Altermondialisme. Etat des lieux.Evolutions.Défis.Perspectives.

Posté par issopha le 28 février 2008

  

  

Altermondialisme

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Le mouvement altermondialiste, souvent raccourci en altermondialisme est un mouvement social composé d’acteurs très divers qui proposent pour l’essentiel un ensemble de valeurs « sociales » et soucieuses de l’environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain, en opposition à ce qu’ils analysent comme les « logiques économiques de la mondialisation néolibérale ».

Assez hétérogène, le mouvement se rassemble autour du slogan « Un autre monde est possible » ou plus récemment, « D’autres mondes sont possibles »[1], mais oscille entre un réformisme (par exemple à travers la revendication d’une Taxe Tobin[2] par ATTAC) et un « imaginaire de la rupture ».

Néanmoins, on distingue des prises de position et des revendications communes à de nombreuses organisations concernant :

Ces thèmes se retrouvent d’une part dans un certain nombre d’ouvrages, de films ou encore de médias[8], d’autre part dans des textes de diverses organisations du

mouvement altermondialiste : plate-forme proposée par ATTAC, manifestes ou rapports élaborés durant les forums sociaux mondiaux, dont le manifeste de Porto Alegre, des textes de l’Organisation des Nations unies de déclarations de droit et d’autonomie dont les altermondialistes « réformateurs » veulent l’application concrète[9] (voir

aussi la partie Propositions).

Sommaire

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Historique et structure

Altermondialisme. Etat des lieux.Evolutions.Défis.Perspectives. dans ACTIONS CITOYENNES 15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Chronologie de l’altermondialisme.

Le mouvement a pris racine petit à petit tout au long du XXe siècle. Il commence à prendre de l’ampleur au début des années 1980 dans les pays du sud avec la lutte contre la dette du tiers monde, l’OMC et les plans d’ajustement structurels du FMI ; mais il reste alors inaperçu en Occident. Il apparaît en Europe, aux États-Unis et en Corée à partir de 1994, dans le cadre d’une critique du chômage, de politiques entraînant la précarisation du travail et la remise en cause de la protection sociale.[réf. nécessaire]

Les manifestations de Seattle en 1999 sont les premières manifestations médiatisées altermondialistes[réf. nécessaire]. Elles sont suivies par un premier Forum social mondial, alternatif au Forum économique mondial de Davos, et par le rassemblement de Gênes en 2001 (avec la mort d’un manifestant par balle lors d’affrontements avec la police italienne) contre le sommet du G8. Les Forums sociaux mondiaux ont lieu chaque année soit à Porto Alegre (de 2001 à 2003), à Mumbai en 2004 ou encore polycentrique. En novembre 2002 s’est également tenu le premier Forum social européen à Florence, au cours duquel 450 000 à 1 million de personnes ont défilé contre la guerre en Irak et « pour un autre monde ». En tant que lieux d’échanges et évènements médiatiques, les forums sociaux sont les espaces et les moments privilégiés du mouvement. Il s’est développé durant les dernières années plusieurs forum sociaux mondiaux, continentaux et locaux.

La ville d’Atlanta a accueilli le premier Forum social des États-Unis du 27 juin au 1er juillet 2007, à l’initiative du Forum social[10].

Composition

15px-Searchtool-80%25 dans ALTERMONDES Article détaillé : Organisations se revendiquant altermondialistes.

Le mouvement altermondialiste résulte de la convergence et de la multiplicité de mouvements. Il regroupe des personnes d’horizons très divers[11] : paysannerie, couches

populaires et petite bourgeoisie du Sud, pauvres et salariés précaires des pays industrialisés, syndicats ouvriers et enseignants, associations de consommateurs, de

chercheurs, de jeunes, mouvements écologistes, anti-militaristes, féministes, communistes, marxistes, nationalistes, keynésiens et anarchistes… Pour cette raison, cette mouvance est appelée parfois « le mouvement des mouvements »[12].

Cette diversité se reflète dans le grand nombre d’organisations se revendiquant altermondialistes. Le point de vue altermondialiste connaît également un écho parmi

certains dirigeants des PMA, ainsi que certains l’ont exprimé dans la déclaration de Dhaka ou dans leur appartenance au mouvement des non-alignés.

Convergence d’une multiplicité de mouvements et d’associations, la mouvance altermondialiste n’a pas d’organisation en elle-même. Elle constitue un réseau au fonctionnement « horizontal », refusant les hiérarchies verticales. Les associations réunies au sein du mouvement peuvent d’ailleurs être organisées suivant ce modèle (ainsi dans l’Union syndicale Solidaires en France), mais certaines organisations comme ATTAC France reproduisent dans leur structure une hiérarchie pyramidale en octroyant un pouvoir décisionnel important à une minorité, comme le collège des fondateurs d’ATTAC.

Les altermondialistes[précision nécessaire] cherchent à développer des réseaux internationaux (cf. la structure des mouvements ATTAC, ou Indymedia), notamment à

travers des forums mondiaux, tel le Forum social mondial de Porto Alegre, afin d’y développer des synergies internationales entre les différents mouvements.

Orientations

Le terme anti-mondialisation a été le premier utilisé par les journalistes pour désigner le mouvement contestataire. En 1999, le terme « altermondialisme » ou « altermondialisation », d’origine belge, fut introduit dans la francophonie pour mettre en avant le caractère favorable d’une partie du mouvement à une forme de mondialisation qui serait différente de la mondialisation actuelle[13]. Le terme lui-même est la reprise du slogan « Un autre monde est possible ».

La pluralité des orientations politiques au sein du mouvement est difficile à synthétiser. Il est possible de décrire un certain nombre d’orientations spécifiques au sein du mouvement :

  • Les communistes et marxistes. Les communistes se sont liés au mouvement altermondialistes sur des bases anticapitalistes et s’opposent traditionnellement à la mondialisation économique capitaliste, qui serait celle de la classe bourgeoise, et prônent la mondialisation de l’action des peuples (ou du prolétariat) selon un modèle social et solidaire. Tous les communistes ne se sentent pourtant pas altermondialistes : en France, si des partis comme le PCF ou la LCR se rapprochent de la mouvance, d’autres s’en éloignent…
  • Les anarchistes, opposés au capitalisme et à l’autorité, sont présents dans dans les grandes manifestations altermondialistes. Certains sont présents dans les black blocs bien que ceux-ci ne soit pas exclusivement constitués d’anarchistes.
  • Les antilibéraux qui critiquant le modèle du libre échange (cf. critique du libéralisme économique) veulent réformer en profondeur les principes de la logique économique, sur la base de critères sociaux et moraux. Certains proposent de taxer les flux de capitaux spéculatifs (taxe Tobin).
  • Les souverainistes ou nationalistes qui, ayant pour but déclaré de protéger la nation du néo-libéralisme des marchés et de l’insécurité sociale qui en découlerait (chômage, « dumping social », délocalisations), prônent des mesures protectionnistes d’intérêt national ou régional en matière d’économie. Cette dernière catégorie est clairement antimondialiste. Ces souverainistes ou nationalistes ne sont pas à confondre avec les nationalistes d’extrême droite qui ne prennent en aucun cas part au mouvement altermondialiste.
  • Les écologistes qui veulent préserver l’environnement (face à ce qu’ils estiment être les dangers de la société industrielle).

La plupart des tendances s’accordent sur un compromis que l’on retrouve aussi dans la tendance modérée, celle des « réformateurs modérés » qui sont partisans du libre-échange mais souhaitent que le marché soit régulé selon des impératifs sociaux et environnementaux, par exemple le principe de souveraineté alimentaire.

Positions

Positions présentées comme altermondialistes

Si la diversité du mouvement s’avère efficace en tant que front de contestation, son manque d’homogénéité empêche le mouvement de produire un programme politique clair et de canaliser ses partisans dans une voie unique. Cependant, une orientation commune se dégage sur des thèmes généraux comme la lutte pour le développement et les droits fondamentaux comprenant la souveraineté alimentaire et la paix voire la démocratie. Avec un discours souvent idéaliste, l’altermondialisme se veut un moteur de lutte sociale. Il a désigné comme son principal adversaire idéologique le néo-libéralisme.

L’idée de base des altermondialistes consiste à considérer que le processus de mondialisation économique, s’il n’est pas encadré politiquement, conduit à une augmentation des inégalités dans le monde : d’une part entre la population mondiale la plus riche et la plus pauvre, d’autre part entre les pays du Nord, principalement l’Amérique du Nord et l’Europe, et une majorité des pays du Sud dont l’Afrique subsaharienne et les PMA. Ce dernier point peut toutefois être contesté par l’analyse du P.I.B. par pays sur les 50 dernières années[14], un indicateur que les altermondialistes contestent en général.

Certains altermondialistes sont par ailleurs préoccupés par l’insécurité écologique qui est engendrée par la pollution industrielle, l’effet de serre, les OGM (voir Lutte anti-OGM), ou encore les armes chimiques et nucléaires.

D’autres accusent les grandes compagnies transcontinentales et les organes financiers et commerciaux internationaux de favoriser, directement ou indirectement, des intérêts privés plutôt que l’intérêt général par la recherche de profits au détriment des facteurs sociaux et écologiques (voir externalité négative et les difficultés à appliquer le protocole de Kyoto ou la Bourse du carbone).

La pensée altermondialiste veut, d’une part, faire prendre conscience de ce qu’elle considère comme les méfaits d’une forme de mondialisation trop centrée sur l’économie, et, d’autre part, proposer des réformes ou du moins des alternatives selon la formule « un autre monde est possible ».

Critiques

Critique du marché mondial

Les altermondialistes considèrent que la mondialisation par le marché n’est pas un synonyme de progrès humain, celle-ci ne profitant, selon eux, pas équitablement à tous.

Les altermondialistes dénoncent particulièrement l’inégalité croissante entre la proportion des plus riches et des plus pauvres de la planète, qui a augmenté depuis 1960, qu’ils attribuent à la mondialisation plutôt qu’aux causes internes à ces pays. Selon le rapport 2001 du PNUD, 1% des plus riches mondiaux disposent d’un revenu cumulé égal à celui des 57% les plus pauvres. De plus, pour 45 des 77 pays disposant d’une statistique sur l’inégalité de revenu, celle-ci a cru à l’intérieur des pays entre 1960 et 1990, renforçant les inégalités intra-nationales.

Ils pointent également que entre 1990 et 2000, malgré l’accroissement des forces productives, illustré par le doublement du PNB mondial, le nombre des victimes de la faim n’a pas évolué[réf. nécessaire] significativement (+/- 810 millions de personnes chaque année, soit plus de deux millions par jour).

Est également critiquée la libéralisation des flux financiers et monétaires mondiaux qui a, selon eux, un effet déstabilisateur sur les économies locales et des conséquences humaines néfastes. Ils attribuent par exemple la crise économique argentine et la crise économique asiatique du sud-est à la fin des années 1990 à cette libéralisation. De plus, les paradis fiscaux sont une des cibles des altermondialistes. Pareillement, la « spéculation » est régulièrement critiquée par le mouvement altermondialiste alors qu’à l’inverse elle est considérée par la majorité des économistes comme nécessaire à l’activité économique et à la constitution d’un marché efficient.

Position vis-à-vis des États et des organismes internationaux

Les altermondialistes considèrent que l’économie n’est pas régie par des lois économiques naturelles et immuables mais est le fruit de politiques conscientes des gouvernements qui concèderaient de plus en plus leur pouvoir au marché (voir Consensus de Washington).

De leur point de vue, le marché réduirait l’homme et la nature à sa valeur marchande. Ils voient comme contrepoids des instances externes aux marchés, comme les États, certaines organisations internationales ou, sans trop de précision sur sa représentation, la société civile. Bien que se disant favorables au développement d’organisations internationales, ils s’attaquent à celles qui cherchent à privatiser ou à réduire l’accès aux services publics, ainsi qu’à celles qui visent à libéraliser l’économie.

L’organisation ATTAC résume le souhait des altermondialistes de modifier les règles des grandes institutions internationales comme suit :

« Une réforme radicale des institutions financières internationales, fondée sur une remise en cause de l’organisation actuelle des pouvoirs au sein du système financier international, constitue une condition politique préalable à la construction d’un mondialisme alternatif fondé sur le pouvoir des peuples et sur une nouvelle conception du développement durable. »

Les altermondialistes souhaitent une plus grande démocratisation des institutions supra-nationales, non démocratiquement élues au suffrage universel direct, comme l’OMC, FMI, la Banque mondiale ou le G8 (voir également : Banque centrale européenne). Le manque de transparence de ces organisations est aussi souvent critiqué par le mouvement altermondialiste.

Critique de l’OMC

Tout d’abord, le mandat de l’OMC de réduire les obstacles au libre-échange est critiqué comme étant défavorable à certains pays du sud, particulièrement concernant l’agriculture. Ainsi le rapport de la plateforme d’ONG françaises Coordination Sud intitulé « La protection des marchés agricoles. Un outil de développement »[15] conclue que « associée à des mesures de soutien à la production » et « pendant une période de temps donnée », « la mise en place de mesures de protection (des marchés agricoles) apparaît clairement comme une condition nécessaire pour parvenir à développer la production locale et renforcer l’autosuffisance ».

Néanmoins, la Politique agricole commune, qui subventionne les exportations agricoles des pays riches et qui est dénoncée par les pays du sud comme concurrence déloyale, fait débat au sein du mouvement altermondialiste.

Les négociations en huis clos sont également pointées du doigt, ainsi que le système de négociation per se, géré par des comités techniques non élus démocratiquement et accusés de dissimuler des lobbies d’intérêt privés. D’autre part, la domination des pays industrialisés dans le commerce mondial est pointée comme raison de l’impossibilité pour les pays pauvres et les groupes minoritaires de s’opposer aux décisions de l’OMC. Ainsi, l’ONG Oxfam dénonce le fait que selon elle les intérêts des pays développés prennent le pas sur le développement dans les négociations commerciales[16].

Les altermondialistes, rejoint en cela par des auteurs et experts de tout bord, appellent à plus de démocratie, plus de transparence et un nouveau rapport de forces plus favorables aux pays en développement et aux politiques locales.

En outre, la gouvernance de l’OMC, basée principalement sur les ministres du Commerce des pays adhérents, est critiquée pour son manque de préoccupation dans les domaines sociaux et environnementaux qui sont pourtant influencés par ses décisions.

Les accords concernant la propriété intellectuelle comme les ADPIC sont également dénoncés lorsqu’ils sont relatifs aux biens « vitaux » (aliments, médicaments, eau) ou aux organismes vivants. Sont en particulier visés les OGM et le prix élevé de certains médicaments comme ceux contre le SIDA. Certains groupes[réf. nécessaire] ont par exemple développé le concept alternatif de brevet positif pour y remédier. Les altermondialistes sont généralement[réf. nécessaire] favorables aux logiciels libres.

Critique du FMI

Pour les altermondialistes, les politiques menées par le FMI ont contribué de façon dramatique à des échecs économiques, sociaux et politiques dans un grand nombre de situations : notamment la crise économique asiatique de 1997, les transitions des économies russes et est-européennes à l’économie de marché, les réformes sud-américaines et la gestion des pays africains.

Ces critiques des interventions du FMI sont en fait très répandues et développées par des économistes de tous bords[17], dont des défenseurs de la mondialisation. Sont mis en avant l’absence d’adaptations des politiques du FMI aux situations particulières, l’absence de recul quant au dogme du marché autorégulé, ou encore le dévouement de l’institution aux intérêt de certains acteurs du marché financier.

La critique du FMI n’est donc pas du tout propre au mouvement altermondialiste. Ainsi, paradoxalement, si les altermondialistes voient dans le FMI une instance du « néo-libéralisme », nombre de libéraux peuvent contester l’existence même du FMI, dont l’objet est la régulation étatique du marché, donc en contradiction avec le dogme de l’autorégulation.

Enfin, les altermondialistes critiquent le mode de fonctionnement du FMI, dans lequel les voix sont pondérées par la participation financière, et préconise un mode de décision démocratique.

Critiques des grandes firmes multinationales

L’altermondialisme s’oppose au grandes multinationales comme Monsanto (producteur de graines génétiquement modifiées, ou OGM), qui ont tenté d’interdire l’étiquetage sur les produits. La figure emblématique de cette lutte est José Bové. Plus généralement, les altermondialistes s’opposent à tous les brevets sur le code génétique (ADN), au motif qu’on ne saurait breveter les êtres vivants.

Ils s’opposent aussi aux multinationales du médicament (Roche, Pfizer, etc.), qui, par leurs brevets et le prix de vente de leur médicament, empêcheraient les pays pauvres d’avoir accès aux soins. Les médicaments Diflucan® ou Triflucan® notamment de Pfizer permettraient de sauver des dizaines de millions de personnes malades du SIDA en Afrique[18].

Ils dénoncent certaines multinationales qui, grâce à la libéralisation des échanges et aux avantages liés aux zones franches industrielles, délocalisent et sous-traitent à bon marché en violant les droits humains[19] ou en provoquant des désastres écologiques. Par exemple, Shell est accusé de refuser d’assainir le site du plus grand déversement souterrain d’hydrocarbures en zone urbaine, à Durban, en Afrique du Sud, où plus d’un million de litres de pétrole auraient été répandus.

Les politiques de délocalisations sont selon eux négatives à la fois pour les pays développés (car menaçant la stabilité et le volume de l’emploi, la sécurité sociale ou le minimum salarial) et pour les pays du Sud (car favorisant le dumping social et l’exploitation par le Nord plutôt que le développement local des pays du Sud).

Propositions

Les propositions concernant les droits de l’homme et de l’environnement sont également présentes chez beaucoup d’entre eux. En particulier, la question de la durée est posée par une grande partie du mouvement : à quoi sert de se développer en exploitant de plus en plus intensivement des ressources qui ne se renouvellent pas et dont l’épuisement est prévisible si ce n’est à « aller plus vite dans le mur » ? Le concept de développement durable est souvent employé, questionné et mis en débat en le comparant avec le concept de décroissance soutenable.

Les altermondialistes aspirent également à plus de démocratie mais les propositions concrètes sont très éparses, allant de la réforme des organisations internationales à l’instauration d’un parlement mondial par une mondialisation démocratique, une sorte de Nations Unies élues au suffrage universel, selon certains.

Les altermondialistes soutiennent souvent des idées réformatrices dans le domaine économique comme celles d’un allègement ou de l’annulation de la dette des pays pauvres, d’une taxation sur les transactions financières (taxe Tobin).

Plus précisément, une liste de propositions couramment avancées par les altermondialistes, dont particulièrement par le mouvement ATTAC[20], a été synthétisée dans le  

manifeste de Porto Alegre [4]. On distingue les :

Propositions liées à des réformes économiques :

  • Annuler la dette publique des pays du Sud. L’argumentaire altermondialiste consiste à dire qu’ils l’ont déjà remboursée plusieurs fois via les intérêts, qu’elles ont été souvent contractées par un gouvernement précédent non démocratique afin de maintenir son pouvoir ou qu’elles sont le pendant de la dette écologique ou coloniale.
  • Tirer un bilan exhaustif et indépendant des conséquences des décisions de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale.
  • Instaurer des taxes internationales sur les transactions financières, dont la taxe Tobin sur le marché des devises. D’autres variantes existent comme celles sur les investissements étrangers, sur les bénéfices consolidés des transnationales, sur les ventes d’armes ou sur les activités à forte émission de gaz à effet de serre.
  • Démanteler les paradis fiscaux afin de contrer les évasions fiscales et le crime financier.
  • Interdire toute forme de brevetage du vivant et de privatisation de biens communs de l’humanité, l’eau notamment.

Liées à la justice et à la paix :

  • Mettre en place un système international respecté de prévention et règlement des conflits (une sorte de Tribunal Pénal International ayant plus de pouvoirs).
  • Appliquer la charte des Droits de l’homme contre toute forme de discrimination, de sexisme et de racisme et condamner de manière égale les différents pays qui ne la respectent pas.

Liées au développement de la démocratie :

  • Garantir le droit à l’information par des législations mettant fin à la concentration des médias dans des groupes de communication géants, et garantissant l’autonomie des journalistes par rapport aux actionnaires.

  • Réformer et démocratiser en profondeur les organisations internationales régies par le consensus de Washington (FMI, Banque mondiale, OMC[22]) et y faire

  • prévaloir les droits humains, économiques, sociaux et culturels, dans le prolongement de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Incorporer également ces organisations dans le système et les mécanismes de décision des Nations unies.

Réalisations

  • Ils attribuent l’annulation d’une partie de la dette des pays les plus pauvres à ces pressions sur les gouvernements et les organisations comme le Club de Paris qui prennent habituellement en leur nom ces mesures en cas d’insolvabilité. Ils en donnent pour exemple l’aide supplémentaire accordée à l’Afrique lors du sommet du G8 en 2005. De plus, les altermondialistes ont mené des campagnes de pressions internationales dans les années 1990.

  • La revendication historique d’une taxation de certains capitaux patine ; la plus grande avancée a consisté en une initiative législative du Parlement européen, repoussée dès avant la première lecture grâce aux pressions de Tony Blair sur les députés travaillistes anglais, mais aussi aux abstentions ou votes contre des députés de LO/LCR[23].

  • Le rejet du référendum sur la Constitution européenne en France est en partie dû aux critiques altermondialistes, mais plus généralement des partis et mouvements politiques non-gouvernementaux. Ce résultat, supposé « satisfaisant » par les altermondialistes, lui vaut en revanche l’hostilité d’une partie des partis de gauche social-démocrates français (PS) et européens (SPD en Allemagne, Parti travailliste au Royaume-Uni notamment), ainsi que de la droite européenne modérée, ce que les altermondialistes interprètent comme une pensée unique pro-Union européenne libérale, nonobstant que leur courant de pensée soit loin d’être le seul à s’y opposer (conservateurs britanniques, souverainistes en France et ailleurs, droite religieuse en Espagne, en Bavière ou en Pologne, libéraux notamment anglais…).

  • Certaines boîtes à idées altermondialistes (comme le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde) s’accordent à penser que les décisions de transformer des plans drastiques du FMI en FPRC (« facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance »), ou encore l’émergence de l’« initiative pour les pays fortement endettés » ont été favorisées par les pressions altermondialistes.

  • les actions des institutions financières internationales qualifiées par les altermondialistes de « néolibérales » feraient désormais l’objet de davantage de critiques.

  • Les altermondialistes considèrent que leurs actions et leur pression ont été en partie à l’origine de certaines avancées (telles que la mise à disposition à prix réduit des médicaments anti-sida).

Critique des thèses altermondialistes

15px-Searchtool-80%25 dans ALTERMONDIALISME Article détaillé : polémiques autour de l’altermondialisation.

Le mouvement a été énormément critiqué sur plusieurs fronts par des politiciens, des membres des think tanks ou des économistes favorables au libre marché. Ils reprochent au mouvement une mauvaise analyse des indicateurs économiques. Ils dénoncent également le fait que, au-delà d’un discours humaniste, la motivation réelle de certains activistes réside dans le repli national.

Concernant les réalisations, le politologue français Zaki Laïdi, dans son ouvrage La Grande Perturbation analyse la mondialisation comme une nouvelle expression du changement social[24].

Critique de l’analyse économique

Les détracteurs du mouvement affirment que les altermondialistes ne voient pas l’évidence des corrélations entre l’action du libéralisme et la croissance des richesses ou l’amélioration des indicateurs sociaux. Les altermondialistes dénoncent par ailleurs l’écart croissant des richesses entre pays pauvres et pays riches. Toutefois les pays pauvres ont connu une croissance économique supérieure à celle des pays riches tout au long des 50 dernières années marquées par cette mondialisation, alors qu’elle avait été largement inférieure jusque-là. Donc d’après les détracteurs des thèses altermondialistes, l’écart des revenus par tête entre pays du Nord et du Sud ne semble donc imputable qu’à une cause interne : l’explosion démographique.

Un argument souvent avancé par les opposants au mouvement est que le rapport de pauvreté entre les pays industrialisés et ceux du tiers monde peut être expliqué en termes de la Dégradation des termes de l’échange, des problèmes internes des pays du tiers monde et du manque de libre marché.

Ils soutiennent également que les différentes crises en Argentine ou dans les pays asiatiques peuvent être expliquées en partie en termes de déséquilibres internes et par les politiques économiques menées par ces pays.

Pour l’économiste indien Jagdish Bhagwati, les revendications altermondialistes contre le libre-échange sont liées à la chute du communisme, seul rival idéologique du capitalisme. Cet épisode aurait créé un vide pour les « idéalistes dont la conscience sociale se nourrit de la conviction que le capitalisme est source d’injustice ». Ces individus risquent selon lui d’accroître en réalité les sources d’inégalité et leur réaction face au changement est source selon lui d’immobilisme. À titre d’exemple, la plupart se focalisent sur les aspects négatifs de la mondialisation bien qu’ils en soulignent certains aspects positifs et remettent en question d’autres points positifs (en termes d’emplois par exemple, la destruction de ceux de l’industrie n’est pas mise en rapport avec la création d’emploi dans d’autres secteurs).

Effets sur l’environnement des restrictions à la mondialisation

Certains altermondialistes sont partisans de la décroissance afin de protéger les ressources naturelles de la planète et limiter le réchauffement climatique[25]. Selon certains économistes, la croissance économique serait nocive pour l’environnement dans les premiers stades du développement, mais à partir d’un certain seuil de revenu par habitant (déjà atteint par les pays développé) elle deviendrait de plus en plus profitable (voir Courbe de Kuznets). Cette idée repose sur le principe que l’environnement est donc un bien dit « supérieur » qui est davantage susceptible d’intéresser les riches, que des pauvres qui pensent avant tout à se nourrir. L’élévation du PIB permet par ailleurs de disposer de ressources accrues permettant des politiques environnementales[26]. L’idée de décroissance afin de protéger l’environnement est donc remise en question par certains analystes.

L’économiste australien Kym Anderson a analysé les effets de la politique agricole de l’Union européenne dont le caractère est protectionniste. Il note que la libéralisation des échanges provoquerait selon lui un déplacement de la production vers les pays en développement. Là encore, les freins à la mondialisation apparaissent, pour certains, comme nuisible à l’environnement.

Bien sur on trouve des exemples où le libre-échange a contribué à des problèmes environnementaux. Le développement d’activité économique est en soit cause de problème environnementaux : les économistes dénoncent souvent les propositions restrictives de certaines ONG remettant en cause l’implantation de certaines activités dans les pays en développement. À ce propos Jagdish Bhagwati prend l’exemple de la polémique sur l’élevage de crevettes en Asie du Sud-Est, effet de la libéralisation du commerce ayant de graves conséquences écologiques[27] dans les régions où il est pratiqué. Il explique que « de nombreuses organisations non gouvernementales ont argué de ce fait pour dénoncer ce commerce et réclamer sa restriction. Mais cela revient à jeter le bébé avec l’eau du bain, car le commerce est un puissant levier de prospérité et donc aussi bénéfique pour la société »[28].

Critique des motivations du mouvement

Pour certains des opposants à l’altermondialisme, la priorité du mouvement, loin de vouloir faire avancer la mondialisation dans des domaines positifs, est surtout de promouvoir une théorie économique et sociale proche du socialisme, voire nationalisme.

C’est ainsi que certains discours généreux pourraient être de simples rationalisations, couvrant d’un vernis éthique la défense corporatiste de catégories sociales apparaissant excessivement protégées et subventionnées. Par exemple :

  • les agriculteurs des pays du Nord, chercheraient, en utilisant cette plate-forme, à conserver des barrières douanières empêchant aux agricultures du Sud d’exporter, une voie essentielle de leur développement.
  • les membres du mouvement qui dénoncent les importations du Sud « non éthiques » (cf. les produits chinois), chercheraient à restreindre la concurrence des travailleurs du Sud à des « niches » très limitées et simplement symboliques, comme le commerce équitable.

Effets sur le commerce international critiqué

La diffusion des idées altermondialistes contribue peut-être par ailleurs à permettre à certains gouvernements de mettre en place des politiques mercantilistes visant à défavoriser les pays en développement dans leur effort de rattrapage. On voit par exemple le gouvernement américain tenter de freiner les importations de produits étrangers sur la base de revendications altermondialistes telles la protection de l’environnement[29] ou la lutte contre la pauvreté (les États-Unis et l’Union européenne dénoncent les conditions de travail dans certains pays pauvres afin, selon certains, de trouver un prétexte à la protection de leur marché national).

Sur la question des échanges mondiaux, les altermondialistes dénoncent ce qu’ils appellent la logique « ultra-libérale » du libre-échange. Toutefois les principes du libre-échange sont couramment admis et approuvés par la très grande majorité des économistes, libéraux ou non qui en soulignent les aspects positifs. Selon Paul Krugman[30], les confusions et la remise en cause du libre-échange auxquelles contribuent les revendications altermondialistes tendent à donner à l’opinion l’illusion d’un conflit commercial planétaire qui menacerait à terme le développement harmonieux des échanges mondiaux. Dans leur analyse de l’OMC, les altermondialistes sont accusés par certains de montrer une apparente incompréhension des principes du libre-échange car ils considèrent le libre-échange comme profitable uniquement lorsqu’il prend la forme de concessions réciproques.

Conséquences politiques selon les opposants

Les altermondialistes souhaitent par ailleurs refonder la logique économique sur des bases politiques, morales et sociales. Cette logique est celle qu’avait décrite Friedrich Hayek dans son analyse des régimes totalitaire avec son ouvrage La Route de la servitude en 1944 ou dans Droit, législation et liberté avec l’analyse du « mirage » de la « justice sociale » en 1978. Chercher à fonder l’activité économique sur une base morale ou sociale mène à un certain contrôle de l’État sur le travail des hommes et sur leurs consommations. Cette concentration de pouvoir dans les mains de certains, légitimée par des choix moraux et sociaux (arbitraires qu’ils soient démocratiques ou non) et propagés par la propagande, mène nécessairement au totalitarisme selon Hayek.

De même la dénonciation de la recherche des intérêts particuliers par les grands acteurs capitalistes de la mondialisation sous-entend qu’il pourrait exister un consensus sur l’intérêt général, qui justement, se manifesterait dans ce mouvement social et donc non représenté au plan politique. Cette idée que la plupart des acteurs de la mondialisation actuelle favorisent leurs intérêts tandis que les altermondialistes viennent offrir des propositions allant dans le sens de l’intérêt général peut être perçue comme démagogique et fausse en raison de l’impossibilité de définir cet « intérêt général ». Ainsi, l’économiste Milton Friedman écrivit il dans La Liberté du choix que « ceux qui croient agir en fonction de l’intérêt général sont en réalité conduits à favoriser des intérêts particuliers qui ne font pas partie de leurs intentions.»

De fait, on remarque que le langage altermondialiste s’enrichit régulièrement de concepts moralisateurs concernant les comportements, parmi lesquels celui de la « mal bouffe ». Par ce type de méthodes, le courant altermondialiste, bien que se disant parfois démocrate, apparaît remettre en cause les principes du libre choix et de la responsabilité individuelle.

Manipulation de l’opinion ?

Autre aspect qualifié de démagogique par les détracteurs, l’insistance, réelle ou supposée, de certains altermondialistes sur des phénomènes marginaux telles que les délocalisations. Celles-ci concernent selon la plupart des économistes des quantités tout à fait négligeables d’emplois au vu du chômage dans certains pays (inférieurs le plus souvent à 1% de la population active). Or ces délocalisations se font la plupart du temps en direction de pays riches et non des pays pauvres[31].

Enfin nombre d’économistes soulignent que les pays pauvres ne souffrent pas d’être exploités mais souffrent du protectionnisme des pays riches. Selon les libéraux, on retrouverait cet esprit dans certaines protestations, contre la directive Bolkenstein en Europe par exemple, qui selon les altermondialistes menacerait les conditions de travail des pays d’Europe occidentale. Les libéraux, qui défendent cette directive, dénoncent l’analyse qui consiste à faire de celle-ci un danger majeur alors qu’elle n’est, selon eux, susceptible de concerner que de rares activités du fait de la proximité nécessaire à la prestation de la plupart des services.

Médias, groupes de pression citoyens et autres structures

Les structures diversifiées constituant la mouvance altermondialisme sont organisées en réseau, où les médias qualifiés d’altermondialistes jouent un grand rôle. Parmi ces médias, on peut citer Le Monde diplomatique[32], Indymedia, Le Plan B, journal de l’association de critique des médias Acrimed, Bellaciao, ou encore Utopia.

15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Médias de l’altermondialisme.

Les documents des structures onusiennes comme les rapports du PNUD jouent aussi un rôle important, comme l’étude critique des documents produits par des institutions contestées (FMI, OMC, Banque mondiale).

Internet est également un élément important dans l’internationalisation, la constitution des réseaux d’associations altermondialistes. Le mouvement altermondialiste utilise largement Internet pour la publication d’informations (plus rapidement que par les médias papier), ainsi que pour la mobilisation, l’organisation pratique.

Débats internes du mouvement

Le mouvement altermondialiste est confronté aujourd’hui à des débats d’orientation en son sein.

Certains de ses acteurs s’interrogent sur la place du mouvement dans l’ensemble des luttes sociales d’émancipation. L’altermondialisme doit-il jouer un rôle antagoniste du néo-libéralisme comme l’était le communisme face au capitalisme, ou bien doit-il être une force d’opposition et d’adaptation à l’intérieur du système actuel ?

D’autre part, la question de la représentation politique est posée. La plupart des organisations altermondialistes refusant de créer un parti, le mouvement s’est axé comme un contre-pouvoir, un mouvement social et fait appel à l’opinion publique, créant des groupes de pression et organisant des mouvements citoyens.

La question des alliances est constante. Les affinités sont grandes avec les mouvements anti-guerre et anti-fascistes. Certains altermondialistes, plus radicaux, sont alliés aux anti-capitalistes, d’autres aux anti-productivistes, d’autres encore pensent qu’il faut multiplier les exemples d’alterdéveloppement local. Certaines organisations sont également proches de la pensée néo-keynésienne.

La question des résultats obtenus se pose aussi ; en quelques années d’existence les avancées obtenues sur les grandes propositions altermondialistes (dette du tiers monde, taxe Tobin, droit à l’existence d’autres régulations que le marché, etc.) paraissent peu satisfaisantes. Certains pensent que ce mouvement a une force qui se décuplera si le monde libéral d’aujourd’hui aggrave les choses mais que ce mouvement tendra à disparaître si le monde libéral s’adapte à certaines demandes des altermondialistes (celles des réformistes).

Questions ouvertes

La pensée altermondialiste constitue une importante réflexion intellectuelle sur le monde d’aujourd’hui. La réforme de l’ONU, le débat ouvert à la Banque mondiale par les néo-keynésiens (dont son ancien vice-président Joseph E. Stiglitz), la montée des opinions publiques des pays du Sud (notamment en Amérique Latine), et l’organisation d’un groupe de pression du Sud à l’OMC (G24) sont autant d’occasions de penser autrement la société moderne.

Quelques questions très générales alimentent les débats de fond :

  • Quels sens peuvent avoir les concepts de droits humains fondamentaux, de responsabilité mondiale, d’intérêt général mondial dans le respect et la non-discrimination des minorités ?
  • Comment mondialiser la démocratie, abstraitement définie comme la souveraineté populaire ?
  • Comment définir un patrimoine commun de l’humanité ? Faut-il mettre en place des instruments juridiques pour le protéger ?
  • Quelle est la place de l’économie dans la société ? Faut-il une régulation mondiale plus forte ? Les institutions existantes peuvent-elles servir à une régulation ou faudrait-il les renverser ?
  • Quel est l’avenir de la société civile que certains considèrent représentée par ses ONG et associations ?
  • Comment éviter que l’altermondialisation, en diabolisant la mondialisation, ne crée des replis identitaires nationaux et ethniques ?
  • Est-ce une alternative viable au néolibéralisme ?

Notes et références

  1. Slogan qui provient d’un vers de Paul Éluard : « Un autre monde est possible, mais il est dans celui-ci ».
  2. L’économiste James Tobin s’oppose au mouvement altermondialiste et s’est plaint du détournement de son nom et de sa proposition.
  3. Puisqu’il y a des réformistes, des anarchistes, etc., avec toutefois des textes communs dont le manifeste de Porto Alegre plaide pour la démocratisation des instances internationales et l’intégration de la BM/FMI et de l’OMC dans l’Organisation des Nations unies ; ATTAC demande une démocratisation de l’OMC, le FMI, et la Commission européenne par des élections démocratiques (bien que les processus électifs ne soient encore clairement décidés); la marche mondiale des femmes demande la mise sur pied d’une organisation politique mondiale avec une parité entre pays pauvres et pays riches, et avec une vraie représentativité des femmes.
  4. Voir, par exemple, cette déclaration au Forum social mondial de 2002
  5. Les revendications des peuples indigènes de l’EZLN, pour l’autonomie paysanne de Vandana Shiva et sa lutte pour le développement des semences libres en Inde, et contre les graines payantes des semenciers comme Monsanto.
  6. Par exemple, soutien du Protocole de Kyoto.
  7. Voir la proposition 4 de la Marche mondiale des femmes. Ces exemples sont illustrés par les reportages de Michael Moore sur les conditions de travail en Asie du Sud-Est dans les compagnies travaillant pour les grandes firmes multinationales occidentales, comme Nike.
  8. Voir les articles Bibliographie de l’altermondialisation, Filmographie de l’altermondialisme et Médias de l’altermondialisme.
  9. Voir notamment les propositions de la Marche mondiale des femmes.
  10. « Atlanta accueille le premier Forum social étasunien », dans Courrier International du 26 juin 2007, [lire en ligne]
  11. Voir un début de « recensement » dans l’article organisations se revendiquant altermondialistes.
  12. Voir samizdat
  13. Antimondialisation#Essai de distinction anti / alter.
  14. OCDE, PIB per capita sur les 50 dernières années.
  15. Publié le 23 février 2007 et disponible ici
  16. Communiqué Oxfam
  17. Voir par exemple Joseph E. Stiglitz dans son livre La Grande Désillusion (2002).
  18. Communiqué de presse de l’association Act Up du 13 mars 2000
  19. Un des ouvrages décrivant les effets néfastes des zones franches industrielles est No Logo, de Naomi Klein.
  20. Par exemple socle de 8 séries de mesures [1]
  21. texte de la déclaration et du programme d’action de Vienne (ONU)
  22. Série de propositions du CNCD concernant la démocratisation de l’OMC [2]
  23. Voir [3]
  24. Cyberscopie.com
  25. Même avec la décroissance ou un arrêt total des activités anthropiques, le processus est enclenché : les gaz à effet de serre sont présents pour des années, des siècles.
  26. La description de ce phénomène constaté dans les pays riches, voire certains pays en voie de développement comme la Chine récemment, est permise par une courbe en U inversé (pollution en ordonnée et revenu par habitant en abscisse) le plus souvent intitulé « courbe environnementale de Kuznets ».
  27. Destruction des mangroves, effets similaires à la surpêche, plus de détails dans élevage de crevettes#Effets environnementaux dans l’article élevage de crevettes.
  28. Jagdish Bhagwati, Éloge du libre échange, Éditions d’Organisation, p. 69.
  29. Les pêcheurs mexicains seraient moins respectueux des dauphins que leurs homologues américains.
  30. Paul Krugman, La Mondialisation n’est pas coupable, 1996.
  31. À titre d’exemple, selon l’INSEE, sur la période 1995-2001 « ce sont 13 500 emplois industriels qui auraient été « délocalisés » en moyenne chaque année, soit 0,35% du total de l’emploi industriel. Un peu plus de la moitié des emplois délocalisés l’auraient été à destination des pays développés, notamment des pays limitrophes de la France et des États-Unis. » L’Économie française, Comptes et dossiers 2005-2006, Rapport sur les comptes de la Nation de 2004, INSEE.
  32. Le Monde diplomatique est détenu à 51% par le groupe de presse La Vie – le Monde, pourtant le quotidien Le Monde ne se revendique pas de l’altermondialisme.

Voir aussi

Articles connexes

Des références et des liens utiles se trouvent dans l’article Médias de l’altermondialisme.

Bibliographie [

15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Bibliographie de l’altermondialisation.

Filmographie

15px-Searchtool-80%25 Article détaillé : Filmographie de l’altermondialisme.

Liste synthétique d’articles sur le mouvement altermondialiste

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre

Cette liste a pour but de répertorier quelques articles relatifs à la pensée altermondialiste et ses multiples facettes.

Organisations se revendiquant altermondialistes

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Les organisations altermondialistes [1] regroupent des personnes d’horizons très divers : paysannerie, couches populaires et petite bourgeoisie du Sud, pauvres et salariés précaires des pays industrialisés, syndicats ouvriers et enseignants, associations de consommateurs, de chercheurs, de jeunes, mouvements écologistes, anti-militaristes, féministes, communistes, marxistes, nationalistes, keynésiens et anarchistes…organisées en petites associations, ONG, coordinations nationales, internationales.

On peut plus ou moins les classer par catégorie, et certainement pas de manière exhaustive. Cela ne reflète pas tout à fait la réalité des organisations individuellement mais donne une première approche de l’hétérogénéité du mouvement altermondialiste :

Sommaire

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Les organisations ouvrières et syndicales

Situées en Amérique, Asie, Europe, elles renaissent depuis la manifestation mondiale de Seattle en 1999. Exemples:

  • les syndicats de l’Union syndicale Solidaires[2] (dont une majorité utilise l’acronyme Sud) en France.
  • le KCTU en Corée du Sud,
  • AFL-CIO* (EU) président John Sweeney
  • Teamsters** syndicat des camionneurs, le plus important en nombre aux EU, avec plus de 1 300 000 d’affiliés
  • IWW Industrial Workers of the World ** syndicat révolutionnaire d’orientation anarchiste

Les mouvements paysans

  • Via Campesina**  : organisation de coordination de 100 millions de paysans comprenant, parmi les organisations plus connues :
    • le Mouvement des sans-terre** Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (Brésil)
    • la confédération paysanne** (France) (avec José Bové, François Dufour), [2]
    • la CPE, Coordination Paysanne Européenne
    • la CONAIE confédération des nationalités indigènes de l’Equateur
    • Union des fermiers du Karnataka (Karnataka State Farmers Union (KRRS)), 10 milllions de membres, connue pour ses actions anti-OGM
    • et parmi bien d’autres , quelques exemples de par le monde
    • Afrique ROPPA Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles d’Afrique de l’Ouest
    • Asie
      • Indonésie Fédération des Syndicats Paysans Indonésiens (FSPI)
      • Corée Korean Advanced Farmer Federation dont Lee Kyung-hae était un des porte paroles
    • Europe
      • Espagne COAG Coordinadora de Agricultores y Ganaderos « coordination d’agriculteurs et éleveurs de bétail »

Les associations, Organisations non gouvernementales (ONG)

Organisations, coordinations au niveau mondial

Organisation sur les rapports Sud-Nord

  • Terre des Hommes : Fédération internationale
  • Frères des Hommes « Aider ne veut pas forcément dire assister »
  • Enda Tiers-Monde
  • Survie, dénonçant les réseaux (pétroliers, etc.) d’influence française en Afrique [2]
  • Commerce équitable
  • Dette
    • Jubilé 2000 d’origine chrétienne pour l’abolition de la dette extérieure des pays du tiers-monde.
    • Third World Network réseau international, datant de 1996, pour l’abolition de la dette extérieure des pays du tiers-monde, ONG basée en Malaisie, dirigée par Martin Khor (présente au FSM, agréée ecosoc)
    • voir aussi CADTM comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde

Organisations humanitaires

  • ACF de Paris
  • FIAN
  • Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD)
  • Assises chrétiennes de la mondialisation créées en France
  • KAIROS Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice, coalition d’Églises du Canada, d’ONG à base ecclésiale et d’organisations religieuses site de Kairos

Associations ou mouvements écologistes

Mouvements étrangers locaux

Sociétés « traditionnelles » : résistance culturelle, revendications de reconnaissance institutionnelle, peuvent aussi avoir des revendications socio-économiques de développement local

Coordination de mouvements :

  • Convergencia de Movimientos de los Pueblos de las Américas COMPA (membre de la coordination du FSM): convergence de mouvements des Peuples des Amériques; cette coordination comprend aussi bien des coordinations nationales (COMPA Bolivia, Canada, Equateur…. ) que des associations de terrain, des mouvements indigènes, de minorités …
    • Movimiento Indígena Nahua y Chorotega (Nicaragua)
    • Organización Nacional Indígena de Colombia
    • Proceso de Comunidades Negras (Colombia)

des conseils régionaux indigènes (Consejo Regional Indígena de Caldas (CRIDEC), del Cauca CRIC …) que des groupements pour le développement rural, local … des coopératives, des associations de femmes

Des ONG internationales, comme par exemple Survival International, soutiennent la lutte des indigènes pour leurs terres et l’environnement.

Organisations féministes

  • NAWO National Alliance for Womens Organisations, Alliance nationale pour les organisations de femmes, fondée en 89, basée en Angleterre
  • Amérique du Sud
  • AFM Articulación Feminista Marco Sur – réseau
  • REMTE Red Latinoamericana Mujeres Transformando la Economía
  • Red Mujer y Hábitat réseau latino-américain, femmes et habitat, siège en Argentine (?)
  • REPEM – Rede de Educação Popular entre Mulheres, réseau d’éducation populaire entre femmes
  • Amérique du Nord
    • Raging grannies, grand mères en colère réseau aux États-Unis, pour la justice sociale, dernière action : se présente au centre de recrutement pour l’envoi en Irak pour être enrolée plutôt que des jeunes recrues
  • Asie et Océanie
  • NFIW Fédération nationales des femmes indiennes (Inde)
  • Asia Pacific Forum on Women, Law and Development
  • Afrique
  • Coordination des associations féminines du Mali
  • APROFES Association de promotion de la femme sénégalaise, présidée par Binta Sarr (Sénégal)
  • Europe
  • Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (France)[2]
    • et pour faire le tour du monde, quelques assos de terrain dans d’autres pays …
    • Mahila Dakshata Samiti : ONG, pour la prise de conscience des droits des femmes, soutien …(Inde)
  • Médias féministes
    • Les pénélopes site internet relaie les infos altermondialistes et féministes [2]

Organismes d’analyse théorique et de propositions

Associations plutôt orientées analyse, « boîtes à réflexion » (appelées Think tanks an anglais)

Organisations radicales

  • DAN direct action network **

quelques exemples par pays

Mouvements des sans, défense des précarisés

Et les organisations de défense des travailleurs sans emploi

Médias

Le rôle des médias est très important dans l’histoire du mouvement altermondialiste : en France, c’est l’appel du journal Le Monde diplomatique qui aide à la génèse d’Attac. Réciproquement, le premier centre Indymédia est créé pour coordonner la couverture du rassemblement de Seattle. Le rôle d’Internet est également primordial : les altermondialistes s’en servent largement pour aider à la communication entre organisations de thèmatique proche et de continents différents, pour coordonner des campagnes internationales, pour faire passer des informations que les médias classiques, accusés d’être ligotés de par leur appartenance à de grands groupes financiers ne diffuseraient pas.

Divers

  • Babels association internationale de volontaires pour la traduction des FSM

Une approche par l’organisation des premiers réseaux

// Essai de classement historique : en travaux Les organisations de l’altermondialisme ont commencé à être médiatisées et connues après Seattle, bien qu’il ne faille pas oublier la première rencontre intercontinentale organisée par les zapatistes en 1996. (voir chronologie de l’altermondialisme)

En préparation de catégorisation

Notes et références

** groupe présent à Seattle (1999)

  1. En travaux : donc dans un premier temps (!), il s’agit de rassembler (contributions bienvenues) des données sur les organisations, associations, pour dans un deuxième temps, quand les informations sont en nombre suffisant les regrouper selon des points communs, par exemple selon leurs préoccupations principales, leurs types d’organisation. Cela permet ainsi de mettre en évidence aussi les différences. cela pourrait d’ailleurs faire l’objet de nouvels articles sur les priorités des différents acteurs sur le long terme, les points de vue politique, économiques …) en prenant exemple sur la méthodologie de, par exemple Starr, Amory Naming the Enemy: Anti-corporate Movements Confront Globalization
  2. ↑  également membre fondateur (personne morale) d’Attac

Voir aussi

  • (es) wikipedia es:La batalla de Seattle pour la liste des associations, de syndicats, des groupes présents à Seattle (1999)

Liens externes

 

 

Mondialisation démocratique

 

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

La mondialisation démocratique est une idée combinant les concepts de mondialisation et de démocratie, qui vise à instituer une démocratie à l’échelle mondiale. En pratique, le moyen principal proposé est de développer un ordre mondial dans lequel les organisations internationales auraient un grand rôle et fonctionneraient de manière démocratique, en se rapprochant progressivement du mode fédéraliste.

À la différence des antimondialistes, les mouvements orientés vers la mondialisation démocratique sont promondialistes. Ils ne veulent pas arrêter la mondialisation, mais souhaitent au contraire :

  • qu’elle progresse et pénètre dans plus de domaines, notamment celui des institutions
  • qu’elle soit plus démocratique, par un accès de tout citoyen du monde aux décisions.

Les altermondialistes souhaitent, eux, un changement du processus de mondialisation, notamment du point de vue économique.

Sommaire

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L’optique exclusivement institutionnelle

La mondialisation démocratique s’intéresse essentiellement au développement institutionnel nécessaire au fonctionnement d’une planète dont les acteurs sont de plus en plus interdépendants et les questions à gérer de plus en plus transnationales. Ce développement ne peut plus reposer sur le simple multilatéralisme et internationalisme qui reste soumis à l’écran des États-nations. Cette préoccupation rejoint certains thèmes de recherche en sciences politiques sur la gouvernance mondiale (global governance).

La mondialisation démocratique ne privilégie aucun domaine a priori, ni aucun choix de politique dans chaque domaine, considérant que les décisions doivent être prises par ces institutions mondiales selon un processus démocratique et non pas faire l’objet d’orientations préalables.

Visions politiques

Néo-conservatisme

Altermondialisme et mondialisation démocratique

L’altermondialisme se présente comme centré sur des principes moraux, écologiques, et éthiques dans les domaines sociaux et économiques plus que sur l’innovation institutionnelle en vue d’une mondialisation démocratique.

Les courants réformistes de l’altermondialisme privilégient notamment des textes de droit international existants, citons par exemple : les déclarations des droits de l’homme (Déclaration universelle des Droits de l’Homme), les conventions sur l’environnement, (Convention sur la Diversité Biologique), les droits des peuples (Conventions 169 de l’OIT)). Pour les altermondialistes, les mécanismes de mondialisation démocratique devraient tenir en compte ces « contraintes » supplémentaires[1] mais une option serait de vérifier l’application de ces dispositions dans le cadre des institutions existantes[2].

Citons ici les préalables idéologiques à la mondialisation démocratique vue par Susan George[3], vice-Présidente de l’association ATTAC dans le « Texte pour le Forum social mondial de Porto Alegre«  :

« Je voudrais parler des pas à faire ensemble si nous voulons atteindre notre but–que je définirais comme « une mondialisation démocratique, équitable et écologique ». Certains de ces pas sont intellectuels ou idéologiques; d’autres concernent davantage l’organisation, la tactique et la stratégie. »

Le mouvement altermondialiste soutient notamment, sans proposer de schéma particulier, la démocratisation des grandes instances décisionnelles internationales comme le FMI, et l’OMC, qu’ils accusent régulièrement d’être des instances déconnectées des citoyens.

Le processus envisageable

Cette structuration démocratique des institutions pourrait démarrer par

  • la création d’un petit nombre d’institutions mondiales démocratiques ayant des pouvoirs très spécifiques dans un nombre au départ restreint de domaines d’intérêt commun apparaissant insuffisamment couverts par les institutions existantes (démarche pragmatique).
  • et en parallèle l’ouverture aux citoyens mondiaux d’institutions internationales existantes à vocations plus larges, mais contrôlées pour l’instant par les États-nations,

Le but à long terme serait que ces diverses institutions se fédèrent ultérieurement dans un gouvernement mondial démocratique.

La Mondialisation démocratique et le Fédéralisme global

Le fédéralisme intégral ou global est une vision du fédéralisme qui dépasse la seule théorie de l’État fédéral mais en fait une philosophie politique à part entière. A. Marc recherche un équilibre entre universalisme et individualisme, entre autorité et liberté. Ses principes sont subsidiarité, autonomie et participation et coopération. Il s’oppose au jacobinisme et au nationalisme en contestant l’État-nation comme forme d’organisation politique.

Débats particuliers concernant certaines institutions existantes

L’un des problèmes est que l’ONU, que certains voient comme l’embryon de cette construction, est fragilisée par des États réticents à l’encontre de structures supérieures à eux. Mais surtout l’ONU n’a pas été crée comme instance démocratique mais comme un outil de négociation entre États souverains. Ainsi la représentation ne se fait pas en fonction de la population, et les régimes non démocratiques sont également représentés. L’ONU n’a donc ni dans son mode de fonctionnement, ni dans sa mission d’orientation démocratique. Sa recherche d’un intérêt commun supérieur aux intérêts nationaux n’est donc pas à confondre avec la démocratie.

Par ailleurs, des institutions comme l’OMC ne dépendent pas de l’ONU et certaines de leurs actions peuvent s’écarter des objectifs onusiens. Cette raison est avancée par les altermondialistes pour demander de placer l’OMC sous giron onusien, ce qui selon eux lierait davantage le développement du secteur économique à celui de la démocratie, de la justice, des droits de l’homme et de la protection de l’environnement.

A l’ONU, tous les États ne sont pas égaux, cinq d’entre eux ayant un pouvoir bien supérieur en étant permanents au conseil de sécurité et en disposant du droit de veto, ce qui constitue un déficit démocratique. Ces cinq États sont : Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie.

Critique

Selon certains critiques, les démocraties modernes se sont développées:

  1. au sein d’État-Nations
  2. par le « bas » et non par une volonté politique.

Références

  1. voir par exemple la proposition 5 de la marche mondiale des femmes
  2. par exemple le CNCD (ong) qui a fait une analyse détaillée d’institutions internationales : réformes de l’OMC
  3. Cité dans « Que faire à présent ? », Texte pour le Forum social mondial de Porto Alegre, 15 janvier 2001[1]

Voir aussi

 

 

Polémiques autour de l’altermondialisation

 

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

Sommaire

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Critique de l’altermondialisme

L’altermondialisme fait face à diverses critiques tant sur les principes qu’il affiche que sur son bilan :

Le doute sur l’aspect démocratique

L’altermondialisme se présente comme visant la démocratie au niveau mondial, toutefois cette valeur passe après diverses préalables, tels qu’un certain égalitarisme social par exemple et une orientation économique prédéterminée (voir par exemple Citoyens du Monde (association). Bien que se disant favorable à la mondialisation démocratique, la vision alter est plutôt celle d’une démocratie sous condition d’acceptation d’un programme. D’ailleurs aucun processus précis pour une démocratisation du monde n’est présenté, à part de vagues intentions concernant par exemple l’OMC. Des doutes existent sur la légitimité citoyenne des organisations altermondialismes pour intervenir dans les négociations internationales, ainsi que sur le côté démocratique de leur fonctionnement interne, notamment concernant ATTAC. Enfin, certains régimes assez généralement considérés comme soumis à un pouvoir personnel sans partage, par exemple ceux de Cuba et du Vénuézuela, font l’objet d’une attitude bienveillante de ces organisations.

Les incohérences concernant la vision économique et des échanges [modifier]

Selon certains, le mouvement altermondialiste manquerait de cohérence dans ses objectifs, et les vues des différents membres seraient fondamentalement contradictoires. En effet, d’un côté les altermondialistes tiendraient un discours alarmiste sur l’impact dans les pays développés (le chômage, la perte d’industries, etc.) des délocalisations, alors que de l’autre, ils prétendraient défendre les pays les plus pauvres. Or, en matière de lutte contre la misère dans le tiers monde, l’OMC chercherait à abolir les barrières commerciales protectionnistes mises en place par les nations développées.

Les contre exemples

D’autres critiques mettent en avant les exemples significatifs de l’Inde et de la Chine, et plus généralement de tous les pays qui auraient décollé : loin d’être consécutifs à une forte ingérence politique dans l’économie (avec protectionnisme, investissements publics, caisse de « stabilisation », etc.), tous ces décollages auraient été observés avec la mise en place de politiques de libéralisation économique, moindre interventionnisme, désarmement douanier, etc. Comme pour la pauvreté, la thèse qu’une part importante de la population resterait exclue de ces progrès ne résisterait pas à la confrontation avec la réalité, et au demeurant une telle exclusion partielle ne serait pas un motif justifiant un statu quo pour tous.

Le contre-exemple le plus frappant est la ville indienne de Bangalore, qui, tout en ayant abrité une grande manifestation contre l’OMC en 1993, a acquis une fulgurante prospérité en se reconvertissant vers l’accueil des investissements étrangers, notamment des multinationales, dans les secteurs technologiques, et l’intégration dans la mondialisation des échanges commerciaux, au point d’être désormais surnommée la Silicon Valley de l’Asie.

L’ambivalence concernant le développement culturel

Sur le plan culturel, deux critiques des thèses alter-mondialistes existent. Selon la première, l’ouverture des frontières serait féconde, propice à l’émergence de cultures nouvelles, et le protectionnisme culturel ne conduirait qu’à une fossilisation de la culture au détriment de la culture vivante ; selon la seconde, si la libéralisation unifiait la culture mondiale ce serait plutôt une bonne chose, car des disparitions culturelles (langues, coutumes, etc.) seraient finalement plus à souhaiter qu’à regretter.

Le côté négatif et essentiellement abstrait

La Chronologie de l’altermondialisme montre que le mouvement, qui revendique une antériorité de 15 ans, s’ést centré sur des actions de protestation. Il reste ainsi toujours emprunt d’antimondialisation plus que tourné vers des actions concrètes d’amélioration de la vie des populations. Dans ce domaine, son bilan est quasi nul, d’autant que certaines initiatives privées sur le terrain (commerce équitable, microcrédit, logiciels libres, dont l’altermondialisme se présente parfois comme l’inspirateur et le promoteur, n’émanent nullement de ce mouvement.

Par ailleurs le fond doctrinal reste vague et semble tenir du slogan, voire de la langue de bois (« un autre monde est possible »). Il se décline en un catalogue de principes abstraits et très généraux, qui reflête le côté très disparate des mouvements se réclamant de – ou considérés appartenant à – la mouvance altermondialiste.

Les dangers pour la vie politique

Plus généralement, les libéraux estiment que toute ingérence politique serait moralement injuste, culturellement nuisible, et économiquement contre-productive, car les bonnes intentions politiques ne feraient qu’engendrer certains maux (corruption, prévarication, déplacement de la lutte du terrain économique vers le terrain électoral puis militaire, etc.), et que la question des relations internationales ne ferait pas exception. Ils estiment en général que les altermondialistes n’auraient en fait rien à proposer d’autre qu’un nouvel avatar du communisme, à l’échelle mondiale cette fois, qui serait aussi désastreux que ses manifestations locales déjà expérimentées.

Critique des critiques

Les altermondialistes ne pensent pas que ces critiques soient justifiées.

Selon certains d’entre eux, jusqu’à présent, l’OMC a très bien réussi à supprimer les barrières douanières et les « obstacles » à la libéralisation des services dans les pays les plus pauvres. Par contre l’organisation aboutit chaque fois à un échec lorsqu’il s’agit de supprimer les réglementations des pays les plus riches, concernant notamment l’agriculture et les textiles. Surtout, les pays les plus riches pratiquent des subventions aux exportations agricoles, qui aboutissent à un dumping de fait sur les cours agricoles mondiaux.

La croissance de l’Inde et de la Chine sont certes incontestables, mais elles s’accompagnent, surtout en Chine, d’un encadrement étatique fort. Il n’est pas prouvé, bien au contraire, que les plus pauvres en tirent profit. D’autres pays, autrefois développés, se retrouvent dans une situation économique catastrophique, selon eux pour avoir voulu suivre à la lettre les recommandations de l’OMC et des institutions financières internationales apportant des aides financières telles que le FMI. Ils y attribuent par exemple la crise économique de l’Argentine, dont le déclin a démarré en fait après la première guerre mondiale et qui fut accentué par des politiques nationalistes et interventionnistes (avec en particulier l’influence toujours réelle du péronisme. Les altermondialistes ne pensent pas à restaurer un système qui n’a pas marché (le socialisme à la soviétique). Ils pensent d’abord à mettre un frein à ce qu’ils considèrent comme un libéralisme sauvage, et à permettre aux États de conserver leurs prérogatives. Selon eux, le monde ne peut pas être régi par les seules lois du marché.

Il ne faut pas oublier que l’OMC ne s’intéresse pas qu’aux barrières douanières, mais aussi à tout ce qui est susceptible de faire l’objet d’une transaction commerciale, notamment les services. L’Accord général sur le commerce des services (AGCS), l’un des divers accords de Marrakech, doit aboutir à la libéralisation de tous les services publics dits marchands, la santé, la fourniture d’énergie, la poste, les transports ou l’éducation par exemple. Cette libéralisation (ouverture à la concurrence) entraînera à terme la privatisation des services publics, lorsque ce n’est pas déjà fait.

Le mode 4, dans l’AGCS, est encore plus pervers : il autorise un fournisseur de services venu d’un pays A à faire travailler dans un pays B du personnel venu du pays A, en lui conservant le statut qui est le sien dans le pays A. Autrement dit, et pour rester dans le seul cadre de l’Union européenne, une entreprise polonaise pourrait, selon l’interprétation des altermondialistes, faire venir travailler en Allemagne des employés polonais payés avec le salaire qui est le leur en Pologne, et selon le code du travail et les avantages sociaux polonais.(ce paragraphe est dépassé)

La question du bilan

La chronologie des actions altermondialistes montre que l’histoire de l’altermondialisme a été riche en protestations et de contestations de toutes sortes de la mondialisation, accompagnées souvent de perturbations de l’ordre public, et parfois de violences. Cependant, son insistance à se démarquer sémantiquement de l’ antimondialisation montre que cette doctrine entendait également apporter des idées positives et surtout des réalisations concrètes. De plus, les idées altermondialistes mettent en avant les plus gros défauts de la mondialisation. Les actions de ce mouvement ne sont pas à la hauteur des idées. L’altermondialisme ne serait donc, pour le moment, qu’une utopie.

Réalisations

Les réalisations concrètes que l’on peut citer depuis les manifestations de Seattle en 1999 :

  • Le thème de l’annulation de la dette des pays pauvres a été repris par les chefs d’États et partiellement mis en œuvre (dans le cadre du Club de Paris des pays créanciers qui accorde des allègements de dette depuis 1956)
  • En revanche, la revendication historique d’une taxation des capitaux patine ; la plus grande avancée a consisté en une initiative législative du Parlement européen, repoussée dès avant la première lecture grâce aux pressions de Tony Blair sur les députés travaillistes anglais, mais aussi et paradoxalement aux abstentions ou votes contre des députés de LO/LCR. Voir [1]
  • L’échec du référendum sur la Constitution Européenne en France est en partie du aux critiques altermondialistes. Ce succès lui vaut en revanche l’hostilité d’une partie des partis de gauche social-démocrates français (PS) et européens (SPD en Allemagne, Parti Travailliste au Royaume-Uni notamment), ainsi que de la droite européenne modérée, ce que les altermondialistes interprètent comme une pensée unique pro-Union Européenne, nonobstant que leur courant de pensée soit loin d’etre le seul à s’y opposer (conservateurs britanniques, souverainistes en France et ailleurs, droite religieuse en Espagne, en Bavière ou en Pologne, libéraux notamment anglais, parti populiste et xénophobe de Geert Wilders aux Pays-Bas, l’autre pays du NON, …)
  • à compléter

À noter aussi que le mouvement altermondialiste a essayé de s’approprier, pour se donner une image plus positive, la paternité de certaines intiatives de terrain dans lesquelles elle n’est objectivement pour rien : commerce équitable, microcrédit, logiciels libres… Le mouvement des logiciels libres (et ses applications dans d’autres domaines telles que Creative Commons ou Wikipédia) remonte par exemple à 1984 (voire rescucite l’état d’esprit qui régnait aux origines de l’informatique) et peut être considéré comme un pur produit tant de la mondialisation que du libéralisme : produit de façon décentralisée par delà les nations et les frontières, il est la conjonction du libéralisme politique d’un Richard Stallman et du libéralisme économique (et de l’intérêt bien compris) de ses sponsors tels que IBM, Sun Microsystems, Novell… et ne fait que rétablir une concurrence non faussée par le monopole de Microsoft.

Maigre bilan ?

Comparé à la passion et à la radicalité mise dans la contestation et l’opposition à la mondialisation, ces quelques réalisations restent selon de nombreux critiques rares et limitées ; et les améliorations apportées aux populations qu’elle prétend défendre discutables.

Ainsi, dans son ouvrage La grande perturbation analysant la mondialisation, le politologue français Zaki Laïdi consacre des pages d’analyse aux résistances à la mondialisation et sur les contradictions et les limites de la mouvance altermondialiste et arrive à la conclusion que « La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée »[1]

Pascal Bruckner affirme que Ce n’est pas être insultant que de souligner la grande faiblesse théorique de la mouvance altermondialiste qui peine à dépasser le stade de la simple invective au moment où le système a plus besoin que jamais pour se régénérer d’un adversaire à sa mesure. [2]

Des réponses partielles à cet échec relatif peuvent être cherchés dans les manques suivants :

  • insuffisances dans les recherches de propositions cohérentes (ce qui peut être due à la forte disparité des acteurs « alter »)
  • les essais de collaboration avec les entités responsables dans les domaines politique, économique et social,
  • les coopérations concrètes améliorant sur le terrain le sort des populations concernées (fossé par exemple entre les ONG humanitaires et celles préférant le militantisme).

Sur le terrain, une réaction contraire en faveur de la mondialisation des échanges économiques a pu au contraire être observé, comme le montre l’exemple de Bangalore : cette ville où s’est tenue une grande manifestation anti OMC en 1993, est maintenant surnommée la Silicon Valley de l’Asie, car elle doit sa prospérité actuelle à s’être ouverte massivement aux multinationales du secteur technologique, aux capitaux étrangers et à la mondialisation des échanges.

En ce qui concerne l’Europe, les altermondialistes ne semblent pas, vu de l’extérieur, faire des efforts crédibles pour qu’un réel plan B voit le jour, ce qui signifierait qu’après avoir diabolisé la constitution européenne ils se satisferaient du statu quo des Maastricht-Nice. Au vu des principaux changements entre le traité de Rome de 2004 et le traité de Nice, certains comme Alain Lipietz en déduisent qu’une organisation comme Attac a des conceptions souverainistes, qu’elle serait plus préoccupée d’acquérir un poids politique pour peser à l’échelle de l’État-nation que de construire à l’heure de la mondialisation un espace politique européen où la souveraineté est partagée, et qui est dans l’intérêt du prolétariat européen selon Toni Négri[2].

Références

  1. La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée – Interview avec Zaki Laïdi au sujet de son livre La grande perturbation
  2. Le nouveau prolétariat européen a intérêt à l’ Europe unieToni Negri prend le contre-pied de la pensée unique altermondialiste contre l’Union européenne

 

 

 

Zaki Laïdi : «La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée»


Mars 2004 – Propos recueillis par Julien Nessi

Spécialiste des relations internationales et observateur attentif de la mondialisation, Zaki Laïdi vient de publier «La grande perturbation» aux éditions Flammarion. Dans son nouvel essai, il invite à penser la mondialisation comme une nouvelle expression du changement social dans son ensemble. Selon le politologue français, la mondialisation est aujourd’hui vécue comme une source d’anxiété qui tient au fait que celle-ci produit des perdants et des gagnants et que l’on ne sait pas comment prendre en charge ces perdants. L’auteur consacre également des pages d’analyse fort instructives sur les résistances à la mondialisation et sur les contradictions et les limites de la mouvance altermondialiste.

Cyberscopie – Qu’est-ce que  » la grande perturbation  » ?

Zaki Laïdi – «La mondialisation est vécue par les individus, les citoyens, les acteurs politiques et sociaux comme une perturbation de l’ordre social en raison des transformations, des remises en cause et de l’incertitude qu’elle suscite. C’est ce que j’appelle tout simplement la grande perturbation.»

Première caractéristique de cette grande perturbation : la souveraineté des Etats se transforme. Selon vous, nous entrons dans l’ère de  » la souveraineté opérationnelle « . De quoi s’agit-il exactement ?

Zaki Laïdi - « La souveraineté a perdu son caractère absolu. La souveraineté opérationnelle consiste à dire que la souveraineté des Etats n’existe que par rapport aux objectifs que ceux-ci cherchent à s’assigner. Il y a moins une souveraineté absolue, mais une souveraineté qui s’applique à des domaines particuliers, c’est-à-dire la capacité à agir pour le compte d’une collectivité politique. Ce qui signifie aussi que les Etats, pour renforcer leur pouvoir et leur autorité, sont paradoxalement de plus en plus amenés à partager leur souveraineté avec d’autres entités. C’est un peu le schéma de l’Europe : pour renforcer le pouvoir des Etats, chaque Etat doit le partager avec d’autres, mutualiser ses forces avec d’autres pour récupérer collectivement cette souveraineté. »

Deuxième caractéristique : la montée en puissance de la société civile internationale. Quel est, selon vous, le rôle aujourd’hui de la société civile internationale ?

Zaki Laïdi - « Elle a trois fonctions essentielles. La première, c’est une fonction d’alerte des pouvoirs publics sur l’existence d’un certain nombre de problèmes et d’enjeux. La deuxième, c’est une fonction de dévoilement des préférences collectives. Par exemple, lorsqu’une ONG met en évidence les problèmes d’environnement, elle sensibilise les Etats et les oblige à prendre en compte le respect de l’environnement. La troisième fonction, c’est la capacité d’influence. Selon moi, cette influence reste relativement limitée et très variable en fonction des domaines d’intervention : forte dans l’environnement, nul dans le domaine de la sécurité. »

Selon vous, l’altermondialisme est un radicalisme sans perspectives, prisonnier de la logique idéologique et incapable de faire des contre-propositions. Pour quelles raisons ?

Zaki Laïdi – « Il faut éviter de définir l’altermondialisme en des termes trop généraux parce qu’il renvoie à une pluralité d’acteurs, à une diversité de stratégies et d’intérêts, y compris au sein d’un même mouvement. Par exemple, au sein d’Attac, il y a plusieurs lignes politiques. A l’évidence, la capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée. Pour revenir à Attac, cette organisation s’en tient au totem de la taxe Tobin, tout en sachant que celle-ci a peu de chances d’être mise en place, mais c’est précisément parce qu’elle a peu de chances d’être mise en place que Attac surenchérit sur cette taxe. Cette taxe Tobin offre au mouvement une perspective d’action illimitée. Attac parle aussi de  » protectionnisme coopératif  » sans avoir jamais explicité le contenu de ce terme. La critique n’est pas erronée, loin de là, mais sa capacité à proposer des alternatives et un débouché politique restent extrêmement faibles. Le discours finit par être très incantatoire, extrêmement répétitif et au fond, extraordinairement idéologique à destination d’un public orphelin d’idéologies cohérentes et de prêts à penser politiques. Attac mord dans des franges de la population qui ont un niveau culturel relativement élevé et qui sont au fond les héritiers d’une pensée très classique, soit souverainiste-étatiste, soit socialisé par le programme communiste des années 70. Les principaux dirigeants d’Attac sont d’ailleurs issus très clairement du mouvement communiste. Si on parle de l’altermondialisme français, il faut le décomposer car lui-même n’est pas homogène. Une institution comme Attac n’est pas du tout homogène. Il y a des souverainistes anti-européens et nationalistes, inspirés par le chévenemento-communisme. Il y a aussi des libertaires et des révolutionnaires trotskystes qui ont une autre perspective. »

Quelles sont les limites de la mouvance altermondialiste ? Y-a-t-il un risque d’essoufflement sur le long terme de ces mouvements ?

Zaki Laïdi – « Il y a effectivement un risque d’essoufflement sur le long terme dans la mesure où ces mouvements sont dans l’incapacité de fournir une interprétation rassurante ou satisfaisante pour ses groupes et ses militants. L’altermondialisme français renvoie non pas à une condition sociale mais à une condition existentielle. Au fond, c’est assez paradoxale de voir que ce sont les groupes sociaux les moins exposés à la mondialisation qui sont les plus virulents dans l’altermondialisme. Les groupes les plus exposés à la compétition mondiale dans la société française sont les plus sous-représentés au sein d’un mouvement comme Attac, par exemple. »

Pourquoi la mondialisation est-elle une source d’inquiétude, un facteur anxiogène, comme vous le soulignez dans votre essai ?

Zaki Laïdi – «La mondialisation crée des gagnants et des perdants. Se pose la question de la prise en charge des perdants dans ce jeu social. C’est une première source d’anxiété, surtout pour les plus vulnérables. Seconde source d’angoisse : les coûts de la mondialisation sont très clairement et immédiatement identifiables tandis que ses gains apparaissent beaucoup plus diffus dans l’espace et dans le temps. Troisième raison : les règles de fonctionnement du système de l’échange mondial ne correspondent pas du tout à l’idée intuitive que les individus et les citoyens s’en font. Les opinions restent dominées par le paradigme mercantiliste : elles considèrent que dans l’idéal, il faudrait exporter plus et importer moins. Or, économiquement, ce principe est contraire aux règles de fonctionnement du commerce mondial. La quatrième raison vient aussi du fait qu’il y a un arbitrage entre le court terme et le long terme. Les effets négatifs à court terme sont compensés par les effets positifs à long terme. Mais, bien évidemment, on voit plus les effets à court terme. Par exemple, les délocalisations paraissent comme extrêmement négatives et comme une source d’appauvrissement alors qu’en réalité c’est une source d’enrichissement. L’erreur des altermondialistes est de considérer les délocalisations comme un mal. En réalité, c’est un processus inexorable. Il est parfaitement normal que des activités à faible valeur ajoutée se déplacent vers les pays en voie de développement. L’ajustement et la transition peuvent être plus ou moins longues et difficiles et c’est là que réside le cœur du problème. C’est une logique inéluctable. Refuser ce raisonnement, c’est refuser aux populations du Tiers-monde le droit de se développer. La clef de cet ajustement et de cette transition, c’est le relèvement des qualifications. C’est le seul moyen pour les pays riches de renforcer leurs atouts. C’est d’être sur des créneaux à forte valeur ajoutée. Cet objectif ne règle pas le problème de travailleurs non qualifiés que l’on ne peut pas requalifier facilement. Les désordres et les perturbations découlent de ce fait. »

Quelle place peuvent avoir les perdants de la mondialisation dans notre société ?

Zaki Laïdi – « Il y a une course de vitesse qui s’exerce entre l’entrée de ces nouveaux venus dans le jeu social mondial et l’adaptation des travailleurs peu qualifiés à cette nouvelle donne. Il n’y a pas de situation social figée. Nous sommes dans une période de déséquilibre plus forte parce qu’il y a des remises en cause et de nouveaux rapports de force. »

Quelle est l’évolution du rapport de l’Etat avec le marché ?

Zaki Laïdi – «L’Etat et le marché sont dans une relation conflictuelle et complémentaire. Il n’y a pas de mondialisation sans marché. La mondialisation se fait à la fois avec et contre l’Etat. Contre l’Etat car le marché cherche à se défaire de la régulation et des contraintes d’ordre publique. Avec l’Etat car le marché a besoin de lui pour faire valoir ses points de vue lors des négociations commerciales. Le marché a aussi besoin de l’Etat car il n’y a pas de développement possible mondialisé sans des infrastructures dont les Etats sont des garants essentiels. L’Etat continue a exercer des fonctions régaliennes (la sécurité) sans lesquelles les échanges ne sont pas possibles à l’échelle mondiale. L’idée selon laquelle la mondialisation se ferait uniquement contre les Etats ne correspond pas à la réalité des choses. Il faut donc penser le processus d’une manière dialectique. »

Propos recueillis par Julien Nessi
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