• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 7 janvier 2009

Biens mal acquis : Bongo choisit la répression

Posté par issopha le 7 janvier 2009

Biens mal acquis : Bongo choisit la répression

La Cellule Françafrique demande la libération immédiate des militants incarcérés au Gabon

Le 6 janvier 2009, par Jean Denard,

Déjà six jours de détention pour les Gabonais qui osent dénoncer les dérives du régime Bongo. Une incarcération sans motif. La crispation du régime gabonais, mis en cause devant la justice française dans l’affaire des biens mal acquis, sonne comme un nouvel aveu de culpabilité. La Cellule Françafrique salue le courage des citoyens gabonais qui se battent pour la transparence et la démocratie, et demande au gouvernement français d’exiger leur libération immédiate.

Plusieurs figures de la société civile gabonaise ont été interpellées, à la veille du Nouvel An :

- le mardi 30 décembre 2008, ont été arrêtés, après avoir été convoqués au 2ème Bureau des services de renseignements de l’Armée Gabonaise :

Gaston Asseko

directeur technique de « Radio Sainte-Marie » qui dépend de l’Eglise catholique et

Léon Dieudonné Koungou

du journal « Tendance Gabon ».

- le mercredi 31 décembre 2008, c’est à leur domicile qu’ont été interpellés :

Grégory Ngbwa Mintsa

le contribuable gabonais qui s’est constitué partie civile dans la dernière plainte déposée, à Paris, dans l’affaire des biens mal acquis du clan Bongo en France, aux côtés des associations Sherpa et Transparence International.

Marc Ona Essangui

le Coordonnateur de Publiez Ce Que Vous Payez Gabon et Président de l’ONG Brainforest, qui n’a pas hésité à manifester à nos côtés, à Paris, pour dénoncer la corruption du régime gabonais. Ce n’est pas la première fois qu’il est la victime des intimidations du pouvoir en place à Libreville, suite à cette action.

Georges Mpaga

président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG).

Le frère de Grégory Ngbwa Mintsa, interpellé aussi le 31, a été libéré dans la journée. Alain Moupopa, Président de l’ONG Afrique Horizon, n’a pas arrêté, contrairement à ce qui fut annoncé dans un premier temps. Il serait cependant recherché, de même que Marcel Libama, un responsable du collectif de syndicats et ONG appelé « Front des organisations de la société civile contre la pauvreté au Gabon » (FOSCPG).

Une détention inacceptable

Selon nos informations, le journaliste Léon Dieudonné Koungou aurait été libéré ce lundi matin, 5 janvier 2009. La famille des détenus n’aurait toujours pas pu leur rendre visite. Un médecin, en revanche, a pu constater que Grégory Ngbwa Mintsa souffrait d’oedèmes après 6 jours de détention assis. Il a refusé un moment de se nourrir et de se soigner. Marc Ona Essangui, Georges Mpaga et Gaston Asseko seraient détenus dans un sous-sol humide, dans des conditions déplorables. Rappelons que Marc Ona Essangui souffre d’un handicap physique et circule habituellement en chaise roulante.

Le Ministre de l’Intérieur gabonais, André Mba Obame, un dur du régime, a expliqué que l’arrestation avait été effectuée dans le cadre d’une enquête en cours… L’explication est un peu courte.

Tout laisse à penser que cette détention est illégale : arrestation au domicile des militants en l’absence d’un mandat d’arrêt ; durée de détention exceptionnellement longue – on veut bien croire que le droit de cette grande démocratie qu’est le Gabon (dixit notre cher président) s’est amusé à n’inclure que les jours ouvrés dans la durée de détention, mais même avec le 1er janvier et le WE des 3-4, on a dépassé les 48h à présent

Intégri-koi ?

Décidément, l’affaire des biens mal acquis déstabilise le régime gabonais, qui se crispe. D’habitude, Omar Bongo achète le silence de ses détracteurs. Ce dossier n’échappe pas à la règle : tentatives de séduction des militants gabonais, intimidations, propositions financières à l’association Sherpa qui instruit la plainte… Mais l’intégrité désarçonne un régime fondé sur le clientélisme. Alors, voyant son patrimoine colossal mis à nu devant les victimes de son pillage -ses concitoyens, Bongo n’en finit plus d’en perdre son sang froid : interdiction d’antenne pour RFI qui avait traité du dossier dès l’été 2007 ; demande (honorée) de classer l’enquête préliminaire sur les biens mal acquis ; brouille avec Paris suite à la diffusion d’un reportage sur le sujet par France 2 ; prise de mouche révélatrice après que feu le Bockel-de-la-rue-Monsieur a eu l’outrecuidance d’appeler à une gestion transparente du pétrole en Afrique ; représailles sans phare à présent contre Marc Ona, Grégory Ngbwa Mintsa et les rares Gabonais qui osent s’élever publiquement contre la prébende et les libertés bafouées ; organisation de manifs bidons en soutien au régime…

Sarko en pince pour Omar

Il faut dire, pourquoi Bongo se priverait-il ? Chaque fois, Paris cède. La Cellule a d’ailleurs, très tôt, percé le secret du soutien indéfectible que Nicolas Sarkozy voue à son homologue gabonais. Plutôt que de recevoir en novembre dernier à l’Elysée le fils terrible et successeur désigné, Ali Bongo (était-ce pour vérifier qu’il jouit des mêmes attributs que son père ?), le chef de l’Etat français s’honorerait en exigeant la libération immédiate des défenseurs gabonais des droits de l’homme et de la transparence et en mettant à exécution sa promesse de campagne – la rupture avec les dictateurs, par un geste simple : le gel immédiat des avoirs et des biens situés en France dont Omar Bongo ne pourrait pas justifier de l’origine légale.

Sarkozy au Gabon Sarko sur Bongo :

« on a toujours besoin d’un plus petit que soi »

En exclusivité, la cellule Françafrique vous dévoile pourquoi le président français a tant d’égards pour son homologue gabonais

Le 19 juillet 2007, par Jean Denard,

A priori, on ne comprend pas : Sarkozy promet pendant toute la campagne que la France ne maintiendra de liens qu’avec des « régimes démocratiques ». Bockel renchérit le 17 juillet devant le réseau des coopérants : « Là où règne l’arbitraire, là où la démocratie est bafouée, les droits de l’homme violés, les décisions de justice jamais ou rarement appliquées, là où se développe la corruption, la communauté internationale se doit de parler vrai. (…) L’histoire le prouve : les lâchetés d’aujourd’hui peuvent être les conflits de demain ».

Les conflits de demain au Gabon ne semblent pas préoccuper outre mesure notre bon président :

- à 19h30 le 6 mai, il appelle Omar Bongo, lui annonce la bonne nouvelle et le remercie de ses conseils… Faut dire, depuis le temps qu’il est élu à l’unanimité des suffrages, le Gabonais a pu en prodiguer des conseils ! Bien en a pris à Sarkozy : non content de son élection triomphale, il a appliqué à la lettre le conseil avisé de son mentor : flatter quelques leaders de l’opposition et les retourner…

- le 25 mai, Sarko fait son footing. Ca fait pas 10 jours qu’il est entré au Château, il repère les environs. Mais il sent bien que sur ses grandes jambes, Fillon va plus vite. Il se dit alors, dans un sursaut d’orgueil : « je l’aurais à l’endurance ». Aussitôt dit, aussitôt fait : il appelle son consultant officiel à l’Elysée, le brave Omar, passé maître es endurance après 40 ans d’exercice à la tête de l’émirat pétrolier du Golfe de Guinée.

En récompense, Bongo obtient du monarque républicain qu’il passe l’éponge sur une petite partie de l’ardoise de son pays à l’égard de la France.

- Surtout, le 28 mai, il obtient le droit de voir défiler un par un tous les nouveaux ministres dans l’un de ses luxueux appartements du 16ème… il faut dire, depuis Couve de Murville, il ne manque pas beaucoup de ministres à la collec’ d’othographes du père Omar.

- Début juillet, il parachève l’album de signatures en invitant le nouveau venu dans Fillon 2, l’Alsacien Bockel, à co-signer avec Hortefeux le premier accord de codéveloppement, un modèle du genre.

Reste cette petite tension latente entre le jeune loup ardent de l’Elysée et le vieux sage du palais du bord de mer, partenaire privilégié des Hauts-de-Seine (département le plus riche de France, 22eme PIB mondial) : Le 25 mai à l’Elysée, Sarko-le-président-qui-tient-toujours-parole avait annoncé : pour la dette gabonaise, ce sera réglé avant le 14 juillet. On comprend que le pauvre Bongo se soit inquiété : entre temps, Sarko laisse la justice faire son travail (un comble) et l’emmerder pour quelques pieds-à-terre parisiens… Le voilà obligé de réprimer des manifestations anti-françaises à Libreville. Et puis, la fête nationale passe… et cette histoire d’ardoise qui n’avance pas.

Ni une ni deux, voilà Omar à Paris.

Depuis, force est de constater que les choses vont nettement mieux dans le couple franco-gabonais :
- le 17 juillet, le porte-parole de l’Elysée David Martinon annonce que Sarko a finalement choisi, à tout hasard, Libreville en plus de Dakar pour sa première virée africaine, le 25-26 juillet.
- le 19 juillet, le Club de Paris (puisqu’on vous dit que c’est pas le PSG, mais le groupe des grands créanciers publics) devrait annoncer une remise de 20% de la dette du Gabon envers la France – une bagatelle de 200 millions d’euros. Faut dire, après les 13,6 milliards abandonnés via le « paquet fiscal », Sarko n’est plus à ça près !

Reste LA grande question : pourquoi Sarkozy voue-t-il une affection aussi prononcée pour le doyen des dictateurs africains, au mépris de toutes ses promesses ?
- Ca ne pas être par goût du mensonge : Sarkozy fait ce qu’il dit. C’est même lui qui l’a dit.
- Ca ne peut pas être pour défendre les intérêts de Total au Gabon : il a dit qu’il en finirait avec les réseaux d’un autre temps. Bolloré, Bouygues et Lagardère ne sont d’ailleurs pas ses amis. Et, non, non, le Guillaume qui co-dirige le Medef et qui porte le même nom, ce n’est pas son frère.
- Ce ne peut pas être un renvoi d’ascenseur pour financement de campagne présidentielle : Mônsieur Sarkozy est un homme intègre. Et le financement des partis politiques est encadré trrrès strictement.

N’en pouvant plus, nous avons fini par lui poser la question. En personne. Il nous a avoué, au bord des larmes, qu’il ne trouvait pas sa place parmi les « grands » de ce monde : « voyez, au G8, nous a-t-il confié, j’étais encore plus petit que le Japonais sur la photo. Je me suis torché avec Poutine pour oublier ». « Pendant la campagne, au moins, a-t-il ajouté, j’avais Christian Clavier et Mireille Mathieu ». « Ca ne pouvait plus durer » a-t-il résumé. C’est au cours d’un brainstorming au sommet que lui est apparue l’idée, comme une évidence : sur la scène internationale, le Gabon serait son salut.

Et le président de conclure : »Omar m’a sauver ».

Publié dans AFRIQUE DES PREDATEURS D'AILLEURS | Pas de Commentaire »

 

Kabylie News |
Ensemble, Préservons Rognac... |
Elections 2008 Municipales ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Transferring the UNITED NAT...
| l'Algérie au quotidien
| Yüzyıla Ağıt