformation des Ivoiriens en cobayes pharmaceutiques, barrages hydroélectriques dévastateurs au Sénégal, privatisation sauvage du transport ferroviaire en Afrique de l’Ouest…

Ces abus sont rendus possibles par un soutien sans faille du gouvernement canadien. L’auteur décrit avec lucidité et ironie toute l’architecture d’un système politique et financier honteux dans lequel le Canada joue le rôle d’un véritable « paradis judiciaire » pour de nombreuses compagnies. La Bourse de Toronto, extrêmement permissive, est taillée sur mesure pour les compagnies minières et pétrolifères mondiales accueillies à bras ouverts par un gouvernement qui leur offre une couverture juridique quant aux abus qu’elles commettent à l’étranger. Ce soutien économique ne va pas sans un soutien diplomatique et politique dont ont fait preuve d’ex-premiers ministres se targuant d’être « amis de l’Afrique », tel que Jean Chrétien. Pourtant vierge de tout passé colonialiste, le Canada, notamment avec l’aide de l’ACDI, maintient l’Afrique dans un état de dépendance post-coloniale.
Le public canadien doit être informé des abus qui sont commis en son nom et qu’il se trouve à financer parfois lui-même, via les placements de ses gouvernements, ses portefeuilles d’actions privés, ses REÉR ou ses cotisations à des fonds de retraite.

En Afrique, comme au Canada, les sociétés privées obéissent à une même logique : prendre possession des ressources d’un pays pour une bouchée de pain puis en tirer des profits financiers colossaux sur les places boursières, pour enfin inscrire les actifs dans des paradis fiscaux. Ce système se résume à un déni profond de la souveraineté politique des États de droit et cela, au final, ne profite ni aux Africains, ni aux Canadiens.

Alain Deneault anime le collectif Ressources d’Afrique. Il est titulaire d’un doctorat de philosophie de l’Université de Paris-VIII et mène aujourd’hui des recherches en sociologie à l’UQAM. Ses recherches et publications portent sur la fonction sociale, conceptuelle, psychique et esthétique de l’argent ; les notions relatives au développement en Afrique de même que les concepts fondamentaux de la philosophie politique jaugés au regard des réalités financières offshore. Alain Deneault a fait paraître des articles dans de nombreuses revues scientifiques (Global Crime, Mouvements, Le Coq héron…) de même que dans des publications politiques telles que Billets d’Afrique, À bâbord !, ou encore dans Le Devoir. Il est l’auteur de Paul Martin et compagnies, Soixante thèses sur l’alégalité des paradis fiscaux (VLB, 2004).

 

* Il s’entend que toutes les lignes de cet ouvrage restent, au sens juridique, des allégations. Celles-ci nous proviennent de sources crédibles et réputées, de Goma à Kinshasa, en passant par Berlin, Bruxelles, Londres, Paris, New York, Washington, Toronto, Ottawa ou Montréal. Il s’agit de données relevées dans des rapports d’organisations reconnues, articles d’organes de presse réputés, mémoires consignés par des autorités dans le cadre d’auditions d’experts, documentaires fouillés et témoignages circonstanciés. Le plus souvent, ces données se sont recoupées. Leur nombre est effarant.
En réalité, un tel rapport sur le rôle du Canada en Afrique existait déjà. Il suffisait d’en colliger les données et de les analyser.
Ces allégations, ceux qui voudront les réfuter en bloc n’éviteront pas de donner eux-mêmes dans une théorie du complot qu’ils feindront précisément de dénoncer. Mais l’idée que tous ces témoins, reporters, acteurs sociaux médiraient à l’unisson contre d’honnêtes Canadiens qui oeuvrent pour la croissance de l’Afrique, manquera tout simplement de sérieux.
Ces allégations dont nous faisons la synthèse, nous ne prétendons pas les fonder au-delà des travaux qui les ont avancées. Et nous avons cité la contrepartie de sociétés visées par ces documents tous déjà rendus publics du moment que celles-ci y avaient également réagi publiquement.
Il ne serait pas convenable d’exiger d’un collectif d’auteurs sans financement d’aller sur tous ces sujets au-delà de ceux qui les ont déjà péniblement mis au jour dans leurs efforts respectifs. C’est d’ailleurs en ce sens que se formule notre seule requête auprès des autorités publiques, si elles donnent encore quelques raisons d’espérer d’elles, soit d’instaurer une commission dont l’indépendance des membres serait au-dessus de tout soupçon pour faire le point sur les effets des investissements politiques, industriels et financiers en Afrique depuis une vingtaine d’années.

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