• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 15 janvier 2009

Les régimes arabes sont politiquement dépendants des USA + Les nouvelles formes de la désinformation

Posté par issopha le 15 janvier 2009

imprimer la page  envoyer cet article à un ami   

Karim Bitar

Les régimes arabes sont politiquement dépendants des USA

par Karim BITAR (L’Expression – Algérie, 12 janvier 2009)

M. Bitar estime que la décision d’Israël d’interrompre ses bombardements sur Ghaza, trois heures par jour, est une stratégie militaire qui permettra à l’armée israélienne de se «réorganiser avant de poursuivre sa besogne». Ce chercheur de l’Iris revient, dans cet entretien, sur la position statique de l’Egypte qui reste, selon lui, dépendante de l’aide militaire et économique américaine. Et que Hosni Moubarak «ne peut prendre de décisions importantes sans en référer à Washington».

Israël a décidé d’interrompre quotidiennement, depuis mercredi dernier, ses bombardements sur Ghaza durant trois heures. Quelle lecture faites-vous de cette trêve inédite?

Comme le soulignait avant-hier la représentante du Comité international de la Croix-Rouge, cette guerre a ceci d’inédit et de particulièrement tragique, que les populations civiles qui en sont les victimes n’ont même pas la possibilité de fuir. En effet, les bombardements touchent toute la bande de Ghaza. Israël soumet Ghaza à un blocus total depuis plus de seize mois. Blocus qui, il faut le rappeler, est considéré par le droit international comme un «casus belli». Dans ces conditions, une trêve quotidienne de trois heures est bien le strict minimum pour permettre aux mouvements humanitaires d’apporter un peu de soutien à une population traumatisée. D’un point de vue stratégique, les armées, même les plus puissantes, ont besoin de ce type de cessez-le-feu temporaire pour se réorganiser avant de poursuivre leur besogne.

Plus de 850 morts dont 235 enfants ont été victimes des bombardements de l’armée israélienne. Que veut-elle signifier par de tels actes? Pourquoi, à votre avis, Israël a-t-il cette liberté d’agir dans l’impunité?

Après son incapacité à venir à bout du Hezbollah durant la guerre de juillet 2006, Israël souhaite réaffirmer son «pouvoir de dissuasion». Aussi étrange que cela puisse paraître, aux yeux des dirigeants israéliens, pareils bombardements permettent de «restaurer le moral de la population», en démontrant à nouveau l’impressionnante force de frappe militaire de l’armée israélienne, dont l’image avait été très écornée. Par ailleurs, le courageux historien israélien, Tom Segev, a visé juste lorsqu’il a estimé que cette guerre visait à «mater» les Palestiniens, à leur «donner une leçon», en fonction de cette vieille idée raciste selon laquelle «les Arabes ne comprennent que la force» et qu’il faut les cogner jusqu’à ce qu’ils changent de comportement. Or, la grande philosophe Hannah Arendt avait, quant à elle, souligné: «Il n’y a qu’une chose que les Arabes ne comprennent pas, c’est la force.» On retrouve chez les dirigeants militaires israéliens d’aujourd’hui, la mentalité de Massu et de Bigeard. Quant aux raisons qui font qu’Israël bénéficie toujours d’une impunité, elles sont nombreuses. Elles sont essentiellement liées à la relation privilégiée entre Israël et les Etats-Unis, et au droit de veto dont disposent les Etats-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies. La «communauté internationale» se permet parfois quelques remontrances verbales mais n’a jamais imposé à Israël de respecter les résolutions de l’ONU, notamment celles qui exigent la restitution des territoires occupés. Israël a, en outre, bénéficié du contexte de «guerre globale contre le terrorisme» qui lui a permis de «noyer le poisson». Israël s’efforce de faire oublier aux Occidentaux qu’il s’agit d’un conflit territorial lié à l’occupation, et de noyer cela dans l’affrontement supposé entre l’Occident et l’Islam. Il faut, par ailleurs, souligner que les Palestiniens et les Arabes en général ont été, à ce jour, incapables de mener une véritable campagne d’information en Occident, et de sensibiliser l’opinion américaine. Il faut prendre conscience que la bataille se joue désormais au coeur de la société américaine, et que la résistance doit aussi être intellectuelle, culturelle, médiatique et sociale. Contrairement à ce que pensait Arafat, il ne suffit pas de dialoguer avec la Maison-Blanche, il faut mobiliser la société civile américaine et l’opinion publique.

Israël affirme vouloir «éradiquer» le Hamas de la bande de Ghaza. A votre avis cela est-il possible? Ne croyez-vous pas que nous allons assister à une radicalisation encore plus forte des partisans du Hamas?

Le Hamas va sûrement subir de très lourdes pertes au niveau de ses cadres et de ses infrastructures. Il sortira militairement très affaibli, mais il pourra néanmoins revendiquer une victoire politique symbolique en raison justement des objectifs trop ambitieux annoncés par Israël. L’objectif d’éradiquer le Hamas est bien évidemment illusoire. Le Hamas, comme le Hezbollah, sont des mouvements issus de la population locale, avec laquelle ils font corps. Par ailleurs, l’affaiblissement politique du Fatah sera au moins aussi grand que l’affaiblissement militaire du Hamas.

C’est à partir du Caire qu’a été annoncée l’attaque contre Ghaza et c’est au Caire que les ballets diplomatiques se poursuivent pour arrêter les massacres. Quelle lecture faites-vous de cela?

Le régime égyptien est dans une position très inconfortable, ballotté entre son opinion publique révoltée et son souhait de respecter les accords de paix signés avec Israël. Il faut se souvenir que les Frères musulmans sont la principale force d’opposition en Egypte, et que le Hamas est, à l’origine, la branche palestinienne des Frères musulmans. Le régime de Hosni Moubarak est, par ailleurs, extrêmement dépendant de l’aide militaire et économique américaine (soutien qui dépasse les 2 milliards de dollars annuels). Moubarak ne peut prendre de décisions importantes sans en référer à Washington.

Et les régimes arabes dans toute cette histoire sanglante?

La plupart d’entre eux sont confrontés au même dilemme: les régimes sont politiquement dépendants des Etats-Unis et les opinions publiques bouillent. La monarchie jordanienne est dans une position particulièrement inconfortable. Leurs condamnations ne peuvent être que verbales et certains régimes prêteront même le flanc à des accusations de complicité, puisque leurs opposants ne comprennent pas leur inaction.

L’administration américaine affiche son soutien direct à Israël. Cette attitude ne vous rappelle pas celle adoptée lors des bombardements du Liban en 2006?

En effet, en juillet 2006, l’administration Bush avait alors attendu trois semaines et plus de 1000 victimes civiles avant de réclamer un cessez-le-feu.Le silence de la «communauté internationale» et l’impuissance des régimes arabes me rappellent aussi les invasions israéliennes du Liban en 1982 et en 1996. Comme disait Tocqueville: «L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies.» C’est ce sentiment de déjà-vu qui renforce la lassitude et l’écoeurement des observateurs et surtout des victimes.

Comment d’après vous la paix peut-elle être instaurée?

Il est clair que les Accords d’Oslo sont dans l’impasse. Ces accords avaient été mal négociés. Les négociateurs palestiniens ne disposaient même pas de cartes géographiques et négociaient dans une langue anglaise qu’ils maîtrisaient très mal! Ils n’ont obtenu aucune garantie quant à l’arrêt de la colonisation et aucun calendrier quant au retrait de l’armée israélienne des territoires occupés. Il y avait à l’époque 130.000 colons en Cisjordanie. Il y en a aujourd’hui plus de 280.000. Il y a également aujourd’hui près de 200.000 colons israéliens à Jérusalem-Est. Dans ces conditions, on voit mal comment l’Etat palestinien qu’on nous promet pourrait être viable, puisqu’il est découpé en tranches. Il faut donc repenser radicalement le «processus de paix», en prenant en compte deux réalités indéniables: l’imbrication des populations israélienne et palestinienne, et l’impossibilité d’une solution militaire. Il ne pourra y avoir de paix sans une reconnaissance par Israël de la légitimité des aspirations nationales palestiniennes. Il faudra également que les Arabes comprennent l’histoire tragique du peuple juif et comprennent que les Israéliens sont, à tort ou à raison, persuadés que pèse toujours sur eux une menace existentielle. Compte tenu du déséquilibre des forces, les Arabes ont de la difficulté à admettre que les Israéliens, eux aussi, vivent dans l’angoisse.

Pourtant, en raison des traumatismes liés à leur histoire, les Israéliens sont eux aussi confrontés à une peur existentielle, et il incombera aux Arabes et aux musulmans de les aider à la surmonter. Et les fanfaronnades et déclarations sottes de M.Ahmadinejad sont le parfait exemple de ce qu’il ne faut absolument pas faire. Les régimes arabes sont politiquement dépendants des USA + Les nouvelles formes de la désinformation dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN point-final

Analyse du jour

Principes universels, application sélective

12 janvier

par Pascal Boniface, directeur de l’IRIS

André Glucksmann a publié dans Libération daté du 29 décembre un article intitulé « Pour un monde meilleur ». Un programme auquel il est difficile de s’opposer. En effet, qui pourrait réclamer des atteintes graves aux droits de l’homme, la poursuite de conflits sanglants, le renforcement des dictatures ?
On peut en revanche contester la façon dont André Glucksmann voit cette amélioration du monde.


globe_200px-a9253 dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAINPour ce qui est de la politique des Etats, il concentre ses critiques sur la Russie et la Chine. Il n’y a rien de nouveau chez lui sur ce point, il le fait à longueur de colonnes, reconnaissons lui le mérite de la cohérence. Les esprits chagrins feront remarquer qu’il était aussi admiratif de la Chine de Mao qu’il est critique de celle de Hu Jintao, alors que l’on peut penser qu’en matière de droits de l’homme aussi bien réels que formels, la situation actuelle est peut-être plus supportable aujourd’hui qu’à l’époque… Il y a certes à redire sur ces régimes en matière de démocratie et de respect des individus. Mais à l’aune de la violation des droits de l’homme sont-ils les plus criminels ?

Le simple survol des rapports d’Amnesty international ou de Human Rights Watch montre que bien des régimes sont beaucoup plus répressifs et traitent avec plus de brutalité leurs peuples et surtout leurs opposants. Le choix de Glucksmann n’est peut-être pas dicté par l’ampleur des violations des droits de l’homme, mais par le poids stratégique des pays concernés. Russie et Chine sont les deux principaux rivaux stratégiques des Etats-Unis, on peut donc avoir la désagréable impression que le discours sur la morale est là pour masquer le souhait de ne pas voir la puissance américaine concurrencée.

C’est tout à fait légitime comme objectif, mais on est là face à une politique de puissance et non dans le champ de la morale qui ne sert ici que d’écran de fumée. On ne s’occupe des victimes que si le coupable est stratégiquement intéressant. C’est encore plus frappant lorsque Glucksmann place Hugo Chávez dans sa très resserrée liste des « most wanted dictateurs ». On peut ne pas apprécier le populisme de Chávez. Mais si tous les dictateurs se soumettaient au verdict des urnes, y compris lorsqu’il lui est défavorable, la planète ne serait pas en aussi mauvais état. On peut penser qu’il y a pire condition que celle d’opposant politique au Venezuela. Mais il est vrai que Chávez a énormément agacé George W. Bush et ceci explique peut-être le courroux de Glucksmann. On se rappelle que ce dernier avait soutenu la guerre d’Irak, ce qui n’était pas la position des ONG de défense des droits de l’homme. Mais on ne se rappelle pas avoir entendu ses protestations contre Guantánamo ou Abu Ghraib. Le plus gênant, c’est que Glucksmann ne s’offusque pas des bombardements de populations civiles lorsqu’ils sont faits par des bombardiers américains ou israéliens, mais il les condamne s’ils sont faits par des chasseurs russes. Evénements comparables, attitudes opposées.

Une note de la rédaction précise que l’article a été écrit avant les bombardements de Gaza. Rassurons-nous, il les a approuvés depuis. On peut cependant supposer sans grand risque que, si des événements de cette nature avaient eu lieu au Kosovo, son indignation aurait été immédiate et bruyamment portée à la connaissance du public. Il est louable d’être pour la promotion des droits de l’homme. Il ne l’est pas moins d’être cohérent et de défendre de façon universelle des droits de l’homme que l’on présente comme tels. Mais partir du principe que les démocraties occidentales ont toujours raison, du simple fait qu’elles sont des démocraties occidentales, est un peu court. Si noblesse oblige, démocratie également. Etre une démocratie ne donne pas des droits à un régime, mais à ses citoyens. Etre une démocratie donne des obligations à un régime, celui de respecter ses propres critères. Le monde occidental s’affaiblit et affaiblit les principes qu’il entend promouvoir s’il s’en sert comme paravent d’une politique de puissance, s’il les applique ou en dénonce le non-respect de façon sélective.

Ce qu’une grande partie du reste du monde reproche au monde occidental ce ne sont pas les valeurs qu’il incarne, mais le fait qu’il ne les respecte pas toujours, et qu’il soit laxiste ou sévère selon que ce non-respect est commis par un allié ou un adversaire. Et ce qui est de plus en plus difficilement supportable c’est que certains se drapent dans le manteau du moralisme, tout en restant insensibles à certaines violations des droits de l’homme, et ont des indignations sélectives en fonction de la nationalité des bombes et des victimes. Et se croient néanmoins autorisés à donner des leçons aux autres. carre_bleu_grand-26-fa025

Article paru dans Libération, vendredi 9 janvier 2009

Gaza, révélateur de la difficile transition Bush-Obama

15 janvier

Par Barthélémy Courmont et Charlotte Lepri, Chercheurs à l’IRIS

Barack Obama n’a pas encore prêté serment qu’il est déjà confronté à un dossier de politique étrangère majeur : les affrontements dans la bande de Gaza. Il n’y était pas préparé, et doit conjuguer avec la présence pour encore quelques jours de George W. Bush à la Maison-Blanche. Une situation délicate qui traduit tout autant les difficultés de la transition de pouvoir dans un pays aussi omniprésent sur la scène internationale que les difficultés à traiter un dossier aussi sensible.


 

drapeau_USA-9-1da54 La période de transition du pouvoir, qui prendra fin le 20 janvier prochain, offre le spectacle inquiétant d’une certaine vacuité du pouvoir sur les dossiers importants en cours, en particulier en matière de politique étrangère. L’administration Bush a tacitement approuvé l’intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza, légitimant le droit d’Israël à se défendre et s’abstenant lors du vote de la résolution de l’ONU exigeant un cessez le feu dans la Bande de Gaza. Cette attitude n’est pas directement liée à un manque de marge de manœuvre en pleine période de transition mais plutôt à une position constante de l’administration Bush en faveur d’Israël. De fait, cela place Barack Obama face à un dilemme : celui de se positionner ou d’attendre d’entrer en fonction, laissant ainsi à son prédécesseur le soin de commenter la reprise de la violence au Moyen-orient. C’est cette deuxième option qui a été suivie, et Barack Obama a même annoncé ne pas vouloir offrir le spectacle d’une Amérique à deux têtes, tout en s’inquiétant de la situation pour les populations civiles. Ainsi, en l’attente du 20 janvier, la coexistence de deux présidents américains se traduit par un flottement remarqué sur un dossier qui constitue pourtant l’une des priorités de la politique étrangère des Etats-Unis. Le New York Times a même suggéré dans un article qu’Israël avait choisi d’attaquer le Hamas avant qu’Obama n’entre officiellement en fonction, craignant par la suite que la nouvelle administration soit moins complaisante à son égard.

Cette situation impose trois constats. D’une part, la période de transition, de plus en plus souvent critiquée, reste nécessaire aux Etats-Unis, au moins pour permettre à la nouvelle administration de se mettre en place. Bien plus qu’en France, le changement d’administration aux Etats-Unis entraîne un mouvement de chaises musicales considérable aussi bien dans le monde politique que dans la société civile (notamment dans les think tanks). Plus que le principe de la transition du pouvoir, c’est donc la manière dont les deux présidents s’accordent sur son fonctionnement qui doit être revue, afin d’éviter une vacuité du pouvoir dont le nouveau président fera les frais dès son entrée en fonction.

D’autre part, le conflit de Gaza révèle l’impréparation de Barack Obama sur ce type de sujet. Alors qu’il comptait se concentrer sur l’économie et l’adoption de son plan de relance dans les premiers mois de son mandat, le nouveau président est rattrapé par la réalité de la politique étrangère. La recrudescence du conflit israélo-palestinien le contraint à traiter en priorité un dossier pour lequel il aurait préféré prendre plus de temps. Il avait déjà prédéfini un agenda international ; il dit maintenant vouloir revoir son programme et ses priorités, en s’adaptant aux réalités.

Enfin, il est peu probable que le changement tant promis par Obama et tant attendu dans le reste du monde concerne la politique étrangère américaine, et notamment le conflit israélo-palestinien. Barack Obama a déclaré le 7 janvier qu’il s’impliquerait immédiatement sur ce dossier dès qu’il serait officiellement Président. Il est ainsi fort probable que le nouveau Président demande à sa Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, de rapidement engager les négociations avec les Israéliens et les Palestiniens et d’envoyer une délégation dans la région peu après le 20 janvier. Barack Obama et Hillary Clinton avait durant la campagne électorale tous deux sévèrement critiqué l’administration Bush de ne pas avoir assez œuvré en faveur d’un processus de paix au Proche-Orient et d’avoir compartimenté les enjeux dans la région – séparant le conflit israélo-palestinien de la situation en Irak ou en Iran. Il y a toutefois peu de chances pour que la politique étrangère américaine change de manière significative, puisque la nouvelle administration partage la même vision du Hamas et le même attachement à la sécurité d’Israël que l’administration sortante. S’il reste difficile de prédire de quelle manière Obama gèrera ce dossier, certaines nominations officielles, telles que celles de Rahm Emanuel, Dennis Ross ou David Shapiro, laissent ainsi à penser qu’il n’y aura pas de changement majeur sur la question israélo-palestinienne. L’administration Obama valorisera certes l’option diplomatique, mais il y a certaines constantes qu’aucune administration américaine ne modifiera pour l’instant. carre_bleu_grand-28-aef3a

Barthélémy Courmont publie dans quelques jours Un nouveau leadership ? Les défis de Barack Obama, aux éditions Le félin.

Charlotte Lepri vient de publier avec Pascal Boniface 50 Idées reçues sur les Etats-Unis, aux éditions Hachette Littératures

Guerre de l’image à Gaza

9 janvier

par François-Bernard Huyghe, chercheur associé à l’IRIS

Au moment où nous écrivons, il est impossible de savoir où s’arrêtera l’offensive israélienne à Gaza. Mais une chose est déjà assurée : elle se double d’une guerre de l’information d’un nouveau type.
Son symptôme le plus visible en est le refus de Tsahal de laisser pénétrer les médias internationaux dans la zone de conflit. Alors que sa tradition était plutôt de tenter de séduire les journalistes par des officiers chargés de la communication, anglophones ou francophones et de contact agréable, la stratégie de la transparence semble terminée, comme l’exploitation du thème « nous sommes une démocratie comme vous ».


 

journalistes_gaza_200_px-9598aIl faut sans doute voir là une conséquence de l’expérience du Liban sud : le Hezbollah avait réussi tout à la fois à embourber l’armée de l’État hébreu dans un guérilla urbaine et à faire diffuser par les télévisions du monde entier des images des victimes civiles, tout en étant très présent sur Internet et les médias alternatifs. L’organisation chiite s’est dotée d’un véritable ministère de l’information et savait parfaitement diriger l’attention des médias là où il fallait.

Du coup, les responsables militaires israéliens sont tentés d’appliquer la méthode qui avait réussi aux Britanniques dans la guerre des Malouines : « Pas de médias, pas d’images, pas d’ennuis« . Certes, il reste sur place des journalistes palestiniens (puisque vivant sur place), mais les responsables israéliens (devenus quelque peu paranoïaques et persuadés que les journalistes sont soit des adversaires, soit des victimes de l’habile « atrocity propaganda » des Palestiniens) se disent sans doute que, tant qu’à subir la version adverse, au moins elle apparaîtra clairement comme telle : sa source « arabe » la rendra peu crédible. Bien entendu, la stratégie qui consiste à couper le robinet à images échouera : à l’ère numérique, les vidéos prise par des amateurs ou les récits de témoins – ne serait-ce que sur les blogs – ne peuvent plus être censurés. Et l’espoir que les événements de Gaza seront sinon ignorés, du moins minorés, à condition qu’il n’y ait pas des « idiots utiles » pour mettre les morts civiles sur l’agenda des médias est plus qu’une utopie. Les images et les textes dérangeants passeront (y compris ceux issus de source israélienne hostile à la guerre).

Aussi les Israéliens ont-ils recours à d’autres méthodes, soutenus en cela par des associations internationales pro-israéliennes plus ou moins privées (agences de presse, ONG, think tanks, journaux papier ou en ligne, groupes « citoyens » de « media watch« , c’est-à-dire de surveillance des médias suspects de préjugés anti-israéliens vite qualifiés d’antisémites).

Premier type d’actions : attirer les médias sur les bonnes images et les bonnes versions des choses. Et surtout leur désigner les bonnes victimes puisque les guerres sont aussi devenues des compétitions de massacrés télégéniques. Ainsi, pendant que Tsahal essayait de concurrencer les vidéos d’atrocités israéliennes par celles des horreurs du Hamas, des associations font parvenir aux journalistes des listes des victimes touchées par des roquettes du Hamas, avec numéros de téléphone et langues parlées. Ou encore, les médias pourront télécharger des documents son ou image. Vieille règle : pour être influent, il vaut mieux fournir les sources d’informations attractives et bien calibrées qu’il suffira au journaliste (ou au décideur) de recopier.

Seconde règle : décrédibiliser les images venues du côté palestinien comme désinformation. Les accuser systématiquement d’employer les boucliers humains et de faire du « Palywood« . Ce mot forgé à partir de « palestinien » et « Hollywood » résume l’accusation de trucage systématique. Comme nous l’avions déjà signalé, il circule sur Internet des vidéos tentant de démontrer que ce Palestinien qui fait semblant d’être touché à la jambe droite n’a pas vraiment été atteint, que – comme c’est bizarre – l’ambulance arrive bien trop vite, que ses camarades le mettent sur le flanc droit, que des témoins l’ont vu se relever et courir comme un lapin cinq minutes plus tard… Bref, tout serait truqué, joué par des comédiens, de façon même pas très vraisemblable, et il faudrait être niais comme un journaliste occidental pour croire à de telles mises en scènes, destinées à l’évidence à émouvoir les téléspectateurs.

Du coup, avec une ingéniosité qui n’égale que celle d’un Meyssan démontrant l’impossibilité matérielle qu’un avion se soit écrasé sur la Pentagone, des détectives amateurs s’acharnent à nous convaincre que la vérité est ailleurs et que nos écrans ne nous présentent qu’un monde d’illusions mis en scène par le Hamas ou le Hezbollah avec la complicité des jobards de la presse.

C’est ainsi que, depuis des années, le journaliste français Charles Enderlin est accusé par des groupes de pression d’avoir monté en images un grand mythe anti-israélien : la mort du petit Mohamed al-Durah soi-disant touché par des balles de Tsahal au début de la seconde Intifada. Là encore, prétendent les enquêteurs-amateurs, il serait impossible que les balles proviennent de telle direction, que le bras d’un cadavre se plie dans cette position, que telle image ait été filmée à tel moment, et ainsi de suite : bref l’enfant aurait été tué dans les bras de son père par des balles palestiniennes car il était physiquement impossible que ce fût par les Israéliens. Il s’en est ensuivi des années de procès en diffamation, France 2 étant décidée à ne pas laisser suspecter l’honneur d’un de ses journalistes vedettes. L’affaire est loin d’être close et Charles Enderlin, dont il est absurde de soupçonner la bonne foi, est toujours l’objet d’une campagne systématique.  Il s’agit d’un procédé qui n’est pas nouveau : la métapropagande, ou accusation portée contre toute information venant du camp adverse ou favorable aux ennemis d’être en réalité du mensonge et de la propagande. Le principe est « Ils font de la propagande, nous disons la vérité » et son corollaire : « Tout ce qui dessert notre cause a été fabriqué par des manipulateurs ; il faut être naïf pour y croire. ». La méthode est d’autant plus efficace qu’elle s’appuie souvent sur un pseudo-effet d’évidence cher aux conspirationnistes : « mais regardez cette photo, vous n’allez pas croire que tel détail soit vraisemblable », même si le spectateur naïf ne voit vraiment rien qui contredise les lois de la physique ou de la vraisemblance. D’autant plus que le public échaudé par quelques trucages notoires (les faux cadavres torturés de Timisoara pendant la révolution roumaine de 1990, par exemple) est souvent enclin à croire que tout n’est qu’illusion et mise en scène. Et tout le monde se souvient des médiamensonges en images des deux guerres du Golfe.

Est-ce à dire que tous les reportages montrant des victimes civiles palestiniennes (dont le nombre global est, en tout état de cause, difficile à nier) soient rigoureusement authentiques ? Bien sûr que non ! À intervalles réguliers, les journalistes se font piéger. Ainsi France 2 a récemment diffusé des extraits d’un reportage, sans doute pris libre de droits sur Dailymotion – présenté comme pris à Gaza il y a quelques jours. Les images de femmes et d’enfants déchiquetés par les missiles étaient particulièrement atroces . Surprise : on découvrit que les images dataient en réalité de 2005 et montraient l’explosion (accidentelle ?) d’un camion de munitions en zone palestinienne. Et la Licra de dénoncer France 2. En sens inverse des images censées montrer des militants palestiniens armés de redoutables obus (et pourquoi pas d’armes de destruction massive ?) montraient en réalité le transport de bouteilles d’oxygène.

Une image ou récits d’atrocités d’un côté ou de l’autre ne sont ni forcément vraies, ni forcément fausses. Faut-il pour autant se convertir au scepticisme absolu ? Mais comme le rappelait Clemenceau on peut discuter philosophiquement de la relativité de la vérité, il n’empêche qu’en 1914 c’est l’Allemagne qui a envahi la Belgique, pas l’inverse. carre_bleu_grand-26-fa025

François-Bernard Huyghe est chercheur associé à lIRIS ; il anime le site www.huyghe.fr, dernier ouvrage « Maîtres du faire croire » (Vuibert).

Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

29 décembre 2008

Par Barah Mikaïl, chercheur à l’IRISLa fin de l’année 2008 s’annonce décidément bien sombre. Et bien entendu, elle n’augure de rien de bon pour l’année 2009. Ainsi, depuis le 27 décembre au matin, l’armée de l’air israélienne s’est lancée dans une entreprise de pilonnage des principales positions gouvernementales, militaires et sécuritaires du Hamas situées dans la bande de Gaza. Avec à la clé, une mobilisation annoncée de 6000 réservistes, la préparation de l’armée de terre à une hypothétique ( ?) invasion terrestre du territoire palestinien, et l’annonce par plusieurs responsables militaires israéliens de ce que l’opération « plomb durci » est partie pour durer.


hamas-1-2-16901 Une opération préparée de longue date… Evidemment, l’effet de surprise a été privilégié ici par le gouvernement israélien. Celui-ci aspirerait, selon ses objectifs annoncés, à pousser le Hamas à cesser ses tirs de roquette en direction de l’Etat hébreu. On devine là le fait que les Israéliens n’aspirent pas pour autant à déstructurer le Hamas, aboutissement qui ne serait de toutes façons pas plus réalisable que ce qui prévalut dans le cas du Hezbollah libanais il y a un peu plus de deux ans. Dans le même temps, on ne saurait pour autant se contenter pleinement de cette explication officiellement avancée par les Israéliens. Il paraît en effet aujourd’hui que cette opération aurait été prévue depuis maintenant six mois, soit à l’époque où le Hamas avait effectivement décidé d’observer une « trêve » de six mois vis-à-vis d’Israël.

Pour le reste, cela faisait quelques jours que le gouvernement du Premier ministre sortant Ehud Olmert avait décidé d’entreprendre effectivement cette opération musclée. Et il s’était d’ailleurs empressé de prévenir certains de ses homologues régionaux, dont l’Egypte, de l’imminence de son mouvement. Sans que ceux-ci n’y trouvent apparemment à redire sur le coup.

… mais sans gains tangibles Pourtant, on croit deviner que cette opération militaire israélienne pourrait avoir des relents tout sauf payants pour l’ensemble des acteurs des scènes régionale comme internationale.

Le Hamas ne semble en effet pas devoir vaciller quelle que soit l’intensité de la poussée militaire israélienne ; le Fatah et le président Mahmoud Abbas ne seront pas plus renforcés aux yeux des Palestiniens, bien au contraire ; Américains et Européens ne semblent pas, une fois encore, pouvoir redorer leurs blasons, eux qui oscillent entre validation aveugle de la stratégie militaire israélienne et affichage d’un attentisme pathétique doublé de mous appels à une cessation des « hostilités » ; les gouvernements arabes brillent pour la plupart d’entre eux par des critiques tout aussi molles qui cachent mal leur duplicité… Ne restent ainsi que des pays tels que la Syrie et l’Iran, qui trouvent matière à rebondir sur ces événements pour insister sur la validité de leur stratégie régionale, ainsi que des formations (Hezbollah libanais, Frères Musulmans de Jordanie…) et des opinions publiques arabes échaudées, pour que la boucle soit presque bouclée.

Une fois encore, cette escalade militaire israélienne vis-à-vis des Palestiniens de la bande de Gaza vient ainsi insister sur l’absurdité de ce conflit, ainsi que l‘aboutissement de la stratégie actuelle à un contre-effet pour les objectifs sollicités par les Israéliens. Car, en-dehors de considérations politiciennes et tacticiennes internes, on voit mal ce que les Israéliens pourraient escompter de ce nouvel accès de violences dont ils sont les principaux acteurs.

Tactiques et politique Les tirs de roquettes palestiniennes vers le territoire hébreu, combinés à une radicalité dans les propos des cadres du Hamas, sont condamnables certes : mais ils sont loin d’avoir provoqué près de 1000 victimes (environ 300 morts et 700 blessés) majoritairement innocentes en l’espace de 48 heures, comme cela est actuellement le cas pour les habitants de la bande de Gaza.

Dit autrement, il n’y avait pas péril dans la demeure israélienne lorsque cette opération fut lancée. Or, si l’Etat hébreu peut avoir des raisons de ne pas laisser le Hamas se renforcer, il faut aussi voir que les perspectives politiques du pays sont à l’organisation d’élections législatives anticipées en février 2009, qui nécessitent pour chacun des candidats de montrer qu’il est à même de contenir la situation dans les Territoires palestiniens s’il venait à être élu.

Tzipi Livni (Kadima, Affaires étrangères) et Ehoud Barak (Parti Travailliste, Défense) ne pouvaient ainsi qu’abonder dans le sens d’une stratégie qui insiste sur leurs capacités stratégiques tout en coupant l’herbe sous les pieds d’un Hamas déterminé pour sa part à empêcher le président Mahmoud Abbas de prolonger son mandat d’un an (soit jusqu’à janvier 2010). Avec bien entendu un curseur politique israélien incontournable à la clé : le fait qu’ils concurrencent ainsi pour chacun d’entre eux leur principal adversaire politique, l’homme favori des sondages israéliens, Benyamin Netanyahu. Les estimations le placent en effet soit comme gagnant en suffrages des législatives israéliennes de février prochain, soit à égalité avec Tzipi Livni. Chose qui est jusqu’à déplaire à Ehud Olmert, qui, aussi sortant soit-il, demeure l’un des représentants des intérêts du parti Kadima, et non du Likoud.

Une paix aux abonnés absents On voit difficilement quelle sera l’issue de cette aberrante nouvelle escalade dans le conflit israélo-palestinien, les Israéliens paraissant déterminés à ne pas perdre la face comme cela fut le cas il y a deux ans au Liban. Pour l’heure, ils paraissent profiter de la période de flottement régnant au niveau politique américain afin de faire aboutir ce qu’ils présentent comme étant une stratégie sécuritaire.

Cela dit, l’on voit d’ores et déjà qui, outre la résolution du conflit israélo-palestinien, figurera parmi les perdants de cet épisode :

- les Américains, toujours aussi partisans de méthodes sécuritaires faisant fi du politique ;

- les Européens, inertes mais que l’on suppose quelque peu gênés de voir les Israéliens répondre de la sorte au renforcement des relations israélo-européennes décidé et annoncé il y a à peine trois semaines ;

- le Conseil de Sécurité de l’ONU, capable tout au plus, une fois encore, de l’adoption de résolutions non contraignantes ;

- et une grande partie des gouvernants arabes de la région, dont les critiques officielles à l’encontre de la stratégie israélienne ne trompent plus grand monde.

En contrepartie, le sursaut de la « rue arabe », combiné aux protestations des principales formations politiques régionales non gouvernementales, laisse un bel avenir à la radicalisation plus avant de ces opinions publiques régionales. Il n’est par ailleurs en rien anodin de constater que c’est la Turquie, Etat non arabe en paix avec l’Etat hébreu, et parrain jusqu’ici de « négociations indirectes » entre les Syriens et les Israéliens, qui a accusé ces derniers de « crimes contre l’humanité », et argué de ce que la reprise de contacts avec eux se révélait « illusoire ». Les relations turco-israéliennes ne devraient pas pour autant en ressortir affectées ; mais l’état des relations israélo-arabes, et l’avenir d’une paix régionale, si, une fois encore.

Il devient ainsi malheureux de constater que, à l’heure du décès de Samuel Huntington, certains acteurs aient voulu se lancer dans des stratégies qui ont pour effet de remettre au goût du jour le concept de « choc des civilisations » cher à ce dernier. Une fois encore, celui-ci n’est pourtant en rien inéluctable ; mais l’état de la scène proche-orientale ne permet décidément toujours pas d’envisager son écartement durable. Pour le reste, Israéliens et Palestiniens, tout comme Israéliens et Arabes, feront encore beaucoup parler d’eux le long des années à venir… mais malheureusement pas dans le sens que l’on pourrait escompter. carre_bleu_grand-26-fa025

Forum

Répondre à cet article

4 Messages de forum

  • Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

    29 décembre 2008 11:36

    Monsieur MIKAIL,

    Que faite vous à l’IRIS ? Vous donnez par la pauvre qualité de votre article une mauvaise image de l’IRIS. Le mieux est pour vous de ne pas écrire.

    Bonne journée

    Répondre à ce message

  • Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

    29 décembre 2008 14:03, par Sappey

    « Les tirs de roquettes palestiniennes vers le territoire hébreu, combinés à une radicalité dans les propos des cadres du Hamas, sont condamnables certes : mais ils sont loin d’avoir provoqué près de 1000 victimes (environ 300 morts et 700 blessés) majoritairement innocentes en l’espace de 48 heures, comme cela est actuellement le cas pour les habitants de la bande de Gaza. »

    ce que vous dites est faux Monsieur, les victimes palestiniennes ne sont pas « majoritairement innocentes », d’après les chiffres du bureau de l’ONU en Palestine, il y a 60 civils tués sur les 300 morts palestiniens : http://www.ochaopt.org/ On est en droit d’attendre un peu plus de serieux de la part de l’IRIS …..

    Répondre à ce message

  • Entre Gaza et Huntington : nouvel échec annoncé pour la stratégie israélienne

    30 décembre 2008 10:12, par Ricochet

    Tout comme les Américains avaient créé et entretenu Al Quaeda pour contrecarrer l’expansion soviétique en Agfhanistan, les Israéliens ont créé le Hamas pour tenter de damer le pion à Arafat dans les années 80. Et il arrive aux Israéliens ce qui est arrivé aux Américains : le bébé s’est transformé en monstre et oedipe s’est emparé de la scène internationale. Combien d’Al Quaeda et de Hamas nos éminents stratèges ont-ils créé de par le monde ? Se rend-on compte que finalement, ceux qui nous menacent aujourd’hui n’ont été installés que de par notre seule volonté ? BRAVO !!

    Répondre à ce message

  •  

 

 

Les nouvelles formes de la désinformation

mini_4755eac78fc7c

Stratégiquement, l’information peut être considérée comme

- un ressource rare : il importe de savoir des choses vraies que ne sait pas l’adversaire ou le concurrent, par exemple connaître ses forces et ses plans tandis qu’il ignore tout des nôtres, ou être au courant d’un événement qui risque de changer les conditions de l’affrontement ou de la compétition. Il s’agit donc de se renseigner (de veiller) et de conserver ses secrets, les deux faces de la même approche.

- un levier pour agir sur les hommes en suscitant leur adhésion à une cause, leur enthousiasme, leur indignation, leur découragement, s’ils sont dans le camp d’en face…. C’est typiquement ce que fait la propagande, de manière directe et visible, ou encore l’influence et le formatage des esprits de manière indirecte et subtile.

- une arme offensive : il s’agit alors d’utiliser certains messages ou certains symboles pour provoquer un dommage chez l’adversaire. Pour aller plus en détail, on peut s’en prendre

  • o Soit à ses plans en lui insufflant de fausses certitudes qui lui feront commettre des erreurs. On peut alors parler d’intoxication : passer de la mauvaise information (au sens de non conforme à la réalité)
  • o Soit à une opinion (chez l’adversaire, chez les neutres) pour l’amener à croire des choses qui seront défavorables à la cible, en ruinant sa réputation, en lui faisant perdre des alliés. Il s’agit alors de désinformation.
  • o Soit au fonctionnement de son système d’information, afin de créer du chaos, de rendre une organisation incapable de recueillir, conserver ou traiter correctement l’information, de communiquer efficacement… Cette forme d’action « incapacitante », qui diminue les performances de la cible, peut être considérée comme de la déstabilisation. Elle se pratique très bien par des moyens technologiques (cyberattaques).

Les catégories que nous venons de rappeler ne sont pas étanches. Par exemple :

  • - Difficile de mener une vraie opération d’intoxication sans avoir quelque peu violé les secrets de l’adversaire, exploité un bon renseignement et, dans tous les cas, sans avoir mené sa propre opération dans la plus totale confidentialité. Les alliés auraient-ils réussi l’opération Mincemeat en 1943 (opération qui consistait à faire de telle sorte que les Nazis découvrent un faux noyé portant de faux plans d’un faux débarquement) s’ils n’avaient bien connu le mode de fonctionnement de l’adversaire ?
  • - Difficile de tracer une frontière très nette entre un opération d’intoxication qui s’adresse aux dirigeants d’une désinformation qui s’adresse à un public plus large. Ainsi lors de l’affaire des Armes de Destruction Massive en Irak, les faux rapports décrivant la façon dont Saddam Hussein cherchait à se procurer de l’uranium enrichi au Niger étaient-ils destinés à tromper les chefs d’État et les membres du Conseil de Sécurité ou les populations du monde entier ?

L’utilisation offensive de l’information en fait un moyen symbolique d’attrition (terme stratégique qui peut se traduire par « causer des pertes ») ou de désorganisation et division. Sun Tze conseille d’utiliser les espions ennemis : « Si vous venez à les découvrir, gardez vous bien de les faire mettre à mort… Les espions des ennemis vous serviront efficacement si vous mesurez tellement vos démarches, vos paroles et toutes vos actions qu’ils ne puissent jamais donner que de faux avis à ceux qui les ont envoyés. ». Plusieurs stratagèmes chinois reposent sur cette technique. Un des plus anciens est celui de «l’agent perdu» qui consiste à envoyer dans le camp ennemi un espion particulièrement maladroit de telle sorte qu’il soit pris. On le fera parler et on s’emparera des messages chiffrés qu’il détient : ils révéleront que le général ennemi est un traître (ce qui, bien entendu, est totalement faux : tout est truqué dans cette affaire) : il sera donc exécuté, à tort, par le souverain ennemi et cela contribuera à affaiblir son armée.

De ce point de vue, il est permis de considérer la désinformation comme une intoxication s’adressant à des peuples entiers et recourant le plus souvent pour cela à des relais médiatiques qui rendront la désinformation encore plus contagieuse (ce qui en fait, si l’on préfère, une sorte de rumeur délibérée pensée et relayée pour produire un dommage maximal).

Le mot « désinformation » a fini par désigner toute forme de bobard journalistique, de trucage, déformation ou simplement toute interprétation tendancieuse, à tel point qu’elle devient l’information dont nous doutons comme l’idéologie l’idée que nous refusons. D’un côté, le Charybde paranoïaque : voir partout des complots contre la vérité et des manipulations invisibles. De l’autre, le Sylla de l’angélisme : noyer la réalité de la désinformation dans des considérations vagues sur la relativité de toute vérité du type : toute image est sélectionnée et interprétée, tout événement est construit. L’usage commun oscille toujours entre la désinformation/résultat (je suis désinformé = on nous cache tout, la vérité est ailleurs, tous des menteurs, etc.) et la désinformation/manœuvre (services secrets, complots, stratégie…).

Répétons que le recadrage idéologique, le psittacisme médiatique, la myopie engagée, la construction de l’agenda par les médias ne doivent pas être assimilés à leur emploi tactique. Ou plutôt, la désinformation ne doit pas être confondue avec les règles du jeu qu’elle exploite .

Du reste, le préfixe « dé » du mot est assez mal choisi : dans la désinformation, on ne prive pas d’information, on met en scène une pseudo information de façon qu’elle soit reprise par d’autres et qu’elle procure un avantage stratégique. Contrairement à la propagande qui est sans rapport avec la notion de vérité (au contraire : plus elle colle à la vérité, plus elle est efficace), la désinformation n’a de sens que si elle persuade un nombre suffisant de gens de la vérité d’un événement, non seulement faux (cela, c’est simplement mentir), mais aussi fabriqué, truqué en vue d’un effet offensif.

Le mot désinformation a longtemps été lié à un contexte de guerre froide. Annie Kriegel écrivait à l’époque :

« Le terme de désinformation, comme d’autres aussi chanceux : nomenklatura, goulag, langue de bois, est tombé dans le domaine public, mais, de proche en proche, immergé dans des contextes de plus en plus dépourvus de rapports avec le contexte initial, celui constitué par le monde communiste, il risque de perdre tout contour et toute couleur, peut-être toute substance. Tantôt le voici gonflé au point de se trouver aspiré vers le ciel métaphysique du mensonge qui couvre de son ombre gigantesque les ténèbres du monde de la chute. … Tantôt le voici, plus raisonnablement, mais de manière encore trop extensive, qui s’identifie, sinon à l’humanité toute entière, du moins à l’humanité communiste. C’est en somme confondre la désinformation avec l’idéologie »

Il faut rappeler que le mot était d’abord apparu dans des dictionnaires soviétiques pour désigner les mensonges que les capitalistes répandaient pour ternir l’image du socialisme radieux. Puis très vite, le terme est passé chez l’adversaire. La désinformation est devenue un manière de regrouper les mises en scène et campagne de dénigrement, vraisemblablement montées par le KGB, et imputant de faux crimes au monde occidental : faux activités de néo-nazis (qu’auraient toléré les «bellicistes» de RFA), faux carnets d’Hitler, fausses lettre de dirigeants de l’Otan ou des USA, fausse preuve que le Sida avait été fabriqué par des laboratoires de la CIA. À cette époque, c’est surtout la droite qui dénonce la désinformation communiste (liée à l’idée de « subversion »). On verra par la suite que ce procédé n’est nullement le monopole des régimes marxistes.

On notera que la désinformation est surtout négative : elle vise essentiellement à attribuer des crimes ou des plans criminels à celui que l’on désire affaiblir, en faisant si possible révéler la chose par un journaliste « indépendant ».
La désinformation suppose une mise en scène initiale destinée à accréditer le mensonge plus une utilisation intelligente de relais apparemment neutres.
Exemple du premier procédé : lors du procès de Nuremberg, lorsque l’Urss de Staline accuse la Wehrmarcht vaincue d’avoir massacré des milliers d’officiers polonais à Katyn (un crime dont l’Armée Rouge était responsable) elle produit de fausses preuves : témoignages, balles allemandes…
Exemple du second procédé : lorsque la même URSS veut disqualifier Kravchenko, qui révèle la nature régime soviétique, elle utilise non seulement les PC nationaux (eux ne faisaient pas de désinformation délibérée, ils étaient plutôt dans l’aveuglement idéologique), quelques compagnons de route mais aussi des agents payés (comme André Ullmann produisant des faux anti Kravchenko) qui cachent leur allégeance.

En ce sens, certaines des affaires qui ont marqué l’après chute du Mur se plaçaient dans la tradition des « forgeries » de services secrets. On pense ici aux faux cadavres de Timisoara destinés à saler un peu plus l’addition de Ceaucescu (qui en avait pourtant beaucoup fait contre son peuple).

Depuis la décennie 90, nous avons découvert que la désinformation n’était en aucun cas intrinsèquement liée au communisme. Dans la première et la seconde guerre du Golfe comme au moment de la guerre « humanitaire » du Kosovo, les imputations de crimes atroces et de plans diaboliques ont fonctionné suivant le même schéma : fausses « super-armes » de Saddam, fausses horreurs comme les couveuses de Koweit City que l’on disait délibérément débranchées par les soudards irakiens, faux génocide de Kosovars (certains journaux parlaient à l’époque de centaines de milliers de victimes), faux plans d’épuration ethnique des Serbes
En attendant peut-être de nous débarrasser ce concept des années 50, la désinformation est à repenser. Autrefois la difficulté était de la situer entre la lutte idéologique opposant deux systèmes et les déformations et mésinformations journalistiques.

Désormais, ce qu’il faut bien nommer désinformation avoisine trois domaines.

  • - Le domaine de la « sidération » agressive militaire. Il s’agit ici d’une infoguerre vraiment martiale avec ses psyops, opérations psychologiques, version « âge de l’information » de la guerre psychologique de papa. Cette stratégie-là se préoccupe aussi de « management de la perception », donc de proposer du « contenu », de faire circuler des informations sélectionnées en fonction de leur capacité d’influencer les « estimations » des acteurs dans un sens favorable à ses desseins. Sous cette phraséologie compliquée typique du Department Of Defense, se cachent des méthodes d’action sur les médias étrangers. Aux USA, la révélation de l’existence d’un « Office of Strategic Influence » a provoqué un scandale qui a abouti à sa fermeture en 2002 : cette officine avouait naïvement qu’elle aurait pu non seulement désinformer des opinions étrangères, mais aussi mentir à des Américains.
  • - Le domaine de la rumeur, de la e-rumeur, de la légende urbaine , et autres formes de prolifération, sur la Toile, de l’information anarchique, là encore, pas forcément fausse ou malicieuse. Les communautés d’internautes sont prêtes à reprendre et amplifier toute nouvelle sensationnelle qui ne provient pas des médias « officiels », toujours suspects. Les publicitaires découvrent la puissance du « marketing viral » pour répandre l’image positive de leurs produits. C’est encore plus vrai de rumeurs négatives et autres « hoaxes »: elles prolifèrent par milliers . La désinformation stricto sensu cohabite avec les virus, l’altération de données, le déni d’accès, qui consiste à sursaturer un système informatique, avec la prise de commande à distance sur des réseaux. La désinformation qui agit sur la croyance des victimes, c’est-à-dire sur leur interprétation du réel, voisine ainsi une quasi-désinformation ou anti-information : celle qui agit sur le fonctionnement des organisations et des systèmes.
  • Le domaine de l’économie, surtout celle que l’on disait nouvelle. Les faux sites, les opérations de dénigrement par forums Internet, pseudo associations, et pseudo scandales interposés, les révélations et pressions, composent l’arsenal de l’économie dite hypercompétitive . Une opération de désinformation peut viser à faire perdre à sa victime sa réputation, à faire baisser son action en Bourse ou tout simplement un temps de paralysie, crucial dans une économie « zéro délai » en flux tendus. D’où ce paradoxe : plus l’entreprise se dote de déontologues et de codes d’éthique, plus elle se veut citoyenne et responsable, plus elle est soumise au danger de telles opérations. Ici, la désinformation est à rapprocher de la déstabilisation, du risque informationnel. Et ce paradoxe-là pourrait bien peser lourd à l’avenir.

Un autre élément qui change la pratique de la désinformation : le monde semble s’être peuplé de chasseurs de bobards. Avec le journalisme numérique, avec la possibilité de mettre en ligne des vidéos « démentant la version officielle » ou « révélant une opération de désinformation » la chasse à la désinformation et au trucage semble ouverte. Or, le problème est que le meilleur côtoie le pire en ce domaine.

Le meilleur : la multiplication des sites sérieux d’analyse de l’information, le travail d’intelligence collective ou de vérification des sources qui permet souvent en quelques minutes de déceler une information fausse ou suspecte. Un exemple : après l’élection d’Ahmaninedjad, d’anciens otages de l’ambassade des États-Unis à Téhéran affirmèrent que le nouveau président de l’Iran était un de leurs anciens bourreaux, ils produisirent même une photo d’époque où le nouvel élu semblait bien apparaître avec vingt ans de moins. Quelques minutes plus tard, des amateurs avaient comparé des photos, mesuré des tailles, et ils démontraient qu’il ne s’agissait pas du même homme.

Le pire : n’importe quel paranoïaque peut dénoncer les trucages de la presse « officielle », les expliquer par des complots du complexe militaro-industriel et révéler aux foules éblouies que les Américains n’ont jamais débarqué sur la lune, qu’il n’y a jamais eu d’avion lancé contre le Pentagone le 11 Septembre ou qu’il n’y avait aucun juif dans les Twin Towers.

L’accusation de désinformation peut elle même être désinformante. Le conflit du Proche-Orient est un terrain de choix pour cette technique, d’autant qu’il existe un public pro-israélien et pro-palestinien prêt, dans nombre de pays, à croire les uns que toutes les accusations contre Tsahal sont honteusement truquées, les autres que la main du Mossad est partout et la presse occidentale toujours à son service.

Le pire est qu’ils trouvent toujours un début de vérité, donc un début de trucage adverse, pour justifier leur attitude hypercritique.

Deux exemples célèbres au début de la seconde Intifada. Lorsque le petit Mohamed Djura est tué par des balles israéliennes, il devient une icône dans tout le monde arabe. L’accusation de trucage ne tarde pas : les journalistes ont tout bidonné, c’est une balle palestinienne qui l’a atteint, l’opinion occidentale gobe n’importe quoi… Accusation portée comme par hasard par une association dont le dirigeant se révéla être un ancien du Mossad, et dont les tribunaux firent justice. Oui, mais quelques jours après la mort du petit Mohamed, Libération avait présenté une photo d’un malheureux Palestinien matraqué par un soldat de Tsahal. Mais cette fois-là, il se révéla que le « Palestinien » était en fait un touriste venu en Israël qui avait manqué d’être lynché par la foule, et que le soldat protégeait au contraire.

Depuis, la compétition visant à dénoncer les mises en scènes adverses ne s’est pratiquement pas arrêtée (elle fut très vive pendant l’invasion israélienne du Sud Liban). Avec un « avantage » côté pro-israélien où il existe davantage de moyens (et de relais notamment dans les télévisions américaines) pour dénoncer le « Palywood » (comprenez, le cinéma, le Hollywood, des fausses victimes palestiniennes).

Dernier élément : la crainte de la désinformation (d’ailleurs infiniment plus facile à l’image avec des procédés numériques) se nourrit de la révélation de quelques scandales journalistiques : articles truqués de Stephen Glass, Jayson Blair, Jack Kelley, fausse interview de Castro, fausses révélations sur les ADM irakiennes… ou tout dernièrement ce consultant français à Washington qui publiait des entretiens fictifs dans Politique Internationale…

 

Publié dans ACTUALITES ET DEBATS DU MONDE CONTEMPORAIN | Pas de Commentaire »

Sarkozy, « despote éclairé » ou « député fainéant » ?

Posté par issopha le 15 janvier 2009

OMNIPRESIDENCE

Sarkozy, « despote éclairé » ou « député fainéant » ?

NOUVELOBS.COM | 14.01.2009 | 17:31

Entre François Hollande qui affirme que Nicolas Sarkozy « finit par faire regretter le temps des Mérovingiens » et René Dosière (PS), qui souligne que le chef de l’Etat était un « député fainéant », la stigmatisation des « rois fainéants » par Nicolas Sarkozy continue de faire parler.

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux le 31 décembre 2008 (Reuters)

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux le 31 décembre 2008 (Reuters)

L‘ancien premier secrétaire du PS François Hollande a affirmé mercredi 14 janvier que Nicolas Sarkozy veut « décider seul en République » et « finit par faire regretter le temps des Mérovingiens » alors que le président de la République avait stigmatisé les « rois fainéants ».
Sous le titre « monarchie absolue », le député de Tulle écrit sur
son blog : « Nicolas Sarkozy, dans une formule peu élégante à l’égard de son prédécesseur, a évoqué les rois fainéants pour justifier son activisme présidentiel depuis son élection ».
Mais, « exercer sa mission n’est pas décider seul en République. Avoir le pouvoir n’est pas détenir tous les pouvoirs. Et c’est là la dérive, le glissement, et pour tout dire la confusion », accuse François Hollande.

« Regretter le temps des Mérovingiens »

« Pour rester dans la métaphore monarchique, c’est du despotisme éclairé, ce qui finirait par faire regretter le temps des Mérovingiens », souligne le député.
Pour François Hollande, « la remise en cause du droit d’amendement, la volonté de limiter l’intervention du Parlement », la « manœuvre réduisant les marges d’actions de l’opposition », ce n’est « pas une modernisation, une rationalisation: c’est une mise au pas, une soumission, un abaissement ».
Et « quand le président décide lui-même de la fin du juge d’instruction (…) sans prononcer dans le même temps l’indépendance du parquet, c’est s’assurer pour le pouvoir en place les moyens d’éviter que de petits juges viennent régler de petites affaires plus ou moins nauséabondes que la politique peut parfois générer », selon lui.

« Député fainéant »

Nicolas Sarkozy, qui a raillé la semaine dernière les « rois fainéants », sans citer nommément Jacques Chirac, a été un « député fainéant », a affirmé mercredi le député René Dosière (app. PS), spécialiste du budget de l’Elysée.
« Lui en tout cas a été un député fainéant. En tout et pour tout, il a parlé moins d’une heure dans l’hémicycle pendant les 12 années où il a été député mais il a été payé à temps complet ! », a déclaré à l’AFP l’élu de l’Aisne.
« Les compromis, l’écoute de l’autre, on comprend mieux pourquoi il ne sait pas faire: il n’a pas la culture du député. Il a peu d’expérience législative donc il n’apprécie pas que le Parlement discute librement. Il ne comprend pas les procédures », a-t-il ajouté.
Dans un communiqué ironiquement intitulé « Les exploits parlementaires de Nicolas Sarkozy », M. Dosière indique que le chef de l’Etat n’a pas siégé 20 ans à l’Assemblée nationale comme il l’avait affirmé lors des vœux aux parlementaires mais seulement « 12 ans », sur les périodes 1988-1993 et 1995-2002.

Aucun débat parlementaire

En réalité, Nicolas Sarkozy a été député des Hauts-de-Seine deux mois et demi supplémentaires, entre le 13 mars et le 2 juin 2005, date à laquelle il était devenu numéro deux du gouvernement Villepin.
Durant ces années, poursuit René Dosière, il n’a participé à « aucun débat parlementaire », « n’a déposé aucun amendement » et « sa présence à l’Assemblée se résume à 10 interventions brèves: deux questions au gouvernement, soit quatre minutes, huit interventions de cinq à dix minutes, soit au total moins d’une heure de parole en 12 ans de vie parlementaire ! ».
« Pendant de nombreuses années, en 1988, 1991, 1992, 1993, 2000, 2001, 2002, on ne trouve aucune trace de sa présence à l’Assemblée. C’est dire à quel point son expérience parlementaire est faible, pour ne pas dire plus », souligne-t-il.
« Si chaque député prenait exemple sur lui, alors l’Assemblée nationale deviendrait inutile », ironise-t-il avant de lancer: « pour parodier Clemenceau, gloire aux députés qui parlent, honte aux députés qui se taisent ».

Publié dans LA FRANCE DE NICOLAS SARKOZY, NICOLAS SARKOZY | Pas de Commentaire »

 

Kabylie News |
Ensemble, Préservons Rognac... |
Elections 2008 Municipales ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Transferring the UNITED NAT...
| l'Algérie au quotidien
| Yüzyıla Ağıt