La xénophobie d’État tue. Manifestation nationale le 5 avril 2008 à Paris

Posté par issopha le 27 mars 2008

Collectifs de sans-papiers, RESF, UCIJ

La xénophobie d’État tue

Manifestation nationale le 5 avril 2008 à Paris

La France c’est tous ceux qui y vivent
La xénophobie d’Etat tue les droits de tous
Français, immigrés égalité – solidarité !

Une politique qui nie les droits fondamentaux

L’acharnement de ces dernières années contre les étrangers est impressionnant. Pas moins de cinq lois depuis 2002 ont été votées au mépris de la légitimité des étrangers installés en France à y bénéficier des droits de tous quelque soit leur statut juridique : attaques contre l’aide médicale d’Etat, tests ADN, multiplication des restrictions du droit d’entrée et de séjour des étrangers notamment par la limitation drastique du regroupement familial.

Le gouvernement impose une vision utilitariste de l’immigration. Après avoir établi des listes restrictives de métiers discriminant travailleurs provenant de l’UE et travailleurs du reste du monde, il a l’intention de modifier la Constitution au printemps pour introduire dans la loi la notion de quotas. De plus pour faciliter les expulsions, il veut créer une juridiction spéciale chargée de juger les étrangers sans papiers. Il souhaite faire adopter à l’échelle européenne une disposition rendant impossible à l’avenir toute opération de régularisation d’envergure.

Cette politique répressive touche non seulement les sans-papiers mais aussi les étrangers ayant un titre de séjour et les Français, surtout sur ceux d’origine étrangère. Pour chacun(e) des sans papiers piégé(e) par des contrôles d’identique iniques au faciès, combien d’étrangers en règle ou de Français « issus de l’immigration » se voient humilier quotidiennement ? Combien d’étrangers se voient refuser, pendant de longues années ou pour toujours, la possibilité de vivre avec leurs proches, en raison des critères arbitraires fixés par la loi et de la malveillance tatillonne des préfectures ? Combien d’étrangers et de Français se voient refuser le droit d’épouser la femme ou l’homme de leur choix au prétexte que leur amour ne serait que de complaisance ?

Une politique du chiffre qui tue

Contrôles au faciès, convocations piège en préfectures, rafles, non respect des voies et délais de recours, marquage de sans-papiers au feutre indélébile dans le Nord, pression sur les préfets, policiers et gendarmes pour qu’ils atteignent des objectifs chiffrés, mise en place de camps d’enfermement aux frontières de l’Europe… Chaque jour la descente dans l’ignominie s’accélère. Cet acharnement répressif brise et tue des êtres humains qui pour échapper aux expulsions prennent des risques parfois mortels (défenestrations, fuite par les toits, suicides, noyades…)

Les politiques de chasse aux sans-papiers sont non seulement inhumaines et injustes, mais également coûteuses. Les coûts induits par cette débauche de moyens policiers et la mobilisation d’infrastructures (transports ferroviaires, portuaires et aériens) seraient plus utiles pour financer des services publics ou l’aide au développement. Au contraire, si ces mêmes sans-papiers étaient autorisés à vivre en France en tout légalité, n’étaient plus obligés de se cacher et n’étaient plus tenus d’accepter des conditions de travail dégradantes, le paiement des cotisations sociales de ces travailleurs permettrait de faire rentrer des milliards d’euros dans les caisses de la protection sociale.

Une politique qui réprime la solidarité

Le gouvernement s’efforce d’entretenir un climat de suspicion et de peur à l’égard des étrangers et de leurs soutiens : criminalisation de la solidarité, multiplication des poursuites judiciaires, utilisation des services publics, services sociaux et des inspecteurs du travail comme auxiliaires de police.

Afin d’aligner par le bas les droits sociaux, il fait le choix de la division : le pouvoir oppose Français et étrangers en agitant le mythe de l’invasion de la France, il oppose les bons immigrés intégrés aux mauvais immigrés, les étrangers en situation régulière aux sans-papiers, comme il oppose les salariéEs du privé à ceux et celles du public…

Une politique qui instrumentalise l’immigration au profit d’une politique antisociale et liberticide

Les étrangers sont utilisés comme des boucs émissaires afin de détourner l’opinion des vrais problèmes : pouvoir d’achat, protection sociale, retraites, précarité, services publics, place des femmes, avenir de la planète, discriminations….

Cette politique qui fait système est aujourd’hui notamment incarnée par le ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement. Elle présente les étrangers comme une menace pour « l’identité nationale ». Cette conception s’inspire d’une philosophie nationaliste et d’extrême droite. Elle contribue à justifier des politiques sécuritaires qui transforment notre société en Etat policier. Elle constitue une injure non seulement envers les étrangers, mais également envers les Français attachés aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de respect de la personne humaine. Elle donne de la France l’image d’un pays qui se replie de plus en plus sur lui-même.

Nous refusons cette politique ultra-libérale de casse du code du travail et salarial, dont les émigrés sont les premières victimes. Nous refusons cette politique européenne dictée par le patronat européen pour une « immigration choisie », permettant in fine cette délocalisation sur place, à moindre coût, et mise en concurrence des filières d’immigration de travail.

La liberté de circulation des êtres humains est une valeur fondatrice de la civilisation et de la démocratie.

Ce projet de société n’est pas le nôtre !

La société démocratique et solidaire à laquelle nous aspirons exige :

  • La suppression du ministère de « l’identité nationale »,
  • L’arrêt de la chasse aux sans-papiers, l’arrêt des expulsions et la fermeture des centres de rétention,
  • L’arrêt des poursuites contre les soutiens des sans-papiers,
  • L’abrogation de lois stigmatisant les migrants et bafouant leurs droits,
  • L’abandon des projets gouvernementaux sur la justice d’exception et les quotas,
  • La mise en œuvre d’une autre politique européenne, à l’opposé de l’Europe forteresse,
  • Le droit au logement, à la santé, à l’éducation et au travail pour toutes et tous,
  • Des droits pour les femmes migrantes qui favorisent leur autonomie,
  • La régularisation des sans papiers,
  • L’abolition de la taxe à l’emploi pour l’embauche de travailleurs étrangers,
  • Une politique d’accueil des étrangers leur permettant de vivre dignement en France.

Pour une société fraternelle et solidaire,
un sursaut citoyen s’impose
nous manifesterons tous ensemble le 5 avril à Paris
14H30 Place d’Italie

Signataires : Collectifs de sans-papiers, RESF, UCIJ


http://www.gisti.org/spip.php?article1112

ECOLE SANS RACISME – ONLINE

 

Le site web d’Ecole Sans Racisme est actuellement en reconstruction. Ce site web –limité- reste en ligne pendant les opérations. Pour des questions, vous pouvez toujours vous adresser au secrétariat.

 

Journée internationale contre le racisme

Eduquer à vivre ensemble, pas seulement le 21 mars !

Le 21 mars, de nombreuses actions se déroulent autour de la Journée internationale contre le racisme. Les points communs de toutes ces mobilisations sont la volonté de promouvoir une société où la tolérance, l’amitié et l’égalité occuperaient une place centrale.

Ecole Sans Racisme, et son équivalent flamand  School zonder Racisme, s’attellent, jour après jour, à  faire progresser ce projet de société auprès des  jeunes, des animateurs de jeunes et du personnel enseignant.

Nous sommes convaincus que tous les êtres humains sont égaux et doivent jouir des mêmes chances d’épanouissement quelles que soient la couleur de leur peau, leur langue, leur religion, leur nationalité ou leur situation socio-économique. Nous pensons que l’intolérance et le racisme dressent les gens les uns contre les autres, sèment la division et font naître la haine.

* Quelques constats

Nous regrettons de devoir constater que l’antiracisme et la tolérance ne vont pas toujours de soi dans notre société.

D’une enquête menée par la K.U. Leuven, en  2006, il ressort que 20 % des jeunes francophones sont intolérants. Ces jeunes considèrent les immigrés comme « trop » nombreux et leur présence comme une menace et pensent que chacun doit se plier aux mêmes habitudes et traditions. 11% déclarent crûment qu’ils sont racistes.

Les chercheurs en viennent à la conclusion que -malgré les nombreuses campagnes anti-racistes – le racisme en Belgique se, présente de plus en plus comme une option légitime. Des personnes n’hésitent pas à déclarer ouvertement qu’elles sont racistes. En conséquence, le racisme et l’intolérance se présentent naturellement aux jeunes comme plus acceptables. Le problème est banalisé ce qui, pour les jeunes, le rend tolérable.

On peut faire référence ici au procès de Hans Van Temsche. Ce jeune fut clairement  condamné pour des motifs racistes mais des voix se sont levées pour dénier le caractère raciste de ses actes.

Les enquêteurs font aussi remarquer que, depuis de nombreuses années, l’immigration est présentée de manière très négative.  Lorsqu’on parle des immigrés, le complément ‘problème’ n’est jamais loin. Cette représentation sans nuances laisse bien évidemment des traces dans la représentation que les jeunes se font du monde.

*En tant qu’éducateur ou enseignant, que pouvons-nous faire? 

Notre rôle d’enseignants est de faire passer en la matière un message clair et non équivoque. Dans notre classe, notre cours, notre école, la norme doit être clairement : ‘le racisme  est ici inadmissible’. Notre rôle est notamment d’être à l’écoute des préjugés mais d’y apporter des réponses objectives.


De par notre expérience, nous nous rendons souvent compte qu’on ne peut briser les conceptions racistes en quelques mots ou en avançant des arguments rationnels, encore moins par un discours moralisateur. Les expériences concrètes sont très importantes pour les jeunes. A cet effet, des rencontres positives entre personnes de différentes origines, peuvent avoir un impact bien plus important que nos arguments. Nous constatons que les relations sociales entre groupes culturels dans le quartier, à l’école et sur le marché du travail s’amenuisent. En entrant en contact avec les autres, les jeunes peuvent comprendre que, indépendamment de leur vécu, au-delà de leurs différences, tous sont confrontés aux  mêmes problèmes universels et partagent les mêmes expériences. De cette expérience commune doit pouvoir surgir plus de tolérance.  


Nous savons que le racisme est un phénomène de société et qu’il y est donc structurellement présent. Pensons aux exclusions dans l’enseignement, aux discriminations sur le marché du travail ou au niveau du logement et au refus du droit de vote aux non-Belges aux niveaux national et provincial.

Toutes ces inégalités de traitement ont un impact négatif sur la manière de penser des jeunes et stimulent leurs préjugés : ‘Ils sont bêtes, ils ne veulent pas travailler, ils profitent de la sécurité sociale, ils n’entretiennent pas leur logement, “ etc.

Heureusement, nous savons aussi que nous pouvons amener les jeunes à réfléchir et c’est important pour nous en tant qu’accompagnateurs des jeunes. Ainsi, une étude menée en Suisse en 2002 montre qu’un programme antiraciste sur les réfugiés, les étrangers et les juifs peut influencer positivement le comportement des jeunes. Suite aux débats et discussions, l’intolérance et la xénophobie avaient considérablement diminué dans les classes concernées, contrairement au groupe témoin où la haine de l’étranger s’était accrue.

C’est pourquoi il est très important, en plus d’aborder les préjugés et de stimuler des contacts positifs, d’amener les jeunes à comprendre les tenants et aboutissants du racisme c’est-à-dire d’en déconstruire les causes et le rôle social voire politique.

Mais cette même étude suisse constate aussi que l’effet positif régresse si de nouvelles activités ne sont pas organisées dans l’année. C’est la raison pour laquelle nous estimons importante une approche continue et systématique du phénomène du racisme.  Nous ne pouvons nous limiter à une activité isolée. 

Travailler sur le long terme

Un engagement contre le racisme n’est pas un engagement éphémère. Ecole Sans Racisme (ESR) tente d’accorder une attention permanente au racisme. Des dizaines d’écoles de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie, aussi bien libres qu’officielles, sont réunies dans son réseau.

La signature d’une déclaration d’engagement par au moins 60% de la population de l’école est nécessaire pour obtenir le label  Ecole Sans Racisme, un stimulant pour accorder, d’année en année et de  manière structurelle, une attention particulière à l’éducation antiraciste. Le projet ESR est un soutien pour les jeunes et leurs accompagnateurs qui veulent agir contre le racisme et surtout travailler préventivement.

Afin de permettre cette action continue, nous proposons, en tant qu’organisation, quelques outils didactiques, des formations et activités. Une farde-photos didactique intitulée  ‘Voir l’autre’, entièrement créée par des enseignants en fonction de la réalité de leurs classes,  permet d’aborder de manière ludique la question des préjugés que nous forgeons à propos d’une personne que nous ne connaissons pas.  Des personnes d’origines différentes nous font découvrir progressivement leur récit de vie au départ de leurs photos. A travers cette activité, qui propose différentes exploitations didactiques, nous pouvons débusquer des préjugés et travailler sur les représentations et la diversité.

Des circuits alternatifs intitulés ‘Bruxelles, un autre regard’ immergent des jeunes dans un quartier multiculturel de Bruxelles. Ils entrent en contact avec des personnes d’autres cultures et découvrent la manière dont le racisme et les préjugés sont imbriqués dans notre société.

Chaque année des écoles participent également au concours créatif organisé sur un thème lié aux discriminations. Cette année il est intitulé ‘Enfants Non Admis’ et les jeunes s’y expriment, de manière artistique (récit, réalisation textile ou montage tri- dimensionnel) sur le thème des réfugiés.

Enfin les « Ecoles sans racisme » peuvent encore avoir accès à des formations sur le thème des réfugiés, l’histoire du racisme, les discriminations et la manière de réagir aux préjugés racistes.

Les enseignants sont demandeurs. Ils veulent pouvoir apporter des réponses étayées aux interrogations (et parfois aux provocations racistes) des adolescents.

Construire la cohabitation et le « vivre ensemble » ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de bons sentiments pour répondre efficacement en classe aux attitudes racistes.

Le 21 mars ne peut être que le départ d’un processus pédagogique qui doit imprégner toute l’année scolaire et toute la scolarité.

Anne Morelli

Au nom du Conseil d’Administration de Ecole Sans Racisme et School zonder Racisme

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